QUELLES POLITIQUES ECONOMIQUES DANS LE CADRE EUROPEEN ?
PLAN
I/L’INTEGRATION ECONOMIQUE EUROPEENNE
1/ Les principales caractéristiques de cette intégration
2/ Les effets du marché unique sur cette croissance
II/ LA POLITIQUE EUROPEENNE DE LA CONCURRENCE
1/ Objectifs
2/ Modalités
3/ Limites
III/ LES POLITIQUES ECONOMIQUES DANS LA ZONE EURO
1/ La politique monétaire
2/ La politique budgétaire
3/ Les défis posés par ce policy mix
a/ Défauts de coordination
b/ Chocs asymétriques
LEXIQUE
Intégration économique : développent des interdépendances entre des pays, par le
développement des échanges et la mise en œuvre de politiques communes ou harmonisées
Marche unique : espace sans frontières dans lequel les marchandises, les services, les
capitaux e les citoyens circulent librement
Zone euro : ensemble constitué par les 19 pays de l’UE qui ont adopté l’euro comme
monnaie nationale
Politique de concurrence : ensemble des objectifs, des instruments et des décisions prises
par une autorité publique de régulation pour encadrer et favoriser la concurrence sur les
marches (voir commission européenne)
Les politiques économiques font référence à l’intervention des institutions afin d’orienter
l’activité économique dans un sens jugé souhaitable. Elles peuvent être de court terme - on
parle alors de politiques conjoncturelles - ou de long terme - on parle alors de politiques
structurelles.
Ces politiques monétaires dites conventionnelles sont discrétionnaires car elles évoluent
en fonction de la conjoncture.
Les politiques monétaires dites « non conventionnelles ». Il s’agit par exemple du
guidage des anticipations (« forward guidance »), et de l’achat massif de titres
(assouplissement quantitatif : « Quantitative Easing »). Le guidage des anticipations
consiste, pour une Banque centrale, à annoncer en avance les orientations de ses
futures décisions quant à la fixation des taux d’intérêt directeurs. Ce guidage des
anticipations crée un effet de signal qui permet à la politique monétaire d’avoir un impact
avant d’être effectivement conduite. L’assouplissement quantitatif consiste pour une Banque
centrale à intervenir de façon massive, généralisée et prolongée, sur les marchés
secondaires en achetant massivement des actifs financiers aux banques de second
rang. Ces actifs sont principalement des obligations émises par les États de la zone euro.
Ces achats augmentent la quantité de monnaie en circulation et font baisser les taux
d’intérêt, agissant ainsi contre le ralentissement de la croissance et aussi contre le risque de
déflation.
Règles du PSC : ces contraintes s’imposent car il faut garantir une cohérence entre la
politique monétaire unique menée par la BCE et les politiques budgétaires nationales. En
effet, le risque est de voir des pays se comporter en passager clandestin dans la mise en
œuvre de leurs politiques budgétaires : opter par exemple pour un déficit budgétaire
important pour relancer son économie alors que les effets pervers en termes de
risque inflationniste et d’augmentation des taux d’intérêt seront en partie supportés
par l’ensemble des pays de l’Union.
La politique monétaire désigne l’ensemble des décisions et des actions visant à agir sur la
situation économique par l’intermédiaire du taux d’intérêt (prix du crédit) et / ou de la quantité
de monnaie en circulation. Elle est un instrument effectif de l’atteinte d’objectifs d’inflation ou
de croissance économique permettant de stabiliser la conjoncture.
La politique budgétaire vise à agir sur la conjoncture économique via ses effets sur la
demande globale. Pour cela, les autorités budgétaires utilisent le budget, pour intervenir :
soit par les dépenses publiques, soit par les recettes fiscales ou par le solde budgétaire
Choc asymétrique : un événement ayant un impact seulement dans un ou quelques pays,
ou avec une intensité différente selon les pays, pose des problèmes d’ajustements
importants.
L’indépendance des banques centrales repose sur les modalités suivantes : mandats très
longs des banquiers centraux sans possibilité de révocation sauf pour faute grave, pressions
politiques interdites et disposition d’un budget de fonctionnement indépendant. Elle constitue
le premier principe directeur de l’action de la Banque centrale européenne énoncé à l’article
130 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
APPORT EDUSCOL : RETOUR SUR L’OA IV (correspond au III du plan) /Savoir que la
politique monétaire dans la zone euro, conduite de façon indépendante par la Banque
centrale européenne, est unique alors que la politique budgétaire est du ressort de chaque
pays membre mais contrainte par les traités européens ; comprendre les difficultés
soulevées par cette situation (défaut de coordination, chocs asymétriques).
CDF :
A. L’articulation des politiques budgétaire et monétaire dans le cadre européen…
Dans des pays interdépendants, en raison notamment d’un commerce intra-zone
développé comme cela est le cas en Europe, une relance budgétaire pratiquée par un
pays peut induire des tensions inflationnistes sur l’ensemble des marchés des biens et
services de l’Union économique et monétaire en raison d’une hausse de la demande. La
Banque centrale européenne serait alors incitée d’augmenter ses taux d’intérêt (pour
stabiliser les prix), ce qui pénaliserait potentiellement l’activité de tous les pays de la zone
euro, via le canal du crédit de la politique monétaire par exemple. La montée des taux
d’intérêt pourrait de plus entraîner un afflux de capitaux étrangers, faisant ainsi
s’apprécier l’euro (sa valeur exprimée en monnaie étrangère augmenterait puisqu’il serait
plus demandé par des investisseurs non-résidents pour acheter des titres libellés en euros),
ce qui poserait potentiellement un certain nombre de problèmes comme la baisse de la
compétitivité-prix des exportations européennes à terme. Enfin, un pays qui perdrait
sa solvabilité budgétaire à la suite d’un déficit excessif, entraînant des difficultés à
trouver des agents souhaitant financer sa dette, pourrait amener les autres pays de
l’Union économique et monétaire à le soutenir puisque la Banque centrale européenne
ne peut acheter sur le marché primaire de la dette des pays membres (c’est-à-dire financer
directement le déficit public). Ce soutien est nécessaire si le coût pour tous les membres des
conséquences du défaut sur la dette ou de la sortie de la zone euro d’un pays sont
supérieurs au coût d’un renflouement par des prêts d’assistance financière ; c’est ce qui
explique pourquoi la Grèce a été aidée au début des années 2010.
B. …soulève certaines difficultés
-Le partage des compétences en matière de politiques conjoncturelles tel qu’il existe
aujourd’hui rend aussi difficile la gestion de chocs asymétriques en l’absence de
coordination. Ceux-ci désignent un évènement ayant un impact macroéconomique
seulement sur un pays ou avec une intensité différente selon les pays. Ils peuvent prendre la
forme par exemple d’une variation de la demande dans un secteur dans lequel un pays est
spécialisé (baisse du nombre de touristes liée à la pandémie) ou d’un évènement politique
(arrivée au pouvoir d’un parti qui génère de l’inquiétude sur les marchés financiers par
exemple) ou social (arrivée massive de travailleurs immigrés). Lorsqu’une économie est
victime par exemple d’un choc de demande négatif, sa conjoncture se dégrade (la
croissance de son PIB réel ralentit et le chômage augmente). Elle a donc besoin d’une
politique conjoncturelle appropriée pour stabiliser son activité : dans ce cas précis, une
politique monétaire et / ou budgétaire de relance. Comme la politique monétaire est unique,
elle ne peut s’adapter à la conjoncture d’un seul Etat membre alors que celle des autres est
différente. La politique budgétaire du pays concerné par le choc négatif devrait alors être
mobilisée librement pour le compenser. Le problème qui se pose alors est que les
autorités européennes ont fait un choix différent en instaurant des règles qui limitent
de fait les politiques budgétaires discrétionnaires et les stabilisateurs automatiques et
tend à les harmoniser. Les règles limitant le recours au déficit public entrent en
contradiction avec le besoin accru de stabilisation au niveau national dans une union
économique et monétaire
-La politique monétaire unique et les contraintes qui pèsent sur les politiques budgétaires ont
montré leurs limites face aux crises de 2007 et 2010 qui ont successivement affecté les pays
de la zone euro. Ces crises ont mis en évidence l’absence de mécanismes pour gérer ex-
post des chocs asymétriques et la difficulté des pays à coordonner les politiques budgétaires
et la politique monétaire. Dans la zone euro, un choc asymétrique, c’est-à-dire un événement
ayant un impact seulement dans un ou quelques pays, ou avec une intensité différente selon
les pays, pose des problèmes d’ajustements importants.
Une zone monétaire est optimale si elle parvient à absorber des chocs conjoncturels
asymétriques. Robert Mundell expliquait que pour qu’une zone monétaire soit optimale, il
faut qu’existent des mécanismes d’ajustements alternatifs à la perte d’autonomie, pour
chaque État membre, de la politique monétaire et du taux de change. Les mécanismes
d’ajustement alternatifs pourraient être la parfaite mobilité des facteurs de production, la
flexibilité des taux de salaires réels, une politique budgétaire ou des transferts
budgétaires au sein de la zone pour ajuster les déséquilibres. La mobilité de la main-
d’œuvre et la flexibilité des taux de salaire dans la zone euro butent sur différents obstacles :
les langues et cultures différentes, qui limitent la mobilité géographique, et la rigidité des
salaires à la baisse, en raison des différentes réglementations et conventions collectives. Par
ailleurs, les pays de la zone euro sont limités dans l’utilisation de la politique budgétaire par
les traités européens. Cela réduit fortement les marges de manœuvre des États membres
pour gérer un choc les concernant. De plus, la faiblesse du budget communautaire empêche
un rééquilibrage par des transferts fédéraux. C’est pourquoi la question de la constitution
d’un véritable budget pour la zone euro a été posée, notamment par Mario Draghi lorsqu’il a
quitté sa fonction de président de la BCE (28 octobre 2019). Actuellement, l’UE est une zone
monétaire non optimale.
Néanmoins plusieurs propositions de réformes sont envisageables pour améliorer la
coordination des politiques économiques : -l’élaboration d’un budget fédéral capable de faire
face aux chocs asymétriques ; -la création d’une assurance (ou réassurance) chômage
européenne : il s’agirait de financer les indemnités chômage des pays en cas de forte
récession, en complément des indemnités sur le plan national ; - le développement de biens
publics européens financés par la zone euro
Exemples de sujets de bac
EC1 – Mobilisation de connaissances
Quels sont les effets du marché unique sur la croissance ?
A l’aide d’exemples, expliquez deux limites de la politique de la concurrence européenne
EC3 – Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire
Vous expliquerez les modalités de la politique de la concurrence européenne
Vous montrerez que les politiques conjoncturelles dans la zone euro rencontrent des limites
Dissertation
L’intégration européenne ne présente-t-elle que des avantages ?