Aux plantes médicinales, aux véritables ami(e)s des
plantes médicinales, à leur Créateur et à la Terre-Mère.
Bénis soient-ils pour leurs multiples grâces!
À Ulysse Charette et Swann Bertholin, mes chers amis
photographes, pour leur persévérance, leur patience et
leur dévouement renouvelés.
À Laurence Lebrun, rare pharmacienne éclectique, pour
la révision rigoureuse de la phytochimie de nos amies
végétales.
Aux frères Miel, pour m’avoir prêté leur beau domaine
toutes ces années.
Et à Stéphane, le cadet, pour avoir contribué à
engendrer nos plus belles créations à vie, Émile, son
fiston Henri et Zoé, pour qui j’ai écrit et révisé ce livre,
parmi les six autres déjà publiés.
Anny Schneider
NOTE DE L’AUTRICE
Ce guide d’utilisation des plantes sauvages médicinales traite entre
autres des méthodes traditionnelles pour se soigner précisément
avec des recettes éprouvées depuis des siècles par des herboristes,
des apothicaires ou des médecins d’hier et d’aujourd’hui.
Aucune de ces indications n’exclut le recours préalable à un
diagnostic précis d’un praticien homologué par le système de santé
officiel, surtout en ce qui concerne les maladies chroniques et les
problèmes aigus qui nécessitent une évaluation immédiate à l’hôpital
le plus proche.
Je ne suis que l’interprète imparfaite de ce merveilleux art de soigner
et, dans ma courte vie, je n’ai pas encore pu vérifier tous les détails
de ce que je transmets ici. Mais pour moi, ma famille et tous ceux
que j’ai conseillés et soignés, et à qui j’ai enseigné depuis 40 ans,
les plantes curatives, quand elles sont bien choisies et bien
employées, avec la grâce de Dieu et de notre bonne vieille Terre,
viennent à bout de presque toutes les maladies.
Dans cette quatrième version de Je me soigne avec les plantes
sauvages, j’ai étoffé la liste de références bibliographiques, mis à
jour le calendrier de cueillette, les bonnes adresses reliées à
l’herboristerie et les références Web les plus opportunes,
particulièrement celles de mon continent et pays d’adoption. Avec
l’aide de Laurence Lebrun, herboriste, aromathérapeute et
pharmacienne, j’ai également mis à jour la composition chimique et
les noms botaniques, selon la nouvelle nomenclature universelle,
des différentes plantes.
Par ailleurs, j’ai exclu les plantes indigènes du Québec, racontées
dans mon dernier ouvrage[1], et je me suis spécifiquement penchée
sur les espèces dites invasives ou naturalisées. La plupart d’entre
elles ont été apportées ou importées, sciemment ou pas, parfois
depuis 400 ans, au début de la colonisation européenne du nord de
l’Amérique.
Certaines plantes, comme les peuples autochtones et les nomades
que nous fûmes tous un jour, ne connaissent pas de frontières,
qu’elles soient d’origine africaine, circumboréale ou eurasienne.
Toutes, ou du moins la plupart, sont utiles et précieuses.
Voici quelques bonnes raisons de les apprécier à leur plus juste
valeur, et sur un mode plus ludique, un court poème hommage pour
les introduire.
[1] Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada, 2020.
ODE AUX VAGABONDES UTILES
Comme les êtres humains et les animaux,
Nomades depuis le fond des âges,
Les plantes sauvages ne connaissent pas de frontières
Et prospèrent partout où elles peuvent fleurir et s’enraciner.
Transportées par les courants et les marées,
Déplacées par les vents des quatre directions,
Semées sciemment ou pas par les agriculteurs,
Colons de l’ancien monde, herboristes et jardiniers,
Ou par les oiseaux migrateurs via leurs entrailles,
Elles se déplacent sans papiers ni autorisation.
Annuelles, elles s’aiment et se ressèment allègrement,
Vivaces, elles se multiplient en se divisant
Par leurs racines, leurs rhizomes ou leurs graines,
De l’Afrique à l’Océanie, de l’Asie à l’Amérique,
Les plus résistantes au froid qui diminue,
La planète se réchauffant, c’est tellement évident,
Les plus endurantes se retrouvent ici au Canada,
Vaillantes résilientes qui s’implantent
Et recouvrent abondamment le territoire offert,
Prenant parfois la place des natives indigènes,
Mais leur vitalité, leur combativité et leurs multiples vertus
Constituent les meilleures excuses pour s’incruster et proliférer.
Les adventices, les simples, les ordinaires, les rudérales,
Les familières pas si vulgaires,
Rarement vraiment mauvaises, souvent officinales,
Même les EEE, espèces exotiques envahissantes,
Occupent surtout les friches et la moindre parcelle ouverte,
Des espaces où on a sacrifié les forêts, asséché les marais,
Et systématiquement rasé les pousses dites inutiles.
Puisse cet humble essai vous les rendre plus aimables,
Mieux encore, vous les faire apprécier pour leurs utilités,
Vous charmer et vous soigner:
Alliaire, bardane, brunelle, chiendent, cataire, menthe, mélilot, lotier,
Nerprun, salicaire, pissenlit et renouées de tous types,
Bien moins mauvaises herbes que ce que l’on dit d’elles,
Ces plantes importées résistantes,
Le sont au moins autant que vous et vos ancêtres transplantés ici!
Aux yeux de l’amour, de la liberté et de la survie,
Nous sommes tous et chacun à notre juste place,
Au bon moment, pour l’instant…
Gratitude pour les nombreux dons de ces vaillantes résistantes!
INTRODUCTION
L’étude des plantes est pour ceux qui s’y livrent une
source inépuisable de joies innocentes et douces qui
portent dans leurs mæurs je ne sais quoi de délicat, de
pur, de sacré.
L. F. Jéhan
Depuis l’aube des civilisations, le monde végétal a contribué à la
survie de l’humanité, non seulement en lui procurant nourriture et
oxygène, mais aussi en lui fournissant des remèdes naturels. On
assiste actuellement en Occident à un véritable raz de marée
d’informations à ce propos, et de nombreux magazines populaires et
sites Web vantent les mérites et l’efficacité des plantes.
Malheureusement, les étapes d’extraction, de standardisation et de
commercialisation font de ces simples herbes curatives des produits
anormalement chers et de moins en moins accessibles au commun
des mortels. Le bon sens et l’expérience le prouvent: les plantes
fraîchement cueillies et peu transformées conservent davantage
leurs principes actifs et leurs vertus thérapeutiques que celles du
grand commerce naturo-pharmacologique.
Dans cet ouvrage, je vous présente mes douces et vertes amies, les
plantes sauvages médicinales. La nature nous les offre gratuitement,
mais il est important de les récolter en gardant à l’esprit la survie des
espèces, autant pour elles-mêmes que pour nos descendants.
Herboriste traditionnelle sans être passéiste, je suis une femme des
bois et des champs, fière de mon héritage ancestral, fille du peuple
et de la Terre. Au cours de mon enfance champêtre en Alsace, j’ai
commencé à m’intéresser à la flore sauvage.
Quelle découverte fascinante! Plus tard, grâce à mes études en
phytothérapie, j’ai pu nommer les plantes médicinales et découvrir
leurs particularités et leurs vertus. Je les fréquente maintenant
assidûment depuis plus de 40 ans. On ne devient pas herboriste en
quelques mois… Malgré ce long apprentissage, je ne peux me
vanter de connaître toutes les plantes et encore moins toutes leurs
qualités, car la nature si généreuse et prolifique déborde
d’informations et de signaux à vérifier et à répertorier. Il reste
cependant que ce monde fascinant est à la portée de tous les esprits
ouverts.
J’ai choisi délibérément de décrire les plantes sauvages importées
les plus répandues dans notre province, et en Europe occidentale
sans doute aussi. Je ne suis ni une spécialiste en biologie végétale,
ni une botaniste, ni une apothicaire ou une pharmacienne, mais une
herboriste autrice et enseignante au service des gens et de la
nature. Je cherche à rendre intelligible une science populaire et
vieille comme le monde, et je propose un outil de guérison et de
survie accessible à tous les enfants de la Terre. Mon seul objectif est
de vous faire comprendre que la nature est un beau et grand jardin
rempli de bienfaits pour celui qui sait la déchiffrer et la respecter.
Ce guide illustré vous offre un peu de cette immense diversité
végétale qui soigne, qui est malheureusement très menacée au
Canada comme en Europe. Annuels ou vivaces, je souhaite
ardemment que ces trésors bien vivants vous apportent bonheur et
santé, à vous-même comme à vos descendants!
Si l’expérience vécue et prolongée de la bonne utilisation des
plantes constitue une des plus solides garanties de leur efficacité,
elle valide tout autant la compétence réelle de l’herboriste ferré dans
son domaine.
Effectivement, les connaissances consignées dans de nombreux
ouvrages et études accessibles dans les livres comme sur le Web
sont maintenant accessibles à tous. Néanmoins, au-delà des
allégations parfois très graves et des promesses de remèdes
miracles, ce sont les justes connaissances et l’expérience qui
tranchent. L’essentiel est de réussir à surmonter la douleur et la
maladie pour garder et retrouver la liberté et la joie que procure une
bonne santé.
Avec la multiplication des informations et des herboristes de la
relève de plus en plus nombreuses et nombreux, au Québec du
moins, on ne peut que se réjouir de la perpétuation de ces
connaissances précieuses, voire vitales, par tous ces
chercheurs(ses) et praticiens(nes) sincèrement épris(es) des plantes
qui soignent si gracieusement nos semblables, aujourd’hui comme
depuis le fond des âges.
CHAPITRE 1
L’histoire de la phytothérapie
Il est temps de revenir à la médecine simple et naturelle,
celle qui faisait les générations robustes et les longues
vieillesses sereines.
Dr Madeuf, La santé pour tous
L’utilisation des plantes médicinales remonte à la nuit des temps.
Elles ont longtemps servi de moyens de survie et de remèdes contre
la maladie dans le monde entier. De nombreux sites préhistoriques
ont révélé la présence de grandes quantités de graines, de plantes
transformées et d’instruments servant à les broyer. Les premiers
écrits sumériens parlant d’herboristerie datent de 3100 av. J.-C. Il
s’agit des tablettes d’Alep, tablettes d’argile sur lesquelles on trouve
bon nombre de recettes à base de plantes toujours très utilisées
comme le cèdre, le genièvre et la lavande, ainsi que des techniques
de distillation pour obtenir des huiles essentielles. Mais c’est la
Chine qui détient la palme en ce qui concerne l’art de guérir par les
plantes. Shen Nung, empereur médecin, aurait écrit en 3400 av. J.-
C. le Classique des herbes. Dans cet ouvrage, les incantations
voisinent 237 recettes à base de plantes, parmi des notions de
diététique et l’identification des 36 pouls ‒ éléments majeurs toujours
présents dans la médecine chinoise actuelle.
Déjà en 2500 av. J.-C., en Inde, les médecins écrivaient dans les
Védas que «le médecin est le prêtre auquel Dieu a confié la garde
du temple humain». En plus des prières et des conseils diététiques,
ils recommandaient souvent les herbes aromatiques comme la
cannelle, la citronnelle, le santal ou la verveine.
La Bible cite fréquemment les plantes médicinales. L’Ancien
Testament donne la recette détaillée de l’huile sainte (Ex 30,22-25),
qui nécessite des épices précieuses et parle de la reine de Saba qui,
de la région d’Aromata, a rapporté à Salomon des quantités
énormes de myrrhe. Celle-ci était utilisée dans les services religieux
pour l’asepsie des maisons et des plaies. Salomon lui-même, le plus
grand roi et sage d’Israël, a déclaré: «Le Seigneur fait produire à la
terre ses remèdes et l’homme sensé ne les dédaigne pas.»
Les Égyptiens étaient très qualifiés dans l’art de se servir des
plantes. Ils étaient obsédés par la propreté et pratiquaient
quotidiennement des fumigations aux résines de myrrhe, d’oliban
(résines aromatiques purifiantes) et de thym, se faisaient des
lavements au kaolin, au séné et à l’huile d’olive, et mâchaient de la
propolis. Ils pensaient ‒ sans trop se tromper ‒ que les mauvaises
odeurs étaient des symptômes de maladies et qu’il fallait se purifier
sans cesse. Ils vénéraient aussi l’ail et l’oignon, qui éloignaient le
mal et les mauvais esprits; ils en gavaient même leurs esclaves pour
les fortifier et les soigner. Le papyrus d’Ebers (1600 av. J.-C.) est un
rouleau de 20 m de longueur où sont répertoriées plus de
700 plantes employées en Égypte et dont la plupart sont toujours
utilisées de façon identique.
La Grèce a perpétué le savoir égyptien, mais c’est Hippocrate,
surnommé le «père de la médecine», né en 365 av. J.-C. dans l’île
de Cos, qui a jeté les bases de la pratique médicale. Il affirmait, par
exemple, qu’il fallait considérer pas moins de 72 facteurs pouvant
causer la maladie. Pour retrouver la santé, il conseillait le repos, la
diète, l’hydrothérapie et les massages, sans oublier l’utilisation
possible de 300 plantes judicieusement choisies selon la personne,
son tempérament et la saison.
Dans son traité de sciences naturelles, La Physique, le grand
philosophe Aristote attribuait une âme aux plantes. Théophraste, son
disciple, a écrit en 300 av. J.-C. l’Histoire des plantes, un traité
médical répertoriant 455 plantes avec leur utilisation. Bien plus tard,
au Ier siècle, Pedianos Dioscoride, médecin grec au service de
l’empereur Néron, décrit en détail la forme de plus de 600 plantes et
la manière de s’en servir dans le fameux De materia medica (Sur la
matière médicale). Claude Galien, médecin grec nommé le «père de
la pharmacie», avait des connaissances en anatomie et en chimie. Il
a découvert quelques remèdes fort complexes dont sa thériaque
(«remède universel»), qui contenait pas moins de 84 plantes. Elle a
été copiée, modifiée et vendue jusqu’à aujourd’hui, entre autres
incorporée au fameux «élixir du Suédois».
Bien plus tard, le médecin arabe Avicenne (980-1037), ou Ibn Sina,
rédigea en latin une synthèse très intéressante des médecines
précédentes, publiée dans Canon medicinae. Il y ajouta des
remèdes africains comme le camphre ou la noix vomique.
Au cours des premiers siècles de la chrétienté, l’Occident connut de
nombreuses guerres, des famines et des épidémies. En cas de
maladie, seule la guérisseuse locale, qui tenait son savoir d’un
parent ou d’un maître, soignait les malades. Les femmes
guérisseuses étaient plus nombreuses que les hommes pour
différentes raisons. Tout d’abord, les hommes valides partaient à la
guerre. Mais surtout, l’approche thérapeutique druidique choisissait
le plus souvent des femmes guérisseuses, les ovates, qui vénéraient
la déesse mère personnifiée par la Terre. Enfin, la femme, souvent
une sage-femme devenue femme sage, est porteuse de vie de par
sa nature, les cultures, cueillettes et récoltes qu’elle effectue
inlassablement depuis des millénaires, et évidemment par la
maternité et les bons soins qu’elle requiert.
On doit toutefois à l’empereur Charlemagne l’édit appelé
Capitulaires de Villis, qui incitait les moines de chaque monastère à
cultiver une centaine d’arbres et de plantes aromatiques et
médicinaux pour nourrir et soigner leur communauté.
Sainte Hildegarde, abbesse de Bingen en Allemagne à l’aube du
XI
e siècle, établira un pont entre deux grandes approches
thérapeutiques qui marqueront le deuxième millénaire: elle fait le lien
entre la santé du corps et celle de l’âme grâce à la foi et à la
connaissance de la nature, autant celle du corps humain que celle
des plantes. C’est aux nestoriens, des moines syriens exilés en Inde
vers le VIe siècle ‒ et aux bénédictins qui les ont recopiés siècle
après siècle ‒ que nous devons tous les manuscrits concernant la
phytothérapie, y compris ceux de Hildegarde de Bingen. Si elle avait
vécu deux siècles plus tard, on l’aurait brûlée comme sorcière,
comme des milliers de femmes en Europe entre les XIIIe et
XVIIe siècles, sous l’Inquisition, purge orchestrée par les dévots de
l’Église catholique.
L’école de Salerne, créée au XIe siècle en Italie, et celle de
Montpellier, en France, créée en 1220, forment les premiers
médecins reconnus. Leur formation est basée sur la connaissance
du monde végétal. Aujourd’hui encore, dans plusieurs châteaux et
monastères européens, on retrouve de nombreux écrits relatifs à
leurs enseignements et même des répliques des jardins de simples
(plantes communes cultivées pour leurs vertus médicinales) ‒
d’ailleurs, depuis Louis XIV, ces jardiniers étaient même appelés les
«Simplistes»! ‒ qui rassemblent comme jadis les plantes
médicinales d’Orient et d’Occident.
À la Renaissance, où la raison devait évincer la superstition, on
assiste étrangement à l’avènement de l’alchimie, issue du sein
même de l’Église, avec Albert le Grand (1200-1280), auteur et
naturaliste dominicain nommé docteur de l’Église, et ses traités de
magie Grand Albert et Petit Albert. De cette époque date aussi le
célèbre traité de médecine naturelle écrit en vers (!) et maintes fois
recopié, le Regimen Sanitatis Salernum. Son contemporain Roger
Bacon (1220-1292), savant philosophe anglais et prolifique auteur
connu sous le nom de «Docteur Admirable», s’est également
distingué.
Surnommé le «père de la chimie», Paracelse, de son vrai nom
Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus von Hohenheim,
médecin et alchimiste né en Suisse en 1493, fut le premier à
remettre en question les théories d’Hippocrate et de Galien. Il
énonça la «théorie des signatures», qui se justifie ainsi: considérant
la similitude entre la pivoine rouge et la couleur du sang, celle du suc
jaune et amer de la chélidoine et de la bile, ou la forme et la texture
du stachys, dit oreille-de-mouton, et de l’oreille, il existe une
corrélation entre l’aspect d’une plante et les organes qu’elle soigne.
Bien qu’on doive à Paracelse une médecine novatrice, on lui doit
aussi la mort prématurée de bien des patients. C’est lui qui a
concentré les principes actifs du pavot dans le laudanum et le
mercure dans le calomel, des médicaments puissants, mais faciles à
surdoser.
L’Anglais John Gerard a le mérite d’avoir publié le premier best-
seller de la Renaissance, The Herbal, en 1597.
En 1652, Culpeper publie son Herbier. Il a été réédité une centaine
de fois, mais décrié parce que son auteur était protestant et qu’en
plus, il faisait constamment référence à l’astrologie.
Avec la conquête du Nouveau Monde apparurent de nouveaux
remèdes comme la coca, la quinine, la cascara, l’hydraste, la lobélie
et la salsepareille. Nombre de colons survécurent en Amérique du
Nord grâce aux Autochtones et à leurs connaissances des plantes
médicinales.
Le colon anglais Samuel Thompson (1760-1843) est l’exemple type
de l’alliance entre la tradition et la modernité de l’Amérique du Nord.
Il a étudié le pouvoir des plantes avec les Autochtones et les
guérisseuses de sa région et a créé une école, la Société médicale
réformée, qui formait des médecins naturopathes. Il s’opposait
officiellement aux «Réguliers» qui pratiquaient surtout les purges et
les saignées. De cette branche rebelle naquirent les «Éclectiques»,
qui ont éduqué des milliers d’herboristes jusqu’en 1939, et les
«Physiomédicalistes», qui ont influencé la médecine anglaise et
américaine. Celle-ci utilise toujours bon nombre de plantes indigènes
nord-américaines.
Au début du XIXe siècle ont lieu les premières expériences de
synthèse des principes actifs des plantes: la digitaline pour le cœur
est issue de la digitale, l’héroïne et la morphine, des alcaloïdes
calmants, du pavot, et l’acide salicylique (qui sert à la préparation de
l’aspirine) est tirée du saule blanc ou encore de la reine-des-prés.
En France, en 1941, le gouvernement Pétain interdit la profession
d’herboriste, dont les fonctions sont désormais réservées aux
pharmaciens. Les seules plantes médicinales autorisées pour la
vente libre se résument à la centaine pour lesquelles on a pu justifier
un usage traditionnel autre que thérapeutique, soit un usage
aromatique, alors que les 600 autres inscrites dans la pharmacopée
française font l’objet d’un monopole des pharmaciens. Les
herboristes et les phytothérapeutes, autant en Europe qu’en
Amérique du Nord, depuis le début du XXe siècle, ont reçu de
nombreuses amendes, des condamnations à des peines de prison
et des interdictions de pratique. À travers toute la communauté
européenne, seule l’Allemagne, y compris son ordre des médecins,
reconnaît aujourd’hui les naturothérapeutes homologués, appelés
Naturheilpraktiker.
En France, les Drs Yves Gattefossé, Henri Leclerc, Jean-Marie Pelt
et Jean Valnet, et MM. Fabrice Bardeau, Maurice Mésségué, Jean
Palaiseul et Yves Rocher ont contribué à restituer aux plantes
médicinales leur statut de «vraies guérisseuses». En Amérique du
Nord, les vedettes de la phytothérapie sont nombreuses, qu’elles
soient mortes ou vivantes: John Christopher, John Lust, Jethro
Kloss, Michael Castleman, Michael Tierra, Varro Tyler et Fritz Weiss
pour les hommes célèbres. Les femmes aussi se distinguent de
nouveau. Rosemary Gladstar, Alma Hutchens et Susun Weed aux
États-Unis, ainsi que Danièle Laberge et Marie Provost au Québec,
représentent quelques-uns des nombreux visages féminins de la
phytothérapie moderne. Aujourd’hui encore, les plantes sont la
source de 80 % de tous les remèdes utilisés dans l’hémisphère Sud,
et de 60 % des médicaments de synthèse dans l’hémisphère Nord,
où 120 médicaments courants sont produits à partir de composés
standardisés synthétiques copiés des plantes. En hausse constante,
la consommation par les Occidentaux de plantes médicinales et de
leurs dérivés frôle, en 2008, les 50 milliards de dollars américains.
C’est donc dans une optique ethnobotanique pseudo-
philanthropique que les plus grands laboratoires occidentaux
cherchent à exploiter les secrets des tradipraticiens pour breveter
des molécules spécifiques, dont la reproduction s’avère des plus
payantes pour une industrie déjà très lucrative. Or, les plantes
agissent non pas grâce à certaines molécules arbitrairement
privilégiées, isolées et concentrées aux dépens de toutes les autres,
mais grâce à l’ensemble de leurs composantes, qu’on appelle le
«totum».
Malgré cela, la médecine par les plantes connaît un remarquable
regain de vitalité depuis plusieurs dizaines d’années. Les individus
prennent conscience de la générosité de la nature et de leur
responsabilité concernant leur santé et celle de leurs enfants. Au-
delà du brevetage des molécules, du Codex Alimentarius universel,
les DIN (Drug Identification Number) ou NPN (Natural Product
Number) émis et gérés par Santé Canada, influencés par l’Ordre des
médecins et l’Ordre des pharmaciens, il reste la confiance populaire
immémoriale envers les herbes qui soignent dans leur intégrité
depuis toujours. On assiste à l’avènement d’une nouvelle
compréhension des besoins affectifs et physiologiques vitaux, et les
conseils des herboristes et des naturopathes sont de plus en plus
suivis par une population qui cueille et cultive elle-même les plantes
pour se soigner.
En Amérique du Nord et en Europe (Espagne, Allemagne et
Angleterre), les herboristes forment des corporations. Ils unissent
leurs forces, agissent et définissent des objectifs basés sur
l’échange et l’ouverture. Près de la moitié des universités
américaines offrent des cours relevant des thérapies alternatives. De
plus en plus de recherches scientifiques voire universitaires sont
effectuées au Canada et dans bien des pays occidentaux. Comme
partout en Europe, les plantes reprennent de plus en plus de place
dans les pharmacies, dans les magasins de produits naturels et
même dans les épiceries. Je m’en réjouis, car je participe
consciemment à ce mouvement en enseignant et en réhabilitant les
mérites des plantes médicinales et leurs innombrables qualités, tout
comme plusieurs centaines de passionnés d’herboristerie au
Québec, dont une ostensible majorité de femmes.
LES FIGURES MARQUANTES DE LA PHYTOTHÉRAPIE
Un médecin n’a nul besoin d’éloquence ni de savoir
littéraire mais d’une profonde connaissance de la nature
et de ses bienfaits.
Paracelse, Labyrinthis medicorum
L’ANTIQUITÉ
Hippocrate (460-377 av. J.-C.), surnommé le «père de la
médecine» ou le «maître de Cos», a jeté les bases de la
médecine moderne en privilégiant l’observation plutôt qu’en se
fiant aux mythes et aux superstitions. Il a défini le code d’éthique
de la profession médicale, encore utilisé et connu sous le nom de
«serment d’Hippocrate», il a établi un questionnaire de diagnostic
très complet et écrit de nombreux traités, dont le Corpus
Hippocratum, spécialement consacré au traitement des maladies
par les végétaux.
Caton l’Ancien, ou Marcus Porcius Cato (234-149 av. J.-C.), était
un homme politique et un écrivain qui a essayé de freiner la
décadence de la civilisation romaine. On l’appelait le «Censeur»
en raison de sa sévérité légendaire. Il prônait, entre autres
choses, le retour à la terre pour contrer le relâchement des
mœurs. Il cultivait lui-même et encourageait la culture des plantes
médicinales. Il en parle dans son traité sur l’agriculture De re
rustica.
Pline l’Ancien, ou Caius Plinius Secundus (23-79), était un
écrivain romain. Dans les 37 volumes de son Histoire naturelle, il a
compilé plus de 2000 ouvrages. Il évoque souvent avec passion
les vertus médicinales des arbres et des plantes.
Pedanios Dioscoride (40-90) était un médecin d’origine grecque
au service de l’armée de Néron. Il est l’auteur du traité majeur de
phytothérapie De materia medica, dans lequel il décrit 600 plantes
ainsi que leur usage thérapeutique.
Claude Galien (131-201), un médecin grec, est devenu célèbre à
Rome en soignant l’empereur Marc Aurèle et ses fils. Il a écrit
environ 500 traités médicaux. Il est le premier à avoir décrit
l’anatomie du corps humain, à avoir révélé l’utilité des métaux et
l’importance des mauvaises humeurs dans les maladies. Il a
influencé la pensée médicale pendant 10 siècles. Il a donné son
nom à la galénique (partie de la pharmacie qui traite de la mise en
forme des produits pharmaceutiques). Il ne craignait pas de
mélanger jusqu’à 100 substances dans ses formules, avec moult
variantes à travers les siècles. Mentionné dans le Codex
medicamentarius gallicus jusqu’en 1884, ce complexe, appelé
«thériaque», était à la base un contrepoison contenant des
dizaines de plantes et même de la vipère et des glandes de castor
séchées.
LE MOYEN ÂGE
Avicenne, ou Ibn Sina (980-1037), médecin éclectique et très
prolifique d’origine perse, auteur de Canon de la médecine et du
Livre de la guérison, amena une vision originale de la médecine,
approche imprégnée de philosophie nord-africaine, à laquelle il
rajouta les pharmacopées grecque et latine.
Hildegarde de Bingen (1098-1179) était une abbesse bénédictine
allemande très érudite et visionnaire qui soignait essentiellement
par les plantes et les prières. Elle a écrit trois traités de guérison
majeurs et marqué l’histoire de la phytothérapie par son approche
globale de la santé. On l’appelait la «sainte guérisseuse».
Trotula Plantearius, femme médecin, travaillait au XIIe siècle à
l’école de Salerne, en Italie; c’était une école de médecine laïque
exceptionnelle où l’on privilégiait l’étude des plantes. Très
compétente, elle est devenue célèbre grâce à son traité de
gynécologie, Les maladies des femmes avant, pendant et après
l’accouchement. De l’école de Salerne, il reste L’Antidotaire
Nicolas, traité de mille recettes médicinales qui fit longtemps
autorité auprès des facultés de médecine de Paris et de
Montpellier.
LA RENAISSANCE
Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus von Hohenheim
ou Paracelse (1493-1541), se surnommait lui-même Paracelsus
(«meilleur que Celse»), car il affirmait que ses théories étaient
supérieures à celles des médecines grecques et romaines,
désormais désuètes. Ce médecin suisse était aussi alchimiste et
philosophe. Il a formulé la théorie des signatures, dans laquelle il
attribue des vertus aux plantes en fonction de leur analogie avec
les organes. Il a fabriqué des médicaments puissants, comme le
laudanum à base d’opium, et mieux dosé le mercure contre la
syphilis. On l’a aussi appelé le «Luther de la médecine», car il fut
le premier à rédiger des traités médicaux et mystiques en dialecte
germanique plutôt qu’en grec ou en latin.
Rembert Dodoens (1517-1586), médecin néerlandais, a été au
service de l’empereur Maximilien, puis de son fils Rodolphe. Ses
meilleurs amis étaient Clusius (1526-1609) et Lobelius (1538-
1616), deux autres compatriotes et botanistes célèbres de
l’époque. Dodoens a écrit L’herbier et La pratique médicinale des
simples, qui fut outrageusement plagié plus tard en Angleterre par
John Gerard.
Pierre-André Matthiole (1500-1577), médecin italien et fameux
botaniste superviseur du jardin botanique de Florence, est l’auteur
de plusieurs traités botaniques et médicaux, dont Les
commentaires, publié en 1507, qui rend plus accessible l’œuvre
de Dioscoride.
Olivier de Serres (1539-1619), attaché à la pratique d’une
polyculture d’avant-garde, cet agronome français est un herboriste
compétent. Il est l’auteur d’un merveilleux traité, Théâtre
d’agriculture et ménage des champs, et fut un conseiller agricole
estimé du roi Henry IV.
John Gerard (1545-1612), jardinier passionné, voyagea
beaucoup. Riche d’expériences médicinales, il ramena en
Angleterre des plantes exotiques et entra au service d’un
aristocrate. Il a été surtout connu comme barbier-chirurgien. Son
traité Gerard’s Herbal était ni plus ni moins la traduction de
l’ouvrage L’herbier de Rembert Dodoens, et ses illustrations
ressemblaient étrangement à celles de Tabernamontaeus, un
herboriste allemand de l’époque.
Nicolas Culpeper (1616-1654), herboriste et médecin anglais,
était un paradoxe vivant; aristocrate mais antimonarchiste,
protestant mais féru d’astrologie, il avait l’ambition de rendre la
médecine accessible au peuple. Il a réussi puisque son traité
Herbal a été réimprimé plus de 100 fois depuis sa publication en
1652.
Nicolas Lemery (1645-1715), chimiste et médecin français, est
l’auteur de deux ouvrages qui firent longtemps autorité en France,
Le traité des drogues simples et La pharmacopée universelle.
LE SIÈCLE DES LUMIÈRES
Samuel Thomson (1760-1843), un colon anglais, a étudié la
médecine avec les guérisseurs autochtones et les sages-femmes.
Il a guéri sa propre fille d’une fièvre maligne. Emprisonné pour
exercice illégal de la médecine, il est resté toutefois très populaire.
Il est à l’origine d’un courant de pensée proche de la médecine
traditionnelle indigène qui a eu des millions d’adeptes. Il fonda la
Société médicinale réformée, école qui a formé les premiers
naturothérapeutes américains, aussi nommés les «Éclectiques».
Carl von Linné (1707-1778), naturaliste suédois, est connu
mondialement à cause de son système de classification des
plantes Species plantarum, sensiblement modifié depuis. D’abord
très critiqué dans son pays, il y termina sa vie comme botaniste
émérite et médecin officiel du roi de Suède.
LES INCONTOURNABLES DU XIXE SIÈCLE
Sebastian Kneipp (1821-1897), prêtre guérisseur allemand, s’est
lui-même guéri de la tuberculose avec des bains froids. Il a
élaboré une méthode de guérison efficace basée sur
l’hydrothérapie, la diététique et la phytothérapie toujours pratiqués
dans de nombreux spas européens. Il a soulagé des milliers de
malades, notamment le pape Pie IX.
Jean Kunzle (1870-1955), abbé suisse du Valais, a publié
plusieurs livres sur les plantes, dont l’ouvrage célèbre: Plantes
médicinales, l’atlas illustré: Bonnes et mauvaises herbes, un
calendrier, une revue mensuelle et une série de remèdes à base
de plantes vendus partout en Occident.
Maud Grieve, née vers la fin du XIXe siècle et décédée vers les
années 1950, cette jardinière anglaise passionnée a cultivé elle-
même plusieurs centaines de plantes décrites dans son
remarquable traité de phytothérapie, A Modern Herbal, publié pour
la première fois en 1931 et souvent réimprimé.
Dr Edward Bach (1886-1936), d’abord médecin orthodoxe puis
homéopathe, est un visionnaire anglais qui a découvert, grâce à
l’expérience et à son extrême sensibilité, les effets des fleurs sur
les états d’âme. Encore aujourd’hui, dans le monde entier, on
utilise ses 38 élixirs floraux et ses vaccins homéopathiques.
Jethro Kloss (1863-1946), Américain pionnier du végétarisme
aux États-Unis, a créé une usine de produits naturels, un
magazine et un sanatorium. Son ouvrage Back to Eden touche à
tous les domaines de la santé. Il a été réédité une dizaine de fois
depuis 1939 et a fait de nombreux adeptes de son approche
«hygiéniste», qui incluait aussi un vaste usage des plantes
médicinales.
LES CONTEMPORAINS OU FIGURES MARQUANTES
EUROPÉENNES
Maria Treben, Autrichienne née au début du XXe siècle et décédée
en 1991, a été une herboriste autodidacte de grand talent. Son
ouvrage, La santé à la pharmacie du Bon Dieu, s’est vendu à huit
millions d’exemplaires dans le monde entier.
Dr Alfred Vogel, formidable naturopathe suisse, fut nommé
docteur honoris causa par une université américaine. Deux traités
de naturopathie l’ont rendu célèbre, Le petit docteur et Docteur
nature. Grand voyageur, il a fait connaître au monde bien des
plantes exotiques, notamment l’échinacée. Les produits Bioforce
sont directement inspirés de ses indications.
Dr Jean Valnet, médecin dans l’armée française pendant la
guerre d’Indochine, devint un naturopathe convaincu, ardent
défenseur des plantes médicinales et fabricant de célèbres huiles
essentielles. Ses ouvrages majeurs sur l’aromathérapie, la
phytothérapie et la diététique végétale sont des références
importantes dans le monde de la phytothérapie.
Maurice Mességué est un pionnier du renouveau de la
phytothérapie populaire et clinique en France. Surnommé le
«pape des plantes», cet herboriste, philosophe écologiste et
auteur prolifique fut aussi un habile homme d’affaires. Il a publié
une dizaine d’ouvrages remarquables.
Pierre Lieutaghi, auteur prolifique, ethnobotaniste et herboriste
français érudit, a écrit des ouvrages exceptionnels comme Le livre
des bonnes herbes et La plante compagne, entre autres.
François Coupland, herboriste et auteur suisse, est spécialisé
dans l’enseignement des usages des plantes sauvages
européennes, et fondateur de l’École des plantes sauvages.
Bernard Bertrand, auteur français contemporain, a rédigé des
dizaines de remarquables opuscules illustrés sur les arbres et les
plantes communes qui nourrissent et soignent.
LES CONTEMPORAINS AMÉRICAINS
John Lust, neveu du «père de la naturopathie en Amérique»,
Benedict Lust, est lui aussi un grand naturopathe allemand qui a
immigré aux États-Unis. Il a ouvert les premières chaînes de
magasins de produits naturels et de sanatoriums en Amérique du
Nord. Il a publié en 1974 un remarquable traité de phytothérapie:
The Herb Book.
John Christopher, ardent défenseur de la phytothérapie, a été
emprisonné plusieurs fois avant d’être reconnu comme un grand
expert. Il a fondé une célèbre école d’herboristerie par
correspondance et écrit un guide très complet, souvent plagié,
School of Natural Healing.
James Duke, docteur en botanique et auteur de nombreux livres,
dont La pharmacie verte (publiée après la mienne, plus modeste),
est reconnu comme un spécialiste en pharmacognosie, soit l’étude
des principes actifs des plantes, comme en témoigne son
formidable répertoire de pharmacognosie mentionné à la fin de cet
ouvrage.
Michael Tierra représente une nouvelle génération d’herboristes
américains ouverts à toutes les influences positives des plantes
sur la santé. Spécialisé dans l’approche chinoise des herbes, il fait
preuve d’une véritable passion, qu’il communique dans son livre
The Way of Herbs.
David Hoffman, herboriste médicinal exerçant en Californie, est
un authentique amoureux des plantes et un grand
phytothérapeute reconnu par ses pairs. Il a écrit The Holistic
Herbal (1983).
Christopher Hobbs est un auteur, biologiste, enseignant,
herboriste et mycologue réputé, très actif, autant dans le monde
réel que virtuel.
LES MEILLEURES HERBORISTES FÉMININES NORD-
AMÉRICAINES
Deb Soule, herboriste de vieille souche, autrice de Woman’s Book
of Herbs, est aussi une herboproductrice réputée, établie dans le
Maine, aux États-Unis.
Susun Weed, guérisseuse par les herbes, a un côté New Age
teinté d’ésotérisme et de féminisme. Deux de ses livres sont
d’ailleurs consacrés uniquement aux femmes. Elle est très
compétente, pleine d’esprit et d’humour, et ses livres sont très
joliment illustrés (voir la bibliographie).
Rosemary Gladstar, Américaine d’origine arménienne, est surtout
une éducatrice populaire reconnue depuis 40 ans. Jardinière,
herboriste et thérapeute, résidant au Vermont, près de son
immense jardin, elle a aussi écrit une dizaine de traités
d’herboristerie.
Marie Provost, pionnière dans l’éducation et l’utilisation des
plantes médicinales depuis 40 ans au Québec, est la plus
importante productrice de produits à base de plantes de cette
province avec son entreprise certifiée bio, Clef des champs, à Val-
David. Elle a écrit le best-seller Des plantes qui guérissent et se
distingue par son engagement passionné pour la cause de
l’herboristerie.
Danièle Laberge, remarquable herboriste polyvalente, autrice du
Guide santé et coautrice du livre Ces fleurs qui soignent, est aussi
la créatrice du plus beau jardin médicinal, le seul certifié Demeter
jamais réalisé au Canada, L’Armoire aux Herbes. Hélas, au début
de 2010, son entreprise âgée de 30 ans fut victime de
l’establishment pharmaco-chimique canadien. Par contre, son
école, L’Herbothèque, s’est déplacée dans les Laurentides en
même temps que le jardin médicinal. Elle propose des produits et
un cours d’herboristerie par correspondance très élaboré ayant
formé des milliers d’élèves à ce jour.
La Guilde des herboristes du Québec, il ne s’agit pas d’une
personne en soi, mais d’une association dynamique fondée en
1995 à Montréal, riche de 400 membres, dont une majorité de
jeunes femmes passionnées qui témoignent de la vitalité de cet art
de soigner.
Vous trouverez les références dans la section Bonnes adresses
et références Web à la fin de l’ouvrage.
CHAPITRE 2
Cueillette et transformation des plantes
sauvages
Sur les traces de Tournefort
Je cours, je vole avec transport
Je vois la nature embellie
Des plantes dont les sucs puissants
Vont dans nos membres languissants
Répandre une nouvelle vie.
René Just Haüy, abbé, botaniste et minéralogiste du
XVIIIe siècle
ÉCOLOGIE ET ÉTHIQUE
On doit plus que jamais cueillir les plantes sauvages en étant
conscient que le nombre et la variété des espèces végétales sont
limités, et que leur habitat naturel rétrécit partout sur la planète.
Nous devons restreindre les récoltes à nos besoins essentiels,
encore plus quand il s’agit de plantes indigènes, désormais aussi
raréfiées que leurs écosystèmes originels.
En effet, j’ai vu ici, dans ce vaste pays qu’est le Canada, diminuer et
aussi disparaître dans un rayon de 20 km autour de mon terrain, une
vingtaine de plantes médicinales précieuses, notamment à cause de
l’agriculture intensive et des développements immobiliers
démultipliés dans la région. Je sais que ce phénomène est mondial.
Avec l’expansion démographique et technologique prévue, il n’y a
d’autre frein possible à la destruction du noble règne végétal que la
compréhension juste du problème et l’application de moyens
d’action. Partout, heureusement, les citoyens sont conscients de la
beauté et de la richesse de la nature, et travaillent concrètement à la
préservation des plus beaux sites sauvages.
En Europe, les partis «verts» croissent en force et en nombre. Au
Québec, le gouvernement consulte des experts, comme
FloraQuebeca, et a commencé à légiférer pour préserver les
espèces indigènes en danger. En tant que membres des Mères au
front, une organisation écologiste active dans tout le pays, mes
consœurs et moi agissons et parlons pour défendre ce qui reste de
nature sauvage pour nous-mêmes, nos enfants et ceux à venir. De
ce fait, par mes enseignements et mes écrits, je ne souhaite en
aucun cas contribuer au pillage des trésors de nos bois et de nos
champs, mais au contraire, vous sensibiliser aux particularités et au
caractère unique et irremplaçable des plantes sauvages. Si vous
souhaitez cueillir les plantes citées dans cet ouvrage, limitez-vous à
des quantités raisonnables. Qui sait, vous pouvez peut-être aussi
contribuer à préserver une espèce et son habitat naturel, voire à la
multiplier en diffusant les bonnes informations à son sujet, sans
oublier éventuellement de disséminer ses racines ou ses graines
dans votre coin de jardin, voire dans un grand champ de vivaces.
Ce paragraphe très parlant est issu de la charte des membres de la
Guilde des herboristes du Québec:
«Santé des plantes et de leurs milieux
Nous croyons à l’importance de la qualité et de la vitalité des plantes
médicinales et que leur pouvoir guérisseur soit favorisé lorsqu’elles
poussent dans un milieu sain et vivant. (…) Dans cette optique, nous
préconisons la culture biologique.
Nous croyons au maintien et à la sauvegarde de l’intégrité de
l’environnement, de la biodiversité et des habitats naturels. Dans
cette optique, nous préconisons la cueillette responsable en milieu
naturel.
Tout ceci a pour but d’assurer la continuité de la tradition et l’accès
aux plantes médicinales pour les générations actuelles et celles à
venir.»
UNE CUEILLETTE INTELLIGENTE
Voici quelques principes de base pour cueillir les plantes en
respectant la nature.
Endroits à privilégier: Friches et prairies sauvages, lisières des
grandes forêts, collines et montagnes. Tous ces endroits doivent être
situés le plus loin possible des villes et des villages, des routes
fréquentées, des troupeaux d’animaux domestiques et des lacs et
des cours d’eau pollués.
Savoir-vivre et respect: Les espaces publics sauvages se faisant
de plus en plus rares, il est de mise de demander la permission au
propriétaire d’explorer son terrain. Par exemple, dans ma vaste
région qu’est l’Estrie, 91 % de la forêt est privée!
La quantité: Limitez-vous à 1 plant sur 10 et à 1 sur 20 quand il
s’agit de racines et d’espèces rares. Privilégiez la fabrication de
teintures-mères plutôt que de tisanes: elles nécessitent de bien
moindres quantités pour autant, sinon plus, d’efficacité. En automne,
resemez en enfouissant les graines autour de l’espèce visitée. Si ce
sont des vivaces, laissez les racines, sinon au moins une partie
viable avec quelques bourgeons de croissance, ainsi qu’une partie
des racines dans la terre.
Le bon moment: Chaque espèce se développe à son propre rythme
et a une période de maturité propice à la cueillette. Pour plus de
détails, consultez le calendrier et les monographies. Il y a toutefois
des règles communes à respecter: choisir impérativement une
journée ensoleillée, cueillir après l’évaporation de la rosée, ne pas
mélanger des espèces différentes dans le même sac ou le même
panier ‒ celui-ci doit respirer, donc être en papier épais ou en bois ‒
et, éventuellement, couvrir les plantes si la cueillette se prolonge.
En général, chaque partie se cueille séparément:
les racines, idéalement en automne, sinon tôt au printemps;
les bourgeons, très tôt au printemps, avant le début de la
feuillaison;
les feuilles, avant la floraison, la première année chez les
bisannuelles;
les fleurs, au début de leur épanouissement, jamais flétries, avant
la pollinisation;
les fruits, quand ils sont mûrs, sucrés et bien colorés;
les graines, en automne, quand elles sont prêtes à se détacher du
plant-mère, parfois cachées dans les capsules des fruits très
mûrs, éventuellement après les premières gelées (églantier,
épine-vinette, vinaigrier);
les écorces, sur les arbres adultes, à la fin de l’hiver. Se limiter à
un petit rectangle par individu ‒ le cautériser avec de l’argile ou de
la boue ‒, ou mieux, choisir les rameaux terminaux qui
contiennent les mêmes principes actifs et même plus d’hormones
de croissance et de vitamines.
Aussi, pour les croyants: que vous soyez animiste, bouddhiste ou
chrétien, n’oubliez pas de remercier le Créateur, les esprits des lieux
et aussi l’âme des plantes de vous livrer ainsi gratuitement leur
énergie et leur existence pour vivifier la vôtre.
LES MEILLEURS OUTILS
Voici les outils indispensables pour une cueillette réussie:
des mains propres pour toutes les parties délicates comme les
fleurs et les graines;
des gants pour les espèces piquantes (bardane, chardon, ortie,
vipérine);
un sécateur bien affûté pour les tiges rigides;
une petite pelle maniable pour les racines;
un sac en toile, un panier d’osier et des sachets de papier épais
pour le transport.
Si l’expédition s’annonce longue, pensez à bien vous chausser, à
vous protéger les jambes, les mains et la tête des moustiques et des
tiques, à apporter de l’eau, de la nourriture, du feu, voire une carte
de la région ou une boussole si vous ne connaissez pas la contrée. Il
va de soi que le meilleur moyen de trouver la plante que l’on cherche
reste la connaissance des lieux où l’on s’aventure et du type
d’habitat qu’elle privilégie. Si ce n’est pas le cas, prenez un guide
familier des lieux.
LES RÈGLES DE BASE DE LA TRANSFORMATION DES
PLANTES
Le mot «drogue» a donné le mot «droguerie», et en anglais, drugs a
donné drugstore, qui signifie «pharmacie». Ce terme vient de
l’allemand trocknen, qui signifie «sécher».
Quelques consignes
On ne lave jamais les plantes entières avant de les faire sécher.
On rince seulement les racines; ensuite, on les brosse et on les
étale quelques heures au soleil pour les désinfecter avant de les
découper, de les laisser sécher à l’ombre et de les entreposer en
pot.
On prélève les graines en automne, quand elles sont prêtes à se
détacher du fruit ou du plant-mère.
On les fait sécher deux semaines avant de les ensacher dans du
papier. Pour de grandes quantités, on glisse le sac en papier dans
du plastique ou dans un bocal en verre entreposé à l’abri de la
lumière.
On ébranche les feuilles pour activer le séchage. Si on manque
d’espace, on laisse les plants suspendus en bouquets dans un
grenier aéré en les recouvrant de toile ou de papier.
Généralement, une semaine de séchage dans un lieu sec, sombre
et aéré suffit. On détache ensuite les feuilles avant de les mettre
en pots sans trop les écraser.
On étale les fleurs, le plus souvent individuellement, sur du papier
de soie. On les recouvre du même papier et on les retourne
quotidiennement pour qu’elles conservent leur couleur, leur
parfum et leurs propriétés.
On fait sécher rapidement les fruits pour qu’ils gardent leur
couleur, leur saveur et leurs vitamines. Une claie bien ventilée
dans un grenier chaud fait l’affaire, mais si l’humidité est
persistante, il faut recourir au four chauffé à basse température ou
au déshydrateur électrique.
Il est facile de fabriquer un séchoir domestique en bois avec des
claies en plastique. L’important est de garder une bonne circulation
d’air. Rappelez-vous que la conservation, l’efficacité et la salubrité
des plantes dépendent d’un bon séchage. Cette opération nécessite
de l’air, de la chaleur, de l’obscurité, du temps, de l’attention, en plus
de l’expérience!
Ma méthode préférée
Selon moi, pour l’efficacité durable, surtout l’hiver, la teinture-mère
reste le meilleur moyen de soigner avec les plantes, que l’on utilise
alors en très petites quantités, à l’interne comme en externe. Il n’y a
aucune perte des principes actifs et on économise beaucoup
d’espace et de temps. Cette préparation est facile à transporter dans
un petit flacon et se consomme telle quelle. Ce qui n’exclut
aucunement, au contraire, de prévoir quelques «classiques» de
base de spécimens séchés pour les infusions chaudes et miellées
(ou pas), si réconfortantes au cœur de l’hiver.
La plupart des principes actifs des plantes étant hydrosolubles, l’eau
reste le solvant le plus accessible et économique. Par conséquent:
vive les décoctions et les simples infusions!
CRITÈRES DE QUALITÉ
Pour que les plantes médicinales soient efficaces, elles doivent être
de qualité optimale. Leur commercialisation est régie selon des
normes particulières à chaque pays. Les logos OCIA, Ecocert,
Demeter, QAI et Québec Vrai témoignent d’une culture biologique
réalisée selon des normes internationalement reconnues. Au
Canada s’ajoutent les logos Aliments du Québec Bio et Bio Canada,
établis par le Conseil des appellations réservées et des termes
valorisants (CARTV). Plusieurs petits herboristes cultivent d’office
selon ces normes, sans forcément se soumettre au lourd tribut
financier et bureaucratique de la certification. Pour l’herboriste
traditionnel, c’est la bonne renommée qui compte, pas l’étiquette.
Validé par ses pairs et sa bonne réputation, il compose lui-même ses
produits, personnalisés selon le patient, et les vend de main à main.
Au Canada, la pratique de l’herboristerie est autorisée par la loi en
autant qu’on assume les conséquences de ses conseils et garantit
les bienfaits des produits prescrits à bon escient. Être validé par la
Guilde des herboristes comme HTA (herboriste thérapeute
accrédité) constitue une garantie de compétence, d’expérience et de
formation suffisante. Actuellement, sur environ 400 membres,
seulement 10 % sont reconnus et validés comme thérapeutes.
Lors de vos achats, pour vérifier la fraîcheur et la méthode de
séchage, fiez-vous à vos sens. Si la texture, la couleur, l’odeur et le
goût peuvent vous guider assez précisément, l’expérience et la
vigilance feront le reste. On nomme cela l’analyse organoleptique,
une perception multisensorielle forcément très développée chez
l’herboriste expérimenté.
Conservation
Les fleurs et les feuilles sont efficaces durant quatre saisons,
parfois jusqu’à 2 ans.
Les écorces, les graines et les racines de qualité restent actives
durant 3 ans, et jusqu’à 5 ans si elles sont parfaitement
conservées.
Les teintures-mères à l’alcool restent efficaces pendant 5 ans,
celles au vin ou au vinaigre, 3 ans maximum.
Les comprimés, les gélules, les extraits et les nébulisats sont
sujets aux normes des fabricants, qui sont particulières à chaque
produit.
Les cérats, les pommades et les onguents sont actifs de 6 mois à
1 an, plus longtemps s’ils sont gardés au froid et s’ils contiennent
des agents de conservation, naturels évidemment (acides,
minéraux ou huiles essentielles).
CONSOMMATION, IMPORTATION ET MONDIALISATION
Le marché des plantes médicinales est en pleine expansion et se
chiffre en milliards de dollars à l’échelle planétaire. Bien que ce
commerce concerne la santé des individus, ses normes de
production et de vente sont loin d’être fiables et sécuritaires. En voici
quelques exemples.
Beaucoup de stocks de plantes importées dans les pays
développés sont traités aux douanes à grand renfort de
fumigations, de pulvérisations microbicides, sans compter
l’irradiation. Les plantes courantes comme la camomille, la
menthe, le tilleul et la verveine sont les plus consommées, donc
les plus polluées. Au Québec, environ 90 % des plantes
médicinales consommées et vendues sur le marché, biologiques
ou pas, sont importées!
Les analyses de contrôle phytosanitaire sont relativement
sécuritaires, parfois même exagérées, mais les analyses
microscopiques pour détecter les métaux lourds ou la teneur en
pesticides sont négligées, car elles sont trop coûteuses,
complexes et fastidieuses, tant pour l’État que pour les
commerçants.
Pour être certain de la qualité des plantes que vous utilisez,
choisissez une des solutions suivantes:
Achetez uniquement un produit identifié comme étant conforme
aux normes de l’agriculture biologique (sans pesticides ni
fongicides, non génétiquement modifié et non irradié), sinon d’un
producteur local ou régional de bonne renommée.
Cultivez, cueillez et transformez vos propres plantes: c’est
agréable, bénéfique et de plus en plus indiqué d’un point de vue
écologique, qualitatif, psychologique et sanitaire.
Au Canada, les produits de santé naturels vendus avec les
spécifications de la teneur en extraits standardisés ne peuvent
jamais être certifiés biologiques ni en porter la mention. Santé
Canada émet un Numéro de produit naturel (NPN ou DIN-HM), qui
est apposé sur tous les produits de santé naturels du commerce. Ce
NPN est un code de huit chiffres qui est attribué à chaque produit de
santé naturel approuvé en vue de la commercialisation, en vertu du
Règlement sur les produits de santé naturels. Sans celui-ci,
impossible de vendre ou d’acheter une plante médicinale dans le
commerce, sauf les plus courantes en vrac.
Néanmoins, autorisé par la loi canadienne actuelle, le thérapeute
homologué est l’autre solution pour avoir accès à des plantes peu
usuelles non disponibles dans le commerce courant. C’est un bon
moyen de garantir l’accès à une plus vaste pharmacopée et
d’encourager votre herboriste local validé autant par ses pairs que
par sa bonne réputation.
Pour terminer ce chapitre, voici une liste non exhaustive de plantes
en voie de disparition. Elle vous permettra de les ménager en
protégeant leur habitat, en limitant les cueillettes et en facilitant leur
reproduction par la culture ou sinon la multiplication dans leur milieu
naturel.
CHAPITRE 3
Méthodes d’utilisation des plantes sauvages
médicinales
Les médicaments, les suppléments et les plantes
médicinales ont tous leur place en médecine. Il faut
simplement savoir quand et comment les prendre.
David Winston, auteur, chercheur et herboriste senior
américain
Les herboristes traditionnels utilisent les plantes de mille manières,
les plus simples et les plus efficaces ayant survécu au passage du
temps. Cependant, peu d’alchimistes de la nature recueillent encore
la rosée de l’alchémille pour confectionner des élixirs sacrés, ou
encore récupèrent le latex des pissenlits pour faire un onguent
virucide. Nous sommes passés de la magie à l’industrie. Nous
ingérons, souvent à notre insu, les plantes médicinales au quotidien.
Voici quelques domaines où elles sont bien présentes.
Dans la cuisine, sous forme d’assaisonnement (égopode, renouée
poivre d’eau), en salade (cresson, pissenlit, pourpier), en sauce
(épine-vinette, tanaisie) et dans les desserts (cerises, framboises,
pommes).
Dans les produits de beauté et d’hygiène: bain moussant,
dentifrice, hydrolat, savon, poudre, mascara, rouge à lèvres
(camomille, menthe, mauve…). Les meilleurs parfums sont faits
d’huiles essentielles issues de fleurs distillées (lavande, jasmin,
néroli, rose).
En agriculture, comme fertilisant (algues), activateur de compost
(camomille, prêle, valériane) et parasiticide (armoise, menthe
pouliot, tanaisie).
En médecine: environ 40 % des médicaments de synthèse sont
issus des plantes. Un cardiotonique courant, la digoxine, est fait
de digitale; le remède contre le cancer (le tamoxifène) est issu de
l’if; et celui contre la leucémie est dérivé de la pervenche. C’est
sans compter les nombreux analgésiques externes à base de
menthol, les antiseptiques locaux à base de thym et l’aspirine,
tirée en premier du saule ou de la reine-des-prés.
LA CONSOMMATION DE LA PLANTE FRAÎCHE
Consommer les plantes crues et vivantes, comme les animaux, est
la façon la plus simple de bénéficier des bienfaits de la nature. (Il est
important toutefois de les tremper dans l’eau vinaigrée, puis de bien
les rincer, car les déjections d’animaux sauvages contiennent des
parasites, voire des virus.) Par exemple, on peut faire une salade de
printemps, digestive et reminéralisante, avec de jeunes feuilles de
marguerite, de menthe, de mouron des oiseaux, d’oseille, de
pissenlit, de plantain ou de pourpier, le tout assaisonné d’une bonne
vinaigrette, avec du vinaigre ou de l’huile aromatisés. De cette
manière, on recueillera presque tous les principes actifs, les
antioxydants, les enzymes et les vitamines de la plante. N’exagérez
pas sur la quantité ingérée, car votre cure de vitalité pourrait se
transformer en purge drastique. Une portion de salade par jour suffit.
Le jus des plantes obtenu par extraction est aussi efficace. Par
exemple, le jus de feuilles de chiendent nettoie la peau et le sang,
celui de pissenlit, le foie, celui des feuilles de bouleau, les reins, etc.
LA DÉCOCTION
Comme nous ne possédons ni les enzymes ni les quatre panses des
herbivores pour digérer la cellulose et certains acides organiques,
nous faisons cuire les végétaux pour mieux les assimiler. La
décoction est une bonne manière de faire éclater l’enveloppe
protectrice externe des plantes (parenchyme cellulosique) et de
dissoudre les principes actifs dans l’eau. Dans une casserole, placer
les plantes fraîchement cueillies: 5 à 10 grammes pour 250 ml
(1 tasse) d’eau suffit. Porter à ébullition et couvrir. Le tout ne doit pas
bouillir plus de trois minutes pour les parties tendres des plantes
fraîches. On peut toutefois les laisser macérer quelques minutes,
voire quelques heures pour les écorces et les racines, avant de les
filtrer. Une longue macération surpasse toutes les ébullitions, sans
pour autant altérer les plantes. Consommer à petites gorgées ou,
parfois, utiliser en compresses externes, souvent plus saturées en
plantes.
Les plantes fraîches contiennent de 50 à 70 % d’eau, mais la plupart
d’entre elles ont aussi beaucoup de principes actifs hydrosolubles,
donc très assimilables dans une simple décoction ou infusion.
LA TEINTURE-MÈRE
Pour conserver plus longtemps les principes actifs de la plante, la
teinture-mère reste la meilleure technique. Elle est surtout utilisée
par les herboristes chevronnés nord-américains et les homéopathes
de partout, qui en font leur base de dilution des remèdes de source
végétale. C’est la manière la plus pratique et la plus efficace de
bénéficier de toutes les qualités thérapeutiques d’une plante.
La technique est simple à comprendre et à réaliser: cueillir au bon
moment la partie active de la plante choisie, la broyer finement (sans
faire une bouillie) au couteau, avec un hachoir bien affûté ou dans
un broyeur ou un robot électrique, avec le double de sa quantité en
alcool fort (entre 40 et 94 % d’alcool). Verser le tout dans un bocal
en verre fermé avec un couvercle de plastique de grade alimentaire.
Laisser macérer un mois (une lune, disaient les anciens!) à l’abri de
la lumière, tout en agitant le bocal de verre tous les 2 ou 3 jours.
Filtrer soigneusement le mélange dans un tamis très fin, un filtre à
café ou un coton à fromage en pressant le tout pour perdre le moins
de concentré possible. À la place de l’alcool, certains herboristes
utilisent de la glycérine végétale (glycéré), du vinaigre de cidre de
pommes dynamisé au miel (oxymel) ou enrichi à 8 % d’acide
acétique, du vin de miel à 12 % (hydromel), ou encore des vins
blancs secs ou des vins rouges tanniques (œnolés). Certaines
plantes demandent des extraits hydroalcooliques à haute teneur en
alcool (patience, champignons médicinaux…).
La plupart de ces techniques sont issues des pratiques de
l’herboristerie traditionnelle, d’autres sont justifiées par des analyses
phytochimiques de pointe, les résultats variant selon le talent et les
procédés des fabricants, le pourcentage d’eau dans la plante et,
bien sûr, la qualité des sols et les matières premières utilisées.
LES INFUSIONS OU LES TISANES
Pendant longtemps, cette façon de consommer les plantes a été
associée aux grands-mères assises au coin du feu pendant les
longues veillées d’hiver. Aujourd’hui, tous les cafés et les restaurants
en proposent, à la demande croissante de la clientèle.
Malheureusement, aux yeux de l’herboriste, on trouve peu de
plantes séchées de bonne qualité, y compris dans les magasins de
produits naturels, et même dans la plupart des herboristeries
européennes ou des pharmacies qui vendent quelques variétés bien
«inoffensives»! J’ose prétendre être une experte en ce domaine et,
en France comme au Québec, j’ai très rarement trouvé des plantes
biologiques bien séchées et bien emballées (à l’abri de l’air et de la
lumière), et encore moins entières et récoltées la même année.
Seuls certaines herboristeries et magasins de produits naturels, dont
les propriétaires ont des connaissances solides, en offrent. Vous
aurez compris que pour être vraiment efficace, une plante nécessite
de nombreux soins, tant lors de sa culture que de sa cueillette, de
son séchage et de sa transformation.
Une fois la plante choisie, préparer l’infusion à raison de 1 cuillère à
thé dans 250 ml (1 tasse) d’eau frémissante. Laisser infuser de 3 à
5 min dans une théière en faïence ou en terre cuite, si possible. Pour
préserver le goût et les propriétés, éviter le contact prolongé des
plantes avec du métal. Si la passoire n’est pas incorporée dans la
théière, servez-vous d’un tamis chinois en osier ou en plastique. Les
infusions chaudes ou tièdes ‒ comme les décoctions ‒ ont plus
d’effet si on les boit l’estomac vide. Elles se diffusent ensuite plus
rapidement dans le sang via les villosités intestinales, lymphatiques
et sanguines.
Le sucre blanc, surtout pris en grande quantité, interfère avec les
vertus de la plante. Quant au miel, si l’infusion est très amère, on
l’ajoute sous forme barattée et non pasteurisée, quand la tisane a
refroidi, pour en conserver le plus possible les enzymes.
Selon moi ‒ et bien des patients peuvent l’attester ‒ 500 à 750 ml (2
à 3 tasses) d’infusion par jour, prises durant une période de temps
suffisante, peuvent régler bien des malaises chroniques, même très
sérieux. Rappelez-vous vos grands-mères, dans toute leur sagesse,
elles savaient utiliser à bon escient les remèdes de «bonne femme»
‒ en latin bona fama, ce qui signifie: de bonne renommée! À ce
chapitre, les simples décrits ici ont fait leurs preuves séculaires.
LA CONGÉLATION
Ce procédé est pratique, économique et bénéfique, et il permet de
ne pas dénaturer ni le goût ni les effets des plantes. Il faut cueillir les
plantes à leur stade de vitalité optimal, les ébrancher et les hacher
plus ou moins finement au pilon et au mortier ou avec un minirobot.
Ensuite, les stocker dans des sacs de congélation résistants et y
ajouter le double du volume d’eau. Puis, faire sortir l’air et façonner
des cylindres, qu’on découpera au besoin. On peut aussi les
incorporer dans des moules à glaçons. Selon les recettes, diluer les
cubes ou les rondelles glacés dans de l’eau bouillie et les boire en
infusion, sinon les ajouter à une sauce ou à un potage.
LES TECHNIQUES INDUSTRIELLES
Pratiquées à grande échelle en laboratoire, ces techniques donnent
des produits souvent dénaturés. Les capsules, les extraits secs, les
gélules et les nébulisats sont de plus en plus présents dans les
pharmacies.
L’extrait sec
On sèche la plante très rapidement et on la broie mécaniquement.
Elle est ensuite diluée dans un solvant alcoolique qu’on fait
évaporer. La plante se retrouve sous forme de poudre concentrée
que l’on transforme en gélules, en poudre ou en comprimés,
pratiques d’absorption en voyage ou pour les palais délicats. Il y a
un avantage à cela: on absorbe la plante de façon pratique. Mais la
transformation nécessite l’utilisation de beaucoup de liquide et de
chaleur, supprimant ainsi les enzymes, les vitamines et les autres
principes actifs de la plante au profit d’une seule composante
privilégiée ajoutée en concentré, jugée comme essentielle, dans ce
cas il s’agit d’un extrait standardisé (ex.: l’hypericine du millepertuis,
les ginkgosides du ginkgo biloba, etc.) À noter: aucune plante dite à
extrait standardisé ne peut être certifiée biologique.
Le nébulisat
Ce produit est obtenu par le séchage ultrarapide en turbine
électrique d’une teinture non filtrée. Les particules pulvérisées sont
ensuite transformées en gélules ou diluées dans de l’alcool ou de la
glycérine. Que ce soit pour fabriquer un atomisat, un lyophilisat, un
extrait ou un nébulisat, je suis persuadée que les plantes perdent le
meilleur d’elles-mêmes dans ces transformations high-tech. Vive le
bon vieux mortier en marbre de l’apothicaire, sinon un robot
ménager fera bien l’affaire!
L’huile essentielle
La distillation des plantes pour en extraire des huiles essentielles est
une technique qui date des premières civilisations chaldéenne et
égyptienne. Leur pouvoir thérapeutique dû à la formidable
concentration de certains principes actifs est indéniable.
En tant qu’herboriste, je déplore tout simplement les énormes pertes
d’éléments nutritifs qu’entraîne la distillation et une certaine
inconscience concernant les problèmes écologiques et énergétiques
causés par cette technique. Il faut en moyenne entre 100 kg (220 lb)
de serpolet ou 5000 kg (13 000 lbs) de pétales de roses pour obtenir
un seul litre d’huile essentielle! Je remets ici en question la récolte
inconsidérée de tonnes de plantes à une époque où les lieux
sauvages préservés rétrécissent à vue d’œil partout en Occident, au
profit d’une urbanisation galopante extrêmement vorace en espaces
sauvages et en habitats naturels, sans oublier la main-d’œuvre à
bon marché embauchée dans des pays défavorisés. Au Canada
comme ailleurs, des forêts de conifères sont abattues pour faire des
champs et des chantiers. Les arbres qui s’y trouvent méritent d’être
ramassés, récupérés et distillés pour obtenir de bonnes huiles
pectorales, entre autres… L’aromathérapie pratiquée avec
discernement et professionnalisme constitue un art de guérir
extrêmement efficace et puissant, surtout si l’on cultive les plantes à
cet effet.
Voici le procédé simplifié de la distillation: dans un alambic
semblable à celui utilisé pour fabriquer de l’eau-de-vie, on chauffe la
plante à 100 °C et on envoie à travers une colonne la vapeur d’eau
qui, par sa condensation, concentre les huiles essentielles à sa
surface. Quelques gouttes à la fois, telles quelles ou diluées dans
l’huile végétale, le plus souvent, selon l’affection et la plante,
suffisent pour traiter le malaise, en externe de préférence. Cela dit,
les huiles essentielles sont extrêmement puissantes et agissent
rapidement, autant en inhalation qu’en application externe.
LES TRAITEMENTS EXTERNES
Le cataplasme
Ce procédé nécessite des herbes entières, broyées ou diluées dans
de l’eau ou sous une autre forme (poudre, teinture). On applique le
mélange directement sur la peau, ou enveloppé dans une gaze ou
un coton fin, soit pour stimuler la cicatrisation ou pour résoudre un
problème de peau. Il peut être utilisé chaud ou froid.
Pour soigner une piqûre d’abeille: après avoir ôté le dard, placer
sur la plaie des feuilles de plantain broyées ou mâchées que l’on
fixe avec une bande de coton propre ou, si on est dans les bois,
avec une feuille de bardane voire d’érable.
Pour guérir un furoncle: faire une pâte en mélangeant 20 g (3
c. à soupe) de feuille de bardane fraîchement broyée avec 20 g
(1 1/4 c. à soupe) de poudre d’orme et en diluant le tout avec
20 ml (1 1/4 c. à soupe) d’eau bouillie. Appliquer sur une gaze et
garder le cataplasme toute la nuit. Note: l’argile est également un
bon excipient de base pour les cataplasmes.
La compresse
Préparer une infusion ou une décoction bien filtrée. Y faire tremper
un morceau de coton qu’on applique ensuite sur la peau.
Ex.: une compresse à la tisane de camomille est excellente pour
soigner la conjonctivite.
L’huile médicinale
Elle est généralement utilisée en cataplasme en cas de douleurs
arthritiques ou musculaires et de rétention. Elle peut aussi servir de
base à un cérat. On la fabrique avec une huile de grande qualité,
idéalement certifiée biologique et de première pression à froid, et de
préférence peu oxydable à la température de la pièce, donc une
huile d’olive, de tournesol, de ricin ou de sésame, ou même un
mélange des quatre. On doit toujours cueillir les plantes très saines,
par temps sec, et très bien les sécher pour éviter les
surfermentations. Sinon, faire chauffer le mélange huile et herbes
pendant quelques heures au bain-marie ou dans une mijoteuse à
très basse température.
Une huile médicinale devrait être préparée avec une plante à la fois,
macérée au moins un mois, filtrée et, plus tard, éventuellement
combinée à d’autres huiles de plantes. Il faut toujours l’entreposer à
l’abri de la lumière et l’utiliser dans les neuf mois suivants. On s’en
sert pour des frictions ou des massages, ou encore en cataplasme.
Exemples d’huiles traitantes:
ail: douleur, champignons, rhumatismes, verrue;
camomille: conjonctivite, infection, rides, névralgie;
consoude: brûlure, fracture, ulcère variqueux;
menthe: otite, douleur musculaire, migraine;
millepertuis: brûlure, névralgie, spasme;
tanaisie: dermatose, infection, mycose;
plantain: conjonctivite, eczéma, piqûre d’insecte;
rose: couperose, peau grasse, rides.
Le cérat et l’onguent (ou pommade)
Ce sont des préparations semi-solides pratiques à utiliser pour
toutes les affections de la peau et faciles à conserver. Le cérat est
une pommade épaisse constituée d’huile médicinale cuite au bain-
marie avec de la cire d’abeille: 20 g (1 1/4 c. à soupe) de cire pour
80 ml (env. 5 c. à soupe) d’huile.
L’onguent est un mélange de corps gras avec un concentré de
plantes (en poudre, macérées ou mijotées). On choisit couramment
des gras végétaux saturés: beurre de cacao, de coco ou de karité, et
les gras animaux suivants: l’axonge ou graisse de porc, la lanoline
ou graisse de mouton, le suif de bœuf ou la graisse de canard, d’oie
ou d’ours. Le plus souvent, on place les plantes fraîches ou séchées
dans le gras et on laisse mijoter plus ou moins longtemps, à basse
température. Laisser macérer quelques heures avant de réchauffer
et de filtrer est recommandé. Pour gagner du temps et aider à leur
conservation, on peut ajouter des huiles essentielles, des teintures
ou des poudres de plantes.
MA RECETTE DE BAUME PROTECTEUR POUR LA PEAU
Huile d’olive au plantain – 80 ml (8 c. à soupe)
Huile de tournesol aux fleurs d’églantier – 80 ml (8 c. à soupe) (ou
autre rose non traitée)
Huile de ricin à la feuille de consoude – 80 ml (8 c. à soupe)
Cire d’abeille pure – 50 g (5 c. à soupe)
5 Gouttes d’huile essentielle de camomille ou 20 gouttes de
lavande aspic ou lavandin
10 Pots de verre ambré de 30 ml
Mélanger les trois huiles. Dans une casserole, faire fondre la
cire d’abeille et ajouter en remuant le mélange d’huiles florales,
puis les gouttes d’huile essentielle. Mélanger de nouveau,
verser dans les petits pots et laisser refroidir avant de fermer.
Ce baume est cicatrisant, hydratant, régénérant et protecteur.
Une toute petite quantité bien étalée suffit à combattre la peau
sèche et sensible du visage, des mains ou des pieds.
LES BAINS AUX HERBES
C’est un traitement agréable, facile à réaliser et efficace. J’ai
personnellement soigné mes enfants, même nouveau-nés, avec
beaucoup de succès, en les plongeant dans des bains
thérapeutiques. L’hydrothérapie est largement recommandée, en
Allemagne notamment, pour traiter bien des maladies.
La plupart des principes actifs des plantes sont solubles dans l’eau.
La manière la plus simple de s’en servir est de verser directement
l’infusion ou la décoction dans le bain. La peau absorbe alors les
principes actifs et les draine dans le circuit sanguin et lymphatique.
Les teintures-mères sont pratiques à ajouter dans les bains. Les
herbes fraîches ou séchées, ficelées dans un tissu fin (pour éviter de
boucher les tuyaux) et simplement infusées le temps d’un bain
prolongé, libéreront leurs principes actifs dans l’eau. Les bains de
mains et de pieds, réactualisés par Maurice Mességué, un des pères
français de la nouvelle médecine par les plantes, sont très efficaces
et tout à fait indiqués pour les personnes ayant des irritations
gastriques et celles qui sont réfractaires aux tisanes. En fait, toutes
les plantes en décoction concentrée (50 % de plantes pour 100 %
d’eau) conviennent pour les ajouter au bain. Voici les plus
populaires:
Fleurs des prés d’été: sueur excessive et malodorante;
Agripaume: angoisse, palpitations, spasmes neuromusculaires;
Bouleau: cellulite, œdèmes, douleurs rhumatismales;
Camomille: hypertension, indigestion, insomnie;
Serpolet: ballonnements, fatigue, infection.
L’INJECTION ANALE, LE LAVEMENT ET LE BOLUS (OU
PESSAIRE)
Les problèmes de côlon et d’élimination sont de plus en plus
répandus. Deux des meilleurs moyens de les soulager sont les
injections anales et les lavements, délaissés à tort aujourd’hui après
des siècles d’abus! La veine porte, connectée dans l’ampoule
rectale, se rend directement au foie, y transportant rapidement les
principes actifs des plantes et des liquides injectés.
Pour une simple injection anale, on peut utiliser une petite poire en
caoutchouc ou en plastique à bout effilé bien désinfectée et huilée,
et choisir la solution liquide végétale indiquée.
Exemples
Constipation chronique: émulsion d’huile d’olive avec une
décoction de mauve filtrée (la moitié du mélange), ou nerprun
cathartique, nommé shittingbark à juste titre!
Parasites intestinaux: décoction d’ail et de tanaisie. Faire frémir
5 gousses d’ail et 5 g (3 c. à soupe) de fleurs de tanaisie dans
500 ml (2 tasses) d’eau. Filtrer et laisser refroidir. Injecter après
être allé à la selle.
Colite, diarrhée: 250 ml (1 tasse) de décoction d’achillée et de
racine de patience avec 10 ml (1 c. à soupe) d’huile de lin bio et
60 g (4 c. à soupe) de poudre d’orme.
Les lavements à l’eau nécessitent de plus grandes quantités de
liquide, parfois quelques litres, et un système de drainage à robinet,
relativement simple mais précis. Pour plus de détails, consulter les
ouvrages du Dr Jensen. On répète ces purges plusieurs jours
consécutifs. Il est préférable, pendant ce temps-là, de jeûner. L’ail, le
café, le gingembre et la mauve sont les plantes les plus utilisées
comme adjuvants à ces purges salutaires.
Le bolus, ou pessaire, est une pâte à base de poudre d’herbes
introduite dans le rectum ou dans le vagin pour un effet régénérant
prolongé.
BOLUS CONTRE LES VAGINITES ET LES MONOLIASES
(PÂTE SUFFISANTE POUR 30 BOLUS)
Eau bouillie – 60 ml (1/4 tasse)
Argile blanche – 60 g (1/4 tasse)
Poudre d’orme – 150 g (1/2 tasse)
Teinture-mère de tanaisie – 50 gouttes (1 c. à thé)
Teinture-mère de serpolet – 50 gouttes (1 c. à thé)
Mélanger tous les ingrédients et rouler la pâte en forme de
petit cylindre d’environ 15 g (1 c. à soupe) dans de la gaze non
blanchie en y incorporant une fine cordelette de coton bouillie
(comme les tampons hygiéniques). L’insérer dans le vagin et le
laisser toute la nuit. Le retirer au lever et faire une douche
vaginale avec une décoction de framboisier. On peut les
garder au congélateur pour les durcir et les conserver
longtemps.
Méthode plus simple: On peut aussi tremper dans ce mélange
un tampon hygiénique ou une éponge périodique.
Note: Méthode à proscrire chez les femmes enceintes.
UTILISATIONS INUSITÉES DES PLANTES MÉDICINALES
Les inhalations
Inhaler la vapeur sous forme de décoction, la tête couverte d’une
serviette. Par exemple, contre les obstructions nasales, faire une
décoction de menthe, de raifort ou de sapin.
Inhaler la fumée de la plante brûlée sur du charbon de bois et
placée dans un récipient métallique. Contre l’asthme, utiliser de la
camomille, de la menthe, de la molène ou des feuilles de
tussilage. Essayer une sorte de plante à la fois et faire attention
aux allergies.
Les sachets de protection
Faire des petits sacs en tissu et les remplir de plantes. Les porter sur
soi pour se protéger des maladies et des mauvais esprits. Voici les
plus utilisées: l’achillée, l’armoise, la cataire, le chêne, le houblon, le
millepertuis et l’ortie. On peut aussi les glisser dans la taie d’oreiller
pour faciliter le sommeil profond ou se souvenir de ses rêves.
L’ÉLIXIR FLORAL OU LA PSYCHOTHÉRAPIE PAR LES FLEURS
Le Dr Bach, un médecin anglais du début du XXe siècle, a relancé la
fabrication et l’utilisation des élixirs floraux. Il en a lui-même créé et
recommandé 38. Un élixir floral est fait avec la fleur cueillie à son
apogée. On doit se servir de 2 cristaux de quartz pur pour cisailler
chaque corolle individuellement.
Pour faire un élixir d’achillée, par exemple, cueillir chaque petite fleur
séparément. Placer les fleurs dans de l’eau pure dans une jatte en
cristal exposée pendant 2 à 3 heures au soleil au moment où il est à
son zénith. Tout ce processus paraît bien compliqué, mais il est
nécessaire pour obtenir un produit de qualité. Filtrer soigneusement
et conserver le mélange avec un peu de cognac, de teinture de
benjoin ou de myrrhe. On peut le diluer jusqu’à 100 fois son volume.
On le dynamise[2] ensuite en l’agitant, au moins 100 fois, un peu
comme les produits homéopathiques.
Chaque fleur a sa personnalité propre et peut nous influencer en
nous transfusant, goutte après goutte ses vertus, grâce aux quatre
éléments: la terre dans la silice du bol de cristal, le feu par le soleil
qui sert de catalyseur, l’air comme échangeur et oxydant, et l’eau
pure comme véhicule. Avant d’en fabriquer plusieurs variétés, suivez
au moins quelques heures d’atelier ou de stage pratique sur le sujet
auprès d’un expert familier avec cette méthode. Je ne fabrique pas
moi-même d’élixirs floraux, mais je les recommande régulièrement et
les utilise à l’occasion. Je suis toujours émerveillée par leur force et
par la précision de leurs effets.
Dans le prochain chapitre, je souligne parfois les vertus
psychothérapeutiques des plantes. Je suis convaincue qu’elles nous
transmettent même leurs qualités alors que nous ne faisons que les
admirer et que leur beauté particulière et leurs vertus subtiles
imprègnent positivement notre subconscient.
LA TISANE SOLAIRE OU MACÉRATION DYNAMISÉE
Certaines plantes libèrent leurs principes actifs par une simple
macération d’eau froide. C’est le cas de fleurs délicates comme le
lilas, la mauve ou la violette, ou encore de graines et de plantes
aromatiques comme celles de la cataire ou de la menthe. Pour
obtenir de l’eau dynamisée, mettre simplement les plantes dans un
bocal en verre transparent rempli d’eau et le placer une heure ou
deux au soleil à son zénith. Filtrer et boire avec conscience et
gratitude.
LE SIROP
Utilisé généralement pour soulager les problèmes pulmonaires, le
sirop plaît aux enfants et aux hommes qui apprécient moins les
goûts forts ou fades des autres préparations. Le problème principal
du sirop est l’énorme quantité de sucre nécessaire pour le conserver
et le stabiliser. Choisir de préférence du sucre biologique, plus
coûteux mais bien meilleur au goût et plus sain, ou du miel. Dans ce
cas, il faut conserver le sirop au réfrigérateur.
SIROP PECTORAL
Sucre brut bio – 250 g (1 tasse)
Tussilage (fleur) – 5 g (1 c. à soupe)
Feuilles de plantain lancéolé – 10 g (2 c. à soupe)
Racine d’aunée – 15 g (1 c. à soupe)
Eau – 250 ml (1 tasse)
Faire mijoter la racine d’aunée dans l’eau pendant 15 min.
Ajouter les feuilles de plantain et les fleurs de tussilage à la
dernière minute. Laisser macérer 15 min. Filtrer, verser le
sucre et laisser mijoter pendant 10 min tout en remuant
constamment. Refroidir, filtrer et embouteiller. Se garde au
frigo pendant 3 mois.
Selon l’âge, prendre 1 c. à thé ou 1 c. à soupe de sirop, pur ou
dilué, avant chaque repas.
L’ÉLECTUAIRE OU MIEL MÉDICINAL
On trouve ce produit thérapeutique souvent sous forme de mélange
de miel et d’huile essentielle, mais les anciens herboristes se
servaient souvent de ces miels médicinaux aux plantes, en usage
interne ou externe, surtout pour soigner les enfants et les palais
délicats.
Cette liste non exhaustive des méthodes les plus répandues et
accessibles pour un herboriste familial ou semi-professionnel
traditionnel propose des façons toutes simples d’ingérer les plantes
de la meilleure façon possible, adaptée à la personne, à son âge et,
bien sûr, à la problématique à traiter. Somme toute, l’herboristerie,
c’est pas sorcier… pas sorcière non plus!
ÉLECTUAIRE DIGESTIF
Miel crémeux – 250 g (1 tasse)
Menthe poivrée pulvérisée – 25 g (1/2 tasse)
Poudre d’orme – 10 g (2 c. à soupe)
Feuilles de consoude en poudre – 25 g (1/2 tasse)
Chauffer le miel au bain-marie. Ajouter les plantes en poudre
en remuant consciencieusement. Verser le mélange dans des
petits bocaux. Prendre le miel médicinal pur ou dilué en
salivant bien ‒ pour bien absorber les principes actifs ‒, à
raison d’une cuillère à thé ou à soupe, au besoin.
Variante simplifiée: On peut utiliser des plantes très
aromatiques séchées mélangées au miel (cataire, serpolet
etc.). Hacher et chauffer doucement au bain-marie pour mieux
les liquéfier, mélanger et laisser macérer une semaine, puis
filtrer et empoter dans des petits pots.
Note: ne jamais retremper une cuillère dans le miel, la salive le
ferait fermenter.
[2] Dynamisation: action d’accroître l’efficacité d’un remède par des procédés de préparation
spécifiquement homéopathiques.
CHAPITRE 4
Portraits de 80 plantes sauvages médicinales
naturalisées
Le même fleuve de vie qui coule à travers mes veines
jour et nuit court à travers le monde et danse en
pulsations rythmées. C’est cette même allégresse qui
pousse à travers la poussière de la terre en
d’innombrables brins d’herbe et qui s’éclate en
fougueuses vagues de feuilles et de fleurs.
Rabindranath Tagore, Lucioles
ACHILLÉE MILLEFEUILLE
Famille des astéracées
NOM LATIN: Achillea millefolium
NOMS COMMUNS: Herbe aux charpentiers, herbe aux coupures,
herbe à dindes, herbe militaire, herbe de saint Jean, sourcils de
Vénus
NOMS ANGLAIS: Yarrow, thousand weed, badman’s plaything
HISTORIQUE: Achille, héros homérique, soignait ses soldats
blessés avec cette herbe, d’où son nom «achillée». Elle lui avait été
recommandée par Chiron, le centaure médecin, et il l’avait reçue de
Vénus, la déesse de la végétation et de l’amour. Jusqu’au XIXe siècle,
tous les guerriers l’ont utilisée comme cicatrisant. On lui donna alors
le nom d’«herbe militaire».
Depuis plus d’un millénaire, les Suédois l’appellent le «houblon
des champs» et l’ajoutent à la bière. Les Polonais s’en servaient
pour conserver le vin, et beaucoup de peuples nordiques
mélangeaient ses feuilles hachées à leur salade purgative du
printemps.
En plus de son côté subtil, l’achillée a une aura puissante. Elle représente la
protection contre le mal et les malins, la force dans l’adversité et la pureté
des intentions. On peut en cultiver autour de sa maison, la garder en
bouquet près de soi ou, encore mieux, l’absorber régulièrement en élixir
floral.
Au Québec, l’achillée est la plante la plus populaire et la plus
utilisée depuis trois siècles pour soigner les fièvres. Elle a aussi fait
ses preuves en gynécologie: dans son Traité des plantes usuelles, le
célèbre Dr Cazin la déclare irremplaçable pour arrêter les
hémorragies utérines anormales, pour régulariser les règles, pour
traiter les varices dues à un déséquilibre pelvien et à la suite d’un
accouchement.
HABITAT: Commune dans tout l’hémisphère Nord, dans les champs,
les prés, les talus et au bord des routes. Elle aime la chaleur, la
lumière et une relative sécheresse.
DESCRIPTION: Plante vivace de 30 cm à 60 cm de hauteur. Son
unique tige carrée est surmontée d’une ombelle composée de
multiples fleurs blanches à cœur jaune. Ses feuilles sont finement
découpées et dégagent, comme le reste de la plante, une odeur
camphrée et sucrée. Il en existe 75 variétés. Certaines possèdent
des fleurs jaunes ou rouges, mais la blanche est la plus puissante
d’un point de vue médicinal.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles au printemps puis les sommités
fleuries, de juin à octobre. Bien l’inspecter avant de la cueillir et de
l’utiliser, car les pucerons translucides et vert clair aiment son nectar.
COMPOSITION CHIMIQUE: Autour de 250 composantes! Feuilles
et fleurs: Lactones sesquiterpéniques responsables de l’amertume
(guaianolides, germacranolides, eudesmanolides); huile essentielle
renfermant des azulènes lui conférant une couleur bleue (alpha et
bêta-pinènes, camphène, sabinène, chamazulène, dihydroazulènes,
1,8-cinéole, isoartemisia cétone, camphre); flavonoïdes (apigénine
et lutéoline en majorité, rutine, vitexine); alcaloïdes (achilléine,
achilline, achifoline, bétonine, stachydrine); coumarine; acides
phénoliques; dérivés polyacétyléniques; tanins. Graines: Tous ces
éléments plus des acides gras essentiels (linoléique, myristique,
oléique, palmitique, stéarique) et des protéines en plus grandes
quantités.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, apéritive, astringente,
cholagogue, cicatrisante, digestive, emménagogue, fébrifuge,
hémostatique, tonique, vermifuge.
APPLICATIONS: En cas de fièvre intense ou de bouffées de chaleur
pénibles (ménopause), boire une infusion refroidie: 1 sommité fleurie
pour 250 ml (1 tasse) d’eau. Pour cicatriser les plaies, appliquer une
compresse. Pour arrêter les saignements, faire une décoction plus
concentrée: 3 plantes bouillies dans 250 ml (1 tasse) d’eau pendant
3 min et filtrées. En urgence, les feuilles mâchées introduites dans la
narine arrêtent les saignements de nez.
Aussi, sachez qu’il faut 100 kilos de sommités d’achillée pour
produire seulement 10 ml d’huile essentielle de couleur bleutée due
à l’azulène de l’achillée!
ANECDOTE: Les Chinois utilisent encore aujourd’hui des tiges
d’achillée séchées comme baguettes pour déchiffrer l’oracle sacré
du Yi-king (Classique des Mutations).
VIN AMI DE L’ESTOMAC
Fleurs et feuilles d’achillée – 120 g (2 tasses)
Vin blanc sec bio – 1 1/2 litre (6 tasses)
Broyer les fleurs au mortier ou au mélangeur électrique et les
ajouter au vin. Laisser reposer le mélange pendant 1 mois à
l’abri de la lumière dans un bocal en verre, puis filtrer.
Le breuvage qui en résulte est amer mais salutaire pour
digérer, combattre les crampes d’estomac, la colite et les
flatulences.
En apéritif ou en digestif, en prendre 15 ml (1 c. à soupe),
pur ou dilué dans 100 ml d’eau.
Les plus sensibles à l’alcool peuvent prendre l’achillée en
infusion ou encore en concentré liquide dans le vinaigre de
cidre de pommes, dilué bien sûr!
AGRIPAUME
Famille des lamiacées
NOM LATIN: Leonurus cardiaca
NOMS COMMUNS: Agripaume cardiaque, cardiaire, cœur de lion,
herbe maternelle, herbe aux tonneliers, queue de lion
NOMS ANGLAIS: Motherwort, lion heart, throwwort, motherwomb
HISTORIQUE: En Chine, environ 500 ans av. J.-C., sous la dynastie
Zhou, on utilisait l’agripaume pour régulariser le cycle menstruel et
les fonctions reproductives de la femme, et comme sédatif nerveux
et régulateur cardiaque. Dans le langage énergétique taoïste, on la
dit amère, piquante et rafraîchissante. Dioscoride, dans De materia
medica, l’a qualifiée de cardiaque. Culpeper disait qu’elle dissipe le
«flegme froid de la mélancolie qui oppresse le cœur».
Les Éclectiques la prescrivaient comme tranquillisant. De nos
jours, des guérisseurs ukrainiens, les «znakaris», la recommandent
contre l’artériosclérose, l’hypertension, l’épilepsie, l’hystérie,
l’insomnie, la diarrhée et la gastrite, sans oublier les règles
douloureuses et les accouchements pénibles.
Le frère Marie-Victorin a écrit qu’autrefois, on l’employait contre
l’asthme et la rage.
HABITAT: Dans les décombres, à proximité des étables où les sols
sont riches en nitrates, le long des fossés, dans les haies, dans les
terrains incultes, humides et ombragés de préférence.
DESCRIPTION: Plante vivace pouvant atteindre 1,5 m de hauteur,
avec une tige carrée centrale et des feuilles dentées disposées à
l’horizontale. Les fleurs verticillées sont bilabiées d’un beau rose
pâle maculé de points rouge foncé et serties de piquants épineux. La
plante se reproduit aussi par la racine, d’où son nom anglais
motherwomb, womb signifiant «utérus», ou «fondement» en ancien
français.
L’agripaume est une plante commune des terrains vagues, mais réellement
efficace pour le coeur et les nerfs. Elle ramène l’équilibre physique et
psychique, surtout chez les anxieux et les hypersensibles.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles et les sommités fleuries.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles et sommités fleuries:
Iridoïdes (ajugol, galiridoside, léonurine, ajugoside, reptoside);
monoterpènes et diterpènes (léocardine, isoléosibirine); lactones
stéroïdiennes (bufanolide); glucoside de phényléthanoïde
(verbascoside); flavonoïdes (apigénine, léocardine, quercétol,
kaempférol), bétaïnes (stachydrine); tanins; saponines; huile
essentielle (alpha-humulène et alpha-pinène, caryophyllène); acides
phénoliques; provitamine (A); calcium. Graines: acides gras
essentiels; protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anticoagulante, antidiarrhéique, anti-
inflammatoire, antispasmodique, antitumorale, calmante,
cholagogue, emménagogue, hypotensive, hypothyroïdienne,
ocytocique, sédative, tonicardiaque, tonique nerveux et utérin.
APPLICATIONS: On prépare la tisane avec la plante fraîche entière
ou séchée à raison de 1 plant complet adulte pour 1 litre (4 tasses)
d’eau brièvement bouillie. On utilise aussi la teinture-mère: prendre
10 à 15 gouttes 3 à 6 fois par jour.
Elle soigne les fluctuations hormonales, les syndromes
prémenstruels, les bouffées de chaleur et les insomnies dues à la
ménopause. L’agripaume est contre-indiquée en cas d’hémorragie
utérine et durant la grossesse, mais elle peut être d’un grand
secours pendant l’accouchement. Elle rend les contractions plus
efficaces, car elle tonifie l’utérus. Elle empêche aussi les
hémorragies post-partum. L’agripaume est également un
aphrodisiaque pour les femmes, car elle régularise le taux
d’hormones. Leurs partenaires ne s’en plaindront pas!
ANECDOTE: L’astrologue et herboriste Culpeper disait de
l’agripaume: «Elle ne fait pas qu’expulser l’urine retenue ou les
menstrues accumulées, mais elle aide aussi celle qui doit délivrer
l’enfant au bon moment.»
TEINTURE-MÈRE HARMONISANTE
Alcool fort (40 %): eau-de-vie, gin, vodka – 250 ml (1 tasse)
Fleurs et feuilles d’agripaume fraîchement broyées – 30 g (1 oz)
Mélanger le tout et laisser reposer dans un bocal en verre à
l’abri de la lumière pendant un mois. Filtrer.
Prendre 10 gouttes à la fois 3 fois par jour pour les cas
aigus. On peut prolonger le traitement jusqu’à 3 mois
consécutifs. Son goût est amer, mais elle agit rapidement et
efficacement. Contre les crises d’angoisse, d’hystérie, de
gastrite et les palpitations cardiaques.
AIGREMOINE
Famille des rosacées
NOMS LATINS: Agrimonia gryposepala, stiata et spp
NOMS COMMUNS: Herbe de saint Guillaume, herbe de sainte
Madeleine, thé des bois, thé du Nord, soubeirette
NOMS ANGLAIS: Agrimony, church steeples, philanthropos
HISTORIQUE: On a retrouvé des traces de culture d’aigremoine
dans les jardins des premières cités lacustres vieilles de 10 000 ans.
Son nom a pour origine le mot grec agrimonos qui signifie «taie de
l’œil» ‒ les Égyptiens l’utilisaient alors pour soigner les infections
oculaires ‒ et «Eupator», le nom d’un roi médecin perse qui s’en
servait comme dépuratif. Les soldats l’ont employée très longtemps
pour cicatriser les blessures de guerre. En 1476, le médecin Philippe
de Comines la recommande comme ingrédient principal de l’eau
d’Arquebuse, une teinture d’aigremoine et d’armoise à base de
vinaigre. Sainte Hildegarde la louait pour traiter les fièvres
intermittentes et même l’amnésie. John Gerard et le Dr Hill, quelques
siècles plus tard, sont convaincus que l’aigremoine est un draineur
hépatique remarquable.
Maurice Mességué raconte une expérience concluante. Il a soigné
l’aphonie d’un chanteur célèbre grâce à des gargarismes répétés 8 à
10 fois par jour. Il conseille aussi l’aigremoine contre les ulcérations
générales de la bouche et de la gorge.
Qu’elle soigne les blessures des soldats, les vers des enfants ou combatte le
diabète chez les vieillards, l’aigremoine est une alliée sûre pour régler bien
des problèmes sérieux du système digestif et tégumentaire.
HABITAT: Les terrains argileux et mal drainés, les pâturages
maigres, les bords des ruisseaux, les clairières et les chemins
forestiers humides et semi-ombragés.
DESCRIPTION: Plante vivace de 30 cm à 70 cm de hauteur. Sa tige
cylindrique est poilue et se termine par une grappe de fleurs d’un
beau jaune or. La racine est dense, petite mais profonde, brune à
l’extérieur et jaunâtre à l’intérieur. Les graines sont hérissées de
petits crochets qui s’accrochent aux pelages des animaux et aux
vêtements, permettant ainsi à la plante de se disséminer.
PARTIES UTILISÉES: Toute la partie aérienne vers la fin de juin, les
fleurs plus tard l’été et les racines en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles et fleurs: flavonoïdes
(apigénine, astragaline, lutéoline, kaempférol); tanins (astragaline,
catéchines); acides (ascorbique, ellagique, ursolique); vitamines (A,
B, K); phytostérols (bêta-sitostérol); Racines: silice en grande
quantité. Graines: acides gras essentiels; protéines et un peu de
toutes ces composantes.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antidiarrhéique, astringente,
vulnéraire, cholagogue, cholérétique, diurétique, désobstruante,
emménagogue, hémostatique, hypoglycémiante, nutritive, tonique,
vermifuge.
APPLICATIONS: On peut utiliser l’aigremoine entière fraîchement
bouillie ou infusée en tisane à raison de 1 c. à soupe par 250 ml
(1 tasse) de feuilles séchées (simplement suspendues entières
pendant une semaine) contre les aphtes, la diarrhée et le diabète. La
teinture-mère (plante entière ou racine seule) est intéressante pour
les traitements prolongés en hiver, les feuilles et la racine contre la
diarrhée. L’aigremoine est excellente en cure prolongée contre le
diabète, car elle abaisse le taux de sucre et apaise la soif. Elle
soigne l’hépatite en désintoxiquant le foie en profondeur. Elle ralentit
aussi le péristaltisme et répare la muqueuse des personnes
souffrant de coliques. En usage externe, faire une décoction
concentrée avec un plant complet incluant la racine, bouilli ou infusé
quelques minutes dans 250 ml (1 tasse) d’eau. Excellente pour
soigner les conjonctivites, les hémorragies, les suppurations
pathologiques, des champignons à l’eczéma suintant.
ANECDOTE: L’aigremoine (agrimony) fait partie des célèbres
remèdes de l’âme répertoriés par le Dr Bach. Elle convient surtout
aux personnes dissimulant une profonde souffrance sous une
bonhomie apparente, et aux alcooliques et aux toxicomanes qui
veulent se défaire de leur dépendance.
ŒNOLÉ OU VIN ANTIACIDE
Vin rouge – 750 ml (3 tasses)
Sommités fleuries avec feuilles fraîches d’aigremoine – 40 g
(1 tasse)
Feuilles de luzerne – 20 g (1/2 tasse)
Rameaux de chêne avec jeunes feuilles – 10 g (1/4 tasse)
Laisser macérer les plantes broyées dans le vin pendant
1 mois. Filtrer. Boire 25 ml (2 c. à soupe) 3 fois par jour pour
supprimer l’hyperacidité de l’estomac et combattre les
diarrhées.
Variante possible: Décoction pour les enfants et les
hépatiques.
ALLIAIRE OFFICINALE
Famille des brassicacées
NOMS LATINS: Alliaria petiolata ou A. officinalis
NOMS COMMUNS: Herbe à l’ail, julienne alliaire, herbe aux aulx,
vélar alliaire.
NOMS ANGLAIS: Garlic mustard, hedge garlic, poor man’s garlic
HISTORIQUE: Utilisée depuis la préhistoire comme source de
vitamines tôt au printemps, elle a été importée en Amérique depuis
le XVIIe siècle pour ces raisons. Comme son nom l’indique, elle est
considérée comme officinale. On l’utilisait autant comme expectorant
que comme révulsif des durillons, des furoncles, etc. En Grande-
Bretagne, on la mâchait pour lutter contre les ulcères de la bouche,
les gingivites et le mal de gorge.
HABITAT: Tumulus, bords des chemins, terres de remblais, sols
humides et semi-ombragés.
DESCRIPTION: Plante bisannuelle et hermaphrodite. La première
année, les feuilles sont cordées et dentelées au bout de longs
pétioles. La deuxième année, de petites fleurs blanches à quatre
pétales cruciformes apparaissant en mai-juin. Fruits en siliques
dressées, garnies de nombreuses graines brun foncé.
PARTIES UTILISÉES: Toutes les parties aériennes, des premières
feuilles jusqu’aux fleurs et aux graines.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles et fleurs: riches en vitamine
(C), glucosinolates (sinigrine), flavonoïdes (saponarine);
sulforaphanes (allyl-sulfites et isocyanates); chlorophylle. Graines:
acides gras essentiels (arachidique, éruciques, linoléique,
eicosanidéique, stéarique).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydant, antiseptique,
cholérétique, dépurative, digestive, diurétique, expectorante,
révulsive, sudorifique, tonique.
APPLICATIONS: On utilise les feuilles de la plante de première
année broyées et appliquées en cataplasme sur les durillons, les
abcès, etc. La deuxième année, on les cueille au printemps.
Considérant leur goût entre l’ail et le piquant de la moutarde sans
l’amertume, on les broie dans l’huile, du yogourt ou de la crème
épaisse pour une sauce froide, ou encore on les ajoute à une salade
ou à une soupe en fin de cuisson. On la prépare en concentré,
infusée dans le double du volume de vinaigre de cidre de pommes,
puis filtrée un mois plus tard. Ou on la congèle, une fois broyée dans
de l’eau. Faire une décoction de la plante fraîche (3 g ou un plant
pour 250 ml [1 tasse] d’eau) comme cure contre la goutte ou les
crises d’asthme. Prendre une tasse avant chaque repas.
ANECDOTE: L’alliaire officinale est considérée et classée comme
EEE (espèce exotique envahissante). Je ne conseille pas de la
cultiver, mais c’est une bonne idée de la cueillir, de la consommer et
de la transformer en abondance si vous en croisez. Éventuellement,
la signaler aux autorités locales, car hélas, elle peut freiner la
croissance de plantes indigènes rares des lisières des bois
(érythrone, trille, dentaire…), mais jamais autant qu’Homo sapiens
sapiens!
ARMOISE COMMUNE
Famille des astéracées
NOM LATIN: Artemisia vulgaris
NOMS COMMUNS: Absinthe sauvage, herbe de feu, herbe aux
sorcières, herbe de la Saint-Jean, herbe aux cent goûts, herbe sans
goût, remise, tabac de saint Pierre
NOMS ANGLAIS: Mugwort, felon herb, naughty man, sailors
tobacco, witch herb
HISTORIQUE: Hippocrate mentionne souvent l’armoise pour
nettoyer l’utérus après un accouchement ou en cas d’hémorragie ou
de règles difficiles. Dès le Moyen Âge, les médecins russes s’en
servaient contre les crises d’épilepsie. Au IXe siècle, les Mongols
s’en enroulaient les mollets pour éviter les crampes et la fatigue
musculaire pendant les longues chevauchées. En Chine, l’armoise
est l’ingrédient principal des moxas ou «cônes de feu» utilisés en
acupuncture, car ils concentrent la chaleur et le chi en un point. La
médecine chinoise traite la malaria avec l’armoise annuelle, une
variété proche de la nôtre ‒ de récentes expériences scientifiques
américaines confirment ses effets antipaludiques. Depuis le Moyen
Âge, dans tous les pays nordiques de l’Europe, à la Saint-Jean, on
en portait une couronne sur la tête ou à la ceinture, puis on la jetait
dans le feu pour s’immuniser contre les céphalées et les maux de
dos pour l’année à venir. Les grands marcheurs en placent dans
leurs souliers pour se protéger des ampoules, de l’échauffement et
de la douleur.
HABITAT: Les endroits ensoleillés, au bord des chemins et des
fossés, dans les décombres et les ruines sous forme de colonie
serrée visible de loin.
DESCRIPTION: Plante vivace de 1,5 m de hauteur soutenue par
des tiges rameuses et rigides, rougeâtres à maturité. Les feuilles
sont très découpées, vert foncé sur le dessus, argentées et velues
en dessous. Les capitules sont d’un étrange jaune verdâtre. Les
fleurs hermaphrodites fleurissent de juillet à octobre. Les fruits
renferment beaucoup de minuscules graines grises.
PARTIES UTILISÉES: La plante entière, surtout les feuilles.
COMPOSITION CHIMIQUE: Parties aériennes avant la floraison:
flavonoïdes (rutine, lutéoline, quercétine); lactones
sesquiterpéniques ou principes amers (absinthine, artémisine,
vulgarine); coumarines (aesculétine, aesculoside); fructanes
(inuline); huile essentielle (1,8-cinéole à 90 %, traces de thuyone);
vitamines (A, B1, B2, C); presque tous les minéraux; tanins; acides
gras essentiels et protéines, surtout concentrés dans les graines et
les racines.
L’armoise, puissant dépuratif, purifie surtout le sang. Sa forte et franche
personnalité nous aide à nous centrer et à nous conforter dans nos choix.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Apéritive, digestive,
anticonvulsivante, antispasmodique, astringente, régénérante,
cholérétique, dépurative, emménagogue, minéralisante, ocytocique,
parasiticide, sympathomimétique, tonicardiaque, tonique, vermifuge.
APPLICATIONS: On utilise la plante fraîche hachée dans les
salades et les soupes du printemps, mélangée à d’autres jeunes
feuilles comme le cresson, le plantain, le mouron des oiseaux ou les
feuilles de violette.
En cataplasme, 10 g de feuilles écrasées (1/2 oz) pour soigner les
abcès, les furoncles, les piqûres et les plaies, même infectées.
En teinture-mère, 20 g (1 oz) de feuilles dans 100 ml (env.
1/2 tasse) d’alcool, de vin ou de vinaigre, et filtrées, on peut s’en
servir pendant deux ou trois années contre les règles irrégulières,
l’anémie, la fatigue, la diarrhée et les vers. En tisane, mêlée à des
plantes plus aromatiques et aux propriétés congruentes, elle est
apéritive, emménagogue, tonique ou vermifuge: 10 g (1/2 oz) dans
1 litre (4 tasses) d’eau. Des bouquets d’armoise dispersés sur le
plancher font fuir les puces.
En médecine traditionnelle chinoise (MTC), ma collègue Anne
Vastel, spécialiste en la matière, dit que l’armoise en macération
froide diminue l’excès et la stagnation de feu du foie qui peut aussi
acidifier et perturber l’estomac.
ANECDOTE: Le nom d’armoise vient d’Artémise (déesse grecque),
ou Diane (déesse romaine), qui représente la femme émancipée.
Cette plante aide vraiment à fortifier, à nettoyer ou à tonifier les
organes féminins. Pour cette raison, on l’appelle aussi «herbe aux
sorcières».
AMULETTE DE PROTECTION
Velours pourpre – 1 rectangle de 10 cm sur 5 cm (4 po sur 2 po)
Armoise séchée fraîche de l’année – environ 5 g
Fabriquer un petit coussin et le remplir d’armoise séchée. Le
porter sur soi dans une poche pour se protéger contre toutes
sortes de mauvaises influences extérieures et le glisser sous
son oreiller pour faire des rêves révélateurs.
ASARET
Famille des aristolochiacées
NOMS LATINS: Asarum canadense ou Asarum europaeum
NOMS COMMUNS: Asarabacca, cabaret, nard sauvage, oreille
d’homme, rondelle, snicroute
NOMS ANGLAIS: Coltsfoot, indian ginger, snakeroot
HISTORIQUE: Avant l’arrivée des colons européens en Amérique,
on utilisait la poudre d’asaret comme vomitif, mais, à partir du
XIIIe siècle, l’ipéca l’a supplantée. Pourtant, la poudre de Saint-Ange,
un remède de sorcière célèbre à base d’asaret européen, circulant
secrètement à Paris pendant l’Inquisition, a sauvé bien des vies
grâce à ses effets émétiques. Elle était considérée comme maléfique
à cause de l’ellébore et de la poudre de crapaud qui en faisaient
aussi partie. Elle était également l’ingrédient principal de la poudre
sternutatoire du Codex français; on la nommait alors «poudre
capitale» ou «poudre céphalique». Les Autochtones d’Amérique
l’administraient lors d’un accouchement long et pénible pour fortifier
le système nerveux et activer les contractions, propriétés confirmées
présentement par les médecins de l’American Physic Medical
School.
Comme le révèle le Dictionnaire des plantes qui guérissent, les
Russes l’utilisaient comme émétique et contrepoison en cas
d’ivresse, d’où son surnom de «cabaret», comme antidote en cas
d’absorption de champignons vénéneux, et en cataplasme révulsif
contre les morsures de serpent, d’où son nom de snakeroot.
HABITAT: Les vieilles forêts de feuillus à humus épais, les terres
acides et les lisières ombragées, où elle s’étend en colonies. Elle
fleurit de mai à juillet, mais seulement après cinq ans.
DESCRIPTION: Jolie plante vivace de petite taille avec des feuilles
vert foncé sur le dessus, cordées ou en forme de cœur. Son unique
fleur couleur bordeaux au court pétiole fixé à la base a la forme
d’une clochette. La plante est hermaphrodite, mais survit surtout
grâce à son rhizome rampant vert clair et très aromatique, parfois
long de plusieurs mètres, parfois connecté à une colonie d’une
centaine d’individus.
PARTIES UTILISÉES: Le rhizome tôt au printemps ou en automne,
les feuilles l’été, la fleur en élixir ou pour méditer.
COMPOSITION CHIMIQUE: Rhizomes: allantoïne; résine (asarine);
huile essentielle (asarone, bêta-linalol, géraniol, limonène, linalol,
méthyleugénol); acide aristolochique; phytostérols (bêta-sisterol);
huile essentielle (asarone, bêta-linalol, géraniol, limonène, linalol,
méthyleugénol); mucilages; tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antiputride,
antispasmodique, antitoxique, apéritif, aphrodisiaque, aromatique,
déodorant, désinfectant, diurétique, emménagogue,
immunostimulant, ocytocique, sternutatoire, stomachique,
sudorifique, vomitif.
APPLICATIONS: En été, boire des décoctions de feuille: 1 feuille
pour 250 ml (1 tasse d’eau); c’est excellent pour nettoyer le sang,
fortifier le cœur et purifier les poumons. On peut aussi la faire
sécher, mais elle perd alors beaucoup de ses vertus.
Il en est de même pour le rhizome, qui est bien plus efficace à
l’état frais. Après le séchage, il reste actif à peine six mois. On peut
toutefois se servir des racines aromatiques pour fabriquer des pots-
pourris ou des sachets en tissu pour les armoires à linge, car l’asaret
est désodorisant. Il éloigne aussi les mites et autres indésirables. Si
on croque un morceau de rhizome gros comme une tête d’allumette,
l’haleine reste parfumée pendant des heures. Concentrée et
macérée dans une huile de qualité, la racine donnera une agréable
et puissante huile analgésique. Râpée et séchée, elle sert de poudre
à éternuer efficace contre la migraine due à une rhinite ou à une
sinusite obstructive.
En usage externe, la teinture-mère à base d’alcool peut servir
d’eau de parfum. En usage interne, elle est apéritive ou digestive:
prendre entre 5 et 10 gouttes maximum. En triplant la dose diluée
dans de l’eau chaude ou du lait, on obtient un excellent vomitif.
La décoction (50 % de plante, 100 % d’eau) servira en compresse
antiseptique en cas de plaie ou de dermatose à champignons, ou
encore de tonique revitalisant pour la peau du visage.
Mise en garde: Éviter les hauts dosages et les cures prolongées en
cas de prise d’anticoagulants, d’anorexie, de gastrite, de colite ou de
diarrhée, et en début de grossesse. L’asaret étant une plante
vulnérable, en cueillir très peu à la fois.
Anecdote: Les Autochtones d’Amérique du Nord l’utilisaient comme
contraceptif dans la deuxième partie de leur cycle. Son contenu et
son parfum invitent d’ailleurs aux débordements amoureux sensuels.
POTION CONTREPOISON
Lait entier – 250 ml (1 tasse)
Asaret (rhizome) – 5 g (1 c. à thé)
Faire bouillir l’asaret dans le lait pendant 3 min. Boire le liquide
le plus chaud possible à grandes gorgées. Efficace contre les
intoxications aux alcaloïdes, aux médicaments, à l’alcool et
aux champignons.
AUNÉE
Famille des astéracées (auparavant des composées)
NOMS LATINS: Inula helenium, parfois listée comme Aster
helenium, Corvisaria helenium ou Helenium grandiflorum
NOMS COMMUNS: Antivenin, astre de chien, énule campagne,
hélénine, inule, lionne, œil de cheval, panacée de Chiron, quinquina
indigène, soleil vivace
NOMS ANGLAIS: Elecampane, elf dock, horseheal, velvet dock,
pushkarmool
HISTORIQUE: L’aunée serait née des larmes d’Hélène enlevée par
Paris, d’où son nom latin. Dioscoride et Galien étaient unanimes
pour reconnaître ses vertus digestive, emménagogue et pectorale.
Les Romains l’ont apportée en Europe du Nord au cours de leurs
campagnes. Pline affirme que le fait d’en mâcher régulièrement
purifie l’haleine et fortifie les gencives et les dents.
Sainte Hildegarde en vantait les mérites: «Aux entrailles l’aunée
est saine et bienfaisante.» Au Moyen Âge, dans les marchés et chez
les apothicaires, on trouvait des bonbons d’aunée contre l’asthme et
les maladies contagieuses.
Son nom de horseheal («guérit le cheval») vient de ses effets
thérapeutiques puissants contre les infections de la peau des
chevaux. Mais elle guérit aussi chez les êtres humains les
suppurations dermatologiques chroniques et, selon John Gerard, les
morsures de vipères. Selon Culpeper, elle guérit les maladies des
poumons, les fièvres épidémiques, la goutte et la sciatique.
Le grand pouvoir purificateur de cette plante solaire en voie de disparition
est une raison suffisante pour encourager sa culture.
Aux États-Unis, les Éclectiques la conseillaient comme
emménagogue, antilithiasique et contre les affections pulmonaires
chroniques.
En 1885, en Allemagne, des recherches pharmaceutiques
prouvent que l’aunée neutralise le bacille de Koch (tuberculose). De
plus, le Dr Brunetton, célèbre auteur et chercheur français, a
confirmé plus récemment les vertus antifongiques et parasiticides de
l’aunée, grâce à ses lactones eusmanolides, notamment contre les
levures, les parasites, les lambliases et les oxyures.
HABITAT: Les prés argileux et humides, les friches en lisière des
forêts, les prairies acides mais rocailleuses, les pâturages, en raison
de l’azote des déjections animales, et aussi les terres proches des
cours d’eau.
DESCRIPTION: Plante vivace vigoureuse de 1 m de hauteur faite
d’une tige centrale cylindrique ornée de fleurs en capitules terminaux
jaune or en forme de soleil. Les grandes feuilles ovales et dentelées
sont rêches sur le dessus, cotonneuses et blanchâtres en dessous.
La racine charnue peut peser plusieurs kilos.
À noter: Inula racemosa, Inula graveolens et Inula odorata sont
des espèces à l’aspect et aux composantes similaires, mais plus
rarement échappées de culture. Il existe environ 80 espèces
d’aunées sur la planète.
PARTIES UTILISÉES: Essentiellement la racine d’une plante de 2
ou 3 ans, déterrée au printemps ou en automne; les feuilles au début
de l’été, avant la floraison; les fleurs en usage externe et en élixir
floral.
COMPOSITION CHIMIQUE: On retrouve environ 150 composantes
dans la plante entière mais surtout dans la racine: fructanes (inuline
jusqu’à 44 %); huile essentielle complexe à terpènes (azulène,
cadinène, caryophyllène, frideline, germacrène, hélénine, thymol,
acétate de bornyle, camphre); lactones sesquiterpéniques ou
principes amers (alantone, alantiolactones, élémélène, diplophylline,
épivangustine, hélénine, santamarine); phytostérols (sito et
stigmastérols); quercétine; mucilages; cellulose; fibres; niacine;
minéraux (calcium, fer, magnésium, phosphore); protéines. Il y a un
peu de tout cela et de la chlorophylle dans les feuilles, des
anthocyanes dans les fleurs, et des acides gras et des protéines
dans les graines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antibiotique,
antifongique, antiseptique, aromatique, cholérétique, déchlorurante,
dépurative, désodorisante, digestive, dissolvante, diurétique,
emménagogue, fébrifuge, hypoglycémiante, parasiticide, pectorale,
tonique, vermifuge, virucide, vulnéraire.
APPLICATIONS: On utilise la racine fraîche en décoction pectorale,
en lavement parasiticide ou en boisson digestive, à raison de 2 g
dans 250 ml (1 tasse) d’eau. Traditionnellement, on s’en sert en
teinture-mère dans l’alcool, le vin blanc ou le vinaigre: 25 g (1 oz)
dans 250 ml (1 tasse), filtrée, à raison de 20 gouttes 3 fois par jour.
Elle soigne la toux, les champignons, les infections et la fatigue.
Pour les infusions, on la conserve en la découpant en lamelles pour
activer le séchage (au moins 2 semaines). Il faut l’utiliser
rapidement, car au-delà d’une année, l’huile essentielle et l’inuline se
sont évaporées.
On peut fumer les feuilles séchées. En plus de chasser les
insectes, la fumée tue les parasites aérobies ou dans l’air. Elles
servent aussi d’antiseptique externe.
Les fleurs, cultivées en Occident comme décoration, sont utilisées
en Chine comme tisane hépatique, et en Inde, on étudie
attentivement ses effets antiréplication virale, prometteurs contre
plusieurs cancers.
ANECDOTE: L’aunée serait reliée à l’élément métal et à la planète
et au dieu Mercure. Elle stimulerait l’imagination tout en ramenant la
raison à ceux qui souffrent de folie douce ou de sénilité précoce.
VIN VERMIFUGE FONGICIDE
Gin ou vodka à 40 degrés – 250 ml (1 tasse)
Racine d’aunée fraîche hachée – 100 g (4 oz)
Boutons de fleurs de tanaisie – 50 g (2 oz)
Vin rouge – 1 litre (4 tasses)
Sucre de canne – 75 g (1/4 tasse)
Faire macérer l’aunée et les boutons de fleurs de tanaisie dans
l’alcool pendant une semaine dans un bocal ambré, à l’abri de
la lumière. Ajouter le vin et le sucre. Agiter régulièrement et
filtrer au bout d’un mois. Boire un verre à liqueur ‒ 25 ml ou
1 oz ‒ le matin et le soir avant les repas, pendant 3 jours
consécutifs. Attendre 10 jours. Recommencer 3 fois le
traitement. Ce vin aromatique a aussi des vertus apéritives,
digestives et toniques.
Éviter de le consommer en cas d’ulcère, de diarrhée et en
début de grossesse.
BARDANE
Famille des astéracées
NOM LATIN: Arctium lappa
NOMS COMMUNS: Bouillon noir, chou d’âne, herbe aux teigneux,
herbe aux pouilleux, gracchia, gratte-chat, grippe-cheveux,
gratteron, oreille de géant, peignerolle, rapace, toque
NOMS ANGLAIS: Great burdock, burr, batweed, love leaves,
philanthropos
HISTORIQUE: Dioscoride et Pline lui donnaient le qualificatif
philanthropos («ami de l’être humain») à cause de ses multiples
vertus dépuratives du sang, des reins et même des voies
respiratoires. Les Romains l’appelaient personnata («personnage»):
avec ses feuilles, ils fabriquaient des masques pour les comédiens.
Après leurs agapes, les praticiens absorbaient ses racines comme
purgatif doux. Son surnom d’«herbe aux teigneux» remonte au
Moyen Âge, en France. Elle était célèbre pour soigner les maladies
de peau très visibles comme la teigne et les scrofules. Sainte
Hildegarde la recommandait contre les maladies du flegme qui
obstruent les poumons, donc contre les bronchites chroniques, et
même la tuberculose. Culpeper conseillait le jus des feuilles
fraîchement pressées contre les encombrements des sinus et les
piqûres de serpent, et la racine râpée et salée contre les morsures
de chien enragé. Au Moyen Âge, en Angleterre, on l’appelait aussi
bardona et on l’utilisait en décoction de semences pour éliminer les
pierres aux reins. La racine confite était très recherchée comme
friandise. Henri III aurait été guéri de la syphilis grâce à la racine de
bardane. En France, au XVIIIe siècle, le guérisseur Lazare Rivière
devint célèbre grâce à sa «potion de Rivière», à base de bardane,
magique pour soigner les maladies vénériennes. Des travaux
scientifiques confluents («Burdock root and glucose level», Avicenna
Journal of Phytomeddicine, 2017) confirment ses vertus
hypoglycémiantes et dépuratives (élimine les métaux lourds dans le
sang) et ses vertus antistaphylocociques et antistreptocociques
(M. Suter, Medical Chemistry, John Willey Publishing, 1951).
Les Chinois l’utilisent depuis des millénaires contre les maladies
très «yang» (accumulation, trop-plein) comme le diabète,
l’hypertension et les furoncles. Ils la disent capable d’évacuer
l’énergie nerveuse négative et de stimuler la libido. Les Japonais la
cultivent intensivement sous le nom de gobo. Ils la consomment
cuite à la vapeur.
La bardane, à l’origine du Velcro, est un symbole de ténacité et de vitalité.
HABITAT: Les clairières, les remblais, les sols lourds et mal drainés
et le bord des chemins.
DESCRIPTION: Plante bisannuelle pouvant atteindre 2 m de
hauteur avec une tige florale très fournie. Ses grandes feuilles sont
d’un beau vert foncé sur le dessus, et couvertes d’un fin velours
blanchâtre en dessous. Les fleurs pourpres deviennent des boules
épineuses qui s’agrippent aux poils des animaux et aux vêtements.
En se dispersant, la vingtaine de graines par capitule perpétuent
aisément l’espèce. La racine est foncée à l’extérieur et blanchâtre,
dense et ligneuse à l’intérieur. La bardane mineure est semblable à
la grande, mais en modèle réduit.
PARTIES UTILISÉES: La première année, les feuilles en été et les
racines en automne. La deuxième année, les fleurs en été et les
graines en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Elle contient environ 260 composantes!
Racines: fructanes (inuline 27 à 45 %); mucilages; lactones
sesquiterpéniques responsables de l’amertume (arctiopicrine);
acides phénoliques (caféique, chlorogénique, hexanoïque,
octénoique, propionique); polyène et polyines linéaires (arctinone,
arctinol, arctinal); huile essentielle très complexe (60 composantes),
dont le caryophyllène et l’eugénol; minéraux et oligo-éléments
(aluminium, chrome, calcium, magnésium cobalt, cuivre, fer
potassium, zinc); tanins; fibres; lignanes; acides gras (linoléique,
oléique et palmitique); phytostérols. Feuilles: lignanes (arctigénine);
triterpénoïdes (bêta-amyrine); phytostérols (bêta-sitostérol,
daucostérols); principes amers; acides (acétique, arctique et alpha-
amyrique). Fleurs et graines: lignanes (arctigénine, arctiine);
vitamines (A, B, C, D); phytostérols.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, aphrodisiaque,
bactéricide, cicatrisante, dépurative, diurétique, émolliente,
hypoglycémiante, lithotritique, lipotropique, nutritive, régénérante,
reconstituante, tonique.
APPLICATIONS: Les feuilles sont particulièrement indiquées
comme remède dermatologique. Fraîches, réduites en purée ou
ramollies à la vapeur chaude, on les applique directement sur la
peau (1 feuille fraîche en moyenne par plaie). Leurs propriétés
bactéricides et amères soulagent rapidement l’acné, les brûlures,
l’eczéma, les furoncles, l’impétigo, les ulcères et le psoriasis
suintant. La vapeur de décoction de bardane enlève les points noirs
et même le millium, elle purifie les peaux grasses et nettoie la peau.
L’application répétée d’une simple tisane fraîche aura les mêmes
effets. En décoction, elle est excellente pour les maladies de peau:
1 feuille pour 250 ml (1 tasse) d’eau. Faire bouillir 10 min.
Les fleurs et les graines de bardane, bouillies ou en teinture-mère,
sont indiquées contre les infections des reins et de la vessie dues à
une mauvaise assimilation des protéines, la goutte, la cystite, la
néphrite et l’incontinence urinaire. Suivre le traitement dans la
journée pour éviter d’empiéter sur le sommeil réparateur, car elle est
diurétique: 1/2 c. à thé de graines ou 1 sommité fleurie dans 250 ml
(1 tasse) d’eau.
La racine est célèbre pour ses effets dépuratifs, ses vertus
hypoglycémiantes et ses qualités nutritives. Ce légume, au goût de
cœur d’artichaut, est consommé en grande quantité au Japon et
comme aliment de survie en cas de guerre (cuisson: 20 min). En
teinture-mère (1/3 de racines pour le triple d’alcool ou de vin blanc),
contre le diabète, les crises de goutte, les maladies chroniques du
sang et de la peau.
ANECDOTE: La racine et les graines de bardane sont riches en
prohormones. Sa décoction ou teinture-mère stimule la repousse
des cheveux si elle est consommée en interne et appliquée sous
forme de teinture-mère en lotion quotidienne frictionnée sur le scalp
pendant 40 jours au minimum.
CATAPLASME SAUVE-PEAU
Blanc d’œuf battu en neige – 1
Grande feuille de bardane – 1
Feuilles de plantain majeur – 2
Dans un linge, faire un cataplasme en mélangeant le blanc
d’œuf et les feuilles de bardane et de plantain écrasées.
Renouveler le tout 2 à 3 fois par jour. Recouvrir d’une feuille
entière fixée avec un sparadrap.
En cas de brûlure récente, de piqûre ou de plaie
douloureuse, appliquer rapidement ce cataplasme,
éventuellement en y ajoutant des feuilles de plantain à feuilles
rondes.
BENOÎTE DES RUISSEAUX
Famille des rosacées
NOMS LATINS: Geum rivale et spp.
NOMS COMMUNS: Galiote, goliot, herbe bénie, herbe de saint
Benoît, récise, sanicle des montagnes
NOMS ANGLAIS: Avens, chocolate root, herb bennet, goldy star,
way bennet
HISTORIQUE: Le nom latin Geum vient du grec geno qui signifie «je
sens bon». En effet, la racine fraîchement déterrée sent le girofle.
Les apothicaires romains la nommaient aussi Radix caryophylata
(«racine de girofle»).
Les moines guérisseurs du Moyen Âge affirmaient qu’il fallait la
cueillir le 25 mars en priant saint Benoît.
Là où la racine est dans la demeure, Satan n’a aucune prise et doit fuir.
C’est pour cela qu’elle est bénie entre toutes les herbes et celui qui la porte
sur soi aucun venin ne peut l’atteindre.
Ortus Sanitatis
(Traité médical latin destiné aux moines guérisseurs)
John Gerard recommandait l’absorption d’une teinture-mère de
racine de benoîte dans le vin contre les morsures de serpent et les
embarras de l’estomac, et la mastication de la racine contre la
mauvaise haleine. Culpeper la prescrivait pour combattre les
maladies de la poitrine et celles affectant le souffle, les points de
côté, les crachements de sang et même contre la peste!
Au XVIIIe siècle, on utilisait la racine en poudre à la place de la
quinine et du baume du Pérou contre les fièvres épidémiques et
aussi comme sédatif léger en complément de la valériane. Voici ce
qu’en dit l’abbé Kunzle: «Dieu a donné à la benoîte la vertu de faire
sortir des yeux, du nez, des dents, du cerveau et même du cœur
tout ce qui ne doit pas s’y trouver: elle guérit les maux d’yeux, de la
tête, des dents, les rhumes de cerveau et même la diarrhée.»
HABITAT: Les lieux humides et ombragés, comme les lisières des
forêts, au bord des lacs et des ruisseaux.
DESCRIPTION: Plante vivace à fleurs tombantes jaunes et
pourpres, avec des fruits sphériques, poilus ou glanduleux formés de
graines à crochet, dont la racine sent le clou de girofle.
La racine a vraiment le pouvoir de purifier tous nos émonctoires. Selon
Culpeper et l’abbé Kunzle, la benoîte des ruisseaux fortifie admirablement
le coeur et rend même la gaieté.
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes au début de l’été, les
racines déterrées en automne ou tôt au printemps, en Europe, le
25 mars, à la Saint-Benoît.
COMPOSITION CHIMIQUE: Plante entière: tanins surtout
concentrés dans les racines (acide gallique, 6-galloyl-glucose, acide
ellagique, D-catéchine), polysaccharides (saccharose, glucose,
fructose, vicianose, raffinose, stachyose); huile essentielle (lactones
sesquiterpéniques, eugénol); acides phénoliques (caféique,
chlorogénique et gallique); chlorophylle; fibres.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Altérative, antibiotique, antiputride,
anti-infectieuse, antiseptique, astringente, antidiarrhéique,
dépurative, antitoxique, fébrifuge, rafraîchissante, reminéralisante,
tonique, sédative, antispasmodique, stomachique, vulnéraire.
APPLICATIONS: On utilise les fleurs et les feuilles en teinture-mère
ou séchées, en tisane, contre les infections mineures des
muqueuses.
Teinture: 20 g (2/3 oz) dans 250 ml (1 tasse) d’alcool, et filtrer:
20 gouttes 3 fois par jour.
Tisane ou décoction: 1 plant dans 250 ml (1 tasse) d’eau.
En compresse sur la peau: faire bouillir brièvement un plant entier
cueilli en juin dans 250 ml (1 tasse d’eau). Filtrer et appliquer.
Excellent contre l’eczéma suintant et les allergies topiques.
La teinture-mère dans le vinaigre est intéressante pour solubiliser
les tanins et les minéraux, et celle à l’alcool pour exalter les huiles
essentielles.
On choisit surtout la racine pour ses vertus médicinales
concentrées. Il est préférable de l’ébouillanter et de la faire macérer
quelques heures avant de l’utiliser: 5 g (1 c. à thé) dans 500 ml
(2 tasses) d’eau contre les intoxications alimentaires et autres
(alcaloïdes et métaux lourds), et les diarrhées.
ANECDOTE: Sa réputation de contrepoison puissant lui vient de
sainte Hildegarde qui affirmait que saint Benoît, par sa prière
ardente et une infusion de cette plante, aurait neutralisé un poison
qui était censé le tuer.
TEINTURE TONIQUE COMPOSÉE
Racine de benoîte – 50 g (1 1/2 oz)
Racine d’angélique – 30 g (1 oz)
Racine de potentille – 30 g (1 oz)
Raisins de Corinthe – 50 g (1 1/2 oz)
Eau-de-vie, vodka ou gin – 1 litre (4 tasses)
Mélanger tous les ingrédients dans un grand bocal. Le placer
un mois à l’abri de la lumière. Agiter tous les 2 ou 3 jours.
Filtrer.
Prendre 25 ml (1 oz) avant chaque repas en cas de manque
d’appétit ou d’atonie stomacale et une heure après les repas,
en cas de digestion lente ou de flatulences. Elle sert de
remontant en cas de convalescence et de grande fatigue et
aussi d’antidiarrhéique.
BOULEAUX
Famille des bétulacées
NOMS LATINS: Betula alba, europea, pendula, papyrifera,
populifolia, verrucosa et spp. (400 variétés!)
NOMS COMMUNS: Arbre de la sagesse, bouleau à canoë, bouleau
à papier, bouleau odorant, biole, boulard, sceptre des maîtres
d’école
NOMS ANGLAIS: White birch, canoe birch, sweet birch
HISTORIQUE: L’origine du nom «bouleau» vient du mot celte
berchta qui signifie «brillante». Il était dédié à la déesse mère. Du Ier
au Xe siècle, tous les peuples nordiques, des Lapons aux Vikings en
passant par les Sibériens, le vénéraient. Pour les Autochtones
d’Amérique, le bouleau était même essentiel, non seulement comme
médicament, mais aussi pour se chauffer et comme matière
première. Les Chippewas utilisaient surtout la sève pour se purifier,
les Hurons utilisaient les feuilles pour soigner les articulations et les
reins, et les Montagnais récoltaient l’écorce pour guérir les maladies
de peau. Les Scandinaves se fouettaient la peau avec ses branches
et brûlaient les feuilles dans les huttes de sudation. Ils s’en servaient
aussi au cours des rituels de guérison. Sainte Hildegarde
recommandait les fleurs et les chatons en cataplasme sur les plaies.
Pierre-André Matthiole appelait le bouleau l’«arbre néphrétique
d’Europe». De nos jours, les Russes fabriquent de la nastoïka
(teinture-mère) en plaçant les bourgeons dans la vodka et absorbent
le charbon de bois calciné pour soigner les ballonnements et les
empoisonnements alimentaires. Les Japonais ont récemment
commercialisé la sève de bouleau en petites bouteilles pratiques,
suivant ainsi la mode des aliments-remèdes, les nutraceutiques. Au
Québec on fabrique et consomme aussi de la bière de bouleau.
HABITAT: Les jeunes forêts humides, mais avec suffisamment
d’espace et de lumière pour y prospérer, les lieux ensoleillés et les
pelouses pour les variétés hybrides importées ou échappées de
culture.
DESCRIPTION: Arbre élancé pouvant atteindre 30 m de hauteur et
vivre entre 60 et 200 ans selon l’espèce. Son tronc est blanchâtre,
lisse et strié de lignes rouges. L’écorce fine comme du papier se
détache en longues bandes horizontales flexibles. Toutefois, celle
des bouleaux gris et verruqueux ne décolle pas. Le dessus des
feuilles, acuminées, ovées et dentelées, est vert et brillant. Les fleurs
sont faites de chatons cylindriques qui libèrent un pollen jaune et
poudreux. Les racines sont brunes, dures et profondes.
PARTIES UTILISÉES: Au début du printemps, les bourgeons, la
sève, les chatons et les fleurs; les feuilles en été et l’écorce et les
rameaux en hiver et tôt au printemps. On cueille les polypores l’été.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: flavonoïdes (hypéroside,
quercitroside, galactoside de myricétol et divers hétérosides du
kaempférol, du myricétol et du quercétol); tanins; chlorophylle;
acides phénoliques; polyols; vitamines (A, C, E). Écorce: acide
betulinique ; résine à huile essentielle riche en triterpènes
(bétulabine, bétuline, lutéol, salycylate de méthyle); minéraux
(potassium, calcium, phosphore). Sève: sucres de type polyols;
hétérosides (bétuloside, monotropitosides libérant du salicylate de
méthyle).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antiseptique,
antifongique, cholérétique, cicatrisant, régénérant, dépuratif sanguin
et lymphatique, diurétique, lipotropique, lithotritique, fébrifuge,
sudorifique, reminéralisant, tonique.
APPLICATIONS: Beaucoup de peuples nordiques font des cures de
printemps avec de l’eau de bouleau pour nettoyer la lymphe, le sang
et les reins: pendant une dizaine de jours, boire 250 ml (1 tasse)
d’eau de bouleau 2 fois par jour.
En gemmothérapie, on préconise les bourgeons (la variété
pubescens et la variété verrucosa) contre les problèmes de peau;
les fleurs et les chatons en cataplasme sur les plaies infectées: 5
chatons ou fleurs dans 250 ml (1 tasse) d’eau bouillie.
On se sert des feuilles de bouleau fraîches et broyées en
cataplasme rafraîchissant dans le cas de brûlures ou de plaies
infectées, mais aussi en émulsion combinée à de l’huile, à utiliser en
frictions contre la cellulite. En usage interne, les feuilles fraîches et
brillantes en tisane diurétique: 750 ml (3 tasses) par jour à raison de
5 feuilles par 250 ml (1 tasse) d’eau.
On fait des cures de décoction d’écorce interne (ou aubier) pour
soigner les maladies chroniques de la peau. Le goudron (ou
concentré de l’écorce chauffée à haute température) sert en
dermatologie contre certaines parasitoses et aussi contre les
pellicules et la calvitie. L’huile essentielle de bouleau est souvent
vendue pour celle du thé des bois (à cause de leur similitude dans la
concentration en salicylate de méthyle). Elle est réservée à l’usage
externe comme analgésique en concentration de 10 % d’huile
végétale. À la surface de son écorce, le bouleau produit un
champignon médicinal, le polypore (Fomitopsis betulina) en forme
de coquille blanche, riche en nombreux antioxydants.
Pour des conseils sur la cueillette de l’eau de bouleau et des
recettes, visitez ce site bien documenté sur le sujet:
www.vignes.be/sevboul.htm.
Les saunas finnois savusauna sont chauffés avec des bûches de
bouleau; on s’y aseptise la peau avec leur fumée, puis on se fouette
et se frotte avec de jeunes branches de bouleau. C’est un excellent
drainage lymphatique! Son bois tendre reste utilisé par les
charpentiers, les tanneurs, les tourneurs et les parfumeurs.
ANECDOTE: L’élixir de fleur de bouleau élimine notre côté animal et
égocentrique. Ses mots-clés sont «communication», «empathie» et
«support moral».
BAIN RÉVÉLATEUR MAISON
Feuilles fraîches de bouleau – 1 kg (2 lb)
Eau – 4 litres (16 tasses)
Sac ou taie d’oreiller, en coton ou en lin – 1
Faire bouillir l’eau. Pendant ce temps, introduire les feuilles
dans la poche en tissu, puis la refermer solidement. Immerger
le sac dans l’eau et faire bouillir de nouveau pendant 10 min.
Laisser refroidir légèrement. Remplir la baignoire à moitié, y
verser le liquide concentré et s’y asseoir. Placer le coussin sur
les épaules et se frotter le haut du corps avec le jus gluant tout
en étant à l’écoute de son corps. Sortir en cas de palpitations
ou, dans certains cas, avant de s’endormir. Les znakaris
ukrainiens, adeptes d’hydrothérapie, conseillent de prendre ce
bain pendant 30 jours consécutifs pour soulager les maladies
articulaires et dermatologiques, la rétention d’eau et la cellulite.
BOURSE-À-PASTEUR
Famille des crucifères
NOM LATIN: Capsella bursa-pastoris
NOMS COMMUNS: Bourse-à-berger, bourse de capucin, boursette,
capselle, malette, moutarde de Mithridate, tabouret des champs
NOMS ANGLAIS: Shepherd’s purse, cocowort, shepherd’s heart,
pepper grass, pickpocket, poor man’s pharmacy, witch’s pouches
HISTORIQUE: La bourse-à-pasteur fut ainsi nommée en raison de
son analogie avec les anciennes besaces des bergers, triangulaires
et aplaties. Par ailleurs, ce sont les pasteurs qui ont remarqué que
les moutons et les vaches en consommaient en grande quantité
après leur mise bas pour réparer leur matrice.
Dioscoride puis Tragus l’ont utilisée pour soigner les hémorragies
féminines anormales. Pendant longtemps, les Autochtones
d’Amérique mêlaient les graines de la plante à des racines riches en
amidon pour en faire du pain. Au printemps, ils mangeaient les
jeunes feuilles pour se revitaliser et se purifier.
Au Moyen Âge, elle redevint très célèbre grâce à un herboriste
italien, le comte Mattei, qui en fit l’ingrédient principal de son «fluide
électrique». Il était efficace contre les saignements de toute nature,
surtout dans l’urine. Selon Culpeper, elle arrête le sang du dedans et
du dehors; liée aux poignets et autour des chevilles, elle diminue la
fièvre et la jaunisse, et son suc pur dans les oreilles supprime les
bourdonnements et les douleurs aiguës.
Peu de plantes possèdent de plus grandes vertus que celle-ci et peu d’entre
elles sont aussi méconnues.
Culpeper
The Complete Herbal
Pendant les deux dernières guerres, en cas d’accouchement
difficile, on s’en servait en doses concentrées comme remède
hémostatique et ocytocique.
Le renommé Dr Leclerc la conseillait souvent pour soigner
l’hémophilie, la métrorragie et les caillots menstruels. Le Dr Vogel
ainsi que beaucoup d’herboristes nord-américains en ont
commercialisé l’alcoolature pour traiter ces maladies.
HABITAT: Les allées des jardins, les friches pauvres et les terres
arides, où elle se développe en colonies en pleine lumière, et au
bord des chemins.
DESCRIPTION: Plante annuelle de 50 cm de hauteur à tiges
dressées, divisées et rondes. Les feuilles sont disposées en rosette
à la base. Les petites fleurs blanches, disposées en corymbe, ont les
quatre pétales typiques des crucifères. Les fruits, en forme de cœur,
renferment de nombreuses petites graines ovales.
PARTIES UTILISÉES: Feuilles, fleurs et siliques cueillies quand la
plante est encore verte au milieu de l’été.
COMPOSITION CHIMIQUE: Parties aériennes: amines
(acétylcholine, choline, tyramine); acides ascorbique et phénolique
(chlorogénique, vanillique, fumarique, syringique); flavonoïdes
(rutine); hespéridoside; saponines; tanins; alcaloïde (bursine);
minéraux (calcium, fer, phosphore, potassium, soufre); fibres;
protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antispasmodique, calmante,
diurétique, lithotritique, emménagogue, tonique utérin, fébrifuge,
sudorifique, hémostatique, cicatrisante, hypotensive, anticoagulante,
vulnéraire, astringente.
APPLICATIONS: La bourse-à-pasteur est plus efficace crue et
fraîche. On peut manger ses jeunes feuilles au goût de radis en
salade ou cuites à la vapeur. En décoction brève, 1 plant pour
250 ml (1 tasse) d’eau, elle revitalise le sang à la fin de l’hiver. En
cas de déminéralisation, d’hémorragies, de diarrhée ou
d’ostéoporose, on peut facilement en faire une cure d’un mois. En
compresse ou en cataplasme (trois plantes hachées en décoction
rapide, filtrée ou non), la bourse-à-pasteur guérit les plaies ou les
dermatoses suintantes. La teinture-mère (double de volume d’alcool
ou de vin) est très utile en cas d’hémorragies (surtout celles de
l’utérus), de lithiases rénales et de cystites: 30 gouttes 3 fois par jour
dans 150 ml (1/2 tasse) d’eau.
Quant aux fruits, une fois séchés, ils peuvent servir
d’assaisonnement piquant en cuisine.
MISE EN GARDE: La bourse-à-pasteur étant coagulante et
ocytocique, elle doit être évitée en cas d’antécédents de phlébite, de
thrombose et durant la grossesse.
ANECDOTE: Cette fertile petite brassicacée produit en un an
64 000 graines par plant! Elle est le symbole de la féminité, même si
dans la tradition alchimique, elle est dédiée à Saturne, le maître du
temps.
SALADE REVITALISANTE DU PRINTEMPS
En parts égales:
Feuilles, siliques (petits cœurs) de bourse-à-pasteur, sans les
tiges
Feuilles de plantain
Feuilles d’oseille
Feuilles de mouron des oiseaux
Feuilles de marguerite
Vinaigrette maison
Laver et essorer les plantes. Assaisonner.
Manger le plus rapidement possible après la cueillette.
BRUNELLE
Famille des lamiacées
NOM LATIN: Prunella vulgaris
NOMS COMMUNS: Bonnette, herbe aux charpentiers, petite
consoude, toute bonne
NOMS ANGLAIS: Self heal, blue curts, heal-all, heart of the earth
HISTORIQUE: Le terme «brunelle» vient du saxon braun, qui
signifie «brune», car effectivement, elle brunit facilement au
séchage. Au Moyen Âge, les moines emportaient toujours cette
plante hémostatique au moment de partir en croisade. John Gerard
confirme qu’avec la bugle, sa proche parente, elle est l’une des
meilleures plantes antihémorragiques, encore plus efficace quand la
décoction, à moitié mélangée avec du vieux vin rouge, est utilisée en
compresse sur les plaies. Selon la théorie des signatures, la brunelle
ressemble à un larynx; elle soigne donc les maux de gorge et les
troubles de la voix.
HABITAT: Les prairies humides et ensoleillées, les pelouses non
traitées, les chemins de passage et les lisières des bois.
DESCRIPTION: Plante vivace de 10 cm à 30 cm de hauteur à tige
carrée garnie de feuilles médianes et oblongues. Les fleurs violettes
fleurissent alternativement sous forme d’éperons à deux lèvres
proéminentes.
PARTIES UTILISÉES: Toute la partie aérienne de la plante.
COMPOSITION CHIMIQUE: Plante entière: glycoside (aucubine);
anthocyanes; flavonoïdes (quercétine, rutine, hyperoside); acides
phénoliques (bétulinique, caféique, chlorogénique, oléanique,
ursolique, rosmarinique); huile essentielle (1,8-cinéole, linalol,
alphaphellandrène et bêta-pinène); principes amers; saponines;
tanins; minéraux (calcium, fer, cuivre, magnésium, manganèse,
zinc).
Cette jolie plante pleine de vitalité combat à merveille l’excès de chaleur et
d’acidité. Elle calme les irritations, au propre comme au figuré.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Alcalinisante, altérative, antibiotique,
antiseptique, antitumorale, régénérante, cicatrisante, dépurative,
hémostatique, nutritive, diurétique, hypotensive, hypoglycémiante,
vulnéraire.
APPLICATIONS: On peut manger les petites fleurs crues en salade
(20 sommités). L’application de la plante crue et mâchée arrête les
hémorragies et soigne les infections de la peau, ainsi que tous les
types de maux de gorge. La tisane, à base de teinture-mère, est
excellente pour toutes les muqueuses. En décoction ou en tisane, la
brunelle guérit les fièvres bénignes, les diarrhées, les hémorroïdes
et même les néphrites: en dose répétée, 5 sommités dans 250 ml
(1 tasse) d’eau avant chaque repas. En cérat ou en onguent, elle est
cicatrisante, hémostatique et régénérante et soigne même les
herpès.
ANECDOTE: On prend l’élixir de fleurs de brunelle pendant une
cure ou un jeûne pour effacer les vieilles blessures physiques et
mentales. Elle facilite la mise en place de vrais changements et aide
à l’autoguérison.
BUSSEROLE
Famille des éricacées
NOMS LATINS: Arctostaphylos uva ursi ou Arbutus uva ursi
NOMS COMMUNS: Arbousier traînant, arbre aux fraises, buisserole,
buxerole, petit buis, raisin d’ours
NOMS ANGLAIS: Bearberry, bears grape, upland cranberry
HISTORIQUE: La busserole est surnommée «raisin d’ours», car cet
animal adore ses baies et dévore même les feuilles semi-
persistantes. On prétend que c’est Marco Polo qui ramena les
graines de busserole de Chine au XIIIe siècle. Chez les herboristes
chinois, elle avait la réputation d’être un antiseptique génital et
urinaire. Au XVIe siècle, les médecins de la faculté de Montpellier ont
loué son action sur les maladies vénériennes. Rabelais, médecin et
écrivain français du XVIe siècle, la célébrait ainsi: «Lui prit une pisse
chaude qui le tourmenta fort mais ses médecins le secoururent bien
avec force drogues diurétiques qui lui firent pisser son malheur.» Les
Autochtones d’Amérique l’utilisaient en décoction pour soigner les
infections urinaires, ils séchaient ses baies pour leurs vitamines, et
ils fumaient ses feuilles au calumet, dans un mélange nommé, aux
États-Unis, Kinnikinnick, et, au Canada, Sapack Homi. Au
XVIIIe siècle, elle entre officiellement dans les London et American
Pharmacopeia.
Un des meilleurs antiseptiques urinaire et génital, d’autant plus précieux
que la busserole se fait rare en nature, tout comme les zones humides
saines.
HABITAT: Les chemins ensoleillés des tourbières et des montagnes
et à la lisière des vieilles forêts à humus épais et acide.
Cure antiseptique URINAIRE
Feuilles de busserole – 10 g (1/3 oz)
Fleurs et feuilles de mauve – 5 g
Baies de genévrier – 5 g
Eau – 1 litre (4 tasses)
Bicarbonate de soude – 5 g (1 c. à thé)
Hacher légèrement les feuilles de busserole et les laisser
tremper 12 heures dans une grosse jatte dans l’eau froide.
Puis faire bouillir les plantes dans une casserole pendant
3 min. Verser ce mélange dans la jatte et laisser infuser
jusqu’à ce que le liquide soit buvable. Ajouter le bicarbonate de
soude. Boire 250 ml (1 tasse) à la fois, plusieurs fois dans la
journée. Recommencer pendant 10 jours consécutifs. Cette
tisane amère a de puissants effets contre les petites pierres
aux reins, les cystites purulentes, la goutte, l’hypertrophie de la
prostate et les infections génitales bactériennes comme la
blennorragie.
Remarque: La busserole colore l’urine en vert à cause de
ses tanins concentrés.
DESCRIPTION: Petit arbuste rampant avec de longues tiges glabres
garnies de feuilles luisantes. Ses fleurs en grappes lâches et
terminales sont regroupées par trois ou quatre. Les fruits sont
rouges, charnus et luisants.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles au printemps ou en automne,
après la chute des fruits, et, la busserole étant en voie d’extinction,
pas plus de 2 tiges par plant.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: flavonoïdes (delphidine,
hypericine, quercétine, rutine); bêta-carotène; acides (ascorbique,
benzoïque, citrique, ellagique, gallique, malique, oléanique,
ursolique); glucosides (arbutine et méthylarbutine); coumarine;
allantoïne; tanins; huile essentielle à hydroquinones; résine; fibres;
minéraux (fer, potassium); protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiblennoragique, antilithiasique,
astringente, antiseptique, cholagogue, cholérétique, diurétique,
fébrifuge, fongicide, sudorifique.
APPLICATIONS: En tisane ou en décoction, 2 g (1 c. à thé) dans
250 ml (1 tasse) d’eau 3 fois par jour; en teinture-mère, 20 g (2/3 oz)
dans 250 ml (1 tasse) d’alcool: prendre 20 gouttes 3 fois par jour
dans 100 ml (1/2 tasse) d’eau.
Il est recommandé de faire tremper les feuilles quelques heures
avant de les faire bouillir. Éviter de les entreposer dans un récipient
en métal. Elles sont excellentes contre les infections urinaires et
vénériennes mineures.
MISE EN GARDE: Se limiter à une cure antibiotique d’une quinzaine
de jours au maximum. Éviter la busserole en cas d’ulcère d’estomac,
de constipation chronique et au cours de la grossesse.
ANECDOTE: Les Autochtones d’Amérique qui la fument lors de
leurs rituels affirment que c’est une herbe de visionnaire qui affûte
les facultés psychiques.
CAMOMILLE
Famille des astéracées
NOMS LATINS: Chamomilla recutita, Chamomilla matricaria et
Matricaria matricaroides
NOMS COMMUNS: Camomille allemande, camomille commune,
camomille sauvage, œil du soleil
NOMS ANGLAIS: German chamomille, garden chamomille, ground
apple, pinheads
HISTORIQUE: Son nom principal vient du grec Kamai et melon qui
signifie «pomme de terre» et qui devient manzanilla en espagnol, ce
qui veut dire «petite pomme», à cause de son odeur de pomme
mûre.
Les Égyptiens la vénéraient pour ses vertus et la dédiaient à Râ,
le dieu du Soleil. Ils s’en servaient contre la malaria. Les Romains,
qui l’ont introduite dans les pays nordiques, l’appelaient la «plante
des docteurs». Elle doit son nom Matricaria à ses vertus
régénérantes pour la matrice; depuis des millénaires, elle soulage
les douleurs prémenstruelles, les infections aiguës et postnatales de
l’utérus. Culpeper la conseillait aussi pour provoquer les
menstruations et soulager une variété impressionnante de maladies
«chaudes» (fièvre, jaunisse, diarrhées, migraines); pour soigner
toutes les douleurs siégeant sous le crâne, il préconisait le rinçage
de la tête avec une décoction de camomille. En 1656, dans Paradis
sur Terre, John Parkinson écrit: «La camomille est bonne pour tous,
pour les malades et les gens sains, surtout en bains réguliers autant
pour se guérir que pour rester en bonne santé!» Les Allemands, qui
sont les plus gros consommateurs de camomille au monde,
l’appellent alles zutraut, «celle qui est capable de tout».
HABITAT: Au Québec, la camomille allemande est toujours
échappée de culture. La matricaire sauvage, indigène, quant à elle,
au capitule jaune sans bractées blanches et au parfum d’ananas, est
très répandue et a des effets similaires, mais peu étudiés.
DESCRIPTION: Plante vivace de 50 cm à 75 cm de hauteur,
remarquable par ses capitules floraux terminaux à cœur jaune et
bombé, et ses pétales blancs qui s’élèvent ou s’abaissent selon
l’ensoleillement.
PARTIES UTILISÉES: Les capitules floraux, récoltés à maturité lors
d’une journée ensoleillée, lorsque les pétales sont en position
horizontale et les ligules (languettes de la corolle) bien jaunes.
Plusieurs recherches révèlent son efficacité pour lutter contre le candida
albicans et les staphylocoques. De plus, elle stimule nos anticorps, surtout
les lymphocytes et les macrophages.
COMPOSITION CHIMIQUE: Fleurs: riches en huiles essentielles
(esters sesquiterpéniques, azulène, chamazulène, alpha-bisabolol,
caryophylène, farnesène, géraniol, pinènes); flavonoïdes
(hétérosides d’apigénine et lutéoline, chamilline, quercétol);
coumarines (herniarine, ombelliférone); lactones sesquiterpéniques
(matricine et matricarine); tanins; sucres (galactose et glucose);
mucilages, acides (malique, linoléique, oléanolique, salycilique,
valérianique); résine; minéraux (calcium, potassium, phosphore,
soufre, iode); vitamines (A, E, F).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antalgique, antispasmodique,
antiseptique, emménagogue, ocytocique, calmante, sédative,
carminative, cholérétique, fébrifuge, sudorifique, laxative, émolliente,
relaxante, régénérante, reminéralisante, vulnéraire.
APPLICATIONS: La manière la plus simple et la plus efficace
d’utiliser la camomille contre une multitude d’affections est l’infusion:
pas plus de 5 têtes pour 250 ml d’eau, car à dose élevée, elle
devient vomitive. L’infusion de camomille filtrée peut servir de lotion
externe contre les infections des yeux, les plaies diverses, la peau
sèche, les rides précoces, et de dernier rinçage pour adoucir et
éclaircir les cheveux blonds. En teinture-mère: 20 g (⅔ oz) dans
250 ml (1 tasse) d’eau. Prendre 20 gouttes 3 fois par jour. Elle
soigne toutes sortes de douleurs d’origine hépatique, intestinale ou
nerveuse. On peut en donner en concentré aux jeunes enfants en
cas de coliques ou lorsqu’ils font leurs dents.
Un bain avec une décoction de camomille est bénéfique (même
pour les tout jeunes enfants) contre la fièvre, les démangeaisons, la
névralgie et la nervosité excessive.
Les principes actifs de la camomille se dissolvent bien dans les
huiles. Elle entre dans la composition de plusieurs crèmes, huiles et
pommades contre les rides, l’eczéma et les irritations mineures de la
peau.
MISE EN GARDE: Les personnes allergiques au pollen, surtout
celui de l’herbe à poux, peuvent réagir à la camomille, surtout à la
camomille romaine.
ANECDOTE: Plus on piétine la camomille, plus elle se renforce et
se multiplie. En élixir, cette petite fleur redonne confiance, force et
espoir à celui qui les a perdus.
HUILE ENSOLEILLÉE
Huile d’olive vierge biologique – 250 ml (1 tasse)
Fleurs de camomille séchées – 30 g (1 oz)
Huile essentielle – 30 gouttes de lavande
Placer les fleurs et l’huile dans un bocal hermétique. Laisser
macérer pendant 1 mois tout en agitant régulièrement. Filtrer
soigneusement, ajouter la lavande. Cette huile calmante se
garde 6 mois. À utiliser en cas d’irritations mineures de la
peau, de douleurs névralgiques et musculaires, de peau sèche
et même pour atténuer les rides!
CAROTTE SAUVAGE
Famille des apiacées
NOM LATIN: Daucus carota
NOMS COMMUNS: Faux panais, gauviotte, gironille, pastonade
NOMS ANGLAIS: Wild carrot, bee’s nest plant, bird’s nest, root,
queen Ann’s lace
HISTORIQUE: En 200 av. J.-C., Galien lui a donné son nom latin.
Pline l’appelait Pastinaca gallica («de France»), car c’est
apparemment en France qu’on consommait le plus de carottes et
qu’on a commencé à en cultiver et à l’hybrider pour en améliorer la
couleur, la texture et la saveur. Culpeper disait que la carotte était
dominée par Mercure, qu’elle éloignait les vents, provoquait l’urine,
cassait les pierres aux reins et les évacuait.
Jean Valnet a prouvé scientifiquement que la racine de la carotte
cultivée ou sauvage, crue, râpée et appliquée en cataplasme est un
merveilleux antirides, cicatrisant et analgésique, même en cas de
brûlures ou de plaies profondes. Le Pr Léon Binet ainsi que les
autorités de l’Académie des sciences de Minsk conseillent de
baigner les nourrissons qui ont la jaunisse dans une décoction de
racine de carotte et bien sûr de leur faire boire du jus de la carotte
«domestiquée» dès le sevrage.
HABITAT: Les terrains arides et pierreux, les remblais, au bord des
fossés. Étant héliophile, elle évite les lieux ombragés.
DESCRIPTION: La carotte sauvage se distingue de la carotte
potagère par sa racine tubéreuse, plus fine, pâle et pivotante. Elle
fleurit au cours de sa deuxième année. Sa tige centrale striée et
légèrement velue produit des fleurs en ombelles blanches parfois
teintées de rose qui se recroquevillent avant de produire de
nombreuses graines aplaties, vertes puis brunes.
IMPORTANT: Bien identifier la carotte sauvage. Ne pas la confondre
avec sa dangereuse cousine la cicutaire maculée ni le panais
sauvage (voir le chapitre sur les plantes toxiques). Son feuillage
contient des psoralènes et peut provoquer des taches pigmentaires
chez les personnes très sensibles.
PARTIES UTILISÉES: Les fleurs et les graines vers la fin de l’été,
les racines en automne ou au début du printemps.
COMPOSITION CHIMIQUE: Elle compte plus de 400 principes
actifs! Dans toute la plante: chlorophylle, fibres; huiles essentielles
(carotol, caryophylène, géraniol); psoralènes. Racines: sucres;
pectine; provitamine (A), vitamines (B2, C, E); triterpénoïdes (alpha-
amyrine); caroténoïdes (bêta-carotène, lycopène); flavonoïdes
(kaempférol, quercétine, lutéoline, anthocyanosides); hydrates de
carbone complexes; fibres; acides aminés (asparagine); acides gras
(gamma linoléique, oléique et palmitique); acides phénoliques
(chlorogénique, caféique, cinnamique); minéraux (calcium,
magnésium, phosphore, potassium). Graines: huiles essentielles
(alpha-curcumine, alpha-pinène et alpha-terpinène, asarone,
azulène, bergamotène, bêta-pinène, bornéol, carotol, citronnelyll,
daucol, eugénol, géraniol, limonène); acide benzoïque et myristique;
acides gras (alpha linoléique, oléique et palmitique); minéraux (bore,
brome, cobalt, cuivre).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydante, cicatrisante,
carminative, laxative, digestive, diurétique, emménagogue,
galactagogue, nutritive, reminéralisante, ophtalmique, vermifuge,
parasiticide.
APPLICATIONS: En élixir floral, 3 gouttes pures de 3 à 5 fois par
jour sous la langue, la carotte fortifie la vision physique, mais stimule
aussi les domaines psychique, mental et spirituel. Elle donne des
résultats étonnants pour certaines maladies de l’esprit difficiles à
soigner autrement.
On peut utiliser les semences de carotte sauvage fraîchement
pilées dans bien des plats cuisinés ou les potées à raison de 1/2
c. à thé dans 250 ml (1 tasse) d’eau. Diurétiques, elles éliminent
aussi les gaz et augmentent le lait des nourrices: à prendre 3 fois
par jour, entre les tétées.
Les carottes cuites à la vapeur et consommées plusieurs jours
d’affilée constituent un merveilleux antispasmodique, régulateur
gastro-intestinal et tonique général.
On mange la racine crue ou cuite, après un bon brossage. Elle
soigne la rétention d’eau et les parasites intestinaux, elle favorise la
bonne digestion des protéines et combat aussi la constipation. En
automne, comme elle est souvent coriace et ligneuse, on la
consommera sous forme de décoction diurétique; au printemps, en
décoction vermifuge. Le jus extrait de la racine est un excellent
laxatif. Il soigne aussi l’anémie et la jaunisse.
MISE EN GARDE: À éviter durant la grossesse, surtout les graines.
ANECDOTE: Des expériences (John Riddle, A History of
Contraception and Abortion, 1997) prouvent que les semences de
carotte sauvage agissent comme la pilule contraceptive du
lendemain, en stimulant la production de progestérone via
l’hypophyse et le foie.
DÉCOCTION CARMINATIVE
Eau – 1 litre (4 tasses)
Graines de carotte sauvage – 15 g (3 c. à soupe)
Théière en verre ou en terre cuite – 1
Faire bouillir l’eau et la verser sur les graines dans la théière.
Laisser infuser avec le couvercle durant au moins 30 min.
Boire de 750 ml à 1 litre (3 à 4 tasses) par jour entre les repas,
en cas de flatulences, de rétention d’eau et de rhumatismes.
Elle est excellente pour les nourrices qui manquent de lait. Les
bébés allaités bénéficieront aussi de ses bienfaits!
CATAIRE
Famille des lamiacées
NOM LATIN: Nepeta cataria
NOMS COMMUNS: Chataire, herbe aux chats, menthe de chat
NOMS ANGLAIS: Catnip, catmint, catswort, field balm
HISTORIQUE: Originaire de la ville de Nepete en Égypte (2700-
2300 av. J.-C.), d’où son nom botanique, la cataire est un symbole
de fertilité; elle était consacrée aux déesses Bast et Sekhmet, la
chatte et la lionne. Elle était censée aider les femmes qui voulaient
se transformer en chattes pendant la nuit. En réalité, la cataire attire
surtout les matous, car elle contient des népétalactones, substances
chimiquement semblables aux hormones émises par les chattes en
chaleur. Les paysans anglais en semaient autour de leurs celliers à
provisions pour attirer les chats et éloigner les rats, qui détestent
cette odeur.
Culpeper la conseillait en compresse, mélangée à du gras animal,
contre les abcès, les enflures et les blessures de guerre. Il affirmait
que rincer la tête avec une décoction supprime les croûtes, la gale et
les pellicules. Selon les Drs Aldéi Lanthier et Henri Leclerc, la tisane
de cataire est l’un des meilleurs remèdes contre le hoquet.
Les Chinois la disent amère, froide et piquante. Ils l’utilisent pour
harmoniser le foie, les nerfs et les poumons, et en cas de tension
nerveuse due à un trop-plein d’émotions. Ils conseillent aux enfants
surexcités un mélange, en parts égales, de tisane de cataire, de
camomille et de mélisse.
Les herboristes nord-américains actuels recommandent très
souvent la cataire comme calmant et sédatif doux, particulièrement
efficace chez les enfants.
HABITAT: Les terrains caillouteux ou rocheux, les pâturages acides
en friche et les collines calcaires, en plein soleil de préférence.
Cette plante de velours aromatique mérite vraiment de retrouver ses lettres
de noblesse.
DESCRIPTION: Plante herbacée vivace de 1 m de hauteur avec
une tige carrée légèrement velue. Ses feuilles ovales et dentelées
sont aussi recouvertes d’un mince duvet. Les fleurs sont d’un blanc
rosâtre. L’odeur est citronnée et mentholée, sa texture douce au
toucher, son goût amer et prononcé.
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes, plus spécialement les
feuilles et les sommités fleuries en début de floraison.
COMPOSITION CHIMIQUE: Iridoïdes (népétalactone); huiles
essentielles (béta-farnésène, camphre, carvacrol, citronellal,
géraniol, myrcène, népétalactones, pullégone, thymol); acides
(oléique, rosmarinique); principes amers; alcaloïdes (actinidine);
tanins; vitamines (B1, acide folique); presque tous les minéraux
majeurs; protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anodine (qui calme la douleur),
antihistaminique, antiseptique, antispasmodique, calmante,
carminative, diaphorétique, fébrifuge, digestive, astringente,
emménagogue, tonique utérine, pectorale.
APPLICATIONS: Pour avoir de meilleurs résultats, la consommer
crue en salade au printemps, ou fraîche en décoction. Ne pas la
faire bouillir, mais la laisser macérer plus longtemps dans de l’eau
chaude: 3 feuilles dans 250 ml (1 tasse) d’eau. On la boit froide en
cas de fièvre et de migraine, chaude en cas de colique ou de
diarrhée. En lavement, contre les douleurs intestinales, même chez
le jeune enfant: 1 sommité fleurie ou 2 feuilles dans 250 ml (1 tasse)
d’eau, infusée et filtrée.
La cataire est excellente pour soigner la nervosité excessive:
bronchospasmes, hyperactivité, insomnie. Après le repas, en
infusion ou en teinture-mère: 3 feuilles dans 250 ml (1 tasse) d’eau.
Prendre 10 gouttes à la fois. Elle est digestive et antiflatulente.
MISE EN GARDE: La cataire est un puissant calmant et relaxant
musculaire. Éviter de la prendre le jour et surtout pas avant un travail
qui nécessite beaucoup de concentration et d’adresse. Se limiter à
des doses minimes d’infusion chaude, sinon elle devient vomitive.
ANECDOTE: Les népétalactones de la cataire stimulent les
phéromones des félins, son huile essentielle serait également dix
fois plus efficace que le DEET pour éloigner les moustiques.
LAVEMENT ANTISPASMODIQUE
Cataire fraîche – 20 g ou 1 plant
Eau très chaude – 500 ml (2 tasses)
Bol en pyrex – 1
Poire à lavement bien désinfectée – 1
Placer la plante déchiquetée dans un bol en pyrex. Verser
l’eau chaude. Laisser infuser et refroidir pendant 10 min, puis
filtrer. Utiliser toute l’infusion en remplissant la poire plusieurs
fois, selon la technique habituelle. Pour un bébé de moins de
deux ans, diviser les quantités par quatre. Cette recette est
souveraine contre les coliques, la fièvre, les migraines et les
spasmes intestinaux. Le fait d’ajouter 1 c. à soupe d’huile de
lin ou d’olive bio lubrifiera et la poire et le côlon.
CENTAURÉE
Famille des astéracées (auparavant des composées)
NOMS LATINS: Centaurea jacea, C. nigra et ssp.
NOMS COMMUNS: Ambrette, barbeau, jacée des prés, rapontique,
tête d’alouette, tête de moineau, tête de prêtre, bouton de guêtre ou
de jupon.
NOM ANGLAIS: Brown knapweed
HISTORIQUE: Elle tiendrait son nom botanique Kentauros de
Chiron, le centaure herboriste qui a enseigné les vertus des plantes
à plusieurs personnes, nymphes incluses. Culpeper, herboriste
anglais renommé du XVe siècle, a écrit que la centaurée en
décoction guérit les maux de la bouche: gencives, palais et gorge
inclus. Une herboriste clinicienne et chercheuse québécoise, Maryse
Boisvert, l’étudie sous tous ses aspects et affirme, entre autres,
qu’elle combat même les cellules anormales du col de l’utérus, ce
qui est validé par une étude galloise (Plants Used Against Cancer: A
Survey 1967-1971 de J. L. Hartwell).
HABITAT: Importée d’Europe dès la fin du XIXe siècle, les oiseaux,
la déforestation et le réchauffement climatique ont favorisé son
expansion fulgurante du sud vers le nord. Elle pousse sur les bords
de routes dans les friches mixtes et les prairies ouvertes du sud du
Québec, comme dans toutes les zones tempérées.
DESCRIPTION: Herbacée vivace haute de 50 cm, tiges coriaces,
feuilles vert foncé alternes et lancéolées. Ses capitules en couronne
mauve clair, serties de bractées brunes coriaces, sont disposées en
écailles autour de la corolle. Ne pas les confondre avec la centaurée
annuelle ou la centaurée bleue vivace cultivées au jardin.
PARTIES UTILISÉES: Les capitules fleuris en interne, avec les
tiges, les feuilles voire les racines en usage externe.
COMPOSITION CHIMIQUE: Fleurs: Alcaloïdes; anthocyanes;
mucilages; Feuilles et tiges: fibres; principes amers.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antifongique, antiseptique,
astringente, antioxydante, bactéricide, cholagogue, diurétique,
émolliente, fébrifuge, ophtalmique, tonique amère.
APPLICATIONS: Les pétales en fleurs, cueillis un à un, peuvent être
ajoutés à une salade. On utilise le capitule complet en décoction:
deux têtes par 250 ml (1 tasse) d’eau. On peut transformer les
sommités fleuries en teinture-mère. Quant à elles, les parties
aériennes séchées donneront les tisanes cholagogues d’hiver.
Contre les affections de la muqueuse utérine, essayer en douche
vaginale: 20 capitules par 250 ml (1 tasse) d’eau bouillie 5 à 10 min,
filtrer et injecter avec une poire adéquate ou en imprégner un
tampon. Contre les blépharites ou les conjonctivites, on peut faire
des compresses avec le même type de décoction sur des tampons
de coton propre. La décoction de centaurée, parfois retrouvée dans
les shampoings ou les revitalisants, garde la nuance argentée des
cheveux blancs et les empêche de jaunir. Appliquer l’hydrolat pur sur
les yeux infectés, contre les irritations mineures ou le teint brouillé.
MISE EN GARDE: Comme les herbivores qui connaissent si bien
les plantes, on conseille de consommer cette plante en interne
seulement, avant ou pendant la floraison. Après cela, elle se lignifie
et devient trop amère et purgative. Les agriculteurs dépensent des
fortunes en herbicides pour l’éradiquer, alors qu’elle serait si utile
aux nombreux constipés, hépatiques et obèses.
ANECDOTE: Les fleurs de la centaurée procurent aux abeilles un
délicieux miel verdâtre et aux étoffes à teindre un beau gris bleuté.
TISANE HÉPATIQUE FLORALE ESTIVALE
Capitules frais ou séchés de centaurée jacée
Sommités fleuries de menthe poivrée
Sommités fleuries de camomille
Sommités fleuries de tanaisie
Sommités fleuries d’achillée
Après la cueillette et le séchage adéquats, mélanger ces fleurs
à parts égales. Entreposer dans un placard dans un bocal de
verre étiqueté.
Boire occasionnellement en cas d’indigestion, de
constipation ou de malaises digestifs récurrents: 5 g (1 c. à thé
rase) du mélange pour 250 ml (1 tasse) d’eau bouillie avant les
trois repas. En faire une cure bienfaisante de 7 à 21 jours pour
tout le système hépato-intestinal, ballonnements et spasmes
inclus. Pour les personnes âgées de moins de cinq ans: usage
très occasionnel et se limiter à 1 g
CERISIERS
Famille des rosacées
NOMS LATINS: Cerasus ou prunus vulgaris et sp. (Europe),
Cerasus virginiana ou pennsylvanica (Amérique)
NOMS COMMUNS: Cerise de France, bing, griotte, merise,
marasquin
NOMS ANGLAIS: Black cherry, choke cherry
HISTORIQUE: Le Romain Lucullus a rapporté des cerisiers de
Cerasonte, en Perse, après sa victoire sur Mithridate en 66 av. J.-
C. Pline raconte que les Grecs utilisaient abondamment les cerises
pour soigner les crises de goutte dues aux excès de boisson et de
viande. De tout temps, les Autochtones d’Amérique et les Russes se
sont servis de l’écorce comme analgésique, diurétique et fébrifuge.
La gomme qui suinte du tronc était réputée guérir les dartres et faire
tomber les croûtes sèches de l’eczéma. À l’école de Salerne, on
enseignait que les noyaux de cerise bouillis évacuent les pierres aux
reins.
Au début du XXe siècle, au Québec, les sœurs de Kamouraska
conseillaient la tisane d’écorce de cerisier, ramassée du bas vers le
haut, pour activer la lactation.
En 1920, aux États-Unis, on conseillait des cures de cerises
noires contre les kystes, et de cerises rouges pour désobstruer les
poumons.
HABITAT: En Europe, dans les vergers, en Amérique du Nord, dans
les anciennes friches ensoleillées, à la lisière des jeunes forêts et
sur les brûlis.
DESCRIPTION: Arbre pouvant atteindre 10 m de hauteur (sauf
certaines variétés américaines, qui ressemblent à des haies
arbustives). L’écorce est lisse, d’un beau brun foncé, et se détache
naturellement du tronc par lanières, surtout en hiver. Les fleurs d’un
blanc rosâtre sont disposées en grappes terminales. Les fruits sont
plus nombreux, plus petits et plus sombres dans les variétés
sauvages américaines, mais moins charnus, doux et juteux que ceux
d’Europe.
PARTIES UTILISÉES: Les queues ou les pétioles des cerises, les
fruits, l’écorce interne et le noyau.
COMPOSITION CHIMIQUE: Fleurs, écorces, jeunes feuilles,
noyau: acides (arachidonique, myristique, oléique, linoléique,
malique); glycosides cyanogéniques (amygdaline); coumarine.
Pétioles (queues): flavonoïdes; tanins, potassium. Fruits: acides
(acétique, alpha-linolénique et stéarique); bêta-carotène; vitamine
(C); presque tous les minéraux; amylase; fructose et lévulose
(sucres assimilables même par les diabétiques).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydant, antiarthritique,
antigoutteux, calmant, diurétique, lithotritique, rafraîchissant,
pectoral, reminéralisant, laxatif, dépuratif sanguin et lymphatique,
nutritif.
APPLICATIONS: La partie la plus utilisée pour ses effets diurétiques
est la queue de cerise. Il est conseillé de bien la faire sécher afin
d’éliminer l’acide cyanhydrique. La tisane légère ‒ 5 g (1 c. à thé) de
queues pour 1 litre (4 tasses) d’eau ‒ est recommandée contre
l’arthrite, l’acide urique, la cystite, l’œdème et la rétention urinaire.
Prendre 3 fois 250 ml (1 tasse) par jour avant les repas.
On déguste les fruits crus en quantité modérée et en évitant de
boire de l’eau, et surtout pas de boissons gazeuses, pour éviter de
déclencher des coliques. Une cure de cerises pendant deux jours
pourrait être recommandée aux goutteux, aux diabétiques et aux
obèses, ou tout simplement pour nettoyer la lymphe et le sang.
On ramasse l’écorce interne des jeunes rameaux au début de
l’hiver. Bien la faire sécher pendant 1 mois dans un endroit sec et
ventilé. En décoction à raison de 3 fois 250 ml (1 tasse) par jour, elle
soigne la fièvre, la migraine et les névralgies diverses: limiter la cure
à 10 jours.
Les cerises entières macérées dans l’eau-de-vie sont délicieuses
au goût et, à dose raisonnable, bénéfiques pour le système
immunitaire, grâce, entre autres, au laétrile de leur noyau.
ANECDOTE: En Chine, la fleur de cerisier est le symbole de
l’amour, de la pureté et du renouveau.
MASQUE DE JOUVENCE À LA CERISE
Cerises – 450 g (1 lb)
Argile – 1 kg (2 lb)
Dénoyauter les cerises, les écraser grossièrement et les
mélanger à l’argile. Faire un masque épais sur le visage.
S’allonger et se détendre pendant 10 min. Rincer le tout à l’eau
tiède.
Remarque: En cas de céphalée, en mettre une couche plus
épaisse sur le front.
CHARDONS
Famille des astéracées
NOMS LATINS: Cirsium vulgare, arvense et spp.
NOMS COMMUNS: Chardon vulgaire, pet d’âne, piqueux, chadron,
chaudron
NOMS ANGLAIS: Common thistle, cotton thistle, wooly thistle
HISTORIQUE: Le mot «chardon» vient de «carder». En Grèce, au
début de notre ère, on se servait en effet de cette plante pour
peigner la laine des moutons avant de la filer. Le chardon a deux
faces: d’un côté, il représente la misère et la terre abandonnée
(certains pays ont même imposé des amendes aux propriétaires qui
le laissaient proliférer); d’un autre côté, il a été l’emblème royal de
l’Écosse en 1458, et il la représente encore. Pline et Dioscoride
affirmaient que les feuilles du chardon aidaient à redresser les dos
tordus et les cous désaxés ainsi qu’à renforcer les os des enfants
faibles. Dans plusieurs pays d’Europe (Angleterre, Écosse,
Danemark), depuis la conquête romaine, on mangeait les jeunes
tiges pelées et aussi les disques des capitules cuits à la vapeur
comme les artichauts, leurs cousins.
Comme la plupart de ses cousins, sous ses piquants rébarbatifs, le chardon
cache de nombreux bienfaits pour la santé.
HABITAT: Les terrains calcaires et arides, les pâturages et leurs sols
azotés.
DESCRIPTION: Plante bisannuelle de 1 m à 1,5 m de hauteur. La
tige centrale est solide et piquante. Les feuilles se terminent par de
longues épines beiges pointues. Les nombreuses graines sont
munies d’aigrettes et soudées à la base par un anneau jusqu’à ce
qu’elles soient mûres. Les racines sont fines et profondes.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles, les sommités fleuries, les
graines et les racines cueillies au mois de septembre, après la
floraison.
COMPOSITION CHIMIQUE: Fleurs: anthocyanes; sucres;
mucilages. Feuilles: lignines; principes amers; mucilages; tanins;
minéraux: calcium, silice, potassium. Graines: acides gras
essentiels; lactone sesquiterpénique (cnicine). Racines: fructanes
(inuline); fibres; amidon; potassium.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antimitotique, antibiotique,
cholagogue, cholérétique, digestif, hypoglycémiant, hypotensif,
dépuratif sanguin, immunostimulant, rafraîchissant, réfrigérant,
tonique, reminéralisant.
APPLICATIONS: Le chardon a souvent servi d’aliment de survie,
car ses feuilles sont comestibles une fois débarrassées de leurs
épines. On en fait une soupe douce-amère très nutritive en y
ajoutant les racines broyées et du lait. Broyées finement et en
cataplasme, elles guérissent les plaies suppurantes. Bouillies
entières, 1 feuille pour 250 ml (1 tasse) d’eau, elles servent de
diurétique et de draineur hépatique doux et soulagent les fièvres
causées par une surcharge du foie. Les racines abaissent le taux de
sucre dans le sang, diminuent la pression et le taux de cholestérol.
Prendre une tisane ‒ 1 c. à thé pour 250 ml (1 tasse) ‒ 3 fois par
jour pendant 10 jours avant les repas constitue un nettoyage
saisonnier.
La croyance populaire médiévale vantait la décoction de chardon
comme lotion miracle contre la calvitie. Les aigrettes laineuses du
chardon ont longtemps servi de pansement et de matériau de
remplissage pour les coussins. On a aussi utilisé l’huile des graines
pressées à froid en cuisine et comme huile à lampe.
ANECDOTE: Pour soigner un animal aimé, un ancien rituel
consistait à placer un chardon à chaque point cardinal autour de lui
et à invoquer le totem ou le saint protecteur de l’animal.
DÉCOCTION ANTIVIRALE
Capitule de chardon au début de la floraison – 1
Menthe poivrée fraîche – 5 tiges
Feuilles d’oxalide – Une poignée (vingtaine)
Eau pure – 750 ml (3 tasses)
Faire bouillir les plantes dans l’eau pendant 3 min. Laisser
infuser 10 min, filtrer.
Boire dans la journée avant les repas. Faire une cure de 10
à 30 jours consécutifs en cas d’infection virale,
particulièrement celles reliées au foie, que ce mélange
drainera tout en le rafraîchissant.
CHÉLIDOINE
Famille des papavéracées
NOM LATIN: Chelidonium majus
NOMS COMMUNS: Grande chélidoine, grande éclaire, herbe aux
boucs, herbe aux veuves, herbe de sainte Claire, herbe aux
hirondelles
NOMS ANGLAIS: Common celandine, garden celandine
HISTORIQUE: L’origine de son nom n’est pas claire. Pour les Grecs,
il vient de chelidon, «hirondelle», car cet oiseau frotte les yeux de
son petit avec cette plante pour qu’il voie plus vite et s’envole plus
tôt. Les alchimistes du XVIe siècle l’auraient nommée coelidonum,
«don du ciel». Ils la consommaient en teinture-mère dans le vin
blanc contre la jaunisse. Paracelse louait son suc orangé contre les
maladies du sang impur et sa fleur contre les congestions biliaires.
Selon John Gerard, la chélidoine mijotée dans du bon miel, filtrée
et appliquée sur les yeux, guérit la cécité et éclaircit la cornée
obstruée par la cataracte. Clusius (1526-1609), médecin et
herboriste hollandais, affirme que le suc de chélidoine soigne les
excès de bile et les suppurations jaune-vert de la peau et des
muqueuses. Le Dr Mességué, quant à lui, préconise les bains de
mains et de pieds, inoffensifs mais efficaces, contre les allergies,
l’arthrite, les dartres, l’eczéma, l’hypertension, la sciatique et la
prostatite.
Le chercheur russe Denissenko, cité par Maurice Mességué
(Herbier de santé, 1975), révèle qu’elle aurait guéri divers cancers.
La chélidoine est très utilisée en homéopathie comme draineur
majeur du foie et de la vésicule biliaire.
La chélidoine est une plante puissante, à utiliser avec précaution. Son élixir
floral fortifie la gorge et la voix, facilite la communication à orale et même
la communion intime entre partenaires.
HABITAT: Près des habitations humaines: étables, jardins, murailles
et lieux ombragés. Les terrains vagues et les ruelles des villes
accueillent parfois des colonies très développées.
DESCRIPTION: Plante vivace herbacée de 30 cm à 50 cm de
hauteur. Ses feuilles sont d’un beau vert clair. Les fleurs jaune or à
quatre pétales sont disposées en ombelles évasées. Le fruit est une
gousse, ou silique, brune qui porte plusieurs dizaines de petites
graines brun foncé.
PARTIES UTILISÉES: La plante entière avant la formation des
graines en mai et en juin, la racine en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Une dizaine d’alcaloïdes (berbérine,
coptisine, chélamine, chélidonine, chéléritrine, fumarine,
sanguinarine, etc.); enzymes; carotènes; vitamines (B3, D); huile
essentielle; saponines; acides gras dans les graines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, anesthésique,
anodine, antiscorbutique, antihistaminique, antispasmodique,
cholérétique, cholagogue, emménagogue, fébrifuge, fongicide,
sédative, tonique amère, ocytocique, purgative, vermifuge, virucide.
APPLICATIONS: Suc frais: en cas de conjonctivite ou de verrue
génitale, on l’emploie dilué dans de l’eau bouillie (1/20). Pour soigner
une verrue, on applique le suc frais, qui perle aux aisselles des tiges,
2 fois par jour pendant quelques journées consécutives. On peut se
servir de la plante entière en cataplasme sur une plaie. En teinture-
mère, prendre 5 gouttes 3 fois par jour dans de l’eau ou mettre
directement sur une verrue ou un cor au pied; en usage interne, on
l’emploie diluée dans 250 ml (1 tasse) d’eau bouillie, pour nettoyer
une plaie ouverte ou en cas d’infection des muqueuses.
Une décoction de plante fraîche ‒ 1 foliole pour 250 ml (1 tasse)
d’eau ‒ 3 fois par jour nettoie le foie et la vésicule biliaire. Pour
améliorer le goût âcre et amer de la chélidoine, ajouter de la
camomille, de la menthe ou du pissenlit. Faire ce genre de cure
pendant 3 semaines est excellent pour soigner l’eczéma, le psoriasis
et même l’artériosclérose et l’hypercholestérolémie.
MISE EN GARDE: La chélidoine prise à forte dose prolongée peut
avoir un effet narcotique dangereux accompagné de spasmes
respiratoires et d’une toux irritante. Elle peut aussi entraîner une
intoxication sévère du foie.
ANECDOTE: D’après une superstition du Moyen Âge, si l’on pose
de la chélidoine sur la tête d’un malade gravement atteint, elle fait
pleurer celui qui va mourir et rire celui qui va guérir!
TEINTURE ANTIVERRUES
Chélidoine fraîche broyée – 10 g (1/3 oz)
Vinaigre de cidre de pommes – 250 ml (1 tasse)
Mélanger et laisser reposer 1 mois à l’abri de la lumière dans
un bocal en verre, tout en l’agitant tous les 2 ou 3 jours. Filtrer.
L’appliquer pure sur les verrues 2 fois par jour ou fixer avec
du sparadrap un tampon imbibé de teinture et le renouveler
pendant 1 semaine.
Peut se prendre en usage interne pour nettoyer le foie à
raison de 5 gouttes dans 125 ml (1/2 tasse) d’eau avant les
repas, plus agréable et efficace combiné au double de teinture-
mère de menthe poivrée.
CHÉNOPODE
Famille des amarantacées (auparavant des chénopodiacées)
NOM LATIN: Chenopodium alba
NOMS COMMUNS: Chénopode Bon Henri, épinard sauvage,
poulette, toute-folle
NOMS ANGLAIS: Lambs quarter, pigwee
HISTORIQUE: Son nom signifie «pattes d’oie», en lien avec la forme
de ses feuilles inférieures, appréciées par ces volatiles. Source de
nutriments en temps de disette, le chénopode est omniprésent dans
tout l’hémisphère Nord. Il est consommé et cultivé près des grottes
et des huttes depuis le néolithique. C’est une des rares plantes à
avoir gardé en surnom un prénom, celui de de Bon Henri. Il était
attribué aux simples très communs poussant près des maisons.
Aussi, l’expression populaire «Ne jetez pas vos choux gras» rappelle
à quel point il ne faut pas mépriser les choses banales en
apparence, car elles peuvent être très précieuses, tel le si nutritif
chénopode. Introduit au début de la colonie, les Cherokees l’ont
adopté pour éviter le scorbut au printemps et soulager les maux
d’estomac.
HABITAT: Sols bouleversés et humides, riches en azote, adventice
des champs et jardins.
DESCRIPTION: Plante annuelle haute de 50 cm à 1,5 m. Elle
possède une tige centrale rougeâtre et des feuilles opposées
dentelées, de couleur blanc mat en dessous. Ses fruits sont
verdâtres en panicules argentés; ses graines nombreuses (jusqu’à
60 000 par plant!). Sa cousine proche, l’ansérine ambroisine, est une
plante aromatique d’origine tropicale puissamment vermifuge,
également cultivée sous nos cieux. Dans la même famille, le quinoa
est une plante tropicale nutritive de plus en plus cultivée et
consommée partout dans le monde.
PARTIES UTILISÉES: Toutes les parties aériennes, chacune au bon
moment: d’abord feuilles et tiges, ensuite sommités fleuries, puis
fruits et graines.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: Mucilages; hydrates de
carbone; fibres; haut taux de provitamines (A, B2, B3), C; tous les
minéraux, fer en tête; oligo-éléments divers; Fruits et graines:
Acides gras: oméga-3 et 6; alcaloïdes; protéines, silice; phtalates;
squalène; flavonoïdes (quercétine, kaempférol); huiles essentielles
(ascaridol, alpha et bêta-pinènes, cymène); acides (cinamique,
férulique et synapique); composés phénoliques; acides gras
essentiels (oléique et palmitique dans les graines).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antalgique, antiscorbutique,
cicatrisant, dépuratif, émollient, laxatif, nutritif, vermifuge.
APPLICATIONS: On applique les feuilles fraîches mastiquées sur
une piqûre d’insecte. Les feuilles des jeunes plants sont utilisées en
décoction rapide et en cure brève pour leurs effets
antispasmodiques, laxatifs, nutritifs et minéralisants. Les graines
peuvent être séchées et pilées pour en faire une farine nutritive, à
consommer en cure vermifuge.
Sa cousine l’ambroisine (Chenopodium ambrosioides) est plus
saturée en huiles essentielles et reconnue comme un puissant
parasiticide et vermifuge dans toute l’Amérique centrale et du Sud,
où on l’appelle epazote.
MISE EN GARDE: Cueillir et consommer le chénopode surtout
bouilli en feuilles, en cure ponctuelle et en quantité limitée (une tige
feuillue par 500 ml d’eau). Les fruits et les graines contiennent des
nitrates, des oxalates et des saponines pouvant être nuisibles pour
les reins et le sang. Il est d’ailleurs préférable de les blanchir avant
de les incorporer à une salade ou un sauté.
ANECDOTE: Très prisé en gastronomie traditionnelle, on incorpore
le chénopode à des chaussons salés en Italie, on le mélange au
gruau ou à la purée en Pologne; on le fait lactofermenter au Japon et
on en farcit des beignets au Mexique.
CHICORÉE
Famille des astéracées
NOM LATIN: Cichorium intybus
NOMS COMMUNS: Barbe de capucin, cheveux de paysan,
écoubette, herbe à café, laideron, yeux de chat
NOMS ANGLAIS: Chicory, wild succory
HISTORIQUE: La chicorée est mentionnée en premier dans le
papyrus d’Ebers (1500 av. J.-C.). Les Égyptiens l’employaient dans
les soupes et comme légume, et faisaient même du pain avec la
racine séchée réduite en poudre. Pline la recommandait pour
rafraîchir le sang et Dioscoride, pour fortifier l’estomac et aider à
uriner. Plus tard, Galien la nommera l’«amie du foie». On doit à
Olivier de Serres, ministre de l’Agriculture sous Henri IV, le «sirop de
chicorée composé», mélange de racines de chicorée, de rhubarbe,
de cannelle, de cerise de terre, de scolopendre et de santal. Il disait
que «ce sirop de chicorée composé est bon contre la vermine donc
les vers». La chicorée est cultivée depuis presque un millénaire, de
l’Arabie à l’Angleterre, sans oublier la Belgique, qui est l’un des plus
grands producteurs de «café» de chicorée. Charles Dickens, dans
Household Words, décrit longuement la culture et l’utilité de cette
merveilleuse plante alimentaire et thérapeutique. Le Dr Leclerc la
recommande particulièrement aux sujets atteints de troubles de
miction liés à un syndrome hépatorénal.
HABITAT: Les terres incultes de tout l’hémisphère Nord, les sols
calcaires et siliceux, au bord des chemins et des routes, les
décharges de pierres et les remblais.
DESCRIPTION: Plante vivace (parfois bisannuelle) de 1,5 m de
hauteur. Les feuilles de la base ressemblent à celles du pissenlit.
Les fleurs en capitules ont des pétales dentelés couleur bleu azur.
Sa racine est brune, dense, pivotante et profonde.
PARTIES UTILISÉES: Au printemps, les feuilles, puis les fleurs et la
racine l’automne, l’hiver pour les endives.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles et tiges: chlorophylle,
lactones sesquiterpéniques ou principes amers (lactucine,
lactucopicrine); vitamines (A, C); minéraux (fer, magnésium,
manganèse, phosphore, potassium et silice); acides aminés
(arginine, histidine, isoleucine, lysine, méthionine et tryptophane);
fructanes (inuline); oligosaccharides; coumarines (aesculine et
aesculétine); flavonoïdes (rutine); acides (cichorique, malique,
tartrique et stéarique); phénols. Racines: fructanes (inuline); acides
alpha-linoléique et palmitoléique; fibres; tous les minéraux;
protéines; tanins. Fleurs: anthocyanes (delphinidine).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Alcalinisante, apéritive, digestive,
cholagogue, cholérétique, dépurative, diurétique, hypoglycémiante,
hypotensive, stomachique, vermifuge, reminéralisante, tonique,
alcanisante, digestive, galactagogue.
APPLICATIONS: Les jeunes feuilles sont savoureuses en salade et
extrêmement nutritives. En décoction, elles soignent les intestins
sensibles, servent à épurer le sang et la vésicule biliaire, même en
cas de jaunisse. C’est dans la racine que se concentrent d’autres
principes actifs. On l’utilise fraîche en décoction, ou séchée et
torréfiée pour soigner le diabète et la rétention d’eau: 1 c. à thé dans
250 ml (1 tasse) d’eau. Les racines de la variété hybride (Cichorium
endivia) sont forcées pour en faire des endives ‒ aussi nommées
chicons. On les mange en salade ou cuites. Elles ont un goût amer,
une consistance aqueuse et un effet très diurétique.
ANECDOTE: La fleur de chicorée s’ouvre avec le soleil et se ferme
à midi. Son élixir, popularisé par le Dr Bach, aide à combattre
l’égoïsme doublé de jalousie et de possessivité et le remplace par de
l’altruisme. D’après Danièle Laberge, cet élixir aide à surmonter avec
confiance la solitude et les peurs injustifiées.
SALADE DÉPURATIVE
Feuilles de chicorée du printemps de première année – 15
Endives – 5
Olives noires – 10
Vinaigrette à l’ail, à l’huile d’olive et au jus de citron
Laver la salade, la couper finement et l’arroser de vinaigrette.
Mélanger et garnir avec les olives dénoyautées. Déguster en
début de repas quelques jours consécutifs pour nettoyer la
vésicule biliaire, adoucir les intestins et désacidifier le sang.
CHIENDENT
Famille des graminées ou poacées
NOM LATIN: Agropyron repens
NOMS COMMUNS: Blé ou froment rampant, herbe à deux bouts,
laitue de Chine, gramon, pied de poule, vagon
NOMS ANGLAIS: Couchgrass, dog grass, quick grass
HISTORIQUE: Comme dans le cas de bien des plantes médicinales,
ce sont les animaux, surtout les chiens, qui ont amené les hommes
à consommer le chiendent, car les herbivores le font
systématiquement au printemps pour se purifier le sang ou en cas
d’empoisonnement alimentaire. Dans l’Antiquité, à Babylone, on
fabriquait de l’alcool en faisant fermenter les racines dans du miel de
genièvre et de la levure. Dioscoride le recommandait contre les
urines «opaques et rares» et Pline contre les calculs urinaires et les
ulcères de la vessie. Pendant les famines et les guerres, on
mélangeait, en Europe, le chiendent à la farine de châtaigne, et aux
États-Unis, à l’amarante, pour faire un pain digeste et nutritif. Depuis
des siècles, et jusqu’à récemment dans les campagnes
européennes, on fabriquait des balais, des brosses et des paniers
avec les rhizomes bien séchés et tressés. On teignait les étoffes
avec les feuilles pour obtenir de belles nuances de gris-vert.
La verdeur tonique du chiendent est rafraîchissante. Il chasse les vieilles et
fausses idées fixes, cristallisées jusque dans nos reins, et ce, même avec ses
racines si expansives!
Actuellement, les Japonais incorporent les feuilles de chiendent à
leurs «nutraceutiques» (aliments-suppléments) à cause de leur
grande richesse en chlorophylle, en sucre et en vitamines
assimilables.
HABITAT: Les zones tempérées des deux hémisphères, les terrains
meubles et fertilisés des pelouses et des champs maraîchers, en
pleine lumière. C’est l’ennemi public numéro un des cultivateurs!
DESCRIPTION: Herbe verte, vivace faite de longues feuilles
coupantes. Ses fleurs blanchâtres sont regroupées en épis. Les
racines d’un blanc rosé se terminent par une pointe effilée capable
de percer celles de bien des concurrents. Elle est si riche en
hormones de croissance qu’une seule section de racine ressuscite
un plant qui peut couvrir 10 m2 en un an!
PARTIES UTILISÉES: La feuille avant la floraison et la racine au
printemps et en automne (en tout temps en cas d’urgence).
CAFÉ DE PLANTES RECONSTITUANTES
En parts égales:
Racines de chiendent séchées et moulues
Racines de pissenlit séchées et moulues
Grains d’orge grillés et moulus
Moudre séparément ces trois ingrédients et les mélanger.
Verser le tout dans un bocal en verre à l’abri de la lumière.
Faire des infusions en filtrant la mouture dans un filtre à
café. Comme elle est diurétique et tonique, il est préférable
d’en boire uniquement le matin et à midi.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: chlorophylle; vitamines (A, C,
E); acides (glycolique, citrique, malique); minéraux (fer, magnésium);
sucres simples et complexes. Rhizome: mucilages, fructanes
(inuline, triticine, phléine); saponosides; huiles essentielles
(monoterpènes et sesquiterpènes); vanilline; polyine (agropyrène);
polyols (inositol, mannitol); acides gras; minéraux (calcium, silice,
potassium).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Apéritif, antioxydant, cholagogue,
dépuratif sanguin, diurétique, émollient, fébrifuge, vermifuge,
dissolvant, rafraîchissant, reminéralisant, sudorifique, tonique.
APPLICATIONS: Contre la jaunisse, la fragilité et la lithiase biliaires,
on utilise le rhizome bouilli quelques minutes à raison de 30 g par
litre (1 oz pour 4 tasses). En boire 250 ml (1 tasse) tiède avant
chaque repas. En cas de cystite et de lithiase urinaire, ajouter la
même quantité de fleurs de mauve et de feuilles de gaillet. Les
feuilles de chiendent en décoction (plante fraîche si possible) ou
même le jus de la plante pressée à cru constituent un merveilleux
cicatrisant de la peau et des muqueuses. En injection anale, il
soigne les hémorroïdes. À l’instar du jus d’herbe de blé, le jus de
chiendent est un excellent tonique.
En cure de printemps contre les catarrhes chroniques dus à la
constipation et à la congestion de la lymphe, boire 6 tasses de
décoction de feuilles avant les repas pendant 15 jours pour nettoyer
les filtres et les fluides vitaux.
ANECDOTE: Pour les Chinois, le chiendent représente la
persévérance contre l’adversité, car on ne peut l’éradiquer
facilement.
CONSOUDE
Famille des borraginacées
NOM LATIN: Symphytum officinale
NOMS COMMUNS: Confée, consyre, herbe du cardinal, herbe aux
coupures, herbe aux charpentiers, langue de vache, oreille d’âne,
toute bonne
NOMS ANGLAIS: Comfrey, gumplant, knit bone, slippery root
HISTORIQUE: Son nom est issu du latin consolido, «je répare», et
les Romains l’ont surnommée conferva, «qui réunit». Pline raconte
que sa racine bouillie avec des morceaux de viande les colle en un
seul bloc. Depuis l’Antiquité, les animaux comme les hommes
consomment les feuilles de cette plante riche en protéines. Les
Anglais âgés la mangent toujours en soupe ou avec leur ragoût de
mouton, dont elle favorise la digestion.
Dans De materia medica, Dioscoride conseille la racine de
consoude trempée contre les hémorroïdes et les crachements de
sang de l’estomac ou des poumons. Les nourrices du Moyen Âge
l’appliquaient régulièrement sur leurs seins crevassés. Jean Fernel
(1497-1558), médecin d’Henri II, la recommandait systématiquement
aux chirurgiens pour soigner les traumatismes et les fractures, et
pour accélérer la cicatrisation des plaies opératoires.
La consoude permet de vivre les pieds sur terre. Sa vigueur est rassurante.
Elle aide aussi la coordination neurolocomotrice et élimine les tensions
musculaires et nerveuses.
Le Dr Leclerc l’employait contre les ulcères d’estomac et le
Dr Vogel en a commercialisé la pommade. Tous les deux la
conseillent contre les lésions de la peau et des articulations, en
externe.
HABITAT: Les sols lourds, argileux et humides, les prairies
détrempées et au bord des ruisseaux et des rivières, mais toujours
en pleine lumière.
DESCRIPTION: Plante vivace avec des tiges de 1 m de hauteur.
Les feuilles sont rêches et velues et peuvent atteindre 30 cm de
longueur. Les fleurs blanches, roses ou pourpres sont campanulées
et cylindriques. La racine charnue de couleur brune s’étale sur
quelques mètres carrés de superficie.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles, les fleurs et les racines en
automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: allantoïne; chlorophylle;
mucilages; vitamines (A, B12, choline, C, E, K); fibres; protéines.
Racines: allantoïne; mucilages; tanins; saponines; acides
phénoliques (caféique, chlorogénique, rosmarinique); alcaloïdes
pyrrolizidiques (lycopsamine, intermédine, symphytine); acides
aminés (asparagine); sucres (amidon); minéraux (calcium,
magnésium, silice, fer, cuivre, zinc, sélénium, germanium).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Astringente, antibiotique,
cicatrisante, diurétique, émolliente, nutritive, régénérante, pectorale,
vulnéraire.
APPLICATIONS: On peut consommer la jeune feuille en soupe, en
gratin, en quiche ou en omelette. À peine cuite, elle constitue une
bonne source de chlorophylle, de mucilages et de divers éléments
antioxydants. Elle a des vertus émollientes, laxatives et
régénérantes, des muqueuses digestives en particulier. En lavement
ou en douche vaginale, elle soigne les infections mineures: faire
bouillir 1 partie de plante dans 3 fois son volume d’eau pendant
3 minutes. Laisser macérer et filtrer.
On peut ajouter les fleurs aux salades. On peut en faire un élixir
floral qui améliore la mémoire et la coordination, y compris de nos
trois cerveaux et des forces cosmiques et telluriques.
Les racines libèrent leurs mucilages dans l’eau froide. Après les
avoir brossées et rincées, les sectionner et les laisser reposer
30 min et plus. Faire bouillir quelques minutes et boire l’eau de
trempage à peine tiède. On peut aussi les conserver. Après les avoir
nettoyées et séchées au soleil quelques heures, les étaler à l’ombre
dans un endroit bien aéré. Après 2 à 3 semaines, les ranger dans un
bocal hermétique. Elles sont utiles en cas de bronchite chronique, de
fractures et aussi d’ulcères à l’estomac.
Les feuilles sèchent généralement en une semaine par temps sec,
sinon elles sont efficaces fraîches en cataplasme contre les plaies.
La tisane a un effet reminéralisant au milieu de l’hiver quand les
verdures sont rares.
Les feuilles et les racines se concentrent en teinture-mère:
1 partie de racines pour 3 parties d’alcool ou 1 partie de feuilles pour
2 parties d’alcool (les racines contiennent plus de principes actifs).
MISE EN GARDE: Les jeunes feuilles renferment un minimum de
pyrrolizidines, des alcaloïdes qui peuvent faire proliférer les cellules
anormales et obstruer les veines du foie, mais les racines en
contiennent davantage. La racine de consoude est déconseillée en
traitement prolongé (plus de 20 jours), en grande quantité (plus de
5 g par jour). À éviter pour les femmes enceintes, les nouveau-nés
et les personnes atteintes de cancer. Dans ces cas, se limiter à un
usage externe.
ANECDOTE: Beaucoup de peuples nomades des pays nordiques
plaçaient des feuilles de consoude dans leurs souliers pour éviter
d’avoir des ampoules, mais en transportaient aussi des racines
séchées pour se protéger des maladies et des malheurs pendant
leur voyage.
ONGUENT RECONSTITUANT
Au préalable:
Faire macérer 50 g (1,5 oz) de racine de consoude coupée
dans 250 ml (1 tasse) d’huile d’olive ou de tournesol bio durant
une semaine. (Variante plus rapide: faire mijoter au bain-marie
ou à la mijoteuse la consoude, qui aura macéré dans l’huile
d’olive pendant 24 heures.)
Huile de ricin – 50 ml (3 c. à soupe)
Huile essentielle de lavande – 20 gouttes
Cire d’abeille – 40 g (1 1/4 oz)
Chauffer l’huile à la consoude dans une casserole à feu doux
pour la liquéfier. Hors du feu, filtrer avec du coton non blanchi
et remettre dans la casserole. Faire fondre la cire coupée ou
râpée dans l’huile chaude. En remuant, ajouter l’huile de ricin,
puis les gouttes d’huile essentielle. Verser dans des petits pots
en verre foncé. Laisser refroidir.
Cet onguent est très polyvalent. Il est efficace contre les
coupures, les plaies, les contusions, les tendinites, les
fractures et même les rides!
CRESSON
Famille des brassicacées
NOM LATIN: Nasturtium officinale
NOMS COMMUNS: Cresson d’eau, cresson de fontaine, santé du
corps
NOMS ANGLAIS: Watercress, scurvy grass
HISTORIQUE: Hippocrate le recommandait comme expectorant, et
Dioscoride, son compatriote, comme aphrodisiaque. Les troupes
romaines en consommaient régulièrement pour se donner force et
courage; elles en cultivaient toujours près des camps
d’entraînement. Voici ce qu’en disaient, au Moyen Âge, les médecins
de l’école de Salerne: «Prenez du jus de cresson et frottez-en vos
cheveux, ce remède les rend plus forts et plus nombreux.»
Les dames de haut rang, obsédées par la blancheur de leur teint,
appliquaient régulièrement du suc de cresson sur leur visage sous
forme de teinture alcoolisée diluée dans de l’eau de bleuet ou
d’oranger. Au XVIe siècle, le chirurgien français Ambroise Paré le
conseillait contre la gale, et son contemporain Thierry Lesplaigney,
contre la sciatique et les maux de tête. Les Drs Joseph Récamier
(IXe siècle) et Henri Leclerc (XXe siècle) l’ont conseillé et utilisé
contre la bronchite, la fatigue générale, le diabète et même la
tuberculose, de préférence en salade quotidienne.
HABITAT: Dans les ruisseaux et les petites rivières, toujours dans
l’eau courante et claire.
DESCRIPTION: Plante vivace qui s’enracine dans la boue par des
nœuds résistants. Les feuilles sont vertes et luisantes. Les tiges sont
denses, aqueuses et d’un beau vert clair. Les fleurettes blanches ont
des pétales en croix et fleurissent du pourtour vers l’intérieur. Les
graines se logent par dizaines dans une gousse, ou silique
cylindrique, longue et fine.
En raison de sa haute teneur en fer, en iode, en soufre et en vitamine C, le
cresson est le champion inégalé des crudités!
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles et les tiges avant la floraison,
crues de préférence.
IMPORTANT: Dans les régions d’élevage de mouton, il faut être
prudent, car le cresson peut héberger des œufs ou des larves de
douve du foie, un parasite hépatique redoutable. Faire tremper le
cresson quelques minutes dans l’eau vinaigrée à 10 %. Rincer
plusieurs fois.
COMPOSITION CHIMIQUE: Tous les acides aminés ou presque;
chlorophylle; sulforaphanes dont les isothiocyanates; glucosinolates
(gluconasturtine); flavonoïdes; provitamines (A [carotènes, lutéines,
xanthines]; vitamines (B [dont l’acide folique], C, E, K); minéraux (fer,
magnésium, phosphore, potassium, sodium, soufre); acides gras
essentiels; fibres.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydant, apéritif, aphrodisiaque,
antianémique, antiscorbutique, bactéricide, immunostimulant,
stomachique, dépuratif, revitalisant, expectorant, mucolytique,
hypoglycémiant, fébrifuge, sudorifique, diurétique, reminéralisant,
stimulant capillaire, tonique.
APPLICATIONS: On mange les feuilles bien vertes et crues en
salade; elles sont dépuratives, nutritives et revitalisantes. On peut
aussi boire le jus fraîchement pressé à l’extracteur en le mélangeant,
pour l’adoucir, avec du jus de carotte ou de betterave. Le potage de
cresson est délicieux.
On utilise le suc de la plante broyée sur une plaie infectée ou
comme tonique et antitaches brunes ou de rousseur en l’appliquant
directement sur le visage avec un tampon de coton.
En cataplasme (plante entière à peine écrasée) sur les abcès, les
adénites ou les kystes fermés pour les aider à aboutir. En teinture-
mère pour l’hiver contre les fièvres, la fatigue et le manque de
vitamines. Si on a assez d’espace, aménager une cressonnière dans
un bassin creusé où on peut laisser circuler doucement de l’eau
courante. Une seule petite plantation peut vous apporter un cocktail
de vitalité pendant de longues années!
ANECDOTE: Le cresson aide au sevrage de la nicotine, car il répare
les dégâts dans le sang et dans le cerveau. Dans la Grèce antique, il
était même considéré comme un antidote à la sottise!
Les hindous disent que la graine de cresson trempée est un
tonique et aphrodisiaque sans pareil qui stimule le Pitta, feu du foie,
et plus encore.
SALADE REVITALISANTE
Botte de cresson bien lavée et rincée – 1
Bulbe de fenouil coupé finement – 1/4
Carottes râpées – 2
Vinaigrette
Huile d’olive – 30 ml (2 c. à soupe)
Jus de citron – 15 ml (1 c. à soupe)
Sel – 1 pincée
Poivre – 1 pincée
Ail – 1 gousse
Moutarde de Dijon – 5 ml (1 c. à thé)
Mélanger tous les légumes dans un saladier. Préparer la
vinaigrette et la verser sur la salade. Manger cette salade au
début du repas, de préférence.
ÉGLANTIER
Famille des rosacées
NOMS LATINS: Rosa canina, Rosa eglanteria, Rosa cinnamomea,
Rosa rugosa (naturalisé), rosa acicularis, Rosa blanda, Rosa
johannensis (indigène)
NOMS COMMUNS: Cébreur, cynorhodon, gargouillou, gratte-chat,
gratte-cul, poil à gratter, rosier des chiens, rosier sauvage,
agulancier
NOMS ANGLAIS: Dog rose, rosehip, sweet brier, wild rose
HISTORIQUE: Les roses ont été de tout temps considérées comme
symboles d’amour, de joie et de beauté. Les Romains représentaient
Vénus avec une couronne de roses. Dans son Histoire naturelle,
Pline raconte que la racine de l’églantier bouillie avait guéri la rage et
que ses fruits fermentés donnaient un vin très énergisant. Sainte
Hildegarde de Bingen l’utilisait comme plante de base pour soigner
la plupart des maladies. Selon Culpeper, le fruit de l’églantier est un
formidable reconstituant pour les catarrheux chroniques, et même
pour les tuberculeux; débarrassée des graines irritantes, la pulpe
séchée et diluée, quant à elle, casse la gravelle dans la vessie. En
France, depuis le XVIe siècle, le vinaigre «rosat» fait partie de chaque
armoire à pharmacie. On utilise cette teinture de pétales de roses au
vinaigre en compresse contre les coups de chaleur, les brûlures et
les maux de tête, sans oublier les syncopes. En Espagne, les mères
fabriquent depuis longtemps une pâte avec les graines entières
écrasées. Prise à jeun pendant plusieurs jours consécutifs, elle est
un excellent vermifuge. Partout à travers le monde, les enfants font
du poil à gratter avec ses graines. En Inde, on consomme encore
quotidiennement des yaourts (ou lassis) à la rose et de la gelée de
roses pour guérir les intestins fragiles, ou simplement pour le plaisir!
Après la découverte, en 1930, de la vitamine C puis des
bioflavonoïdes, on a prouvé que le fruit de l’églantier en contenait
une grande quantité (500 mg à 800 mg pour 100 g). Depuis, il entre
dans la composition de nombreux suppléments.
HABITAT: Les friches, les haies arbustives, la lisière des forêts et au
bord des routes et des cours d’eau sains.
DESCRIPTION: Arbuste grimpant vivace de 1 m à 2 m de hauteur
constitué de rameaux rougeâtres couverts d’épines et de fleurs rose
pâle. Les feuilles sont ovales, brillantes et dentelées. Le fruit rouge
orangé est rempli de nombreuses graines jaunâtres. Au bout de la
tige, on aperçoit parfois un amas orangé; c’est une protubérance
végétale, le bédégar, due à la piqûre d’un insecte proche de l’abeille,
le cynips de la rose.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles tôt au printemps, les fleurs vers
la fin de juin, les fruits et le bédégar au milieu de l’automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles et fleurs: chlorophylle;
flavonoïdes (quercétine); mucilages; huile essentielle (surtout dans
la fleur) à composition variable selon l’espèce (damascénones et
ionone, dérivés terpéniques, oxyde de nérol, géraniol, citronellol et
roseol). Fruits et graines: acide ascorbique (vitamine C jusqu’à
1 %); acides (acétique, citrique, gallique, malique); acides gras
polyinsaturés (dans les graines); tanins; flavonoïdes (tiliroside,
hétéroside du kaempférol); anthocyanes; caroténoïdes; oligo-
proanthocyanidines (OPC); minéraux (bore, brome, calcium,
chrome, sélénium, silice); vitamines (B1, E); pectine; sucres
complexes.
L’églantier est l’ancêtre de la reine des fleurs. Son fruit demeure l’un des
meilleurs toniques immunitaires produits par la nature.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antidiarrhéique, dépuratif,
antioxydant, reconstituant, anti-infectieux, antiseptique, astringent,
régénérant, diurétique, lithotritique, fébrifuge, sudorifique,
ophtalmique, bactéricide, stimulant, tonique, vermifuge, parasiticide,
vulnéraire, cicatrisant.
APPLICATIONS: Avec les pétales de l’églantier, faire
immédiatement une teinture-mère dans l’alcool qu’on pourra utiliser
pure ou diluée comme lotion cicatrisante, tonique du visage, contre
la couperose et la peau grasse. On peut aussi les manger crus en
salade et décorer des boissons ou des desserts. C’est la préparation
la plus indiquée, car la cuisson élimine la vitamine C. En tisane, ils
sont adoucissants, astringents et euphorisants.
On peut faire sécher ou bouillir le bédégar, comme le fruit entier
mûr, ou le boire en décoction. Il est idéal contre la grippe, la diarrhée
et la fatigue générale. Dans ce cas, en prendre 750 ml (3 tasses) par
jour à raison de 3 fruits ou un bédégar pour 250 ml (1 tasse). La
teinture-mère dans l’alcool reste la préparation la plus recommandée
(voir la recette): en prendre 2,5 ml (1/2 c. à thé) 2 à 3 fois par jour.
En tisane, les feuilles séchées sont astringentes pour les intestins.
Ses graines écrasées dans l’huile d’olive donnent un excellent
cicatrisant, similaire à l’huile de rose musquée du Chili.
ANECDOTE: Selon le Dr Bach, l’élixir ou la contemplation de la fleur
de l’églantier ramène la joie et la volonté de vivre. Il est idéal pour
les personnes déprimées, malades ou tristes, ou qui ont tendance à
se laisser aller.
VITAMINE C LIQUIDE
Alcool à 40 % – 250 ml (1 tasse)
Fruits d’églantier mûrs après la première gelée – 125 g (1/2 tasse)
Miel – Facultatif
Broyer les fruits au mortier ou au robot, les couvrir avec l’alcool
et les laisser macérer 1 mois. Filtrer soigneusement.
Contre la grippe ou comme antiseptique: 1/2 c. à thé dans
125 ml (1/2 tasse) d’eau ou de jus de fruit 2 à 3 fois par jour
(avec ou sans miel).
ÉGOPODE PODRAGAIRE
Famille des apiacées (auparavant des ombellifères)
NOM LATIN: Aegopodium podragaria
NOMS COMMUNS: Herbe aux goutteux, podragaire
NOMS ANGLAIS: Bishop’s weed, goutweed
HISTORIQUE: Son nom étrange vient du jumelage des mots latins
ego et podium (qui marche seul) et de l’ancien nom populaire de la
goutte, la podrague. Au Canada, l’égopode doit sa fulgurante
expansion à sa fertilité, mais également aux jardiniers qui en ont fait
un couvre-sol pratique et esthétique, surtout la variété bigarrée:
Aegopodium variegata. Des études cliniques ukrainiennes prouvent
qu’il a des effets concluants sur l’hyperglycémie. Il est donc tout
indiqué pour soigner le diabète et ses méfaits, dont la gangrène.
HABITAT: Bords de jardin, terrains riches et humides, semi-
ombragés, échappée de culture présente dans tout l’hémisphère
Nord.
DESCRIPTION: Plante vivace à trois feuilles par foliole, vertes sinon
bigarrées de beige clair, glabres et dentelées, au bout d’une tige
en V. La deuxième année, elle fait des fleurs en ombelles blanches.
Ses racines sont fines, longues et profondes, interconnectées.
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes, surtout les feuilles et
les pétioles: crues au printemps de la première année ou cuites
durant l’été.
MISE EN GARDE: Classée dans les espèces exotiques
envahissantes (EEE), l’égopode prend effectivement la place de
plusieurs plantes indigènes et manifeste une vitalité peu commune.
Ne la cultiver sous aucun prétexte, mais la cueillir, la boire et la
manger sans restriction, outre la santé du lieu de cueillette. On
recense de rares cas d’allergies topiques à cause des psoralènes
plus concentrés dans les fleurs.
COMPOSITION CHIMIQUE: Vitamines (A, C); huile essentielle riche
en caryophyllène et phéllandrène; lactones; furanocoumarines;
acides organiques; phyto-oestrogènes; mucilages; minéraux
(potassium et sodium).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anti-inflammatoire, anticoagulant,
apéritif, carminatif, digestif, diurétique, expectorant, hypoglycémiant,
lithotritique, rafraîchissant, sédatif, vulnéraire.
APPLICATIONS: On ajoute les jeunes pousses du printemps de la
première année aux salades. Les cataplasmes des feuilles
ébouillantées sont bénéfiques sur les piqûres, les plaies et les
durillons. Décoction de la plante fraîche: une tige à trois folioles dans
250 ml (1 tasse) d’eau, en cure d’une semaine comme traitement de
la goutte ou l’excès d’acide urique. La décoction plus concentrée
s’apprête en bouillons, sauces ou en sirop (meilleur au goût).
QUICHE RICHE À L’ÉGOPODE (et une décoction anti-
inflammatoire)
Jeunes feuilles et tiges d’égopode – 500 g (2 tasses)
Œufs – 4
Crème fraîche – 250 g (250 ml)
Fromage râpé – 100 g (100 ml)
Pâte à tarte avec ou sans gluten – 1
Sel et poivre
Blanchir les feuilles d’égopode, les essorer et récupérer l’eau.
Boire le bouillon aux propriétés antirhumatismales. Battre les
œufs et les mélanger à la crème, saler et poivrer. Couper les
feuilles blanchies et les mélanger aux œufs et à la crème.
Disposer une pâte dans un moule et y déposer le mélange.
Saupoudrer de fromage. Cuire au four à 350 °F (180 °C)
durant 40 min. Déguster avec une bonne salade de feuilles de
chicorée, de pourpier et d’égopode.
ÉPINE-VINETTE
Famille des berbéridacées
NOM LATIN: Berberis vulgaris
NOMS COMMUNS: Berberis, épine-crête, vinettier, espinette
NOMS ANGLAIS: Barberry, jaundice berry, pepperidge bush
HISTORIQUE: Les Égyptiens utilisaient le jus dilué de l’épine-vinette
pour soigner les symptômes de la peste, et les médecins
ayurvédiques hindous pour guérir les diarrhées d’origine hépatique.
En Amérique, les Autochtones l’utilisaient contre les infections, les
fièvres et les plaies malignes. Les herboristes de la Renaissance se
fiaient à la théorie des signatures de Paracelse et la choisissaient
pour la couleur jaune de l’écorce et la forme de vésicule du fruit.
Selon les Éclectiques, le fruit est cholagogue et laxatif alors que
l’écorce est astringente, paradoxe présent chez plusieurs plantes.
Dans plusieurs pays, on a arraché les buissons d’épine-vinette,
accusés d’héberger la rouille noire des céréales. Fritz Weiss, le
grand herboriste germano-américain, confirme ses vertus
antibiotiques et régénérantes dans le cas d’infections oculaires. En
homéopathie, on utilise Berberis contre les affections hépatiques,
d’où son nom de jaundice berry.
HABITAT: Les vieilles forêts mélangées et au bord des pâturages.
On la retrouve aussi sous forme de haie ornementale bordante dans
les parterres privés, surtout les variétées hybrides pourpres ou
dorées.
DESCRIPTION: Haie arbustive vivace de 2 m à 3 m de hauteur à
tiges grises. À l’aisselle des feuilles caduques, on retrouve de petites
épines orangées très pointues. Les fleurs, blanchâtres à jaune pâle,
ont un parfum très suave et sont disposées en grappes pendantes.
Les fruits ovoïdes rouges et acidulés contiennent deux ou trois
graines brunes effilées.
PARTIES UTILISÉES: Baies mûres en automne, écorce des tiges et
racines en automne ou tôt au printemps.
L’épine-vinette est un arbuste persécuté à tort: il aurait, paraît-il, fait partie
de la couronne du Christ. Il sert de haie de protection non seulement
esthétique, mais aussi thérapeutique que son cousin asiatique le goji (lycium
barbareum).
COMPOSITION CHIMIQUE: Écorce et racines: Alcaloïdes
(berbérine, berbamine, colombamine, hydrastine, oxyacanthine,
palmatine, yatroricine); flavonoïdes (quercétine); minéraux (calcium,
fer, phosphore, potassium); vitamine (B2). Feuilles et fleurs:
oligosaccharides (alpha-glucane); anthocyanes; acide caféique;
vitamines (A, C, E); alcaloïdes (berbérine et berbamine). Fruits:
acides (caféique, citrique, malique, sinapique); alcaloïdes (cyanine et
hydrastine); flavonoïdes (kaempférol et rutine); pectine; acides gras
essentiels; vitamines (A, C); fibres; principes amers; sucres; résine.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antibiotique, bactéricide,
astringente, cholagogue, cholérétique, hypoglycémiante, dépurative,
immunostimulante, nutritive, reminéralisante, diurétique, fongicide,
vermifuge.
APPLICATIONS: En décoction: 1 c. à thé d’écorce ou de racine
fraîche ou sèche dans 250 ml (1 tasse) d’eau, en gargarismes contre
les aphtes et les angines; en boire 250 ml (1 tasse) avant chaque
repas en cas d’ulcères d’estomac, de diarrhées allergiques; en
compresses, pour soigner les infections bactériennes des yeux.
Avec les fruits mûrs, on peut préparer des confitures, des tartes,
des compotes ou de la gelée pour les intestins sensibles. Choisir la
teinture-mère dans l’alcool pour traiter l’insuffisance biliaire, les
infections du bas-ventre ou la métrorragie. Prendre 1 c. à thé 3 fois
par jour pendant 10 jours et plus. À éviter durant la grossesse.
ANECDOTE: Selon plusieurs scientifiques français, la berbérine de
l’épine-vinette a une constitution chimique proche de la morphine.
On pourrait l’utiliser avec succès pour désintoxiquer les opiomanes.
VIN DÉPURATIF ET TONIQUE
Vin rouge – 1 litre (4 tasses)
Baies fraîches d’épine-vinette écrasées – 150 g (1 tasse)
Sucre brun brut – 250 g (1 tasse)
Mélanger le vin et les baies. Laisser macérer 1 mois à l’abri de
la lumière tout en remuant régulièrement. Filtrer et ajouter le
sucre. Bien agiter. Se conserve 6 mois. En boire 25 ml (1 oz),
pur ou dilué dans l’eau, avant les repas pour enrichir le sang,
drainer la vésicule biliaire, augmenter les plaquettes ou
combattre une infection microbienne ou à levures.
Remarque: Le sucre est facultatif, il ne sert qu’à bonifier le
goût acide, amer et astringent. Il peut nuire à la conservation
du mélange, qui doit alors être réfrigéré.
EUPHRAISE
Famille des scrofulariacées
NOMS LATINS: Euphrasia officinalis, stricta et spp.
NOMS COMMUNS: Casse-lunettes, herbe à ophtalmie
NOM ANGLAIS: Eyebright
HISTORIQUE: Le mot «euphraise» vient du nom de l’une des trois
Grâces grecques, Euphrosyne, qui signifie «délectation». Sainte
Hildegarde de Bingen dit de l’euphraise qu’elle fortifie le cerveau, la
mémoire et les yeux. En 1313, Arnaud de Villeneuve, un grand
médecin italien, a écrit un traité glorifiant l’euphraise. John Gerard la
recommandait avec du fenouil pour renforcer la vue, et en teinture
dans le vin blanc contre les cataractes. Olivier de Serres la cultivait
et l’appelait «luminette» en raison de son pouvoir d’améliorer la vue
ou la vision. La théorie des signatures reconnaissait dans le dessin
du cœur de la fleur un œil bien ouvert, et l’homéopathie utilise
toujours Euphrasia pour soigner la sensibilité à la lumière vive et les
larmoiements avec inflammation des yeux d’origine allergique ou
infectieuse. Le Dr Vogel a fabriqué et recommandé la teinture simple
d’euphraise pour soigner les yeux. Elle est toujours disponible sous
ce nom en format de 50 ml.
Il faut de bons yeux pour trouver l’euphraise, mais elle mérite cet effort si
on veut continuer à la voir!
HABITAT: Au bord des pâturages pauvres, des chemins et des
routes, en plein soleil.
DESCRIPTION: Petite plante annuelle de 5 cm à 25 cm de hauteur
à feuilles ovales et dentelées qui enrobent littéralement l’épi de la
fleur. La corolle principale est blanche et mauve, le cœur, jaune
veiné de pourpre. C’est une plante hémiparasite qui pousse en
symbiose avec les racines des graminées voisines. Il en existe
autour de 170 espèces sur la planète, la plupart d’origine indo-
européenne.
PARTIES UTILISÉES: Toute la plante au début de la floraison, de la
fin août au début septembre.
COMPOSITION CHIMIQUE: Iridoïdes (aucuboside, catalpol,
euphroside, ixoroside, eurostoside); flavonoïdes (apigénine,
quercétine, rutine); tanins; vitamines (A, B1, C); amines (choline);
phytostérols (bêta-sitostérol); acides caféique et phénolique,
minéraux (calcium, cobalt, magnésium, potassium, silice); huile
essentielle.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, antidiarrhéique, anti-
inflammatoire, astringente, basifiante, cholérétique, cicatrisante,
expectorante, ophtalmique, tonique immunitaire.
APPLICATIONS: L’euphraise est vraiment la plante la plus célèbre
pour soulager et soigner les maladies des yeux: conjonctivite,
glaucome, kératite ou iritis. Faire des bains d’yeux avec une
décoction froide: 5 g (1 c. à thé) de plante fraîche ou sèche bouillie
5 min dans 250 ml (1 tasse) d’eau. On peut faire des compresses
répétées en les imbibant régulièrement ou se rincer les yeux avec
15 ml (1 c. à soupe) de liquide frais. On peut aussi boire la décoction
d’euphraise: 3 plantes entières fraîches dans 250 ml (1 tasse) d’eau
ou 1 c. à thé de plantes sèches dans 250 ml (1 tasse) d’eau. Elle
combat la diarrhée, la sinusite et les allergies saisonnières
provoquant des écoulements nasaux et oculaires pénibles.
ANECDOTE: Dans Modern Herbal, Mme Grieve cite le grand poète
anglais Milton qui raconte que l’archange Michaël lui-même a
commandé à Adam de se laver les yeux avec de l’euphraise et de la
rue (Ruta graveolens) pour retrouver une vision claire et la raison
après avoir succombé au péché originel.
SOLUTION OPHTALMIQUE
Euphraise fraîche – 20 g (1 1/2 oz)
Alcool fort (gin, eau-de-vie) – 250 ml (1 tasse)
Dans un bol à mélanger, broyer la plante dans l’alcool. Mettre
le mélange dans un bocal, agiter tous les 2 ou 3 jours. Filtrer
au bout d’un mois. Employer en bain d’yeux à raison de
30 gouttes dans 250 ml (1 tasse) d’eau bouillie. En usage
interne, cette solution soulage les allergies saisonnières, les
catarrhes et le coryza.
FOUGÈRES
Famille des polypodiacées
NOMS LATINS: Aspidium, Dryopteris, Osmondes, Pteridiums et
ssp. (4500 variétés et 120 genres à travers le monde!)
NOMS COMMUNS: Fayère, fausette, ptévis, porte-aigle, tête de
violon
NOMS ANGLAIS: Aspidium, british fern, male fern, sweet brake
Les fougères, des plantes pionnières généreuses en carbone, en azote et en
oxygène, assainissent l’air dont se nourrissent tous les organismes vivants.
HISTORIQUE: Ce sont les fougères, fossilisées depuis 350 millions
d’années, qui ont généré la plus grande masse de charbon. Selon
Dioscoride et Galien, la racine de fougère mâle était l’un des
meilleurs vermifuges connus. Les Autochtones d’Amérique
l’utilisaient pour diminuer les douleurs au moment de
l’accouchement et pour augmenter la production de lait des
nourrices. John Gerard a donné une recette pour expulser les longs
vers plats: «Manger peu le soir, boire une décoction de 1/2 oz de
racine de fougère dans 2 tasses d’eau miellée, consommer aussi de
l’ail frais et, au matin, un purgatif pour être sûr de se débarrasser de
ces saletés sur-le-champ.» Une guérisseuse célèbre, Mme Nauffer,
aurait vendu à prix d’or à Louis XVI un remède vermifuge secret,
dont le principal ingrédient était la fougère. Des Lapons de Norvège
aux Autochtones et aux trappeurs du Québec, tous ont mangé des
jeunes pousses de têtes de violon au printemps, dormi sur des lits
de fougères, pour éloigner les insectes et soulager les rhumatismes
dus au froid et au grand âge.
HABITAT: Les vieilles forêts de feuillus humides et marécageuses
d’Amérique du Nord, d’Europe voire tropicales.
DESCRIPTION: Plantes à feuilles très découpées et garnies de
spores (corpuscules reproducteurs) orangés collés sur les nervures,
à rhizomes brun foncé très étendus et souvent interconnectés,
pouvant vivre jusqu’à mille ans.
PARTIES UTILISÉES: Les jeunes tiges glabres au début du
printemps, les feuilles en été et le rhizome en automne.
NOTE: Seule la fougère à l’autruche (Matteucia struthiopteris) se
consomme comme légume printanier.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: acides organiques;
anthocyanes; chlorophylle; huile essentielle; apidine; catéchines;
protéines; minéraux (calcium, potassium, silice); oméga-3; aquilide
A; facteur anti-thiamine (B1). Racines: acides butyrique et filicique;
amidon; dérivés du phloroglucinol (aspidine; margaspidine); tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antirhumatismale,
cholagogue, fongicide, désodorisante, diurétique, emménagogue,
ocytocique, galactagogue, reminéralisante, vermifuge, parasiticide.
APPLICATIONS: Les feuilles en répulsif contre les insectes et en
cataplasme contre les douleurs. Le rhizome en décoction et en cure
brève supervisée l’automne. On réserve le rhizome à une cure
vermifuge brève de trois jours, répétée trois fois tous les dix jours.
De préférence, il faut combiner la fougère à une plante émolliente
comme la mauve ou le plantain. Au jardin, on l’emploie comme
paillis, engrais azoté et insectifuge. Les coupes forestières abusives
et les feux de forêt expliquent son expansion fulgurante en milieu
boisé.
MISE EN GARDE: En raison de son facteur anti-B1 et de ses
dérivés de cyanure, l’utiliser uniquement sous supervision ou se
limiter à l’achat de la matteucie (ou crosses de violon) au printemps.
ANECDOTE: Durant la Renaissance, on croyait si fermement que
les frondes de fougère à spores récoltées la nuit de la Saint-Jean
pouvaient rendre invisible que l’Église, au synode de Ferrare en
1612, en a interdit la cueillette nocturne.
HUILE DE L’ABBÉ KUNZLE
Frondes de fougère séchées une semaine et hachées – 5
d’huile d’olive ou de tournesol – 200 ml (4/5 tasse)
Ébrancher les folioles séchées et les faire macérer dans l’huile
pendant 1 mois. Filtrer soigneusement. Cette huile se
conserve 6 mois à l’abri de la lumière. C’est une huile à
massage idéale contre les douleurs musculaires.
FRAISIER
Famille des rosacées
NOM LATIN: Fragaria vesca
NOMS COMMUNS: Breslingue, caperon, caperonnier, fraisier des
bois, fraisier sauvage, marjaufe
NOMS ANGLAIS: Wild strawberry, strawberry
HISTORIQUE: On a retrouvé des graines de fraisier dans les cités
lacustres préhistoriques. Son nom latin Fragaria («parfum») évoque
sa fragrance. Les Autochtones d’Amérique utilisaient la feuille de
fraisier comme tonique du système nerveux, contre les ulcères
d’estomac et de la peau, et les fruits pour soigner le scorbut et les
pierres aux reins. Carl von Linné, le grand botaniste suédois du
XVIIIe siècle, a soigné régulièrement ses crises de goutte en faisant
des cures de fraises. Le Pr Binet conseillait les fraises aux
anémiques et les feuilles de fraisier aux enfants rachitiques et aux
personnes âgées déminéralisées. On peut toujours acheter, dans
toutes les pharmacies d’Amérique du Nord et sous différents noms,
le sirop concentré de feuilles et de racines de fraisier, une formule
copiée du Dr Fowler datant de 1901. Une panacée contre la
diarrhée, même déjà recommandée contre le choléra et la gastro-
entérite des touristes!
HABITAT: Les terres perméables, légèrement acides et ombragées
des lisières des forêts et des taillis.
DESCRIPTION: Petite plante vivace semi-rampante à rhizome
cylindrique orangé. Les feuilles trifoliées et dentelées sont vert foncé
sur le dessus, grisâtres et légèrement velues en dessous. Les fleurs
sont blanchâtres et donnent des fruits ronds et rouges sertis de
graines brunes ovales.
Toujours préférer les fraises des bois ou les fruits cultivés certifiés
biologiques, car malgré leurs puissantes propriétés antioxydantes, les
quelque 600 hybrides cultivés sur le marché comptent parmi les fruits à plus
forte teneur en pesticides, carcinogènes et perturbateurs endocriniens.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles assez tôt au printemps, les fleurs
au mois de mai, les fruits en été, les rhizomes et stolons l’automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Fruits: sucres (fructose, lévulose,
sorbose); anthocyanes (fragarine, pelargonine); acides (salicylique,
citrique et malique); huile essentielle; tous les minéraux ou presque
(magnésium, cuivre); vitamines (A, B, C, E); pectine. Feuilles,
racines et stolons: fibres; minéraux; salicylate de méthyle; tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Astringent, antiseptique,
antiscorbutique, fortifiant, diurétique, lithotritique, dépuratif,
dissolvant, laxatif, purgatif, régénérant, reminéralisant, hypotensif,
relaxant utérin.
APPLICATIONS: On peut utiliser les jeunes feuilles fraîches en
soupe ou en décoction: 1 plant complet dans 250 ml (1 tasse) d’eau
pour soigner la diarrhée et l’hyperacidité, pour se reminéraliser, et
pour calmer les nerfs et les spasmes musculaires.
La racine et les stolons, recommandés en cure brève en raison
d’une forte concentration en tanins, épanchent néanmoins tous les
écoulements anormaux, y compris aux yeux.
Il est préférable de manger les fruits frais crus. Les personnes aux
intestins sensibles devraient croquer les graines. Les fraises gardent
bien leur saveur et leurs propriétés macérées dans le vin ou l’alcool
fort et, étonnamment, leur odeur après un séchage au déshydrateur.
Se brosser les dents avec de la pulpe de fraises les blanchit, et
mâcher la racine fortifie les gencives.
ANECDOTE: L’élixir de fleurs de fraisier convient particulièrement
aux personnes au tempérament fragile, à l’adolescent hypersensible,
boutonneux, rouge de peau et trop émotif. Cette eau de fleurs
contient la promesse d’une récolte abondante de joie, de fantaisie et
de plaisirs assumés.
TARTINADE AUX FRAISES
Fraises des champs ou des bois – 250 g (1 tasse)
Miel pur – 125 g (1/2 tasse)
Mélanger au robot ces deux ingrédients et congeler le mélange
obtenu dans un bac à glaçons. S’en servir comme tartinade et
garniture de dessert. C’est de plus un excellent remède pour
soigner les brûlures et les engelures, et un masque de beauté
«coup d’éclat» très bon marché.
FRAMBOISIER
Famille des rosacées
NOM LATIN: Rubus idaeus
NOMS COMMUNS: Ambre, ronce du mont Ida
NOMS ANGLAIS: Raspberry, hindberry, raspbis
HISTORIQUE: Selon Dioscoride, le framboisier est originaire du
mont Ida, en Crête, d’où son nom de Rubus idaeus, «ronce du mont
Ida». Mme Grieve, une grande herboriste anglaise, recommande la
tisane froide ou le lavement de feuilles de framboisier pour soulager
immédiatement la diarrhée et les maux de ventre des enfants. En
1941, le journal médical britannique Lancet confirme que la feuille de
framboisier contient un principe relaxant utérin efficace. Depuis, on
en trouve dans beaucoup de médicaments périnataux aux herbes.
Les Chinois l’utilisent pour soigner le foie et la rate, pour tonifier les
organes génitaux des femmes, régulariser les cycles et faciliter
l’accouchement.
HABITAT: Les brûlis, les lieux de coupe de bois, les lisières des
forêts et les terrains vagues humides.
DESCRIPTION: Arbuste vivace de 1 m à 2 m de hauteur pourvu de
tiges ligneuses pourpres couvertes de petits piquants. Les feuilles
sont vert foncé sur le dessus et blanchâtres en dessous. Les fleurs
sont blanchâtres et disposées en corymbe. Les fruits rouges sont
des drupes roses au goût et parfum délicieux.
Ne pas négliger les feuilles de ce fruit bien connu: elles sont réparatrices et
reminéralisantes.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles des tiges la première année l’été,
les fruits sur les tiges la deuxième année en juin-juillet, les racines et
les stolons à l’automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: polypeptides, flavonoïdes
(catéchine, épicatéchine, quercétine); tanins (acide gallique,
ellagique, sanguine, procyanidines); mucilages; alcaloïdes
(fragarine); minéraux (calcium, chrome, cobalt, manganèse
magnésium). Fruits et graines: flavonoïdes (catéchines,
quercétine); phénols; fibres; sucres (fructose, lévulose, mannose);
pectine; protéines; minéraux (bore, calcium, phosphore, fluor);
vitamines (A, B, C, E); tanins; acides (ascorbique, benzoïque,
citrique, ellagique, formique, malique, succinique); acides gras
essentiels (linoléique, oléique, palmitique et stéarique), phytostérols
(bêta-sitostérol).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antispasmodique, hypoglycémiant,
antiscorbutique, anti-inflammatoire, astringent, antiseptique,
dépuratif, diurétique, décongestionnant, désobstruant, fébrifuge,
sudorifique, ophtalmique, régénérant, reminéralisant, ocytocique,
relaxant utérin.
APPLICATIONS: Pour conserver les principes reconstituants des
feuilles, on les utilise fraîches, en décoction rapide, ou séchées à
l’ombre sur les branches entières avant de les ensacher pour l’hiver.
La décoction de feuilles de framboisier est efficace en douche
vaginale contre les leucorrhées: 6 feuilles dans 250 ml (1 tasse)
d’eau bouillie.
Les tisanes soignent toutes les muqueuses et aident à régénérer
les tissus irrités par un excès d’acidité ou une infection. La femme
enceinte peut boire de la tisane de framboisier ponctuellement tout
au long de la grossesse contre les nausées, les rhumes ou les
saignements. L’infusion légère, 1 feuille dans 250 ml (1 tasse) d’eau
au début de la grossesse (3 feuilles le dernier mois), tonifie les
muscles utérins; y joindre une plante émolliente (mauve, tilleul, etc.)
est néanmoins recommandé.
Les framboises sont très nutritives et riches en antioxydants, mais
il est important de bien les mastiquer pour ne pas irriter les intestins
sensibles. On fait désormais une huile fine et régénérante à base
des graines, qui ont des propriétés hydratantes et antirides.
ANECDOTE: D’après les herboristes américains contemporains, ses
feuilles ont deux autres vertus méconnues: combinées au
gingembre, elles soignent toutes sortes de nausées, et, avec un
soupçon de Cayenne, elles favorisent la circulation du sang des
pieds et des mains.
VINAIGRE DOUX DE FRAMBOISES
Vinaigre de cidre de pommes biologique – 1 litre (4 tasses)
Framboises sauvages – 500 g (1 lb)
Sucre brun bio (facultatif) – 200 g (1/2 lb)
Bouteilles opaques – 1 ou 2
Faire macérer les framboises écrasées au pilon dans le
vinaigre pendant 10 jours. Filtrer soigneusement. Faire mijoter
le liquide à feu doux et faire dissoudre le sucre. Laisser
refroidir, embouteiller, boucher et garder au frais. Ce vinaigre
rosé est efficace, pur ou dilué, contre la grippe, les maux de
gorge, la fièvre, la diarrhée, la fatigue et même les chutes de
pression.
En cure, prendre 3 fois 45 ml (3 c. à soupe) par jour.
GAILLETS
Famille des rubiacées
NOMS LATINS: Galium aparine, asprellum, pallustris et spp
(30 variétés de gaillets au Canada, 250 à travers le monde)
NOMS COMMUNS: Caille-lait, gratte-cul, gratteron, gaillet
accrochant, herbe collante, gratte-langue, rièble, reine des bois, thé
suisse
NOMS ANGLAIS: Bedstraw, cleavers, catchstraw, ladies’ bedstraw,
fruggsgrass
HISTORIQUE: Le nom «gaillet» vient du grec gala («lait») parce
qu’on l’utilisait pour aromatiser le lait, et non, comme on l’a prétendu
à tort, pour ses propriétés coagulantes. On en bourrait les oreillers et
même les matelas pour soulager les douleurs, surtout des
parturientes, d’où son nom anglais, ladies’ bedstraw. L’aspérule
odorante, un gaillet forestier, est utilisée pour fabriquer le vin de mai,
cordial et apéritif connu dans toute l’Europe du Nord. Confirmant les
affirmations de John Gerard et Culpeper, herboristes réputés du
XVIe siècle, de récentes études américaines et australiennes
confirment les vertus du cataplasme de la plante crue, idéalement
épaissi avec de la farine d’avoine, pour soigner les indurations et
tumeurs de la peau, même malignes. Ce qu’atteste aussi, suivis
cliniques à l’appui, l’herboriste autrichienne Maria Treben dans son
best-seller La santé à la pharmacie du Bon Dieu.
HABITAT: Les lieux acides et humides, le long des ruisseaux et des
fossés ombragés, en colonies. Le gaillet jaune est cultivé au
Canada, naturalisé en Europe.
DESCRIPTION: Plante vivace de 20 cm à 30 cm de hauteur à tiges
grimpantes garnies de feuilles verticillées. Certaines variétés sont
munies de petits crochets qui s’agrippent à la fourrure des animaux
et aux vêtements. Les fleurs, blanches et minuscules, sont formées
de quatre lobes aigus et cruciformes.
PARTIES UTILISÉES: Les tiges et les feuilles, de préférence avant
la floraison.
COMPOSITION CHIMIQUE: Coumarine (1 %); iridoïdes
(aspéruloside); anthraquinones; flavonoïdes; tanins; minéraux (fer,
silice, potassium); acides (citrique, malique, nicotinique,
rubichlorique); fibres; vitamines (A, C, E); vanilline.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antispasmodique, antiseptique,
antithyroïdien, astringent, dépuratif sanguin, dissolvant, diurétique,
immunostimulant, sudorifique, parasiticide, virocide.
Le gaillet est un petit balai tenace qui dissout toutes les concrétions et
nettoie tout le corps.
APPLICATIONS: On utilise la plante entière, fraîche de préférence,
broyée en cataplasme (1 poignée ou 10 g) sur une plaie, des taches
pigmentaires et même une tumeur de la peau. Il est recommandé de
boire en même temps 500 à 700 ml (2 à 3 tasses) de décoction
(1 plant dans 250 ml ou 1 tasse d’eau) de gaillet frais dans la même
journée. C’est un puissant dépuratif du sang, de la lymphe, des reins
et de la prostate. Faire une cure de teinture-mère (une part de plante
pour deux parts d’alcool, de vinaigre ou de vin) contre les maladies
de la peau ou des reins: 5 à 10 gouttes, selon la concentration,
avant chaque repas. On peut l’appliquer diluée à 20 % dans l’eau
sur bien des maladies de la peau et même sur les taches de
rousseur.
MISE EN GARDE: Éviter le gaillet en cas de prise d’anticoagulants,
de diabète, d’hypothyroïdie et de grosses pierres aux reins.
ANECDOTE: L’élixir de la fleur de gaillet aide à ouvrir de nouvelles
voies intérieures de compréhension et à s’attacher à l’essentiel.
Fleurette toute simple et de plus en plus répandue dans nos prés,
elle illumine les moments difficiles et minimise les obstacles souvent
issus de nos idées fixes.
TEINTURE CASSE-PIERRES
Vin blanc à 12 % – 250 ml (1 tasse)
Gaillet frais en début de floraison – 15 g (1/4 tasse)
Hacher finement le gaillet à la main ou à la moulinette et le
faire macérer dans le vin pendant 1 mois à l’abri de la lumière.
Filtrer. En prévention contre les pierres aux reins, prendre 5 ml
(1 c. à thé) dilués dans l’eau ou le jus avant chaque repas
pendant 1 mois. On peut aussi l’employer en compresses sur
des plaies et des kystes tenaces.
GENÉVRIER
Famille des cupressacées
NOM LATIN: Juniperus communis
NOMS COMMUNS: Cadé, genièvre, genivre, piquet, pétéro,
thériaque des paysans, hockmatack
NOMS ANGLAIS: Dwarf juniper, field juniper, geneva, juniper
berries
HISTORIQUE: En Suisse, des fouilles ont révélé la présence de
baies de genièvre dans des grottes préhistoriques. L’homme des
cavernes en consommait probablement pour se nourrir et se soigner.
À Athènes, pendant la grande épidémie de peste, Hippocrate a
contribué à circonscrire la maladie en préconisant des fumigations
purificatrices pour lesquelles il utilisait des baies de genièvre, de la
lavande, de l’hysope et de la sauge. Les Romains s’en servaient en
cuisine et comme herbe digestive. Pline et Galien recommandaient
un vin chaud au genièvre pour purger le foie.
Les moines de l’école de Salerne l’ont loué: «Bonne pour les
poumons, sa baie aromatique dissipe encore l’accès de toux vive et
chronique. Elle expulse du corps un venin dangereux et son grain
brûlé apaise un mal affreux.» Voici ce qu’en disait le grand
Dr Lemery au XIVe siècle: «Les baies de genièvre sont des drogues
céphaliques propres pour fortifier le cœur, les nerfs, l’estomac et
pour exciter le mois aux femmes, résister au venin et pour calmer la
douleur néphrétique.» Le gin, rendu célèbre par le Hollandais De
Kuyper, est une invention anglaise. Il est le résultat de la distillation
d’une teinture de baies de genièvre dans de l’eau-de-vie. Il y a
toujours eu des œnolés au genièvre dans les pays scandinaves et
de la bière au wacholder (le «veilleur») en Allemagne.
HABITAT: Les terrains calcaires et siliceux, les collines rocheuses
des lieux tempérés.
DESCRIPTION: Petit arbuste de 50 cm à 75 cm de hauteur garni
d’aiguilles courtes, persistantes et rigides, de couleur gris-vert. Les
minuscules fleurs qui apparaissent en avril et en mai sont d’un jaune
verdâtre. Les fruits sont des baies bleues qui mettent trois ans à
maturer sur les plants femelles. Ils ont un goût aromatique et sucré.
Le genévrier dégage un parfum aromatique balsamique épicé
typique des résineux.
Ce précieux résineux, présent sur toute la planète, est l’un des remèdes les
plus consommés et reconnus dans le monde entier.
PARTIES UTILISÉES: Le bois ou les tiges ébranchées tard en
automne ou tôt au printemps, les épines (cueillies avec les petites
branches, elles sont plus faciles à faire sécher) et les baies mûres,
tard en automne et en hiver, une année sur trois.
COMPOSITION CHIMIQUE: Autour de 370 principes actifs!
Aiguilles: huile essentielle (monoterpènes (80 %): alpha et bêta-
pinènes, cadinène, camphène, thuyène, phellandrène, limonène,
sabinène; terpènes (5 %): alpha-terpinéol, bornéol, cédrol, géraniol,
juniperaprénols, sesquiterpènes A et B, caryophyllène); acides
(alphacetoxy-isopressique, benzoïque, cinnamique, coumarique,
malique, oxalique et succinique); vitamine (C); protéines. Dans
toute la plante: huile essentielle (bétuline, alpha-junénol et alpha-
pinène, bornéol, linalol, sabinène et autres terpènes); acides
(ascorbique, linoléique et oléique); tanins. Baies: vitamines (A, C,
E); acides gras essentiels; acides (acétique, ascorbique, caféique,
férulique, hydroxyabiéténique, malique, ursolique); choline;
flavonoïdes (astragaline, kaempférol, quercétine, rutine, catéchines
et épicatéchines); huile essentielle très complexe (alpha-amyrine,
alpha-cubébène, alpha-cadinol, alpha-humulène, alpha-murolène,
alpha et bêta-pinènes, bêta-cadinène, camphène, caryophyllène,
cymène, limonène, lupulène, lupulone, junène, menthol, myrcène,
phéllandrène, ylangène); résine; tanins; protéines; presque tous les
minéraux et oligo-éléments; phytostérols (bêta-sitostérol); tanins;
sucres simples, doubles et complexes (glucose, pectine).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydant, antiscorbutique,
antiseptique, apéritif, antilithiasique, diurétique, antirhumatismal,
anti-inflammatoire, cholagogue, emménagogue, hypoglycémiant,
stomachique, tonique utérin, insectifuge, pectoral, stimulant
immunitaire et nerveux.
APPLICATIONS: Une fois les branches, les feuilles et les baies
séchées, on les brûle sur un feu de bois ou sur du charbon végétal à
l’encens. On s’en sert pour désinfecter une pièce ou neutraliser des
maladies contagieuses.
Faire bouillir légèrement et macérer les branches toute une nuit (1
c. à thé d’aiguilles dans 250 ml ou 1 tasse d’eau). Cette boisson est
antiseptique pour les reins et la vessie, et diurétique; elle est utile
pour arrêter les attaques d’arthrite et de goutte. La manière la plus
simple de consommer les baies est de les mâcher. Commencer par
une petite quantité: 4 par jour jusqu’à 40 en plusieurs prises. Elles
soignent les infections rénales, les rhumatismes et les problèmes
d’estomac. Pour fortifier l’estomac, nettoyer les reins ou purifier
l’haleine, mâcher simplement quelques baies. La teinture-mère dans
le gin ou le vinaigre de cidre de pommes est excellente contre la
grippe, la rétention d’eau et les rhumatismes.
Les baies de genièvre, plus digestes et digestives, au goût
résineux et suave, entrent dans la composition de recettes
gastronomiques traditionnelles comme le civet de lapin ou la
choucroute garnie. Elles aident à mieux digérer les protéines
animales.
MISE EN GARDE: Éviter le genièvre en cas d’infection urinaire
aiguë et au début de la grossesse. Ne pas prolonger la cure au-delà
d’un mois et ne pas dépasser les doses prescrites.
ANECDOTE: Selon l’abbé Kneipp: «Notre plus fidèle et précieuse
habitation qu’est le corps a besoin quelques fois dans l’année de
fumigations et de vapeurs de genièvre: cela purifie l’organisme et
soulage l’appareil respiratoire.» À ce titre, voici une méthode simple
de sauna maison: prévoir une grande cuvette avec une planche
transversale pour déposer les pieds, provoquer une bonne suée
sous la couverture avec une décoction de ce précieux arbuste,
feuilles et baies incluses.
DÉCOCTION CASSE-PIERRES
Baies de genévrier – 15 g (1 c. à soupe)
Racine de guimauve – 10 g (2 c. à thé)
Racine de persil – 10 g (2 c. à thé)
Feuilles de prêle – 5 g (2 c. à soupe)
Graines d’angélique – 5 g (1 c. à thé)
Eau – 1 litre (4 tasses)
Faire frémir toutes les plantes dans l’eau pendant 7 min.
Laisser infuser 30 min et filtrer. Boire tout le liquide en 3 fois,
avant les repas, et prolonger la cure de 7 à 21 jours pour
évacuer les pierres aux reins ou pour soulager tous les types
de rétention d’eau et de rhumatismes.
HOUBLON
Famille des cannabinacées
NOM LATIN: Humulus lupulus
NOMS COMMUNS: Houblon à bière, bois du diable, couleuvre
septentrionale, digérable, salsepareille nationale, vigne du Nord
NOM ANGLAIS: Hop
HISTORIQUE: Le houblon est connu des guérisseurs chinois depuis
deux millénaires. Ils l’utilisaient contre la diarrhée, la lèpre et même
la tuberculose. C’est dans le Caucase, au XIe siècle, que l’on intégra
le houblon à la bière. Cette pratique s’est répandue progressivement
dans toute l’Europe, sauf en Angleterre, où Henri VIII en défendit
l’usage par décret. La croyance que le houblon provoquait la
mélancolie cautionna cet interdit qui aura force de loi pendant deux
siècles. Le médecin italien Pierre-André Matthiole adorait le houblon
et l’utilisait comme apéritif, dépuratif, diurétique, laxatif, fébrifuge et
vermifuge. Le Dr Lemery le recommandait pour traiter les maladies
du foie et de la rate, pour purifier le sang et stimuler l’élimination
urinaire. Au Québec, l’engouement pour les bières de microbrasserie
fait qu’on en cultive de plus en plus en quantité et de variétés, et
c’est tant mieux! Selon le site Rolling Beers, on retrouve au
minimum, une centaine de variétés de cultivars de houblons sur la
planète.
HABITAT: Les clôtures, les murs et les treillis laissés à l’abandon et,
bien sûr, les cultures sur poteaux, mais toujours en plein soleil.
DESCRIPTION: Plante grimpante vivace faite de tiges solides. Les
fleurs mâles sont groupées en épis à l’extrémité des rameaux et les
fleurs femelles à l’aisselle des feuilles. Les fruits ont la forme de
cônes ou strobiles constitués d’écailles jaune-vert clair remplies de
poussière résineuse jaunâtre appelée lupuline.
Par son contenu élevé en phyto-oestrogènes, le houblon exalte la sensualité
des femmes mais inhibe celle des hommes.
PARTIES UTILISÉES: Les jeunes pousses au printemps, mais
surtout les cônes à la fin de l’été. On les appelle aussi «strobiles».
COMPOSITION CHIMIQUE: Fruits ou strobiles: flavonoïdes
(rutoside, quercitine, astragaloside, xanthohumol); substances
amères (acylphloroglucides, oléorésine-α [humulone] et oléorésine-β
[lupulone] qui libèrent dans l’organisme du méthylbuténol);
flavanones (hopéine); tanins, acides caféique et férulique; huile
essentielle (p-cymène, aromadendrène, cadinol et cadinène,
caryophyllène, copaène, géraniol, germacrène, humulène, myrcène,
nérol, pinène, dodécanone); vitamines (B3, C, E); presque tous les
minéraux; fibres; fructose; pectine; résine.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Astringent, antiseptique, apéritif,
antispasmodique, anaphrodisiaque, calmant, diurétique, lithotritique,
emménagogue, pro-œstrogénique, hypotensif,
hypocholestérolémiant, sédatif, soporifique, sudorifique, vermifuge.
APPLICATIONS: En décoction rapide, le houblon frais est calmant,
diurétique et hypotensif: 3 cônes dans 250 ml (1 tasse) d’eau 3 fois
par jour. S’il est séché de l’année, 2 suffiront. Au coucher, on peut
doubler la dose. En cas d’insomnie, confectionner un petit coussin à
glisser sous l’oreiller; appliqué chaud sur un abcès dentaire ou sur
une oreille atteinte d’otite, il diminuera le mal. Mme Grieve
recommande une infusion combinée de houblon, de camomille et de
coquelicot en compresse locale pour supprimer toutes sortes de
douleurs localisées: névralgies, rhumatismes ou traumatismes
externes.
Les cônes du houblon perdant 90 % de leurs propriétés en un an,
il est préférable de faire de la teinture-mère. Combinée à la même
quantité de teinture-mère de valériane, elle sert de somnifère
occasionnel: prendre 30 gouttes, 30 min avant le coucher. Si la bière
est effectivement apéritive, diurétique, galactagogue, nutritive et
relaxante, elle peut malheureusement provoquer une dépendance,
car le houblon est de la même famille que le cannabis. Prudence!
Prise en grande quantité, la bière provoque des ballonnements,
l’obésité abdominale, des diarrhées et même l’impuissance
masculine.
MISE EN GARDE: Le houblon contient beaucoup d’œstrogènes et
déclenche souvent les menstruations chez les cueilleuses. Dans
bien des pays producteurs, on interdit aux femmes enceintes d’en
faire la cueillette. Il inhibe l’appétit sexuel chez les hommes. Limiter
la consommation de tisanes et surtout de bière!
ANECDOTE: L’élixir floral de houblon est excellent pour les
individualistes et les matérialistes. Il favorise le sens du travail en
équipe et éveille l’esprit aux valeurs spirituelles.
MINI-COUSSIN SÉDATIF
Toile de coton ou de lin de 80 cm x 20 cm (2 3/4 pi x 3/4 pi) – 1
Strobiles de houblon séché – 50 g (2 3/4 oz)
Feuilles de cataire séchées – 30 g (1 oz)
Fleurs de tilleul séchées – 20 g (3/4 oz)
Mélanger les plantes et les insérer dans le coussin en toile.
Glisser le coussin sous l’oreiller pour faire des rêves
inspirants.
LAITUE VIREUSE
Famille des astéracées
NOMS LATINS: Lactuca virosa et L. serriola, L. canadensis
NOMS COMMUNS: Salade sauvage, opium des chemins, herbe des
eunuques
NOMS ANGLAIS: Wild lettuce, trumpet weed
HISTORIQUE: Dioscoride, médecin grec du Ier siècle, disait que
l’effet du latex de la laitue vireuse (Lactuarium) égalait celui de
l’opium; on en faisait des boulettes ou des extraits fluides (la
thridace) qui étaient même exportés vers les pays nordiques. Galien
lui-même disait que seule la laitue sauvage bouillie venait à bout de
ses insomnies. Le docteur et auteur Henri Leclerc en donnait
souvent aux enfants nerveux, chétifs et bronchitiques. Il affirmait que
la laitue les calmait, sans pour autant créer de dépendances comme
les opiacés. L’extrait de laitue a longtemps figuré dans les Codex
pharmaceutiques américain et britannique. En homéopathie, Lactuca
virosa est indiquée contre les spasmes et les tremblements,
l’insomnie et les malaises gastro-entériques aigus. En médecine
traditionnelle chinoise (MTC), la laitue libère les énergies perverses
reliées à la stagnation du feu dans le foie.
HABITAT: Vu leur grande fertilité, on les retrouve un peu partout
dans les bords de chemins, incultes et sols bouleversés, croissant
en pleine lumière. Seuls les herboristes cultivent la variété L. virosa.
Dans la nature, on en retrouve plusieurs dizaines de variétés, y
compris les laiterons et les Prenanthes de la même famille et aux
effets similaires quoique moindres.
DESCRIPTION: Grande plante annuelle, bisannuelle dans certaines
régions. Première année: feuilles luisantes, découpées et pourvues
de poils courts et recourbés sur le pourtour. À maturité, elle atteint
1 mètre avec une tige creuse au latex blanc très amer. Fleurs en
capitules à rayons jaune pâle. Akènes très nombreux et comme le
pissenlit, elle se ressème facilement grâce à ses aigrettes
anémophiles.
PARTIES UTILISÉES: Feuilles la première année. Plante entière en
début de floraison la deuxième année, en décoction ou en teinture-
mère. Fleurs épanouies en élixir ou en teinture-mère des laiterons
(Sonchus arvensis). Graines pilées dans l’alcool.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: chlorophylle; coumarine;
fibres; flavonoïdes; minéraux; provitamine (A). Plante et tiges en
fleurs: latex à lactones sesquiterpéniques (lactucine et lactupicrine);
acide lactucique. Fleurs: flavonoïdes. Graines: hyoscamine et
phényléthylamine.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, anaphrodisiaque,
antispasmodique, antitussive, antivirale, béchique, calmante,
hypnotique, hypotensive, pectorale, relaxante.
APPLICATIONS: Pour abaisser la pression sanguine, diminuer les
douleurs musculaires ou neurologiques, calmer les palpitations et
l’anxiété, les laitues sauvages sont accessibles et efficaces.
Employer les feuilles de première année en salade ou cuites à la
vapeur. La deuxième année, on prend la plante complète en boutons
en début de floraison en décoction brève (un plant entier pour
500 ml ou 2 tasses d’eau). Pour la conservation prolongée:
congélation ou teinture-mère de la plante broyée dans l’alcool à
40 degrés, filtré un mois plus tard. Même chez l’adulte, se limiter à
des cures brèves de 20 jours et à de petites doses. Commencer
avec 3 à 4 gouttes de teinture-mère à la fois, augmenter jusqu’à 10 à
15 gouttes dans 125 ml (1/2 tasse) d’eau, le soir de préférence, car
elle peut causer de la somnolence.
MISE EN GARDE: En excès, la laitue vireuse peut provoquer des
vomissements, de la diarrhée, une stupeur et une somnolence
incontrôlables.
ANECDOTE: Durant des siècles, on administrait des extraits de
laitue aux moines ainsi qu’aux soldats en mission, parfois avec du
bromure, pour calmer leurs frustrations sexuelles.
LIERRE TERRESTRE
Famille des lamiacées
NOM LATIN: Glechoma hederacea
NOMS COMMUNS: Couronne de terre, courroie de saint Jean,
rondelette, glécome, serrette, herbe du bonhomme
NOMS ANGLAIS: Ground ivy, creeping Charly, gill run over, hedge
maid, field balm, wild snake root
HISTORIQUE: Les médecins utilisent le lierre terrestre depuis
l’Antiquité grecque. Galien le disait âcre, chaud et mordant, capable
de guérir toutes les affections des poumons. Dioscoride le
recommandait en cure de 40 jours contre la sciatique et l’arthrose
des hanches. Au début de notre ère, les Vikings et les Celtes s’en
servaient pour clarifier et conserver la bière. John Gerard le
prescrivait contre les bourdonnements et les tintements dans les
oreilles. Quant à Culpeper, il le préconisait pour soigner l’œil au
beurre noir, les hématomes et autres désagréments de ce genre.
Sainte Hildegarde conseillait d’en boire en cas de migraines et de
porter des couronnes faites de plantes entières ébouillantées. On
portait aussi ces couronnes pour conjurer le mauvais sort en
dansant autour des feux de la Saint-Jean.
HABITAT: Les zones tempérées du globe, les lieux humides proches
des jardins et des prairies, les décombres, les tumulus rocheux et au
bord des chemins de terre.
Le lierre terrestre représente la chaleur, la féminité et la permanence des
forces végétatives. Il nous nettoie et nous garde humble en nous ramenant
les pieds sur Terre.
DESCRIPTION: Plante herbacée vivace de 20 cm à 50 cm de
hauteur à tige carrée portant des feuilles rondes et dentelées. Les
fleurs sont d’un bleu violacé virant au mauve pâle, car la floraison
peut durer 3 mois et plus, ce qui est exceptionnel pour une fleur des
champs. Les feuilles dégagent une odeur camphrée avec une
touche de citronnelle et de menthe poivrée.
PARTIES UTILISÉES: Tiges, fleurs et feuilles au début de la
floraison, au mois de mai, ou juin, selon la latitude.
COMPOSITION CHIMIQUE: Lactones diterpéniques (marrubiine);
flavonoïdes (apigénine, hyperoside, lutéoline, quercétine, rutine);
huile essentielle (camphène, eucalyptol, bornéol, cinéol,
germacrène, menthol, limonène, linalol, myrcène, pinène, pulégone);
acides phénoliques (caféique, férulique, chlorogénique,
rosmarinique); principes amers; minéraux et oligo-éléments
(calcium, fer, chlore, cuivre, manganèse, potassium, iode);
phytostérols (bêta-sistostérol); résine; tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antihistaminique, antiseptique,
antispasmodique, astringent, béchique, cicatrisant, émollient,
expectorant, stomachique, tonique, vulnéraire.
APPLICATIONS: On peut manger les fleurettes ou en décorer
joliment les salades. La plante entière se prépare en teinture-mère
(saturée à 50 % dans 100 % d’alcool, en prendre 15 gouttes 3 fois
par jour). Elle se prête bien au séchage, qui prend au moins une
semaine. En décoction et en tisane chaude, le lierre soulage
particulièrement bien les affections du nez, de la gorge et des
oreilles en aseptisant les muqueuses et en liquéfiant les mucus
jusqu’aux poumons, dont il facilite le nettoyage par expectoration. Il
fortifie aussi les bronches, tonifie tous les organes de la région
gastro-intestinale, le système urinaire et la zone génitale.
Le lierre terrestre fait aussi partie des grandes vulnéraires. Des
compresses de décoction concentrée soignent les abcès, les
blessures, les plaies et les ecchymoses. Une cure de tisane
(3 plantes dans 250 ml ou 1 tasse d’eau) épure le sang et les tissus
de la présence de métaux lourds toxiques tels que le cadmium, le
cuivre, le plomb et le zinc: 1 litre par jour pendant 10 jours ou jusqu’à
3 mois, selon la gravité de l’intoxication. La plante séchée, réduite en
poudre et prisée par le nez est sternutatoire: idéale pour les
céphalées et les sinusites obstructives.
ANECDOTE: Sainte Hildegarde affirme que si on se rince souvent la
tête avec une décoction de lierre terrestre, on éloigne de soi toutes
les maladies issues du crâne… et du cerveau!
HUILE VULNÉRAIRE
Lierre terrestre fraîchement séché – 50 g (1 3/4 oz)
Huile d’olive – 1 litre (4 tasses)
Broyer le lierre dans un mortier ou au mélangeur. Ajouter
l’huile et mélanger. Laisser macérer 1 mois et filtrer
soigneusement. Verser l’huile dans plusieurs petites bouteilles
(plus faciles à utiliser et moins rancescibles). À garder au frais.
Excellente en cas de blessures, d’ecchymoses et même de
douleurs musculaires.
LILAS
Famille des oléacées
NOM LATIN: Syringa vulgaris
NOMS COMMUNS: Lilas commun, lilas de Perse, clous ou
flammèches de la Pentecôte
NOMS ANGLAIS: Lilac, common lilac
HISTORIQUE: Originaire des montagnes de Perse comme son nom
de souche, «lilâk», il aurait été importé dès le Xe siècle par les
premiers explorateurs espagnols. C’est Ogier Ghiselin de Busbecq,
ambassadeur de l’empereur Ferdinand ll auprès du sultan de Perse
Soliman lll, qui l’aurait introduit en Allemagne vers 1562.
Son parfum suave fut rapidement extrait commercialement pour
en faire des huiles aromatiques fort appréciées des dames. De nos
jours, elles sont presque introuvables et elles ont été supplantées
par de mauvaises copies synthétiques à cause de la difficulté du
procédé de concentration, rendant le tarif de ce nectar exorbitant.
Dès le XVIe siècle, on se servait du bois évidé des rameaux du lilas
pour faire des seringues et des canules à lavements, si prisés. À la
même époque, le célèbre Dr Cazin, aussi herboriste et écrivain,
confirmait l’usage ancestral de ses feuilles en infusion comme
remède des fièvres intermittentes et le qualifiait «d’obole jetée dans
le trésor de la thérapeutique indigène», car on le considérait comme
un succédané plus accessible du quinquina, plus rare et coûteux.
En Perse, les fleurs du lilas se consommaient confites dans le
sucre comme friandise, sautées à la poêle ou ajoutées aux ragoûts.
HABITAT: Terrains ensoleillées et sols calcaires de toutes les zones
tempérées et même du sud des zones boréales avec une protection
minimale. Les lilas mettent cinq ans à produire leurs premières fleurs
dans des conditions favorables: ils aiment les sols à pH neutre,
enrichis de tourbe et de compost les premières années.
DESCRIPTION: Le lilas commun de l’espèce souche est haut de
2 m à 5 m, fait de plusieurs branches à bois dur et à l’écorce gris
foncé. Il est garni de feuilles cordées vert foncé et terminées par des
grappes de fleurs blanches ou mauves, constituées de quatre
pétales cruciformes soudés à un petit tubule. Ses fruits sont des
capsules aplaties brun foncé qui persistent dans l’arbre tout l’hiver.
Depuis un siècle, on a développé une centaine de variétés
hybrides de lilas de toutes les nuances et tailles, à floraison
prolongée ou retardée. Consultez vos catalogues ou votre
pépiniériste pour un choix éclairé. On peut reproduire ses lilas par
boutures ou par drageons prélevés très tôt au printemps et mis en
pot dans la bonne terre, régulièrement arrosée la première année.
PARTIES UTILISÉES: L’écorce, les feuilles et les fleurs.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: acides ascorbique et
ursolique; chlorophylle; cire; coumarine; phénylpropanoïde glycoside
(syringine); hexenol et hexanone; polyols (mannitol); principes amers
(syringopicrine, jasminidyne). Fleurs: anthocyanes; mucilages; huile
essentielle (alpha-pinène, anitaldéhyde et benzaldéhyde, créosol,
élémicine, eugénol, farnésol et linalol).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, anticoagulant,
cicatrisant, émollient, euphorisant, fébrifuge, hypotenseur, laxatif,
sédatif, vermifuge, vulnéraire.
APPLICATIONS: Les feuilles du lilas sont réputées comme étant
très efficaces contre les attaques de fièvres récidivantes, surtout
d’origine virale ou les tropicales qui se manifestent par des crises
sporadiques. On peut boire alors des infusions des feuilles séchées
ou, en été, des décoctions faites de 3 à 4 feuilles par 250 ml
(1 tasse) d’eau, additionnées d’une fleur de sureau ou de deux
feuilles de cataire (pour un goût moins amer et un effet
complémentaire), à raison de deux à trois fois par jour. Il ne faut en
user plus d’une semaine à cause des glycosides concentrés, surtout
déconseillés aux cardiaques sous traitement aux anticoagulants et
aux hypotenseurs.
Le parfum suave des fleurs de lilas rend euphorique et élève
l’esprit. Elles peuvent se manger, à raison d’un maximum de trois
grappes par personne. On les sert saupoudrées dans les salades,
sautées à la poêle dans une omelette, ajoutées à une compote
originale, en infusion ou congelées dans des glaçons. On peut aussi,
après les avoir cueillies vers midi, lors d’une journée ensoleillée,
juste avant le summum de leur floraison, les faire macérer dans une
huile à dominante monoinsaturée pour une meilleure conservation
(amande, olive ou sésame). On les couvre du double de leur volume
d’huile dans un flacon de verre teinté ou à l’abri de la lumière. Un
mois plus tard, après la filtration, on l’emploie comme lotion
hydratante et cicatrisante pour les peaux ternes et mal irriguées et
aussi comme analgésique en friction locale contre les névralgies et
les rhumatismes. On peut ajouter 10 % d’huile essentielle de
lavande ou de géranium pour la peau du visage, ou 10 % d’huile
essentielle de menthe ou de thé des bois contre les douleurs
articulaires ou musculaires.
Préserver l’essence de la jeunesse et du renouveau dans
l’allégresse, voilà la mission du lilas, comme l’exprime si bien William
Chapman.
«Le lilas, c’est pour nous le printemps et la jeunesse
Avec tout son arôme et toute son ivresse
Qui semblent éternels sous le ciel rayonnant.»
— William Chapman
ANECDOTE: L’élixir floral de lilas ramène l’être à une saine
pondération en remettant les choses à leur place tout en aidant à
réaligner la colonne vertébrale dans son bon axe… et les chakras de
ceux qui y croient.
ALCOOLATURE ANTI-AGRÉGATS
Fleurs de lilas cueillies au bon moment – 200 g (20 grappes)
Alcool à 40 degrés – 500 ml (2 tasses)
Un bocal de verre
Broyer les fleurs dans l’alcool au robot pour en faire une purée
brute. Verser dans le bocal et bien fermer. Entreposer durant
un mois, agiter régulièrement. Filtrer soigneusement.
Consommer au compte-goutte, de 10 à 15 gouttes pures ou
diluées avant chaque repas, en cure d’un mois contre le sang
trop épais ou hémogliase, l’hypertension non médicamentée et
occasionnelle, l’hyperacidité gastrique et la mélancolie
chronique.
Cette alcoolature, diluée dans le même volume d’eau pure,
peut servir de tonique facial contre les impuretés bénignes à la
surface de la peau: acné, naevus ou taches pigmentaires.
LISERON
Famille des convolvulacées
NOMS LATINS: Convolvulus sepium, Calystegia sepium
NOMS COMMUNS: Campagnette, chemise de Notre-Dame, liset,
grande vrille, manchette de la Vierge, vrillée
NOMS ANGLAIS: Bearbind, hedge bindweed, old man’s nightcap
HISTORIQUE: Originaire d’Afrique du Nord, le liseron était déjà
prisé comme purgatif par Dioscoride. Longtemps très populaire, il a
été détrôné par son cousin, le jalap, originaire d’Amérique du Sud et
par la scamoine, de Syrie. L’herboriste juif Meyrinck (cité par
Mme Grieve dans A Modern Herbal) affirme que le liseron des haies
est un excellent cholagogue, très utile pour soigner la jaunisse,
l’ascite et toutes les obstructions des viscères par manque de bile.
Les paysans anglais ont longtemps utilisé sa racine bouillie dans la
bière pour se purger. Ce mélange concentré provoquait des nausées
passagères. On réservait ce traitement aux fêtards et aux fortes
constitutions…
HABITAT: Partout où il peut, mais il a besoin du support d’herbes
hautes, de haies ou de treillis, et d’une bonne terre acide et humide.
DESCRIPTION: Plante herbacée vivace à tige volubile grimpante
garnie de feuilles alternes. Les fleurs, en forme de trompette, sont de
couleur blanche ou rose pâle avec des rayures blanches. La graine
est une capsule et la racine, un tubercule charnu qui s’est formé au
bout d’une tige et qui se détache en automne pour hiverner sous la
terre.
Cette belle clochette rosée attire notre attention et nous aide à dénouer nos
intestins.
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes en été et la racine en
automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Flavonoïdes; glycosides (convolvuline,
jalapine); principes amers; mucilages; tanins; acide caféique;
minéraux (magnésium, fer, potassium).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, cicatrisant,
cholagogue, cholérétique, emménagogue, antispasmodique utérin,
fébrifuge, rafraîchissant, hypotensif, relaxant, laxatif, purgatif.
APPLICATIONS: En décoction, 5 grammes des parties aériennes
de la plante: 3 feuilles, 2 fleurs et une tige (on peut ajouter un
soupçon de miel contre l’amertume) par 250 ml (1 tasse) d’eau.
Toute la plante est émolliente, laxative et aide à régénérer la
muqueuse digestive.
LAXATIF AUX TROIS FLEURS
Fleurs de liseron – 5 g (2 c. à table)
Fleurs de mauve – 5 g (2 c. à table)
Fleurs de sureau – 5 g (2 c. à table)
Eau pure – 750 ml (3 tasses)
Faire frémir durant 3 min les fleurs dans l’eau, couvrir et laisser
infuser durant 15 min.
Filtrer et boire entre les repas pour combattre la
constipation.
En externe, les compresses soulagent les démangeaisons des
piqûres ou les dermatites et aident à faire évacuer les toxines des
abcès, clous ou furoncles. Le suc frais et la teinture-mère sont
efficaces pour traiter les fièvres reliées à des infections ORL à
mucus (angine, sinusite, otite, etc.): prendre 1 c. à thé de suc avant
chaque repas ou 10 à 20 gouttes de teinture-mère.
La racine, plus purgative, soigne surtout la constipation d’origine
hépatique.
MISE EN GARDE: Se limiter à des cures brèves ou à des bains de
mains et de pieds. Aussi, ne pas le confondre avec l’ipomée, liseron
toxique cultivé (mais de couleur très vive, bleue ou mauve), annuelle
grimpante parfois échappée des jardins.
ANECDOTE: Le liseron suit la course du soleil à l’envers: il s’ouvre
le matin tourné vers le couchant. Quand on coupe le liseron, il refait
sa tige du haut vers le bas. Quel être paradoxal et fascinant!
LOTIER CORNICULÉ
Famille des fabacées (auparavant des légumineuses)
NOM LATIN: Lotus corniculatus
NOMS COMMUNS: Fourcette, cornette, pantoufles ou sabots du
petit Jésus ou de la mariée, trèfle cornu, pied de poule
NOMS ANGLAIS: Bird foot, deerwetch, trefoil
HISTORIQUE: Dans l’Odyssée d’Homère, les compagnons d’Ulysse
auraient perdu temporairement la mémoire après avoir consommé
du lotier. Jadis cultivé pour sa richesse en protéines et ses faibles
exigences en engrais, les animaux l’apprécient beaucoup, et il
améliore même la qualité de leur lait. En médecine populaire
française, il est conseillé comme calmant le jour, somnifère le soir.
Le Dr Leclerc, père de la phytothérapie moderne, le considère
comme un excellent nervin. Il est très mellifère, fixe l’azote dans le
sol et aiderait à la digestion et à l’absorption des protéines sur le
plan intestinal.
HABITAT: Au Québec, il pousse sur le bord des chemins. Il est de
plus en plus présent compte tenu du réchauffement climatique.
DESCRIPTION: Petite plante vivace à tiges ramifiées, le lotier
arbore des fleurs terminales jaune vif à cinq fleurettes rassemblées
en cornet. Les feuilles sont divisées par trois sur un pétiole et deux
autres petits stipules sont fixés à la tige.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles mais surtout les fleurs.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles et fleurs: Flavonoïdes;
anthocyanes; tanins condensés (proanthocyanidols, épicatéchine,
épigallocatéchine); hétérosides cyanogéniques; composés
phénoliques; acides oléique et phénolique; hydroquinones;
nitrilosides; fibres; protéines; alcaloïdes (lotusine).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antispasmodique, calmant,
fébrifuge, hypnotique, hypoglycémiant, hypotenseur, prébiotique,
vermifuge, vulnéraire.
MISE EN GARDE: Le lotier contient de l’acide prussique et même
du cyanure. Ne pas en abuser, se limiter à des cures brèves.
APPLICATIONS: Décoction de 3 à 4 fleurettes fraîches par 250 ml
(1 tasse) d’eau. En compresses sur les conjonctivites et les plaies
infectées. En teinture-mère, filtrer et consommer 4 à 7 gouttes deux
fois par jour, en cas de tachycardie, d’anxiété ou de tension
nerveuse, ou encore une dizaine de gouttes le soir en cas
d’insomnie. À noter: le séchage neutralise les alcaloïdes toxiques; il
convient donc de s’en faire des provisions durant la floraison pour
les infusions hivernales.
ANECDOTE: Le lotier est une plante paradoxale, pour les ruminants
comme pour les êtres humains. D’une part, elle calme tout en
procurant plus d’énergie, mais d’autre part, en excès, elle devient
stupéfiante! Comme souvent, tout est dans la dose administrée!
LUZERNE
Famille des fabacées
NOM LATIN: Medicago sativa
NOMS COMMUNS: Herbe à bisons, herbe à vaches, lucerne, reine
des fourragères, sainfoin
NOMS ANGLAIS: Alfalfa, buffalo grass, chilean clover, purple
medicle
HISTORIQUE: Son nom français vient de lucerne, mélange de celte
et de français qui signifie la «plante qui luit». La variété originelle du
Moyen-Orient était jaune et dépassait les herbes voisines. Les
Arabes la nommaient al-fac-facah, ce qui signifie «père de toute
nourriture», car la luzerne était aussi la nourriture favorite de leurs
purs-sangs.
Il y a 2000 ans, les Chinois ont été fort intrigués par les vaches qui
la broutaient avec délectation. Ils ont vite reconnu la valeur nutritive
de cette plante. Non seulement elle fit partie de leur alimentation,
mais ils s’en sont servi pour traiter la cachexie et les ulcères. En
Europe, elle est surtout cultivée comme fourrage. Partout en
Amérique du Nord, on vend de la luzerne germée pour les salades.
Dans les magasins de produits naturels, on propose la chlorophylle
liquide extraite de la luzerne comme dépuratif sanguin. Grâce à la
luzerne, on a découvert la vitamine K antihémorragique qu’on extrait
également pour usage commercial.
HABITAT: Les terres cultivées assez acides et argileuses, mais
riches en nitrate et en phosphate. On la retrouve échappée des
cultures fourragères dans les friches à proximité.
DESCRIPTION: Plante herbacée vivace à tiges rondes érigées. Les
feuilles sont vert foncé et les fleurs, mauve pâle à violet soutenu. Le
fruit oblong contient des dizaines de petites graines brunes, striées
et vernies.
PARTIES UTILISÉES: Les jeunes pousses issues de la germination
et les parties aériennes au début de la floraison dans les champs. La
première coupe est la plus riche en protéines et en vitamines; de
plus, les mycorhizes des racines enrichissent le sol en azote.
COMPOSITION CHIMIQUE: Plante entière: dérivés coumariniques
(mélilotoside, mélilotine, coumarine, 3,4-dihydrocoumarine,
médicagol); isoflavones pro-hormonaux (génistéine, biochanine,
coumestrol, daidzéine, formonétine); saponosides (soyasapogénol);
acides (citrique, caféique, cinnamique, coumarique, laurique et
malique); protéines avec tous les acides aminés essentiels (50 %,
en particulier la canavanine); minéraux et oligo-éléments (fer,
potassium, magnésium, sodium, calcium, phosphore, chrome,
cuivre, zinc, manganèse, aluminium, bore, molybdène); vitamines
(A, C, D, E, K et du groupe B [en particulier: biotine, choline,
nicotinamide, acide pantothénique]; enzymes (bétaïne); phytostérols
(stigmastérols); amidons et sucres de tous types; pectine; tanins.
Fleurs et graines: anthocyanes (violaxanthine); isoflavones (bêta-
sistostérol, diosgénine, lutéine, trigonelline); huile essentielle
(géraniol, limonène, bêta-amyrine); acides gras (oléique, palmitique).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Alcalinisante, apéritive,
cardiotonique, cicatrisante, digestive, fertilisante, fortifiante,
galactagogue, hémostatique, hypocholestérolémiante, nutritive,
reminéralisante.
APPLICATIONS: La meilleure façon de la manger est sous forme de
germe cru, en salade ou en sandwich. Les feuilles de la luzerne
adulte cueillie dans les prés sont toutefois plus riches en
chlorophylle et en minéraux. Elles aident à soigner les aphtes, les
maux de gorge, les ulcères digestifs, l’inappétence, l’anémie et les
mauvaises odeurs corporelles, ainsi qu’à faire diminuer l’acidité et le
mauvais cholestérol. En tisane, on peut la consommer à long terme,
mais à petites doses, car elle peut provoquer des ballonnements si
on dépasse 750 ml (3 tasses) ou 5 g de feuilles par jour. La
consommer en gélules ou en comprimés est une bonne manière de
compléter l’apport quotidien de minéraux et de protéines.
MISE EN GARDE: Ne pas consommer les graines de luzerne; elles
contiennent une enzyme dangereuse, la canavanine, qui peut
stopper la régénération sanguine. Éviter aussi cette plante en cas de
lupus, de cancer du sein ou de l’utérus, au début de la grossesse ou
en même temps que la prise d’anticoagulants.
ANECDOTE: Porter sur soi de la luzerne séchée enlèverait de
l’esprit les soucis d’argent.
LYSIMACHE
Famille des primulacées
NOMS LATINS: Lysimachia vulgaris ou Lysimachia monnieri,
Lysimachia punctata (150 espèces!)
NOMS COMMUNS: Casse-bosses, chasse-bosses, perce-bosses,
herbe aux corneilles, herbe aux écus, herbe aux cent maux,
monnaie d’eau, numulaire, souci d’eau, chasse-querelle
NOM ANGLAIS: Yellow loosestrife
HISTORIQUE: Lysimachos était un médecin de l’Antiquité grecque
qui a vanté ses vertus pectorales et anti-goutte, une maladie très
répandue chez les épicuriens aisés de l’époque. Utilisée depuis des
siècles par les sages-femmes en périnatalité pour cautériser les
déchirures, c’est une amie des femmes, autant contre les douleurs
menstruelles que celles de l’accouchement. Sa décoction servait à
blondir leurs cheveux. Aussi appréciée des teinturiers, sa racine
donne un beau brun, ses fleurs et ses feuilles, plutôt un jaune
verdâtre intéressant. Dans plusieurs fermes européennes, on la
faisait sécher et brûler pour chasser les mouches et les moustiques.
HABITAT: Lieux humides, fossés, jardins abandonnés, bords de
ruisseaux ou d’étangs sains
DESCRIPTION: Selon la variété, plante dressée ou rampante, à tige
ronde, longue de 10 cm à 60 cm, avec de nombreuses feuilles
luisantes, ovées et opposées, des fleurs à panicule pyramidal jaune
vif à l’aisselle des feuilles, et des fruits en capsules globuleuses.
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes, les feuilles et les
fleurs, en début d’éclosion. Les racines à l’automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Enzymes; glucosides; fibres;
saponines; tanins; vitamines (A, C); huile essentielle rare. On
retrouve peu d’éléments et de recherches sur sa phytochimie
détaillée, malgré sa bonne renommée en médecine traditionnelle.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anti-inflammatoire, antiseptique,
antispasmodique, astringente, diurétique, expectorante, fébrifuge,
hémostatique, vulnéraire.
APPLICATIONS: Cataplasme avec les parties aériennes légèrement
ébouillantées, en compresses ou en bains de siège, en périnatalité
ou pour traiter les hémorroïdes. Décoction brève avec 10 g (2
c. à thé) de plante fraîche pour 250 ml (1 tasse) d’eau contre les
irritations de la gorge, des poumons ou de l’œsophage. Bains de
bouche avec la plante séchée, avec infusion de 5 g (1 c. à thé) par
250 ml (1 tasse) d’eau, aussi efficace contre la diarrhée, les cystites
et rhinites, trois fois par jour avant les repas, en cure de 10 jours.
La si lumineuse, fertile et résistante lysimache fait de jolis
bouquets et évoque la joie et la persévérance.
ANECDOTE: En raison de ses particularités botaniques rares, elle a
confondu les plus grands botanistes et herboristes, dont Linné et
Rafinesque.
MARGUERITE
Famille des astéracées
NOMS LATINS: Chrysanthemum leucanthemum ou Leucanthemum
vulgare
NOMS COMMUNS: Bouquet blanc, chrysanthème sauvage,
leucanthème, reine de mai
NOMS ANGLAIS: Daisy, ox eye
HISTORIQUE: Les anciens Celtes la révéraient et en portaient des
colliers et des couronnes pour mieux communiquer avec les esprits
de la nature. Plusieurs herboristes britanniques la préconisaient en
cataplasme contre les blessures accidentelles et les douleurs
articulaires. Certains des premiers peuples d’Amérique en
consommaient les jeunes feuilles comme toniques printaniers, les
fleurs en tisane contre la fièvre ou encore en compresses contre les
infections oculaires. Dans plusieurs cultures populaires
européennes, en guise d’oracle, on effeuille la marguerite pour
vérifier si notre bien-aimé(e) nous voue ou pas un amour réciproque:
il-elle m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du
tout!
HABITAT: Originaire d’Eurasie, elle a conquis toutes les prairies en
friche de l’hémisphère Nord. Présente tout l’été, cette coriace vivace
estivale nous enchante au champ comme en bouquet!
DESCRIPTION: Les feuilles basilaires de la marguerite sont
obovées, pétiolées et ondulées et apparaissent tôt au printemps.
Celles de la tige sont alternes, embrassantes, plus oblongues et
dentelées. Suivent les boutons floraux au bout de la tige principale.
En début d’été, ceux-ci-deviennent des capitules arborant de 10 à
15 sépales blancs bordant l’amas de centaines de ligules jaunes
fertiles serties en son cœur.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles, les boutons floraux et les fleurs
entières.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: chlorophylle; fibres; sucres
simples et complexes. Capitules: flavonoïdes; provitamines (A);
xanthines; lactones; minéraux; mucilages; saponines;
sesquiterpènes.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anti-inflammatoire,
antispasmodique, apéritive, astringente, cholagogue,
emménagogue, euphorisante, expectorante, fébrifuge,
hémostatique, nutritive, tonicardiaque, vulnéraire.
APPLICATIONS: Ce sont ses toutes jeunes feuilles sucrées qu’on
repère dès la fonte des neiges et qu’on consomme telles quelles ou
ajoutées à une salade. Ensuite, on cueille ses boutons floraux pour
les faire mariner en saumure. Pour finir, on cueille la marguerite
entière, pour la transformer en élixir floral ou l’effeuiller dans une
salade. On peut aussi la boire en décoction. Les ligules jaunes ont
un goût amer, camphré et piquant; ils sont donc à consommer
parcimonieusement. Les fleurs se sèchent mal, mais peuvent se
préparer en teinture-mère dans l’alcool ou le vinaigre fortifié à 8 %
d’acide acétique.
ANECDOTE: Contempler de très près le cœur de la fleur ou en
consommer l’élixir floral aiderait à renforcer les convictions
profondes et à partager les surplus avec joie. L’élixir de marguerite
aide surtout les personnes qui ressassent souvent les mêmes
pensées négatives. Il facilite la concentration, la clarté d’esprit et la
communication aisée.
ONGUENT RAPIDE «BEC SUR BOBO»
Beurre salé – 250 ml (1 tasse)
Fleurs de marguerite – 1 tasse
Mauve musquée, fleurs et feuilles – 1 tasse
Broyer les plantes au mélangeur puis ajouter le beurre.
Appliquer sur les plaies, les contusions ou les infections et les
kystes. Changer le pansement une fois par jour. Se garde un
mois au réfrigérateur.
MAUVE
Famille des malvacées
NOM LATIN: Malva moschata
NOMS COMMUNS: Fromageon, fausse guimauve, fouassier, herbe
à fromage, meule
NOMS ANGLAIS: Mallow, cheeses, mouls
HISTORIQUE: Pythagore affirmait que la mauve modérait les
passions et tenait l’esprit en respect tout en libérant le ventre.
Hippocrate la recommandait à ceux qui ont la salive amère et salée,
qui digèrent mal et qui ont l’urine et les selles brûlantes. Baptiste
Platine de Crémone, cuisinier et herboriste italien du XVe siècle, la
conseillait pour amollir le ventre, guérir la gravelle et dissoudre les
pierres aux reins. Au XVIe siècle, toujours en Italie, on l’appelait
omnimorbia, ce qui signifie «remède à toute maladie». À la même
époque, on utilisait un test de grossesse bien particulier: la femme
urinait trois matins de suite sur une fleur de mauve. Si elle fanait, la
femme était enceinte!
De nos jours, les Bédouins du Sahara la mangent pour rafraîchir
le sang, et les gitans la mâchent et la crachent sur les plaies. Dans
les pays celtiques, les jeunes filles en font des couronnes pour la
Fête du printemps, le May Day, et beaucoup de gens en plantent sur
leur seuil pour inviter la joie de vivre dans leur maison.
HABITAT: Les régions tempérées de l’Occident. Les pâturages, les
prairies grasses et ensoleillées, au bord des terres cultivées.
Certaines espèces arrivent à survivre autant dans le désert de la
Mauritanie que dans la toundra canadienne, les graines restant
fertiles durant des décennies. La mauve négligée (Malva neglecta)
est aussi très courante et échappée de culture. La mauve sylvestre
(Malva sylvestris) préfère les jardins.
DESCRIPTION: Plante herbacée de 20 cm à 50 cm de hauteur. Ses
fleurs héliophiles en forme de tutu en dentelle rose pâle ou blanche
apparaissent dès le début du mois de juin. La tige, couchée ou à
demi dressée, est ronde et dense, couverte de petits poils doux. Les
feuilles ont des formes différentes selon leur maturation. Les racines
sont blanchâtres, denses et ligneuses. Le fruit forme un disque brun
et bombé qui ressemble à un fromage égoutté, d’où son nom de
«fromageon» dans les vieilles campagnes françaises.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles et les fleurs à peine épanouies,
les racines, de préférence très tard à l’automne, juste avant les
premières gelées.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: flavonoïdes (gossypine,
hypoletine); hydrates de carbone (arabinose et rhamnose);
chlorophylle; mucilages; vitamines (A, B, C); minéraux (calcium, fer,
phosphore, potassium). Fleurs: anthocyanes et leucoanthocyanes
(malvines et malvidines); acides (malvique, malvidique et
sterculique); huile essentielle à phénols; Graines: acide gras alpha-
linoléique; enzymes; fibres; protéines; sucres.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Adoucissante, antioxydante,
antirides, protectrice neuronale, émolliente, calmante, euphorisante,
altérative, nutritive, laxative, lubrifiante, digestive, régénérante,
pectorale, béchique, révulsive, vulnéraire.
Que son nom vienne du latin mal va («mal, va-t’en!»), du grec malachês
(«qui ramollit») ou de l’hébreu malach («salé»), peu importe: tous lui
conviennent bien!
APPLICATIONS: On peut manger les feuilles fraîches (maximum 5
par portion) en salade et même utiliser les fleurs (10 par personne)
comme décoration. Elles activent la digestion après des repas trop
copieux ou en cas de constipation chronique. La mauve, plante à
mucilages, libère mieux ses principes actifs lorsqu’elle est
consommée crue. Idéalement, il ne faut laisser macérer les fleurs ou
les feuilles que quelques minutes dans l’eau chaude, mais pas
bouillante.
Faire sécher les fleurs rapidement à l’ombre pour éviter la perte
de leurs couleurs et de leurs propriétés. Les feuilles prennent deux
fois plus de temps à sécher. Elles serviront en hiver à faire des
tisanes ou des décoctions. En teinture-mère (50 % de plantes,
100 % d’alcool, de vin ou de vinaigre), elles garderont toutes leurs
propriétés: prendre 20 gouttes 3 fois par jour. La racine séchée en
décoction servira de laxatif: 1 c. à soupe dans 250 ml (1 tasse)
d’eau.
On peut appliquer la plante entière crue et broyée sur des plaies
et pour ramollir des indurations. En macération ou en tisane, elle
aide à décoller toutes les substances indésirables dans les intestins,
les poumons et même les reins. Elle sert souvent de plante tampon.
Par exemple, dans un mélange laxatif avec le pissenlit (plus
cholérétique) et le sapin (plus drastique comme tonique intestinal), la
mauve va enrober la muqueuse pour adoucir le processus
d’élimination.
ANECDOTE: Dans la Grèce antique, on plantait des mauves autour
des sépulcres pour assurer aux âmes des défunts le repos et la
sérénité.
SALADE LIBÉRATRICE D’HORACE
Pied de chicorée – 1
Petits plants de mauve (feuilles et fleurs) – 10
Olives noires – 20
Vinaigrette maison
Dénoyauter les olives, laver et égoutter les salades. Mélanger
le tout avec la vinaigrette et décorer de fleurs de mauve.
Manger cette salade au début du repas.
Elle nettoie en douceur toutes les voies digestives,
particulièrement le foie et le côlon, et est idéale après les
excès de table!
MÉLILOT
Famille des fabacées (auparavant des légumineuses)
NOMS LATINS: Melilotus albus, parfois Melilotus arvensis ou
Melilotus officinalis
NOMS COMMUNS: Mélitte, trèfle d’odeur, trèfle de Bokhara, de
cheval ou de Sibérie, vieux garçons, luzerne bâtarde, herbe aux
mouches, pratelle
NOMS ANGLAIS: Sweet clover, white melilot
HISTORIQUE: Le mélilot est mentionné par Thierry Leispleigney,
auteur prolifique et apothicaire à Tours au XVIe siècle. Il le conseillait
en collyre ou en compresses contre les maux des yeux du genre
blépharite ou conjonctivite. Le mélilot apparaît même dans la liste
des médicaments anticoagulants prioritaires dans le Journal de
médecine et de chirurgie pratiques de 1948. Apparu au Québec dès
le début de la colonie au XVIIe siècle comme plante fourragère, on
prenait grand soin de bien le sécher pour éviter ses effets
anticoagulants exacerbés par un séchage inadéquat.
Une tradition populaire française attestait que la tisane de mélilot
combat les maux de tête des lendemains d’excès de boisson.
Partout où il pousse, on utilise le mélilot séché conservé dans de
petites pochettes de tissu pour éloigner les mites des fourrures et
des lainages. Il parfume autant le lait des vaches et leur fromage
que les bières artisanales et certains apéritifs et digestifs
traditionnels. Depuis quelques années, avec la vogue des produits
forestiers non ligneux (PFNL) gastronomiques, on retrouve le mélilot
séché en poudre comme assaisonnement de desserts ou de
cocktails. Étrangement, on qualifie cette invasive prolifique de
«vanille boréale», même si son goût et son parfum, néanmoins
agréables, sont très éloignés des saveurs de cette gousse tropicale!
HABITAT: Dans les sols rocheux, calcaires ou siliceux, en pleine
lumière sur les bords des chemins de passage.
DESCRIPTION: Plante bisannuelle pouvant atteindre 1,5 m de
hauteur, avec une tige ramifiée centrale et des feuilles alternes
dentelées à trois folioles. Les fleurs sont blanc beige, suavement
odoriférantes disposées en grappes variant de 30 à 70 fleurs.
Fertilisées, elles deviennent des gousses ovales qui contiennent
deux graines jaune verdâtre.
PARTIES UTILISÉES: Les sommités fleuries et les feuilles, les
gousses et les fruits.
COMPOSITION CHIMIQUE: Plante entière: acides coumarique et
mélilotique. Fleurs: coumarine libre, glucoside coumarinique;
flavonoïdes (quercétine); vanilline, acides benzoïque et mélilotique;
mucilages; choline; oxyde de potassium. Fruits et graines: acides
gras, amidons; sucres; azote; fibres (pentosanes); protéines; résine.
Racines: fibres; mucilages; saponines; tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anticoagulant, anti-inflammatoire,
antiseptique, antispasmodique, calmant, dépuratif, diurétique,
hypotensif, nutritif.
APPLICATIONS: On prépare une décoction avec la plante fraîche
entière à raison d’une foliole fleurie adulte pour 1 litre (4 tasses)
d’eau brièvement bouillie. Avec la sommité séchée, on fait une
infusion contenant une cuillerée à thé par 250 ml (1 tasse) d’eau
chaude infusée.
On utilise aussi la teinture-mère de la plante seule ou combinée:
prendre 10 à 15 gouttes, 3 à 6 fois par jour.
TEINTURE-MÈRE FLUIDIFIANTE
Alcool fort (40 %): eau-de-vie, gin, vodka – 250 ml (1 tasse)
Sommités fleuries fraîchement broyées de mélilot – 20 g (1 oz)
Gaillet palustre ou aparine en fleurs – 10 g (1/2 oz)
Fleurs de mauve musquée – 10 g (1/2 oz)
Broyer tous les ingrédients au robot, mélanger et laisser
reposer dans un bocal en verre à l’abri de la lumière pendant
un mois. Filtrer soigneusement.
Prendre 10 gouttes à la fois, 3 fois par jour, pour les jambes
lourdes, l’œdème et pour activer la microcirculation de retour
veineux.
On peut prolonger le traitement jusqu’à trois mois
consécutifs.
Même en bain de pieds, en cataplasme ou en enveloppement, le
mélilot soigne les jambes lourdes, les crampes aux mollets et la
stagnation anormale des liquides. Le mélilot combat aussi les
varices et les hémorroïdes. C’est un puissant draineur lymphatique
qui aide à lutter contre la stase veineuse et les douleurs de la
congestion de toxines en surface des tissus, donc aussi contre la
cellulite. Aussi, une fois séché, il se prête bien aux applications
externes dans un gant de toilette bourré avec les sommités séchées,
mais réhydratées, avec lequel on se frottera, toujours de bas en
haut, pour combattre l’accumulation de graisses importunes
localisées!
MISE EN GARDE: Le mélilot est contre-indiqué en cure en interne
en cas de prise d’anticoagulants de synthèse, car il peut provoquer
des hémorragies, des vertiges voire des convulsions. Dans ce cas,
ne pas en user comme condiment.
ANECDOTE: Notre trèfle d’odeur, très répandu le long des routes
l’été, s’emploie en décoction en saison, sinon séché le reste de
l’année. Son parfum suave évoque les chaudes journées de
moissons estivales.
MENTHE POIVRÉE
Famille des lamiacées
NOM LATIN: Mentha piperita
NOMS COMMUNS: Baume vert, menthe anglaise, menthe romaine,
menthe rouge, sentebon, menthe mitcham
NOM ANGLAIS: Peppermint
HISTORIQUE: La menthe serait originaire de l’Asie mineure; les
Babyloniens la distillaient cinq siècles av. J.-C. pour en faire un
concentré digestif. Son nom vient de la mythologie grecque. La
nymphe Minthe, dérangée dans ses ébats avec Pluton par
Prosperine, la femme de Pluton, aurait été transformée par celle-ci
en menthe sauvage. À l’époque de Dioscoride et de Pline, les Grecs
et les Romains la buvaient en tisane et ils en plaçaient quelques
branches dans les jarres de lait frais pour mieux le conserver. Pline
disait que la menthe ravive l’esprit; il en faisait placer des bouquets
dans les chambres des malades. Culpeper disait d’elle qu’«elle était
apte à disperser les vents du ventre, à soulager les coliques des
enfants, à supprimer les maux mensuels des femmes, à guérir les
plaies infectées et les morsures de chiens enragés». Les
Éclectiques prescrivaient la menthe contre les maux de tête, les
grippes, les maux de ventre et les fièvres récurrentes, comme la
malaria. De récentes recherches britanniques ont prouvé ses vertus
antispasmodiques et cholagogues. Beaucoup de remèdes
stomachiques vendus en pharmacie en contiennent. En Europe, on
consomme couramment des alcools de menthe comme digestifs. Au
Québec, c’est la crème de menthe qui demeure un digestif
populaire.
HABITAT: Le long des ruisseaux et des rivières, les fossés et les
friches détrempées, généralement en colonies.
DESCRIPTION: Plante de 30 cm à 50 cm de hauteur à tige carrée
violacée. Les feuilles sont dentelées. Les fleurs lilas sont disposées
en épis terminaux. Les racines sont des stolons blanchâtres qui
permettent l’expansion très rapide de la plante. La menthe poivrée
est une échappée de culture, hybride de la menthe aquatique
(Mentha aquatica) et de la menthe à épis verte (Mentha spicata). Il
existe une vingtaine d’espèces-souches de menthe et des milliers
d’hybrides, qui sont toutes intéressantes et thérapeutiques. Elle se
reproduit d’ailleurs surtout par ses racines et ses solons, très
difficilement par les graines.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles, cueillies avant la floraison de la
plante. Il est toutefois plus simple de la couper entière et de la faire
sécher en bouquet ou étalée sur des claies.
COMPOSITION CHIMIQUE: Huile essentielle (menthol, menthone,
menthyles esters, terpènes, dont alpha-pinène, cinéole, pulégone,
pipéritone, menthofurane, pinène, l-limonène, cadinène,
phellandrène); flavonoïdes (rutine, lutéoline); chlorophylle; acides
myristique et rosmarinique, tous les acides aminés; presque tous les
minéraux; tanins; vitamines (A, B, C, E); acides gras, dont l’acide
linoléique et stéarique; hydrates de carbone.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, bactéricide,
analgésique, anti-inflammatoire, aphrodisiaque, désodorisante,
euphorisante, carminative, digestive, cholagogue, cholérétique,
rafraîchissante, tonique, pectorale, vasodilatatrice.
APPLICATIONS: On ajoute les feuilles de menthe fraîches dans le
taboulé (salade orientale à base de semoule), dans la salade de
concombres à la crème, dans la salade de gésiers de canard.
L’agneau et les gibiers se marient particulièrement bien avec la
menthe. Les feuilles de menthe crues sont aussi très efficaces,
mâchées ou pilées, pour soigner les piqûres d’insectes. En
cataplasme, contre les maux de tête, les crampes et les spasmes
musculaires, ainsi que les douleurs rhumatismales.
L’huile de menthe poivrée massée localement agit comme
analgésique local contre les crampes intestines et prémenstruelles.
Appliquée rapidement, elle évite aussi l’apparition de bleus et
d’ecchymoses. Elle soigne également les piqûres d’insectes et
éloigne les mites et les fourmis. Éviter les muqueuses. En cas de
douleur musculaire, la diluer à 20 % dans une bonne huile végétale.
En usage interne, ne pas consommer plus de 3 gouttes d’huile
essentielle à la fois.
Entière, en décoction inhalée (1 plant dans 250 ml ou 1 tasse
d’eau), elle décongestionne les voies respiratoires; bue, elle soigne
les maladies de l’appareil digestif: colique, constipation, gastrite, gaz
intestinaux et indigestions. En tisane, à raison de 3 feuilles pour
250 ml ou 1 tasse d’eau, elle constitue un excellent tonique général
qui active la circulation et le cœur. Éviter d’en boire le soir. Elle est
toutefois très indiquée le jour, même glacée. L’été, agrémentée de
miel et de jus de citron frais, elle soulage des chaleurs.
MISE EN GARDE: Éviter de dépasser la dose d’huile essentielle. La
garder hors de portée des enfants. Ne pas combiner la feuille de
menthe avec l’aloès, la cannelle et les résineux en général.
ANECDOTE: Si Culpeper la rendait responsable de rêves impurs et
de pollutions nocturnes, les Grecs anciens et les Russes
d’aujourd’hui la vénèrent et en font la boisson de l’Amour.
HUILE ANALGÉSIQUE RAFRAÎCHISSANTE
Menthe poivrée (feuilles) bien séchée pendant 2 à 3 jours –
40 g (1 1/2 tasse)
Huile d’olive de première pression à froid – 500 ml (2 tasses)
Mélanger les deux ingrédients dans une bouteille ou un bocal
en verre. Garder l’huile à l’abri de la lumière pendant 1 mois et
l’agiter tous les 2 ou 3 jours. Filtrer dans une gaze bien
torsadée.
S’en servir en cas de douleurs, des céphalées aux crampes
intestinales ou musculaires, en massage ou en compresse
locale, selon la surface à traiter.
Se garde 1 an à l’abri de la lumière.
MENTHE POULIOT
Famille des lamiacées
NOMS LATINS: Mentha pulegium (Europe) ou Hedeoma
pulegioides (Amérique du Nord)
NOMS COMMUNS: Bléchon, herbe de saint Laurent, herbe aux
puces, peliot, pouliot royal
NOMS ANGLAIS: Pennyroyal, squaw mint, stinking balm, tickweed
HISTORIQUE: Pline donna à cette plante le nom de pulegium, car
elle éloignait les puces (pullex en latin) des animaux et les tiques.
Les Romains comme les Grecs, tenant compte des conseils de
Dioscoride, l’utilisaient comme digestif après leurs agapes, comme
stimulant nerveux et aussi pour calmer l’hystérie des femmes, qu’ils
reliaient aux douleurs menstruelles. Les Autochtones d’Amérique
s’en servaient en plus pour éloigner les moustiques et en donnaient
en décoction au moment de l’accouchement. Selon John Gerard, la
menthe plongée dans de l’eau infectée agit comme désinfectant;
placée en couronne sur la tête, elle soigne les douleurs, la confusion
et les vertiges. La tisane au miel nettoie les poumons et clarifie les
humeurs de la poitrine. Culpeper, quant à lui, recommande le
vinaigre à la menthe pouliot en inhalation pour la réanimation en cas
de syncope, la cendre frottée sur les gencives pour les fortifier et, en
cataplasme, pour dissoudre les taches sur la peau. Au XIXe siècle, la
menthe pouliot fut inscrite au Codex américain comme un puissant
digestif, un emménagogue et un stimulant général, mais, à partir de
1916, elle fut listée comme abortive, irritante et toxique. Ce paradoxe
est dû à la confusion qui existe entre les effets de la plante et ceux
de l’huile essentielle. En 1980, le Dr Norman Farnsworth, un
pharmacien de l’État de l’Illinois, a prouvé qu’il fallait avaler 300 litres
(75 gallons) de tisane pour obtenir la même toxicité que celle
contenue dans 15 ml (1 c. à soupe) d’huile essentielle!
En interne, une dizaine de gouttes diluées dans 100 ml d’eau
soulagent les ballonnements, l’indigestion et les effets des
empoisonnements alimentaires mineurs.
Souhaitons la réhabilitation de cette merveilleuse plante aromatique
sauvage aux innombrables qualités!
HABITAT: Les lisières des bois, les sols argileux, les lieux humides
et ombragés. Elle se cultive et se multiplie avantageusement en
bordure aromatique insectifuge au jardin.
DESCRIPTION: Petite plante annuelle à tige ligneuse garnie de
multiples petites feuilles oblongues très aromatiques. La racine est
petite, brune et garnie de radicelles d’ancrage.
PARTIES UTILISÉES: Les tiges avec les feuilles, cueillies à la fin de
l’été, au début de la floraison.
COMPOSITION CHIMIQUE: Huile essentielle (pulégone 80 %,
alpha-pinène, aromadendrène, bêta-caryophyllène, bêta-fenchène et
bêta-phéllandrène, cadinène, camphène, carvacrol, cinéol,
citronnellol, cymol, eugénol, fenchone, germacrène, guaiazulène,
humulène, isomenthol, isopulégone, limonène, menthol, menthone,
myrcène, népétalactones, pinène, pipéritone, pulégone, sabinène,
serpylline, thymol et thuyone); flavonoïdes (hespéridine); principes
amers; tanins; acides (acétique, butyrique, rosmarinique et
salicylique); acides gras; beaucoup de minéraux; fibres; tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, antispasmodique,
aphrodisiaque, diurétique, carminative, digestive, emménagogue,
fongicide, nervine, ocytocique, insectifuge, parasiticide, répulsive,
tonique.
APPLICATIONS: Contre les gaz intestinaux, les maladies à
champignons ou les règles difficiles. Fraîche, en décoction ou en
tisane peu concentrée: 1 tige feuillue pour 500 ml (2 tasses) d’eau
par jour pendant 3 à 10 jours. En teinture-mère (25 % de plantes
pour 100 % d’alcool): 5 à 10 gouttes, 2 à 3 fois par jour en cure de 3
à 10 jours.
En simple couronne, elle soigne les maux de tête. Suspendue en
bouquet ou saupoudrée (la réduire en fine poudre) aux endroits
stratégiques, elle fait fuir les insectes et les rongeurs.
En plus d’être antiseptique et antifongique en cas de plaie, l’huile
essentielle est aussi un antispasmodique articulaire et musculaire.
Toujours l’utiliser à 5 % diluée dans 95 % d’huile végétale ou
d’alcool.
MISE EN GARDE: L’huile essentielle de menthe pouliot est toxique
en usage interne. Plusieurs femmes sont mortes pour en avoir
absorbé de trop fortes doses. Par ailleurs, la plante elle-même peut
être abortive et stimulante. Ne jamais en prendre le soir ou en cas
d’hypertension sévère. Et bien sûr, si l’on est enceinte ou que l’on
désire le devenir.
ANECDOTE: Chez les Grecs, on utilisait la menthe pouliot dans les
rituels demandant les grâces de Déméter, déesse des récoltes, et on
lavait les morts avec une décoction pour aider l’âme à s’échapper du
corps.
Son élixir floral aide à éloigner les obsessions, les pensées et les
présences néfastes, et favorise la clairvoyance et la lucidité.
VINAIGRE MENTHOLÉ DE CULPEPER
Vinaigre de cidre de pommes – 500 ml (2 tasses)
Menthe pouliot – 30 g (1 tasse)
Hacher au mélangeur ou au couteau les feuilles et les tiges de
la plante. Les mettre dans un bocal en verre teinté. Les couvrir
de vinaigre. Laisser macérer 1 mois en agitant régulièrement.
Filtrer avec un coton à fromage et entreposer dans un endroit
frais à l’abri de la lumière.
Ce vinaigre se conserve 1 an. Il sert à soulager toutes les
douleurs localisées, brûlures, crampes d’estomac, tendinites,
entorses, névralgies, etc. Il sert aussi de répulsif contre les
poux de tête, d’antiseptique sur une plaie infectée et
d’insecticide. En cas de plaie ouverte, le diluer dans 5 fois son
volume d’eau bouillie. Moins caustique que l’huile essentielle,
c’est une bonne façon de l’utiliser, surtout chez les enfants et
les animaux.
MILLEPERTUIS
Famille des hypéricacées
NOM LATIN: Hypericum perforatum
NOMS COMMUNS: Chasse-diable, herbe à mille trous, herbe aux
brûlures, herbe aux piqûres, herbe de saint Jean, toutsaine,
trucheron
NOMS ANGLAIS: St. John’s wort, goatweed, Klamath weed
HISTORIQUE: Son nom Hypericum vient du grec hyper et eikon qui
signifient «plus puissant qu’une icône». Le millepertuis avait
effectivement la réputation d’éloigner les mauvais esprits. Pline le
prescrivait macéré dans du vin contre les piqûres de serpent et
Dioscoride, en tisane emménagogue, fébrifuge, diurétique et contre
la sciatique. John Gerard le conseillait contre les écoulements de
sang (plaies ou sang dans l’urine, selles sanguinolentes). Les Grecs,
les Romains et plus tard les chrétiens lui conféreront le pouvoir de
protéger des calamités et du mauvais sort. Culpeper aussi le
conseillait comme remède pour guérir les plaies et les bosses, et, en
usage interne, pour arrêter les crachements de glaires et de sang.
Les premiers colons blancs d’Amérique l’ont utilisé contre les
diarrhées, les fièvres, les plaies et les piqûres de serpents. Depuis le
XIXe siècle, on s’en sert comme remède de base en homéopathie
pour traiter l’asthme, la diarrhée, les hémorroïdes et certaines
névralgies paralysantes.
En 1988, des chercheurs de l’Université de New York ont constaté
ses puissantes vertus immunostimulantes, notamment contre le
redoutable virus du sida. Les Allemands, quant à eux, ont noté que
l’huile de millepertuis avait, hors de tout doute, des vertus
antibiotiques capables de soigner des blessures et des brûlures très
graves.
En 1995 et 1996, les Drs E. Ernst et K. Linde ont prouvé que le
millepertuis agit comme antidépresseur, modéré mais constant, au
bout de deux mois. Il mérite bien son surnom de «Prozac naturel»,
comme l’attestent des centaines d’autres études prouvant son
efficacité.
Le millepertuis, agrégat de multiples petits astres de lumière, est un baume
bienfaisant sur les plaies de l’âme et du corps.
DESCRIPTION: Plante herbacée vivace de 20 cm à 80 cm de
hauteur faite de nombreuses tiges. Les feuilles sont percées de
multiples petits trous. Les fleurs disposées en corymbe sont jaune
vif. Le fruit est une capsule à trois loges remplie de nombreuses
graines noires.
HABITAT: Les friches et les sols calcaires ensoleillés et bien drainés
de tout l’hémisphère Nord.
PARTIES UTILISÉES: Les boutons floraux et les fleurs, le jour de
leur éclosion (avant qu’elles ne soient pollinisées). Les graines plus
rarement, sauf pour ressemer.
COMPOSITION CHIMIQUE: Fleurs et boutons floraux: les
principes actifs les plus importants sont des dérivés du
phloroglucinol (hyperforine 2 à 5 %) et des naphtodianthrones
(hypéricine 0,06-0,15 %); caroténoïdes (bêta-carotène, lutéine,
lutéoxanthine, trollixanthines); flavonoïdes (amentoflavones,
apigénine, catéchine, quercétine, quercitrine, rutine); huile
essentielle (alpha-humulène, bornéol, cadinène, caryophyllène,
cinéol, limonène, linalol, pinènes, myrcène); phytostérols (bêta-
sistostérol; acides aminés (choline, glutamine); principes amers;
tanins; acides (ascorbique, caféique, chlorogénique, férulique et
gentisique); sucres, dont le mannitol; acides gras et protéines dans
les graines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antidépresseur,
antispasmodique, antiviral, astringent, cholagogue, cicatrisant,
dépuratif, diurétique, émollient, euphorisant, hémostatique,
régénérant, vulnéraire.
APPLICATIONS: Avec les fleurs à peine écloses, on fait une
teinture-mère et un élixir floral tranquillisants ou immunostimulants,
ou encore une huile analgésique, la seule à base de fleurs fraîches.
On peut ajouter de la teinture-mère de millepertuis à un mélange
calmant pour les nerfs en cas de douleurs, d’insomnie et même de
dépression. Il faut suivre un traitement d’un mois pour obtenir des
résultats probants.
Prendre 10 gouttes matin et soir et 20 gouttes au coucher du
mélange suivant:
40 % de teinture-mère de millepertuis;
40 % de teinture-mère de tilleul;
20 % de teinture-mère de valériane.
En décoction (1 plant de millepertuis entier avec 250 ml ou
1 tasse d’eau), le millepertuis soigne les diarrhées et les troubles
circulatoires. En cas de maladie virale, il est indiqué de prendre 1
c. à thé de plante hachée dans 250 ml (1 tasse) d’eau, 3 fois par
jour. Les extraits standardisés de millepertuis sont surtout utilisés
contre les dépressions et les maladies virales chroniques. Il est
déconseillé aux personnes qui prennent des antidépresseurs, des
antihistaminiques, des contraceptifs oraux ou des tranquillisants de
synthèse.
MISE EN GARDE: Pour la cueillette, il est recommandé de porter
des gants puisque les personnes à pigmentation très claire peuvent
développer des taches pigmentaires. Éviter de consommer de la
bière, du chocolat, du camembert, de la charcuterie et du vin rouge.
Ces aliments contiennent de la tyramine, une substance dangereuse
lorsqu’elle est associée au millepertuis.
ANECDOTE: Une vieille pratique magique consiste à jeter dans le
foyer des branches de millepertuis fraîches ou séchées en invoquant
à haute voix la bienveillance des esprits de lumière sur la maisonnée
et ses habitants.
L’HUILE DE SAINT-JEAN
Huile d’olive – 500 ml (2 tasses)
Fleurs de millepertuis – 50 g (1 1/2 oz)
Bocal en verre coloré (bleu, brun ou vert) – 1
Cueillir les boutons floraux par temps sec et ensoleillé. Les
placer dans le bocal et les couvrir d’huile. Garder à l’abri de la
lumière tout en remuant régulièrement. Laisser macérer 2 mois
et filtrer dans un coton à fromage en essorant.
Cette huile soigne les brûlures mineures, les contusions, les
névralgies, les rhumatismes. Elle soulage toutes sortes de
douleurs internes et externes. Pour la conserver plus
longtemps, on peut ajouter 5 % d’huile essentielle de lavande.
MOLÈNE
Famille des scrofulariacées
NOM LATIN: Verbascum thapsus
NOMS COMMUNS: Bouillon-blanc, bouillon mâle, blanc de mai,
cierge de Notre-Dame, herbe à bonhomme, herbe de saint Fiacre,
tabac du diable
NOMS ANGLAIS: Adams’ flannel, Aaron’s rod, beggar’s blanket,
shefferds’ staff, fluffweed, hare’s beard, velvet plant, mullein
Ce grand cierge de laine d’or et d’argent est attirant et rassurant. Prudence!
Il a besoin d’être filtré soigneusement. Ses graines toxiques ne doivent
servir qu’à perpétuer l’espèce.
HISTORIQUE: Dioscoride disait de la molène: «La décoction d’icelle
aide aux rompus, aux spasmés, aux brisés, aux toux anciennes et
en s’en lavant la bouche elle mitige les douleurs des dents.»
Les Romains, qui l’appelaient candelaria, confectionnaient des
cierges pour les expéditions nocturnes en les trempant dans la poix,
et les praticiennes romaines se blondissaient les cheveux avec les
fleurs. Quant à sainte Hildegarde, elle ne jurait que par la molène
pour soigner l’aphonie de ses sœurs. John Gerard affirmait que les
vieux Anglais du Kent en donnaient aux vaches qui toussaient, et
que tous les asthmatiques irlandais en cultivaient dans leur jardin. La
fleur de molène fait partie du célèbre mélange des sept pectorales,
au Codex français depuis des siècles. Les Allemands fabriquent
depuis longtemps une huile vulnéraire et antiseptique contre les
otites et les infections suppurantes à base de molène.
HABITAT: Les terrains vagues, les décombres et les friches incultes
et pierreuses, où elle s’épanouit souvent en colonies.
DESCRIPTION: Plante bisannuelle de 1 m à 2 m de hauteur (à
maturité), à tige centrale ronde, robuste et velue. Elle est garnie de
grandes feuilles ovales, argentées et cotonneuses. Ses fleurs sont
disposées en épis, serrées, jaunes et huileuses. Elles s’ouvrent le
matin et meurent le soir après la pollinisation.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles, la première année ou au
printemps de la deuxième année, les fleurs au mois de juillet, plus
rarement la racine en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles et tiges: mucilages (3 %);
iridoïdes (aucuboside, catalpols divers, harpagoside et harpagide);
flavonoïdes (héspéridine); phényléthanoïdes (verbascoside);
lignanes; saponines; acides (ascorbique, linoléique, océanique,
oléique, stéarique, palmitique); presque tous les minéraux. Fleurs:
surtout de l’arabinogalactanes; acide thapsique; caroténoïdes;
flavonoïdes (hespéridine, rutine); coumarine; verbascosaponine;
mucilages; xyloglucanes. Semences: triterpenoïdes (taraxastérol);
protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Adoucissante, émolliente,
antihistaminique, antioxydante, antiseptique, astringente,
cicatrisante, vulnéraire, dépurative, reminéralisante, expectorante,
mucolytique.
APPLICATIONS: On peut broyer les feuilles fraîches cueillies une à
une et chauffées à la vapeur, et les appliquer telles quelles sur une
plaie ou une hémorragie. On peut aussi les faire sécher et les utiliser
pour fabriquer une huile ou un onguent vulnéraire qui est excellent
contre les engelures, les contusions et les hémorroïdes. Pour un
usage interne, filtrer à travers une gaze fine pour éviter le contact
des poils irritants. Les fleurs en décoction rapide (1 c. à thé pour
250 ml ou 1 tasse d’eau), parfois mélangées à d’autres plantes
pectorales comme la mauve ou l’aunée, soignent les irritations
chroniques des bronches. Pour l’asthme, les allergies et les
bronchites tenaces, boire 750 ml (3 tasses) par jour pendant 7 jours.
ANECDOTE: Les sorcières en faisaient des torches pour le sabbat.
Pour éloigner les démons, les superstitieux en portaient une feuille
sur eux à l’Halloween et les moines en cultivaient autour des
monastères.
HUILE BACTÉRICIDE GERMANIQUE
Fleurs de molène – 40 g (1 tasse)
Huile d’olive – 500 ml (2 tasses)
Teinture de benjoin ou de myrrhe – 10 ml (2 c. à thé)
Bocal en verre vert – 1
Broyer les fleurs au mortier rapidement. Mélanger tous les
ingrédients et laisser macérer dans un bocal vert près du feu
ou derrière une fenêtre pendant 21 jours. Filtrer avec un linge
en coton fin. Insérer dans l’oreille en cas d’otite ou d’infection
du pavillon de l’oreille, ou appliquer en cas d’eczéma, de
teigne ou de mycose.
MOURON DES OISEAUX
Famille des caryophyllacées
NOM LATIN: Stellaria media
NOMS COMMUNS: Bec de moineau, herbe à oiseau, mouron blanc,
stellaire, anagallis
NOMS ANGLAIS: Chickwed, satin flower, starweed, stitchwort
HISTORIQUE: Selon John Gerard, le mouron des oiseaux macéré
avec des graines de lin et des racines de guimauve fait merveille
contre toutes sortes d’enflures. Le suc de ses feuilles guérit le
scorbut et la décoction nettoie les yeux infectés, les poumons
congestionnés et les intestins encombrés. Son compatriote Culpeper
affirme plus tard que «le mouron est une plante douce, fine et subtile
influencée par la lune, car blanche, calmante et rafraîchissante
même pour un foie surchauffé en cataplasme humide de la plante
broyée, encore plus efficace avec une prière et la bénédiction
divine».
L’abbé Kneipp l’utilisait contre les affections pulmonaires et, en
1954, le chercheur américain F. K. Fitzpatrick le confirme efficace
contre le microbe de la tuberculose. La sagesse populaire le dit utile
contre l’embonpoint des vieilles femmes et, aujourd’hui, il entre dans
la composition de plusieurs concentrés amaigrissants à base de
plantes. En Chine, on l’emploie depuis longtemps en usage interne
contre la grippe et les douleurs articulaires et, en usage externe,
contre les maladies de peau. Susun Weed l’adore et lui consacre
plus de 10 pages élogieuses dans son fameux traité Healing Wise.
HABITAT: Les terres meubles et fertilisées, les sols riches des
cultures potagères. Il existe 75 variétés septentrionales de stellaires.
Cette minuscule «mauvaise herbe» adventice résistante est très sous-
estimée. Quand nous la connaîtrons mieux, nous la cultiverons dans nos
potagers.
IMPORTANT: Le mouron rouge, très répandu en Europe, est
potentiellement toxique.
DESCRIPTION: Plante annuelle de 10 cm à 1 m de hauteur faite de
plusieurs tiges portant des petites feuilles à l’aisselle des divisions.
Les fleurs sont terminales, en forme d’étoiles blanches. La stellaire
est héliophile, elle suit le soleil et s’ouvre de 9 heures à midi.
PARTIES UTILISÉES: Toutes les parties aériennes.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, résolutif,
antiscorbutique, dissolvant, dépuratif sanguin et lymphatique,
lipotropique, diurétique, lithotritique, normotenseur, dépuratif, nutritif,
reminéralisant, rafraîchissant, révulsif, pectoral, antituberculeux,
tonique cardiaque et nerveux.
COMPOSITION CHIMIQUE: Saponines; phytostérols (bêta-
sistostérol, génistéine), coumarine, flavonoïdes (apigénine, rutine,
lutéoline); acides (ascorbique, caféique, gamma linoléique, laurique,
oxalique, palmitique, stéarique); fibres; mucilages; vitamines (A, B,
C, E); presque tous les minéraux; hydrates de carbone; protéines.
APPLICATIONS: On peut manger les jeunes plantes et même les
faire blanchir et les congeler pour l’hiver, ou encore les conserver en
marinades. En cataplasme (10 g ou une poignée), fraîchement
haché ou ébouillanté, il soigne les abcès, les démangeaisons, les
éruptions cutanées, les furoncles et autres lésions de la peau. En
tisane (3 g dans 250 ml ou 1 tasse d’eau), le mouron des oiseaux
frais est un bon remède amaigrissant, car il draine en même temps
les excès de graisses, de minéraux et de protéines. Faire frémir
l’eau juste une minute et ne pas laisser infuser trop longtemps, car
les propriétés du mouron disparaissent à la chaleur.
En lotion, il régénère la peau, même celle du visage. Il est
excellent en bains d’yeux contre les conjonctivites et en lavement
contre les colites et les hémorroïdes. Le mouron est utile pour tout
excès de chaleur: ménopause, fièvre passagère, abcès chaud,
jaunisse. Il absorbe et calme toutes les inflammations.
ANECDOTE: Par ses délicates fleurettes en étoiles immaculées,
l’élixir de stellaire apporte la paix de l’esprit et éveille la conscience,
nous permettant de faire des choix plus judicieux. De plus, il stimule
la libido et augmente la fertilité!
MARINADE AROMATIQUE ET DIURÉTIQUE
Eau – 125 ml (1/2 tasse)
Mouron blanc cru – 40 g (1 tasse)
Branche de céleri frais – 1
Vinaigre de cidre de pommes – 125 ml (1/2 tasse)
Graines d’aneth – 2 g (1/2 c. à thé)
Sel – 1 pincée
Verser l’eau bouillante sur le mouron haché. Émincer le céleri
et le faire blanchir à part. Ajouter le céleri blanchi, le vinaigre et
les graines d’aneth. Stériliser ou réfrigérer. Consommer dans
le mois suivant comme garniture de quiche ou de pâté, ou
encore ajoutée à une salade.
MOUTARDE DES CHAMPS
Famille des brassicacées (auparavant des crucifères)
NOMS LATINS: Brassica ou Sinapis arvensis, Brassica ou Sinapis
nigra, Brassica rapa
NOMS COMMUNS: Jotte, œil de triton, ravonnée, sanve, sendre,
sénévé
NOM ANGLAIS: Wild mustard
HISTORIQUE: La moutarde et ses analogues comptaient parmi les
premières plantes sauvages fraîches consommées au printemps. En
grains, en poudre, ou surtout comme pâte combinée à du vinaigre,
de Dijou ou américaine, colorée au curcuma, elle trône sur presque
toutes les tables. On cultive surtout la moutarde blanche (Sinapis
alba) pour faire cet assaisonnement très apprécié. Son nom vient du
latin mustum ardens signifiant «moût ardent». En médecine
populaire, dans le monde entier, elle est connue et employée sous
forme de cataplasme ou en «mouche de moutarde». On l’applique
sur le thorax en cas de bronchite pour «faire sortir le méchant» ou
encore sur un furoncle pour le faire aboutir.
La poudre de moutarde, offerte à l’épicerie comme en pharmacie,
ajoutée en cuisine ou diluée dans l’eau comme remède plus
drastique, est cholagogue, digestive, pectorale et vermifuge, voire
vomitive en très forte dose.
HABITAT: Bords des chemins, champs en friche, terrains vagues et
tumulus.
DESCRIPTION: Plante annuelle haute de 50 cm à 70 cm, longue
tige; ses feuilles inférieures sont découpées, tandis que les feuilles
supérieures sont ovées et dentelées sans pétioles. Ses fleurs sont
regroupées par dizaines en corymbes jaune vif à 4 pétales
cruciformes. Les fruits en siliques bruns sont disposés le long de la
tige. Ses minuscules graines beiges ou brun foncé peuvent rester en
dormance durant des décennies et germer quand le sol est
bouleversé.
La moutarde des champs est parfois difficile à distinguer parmi les
dizaines de variétés de moutarde (barbarée, navettes, vélar). La
plupart des plantes de cette famille proche sont néanmoins
comestibles et médicinales.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles, les fleurs et les graines, chacune
en son temps.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: mucilages; dérivés du
glucosinolate (sulforaphane, sinalbine, sinigrine); flavonoïdes
(isorhamnetine, kaempférol, quercétine); acides (benzoïque,
caféique, chlorogénique, érucique, férulique); protéines; fibres,
beaucoup de minéraux; thallium; vitamines (A, C et K); chlorophylle.
Graines: Acides gras essentiels (jusqu’à 20 %); acides (cinnamique,
sinapique et vanillique); glucosinolates (sinalbine, sinigrine);
coumarine; mucilages; enzymes (myrosine et myrosinase se
dégradant en isothiocyanate d’allyle); protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antiscorbutique,
antiseptique, apéritive, carminative, cholagogue, émétique,
hypocholestérolémiante, parasiticide, révulsive.
APPLICATIONS: On prélève les jeunes feuilles tôt au printemps,
puis les fleurs autour de juin; à déguster en salade. On utilise les
siliques vertes en assaisonnement, ainsi que les graines séchées et
broyées, entre autres pour mieux digérer les protéines animales
(dans des plats comme les saucisses avec choucroute ou le
roastbeef). La plante entière est efficace en cataplasme en cas de
lumbago, mais aussi de bronchite et de fièvre aiguë. On choisit la
poudre en application analgésique et révulsive locale. La moutarde
est également un engrais écologique et naturel utilisé comme piège
à nitrates et vermifuge contre les nématodes.
ANECDOTE: Le Canada, le Népal et le Myanmar en sont les plus
importants producteurs et les Français, les plus grands
consommateurs. Selon les goûts, on produit de la moutarde blonde,
noire ou brune, plus orientale.
SINAPISME ADOUCI
Moutarde en poudre – 30 g (2 c. à soupe)
Farine de graines de lin – 20 g (4 c. à thé)
Tisane tiède de feuilles de molène bien filtrées – 200 ml (⁴/₅ tasse)
Carré de coton, tissu propre ou pellicule alimentaire
Coussin magique ou chauffant (facultatif)
Mélanger les ingrédients avec une cuillère de bois. Appliquer
la pâte uniformément dans le dos du patient couché sur le
ventre. Couvrir avec le carré de coton, le tissu ou la pellicule
alimentaire. Laisser agir de 30 minutes à deux heures. Plus
efficace avec une source de chaleur appliquée par-dessus, tel
un coussin magique ou chauffant. Sinapisme indiqué en cas
de bronchite aiguë, de fièvre, voire de lumbago et d’autres
douleurs dorsales inflammatoires.
MYOSOTIS
Famille des borraginacées
NOMS LATINS: Myosotis arvensis, palustris ou scorpioides
NOMS COMMUNS: Gromillet, ne m’oublie pas, oreilles de souris,
regardez-moi, scorpione
NOMS ANGLAIS: Forget me not, mouse ear
HISTORIQUE: Une légende persane dit qu’un ange, tombé
amoureux d’une mortelle, a eu comme pénitence de semer une
plante bénéfique pour tous. Il a choisi le myosotis et l’a répandu
partout sur terre, sauf aux pôles. Une autre légende du Moyen Âge
raconte qu’un chevalier s’est trop penché sur le bord d’une rivière
pour cueillir du myosotis pour sa belle. Ne sachant pas nager, il
aurait crié avant de sombrer: «Ne m’oubliez pas!» Étrangement, le
docteur et phytothérapeute français Binet le recommandait
justement contre la fatigue chronique.
DESCRIPTION: Plante vivace à tige centrale, comportant de
nombreuses divisions alternes avec des feuilles oblongues garnies
de poils. Ses fleurs sont regroupées en épis terminaux. Ce sont des
corolles bleu clair à 5 pétales et au cœur jaune. Parfois, selon le
type de sol, elles sont blanches ou rose pâle.
HABITAT: Bords des ruisseaux et fossés, prairies humides mais
ombragées de toutes les régions tempérées.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles et les fleurs terminales en début
de floraison.
APPLICATIONS: Comme draineur lymphatique, on utilise la
décoction en interne: une tige avec ses fleurs (environ 2 g) dans
250 ml (1 tasse) d’eau à peine frémissante. Sur les yeux en cas de
conjonctivite, sur le visage contre l’acné et le teint brouillé, on le
prend en compresses: une décoction très rapide de 4 à 5 g (1
c. à soupe rase) de fleurs, infusées dans 100 ml (1/3 tasse) d’eau et
filtrées. Le myosotis est mentionné dans le célèbre ouvrage de
Jonathan Hartwell Plants Used Againt Cancer: A Survey comme un
remède contre le cancer de la bouche, mais aussi des organes
génitaux.
Son élixir floral, réalisé avec les minuscules fleurettes bleu tendre,
symbolise l’amour tendre (comme envers un enfant ou une aînée,
par exemple) et soulage la mélancolie. Il permet de s’élever au-delà
des considérations terrestres trop pesantes. Il facilite l’oubli du
passé, apaise le cœur et favorise la finesse d’esprit.
COMPOSITION CHIMIQUE: Anthocyanes dans les fleurs surtout;
acides organiques; alcaloïdes; chlorophylle; vitamine (C); fer,
magnésium, potassium; principes amers.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anti-inflammatoire, antiseptique,
astringent, dépuratif sanguin et lymphatique, expectorant, fébrifuge,
nervin, tonique cérébral.
ANECDOTE: Le myosotis a autant servi d’emblème aux francs-
maçons germaniques, au début du XXe siècle, qu’ensuite à une
brigade nazie soi-disant dédiée aux nécessiteux. Plus récemment, il
fut choisi comme emblème commémoratif du génocide arménien,
puis pour une société néerlandaise active contre la maladie
d’Alzheimer, il évoque le tendre souvenir de ceux qu’on a aimés.
NERPRUNS
Famille des rhamnacées
NOMS LATINS: Rhamnus frangula ou Rhamnus cathartica; son
cousin proche est nommé Frangula dodonei
NOMS COMMUNS: Aune noir, bois noir, bois à poudre, bourdaine,
bourgène, bourgépine, épine de cerf, frange, rhubarbe des paysans
NOMS ANGLAIS: Buckthorn, black dogwood, frangula bark,
waythorn
HISTORIQUE: Au Moyen Âge, époque où on était obsédé par la
purification de l’âme et du corps, on découvrit les vertus purgatives
de la bourdaine, la variété la plus connue et répandue de nerprun,
pendant les Croisades au Moyen-Orient. On l’importa jusqu’en
Angleterre, où on nomma longtemps à tort ses fruits «french
berries». En écho aux assertions de Pietro de Crescenzi, médecin
italien célèbre au Moyen Âge, Cazin, Dodoens et, au XXe siècle, le
Dr Leclerc, tous d’illustres herboristes et médecins européens, sont
unanimes à désigner le nerprun comme un des meilleurs purgatifs
que la nature ait à offrir. La plupart en recommandent le jus ou les
sirops des fruits filtrés, sinon l’écorce séchée d’un an.
La bourdaine figure depuis trois siècles dans les Codex
pharmaceutiques anglais et français et elle faisait partie de la
célèbre formule anti-cancer de Harry Hoxsey, controversé herboriste
américain de la première moitié du XXe siècle. De récentes
recherches prouvent que l’émodine présente dans l’écorce des
rhamnacées a effectivement une action inhibitrice contre certaines
formes de leucémie. Le nerprun était utilisé comme pigment colorant
au Moyen-Orient, d’où cet arbuste origine. L’écorce donne une belle
teinte de jaune et les baies, un vert particulier. En Russie, on y
ajoutait des sels de fer pour obtenir un noir plus soutenu.
HABITAT: Tous les terrains dégagés, les sols humides et
sablonneux, les lisières des bois. Sa floraison odorante dure un
mois, entre mai et juin. Ses fruits noirs plaisent aux oiseaux, qui s’en
délectent, et son feuillage est l’un des derniers à tomber. Le nerprun
est peu sensible aux maladies, ne pousse pas très haut et comme il
s’adapte à plusieurs types de sol, son expansion est fulgurante. Pour
contrôler son développement, consultez le guide très complet de
l’Association forestière du sud du Québec au sujet du nerprun
bourdaine en visitant le www.afsq.org.
DESCRIPTION: Arbuste haut de 2 m à 4 m avec le tronc dressé.
Chez le sujet jeune, l’écorce est brun rougeâtre; chez l’adulte,
noirâtre et crevassée de blanc. Les feuilles alternes sont entières,
elliptiques et ovales, avec 5 à 8 paires de nervures parallèles et
saillantes. Les fleurs à odeur capiteuse sont des faisceaux
ombelliformes blanc verdâtre. Elles deviennent des fruits qui
mûrissent alternativement sur les plants, du vert au noir en passant
par le rouge, de la fin de l’été à l’automne.
PARTIES UTILISÉES: Les rameaux terminaux et l’écorce interne
(ou aubier) de l’arbuste sain d’au moins quatre ans d’âge. Le jus des
baies mûres, mais les graines filtrées doivent être envoyées au
rebut, pas au compost!
COMPOSITION CHIMIQUE: Écorce: anthraquinones (acide
chrysophanique); glucosides anthracéniques (émodine, franguline,
rhamnine); gomme; minéraux (fer, potassium, soufre); mucilages;
tanins. Baies: acide chélidonique; anthocyanes (catharticine;
émodine, gestérine, rhamnine et rhamnétine); tanins; acides gras
essentiels; vitamine (C).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydant, antiseptique,
cholérétique, dépuratif, émollient, laxatif, parasiticide, purgatif,
vermifuge, viricide.
APPLICATIONS: Tous les herboristes insistent sur l’impératif absolu
d’utiliser l’écorce interne de la bourdaine à condition qu’elle ait séché
depuis au moins un an; la rhamnotoxine irritante s’est alors oxydée
en anthraquinones cholagogues et laxatifs non caustiques pour les
intestins congestionnés. Le grand auteur français Pierre Lieutaghi la
recommande aux «spasmés intestinaux dont la sécrétion biliaire
laisse à désirer». La décoction séchée de l’écorce d’un an à raison
de 40 g (4 c. à thé) par litre (4 tasses) d’eau bouillie dix minutes est
conseillée aux constipés chroniques et occasionnels. On peut en
boire une tasse matin et soir sans danger d’irritation, même durant la
grossesse avancée.
Cette même décoction en triple concentration peut servir à
soigner les dartres, les champignons et de multiples parasitoses,
même chez les animaux, en lotion externe, répétée trois fois par
jour.
Le jus des baies (sans les graines, trop irritantes) est plutôt sucré.
Il peut être fraîchement pressé en pilant les baies au mortier ou au
robot, mais filtré dans de la gaze et dilué au moment même de son
utilisation, à raison d’une cuillerée à thé à la fois. Il peut également
servir de pigment colorant, vert avec les fruits immatures et bleu
avec ceux bien noirs; il est particulièrement efficace avec la laine
vierge.
IMPORTANT: Vu leur expansion fulgurante nuisant aux plantes
indigènes, les nerpruns sont considérés comme des espèces
exotiques envahissantes (EEE) et sont farouchement combattus
dans des campagnes d’arrachage méthodique. Je déconseille
absolument d’en cultiver, mais pourquoi ne pas s’en servir à bon
escient? Il s’agit surtout d’éviter sa propagation en l’empêchant de
fructifier et en lui coupant la lumière avec de l’enfouissement ou des
bâches opaques. Évidemment, aussi en le buvant et en en faisant
du vin, des gelées et des teintures-mères, entre autres.
ANECDOTE: En Allemagne, on appelait le nerprun «Pulverholtz» ou
«bois de poudre», car son bois pulvérisé servait de base aux
poudres à canon. Durant la Première Guerre mondiale, on le cultivait
intensivement au Québec, notamment dans la région de Windsor,
d’où il s’est répandu copieusement à travers tout le sud de la
province. De plus, les oiseaux qui en raffolent participent à la
dissémination de ses graines. La déforestation intensive et le
réchauffement climatique favorisent évidemment sa croissance
exponentielle.
PURGATIF INTEMPOREL AMÉLIORÉ
Eau pure – 1 litre (4 tasses)
Écorce de nerprun séchée six mois – 10 g (2 c. à thé)
Racine de patience – 10 g (2 c. à thé)
Mauve, feuilles et fleurs – 20 g (4 c. à thé)
Fleurs de camomille – 10 g (2 c. à thé)
Faire bouillir ce mélange durant 5 min dans une casserole
couverte en acier inoxydable. Laisser macérer 30 minutes et
filtrer. Boire 250 ml (1 tasse) tiède avant chaque repas ou
moins souvent, selon vos réactions. Se conserve trois jours au
réfrigérateur. Une cure prolongée de trois à dix jours vient à
bout des intestins les plus congestionnés.
Cette recette de laxatif doux aide à vidanger la vieille bile
accumulée dans la vésicule, une cause courante de
constipation. Elle est aussi le prélude à une cure de
désintoxication efficace et peut favoriser efficacement la perte
de kilos en trop, dus à la rétention des toxines autant qu’à celle
des graisses.
ORTIE DIOÏQUE
Famille des urticacées
NOM LATIN: Urtica dioica
NOMS COMMUNS: Grande ortie, ortie brûlante, ortie grièche, ortie
gringe, ortie piquante
NOMS ANGLAIS: Nettle, stinging nettle
HISTORIQUE: Les troupes de Jules César se frottaient le corps
avec de l’ortie pour se réchauffer lors de leurs campagnes
nordiques. L’écrivain romain Caius Pétrone affirmait qu’on augmente
la virilité de l’homme en le fouettant avec des branches d’ortie sous
les reins et sous le nombril. Pendant des siècles, on a aussi fouetté
le corps des rhumatisants pour expulser le mal.
Selon John Gerard, l’ortie est un merveilleux antidote contre les
plantes toxiques et, cuite avec de la myrrhe, elle est un puissant
diurétique. Albertus Magnus, l’alchimiste herboriste du XVe siècle,
affirmait qu’en trempant la main dans une décoction d’ortie, puis
dans un ruisseau, on attire les poissons en grand nombre (avis aux
pêcheurs!). L’ortie a une puissante aura magique; elle faisait partie
des herbes capables de chasser les démons, et on s’en servait pour
bénir les épées et les serpes pour les cueillettes rituelles. Au
XVIe siècle, en France, on buvait abondamment de la tisane d’ortie,
une mode lancée par le médecin de Marie-Antoinette.
Les Autochtones d’Amérique en faisaient boire aux femmes
enceintes pour fortifier l’enfant, ainsi que l’utérus et le sang de la
mère. Dans leur traité médical, King’s American Dispensatory, les
Éclectiques la conseillaient comme diurétique et pour soigner les
cystites et l’incontinence urinaire. Ils la disaient astringente,
hémostatique, et la recommandaient en décoction de plante fraîche
contre l’eczéma, les diarrhées et les hémorroïdes. De récentes
recherches allemandes, américaines et japonaises confirment son
efficacité contre l’hypertrophie bénigne de la prostate et les allergies
saisonnières.
Durant des siècles, on en a tiré une fibre très résistante pour en
faire des étoffes et des vêtements inusables, même s’ils sont un peu
rêches.
HABITAT: Les sols riches en azote, les vieux fumiers compostés
près des étables et des écuries, près des jardins, des maisons
abandonnées et les fossés.
DESCRIPTION: Herbacée vivace de 50 cm de hauteur avec une
solide tige fibreuse quadrangulaire et des feuilles dentelées
couvertes de poils urticants de silice pointus en forme de dard. Les
fleurs sont verdâtres, disposées en grappes dressées chez les
mâles, tombantes chez les femelles. Elles sont fixées aux axes des
feuilles lancéolées opposées et concentrées dans la partie
supérieure de la tige. Les graines sont des akènes nombreux et
ovoïdes, collés en grappes vertes puis brunes. La fécondation se fait
grâce au vent et à la projection du pollen mâle sur les fleurs femelles
accueillantes au bon moment, comme chez les mammifères!
PARTIES UTILISÉES: Toute la plante, mais surtout les feuilles avant
la floraison en mai et en juin, puis les fleurs et ensuite les graines à
la fin de l’été.
COMPOSITION CHIMIQUE: On y retrouve environ 320
composantes! Feuilles: flavonoïdes (rutine, astragaline, quercétol,
kaempférol et isorhamnétol); tous les minéraux (mais surtout:
calcium, fer, silice); acides (acétique, aspartique, butyrique,
cinammique, citrique, chlorogénique, férulique, formique, gallique et
malique); phytostérols (sitostérol); vitamines (A, B, C, E, K);
coumarine (scopolétol); histamine; lécithine; acétylcholine;
adénosine; azote; protéines; mucilages; chlorophylle. Racines:
lectines (en particulier 0,1 % d’UDA [Urtica Dioica Agglutinin]);
lignanes; polysaccharides (glycanes, glucogalacturonanes,
arabinogalactane); phytostérols (bêta-sitostérol, campestérol,
hydroxysitostérol); flavonoïdes (kaempférol, lutéoxanthine);
caroténoïdes (lycopène, violaxanthine); acide diénoïque et ursolique.
Fleurs et graines: acides gras essentiels (linoléique); phytostérols;
caroténoides; glycérol; huile essentielle (homovanilline, pinorésinol,
linalol, isorhamnetines, urticaterpènes 1-2-3).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antibiotique, antiallergique,
antirhumatismale, antiseptique, antidiabétique, antigoutteuse,
dépurative, fortifiante, galactagogue, nutritive, hémostatique,
minéralisante, tonique, vermifuge, révulsive.
APPLICATIONS: Cueillir les feuilles d’ortie un mois avant la
floraison, toujours avec des gants de jardinier et un sécateur. On
mange les très jeunes feuilles en soupe, en quiche ou en purée, ou
encore en décoction quand les feuilles sont trop avancées et
coriaces.
En tisane, 3 feuilles dans 250 ml (1 tasse) d’eau de 3 à 4 fois par
jour pour fortifier le sang et le nettoyer, combattre l’acidité ou
reminéraliser les enfants, les mamans allaitantes ou anémiques,
ainsi que les convalescents en général.
En teinture-mère (50 % de plantes, 100 % d’alcool, de vin ou de
vinaigre), prendre 7 à 15 gouttes 3 fois par jour. Elle est excellente
en cas d’allergies sévères, de rhumatismes, de fatigue intense et
d’anémie.
La racine en capsules ou en décoction est réputée pour soigner
les prostatites mineures.
En inhalation, 5 g (1 c. à thé) de feuilles d’ortie, 5 g (1 c. à thé) de
pousses de sapin dans 500 ml (2 tasses) d’eau. En cas de crise
d’asthme, inhaler la vapeur dans un récipient à bec ou au-dessus
d’un bol, le bas du visage entouré d’une serviette.
Une infusion de garienes d’ortie et de prêle (la moitié de la
quantité d'ortie) avec un peu de jus de citron ou de vinaigre peut
s’ajouter à l’eau de dernier rinçage pour les cheveux tombants, secs
ou dévitalisés.
ANECDOTE: «Si seulement le peuple connaissait ses multiples
usages: quand elle est jeune l’ortie est un bon légume, adulte ses
tiges font des cordes et étoffes très résistantes. En fourrage, elle fait
pondre les poules et se reproduire les vaches et ses semences font
briller les robes des chevaux. Sa racine bouillie donne une belle
teinture jaune doré. Décidément l’ortie donne beaucoup pour le peu
qu’elle demande!»
(Victor Hugo, Les Misérables)
TISANE DU BON SANG
Feuilles de plantain – 20 g (1 c. à soupe)
Feuilles d’ortie – 40 g (2 c. à soupe)
Feuilles de menthe – 60 g (3 c. à soupe)
Eau – 250 ml (1 tasse)
Faire bouillir les feuilles fraîches, si possible, pendant 3 min. Si
elles sont séchées, simplement les infuser.
À consommer chaude avant le petit-déjeuner et le repas du
midi pour enrichir le sang, drainer les reins, soigner les
allergies ou les troubles de la prostate. Prendre en cure
ponctuelle de 2 à 3 semaines d’affilée.
OXALIDE
Famille des oxalidacées
NOMS LATINS: Oxalis stricta (prés) ou Oxalis montana ou O.
acetollosa (forêts)
NOMS COMMUNS: Alléluia, pain d’oiseau, pain de coucou, surette,
vinaigrette, oseille du bûcheron
NOMS ANGLAIS: Fairy bell, cuckoo’s meat, hallelujah, surell, wood
sorrel, wood sour
HISTORIQUE: Son nom vient du grec oxys qui signifie «acide» et du
latin acetosella qui veut dire «sel de vinaigre». L’oxalide et surtout
ses trois feuilles réunies ont été choisies par saint Patrick comme
l’emblème de l’Irlande, le shamrock.
Les peintres de la Renaissance la dessinaient comme symbole de
La Trinité. Fra Angelico l’intégrait souvent dans ses tableaux.
Mme Grieve, dans The Modern Herbal, affirme que les peuples
nordiques la consommaient en salade et en soupe. Aujourd’hui, les
Russes l’utilisent pour soigner les catarrhes, les fièvres, les
hémorragies et les infections urinaires. Selon John Gerard, l’oxalide
est meilleure que l’oseille. Crue, elle redonne l’appétit et tonifie les
estomacs faibles et malades. Les apothicaires ont longtemps
fabriqué les «sels de citron» en faisant évaporer le suc de l’oxalide:
3 kg (6 lb) de jus donnaient 60 g (2 oz) de cristaux faits d’un
combiné d’acide citrique et oxalique.
HABITAT: Les lieux humides, ombragés, acides et sablonneux des
champs et des forêts.
DESCRIPTION: Petite plante vivace hermaphrodite qui pousse en
touffes et souvent en colonies. Les feuilles vert tendre en forme de
cœur sont regroupées par trois. Les fleurs ont cinq pétales, jaunes
en Amérique (variété stricta), et blanches veinées de rose en Europe
(variété acetosella).
PARTIES UTILISÉES: Toute la plante, mais surtout les feuilles et les
fleurs, du printemps aux gelées.
COMPOSITION CHIMIQUE: Acides (ascorbique et oxalique);
provitamine (A) et vitamine (C); anthocyanes; chlorophylle;
mucilages; minéraux (chlore, magnésium, phosphore, silice, oxalate
de potassium).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydante, dissolvante, révulsive,
laxative, apéritive, digestive, antiscorbutique, tonique, cholagogue,
cholérétique, diurétique, dépurative, hémostatique, reminéralisante.
Comme les anciens sages, les enfants adorent la surette. Leur instinct ne les
trompe pas: l’acidité de la plante nettoie l’organisme en profondeur.
APPLICATIONS: Pendant l’été, comme source de vitamines et
d’acides toniques immunitaires, la manger en salade, comme
trempette à crudités ou en sauce froide pour accompagner les
viandes ou les poissons difficiles à digérer. Pour faire de la
limonade, hacher les feuilles et sucrer: 30 g (1 oz) de feuilles dans
1 litre (4 tasses) d’eau. Avec 500 g (2 tasses) de sucre de canne
dans 1 litre (4 tasses) d’eau, laisser fermenter 24 heures à 20 °C et
filtrer. Cette tisane se garde au frais pendant 8 jours; elle est
rafraîchissante, stomachique et tonique.
Réduite en bouillie et en cataplasme, elle soigne les bosses, les
plaies, les brûlures et même les taches brunes et les tumeurs
malignes de la peau.
Le suc frais est excellent pour soigner les catarrhes, les fièvres et
les hémorragies. Pour garder ses vertus intactes, l’idéal est d’en
faire une teinture-mère au vinaigre, au vin ou à l’alcool.
MISE EN GARDE: Éviter les cures d’oxalide en cas de goutte, de
lithiase urinaire, de déminéralisation et de vers ‒ il paraît qu’elle les
fait engraisser! Se limiter à 400 mg ou une foliole fraîche (trois par
tige) par kg de poids (celui de la personne qui en consomme), en
salade ou en trempette.
ANECDOTE: En Europe, on appelle l’oxalide «alléluia» parce qu’elle
fleurit au printemps, à Pâques, et «pain de coucou», car cet oiseau
en raffole et chante au moment de la première floraison!
SAUCE FROIDE ACIDULÉE
Feuilles d’oxalide fraîches – 20 g (1 tasse)
Ail – 1 gousse
Crème sure – 125 ml (1/2 tasse)
Basilic – 3 feuilles
Sel, poivre – Au goût
Passer le tout au mélangeur, servir frais avec du bœuf, du
saumon, des asperges ou des crudités.
PATIENCES
Famille des polygonacées
NOMS LATINS: Rumex crispus fenestratus, obtusifolius et ssp.
NOMS COMMUNS: Chou de Paris, herbe à cochon, épinard
perpétuel, oseille de vache, pain de crapaud, patience de jardin,
rumex sanguin, parelle
NOMS ANGLAIS: Curled dock, parell, patience herb, sour dock,
yellow dock
HISTORIQUE: Depuis longtemps, les Autochtones d’Amérique
utilisent la patience crépue comme aliment de survie et en cure de
purification à la fin de l’hiver.
Culpeper, Paracelse et, avant eux, les moines de l’école de
Salerne ont tous employé la patience contre les humeurs bilieuses,
le sang noir, les pustules et les scrofules de toutes sortes. Voici ce
qu’en disait Culpeper: «La patience crépue est sous les auspices de
Jupiter comme toutes celles du genre et sont toutes asséchantes
mais rafraîchissantes et utiles contre toutes les fuites anormales des
fluides vitaux, de l’excès de bile aux fuites de sang, et la semence
bouillie est la meilleure partie pour ces usages. Les racines, elles,
soignent toutes les démangeaisons et ruptures de la peau et leur
eau distillée lavera les taches de rousseur.»
Dans plusieurs Codex, notamment l’américain et le français, on
décrit la patience comme cathartique, laxative, dépurative et un
tonique fiable. Les grands herboristes américains Jethro Kloss, Alma
Hutchens et Penny C. Royal l’utilisent couramment comme
antiseptique en usage externe, et comme cholagogue et tonique en
usage interne.
L’académie de Minsk la recommande en cataplasme contre les
brûlures, les ulcères et les plaies infectées tenaces. Marie Provost la
dit idéale pour nettoyer l’utérus en cas d’infection ou d’hémorragie,
et comme aseptisant et régénérant postnatal sous forme de douche
vaginale.
HABITAT: Partout dans l’hémisphère Nord, sauf dans les climats
très froids, dans les endroits humides et ombragés, incultes et
pierreux, dans les friches, sur les remblais et au bord des fossés.
Elle pousse souvent en colonies, visibles de loin en raison de sa
crinière rousse très fournie.
DESCRIPTION: Plante vivace très robuste de 1 m de hauteur
pourvue d’une tige centrale cannelée et de grandes feuilles alternes
et lancéolées. Les sommités fleuries de couleur rouille sont
disposées en grappes. Le fruit est un trigone pyramidal qui contient
3 graines. La racine pivotante est brune à l’extérieur et jaune doré à
l’intérieur.
La patience est un symbole de générosité, de ténacité et de fertilité. Un seul
plant produit 30 000 graines qui peuvent attendre 50 ans pour germer!
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles, du printemps à l’été, et surtout la
racine, récoltée en automne ou au printemps, plus rarement les
graines.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: flavonoïdes (avicularine,
catéchines et épicatechines, hyperoside, quercétine, rutine);
vitamines (A, B, C); chlorophylle; monosaccharides (galactose,
glucose); minéraux (fer, magnésium); protéines. Racines:
anthraquinones (chrysophanéine, émodine, franguline, rhéochrysine,
rumicine, népodine et néposides); tous les minéraux; Graines:
fibres; tanins; acide érucique; acides gras; phytostérols (bêta-
sistostérol), protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Apéritive, digestive, astringente,
cicatrisante, cholérétique, cholagogue, dépurative, diurétique,
emménagogue, laxative, purgative, nutritive, tonique, pectorale,
mucolityque, reminéralisante, immunostimulante, tonique utérin.
APPLICATIONS: La feuille ramollie à la vapeur est un bon
cataplasme en cas de problèmes infectieux de la peau: acné, dartre
et eczéma. On peut aussi manger la feuille jeune crue en salade
(3 feuilles maximum par portion) ou bouillie et bue en décoction
pendant quelques jours pour purifier le foie et le sang.
La racine agit plus particulièrement sur le système digestif
inférieur et les intestins, qu’elle aide à régulariser. Pour un effet
laxatif, 15 g (1 c. à soupe) de racine dans 250 ml (1 tasse) d’eau;
comme astringent, 5 g (1 c. à thé) dans 250 ml (1 tasse) d’eau.
Prises régulièrement (à raison de 1 c. à thé dans 250 ml ou
1 tasse d’eau), la racine et les graines bouillies ou en teinture-mère
combattent l’anémie, renforcent le système nerveux et augmentent
la fertilité, surtout celle des femmes.
MISE EN GARDE: À cause de sa haute teneur en acide oxalique et
en fer, la patience est déconseillée aux personnes souffrant de
rhumatismes, d’hypersidérémie (trop de fer dans le sang),
d’ostéoporose et de pierres aux reins, ainsi qu’aux femmes
enceintes.
ANECDOTE: La patience personnifie la bonté d’une mère et rend le
cœur plus tendre tout en renforçant le sang.
SIROP NAVAJO
Eau – 1 litre (4 tasses)
Racines fraîches de patience – 300 g (2 lb)
Miel de fleurs sauvages – 500 g (2 tasses)
Faire bouillir lentement les racines jusqu’à évaporation de la
moitié de l’eau. Filtrer et faire fondre le miel dans le liquide en
chauffant très légèrement. Conserver ce sirop au frais, il est
idéal en automne pour soigner les maladies respiratoires.
Prendre 5 ml (1 c. à thé) 3 fois par jour comme sirop pectoral,
cholagogue et laxatif.
PENSÉE SAUVAGE
Famille des violacées
NOM LATIN: Viola odorata ou canadensis
NOMS COMMUNS: Petite pensée, pensée des champs, fleur de La
Trinité, fleur de Notre-Dame, violette des champs
NOMS ANGLAIS: Ladies’ delight, wild pansy, heart’s ease, Johnny
jumper, stepmother
HISTORIQUE: Hippocrate recommandait la pensée sauvage contre
les céphalées et les migraines, Dioscoride contre l’hyperacidité
stomacale. Elle doit son nom à François Quesnay, médecin de Louis
XV, qui en fit l’emblème de son blason. John Gerard la disait très
efficace contre les fièvres et les convulsions des enfants, pour
soigner les problèmes de peau et les poumons en général.
Aux États-Unis, les Éclectiques la considéraient comme un
puissant régénérant de la peau. En France, au XVIIe siècle, le sirop
Violat était très utilisé pour ses vertus émollientes et pectorales. Il
est traditionnellement reconnu comme remède puissant pour traiter
l’arthrite rhumatoïde, la goutte et les rhumatismes en général, à
condition d’en faire une cure prolongée.
HABITAT: Les terrains vagues, les champs en jachère et au bord
des jardins quand ils sont cultivés, les sols meubles et riches en
nitrates. Tous les lieux où elle pousse doivent être ensoleillés.
Dans Songe d’une nuit d’été, Shakespeare a consacré quelques vers à la
pensée sauvage:
«Je remarquai où le trait de Cupidon se posa Il tomba sur une petite fleur
d’Occident Autrefois blanche comme le lait Aujourd’hui empourprée par sa
blessure Que les jeunes filles appellent pensée d’Amour.»
DESCRIPTION: Plante de 15 cm à 30 cm de hauteur constituée
d’une tige centrale d’où partent plusieurs tiges secondaires servant
de longs pétioles aux fleurs. Celles-ci ont toujours trois couleurs de
base: violet sur le pourtour, jaune plus vif vers le bas, jaune pâle
vers le haut. La fleur, héliophile, se replie sur elle-même par temps
couvert. Les feuilles sont ovales et fixées par trois à l’aisselle des
tiges secondaires.
PARTIES UTILISÉES: Toute la plante mais surtout les fleurs.
COMPOSITION CHIMIQUE: Anthocyanes (violaémétine, violanine,
violine, violaxanthines, violaquercétine, violarutine); glucosides;
acide salicylique et salicylate de méthyle; saponines; tanins; huile
essentielle; mucilages; vitamines (A, C).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antiseptique, antihistaminique,
dépurative, cicatrisante, diurétique, antiurique, émolliente, laxative,
fébrifuge, diaphorétique, expectorante, régénérante, sédative,
vulnéraire.
APPLICATIONS: On consomme surtout les fleurs crues en salade
ou pour décorer les desserts. En tisane ou en macération froide,
infuser 3 fleurs dans 250 ml (1 tasse) d’eau, elles guérissent les
fièvres. On peut ajouter de la tisane de fleurs très légère (1 g par
tasse) dans le biberon des nourrissons. Elle traite les croûtes de lait,
la constipation ou les fièvres au moment où ils font leurs dents. Elle
purifie aussi le sang et le lait des jeunes mamans, mais donne à
l’urine une odeur de pipi de chat!
La plante entière fraîche en décoction (une poignée de plantes
fraîches, ou 20 g si elles sont sèches, pour 500 ml ou 2 tasses
d’eau) est dépurative (sang et peau). Pour faire un cataplasme, on
utilise 125 ml de tisane et 250 g d’argile. Appliquer en cas d’acné, de
kystes, d’eczéma ou de plaies infectées. Parfois de simples
compresses sont plus pratiques.
Prendre une décoction (1 c. à thé pour 250 ml ou 1 tasse) de
racine de bardane, de feuilles de consoude et de fleurs de pensée
sauvage en traitement continu en cas de maladie de peau chronique
ou en cure de changement de saison: 750 ml (3 tasses) par jour, de
préférence avant chaque repas.
ANECDOTE: L’absorption de l’élixir floral de pensée sauvage, ou
simplement sa contemplation, protège le système immunitaire des
attaques virales et active l’hémisphère droit du cerveau, le siège de
l’intuition et des pensées créatrices, voire sauvages!
LAIT RÉGÉNÉRANT
Plants de pensée sauvage fraîche ou – 3
Plante sèche – 5 g (4 c. à soupe)
Lait frais entier – 250 ml (1 tasse)
Plonger la plante dans le lait et amener à ébullition. Laisser
macérer 20 min. Filtrer et appliquer pur sur les parties à traiter,
2 à 3 fois par jour. Ce lait se garde 3 jours seulement au
réfrigérateur. Il est merveilleux contre les croûtes de lait, les
dartres, les boutons et les plaies infectées.
PERVENCHE
Famille des apocynacées
NOMS LATINS: Vinca minor et sp.
NOMS COMMUNS: Bergère, herbe au pucelage, violette des morts,
violette des sorciers
NOM ANGLAIS: Periwinkle
HISTORIQUE: Son nom vient du latin vincere qui signifie «vaincre»,
car cette plante est très résistante et survit aux températures
extrêmes. On en faisait des couronnes pour orner les jeunes
femmes décédées, d’où son surnom de violette des morts. Sur une
note plus légère, on la conseillait en bain de siège ou en douche
vaginale aux «fausses vierges» pour réparer l’hymen. L’extrait de sa
cousine, la pervenche rose de Jamaïque ou de Madagascar (Vinca
rosea), est homologué par les instances médicales universelles et
largement utilisée en endocrinologie et en oncologie depuis le début
du XXe siècle.
HABITAT: Échappée de jardins, zones semi-ombragées, sol meuble,
en grande colonie autofertile durant des années.
DESCRIPTION: Plante vivace à feuillage vert foncé luisant et à
longues tiges rampantes. Ses fleurs, couleur bleu pervenche,
possèdent cinq pétales asymétriques au bout d’un long pédoncule.
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes: feuilles, fleurs et tiges.
COMPOSITION CHIMIQUE: Alcaloïdes (alstonine, vinblastine,
vincamine, vincristine); acide protocachétique; chlorophylle;
glucosides; fibres; résine; tanins; provitamines (A, C); fer.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Amère, anticoagulante,
antioxydante, antiseptique, aphrodisiaque, dépurative, diurétique,
fébrifuge, hémostatique, hypoglycémiante, hypotensive,
ophtalmique, tonique cérébrale, vasodilatatrice, vulnéraire.
APPLICATIONS: Utiliser la décoction de la plante entière comme
rince-bouche ou en compresse contre les plaies infectées: une tige
avec folioles et une fleur par 125 ml (1/2 tasse) d’eau. Avec les
fleurs en particulier, infusées 2 à 3 à la fois, en cure brève comme
tonique veineux et en cure ponctuelle contre le manque d’énergie,
les pics de glycémie et les pertes de concentration. La teinture-mère
des fleurs et des feuilles est recommandée en cure ponctuelle
(10 gouttes dans de l’eau avant les repas) le matin et le midi pour les
problèmes de peau, et pour activer la circulation cérébrale et la
mémoire.
MISE EN GARDE: Éviter en cas d’hypoglycémie, de prise de
médicaments hypotenseurs ou anticoagulants, ainsi que pour les
femmes enceintes et allaitantes.
ANECDOTE: Dans le langage des fleurs, la pervenche représente la
mélancolie, la tendresse durable, mais aussi la résilience. En
médecine populaire, on la disait efficace en protection contre les
mauvais sorts, les poisons, les bêtes féroces et les serpents
venimeux.
CORDIAL PROCIRCULATOIRE
Vin doux à 15-20 degrés (Porto, Frontignan, Madère…) – 750 ml
(3 tasses)
Feuilles fraîches de pervenche broyées – 75 g (1 tasse)
Laisser macérer un mois. Filtrer soigneusement. Boire 15 à
20 ml, pur ou dilué, avant le déjeuner et le dîner en cas de
fatigue, de troubles de concentration ou de mauvaise
circulation.
PILOSELLE
Famille des astéracées
NOMS LATINS: Hieracium pilosella, Hieracium pratense ou Pilosella
aurantica
NOMS COMMUNS: Épervière piloselle, oreille de souris, oreille de
rat, veluette
NOMS ANGLAIS: Hawkweed, mouse ear
HISTORIQUE: La piloselle doit son nom d’«épervière» à une
croyance populaire qui veut que les éperviers frottent les yeux de
leurs petits avec cette plante pour soigner les infections, et qu’ils en
mangent aussi pour aiguiser la vue. Sainte Hildegarde la considérait
comme tonique du cœur. Selon Culpeper, les feuilles fraîches
broyées et appliquées en cataplasme referment n’importe quelle
plaie; en poudre, elle fait merveille contre les ulcères, surtout ceux
de la bouche.
Au XVIIIe siècle, le Dictionnaire de Trévoux, écrit par les jésuites, la
dit détersive et vulnéraire, et la recommande contre la jaunisse, la
rétention d’eau, les ulcères, la phtisie et la tuberculose.
L’abbé herboriste suisse Kunzle conseillait d’ajouter sa fleur
séchée en poudre dans un œuf à la coque pour ramener l’appétit
aux convalescents. Le Dr Leclerc et d’autres éminents
phytothérapeutes français confirment ses qualités hypotensives,
cholérétiques et diurétiques.
HABITAT: Les terres pauvres, calcaires ou siliceuses, les friches
abandonnées.
DESCRIPTION: Petite herbe vivace aux fleurs jaune vif semblables
à celles du pissenlit. Le fruit est un akène cylindrique. Toute la plante
est couverte d’un fin duvet blanchâtre, surtout les feuilles basales
disposées en rosette. L’épervière orangée, sa cousine, qui fleurit en
même temps et qui a des vertus très similaires, lui ressemble
beaucoup et pousse souvent près d’elle, surtout en Amérique du
Nord. Le laiteron maraîcher et particulièrement le léotodon
d’automne s’apparentent à la variété jaune de l’épervière, mais
fleurissent en fin d’été.
La piloselle est un draineur méconnu, idéal pour se débarrasser des déchets
organiques et nettoyer ses artères et émonctoires.
PARTIES UTILISÉES: Toutes les parties aériennes, mais surtout le
capitule au début de la floraison, au début de l’été.
COMPOSITION CHIMIQUE: Flavonoïdes (apigénine, lutéoline,
xanthines); coumarines (ombelliférone); acides (caféique,
chlorogénique, citrique, lactique, succinique); fructanes (inuline);
principes amers.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydante, apéritive, astringente,
anticoagulante, antiseptique, antifongique, béchique, cholagogue,
diurétique, lithotritique, fébrifuge, hémostatique, hypotensive,
hypocholestérolémiante, sudorifique, ophtalmique, tonique,
vermifuge.
APPLICATIONS: En décoction, 20 g (1/2 tasse) de plante fraîche
dans 1 litre (4 tasses) d’eau. Boire toute la quantité durant la journée
avec un peu de miel pour soigner les maladies infectieuses
pulmonaires, en particulier la coqueluche. Des compresses répétées
soulagent les infections oculaires bactériennes, conjonctivites et
orgelets. C’est aussi une des meilleures plantes anti-uriques et
diurétiques contre les œdèmes.
On peut faire sécher les feuilles et les réduire en poudre, à
appliquer en cas de plaies suppurantes.
Les fleurs se sèchent difficilement, il vaut mieux en faire une
teinture-mère dans l’alcool ou le vinaigre.
ANECDOTE: Olivier de Serres, ministre de l’Agriculture sous Henri
IV, recommandait de frotter la lame des couteaux et des épées avec
le latex de la plante pour trancher aussi bien le bois que le fer.
VIN DISSOLVANT
Fleurs et tiges fraîches de piloselle – 60 g (1 tasse)
Vin blanc – 500 ml (2 tasses)
Bocal – 1
Placer la piloselle dans le mélangeur avec le vin et broyer
pendant 20 secondes. Laisser macérer 1 mois à l’abri de la
lumière. Filtrer soigneusement.
Prendre en cure intensive pendant 3 jours: 1 cuillerée à
soupe 3 fois par jour avec beaucoup d’eau distillée ou
déminéralisée. L’utiliser en cure drainante d’une semaine au
moins (20 à 30 gouttes 3 fois par jour avant les repas) contre
la constipation, la fièvre, l’engorgement hépatique, le manque
d’appétit et même les crises d’arthrite et de colique
néphrétique ou hépatique.
PISSENLIT
Famille des astéracées
NOM LATIN: Taraxacum officinale
NOMS COMMUNS: Dent de lion, florin d’or, laitue des chiens,
chopine, cochet, cochonnet, groin de porc, tête de moine, tête de
moineau
NOMS ANGLAIS: Dandelion, lion’s tooth, cankerwort, piss-a-bed,
priest crown, puffball, swine snout, wild endive
HISTORIQUE: Les Chinois et les médecins ayurvédiques utilisent le
pissenlit depuis des millénaires contre toutes sortes d’infections
(rhume, pneumonie, etc.), pour soigner les maladies hépatiques et
celles causées par une mauvaise gestion des gras (athérosclérose,
cancer du sein, etc.). En Occident, on commence à le mentionner
sous le nom d’«urinaire» seulement au Moyen Âge. Selon la théorie
des signatures, la fleur jaune du pissenlit est un remède majeur pour
assainir le foie et favoriser la fabrication de la bile. Culpeper la
recommande comme herbe de prédilection pour soigner tous les
«désordres malins du corps».
Cette plante aurait été apportée aux États-Unis au début de la
colonisation européenne au XVIe siècle par les immigrants allemands
(les évangélistes) et anglais (les fondamentalistes) pour se nourrir et
comme remède pour le foie et les reins. Au Brésil comme au
Québec, en Alsace comme en Italie, tous les amoureux de la nature
mangent les feuilles en salade pour se nettoyer et se tonifier. Des
études anglaises, chinoises et suisses confirment ses vertus
antidiabétiques, cholagogues et diurétiques exceptionnelles.
HABITAT: Les pelouses peu traitées, les friches et les pâturages
humides, mais aussi les terrains vagues des villes et les prairies
maigres des montagnes. Grâce au mouvement «Mai sans
tondeuse», il prolifère à nouveau dans les pelouses, même urbaines,
pour le bonheur des abeilles et des herboristes!
DESCRIPTION: Plante vivace de 15 cm à 50 cm de hauteur qui
porte des feuilles aux dents irrégulières disposées en rosette autour
de la tige. La fleur, qui s’épanouit de mai à juillet, est jaune or. Elle
est en fait constituée de 200 fleurs minuscules regroupées sur un
unique capitule. La racine double est faite d’un rhizome brun foncé
et charnu et d’une racine pivotante gorgée de latex. Les fruits sont
des akènes disposés en forme de parasol.
PARTIES UTILISÉES: Toute la plante, mais surtout les feuilles au
printemps, quand leur base est encore blanche et la tige centrale
absente, ensuite les boutons floraux de la base, puis le latex, puis
les fleurs tout juste épanouies. Finalement, la racine au printemps ou
en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: On y retrouve environ 280
composantes! Feuilles et tiges: flavonoïdes (apigénine);
polysaccharides (arabinose); phytostérols (bêta-sitostérol et
campestrol); vitamines (A, B, C, D, E); glycosides; acides
(asparginique, caféique, caprique, cinamique, chlorogénique,
férulique, tartarique, traraxinique et scopolétique); principes amers
(lactones sesquiterpéniques: taraxacine et taraxacétine); latex à
lactusérol; minéraux (calcium, fer, magnésium, manganèse, iode).
Fleurs: flavonoïdes: (isorhamnétine, quercétine); caroténoïdes
(antéraxanthine, lutéine, flavoxanthine, taraxanthine, violaxanthines);
coumarine (esculétine); phytohormones: acides (férulique,
jasmonique et vanillique); huile essentielle. Racines:
polysaccharides (inuline, fructose); lactones sesquiterpéniques ou
principes amers (taraxacine et taraxacétine); bêta-
fructofuranasidases; pectine; lécithine; fibres; huile essentielle;
minéraux (tous mais surtout du potassium); oligo-éléments (cobalt,
cuivre, nickel, sélénium, silice); acides phénoliques (caféique, p-
coumarique, férulique, p-hydroxybenzoïque); mucilages, pectine;
phytostérols (sitostérol, stigmastérol, pseudotaraxastérol,
taraxastérol); taraxacosides; coumarines (scopolétol, esculétol,
cichoréine); acides gras (linoléique, linolénique, oléique); sucres.
Quelques chiffres incroyables: le pissenlit est butiné par 93 sortes
d’insectes; au cours de l’hiver 1907, il s’est vendu 30 tonnes de racines au
marché de New York, et il en existe environ 60 variétés à travers le monde!
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antioxydant, antiscorbutique,
antifongique, cholagogue, cholérétique, dépuratif, reminéralisant,
hypoglycémiant, diurétique, lithotritique, nutritif, tonique amer,
ophtalmique et vulnéraire.
MISE EN GARDE: Les bilieux, colitiques, diabétiques et
hypertendus, surtout s’ils sont médicamentés, doivent éviter le
pissenlit à haute dose ou en cure prolongée.
APPLICATIONS: La racine extraite au printemps et à l’automne est
la partie la plus intéressante pour drainer les toxines, surtout biliaires
et hépatiques, et pour nettoyer les reins. On peut la consommer
fraîche et râpée dans une salade, bouillie ou cuite à la vapeur, ou
même torréfiée à la poêle ou au four comme un café de céréales. En
teinture-mère (entre 15 et 20 gouttes dans de l’eau 3 fois par jour),
elle est diurétique et cholérétique. Pour la faire sécher, la laver puis
l’étaler sur une claie, à l’ombre, dans un endroit bien aéré, pendant
environ deux semaines, sinon au four à faible température ou au
déshydrateur.
Manger les feuilles fraîches en salade est la meilleure façon d’en
conserver les propriétés. On peut les ajouter à une soupe, à une
omelette ou à une potée. En teinture-mère ou séchées, elles sont
dépuratives et soignent les maladies de peau, l’anémie et la
déminéralisation.
On utilise le latex pur sur les verrues ou même sur les plaies
infectées et, à moitié dilué, pour traiter les infections oculaires.
Répéter les applications. Prendre une tige fraîche pour chaque
application. La feuille de pissenlit est un bon nettoyant du système
lymphatique, résorbe les œdèmes, combat la cellulite et stimule le
système immunitaire.
Mangée crue, en décoction, en teinture-mère et en vin médicinal,
la fleur est indiquée contre la rétention biliaire et la constipation.
ANECDOTE: Selon une ancienne croyance magique, si on s’enduit
le corps de jus de pissenlit, on s’attire la sympathie de tous nos
semblables. Si on souffle sur un parasol de graines dans la direction
de l’être aimé, toutes nos pensées lui parviendront!
VIN DE PISSENLIT
Eau bouillie – 4 litres (16 tasses)
Fleurs de pissenlit cueillies vers midi lors d’une journée
ensoleillée – 250 g (4 tasses)
Oranges non traitées – 2;
Citrons non traités – 2
Miel (de pissenlit, si possible) – 1,5 kg (3 lb)
Levure sèche à vin blanc – 15 g (1 c. à soupe)
Verser l’eau bouillie sur les fleurs. Diluer le miel dans le
mélange. Couper les agrumes en cubes et les ajouter au
mélange. Laisser fermenter le tout dans une jarre en grès ou
dans une grosse cruche en verre dans un endroit sombre, à
20 °C, pendant 3 semaines, en brassant avec une palette en
bois tous les 2 ou 3 jours. Quand la fermentation est finie,
filtrer avec du coton à fromage très propre. Embouteiller le vin
et fermer avec des bouchons en liège.
Laisser vieillir au frais pendant au moins 9 mois.
Ce vin est excellent pour la vésicule biliaire, la goutte et
l’acide urique, et est très indiqué en cas de condition
prédiabétique.
En boire la moitié d’un verre avant les repas, c’est délicieux,
apéritif, original et ravigotant!
Pour les paresseux et les pressés, voici la recette modifiée:
laisser macérer 60 g (1 tasse) de fleurs dans 1 litre (4 tasses)
de vin blanc pendant 1 mois. Filtrer et sucrer au goût. C’est
prêt!
PLANTAINS
Famille des plantaginacées
NOMS LATINS: Plantago major ou Plantago lanceolata
NOMS COMMUNS: Bonne mère, herbe de Saint-Joseph, herbe à
sept côtes, herbe aux piqûres, œil de chien, oreille de lièvre, queue
de rat, pulicaire
NOMS ANGLAIS: Plantain, black jack, lambstongue, kembs,
quinquenervia
HISTORIQUE: Dioscoride et Galien ont vanté les vertus
cicatrisantes, ophtalmiques et vulnéraires du plantain. Pline disait de
lui qu’il guérit pas moins de 24 maladies. Dans son Traité des
maladies des femmes avant et après l’accouchement, Trotula,
guérisseuse et sage-femme, conseille le plantain contre les
hémorragies utérines et assure même qu’il peut restaurer «le
fondement de la femme» au point de lui rendre l’apparence de la
virginité. En Angleterre, pendant longtemps, on a vendu des graines
de plantain afin de les semer dans les collines pour nourrir les
moutons. Les médecins français de la Renaissance prenaient de la
racine bouillie contre les fièvres intermittentes et fabriquaient un
collyre avec les graines trempées, collyre encore utilisé aujourd’hui.
Laissons parler l’abbé Kneipp: «Le plantain referme les plaies
béantes comme par une couture de fil d’or car de même que l’or
n’accepte pas la rouille ainsi le plantain n’admet pas de pourriture ni
de chair mortifiée!»
Au Québec, le Dr Aldéi Lanthier, généraliste et phytothérapeute,
soutient que le plantain augmente la coagulabilité du sang et rend de
grands services aux hémophiles, aux entériques et même aux
tuberculeux en favorisant la régénération des capillaires et des
muqueuses. La graine d’un plantain du sud, le psyllium (ou
ispaghul), est un laxatif non irritant très connu, commercialisé entre
autres sous le nom de Metamucil.
HABITAT: Les lieux incultes proches des habitations humaines, les
sols pauvres et au bord des chemins, toujours dans des endroits très
ensoleillés.
DESCRIPTION: Herbe vivace de 20 cm à 40 cm de hauteur dont les
feuilles vert foncé arrondies (P. rotundifolia) ou allongées (P.
lanceolata) sont rattachées à la même base. Les minuscules fleurs
vertes qui garnissent les tiges centrales deviennent des graines.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles au printemps et en été, les
graines mûres en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: mucilages (D-galactose, L-
arabinose); iridoïdes (aucuboside, catalpol, aspéruloside,
globularine); flavonoïdes (apigénine, lutéine, baïcaléine); allantoïne;
tanins; phytostérols (bêta-sitostérol); alcaloïdes (indicaïne); acides
(ascorbique, benzoïque, caféique, cinamique, fumarique,
géniposidique, gentisique, ursolique, salicylique, succinique et
vanillique); vitamines (A, C, E); sucres (glucose, sorbitol, xylose);
chlorophylle; minéraux (magnésium, fer); fibres. Graines: acides
gras (linolénique, oléique); mucilages; sucres; fibres; protéines;
beaucoup de minéraux et d’oligo-éléments; vitamines (B, thiamine
en tête).
Cette plante commune est très résistante: ses nervures ont même servi à
tisser des vêtements.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anti-inflammatoire, antioxydant,
antihistaminique, antiseptique, analgésique, astringent,
hémostatique, béchique, pectoral, émollient, laxatif, ophtalmique,
régénérant, nutritif, revitalisant, cicatrisant, vulnéraire.
APPLICATIONS: On utilise les feuilles broyées ou mâchées
appliquées directement contre les piqûres d’insectes, les plaies et
les infections de toutes sortes. En décoction, en tisane ou en
teinture-mère, contre les maladies du sang (anémie, basse pression,
hémophilie), les infections à répétition, et toutes les pathologies
aiguës et chroniques de la gorge et des poumons. À preuve, les
fameux bonbons suisses Ricola en contiennent.
Les graines remplissent un rôle d’éponge ou de balai des
muqueuses, surtout des intestins. Faire tremper les graines dans
10 fois leur volume d’eau. Les laisser macérer au moins 1 h (à moins
de les moudre avant) pour leur permettre de gonfler. Pour en faire
une lotion pour les yeux, bien filtrer le mélange.
ANECDOTE: Au Québec, les Autochtones l’appellent le «pas de
l’homme blanc», car ce sont les colons qui l’ont apporté avec leurs
semences de céréales. En France, on l’appelle l’«herbe aux puces»
à cause de la ressemblance des graines (si nourrissantes…) avec
ces insectes.
JUS VERT REVITALISANT
Feuilles fraîches de plantain – 180 g (3 tasses)
Miel pur liquide – 250 ml (1 tasse)
Bouteille en verre opaque – 1
Broyer les feuilles au robot, égoutter et presser dans un coton
à fromage. Mélanger la tasse de jus vert avec le miel et laisser
mijoter 10 min à feu très doux en remuant. Laisser refroidir et
verser dans une bouteille opaque. À garder au frais.
Prendre ce nectar à la cuillère comme sirop contre la toux,
mais aussi pour soigner les maux de gorge, l’anémie, la fatigue
et l’eczéma: 15 ml (1 c. à soupe) 3 fois par jour.
Note: Si on est pressé, à la belle saison, quand il est
accessible, on peut simplement faire des décoctions ou des
sirops avec les feuilles du plantain. Le plantain lancéolé est le
plus indiqué pour les problèmes respiratoires, alors que celui à
feuilles rondes l’est contre les problèmes reliés à la peau et à
l’immunité.
POTENTILLES
Famille des rosacées
NOMS LATINS: Potentilla anserina, argentea, norvegica, tormentilla
et ssp.
NOMS COMMUNS: Argentine, herbe aux cochons, herbe aux oies,
patte d’oie, plante des crampes, richette
NOMS ANGLAIS: Biscuits, flesh and blood, shepherd’s knot,
silverweed
HISTORIQUE: Hippocrate et Dioscoride conseillaient la potentille
contre la jaunisse, les ulcères, les rhumatismes et les abcès
dentaires. Son nom vient du latin potens qui signifie «puissant». Les
guerriers romains en faisaient un cataplasme pour arrêter le sang et
activer la cicatrisation des plaies. Culpeper la recommandait pour
soigner l’épilepsie en la mangeant en soupe, à raison de 100 g
(3 oz) par jour pendant 1 mois. Au XVIe siècle, on l’appelait l’«herbe
des alchimistes», car elle est d’or et d’argent et rassemble les plus
nobles vertus permettant à l’homme de se purifier. On l’a même
cultivée au XVIIIe siècle dans le nord de l’Europe. À la même époque,
John Salmon, un médecin anglais, la surnommait l’«amie de la
femme»; il la conseillait contre les pertes blanches, les hémorragies
anormales. Il la disait souveraine contre les ulcères de la bouche et
la pyorrhée dentaire, vertus confirmées par Olivier de Serres:
d’après lui, en décoction combinée au raifort, elle empêche même la
chute prématurée des dents.
HABITAT: Les lieux incultes, les rivages pierreux et au bord des
chemins.
DESCRIPTION: La potentille ansérine est une petite plante vivace
de 10 cm à 30 cm de hauteur. Ses feuilles sont divisées en
nombreuses folioles. Les fleurs à cinq pétales sont d’un beau jaune
vif. On en compte une centaine d’espèces variées aux effets
similaires.
PARTIES UTILISÉES: La plante entière en début de floraison, vers
la mi-juin. Toutefois, les feuilles sont aussi actives en été et la racine
concentre davantage ses principes actifs en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Tanins (toujours plus concentrés dans
les racines); tormentol; flavonoïdes; polysaccharides; principes
amers; mucilages; résine; protéines; minéraux; vitamines (A, C, F);
choline; fibres.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antiacide,
antidiarrhéique, antiscorbutique, antispasmodique, astringente,
cholagogue, cicatrisant, désintoxicante, hémostatique, nutritive,
reconstituante, reminéralisante, stomachique, tonique, vulnéraire.
Les potentilles constituent une grande famille de plantes de désintoxication
qui nettoient rapidement le sang des traces de poison et les intestins de leurs
toxines.
APPLICATIONS: On peut manger les jeunes plantes crues,
hachées finement, mélangées dans une salade ou cuites (potée,
soupe). Faire sécher toute la plante à l’ombre ou l’utiliser fraîche en
décoction (1 plant rincé dans 250 ml ou 1 tasse d’eau) pour des
compresses externes, en cas d’hémorragie, de suppurations ou
d’ecchymoses. En usage interne, elle est efficace contre les
spasmes prémenstruels, les crampes intestinales, les gastrites et
même les pertes menstruelles trop abondantes. On peut sans
crainte s’en servir en traitement prolongé pendant 1 ou 2 mois
consécutifs tout en la combinant à des plantes plus riches en
chlorophylle, comme le plantain, et en vitamine C, comme le cresson
ou l’oxalide. Cela permet d’augmenter l’absorption des minéraux et
des tanins. C’est une excellente plante de désintoxication qui aide à
se sevrer des alcaloïdes comme la nicotine et la cocaïne. Combinée
à la cataire ou la scutellaire, elle épure le sang tout en calmant les
nerfs. Elle constitue aussi au besoin un aliment de survie, crue au
printemps, en bouillon le reste du temps.
DÉCOCTION ANTIDOULEUR
Feuilles de potentille fraîche – 10 g (4 c. à soupe)
Racines de valériane fraîche (séchée: 1 c. à thé) – 5 g (1
c. à table)
Eau – 1 litre (4 tasses)
Faire bouillir les plantes fraîches pendant 5 min (ou laisser
infuser 15 min si elles sont sèches). En boire 4 fois 250 ml
(1 tasse) dans la journée, avant les repas.
Efficace contre toutes sortes de douleurs: maux de tête,
coliques, névralgies, crampes prémenstruelles et même les
contractions de l’accouchement.
ANECDOTE: Toute simple et très répandue, la potentille n’en est
pas moins une plante très puissante. Elle aide à se délivrer de bien
des tourments et à mordre dans la vie à pleines dents.
POURPIER
Famille des portulacées
NOM LATIN: Portulaca oleacera
NOMS COMMUNS: Poulette grasse, pourcelane
NOMS ANGLAIS: Little hogweed, fatweed, pusley, purslane, pursley
HISTORIQUE: Originaire de l’Orient, le pourpier est consommé
comme aliment depuis des millénaires et comme source aqueuse
dans les régions arides. On le retrouve au Québec depuis les tout
débuts de la colonie, mélangé aux fourrages importés. Il est répandu
et consommé dans le monde entier, mais il est actuellement l’objet
d’études poussées en Chine, où on s’intéresse à ses principes actifs
immunostimulants. Grâce à sa haute teneur en protéines et en
acides gras, c’est une plante de survie sur tous les continents.
HABITAT: Potagers, terres de remblais, bords des chemins et
trottoirs. Elle croît en plein soleil.
DESCRIPTION: Plante annuelle rampante à tige rougeâtre. Ses
feuilles sont verticillées en rosettes succulentes. Elle présente des
fleurettes jaunes terminales et des fruits en capsule contenant de
nombreuses graines noires minuscules, jusqu’à un million par plant!
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes, fleuries ou non.
COMPOSITION CHIMIQUE: 93 % d’eau; provitamines (A);
vitamines (B, C, E); flavonoïdes (catéchol); bétalaïne (bétacyanine,
bétaxantine); coumarine; acides (oxalique, asparagique, caféique,
citrique, malique); acides gras (alpha-linoléique, oléique, palmitique,
eicosapentaénoïque et docosahexaenoïque très rare dans les
végétaux); minéraux (fer, calcium, magnésium); mucilages;
alcaloïdes; protéines; acides aminés essentiels; cellulose;
chlorophylle; fibres; sucres de tous types. Graines: acides gras
comme ci-haut, plus du bêta-sitostérol.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antihistaminique, antioxydant,
antiscorbutique, antiseptique, apéritif, cicatrisant, contrepoison,
dépuratif, diurétique, émollient, fébrifuge, fongicide, laxatif, nutritif,
pectoral, rafraîchissant, régénérant, vermifuge, vulnéraire.
APPLICATIONS: On utilise la plante fraîche écrasée en cataplasme
sur les brûlures, les kystes, les durillons et les piqûres d’insectes. Bu
en décoction brève, il a un effet diurétique et laxatif doux (3 à 4 g par
250 ml [1 tasse] d’eau). On le blanchit puis on le marine dans de
l’eau bouillie avec 50 % de vinaigre de cidre de pommes pour le
filtrer ensuite et le consommer en cure, à raison de 15 ml ou 1
c. à soupe diluée dans 125 ml (1/2 tasse) d’eau avant les repas pour
réparer les muqueuses et activer le péristaltisme intestinal.
Congelé seul pour l’hiver, on l’ajoute aux soupes ou aux sautés en
accompagnement. L’été, on le mange en salade, mélangé
parcimonieusement à des plantes plus aromatiques à cause de son
goût à la fois acide et terreux.
ANECDOTE: Consommé le soir, on croyait qu’il chassait les rêves
érotiques. Le Roi-Soleil, Louis XIV, pourtant un grand séducteur, en
faisait souvent ajouter à ses salades.
PRÊLE DES CHAMPS
Famille des équisétacées
NOM LATIN: Equisetum arvense
NOMS COMMUNS: Asprêle, herbe à récurer, queue de chat, queue
de cheval, queue de rat, queue de renard
NOMS ANGLAIS: Horsetail, cattail, joint grass, bottle brush,
shavegrass, horse pipe
HISTORIQUE: Son nom latin vient d’Equi seta, qui signifie «poil de
cheval». En l’an 11 av. J.-C., Pline l’appelait le «poil de la terre» et
disait d’elle: «Sa nature est tellement merveilleuse qu’il suffisait d’y
toucher et elle étanchait le sang des patients.» Les Romains la
conseillaient comme tonique et reconstituant général. Les
Autochtones d’Amérique se fiaient à sa présence pour repérer les
nappes d’eau de surface; ils l’utilisaient aussi pour soigner les reins
et les maladies vénériennes amenées par les Blancs.
Culpeper la recommandait contre l’inflammation des parties
génitales, pour arrêter le sang et supprimer l’enflure.
Le Dr Leclerc conseille la prêle pour panser les hémorroïdes et les
ulcères variqueux. Selon les Chinois, elle est parfaite pour contrer
les maladies chaudes: céphalées hépatiques, fièvres et infections
aiguës. Quant aux Russes, ils ont prouvé son efficacité comme
draineur du plomb dans le sang. Ils s’en servent depuis des siècles
contre la rétention d’eau, même d’origine cardiaque.
L’abbé Kunzle la recommandait comme bain reconstituant, gage
de longévité et contre les problèmes articulaires dermatologiques et
pulmonaires.
Pour le Dr Louis Kervran, un biochimiste français révolutionnaire,
la prêle serait la meilleure plante reminéralisante et la seule à
vraiment rendre le calcium et même le magnésium biodisponibles.
D’ailleurs, plusieurs fabricants de gélules se sont inspirés de ses
recherches.
La prêle est aujourd’hui reconnue pour ses vertus anticancer en
cure de bains, de compresses et de décoctions.
La prêle représente l’instinct de survie et la force de l’expérience. Elle aide
à restructurer les priorités pour un meilleur futur.
HABITAT: Les sols acides et argileux, humides et mal drainés, les
fossés, les lisières des bois et des marais.
DESCRIPTION: Plante de 20 cm à 60 cm de hauteur munie d’une
tige stérile verte, cannelée et creuse, sans fleurs ni feuilles. Elle se
reproduit grâce à des tiges sporifères mâles qui sèment des
poussières de spores autour d’elles, à une distance parfois très
éloignée des plantes femelles, les seules recommandées.
PARTIES UTILISÉES: Toute la tige et ses folioles stériles, au début
de l’été en interne, à la fin en externe.
COMPOSITION CHIMIQUE: Minéraux (silice jusqu’à 30 % sous
forme de silicates hydrosolubles, calcium, magnésium, potassium,
sodium); flavonoïdes (apigénine, équisitonine, équisitopyrone,
lutéoline, quercétine, isovitexine, kaempférol); acides (aconitique,
ascorbique, caféique, gallique, férulique); polysaccharides (bêta-
glucanes); huiles essentielles (cis-géranyl, farnésol, thymol); dérivés
phénoliques (onitine); traces d’alcaloïdes (nicotine, palustrine).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Alcalinisante, antifongique, anti-
inflammatoire, antimitotique, antiseptique, antispasmodique,
astringente, cicatrisante, dépurative, dissolvante, diurétique,
hémostatique, immunostimulante, lithotritique, régénérante,
reminéralisante, tonique.
APPLICATIONS: Au printemps comme draineur, en automne
comme astringent, en décoction assez concentrée: 30 g (1 oz) de
plante fraîche (sèche: 10 g ou 1/3 oz) par litre (4 tasses) d’eau, en
cure de 10 jours à 1 mois, contre les allergies, les aphtes, l’arthrite,
l’artériosclérose, l’asthme, la chute des cheveux, la cystite, la
diarrhée, l’œdème, l’ostéoporose, l’eczéma, la goutte, l’hyperacidité,
la nervosité excessive, les ongles mous, la prostatite, le psoriasis,
les ulcères, le rachitisme. En urgence, en cas d’hémorragie grave,
doubler la quantité de plantes et faire des compresses, après l’avoir
fait chauffer à la vapeur.
En tisane ou en teinture-mère, de 10 à 30 gouttes 3 fois par jour
avant les repas, en cure de 4 à 6 semaines.
Les bains de siège à la décoction de prêle fraîche sont efficaces
contre les lombalgies et les déchirures périnéales. Les bains de
pieds règlent les problèmes de transpiration malodorante.
MISE EN GARDE: La toxicité de la prêle serait liée à une enzyme
qui concentre les nitrates et le sélénium inorganiques des sols
agricoles. Elle contient également un facteur antithiamine qui donne
la tremblante aux chevaux. Éviter de la cueillir près des cultures et
des pâturages fertilisés artificiellement.
ANECDOTE: Il y a 300 millions d’années, au Carbonifère, la prêle
avait le même aspect et elle mesurait 10 m. Pendant des millénaires,
elle a servi à guérir l’être humain, mais aussi à polir le bois, le métal
et le cuivre, et à alcaniser le sol.
POUDRE DE PRÊLE
Faire chauffer la prêle préalablement séchée dans une poêle
en fonte à une température assez élevée sans la brûler. Piler
au mortier ou passer au robot. La conserver dans un pot en
verre.
Cette poudre est très utile pour arrêter les saignements et
les suppurations de la peau. En usage interne, diluée dans un
peu d’eau, elle calme les brûlures d’estomac et même les
hémorragies digestives. Combinée à du pollen de fleurs, elle
combat les tumeurs.
RAIFORT
Famille des brassicacées
NOM LATIN: Cochlearia armoracia
NOMS COMMUNS: Cran, cranson, moutarde des Allemands,
moutarde des capucins
NOMS ANGLAIS: Horseradish, great raifort
HISTORIQUE: Originaire d’Europe de l’Est, le raifort fait partie des
cinq plantes salées et sacrées consommées par les juifs pendant les
fêtes du Passover, les autres étant la coriandre, la laitue, la marrube
et l’ortie. Les Allemands comme les Slaves l’utilisaient comme
condiment, d’où son surnom de «moutarde des Allemands». En
1640, le médecin anglais James Parkinson déclara que cette plante
était réservée aux travailleurs manuels allemands et qu’elle était trop
délicate pour les estomacs anglais! À l’inverse, son compatriote
Culpeper conseillait de la consommer de la façon suivante: «Râpée,
mouillée à chaud et appliquée dans un linge fin sur la partie
douloureuse du membre atteint par la goutte, une entorse ou la
sciatique et même pour le foie et la rate enflée, elle aide
merveilleusement partout où les organes ou tissus sont
congestionnés.» Les Russes l’appellent hren et la boivent en
décoction avec du miel pour nettoyer le foie. Ils en font une bière
diurétique en le mélangeant avec du genièvre. Le raifort fut
longtemps répertorié dans le Codex avec le «vin antiscorbutique» et
le «sirop de raifort composé». Les Anglais l’ont adopté et utilisé
contre la dyspepsie et les rhumatismes chroniques.
Le grand herboriste Fritz Weiss affirme que le raifort est
l’antibiotique le plus puissant contre les infections de la peau, des
poumons et de la vessie.
HABITAT: Les terres meubles et humides des jardins riches en
azote, les terrains et les fossés près des cultures, toujours dans des
endroits ensoleillés.
DESCRIPTION: Grande herbacée vivace à tige ramifiée de 50 cm à
1 m de hauteur, pourvue de massives feuilles vert clair. Les fleurs
blanches sont groupées en épis. La racine pivotante est charnue,
brune à l’extérieur et blanche à l’intérieur. Sa chair dégage une
odeur piquante et soufrée.
PARTIES UTILISÉES: La fleur en juin, la racine à l’automne quand
les parties aériennes ont flétri.
Cette racine forte et charnue, sous-utilisée à tort, peut nous aider à retrouver
nos énergies perdues.
COMPOSITION CHIMIQUE: Racines: glucosinolates (asparagine,
hématine, myrocine, sinigrine); flavonoïdes (quercétine, kaempférol,
rutine) acides (acétique, caféique, gentisique, sinapique); enzymes;
huile essentielle; amidons; vitamines (B, C); soufre.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antibiotique, anti-inflammatoire,
antiseptique, analgésique, aphrodisiaque, tonique, apéritif,
cholérétique, béchique, expectorant, diurétique, dissolvant,
mucolytique, vermifuge, parasiticide.
APPLICATIONS: La façon la plus simple de le consommer est d’en
couper une fine tranche et de la sucer doucement sans la croquer;
ainsi, il libère doucement ses vapeurs et aide à déboucher les sinus
dans le cas d’allergies, de rhinite ou de sinusite. Inhaler le jus frais
râpé et pressé dans un linge ou la poudre de racine (ce qui
provoque des éternuements) peut soigner rapidement une céphalée
frontale. Râpé, il peut servir de base à un cataplasme révulsif
appliqué localement sur un abcès froid, une névralgie ou un muscle
étiré. En cas de bronchite, le placer dans le dos, en décoction tiède
pour plus de confort.
En usage interne, laisser macérer quelques heures des morceaux
de racine (2 g par tasse, soit 1/2 oz). Réchauffer sans faire bouillir.
On peut ajouter du miel ou de la racine d’aunée, de guimauve ou de
réglisse. Prendre 750 ml (3 tasses) par jour, c’est excellent pour
dégager les poumons et les intestins.
On peut le déguster pour son plaisir en marinade, dans le vinaigre
et cuit en purée comme assaisonnement digestif et traditionnel
nordique.
MISE EN GARDE: En usage interne ou externe, le raifort peut être
très caustique et vasodilatateur. Respecter le dosage et se fier à ses
sens et à son bon sens.
ANECDOTE: D’après la théorie des signatures, le raifort
conviendrait bien aux hommes qui manquent de vigueur… Mon
voisin âgé de 70 ans venait en chercher pour son père qui en avait
90!
SIROP DE RAIFORT (SANS CUISSON)
Miel crémeux non pasteurisé – 500 g (2 tasses)
Racine de raifort fraîche – 250 g (8 oz)
Couvrir les racines de raifort avec le miel. Fermer avec un
couvercle non hermétique mais qui protège des insectes. Un
sirop se forme sur le dessus au bout d’une semaine, mais ôter
les racines au bout d’un mois seulement. En cure de 10 à
20 jours, 3 fois par jour avant les repas, 5 ml (1 c. à thé), pur
ou dilué dans l’eau. Excellent contre la bronchite, la rhinite, la
fatigue, l’anémie, l’arthrite et la toux.
REINE-DES-PRÉS
Famille des rosacées
NOM LATIN: Spiraea ulmaria
NOMS COMMUNS: Barbe de bouc, barbe de chèvre, fleur des
abeilles, herbe du pauvre homme, herbe aux douleurs, pied de bouc,
vignette
NOMS ANGLAIS: Queen of the meadow, meadowsweet, meadwort
HISTORIQUE: Chez les druides, la reine-des-prés était une herbe
sacrée comme la menthe et la verveine; au début du premier
millénaire, les Grecs et les Celtes l’utilisaient pour parfumer les
salles de banquet, les lieux de culte et les maisons. Quant aux
Scandinaves et aux Slaves, ils en aromatisaient les bières et les
vins, surtout l’hydromel, d’où son nom de «meadwort» (mead signifie
«hydromel» et wort, «plante»).
Culpeper disait que «le parfum de la reine-des-prés rend le cœur
joyeux et comble les sens, surtout dans le vin blanc bouilli avec ses
fleurs qui guérit même la fièvre quarte et ôte des yeux les brûlures et
éclaircit la vision». Au XVIIIe siècle, on la vénérait pour ses vertus
analgésiques et fébrifuges et on s’en servait pour soigner la
typhoïde, la dysenterie, la rougeole et la variole. En 1838, le chimiste
et pharmacien italien Raphaël Piria a noté la présence d’aldéhyde
salicylique, et en 1853, le chimiste alsacien Charles Gerhardt en a
isolé l’acide acétylsalicylique. En 1890, le chimiste allemand Felix
Hoffman, un membre de l’équipe de Friedrich Bayer, a fabriqué
l’aspirine, dont le nom est directement inspiré de spiraea, le nom
latin de notre reine-des-prés.
La fleur de la reine-des-prés est un puissant antidote aux cristallisations
malsaines et elle favorise la circulation de toutes les bonnes énergies,
qu’elles soient biochimiques ou subtiles.
HABITAT: Les prairies humides, au bord des fossés, des rivières et
des marécages non stagnants, en pleine lumière.
DESCRIPTION: Plante vivace de 60 cm à 120 cm de hauteur faite
de tiges rouges très minces et raides, garnies de fleurs terminales
en capitules duveteux blanc crème à odeur capiteuse. Les feuilles
sont concentrées vers la base, rougeâtres sur le dessus, argentées
et velues en dessous.
PARTIES UTILISÉES: La sommité fleurie, juste avant son
épanouissement complet, vers la fin de juin ou le début de juillet, et
les feuilles avant ou après la floraison.
COMPOSITION CHIMIQUE: Flavonoïdes (spiréoside, rutoside,
hypéroside); tanins (esters galliques et hexahydroxydiphéniques du
glucose, rugosine D); hétéroside d’acides phénols (monotropitine
(primevéroside de l’aldéhyde salicylique), spiraéine (primevéroside
de l’ester méthylique de l’acide salicylique) libérant au séchage et au
stockage de l’aldéhyde salicylique, du salicylate de méthyle, des
alcools phényléthyque et benzylique; huile essentielle; mucilages;
beaucoup de minéraux.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anticoagulante, dissolvante,
antispasmodique, analgésique, astringente, cicatrisante, anti-
infectieuse, antiseptique, diurétique, antilithique, diaphorétique,
fébrifuge, immunostimulante, tonicardiaque.
APPLICATIONS: En infusion (eau frémissante), 1 c. à thé dans
250 ml (1 tasse) d’eau. Boire 750 ml à 1,5 litre (3 à 6 tasses) par jour
en cas de douleur chronique, de fièvre, de migraine ou de crise
d’arthrite.
En décoction, 5 feuilles dans 250 ml ou 1 tasse d’eau, en usage
interne contre la diarrhée; en usage externe contre les plaies
infectées et les douleurs articulaires.
En décoction dans un bain (1 poignée par litre d’eau ou 4 tasses),
les fleurs font baisser la fièvre; en teinture-mère (50 % de plantes,
100 % d’alcool), prendre 20 gouttes 3 à 4 fois par jour. Cet
analgésique a les mêmes contre-indications que l’aspirine (prise
d’anticoagulants, saignements et syndrome de Reye).
Une cure de fleurs de reine-des-prés de 10 à 30 jours consécutifs
a un puissant effet amaigrissant et combat aussi la rétention d’eau.
ANECDOTE: La reine-des-prés fut longtemps reconnue comme un
symbole de succès et de volupté. En été, elle faisait partie du
bouquet des mariées. La reine Élisabeth Ire s’enduisait d’huile de
reine-des-prés avant ses ébats amoureux.
VIN DU BON SANG
Fleurs de reine-des-prés – 50 g (1 tasse)
Sauge – 25 g (1 tasse)
Persil – 25 g (1 tasse)
Miel crémeux non pasteurisé – 100 g (env. 1/2 tasse)
Vin rouge tannique – 1 litre (4 tasses)
Hacher les plantes au mélangeur. Mélanger avec le vin rouge
et laisser macérer et reposer 1 mois en remuant de temps en
temps. Filtrer avec un coton à fromage et ajouter le miel en
remuant pour bien le dissoudre. Boire 25 ml (1 oz) avant les
deux repas principaux pour enrichir le sang, renforcer le cœur
et combattre l’anémie post-menstruelle.
Note: Réservé aux personnes qui ne prennent pas
d’anticoagulants.
RENOUÉE DES OISEAUX
Famille des polygonacées
NOMS LATINS: Polygonum aviculare et ssp.
NOMS COMMUNS: Achée, aviculaire, crépinette, herbe à cent
nœuds, herbe aux cochons, herniaire, herniole, sanguinaire,
traînasse
NOMS ANGLAIS: Allseed, hogweed, ninety knot, pigweed, sparrow
tongue, knotweed
HISTORIQUE: Partout dans le monde et depuis toujours, les
oiseaux mangent avec délice les graines de la renouée, d’où son
nom. Dioscoride et Pline l’appelaient sanguinaria, car ils l’utilisaient
contre les hémorragies.
Au XVIe siècle, en Angleterre, une croyance populaire, reprise par
Shakespeare dans Songe d’une nuit d’été, disait que le fait de
consommer de la renouée empêche les enfants et les petits animaux
de grandir. Et en même temps, on en donnait aux cochons
anorexiques et dyspepsiques pour les soigner.
Dans un traité illustré de 1710, Salmon, un herboriste écossais du
XVIIe siècle, la décrivait comme «efficace contre les écoulements de
sang et les fuites des reins, elle rafraîchit les plaies et nettoie les
vieux ulcères suppurants, sa décoction soigne la diarrhée et son
baume renforce les jointures et assouplit nerfs et tendons, elle
soigne aussi la goutte si on la prend correctement matin et soir».
Selon le Dr Valnet, elle régularise le sucre sanguin des
diabétiques. Le Dr Leclerc, quant à lui, affirme qu’elle soigne bien
l’arthrite et combat l’hyperacidité, comme d’ailleurs la plupart des
renouées.
HABITAT: Les lieux de passage pierreux et secs, au bord des routes
et des pelouses semi-sauvages sans herbicides.
DESCRIPTION: Petite plante annuelle couvre-sol semi-rampante de
10 cm à 50 cm de hauteur, à petites feuilles lancéolées. Les fleurs
ont des pétales blancs ou rosés.
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes, cueillies en juin et en
juillet, plus rarement la racine, parfois les graines en automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Flavonoïdes (avicularine, catéchine,
quercétine, rutine); huile essentielle; minéraux: calcium, silice;
mucilages; tanins; vitamine (C).
La renouée, omniprésente dans nos paysages mais méconnue, cache de
multiples vertus que les petits oiseaux connaissent!
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antidiabétique, hypoglycémiante,
antilithique, astringente, dissolvante, cathartique, laxative, diurétique,
hémostatique, régénérante, reminéralisante, antirhumatismale,
vasoconstrictive, vulnéraire.
APPLICATIONS: On applique la renouée entière crue, rincée et
broyée ou enveloppée dans une gaze sur une plaie récente. En
décoction concentrée et en compresse, elle arrête le sang et assainit
l’infection; renouvelée plusieurs fois par jour, elle cicatrise les tissus
et diminue les hernies: 10 g (1/3 oz) dans 250 ml (1 tasse) d’eau
bouillie.
En usage interne, en décoction (rapidement chauffée mais
longuement infusée), 20 g (1 1/4 oz) dans 1 litre (4 tasses) d’eau. À
boire durant la journée contre la rétention d’eau, la goutte, les
pierres aux reins et les troubles arthritiques. On peut y combiner une
plante aromatique comme la menthe ou une plante émolliente
comme la mauve pour améliorer le goût et obtenir de meilleurs
résultats.
La grande renouée japonaise (Polygonum japonicum),
surnommée la «peste des jardiniers», contient beaucoup de
resvératrol, un puissant antioxydant.
La plante montée en graines est nutritive, hypoglycémiante et
reminéralisante: 5 g (1 c. à thé) dans 250 ml (1 tasse) d’eau.
ANECDOTE: Les Chinois adorent la renouée (Bianxu) depuis
2000 ans. Ils l’utilisent en liquide pour provoquer la miction et ils la
mangent sous forme de pâte pour freiner les diarrhées.
TEINTURE RECALCIFIANTE DU DR LECLERC
Renouée – 10 g (1/3 oz)
Feuilles d’ortie – 10 g (1/3 oz)
Prêle – 10 g (1/3 oz)
Alcool fort (40 % ou 60 %) – 100 ml (3 oz)
Broyer les plantes dans un mortier ou au robot. Les mélanger
à l’alcool et laisser macérer 3 semaines. Filtrer.
Consommer 20 gouttes 3 fois par jour dans de l’eau ou du
jus de fruits. Elle est efficace contre la nervosité excessive,
l’hyperacidité digestive et sanguine, l’arthrite, les rhumatismes,
la fibromyalgie, l’ostéoporose et la spasmophilie. Dans les cas
sévères, suivre un régime alimentaire particulier, prendre des
suppléments concentrés et consulter un thérapeute compétent.
RENOUÉE JAPONAISE
Famille des polygonacées
NOMS LATINS: Reynoutria japonica, Fallopia japonica ou
Polygonum cuspidatum
NOMS COMMUNS: Bambou japonais, renouée géante, peste
asiatique
NOMS ANGLAIS: Japanese knotweed, giant knotweed, Mexican
bamboo
HISTORIQUE: Introduite à partir de l’Asie au début du XXe siècle,
elle a conquis tous les continents par l’entremise des jardiniers qui
en faisaient des haies ornementales. En Chine, où on la nomme Hu
zhang, selon les pratiques de la MTC (Médecine traditionnelle
chinoise), on la consomme en bouillon ou en décoction comme
dépuratif du sang et de la peau. Elle fait partie des plantes de
désintoxication en cas d’indigestion chronique, de maladies de peau
ou lymphatiques, et en particulier comme adjuvant des traitements
contre la maladie de Lyme. Depuis 1960, des centaines de
chercheurs et jusqu’à 20 000 études parlent des effets antioxydants
de la racine de renouée japonaise, qui renferme un des plus hauts
taux de resvératrol botanique, un puissant antioxydant dont on
trouve des extraits, parfois fort coûteux, en capsules dans les
magasins d’aliments naturels.
HABITAT: Les lieux ouverts, les friches, les bords des chemins et
des cours d’eau.
DESCRIPTION: Cette plante très vivace pousse en massifs haut de
3 mètres. Ses grandes feuilles alternes sont pointues aux extrémités
et ses entre-nœuds sont bien définis. Ses fleurs tardives, en grappes
blanc cassé, sont odorantes et mellifères. Ses tiges creuses lignées
de couleur orange-pourpre ressemblent aux bambous. Ses racines
se présentent en rhizomes interconnectés très charnus, bruns à
l’extérieur et orange à l’intérieur, et peuvent s’enfoncer jusqu’à
3 mètres de profondeur.
NOTE: La renouée japonaise peut facilement s’hybrider avec la
renouée de Bohême (Reynoutria bohemica), une variété plus
compétitive et présente, ou encore être confondue avec la renouée
de Sachaline (Reynoutria sachalinensis), toutes d’aspect et de
composition chimique très similaires. Elles sont toutes classées
comme espèces exotiques envahissantes (EEE), car elles inhibent
la croissance de tous les autres végétaux. Plutôt que de s’affoler de
sa présence, on peut la bâcher. Une autre solution simple consiste à
la boire et à la cuisiner sans restriction.
PARTIES UTILISÉES: Les tiges, les feuilles, les fleurs et les
rhizomes.
COMPOSITION CHIMIQUE: Flavonoïdes (catéchines, quercétine);
anthraquinones (émodine, polygonines A et B); tanins; et surtout des
polyphénols (resvératrol); vitamines (A, C); acides organiques.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antifongique, anti-
inflammatoire, antioxydante, antivirale, astringente, bactéricide,
cholagogue, fébrifuge, dépurative, hypocholestérolémiante,
immunostimulante, neuroprotectrice, nutritive, parasiticide,
régénérante.
APPLICATIONS: Cueillir les jeunes pousses dès le printemps, les
faire cuire à la vapeur et les consommer entières, sinon boire le
bouillon comme assainissant sanguin et lymphatique. On peut faire
des décoctions, avec 3 feuilles fraîches pour 250 ml (1 tasse) d’eau,
et les utiliser en cataplasme, les feuilles simplement chauffées à la
vapeur, contre des problèmes de peau: plaies, éruptions, ganglions
enflés etc. On peut aussi cueillir les feuilles durant l’été et les mettre
à sécher pour d’éventuelles tisanes analgésiques et dépuratives. On
fait des décoctions calmantes avec les fleurs. Avec une bonne pelle
et des muscles conséquents, juste avant les gelées d’automne,
déterrer les rhizomes très denses et coriaces. On les découpe au
couteau dentelé, voire à la scie, avant de les faire sécher pour usage
ultérieur. On les boit en cure sous forme de décoction, 250 ml
(1 tasse) d’eau pour 4 g de rhizome frais (la moitié si séchée), avant
chaque repas durant 10 à 15 jours. Attention, les racines sont les
rares parties qu’il faut laver avant le séchage. On les met ensuite
quelques heures au soleil direct, puis on les stocke dans un pot qui
laisse évaporer l’eau résiduelle. Un sac de papier brun dans un sac
de plastique fait aussi l’affaire.
MISE EN GARDE: Éviter les cures et les prises prolongées de
renouée japonaise en cas d’épilepsie ou de traitements aux
barbituriques ou aux antipsychotiques. Aussi, ne pas consommer de
fer en supplément en même temps que cette plante si puissante!
ANECDOTE: La renouée japonaise est classée comme meilleure
source de resvératrol au monde, juste avant le vin rouge et l’ellébore
blanc, une plante commune par ailleurs hallucinogène!
DÉCOCTION RACINAIRE COMPLÈTE
Racine de bardane séchée – 15 g (1/2 oz)
Racine de pissenlit séchée – 15 g (1/2 oz)
Racine de renouée japonaise séchée – 15 g (1/2 oz)
Eau pure – 1 litre (4 tasses)
NOTE: Les racines séchées sont plus concentrées et
disponibles toute l’année que celles qui sont fraîches et plus
vibrantes. Pour 15 grammes de chacune des plantes séchées,
on prend le double si elles sont fraîches.
Faire mijoter les racines durant 3 à 5 minutes. Laisser
macérer 15 minutes et filtrer. En boire une tasse (250 ml) 3 fois
par jour avant les repas et les collations. Se conserve
24 heures au réfrigérateur.
Ces racines, plus puissantes fraîches que séchées, ont de
nombreux effets: dépuratif, digestif et prébiotique, assainissant
du sang, de la lymphe et de la peau. Pour une action plus en
profondeur, prolonger jusqu’à deux semaines. Cette cure de
détox est complète, économique, très accessible, voire
agréable, outre la graisse de coude lors du déterrage!
SALICAIRE
Famille des lythracées
NOM LATIN: Lythrum salicaria
NOMS COMMUNS: Lysimaque rouge, salicaire à épi, saule violet
NOMS ANGLAIS: Loosetrife, partyke, purple violet, purple willow
HISTORIQUE: Le nom latin vient de salix, «saule», car elle en
apprécie le voisinage, et de lythrum, qui signifie «sang», à cause de
sa couleur et de ses propriétés hémostatiques. Culpeper conseillait
la salicaire en décoction et pour laver les yeux en cas d’enflures
dues à des coups ou à des infections. On l’a longtemps utilisée pour
tanner les peaux et teindre les textiles.
Au XVIIIe siècle, en Suisse, la salicaire est devenue célèbre, car
elle a guéri des milliers de gens pendant une épidémie de typhoïde.
Des chercheurs français contemporains, comme le Dr Jean Valnet
dans Phytothérapie, confirment son efficacité contre la diarrhée
bacillaire et le choléra! En France, on utilise encore la salicaire sous
forme de sirop pour soigner les diarrhées allergiques des
nourrissons.
Plante très invasive, elle a envahi tous les fossés du sud du
Québec en un siècle à peine. La première campagne d’arrachage
intensif a eu lieu en 1943 près du lac Saint-Pierre. Les associations
écologiques lui livrent encore aujourd’hui une redoutable bataille.
HABITAT: Les fossés, les rivages argileux des ruisseaux, des
fleuves et des rivières. Grâce à la proximité de l’eau, à son immense
fertilité et à l’absence de prédateur herbivore, elle colonise très
rapidement des régions entières.
DESCRIPTION: Herbacée vivace de 1 m à 1,5 m de hauteur. La tige
centrale est couverte de poils courts. Les feuilles concentrées à la
base rapetissent vers le haut. Les fleurs rose fuchsia sont groupées
en épis. Les fruits renferment des centaines de petites graines
blanches minuscules.
PARTIES UTILISÉES: Toute la partie aérienne de la plante, au
début de la floraison. Celle-ci a lieu progressivement, fleur par fleur,
du bas vers le haut de la tige.
Même si elle est très envahissante et menaçante pour bien des espèces
botaniques, la salicaire assainit l’eau des fossés et nos intestins!
COMPOSITION CHIMIQUE: Anthocyanes; coumarine; flavonoïdes
(orientine, vitexine); phytostétols (bêta-sistostérol); hétérosides
(salicarine); huile essentielle; mucilages; pectine; tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antibiotique, antiseptique,
astringente, antidiarrhéique, fébrifuge, hémostatique,
hypoglycémiante, régénérante, ophtalmique, virucide, tonique,
vulnéraire.
APPLICATIONS: Fraîche, en décoction, ou séchée, en infusion
(1 tige dans 1 litre d’eau ou 4 tasses), elle soigne les diarrhées
épidémiques. Bouillie (1 tige dans 250 ml ou 1 tasse d’eau), on s’en
sert comme lotion pour laver les yeux infectés, et en cas
d’hémorragies et de plaies suppurantes. En poudre (1 pincée ou
selon la surface à traiter), elle arrête les saignements du nez ou de
la peau et des muqueuses.
La teinture-mère (50 % de plantes, 100 % d’alcool) est utile en
hiver en cas de colite, de fièvre ou de catarrhe chronique: prendre
15 gouttes 3 à 5 fois par jour dans de l’eau tiède.
En pommade, elle est régénérante.
ANECDOTE: Dans la tradition populaire celtique, la salicaire était
connue pour héberger les elfes. Son élixir floral ou sa contemplation
attentive aide à garder l’esprit éveillé et les pieds sur terre, tout en
préservant du fanatisme religieux.
SAPONAIRE
Famille des caryophyllacées
NOM LATIN: Saponaria officinalis
NOMS COMMUNS: Herbe à foulons, herbe à savon, savons des
fossés, savonnière
NOMS ANGLAIS: Bouncing bet, soapwort
HISTORIQUE: Depuis le fond des âges, nos ancêtres en faisaient
des décoctions moussantes pour se laver les cheveux, voire les
vêtements. On l’employait aussi pour dégraisser la laine avant de la
nettoyer et la carder. Les Cherokees en faisait une décoction
appliquée en cataplasme sur les plaies, furoncles et abcès divers.
En France, on l’utilisait en cure brève contre la bronchite, la jaunisse
et la constipation chronique. Trente ans de recherches cliniques
italiennes montrent qu’elle peut inhiber la multiplication de cellules
anormales, particulièrement dans les cancers hormonodépendants
féminins. Toutefois, sans thérapeute avisé, se limiter à l’usage
externe ou domestique.
Habitat: Les bords des fossés, les friches humides et les jardins
abandonnés.
DESCRIPTION: Plante vivace haute de 50 cm à 70 cm, à tiges à
entre-nœuds avec feuilles opposées et lignées. Ses inflorescences
terminales ont un parfum très suave et cinq pétales blancs ou rose
pâle. Son rhizome est brun foncé.
COMPOSITION CHIMIQUE: Racine: saponisides: acide quillayique
et gypsogénine; saponines, dont la saporine; flavonoïdes;
mucilages; résines; huile essentielle à triterpènes; composantes plus
diluées dans les fleurs et les feuilles, dont les flavonoïdes;
chlorophylle; fibres.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Cholérétique, dépurative,
expectorante, immunostimulante, laxative, lipotropique, pro-
progestéronique, vermifuge, vulnéraire.
APPLICATIONS: On peut en faire un élixir floral euphorisant et
assainissant, car elle aide à évincer les anciens traumas et rancunes
qui nous entravent. La plante entière bouillie dans 250 ml (1 tasse)
d’eau sert de lotion assainissante en cas d’eczéma ou d’irritation à
l’ortie ou à l’herbe à puce. On peut joindre une petite portion de
racine, 1 g (1/4 c. à thé) par 250 ml (1 tasse), à une formule
dépurative pour nettoyer le sang et la peau, voire lors d’une cure
amincissante (voir la recette dans l'encadré).
ANECDOTE: La saponaire agit contre les gras indésirables et
combat l’excès de gras. Elle le fait si bien que prise en excès, elle
coupe l’appétit et bouche les papilles en cirant la langue!
FORMULE DÉTOX DERMATOLOGIQUE
Eau bouillie – 1 litre (4 tasses)
Feuilles de luzerne séchées – 20 g (2 c. à soupe)
Pétales de roses séchés – 5 g (1 c. à thé)
Saponaire entière séchée – 2 g (1 c. à thé)
Faire mijoter les plantes durant 4 à 5 minutes. Laisser reposer
15 min et filtrer. Boire 250 ml (1 tasse) avant chaque repas,
durant une dizaine de jours.
SERPOLET
Famille des lamiacées
NOM LATIN: Thymus serpyllum
NOMS COMMUNS: Bouquet, farigoule, pillolet, poleur, sent-bon,
serpoule, thym bâtard, thym sauvage
NOMS ANGLAIS: Creeping thyme, mother of thyme, serpyllum, wild
thyme
HISTORIQUE: Le nom «serpolet» est dérivé du grec serpyllum qui
signifie «rampant». Cette appellation permet de le distinguer du thym
commun (Thymus vulgaris). Les Romains l’utilisaient pour combattre
la mélancolie (bain, fumigation, infusion). Au Moyen Âge, il était
symbole de courage; plusieurs croisés le prenaient comme emblème
et le portaient séché sur eux pour éloigner la peste. Culpeper le
disait excellent contre les désordres nerveux, pour fortifier les
poumons, donner du souffle et supprimer les gaz intestinaux. Il
conseillait aussi d’en faire un coussinet en tissu à glisser sous
l’oreiller pour chasser les cauchemars.
En 1718, le chimiste allemand Gaspar Neumann a isolé le
camphre de thym, le «thymol», substance responsable de l’effet
antiseptique des thyms. Le chirurgien de guerre américain Joseph
Lister s’en est inspiré pour fabriquer le Listerine, un rince-bouche à
base de thymol toujours utilisé.
Ces recherches ont prouvé que le thym et le thymol du serpolet
aident à se désintoxiquer et même à se dégoûter de l’alcool.
(Source: Shati, Ali. A. «Effects of water extracts of thyme and ginger
on alcohol abuse», PubMed, 2009 [En ligne]
pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19457445/])
La glande à la base du cou, le thymus, a été ainsi nommée en
raison de sa ressemblance avec le thym, son cousin proche, et de
sa fonction d’ange gardien du système immunitaire.
HABITAT: Les terres argileuses mais rocailleuses, les pelouses non
tondues, les endroits fréquentés, les collines, les montagnes, les
prairies du bord du fleuve et de la mer.
DESCRIPTION: Plante vivace semi-rampante à tige carrée et aux
fleurs mauve clair.
PARTIES UTILISÉES: Toutes les parties aériennes avant la
floraison, en juin ou en juillet selon les régions.
COMPOSITION CHIMIQUE: Huile essentielle complexe (alpha-
pinène, bornéol, camphène, cadinène, carvacrol, cinéol, géraniol,
germacrène, limonène, octanol, pipéritone, alpha-humulène,
fenchène, phéllandrène, sabinène, gammaterpinène, germacrène,
paracymène, thymol); flavonoïdes (apigénine, diosmétol, lutéoline,
quercétine); acides (acétique, méthanoïque, palmitique,
rosmarinique, salicylique); chlorophylle; beaucoup de minéraux et
d’oligo-éléments; fibres.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Analgésique, antihistaminique,
antiputride, antispasmodique, bactéricide, déodorant, désinfectant,
digestif, expectorant, immunostimulant, mucolytique, nervin,
relaxant, tonique.
APPLICATIONS: En teinture-mère au vinaigre ou à l’eau-de-vie
(30 gouttes dans 250 ml ou 1 tasse d’eau bouillie), appliquer sur les
plaies infectées. On peut aussi le prendre en usage interne en cas
de digestion difficile, de début de grippe, d’infection pulmonaire et
pour soigner les malaises dus aux excès de table: 20 gouttes à la
fois dans 100 ml (1/3 tasse) d’eau 3 à 5 fois par jour.
En infusion, le serpolet frais ou séché est un bon antigrippe
pectoral et tonique; avec du miel, il adoucit les muqueuses irritées:
5 g frais ou 3 g séché dans 250 ml (1 tasse) d’eau.
En ajouter quelques feuilles dans les plats difficiles à digérer.
ANECDOTE: Les Gallois garnissent leurs tombes avec du serpolet
pour conserver longtemps le souvenir de leurs morts.
TEINTURE ANTISEPTIQUE ET DIGESTIVE
Serpolet – 20 tiges ou 1 tasse
Menthe poivrée – 60 g (1 tasse)
Racine fraîche de gingembre sauvage ou exotique – 25 g (1/10
tasse)
Alcool à 40 % (gin, eau-de-vie, vodka, etc.) – 1 litre (4 tasses)
Ébrancher, couper et hacher les plantes. Les placer dans un
bocal et les couvrir d’alcool. Laisser macérer 1 mois à l’abri de
la lumière tout en agitant régulièrement. Filtrer soigneusement.
Idéal pour soigner les coliques, les indigestions, les crampes
intestinales et les maux de tête: prendre 30 gouttes à la fois
dans 125 ml (1/2 tasse) d’eau jusqu’à 4 fois par jour.
En cataplasme ou en compresse, pure ou diluée, sur les
plaies infectées, contre les spasmes musculaires et les
douleurs articulaires. Germicide et parfumée, elle peut même
servir de rince-bouche désodorisant, une fois diluée (1 c. à thé
pour 125 ml ou 1/2 tasse d’eau).
TANAISIE
Famille des astéracées
NOM LATIN: Tanacetum vulgare
NOMS COMMUNS: Athanase, barbaline, herbe aux vers, herbe du
bon chasseur, herbe amère, herbe de saint Marc, tenacée, sent-bon
NOMS ANGLAIS: Tansy, button
HISTORIQUE: Son nom vient du grec athanaton qui signifie
«immortel». Elle se conserve longtemps séchée et elle préserve les
viandes de la putréfaction. Thanatos signifiant «mort», elle faisait
partie des mélanges d’herbes pour embaumer les morts. Elle
compte parmi les herbes amères consommées avec le pain sans
levain à la Pâque juive, coutume perpétrée par les premiers moines
de l’Église romaine qui mangent des gâteaux à la tanaisie à la fin du
carême. Elle figurait dans la liste es herbes imposée par
Charlemagne dans les jardins des monastères via le Capitullaire de
Villis. John Gerard affirme qu’«un gâteau fait avec les jeunes feuilles
de tanaisie au printemps est plaisant au goût et bon pour l’estomac
et de plus évacue les mauvaises humeurs».
Les moines bénédictins l’ont immortalisée avec la célèbre liqueur
tonique et amère Bénédictine ou encore la chartreuse. La tanaisie a
longtemps été répertoriée dans le Codex français comme un
excellent vermifuge. Le médecin et herboriste contemporain David
Hoffman la conseille contre la goutte, les gaz intestinaux, l’hystérie
et la jaunisse, en décoction légère toutefois.
HABITAT: Les terres calcaires et sablonneuses, les lieux incultes
mais ensoleillés où elle vit en colonies, et au bord des chemins et
des routes.
DESCRIPTION: Herbe vivace de 1 m de hauteur avec une tige
centrale vert clair et rosâtre, et des feuilles en forme de plume. Les
fleurs, en boutons denses jaune vif, sont en forme de corymbe.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles et les fleurs au tout début de la
floraison.
Cette puissante fleur aromatique est très efficace en petite quantité pour
corriger les conséquences de nos excès.
COMPOSITION CHIMIQUE: Surtout dans les fleurs, plus diluée
dans les feuilles: huile essentielle complexe riche en terpènes
(artémisétone, bornéol, camphre, pyréthrine, tanacétine, thyuone);
lactones sesquiterpéniques (arméfoline, artémorine,
chrysanthémine, tanacétine); acides caféique et chlorogénique;
flavonoïdes (apigénine, cosmosine, lutéoline, épatiline, orientine);
phytostérols; tanins.
À NOTER: La tanaisie vulgaire répandue en milieu sauvage contient
beaucoup de thuyone. La tanaisie bleue annuelle est cultivée et en
contient peu, mais beaucoup de chamazulène, moins parasiticide,
mais plus anti-inflammatoire.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Amère, apéritive, antiputride,
antiseptique, carminative, cholagogue, diurétique, fébrifuge,
emménagogue, antispasmodique, nervine, tonique, vermifuge,
antifongique.
APPLICATIONS: La tanaisie en fleur se conserve longtemps en
bouquets. En tisane, 1 bouton floral de fleurs séchées dans 250 ml
(1 tasse) d’eau, elle soigne les flatulences, l’insuffisance hépatique,
les maladies fongiques et parasitaires intestinales. En teinture-mère
dans l’alcool, c’est une liqueur apéritive ou digestive très aromatique
qu’on consommera au compte-gouttes étant donné sa haute
concentration en huile essentielle potentiellement toxique:
10 gouttes 3 fois par jour pendant 30 jours.
En décoction, sous forme de cataplasme ou de compresse, les
fleurs et les feuilles fraîches soignent les infections à champignons
de la peau et des muqueuses: une sommité fleurie complète dans
250 ml (1 tasse) d’eau bouillie.
Sa poudre mélangée à 75 % de talc ou d’argile constitue un bon
insectifuge à appliquer dans le pelage des animaux d’intérieur.
MISE EN GARDE: L’huile essentielle de la tanaisie est très toxique
et interdite dans de nombreux pays. À dose de plus de 10 g (1/3 oz),
la plante a des effets abortifs, stupéfiants et convulsifs. Se limiter à
des cures ponctuelles en suivant le dosage recommandé et éviter
durant toute la grossesse.
ANECDOTE: La tanaisie, symbole de renouveau, représente
l’éternel féminin: Gaïa, Vénus ou Marie. Les guérisseuses d’autrefois
en offraient en signe de reconnaissance à leur amie, leur mère ou
leur initiatrice.
BÉNÉDICTINE SIMPLIFIÉE
Fleurs de tanaisie – 50 g (1 3/4 oz)
Eau-de-vie – 1 litre (4 tasses)
Sucre de canne – 250 g (1 tasse)
Bocal en verre – 1
Hacher finement les sommités fleuries fraîches. Les placer
dans le bocal et les recouvrir avec l’eau-de-vie. Garder à l’abri
de la lumière pendant 1 mois. Filtrer soigneusement. Ajouter le
sucre et agiter pour le diluer.
Consommer comme liqueur apéritive avant les repas,
digestive après les repas ou diurétique à raison de 15 ml (1
c. à thé) diluée dans 250 ml (1 tasse) d’eau 2 fois par jour,
mais pas pendant plus de 10 jours consécutifs.
TILLEULS
Famille des tiliacées
NOMS LATINS: Tilia americana (Amérique du Nord) ou Tilia
cordata, Tilia europea, Tilia parvifolia, Tilia platiphyllos et ssp.
NOMS COMMUNS: Tillau, tillet, til, thé d’Europe
NOMS ANGLAIS: Linden, lime tree, linn flower
HISTORIQUE: Le tilleul est l’un des plus vieux arbres au monde. Il
date de l’Éocène, le début de l’ère tertiaire. Il a inspiré une légende
allemande: la Walkyrie aurait trempé son fils Siegfried dans le sang
pour le rendre invincible, mais, à cause d’une feuille de tilleul collée
sur son cœur, il est mort, frappé à cet endroit précis. Sainte
Hildegarde s’en servait dans des remèdes rituels pour conjurer la
peste.
Pendant l’occupation allemande, le Pr Binet avait confectionné
une bouillie très nutritive avec des feuilles de tilleul, et de la farine
d’orge et de sarrasin.
Dans The Way of Herbs, Michael Tierra parle du tilleul comme la
«panacée nationale des fatigues nerveuses». Il révèle aussi les
résultats d’expériences faites à l’Université de Chicago par deux
éminents pédiatres, Troisman et Hardy. Ils ont prouvé que des
enfants très grippés traités simplement avec de l’infusion de tilleul
ont guéri plus vite ‒ et sans effets secondaires ‒ que ceux qui
avaient pris des antibiotiques.
HABITAT: Les bois dégagés, les friches et les prairies ensoleillées
mais humides.
DESCRIPTION: Arbre élancé pouvant atteindre 30 m de hauteur et
vivre jusqu’à 500 ans. Les feuilles sont brillantes et vertes sur le
dessus, et argentées en dessous. Les fleurs jaune pâle sont très
odorantes et portent deux ailes, ou bractées translucides, la variété
americana, quant à elle, n’en a qu’une seule.
Il faut planter intensivement cet arbre pacificateur et purificateur, autant
pour assainir nos fluides que pour apaiser nos humeurs.
PARTIES UTILISÉES: Les jeunes feuilles au printemps, les fleurs et
les bractées de la fin de juin à la mi-juillet, l’aubier ou les rameaux
terminaux idéalement tôt au printemps, et l’écorce interne tard en
automne. Le fameux aubier de tilleul du Roussillon vient du Tillia
sylvestris récolté dans les montagnes des Pyrénées.
COMPOSITION CHIMIQUE: Écorce: mucilages à
arabinogalactanes; coumarines (fraxoside, esculoside), flavonoïdes
(tiliroside), acides aminés et phloroglucinol; tanins; polyphénols;
potassium; sucre. Feuilles: mucilages; enzymes; vitamine (C).
Fleurs et bractées: flavonoïdes (astragaline, hespéridine,
quercétine, kaempférol, rutoside, tiliroside); leucoanthocyanidines et
proanthocyanidines; huile essentielle (camphre, carvacrol, eugénol,
géraniol, farnésol, limonène, thymol, vanilline); acides (caféique,
cholorogénique, coumarique et tartrique); tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antidépresseur, antihistaminique,
anti-inflammatoire, calmant, diurétique, euphorisant, fébrifuge,
immunostimulant, lithotritique, régénérant, sédatif, vulnéraire.
APPLICATIONS: La plus agréable manière de consommer le tilleul
est sous forme d’infusion. On consomme de préférence l’écorce,
l’aubier, ou encore les feuilles de jour pour leurs vertus diurétiques et
anti-inflammatoires, et on réserve pour le soir les infusions
calmantes et somnifères des fleurs et bractées. En décoction
concentrée dans le bain, 30 g (1 oz) de sommités fleuries bouillies
dans 2 litres (8 tasses) d’eau, infusées et filtrées, il calme les nerfs et
décontracte les muscles. En compresse, 5 g (1 c. à thé) dans 250 ml
(1 tasse) d’eau, il est excellent pour soigner les infections oculaires,
et en lotion faciale, contre la peau sèche et les taches brunes.
L’aubier de tilleul sauvage est reconnu comme l’un des meilleurs
draineurs de la vésicule et un bon diurétique et antigoutteux: faire
bouillir quelques minutes 5 g (1 c. à thé) d’écorce dans 250 ml
(1 tasse) d’eau. Laisser macérer plusieurs heures. Prendre 250 ml
(1 tasse) avant chaque repas, pendant 10 à 30 jours consécutifs.
ANECDOTE: C’est seulement à partir de l’âge de sept ans que le
tilleul donne son meilleur miel aux abeilles, son meilleur bois au
sculpteur et son meilleur parfum aux dames. Et que dire des rêves
de celui qui dort sous ses branches en fleurs au solstice d’été!
POUDRE ABSORBANTE
Faire brûler complètement une petite bûche de tilleul bien
séchée. Recueillir le charbon de bois carbonisé, le piler au
mortier jusqu’à l’obtention d’une poudre.
En cas d’hyperacidité gastrique, d’intoxication alimentaire ou
de gaz, prendre avant les repas ou, en cas de crise, 1
c. à soupe diluée dans de l’eau. Utiliser pure sur une plaie
infectée, un abcès ou une hémorragie.
TRÈFLE ROUGE
Famille des fabacées
NOM LATIN: Trifolium pratense
NOMS COMMUNS: Miel des prés, pied de lièvre
NOMS ANGLAIS: Red clover, Trefoil, cow grass, cleaver grass
HISTORIQUE: Le trèfle rouge est le fourrage préféré des herbivores
et, au début du premier millénaire, les Celtes le semaient
instinctivement dans les prairies de graminées, sans savoir qu’ainsi
les protéines végétales se complétaient. En période de famine, les
Irlandais le mélangeaient à la farine de froment pour faire du pain.
Les Russes l’utilisent depuis toujours en cataplasme sur les
brûlures, les abcès et pour apaiser les inflammations des yeux, et en
compresse contre les maux de tête. Ils donnent de la teinture-mère
de fleurs aux enfants fragiles et aux femmes atteintes d’hémorragies
utérines.
Jethro Kloss, grand guérisseur américain du tournant du siècle,
affirme que le trèfle rouge est l’un des plus grands dons divins, car,
dit-il, «c’est un merveilleux dépuratif sanguin et c’est un formidable
remède contre la lèpre, la pellagre et les tumeurs malignes». Le
trèfle rouge est effectivement un des ingrédients de base du thé des
Premières Nations, commercialisé sous le nom d’Essiac ou de
Floressence, qui aurait guéri des centaines de cancéreux dans les
années 1950, en Ontario.
Plusieurs expériences en laboratoire consignées prouvent ses
vertus hormonorégulatrices dues à sa haute concentration en
isoflavones pro-œstrogéniques. Il constituerait ainsi un substitut
intéressant aux hormones de synthèse en préménopause et en cas
de syndrome prémenstruel pénible.
On mange le trèfle germé en salade; son goût doux et herbeux est
très rafraîchissant.
HABITAT: Les prairies, les friches ensoleillées, acides et humides,
au bord des champs et des jardins fertiles.
La fleur de trèfle rouge récoltée à la pleine lune et offerte à son bien-aimé
est un gage de fidélité; de plus, elle favorise la fertilité!
DESCRIPTION: Petite plante de 20 cm à 40 cm de hauteur à tige
dressée et ramifiée. Les fleurs sont roses ou lilas. Les feuilles,
ovales et disposées par trois, sont vertes et tachetées de blanc au
milieu.
PARTIES UTILISÉES: Les fleurs, du début de juin à la fin d’août.
Les choisir entièrement roses avant la pollinisation et à capitule
régulier. En usage externe, on utilise aussi la plante entière. Dans
les prés à foin fourragé, on cueille la plus riche en principes actifs,
celle de la première récolte, en début d’été.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles: chlorophylle; presque tous les
minéraux et oligo-éléments; protéines: tous les acides aminés
essentiels; vitamines (A, C, D); tanins et plusieurs des éléments
contenus dans les fleurs. Fleurs: isoflavones (biochanine, bêta-
sistostérol, calycosine, daidzéine, formononétine, génistéine);
phytostérols (campestérol); flavonoïdes (malvidine, quercetine);
coumarine (médicagol); acides (acétique, allantoïque, caféique,
chlorogénique, cinnamique, coumarique, laurique, mélilotique,
oxalique, salicylique); acides gras; polyphénols; protéines; sucres;
huile essentielle (caryophyllène, limonène, linalol, farnésène,
furfural, ocimène); vitamines (A, B, C, D, E). Racines et
mycorrhizes: azote; acide allantoïque; dérivés benzyliques;
soyasapogénols. Graines: acides gras; phytostérols
(soyasapogénols); protéines.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Altératif, dépuratif, anticoagulant,
astringent, calmant, sédatif, contraceptif, diurétique, désobstruant,
emménagogue, pro-œstrogénique, expectorant, mucolytique,
immunostimulant nutritif.
APPLICATIONS: On utilise surtout la fleur de trèfle rouge comme
dépuratif de la lymphe, du sang et des reins: cystite, eczéma ou
fatigue reliée à une infection ou à un déséquilibre glandulaire.
En teinture-mère (50 % de plantes, dans 100 % d’alcool à 40 %),
prendre 20 gouttes avant chaque repas.
En tisane et décoction, 3 fleurs dans 250 ml (1 tasse) d’eau. On
peut en boire jusqu’à 1 litre (4 tasses) par jour entre les repas pour
purifier la lymphe et le sang et activer la circulation générale.
En lotion locale (avec une décoction de 10 g ou 1/3 oz dans
250 ml ou 1 tasse), on peut soigner les abcès, les kystes et les
plaies infectées. On le retrouve aussi comme ingrédient actif dans
les crèmes contre les peaux grasses et les teints brouillés.
ANECDOTE: L’élixir de fleurs de trèfle rouge convient aux
personnes souffrant d’agoraphobie et qui se sentent différentes des
autres. Lors de catastrophes, il préserve de l’hystérie collective.
THÉ PURIFICATEUR ALGONQUIN
Fleurs de trèfle rouge – 90 g (3 oz)
Feuilles d’oxalide ou de petite oseille – 90 g (3 oz)
Racine de bardane – 90 g (3 oz)
Varech – 30 g (1 oz)
Poudre d’orme – 30 g (1 oz)
Têtes de chardon des champs – 30 g (1 oz)
Mélanger toutes les plantes. Faire bouillir 1 c. à thé de
mélange dans 250 ml (1 tasse) pendant 5 min. Boire 750 ml
(3 tasses) par jour pendant 1 à 3 mois.
Ceci est la version la plus fidèle à la recette originelle,
donnée à l’infirmière canadienne Reine Caisse par un chaman
algonquin, et commercialisée sous les noms d’Essiac
(anagramme de Caisse), ou encore de Floressence. C’est
aussi un excellent dépuratif lymphatique et sanguin.
TUSSILAGE
Famille des astéracées
NOM LATIN: Tussilago farfara
NOMS COMMUNS: Chou de vigne, pas-d’âne, taconnet, procheton,
racine de peste
NOMS ANGLAIS: Colts foot, coughwort, ass’foot, bullsfoot,
horsehoof
HISTORIQUE: Tous les grands médecins herboristes de l’Antiquité
recommandaient d’aspirer la fumée du tussilage pour soigner les
affections pulmonaires, usage perpétré longtemps par les Anglais et
les Suédois. On retrouve le tussilage dans deux mélanges célèbres
de la British Pharmacopoeia, celui des fleurs pectorales et celui des
vulnéraires. Du XIIe siècle au XVIIe siècle, la fleur de tussilage a servi
d’emblème sur les enseignes des apothicaires parisiens.
La fleur a aussi fait partie des simples utilisés contre la
tuberculose, mais elle est surtout l’une des meilleures pectorales. Le
Dr Leclerc la conseille comme mucolytique doux, en cas de
bronchite obstructive, pour libérer les mucus purulents. En raison de
ses feuilles douces et résistantes, on la nomme aussi le «papier de
toilette» du coureur des bois ou du cowboy!
HABITAT: Les décombres, les lieux incultes et mal drainés, au bord
des fossés et des ruisseaux, toujours des endroits ensoleillés.
Le tussilage personnifie joliment le renouveau; il ramène l’espoir et dissout,
à la fin de l’hiver, les congestions psychiques et physiques.
DESCRIPTION: Plante cousine du pissenlit à tige roussâtre faite
d’écailles superposées. Les fleurs jaune vif portent de nombreuses
ligules qui se transforment en aigrettes volantes à l’apparition des
premières feuilles. Celles-ci sont particulièrement épaisses, cordées
et coriaces, en forme de sabot de cheval, couleur vert tendre cireux
sur le dessus, et couvertes, en dessous, d’un doux duvet blanchâtre.
PARTIES UTILISÉES: Les fleurs non pollinisées quand les étamines
sont encore jaune doré, juste avant leur éclosion totale, et les
feuilles vers le mois de juin, lorsqu’elles atteignent la taille d’une
main ouverte.
COMPOSITION CHIMIQUE: Fleurs: flavonoïdes et caroténoïdes
(hyperine, hyperoside, lutéine, rutine, taraxaxanthine, violaxanthine,
xantophylline); mucilages; esters sesquiterpèniques (tussilagone);
minéraux (magnésium, zinc); acides (ascorbique, gallique, malique
et uronique). Feuilles: alcools triterpéniques (taraxastérol,
responsable de l’amertume); sucres (arabinose, glucose, fructose);
tanins; flavonoïdes (quercétine, stigmastérol, tussilagine); alcaloïdes
pyrrolizidiques (senkirkine, sénécionine, tussilagine); minéraux
(calcium, potassium, fluor, zinc); acides gras (palmitique et
stéarique).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Antibiotique, antiseptique,
antihistaminique, antitussif, béchique, broncodilatateur, astringent,
émollient, dépuratif, tonique, expectorant.
APPLICATIONS: Les fleurs fraîches bouillies quelques instants sont
excellentes contre les congestions, les inflammations des poumons,
la toux bénigne, l’emphysème, les crises d’asthme, surtout
allergiques: 10 fleurs dans 250 ml (1 tasse) d’eau 3 fois par jour
pendant 3 à 10 jours.
Les feuilles fumées (idéalement mélangées à de la lavande ou à
du romarin) soulagent les crises d’asthme et les obstructions
pulmonaires: 1/3 de chaque sorte, 1 à 3 cigarettes par jour. La
fumée (inspirée, inhalée ou aspirée) du tussilage brûlé sur du bois
de cèdre ou de cyprès a les mêmes propriétés. En cataplasme
(1 feuille ramollie à l’eau ou à la vapeur renouvelée 3 fois par jour)
fixé avec un bandage à appliquer sur des abcès, des kystes et
autres blessures purulentes. En décoction, 1 feuille dans 250 ml
(1 tasse) d’eau 3 fois par jour, elles soignent les colites et les
diarrhées. Si elles sont combinées à l’écorce de chêne et aux fleurs
de mauve (1/3 de chacune), les résultats ne seront que plus rapides.
En interne, se limiter à des cures brèves à cause d’un facteur
activateur plaquettaire.
En teinture-mère de fleurs au printemps et de feuilles en été
(50 % de plantes, 100 % d’alcool), prendre 15 gouttes 3 fois par jour
pour soigner l’asthme, la bronchite, les diarrhées ou les
suppurations.
ANECDOTE: Au Québec, le tussilage s’est répandu autour des
hôpitaux à partir des plantations de simples amenés par les colons
français. En France et en Grande-Bretagne, avec ses feuilles grillées
et beurrées, on nourrissait et soignait les enfants rachitiques.
SIROP DÉCONGESTIONNANT
Fleurs de tussilage – 30 g (1 oz)
Racine de guimauve – 10 g (1/3 oz)
Pousses de sapin – 25 g (3/4 oz)
Lierre terrestre – 25 g (3/4 oz)
Réglisse – 10 g (1/3 oz)
Eau – 1 litre (4 tasses)
Miel naturel – 1 kg (2 lb)
Faire bouillir le mélange de plantes dans l’eau pendant 15 min.
Filtrer et ajouter le miel. Faire fondre doucement, laisser
mijoter à feu très doux 20 min. Faire refroidir avant
l’embouteillage. Conserver au réfrigérateur. À utiliser dans les
3 mois suivants.
Traitement: 15 ml (1 c. à soupe) 2 à 3 fois par jour. Même
les enfants le prendront avec plaisir!
Ce sirop est plus efficace lorsqu’il est fait avec les trois
plantes indigènes fraîches et les plantes cultivées (guimauve
et réglisse) séchées.
On peut aussi en faire de simples décoctions et renoncer au
miel, surtout si on est hypoglycémique ou diabétique.
VALÉRIANE
Famille des caprifoliacées (auparavant des valérianacées)
NOM LATIN: Valeriana officinalis
NOMS COMMUNS: Guérit-tout, herbe aux chats, herbe aux loups,
herbe à la menstrue, herbe de saint Georges, phu, valium végétal
NOMS ANGLAIS: All-heal, garden valerian, fu, setwell, theriocaria
HISTORIQUE: Dioscoride et Galien ont donné à la valériane le nom
de «phu» ou «fou» en évocation de son odeur douteuse. De plus, ils
la considéraient comme une panacée pour les troubles du système
nerveux. Son nom latin, apparu au XIe siècle, vient de valere qui
signifie «valable» ou «de grande valeur» ou encore «bien se porter».
En 1450, Saladinus d’Ascoli, un maître de l’école de Salerne, a
déclaré que «si on veut calmer des hommes belliqueux qui se
battent pour rien, il faut leur donner à boire du jus de valériane».
Les Autochtones d’Amérique prisaient par le nez la poudre de
valériane pour calmer les convulsions de l’épilepsie; le physicien
italien Fabio Colonna l’a remise à la mode au XVIe siècle en
témoignant, dans Phytobasanos, qu’elle l’avait guéri de ce mal.
La valériane enivre les chats et même les rats. Elle a déjà servi
d’appât en Angleterre, où on la cultive et la consomme en grande
quantité. Depuis le Moyen Âge, on place de la valériane dans les
placards, combinée à d’autres plantes comme l’immortelle ou la
tanaisie, pour tuer les mites.
Cette jolie fleur rose est une alliée précieuse: sa racine pourtant
nauséabonde permet de trouver le repos.
Au XIXe siècle, Samuel Thompson, comme plusieurs de ses
collègues herboristes, la reconnaît comme le meilleur tranquillisant.
HABITAT: Les lieux humides, les marais, les taillis et les clairières
détrempées, où elle pousse en colonies, au soleil.
DESCRIPTION: Plante vivace de 80 cm à 1,20 m de hauteur à tige
ronde garnie de grandes feuilles à folioles dentelées et très
découpées. Les fleurs sont d’un beau rose pâle. Les racines à
l’odeur prononcée sont noires à l’extérieur et blanchâtres à
l’intérieur.
PARTIES UTILISÉES: Les feuilles au début de l’été, les fleurs au
milieu de l’été, les racines en automne, de préférence à partir de la
deuxième année.
COMPOSITION CHIMIQUE: Dans la racine surtout, une huile
essentielle complexe (acétate de bornyle, monoterpènes
(camphène, α-pinène), sesquiterpènes (β-caryophyllène, cadinène,
valènes, valérénal, valéranone); acides sesquiterpéniques (acides
acéto et hydrovaléréniques); iridoïdes (valépotriates); lignanes;
flavonoïdes (apigénine, héspéridine, quercétine); alcaloïdes
(actinidine, chatinine, valéramine); acides (acétique, ascorbique,
benzoïque, caféique, butyrique, formique, isovalérénique et
valérénique); acides gras essentiels; minéraux (magnésium,
manganèse, fer, zinc); vitamines (du complexe B); GABA et autres
acides aminés; fibres; tanins.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Anticonvulsivante, antispasmodique,
anxiolytique, calmante, digestive, fébrifuge, hypnotique, hypotensive,
immunostimulante, nervine, relaxante, revitalisante, tonique,
vermifuge.
APPLICATIONS: On mange les jeunes feuilles tendres en salade ou
on les utilise en cataplasme sur les plaies et les douleurs localisées:
25 g (1 oz) de feuilles hachées bouillies rapidement dans 250 ml
(1 tasse) d’eau. En élixir (5 gouttes 3 fois par jour pendant 10 à
30 jours) ou en pulvérisation de préparats biodynamiques (préparat
507), les fleurs stimulent la croissance, protègent du gel et attirent
les vers de terre. La racine fraîche est efficace comme
antispasmodique et relaxante: faire macérer 3 g (1 c. à thé) de
radicelles dans 250 ml (1 tasse) d’eau pendant 1 heure. Pendant la
journée, elle aide à lutter contre les angoisses, les spasmes nerveux
et musculaires et les vers. Prise avant le coucher, elle permet de
trouver le sommeil plus vite et de faire de beaux rêves. En cas de
troubles du sommeil dus au décalage horaire, prendre 3 g (1/2
c. à thé) de la racine en poudre diluée dans 100 ml (1/3 tasse) d’eau
pendant 10 soirs consécutifs, 1 heure avant le coucher. Son élixir
floral aide à s’élever au-dessus des soucis matériels et terrestres et
à faire des rêves inspirants pour le futur proche, ramenant de
l’énergie et de la joie de vivre.
MISE EN GARDE: À forte dose, la valériane peut devenir irritante,
indigeste ou stupéfiante. Ne pas la combiner à des barbituriques ou
à des antidépresseurs, ni à l’alcool. Peut devenir hépatotoxique à
plus d’un demi-gramme par kilo, mais il faut être masochiste pour en
avaler 25 grammes à la fois.
ANECDOTE: Pour attirer une femme, un homme doit fabriquer un
sachet magique avec du poivre de Cayenne, du patchouli et de la
racine de valériane. Mais auparavant, il doit cueillir la valériane tout
nu et debout sur un pied en prononçant le nom de la femme
désirée…
VALIUM VÉGÉTAL
Racines fraîches de valériane, lavées et séchées 2 heures au
soleil – 50 g (1 3/4 oz)
Alcool à 40 % – 200 ml (4/5 tasse)
Broyer les racines au robot et mélanger l’alcool. Laisser
macérer 1 mois. Filtrer.
En cas d’hypertension ou de nervosité: 10 gouttes, le matin
à jeun. Au besoin, répéter à midi et le soir.
En cas de spasmes ou d’insomnie: 20 gouttes 20 min avant
le coucher.
VARECH
Famille des fucacées
NOM LATIN: Fucus vesiculosis
NOMS COMMUNS: Chêne marin, fucus, goémon, laitue marine
NOMS ANGLAIS: Bladderwack, cutweed, kelp, seawack
Le varech contient toutes les substances nécessaires pour perpétuer toute
forme de vie.
HISTORIQUE: Depuis des millénaires, on emploie le varech dans
les régions côtières comme fourrage pour les chevaux, comme bois
de chauffage, pour fumer le poisson, comme fertilisant pour la
culture de pommes de terre et de choux, et pour enrichir les
pâturages. En 1750, le docteur anglais Russel a découvert que le
varech soignait le goitre. Il utilisait la gelée des flotteurs en friction et
en usage interne, et contre les scrofules, le charbon de varech qu’il
appelait Aethiops vegetabilis. En 1812, le chimiste français Bernard
Courtois isola l’iode du varech, fabriqua le premier antiseptique des
hôpitaux et champs de bataille, la teinture d’iode, et fit le lien avec
l’hypothyroïdie. En 1862, en soignant le psoriasis avec le varech, le
Dr Duchesne-Duparc a découvert ses propriétés amaigrissantes.
Les centres de thalassothérapie et les instituts de beauté savent à
qui ils doivent leur succès!
Au début du siècle, Lord Leverhulme, propriétaire de l’île de Lewis
dans les Hébrides, a distillé du varech pour en faire de l’alcool à
combustion, et les Danois en font du papier.
HABITAT: Sur les rochers le long des côtes de l’Atlantique et au
nord de la Méditerranée.
DESCRIPTION: Cryptogame, ou plante sans fleurs, pouvant
atteindre 2 m de longueur avec des frondes brunes,
caoutchouteuses et munies de flotteurs globuleux remplis de gelée
visqueuse.
PARTIES UTILISÉES: Toute la plante.
COMPOSITION CHIMIQUE: Alginates sulfatés; polyphénols (fucols
et fucophlorétols); polysaccharides: acides (alginiques, fucoïdine,
fucane, fucose, laminarine); fibres; protéines avec tous les acides
aminés; vitamines (du complexe B, et C, D, E); tous les minéraux et
oligo-éléments, surtout l’iode, du magnésium, et du sodium;
flavonoïdes (caroténoïdes, viola, xanto et zéaxanthines).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Amaigrissant, dépuratif lymphatique,
antiseptique, antiscrofuleux, émollient, laxatif, nutritif, protecteur,
désintoxiquant, thyrotonique, tonique général, reconstituant,
reminéralisant.
APPLICATIONS: Pour un usage interne, cueillir du varech frais non
pollué. Consommer cette algue fraîche ou réhydratée (10 min de
trempage). Se limiter à 15 g (1 c. à soupe) par portion coupée
finement et incorporée dans un potage ou une salade. En teinture-
mère, se limiter à 7 gouttes matin et midi à cause des effets
stimulants des algues. Le varech est un laxatif doux, un tonique
général; il soigne les maladies de la peau chroniques comme
l’eczéma et le psoriasis, et soulage les rhumatismes.
En macération, les algues sont une excellente lotion
amaigrissante. Faire sécher les algues au soleil. Après les avoir
hachées, les faire macérer dans 4 fois leur volume d’huile végétale
en ajoutant quelques gouttes d’huile essentielle à la menthe pour le
parfum et pour activer la circulation localement.
Pour stimuler la thyroïde, équilibrer la glycémie ou perdre du
poids, les capsules et les comprimés constituent une solution
valable. Suivre la posologie du fabricant.
ANECDOTE: Des expériences effectuées à l’Université McGill de
Montréal ont prouvé que le varech est un puissant draineur de
métaux lourds radioactifs (baryum, cadmium, césium, plutonium,
strontium).
POUDRE AMAIGRISSANTE
Poudre de varech – 50 g (1 1/3 oz)
Guimauve – 30 g (1 oz)
Poudre de réglisse – 20 g (3/4 oz)
Mélanger le tout et conserver dans un bocal en verre à l’abri
de la lumière. Prendre 15 g (1 c. à soupe) de poudre avant les
repas, dans 125 ml (1/2 tasse) d’eau tiède. Ce mélange remplit
l’estomac, coupe l’appétit et adoucit toutes les muqueuses
digestives. Il fait perdre du poids et a un effet laxatif et tonique.
Précaution: Ne pas consommer de sucres, de levure de
bière ni trop de farineux en même temps, car il y a risque de
fermentation gazeuse! En cas d’hypertension, substituer de la
poudre d’orme à la poudre de réglisse.
VÉRONIQUES
Famille des scrofulariacées
NOMS LATINS: Veronica officinalis et spp. (environ 200 espèces à
travers le monde)
NOMS COMMUNS: Thé d’Europe, herbe aux ladres, herbe de saint
Pierre, herbe de sainte Véronique
NOMS ANGLAIS: Black root, culver’s root, physic root, speedwell
HISTORIQUE: L’origine de son nom est controversée. Selon les
anciens Grecs polythéistes, le mot veronica vient de phero,
«j’apporte» et niki, «victoire», car la véronique triomphait de toutes
les maladies; les orthodoxes en traduisaient le nom latin, verum
icon, par «véritable icône»; enfin, les catholiques la dédiaient à
sainte Véronique, humble et modeste, mais dévouée et efficace. Les
Autochtones d’Amérique l’utilisaient en décoction en cas
d’empoisonnement pour provoquer les vomissements; lors de rituels
sacrés, ils en faisaient absorber à ceux qui ne supportaient pas les
herbes hallucinogènes.
Du temps de Culpeper, les paysans gallois s’en servaient contre
la bronchite, les hémorragies, la rétention d’eau et les maladies de la
peau. En 1690, Johannes Francus, un herboriste allemand, lui a
consacré un traité de 300 pages, Polchresta Herba Veronica. Puis
cette plante est tombée dans l’oubli jusqu’à ce que Maria Treben la
déclare excellente pour nettoyer le sang, drainer la bile et le mauvais
cholestérol, ce que confirme Danielle Laberge au Québec.
La véronique, adventice discrète mais omniprésente dans nos gazons
écologiques, est dotée d’un grand pouvoir purificateur.
HABITAT: Les prairies acides et humides, les friches et les lisières
des bois de feuillus.
DESCRIPTION: Petite herbe vivace de 15 cm à 30 cm de hauteur à
tige semi-rampante garnie de feuilles ovales dentelées et à pétiole
court. Les fleurs sont petites, bleu clair veiné de bleu plus foncé et
disposées en grappes latérales.
PARTIES UTILISÉES: Toute la plante avant la floraison complète,
mais en cas d’urgence, les feuilles.
COMPOSITION CHIMIQUE: Flavonoïdes (apigénine et scutellarine);
iridoïdes (aucubine, verminoside, véronicoside); tanins; mannitol;
acides (acétique, caféique, lactique, tartrique); vitamine (C).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Astringente, cholagogue,
sudorifique, dissolvante, diurétique, emménagogue, nutritive,
pectorale, tonique, vulnéraire.
APPLICATIONS: Plusieurs peuples la mangent crue en salade, tôt
au printemps, ou ajoutée dans un potage. En décoction, 1 tige fleurie
ou 3 g dans 250 ml (1 tasse) d’eau. Elle aide à soulager l’œdème,
les embarras digestifs et, à long terme, les maladies de peau
chroniques, que l’on peut aussi traiter avec des lotions externes:
20 g (⅔ oz) de plante entière dans 250 ml (1 tasse) d’eau bouillie et
filtrée, en compresse sur la partie à traiter.
ANECDOTE: Le bon abbé Kunzle conseille aux intellectuels
surmenés qui souffrent de maux de tête de boire de la véronique et
d’aller se reposer une semaine près d’un ruisseau dans une forêt
montagneuse.
TEINTURE PRINTANIÈRE POLYVALENTE
Vin blanc acidulé – 250 ml (1 tasse)
Véronique entière fraîche (au début de l’été) – 50 g (1 3/4 oz)
Hacher la plante au robot. Mélanger avec le vin. Laisser
reposer 1 mois en agitant tous les 2 ou 3 jours. Filtrer. À
consommer dans l’année.
En cas d’atonie digestive, d’insuffisance biliaire ou
d’eczéma: 5 ml (1 c. à thé) avant chaque repas.
VIGNE
Famille des ampélidacées
NOMS LATINS: Vitis vinifera et spp.
NOMS COMMUNS: Vigne à vin, lambrusque
NOMS ANGLAIS: Vine, grape vine
HISTORIQUE: Dans la Genèse, on retrouve une étrange histoire,
où, pour la première fois, on évoque la vigne. Noé s’enivre du fruit
de la première vigne cultivée par ses soins, danse nu et finit par
maudire son fils et sa postérité.
Dans la Grèce antique, la vigne était le symbole de la civilisation.
On vénérait Dionysos, le dieu de la vigne, du vin et du délire
extatique, aussi appelé Bacchus en latin.
À l’époque des Gaulois, en France, on utilisait les feuilles de vigne
séchées en poudre pour soigner les vaches souffrant de dysenterie,
et comme tonique veineux et hémostatique. On utilisait surtout celles
de la vigne rouge qui, d’après la théorie des signatures, rappellent
les réseaux capillaire et veineux. En 1535, Jacques Cartier et son
équipage abordèrent à l’île d’Orléans; ils la nommèrent l’île de
Bacchus en raison du nombre incroyable de vignes sauvages (la
«vigne des renards», Vitis vulpina ou Vitis viparia), qui s’y trouvaient.
Au XVe siècle, en France, les médecins de campagne utilisaient
couramment la sève limpide et gommeuse, appelée «larme de
vigne», pure ou réduite en résine, sur les plaies cutanées et comme
collyre. À la fin du XVIIIe siècle, les hygiénistes allemands et
britanniques recommandaient le raisin ‒ Rabelais l’appelait la
«viande céleste» ‒ en monodiète dépurative.
Au Québec, en 1889, Alfred Des Fossés a publié un Traité sur la
culture du raisin sauvage. Mais son projet d’en cultiver n’a pas
abouti.
Le riz enrobé dans une feuille de vigne arrosée de vinaigre ou
d’huile d’olive est un plat national grec.
Plante généreuse, la vigne est capable de nous guérir, de nous nourrir ou de
nous enivrer!
HABITAT: Les vignobles, bien sûr, mais aussi les terrains en friche
aux sols argileux et siliceux, les coteaux ensoleillés, les haies et les
treillis.
Les jeunes feuilles de vigne des rivages (Vitis riparia) sont
également comestibles. Attention! Ne pas confondre avec la vigne
vierge à cinq folioles (Parthenocissus quinquefolia), potentiellement
irritante pour la peau et ses fruits très toxiques saturés d’acide
oxalique.
DESCRIPTION: Arbuste à tige dressée plus ou moins tordue d’où
partent des rameaux ronds et verts garnis de grandes feuilles
alternes et palmées. Les fleurs minuscules sont regroupées en une
panicule vert clair. Le fruit est une baie de couleur variable (du vert
clair au bleu foncé, selon les variétés) qui contient entre 5 et
10 graines. Un plant de bonne souche peut vivre 600 ans!
PARTIES UTILISÉES: Les bourgeons et la sève qui coule des
rameaux au printemps, les fleurs, les feuilles, les baies crues et les
graines.
COMPOSITION CHIMIQUE: Feuilles, suc et rameaux:
anthocyanosides (glucosides du cyanidol et du péonidol); glucosides
de flavonols; tanins (proantocyanidol); acide tartrique et
phénylpropanoïque; fibres; minéraux; vitamines (C, P). Baies de
raisins: acides organiques (caféique, gallique, ellagique, férulique);
proanthocyanidines (OPC): catéchines; coumarine, flavonoïdes
(quercétine, kaempférol, myritécine, rutine); polyphénols
(transresvératrol); sucres (simples, doubles, complexes); fibres;
pectine; vitamines (A, B, C, E); minéraux. Surtout dans les pépins:
acides gras essentiels: 55-70 % d’acide linolénique (polyinsaturés),
13 à 24 % de gras monoinsaturés, et 5 à 10 % d’acides palmitique et
stéarique; proantocyanidines (OPC).
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Astringente, cicatrisante, anti-
inflammatoire, antiseptique, antioxydante, régénérante, diurétique,
lithotritique, hypotensive, tonicardiaque, laxative, nutritive,
régénérante, vulnéraire.
APPLICATIONS: On peut utiliser la sève pure ou encore la
décoction de feuilles pour soigner les infections oculaires.
En décoction, faire bouillir les feuilles fraîches ou séchées
(1 feuille dans 250 ml ou 1 tasse d’eau). Elles sont diurétiques,
excellentes contre la cellulite et la diarrhée, mais surtout toniques
pour les vaisseaux capillaires des jambes ou de l’utérus; en bain de
siège, de mains ou de pieds, elles sont efficaces contre la
congestion circulatoire (hémorroïdes, varices); en cataplasme, elles
soulagent les maux de tête.
Le raisin accompagne parfaitement un jeûne et aide à l’épuration.
Il est impératif de choisir des fruits certifiés biologiques et, pour ceux
qui ont les intestins sensibles, de cracher la pulpe. Il est toutefois
recommandé de bien croquer les pépins, riches en antioxydants.
Les raisins secs de Smyrne ou de Corinthe non sulfurés trempés
quelques heures constituent un bon pectoral. Les prendre avant les
repas 3 fois par jour.
Le jus de raisin rouge sans agents de conservation et non
pasteurisé est excellent pour la santé et contient autant de
flavonoïdes et de polyphénols antioxydants que le jus fermenté.
Quant au vin, bien qu’il réjouisse le cœur, sa dépendance a causé
bien des malheurs. Un verre de vin de bonne qualité par jour, nature
ou certifié biologique, est cependant excellent pour la santé. Le
rouge est plus riche en polyphénols, tanins et antioxydants. Le blanc
est plus concentré en acides organiques.
L’huile de pépin de raisin est une bonne huile à massage, mais
elle est souvent chauffée, car elle est délicate à extraire. Elle est
hydratante, émolliente, cicatrisante et séborégulatrice.
ANECDOTE: À l’image de la vigne, l’élixir de fleurs de vigne «vine»
(recommandé par le célèbre Dr Bach) est idéal pour les
personnalités colériques, maniaques ou tyranniques, puisqu’il ouvre
l’esprit et le cœur à l’altruisme, à la coopération et à la tolérance.
TISANE MINCEUR
Feuilles de vigne moyennes (environ 2 feuilles) – 10 g (3 c. à thé)
Fleurs de sureau – 10 g (3 c. à thé)
Aubier de tilleul – 10 g (2 c. à thé)
Eau – 1,5 litre (6 tasses)
Faire bouillir les plantes pendant 5 min, laisser infuser 15 min.
Boire le tout dans la journée entre les repas.
Pour supprimer la rétention d’eau et éliminer les toxines
intercellulaires, boire 750 ml à 1 litre (3 à 4 tasses) par jour
avant les repas, pendant 10 à 30 jours consécutifs.
VIPÉRINE
Famille des boraginacées
NOM LATIN: Echium vulgare
NOMS COMMUNS: Langue d’oie, vipérine commune, vipérine
vulgaire, serpentaire
NOMS ANGLAIS: Blue weed, blue devil, viper’s bugloss
HISTORIQUE: Originaire d’Afrique, elle est utilisée depuis des
millénaires pour étancher la soif en cas de besoin. Elle est aussi
efficace contre la fièvre, à l’instar de la bourrache, sa proche
cousine, mais qui survit rarement hors du jardin. La vipérine doit son
nom commun à la théorie des signatures: ses fleurettes pointues et
sa tige tachetée l’associant à une langue de vipère, on disait qu’en
l’appliquant sur une morsure de serpent, on en guérirait vite.
L’herboriste anglais Culpeper la disait très galactagogue et la
conseillait aux nourrices. On la trouvait dans tous les jardins de
monastère et de simples, notamment parce qu’elle attire tous les
pollinisateurs. Une compagnie américaine en tirait de la silice très
assimilable, offerte en capsules comme supplément, produit hélas
dont on a cessé la fabrication, car il est plus coûteux à produire que
les dérivés de roches, d’algues ou de lait.
HABITAT: Originaire d’Eurasie, elle est acclimatée à toutes les
zones tempérées. Elle pousse en sols calcaires et pauvres, mais en
plein soleil.
DESCRIPTION: Plante bisannuelle à feuilles lancéolées, velues et
ponctuée de verrues. Les fleurs sont groupées en cymes terminaux
d’abord roses puis bleus; la langue supérieure est plus longue, avec
cinq étamines rosées saillantes. Sa tige est charnue, velue et
tachetée de brun. Les graines peuvent rester fertiles en dormance
sous le sol durant 20 ans!
PARTIES UTILISÉES: Les parties aériennes la première année en
début d’été. La deuxième année, au début de la floraison en juillet;
les racines à l’automne.
COMPOSITION CHIMIQUE: Alcaloïdes (cynoglossine, échiine et
échimidine); iridoïdes (aucubine, catalpol, ladroside, véronicosides,
verminoside, verproside); flavonoïdes (apigénine, scutellarine);
allantoïne; minéraux (calcium, magnésium, cuivre, potassium, silice
en quantité notable); saponines; tanins; acide rosmarinique; sucre:
mannitol; fibres; mucilages.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES: Alcalinisante, anti-inflammatoire,
aphrodisiaque, dépurative, diurétique, fébrifuge, pectorale,
reminéralisante, sudorifique, vulnéraire.
APPLICATIONS: On mange les fleurettes crues, saupoudrées sur
une salade ou encore les jeunes tiges et les feuilles hachées
finement ‒ elles ont un goût de concombre. On peut également les
cuire à la vapeur ou à la poêle. En décoction fraîche (4 g par 250 ml
[1 tasse] d’eau), on la prend contre la fièvre, la rétention d’urine, les
spasmes et les névralgies en cure de 3 à 10 jours. La teinture-mère
des parties aériennes ou séchées est à privilégier pour les infusions
d’hiver (2 g par 250 ml [1 tasse] d’eau).
MISE EN GARDE: Pour la cueillir, mettez des gants, car ses poils
riches en silice peuvent êtres irritants. Comme elle contient des
alcaloïdes pyrrolizidiques, il vaut mieux consommer très
occasionnellement la vipérine comme légume d’accompagnement
ou en salade. Toutefois, en cure brève et en dose thérapeutique,
aucun problème!
ANECDOTE: À l’image de la vipérine, son élixir floral nous aide à
mieux délimiter notre territoire, à se défaire du souci de bien
paraître, à mieux s’écouter et à manifester qui nous sommes en
réalité! Pour nous-mêmes et nos alliées ailées, semons-en
abondamment!
CHAPITRE 5
Les maladies courantes et leurs remèdes
végétaux
Les remèdes peuvent arriver, puis l’un après l’autre, ils
sont délaissés, mais le pouvoir remédiant de la Nature,
lui, est à jamais continu.
Dr Herbert Shelton
Abcès: Alliaire, bardane, benoîte, brunelle, camomille, gaillet, lierre terrestre, laitues
sauvages, luzerne, mauve, millepertuis, molène, mouron des oiseaux, moutarde,
plantain, trèfle rouge, véronique, vigne, vipérine.
Acidité: Camomille, chénopode, chiendent, consoude, égopode, framboisier, luzerne,
mélilot, mouron des oiseaux, nerprun, ortie, pensée sauvage, pissenlit, prêle, tilleul,
trèfle rouge.
Acné: Achillée, aunée, bardane, consoude, framboisier, gaillet, menthe, mouron des
oiseaux, moutarde, nerprun, ortie, pensée sauvage, pervenche, pissenlit, plantain,
serpolet, saponaire, trèfle rouge, vipérine.
Allergies: Achillée, alliaire, armoise, aunée, bardane, brunelle, chiendent, églantier,
euphraise, framboisier, lierre terrestre, mauve, moutarde, mouron des oiseaux, ortie,
plantain, serpolet, trèfle rouge, vipérine.
Anémie: Armoise, chénopode, chiendent, consoude, cresson, églantier, épine-vinette,
framboisier, menthe, ortie, patience, pensée sauvage, pissenlit, trèfle rouge.
Arthrite: Achillée, bardane, benoîte, bouleau, bourse-à-pasteur, busserole, cataire,
cerisier, chiendent, consoude, épilobe, épervière, eupatoire, framboisier, frêne, gaillet,
genévrier, mélilot, millepertuis, ortie, pissenlit, prêle, renouées des oiseaux et japonaise,
tilleul, trèfle rouge.
Asthénie (fatigue): Chicorée, consoude, cresson, églantier, épine-vinette, genévrier,
lierre terrestre, marguerite, menthe, mouron, ortie, oseille, patience, renouée japonaise,
serpolet, trèfle rouge.
Asthme: Aunée, bardane, bourse-à-pasteur, brunelle, capillaire, cataire, centaurée,
consoude, églantier, euphraise, lierre terrestre, mauve, molène, orme, ortie, patience,
pissenlit, plantain, trèfle rouge, tussilage, valériane, véronique.
Athérosclérose: Achillée, aubépine, aunée, bouleau, bourse-à-pasteur, camomille,
capillaire, chélidoine, chicorée, chiendent, églantier, épine-vinette, frêne, gaillet, mauve,
mouron, ortie, pensée sauvage, pervenche, piloselle, pissenlit, plantain, prêle, vipérine.
Blessure ou plaie: Achillée, armoise, aunée, bardane, bourse-à-pasteur, brunelle,
chêne blanc, consoude, fraisier, framboisier, lilas, lotier, luzerne, mauve, millepertuis,
molène, mouron, orme rouge, plantain, prêle, renouée japonaise, trèfle rouge,
véronique, violette.
Bronchite: Aunée, brunelle, cataire, chiendent, lierre terrestre, lobélie, mauve, menthe,
molène, moutarde, ortie, pourpier, raifort, serpolet, tussilage, vipérine.
Brûlure: Aigremoine, aunée, bardane, brunelle, camomille, capillaire, consoude, gaillet,
lotier, mauve, millepertuis, orme rouge, pensée sauvage, plantain, serpolet, tussilage,
vipérine.
Bursite: Achillée, bardane, bouleau, busserole, cerisier, chicorée, chiendent, consoude,
églantier, égopode, gaillet, mauve, mélilot, ortie, oseille, pissenlit, reine-des-prés, tilleul,
valériane.
Cancer: Aigremoine, aunée, bardane, brunelle, capillaire, chélidoine, consoude,
cresson, églantier, framboisier, gaillet, lierre terrestre, mauve, millepertuis, marguerite,
mouron, ortie, patience, pensée sauvage, plantain, renouée, serpolet, trèfle rouge,
véronique, violette.
Champignon, levure, pied d’athlète: Armoise, aunée, bardane, chélidoine,
chêne, consoude, églantier, gaillet, lierre terrestre, lobélie, moutarde, patience, prêle,
serpolet, tanaisie, valériane, violette.
Conjonctivite: Achillée, aigremoine, armoise, bourse-à-pasteur, brunelle, camomille,
chêne, chélidoine, consoude, églantier, euphraise, fraisier, gaillet, mauve, molène, ortie,
pensée sauvage, plantain, reine-des-prés, tilleul, trèfle rouge, véronique.
Constipation: Achillée, aigremoine, alliaire, eupatoire, camomille, chélidoine,
chicorée, liseron, mauve, menthe, nerprun, patience, pissenlit, plantain, sapin, tilleul,
valériane.
Cystite: Benoîte, busserole, cerisier, chicorée, chiendent, églantier, gaillet, genévrier,
lierre terrestre, mauve, mélilot, ortie, piloselle, pissenlit, prêle, reine-des-prés, tilleul,
trèfle rouge.
Décalcification, ostéoporose: Achillée, agripaume, bourse-à-pasteur,
camomille, chêne, consoude, cresson, fraisier, framboisier, mûre, ortie, pissenlit,
potentille, prêle, trèfle, tussilage, vipérine.
Dépression: Armoise, aubépine, brunelle, camomille, cataire, chicorée, épine-vinette,
lilas, marguerite, menthe, millepertuis, patience, pensée sauvage, tilleul, valériane,
vipérine
Diabète: Aigremoine, bardane, bouleau, brunelle, busserole, capillaire, chicorée,
chiendent, cresson, églantier, eupatoire, framboisier, gaillet, genévrier, mauve, myrtille,
orme, pensée, piloselle, pissenlit, prêle, sureau, trèfle, véronique.
Diarrhée: Achillée, aigremoine, armoise, bourse-à-pasteur, brunelle, busserole, cataire,
chêne, consoude, euphraise, fraisier, framboisier, mauve, patience, potentille, salicaire,
tussilage.
Dyspepsie, gaz: Camomille, carotte sauvage, chicorée, consoude, épine-vinette,
genévrier, mauve, menthe, patience, pissenlit, prêle, tanaisie.
Eczéma, psoriasis: Achillée, agripaume, armoise, bardane, bouleau, brunelle,
camomille, chélidoine, consoude, cresson, épine-vinette, framboisier, gaillet, lierre
terrestre, lysimache, mauve, millepertuis, molène, mouron, ortie, pensée, pervenche,
prêle, saponaire, serpolet, trèfle, valériane.
Empoisonnement alimentaire: Achillée, alliaire, armoise, asaret, bouleau,
camomille, chélidoine, chêne, chiendent, épine-vinette, mauve, moutarde, nerprun,
oxalide, plantain, tilleul, trèfle.
Grippe: Achillée, aunée, benoîte, brunelle, camomille, églantier, lierre terrestre, mauve,
menthe, moutarde, ortie, plantain, reine-des-prés, renouée japonaise, serpolet, tilleul,
trèfle, tussilage.
Hémorragie: Achillée, aigremoine, armoise, bourse-à-pasteur, consoude, fraisier,
framboisier, mouron, ortie, patience, plantain, potentille, prêle, renouée japonaise,
salicaire, tussilage, vipérine.
Hémorroïdes: Achillée, aigremoine, armoise, bardane, bourse-à-pasteur, brunelle,
chêne, consoude, fraisier, framboisier, lierre terrestre, molène, orme, plantain, renouées,
vigne.
Hépatite: Achillée, aigremoine, armoise, bardane, brunelle, camomille, chardon,
chélidoine, chicorée, cresson, églantier, épine-vinette, eupatoire, menthe poivrée,
myrtille, onagre, oxalide, pensée sauvage, pissenlit, serpolet, tanaisie, trèfle rouge,
véronique, vipérine.
Hypoglycémie: Aigremoine, bardane, chicorée, chiendent, églantier, épine-vinette,
fraisier, framboisier, genévrier, mauve, mélilot, menthe, mouron, patience, pensée,
pissenlit, renouée japonaise, serpolet, trèfle.
Insomnie: Agripaume, bourse-à-pasteur, camomille, cataire, framboisier, houblon,
laitue, lotier, mélilot, millepertuis, tilleul, valériane, vipérine.
Insuffisance cardiaque: Agripaume, bourse-à-pasteur, camomille, capillaire,
chiendent, cresson, églantier, épine-vinette, framboisier, gaillet, lilas, ortie, pensée,
saule, tilleul, trèfle, valériane.
Ménopause: Achillée, agripaume, angélique, armoise, aubépine, camomille, cataire,
églantier, épine-vinette, framboisier, genévrier, houblon, lobélie, mauve, menthe,
millepertuis, ortie, patience, reine-des-prés, trèfle, valériane, vipérine.
Migraine: Achillée, aubépine, bourse-à-pasteur, camomille, capillaire, cataire,
chélidoine, chicorée, églantier, épine-vinette, framboisier, houblon, laitue, lierre terrestre,
lotier, menthe, moutarde, nerprun, pissenlit, reine-des-prés, saule, tilleul, valériane.
Néphrite: Achillée, armoise, aunée, benoîte, bouleau, bourse-à-pasteur, capillaire,
cerisier, chiendent, cresson, eupatoire, gaillet, genévrier, houblon, ortie, piloselle,
pissenlit, prêle, reine-des-prés, serpolet, tilleul, trèfle, vipérine.
Nervosité: Armoise, bourse-à-pasteur, brunelle, camomille, cataire, cresson, consoude,
églantier, genévrier, houblon, millepertuis, ortie, patience, saule, tilleul, valériane,
vipérine.
Obésité: Alliaire, bardane, busserole, cerisier, chicorée, chiendent, cresson, églantier,
épine-vinette, gaillet, genévrier, groseillier, liseron, mauve, menthe, mouron, moutarde,
pensée, piloselle, plantain, prêle, reine-des-prés, sapin, saponaire, saule, tilleul, trèfle,
véronique, vipérine.
Otite: Alliaire, achillée, aunée, camomille, cataire, chélidoine, lierre terrestre, millepertuis,
molène, plantain, sapin, serpolet, tilleul.
Palpitations: Agripaume, armoise, aubépine, bourse-à-pasteur, cataire, chénopode,
cresson, églantier, fraisier, framboisier, mauve, mélilot, millepertuis, ortie, pensée,
pervenche, pissenlit, prêle, reine-des-prés, sapin, tilleul, trèfle, valériane, vipérine.
Syndrome prémenstruel: Achillée, armoise, asaret, camomille, cataire,
framboisier, houblon, liseron, lysimache, mauve, menthe, ortie, patience, pissenlit, saule,
tilleul, trèfle, valériane.
Vers intestinaux: Alliaire, armoise, aunée, chélidoine, chénopode, chiendent,
églantier, fougère, liseron, moutarde, renouée japonaise, serpolet, tanaisie, valériane.
Zona: Achillée, aigremoine, armoise, bardane, bouleau, chélidoine, consoude, cresson,
framboisier, gaillet, mauve, millepertuis, mouron, ortie, pensée, pissenlit, plantain,
renouée japonaise, tussilage, valériane, vipérine.
CHAPITRE 6
Principales propriétés des plantes sauvages
médicinales
Use de la coutume louable et salutaire des anciens,
choisis en tes jardins et champs des remèdes familiers,
desquels tes ancêtres ont usé, poussés en le même air et
contrée que toi, desquels tu pourras être pourvu et fourni
tout frais en leur vigueur, sans qu’il te faille trotter bien
loin ou languir en les attendant.
Antoine Mizaud, médecin français du XVIe siècle
Acidifiant: Produit une réaction acide entraînant une baisse du pH en dessous de 7,
dans les muqueuses et les liquides organiques particulièrement, ce qui a un effet
anticoagulant, antiseptique et stimulant sur la circulation sanguine et lymphatique.
Cresson, églantier, épine-vinette, fraise, framboise, oxalide, renouée japonaise, vigne.
Alcalinisant: Neutralise les substances acides sur les plans circulatoire, digestif et
nerveux en élevant le pH au-dessus de 7 et facilite la reminéralisation.
Achillée millefeuille, armoise, bourse-à-pasteur, camomille, consoude, fraisier,
framboisier, ortie, patience, pissenlit, potentille, prêle, salicaire, trèfle, tussilage,
véronique, vipérine.
Altératif: Permet de nettoyer le corps en profondeur en expulsant les toxines.
Achillée, alliaire, armoise, aunée, bardane, benoîte, bouleau, chicorée, chiendent,
cresson, égopode, gaillet, laitue sauvage, lierre terrestre, luzerne, mouron des oiseaux,
nerprun, ortie, pensée sauvage, pissenlit, saponaire, serpolet, trèfle rouge, véronique,
vipérine.
Amer: Saveur prononcée en bouche. Les plantes amères stimulent la production des
sucs digestifs, favorisent l’appétit, l’assimilation et le bon transit intestinal.
Achillée, agripaume, armoise, bardane, camomille, chardon, chélidoine, chicorée, laitue,
patience, piloselle, pissenlit, renouée japonaise, saule, tanaisie, tilleul, véronique,
vipérine.
Analgésique: Diminue, soulage ou supprime la douleur.
Localement: Achillée, angélique, benoîte, menthe, plantain, tanaisie.
Par les centres neurosensoriels: Achillée, armoise, bourse-à-pasteur, brunelle,
camomille, cataire, houblon, laitue, lotier, millepertuis, potentille, reine-des-prés, tilleul,
valériane, vipérine.
Antidiarrhéique: Agit sur la muqueuse intestinale irritée grâce à des propriétés
absorbantes, antiacides, astringentes et antiseptiques.
Aigremoine, armoise, aubépine, bourse-à-pasteur, brunelle, cataire, chêne, consoude,
fraisier, framboisier, patience, potentille, prêle, renouée japonaise, tilleul, véronique.
Antiphlogistique: Combat l’inflammation locale ou générale et supprime les abcès,
les enflures, les furoncles et les œdèmes.
Alliaire, bardane, benoîte, chélidoine, consoude, cresson, égopode, lotier, mauve,
millepertuis, mouron, moutarde, plantain, tussilage, véronique, vipérine.
Antirhumatismal: Soulage les malaises articulaires inflammatoires chroniques ou
passagers en diminuant la congestion localisée et en aidant à drainer les cristallisations
locales anormales.
Alliaire, bardane, benoîte, bouleau, busserole, chicorée, chiendent, égopode, gaillet,
genévrier, moutarde, mouron, pensée sauvage, épervière, prêle, reine-des-prés,
renouées, saule, serpolet, tilleul, trèfle rouge.
Antiscorbutique: Ajoute à l’alimentation la vitamine C et ses cofacteurs, souvent
présents en synergie dans les plantes médicinales.
Alliaire, cerisier, cresson, églantier, épine-vinette, fraisier, framboisier, marguerite,
moutarde, mouron, oxalide, pensée, plantain, raifort, renouée japonaise, vigne.
Antiseptique: Combat, prévient ou neutralise une infection en stoppant la
multiplication des micro-organismes pathogènes.
Achillée, alliaire, armoise, aunée, bardane, chélidoine, consoude, cresson, églantier,
épine-vinette, menthe, oxalide, plantain, renouée japonaise, serpolet, tanaisie,
véronique.
Antispasmodique: Combat les douleurs et les spasmes causés par un traumatisme
localisé et transmis par le système nerveux.
Agripaume, armoise, bourse-à-pasteur, camomille, cataire, houblon, lobélie, menthe,
millepertuis, moutarde, ortie, reine-des-prés, salicaire, saule, tilleul, valériane, vipérine.
Antitoxique: Aide l’organisme à éliminer et à neutraliser les substances toxiques de
toutes natures.
Achillée, alliaire, aigremoine, asaret, bardane, brunelle, busserole, chiendent, consoude,
cresson, lierre terrestre, lobélie, luzerne, mouron, ortie, pensée sauvage, plantain,
pervenche, pissenlit, raifort, tanaisie, trèfle rouge, varech, véronique, vigne.
Apéritif: Stimule le centre de l’appétit dans le cerveau et aussi les sucs des voies
digestives supérieures.
Achillée, alliaire, armoise, asaret, chélidoine, cresson, menthe, moutarde, mouron,
oxalide, piloselle, pissenlit.
Aphrodisiaque: Stimule le désir sexuel par le biais des voies endocriniennes,
circulatoires et neurologiques.
Alliaire, cresson, églantier, égopode, épine-vinette, genévrier, houblon, menthe,
moutarde, ortie, oseille, pissenlit, raifort, serpolet, tanaisie, trèfle, valériane, vipérine.
Astringent: Resserre et régénère les tissus, fonction utile en cas de diarrhée,
d’écoulement, d’énurésie ou de plaies diverses.
Achillée, aigremoine, armoise, benoîte, busserole, chêne, consoude, fraisier,
framboisier, molène, patience, potentille, prêle, renouées, salicaire, tussilage, véronique,
vigne.
Béchique: Calme la toux et l’irritation des voies respiratoires.
Aunée, cataire, consoude, lierre terrestre, mauve, molène, moutarde, raifort, renouée,
tussilage, vipérine.
Cardiotonique: Augmente la régularité, la tonicité et la vascularisation du muscle
cardiaque.
Agripaume, alliaire, bourse-à-pasteur, cresson, églantier, épine-vinette, framboisier, lilas,
ortie, pensée sauvage, raifort, serpolet, trèfle rouge, vipérine.
Carminatif: Prévient la formation de gaz intestinaux et favorise leur expulsion.
Asaret, carotte sauvage, cataire, chicorée, genévrier, menthe, pissenlit, serpolet,
tanaisie.
Cathartique: Stimule le péristaltisme intestinal (ondes de contractions musculaires) et
agit comme purgatif.
Alliaire, camomille, cerisier, chélidoine, chicorée, eupatoire, épine-vinette, liseron,
mauve, menthe, nerprun, pissenlit, raisin, sapin, varech, violette.
Cholagogue: Stimule les fonctions du foie et facilite l’évacuation de la bile.
Achillée, aigremoine, armoise, aunée, camomille, chélidoine, chicorée, chiendent,
cresson, épine-vinette, gaillet, menthe, moutarde, piloselle, pissenlit, tanaisie, tussilage,
véronique.
Cholérétique: Stimule les sécrétions biliaires dans les voies intestinales.
Achillée, camomille, chélidoine, chicorée, épine-vinette, menthe, moutarde, pissenlit,
reine-des-prés, tanaisie, véronique.
Cholestérolytique: Dissout partiellement ou totalement les agrégats de mauvais
cholestérol (LDL).
Achillée, alliaire, armoise, aunée, chélidoine, cresson, égopode, épine-vinette, gaillet,
menthe, mouron, moutarde, piloselle, pissenlit, trèfle rouge, véronique.
Dépuratif: Purifie l’organisme en facilitant l’évacuation des déchets ou des toxines
organiques, généralement de la lymphe, de la peau et du sang.
Achillée, agripaume, alliaire, armoise, bardane, benoîte, chénopode, chiendent, cresson,
églantier, épine-vinette, fraisier, framboisier, frêne, lierre terrestre, menthe, mouron,
moutarde, myosotis, patience, pensée sauvage, pervenche, pourpier, renouée
japonaise, serpolet, sureau, trèfle, vipérine.
Digestif: Facilite tout le processus de la digestion.
Achillée, armoise, asaret, camomille, carotte, cataire, chélidoine, chicorée, égopode,
framboisier, genévrier, houblon, menthes, moutarde, nerprun, serpolet, tanaisie.
Dissolvant: Empêche la formation et facilite la dissolution des calculs, des lithiases,
des pierres biliaires ou rénales.
Pour la vésicule biliaire: Achillée, aigremoine, camomille, chélidoine, chiendent, épine-
vinette, épervière, gaillet, houblon, menthe, pissenlit, tanaisie, véronique.
Pour les reins et la vessie: Busserole, cerisier, chicorée, chiendent, églantier, égopode,
frêne, gaillet, genévrier, houblon, mouron, ortie, pissenlit, prêle, reine-des-prés, saule,
tilleul, trèfle.
Diurétique: Favorise l’évacuation de l’urine.
Benoîte, bouleau, busserole, cerisier, chicorée, chiendent, églantier, égopode, eupatoire,
gaillet, genévrier, lierre terrestre, ortie, pissenlit, prêle, reine-des-prés, serpolet, tilleul.
Émétique: Provoque les vomissements.
Alliaire, asaret, camomille, chélidoine, moutarde, nerprun.
Emménagogue: Provoque et régularise les menstruations.
Achillée, agripaume, angélique, armoise, asaret, camomille, chélidoine, framboisier,
menthe pouliot, tanaisie.
Émollient: Adoucit, calme et relâche les tissus.
Camomille, égopode, mauve, millepertuis, molène, mouron, orme, pensée, plantain,
pourpier, sapin, tilleul, varech.
Expectorant: Provoque l’expulsion des glaires ou des mucosités obstruant les voies
respiratoires.
Aunée, cerisier, consoude, cresson, lierre terrestre, mauve, molène, moutarde, plantain,
pourpier, raifort, serpolet, tussilage.
Fébrifuge: Combat les symptômes de la fièvre.
Achillée, benoîte, camomille, cataire, églantier, laitue, lierre terrestre, mélilot, mouron,
pensée sauvage, pissenlit, saule, reine-des-prés, renouée japonaise, tilleul, valériane,
vipérine.
Fongicide: Détruit les champignons et les levures (internes et externes).
Achillée, armoise, aunée, chélidoine, chénopode, lierre terrestre, menthe pouliot,
renouée japonaise, tanaisie, valériane.
Galactagogue ou galactogène: Augmente la sécrétion lactée.
Carotte sauvage, chardon, chénopode, framboisier, luzerne, mauve, mélilot, ortie, trèfle.
Hémostatique: Arrête les hémorragies.
Achillée, benoîte, bourse-à-pasteur, consoude, plantain, prêle, renouée japonaise,
salicaire, tussilage, véronique.
Hypertensif: Augmente la pression sanguine.
Armoise, menthe, serpolet, tanaisie.
Hypnotique: Provoque le sommeil.
Aubépine, cataire, houblon, laitue, mélilot, tilleul, valériane.
Hypoglycémiant: Abaisse le taux de sucre dans le sang.
Aigremoine, aubépine, aunée, bardane, camomille, églantier, épine-vinette, ortie,
patience, pissenlit, renouée japonaise.
Hypotensif: Diminue la pression sanguine.
Aubépine, camomille, cataire, millepertuis, tilleul, valériane, vipérine.
Immunostimulant: Active le système immunitaire.
Achillée, alliaire, armoise, asaret, aunée, bardane, cataire, chêne, chiendent, cresson,
églantier, épine-vinette, eupatoire, gaillet, genévrier, lierre terrestre, menthe, moutarde,
millepertuis, nerprun, ortie, patience, pissenlit, plantain, raifort, renouée japonaise, trèfle,
verge d’or, vipérine.
Laxatif: Facilite l’évacuation des déchets par les intestins.
Camomille, chicorée, chiendent, égopode, épine-vinette, eupatoire, liseron, mauve,
menthe, moutarde, nerprun, patience, pissenlit, plantain, tanaisie, vigne.
Lipotropique: Émulsifie et facilite l’évacuation des corps gras du sang et des tissus.
Achillée, armoise, asaret, bardane, camomille, chélidoine, épine-vinette, marguerite,
menthe, mouron, patience, pensée, piloselle, pissenlit, serpolet, trèfle.
Mucilagineux: A la propriété de gonfler dans l’eau et de réparer les muqueuses.
Consoude, mauve, tilleul, varech.
Mucolytique: Dissout les mucosités, surtout les muqueuses digestives et respiratoires.
Alliaire, aunée, camomille, chélidoine, consoude, églantier, eupatoire, gaillet, lierre
terrestre, mauve, menthe, molène, ortie, raifort, serpolet, tilleul, trèfle, violette.
Narcotique: Favorise le sommeil.
Cataire, houblon, lotier, millepertuis, tilleul, valériane.
Ophtalmique: Soigne et nettoie les yeux.
Aigremoine, armoise, benoîte, camomille, centaurée, chélidoine, cresson, euphraise,
lierre terrestre, mauve, millepertuis, pensée, plantain, potentille, salicaire, tilleul.
Parasiticide: Élimine les parasites (externes ou internes).
Alliaire, armoise, aunée, chélidoine, chénopode, fougère, menthe pouliot, serpolet,
tanaisie, valériane.
Pectoral: Soulage les maladies du système respiratoire.
Aunée, brunelle, consoude, mauve, molène, plantain, raifort, tussilage, varech.
Pro-œstrogénique: Contribue à la production d’œstrogènes.
Agripaume, angélique, armoise, houblon, lotier, luzerne, mélilot, serpolet, trèfle.
Pro-progestéronique: Contribue à la production de progestérone.
Achillée, asaret, pensée, reine-des-prés, vipérine.
Régénérant: Facilite la réparation des tissus en cas de lésion.
Achillée, aigremoine, armoise, benoîte, brunelle, chénopode, consoude, fraisier, mauve,
molène, patience, pensée, plantain, potentille, prêle, renouée japonaise, salicaire,
tussilage.
Résolutif: Facilite la disparition d’un engorgement ou d’un gonflement inflammatoire
sans qu’il y ait suppuration.
Aigremoine, alliaire, bardane, brunelle, chiendent, consoude, lierre terrestre, lotier,
mouron, plantain, saponaire, tussilage.
Rubéfiant: Produit une congestion passagère (par application locale sur la peau) qui
sert à expulser les toxines, par exemple en cas de furoncle.
Alliaire, aunée, consoude, cresson, moutarde, mouron, oxalide, raifort.
Sédatif: Calme la douleur et modère l’activité fonctionnelle exagérée d’un organe.
Cataire, lotier, mélilot, saule, tilleul, valériane, vipérine.
Sternutatoire: Provoque l’éternuement (si inspiré par le nez) et libère ainsi les
mucosités.
Asaret, aunée, lierre terrestre, menthe pouliot, moutarde, raifort.
Stomachique: Stimule l’appétit, fortifie l’estomac et facilite la digestion gastrique.
Alliaire, asaret, camomille, carotte sauvage, cataire, chélidoine, consoude, égopode,
genévrier, luzerne, menthe, pensée, serpolet, varech.
Sudorifique: Provoque la sudation en cas de fièvre ou de rétention d’eau.
Alliaire, camomille, églantier, eupatoire, frêne, houblon, mélilot, piloselle, raifort, reine-
des-prés, serpolet, tilleul, trèfle rouge.
Thyrotonique: Stimule le fonctionnement de la thyroïde.
Aunée, chélidoine, chêne, lierre terrestre, mauve, ortie, raifort, serpolet, varech.
Tonique: Fortifie les organes et les tissus, redonne de l’énergie de façon durable.
Achillée, alliaire, armoise, chénopode, cresson, égopode, lierre terrestre, menthe, ortie,
patience, pissenlit, raifort, renouée japonaise, serpolet, trèfle, varech.
Vasodilatateur: Favorise la dilatation des vaisseaux sanguins.
Agripaume, alliaire, cresson, églantier, framboisier, mouron, moutarde, pensée, raifort.
Vermifuge: Détruit et expulse les vers intestinaux.
Alliaire, armoise, asaret, aunée, chénopode, fougère, serpolet, valériane.
Vulnéraire: Guérit les plaies.
Achillée, aigremoine, bardane, camomille, consoude, gaillet, mauve, marguerite,
millepertuis, molène, plantain, pourpier, prêle, renouée japonaise, salicaire, serpolet,
varech, vipérine.
CHAPITRE 7
Les plantes toxiques
Chaque substance peut être un poison ou un médicament.
Tout dépend de la dose administrée.
Paracelse, De modo pharmacandi
La toxicité des plantes médicinales est un sujet toujours d’actualité,
au centre de débats passionnels. À cause d’elle, bien des
guérisseurs ont été traités d’empoisonneurs ou de sorciers.
Aujourd’hui, pour protéger les citoyens, les gouvernements ont
dressé la liste, parfois arbitraire, des plantes qu’ils considèrent
dangereuses, en interdisant la culture, la transformation et le
négoce.
La plupart des plantes sauvages sont bénéfiques, nutritives ou
guérisseuses. Seul un très petit pourcentage de plantes sont
mortelles et la plupart du temps seulement à forte dose. En effet,
elles contiennent souvent des principes actifs très concentrés,
parfois utiles à très petites doses pour un expert en pharmacognosie
ou en homéopathie.
Si vous n’êtes pas qualifié, contentez-vous de les admirer et de
prévenir vos jeunes enfants du danger potentiel qu’elles
représentent. Comme le promulgue le célèbre adage hippocratique:
«D’abord ne pas nuire.»
Après quelques conseils pratiques en cas d’intoxication, vous
trouverez la description des neuf (9) plantes les plus toxiques
communes à l’Europe et au Canada.
PREMIERS SOINS EN CAS D’EMPOISONNEMENT PAR LES
PLANTES
En cas d’ingestion d’une plante toxique, appelez le Centre
antipoison. Si le temps presse, provoquez le vomissement avec
l’une des plantes suivantes en décoction concentrée ou en teinture-
mère: asaret, camomille (30 gouttes dans 100 ml d’eau) ou de la
poudre de moutarde. Diluer ou faire infuser 2 c. à soupe de plantes
dans 250 ml (1 tasse) d’eau. Boire le liquide chaud.
Il est également conseillé de toujours avoir à portée de main du
charbon végétal activé en poudre, un contrepoison universel offert
dans plusieurs boutiques d’aliments naturels et pharmacies. Doubler
ou tripler la dose indiquée en cas d’intoxication grave.
Note: Toujours prendre soin de bien mélanger la poudre de charbon,
qui est si fine qu’elle flotte sur l’eau et peut refluer dans la trachée.
Je cite ici uniquement les neuf (9) plantes sauvages les plus
toxiques communes à l’Amérique et à l’Europe nordiques.
Centre antipoison du Québec:
1 800 463-5060
Centres antipoison et de toxicovigilance en France:
www.centres-antipoison.net
BERCE DU CAUCASE
Famille des apiacées
NOM LATIN: Hieracleum mantegazzianum
NOM COMMUN: Berce du Caucase
NOM ANGLAIS: Giant hogweed
Cette grande ombellifère d’origine russe est redoutable par sa
fertilité: elle produit des centaines de graines par plant et sa racine
est très difficile à extirper totalement. Ses feuilles contiennent des
psoralènes extrêmement caustiques. À leur simple contact, elles
produisent des brûlures, des cloques et des taches affectant
jusqu’aux couches profondes de la peau. Avec le réchauffement
climatique, la berce du Caucase s’est répandue tout le long de la
plaine laurentienne. C’est l’une des rares plantes à signalement
obligatoire, car elle est des plus corrosives! Au moins, dès sa
floraison, elle est facile à repérer. La première année, on remarque
ses grandes feuilles très découpées. Sa cousine, la berce laineuse,
est inoffensive, voire très médicinale.
CIGUË OU CICUTAIRE MACULÉE
Famille des apiacées
NOM LATIN: Cicuta maculata
NOMS COMMUNS: Carotte à moreau, cique ordinaire
NOMS ANGLAIS: Poison hemlock, water hemlock
On retrouve la ciguë dans les lieux humides. Elle ressemble à la
carotte sauvage; ses feuilles sont divisées en trois folioles et ses
ombelles beiges, en ombellules. La tige est maculée de lignes
pourpres. Toute la plante est saturée de cicutoxines. Cette
substance est mortelle, même à petites doses. Elle entraîne
d’horribles convulsions, paralyse les nerfs sensitifs et les muscles
respiratoires lentement mais sûrement, comme le raconte Platon au
sujet de la mort de Socrate. Celui-ci, condamné à mort par le tribunal
populaire d’Athènes en 399 av. J.-C., a continué à philosopher
tranquillement après l’absorption du poison, demandant à être
entouré de visages souriants. La paralysie des jambes le força alors
à se coucher, puis ses bras s’engourdirent. Une fois son cœur et ses
muscles respiratoires touchés, il expira.
CLÉMATITE DES HAIES
Famille des renonculacées
NOM LATIN: Clematis vitalba
NOMS COMMUNS: Herbe aux gueux, herbe aux teigneux
NOMS ANGLAIS: Traveller joy, virgin bower
La clématite vit dans les haies, sur les murailles et les treillis. C’est
une liane vivace dont l’écorce brune se détache en lanières. Elle
porte des fleurs blanc crème, en cymes, qui fleurissent au mois de
juillet. Les fruits sont étranges, en forme d’araignées poilues et
portant de longs styles plumeux. On l’appelait l’«herbe aux gueux»,
car les mendiants s’en frottaient la peau pour provoquer des
pustules et inspirer la pitié. En usage interne, la clématite provoque
des convulsions, des diarrhées sanguinolentes ou des
vomissements à cause de sa haute teneur en alcaloïdes, dont la
clématine et l’anémonine.
Elle est employée en homéopathie contre les symptômes qu’elle
provoquerait.
DATURA
Famille des solanacées
NOM LATIN: Datura stramonium
NOM COMMUN: Pomme épineuse
NOM ANGLAIS: Thornapple
Originaire d’Amérique du Sud, le datura s’est propagé dans le
monde entier. Il affectionne les décombres, les remblais, et
s’échappe des jardins où il est ornemental. Robuste plante annuelle
de 50 cm à 1 m de hauteur, il dégage une odeur âcre et soufrée. Les
feuilles sont grandes, ovales et grossièrement dentelées. Les
grandes fleurs blanches en forme de trompette se transforment en
fruits ovoïdes et épineux. Ce sont les graines qui sont les plus
dangereuses, elles sont saturées d’alcaloïdes hypnotiques et
stupéfiants: atropine, daturine, hyoscamine, scopdamine, etc. On
s’en sert en homéopathie pour soigner l’asthme, les spasmes et la
maladie de Parkinson, surtout à cause de la haute concentration de
ses principes actifs.
En France, jusqu’à récemment, les cigarettes de datura étaient
disponibles en vente libre et recommandées contre l’asthme, une
pratique désormais abolie, car elle aurait envoyé plusieurs jeunes
inconscients à l’hôpital.
IRIS
Famille des iridacées
NOM LATIN: Iris versicolor
NOM COMMUN: Fleur de lys
NOM ANGLAIS: Blue flag
L’iris pousse dans les lieux humides et les marais propres, et, bien
sûr, dans nos jardins. Emblème de la royauté française depuis le roi
Clovis, il est devenu le symbole héraldique du Québec. Cette jolie
fleur bleu royal au cœur panaché de jaune, de noir et de blanc
arbore trois pétales incurvés et stylisés. Ses feuilles sont longues,
basilaires et gladiées. Les racines blanchâtres et charnues sont
irritantes pour le foie, le pancréas et les intestins. Sa poudre a
longtemps servi de cosmétique, y compris sous les perruques,
mélangée à de la poudre de riz ou du talc.
MORELLE DOUCE-AMÈRE
Famille des solanacées
NOM LATIN: Solanum dulcamara
NOMS COMMUNS: Douce-amère, herbe à la fièvre, tue-chiens,
vigne de Judée
NOMS ANGLAIS: Bittersweet, nightshade
On retrouve cette plante vivace grimpante dans les lieux humides, à
la lisière des bois et au bord des cours d’eau. Les feuilles sont
hastées ou pointues; les fleurs mauves en étoile à cœur jaune
proéminent voisinent des baies ovoïdes rouges. Elle contient des
alcaloïdes stupéfiants: la solanine et la solanidine. Ses fruits rouge
vif sont très purgatifs. Autrefois, on l’utilisait à petites doses contre
l’asthme, les maladies de la peau et les rhumatismes. On s’en sert
aujourd’hui uniquement en homéopathie.
PETIT-PRÊCHEUR
Famille des aracées
NOM LATIN: Arisaema atrorubens
NOMS COMMUNS: Gouet à trois feuilles, pied-de-veau
NOMS ANGLAIS: Devil’s ear, dragon root, jack in the pulpit,
memory root
Le petit-prêcheur affectionne les forêts de feuillus matures. Son
étrange épi floral bordeaux rayé de blanc fleurit en mai et sert d’abri
aux gros insectes et de tombeau aux plus petits. Toutes ses parties
(fleurs, feuilles, fruits et racine) sont imbibées de cristaux denses
d’oxalate de calcium très toxiques. On l’a jadis utilisé contre
l’asthme, la syphilis et la teigne. En homéopathie, on le conseille
contre les infections ORL et la toux chronique.
Il s’agit d’un indigène rare: se contenter de l’admirer!
SUMAC VÉNÉNEUX
Famille des anacardiacées
NOMS LATINS: Toxicendron radicans ou Rhus radicans
NOM COMMUN: Herbe à puce
NOM ANGLAIS: Poison ivy
Le sumac grimpant vit en colonies dans les terrains vagues
ensoleillés et rocailleux, sur les bords des fossés ou des rivières.
C’est une plante grimpante à trois folioles dentelées, vert brillant sur
le dessus. L’urushiol qu’elle contient provoque des dermites
suppurantes, parfois même résurgentes, chez certains sujets
sensibles.
Après le contact ou dès l’apparition des premières vésicules,
rincer la zone touchée à l’eau savonneuse puis appliquer de l’alcool
à friction.
En nature ou après désinfection à la maison, faire des
cataplasmes avec des feuilles de bardane et de plantain fraîchement
écrasées et de l’argile comme adjuvant: renouveler 2 à 3 fois par
jour jusqu’à la disparition des lésions et des irritations.
Sinon, en interne, prendre des doses régulières et importantes de
dépuratifs sanguins en décoction ou en tisane: bardane, pensée
sauvage, luzerne, ortie et plantain.
En homéopathie, on en fait un extrait du même nom, Rhus
toxicodendron, pour soulager des symptômes similaires à ceux que
cause la plante et même d’autres types de douleurs aiguës et
subites.
VÉRATRE
Famille des liliacées
NOM LATIN: Veratrum album
NOMS COMMUNS: Ellébore blanc, tabac du diable, varaire
NOM ANGLAIS: White ellebore
Le vératre apparaît tôt au printemps à la lisière des forêts. Ses
immenses feuilles nervurées vert clair, velues en dessous, sont
visibles de loin. Les fleurs d’un blanc verdâtre sont disposées en
panicules. La plante est saturée d’alcaloïdes irritants (jervine,
vératrine) qui provoquent une anesthésie locale, des brûlures
intenses et une hypotension sévère qui peut provoquer le coma à
partir d’une dose de deux grammes.
À éviter formellement en interne, sauf en homéopathie, où on
l’emploie comme antispasmodique.
Conclusion
Partout, la nature sereine offre l’aide avec le conseil.
Semez, enfants, la bonne graine, Dieu nous donnera le
soleil!
Victor de la Prade
J’ai rédigé et corrigé ce livre en suivant les cycles des saisons,
attentive aux éclosions et aux développements successifs de mes
amies les plantes. En les observant à la loupe ou en les captant en
mode macro, j’ai été éblouie et fascinée par leur perfection toute
simple. Cette année, avec plus d’acuité que jamais auparavant, j’ai
laissé mon corps et mon esprit s’imprégner de la magie des simples,
nom populaire des plantes sauvages de la pharmacie du Bon Dieu.
Bien sûr, j’aurais pu vous révéler dix fois plus de secrets sur
chacune d’elles, mais cet ouvrage ne s’adresse pas aux botanistes,
aux phytochimistes ni aux autres spécialistes. Je l’ai écrit
simplement pour que vous appreniez à découvrir et à reconnaître les
plantes sauvages dans leur milieu de prédilection, au cours de vos
promenades. Les connaître, c’est les aimer. C’est vouloir les laisser
croître en paix, aider à protéger leur territoire, les semer ou les
planter près de nos demeures pour assurer leur pérennité en même
temps que la nôtre.
Les amoureux des plantes pourront ainsi apprendre à observer la
plante vivante dans son milieu et, rafraîchissant la théorie des
signatures, ils arriveront à faire le lien entre son aspect et ses vertus.
Ils apprendront ainsi que les plantes peuvent soulager autant l’esprit
que le corps. Indigènes immémoriales ou importées coriaces, elles
sont toutes utiles, méritent toutes notre considération et doivent être
admirées, étudiées, préservées et testées une à une.
En attendant de parvenir à cette connaissance jamais aboutie, je
vous souhaite de tomber amoureux du monde fabuleux des plantes
médicinales présentes partout; cette passion vous accompagnera
toute votre vie, je vous le prédis!
Anny Schneider,
alias la Fée des bois de Shefford
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MAGANA, Rafaël Hernandez et Gally-Jorda, Mireya. Plantas Medicinales, Mexico, Arbol
Editiorial, 1991, 254 p.
MARTON, Alfaro. Plantas y remedios naturales, Barcelone, Debolsillo, 2001, 287 p.
Titres allemands
BAUER, Eduard et OERTEL, Adolf. Heilplanzen und Gesundheitsbuch, Colmar, Como
Verlag, 1943, 359 p.
KAISER, Dr Joseph. Das grosse Kneipp Hausbuch, München Knauer, 1975, 864 p.
KRÄMER, Barbara. Ätherische Öle kompakt: Die 50 wichtigsten Öle für die praktische
Anwendung, Irisiana München, 2015, 140 p.
PODLECH, Dieter. Heilpflanzen, München, Gräfe uns Unzer, 1989, 254 p.
BONNES ADRESSES ET RÉFÉRENCES WEB
Sites québécois reliés à l’herboristerie
Association de défense et d’information sur les plantes indigènes du
Québec
www.floraquebeca.qc.ca
Association manger santé bio
Organisme sans but lucratif (OSBL) fondé en 1985; tient un grand
salon annuel printanier: Manger santé bio.
www.facebook.com/amsbio
Club des producteurs de noix comestibles du Québec
www.noixduquebec.org
Guilde des herboristes du Québec
Association sans aucune attache commerciale qui existe depuis plus
de 27 ans; compte environ 400 membres et leurs spécialités. Bottin
jardins, nouvelles sur la recherche, la réglementation, colloque
annuel, Journal sur les plantes médicinales.
www.guildedesherboristes.org
Jardins du Québec
Identification des plantes du jardin.
www.associationdesjardinsduquebec.com
Ministère de l’environnement, de la lutte contre les changements
climatiques, de la faune et des parcs
Des infos sur la biodiversité au Québec, dont une liste des espèces
végétales menacées.
www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/inter.htm
Passeport santé
Site d’information très complet sur la santé.
www.passeportsante.net
Québec bio
Site d’information sur l’alimentation et la certification biologique.
www.quebecbio.com
Regroupement des jardiniers écologiques bio québécois (RJE)
www.rje.qc.ca
Vitalité Québec
Rare revue informative gratuite sur les médecines alternatives.
www.vitalitequebec-magazine.com
Wikiphyto
Riche banque de références sur les plantes médicinales et nutritives.
www.wikiphyto.org
Jardins médicinaux du Québec
Une liste plus détaillée est disponible sur le site de la Guilde des
herboristes du Québec.
www.guildedesherboristes.org
Atsenti Auarata
Jardin d’inspiration autochtone situé à Pont-Rouge, près de Québec.
www.jardinsatsenti.com
Jardin botanique de Montréal
À visiter régulièrement pour l’Arboretum, le Jardin des Premières
Nations, celui des plantes indigènes et celui des plantes
médicinales.
www.espacepourlavie.ca/jardin-botanique
Jardins du grand portage (Saint-Didace)
Présence d’auteurs, de maraîchers, sentiers éducatifs, médicinaux,
semences, fine cuisine et poésie en sus!
www.jardinsdugrandportage.com
La clef des champs (Val-David)
Le plus grand producteur et distributeur de plantes médicinales du
Québec, avec un jardin en terrasse.
www.clefdeschamps.net
La colline aux chevaux (Magog)
Jardin médicinal éducatif de Sylvie Cockenpot, herboriste et
géobiologue, spécialiste des élixirs floraux.
www.facebook.com/LaCollineAuxChevaux
Plants et semences
Aiglon indigo (Lourdes)
Végétaux et semences indigènes.
www.aiglonindigo.com
La société des plantes
Semences bio insolites et variées.
www.lasocietedesplantes.com
Mycoflor, inc. (Stanstead)
Richard O’Breham, producteur d’arbres, de champignons, de
ginseng et de plantes médicinales.
www.mycoflor.ca
Pépinière Lafeuillée (Saint-Charles-Borromée, Joliette)
Plants et semences d’arbres.
www.lafeuillee.com
Semences du Portage
Semences saines et variées bio, catalogue, service postal.
www.semencesduportage.com
Écoles et thérapeutes en herboristerie québécoise
Académie herb’holiste inc. (Montréal)
École d’herboristerie désormais virtuelle
www.academieherboliste.com
Anne Vastel (HTA)
Autrice, enseignante et herboriste-thérapeute spécialisée en
médecine traditionnelle chinoise (MTC).
www.annevastelherboriste.ca
Annie Bazinet (Montréal)
Herboriste thérapeute accréditée
Herboristerie et coaching santé.
www.dryadeherbo.com
Ben Cormier (Laurentides)
Tout un cueilleur et coureur de bois, comique et compétent!
Sur Facebook et YouTube
Capucine Chartrand, herboriste-thérapeute accréditée (Ville de
Québec)
Consultations, cours, ateliers et conférences.
www.capucinechartrand.com
Chantal Beaulieu (Saint-Basile-le-Grand)
Herboriste-thérapeute.
www.cbeaulieuherboriste.com
Fleuravie (Bromont)
Sylvie Rémillard, herboriste. Produits à base de plantes bio et
sauvages, cours, conférences et visites guidées.
www.fleuravie.net
Floramédicina (Montréal)
École d’herboristerie. Cours par correspondance.
www.floramedicina.com
Geneviève Sirois (Saint-Tite)
Herboriste thérapeute accréditée, formatrice en Biodanza et
praticienne Trager.
www.genevievesirois.com
Hélène Bourassa (Bonaventure)
sur Facebook à son nom
Herboriste fabricante et thérapeute de longue expérience.
facebook.com/helene.bourassa.73
Herboristerie Apoteka (Notre-Dame-des-Bois)
Jardin médicinal, enseignement et produits.
www.herboristerieapoteka.com
Herbothèque (Lantier)
Institut de formation en herboristerie traditionnelle, stages
thématiques, beau jardin et sentiers, magazine Médecine de la
Terre.
www.herbotheque.com
Jean-Yves Dionne
Auteur, conférencier et pharmacien éclectique.
www.jydionne.com
Jonathan Léger-Raymond (Laurentides)
Herboriste-thérapeute et conférencier spécialisé en médecine
ayurvédique.
www.ayurvedarevolution
La cueilleuse indigène (Le Bic)
Herboriste traditionnelle, fabricante et enseignante.
www.lacueilleuseindigene.com
La métisse (Trois-Rivières)
Autrice de cinq ouvrages et enseignement des usages autochtones
des plantes médicinales du Québec.
www.lametisse.ca
Laurence Lebrun
Docteure en pharmacie, herboriste et aromathérapeute.
www.conseilsphytoaroma.com
Les âmes fleurs (Montréal)
Professeure d’herboristerie et thérapeute spécialisée en alchimie et
cosmétologie.
www.lesamesfleurs.com
Monica Giacomin, herboriste (Herbs on the Side) (Ville Saint-
Laurent)
Enseignement en anglais.
www.herbsontheside.com
Sauvages et cultivées ‒ Herboristerie Catherine Lalonde (HTA) et
Catherine Brosseau (Sutton)
Ateliers, jardin médicinal, bons produits.
www.sauvagesetcultivees.com
Viv-Herbes (Lejeune) Chantal Dufour, herboriste
Herboristerie artisanale et beau jardin à visiter l’été.
www.vivherbes.com
Détaillants de produits naturels et d’herboristerie au Québec
Avril supermarché santé
12 succursales partout au Québec.
www.avril.ca
L’alchimiste en herbe (Montréal)
Herboriste détaillant.
www.alchimiste-en-herbe.com
La bottine aux herbes (Montréal)
Boutique d’herboristerie occidentale à Montréal, conseils
personnalisés.
www.labottineauxherbes.com
Léo Désilets, maître herboriste (Scotstown)
Premier fabricant et distributeur de plantes médicinales au Québec.
www.leo-desilets.com
Zhi (en anglais)
Importateur et distributeur canadien d’herbes certifiées biologiques.
www.zhiherbals.com
Aromathérapeutes qualifiés
Académie Jardin de Vie
Véronik Tanguay, partenaire de Mikaël Zayat; enseignements en
présentiel à Bromont et à Granby.
www.jardindevie.com
Aliksir Inc. (Grondines)
Producteur et importateur d’huiles essentielles et écomusée de
l’herboristerie.
www.aliksir.com
Santé-Arôme - Michel Turbide (Montréal)
Cours thématique sur demande en aromathérapie.
www.sante-arome.com
Zayat Aroma (Bromont et Montréal)
Distillation et distribution d’huiles essentielles et autres produits et
synergies aromatiques.
www.zayataroma.com
Références françaises et européennes
Althea Provence (Christophe Bernard, herbaliste)
www.altheaprovence.com
Fédération française des écoles d’herboristerie
www.ffeh.fr
François Couplan
Auteur et herboriste enseignant, spécialiste des plantes sauvages
comestibles et médicinales.
www.couplan.com
Imderm (Institut méditerranéen de documentation, d’enseignement
et de recherche sur les plantes médicinales)
www.ecole-imderplam.com
Index général fiches plantes
floranet.pagesperso-orange.fr/index/index.htm
Plantes et médecine
Infos complètes sur les traitements à l’aromathérapie et à la
phytothérapie.
www.phytomania.com
Sites anglophones et universels
American Herbalist Guild
Association principale des herboristes américains.
www.americanherbalistsguild.com
Conseil Canadien des Associations d’Herboristes - Canadian
Council of Herbalist Associations
www.herbalccha.org
Dr Cynthia Foster
Rare médecin généraliste et herboriste américaine.
www.drfostersessentials.com
Dr James Duke
Sites du fameux docteur Duke, phytothérapeute, et de sa
pharmacognosie extrêmement riche et fournie.
www.greenpharmacy.com
phytochem.nal.usda.gov
Henriette’s Herbal Homepage
Le plus ancien et l’un des plus généreux sites d’herboristerie, d’une
Finlandaise très «fine».
www.henriettesherbal.com
Liber Herbarum Ii
Site de recherche en pharmacognosie d’origine danoise disponible
en 10 langues!
www.liberherbarum.com
Table des matières
Note de l’autrice
Introduction
CHAPITRE 1
L’histoire de la phytothérapie
Les figures marquantes de la phytothérapie
L’Antiquité
Le Moyen Âge
La Renaissance
Le siècle des Lumières
Les incontournables du XIXe siècle
Les contemporains ou figures marquantes européennes
Les contemporains américains
Les meilleures herboristes féminines nord-américaines
CHAPITRE 2
Cueillette et transformation des plantes sauvages
Écologie et éthique
Une cueillette intelligente
Les meilleurs outils
Les règles de base de la transformation des plantes
Critères de qualité
Consommation, importation et mondialisation
Calendrier des récoltes des plantes sauvages médicinales
Plantes sauvages médicinales introduites en voie de disparition en nature
CHAPITRE 3
Méthodes d’utilisation des plantes sauvages
médicinales
La consommation de la plante fraÎche
La décoction
La teinture-mère
Les infusions ou les tisanes
La congélation
Les techniques industrielles
Les traitements externes
Les bains aux herbes
L’injection anale, le lavement et le bolus (ou pessaire)
Utilisations inusitées des plantes médicinales
L’élixir floral ou la psychothérapie par les fleurs
La tisane solaire ou macération dynamisée
Le sirop
L’électuaire ou miel médicinal
CHAPITRE 4
Portraits de 80 plantes sauvages médicinales
naturalisées
Achillée millefeuille
Agripaume
Aigremoine
Alliaire officinale
Armoise commune
Asaret
Aunée
Bardane
Benoîte des ruisseaux
Bouleaux
Bourse-à-pasteur
Brunelle
Busserole
Camomille
Carotte sauvage
Cataire
Centaurée
Cerisiers
Chardons
Chélidoine
Chénopode
Chicorée
Chiendent
Consoude
Cresson
Églantier
Égopode podragaire
Épine-vinette
Euphraise
Fougères
Fraisier
Framboisier
Gaillets
Genévrier
Houblon
Laitue vireuse
Lierre terrestre
Lilas
Liseron
Lotier corniculé
Luzerne
Lysimache
Marguerite
Mauve
Mélilot
Menthe poivrée
Menthe pouliot
Millepertuis
Molène
Mouron des oiseaux
Moutarde des champs
Myosotis
Nerpruns
Ortie dioïque
Oxalide
Patiences
Pensée sauvage
Pervenche
Piloselle
Pissenlit
Plantains
Potentilles
Pourpier
Prêle des champs
Raifort
Reine-des-prés
Renouée des oiseaux
Renouée japonaise
Salicaire
Saponaire
Serpolet
Tanaisie
Tilleuls
Trèfle rouge
Tussilage
Valériane
Varech
Véroniques
Vigne
Vipérine
CHAPITRE 5
Les maladies courantes et leurs remèdes végétaux
CHAPITRE 6
Principales propriétés des plantes sauvages
médicinales
CHAPITRE 7
Les plantes toxiques
Premiers soins en cas d’empoisonnement par les plantes
Berce du caucase
Ciguë ou cicutaire maculée
Clématite des haies
Datura
Iris
Morelle douce-amère
Petit-prêcheur
Sumac vénéneux
Veratre
Conclusion
Bibliographie
POUR JOINDRE L’AUTRICE
Des questions, des suggestions ou des demandes spéciales reliées
au vaste univers de l’herboristerie ou à mes livres? Écrivez-moi!
[email protected] www.annyschneider.com
Facebook: Schneider herboriste:
www.facebook.com/aschneiderboriste
Herboriste mobile, je donne des conférences thématiques et fais des
sorties guidées dans toutes les régions du Québec et parfois en
Alsace, ma terre d’origine.
Anny Schneider, votre humble interprète des herbes qui soignent.
Édition: Marianne Prairie
Design: François Daxhelet
Infographie: Johanne Lemay
Révision: Isabelle Pauzé
Correction: Brigitte Lépine et Nicolas Therrien
Crédits photographiques:
Couverture:
Grande photo: Shutterstock
Petites photos (de gauche à droite): Swann Bertholin; Anny Schneider;
Shutterstock; Anny Schneider
Quatrième de couverture:
Grande photo: Shutterstock
Petites photos (de gauche à droite): Anny Schneider; Anny Schneider;
Swann Bertholin; Anny Schneider
Photo de l’autrice: Swann Bertholin
Intérieur:
Toutes les photos sont d’Anny Schneider à l’exception de:
Swann Bertholin: p. 40, 41, 42, 44, 54, 55, 60, 61, 66, 67, 68 et 69, 79, 81, 82 (haut), 93, 95, 98, 101,
110, 115, 118 (bas), 119, 133, 137, 138, 139, 143, 144, 145, 146, 149 (haut), 150, 153, 154, 155, 156,
157, 159, 160, 161, 162, 177, 179, 180, 181, 193, 195, 196, 197, 203, 212, 217, 219, 223, 224, 225,
227, 228, 258, 269, 278 et 280;
Louise Bouchard: p. 29;
Ulysse Charrette: p. 12, 91, 104, 105, 106, 107, 108, 11, 121, 123, 133, 136, 148, 151, 164, 169, 171,
173, 186, 189 x2, 198, 199, 200, 206, 231, 236, 252 et 271;
Sylvie Rémillard: p. 31;
Émile Schneider: p. 8;
Shutterstock: p. 18, 77, 210, 211, 248, 250, 251, 266, 273, 276;
Zoé Vanier-Schneider: p. 13 et 303.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du
Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Titre: Je me soigne avec les plantes sauvages: les reconnaître, les cueillir et
les utiliser / Anny Schneider.
Noms: Schneider, Anny, auteur.
Description: 2e édition.| Comprend des références bibliographiques et un
index.
Identifiants: Canadiana (livre imprimé) 20220028257| Canadiana (livre
numérique) 20220028265| ISBN 9782761961233| ISBN 9782761961240
(livre numérique)
Vedettes-matière: RVM: Plantes médicinales.| RVM: Phytothérapie.| RVM:
Plantes sauvages comestibles—Emploi en thérapeutique.| RVM: Plantes
sauvages comestibles—Identification.
Classification: LCC RS164.S352 2023| CDD 615.3/21—dc23
05-23
© 2011, 2023, Les Éditions de l’Homme,
division du Groupe Sogides inc.,
filiale de Québecor Média inc.
(Montréal, Québec)
Tous droits réservés
Dépôt légal: 2023
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
ISBN (version papier) 978-2-7619-6123-3
ISBN (version numérique) 978-2-7619-6124-0
DISTRIBUTEURS EXCLUSIFS:
Pour le Canada et les États-Unis:
MESSAGERIES ADP inc.*
Téléphone: 450-640-1237
Internet: www.messageries-adp.com
* filiale du Groupe Sogides inc.,
filiale de Québecor Média inc.
Pour la France et les autres pays:
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Téléphone: 33 (0) 1 49 59 11 89 / 12 40
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Téléphone: 33 (0) 2 38 32 71 00
Internet: www.interforum.fr
Service commandes Export ‒ DOM-TOM
Internet: www.interforum.fr
Courriel: [email protected]
Pour la Suisse:
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programme de publication.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par
l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
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