Le Bréviaire, Livre de Prière de L'eglise
Le Bréviaire, Livre de Prière de L'eglise
de la prière de l’Église
Cet article était au préalable une conférence donnée à des prêtres, mais il
est apparu par la suite que les chrétiens fervents, désireux de fonder leur vie
spirituelle sur la liturgie, en tireraient profit, en faisant les adaptations néces-
saires à leur état.
Si l’on en croit l’historien sérieux qu’est Jean de Viguerie, les catholiques
de l’ancienne France savaient estimer le bréviaire à sa juste valeur. « Suit-on
aussi bien que la messe, les heures de l’Office divin ? Oui pour les Vêpres.
Tous les fidèles doivent assister aux Vêpres du dimanche et y assistent. C’est
une obligation découlant du troisième commandement de Dieu. “Comment
demande un catéchisme, faut-il employer les après-dîner des dimanches ?”
Réponse : “Il faut assister aux catéchismes, Vêpres et Complies”. D’où vient
l’obligation ? C’est très simple. Il suffisait d’y penser : l’Office est fait pour
qu’on y assiste... Les autres heures sont moins fréquentées. Mais on les lit
commodément. Les “livres d’Église” à la disposition des fidèles contiennent
les “petites heures”. Celui du diocèse de Paris, imprimé en 1760, propose
Prime, Tierce et Sexte pour tous les jours de l’année. Nombreux sont les
chrétiens qui lisent le bréviaire. Obligation canonique pour les clercs, pra-
tique de dévotion pour les laïcs. Nous savons que Jean-Baptiste Colbert
“trouvait le temps de lire chaque jour quelques chapitres de l’Écriture sainte
et de réciter le bréviaire” ; un bréviaire aurait été imprimé pour son usage et
pour celui de sa maison 1. »
Les membres des différents tiers-ordres qui sont astreints à la récitation
quotidienne du petit office de la sainte Vierge et, bien entendu, les religieux
tenus à l’office choral, trouveront, eux aussi, dans ces lignes, un encourage-
ment à vivre de l’esprit liturgique, « source première et indispensable du véri-
table esprit chrétien » (saint Pie X).
Le Sel de la terre.
*
* *
1 — DE VIGUERIE Jean, Le Catholicisme des Français dans l’ancienne France, p. 232, Paris, Nouvelles éditions
latines, 1988.
LE BRÉVIAIRE, LIVRE DE LA PRIÈRE DE L’ÉGLISE 1 2 9
L E PRÊTRE est avant tout l’homme de la prière. La prière n’est pas seulement
pour le prêtre un devoir privé et personnel comme elle l’est pour tous les
hommes, elle est en même temps une obligation publique, la plus grande, la
plus indispensable des obligations du prêtre : l’Église donne à ses ministres, pour qu’ils
puissent s’acquitter de leurs fonctions, un livre de prières ; ce livre, c’est le bréviaire.
Or, chose curieuse, bien souvent, le bréviaire ne tient pas dans la vie du prêtre la
place qu’il devrait y tenir, alors que certains laïcs nous envient notre livre de prières comme
ce protestant converti dont nous donnons ici le témoignage :
Quand j’étais protestant, sans aucune tentation encore de venir à l’Église
catholique dont j’étais profondément ignorant, j’ai longtemps cherché ce que
j’appellerais une école de prière, et d’abord, tout simplement, des formules de prières
qui me fussent un guide et un soutien. J’ai utilisé alors de nombreux manuels de
dévotion, protestants ou catholiques, mais je n’en ai pas trouvé qui me satisfassent
pleinement. Ceux-là même qui commençaient par me fournir une précieuse inspiration,
bientôt me gênaient par leur uniformité, leur manque de souplesse ; pour tout dire,
même les meilleurs me semblaient rétrécir indûment mon horizon, m’enlever cette
liberté à laquelle les protestants tiennent tellement dans la prière, sans m’apporter en
échange la compensation suffisante d’une nourriture dont je pusse faire réellement mon
pain quotidien. A les lire, j’admirais la prière de tels ou tels, mais elle restait la leur et ne
pouvait sans artifice devenir la mienne. Je commençai à m’approcher de ce que je
cherchais quand un séjour en Angleterre me fit connaître l’admirable Book of Common
Prayer de l’Église anglicane. J’y trouvai tout d’abord une prière foncièrement biblique et
comme la Bible elle-même, large d’une plénitude qui pouvait convenir à tous les besoins
d’âme, qui satisfaisait les miens les plus personnels, sans me replier sur moi, mais tout
en m’ouvrant, au contraire, aux nécessités de toute l’Église et de tous les hommes.
Pourtant, à la longue, je ne fus pas sans éprouver derechef une certaine monotonie.
L’année liturgique, sans doute, me faisait passer successivement par tous les mystères du
Christ. Mais chacun n’était marqué que par quelques lectures. Le reste ne sortait pas ou
guère de sa routine solennelle. Et puis, surtout, le Prayer Book m’offrait une longue
prière matin et soir, trop longue souvent même pour être dite en une fois, et d’autre
part malaisée à fractionner. Cependant, pour les différentes heures du jour il ne
m’apportait rien. Rien non plus pour une prière proprement matinale, avant le travail et
la peine du jour, sauf le Cantique de Zacharie avec son allusion au Christ Soleil levant.
Rien surtout qui fût proprement pour le soir, sinon le Nunc dimittis, et la belle collecte
de l’Evensong : Lighten our darkness, O Lord... Mais un jour, un ami catholique me fit
lire l’ouvrage de Dom Cabrol, Le Livre de la prière antique. J’y découvris que le Prayer
Book n’était à tout prendre qu’une compilation fragmentaire et très appauvrie du
bréviaire romain... Accédant à celui-ci, je fus d’abord quelque peu dérouté par la
complication des éditions modernes, avec leurs multiples renvois. Puis je m’habituai et
je découvris avec une joie profonde ce que j’avais si longtemps cherché. Les merveilleux
offices des fêtes m’apportaient, par leur composition, une harmonie de tous les textes
scripturaires qui s’y rapportent, fusionnés par la méditation de l’Église elle-même, et
cela dans une indicible atmosphère de louange et de lyrisme sacré que le Prayer Book ne
connaissait pas. Mais surtout, j’appris bientôt à apprécier le privilège de cette récitation
hebdomadaire du psautier, donnant à la prière, et à une prière inspirée, avec toute la
richesse de son infinie variété, la place principale que la liturgie anglicane laissait encore
à la lecture et à l’enseignement. Enfin aussi, dans une largeur toujours inspiratrice,
jamais contraignante, j’avais trouvé une prière qui fût la compagne de toutes les heures,
du lever au coucher, et qui m’aidât encore à faire de la nuit une vigile avec l’Église, dans
l’attente du Christ, dont les Laudes à chaque matin chantaient le renouveau. Longtemps
avant d’être catholique j’ai donc commencé de me laisser imprégner par cette inégalable
école de prière et de louange qu’est le saint Office. Et je puis dire que c’est cette
récitation qui a fait de moi un catholique, qui m’a amené à l’Église d’une telle prière.
L’avouerai-je ? Une fois devenu catholique, je n’ai eu qu’une seule désillusion, mais
elle a été forte. Tout d’abord, les prêtres auxquels j’ai raconté mon histoire, celle que je
viens de vous redire, quand ils n’ont pas gardé un silence prudent, n’ont guère su me ca-
cher leur scepticisme. Devenu plus familier avec bon nombre d’entre eux, j’ai eu la stu-
péfaction de m’apercevoir que cette prière, que je les enviais d’être chargés d’accomplir
par l’Église elle-même, pour eux n’était qu’un pensum. Expédiée par force, rejetée dans
les moments nécessairement perdus de la vie quotidienne (métro, attente des visites,
fonctions officielles, etc.), il m’apparut que ce n’était pas leur prière, mais une
obligation ennuyeuse, et parfois à peine tolérable, dont ils se déchargeaient en
maugréant. J’ai connu parmi les prêtres d’admirables hommes de prière ; je n’en ai
point connu, sinon des moines, pour qui le bréviaire fût vraiment la prière
fondamentale et l’aliment d’une oraison plus personnelle. Ces psaumes que le
protestantisme m’avait bien appris à lire comme la parole de Dieu, mais que l’Église
seule m’avait fait redire comme la prière de l’homme dictée par l’Esprit, n’étaient pour
eux qu’un interminable tissu de formules insipides. Inintelligible, je le soupçonne, pour
beaucoup d’entre eux, le reste n’était à leurs yeux que fragments presque privés de sens
d’un texte biblique ou patristique qu’ils ne se souciaient aucunement de mieux
connaître. Ce qui leur en était donné chaque jour semblait leur être apparu une fois
pour toutes comme décidément inintéressant et indigne d’une autre attention que celle
que demande la prononciation correcte, seule exigée par les moralistes. Pour tout dire,
ils ne trouvaient dans cette prière qui m’avait converti, eux qui en sont les gardiens, rien
d’autre que la plus fastidieuse des vaines redites dénoncées par Notre-Seigneur chez les
pharisiens 1.
Ce témoignage est sévère, mais il ne semble pas qu’il soit exagéré. A l’époque où il
est écrit (1945), le mal était réel et on peut être certain que cette incompréhension du
bréviaire est une des causes de la révolution liturgique des années 1960. Mgr Lefebvre s’est
plaint que, au temps de son séminaire, on délaissait les offices liturgiques au profit de
prières, belles sans doute, mais surannées et quelque peu stéréotypées. Il en a souffert et,
Dieu merci, a su redonner à ses séminaires la préférence pour la prière liturgique.
1 — La Maison-Dieu, n° 3, 1946. Article du père BOUYER : « Le bréviaire dans la vie spirituelle du clergé ».
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Seulement, notre nature est faible et nous serons toujours tentés de considérer le
bréviaire comme une corvée quotidienne dont il faut se débarrasser au plus vite, soit à
cause des besoins pressants du ministère, soit parce qu’une prière privée et personnelle
correspond mieux à nos goûts. Dom Marmion raconte à ce sujet qu’il a connu dans sa
jeunesse un vieux prêtre qui, après avoir récité son bréviaire, le refermait avec un soupir de
soulagement en disant : « Et maintenant, je vais pouvoir prier. » Ce prêtre, hélas, n’avait
rien compris : le bréviaire est le plus excellent livre de prière. C’est ce que nous allons nous
attacher à prouver dans une première partie. Nous verrons ensuite dans une deuxième
partie la meilleure manière de dire notre bréviaire.
Excellence du bréviaire
Une prière de louange et de supplication
Pour bien montrer l’excellence de cette forme de prière, il est nécessaire de
considérer Jésus-Christ. Il est le Verbe de Dieu. « Verbe », c’est-à-dire « Parole », parole
subsistante, unique, qui exprime éternellement la perfection de Dieu. La gloire de Dieu
dans la Sainte Trinité est exprimée par le Verbe. Or, en s’incarnant, le Verbe ne cesse pas
sa louange. C’est même pour la louange de Dieu qu’il s’incarne. Mais du fait qu’il est
désormais homme, sa louange revêt une forme nouvelle. C’est la louange (émanant) d’un
Dieu, mais qui s’exprime dans un langage humain, dans notre langage. Ce culte de Notre-
Seigneur envers Dieu son Père a, du fait de l’union hypostatique, une valeur infinie et il
occupe une grande place dans la vie de Notre-Seigneur. On peut supposer qu’avant son
ministère public, Notre-Seigneur donnait beaucoup de temps à la prière. Mais, même lancé
dans l’apostolat, alors qu’il sait ses jours comptés, Notre-Seigneur se réserve toujours des
moments de prière intense 1. Ainsi, louer son Père a été le tout de sa vie ici-bas : « Ego te
clarificavi super terram, opus consummavi quod dedisti mihi ut faciam » (Jn 17, 3). « Le Père, écrit
Bérulle, a voulu incarner son Fils, et le Fils a voulu prendre notre chair pour être en état de
louer et de servir Dieu, son Père, d’une manière plus haute et plus divine que celle qui ne
pouvait être communiquée ni aux hommes ni aux anges, ni à la grâce, ni à la gloire. Car,
avant ce ministère, il y avait des hommes et des anges servant Dieu et le louant, mais il y a
maintenant un homme-Dieu faisant ce ministère. Il y a un Dieu adorant et adoré, et vous ne
louez Dieu que par le pouvoir de ce divin Adorant, que par l’esprit de cet homme-Dieu, que
par la grâce et la puissance qui vous est conférée par Jésus-Christ 2. »
Jésus-Christ a surtout dit les psaumes. A la Cène, on le voit par exemple chanter le
grand Hallel : psaumes 112 à 117. Le lendemain, sur la croix, il entonne le psaume 21 :
« Eloï, Eloï, Lamma sabacthani ». Et, comme l’explique le père Garrigou-Lagrange, il a dû
continuer jusqu’au bout (quoiqu’en silence) la récitation de ce psaume qui est littéralement
1 — OLIER, Traité des saints Ordres, IIIe partie, ch. III (Paris, Le Vieux Colombier, 1953, p. 229).
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toujours un aliment nouveau. Elle avait pour certaines prières une prédilection toute
spéciale, entre autres pour le verset qui commence chaque heure : Deus in adjutorium meum
intende ; Domine ad adjuvandum me festina. Un jour qu’elle lisait son bréviaire en marchant de
long en large dans l’église, elle s’aperçut que quelqu’un se trouvait à ses côtés, et que c’était
Jésus. Ainsi que deux jeunes clercs récitant ensemble leur Office, le Sauveur et Catherine
marchèrent longtemps côte à côte sur le carrelage de brique de la chapelle ; la jeune vierge
prononçait les mots latins avec un respect indicible (elle les entendait à peine à cause des
battements de son cœur) et, à la fin de chaque psaume, quand venait le verset : « Gloire
soit au Père et au Fils… », elle modifiait les paroles et, s’inclinant profondément vers Jésus,
elle disait en tremblant : « Gloire soit au Père, à Toi et au Saint-Esprit, comme il était au
commencement et maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
Le bréviaire est donc une oeuvre de louange. Mais il est aussi une oeuvre de
supplication. Car cette terre n’a rien du paradis terrestre ou de la Thébaïde d’Égypte, elle est
plutôt une « vallée de larmes ». Le prêtre, qui est l’homme de la louange, sera en même
temps l’homme de toutes les supplications : pour la conversion des pécheurs et des
infidèles, pour la persévérance des fidèles, pour la sanctification du clergé et la perfection
de l’ordre monastique, pour le triomphe de l’Église sur ses ennemis, pour le salut des
agonisants et la délivrance des âmes du purgatoire ; toutes ces grandes intentions sont
confiées par l’Église à ses ministres qui s’unissent à la voix de leur maître dont saint Paul
nous dit qu’il intercède continuellement pour nous du haut du ciel : Semper vivens ad interpel-
landum pro nobis (He 7, 2-5).
• Les psaumes
Dom Pius Parsch 1 constatait que plus d’un prêtre s’était gâté l’estomac avec les
psaumes mal digérés, c’est-à-dire qu’ils avaient mis sérieusement en danger leur vie de
prière en récitant les psaumes sans les comprendre. Il n’en était pas ainsi de saint
Augustin : « Psalterium meum, gaudium meum » (Enarratio super ps. 137). Mais pour lui, il n’y
avait pas l’obstacle de la langue. Nous devons donc commencer par bien connaître le latin.
Dom Parsch conseille de faire une fiche par psaume avec au recto : titre / résumé /
divisions ; au verso : belles pensées (par exemple de tel ou tel Père de l’Église), emploi
liturgique, c’est-à-dire application du psaume pour telle fête liturgique. Dom Marmion
recommande de prendre, de temps en temps, comme sujet de méditation, un psaume ou
l’autre pour ne pas les réciter de façon mécanique. Mais là encore, cela présuppose l’étude
du sens littéral et spirituel des psaumes.
Les psaumes sont une prière pour tous les chrétiens. Pendant de longs siècles, ils ont
nourri la piété des fidèles 1. Mais ils sont plus spécialement adaptés pour être la prière du
prêtre. Saint Thomas, dans son commentaire du psautier, explique : « il est le livre biblique
de beaucoup le plus utilisé dans l’Église, et la raison, c’est parce qu’il contient en lui-même
toute l’Écriture. (...) Sa caractéristique est de redire sous forme de louange et de prière tout
ce que les autres livres exposent selon les modes de la narration, de l’exhortation, de la
discussion. (…) Ce livre, à la différence des autres écrits bibliques, embrasse en son univer-
salité la matière de toute la théologie : Dieu, l’homme, le Messie 2 ». Si donc toute la
théologie est dans les psaumes, le prêtre doit en faire sa prière. Le père Jean-Léon Le
Prévost, fondateur des religieux de saint Vincent de Paul, rejoint la pensée de saint Thomas
lorsqu’il dit :
Tant qu’on reste dans la vie ordinaire et privée, on a assez de la prière particulière
et individuelle ; mais si l’on franchit les degrés pour entrer dans une vie plus haute où
l’on ne s’appartient plus, où l’on renonce à son existence propre pour embrasser la vie
universelle (celle du prêtre ou du religieux), le devoir change, on prend en mains pour
ainsi dire la cause de tous, délégué pour ainsi dire par le monde... pour adorer et
glorifier Dieu. Alors, les psaumes, ce chant si puissant, si immense, prêtent leur voix
pour louer le Seigneur sur un mode qui réponde à cette grande mission 3.
En pratique, quand nous récitons les psaumes, pensons fortement que c’est la prière
du Christ. Jésus les a récités en son nom et en notre nom. Certains n’ont de sens que dans
la bouche de Notre-Seigneur et donc, quand nous les disons, c’est Notre-Seigneur qui les
récite en nous. D’autres ne peuvent avoir convenu au Christ qu’autant qu’il tenait notre
place et s’appropriait nos états : nous les récitions déjà en lui. Les psaumes donc
manifestent la grande réalité du corps mystique, et augmentent cette communion de grâce
que nous avons avec Jésus-Christ. Pensons-y !
• Les leçons
Dans les psaumes, c’est nous qui nous adressons à Dieu. Dans les leçons, c’est Dieu
qui nous parle. Le principe directeur est le suivant : de même que tout le psautier doit être
récité dans la semaine, ainsi toute la sainte Écriture doit être lue dans l’année (avec
commentaires des Pères). On distingue les leçons scripturaires et les leçons patristiques.
Les leçons patristiques sont l’élément qui a le plus souffert de la réforme du dernier
bréviaire, en 1961-1962. Mais, aux fêtes de trois nocturnes, nous avons conservé des leçons
1 — A Bethléem, du temps de saint Jérôme († 419), on n’entendait que le chant des psaumes. Ainsi, sainte
Paule et sa fille, sainte Eustochium écrivent à leur amie, sainte Marcelle restée à Rome : « Ici, hormis les psaumes,
ce n’est que silence. De quelque côté que tu te tournes, c’est le laboureur qui, tenant le mancheron, chante
“Alleluia” ; tout en sueur, le moissonneur se distrait en psalmodiant ; le vigneron qui taille la vigne de son créateur
chante quelque poème de David. Telles sont, en ce pays-ci, les cantilènes » (PL 22, 491).
2 — THOMAS saint, In psalmis Davidis expositio, Paris, éd. Vivès, 1876, p. 228.
3 — Cité dans MURA père, Les degrés du sacerdoce, Paris, éd. André Blot, 1947, t. II, p. 47-48.
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denses et riches. On se reportera, par exemple, aux leçons des fêtes de Noël, du Triduum
pascal, de la Fête-Dieu, de la Dédicace des églises ou du jour des morts. Pour éviter de
buter chaque année sur les même difficultés de langue, il sera bon d’écrire en marge de son
bréviaire la traduction des mots et des phrases difficiles 1. La répartition des leçons
scripturaires au long de l’année liturgique n’est pas arbitraire, comme on pourra s’en
convaincre par la lecture de l’annexe.
• Les oraisons
Elles présentent cette particularité d’unir l’office au saint sacrifice de la messe
puisque c’est la même prière qui est dite d’une part après le Kyrie et le Gloria de la messe et
de l’autre à la fin de chacune des heures de l’Office divin (on fait exception pour Prime et
Complies qui ont chacune leur oraison propre et invariable, car c’est alors l’idée de
l’« heure » qui prévaut et non celle de la fête du jour). Ces oraisons, à l’Office comme à la
messe, sont introduites par la formule “Dominus vobiscum”. Nous ne prêtons pas assez
attention au salut de l’assemblée : « Et cum spiritu tuo » ; c’est un hébraïsme qui signifie : « Et
avec toi » (c’est-à-dire avec ton âme). Mais la liturgie y a introduit une signification toute
particulière : « Et avec toi, qui a reçu le Saint-Esprit » à cause du pouvoir d’ordre qui
appartient en propre au prêtre et au diacre. (Voir le Pontifical où le Saint-Esprit est
invoqué à plusieurs reprises sur le futur diacre et le futur prêtre.) « Et cum spiritu tuo » est
donc la respectueuse reconnaissance du pouvoir d’ordre.
Outre qu’elles unissent ces deux grands actes de piété que sont l’Office divin et la
sainte messe, nos collectes présentent l’avantage de nous former à la vraie piété qui certes
ne néglige pas le sentiment, mais qui l’assoit sur le solide fondement de la foi théologale.
Dom Vandeur écrit à ce sujet : « Les collectes, surtout les plus anciennes, sont de véritables
petits chefs-d’œuvre, à considérer la structure et la cadence harmonieuse des phrases,
l’onction pénétrante et la doctrine profonde qu’elles contiennent ; à ce dernier titre surtout,
elles constituent une précieuse règle de foi qu’exprime si bien l’adage Lex orandi, lex credendi
; l’on croit comme l’on prie 2. » Les collectes sont des résumés à la fois concis et riches de l’idée
de la fête, comprenant, dans le style romain : 1. — Une introduction (Omnipotens sempiterne
Deus, qui...) ; 2. — la demande ; 3. — une conclusion (Per Dominum nostrum Jesum Christum).
Elles ont, explique saint Thomas, l’art de réunir les trois conditions requises à la prière : 1º
s’approcher de Dieu que l’on prie : « Dieu éternel et tout-puissant… » ; 2º demander :
« accordez, nous le demandons… » ; 3º donner un motif d’être exaucé. Et si ce motif est
pris du côté de Dieu, ce sera sa sainteté qui sera mise en avant, d’où les mots : « Par Jésus-
Christ Notre-Seigneur… » (II II, q. 83, a. 17).
Les plus belles parmi les oraisons nous viennent des papes saint Léon (440-461),
saint Gélase (492-496), et saint Grégoire (590-604). Nous pouvons méditer ces antiques
1 — Autrefois, la longueur des leçons n’était pas fixée, elle était laissée au jugement de celui qui présidait le
choeur, qui interrompait le lecteur par ces mots : « Tu autem ». Le lecteur répondait : « Domine, miserere nobis »,
comme pour demander pardon des fautes de lecture. Quand les leçons, plus tard, furent fixées, on conserva la
formule entière, et c’est le lecteur qui fut chargé de la prononcer à la fin de sa lecture.
2 — VANDEUR Dom Eugène, La sainte messe, notes sur sa liturgie, Maredsous, 1937, p. 106.
Si l’on regarde maintenant le bréviaire sur toute l’année, on constatera que tous les
mystères du Christ s’y trouvent, depuis l’Annonciation jusqu’à l’Ascension et la Pentecôte.
Ainsi, la récitation du bréviaire aura-t-elle pour résultat le renforcement de notre vie
d’union à Jésus, qui fait toute notre perfection sacerdotale. Par le moyen de la récitation du
bréviaire, la vie de Jésus passe dans la vie de l’Église et de ses ministres.
Et la dernière partie du bréviaire, le sanctoral, ne nous détourne pas de cette union au
Christ, puisque la sainteté des serviteurs de Dieu n’est pas autre chose que la sainteté de
Jésus-Christ s’écoulant dans ses membres sous tel ou tel aspect.
Il reste à examiner, dans une deuxième partie, la meilleure manière de réciter notre
bréviaire. Car il ne suffit pas d’être persuadé de sa richesse et de son excellence, il faut
encore, comme le dit l’oraison Aperi, le dire digne, attente ac devote.
• Temps
Le bréviaire nous est donné pour sanctifier les différentes heures du jour. C’est donc
un non-sens de réciter les heures n’importe quand, par exemple : Sexte et None à 8 heures,
Complies à 14 heures. Un non-sens, sauf cas de nécessité. Mais, généralement, on invoque
faussement le cas de nécessité : le prêtre passe constamment d’une activité à l’autre et,
entre deux activités, il y a un temps vacant qu’il faut consacrer aux petites heures, c’est
pour cela qu’elles ont été faites. On dit toujours mieux son bréviaire quand on le dit à
l’heure. On accomplit ainsi le précepte : « Oportet semper orare », conforme à la loi de l’Église.
Il y a d’ailleurs, pour chaque Office, une idée-force qui est directement en rapport avec le
moment 1. Il y a aussi, parfois, un arrière-plan historique : par exemple, la Pentecôte eut
lieu à l’heure de Tierce, d’où l’hymne Nunc Sancte nobis Spiritus qui aurait pu être mis dans la
bouche des apôtres et de la sainte Vierge au Cénacle.
Le Révérend père Emmanuel, abbé du Mesnil-Saint-Loup, dans son Traité du
ministère ecclésiastique, a écrit une page sévère mais bienfaisante sur ce sujet, qu’il est bon de
relire 1 :
Mais qu’il faille dire les heures canoniques aux heures canoniques, voilà qui généra-
lement n’est pas connu.
Et cependant que signifient ces mots du bréviaire : Ad Matutinum, ad Primam, ad
Tertiam, ad Sextam, ad Nonam, ad Vesperas, ad Completorium ?
On dira : Oui, autrefois il en était ainsi. Assurément, mais pourquoi et comment
s’est-il fait qu’il n’en est plus ainsi ?
Aujourd’hui, on dit Matines la veille, c’est-à-dire on fait de la prière de la nuit et
du matin une prière du soir, ou mieux une prière du tantôt.
Et pourquoi, sinon parce que l’on a trouvé plus facile de se lever tard que matin ?
On dit : C’est pour avoir du temps pour la méditation. Mais nos pères ne connais-
saient-ils pas la méditation ? N’y donnaient-ils pas du temps? Sommes-nous donc plus
gens de méditation que nos pères ?
Hélas ! un fait est certain : nous méditons moins que nos pères, et nous avons une
dose de paresse et d’immortification que certainement nos pères ne connaissaient pas.
Pour les heures du jour que nos pères avaient si sagement distancées de trois en
trois heures pour nous rappeler sans cesse à l’adoration de la Sainte Trinité, aujourd’hui
on les dit toutes d’une pièce ; et cela, dit-on, afin d’être plus libre.
Plus libre ! Mais qu’est-ce que cette liberté qui s’affranchit ainsi de la ponctualité
dans la prière ? Et à quoi sera employée cette liberté ? Ne sera-ce point à courir ou à dis-
courir ? A jouer ou à rire ?
Ah ! la liberté ! Nos pères en avaient une autre idée que nous ; eux qui se pâmaient
d’admiration en présence de la définition qu’en donnait saint Augustin : Libertas est
charitas 2 !
• Lieu.
C’est surtout l’église. Le curé d’Ars sortait du confessionnal et allait dire son
bréviaire sur les dalles du sanctuaire, devant le tabernacle. Il faut se rappeler qu’il y a une
indulgence attachée à la récitation du bréviaire devant le Saint-Sacrement. On doit veiller à
ne pas se mettre dans des conditions qui rendent moralement impossible l’attention, le
recueillement. Les moyens de transport ne sont guère propices à une récitation en
profondeur de notre Office.
• Tenue du corps
Elle influe beaucoup sur la piété. Saint François d’Assise n’aimait point dire son
bréviaire en marchant, il préférait s’arrêter. Le père Alvarez de Paz nous raconte l’histoire
d’un abbé nommé Jean, qui prétextait toujours ses infirmités pour dire Complies allongé.
Un jour, il fut demandé pour un exorcisme. Le démon lui fit cette déclaration : « N’est-ce-
pas toi qui, tous les jours, murmures Complies sous la couverture de ton lit ? Et tu
prétendrais me chasser ? » Lorsqu’on est seul, la meilleure position sera à genoux, ou bien
les positions qui sont adoptées par notre institut pour la prière en commun : assis pour
telle partie, debout pour telle autre.
« Attente » : l’attention
L’attention, tout comme la dévotion, dépend en grande partie de la préparation
éloignée et prochaine.
• La préparation
— La préparation éloignée à l’Office s’obtient par le recueillement habituel, la
multiplication des actes des trois vertus théologales, qui mettent ainsi l’âme dans une
atmosphère favorable. Dans l’ancienne loi, il fallait un feu pour enflammer les victimes des
sacrifices. Ce feu n’était pas allumé au dernier moment, mais était allumé en permanence et
entretenu régulièrement. On voit l’application qui peut en être faite pour le sacrifice qu’est
l’Office divin.
— La préparation prochaine consiste à écarter par un effort de volonté toute pensée
étrangère, et à penser à Dieu, à notre mission de lui rendre hommage par Jésus-Christ. Si
nous disons bien la prière Aperi et Domine in unione, nous éviterons bien des distractions.
• Au cours de l’Office
Au cours de l’Office lui-même, notre attention pourra être triple : ad verba, ad sensum,
ad Deum.
La première est nécessaire pour s’acquitter de l’obligation canonique, mais elle est
imparfaite. L’attention parfaite est celle où l’on s’applique au sens des paroles et surtout au
but de la prière. « Cette dernière application, dit dom Marmion, est la plus importante. Une
religieuse qui ignore le latin peut, durant la récitation, être attentive au mystère célébré, à
Dieu, aux personnes de la Trinité, aux perfections divines. Si sa volonté de rendre
hommage au Seigneur est bien vive, elle glorifie le Seigneur et, soutenue par la liturgie, elle
parviendra à la véritable contemplation 1. » On se reportera à l’exemple de sainte Thérèse
de l’Enfant-Jésus que nous livre sa sœur : « Son maintien au chœur, si modeste et si
recueilli, m’édifiait tellement que je lui demandai ce à quoi elle pensait pendant la récitation
de l’Office divin. Elle me répondit qu’elle n’avait pas de méthode fixe, mais que, souvent,
elle se voyait en imagination sur un rocher désert, devant l’immensité, et là, seule avec
Jésus, ayant la terre à ses pieds, elle oubliait toutes les créatures et lui redisait son amour
dans des termes qu’elle ne comprenait pas, il est vrai, mais il lui suffisait de savoir que cela
lui faisait plaisir. Elle aimait à être hebdomadière pour dire tout haut l’oraison, comme les
prêtres à la messe. Sur son lit de mort, elle se rendit à elle-même ce témoignage : “Je ne
crois pas qu’il soit possible de désirer plus que je ne l’ai fait de bien réciter l’Office et de n’y
pas commettre de fautes” 1. » L’attention actuelle n’est pas toujours possible. On doit
s’efforcer de l’avoir, mais il arrive (comme l’explique le père Cormier 2) qu’en faisant des
efforts pour la conserver ou la retrouver, on obtienne le contraire : distraction, sécheresses,
aridités. Il faut donc apprendre à se résigner humblement à la perdre malgré soi assez
souvent. Cependant, on ne doit pas se résigner à perdre la dévotion.
« Devote » : la dévotion
La dévotion, comme l’expose saint Thomas, consiste à faire avec une volonté
prompte ce qui appartient au service de Dieu. Donc, n’allons pas chercher dans notre
bréviaire des consolations sensibles, là n’est pas la dévotion. En revanche, allons-y avec un
ardent désir de louer et d’adorer Dieu. Sainte Jeanne de Chantal témoignait au sujet de son
saint fondateur : « Il me dit une fois qu’il ne prenait pas garde s’il était en consolation ou en
désolation ; et quand Notre-Seigneur lui donnait de bons sentiments, il les recevait en
simplicité ; s’il ne lui en donnait point, il n’y pensait pas 3. »
S’il nous vient des distractions, il faut se remettre en présence de Dieu, s’en humilier
et ramener doucement à lui notre attention, revenir donc à notre premier dessein qui était
de le louer.
Nous devons avoir des « trucs » personnels pour soutenir notre attention, exciter ou
réveiller notre dévotion. Le curé d’Ars avait inscrit en tête de chaque heure de son bréviaire
le rappel d’une scène de la passion. De fait, nous dit le bienheureux Père Cormier, « le
souvenir de la passion est d’un secours très spécial et d’un effet presque infaillible pour
avoir l’attention et la dévotion pendant l’Office. Il fixe l’imagination en lui représentant
quelque chose de sensible, et attendrit le cœur en y excitant de saintes affections 4. »
Enfin, gardons-nous de la précipitation qui est vraiment la peste de la dévotion. Saint
François d’Assise disait son Office avec grande attention et piété, même en voyage : « Si
notre corps prend à son aise la nourriture qui doit devenir aussi bien pour lui la pâture des
vers, avec bien plus de paix et de tranquillité l’âme doit-elle prendre sa nourriture qui est
son Dieu. » Le cardinal Alexandre Oliva (de l’Ordre de Saint-Augustin), mort en 1463,
prenait six heures pour dire son Office. Mgr Jean-Baptiste Gault (à Marseille, au XVIIe
siècle) s’attardait parfois une heure sur le cantique des trois enfants. Le premier biographe
de saint Ignace, le père Ribadaneira, raconte qu’il reçut à son ordination un tel amour pour
l’Office divin qu’il eût voulu y passer la journée entière. A chaque verset, Dieu lui
communiquait tant de lumières, son cœur goûtait tant de consolations, qu’il était forcé de
s’arrêter et souvent de laisser couler ses larmes. Ses religieux, craignant qu’il n’y perdît la
vue, le firent enfin dispenser du bréviaire. Mais le saint, s’adressant à Dieu, obtint de
modérer ses larmes sans rien perdre de ses sentiments et de ses joies intérieures.
En résumé, appliquons-nous ces conseils que se donnait saint Maximilien Kolbe :
1 — Rapporté par sœur Geneviève dans Conseils et souvenirs, Paris, Cerf, 1988, p. 75-76.
2 — L’Instruction des novices, Rome, Santa Sabina, 1950, p. 149 sq.
3 — MARMION Dom C., Le Christ idéal du prêtre, p. 251.
4 — L’Instruction des novices, p. 153.
« Récite l’Office divin avec dignité, attention et dévotion. Un seul verset peut convertir une
âme. Un protestant s’est converti en jetant un coup d’oeil dans un bréviaire. L’Office divin
et la sainte messe bien célébrés peuvent convertir tout un diocèse 1. »
Conclusion
Le bréviaire, avec le missel, est donc une source de prière, la principale et la plus
abondante source de contemplation pour nous, prêtres. Saint Paul nous dit : « [Car] nous
ne savons pas comment il faut prier dignement : mais c’est l’Esprit de Dieu qui prie en
nous avec des gémissements ineffables. » Or, c’est ce même Esprit-Saint qui a présidé à la
composition et à l’agencement des formules liturgiques.
De son côté, l’Église, qui est l’épouse du Saint-Esprit, est à l’image de Rebecca qui
savait comment apprêter les plats de manière à plaire à son époux Isaac. Tous ces psaumes,
ces hymnes, ces collectes... de notre Office divin sont autant de mets bien apprêtés qui ont
le don de toucher le cœur de notre époux divin.
Cette prière offre en outre l’avantage d’être objective, elle donne l’esprit catholique,
et par là elle nous défend contre l’hérésie et le schisme.
Mais notre bréviaire n’est pas seulement source de prière et d’oraison, il est encore
une méthode d’oraison qui, tout en imposant des rubriques précises et strictes, offre à l’âme
pour son essor spirituel une grande variété et liberté. Que demande-t-on d’une méthode
d’oraison si ce n’est qu’elle fasse produire tour à tour des réflexions, des affections et des
résolutions ? L’Office divin obtient tout cela, on le voit par l’exemple de saint Augustin :
Combien j’ai pleuré, mon Dieu, à vos hymnes et à vos cantiques ! Comme j’étais
exalté par les douces voix de votre Église ! Elles pénétraient dans mes oreilles et la vérité
pénétrait dans mon cœur, et les larmes de ma piété rebondissaient plus fort, et mes
larmes coulaient, et cela me faisait du bien (Confess. L. IX, ch. VI).
La liturgie qu’il découvrait en la cathédrale de Milan imprimait dans l’âme
d’Augustin les vérités de la foi et émouvait son cœur au point que, comme on le sait, peu
de temps après il se résolut à demander le baptême.
Méthode d’oraison donc, et la plus parfaite de toutes, celle qui a prévalu jusqu’à
l’époque moderne. Elle présente l’immense avantage d’être théocentrique. Les psaumes et
les hymnes de notre liturgie traitent principalement de Dieu ; l’homme disparaît ou ne
figure que pour la gloire de Dieu. Et cette façon de voir est la seule vraie. Le bréviaire nous
plongera ainsi dans une atmosphère de vérité surnaturelle et de joie profonde qui ne
pourront pas ne pas avoir de répercussions sur notre ministère, sur notre vie apostolique.
Certes, nous ne disons pas notre bréviaire pour une meilleure efficacité dans notre
apostolat. Car il est un but en soi, et il se suffit à lui-même. Mais de fait, plus
amoureusement je réciterai mon bréviaire, plus je me sanctifierai, et donc plus je ferai de
Annexes
—I—
Les Heures de l’Office divin
Idée directrice Correspondance avec la Correspondance avec un
passion autre événement historique
MATINES désir de la venue du agonie et arrestation du Parousie
Christ, veille et prière Christ à Gethsémani
nocturne avec le Christ *
LAUDES louange : résurrection condamnation du Christ résurrection de Notre-
spirituelle par le sanhédrin Seigneur
PRIME s’armer pour le combat comparution devant
du jour Pilate
TIERCE appel à l’Esprit-Saint flagellation et condam- descente du Saint-Esprit à
nation à mort la Pentecôte
SEXTE lutte contre la concu- crucifixion
piscence et le « démon de
midi »
NONE constance et perséverance mort du Sauveur fins dernières
VÊPRES action de grâces pour le déposition de la croix dernière Cène (Jeudi-
jour qui prend fin Saint)
COMPLIES contrition, protection Jésus au tombeau la mort et le repos éternel
pour la nuit et confiance
— II —
La répartition des leçons scripturaires
dans les bréviaires romain et dominicain