Lycee Mame Cheikh MBAYE
Classe
1ere S2 D
Expose de Français
THEME: Le vieux nègre
et la médaille de
Ferdinand OYONO
Membres du groupe
Noms Prénoms
CISSE Ndéye Awa
COULIBALY Awa
DABO Amy
CISSOKHO Cona
NDONGO Médoune
SY Pape Fodé
Professeur : Mr DIALLO
PLAN
Introduction
I. Biographie et bibliographie de l’œuvre
1. Biographie
2. Bibliographie
II. Etude de l’œuvre
1. Structure
2. Résume
III. Etude Thématique
IV. Etude des personnages
V. Porté de l’œuvre
Conclusion
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Introduction
A côtéde Une vie de boy et de Chemin d’Europe, Le vieux nè
gre et la médaille trouve
place au rang des œuvres écrites par Ferdinand Oyono, homme politique et é crivain célè
bre de
nationalitécamerounaise.
« Je ne suis plus qu’un vieil homme... », Parle ainsi Mé ka, personnage principal autour duquel
tourne toute l’histoire raconté e par Ferdinand Oyono dans Le vieux nè gre et la mé daille. Le ré
cit
de l’histoire nous donne un prolongement de son premier roman, une vie de boy dans lequel, le
jeune enfant africain naı̈ f semble n’avoir que grandit dans Le vieux nè gre et la mé daille, restant
tout aussi naı̈ f. Ce roman publiédurant la dé colonisation est ainsi fortement inscrit dans son
contexte ce qui lui valut son succè s mé
rité
. Il est donc intéressant d’en saisir l’inté
rê
t qui reste
très actuel au moment oùon parle des tirailleurs et de leur ré tribution, de réparation, de
souvenir, de pardon pour tout ce que le Blanc a fait aux peuples africains. La vie de Oyono, on le
sait, a é
téune influence dans son œuvre. Partir d’elle pour comprendre le texte semble ê tre une
voie obligé e. A la suite, après avoir pré
sentél’auteur àtravers son œuvre litté raire, on ré sumera
l’histoire, et puis, nous verrons quelques thè mes abordé s par l’auteur avant de terminer avec les
personnages que l’auteur fait parler dans son roman.
I. Biobibliographie de l’auteur
1.Biographie
Ferdinand Oyono, romancier camerounais francophone, est néen 1929 à
N’Goulémakong. Il suit des études de droit et de sciences politiques àParis, tout en é crivant ses
premiers romans : Une vie de boy (Julliard, 1956) et Le Vieux Nè gre et la médaille (Julliard,
1956). Aprè s la publication de Chemin d’Europe, en 1960, Ferdinand Oyono obtient
d’importantes fonctions diplomatiques : il est nomméambassadeur du Cameroun àParis de
1964 à1975, puis repré sentant permanent auprè s des Nations unies pendant huit ans, avant de
rejoindre le Cameroun oùil a exercédes fonctions ministé rielles jusqu’àson décès àYaoundé , en
juin 2010.
2.Bibliographie de l’auteur
A la fin des années 50, Ferdinand Léopold Oyono publia en langue française trois romans
qui ont trait àla vie quotidienne en Afrique àl'é
poque coloniale et qui, mettant en cause aussi
bien l'administration que la police ou l'Eglise des missionnaires, feront scandale dans cette
pé
riode de dé colonisation.
Une vie de boy, publiéen 1956, est centré e sur le personnage de Toundi, boy instruit
placéchez le commandant d'un district de la colonie française. Le roman dé nonce les pratiques
autoritaires de la colonisation et au-delà, la négation de l'humanitédes colonisés àqui on ne
pardonne pas de quitter leur place en dé couvrant l'envers du dé cor des maıt̂res blancs. La place
faite àla frustration sexuelle de Toundi vis-à -vis de sa patronne blanche et les turpitudes intimes
de celle-ci offrent par ailleurs une approche renouvelé e du problè
me colonial.
Le vieux nègre et la mé
daille, publiéen 1956, se concentre sur la date symbolique du 14
juillet, fê
té
e dans un district é
loigné . Ce jour-là
, Meka, qui a donnédu terrain aux missionnaires
pour leur é glise et dont les deux fils sont morts àla guerre, est d'abord heureux d'être honoré
par une mé daille de reconnaissance de la France, àlaquelle tous ses proches applaudissent. En
deux jours, aprè s une céré
monie qui tourne au grand guignol et une nuit d'humiliation, le vieil
homme prend conscience que ce 14 juillet n'est en fait qu'une mise en scè ne hypocrite des
pouvoirs coloniaux qui parlent d'amitiéen maintenant une stricte exclusion des colonisé s. La
solidaritéafricaine qui l'entoure àla fin du roman constitue un contrepoint politique et, avec la
fiertéretrouvé e du peuple colonisé , une réponse àla colonisation des Blancs.
Chemin d'Europe, publiéen 1960, raconta quant àlui l'exploration plus ou moins chaotique du
monde des Blancs dans une bourgade africaine par un jeune homme qui veut se couper de ses
racines et rê
ve d'Europe malgréles mises en garde de son pè
re.
Ces œuvres qui associent des registres varié
s, avec des pages drôles ou grinçantes ou
é
mouvantes, ont marquéles esprits dans cette pé riode oùs'esquisse la décolonisation et
Ferdinand Oyono n'a pas exploréd'autres sujets en cessant d'é crire des romans depuis 1960.
II. Etude de l’œuvre
1. Structure de l’œuvre
Un roman écrit en 190 pages et structuréen trois parties et onze chapitres. Une œuvre précieuse
parue en une période mouvementé e, durant laquelle plusieurs pays africains ont accé
déà
l'indé
pendance.
2. Résumé de l’œuvre
Le roman raconte l'histoire de Meka. Un vieil homme naif dévouéàla cause des Blancs. Meka
doit visiter le commandant de son pays Doum. Il va recevoir une mé daille en reconnaissance de
son dévouement pour la France, d’ê
tre par consé
quent « un ami des blancs. ».
Meka avait deux fils combattant pour les français durant le seconde guerre mondiale. Il a
même offert ses terres àla mission catholique. Durant la remise de la mé
daille le jour de la fê
te
nationale française le 14 juillet.
Aprè s le vin d’honneur, tous les noirs sont devenus ivres et M. Varini appeléaussi Gosier-
d’Oiseau fait é
vacuer la salle du Foyer Europé en. Dans la panique, on oublia et enferma le ivre
Meka qui dormait àl’inté rieur. L’orage é
clate en ravageant la salle d’oùsortit Meka titubant. Il
perd sa médaille.
Il est arrê
tédans la nuit, brutaliséet maltraitépar des policiers trop zé
lé
s avant d’ê
tre
conduit dans une prison oùil sera encore humiliépar Gosier d’Oiseau de qui il attendait une
reconnaissance.
Pendant le roman, Meka essaie d’aider des blancs et il suit des rè
gles. Meka rentre chez
lui et plonge toute la famille dans la stupeur causant pleurs et lamentations. Il se rend compte
qu’il est un esclave des blancs.
Le titre choisi illustre bien cet esprit ironique et d’autodé rision. En utilisant deux termes
en opposition : le mot « nègre » terme pé joratif de connotation raciste ce qui peut paraı̂ tre
surprenant venant d’un é crivain noir. Avec le terme « mé daille », terme positif, appréciatif.
L’humour et l’ironie sont donc d’emblé e pré
sents dans le titre qui résume par làl’histoire du
roman.
Le nom « vieux » montre une volontéuniversalisante de l’auteur pour mettre l’accent sur
le contraste entre l’expérience et tout ce que des générations africaines ont fait : sa vie, la vie de
ses enfants, ses biens, son cœur pour mé riter non pas des médailles mais « une mé daille ». Et
quelle médaille!.
A travers son oeuvre Oyono expose la traditionnelle opposition d'un Noir naı̈ f qui croit à
l’amitiédes Blancs hypocrites et sournois. Son é
criture est caracté
rieépar l’ironie et l’humour.
C'est une oeuvre qui ré sume les spé cificité
s culturelles africaines et occidentales. Elle
traite ainsi les caractè
res et comportements de ces deux peuples àtravers des thé matiques
variées (le christianisme, la vieillesse et l'alcoolisme...). Cette mé daille n’est-elle pas le symbole
du mal que les africain ont subi pendant des siè cles!.
III. Etude thématiques
L’œuvre aborde diffé rents thèmes tels que l’alcoolisme, le christianisme, le colonialisme, la
famille, la femme, la fête, la guerre, l’iné
galitéou la sé
gré
gation, le racisme, la tradition, la
vieillesse, etc. A travers les thè
mes qu’on a choisis d’é tudier on constatera que les autres y sont
inclus.
Le christianisme
Ce roman dé crit les mé
saventures du vieux Meka au sein de l’appareil colonial de son pays Pour
le ré
compenser d’avoir donnéses terres àl’Eglise et ses deux fils à«la guerre oùils ont trouvé
une mort glorieuse pour la France », le Haut-commissaire dé cide de l’honorer de la mé
daille de
l’amitiéeuro-noire àl’occasion de la fê
te du 14 juillet. D’oùle titre du roman.
Mais, au fait, la médaille est un pré
texte que se donne Oyono pour ré véler, àsa manière, la
nature des rapports qui existent entre colonisateurs et colonisé s dans la petite localitéde Doum,
lieu de l’action. L’action des missionnaires n’est diffé rente de celle de leurs congénères laı̈cs.
Oyono insiste d’une maniè re particuliè
re sur le rô
le inhibiteur de la religion catholique, vé ritable
« opium du peuple », facteur d’assujettissement et de duperie. Sous le pré texte qu’elles «ont plu
au bon Dieu», les missionnaires ont pris les terres de Meka.
De plus, les ouvriers indigènes qui travaillent sur ces terres reçoivent pour tout salaire «le merci
du prê tre, la communion ou la grâ ce et l’indulgence du bon Dieu ». Pourtant, mê me la confession
n’est pas gratuite de l’autre cô
té
! Oyono é voque aussi la ségré
gation raciale que pratique l’Eglise
àla Sainte Table et au Cimetière. Bref, cet écrivain jette un doute systé
matique sur les bonnes
intentions de ceux qui pré tendent sauver l’â me noire de la damnation. Il y est mis dans le même
sac, laı̈
cs et missionnaires blancs.
L’alcoolisme
Il joue un rô
le important dans le roman. Instrument de sé gré
gation, l’alcool permet au narrateur
de montrer que le Blanc dispose toujours pour les Noirs d’un succé danéet garde le bon produit
pour lui. Ainsi en est-il lors de la fê
te oùle whisky circulait uniquement pour les Blancs. Aussi se
sont-ils même retirés au Cercle Europé en (p.126) chez Pipiniakis pour faire la fê te. L’alcool
représente également un moyen d’exploitation : on interdit la biè re locale àbase de banane ou
de maıs̈pour é couler le vin importéde France. Et le prêtre se ravitaille chez les noirs en vin.
(p.15) Par ailleurs, pour commettre leurs injustices, les blancs font soû ler les indigènes.
La vieillesse
Cet âge est aussi important dans cette histoire. Le héros Mé ka en est un. Et beaucoup de
personnages aussi comme ses amis naturellement. Ils sont tellement vieux qu’on ne connaı̂ t leur
date de naissance, comme « Nua qui é tait comme lui sans âge. Il é
tait sec comme une viande
boucané e et avait la mâchoire continuellement en mouvement ». Il y avait aussi Nti qui é tait
atteint d’Eléphantiasis. (p.24) Pour se convaincre on verra mê me que dè s trente ans, Mvondô
qui é
tait le fils de sa sœur ressemblait àun vieux car n’ayant plus de cheveux, il é tait « comme un
vieux lé
zard » (24) Aussi le manque de respect et les brimades que lui font subir les policiers
sont condamnables, et en Afrique le vieux est respecté . Cela té
moigne de la cruautéet de la
méchancetédes Blancs.
IV. Etude des personnages
Mis àpart le héros Meka et quelques personnages, tous les autres personnages sont des
personnages de faire-valoir, des silhouettes qui peuplent le roman. D’ailleurs certains
personnages é taient déjàpré
sents dans Une Vie de boy. Ils sont souvent des « personnages types
» qui assument les caractè res ou les souffrances d’une classe sociale, les indigè
nes, dont leurs
rô
les sont dé
finis par la colonisation.
Meka est le hé ros. C’est un vieillard qui a fait la seconde guerre mondiale. Maintenant il vit
tranquillement avec sa famille, mê me s’il a perdu ses deux fils àla guerre. Il offre ses terres àla
mission catholique et a une fois àla nouvelle religion. Il est aimédu village de Doum et de sa
famille qui l’assiste dans les meilleurs moments comme dans les pires, ainsi qu’il en est lorsqu’il
a é
témaltraitépar les policiers blancs.
Il y a sa femme Kelara, qui souffre pour ses fils perdus, mais aussi elle est toujours inquiète
lorsque les blancs appellent son mari. Engamba le frè re de sa femme et son é pouse Amalia,
Mvondo son neveu. Ses amis Nua et Nti. Mami Titi tient quant àelle un bar àla pé riphérie du
quartier des indigènes, elle est é
galement â
gée.
On aussi le catéchiste africain, AndréObé béqui sera chasséde la maison de Meka lorsque les
blancs l’ont malmené . Le boy, et l’interprè
te qui sont ici des intermédiaires incontournables
pour le service et la l’inter compré hension. Le tailleur Ela est un personnage « grossier », « fat »
et « pré
tentieux » qui travaille le grec Angelopoulos ; Evina est aussi un ancien cuisinier des
prêtres.
Les personnages du monde européen sont souvent caricaturé s àl’image du Commandant
de Doum qui va annoncer àMeka qu’on va lui remettre une mé
daille. Et le Chef des Blancs qui
viendra de Timba.
Le Haut-commissaire de police M. Varini, surnomméGosierd’Oiseau, certainement à
cause d’un cou qui ressemble àcelui d’un oiseau, l’administrateur et organisateur de la
céré
monie M. Fouconi que le narrateur décrit ainsi : « un jeune aux formes arrondies, à
l’abondante chevelure noire et au large bassin que les Noirs avaient surnommé« l’à -côré
-
presque-femme » (p.98), le père Vandermayer. Le commerce est gé répar les grecs Pipiniakis,
Angelopoulos et Mme de Monroti avec la « buveuse de thé».
Des ré
gisseurs ou gardes de prison.
V. Porté de l’œuvre
Ce que Meka a fait est une sorte d’é
change. En effet, du moins tel semble ê tre le sens que lui
donne la voix qui avait parlédans le public : « Moi, je dis qu’on aurait mieux fait de l’habiller de
médailles ! (…) Ce qu’a compris la femme de Meka Kelara. Le narrateur semble accuser alors la
complicitédes africains qui ont favorisél’implantation des europé ens àtravers les personnages
de Meka. Aussi le sort de ce dernier est de souffrir l’ingratitude de la France, comme ce fut le cas
pour Meka.
Il est alors compré hensif de noter la contradiction entre les valeurs que le haut-commissaire
dé fend dans son discours àsavoir l’égalitéet la fraternitéentre tous les hommes et la ré alité
vé cue par Meka qui croyait àl’amitiédes Blancs jusqu’àles inviter prendre un repas chez lui.
Parce que le haut-commissaire Gosier d’Oiseau l’a humilié , celui-làmême qui dans Une vie de
boy avait battu jusqu’au sang le boy Toundi. Sans oublier la sé grégation lors du service du vin
d’honneur : ils eurent du vin rouge alors que les Blancs buvaient du whisky. Les quartiers é taient
séparé s, et on malmenait un indigène qui osait franchir la frontiè re qui les sé
parait sans
demander la permission. Le beau-frè re de Meka failli en subir les consé quences en allant
chercher celui-ci chez le commandant.
Conclusion
A travers Le vieux nè gre et la médaille, c’est une sorte d’opposition classique chez Oyono
qu’on vient de voir : la traditionnelle opposition d’un Noir naı̈ f qui croit àl’amitiédes Blancs
hypocrites et sournois. C’est surtout l’ironie et l’humour caracté ristiques de l’é
criture de Oyono
qu’on lit dans ce texte simple mais trè s dense. Ce livre de moins de deux cent pages ré sume les
spécificité
s culturelles africaines et occidentales mais aussi les caractè res et comportements de
ces deux peuples àtravers des thé matiques varié es àla fois traditionnelles et modernes. Cette
médaille de Meka n’est-elle pas le symbole des visites de chefs d’Etats Europé ens ? Des aides
ré
pétées qui n’ont aucune valeurs comparé es au mal qu’ils ont fait subir aux africains ?
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