Musique Et Effets Sonores Dans Star Wars Épisode II - L' Attaque Des Clones
Musique Et Effets Sonores Dans Star Wars Épisode II - L' Attaque Des Clones
Résumé
De récents travaux consacrés à la saga Star Wars soulignent la contrepartie
problématique du perfectionnement sonore : la pléthore des effets sonores ferait
passer la musique au second plan voire la rendrait inaudible – en particulier dans ce
second épisode. Le compositeur et le concepteur sonore eux-mêmes évoquent dans
leurs entretiens une rivalité constante. Notre article propose ainsi d’interroger dans
quelle mesure et selon quelles modalités les interactions entre musique et bruitages
parviennent à dépasser une simple alliance conflictuelle. Il s’agira aussi de dégager
les significations dont elles sont porteuses au regard des images et du dialogue.
La fluctuation de la primauté des effets sonores ou de la musique n’est en effet pas
anodine, tant sur le plan dramatique que narratif. En outre, on peut observer une
musicalisation des bruitages qui, loin d’assumer une simple fonction illustrative ou
d’« effet de réel », sont véritablement donnés à entendre pour eux-mêmes.
Mots clés : effets sonores ; musicalisation ; musique de film ; Star Wars ; John Williams.
Abstract
Recent publications on the Star Wars saga underline the flip side of sound improvement :
the plethora of sound effects is said to eclipse the orchestral score, sometimes to a
point of inaudibility – in this second episode in particular. In their interviews, the
composer and the sound designer themselves allude to a constant rivalry. This, our
article questions to what extent and in which way the interactions between music
and sound effects succeed in exceeding a mere conflicting alliance. We will also bring
out what significations they bear regarding the images and the dialogue. Indeed, the
fluctuation of primacy of sound effects or music is hardly insignificant regarding
the narration and the dramatic situation in which they occur. Furthermore, we can
notice a musicalization of sound effects which, far from taking on a mere illustrative
function or just displaying a “realistic effet,” are truly heard for themselves.
Keywords: film music; musicalization; sound effects; Star Wars; John Williams.
Dès la sortie de Star Wars : Épisode IV – Un nouvel espoir (A New Hope, 1977), la saga
créée par George Lucas place la dimension sonore dans son ensemble au premier
plan. Le film marque en effet le grand retour d’un style d’écriture pour grand orchestre
symphonique, jugé désuet et délaissé au profit de playlists au succès commercial certain
dans les productions des années 1960-1970. Ce retour est affirmé dès le générique de
début par un synchronisme éclatant entre musique et image, précédé de la fanfare
du studio puis d’un grand silence accompagnant l’énigmatique et mythique « Il y a
bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine... 1 », en lettres bleues sur
fond noir. Conjointement à la partition symphonique de John Williams, la richesse et
l’inventivité des effets sonores conçus par Ben Burtt concourent au « retour en grâce
de la dimension sonore », pour reprendre l’expression de Laurent Jullier (2005, p. 49).
Les progrès techniques jouent également un rôle important, notamment l’apparition
du système de filtrage Dolby Stereo en 1977, qui valorise la richesse du son déployé,
permettant aux spectateurs de percevoir des éléments sonores à la fois très aigus et
très graves, inaudibles auparavant. Le son est véritablement perçu par tout le corps
du spectateur, qu’il enveloppe et fait vibrer (Sonnenschein 2001, p. 70-71). Portant un
grand intérêt dès ses premières réalisations au son et aux systèmes de reproduction
sonore, Lucas invente en 1981 le thx, une certification technique assurant une unifor-
misation de la qualité de diffusion sonore dans les salles de cinéma (Buhler, Neumeyer
et Deemer 2010, p. 398).
À la suite du premier épisode de la trilogie républicaine 2, L’attaque des clones utilise
le système Dolby Digital Surround EX, qui permet de diffuser le son sur huit canaux
différents (Cathé 2007, p. 61) et d’accroître considérablement la palette sonore : le
spectre utilisé est plus large, enrichi dans ses extrémités opposées (aigu et grave).
Le système de diffusion permet des contrastes marqués de dynamique, et accroît les
possibilités de spatialisation et de différenciation sonore :
[Le son numérique surround] est capable de déployer et de reproduire des
sons dans toute l’étendue des seuils d’audition de l’oreille humaine, de 20 Hz
à 20 000 Hz. Aucun système sonore adopté massivement au cinéma avant le
son numérique surround n’offrait cette possibilité (Kerins 2011, p. 79) 3.
7 « Nella nuova trilogia di Star Wars […] la musica ha meno spazio nel missaggio audio rispetto alla trilogia
precedente, e nelle sequenze d’azione sembra quasi soccombere sotto lo spesso strato di effetti sonori – 200 tracce audio
costituiscono il materiale di partenza per il missaggio » ; notre traduction.
défini selon deux variables : les sommes colossales investies dans la production et le
marketing, ainsi que le montant des revenus reçus 9 » (Buckland 2006, p. 17).
Dans cette perspective, il convient de souligner que William Whittington est
l’un des rares chercheurs à renverser cette argumentation sacralisant la musique de
cinéma. Ainsi, selon lui, une subordination des bruitages à la musique dans certaines
scènes peut à l’inverse être importune à la fois sur le plan narratif et expressif. En
s’appuyant sur une analyse de plusieurs blockbusters contemporains tel Van Helsing
(Sommers 2004), l’auteur démontre que l’accompagnement musical « gâche » l’effet
de la séquence de lycanthropie et son impact dramatique en recouvrant les effets
sonores (Whittington 2013, p. 69-70).
Le discours critique faisant état de problèmes d’équilibres sonores, où le « mixage
sonore fris[erait] parfois l’irrespect » (Leprêtre et Michel 1999, p. 42) vis-à-vis de la
partition musicale, ne tient en outre pas compte des normes qui régissent le mixage
du cinéma commercial contemporain. Celui-ci est tout d’abord soumis à l’impératif
d’intelligibilité du dialogue (Blake 2002), tandis que la musique s’avère secondaire
par rapport aux bruitages – notamment dans les scènes d’action, particulièrement
abondantes dans les blockbusters : « [L]es effets sonores sont habituellement placés au
premier plan de la piste son, où la musique lutte souvent pour attirer l’attention 10 »
(Buhler, Neumeyer et Deemer 2010, p. 222). Le discours dominant s’avère déconnecté
des réalités technologiques et des normes du mixage dans le cinéma mainstream,
dont l’horizon d’attente sonore est le spectaculaire et l’inouï (Grainge 2008, p.
251-268 ; Dixon et Foster 2011, p. 38). Ces pratiques de mixage sonore répondent au
paradigme de l’immersion spectatorielle, dominant dans les films de science-fiction
contemporains (King et Krzywinska 2000, p. 90). La réflexion que nous développons
dans cet article se positionne ainsi au sein de ce type de normes.
Enfin, la résistance manifestée par les critiques découle indéniablement de la
remise en cause de la primauté traditionnelle de l’image suscitée par le perfectionne-
ment des technologies sonores (Sobchack 2005, p. 2, 4 et 11 ; Sergi 2006). Comme le
souligne Gianluca Sergi : « [Star Wars] témoigne d’une conception du son désireuse
d’abandonner sa réserve habituelle et de pousser plus avant jusqu’à défier le rôle
primordial de l’image 11 » (Sergi 1998. p. 14).
Or, à ce discours dominant biaisé et réducteur font écho les propos tenus par les
artistes concernés, qui semblent aller exactement dans le même sens. Dans nombre
d’entretiens accordés par Ben Burtt, le designer sonore de la saga évoque lui aussi une
9 « A blockbuster can be defined in terms of two variables : the huge sums involved in production and marketing,
and the amount of revenues received » ; notre traduction.
10 « [S]ound effects typically foregrounded in the sound track, with music frequently struggling for attention » ;
notre traduction.
11 « [Star Wars] suggests a concept of sound that is willing to abandon its traditional shyness and moves forward
to challenge the primary role of the image » ; notre traduction.
rivalité entre l’équipe chargée de la musique et celle qu’il dirige, chacun possédant un
point de vue différent (Bushkin 2005). À l’inverse, le music editor Kenneth Wannberg,
qui a travaillé sur les six épisodes de la saga et qui joue un rôle clé au niveau musical,
regrette la prééminence prise par les effets sonores (Bresolin 2002). La conciliation des
divers composants de la bande sonore semble donc loin d’être évidente et relèverait
d’âpres négociations où chacun des créateurs défend sa sphère d’intérêt.
Un exemple significatif : la bataille sur Géonosis
La tendance générale qui se dessine de ces articles critiques et de ces entretiens
met ainsi au jour un mixage jugé problématique où la musique serait noyée sous la
prolifération des effets spéciaux. Un exemple significatif de cette tendance intervient
dans la dernière partie de L’attaque des clones, dans la scène de l’arène sur la planète
Géonosis. Dans cette séquence, et en particulier dans la première partie, il s’avère
en effet très délicat de percevoir avec clarté la musique. Par exemple, dans l’extrait
suivant, l’accompagnement musical, qui repose sur des interventions de percussions
(on peut percevoir des roulements de timbales et des coups de cymbale) et un motif
nerveux aux cordes, basé sur des gammes fusées, est quasiment inaudible.
La musique est étouffée par les hurlements de la foule, les cris des créatures puis
l’intervention parlée du vice-roi Gunray.
Cet état de fait résulte tout d’abord de la multitude des effets sonores utilisés,
qui occupent déjà une grande part de la bande son. La scène de l’arène mobilise à
elle seule trois techniciens différents pour la création de tous les sons : Bruce Lacey
s’est occupé des foules géonosiennes, des crashs et des impacts, Terry Eckton des
lasers, et Burtt des créatures (Bresolin 2002). Par ailleurs, il convient de prendre en
considération les conséquences de l’emploi du montage numérique à grande échelle
vis-à-vis de l’accompagnement musical. Ne pouvant retoucher sa partition à chaque
modification opérée par George Lucas, le compositeur s’est en effet vu contraint de
supprimer le cue « 6M2 – Entrance of the Monsters » initialement prévu pour la scène
de l’arène, et de proposer un réservoir de fragments musicaux :
J’avais composé et enregistré quelques bribes de musiques pour des moments
précis. Il y avait aussi tout le matériel de l’arène – séquence elle aussi
raccourcie – puis d’autres musiques d’action qui finalement n’ont pas été
retenues. L’ensemble nous a amenés à un puzzle d’une quinzaine de minutes
dont George, à travers mon monteur Kenneth Wannberg, avait le loisir de
se servir pour couvrir certains moments du film. […] Le reste ne fut qu’un
12 Il s’agit des cues « Activate the Droids », « The Gungans Retreat and the Queen Surrenders », « The
Giant Squid and the Attack on Theed », « The Gungans March », « The Battle Rages On », « The Sith
Spacecraft », « Anakin Defeats Sebulba », « Escape from Naboo », « Queen Amidala Warns the Federation »,
« The Droid Invasion » et la fin de « The Droid Battle ».
Un effet de coupure peut aussi être généré par la disparition momentanée des
effets sonores et un accompagnement musical très discret, comme dans le cue « 1M6
Zam’s Dirty Trick ». R2-D2 est programmé pour surveiller la chambre de la sénatrice
Amidala, mais Zam est parvenue à introduire des kouhuns (sorte de vers venimeux) à
son insu. La fin des bips émis par R2-D2 après avoir balayé la chambre, en corrélation
avec les longues tenues à l’accompagnement musical, crée un effet de césure dans la
mesure où il n’y a aucun nouvel énoncé motivique ni aucune nouvelle attaque du son.
De plus, l’orchestration de ce passage est très légère, dans une nuance générale p, avec
l’emploi de cloches, d’un vibraphone, d’un marimba, d’un synthétiseur et d’un piano
dans l’extrême aigu, tandis que tous les autres pupitres ont des silences, ce qui renforce
là aussi le sentiment de repos. Cette « respiration » de la bande sonore est d’autant
plus perceptible et importante qu’à ce court moment succèdent des clusters grinçants
(superposition dissonante do-ré bémol-mi bémol-mi bécarre-sol-la) à la clarinette
basse, aux bassons, contrebasson, cors avec sourdines métalliques, violoncelles et
contrebasses, sur des glissandi descendants aux trombones avec sourdine harmon, de
lents glissandi d’harmoniques ad libitum aux violons et des trémolos ascendants aux
altos.
14 « In spite of the obvious opportunities to be loud, Lucas and his sound crew have kept Episode II mercifully free
of uncomfortably loud moments » ; notre traduction.
15 Ben Burtt, Commentaires audio du DVD de Star Wars : Épisode II – L’attaque des clones, à partir de
01:04:05.
16 Cette pratique est une caractéristique du cinéma de George Lucas qui, dès ses premiers longs-mé-
trages THX 1138 (1970) et American Graffiti (1973), confie aux bruitages une charge dramatique tradition-
nellement assumée par la musique dans plusieurs scènes-clés : les effets sonores sont alors « utilisés en tant
que substituts à la musique » selon Stephen Keane (2009, p. 460). « [S]ound effects are used in place of music » ;
notre traduction.
17 Ben Burtt, Commentaires audio du DVD de Star Wars : Épisode II – L’attaque des clones, à partir de
01:04:05
pagnement atonal avec une succession de motifs très courts – gammes fusées, grands
arpèges ascendants parcourant rapidement un large ambitus, décrochages inter-
valliques importants, petites cellules de broderies en triolets au caractère insistant.
Leur fréquente construction en crescendo accentue l’impression de jaillissement sonore
et leur confère un fort élan vers l’avant, tandis que des accentuations irrégulières
(temps forts ou temps faibles) aux cuivres accentuent le dynamisme général.
Sur le gros plan d’Obi-Wan qui tente de semer le drone, un motif descendant
disjoint est joué à l’octave par trois trompettes et trois trombones, auquel répond une
succession de broderies tendues jouées par les six cors à l’unisson avec les violons
et les altos dans l’aigu. Après un début de séquence inhabituel qui se démarque
d’un point de vue sonore comme on l’a vu, le retour de la musique met particulière-
ment en valeur le climax dramatique souhaité par le réalisateur : elle met en valeur
la concentration du personnage et traduit un fort sentiment d’urgence. La primauté
accordée à la musique dans les moments de tension et de suspense s’avère d’ailleurs
être une constante de la saga dans la gestion des équilibres sonores. Cet état de fait
peut s’expliquer par le rôle fondamental que joue l’accompagnement orchestral dans
l’implication émotionnelle et l’immersion du spectateur : l’action représentée semble
plus « réelle », plus entraînante grâce à la musique.
Au moment où Obi-Wan met son plan à exécution (plan du vaisseau qui largue
les pièces détachées), le mouvement endiablé vers l’avant cesse, avec l’interruption
soudaine des gammes fusées descendantes aux bois puis l’arrêt complet de la musique
pendant près de trois temps. Un court motif retentit alors aux trompettes, auxquelles
font écho les trombones dans un grand crescendo, sur une pédale de la grave aux
timbales et cordes.
Son caractère héroïque et majestueux est généré par son profil ascendant
l’importance des quintes et quartes justes, les timbres choisis, et sa régularité rythmique
qui rompent avec ce qui a précédé sur le plan de l’accompagnement musical. Il met
ainsi en évidence le courage et l’ingéniosité du Jedi, et semble annoncer la réussite
de son stratagème. Immédiatement après, le drone explose dans les pièces détachées,
confirmant ce que la musique venait de laisser présager.
Il est intéressant de constater que l’explosion du drone donne lieu à une courte
interruption de l’accompagnement musical. Elle met à la fois en valeur le son de la
déflagration et permet également à la musique de ne pas être recouverte. Ce court
arrêt de l’accompagnement orchestral met donc une nouvelle fois en valeur l’attention
et la minutie dans la gestion du tressage des différents composants de la bande sonore,
ainsi que la réflexion des concepteurs sonores sur la place de la musique.
Une subtile alternance de primauté entre musique et effets sonores
De cette réflexion est issu l’un des procédés majeurs d’organisation de la bande
sonore mis en place dans cet épisode : la subtile alternance de primauté opérée entre
effets sonores et musique. La mise en avant de l’un des composants de la bande
sonore ne se fait pas forcément au détriment de l’autre, et relève de choix réfléchis.
Un exemple particulièrement significatif intervient, comme le relève Laurent Jullier,
« sur la chaîne de montage des droïdes géonosiens, […] qui est un jeu de l’orchestre
avec le bruit syncopé et métronomique des robots soudeurs en pleine action…»
(Jullier, p. 65). Les ponctuations verticales d’accords parfaits de la mineur 18, énoncées
ff en homophonie et en homorythmie à tout l’orchestre, interviennent ainsi à chaque
fois entre les pulsations mécaniques des machines, juste avant que la plaque de
métal ne se rabaisse. Cette alternance singulière entre bruits et musique, accentuant
le martèlement des machines, renforce le dramatisme et la tension de la scène, où
Anakin, le bras soudé sur le tapis roulant, risque de se faire littéralement aplatir.
18 La vitesse de lecture de la musique est très légèrement supérieure dans le film par rapport à
l’enregistrement initial (pour des raisons techniques liées au défilement de 24 images par seconde) ; la
modification de la vitesse entraîne une transposition environ un demi-ton au-dessus de la hauteur originelle.
Ainsi, à cet endroit, en raison de la différence de vitesse de défilement à l’intérieur du film, on entend un
accord parfait de si bémol mineur – mais la fin de la piste bonus de la bande originale confirme qu’il s’agit
bien d’un accord parfait de la mineur. Voir Williams 2002.
Son ambitus restreint, sa polarité autour du sol et son profil circulaire lui confèrent
une dimension obsessionnelle, tandis que les notes étrangères (broderies, notes de
passage) qui émaillent l’accord parfait de mi mineur servant de base au motif renforcent
son expressivité. L’interruption systématique du rythme régulier de croches piquées
par une rapide descente conjointe en dactyle sur les temps faibles de chaque mesure
génère un effet tourbillonnant et un mouvement vers l’avant très énergique appuyé
par les interventions accentuées des contrebasses. Le mouvement contraire entre les
violoncelles, les violons et les altos crée une ampleur sonore.
Le thème, chantant et majestueux, est ensuite énoncé par les cors en mi mineur.
Fondé sur la répétition à l’identique de deux phrases (dont l’une est la quasi
transposition de l’autre), il possède lui aussi un profil circulaire et un caractère
obsessionnel, fortement marqué par la construction de la phrase mélodique en miroir,
la succession de quatre notes conjointes étant rompue par un saut de septième mineure
(puis de neuvième majeure) très expressif. La dernière phrase est contrepointée en
écho par les trombones et la clarinette basse, tandis que le piano, les timbales et les
contrebasses accentuent chaque premier temps, amplifiant ainsi la profondeur et le
caractère décidé de l’ensemble.
C’est sur cette même phrase que les effets sonores baissent considérablement en
volume jusqu’à disparaître totalement. Il s’agit là d’un exemple significatif de ce
que Jean-Claude Mari qualifie de « désolidarisation entre point de vue optique et
point d’écoute microphonique » (Mari 2007, p. 71) : le point de vue sonore n’a pas
changé pour le spectateur puisque le speeder est toujours situé à la même place au
sein du plan et du champ de la caméra. Ce procédé de disjonction, qui n’est pas
nouveau en soi, est néanmoins suffisamment inhabituel à la fois dans le genre du
cinéma-spectacle et à l’échelle de la saga pour être souligné. Il s’agit d’une illustration
particulièrement convaincante des stratégies mises en place par les créateurs sonores
pour éviter un conflit entre musique et effets sonores, en faisant varier la primauté
de chacun des matériaux sonores selon les besoins spécifiques de la narration.
Cette diminution d’intensité des effets sonores amplifie par effet de miroir le crescendo
de tous les pupitres de l’orchestre. L’ostinato gagne les pupitres de bois dans l’aigu
et le chœur mixte fait une entrée très théâtrale, f accentué. Les paroles en sanscrit
sont issues d’un ancien poème gallois du Livre de Taliesin, signifiant originellement :
« Sous la racine de la langue, un combat tant redouté/Et un autre fait rage dans
l’esprit » (voir Dyer 1999, p. 21). Williams les a condensées en quelques mots : « tant
redouté/dans l’esprit » (ibid.).
Les interventions chorales, relativement courtes, au caractère très hiératique et
dramatique, sont construites sur des groupes de deux mesures où sont énoncés des
accords parfaits renversés à l’état de sixte sans la fondamentale, dans une succession
19 Ce phénomène peut certes apparaître dans d’autres blockbusters, tel Gladiator (Ridley Scott, 2000),
mais il est alors utilisé dans un cadre très spécifique, et différent de Star Wars : il intervient dans des scènes
de bataille, et est toujours corrélé à l’usage du ralenti, qui magnifie le courage du héros principal. La
diminution ou la suppression des sons d’ambiance a alors pour but de susciter l’empathie pour le personnage
et, par là même, d’accroître l’identification du spectateur. Voir à ce sujet Cooke 2008, p. 498.
20 Chion le définit comme un « effet dramatique audio-visiogène consistant, dans une scène de fiction
dont le cadre suppose, pour nos habitudes audio-visuelles, la présence de certains bruits d’ambiance
(naturels, urbains etc.), à interrompre ces bruits voire à les éliminer dès le départ, alors que les causes de ces
sons continuent d’exister dans l’action et même dans l’image. L’effet ressenti est souvent celui d’un mystère
ou d’une menace » (Chion 1980).
[À] l’origine, j’avais toute une cacophonie là-dedans – des gens qui jouaient
et riaient, des tintements de verre. Et en plus j’avais un groupe musical qui
jouait hors-champ. C’était juste trop pour la scène, qui portait sur la discrétion
de Zam la chasseuse de primes. Pour que la musique puisse être efficace, elle
devait employer des sons soutenus et non résolus. En conséquence, la seule
façon d’entendre cette musique était de baisser artificiellement tout le reste.
Si la scène était restée bruyante, vous n’étiez pas engagé à croire qu’il y avait
un risque qu’Anakin ou Obi-Wan soit sur le point de se faire tirer dessus 21
(Burtt cité dans Clews 2002, p. 24).
En effet, dans cette scène, le cue « 2M1 – Zam is Eliminated » atteint peu à peu un
niveau sonore très élevé, prenant le pas sur l’ambiance du bar et les conversations.
Les dissonances des cuivres dominent nettement la scène pour renforcer la tension.
À partir du gros plan sur Zam, le crescendo et l’amplification musicale progressive
sont renforcés par l’ajout d’instruments à partir d’un simple ostinato syncopé
de croches aux percussions, jusqu’à former un agrégat très dissonant de huit sons
(mi-fa-fa dièse-sol-sol dièse-la-do-ré bémol). En parallèle, on remarque une diminution
significative du niveau des bruits environnants, à laquelle le son numérique confère
une force nouvelle (Chion 2003a, p. 152). L’accompagnement musical s’interrompt
brusquement juste au moment où Obi-Wan dégaine son sabre laser : le grand crescendo
aboutit sur un ff suivi de trois temps et demi de silence 22.
Il est intéressant de constater que la primauté passe alors brièvement aux effets
sonores. Le vrombissement du sabre et le cri de douleur de Zam se voient accentués
par ce silence musical soudain, qui relève d’une volonté du compositeur : comme
le révèle l’analyse du manuscrit, Williams intègre dans sa partition l’emploi du son
du sabre laser – il note très précisément « le sabre se déclenche 23 » en haut de la
mesure correspondante – en créant dans son écriture même une coupure soudaine
à cet endroit précis. Un rapide coup de timbale dans le grave vient ensuite ponctuer
l’action tandis qu’une tenue à l’unisson aux violoncelles et contrebasses renforce
l’effet dramatique et met en valeur les différentes réactions des clients du bar.
21 « [Originally] I had a lot of cacophony in there – people playing games and laughing, drinks and glasses
clinking. Plus I had an off-screen band playing. That was just too much, because the scene was about the stealth of Zam
the bounty hunter. For the music to be effective it needed to use sustained, unresolved tones. Consequently, the only way
you could hear that music was to artificially bring everything else down. Left as a noisy scene, you weren’t drawn into
the belief that there was a danger that Anakin or Obi-Wan was about to be shot » ; notre traduction.
22 En réalité, des trémolos mf de cymbale, grosse caisse et tam-tam sont présents mais la rupture
importante dans l’écriture et la dynamique les rend très peu audibles.
23 Notre traduction de « Sword Flash ».
24 Dans cette perspective, William Whittington déplore le volume uniformément élevé et la constance
de la forte densité de la bande sonore, laissant peu de place au silence, dans les films Armageddon
(Michael Bay, 1998) et Matrix Revolutions (The Matrix Revolutions, Larry et Andy Wachowski, 2003).
Voir Whittington 2009, p. 566.
25 « With all the digital formats available today, some directors want to go for a loud mix […] It becomes difficult
to convince them to keep levels down. […] Variation and contrast is the key, not volume » ; notre traduction.
26 « When digital sound first came out, […] it was like going trick-or-treating on Halloween for the first time. You
ate all the candy. It was good the first time, but you got a stomach ache. […] It isn’t so good to be loud from beginning
to end. You have to build in dynamics, like a symphony » ; notre traduction.
27 « Michael and Gary were both very sensitive to loudness. I really appreciated that they were not out to kill the
audience » ; notre traduction.
28 « [D]igital surround sound represents the first commonplace system where sounds can move not just across the
screen but all throughout the theater ».
fois dans la saga un véritable effet Doppler (Bulher, Neumeyer et Deemer, p. 392-393),
similaire à nos perceptions quotidiennes, exploitant les possibilités offertes par le
numérique. Alors que la source sonore arrive à la hauteur de l’observateur (représenté
par la caméra) puis disparaît peu à peu, le son émis se fait plus grave, glissant d’un
demi-ton environ.
Signe de l’importance nouvelle de cet effet Doppler dans la saga, Burtt l’emploie
une dizaine de fois au cours de la séquence, ainsi que dans la scène de l’ascenseur de
Star Wars : Épisode III – La revanche des Sith (Revenge of the Sith, George Lucas, 2005).
La richesse des sons créés se révèle aussi au niveau du large éventail des fréquences
utilisées, permis là encore par le développement des technologies. Au gain des aigus
répond l’ampleur des graves, particulièrement importante pour Burtt qui explique :
En commençant avec Star Wars, et en continuant sans doute avec Rencontres
du troisième type et de nombreux films issus de cette époque […], il a été très
vite découvert qu’une façon de donner à son film un réel paroxysme était
d’avoir une piste son aussi profonde et rugissante et avec autant de basses
que possible 29.
La scène de poursuite dans le champ d’astéroïdes, par exemple, possède un spectre
sonore relativement large (d’environ 30 Hertz à 15 500 Hertz d’après le sonagramme
de la séquence), proche des seuils d’audition de l’oreille humaine. Ce spectre
étendu ajoute au « réalisme » sonore et, comme le rappelle Cathé, joue aussi un rôle
« enveloppant » pour le spectateur : « Les scènes d’action sont métamorphosées par
l’adjonction de ces fréquences, comme perçues par tout le corps » (Cathé 2007, p. 60).
Des effets sonores donnés à entendre comme des objets musicaux
Hormis l’attention que chacun des créateurs accorde aux autres paramètres de
la bande son, une autre facette de leur travail sur la saga mérite d’être soulignée.
La minutie particulièrement poussée envers les effets sonores est corrélée à l’émergence
du métier de designer sonore dans les années 1970, dont Ben Burtt et Walter Murch
sont les plus éminents représentants. Formés tous les deux en cinéma à l’Université de
Californie du Sud (usC), Burtt et Murch acquièrent de solides connaissances techniques
29 Ben Burtt, Commentaires audio du DVD de Star Wars : Épisode II – L’attaque des clones, à partir de
02:08:28.
et historiques, qui leur permettent de se positionner par rapport aux pratiques sonores
préexistantes. Dans cette optique, Gianluca Sergi (2006) écrit : « Burtt possède l’esprit
d’un historien, qui connaît bien le développement de l’art des effets sonores depuis les
débuts de King Kong. D’une manière importante, les films eux-mêmes sont la source
d’inspiration fondamentale de Burtt 30 ».
L’ambition de composition sonore globale que les concepteurs sonores
nourrissent, héritée des recherches héritée des recherches sur les musiques concrète et
électro-acoustique 31, et plus généralement des expérimentations dans le répertoire
savant du xxe siècle (Solomos 2013), s’avère novatrice dans le cinéma mainstream
gouverné par des impératifs commerciaux de rentabilité. Par cette pensée du sonore,
Burtt est à la recherche d’un autre type d’écoute, transposé du cinéma expérimental 32
au genre du cinéma-spectacle : les effets sonores y sont appréhendés non plus comme
de simples bruitages informatifs ou utilitaires, mais « pour leur qualité acoustique,
plastique, ou encore pour le potentiel d’évolution (dessin rythmique, enveloppe
dynamique) qu’ils recèlent » (Mari 2007, p. 110-111). De là découle un nouveau
plaisir de l’écoute au cinéma, comme le souligne Michel Chion : « une des trouvailles
de La guerre des étoiles, fut […] d’associer le spectateur à ce plaisir du bruitage »
(Chion 2003b, p. 128).
Ce nouveau paradigme d’écoute est le corollaire d’une conception véritablement
musicale des effets sonores eux-mêmes. À plusieurs reprises, Ben Burtt utilise un
vocabulaire musical pour qualifier son travail : « les Star Wars sont toujours exigeants
pour l’orchestration du son, l’orchestration des effet sonores, du dialogue et de la
musique » (Burtt cité dans Bushkin 2005). Il est utile de rappeler à cet égard que la
création d’effets sonores originaux est l’une des innovations majeures de Burtt, qui se
démarque dès les années 1970 des pratiques dominantes consistant à puiser dans les
banques de sons préexistantes des sonothèques des studios.
Dans de nombreuses séquences, les sons apparaissent ainsi comme de véritables
objets musicaux, donnés à entendre pour eux-mêmes. La scène où Jango Fett, poursuivi
par Obi-Wan, tente de se débarrasser de lui en larguant successivement deux charges
sismiques est emblématique de cette « architecture sonore très sophistiquée », pour
reprendre les termes de Sergi (1998, p. 14) 33. On observe une mise en scène du son
par le silence précédant l’explosion de la bombe, qui crée une rupture sonore totale et
amplifie considérablement l’impact dramatique et expressif des bruitages. Le silence
isole par deux fois cet objet sonore particulier qu’est la charge sismique et constitue
un écrin qui met en valeur le timbre de celle-ci.
30 « Burtt has the mind of a historian knowing well how the art of sfx has developed from the early days of
King Kong. In some important sense, movies themselves are Burtt’s key source of inspiration » ; notre traduction.
31 Walter Murch revendique ainsi Pierre Schaeffer et Pierre Henry comme modèles ; voir
Thomas 1989, p. 12.
32 Nous renvoyons ici tout particulièrement aux « partitions sonores » composées par Michel Fano
pour le cinéma, notamment dans le film L’homme qui ment (Alain Robbe-Grillet, 1968).
33 « [A] very sophisticated sound architecture » ; notre traduction.
saisissante est réalisée. Burtt rapporte lui-même 34 que le choix de placer une seconde
de silence au moment de l’explosion n’est pas allé de soi et a suscité des résistances,
preuve du caractère singulier et inhabituel d’une telle démarche dans le domaine des
effets sonores.
34 Ben Burtt, Commentaires audio du DVD de Star Wars : Épisode II – L’attaque des clones, à partir de
01:04:05.
Il varie à la fois dans son volume (décroissement et reprises rapides du son) et dans
ses fréquences, celles-ci dessinant une courbe comprise entre environ 3700 Hertz et
6300 Hertz d’après le sonagramme.
puisqu’il est en partie issu d’une guitare électrique, ce qui est rendu visible par les
nombreuses stries horizontales se mouvant dans la même direction (représentant le
son fondamental et ses partiels). Outre l’intervention de la voix parlée, caractérisée
par la présence peu importante d’harmoniques, on retrouve des sifflements monofré-
quentiels aux fréquences comprises environ entre 5000 Hertz et 7300 Hertz d’après
le sonagramme.
Cette attention de détail accordé aux timbres des effets sonores peut être complétée
par la diversité des hauteurs pour un même son : par exemple, dans la scène de
poursuite dans le champ d’astéroïdes, lorsque Jango tire sur le vaisseau d’Obi-Wan,
il est intéressant de remarquer que la hauteur des sons des tirs n’est pas toujours
la même et contribue à en varier légèrement le timbre, tout en conservant l’identité
sonore de cet objet.
ConClusion
Si l’on peut ainsi relever quelques passages dans L’attaque des clones où l’accom-
pagnement musical est peu perceptible sous les effets sonores et le dialogue, ceux-ci
s’avèrent relativement minoritaires. Ils sont en outres liés aux normes du mixage
dans les blockbusters contemporains, ainsi qu’à l’usage des technologies numériques.
Dans des cas de figure bien précis, la musique initialement prévue pour la scène se
voit ainsi remplacée par un ou plusieurs autres cues, moins adaptés à la configuration
particulière de la séquence. Les rapports entre effets sonores et musique ne sauraient
donc se limiter à un simple antagonisme.
La prolifération des bruitages appelle en réalité un autre équilibre sonore, réalisé
par le biais de manières singulières de concevoir et d’organiser les rapports entre bruits
et musique. Les stratégies mises en place par les créateurs sonores pour réaliser cette
ré-articulation du langage audio-musico-visuel résultent de choix mûrement réfléchis.
Ceux-ci portent notamment par la place accordée au silence (celui-ci pouvant être
très bref ou relativement marquant) et l’alternance de primauté entre effets sonores
et accompagnement musical. Celle-ci est rarement anodine et revêt des significations
particulières au regard de l’action représentée et du dramatisme de la scène.
Enfin, cet épisode se distingue des pratiques dominantes dans les blockbusters
contemporains, par la singularité des sons créés par Burtt et son équipe, poussée à un
degré très fin de détail grâce au perfectionnement sonore des technologies numériques.
La minutie accordée aux effets sonores, et à tous leurs paramètres, fortifie l’idée de
musicalité ou de musicalisation des bruitages, par la différenciation et les contrastes
importants des sons entre eux. Les effets sonores apparaissent alors comme des entités
sonores singulières à part entière, mis en spectacle et donnés à écouter aussi bien dans
leurs multiples interactions avec les autres composants de la bande sonore, que pour
eux-mêmes.
Cette étude de cas appelle bien entendu à être prolongée dans notre thèse par
une analyse comparative et étendue aux autres épisodes de la saga Star Wars – en
particulier ceux de la trilogie républicaine, qui souffrent d’un discours dominant
réducteur (Desbrosses 2011, p. 55-56 ; Berthomieu 1997, p. 96-97) en regard de la
richesse et de l’inventivité de l’univers sonore créé, comme nous avons cherché à le
démontrer ici. Cette approche paraît d’autant plus importante que l’historiographie
dominante est souvent saturée des propos tenus par le compositeur ou le designer
sonore, ayant valeur de prescription. Une étude approfondie des rapports entre
musique et effets sonores dans l’ensemble de la saga apparaît ainsi également comme
un moyen de s’extraire de la toute-puissance du témoignage des parties prenantes de
la création sonore du film. Elle permet aussi de nuancer les oppositions systématiques
imprégnant leurs discours, qui semblent davantage relever d’une forme de posture
que refléter des rivalités effectives entre musique et effets sonores.
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