Explication linéaire n°20
Lecture analytique sur « l’Agonie », Honoré de Balzac, 1831
INTRODUCTION
Honoré de Balzac fait partie des auteurs majeurs de la littérature française de
la première partie du 19 -ème siècle, il est considéré comme le maitre
incontesté du roman réaliste. Première œuvre qui fait reconnaître le génie de
Balzac, La Peau de chagrin a été publiée pour la première fois en 1831. Ce
roman hybride qui mêle romantisme, réalisme et fantastique devient, en
1834, la pièce maîtresse des « Études philosophiques » qui composent la
seconde partie de la Comédie humaine d’Honoré de Balzac, une œuvre
monumentale qui comporte 90 ouvrages de genres littéraires différents.
Nous commenterons Ce passages qui se situe dans la 3e et dernière partie du
roman peau de chagrin, « L’Agonie », avant l’épilogue. Cette fin est
annoncée, attendue depuis le début de l'histoire : Raphaël voulait se tuer
mais la mort vient alors qu'il est rendu furieux par le désir de vivre.
Ainsi nous montrerons, En quoi Balzac propose-t-il dans cet excipit la fin
tragique d’une énergie vitale causée par la passion ?
-> I- l’affolement du désir (l.1-l.11)
-> II- la consommation de l’agonie (l.11-l.20)
DEVELOPPEMENT
I. L’affolement du désir
- commence par la parole de Raphaël, phrase courte, exclamation, impératif
« viens », ordre donnée, répétition de pauline, sentiment qu’il est affolé qu’il
y a une urgence, demande d’aide, discours direct
- La répétition du prénom « Pauline », qui encadre la réplique de Raphaël,
suggère l’enfermement du jeune homme dans cette passion à laquelle il ne
parvient pas à échapper
-champs lexical du corps qui apparait « gosier », « yeux », « sourcil »,
« main », « sein », un visage devient déformé, douleur qui apparait, émotions
sont intense, elle a peur, peur de la mort
-champs lexical de la violence : « cri terrible », « violemment tirés »,
« douleur inouïe », « horreur », « furieux »
- hyperbole dans le portrait de cette femme
- La prise de conscience de la jeune femme se traduit par une énumération
des manifestations physiques de la souffrance : « un cri terrible sortit du
gosier », « ses yeux se dilatèrent », « ses sourcils violemment tirés par une
douleur inouïe, s’écartèrent avec horreur ». Cette description vive et
frappante forme une véritable hypotypose qui donne à voir la souffrance de
Pauline de façon concrète et imagée. Les adjectifs et adverbes hyperboliques
(« terrible », « violemment », « inouïe ») et les verbes au passé simple créent
une vive impression sur le lecteur.
- « désir furieux » : montre qu’il est enragée
- « elle lisait » et non elle voyait, elle analyse ses yeux, ce n’est pas un regard
d’amour mais un regard anaclitique
- antithèse : « horreur » « gloire », les deux sentiments s’opposent
-référence intellectuelle de la mythologie « désir furieux », déesse : furie
- Cette fois désigné par le groupe nominal « le moribond », Raphaël livre un
combat désespéré, crie, court : la scène est d’une violence extrême.
- antithèse : « contractant », « grandissait », l’amour grandi tandis que la
mort de contracte, réduit, la mort arrive
-2 action consécutive : « s’enfuit », « ferma », qui exprime le vouloir de
s’échapper, s’échapper de la réalité de la mort
- gradation ascendante avec les verbes « je t’aime, je t’adore…maudis »
-point d’exclamation rythme syncopé
- anaphore de « je », désir fortement ancré dans ce jeu, L’expression du désir
est donc désormais absolue, sans limite
- « je veux mourir à toi » : désir de mourir avec elle, une expression
grammaticalement étrange, qui souligne l’expression du désir (« je veux »)
- successivité d’action court : « vit sa maitresse…canapé », verbe au passé
simple « jeta », accentue l’action de Raphaël, il casse la porte, action brutale,
violente
- image de la passion destructrice dans l’action que pauline met en place, elle
veut se suicider, « se déchirer le sein », « s’étrangler avec son châle »
- « prompte » : rapide, elle veut mourir avant Raphaël
- « si je meurs, il vivra » : presque une dimension christique veut mourir pour
les autres, dieu, antithèse : « meurs » « vivra »
I. La consommation de l’agonie
- champs lexical du corps : « cheveux, épaule, yeux, visage, bras », portrait de
pauline descendant, point de vue de Raphaël, c’est lui qui voit la corp de
pauline ainsi
-hyperbole : « mille beauté », montre qu’il est passionné, amoureux
- antithèse entre l’eau et le feu : « pleurs », « enflammé », image pour
montrer la passion de pauline
-champs lexical de la mort, de la perte de quelqu’un : « dévorait toutes ses
forces », « sons étranglés du râle », « respiration creusée plus avant »,
« entrailles », « cadavre », expression morbide, fin de vie de Raphaël, passage
de la vie à la mort on le voit avec le sein, presque une gradation de la fin de la
vie
-intervention de Jonathas, par les sens, il intervient car il entende les cris de
pauline : l’ouïe intervient, chaos sonore
-2 actions successive : « se présenta » « tenta d’arracher », scène
particulièrement impressionnante, il s’agit pour lui d’enlever la jeune fille de
la mort, du cadavre
- Raphael n’est plus désigné en personnage vivant en tant qu’homme mais en
cadavre
- 2 questions oratoire : « il est à moi » : dépersonnalisation, « je l’ai tué » :
c’est l’amour qui l’a tué, « ne l’avais-je pas prédit ? » : renvoie au pouvoir de
la peau
CONCLUSION
Le roman s’achève comme une boucle. Raphaël est puni d’avoir préféré le
vouloir et le pouvoir sur le savoir. Son choix le mène irrémédiablement à sa
perte