Université de Likasi
FACULTE DES SCIENCES
Département de Géologie
COURS DE GITOLOGIE ET METALLOGENIE
DU CONGO
Destiné aux étudiants de L1 Géologie
Par : Prof. Gabriel MAKABU
KAYEMBE
Année
Académique 2012 – 2013
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Chapitre I. BREF APERCU DE LA LITHOSTRATIGRAPHIE
DE LA R.D. CONGO
I.1. PRECAMBRIEN
I.1.1. Subdivision du précambrien
La sous commission internationale sur la stratigraphie précambrienne
recommande de ranger au mieux les 5 complexes lithostratigraphiques anciens suivant la
chronologie ci-dessous (Keneth A. Plumb et Harold, 1982) :
L’archéen : terrains plissés et métamorphisés avant 2500 m.a.
Le protérozoïque inférieur : terrains plissés et métamorphisés entre
2500 et 1800 m.a.;
Le protérozoïque moyen : terrains plissés et métamorphisés compris
entre 1800 et 1300 m.a. ;
Le protérozoïque supérieur : terrains plissés et métamorphisés entre
1300 et 600 m.a.
On peut observer qu’il n’existe pas de limites nettes concernant la base de
différentes subdivisions énoncées ci-dessous. Dans la présente note nous essayons de
définir ces limites en tenant également compte des marges d’erreurs qui affectent les âges
attribués aux divers complexes géologiques.
I.1.2. Le soubassement anté Katanguien.
II affleure sur le pourtour de la Cuvette Centrale sous un revêtement
d'altération cénozoïque, et comprend trois grandes subdivisions (Fig.2): l’Archéen, le
Protérozoïque Inférieur (Ubendien, Luizien) et le Protérozoïque Moyen (Kibarien).
A. L'ARCHEEN (Plus de 2.500 m.a.)
Les ensembles archéens sont très métamorphiques, constitués de granito-
gneiss. De migmatites et de charnockites parcourus localement par des intrusions gabbro-
noritiques, granitiques et péridotitiques.
Ces ensembles s'observent dans la Province Orientale (Bomu, Gangu. Kibali),
dans les deux provinces du Rasai (Luanyi, Kasai-Lomami, Dibaya) et dans le Bas-Congo
(Prékimézien).
B. LE PROTEROZOIQUE INFERIEUR (LUIZIEN) (2500 - 1600 m.a.)
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Les métamorphites d'âge protérozoïque inférieur sont dominées par les
micaschistes et les migmatites comprenant des séquences amphibolitiques et des roches
vertes. Elles ont été intrudées par des granites et des pegmatites accompagnés de fiions de
quartz aurifères. Les ensembles sont connus sous les termes Kibalien, Ubendien, Luizien,
Lulua, Lukoshi, Kimézien.
C. LE PROTEROZOÏQUE MOYEN (KIBARIEN) (1600 – 1200 m.a.)
Il est constitué des formations les plus jeunes du soubassement antékatanguien,
dominées par leur composante quartzifère comprenant des conglomérats, quartzites,
phyllades divers, quelques micaschistes, interrompus par des épisodes volcaniques
basiques à intermédiaires dont certains transformés en roches vertes et en épidotites.
Les intrusions observées sont soit syntectoniques (1300 m.a.), soit d'âge
panafricain (1100 et 950m.a ). Les terminologies connues sont : Kibarien (Katanga, Kasai,
Maniema, Kivu), Zadinien-Mayombien-Sansikwa (Bas-Congo), Likibembien (Equateur,
Province Orientale).
I.1.3. Le panafricain congolais (1200-570 m.a.)
Le Panafricain, représenté principalement par le Katanguien (Katanga, Kasaï),
l'Ouest-Congolien (Bas-Congo) et le Lindien (Kivu, Maniema, Equateur, Province
Orientale), est formé de sédiments concordants épais, peu transformés, subdivises en trois
groupes constitués chacun par un ensemble conglomératique de base, surmonté ensembles
quartzo-feldspathiques incluant des séquences pélitiques et carbonatées plus ou moins
développées, soit de bas en haut et suivant les régions :
OUEST-CONGOLIEN KATANGUIEN LINDIEN
HAUT-SHILOANGO (1200 m) ROAN (2500 m) ITURI (200 in)
SCHISTO-CALCAIRE (1270 m) NGUBA (2000 m) LOKOMA (650 m)
SCIIISTO-GRESEUX (2040 m) KUNDELUNGU (3000 m) ARUWIMI (IS00 m)
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I.2. La couverture phanerozoïque continentale.
Elle constitue l’essentiel des sédiments de la Cuvette Centrale. On peut la
diviser en huit unités ou groupes :
LUKUGA : (Carbonifère - Permien, 305 - 225 m.a.)
…………………. : Lacune
HAUTE-LUEKI : (Trias Supérieur, 200 - 190 m.a.)
KISANGANI : (Jurassique - Crétacique, 190 - 115 m.a.)
LOYA : (Aptien-Albien, 115 - 105 m.a.)
BOKUNGU :(Albien Supérieur, 105-90 m.a.)
KWANGO : (Cénomanien, 90 - 75 m.a.)
…………….: Lacune. Erosion fin-crétacique.
KALAHARI : (Eocène - Miocène, 55 - 10 m.a.)
RECENT (Pliocène, Holocène, 10-0 m.a.)
I.3. DESCRIPTION LITHOLOGIQUE DE QUELQUES UNITES
GEOLOGIQUES
I.3.1. BAS – CONGO
A. LE ZADINIEN : 3450 – 3000 m.a
Correspond à l’Archéen. C’est une série métamorphique plissée WSW-ENE.
Elle comprend trois unités :
1. Groupe de Palabala.
Micaschistes et gneiss, autrefois regroupé avec le groupe de
Matadi.
2. Groupe de Matadi.
Quartzites et conglomérats.
3. Groupe de Tshela.
- Grès feldspathiques, quartzites, amphibolites ;
- Shales graphiteux et laves ;
- Quartzites et shales métamorphiques.
B. LE MAYOMBIEN : 3000-1800m.a
Le mayombien est discordant sur le zadinien, il a été plissé SE-NW,
migmatisé.
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1. . Groupe de Sikila
Roches volcaniques acides.
2. Groupe du mont Lungu
Roches volcaniques acides ;
Quartzites et shales métamorphiques.
C. LE SANSIKWA : 1800 – 1200m.a
C’est un ensemble comprenant le seul groupe de la Sansikwa discordant sur le
mayombien. Il a été plissé et érodé avant le dépôt d’une tillite. Il comprend :
1. Conglomérat de base (4 m)
2. Phyllades et quartzopyllades violettes (500 m)
3. Shales, quartzites, phyllades, cherts (875 m).
D. L’OUEST CONGOLIEN : 1200 -600 m.a
1. Tillite inférieure (400 m)
2. Haut – Shiloango.
a. Groupe de Muyonzi (500 – 700m)
- Conglomérat de base.
- Phyllades et grès calcareux.
b. Groupe de Sekelelo (200 m)
- Shales à nodules calcaires.
- Calcaires argileux noirs.
- Brèche calcaire.
3. Tillite supérieure (150 m).
4. Schisto – calcaire.
a. Groupe de Kwilu CI
- Dolomies roses et grises (10 m)
- Shales et grès calcareux verts à violacés de Bulu (350 m)
- Calcaires gris à cocolithes et stromatolithes de Luanza (100 m).
b. Groupe de la Lukunga CII
- Calcaires stromatholithiques avec bancs de cherts et de shales (300 m)
c. Groupe du Bangu CIII
- Calcaires stromatholithiques avec bancs de cherts et de shales (300 m)
d. Groupe de la Ngandu CIV
- Shales et calcaires.
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Ce groupe est suivi d’un plissement daté à 750 m.a par une galène de Bamba
Kilenda.
5. Schisto- gréseux.
a. Groupe de Mfidi.
- Grès et shales gris vert de Gidinga (30 m).
- Quartzites feldspathiques de la Luvemba (60 m).
b. Groupe de Mpioka
- Conglomérat du Bangu et brèche du Niari(40)
- Shales, grès calcareux, shales rouges de la Vampa (400 m).
- Quartzites feldspathiques de la Kubuzi (250 m).
- Shales et quartzites de la Liansama (300 m).
c. Goupe de l’Inkisi.
- Conglomérat du Mont Mbidi (15 m).
- Arkoses rouge-violet de Fulu (300m).
- Shales, quartzites de la Moyosi (25m).
- Shales, quartzites de la Luvumvu (300 m).
I.3.2. LA PROVINCE ORIENTALE ET L’EQUATEUR
A. L’UELIEN : 3600 – 3000 m.a
Le précambrien inferieur est représenté par le complexe métamorphique du Nil
Occidental, qui dans le Bas-Uélé est remplacé par le complexe de la Bomu. Ce dernier est
recouvert en discordance par la formation de la Gangu.
Nous regroupons ces unités géologiques dans un ensemble plus étendu
dénommé "UELIEN". Cet ensemble plissé NSW-ENE et granitisé comprend également
des gneiss à amphiboles plissés NW-SE.
1. Groupe de Bomu.
- Gneiss à amphiboles et grenats
- Gneiss à biotite, muscovite.
- Micaschistes, quartzites.
2. Groupe de la Gangu.
- Quartzites, shales à séricite, traversés par des filons de galène datée à
3490 ± 100 m.a. Dans le coude de l’Oubangi, l’Uélien est representé
par le complexe de l’Oubangi (B. Aderca 1950).
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B. LE KIBALIEN : 3000-1800m.a.
Il n’existe pas de coupe continue du Kibalien. Des observations locales
donnent la succession suivante :
- Granites alcalins à microcline.
- Granites sodiques à albite, oligoclase.
- Diorite, amphibolites.
- Shales métamorphiques avec bancs de quartzites et d’itabirites.
Ces formations sont parcourues par des pegmatites ainsi que par des filons de
quartz aurifère datant de 2075 à 1850 m.a.
C. LE LIKIBEMBIEN : 1800-1200m.a
Le Likibembien est comparable au groupe de la Sansikwa formé de phyllades
et de quartzophyllades, ainsi que de quartzites. Il affleure dans le coude de l’Oubangi.
D. LE LINDIEN : 1200-600 m.a.
La coupe type observée dans la vallée de l’Aruwini comprend :
1. Le Schisto-calcaire.
- Conglomérats (40 – 50m)
- Calcaires à oolithes silicifiées (30 – 50 m)
- Calcaires à stromatolithes de Lenda (50 – 75 m)
- Calcaires d’Asoso (50 m).
2. Conglomérat d’Opienge et tillite de Lenda,
3. Le Schisto-gréseux.
- Complexe terrigène de base (300 m)
- Shales, calcaires dolomitiques (350 m).
- Quartzites de Galamboge (100 – 150 m).
- Shales et calcaires d’Alolo (300).
- Grès quartzites de Banalia (1000 – 2000 m).
I.3.3.LES KASAI-KATANGA-KIVU
A. LE KASAIEN : 3450 – 3000 m.a
- Granites de Dibaya.
- Gneiss du Luanyi supérieur (3300m.a.)
- Quartzites, micaschistes,
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B. LE KASAI – LOMAMI : 300 – 1800 m.a.
- Granites (2710 m.a.)
- Charnockites (2700m.a.)
- Gneiss de la Luiza, migmatites.
C. LE KIBARIEN : 1800 – 1200 m.a ;
Le Kibarien repose sur le Kasai-Lomami, lui-même recoupé par des granites
(2210 m.a) et des pegmatites (1850 m.a). Ses plis orientés SW-NE connaissent une
virgation dans le Kivu et adopte une direction SE-NW (Rumvegeri, 1984). Le Kibarien
comprend:
1. Groupe de mont Kiaoro
- Conglomérat de base.
- Quartzites et shales métamorphiques.
2. Groupe de la Lufira (1300 – 5500m)
- Conglomérat.
- Quartzites, roches volcaniques.
3. Groupe de la Lovoï (1500-4000 m)
- Quartzites.
- Shales métamorphiques.
Ce groupe était appelé groupe des monts Hakansson.
4. Groupe de la Lubudi (1500 – 1800 m)
- Conglomérat et arkoses.
- Shales graphiteux.
- Calcaires et dolomies stromatolithiques
Le Kibarien a été envahi par des granites syn- tectoniques datés à 1300 ± 40
m.a, par des granites post- orogéniques à étain-niobium (1010-925m.a) et par des
pegmatites tardives (975-875m.a) (L. CAHEN, 1967).
D. LE KATANGUIEN : 1200-600m.a
Le Katanguien comprend des roches sédimentaires déposées pendant la
période qui a séparé la tectonique kibarienne de la dernière phase de la tectonique
katanguienne. Ces roches sont divisées en trois super groupes : le Roan (R), le Nguba (Ng)
(ex-Kundelungu inférieur) et le Kundelungu (ex-Kundelungu supérieur), séparés par deux
mixtites dénommées « grand conglomérat » et « petit conglomérat ». Les différentes unités
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stratigraphiques sont subdivisées sur base de la lithologie en groupes, sous groupes,
niveaux, sous-niveaux, horizons etc.
La succession lithostratigraphique du Katanguien est la suivante :
1. Groupe du Roan
a. R1. Sous-groupe de roches argilo- talqueuses (RAT) (800m)
R1.1. : conglomérat quartzitique, conglomérat arkosique et quartzite
de Chilabombwe (40 – 160m).
R1.2 : - conglomérats arkosiques, quartzites et grès argileux du dôme
Kankola (120-200 m).
- dolomies talqueuses rose claire et grès fins dolomitiques de
l’Étoile (50 6130 m).
R1.3 : grès dolomitiques et dolomitiques gréseuses rouges de
Kolwezi (0-150 m).
b. R2. Sous – groupe des mines (GDM) (250m)
R2.1 : grès et shales dolomitiques, dolomies cherteuses et
stromatolithiques (30-40m)
R2.2 : shales et grès dolomitiques à sédimentation rythmique (45-60)
R2.3 : calcaires dolomitiques, dolomies, shales carbonés, dolomies
talqueuses (60-150m).
c. R3. Sous – groupe de la Dipeta (600m)
R3.1 : dolomies gréseuses et talqueuses à oolithes, argilites claires
(250 m).
R3.2 : calcaires dolomitiques, shales et dolomies (200m)
R3.3 : dolomies, shales talqueux, grès (150m)
R4. Sous-groupe du Mwashya (600m)
R4.1 :- dolomies siliceuses à oolithes, hématite, chert, jaspes.
Roches pyroclatiques et shales. L’ensemble atteint 300 m.
R4.2 : shales rubanés, quartzites feldspathiques de la Kisanga (300
m).
2. Groupe de Nguba (Ng).
a. Ng.1. Sous-groupe de Lubumbashi.(1000m)
Ng.1.1 : tillite, grand conglomérat
Ng. 1.2 : - dolomies, calcaire et shales de Kaponda (90 – 200 m)
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- dolomies de Kipushi (0 – 100m).
b. Ng.2. Sous-groupe de Monwezi (1000m)
Ng.2.1 : - shales dolomitiques et dolomies de la série récurrente (0-
230 m)
- shales et grès dolomitiques à géodes chloriteuses et
hématiferes (150 – 1100 m)
Ng.2.2 : shales gréso-quartzitiques à litage lamellaire croisé, grès
feldspathiques et arkoses quartzitiques (100 – 1100 m).
3. Groupe de Kundelungu (Ku)
a. Ku1. : Sous-groupe de Kalule (1000m)
Ku1.1 : tillite, petit conglomérat (30 m).
Ku1.2. calcaire, dolomie rose (10 m).
Shales, grès dolomitiques (300 – 1050m)
Ku1.3. : calcaire rose oolitique de Lubudi (50 m).
Shales, grès fins rubanés (200 – 400 m).
b. Ku 2 : Sous-groupe de Kiubo (1200m)
Ku2.1 :- shales gréseux, grès quartzites, arkoses de Kiubo (250 –
600 m).
Ku2.2 :- shales, grès fins de la haute Gule (0-1700 m).
c. Ku 3 : Sous-groupe des Plateaux (800m)
Ku 3.1 :- grès feldspathiques rouges et conglomérats.
Ku3.2 : arkoses rouges.
Ku3.3 : shales gréseux et grès rouges.
E. LES SERIES DE COUVERTURE
E.1. LE PALEOZOIQUE
Groupe de la Lukuga (KARROO)
a. Carbonifere supérieur
- Tillite.
- Shales noires de Walikale
b. Permien inférieur
- Shales noirs de la Lukuga et de Walikale
c. Permien supérieur
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- Shales noirs, grès et psammites à couches de charbon.
- Argilites, shales bariolés, grès et veines de charbon.
E.2. LE MESOZOIQUE
1. Jurassique supérieur : groupe de Kisangani
- Grès fins et argilites bariolées à faune de poissons et ostracodes, avec
niveaux de shales bitumineux.
2. Crétacé
a. Crétacé inférieur (wealdien) : groupe de la Loia
- Grès verts ou bruns
- Argilites et shales verts ou rouges, bitumineux de la Loia
- Argiles, marnes, grès bitumineux du littoral.
b. Cretacé moyen et supérieur : groupe’ du Kwango
- Argilites et de la INZIA
- Argilites, grès bitumineux, calcaires du littoral
- Grès arkosiques et argilites rouges de la NSELE.
E.3. CENOZOIQUE (KALAHARI)
1. Paléocène : argiles et calcaires gréseux du littoral à faunes marines.
2. Eocène-oligocène :
- Grès polymorphes
- Calcaire du littoral à dents de poisons.
3. Miocène
- Sables ocres, à graviers limonitiques et grès tendres
- Couches de Malembe au Littoral à dents de poissons.
4. Pliocène
- Graviers argileux à bois silicifiés de Moanda
- Volcanisme du Kivu isolant les lacs Edouard et Albert.
E.4. QUATERNAIRE
- Graviers, galets et sables quaternaires.
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CHAPITRE II. EVOLUTION STRUCTURO-
METALLOGENIQUE DES GRANDS ENSEMBLES
GEOLOGIQUES DU CONGO ET VUE D’ENSEMBLE DES
GISEMENTS
Les formations géologiques du Congo appartiennent à deux ensembles
structuraux majeurs : d’une part la couverture qui occupe le bassin du fleuve Congo, la
zone littorale atlantique et le rift de l’Afrique centrale, et, d’autre part, le socle qui forme
un anneau presque ininterrompu autour dudit bassin.
La structure actuelle du socle résulte de la succession et de la superposition des
événements orogéniques qui ont affecté l’Afrique centrale depuis plus de trois milliards
d’années. La métallogénie du Congo est liée à cette évolution du socle, et sa très longue
histoire va être examinée en soulignant les rôles respectifs de la paléogéographie, de la
tectonique et du magmatisme dans l’apparition des minéralisations.
II.1. EVOLUTION STRUCTURO METALLOGENIQUE DES GRANDS
ENSEMBLES GEOLOGIQUES
II.1.1. LES BOUCLIERS ARCHEENS D’AGE SUPERIEUR OU EGAL A
2500 M.A
Ces boucliers affleurent au Congo septentrional et au Kasai. Ce sont de vastes
surfaces de roches profondément métamorphisées au sein desquelles apparaissent des
lambeaux de schiste cristallin qui gardent des reliques d’orogenèses anciennes.
Dans ces boucliers on a défini, sur des bases lithologiques et structurales, un
certain nombre de complexes qui ont pu être corrélés entre eux par des mesures de
radiodatations.
Le bouclier du Kasaï, abondamment sillonné par les missions de prospection
diamant, est le mieux connu. Son histoire géologique se serait déroulée selon le schéma
suivant (DELHAL, 1963) :
- Existence d’un vieux socle gneissique (3200 M.A),
- Intrusion de massifs gabbro-noritiques et formation de charnockites
par granitisation catazonale,
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- Phase shamvaienne de plissement entraînant la déformation de
l’ensemble gneiss-massifs gabbro-noritiques.
L’histoire du bouclier septentrional est très comparable à celle du Kasaï. A la
base, le complexe du Bomu, un vieux socle gneissique (3200M.A), recouvert par les
sédiments métamorphiques au cours de l’orogenèse shamvaienne.
Ces boucliers ne renferment aucun gisement notable d’or ou de cuivre-nickel.
Le lopolite gabbro-noritique, qui s’est mis en place dans le vieux socle gneissique du Kasaï
et qui pourrait constituer un métallotecte de taille (150 X 50 km) pour des minéralisations
en cuivre-nickel-chrome et platine, ne renferme que des indice insignifiants.
Au nord de ce lopolite, et probablement à la faveur de la phase post-orogénique
shamvaienne, de puissants dykes d’ultrabasites se sont mis en place dans des cassures
profondes, de direction E-W, qui affectent le complexe de Dibaya. Des indices de chrome
et de nickel ont été trouvés dans la zone d’altération latéritique de ces dykes.
A l’issue de l’orogenèse shamvaienne, les boucliers du Congo septentrional et
du Kasaï, dont les histoires géologiques présentent de grandes analogies, devaient former
un ensemble qui constituait la branche septentrionale du craton Congo-Angola.
II.1.2. LA CEINTURE DU PROTEROQOIQUE INFERIEUR ET MOYEN DE
2500 M.A A 1300 M.A.
Les sédiments des cycles orogéniques ruzizien, burundien et kibarien, qui
correspondent à cet intervalle de temps, se sont déposés dans des zones mobiles
méridiennes, situées sur les bordures est et ouest du craton et dans des fossés
intracratoniques.
A. Le domaine des zones mobiles
La zone mobile la plus importante se situe sur la bordure est du craton où elle
se suit du Katanga central au Nord Kivu.
La sédimentation débute, avec le dépôt de la série ruzizienne, par un complexe
de plusieurs milliers de mètres de puissance dont la séquence lithologique montre une
répétition monotone de niveaux schisto-quartzitiques intercalés de lentilles calcaires et
niveaux conglomératiques. L’ensemble de ces sédiments a été plissé au cours de la phase
ruzizienne (2100M.A), et des massifs granitiques à bordure gneissique et migmatitique (les
gneiss et les migmatites n’ont pas été différenciés des granites) se sont mis en en place
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dans les noyaux anticlinoriaux. Le degré de métamorphisme régional des sédiments
ruziziens appartient à la mésozone.
Le ruzizien renferme de nombreux gites détritiques aurifères mais l’existence
de gisements en place d’âge ruzizien n’a pas été démontrée. La reprise de la sédimentation
est indiquée par le dépôt de conglomérats et d’arkoses qui marquent la destruction de la
chaine ruzizienne.
Les paléoliefs ruziziens paraissent avoir étroitement contrôlé la répartition des
sédiments du cycle kibaro-burundien du Kivu-Maniema et le kibarien du Katanga présente
suffisamment d’analogies chronologiques, stratigraphiques, tectoniques et minérales pour
que l’on puisse les corréler et admettre qu’ils ont dû se déposer dans le bassin séparé par
un horst ruzizien. A l’intérieur de ce bassin, on observe, autour des noyaux anticlinoriaux,
des auréoles détritiques qui passent latéralement à des dépôts schisteux fins.
La séquence lithologique schisto-quartzitique burundienne est également
caractéristique de dépôts de faible profondeur dans une fosse de subsidence (tabl.2).
L’ensemble des sédiments de la zone mobile orientale a été plissé au cours de
la phase kibarienne (1300 M A). Les anticlinoriums et synclinoriums de direction générale
NE-SW sont beaucoup plus serrés dans la région orientale (Kivu, Ruanda, Uganda), où
l’épaisseur des sédiments burundiens était plus importante que dans la région occidentale
(Maniema). Des massifs de granites calco-alcalins syntectoniques se sont mis en place
dans les anticlinoriums.
Enfin, l’ensemble plissé et granitisé de la zone mobile a été recoupé par les
massifs de granites circonscrits leucocrates, dans les anticlinoriums, de 1000 et 875 M .A.
L’essentiel de la minéralisation stannifère est liée à ces granites. Les cortèges de
mineralisations pegmatitiques et pneumatolytiques se sont mis en place dans les sédiments
du burundien inférieur et plus anciens dont le degré de métamorphisme est limité par
l’isograde staurotide-biotite.
On connaît également des filons de quartz à cassitérite et wolframite
concordants, dans les zones plissées sans granite apparent, qui pourraient indiquer
l’existence d’une minéralisation stanno-wolframifere pré-orogénique.
Dans la zone mobile occidentale, les sédiments des cycles zadinien et
mayumbien ont été plissés et affectés par un métamorphisme régional qui peut atteindre le
degré catazonal. Aucune minéralisation notable n’apparaît liée aux formations effusives et
intrusives des cycles zadinien et mayumbien.
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B. Le domaine intracratonique
Les reliques des sédiments des cycles du ruzizien et kibalien, qui se sont
déposés dans les fortes dépressions du craton en voie de pénéplanation, forment trois
groupes d’affleurements de direction générale E-W.
Les métasédiments du kibalien et du ganguen, discordants sur le craton
septentrional, ont été affectés par une granitisation très étendue. Les métasédiments non
granitisés forment des lambeaux discordants sur le craton ou isolés dans le granite. Ces
lambeaux sont constitués de grains fins, de laves et tufs souvent albitisés (spilites et
kératophyres), de schistes graphiteux à biotite, de schistes à ankérite et dolomite, de
quartzites et d’itabirites. L’ensemble des lambeaux possède un Clarke anormalement élevé
en or. Les lambeaux de Kilo et de Moto renferment des granites, et des gîtes disséminés
dans des volcanites albitisées. L’or lié aux niveaux d’itabirites a formé, en outre, de
nombreux placers.
Sur le craton méridional, les métasédiments du Luizien et du Lukoshien se sont
déposés dans des fossés situés au nord et au sud du lopolite gabbro-noritique du Kasaï.
Les métasédiments du luizien, micaschistes quartzitiques et itabirites, ont été
affectés, ainsi que les roches du craton, par une phase de granitisation étendue, puis
l’ensemble socle et couverture granitisés a été plissé et métamorphisé au cours de la phase
orogénique ruzizienne.
Sur la bordure sud du craton du Kasaï, la série schisto-quartzitique, à
intercalations de lentilles de calcaire dolomitique du lukoshien, a été moyennement plissée
et métamorphisée au cours de la phase orogénique ruzizienne. Le lukoshien renferme
l’important gîte de manganèse de Kisenge dont la minéralisation dérive de l’oxydation
d’une série de lentilles carbonatées manganésifères.
Les sédiments du cycle kibarien dans le domaine intracratonique sont
représentés par les séries du liki-bembien et du luluen.
La série schisto-quartzitique du liki-bembien, qui affleure dans la boucle de
l’Ubangi, a été affectée par une tectonique tangentielle qui se marque par des plis déversés
et des charriages, sans mise en place de granites syntectoniques ou post-tectoniques.
La série schisto-quartzeuse et volcano-sédimentaire du luluen forme une bande
allongée suivant la direction E-W, qui repose sur le luizien au sud ; elle est en contact par
faille avec le complexe de Dibaya au nord. Aucun gîte notable n’a été découvert jusqu'à ce
jour dans les séries du liki-bembien et du luluen.
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A l’issue de l’orogénie kibarienne, le craton Congo – Angola et celui de
Tanzanie sont réunis et forment le vaste craton de l’Afrique centrale (CLIFFORD, 1970).
II.1.3. LA COUVERTURE DU PROTEOZOIQUE SUPERIEUR (1300-600
m.a.)
Les sédiments du protérozoique supérieur, appelé Katangien au Congo et en
Zambie, se sont déposés sur les plates – formes épicontinentales et dans les aires
subsidentes du craton de l’Afrique centrale. Les sédiments du roan se sont accumulés dans
les aires subsidentes et ont été largement transgressés par ceux de nguba. C’est dans une
aire de subsidence située sur la bordure sud-est du craton qu’une énorme quantité de cuivre
est venue s’accumuler à l’époque du roan moyen.
Les dépôts katanguiens n’ont été que partiellement affectés par l’orogenèse
pan- africaine ; aussi pourrons–nous distinguer un domaine tabulaire étendu et deux
domaines plissés correspondant aux chaines lufilienne et ouest congolienne.
A. La chaine lufilienne
La géologie de cette chaine qui renferme la ceinture cuprifère est la plus
élaborée de la RDC grâce aux études stratigraphiques et structurales réalisées par les
services géologiques du Comité Spécial du Katanga (créés dès 1920), de l’Union Minière
et de la Gécamines et de nombreuses publications.
Le Katanguien, qui s’est déposé entre 1300 et 670 M.A., a été divisé
chronologiquement en trois groupes séparés par deux formations de tillites (tab. 3). D’une
façon générale, les faciès, de moins en moins littoraux et de plus en plus épais quand on se
déplace du nord vers le sud, montrent que le bassin de sédimentation était fermé vers le
nord. Le sous-groupe R1 se serait formé en milieu lagunaire détritique, le sous-groupe R2 à
biostromes algaires en milieu laguno-marin paralique, celui de R3 en milieu deltaïque
correspondant à un soulèvement de la bordure sud du bassin de sédimentation, suivi d’un
retour à la sédimentation paralique (sous-groupe R4).
Le sous-groupe R2 ou des Mines, qui renferme l’ensemble de la minéralisation
cupro-cobaltifère. Les faciès se différencient par les proportions d’horizons dolomitiques et
arkosiques, la géométrie du niveau de R.S.C. et l’existence de niveaux carbonés. Certains
faciès occupent de larges zones isopiques (types Long et Menda) tandis que les autres
types (Kilamusembu, Musonoi et Kalumbwe) se sont déposés dans des zones isopiques
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probablement étroites. Du nord vers le sud et perpendiculairement aux zones isopiques, on
observe la zonéographique minérale suivante : Fe, Co (+Cu), Cu (+Co), Cu, Ni-Co-U.
Dans le niveau R2, la minéralisation cupro-cobaltifere et nickélo-uranifère se
distribue en taches, de formes et d’extensions irrégulières, dans deux niveaux porteurs
situés de part et d’autre de l’horizon de R.S.C. Cet horizon constitue un métallotecte
régional qui se suit de Kolwezi à Lubumbashi, soit 250 km. Ces taches sont très rares dans
le facies Long, rares dans les faciès Menda et Kilamusembu, fréquentes dans le faciès
Kalumbwe et dominantes dans les facies Musonoi.
Dans les séries calcaires de Nguba, la minéralisation cupro-zincifere,
accompagnée de plomb et de germanium, forme des amas discordants dont l’âge et le type
seront précisés ultérieurement.
Au cours de l’orogenèse katanguienne, les sédiments du roan et de nguba ont
été successivement affectés par une phase majeure lufilienne, antérieure au depot du Ku 2,
qui a engendré des plis, chevauchements et charriages dirigés vers le nord, une phase
kundelunguienne, postérieure au dépôt du Ku 3, qui a formé des anticlinaux dont le flanc
nord chevauche le flanc sud. Enfin, au cours d’une phase cassante monwezienne, se
seraient formées les grandes failles obliques sur l’axe des plis de la bordure sud de la
ceinture cuprifère.
Dans l’avant-pays de la chaine lufilienne (Katanga central et septentrional), la
couverture a été modérément affectée par les phases de l’orogenèse katanguienne. La
minéralogie parait essentiellement cuprifère et les indices et gisements sont à rapporter,
soit au type stratiforme, soit au type épigénétique en relation avec les failles post-
orogéniques de direction NE-SW.
Dans la partie orientale de la chaine lufilienne (Katanga méridional et
Zambie), le socle et la couverture ont formé des plis harmoniques. La minéralisation
cupro-cobaltifère apparaît sous forme de lentilles étendues dans le niveau des ore shales et
de petites lentilles sporadiques (footwall ore bodies) dans les séries clastiques inférieures.
Dans la partie occidentale de la chaine lufilienne (Katanga sud – occidental), la
couverture s’est désolidarisée du socle et a formé des structures classiques avec plis
chevauchants et charriages, et originales avec de nombres extrusions de toutes dimensions.
Au cours des déformations, le sous-groupe compétent R2, situé entre deux sous-groupes
formés de roches incompétentes, a été disloqué en écailles au sein desquelles les
minéralisations stratiformes ont été préservées.
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Le degré de métamorphisme, très faible ou inexistant dans l’avant-pays, ne
dépasse pas le faciès schiste vert dans la ceinture cuprifère : R1 est chloritisé avec
développement d’oligiste, R2 est fortement silicifié, enfin, les dolomies de R3 ont formé
beaucoup de talcshistes et de magnésites.
Le métamorphisme devient plus fort au sud de la ceinture cuprifère : plages
scapolitisées autour des intrusions gabbroiques du kundelungien, calschistes biotitifères et
grenatifères au voisinage du massif de Kabompo, et développement de biotite dans les
pélites et de feldspaths dans les grès dans le gisement de Musoshi.
L’orogenèse katanguienne n’a été accompagnée que de rares intrusions
plutoniques : sills gabbroiques dans le faisceau R4, dolérites andésitiques sodifiées
(JAMOTTE, 1933), roches basiques dans la région de Tenke (GROSEMANS, 1934). Au
Katanga septentrional, dans la région de Lusaka – Moba, des petits massifs, laccolites,
dykes et stocks de granite à amphibole, gabbro, plagioclasite et dolérite, recoupent les
sédiments du roan dans lesquels ils ont formé des auréoles à grenat, magnétite et
andalousite. De petites intrusions de syénite sont également connues dans cette région,
mais l’époque de leur mise en place parait être beaucoup plus récente.
B. La chaine ouest congolienne
Les sédiments plissés de la chaine ouest congolienne ne renferment pas de
minéralisation disséminée stratiforme à Cu-Co ; l’avant- pays tabulaire a été affecté par
une phase cassante post-orogénique, génératrice de failles de direction E-W à W.SW-
E.NE. Ces failles sont en relation spatiale avec des minéralisations de Zn-Cu-Pb, situées
dans les étages du Shiloango, tillite supérieure et schisto- calcaire.
C. Le Katanguien tabulaire
Ce domaine comprend l’ensemble des dépôts transgressifs sur la plate – forme
pénéplanée antékatangienne.
Au Kasaï oriental, les niveaux de base de la couverture schisto-dolomitique de
la série de la Bushimay renferment des indices de minéralisation disséminée stratiforme,
plombifère et épigénétique de cassure, à Pb-Zn-Cu. De faibles indices de minéralisation
sulfurée stratiforme ont été récemment découverts (B.R.G.M., 1972) dans les sédiments
lindiens de l’Ubangi.
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II.1.4. LES SERIES DE COUVERTURE POST-PRECAMBRIENNES
Au terme de l’orogenèse pan-africaine, la cratonisation de l’Afrique est
complète. En RDC, les faciès des séries terminales du précambrien supérieur,
Kundelugien, M’pioka et Lokoma, indiquent l’émersion générale d’un craton qui ne sera
plus soumis qu’a des déformations à grand rayon de courbure et à des fracturations
auxquelles sont associés des phénomènes volcaniques continentaux.
Les fracturations et le volcanisme sont liés au développement de la tectonique
des rifts de la bordure est du craton congolais.
De part et d’autre de la longue zone méridienne en extension, dans laquelle se
forment les rifts, les mouvements de convection vont entrainer la surrection des blocs
situés en bordure, et l’enfoncement, par un phénomène de compensation isostatique, des
blocs plus écartés. L’évolution des séries post-précambriennes sera contrôlée par
l’existence de deux domaines structuraux majeurs : un domaine occidental, affecté par
des déformations épirogéniques, et un domaine oriental, réactivé par la tectonique des rifts.
A. Le Karoo
La tendance à l’émersion de la moitié méridionale du craton africain (Afrique
centrale, australe et Madagascar) a été beaucoup plus soutenue que celle de la moitié
septentrionale (Afrique saharienne et occidentale). Aussi, le Karoo (permo-carbonifere) est
la série plus ancienne qui se soit déposée sur le socle précambrien de l’Afrique centrale,
tandis que le socle de l’Afrique saharienne avait déjà reçu les dépôts successifs des mers
cambrienne et silurienne.
La répartition des sédiments du Karoo, dans le domaine réactivé, illustre les
effets de la tectonique des rifts. La large distribution des affleurements de la série
détritique fluvio-galciaite de la Lukuga témoigne de l’amplitude de l’érosion sur le craton
en voie de réactivation. Cette série affleure, sans discontinuité, dans la zone de
subsidence située sur la bordure ouest de la zone en surrection, et est recouverte en
concordance par les sédiments continentaux détritiques de la série de la Haute Lueki
(bassin de Luena).
B. Le Jurassique supérieur
La première invasion à fossiles marins kimméridgiens a formé, dans la zone
subsidente du domaine réactivé, un vaste bassin laguno-marin dans lequel s’est déposée la
série à schistes bitumineux du triangle Kisangani-Ubundu-Wanie Rukula.
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Avec cette première invasion venue du nord, le golf étant limité tant à l’ouest
(absence de couches de Kisangani dans le sondage de Samba) qu’au sud (à partir de Kindu
la série de Kisangani prend le faciès red bed), la géologie de la cuvette centrale
s’apparente a celle de l’Afrique saharienne.
C. Le Crétacé
Les sédiments crétacés affleurent largement dans le domaine occidental du
craton. Le long du littoral atlantique, les formations marines ont formé une série de bassins
côtiers à évaporite (série de loeme), hydrocarbures (série de Pinda) et phosphates
(Maestrichtien).
Dans la cuvette centrale, des sédiments continentaux gréso-argileux se sont
déposés sur les paléo reliefs du craton (série de la Loia, série inférieure du Kasaï). Ce dépôt
a été suivi de mouvements épirogéniques, générateurs de fractures profondes, qui ont
permis la mise en place des kimberlites au Kasaï et au Katanga.
La seconde invasion marine appartient à l’Albien (série de Bokungu, couche I
de la série inférieure du Kasaï). Dans le Kasaï occidental, le conglomérat de base de cette
série renferme des diamants qui ont formé, après de nombreux remaniements, les placers
actuels.
Pendant le Crétacé supérieur (série du Kwango) s’est produite une surrection
générale du craton qui a accentué la surélévation des formations périphériques par rapport
à la cuvette centrale. L’aplanissement, par érosion des reliefs et comblement des
dépressions, s’est poursuivi jusqu’ à la fin du Crétacé supérieur.
D. Le Tertiaire
Durant le Tertiaire, les zones surélevées de l’aplanissement fin-crétacé ont été
érodées et l’ensemble du pays a évolué vers un nouvel aplanissement mi-Tertiaire ; enfin,
des déformations anté-Miocène inférieur ont disloqué cet aplanissement qui a été enfoui
par la série des sables ocres.
Dans le domaine réactivé oriental, la tectonique des rifts, amorcée au Permo-
Trias et marquée au Malawi par des failles et intrusions de carbonatite d’âge crétacé, a
atteint sa phase paroxysmale vers la fin du Pliocène.
L’activité volcanique s’est manifestée dans la zone d’inflexion où se situe le
lac Kivu.
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Au nord de ce lac, la chaine des Virunga comprend huit grands volcans dont
deux, le Nyiragongo et le Nyamulagira, sont encore actifs. Les produits d’émission
comprennent basaltes et limburgites, leucinéphélinites, shoshonites, kivites et trachytes.
Au sud du lac, les coulées de basaltes basanitoïdes et tholéïtiques ont été précédées par
l’émission d’épaisses coulées de trachytes.
Des pipes de carbonatites, dont deux Bingo et Lueshe, sont minéralisées en
apatite et pyrochlore, se localisent le long des bordures est et ouest du rift. Ces intrusions
peuvent être soit en relation avec le volcanisme quaternaire, car la différenciation actuelle
du Nyiragongo tend vers la mise en place de carbonatites (MEYER, 1958 ; SAHAMA,
1962), soit contemporaines des kimberlites du Kasaï et du Katanga et des carbonatites du
Malawi, d’âge crétacé.
II.2. VUE D’ENSEMBLE DES GISEMENTS DE LA RDC
II.2.1. Gisements endogènes
A. Gisements magmatiques précoces
Titane : kimberlite à ilménite du Kasaï ; on trouve du titane comme
impuretés dans la carbonatite de Lueshe au Nord Kivu. Le seul minéral est le pyrochlore
(Na, Ca, Ce)2(Nb, Ti)2O6(F,OH).
Diamant : La roche mère est la kimberlite. Les diamants des anciens cratons
contiennent des inclusions de péridotites (olivine, grenat pyrope chromifère, enstatite,
diopsides, à T° 900-1300°C, pression 45-60 kb) tandis que ceux des ceintures mobiles
contiennent des inclusions éclogitiques (pyrope, amphacite, rutile, disthène, T° 1500°C,
pression jusque 90 kb) témoins d’un manteau métasomatisé. Les études isotopiques de
carbone et de soufre suggèrent une cristallisation à partir du carbone crustal des zones de
subduction. En RDC, les pipes kimberlitiques abondent au Kasaï et au Katanga. Ils
traversent le groupe de Kisangani, Loïa et Bokungu et donnent naissance aux placers
alluviaux diamantifères à la base du groupe du Kwango.
B. Gisements magmatiques tardifs
Titane : voir au-dessus.
Fer : titanomagnétite dans les roches basiques ; magnétite dans les syénites ;
en RDC : la magnétite sur la bordure occidentale de la carbonatite de Lueshe.
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Chrome-Nickel : gisement de NKonko au Kasaï Occidental (complexe
migmatitique et charnockitique de Dibaya).
Corindon : gisements pegmatitiques et détritiques secondaires en résultant à
l’Est de la RDC.
C. Gisements pegmatitiques
Corindon : voir au-dessus.
Etain : minéral : cassitérite. Le gisement le plus important est celui de
Manono-Kitotolo (Katanga) exploité au sein des shales métamorphiques du kibarien.
Plusieurs autres gisements existent dans la ceinture stannifère kibarienne (Katanga, Kivu,
Maniema). Il en existe aussi sur les sites de Kikole, Wuto, Shienzi et Mwanza au nord de
Luena.
Uranium : La pegmatite de Kobokobo (Sud Kivu) sur la route de Kamituga
en regorge.
Niobium-tantale- terres rares- tungstène : minéraux ; columbo-tantalite,
minéraux de terres rares, wolframite. Pegmatites du Kivu.
D. Gisements hydrothermaux
Fer : sous forme de sidérite dans le gisement de Kipushi au Katanga, le long
de la faille de Kipushi au contact Kaponda- Kakontwe dans Nguba.
Cuivre : gisement à Zn-Pb-Cu de Kipushi ; gisement à Cu-Co-U-Ni de
Shinkolobwe toujours au Katanga.
Plomb : gisements de Kipushi, Lombe, Kengere (Katanga) ; indices de
Bamba-Kilenda (Bas-Congo) et Lubi-Lukula (Kasaï).
Mercure : cinabre HgS. En RDC, le gros de mercure est récupéré comme
impureté lors du traitement des minerais zincifères de Kipushi. Il est inclus dans la maille
de la blende (sphalérite).
Or : Gisements de quartz aurifère : gisements peu importants observés dans
la ceinture stannifère kibarienne depuis Kolwezi au Katanga jusqu’au Kivu. Gisements de
quartz aurifères et disséminations importants relevés dans la Province Orientale (cas de
Kilo-Moto), ils résultent d’une migration des solutions dans les formations
métamorphiques kibaliennes à partir des intrusions granitiques entre lesquelles ces
formations sont coincées. Pyrite aurifère de type Lukanga et Sakania au Katanga. Or
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associé aux gisements du sous-groupe des mines présentant une activité hydrothermale
(Shinkolobwe, Kalongwe, Kambove, Mutoshi).
Argent : association avec l’or de Kilo-Moto ; Ag inclus dans les sulfures
riches en cuivre de Kipushi (bornite, chalcocite, digénite, tennantite, reniérite) et galène ;
Ag lié à la galène dans le gisement de Lombe et Kengere au Katanga.
Platine et MGP: Impuretés lors du traitement des minerais du sous-groupe
des mines dans les gisements katangais ainsi que du gisement de Kipushi.
Thorium : dans le pyrochlore de la carbonatite de Lueshe et dans la
monazite de différents gisements de la ceinture stannifère.
Nickel : Shinkolobwe, Kengere, Lombe.
Cobalt : idem.
Sels : Dans le Katanguien : filons de type Kapumba (Ba-Fe) et Lufukwe
(Cu-Ba-Fe) ; dans le Schisto-Gréseux du Bas-Congo : filons de type Sabinga (Ba-Fe-Mn).
Terres rares-Nb-Ta-W : carbonatite de Lueshe ;
Etain : filons et carbonatite de Lueshe.
Gisements pyrométasomatiques (skarniens) : corindon.
II.2.2. Gisements exogènes
a. Gisements résiduels :
Fer : plusieurs gisements localisés à la base des dolomies du groupe de
Nguba, notamment le long de la frontière zambienne à l’Ouest de Kipushi. Ils résultent de
l’altération des amas pyriteux. Cas du gisement de Kisanga à l’Est de Kambove et qui a
fourni de l’hématite et de la limonite comme fondant pour les Usines métallurgiques de
Lubumbashi.
Aluminium : bauxites du Bas-Congo.
Or : l’or se sépare des sulfures dans les chapeaux de fer et en zone
d’oxydation des gîtes sulfurés. L’or trouvé à Mutoshi est dans les placers alluviaux ; il est
issu de l’altération des sulfures d’un lambeau du sous-groupe des mines et est associé au
platine, palladium et vanadium.
b. Gisements détritiques
Or : dans les placers de la Province Orientale, Kivu, Katanga on trouve de
l’or partiellement alluviale. On en trouve aussi dans le district du Bas-Fleuve et le long de
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la Haute Lulua. Il existe des potentialités le long de la Haute Lukenie au Kasaï, ainsi qu’au
Kivu.
Diamant : les brèches à kimberlite Mbuji-Mayi sont riches en diamant. Les
placers alluviaux couvrent les deux Kasaï, le SE du Bandundu, le Bas-Fleuve et la province
Orientale.
Grès et sables : ces matériaux de construction naturels sont ubiquistes ;
c. Gisements sédimentaires
Fer : des accumulations hématitiques sont fréquentes à la base du Muashya
au Katanga. Le gisement de Kasumbalesa est localisé dans les grès surmontant le
conglomérat de base du sous-groupe de Konkola. Au Kasaï Occidental, des niveaux à
itabirites (BIF) sont observés à Luebo dans les shales rapportés au Lomami supérieur. Les
BIF se rencontrent également dans le Kibalien de la Province Orientale. Signalons en outre
ces formations dans les formations pyroclastiques du Muashya inférieur de Shituru près de
Likasi au Katanga.
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CHAPITRE III. METALLOGENIE ET GITOLOGIE DU
SOUBASSEMENT
III.1. PERIODES METALLOGENIQUES ARCHEENNE ET
LUIZIENNE (>2500 et surtout 2500 – 1800)
III.1.1. ITABIRITES DES NIVEAUX AMPHIBOLITIQUES
1. Aspect Génétique.
Les itabirites résulteraient d'une précipitation d'hydrates de fer dans des
séquences argileuses des transgressions marines. Le fer provenant de la pénéplanation et de
la latéritisation en cours sur le continent est transporté sous forme d'hydrosols entretenus
par des matières organiques. Les apports d'eau continentale modifiant le pH du milieu
marin font que les hydrates de fer précipitent en alternant avec les sédiments argileux. D'où
le nom de « Banded iron Formations (BIF) ».
Des transformations consécutives au dépôt et résultant du métamorphisme,
d'activités hydrothermales ou d'émanations volcaniques sous-marines, sont à l'origine des
particularités régionales des gisements.
Nous répartissons les itabirites de la R.D.C. en deux types : Type Asonga et
Type Maie (Intiomale 2000, Ministère de la Reconstruction).
2. Le Type Asonga
Ce sont des minerais zonaires en bancs métriques, riches en fer (60-70 % Fe),
avec généralement peu de silice (moins de 10% SiO2). Les minerais sont à magnétite-
oligiste avec éventuellement de la martite. Ils se différencient en séquences finement
zonaires où des bandes quartzeuses alternent avec des lits d'oxydes ce fer, et en zones
d'enrichissement composées de minerais granoblastiques et de minerais massifs finement
grenus, de couleur sombre. Ces minerais s'observent dans les régions suivantes :Wamba,
'Isiro, Bima, Panga, Kasai-lonami et Luiza.
Cas des itabirites de la Province Orientale
De nombreux affleurements de quartzites ferrifères rubanés, du type
itabirite, sont connus dans la région d’Isiro et Kibali Ituri. Ces
affleurements sont inclus dans les lambeaux de kibalien
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épimétamorphiques, discordants sur le socle ancien. Outre les quartzites
ferrifères, le Kibalien comprend des roches schisteuses à graphite, silice et
amphibole et des roches carbonatées à sidérite.
Les quartzites ferrifères forment des « montagnes de fer» de plusieurs
kilomètres de long et quelques centaines de mètres de large, dont les
teneurs entre 25 et 45 % pour le fer et 10 à 30 % pour la silice. Dans la
partie haute des affleurements, des processus de concentration ont formé
des masses lenticulaires de magnétite presque pure.
Au Sud-ouest d’Aru, le mont Kolo renferme une lentille d’hématite de 300
millions de tonnes, exploitable à ciel ouvert. Les sondages ont montré que
les quartzites ferrifères passent sous le niveau hydrostatique à des roches
fortement albitisées et silicifiées, à ankérite, sidérite, pyrite et mispickel.
Les analyses montrent que le minéral oxydé ne contient pas d’impuretés, à
part la silice. Les teneurs en manganèse, nickel, titane, phosphore et soufre
sont très basses ou nulles. Sous le niveau hydrostatique, les carbonates et
sulfures de fer et d’arsénic peuvent être suffisamment abondants pour
interdire l’exploitation.
Il semble démontré que les itabirites de la Province Orientale proviennent
de l’oxydation et de la silicification de formations lenticulaires carbonatées
ferrifères ; les processus d’enrichissement secondaire sont responsables de
la formation des minerais à teneurs (WOODTLI, 1961).
3. Le Type Male.
Il s'agit de bancs finement lités contenant hématite-magnétite avec ou sans
sidérite et ankérite, sous forme de quartzites rubanés au sein de shales graphiteux et
d'amphiboloschistes. Les minerais présentent des zones d'enrichissement (69 %Fe et 0,8%
SiO2 au Mont Gaima) supposées être en rapport avec un départ de silice dans les eaux
météoriques ou hydrothermales.
On distingue des zones à hématite massive dure, des zones à hématite tendre et
des zones à hématite poudreuse. En dehors des zones d'enrichissement, les minerais ont des
teneurs moyennes de 25 à 45 %Fe, avec une proportion élevée de silice (10-30% SiO2). Ils
sont observés dans les régions principales suivantes : Kilo, Moto et Luebo.
Des lits d'hématite alternent avec une gangue quartzitique et
quartzophylladeuse. La teneur est de 42 %Fe.
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Région de Kandakanda :
Une séquence amphibolitique contient hématite- magnétite- martite.
Cas des itabirites du Kasai Occidental
Au Kasaï, de nombreux affleurements d’itabirite sont signalés sur une vaste
surface s’étendant de Luebo au parallèle 10° S. Ces affleurements sont localisés dans les
sédiments des cycles orogéniques luizien et shamwaien, et apparaissent sous formes d’ilots
résiduels peu élevés (50 à 100m), dans les zones où la couverture secondaire et tertiaire a
été enlevée par l’érosion.
Des études réalisées sur ces itabirites ont montré que les quartzites ferrifères
avaient une grande extension, mais que les réserves individuelles des zones oxydées à
haute teneur étaient trop faibles et que l’extrême diffusion de la silice dans le minerai à
teneur moyenne ne permettait pas d’obtenir un rendement satisfaisant.
Cas des gites de fer du Katanga
Au sud de la « ceinture cuprifère », les gites de la « zone du fer » sont
rapportés aux types stratiforme et métamorphique.
Les gîtes stratiformes sont constitués des couches à hématite- magnétite
faiblement siliceuses (60 à 66 %Fe), incluses dans les quartzites de base du Roan inférieur
(gisement de Kasumbalesa) et l’oolithe de Mwashya du Roan supérieur (gisement de
Kanunka).
Les gîtes métasomatiques forment des amas irréguliers dans les niveaux
calcaires de Nguba, à proximité de petits massifs intrusifs gabbroïques. Les associations
minérales comprennent magnétite, oligiste et martite accompagnées de silice, tourmaline
incolore, scapolite, corindon et traces de cuivre, chrome et nickel. Les roches sont aussi
scapolitisées.
III.1.2. MANGANESE DES SEQUENCES FERRÎFERES
1. Aspect Génétique.
Le dépôt du manganèse est régi par des réactions redox dans l'eau de mer. Il est
parfois associé au fer, comme c'est le cas dans les saumures de la Mer Rouge contenant
environ 80 g/t de fer et presqu'autant de manganèse à 56°C. Ces éléments précipitent au
contact des eaux froides.
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En R.D.C., les gisements les plus importants ont été découverts au Katanga à
Kisenge, Kansense et Kasekelesa. Seul le gisement de Kisenge attire les investissements
pour le moment.
2. Gisement de Kisenge (Fig.4).
Ce gisement est localisé au sein de quartzites, shales graphiteux et gréseux du
Complexe de la Lukoshi d'âge protérozoïque inférieur.
Les réserves sont évaluées à 14 Mt à 55 % Mn. En dehors du gisement existent
des Occurrences d'or et des minerais Fe-Mn.
Le minerai oxydé, exploité en carrière, forme des masses scoriacées de
pyrolusite et cryptomélane (20 à 56 % Mn), bordées de schistes quartzifères altérés,
silicifiés, à pyrolusite (MnO2), cryptomélane et hollandite (Ba(Mn, Fe)8O16).
Sous la zone oxydée, le manganèse sous forme de lentilles de rhodonite,
disséminé de haussmanite Mn3O4), veinules et amas de rhodocrocite (MnCO3), et traces de
nickel, cobalt et arsenic, est associé à des lentilles de roches carbonatées qui s’amenuisent
ou disparaissent entre 150 et 200 m de profondeur.
Il semble bien que l’alignement des chapeaux de manganèse de Kisenge
provienne de l’oxydation et de la silicification d’une série de lentilles carbonatées
manganésifères, interstratifiées dans les schistes du complexe de Lukoshi.
3. Gisement de Kasekelesa
Le chapeau de manganèse exploité à Kasekelesa est constitué d’amas et de
psilomélane (BaMn8O16(OH)4)dans lesquels s’individualisent de fines aiguilles de
hollandite et des agrégats de braunite (Mn7SiO12). Les amas et couches renferment
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localement du plomb (jusqu’à 1%) et des traces de cuivre, de cobalt, de vanadium et de
baryum.
Le chapeau de manganèse, les éluvions et les croutes latéritiques manganésifères
reposent sur une série gréso-quartzitique rapportée au kibalien. Cette série est hachée de
failles N-S dans le périmètre de la concession et il paraît probable que le chapeau de
manganèse de Kasekelesa provient de l’oxydation de minéralisations hydrothermales qui
se seraient mises en place à la faveur de ces failles.
III.1.3. INTRUSIONS ULTRABASIQUES CHROMO-NICKELIFERES
1. Localisation.
Ces intrusions sont localisées dans les migmatites du groupe de Dibaya (2700
m.a.). La ceinture chromifère est subparallèle à la voie ferrée Lubumbashi-Ilebo, soit 250 km,
en direction générale S 57°E depuis la route Kananga-Tshikapa jusqu'à la rivière Lubilashi.
La ceinture est nickélifère à l'Ouest et manganésifère à l'Est de la localité de Tshimbulu.
2. Structures Principales
Les deux structures connues sont celles de Nkonko (22°15'42" - 22°34’12’’E/
6°2'24" - 6°10'18" S, soit 36km/2km) et de Lutshatsha (22°2'36" - 22°!5'42"E/ 6"9'24"- 6°1
l'42"S, soit 29km/2km). Elles sont estimées respectivement à :
Nkonko : 1.331.235 TCr et 136.064 T Ni dans un minerai à 3% Cr et 0,31% Ni ;
Lutshatsha : 518.608 TCr et 188.361 T Ni dans un minerai à 2,01 %Cr et 0,73% Ni.
Les minéralisations Cr-Ni sont en dissémination dans une bande de péridotite
serpentinisée. Les intrusions ultrabasiques présentent un noyau de péridotite chapeauté par
une pyroxénite. Les flancs serpentinisés sur 3-5 m d'épaisseur sont séparés de l’encaissant par
une bande de gabbro-norite. L'âge des intrusions est de 2000 m.a.
1. Cas des gites du Kasaï occidental
Dans les gîtes résiduels de chrome et de nickel de Nkonko et Lutshatsha, le chrome et
le nickel sont liés à des dykes de pyroxénolites et de serpentine (2000 M.A, De Kun), injectés dans
les migmatites du complexe de Dibaya (FIEREMENS, 1967).
Le dyke de Lutshatsha s’étend sur 26 km suivant la direction E-W. Son épaisseur
moyenne est de 1 km, avec un maximum de 2 km à hauteur de la rivière Lutshatsha. La partie
occidentale du dyke est formée d’enstatite et la partie orientale de serpentine. Le dyke de Nkonko
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s’étend sur 24 km suivant la direction W-NW, de part et d’autre de la rivière Lulua. Il est
exclusivement constitué de serpentine et sa largeur varie entre 300 et 700 mètres.
Les travaux de surface, puits et tranchées, réalisées sur l’ensemble de dykes, ont
montré que les aires à minéralisation résiduelle notable en Cr-Ni étaient très modestes : 1,55 km2 à
teneur limite de 1% pour le nickel et 5,85 km2 à teneur limite de 2% pour le chrome.
Des sondages ont montré que la minéralisation à faible teneur (Ni±0,50%, Cr ±0,90%,
Co 0,05 à 1,15%, Cu 0,01 à 0,02%) était finement disséminée dans la masse des dykes.
III.1.4. INTRUSIONS GRANITIQUES ET FILONS DE QUARTZ
AURIFERES
Les gisements sont constitués par des disséminations et des filons de quartz aurifères
résultant d'une migration de solutions dans les formations métamorphiques siliceuses à partir des
intrusions granitiques entre lesquelles ces formations sont coincées. Les minéralisations, datées à
1800 m.a., appartiennent au type Kibalien. Ce type comprend les gisements exploités par
l'OKIMO à Kilo et à Moto (350T extraites et 500 T de réserves) ainsi que des gisements tels que
ceux d'Adumbi-Kitenge et de Yindi, le long de la Ngayu, affluent de l'Aruwimi.
La minéralisation primaire est à pyrite-pyrrhotite-arsenopyrite, avec traces locales de
chalcopyrite, galène et plus rarement sphalérite et covellite. Elle est disséminée dans les
formations schisteuses et dans les roches vertes.
Les sédiments remaniés ont donné naissance à des bancs quartzeux à ankérite-pyrite et
des filons quartz-calcite riches en or, atteignant localement 60g/t. Leur âge est de 1800m.a.
La teneur moyenne extraite en 1959 à Adumbi-Kitenge comprenait 12-13g/t dans les
stockwerks et les filons de quartz, 2g/t dans les Banded Iron Formations et 4g/t dans les roches
vertes et les formations schisteuses : soit un total de 1.3Mt à 6,7g/t. Les réserves sont évaluées à
30 T Au à Adumbi et à 13 TAu à Yindi.
A Luiza, au Kasaï Occidental, l'or est disséminé dans les roches vertes, tandis que
celui de Kapanga l'est dans des migmatites. Quelques pépites sont trouvées dans les alluvions des
cours d'eau.
III.1.4.1. LES GITES DE LA PROVINCE ORIENTALE
Les gîtes de la Province Orientale dans les lambeaux kibaliens de Kilo et de
Moto, sont rapportés aux types filons et stockwerks quartzeux et amas disséminés
(LEGRAYE, 1940 ; DUHOUX, 1950).
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Le Kibalien métamorphique des lambeaux de Moto comprend une séquence
inférieure volcanogène à roches vertes albitisées, quartz et albites, calcaires
métamorphiques à sidérite, schistes graphiteux, jaspes et tufs volcaniques, surmontée
d’une série détritique.
Les gîtes du type amas disséminés se situent dans la partie supérieure de la
séquence volcanogène (Gorumbwa, Agbarobo) et la partie inférieure de la séquence
détritique (Durba).
Gorumbwa
Le gisement de Gorumbwa consiste en un corps tabulaire, de 150 m de large et
15 m de puissance, interstratifié dans les albitites schistoïdes imprégnées de pyrite ;
l’ensemble plonge vers le N.NE avec une pente de 25 à 30 °. Les teneurs en or se
maintenant entre 15 et 18 g/tonne, la production de sulfures oscille entre 2 et 10% mais
est généralement inférieure à 4 %. L’or contient 20 à 25 % Ag et 3 % Cu.
Agbarobo
Le gisement d’Agbarobo, distant de quelques kilomètres de Gorumbwa, est
encaissé dans des schistes albitisés à talc, séricitisé, quartz et carbonates. La teneur
moyenne est de 50 g/tonne.
Durba
Le gisement de Durba se situe dans un niveau comprenant jaspes bruns
pyriteux et schistes graphiteux, intercalés dans des quartzites et des tufs. Seule la partie
superficielle, dont la teneur varie entre 6 et 8 g/tonne, est connue.
Les gisements de Gorumbwa, Agbarobo et Durba sont regroupés sur une
vingtaine de kilomètres carrés au Nord de Watsa. En dehors du district de Watsa, d’autres
gites sont connus dans le lambeau kibalien de Moto, notamment : Rambi , Beverendi, etc. :
Dans le lambeau kibalien de Kilo, les minéralisations aurifères du type
filonien (contrôle structural) sont localisées en bordure de massifs granitiques intrusifs.
Le kibalien comprend une série amphibolitique à la base et une série
sédimentaire à dominante schisto-calcaire au sommet. L’ensemble kibalien–granite intrusif
a été affecté par une tectonique tangentielle tardi-kibalienne, dans les structures de laquelle
des filons, lentilles et stockwerks de quartz aurifère se sont mis en place. Par la suite,
l’ensemble a été affecté par des failles radiales, liées à la tectonique des rifts qui ont
disloqué les formations de quartz aurifère.
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Les gîtes filoniens en place renferment une forte proportion d’or libre qui a
formé d’importants gîtes détritiques aujourd’hui épuisés.
Le filon de Senzer est encaissé dans la série sédimentaire, entre 20 et 30 m au-
dessus de son contact, selon une faille plate, avec la série filon à or visible ; les
minéralisations aurifères et sulfurées sont indépendantes. La puissance moyenne du filon
est de 2,50m et sa teneur de 12g/tonne.
On retrouve également des lentilles et des filonnets de quartz aurifère dans les
shearzones, au sein des massifs.
Par ailleurs, on relève la présence des filons de quartz subverticaux mis en
place dans les séries amphibolitiques ou sédimentaires, souvent assez loin du contact des
massifs granitiques.
III.1.5. L’ARGENT ET LE PLATINE
La principale production d’argent provient du traitement des minerais de cuivre
et de plomb argentifères de Kipushi. Les gîtes de la Province Orientale et du Kivu
produisent de l’électrum (12 à 40 % Ag). L’argent est récupéré lors du raffinage de l’or.
La RDC produit de faibles quantités de platine. Les gîtes et indices connus sont
rapportés à des types très particuliers, liés à des intrusions basiques (Kasaï), à des
intrusions de composition moyenne (Province Orientale) et aux gîtes stratiformes de la
« ceinture cuprifère ».
III.2. PERIODE METALLOGENIQUE KIBARIENNE (1600-1200 ma.)
Les minéralisations sont essentiellement aurifères, constituées de
disséminations moins intenses que celles de la période précédente.
III.2.1. DISSEMINATIONS LIEES AUX LAVES ANDESITIQUES : TYPE
KANGU
L'or disséminé a migré dans des filons de quartz à partir des roches vertes
résultant de métamorphisme des laves andésitiques mayombiennes au Bas-Congo et
Kibariennes du groupe de la Lufira au Katanga. L‘érosion et l'altération de ces formations
ont donné des placers moins riches que ceux de type Kibalien.
Le gisement de Kangu est situé à l’Est de Tshela. Les minéralisations aurifères
s'étendent dans le territoire de Sekebanza où existe la même génération de laves
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andésitiques. Au Katanga, le site de Kowa constitue la concession C26 de la Gécamines à
Kolwezi.
Les minéralisations liées aux roches intermédiaires font l'actualité dans le
monde. En Australie, par exemple, l'or est extrait à une teneur de 2g/t de l'intrusion
dioritique de Koolgardie dans l'Ouest australien.
III.2.1. DISSEMINATIONS LIEES AUX INTRUSIONS GRANITIQUES
TYPE TWANGIZA
Ces minéralisations rappellent celles du type kibalien dont elles diffèrent
cependant par le contexte structural et la composition des filons quartzeux exempts de
carbonates. Elles suivent des zones de cisaillement de 3-4 Km/100m orientées NW- SE,
parallèles à la direction des structures ubéndiennes et affectant en même temps les
formations ubendiennes et kibariennes, notamment dans les gisements de Twangiza et de
Namoya prospectés par Banro pour le compte de Sakima (SOMICO).
L'or issu des intrusions granitiques est accompagné de pyrite et arsénopyrite en
disséminations dans des micaschistes, des roches vertes et amphibolites, avec des
enrichissements locaux en stockwerks et filons de quartz. Les réserves sont évaluées à 21 t
Au à Twangiza dans un minerai à 2g/t, et à 32 t Au, dans un minerai à 4g/t à Namoya.
A TWANGIZA, au sud de Bukavu, l’or est finement disséminé dans des
lames d’albitite interstratifées dans les schistes burundiens.
A LUGUSHWA, au Sud-Est de Kamituga et au sud de Shabunda, les
exploitations alluvionnaires et éluvionnaires ont amené à la découverte des gîtes du type
disséminé à faibles teneurs dans les schistes burundiens.
MOBALE
Le gîte de Mobale, situé à quelques kilomètres au sud de Kamituga, et exploité
depuis sa découverte en 1923, est constitué de 3 filons-couches de quartz gris,
interstratifiés dans les schistes et quartzites à biotite du burundien. La minéralisation
aurifère, essentiellement liée au quartz gris des filons, est accompagnée de petites quantités
de pyrite, pyrrhotine, mispickel, blende, chalcopyrite et bismuthinite.
NAMOYA
Le gîte de Namoya, au nord de Kabambare, comprend des stockwerks
concordants et des filons recoupant la direction des schistes burundiens encaissants. La
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minéralisation, limitée au quartz des filons et filonnets, comprend : or libre microscopique
et sulfures auriferes (pyrite, pyrrhotine et mispickel).
III. 3. PERIODE M ETALLOGENIOUE TARDI-KIBARIENNE (1200-
1000m).
Des granitoïdes accompagnés de pegmatites stannifères et d'une gneissisation
des sédiments parcourent les terrains kibariens vers 1100 m.a. à une époque où aura déjà
débuté le cycle katanguien (1200m.a.) marqué par une minéralisation Cu-Zn-Pb-Ag à Lubi
(1055m.a.), au sein des formations carbonatées surmontant les séquences arénitiques très
épaisses de la base du Roan. Les réserves en cassitérite sont de l'ordre de 250.000 t au
Katanga et 200.000t au Kivu-Maniema.
III.3.1. INTRUSIONS PEGMATITIQUES STANNIFERES A Sn, W, Nb-Ta,
TR
III.3.1.1. Localisation et Typologie
Les gisements et indices du groupe de l’étain sont localisés dans la partie
orientale du Congo où ils forment une ceinture qui s’étend sur 700 km de l’Ituri au nord à
l’extrémité occidentale de la ceinture cuprifère au sud, suivant la direction générale de
l’orogenèse kibaro-burundienne dont les événements géologiques majeurs sont alignés
dans le tableau suivant.
Tableau : Evénements géologiques majeurs de la chaîne kibarienne
Katanga Central Sud-Kivu
Evénements
M.A. M.A.
Stade N° Type Age Age
Rajeunissement des biotites 8886795 540
Deuxième épisode pegmatitique 2ème
5b 875±25 854±10
phase
Post-tectoniques Deuxième épisode pegmatitique 1ère
5a 912±30, 955±30 897±27
phase
4 Granite équigranulaire à muscovite 906±3, 947±26 926, 950
3 Premier épisode pegmatitique 1055-1100 1100±20
2 Granitisation syntectonique 1300±40 Non daté
Syntectoniques
1 Granite porphyroïde précoce
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L’essentiel de la minéralisation stannifère est liée aux massifs de granite
équigranulaire à muscovite et au second épisode pegmatitique. Les plus gros gisements
sont concentrés au Kivu central et au Katanga central, dans des régions où la ceinture
stannifère atteint son maximum de largeur.
La distribution des pegmatites et filons est zonaire.
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Courbe 1-massifs granitiques stannifères du Maniema.
Courbe 2-massifs granitiques stannifères du Katanga
Courbe 3-massifs granitiques stannifères du Kivu (Mumba).
Courbe 4-massifs granitiques stannifères du Ruanda.
Les gisements de la ceinture stannifère sont rapportés à cinq types principaux :
Type 1 : Crytocrabatholitique
Les filons de quartz à wolframite, cassitérite et sulfures sont interstratifiés
dans les terrains encaissants de métamorphisme mésozonal (exemples :Etaetu–Bishasha).
Type II : Acrobatholitique
Les filons forment un faisceau dans la partie apicale du granite et pénètrent
dans des terrains encaissants épimétamorphiques (Kalima- Moga). Les filons complexes
(aplite, quartz, quartz-pegmatite) forment des faisceaux dans les zones apicales faillées et
tourmalinisées (Mitwaba).
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Type III : Péribatholithique
Les filons de pegmatites forment des auréoles de différenciation dans des
terrains encaissants de métamorphisme mésozonal, non perturbés par des mouvements
tectoniques (Mumba) ; des mouvements tectoniques successifs ont entrainé la mise en
place d’une séquence de venues apopegmatitiques qui ont formé un énorme gisement
aligné suivant la direction d’une zone de faiblesse du socle métamorphisé (Manono).
Type IV : Intrabatholithique
La minéralisation, qui comprend cassitérite, colombo- tantalite et terres rares,
est incluse dans les plages de pegmatites de petite taille, localisées dans la partie interne
des massif granitiques (Lugulu).
Type V : Sédimentaire « ancien »
Dans la région de Luntukulu, au Sud Kivu, la minéralisation stanno-
wolframifère parait associée à certains horizons du burundien inférieur en dehors de toute
intrusion granitique.
On peut penser que bien antérieurement à la mise en place de gîtes
pegmatitiques et filoniens tardi-burundiens, l’étain et le tungstène furent libérés des gîtes
stratiformes « anciens » et redistribués : les éléments grossiers se concentrant dans les
placers, à peu de distance des noyaux anticlinoriaux, et les éléments fins s’incorporant aux
phyllites des synclinoriums, à une grande distance de la source initiale.
Au cours de l’orogenèse burundienne, l’étain et le wolfram des noyaux
anticlinoriaux ont été mobilisés par les intrusions granitiques pour former de grosses
concentrations pegmatitiques et filoniennes, tandis que des stockwerks de quartz à reinite
se formaient dans les phyllites à scheelite des synclinoriums.
III.3.1.2. Description et modèle génétique
1. Type Manono (Sn, Be. Li, Ta, Nb)
Le gisement de Manono-Kitotolo est le plus gros gisement pegmatitique du
monde, il est localisé au sein des métamorphites kibariennes au Katanga. Il s'étend en
direction SW-NE sur 14 km avec une largeur en affleurement de 200-300 m.
Les principaux minéraux sont : microcline, quartz, albite, cassitérite, béryl,
spodumène, amblygonite, tourmaline, thoreaulite SnTa207, Columbo-Tantalite. Les teneurs
atteignent 0,25% Sn, mais en moyenne 500-600 g/t et 20-30g Ta /t.
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L'extraction de 1918 à 1952 aura été de 177.000TSnO2; et 6000T coltan. Les
réserves sont évaluées à 140.000 TSnO2. La production de 1971 à 1997 serait de
13.724tSnO2 et 520 t de coltan.
Plusieurs gisements de moindre importance existent le long de la chaîne
kibarienne au Katanga et au Kivu-Maniema. La pegmatite de Shienzi, exploitée par
l’UMHK à l'Est de Luena est l'une des plus riches. Les teneurs atteignaient 3kg de
cassitérite par tonne de minerai.
Le gisement de Manono est constitué par un laccolite de pegmatite, d’une
puissance de plusieurs centaines de mètres, qui s’étend sur 14 kilomètres suivant la
direction générale nord-est des micaschistes et quartzites du kibarien inférieur. Vers
le milieu de son allongement, le laccolite présente un hiatus de 2.5 km environ. La
partie occidentale (Kitotolo) affleure sur 13.5 km2 ; elle est encaissée dans les
micaschistes, la partie orientale (Manono) affleure sur 12 km2 ; elle est bordée au nord
par les micaschistes et au sud par un dyke de dolérite, antérieur à la mise en place
du laccolite. Des blocs de dolérite et des lambeaux de micaschistes sont distribués
dans le corps de la pegmatite.
Au nord du laccolite affleurent de nombreuses lentilles de pegmatite, de
dimensions variées, dont les directions sont approximativement parallèles à celles du
laccolite. Les corps pegmatitiques ont été profondément altérés. Dans le corps de
Kitotolo, l’altération atteint une dizaine de mètres, avec quelques cuvettes à 30 m ;
dans le corps le Manono, ces épaisseurs atteignent respectivement 40 à 80 mètres.
L’exploitation des éluvions stannifères, d’une puissance moyenne de 8
mètres, amena la découverte du gisement en place vers 1925.
La composition minérale des corps pegmatitiques de Kitotolo et de
Manono est complexe. On y rencontre des pegmatites grenues à orthose, microcline,
quartz, des pegmatites à microcline, albite, des pegmatites à albite, spodumène, des
greisens et des filon de quartz à muscovite. Les minéraux accessoires comprennent
apatite, mica lithique, fluorine, béryl, zircon, tourmaline claire, rutile et les minéraux
économiques : cassitérite, colombo-tantalite, thoreaulite (Sn, Ta2O7), loellingite Fe As2,
mispickel, pyrite, oxydes de fer et de manganèse et traces d’autunite
Ca(UO2)2(PO4)2.8-12 H2O. D’après J. THOREAU (1950), cette complexité est due à la
superposition des phases pegmatitique, pneumatolytique et hydrothermale dans
l’élaboration du gisement.
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Les limites entre les différentes phases albitiques, caractérisées par
l’association albite – quartz-muscovite, sont difficiles à établir. L’âge moyen des
cristaux de muscovite est de 875±26M.A. Le spodumène, le béryl, la tourmaline claire,
l’apatite, la cassitérite et la colombo- tantalite sont liées aux différentes phases
albitiques. Le béryl et la tourmaline sont accessoires, le spodumène est très abondant
et peut constituer jusqu’à 25 % de la pegmatite. La cassitérite se présente en petits
grains aplatis presque noirs, soit accolés au quartz, soit dans des zones uniquement
feldspathiques ou dans les feuillets de muscovite.
La phase pneumatolytique se marque par une forte greisenification du
cœur et des bordures des corps pegmatitiques. Les greisens sont accompagnés de
rutile, fluorine, zircon et renferment de fortes concentrations de cristaux à grain
moyen de cassitérite et de colombo-tantalite.
Enfin, une phase hydrothermale tardive se traduit par la mise en place de
filons à épontes de quartz et cœur de calcite, sidérose et galène (530 M.A). La
minéralisation économique comprend la cassitérite, la colombo-tantalite et le
spodumène.
2. Type Mumba (Sn, Nb, Ta).
Ce sont des lentilles de pegmatite kaolinisée contenant de la cassitérite. Les
plus fortes teneurs s'observent dans les zones greisenisées où abondent cassitérite et
columbo-tantalite jusqu'à 300 kg SnO2/ m3.
Ce gisement essentiellement stannifère occupe une cuvette synclinoriale à plis
serrés, allongée suivant la direction NE-SW et bordée à l’est et à l’ouest par les massifs
granitiques de Hango et Sula (Masisi, Nord Kivu).
Les massifs granitiques présentent fréquemment un aspect feuilleté ; sur le plan
chimique, ce sont des granites calco-alcalins à monzonitiques.
Les sédiments comprennent des schistes micacés, qui forment une auréole de
micaschistes en bordure des massifs granitiques, surmontés d’une série schisto-
quartzitique.
L’ensemble a été affecté par la phase orogénique kibarienne ; le degré de
métamorphisme régional de la couverture se situe à la limite épizone-mésozone. La
concordance entre les axes des plis et les limites des massifs granitiques incline à penser
que la mise en place du champ filonien a débuté pendant la phase de plissement et s’est
poursuivie pendant les phases tardi- et post- orogénétiques.
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Les champs de filons d’aplite, de pegmatites et de quartz dessinent
symétriquement trois zones concentriques en bordure des massifs granitiques (voir carte
géologique du district de Mumba:
Une zone interne, qui s’étend sur 1 km, de la bordure du granite à la limite des
micaschistes, et renferme des filons d’aplite et des filons de pegmatite potassique à
tourmaline noire ; présence de cassitérite concentrée aux épontes et wolframite disséminée
dans la masse du filon.
Une zone moyenne, qui comprend des filons de pegmatite sodolithique,
affleure entre 2 et 3 km de bordure du granite ; cassitérite noire, à grain fin, parfois
associée à des niobotantalates dans les lentilles kaolinisées, et sillonnées de filonnets de
quartz à lépidolite qui se chargent de cassitérite vers le toit du filon.
Une zone externe, à filon de quartz stannifère, qui s’étend de 3 à 5 km de la
bordure du granite.Dans la zone externe, les filons de quartz forment de longs
alignements dont l’épaisseur varie de quelques centimètres à 1 mètre. La
minéralisation en cassitérite brune à jaunâtre est toujours sporadique et parfois
associée à la tourmaline noire ; des amas de cristaux atteignant plusieurs
kilogrammes avoisinent des cristaux de petite taille. Le quartz renferme également de
faibles quantités de pyrite, de mispickel et d’or.
Les filons de quartz peuvent se retrouver loin des massifs granitiques. C'est
pourquoi nous les regroupons dans un paragraphe à part.
3. Type Kikole (Katanga) à Sn, Be, Li, P. W. Nb-Ta.
Ce sont des filons de quartz et de greisens contenant cassitérite, feldspaths,
béryl, topaze, muscovite, lépidolite, fluorite et parfois wolframite et columbo-tantalite. On
les trouve au Katanga mais c'est surtout au Kivu et au Maniema où ils abondent. Leur
altération donne naissance à des placers éluviaux et alluviaux.
Dans la concession étain de la Gécamines au Katanga, certains gîtes n'ont
connu que la prospection, tels que celui de Busanga au Nord de Kolwezi, d’ailleurs
partiellement prospecté à cause de la dureté des filons usant les couronnes de forage. A
Mitwaba les filons ont été datés à 1030 m.a.
4. Type Bishasha (Kivu) à Sn. W, Nb-Ta, Mo
Disséminations de wolframite, cassitérite, et columbo-tantalite avec, comme
sulfures, pyrite et molybdénite.
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Ce gisement essentiellemnt wolframifère est situé à 25 km au Nord de Masisi,
sur la bordure Est du massif granitique de Hango.
La minéralisation wolframifère est liée à un faisceau de trois bancs de
quartzites interstratifiés suivant la direction N-S des schistes burundiens encaissants.
L’épaisseur du banc principal varie entre 5 et 8 mètres, celle des bancs secondaires entre
0,50 et 3 mètres.
Dans les bancs de quartzite, la wolframite se rencontre en amas de cristaux
automorphes dans les géodes et en veinules dans les diaclases. Au contact des bancs
minéralisés, les schistes se chargent de fins cristaux de tourmaline et de wolframite. Outre
ce dernier minéral, les bancs renferment de faibles quantités de cassitérite, de colombo-
tantalite, de pyrite et de molybdénite.
La présence de petits épointements de greisen au voisinage du gisement
indique la proximité d’un apex granitique en profondeur. Les réserves des secteurs
reconnues sont estimées à quelques milliers de tonnes de wolframite : ce chiffre permet de
classer le gisement de Bishasha dans les gros gisements du type I.
5. Type Etaetu (Ituri) à W
Filons de quartz à wolframite et tourmaline noire dans l'apex des intrusions
granitiques greisenisées, pauvres en columbo-tantalite et en cassitérite.
Ce gisement wolframifère est situé au Nord Kivu, à une centaine de kilomètres
à l’ouest de Butembo, à proximité d’un petit massif granitique.
La minéralisation wolframifère est liée à un faisceau de filons de quartz,
injectés suivant la schistosité E-W d’une série de schistes sériciteux violacés tachetés.
Le quartz est blanc, souvent rosé en surface ; il contient fréquemment de la
muscovite et des inclusions de tourmaline disposées parallèlement aux épontes. Les
schistes se chargent de tourmaline noire au contact des filons. La wolframite est
irrégulièrement repartie dans les filons de quartz sous la forme d’une dissémination de fins
cristaux, apparaissant dans la partie centrale des filons et en masses sporadiques de
plusieurs kilogrammes. L’exploitation des éluvions et de la partie superficielle des filons
s’y effectue.
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III.4. PERIODE METALLOGENIOUE LOMAMIENNE (1000-700
m.a.)
Toujours dans le tectogène kibarien, l'activité ignée conduit à la mise en place
d'intrusions granitiques, pegmatitiques et alcalines dont les minéralisations enrichiront le
spectre géochimique des sous-bassins structuraux.
III.4.1. INTRUSIONS PEGMATITIQUES ET FILONS DE QUARTZ
STANNIFERES A SULFURES de Fe-Cu-Zn-Pb
La mise en place de ces intrusions présente deux types paragénétiques :
1. Type Mitwaba (Katanga) à Sn, Cu, Zn, Pb, As, Mo
Les gisements sont sporadiques le long de la chaîne kibarienne. Le site de
Mitwaba contient cassitérite, arsénopyrite, sphalérite, galène, chalcopyrite, pyrite,
molybdénite. La galène a été datée à 905m.a. (Cahen, 1974).
La minéralisation stannifère du district de Mitwaba, situé dans la région du
Katanga central, s’est mise en place à la faveur des mouvements tectoniques qui ont affecté
le massif granitique de Mitwaba, intrusif dans les micaschistes et quartzophyllades du
kibarien inférieur.
Le granite de Mitwaba est formé de quartz, de grandes plages d’orthose et de
microcline, de fins cristaux de plagioclase, de muscovite et d’un peu de biotite. Le granite
est affecté de nombreuses cassures aux épontes desquelles la tourmaline s’est substituée
aux éléments du granite.
La minéralisation stannifère est liée à des champs filoniens qui apparaissent
dans la partie nord du granite et comprennent des filons de quartz, d’aplite, de pegmatite
hétérogène à béryl et de tourmalinite, inclus dans une bande apicale de 1 km de large,
orientée suivant la direction N 70° E du granite.
Les fissures des filons renferment de la cassitérite claire et des sulfures :
mispickel dominant accompagné de faibles quantités de pyrite, blende, galène,
chalcopyrite et molybdénite. La cristallisation de la cassitérite et des sulfures est précédée
par la tourmalinisation et suivie d’un dépota quartz stérile.
Quand on s’écarte des massifs granitiques, les filons encaissés dans les
micaschistes, les quartzophyllades et, plus rarement, les séricitoschites, deviennent encore
plus irréguliers en puissance et direction. Ils sont recoupés par des greisens et de
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tourmalinites mis en place à la faveur de la réouverture des zones de fissuration. La
cassitérite se rencontre dans les fractures des filons de quartz et dans les greisens et
tourmalinites. Le mispickel n’apparaît que dans les fractures des filons situés à proximité
du massif granitique.
Il est certain que la formation des gisements du district de Mitwaba a été
accompagnée de mouvements tectoniques directionnels tardi-kibariens. Les différences
observées entre les filons intra et périgranitiques résultent des caractéristiques physiques
particulières du granite et de la couverture schisteuse métamorphisée.
2. Type Kalima (Maniema-Kivu) à Sn, W, Nb, Ta, Cu, Zn, Pb, As, Bi
Il s'agit d'ensembles comprenant granite – pegmatite – aplite et filons de quartz
à cassitérite, wolframite, scheelite, columbo-tantalite, stannite, chalcopyrite, arsénopyrite,
sphalérite, galène, pyrite, bismuthinite.
La minéralisation stanno-wolframifère de cet important district est en relation
avec des massifs granitiques circonscrits de 10 à 20 km de diamètre, intrusifs dans une
couverture schisto-quartzitique relativement peu plissée et métamorphisée. Les granites
sont accompagnés d’apex et de dorsales granitiques non affleurants qui se marquent par de
légers bombements de la couverture schisto-quartzitique.
Les massifs circonscrits sont recoupés par des filons d’aplite et bordés de
pegmatites à colombo-tantalite et thoreaulite (Sn, Ta2O7) qui pénètrent peu les terrains
encaissants.
Les champs de filons de quartz à cassitérite et wolframite se situent au-dessous
des apex et des dorsales granitiques et peuvent s’étendre à plus de 100 m dans les roches
encaissantes. Les fissures d’une première génération de filons de quartz renferment :
tourmaline, lépidolite K(Li,Al)3(Si,Al)4O10(F,OH), cassitérite, wolframite, colombo-
tantalite et stannine suivie de sulfures : chalcopyrite, mispickel, blende, pyrite et galène
qui montrent une évolution jusqu'au stade catathermal. Les fissures d’une deuxième
génération de filons de quartz renferment : ferbérite FeWO4, anthoinite, tourmaline verte et
bismuthinite Bi2S3.
Les riches concentrations stanno-wolframifères du district de Kalima-Moga
résultent de la superposition des phases pneumatolytiques et catathermales dans des zones
de faible extension latérale et verticale, en raison de la plasticité et de la perméabilité des
roches encaissantes.
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1. Le district colombo-tantalifère de LUGULU (Maniema)
Le district de Lugulu, qui fournit la majeure de la production de colombo-
tantalite du Maniema, est situé sur la bordure sud du dôme granitisé et gneissifié de
Kasese. Ce dôme, qui affleure sur 150 km suivant la direction NW-SE, est auréolé de
épointements de granite à muscovite. La partie nord-ouest du dôme est monzonitique ;
dans la partie sud-est, on observe les différenciations suivantes du centre vers la
bordure : plages migmatitiques, granite à biotite, granite à deux micas et granite à
muscovite. Dans les épointements satellites, la zone centrale à biotite est très réduite.
Les pegmatites intrabatholitiques à quartz, mica, microcline, albite sont
nombreuses et de faibles dimensions. Le rapport Sn/Nb- Ta est de 1/20 dans les
plages migmatitiques ; il passe à 1/3 dans celles des granites à deux micas et 1/1 dans
celles de muscovite. Les pegmatites des granites à biotite sont stériles. Les pegmatites
péribatholitique à cassitérite et colombo-tantalite sont plus volumineuses et se
répartissent suivant une disposition zonaire. Les pegmatites externes sont
sodolithiques et associées à des greisens et des filons de quartz qui renferment des
sulfures et un peu d’or.
Les gîtes détritiques de colombo- tantalite se situent sur un plateau
granitique dont l’altitude moyenne est de 800 mètres et en bordure des massifs
granitiques. Les minéraux accompagnateurs principaux sont l’almandin et l’ilménite ;
on rencontre accessoirement : amblygonite, apatite, béryl, bismuthinite, brookite,
chrysobéryl, corindon, spodumène, fluorite, pyrite, scheelite, topaze, xénotime, or et
diamant.
2. District de Kampene (Maniema)
On retrouve la même répartition de la minéralisation dans les zones
interne et externe du dôme granitisé : zone à colombo-tantalite, zone mixte à
colombo-tantalite et cassitérite, zone à cassitérite-or.
3. Le district stanno–wolframifère de LUNTUKULU (Sud Kivu)
La minéralisation stanno – wolframifère du district de Luntukulu, situé à
100 km au sud -ouest de Bukavu, est liée à des filons et filonnets de quartz,
interstratifiés dans des niveaux arkosiques et schisteux appartenant à la base du
burundien inférieur, ou à des filons de quartz N-S parallèles à la direction des
plissements.
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Dans la région de Luntukulu, le burundien inférieur, dont le degré de
métamorphisme régional se situe à la limite épizone, dessine une vaste structure
anticlinoriale de direction générale N-S. Les gisements stannifères sont alignés
suivant l’axe de cette structure, alors que les gisements wolframifères se situent sur
son flanc Est. Aucun affleurement granitique n’est connu dans toute l’étendue de la
structure anticlinoriale.
La minéralisation primaire à paragenèse simple : cassitérite-scorodite
Fe(AsO4).2H2O-wolframite, cassitérite-wolframite et wolframite seule, est située dans
les filons et filonnets de quartz et les diaclases des schistes et arkoses
encaissants. Dans tous les cas, les minéralisations sont liées à un horizon lithologique
déterminé : arkoses, quartzites ou schistes noirs pour l’étain, schistes noirs pour le
wolfram.
Il semble que la minéralisation stanno-wolframifère du district de
Luntukulu, d’origine sédimentaire, ait été reprise et concentrée dans les filons et
filonnets de quartz au cours de phénomènes structuraux ultérieurs.
III.4.2. INTRUSIONS PEGMATITIQUES ET FILONS DE QUARTZ
STANNIFERES A ARSENIURE ET URANINITE. TYPE KOBOKOBO
(KIVU).
Le gisement connu est celui de Kobokobo au sud-ouest de Kamituga (Sud-
Kivu), qui est un corps elliptique de 120mx80m intrusif dans des amphibolites et des
micaschistes à biotite, grenat et staurolite. Il a connu plusieurs phases de mise en place :
phase de pegmatite graphique ; phase potassique grenue riche en béryl (900 m.a.) ; phase
lithique ; phase albitique uranifère datée à 850 m.a.
Le gisement est situé au Sud - Ouest de Kamituga. Il contient Sn, Be, Nb, U,
As, Li, Bi sous forme de cassitérite, béryl, columbite, uraninite, löllingite. amblygonite,
bismuth.
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III.4.3. GITES DE MONAZITE
Dureté : 5-5.5 ; densité : 4.9-5.5.
De nombreux gîtes détritiques de monazite ont été découverts dans les
régions du Kivu, du Katanga et du Kasaï, au cours des prospections alluvionnaires
stannifères et aurifères.
La monazite (Ce, La,…)PO4 renferme plus de 60% d’oxygènes du groupe
du cérium et de 1 à 12 % de thorium. Les éléments des terres rares sont typiquement
lithophiles et sont liés aux roches intrusives et à leur cortège pegmatitique et
hydrothermal. La monazite se trouve également dans certaines formations
magmatiques, carbonatites de Bingo, au Nord Kivu ; pegmatitique, hydrothermaux :et
métamorphiques. Autres éléments : U, Mo, Ni, Co, Fe, Ti, Pb, Mg, Ca et bore ;
III.4.5. INTRUSIONS ALCALINES ET CARBONATITES A PYROCHLORE
III.4.5.1. Genèse de la carbonatite.
Une carbonatite est une roche magmatique qui contient au moins 50% de
carbonates. Les magmas carbonatitiques sont très pauvres en silice et riches en carbonates.
Ils sont extrêmement fluides à température relativement faible (500 à 550 °C). Les
carbonates pouvant exister dans la carbonatite sont souvent les carbonates de calcium
(calcites), les carbonates de calcium et de magnésium (dolomites), les carbonates de fer
(sidérites) et rarement les carbonates de sodium et de potassium (nyerereites ou
gregoryites).
Il y a deux théories sur le mode de genèse de la carbonatite qui sont encore
débattues :
1. La fusion partielle d’un manteau enrichi en CO2 et en CaO à très
faible degré de fusion, ce qui produit un magma riche en éléments
incompatibles et volatiles. Le manteau originel ayant été
préalablement enrichi en CO2 et Ca par des circulations fluides (rôle
du métasomatisme), cette fusion pourrait directement engendrer un
magma carbonaté qui peut remonter vers la surface et donner
naissance à des carbonatites.
2. La carbonatite serait générée par immiscibilité à partir d’un magma
silicaté. Le principe est d’avoir un magma riche en CO2 et CaO
(souvent un magma sous saturé en silice) qui subit un processus de
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cristallisation fractionnée dans une chambre magmatique au sein de la
croûte. Ce magma peut, à un moment donné, se séparer en deux
liquides distincts, d’une part un magma silicaté moins riche en Ca et
CO2, et d’autre part un magma carbonaté.
Ces deux magmas ne peuvent plus se mélanger et vont alors se séparer
physiquement et avoir des trajets différents dans la croûte, pour donner naissance à des
roches volcaniques ou plutoniques de composition silicatée ou carbonatée.
III.4.5.2. Distribution de la carbonatite dans le monde.
Plus de cinq cents complexes carbonatitiques sont distribués dans le monde.
Les principales zones où sont concentrés ces complexes se repartissent à l’Est
de l’Afrique dans le Rift Valley, au Nord de la péninsule scandinave de Kola, à l’Est du
Canada et au Sud du Brésil tel que représenté sur la figure 1.
La distribution des complexes carbonatitiques se limite à l’intérieur et dans les
régions marginales des continents puis elle est tectoniquement contrôlée par les fractures.
La branche occidentale du Rift Est Africain est l’un des exemples typiques.
Les carbonatites sont généralement associées à des roches ultrabasiques et/ou
alcalines ; toutefois, dans certains cas, elles se présentent en dykes isolés, en intrusions
cylindriques et en cônes volcaniques.
Beaucoup de carbonatSites effusives s’observent avec les roches alcalines le
long des Rifts Est africains. La carbonatite d’Oldoinyo Lengai de Tanzanie, célèbre pour
son éruption en 1960, consiste principalement aux tufs et aux laves carbonatitiques et les
phonolites y sont aussi observables.
La majeure partie des carbonatites est reconnue au Nord de la péninsule
scandinave de Kola, à l’Est du Canada, au Sud du Brésil et dans d’autres régions comme
les régions africaines.
Les âges des complexes carbonatitiques qui sont déterminés par la méthode
K/Ar varient entre l’Archéen à la période récente et puis chaque complexe est lié aux
événements tectoniques régionaux.
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Figure 1 : Carte de la distribution des complexes carbonatitiques dans le monde.
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III.4.5.3. Intérêt métallogénique de la carbonatite
Les minéraux importants riches en niobium, tantale, terres rares et phosphates
sont associés aux complexes carbonatitiques et ont été à la base du développement dans
plusieurs pays. Le cuivre, le zirconium, l’uranium et le thorium ont été produits en grande
quantité par quelques complexes carbonatitiques.
En plus, le titane et le strontium ont été étudiés pour le développement au Brésil
et au Malawi.
Le niobium.
Le minerai pyrochlore (Ca, Na) Nb2O6 (OH, F) fournit la majeur partie du
niobium produit.
Le pyrochlore est un minéral dans lequel il y a substitution entre Nb et Ta, d’où
la formule (Ca, Na) 2 (Nb, Ta) 2 O6 (OH, F). Ce minéral est associé à la fin des stades
métasomatiques de l’intrusion magmatique.
Le pyrochlore est parfois radioactif à cause de l’inclusion des éléments
radioactifs dans ce minéral. Le minerai pyrochlore contient typiquement 0,05 % de
concentration en uranium et en thorium.
Les qualités du niobium en font l’une des huit matières premières stratégiques
considérées comme indispensables en temps de guerre comme en temps de paix.
En métal d’apport pour le soudage à l’arc : On utilise des alliages de niobium
avec le zirconium, le molybdène, le vanadium, le chrome ou le tungstène comme métal
d’apport pour souder à l’arc certains aciers inoxydables.
Joaillerie : Le niobium est avec l’or le seul métal qui se laisse forger à froid
par l’artisan. Sa coloration par anodisation est similaire à celle d’autres métaux réfractaires
tels que le titane.
En aérospatiale : En alliage avec l’acier, le niobium constitue un métal très
résistant et très étanche pour les fusées et les satellites envoyés dans l’espace (Apollo11 était
fait à 60% en acier au niobium).
Les éléments des terres rares (REE).
Les terres rares ne sont pas naturellement rencontrées sous forme d’éléments
natifs, mais elles se rencontrent sous forme des complexes chimiques (minéraux). C’est ainsi
que cent minéraux sont riches en REE dans leur composition. Il y a approximativement dix
de ces minéraux qui ont une composition significative en REE ; toutefois, seuls la
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bastnaésite, la monazite et le xénotime sont des minéraux primaires riches en concentrations
économiques des REE.
Les terres rares sont des métaux typiquement conducteurs. Le praséodyme, le
cérium, le lanthane, le néodyme, le samarium, le gadolinium et les autres REE sont
incorporés dans des nombreux appareils technologiques modernes, y compris les
supraconducteurs, les composants des voitures hybrides (principalement les piles et les
aimants),… .
Les ions des terres rares sont utilisés comme des ions actifs dans les matériaux
luminescents utilisés dans l’optoélectronique, notamment le Nd : YAG Laser. Les
amplificateurs dopés d’erbium sont des dispositifs importants dans les systèmes de
communication à fibre optique.
Les luminophores avec dopants de terres rares sont largement utilisés dans un
tube à rayons cathodiques tel que la télévision fixe.
Les YIG (grenats de fer yttrium) ont été utiles en tant que résonateurs micro-
ondes accordables.
Les oxydes des REE sont mélangés avec le tungstène pour améliorer les
propriétés à haute température du tungstène pour le soudage.
Les phosphates
Malgré l’abondance du phosphore dans la croûte terrestre, les minéraux de
phosphates sont rares et recherchés.
Les phosphates regroupent les minéraux radioactifs (lazurite bleu brillant et
turquoise qui doivent leurs noms à une couleur bleutée) (PELLANT C., 1994). Les
minéraux du groupe des phosphates sont nombreux, l’apatite en fait aussi partie.
Beaucoup de complexes carbonatitiques contiennent une grande quantité
d’apatite Ca5 (PO4)3(F, Cl, OH) et certains d’entre eux ont contribué à la fabrication
industrielle des fertilisants (engrais).
Autres ressources.
Le zirconium, spécialement dans le baddeleyite, est une importante ressource et
a été reconnu comme l’un des minéraux accessoires dans les complexes carbonatitiques de
Pala Bora et de Kodvor.
L’anatase, un minéral secondaire du titane, est associé à ce dernier. Son
polymorphe de haute température, le rutile, peut contenir le Fe, Al, Cr, V, Nb, Ta, Sn en
quantités mineures ou à l’état de trace (DEMANGE M., 2009).
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Beaucoup d’autres métaux tels que le Co, le Cu, le Mn, le Zn, le Ni, le Pb, le Cd,
le Cr, peuvent être rencontrés dans les complexes carbonatitiques par substitution avec
certains éléments dans les minéraux caractéristiques de ces complexes. Leur analyse dans le
secteur de Lueshe pourrait être bien illustrative à ce sujet.
III.4.5.4. Les carbonatites de la RDC
Il s'agit de structures annulaires de relaxation de quelques km2 indépendantes de
l'évolution récente du rift africain. Elles sont composées de syénites albitisées et de
carbonatites mises en place vers 7-10 m.a. dans les roches du tectogène kibarien. Les plus
connues en R.D.C. sont celles de Lueshe et de Bingo au Nord-Kivu.
1. La Structure de Lueshe
Elle est de forme elliptique (Fig. 6), constituée de quatre collines (Busoro,
Mutoro, Lulime, Butora) dont les sommets approchent l'altitude de 1600 m en s’élevant de
200 à 300 m au-dessus du fond de la vallée de la Lueshe, affluent de la Ruindi. L'ensemble
comprend :
- Un massif central de syénite cancrinitique (busorite), microcline, albite,
cancrinite Na3Ca(AlSiO4)3(CO3, SO4), biotite, calcite. Le zircon et l'aégyrine
sont développés sur les pourtours ;
- Un anneau constitué de
sövite (carbonatite calcitique) à aégyrine, apatite, pyrochlore,
baryte, pyrrhotite, lueshite NaCaNb2O6(OH), avec des réserves
évaluées à 30 MT à 1,34% Nb2O5.
un massif de rauhaugite (carbonatite dolomitique) à magnésite,
amphibole, apatite, pyrite, au S-E,
des shales à grenat albitisés, sur le flanc Est,
des shales à shéridanite (chlorite magnésienne), disthène,
andalousite, bordant la busorite et la sövite au Nord à l'Ouest et au
Sud-Est,
une roche porphyrique à larges plages d'albite sépare la sôvite et les
shales à shéridanite. La magnétite s'est développée au voisinage de
cette roche.
La carbonatite de Lueshe eszt située à 30 km au nord de Bishusa, territoire de
Rutshuru, à 40 kilomètres au Sud du lac Edouard et à 70 kilomètres au Nord du lac Kivu
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(figure suivante). Elle est intrusive dans les quartzites à biotite et schistes à biotites et grenat
du Burundien (MEYER, DE BETHUNE, 1965).
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Situation géographique
Le secteur de Lueshe se situe à l’Est de la République Démocratique du Congo,
dans la province du Nord Kivu, en territoire de Rutshuru sur l’axe routier Rwindi-Nyanzale
Figure : Carte de localisation géographique de Lueshe.
Non loin de ces volcans, s’enchaînent de part et d’autre du rift de l’Afrique
centrale des complexes carbonatitiques dont Mombadio, Bingo, Lueshe, Kirumba, Kibuye,
Kawezi et Karonge (figure ci dessous).
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Figure 3 : Relation entre le système occidental du rift, les complexes
carbonatitiques et les provinces volcaniques de Toro- Ankole, Virunga, Kawezi et Sud Kivu
à l’Est dans la RDC, l’Uganda, le Rwanda et le Burundi.
Distribution des faciès pétrographiques de Lueshe.
Les formations géologiques de Lueshe se repartissent sur quatre monts dont
Mutoro, Butora, Busoro et Lulime. Cette répartition apparaît à la figure 4 ci-dessous.
La moitié du complexe de Lueshe comprend des syénites à cancrinite et le reste
consiste en la carbonatite soit à calcite, soit à dolomite. Dans la moitié de la partie Sud du
complexe, la carbonatite à calcite (sövite) est couverte par des sols latéritiques (H.V.
MARAVIC and G. MORTEANI, 1980).
Bref, Lueshe regorge diverses formations des roches notamment les carbonatites,
les syénites, les quartzites, les carbosyénite, les fénites, les roches pyroxénitiques, les
micaschistes, les latérites, les argiles à lueshite et les argiles à graviers quartzeux. Ces
formations sont représentées à la figure ci-dessous :
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Figure : Carte géologique du complexe de Lueshe. Modifiée par MARAVIC and
al. (1989).
Le pyrochlore est très abondant dans la partie supérieure, la plus altérée, des
latérites formées au détriment des carbonatites et des schistes encaissants.
3. La Structure de Bingo.
Le gisement de Bingo contient des minerais à 0,36% Nb2O5, dont environ
600000 t à 3,6% Nb2O5. Il est peu documenté. Les informations concernent le gisement
résiduel de 100 m d'épaisseur, qui contient 80% d'oxydes de fer (goethite, hématite et
magnétite titanifère).
Le gîte résiduel, de plus de 100 m d’épaisseur, qui surmonte le complexe
carbonatitique de Bingo, a été découvert en 1958, au cours de la prospection alluvionnaire
et géochimique de la rivière Nummunzi.
Les oxydes de fer : goethite, hématite et magnétite titanifère, constituent 80% de
l’affleurement ; les 20% restants sont formés d’alumino-phosphates (gorceixite), d’oxyde de
manganèse, de pyrochlore et de faibles quantités de zircon.
Les travaux de reconnaissance du gisement ont permis de montrer que le gîte
résiduel couvre une zone formée de bancs alternés de syénite et de sövite. Le pyrochlore,
accompagné d’un peu de colombite, apparaît en petits cristaux octaédriques, de teinte
blanchâtre ou jaune verdâtre, dépassant rarement 3mm dans la sövite.
Les réserves du gîte résiduel ont été évaluées à plusieurs millions de tonnes de
minerai à 0,36% de Nb205. Une zone à exploiter en priorité contient 600 000 tonnes de
minerai à 3,6% de Nb205.
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III.4.6. Gîtes filoniens à arsénio-sulfures et barytine
Les gîtes de Yungu et Sale, situés à 100 km au Nord de Kalemie, sont constitués
des filons et lentilles minéralisées en pyrite, chalcopyrite, tétraédrite-tennantite et barytine.
Les filons et lentilles se sont mis en place dans les cassures qui accompagnent la
grande faille de bordure du rift du Tanganyika. L’association minérale particulière de ces
gîtes semble indiquer qu’ils dérivent de la différenciation du magma alcalin.
III.5. ZONALITE DANS LES PEGMATITES DU KIVU
La zonalité globale observée au Kivu et rapportée par Robert (1946) se résume
comme suit, de l'intérieur vers l'extérieur des intrusions (Fig.7):
granite nourricier ;
apophyses pegmatitiques à quartz, feldspaths, muscovite, tourmaline ;
pegmatites graphiques, sous forme de filons à quartz, feldspaths,
tourmaline, peu de muscovite ;
greisens à quartz peu de muscovite. cassitérite, tourmaline rare ;
filons de quartz associés.
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CHAPITRE IV. METALLOCENIE ET GITOLOGIE DU
PANAFRICAIN EN R.D.C.
IV. 1. LITHOSTRATIGRAPHIE DU KATANGUIEN
L'unité la mieux connue et la plus complète du Panafricain est le Katanguien en
raison de ses richesses minérales fabuleuses. Le Katanguien est transgressif sur le Kibarien
et débute par un régime torrentiel ayant produit des dépôts conglomératiques très grossiers.
La subdivision en trois a été basée sur la présence de deux mixtites continues
connues sous les appellations Grand Conglomérat et Petit Conglomérat. Elles divisent le
Katanguien, de bas en haut, en Roan (R), Nguba (Ng) et Kundelungu (Ku). La puissance
atteint 7.500 m comme signalé précédemment au chapitre I.
IV.2. DEFINITION DES PERIODES METALLOGENIQUES
PANAFRICAINES.
La distribution spatiale des concentrations métallifères syngénétiques observées
dans l'Arc Lufilien définit trois périodes métallogéniques correspondant aux grandes phases
orogéniques et érosives tardi-kibarienne, lomamienne et lufilienne, reproduisant les
différents termes du spectre géochimique régional enrichi de manière épisodique au sein des
sous – bassins structuraux (Intiomale, 1994).
Les minéralisations syngénétiques mettent en outre en évidence un transport
d'éléments chimiques par des fluides magnésiens pauvres en alcalins. Ces minéralisations
ont été remaniées au cours de la tectonique lufilienne, soit sous forme de veinules de
sécrétion latérale, soit sous forme de filons hydrothermaux supergènes de diverses
dimensions, soit encore sous forme de corps de minerais, affectés par un certain
métamorphisme.
La période tardi-orogénique lufilienne est marquée par la montée d'intrusions
ignées acides génératrices d'un métamorphisme de contact à grenat et scapolite, ainsi que de
fluides hydrothermaux riches en alcalins, à partir d'environ 610 m.a. Ces fluides ont remanié
des gisements préexistants au cours de plusieurs épisodes dont les derniers dateraient de
520-514 m.a (veines uranifères de Kansashi et de Musoshi).
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IV.3. PERIODE METALLOGENIQUE TARDI-KIBARIENNE (1200 –
1000 m.a.)
La Période Métallogénique Tardi-Kibarienne définit le spectre géochimique du
bassin katanguien riche en Fe, Cu, Co, Mn, U, Ni, avec accessoirement Zn, Pb, Au, Pt, Pd,
Tr, provenant de l'érosion des métamorphites continentales du socle. Elle a connu un
volcanisme synsédimentaire dans le Roan Inférieur (Pillow lavas de la région de Kipoi) et à
la base du Sous-groupe des Mines (matériaux pyroclastiques remaniés des RAT Grises
présentant des vestiges de quartz non détritique).
A Shinkolobwe, une roche rhéomorphe a été recoupée par sondage dans la partie
Est en bordure de la faille limite de l'Ecaillede Kasolo. Elle serait le témoin du volcanisme
dont les matériaux sont incorporés dans les RAT Grises.
Les minerais se répartissent en plusieurs types de gisements :
IV.3.1. GRES FERRUGINEUX.
Grès et quartzites ayant connu une précipitation d'hydroxydes de fer dans les
couches détritiques grossières de la base du Roan. Les minerais sont à hématite-limonite et
appartiennent au Type Kasumbalesa.
Le gisement de Kasumbalesa a été remanié par une activité hydrothermale tardi-
tectonique lufilienne sous forme de Stockwerks à quartz-oligiste-magnétite accompagnés
d'oligo-éléments faisant partie du spectre géochimique régional. Il a été exploité par
l’UMHK de 1917 a 1945. Ses réserves étaient évaluées a 1,2 Mt à plus de 60% Fe.
IV.3.2. GISEMENTS STRATIFORMKS A Cu-Co DU SOUS- GROUPE DES
MINES.
Les gisements et indices du groupe du cuivre sont très irrégulièrement répartis
sur le territoire du Congo. Ceux situés dans la partie méridionale de la région du Katanga
fournissent la totalité de la production de cuivre, cobalt, uranium, zinc, plomb, cadmium et
germanium, alors que les autres, éparpillés dans le reste du pays, sont réputés jusqu’à ce
jour inexploitables.
Les gisements exploités se situent dans le sous-groupe des Mines, dans le R4
(Mwashya) et la dolomie de Kakontwe (groupe de Nguba). Les gisements du R2 fournissent
la presque totalité de la production de cuivre, cobalt et uranium. Dans la partie occidentale
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de la ceinture cuprifère, la minéralisation stratiforme est associée à un métallotecte
biostratigraphique (niveau de R.S.C) qui disparaît à hauteur de Lubumbashi. Au sud-est de
cette localité et en Zambie, la minéralisation stratiforme est associée à différents niveaux du
roan inférieur (R1).
Les gisements du R4 sont rares : la minéralisation stratiforme y est associée à
des horizons pyroclastiques du Mwashya.
Les gisements de Nguba fournissent la totalité de a production de zinc, plomb,
cadmium, germanium. La minéralisation forme des amas discordants dans la formation
dolomitique de Kakontwe.
En résumé, la typologie des gisements de la ceinture cuprifère est la suivante :
a. Katanga Occidental :
- Type stratigraphique associe au niveau des R.S.C., l’association
minérale variant avec la position du gisement dans la zonéographie.
Exemple: Kamoto Cu-Co, Kolwezi Cu, Shinlokobwe U-Ni-Co;
- Type stratiforme associé aux horizons pyroclastiques du Mwashya.
Exemple : Shituru Cu-Co ;
- Type amas discordants à Cu-Zn-Pb-Ge dans Nguba. Exemple : Kipushi.
b. Katanga Sud-Oriental
- Type stratiforme étendu : ore shale formation. Exemple : Musoshi ;
- Type stratiforme sporadique : footwall ore formation. Exemple :
Kinsenda.
IV.3.2.1. Cadre structural et localisation des gisements de la ceinture cuprifère
Dès 1983, J. CORNET avait reconnu que les sédiments katanguiens du Congo
méridional appartenaient à 3 zones structuralement distinctes qui sont, du nord au sud : la
« zone du Kundelungu », la « zone du cuivre » et la « zone du fer ».
La « zone de kundelungu » correspond à un avant-pays tabulaire ou faiblement
ondulé dans lequel les sédiments kundelunguiens sont transgressifs sur le socle kibarien. On
ne connaît que de faibles indices de minéralisation (Cu seul) stratiforme et épigénétique dans
cette zone qui forme un triangle allongé, d’axe N.NE, jusqu’au rivage de lac Tanganyika.
La « zone du cuivre » (ceinture cuprifère du Congo, copperbelt de Zambie)
renferme tous les gros gisements stratiformes cupro-cobaltifères et uranifères. Les sédiments
du Roan, du Nguba et Kundelungu de cette zone ont été plissés, au cours des phases
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lufilienne et kundelungienne, en un grand arc (50 km de large, plusieurs centaines de
kilomètres de long) à convexité tournée vers le Nord–Est.
La « zone du fer » constitué de sédiments du Roan, Nguba et Kundelugu, est
plissée, mais pas assez pour faire affleurer le Roan moyen. Cette zone renferme de
nombreux gîtes métasomatiques de fer et gîtes discordants de Lombe et Kengere.
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Cu-Co
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Bunkeya Zn-Pb-(Cu)
Tenke Cu-Co-(U-Ni)
Kolwezi
Fungurume
kambove
kalongwe
Shinkolobwe
Kengere
Luisha
Luswishi Zambie
Kabompo Lombe KipushiLubumbashi
Dome
Kansanshi
Solwezi
Musoshi Kinsenda
0 50 Km Zambie
I I
Kitwe Ndola
Kalahari & Récent
Nguba & Kundelungu
Roan
Lonshi
Anté Katanguien
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IV.3.2.2. Lithostratigraphie des Ore-bodies.
Les gisements sont constitués de deux corps de minerais principaux (Fig. 9)
appelés Ore-body Inférieur (OBI) et Ore-body Supérieur (OBS).
L'OBI comprend : RAT Grise, D. Strat., RSF.
L'OBS comprend : SD de base et le BOMZ (Black Ore Main Zone).
Ces deux corps de minerais sont séparés par les RSC stériles ou minéralisées le
long des contacts. Dans certains gisements, la minéralisation s'étend jusqu'au CMN qui
constitue un troisième ore-body. Les RAT sous-jacentes à l'OBI peuvent être minéralisées
également.
IV.3.2.3. Mise en place des gisements Cu-Co.
Les gisements sont localisés dans des sédiments jadis hématitifères,
principalement d'anciennes alluvions déposées dans des bassins continentaux fermés ou
semi-fermés.
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Les eaux primitives de type Na-Cl-SO4 avaient des teneurs variables en Mg, Ca
et un pH (7,6-7,7) équilibré par les minéraux carbonates, le CO2 atmosphérique et
l'assemblage quartz-microcline-muscovite. La teneur en chlore pouvait être six fois
supérieure à celle de l'eau de mer (Haynes, 1986).
La chalcosite, résultant de la réduction bactérienne des sulfates sur une épaisseur
d'environ 50 cm à partir de la surface des sédiments, se serait déposée tôt pendant
l'enfouissement de ces derniers à une température inférieure à 50°C.
La structure des minéraux tels que bornite, chalcopyrite et digénite montre que
ces sulfures se sont substitués à des grains composites pyrite-chalcosite préexistants. Le flux
des .fluides minéralisateurs aurait suivi le litage et ne se serait pas infiltré au travers.
IV.3.2.4. Composition Minéralogique des Ore-bodies.
Les principaux sulfures sont actuellement accompagnés de traces d'oxydes dans
différents corps de minerais qui sont pour la plupart cémentés, avec des teneurs oscillant
autour de 4% Cu et 0,4% Co. Ils définissent deux types de gisements :
Type Kamoto, à Cu-Co ;
Type Musonoi, à Cu-Co-U, riche en Pt, Pd, Au, Se, TR.
La distribution des sulfures est la suivante :
OBI : bornite, chalcosite. carroliite, cuivre natif avec ou sans uraninite.
OBS : bornite, chalcopyrite, carroliite, chalcosite.
CMN : Chalcosite, bornite, carroliite, dolomite rose cobaltifère, résultant
d'une déstabilisation de la carrollite engendrant la chalcosite.
Les horizons carbonés des SD sont minéralisés en chalcopyrite, carrollite et
pyrite.
Dans la zone d'oxydation on observe les minéraux principaux suivants :
malachite, chrysocolle, hétérogénite, pseudomalachite, azurite, cornétite, cuprite,
shattuckite, dioptase, torbernite, hématite, limonite, goethite, soddyite, uranophane, cuivre
natif.
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IV.3.2.5. Structures Particulières.
Lambeau de Kolwezi
Ce lambeau occupe le synclinal de Kolwezi. Les gisements sont constitués par
des fragments de terrains disposés en cuvettes allongées SW-NE, présentant des faciès
grossiers (Long, Kilamusembu) sur les pourtours et les faciès fins (Kamoto, Musonoi) au
centre de la grande structure.
Les formations observables appartiennent au sommet du Roan Inférieur (RI),au
Roan Moyen (R2) et à la base du groupe de Dipeta (RGS, R31). Elles sont charriées sur le
Ku2 en reposant sur une brèche hétérogène de la base. Le lambeau est né par
chevauchement et diapirisme du Roan moyen à partir de là Faille de Kansuki bordant au sud
l'Anticlinal de la Manika. La masse diapirique aura franchi l'anticlinal avant de
s'immobiliser au sein du synclinal où la poussée frontale a renversé les formations sous-
jacentes du Kundelungu.
La complexité des fragments appelés Ecailles est rendue par l'ensemble Kamoto
principal et Kamoto Nord (Fig. 10).
Cas des gisements stratiformes du lambeau de Kolwezi
Le lambeau de Kolwezi, long de 23 km, large de 10 km et dont l’épaisseur peut
dépasser 1 200m, renferme les plus gros gisements de l’ancien domaine de la Gécamines.
Les gisements sont inclus dans les écailles du R2 enrobées dans des masses bréchifiées du
R1. Certaines écailles sont de petites dimensions, d’autres assez importantes pour former des
unités anticlinales ou synclinales dont la longueur peut atteindre plusieurs kilomètres.
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La reconnaissance de cette structure « en pelure d’oignon » peut être
schématisée de la façon suivante.
Du rivage (nord) vers le rivage (sud), R2 présente les variations suivantes :
- Large zone isopique de faciès Long à sédiments gréso-dolomitiques
grossiers, corps minéralisé supérieur stérile, corps minéralisé inférieur
peu minéralisé en cuivre ;
- Zone isopique étroite de faciès Kilamusembu : sédiments dolomitiques
à grains moyens, dolomitiques à grès subordonnés, corps supérieur
stérile ou faiblement minéralisé en Cu-Co, corps minéralisé inférieur
moyennement minéralisé en Cu-Co ;
- Zone isopique étroite de faciès Musonoi : sédiments dolomitiques à
grains fins, corps minéralisé riche en Cu et pauvre en Co.
Au cours de la phase lufilienne, le sous-groupe des Mines est charrié vers le
nord. L’ensemble du faciès Long atteint sa position actuelle tandis que les faciès
Kilamusembu et Musonoi lui succèdent vers le sud.
Lors de la phase kundelungienne, une rupture se produit dans R2, un premier
paquet de faciès Kilamusembu et Musonoi vient se superposer au roan de faciès Long et le
plissement se poursuit. Un deuxième paquet de faciès Musonoi vient occuper le centre du
lambeau.
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° DU CONGO P a g e | 66
26 27°
we
lu
ku
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C.5 KAKONGE
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11°S LIKASI Ba
MENDA 11°S
SHINKOLOBWE
MINDIGI KAMWALI NAMBULWA
LUISHA SHANDWE
Lu
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ab
a
Luk anga
LEGENDE
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FACIES DU R.2 AU KATANGA
oto
Lufira
Faciès Long
LUPOTO
Faciès Kilam usem bu
ETOILE
Faciès Musonoi
Faciès Kalum bw e Lua laba
KIPUSHI
LUBUMBASHI
Faciès Menda
Faciès indéterm iné 50 Km
26° 0 27°
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Les gisements les plus importants, Kamoto et Musonoi, sont associés aux grandes
écailles de faciès Musonoi dont les deux corps minéralisés sont riches en cuivre et en cobalt ;
vers les sud on constate un enrichissement des corps minéralisés en cuivre et la disparition du
cobalt (gisement de Kolwezi).
I. DONNEES GEOLOGIQUES RELATIVES AU GISEMENT DE NYOKA
Le gisement de Nyoka est dans le sous- groupe des mines (R2). Il est exploré mais
pas encore exploité.
1. Localisation
Nyoka est situé à environ 5km à vol d’oiseau au SW du centre de la ville de
Kolwezi, vers l’ouest de la rivière Musonoi ; Il a été dénommé Nyoka (serpent) en raison du
dessin sinueux de l’affleurement. Auparavant c’était un gisement déclaré autrefois par la
Gécamines dont une partie fut exploitée sous étiquette de la carrière de Kolwezi.
2. Cartographie
Voir fig.2.
3. Structures
L’alignement de Nyoka semble correspondre au flanc Nord de l’écaille du
« Lac ». En profondeur « Nyoka » dessine un fond de bateau dont les flancs ronds pourraient
se raccorder avec Kolwezi le long de la faille à moins que celle-ci ne soit une des grandes
failles internes du lambeau (fig3.). Il existe une relation entre les écailles de Kolwezi, de
Nyoka et du Lac.
Sur le plan tectonique. (fig4.)
Lors de la compression due à l’orogénèse pan africaine, il s’est produit dans ce
gisement cupro-cobaltifère un cisaillement qui a frictionné les unités lithologiques du
Katanguien à diverses échelles lors du transport tectonique.
Ce « frictionneur » conduit à la mise en place des brèches dans le Roan (brèches
de RAT, de CMN, des SD et les brèches hétérogènes) qui se sont mises en place, soit entre
deux séquences lithologiques, soit au sein d’une formation qui subit un cisaillement ou un
décrochement.
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1. Lithostratigraphie : celle du Sous groupe des mines et complète et le R1
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2. Minéralisation
Le gisement comprend deux ore – bodies classiques bien minéralisés (en général,
sulfure de Cu et Co dans le supérieur, de Cu dans l’inférieur), une minéralisation à teneur
moyenne 3 à 3,5 Cu%. L’intensité du lessivage subi par les corps minéralisés s’observe sur les
20 à 30 mètres. Les sondages forés dans l’écaille « Nyoka » semblent indiquer une tendance
à l’appauvrissement vers le Sud ; la minéralisation est confinée dans toute la partie inférieure.
On y rencontre :
La malachite, la cuprite, l’hétérogénite, carollite, chalcosine chalcopyrite et
l’oxyde de manganèse.
3. Paragenèse
Le gisement de Nyoka embrasse une paragenèse qui se présente de la sorte :
Cu – Co – Ni – U – Mn.
Contrôle de la minéralisation
Le gisement de Nyoka, au départ, se forme au même moment que son encaissant.
Ultérieurement la minéralisation se met en place suite à une perturbation tectonique qui a
affecté l’entité ; d’où son contrôle est syngénétique – épigénétique.
4. Données chimiques et potentiel minier
La teneur en Cu et en Co varie avec la profondeur et une forte concentration Cu et
Co est localisée dans les brèches de CMN.
Co : 0.3%, 0.16% ; 0.73%
5. Modèle génétique
Il est vraisemblable que la minéralisation stratiforme primaire ou syngénétique en
Cu et Co était en place avant le charriage. Les soubresauts tectoniques provoquent les
plissements, failles, et charriages ; d’où l’intrusion dans les cassures des substances
minéralisées en Cu, Co formant les brèches tectoniques qui justifient la minéralisation
secondaire ou épigénétique.
Il est noté que les deux corps minéralisés sont séparés par la RSC.
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II. DONNEES GEOLOGIQUES RELATIVES AU GISEMENT DE MUKONDO
1. Localisation du gisement
Le gisement de MUKONDO est située au sud ouest de la cité de KAKANDA à
environ 13km de celle-ci et s’étend sur au moins 2500 mètres sur une profondeur qui va
jusqu’à 1800 mètres.
2. Structure, encaissant et minéralisations
Ce gisement est du type sédimentaire stratiforme et la minéralisation est située
dans le schiste de base au contact de roches siliceuses cellulaires (RSC). Il se présente sous la
forme d’un anticlinal à gangue tendre avec un flanc nord fournissant des minerais durs et un
flac sud fournissant des minerais tendres.
Les minéralisations sont oxydées et contiennent essentiellement le cuivre et le
cobalt sous forme de malachite et d’hétérogénite dont l’exploitation a déjà atteint le niveau
1420 et dont le schéma général de la mine est illustré ci bas. Fig.1.
Le flanc nord possède une forte minéralisation de cuivre et de cobalt. Ce flanc est
constitué de SDb (Shale dolomitique de base) penchant du Sud vers le Nord.
Le flanc sud affiche une forte minéralisation de cobalt contenue dans le schiste de
base tendre ayant subi une altération.
Le gisement de MUKONDO appartient au sous groupe des mines. Il recèle les
principaux gisements cupro-cobaltifères et uranifères de l’arc LUFILIEN au Katanga et à ce
titre, il a été traversé par plusieurs milliers de sondages.
III. DONNEES GEOLOGIQUES RELATIVES AU GISEMENT DE KAMOTO
PRINCIPAL
1. Localisation
Le lambeau de Kolwezi est situé dans le sud de la province du Katanga entre
10°40’, de latitude Sud et 25°20’ et 25°27’ de longitude Est, en coordonnées géographiques ;
soit encore X=425.000, et Y=300.000,320.000, en coordonnée Lambert (A. Mbuyu, 2002).
Le gisement de Kamoto principal se situe au nord ouest à 410km de la ville de
Kolwezi. Ce gisement est délimité :
Au nord par le gisement de Kamoto Nord ;
Au nord-ouest par le gisement de Kamoto Etang ;
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A l’Est par le gisement de KOV ;
Au sud ouest par le complexe Dikuluwe -Mashamba (DIMA) ;
Au sud par le gisement de Kamoto sud.
Il comprend 3 parties :
La partie dressante, semi-dressante, en plateure, accompagnée de deux
flancs ;
Flanc sud, comprend (8 zones),
Flanc Est, comprend (2 zones).
2. Structure
Le gisement de Kamoto constitue une écaille flottante dans le lambeau de
Kolwezi, témoin d’une grande nappe de charriage. Il comprend de nombreuses écailles
disposées. L’écaille de Kamoto principal forme une vaste cuvette synclinale dont seul le front
Sud et la partie profonde sont au complet. Vers le nord, le gisement est occupé par une faille
importante et le flanc du synclinal manque totalement. A l’Est et à l’Ouest, le gisement est
limité par des failles redressées ; la cuvette de Kamoto principal est enveloppée par des RAT
écrasées et mylonitisées, dont les couches sont en position normale et non renversée.
Le gisement de Kamoto principal forme un pli synclinal dont le flanc nord est
limité de toute part des failles. En fait, il s’agit d’une écaille parmi des dizaines d’autres que
compte le lambeau de Kolwezi. Structuralement la mine de Kamoto est divisée en trois
grandes parties : flanc Sud, flanc Est, et la plateure.
Le flanc Sud : s’étend sensiblement d’Est à l’ouest sur une distance de 1,2km et le
gisement plonge vers le Nord avec une inclinaison variante latéralement ;
Le flanc Est, limite le gisement à l’Est ; il forme une coude avec le flanc Sud dont
la charrière passe approximativement par la section 650 Est. Il s’allonge suivant une direction
N30°E sur une distance de 500m ;
On appelle « plateure » la partie du gisement située au dessous du niveau 425. Ici
les couches se projettent vers le Nord avec un large mouvement ondulatoire encore mal défini.
3. Modèle génétique du gisement
Les terrains de la mine de Kamoto sont de nature sédimentaire, ils ont leur origine
dans des bassins de sédimentation sous forme des boues déposées en couches plus ou moins
horizontales ou sous forme récifs algaires. Ces couches sont grossièrement parallèles entre
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elles, elles varient dans le sens vertical suivant les conditions de dépôt et suivant la
profondeur du bassin.
Les variations de dépôt ont constitué des lits de roche de nature différente avec
entre eux des joints de stratification ou de discontinuité.
Ces boues ont été enfouies dans le bassin de sédimentation ou soumises à des
pressions où elles ont été solidifiées.
En profondeur, ces terrains sont généralement dolomitiques, il existe cependant
des zones altérées le long des cassures et des failles.
Les éléments constituant les roches dolomitiques sont principalement le quartz, les
phyllithes (micas, séricite, chlorite) qui sont insolubles et la dolomite qui est soluble. Dans les
zones altérées, souvent proches de la surface, la dolomite est dissoute, et les roches
deviennent siliceuses et siliceuses. La dolomite, le quartz et les phyllithes forment la gangue
du gisement. Certaines couches en plus des éléments de la gangue peuvent contenir du cuivre
et du cobalt. Pour chacune de ces couches, le pourcentage en cuivre et cobalt est spécifique et
constant.
En faciès dolomitique, les minéraux se présentent sous forme des sulfures de
cuivre et de cobalt, ces mêmes minéraux se transforment en oxydes de cuivre et de cobalt.
4. Lithostratigraphie et pétrographie
De bas en haut nous avons :
RAT- Lilas ; BRECHE de RAT Grise, RAT-Grise ; D strat ; RSFdolomitique ;
RSF siliceuse ; RSC minéralisée ; Shale intercalaire ; RSC stérile ; SDB ( niveaux argilo
dolomitique et dolomitique) ; BOMZATRE ( une dolomie de couleur gris -noir, d'épaisseur
4m, stratifiée en petits bancs, possèdant un éclat vitreux) ; BOMZ (Black ore mineralized
zone : SD 1b) qui se trouve etre une dolomite massive, de couleur gris noir, d'épaisseur
pouvant aller jusqu'à 2m, de texture cristalline ; SDS (niveaux graphiteux, dolomitique, à
collenias et dolomitique graphiteux) ; CMN et RGS.
5. MINERALISATION ET CONTROLE DE LA MINERALISATION DU
GISEMENT
D'après KATEKESHA (1978), le gisement de KAMOTO a été soumis à une
altération allant jusqu'à 150m de profondeur environ, l'altération peut également atteindre des
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grandes profondeurs à la faveur des failles importantes sous son influence. D’où, les sulfures
se transforment en carbonates et en oxydes divers. A ce sujet, A. François (2006) nous révèle
qu'en profondeur les sulfures de cuivre et cobalt tels que la carrolite, bornite, chalcosine
s'altèrent en minéraux mixtes. Ainsi, la carrolite s'altère en hétérogénite à moins de 200m sous
la surface ; la chalcosine s'altère en malachite accompagnée parfois de chrysocolle.
La minéralisation cupro-cobaltifère de la Mine est strictement localisée dans les
deux ore bodies sous forme sulfurée. Le gisement est d'origine sédimentaire, il est stratiforme
et non filonien. Le cuivre et le cobalt sont finement disséminés dans la roche, principalement
sous forme de chalcosine et de carrollite. Il est à remarquer que l'ore body inférieur est moins
riche en cuivre et cobalt que l'ore body supérieur.
La teneur en cuivre varie dans le sens vertical d'un ore body mais peu dans le sens
longitudinal, d'un bout à l'autre d'un ore body. La teneur se maintient assez constante.
Il existe une incompatibilité de la minéralisation avec de fortes concentrations de
la roche en dolomite. La variation et la répartition de la minéralisation transversalement aux
ore bodies montrent une relation très nette entre la minéralisation finement disséminée et la
texture et la structure des roches.
On constate que la minéralisation s'appauvrit dans les horizons dolomitiques
massifs à texture cristalline, où la teneur en dolomite est élevée. C'est le cas pour les D.Strat.,
les R.S.F. dolomitiques et le bomzâtre. Par contre les roches bien stratifiées où existent de
nombreuses alternances de strates lithologiquement différentes possèdent aussi une
minéralisation. Ce constat est bien net dans les R.S.F. siliceuses et les shales de bases argilo-
dolomitiques. Les concentrations maximum des sulfures s'observent là où il y a des zones
accidentées. Le cas le plus typique concerne les enrichissements aux constats irréguliers entre
ore bodies et les R.S.C.
Contrairement aux faciès altérés, la minéralisation sulfurée du faciès dolomitique
montre des coupures brusques et sans transition. On passe ainsi transversalement des R.A.T.
lilas du mur absolument stérile aux R.A.T grises bien minéralisées, des D.Strat. et R.S.F.
dolomitiques pauvres par rapport aux R.S.F siliceuses riches, des shales de base argilo-
dolomitiques riches au Bomzâtre pauvre.
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Il est donc essentiel dans l'exploitation de la Mine d'avoir une connaissance
parfaite des roches constituant les ore bodies, la minéralisation étant liée au type de la roche.
Ceci permet de contrôler le minerai et d'éviter une dilution très rapide.
Concernant la texture des minerais, on peut formuler une règle générale : les
sulfures ont la même dimension que les éléments de la gangue. Dans une gangue
microgrenue, les sulfures sont en très petits grains ; dans une gangue relativement grossière,
les sulfures sont en gros grains. Les sulfures de cuivre sont en outre hétéromorphes, c'est-à-
dire qu'ils sont impressionnés par les cristaux de quartz ; la carrolite par contre est idiomorphe
et de grandes dimensions relatives. Il est donc probable que la minéralisation soit antérieure
aux déformations tectoniques.
Des observations à Kamoto permettent d'appuyer l'origine sédimentaire. La
minéralisation ne s'enrichit pas notablement à proximité des accidents ou failles ; le minerai
s'intrude par les failles transversales ; il existe au dessus des ore bodies des couches qui ont
une composition et une texture analogues à celles des ore bodies, néanmoins seuls ceux-ci
sont minéralisés.
On peut ajouter que le gisement de Kamoto est entièrement emballé dans de
roches stériles. On a remarqué le long de certaines failles des contacts anormaux entre les ore
bodies et les brèches dolomitiques ; dans ce cas la minéralisation sulfurée ne traverse jamais
les brèches.
Il faut pourtant admettre une certaine remise en mouvement des sulfures,
beaucoup de cassures affectant les ore bodies sont minéralisées et une certaine fixation des
sulfures est postérieure ou contemporaine aux déformations du gisement.
La paragenèse de sulfures indique pourtant que l'introduction du cuivre et du
cobalt dans les ore bodies est liée à la sédimentation.
6. MINERALISATION
A. MINERAUX DE LA GANGUE :
Le QUARTZ, Minéral de la gangue inerte et la DOLOMITE, Minéral de la
gangue active.
B. MATERIAUX METALLIFERES
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B.1. Minéraux sulfurés primaires : chalcopyrite CuFeS2 , PYRITE FeS2 ,
CARROLITE CuC02S4, BORNITE Cu5FeS4
B.2. Minéraux sulfurés secondaires
La CHALCOSINE Cu2S, DIGENITE Cu9S5
IV. DONNEES GEOLOGIQUES RELATIVES AU GISEMENT DE
DIKULUWE- MASHAMBA OU DIMA
1. LOCALISATION
Le gisement de Dikuluwe se situe dans la région minière de Kolwezi entre 10°39'
et 10°48' de latitude Sud, et 25°26' et 25°35' de longitude Est à 300 km de Lubumbashi.
La figure suivante donne la carte du secteur de DIMA.
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2. STRUCTURE
A la suite des mouvements tectoniques qui ont affecté le lambeau de charriage de
Kolwezi, l'écaille DIKULUWE - MASHAMBA se présente comme suit :
Le synclinal de DIKULUWE ;
L'anticlinal de MASHAMBA - OUEST ;
MASHAMBA - EST.
3. LITHOSTRATIGRAPHIE
Le gisement de Dikuluwe est constitué par les formations du sous groupe des
mines limitées au sommet par les R.G.S., et à la base par les R.A.T. lilas.
4. MINERALISATION
La minéralisation est principalement cuprifère et se localise dans les deux ore-
bodies. Le gisement de Dikuluwe a subi des actions secondaires d'altération et de remise en
mouvement qui ont provoqué la migration minérale étendant la minéralisation à des roches
encaissantes originairement non minéralisées. La malachite s'y trouve sous toutes les formes,
ce qui laisse suggérer une mise en mouvement par la circulation d'eau météorique
descendante : imprégnation, enduit zonaire, forme stalactitique, concrétion, cristallisation
dans les cavités.
La zone d'oxydation y est donc très développée de sorte que la quasi-totalité de
minerai est formée par la catégorie des oxydés siliceux.
A côté des minéraux de gangue dont nous avons parlé plus haut, on trouve dans
ces oxydés siliceux des minéraux cupro-cobaltifères provenant de l'oxydation des sulfures et
qui sont : Malachite [Cu2(OH)2C03], Chrysocolle [CuO,Si02nH20], Cuprite [Cu20], Torbernite
Cu (UO2)2(PO4)212H20, Sels roses de cobalt : ce serait des carbonates roses de cobalt dont la
formule chimique n'est pas encore bien définie.
Les minerais sulfurés
Chalcopyrite, Bornite, Chalcosine, Digénite
Les minerais mixtes
Dans la partie supérieure, les minéraux mixtes ont une forte proportion de silices
et d'argiles et ils ressemblent aux oxydes siliceux qui les surmontent. Dans la partie inférieure,
la silice diminue et la dolomite augmente de proportion, ils regagnent ainsi les minerais
sulfurés.
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Ces minerais mixtes sont de loin les plus abondants. Ils représentent 66% du
tonnage au dessus de 1250 et 85% du tonnage compris entre 1250 et 950. Malgré la présence
de la nappe à environ 50 m de profondeur, on trouve les minéraux d'oxydation comme la
cuprite, la malachite, le chrysocolle se développant en pleine nappe aux dépens de la
chalcosine, de la bornite et de la carrolite.
5. MODELE GENETIQUE
Pour ce qui est de la minéralisation, de nombreux chercheurs se sont penchés sur
les problèmes métallogéniques des gisements cuprifères du Katanga et de la Zambie. Un seul
point semble avoir reçu l'approbation de tous : l'âge de la minéralisation stratiforme du
copper-belt de l'Afrique Centrale est antérieur au paroxysme des plissements qui ont affecté
les unités lithologiques minéralisées (OOSTERBOSCH, 1962).
Quant à l'origine des gisements, les hypothèses divergent.
Certains sont favorables à l'hypothèse dite « syngénétique », tandis que d'autres
prônent « l'épigénétisme ».
Théorie syngénétique : par GARLIK W.C. (1961).
Dans un milieu marin réducteur, les métaux lourds dissous (Cu, Co, Fe et parfois
U.) ont précipité par réaction chimique en même temps que les dépôts sédimentaires dans le
bas-fond.
La théorie explique bien le caractère stratiforme des minéraux du sous groupe des
Mines » et leur indifférence vis-à-vis de la roche de gangue et de la tectonique. Mais elle
n'explique pas certaines lacunes, ou concentrations anormales des minéraux, ou bien la
présence des écailles de faciès similaires mais de contenus minéralogiques différents.
Théorie Epigénétique hvdrothermale :
Des solutions minéralisatrices d'origine magmatique profonde entrent en contact
avec le Katangien (Roan moyen) par l’intermédiaire des failles ou en s'infiltrant à travers le
socle Kibarien et se sont répandues dans les horizons perméables, favorables et y ont déposé
leur contenu métallique.
Cette théorie donnerait l'explication sur la présence des « tâches minéralisées »
(10), c'est-à-dire des endroits minéralisés et d'autres non, ainsi que l'extension assez grande du
minerai de l'ore-body inférieur. Mais elle n'explique pas la présence des roches litées mais
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stériles. Les solutions ne seraient sans doute pas montées par faille car le Roan n'avait
probablement pas encore été tectonisé lorsque les ore-bodies se sont formés.
6. DONNEES CHIMIQUES
Hormis quelques minéraux de faible quantité, tels que cuprite, chrysocolle,
pseudomalachite (Cu5(OH)4 (P04)2 H20), cornetite (Cu(OH)3.(P04), liberthenite :
(Cu2(OH)P04), la malachite reste de loin prépondérante et forme, presque exclusivement,
seule la catégorie du minerai oxydé.
7. Paragenèse
Ainsi les associations minérales importantes rencontrées se résument en :
Malachite seule
Malachite + Chrysocolle
Malachite + Cuprite + Chrysocolle
Malachite + Cuprite + Chalcosine
Roan de Kambove.
Il comprend les gisements de Kambove et de Kamoya appartenant au type
Kamoto à Cu-Co. Il est né par chevauchement et diapirisme comme celui de Kolwezi, mais
est resté collé à la faille dont il est issu.
Parmi les gisements, celui de Kambove-Ouest est particulier : il est en forme de
synclinal dont le flanc Nord est en plateure. Sa minéralisation a été remaniée plus d'une foi de
sorte que les ore-bodies sont jointifs à partir de la bordure orientale en suggérant la
progression d'un flux minéralisateur d'Est en Ouest, ayant enrichi les horizons favorables du
CMN (Fig.11). Les RSC lenticulaires ont mis en contact l'OPI et l'OBS.
L'autre caractéristique est l'activité hydrothermale tardi-tectonique ayant mis en
place des lentilles de minerais uranifères noirs à la base de la RAT Grise vers 542 m.a.
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Gisement de l'Etoile
Ce gisement connu aussi sous le nom de Kalukuluku est un lambeau de charriage
reposant sur du Kundelungu du synclinal de la Luano (Fig. 12). Ce fut le premier gisement à
Cu-Co découvert au Katanga par Jules Cornet. L'exploitation du gisement a été arrêtée en
1949 après l'effort de guerre.
La particularité du site est la présence, dans la zone d'oxydation, d'une importante
minéralisation phosphatée composée de cornétite et de pseudomalachite associées à la
malachite et au chrysocolle. C’est dans ce gisement qu'a été défini pour la première fois le
niveau de Calcaire à Minerai Noir (CMN). Un autre phosphate observé au Katanga est de la
libéthénite, jadis fréquente dans les SDS de Kakanda-Nord.
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Gisements de Musoshi et de Kinsenda.
Dans le Sud-Est du Katanga, deux gisements exploités appartiennent au faciès
arénitique pauvre en cobalt (0,2%Co) de la base du Roan. Ils sont restés solidaires du socle
lors de l’orogénèse lufilienne.
Ici , le Roan transgressif sur le socle a été divisé en trois faisceaux. Les
minéralisations stratiformes à Cu – Co (U) se localisent dans le Ore formation, un niveau
porteur schisto-gréseux qui se suit avec une grande continuité de Musoshi à Luanshya,
soit sur environ 100 kilomètres. Des lentilles minéralisées de moindre extension
apparaissent à différents niveaux de la Footwall formation.
La minéralisation cupro – cobaltifère profonde présente des teneurs comprises
entre 2.5 et 4.5% Cu.
Cas du gisement de MUSOSHI
Ce gisement se situe sur la bordure nord-est du dôme de Konkola, dans le
flanc d’un pli synclinal redressé.
Le niveau porteur est constitué par la répétition de la séquence grès
feldspathiques calcareux, schistes gréseux micacés, schistes microgréseux micacés. La
répartition verticale de la minéralisation dans ce lithotope est la suivante : au toit une
zone à pyrite seule, une zone médiane dont les 2/3 supérieurs sont minéralisés en
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chalcopyrite (1,5 % Cu) et le 1/3 inférieur en chalcopyrite et bornite (3,5 %), et enfin une
zone stérile au mur. Cette répartition de la minéralisation ne peut être mise en rapport
avec aucune caractéristique lithologique.
La paragenèse suivante a été établie par M. GYSIN (1936) :
- minéraux secondaires : malachite, chrysocolle, cuprite, ténorite,
covelline, chalcosine ;
- minéraux primaires : bornite, bornite à fines inclusions de chalcopyrite
et de covelline, chalcopyrite et linnéite.
Le premier indice d’uranium a été trouvé dans un puits de prospection. Cet
indice (uranophane et torbernite) se situait dans une zone métamorphisée et fissurée du
toit du niveau porteur microgréseux.
Cas du gisement de KINSENDA
Ce gisement, qui se situe sur la bordure sud-est du dôme de Luina, a été
exploré par la Sodimico. Les sondages ont recoupé plusieurs lentilles minéralisées en
Cu-Co entre la base de l’Ore formation et le socle.
La teneur de ces lentilles, concordantes et de taille relativement petite, peut
dépasser 5 % Cu. Les réserves reconnues par sondage atteignent 34 millions de tonnes de
minerai à 4.8 % de cuivre.
GISEMENTS TYPES TECTONIQUEMENT REMANIES
Les remaniements ont eu lieu à la suite du morcellement du sous-groupe des
Mines en lambeaux fracturés diapiriques. Des solutions minéralisatrices, atteignant 270°C à
Kamoto, ont circulé dans les fractures et autres zones perméables pour y déposer les minerais
sous forme de veinules, de disséminations ou de filons hydrothermaux supergènes. Les
principaux types de remaniements sont :
1. Type Kabolela
Veinules quartzo-dolomitiques à Fe-Cu-Co-Zn recoupant l'OBI et la base des
RSC. Elles contiennent chalcopyrite, sphalérite, bornite, chalcosite, carrollite et pyrite. La
teneur en zinc ne dépasse pas 5%. La sphalérite est remplacée par la bornite et la chalcosite.
2. Type Kasolo
Il s'agit de disséminations actuellement transformées en oxydes noirs riches en
Co-Mn-Ni et pauvres en cuivre, observées dans le CMN du lambeau principal de
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Shinkolobwe dit Kasolo. Les réserves sont évaluées à 2,3 Mt à 1,6 %Co et 0,4 % Ni.
Localement les teneurs atteignent 4%Cu et.2%Ni.
3. Type Shinkolobwe
Veines à Cu-Co-U-Ni-Au-Tr parcourant les ore-bodies du gisement de Kasolo en
lui donnant son caractère épigénétique et filonien vers 670 m.a. Il n'y a pas de relation établie
avec les disséminations du CMN.
Les minéraux principaux sont : bornite, chalcosite, linnéite, cattiérite, carrollite,
siégénite, vaesite, uraninite et monazite. La garniéritc apparaît dans la zone d’oxydation aux
cotés des minéraux courants des ore-bodies altérés.
4. Type Kambove-Ouest.
Lentilles d’oxydes noirs uranifères à la base gréseuse de la RAT Grise. La
pénétration a été favorisée par la faille bordière du lambeau, en passant d'un faciès oxydé à
oxydes de fer (RAT) à un faciès réduit à sulfures (OBI). L'âge de l'uranium serait de 542 m.a.
Ce type de minerai est observé au même niveau dans les gisements de Luiswishi
et de Kamoto-Est où l’uraninite est partiellement altérée en uranophane.
Kamoto
Le gisement de Kamoto est exploité en carrière et en souterrain. La minéralisation
primaire suivante à été rencontrée dans les différents niveaux de R2 :
C.M.N.: Pyrite
Pyrite (+ chalcopyrite dans les shales carbonés) ;
S.D. : Carrollite+ chalcopyrite (+ pyrite),
Chalcosine + bornite (+carrollite) ;
R.S.C. (carrollite, chalcopyrite, bornite) ;
D.Strat. : Chalcopyrite + bornite (+ carrollite),
Localement uraninite à la base ;
R.A.T : hématite.
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5. Type RAT.
Disséminations de paillettes d'oligiste dans les Roches Argilo-Talqueuses en
zones comprimées. Elles abondent dans l'écaille de Musonoi à Kolwezi. C'est le résultat du
métamorphisme des dolomies gréseuses ankéritiques ayant produit une chlorite magnésienne
qui a donné aux RAT leur caractère onctueux au toucher. La réaction est :
8 Ca(Mg, Fe) (CO3)2 + 4SiO2 + 12H2O + 1/2O2 → Mg6SiO10 (OH)8 + FeO3 + 8
Ca (OH)2 + 16 CO2
I.V.4. PERIODE METALLOGENIQUE LOMAMIENNE (1000-800 m.a.)
IV.4.1. CARACTERISTIQUES DE LA PERIODE METALLOGENIQUE
LOMAMIENNE
Ici, Fe, Cu, Co se maintiennent, mais quelques métaux mineurs observés dans le
socle et dans les minéralisations précédentes marquent le pas dans le cortège géochimique au
sein des sous-bassins structuraux. Mn, Ba, Zn, Pb, As, sont caractéristiques de la période. Ils
sont accompagnés de Cd, Ag, Ge, Co, Ga, Au, etc., dans diverses proportions (Intiomale,
1994).
La période a connu un magmatisme synsédimentaire représenté par des dykes
gabbroïques et doléritiques, ainsi que par des projections pyroclastiques dans les sous-
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groupes de Dipeta et de Mwashya. Ces roches ont été reprises comme éléments dans le Grand
conglomérat, le Petit Conglomérat et, plus tard, dans les brèches tectoniques.
L'enrichissement en Ba et Mn (> 1000 ppm) touche les formations depuis les
dolomies supérieures (R33) du sous-groupe de Dipeta jusqu'au sommet du sous-groupe de
Likasi. Les porphyroblastes de mica blanc du niveau de Kaponda à Kipushi sont baryfères.
Ces éléments caractéristiques proviennent principalement du bassin et non de
l'activité ignée, comme l'attestent les faibles teneurs en manganèse des pyroclastites par
rapport à celles des dolomies et des shales sur près de 200 km de distance au Katanga:
Sondage Kamoya № 215 à Kamboye
Dolomies blanches (R333), sous-groupe de Dipeta : 0,50%Fe et 0,21%Mn, -
Pyroclastites du Mwashya Inférieur (R41) : 6,13%Fe et 0,03 %Mn. Shales rubanés (R42) du
Mwashya Supérieur : 3,56%Fe et 0,08 % Mn.
Sondage Shituru N° 1 à Likasi
Dolomies blanches (R333), sous-groupe de Dipeta : 0,48%Fe et 0,13% Mn.
Pyroclastites du Mwashya Inférieur (R41) : 3,45%Fe et 0,01% Mn.
Sondage Mwashya N°2 à Kîpushi
Dolomies blanches (R 333), sous-groupe de Dipeta : 0,28%Fe et 0;05%Mn ;
Shales rubanés (R42) du Mwashya Supérieur : 3,51%Fe et 0,10% Mn.
Dans Nguba, les teneurs en manganèse vont croissantes jusqu'au sommet des
Dolomies, limitant la période métallogénique lomamienne au sommet du sous-groupe de
Likasi. A la base du sous-groupe de Monwezi constituée par la Série Récurrente, la teneur en
manganèse rejoint celle des pyroclastites du Mwashya (< 0,03%):
(Sous-groupe Monwenzi Ng2) : Série Récurrente : 0.65%Fe et 0.03%Mn
IV.4.2. TYPES DE GISEMENTS SYNGENETIQUES LOMAMIENS
1. Type Nguya
Gisements stratiformes de fer de grande extension, à hématite massive, localisés à
la base du Mwashya dans l'Arc Lufilien. La roche support pourrait avoir été un grès. Le site
type est localisé dans l'anticlinal de Kapolowe au sud-Est de Likasi.
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2. Type Mutanda
Gisements stratiformes à Cu-Co-Mn, de faible extension (300 m) mais riches en
cobalt (3-4%) et en manganèse, localisés dans les dolomies et les shales du Mwashya
Inférieur. Le site type est situé à 40 km à l'Est de Kolwezi. L'autre gisement du même axe
anticlinal est celui de Tilwezembe, à 25 km à l'Est de Kolwezi.
3. Type Shituru
Gisements volcano-sédimentaires à Fe-Cu, pauvres en cobalt, localisés dans le
Mwashya Inférieur. Ils sont liés aux roches pyroclastiques. Le site type contient des minerais
oxydés à pseudomalachite, malachite, chrysocolle et limonite, avec une teneur moyenne de 2-
3% Cu.
4. Type Kampina.
Occurrences volcano-sédimentaires à Fe-Zn (Pb, Cu) dans le Mwashya Inférieur
de la région de Mulungwishi, au Nord de Kambove. La teneur en zinc atteint 5%.
Dans la région de Lubumbashi, le site de Mwita, sur l'Anticlinal de Lupoto,
présente des traces de minéralisations en Cu-Zn-Pb de manière diffuse dans les terres de
recouvrement au-dessus des affleurements du Mwashya, dans une zone tectonisée.
5. Type Buluwo.
Il est constitué de pyrite stratiforme recoupée par des sondages dans les joints des
shales rubanés du Mwashya Supérieur, principalement dans le prolongement de l'Anticlinal de
Shituru à Buluwo (Likasi), et dans le flanc Nord de l'Anticlinal de Kipushi.
La pyrite s'altère en hématite et en limonite. Les teneurs en fer ne dépassent
généralement pas 10%. La pyrite de l'Anticlinal de Kipushi contient des traces de Zn, Cu, As,
Co, éléments trouvés dans la mine souterraine.
IV.4.3. MINERALISATIONS LOMAMIENNES TECTONIQUEMENT
REMANIEES
1. Gisements de fer du Haut-Lualaba
Le remaniement tectono-métamorphique des gisements de type Nguya dans le
Haut-Lualaba concerne la composition minéralogique, localement enrichie en silice à l'échelle
du sous- bassin.
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a. Hématite-martite-oligiste de type Shiwanda ;
b. Oligiste de type Kisua ;
c. Oligiste-magnétite de type Katumbwana.
2. Brèches de Roan à disséminations de minéraux de fer et de cuivre,
a. Type Sokoroshe
Brèches diapiriques de Roan à disséminations d'hématite, limonite, malachite et
chrysocolle, pauvres en cobalt. Elles sont souvent flanquées d'une concentration
hydrothermale de baryum et de fer de type Kapumba dans les fractures de l'encaissant
ngubien, comme c'est le cas à Shangulowe à l'Ouest de Kambove. Sokeroshe est situé à 40 km
au Nord-Ouest de Lubumbashi.
b. Type Musaka.
Brèches à disséminations d'oligiste-magnétite affectant le Mwashya et la base de
Nguba, à 40 km à l'Ouest de Kipushi.
3. Gisements Hydrothermaux des zones de stress
Dans les zones soumises à des pressions inégales, se sont développés des réseaux
de fissures discontinues subparallèles aux horizons comprimés, sièges d’une circulation
hydrothermale susceptible d’engendrer des minerais valorisables.
Les plis sigmoïdes du Katanguien et de l'Ouest-Congolien sont des lieux
favorables à ces types de minéralisations de basse température, assimilables au type
Mississipi-Valley; ce dernier étant considéré comme issu d'une déshydratation des sédiments
comprimés sous l'effet d'un plissement naissant (Ouachita Fold Belt) dans le Sud du bassin
(Leach and Rowan, 1986).
a. Type Lukanga.
Veines pyriteuses altérées en limonite aurifère dans les shales du niveau de
Kaponda (Ng 121), le long de la Lukanga et de la Nyavikungu, affluents du Lualaba. Leur
érosion serait à l'origine de l'or alluvionnaire de la région au Sud de l'Arc Cuprifère du
Katanga.
Des placers observés dans la moyenne Kafubu, sur la route Lubumbashi-
Kasumbalesa, ainsi qu'aux sources de la Lupoto, seraient liés à ce type. On peut lui associer la
pyrite aurifère de Tshangulube dans la région de Sakania.
b.Type Kisanga.
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Amas pyriteux de substitution, lenticulaires ou elliptiques, mais épais, à
occurrences de Zn, Cu, Pb, As, Co, dans des dolomies laminées soumises à une forte torsion
au contact Kaponda-Kakontwe. Les minerais s'altèrent en hématite- limonite contenant divers
oligo-éléments. L'amas Kisanga 2, sur la route Likasi-Kambove, a été estimé à 2 Mt de
minerais à 60 % Fe.
Dans la mine de Kipushi, les minerais de ce type s'altèrent en hématite, limonite,
zincite, et sidérite aux abords de la Faille de Kipushi, à 750 m de profondeur. Les lentilles
sont appelées Amas Kaponda et sont indépendantes du gisement Zn-Pb-Cu classique.
Un autre amas développé à 925 m de profondeur a été estimé à 80.000 tonnes de
minerais contenant 34,55%Fe ; 3,20%Zn ; 1,25% Cu ; 0,21% As ; 0,10% Pb et 0,007% Co,
sous forme de pyrite, hématite, sphalérite, chalcosite et galène.
c.Type Lukusu
Filons lenticulaires massifs de quelques décimètres à quelques mètres d'épaisseur,
observés au sein des couches schisto-gréseuses dans les zones axiales comprimées des
synclinaux. Les bancs sont à Ba-Fe (baryte-hématite-limonite).
A la Lukusu, deux kilomètres au Nord de Mbanzamboma au Bas-Congo, et dans
la plupart des petits filons observés au sein du synclinal de Mbanzamboma, la baryte a
cristallisé dans des fissures subparallèles aux couches de la Série de l'Inkisi. Les filons
fractures ont été colmatés par de la baryte néoformée accompagnée de quelques grains de
pyrite et de chalcopyrite. Le plus gros filon de la région, soit 25 m d'épaisseur, a été signalé à
quelques km au NE de Bamba-Kilenda, le long d'une tributaire de la Lukunga.
Les filons longitudinaux sont plus riches en inclusions de zinc et cuivre que les
liions transversaux qui sont plus tardifs, ce qui fait supposer leur mise en place péné-
contemporaine du gisement Zn-Pb-Cu de Bamb-Kilenda. Les solutions minéralisatrices ont
drainé les formations sous-jacentes avant de précipiter les minerais dans les fractures.
4. Gisements Hydrothermaux de Lufilian Belt Type (LBT)
Ce sont des gisements filoniens à Zn-Pb et Ba-Fe remarquables par leur
localisation dans des fractures affectant les formations carbonatées en bordure plus ou moins
immédiate des brèches diapiriques des noyaux anticlinaux, sièges des sollicitations ayant
engendré une convection géothermique des fluides issus, pour la plupart, des formations
tectonisées engagées dans la bréchiation.
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La convection géothermique, par pulsations épisodiques successives, a déterminé
la composition chimique des différentes venues hydrothermales dont le parcours n'excède pas
5 km. C'est la caractéristique des gisements SEDEX de modèle thermal. Généralement, les
solutions ascendantes envahissent massivement les zones faillées avant de donner naissance
latéralement, ou per descensum, à une phase ferrifère séparée en auréole des minerais massifs
appendiculaires, sous forme de gaines pyriteuses dans les gisements Zn-Pb, et de gaines
oligistifères dans les gisements Ba-Fe. L'orientation de ces gaines indique le sens de
pénétration des solutions dans les tissures et dans les paléokarsts de l'encaissant. Les gaines se
terminent de manière abrupte en profondeur (Fig. 15).
Certaines terminaisons appendiculaires affleurent actuellement sous forme de
lentilles discordantes d'infiltration, sans racine, loin des noyaux anticlinaux diapiriques. C’est
le cas des gisements de type Kabwe.
a. Tyne Kapumba, à Ba-Fe.
Filons massifs lenticulaires, ou terminaisons d'apophyses (Fig. 15), entourés d'une
gaine ferrifère composée d'oligiste disséminée. Ils sont observables dans un pan de Nguba
effondré contre le Mwashya en place dans l'anticlinal de Kabolela (Fig.16) à l'Ouest de
Kambove.
Cependant, dans la plupart des fractures affectant les formations schisto-gréseuses
du Kundelungu, en bordure des brèches diapiriques de Roan de type Sokoroshe, la baryte est
accompagnée d'hématite massive s'altérant en limonite. C'est cette forme qui est observée à
Shanguluwe à l'Ouest de Kambove, une région réputée baryfère.
La gaine ferrifère se pince en même temps que les lentilles filoniennes vers le bas,
à moins de 10 m de profondeur. Ces lentilles sont fissurées selon les directions des grandes
cassures.
Les fissures sont colmatées par de la baryte néoformée, par des paillettes d'oligiste
et grains de pyrite et de chalcopyrite.
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b. Type Sabinga à Ba-Fe-Mn
Il s’agit pour l’instant du site de Sabinga, à baryte, hématite, manganite,
pyrolusite, dans un lambeau de Mwashya Inférieur schisteux et dolomitique, coincé au sein d
prêche de Roan dans le prolongement de l'Anticlinal de Kapolowe, à 15 km au Nord-Est de
casi La baryte est massive, saccharoïde.
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b. Type Kabwe
Filons-couches ou apophyses à Fe- Zn- Pb (Ag), localisés en zones synclinales
ans les dolomies de la base du Kakontwe, ou au contact Kaponda-Kakontwe. Leur
minéralogie est simple, riche en plomb, pauvre en cuivre et en arsenic. Le type est représenté
par le gisement de Kengere au Katanga.
Le Gisement Zn-Pb de Kengere.
Kengere est situé à 50 km au Sud de Kolwezi. Le gisement occupe une zone
faillée affectant des dolomies et des shales lenticulaires au sommet du niveau de Kaponda
dans une petite structure synclinale pincée plongeant à 60° vers le sud (Fig-17).
Il est constitué par une colonne centrale lamellaire et massive, plombifère, dont la
teneur atteint 60%Pb. Cette lame est entourée d'une enveloppe de sphalérite et de pyrite
partiellement-altérées en limonite, calamine et smithsonite. L'ensemble se pince vers le bas.
La lame plombifère est constituée de galène argentifère, remplacée dans la zone
d'oxydation par de la cérusite. Les réserves développées sont évaluées à 157.000 t de minerais
contenant 9000 t de plomb et 3000 t de zinc.
A Kabwe, en Zambie, les gaines pyriteuses sont complètement altérées.
b. Type Kipushi
Filons polymétalliques à Fe-Zn-Pb-Cu (As, Ag, Cd, Ge) dans les flancs
anticlinaux en bordure de zones d'effondrement. Leur minéralogie est complexe, riche en
cuivre et en arsenic. Ce type comprend les gisements de Kipushi et de Lombe au Katanga,
ainsi que le gisement de Bamba-Kilenda au Bas-Congo. Ils sont tous localisés au contact des
dolomies et des shales sus-jacents.
Gisement de Kipushi
Le Gisement Zn-Pb-Cu de Kipushi est ocalisé à l'extrémité NW de l'Anticlinal de
Kipushi, en bordure d'un gouffre en forme d'entonnoir pyramidal à ouverture plus ou moins
triangulaire, appelé « Tétraèdre de Kipushi ». Son sommet est projeté vers la profondeur de
1800 m.
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Cette configuration résulte de la conjugaison de deux failles d'âges différents, la
Faille Axiale de pendage NE, bordant le noyau de Roan diapirique, et la Faille de Kipushi, en
forme Je dièdre, tranchant les formations de Nguba et plongeant vers l'Ouest.
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Le Tétraèdre de Kipushi est occupé d'Est en Ouest par des brèches à gros éléments
de dolomies, shales et grès effondrés de Nguba (brèches cyclopéennes), par un Grand
Lambeau de Kundelungu reposant sur les brèches cyclopéennes, et par une brèche
dolomitique à pâte chlorito-talqueuse. Quelques lambeaux de roches doléritiques ont été
recoupés par sondage au sein de la brèche dolomitique.
La minéralisation Zn-Pb-Cu affecte la branche orientale de la faille de Kipushi en
s'indentant dans les horizons stratifiés de la Série Récurrente, de Kipushi et du Kakontwe). Le
filon présente un étranglement au contact Kipushi-Kakontwe. Les minerais sont alors
représentés par des amas longitudinaux à la faille et par des cheminées de blende massive se
détachant du filon au contact Kipushi-Kakontwe et descendant obliquement vers le sud en
s'entourant d'une gaine pyriteuse avant de se terminer en profondeur.
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Cette disposition définit une zonalité horizontale du Sud vers le Nord : les
minerais zincifères occupent la partie Sud du gisement, les minerais Zn-Pb-Cu occupent le
niveau de Kipushi, tandis que les minerais cuprifères sont développés en Série Récurrente,
dans les brèches cyclopéennes Sud et dans le Grand Lambeau.
Une autre zonalité est tabulaire conique autour de certains axes par lesquels
l'oxydation et la cémentation atteignent les niveaux profonds de la mine. Elle concerne les
minéraux de cuivre, disposés du centre vers l'extérieur, ou de la base vers le sommet des tubes
selon l'ordre suivant, à partir de la base de la zone d'oxydation: malachite, cuivre natif,
chalcosite-digénite, bornite, chalcopyrite.
On retrouve ainsi :
Gaines pyriteuses à pyrite- arsénopyrite- chalcopyrite,
Minerais zincifères à sphalérite-pyrite
Minerais plombo-zincifères à sphalérile- pyrite- galène- arsénopyrite,
Minerais mixtes Zn-Pb-Cu à chalcopyrite- sphalérite-tennantite-galène-
reniérite et à bornite-sphalérite-tennantite-galène-reniérite-chalcocite-
chalcopyrite-bétechtinite,
Minerais cuprifères à chalcopyrite- pyrite- tennantite- arsénopyrite-reniérite-
cobaltite-molybdénite et à bornite-tennantite-chalcopyrite-reniérite-chalcosite-
linnéite-carrollite-molybdénite.
Les minerais zincifères contiennent du cadmium, tandis que l'argent est lié aux
minerais cuprifères et plombifères.
Le gisement Zn-Pb-Cu de Lombe.
Lombe est situé à une septantaine de kilomètres à l'Ouest de Kipushi, dans le flanc
Nord de l'anticlinal de Lombe. La minéralisation Zn-Pb-Cu est la plus importante. Elle occupe
une zone de brèche affectant la base de la Série Récurrente et le sommet du niveau de
Kipushi. II s'agit d'un filon-couche ou amas lenticulaire, épais de 10 m, qui s'enfonce suivant
la pente des couches pour se pincer à 65 m de profondeur. Un second amas relie le premier à
environ 85 m de la surface. Son extension n'est pas connue (Fig.21).
Le minerai sulfuré se compose de sphalérite, galène, pyrite, tennantite,
arsénopyrite, un sulfure arsénié de plomb proche de la jordanite, chalcopyrite, traces le
bornite et de covellite secondaires. Les réserves sont peu importantes, évaluées à 25.000 t de
minerais.
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Dans les shales sus-jacents, on a signalé une minéralisation cuprifère qui doit être
classée parmi les gisements de type Lukafu à Cu-Fe.
Le Gisement Zn-Pb-Cu de Bamba-Kilenda
Il est localisé le long d'une faille mettant en contact, sur le flanc Nord de
l'anticlinal de Bamba-Kilenda(Fig.22), le sommet du Schisto-calcaire et la série de l’Inkisi
effondrée du synclinal de Mbanzamboma. La minéralisation est constituée de pyrite,
sphalérite, chalcopyrite, tennantite, galène, bornite, chalcosite, covellite, avec divers oligo-
éléments dont Ag, V...
L’indice initial de ce gisement est situé sur une faille, de direction E-W, qui
affecte le flanc nord d’un anticlinal. A l’est de l’indice initial, des indices de minéralisation
cuprifère et plombo-vanadifère jalonnent la faille sur environ 5000 mètres. Les sondages
effectués ont montré que la minéralisation s’étendait d’une façon discontinue sur 3400
mètres et devenait pratiquement inexistante à partir de 150 mètres de profondeur.
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Dans la zone ouest du gîte, la minéralisation est essentiellement cuprifère ; les
sondages ont rencontré, dans la faille et les roches calcaires ou gréseuses encaissantes, des
lentilles de chalcosine oxydée de faible extension. On n’a pas trouvé de niveaux calcaires
dans lesquels la minéralisation aurait pu se concentrer de façon sélective.
Dans la zone est du gîte, la minéralisation, plus complexe, cuivre-plomb-zinc et
vanadium, s’est mise en place dans la faille et les roche encaissantes, le cuivre se fixant de
préférence dans les calcaires, le plomb et le zinc dans les quartzites.
La paragenèse établie par P.L MATHIEU (1954) est la suivante :
1 : à pyrite ;
2 : blende, sulfures de cuivre (chalcopyrite, bornite, chalcosine, covelline),
tétraédrite-tennantite ;
3 : galène et quartz.
La paragenèse de Bamba-Kilenda présente des analogies évidentes aves celle de
Kipushi, d’autant plus que les éléments mineurs caractéristiques (Ge dans la blende et Ag
dans la galène) ont été retrouvés dans le gisement voisin de M’Passa, en République populaire
du Congo, qui possède une typologie identique.
a. Type LUBI-LUKULA
Au Kasaï Oriental, les minéralisations à Pb-Cu-Zn sont liées à la base de la série
schisto-calcaire du système de la Bushimay. Les minéralisations les plus importantes, celles
du district de Lubi-Lukula au nord de Mbuji-Mayi.
Dans les niveaux C3 à C5, la minéralisation, liée à un réseau de cassures, est
formée de veinules, enduits et mouches de silicates et carbonates de cuivre accompagnés de
chalcosine, argent natif, blende et willémite. L’encaissant est constitué par les calcaires
dolomitiques noirâtres du niveau C2 sont silicifiés et renferment une dissémination de fins
cristaux de galène (< 1mm) sub automorphes.
Filons hydrothermaux résultant du rajeunissement des failles du soubassement.
Le rajeunissement des failles du soubassement a engendré un flux thermique
propulsant les saumures vers les zones superficielles. Les saumures sont piégées le long des
fractures des formations favorables,
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b. Type Lufukwe à Cu-Ba-Fe-Ag.
Il s'agit de gisements épithermaux des régions à minéralisations riches en
baryum. La plupart des éléments ont été préconcentrés durant la diagénèse des sédiments dans
les limites des bassins structuraux.
Les filons de ce type parcourent les formations de Nguba et du Mwashya au
Katanga Nord-Oriental. Ils suivent un réseau de fractures orientées SW-NE, comprenant les
filons de Dikulushi et de Kiaka aux environs du Lac Moero.
Ces filons sont riches en cuivre (chalcocite, malachite, chrysocolle), en baryum
(baryte), en quartz et en argent. Les formations encaissantes contiennent des mouchetures de
chalcopyrite et de bornite de type Lukafu. Elles ont subi une silicification aux alentours des
filons.
c. Type Mont Sali, à magnétite.
Le Mont Sali est situé à 25km à l'Ouest de Tshela dans le Bas-Fleuve. Il est à
magnétite-oligiste-limonite, avec des occurrences localisées de pyrite au sein des formations
zadiniennes. Il résulterait d'une activité hydrothermale en relation avec un rajeunissement des
failles anciennes.
IV.5. PERIODE METALLOGENIQUE LUFILIENNE (800-450m.a.)
Cette période débute par la sédimentation terrigène du sous-groupe de Monwenzi
(Ng2), qui est transgressif sur les Dolomies de Nguba au Katanga. Le sous-groupe présente
des bancs de shales conglomératiques à la base de la Série Récurrente à Kipushi. La période
n'a pas connu de magmatisme synsédimentaire. Les minéralisations syngénétiques sont à Fe-
Cu uniquement.
La mise en place d'intrusions acides est tardi-tectonique (610 m.a.), marquée au
Sud de l'Arc Cuprifère par un métamorphisme de contact à grenat (à Kamiaba) et à scapolite,
par des gisements de contact à magnétite et par des minéralisations hypogènes tardives à Cu
(Mo, Ag, Au, U) mises en place épisodiquement par des fluides hydrothermaux riches en
alcalins (entre 580 et 450 m.a.). Les veinules cuprifères de Kansashi (520 m.a.) sont typiques.
Les solutions alcalines ont remanié et enrichi des gisements préexistants tels que
Kipushi et Shinkolobwe. On en compte trois épisodes majeurs (n° 4, 6 et 8) à Kipushi.
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IV.5.1. MINERALISATIONS SYNGENETIQUES LUFILIENNES
Un seul type est observable, c'est le Type Lukafu. Il s'agit de corps de minerai
stratiformes à pyrite- chalcopyrite- pyrrhotite, ou de veinules de remaniement à quartz
dolomite ou calcite, contenant chalcopyrite - pyrite- pyrrhotite. Les gisements sont de faible
extension mais assez fréquents dans les formations schisto-gréseuses de Nguba. Les teneurs
ne dépassent pas 3%Cu.
Le gisement cuprifère de Lombe appartient à ce type. Il en est de même des
veinules quartzo-dolomitiques à chalcopyrite-pyrite observées à Kipushi au sein du grand
lambeau et n'ayant apparemment aucun rapport avec le filon Zn-Pb-Cu.
IV.5.2. FILONS QUARTZEUX DE TYPE MUKULUBWE
II s'agit ici des filons ou gros bancs de quartz laiteux, contenant fréquemment de
l’oligiste, dans les zones de stress affectant les formations supérieures schisto-gréseuses.
A Mukulubwe, dans le synclinal de la Kafubu au Katanga, 7 km au Nord-Est de
Kipushi, un gros filon de quartz laiteux contenant de l'oligiste est subparallèle à l'axe du
synclinal, au sein des formations schisto-gréseuses du Kundelungu (Ku 2).
Des filons semblables abondent dans les synclinaux de la Haute-Lufira au Nord-
Ouest de Kipushi, notamment à Mutembwe. Ces filons rappellent le type Lukusu à Ba-Fe
observé au Bas-Congo.
IV.5.3. AMAS METASOMATIQUES A MAGNETITE.
1. Type Mwana-Kusu
Amas de substitution à magnétite-oligiste localisés dans des dolomies et des
cherts attribués au Roan Inférieur, notamment celui de Mwana-Kusu, à 30 km au NE de
Kasongo dans le Maniema. Il contient des minerais à 55-70 % Fe.
2. Type Lualaba-Signal
Le gisement de Lualaba-Signal à 50 km au Sud de Kolwezi, est à magnétite-
corindon. Il est constitué d'un banc de magnétite épais de 20 m, sous-jacent à 10 m de
corindon massif dans des calcaires et des dolomies de Nguba (DNg) au sein d'une zone
tectonisée.
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IV.5.4. VEINULES A Cu (Mo, Ag, Au, U)
Elles appartiennent au Type Kansashi. Le site type est situé à l'Ouest de Kipushi,
en territoire zambien. La minéralisation épigénétique affecte des dolomies claires fissurées
appartenant vraisemblablement à la base du sous-groupe des Mines de faciès katangais.
Il s'agit de veinules cl de filonnets à chalcopyrite accompagnée d'un peu de
molybdénite, contenant Ag, Au et U. La chalcopyrite cémente activement en digénite et en
chalcocite dans la carrière. La teneur moyenne est de 3-4 %Cu. L'uranium a été daté à 520
m.a. dans de la brannérite (U, Ca, Fe, Y, Th)3 Ti5O16.
Ce type constitue la dernière- phase de minéralisation pan-africaine. Les veinules
sont semblables à celles observées dans la Série Récurrente à Kipushi. Elles sont formées de
chalcopyrite accompagnée de molybdénite. La seule différence est l'absence de radioactivité
dans la mine souterraine.
A Shinkolobwe, le gisement Cu-Co-U a été enrichi en molybdène, argent et or.
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CHAPITRE V. GISEMENTS D'ALTERATION DES
FORMATIONS PRECAMBRIENNES
V.1. GISEMENTS RESIDUELS DES ROCHES ALUMINEUSES.
V.1.1. CUIRASSES RESIDUELLES BAUXITIQUES
Les gisements sont de Type Sumbi. Ils résultent de l'altération de dolérites et de
laves basiques, notamment dans la chaine mayombienne entre Sumbi au Nord et Inga au Sud,
dans le territoire de Sekebanza au Bas-Congo. Les réserves du Mayombien sont évaluées à
100 Mt à 40% Al2O; 30% Fe2O3, comprenant 55% de gibbsite et 11% de kaolinite.
La coupe type est la suivante de haut en bas:
1m de terres de recouvrement ;
4 m d'argile latéritique ;
2m de cuirasse latéritique ;
4 m d'argile à concrétions pisolithiques ;
6 m de bauxite en blocs rhomboédriques cernés par des enduits kaolineux ;
3m d'argile résultant de l'altération en cours de la roche mère. Ce niveau
est aquifère.
Des gisements du même type existent dans la région de l'Ituri, Province Orientale.
V.I.2. GISEMENTS RESIDUELS DE KAOLIN.
Le kaolin se forme aux dépens des alumino-silicates, surtout des feldspaths, par
altération météorique ou hydrothermale. L'altération des granites et des pegmatites donne des
dépôts résiduels de kaolin, qui abondent dans la région de Manono et tout au long de la
ceinture stannifère Kibarienne. D'autres dépôts sont liés au type Sumbi en roches basaltiques
altérées.
V.2. GISEMENTS D'ALTERATION DES ROCHES CARBONATEES
V.2.1. GISEMENTS DE TALC.
Le talc provient du métamorphisme de dolomies riches en magnésium, telles que
celles du CMN, mais il est souvent impur, c’est le cas à Kakanda- Sud et à Kamoya dans la
région de Kambove, où les dolomies contiennent de la magnésite.
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Dans la mine de Kipushi, le niveau de la Série Récurrente contient des bancs assez
purs de talc et de talcschistes dont les réserves pourraient atteindre 50.000 tonnes. Leur
extension en dehors de la mine n'est pas connue.
V.2.2. GISEMENTS DE PHOSPHATE.
Le gisement type est celui de Mushishimano, sur la route Likasi-Kilelabalanda.
L'altération du calcaire de Kakontwe (Ng 122) a donné des minerais à phosphate sous forme
d'encroûtements et de produits pulvérulents de couleur blanchâtre, calcédonieux. Le gisement
est peu étendu. Les réserves ne dépassent pas 10.000 tonnes à 8-10 % P2O5.
V.2.3. GISEMENTS DE GYPSE
Le gisement type est celui de Kapiri aux sources de la Pande, dans la région de
Kansenia, au Katanga. Les minerais sont localisés dans deux dépressions dont la plus grande
présente des plaques épaisses de gypse cimentant les fractures et les joints tectonisés des
formations schisto-gréseuses du Kundelungu Ku2, tandis que la petite fournit des cristaux ±
bien formés.
Ces dépôts résulteraient de l'altération d'un ancien niveau pyriteux. Les réserves
sont estimées à 110.000 tonnes de gypse (Intiomale, 2011).
Au Bas-Congo, des occurrences de gypse sont signalées dans le bassin de la
Dimba à Luozi, à Kimvula dans le district de la Lukaya, dans les stalactites-stalagmites des
grottes des environs de Lovo et de Mbanza-Ngungu ainsi que dans la colline Luvemba près de
Mbanza-Mvunda.
V.3. GISEMENTS D’ALTERATION DES ROCHES ULTRABASIQUES
Il s'agit des occurrences de serpentine en zone d'altération des intrusions
péridotitiques du Kasaï. L'auréole d'altération a une épaisseur de 3-5 m et contient des
minerais chromo-nickelifères.
V.4. CHAPEAUX DE FER (FERRICRETES).
Ils sont localisés au-dessus de gîtes sulfurés, et des gîtes intrusifs tels que Bingo.
La plupart ont été décapés par les exploitations, notamment au Katanga. Le chapeau de fer du
gisement de Mutoshi à Kolwezi a donné des grains d'or. Il a été exploité de manière semi-
artisanale.
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V.5. SOURCES THERMALES
V.5.1. SOURCES THERMALES DU SOUBASSEMENT
Les sources thermales abondent dans les régions de l'Est ayant connu une activité
éruptive ou une tectonique active. Les eaux d'infiltration lessivant les terrains se mêlent aux
solutions hypogènes et remontent, chargées d'éléments dissous, à la-faveur des fractures.
La source type est celle de Kiabukwa (Kamina) qui a été utilisée pour produire la
force motrice nécessaire à l’exploitation du gisement stannnifère de Bukena. Un débit de 145
m3/H à 91°C fournissait environ 250 KW.
V.5.2. SOURCES THERMALES DU KATANGUIEN
Elles alimentent les salines à partir d'anciens niveaux évaporitiques, notamment
au sommet du sous- groupe de Dipeta. La plus connue est celle de Mwashya.
La source thermale de Mwashya alimente une dépression de 3 km sur 500 m en y
déposant annuellement 2 cm de sel sodique en saison sèche. Ce dépôt contient une grande
proportion de sels magnésiques et calciques. II est dissous en saison des pluies.
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CHAPITRE VI. LE GISEMENTS PHANEROZOIOUES
VI.1. GISEMENTS DE CHARBONS
Les charbons houillers sont dans la province du Katanga où ils forment un
ensemble méridional, comprenant les bassins de la Luena et du haut Lualaba, et un ensemble
septentrional comprenant les bassins et de la Lukuga et du Tanganyika. avec des productions
annuelles respectives de 1 10000 t et 16000 t pour Luena et Lukuga.
Tous ces bassins présentent des caractéristiques communes avec ceux d’Afrique
australe et de Madagascar : âge permo-carbonifère, Karroo (permo-carbonifère d'Afrique
Australe). Sédimentation houillère en grande partie allochtone dans des bassins contrôlés par la
morphologie postglaciaire, couches de charbon lenticulaires à forte teneur en cendres et riches en
matières volatiles, et sont rapportés au type gondwanien. Le bassin de la Luena est exploité
depuis 1920. Les réserves sont estimées à 20 millions de tonnes.
Les formations houillères sont incluses dans les sédiments de la partie supérieure
de la série de Lukuga.
Dans le bassin de la Lukuga, la formation houillère renferme cinq couches
horizontales ou peu inclinées récoupées par des failles verticales (figure suivante).
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Le gisement de Luena occupe une dépression dans le Kibarien. Les couches
exploitées ont une épaisseur de 80 à 120 cm, aux profondeurs 40 et 60 m. La production à ce
jour avoisine 22 Mt de charbon lavé à plus ou moins 20% de cendres.
Le bassin du Tanganika n’a jamais été exploité ; il semble que la série inférieure
manque et que la formation houillère de la série supérieure ne renferme que deux couches de
charbon.
Dans le bassin de la Luena, les sédiments de la Lukuga supérieur se sont déposés
dans quatre cuvettes (Kisulu, Kanyengo, Kaluku et Kibule), alignées suivant un axe tectonique
NE-SW emprunté par l’érosion glaciaire. Dans la cuvette de Kaluku, qui assure la production
depuis 1961, on exploite quatre couches de charbon pyriteux interstratifiées dans des schistes
plus ou moins charbonneux. La puissance des couches est comprise entre 0,50m et 5m ;
l’ensemble atteint 8 m de puissance. Le bassin du Haut Lualaba n’a jamais été exploité.
Les couches de charbons sont essentiellement formées de spores résineux et de
fragments (PARQUE, 1933). La composition du charbon est présentée dans le tableau ci-
dessous :
Bassin Humidité % Cendres % Matières volatiles % Cabone fixe %
Lukuga 5.60-6.90 15.35-19.45 30.95- 31.58 43.39- 46.85
Luena 5.50 20.52 33.57- 40.41 40.41
Le charbon n’est pas cokéfiable. Le pouvoir calorifique du charbon brut atteint 4 500
-5000 calories. Ramené à 15 % de cendres et séché, il atteint 5 800 à 6 100 calories.
Les sédiments glaciaires et classiques de la Lukuga inférieur se sont largement
répandus sur le socle précambrien du Congo oriental, mais l’accumulation des formations
houillères paraît avoir été limitée aux bassins amorcés par les mouvements verticaux précoce de
la tectonique des rifts et élargis par l’érosion glaciaire.
VI.2. LES SCHISTES BITUMINEUX
Des niveaux bitumineux étendus sont inclus dans les sédiments marins, d’âge
jurassique supérieur et wealdien, des séries de Kisangani et de la Loia qui affleurent sur la
bordure nord –orientale de la cuvette centrale.
Les formations bitumineuses les plus importantes paraissent s’être accumulées dans
le bassin d’Ubundu. Dans ce bassin, la série de Kisangani a été divisée en 14 assises de 460 m de
puissance (CAHEN, 1971), comprenant schistes, argilites et de grès bitumineux.
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Les schistes bitumineux du bassin d’Ubundu ont une teneur en cendres comprise
entre 60 et 70 %. Le rendement en huile varie de 80 à 120/tonne. Le rendement en goudron de la
couche de Minjaro-Makomboy-Keme est de 6%. L’ensemble de la série est subhorizontal ; les
niveaux bitumineux, dont la puissance cumulée peut dépasser une dizaine de mètres, affleurent
ou sont masqués par un faible recouvrement superficiel.
Au Bas-Congo, ils font partie du cénozoïque marin à argiles, marnes et grès.
Le gisement de Mavuma a donné 361t de bitume de 1950 à 1952, avec un
rendement de 153 litres d'huile par tonne de minerai. Les réserves sont évaluées à 960 Mt
contenant 11 à 20% de bitume. Les formations cénozoïques sont altérées en sables
asphaltiques dont l'exploitation sera assurée par SOBIASCO et Congo-Bitume.
VI.3. GISEMENTS DE PETROLE ET DE GAZ NATUREL
VI.3.1. LE PHANEROZOIQUE MARIN DU BAS-CONGO
Les gisements les plus importants de pétrole appartiennent au mésozoïque marin
du Bas-Congo couvrant 5992 km2. 1012 km2 en offshore constituent la concession du
consortium Chevron-Teikoku-Unocal (CTU), tandis que les 4980 km2 de l'onshore ont été
cédés par Finarep à Perencorep (dont 7% de parts reviennent à la Cohydro en tant
qu'Ingénieur-conseil de l'Etat Congolais, et quelques autres parts à King and King, une
Société polonaise).
La succession lithostratigraphique se présente comme suit, de bas en haut :
1. L'Antésalifère
a. Formation NZENZE (Jurassique) '
Elle est grossière, conglomératique, reposant sur le socle (0-100 m d’épaisseur).
b. Formation LUCULA (Néocomien).
Grès à intercalations de dolomies et d'argiles. (0-500m).
Réservoir Inférieur (c, d, e, maximum 800 m)
c. Formation BUCOMAZI (Barrémien)
Argiles et shales riches en matières organiques, avec intercalations de roches
carbor.atccs.
d. Formation TOCA (Barrémien)
Calcaires et dolomies à anhydrite, comprenant des grès gris verdâtre.
E. Formation CHELA (Barrémien)
Siltites à bancs de carbonates et de shales verdâtres. (10-40 m).
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2. Le Salifère (Aptien)
Il est constitué par la formation LOEME, fermée de sel sodique massif à lentilles
de sables et de calcaires, et à passées potassiques (300-700 m).
3. Le Post-salifère.
Réservoir Supérieur magasin (a, b, c, d, e, 300-800 m).
a. Format MAVUMA (Aptien supérieur).
Ensemble comprenant anhydrite, intercalations de grès, calcaires,
Dolomies, argiles noires.
b. Formation VERMELHLA (Albien).Grès calcarifères, dolomies, anhydrite.
c. Formation PINDA (Albien)
Grès calcarifères, dolomies massives à bancs oolithiques au sommet.
d. Formation KINKASI (Cénomanien)
Argiles et marnes, grès siliceux. (250-450m)
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e. Formation LIAWENDA (Turonien)
Sables fins dolomitiques et argiles. (300-700m)
f. Formation LABE
Néocrétacique : sables, argiles, marnes, grès carbonatés et phosphorites du
maestrichtien. (300-400m).
Tertiaire : sable, grès argileux, minéraux et silteux, localement
asphaltiques (Eocène-oligocène). (0-200m).
g. Formation MALEMBO (Miocène)
Sables, graviers, argiles. (300-500m).
h. Formation de CIRQUES (Plio-PIeistocène)Sables, graviers, argiles
asphaltiques. (0-120 m).
VI.3.2. PRINCIPAUX SITES PETROLIFERES DE LA RDC.
1. Mésozoïque Marin
Des 12 gisements localisés sur le plateau continental, les principaux sont :
En offshore : Mibale et Lukami, exploités par CTU dans Pinda
En onshore : Tshiende exploité par Perencorep, soit 10000 à 25000 barils par jour
dans Liawenda.
2. Mésozoïque Continental
Des indices favorables ont été localisés au sein des groupes Kisangani et Loya
dans le Bandundu à Gilson et dans l'Equateur, vers Gemena (Fig. 27), par la Société ESSO.
Les forages ont été scellés.
3. Cénozoïque Continental.
Le gaz méthane du Lac Kivu, estimé à 57000 Mm3., est composé de 24% méthane
et 75% CO2. Par ailleurs la Société Amoco et le BRGM ont mené la prospection le long du
fossé des Grands Lacs où un gîte important vient d'être localisé dans la région de Bunia, en
Ituri. Le fossé est réparti en trois blocs :
Nord : Lac Albert-Semliki : 1000 M barils en place ;
Centre : Lac Edouard- Rutshuru, non encore évalué ;
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Sud : Ruzizi- Lac Tanganika : non encore évalué.
VI.4. GISEMENTS EVARORITIQUES
Les réserves les plus importantes de sel en RDC sont constituées par le salifère
marin contenant du sel sodique avec des passées potassiques. La profondeur des couches
(900-1000 m) est une entrave sérieuse à l'exploitation de ce sel.
Dans les salines de Nguba au Katanga, le sel est récupéré dans des bassins
aménagés pour évaporisation des eaux de la rivière Dikuluwe à l'Est de Fungurume. Ces eaux
contiennent en moyenne 36 g de chlorure par litre, dont 33 g de sel gemme. Les saumures
proviendraient d'anciens niveaux évaporitiques et, à la faveur de fractures non encore
identifiées, rejoindraient un aquifère sous-jacent alimentant la Dikuluwe.
Il ya lieu de rappeler ici les salines de Mwashya résultant d'un dépôt par des eaux
thermales.
VI.5. GISEMENTS DIAMANTIFERES.
VI.5.1. ASPECT GENETIQUE.
Les gisements primaires sont des pipes et des dykes kimberlitiques et
lamproïtiques appartenant à la famille des lamprophyres, roches ignées riches en volatils, eau
et en alcalins, à structure porphyrique se présentant sous forme d'intrusions explosives
d'origine mantellique qui constituent des brèches d'explosion à la surface de la terre.
Les pipes sont généralement de forme cylindro-conique (Fig.27), comprenant 3
zones distinctes sur une profondeur d'environ 3 km ; soit de bas en haut, la racine, de diatrême
et le cratère. Le cratère descend à la profondeur de 300 m, suivi du diatrême englobant
divers fragments arrachés par l'explosion. La racine contient la roche homogène vers la
profondeur de 2 km.
Par altération, les pipes donnent les terres jaunes, limoniteuses, et les terres bleues
à amphiboles rééditant de la transformation des pyroxènes.
Les diamants sont des xénolithes entraînés des profondeurs par les magmas
kimberlitiques. Ils se distinguent pas leurs inclusions péridotitiques (olivine, pyrope-Cr,
ilménite, enstatite, diopside, sulfures) et éclogitiques (almandin, amphacite. rutile, disthène,
sulfures), d’où l'appartenance aux types P et E.
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Les périodes de mise en place sont postérieures à l'âge des diamants qui va de
l'archéen (3300 m.a) au phanérozoïque pour les diamants P, et du Protérozoïque moyen (1580
m.a.) au phanérozoïque pour les diamants E. En RDC, les pipes traversent les Groupe de
Kisangani et de la Loya pour donner des placers alluviaux à la base du Croupe de Bokungu.
Les placers alluviaux sont d'origine Sud ou Nord selon la position par rapport au centre de la
cuvette congolaise.
VI.5.2. GISEMENTS DIAMANTIFERES PRIMAIRES
1. Type Angolais
Les roches mères des placers exploités dans le Sud-Kasaï et le Sud-Bandundu
seraient localisées en Angola. L'érosion de la base du Groupe de Bokungu au Miocène en
Angola serait â l'origine de ces placers qui contiennent 70-75% de diamants de joaillerie. A ce
jour, aucun pipe n'a été Identifié' dans le sud de Tshikapa en territoire congolais.
Comme la teneur moyenne des placers augmente en direction Sud, on a pu, par la
géostatistique et suivant le méridien 21°E, localiser la région érodée sur le parallèle 8°25'S.
Les roches mères auraient donc affleuré au Sud de ce parallèle, le long d'une zone
linéamentaire WSW-ENE ayant dévié le cours du Kwango en Angola sur le parallèle 9°20'S.
C'est le linéament Kwango.
2. Type Bakwanga
Les pipes kimberlitiques de type Bakwanga suivent une zone linéamentaire
orientée SSW-NNE et ayant dévié les cours des rivières Lulua, Sankuru et Lomami. Ce
linéament dit « Lulua » se prolonge jusqu'au Kivu.
Les pipes les plus étendus (Fig.2S) sont Tshibwe (1700x 750 m) et Disele
(750x250m). Ils contiennent environ 95% de diamants industriels.
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3. Type Talala
Il comprend 24 pipes sur le Plateau du Kundelungu au Katanga. Ces pipes sont
situés en bordure du Bloc Bangwelo d'âge protérozoïque inférieur. Ils sont pauvres en
diamants (moins d'un carat au 100 m3). Leurs dimensions vont de 0,1 ha (Konzi) à 50 ha
(Talala). Le pipe le plus riche est celui de Ngwena (6,5 carats/1000t).
Un autre pipe du même type, le pipe de Kimpangu, est intrusif dans le Schisto-
Calcaire du Bas-Congo, à proximité de la frontière angolaise, sur le méridien 15E.
Au Katanga central, un groupe de 24 pipes de kimberlite, lié à des fractures de
direction N-S et NW-SW, traverse le kundelungien. Les dimensions de ces pipes varient de
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0,1 ha (Konzi) à 50 ha (Talala). Leur remplissage comprend couche jaune (6 à 20 m), couche
bleue (rare) et kimberlite basaltique à enclaves d’éclogite. Ces kimberlites sont quasi stériles.
VI.5.3. PLACERS ISSUS DES GISeMENTS PRIMAIRES.
1. Type Tshikapa.
L'érosion de la base du Groupe de Bokungu en Angola a donné naissance à un
gravier diamantifère reposant sur le substratum pénéplané et recouvert d'au moins 20 m de
sables néogènes (18 m.a.) dans la partie Sud des deux Kasaï et du Bandundu.
Le substratum crétacique est représenté par les groupes de la Loya et de Bokungu
partiellement érodés de sorte que le gravier a été repris dans les alluvions des rivières coulant
du Sud vers le Nord, et dont les principales sont : Kwango, Wamba, Loango, Tshikapa,
Longatshimo et Lubumbo. Elles font l'objet d'une exploitation active par dragage.
Les gîtes du district de Tshikapa sont dans le bassin hydrographique du Kasaï moyen qui
comprend les vallées du Kasaï et de ses affluents : Lubembe, Longatshimo, Tshikapa, Lulua et
Luebo. La superficie du district diamantifère est de 30 000 km2 et la teneur moyenne des placers de
0,5 carats/m3 .
Tous les gîtes du district de Tshikapa sont d’origine détritique. Les diamants proviennent
de l’érosion du conglomérat de base de la couche 1 de la série supérieure du Kasaï, parallélisée avec
la série de Bokungu. Le niveau exploité le plus ancien est le conglomérat diamantifère. Les alluvions
de termes de fonds de vallée ont été remaniées par les cycles géologiques qui se sont succédé dans
cette époque. La plupart des gites alluvionnaires actuels sont liés aux remaniements qui ont affecté
l’ensemble de la cuvette centrale, au cours du cycle fin pliocène-début pliocène.
Vingt à 25 % des diamants recueillis dans le district de Tshikapa appartiennent à la
catégorie joaillerie. Ils sont de petites tailles (10 pierres au carat) : la forme octaédrique domaine. Les
minéraux accompagnateurs habituels sont : staurotide, tourmaline, magnésite, ilménite, quartz,
disthène et, plus rarement, chrysobéryl, épidote, corindon et diopside.
La distribution de la minéralisation diamantifère est remarquablement homogène :
pratiquement, tous les affluents des rivières principales renferment des teneurs, exploitables ou non, à
l’inverse de la R.C.A. où seules existent des plages sporadiques (CASTERAN, 1966). Cette
homogénéité doit refléter celle de la répartition de la minéralisation primaire car elle s’accorde mal
avec le concept de transport sur de longues distances à partir des kimberlites qui affluent en Angola.
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2. Type Mbujimayi
Les placers alluviaux de ce type sont de faible extension comparativement au type
précédent, car les alluvions du Sankuru et de la Lukenie donnent des diamants de Type
Tshikapa. Les réserves de la Miba sont évaluées à 138 M carats en 1998, après une
production de 260 M carat dans un minerai à 5,4 carats / m3.
La source primaire des diamants du Kasaï Oriental est constituée d’une brèche complexe
qui passe en profondeur à des pipes de kimberlite. La brèche et ses produits de destruction forment
une bande, large de 100 à 300m, et de quelques dizaines des mètres de puissance, qui débute à
l’Ouest de la ville de Mbuji-Mayi et s’étend sur 3 km suivant la direction E-W.
Au niveau primaire de la série Bushimay, la kimberlite fluidisée s’est étalée en
champignon, se mêlant au grès, poudingues et macignos mal consolidés pour former une brèche
complexe. L’altération et la proportion plus ou moins grande des différents constituants donnent à la
brèche des aspects variés, tares différents des « blue and yellow grounds » classiques. De même, sa
composition, essentiellement siliceuse et alumineuse mais pauvre en magnésie, ne correspond pas du
tout à celle des kimberlites.
On estime que 300 millions de carats de diamant ont été retenus dans les pièges
lithologiques et structuraux situés autour des sources d’émission. La teneur moyenne de la brèche est
de 9 carats/m3. Dans la partie lessivée superficielle, les teneurs peuvent atteindre 100 carat/m3.
Les gîtes détritiques, qui dérivent de l’érosion de la brèche kimberlitique, se sont déposés
jusqu'à 35km en aval de Mbuji-Mayi: ils comprennent grès diamantifère, nappes argileuses des
vallées, éluvions des versants et des vallées sèches et alluvions des fonds des vallées à argiles
quaternaires.
97% des diamants recueillis appartiennent à la catégorie industrielle : leurs couleurs
varient du vert glauque au jaune miel et leurs formes dérivent du cube et de l’octaèdre ; ils sont
accompagnés d’ilménite magnésienne et chromifère, de pyrope et de diopside chromifère.
3. Type Lolima
L'origine des placers exploités dans les provinces Orientale et de l'Equateur serait
un niveau détritique d'âge crétacique ayant recouvert les formations précambriennes avant
qu’elles soient démantelées par les cycles érosifs cénozoïques.
Les diamants, en majorité de joaillerie, proviendraient de gisements primaire, non
encore identifiés sous le recouvrement formé par l’altération des formations lindiennes et par
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les produits de l'érosion cénozoïque recelant les pierres précieuses (or et diamants). D'autres
gisements primaires pourraient se retrouver en Centrafrique.
Les placers occuperaient les anciennes dépressions du socle. Les sites les plus
importants sont ceux de Lolima B et C dans la région de Banalia, qui produisent 70% des
diamants artisanaux de joaillerie commercialisés à Kisangani, et évalués à 21000 carats par
mois en 1998.
VI.6. GISEMENTS D'ARGILES KAOLINIQUES
Le kaolin est utilisé dans des industries aussi diverses que les industries du papier,
de la céramique, du bâtiment, des peintures et même pharmaceutique, ainsi que dans le
durcissement de caoutchouc. La papeterie absorbe 50% de la production aux USA. En RDC,
le kaolin a été utilisé pour chauler les habitations. Actuellement les Congolaises le
consomment à l'étal de baquettes cuites.
Le kaolin est répandu dans le Groupe de Bokungu. Il provient de l'altération des
granitoïdes du soubassement dont les produits ont été repris par l'érosion crétacique et récente.
Les observations faites dans le Bandundu et à Kinshasa montrent que les concentrations de
ces régions proviennent du Sud-Ouest, c'est-à-dire de la chaîne mayombienne.
La kaolinite est accompagnée d'une faible proportion d'illite et de montmorillonite
dans les dépôts du Bokungu. Par contre, quelques dépôts plus jeunes des cours d'eau sont
riches en illite et en montmorillonite.
VI.7. GISEMENTS DE PHOSPHATE
VI.7.1. TYPES GENETIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX DES GISEMENTS
1. Gisements Magmatiques.
Ils sont liés aux roches alcalines du groupe des syénites néphéliniques et aux
carbonatites associées (cas de Lueshe an Kivu) dans des gîtes lenticulaires de quelques mètres
à quelques centaines de mètres de puissance.
2. Gisements Hydrothermaux
On le retrouve en Espagne et en Chine au sein de roches carbonatées, ainsi qu'en
auréole d'intrusions granitiques (cas de Magnet Cove en Arkansas et de Montana, USA).
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3. Gisements Sédimentaires
Il s'agit de phosphorites, roches sédimentaires riches en substances phosphatées
constituant le ciment entre les grains, ou formant des nodules et des oolithes. La teneur de
coupure évolue à partir de 12,6% P2O5 en exploitation, selon certains industriels. Les
gisements se présentent sous plusieurs types dont la plupart reconnus en RDC.
Types Morphologiques
Phosphorites en couche : Couches compactes de roches ressemblant à des
calcaires siliceux. Elles sont constituées de grains fins (moins de 1 mm) de phosphate
isotrope, ou faiblement cristallisé, cimentés par des matières phosphato-carbonatées ou
phosphato-siliceuses.
Phosphorites grenues : Roches gréso-argileuses ou argilo-carbonatées
renfermant de petites concrétions (1,5 mm) de phosphate isotrope
mélangé avec de la matière argileuse ou carbonatée.
Phosphorite à nodules (coprolithes): Constituées de concrétions de
dimensions plus grosses (5mm et plus) dans des roches argilo-gréseuses.
Certaines concrétions croissent en formant des plaques continues de
substance phosphatée isotrope ou légèrement cristallisée (collophane),
avec des impuretés organiques et argileuses cimentant les grains de quartz
et de glauconite. Les véritables coprolithes sont rares.
Phosphorites à coquilles : Roches argilo- gréseuses saturées de coquilles
phosphatisées ou de débris de coquilles formées de couches de phosphate à
divers degrés de cristallisation.
Types Environnementaux
La majorité des gisements présente des sédiments typiques d'origine marine
classés en types géosynclinal et plate forme.
VI.7.2. LES PHOSPHORITES DE LA RDC
Les principaux gisements sont ceux du crétacé marin, au Bas-Congo. Il s'agit de
phosphorites localisées le long d'une bande de terrains de 100 km sur 50 km orientée NW- SE
depuis l'Enclave de Cabinda, à l'Ouest de Tshela, jusqu'au fleuve Congo aux environs de
Boma.
Les minerais, d'âge maestrichtien, sont contenus dans la formation LABE qui
comprend essentiellement des sables, argiles, marnes et grès carbonates, sous un
recouvrement d’épaisseur variable atteignant 60 m, et sous forme de couches à grains,
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nodules, concrétions, dépôts pulvérulents, plages et débris blanchâtres constitués de
fluorapatite et d’autres minéraux du groupe.
Nous expliquons la mise en place de ces gisements selon les étapes suivantes :
Erosion continentale de phosphates d'origine organique, genre guano,
canalisée par un fleuve côtier, et leur solubilisation progressive dans l'eau
de mer, après reprise par des courants littoraux,
Précipitation de carbonates enrichis en phosphore, et formation de
phosphates du groupe de la scorodite, principalement la variscite
(AlPO4.2H2O), au sein d'un sable argileux en voie de sédimentation sur
une plate-forme côtière.
Dissolution etl substitution des carbonates, sous l'effet d'émanations
hydrothermales riches en fluor, ayant engendré la fluorapatite et la fluorite,
ainsi que des phosphates Al-Fe fluorés,
Réaction de la variscite en présence du bicarbonate, en milieu oxydant,
engendrant l’hydroxyapatite et des phosphates Al-Fe hydroxylés.
Des réserves importantes sont signalées sur les sites suivants :
Fundu-Nzobe : 70 Mt à 27% P2O5 ;
Mvuangu : 20 Mt à 22% P2O5 ;
Kanzi : 25 Mt à I7% P2O5.
VI.8. FILONS EPITHERMAUX A Cu-Ba-Fe-(As,Sb)
Il s'agit de minéralisations des phases distensives (rifting) appartenant au Carlin
Type Gold Deposits (CTGD) américain : gisements de substitution à or, pyrite, quartz,
baryte, plus ou moins réalgar, orpiment, arsénopyrite, fluorite, traces de Zn, Pb, Cu, Mo, W,
Ag, Hg, As, dans des régions où prédominent des minéralisations à baryte.
Baryum et or sont issus des sédiments hôtes par convection géothermique. La
plupart des éléments ont été préconcentrés durant la diagénèse des sédiments dans les limites
des sous-bassins structuraux.
VI.8.1. TYPE YUNGU.
Filons et lentilles à pyrite, chalcopyrite, tétraédrite, tennantite et baryte mis en
place dans les fractures associées à la grande faille bordière du rift à Yungu-Sale, 100 km au
Nord de Kalemie. Ils seraient nés par convection géothermique sur une source de chaleur
pouvant être un magma alcalin lié au rifting. Les minerais contiennent or et argent.
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Une occurrence de Cu-Ba-Sb-F a été signalée dans les couches crétaciques
reposant sur les migmatites de Dibaya aux sources de la Likanoa, tributaire de gauche du
Kasaï, aux coordonnées 21°36’E/7°12’S, à proximité du linéament Lulua orienté SSW-NNE.
Elle serait constituée de minerais semblables, probablement sous forme de baryte, chalcocite
tétraédrale et fluorite en voie d’altération.
VI.8.2. TYPE BAMANGA
Lentilles de minerais contenant or, argent, cuivre natif, chalcosite, pyrite, cuprite,
malachite, azurite, baryte, signalées dans un porphyre quartzifère (microgranite) de 30 m de
puissance, intrusif dans les gneiss et les granites du socle kibalien en province Orientale. La
minéralisation a affecté aussi l'encaissant.
VI. 9. CARAPACES LATERITIQUES
Elles résultent du battement saisonnier des niveaux piézométriques et de
l'infiltration des eaux météoriques mobilisant des hydroxydes de fer dans des terrains peu
perméables. Les teneurs atteignent localement 50 % Fe sur une dizaine de mètres à partir de la
surface.
VI.10. FERTILISANTS ORGANIQUES
La principale substance visée est le Guano, constitué par des déjections d'oiseaux
et de chauve-souris accumulées au cours des millénaires. Il est connu dans la Cordillère des
Andes, au Japon et en Chine où les couches de l'ordre de 30-35 m d'épaisseur ont une teneur
de 20-40% P2O5. La croissance annuelle des réserves est de 165 kg/m2 au Pérou.
Type Hoyo
Les accumulations de guano sont cachées dans des grottes, notamment dans la
province Orientale où le Mont Hoyo contiendrait 300.000 tonnes à 3%N, 20% P2O5, 2%K2O,
2-5 %S, CaO, MgO.
Au Bas-Congo, les minerais à guano sont localisés dans la grotte Tadi dia Sisa,
entre Lovo et Paza, 25 km au sud de Kimpese. La caverne de Vivi, aux environs de Matadi,
contiendrait du guano d'une épaisseur de 6 m.
VI.11. ROCHES CARBONATEES
Les calcaires et les marbres donnent chaux, ciments, pavés, moellons, leurs unités
de production sont installées à travers le pays.
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A. CIMENTERIES.
CINAT : calcaire de Lukala exploité à Kimpese au Bas-Congo. Capacité 160.000
t /an.
CILU: Calcaire de Lukala exploité à Lukala. Capacité 240.000 t/an.
CIMENKAT : Exploite le calcaire rose oolithique (Ku131) à Lubudi. Capacité
200.000 t/an.
GECAMINES : Exploite le calcaire de Kakontwe (Ng 122). 100.000t des Chaux
et 10.000t de ciment par an.
CIMENCLAC : Exploite les cimenteries de Kalemie. 20000t/an
CIMENKI : Exploite la cimenterie de Katana au Kivu 18000t/an
B. FABRIQUES DE BETONS
La plupart des entreprises sont en perte de vitesse
Auxeltra-Bétons, SAFRICAS, Forrest, Swanepoel.
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COURS DE GITOLOGIE ET METALLOGENIE DU CONGO P a g e | 119
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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2. CAHEN, L., 1954, Géologie du Congo belge, Ed. Casterman, Liège
3. CHARLET, J.M., 1997, Colloque international Jules Cornet, Acad. Roy. Sc.
Outremer
4. CHIRHAKARHULA, L. et MBILIZI, K., 2009, Etude spectroscopique et
géochimique de la minéralisation stannifère de Lemera : Genèse et distribution,
Mém. Fin d’études, Géologie, UOB, Inédit
5. DEPARTEMENT DES MINES, 1974, Notice explicative de la carte des gîtes
minéraux du Zaïre, Ed. Serv. –géol.-Zaïre.
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reconnaissance à 1/200.000, Beni NO/29, Ed. Service Géol.-Zaïre
7. DEPARTEMENT DES MINES, 1981, Notice explicative de la carte géologique de
reconnaissance à 1/200.000, Lubero S1/29, Ed. Service Géol.-Zaïre
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9. HABAMUNGU, K. et NGENGELE, M., 2005, Les ressources minérales et
énergétiques de la province du Sud-Kivu, données bibliographiques, TFC, Univ.
Officielle de Bukavu (UOB), Inédit
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Polytechnique Univ. de Lubumbashi, inédit
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Sciences, Univ. de Kinshasa, inédit
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pétrographique, géochimique et métallogénique de la carbonatite de Lueshe (Nord-
Kivu), Mém. Fin d’études, Géologie, UCNDK, Inédit
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minérales du secteur de Lubena (Nord-Kivu), Mém. Fin d’études, Géologie,
UCNDK, Inédit
14. MAKABU, K., 2001, Les traceurs radiométriques et éléments associés des sols pour
la prospection des minéralisations Cu-Co-U du Katanga (R.D. CONGO). Approche
Par le Prof Gabriel MAKABU
COURS DE GITOLOGIE ET METALLOGENIE DU CONGO P a g e | 120
méthodologique (Géochimie-Radiométrie-Techniques gaz-Thermoluminescence).
Thèse Doctorat Sciences, Fac. Polyt. Mons - UNILU, Inédit
15. MUSAFILI, K. et TUMSIFU MUNGU, 2010, Géologie des minéralisations
stannifères et métaux associés du secteur de la rivière Kadubu (Cas spécifique de
Kashwa, Cishukwe et Ruvunge de la collectivité chefferie de burhinyi). Approche
métallogénique et géochimique, Mém. Fin d’études, Géologie, UOB, Inédit
16. PASSAU, G., 1945, Les gisements auro platinifères du Kivu (province Orientale).
Bull. Inst. Roy. Col. belge
17. ROUTHIER, P., 1983, Où sont les métaux pour l’avenir ? les provinces métalliques,
essai de la métallogénie globale, Mém. BRGM, 105.
Par le Prof Gabriel MAKABU
COURS DE GITOLOGIE ET METALLOGENIE DU CONGO P a g e | 121
TABLE DES MATIERES
Chapitre I. BREF APERCU DE LA LITHOSTRATIGRAPHIE DE LA R.D. CONGO ....................... 2
I.1. PRECAMBRIEN .......................................................................................................................... 2
I.1.1. Subdivision du précambrien .................................................................................................. 2
I.1.2. Le soubassement anté Katanguien........................................................................................ 2
I.1.3. Le panafricain congolais (1200-570 m.a.) ............................................................................ 3
I.2. La couverture phanerozoïque continentale. .................................................................................. 4
I.3. DESCRIPTION LITHOLOGIQUE DE QUELQUES UNITES GEOLOGIQUES .................... 4
I.3.1. BAS – CONGO ..................................................................................................................... 4
A. LE ZADINIEN : 3450 – 3000 m.a ................................................................................. 4
B. LE MAYOMBIEN : 3000-1800m.a ............................................................................... 4
C. LE SANSIKWA : 1800 – 1200m.a ................................................................................ 5
D. L’OUEST CONGOLIEN : 1200 -600 m.a ...................................................................... 5
I.3.2. LA PROVINCE ORIENTALE ET L’EQUATEUR ............................................................. 6
A. L’UELIEN : 3600 – 3000 m.a ....................................................................................... 6
B. LE KIBALIEN : 3000-1800m.a. .................................................................................... 7
C. LE LIKIBEMBIEN : 1800-1200m.a .............................................................................. 7
D. LE LINDIEN : 1200-600 m.a. ....................................................................................... 7
I.3.3.LES KASAI-KATANGA-KIVU ........................................................................................... 7
A. LE KASAIEN : 3450 – 3000 m.a .................................................................................. 7
B. LE KASAI – LOMAMI : 300 – 1800 m.a. ..................................................................... 8
C. LE KIBARIEN : 1800 – 1200 m.a ; ............................................................................... 8
D. LE KATANGUIEN : 1200-600m.a ............................................................................... 8
E. LES SERIES DE COUVERTURE.............................................................................................. 10
E.1. LE PALEOZOIQUE ............................................................................................................. 10
E.2. LE MESOZOIQUE ............................................................................................................... 11
E.3. CENOZOIQUE (KALAHARI) ............................................................................................. 11
E.4. QUATERNAIRE .................................................................................................................. 11
CHAPITRE II. EVOLUTION STRUCTURO-METALLOGENIQUE DES GRANDS ENSEMBLES
GEOLOGIQUES DU CONGO ET VUE D’ENSEMBLE DES GISEMENTS .................................... 12
II.1. EVOLUTION STRUCTURO METALLOGENIQUE DES GRANDS ENSEMBLES
GEOLOGIQUES .............................................................................................................................. 12
II.1.1. LES BOUCLIERS ARCHEENS D’AGE SUPERIEUR OU EGAL A 2500 M.A........... 12
II.1.2. LA CEINTURE DU PROTEROQOIQUE INFERIEUR ET MOYEN DE 2500 M.A A
1300 M.A. ..................................................................................................................................... 13
A. Le domaine des zones mobiles .................................................................................... 13
B. Le domaine intracratonique ......................................................................................... 15
II.1.3. LA COUVERTURE DU PROTEOZOIQUE SUPERIEUR (1300-600 m.a.) ................... 16
A. La chaine lufilienne .................................................................................................... 16
B. La chaine ouest congolienne ........................................................................................ 18
C. Le Katanguien tabulaire .............................................................................................. 18
II.1.4. LES SERIES DE COUVERTURE POST-PRECAMBRIENNES .................................... 19
A. Le Karoo ................................................................................................................... 19
B. Le Jurassique supérieur ............................................................................................... 19
C. Le Crétacé .................................................................................................................. 20
D. Le Tertiaire ................................................................................................................ 20
L’activité volcanique s’est manifestée dans la zone d’inflexion où se situe le lac Kivu. ...................... 20
II.2. VUE D’ENSEMBLE DES GISEMENTS DE LA RDC ........................................................... 21
II.2.1. Gisements endogènes ......................................................................................................... 21
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A. Gisements magmatiques précoces ................................................................................ 21
B. Gisements magmatiques tardifs ................................................................................... 21
C. Gisements pegmatitiques ............................................................................................. 22
D. Gisements hydrothermaux ........................................................................................... 22
Gisements pyrométasomatiques (skarniens) : corindon. ..................................................... 23
II.2.2. Gisements exogènes ........................................................................................................... 23
a. Gisements résiduels : ................................................................................................... 23
b. Gisements détritiques .................................................................................................. 23
c. Gisements sédimentaires .............................................................................................. 24
CHAPITRE III. METALLOGENIE ET GITOLOGIE DU SOUBASSEMENT .................................. 25
III.1. PERIODES METALLOGENIQUES ARCHEENNE ET LUIZIENNE (>2500 et surtout 2500
– 1800) .............................................................................................................................................. 25
III.1.1. ITABIRITES DES NIVEAUX AMPHIBOLITIQUES.................................................... 25
III.1.2. MANGANESE DES SEQUENCES FERRÎFERES ........................................................ 27
III.1.3. INTRUSIONS ULTRABASIQUES CHROMO-NICKELIFERES ................................. 29
III.1.4. INTRUSIONS GRANITIQUES ET FILONS DE QUARTZ AURIFERES .................... 30
III.1.4.1. LES GITES DE LA PROVINCE ORIENTALE ................................................. 30
III.1.5. L’ARGENT ET LE PLATINE ......................................................................................... 32
III.2. PERIODE METALLOGENIQUE KIBARIENNE (1600-1200 ma.) ...................................... 32
III.2.1. DISSEMINATIONS LIEES AUX LAVES ANDESITIQUES : TYPE KANGU ........... 32
III.2.1. DISSEMINATIONS LIEES AUX INTRUSIONS GRANITIQUES TYPE TWANGIZA
...................................................................................................................................................... 33
III. 3. PERIODE M ETALLOGENIOUE TARDI-KIBARIENNE (1200-1000m). ......................... 34
III.3.1. INTRUSIONS PEGMATITIQUES STANNIFERES A Sn, W, Nb-Ta, TR .................... 34
III.3.1.1. Localisation et Typologie .................................................................................. 34
III.3.1.2. Description et modèle génétique......................................................................... 37
III.4. PERIODE METALLOGENIOUE LOMAMIENNE (1000-700 m.a.) .................................... 42
III.4.1. INTRUSIONS PEGMATITIQUES ET FILONS DE QUARTZ STANNIFERES A
SULFURES de Fe-Cu-Zn-Pb ....................................................................................................... 42
III.4.2. INTRUSIONS PEGMATITIQUES ET FILONS DE QUARTZ STANNIFERES A
ARSENIURE ET URANINITE. TYPE KOBOKOBO (KIVU). ................................................. 45
III.4.3. GITES DE MONAZITE ................................................................................................... 46
III.4.5. INTRUSIONS ALCALINES ET CARBONATITES A PYROCHLORE ....................... 46
III.4.5.1. Genèse de la carbonatite. ................................................................................... 46
III.4.5.2. Distribution de la carbonatite dans le monde. ...................................................... 47
III.4.5.3. Intérêt métallogénique de la carbonatite .............................................................. 49
III.4.5.4. Les carbonatites de la RDC ................................................................................ 51
III.4.6. Gîtes filoniens à arsénio-sulfures et barytine ................................................................... 56
III.5. ZONALITE DANS LES PEGMATITES DU KIVU .............................................................. 56
CHAPITRE IV. METALLOCENIE ET GITOLOGIE DU PANAFRICAIN EN R.D.C. ................... 57
IV. 1. LITHOSTRATIGRAPHIE DU KATANGUIEN ................................................................... 57
IV.2. DEFINITION DES PERIODES METALLOGENIQUES PANAFRICAINES. ..................... 57
IV.3. PERIODE METALLOGENIQUE TARDI-KIBARIENNE (1200 – 1000 m.a.) .................... 58
IV.3.1. GRES FERRUGINEUX. ................................................................................................. 58
IV.3.2. GISEMENTS STRATIFORMKS A Cu-Co DU SOUS- GROUPE DES MINES. .......... 58
IV.3.2.1. Cadre structural et localisation des gisements de la ceinture cuprifère ................... 59
IV.3.2.2. Lithostratigraphie des Ore-bodies. ...................................................................... 62
IV.3.2.3. Mise en place des gisements Cu-Co. ................................................................... 62
IV.3.2.4. Composition Minéralogique des Ore-bodies........................................................ 63
IV.3.2.5. Structures Particulières. ..................................................................................... 64
I.V.4. PERIODE METALLOGENIQUE LOMAMIENNE (1000-800 m.a.) ................................... 84
IV.4.1. CARACTERISTIQUES DE LA PERIODE METALLOGENIQUE LOMAMIENNE .. 84
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IV.4.2. TYPES DE GISEMENTS SYNGENETIQUES LOMAMIENS ..................................... 85
IV.4.3. MINERALISATIONS LOMAMIENNES TECTONIQUEMENT REMANIEES ......... 86
1. Gisements de fer du Haut-Lualaba ................................................................................ 86
2. Brèches de Roan à disséminations de minéraux de fer et de cuivre, ................................. 87
3. Gisements Hydrothermaux des zones de stress .............................................................. 87
4. Gisements Hydrothermaux de Lufilian Belt Type (LBT) ................................................ 88
IV.5. PERIODE METALLOGENIQUE LUFILIENNE (800-450m.a.) ........................................... 97
IV.5.1. MINERALISATIONS SYNGENETIQUES LUFILIENNES ......................................... 98
IV.5.2. FILONS QUARTZEUX DE TYPE MUKULUBWE ..................................................... 98
IV.5.3. AMAS METASOMATIQUES A MAGNETITE. ......................................................... 98
1. Type Mwana-Kusu ...................................................................................................... 98
2. Type Lualaba-Signal ................................................................................................... 98
IV.5.4. VEINULES A Cu (Mo, Ag, Au, U) ................................................................................ 99
CHAPITRE V. GISEMENTS D'ALTERATION DES FORMATIONS PRECAMBRIENNES ..... 100
V.1. GISEMENTS RESIDUELS DES ROCHES ALUMINEUSES. ........................................... 100
V.1.1. CUIRASSES RESIDUELLES BAUXITIQUES ............................................................. 100
V.I.2. GISEMENTS RESIDUELS DE KAOLIN. ...................................................................... 100
V.2. GISEMENTS D'ALTERATION DES ROCHES CARBONATEES ..................................... 100
V.2.1. GISEMENTS DE TALC. ............................................................................................... 100
V.2.2. GISEMENTS DE PHOSPHATE..................................................................................... 101
V.2.3. GISEMENTS DE GYPSE ............................................................................................... 101
V.3. GISEMENTS D’ALTERATION DES ROCHES ULTRABASIQUES ................................. 101
V.4. CHAPEAUX DE FER (FERRICRETES)............................................................................... 101
V.5. SOURCES THERMALES ...................................................................................................... 102
V.5.1. SOURCES THERMALES DU SOUBASSEMENT ....................................................... 102
V.5.2. SOURCES THERMALES DU KATANGUIEN ............................................................ 102
CHAPITRE VI. LE GISEMENTS PHANEROZOIOUES ................................................................. 103
VI.1. GISEMENTS DE CHARBONS ............................................................................................ 103
VI.2. LES SCHISTES BITUMINEUX .......................................................................................... 104
VI.3. GISEMENTS DE PETROLE ET DE GAZ NATUREL ....................................................... 105
VI.3.1. LE PHANEROZOIQUE MARIN DU BAS-CONGO .......................................... 105
VI.3.2. PRINCIPAUX SITES PETROLIFERES DE LA RDC. ................................................ 108
VI.4. GISEMENTS EVARORITIQUES ........................................................................................ 109
VI.5. GISEMENTS DIAMANTIFERES. ....................................................................................... 109
VI.5.1. ASPECT GENETIQUE................................................................................................. 109
VI.5.2. GISEMENTS DIAMANTIFERES PRIMAIRES .......................................................... 110
1. Type Angolais........................................................................................................... 110
2. Type Bakwanga ........................................................................................................ 110
3. Type Talala............................................................................................................... 111
VI.5.3. PLACERS ISSUS DES GISeMENTS PRIMAIRES. .................................................... 112
1. Type Tshikapa. ......................................................................................................... 112
2. Type Mbujimayi........................................................................................................ 113
3. Type Lolima ............................................................................................................. 113
VI.6. GISEMENTS D'ARGILES KAOLINIQUES........................................................................ 114
VI.7. GISEMENTS DE PHOSPHATE.......................................................................................... 114
VI.7.1. TYPES GENETIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX DES GISEMENTS ................ 114
1. Gisements Magmatiques. ........................................................................................... 114
2. Gisements Hydrothermaux ......................................................................................... 114
3. Gisements Sédimentaires ........................................................................................... 115
VI.7.2. LES PHOSPHORITES DE LA RDC ............................................................................ 115
VI.8. FILONS EPITHERMAUX A Cu-Ba-Fe-(As,Sb).................................................................. 116
VI.8.1. TYPE YUNGU. ............................................................................................................. 116
VI.8.2. TYPE BAMANGA ....................................................................................................... 117
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VI. 9. CARAPACES LATERITIQUES.......................................................................................... 117
VI.10. FERTILISANTS ORGANIQUES ....................................................................................... 117
VI.11. ROCHES CARBONATEES................................................................................................ 117
A. CIMENTERIES. ...................................................................................................... 118
B. FABRIQUES DE BETONS ...................................................................................... 118
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ............................................................................................ 119
TABLE DES MATIERES................................................................................................................... 121
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