Multibrand Les Immobilisations Plâtrées Principes de Base BE
Multibrand Les Immobilisations Plâtrées Principes de Base BE
immobilisations
plâtrées
Principes de base
Approche théorique et fiches
techniques d'applications pratiques
Fixierung, klebend Gipsimmobilisaties
Remerciements
Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé à l’élaboration de ce document :
• L
es chirurgiens orthopédistes avec qui j’ai pu collaborer et plus particulièrement le Docteur Harold
Jennart (CHU Tivoli La Louvière)
• Les maîtres plâtriers qui m'ont apporté leur savoir-faire technique et plus particulièrement Monsieur Guy
Vandeveld (CHU St Pierre Bruxelles) et Monsieur Jean-Pierre Trigaut (Epicura/Baudour)
• Le Studio photo "Lune & l’Autre" grâce à qui nous avons pu mettre tout cela en images
• Essity Belgium SA-NV pour son support
Avertissement : © Essity 2019. Tous droits réservés, toute reproduction interdite. Ne peut être utilisé sans un accord écrit. Le
médecin est dans tous les cas responsable du traitement appliqué. Nous déclinons toute responsabilité en cas de dommage
dû à une mauvaise application des techniques ou à l’utilisation de produits non recommandés par Essity SA-NV.
Gipsimmobilisaties Fixierung, klebend
4 34
1. Introduction 4. Fiches techniques
d’application
5
des plâtres
2. Historique 34 4.1 Applications des plâtres
synthétiques circulaires
5 2.1 Techniques précédant l’emploi
34 4.2 Applications des attelles plâtrées
du plâtre
6 2.2 L’appareil plâtré
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10
5. Bibliographie
3. Généralités
10 3.1. Les étapes incontournables
pour la réalisation du plâtre
11 3.1.1 La salle des plâtres
11 3.1.2 Le patient
12 3.1.3 Le matériel
15 3.2 Généralités sur la méthode
d'application de
l'immobilisation plâtrée
18 3.3 Les points de compression
20 3.4 Limites du plâtre
22 3.5 Les positions dites de « fonctions »
24 3.6 Durée de consolidation
26 3.7 Le patient et son plâtre
27 3.8 Surveillance et suivi infirmier
de l’immobilisation
28 3.9 Complications des immobilisations
30 3.10 Enlèvement des plâtres
1 Introduction Les immobilisations plâtrées
1. Introduction
Le personnel des urgences, ainsi que le points principaux de la mise en place d’une
personnel des consultations orthopédiques, immobilisation plâtrée dans le cadre de l’urgence
est fréquemment confronté à la réalisation ou non.
d’immobilisations plâtrées, de par le nombre
d’urgences traumatiques quotidiennes et de Ce support est un complément aux formations
consultations. plâtre dispensées par Essity SA-NV.
Les infirmiers et infirmières, ainsi que les médecins Il existe autant de méthodes différentes pour
urgentistes doivent être à même de prendre en placer un bon plâtre qu’il existe de plâtriers. Mais
charge la gestion des immobilisations simples, quelle que soit la méthode, elle doit se soumettre
ainsi que les retours de plâtres « compliqués ». à des règles communes. Celles-ci sont le fil
conducteur de ce manuel.
Le but de ce manuel est de leur fournir un aide-
mémoire pour la réalisation de ces immobilisations Nous espérons que cet ouvrage vous apportera
et des conseils destinés au patient. Ce manuel une aide efficace dans votre pratique quotidienne.
ne prétend pas être exhaustif, mais fournit les
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Les immobilisations plâtrées 2 Historique
2. Historique
2.1 Techniques précédant l’emploi du plâtre
Préhistoire Moyen Age et Renaissance
L'homme a cherché, à travers les siècles, un Malgré les croisades et le brassage des
système permettant la contention des fractures, connaissances qui s'ensuivirent, on ne peut pas
c'est-à-dire saisir et maintenir le membre fracturé dire que la technique ait beaucoup évolué. On
dans la situation où il se trouve au moment où il note toutefois qu'un chirurgien persan nommé
vient d'être rétabli dans sa forme primitive. Rhazes (860 après J.C.) indiquait d'entourer le
membre, après réduction de la fracture, de
Nous savons, par les découvertes de squelettes, pellicules de tissu imbibé de blanc d'œuf. Vers
que les hommes préhistoriques réduisaient les 1100, l'Ecole de Salerne reprit cette technique
fractures et maintenaient les fragments en place et la diffusa. On enveloppait le membre fracturé
par un appareillage. On ne peut douter de leur de charpie enduite de mélange de farine et de
expérience en la matière car on a constaté des glaire, auxquelles on additionnait de la terre glaise
consolidations osseuses satisfaisantes. et des résines. De tels appareils extrêmement
sensibles aux conditions hygrométriques de l'air,
Antiquité perdaient rapidement leur qualité de solidification
et aboutissaient à des macérations. Ils étaient,
On a trouvé les premières descriptions d'appareils
en plus, longs à confectionner, longs à sécher et
immobilisateurs dans les écrits d'Hippocrate.
pourrissaient souvent. Ambroise Paré utilisait des
II s'agissait généralement de petits appareils
bandes avec de la cire et aussi des attelles en
constitués de colle de farine pour les fractures
carton, mouillées pour être ramollies et mises en
du nez, de cire, de bandelettes imbibées de
forme, qui se durcissaient en séchant.
résine pour des fractures de doigts ou de jambes.
On trouve également des appareils pour le
redressement des pieds bots. Les Grecs et les
Romains traitaient les fractures avec des attelles
généralement en bois, de construction plus ou
moins ingénieuse.
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2 Historique Les immobilisations plâtrées
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Les immobilisations plâtrées 2 Historique
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2 Historique Les immobilisations plâtrées
1893, on essaya d'ajouter un agent de liaison - Judet et L. Boehler, des noms qui restent attachés à
l'amidon - au plâtre cuit, avec addition d'acide des techniques ou à des appareils plâtrés.
acétique. Pendant que le plâtre et l'agent de
liaison se dissolvaient dans l'eau, l'acide acétique Au moment du premier conflit mondial de
empêchait la cristallisation et retardait la prise. Le 1914-1918, les formations sanitaires françaises
procédé fut abandonné, étant donné la forte odeur et allemandes avaient en stock des quantités
d'acide acétique qui se dégageait au moment de considérables de bandes plâtrées préparées
l'utilisation de la bande. à l'avance. Il fallut attendre l'essor de la chimie
moderne pour trouver des matières premières
Breiger essaya des morceaux d'ouate encollée de qui, additionnées au plâtre, puissent le fixer sur un
plâtre en poudre et ce n'est qu'à partir des travaux support en tissu et améliorer son comportement
de F. Calot, dont le nom reste attaché à Berck, que dans le sens désiré.
la technique de l'emploi du plâtre fut vraiment
établie de façon rigoureuse au début du XXe siècle. Aux environs de 1930, le Docteur Eichengrun
déposa une série de brevets, créant la bande
Malheureusement le plâtre n'étant pas fixé, il était plâtrée à plâtre adhérent, qui apporta des qualités
impossible de le répartir de manière homogène sur supplémentaires à celles que l'on pouvait trouver
la longueur de la bande. F. Calot disait : "il n'est pas avec l'emploi de bandes à plâtre saupoudré.
très facile de mettre juste sur l'étoffe la quantité
de plâtre nécessaire, la difficulté consiste à laisser Ces brevets furent exploités dans différents pays,
assez de plâtre et pas trop". la France, la Grande- Bretagne l'Allemagne, les
Etats-Unis, chaque fabricant amenant par ses
Par ce procédé, au moment du trempage, l'eau recherches propres, des améliorations sur le
pénètre plus ou moins rapidement au sein de la comportement de la bande plâtrée (temps de
bande, ce qui a une action directe sur la résistance prise solidité).
de l'appareil plâtré, le plâtre étant par endroits, trop
ou pas assez trempé. L'excès de trempage amène Cela aboutit, progressivement, après la deuxième
un ramollissement de l'appareil qui peut n'être guerre mondiale, à des appellations de marques
perceptible que quelques heures après. Calot propres à chacun de ces pays. Ces bandes, tout
utilisa la gaze comme tissu support. en utilisant le même procédé de base, avaient
des qualités tout à fait différentes. Mais elles
En Grande-Bretagne, divers chirurgiens présentaient en commun les avantages que l'on
s'intéressèrent au procédé (Samuel D. Gross, reconnaît à l'heure actuelle à l'emploi de la bande
System of Surgery 1882). Il existe un brevet anglais plâtrée, par rapport à tous les autres moyens
datant de 1893 visant à produire des bandes à d'immobilisation pour maintenir une fracture le
plâtre adhérent, mais qui n'eut aucune suite réelle. temps de sa consolidation.
C'est la découverte des rayons X par Roentgen En 1951, un ingénieur chimiste français, A. Notter,
qui créa l'orthopédie en permettant d'examiner les Directeur Recherche et Développement des
fractures, de les réduire avec précision et ensuite Laboratoires FISCH, aboutit à la réalisation
de les plâtrer. L'emploi de la bande plâtrée fut alors de bandes plâtrées à plâtre adhérent par des
codifié et elle connut enfin sa véritable consécration. procédés de fabrication brevetés entièrement
différents, et offrant les qualités nécessaires :
Citons entre autres, les travaux de Hennequin,
Brocat, Calot, Launay, Charles Ducroquet, Henri
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Les immobilisations plâtrées 2 Historique
10/43
SN medical BRU
Vansnick, Pascal /B
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2 Historique Les immobilisations plâtrées
3. Généralités
3.1 Les étapes
incontournables pour
la réalisation du plâtre
La réalisation d’une immobilisation plâtrée ne se
limite pas à la pose d’un plâtre mais à la gestion
de l’environnement physique, topographique, et
psychologique du patient.
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
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Fixierung, klebend Gipsimmobilisaties
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
Rembourrage
Nous vous conseillons d’utiliser une ouate de
rembourrage prévue pour les immobilisations
plâtrées, d’appliquer celle-ci par mouvements
circulaires avec minimum 50% de chevauchement,
de protéger les proéminences osseuses
en appliquant des bandes de rembourrage
supplémentaires si celles-ci sont fort marquées.
Tensoban
Le Tensoban est une mousse de polyuréthane
légère et très « conformable » qui est perméable
à l’air et à la vapeur d’eau. Elle sera appliquée
au-dessus du rembourrage afin de le lisser et de
faciliter l’application du plâtre.
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Tensoban
Plâtre en général
Rappelons que les résines circulaires n’ont pas leur Les résines synthétiques sont préférentiellement
place pour l’immobilisation en urgence : même utilisées en seconde intention (consultation
fendues dans leur longueur, les plâtres en résine orthopédie) pour la réalisation de plâtres circulaires.
gardent leur forme et peuvent donc exercer des Plus solides et plus légères, elles confèrent au
points de compression et provoquer un effet plâtre à long terme des avantages indéniables.
de garrot. Le plâtre de Paris ne présente pas cet
inconvénient. Une fois écarté, il garde sa forme Concernant les plâtres synthétiques circulaires, le
ouverte au point de devoir être complété dans nombre de bandes plâtrées synthétiques, ainsi
certains cas par une contention élastique. que la largeur choisie, seront déterminés par
l'indication, et la taille du membre à immobiliser.
Les attelles synthétiques peuvent aussi être
indiquées dans le cadre post opératoire, ou bien Généralement les largeurs de 2,5 cm et 5 cm sont
en urgences si les indications le permettent. pour le membre supérieur. Celles de 7,5 cm, 10 cm
et 12.5 cm sont pour le membre inférieur.
Avantages
Peut-être immergé
Inconvénients
Fragile
Entretien difficile
Disponibilité
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
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Essorage Finition
Au sortir de l'eau, on pressera légèrement l'attelle Le jersey peut alors être retourné sur le plâtre.
(POP) en malaxant celle-ci pour répartir au mieux
l’eau et éliminer l’air. On appliquera un bandage de fixation de la
partie distale vers la partie proximale (lors de
l’utilisation d’attelle). Le bandage a un but de
Pour vous donner une idée des températures
et temps de contact provoquant une brûlure :
maintien et de cohésion. Il sera appliqué avec
un minimum de tension et de manière circulaire
65 °C et une durée de contact de 2 secondes
avec un chevauchement de 50% pour une fixation
60 °C et une durée de contact de 5 secondes homogène et esthétique. Cette bande de fixation
58 °C et une durée de contact de 10 secondes couvrira toute l’attelle.
50 °C et une durée de contact de 5 minutes
On maintiendra la position jusqu’à ce que le temps
47°C et une durée de contact de 2 heures
de prise soit atteint.
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
La durée du séchage complet d’un appareil plâtré La solidité secondaire sera acquise environ 15
peut varier entre : minutes après le trempage de la bande, soit à la
fin de la cristallisation. Ceci correspond à la fin
• 24 à 48 heures pour un plâtre classique
de l’élévation du pic thermique. Elle permet la
• 20 à 30 minutes pour un plâtre synthétique mobilisation du patient, mais pas encore la mise en
Un plâtre est sec lorsqu’à la percussion, il émet charge de l’appareil plâtré.
une résonance.
La solidité finale correspond au temps de séchage
complet des plâtres classiques et synthétiques.
Lorsque l’appareil est complètement sec, la mise
en charge de l’appareil plâtré sera autorisée par le
médecin.
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2 Généralités Les immobilisations plâtrées
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
Main
Bien modeler
paume de la main
première commissure
tabatière anatomique
Ne pas comprimer
Pied
Bien modeler
tendon d'Achille
Ne pas comprimer
épine du calcanéum
coup de pied
malléoles
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2 Généralités Les immobilisations plâtrées
2. n
e pas immobiliser inutilement des
articulations afin de ne pas entraîner de
raideurs qui sont parfois très longues à
rééduquer ; notamment dans le cadre
d’un syndrome algo-neuro-dystrophique
(syndrome douloureux régional complexe).
« La vie c’est
le mouvement
et le mouvement
c’est la vie »
« N'immobilisez que
ce qui doit l'être »
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
Les règles générales suivantes peuvent être appliquées (sauf demande particulière du médecin) :
Les articulations
A deux travers de doigt
Avant-bras + pouce (AB métacarpo-phalangiennes
distalement par rapport au
pouce ou scaphoïde) (pli palmaire) et P2 du
pli du coude
pouce libre
Les articulations
L'insertion du deltoïde (V
Bras avant-bras (BAB) métacarpo-phalangiennes
deltoïdien)
libres (pli palmaire)
La tubérosité tibiale
Sur les articulations antérieure et à
métatarso-phalangiennes 3 ou 4 travers de doigt
Botte (face plantaire) en laissant distalement du creux
libres les orteils (si poplité et à 2 travers de
chapelle : bout des orteils) doigt en-dessous de la
tête du péroné
La racine de la cuisse
au niveau du grand
2 travers de doigt au- trochanter et doit être
Cruro-malléolaire
dessus des malléoles oblique de l’extérieur à
l’intérieur, parallèle au pli
inguinal
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2 Généralités Les immobilisations plâtrées
Cruro-
Le genou fléchi à 10° - 15° ou bien en extension complète suivant la lésion
malléolaire
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Gipsimmobilisaties Fixierung, klebend
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2 Généralités Les immobilisations plâtrées
Membre supérieur :
Clavicule
Humérus : diaphyse
Humérus : supra-condylienne
Humérus : coude
Main : métacarpiens
Main : phalanges
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
Les fractures de l’enfant en période de croissance présentent une physionomie spécifique. Le cal se
fait plus rapidement mais reste fragile. On peut se trouver devant des fractures vraies (complètes ou
incomplètes), des décollements épiphysaires et des fractures-décollements. Les fractures de l’adulte
jeune posent surtout des problèmes mécaniques de réduction, contention et rééducation. Les fractures
de la personne âgée posent un problème propre en raison de l’ostéoporose et leur consolidation est
particulièrement lente, elle demande une thérapeutique hardie.
Membre inferieur :
Fémur : Col
Fémur : Diaphysaire
Fémur : Supra-condylienne
Rotule
Pied : Calcanéum
Pied : Métatarsiens
Pied : Phalanges
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2 Généralités Les immobilisations plâtrées
Coussin sur accoudoir du fauteuil Assis, poser le membre sur un tabouret rembourré
• Bouger les parties non immobilisées par le plâtre afin d’éviter la fonte musculaire et les raideurs
Contracter les muscles sous le plâtre Contracter les muscles sous le plâtre
Mobiliser fréquemment les doigts Couché, soulever le membre plâtré du plan du lit
L'immobilisation, (hors douleur du traumatisme), ne doit pas faire mal. En cas de gonflement, de douleur,
de changement de couleur, d'odeur très forte, de tache sur le plâtre, prendre d'urgence contact avec le
thérapeute qui a posé l'immobilisation.
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
• Œdème
Par précaution : ne pas solliciter le membre
• Chaleur
appareillé avant 40 minutes.
• Fourmillement
En cours d’immobilisation • Coloration anormale
• Douleurs persistantes
Contrôle de l’état de l’appareil (plis, irrégularités,
• Odeurs fétides
renfoncements, déformations,…)
Si besoin : changer l’appareil plâtré • Gonflement distal (doigts ou orteils)
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2 Généralités Les immobilisations plâtrées
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
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2 Généralités Les immobilisations plâtrées
Rappelons que lorsque le patient se plaint d’un On peut demander au patient quelques
plâtre, il doit être considéré comme ayant raison informations sur la méthode de confection du
jusqu’à ce qu’on lui ait prouvé le contraire, par une plâtre. Il faudra porter une attention particulière
réévaluation soigneuse (indication, technique de sur ce qui a été placé en dessous du plâtre afin
pose, plaies, étendue, complication…). de prendre les mesures nécessaires de protection
du patient.
Enlèvement d’une attelle
L’enlèvement d’une attelle semi-circulaire est
Utilisation de la scie oscillante
« relativement » simple, puisqu’il s’agit de couper
Montrer au patient le principe de la scie oscillante
la bande crêpe, l’ouate et le jersey, au moyen
et insister qu’il ne s’agit pas d’une rotation, mais
de ciseaux à pansement (bout arrondi) glissés
d’une oscillation d’un arc de quelques degrés.
entre ceux-ci et la peau du patient. Ce geste
Appliquer la lame vibrante sur sa paume ou le
est habituellement indolore. Au besoin, une
contention provisoire par traction douce faite par gras de l’avant-bras de façon à ce que le patient
en voie le blanchiment sans section cutanée,
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Les immobilisations plâtrées 3 Généralités
(ne pas le faire sur un relief osseux, par exemple L’attaque de l’épaisseur du plâtre doit être
transversalement sur le dos de la main, ça tangentielle et non verticale : la zone de sécurité
coupe réellement !). Il est important de bien est augmentée au prix d’une durée de section
expliquer, en particulier chez les enfants. Il est plus longue.
préférable d’asseoir ou d'allonger les patients (la
syncope vagale complique l’angoisse !)Introduire Veiller à limiter l’échauffement de la lame, en
éventuellement une lame de protection en retirant régulièrement la lame à l’air libre. Ne pas
plastique sous le plâtre pour protéger la peau déplacer la lame à la fois dans l’axe du plâtre et
contre l’agression de la lame. dans son épaisseur ; dans cette configuration le
risque de section des téguments est accru.
Couper le plâtre en deux moitiés, en constituant
• L
e plâtre doit être coupé dans toute son
2 hémi valves. Fendre le plâtre sur une seule face
épaisseur et toute sa longueur pour être ôté.
ne permet en général pas d’écarter les berges
suffisamment pour le retirer. • Le plâtre est complètement fendu quand la
peau peut être vue dans l’interstice sur toute
Il faut fendre le plâtre dans le sens axial, sur des sa longueur, ou quand les deux marges de la
zones « molles ». Membre supérieur : section sont devenues mobilisables l’une par
rapport à l’autre.
1. face antérieure de la main, poignet, avant-bras
Le jersey peut dans ce cas être coupé par des
2. face dorsale de la main (dans l’axe !), poignet et ciseaux à pansement introduits sous le plâtre.
avant-bras Des découpes complémentaires peuvent être
effectuées pour affaiblir le plâtre et faciliter
Membre inférieur : l’introduction des pinces écarte-plâtre.
2. C
ôté externe du mollet en passant derrière
la malléole externe jusqu’à la tête du 5e
métatarsien
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Fenêtrage d’un plâtre pansement, remettre une compresse sur la plaie,
remettre le rembourrage et le couvercle en plâtre
Il est nécessaire, dans certain cas, de prévoir une (ou en résine) (fig.4). Le couvercle sera repositionné
fenêtre dans le plâtre afin d’accéder à une plaie et fixé par une bande élastique ou du tape (pour
(par exemple). Lors de la confection de l’appareil, éviter l’œdème et protéger le pansement).
prévoir au niveau de la plaie ou de la cicatrice une
zone rembourrée (compresse, feutre…) permettant On s’abstiendra de toute modification ou découpe
de repérer facilement la partie à fenêtrer. sans en appréhender les conséquences.
Ensuite vous devrez couper en biseau interne au La scie peut aussi vous servir pour libérer des points
sommet de cette zone surélevée ou marquée et de pressions bien précis que le patient localisera
garder le couvercle (fig. 1). On prendra soin d’enlever souvent au niveau de saillies osseuses. Cela ne
le rembourrage à cet endroit précis (fig. 2). Enfin veut pas toujours dire que l’enlèvement complet
nous couperons le jersey et le fixerons aux bords du plâtre soit nécessaire. Une étoile réalisée dans
de la fenêtre avec du plâtre ou de la résine (voir du le plâtre décompressera la zone douloureuse et un
tape) (fig.3). Cette procédure permettra de faire le fenêtrage sera réalisé si nécessaire.
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4 Fiches techniques d’application des plâtres Les immobilisations plâtrées
4 Fiches techniques
d’application des plâtres
Afin de compléter ce manuel, il me paraissait Il n’existe pas qu’une seule façon de plâtrer au
important de joindre des fiches techniques monde, mais il est certain que le respect des
d’application des plâtres. En effet, un plâtre règles abordées précédemment, avec un peu de
c’est d’abord de la théorie et ensuite beaucoup réflexion, vous permettra d’adopter des gestes
(beaucoup) de pratique. adéquats qui vous rendront la vie plus facile dans
votre travail quotidien.
Je voulais partager avec vous les différentes
techniques concernant les plâtres du membre J’espère enfin que ces fiches techniques vous
supérieur et du membre inférieur. apporteront des trucs et astuces pour réaliser de «
beaux et bons » plâtres.
Les Les
immobilisations immobilisations
plâtrées plâtrées
Annexe 1 Annexe 2
34
5 Bibliographie
1. « Les immobilisations plâtrées en service d’urgences », T. Chêne, P. Christian, F. Launay. Editions
Sauramps médical, 2003.
2. « Orthopédie Traumatologie-Rhumatologie ; Soins infirmiers dans les lésions et les maladies des os et
des articulations », Ch.Prudhomme, Ch. Jean Mougin, G. Foeller, Editions Maloine 2007.
3. « A practical Guide To Casting », 2nd Edition, 2000, Casting & Bandaging Global Business Unit,
Essity Belgium SA-NV.
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ORTHO_Les immobilisations plâtrées_Base
Essity Belgium SA-NV
Les immobilisations plâtrées_Principes de base_FR