Dosage de L'hémoglobine Glyquée (HbA1c) - Qiraouani Boucetta Halima
Dosage de L'hémoglobine Glyquée (HbA1c) - Qiraouani Boucetta Halima
Encadré par :
Pr. Khabbal Youssef (CHU- Hassan II FES)
Pr. Sefrioui Samira Professeur à La FST de Fès
- Leur amour
- Leur affection
- Leur précieux conseil
Il se compose de :
Salle de réception.
Salle de prélèvements.
Laboratoire de biochimie/
Pharmacotoxicologie.
Laboratoire d'hématologie.
Laboratoire de bactériologie /
Immunologie.
Laboratoire de parasitologie.
Laboratoire de génétique.
Laboratoire d'anatomie pathologie.
Laboratoire Central d’Analyses Médicales
Mon stage de fin d’étude a été effectué au sein du service de Biochimie, doté de :
Deux Automates, Olympus AU640 et AU400.
Appareils de Centrifugation.
Un appareil d’électrophorèse SEBIA.
Une Chromatographie liquide haute performance (CLHP), l’analyseur
D-10® de Bio-Rad.
D- Résultats......................................................................................................... 15
I. Répartition des patients selon le type du diabète .................................................................... 15
II. Donnés sociodémographiques et anthropométriques (voir Annexes) ..................................... 15
1. Le sexe ................................................................................................................................... 15
2. L’âge ...................................................................................................................................... 16
3. Milieu de vie .......................................................................................................................... 16
4. Niveau d'éducation................................................................................................................ 17
5. Tabagisme.............................................................................................................................. 17
6. Poids et Taille ........................................................................................................................ 18
7. Indice de masse corporel (IMC)............................................................................................. 18
III. Donnés Cliniques (voir Annexes) ........................................................................................... 19
1. Hérédité diabétique .............................................................................................................. 19
2. Complications du diabète ...................................................................................................... 19
3. Traitement ............................................................................................................................. 20
IV. Surveillance du diabète ......................................................................................................... 21
1. Dosage de l’HbA1c................................................................................................................. 21
2. Le lien de l’HbA1c avec les complications du diabète ........................................................... 21
E- Discussion ....................................................................................................... 22
F- Conclusion ...................................................................................................... 24
G- Références bibliographiques ........................................................................... 25
Annexes ................................................................................................................ 28
Liste des abréviations
Hb : Hémoglobine
EPO : érythropoïétine
Figure 3. Relation entre le taux d’HbA1c et l’eGM des trois derniers mois ............................. 7
Figure 13. Répartition des patients selon les complications diabétiques ................................ 19
A- Introduction
Le traitement du diabète exige le maintien à long terme d’un taux de glucose sanguin aussi
proche que possible du taux normal afin de limiter les risques de complications vasculaires à
long terme [2 ; 3]. Une simple mesure de la glycémie à jeun donne des indications sur le passé
immédiat de l’état d’un patient (les quelques heures précédentes), mais ne fournit pas
nécessairement un aperçu réel de la régulation glycémique du patient [4 ; 5].
Le dosage de l’HbA1c tous les deux à trois mois a été reconnu comme méthode de
mesure du contrôle glycémique dans le soin et le traitement des patients atteints de diabète
sucré. De ce fait, des efforts considérables ont été faits depuis des décennies pour améliorer et
standardiser ce dosage notamment par plusieurs sociétés savantes internationales.
Grâce aux études menées par le groupe de DCCT [6], l’UKPDS [7] et l’IFCC [8], le
dosage de l’HbA1c bénéficie actuellement d’une vingtaine de techniques différentes
disponibles sur le marché [9]. Malgré cette diversité, la détermination de l’HbA1c par les
techniques de CLHP reste la méthode de référence.
1
Synthèse bibliographique
B- Synthèse bibliographique
a. Définition
L’Hb est la protéine des globules rouges, relativement complexe, centré autour d’un
atome de fer [10]. Elle est composée de quatre chaînes protéiques contenant chacune un hème
et constitue le pigment rouge qui donne aux érythrocytes leur coloration. La production d’Hb
se fait dans les jeunes globules rouges [10], au niveau de la moelle osseuse. Sa synthèse est
stimulée par une hormone appelée érythropoïétine ―EPO― (synthétisée par les reins).
Grâce au fer, l’Hb capte l’oxygène au niveau pulmonaire et le libère dans les organes. En
retour le CO2 est transporté aux poumons pour être éliminé par la respiration.
Hb fœtale : On nomme ainsi l'Hb dans chaque globule rouge du fœtus et juste après la
naissance. Elle est composée de 2 chaînes alpha et de 2 chaînes gamma. L'Hb du fœtus
présente une particularité: il s'agit de sa grande affinité pour l'oxygène, plus forte que
celle de l'Hb de l'adulte. En effet, l'oxygène du fœtus est aspiré préférentiellement par
l'Hb fœtale aux dépens du sang de la mère à travers le placenta.
Hb de l'adulte : L'HbA1 correspond à 98 % du total de l'Hb de l'adulte. Elle est
constituée de 2 chaînes alpha et de 2 chaînes bêta. L'HbA2 correspond à 2 % du total
de l'Hb de l'adulte. Elle est constituée de 2 chaînes alpha et de 2 chaînes delta. C'est
l'électrophorèse qui permet de différencier ces deux types d'Hb.
Hb glycosylée : C'est une variété d'Hb sur laquelle s'est fixée une molécule de glucose.
L'HbA1c représente normalement moins de 5 % de l'Hb de l'organisme. Sa
concentration est dépendante de la glycémie (taux de glucose dans le sang). Son
dosage permet de surveiller efficacement un traitement à long terme chez un
diabétique.
a. Définition de l’HbA1c
L'Hb glyquée correspond à l'ensemble des molécules d'Hb modifiées par fixation non
enzymatique d'oses et principalement de glucose sur les fonctions aminées de la globine [12].
L’Hb glyquée est le témoin de la moyenne des glycémies des 3 derniers mois, c’est le
paramètre le plus important pour connaître le degré d'équilibre, dans le diabète de type 1 ou
de type 2.
Son résultat est exprimé en pourcentage de l'Hb totale. Son dosage est indispensable
tous les 3 mois.
2
Synthèse bibliographique
b. Formation de l’HbA1c
La glycation est un phénomène physiologique lent dont la première étape réversible
correspond à la formation d’une base de Schiff ou Hb glyquée labile. Le nombre de fonctions
susceptibles de fixer un ose et le fait que d’autres oses que le glucose peuvent se fixer
génèrent une multitude de formes glyquées de l’Hb.
HbA1c
Les autres sites de glycation correspondent aux lysines non terminales des chaînes α et ß
et à la valine N terminale de la chaîne α (Figure 2). La glycation sur l’extrémité N-terminale
modifie significativement les propriétés physicochimiques de la molécule et conduit à la
formation d’Hb dites rapides dont l’élution est plus précoce en chromatographie d’échange
cationique faible que celle de l’HbA non modifiée ou HbA0. Ces fractions rapides sont
appelées HbA1 et ont été désignées, en fonction de leur ordre d’élution, par une lettre
minuscule (HbA1a, A1b et HbA1c). La molécule fixée par ces Hb est le glucose pour
l’HbA1c (4-6 % de l’Hb totale), le pyruvate pour l’HbA1b (0,8 % de l’Hb totale) et le
fructose 1-6 diphosphate ou le glucose 6 phosphate pour l’HbA1a (0,5 % de l’Hb totale).
L’HbA1c est elle-même hétérogène et la forme la plus répandue est celle où une seule chaîne
ß a fixé du glucose sur son extrémité N-terminale [14].
3
Synthèse bibliographique
a. Définition
Le diabète est une maladie chronique qui apparaît lorsque le pancréas ne produit pas
suffisamment d’insuline ou que l’organisme n’utilise pas correctement l’insuline qu’il produit.
L’insuline est une hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang.
L’hyperglycémie, ou concentration sanguine élevée de sucre, est un effet fréquent du
diabète non contrôlé qui conduit avec le temps à des atteintes graves de nombreux systèmes
organiques et plus particulièrement des nerfs et des vaisseaux sanguins.
b. Type de diabète
Diabète de type 1
Diabète de type 2
4
Synthèse bibliographique
c. Conséquences habituelles du diabète
Avec le temps, le diabète peut endommager le cœur, les vaisseaux sanguins, les
yeux, les reins et les nerfs :
Le diabète augmente le risque de cardiopathie et d’accident vasculaire cérébral. Selon une
étude conduite dans plusieurs pays, 50% des diabétiques meurent d’une maladie cardio-
vasculaire (principalement cardiopathie et accident vasculaire cérébral).
Associée à une diminution du débit sanguin, la neuropathie qui touche les pieds augmente
la probabilité d’apparition d’ulcères des pieds, d’infection et, au bout du compte,
d’amputation des membres.
La rétinopathie diabétique est une cause importante de cécité et survient par suite des
lésions des petits vaisseaux sanguins de la rétine qui s’accumulent avec le temps. Un pour
cent de la cécité dans le monde peut être attribuée au diabète.
Le diabète figure parmi les principales causes d’insuffisance rénale.
Deux études épidémiologiques à grande échelle ont établi la relation entre la valeur de
L’HbA1c et les complications dégénératives du diabète:
L’étude DCCT [19] a été réalisée aux Etats Unis de 1983 à 1993 et a inclus 1441
diabétiques de type 1 âgés de 13 à 39 ans. La population a été répartie en deux groupes. Au
sein de chacun de ces deux groupes : la moitié des diabétiques a été traitée avec un traitement
conventionnel (une ou deux injections d’insuline) et l'autre moitié a été traitée avec un
traitement intensif (au moins trois injections par jour ou pompe à insuline). Chez les patients
ayant reçu le traitement conventionnel, l’HbA1c moyenne était de 8,9%, et de 7,1% pour ceux
ayant reçu le traitement intensif. Les résultats obtenus ont montré que le traitement intensif a
permis une réduction intense des complications dégénératives du diabète ainsi qu’une
augmentation du risque d’hypoglycémie chez ce groupe. Ces résultats montrent que la valeur
d’HbA1c est corrélée au risque d’apparition des complications.
L'étude UKPDS [20] a débuté en 1977 et son objectif principal était de vérifier si un
meilleur contrôle du diabète permettait de prévenir les complications du diabète. Les résultats
de cette étude ont été rendus publics en 1998. Ils montrent qu’une réduction de 1% de l'Hb
glyquée s'accompagne d'une diminution de 30 % du risque relatif de développer des
complications, de 18 % du risque d'infarctus et de 25 % du risque de mortalité lié au diabète.
Au cours de ces deux études, des seuils thérapeutiques décisionnels ont été établis :
5
Synthèse bibliographique
3. Les recommandations concernant le suivi du diabète par l’HbA1c
6
Synthèse bibliographique
2. Relation entre le dosage de l’HbA1c et la glycémie moyenne
L’aspect d’éducation du patient est extrêmement important dans le suivi des maladies
chroniques, et tout particulièrement dans le cadre du diabète où celui-ci est amené à contrôler
régulièrement sa glycémie pour ajuster sa prise alimentaire, son activité et parfois ses
injections d’insuline. Le fait que la glycémie moyenne soit mesurée par le médecin en
analysant une forme particulière d’Hb, de plus exprimée en pourcentage, est clairement
source de confusion pour le patient selon de nombreux professionnels. Si le contrôle
métabolique évalué par le médecin pouvait être rapporté en termes de glycémie moyenne
plutôt qu’en pourcents d’HbA1c, et dans les mêmes unités que les glycémies ponctuelles
mesurées par le patient lui même, la compréhension en serait largement facilitée.
Plusieurs tentatives d’établir la relation existante entre la glycémie moyenne sur une
période de 5 à 12 semaines et les valeurs d’HbA1c ont vu le jour très tôt (par exemple [25-
26]), mais ces études sont restées peu convaincantes à cause du nombre assez limité de
patients et de mesures de glycémie par individu. C’est dans ce contexte qu’une étude
multicentrique internationale a été menée entre avril 2006 et août 2007 afin d’établir de façon
précise la relation existant entre la valeur d’HbA1c et la glycémie moyenne au cours des trois
mois précédents [27].
L’étude ―ADAG‖ [27] a déterminé le rapport mathématique entre l’HbA1c et la
glycémie moyenne à travers une régression linéaire (Figure 3). La formule mathématique qui
permet d’estimer la moyenne glycémique à partir de la valeur de l’HbA1c est la suivante :
Figure 3. Relation entre le taux d’HbA1c et l’eGM des trois derniers mois. La relation
résulte de la régression linéaire effectuée sur les données enregistrées pendant une
période de trois mois chez 507 individus, diabétiques et non diabétiques [27].
7
Synthèse bibliographique
3. Techniques de dosage de l’HbA1c
CLHP : la séparation est améliorée et l’automatisation est quasi complète mais cette
méthode nécessite un lourd investissement en matériel.
CLBP : cette méthode est plus facile à utiliser et moins coûteuse que les systèmes
CLHP.
Ces méthodes sont très sensibles aux conditions techniques (température, pH, dilution
de l’échantillon, force ionique, taille de la colonne).
L’HbA1c est évaluée de façon spécifique par rapport aux autres Hb rapides et à l’HbA0
: un calcul de l’aire des pics d’élution permet d’effectuer un rapport. Les techniques
automatisées par CLHP ou CLBP fournissent un diagramme d’élution 23 contrairement à la
chromatographie sur micro colonnes. Cela permet la mise en évidence d’une mauvaise
séparation éventuelle ou de détecter la présence d’une Hb anormale.
8
Synthèse bibliographique
-Electrophorèse : elle est réalisée le plus souvent en gel d’agarose et la quantification des
fractions est densitométrique. C’est une technique simple qui permet de doser plusieurs
échantillons à la fois. Le principal problème de cette technique est la reproductibilité. En effet,
les résultats obtenus dépendent de la rigueur de la réalisation et de la qualité des équipements
utilisés. Ce type de technique permet la mise en évidence de la plupart des Hb anormales,
mais elle ne permet pas celle des Hb modifiées comme les Hb carbamylées.
-Méthodes immunologiques : Les anticorps monoclonaux ou polyclonaux utilisés dans ces
méthodes reconnaissent le peptide N-terminal des chaînes β modifiées par la fixation de
glucose. Ces techniques ont une très bonne spécificité. Les principales interférences sont la
présence de variants de l’Hb, d’Hb anormale ou d’HbF.
9
Synthèse bibliographique
La conversion des valeurs IFCC en valeurs DCCT/NGSP est réalisée avec l’équation
IFCC suivante :
NGSP (%)=0,0915 (IFCC mmol/mol) + 2,15M
a. Variations physiopathologiques :
Lorsque la durée de vie du globule rouge est inférieure à 120 jours, la glycation ayant
lieu au cours de toute la vie du globule rouge dès les stades érythropoïétiques (phénomène
cumulatif), celle-ci se fera sur une plus courte durée donc l’HbA1c sera diminuée. Toute
situation d’hémolyse (auto-immune, mécanique, toxique, médicamenteuse), toute hémorragie
ou spoliation sanguine importante entraîne par conséquent une diminution du taux d’HbA1c.
De même, une transfusion récente ou la prise de traitement stimulant l’érythropoïèse
rajeunit la population de globule rouge et entraîne une diminution de l’HbA1c. Un
allongement de la durée de vie des globules rouges (splénectomie) augmente l’HbA1c. Ces
situations peuvent fausser le dosage quelque soit la méthode employée.
Voici quelques exemples de patients pour lesquels une vigilance sera requise lors de
l’interprétation du résultat d’HbA1c :
- Chez la femme enceinte : Au premier trimestre, les valeurs d’HbA1c ont tendance à
être plus basses, ce qui peut être expliqué par l’hémodilution et une plus faible valeur
de glycémie à jeun (phase d’anabolisme pour le développement foetal avec
augmentation de l’insulinémie et de l’insulinosensibilité). Au deuxième et troisième
trimestre, les valeurs d’HbA1c sont plus élevées.
- Chez le patient insuffisant rénal : Cette situation est fréquente chez le patient
diabétique (néphropathie diabétique). Trois situations peuvent avoir une influence sur
la valeur de l’HbA1c :
La durée de vie du globule rouge est réduite en cas d’hémodialyse.
La prise d’un traitement par l’EPO provoque un rajeunissement de la
population érythrocytaire.
Dans ces deux situations, la valeur de l’HbA1c sera sous-estimée.
La présence d’une Hb carbamylée (fixation de cyanate en position
amino-terminale des chaînes et de l’Hb) peut surestimer le résultat.
10
Synthèse bibliographique
- Chez les patients ayant une pathologie hépatique :
En cas de cirrhose : une hémolyse, une augmentation de la séquestration splénique
des globules rouges ou encore une modification de l’érythropoïèse peuvent modifier
la durée de vie des globules rouges.
En cas d’hépatite C, les résultats d’HbA1c peuvent être sous estimés chez les patients
traités par ribavirine qui peut provoquer une anémie régénérative.
Toute interprétation du dosage doit être prudente dans ces situations, il peut être utile
d’utiliser le dosage des fructosamines (protéines circulantes ayant subies un réarrangement
d’Amadori dû à la glycation).
11
Matériel et Méthodes
C- Matériel et Méthodes
I. Population étudiée
Critères d’exclusion :
Diabétiques gestationnels
Malades non hospitalisés
Les données ont été recueillies à partir des dossiers des patients du service
d’endocrinologie de diabétologie, de maladies métaboliques et nutrition.
Des prélèvements de sang veineux effectués sur des tubes EDTA ont été requis. Ces
derniers ont été réalisés le matin, à jeûne ou après le petit déjeuné. (Figure 4)
12
Matériel et Méthodes
2. Mode opératoire
Le dosage de l’HbA1c a été réalisé en utilisant l’analyseur D-10® de Bio-Rad, selon les étapes
suivantes:
Les tubes d’échantillons sont placés dans le portoir à échantillons du D-10 puis mis dans le
système D-10.
Le passeur d’échantillons permet le chargement en continu et le stockage après
analyse des échantillons autorisant une capacité de chargement de 10 tubes par série.
Le travail en routine se fait sur tubes primaires fermés identifiés, l’échantillon étant
prélevé directement après percement du bouchon par l’aiguille de prélèvement évitant
ainsi tout risque d’accident avec exposition au sang.
13
Matériel et Méthodes
Le logiciel D-10 intègre les données brutes recueillies lors de chaque analyse.
Un compte rendu d’analyse et un chromatogramme sont générés pour chaque
échantillon. Il comporte les informations suivantes : date et heure du dosage,
identification de l’échantillon (calibrant, contrôle, patient), identification de l’injection
(numéro de la série, numéro de l’injection, position de l’échantillon sur le rack), le
chromatogramme et le taux de l’HbA1c en %.
Les résultats d’HbA1c sont présentés en pourcentage (100 × HbA1c / Hb totale)
Les données ont été saisies sur Excel et toutes les analyses ont été réalisées avec le
logiciel SPSS (Statistical Package for Social Science) version 17.0.
Les résultats ont été exprimés par « moyenne ± écart type » pour les variables continues
et par « pourcentage» pour les variables discontinues.
14
Résultats
D- Résultats
Il s’agit d’une étude prospective portant sur 84 patients diabétiques, dont 36 (43%)
d’entre eux étaient diabétiques de type 1 et 48 (57%) diabétiques de type 2. (Figure 5)
1. Le sexe
La population cible présente un sex-ratio (H/F) de 0,95, dont les femmes (58,33%)
représentent le pourcentage le plus important chez les patients diabétique de type 2 et les
hommes (58,33) chez les diabétiques de type 1. (Figure 6)
L’âge des patients est compris entre 9 et 78 ans avec une médiane de 48 ans et interquartiles
de [23 ; 61,5]. La classe d’âge des jeune (< 25 ans) était la plus nombreuse chez les
diabétiques de type 1 (66,67%) et celle >45ans chez les diabétique de type 2 (87,5%).
(Figure 7)
3. Milieu de vie
Quant à l’origine géographique, La majorité des patients résidaient en milieu urbain soit
85,7% de l’ensemble de la population d’étude. (Figure 8)
L’effectif global a été essentiellement constitué de non fumeurs. Ils représentaient 78,57% de
la population totale (88,89% chez les diabétiques de type 1 et 70,83% chez les diabétiques de
type 2), alors que les fumeurs n’en représentaient que 21,43% (11,11% chez les diabétiques
de type 1 et 29,17% chez les diabétiques de type 2). (Figure 10)
Dans cette étude, l’indice de masse corporelle (basé sur le rapport poids/ (taille) ²) de la
population étudiée était d’une moyenne de 25,59± 6,28 kg/m². Parmi les sujets de l’étude,
91,67% des patients diabétiques de type 1 ayant un IMC< 25 kg/m², tandis que le pourcentage
le plus important a été observé chez les diabétiques de type 2 ayant un IMC> 30kg/m²
(41,67%). (Figure 11)
18
Résultats
1. Hérédité diabétique
Dans l’échantillon de l’étude 53 individus soit 63,1% des diabétiques ont rapporté une notion
de diabète familiale. (Figure 12)
2. Complications du diabète
Les complications dégénératives du diabète étaient présentes chez 58,33% des patients de la
population totale et absentes chez le reste des patients (41,67%). (Figure 13)
Tous les patients diabétiques sont traités par une thérapie médicamenteuse. Les patients sont
traités soit :
par l’insuline (66,66%),
par association d’insuline et d’ADO (16,67%),
par ADO (16,67%).
La majorité des patients diabétiques de type 1 ont été traités par l’insuline (94,44%) et par
l’ADO, l’ADO+Insuline pour les diabétique de type 2. (Figure 14)
20
Résultats
1. Dosage de l’HbA1c
79% des patients (66 parmi 84) présentent une HbA1c > à 8%. (Figure 15)
HbA1c (%) p
Oui 11,05±2,55
Complications < 0,001
diabétiques Non 8,7±1,9
21
Discussion
E- Discussion
Il s’agit d’une étude prospective portant sur 84 patients. L’intérêt de notre étude était de
déterminer l’intérêt du dosage de l’HbA1c dans la surveillance du diabète.
La répartition des sexes dans notre population est homogène puisque nous avons 43
femmes et 41 hommes.
Dans notre étude, les diabétiques de type 2 étaient beaucoup plus nombreux que ceux de
type 1. En effet, 57% de nos patients présentaient un diabète de type 2. Et cette répartition qui
montre une nette prédominance du diabète de type 2, est bien conforme aux proportions
habituellement observées dans la population générale qui placent le taux de prévalence du
diabète de type 2 à plus de 90% de l’ensemble des diabétiques dans le monde [39].
Concernant l’âge des sujets, l’âge médian des patients est de 48 ans, la classe d’âge des
jeunes (< 25 ans) était la plus prépondérante chez les patients diabétiques de type 1 (66,67%)
et celle >45ans chez les diabétique de type 2 (87,5%), ce qui congruente au donnés classique
de la maladie [2 ; 15].
Les patients résidant dans le milieu urbain représentent le pourcentage le plus important
(85,7%) par rapport à ceux résidant dans le milieu rural (14,3%), cela peut être dû à leur
proximité de l’hôpital par contre les gens résidant en milieu rural croient encore à la médecine
traditionnelle.
Les patients non scolarisés représentent l’effectif majoritaire chez les diabétiques de type
2 (21 patients) par rapport au diabétiques de type 1 (1 patient), les nivaux primaires,
secondaires et supérieurs représentent le reste de l’effectif.
Un indice de masse corporelle (IMC) > 30 kg/m² est présent chez 41,67% des
diabétiques de type 2 tandis que 91,67% des diabétiques de type 1 avaient un IMC < 25
kg/m². L’association épidémiologique entre obésité et diabète de type 2 a été confirmée d’une
part par des études longitudinales qui ont montré que le risque de développer un diabète de
type 2 augmentait de manière quasi exponentielle avec l’IMC et d’autre part par la
démonstration d’une fréquence accrue de diabète de type 2 au sein de populations à forte
prévalence d’obésité. L’augmentation du risque de développer un diabète de type 2 est
significative même en présence d’une prise de poids modeste [40].
L’analyse de ce paramètre a permis de retrouver la notion classiquement connue de la
prédominance de l’obésité dans le diabète de type 2, anciennement nommé diabète gras
comparativement au diabète de type 1 ou diabète maigre.
22
Discussion
Quant à l'hérédité du diabète, son importance paraît marquée dans notre série avec un
pourcentage de 63,89 % des patients diabétiques de type 1 et de 62,5 % pour les diabétiques
de type 2 ce qui concorde aux donnés classiques de la maladie [2].
Tous les patients diabétiques sont traités par une thérapie médicamenteuse.
Chez les diabétiques de type 1, le traitement des patients par l’insuline représente le
pourcentage le plus prépondérant de 94,44% suivi des patients traités par l’ADO et
l’association « l’ADO+INSULINE ».
Chez les diabétiques de type 2, le traitement des patients par l’ADO et l’association
« l’ADO+INSULINE » représentent le pourcentage le plus prépondérant de 54,16% suivi des
patients traités par l’insuline.
L'analyse de nos résultats montre que 58,33% de nos patients ont présenté des
complications, dont les patients diabétiques de type 2 représentent le pourcentage le plus
important (75%) par rapport au patient diabétiques de type 1 (25%) ce qui concorde aux
données habituelles du diabète.
Dans notre études, les patients présentant des valeurs d’HbA1c > à 8% représentent le
pourcentage le plus important (79%) par rapport à ceux ayant des valeurs < à 8%.
La détermination du taux de l’HbA1c est aujourd'hui très largement utilisée pour apprécier le
degré du contrôle glycémique des patients diabétiques [41].
Dans notre étude les résultats de la comparaison de l’HbA1c a montré que les patients
présentant des complications dégénératives du diabète ayant une valeur d’HbA1c plus
importante par rapport à ceux qui ne les présentent pas d’une manière statistiquement
significative.
Ce résultat concorde avec l'étude UKPDS qui a clairement démontré qu'un meilleur
contrôle glycémique du diabète, attesté par une diminution du taux de l’HbA1c, était associé à
une diminution hautement significative des complications dégénératives du diabète [32, 33].
Mais si l'un de ces deux paramètres (Une durée de vie normale des hématies (120 jours)
et Une synthèse normale de l'Hb (97 à 99 % d'HbA) est modifié, l'interprétation du dosage
d'HbA1c devient délicate, voire impossible.
Donc il convient de rester prudent dans l'interprétation des résultats d'HbA1c chez ces
patients, et de ne pas négliger les autres moyens d'évaluation de l'équilibre glycémique
(glycémies instantanées, dosage des fructosamines) [42].
23
Conclusion
F- Conclusion
Ce bio marqueur peut bien être recommandé comme un critère objectif dans le
diagnostic du diabète sucré ainsi que du pré-diabète, néanmoins les avis d’experts restent
encore controversés et les critères diagnostics de l’OMS restent d’actualité.
Par ailleurs, l’HbA1c demeure un paramètre pertinent dans le suivi des patients
diabétiques et corrèle bien avec le risque de complication dégénérative du diabète.
Mais il convient de rester prudent dans l'interprétation des résultats d'HbA1c chez ces
patients, et de ne pas négliger les autres moyens d'évaluation de l'équilibre glycémique
(glycémies instantanées, dosage des fructosamines).
24
Références bibliographiques
G- Références bibliographiques
25
Références bibliographiques
22- HAS. Guide affection de longue durée : la prise en charge de votre maladie, le diabète
de type 2. Octobre 2006.
23- E Lenters-Westra, RK Schindhelm, HJ Bilo, RJ Slingerland. Haemoglobin A1c:
historical overview and current concepts. Diabetes Clin Res Pract. 2013; 99 :75—84.
24- ML Larsen, M Horder, EF Mogensen. Effect of long-term monitoring of glycosylated
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25- RJ Koenig, CM Peterson, RL Jones, C Saudek, M Lehrman, A Cerami. Correlation of
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:417-20.
26- PA Svendsen, T Lauritzen, U Soegaard, J Nerup. Glycosylated haemoglobin and
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27
Annexes
Annexe 1
(Exemples de chromatogrammes obtenus avec la méthode D-10® HbA1c)
28
Annexes
29
Annexes
Annexe 2
(Donnés sociodémographiques et anthropométriques)
30
Annexes
Annexe 3
(Donnés cliniques)
Tableau.2 : Répartition des patients diabétiques selon les variables clinique et selon le type du
diabète.
31