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Expose Sur Les Notions de Base de L'ei 2023

Ce document traite de la formation des superviseurs pédagogiques à l'éducation inclusive. Il définit les concepts clés de l'inclusion et de l'éducation inclusive, et explique leurs avantages.

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Expose Sur Les Notions de Base de L'ei 2023

Ce document traite de la formation des superviseurs pédagogiques à l'éducation inclusive. Il définit les concepts clés de l'inclusion et de l'éducation inclusive, et explique leurs avantages.

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland


*********** ***********
MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRES MINISTRY OF SECONDARY EDUCATION
*********** ************
INSPECTION GENERALE DES ENSEIGNEMENTS GENERAL INSPECTORATE OF EDUCATION
*********** ************
INSPECTION DE PEDAGOGIE CHARGEE DE INSPECTORATE OF PEDAGOGY IN CHARGE
L’ENSEIGNEMENT NORMAL OF TEACHER TRAINING
*********** ************

FORMATION DES SUPERVISEURS PEDAGOGIQUES A L’EDUCATION


INCLUSIVE

GENERALITES : NOTIONS DE BASE DE L’EDUCATION INCLUSIVE

Introduction
L’éducation est le moyen de réaliser l’Homme et de développer la société. Cela
veut dire que d’une part, l’Homme ne devient Homme que par l’éducation, et que d’autre
part, l’harmonie, la cohésion et le développement durable ne sont assurés que grâce à
l’éducation. C’est elle qui transmet les éléments de la culture, les règles de conduite
individuelles et collectives, etc., permettant ainsi d’assigner aux uns et aux autres des
rôles sociaux, de valoriser ou de condamner les comportements.

L’enseignement dans les établissements classiques semble destiné à une certaine


catégorie d’enfants et d’intelligences. En dehors de ceux-ci, les caractéristiques physiques
et /ou mentales ne sont pas prises en compte, d’où l’exclusion tacite de nombreux enfants,
d’un système qui a paradoxalement la prétention d’être ouvert à tous.

Cependant, le droit universel à l’éducation est fermement établi dans les


instruments internationaux mondialement reconnus tels que la déclaration universelle des
droits de l’homme en son article 26 et la convention relative aux droits des enfants, article
28. La législation dans le domaine de l’éducation scolaire pour tous ou de l’accès de tous
à tous les lieux et services publics a pourtant évolué de façon significative au cours du
vingtième siècle.

L’Éducation Inclusive est l’une des actions les plus hardies capable d’accélérer la
réalisation des objectifs de l’École Pour Tous en prenant en compte les enfants en
situation de handicap longtemps marginalisés. En effet la démarche de l’Éducation
Inclusive consiste à chercher comment transformer les systèmes éducatifs et les autres
cadres d’apprentissage pour les adapter à la diversité des apprenants. Elle a pour objet de
permettre tant aux enseignants qu’aux apprenants de se sentir à l’aise avec la diversité et
d’y voir un défi aussi bien qu’un enrichissement.
Toutefois la démarche de l’inclusion est exigeante et pour réussir, elle nécessite
d’importantes mesures d’accompagnement (changement de la perception des
enseignants et des autres personnels de l’éducation, aménagement des locaux, formation
des enseignants, ressources humaines, matériel pédagogique, implication des parents et
de la communauté dans son ensemble etc.).

A- Définition des concepts-clés


1- Quelle définition de l’inclusion ?
L’inclusion est considérée comme un processus visant à tenir compte de la diversité
des besoins de tous les apprenants et à y répondre par une participation croissante à
l’apprentissage, aux cultures et aux collectivités, et à réduire l’exclusion qui se manifeste
dans l’éducation. Une approche dynamique de répondre positivement à la diversité des
élèves et de considérer les différences entre les individus non comme des problèmes,
mais comme des opportunités d’enrichir l’apprentissage.

Elle suppose la transformation et la modification des contenus, des approches, des


structures et des stratégies, avec une vision commune qui englobe tous les enfants de la
tranche d’âge concernée, et la conviction qu’il est de la responsabilité du système éducatif
général d’éduquer tous les enfants.

Pourquoi l’inclusion ?
L’éducation doit être considérée comme un élément qui facilite le développement
humain et les capacités fonctionnelles de chacun, indépendamment des obstacles de
toutes sortes - physiques ou autres, (un handicap, quelle qu’en soit la nature (physique,
social et/ou affectif), ne saurait donc être un élément disqualifiant).

L’inclusion implique l’adoption d’une vision large de l’Éducation Pour Tous, couvrant
toute la gamme des besoins de tous les apprenants, et notamment de ceux qui sont les
plus vulnérables à la marginalisation et à l’exclusion. Elle s’attache à offrir aux personnes
handicapées (sur le plan physique, social et/ou affectif) des chances égales de
participation au sein des structures d’enseignement ordinaire, dans toute la mesure du
possible, tout en donnant la possibilité d’un choix personnel et en prévoyant une aide ou
des infrastructures spéciales pour ceux qui en ont besoin.

Le concept d’inclusion telle que nous le connaissons aujourd’hui trouve ses origines
dans l’éducation spéciale. Le développement du domaine de l’éducation spéciale s’est
caractérisé par différentes étapes au cours desquelles les systèmes éducatifs ont exploré
des voies différentes pour répondre aux besoins des enfants handicapés et, des élèves
ayant des difficultés d’apprentissage. Dans certains cas, l’éducation spéciale était
considérée comme une modalité complémentaire de l’enseignement général, tandis que
dans d’autres cas elle en était totalement séparée.
Ces dernières années, les systèmes d’éducation séparés ont été remis en cause,
tant dans la perspective des droits de l’homme que du point de vue de l’efficacité.
L’éducation spéciale a été incorporée à l’enseignement ordinaire dans le cadre d’une
2
démarche dite « d’intégration ». La principale difficulté posée par l’intégration est qu’elle
ne s’est pas accompagnée de changements dans l’organisation des écoles ordinaires, de
leurs programmes d’études et de leurs stratégies d’enseignement et d’apprentissage.
Cette absence de changements organisationnels s’est révélée être l’un des obstacles
majeurs à la mise en œuvre des politiques d’éducation inclusive.

En amorçant une nouvelle réflexion, on en est donc venu à redéfinir « le concept de


besoins spéciaux ». Il découle de cette conception que les chances de progrès sont plus
importantes si nous reconnaissons que les difficultés auxquelles se heurtent les élèves
résultent de l’organisation actuelle des établissements scolaires et de la rigidité des
méthodes d’enseignement. D’aucuns ont fait valoir qu’il fallait réformer l’école et améliorer
la pédagogie afin de répondre de manière positive à la diversité des élèves en considérant
les différences individuelles non comme des problèmes à résoudre, mais comme des
possibilités d’enrichissement de l’apprentissage.

2- Éducation inclusive
C’est une approche éducative qui tient compte des besoins particuliers en matière
d'enseignement et d'apprentissage de tous les enfants et jeunes gens en situation de
marginalisation et de vulnérabilité. L’éducation inclusive considère que «l’école et le
système éducatif sont à changer afin de répondre aux besoins individuels de tous les
apprenants – avec ou sans handicap». C’est le système scolaire qui doit s’adapter et faire
preuve de flexibilité face à l’enfant, et non l’inverse.
Sa démarche consiste à chercher comment transformer les systèmes éducatifs et
les autres cadres d’apprentissage pour les adapter à la diversité des apprenants. Il s’agit
d’une approche éducative qui consolide la capacité à prendre en compte chaque
apprenant avec ou sans difformité dans un même environnement, et participant aux
mêmes activités de classe. Elle repose sur quatre (4) principes directeurs qui sont :
L’accueil de la diversité : égalité, inclusion et non-discrimination (les écoles inclusives partent du
principe que tous les élèves d’une communauté doivent apprendre ensemble, dans la mesure du possible,
quelles que soient les difficultés et les déficiences. Elles doivent reconnaître et prendre en compte la
diversité des besoins de leurs élèves, en s’adaptant à leurs styles et à leurs rythmes d’apprentissage
différents) ;

Le changement de mentalité : droit à une éducation, à des contenus et à des processus


de qualité (quand on ne possède pas de stratégies adaptées et efficaces pour éduquer les personnes
lourdement déficientes, on peut finir par croire qu’elles ne sont pas éducables. Un changement de mentalité
est nécessaire car les récents travaux et les performances diverses de ces personnes apportent aujourd’hui
un démenti sur leur inéducabilité) ;

L’éducation par les pairs (un des aspects importants des relations et des attitudes à l’école inclusive se
retrouve dans les relations d’enfants à enfants. L’utilisation de cette relation, appelée « éducation par les
pairs » aide souvent les enfants à apprendre mieux, beaucoup mieux. L’une des formes bien connues de
cette éducation par les pairs est le monitorat) ;
La responsabilité du système éducatif (la responsabilité de l’éducation revient à l’ensemble du
système éducatif. En effet, selon l’UNESCO, « ce ne sont pas nos systèmes éducatifs qui ont droit à un
certain type d’enfants, c’est le système scolaire de chaque pays qui doit s’efforcer de répondre aux besoins
éducatifs de tous les enfants ».)

Les avantages de l’éducation inclusive


3
L’éducation inclusive :
‐ favorise le respect de droit à l’éducation des enfants ayant des déficiences ;
‐ permet aux enfants ayant des déficiences de rester dans leur famille et dans leur
communauté ;
‐ contribue à l’amélioration de la qualité de l’éducation pour tous ;
‐ permet un changement de la pratique éducative (pédagogie centrée sur l’enfant,
participative) ;
‐ améliore les rendements scolaires ;
‐ coûte moins chère que les écoles spécialisées ;
‐ permet l’utilisation rationnelle des ressources éducatives ;
‐ contribue à la lutte contre la discrimination ;
‐ contribue à l’acceptation de la différence ;
‐ valorise les ESH ;
‐ améliore l’estime de soi.

3- École inclusive
École qui accueille tous les enfants (handicapés ou non) et a pour principe la prise en
compte des dimensions (psychologiques, affectives, émotionnelles, intellectuelles…), des
richesses et des potentialités de l’élève et l’insistance sur ses manquements et ses
faiblesses.
L’accessibilité de l’école joue un rôle crucial dans l’accueil et le maintien de tous les élèves. Il
importe de créer un environnement accessible aux enfants handicapés, avec des infrastructures
adaptées qui ne présentent aucun danger et où chaque enfant se sent en sécurité physique et
affective. Cette école est un lieu stratégique qui devrait aider tous les enfants à sentir qu'ils
appartiennent à la communauté, en leur offrant des opportunités de maximiser leur
potentiel intellectuel, physique et social.
Le principe fondamental de l’école inclusive est que l’école ordinaire doit accueillir, de
façon aussi ordinaire que possible, tous les jeunes en s’adaptant aux besoins de
chacun. A cet effet, elle doit :
- Accueillir et favoriser l’accès de tous les enfants à l’école ;
- Répondre aux besoins de chaque apprenant (accessibilité de l’école, méthodes
pédagogiques différentielles) ;
- Collaborer avec des personnes ressources (experts médicaux et para médicaux) et
la communauté éducative (parents, comités de développement, OSC …);
- Favoriser l’entraide entre les apprenants (travail collaboratif, systèmes de
jumelage…) ;
- Assurer la sécurité et la valorisation de l’apprenant.

4- Classe inclusive
C’est la classe tenue par un enseignant inclusif, dans la quelle les capacités des
apprenants sont mis en valeur.

4
Une classe inclusive est une classe dans laquelle les enfants se sentent bien accueillis et en
sécurité, où des valeurs telles que le respect et la bienveillance sont importants.
C’est une classe dans laquelle chaque élève peut entrer dans les apprentissages et progresser à son
rythme. C’est une classe où les règles d’accessibilité sont bien respectées, répondant aux besoins
spécifiques des enfants accueillis.

5- Enseignant inclusif
Un enseignant ayant reçu une formation spécialisée assez conséquente pour
recevoir des enfants handicapés légers et sévères avec ceux non handicapés
(entendant et non entendant; voyants, malvoyants et non voyants ; déficients
intellectuels et dits normaux ; etc.).

• L’enseignant inclusif est un agent de changement dans son milieu scolaire et


extrascolaire;
• Adopte une attitude toujours positive envers les élèves à besoins spécifiques;
• Est disponible, patient, humble, aimable, compréhensif, flexible;
• Est en synergie avec les acteurs éducatifs, communautaires et médico-sociaux
pour l’identification dans les familles ou en classe des enfants à besoins
spécifiques, leurs référencement et orientation;
• Collabore effectivement avec des acteurs communautaires et institutionnels pour la
sensibilisation, la mobilisation sociale et l’accompagnement des parents;
• Adapte le cadre de vie, les comportements, les méthodes et les outils de l’école et
de la classe à la diversité des enfants;
• Est créatif dans la recherche et la fabrication du matériel didactique (qui varie en
fonction du type de déficience qu’il a dans sa classe)
• S’engage pour une un changement structurel profond dans l’environnement
scolaire à travers les activités menées au sein de l’équipe éducative.
• Élabore et utilise les outils de suivi et d’évaluation des enfants à besoin éducatifs
spécifiques.

B- Historique du concept de l’éducation inclusive


Au cœur de l’éducation inclusive se trouve :
-Le droit à l’éducation affirmé dans la Déclaration Universelle des droits de l’homme de
1948, aux termes de laquelle : « Toute personne a droit à l’éducation (...). L’enseignement
élémentaire est obligatoire (...) l’éducation doit viser au plein épanouissement de la
personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés
fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes
les nations et tous les groupes (...)» (Article 26 - Déclaration Universelle des droits de
l’homme);
-Les dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant (Nations Unies, 1989),
notamment le droit des enfants de ne pas être victimes de discrimination, articles 2 ; les
enfants handicapés doivent avoir : « effectivement accès à l’éducation, à la formation, (...)
et [bénéficier] de ces services de façon propre à assurer une intégration sociale aussi
complète que possible (...)» (article 23);

5
-L’article 29, consacré aux objectifs de l’éducation, stipule que l’objectif central est le
développement éducatif de l’individu et que l’éducation doit permettre aux enfants
d’atteindre la pleine mesure de leurs potentialités en termes de capacités cognitive,
affective et créative.
1990 : déclaration mondiale sur l’éducation pour tous (Déclaration de Jomtien)
1993 : règles Universelles des Nations Unies pour l’égalisation des chances des
personnes handicapées, la règle 6 énonce non seulement l’égalité des droits à l’éducation
de tous les enfants, jeunes et adultes handicapés, mais déclare également que l’éducation
devrait être dispensée « dans un cadre intégré » et « dans le cadre des structures
ordinaires d’enseignement ».
1994 : déclaration de Salamanque et le Cadre d’Action pour les besoins éducatifs
spéciaux « (...) l’école devrait accueillir tous les enfants quelles que soient leurs
caractéristiques particulières d’ordre physique, intellectuel, social, affectif, linguistique ou
autre (...) », etc.

Il découle logiquement de ces droits que tous les enfants ont le droit de recevoir
une forme d’éducation qui ne les soumette à aucune discrimination fondée sur des motifs
tels que la caste, l’appartenance ethnique, la religion, le statut économique, le statut de
réfugié, la langue, le sexe ou le handicap.

L’historique du concept de l’éducation inclusive peut se résumer en quatre grands mouvements


que sont : l’exclusion, la ségrégation, l’intégration et l’inclusion.

1. L’étape de l’exclusion
Avant la deuxième guerre mondiale, les enfants à besoins spéciaux et les enfants
handicapés en particulier étaient cachés par leurs parents et tenus à l’écart de leur
communauté et des services. Ceci s’expliquait par le fait que :
- Les données scientifiques sur les handicaps et les malades étaient absentes;
- Le handicap était considéré comme une punition divine. Aussi fallait-il la purger en
marge de la communauté et ne pas se mélanger aux personnes saines. C’est la
conception caritative du handicap.
-
2. L’étape de la ségrégation
Après la deuxième guerre mondiale, on assiste à un développement des connaissances et
des services (psychologie, psychiatrie, services sociaux, services médicaux (orthophonie,
physiothérapie, ergothérapie)). Cette période voit naître des centres d’accueil, écoles
spécialisées, classes spéciales. Des recherches s’élèvent contre la discrimination des
personnes ayant des besoins spéciaux. Tout cela a suscité une réflexion profonde sur les
services éducatifs offerts aux enfants à besoins spécifiques.
A cette étape, la conception qu’on se fait du handicap évolue. C’est le modèle médical qui
domine. On pense que le handicap provient d’un dysfonctionnement du corps humain et qu’une
intervention médicale peut résoudre le problème sinon le réduire. Les enfants à besoins
spécifiques peuvent être pris en charge dans des services qui leur sont propres.

6
3. L’étape de l’intégration
A la fin du 20ème siècle, les effets négatifs de la prise en charge ségrégués des enfants à
besoins spécifiques sont démontrés. L’approche de l’intégration est adoptée. On permet à des
enfants à besoins spécifiques d’être scolarisés dans les écoles ordinaires dans la mesure de
leurs capacités. En 1978, Mary Warnok utilise pour la première fois la dénomination « élèves à
besoin éducatifs ». Cela entraîne une démédicalisation des questions éducatives et un regard
plus centré sur les questions d’apprentissage. Cette étape obéit à la vision sociale du handicap.
Les élèves à besoins spéciaux sont en situation d’invalidité plus parce que la société pose un
regard stigmatisant sur eux et n’essaie pas de lever les obstacles à leur intégration
harmonieuse.

4. L’étape de l’inclusion
Depuis la Déclaration de Salamanque et le Cadre d’Action pour les besoins éducatifs
spéciaux en 1994, il est recommandé que l’école accueille « tous les enfants, quelles que
soient leurs caractéristiques particulières d’ordre physique, intellectuel, social, affectif ou
autre… ». L’éducation inclusive qui est un gage de qualité sera précisée au fil des temps par
des textes réglementaires à l’instar de la Convention des Nations Unies relative aux droits des
personnes handicapées en 2006 qui insiste en son article 24 sur l’obligation des États d’assurer
« un système inclusif d’éducation à tous les niveaux », l’Objectif de Développement Durable
N°4 en 2014 qui vise à « assurer l’accès de tous à l’éducation de qualité, sur un pied d’égalité,
et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ».

Au Cameroun, l’on peut évoquer la Loi d’orientation de l’éducation au Cameroun de 1998


dont les articles 6, 7 et 9 affirment toute l’importance de l’éducation et surtout de l’Éducation
pour Tous et le Décret N°2018/6233/PM du 26 juillet 2018 portant les modalités d’application de
la Loi N° 2010/002 du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées
qui promeut l’éducation et la formation professionnelle inclusives des personnes handicapées.
Les besoins de l’élève sont pris en compte par des stratégies souples et des plans
pédagogiques adaptés. Le droit à l’éducation étant un droit fondamental. L’approche juridique
exige que tous les enfants soient traités de la même façon.

C- Objectifs de l’éducation inclusive


L’éducation inclusive a pour objectifs d’/de:
- assurer à tous les enfants l'égalité des droits et des chances en matière
d’éducation ;
- développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et l’éducation de la
petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés ;
- faire en sorte que tous les enfants, en particulier les enfants en difficulté et ceux qui
appartiennent à des minorités, aient la possibilité d’accéder à un enseignement
primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu’à son terme ;
- répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes en assurant un accès équitable
à des programmes adéquats ayant pour objet l’acquisition de connaissances ainsi
que de compétences nécessaires dans la vie courante;

7
- permettre tant aux enseignants qu’aux apprenants de se sentir à l’aise avec la
diversité et d’y voir un défi et un enrichissement pour l’environnement
d’apprentissage plutôt qu’un problème.

D- DIFFERENTS TYPES D’EDUCATION


Il s’agit ici d’amener les superviseurs pédagogiques à distinguer éducation spécialisée,
éducation intégrée et éducation inclusive

1. Education spécialisée
Ce type d’éducation désigne le système éducatif par lequel les enfants handicapés sont
scolarisés dans un environnement d'apprentissage séparé tel qu’un centre ou un
établissement spécialisé. Le caractère spécialisé découle également de la spécificité des
méthodes pédagogiques, des outils d’apprentissages et de la qualification du personnel
d’encadrement adapté à chaque type de handicap.
Les insuffisances/limites
Les écoles spécialisées ne sont pas nombreuses et sont situées dans les grandes villes.
Elles ne sont pas disponibles près du domicile de l’enfant.
- L’expertise est disponible pour un petit groupe d’enfants seulement.
- Les écoles spécialisées dépendent largement des financements des donneurs externes,
ceci n’est pas très durable.
- Les enfants ont des difficultés à se réadapter à la vie avec leurs familles, leurs pairs,
leurs communautés.
- Les structures spécialisées coûtent chères.

2- Education intégratrice
Il s’agit du type d’éducation où les enfants handicapés sont scolarisés dans des
écoles ordinaires. L'enfant est accepté au sein de l'école mais il reçoit des cours
dispensés par un enseignant spécialisé dans une classe séparée. Ici, ce n’est donc pas le
système qui s’adapte pour prendre en compte les besoins de l’enfant, mais plutôt l’enfant
qui doit s’adapter au système scolaire en place. L’accueil de l’enfant ayant un handicap se
réalise sans que l’accès à l’école, les méthodes d’apprentissage et le rythme scolaire
ordinaires ne soient remis en question. Cet accueil est possible par l’intermédiaire d’une
attention particulière et d’un suivi spécial, accordés à l’enfant.
L’éducation intégratrice consiste à «changer l’enfant, ou le rééduquer, afin de
pouvoir l’insérer dans le système scolaire et dans la société ». Ici, c’est l’apprenant porteur
du handicap qui doit s’adapter au système scolaire, grâce à des compensations diverses

Les insuffisances/limites
L’enfant en situation de handicap doit fournir d’énormes efforts pour suivre et
comprendre les leçons et s’intégrer au groupe. L’éducation intégratrice n’est pas la
formule la plus aboutie car elle ne fournit pas les conditions adéquates d’études des
enfants en situation de handicap

3. Education inclusive
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L’éducation inclusive considère que «l’école et le système éducatif ont à changer
afin de répondre aux besoins individuels de tous les apprenants – avec ou sans
handicap». C’est le système scolaire qui doit s’adapter et faire preuve de flexibilité face à
l’enfant, et non l’inverse.
Ce modèle reconnaît le droit de tous les enfants d’être scolarisés dans leur
communauté, proche de leur domicile. Pour ce faire, l’utilisation des ressources locales et
la participation de tous les acteurs sont encouragées : parents, professionnels éducatifs et
de santé, politiques.
L’inclusion scolaire implique une refonte des principes d’éducation qui ne vont pas
sans poser problème dans l’organisation et le fonctionnement de la plupart des systèmes
éducatifs, car ces derniers ont le plus souvent développé une autre démarche.

Les avantages de l’éducation inclusive


L’éducation inclusive :
‐ favorise le respect de droit à l’éducation des enfants ayant des déficiences ;
‐ permet aux enfants ayant des déficiences de rester dans leur famille et dans leur
communauté ;
‐ contribue à l’amélioration de la qualité de l’éducation pour tous ;
‐ permet un changement de la pratique éducative (pédagogie centrée sur l’enfant,
participative) ;
‐ améliore les rendements scolaires ;
‐ coûte moins chère que les écoles spécialisées ;
‐ permet l’utilisation rationnelle des ressources éducatives ;
‐ contribue à la lutte contre la discrimination ;
‐ contribue à l’acceptation de la différence ;
-valorise les enfants en situation de handicap ;
‐ améliore l’estime de soi ;
‐ promeut l’inclusion au sens large (tous les enfants vulnérables);
‐ est une stratégie qui vise la réalisation d’une société inclusive.

Les insuffisances/limites de l’éducation inclusive


L’approche inclusive ne présente pas pour le moment de limites.
Cependant dans notre contexte actuel marqué par la rareté des ressources, la pauvreté
des populations, sa mise en œuvre est confrontée à un certain nombre de
difficultés/contraintes qui sont entre autres :
-Les grands effectifs ;
-Le manque du matériel spécifique ;
-l’insuffisance des enseignants inclusifs.

Préparé par Angèle TCHAMEGA LEUNGA


IPN / ENG, MINESEC

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