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Cours Histoire Des Idées Politiques

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INTRODUCTION : L’HISTOIRE DES IDÉES

Langue française : peu voir pas de travaux sur la problématisation et méthodologie de ce qu’est l’Histoire
des idées. Donc elle n’existe comme discipline. Alors dans quelle discipline s’inscrit l’Histoire des idées
politiques ? Les sciences politiques mais pas que, l’histoire, la sociologie, la philosophie également.

Quels sont les vecteurs d’institutionnalisation d’une discipline ? Le diplôme. Il n’en existe pas. Mais il y a
une communauté scienti que sur le sujet et des publications -> Weber, Arendt, Tocqueville, Aron,
Fukuyama… Pierre André Taguie se revendique du courant de l’Histoire des idées politiques.

Intention polémique et un engagement personnel. Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique »


expose une pensée normative, un engagement personnel. François Furet (historien français de la RF)
militant du PCF est un intellectuel engagé : « le goulag conduit à repenser la terreur de 1793 en vertu d’une
identité dans le projet » = lire le passé à la lumière du présent. Idéologie Jacobine dans le communisme. À
travers cette comparaison on veut monter en généralité, ainsi on perd de vue certaines spéci cités.

François Dosse, dans « La marche des idées, histoire des intellectuels, histoire intellectuelle » :
« Ses représentants se gardent bien de se réclamer de ce domaine récusé comme trop fou, trop
impressionniste ». Les travaux sont stigmatisés.

Pourquoi l’Histoire des idées politiques est jugée trop folle :


• Autres champs de recherches (l’Histoire des intellectuels : leur Histoire face à des évènements.
• Histoire des mentalités (France dès années 1960), avec l’école des annales (Marc Block) = renouveler
l’histoire post WW2, avoir une nouvelle approche en donnant la parole à d’autres sources (récits de vie).
• Histoire culturelle fondée sur les représentations collectives = Histoire sociale des représentations. Se
di érencie de l’Histoire des mentalités par la discipline (même objet d’étude et méthodologie di érente).

« À bien ré échir, ce ne sont pas les individus qui pensent, ce sont les sociétés, ce ne sont pas les hommes
qui inventent, ce sont les siècles » Louis Blanc, 1873 :
• Pour inventer, les hommes se sont inspirés des siècles passées
• Ce sont les hommes qui font la société pas la société qui font les hommes
• L’homme est déterminée par le contexte dans lequel il évolue

Dans l’Histoires des idées politiques on travaille le collectif, pas l’individuel. Ces champs coexistent mais
les frontières sont oues et une perspective serait de dire que l’Histoire des idées englobent ces champs.

I. QU’EST-CE QU’UNE IDÉE ?

IDÉE
- Ensemble des vues ou opinions en tout domaine d’une personne ou d’un groupe de personnes (=
pensée personnelle, idée individuelle)
- Manière de concevoir la vie et la société que l’on érige en normes d’actions ou que l’on donne pour but
à ses pensées ou à ses actes - synonyme : idéal (côté instituant = réalisation d’une idée à une action).
- Ensemble d’aspirations du génie et de l’époque (idée collective focalisé sur les intellectuels).
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L’Histoire des idées et du discours sont liées : on ne peut les séparer, ni penser l’une sans l’autre (notion de
formation discursive chez M. Foucault : ensemble des énoncés qui se réfèrent à un seul et même objet).

II. CADRE CONCEPTUEL

Il est di cile d’appréhender le terme d’idées et il est lié à 4 axes :

1. IDÉE, DISCOURS, ET FORMATION DISCURSIVE

Une idée circule dans un milieu, une société. Accent sur la non transparence du discours = basé sur un
ressenti et non un fait scienti que (la mise en mot ne peut pas être objective). Énonciation, production.

2. IDÉOLOGIE

Concept ou polysémique qui le rend di cilement opérationnel. Progressivement il renvoie à 3 éléments :


- Ensemble d’idée propre à un groupe sociale
- Idées/valeurs dont l’objectif est de légitimer un pouvoir politique
- Programme politique au sens large (maintient de l’ordre, réformateur, ou veut bouleverser l’ordre établi)

3. REPRÉSENTATIONS ET IMAGINAIRES

Représentations = objet d’étude de l’Histoire culturelle -> Il y a quelque chose du monde empirique qu’il
faut représenter (re et de), référence à Platon.

REPRÉSENTATION :
1. Action de mettre sous les yeux
2. Idée d’une présentation redoubler, inscrite dans le pré xe « re »
• Durkheim (sciences sociales) : prépondérance des représentations collectives sur les individuelles.
• Denis Jodelet (sciences humaines) : Qu’est-ce qu’une représentation ? =
« une forme de connaissance socialement élaborée et partagée ayant une visée pratique et concourant à la
construction d’une réalité commune à un ensemble ».
• Chez Jodelet, pour être au monde il faut un cadre interprétatif dans la société qui va guider nos
pensées, nos actions et nous permettre d’agir sur le monde qui nous entoure.

IMAGINAIRE : (Distinction entre adjectif et substantif)


1. Adj : champ sémantique du ctif, de la tromperie (ex : le malade imaginaire)
2. Sub : imaginaire comme ensemble de produits issu de l’imagination
Lien imaginaire-imagination : imaginaire passif, comme re et de la réalité ou un imaginaire créatif/créateur
(même sens que le 2e sens de représentations collectives).

• Michel Hasting parle d’un rdv manqué entre sciences politiques et imaginaire (mal utilisé).
• Cornelius Castoriadis : dit que toute société se doit de s’interroger sur elle même, les fondements du
vivre ensemble, sur sa singularité, pour lui cette interrogation passe par un univers de signi cation
imaginaire sociale. Cet univers/imaginaire crée à la société son unité et son identité.

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III.CROYANCES

Histoire des idées = Histoire des croyances collectives : les idées étudiées ont été cru dans une société
donnée de manière collective (universelles, démontrées, intemporelles…). Alors aucune remise en question.
Pour être une croyance, besoin d'une argumentation, les bonnes raisons = donc il faut contextualiser.

CHAPITRE 2 : LA PENSÉE POLITIQUE GRECQUE

Antiquité grecque : 8e avant JC - 5e après JC. Axé sur la période classique : 5e avant JC - 4e après JC =
période décisive dans l’élaboration de la pensée politique occidentale (à partir du XVIe XVIIIe).

I. L’INVENTION DE LA RAISON POLITIQUE EN GRÈCE

Période archaïque VIIIe-VIIe siècle avant JC « les grecques ont inventé la raison » -> penser, raisonner,
concevoir le monde indépendamment de la mythologie. La Grèce connait 2 innovations majeurs :
- L’avènement de la cité (apparition du concept et de la chose de la cité)
- Naissance de la philosophie (triptyque cité, philo, raison).

Raison politique distincte de la raison moderne (16e-18e) -> pré individualisme né au siècle des lumières et
collectivisme en Grèce antique (ne renie pas la religion hors du politique, contraire avec les Lumières).

A. LA CITÉ

Apparaissent au VIIIe av JC = restreintes géographiquement, indépendantes, régime politique spéci ques.


Présentées comme unité mais sont diverses (ex : Athènes, Sparte…). Elles peuvent être con ictuelles
(militaire), en rivalité (économique) sans nier des collaborations (militaire, économique, culturels…).

Singularité d’une cité : chacune a sa vision de la communauté. Elle est vue comme un corps social à travers
une unité de ses membres partageant un même destin. Pendant la Grèce archaïque, les relations sociales
sont toujours marquée par une grande concentration du pouvoir entre les mains d’un monarque/roi (=
déconcentration progressive du pouvoir vraiment pas rapide). Apparition de cité pas égale à démocratie.

Qu’est-ce qui contribue à modi er l’exercice politique ? C’est la place centrale accordé au débat,
discussion publiques, parole. La parole (était avant cantonné au domaine sacré, paroles religieuses, récits
mythologiques…. Puis la parole devient un instrument de gouvernement qui permet la confrontation d’idées
et la volonté de justi er une idée (une l’emporte sur les autres) = coeur du combat d’idée dans ces cités.

La politique devient un art -> la politique c’est la maitrise de la joute oratoire. La vie politique ne devient pas
un champ paci é (toujours des con its). Dans ces cités, conscience de possible débordements, risques, à
la place centrale accordée à la parole publiques (risques : démagogie, captation des libertés, du pouvoir, à
travers la parole publique, manipulation des masses, tyrannie).

Idée que la parole devait être canalisée sur la place publique car conscience des travers induits par la place
de cette parole publique permettant un contrôle du plus grand nombre et de pallier à toute démesure
potentielle. Ainsi, cet encadrement instaure une distinction sphère publique et privée.

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B. SÉCULARISATION DES REPRÉSENTATIONS SOCIALES

« On ne détruit que ce que l’on remplace ». Il est nécessaire de faire sens, de faire collectif. Séparation
politique/religieux. L’idée c’est de mettre un terme au monopole des grandes familles sur les charges
religieuses suite à l’instauration des citées. C’est ainsi qu’on a cette religion o cielle. La place de cette
religion o cielle dans la sphère publique est organisée par le politique.

C. PHILOSOPHIE

La place de la parole politique et un retrait politique religieux contribue à l’avènement de la philosophie. Elle
est au coeur de la pensée rationnelle, volonté d’acquérir des connaissances (domaine de la nature…). On
retrouve une unité dans la philo à travers une démarche, une méthode, une volonté de systématisation et la
place centrale accordée à la discussion et à l’argumentation.

On était avant dans une approche de reproduction (des récits mythiques, des dieux, héros) et maintenant
modi cation, on cherche à expliquer, analyser. La philo est inséparable de l’apparition de la cité puisque elle
est l’instrument privilégié de la raison portée par la philo et va contribuer progressivement à une égalité des
droits. Le développement de la pensée rationnelle est concomitante à l’élargissement du corps civique.
Pas de démocratisation des institutions malgré l’avènement des cités.

2 éléments du contexte de la période classique :


- Le VIIe siècle est marqué par une expansion territoriale forte des cités grecques (conquête de territoires
donc créations de nouvelles cités).
- Enrichissement fort des membres des cités grecques donnant naissance à une accentuation des
richesses éco, communautés plus riches, aire de succès de la pensée grecque à l’extérieur du territoire
avec une di usion des idées, de la culture, des arts, des moeurs…
- Déséquilibres, problèmes sociaux et éco (les grandes familles s’enrichissent de manière exponentielle)
alors que les paysans ne se sont pas enrichi. Donc inégalités qui créent des tensions sociales puis des
bouleversements entrainant les réformes publiques à l’aube du VIe siècle.

II. LA CITÉ GRECQUE ET LES SŒURS DE LA DÉMOCRATIE

VIe-IVe siècle : considérés comme l’apogée de la Grèce antique, volonté de proposer un nouvel
agencement des relations des membres de la communauté donc époque riche en expérience politique.

A. LE RÈGNE DE LA LOI

Progressivement la gestion des a aires publiques passe de plus en plus aux recours aux lois. Les lois
communes sont l’ensemble de procédure et règles stables qu’on a mis en place grâce à la raison (Hérodote
disait que ce qui marque la supériorité des cités grecques sur les autres c’est que les peuples acceptent la
supériorité de la loi). Prend la forme concrète du droit qui vient régler des situations qui relevaient jusqu’à
lors de la sphère privée/publique (ex : le meurtre jusque là était considéré privé, il se réglait par la
vengeance). L’idée de ces lois communes c’est d’assurer la stabilité, pérennité, du système par

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l’établissement d’un ensemble de règles qui doivent être systématiques et impersonnelles : collecte des
faits, témoignages, identi cation de la preuve, proposition ou recherches d’une solution argumentée.

B. NAISSANCE DU CITOYEN ET DE LA DÉMOCRATIE

Les institutions politiques varient d’une cité à l’autre et ce au cours du temps (VIe-IVe siècle avant JC).
Principales mutations dès VIe : apparition et inventions de la citoyenneté = c’est une idée/idéal disant que
l’individu n’est plus passif mais actif. C’est par cette caractéristique qu’il acquière la citoyenneté.

Conception d’un être passif : soumis à des ordres théologiques centré sur un déterminisme de l’individu. En
lien avec la citoyenneté, préalablement distinction des sphères privées et publiques. La caractéristique de
citoyenneté est corrélée à la notion d’égalité (égaux entre eux dans le cadre du public). Ils ont un ensemble
de droits, juridiques et politiques, identiques. Démocratie et citoyenneté sont liées aussi à l’égalité. Et
citoyenneté est corrélée à la notion de liberté.

La liberté s’acquiert en étant homme de parents athéniens (par hérédité) donc remet en cause l’égalité
absolue. La liberté est restrictive puisqu’elle exclue femmes, étrangers, esclaves. Au sein de cette
communauté restreinte, il y a une caractéristique qui émerge : interchangeabilité = ils sont semblables les
uns aux autres (quelles que soient origine, statut, richesse…). Donc on légitime le tirage au sort.

Plusieurs conceptions de l’égalité coexistent :


1. Aristote défend une égalité proportionnelle « eunomie » = maintient d’un certains nombres de privilèges
(contre l’égalité parfaite), juste équilibre autour de la règle de proportion dans l’attribution des charges.
Met en avant l’équité, hiérarchisation des magistratures (retrouvé dans l’exclusion politique des
femmes post 1789 = exclusion sur la nature et les 3 ordres = exclusion sur le fond). Égalité
proportionnée à la vertu (au mérite).

2. Périclès notamment défend une égalité qui se veut absolue « isonomie » = équivalence quasi parfaite
entre tout les citoyens entrainant l’égal participation de tous à la vie publique. Idéal de l’égalité qui
contribue à a aiblir l’idéal aristocratique (mais qui va perdurer).

Le VIe siècle incarne une égalité des semblables (« eunomie ») alors que le IVe siècle incarne une égalité
des égaux (« isonomie »). Le principe d’eunomie ne disparait pas même au IVe siècle et sa persistance est
nécessaire pour penser la cité puisqu’elle permet de maintenir la pratique de l’esclavage.

C. LA CONSTRUCTION DE L’IDÉAL DÉMOCRATIQUE

Processus pas linéaire (avancées, reculs) et pas le même selon le lieu étudié. L’aboutissement de l’idéal de
démocratisation a lieu au IVe siècle avant JC (porteur de l’égalité absolue et volonté d’une participation
e ective de tout les citoyens). Fin du IVe on peut lire l’histoire grecque dans 2 directions :
• Athènes rentre dans une période de décadence, d’instabilité politique (fructueuse philosophiquement :
comment penser la vie dans la cité ?).

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• Époque de l'hellénisation portée par Alexandre le Grand = di usion du système grecque hors des
frontières amenant au déclin politique. À partir de n IVe début IIIe l’expérience de la cité démocratique
est achevée. Mais la culture grecque continue de se di user.

III.LA PHILOSOPHIE GRECQUE

SOCRATE : gure emblématique, un des pères fondateurs de la philosophie grecque. Il avait un


enseignement oral (donc peu d’infos sur lui et ses œuvres). On lui associe la maïeutique = méthode
d’accession à la connaissance « accoucher les esprits » centré sur les individus. Sa pensée est basée sur
l’introspection : « connais toi toi-même ». L’individu porte en lui même ses vérités donc travail sur soi
obligatoire pour les trouver. Son travail, la Doxa = idée qu’il faut pousser l’individu à aller à l’encontre de
l’opinion générale pour ne pas croire la pensée d’un seul. Il critique le système athénien. Il est accusé
d’impiété et corruption de la jeunesse et condamné par un tribunal de citoyen a boire la ciguë.

PLATON : contrairement à Socrate, il se base sur l’organisation de la citée il est issu d’une famille
aristocratique, il assume une critique forte du régime démocratique athénien. Il s’inspire de Socrate mais il
est beaucoup plus empirique. Il est observateur de la vie de sa cité (sorte d’intermédiaire entre S et A). Sa
volonté est de proposer un mode d’organisation idéal. Travail sur la morale = valeurs en lien avec le bien et
le juste. Idéalement le gouvernement doit reposer sur les meilleurs car ils sont porteurs de cette moral et
capable de discerner le bien/juste. Entraine un ordre social hiérarchisé. Il sera fortement critiqué en tant que
promoteur de l’autoritarisme (par Karl Popper).

ARISTOTE : est le disciple de Platon pendant 20 ans. Il est étranger par rapport à Athènes car née en
Macédoine, précepteur d’Alexandre le Grand, se rend à Athènes qu’à ses 17 ans et est un métèque (donc
pas citoyen). Il fonde le lycée. Ses textes importants : « les politiques », « la rhétorique ». Par un travail
d’observation, il a proposé une typologie des constitutions (présenté comme l’un des premiers
comparatiste). Il est dans une pensée encore plus empirique que Platon, son objectif est moins idéal, il veut
proposer un mode d’organisation plus favorable aux citoyens et au gouvernement.

CHAPITRE 3 : PENSÉE POLITIQUE GRECQUE-ROMAINE

La pensée politique romaine est fortement in uencée par la pensée grecque ce qui sous-entend que les
penseurs romains s’inscrivent dans une continuité et n’ont fait que développer un schéma de penser
grecque pour interroger et penser leur propres système. Histoire de l’antiquité romaine : Ve avant JC (Rome
= cité comme une autre) jusqu’au Ve après JC. Dans cette période il y a 2 moments forts : la république
romaine (509-27 avant JC) et l’empire romain (27 avant JC à 476 après JC = chute de cet Empire qui cède
face aux menaces des invasions barbares et du christianisme).

I. LES PILIERS DE LA CIVILISATION ROMAINE

Période romaine est fondamentale et aura une in uence pour le développement des institutions politiques
de l’Occident. Vont apparaitre des structures juridiques et administratives qui se di usent en Occident.

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A. LA SUPÉRIORITÉ DU DROIT

La 1ère ambition du pouvoir de la république romaine est d’imposer des institutions universelle. Elles sont
caractérisées ainsi car elles s’appuient sur la force du droit. Cela donne à voir une autre conception de la
vie politique décorrélée des fonctions divines (sphère politique et spirituelle). La vie politique s’organise sur
des lois claires et détaillées (applicables à tous) et sur la constitution d’un appareil administratif (certaines
administration) chargée de l’application de ce droit à l’ensemble des populations sous domination romaine.

Les grecs ont inventé la raison et les romains ont fait entrer la raison dans les institutions à travers le droit.
Ce droit apparait comme source de la légitimité du pouvoir politique. Cette vocation universelle du droit est
représenté comme le garant, un principe de la supériorité de Rome sur les autres peuples barbares. Le droit
est relié au principe d’égalité : le droit est censé assurer une certaine justice à tout les citoyens

B. UNE NOUVELLE CONCEPTION DE LIBERTÉ

Le rôle du droit dans la République romaine est indissociable du principe de la liberté qui n’est pas un
principe morale mais un principe politique (de l’organisation politique) liée à la citoyenneté. Cette liberté est
garantie de di érentes manières : dès le début de la République elle passe par un ensemble de droits
civiques octroyé à la population citoyenne (pas tout le monde évidemment).

Ce droit corrélé à l’idée de liberté est penser contraire et luttant contre tout despotisme. Le droit est la seule
barrière contre le despotisme selon la pensée romaine républicaine. Idée de la citoyenneté large et
extensive mais qui est concrètement ambigu dans la réalité car tout le monde n’est pas citoyen : beaucoup
n’accède pas à la citoyenneté et donc ne sont ni libres et égaux. La liberté n’est pas distribuée
équitablement car l’accès aux magistratures est réservé à quelques-uns.

L’essentiel des pouvoirs sous la République est détenu par seulement quelques familles selon des
caractéristiques : rang social, richesse, vertu. 2 éléments sont centraux : reconnaissance de l’autorité lié au
prestige et le fait d’avoir suivi un parcours de formation « honorum ».

Conception très élitiste du pouvoir nalement dans la république romaine (perdure aujourd’hui).
Comme à Athènes une partie de la population est exclue de la citoyenneté (de 50% à 2/3 de toute la
population) : les femmes, les pérégrins (= métèques, étrangers non romains), les esclaves.

L’idée de liberté est centrale mais vu comme un principe d’organisation permettant de proposer une ligne
de démarcation (eux et nous) = principe structurant de légitimation entre supériorité romaine et les autres.

C. L’IDÉAL D’UNE CIVILISATION UNIVERSELLE

La Défense du principe de liberté s’entend car le droit est au service d’une ambition universelle, qui créer et
uni e un système politique à travers le concept de Cosmopolis : « citée universelle ». L’idée est que Rome
se pense comme le coeur de cette cité universelle (c’est une utopie portée notamment par la République
sous la République romaine).

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L’idée de liberté (citoyenneté et égalité) est remise en cause sous l’empire. L’enracinement du régime
impérial remet en cause ces principes et progressivement le concept de liberté et les droits politiques qui
en découle seront discrétionnaires (liés au bon vouloir de l’empereur en place).

En parallèle, le droit (le fait de penser le droit) continuera à alimenter le projet universel de Rome (travail du
développement du droit romain).

II.LA FORMATION DU DROIT ROMAIN

Le droit romain n’est pas encore un corpus uni é, son passage à un droit écrit prendra du temps. Son
aspect le plus aboutit est postérieur à l’époque moderne et se retrouve au Moyen-Âge.

A. LES SOURCES DU DROIT ROMAIN

Elles sont diverses : au début du Ve siècle avant JC, premier corpus de loi romaine : la loi des 12 tables
(considérées comme le premier recueil juridique romain). Un collège de 10 membres l’aurait rédigé.
L’objectif de ce texte était de proposer une répartition entre droit civil et droit politique (notamment entre les
grandes familles et les nouveaux venus) = mieux dé nir l’idée de citoyenneté entre ancien et nouveau.

Ce texte peut être vu comme une fondation du droit civil romain. Indépendamment, les premiers siècles de
la République ne vont que peu contribuer à codi er ce droit. Finalement la loi romaine n’est pas dé nit de
manière contraignante : elle passe avant tout par la coutume et son respect.

Sous la république romaine, c’est moins par la législation (développement de la loi) que par la jurisprudence
que va se développer le droit.

JURISPRUDENCE : la pratique du droit (ensemble des décisions de justice qui ont un impact obligatoire).

Fin de la République et début de l’empire, essor du droit romain car développement fort du commerce,
naissance de l’empire qui ensuite croit, donc objectif d’entretenir des relations dans tout cet empire.
L’essor du droit romain a lieu grâce aux magistrats (chargés des procès).

Les Traiteur pour les provinces de Rome et gouverneur pour Rome publiaient l’ensemble des règles qu’ils
allaient suivre à sa prise de fonction : l’édit du traiteur ». Progressivement c’est édits vont avoir une certaine
jurisprudence qui va donner naissance au droit prétorien qui complète le droit civil.

Début de l’empire, le droit romain commence à former un édi ce doctrinale réglementant les droits, libertés
et des devoirs des citoyens et non citoyens : régis les rapports sociaux entre tous.

À partir de la n de la République (IIe avant JC - IIIe après JC) la gure du jurisconsulte : autorité qu’ils
jouent en lien avec leur connaissance du droit (interprétation et commentaire du droit). Leur légitimité est
tiré de leurs connaissances (sorte de conseillers, ancêtres des juristes).

On peut considérer qu’en terme de gure centrale les philosophes sont les ancêtres de la pensée politique
grecque et les jurisconsulte le sont pour la pensée romaine.

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Entre IIe avant et IIIe après JC : Julien, jurisconsulte sous l’empire, gure éminente. Mais à partir du IIIe
siècle après JC, plus aucun nom n’émerge des textes de part cette structuration de cette
institutionnalisation de l’administration romaine qui rend anonyme cette parole des jurisconsultes.

C’est donc moins par la législation que par la jurisprudence et par le commentaire du droit que se
développe le droit romain.

B. L’EMPEREUR ET LA LOI

Sous l’empire, une nouvelle source du droit apparait, la gure de l’empereur : à travers une législation
impériale qui se développe à partir du IIe siècle après JC qui entraine un abandon des édits prétoriens. Dès
le IVe siècle après JC, la gure de l’empereur devient l’unique source du droit romain notamment avec
l’empereur Constantin (volonté de diriger seule).

En terme de pérennité de ce droit romain, tentative d’uni cation : dès le Ve siècle après JC, première
tentative de compilation des constitutions impériales d’Orient et d’Occident proposée par le Code de
Théodose II (droit partiel car ne s’intéresse qu’au droit impérial). Puis 2e tentative plus aboutie : le travail de
Justinien, empereur romain, qui publie di érents recueils : la 1ère est « Le Code » qui regroupe toutes les
Constitutions. Autre publication « Institutes » : manuel à vocation pédagogique, de transmission de ce droit.
Dernière publication (la plus connue) : « le digeste », rassemble des fragments de jurisprudence et
commentaires des plus grands jurisconsulte.

À la chute de l’empire romain, le droit romain disparait (montée en puissance des droits vulgaires, barbares)
et au M-Â redécouverte de ce droit qui servira d’argument justi ant le pouvoir absolu, permettant de penser
la distinction temporelle, spirituel et joua un rôle pour la construction de l’État moderne jusqu’au XIXe.

CHAPITRE 4 : LE MOYEN-ÂGE

La période s’étend sur près d’un millénaire Ve-XVe siècle. Pendant longtemps période vu comme déclin
civilisationnel (marquée par guerres, massacres, invasions barbares, développement des croyances,
superstition = âge sombre miné par la violence). En terme d’histoire le MÂ était une parenthèse entre âge
d’or et modernité. Récemment redécouverte de la période, de son enrichissement culturel.

Finalement de nombreuses innovations, concepts, manières de penser y prennent leur racines (notamment
la pensée rationnelle : les grecques inventent la raison, les romains l’utilisent dans le politique, le MÂ
l’approfondissent et aussi l’idée de place de l’individu vient du MÂ).

VIe au XIe : progressivement, la disparition des structures politiques hérités du monde greco-romain et
montée en puissance des royaumes barbares dans une certaine partialisation du pouvoir.
Début IXe : Tentative carolingienne de restauration de l’empire, société féodale (son cœur : Xe-XIIe qui se
poursuit jusqu’au XVe).

Les historiens partagent ces 10 siècles en 2 ou en 3 : le Haut MÂ ( n Ve-Xe), le MÂ classique (XIe-XIIIe) et le


bas MÂ (XIVe-XVe) transition vers la modernité.

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I. LE FONDEMENT RELIGIEUX DE LA PENSÉE MÉDIÉVALE

Sur le plan des idées le MÂ est marqué par l’expansion extraordinaire de la religion chrétienne.
Progressivement, en parallèle le politique va perdre son autonomie (arrive à l’absolutisme). Il ne se dé nira
qu’en lien avec la religion.

Le paradoxe est que la doctrine religieuse met l’accent sur la distinction entre sphère temporelle et
religieuse. Les 2 sont distincts.
À l’époque on ne peut pas penser politique sans religion mais les textes séparent les 2. Au départ on prône
une di érence entre politique et religieux mais au l du temps menace pour l’un donc rapprochement des 2.

A. L’ESSOR DU CHRISTIANISME

La pensée chrétienne insiste sur la séparation royaume éternel et royaume des Hommes. Ce message dit
aux chrétiens de rester à l’écart du pouvoir temporel (politique). On ne le remet pas en cause mais on n’y
participe pas (refus du culte impérial en parallèle de la pensée chrétienne). Par ce pouvoir impérial le
christianisme va être vu comme une menace car il prône la paix et la non violence (contraire aux principes
de l’empire). Les chrétiens vont être persécutés (émergence de la gure du martyre qui contribue encore
plus au développement du christianisme).

L’empereur Constantin fait du christianisme la religion o ciel de l’empire en 313 (édit de Milan). Ensuite en
325 Concile de Micée (rassemble la hiérarchie ecclésiastique). Ils sont posés comme des autorités
religieuses qui tentent et réussissent beaucoup à étendre leur in uence politique.

À la n de l’empire romain uni é partition de l’empire en 2 :


Orient l’empire reste uni é et la gure de l’empereur cumule la gure politique et spirituelle (incarnation des
2). En Occident chute dé nitive de l’empire et l’Église est devenue in uente, elle va s’uni er sous l’autorité
de l’évêque de Rome et à partir du début MÂ ( n Ve) aucun monarque ne réussiront à mettre sous tutelle ce
nouvel acteur spirituelle et politique qu’est l’Église.

Sur le plan doctrinal, la religion chrétienne va défendre une séparation éternelle très forte entre spirituel et
temporel (religion et politique). Dans la pratique, tout le long du MÂ il y aura une confusion entre les deux
par l’un et par l’autre (les élites politiques et la hiérarchie catholique). Pourquoi une confusion ?

1. Protéger l’Église, son autonomie, ses prérogatives. Finalement les Pères de l’Église en pensant cette
distinction vont aborder des questions profondément politique, sur ce que serait un bon gouvernement.
Ce qui amène progressivement à la mise en place d’une doctrine uni ée dans l’ensemble de l’Occident
chrétien (= un dogme qui émerge).

2. Le rôle joué par l’Église de Rome qui se transforme également progressivement en pouvoir temporel
après avoir uni é son pouvoir spirituel à partir du XIe siècle. Ce phénomène a lieu dans un contexte de
fragmentation politique qui va aboutir à la transformation de papes en roi. Ceux-ci vont avoir l’ambition
de constituer un royaume sous l’égide de l’Église. Face à l’émergence de ce pouvoir temporel de
l’Église, les rois (pouvoirs séculiers) vont tenter de se battre contre l’Église.
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Finalement, ces sociétés occidentales se pensent à partir d’une conception liée à la toute puissance de
Dieu : la religion est présente dans toutes les sphères de la société. La vie sur Terre est vue comme le
prolongement d’une vie céleste. On a ici le grand paradoxe de toute l’Histoire médiévale : on part d’une
distinction doctrinale et nalement il y a une confusion dans la pratique.

Ce n’est que pendant les derniers siècles du MÂ que cette distinction va s’ancrer et devenir réelle pour
aboutir à des institutions politiques sécularisées.

B. LA DOCTRINE DE L’ÉGLISE

Le principe théologique majeur c’est la distinction politique - religieux. Concernant la justice, on a une
conception nouvelle qui émerge avec le développement de cette théologique dont le point fondamental est
le rejet de la loi du Talion = « oeil pour oeil, dent pour dent » principe de la vengeance (inscrite dans le
Talmud : recueil de la Torah commenté). Il y a une opposition entre la justice humaine (entre les hommes) et
la justice spirituelle, morale (de Dieu).

En posant une distinction politique/religieux on pose un principe de hiérarchisation, de supériorité. Dans la


justice, la justice spirituelle est supérieure à la justice humaine.

L’ordre politique est chargé des a aires humaines et l’ordre spirituel doit permettre d’accéder au Salut
éternel. Donc la parole du Christ est profondément mé ante à l’égard du politique, centrée sur un message
de paix. Il préconise de répondre à la violence par l’exemplarité : « si quelqu'un te frappe tend l’autre joue ».

On voit le coté protestataire du pouvoir politique qui n’est pas une critique explicite. À aucune moment la
parole du Christ ne condamne les pouvoirs de Rome et au contraire les dèles sont appelés à ne pas se
révolter contre le pouvoir temporel. Il y en a une trace dans l’allégorie de l'impôt de César, lorsqu’un dèle
demande à Jésus pourquoi il faut payer l’impôt : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à
Dieu ». Donc il n’y a pas de contestation du pouvoir, le message du Christ demande aux dèles de le
respecter tout en imposant une supériorité du religieux sur le politique.

On ne nie pas l’existence du pouvoir politique mais de part cette distinction on prône une autonomie à
l’égard du pouvoir des hommes (repris par tout les Pères de l’Église. C’est au cœur de cette considération
qui xe la dualité des sphères, qui va être renforcé par un contexte politique spéci que (conversion en 313
de l’empereur Constantin au christianisme) et de fait contribue à l’expansion de cette religion et à la
confusion puisque le symbole politique semble se soumettre au culte chrétien.

L’empire romain d’Orient reste unitaire, la fonction impériale se maintient et la gure de l’empereur va avoir
la double casquette de chef politique et de chef religieux. Le principe de distinction des deux sphères ne
vaut pas pour l’Orient mais seulement pour l’Occident.

À partir du IV-Ve siècle, l’Église va tenter de reconstituer son autorité notamment grâce au Pères de
l’Église : Saint Augustin d’Hippone (354-430) : né en Numidie, professeur de lettre, il voyage à Rome et à

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son retour il se convertit au christianisme à l’âge de 32 ans. En 396 il devient évêque d’Hippone et va
déployer une activité doctrinale importante et impactante (principale référence intellectuelle jusqu'au XIIIe).

Il a rme la di culté de l’Église chrétienne à s’imposer car : à Rome le culte païen résiste malgré son
interdiction o cielle (en 392) et au IVe la tutelle imposé par l’empereur sur l’évêque de Rome. Sur le
territoire impérial un pouvoir de l’Église très inégalitaire. Ce qui pousse St Augustin d’Hippone a rédiger son
œuvre « la cité de Dieu » entre 413-426 et c’est une somme théologique qui vise à réa rmer l’autorité
spirituelle de l’Église, la renforcer et renforcer la distinction des sphères.

Il dit que le monde est divisé en 2 cités distinctes qui sont tenus de coexister malgré leurs di érences (voir
un antagonisme certain) : la cité céleste (de Dieu), parfaite avec des lois éternelles, son objectif est la
recherche d’une n supérieure qui serait le Salut éternel. L’autre cité c’est la cité terrestre, du politique, du
gouvernement et de la justice (imparfaite) des hommes qui n’est le lieu d’aucune activité spirituelle.

« Deux amour ont fait deux cités, l’amour de soi jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre, l’amour de
Dieu jusqu'au mépris de soi a fait la cité céleste. L’une se glori e elle-même, l’autre dans le Seigneur ». St
Augustin d’Hippone.
La cité terrestre est contingente, de ce fait, elle est vouée à disparaitre à la di érence de la cité céleste, ce
qui vient le con rmer c’est le déclin de Rome sous l’assaut des invasions barbares. Par rapport à l’Homme,
Augustin poursuit ce qui a été dit : il pousse les citoyens à obéir au pouvoir temporel grâce au mythe du
pêché originel et de la chute. En gros, pourquoi l’Homme n’a pas pu vivre dans cette cité céleste ? Parce
qu’il a désobéi (sa nature l’y a poussé) et la chute = se doit de vivre sous les règles du pouvoir temporel
dans cette cité imparfaite selon la cité céleste.

Cette thèse de séparation émerge d’abord dans le but de protéger l’Église et les chrétiens des abus du
pouvoir politique puisque sous l’empire ils sont persécutés (donc émergence de la gure du martyr). Puis,
progressivement, à partir du Ve siècle, l’objectif est de justi er la suprématie de l’Église sur tout les autres
pouvoirs et nalement, les principes de l’augustinisme politique sont posés : ouvre dès le IVe siècle
plusieurs con its éclatent entre autorités politiques et religieuses.

II.LA SOCIÉTÉ FÉODALE

Dès le IXe siècle, uni cation carolingienne et réinstallation de l’empire sous Charlemagne en 800 qui amène
à la création de la société féodale. Celui-ci est allié au pape, il s’appuie sur l’empire pour di user le
christianisme et contribuer à son essor. À travers l’idée d’empire carolingien transparaît l’idée d’une
République chrétienne à 2 têtes : (pouvoir bicéphale) empereur et pape.

L’émergence de cette empire et son maintient passe par la création de puissantes institutions dans tout le
territoire de l’empire : administratives, militaires, judiciaires avec forte présence du pouvoir politique par les
représentants de l’empereur sur le territoire (mici-dominici). Cette empire perdure moins d’un demi siècle
puisqu’il est divisé en 843 en 3 entités distinctes (suite à des luttes de successions aggravées par des
invasions barbares : les vikings au Nord, les sarrasins au Sud).

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On revient à une dislocation du territoire qui remet en cause l’unité impériale donnant ensuite naissance à
un système féodale car face à ce contexte d’insécurité, les populations se placent sous l’autorité d’un
Seigneur local capable de les protéger (à la di érence de l’empire loin des préoccupations des citoyens).
Finalement, en quelques décennies, l’empire cède sa place à un système polycentrique et éclaté = le
système féodalisme qui va se généraliser à l’ensemble de l’Europe occidentale.

A. LE SYSTÈME FÉODO-VASSALIQUE

Féodalité : au sens large, est utilisée pour évoquer une société hiérarchisée en ordre. Ce système s’est
établi au MÂ et il se maintient dans un contexte absolutiste au XVIIe et ne sera réellement remis en cause
qu’à la chute des monarchies absolues entre n XVIIIe et début XIXe. Dans un sens plus étroit, la féodalité
renvoie à une réalité politique institutionnelle qu’on retrouve sur une période plus étroite entre le Xe et le
XIIIe siècle (= organisation des pouvoirs) qu’on appelle système féodo-vassalique.

Ce système repose sur des rapports hiérarchiques entre Seigneurs et vassaux qui s’organisent autour de la
concession de la terre (progressivement elle sera cédé héréditairement) entre 2 personnes de rangs
inégales. Le Seigneur est propriétaire de la terre et la vassal l’administre.
Les liens vassalique créent une dépendance réciproque notamment à travers la protection, la justice du
vassal par le Seigneur. À l’inverse le vassal doit un soutien nancier et militaire à son Seigneur. On est dans
un système complexe car très souvent le Seigneur est lui-même vassal d’un autre Seigneur. La condition de
vassal est assujettissante (mais maintient sa condition d’homme libre).

jusqu'au XIIe siècle, les relations vassaliques sont avant tout d’ordre privé entre 2 hommes libres même si
hiérarchiquement distincts. Il n’y a pas de norme juridique à respecter entre les 2 et nalement leurs
relations sont plutôt basé sur le fait, le sens de la loyauté, l’honneur (juste par parole, pas par écrit). Ce sont
des règles imposées par la noblesse. Cela n’empêche que dès XIIe siècle le doigt vient codi er les relations
vassaliques qui ne reposent plus sur un serment entre 2 hommes dans un contexte d’a aiblissement et de
remise en cause de ses valeurs inspirés par le code chevaleresque. Finalement une grande majorité de
vassaux réclament des engagements écrits de la part des Seigneurs (entre les 2 entités) et nalement la
relation vassalique va être codi ée par la coutume aux fondements du droit.

B. LA FONCTION ROYALE

Ce système féodo-vassalique ne fait pas disparaitre la fonction et gure royale mais elle l’a aiblit (après la
dislocation de l’empire carolingien). Le titre de roi à partir du Xe siècle ne confère pas concrètement une
réelle prééminence (un Seigneur parmi d’autre) mais il réussi a conservé tout de même quelques
attributions particulières : la suzeraineté (= notion féodale qui place le roi au sommet de la pyramide
seigneuriale). Le roi devient le Seigneur des Seigneurs ainsi, le roi suzerain dispose le pouvoir de
commander ses vassaux directs (que sur les efs qui sont sous l’autorité du pouvoir royal).

À l’inverse il n’exerce pas de pouvoir sur les territoires qui ne sont pas dans le domaine royal. Par exemple
les liens matrimoniaux tissés par d’autres Seigneurs ne sont pas sous son contrôle. Concrètement à partir
du Xe siècle, la majorité des Seigneurs échappent au contrôle du Suzerain. Finalement la suzeraineté du roi

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lui permet d’échapper à une relation vassalique (avec un quelconque Seigneur) puisqu’il tient son pouvoir
de Dieu. C’est ce privilège de suzeraineté qui va permettre aux capétiens (dès le XIe) de maintenir leur
autonomie face aux autres Seigneurs. Ils vont chercher à reconstituer le pouvoir royal et l’élargir en faisant
des liens matrimoniaux complexes visant à faire passer des grandes seigneuries sous l’autorité de la
couronne de France (= élargir le domaine royal), mais aussi grâce à des conquêtes militaires, et l’héritage.

À partir de cette même époque il y a un renforcement de l’autorité royale dans 2 domaines : la justice et la
guerre. Dans le domaine de la justice, progressivement on reconnait au roi la capacité de rendre la justice
(de prime abord que peu e ectif) mais peu à peu le roi réussit à se proposer comme garant des relations
entre Seigneur et vassal (instance pour gérer les di érents). Dans le domaine de la guerre, n XIe dans le
contexte des croisades (la 1ère croisade date de 1195 jusqu’au n XIIIe) et les guerres contre la couronne
anglaise et le St empire romain germanique, les grands Seigneurs du royaume de France vont se rangés
volontairement derrière la bannière royale dans la volonté d’accroitre l’e cacité des actions militaires
royales. Ce qui permet à la couronne de reconquérir des droits régaliens : le droit de convoquer une armée,
lever des impôts, édicter des ordonnances (droit de justice) valable sur l’intégralité du territoire.

Ceci va permettre à la dynastie capétienne d’accroitre l’autorité de la maison royale et initie un processus
de centralisation qui va conduire au XVe siècle, à la formation d’un royaume uni é sous l’autorité du roi de
France. Un autre élément vient renforcer la royauté médiévale : la place de la religion.

L’a rmation de la royauté passe à l’identi cation de la royauté et la religion. Le roi, dans le cadre de la
dynastie des capétiens va devenir une institution sacrée (sacralisation de la gure du roi). Les rosi vont
progressivement chercher à légitimer le pouvoir temporel en ayant recours au pouvoir spirituel (à Dieu) qui
va donner naissance à la mythologie politique, faisant émerger une gure royale d’essence divine.

Cela entretient un nombre de dignitaires politiques : capacité de la royauté à se parer de vertus divine,
accentuer par la hiérarchie chrétienne qui fournit des éléments de sacralisation : rituels, symboles et la
récupération d’éléments de doctrine (le sacre = pratique qui permet à l’Église de s’imposer aux cotés de
l’institution royale comme conseillère et garante).

Le 1er sacre a lieu en 751 : celui de Pépin-le-bref. Le sacre permet à une gure temporelle d’être investie
d’une fonction sacrée. La pratique du sacre ne sera délimité qu’à partir du XIVe siècle. Il y aura un
délaissement du sacre dès le XVe. Le sacre a une dimension politique et a 2 fonctions principales : faciliter
le processus de choix du roi (cherche à authenti er le choix de la personne royale). Très important dès le Xe
siècle car 2 principes sont imposés : masculinité et primogéniture (le choix est restreint dans la succession.
2e fonction : investir le roi d’une mission supérieure et sacrée. Il devient investi par Dieu de cette mission, il
est doté de connaissances et vertus supérieures et il devient un personnage sacré (sacralisation de la
personne du roi). Il est même l’incarnation de Dieu sur terre (à l’instar de jésus).

La doctrine de la royauté se développe entre XIe et XIIIe siècle qui cherche à se réapproprier la culture
religieuse ce qui donne naissance à la « théologie de gouvernement » selon l’expression de Kantorowicz.

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On doit à cet auteur la théorie des 2 corps du roi (le corps naturel, mortel et le corps sacré, éternel
incarnant le royaume dans son intégralité) ce qui amène à dire « le roi est mort, vive le roi ».
Quelques siècles plus tard, le corps éternel sera remplacé par le corps étatique.

Cette théologie de gouvernement met l’accent sur les pouvoirs surnaturelles du roi et on voit apparaitre
progressivement la gure du roi thaumaturge = celui qui fait des miracles « le roi capable de guérir des
écrouelles. « le roi te touche, Dieu te guérit » = volonté de ne pas distinguer les 2 corps du roi.

Donc la monarchie, dans ce prolongement de la sacralisation du roi, la monarchie se sacralise. Elle est
appelée à se perpétuer et ne jamais mourir ( gure éternelle). Cette confusion spirituelle/temporel trouve un
exemple emblématique avec la Naissande du St empire romain germanique dans la gure du roi Othon 1er.
Puisqu’il a bien une volonté de faire coïncider pouvoir temporel et pouvoir spirituel.

Le roi est aidé par l’Église et les ecclésiastiques qui vont fortement contribuer à faire taire les résistances
des grands Seigneurs qui vont se ranger sous l’autorité d’Othon 1er (réussit à contrôler le pouvoir spirituel).

III.L’ÉGLISE CHRÉTIENNE VERS UN ROYAUME THÉOCRATIQUE

Au Xe siècle, l’Église chrétienne connait une crise due à plusieurs facteurs :

- Exogène -> l’empire est divisé, le pouvoir s’éparpille. L’Église perd son contrôle sur les clergés locaux car
une bonne partie des monastères passent sous le contrôle des seigneurs qui cumulent des charges
temporels et spirituels). Le sacre de l’empereur Otton Ier en 962 consolide le pouvoir temporel et fait
apparaitre la gure du comte évêque (souverain détenteur d’un ef ayant un pouvoir spirituel grâce à
l’achat de charges religieuses).

- Endogène -> intrigues politiques des grandes familles italiennes a aiblissent la papauté. Le pape se met
sous la dépendance de l’empereur qui vient d’être sacré. En conséquence, les morales et pratiques
chrétiennes s’e acent au pro t des coutumes païennes (exacerbées par la corruption du clergé).

SIMONIE : fait d’acheter ou vendre des charges ecclésiastiques et biens spirituels (= sacrements).

A. RÉFORME GRÉGORIENNE

Participent à cette réforme 3 papes qui se succèdent sur 1 siècle (du milieu du XIe au milieu du XIIIe siècle),
des dignitaires et des léguas de l’empire (= émissaires, ambassadeurs). Cette réforme doit son nom au
pape Grégoire VII qui le devient en 1073. Il est un ancien moine de Cluny. Il acquit une excellente réputation
auprès des 2 anciens papes (Léon IX et Alexandre II) qui ont in uencé sa réforme.

Elle débute par la tenue de beaucoup de synodes et conciles avec comme objectifs de renforcer et
réa rmer le pouvoir de l’Église en matière de doctrine. L’objectif principal est de replacer le clergé séculier
sous l’autorité de Rome et interdire toutes les pratiques ou un évêque est placé sous l’autorité d’un prince.

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En 1059, Rome réussi à imposer que le pape soit élu par un collège de cardinaux ce qui coupe la tutelle de
l’empereur. La réforme entend également mettre en place une administration centralisée de l’Église, réguler
le Clergé et ses mœurs tout en luttant contre la corruption du clergé séculier. En n, elle veut mettre n aux
contrôles des laïques sur les investitures.

CLERGÉ RÉGULIER : ils sont reculés de la société, des moines dans des monastères par exemple.
CLERGÉ SÉCULIER : ils vivent au cœur des siècles et de la société, évêques, curés, paroisse par exemple.

George VII condamne la Simonie d’hérétique, celui qui est dit hérétique est frappé d’excommunication. Il
opère aussi la déchéance des charges achetées et vendues et ceux qui y ont participé sont destitués. La
réforme désavoue publiquement ceux qui se marie ou s’adonne au concubinage instaurant ainsi le célibat
stricte pour tout les hommes d’Église.

Ces 2 mesures veulent mettre n au relâchement de la discipline et veut restaurer le pouvoir du pape. Il y a
l’idée de mettre n à la confusion des sphères. La réforme met l’accent sur une distinction claire des
charges des 2 sphères. L’investit du pouvoir spirituel passe par la crosse et l’anneau (des symboles) alors
que l’investit du pouvoir temporel passe par un serment de délité entre 2 individus montrant une
supériorité du spirituel sur le temporel.
2 outils se mettent au services de la réa rmation du pouvoir du pape et de l’Église :
- L’excommunication = décision de l’Église (mais surtout celle du pape) par lequel un dèle est exclu de la
communauté et des sacrements (mariage, enterrement…).
- L’interdit = touchant toute une communauté qui se voit interdire tout les sacrements pendant une période
donnée (l’interdit ou l’excommunication peuvent être levés à tout moment).

Sur le plan doctrinal, la réforme grégorienne passe par l’énonciation de 27 sentences, les « dictatus papae »
qui viennent spéci er le pouvoir du pape. Elles posent le principe de la primauté du pouvoir ponti cal sur
tout les autres pouvoirs (notamment temporel).

La 1ère sentence met en exergue la nécessité d’une organisation centralisée, hiérarchisée du pouvoir de
l’Église donc Rome est placé comme supérieur à toutes les Églises. Le pape se présente comme le vicaire
du Christ, autrement dit le représentant de Dieu sur Terre. Il est donc investit d’une autorité supérieure.

Le pape peut déposer, ordonner (= nommer et destituer) un évêque, il peut donner naissance aux
circonscription épiscopale et il est le seul à pouvoir organiser des conciles. Ainsi, il est l’arbitre suprême de
l’Église qui règle les di érents entre toutes les Églises.

En découle que le pape cherche à concentrer tout les pouvoirs entre ces mains = mise en place d’un
système absolutiste au sein de l’Église. Les 27 sentences posent les bases d’un royaume théocratique.
Dans une théocratie, le principe de légitimité du pouvoir passe par la religion (en Iran aujourd’hui).

De fait, le pape s’accorde le pouvoir de déposer l’empereur et tout ceux qui détiennent du pouvoir temporel
et agissent en dehors des lois de Dieu. Le pape peut également délier le serment de délité entre un vassal
et son seigneur si leurs actions sont hors des lois de Dieu.

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Dans les sentences, le pape n’a pas de pouvoir temporel mais la situation est di érente dans les faits. En
e et, le pape tient sa légitimité de Dieu alors que l’empereur tient sa légitimité d’un serment avec un autre.
Ainsi, le pape concentre en ses mains le pouvoir et l’autorité.

B. VERS UNE THÉOCRATIE PONTIFICALE

Le christianisme a modi é dès le XIe siècle le mode de légitimation du politique. Le pouvoir renvoie à la
légitimité, l’autorité renvoie à la légitimation = bases de la théorie ponti cale. Avant, le pouvoir temporel
tentait d’acquérir du pouvoir spirituel. Maintenant, le pouvoir spirituel tente d’acquérir du pouvoir temporel.

Le pape puise dans l’empire : il porte le manteau rouge et la tiare impériale qui deviennent épiscopales, il
parade sur un cheval blanc et se dote de la crosse (ressemblant au sceptre royal). Toute l’organisation de la
sélection du pape et les cérémonies suivant son investiture s’inspirent des rois et empereurs.

La réforme grégorienne distingue les sphères en les hiérarchisant. Le politique ne peut rester à la marge du
spirituel. Ce qui initie un long processus de sécularisation du XIIIe au XVIIe-XXe siècle.

CHAPITRE 5 : LA FIN DU MOYEN-ÂGE

Il y a volonté par la réforme grégorienne de mettre au pas le Clergé ce qui entraine des con its entre les 2
sphères, c’est l’époque de querelle d’investiture jusqu’au milieu du XIIIe siècle. En plus de ses 2 armes, le
pape utilise la théologie (objet de savoir et de connaissance).

I. VERS UN RENOUVEAU DE LA PENSÉE

Le renouveau de la pensée est lié à des transformations sociale qui ont lieu des le XIIe siècle et surtout à
l’époque du bas Moyen-Âge (XIVe-XVe siècle) : urbanisation des villes, développement des villes et des
nouveaux champs de savoir et de connaissances (enseignés dans les universités naissantes).

A. ESSOR DES VILLES ET DES UNIVERSITÉS

Les villes se développent à partir du XIe et XIIe siècle en parallèle des métiers et du développement des
communautés de savants et intellectuels (vu comme un métier à part entière). Dans les villes, les écoles
urbaines se développent et se placent au cœur de la concurrence entre le savoir ecclésiastique de l’Église
et le savoir professé par les savants (= arts libéraux ayant une utilité technique et centrés sur la raison. Par
exemple la grammaire, la rhétorique, la dialectique, la géométrie ou encore l’astronomie).

Ces nouveaux domaines d’enseignement font de rapides progrès grâce au travail de traduction des écrits
de la pensée grecque, gréco-romaine et arabe + grâce à l’écriture des textes en langue vernaculaire. Le XIIe
siècle montre que les populations s’intéressent aux nouveaux enseignements faisant apparaitre cette
nouvelle classe sociale de savants et intellectuels (ne font ni partie du tiers état ni de la noblesse).

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Ces communautés inquiètent l’Église dès leur apparition. Se poursuit à la n du XIIe - début du XIIIe le
développement des universités dans lesquelles la théologie se fait une place centrale.

B. LA PENSÉE RATIONNELLE

Dès le XIIe siècle, le travail de traduction transforme la pensée, les œuvres et les auteurs sont redécouverts
et les bibliothèques se développent dans les universités pour donner accès aux étudiants à ces livres. De
nouveaux domaines sont enseignés : l’algèbre, les chi res arabes, la médecine, la botanique… des auteurs
sont redécouverts : Euclide, Ptolémée, Hipocrate, Galien, Aristote…

En parallèle, se développe la scolastique = démarche intellectuelle qui veut substituer au travail de


traduction la volonté de démonstration. Celle-ci nait au cœur de la théologie car elle veut faire dialoguer la
foi et la raison. Elle défend des thèses POUR - CONTRE qui doivent emporter la conviction à travers la
justesse du raisonnement et l’enchainement des arguments (recours au syllogisme).

L’essor de la scolastique donne naissance à la querelle des universaux qui oppose, les normalistes aux
réalistes autour de ce que sont les universaux (= concept qui doit permettre de comprendre une réalité) :
- NORMALISTE = universaux ne sont pas réalité matérielle mais concept abstrait, produit de la pensée.
- RÉALISTE = il n’y a pas de distinction entre concept et réalité empirique du concept (= chose). Une
chose est égale à la manière de la décrire.
C. L’ŒUVRE DE THOMAS D’AQUIN

Son œuvre a la volonté et la capacité à faire évoluer la théologie chrétienne. Elle est vue comme les
prémices de la pensée moderne. L’objectif de son œuvre est de bâtir une théologie nouvelle tentant de
concilier la doctrine chrétienne et une relecture des œuvres de l’antiquité. C’est au départ une relecture de
la distinction entre ordre divin et ordre de la nature (cité terrestre, cité céleste).

La postérité retient la possibilité de distinguer ces deux ordres et d’aller au delà de toute les confusions
entre les 2 cités augustiniennes (relu dans le prisme d’une supériorité du spirituel sur le terrestre).

Thomas d’Aquin (1225-1274) est originaire d’une petite cité méridionale. Il étudie les arts dans une faculté
de Naples. Puis il entre dans les ordres (mendiant des Dominicans). Toute sa vie est consacrée à la
recherche et l’enseignement. Il fera des aller retour à Paris pour suivre des enseignements (sera l’élève
d’Albert le Grand). Puis il devient maitre d’université de naples.

Il participe en Italie et surtout en France à tout les débats autour des travaux d’Aristote. Il joue un rôle
important dans la réhabilitation et acceptation des travaux d’Aristote (il participera a son entrée dans
l’université). Thomas d’Aquin veut montrer une complémentarité entre la théologie chrétienne et les
courants philosophiques et juridiques de l’antiquité.

D’abord, ses travaux sont des synthèses intellectuels de travaux existant (des pères de l’Église, d’Aristote
et de philosophes de l’Antiquité) et notamment une reprise du droit canon.

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En terme politique (seulement l conducteur), sa conviction est qu’il faut concilier la pensée antique avec
les principes chrétiens qui va lui permettre de proposer une nouvelle interprétation de la théologie classique
au coeur de la théologie chrétienne : rapport de l’homme avec la liberté.

Dans la théologie classique, l’homme est dénué de liberté (à cause du pêché originel) alors que dans la
théorie de Thomas d’Aquin, la nature peut permettre à l’homme de rechercher son salut par une vie
consacrée à la recherche du bien. La nature est le prolongement de la réalisation divine.

On peut y voir l’idée d’un projet humain lié à la vie naturelle. Ainsi avec Thomas d’Aquin apparait l’idée de
société propre à la vie humaine qui peut exister en elle même, par elle même. Cette société n’est pas
uniquement envisagée comme produit de la divinité. La société procède de l’ordre de divin mais est
autonome (elle a ses lois et règles propres) = remise en cause de la hiérarchie entre les 2 cités. Apparait ici
l’idée de légitimité de la société permettant d’aller au delà de la contradiction spirituelle, temporel. Cette
théorie donnera par la suite naissance à la notion d’État.

L’idée ne rompt pas avec la thèse de l’homme pêcheur mais en propose une autre interprétation (une
solution) qui lui permet d’être en majorité bien perçue et adoptée. Dans la théorie de Thomas d’Aquin,
l’autonomie de la société demande des lois positives pour pouvoir la réguler.

II.LE DROIT, LA LOI ET LE ROI

Dès XIe-XIIe siècle, le droit se développe en parallèle de l’essor de 2 courants de pensée qui permettent le
développement des disciplines juridiques : canonistes (servent les ambitions temporels du pape, à l’origine
du droit canon) et romanistes (redécouvrent le droit romain et se fait une grande place dans les nouvelles
universités avec l’existence de légistes qui se mettent au service des prétentions royales à l’encontre des
intérêts de la papauté). La découverte du droit romain contribue à modi er et rationaliser le pouvoir.

A. LA PLACE DES LÉGISTES

Ils permettent une reconstruction des pouvoirs royaux après la prépondérance prise par les pouvoirs du
pape. Le pouvoir temporel contribue au développement du droit grâce aux légistes pour a rmer leur
pouvoir et sa légitimité pour asseoir leur supériorité sur le pape. Cela leur permet également de donner
naissance à un cycle de monopolisation et de concentration du pouvoir face aux seigneurs féodaux
(volonté de remettre en place un système politique pyramidale avec le roi au sommet).

Ce qui remet la théocratie et le royaume théocratique développé par la papauté dans lequel les partisans du
pouvoir temporel étaient placés dans la dépendance du pouvoir ponti cal. Cela va aussi à l’encontre de la
théologie qui défend cette idée universelle de Dieu allant à l’encontre de l’émergence des royaumes.

Les romanistes se rangent du côté du pouvoir temporel pour expliquer les relations entre l’ordre divin et
l’ordre de la nature. Ce qui explique le fort développement des légistes qui entrent de plus en plus dans les

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cour (Angleterre : Philippe Auguste, France, Empire…). Par cette prétention à consolider le pouvoir
temporel, va émerger l’idée de rénovation monarchique.

Mais il existe un paradoxe car Philippe Auguste et Henri de Plantagenet font aussi appel aux légistes
canoniques car ils veulent contrer les intérêts de l’empereur du Saint Empire Romain Germanique qui
n’accepte aucune subordination à la papauté. Les canonistes forgent le principe que le roi est empereur en
son royaume (il n’a pas a prêté allégeance à la gure de l’empereur).

Finalement ces légistes contribuent à asseoir les ambitions politiques et de la même manière que Thomas
d’Aquin, cela va permettre d’appréhender des lois humaines qui sont relativement autonomes des lois
divines avec l’apparition des lois naturelles = elles renvoient à l’ensemble des lois et principes découverts
par la raison qui sont vus comme le prolongement sur Terre de loi divine.

Des lois naturelles émerge un droit positif (règles régissant les relations entre le monarque et ses sujets). Un
certains nombre de termes vont apparaitre : « royaume », « couronne », « chose publique », « cité »…. Ce
droit positif vient consacrer le pouvoir de législation du monarque et la reprise du droit coutumier

B. LÉGITIMATION DU POUVOIR ROYAL

Dès XIIe—XIIIe lien de plus en plus important entre la gure du roi et la loi. Les légistes présentent le roi
comme l’unique source de législation. On lui reconnait le pouvoir de faire et défaire les lois mais tout de
même dans le respect des lois de Dieu. Comment dé nir l’étendue du pouvoir royal ?
Le roi est vu comme source de loi, est-il au dessus (sans responsabilité) ou doit-il s’y plier, ou en-dessous
( gure exemplaire et les respecter d’autant plus qu’il en est la source) ?

Au MÂ, on part d’une subordination du roi aux lois (car la loi reste d’essence divine) et les canonistes jouent
un grand rôle dans l’inversion de cette soumission du roi par l’invention de la doctrine de la plénitude du
pouvoir (pouvoir absolu d’abord théorisé pour le Pape pour instaurer une théocratie). De fait apparait la
doctrine de l’absolutisme monarchique. Ce pouvoir absolu forgé par les canonistes obtient un succès
rapide et incontestable auprès des théoriciens de la monarchie, ouvrant la voie de l’absolutisme doctrinal.

CONCLUSION :

Le droit a fortement contribué au renouvellement des idées politiques notamment à partir du XIIe siècle.
Pendant le Haut MÂ, la royauté est liturgique (christique) centrée sur la gure du christ et le roi comme
vicaire du christ. Ensuite, à partir du XIe siècle, on a progressivement une approche plus impersonnel du
pouvoir à savoir que le prince n’est pas seulement gure de Dieu mais aussi titulaire de la charge royale. En
parallèle apparaissent l’idée d’un pouvoir dépersonnalisé de la royauté avec l’idée de législation, de lois, de
normes organisant le pouvoir politique + apparition des sociétés = basculement vers la pensée moderne.

CHAPITRE 6 : LES THÉORIES ABSOLUTISTES

INTRODUCTION :

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On a un renforcement du pouvoir de la monarchie qui passe par un processus d’uni cation territoriale et de
concentration du/des pouvoirs permettant au roi de concentrer le pouvoir et dominer les autres pouvoirs
notamment seigneuriaux. Dans ce processus, il y a une certaine institutionnalisation du pouvoir de la
monarchie qui passe par la nécessité de constituer un appareil administratif (= bureaucratisation). On
transforme la royauté féodale en monarchie moderne à partir du XIIIe siècle. Mais cela va faire l’objet
d’interprétation doctrinale seulement à partir du XVIe et XVIIe siècle.

I. LA FONCTION ROYALE ET L’ESSOR DE L’ÉTAT

La puissance royale se développe à partir du XIIIe siècle à la faveur des crises de la n du MÂ. 2 facteurs
ont fortement contribué au renforcement du pouvoir royal : les guerres (qui favorisent la concentration des
ressources militaires, scales et administratives pour mener à bien les guerres) et l’utilisation de stratégie et
alliance matrimoniale, favorables à la concentration du pouvoir royal + la mise en place de règles et lois
notamment sur les modalités de succession du pouvoir royal. La montée en puissance de la gure du roi et
de la monarchie est indissociable de la construction de l’État moderne.

A. LA CONCENTRATION DES POUVOIRS DANS LES MAINS DU ROI

Les bases de la monarchie moderne (pour la France et l’Angleterre) apparaissent entre le XIIIe et le XVe
siècle dans un double processus. Sur le plan externe, la gure du roi va réussir à s’imposer par rapport aux
prétentions du Saint Empereur Romain Germanique. Mais aussi sur le plan interne en mettant au pas tout
ses concurrents (les seigneurs) et le pouvoir papal.
L’apogée de la théocratie ponti cale a lieu au XIVe siècle (1302 : bulle papale a rmant la prétention du
pouvoir spirituel à gouverner le temporel) puis déclin car le pouvoir papal n’arrive pas à se maintenir dû à
des contestations au sein de l’Église et des lutte de grandes familles italiennes. Mais aussi à cause de
l’empereur qui ne veut pas se soumettre au Pape (Oton Ier en 962 qui revendique l’autorité spirituel et
temporel sur tout les territoires hérités de l’empire carolingien en se plaçant comme héritier de l’empire
romain) et à cause de l’aide que le pouvoir ponti cal apporte au pouvoir royal.

Certaines batailles militaires vont être décisives pour l’essor de l’idée de Monarchie : la victoire à Bouvine
en 1274, à la Roche-aux-moines remportée par Philippe Auguste face à l’armée impériale. Ces victoires
favorisent le soutien des légistes à la cause monarchique (à l’encontre du pouvoir impérial). Ce qui entraine
que le pape (Innocent III) dit que le roi de France ne reconnait pas de supérieur en matière de temporel.

- Guerre contre le Saint Empereur Romain Germanique


- Guerres territoriales entre la France et l’Angleterre
- Guerres contre la couronne Espagnole

Alliance entre Aliénor d’Aquitaine mariée avec un futur roi anglais (Henri Plantagenet) en 1152 et qui va
initier des con its entre la France et l’Angleterre notamment sur ce duché d’Aquitaine montrant la place des
alliances matrimoniales dans l’émergence du royaume.

B. LA LENTE CONSTRUCTION DE L’ÉTAT

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Apparition de la couronne comme prémisse de l’État (puise ses racines dans la distinction entre la couronne
et le roi) allant de pair avec un processus d’institutionnalisation de la monarchie = celle-ci va aller au delà de
la personne du roi (le titulaire de la charge et la charge) déjà vu pendant le MÂ avec les 2 corps du roi. Cela
donne naissance à l’idée de corps politique : le royaume est vu sous l’angle d’une communauté, la
couronne étant vu comme LE symbole de la royauté.

La couronne incarne l’institution monarchique, de fait elle prime sur le roi (la charge prime sur le détenteur).
Elle renvoie aussi à l’ensemble des règles, structures, coutumes organisant la monarchie. Ce qui veut dire
que progressivement, l’exercice de la charge s’impose à son titulaire et nalement il va y avoir un ensemble
de symboles, signes, rituels (portant sur la couronne) s’imposant au roi qui y sera contraint (ex : Louis XIV).

Le premier État qui émerge est monarchique et il résulte de 3 évolutions :


1. Dépersonnalisation du pouvoir
2. Rationalisation du pouvoir
3. Sacralisation du pouvoir

DÉPERSONNALISATION : le cérémonial royal s’impose à tout les monarques et qui ainsi dépersonnalise le
roi. Progressivement, le détenteur du titre perd sa capacité de modi cation = les usages monarchiques
s’imposent quelques soit le titulaire de la fonction. Par ce processus de dépersonnalisation c’est l’histoire
da la monarchie qui s’impose à l’histoire personnel du roi.

En lien avec cette dépersonnalisation des évolutions émergent :


- Distinction entre les biens du royaume (possession de la couronne) et le patrimoine du roi. Cette
évolution commence dès le XIIIe siècle et perdurera avec Philippe le Bel.
- Institutionnalisation des lois du royaume = loi sur le principe de primogéniture (succession, hérédité) puis
développement d’un corpus de lois :
• Loi salique en 1328
• Règle d’indisponibilité de la couronne (1420) = Le roi donc ne peut abdiquer (n’a pas la couronne)
• Règle de la continuité de la couronne = éviter toute période d’inter règne
• Règle de l’inaliénabilité du royaume = le roi ne peut disposer de son royaume comme il veut
• Loi de catholicité du roi (1589) = le roi est obligatoirement catholique

La place accordé aux coutumes n’est plus la même. Ce développement des lois donne lieu à une
rationalisation des activités politiques à travers une codi cation des règles monarchiques et une
bureaucratisation de l’appareil d’État. Ici l’œuvre des légistes est prépondérante, ils se mettent au service
du pouvoir monarchique et posent les bases d’un droit publique séculier.

Tout ces légistes multiplient les arguments pour tenter de protéger le pouvoir/puissance monarchique de
ses 2 ennemis (pape et empereur). Les légistes contribuent au développement et l’organisation de la justice
royale mais aussi de la scalité (lente constitution des monopoles scales entrainant le monopole militaire).

Le mouvement de bureaucratisation est postérieur qui donne à voir dans la grande majorité des monarchies
européennes et notamment en France. Ce processus est lié au développement du pouvoir monarchique qui
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doit progressivement passé par les o ciers du roi dans la gestion concrète du royaume. Progressivement
on voit apparaitre les bases d’une administration à travers les o ces permettant la gestion d’un territoire
uni é et va se consolider par l’extension du royaume.

Cela s’organise par un nombre d’institutions : des conseils (du roi), des cours… l’idée est que ces nouvelles
institutions intègrent les grands féodaux du royaume mais aussi ces légistes au services des prétentions
monarchiques. D’autres institutions voient le jour au XIVe-XVIe : la chambre des comptes, la chancellerie
royale (sorte de diplomatie).

Les 3 attributs permettant l’émergence de l’État moderne sont déjà présentes :


- Une population partageant un sentiment d’appartenance à un même territoire (grâce à la guerre)
- Souveraineté, jusqu’au XVIIIe le pouvoir est personni é dans la gure du roi « la Nation ne fait pas corps
en France, elle réside toute entière dans la personne du roi » -> Louis XIV.
- Processus de stabilisation des frontières du royaume.

II.LA PENSÉE DE MACHIAVEL

« Le Prince » publié en 1512 par Machiavel (1469-1527) : à cette époque, la famille des Médicis récupère le
pouvoir à Florence. Son travail est une proposition de concevoir le pouvoir comme rationnel (puis dans la
manière de concevoir l’État). Il est l’un des 1er à avoir utilisé le terme d’État dans sa conception moderne.
Avant, le terme d’État désignait une construction sub national (di érents éléments du corps social).
Son travail est de dé nir et analyser la manière de gouverner et non pas la forme de gouvernement, à savoir
l’État. Son travail ne laisserait personne indi érent (détracteur) mais passera à la postérité.

A. LES PRINCIPES DE L’EXERCICE DU POUVOIR SELON MACHIAVEL

Comment les monarques peuvent gouverner et surtout se maintenir au pouvoir. La justi cation du pouvoir
est sa capacité à se maintenir, se pérenniser. Ainsi la légitimité du pouvoir ne s’apprécie qu’à postériori. Il
arrive à ce point à partir d’une conception pessimiste de la nature humaine : les hommes sont naturellement
méchants et mauvais (négatif et pas perfectible = pas évolutif).

Le prince doit trouver des règles pour réussir à maintenir son pouvoir sans avoir une volonté de poursuivre
le bien (selon Machiavel). Donc il doit travailler à la pérennité du pouvoir à l’encontre de la morale
-> La thèse est ammoral = refus de tenir compte de la morale dans l’exercice du gouvernement.

Potentiellement au vu de la réussite de cette n, on voit mobilisé des moyens qui pourrait être condamnable
selon la morale. Machiavel est l’un des précurseurs de la pensée politique moderne car il rejette la
conception sur ce que devrait être le pouvoir car cherche à étudier ce qu’est le pouvoir (parti pragmatique
et réaliste). Son travail se porte sur l’État et non le Prince.
Il propose ainsi une perspective sur la ré exion du pouvoir indépendamment d’un ordre divin et naturel.

B. LES QUALITÉS DU PRINCE

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Machiavel est à la recherche des grands hommes qui possèdent la vertu (qualité principale) devant
permettre de gouverner et de s’opposer aux puissances étrangères. La vertu désigne l’ensemble des
qualités que le prince doit avoir pour conquérir, consolider et assurer la stabilité et la préservation du
pouvoir. Il met l’accent sur le courage, la ruse, le calcul, la détermination…. Le prince connait la nature
mauvaise de l’homme et donc doit pouvoir faire usage de la violence pour maintenir le pouvoir.

Cette justi cation de l’utilisation de la violence repose sur une nécessité (dans l’accomplissement du but
suprême) = défense d’un pouvoir potentiellement tyrannique (si besoin). De plus, le prince doit être capable
d’évaluer l’équilibre des forces (les oppositions) notamment entre les grands et la multitude (= le peuple) et
doit savoir en jouer, de cette gestion entre ces presque 2 classes sociales.

Grande modernité car Machiavel dit qu’il faut gouverner avec la multitude = conception opposé à la
conception médiévale qui mettait l’accent sur le fait de ne pas prendre en compte la multitude pour
gouverner. Le prince doit éviter de se faire haïr (même s’il utilise la force) : « Il n’est pas nécessaire à un
prince d’avoir toutes les qualités mais il lui est indispensable de paraitre les avoir ». Ici Machiavel conseil au
prince de fair exécuter ses basses œuvres « sale boulot » par un homme de main.

On a donc une thèse centrée sur l’e cacité sur les principes de la morale. C’est une éthique basée sur la
responsabilité dans laquelle le pouvoir prime sur tout ce qui serait de l’ordre des droits individuels. Il y a la
poursuite d’un bien commun, la pérennisation du pouvoir. Ainsi, cela permet l’émergence de la construction
de l’État autonome de celui qui exerce le pouvoir.

III.LES POUVOIRS DE L’ÉTAT

Il y a une nécessaire distinction entre souveraineté et suzeraineté :


- SUZERAINETÉ = symbole de la royauté féodale
- SOUVERAINETÉ = symbole de la monarchie moderne et absolue
Ces 2 termes ont la même racine latine « celui au-dessus de ».

La suzeraineté renvoie à une position au sommet de la pyramide, dans la hiérarchie de la société féodo-
vassalique. Cependant, il n’a un pouvoir direct que sur ses vassaux direct (pas de pouvoir direct sur les
vassaux de ses vassaux) à cause de la place du contrat entre 2 individus. Le terme souveraineté est
antérieur et apparait au XIIe siècle et la distinction entre les 2 terme s’opère au XIVe siècle.

La souveraineté renvoie à un pouvoir supérieur et indivisible d’une puissance non vassale (= distance de la
suzeraineté). Le souverain dispose d’un autorité directe sur TOUT ses sujets. Il n’est pas lié par des
engagements (par exemple d’un contrat).

A. L’ŒUVRE DE JEAN BODIN

Jean Bodin (1530-1596), on lui doit son travail sur la souveraineté comme un pouvoir civil. On voit émerger
la gure de l’État comme une institution impersonnelle. On passe d’une dépersonnalisation de la gure du
roi à une im personnalisation du pouvoir et donc de l’État.

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1576 : les 6 livres de la République. Cette oeuvre s’inscrit dans le contexte monarchique. Son œuvre est
rationnelle par un refus d’associer l’ordre politique dans un ordre supérieur (divin et/ou naturel). Chez Bodin,
le pouvoir est immanent (permanent, intemporel non soumis à la contingence, côté éternel).

Pour penser cette essence du pouvoir qui serait immanent, Bodin repose sa théorie sur le concept de
souveraineté : « La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une République ». Ici République
renvoie au terme d’État chez Machiavel (pas terme de République au sens moderne).

Bodin propose 2 caractéristiques de la souveraineté :


1. Puissance absolue = elle est indivisible, contre de la partition d’un royaume (concentrée en un seul lieu)
de fait cette souveraineté n’a pas besoin de l’adhésion de ceux auquel elle s’applique.
2. Puissance de commandement perpétuelle/éternelle non soumise aux changements. Bodin a pensé la
continuité du pouvoir indépendamment de celui qui le possède.

Bodin en arrive à proposer le caractère public du pouvoir : ce qui compte est la puissance souveraine et
donc la puissance devient de fait publique (= grande innovation pour l’époque). La puissance devient
publique car elle n’est propriété de personne et donc propriété de la communauté dans son ensemble.

« Les souverains sont les dépositaires de la puissance publique qu’on leur a baillé un certain temps ».
= sorte de location de la puissance (temporaire) à celui qui possède la puissance éternelle. On peut dire que
nalement, pour Bodin le détenteur temporaire de la souveraineté détient aussi le pouvoir de législation.
C’est une condition indispensable à l’exercice du pouvoir.
C’est de cette capacité de législation que découlent tout les autres privilèges (manière d’exercer le pouvoir)
du monarque (décide de la guerre/paix, lever des impôts, xer la valeur de la monnaie, faire les serments…).
Bodin est partisan d’un pouvoir monarchique fort (pouvoir absolu et autoritaire). Il n’existe pas de moyens
de contester le pouvoir du roi par les délégués disposant d’une charge royale.

Pour lui le monarque doit disposer de la puissance absolue car il est le seul à pouvoir exercer le pouvoir
droitement et tout ceux qui participent à l’exercice du pouvoir sur le territoire (les délégués par les charges
et o ces) ont un pouvoir délégué par le monarque que celui-ci peut reprendre à n’importe quel moment. Ils
agissent au nom du roi, pour le roi et le compte du roi (car indivisibilité du pouvoir) sans incarner ce pouvoir.

Néanmoins Bodin est également en faveur d’une limitation du pouvoir absolu. Il distingue le roi, le tyran et
le monarque. Le roi est libre dans ses actions mais ne doit pas être guidé par ses propres intérêts (mais du
royaume) sous peine de devenir un tyran. Cela n’empêche que le roi peut s’a ranchir des lois de Dieu, de la
nature, des lois fondamentales du royaume (coutumes) car il est à la source du pouvoir de législation.

On doit à Bodin d’avoir lié les concepts d’État et de souveraineté. La ré exion postérieure reprend son
travail mais cherche à remplacer la légitimé de Bodin par une légitimité populaire = essayer d’intégrer la
gure du peuple autour de la souveraineté et de l’État.

B. LE RENFORCEMENT DES THÈSES ABSOLUTISTES

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L’absolutisme n’a pas de sens précis et concret. Cela renvoie à la concentration du pouvoir s’exerçant sans
partage. Il peut se donner à voir dans des régimes di érents : tyrannie antique, monarchie absolue,
république, dictature militaire, régime autoritaire…. Cela renvoie surtout aux monarchies européennes des
XVIIe et XVIIIe et notamment la monarchie française de Louis XIV.

Le mot absolutisme n’est pas contemporain de la chose qu’il désigne. Le mot absolutisme apparait dans le
contexte révolutionnaire de la RF en 1797 sous la plume de Châteaubriant. À l’époque des monarchies on
utilise les termes : pouvoir absolu et pouvoir suprême (apparu dès le XVIe siècle et perdure jusque XVIIIe).

La pensée de l’absolutisme s’est nourri des d’instabilité et crises car nécessité d’un pouvoir fort (guerres de
religions). Développement de l’absolutisme en lien avec un triptyque :
- Théologie du pouvoir dès le XVIe et au moins jusqu’au XVIIe (pouvoir divin
- Le droit avec les légistes qui se mettent au service du roi pour créer des lois et renforcer l’absolutisme
- Philosophie

On a un renouveau de la théologie du pouvoir à partir du XVIe siècle qui se poursuivra jusqu'au XVIIe. Cet
absolutisme se développe en France notamment par les écrits de Bossuet (1627-1704). Il a théorisé
l’absolutisme de droit divin. Bossuet est avant tout l’un des pères du gallicanisme (= théorie qui refuse
toutes les ingérences ponti cales dans les a aires du royaume). Les promoteurs du gallicanisme défendent
l’autonomie de l’Église de France et l’indépendance du pouvoir monarchique à l’égard du pape.

Dès XVIe le gallicanisme est le soutient du renouveau de la pensée absolutiste. Progressivement donne
naissance à un soutien massif du Clergé au gallicanisme (non ingérence dans les a aires du royaume de la
papauté). Finalement la doctrine o cielle du royaume (surtout sous Louis XIV) se retrouve réa rmée.
Pendant 1 siècle, l’Église de France est le 1er soutien de la monarchie absolue.

Bossuet va au-delà de l’appui de l’Église au pouvoir royal et entend faire de la royauté une institution
religieuse. Pour ça il propose une justi cation quasi systématique des fondements de la monarchie de
droits divin. En partant des évangiles il en propose une relecture aux fondements de la monarchie de droit
divin. Pour le pêché originel il propose en conclusion la concentration du pouvoir dans les mains du roi.
Pour Bossuet c’est une nécessité car sans concentration de pouvoir la société serait corrompue, vicieuse.

Pour Bossuet, le pouvoir royal est un ministère octroyé par Dieu, donc le roi est l’incarnation d’un but divin.
Alors, on ne peut aller à l’encontre du pouvoir royal et on doit s’y soumettre. On met en exergue la
puissance absolue du roi, les sujets doivent obéir aveuglément sans discernement. En parallèle, la
désobéissance n’est même pas pensée et est vue comme impiété (à l’égard de Dieu).

Bossuet reprend la distinction entre la gure du roi et celle du tyran (il est contre un régime despotique et
tyrannique). Il légitime la soumission totale au roi par le fait que le pouvoir illimité du souverain ne sert qu’à
faire le bien, combattre l’injustice, protéger les plus faibles :

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« Leur puissance venant d’en haut, ils ne doivent pas croire qu’ils en sont maitres pour en user à leur gré,
mais ils doivent s’en servir avec crainte et retenu comme d’une chose qui leur vient de Dieu et dont Dieu
leur demandera compte ».

C. HOBBES ET LE LÉVIATHAN

Renouvellement en GB dans l’oeuvre d’Hobbes (1588-1679). Son ouvrage majeur est le « Léviathan » écrit
en 1651. Il est dans une théorie qui s’inscrit dans celle de ses prédécesseurs. Celui-ci contribue au
renouvellement de la pensée politique. D’abord Hobbes est un défenseur de la puissance absolue du
souverain et la justi e par une vision pessimiste et négative de la nature humaine : l’Homme est dénué de
bonté, il est foncièrement mauvais, méchant, jaloux, violent et porté au con it.

Indépendamment de ce pouvoir absolu du souverain, la seule situation est le désordre, la guerre et la seule
manière d’aller contre cette nature est un projet politique autoritaire. Il reprend l’idée « d’état de nature » = la
guerre de chacun contre chacun : justi cation par le côté égalitaire des hommes au sein de l’état nature.

L’égalité naturelle est synonyme de con ictualité. La seule solution pour les individus de sortir de cet état
de nature est de se soumettre à un pouvoir fort qui va permettre de les préserver contre les torts qu’ils se
causent les uns aux autres (par un contrat = novatrice car il considère le contrat comme un instrument de
fondation de la société politique). Pour Hobbes, le contrat est l’origine du pouvoir.

Mais il y a une rupture car l’idée de pacte entre les hommes remet en cause un monde centré sur la toute
puissance de Dieu et la volonté divine. Ce pouvoir a comme autre nom le « léviathan » et c’est à travers
celui-ci que va se concrétiser l’ordre politique qui va permettre l’émergence la République (= l’État).

Chez Hobbes il n’y a pas d’unité politique sans soumission au pouvoir politique absolu. Les Hommes
renoncent à se gouverner eux-mêmes et échangent leur liberté naturelle contre la sécurité et la paix. Ils
délèguent leur pouvoir à un souverain. Dans le contrat, le pouvoir n’est pas engagé. Les Hommes con e
leur pouvoir individuel naturel à un seul homme qui obtient donc un pouvoir Indivisible, illimité et
irrévocable. De plus, le souverain n’est pas soumis aux lois naturelles, divines et humaines.

Hobbes respecte la religion mais pour lui, le pouvoir de la religion n’est pas autonome. Il dit que la
distinction qui prévalait (temporel-spirituel) n’existe pas car si elle existait elle remettrait en cause le pouvoir
absolu du souverain. La double loyauté diviserait le corps politique donc il est du devoir (pour favoriser la
pérennité du corps politique) de la religion de se soumettre au souverain.

La tyrannie ou le despotisme n’est pas pensée pour Hobbes car le monarque devant garantir la paix et la
sécurité dans le royaume, il n’a pas besoin de limitation de pouvoir (ses actions sont raisonnables).

IV.LES LIMITES DU POUVOIR DE L’ÉTAT

La lutte contre la doctrine absolutiste est concomitante au développement de la monarchie absolue. Dès n
XIVe jusque XVIIe volonté de remettre en cause le pouvoir absolu notamment par la noblesse qui veut

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représenter les intérêts du royaume à travers les conseils, assemblées…. Cette noblesse met en exergue la
nécessité d’un gouvernement partagé sans remettre en cause le régime hiérarchique avec le roi au sommet.

Cette 1ère contestation de l’absolutisme est opposé à l’idée de démocratie (car celle-ci est vue comme
absurde puisque le peuple est ignorant, tumultueux voir dangereux). Mais met l’accent sur un
gouvernement monarchique mais juste doit être un équilibre entre le roi et le royaume.

A. LA RÉFORME ET LA PENSÉE POLITIQUE MODERNE

La réforme : mouvement qui rénove le christianisme. Commence en Allemagne (avec Luther et Calvin) puis
de développe en Europe donnant naissance à une nouvelle doctrine chrétienne -> le protestantisme. Cette
réforme a 2 grandes conséquences :
- Guerre civile et instabilité politique (renforce les théories des partisans contre le pouvoir absolue).
- Principes portés par la doctrine réformée et des éléments politiques (édits réformés et de paci cations)
contribue à un recul de la religion dans la vie politique.

• Dès début XVIe la réforme et ses idées sont vues avec mé ance par le St Siège et le chiisme d’Orient
• C’est en France que les troubles sont les plus importants : le con it commence en 1560 dans le Sud.
• Catherine de Médicis écrit l’édit de paci cation (tolérance = négatif -> hiérarchisation) un seul lieu de
culte pour les protestants, encadrement fort du protestantisme, d’Amboise en 1563.
• Assassinats politiques au XVIe : Duc de Guise en 1563, Henri III
• Nuit de la Saint Barthélémy (massacre de protestants) : août 1572
• Henri de Navarre (protestants) se convertit au catholicisme et accède au trône de France en 1594.
• Édit de Nantes
• Louis XIV révoque l’édit de Nantes en 1685

Dans ce contexte de guerres de religions, plusieurs textes anti absolutistes émergent et le courant le plus
aboutie est celui des monarcomaques : « monos » = seul, « archer » = pouvoir « makè » = disputes
verbales. Nom a attribué au XVIIe désignant les théoriciens qui ont participé à la critique de l’absolutisme
pendant les guerres de religions (notamment Théodore Debèze = chef spirituel des Huguenot français).

On doit à ce courant la réactualisation de la pensée médiévale -> idée du consentement populaire.


Dénonce la conception sacrée de la monarchie : la monarchie autoritaire est une perversion des principes
fondamentaux de la royauté car un roi ne peut gouverner qu’avec l’adhésion du peuple. Ils sont les
premiers à utiliser la notion de contrat (= liens qui unissent le roi et ses sujets). Ils remettent question l’idée
d’un monarque responsable que devant Dieu. Le roi et le peuple sont responsables l’un devant l’autre et ne
peuvent échapper l’un et l’autre à leurs engagements.

Que faut-il faire quand le roi rompt ses engagements et son contrat avec les sujets ?

Luther et Clavin visent et condamnent l’esprit de rébellion qui sera porté par les monarcomaques (après la
St Barthélémy, nécessité de se rebeller contre un pouvoir tyrannique). Il y a le droit légitime de renverser le
monarque en cas de violence ou de cruauté perpétué par celui-ci. Dans un contexte d’apaisement des
tensions, ses idées perdent de leur vigueur.
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L’idée de consentement populaire repris, contribuent à une relégation de la conception religieuse puisque
Dieu n’est plus à l’origine de l’ordre (il n’est que le garant d’une relation entre roi et peuple). Autres
contributions de la réforme : les 1ers à faire du peuple le détenteur de la souveraineté sans défendre la
démocratie -> le pouvoir garde un lien avec le divin, vision élitiste de la société, aucune con ance dans le
peuple donc pour une monarchie tempérée (dans laquelle ils mettent en exergue le rôle de représentants).

B. L’APPARITION D’UN NOUVEL OBJET PHILOSOPHIQUE

La doctrine portée par la réforme a eu un impact sur la philosophie : pose les principes de l’autonomie de
l’individu (reconnait au croyant une certaine liberté). Les réformateurs donnent naissance au nouvel objet
qu’est l’individu. La Réforme rend possible le libre choix de religion (contre un roi, un loi, une foi).

Le croyant peut intervenir dans la pratique du culte (rompt la hiérarchie Clergé-peuple). L’individu apparait
doté d’une conscience propre (accent mis sur l’accession au savoir : c’est par la connaissance de la parole
du Christ que l’Homme peut suivre la voie de l’accession au Salut -> lutte contre la corruption du Clergé).

Émergence de l’idée que l’Homme est un être doté de raison, mettant en exergue la conscience individuelle
(pensée rationnelle, pensée logique) -> pose les prémices des Lumières.

CHAPITRE 7 : LA NAISSANCE DU LIBÉRALISME POLITIQUE

À partir de la n du XVIIe et XVIIIe, quand émerge le courant des Lumières (franco-anglais particulier : la
France est symbole de l’absolutisme alors que l’Angleterre est symbole de la monarchie modérée. Donc
éclosion de nouvelles théories qui veulent lutter contre les dérives du pouvoir (despotisme, tyrannie).

I. À L’ORIGINE DE LA PENSÉE LIBÉRALE

Le libéralisme n’est pas un courant doctrinal uni é, donc di cile de mettre en exergue ses auteurs phares.
Ce courant va s’enrichir de domaines divers (ré exion morale, politique et aussi économique). On ne parle
pas d’unité du libéralisme avant milieu XIXe (plus précisément 1848).

A. LA GENÈSE D’UNE NOTION

LIBÉRAL (adjectif) : apparait dès XIIe, synonyme de « généreux » dans le sens de libéralité renvoie aussi aux
arts libéraux (= tout les savoirs qui font appel à la raison humaine). Dès XVIIIe sens plus actuel (plume de
Mirabeau) = contraire de despotique, donc connotation positive + Adam Smith dans « De la richesse des
Nations » publié en 1776 forte utilisation du terme. Développement de son utilisation début XIXe.

LIBÉRAL (substantif) : apparition en 1820 qui se développe milieu XIXe (1848 marquant le développement
de l’usage politique) en lien avec le développement du socialisme. Le libéralisme s’inscrit à l’encontre de
cette vision et revendique la primauté de la liberté individuelle sur les autres valeurs. Le terme libéralisme
n’est que peu utilisé en économique car milieu XIXe un terme se développe -> le libre-échangisme.

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La société est plus juste et plus harmonieuse quand on consacre la double valeur et l’autonomie de
l’individu (primauté de l’individu). Son corollaire est un rejet des formes de contrôle et autorité exercées par
l’État (dans les domaines moraux, politiques et économiques).

- Mise en exergue du principe de liberté contre le principe d’autorité


- L’ordre doit permettre à l’individu d’accéder à la sécurité
- On doit pouvoir garantir l’expression des opinions (point de vue moral et religieux)
- L’ordre en tant que garantie de la propriété et de l’initiative privé.
- Postulat de « l’éthique de la responsabilité » = individu capable de déterminer ce qui est bon pour lui
- Mise en exergue de la vie privée sur la vie sociale (publique) donc protection de la vie privée
- Il faut limiter les pouvoirs pour protéger les droits individuels (contrôler les abus de pouvoir)

La liberté est vue comme un attribut de l’individu qui renvoie à la sécurité (liberté de conscience : exprime
ses opinions religieuses, possibilité et conservation de la propriété). L’individu est responsable et capable
de déterminer ce qui est bon pour lui et la meilleure manière d’y parvenir.

2e revendication : la primauté de la vie privée sur la vie sociale car la vie domestique est vue comme le lieu
où l’individu peut accéder au bonheur. L’État doit limiter son rôle à garantir la sphère privée.

3e revendication : de fait il faut limiter en tout points les pouvoirs et institutions de l’État. Le pouvoir tend
vers un abus c’est pourquoi il faut limiter l’État (l’éloigner de toute forme de régime autoritaire).

B. LES GRANDS PRINCIPES DU LIBÉRALISME

Ce courant du libéralisme politique contient 5 principes :


1. Refus de l’absolutisme (car il est vu comme le terreau du despotisme) donc il faut mettre n à l’arbitraire
qui irait à l’encontre des libertés pour ce faire il faut empêcher la concentration du pouvoir et de là
protéger les corps intermédiaires qui forment la société hors et au-delà de l’État (-> société civile).
2. La défense de la liberté = ne pas être inquiété par l’État
3. Le pluralisme : principe d’organisation de la vie en société (ce n’est pas une valeur) = vu comme la
garantie que face à un pouvoir va s’ériger des contres pouvoirs et donc une opinion sera limitée car
encadrée par d’autres opinions (il n’y a pas de pouvoir/opinion hégémonique qui s’impose et opprime).
4. La souveraineté du peuple = origine du pouvoir -> le pouvoir civil ne relève pas du gouvernement de
Dieu et il est nalement une a aire strictement humaine (mais ne défendent pas la démocratie).
5. Mé ance à l’égard de la démocratie direct (le peuple) et contre la concentration du pouvoir. Les
représentants sont vus comme les délégués de la société. La représentation est vue comme la garantie
de l’exercice d’un régime modéré (= capacité à limiter les prérogatives de l’État).

Ces 5 principes forment les piliers du libéralisme constitutionnel. Les penseurs veulent lutter contre le
despotisme notamment la monarchie absolu de droit divin en mettant en exergue l’organisation des
pouvoirs de l’État autour du pluralisme et la séparation des pouvoirs (Locke).

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Extension des droits en 1789 avec instauration des droits civiques -> liberté associée à la propriété et la
sécurité + liberté religieuse (un État ne peut se mêler ni s’en prendre aux biens ou aux personnes). Dans le
pluralisme toutes les opinions et conceptions peuvent se faire entendre, aucune ne peut brimer l’autre. Ces
libéraux se réconcilieront avec les principes de la démocratie au milieu du XIXe (1848). Les 1ers libéraux
sont défenseurs de la monarchie parlementaire britannique.

II.JOHN LOCKE (1632-1704)

Auteur de « Traité du gouvernement civil (tome 1 : 1689 tome 2 : 1691). Le cœur de son travail repose sur
l’a rmation de la nécessaire limitation du pouvoir de l’État. Le 1er livre centré sur la remise en cause du
droit divin et le 2e s’attaque aux argument de T. Hobbes (« Le Léviathan » publié en 1651). Locke part de la
théorie de Hobbes du contrat (part du même point et en fait des conclusions di érentes -> consentir au
gouvernement civil par le contrat ne peut contraindre l’Homme à abandonner leurs droits naturels).

Chez Locke l’état de nature est opposé à celui de Hobbes : pour lui les individus dans l’état de nature
vivent en paix (principe de la solidarité) à l’encontre de la vision méchante de l’Homme de Hobbes. Locke
admet que dans cet état de nature, la propriété est source d’inégalité entre les Hommes. Apparait la
nécessité de déléguer la souveraineté (pas dans le but d’une société égalitaire mais dans celui de
sanctionner les abus à l’encontre des droits naturels).

A. LE CONTRAT ET LES DROITS NATURELS

Tout gouvernement prend sa source dans l’idée de contrat, consentement des hommes. Mais dès le début
il y a une innovation dans la manière de conceptualiser de Locke car il distingue le pouvoir de la société. Le
contrat de Locke est en 2 temps : d’abord les individus font un pacte entre 2 et acceptent de donner corps
à la société (du statut individuelle à une société). En 2, la société accepte de se donner un gouvernement
civil. Locke tire donc comme conclusion que si l’humain accepte de renoncer à une partie de ses libertés
c’est pour conserver ses droits naturels. Ici le pouvoir législatif renvoie à : « le pouvoir législatif n’étant autre
chose que le pouvoir de chaque membre de la société, il ne saurait être plus grand que celui que toutes ces
di érentes personnes avaient dans l’état de nature avant qu’ils entrassent en société ».

Locke réduit le pouvoir à sa seule nalité = « la grande n que se propose ceux qui entrent dans une
société de jouir de leur propriété en sûreté et en repos ». Si les hommes s’associent c’est seulement pour
accroitre leurs libertés (= sécurité des personnes). De cette théorie émergent 3 grands principes du
libéralisme politique constitutionnel :
1. Il existe des droits naturels qui sont inaliénables (aucun pouvoir ne peut con squer la propriété)
2. Le gouvernement civil est limité par la seule n de l’État
3. La délégation du pouvoir est provisoire, corrélée au maintient de la n (dé nitive chez Hobbes)

À partir de Locke, il est nécessaire de résister à l’oppression et peut ainsi devenir légitime

B. VERS LA PRIMAUTÉ DU DROIT

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L’organisation du pouvoir chez Locke passe par le respect de la loi -> protection des droits naturels = les
individus se donnent un gouvernement, il faut donc des lois stables et leur respect. Cet impératif de respect
des lois s’applique autant au législateur qu’aux individus. Ce principe xe la primauté du droit.

Locke : volonté systématique de la séparation des pouvoirs = rempart contre le despotisme (avec primauté
du droit). Ce projet divise la société civile en 3 entités :
1. Pouvoir législatif qui occupe une place prédominante
2. Pouvoir exécutif (subordonné au 1er) chargé de l’exécution des lois
3. Pouvoir fédératif (subordonné au 1er -> objectif de garantir la sécurité dans les relations entre États

Locke veut con er le pouvoir à des représentants (préférence pour Assemblée représentative).

III.MONTESQUIEU (1689-1755) ET LA SÉPARATION DES POUVOIRS

Son vrai nom est Charles-Louis de Secondat. Il a publié « De l’esprit des lois » en 1748. R. Aron (politiste
néo-réaliste plutôt à droite) a critiqué Montesquieu dans « Les étapes de la pensée sociologique » en disant
que c’est un formidable appel à la tolérance, le pluralisme et la liberté. Il voit ce travail comme une
contribution au développement des démocraties modernes.

Louis Althusser (historien politiste, intellectuel engagé au PC des années 1960) critique aussi Montesquieu
dans « Montesquieu, la politique et l’Histoire » publié en 1951. Il dénonce un projet conservateur soucieux
uniquement de « défendre l’aristocratie », les privilèges d’anciens régimes à l’encontre d’un tiers état.

Montre que les travaux de Montesqueieu ont des contradictions : d’abord défense du rationalisme et se fait
écho, milieu XVIIIe d’une aristocratie (il est inquiet par le pouvoir absolu et la bourgeoisie montante). Le
contrat social de Rousseau sera repris pendant la RF de 1789.

Montesquieu apporte une modernité dans la forme : son œuvre n’est pas un ouvrage de doctrine. Mais il y
a la volonté de tenter de comprendre les principes qui détermine les fondements du fonctionnement
politique. Il veut mettre à jour la diversité des idées, des traditions, des coutumes, des lois, dans des
sociétés et nations diverses pour tenter de comprendre l’esprit général des peuples et des nations.

A. LA LIBERTÉ ET LA LOI

Montesquieu défend le principe de la liberté et condamne le pouvoir absolu en France. Comme chez Locke,
il admire le UK et son système qu’il juge exemplaire. Montesquieu ne s’intéresse pas aux droits naturels, sa
ré exion ne porte pas sur l’individu mais il s’intéresse au citoyen et les libertés politiques. M. Considère que
la préservation de la liberté est intrinsèquement lié à la loi : pas de liberté politique sans le respect de la loi.

« Nous sommes libres parce que nous vivons sous des lois civiles. (…) La liberté ne consiste point à faire ce
que l’on veut mais le pouvoir faire tout ce que les lois permettent ».
= La loi protège le citoyen qui peut être libre, la liberté est donc vue comme « passive » car elle est la
protection des individus contre les abus du pouvoir (contre le despotisme). Donc la protection de la liberté
suppose un gouvernement stable et modéré.
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« C’est une expérience éternelle que tout Homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, il va jusqu’à ce
qu’il trouve des limites ».

Il faut limiter le pouvoir grâce à un équilibre des forces entre le roi, les nobles et le peuple. Mais il faut aussi
une répartition de la puissance de l’État.

B. LA CLASSIFICATION DES RÉGIMES CHEZ MONTESQUIEU

Il tente de réunir 2 critères pour développer cette catégorisation : nature du gouvernement


- RÉPUBLIQUE -> dirigée soit par l’ensemble du peuple ou une minorité, la loi est globalement respectée
mais il peut y avoir des débordements à une certaine fréquence
- MONARCHIE -> le pouvoir d’un seul mais modéré par des lois et le respect des corps intermédiaires
- DESPOTISME -> pouvoir du tyran qui agit sans limite, sans lois, selon son bon vouloir

Le 2e critique est ce qui motive l’action des dirigeants (= « sentiment politique ») ou principe d’action du
gouvernement. Dans la République, le sentiment principal est la vertu qui signi e sens du dévouement à la
communauté. La monarchie reposerait sur l’honneur dans une structure hiérarchisée qui induit le respect du
rang et la place de chacun. Le despotisme reposerait sur la peur voir la cruauté car il n’y a pas de lois.

Sa préférence est la monarchie : la République pourrait être adaptée à certains peuple mais la monarchie
est supérieure car elle fait mieux exécuter les décisions. Car il y a un rôle dévolu aux corps intermédiaires (=
les ordres). Le roi serait respectueux de ceux-ci et permet de lutter contre les excès du pouvoir
monarchique. Les corps intermédiaires lutteraient aussi contre les excès du peuples (encadrer les passions
populaires). D’où ces corps intermédiaires organisés en 2 chambres (noblesse et aspiration du peuple).

Montesquieu est contre une monarchie absolue, il invite la noblesse a joué un rôle important. Finalement
une répartition des forces ne su t pas à lutter en faveur d’un équilibre des pouvoirs. Donc pour avoir
réellement un équilibre, il met l’accent sur la Constitution (« L’esprit des lois » -> la Constitution doit assurer
la stabilité du gouvernement et l’application e ective des lois à l’encontre du pouvoir arbitraire royal).

Montesquieu distingue 3 pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutive et le pouvoir judiciaire.


La notion de séparation des pouvoirs est au coeur de ses travaux tout en étant ambiguë car il ne défend
pas une indépendance totale des 3 pouvoirs. Les puissances législatives et exécutives doivent êtres
réparties de manière équilibrée (sphère distincte mais pas cloisonnée). Le pouvoir législatif ne peut avoir le
droit d’exécuter les lois mais il doit quand même avoir la faculté d’examiner la manière dont les lois son
exécutées. Le pouvoir exécutif ne peut disposer de la faculté de statuer la lois mais doit avoir une faculté
d’empêcher pour contrôler le pouvoir législatif (contre les dérives et les lois arbitraires).

Montesquieu dit qu’il faut une distinction au sein du pouvoir législatif, à savoir une organisation en 2
chambres = modèle parlementaire GB. Pour le pouvoir judiciaire, il doit avoir une véritable indépendance
par rapport aux 2 autres pour appliquer la loi le plus justement possible. Les juges ne peuvent créer ni
exécuter une loi. Chez Montesquieu le pouvoir judiciaire est un être inanimé :
« Ils ne sont que la bouche qui prononce les paroles de la loi ».

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La nécessité de l’équilibre des pouvoirs n’est pas corrélée chez Montesquieu avec la défense des idées
démocratiques car il défend une perspective relativement élitiste à l’encontre du peuple car il est vu comme
incompétent, incapable dans le domaine des a aires publiques, du politique. C’est pourquoi Montesquieu
est en faveur de la représentation. Dès ses débuts la démocratie représentative était vue comme une
version améliorée de la démocratie directe.

La solution pour Montesquieu est de con er le pouvoir exécutif au roi, le pouvoir législatif à 2 assemblées
(une incarnerait la noblesse et l’autre le peuple) chacun contrôlant une chambre (gage de cette séparation
des pouvoirs).

CONCLUSION :

Ce projet porté notamment par Montesquieu et plus largement par d’autres, est l’une des principales
sources d’inspirations des démocraties libérales contemporaines. Appuyé sur la Démocratie parlementaire
anglaise, dont le projet est fondé sur un élitisme social, retrouvé ors des choix constitutionnels en 1798 et
1791 dans l’instauration d’une monarchie constitutionnelle au pouvoir limité fondé sur la représentation.
Ces prémices vont survivre à di érents changements de régime de 1789 jusqu’à l’époque contemporaine;

CHAPITRE 8 : LA PENSÉE DES LUMIÈRES

INTRODUCTION :

Modernité = le bouleversement généralisé des idées qui touche une grande partie du continent européen
entre le XVe et le XVIIIe (voyant les lumières comme un processus). C’est un mouvement relativement long,
lent qui introduit des changements majeurs dans toute l’Europe. Il y a une diversité de cette modernité. Si
on tente de mettre en exergue une unité on soulève 3 caractéristiques que cette modernité :

- Bouleversement intellectuel de la conception de l’individu -> l’H devient la mesure de toute chose =
abandon de l’image antique autour d’un univers préexistant à l’H et s’imposant à lui (plus de religion).
Donc apparition de l’individu comme sujet = considéré indépendamment des lois qui régissent l’ordre
divin, l’ordre de la nature ou même l’ordre social.

- Émergence de l’idée de raison : l’Homme est un sujet doué de raison. Il dispose donc d’une conscience
qui lui permet de progresser sur la voie des connaissance. Il peut penser le monde, le comprendre et
peut se réaliser pleinement puisque la raison lui permet de sortir de l’état d’ignorance. Cette capacité de
juger, ré échir est facteur de progrès de la vie humaine.

- Apparition de la notion du bonheur en lien avec l’idée de liberté préalablement imposée. Si l’individu est
un être doue de raison, autonome, il est de moins en moins justi able qu’il se soumette à un pouvoir.
Émergence de plusieurs libertés -> foi, conscience, penser, opinion, garantie de la sûreté + met l’accent
sur la capacité de l’Homme à choisir ce qui est bon pour lui. Remet en cause les autorités traditionnelles
et présente l’H comme détenteur de droit naturel.

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Idée que ce contexte de la modernité remet progressivement en cause ce système de valeur notamment du
christianisme du MÂ.

I. LA DIVERSITÉ DES LUMIÈRES

La raison émerge au XVe, mais triomphe qu’au XVII-XVIIIe. L’idée de remettre en cause des superstitions et
préjugés sans rompre avec la religion = quête de meilleure compréhension du monde et approfondissement
des connaissances. Descartes a une place centrale en mettant l’accent sur le lien entre raison et vérité = la
vérité vient de la faculté de penser, de juger et donc de la raison (vérité est produit de la raison). Concept
révolutionnaire car remet en cause la légitimité traditionnelle (base de l’édi ce du MÂ).

Il y a une remise en cause de la foi par la mise en exergue de l’être comme sujet autour de cette maxime
« je pense donc je suis ».

A. DESCARTES (1596-1650) ET LA PENSÉE MODERNE

Grand mathématicien et philosophe : « Discours de la méthode » 1637 - « Méditation métaphysique » 1641 -


« Principes de la philosophie » 1644. Il a été marqué par l’éducation qu’il a reçu des jésuites qui n’a mis en
exergue que des erreurs ce qui nourrit un grand scepticisme. Son objectif est de remettre en cause les
opinons reçues, les préjugés à travers une méthode qui permettrait d’établir des critères de vérité. Dans la
1ère œuvre il part du doute -> la vérité est le résultat de l’action de la raison, du travail de l’esprit humain.

Idée que chez Aristote la vérité est une donnée universelle et la place du savant était d’y accéder et la
divulguer (la vérité existait déjà) alors qu’avec Descartes la vérité est la capacité à raisonner donc le doute
est le point de départ du raisonnement (le doute = instrument intellectuel). Il faut donc se mé er des vérités
préexistantes (même des vérités mathématiques).

Il propose une méthode organisée en 4 règles issus de ses recherches en mathématique :


- Règle de l’évidence (la plus importante) pose les bases du raisonnement déductif -> une proposition
philosophique n’est recevable que si elle s’appuie sur une proposition antérieure établie comme vraie par
un travail de raison. La connaissance est accumulation de savoir, vérité par la raison.
- Règle d’analyse : découper un problème en questions élémentaires (autant que nécessaire)
- Règle de synthèse : du plus simple au plus complexe
- Règle des dénombrements : énumérer les di érents éléments pour trouver la solution à un problème

Cette méthode est censée mettre sur la voie de la vérité, de libérer l’homme des idées reçues et préjugés.
On voit les potentielles conséquences politiques de la pensée de Descartes. Mais son travail n’est pas
politique en tant que tel. L’impact est indirect sur la politique, ce sont ses relectures qui auront un impact.

B. L’HÉRITAGE CARTHÉSIEN

Le XVIIIe est moment clé des Histoires politiques puisque la n de ce siècle marque le basculement du
système philosophie du MÂ vers un système philosophique moderne. Le siècle des Lumières est une
période marquée par de nouvelles connaissances (…, …, di usion).

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Contexte de transformation économique et sociale de grande envergure avec le développement rapide de
l’agriculture, du commerce, essor démographique et plus largement une amélioration des conditions de vie.

Moment de rupture avec la crise de 1775 = crises paysannes (prémices de 1789). Montée en force d’une
nouvelle couche sociale, la bourgeoisie (= force montante de la période qui s’enrichit) qui de fait acquiert
une importance économique, sociale et politique mais dépourvu de droit donc elle les revendique. C’est
dans ce contexte qu’émerge les Lumières au sens strict comme mouvement d’idées avec un certain
nombre de philosophes majoritairement des bourgeois qui cherchent à s’émanciper de cette société
d’ordre et d’aller à l’encontre la censure royale en se faisant les pères de la liberté.

Pluralité d’oeuvres et de philosophes qui marquent les Lumières autour de la thématique de la raison et la
nécessité du doute + de l’esprit critique. Toute vérité doit être démontrée. Regard di érent porté sur toute
chose qui contribue à faire émerger la gure moderne de l’intellectuel marqué par son érudition, le fait qu’il
soit homme de lettre, plusieurs sont écrivains, essayistes, poètes, pamphlétaires. Ils sont tous producteurs
intellectuels = intellectuels engagés porteurs d’un projet social, politiques ayant un engagement dans la vie
sociale et politique. Ils publient beaucoup et se positionnent en faveur de la défense d’une ou plusieurs
cause en étant très présent dans les lieux de débat de l’époque, salons littéraires, clubs de pensée.

Ils font entendre des idées nouvelles et partagent un projet de développer, donner naissance une humanité
meilleure. Leur point commun est une vision très optimiste au coeur de cet humanisme des Lumières.

Kant en 1784 - « Qu’est-ce que les Lumières » :


« Les Lumières sont ce qui fait sortir l’HOmme de la minorité dont il est lui-même responsable. La minorité
consiste en l’incapacité ou il est de se servir de son intelligence sans être dirigé par autrui, aie le courage de
te servir de ton propre entendement, voilà donc la devise des Lumières ».

C. L’ESSOR DU RATIONALISME

Le rationalisme connait un essor fulgurant milieu XVIIIe à l’encontre du dogme catholique. Voltaire
(1694-1778) comme porteur de ce rationalisme est considéré comme un incrédule qui ne croit en rien de ce
qui n’est démontré. Il s’en prend aux privilèges, la société d’ancien régime = les usurpateurs de la société
d’ancien régime et surtout à l’Église (à l’encontre du dogme catholique et de la religion).

Diderot en 1796 :
« La religion de JC annoncé par des ignorants a fait les premiers chrétiens. La même religion prêché par des
savants et des docteurs ne fait aujourd'hui que des incrédules ».

La logique du rationalisme se retrouve dans une hostilité commune au christianisme. L’athéisme n’est que
peu porté même au sein des philosophes des Lumières.

II.LES PRÉMICES DE LA PENSÉE POLITIQUE MODERNE

La pensée des Lumières ne s’impose pas sans réticence. Résistance même si globalement il existe une
position modérée (la plus large) mettant en exergue le développement des connaissances, les progrès des
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sciences et de la philosophie et un rapport di érentié à la raison (la raison à l’encontre du divin ou comme
fondement de toute chose).

Finalement les Lumières sont porteuses d’un message plus global, d’une philosophie au service, portant n
message optimiste avec apparition d’idée nouvelle du bonheur qui fait évoluer la nalité de la vie humaine à
l’encontre de la doctrine chrétienne (la vie humaine est le rachat du pêché et de la chute). L’individu peut
désormais agir sur sa destinée (corollaire à l’idée de liberté). La vie sur terre devient une n en soi et plus
une étape sur le chemin de la rédemption.

Ce qui permet de faire émerger l’idée d’égalité. La majorité des philosophes rationalistes sont élitistes. Ils se
mé ent du peuple et mettent en priorité la représentation. Mais la quête du bonheur individuel fait émerger
une égalité initiales entre les individus et potentiellement une égalité d’accès au chance aux meilleures
positions sociales.

« L’Encyclopédie » - 1751-1772 - Diderot et D’Alembert : oeuvre des Lumières et de l’humanisme. Projet sur
20 ans. Vrai nom -> « Dictionnaire, des sciences, des arts et des métiers ». Elle dépasse par son ampleur et
son ambition (veut rendre le savoir accessible) toutes les tentatives antérieures. Veut donner naissance à
une humanité éclairée, succès de l’oeuvre immédiat et immense pour l’époque malgré le contexte politique
di cile (interdiction de publier, censure, menace du roi et du pape). Encore aujourd’hui l’un des symboles
de l’idéologie du progrès porté par les Lumières

CONCLUSION :

Volonté des Lumières de concilié l’individualisme avec certaines exigences de la vie sociale et politique
mais avec une ambition plus grande = pousser les individus et l’humanité vers la liberté et le bonheur
(novateur du XVIIIe). L’homme est au coeur de ce projet contre le dogme religieux et l’obscurantisme,
centré sur l’éducation, la raison, la vérité…. Le MÂ a souvent été vu comme période d’obscurantisme mais
à l’encontre d’une période portée par un certains nombre d’innovations. Volonté de ce siècle de substituer
l’universalisme chrétien du MÂ par un universalisme de la raison.

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