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Multibrand Les Immobilisations Plâtrées Principes de Base BE

Ce document décrit l'historique des techniques d'immobilisation des fractures à travers les époques, depuis la préhistoire jusqu'à la découverte de l'utilisation du plâtre par Mathijsen dans les années 1850. Le document contient de nombreuses informations sur l'évolution des techniques au fil du temps.

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Multibrand Les Immobilisations Plâtrées Principes de Base BE

Ce document décrit l'historique des techniques d'immobilisation des fractures à travers les époques, depuis la préhistoire jusqu'à la découverte de l'utilisation du plâtre par Mathijsen dans les années 1850. Le document contient de nombreuses informations sur l'évolution des techniques au fil du temps.

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Les

immobilisations
plâtrées

Principes de base
Approche théorique et fiches
techniques d'applications pratiques
Fixierung, klebend Gipsimmobilisaties

Remerciements
Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé à l’élaboration de ce document :

• L
 es chirurgiens orthopédistes avec qui j’ai pu collaborer et plus particulièrement le Docteur Harold
Jennart (CHU Tivoli La Louvière)
• Les maîtres plâtriers qui m'ont apporté leur savoir-faire technique et plus particulièrement Monsieur Guy
Vandeveld (CHU St Pierre Bruxelles) et Monsieur Jean-Pierre Trigaut (Epicura/Baudour)
• Le Studio photo "Lune & l’Autre" grâce à qui nous avons pu mettre tout cela en images
• Essity Belgium SA-NV pour son support

Ce manuel a été élaboré par Pascal Vansnick


Licencié en Education Physique, Kinésithérapie et Réadaptation
Technical Advisor Orthopaedics chez Essity SA-NV

Avertissement : © Essity 2019. Tous droits réservés, toute reproduction interdite. Ne peut être utilisé sans un accord écrit. Le
médecin est dans tous les cas responsable du traitement appliqué. Nous déclinons toute responsabilité en cas de dommage
dû à une mauvaise application des techniques ou à l’utilisation de produits non recommandés par Essity SA-NV.
Gipsimmobilisaties Fixierung, klebend

Table des matières

4 34
1. Introduction 4. Fiches techniques
d’application
5
des plâtres
2. Historique 34 4.1 Applications des plâtres
synthétiques circulaires
5 2.1 Techniques précédant l’emploi
34 4.2 Applications des attelles plâtrées
du plâtre
6 2.2 L’appareil plâtré
35
10
5. Bibliographie
3. Généralités
10 3.1. Les étapes incontournables
pour la réalisation du plâtre
11 3.1.1 La salle des plâtres
11 3.1.2 Le patient
12 3.1.3 Le matériel
15 3.2 Généralités sur la méthode
d'application de
l'immobilisation plâtrée
18 3.3 Les points de compression
20 3.4 Limites du plâtre
22 3.5 Les positions dites de « fonctions »
24 3.6 Durée de consolidation
26 3.7 Le patient et son plâtre
27 3.8 Surveillance et suivi infirmier
de l’immobilisation
28 3.9 Complications des immobilisations
30 3.10 Enlèvement des plâtres
1 Introduction Les immobilisations plâtrées

1. Introduction
Le personnel des urgences, ainsi que le points principaux de la mise en place d’une
personnel des consultations orthopédiques, immobilisation plâtrée dans le cadre de l’urgence
est fréquemment confronté à la réalisation ou non.
d’immobilisations plâtrées, de par le nombre
d’urgences traumatiques quotidiennes et de Ce support est un complément aux formations
consultations. plâtre dispensées par Essity SA-NV.

Les infirmiers et infirmières, ainsi que les médecins Il existe autant de méthodes différentes pour
urgentistes doivent être à même de prendre en placer un bon plâtre qu’il existe de plâtriers. Mais
charge la gestion des immobilisations simples, quelle que soit la méthode, elle doit se soumettre
ainsi que les retours de plâtres « compliqués ». à des règles communes. Celles-ci sont le fil
conducteur de ce manuel.
Le but de ce manuel est de leur fournir un aide-
mémoire pour la réalisation de ces immobilisations Nous espérons que cet ouvrage vous apportera
et des conseils destinés au patient. Ce manuel une aide efficace dans votre pratique quotidienne.
ne prétend pas être exhaustif, mais fournit les

4
Les immobilisations plâtrées 2 Historique

2. Historique
2.1 Techniques précédant l’emploi du plâtre
Préhistoire Moyen Age et Renaissance
L'homme a cherché, à travers les siècles, un Malgré les croisades et le brassage des
système permettant la contention des fractures, connaissances qui s'ensuivirent, on ne peut pas
c'est-à-dire saisir et maintenir le membre fracturé dire que la technique ait beaucoup évolué. On
dans la situation où il se trouve au moment où il note toutefois qu'un chirurgien persan nommé
vient d'être rétabli dans sa forme primitive. Rhazes (860 après J.C.) indiquait d'entourer le
membre, après réduction de la fracture, de
Nous savons, par les découvertes de squelettes, pellicules de tissu imbibé de blanc d'œuf. Vers
que les hommes préhistoriques réduisaient les 1100, l'Ecole de Salerne reprit cette technique
fractures et maintenaient les fragments en place et la diffusa. On enveloppait le membre fracturé
par un appareillage. On ne peut douter de leur de charpie enduite de mélange de farine et de
expérience en la matière car on a constaté des glaire, auxquelles on additionnait de la terre glaise
consolidations osseuses satisfaisantes. et des résines. De tels appareils extrêmement
sensibles aux conditions hygrométriques de l'air,
Antiquité perdaient rapidement leur qualité de solidification
et aboutissaient à des macérations. Ils étaient,
On a trouvé les premières descriptions d'appareils
en plus, longs à confectionner, longs à sécher et
immobilisateurs dans les écrits d'Hippocrate.
pourrissaient souvent. Ambroise Paré utilisait des
II s'agissait généralement de petits appareils
bandes avec de la cire et aussi des attelles en
constitués de colle de farine pour les fractures
carton, mouillées pour être ramollies et mises en
du nez, de cire, de bandelettes imbibées de
forme, qui se durcissaient en séchant.
résine pour des fractures de doigts ou de jambes.
On trouve également des appareils pour le
redressement des pieds bots. Les Grecs et les
Romains traitaient les fractures avec des attelles
généralement en bois, de construction plus ou
moins ingénieuse.

5
2 Historique Les immobilisations plâtrées

2.2 L’appareil plâtré


A la fin du XVIIIe siècle, en 1798 exactement, un bouillies plâtrées pour immobiliser les membres
officier consulaire anglais, W. Eton en poste en fracturés, était ancienne. Le célèbre médecin
Mésopotamie et en Perse, remarqua pour la persan Abou Mansour en avait fait mention à la
première fois dans ces régions, l'emploi du plâtre fin du Xe siècle. Il est assez curieux de constater
pour immobiliser les fractures. Cela consistait à que le plâtre, qui était très connu des Romains et
enduire le membre fracturé de plâtre que l'on des Arabes, n'ait pas servi à une telle utilisation
appliquait par l'intermédiaire d'un moule. Aucun en dehors de la région de la Mésopotamie. En
tissu ne renforçait le produit immobilisateur. médecine, le plâtre ne servait que pour neutraliser
Cette technique ne trouva pas d'écho en Europe les acidités de l'estomac .
Occidentale bien qu'il y eut quelques essais, faits
dès 1814, dans certains hôpitaux allemands (Berlin). En résumé, on peut dire que jusqu'au début du XIXe,
siècle la technique n'avait pas évolué et les fractures
Les raisons du peu de succès de cette méthode étaient soignées par des moyens se rapprochant
étaient l'épaisseur des appareils, leur lourdeur et plus ou moins de ce qui est décrit ci-après.
la difficulté de leur découpage à la dépose. Il est
certain qu'en Perse, la technique de l'emploi des

6
Les immobilisations plâtrées 2 Historique

Découverte de la bande attaché à cette technique). On devine que la


Commission chargée d'examiner les travaux de
plâtrée Antonius Mathijsen Mathijsen, étant dirigée par les amis du Baron
Seutin, conclut en refusant l'emploi d'un tel moyen
Un médecin militaire hollandais, en garnison à
d'immobilisation.
Haarlem, aux Pays Bas, qui avait fait ses études à
Bruxelles et à l'Hôpital Royal d'Utrecht, Antonius
Mathijsen ne se découragea pas. Il réfuta toutes
Mathijsen, connaissait l'emploi du plâtre au
ces accusations et fut grandement aidé par un de
Moyen Orient. Il eut l'idée, vers les années 1850,
ses confrères, le chirurgien néerlandais Van De
d'utiliser des bandes saupoudrées de plâtre sec et
Loo, qui entreprit dès 1853 et les années suivantes
préparées à l'avance, en les mouillant au moment
des voyages à Paris, Cologne, Bruxelles, Bonn etc.
de l'emploi. Le tissu de support était constitué
Infatigable, il confectionnait des appareils suivant
par de la toile ressemblant au calicot. Il publia
la méthode de Mathijsen, démolissait les critiques
en 1852 un ouvrage intitulé "Nouvelle méthode
concernant l'allongement ou le rétrécissement
de l'emploi du bandage plâtré dans les cas de
du plâtre au moment de sa prise, par des
fractures" (Haarlem, 1852). Deux autres ouvrages
applications de bandes plâtrées autour d'un verre
parurent ensuite, l'un à Liège en 1854, l'autre en
de lampe, montrant ainsi que le plâtre pendant sa
1857, intitulés "Du bandage plâtré".
dessiccation ne variait pas de volume et continuait
d'adhérer au verre.
II perfectionna petit à petit sa méthode en
recherchant des tissus (flanelle) qui s'imprègnent
On trouve en 1854, à Leipzig, un ouvrage d'un
plus facilement de plâtre et qui communiquent
chirurgien d'origine russe, N.J. Pirogoff, intitulé "Le
une solidité plus grande à l'appareil. Déjà il trempait
bandage adhésif plâtré dans les fractures simples
ses bandes dans l'eau jusqu'à ce qu'aucune bulle
et compliquées et son emploi dans le transport
ne s'en dégage et il précisa les techniques qui
des blessés sur le champ de bataille". Dans cet
sont encore utilisées de nos jours (pose de la
ouvrage, il était fait état de l'emploi du plâtre
bande sous forme de spire recouvrant la moitié
pour immobiliser les fractures et on y discutait
de l'enroulement précédent et immobilisation des
de plusieurs techniques de réalisation d'appareils
articulations sus et sous- jacentes du foyer de
plâtrés. Pirogoff est l'initiateur, avec Scymanowski,
fracture). Il conservait les bandes dans des boîtes
des appareils à anse. Il semble que l'auteur ait
en fer blanc pour les mettre à l'abri de l'humidité
ignoré Mathijsen. Ainsi la paternité de l'usage du
de l'air. Lorsqu'il avait affaire à du plâtre de bonne
plâtre pourrait être double.
qualité, il obtenait des débuts de prise dans des
délais voisins de 15 minutes. Lorsque le succès de la méthode se confirma,
Mathijsen fut l'objet d'honneurs et de décorations,
Mathijsen fit des communications sur sa découverte
aussi bien à la Cour des Pays-Bas que lors des
à la Société des Sciences Médicales et Naturelles
différentes Expositions Universelles qui eurent
de Bruxelles. Cela souleva un tollé général. Il fut
lieu ensuite. Il devint membre de Sociétés de
très vivement critiqué. On reprochait au plâtre de
Médecine de nombreux pays.
"s'élargir en durcissant" (sic), "de sécher trop vite" et,
à bout d'arguments, "de salir le chirurgien". En France, l'emploi du plâtre se généralisa à
partir des travaux d'Hergott (gouttières) et de
Il faut dire que la Société Bruxelloise était dirigée
Maisonneuve (attelles). Des modifications et
par le Baron Seutin qui avait une technique
améliorations furent apportées ; c'est ainsi que
personnelle et qui recommandait l'emploi du
Beely, en 1878, utilisa de l'étoupe trempée dans
bandage amidonné (son nom est d'ailleurs resté
une bouillie plâtrée et moulée sur le corps. En

7
2 Historique Les immobilisations plâtrées

1893, on essaya d'ajouter un agent de liaison - Judet et L. Boehler, des noms qui restent attachés à
l'amidon - au plâtre cuit, avec addition d'acide des techniques ou à des appareils plâtrés.
acétique. Pendant que le plâtre et l'agent de
liaison se dissolvaient dans l'eau, l'acide acétique Au moment du premier conflit mondial de
empêchait la cristallisation et retardait la prise. Le 1914-1918, les formations sanitaires françaises
procédé fut abandonné, étant donné la forte odeur et allemandes avaient en stock des quantités
d'acide acétique qui se dégageait au moment de considérables de bandes plâtrées préparées
l'utilisation de la bande. à l'avance. Il fallut attendre l'essor de la chimie
moderne pour trouver des matières premières
Breiger essaya des morceaux d'ouate encollée de qui, additionnées au plâtre, puissent le fixer sur un
plâtre en poudre et ce n'est qu'à partir des travaux support en tissu et améliorer son comportement
de F. Calot, dont le nom reste attaché à Berck, que dans le sens désiré.
la technique de l'emploi du plâtre fut vraiment
établie de façon rigoureuse au début du XXe siècle. Aux environs de 1930, le Docteur Eichengrun
déposa une série de brevets, créant la bande
Malheureusement le plâtre n'étant pas fixé, il était plâtrée à plâtre adhérent, qui apporta des qualités
impossible de le répartir de manière homogène sur supplémentaires à celles que l'on pouvait trouver
la longueur de la bande. F. Calot disait : "il n'est pas avec l'emploi de bandes à plâtre saupoudré.
très facile de mettre juste sur l'étoffe la quantité
de plâtre nécessaire, la difficulté consiste à laisser Ces brevets furent exploités dans différents pays,
assez de plâtre et pas trop". la France, la Grande- Bretagne l'Allemagne, les
Etats-Unis, chaque fabricant amenant par ses
Par ce procédé, au moment du trempage, l'eau recherches propres, des améliorations sur le
pénètre plus ou moins rapidement au sein de la comportement de la bande plâtrée (temps de
bande, ce qui a une action directe sur la résistance prise solidité).
de l'appareil plâtré, le plâtre étant par endroits, trop
ou pas assez trempé. L'excès de trempage amène Cela aboutit, progressivement, après la deuxième
un ramollissement de l'appareil qui peut n'être guerre mondiale, à des appellations de marques
perceptible que quelques heures après. Calot propres à chacun de ces pays. Ces bandes, tout
utilisa la gaze comme tissu support. en utilisant le même procédé de base, avaient
des qualités tout à fait différentes. Mais elles
En Grande-Bretagne, divers chirurgiens présentaient en commun les avantages que l'on
s'intéressèrent au procédé (Samuel D. Gross, reconnaît à l'heure actuelle à l'emploi de la bande
System of Surgery 1882). Il existe un brevet anglais plâtrée, par rapport à tous les autres moyens
datant de 1893 visant à produire des bandes à d'immobilisation pour maintenir une fracture le
plâtre adhérent, mais qui n'eut aucune suite réelle. temps de sa consolidation.

C'est la découverte des rayons X par Roentgen En 1951, un ingénieur chimiste français, A. Notter,
qui créa l'orthopédie en permettant d'examiner les Directeur Recherche et Développement des
fractures, de les réduire avec précision et ensuite Laboratoires FISCH, aboutit à la réalisation
de les plâtrer. L'emploi de la bande plâtrée fut alors de bandes plâtrées à plâtre adhérent par des
codifié et elle connut enfin sa véritable consécration. procédés de fabrication brevetés entièrement
différents, et offrant les qualités nécessaires :
Citons entre autres, les travaux de Hennequin,
Brocat, Calot, Launay, Charles Ducroquet, Henri

8
Les immobilisations plâtrées 2 Historique

• Etre d'emploi et d'application faciles ; La bande plâtrée saupoudrée et la bande plâtrée


• Apporter une rapidité de prise, variable selon à plâtre adhérent de haute qualité ont apporté
la marque ; et continuent d'apporter leur contribution aux
progrès de la chirurgie orthopédique. Mais elles
• S'adapter à la forme du corps à plâtrer ;
sont maintenant de plus en plus supplantées, dans
• Donner une solidité accrue aux appareils grâce
certaines indications, par les bandes en résine…,
à des éléments additionnels renforçateurs ; de gain de temps.
de s at te lle s pr éa ssemblées, oucepar des plâtres semi-synthétiques.
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• Etre économique.
longue.
Par la légèreté et la solidité des appareils qu'elle
permettait de réaliser, la bande plâtrée à plâtre
adhérent eut un renom qui se propagea rapidement.
La rapidité de prise rendait de grands services dans
le traitement de certaines fractures de réduction
difficile (enfants).

En France, la bande plâtrée à plâtre adhérent fit à


peu près disparaître l'usage de la bande à plâtre
saupoudré. Il existe maintenant des bandes
différentes possédant un temps de prise plus
ou moins rapide. Il existe également des attelles
préassemblées, source de gain de temps.

10/43
SN medical BRU
Vansnick, Pascal /B

9
2 Historique Les immobilisations plâtrées

3. Généralités
3.1 Les étapes
incontournables pour
la réalisation du plâtre
La réalisation d’une immobilisation plâtrée ne se
limite pas à la pose d’un plâtre mais à la gestion
de l’environnement physique, topographique, et
psychologique du patient.

Il s’agit d’un acte médical, éventuellement confié, mais


qui résulte in fine de la responsabilité du médecin qui
en demande ou en exécute la réalisation.

Dans la liste des prestations techniques de soins


infirmiers pouvant être accomplies par des
praticiens de l’art infirmier et fixée en application de
l’article (21quinquies, §3 – AR du 7 octobre 2002, art.
3 - M.B. du 07/11/2002, p. 50587) de l’arrêté royal n°
78 du 10 novembre 1967), se trouvent les actes B2
= prestations requérant une prescription médicale.
Dans ces actes B2, sont reprises comme techniques
particulières : l’enlèvement et la surveillance des
plâtres, l'application du traitement par contention
physique pour toute lésion après manipulation
éventuelle par le médecin telles que les applications
de plâtres, de plâtres de synthèse et d'autres
techniques de contention.

Attention, la pose d’un plâtre est un élément de la


prise en charge globale de la pathologie du patient
et n’est pas une fin en soi…

Un plâtre placé aux urgences doit toujours l’être


sous forme d’attelle ouverte, celle-ci permettra à
l’œdème de s’évacuer sans provoquer de lésion.

Par la suite, lorsque le patient sera revu en


consultation et que l’œdème sera résorbé, on pourra
passer au plâtre circulaire si l’indication le permet.

La confection d’un plâtre est un compromis à


trouver entre la résistance (qui offre la durée) et la
légèreté (qui donne le confort).

10
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

3.1.1 La salle des plâtres placement de négatoscope(s) ou le système


informatique.
C’est l’environnement dans lequel doit se pratiquer
Le matériel de soins de plaie et de pansement doit
la confection d’un plâtre.
être à disposition.
La salle est spacieuse et bien éclairée. Le matériel
est à portée de main, mais rangé à l'abri de la 3.1.2 Le patient
poussière et de l'humidité dans des armoires.
Nettoyée, la salle des plâtres doit idéalement être Installation
carrelée, avec de grands bacs d’eau propre et
renouvelée régulièrement. Le patient doit être installé confortablement :

• assis pour un membre supérieur ;


Un plan de travail avec une surface lisse, en
aluminium ou en inox, facilement lavable, permet • allongé de préférence pour un membre inférieur ;
d’y étaler les bandes imprégnées de liquide. Une Ceci afin de diminuer les manipulations et la
table pour allonger le patient, de même que des douleur, facteurs de réaction vagale. Le membre
chaises (patient, accompagnant, et plâtrier) sont traumatisé doit être immobilisé dans la position
bien entendu indispensables. de confection du plâtre, avec suffisamment
d’assistants pour rendre satisfaisants le travail du
Un dispositif de filtration des eaux est utile afin
plâtrier et le vécu du patient. On prendra soin de
de ne pas engorger les canalisations avec des
protéger les vêtements du patient.
grumeaux de matière plâtrée. Une zone propre
doit être respectée pour la tenue du dossier, le Les manipulations envisagées, ainsi que la technique,

11
Fixierung, klebend Gipsimmobilisaties

devront être expliquées au patient qui sera parfois


dans une position ne lui permettant pas de mesurer
3.1.3 Le matériel
exactement les actes qui le concernent (décubitus
ventral pour une botte plâtrée par exemple).
Jersey
Tubulaire et côtelé, il est disponible en plusieurs
Le plâtrier doit veiller à pouvoir travailler lui-même
largeurs, en coton (hydrophile) ou en synthétique
dans une position de confort, sans être penché en
ou semi-synthétique (hydrophobe).
avant, en s’aidant du réglage en hauteur de la table.
La lombalgie ne guette pas que le patient! Hydrophile, il peut s’imprégner d’eau et provoquer
de la macération et avec risque de plaies
Le matériel utilisé doit être préparé et disponible à
secondaires.
portée de main, surtout lorsqu’on plâtre « en solo » :
bac à eau, attelles prédécoupées, jersey, ouate, Un plâtre avec un jersey pur coton ne peut être
Velpeau, ciseaux, sparadrap etc. immergé. Ce qui ne veut pas dire que l’immersion
doit être recommandée pour les autres! Il existe
Le membre doit être nettoyé si nécessaire. Les
des produits adaptés à l’immersion du plâtre
bagues, bracelets, colliers doivent être ôtés. Les
(Delta Dry Stockinette, Softliner, et rouleau). Ceci
plaies seront désinfectées, séchées, recouvertes
permettra au patient de prendre des douches
de compresses sèches ou alcoolisées, voire de
ou bains, de nager en piscine ou en mer (avec
Bétadine, sans pansement gras ni tulle quelconque
l’accord du médecin).
(macération !).
Le jersey doit être choisi en « surdimensionnant »
Anticiper le « fenêtrage » en cas de présence d’un
la longueur de 10 à 20 cm suivant le membre.
pansement sous un plâtre circulaire.

12
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

Ceci afin de réaliser un double bord qui devra être


ensuite retourné sur le plâtre. Un jersey se rétrécit
en longueur lorsqu’il est élargi. Il sera placé en le
glissant sur le membre s’il est très large. Il devra
au préalable être roulé en bas nylon s’il est serrant.
On choisira la largeur du jersey en fonction de la
taille du membre à plâtrer. Il sera appliqué sans plis,
comme une seconde peau.

Des orifices sont réalisés pour le pouce. Des


morceaux supplémentaires de jersey peuvent
aussi être préparés pour protéger le pouce, ainsi
que certains doigts. Jersey

Rembourrage
Nous vous conseillons d’utiliser une ouate de
rembourrage prévue pour les immobilisations
plâtrées, d’appliquer celle-ci par mouvements
circulaires avec minimum 50% de chevauchement,
de protéger les proéminences osseuses
en appliquant des bandes de rembourrage
supplémentaires si celles-ci sont fort marquées.

Il faut rembourrer de manière souple, ferme et


égale (ne pas comprimer ; « juste au corps ») et
éviter d’appliquer trop d’ouate de rembourrage
(risques d’immobilisations instables et/ou de
conflits sous le plâtre/l’attelle).

Le rembourrage doit déborder d’un bon travers de


doigt l’attelle plâtrée ou le plâtre circulaire.
Polstering

La qualité et la pose rigoureuse de l’ouate sont le


gage d’une bonne tolérance au plâtre.

Tensoban
Le Tensoban est une mousse de polyuréthane
légère et très « conformable » qui est perméable
à l’air et à la vapeur d’eau. Elle sera appliquée
au-dessus du rembourrage afin de le lisser et de
faciliter l’application du plâtre.

13

Tensoban
Plâtre en général
Rappelons que les résines circulaires n’ont pas leur Les résines synthétiques sont préférentiellement
place pour l’immobilisation en urgence : même utilisées en seconde intention (consultation
fendues dans leur longueur, les plâtres en résine orthopédie) pour la réalisation de plâtres circulaires.
gardent leur forme et peuvent donc exercer des Plus solides et plus légères, elles confèrent au
points de compression et provoquer un effet plâtre à long terme des avantages indéniables.
de garrot. Le plâtre de Paris ne présente pas cet
inconvénient. Une fois écarté, il garde sa forme Concernant les plâtres synthétiques circulaires, le
ouverte au point de devoir être complété dans nombre de bandes plâtrées synthétiques, ainsi
certains cas par une contention élastique. que la largeur choisie, seront déterminés par
l'indication, et la taille du membre à immobiliser.
Les attelles synthétiques peuvent aussi être
indiquées dans le cadre post opératoire, ou bien Généralement les largeurs de 2,5 cm et 5 cm sont
en urgences si les indications le permettent. pour le membre supérieur. Celles de 7,5 cm, 10 cm
et 12.5 cm sont pour le membre inférieur.

De Paris Résines dures Résines Semi-rigides


(gypsine ou POP) (polyester ; fibre de verre) (polyester)

Avantages

Economique Solide Facile à appliquer

Se moule facilement Léger Garde son élasticité

Peut-être immergé

Court temps de séchage

Inconvénients

Long temps de séchage Prix plus élevé Pas d’immobilisation rigide

Fragile

Entretien difficile

Disponibilité

Attelles et rouleaux Attelles et rouleaux Uniquement en rouleaux

14
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

3.2 Généralités sur la méthode d'application


de l'immobilisation plâtrée
Préparation Trempage
En général, on utilise un set d’attelles (POP) Une fois l’attelle (POP) préparée, le trempage
en boîte distributrice que l’on découpe à la s’effectue dans une bassine suffisamment
longueur voulue. Il est important de toujours profonde et une eau propre et froide (Max 25°c).
surdimensionner de 5 à 10 cm par rapport à Le plâtre, en réagissant avec l’eau pour polymériser
la longueur du membre à plâtrer. Utilisez la (et garantir ainsi la lamination des couches et le
mesure simple que constitue l’empan, c’est-à- durcissement), provoque une élévation thermique
dire la distance pouce–auriculaire sur une main d’environ 15°c.
complètement étendue, reportée sur l’attelle.
Cette réaction exothermique vient s’ajouter à la
La largeur doit être choisie de telle sorte qu’un température initiale de l’eau de trempage. Afin
enrobement au moins semi-circulaire soit réalisé. d’éviter de brûler votre patient, utilisez toujours de
Une largeur insuffisante n’immobilise pas et l’eau froide
peut devenir une source de compression. Une
largeur excessive non contrôlée va créer un Trempez les bandes ou l’attelle (POP) une par une
plâtre circulaire. L’attelle (POP) peut être déployée au fur et à mesure de leur utilisation. La bande sera
en forme de trapèze pour s’adapter à la forme trempée à 45°, et l'attelle (POP) sera trempée en
conique du membre. Elle sera préparée avec les accordéon (Max 5 secondes) en laissant échapper
découpes nécessaires et les bords arrondis en les bulles d’air.
fonction du plâtre à réaliser.

Selon que cette attelle (POP) soit principale ou


bien de renfort, elle sera respectivement doublée
(8 à 10 couches) ou simple (4 à 5 couches). Pour une eau de trempage à 23°C

Le choix des largeurs des attelles synthétiques 23 °C + 15 °C = 38 °C


peut être envisagé "un rien" moins large que les
25 °C + 15 °C = 40 °C
attelles (POP), étant donné que la résistance des
30 °C + 15 °C = 45 °C
attelles synthétiques est supérieure à la résistance
35 °C + 15 °C = 50 °C > DANGER
des attelles (POP).

15
Essorage Finition
Au sortir de l'eau, on pressera légèrement l'attelle Le jersey peut alors être retourné sur le plâtre.
(POP) en malaxant celle-ci pour répartir au mieux
l’eau et éliminer l’air. On appliquera un bandage de fixation de la
partie distale vers la partie proximale (lors de
l’utilisation d’attelle). Le bandage a un but de
Pour vous donner une idée des températures
et temps de contact provoquant une brûlure :
maintien et de cohésion. Il sera appliqué avec
un minimum de tension et de manière circulaire
65 °C et une durée de contact de 2 secondes
avec un chevauchement de 50% pour une fixation
60 °C et une durée de contact de 5 secondes homogène et esthétique. Cette bande de fixation
58 °C et une durée de contact de 10 secondes couvrira toute l’attelle.
50 °C et une durée de contact de 5 minutes
On maintiendra la position jusqu’à ce que le temps
47°C et une durée de contact de 2 heures
de prise soit atteint.

Modelage et lissage Ensuite, on fermera les extrémités du bandage


avec un sparadrap ou des morceaux de plâtre (pas
L’attelle est posée sur le rembourrage, lissée afin de fermeture circulaire!).
de faire s’interpénétrer les différentes couches,
par évacuation des bulles, ce qui supprime l’effet Temps de prise
« pâte feuilletée » préjudiciable à la résistance finale.
Le modelage applique l’attelle sur les différents Proscrire toute mobilisation du segment plâtré
reliefs du membre couvert. Le lissage se fait par pendant toute la durée du temps de prise.
l’application des paumes de la main et on doit
absolument éviter de lisser avec le bout des Il commence à partir du trempage pour le
doigts! Le lissage moule l’attelle sur le membre, plâtre classique. Il commence dès l’ouverture
ce qui uniformise la répartition des pressions, en de l’emballage pour un plâtre synthétique. Il est
évitant les pics de pression générateurs d’escarres, variable selon :
et permet de maintenir l’attelle sur le membre. Le • Le type de bande/d’attelle (2 à 4 minutes)
lisage réduit également l’épaisseur du plâtre.
• La température de l’eau (20 à 25°)
• L’essorage de la bande/de l’attelle
• La qualité du modelage
• Le lissage

16
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

Temps de séchage Solidité


Il est variable en fonction de : La solidité maximale est acquise lors du séchage
complet du plâtre.
• La qualité de la bande ou de l’attelle plâtrée
• Du trempage et de l’essorage La solidité primaire correspond à la fin du temps
• De la grosseur et du type d’appareil de travail/temps de prise initial (limite de la
capacité de modelage).
• Des conditions atmosphériques et climatiques

La durée du séchage complet d’un appareil plâtré La solidité secondaire sera acquise environ 15
peut varier entre : minutes après le trempage de la bande, soit à la
fin de la cristallisation. Ceci correspond à la fin
• 24 à 48 heures pour un plâtre classique
de l’élévation du pic thermique. Elle permet la
• 20 à 30 minutes pour un plâtre synthétique mobilisation du patient, mais pas encore la mise en
Un plâtre est sec lorsqu’à la percussion, il émet charge de l’appareil plâtré.
une résonance.
La solidité finale correspond au temps de séchage
complet des plâtres classiques et synthétiques.
Lorsque l’appareil est complètement sec, la mise
en charge de l’appareil plâtré sera autorisée par le
médecin.

Les attelles plâtrées réalisées aux urgences sont


toujours des plâtres de décharge (sans poids
du corps).

17
2 Généralités Les immobilisations plâtrées

3.3 Les points de compressions


Toute saillie osseuse, tendineuse, ou tout relief de Par ailleurs, certains points devront bénéficier d’un
matériel d’ostéosynthèse, doit être protégé afin bon moulage pour offrir une bonne stabilité à
d’éviter les lésions type escarre. l’appareil plâtré..

18
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

Points a ne pas comprimer et points a modeler


Membre supérieur :

Main

Bien modeler

face postérieure du poignet

faces latérales du poignet

paume de la main
première commissure

tabatière anatomique

Ne pas comprimer

face antérieure du poignet

apophyse styloïde du radius

apophyse styloïde du cubitus

tétes des métacarpiens

éminence thénar et hypothénar

Pied

Bien modeler

tendon d'Achille

malléoles (en-arrière et en-dessous)

voute plantaire (interne et antérieure)

Ne pas comprimer

épine du calcanéum

coup de pied

malléoles

bases et têtes des 1er et 5ème métatarsiens

19
2 Généralités Les immobilisations plâtrées

3.4 Limites du plâtre


Les principes de l’extension de la couverture
plâtrée obéissent à deux fondements :

1. immobiliser le segment osseux fracturé


et l’articulation traumatisée, de telle sorte
qu’ils ne subissent pas de mouvements
de latéralité, de flexion, d’extension ou de
rotation, qui engendreraient douleurs, lésions
complémentaires et retard de consolidation.

2. n
 e pas immobiliser inutilement des
articulations afin de ne pas entraîner de
raideurs qui sont parfois très longues à
rééduquer ; notamment dans le cadre
d’un syndrome algo-neuro-dystrophique
(syndrome douloureux régional complexe).

« La vie c’est
le mouvement
et le mouvement
c’est la vie »

« N'immobilisez que
ce qui doit l'être »

20
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

Les règles générales suivantes peuvent être appliquées (sauf demande particulière du médecin) :

Type de plâtre Limite distale d’immobilisation Limite proximale d’immobilisation

Les articulations A deux travers de doigt


Avant-Bras (AB) métacarpo-phalangiennes distalement par rapport au
libres (pli palmaire) pli du coude

Les articulations
A deux travers de doigt
Avant-bras + pouce (AB métacarpo-phalangiennes
distalement par rapport au
pouce ou scaphoïde) (pli palmaire) et P2 du
pli du coude
pouce libre

Hueston Bout des doigts immobilisés La moitié de l’avant-bras

Les articulations
L'insertion du deltoïde (V
Bras avant-bras (BAB) métacarpo-phalangiennes
deltoïdien)
libres (pli palmaire)

La tubérosité tibiale
Sur les articulations antérieure et à
métatarso-phalangiennes 3 ou 4 travers de doigt
Botte (face plantaire) en laissant distalement du creux
libres les orteils (si poplité et à 2 travers de
chapelle : bout des orteils) doigt en-dessous de la
tête du péroné

La racine de la cuisse
au niveau du grand
2 travers de doigt au- trochanter et doit être
Cruro-malléolaire
dessus des malléoles oblique de l’extérieur à
l’intérieur, parallèle au pli
inguinal

Sur les articulations La racine de la cuisse au


métatarso-phalangiennes niveau du grand trochanter
Cruro-pédieux (face plantaire) en laissant et doit être oblique de
libres les orteils (si chapelle : l’extérieur à l’intérieur,
bout des orteils) parallèle au pli inguinal

21
2 Généralités Les immobilisations plâtrées

3.5 Les positions dites « de fonction »


Les positions de fonction doivent être comprises momentanée (position de réduction), mais
comme la position d’immobilisation telle qu’une doit toujours être justifiable par le maintien de
raideur secondaire maximale n’entraîne qu’une l’alignement. On veillera à rétablir progressivement
réduction de fonction minimale. la position du membre vers la « position de
fonction » en tenant compte du niveau de
Par fonction, on entend la capacité de réaliser un consolidation osseuse.
geste de la vie courante, par exemple prendre un
objet dans la pince constituée par le pouce et les On comprend rapidement qu’une main ankylosée
autres doigts (opposition), marcher en déroulant en position « poing fermé » a peu d’utilité, de
le pas. même qu’une cheville en équin de 30° représente
un handicap à chaque pas.
La nécessité d’une réduction, d’un déplacement
ou de la prévention d’un déplacement secondaire Le tableau ci-après vous éclaire sur les positions
peut autoriser une certaine dérogation, du moins « de fonction » des différentes immobilisations :

Type de plâtre Position du membre à plâtrer « position de fonction »

Poignet en légère flexion dorsale (10° - 15° position fonctionnelle), position de


Avant-Bras (AB)
la main en pro-supination et inclinaison radiale et cubitale neutre

Poignet en légère flexion dorsale (10° - 15° position fonctionnelle), position de


Avant-bras +
la main en pro-supination et inclinaison radiale et cubitale neutre, le pouce en
pouce (AB pouce
opposition au 2e doigt (index) (position de prise d’objet ou position dite « du
ou scaphoïde)
buveur de bière »)

Poignet en légère flexion dorsale (10° - 15° position fonctionnelle), position de


la main en pro-supination et inclinaison radiale et cubitale neutre, flexion de
Hueston
l'articulation métacarpo-phalangienne à 70° - 90°, inter-phalangienne fléchie à
10° (position intrinsèque +)

La position du membre supérieur est coude à 90°, poignet en légère flexion


Bras avant-bras dorsale (10° - 15° position fonctionnelle), position de la main en pro-supination
(BAB) et inclinaison radiale et cubitale neutre (humérus à l’horizontale coude fléchi à
90° pouce orienté vers le nez du patient)

Cheville à 90° (sauf pour la rupture du tendon d’Achille : cheville en équin) et


Botte
inversion-éversion neutre

Cruro-
Le genou fléchi à 10° - 15° ou bien en extension complète suivant la lésion
malléolaire

Cruro-pédieux Le genou fléchi à 10° - 15°, la cheville à 90° et inversion-éversion neutre

22
Gipsimmobilisaties Fixierung, klebend

23
2 Généralités Les immobilisations plâtrées

3.6 Durée de Consolidation


Vous trouverez ci-joint les durées moyennes de consolidation osseuse des fractures chez l'adulte. Ces
durées sont variables d'un individu à l'autre et dépendent bien entendu de beaucoup de facteurs. Elles
sont Ià pour vous donner un ordre de grandeur.

Membre supérieur :

Fractures Nombre de jours 0 20 40 60 80 100 120

Clavicule

Humérus : col engrené

Humérus : col non engrené

Humérus : extrémité supérieur

Humérus : diaphyse

Humérus : supra-condylienne

Humérus : Condyle externe

Humérus : coude

Avant bras : deux os

Avant bras : diaphyse supérieure

Avant bras : extrémité supérieure du radius

Avant bras : extrémité inférieure des deux os

Avant bras : articulation inférieure du radius

Poignet : scaphoïde fractures transversales

Poignet : Scaphoïde fractures tiers moyen

Poignet : Scaphoïde fractures obliques

Main : métacarpiens

Main : phalanges

24
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

Les fractures de l’enfant en période de croissance présentent une physionomie spécifique. Le cal se
fait plus rapidement mais reste fragile. On peut se trouver devant des fractures vraies (complètes ou
incomplètes), des décollements épiphysaires et des fractures-décollements. Les fractures de l’adulte
jeune posent surtout des problèmes mécaniques de réduction, contention et rééducation. Les fractures
de la personne âgée posent un problème propre en raison de l’ostéoporose et leur consolidation est
particulièrement lente, elle demande une thérapeutique hardie.

Membre inferieur :

Fractures Nombre de jours 0 20 40 60 80 100 120

Fémur : Col

Fémur Cervico- trochanterienne

Fémur : Trochantéro- diaphysaire

Fémur : Diaphysaire

Fémur : Supra-condylienne

Rotule

Jambe : Plateaux tibiaux

Jambe : Épines tibiales

Jambe : deux os de la jambe

Jambe : deux os bifocale

Cou de pied : Malléo péronière

Cou de pied : Bi-malléolaire

Pied : Calcanéum

Pied : Astragale, tubérosité postérieure

Pied : Astragale fractures totales

Pied : Astragale : fractures séparation

Pied : Métatarsiens

Pied : Phalanges

25
2 Généralités Les immobilisations plâtrées

3.7 Le patient et son plâtre


Il est important de remettre au patient des du plâtre, la date de rendez-vous ultérieure, un
instructions claires (écrites et orales), en expliquant numéro de téléphone en cas de problème.
les complications avec une attention particulière
pour les plus graves. Le patient devra vivre avec son appareil plâtré
pendant une période plus ou moins longue, ce qui
Une solution élégante est de remettre au patient justifie qu’il devra suivre certaines règles afin de ne
un document avec les conseils, les indications pas avoir de problème.
de consultation précoce, la date de confection

Voici une liste non exhaustive de bon comportement


à suivre par le patient :
• Pas de sport, pas de compétition
• Pas de conduite de véhicules (assurance non valide)
• En avion, surélever le membre (risque d’œdème) et pas de plâtre circulaire « fermé »
• Protéger le plâtre de l’humidité
• Pas de bain, ni de douche (risque de macération), sauf si plâtre synthétique circulaire avec rembourrage
spécialement adapté (exemple : Delta Dry)
• Ne pas marcher sur le plâtre si l’appui n’est pas autorisé
• Au repos, placer le membre immobilisé en position surélevée (afin de favoriser le retour veineux)

Membre supérieur Membre inférieur

 Coussin sur accoudoir du fauteuil  Assis, poser le membre sur un tabouret rembourré

 Au lit, placer le bras sur un oreiller  Relever les pieds du lit

 Mobiliser fréquemment les doigts Mobiliser fréquemment les orteils

• Bouger les parties non immobilisées par le plâtre afin d’éviter la fonte musculaire et les raideurs

Membre supérieur Membre inférieur

 Contracter les muscles sous le plâtre Contracter les muscles sous le plâtre

 Mobiliser fréquemment les doigts  Couché, soulever le membre plâtré du plan du lit

Mobiliser fréquemment les orteils

L'immobilisation, (hors douleur du traumatisme), ne doit pas faire mal. En cas de gonflement, de douleur,
de changement de couleur, d'odeur très forte, de tache sur le plâtre, prendre d'urgence contact avec le
thérapeute qui a posé l'immobilisation.

26
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

3.8 Surveillance et suivi infirmier de


l'immobilisation
Au moment de la pose Attention aux symptômes suivants :

• Œdème
Par précaution : ne pas solliciter le membre
• Chaleur
appareillé avant 40 minutes.
• Fourmillement
En cours d’immobilisation • Coloration anormale
• Douleurs persistantes
Contrôle de l’état de l’appareil (plis, irrégularités,
• Odeurs fétides
renfoncements, déformations,…)
Si besoin : changer l’appareil plâtré • Gonflement distal (doigts ou orteils)

Toujours considérer la plainte d’un malade


La surveillance clinique immobilisé comme fondée !
> Dépistage précoce des complications
L’immobilisation, hors douleur du traumatisme, ne
doit pas faire mal et ne peut occasionner de gêne. Contrôle clinique : juste après la mise en place de
l’appareil d’immobilisation, puis répéter ce contrôle
72h après.

RX : selon les services, après la pose et/ou dans les


24 heures, puis répéter au 8e et au 15e jour.

27
2 Généralités Les immobilisations plâtrées

3.9 Complications des immobilisations


Les complications survenant à l’occasion d’une musculaire. La mesure des pressions dans la loge,
immobilisation plâtrée peuvent être divisées en technique qui sort du cadre de ce manuel, établira
complications liées à la fracture, au plâtre, au le diagnostic et aboutira à la fasciotomie libératrice
plâtrier, au patient. dont l’exécution ne doit pas être différée une fois le
diagnostic confirmé.
Complications immédiates
L’évolution d’un syndrome des loges méconnu est
Les lésions vasculaires et nerveuses doivent être la rétraction ischémique fixée et irréductible.
immédiatement recherchées, documentées,
notées au dossier, et bien entendu traitées. Complication retardée de la
Un interrogatoire et un examen doivent être fracture
diligentés systématiquement et l’attention du
patient orientée vers tout déficit avant la pose L’algo-neuro-dystrophie (syndrome douloureux
d’un plâtre, ce qui évite toute mise en cause régional complexe) représente l’essentiel des
ultérieure du plâtre. La compression vasculaire, le problèmes pouvant survenir dans les semaines
décollement de l’intima, la perforation artérielle qui suivent le traitement d’un traumatisme de
par esquille peuvent être responsables de la perte membre. Souvent annoncé par des douleurs qui
tant fonctionnelle qu’anatomique d’une extrémité. ne sont pas en lien avec le traumatisme subi, cela
Le délai d’ischémie des axones et des myocytes se caractérise aussi par une attitude globale de
conditionne la fonction ultérieure. Une rétraction contracture du membre traumatisé, avec œdème,
musculaire sur axonotmésis peuvent en découler. cyanose des doigts et hyperesthésie à type
de brûlure, ainsi qu’une impotence débordant
L’existence d’une ouverture cutanée en regard largement le site anatomique du traumatisme.
d’un foyer de fracture entraînera au moins une
réflexion chez le thérapeute sur le caractère ouvert
Complications du plâtre
du traumatisme. Une intervention chirurgicale
précoce est susceptible de réduire fortement La réaction exothermique, l’absence d’aération,
le risque de complications septiques, de une sensibilisation allergique locale, concourent
pseudarthrose et de perte de confiance. Traiter pour modifier le caractère du tégument et créer
toujours dès le début la plaie qui sera sous le plâtre. une sensation de peau sèche avec prurit. Il faut
La surveillance d’une plaie sous plâtre est difficile. éviter d’introduire des « outils » de grattage
(aiguilles à tricoter, brosses à dents) sous le
L’écrasement des tissus par le traumatisme et la
plâtre : des ulcérations avec surinfection peuvent
compression prolongée peuvent être responsable
en résulter. Il existe en pharmacie des sprays
d’un Crush Syndrome ou d’un syndrome des
désodorisants, antiprurigineux.
loges, dont la seule expression clinique au début
peut être l’hyperalgie anormale, masquée par des L’immobilisation du membre inférieur engendre
antalgiques majeurs, avec des pouls normaux, et la stase vasculaire, un des trépieds de la
une sensibilité qui s’amoindrira progressivement. triade de Virchow (stase, lésion vasculaire,
Le stretch test (positif si une douleur et résistance hypercoagulabilité) et représente une cause non
survient à l’étirement musculaire) est un bon négligeable de thrombose veineuse profonde (TVP)
indicateur de la rétraction ischémique induite ou superficielle, génératrice d’embolie pulmonaire.
par la compression des capillaires de la loge La contraction musculaire et la chasse veineuse

28
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

de la sole plantaire en phase d’appui sont réduites • U


 ne attelle de poignet ne permettant pas la
ou supprimées par la douleur, la décharge et flexion du coude équivaut à une amputation de
l’immobilisation. Une prévention de la TVP par mouvement (impossibilité d’orienter le membre
HBPM (héparine de bas poids moléculaire) est supérieur pour prendre un objet).
actuellement recommandée chez la femme adulte • U
 ne attelle trop haute que pour permettre la
et chez l’homme fumeur ou déjà porteur de varices flexion du genou empêchera la position assise
ou d’artériosclérose. La surélévation du membre (repas, WC…).
immobilisé fait partie de la prévention de la TVP.
La qualité du rembourrage est évidemment un
La raideur des articulations immobilisées est élément préventif important contre des douleurs,
bien compréhensible, ce qui milite pour limiter des escarres, des ulcères de compression,
l’immobilisation au minimum, tant en durée qu’en particulièrement redoutables chez des patients
extension. A ce titre, le patient doit être encouragé artéritiques ou diabétiques.
à mobiliser le plus souvent et le plus loin possible
Un plâtre trop serré est évidemment de la
les articulations non incluses dans le plâtre.
responsabilité médico-légale du médecin
Chez la personne âgée, le traumatisme au prescripteur.
membre inférieur provoque une rupture brutale
de l’autonomie. Un traumatisme simple peut Complications du patient
anéantir la vie et la qualité de vie. Il faut évaluer la
Le patient porte souvent le poids d’une certaine
capacité résiduelle (manger, procéder aux soins
responsabilité en ne respectant pas les instructions
corporels, etc.) et l’assistance familiale ou sanitaire
données : surélévation et mobilisation précoce.
encore disponible, pour proposer à temps une
Ceci peut aggraver l’œdème post traumatique,
admission en MRS. En tout cas, la prescription
les raideurs et les risques de syndrome algo-
de kinésithérapie précoce avec rééducation à la
dystrophique (syndrome douloureux régional
marche avec cannes ou tribune entreprise le jour-
complexe).
même de la sortie, améliorera l’autonomie de ces
patients fragilisés.
Le grattage de zones prurigineuses et l’immersion
dans de l’eau, fragilisent les téguments et le plâtre.
Complications du plâtrier
Il ne faut jamais hésiter à reconsidérer totalement
Un plâtre mal posé, ou mal vécu, est souvent à la situation d’une douleur sous plâtre. Au
l’origine d’un retour aux urgences, au mieux dans besoin, enlever le plâtre pour pratiquer une
le même hôpital. évaluation cutanée, neurologique, vasculaire et
musculaire, pour ensuite replacer soigneusement
Un membre devenu complètement inutilisable
l’immobilisation plâtrée.
par un plâtre trop grand, trop long ou trop court,
empêche toute vie professionnelle résiduelle,
familiale, sociale.

29
2 Généralités Les immobilisations plâtrées

3.10 Enlèvement des plâtres


Le retour de patients plâtrés est fréquent. On sera un assistant permet l’ablation en minimisant le
plus souvent confronté à des plâtres circulaires risque de déplacement secondaire. L’examen des
placés en consultation qu’à des attelles mises téguments, puis des tissus mous est alors possible.
aux urgences. Il s’agit de plâtres indûment
placés en circulaire, ou d’attelles trop fines (bris, Enlèvement d’un plâtre
amollissement) ou insuffisamment immobilisantes. circulaire
Ces retours sont la plupart du temps la suite d’une Approche plus méthodique : il n’existe souvent pas
inadéquation de la contention du traumatisme. de plan large entre la peau et le jersey (il se peut
Celle-ci justifie une attitude fréquemment que les plaies soient collées dans le jersey !) et le
insatisfaite du patient, à laquelle il faut pouvoir risque de blesser le patient est réel. Dans certain
répondre avec empathie, compréhension, sans cas, il n’existe pas de jersey ni de rembourrage
impliquer directement l’exécuteur du plâtre. Par (c’était une des techniques préconisées par
exemple : on s’abstiendra de signaler que le plâtre Boehler et encore suivie dans certains pays). Il
a été confectionné trop serré, mais on dira plutôt s’agit donc d’aborder ce problème avec sérieux,
que le gonflement a rendu le plâtre inadapté. confiance en soi et connaissance.

Rappelons que lorsque le patient se plaint d’un On peut demander au patient quelques
plâtre, il doit être considéré comme ayant raison informations sur la méthode de confection du
jusqu’à ce qu’on lui ait prouvé le contraire, par une plâtre. Il faudra porter une attention particulière
réévaluation soigneuse (indication, technique de sur ce qui a été placé en dessous du plâtre afin
pose, plaies, étendue, complication…). de prendre les mesures nécessaires de protection
du patient.
Enlèvement d’une attelle
L’enlèvement d’une attelle semi-circulaire est
Utilisation de la scie oscillante
« relativement » simple, puisqu’il s’agit de couper
Montrer au patient le principe de la scie oscillante
la bande crêpe, l’ouate et le jersey, au moyen
et insister qu’il ne s’agit pas d’une rotation, mais
de ciseaux à pansement (bout arrondi) glissés
d’une oscillation d’un arc de quelques degrés.
entre ceux-ci et la peau du patient. Ce geste
Appliquer la lame vibrante sur sa paume ou le
est habituellement indolore. Au besoin, une
contention provisoire par traction douce faite par gras de l’avant-bras de façon à ce que le patient
en voie le blanchiment sans section cutanée,

Enlèvement d'une attelle plâtrée Enlèvement d'un plâtre synthétique circulaire

30
Les immobilisations plâtrées 3 Généralités

(ne pas le faire sur un relief osseux, par exemple L’attaque de l’épaisseur du plâtre doit être
transversalement sur le dos de la main, ça tangentielle et non verticale : la zone de sécurité
coupe réellement !). Il est important de bien est augmentée au prix d’une durée de section
expliquer, en particulier chez les enfants. Il est plus longue.
préférable d’asseoir ou d'allonger les patients (la
syncope vagale complique l’angoisse !)Introduire Veiller à limiter l’échauffement de la lame, en
éventuellement une lame de protection en retirant régulièrement la lame à l’air libre. Ne pas
plastique sous le plâtre pour protéger la peau déplacer la lame à la fois dans l’axe du plâtre et
contre l’agression de la lame. dans son épaisseur ; dans cette configuration le
risque de section des téguments est accru.
Couper le plâtre en deux moitiés, en constituant
• L
 e plâtre doit être coupé dans toute son
2 hémi valves. Fendre le plâtre sur une seule face
épaisseur et toute sa longueur pour être ôté.
ne permet en général pas d’écarter les berges
suffisamment pour le retirer. • Le plâtre est complètement fendu quand la
peau peut être vue dans l’interstice sur toute
Il faut fendre le plâtre dans le sens axial, sur des sa longueur, ou quand les deux marges de la
zones « molles ». Membre supérieur : section sont devenues mobilisables l’une par
rapport à l’autre.
1. face antérieure de la main, poignet, avant-bras
Le jersey peut dans ce cas être coupé par des
2. face dorsale de la main (dans l’axe !), poignet et ciseaux à pansement introduits sous le plâtre.
avant-bras Des découpes complémentaires peuvent être
effectuées pour affaiblir le plâtre et faciliter
Membre inférieur : l’introduction des pinces écarte-plâtre.

1. Côté interne du mollet en passant derrière


la malléole interne jusqu’à la tête du 1er
métatarsien.

2. C
 ôté externe du mollet en passant derrière
la malléole externe jusqu’à la tête du 5e
métatarsien

La manipulation de la scie doit être ferme, mesurée,


la main qui tient l’appareil doit être prête à arrêter le
geste dès qu’est perçu le franchissement du plâtre.

Utilisation de la scie à plâtre

31
Fenêtrage d’un plâtre pansement, remettre une compresse sur la plaie,
remettre le rembourrage et le couvercle en plâtre
Il est nécessaire, dans certain cas, de prévoir une (ou en résine) (fig.4). Le couvercle sera repositionné
fenêtre dans le plâtre afin d’accéder à une plaie et fixé par une bande élastique ou du tape (pour
(par exemple). Lors de la confection de l’appareil, éviter l’œdème et protéger le pansement).
prévoir au niveau de la plaie ou de la cicatrice une
zone rembourrée (compresse, feutre…) permettant On s’abstiendra de toute modification ou découpe
de repérer facilement la partie à fenêtrer. sans en appréhender les conséquences.

Ensuite vous devrez couper en biseau interne au La scie peut aussi vous servir pour libérer des points
sommet de cette zone surélevée ou marquée et de pressions bien précis que le patient localisera
garder le couvercle (fig. 1). On prendra soin d’enlever souvent au niveau de saillies osseuses. Cela ne
le rembourrage à cet endroit précis (fig. 2). Enfin veut pas toujours dire que l’enlèvement complet
nous couperons le jersey et le fixerons aux bords du plâtre soit nécessaire. Une étoile réalisée dans
de la fenêtre avec du plâtre ou de la résine (voir du le plâtre décompressera la zone douloureuse et un
tape) (fig.3). Cette procédure permettra de faire le fenêtrage sera réalisé si nécessaire.

32
33
4 Fiches techniques d’application des plâtres Les immobilisations plâtrées

4 Fiches techniques
d’application des plâtres
Afin de compléter ce manuel, il me paraissait Il n’existe pas qu’une seule façon de plâtrer au
important de joindre des fiches techniques monde, mais il est certain que le respect des
d’application des plâtres. En effet, un plâtre règles abordées précédemment, avec un peu de
c’est d’abord de la théorie et ensuite beaucoup réflexion, vous permettra d’adopter des gestes
(beaucoup) de pratique. adéquats qui vous rendront la vie plus facile dans
votre travail quotidien.
Je voulais partager avec vous les différentes
techniques concernant les plâtres du membre J’espère enfin que ces fiches techniques vous
supérieur et du membre inférieur. apporteront des trucs et astuces pour réaliser de «
beaux et bons » plâtres.

4.1 Application des 4.2 Applications des


plâtres synthétiques attelles plâtrées
circulaires

Les Les
immobilisations immobilisations
plâtrées plâtrées
Annexe 1 Annexe 2

Fiches techniques d'applications pratiques Fiches techniques d'applications pratiques


Applications des plâtres synthétiques circulaires Applications des attelles plâtrées

34
5 Bibliographie
1. « Les immobilisations plâtrées en service d’urgences », T. Chêne, P. Christian, F. Launay. Editions
Sauramps médical, 2003.

2. « Orthopédie Traumatologie-Rhumatologie ; Soins infirmiers dans les lésions et les maladies des os et
des articulations », Ch.Prudhomme, Ch. Jean Mougin, G. Foeller, Editions Maloine 2007.

3. « A practical Guide To Casting », 2nd Edition, 2000, Casting & Bandaging Global Business Unit,
Essity Belgium SA-NV.

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