Le Contentieux Des Contrats D'affaires Résumé
Le Contentieux Des Contrats D'affaires Résumé
Résumé
Sommaire
Introduction
Partie 1 : Analyse des contentieux dans les contrats d'affaires
Chapitre 1 : Les fondements du contrat à la lumière du DOC
Section 1 : L’exécution du contrat
Section 2 : L’engagement de la responsabilité contractuelle
Chapitre 2 : La prévention des différends dans les contrats d’affaires
Section 1 : Techniques contractuelles pour la limitation des risques
Section 2 : Veille et audit juridiques
Partie 2 : La résolution judiciaire et extrajudiciaire des litiges relatifs aux contrats d’affaires
Chapitre 1 : Procédure judiciaire classique
Section 1 : Enjeux et limites des mécanismes judiciaires pour le règlement des contentieux des
affaires
Section 2 : Recommandations pour un règlement efficace
Chapitre 2 : Le recours aux modes alternatifs de règlement de conflit (MARC)
Section 1 : L’arbitrage et la médiation
Section 2 : La conciliation et la négociation
Conclusion
Introduction
Le contrat inonde la vie des hommes en société. Il accompagne les échanges commerciaux.
Outil de gestion, il apparait en effet comme l’instrument essentiel de la vie des affaires.
Support des opérations économiques, il permet de nouer les relations entre les différents
partenaires de l’entreprise.
Le contrat a longtemps été considéré comme juste, car pour la doctrine de l'autonomie de la
volonté, ce que les parties ont voulu est censé correspondre à leur intérêt. Mais aujourd'hui,
le contrat n'est plus seulement la chose des parties. Le contrat est à la fois un instrument
juridique, mais aussi un instrument social qui continue d'incarner l'idée de la liberté et
d'autonomie des relations contractuelles. Ces principes ont toutefois connu depuis plusieurs
années un encadrement avec de multiples interventions de nature législative, jurisprudentielle
et doctrinale qui ont été jugées nécessaire afin de réguler les relations contractuelles en
mettant à la charge des parties au contrat un certain nombre de devoirs contractuels qui
défient notamment les principes de liberté contractuelle et d'autonomie de la volonté qui ont
longtemps gouverné les relations contractuelles.
Dans le monde complexe des affaires, le contrat se présente comme l'outil juridique central
permettant de sécuriser les relations commerciales entre les parties. Le contrat d’affaires
comme tout type de contrat, est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes
destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.
Certes, les contrats d’affaires imprègnent la vie des individus dans leurs relations. Reconnu
juridiquement, le contrat permet de prévenir les litiges et les conflits qui surviennent dans les
relations contractuelles. Engageant les parties l’une envers l’autre, il a valeur d’obligation : nul
ne peut déroger aux termes du contrat auquel il s’est engagé.
Cependant le contrat est souvent sujet à contentieux. Alors que les contrats d'affaires forment
le socle des accords entre les acteurs du monde des affaires, il n'est pas rare que des litiges
émergent, mettant en lumière la complexité des enjeux juridiques et commerciaux. En effet,
la diversité ainsi que la complexité des contrats d’affaires entraine plusieurs conflits. Que ce
soit à cause de l’inexécution, de la mauvaise exécution ou du retard dans l’exécution des
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obligations du contrat, tous sont à l’origine de contentieux entre les parties après avoir
consenti à contracter. Cette sphère du droit se distingue par son rôle crucial dans la résolution
des conflits liés aux obligations contractuelles, qu'il s'agisse de questions financières, de
performances défaillantes, de rupture de contrat, ou d'autres problématiques inhérentes aux
relations commerciales.
Le contentieux des contrats d'affaires constitue un domaine juridique essentiel au cœur des
relations commerciales et des transactions économiques. Cette discipline juridique joue un
rôle central en assurant la justice contractuelle et en fournissant un cadre permettant aux
personnes physiques et morales de vivre dans un environnement légal, fiable et équitable.
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Partie 1 : Analyse des contentieux dans les contrats d'affaires
Chapitre 1 : Les fondements du contrat à la lumière du DOC
En vertu du principe de la force obligatoire des contrats, chaque contractant doit respecter ses
engagements et fournir la prestation promise. Mais, les personnes ne respectent pas leurs
engagements ou mettent du retard dans leur exécution. Il est donc nécessaire de traiter
d’abord l’exécution du contrat (Section1) avant de traiter ensuite l’engagement de la
responsabilité contractuelle (Section2).
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que cette exécution en nature n’est pas toujours possible c’est-à-dire quelle a un domaine
limité.
Aux termes de l’article 261 du DOC, l’obligation de faire se résout en dommages-intérêts en
cas d’inexécution. Dans la mesure du possible, l’exécution des obligations de faire ou de ne
pas faire doit se faire en nature ainsi que les dommages-intérêts ne remplacent pas l’exécution
en nature que dans le cas où celle-ci se heurte à une impossibilité matérielle ou morale.
En ce qui concerne l’obligation de donner, elle est susceptible d’exécution forcée ; par exemple
l’acheteur d’une chose peut contraindre le vendeur à lui livrer cette chose au besoin avec
l’appui de la force publique.
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La responsabilité contractuelle comme la responsabilité délictuelle obéit aux mêmes
conditions. Dans les deux cas, il faut une faute (A), un dommage ou préjudice (B), un lien de
causalité (C).
Le fait générateur désigne la faute contractuelle qui signifie une attitude d'une personne qui
par négligence, imprudence ou malveillance ne respecte pas ses engagements contractuels.
Cette inobservation d'une ou plusieurs obligations engage la responsabilité contractuelle de
son auteur. Il faut donc se rattacher à la démonstration de la faute pour indemniser la victime.
On distingue notamment entre :
Une faute dolosive : qui est commise avec l’intention de nuire à autrui.
Une faute lourde : caractérisée par un comportement d’une extrême gravité
dénotant l’inaptitude du débiteur de l’obligation à l’accomplissement de la
mission contractuelle qu’il avait accepté.
Une faute ordinaire : qui consiste à des fautes d’imprudence ou de négligence.
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Il convient de signaler tout de même que le DOC ne fait pas allusion à la faute. Toutefois,
l’article 268 du DOC dispose qu’il n’y a lieu à aucun dommages-intérêts lorsque le débiteur
justifie que l’inexécution ou le retard proviennent d’une cause qui ne peut lui être imputée
telle que la force majeure, le cas fortuit ou la demeure du créancier. On peut déduire que
l’inexécution de ce qui a été promis constitue une faute.
2. La gravité de la faute
La gravite de la faute est sans aucun lien avec l’importance de la réparation du dommage.
Une faute même légère peut obliger son auteur a de lourdes réparations. Inversement, une
faute lourde et même intentionnelle peut n’entrainer aucun dommage et n’oblige en
conséquence son auteur à aucune réparation.
Ainsi, l’indemnisation de la victime nécessite la démonstration de la faute, cette
démonstration se fait suite à ce qu’il s’agit d’une :
Obligation de résultat : qui consiste pour le débiteur à fournir un résultat précis
cela signifie que le fait de n’avoir pas obtenu le résultat promis constitue une
inexécution.
Obligation de moyen : qui est qualifiée comme une obligation de prudence ou
de diligence, dans cette obligation le débiteur promet au créancier de mettre
en œuvre tous les moyens nécessaires afin que l’objectif visé soit atteint.
B- L’existence d’un dommage ou préjudice :
L’existence d’un dommage est une condition essentielle, sans laquelle il ne y’a pas de
responsabilité contractuelle en appliquant l’adage « pas d’intérêt, pas d’action ». Pourtant le
DOC définit le dommage dans son article 264 qui dispose que : « Les dommages sont la perte
effective que le créancier a éprouvée et le gain dont il a été privé, et qui sont la conséquence
directe de l'inexécution de l’obligation ».
Alors, l’inexécution ou l’exécution tardive, incomplète ou défectueuse de l’obligation
contractuelle n’est source de responsabilité que si le créancier a subi un dommage.
La nature du dommage réparable :
Comme en matière délictuelle, le préjudice peut être matériel ou moral.
Le dommage matériel : il s’agit d’un dommage patrimonial ou pécuniaire. Il peut résulter de
la perte éprouvée ou du gain manque (article 264 du DOC).
La perte éprouvée : entraîne un appauvrissement pour le créancier.
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Le gain manqué : ici, il n’y a pas un appauvrissement mais la victime a raté un
enrichissement qu’elle aurait dû réalisé si le contrat a été correctement exécuté.
Le dommage moral : C’est celui qui résulte de l’atteinte à un droit extrapatrimonial. Il existe
des variétés très différents de dommage moral.
Pour être réparable, le dommage doit être certain, prévisible et personnel. A ces caractères,
il faut ajouter également l'exigence d'un intérêt légitime.
C- Le lien de causalité :
Pour que la responsabilité du débiteur puisse être mise en cause, il faut un lien direct entre
l’inexécution de l'obligation et le dommage.
Tout apparait clair et compréhensible dans le cadre du traitement de l’existence du lien de
causalité, mais le problème se pose notamment dans le cadre de causalité plurale qui signifie
la coexistence de plusieurs causes, la doctrine propose dans ce cas deux théories à savoir :
d’une part, celle relative à l’équivalence des conditions selon laquelle c’est-à-dire que pour le
fait imputé au prétendu responsable soit considéré comme causal, il faut qu’il ait été l’une des
conditions nécessaires pour le dommage ; et d’autre part, la théorie de la causalité adéquate
selon laquelle pour que le débiteur soit responsable, il faut que l’inexécution de l’obligation
soit la cause générique du dommage, donc la réparation doit contenir seulement les
conséquences directes de l’inexécution de son obligation.
La causalité plurale peut mettre en cause la responsabilité de plusieurs débiteurs, dans ce cas
il y aura notamment un partage de responsabilités. La victime dispose donc de l’action en
justice contre les différents débiteurs.
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A- La force majeure
B- La demeure du créancier
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désaccords en évitant les écarts entre les contractants, comme elle participe à la prévention
du contentieux entre eux.
B- L’investigation préalable
L’investigation consiste en une enquête minutieuse et continue sur les partenaires potentiels
de l’entreprise. Elle permet, ainsi, de cibler le contractant, d’écarter ceux qui présenteraient
un risque de contentieux ou du moins de conclure avec eux avec plus de précautions
juridiques. Toutefois, L’investigation est freinée si les informations pertinentes sont couvertes
par des clauses de confidentialité.
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- Le traitement de la base de données
- L’exploitation efficiente des bases de données
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parties, justifie la nécessité d'un cadre formel pour résoudre ces différends. La procédure
judiciaire offre une plateforme où les parties en conflit peuvent présenter leurs arguments,
fournir des preuves et permettre au tribunal de rendre une décision impartiale.
Malgré son rôle crucial dans le maintien de l'ordre juridique et la protection des droits, la
procédure judiciaire fait face à divers défis, limites et complexités (Section 1), nécessitant des
recommandations pour surmonter ces obstacles (Section 2).
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décisions des tribunaux étant susceptibles d'appel, la durée des litiges peut être prolongée,
décourageant ainsi les parties de rechercher une résolution rapide par le biais du système
judiciaire. En raison de la complexité des affaires commerciales, les juges peuvent manquer de
l'expertise nécessaire pour prendre des décisions informées, conduisant potentiellement à des
jugements inappropriés ou mal compris. De plus, la faible flexibilité dans les options de
réparation offertes par les tribunaux peut ne pas suffire à répondre aux besoins spécifiques
des parties, soulignant ainsi que des solutions alternatives, comme la médiation, pourraient
offrir une plus grande flexibilité dans la recherche de solutions.
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Paragraphe 2 : Renforcement de la spécialisation des juridictions en droit des
affaires
La spécialisation des juridictions en droit des affaires constitue un élément crucial pour
améliorer l'efficacité du règlement des litiges commerciaux. Les juges spécialisés, dotés d'une
expertise approfondie en droit des affaires, sont en mesure de traiter les litiges de manière
plus rapide et efficace. Au Maroc, bien que les tribunaux de commerce soient spécialisés dans
les litiges commerciaux, leur nombre et leurs ressources humaines sont actuellement
insuffisants, entraînant des délais de jugement prolongés et des difficultés d'accès à une justice
de qualité pour les entreprises.
Pour renforcer la spécialisation des juridictions en droit des affaires au Maroc, plusieurs
mesures peuvent être mises en œuvre, notamment :
• L'augmentation du nombre de tribunaux de commerce pour réduire la charge de travail
existante.
• Le renforcement des effectifs pour assurer une meilleure qualité des décisions.
• La promotion de la formation continue des juges en droit des affaires pour les maintenir
informés des évolutions juridiques.
Ces mesures contribueraient à améliorer l'efficacité du règlement des litiges commerciaux au
Maroc, favorisant ainsi un environnement des affaires plus attractif.
De plus, la spécialisation des juridictions en droit des affaires apporte des avantages concrets :
• Les juges spécialisés peuvent identifier plus rapidement les points juridiques pertinents
d'un litige. Cela permet de réduire les délais de jugement.
• Les juges spécialisés peuvent mieux comprendre les enjeux économiques d'un litige. Cela
permet de rendre des décisions plus justes et plus équitables.
• Les juges spécialisés peuvent développer des solutions innovantes pour résoudre les litiges.
Cela permet de répondre aux besoins spécifiques des entreprises.
Pour conclure Le recours au juge est toujours possible pour celui qui s'estime lésé, mais la voie
judiciaire suscite des réticences : trop longue, trop chère, trop incertaine, trop ostensible. Les
critiques sont nombreuses …
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C'est la raison pour laquelle les parties au contrat préfèrent tout d'abord de régler leurs conflits
par d’autres modes alternatifs de règlement des conflits.
Paragraphe 1 : L’arbitrage
L'arbitrage commercial peut être défini comme étant un processus alternatif de règlement de
litige, par lequel les parties à un tel différent, acceptent d'en confier la solution à une ou
plusieurs personnes privées nommées "arbitres" choisis par elles plutôt que de s'adresser aux
juges étatiques. En principe toute personne a le droit de recourir à l'arbitrage, sauf si elle est
déclarée incapable de contracter par la loi. En effet, l'arbitrage commercial tire sa légitimité de
la volonté commune des parties qui est exprimée à travers une convention d'arbitrage c'est-à-
dire que le consentement des parties contractantes est la base et la cause d'une procédure
d’arbitrage commercial.
Autrement dit c'est la volonté mutuelle des contractants qui a le pouvoir d'investir l'arbitre de
son pouvoir juridictionnel.
A- La clause compromissoire :
C'est une notion juridique qui revient à une disposition d'un contrat qui oblige les
parties à soumettre tout différents découlant du contrat, à l'arbitrage mieux d'aller devant les
tribunaux. La clause décrit les conditions de processus d'arbitrage, tels que la sélection du
ou des arbitres, les règles et procédures qui s'appliqueront ainsi le lieu d'arbitrage.
En général, la clause compromissoire précise les détails du recours à l'arbitrage et les
modalités de la mise en œuvre, pour éviter qu'en cas de litige une partie récalcitrante cherche
à profiter des insuffisants ou des ambiguïtés pour en échapper ou le retarder donc elle jouit
d'une force obligatoire.
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B- Le compromis d’arbitrage:
Le compromis peut être défini comme étant l'accord mutuel des volontés des deux parties à
un litige déjà né, on rapporte d'un contrat commercial, dont l'une des clauses substantielles a
été transgressée d'une certaine manière.
C'est un accord alors contractuel entre les parties impliquées dans un différend, dans
lequel il convient de soumettre ce dernier à un arbitre au lieu qu’un tribunal judiciaire. Le
compromis d'arbitrage établit les règles dans l'arbitrage et les pouvoirs de l'arbitre, ainsi que
les procédures que les parties doivent suivre pour soumettre leur litige à l'arbitrage.
C- L’arbitre:
L'arbitre est considéré par la loi comme un juge qui est autorisé à juger, la mission de l'arbitre
comporte l'examen de deux prétentions opposées et il peut statuer sur sa propre investiture.
C'est-à-dire que sa mission a un caractère juridictionnel en plus que la sentence arbitrale a
l'autorité de la chose jugée.
À ce titre l'arbitre est obligé d'atteindre plusieurs obligations ; tout d’abord, l’arbitre
a une obligation de révélation de tous éléments qui pourraient toucher son impartialité et son
indépendance, les manquements et les exigences peuvent être sanctionnés par la récusation
de l'arbitre en cause, refus d'exécution ou annulation de la sentence. Ensuite, l'impartialité et
l'équité à l’égard des parties, rendre la sentence dans le délai contractuellement ou légalement
défini.
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Le faible coût : La procédure d’arbitrage est moins coûteuse, elle est économique en partant
du principe (le temps c’est de l’argent), l’arbitrage permet à la société de se concentrer sur
son activité en résolvant les plus rapidement possible tout litige.
Paragraphe 2 : La médiation
La médiation est un mode de règlement alternatif des conflits (MARC) qui consiste à confier à
un tiers neutre, le médiateur, la mission de faciliter la communication et la négociation entre
les parties en conflit afin qu'elles trouvent une solution qui leur soit acceptable.
En effet, la médiation permet aux parties de trouver elles-mêmes une solution qui répond à
leurs besoins et à leurs intérêts. Elle permet également de préserver la relation entre les
parties, ce qui est souvent impossible en cas de procès.
A- Le rôle du médiateur
Le médiateur est un tiers neutre et impartial qui a pour mission de faciliter la communication
et la négociation entre les parties en conflit. Il n'a pas le pouvoir de trancher le différend, mais
il peut aider les parties à trouver une solution qui leur soit acceptable.
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Coût : Elle est généralement moins coûteuse que la justice traditionnelle. En effet, les frais de
médiation sont généralement moins élevés que les frais de justice.
Pérennité : La médiation est généralement plus pérenne que la justice traditionnelle. En effet,
les parties sont libres de trouver une solution qui réponde à leurs besoins et à leurs intérêts,
ce qui permet de prévenir les conflits futurs.
-Limites de la médiation
La première limite de la médiation est celle du « bon vouloir » des parties pour trouver un
arrangement, juste et honorable. Si une des parties ne désire pas « participer », alors la
médiation est vouée à l’échec puisque celle-ci se base sur une volonté commune et libre.
L’accord doit bien sûr respecter la loi.
La suspension de la prescription: La proposition de tenter une médiation formulée par courrier
recommandé, suspend le cours de la prescription de l’action pendant un mois.
La mise en demeure: Cette proposition de médiation envoyée par lettre recommandée est
assimilée à une mise en demeure et fait courir les intérêts moratoires.
Paragraphe 1: La conciliation
La conciliation est un processus de résolution des litiges qui repose sur plusieurs mécanismes
visant à faciliter un accord entre les parties en conflit. Tout d’abord, un tiers neutre et
impartial, appelé conciliateur, est désigné pour faciliter la communication et guider les parties
vers une résolution. Les séances de conciliation commencent généralement par une phase
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d’ouverture, au cours de laquelle le conciliateur énonce les règles du processus et rappelle les
principes de neutralité. Ensuite, les parties ont l’opportunité d’exposer leurs préoccupations
et points de vue. Le conciliateur encourage un dialogue ouvert en utilisant des techniques de
communication efficaces. Si un accord est atteint, il est généralement formalisé par écrit.
Paragraphe 2: La négociation
La négociation est un processus interactif au cours duquel des parties en conflit tentent de
parvenir à un accord mutuellement acceptable. Ce mécanisme de résolution des différends
repose sur la communication, la collaboration et la recherche de compromis. En général, la
négociation implique deux parties ou plus, chacune poursuivant ses propres intérêts, et le but
est d’aboutir à un consensus qui satisfasse les besoins et les préoccupations de toutes les
parties. Les négociations peuvent se dérouler dans divers contextes, qu’il s’agisse de
négociations commerciales, diplomatiques, familiales ou juridiques. Ainsi, il est alors possible
de négocier de façon structurée avec l’assistance d’avocats ou d’un tiers (la médiation).
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A- Négocier avec l’assistance de son avocat
L’avocat se voit désormais adjoindre un rôle de négociateur au travers négociations assistées
par avocats : le droit collaboratif (a) et la convention de procédure participative (b). Le premier
fait de l’avocat un pur négociateur, quand la seconde l’appréhende comme un négociateur
demeurant un potentiel plaideur.
1- Le droit collaboratif
Le droit collaboratif est une négociation dans laquelle les parties et leurs avocats s’engagent
par un contrat à tout mettre en œuvre pour rechercher un règlement amiable du différend. Ce
dernier oblige à négocier de bonne foi et en toute transparence, préalablement à la saisine du
juge, et prohibe tout recours à ce dernier durant les négociations. Ces dernières sont
intégralement confidentielles, et les avocats doivent se désister de l’affaire si elles échouent.
2- La procédure participative
Elle est définie par l’article 2062 du Code civil français comme « une convention par laquelle
les parties à un différend s’engagent à œuvrer conjointement et de bonne foi à la résolution
amiable de leur différend ou à la mise en état de leur litige », elle est conclue pour une durée
limitée et se déroule avec l’assistance obligatoire d’un avocat, elle permet d’organiser une
négociation de bonne foi par l’échange ou la création d’informations (il est notamment prévu
une procédure d’expertise privée) et l’impossibilité de saisir le juge tant que les négociations
sont en cours. A la différence du droit collaboratif, rien n’est toutefois indiqué en termes
d’obligation de formation des avocats ou d’obligation de désistement. Les négociations ne sont
pas, en principe, confidentielles et sont moins éloignées d’une suite contentieuse, puisqu’en
cas d’échec, les parties pourront saisir prioritairement le juge.
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Conclusion
En guise de conclusion, l’examen approfondi des contentieux dans le contexte des contrats
d'affaires souligne la nécessité cruciale d’une gestion proactive et éclairée de ces relations
contractuelles. Le premier volet de notre analyse a scruté les causes sous-jacentes des litiges,
mettant en évidence le non-respect des engagements contractuels et la violation des clauses
contractuelles comme sources fréquentes de désaccords. Dans cette perspective, l’importance
des techniques contractuelles pour limiter les risques et des audits précontractuelles pour
anticiper les potentielles zones de friction a été soulignée. Quant à la résolution des litiges
associés aux contrats d’affaires, la seconde partie de notre étude a examiné tant les recours
judiciaires traditionnels, avec un accent sur la sélection de la juridiction compétente, que les
modes alternatifs de règlement des conflits (MARC). L’arbitrage et la médiation, tout comme
la conciliation et la négociation, ont été étudiés en détail, révélant leur capacité à fournir des
solutions flexibles et adaptées aux spécificités de chaque litige.
En synthèse, il apparaît clairement que la gestion efficace des litiges dans le domaine des
contrats d’affaires requiert une approche équilibrée, alliant prévention et résolution
judicieuse. Le choix entre les recours judiciaires traditionnels et les MARC doit être
soigneusement considéré en fonction de la nature du litige et des objectifs des parties
concernées. En adoptant une perspective stratégique et en intégrant des mécanismes
préventifs, les entreprises peuvent non seulement minimiser les risques de contentieux mais
également cultiver des relations d'affaires stables et fructueuses. Ainsi, une compréhension
approfondie des dynamiques contractuelles et des options de résolution des litiges se révèle
essentielle pour les acteurs évoluant dans le monde des affaires.
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