Se baigner dans la Seine ?
De nouveaux
documents renforcent le trouble
Mediapart a obtenu un document confidentiel faisant état de la découverte de milliers de
mauvais branchements de bâtiments qui rejettent leurs eaux usées dans la Seine. Les
questions s’accumulent à quelques semaines du début des JO. Les données que vient de
communiquer la mairie ne permettent pas la baignade.
Jade Lindgaard, Pascale Pascariello et Antton Rouget
14 juin 2024 à 15h05
LeLe compte à rebours est lancé jusqu’au 30 juillet. À cette date, la Seine est censée
accueillir le début des épreuves de triathlon et nage libre des Jeux olympiques de Paris
2024. Mais personne n’est aujourd’hui en mesure d’assurer que la compétition pourra bien
se tenir, malgré un programme d’investissement de 1,4 milliard d’euros (financé à parité
entre l’État et les collectivités) pour améliorer la qualité des eaux depuis 2016 et les
déclarations bravaches du président de la République.
Tandis qu’Emmanuel Macron affirmait le 23 avril encore que tout serait « prêt » et la Seine
« propre » pour les JO, les nageurs et nageuses de l’équipe de France ont renoncé à
s’entraîner sur site, lundi 10 juin, en raison des fortes pluies des semaines précédentes. Pour
les mêmes raisons, après avoir promis qu’elle se baignera dans le fleuve le 23 juin, la maire
de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé le report potentiel de ce projet des plus incertains.
Érigée en grande cause nationale, la dépollution de la Seine est devenue le secret le mieux
gardé. Mais Mediapart s’est procuré un document qui risque de refroidir même les plus
optimistes.
Des problèmes de branchements non résolus
L’explication a fait rire de nombreux spécialistes du sujet : pour justifier l’annulation, en
août 2023, de plusieurs tests du triathlon à la suite d’analyses révélant une trop forte
présence de bactéries, les autorités avaient communiqué sur une pollution causée par un
« clapet d’égout » qui aurait été « mal refermé » en amont du pont Alexandre III, où devait se
dérouler la baignade. Manière de laisser entendre qu’il suffirait de régler ce problème
technique pour la prochaine fois.
L’ancien champion de natation Jacques Tuset traverse en septembre 2006 Paris à la nage pour le
compte d'une association caritative. © Photo Jean AYISSI / AFP
En réalité, l’une des principales sources de pollution réside dans les milliers de mauvais
branchements d’habitations et de bâtiments qui rejettent leurs eaux usées dans la Seine et la
Marne en amont de Paris. La préfecture de région a coordonné, dans le cadre d’un plan
Baignade lancé en 2016, un ambitieux programme d’identification et travaux sur ces
conduites. Mais le chantier est à la fois trop immense et coûteux pour tenir les délais
jusqu’aux Jeux. But prioritaire : faire descendre la contamination en Escherichia coli (E. coli),
une bactérie issue des excréments qui peut être à l’origine de gastro-entérites ou
d’irritations cutanées et oculaires.
« Un tout petit débit rejeté avec une forte concentration peut générer un flux qui aura un impact
extrêmement fort sur la quantité de pollution en rivière, explique Jean-Marie Mouchel,
hydrologue et membre d’une équipe de recherche spécialiste de la Seine, le Piren. Ce type
de petits rejets, qui arrivent à certains moments parce que le débit dans une partie du réseau
augmente ou que les toilettes ont été tirées dans un bâtiment mal connecté, on ne le contrôle pas
du tout. »
Au moment de l’élaboration du plan de 2016, les évaluations du Syndicat
interdépartemental pour l’assainissement francilien (Siaap) faisaient état de « 35 000 »
mauvais branchements sur l’ensemble des territoires du bassin baignade. En 2020, à titre
d’exemple, sur 315 habitations ou immeubles inspectés par les services d’assainissement du
département du Val-de-Marne, 292 étaient mal branchés et 93 % des canalisations se
déversaient directement dans la rivière sans passer par la case station d’épuration,
rapportait France Bleu.
Si à l’été 2024, il reste plus de 10 000 mauvais branchements, ce sera un souci.
Michel Riottot, de France Nature Environnement
À l’été 2023, après le fiasco des tests du triathlon, la préfecture de région a insisté auprès
des collectivités sur la nécessité de « poursuivre le traitement des mauvais branchements dans
les bassins versants prioritaires », d’après un compte rendu consulté par Mediapart. Au même
moment, la ministre des Jeux Amélie Oudéa-Castéra se montrait rassurante : selon elle,
« un quart du chemin » avait été effectué dans la « perspective de corriger 23 000 mauvais
branchements ». Auditionnée huit mois plus tard à l’Assemblée nationale, la ministre a
étonnamment présenté les mêmes chiffres, comme si rien n’avait avancé. « La correction de
23 000 mauvais branchements viendra également renforcer nos réseaux d’assainissement : un
chemin très important a déjà été parcouru et le travail continue. Nous accélérerons ce rythme de
manière à atteindre notre objectif : au moins un quart de ces mauvais branchements ont été
parfaitement corrigés », a-t-elle affirmé devant les élu·es.
Ces perspectives font depuis douter plusieurs acteurs du dossier. D’abord, parce que « si à
l’été 2024, il reste plus de 10 000 mauvais branchements, ce sera un souci », comme l’a expliqué
Michel Riottot, ancien microbiologiste du CNRS qui suit le plan Baignade pour l’association
France Nature Environnement Île-de-France, dans Le Pèlerin.
Mais surtout parce que l’envergure du problème paraît bien plus importante que la
communication officielle. À mesure de leurs recherches, les équipes du Siaap ont fait
évoluer leurs prévisions initiales : elles ne sont pas de « 35 000 » mauvais branchements,
mais se situent désormais dans une fourchette comprise entre « 63 000 » et « 126 000 » en
amont de Paris, selon des documents consultés par Mediapart. Combien d’entre eux
polluent directement la zone de baignade ? Le département du Val-de-Marne, qui dirige le
comité de pilotage sur le sujet, ne nous a pas répondu.
Surtout, les équipes de terrain ont constaté que le taux de mise en conformité du réseau
est resté faible, malgré les importants investissements publics : seulement 13 000
branchements corrigés de 2019 à juin 2024. Au rythme actuel de 3 000 branchements par
an (qui a doublé par rapport à la période antérieure), des travaux d’une durée de vingt à
quarante ans seront ainsi nécessaires pour tout colmater. Et encore : cette prévision
implique qu’une fois les Jeux olympiques passés, la puissance publique maintienne le même
niveau de financement pour ce chantier pharaonique.
Des prélèvements toujours aussi opaques
La ville de Paris l’avait annoncé : à compter de la réalisation de prélèvements quotidiens, à
partir du 1er juin, elle publierait, sur la base des résultats, un « bulletin » hebdomadaire
permettant de suivre l’évolution de la qualité de la Seine. Le laboratoire « indépendant » qui
en a la charge est Eau de Paris, dont le comité scientifique compte deux représentants de la
ville de Paris (des directions de l’eau et de la santé).
Aucune précision n’a été fournie sur la localisation des huit points de prélèvement, hormis
le fait qu’ils sont effectués entre le pont Alexandre III et le pont de l’Alma, site des épreuves
olympiques prévues sur la Seine (natation sur 10 kilomètres en eau libre, nage du triathlon
et du paratriathlon), ni sur l’exhaustivité des données mises en ligne. Sur le site de la mairie
de Paris, « Comment est mesurée la qualité de l’eau de la Seine ? Notre focus », loin de
pouvoir y consulter les modalités de prélèvements, c’est le message suivant qui
s’affiche : « Oups, la page demandée n’existe pas ou n’est plus en ligne. »
Sollicité par Mediapart, le laboratoire chargé des prélèvements, Eau de Paris, nous a
renvoyé vers la mairie de Paris. Mais le cabinet d’Anne Hidalgo a refusé de nous répondre
sur les prélèvements et leurs résultats, déclarant qu’un « brief aura lieu prochainement ». La
maire devait le faire, le vendredi 14 juin à midi. Mais la conférence de presse a été annulée à
la dernière minute, au prétexte de la forte actualité nationale.
Un premier « bulletin », retraçant les résultats de quelques prélèvements (seulement quatre
sur les huit initialement annoncés) du 1er au 9 juin, a ensuite été mis en ligne sur le site de la
mairie. On y lit que le niveau de concentration en E. coli a sur toute la période été supérieur
– sauf pour la journée du 9 juin – au plafond fixé par les fédérations olympiques.
D’après la mairie, la qualité « relativement dégradée de l’eau sur le début de la période s’explique
par les mauvaises conditions observées tout au long du mois de mai, et par le cumul de
précipitations exceptionnel des derniers mois », avant de s’améliorer progressivement ensuite.
En revanche, deux augmentations importantes à partir du 4 juin au niveau des points de
prélèvement de Bras Marie et Bercy demeurent inexpliquées. « La hausse du taux d’E. coli le
5 juin, notamment en entrée de Paris sur le point de prélèvement du futur site de baignade “Bercy”
s’explique par une pollution en amont de Paris », se contente d’indiquer la mairie.
L’absence de diffusion plus régulière, et de manière exhaustive, des données sur la qualité
de la Seine de la part de la municipalité contrevient au Code de l’environnement, qui l’oblige
à communiquer sans délai toute information relative à l’environnement (article L124-2).
C’est d’ailleurs ce qui a été rappelé par la Commission d’accès aux documents administratifs
(Cada) à l’agence régionale de santé (ARS). En novembre 2023, l’agence, qui effectue ses
propres analyses, avait refusé de les fournir à France Info. Les résultats finalement adressés
par l’ARS à la radio se sont révélés catastrophiques.
L’ONG Surfrider seule dans son coin
À ce stade, seuls les résultats de Surfrider sont disponibles. En effet, cette association
européenne, qui travaille sur la qualité de l’eau et la santé des usagers et usagères, mène
depuis septembre une campagne de prélèvements bimensuels au niveau du tronçon de la
Seine, dédié aux épreuves olympiques. Mis en ligne sur son site, les résultats révèlent une
qualité d’eau souvent mauvaise, avec des bactéries, notamment E. coli, détectées à des seuils
parfois trois fois trop élevés. L’absence de transparence de la mairie empêche à ce jour
encore de confronter les données de l’ONG à d’autres prélèvements.
Dans une lettre ouverte adressée en avril à l’ensemble des organisateurs des JO, dont la
mairie de Paris, l’ONG déplore le « manque de communication » des autorités et demande à
avoir accès aux lieux des épreuves, avant et pendant toute la durée des JO, afin de
poursuivre sa campagne de prélèvements. « Or les quais de Seine seront inaccessibles d’ici
quelques semaines au niveau des épreuves de natation, s’inquiète l’association. Nous souhaitons
pouvoir être rassurés quant à la santé des athlètes, alors qu’aucun plan B n’est envisagé en cas de
mauvais résultats d’analyses. […] La santé des athlètes et des futurs baigneurs ne doit pas être
relayée au second plan. Il s’agit ici d’un enjeu de santé publique qui ne doit pas être éclipsé par une
fausse image de carte postale. »
À ce jour, Surfrider n’a reçu aucune réponse des autorités.
Une directive mais pas de contrainte
Deux bactéries, révélatrices de contaminations fécales, sont recherchées : E. coli et les
entérocoques. Selon la directive européenne sur les eaux de baignades de 2006, en eau
douce, les concentrations de ces bactéries ne doivent pas dépasser certains seuils : 1 800
UFC (unités formant colonies) pour 100 ml d’eau pour les E. coli, et 660 UFC pour 100 ml
pour les entérocoques. Les fédérations internationales de natation et de triathlon ont des
seuils plus stricts que la directive européenne : à 1 000 pour les E. coli et 400 pour les
entérocoques.
Outre le cas particulier des Jeux olympiques, pour qu’une eau soit considérée « baignable »
sur la base de la directive européenne, il faut que pendant quatre ans sa qualité ne soit pas
inférieure aux normes durant 90 % du temps. Mais cette règle « n’est pas si contraignante ».
« Elle dit que les autorités locales peuvent aller outre si elles le décident, il faut qu’elles en
informent les gens, ou ne faire les statistiques que sur trois ans. Il y a plein de dérogations possibles
finalement », explique Jean-Marie Mouchel.
L’hydrologue estime que, sur la base des résultats des quatre dernières années, plusieurs
sites prévus ne pourraient pas être ouverts à la baignade publique à partir de 2025, comme
le souhaitent les autorités. « On ferait bien d’être un petit peu prudents, poursuit l’hydrologue
Jean-Marie Mouchel. Non pas parce que les travaux a priori ne suffisent pas, mais parce que les
variabilités hydrologique et météorologique ne permettent pas de décider sur la base d’une année
de données. »
La comparaison qui fait mal
Cet historique de mesures dans la Seine est d’autant plus problématique que d’autres pays
ont choisi des limites beaucoup plus exigeantes que la France. C’est le cas des États-Unis,
où le niveau maximum d’E. coli recommandé pour les eaux de baignades est placé à des
seuils qui sont entre quatorze et quatre fois plus exigeants que le niveau français.
Aux États-Unis, c’est l’Agence de protection de l’environnement (EPA) qui a fixé ces limites
en 2012, au moment de publier ses recommandations sur les critères de qualité de l’eau.
« Ces critères sont conçus pour protéger le public à des niveaux dangereux de pathogènes, lors
d’activités qui le mettent en contact avec l’eau : la natation, le barbotage ou le surf, dans tous types
d’eau pouvant avoir un usage récréatif », explique l’agence américaine.
Pourquoi une telle disparité entre les États ? Un chercheur travaillant pour Eau de Paris
explique, sous couvert d’anonymat, qu’en préparation de la directive, la discussion « a été
faite au regard des activités économiques dans tous les pays européens ». « La question était : “Est-
ce qu’on veut qu’il y ait zéro personne qui soit malade ? Ou est-ce que sur 100 personnes qui se
baignent, 8 personnes malades, ce n’est pas très grave ?” » La réglementation actuelle repose
donc sur un point d’équilibre « qui doit permettre de ne pas fermer trop de baignades sans
rendre trop de gens malades ».
Le cas complexe de la Seine
Pour l’hydrologue Michel Poulin, « la baignade sera toujours très difficile à Paris ». Fleuve très
aménagé, avec ses nombreuses écluses pour favoriser la circulation des péniches et des
bateaux, la Seine a la forme d’« un escalier d’eau ». Elle s’écoule de ce fait très lentement,
autour de 10 centimètres par seconde.
Je pense que la santé des athlètes doit passer avant.
Ana Marcela Cunha, championne olympique en titre de natation en eau libre
Quand se forme une « flaque » de pollution d’E. coli, il faut « entre 5 et 10 kilomètres pour que
cette masse d’eau se mélange à la Seine ». La pollution peut ainsi se déplacer sur une longue
distance et toucher un plus grand nombre de personnes avant de sombrer dans la vase qui
tapisse le lit du fleuve. Lorsqu’une « péniche passe, on peut voit des bouffées de particules, qui
sont remises en suspension ». Ainsi, « les germes pathogènes survivent plus longtemps, quelques
jours » – alors que dans la Loire, par exemple, qui a conservé ses bancs de sable, le soleil
dessèche les vases et tue les bactéries.
Une absence de « plan B » qui interroge
Une alternative, quelle alternative ? Interrogé au moment de l’annulation du test event de
l’été 2023, le président du comité d’organisation Tony Estanguet a évacué toute possibilité
de repli. « Le lieu, ce sera ici [la Seine – ndlr]. C’est prévu, dans les différentes options, si la
natation n’est pas possible, qu’on passe en format duathlon », a-t-il expliqué au micro de RMC.
Un jusqu’au-boutisme qui a interpellé jusqu’à la Brésilienne Ana Marcela Cunha, championne
olympique en titre de natation en eau libre. La nageuse est allée jusqu’à appeler, en pleine
préparation olympique, à l’élaboration d’un « plan B ». « C’est une préoccupation. Il n’y a pas
eu d’événement-test l’an dernier à cause de ça, mais [les organisateurs] insistent à vouloir que les
épreuves aient lieu là-bas […]. Il faut un plan B au cas où cela ne serait pas possible de nager »
dans la Seine, a déclaré la sportive de 31 ans dans un entretien à l’Agence France-Presse.
« Il ne s’agit pas d’effacer l’histoire de la Seine, nous savons ce que représente le pont Alexandre III,
la tour Eiffel, mais je pense que la santé des athlètes doit passer avant », a appuyé la
championne, selon qui « la Seine n’est pas faite pour nager ». D’après elle, « les organisateurs
doivent accepter que, peut-être, il sera malheureusement impossible de réaliser les épreuves là où
ils le veulent ».
Les athlètes ont également été incités à prendre des pastilles de chlore ou des sels d’argent
avant la compétition.
Le directeur de l’équipe de France d’eau libre, Stéphane Lecat, lui a répondu dans L’Équipe
et Le Parisien en rappelant qu’il avait lui-même « nagé dans des endroits bien pires que la
Seine ». « Il y a encore très peu de temps, j’ai vu des nageurs aller dans des compétitions
internationales où on était loin du niveau de la Seine en termes de qualité. Très loin, mais je ne
peux pas le dire », a-t-il également affirmé, en restant évasif.
Pour mieux répondre à la championne brésilienne, Stéphane Lecat a aussi cité l’exemple des
JO de Rio en 2016, où des nageurs étaient tombés malades en raison d’une qualité des eaux
déplorable. Oubliant au passage que les athlètes de haut niveau, à l’instar du reste de la
société, évoluent dans la prise en compte des risques liés à leurs pratiques, comme dans le
cas des risques de commotion cérébrale au rugby ou au football.
Un protocole médical spécifique pour les athlètes
S’ils sont amenés à se baigner dans le fleuve parisien, les nageurs seront attentivement suivis
par des équipes spécialisées. Le médecin de l’équipe de triathlon Daniel Hirt, pour qui « la
Seine n’est pas le meilleur endroit pour nager », indique à Mediapart que « les athlètes ont une
alimentation plus riche en probiotiques » et « qu’il n’y aura pas de repérage ni d’entraînement dans
la Seine avant les épreuves, afin de minimiser les risques ». « On va éviter d’aller deux fois dans la
Seine à titre préventif », expliquait ainsi Léonie Périault, cinquième aux JO de Tokyo, dans Le
Monde l’été dernier.
D’après nos informations, les athlètes ont également été incités à prendre des pastilles de
chlore ou des sels d’argent avant la compétition. Plusieurs d’entre eux ont aussi été vaccinés
contre la leptospirose (qui est obligatoire pour les pompiers amenés à intervenir dans la
Seine, par exemple) et certains contre l’hépatite A.
Et le bain politique ?
Qu’en est-il pour Anne Hidalgo ? Interrogé sur les précautions médicales prises par la maire
lorsqu’elle se baignera, son cabinet répond qu’elle « n’a pas prévu d’avoir un régime particulier
ou des traitements spécifiques avant ou après la baignade ». « Elle prendra une douche après sa
baignade et c’est tout », affirme son conseiller presse, qui précise même que les questions de
Mediapart « ont fait beaucoup rire » Anne Hidalgo. « J’aurais pu vous répondre que la maire se
baignera en scaphandre », ajoute-t-il.
Emmanuel Macron aussi s’est engagé, le 29 avril lors de l’inauguration du village olympique, à
se baigner dans la Seine. Mais, « à ce jour, aucune date n’est préemptée », explique la
présidence. Concernant les mesures de précaution, c’est tout aussi flou : l’Élysée nous a
renvoyé vers le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), lequel nous a
recommandé de contacter le comité d’organisation, n’étant « absolument pas en charge de la
baignade du président ». En bout de chaîne, Paris 2024 a indiqué n’être « pas informé de ce
qu’il va faire et comment », avant d’ironiser : « Il a l’habitude de décider seul, c’est le problème. »
Jade Lindgaard, Pascale Pascariello et Antton Rouget