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Charlotte Qui Revait de Découvrir Versailles

Charlotte, une jeune fille de 12 ans, est chargée de s'occuper d'Esprit-Madeleine, la fille de trois ans de Molière, lors d'une fête donnée par le roi Louis XIV au château de Versailles. Esprit-Madeleine s'enfuit et Charlotte doit la retrouver parmi la foule des invités. Après diverses péripéties, Charlotte retrouve l'enfant avec l'aide d'un jeune cuisinier nommé Lubin.

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Charlotte Qui Revait de Découvrir Versailles

Charlotte, une jeune fille de 12 ans, est chargée de s'occuper d'Esprit-Madeleine, la fille de trois ans de Molière, lors d'une fête donnée par le roi Louis XIV au château de Versailles. Esprit-Madeleine s'enfuit et Charlotte doit la retrouver parmi la foule des invités. Après diverses péripéties, Charlotte retrouve l'enfant avec l'aide d'un jeune cuisinier nommé Lubin.

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Chapitre 1 : Disparue !

Je m’appelle Charlotte et j’ai douze ans. Aujourd’hui, j’ai


beaucoup de chance ! Pour la première fois de ma vie, je suis
à Versailles, dans le château du roi. J’aperçois une foule qui se
presse dans le parc. Il y en a beaucoup près du bassin du
Dragon.
Il parait qu’on vient d’y installer de nouvelles statues. Comme
les invités sont beaux avec leurs habits de fête ! Ils admirent les
gerbes d’eau qui jaillissent des fontaines, ils se régalent.
Un carrosse magnifique s’approche. Sans doute le roi est-il à l’intérieur. Peut-être
que je pourrai le voir. Je ne suis pourtant pas riche. Normalement, je ne devrais pas
être présente pour cette grande fête donnée par Louis XIV. Je suis là pour
m’occuper d’une petite fille très spéciale. Elle se
nomme Esprit-Madeleine, elle a trois ans et c’est la fille
du célèbre Molière. Il écrit des pièces de théâtre, très
appréciées par le roi. Sa maman est comédienne elle
aussi, on l’appelle « Mademoiselle Molière ».
Aujourd’hui, 18 juillet 1668, toute la troupe va jouer à Versailles une nouvelle
comédie : Georges Dandin.
Autour de moi, les comédiens répètent
leur texte et enfilent leur tenue de scène.
Comme l’heure du spectacle approche,
la troupe s’en va vers le théâtre de
verdure, situé dans les jardins. Il parait qu’il
y aura trois mille spectateurs ! Je reste seule avec Esprit-Madeleine.
La petite a les larmes aux yeux. Elle tape du pied et crie :
- Charlotte, je veux mes parents ! Je veux le roi !
- C’est impossible, nous devons rester ici.
Les pleurs d’Esprit-Madeleine sont de plus en plus forts. J’essaie de chantonner pour
la calmer. Mais sans succès. Alors je fais comme si je ne l’entendais pas.
Soudain, je me rends compte qu’il n’y a plus de bruit. Tant mieux, Esprit-Madeleine
s’est sûrement calmée. Oh, non, quelle horreur ! La porte est ouverte. Elle s’est
enfuie. Catastrophe !
Il faut que je la retrouve, sinon je perdrai mon travail. Mais tout le monde est bien
habillé, dehors ! Pour passer inaperçue, j’emprunte à Mademoiselle Molière un beau
manteau en tissu léger. Je le glisse sur ma robe, ce sera plus élégant. Et je me
précipite vers le parc.
Mais comment repérer une enfant dans toute cette foule ?
Chapitre 2 : Une fête splendide

Versailles est superbe. Le roi a décidé d’agrandir le pavillon


de chasse construit par son père. Après plusieurs années, les
travaux ne sont pas encore terminés, mais l’ensemble est
déjà grandiose.

Le parc est amélioré d’année en année, avec de nouveaux bassins, statues et


sculptures. Et il parait que Louis XIV veut ajouter deux nouvelles ailes au château,
sur la gauche et sur la droite du bâtiment principal. Ce sera
encore plus incroyable !

Une dame avec une magnifique robe jaune et orange parle


avec un homme, tous deux sont en habits d’apparat.

- Il parait que Louis XIV a payé une fortune pour cette fête. - Notre roi aime
montrer qu’il est très riche. Il dépense chaque année une somme colossale pour
embellir Versailles.

Je me faufile entre les invités aussi vite que je le peux à la recherche d’Esprit-
Madeleine. Les allées se succèdent. Je regarde derrière
chaque bosquet. De plus en plus inquiète, je n’ai pas le
temps de m’arrêter pour admirer les jets d’eau et les statues.

Je finis par adresser la parole à un jeune cuisinier de mon


âge. Il porte un panier rempli d’assiettes et de verres et
s’appelle Lubin. laclasseautresor.eklablog.com
- Tu n’aurais pas vu une petite fille de trois ans ? Je la cherche
partout !

- Euh… Oui, il me semble bien. Dans une des salles au rez-de-


chaussée du château, tout à l’heure. Elle portait une robe rouge,
je crois.

- Alors c’est sûrement elle. Je dois vraiment la retrouver.

Et me voilà repartie en direction du château. Tous les gens


vont en sens inverse, et il est difficile de se frayer un chemin.

Tout à coup, catastrophe, quelqu’un crie mon prénom :

- Charlotte !

Je me retourne. C’est Marie, une des comédiennes de la troupe de Molière ! Je


ne devrais pas être ici. Je bafouille :

- Je … Euh… Je suis allée chercher de quoi manger.

Et j’essaie de m’enfuir. Mais Marie me rattrape et


m’entraine vers le théâtre. Elle me tient si fort
qu’elle me fait presque mal. Que va-t-il m’arriver ?

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Chapitre 3 : Au théâtre

J’ai très peur. Marie ne lâche pas mon bras. Elle


marche très vite à travers les allées et me conduit
près du théâtre de verdure. Une foule de danseurs,
de musiciens et de comédiens se prépare.
Mademoiselle Molière, la mère d’Esprit-Madeleine,
est maintenant face à moi.

Elle a dû apprendre que sa fille a disparu ! Je


baisse la tête et murmure :

- Je suis désolée, mais ne vous inquiétez pas, je vais


retrouv…

Elle ne me laisse pas terminer ma phrase. Elle tend le doigt vers moi et dit d’un ton
sévère :

- Tu as emprunté mon manteau, Charlotte ? Tant mieux ! Déshabille-toi, et vite !

- Me déshabiller, mais pourquoi ?

- J’ai abimé ma robe, regarde. Et j’entre en scène dans


quelques minutes. Il me faut absolument une tenue correcte
pour jouer devant le roi ! Allez, dépêche-toi. Heureusement que
tu es là !

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Je donne le manteau. Mademoiselle Molière l’enfile par-dessus sa robe. La
déchirure est maintenant cachée.

Marie me fait signe de partir. Le spectacle va commencer, et je suis de trop. Je


reviens vers la foule. Dans les gradins, c’est la pagaille. Les gens se battent presque
pour s’asseoir près du roi. D’autres avalent quelques sucreries disposées sur un
immense buffet.

Je n’ai jamais vu un théâtre aussi beau et aussi grand. Il est éclairé de trente-deux
lampes de cristal qui brillent. Il est tapissé d’une toile bleue avec des fleurs de lys. Je
sais que je dois repartir à la recherche d’Esprit-Madeleine. Mais j’ai très envie
d’écouter les premières notes de musique.

Monsieur Lully, qui a composé la musique, vient saluer. Il se tourne vers les musiciens,
et le spectacle démarre. C’est magique ! Plus de cent danseurs apparaissent sur
scène. Quelle merveille !

À regret, je retourne jusqu’au château. Les lieux se


sont vidés : presque toute la cour assiste à la comédie-
ballet. Au moins, je peux mieux admirer le château.
J’aperçois au loin une fillette avec une robe rouge.
Esprit—Madeleine, enfin !

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Chapitre 4 : Retrouvailles
Oui c’est bien elle ! Esprit-Madeleine ne parait pas inquiète,
elle n’a pas conscience de son énorme bêtise. Elle est avec
Lubin, le cuisinier, qui l’a retrouvée et garde un œil sur elle.
Pourtant il est bien occupé ! Je me précipite et la gronde.

Puis je me tourne vers Lubin et m’incline vers lui en pliant les


genoux. On fait ce genre de révérence quand on s’adresse à
Louis XIV !

- Oh, Monseigneur, je ne vous remercierai jamais assez.

Il sourit de ma plaisanterie. Mais Esprit-Madeleine n’a pas


compris que c’était une blague. Elle ouvre de grands yeux
et s’écrie :

- Oh, c’est vous le fils du roi ?

Elle cherche à m’imiter et à son tour fait une révérence.


Mais elle se baisse tellement qu’elle manque de tomber !
Lubin et moi éclatons de rire. J’aide mon nouvel ami à
traverser le parc avec deux gros paniers remplis de
nourriture. Des laquais courent aussi dans tous les sens.

Esprit-Madeleine est toujours persuadée qu’elle se trouve à côté du Dauphin

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(c’est ainsi qu’on appelle le fils du roi). Elle déclare d’un ton très sérieux :

- Quand je serais grande, je veux devenir


princesse, comme vous. On pourrait se marier,
tous les deux !

- Je m’en souviendrai ! répond Lubin. Mais


j’aime bien les filles de mon âge, tu sais.

Il me regarde avec un drôle de sourire. Je sens


que je deviens écarlate.

Nous entrons dans un superbe salon de verdure. Des tables magnifiques ont été
dressées. C’est tellement beau que je pousse un cri d’émerveillement. Lubin me
glisse :

- Nous allons servir cinquante-six plats, et il y aura cinq services !

Je n’en reviens pas. Certains plateaux sont déjà installés sur les tables. Esprit-
Madeleine demande :

- Charlotte, on peut manger ici ?

- Oh non, nous ne sommes pas invitées. La pièce de théâtre va bientôt finir, tes
parents vont nous chercher.

Je salue Lubin. Il est en train d’installer des


oranges sur un plat. J’aimerais bien goûter, je
n’ai jamais mangé de fruit aussi luxueux. Mais
je me retiens ? Esprit-Madeleine, elle, en vole
un quartier et file en courant.

Cette fois, je la rattrape et je ne la lâcherai


pas des yeux.

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Chapitre 5 : Feux d’artifice

Nous rentrons et j’avertis Esprit-Madeleine :

- Ne dis à personne que tu t’es enfuie ! Tu te ferais


gronder, et moi aussi.

- Oui Charlotte.

Nous arrivons juste à temps : deux minutes plus tard, la troupe débarque. La
représentation est terminée.

Mademoiselle Molière me dit :

- Charlotte, je te remercie pour le manteau qui m’a été fort utile. Mais tu aurais pu
me demande la permission avant de le mettre ! Range-le vite dans mes malles.

À cet instant, une calèche s’arrête près de nous. C’est celle du roi ! Il veut parler à
Molière et à Lucy. Ceux-ci s’approchent de lui et s’inclinent. Le roi leur dit :

- J’ai beaucoup aimé le spectacle, messieurs. Le dernier ballet était somptueux. ET


votre pièce, mon cher Molière, très divertissante.

Quel soulagement ! S’il avait détesté, ç’aurait été grave.


Car Louis XIV donne de l’argent aux artistes qui lui plaisent.
Cela leur permet de vivre. Sans cette protection royale, la
troupe serait très pauvre.

Quelle chance de voir le roi de si près ! Il est jeune, mais il a un air


sérieux qui me fait un peu peur. Derrière sa calèche, la reine Marie-
Thérèse d’Autriche attend dans sa chaise. Il y a ensuite des
carrosses pour transporter la cour.

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Esprit-Madeleine me chuchote :

- Mais où est le fils du roi ?

Elle croit toujours que c’est Lubin ! J’éclate de rire et


je lui montre le carrosse du Dauphin. Il ne ressemble
pas à mon ami cuisinier ; la petite est bien surprise !

Le soir, un grand bal a lieu dans le parc. Nous en voyons les lumières et entendons
la musique. Mais nous n’avons pas le droit de nous approcher. Nous finissons par
nous endormir. Soudain, un grand bruit nous réveille.

- Des illuminations !

Aussitôt, nous sortons tous. Quelles belles couleurs ! Le ciel est rempli d’éclairs et de
feux d’artifices. Je m’exclame :

- Regardez, il y a même des fusées qui tracent les initiales de Louis XIV !

Effectivement, des doubles L zèbrent le ciel d’une lumière vive. Comme j’ai de la
chance de pouvoir assister à un tel spectacle !

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