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Burkina Pomme de Terre BURKINA FASO MALI NIGER

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Stage terrain pour Agro Sans Frontières-Bretagne


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SOMMAIRE

I) PRESENTATION DU PROJET ………………………………………………………….p 5

II) CONTEXTE ET ENJEUX DU PROJET …………….…………………………………..p 6

-1- Présentation des 3 pays étudiés ………………………………………………………….p 6


a) Le Burkina Faso
b) Le Mali
c) Le Niger

-2- La pomme de terre ………………………………………………………….…………. p 11


a) Origine et histoire
b) Description botanique
c) La culture de la pomme de terre
d) Une plante aux grandes vertus nutritionnelles

-3- 2008, année internationale de la pomme de terre ………………………………………p 14

-4- Les partenaires de l’étude en France…………………………………………………. ..p 14


• Agro Sans FrontièresBretagne
• SOC-I
• Société Germicopa
• CNIPT

-5- Les objectifs du projet......................................................................................................p 16


a) Objectif général
b) Objectifs spécifiques

-6- Déroulement du séjour en Afrique sahélienne…………………………………………...p 17


a) Au Mali
b) Au Burkina Faso
c) Au Niger

III) ANALYSE DE LA FILIERE POMME DE TERRE EN AFRIQUE SAHELIENNE….p 20

-1- Aperçu général de la filière en Afrique de l’Ouest ……………………………………….p 20

-2- Le cas du Burkina Faso……………………………………………………………………p 21


 L’approvisionnement en plants
 La production de pomme de terre
a) Plantation
b) Entretien des cultures
c) Irrigation
d) Fertilisation
e) Récolte
 L’encadrement des producteurs
2
a) Les fournisseurs d’intrants
b) Les services techniques de l’Etat
c) La recherche
d) Les ONG et associations de développement
e) Les producteurs et organisations de producteurs
 La commercialisation
 La conservation

-3- Le cas du Mali………………………………………………………………………….p 31


 L’approvisionnement en plants
 La production de pomme de terre
 L’encadrement des producteurs
a) Les fournisseurs d’intrants
b) Les services techniques de l’Etat
c) La recherche
d) Les ONG et associations de développement
e) Les producteurs et organisations de producteurs
 La commercialisation
 La conservation

-4- Le cas du Niger…………………………………………………………………………..p 36


 L’approvisionnement en plants
 La production de pomme de terre
 L’encadrement des producteurs
a) Les fournisseurs d’intrants
b) Les services techniques de l’Etat
c) La recherche
d) Les ONG et associations de développement
e) Les producteurs et organisations de producteurs
 La commercialisation
 La conservation

IV) LES COLLABORATIONS D’ASF-BRETAGNE……………………………………p 41

-1- Cas du Mali…………………………………………………………………………….p 41


a) Les projets en cours au Mali
Etat de la culture de la pomme de terre au Pays Dogon
Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Sikasso
b) Proposition de nouveaux partenariats
• Djenné
• Kayes
• San
• Ségou
• Tombouctou/Gao

-2- Cas du Burkina Faso……………………………………………………………………..p 46


a) Les projets en cours au Burkina
Etat de la culture de la pomme de terre dans la province de Tapoa

3
Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Ouahigouya

Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Bobo Dioulasso


b) Proposition de nouveaux partenariats
Production de pomme de terre dans la province du Noumbiel

-3- Cas du Niger……………………………………………………………………………..p 53


a) Les projets en cours au Niger
Production de pomme de terre dans la région d’Agadez
Production de pomme de terre dans la vallée du Dallol Maouri

b) Proposition de nouveaux partenariats


• Say
• Torodi
• Ouallam
• Dosso
• Bonkoukou

V) Les PERSPECTIVES de DÉVELOPPEMENT de la FILIÈRE POMME de TERRE...p 65

Bibliographie……………………………………………….…………………………….. p 66

Annexes……………………………………………………………………………………..p 67

4
I) PRESENTATION DU PROJET

Après deux ans passés au sein de l’ENSAIA (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et des
Industries Alimentaires) à Nancy, j’ai souhaité mettre à profit mon année de césure pour mener à bien
un projet de développement rural dans des pays du Sud.

J’ai réalisé ce projet d’analyse et de structuration d’une filière pomme de terre en Afrique
sahélienne (Mali, Burkina et Niger) avec le soutien de Bernard Jouan, délégué régional d’Agro Sans
Frontières-Bretagne (ASF-B), qui m’a guidée dans le choix du sujet en avril 2007 et qui m’a fourni les
premiers contacts sur place.

Le projet choisi semble approprié au contexte malien, burkinabé et nigérien… Si on veut


tendre vers l'autosuffisance alimentaire et procurer des revenus en Afrique de l'Ouest, le développement
des cultures vivrières de diversification est indispensable. Les plantes à racines et tubercules méritent
une attention particulière en raison de leur grand potentiel de production et des possibilités
intéressantes de tenue après récolte.

La pomme de terre, à l’exception de quelques zones spécialisées, demeure encore une «petite
production » dont la consommation est souvent réservée à une clientèle aisée. Elle pourrait occuper une
place plus importante dans les systèmes maraîchers sahéliens si un certain nombre de facteurs limitants
étaient levés : accès aux semences, calendrier et pratiques de production, maîtrise du parasitisme,
conservation, commercialisation, transformations, formation-organisation paysanne, habitudes
alimentaires, etc.

Ce projet a débuté en juin 2007 avec les premières études bibliographiques et la recherche de
fonds indispensables pour mener à bien les activités prévues sur place. L’étude au Mali, au Burkina
Faso et au Niger a été réalisée du 15 janvier au 20 mai 2008. Le travail sur le terrain a consisté à dresser
un état des lieux de la production, des organisations, des problèmes et des besoins dans chaque pays
afin d'élaborer un projet global pour les années à venir. Ce rapport rend compte des résultats obtenus et
des observations liées aux activités agricoles. Il propose le matériel et les conditions les mieux adaptés
à une culture de pomme de terre contrôlée et à moindre coût. La réalisation d'un guide de vulgarisation
pour la culture de pomme de terre est également programmée.

5
II) CONTEXTE ET ENJEUX DU PROJET

-1- Présentation des 3 pays étudiés

a) Le Burkina Faso

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Le pays des hommes intègres, est un pays enclavé, défavorisé par des conditions naturelles
ingrates, presque totalement démuni de ressources minières immédiatement exploitables et habité par
une population parmi les plus denses d'Afrique. Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres du
monde : son PIB par habitant est de 250 $ en 2004.

Malgré la volonté souvent affichée par les pouvoirs publics depuis 1983 de « compter sur ses
propres forces » et les politiques régulièrement lancées d'austérité financière et de limitation des
dépenses publiques qui lui évitent de connaître une crise financière aussi grave que celle de plusieurs
pays de la sous-région, l'économie burkinabé reste largement dépendante de l'aide internationale.

Le territoire du Burkina Faso forme une pénéplaine au relief monotone, dont l'altitude moyenne
est de 300 mètres. Le climat est tropical soudanien, caractérisé par des variations pluviométriques
considérables et deux saisons très contrastées : la saison des pluies avec des précipitations comprises
entre 300 mm et 1200 mm et la saison sèche durant laquelle souffle l’harmattan, un vent chaud et sec,
originaire du Sahara. La saison des pluies dure environ 4 mois, entre mai-juin et septembre, sa durée
est plus courte au nord du pays

On peut donc distinguer trois grandes zones climatiques :

• zone sahélienne au nord du pays : moins de 600 mm de pluviométrie par an et amplitudes


thermiques élevées (15 à 45°C).
• zone soudano-sahélienne, une zone intermédiaire pour les températures et les précipitations
• zone soudano-guinéenne au sud du pays : plus de 900 mm de pluie par an et des températures
moyennes modérées.

Aux trois sous-climats soudaniens correspondent trois zones de végétation : la steppe arbustive
(climat sahélien), la savane (climat nord-soudanien) et la forêt sèche (climat sud-soudanien).

6
Quoique peu élevé et relativement peu arrosé, le Burkina a un réseau hydrographique assez
important, surtout dans sa partie méridionale. Les cours d’eau se rattachent à trois bassins principaux :
les bassins de la Volta, de la Comoé et du Niger.

L’agriculture burkinabè

Malgré des conditions naturelles d'exploitation difficiles tenant surtout aux sécheresses
catastrophiques et à des techniques rudimentaires, l'agriculture et l'élevage fournissent 45% du produit
intérieur brut et 80% des emplois.
Dominée par le coton, dont le pays est le premier producteur en Afrique avec 700 000 tonnes en
2006 destinées à l’exportation, l’économie résiste tant bien que mal à la chute des cours mondiaux.
Les cultures vivrières (mil, sorgho, maïs, riz, fonio) occupent près des 9/10ème de la surface
cultivable, mais le déficit vivrier reste chronique.
La production de riz ne parvient pas à couvrir les besoins d'une population urbaine qui lui
accorde une place croissante dans son alimentation.
En plus de traditionnelles cultures de coton et d’arachide, le Burkina se distingue de ses voisins
par ses productions de karité, de sésame et de sucre.
Premier produit d’exportation pendant de nombreuses années, l’élevage a souffert des
sécheresses successives.
Cependant, des aménagements hydrauliques offrent beaucoup des possibilités de cultures
maraîchères de saison sèche dont la pomme de terre. Les principales zones de production de pomme de
terre sont :
- Ouahigouya dans la province du Yatenga
- Karankasso Sambla dans la province du Houet
- la plaine du Sourou.

b) Le Mali

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Le Mali est le plus vaste état d’Afrique de l’Ouest après le Niger. Privé d'accès à la mer et
victime de la sécheresse qu'ont connue les pays du Sahel, le Mali est l'un des pays les plus pauvres du
monde : le PIB par habitant était estimé à 380 $ en 2005. Doté d'une agriculture particulièrement
sensible aux aléas climatiques, le Mali a du mal à nourrir sa population et est fort dépendant des
financements extérieurs.

On distingue quatre zones géographiques.

7
- Le domaine saharien couvre le nord du pays. Les pluies y sont irrégulières, rares (inférieures à
200 mm/an) et d'une efficacité biologique faible car elles n'imbibent pas profondément le sol.
De plus, le vent accentue l'évaporation de l'eau. Cependant, ces précipitations peuvent
permettre l'apparition d'un tapis herbacé qui peut nourrir temporairement les troupeaux des
tribus nomades qui traversent cette région.

- Le domaine sahélien, au centre du pays, connaît une pluviométrie variable (de 200 à 700 mm).
Cette région relativement sèche est couverte de steppe composée de petits arbres rabougris et
d'acacias (zone de pâturage), remplacée progressivement vers le Sud par de la savane (où
l'agriculture vivrière coexiste avec l'élevage).

- La région soudanaise est située dans le Sud. Elle a une pluviométrie comprise entre 750 et
1 300 mm. La végétation est constituée dans sa partie nord de savanes devenant de plus en plus
denses et se transformant progressivement en forêt claire vers le sud.

- Le delta intérieur du Niger est une région originale de 300 km de long et 100 km de large. En
période de crue (octobre-décembre), elle apparaît comme une véritable mer intérieure en zone
sahélienne. Cette situation a un effet modérateur sur le climat. Les sols hydromorphes y sont
plus riches qu'ailleurs, mais saturés d'eau, leur drainage s'impose et permet la culture du riz, du
coton, de l’arachide, du mil et du sorgho.

L’agriculture malienne

L'activité économique est surtout limitée autour de la région fluviale irriguée par le fleuve
Niger et ses affluents dont le Bani et le Sénégal à l’Ouest. Environ 10 % de la population est nomade
et environ 80 % travaillent dans l'agriculture ou la pêche.

Les cultures vivrières (mil, sorgho, maïs) constituent la base de la nourriture de la population.
Leur production est cependant irrégulière, en moyenne, une année sur quatre est catastrophique.

Le riz est cultivé dans la vallée du fleuve Niger, mais sa production est aléatoire.

L'élevage représente la deuxième ressource d'exportation, malgré l'importante contrebande dont


il fait l'objet. Il est pratiqué sur toute l'étendue du territoire et constitue la principale activité
économique dans les régions du Nord.
La pêche est une activité économique traditionnelle au Mali, qui est traversé par un réseau
fluvial dense. Mais, comme beaucoup de secteurs de l'économie malienne, elle est très dépendante des
conditions climatiques. Une partie de cette pêche est exportée vers les pays voisins (sous forme de
poisson séché surtout).

Suite à la chute du cours du coton sur le marché en 2005, les paysans maliens produisent
aujourd'hui à perte. Les agriculteurs dégagent des marges de plus en plus étroites et sont obligés de
contracter des dettes.

Le Mali est également un important producteur de mangues (200 000 tonnes) dont une faible
partie seulement est exportée (3 000 tonnes) malgré un énorme potentiel.

Les principales zones de production de la pomme de terre au Mali sont :

- la région de Sikasso au Sud Est, qui représente 80% de la production totale


- la région de Koulikoro près de Bamako
- la zone office du Niger (Ségou)
et plus récemment les régions de Mopti voire Gao et Tombouctou.
8
c) Le Niger

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Le Niger est de plus vaste pays d’Afrique de l’Ouest. Il fait partie des pays enclavés du Sahel,
sans façade maritime : c’est l'une des plus chaudes régions d’Afrique.

Le Niger figure parmi les pays les plus pauvres du monde : le PIB est de 329 $ par habitant ; le
taux d’analphabétisme est de 88% ; 63% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, 39% n’a
pas accès à l’eau potable, 70% est privée de soins de santé.

Immense pays plat parsemé de nombreuses dépressions et marqué par un ensablement


important, le Niger appartient à l'aire saharienne pour une moitié de son territoire et à l'aire sahélienne
pour l'autre moitié et pour 80% de sa population. Il est dominé dans la partie saharienne par le massif
de l'Aïr. Les plateaux forment une bande de terrain longue de 1 500 km et couvrent à peine le tiers du
pays. Leurs vallées constituent la zone d'habitat de la quasi-totalité de la population. À l'ouest, le
fleuve Niger entaille un plateau découpé par ses affluents fossiles, le Dallol Bosso et le Dallol
Maouri.

La pluviométrie annuelle (échelonnée sur 3 ou 4 mois) va de 800 mm (Gaya) à moins de 100


mm (Bilma). Le pays a subi les grandes sécheresses des années 70 et 80 et même si la situation est
actuellement moins dramatique, les aléas climatiques continuent à poser chaque année de sérieux
problèmes. Le pays est en fait en déficit alimentaire quasi chronique.

L’agriculture nigérienne

Resté longtemps à l'écart de la vie économique moderne, le Niger est un pays dont les activités
agricoles et pastorales occupent 80% de la population, 15% étant de purs éleveurs.

Réduit par les sécheresses, le troupeau s'est chaque fois rapidement reconstitué et l'élevage se
situe au deuxième rang des exportations en valeur, après l'uranium.

Les productions vivrières, mil, légumes secs et sorgho, s'étendent largement dans la zone
agricole ; le riz n'est cultivé que dans la vallée du fleuve. Les cultures commercialisables ont été
introduites, l'arachide de Dosso à Zinder et le coton de Tahoua à Maradi. Depuis les sécheresses qui ont
marqué les années 70et 80, les cultures commerciales ont régressé au profit d'un accroissement des
9
surfaces consacrées à l'agriculture vivrière. Les rendements sont faibles, soumis aux aléas de saisons
agricoles brèves et irrégulières.

Comme partout au Sahel, la baisse des rendements, l'accroissement démographique et les enjeux
fonciers qui en découlent engendrent l'accroissement des superficies mises en culture, y compris sur les
sols médiocres et fragiles et au nord de la zone réellement agricole, où les pluies et les récoltes
deviennent bien incertaines. Les déficits pluviométriques répétés, cette progression des zones cultivées
et l'accroissement de la charge pastorale empêchent par endroits la régénération du potentiel naturel. La
désertification apparaît.

Des efforts de mise en valeur et de conservation existent, notamment par l'aménagement de


surfaces irrigables et la gestion des pâturages, avec l'aide internationale et, depuis les sécheresses, avec
l'assistance directe de nombreuses ONG.

On trouve les systèmes suivants :


- le système pastoral du nord (région d’Agadez, la majeure partie de la région de Diffa, le nord
des région de Tahoua, Zinder, Maradi et Tillabéri) : ce système permet d’exploiter de façon extensive
les faibles productions fourragères du nord du pays grâce à la mobilité des troupeaux.
- le système de la zone de transition : il est basé sur le ranching auquel il faut ajouter quelques
cultures pluviales peu productives qui ont été mises en place pour faire face à l’accroissement de la
population.
- le système de la zone d’agriculture pluviale : il correspond aux zones où la pluviométrie
avoisine ou dépasse les 400 mm. Ce système correspond, entre autres, aux zones de Bonkoukou et
Dogondoutchi. Il est caractérisé par une diminution des activités d’élevage au profit des cultures
pluviales. Pour faire face à l’augmentation de la population, on a supprimé petit à petit les jachères sans
augmenter la fertilisation, au risque d’observer un appauvrissement des sols.
- les systèmes d’agriculture irriguée : ils sont présents dans le sud du pays, dans les vallées
fossiles appelées dallol (cas de la région Dogondoutchi et Bonkoukou), dans les goulbis (Maradi,
Zinder), les vallées de la Maggia et de la Tarka, et dans les systèmes de la Komadougou, du lac Tchad
et de la zone non aménagée du fleuve. La présence d’eau permet l’agriculture de contre saison de
façon intensive. Ce système permet la réalisation de deux récoltes par an et des productions variées
aussi bien céréalières (blé, maïs) que maraîchères (manioc, oignon, pomme de terre, patate douce et
légumes de toutes sortes). Ce système permet en plus de l’autosuffisance alimentaire de très bons
revenus aux exploitants, mais reste conditionné par la présence de l’eau qui peut manquer à certaines
périodes de l’année lorsque la pluviométrie s’est avérée insuffisante pour recharger la nappe. De plus,
les problèmes de conservation des produits restent présents. Il y a des pertes importantes lors des
transports des marchandises sur les lieux de consommation et une impossibilité d’étaler les périodes
commercialisation pour assurer des prix rémunérateurs
- l’agriculture d’oasis dans le nord du pays (région d’Agadez) : on retrouve les mêmes
productions que dans la situation précédente. Cette technique est la seule manière d’avoir une
production végétale dans cette zone. Elle est pratiquée par les touaregs qui se sont sédentarisés après le
remplacement de leur activité de transport (caravanage) par le camion. Cette agriculture est confrontée
à plusieurs problèmes. En premier lieu, l’isolement des lieux de production crée des contraintes pour
atteindre les zones de commercialisation. Ensuite, on assiste à un développement important de cette
activité qui pourrait à terme épuiser les ressources en eau qui conditionnent cette activité si aucun
aménagement n'est réalisé pour faciliter l’infiltration des eaux et pour diffuser des techniques
permettant des économies (microirrigation).
- les systèmes d’aménagement hydraulique : principalement utilisés pour la réalisation de la
culture de riz dans la vallée du fleuve Niger. Ces installations permettent une certaine intensification

10
mais elles s’avèrent coûteuses à entretenir. On observe donc des difficultés dans l’entretien des
ouvrages.

La pomme de terre est une culture encore très peu développée au Niger : elle ne représente que
un pour cent des productions maraîchères. Elle est concentrée dans deux zones où son importance
économique est primordiale :
- la zone de Bonkoukou (à 120 km au nord de Niamey)
- la zone de l’Aïr (Agadez)
- et plus récemment la zone de Dogondotchi

-2- La pomme de terre

a) Origine et histoire

Originaire de la Cordillère des Andes, la pomme de terre fut introduite en Europe au XVIe
siècle par les Espagnols, et est cultivée actuellement partout dans le monde. Les principaux pays
producteurs mondiaux sont la Chine et l’Inde, les principaux producteurs européens sont l’Allemagne,
les Pays-Bas, l’Angleterre, la Pologne, la France et la Belgique.

b) Description botanique

La pomme de terre est une plante vivace à multiplication végétative appartenant à la famille des
Solanacées. Cette plante à fleurs blanches ou violettes, à fécondation autogame, produit une tige
souterraine vivace également appelée stolon dont les extrémités gonflées par des réserves d'amidon
forment les tubercules comestibles.

Les tubercules constituent une réserve d'éléments nutritifs qui permet à la plante de survivre au
froid, de repousser et de se reproduire; chaque tubercule possède de deux à dix bourgeons ou « yeux »
disposés de façon hélicoïdale. Ces bourgeons se transforment en germes qui donneront à leur tour une
nouvelle plante si les conditions sont favorables.

11
c) La culture de la pomme de terre

La pomme de terre est cultivée dans plus d'une centaine de pays au climat tempéré, subtropical
ou tropical. Elle pousse surtout dans les régions au climat tempéré frais, la température étant le
principal facteur limitant de la production: le développement du tubercule est fortement inhibé quand
les températures sont inférieures à 10 °C et supérieures à 30 °C, et l'on obtient un rendement optimal
quand les températures diurnes moyennes sont comprises entre 18 °C et 20 °C.

C'est pourquoi on plante la pomme de terre au début du printemps dans les zones tempérées et à
la fin de l'hiver dans les régions plus chaudes et on la cultive durant les mois où il fait le plus frais dans
les régions tropicales au climat chaud. Sur certaines hautes terres subtropicales où les températures sont
douces et le rayonnement solaire est fort, les agriculteurs la cultivent toute l'année et la récoltent 90
jours après la plantation. Dans les régions plus froides, comme l'Europe du Nord, le cycle peut durer
jusqu'à 150 jours. Dans les régions tempérées ou subtropicales, une culture irriguée peut produire 35 à
45 tonnes/ha, rendement qui tombe de 15 à 25 tonnes/ha dans les régions tropicales.

Lorsque les feuilles de la plante jaunissent et que les tubercules se séparent facilement du
rhizome, la plante est arrivée à maturité. Selon le volume de production, on récolte les pommes de terre
avec une fourche à bêcher, une daba, une charrue ou des engins mécaniques qui arrachent le tubercule
et le secouent pour enlever la terre.

12
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d) Une plante aux grandes vertus nutritionnelles

Riche en amidon (réserve de glucides des végétaux) et en fibres, la pomme de terre possède les
qualités d’un féculent : elle est source d’énergie progressive, favorise la sensation de satiété et le transit
intestinal.

La pomme de terre est également riche en vitamine B1 - qui joue un rôle essentiel dans la
transmission nerveuse et participe à la transformation des glucides en énergie - et en vitamine C,
antioxydant qui favorise l’absorption du fer.

13
Apports nutritionnels moyens de la pomme de terre (pour 100 g cuits à l'eau)
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-3- 2008, année internationale de la pomme de terre

Si la FAO a décrété que 2008 serait l’année internationale de la pomme de terre, c’est en
réponse aux grands problèmes mondiaux tels que la malnutrition, la pauvreté et les menaces pour
l'environnement… Problèmes qui risquent de s’accroître au cours des vingt prochaines années puisque
la population mondiale devrait croître de plus de 100 millions d'habitants par an, dont plus de 95% dans
les pays en développement où la pression sur la terre et l'eau est déjà très forte.
Un défi principal que doit relever la communauté internationale consiste, par conséquent, à
garantir la sécurité alimentaire des générations présentes et futures, tout en protégeant la base de
ressources naturelles dont nous dépendons tous.

Dans ce contexte, la pomme de terre semble être une des cultures les plus aptes à remplir ces
objectifs :
• sa culture est parfaitement adaptée aux sites où les terres sont limitées mais où la main d'oeuvre
abonde, conditions qui caractérisent une grande partie du monde en développement
• la pomme de terre produit la plus grande quantité de matière nutritive à l’hectare, par jour
d’occupation du sol donc aussi par jour de consommation d’eau (85% de la plante est
comestible pour l'homme, contre environ 50% pour les céréales)
• elle possède de bonnes vertus nutritionnelles
• la pomme de terre n’entre pas en concurrence dans les calendriers de travail avec les cultures
vivrières traditionnelles de saison des pluies
• la demande de pomme de terre est en hausse. Si la consommation de pommes de terre a reculé
en Europe, elle a augmenté dans le monde en développement, passant de moins de 10 kg par
habitant en 1961 à 21,53 kg en 2003. Elle reste encore nettement inférieure à celle de l'Europe
(93 kg/an), mais tout semble indiquer qu'elle enregistrera une forte hausse à l'avenir.

-4- Les partenaires de l’étude en France

• Agro Sans Frontière Bretagne

Agro sans Frontière est une association nationale organisée en « délégations régionales ». Ses
principaux objectifs sont de contribuer au développement durable et à la sécurité alimentaire, dans
les pays du Sud, en intervenant sur l’environnement (protection et gestion des ressources naturelles),
14
sur l’amélioration et la diversification des productions (végétales et animales), sur les acteurs
(formation, organisation, conditions de vie et de travail).
La délégation-Bretagne composée d’environ 200 membres (adhérents individuels ou
associatifs) intervient principalement en Afrique Sahélienne : Mali, Burkina Faso, Niger, Sénégal,
Guinées… Elle travaille essentiellement en réseau et collabore avec une trentaine d’associations ou
organisations, tant françaises que locales, auxquelles elle s’efforce d’apporter ses connaissances et son
expérience.

Quelques types d’actions soutenues :

- 1 - Appui au développement et la diversification des cultures maraîchères dontla pommede


terre : approvisionnement et production locale de semences, conservation, pratiques culturales,
accompagnement technique, etc.

- 2 - Appui à la création d’élevages familiaux ou associatifs sédentaires : aviculture, embouche


(ovine, bovine).
- 3 - Participation à des actions dans le domaine de l’environnement et de la gestion des
ressources : protection des sols, aménagement de périmètres maraîchers, protection et valorisation du
patrimoine arboré, etc.
- 4 - Participation à des formations à tous les niveaux :
+ accompagnement technique sur place (techniciens d’ASF), sessions de formation à l’occasion de
missions, organisation de séjours de formation en France,
+ accompagnement d’étudiants français : stage BTS ou post BTS, école vétérinaire, mémoire de Master
2, année de césure des ENSA, etc.
- 5 - Education au développement : 10 à 20 interventions annuelles en France : Collèges,
Etablissements d’enseignement agricole, collectivités, associations, manifestations diverses.
- 6 - Appui à la valorisation des produits : participation à de petites expériences de « commerce
équitable » : mangues séchées, confitures, fonio, échalotes séchées.
- 7 - Participation à la vie et aux activités de nombreuses associations intervenant en Afrique en
apportant des appuis techniques ponctuels ou en y assumant parfois des responsabilités.

• SOC-International

SOC-International est une association dont le siège est à Béthune. Depuis de nombreuses années cette
association a pris l’option de soutenir la production de pommes de terre dans les pays du sud et
particulièrement en Afrique subsaharienne. Elle a conduit de multiples actions : organisations de
formations et d’ateliers d’échanges, adaptations variétales, laboratoires de multiplication in vitro,
organisation de la production locale de plants et de la conservation, etc.
Le partenariat SOC-I/ASF-Bretagne existe depuis plus de 10 ans, en particulier au Mali, Burkina,
Niger.

• Société Germicopa

La station de recherche de GERMICOPA est située à Châteauneuf-du-Faou en Bretagne


(Finistère). L’activité de création de variétés nouvelles y est développée depuis 1947, soit plus de
cinquante années d’expertise mises au service de la filière.
Un personnel qualifié, composé de 9 employés permanents et de personnel saisonnier réalisent la
conception, l’expérimentation et la gestion du plant des hybrides sur 15 ha en Bretagne.

15
Un réseau d’expérimentation, en collaboration directe avec des producteurs, comprend plus de
3 500 parcelles réparties sur près de trente sites en Europe (Allemagne, Espagne, France, Hollande,
Italie, Portugal) et sur le pourtour méditerranéen (Chypre, Maroc, Tunisie). Ce réseau permet
d’évaluer l’adaptation agronomique des variétés dans des conditions normales d’exploitation très
diversifiées, pendant 4 à 6 années avant inscription sur une liste nationale. En outre, les résistances aux
principales maladies et parasites (mildiou, nématode, gales, rhizoctone) et l’adaptation aux utilisations
et transformations (frite, chips, fécule, qualités culinaires...) sont activement testées.

Les combinaisons de caractères favorables à réunir au sein d’une même variété étant
différentes selon les marchés, 8 "idéotypes" ont été définis pour couvrir l’ensemble des besoins en
variétés de pomme de terre.
Chaque année, sont réalisés quelques 1 000 croisements naturels et 60 000 graines sont semées.
Environ 20 % des hybrides sont retenus chaque année au cours d’un cycle de sélection qui dure 7 à
8 années avant que deux à trois variétés soient sélectionnées et proposées à l’inscription au catalogue
communautaire.

Une gamme complète de 40 variétés privées est maintenant proposée à la profession.

• CNIPT

Le Comité National Interprofessionnel de la Pomme de Terre est une interprofession au service


des professionnels de la filière pomme de terre.

Créé par et pour tous les acteurs de la filière, dans le cadre de la loi du 10 juillet
1975, le Comité National interprofessionnel de la Pomme de Terre (CNIPT) a pour
objectif de valoriser la pomme de terre de consommation française sur le marché du
frais.
Tous les opérateurs du secteur de la pomme de terre, de la production à la distribution,
participent, grâce à leurs cotisations, à ce but.

/HV  RUJDQLVDWLRQV  PHPEUHV  GX  &1,37  VRQW  DLQVL  OHV  SOXV  UHSUpVHQWDWLYHV  GH  OD  ILOLqUH 
3URGXFWLRQ  8137 8QLRQ  1DWLRQDOH  GHV  3URGXFWHXUV  GH  3RPPHV  GH  7HUUH 
&RRSpUDWLRQ  )(/&223 )pGpUDWLRQ  )UDQoDLVH  GH  OD  &RRSpUDWLRQ  )UXLWLqUH  /pJXPLqUH
 HW+RUWLFROH
&RPPHUFH  GH  JURV  )('(320 )pGpUDWLRQ  )UDQoDLVH  GHV  6\QGLFDWV  GH  1pJRFLDQWV  HQ
 3RPPHV  GH  7HUUH  HW  /pJXPHV  HQ  *URV
&RXUWLHUV  61&37 6\QGLFDW  1DWLRQDO  GHV  &RXUWLHUV  HQ  3RPPHV  GH  7HUUH  HW  )UXLWV  HW  /pJXPHV 
'LVWULEXWLRQ )&' )pGpUDWLRQ  GX  &RPPHUFH  HW  GH  OD  'LVWULEXWLRQ
'pWDLOODQWV81)' 8QLRQ1DWLRQDOHGHV6\QGLFDWVGH'pWDLOODQWVHQ)UXLWVHW/pJXPHV

Le CNIPT est le principal partenaire financier de cette étude

-5- Les objectifs du projet

a) Objectif général

+ promouvoir la culture de la pomme de terre en saison fraîche et sèche (d’octobre à mars) au


Mali, au Burkina Faso et au Niger
+ faire le point sur les actions d’Agro Sans Frontière et de SOC International dans ces 3 pays :
suivi des phases de culture, de récolte, de commercialisation, de mise en conservation
+ orienter les actions d’ASF et de ses partenaires dans les années à venir

b) Objectifs spécifiques
16
+ visiter les principales zones de production traditionnelles et émergeantes
+ faire par zone de production un état des lieux des cultures, des récoltes, de la
commercialisation de la conservation, de la formation, organisation, accompagnement technique, etc. :
points forts, points faibles, améliorations possibles
+ faire un état des lieux des actions soutenues par ASF et SOC-I en matière de promotion des
cultures de consommation d’une part et de l’organisation de la production de plants d’autre part
+ proposer un plan d’action à ASF pour de futures interventions au Mali, au Burkina Faso et au
Niger : où poursuivre les efforts, où implanter de nouvelles zones de productions, quels partenaires
impliquer ?

-6- Déroulement du séjour en Afrique sahélienne

Pour atteindre les objectifs fixés, je me suis rendue au Mali, au Burkina Faso et au Niger du 15
janvier au 13 mai 2008. Je me suis rendue 2 fois au Mali (pour une durée totale de 7 semaines), 2 fois
au Burkina (7 semaines) et une fois au Niger (3 semaines).

Au cours de ces 4 mois en Afrique sahélienne j’ai pu rencontrer :

a) Au Mali

• Bamako :
 rencontre avec Mme Thera Aïssata Traoré du Programme Fruits et Légumes de l’institut
d’économie rurale (IER Sotuba)
 rencontre avec M. Mohamed Soumaré, coordinateur technique national du programme de GIPD
de la FAO

• Sévaré :
 rencontre avec Moumouni Koné, technicien d’ASF
 visite du site de Médinakoura

• Bandiagara :
- rencontre avec Yaïguéré Tembély dite « Fifi », présidente de l’association féminine YA-G-TU
- rencontre avec David Tembély, coordinateur de l’Association de Jumelage et Coopération
Rennes/Plateau Dogon
- visite des sites de Djoundjourou, Tégourou, Kokolo, Sangha, Dourou et Djimini avec Hamidou
de YA-G-TU et Moumouni d’ASF
- visite du magasin de conservation et de la chambre froide de l’association YA-G-TU

• Koulikoro :
 rencontre avec M. Sidibé Abdoulaye du laboratoire de production de semences de Katibougou

• Sikasso :
 rencontre avec M. Fatogoma Sanogo du Programme Fruits et Légumes de l’IER de Sikasso
 rencontre avec M. Oumarou Sanogo, animateur de l’Association des Organisations
Professionnelles Paysannes (AOPP)
 rencontre avec M. Brehima Dagnoko de l’USAID
 rencontre avec M. Harouna Konaté, PDG de la Sikassoise
 rencontre avec M. Oumar Tambora, chef du secteur de l’agriculture du cercle de Sikasso et ses
collaborateurs
17
 visite des sites de Sirakorotiemologa et Kamélésirakoro avec M. Draman Sogodogo chef du
secteur de l’agriculture de la commune urbaine de Sikasso et responsable du programme GIPD

• Djenné :
 entretien avec M. Ibrahim Kontao de l’association Vitré-Djenné
 visite des sites maraîchers en périphérie de la ville
 visite du magasin de conservation

• San :
 entretien téléphonique avec M. Boubacar Traoré du GIE San Toro Agriculture

b) Au Burkina Faso

• Bobo Dioulasso :
 rencontre avec M. Irénée Somda, chercheur phytopathologiste de l’université de Bobo
Dioulasso et correspondant d’ASF
 rencontre avec M. Jacob Sanou, directeur de l’INERA de Bobo Dioulasso et président d’ASF
Burkina
 visite de l’INERA de Bobodioulasso
 visite des sites de Karangasso
 rencontre avec M. Mamadou Traoré, vice-président du réseau National des Producteurs de
Pomme de Terre (RNPPT)

• Ouagadougou :
 rencontre avec M. Souleman Konaté du Service National des Semences
 rencontre avec M. Joanny Konditamdé, PDG de King Agro
 rencontre avec M. Yacouba Kanazoé de la FEdération des Professionnels Agricoles du Burkina
(FEPAB)
 rencontre avec M. Etienne Kaboré, directeur de la Promotion des Filières Végétales du
ministère de l’Agriculture
 rencontre avec le Professeur Alhouseini Bretaudeau, ancien directeur du laboratoire de
Katibougou (au Mali) et actuel secrétaire exécutif du CILSS
 rencontre avec le Docteur Elisée, responsable du département Agro-Ecologie au Centre
Ecologique Albert Schweitzer (CEAS)
 rencontre avec M. Eloi Nombre, agriculteur de la province du Noumbiel
 visite du laboratoire de Kaboinsé avec le Professeur Gnissa Konaté, directeur de l’INERA
 rencontre avec M. Patrick Delmas, chargé de mission Agriculteurs Français et Développement
International (AFDI) Afrique de l’Ouest
 SOciété Burkinabée de Fruits Et Légumes (SOBFEL)

• Ouahigouya :
 rencontre avec M. Hubert Badiel, responsable de la cellule agro-économique du groupement
Naam
 rencontre avec M. Philippe Somé, ancien responsable du comité d’animation commerciale du
groupement Naam
 visite des sites de Goinré, Titao, Ninigui
 entretien avec Mme Man, vendeuse de pomme de terre

18
• Vallée du Sourou :
 entretien avec M. Aziz Nikiéma, chef de zone de l’exploitation agricole de M. Bonaventure
Ouédraogo à Niassan

• Diapaga :
 entretien avec M. Fimba Ouali, président du groupement des producteurs de fruits et légumes
 entretien avec Mme Elisabeth Coulidiaty, animatrice de La Maison du Paysan
 visite des sites de Tansarga, Tambaga, Fouani, Boulel avec M. Dieudonné Yougbaré de la
FEPAB
 visite du magasin de conservation de Boudiéri

c) Au Niger

• Niamey :
 entretien avec le Professeur Adam Toudou de l’Université de Niamey
 entretien avec Mme Ramatou Sidikou, responsable du laboratoire de production de plants de
l’Université de Niamey
 entretien avec Issa Adamou, technicien ASF et phytopathologiste de l’Université de Niamey
(thèse en cours sur le Ralstonia)
 entretien avec le Docteur Moussa Baragé de l’Université de Niamey, représentant d’ASF Niger
 entretien avec M. Nourou Tall de la FAO
 entretien avec M. Zakari-Yaou Seydou, directeur de l’Action Coopérative et de la Promotion
des organismes ruraux
 entretien avec M. Kogo Salao Abdou, du service de la Protection des Végétaux
 entretien avec M. Aboubacar Mamadou Kourna, DG de l’Agriculture
 entretien avec M. Issaka Abdoulaye, chargé de programme à la Plate-Forme Paysanne du Niger
(PFP/N)
 entretien avec M. Illiassou Dandakoye et M. Ibrahim Marman de la Fédération des Unions des
Groupements Paysans du Niger (FUGPN-Mooriben)
 entretien avec M. Bagnou, président de la Fédération des Coopératives Maraîchères du Niger
(FCMN-Niya)
 entretien avec Mme Suzanne Prada, directrice adjointe de l’AFD
 entretien avec Mme Harouna du Service de la Coopération Technique Belge
 entretien avec Mme Delaunay de la Coopération Canadienne
 visite de l’exploitation agricole de Gabougoura de Boubacar Wancoye, président de la société
Agro Niger
 entretien avec le Docteur Krumar de l’ICRISAT

• Bonkoukou :
 entretien avec M. Aurélien Zotti, président de l’ONG Développement de la Femme Rurale et
chercheur à l’INRAN
 entretien avec M. Ousmane Garba, président de l’Union des Coopératives Maraîchères de
Bonkoukou
 entretien avec M. Harouna Djibril de l’ONG SOS Sahel

• Dogondoutchi :

19
 entretien avec M. Illia Warou, représentant ASF, M. Oumarou Yaro et M. Abdoulaye Ibrahim,
animateurs ASF de l’ONG Action pour le Renforcement des Initiatives de DEveloppement
Local (ARIDEL)
 Catholic Relief Service (CRS)
 visite des sites de Matankari, Argoum, Kalonmota
 visite du magasin de conservation de Dogondoutchi
 entretien avec M. Hamza Allassane, président de l’Union des maraîchers de la zone de
Dogondoutchi

• Dosso :
 entretien avec Mme Djermakoya Hadji Maimouna, présidente de l’ONG Association Féminine
pour la Promotion et l’Education de la Femme (AFPEF Doubani)
 visite du site de Karguibangou

• Say :
 entretien avec M. Djibo Konguizé, directeur adjoint de la Direction Départementale de
l’Agriculture de Say et M. Talhatou Naino des statistiques agricoles
 entretien avec M. Abdoul Aziz, président de l’Union des Producteurs d’Oignon et Activités
Maraîchères (UPOAM) et M. Ali Boye, trésorier
 visite des sites de Koba

• Torodi :
 entretien avec M. Salou Moumouni, président de l’Union des Groupements des Producteurs
pour la protection de la Couche d’Ozone (UGPCO) et les femmes du groupement Cernafa
 visite des sites de Djoga
 entretien avec M. Morou Alidou, chef du service communal du Développement Agricole de
Torodi
 entretien avec M. Cissé Moulaye Abdoul Salam, responsable du poste de contrôle
phytosanitaire

• Ouallam :
 rencontre avec M. Amidou Amadou, maire de la commune de Ouallam
 rencontre avec les femmes de la coopérative Albarka
 visite du site de Tinga

III) ANALYSE DE LA FILIERE POMME DE TERRE EN AFRIQUE SAHELIENNE

-1- Aperçu général de la filière en Afrique de l’Ouest

La production des pays ouest-africains est négligeable au plan international. Les principaux
pays producteurs sont le Nigéria, le Cameroun, le Sénégal, le Mali et la Guinée. A l’exception de
quelques échanges frontaliers difficiles à estimer, la production des pays ouest-africains est destinée
essentiellement à satisfaire la demande nationale. Les circuits de distributions se présentent sous
diverses formes allant de la relation directe entre le producteur et le consommateur jusqu’à
l’intervention de nombreux intermédiaires. En général toutefois, la commercialisation de la pomme de
terre emprunte un circuit long où interviennent collecteurs, courtiers, grossistes, demi-grossistes et
détaillants.

20
Concernant les importations européennes, les Pays Bas dominent largement ce marché avec
environ les 2/3 du total des importations, suivi de la France pour le reste. Pour ces pays, le marché
ouest-africain représente une part négligeable de leurs exportations de pommes de terre, soit
respectivement moins de 3% et 1%.

L’importance de la pomme de terre dans le budget des ménages représente dans tous les pays
moins de 1% des dépenses alimentaires. Contrairement à l’oignon, la pomme de terre ne fait pas partie
des habitudes alimentaires des africains. Elle est consommée essentiellement en milieu urbain par les
ménages aisés qui veulent varier leur menu. En fait la pomme de terre a longtemps été un mets
méconnu des classes les plus pauvres et peut encore être considérée comme un produit de luxe dans la
sous région, mais cette situation tend à disparaître grâce à sa vulgarisation.

Les zones de production de pommes de terre, relativement limitées, comprennent


principalement la région de Sikasso au Mali, la zone sud des Niayes entre Dakar et Saint-Louis au
Sénégal, la région de Mamou dans le Fouta Djalon en Guinée et le centre du Burkina Faso. La culture
est pratiquée surtout en saison sèche (octobre à mai) sur des terres libérées des cultures céréalières, à
proximité des cours d’eau, des barrages, des forages ou des puits traditionnels. Elle est le fait de
producteurs individuels, bénéficiant parfois de l’appui de projets de développement ou d’ONG.

Les périodes de plantation et de récolte sont relativement homogènes dans la sous-région avec
quelques variations d’un pays à l’autre. La pomme de terre étant essentiellement une spéculation de
contre-saison, l’installation de la culture se fait en majorité en novembre et décembre et le gros de la
récolte se fait en mars et avril.

Les arrivages massifs sur le marché expliquent les chutes importantes de prix à partir de mars.
Comme la demande pour la pomme de terre est relativement constante au cours de l’année, les
fluctuations de prix sur le marché dépendent essentiellement de l’offre globale. Dans tous les pays, les
prix sont généralement au plus haut en octobre et novembre, alors que le marché n’est approvisionné
que par la pomme de terre importée, pour diminuer après et atteindre leur plancher en mars/avril. Par
la suite ils reprennent leur cycle ascendant jusqu’à la fin de l’année.

Une production précoce (en primeur) existe un peu partout mais elle ne représente qu’une très
faible partie de la production.
Les rendements moyens varient considérablement d’un pays et même d’une zone à l’autre.
Selon les données tirées de diverses études sur le terrain, les rendements à l’hectare seraient de l’ordre
de 20 tonnes au Burkina et au Mali, de 15 à 20 tonnes en Guinée et de moins de 15 tonnes au Sénégal
et au Niger. Toutes ces données sont sujettes à caution et ne sont citées qu’à titre indicatif.

Il est difficile de comparer avec précision les coûts de production, les diverses études réalisées
dans la sous-région n’utilisant pas toujours les mêmes approches. Les coûts unitaires de production
varient en fonction des conditions pédologiques, climatiques et économiques dans lesquelles opèrent
les producteurs, conditions qui influencent à la fois les rendements et les facteurs de production. En
outre il faut tenir compte des coûts de transport jusqu’aux marchés de consommation. Les semences
constituent partout le principal poste de dépenses, suivi par la main d’œuvre et les engrais.

-2- Le cas du Burkina Faso

 L’approvisionnement en plants

Les semences sont des plants certifiés d’origine principalement française et ne sont disponible
généralement qu’au mois de novembre. Le Burkina Faso est entièrement dépendant de l’extérieur pour

21
son approvisionnement en semences, la production locale étant négligeable. Il importe annuellement
entre 150 et 250 tonnes de plants certifiés qui sont vendus aux producteurs entre 900 et 1250 CFA/kg.
L’approvisionnement en semences est assuré par des structures privées : les organisations de
producteurs (FNGN) et les sociétés comme King Agro, GEx…

Semences par variétés au Burkina

100
90
80
Aida
70 Atlas
Tonnage

60 Claustar
50 Daisy
40
Odessa
30
Pamina
20
10
Sahel
0

2003-2004 2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008


Campagne

Quantité de semences Germicopa importées au Burkina Faso au cours des 5 dernières campagnes

Cependant, devant les difficultés récurrentes d’approvisionnement en semences certifiées


importées (arrivée tardive, quantités insuffisantes, caisses parfois pourries…) les paysans ont développé
des initiatives pour trouver des solutions palliatives : la reconduction de plants à partir des cultures
de consommation. Les systèmes diffèrent selon les zones de production.

Dans la zone de Ouahigouya, au nord-ouest du Burkina, les petits calibres récoltés en février et
issus des cultures de consommation implantées avec des semences certifiées d’importation sont
conservés jusqu’à la campagne suivante et sont plantés tôt (fin septembre - début octobre) pour les
productions de primeurs.

Dans la région de Bobo-Dioulasso, au sud-ouest du Burkina, on retrouve le système d’échange


de matériel entre producteurs de deux villages (Karankasso Sambla et Toronso) similaire à celui
pratiqué dans la région de Sikasso au Mali : les petits calibres récoltés à Karankasso Sambla, au lieu
d’être conservés jusqu’au mois d’octobre, sont confiés aux producteurs de Toronso, situés en altitude,
pour être plantés en saison des pluies. A la récolte des cultures de saison des pluies, les petits calibres
sont restitués aux producteurs de Karankasso Sambla pour être plantés en novembre-décembre.

Avantages :
Ÿ disponibilité de plants pour les cultures de primeur
Ÿ coûts réduits des plants

Inconvénients :
Ÿ plants de qualité sanitaire et physiologique généralement médiocre
Ÿ quantité de plants disponibles aléatoire selon les conditions de culture et de conservation
Ÿ risque de mélange variétal
Ÿ conduites des cultures non adaptées à l’obtention de plants de qualité

22
Depuis 2004, le professeur Gnissa Konate et son équipe de l’INERA (l’institut de recherche
étatique) développent le laboratoire de Kaboinsé (à quelques kilomètres de Ouagadougou). Ce
laboratoire produit depuis 2007 sept variétés de vitroplants et envisage la production de
microtubercules et minitubercules (le laboratoire a acheté 2 grandes serres à cet effet). L’objectif
affiché par le laboratoire est de réussir à couvrir les besoins en semences du Burkina Faso d’ici 2012,
soit 500 tonnes/an. Les semences burkinabès devraient être vendues entre 500 et 600 CFA/kg, soit
quasiment la moitié du prix des semences importées.

Ces vitroplants sont actuellement multipliés sur le site de 3ha à Katchari, près de Dori (Nord-Est
du pays). Ce site, proche du barrage de Yacouta dispose d’un système d’irrigation goutte à goutte et
bénéficie d’une faible pression parasitaire et d’un sol sabloneux permettant une récolte manuelle facile
(peu de blessures des tubercules).

Le rendement obtenu à partir de vitroplants est actuellement de 20 tonnes/ha. Actuellement des


négociations sont en cours avec la SOBEFEL pour louer leur chambre froide à 4°C afin de conserver 6
tonnes de semences (ce qui reviendrait à un coût supportable de 100 CFA/kg pour 6 mois de stockage).

Compte tenu de l’impossibilité pour les fournisseurs de plants européens d’approvisionner les
producteurs burkinabès à temps pour les cultures de primeurs, une production locale de plants devrait
viser prioritairement ce marché. Dans un premier temps elle ne devrait pas chercher à se substituer
complètement aux importations traditionnelles de plants mais plutôt à se positionner sur le créneau
laissé vacant par celles-ci.

 La production de pomme de terre

Les principales zones de production sont localisées dans les provinces du Yatenga, du Houet, du
Sourou et du Bazéga. La pomme de terre est cultivée en contre saison comme les nombreuses
spéculations maraîchères. La culture est nécessairement irriguée et la disponibilité d’une source d’eau
est une condition sine qua non à son implantation.

Le niveau de la production nationale reste difficile à apprécier mais est estimé entre 3000 et
4000 tonnes. Cette production est loin de satisfaire la demande nationale, d’où les importations
régulières de pomme de terre de consommation.

La pomme de terre, qui était considérée comme une culture de rente, tend à devenir aussi une
culture de diversification alimentaire.

23
a) Plantation
Les producteurs ne disposent
généralement pas de parcelles de grandes
superficies. Le choix des parcelles de culture
de pomme de terre est souvent limité eu
égard au fait que les producteurs de pomme
de terre sont avant tout des maraîchers. La
rotation des cultures n’est généralement pas
observée et quand elle l’est, la succession des
cultures n’est pas toujours appropriée (on
retrouve souvent d’autres Solanacées sur la
parcelle après la pomme de terre).

Les dates de plantation s’échelonnent


de fin septembre, pour la production de
pomme de terre primeur, à début janvier,
pour la production de contre-saison. Les
cultures de primeurs sont réalisées à partir
de plants reconduits des cultures de
consommation de la campagne précédente.
La production en saison pluvieuse est
Préparation d’une parcelle de pommes de terre, anecdotique, jusque là aucun des essais
Bonkoukou, Niger réalisés ne s’est avéré très concluant.

Les variétés plantées sont celles qui sont disponibles sur le marché, les variétés cultivées sont
peu nombreuses et dominées par la variété Sahel.

La pratique du sectionnement des plants à la plantation est quasi systématique. Les raisons
invoquées sont d’ordre économique : coût élevé de la semence qui incite le producteur à optimiser le
rapport prix de la semence / surface plantée. Le manque de mesures préventives pour minimiser les
risques d’infection lors de cette opération est cependant à déplorer.

Les densités de plantation pratiquées sont de l’ordre de 110 000 tiges à l’hectare (écartements
de 30 cm x 30 cm entre semenceaux sur le rang et entre rangs).

Problèmes posés :
Ÿ augmentation des problèmes sanitaires liés au sol ;
Ÿ risque de baisse de fertilité du sol ;
Ÿ variétés pas toujours adaptées aux conditions agroécologiques des zones de production ;
Ÿ manques à la levée accrus par le sectionnement des plants ;

24
b) Entretien des cultures

L’entretien des cultures est


empirique. Il se limite à un désherbage
manuel généralement combiné au buttage.
Les traitements insecticides, quand ils
existent, sont réalisés à la demande
(observation de pullulements d’insectes) à
des doses non raisonnées et bien souvent
avec des produits non adaptés (j’ai constaté
que de nombreux producteurs utilisent des
produits destinés au coton voire d’origine
inconnue qu’ils achètent au marché).

Buttage, Ouahigouya, Burkina Faso

Problèmes posés :
Ÿ non intervention à temps de certaines opérations, ce qui peut être dommageable à la qualité des
tubercules (verdissement dans le cas de buttage insuffisant) et aux rendements (concurrence des
adventices dans le cas de désherbage tardif) ;
Ÿ risques de pollution de l’environnement.

c) Irrigation
En culture de saison sèche et
froide, la pomme de terre est entièrement
irriguée. Le système d’irrigation le plus
utilisé est l’irrigation par arrosoir suivi par
l’irrigation gravitaire à la raie. Dans le cas
de l’irrigation par arrosoir, la fréquence
d’arrosage est journalière et les doses
d’arrosage sont souvent excessives et
irrégulières. Dans le cas de l’irrigation à la
raie, les fréquences d’arrosage sont
généralement de deux jours et la régularité
de l’irrigation dans le temps et dans
Irrigation à la raie, Burkina Faso l’espace est plus délicate à gérer.

Problèmes posés :
Ÿ qualité de présentation des tubercules (crevasses, excroissances) ;
Ÿ risques accrus de pourriture des tubercules.

d) Fertilisation

25
L’apport d’amendements organiques est
une pratique généralisée mais les quantités
épandues sont aléatoires au gré des possibilités
d’approvisionnement. Les engrais minéraux sont
également largement utilisés. Toutefois, les
formulations choisies ne sont pas forcément
adaptées à la culture de pomme de terre et les
quantités apportées ne sont pas raisonnées selon
les besoins de la plante (l’entretien avec de
nombreux producteurs nous montre que les doses
appliquées sont en deçà des recommandations).
Bien souvent les agriculteurs ont recours à l’urée
qui est contre-indiquée si une conservation à la
récolte est envisagée.

Préparation du compost, Diapaga, Burkina Faso

Problèmes posés :
Ÿ dans les cas de sous fertilisation, le potentiel de production n’est pas atteint ;
Ÿ les formulations non adaptées influent sur la quantité et la qualité de la récolte ;
Ÿ une surfertilisation organique ou minérale peut être à l’origine de problèmes sanitaires (en
végétation ou en conservation).

e) Récolte

Au Burkina Faso, la récolte des


pommes de terre se fait manuellement ; rares
sont les exploitations qui ont mécanisé cette
culture.

La récolte se fait généralement après


observation d’un délai d’environ une
semaine entre l’arrêt de l’irrigation et
l’arrachage. Notons que peu de soins sont
apportés à la manipulation des tubercules lors
de la récolte.

Récolte manuelle de pommes de terre à Ouahigouya,


Burkina Faso

26
Problèmes posés :
Ÿ dépréciation de la qualité des tubercules (tubercules blessés) ;
Ÿ récolte exigeante en temps et main d’œuvre.

L’analyse des problèmes rencontrés au cours des différentes opérations culturales permet de
diagnostiquer une maîtrise insuffisante de la phytotechnie de la pomme de terre par les producteurs.
Ces problèmes sont autant de facteurs qui limitent fortement la productivité des parcelles de culture de
pomme de terre.

Les acteurs de la production :


 les producteurs indépendants, qui ne sont affiliés à aucune organisation de producteurs
 les organisations de producteurs comme la FNGN qui fournissent les intrants à crédit en début de
campagne à leurs adhérents demandeurs. Ceux-ci s’engagent en retour à livrer à leur organisation
leur production à la récolte à un prix fixé par avance. L’organisation paie alors les producteurs en
déduisant le prix des intrants qu’elle a fournis à crédit en début de campagne. Cependant les
mauvais payeurs et le non respect du contrat par certains paysans qui préfèrent vendre directement
leur récolte sur le marché quand le prix est plus rémunérateur ont conduit au dysfonctionnement de
ce mode d’intervention.
 les sociétés commerciales, comme la société « Pro Agro » de M. Ouedraogo Bonaventure dans
la vallée du Sourou à Niassan et ses 45ha exploités en pomme de terre. Cette exploitation
(mécanisée, une exception en Afrique sahélienne !) a nécessité de gros investissements au départ,
emploie plus de 200 personnes au moment de la récolte et possède 6 chambres froides de 1300
tonnes à Ouagadougou pour conserver semences et tubercules.

 L’encadrement des producteurs

a) Les fournisseurs d’intrants

Ces structures centralisent les besoins exprimés par les producteurs et les ajustent pour faire la
commande auprès de leurs fournisseurs locaux et étrangers. On distingue :
 les agro-fournisseurs classiques, qui importent et/ou distribuent les semences, engrais et pesticides
et parfois le petit matériel agricole. C’est le cas de la société King Agro.
 les organisations de producteurs n’importent que les plants de pomme de terre, pour les seuls
besoins des producteurs membres de la structure. Pour les autres intrants ils s’approvisionnent
localement auprès des agro-fournisseurs classiques. C’est le cas de la FNGN et de l’UCOBAM.

La FNGN, importe la semence de pomme de terre de France, elle traite avec Germicopa. Elle
vend la caisse de 25kg entre 25000 et 30000 CFA. Cette somme doit être payée comptant par les
particuliers, les groupements affiliés à la FNGN disposent eux d’un crédit : ils avancent 50 à 75% du
prix de la caisse et remboursent le reste après la récolte (en CFA ou en pommes de terre).

 les partenaires au développement interviennent généralement dans le cadre d’opérations


ponctuelles. Ils commandent des intrants pour les besoins des organisations de producteurs qu’ils
appuient. C’est le cas d’ASF Burkina.
b) Les services techniques de l’Etat

Depuis la mise en œuvre des mesures d’ajustement structurel au niveau du secteur agricole, le
rôle des services de vulgarisation s’est réduit désormais à l’appui-conseil des producteurs. Ils doivent à
travers cet appui véhiculer les messages des chercheurs aux producteurs. Il y a malheureusement de
moins en moins d’intervention de l’Etat et de plus en plus de privés et d’ONG.

27
c) La recherche
Elle est chargée de générer des technologies appropriées et adaptées aux différentes
conditions de cultures. Au Burkina Faso l’INERA est la structure publique en charge de la
recherche agricole. Le peu de travaux réalisés par la Recherche porte pour l’essentiel sur les tests
variétaux.

LE PROJET CORUS (Coopération pour la Recherche Universitaire et Scientifique)

Le BF et le Niger participent au programme "connaissance et maîtrise des problèmes parasitaires


de la pomme de terre au Sahel" dont les objectifs sont :
- contribuer à la promotion de cette culture au BF et au Niger
- hiérarchiser les problèmes parasitaires en fonction de leur importance
- caractériser les agents pathogènes
- prospecter quelques méthodes de lutte
- éditer un guide des problèmes parasitaires sous la forme de fiches techniques
- former à la recherche des étudiants en phytopathologie

Il existe une équipe pluridisciplinaire (phytopathologistes, entomologistes, nématologistes...) qui


travaille sur ce programme dans chaque pays.

Le projet CORUS a réellement démarré au Niger et au Burkina en 2005. Au départ le travail a


consisté à :
- visiter les principaux sites de production afin d'identifier les problèmes parasitaires (prises
d'échantillons pour analyses labo)
- déterminer les principaux modes de culture de la pomme de terre (partenariat avec la FNGN a
Ouahigouya, la Coopérative de Guiédougou au Sourou, le groupement de producteurs de Boudiéri à
l'Est, des agriculteurs de Karangasso)
- évaluer les comportements des variétés vis à vis des différents pathogènes

Au Burkina le projet CORUS touche à sa fin, l'expérience a été si bonne qu'elle devrait être
prolongée à travers le projet PROPLANT (conservation, contrôle qualité des semences...). Mais il faut
trouver des financements...

28
LE PROJET PROPLANT

Initié au Mali en 2001, concerne le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Guinée, le Sénégal, le
Cameroun et le Tchad. C'est la consécration de plusieurs années de concertation et de collaboration
entre ASF, SOC I et les partenaires du Sud pour essayer de contribuer à la promotion des plants de
pomme de terre :
- approvisionnement en quantité et en qualité
- à terme aboutir à une production locale de semence
- création de normes et d'une législation pour le contrôle qualité
Un des objectifs dans les années à venir, sera de donner un statut juridique à Proplant, qui
n'est pour l'instant qu'une structure coordinatrice.

Parmi les activités de Proplant, Irénée Somda a travaillé sur un projet de conservation depuis
2004, en attente de subventions et de paufinement pour finalisation. Le projet consisterait à utiliser la
technologie Ventifraîcheur pour conserver la pomme de terre plusieurs mois.

Autre projet actuellement mis en veilleuse : disposer de clones de pomme de terre résistants à
Ralstonia et aux nématodes (recherche de l'INRA de Ploudaniel).

Des structures privées comme les ONG et les associations de développement (comme ASF-
Burkina), les organisations paysannes (comme la FNGN et l’UCOBAM) et les sociétés (comme GEx)
font de la recherche/développement souvent en collaboration avec d’autres partenaires publics et
privés.

d) Les ONG et associations de développement

Elles peuvent être nationales ou étrangères. On peut citer l’association ASF-Burkina qui exécute
un programme de recherche-développement sur la pomme de terre avec l’appui
financier et technique d’ONG françaises (ASF-Bretagne et SOC-I). Ces associations et ONG travaillent
particulièrement avec les producteurs.

e) Les producteurs et organisations de producteurs

Deux organisations paysannes faîtières interviennent de façon significative sur la pomme de


terre : la FNGN essentiellement dans la région de Ouahigouya et la FEPA-B sur le plan national.

La FEPA-B est à l’origine de la création du Réseau National des Producteurs de Pomme de


Terre (RNPPT). Depuis l’assemblée générale de décembre 2007 ce réseau possède un bureau élu pour
3 ans composé uniquement de producteurs de pomme de terre et qui prend en compte toutes les régions
du Burkina Faso. Les objectifs du RNPPT sont :
 promouvoir la culture de la pomme de terre au Burkina
 faciliter l’acquisition des plants de pomme de terre (commandes groupées, encourager la
production locale de plants…)
 organiser des séances de formation et de vulgarisation sur la culture de la pomme de terre et la
multiplication des semences
 organiser des voyages d’études au Burkina et dans la sous-région (Sikasso…)
 appuyer la construction de magasins de conservation
 faciliter l’écoulement de la production (UCOBAM, terminal fruitier, exportations vers Abidjan…)
 créer un réseau sous-régional des producteurs de pomme de terre

29
La FNGN, qui existe depuis 1968, a mis en relation des groupements existants dans différents
villages pour former la fédération des groupements Naam, un ensemble d’inter-unions qui représente
aujourd’hui plus de 600 000 adhérents répartis dans 30 provinces burkinabès.

 La commercialisation

Elle est assurée par :


 les grossistes : leur volume
hebdomadaire d’affaires porte sur 7 à
20 tonnes de pomme de terre en
fonction des périodes de l’année
 les demi-grossistes : leur volume
hebdomadaire d’affaires porte sur 3 à 6
tonnes de pomme de terre en fonction
des périodes de l’année.
 les détaillants : leur volume
hebdomadaire d’affaires porte sur 0,5 à
2 tonnes de pomme de terre en fonction
des opportunités du marché Vendeuses de pommes de terre, Ouahigouya,
Burkina Faso

Considérée au départ comme un produit de luxe, la pomme de terre est de plus en plus
consommée par une grande partie de la population tant en milieu urbain qu’en milieu rural.
Ouagadougou et Bobo-Dioulasso absorbent la quasi-totalité de la pomme de terre de production locale
et importée. Les consommateurs sont essentiellement des burkinabés aisés et des expatriés. Toutefois,
pendant la période d’abondance qui suit les récoltes, les prix baissent et la pomme de terre est
accessible à un plus grand nombre de consommateurs.

La pomme de terre est consommée essentiellement sous 2 formes : en ragoût et en frites. La


transformation est embryonnaire et dans tous les cas artisanale. Citons par exemple le groupement
féminin BASNERE de Ouahigouya qui sèche la pomme de terre, la découpe en morceaux et la
transforme en chips ou en farine. Ces produits rencontrent cependant des difficultés d’écoulement
parce que non encore intégrés aux habitudes alimentaires et culinaires des consommateurs.

Les possibilités de conservation étant limitées, le marché est approvisionné de manière


irrégulière, ce qui a d’importantes répercussions sur les cours : chute brutale des prix en période
d’abondance (150 à 200 CFA/kg en février/mars), montée rapide quand le produit devient rare (entre
500 et 700 CFA/kg quelques mois plus tard). A ce moment c’est l’importation (du Mali et surtout
d’Europe) qui intervient pour compenser l’insuffisance de la production locale. L’exportation de la
pomme de terre burkinabè vers les pays voisins est marginale.

Les producteurs, n’ayant généralement pas de notions de gestion, sont incapables d’estimer leur
coût de production et ont tendance à spéculer.

 La conservation

30
Seules quelques structures coopératives et
privées disposent de magasins frigorifiques pour la
conservation de la pomme de terre. La majorité des
producteurs entreposent leurs récoltes au maximum
pendant quelques semaines dans des cases, sous des
hangars de fortune à même le sol ou dans des caves
de conservation pendant 3 à 5 mois (spécificité de
la région de Ouahigouya), le temps de les écouler
bord-champ où sur le marché le plus proche.
Dans tous les cas les pertes sont importantes. Cave de conservation, Ouahigouya,
Burkina Faso

Des chambres froides de 60 et 120 tonnes peuvent être louées à l’aéroport et à l’abattoir de
Ouagadougou, mais la location est chère (30 000 CFA/j pour une chambre froide de 30 tonnes).

Problèmes majeurs :
Ÿ le manque de structures adéquates de conservation contribue à l’engorgement du marché en
période de pleine production et à l’installation d’une pénurie quelques mois plus tard, d’où de
fortes fluctuations des prix au cours de l’année ;
Ÿ nombreuses pertes par pourriture des tubercules ;
Ÿ dépréciation de la qualité des tubercules (phénomène de sucrage, germination, présentation du
tubercule…) ;
Ÿ les variétés conservées ne sont pas toujours rustiques (une fois encore la question de l’étroitesse de
la gamme variétale disponible se pose) ;
Ÿ les cases traditionnelles de conservation, même améliorées, ne permettent pas d’entreposer de
grandes quantités de pomme de terre.

Voies de solution :
Ÿ choix et vulgarisation de variétés aptes à se conserver dans des conditions précaires ;
Ÿ vulgarisation de cases de conservation améliorées à destination des petits groupements de
producteurs ;
Ÿ renforcement des capacités de stockage des structures coopératives et privées en les aidant à se
doter de moyens modernes.

Le centre écologique Albert Schweitzer de Ouagadougou possède un département Technologies


et équipements pour la valorisation des énergies renouvelables qui travaille sur le froid solaire. Cette
technologie thermique permet d’utiliser l’énergie solaire pour fabriquer de la glace. Elle trouve son
application dans des mini-frigos permettant de conserver des vaccins, du lait dans des zones
dépourvues d’électricité. Les coûts sont actuellement trop élevés pour envisager l’application de cette
technologie à une chambre froide de plusieurs tonnes, mais cette piste mérite d’être suivie de près dans
les années à venir et pourrait être une solution aux problèmes de conservation de denrées périssables
dans les campagnes africaines.

-3- Le cas du Mali

 L’approvisionnement en plants

Le principal problème au développement de la culture de la pomme de terre est


l’approvisionnement des producteurs en semences. Comme le Burkina et le Niger, les producteurs
maliens sont dépendants des importations en semences certifiées européennes. Celles-ci sont
31
insuffisantes et ne couvrent pas les besoins des agriculteurs, sont trop chères, de qualité souvent
douteuse (caisses pourries à l’arrivée) et n’arrivent pas à temps opportun pour les plantations.

Actuellement, c’est la Sikassoise, une société d’approvisionnement en semences créée en 1973


qui reste le principal fournisseur des semences de pomme de terre au Mali. On estime à 1 200 tonnes la
quantité de semences certifiées importées d’Europe en 2002 par la Sikassoise, pour une valeur
équivalente à environ 1 milliard de FCFA (AMATEVI 2002).

Semences par variétés au Mali

350
340
330
320
310
300
Aida
290
280
270
Atlas
260
250
240
Claustar
230
220 Daisy
Tonnage

210
200
190
180
Odessa
170
160
150 Pamina
140
130
120 Sahel
110
100
90 Spunta
80
70
60 Apolline
50
40
30 Daifla
20
10
0

2003-2004 2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008


Campagne

Quantité de semences Germicopa importées au Mali au cours des 5 dernières campagnes

Plusieurs variétés sont cultivées au Mali, les plus appréciées étant Pamina, Claustar, Aïda,
Spunta et Sahel.

Le laboratoire d’agro-physio-génétique et de biotechnologie végétale de l’IPR de Katibougou a


initié depuis 1998 un programme de culture in vitro de plants de pomme de terre. En étroite
collaboration avec l’IER, et à la demande des producteurs de pomme de terre et des partenaires au
développement, le laboratoire a lancé depuis 2001 une production de minitubercules et de
microtubercules de pomme de terre pour permettre l’approvisionnement direct des paysans en
semences de qualité. Cependant les activités de ce laboratoire sont limitées par des problèmes de
gestion du personnel et par l’absence d’une chambre froide fonctionnelle pour conserver les semences
produites. Si le laboratoire parvenait à résoudre ses problèmes de ressources humaines et disposait
d’un équipement frigorifique complet, nul doute qu’il serait en mesure d’approvisionner toute
l’Afrique sahélienne en semences. Avec 50 000 minitubercules au départ produits par Katibougou,
dans des bonnes conditions en 4 ans le Mali serait autosuffisant en semences de pommes de terre.
Cependant il manque encore une ferme semencière, un site de multiplication adéquat.

 La production de pomme de terre

La production de pomme de terre au Mali était estimée a près de 50 000 tonnes pour la
campagne 2005/2006, contre 35 000 tonnes à la fin des années 90. La production de la région de
Sikasso concerne une centaine de villages et concentre à elle seule 70% de la production, selon les
informations disponibles. Cette production satisfaisait la majeure partie de la demande locale et une
32
partie est exportée, vers la Côte d’Ivoire jusqu’en 2002, vers le Burkina Faso, le Ghana et au delà
aujourd’hui.

La production principale se fait en saison sèche d’octobre à mars (avec des cas de double
culture sur la même parcelle) à partir de semences importées d’Europe. Le rendement moyen se situe
entre 20 et 25 tonnes/ha. Sur le plan social, occupant les producteurs pendant toute la saison sèche, elle
contribue à la réduction de l’exode rural. Dans les 5 à 10 ans à venir, cette production annuelle devrait
atteindre 100 000 tonnes, soit 34 000 hectares en production.

Une petite production de saison des pluies (récolte en août) concerne un nombre de villages et
de producteurs beaucoup moins important compte tenu des difficultés de conservation.

Les acteurs de la production :


 les producteurs indépendants, qui ne sont affiliés à aucune organisation de producteurs
 les organisations de producteurs

 L’encadrement des producteurs


a) Les fournisseurs d’intrants
Comme les coopératives Cikela Jigi (qui couvrirait aujourd’hui 30% des besoins en semences
des producteurs de Sikasso), Mali Yiriden et l’entreprise La Sikassoise.

b) Les services techniques de l’Etat


En dépit de son importance pour l’économie de Sikasso, la culture de la pomme de terre n’a
jamais fait l’objet d’un programme d’appui étoffé et durable de la part du gouvernement malien et ses
partenaires au développement depuis des décennies, même si la filière a bénéficié des appuis ponctuels
de deux programmes (APROFA/BM et CAE/USAID).

Projets et programmes d’appui


Projets/Programmes Financement Localisation Acteurs Appuis proposés
Projet TRADE Mali Commerçants Promotion
(Commercialisation des USAID Toutes régions locaux, commerciale des
produits agricoles) exportateurs et filières agricoles
transformateurs
Commerçants Facilitation à
Mali Finance USAID Toutes régions locaux, l’accès au crédit
exportateurs et des opérateurs des
transformateurs filières
PRODEPAM Amélioration de la
(Projet de Développement USAID Toutes régions Producteurs production et de la
des Productions Agricoles agricoles productivité des
au Mali) filières agricoles
Amélioration de la
PCDA Gouvernement Toutes zones Producteurs, productivité et de la
(Programme de et IDA du Mali collecteurs, production de
Compétitivité et de exportateurs qualité, des
Diversification Agricole) performances
économiques des
filières
On peut particulièrement déplorer l’inadéquation du système de crédit à la production, jusque là
orienté presque exclusivement sur le coton et n’offrant presque pas d’opportunité aux autres produits
agricoles comme la pomme de terre.

33
Des agents du ministère de l’agriculture interviennent cependant auprès des producteurs pour
leur donner des conseils techniques, comme dans le cadre du programme GIPD soutenu par la FAO
par exemple.

Le programme Gestion Intégrée de la Production et des Déprédateurs est un programme étendu


à la sous-région (Bénin, Burkina et Sénégal), mis en place par les ministères de l’agriculture et de
l’environnement, des ONG et la FAO afin de former des groupements de producteurs maraîchers à
l’aide de champs-écoles à des pratiques agricoles durables. L’objectif du programme GIPD est
d’apprendre aux agriculteurs à faire des observations agronomiques et biologiques afin de prendre la
décision qui s’impose : traiter les attaques parasitaires, irriguer, désherber, etc. Des agriculteurs
volontaires qui ont suivi la formation sont ensuite chargés de répandre la méthode GIPD dans leur zone
d’activité, ce qui permet de former un maximum de producteurs.

c) La recherche

L’institut d’Economie Rurale travaille sur les itinéraires techniques, l’URDOC se charge des
études économiques et l’IPR/IFRA effectue des recherches sur les semences.

d) Les ONG et associations de développement

L’ONG AMATEVI

L’Association Malienne d’Appui TEchnique aux Villageois, basée à Sikasso, elle a été créée en
1984 par 35 membres. Elle appuie les organisations de producteurs de pommes de terre et a pour but
d’encadrer les producteurs et de renforcer leurs capacités.

L’ONG est en partenariat avec SOC-I (Science Outils et Culture), une ONG française qui lui
apporte une assistance technique et financière. Elle travaille aussi depuis 1988 avec l’Institut
d’Economie Rurale (IER) de Bamako pour la production locale de semence de pomme de terre.

Elle a un contrat de sous-traitance avec le Centre Agro-Entreprise (CAE) pour l’organisation et


l’information des producteurs, la production, la conservation, la commercialisation et le stockage de la
production. Elle a mené une expérience pour l’amélioration du stockage. Après la dévaluation, elle a
initié une démarche d’exportation en direction de la Côte d’Ivoire et le Ghana.

e) Les producteurs et organisations de producteurs

Association des Producteurs de Pomme de terre de Sikasso (APPS)

Créée en 1995, l’APPS regroupe 95 associations villageoises et coopératives du cercle de


Sikasso. La création de l’APPS résulte du conflit qui s’est développé entre les producteurs et la société
« La Sikassoise », fournisseur d’intrants. Les producteurs ont en effet refusé de supporter le
doublement du crédit semences que voulait leur appliquer la Sikassoise suite à la dévaluation du franc
CFA en 1994.

Les objectifs de l’APPS sont les suivants :


• développer l’appui technique (choix variétaux, techniques culturales, de récolte et de
conservation) en liaison avec les structures d’encadrement régionales et nationales
• négocier l’accès à des crédits auprès de la Banque Nationale de Développement
Agricole (BNDA)
• améliorer l’organisation de la production et de la commercialisation (calendriers de
semis et de récolte) pour sécuriser les débouchés
• négocier les prix avec les partenaires commerciaux

34
• veiller au respect des engagements pris par les différents partenaires

Cikela Jigi

Cette coopérative de producteurs, créée en 1994 a pour mission essentielle de :


• fournir les zones rurales en semences de pomme de terre et en intrants
• améliorer la qualité des semences et augmenter le rendement de la production
• renforcer la capacité d’organisation sociale, économique et d’autogestion des
associations villageoises, tons et coopératives paysannes
• accroître le revenu des ménages et faciliter leur accès aux crédits auprès des institutions
financières

Elle travaille sous le couvert du Programme d'amélioration du revenu des exploitations


familiales agricoles par la valorisation de la filière pomme de terre dans la région de Sikasso.

Contrairement au Burkina Faso, il n’existe actuellement au Mali aucun réseau national de


producteurs de pomme de terre. Les seules organisations qui pèsent dans la filière sont régionales et
concernent le cercle de Sikasso.

 La commercialisation

Le marché national représente 80% des ventes de pomme de terre de consommation. Cependant
environ 4000 tonnes par an sont exportées vers la sous-région, essentiellement vers la Côte d’Ivoire et
le Burkina Faso.

Les collecteurs assurent la collecte primaire pour le compte des demi-grossistes ou des
grossistes. Les demi-grossistes et grossistes réalisent des transactions sur des quantités importantes. Les
détaillants sont les intermédiaires entre les demi-grossistes/grossistes et les consommateurs.

La coopérative de commercialisation de fruits et légumes Mali Yiriden

La coopérative de commercialisation « Mali Yiriden » a été créée en 1991 avec l’appui de 2


organisations syndicales dont l’UNTM (Union nationale de travailleurs du Mali) et Iscos (italien). Son
siège est à Sikasso.
Son objectif à la création était :
• l’absorption du chômage des jeunes diplômés à travers le recrutement des fils de
planteurs et agriculteurs intellectuels et sans emplois
• absorber les excédents de production des mangues et de la pomme de terre qui
pourrissaient dans les champs du cercle de Sikasso alors que le reste du pays en avait
besoin
De sa création à nos jours, la coopérative « Mali Yiriden » a mené les activités suivantes :
- commercialisation de produits agricoles : pomme de terre, mangue, agrumes, igname, patate, haricot
vert, banane
- achat de la production aux producteurs encadrés par la coopérative de service « Cikèla Jigi »
- recherche de débouchés et commercialisation des produits aux clients de l’intérieur et dans la sous-
région
- renforcement des capacités des coopérateurs avec l’appui financier de ISCOS
Actuellement, la filière pomme de terre bénéficie d’une attention soutenue qui se traduit par
l’existence de plusieurs programmes d’appui aux différents acteurs (réalisation d’infrastructures de
stockage, formations techniques sur la production, renforcement des capacités des différentes
organisations, études de marché, appui à l’exportation, etc.). Cependant, les producteurs continuent
35
majoritairement à commercialiser leur production de manière traditionnelle sur les marchés ou
directement auprès de certains commerçants.

 La conservation
La pomme de terre est traditionnellement stockée
par les producteurs dans les cases et les pertes sont
élevées et peuvent atteindre plus de 50%. De plus
en plus, la pomme de terre est triée,
éventuellement traitée avec des produits anti-
fongiques et anti-germes puis stockée dans des
chambres de conservation aérées ou ventilées
(caveaux ou des cases de conservation).
Magasin de conservation, Bandiagara, Mali
Ces magasins de stockage sont généralement construits grâce au soutien financier de partenaires
internationaux et permettent de conserver les pommes de terre et les semences quelques mois, à
condition que les pommes de terre entreposées soient triées régulièrement.

-4- Le cas du Niger

 L’approvisionnement en plants

Semences par variétés au Niger

35

30
Claustar
25 Odessa
Tonnage

20 Sahel
Désirée
15
Pamela
10 Rosanna
Stemster
5

0
2003-2004 2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008
Campagne

Quantité de semences Germicopa importées au Niger au cours des 5 dernières campagnes

Au Niger il n’existe pas de société importatrice de semences de pomme de terre comme la


Sikassoise ou King Agro. Le principal importateur est la FAO, qui traite avec la société Germicopa en
France et une autre société hollandaise.

Suite a la crise alimentaire de 2005, la FAO a introduit 30 tonnes de semences de pomme de


terre Germicopa, distribuées gratuitement à Agadez et Bonkoukou. Cette opération a connu un réel
succès aussi en 2006 ce sont plus de 80 tonnes qui ont été données dans toutes les régions du Niger par
la FAO. En 2007 l'opération s'est poursuivie avec un apport de 109 tonnes de semences, dont 24t de
variété hollandaise Kondor.

36
L'action de la FAO est une réponse d'urgence face à la famine, elle a cependant permis de
développer la culture de la pomme de terre et d'élargir sa connaissance à l'ensemble du pays. Notons
que sur ces semences la FAO ne paie ni taxes ni frais de douane, le kg de semences lui revient donc à
592CFA !

Précisons que la culture de la pomme de terre au Niger est limitée par la qualité des semences
en provenance du Nigéria que les agriculteurs achètent au tout-venant sur les marchés et qui sont bien
souvent infectées.

Comme au Burkina Faso et au Mali, une production locale de semence à partir de la culture in
vitro est envisagée. C’est Mme Ramatou Sidikou de l’Université de Niamey qui gère ce projet, financé
par le projet CORUS, l’INRAN, l’université de Niamey et SOC-I. Un projet de convention va être
signé entre le SOC et l’Université afin de financer une partie du matériel. Pour l’instant des
commandes de matériel sont en voie d’acheminement depuis l’Europe. Une hotte à flux laminaire et
une partie des produits chimiques ont déjà été reçues. Le coût total du laboratoire de production de
semences, qui sera installé dans les locaux de l’université, est estimé à 25000 €. Mme Sidikou espère
le voir fonctionnel d’ici 2009. Objectif : produire entre 10 000 et 20 000 vitroplants/an.

La multiplication des variétés tombées dans le domaine public (Désirée, Claustar, Bintje,
Spunta…) se fera sous serre à l’université et dans le nord du Niger, dans la région des massifs de l’Aïr,
une fois le conflit opposant les touaregs au gouvernement nigérien terminé. Les tubercules de 2ème
génération obtenus après multiplication seront vendus 20 centimes de CFA/pièce au producteur. Le
problème de la certification de ces semences n’est pas encore réglé : pour l’instant il n’existe aucune
législation au Niger, mais un texte commun aux pays de la sous-région pourrait voir le jour grâce au
cadre régional de biosécurité de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA)… Le
service de la Protection des Végétaux pourrait se charger de la certification en délivrant ou non un
certificat d’aptitude à l’utilisation et à la commercialisation.

 La production de pomme de terre

La pomme de terre est une culture pratiquée en contre-saison d’octobre à mars au Niger à
l’exception de la zone d’Agadez : dans les massifs de l’Aïr l’altitude et un climat plus frais autorisent
plusieurs récoltes par an. N’ayant pas pu me rendre dans la région d’Agadez à cause de la rebellion
touareg qui sévit dans le nord du pays depuis plusieurs mois, je n’ai pas pu recueillir d’informations
plus précises, je ne développerai donc pas cette particularité. Cependant il faut retenir que la régulation
de la production est indispensable au Niger : Agadez peut produire des pommes de terre à un moment
où d’autres zones ne peuvent pas, il faudrait exploiter cette complémentarité afin d’alimenter le
marché toute l’année.

Le rendement moyen au Niger est de 15 tonnes/ha (mauvaise qualité sanitaire des semences du
Nigéria) mais dès que l’on utilise des semences certifiées les rendements dépassent les 30 tonnes à
Dogondoutchi et les 40 tonnes à Bonkoukou.

Rotation classique au Niger : pomme de terre/oignon ou poivron ou salade/céréales

Certains essais de culture de pomme de terre en saison des pluies (stage de Guillaume Lemasle)
n’ont pas été concluants : pas de germination, pas de tubérisation…

 L’encadrement des producteurs

a) Les fournisseurs d’intrants

37
La société Agrimex est la référence nationale, elle fournit les agriculteurs en pesticides,
semences, vêtements de protection, petit matériel…

Interviennent également diverses organisations paysannes comme l’Union des Coopératives


Agricoles du Niger et la FAO dans le cadre de son projet intrants : champs-écoles, approvisionnement
en engrais, production de semences potagères, utilisation du matériel agricole…

b) Les services techniques de l’Etat

La Direction de la Protection des Végétaux possède 120 agents chargés de contrôler la


situation phytosanitaire des parcelles et des produits végétaux à l’entrée et à la sortie du Niger et de
former les agriculteurs aux bonnes pratiques agricoles.
Le service de la protection des végétaux donne son agrément pour la mise sur le marché des produits
phytosanitaires, cependant de nombreux produits non homologués circulent au Niger (problème des
frontières perméables). Depuis 2003 la vente directe à prix réduit de produits agréés par la PV aux
agriculteurs a pris fin, désormais pour se fournir en intrants les paysans passent par des distributeurs où
se fournissent de manière informelle sur les marchés.

Citons la Direction de l’Action Coopérative et de la promotion des Organismes Ruraux qui


rassemble un peu moins de 30 000 organisations sur l’ensemble du Niger, toutes filières confondues
(pêche, élevage, agriculture). La DACOR assure le suivi des activités économiques des organisations
afin de s’assurer de leur viabilité et de les appuyer (encadrement par l’autogestion) si la tendance est
négative.

c) La recherche

Au Niger la recherche est assurée par l’INRAN. Cependant l’INRAN n’a pas de projet
concernant la pomme de terre : en production maraîchère les efforts de recherche sont concentrés sur
l’oignon, production phare du pays.

Le projet CORUS existe au Niger, comme au Burkina. Le Professeur Adam Toudou de


l’Université de Niamey en est responsable depuis son démarrage en 2005, avec un budget de 26 000
euros pour 3 ans. Principal objectif : faire un inventaire des problèmes parasitaires (Ralstonia,
nématodes, araignées rouges, teigne…) et des variétés de pommes de terre en culture sur les différents
sites de production.

Un partenariat a été créé entre le projet CORUS et la FAO : Issa Adamou a participé à
l’assainissement d’un lot de semences contaminées avant sa distribution. Dans les années à venir il
faudra renforcer ce partenariat afin de ne pas contaminer des zones vierges par de nouvelles maladies
comme le mildiou.

Le projet Proplant : disposer d’un réseau de chercheurs et de décideurs autour de la filière


pomme de terre à l’échelle sous-régionale. Derrière ce réseau, possibilité de mobiliser des financements
et de porter l’information au grand public… les grands défis étant la commercialisation, la conservation
et la transformation.

d) Les ONG et associations de développement

Le Dc. Moussa Baragé de l’université de Niamey est en train de mettre en place l’association
Agro Sans Frontière Niger, afin d’aider les groupements paysans qui travaillent dans l’horticulture et
le maraîchage. ASF Niger n’a pas encore de reconnaissance juridique, ses activités sont couvertes par

38
ASF France et particulièrement ASF Bretagne avec le soutien de M. Bernard Jouan. Le Dc Baragé
espère obtenir le statut d’association d’ici fin 2008.

e) Les producteurs et organisations de producteurs

Comme au Mali, il n’existe actuellement au Niger aucun Réseau National des Producteurs
de Pomme de Terre. Les producteurs de pomme de terre peuvent être représentés par des unions de
maraîchers, mais aucun réseau ne se destine uniquement à la pomme de terre. La création de ce réseau
passera par l’organisation de la filière et l’implication des structures suivantes :

La Fédération des Coopératives Maraîchères du Niger (FCMN-Niya)

La FCMN-Niya est une organisation paysanne faitière qui regroupe 107 coopératives sur
l’ensemble du territoire nigérien soit plus de 22 000 personnes physiques toutes chefs d’exploitation et
qui interviennent dans le maraîchage. La fédération rend des services à ses membres en les organisant
et en leur trouvant des appuis techniques et financiers (nombreux partenariats) pour les aider à
augmenter leur production et vendre leurs produits.

Objectif : appuyer les producteurs maraîchers pour lutter contre la pauvreté et assurer la sécurité
alimentaire, satisfaire le marché en quantité et en qualité.

La FCMN Niya intervient essentiellement dans les zones de l’Aïr, de Bonkoukou, de Doutchi et
de Keïta/Mirriah :
-appui pour effectuer des commandes de semences groupées
-collaboration avec la FAO pour un appui aux ménages vulnérables
-appui technique : agents chargés des formations, animateurs paysans, réalisation de fiches
techniques…

La FCMN-Niya est le principal fournisseur des grands marchés du pays, elle ambitionne de
s’organiser pour exporter ses produits dans la sous région voire internationalement. Un centre de
commercialisation de fruits et légumes est en construction, il possèdera 3 chambres réfrigérées de
16m2 et pourra servir en partie au stockage de la pomme de terre.

Fédération des Unions de Groupements Paysans du Niger (FUGPN-Mooriben)

Association paysanne dont le noyau a été créé en 1988 et qui compte désormais 42 000
membres répartis en 20 unions et 600 groupements dans plus de 500 villages des régions de Dosso et
Tillabéry.

Objectifs : autopromotion paysanne, action de développement rural, défense des intérêts


matériels et moraux des membres, assurer la sécurité alimentaire des membres (faciliter l’accès à l’eau,
favoriser la commercialisation à travers le warrentage, promouvoir des pratiques agricoles durables…)

La Plate-forme paysanne du Niger (PFP/N)

Elle a été créée en 1998 avec pour objectif l’amélioration des conditions de vie des producteurs.
La FCMN Niya et le groupement MORIBEN sont membres de la plate forme paysanne. Ces
organisations paysannes se chargent des actions sur le terrain, la plate forme paysanne s’occupe de
l’organisation de la journée du paysan (4500 producteurs et des responsables du gouvernements y
participent), de l’orientation politique, des négociations pour les financements… Elle sert de lien entre
39
les organisations paysannes et les bailleurs de fonds (Fond International pour le Développement
Agricole de l’ONU…).

Plan stratégique 2007-2010 : reconduction de la journée du paysan, construction de magasins de


conservation, formation des producteurs, mise en relation des producteurs et des acheteurs
(négociation des prix)…

L’Union des Coopératives Maraîchères de Tabelot (UCMT) : pas rencontrée

 La commercialisation

Il existe plusieurs circuits :


 la vente directe de la production sur les marchés locaux
 un autre circuit va des producteurs aux grossistes qui livrent les pommes de terre aux demi-
grossistes dans les grands centres de consommation. Les demi-grossistes distribuent alors les
pommes de terre aux détaillants qui vendent aux hôtels, aux étalagistes et aux consommateurs
 la vente aux ONG qui tentent de conserver les pommes de terre de petit calibre pour les revendre
comme semences « primeurs » en octobre avant l’arrivée des semences européennes.

Au-delà de 400 CFA/kg le nombre de clients est extrêmement restreint. La pomme de terre est
alors réservée aux ménages les plus aisés.

La société Agro-Niger

Les frères Wankoye ont monté en 2004 une entreprise étonnante et unique en son genre au
Niger qui a fait d’eux les plus gros commerçants d’oignon et de gomme arabique du pays. Non assistés
par les services étatiques, possédant leur propre ingénieur agronome, employant plus de 400 personnes
au moment de la récolte, ils produisent 15 à 20% de l’oignon nigérien et ont acheté plus de 2000 tonnes
d’oignon en 2007 !

J’ai eu l’opportunité de visiter leur site mécanisé de Gabougouna, à l’ouest de Niamey… pour
le moins impressionnant : 80 ha, 8 magasins de conservation réfrigérés à 20°C de 1200 tonnes
chacun et plusieurs chambres froides dans les années à venir pour la conservation de la pomme
de terre.

Car après l’oignon les frères Wancoye envisagent de se lancer dans la culture et le stockage de
la pomme de terre et font actuellement des tournées de prospection dans l’ensemble du pays pour
recenser les quantités produites et prendre contacts avec les différents groupements. Et ils voient les
choses en grand, très grand même : conserver jusqu’à 5000 tonnes de pommes de terre !

Lors de la prochaine campagne ils se fourniront en semences européennes et mettront en place


un premier essai de culture de pomme de terre sur 5 à 10 ha à Gabougouna. Si l’essai fonctionne, ils
comptent emblaver une partie des 300 ha qu’ils possèdent au bord du fleuve Niger et pourquoi pas
envisager une production locale de semences.

 La conservation

Comme au Mali et au Burkina Faso, la conservation des tubercules après la récolte est un des
principaux problèmes que rencontre la filière. Il est difficile de conserver les pommes de terre plus de
2 mois, dans ces conditions la production de semences est difficile voire impossible si on ne dispose
pas en aval d’un système de stockage réfrigéré.
40
IV) LES COLLABORATIONS D’ASF-BRETAGNE

-1- Cas du Mali

a) Les projets en cours au Mali

Etat de la culture de la pomme de terre au Pays Dogon

Cette région du Mali est une des zones les plus « en danger » du pays. Le plateau dogon possède
en effet moins de 10% de terres cultivables mises à rude épreuve par la désertification (chaque année 1
tonne de terre/ha disparaît).

Au cours de mon séjour à Bandiagara j’ai pu visiter les villages de Djoundjourou, Kokolo,
Tégourou, Djimini, Dourou et Sangha où j’ai rencontré des producteurs de pomme de terre. Les
principaux problèmes sont la disponibilité en terres cultivables (problème aggravé avec les inondations
de juillet 2007 qui ont emportées beaucoup de terre), le manque d’eau, l’accès aux semences, la
conservation de la production après la récolte.

Périmètres maraîchers dans le pays dogon, Sangha, Mali


Depuis 1999 ASF-Bretagne travaille avec l’association YA-G-TU (Yam Giribolo Tumo), une
association féminine créée en 1997 par Mme Yaïguéré Tembély dite « Fifi » à Bandiagara. Elle
regroupe aujourd’hui 62 femmes dont 25 travaillent au siège de l’association à la transformation des
produits. Les deux tiers des bénéfices des ventes constituent leur revenu ; le tiers restant est alloué au
fonctionnement général de l’association.

Diverses activités sont mises en place :


- Tomates, oignons et mangues séchés
- Confitures
- Fabrication de la farine Misola depuis 1998
- Savon et pommade à base de karité
- Couture et teintures de tissus

Le pays dogon regroupe 412 villages, YA-G-TU intervient dans au moins 200 d’entre eux :
alphabétisation des femmes, mise en place de barrages, achat et vente de semences, sessions de
formation sur différents thèmes… Les subventions et les apports de bailleurs de fonds attachés aux
projets participent également au développement de l’ONG.
41
La collaboration entre ASF-Bretagne et YA-G-TU concerne essentiellement le maraîchage
(mise à disposition de semences, conseils techniques) et plus particulièrement la pomme de terre :
appui technique (suivi régulier par Moumouni Koné technicien ASF), envoi de conteners de semences
chaque année, financement de magasins de conservation…

J’ai été extrêmement impressionnée par le travail fourni par les membres de l’association YA-
G-TU, c’est un des partenariats les plus efficaces qu’il m’ait été donné de voir au cours de mon séjour
au Mali et je profite de ce paragraphe pour les féliciter et encourager ASF à continuer à travailler avec
eux dans les années à venir et participer ainsi à l’introduction de la pomme de terre dans de nouvelles
zones chaque année.

Historique de la collaboration :
2000 10 caisses de semences envoyées par ASF
2001 30 caisses de semences envoyées par ASF
100 caisses de semences envoyées par ASF
2002 Construction du magasin de conservation non réfrigéré de 10 tonnes
financé par ASF
2003 130 caisses de semences envoyées par ASF
2004 200 caisses de semences envoyées par ASF
Depuis 2005 1 contener de semences envoyé par AFS chaque année
2007 Construction du magasin de conservation de 50 tonnes climatisé (20°C)
financé par le FSD

YA-G-TU s’approvisionne également en semences auprès du laboratoire de Katibougou à


raison de 5000 à 10 000 minitubercules/an achetés 50 CFA pièce. Depuis 2004 YA-G-TU a mis en
place un site de multiplication de 0,5 ha à Trégourou, agrandi à 1ha cette année. L’aménagement de ce
site rocheux, qui a souffert des inondations de juillet 2007, nécessite l’apport de terre par camion… Fifi
estime que pour que toute la région Nord du Mali soit autonome en semences, il faudrait mettre 3ha en
multiplication. Le site de Médinakoura, proche de Mopti, pourrait être utilisé pour la multiplication.

Site expérimental de Tégourou, Pays Dogon, Mali

Par souci d’autonomie Fifi aimerait voir son association dotée de son propre laboratoire de
production de semences depuis que le laboratoire de Katibougou n’a pas pu lui fournir de
minitubercules en 2007. La nouvelle chambre froide de 50 tonnes opérationnelle depuis mai 2008 est
un argument favorable à son projet puisqu’elle améliore les conditions de conservation des semences.
Cette nouvelle chambre réfrigérée sera testée lors de la campagne 2008-2009 avec 30 tonnes de
42
pommes de terre de consommation en provenance de Ouahigouya et Sikasso, conservées plusieurs
mois puis revendues aux clients de Mopti et de Bandiagara au moment où les prix sont les plus élevés.
Les bénéfices serviront à entretenir les magasins de conservation, payer les salaires du personnel et
acheter du petit matériel agricole.

Nouvelle chambre froide de YA-G-TU, Bandiagara, Mali

Dans le magasin de conservation non réfrigéré de 10 tonnes, les techniques de conservation sont
maîtrisées, YA-G-TU ne subit que 15% de pertes au cours des 2 mois de conservation des pommes de
terre de consommation (de mai à juillet). A l’avenir si la production de pomme de terre augmente, YA-
G-TU envisage de se lancer dans la transformation du produit en frites, en chips, en morceaux séchés…
Les acheteurs ne manqueraient pas : la région, très touristique, dispose de nombreux hôtels.

Dans le cercle de Bandiagara, les rendements sont bons : les producteurs obtiennent en moyenne
300 kg de pommes de terre à partir d’une caisse de semences Germicopa de 25 kg.
Une collaboration est envisagée en 2008-2009 avec Via Sahel, une ONG de Sangha qui veut étendre la
culture de la pomme de terre dans la plaine (cercles de Koro et de Bankass) et a commandé 2 tonnes de
semences pour octobre 2008 à YAGTU.

Les attentes de YA-G-TU pour les années à venir :


 formation du personnel de YA-G-TU par un spécialiste français pour la culture de la pomme de
terre, la conservation et la multiplication
 l’appui en semences importées d’Europe
 l’envoi de stagiaires qui font le travail de consultants et dont l’aide est toujours très appréciée
 l’appui pour la recherche de financements
 l’aide pour mettre en place un laboratoire de production de semences à Bandiagara

La requête de Fifi est compréhensible, cependant est-il rationnel d’investir dans un nouveau
laboratoire (coût 35 000 000 CFA) alors que celui de Katibougou pourrait alimenter tout le Mali ? La
situation actuelle est intenable, il est indispensable de régler en priorité le problème du laboratoire
de Katibougou au Mali.

Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Sikasso

Sikasso est le plus important pôle de production de pomme de terre du Mali, mais c’est
également le plus ancien. Les agriculteurs bénéficient d’un encadrement et d’un suivi régulier de leurs
43
parcelles par des techniciens du secteur de l’agriculture (notamment à travers le programme GIPD) ou
de différentes organisations paysannes. Ces organisations comme l’Association de Producteurs de
Pomme de Terre de Sikasso (APPS) sont assez puissantes et permettent de faire remonter les
revendications paysannes auprès du gouvernement en cas de problème.

C’est dans les environs de Sikasso que j’ai pu voir les plus grandes parcelles de pommes de
terre du Mali. La culture de la pomme de terre en contre saison reste malgré tout une activité manuelle.
L’accès aux semences passe par des commandes auprès de 3 différents agro-fournisseurs dont le
principal reste la Sikassoise.

Au cours de mon déplacement à Sikasso je n’ai pas eu vent de l’existence de collaborateurs


d’ASF-Bretagne. Les personnes que j’ai interrogées m’ont fait part des problèmes phytosanitaires
rencontrés sur les parcelles dans cette région, qui empêchent toute utilisation des sols contaminés pour
la multiplication de semences du laboratoire de Katibougou. Il est important de préciser qu’à moins de
trouver des parcelles qui n’ont jamais été cultivées en pomme de terre et qui sont isolées il ne faudra
pas céder à la pression des producteurs sikassois qui veulent participer à la multiplication, au risque
sinon de répandre des maladies à travers le pays en proposant des semences contaminées.

ASF devrait contacter M. Mamadou Coulibaly, président du projet Proplant, responsable de


l’AMATEVI et partenaire de SOC-I pour la culture en hivernage qui assurerait une production de
semences de pommes de terre de consommation à partir de la variété 31 (à dormance courte) en 2 ans
au lieu de 4 (à condition de trouver des sites non parasités).

44
b) Proposition de nouveaux partenariats

• Djenné

Périmètre maraîcher, Djenné, Mali

Une collaboration est souhaitable avec l’association Vitré-Djenné qui a reçu 10 caisses de
semences d’ASF en 2007-2008 et les a réparties entre 7 associations qui forment le réseau Séné-
Yiriwa-Ton. L’essai a été concluant et les commandes pour 2008-2009 sont de 25 caisses. Cette
commande dépendra des subventions de Vitré-Djenné et des fonds de roulement disponibles (cotisation
des membres, bénéfices des ventes).

Vitré-Djenné intervient sur la ville de Djenné et sa commune dans les domaines du maraîchage,
de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique (construction de puits et de canaux d’irrigation)… elle
travaille avec 600 agriculteurs (essentiellement des femmes) répartis sur 7 sites autour de la ville de
Djenné pour un périmètre total de 17 ha. Ces sites sont extrêmement proche de la ville de Djenné, la
commercialisation ne posera donc pas de problème. Ce sont de beaux périmètres maraîchers, clôturés
(fil de fer ou buissons épineux) et inondés une partie de l’année (ce qui limite la pression parasitaire).

En 2001 l’AIVM a construit un magasin de conservation de 10 tonnes destiné au stockage des


semences et des produits maraîchers, depuis 2007 la gestion de ce magasin a été confiée au réseau
Séné-Yiriwa-Ton.

Un projet financé par ASF, l’ AIVM et l’association Vitré-Djenné est prévu en 2008-2009 :
multiplier 10 000 minitubercules de Katibougou sur un périmètre de 16 ha appartenant à différentes
associations. Des essais de conservation de pommes de terre dans le magasin de 10 tonnes sont
également envisagés.

Attentes de l’association Vitré-Djenné :


 vulgarisation de la culture de la pomme de terre : formations de techniciens qui a leur tour
formeront les productrices
 spécifier les variétés les plus adaptées au milieu (résistance, conservation…)
 approvisionnement en semences

• Kayes

Projet de développement intégré autour de la mine d’or de Loulou. Souhaitent collaborer avec
ASF pour obtenir des semences de pomme de terre après un essai de 20 caisses en 2007 afin de
diversifier l’alimentation des producteurs et augmenter leurs revenus.

• San

50 caisses de semences ont été fournies au GIE San Toro Agriculture dans le cadre du projet
PRODPAM, la pomme de terre a rencontré un grand succès et les agriculteurs sont demandeurs en

45
semences et en formation (repiquage, entretien des parcelles, irrigation par un système goutte à
goutte…).

Le site de Djénéna, à 7 km de San, regroupe plus de 100 producteurs organisés en une vingtaine
de groupements sur 40 ha en bord de fleuve. L’irrigation se fait par motopompe et à l’aide d’arrosoirs,
en 2008-2009 un système d’irrigation goutte à goutte devrait être testé. La pomme de terre y est
cultivée de septembre à janvier en petite quantité depuis les années 1960. La collaboration avec ASF a
débuté en 2006 avec la livraison de 40 caisses de Sahel, Claustar et Odessa. En 2007-2008 53 caisses
ont été distribuées entre 25 personnes, les commandes pour la campagne de 2008-2009 sont estimées à
100 caisses. Les rendements sont bons, une caisse de 25 kg donne entre 300 et 500 kg à la récolte.

• Ségou

Il semblerait qu’un projet de multiplication de semences à partir de plantules lancé par le


gouvernement malien et financé par le PASAOP voit le jour dans la zone office du Niger.

Je n’ai pas eu le temps de me rendre sur le site, voir avec Sidibe qui est le coordinateur pour les
détails et savoir dans quelle mesure ASF pourrait s’insérer dans ce projet…

• Tombouctou/Gao

215 caisses de semences ont été fournies aux agriculteurs dans le cadre du Programme
Alimentaire Mondial. Tombouctou et Gao étant des zones enclavées, les américains sont en train de
lancer une production locale de semences (en se fournissant auprès d’ASF) qu’ils conservent dans un
magasin de stockage. Se renseigner sur ce projet.

-2- Cas du Burkina Faso


a) Les projets en cours au Burkina

Etat de la culture de la pomme de terre dans la province de Tapoa

Les résultats présentés dans ce compte-rendu découlent des visites effectuées à Tansarga,
Tambaga-Fouani, Boudiéri et Boulel, où nous avons rencontrés des groupements de producteurs.

Ces 4 sites sont représentatifs de la province de Tapoa :


• Boudiéri : LE principal site de production de pommes de terre de la Tapoa

• Tansarga : petite zone de production où la pomme de terre est cultivée depuis 2004 (1ers
essais mis en place par ASF)

• Fouani et Boulel : 2 zones où des essais gratuits ont été mis en place en 2006 mais où la
pomme de terre n’a pas été produite en 2007 malgré la volonté de recommencer des
agriculteurs (manque de liquidité les empêchant d’acheter les caisses de semences)

46
Périmètre maraîcher, province de la Tapoa, Burkina Faso

La pomme de terre a longtemps été considérée comme un met de luxe réservé aux catégories
socioprofessionnelles les plus aisées (fonctionnaires, commerçants). Mais depuis quelques années sa
réintroduction dans la province de Tapoa grâce aux efforts conjugués de l’association Solidarité
Rurale Burkina-Faso/Morbihan (SRBFM), de l’ONG Agro Sans-Frontière Bretagne (ASF) et de
la Fédération des Professionnels Agricoles du Burkina (FEPAB) a permis de démocratiser cet
aliment et de développer l’intérêt que lui porte la population.
En 2007 la SRBFM a fourni 138 caisses de 25 kg de semences Claustar et Sahel aux
agriculteurs de la province dont 128 sur les sites de Kantchari et Boudiéri. La production obtenue à la
fin de la campagne à partir de ces 138 caisses de semences est de 40.7 tonnes, avec un rendement
moyen de 245 kg/caisse, ce qui est relativement faible.
Si la bonne organisation des maraîchers en groupements voire en unions et la qualité des sols de la
province de Tapoa sont à noter, certains problèmes limitent la production de pomme de terre.

Les problèmes rencontrés qui limitent la production de pomme de terre :

Ͳ Acquisition de la semence de pomme de terre :

Bien souvent, les semences importées d’Europe arrivent tardivement, elles ne sont disponibles
qu’en novembre voire décembre alors que le début des plantations devrait être effectif dès le mois
d’octobre pour que les cultures ne souffrent pas trop de la saison sèche.
De plus, les agriculteurs devant payer les caisses de semence comptant (aucun système de
microcrédit n’étant mis en place) soit ils peuvent avancer l’argent pour un nombre de caisses limité et
inférieur à leur demande réelle, soit ils se trouvent dans l’incapacité de payer et donc ne cultivent pas la
pomme de terre cette année là.

Solutions envisagées :

Ö Obtention des semences à crédit, faire en sorte que les agriculteurs n’aient à avancer que 50% du prix de
la caisse à l’achat et puissent rembourser les 50% manquant à la récolte (appui de la FEPAB
envisageable ? soutien d’une banque ?)

Ö Conservation des tubercules de plus petit calibre de la saison précédente afin de les planter en primeur au
mois d’octobre, avant l’arrivée des semences européennes.

Ͳ Mauvaise maîtrise des techniques culturales :

47
Les faibles rendements obtenus dans la province de Tapoa sont en partie le fait d’une mauvaise
maîtrise des techniques de culture de la pomme de terre : préparation des planches, semis, arrosage,
buttage, fertilisation, rotation…

Solutions envisagées :

Ö Poursuivre les formations avec l’appui d’ASF ou de la FEPAB

Ö Réaliser un guide de vulgarisation de la culture de pomme de terre

Ͳ Dégâts dus aux animaux :

Le grillage coûtant cher, les agriculteurs délimitent leur périmètre maraîcher en construisant des
clôtures avec les chaumes de mil. Ces clôtures naturelles sont certes plus économiques mais elles sont
plus fragiles et surtout elles obligent les paysans à attendre la fin de la récolte des céréales pour
protéger leurs jardins. Ainsi, soit les agriculteurs attendent la mise en place des clôtures avant de
planter la pomme de terre (et donc prennent du retard avec les problèmes liés à la sécheresse vus ci-
dessus) soit ils subissent les assauts des animaux (moutons, chèvres, ânes, porcs et vaches) qui viennent
pâturer dans les jardins et mangent les jeunes pousses.

Solutions envisagées :

Ö Utiliser le système des haies vives, en plantant des arbustes épineux ou du jatropha par exemple, plante à
la croissance rapide qui éloigne les animaux et dont les graines peuvent être utilisées pour produire du
biodiesel (parmi ses nombreuses vertus). Cette solution est la plus longue mais la moins coûteuse et la
plus intéressante écologiquement parlant (freine la désertification, limite l’érosion).

Ö Mettre en place des clôtures grillagées.

Ͳ Manque d’eau :

De nombreux sites sont aménagés à côté de barrages et certains comme Boudiéri bénéficient
d’un système d’irrigation par canaux. Mais la plupart des sites sont dépendants de la création de
puisards où de puits pour que le maraîchage soit envisageable. Or bien souvent même ces structures se
tarissent avant la fin de la campagne maraîchère.

Solutions envisagées :

Ö La construction de puits suffisamment profonds pour que l’eau soit disponible jusqu’à la fin du mois
d’avril doit être envisagée

Ö Les puisards doivent être bétonnés pour éviter leur effondrement après chaque saison des pluies (leur
reconstruction occasionne une perte de temps et d’énergie)

Ö Poursuivre la construction de gabions, sortes de barrages en pierre qui ralentissent le ruissellement de


l’eau de la saison des pluies et permettent d’alimenter la nappe phréatique

48
Gabion, province de la Tapoa, Burkina Faso

Ͳ Manque de matériel agricole :

De nombreux groupements aimeraient posséder une charrette pour faciliter l’acheminement de


leurs récoltes dans les villes voisines ou une motopompe pour faciliter l’arrosage de leurs parcelles. Ce
type de matériel représente un investissement conséquent, mais parfois même le petit matériel
(arrosoirs, dabas, pelles, seaux…) fait défaut et limite l’exploitation du périmètre maraîcher.

Ͳ Maladies :

Etant arrivée début avril dans la province de la Tapoa, je n’ai pas pu constater la nature et
l’ampleur des problèmes parasitaires, la pomme de terre cultivée sur les différents sites étant déjà
récoltée. Il ressort de l’étude que les maraîchers ne savent pas reconnaître les maladies qui attaquent
leurs parcelles et ne connaissent pas les moyens de lutte appropriés. En cas d’attaque soit ils utilisent
des produits chimiques inadaptés (produits phytosanitaires pour coton, etc…), soit ils recouvrent leur
parcelle de cendre, soit ils arrachent les pieds malades.

Solutions envisagées :

Ö Former les agriculteurs à la détection et à la reconnaissance des maladies et aux méthodes de lutte

Ö Développer la lutte biologique préventive (utilisation d’huile de neem par exemple)

Ͳ Conservation :

Les producteurs ne possèdent pas de locaux où entreposer leurs pommes de terre destinées à la
consommation. En 2006 ASF et la SRBFM ont lancé la construction d’un magasin de conservation des
semences à Boudiéri qui est achevé à ce jour, mais dont la taille ne permet pas de conserver l’ensemble
des semences de 60 cultivateurs de pomme de terre de la zone.

49
Intérieur du magasin de conservation de Boudiéri, Burkina Faso

Les producteurs stockent donc leur récolte chez eux, à même le sol où dans les boites de
semences… et la pourriture qui touche essentiellement les tubercules de plus gros calibre entraîne la
perte d’1/3 de la récolte (voire plus) chaque année. Les producteurs sont donc obligés d’écouler leur
stock le plus rapidement possible, ce qui les empêche de commercialiser leur production de mai à août
au moment où l’offre est quasi inexistante et où les prix de vente sont élevés (jusqu’à 800 CFA/kg).

Solutions envisagées :

Ö Optimiser l’utilisation du magasin de conservation de semences de Boudiéri (système d’étagères pour


utiliser tout l’espace…)

Ö Construire de nouveaux locaux de stockage dans les différents départements

Ö Former les agriculteurs aux techniques de conservation

Ͳ La commercialisation :

Les agriculteurs arrivent à écouler leur production en moins de 3 mois, cependant la majorité
des ventes se fait au détail (bord-champ, sur les marchés où au porte –à-porte à vélo) et de manière
individuelle, ce qui traduit un manque d’organisation des producteurs.
La pomme de terre de la province de Tapoa est essentiellement vendue régionalement (à
Diapaga, Kantchari, Fada N’Gourma), mais aussi nationalement (à Ouagadougou) et sous-
régionalement (à Niamey, dans le Nord du Bénin). Les prix de vente vont de 175 à 400 CFA/kg.

Solutions à envisager :

Ö Créer un stand permanent des producteurs de pomme de terre sur le marché de Diapaga

Ö Démarcher des acheteurs au Burkina Faso pour de la vente en gros ou demi-gros

Ö Mieux valoriser la localisation transfrontalière de la province de Tapoa en démarchant des acheteurs


dans la sous-région (au Niger, au Bénin et au Togo)

50
Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Ouahigouya

La province de Yatenga au Nord du Burkina Faso est la zone où l’on trouve la plus forte
production de pommes de terre du pays. On y rencontre des périmètres maraîchers immenses en bord
de fleuve, irrigués gravitairement où à l’aide de motopompes.

Périmètre maraîcher en bord de fleuve, région de Ouahigouya, Burkina Faso

Ces périmètres maraîchers s’agrandissent d’année en année mais sans tenir compte des
ressources en eau, ce qui pose parfois problème. A Ninigui par exemple l’agrandissement du site
cultivé n’a pas tenu compte de la capacité du fleuve en saison sèche et des problèmes de manque d’eau
pour l’irrigation se posaient déjà mi-mars. Cette mauvaise gestion des ressources en eau par les
agriculteurs a un impact sur les éleveurs qui amènent habituellement leurs troupeaux à ce point d’eau.

Les paysans bénéficient du soutien de la Fédération Nationale des Groupements Naam pour
l’approvisionnement en semences européennes et en produits phytosanitaires et sont bien encadrés. En
effet, la plupart des agriculteurs sont affiliés à cette organisation de producteurs. Les rendements sont
bons, les travaux de vulgarisation qui existent depuis plus de 10 ans ont porté leurs fruits et les
techniques culturales sont généralement bien maîtrisées par les agriculteurs.
Cependant, la reconduction de cultures de solanacées sur les mêmes parcelles chaque année a
entraîné une forte pression parasitaire, et la lutte contre les ravageurs est le principal problème auquel
sont confrontés les producteurs maraîchers. Heureusement, certains sites en bord de fleuve sont inondés
au moment de la saison des pluies et la riziculture y est alors pratiquée, ce qui limite le développement
des maladies.

En absence de chambres froides, la conservation pose problème comme dans le reste du pays.
Cependant certains sites comme Goinré sont équipés de magasins de conservation souterrains,
spécificité de la région. Les pommes de terres sont entreposées dans ces caves où la température
avoisine les 20°C, ce qui limite les pertes. La commercialisation dans cette zone transfrontalière ne
pose pas de problème, la demande est forte (nombreux hôtels et restaurants qui nourrissent les touristes
venus visiter le pays dogon tout proche).

Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Bobo Dioulasso

Située au Sud Ouest du Burkina, cette région est la deuxième zone de production de pommes de
terre du pays après Ouahigouya. Ici le problème de l’accès aux semences de pommes de terre a entraîné
une forte chute de la production au profit du coton.

51
Ouahigouya et le groupement Naam étant loin, la plupart des paysans se fournissent en
semences auprès de la Sikassoise, à Sikasso au Mali.

Je me suis rendue sur le site de


Karankasso à 55 km au Nord Ouest de
Bobodioulasso en compagnie de M.
Irénée Somda afin d’observer les essais
variétaux menés depuis 1998 avec
ASF. Nous avons traversé des champs
de coton avant de rencontrer une
parcelle plutôt mal en point où 10
variétés étaient testées : Aïda, Pamina,
Odessa, Atlas, Claustar, Péneloppe,
Daisy, Daïfla, Apolline et Sahel. J’ai
quitté le Burkina trop tôt pour obtenir
les résultats de ces tests.

Site expérimental de Karankasso, Burkina Faso

NB : les mêmes tests ont été effectués dans la région de Ouahigouya et suivis par M. Hubert Badiel de
la FNGN.

b) Proposition de nouveaux partenariats

Production de pomme de terre dans la province du Noumbiel

Au cours de mon séjour à Ouagadougou j’ai eu l’occasion de rencontrer M. Eloi Nombre,


agriculteur à Batié, ville de la province du Noumbiel. Située au Sud-Ouest du Burkina, cette région est
une zone transfrontalière avec le Ghana et la Côte d’Ivoire (pas de problème pour l’écoulement de la
production).

Comptable de formation mais passionné d'agriculture, Eloi Nombre a décidé de retourner à la


terre à la fin de ses études, il y a 15 ans. Il a commencé la production maraîchère sur des parcelles près
du barrage, et y a introduit les cultures de poivrons, de persil, d'aubergines, de pomme de terre (grand
succès) jusque là inconnues des autres agriculteurs.

En 2004 il abandonne les parcelles autour du barrage dont il n'était pas propriétaire et s'installe
en brousse au bord d'une rivière (plus de problèmes d'eau). Mais en septembre 2007, la découverte d'un
site orifère à 2 km de son champ entraîne l'arrivée de 2500 personnes... et l’assèchement de la rivière !
Une perte financière catastrophique pour lui qui venait d’agrandir son périmètre maraîcher.

Désormais ses espoirs résident dans un projet de maîtrise de l'eau (forage à haut débit à
motricité solaire) permettant d’irriguer toute l'année une surface maraîchère de 6 à 10 ha à Batié
(objectif : 3 à 4 récoltes/an). Ce projet, qui coûte 102 millions de CFA, vient d'obtenir l'aval du
ministère de l'agriculture et devrait recevoir un financement de la facilité africaine de l'eau (programme
de la banque africaine de développement).

Ce projet a été initié en 2006 au nom de l'association "Jeunesse espoir pour la promotion
agropastorale au Burkina Faso", dont Eloi est le président. Il est également président de l'Union
provinciale et départementale des professionnels agricoles du Noumbiel et a été pendant de nombreuses
années membre du CA et du bureau exécutif de la FEPAB. C'est également un des membres fondateurs
de la Confédération paysanne du Faso.
52
Les attentes vis-à-vis d’ASF :
Ͳ approvisionnement en semences maraîchères et particulièrement en semences de pomme de
terre
Ͳ appui/conseil sur les techniques culturales et la conservation

-3- Cas du Niger

a) Les projets en cours au Niger

Production de pomme de terre dans la région d’Agadez

Ma visite au Niger a eu lieu alors que la rebellion touareg dans le nord du pays sévissait depuis
plusieurs mois. Pour des raisons de sécurité je n’ai pas pu me rendre dans la région d’Agadez, je n’ai
donc pas visité les sites de production des massifs de l’Aïr ni pu rencontrer les partenaires locaux
d’ASF-Bretagne.

Aussi je ne dispose pas d’informations sur l’état des lieux de la culture de la pomme de terre et
les actions d’ASF dans cette région, jusque là principale zone de production du pays. Il faut cependant
que je précise que la culture de la pomme de terre a été affectée par la rebellion : plus
d’approvisionnement en semences possible, circulation quasi impossible (routes bloquées par les
barrages, couvre-feu) dans la zone, exode de la population qui fuit les conflits armés et donc moins de
main d’œuvre et moins de consommateurs, etc…

Production de pomme de terre dans la vallée du Dallol Maouri

Depuis 2005 ASF travaille avec l’ONG ARIDEL (Action pour le Renforcement des
Initiatives de DEveloppement Local) dans le département de Dogondoutchi.

Dogondoutchi est un département du Niger (au sud est de Niamey) qui compte 10 communes et
940 000 habitants. L’ONG ARIDEL a été créée en 2003 avec pour objectif la contribution au
développement du monde rural. Elle intervient dans les domaines agricole (à travers la cellule agro sans
frontière), environnemental, éducatif et de la santé.

Les objectifs de la cellule ASF :


-aider les producteurs à améliorer leurs techniques agricoles afin d’augmenter leur productivité
(formations et suivis assurés par 2 techniciens, voyages d'étude au Mali et au BF)
- lutter pour la sécurité alimentaire

En 2005, après le déficit de la campagne pluviale la crise alimentaire touche le Niger, ASF
fournit alors 13,375 tonnes de semences de pomme de terre à ARIDEL. Depuis 2005 cette opération est
reconduite chaque année.

Les partenaires

- ASF
- SOC-I
- Projet d'Irrigation privée, phase 2
- CARITAS Développement Niger
- FAO
- CRS Catholic Relief Service : infrastructures hydrauliques, accès aux intrants (dons de semences et de
petit matériel à des comités de gestion qui les vendent à bas prix au producteurs, organisation de foires
53
aux intrants de maraîchage) -
Programme spécial du président de la République

L'approvisionnement en semences

-ASF depuis 2005 : 13.375 tonnes de semences françaises importées chaque année

En 2005 et 2006 ASF a cédé les semences gratuitement à ARIDEL, qui a vendu la caisse de 25
kg aux producteurs à 7500 CFA en 2005 et 12000 CFA en 2006. La majorité de ces semences ayant été
cédées à crédit, les mauvais payeurs ont confronté ARIDEL à un problème de recouvrement (80%
seulement).

En 2007 la caisse de 25 kg a été vendue à 14000 CFA, ARIDEL a récupéré l'argent de la vente
et remboursé ASF le prix du contener et les frais de transport. Plus de crédit en 2007, toutes les caisses
ont du être payées comptant. Cette décision a posé un problème d'accès aux semences de plus petits
producteurs, mais ARIDEL pense que cette leçon va leur prouver l'intérêt de s'organiser.

- FAO : 10 tonnes de Kondor (Hollande) et 1.5 tonnes de Pamina et Sahel distribuées gratuitement. Les
semences sont suivies par l'ONG ARIDEL et la direction départementale de l'agriculture. Les zones
choisies pour la distribution sont des zones vulnérables suite au déficit agricole de l'hivernage. 445
ménages des 10 communes ont bénéficié de cette aide, 20 kg de semences du 1er lot de 10 tonnes ont
été distribués à chaque ménage. Le 2ème lot de 1.5 tonnes, arrivé tardivement, a été distribué à
Dogondoutchi et Matankari, là ou l'eau était disponible pour mener à bien la culture.

La conservation

En 2006 un magasin de
conservation de 60m2 pouvant
contenir 35 tonnes de pommes
de terre destinées à la
consommation a été construit à
Dogondoutchi à l’aide d’un
financement d’ASF et SOC-I.

Coût 3 600 000 CFA.

Intérieur du magasin de conservation de Dogondoutchi, Niger

En 2007 le premier essai de conservation a eu lieu : une tonne de pomme de terre a pu être
conservée dans le local de mars à juillet. Une grande partie a été vendue après 2 mois de conservation,
l’autre fin juin.

65 kg de pommes de terre de petit calibre (Pamina et Désirée) ont servi à un essai de


conservation de plants et de tests pour la culture de la pomme de terre en hivernage.

- 5 kg ont été replantés en juin après une première pluie, mais 40jours de sécheresse ont suivi et
l’ensemble des tubercules ont pourri.
54
- 7 kg ont été replantés en juillet, mais seuls 5% ont levé, pourriture du reste des tubercules. L’appui de
l’université de Niamey a permis de conclure que l’échec de ces essais était essentiellement dû au fait
que les variétés Pamina et Désirée ne sont pas adaptées à la culture en saison des pluies.
-11 kg ont été donnés à Guillaume Lemasle (stagiaire ASFB) pour des essais à Bonkoukou en
hivernage
- la 30aine de kg restante a été conservée jusqu’en octobre mais elle n’a pas servi de semence pour une
récolte en primeur : les paysans n’ayant pas fini la récolte des céréales à ce moment là, aucun n’était
disponible pour planter de la pomme de terre. Les tubercules de petit calibre ont donc été vendus à 600
CFA/kg pour la consommation.

Depuis l’atelier Proplant à Ouaga en 2007, ARIDEL attend les échantillons de variété 56 (qui
peut supporter la conservation) et de variété 18 (pour la production en hivernage) que doit lui envoyer
Bruno Vanderhofstadt de SOC-I. Les échantillons seront envoyés de Guinée durant l’hivernage 2008.

En 2008, 1615 kg de pomme de terre ont été achetés aux producteurs (Désirée, Pamina,
Stemster, Sahel, Kondor) pour conservation dans le magasin de stockage. ARIDEL aimerait conserver
jusqu’à trois tonnes de pommes de terre cette année. Le magasin n’est pas encore ouvert aux
agriculteurs de Dogondoutchi. Les producteurs doivent d’abord s’organiser, décider qui pourra y
entreposer sa récolte et se charger de la collecte dans les différents villages.

Dans les années à venir ARIDEL envisage la construction de magasins de conservation dans les
9 communes restantes, priorité aux communes de Tibiri et Matankari (nombreux
producteurs, disponibilité en eau et dynamisme)
L'organisation

Actuellement les paysans sont organisés en groupements peu dynamiques. ARIDEL a lancé un
projet en janvier 2008, financé par ASF devant aboutir à la restructuration des organisations paysannes
du département. Les groupements de chaque village seront recensés dans les différentes communes et
organisés en union communale. Des délégués de chacune des 10 unions communales se retrouveront
pour former une union départementale des producteurs de pomme de terre de Dogondoutchi.
L'objectif d'ARIDEL sera alors de mettre cette union départementale en relation avec l'union des
producteurs de la région d'Agadez et l'union des producteurs de Bonkoukou pour aboutir à la
constitution d'un réseau national des producteurs de pomme de terre, comme au Burkina Faso.

La commercialistation

La production du département de Dogondoutchi est entièrement écoulée chaque année. Le


problème de commercialisation ne se situe donc pas au niveau de la demande mais réside plutôt dans le
caractère individuel de la vente.

Les pommes de terre achetées par ARIDEL sont essentiellement vendues dans la zone de
Dogondoutchi, à des fonctionnaires et des commerçants. En 2007 ARIDEL a fait la promotion de ses
pommes de terre en diffusant à la radio une annonce.

La cellule ASF s'était engagée à aider les maraîchers à trouver des acheteurs pour faciliter
l'écoulement de leur production. Une mission d'identification des acheteurs à Niamey a été effectuée,
de nombreux contacts ont été pris. Malheureusement, les producteurs de Dogondoutchi, pressés de
vendre leurs pommes de terre ont écoulé la majorité de leur production a des particuliers bord champ,
au marché, et a des grossistes venus leur acheter 200 à 300 kg. Les acheteurs de Niamey ne voulant pas
affréter un camion pour moins de 5 tonnes, les contacts établis par ARIDEL n'ont pas été utilisés en
2007. L'absence d'organisation pour la collecte de la production est en partie responsable de cet échec.

Malgré tout ARIDEL a quand même assuré une livraison de 3.5 tonnes de pommes de terre a un
55
commerçant de Niamey en 2007.
En ce qui concerne la récolte de 2008, des petits commerçants se déplacent pour acheter 500 kg a 1.5
tonne de PDT qu'ils revendent à des grossistes de Niamey. Un acheteur nigérien a payé 3 tonnes de
PDT qu'il compte écouler au Bénin.

Notons qu'à Tibiri et Matankari les producteurs ont leurs propres contacts sur Niamey, ils
amènent leur production au petit marché de Katako.

Les producteurs de Kiria et Soucoucoutane, communes éloignées, ont du mal à trouver des
acheteurs à temps voulu, ce qui les a poussé à développer des techniques de conservation
traditionnelles (PDT conservées sur du sable fin, parfois enterrées, recouvertes de paille à l'ombre d'un
arbre)

56
Diagnostic de l'avancement du projet dans le Dallol Maouri

1er projet : 2005-2007

Objectif : introduire la PDT dans la zone de Dogondoutchi et mener des activités


d'accompagnement (Activités génératrices de revenu pour les groupements féminins)

Bilan :
- la PDT a été introduite dans toutes les communes et entre dans les habitudes alimentaires de la
population
- les paysans commencent à maîtriser sa culture, grande motivation des producteurs
- pas de problèmes pour écouler la récolte, la commercialisation est bonne
- on est passé de 0 tonne en 2004 à 188 tonnes de PDT en 2006-2007
- AGR : stocks d'arachide, embouche (animaux engraissés puis revendus au boucher), moulin
permettant aux femmes de gagner du temps pour se consacrer à d'autres activités ou se reposer
- construction du magasin de stockage
-construction d'un puit à Kalanmota et clôture du site
- 2 puits aménagés à Dogondoutchi

Difficultés rencontrées :
- Recouvrement des semences cédées à crédit les premières années pas à la hauteur des attentes. Ce
problème est résolu depuis que les semences doivent être payées comptant
- Insuffisance des moyens : au début les subventions d'ASF n'étaient pas encore disponibles et l'action
sur le terrain était handicapée par la disponibilité en fonds de l'ONG Aridel (pas d'argent = pas de
déplacement)

2ème projet : 2008-2011

Objectif : organiser la filière pomme de terre dans le département de Dogondoutchi à travers la


mise en place de différents réseaux (Union départementale des producteurs de pomme de terre de
Dogondoutchi opérationnelle d'ici fin mai). Perspective d'une union nationale des producteurs de
pomme de terre du Niger.
+ appui aux infrastructures de conservation
+ renforcement des capacités : formations pour les réseaux
+ appui en équipement (balances, petit matériel agricole)
+ appui à la commercialisation : démarcher des acheteurs sur Niamey et dans la sous-région

Au cours de mon séjour à Dogondoutchi j'ai pu visiter les sites de Matankari, Argoum
et Kalonmota où j'ai rencontré des producteurs et évoqué avec eux les difficultés qu'ils rencontrent.

57
b) Proposition de nouveaux partenariats

• Say

Entretien avec M. Djibo Konguizé, directeur adjoint de la Direction Départementale de l’Agriculture


de Say et M. Talhatou Naino chargé des statistiques agricoles

La culture de la pomme de terre a été introduite récemment dans le département.


Début janvier 2008, la FAO a distribué gratuitement 2 tonnes de semences Kondor entre 4 communes
(Tamou, Torodi, Say et Guéladjio) et 738 bénéficiaires.

Cependant au cours de cette campagne les agriculteurs ont rencontré plusieurs problèmes qui
expliquent la mauvaise récolte :
- La DDA n’a pas pu former les producteurs à la culture de la pomme de terre avant l’arrivage
des semences de la FAO, la seule aide reçue par les agriculteurs a consisté en un suivi par des
agents sur le terrain… Aussi des erreurs telles qu’un mauvais buttage ont entraîné le
verdissement et la germination de certains tubercules au bout de 2 mois.
- Fin février l’acariose (maladie caractérisée par le flêtrissement des plantes et l’apparition d’un
cocon blanchâtre sur les pieds) a touché l’ensemble des solanacées et ravagé plus de 75% des
pommes de terre.

Ainsi les producteurs ayant le mieux produit ont récolté 100 kg de pomme de terre à partir
d’une caisse de 25 kg de semences… Un rendement faible comparé aux 800 kg obtenus par certains
cultivateurs burkinabés par exemple !
Les producteurs de Say ont pu vendre leur récolte à 275 CFA/kg, très peu ont choisi
l’autoconsommation, ce qui prouve que cette culture récente n’est pas encore entrée dans les habitudes
alimentaires de la population.

Pour la campagne 2008-2009, les agriculteurs satisfaits de l’essai mené cette année attendent
une nouvelle aide de la FAO. Cette aide d’urgence de la FAO présente donc un inconvénient : elle
place les agriculteurs dans une dépendance vis-à-vis de l’occident et une attente passive de
semences gratuites qui les empêche de s’organiser pour effectuer des commandes groupées au
niveau de la coopérative.

Ainsi on pourrait résumer la situation de SAY de cette manière :

Pourquoi tenter d’y implanter la pomme de terre ?

Parce que le département de SAY possède des terres fertiles et disponibles, de l’eau toute
l’année (mares, fleuve Niger, chenal et motopompes) et des organisations paysannes (plus de 1500 sur
le département) motivées. De plus l’écoulement de la production ne pose pas de problème : nombreux
fonctionnaires à Say et Torodi, proximité de Niamey par une route goudronnée…

Les problèmes auxquels il faudra faire face

La zone est fortement parasitée, particulièrement les sites de Dalweye et Gantchi. Peu de suivi
de la part des agents de la DDA à cause des faibles moyens financiers dont ils disposent pour leurs
déplacements.
Les producteurs n’ont pas l’habitude de produire de la pomme de terre, il faut les former aux
techniques culturales et aux techniques de conservation.
La conservation ne pose pas de problème pour l’instant puisque la pomme de terre représente
une petite production qui est rapidement écoulée. Cependant si les quantités produites augmentent dans
les années à venir la construction de magasins de conservation est indispensable… La DDA
possède un hangar de 160 m2 qui pourrait être utilisé ?
58
Entretien avec M. Abdoul Aziz (président) et M. Ali Boye (trésorier) de l’Union des Producteurs
d’Oignon et Activités Maraîchères (UPOAM)

Visite du site de Koba, proche de la station de pompage du périmètre rizicole.

Site de Koba et périmètre rizicole, Say, Niger

L’UPOAM a été créée en 2006 et regroupe 15 groupements soit plus de 400 personnes sur
l’ensemble de la commune de Say.

En 2007 M. Abdoul Aziz a pris contact avec Illia Warou de l’ONG ARIDEL de
Dogondoutchi… Une collaboration a été envisagée pour la campagne 2008-2009 principalement en ce
qui concerne l’approvisionnement en semences. L’UPOAM pourrait effectuer une commande qui serait
comprise dans le contener envoyé chaque année à Dogondoutchi par ASF. Bien entendu un travail
préalable de sensibilisation et de formation des producteurs avant l’arrivée des semences sera
indispensable pour garantir la réussite de la prochaine campagne. L’ONG ARIDEL pourrait également
intervenir à ce niveau.
L’appui du pôle technique de l’université de Niamey sera également indispensable pour lutter
efficacement contre les parasites (nématodes à galle, …).

Le président s’engage à faire une tournée à moto dans tous les villages et à estimer les besoins
en semences d’ici juin 2008. Il propose même de s’appuyer sur l’UPOAM pour bénéficier de
l’exonération des semences françaises… à suivre.

59
• Torodi

La commune de Torodi possède 209 ha de périmètre maraîcher répartis sur 55 sites.

Entretien avec M. Salou Moumouni-Djoga le président de l’UGPCO SUBA SE (Union des


Groupements des producteurs pour la Protection de la Couche d’Ozone)
Entretien avec des femmes du groupement Cernafa

Créée en novembre 2007 l’UGPCO compte désormais 753 membres (406 femmes et 347
hommes) pour 12 groupements répartis dans 11 villages de la commune de Torodi. Si on considère
qu’une famille est composée de 10 personnes en moyenne, les 27,5 ha exploitables par l’union
pourraient participer à l’alimentation de plus de 7000 personnes.

Les 11 sites :
Djoga 6 ha Pengona 3 ha Bogodjontou 2 ha
Magou 3 ha Djilliki 2 ha Pogodji 1,5 ha
Bontchoulou 2 ha Kobadjé 3 ha Kankantouti 1 ha
Sirimbana 2 ha Kongo 2 ha

Ses objectifs sont :


- améliorer les conditions de vie des membres par des activités agro-sylvo-pastorales et piscicoles
- diminuer les gaz à effet de serre en plantant des arbres, en luttant contre l’érosion et en
sensibilisant la population

L’UGPCO a été mise en relation avec ASF à travers l’UCOAM de Say et son président M.
Abdoul Aziz. Pour l’instant elle bénéficie de l’appui de Swiss Aid et du FCIM (fond canadien des
initiatives locales) pour le maraîchage (semences potagères, puits…), les banques céréalières,
l’alphabétisation et l’amélioration des terres de culture.

En ce qui concerne la culture de la pomme de terre, 40 femmes ont mené une première
expérience en 2000 en plantant 10 kg de pomme de terre donnés par les services de l’agriculture, soit
une quantité dérisoire de 15 tubercules/personne ! A cette occasion elles ont bénéficié d’une brève
formation sur la plantation et l’arrosage.
A partir de ces 15 tubercules elles ont récolté en moyenne un seau de 15kg, toute la production a été
autoconsommée.

Cette expérience n’a pas été renouvelée car elles n’ont plus reçu de semences, mais elle leur a
fait prendre conscience de l’intérêt de la culture de la pomme de terre pour diversifier
l’alimentation et faire face à la crise alimentaire chronique au Niger (autoconsommation PUIS
vente). En effet, les cultures de contre saison génèrent une activité qui est source de revenu à un
moment où les gens sont désoeuvrés (traditionnellement l’agriculture est pratiquée au moment de la
saison des pluies = hivernage).

60
Périmètre maraîcher, Torodi, Niger

Entretien avec M. Morou Alidou, chef du service communal du développement agricole de Torodi

En janvier 2008 la FAO a distribué 600 sacs de 25 kg entre les villages de Kobadié, Adaré,
Pengona, Guessédoundou, Bogodjotou et Magou. Distribuées à des groupements ou a des producteurs
individuels ces semences ont été cédées à plus de 150 personnes. Les services de l’agriculture ont suivi
la prégermination et la plantation dans les 6 villages.
Cette expérience s’est soldée par de mauvais rendements : au moment de la tubérisation les puits
étaient asséchés. Il est donc impératif de distribuer les semences en octobre/ novembre.

Villages Quantité de semences donnée (kg) Quantité de PDT récoltée (kg)


Pengona 120 < 100
Magou 100 125
Kobadié/Adaré 180 320
Guessédoundou 100 175
Bogodjotou 100 200
TOTAL 600 920

Sur les 920 kg produits à partir des semences de la FAO 75% ont été autoconsommés.

Avantages :
Disponibilité en eau (nappe peu profondes, puits de moins de 10m) et en sols (le périmètre maraîcher
s’agrandit chaque année)
Ecoulement facile de la production sur Torodi et Niamey (route goudronnée)

Inconvénients :
Sols parasités
Formation indispensable des agriculteurs
Logique individualiste des producteurs, organisation à revoir
Encadrement insuffisant, un seul technicien pour l’ensemble de la commune
La pomme de terre n’est pas dans les habitudes alimentaires de la population
Achat de pommes de terre de consommation sur les marchés de Niamey et Bonkoukou pour les utiliser
comme semences

61
• Ouallam

La commune de Ouallam c'est une des 5 communes du département de Ouallam, 1740 km2
pour 63127 habitants. Les principaux sites maraîchers sont Tolkobeye, Sargane, Ouallam, Dignassa,
Bardouga, Garbey et Tinga.

Nous nous sommes concentrés sur le site de Tinga, qui regroupe plus de 1000 femmes le long
d'un point d'eau (une mare permanente) sur 102 hectares. Les femmes sont organisées en 4
groupements et cultivent des légumes en contre saison principalement pour l'autoconsommation. Ces 4
groupements ne sont pas organisés en union. Il serait intéressant de se pencher sur ce site qui
contrairement aux autres ne bénéficie d'aucune aide... il s'agit donc du site le plus vulnérable de
Ouallam.

Périmètre maraîcher du site de Tinga, Ouallam, Niger

J'ai donc rencontré les femmes de la coopérative Albarka, qui travaillent sur le site de Tinga.
Elles y cultivent la salade, la pomme de terre (achètent généralement moins d'un kg de semence tout
venant par personne), l'oignon, le chou, la carotte, l'aubergine, la patate douce... la culture de contre
saison y est pratiquée depuis plus de 20 ans.

Les principaux problèmes qui se posent outre l'absence de formation sont la divagation des
animaux qui se rendent au point d'eau pour s'abreuver, l'arrivage tardif des semences et le manque de
petit matériel.

Point positif : 66 productrices de Ouallam auraient été formées à Bonkoukou en 2007 pendant 2
semaines, en collaboration avec la FAO. Ces femmes ont obtenu de bons résultats par la suite, elles
envisageraient de commander des semences de pommes de terre pour la campagne de 2008 et auraient
contacté la FCMN Niya pour faciliter la commercialisation. Ces femmes sont donc dans une démarche
très positive et pourraient à leur tout former d’autres agricultrices du site afin de répandre les bonnes
pratiques enseignées au cours du stage.

62
• Dosso

Un partenariat avec l'ONG AFPEF Doubani (Association féminine pour la promotion et


l'éducation de la femme) serait intéressant. Sa présidente, Mme Djermakoye Hadji Maimouna est une
femme dynamique soucieuse du développement rural du département et de l'émancipation de ses
femmes.

Nous avons visité le site de Karguibangou, à 30 km de Dosso. Ce site maraîcher de 11 ha


regroupe à ce jour 85 exploitants (contre 250 personnes en 2002) dont 26 femmes venant de 3 villages
différents.

Rencontre avec des producteurs maraîchers du site de Karguibangou, Dosso, Niger

Dans les années 70 l'Arabie Saoudite a construit sur ce site un forage artésien permettant de
développer le maraîchage, mais la rupture d'un des tuyaux en 2002 a conduit à l'inondation du site
et la formation d'une mare de 1 ha, pour le plus grand bonheur des enfants qui s'y baignent et des
animaux qui s'y abreuvent. La pisciculture y a même été développée, aussi les agriculteurs
souhaiteraient conserver une partie de cette mare.

Mais le site nécessite d'être réhabilité (nombreux canaux d'irrigation impraticables car
encombrés de sable et de branchages) et le forage réparé (coût approximatif selon une expertise
de 2004 30 millions de CFA). Une fois ces travaux effectués, le site présentera réellement un fort
potentiel de production, et les cultures maraîchères d'autoconsommation pourraient se transformer en
cultures de rente capables d'approvisionner le département.

Cependant un appui technique sera indispensable, les agriculteurs devront être formés à la
culture de la pomme de terre par exemple, qui jusqu'à présent n'est cultivée que par quelques personnes
qui n'ont jamais bénéficié de formation.

L'ONG Doubani espère pouvoir travailler en partenariat avec ASF et l'ONG ARIDEL, afin de
bénéficier de leur expérience en matière de maraîchage. Espérons que cette collaboration aboutira !

63
• Bonkoukou

Bonkoukou est un village situé à 140 km au nord est de Niamey, c’est le 2ème site de
production de pomme de terre au Niger après la région d'Agadez.

J'y ai rencontré :
- le Président de l'union des coopératives maraîchères de Bonkoukou (87 groupements), M.
Ousmane Garba et quelques agriculteurs
- le coordinateur régional de SOS Sahel M. Harouna Djibril

J’ai pu visiter le site maraîcher de 10 ha aménagé par l'ONG Développement de la Femme


Rurale en bordure des bâtiments de l'INRAN. Malheureusement je n'ai vu aucune des 107 femmes qui
travaillent sur le site car les récoltes d'oignon et de pomme de terre étaient terminées au moment où je
me suis rendue à Bonkoukou. Les rendements moyens sont de 30 tonnes/ha.

D'ici la prochaine campagne l'ONG DFR aura construit :


- une chambre froide à 4°C de 100 tonnes destinée a la conservation des semences (coût 60 millions
CFA)
- une cave climatisée de 20 à 30 tonnes permettant d'atteindre une température de 12°C pour
conserver les pommes de terre destinées a la consommation (coût 5 millions CFA)

Ces investissements devraient résoudre les problèmes de conservation. Le représentant de SOS


Sahel a également évoqué la construction d’un magasin de conservation de 250 tonnes non réfrigéré qui
sera achevé en 2008 (coût 34 000 000 CFA) et qui bénéficiera à l’Union des Maraîchers de
Bonkoukou, quelques groupements ayant déjà été choisis pour pouvoir stocker leur production en 2009.

Les principaux problèmes rencontrés dans la région sont :

- l'approvisionnement en semences : tardif et insuffisant (les paysans dépendent des importations


des ONG et de la FAO), il oblige les agriculteurs a se fournir au Nigeria en semences non certifiées et
parasitées. Objectif : traiter directement avec Germicopa et faire venir plusieurs conteneurs... Les
besoins en semences sont de plus de 100 tonnes/an !
- l'écoulement de la production qui est vendue a Niamey et engendre des coûts de transport
exorbitants. En 2008 la récolte sera regroupée au niveau de l'union afin de trouver des grossistes et
faciliter la vente. Des ententes avec des acheteurs de la sous-région sont en cours.

Les projets :
- les magasins de conservation
- le comité de gestion des commandes de semences regroupant l’ICRISAT, SOS Sahel, DFR et
l’Union des Maraîchers
- la participation de nouveaux agriculteurs au programme GIPD de la FAO à l’aide de champs-
écoles (16 personnes à Shett en 2007)
- étendre la culture de la pomme de terre au nouveau site de 2 ha à Tillobi (sur le plateau à 15km
de Bonkoukou)

64
V) LES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE POMME DE TERRE

Plusieurs éléments laissent présager un bel avenir à la filière pomme de terre dans les trois pays
étudiés :
- la pomme de terre entre de plus en plus dans les habitudes alimentaires des populations et la
demande intérieure est en croissance régulière et forte

les possibilités d’extension de la culture sont réelles, les zones potentielles de culture sont
nombreuses dans chaque pays et le développement de nouveaux partenariats pour la diffusion et la
vulgarisation de la culture de pomme de terre vont dans ce sens
- le recherche s’intéresse à la pomme de terre, le Burkina Faso et le Niger qui participent au
projet CORUS illustrent cette volonté de maîtriser le cortège parasitaire, entre autres
- les infrastructures pour l’approvisionnement en semences locales et à moindre coût se mettent
en place dans chaque pays (le Mali est de ce point de vue plus avancé que le Burkina et le Niger
grâce au laboratoire de Katibougou déjà fonctionnel même s’il connaît de gros problèmes de
gestion du personnel)
- de même l’organisation de la filière est en bonne voie dans les 3 pays (avec une légère avance
du Burkina qui possède déjà un Réseau National des Producteurs de Pomme de Terre), ce qui
laisse présager de nettes améliorations en terme de commercialisation notamment

Afin d’assurer une production nationale de qualité et en quantité, il reste encore à mettre au
point une législation commune aux différents pays de la CEDEAO en terme de production de
semences, de multiplication de semences et de certification. Cette législation commune permettra le
développement de fermes semencières.

Ajoutons que tant que le problème de la conservation ne sera pas résolu le développement de la
filière sera toujours limité. Ce point est le plus épineux quand on connaît les problèmes d’accès à
l’énergie en Afrique de l’Ouest : peu de villages bénéficient de l’électricité et les pannes sont
fréquentes. De plus les systèmes réfrigérés coûtent excessivement chers, ces équipements ne peuvent
pas être pris en charge par les agriculteurs. En attendant une adaptation à des volumes importants et une
démocratisation du système de froid solaire, il faudra donc continuer à développer des magasins de
conservation enterrés ou de plein pied dans les différents pays.

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Bibliographie

• Ouvrages :

P. Rousselle, Y. Robert, J.C. Crosnier, 1996. La pomme de terre. INRA Editions, Paris.

• Rapports de stage :

G. Lemasle, 2006. Comment résoudre les problèmes techniques liés à la culture de la pomme de terre
au Niger ?

• Encyclopédies en ligne :

http://fr.wikipedia.org
www.universalis.fr

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Annexe 1 : Fiche technique sur la pomme de terre de la FEPAB

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Annexe 2 : La technologie du froid solaire

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