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ALTRALANG Journal

e-ISSN: 2710-8619 p-ISSN: 2710-7922


Volume 5 Issue 2 / November 2023 pp. 65-75
Numéro thématique « Des espaces francophones à la littérature de graphie française : conditions
d’émergence et aspirations créatrices »

La décennie noire dans l’œuvre de Mustapha Benfodil : une récriture transgénérique

AZZOUZ Fatima-Yasmine*1
1
Université d’Alger 2 Abou El-Kassem Saâdallah, Algérie
[email protected]
BENSLIMANE Radia2
2
Université d’Alger 2 Abou El-Kassem Saâdallah, Algérie
[email protected]

Reçu: 08/07/2023, Accepté: 26/10/2023, Publié: 15/11/2023

The Black Decade in the Works of Mustapha Benfodil: A Transgeneric Rewriting.

ABSTRACT: Our study focuses on the transgeneric rewriting of “the Black Decade” in the novels and
press articles of Mustapha Benfodil. The theme of terrorism is deployed in both forms of writing through
the mobilization of narrative, discursive, and formal techniques that contribute to the creation of a work
whose origin is journalistic. Throughout our analysis, we will explore how Benfodil transposes different
events into his novels, how this operation is carried out, and which occurrences are repeated. We will
also question what is the value of these repetitions and whether they are conscious or automatic.

KEYWORDS: rewriting, transgenericity, Black decade, civil war, novel, newspaper, press article

RÉSUMÉ : notre étude porte sur la récriture transgénérique de la décennie noire dans les romans et les
articles de presse de Mustapha Benfodil. La thématique du terrorisme se retrouve déployée dans les deux
formes scripturaires par la mobilisation de techniques narratives, discursives et formelles qui participent
à la constitution d’une œuvre dont l’avant-texte est journalistique. Au cours de notre analyse, nous
verrons comment Benfodil transpose les faits d’actualité dans ses romans, de quelle manière cette
opération se fait-elle et quelles occurrences sont reprises. Nous nous demanderons également quelle est
la valeur de ces répétitions et sont-elles conscientes ou automatiques ?

MOTS-CLÉS : récriture, transgénéricité, décennie noire, guerre civile, roman, journal, presse

____________________________
* Auteur correspondant : AZZOUZ Fatima-Yasmine, [email protected]

[65]
La décennie noire dans l’œuvre de Mustapha Benfodil : une récriture transgénérique
AZZOUZ Fatima-Yasmine1, BENSLIMANE Radia2
ALTRALANG Journal
Volume 5 Issue 2 / November 2023

Introduction

La présente contribution se propose d’examiner la transgénéricité dans l’œuvre de Mustapha Benfodil.


L’écriture, et, a fortiori, la littérature invitant au décloisonnement, les pratiques scripturaires des auteurs
contemporains entretiennent des relations d’interdépendance avec d’autres genres.
Dans le cas de notre étude, celles-ci s’articulent aux niveaux stylistique, thématique et discursif.
Les articles de presse et romans de Benfodil partageraient en effet bien plus qu’une même signature dès
lors que des thématiques comme le terrorisme, octobre 88 ou encore la politique s’y retrouvent
constamment abordés.
Mustapha Benfodil1 connait bien le contexte des années 1990 pour avoir passé son service militaire
sous les drapeaux au plus fort de la décennie rouge. Dans les casernes de Sidi Bel Abbès puis de Djelfa où
il passe son instruction de 1997 à 1998, il écrit Zarta ! son premier roman mettant en scène Z.B, chroniqueur
au quotidien Parole, et personnage largement inspiré du journaliste Y.B du quotidien El Watan.
Dans cette fiction qui inaugure une œuvre littéraire marquée par la fragmentation et le chaos
scriptural, la plume acérée de Z.B lui vaut le courroux des institutions et des terroristes. Le roman dépeint
la réalité sanglante de la décennie noire, et sous le voile à peine marqué de la fiction, restitue l’horreur de
la barbarie terroriste.
Dans Body Writing. Vie et mort de Karim Fatimi, écrivain (1968-2014)2, les drames personnels de
Fatimi et la faillite du système socio-politique sont l’occasion pour Benfodil de revenir, à travers
l’autofiction, sur ses propres questionnements et traumatismes relatifs aux évènements d’Octobre 1988 et
la décennie noire des années 1990.
Enfin dans Les Bavardages du Seul publié en 2003 chez le même éditeur, les terroristes sont tournés
en dérision par le truchement d’un anti-héros maladroit et ingénu qui finit par renverser son double
maléfique, et, symboliquement, mettre fin à la violence islamiste.
La littérature de l’urgence a été une période de production prolifique pour des écrivains comme
Assia Djebar, Mohammed Dib et Rachid Boudjedra et les nouveaux auteurs du monde de la presse comme
Malika Boussouf et Aissa Khelladi pour qui il était urgent de dire la violence à travers l’écriture
testimoniale (Gueydan-Turek, 2020).
Sans tenir compte des schismes dans la communauté littéraire autour de la légitimité de cette
écriture marquée par un contexte socio-historique particulier, nous mentionnons également les travaux de
Tristan Leperlier qui interroge la place des écrivains algériens dans le champ littéraire national et français
pendant la guerre civile, et a posteriori, la question d’engagement, de censure, d’identités et de migrations
intellectuelles.
Dans cette étude, nous allons analyser les stratégies scripturaires dont use Mustapha Benfodil dans
la constitution de son référent. En d’autres termes, il s’agira de savoir quels éléments sont répétés à partir
des articles qui constituent, de par leur antériorité chronologique, l’avant-texte.
Nous verrons par la suite comment sont transposés les évènements de la décennie noire. Notre
cheminement analytique nous mènera à nous poser les questions suivantes : pourquoi Benfodil récrit-il
certains faits d’Histoire ? Quelle proximité entretient-il avec ces derniers ? La répétition intratextuelle
présente dans deux genres textuels distincts rend-t-elle l’écriture de Benfodil indépendante d’autres
influences ? Cette interdépendance journalistico-littéraire rendrait-elle son texte clos ?
Même s’ils sont étudiés depuis de nombreuses années sous des taxinomies différentes
(intertextualité, interdiscursivité, hybridation, intergénéricité…) les deux concepts n’ont pas fait l’objet

1
Mustapha Benfodil est un écrivain, journaliste, poète et dramaturge algérien. Il est l’auteur de quatre romans en langue
française publiés chez Barzakh et de plusieurs pièces de théâtre jouées en France. Il était de 1998 à 2006 journaliste à Liberté
avant de rejoindre El-Watan où il est grand-reporter.
2
Le roman a été publié en 2018 aux éditions Barzakh.

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d’études diachroniques consacrées à l’œuvre d’un même auteur. Toutefois, l’étude des genres et si vaste
et si ancienne (certaines remontent à l’Antiquité), qu’il serait impossible d’énumérer son évolution.

Aux origines de l’écriture transgénérique


Parant du concept que le mot ou le texte est un croisement de mots ou de textes selon la formule consacrée
par Kristeva, la transgénéricité est définie comme l’ensemble « des relations intergénériques qui
favorisent le glissement d’un genre vers un autre, selon une logique de l’attraction, de l’interpolation ou
de la contamination, génératrice de phénomènes d’hybridation ou de montage hétérogène. »
(Moncond’Huy & Scepi, 2008,8).
Chez Benfodil, au-delà de l’intertextualité plus ou moins explicite référant à d’autres auteurs et
œuvres de disciplines diverses, la récriture intratextuelle englobant son corpus journalistique et littéraire
constitue le moteur générateur d’une répétition presqu’illimitée.
Nous dirons que la présence d’articles de presse, de par la primauté de la factualité, inscrivent le
texte romanesque dans la réalité tandis que le romancier se charge de l’entreprise transformatrice et
intégratrice par des partis-pris esthétiques et discursifs.
Par ailleurs, et compte tenu du contexte socio-historique durant lequel les romans ont été écrits ou
de par les thèmes qu’ils abordent, le réel devient un élément intrinsèque à l’écriture Benfodilienne. Comme
nous l’avons mentionné plus haut, l’auteur transpose son vécu dans les romans à des degrés plus ou moins
explicites tout en faisant appel à son propre corpus journalistique qu’il insère dans chacun de ses romans.
Malgré la présence de la mention « roman » sur la couverture de ses textes littéraires, ces derniers
n’en forment pas moins un genre composite dont les frontières génériques ont été abolies, à l’image des
modèles littéraires de notre écrivain comme William S. Burroughs, représentant en cela bien l’écriture
postmoderniste.
D’autre part, nous pouvons avancer que l’écriture romanesque benfodilienne s’articule autour de
l’autofiction et la transgénéricité ; en faisant appel à ses expériences passées –le cas du roman Body Writing
en est le plus parlant puisqu’il a été écrit à partir des propres carnets et notes de l’auteur–, la circularité du
sens se produit dans et à partir de ses corpus littéraire et journalistique. Ce dernier serait en effet l’un des
socles de l’œuvre benfodilienne en fournissant au littéraire sa matière référentielle, même si l’auteur refusait
de revendiquer cette interdépendance discursive dans ses premières déclarations relatives au rapport entre
journalisme et littérature :
« « […] les deux métiers ne font vraiment pas bon ménage. Même quand vous ne
« pondez » pas un article tous les jours, le métier de journaliste reste tout de même un
boulot extrêmement prenant. Extrêmement passionnant aussi même s’il reste
profondément impopulaire et ingrat. Cela vous vampirise toutes vos forces, tout votre
temps, toute votre énergie… Et cela induit une violente irruption du réel à chaque seconde,
qui phagocyte tout votre espace mental, votre imagination, qui ne vous laisse aucun répit,
aucun recul, aucune distance avec le monde, qui intoxique votre vocabulaire avec toute
cette profusion de mots qui « font la UNE », cette langue artificielle, mécanique,
stéréotypée, qui s’acharne jour après jour à dire le monde ou, plus exactement, à nommer
cette fine couche de réalité qu’on appelle « l’Actualité ».3

3
Voir Algérie-Cultures : https://algeriecultures.com/actualite-culturelle/le-journalisme-intoxique-mon-vocabulaire-decrivain-
mustapha-benfodil-ecrivain/

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Volontairement ou non, cette écriture « vampirisante » envahit l’œuvre littéraire d’autant plus que
de nombreuses occurrences reprises dans les romans ont pour source des reportages. A ce titre, considéré
comme le plus littéraire des genres journalistiques, « le reportage reste le meilleur exemple de [l’]
interaction entre presse et littérature (…) il faisait se rejoindre l’invention stylistique et l’information
journalistique.» (Paul, A., 2012)
Avant de procéder à l’analyse de notre corpus, il importe de définir la récriture, concept-clé défini
par Anne-Claire Gignoux comme :

[…] une activité scripturaire qui s’établit forcément sur une corrélation suivie entre deux éléments. L’un
de ces éléments est évidemment stable, qu’il s’agisse d’un discours littéraire de base, réalisé, sous la forme
d’un texte, ou de tout un style. L’autre élément peut être présenté comme l’écriture d’un nouveau texte, ou
la mise en exercice d’un nouveau style (…) Dans ces nouveaux textes interviennent des variantes, car la
récriture n’est pas clonique, répétition totalement exacte. (Gignoux, 2006)

L’histoire contemporaine de l’Algérie tient une place à part entière dans cette répétition, mais loin
d’être une pâle copie du texte-support 4elle mobilise au contraire des modes d’insertion et de transformation
propres à Benfodil.

Contextualisation

Afin de mieux saisir l’importance de la question du terrorisme chez Benfodil et de manière plus générale,
chez les écrivains algériens, il est nécessaire de revenir au contexte socio-politique des années 1990.
Selon certains historiens, les prémices de la décennie noire s’étaient déjà fait sentir en 1988. Les
partis islamistes se saisirent du contexte socio-politique instable et profitèrent des concessions du pouvoir
à travers l’ouverture du champ politique pour ancrer leur idéologie extrémiste dans la société.

« Les émeutes d’octobre 1988 devaient contraindre le président Chadli Bendjedid à


promulguer les indispensables réformes devant instaurer la liberté de presse et
d’expression, et promouvoir le pluralisme. Profitant de ce climat d’ouverture du champ
politique, allait apparaitre au grand jour l’intégrisme, géniteur du terrorisme » 5(Haroun,
2013, 37)
« […] Récupérant le mouvement de révolte du 5 octobre 1988, les islamistes organisent
une marche le 10 octobre, malgré l’interdiction d’attroupements édictée durant l’état de
siège. 6 (Haroun, 2013, 37)
Luis Martinez, politiste spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient évoque les retombées de la
libéralisation soudaine et incontrôlée de la scène politique.

La libéralisation du système politique s’effectue sans accord préalable avec les nouvelles
forces rivales du parti unique, le FLN. Le FIS et le FFS développent une rhétorique
démagogique fondée sur la critique permanente de l’Etat-FLN. Par là-même ils
capitalisent le profond mécontentent de la population […] Sur le plan économique, les
lois de la libéralisation du commerce favorisent l’émergence d’une économie de
contrebande. […] sur le plan social, les transformations de l’Algérie post-indépendante

4
Nous empruntons la terminologie de Nathalie Limat-Letellier
5
Haroun, Ali, Le Rempart. La suspension des élections législatives de janvier 1992 face à la terreur djihadiste. Editions
Casbah, collection Histoire, 2013, p.37
6
Ibidem.

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(urbanisation, alphabétisation, chômage) font des grandes villes de l’Algérie de


véritables poudrières où sont concentrés tous les ingrédients d’explosions sociales à
répétition. 7

Les exactions terroristes, les massacres à grande échelle et les attentats plongent rapidement la
population dans un état de psychose collective. A ce titre, Belarouci Latéfa avance que la monstruosité des
attaques terroristes avait pour objectif la dislocation de la société et la perte de ses repères. Les victimes et
les survivants sont en état de détresse psychologique, la horde terroriste en s’attaquant à la base de la
pyramide sociale, réussit à briser les liens interpersonnels :
L’aspect délibéré, construit, intentionnel, la nature [d]es actes [terroristes], le « choix »
des victimes et celui des armes vont produire une véritable psychopathologie collective
car il provoque l’effroi de la mort, un sentiment d’impuissance et surtout la destruction
des liens communautaires et familiaux. (Belarouci, 2010)

Face à tant de violence, les écrivains algériens de la décennie noire et ceux de la nouvelle génération
interrogent encore, à travers la littérature, les causes et les conséquences du basculement dans la folie
meurtrière. Même s’il ne fait pas partie du cercle des « écrivains de l’Urgence », Benfodil met toutefois la
violence terroriste et la résilience des victimes au centre de ses textes romanesques et journalistiques.

Il a déclaré à cet égard que c’était une forme d’engagement […] bien sûr on se posait des questions,
qu’est-ce qu’on peut faire en situation où tout le monde perd la boussole. Et pour moi le journalisme c’était
une manière d’être présent, de témoigner, d’être au plus près des gens8. Dans ce qui suit, nous analysons
les types d’occurrences répétées dans les deux genres scripturaux.

1-Les personnages répétés

1-1 Les victimes


Selon les données officielles, plus de 200 000 personnes ont été victimes des exactions terroristes entre
1992 et 1999. Dans ses articles comme dans ses romans, Benfodil leur réserve une place de choix par devoir
de mémoire mais aussi de par la proximité entretenue avec les évènements ayant eu cours à Boufarik où il
résidait et Bab Ezzouar, son campus universitaire.
La représentation des victimes des violences terroristes, dont le statut est défini par la loi comme
étant toute personne décédée ou ayant subi des dommages corporels ou matériels suite à un acte commis
par un terroriste ou un groupe de terroristes 9 a connu des changements profonds entre la littérature dite
de l’Urgence et celle de ces dernières années. Trente ans après les massacres, les écrivains traitent autrement
de la question terroriste et même si cette thématique n’est plus centrale, elle témoigne d’un engagement par
évocation (Leperlier, 2018).
En mettant au premier plan les victimes du terrorisme dans le cas de notre étude, cette littérature,
selon Italo Calvino donne une voix à qui n'en a pas, donne un nom à qui n'a pas de nom et spécialement à
ceux que le langage politique cherche à exclure.
Dans ce que nous appelons la « dynamique binaire de la fictionnalisation du terrorisme », l’auteur
procède en deux temps ; l’écriture immédiate, faisant état des bilans et attentats quotidiens perpétrés par les

7
Martinez, Luis, « Algérie : les nouveaux défis », 2003, p.10. ⟨hal-01065039⟩. Disponible à l’adresse : https://hal-
sciencespo.archives-ouvertes.fr/hal-01065039
8
Morgane Audoin. Les Borgnes ou le colonialisme intérieur brut. Histoire franco-algérienne et histoire algérienne
contemporaine à la lumière d’un processus de création théâtrale en circulation. Histoire. 2012. ffdumas-00748938f
9
Article 2, décret exécutif n° 99-47 du 13 février 1999.

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intégristes et publiée à un rythme régulier dans la presse, et l’écriture rétrospective dont le corpus
romanesque est le support.
Mais il ne s’agit pas, pour Benfodil, d’émettre des avis ou des réflexions semblablement à ses
articles ou à la manière d’un essai, du moins, pas de manière directe. Nous dirons que c’est la mise en scène,
la narration, la polyphonie ou encore les personnages qui prennent en charge la dimension pamphlétaire et
engagée des récits.
Nous n’omettons pas cependant de mentionner que les romans de Benfodil, notamment Zarta ! et
Body Writing peuvent s’apparenter à des autofictions, dès lors que l’auteur déploie, par le truchement de
doubles littéraires, des données qui lui sont propres ( date de naissance, études, profession, tendances
politiques ou idéologiques…) tout en veillant à brouiller les pistes de la triade identitaire auteur -narrateur-
personnage.
En outre, en transposant dans le roman les témoignages des cibles des terroristes ou le récit de leurs
exécutions, Benfodil met en scène deux catégories de victimes que sont les personnalités publiques, d’un
côté, notamment les journalistes, et les anonymes, de l’autre. La corporation journalistique fut la première
victime des assassinats d'intellectuels 10 avec un tribut d’une centaine d’assassinats recensés dès 1993 et
inauguré par la mort de Tahar Djaout.

1-1-1 Saïd Mekbel


Journaliste au quotidien Alger Républicain puis directeur du Matin, Saïd Mekbel fut assassiné en 1994.
Benfodil lui a consacré un article-hommage 11 en 2014 à l’occasion du 20ème anniversaire de sa mort,
entamant sa tribune par le pastiche de son poème Ce voleur qui… :

Lunettes moustachues souriantes, c’est lui. Ce voleur de feu qui illuminait notre
interminable nuit, c’est lui. C’est lui qui, chaque Matin, nous gratifiait d’un bol de rire
en se gaussant des fariboles de nos gouvernants. Ce saltimbanque du verbe qui tournait
en dérision, avec une tendre ironie, nos souveraines turpitudes en envoyant paître
barbus et barbouzes, c’est lui.

Les adjectifs (souriantes, tendre) et les verbes (illuminait, gratifiait, se gaussant) utilisés pour parler
du journaliste assassiné sont à l’extrême opposé du vocabulaire consacré aux terroristes que nous
analyserons plus loin.
En outre, le même procédé de récriture du billet « Ce voleur qui… » est utilisé dans Body Writing
pour évoquer la mémoire du journaliste assassiné. Mounia, l’épouse de Karim Fatimi vient d’établir à la
page 204 la liste de tous les attentats dont sa famille ou elle-même ont été victimes ; le cousin Arselane, la
sœur Yasmine, elle-même à l’Ecole des Beaux-Arts d’Alger, et celui visant Saïd Mekbel présenté comme
son oncle paternel :
Et tonton Saïd…Mon Dieu tonton Saïd ! Je n’avais jamais vu papa comme ça. Il était
inconsolable. Il répétait, hagard, les yeux roulant dans le vide : Aujourd’hui, j’ai perdu
mon frère, et l’Algérie, son meilleur ingénieur social. (Benfodil, 2018, 204)
Comme un jeu de miroir, le discours de la narratrice reflète presque mot pour mot celui de l’auteur de
l’article :

10
Leperlier, Tristan, Algérie, les écrivains dans la décennie noire ; CNRS ÉDITIONS, Paris, 2018
11
Benfodil, Mustapha. Il y a 20 ans était assassiné « Mesmar J’ha » : comme tu nous manques Saïd Mekbel !, El Watan, 3
décembre 2014. Article disponible à l’adresse : https://algeria-watch.org/?p=64261

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Ce voleur de feu qui illuminait notre longue nuit avec panache, c’est lui. C’est lui qui,
chaque Matin, nous gratifiait d’un bol de rire en se gaussant des fariboles de nos
matons. Ce saltimbanque satirique qui tournait en bourrique nos souveraines turpitudes
en envoyant paître barbus et barbouzes, c’est lui.

En nous donnant accès à la psyché d’une Mounia tourmentée tout autant que son mari par les années
de sang, l’auteur inscrit de manière plus directe son sujet dans la réalité en dévoilant l’intimité et l’intériorité
de la narratrice. Car tout au long du récit, Mounia se présente comme une femme émotionnellement plus
forte et indépendante que son mari « j’ai toujours été plus forte que toi, avoue-le ! » (Benfodil, 2018, 206).
La narratrice préfère mettre en avant la vie de son mari, ses peines, ses accomplissements et ses rêves
jusqu’au moment où elle ressent le besoin de se confier à son tour sur la tragédie de la décennie noire.

C’est en effet l’une des rares fois où elle utilise le Je : « Je ne veux pas verser dans la compétition
macabre », « j’étais d’autant plus encline à…à me taire sur ces années-là », « je ne te l’ai jamais dit ». Le
changement de ton et de point de vue apporte plus de réalisme au récit à travers l’évocation des blessures
intimes de Mounia, à laquelle les lecteurs ayant de près ou de loin été touchés par ce contexte de violence
s’identifieraient.
A partir d’une source intertextuelle poétique (Ce voleur qui…), l’auteur met en œuvre une récriture
transgénérique mobilisant trois genres distincts (poésie, roman, journalisme) et trois discours (Mekbel,
Benfodil, Mounia). Par ailleurs, la structure du poème de Mekbel est imitée dans les deux textes à travers
l’épiphore, figure de style « qui consiste à répéter un mot ou un groupe de mots en fin de phrase, de
paragraphe ou de vers qui se succèdent »12. L’imitation de la forme « C’est lui » (pronom démonstratif +
verbe être + pronom personnel), en plus d’être un hommage, produirait un effet d'insistance qui renforce
une émotion en rythmant les vers. 13

1-1-2 Sabu le magicien


La parole des anonymes tient une place importance dans Body Writing où des personnages de professions
et de classes sociales différentes relatent les conséquences physiques et psychologiques des attaques
terroristes. Parmi ces récits enchâssés, nous retrouvons celui de Mustapha Koriche, alias Sabu le magicien
dont la tête a été mise à prix par les intégristes dans la région de Boufarik. Mounia relate le combat de ce
patriote passionné par le monde du cirque :

Il m’a raconté sa détresse, la terre qui s’ouvrait sous ses pieds, lorsqu’on l’avait prévenu
que son nom avait été évoqué dans la khotba d’un prêcheur menaçant : ‘Tout ce que
fait ce sahhar est h’ram !’ Sabu répétait : rani ayeche fel fayda. Tout ce que je vis est
un bonus !14

L’effet produit par ce passage remet le lecteur dans le contexte oppressant de la décennie noire, car
la littérature « incarne les mondes du passé, les saisit et les reconfigure, donne à sa manière du sens à
l’histoire, avec la perspective de la réflexion » 15 (Pattieu, 2015).

12
https://www.lalanguefrancaise.com/linguistique/epiphore-figure-de-style
13
https://www.lalanguefrancaise.com/linguistique/epiphore-figure-de-style
14
Benfodil, Mustapaha, Body writing. Vie et mort de Karim Fatimi (1968-2014), p.197
15
Pattieu, Sylvain , « Quand « la littérature incarne et raconte, elle ventriloque le passé » », Écrire l'histoire [En ligne],
15 | 2015, mis en ligne le 08 octobre 2018, consulté le 02 juillet 2023.
URL : http://journals.openedition.org/elh/684 ; DOI : https://doi.org/10.4000/elh.684

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Sur le plan de la forme le passage est marqué par l’utilisation du discours direct et indirect et le code
switching, très semblable au style d’écriture journalistique de Benfodil. Il est aussi une condensation de
plusieurs paragraphes composant l’article « Ancien patriote, il vient de créer le «Koriche Circus» : Sabu,
le magicien engagé » paru dans El-Watan. Les fragments « Tout ce que fait ce sahhar est h'ram», « khotba
d’un prêcheur menaçant », et « rani ayeche fel fayda. Tout ce que je vis est un bonus ! », appartiennent
en effet à des paragraphes distincts de l’article :

- L'atmosphère était devenue pesante. Un jour de 1993, l'imam de la mosquée Ettouba


s'est fendu d'un prêche incendiaire, où il me ciblait nommément. Il disait «ce sahhar
(sorcier) ira en enfer
- Et l’imam qui fulmine : ‘Tout ce que fait ce sahhar est h’ram. Ne lui adressez pas la
parole, ne prenez pas son argent, ne montez pas avec lui !’
- Mustapha raconte ses innombrables flirts avec la mort et lâche dans un sourire : ‘Rani
ayeche fel fayda. Tout ce que je vis est un bonus’ .

Il apparait donc que la récriture chez Benfodil est sujette à quelques variations, minimes certes, qui
rendent pourtant compte de la continuelle fluctuation de l’écriture même quand celle-ci émane d’un même
écrivain. La répétition engendre un style nouveau qui donne forcément lieu à des formes et variantes
diverses, « car la récriture n’est pas clonique, répétition totalement exacte. » (Gignoux, 2006).

1-2 Les bourreaux


Les bourreaux sont décrits comme des personnes disgracieuses, voire rebutantes, prenant parfois des formes
bestiales à l’opposé des portraits physiques et moraux des victimes. Dépouillées de leur humanité, elles
deviennent des figures monstrueuses annihilant espoir, lumière et joie de vivre :

-Le sinistre Djamel QonQa […]. Corps sec. Regard torve. Gueule de petite frappe
imberbe jouant aux caïds du GIA16,
-« A la vue des victimes sacrificielles, Abou Kalibsse le Dément exulte comme une bête
en se pourléchant les lèvres 17
-[…] ils ont décidé de zigouiller tous les propriétaires de 4L, et les gosses de quatre ans 18

Quand ils ne sont pas évoqués de manière individuelle comme Djamel Qonqa ou Abou Kalibsse,
les bourreaux sont nommés collectivement par des termes comme kamikazes, enturbannés, assaillants,
utilisés afin de leur ôter toute humanité, du moins ce qu’il en reste, en les reléguant par là-même au statut
d’animaux vivant en meute. Aussi, leurs confrontations avec les éléments de l’armée sont décrites dans un
langage dru, acharné, empruntant à celui des militaires qui traquent sans cesse la horde.
Pour illustrer ces propos, nous prenons pour exemple l’article « Elle fut le théâtre de la première
attaque terroriste. Guemar, entre les zaouïas et les uniformes » dans lequel Benfodil revient sur les traces
de l’attaque terroriste du 25 novembre 1991 dans la ville d’El Oued. Il donne la parole au maire de Guemar
qui restitue le contexte de l’attaque.

16
Benfodil, Mustapha, Body Writing. Vie et mort de Karim Fatimi, écrivain (1968-2014), éd Barzakh, Alger, 2018, p.185.
17
Benfodil, Mustapha, Les bavardages du Seul, éd Barzakh, Alger, 2003, p.153.
18
Ibidem, p. 188.

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La décennie noire dans l’œuvre de Mustapha Benfodil : une récriture transgénérique
AZZOUZ Fatima-Yasmine1, BENSLIMANE Radia2
ALTRALANG Journal
Volume 5 Issue 2 / November 2023

C'était exactement le 25 novembre 1991 », se souvient Nasreddine. « J'y étais. Il y a eu


au total 25 morts. Trois chez les militaires, et le reste, des terroristes. Nous les avons
éliminés en 48 heures, ajoute-t-il. Dix-sept ans après, la belle oasis fait parler d'elle. Sept
gendarmes du 15e groupement des gardes-frontières stationné à Guemar tombent dans
une embuscade meurtrière. 19

Le journaliste prend ensuite le relais en se rendant sur les lieux de la première attaque afin de récolter
plus d’information, en vain.
Nous rendons visite à la caserne des GGF touchée par ce drame. Elle se trouve
complètement en retrait de la ville, sur la route de l'aérodrome, à proximité d'une caserne
militaire, celle-là même qui avait été attaquée en 1991. No comment. 20

Ce drame inspire en partie l’écriture d’un passage du roman Zarta ! à travers la description de
l’attaque que vient de subir la caserne où Z.B passe son instruction militaire. Le lieutenant Kerkour,
responsable de la cellule logistique de la caserne s’avère être un vice-émir qui fomente depuis des mois le
guet-apens.
La matinée de cette fameuse journée, le lieutenant Kerkour–ainsi s’appelait-t-il–, sortit
à la tête de trois sections d’élèves caporaux pour superviser une séance d’entraînement
[…] Le lieutenant était spécialisé dans les pièces lourdes et, à ce titre, il dirigeait
régulièrement des exercices sur le FMPK, le RPG7, le SPG 9 et le mortier. La journée
s’annonçait somme toute banale. Il n’y avait pas la moindre raison de redoubler de
vigilance. Mais c’était compter sans la soixantaine de kamikazes enturbannés embusqués
dans les quelques bosquets bordant la piste qu’empruntaient régulièrement les convois
militaires. (Benfodil, 2000, 66)

L’auteur fournit ensuite bon nombre de détails sur cette opération ; les armes utilisées, le nombre
de soldats exécutés, les personnages impliqués dont le capitaine Kada, alias KK, haï par ses subalternes
mais qui les sauvera in extremis par son ultime acte héroïque :
Les premiers otages étaient exécutés sans pitié. Le capitaine n’en était que plus furieux
et plus déterminé à raser cette engeance. Arrivé face à face avec la poudrière, il braqua
le canon du char droit devant et le verrouilla autour du lieutenant Kerkour qui le tenait
en respect avec une simple grenade antichar à la main. Les deux hommes envoyèrent
chacun son joker. L’obus du capitaine était dans le même instant échangé avec la grenade
projetée dans l’autre sens. Et BOOM ! BOOM ! BOOM ! (Benfodil, 2000, 70)

Il a recours dans cet extrait à des éléments qui ne sont pas présents dans l’article de presse. Cela est
peut-être dû, si nous supposons que le passage ait été inspiré par le drame survenu à Guemar, à la rareté des
informations relayées à propos de l’attaque kamikaze.
Ce faisant, Benfodil construit à partir de quelques bribes référentielles tout un imaginaire littéraire,
prenant aussi la forme d’un engagement et d’un plaidoyer anti-terroriste incarné par le vocabulaire utilisé
pour désigner les meurtriers et leur chef : engeance, l’égorgeur, sale besogne, barbares, sodomisèrent,
Kerkour qui devient Abou Kerkour une fois sa véritable identité révélée « Les hommes de l’émir
Aboukerkour ».

19 Benfodil, Mustapha, Elle fut le théâtre de la première attaque terroriste à Guemar, entre les zaouïas et les uniformes, El-
Watan, 2008. https://www.djazairess.com/fr/elwatan/88549
20
Ibidem.

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La décennie noire dans l’œuvre de Mustapha Benfodil : une récriture transgénérique
AZZOUZ Fatima-Yasmine1, BENSLIMANE Radia2
ALTRALANG Journal
Volume 5 Issue 2 / November 2023

Au chapitre des faux-barrages, pratique privilégiée des intégristes, le roman Les bavardages du
seul met en scène l’arrestation du protagoniste Ouali Ben Oualou et le maquignon Amar Benamar par un
groupuscule au bord de la route. Dans un registre satirique, il y décrit l’attaque des terroristes et les réactions
loufoques de Ouali :
Un projecteur fut braqué sur les deux hommes et cette lumière les éblouit. Trois gaillards
en treillis militaires jaillirent on ne sait d’où et se ruèrent vers le camion […] tandis que
leurs acolytes surgirent d’un ravin pour arrêter d’autres véhicules.
Ouali reconnut, sans peine, que c’était une tenue afghane. (Benfodil, 2003)

Blessé à la tête et ne prêtant pas franchement attention aux agresseurs Ouali semblait se délecter de
ce moment surréaliste où il avait retrouvé la quiétude de son cocon insonorisé. Un contraste saisissant avec
l’article L’enfer a duré deux heures. Notre reporter raconte les circonstances du drame, pour lequel
Benfodil s’est rendu quelques heures seulement après l’attentat perpétré à Boghni en juillet 2003. Un témoin
raconte :
J'ai vu une horde d'hommes en uniforme, armés jusqu'aux dents, surgir des bosquets
bordant la route et m'intimant de m'arrêter. J'ai freiné sec. Les premiers hommes étaient
habillés en treillis militaires et en tenue de police communale […] après, d'autres les ont
rejoints, et ceux-là étaient habillés en tenues afghanes et avaient de longues barbes.

La ressemblance entre les deux extraits est saisissante car le roman a été publié avant le reportage
en mai 2003, soit deux mois avant l’attentat. Ici, l’avant-texte n’est plus l’article, mais la littérature et le
pouvoir de l’imagination de l’auteur, car le roman n’est non pas un simple exercice littéraire, mais
l’élaboration physique, matérielle d’une vision. (Major, 1965, 492)

Conclusion

Anne- Claire Gignoux souligne que la récriture, à la différence de l’intertextualité, présuppose et


exige une intention de récrire. L’auteur agit alors en toute conscience et volontairement. Il apparait,
à la lumière de notre étude, que les récritures dans les articles et les romans ne sont pas fortuites.
De par la gravité des évènements, Benfodil restitue la réalité dans ces romans à partir des
faits consignés dans ses articles. Parfois, c’est la littérature qui prédit l’avenir. Aussi, les
témoignages par évocation forment la poétique benfodilienne qui reste toujours ancrée dans la
réalité, particulièrement si nous prenons en considération la proximité entretenu avec les
évènements, tant émotionnellement que physiquement ; Benfodil couvrait les attentats terroristes
quelques heures seulement après leurs forfaitures, et à Boufarik où il résidait, les islamistes
imposaient leur diktat.
Si les deux écritures se font écho au point de partager des passages identiques, on ne peut
cependant affirmer que le texte benfodilien n’ait pas d’autres influences, aussi diverses, d’aires
géographiques et culturelles multiples.

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La décennie noire dans l’œuvre de Mustapha Benfodil : une récriture transgénérique
AZZOUZ Fatima-Yasmine1, BENSLIMANE Radia2
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Biographies des auteurs

AZZOUZ Fatima-Yasmine est doctorante en littérature francophone à l’université Abou El-Kassem Saâdallah
d’Alger 2. Ses travaux portent sur la récriture et l’hybridité générique dans l’écriture de Mustapha Benfodil. Elle a
consacré sa thèse de doctorat aux glissements integénériques entre les romans et les articles de presse de Benfodil.
Entre 2016 et 2022 elle a exercé le métier de journaliste dans la presse francophone nationale.
.
BENSLIMANE Radia est professeure de littérature à l'université d'Alger 2. Ses domaines d'intérêt portent sur la
littérature maghrébine de langue française. Elle a consacré sa thèse de doctorat aux œuvres d'Assia Djebar et de
Rachid Boudjedra sous l'intitulé : " De la pratique intratextuelle à l'émergence du mythe personnel dans les romans
d'Assia Djebar et de Rachid Boudjedra".

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