Burkina Pomme de Terre BURKINA FASO MALI NIGER
Burkina Pomme de Terre BURKINA FASO MALI NIGER
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SOMMAIRE
3
Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Ouahigouya
Bibliographie……………………………………………….…………………………….. p 66
Annexes……………………………………………………………………………………..p 67
4
I) PRESENTATION DU PROJET
Après deux ans passés au sein de l’ENSAIA (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et des
Industries Alimentaires) à Nancy, j’ai souhaité mettre à profit mon année de césure pour mener à bien
un projet de développement rural dans des pays du Sud.
J’ai réalisé ce projet d’analyse et de structuration d’une filière pomme de terre en Afrique
sahélienne (Mali, Burkina et Niger) avec le soutien de Bernard Jouan, délégué régional d’Agro Sans
Frontières-Bretagne (ASF-B), qui m’a guidée dans le choix du sujet en avril 2007 et qui m’a fourni les
premiers contacts sur place.
La pomme de terre, à l’exception de quelques zones spécialisées, demeure encore une «petite
production » dont la consommation est souvent réservée à une clientèle aisée. Elle pourrait occuper une
place plus importante dans les systèmes maraîchers sahéliens si un certain nombre de facteurs limitants
étaient levés : accès aux semences, calendrier et pratiques de production, maîtrise du parasitisme,
conservation, commercialisation, transformations, formation-organisation paysanne, habitudes
alimentaires, etc.
Ce projet a débuté en juin 2007 avec les premières études bibliographiques et la recherche de
fonds indispensables pour mener à bien les activités prévues sur place. L’étude au Mali, au Burkina
Faso et au Niger a été réalisée du 15 janvier au 20 mai 2008. Le travail sur le terrain a consisté à dresser
un état des lieux de la production, des organisations, des problèmes et des besoins dans chaque pays
afin d'élaborer un projet global pour les années à venir. Ce rapport rend compte des résultats obtenus et
des observations liées aux activités agricoles. Il propose le matériel et les conditions les mieux adaptés
à une culture de pomme de terre contrôlée et à moindre coût. La réalisation d'un guide de vulgarisation
pour la culture de pomme de terre est également programmée.
5
II) CONTEXTE ET ENJEUX DU PROJET
a) Le Burkina Faso
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Le pays des hommes intègres, est un pays enclavé, défavorisé par des conditions naturelles
ingrates, presque totalement démuni de ressources minières immédiatement exploitables et habité par
une population parmi les plus denses d'Afrique. Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres du
monde : son PIB par habitant est de 250 $ en 2004.
Malgré la volonté souvent affichée par les pouvoirs publics depuis 1983 de « compter sur ses
propres forces » et les politiques régulièrement lancées d'austérité financière et de limitation des
dépenses publiques qui lui évitent de connaître une crise financière aussi grave que celle de plusieurs
pays de la sous-région, l'économie burkinabé reste largement dépendante de l'aide internationale.
Le territoire du Burkina Faso forme une pénéplaine au relief monotone, dont l'altitude moyenne
est de 300 mètres. Le climat est tropical soudanien, caractérisé par des variations pluviométriques
considérables et deux saisons très contrastées : la saison des pluies avec des précipitations comprises
entre 300 mm et 1200 mm et la saison sèche durant laquelle souffle l’harmattan, un vent chaud et sec,
originaire du Sahara. La saison des pluies dure environ 4 mois, entre mai-juin et septembre, sa durée
est plus courte au nord du pays
Aux trois sous-climats soudaniens correspondent trois zones de végétation : la steppe arbustive
(climat sahélien), la savane (climat nord-soudanien) et la forêt sèche (climat sud-soudanien).
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Quoique peu élevé et relativement peu arrosé, le Burkina a un réseau hydrographique assez
important, surtout dans sa partie méridionale. Les cours d’eau se rattachent à trois bassins principaux :
les bassins de la Volta, de la Comoé et du Niger.
L’agriculture burkinabè
Malgré des conditions naturelles d'exploitation difficiles tenant surtout aux sécheresses
catastrophiques et à des techniques rudimentaires, l'agriculture et l'élevage fournissent 45% du produit
intérieur brut et 80% des emplois.
Dominée par le coton, dont le pays est le premier producteur en Afrique avec 700 000 tonnes en
2006 destinées à l’exportation, l’économie résiste tant bien que mal à la chute des cours mondiaux.
Les cultures vivrières (mil, sorgho, maïs, riz, fonio) occupent près des 9/10ème de la surface
cultivable, mais le déficit vivrier reste chronique.
La production de riz ne parvient pas à couvrir les besoins d'une population urbaine qui lui
accorde une place croissante dans son alimentation.
En plus de traditionnelles cultures de coton et d’arachide, le Burkina se distingue de ses voisins
par ses productions de karité, de sésame et de sucre.
Premier produit d’exportation pendant de nombreuses années, l’élevage a souffert des
sécheresses successives.
Cependant, des aménagements hydrauliques offrent beaucoup des possibilités de cultures
maraîchères de saison sèche dont la pomme de terre. Les principales zones de production de pomme de
terre sont :
- Ouahigouya dans la province du Yatenga
- Karankasso Sambla dans la province du Houet
- la plaine du Sourou.
b) Le Mali
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Le Mali est le plus vaste état d’Afrique de l’Ouest après le Niger. Privé d'accès à la mer et
victime de la sécheresse qu'ont connue les pays du Sahel, le Mali est l'un des pays les plus pauvres du
monde : le PIB par habitant était estimé à 380 $ en 2005. Doté d'une agriculture particulièrement
sensible aux aléas climatiques, le Mali a du mal à nourrir sa population et est fort dépendant des
financements extérieurs.
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- Le domaine saharien couvre le nord du pays. Les pluies y sont irrégulières, rares (inférieures à
200 mm/an) et d'une efficacité biologique faible car elles n'imbibent pas profondément le sol.
De plus, le vent accentue l'évaporation de l'eau. Cependant, ces précipitations peuvent
permettre l'apparition d'un tapis herbacé qui peut nourrir temporairement les troupeaux des
tribus nomades qui traversent cette région.
- Le domaine sahélien, au centre du pays, connaît une pluviométrie variable (de 200 à 700 mm).
Cette région relativement sèche est couverte de steppe composée de petits arbres rabougris et
d'acacias (zone de pâturage), remplacée progressivement vers le Sud par de la savane (où
l'agriculture vivrière coexiste avec l'élevage).
- La région soudanaise est située dans le Sud. Elle a une pluviométrie comprise entre 750 et
1 300 mm. La végétation est constituée dans sa partie nord de savanes devenant de plus en plus
denses et se transformant progressivement en forêt claire vers le sud.
- Le delta intérieur du Niger est une région originale de 300 km de long et 100 km de large. En
période de crue (octobre-décembre), elle apparaît comme une véritable mer intérieure en zone
sahélienne. Cette situation a un effet modérateur sur le climat. Les sols hydromorphes y sont
plus riches qu'ailleurs, mais saturés d'eau, leur drainage s'impose et permet la culture du riz, du
coton, de l’arachide, du mil et du sorgho.
L’agriculture malienne
L'activité économique est surtout limitée autour de la région fluviale irriguée par le fleuve
Niger et ses affluents dont le Bani et le Sénégal à l’Ouest. Environ 10 % de la population est nomade
et environ 80 % travaillent dans l'agriculture ou la pêche.
Les cultures vivrières (mil, sorgho, maïs) constituent la base de la nourriture de la population.
Leur production est cependant irrégulière, en moyenne, une année sur quatre est catastrophique.
Le riz est cultivé dans la vallée du fleuve Niger, mais sa production est aléatoire.
Suite à la chute du cours du coton sur le marché en 2005, les paysans maliens produisent
aujourd'hui à perte. Les agriculteurs dégagent des marges de plus en plus étroites et sont obligés de
contracter des dettes.
Le Mali est également un important producteur de mangues (200 000 tonnes) dont une faible
partie seulement est exportée (3 000 tonnes) malgré un énorme potentiel.
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Le Niger est de plus vaste pays d’Afrique de l’Ouest. Il fait partie des pays enclavés du Sahel,
sans façade maritime : c’est l'une des plus chaudes régions d’Afrique.
Le Niger figure parmi les pays les plus pauvres du monde : le PIB est de 329 $ par habitant ; le
taux d’analphabétisme est de 88% ; 63% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, 39% n’a
pas accès à l’eau potable, 70% est privée de soins de santé.
L’agriculture nigérienne
Resté longtemps à l'écart de la vie économique moderne, le Niger est un pays dont les activités
agricoles et pastorales occupent 80% de la population, 15% étant de purs éleveurs.
Réduit par les sécheresses, le troupeau s'est chaque fois rapidement reconstitué et l'élevage se
situe au deuxième rang des exportations en valeur, après l'uranium.
Les productions vivrières, mil, légumes secs et sorgho, s'étendent largement dans la zone
agricole ; le riz n'est cultivé que dans la vallée du fleuve. Les cultures commercialisables ont été
introduites, l'arachide de Dosso à Zinder et le coton de Tahoua à Maradi. Depuis les sécheresses qui ont
marqué les années 70et 80, les cultures commerciales ont régressé au profit d'un accroissement des
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surfaces consacrées à l'agriculture vivrière. Les rendements sont faibles, soumis aux aléas de saisons
agricoles brèves et irrégulières.
Comme partout au Sahel, la baisse des rendements, l'accroissement démographique et les enjeux
fonciers qui en découlent engendrent l'accroissement des superficies mises en culture, y compris sur les
sols médiocres et fragiles et au nord de la zone réellement agricole, où les pluies et les récoltes
deviennent bien incertaines. Les déficits pluviométriques répétés, cette progression des zones cultivées
et l'accroissement de la charge pastorale empêchent par endroits la régénération du potentiel naturel. La
désertification apparaît.
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mais elles s’avèrent coûteuses à entretenir. On observe donc des difficultés dans l’entretien des
ouvrages.
La pomme de terre est une culture encore très peu développée au Niger : elle ne représente que
un pour cent des productions maraîchères. Elle est concentrée dans deux zones où son importance
économique est primordiale :
- la zone de Bonkoukou (à 120 km au nord de Niamey)
- la zone de l’Aïr (Agadez)
- et plus récemment la zone de Dogondotchi
a) Origine et histoire
Originaire de la Cordillère des Andes, la pomme de terre fut introduite en Europe au XVIe
siècle par les Espagnols, et est cultivée actuellement partout dans le monde. Les principaux pays
producteurs mondiaux sont la Chine et l’Inde, les principaux producteurs européens sont l’Allemagne,
les Pays-Bas, l’Angleterre, la Pologne, la France et la Belgique.
b) Description botanique
La pomme de terre est une plante vivace à multiplication végétative appartenant à la famille des
Solanacées. Cette plante à fleurs blanches ou violettes, à fécondation autogame, produit une tige
souterraine vivace également appelée stolon dont les extrémités gonflées par des réserves d'amidon
forment les tubercules comestibles.
Les tubercules constituent une réserve d'éléments nutritifs qui permet à la plante de survivre au
froid, de repousser et de se reproduire; chaque tubercule possède de deux à dix bourgeons ou « yeux »
disposés de façon hélicoïdale. Ces bourgeons se transforment en germes qui donneront à leur tour une
nouvelle plante si les conditions sont favorables.
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c) La culture de la pomme de terre
La pomme de terre est cultivée dans plus d'une centaine de pays au climat tempéré, subtropical
ou tropical. Elle pousse surtout dans les régions au climat tempéré frais, la température étant le
principal facteur limitant de la production: le développement du tubercule est fortement inhibé quand
les températures sont inférieures à 10 °C et supérieures à 30 °C, et l'on obtient un rendement optimal
quand les températures diurnes moyennes sont comprises entre 18 °C et 20 °C.
C'est pourquoi on plante la pomme de terre au début du printemps dans les zones tempérées et à
la fin de l'hiver dans les régions plus chaudes et on la cultive durant les mois où il fait le plus frais dans
les régions tropicales au climat chaud. Sur certaines hautes terres subtropicales où les températures sont
douces et le rayonnement solaire est fort, les agriculteurs la cultivent toute l'année et la récoltent 90
jours après la plantation. Dans les régions plus froides, comme l'Europe du Nord, le cycle peut durer
jusqu'à 150 jours. Dans les régions tempérées ou subtropicales, une culture irriguée peut produire 35 à
45 tonnes/ha, rendement qui tombe de 15 à 25 tonnes/ha dans les régions tropicales.
Lorsque les feuilles de la plante jaunissent et que les tubercules se séparent facilement du
rhizome, la plante est arrivée à maturité. Selon le volume de production, on récolte les pommes de terre
avec une fourche à bêcher, une daba, une charrue ou des engins mécaniques qui arrachent le tubercule
et le secouent pour enlever la terre.
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Riche en amidon (réserve de glucides des végétaux) et en fibres, la pomme de terre possède les
qualités d’un féculent : elle est source d’énergie progressive, favorise la sensation de satiété et le transit
intestinal.
La pomme de terre est également riche en vitamine B1 - qui joue un rôle essentiel dans la
transmission nerveuse et participe à la transformation des glucides en énergie - et en vitamine C,
antioxydant qui favorise l’absorption du fer.
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Apports nutritionnels moyens de la pomme de terre (pour 100 g cuits à l'eau)
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Si la FAO a décrété que 2008 serait l’année internationale de la pomme de terre, c’est en
réponse aux grands problèmes mondiaux tels que la malnutrition, la pauvreté et les menaces pour
l'environnement… Problèmes qui risquent de s’accroître au cours des vingt prochaines années puisque
la population mondiale devrait croître de plus de 100 millions d'habitants par an, dont plus de 95% dans
les pays en développement où la pression sur la terre et l'eau est déjà très forte.
Un défi principal que doit relever la communauté internationale consiste, par conséquent, à
garantir la sécurité alimentaire des générations présentes et futures, tout en protégeant la base de
ressources naturelles dont nous dépendons tous.
Dans ce contexte, la pomme de terre semble être une des cultures les plus aptes à remplir ces
objectifs :
• sa culture est parfaitement adaptée aux sites où les terres sont limitées mais où la main d'oeuvre
abonde, conditions qui caractérisent une grande partie du monde en développement
• la pomme de terre produit la plus grande quantité de matière nutritive à l’hectare, par jour
d’occupation du sol donc aussi par jour de consommation d’eau (85% de la plante est
comestible pour l'homme, contre environ 50% pour les céréales)
• elle possède de bonnes vertus nutritionnelles
• la pomme de terre n’entre pas en concurrence dans les calendriers de travail avec les cultures
vivrières traditionnelles de saison des pluies
• la demande de pomme de terre est en hausse. Si la consommation de pommes de terre a reculé
en Europe, elle a augmenté dans le monde en développement, passant de moins de 10 kg par
habitant en 1961 à 21,53 kg en 2003. Elle reste encore nettement inférieure à celle de l'Europe
(93 kg/an), mais tout semble indiquer qu'elle enregistrera une forte hausse à l'avenir.
Agro sans Frontière est une association nationale organisée en « délégations régionales ». Ses
principaux objectifs sont de contribuer au développement durable et à la sécurité alimentaire, dans
les pays du Sud, en intervenant sur l’environnement (protection et gestion des ressources naturelles),
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sur l’amélioration et la diversification des productions (végétales et animales), sur les acteurs
(formation, organisation, conditions de vie et de travail).
La délégation-Bretagne composée d’environ 200 membres (adhérents individuels ou
associatifs) intervient principalement en Afrique Sahélienne : Mali, Burkina Faso, Niger, Sénégal,
Guinées… Elle travaille essentiellement en réseau et collabore avec une trentaine d’associations ou
organisations, tant françaises que locales, auxquelles elle s’efforce d’apporter ses connaissances et son
expérience.
• SOC-International
SOC-International est une association dont le siège est à Béthune. Depuis de nombreuses années cette
association a pris l’option de soutenir la production de pommes de terre dans les pays du sud et
particulièrement en Afrique subsaharienne. Elle a conduit de multiples actions : organisations de
formations et d’ateliers d’échanges, adaptations variétales, laboratoires de multiplication in vitro,
organisation de la production locale de plants et de la conservation, etc.
Le partenariat SOC-I/ASF-Bretagne existe depuis plus de 10 ans, en particulier au Mali, Burkina,
Niger.
• Société Germicopa
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Un réseau d’expérimentation, en collaboration directe avec des producteurs, comprend plus de
3 500 parcelles réparties sur près de trente sites en Europe (Allemagne, Espagne, France, Hollande,
Italie, Portugal) et sur le pourtour méditerranéen (Chypre, Maroc, Tunisie). Ce réseau permet
d’évaluer l’adaptation agronomique des variétés dans des conditions normales d’exploitation très
diversifiées, pendant 4 à 6 années avant inscription sur une liste nationale. En outre, les résistances aux
principales maladies et parasites (mildiou, nématode, gales, rhizoctone) et l’adaptation aux utilisations
et transformations (frite, chips, fécule, qualités culinaires...) sont activement testées.
Les combinaisons de caractères favorables à réunir au sein d’une même variété étant
différentes selon les marchés, 8 "idéotypes" ont été définis pour couvrir l’ensemble des besoins en
variétés de pomme de terre.
Chaque année, sont réalisés quelques 1 000 croisements naturels et 60 000 graines sont semées.
Environ 20 % des hybrides sont retenus chaque année au cours d’un cycle de sélection qui dure 7 à
8 années avant que deux à trois variétés soient sélectionnées et proposées à l’inscription au catalogue
communautaire.
• CNIPT
Créé par et pour tous les acteurs de la filière, dans le cadre de la loi du 10 juillet
1975, le Comité National interprofessionnel de la Pomme de Terre (CNIPT) a pour
objectif de valoriser la pomme de terre de consommation française sur le marché du
frais.
Tous les opérateurs du secteur de la pomme de terre, de la production à la distribution,
participent, grâce à leurs cotisations, à ce but.
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a) Objectif général
b) Objectifs spécifiques
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+ visiter les principales zones de production traditionnelles et émergeantes
+ faire par zone de production un état des lieux des cultures, des récoltes, de la
commercialisation de la conservation, de la formation, organisation, accompagnement technique, etc. :
points forts, points faibles, améliorations possibles
+ faire un état des lieux des actions soutenues par ASF et SOC-I en matière de promotion des
cultures de consommation d’une part et de l’organisation de la production de plants d’autre part
+ proposer un plan d’action à ASF pour de futures interventions au Mali, au Burkina Faso et au
Niger : où poursuivre les efforts, où implanter de nouvelles zones de productions, quels partenaires
impliquer ?
Pour atteindre les objectifs fixés, je me suis rendue au Mali, au Burkina Faso et au Niger du 15
janvier au 13 mai 2008. Je me suis rendue 2 fois au Mali (pour une durée totale de 7 semaines), 2 fois
au Burkina (7 semaines) et une fois au Niger (3 semaines).
a) Au Mali
• Bamako :
rencontre avec Mme Thera Aïssata Traoré du Programme Fruits et Légumes de l’institut
d’économie rurale (IER Sotuba)
rencontre avec M. Mohamed Soumaré, coordinateur technique national du programme de GIPD
de la FAO
• Sévaré :
rencontre avec Moumouni Koné, technicien d’ASF
visite du site de Médinakoura
• Bandiagara :
- rencontre avec Yaïguéré Tembély dite « Fifi », présidente de l’association féminine YA-G-TU
- rencontre avec David Tembély, coordinateur de l’Association de Jumelage et Coopération
Rennes/Plateau Dogon
- visite des sites de Djoundjourou, Tégourou, Kokolo, Sangha, Dourou et Djimini avec Hamidou
de YA-G-TU et Moumouni d’ASF
- visite du magasin de conservation et de la chambre froide de l’association YA-G-TU
• Koulikoro :
rencontre avec M. Sidibé Abdoulaye du laboratoire de production de semences de Katibougou
• Sikasso :
rencontre avec M. Fatogoma Sanogo du Programme Fruits et Légumes de l’IER de Sikasso
rencontre avec M. Oumarou Sanogo, animateur de l’Association des Organisations
Professionnelles Paysannes (AOPP)
rencontre avec M. Brehima Dagnoko de l’USAID
rencontre avec M. Harouna Konaté, PDG de la Sikassoise
rencontre avec M. Oumar Tambora, chef du secteur de l’agriculture du cercle de Sikasso et ses
collaborateurs
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visite des sites de Sirakorotiemologa et Kamélésirakoro avec M. Draman Sogodogo chef du
secteur de l’agriculture de la commune urbaine de Sikasso et responsable du programme GIPD
• Djenné :
entretien avec M. Ibrahim Kontao de l’association Vitré-Djenné
visite des sites maraîchers en périphérie de la ville
visite du magasin de conservation
• San :
entretien téléphonique avec M. Boubacar Traoré du GIE San Toro Agriculture
b) Au Burkina Faso
• Bobo Dioulasso :
rencontre avec M. Irénée Somda, chercheur phytopathologiste de l’université de Bobo
Dioulasso et correspondant d’ASF
rencontre avec M. Jacob Sanou, directeur de l’INERA de Bobo Dioulasso et président d’ASF
Burkina
visite de l’INERA de Bobodioulasso
visite des sites de Karangasso
rencontre avec M. Mamadou Traoré, vice-président du réseau National des Producteurs de
Pomme de Terre (RNPPT)
• Ouagadougou :
rencontre avec M. Souleman Konaté du Service National des Semences
rencontre avec M. Joanny Konditamdé, PDG de King Agro
rencontre avec M. Yacouba Kanazoé de la FEdération des Professionnels Agricoles du Burkina
(FEPAB)
rencontre avec M. Etienne Kaboré, directeur de la Promotion des Filières Végétales du
ministère de l’Agriculture
rencontre avec le Professeur Alhouseini Bretaudeau, ancien directeur du laboratoire de
Katibougou (au Mali) et actuel secrétaire exécutif du CILSS
rencontre avec le Docteur Elisée, responsable du département Agro-Ecologie au Centre
Ecologique Albert Schweitzer (CEAS)
rencontre avec M. Eloi Nombre, agriculteur de la province du Noumbiel
visite du laboratoire de Kaboinsé avec le Professeur Gnissa Konaté, directeur de l’INERA
rencontre avec M. Patrick Delmas, chargé de mission Agriculteurs Français et Développement
International (AFDI) Afrique de l’Ouest
SOciété Burkinabée de Fruits Et Légumes (SOBFEL)
• Ouahigouya :
rencontre avec M. Hubert Badiel, responsable de la cellule agro-économique du groupement
Naam
rencontre avec M. Philippe Somé, ancien responsable du comité d’animation commerciale du
groupement Naam
visite des sites de Goinré, Titao, Ninigui
entretien avec Mme Man, vendeuse de pomme de terre
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• Vallée du Sourou :
entretien avec M. Aziz Nikiéma, chef de zone de l’exploitation agricole de M. Bonaventure
Ouédraogo à Niassan
• Diapaga :
entretien avec M. Fimba Ouali, président du groupement des producteurs de fruits et légumes
entretien avec Mme Elisabeth Coulidiaty, animatrice de La Maison du Paysan
visite des sites de Tansarga, Tambaga, Fouani, Boulel avec M. Dieudonné Yougbaré de la
FEPAB
visite du magasin de conservation de Boudiéri
c) Au Niger
• Niamey :
entretien avec le Professeur Adam Toudou de l’Université de Niamey
entretien avec Mme Ramatou Sidikou, responsable du laboratoire de production de plants de
l’Université de Niamey
entretien avec Issa Adamou, technicien ASF et phytopathologiste de l’Université de Niamey
(thèse en cours sur le Ralstonia)
entretien avec le Docteur Moussa Baragé de l’Université de Niamey, représentant d’ASF Niger
entretien avec M. Nourou Tall de la FAO
entretien avec M. Zakari-Yaou Seydou, directeur de l’Action Coopérative et de la Promotion
des organismes ruraux
entretien avec M. Kogo Salao Abdou, du service de la Protection des Végétaux
entretien avec M. Aboubacar Mamadou Kourna, DG de l’Agriculture
entretien avec M. Issaka Abdoulaye, chargé de programme à la Plate-Forme Paysanne du Niger
(PFP/N)
entretien avec M. Illiassou Dandakoye et M. Ibrahim Marman de la Fédération des Unions des
Groupements Paysans du Niger (FUGPN-Mooriben)
entretien avec M. Bagnou, président de la Fédération des Coopératives Maraîchères du Niger
(FCMN-Niya)
entretien avec Mme Suzanne Prada, directrice adjointe de l’AFD
entretien avec Mme Harouna du Service de la Coopération Technique Belge
entretien avec Mme Delaunay de la Coopération Canadienne
visite de l’exploitation agricole de Gabougoura de Boubacar Wancoye, président de la société
Agro Niger
entretien avec le Docteur Krumar de l’ICRISAT
• Bonkoukou :
entretien avec M. Aurélien Zotti, président de l’ONG Développement de la Femme Rurale et
chercheur à l’INRAN
entretien avec M. Ousmane Garba, président de l’Union des Coopératives Maraîchères de
Bonkoukou
entretien avec M. Harouna Djibril de l’ONG SOS Sahel
• Dogondoutchi :
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entretien avec M. Illia Warou, représentant ASF, M. Oumarou Yaro et M. Abdoulaye Ibrahim,
animateurs ASF de l’ONG Action pour le Renforcement des Initiatives de DEveloppement
Local (ARIDEL)
Catholic Relief Service (CRS)
visite des sites de Matankari, Argoum, Kalonmota
visite du magasin de conservation de Dogondoutchi
entretien avec M. Hamza Allassane, président de l’Union des maraîchers de la zone de
Dogondoutchi
• Dosso :
entretien avec Mme Djermakoya Hadji Maimouna, présidente de l’ONG Association Féminine
pour la Promotion et l’Education de la Femme (AFPEF Doubani)
visite du site de Karguibangou
• Say :
entretien avec M. Djibo Konguizé, directeur adjoint de la Direction Départementale de
l’Agriculture de Say et M. Talhatou Naino des statistiques agricoles
entretien avec M. Abdoul Aziz, président de l’Union des Producteurs d’Oignon et Activités
Maraîchères (UPOAM) et M. Ali Boye, trésorier
visite des sites de Koba
• Torodi :
entretien avec M. Salou Moumouni, président de l’Union des Groupements des Producteurs
pour la protection de la Couche d’Ozone (UGPCO) et les femmes du groupement Cernafa
visite des sites de Djoga
entretien avec M. Morou Alidou, chef du service communal du Développement Agricole de
Torodi
entretien avec M. Cissé Moulaye Abdoul Salam, responsable du poste de contrôle
phytosanitaire
• Ouallam :
rencontre avec M. Amidou Amadou, maire de la commune de Ouallam
rencontre avec les femmes de la coopérative Albarka
visite du site de Tinga
La production des pays ouest-africains est négligeable au plan international. Les principaux
pays producteurs sont le Nigéria, le Cameroun, le Sénégal, le Mali et la Guinée. A l’exception de
quelques échanges frontaliers difficiles à estimer, la production des pays ouest-africains est destinée
essentiellement à satisfaire la demande nationale. Les circuits de distributions se présentent sous
diverses formes allant de la relation directe entre le producteur et le consommateur jusqu’à
l’intervention de nombreux intermédiaires. En général toutefois, la commercialisation de la pomme de
terre emprunte un circuit long où interviennent collecteurs, courtiers, grossistes, demi-grossistes et
détaillants.
20
Concernant les importations européennes, les Pays Bas dominent largement ce marché avec
environ les 2/3 du total des importations, suivi de la France pour le reste. Pour ces pays, le marché
ouest-africain représente une part négligeable de leurs exportations de pommes de terre, soit
respectivement moins de 3% et 1%.
L’importance de la pomme de terre dans le budget des ménages représente dans tous les pays
moins de 1% des dépenses alimentaires. Contrairement à l’oignon, la pomme de terre ne fait pas partie
des habitudes alimentaires des africains. Elle est consommée essentiellement en milieu urbain par les
ménages aisés qui veulent varier leur menu. En fait la pomme de terre a longtemps été un mets
méconnu des classes les plus pauvres et peut encore être considérée comme un produit de luxe dans la
sous région, mais cette situation tend à disparaître grâce à sa vulgarisation.
Les périodes de plantation et de récolte sont relativement homogènes dans la sous-région avec
quelques variations d’un pays à l’autre. La pomme de terre étant essentiellement une spéculation de
contre-saison, l’installation de la culture se fait en majorité en novembre et décembre et le gros de la
récolte se fait en mars et avril.
Les arrivages massifs sur le marché expliquent les chutes importantes de prix à partir de mars.
Comme la demande pour la pomme de terre est relativement constante au cours de l’année, les
fluctuations de prix sur le marché dépendent essentiellement de l’offre globale. Dans tous les pays, les
prix sont généralement au plus haut en octobre et novembre, alors que le marché n’est approvisionné
que par la pomme de terre importée, pour diminuer après et atteindre leur plancher en mars/avril. Par
la suite ils reprennent leur cycle ascendant jusqu’à la fin de l’année.
Une production précoce (en primeur) existe un peu partout mais elle ne représente qu’une très
faible partie de la production.
Les rendements moyens varient considérablement d’un pays et même d’une zone à l’autre.
Selon les données tirées de diverses études sur le terrain, les rendements à l’hectare seraient de l’ordre
de 20 tonnes au Burkina et au Mali, de 15 à 20 tonnes en Guinée et de moins de 15 tonnes au Sénégal
et au Niger. Toutes ces données sont sujettes à caution et ne sont citées qu’à titre indicatif.
Il est difficile de comparer avec précision les coûts de production, les diverses études réalisées
dans la sous-région n’utilisant pas toujours les mêmes approches. Les coûts unitaires de production
varient en fonction des conditions pédologiques, climatiques et économiques dans lesquelles opèrent
les producteurs, conditions qui influencent à la fois les rendements et les facteurs de production. En
outre il faut tenir compte des coûts de transport jusqu’aux marchés de consommation. Les semences
constituent partout le principal poste de dépenses, suivi par la main d’œuvre et les engrais.
L’approvisionnement en plants
Les semences sont des plants certifiés d’origine principalement française et ne sont disponible
généralement qu’au mois de novembre. Le Burkina Faso est entièrement dépendant de l’extérieur pour
21
son approvisionnement en semences, la production locale étant négligeable. Il importe annuellement
entre 150 et 250 tonnes de plants certifiés qui sont vendus aux producteurs entre 900 et 1250 CFA/kg.
L’approvisionnement en semences est assuré par des structures privées : les organisations de
producteurs (FNGN) et les sociétés comme King Agro, GEx…
100
90
80
Aida
70 Atlas
Tonnage
60 Claustar
50 Daisy
40
Odessa
30
Pamina
20
10
Sahel
0
Quantité de semences Germicopa importées au Burkina Faso au cours des 5 dernières campagnes
Dans la zone de Ouahigouya, au nord-ouest du Burkina, les petits calibres récoltés en février et
issus des cultures de consommation implantées avec des semences certifiées d’importation sont
conservés jusqu’à la campagne suivante et sont plantés tôt (fin septembre - début octobre) pour les
productions de primeurs.
Avantages :
disponibilité de plants pour les cultures de primeur
coûts réduits des plants
Inconvénients :
plants de qualité sanitaire et physiologique généralement médiocre
quantité de plants disponibles aléatoire selon les conditions de culture et de conservation
risque de mélange variétal
conduites des cultures non adaptées à l’obtention de plants de qualité
22
Depuis 2004, le professeur Gnissa Konate et son équipe de l’INERA (l’institut de recherche
étatique) développent le laboratoire de Kaboinsé (à quelques kilomètres de Ouagadougou). Ce
laboratoire produit depuis 2007 sept variétés de vitroplants et envisage la production de
microtubercules et minitubercules (le laboratoire a acheté 2 grandes serres à cet effet). L’objectif
affiché par le laboratoire est de réussir à couvrir les besoins en semences du Burkina Faso d’ici 2012,
soit 500 tonnes/an. Les semences burkinabès devraient être vendues entre 500 et 600 CFA/kg, soit
quasiment la moitié du prix des semences importées.
Ces vitroplants sont actuellement multipliés sur le site de 3ha à Katchari, près de Dori (Nord-Est
du pays). Ce site, proche du barrage de Yacouta dispose d’un système d’irrigation goutte à goutte et
bénéficie d’une faible pression parasitaire et d’un sol sabloneux permettant une récolte manuelle facile
(peu de blessures des tubercules).
Compte tenu de l’impossibilité pour les fournisseurs de plants européens d’approvisionner les
producteurs burkinabès à temps pour les cultures de primeurs, une production locale de plants devrait
viser prioritairement ce marché. Dans un premier temps elle ne devrait pas chercher à se substituer
complètement aux importations traditionnelles de plants mais plutôt à se positionner sur le créneau
laissé vacant par celles-ci.
Les principales zones de production sont localisées dans les provinces du Yatenga, du Houet, du
Sourou et du Bazéga. La pomme de terre est cultivée en contre saison comme les nombreuses
spéculations maraîchères. La culture est nécessairement irriguée et la disponibilité d’une source d’eau
est une condition sine qua non à son implantation.
Le niveau de la production nationale reste difficile à apprécier mais est estimé entre 3000 et
4000 tonnes. Cette production est loin de satisfaire la demande nationale, d’où les importations
régulières de pomme de terre de consommation.
La pomme de terre, qui était considérée comme une culture de rente, tend à devenir aussi une
culture de diversification alimentaire.
23
a) Plantation
Les producteurs ne disposent
généralement pas de parcelles de grandes
superficies. Le choix des parcelles de culture
de pomme de terre est souvent limité eu
égard au fait que les producteurs de pomme
de terre sont avant tout des maraîchers. La
rotation des cultures n’est généralement pas
observée et quand elle l’est, la succession des
cultures n’est pas toujours appropriée (on
retrouve souvent d’autres Solanacées sur la
parcelle après la pomme de terre).
Les variétés plantées sont celles qui sont disponibles sur le marché, les variétés cultivées sont
peu nombreuses et dominées par la variété Sahel.
La pratique du sectionnement des plants à la plantation est quasi systématique. Les raisons
invoquées sont d’ordre économique : coût élevé de la semence qui incite le producteur à optimiser le
rapport prix de la semence / surface plantée. Le manque de mesures préventives pour minimiser les
risques d’infection lors de cette opération est cependant à déplorer.
Les densités de plantation pratiquées sont de l’ordre de 110 000 tiges à l’hectare (écartements
de 30 cm x 30 cm entre semenceaux sur le rang et entre rangs).
Problèmes posés :
augmentation des problèmes sanitaires liés au sol ;
risque de baisse de fertilité du sol ;
variétés pas toujours adaptées aux conditions agroécologiques des zones de production ;
manques à la levée accrus par le sectionnement des plants ;
24
b) Entretien des cultures
Problèmes posés :
non intervention à temps de certaines opérations, ce qui peut être dommageable à la qualité des
tubercules (verdissement dans le cas de buttage insuffisant) et aux rendements (concurrence des
adventices dans le cas de désherbage tardif) ;
risques de pollution de l’environnement.
c) Irrigation
En culture de saison sèche et
froide, la pomme de terre est entièrement
irriguée. Le système d’irrigation le plus
utilisé est l’irrigation par arrosoir suivi par
l’irrigation gravitaire à la raie. Dans le cas
de l’irrigation par arrosoir, la fréquence
d’arrosage est journalière et les doses
d’arrosage sont souvent excessives et
irrégulières. Dans le cas de l’irrigation à la
raie, les fréquences d’arrosage sont
généralement de deux jours et la régularité
de l’irrigation dans le temps et dans
Irrigation à la raie, Burkina Faso l’espace est plus délicate à gérer.
Problèmes posés :
qualité de présentation des tubercules (crevasses, excroissances) ;
risques accrus de pourriture des tubercules.
d) Fertilisation
25
L’apport d’amendements organiques est
une pratique généralisée mais les quantités
épandues sont aléatoires au gré des possibilités
d’approvisionnement. Les engrais minéraux sont
également largement utilisés. Toutefois, les
formulations choisies ne sont pas forcément
adaptées à la culture de pomme de terre et les
quantités apportées ne sont pas raisonnées selon
les besoins de la plante (l’entretien avec de
nombreux producteurs nous montre que les doses
appliquées sont en deçà des recommandations).
Bien souvent les agriculteurs ont recours à l’urée
qui est contre-indiquée si une conservation à la
récolte est envisagée.
Problèmes posés :
dans les cas de sous fertilisation, le potentiel de production n’est pas atteint ;
les formulations non adaptées influent sur la quantité et la qualité de la récolte ;
une surfertilisation organique ou minérale peut être à l’origine de problèmes sanitaires (en
végétation ou en conservation).
e) Récolte
26
Problèmes posés :
dépréciation de la qualité des tubercules (tubercules blessés) ;
récolte exigeante en temps et main d’œuvre.
L’analyse des problèmes rencontrés au cours des différentes opérations culturales permet de
diagnostiquer une maîtrise insuffisante de la phytotechnie de la pomme de terre par les producteurs.
Ces problèmes sont autant de facteurs qui limitent fortement la productivité des parcelles de culture de
pomme de terre.
Ces structures centralisent les besoins exprimés par les producteurs et les ajustent pour faire la
commande auprès de leurs fournisseurs locaux et étrangers. On distingue :
les agro-fournisseurs classiques, qui importent et/ou distribuent les semences, engrais et pesticides
et parfois le petit matériel agricole. C’est le cas de la société King Agro.
les organisations de producteurs n’importent que les plants de pomme de terre, pour les seuls
besoins des producteurs membres de la structure. Pour les autres intrants ils s’approvisionnent
localement auprès des agro-fournisseurs classiques. C’est le cas de la FNGN et de l’UCOBAM.
La FNGN, importe la semence de pomme de terre de France, elle traite avec Germicopa. Elle
vend la caisse de 25kg entre 25000 et 30000 CFA. Cette somme doit être payée comptant par les
particuliers, les groupements affiliés à la FNGN disposent eux d’un crédit : ils avancent 50 à 75% du
prix de la caisse et remboursent le reste après la récolte (en CFA ou en pommes de terre).
Depuis la mise en œuvre des mesures d’ajustement structurel au niveau du secteur agricole, le
rôle des services de vulgarisation s’est réduit désormais à l’appui-conseil des producteurs. Ils doivent à
travers cet appui véhiculer les messages des chercheurs aux producteurs. Il y a malheureusement de
moins en moins d’intervention de l’Etat et de plus en plus de privés et d’ONG.
27
c) La recherche
Elle est chargée de générer des technologies appropriées et adaptées aux différentes
conditions de cultures. Au Burkina Faso l’INERA est la structure publique en charge de la
recherche agricole. Le peu de travaux réalisés par la Recherche porte pour l’essentiel sur les tests
variétaux.
Au Burkina le projet CORUS touche à sa fin, l'expérience a été si bonne qu'elle devrait être
prolongée à travers le projet PROPLANT (conservation, contrôle qualité des semences...). Mais il faut
trouver des financements...
28
LE PROJET PROPLANT
Initié au Mali en 2001, concerne le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Guinée, le Sénégal, le
Cameroun et le Tchad. C'est la consécration de plusieurs années de concertation et de collaboration
entre ASF, SOC I et les partenaires du Sud pour essayer de contribuer à la promotion des plants de
pomme de terre :
- approvisionnement en quantité et en qualité
- à terme aboutir à une production locale de semence
- création de normes et d'une législation pour le contrôle qualité
Un des objectifs dans les années à venir, sera de donner un statut juridique à Proplant, qui
n'est pour l'instant qu'une structure coordinatrice.
Parmi les activités de Proplant, Irénée Somda a travaillé sur un projet de conservation depuis
2004, en attente de subventions et de paufinement pour finalisation. Le projet consisterait à utiliser la
technologie Ventifraîcheur pour conserver la pomme de terre plusieurs mois.
Autre projet actuellement mis en veilleuse : disposer de clones de pomme de terre résistants à
Ralstonia et aux nématodes (recherche de l'INRA de Ploudaniel).
Des structures privées comme les ONG et les associations de développement (comme ASF-
Burkina), les organisations paysannes (comme la FNGN et l’UCOBAM) et les sociétés (comme GEx)
font de la recherche/développement souvent en collaboration avec d’autres partenaires publics et
privés.
Elles peuvent être nationales ou étrangères. On peut citer l’association ASF-Burkina qui exécute
un programme de recherche-développement sur la pomme de terre avec l’appui
financier et technique d’ONG françaises (ASF-Bretagne et SOC-I). Ces associations et ONG travaillent
particulièrement avec les producteurs.
29
La FNGN, qui existe depuis 1968, a mis en relation des groupements existants dans différents
villages pour former la fédération des groupements Naam, un ensemble d’inter-unions qui représente
aujourd’hui plus de 600 000 adhérents répartis dans 30 provinces burkinabès.
La commercialisation
Considérée au départ comme un produit de luxe, la pomme de terre est de plus en plus
consommée par une grande partie de la population tant en milieu urbain qu’en milieu rural.
Ouagadougou et Bobo-Dioulasso absorbent la quasi-totalité de la pomme de terre de production locale
et importée. Les consommateurs sont essentiellement des burkinabés aisés et des expatriés. Toutefois,
pendant la période d’abondance qui suit les récoltes, les prix baissent et la pomme de terre est
accessible à un plus grand nombre de consommateurs.
Les producteurs, n’ayant généralement pas de notions de gestion, sont incapables d’estimer leur
coût de production et ont tendance à spéculer.
La conservation
30
Seules quelques structures coopératives et
privées disposent de magasins frigorifiques pour la
conservation de la pomme de terre. La majorité des
producteurs entreposent leurs récoltes au maximum
pendant quelques semaines dans des cases, sous des
hangars de fortune à même le sol ou dans des caves
de conservation pendant 3 à 5 mois (spécificité de
la région de Ouahigouya), le temps de les écouler
bord-champ où sur le marché le plus proche.
Dans tous les cas les pertes sont importantes. Cave de conservation, Ouahigouya,
Burkina Faso
Des chambres froides de 60 et 120 tonnes peuvent être louées à l’aéroport et à l’abattoir de
Ouagadougou, mais la location est chère (30 000 CFA/j pour une chambre froide de 30 tonnes).
Problèmes majeurs :
le manque de structures adéquates de conservation contribue à l’engorgement du marché en
période de pleine production et à l’installation d’une pénurie quelques mois plus tard, d’où de
fortes fluctuations des prix au cours de l’année ;
nombreuses pertes par pourriture des tubercules ;
dépréciation de la qualité des tubercules (phénomène de sucrage, germination, présentation du
tubercule…) ;
les variétés conservées ne sont pas toujours rustiques (une fois encore la question de l’étroitesse de
la gamme variétale disponible se pose) ;
les cases traditionnelles de conservation, même améliorées, ne permettent pas d’entreposer de
grandes quantités de pomme de terre.
Voies de solution :
choix et vulgarisation de variétés aptes à se conserver dans des conditions précaires ;
vulgarisation de cases de conservation améliorées à destination des petits groupements de
producteurs ;
renforcement des capacités de stockage des structures coopératives et privées en les aidant à se
doter de moyens modernes.
L’approvisionnement en plants
350
340
330
320
310
300
Aida
290
280
270
Atlas
260
250
240
Claustar
230
220 Daisy
Tonnage
210
200
190
180
Odessa
170
160
150 Pamina
140
130
120 Sahel
110
100
90 Spunta
80
70
60 Apolline
50
40
30 Daifla
20
10
0
Plusieurs variétés sont cultivées au Mali, les plus appréciées étant Pamina, Claustar, Aïda,
Spunta et Sahel.
La production de pomme de terre au Mali était estimée a près de 50 000 tonnes pour la
campagne 2005/2006, contre 35 000 tonnes à la fin des années 90. La production de la région de
Sikasso concerne une centaine de villages et concentre à elle seule 70% de la production, selon les
informations disponibles. Cette production satisfaisait la majeure partie de la demande locale et une
32
partie est exportée, vers la Côte d’Ivoire jusqu’en 2002, vers le Burkina Faso, le Ghana et au delà
aujourd’hui.
La production principale se fait en saison sèche d’octobre à mars (avec des cas de double
culture sur la même parcelle) à partir de semences importées d’Europe. Le rendement moyen se situe
entre 20 et 25 tonnes/ha. Sur le plan social, occupant les producteurs pendant toute la saison sèche, elle
contribue à la réduction de l’exode rural. Dans les 5 à 10 ans à venir, cette production annuelle devrait
atteindre 100 000 tonnes, soit 34 000 hectares en production.
Une petite production de saison des pluies (récolte en août) concerne un nombre de villages et
de producteurs beaucoup moins important compte tenu des difficultés de conservation.
33
Des agents du ministère de l’agriculture interviennent cependant auprès des producteurs pour
leur donner des conseils techniques, comme dans le cadre du programme GIPD soutenu par la FAO
par exemple.
c) La recherche
L’institut d’Economie Rurale travaille sur les itinéraires techniques, l’URDOC se charge des
études économiques et l’IPR/IFRA effectue des recherches sur les semences.
L’ONG AMATEVI
L’Association Malienne d’Appui TEchnique aux Villageois, basée à Sikasso, elle a été créée en
1984 par 35 membres. Elle appuie les organisations de producteurs de pommes de terre et a pour but
d’encadrer les producteurs et de renforcer leurs capacités.
L’ONG est en partenariat avec SOC-I (Science Outils et Culture), une ONG française qui lui
apporte une assistance technique et financière. Elle travaille aussi depuis 1988 avec l’Institut
d’Economie Rurale (IER) de Bamako pour la production locale de semence de pomme de terre.
34
• veiller au respect des engagements pris par les différents partenaires
Cikela Jigi
La commercialisation
Le marché national représente 80% des ventes de pomme de terre de consommation. Cependant
environ 4000 tonnes par an sont exportées vers la sous-région, essentiellement vers la Côte d’Ivoire et
le Burkina Faso.
Les collecteurs assurent la collecte primaire pour le compte des demi-grossistes ou des
grossistes. Les demi-grossistes et grossistes réalisent des transactions sur des quantités importantes. Les
détaillants sont les intermédiaires entre les demi-grossistes/grossistes et les consommateurs.
La conservation
La pomme de terre est traditionnellement stockée
par les producteurs dans les cases et les pertes sont
élevées et peuvent atteindre plus de 50%. De plus
en plus, la pomme de terre est triée,
éventuellement traitée avec des produits anti-
fongiques et anti-germes puis stockée dans des
chambres de conservation aérées ou ventilées
(caveaux ou des cases de conservation).
Magasin de conservation, Bandiagara, Mali
Ces magasins de stockage sont généralement construits grâce au soutien financier de partenaires
internationaux et permettent de conserver les pommes de terre et les semences quelques mois, à
condition que les pommes de terre entreposées soient triées régulièrement.
L’approvisionnement en plants
35
30
Claustar
25 Odessa
Tonnage
20 Sahel
Désirée
15
Pamela
10 Rosanna
Stemster
5
0
2003-2004 2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008
Campagne
36
L'action de la FAO est une réponse d'urgence face à la famine, elle a cependant permis de
développer la culture de la pomme de terre et d'élargir sa connaissance à l'ensemble du pays. Notons
que sur ces semences la FAO ne paie ni taxes ni frais de douane, le kg de semences lui revient donc à
592CFA !
Précisons que la culture de la pomme de terre au Niger est limitée par la qualité des semences
en provenance du Nigéria que les agriculteurs achètent au tout-venant sur les marchés et qui sont bien
souvent infectées.
Comme au Burkina Faso et au Mali, une production locale de semence à partir de la culture in
vitro est envisagée. C’est Mme Ramatou Sidikou de l’Université de Niamey qui gère ce projet, financé
par le projet CORUS, l’INRAN, l’université de Niamey et SOC-I. Un projet de convention va être
signé entre le SOC et l’Université afin de financer une partie du matériel. Pour l’instant des
commandes de matériel sont en voie d’acheminement depuis l’Europe. Une hotte à flux laminaire et
une partie des produits chimiques ont déjà été reçues. Le coût total du laboratoire de production de
semences, qui sera installé dans les locaux de l’université, est estimé à 25000 €. Mme Sidikou espère
le voir fonctionnel d’ici 2009. Objectif : produire entre 10 000 et 20 000 vitroplants/an.
La multiplication des variétés tombées dans le domaine public (Désirée, Claustar, Bintje,
Spunta…) se fera sous serre à l’université et dans le nord du Niger, dans la région des massifs de l’Aïr,
une fois le conflit opposant les touaregs au gouvernement nigérien terminé. Les tubercules de 2ème
génération obtenus après multiplication seront vendus 20 centimes de CFA/pièce au producteur. Le
problème de la certification de ces semences n’est pas encore réglé : pour l’instant il n’existe aucune
législation au Niger, mais un texte commun aux pays de la sous-région pourrait voir le jour grâce au
cadre régional de biosécurité de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA)… Le
service de la Protection des Végétaux pourrait se charger de la certification en délivrant ou non un
certificat d’aptitude à l’utilisation et à la commercialisation.
La pomme de terre est une culture pratiquée en contre-saison d’octobre à mars au Niger à
l’exception de la zone d’Agadez : dans les massifs de l’Aïr l’altitude et un climat plus frais autorisent
plusieurs récoltes par an. N’ayant pas pu me rendre dans la région d’Agadez à cause de la rebellion
touareg qui sévit dans le nord du pays depuis plusieurs mois, je n’ai pas pu recueillir d’informations
plus précises, je ne développerai donc pas cette particularité. Cependant il faut retenir que la régulation
de la production est indispensable au Niger : Agadez peut produire des pommes de terre à un moment
où d’autres zones ne peuvent pas, il faudrait exploiter cette complémentarité afin d’alimenter le
marché toute l’année.
Le rendement moyen au Niger est de 15 tonnes/ha (mauvaise qualité sanitaire des semences du
Nigéria) mais dès que l’on utilise des semences certifiées les rendements dépassent les 30 tonnes à
Dogondoutchi et les 40 tonnes à Bonkoukou.
Certains essais de culture de pomme de terre en saison des pluies (stage de Guillaume Lemasle)
n’ont pas été concluants : pas de germination, pas de tubérisation…
37
La société Agrimex est la référence nationale, elle fournit les agriculteurs en pesticides,
semences, vêtements de protection, petit matériel…
c) La recherche
Au Niger la recherche est assurée par l’INRAN. Cependant l’INRAN n’a pas de projet
concernant la pomme de terre : en production maraîchère les efforts de recherche sont concentrés sur
l’oignon, production phare du pays.
Un partenariat a été créé entre le projet CORUS et la FAO : Issa Adamou a participé à
l’assainissement d’un lot de semences contaminées avant sa distribution. Dans les années à venir il
faudra renforcer ce partenariat afin de ne pas contaminer des zones vierges par de nouvelles maladies
comme le mildiou.
Le Dc. Moussa Baragé de l’université de Niamey est en train de mettre en place l’association
Agro Sans Frontière Niger, afin d’aider les groupements paysans qui travaillent dans l’horticulture et
le maraîchage. ASF Niger n’a pas encore de reconnaissance juridique, ses activités sont couvertes par
38
ASF France et particulièrement ASF Bretagne avec le soutien de M. Bernard Jouan. Le Dc Baragé
espère obtenir le statut d’association d’ici fin 2008.
Comme au Mali, il n’existe actuellement au Niger aucun Réseau National des Producteurs
de Pomme de Terre. Les producteurs de pomme de terre peuvent être représentés par des unions de
maraîchers, mais aucun réseau ne se destine uniquement à la pomme de terre. La création de ce réseau
passera par l’organisation de la filière et l’implication des structures suivantes :
La FCMN-Niya est une organisation paysanne faitière qui regroupe 107 coopératives sur
l’ensemble du territoire nigérien soit plus de 22 000 personnes physiques toutes chefs d’exploitation et
qui interviennent dans le maraîchage. La fédération rend des services à ses membres en les organisant
et en leur trouvant des appuis techniques et financiers (nombreux partenariats) pour les aider à
augmenter leur production et vendre leurs produits.
Objectif : appuyer les producteurs maraîchers pour lutter contre la pauvreté et assurer la sécurité
alimentaire, satisfaire le marché en quantité et en qualité.
La FCMN Niya intervient essentiellement dans les zones de l’Aïr, de Bonkoukou, de Doutchi et
de Keïta/Mirriah :
-appui pour effectuer des commandes de semences groupées
-collaboration avec la FAO pour un appui aux ménages vulnérables
-appui technique : agents chargés des formations, animateurs paysans, réalisation de fiches
techniques…
La FCMN-Niya est le principal fournisseur des grands marchés du pays, elle ambitionne de
s’organiser pour exporter ses produits dans la sous région voire internationalement. Un centre de
commercialisation de fruits et légumes est en construction, il possèdera 3 chambres réfrigérées de
16m2 et pourra servir en partie au stockage de la pomme de terre.
Association paysanne dont le noyau a été créé en 1988 et qui compte désormais 42 000
membres répartis en 20 unions et 600 groupements dans plus de 500 villages des régions de Dosso et
Tillabéry.
Elle a été créée en 1998 avec pour objectif l’amélioration des conditions de vie des producteurs.
La FCMN Niya et le groupement MORIBEN sont membres de la plate forme paysanne. Ces
organisations paysannes se chargent des actions sur le terrain, la plate forme paysanne s’occupe de
l’organisation de la journée du paysan (4500 producteurs et des responsables du gouvernements y
participent), de l’orientation politique, des négociations pour les financements… Elle sert de lien entre
39
les organisations paysannes et les bailleurs de fonds (Fond International pour le Développement
Agricole de l’ONU…).
La commercialisation
Au-delà de 400 CFA/kg le nombre de clients est extrêmement restreint. La pomme de terre est
alors réservée aux ménages les plus aisés.
La société Agro-Niger
Les frères Wankoye ont monté en 2004 une entreprise étonnante et unique en son genre au
Niger qui a fait d’eux les plus gros commerçants d’oignon et de gomme arabique du pays. Non assistés
par les services étatiques, possédant leur propre ingénieur agronome, employant plus de 400 personnes
au moment de la récolte, ils produisent 15 à 20% de l’oignon nigérien et ont acheté plus de 2000 tonnes
d’oignon en 2007 !
J’ai eu l’opportunité de visiter leur site mécanisé de Gabougouna, à l’ouest de Niamey… pour
le moins impressionnant : 80 ha, 8 magasins de conservation réfrigérés à 20°C de 1200 tonnes
chacun et plusieurs chambres froides dans les années à venir pour la conservation de la pomme
de terre.
Car après l’oignon les frères Wancoye envisagent de se lancer dans la culture et le stockage de
la pomme de terre et font actuellement des tournées de prospection dans l’ensemble du pays pour
recenser les quantités produites et prendre contacts avec les différents groupements. Et ils voient les
choses en grand, très grand même : conserver jusqu’à 5000 tonnes de pommes de terre !
La conservation
Comme au Mali et au Burkina Faso, la conservation des tubercules après la récolte est un des
principaux problèmes que rencontre la filière. Il est difficile de conserver les pommes de terre plus de
2 mois, dans ces conditions la production de semences est difficile voire impossible si on ne dispose
pas en aval d’un système de stockage réfrigéré.
40
IV) LES COLLABORATIONS D’ASF-BRETAGNE
Cette région du Mali est une des zones les plus « en danger » du pays. Le plateau dogon possède
en effet moins de 10% de terres cultivables mises à rude épreuve par la désertification (chaque année 1
tonne de terre/ha disparaît).
Au cours de mon séjour à Bandiagara j’ai pu visiter les villages de Djoundjourou, Kokolo,
Tégourou, Djimini, Dourou et Sangha où j’ai rencontré des producteurs de pomme de terre. Les
principaux problèmes sont la disponibilité en terres cultivables (problème aggravé avec les inondations
de juillet 2007 qui ont emportées beaucoup de terre), le manque d’eau, l’accès aux semences, la
conservation de la production après la récolte.
Le pays dogon regroupe 412 villages, YA-G-TU intervient dans au moins 200 d’entre eux :
alphabétisation des femmes, mise en place de barrages, achat et vente de semences, sessions de
formation sur différents thèmes… Les subventions et les apports de bailleurs de fonds attachés aux
projets participent également au développement de l’ONG.
41
La collaboration entre ASF-Bretagne et YA-G-TU concerne essentiellement le maraîchage
(mise à disposition de semences, conseils techniques) et plus particulièrement la pomme de terre :
appui technique (suivi régulier par Moumouni Koné technicien ASF), envoi de conteners de semences
chaque année, financement de magasins de conservation…
J’ai été extrêmement impressionnée par le travail fourni par les membres de l’association YA-
G-TU, c’est un des partenariats les plus efficaces qu’il m’ait été donné de voir au cours de mon séjour
au Mali et je profite de ce paragraphe pour les féliciter et encourager ASF à continuer à travailler avec
eux dans les années à venir et participer ainsi à l’introduction de la pomme de terre dans de nouvelles
zones chaque année.
Historique de la collaboration :
2000 10 caisses de semences envoyées par ASF
2001 30 caisses de semences envoyées par ASF
100 caisses de semences envoyées par ASF
2002 Construction du magasin de conservation non réfrigéré de 10 tonnes
financé par ASF
2003 130 caisses de semences envoyées par ASF
2004 200 caisses de semences envoyées par ASF
Depuis 2005 1 contener de semences envoyé par AFS chaque année
2007 Construction du magasin de conservation de 50 tonnes climatisé (20°C)
financé par le FSD
Par souci d’autonomie Fifi aimerait voir son association dotée de son propre laboratoire de
production de semences depuis que le laboratoire de Katibougou n’a pas pu lui fournir de
minitubercules en 2007. La nouvelle chambre froide de 50 tonnes opérationnelle depuis mai 2008 est
un argument favorable à son projet puisqu’elle améliore les conditions de conservation des semences.
Cette nouvelle chambre réfrigérée sera testée lors de la campagne 2008-2009 avec 30 tonnes de
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pommes de terre de consommation en provenance de Ouahigouya et Sikasso, conservées plusieurs
mois puis revendues aux clients de Mopti et de Bandiagara au moment où les prix sont les plus élevés.
Les bénéfices serviront à entretenir les magasins de conservation, payer les salaires du personnel et
acheter du petit matériel agricole.
Dans le magasin de conservation non réfrigéré de 10 tonnes, les techniques de conservation sont
maîtrisées, YA-G-TU ne subit que 15% de pertes au cours des 2 mois de conservation des pommes de
terre de consommation (de mai à juillet). A l’avenir si la production de pomme de terre augmente, YA-
G-TU envisage de se lancer dans la transformation du produit en frites, en chips, en morceaux séchés…
Les acheteurs ne manqueraient pas : la région, très touristique, dispose de nombreux hôtels.
Dans le cercle de Bandiagara, les rendements sont bons : les producteurs obtiennent en moyenne
300 kg de pommes de terre à partir d’une caisse de semences Germicopa de 25 kg.
Une collaboration est envisagée en 2008-2009 avec Via Sahel, une ONG de Sangha qui veut étendre la
culture de la pomme de terre dans la plaine (cercles de Koro et de Bankass) et a commandé 2 tonnes de
semences pour octobre 2008 à YAGTU.
La requête de Fifi est compréhensible, cependant est-il rationnel d’investir dans un nouveau
laboratoire (coût 35 000 000 CFA) alors que celui de Katibougou pourrait alimenter tout le Mali ? La
situation actuelle est intenable, il est indispensable de régler en priorité le problème du laboratoire
de Katibougou au Mali.
Sikasso est le plus important pôle de production de pomme de terre du Mali, mais c’est
également le plus ancien. Les agriculteurs bénéficient d’un encadrement et d’un suivi régulier de leurs
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parcelles par des techniciens du secteur de l’agriculture (notamment à travers le programme GIPD) ou
de différentes organisations paysannes. Ces organisations comme l’Association de Producteurs de
Pomme de Terre de Sikasso (APPS) sont assez puissantes et permettent de faire remonter les
revendications paysannes auprès du gouvernement en cas de problème.
C’est dans les environs de Sikasso que j’ai pu voir les plus grandes parcelles de pommes de
terre du Mali. La culture de la pomme de terre en contre saison reste malgré tout une activité manuelle.
L’accès aux semences passe par des commandes auprès de 3 différents agro-fournisseurs dont le
principal reste la Sikassoise.
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b) Proposition de nouveaux partenariats
• Djenné
Une collaboration est souhaitable avec l’association Vitré-Djenné qui a reçu 10 caisses de
semences d’ASF en 2007-2008 et les a réparties entre 7 associations qui forment le réseau Séné-
Yiriwa-Ton. L’essai a été concluant et les commandes pour 2008-2009 sont de 25 caisses. Cette
commande dépendra des subventions de Vitré-Djenné et des fonds de roulement disponibles (cotisation
des membres, bénéfices des ventes).
Vitré-Djenné intervient sur la ville de Djenné et sa commune dans les domaines du maraîchage,
de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique (construction de puits et de canaux d’irrigation)… elle
travaille avec 600 agriculteurs (essentiellement des femmes) répartis sur 7 sites autour de la ville de
Djenné pour un périmètre total de 17 ha. Ces sites sont extrêmement proche de la ville de Djenné, la
commercialisation ne posera donc pas de problème. Ce sont de beaux périmètres maraîchers, clôturés
(fil de fer ou buissons épineux) et inondés une partie de l’année (ce qui limite la pression parasitaire).
Un projet financé par ASF, l’ AIVM et l’association Vitré-Djenné est prévu en 2008-2009 :
multiplier 10 000 minitubercules de Katibougou sur un périmètre de 16 ha appartenant à différentes
associations. Des essais de conservation de pommes de terre dans le magasin de 10 tonnes sont
également envisagés.
• Kayes
Projet de développement intégré autour de la mine d’or de Loulou. Souhaitent collaborer avec
ASF pour obtenir des semences de pomme de terre après un essai de 20 caisses en 2007 afin de
diversifier l’alimentation des producteurs et augmenter leurs revenus.
• San
50 caisses de semences ont été fournies au GIE San Toro Agriculture dans le cadre du projet
PRODPAM, la pomme de terre a rencontré un grand succès et les agriculteurs sont demandeurs en
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semences et en formation (repiquage, entretien des parcelles, irrigation par un système goutte à
goutte…).
Le site de Djénéna, à 7 km de San, regroupe plus de 100 producteurs organisés en une vingtaine
de groupements sur 40 ha en bord de fleuve. L’irrigation se fait par motopompe et à l’aide d’arrosoirs,
en 2008-2009 un système d’irrigation goutte à goutte devrait être testé. La pomme de terre y est
cultivée de septembre à janvier en petite quantité depuis les années 1960. La collaboration avec ASF a
débuté en 2006 avec la livraison de 40 caisses de Sahel, Claustar et Odessa. En 2007-2008 53 caisses
ont été distribuées entre 25 personnes, les commandes pour la campagne de 2008-2009 sont estimées à
100 caisses. Les rendements sont bons, une caisse de 25 kg donne entre 300 et 500 kg à la récolte.
• Ségou
Je n’ai pas eu le temps de me rendre sur le site, voir avec Sidibe qui est le coordinateur pour les
détails et savoir dans quelle mesure ASF pourrait s’insérer dans ce projet…
• Tombouctou/Gao
215 caisses de semences ont été fournies aux agriculteurs dans le cadre du Programme
Alimentaire Mondial. Tombouctou et Gao étant des zones enclavées, les américains sont en train de
lancer une production locale de semences (en se fournissant auprès d’ASF) qu’ils conservent dans un
magasin de stockage. Se renseigner sur ce projet.
Les résultats présentés dans ce compte-rendu découlent des visites effectuées à Tansarga,
Tambaga-Fouani, Boudiéri et Boulel, où nous avons rencontrés des groupements de producteurs.
• Tansarga : petite zone de production où la pomme de terre est cultivée depuis 2004 (1ers
essais mis en place par ASF)
• Fouani et Boulel : 2 zones où des essais gratuits ont été mis en place en 2006 mais où la
pomme de terre n’a pas été produite en 2007 malgré la volonté de recommencer des
agriculteurs (manque de liquidité les empêchant d’acheter les caisses de semences)
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Périmètre maraîcher, province de la Tapoa, Burkina Faso
La pomme de terre a longtemps été considérée comme un met de luxe réservé aux catégories
socioprofessionnelles les plus aisées (fonctionnaires, commerçants). Mais depuis quelques années sa
réintroduction dans la province de Tapoa grâce aux efforts conjugués de l’association Solidarité
Rurale Burkina-Faso/Morbihan (SRBFM), de l’ONG Agro Sans-Frontière Bretagne (ASF) et de
la Fédération des Professionnels Agricoles du Burkina (FEPAB) a permis de démocratiser cet
aliment et de développer l’intérêt que lui porte la population.
En 2007 la SRBFM a fourni 138 caisses de 25 kg de semences Claustar et Sahel aux
agriculteurs de la province dont 128 sur les sites de Kantchari et Boudiéri. La production obtenue à la
fin de la campagne à partir de ces 138 caisses de semences est de 40.7 tonnes, avec un rendement
moyen de 245 kg/caisse, ce qui est relativement faible.
Si la bonne organisation des maraîchers en groupements voire en unions et la qualité des sols de la
province de Tapoa sont à noter, certains problèmes limitent la production de pomme de terre.
Bien souvent, les semences importées d’Europe arrivent tardivement, elles ne sont disponibles
qu’en novembre voire décembre alors que le début des plantations devrait être effectif dès le mois
d’octobre pour que les cultures ne souffrent pas trop de la saison sèche.
De plus, les agriculteurs devant payer les caisses de semence comptant (aucun système de
microcrédit n’étant mis en place) soit ils peuvent avancer l’argent pour un nombre de caisses limité et
inférieur à leur demande réelle, soit ils se trouvent dans l’incapacité de payer et donc ne cultivent pas la
pomme de terre cette année là.
Solutions envisagées :
Ö Obtention des semences à crédit, faire en sorte que les agriculteurs n’aient à avancer que 50% du prix de
la caisse à l’achat et puissent rembourser les 50% manquant à la récolte (appui de la FEPAB
envisageable ? soutien d’une banque ?)
Ö Conservation des tubercules de plus petit calibre de la saison précédente afin de les planter en primeur au
mois d’octobre, avant l’arrivée des semences européennes.
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Les faibles rendements obtenus dans la province de Tapoa sont en partie le fait d’une mauvaise
maîtrise des techniques de culture de la pomme de terre : préparation des planches, semis, arrosage,
buttage, fertilisation, rotation…
Solutions envisagées :
Le grillage coûtant cher, les agriculteurs délimitent leur périmètre maraîcher en construisant des
clôtures avec les chaumes de mil. Ces clôtures naturelles sont certes plus économiques mais elles sont
plus fragiles et surtout elles obligent les paysans à attendre la fin de la récolte des céréales pour
protéger leurs jardins. Ainsi, soit les agriculteurs attendent la mise en place des clôtures avant de
planter la pomme de terre (et donc prennent du retard avec les problèmes liés à la sécheresse vus ci-
dessus) soit ils subissent les assauts des animaux (moutons, chèvres, ânes, porcs et vaches) qui viennent
pâturer dans les jardins et mangent les jeunes pousses.
Solutions envisagées :
Ö Utiliser le système des haies vives, en plantant des arbustes épineux ou du jatropha par exemple, plante à
la croissance rapide qui éloigne les animaux et dont les graines peuvent être utilisées pour produire du
biodiesel (parmi ses nombreuses vertus). Cette solution est la plus longue mais la moins coûteuse et la
plus intéressante écologiquement parlant (freine la désertification, limite l’érosion).
Ͳ Manque d’eau :
De nombreux sites sont aménagés à côté de barrages et certains comme Boudiéri bénéficient
d’un système d’irrigation par canaux. Mais la plupart des sites sont dépendants de la création de
puisards où de puits pour que le maraîchage soit envisageable. Or bien souvent même ces structures se
tarissent avant la fin de la campagne maraîchère.
Solutions envisagées :
Ö La construction de puits suffisamment profonds pour que l’eau soit disponible jusqu’à la fin du mois
d’avril doit être envisagée
Ö Les puisards doivent être bétonnés pour éviter leur effondrement après chaque saison des pluies (leur
reconstruction occasionne une perte de temps et d’énergie)
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Gabion, province de la Tapoa, Burkina Faso
Ͳ Maladies :
Etant arrivée début avril dans la province de la Tapoa, je n’ai pas pu constater la nature et
l’ampleur des problèmes parasitaires, la pomme de terre cultivée sur les différents sites étant déjà
récoltée. Il ressort de l’étude que les maraîchers ne savent pas reconnaître les maladies qui attaquent
leurs parcelles et ne connaissent pas les moyens de lutte appropriés. En cas d’attaque soit ils utilisent
des produits chimiques inadaptés (produits phytosanitaires pour coton, etc…), soit ils recouvrent leur
parcelle de cendre, soit ils arrachent les pieds malades.
Solutions envisagées :
Ö Former les agriculteurs à la détection et à la reconnaissance des maladies et aux méthodes de lutte
Ͳ Conservation :
Les producteurs ne possèdent pas de locaux où entreposer leurs pommes de terre destinées à la
consommation. En 2006 ASF et la SRBFM ont lancé la construction d’un magasin de conservation des
semences à Boudiéri qui est achevé à ce jour, mais dont la taille ne permet pas de conserver l’ensemble
des semences de 60 cultivateurs de pomme de terre de la zone.
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Intérieur du magasin de conservation de Boudiéri, Burkina Faso
Les producteurs stockent donc leur récolte chez eux, à même le sol où dans les boites de
semences… et la pourriture qui touche essentiellement les tubercules de plus gros calibre entraîne la
perte d’1/3 de la récolte (voire plus) chaque année. Les producteurs sont donc obligés d’écouler leur
stock le plus rapidement possible, ce qui les empêche de commercialiser leur production de mai à août
au moment où l’offre est quasi inexistante et où les prix de vente sont élevés (jusqu’à 800 CFA/kg).
Solutions envisagées :
Ͳ La commercialisation :
Les agriculteurs arrivent à écouler leur production en moins de 3 mois, cependant la majorité
des ventes se fait au détail (bord-champ, sur les marchés où au porte –à-porte à vélo) et de manière
individuelle, ce qui traduit un manque d’organisation des producteurs.
La pomme de terre de la province de Tapoa est essentiellement vendue régionalement (à
Diapaga, Kantchari, Fada N’Gourma), mais aussi nationalement (à Ouagadougou) et sous-
régionalement (à Niamey, dans le Nord du Bénin). Les prix de vente vont de 175 à 400 CFA/kg.
Solutions à envisager :
Ö Créer un stand permanent des producteurs de pomme de terre sur le marché de Diapaga
50
Etat de la culture de la pomme de terre dans la région de Ouahigouya
La province de Yatenga au Nord du Burkina Faso est la zone où l’on trouve la plus forte
production de pommes de terre du pays. On y rencontre des périmètres maraîchers immenses en bord
de fleuve, irrigués gravitairement où à l’aide de motopompes.
Ces périmètres maraîchers s’agrandissent d’année en année mais sans tenir compte des
ressources en eau, ce qui pose parfois problème. A Ninigui par exemple l’agrandissement du site
cultivé n’a pas tenu compte de la capacité du fleuve en saison sèche et des problèmes de manque d’eau
pour l’irrigation se posaient déjà mi-mars. Cette mauvaise gestion des ressources en eau par les
agriculteurs a un impact sur les éleveurs qui amènent habituellement leurs troupeaux à ce point d’eau.
Les paysans bénéficient du soutien de la Fédération Nationale des Groupements Naam pour
l’approvisionnement en semences européennes et en produits phytosanitaires et sont bien encadrés. En
effet, la plupart des agriculteurs sont affiliés à cette organisation de producteurs. Les rendements sont
bons, les travaux de vulgarisation qui existent depuis plus de 10 ans ont porté leurs fruits et les
techniques culturales sont généralement bien maîtrisées par les agriculteurs.
Cependant, la reconduction de cultures de solanacées sur les mêmes parcelles chaque année a
entraîné une forte pression parasitaire, et la lutte contre les ravageurs est le principal problème auquel
sont confrontés les producteurs maraîchers. Heureusement, certains sites en bord de fleuve sont inondés
au moment de la saison des pluies et la riziculture y est alors pratiquée, ce qui limite le développement
des maladies.
En absence de chambres froides, la conservation pose problème comme dans le reste du pays.
Cependant certains sites comme Goinré sont équipés de magasins de conservation souterrains,
spécificité de la région. Les pommes de terres sont entreposées dans ces caves où la température
avoisine les 20°C, ce qui limite les pertes. La commercialisation dans cette zone transfrontalière ne
pose pas de problème, la demande est forte (nombreux hôtels et restaurants qui nourrissent les touristes
venus visiter le pays dogon tout proche).
Située au Sud Ouest du Burkina, cette région est la deuxième zone de production de pommes de
terre du pays après Ouahigouya. Ici le problème de l’accès aux semences de pommes de terre a entraîné
une forte chute de la production au profit du coton.
51
Ouahigouya et le groupement Naam étant loin, la plupart des paysans se fournissent en
semences auprès de la Sikassoise, à Sikasso au Mali.
NB : les mêmes tests ont été effectués dans la région de Ouahigouya et suivis par M. Hubert Badiel de
la FNGN.
En 2004 il abandonne les parcelles autour du barrage dont il n'était pas propriétaire et s'installe
en brousse au bord d'une rivière (plus de problèmes d'eau). Mais en septembre 2007, la découverte d'un
site orifère à 2 km de son champ entraîne l'arrivée de 2500 personnes... et l’assèchement de la rivière !
Une perte financière catastrophique pour lui qui venait d’agrandir son périmètre maraîcher.
Désormais ses espoirs résident dans un projet de maîtrise de l'eau (forage à haut débit à
motricité solaire) permettant d’irriguer toute l'année une surface maraîchère de 6 à 10 ha à Batié
(objectif : 3 à 4 récoltes/an). Ce projet, qui coûte 102 millions de CFA, vient d'obtenir l'aval du
ministère de l'agriculture et devrait recevoir un financement de la facilité africaine de l'eau (programme
de la banque africaine de développement).
Ce projet a été initié en 2006 au nom de l'association "Jeunesse espoir pour la promotion
agropastorale au Burkina Faso", dont Eloi est le président. Il est également président de l'Union
provinciale et départementale des professionnels agricoles du Noumbiel et a été pendant de nombreuses
années membre du CA et du bureau exécutif de la FEPAB. C'est également un des membres fondateurs
de la Confédération paysanne du Faso.
52
Les attentes vis-à-vis d’ASF :
Ͳ approvisionnement en semences maraîchères et particulièrement en semences de pomme de
terre
Ͳ appui/conseil sur les techniques culturales et la conservation
Ma visite au Niger a eu lieu alors que la rebellion touareg dans le nord du pays sévissait depuis
plusieurs mois. Pour des raisons de sécurité je n’ai pas pu me rendre dans la région d’Agadez, je n’ai
donc pas visité les sites de production des massifs de l’Aïr ni pu rencontrer les partenaires locaux
d’ASF-Bretagne.
Aussi je ne dispose pas d’informations sur l’état des lieux de la culture de la pomme de terre et
les actions d’ASF dans cette région, jusque là principale zone de production du pays. Il faut cependant
que je précise que la culture de la pomme de terre a été affectée par la rebellion : plus
d’approvisionnement en semences possible, circulation quasi impossible (routes bloquées par les
barrages, couvre-feu) dans la zone, exode de la population qui fuit les conflits armés et donc moins de
main d’œuvre et moins de consommateurs, etc…
Depuis 2005 ASF travaille avec l’ONG ARIDEL (Action pour le Renforcement des
Initiatives de DEveloppement Local) dans le département de Dogondoutchi.
Dogondoutchi est un département du Niger (au sud est de Niamey) qui compte 10 communes et
940 000 habitants. L’ONG ARIDEL a été créée en 2003 avec pour objectif la contribution au
développement du monde rural. Elle intervient dans les domaines agricole (à travers la cellule agro sans
frontière), environnemental, éducatif et de la santé.
En 2005, après le déficit de la campagne pluviale la crise alimentaire touche le Niger, ASF
fournit alors 13,375 tonnes de semences de pomme de terre à ARIDEL. Depuis 2005 cette opération est
reconduite chaque année.
Les partenaires
- ASF
- SOC-I
- Projet d'Irrigation privée, phase 2
- CARITAS Développement Niger
- FAO
- CRS Catholic Relief Service : infrastructures hydrauliques, accès aux intrants (dons de semences et de
petit matériel à des comités de gestion qui les vendent à bas prix au producteurs, organisation de foires
53
aux intrants de maraîchage) -
Programme spécial du président de la République
L'approvisionnement en semences
-ASF depuis 2005 : 13.375 tonnes de semences françaises importées chaque année
En 2005 et 2006 ASF a cédé les semences gratuitement à ARIDEL, qui a vendu la caisse de 25
kg aux producteurs à 7500 CFA en 2005 et 12000 CFA en 2006. La majorité de ces semences ayant été
cédées à crédit, les mauvais payeurs ont confronté ARIDEL à un problème de recouvrement (80%
seulement).
En 2007 la caisse de 25 kg a été vendue à 14000 CFA, ARIDEL a récupéré l'argent de la vente
et remboursé ASF le prix du contener et les frais de transport. Plus de crédit en 2007, toutes les caisses
ont du être payées comptant. Cette décision a posé un problème d'accès aux semences de plus petits
producteurs, mais ARIDEL pense que cette leçon va leur prouver l'intérêt de s'organiser.
- FAO : 10 tonnes de Kondor (Hollande) et 1.5 tonnes de Pamina et Sahel distribuées gratuitement. Les
semences sont suivies par l'ONG ARIDEL et la direction départementale de l'agriculture. Les zones
choisies pour la distribution sont des zones vulnérables suite au déficit agricole de l'hivernage. 445
ménages des 10 communes ont bénéficié de cette aide, 20 kg de semences du 1er lot de 10 tonnes ont
été distribués à chaque ménage. Le 2ème lot de 1.5 tonnes, arrivé tardivement, a été distribué à
Dogondoutchi et Matankari, là ou l'eau était disponible pour mener à bien la culture.
La conservation
En 2006 un magasin de
conservation de 60m2 pouvant
contenir 35 tonnes de pommes
de terre destinées à la
consommation a été construit à
Dogondoutchi à l’aide d’un
financement d’ASF et SOC-I.
En 2007 le premier essai de conservation a eu lieu : une tonne de pomme de terre a pu être
conservée dans le local de mars à juillet. Une grande partie a été vendue après 2 mois de conservation,
l’autre fin juin.
- 5 kg ont été replantés en juin après une première pluie, mais 40jours de sécheresse ont suivi et
l’ensemble des tubercules ont pourri.
54
- 7 kg ont été replantés en juillet, mais seuls 5% ont levé, pourriture du reste des tubercules. L’appui de
l’université de Niamey a permis de conclure que l’échec de ces essais était essentiellement dû au fait
que les variétés Pamina et Désirée ne sont pas adaptées à la culture en saison des pluies.
-11 kg ont été donnés à Guillaume Lemasle (stagiaire ASFB) pour des essais à Bonkoukou en
hivernage
- la 30aine de kg restante a été conservée jusqu’en octobre mais elle n’a pas servi de semence pour une
récolte en primeur : les paysans n’ayant pas fini la récolte des céréales à ce moment là, aucun n’était
disponible pour planter de la pomme de terre. Les tubercules de petit calibre ont donc été vendus à 600
CFA/kg pour la consommation.
Depuis l’atelier Proplant à Ouaga en 2007, ARIDEL attend les échantillons de variété 56 (qui
peut supporter la conservation) et de variété 18 (pour la production en hivernage) que doit lui envoyer
Bruno Vanderhofstadt de SOC-I. Les échantillons seront envoyés de Guinée durant l’hivernage 2008.
En 2008, 1615 kg de pomme de terre ont été achetés aux producteurs (Désirée, Pamina,
Stemster, Sahel, Kondor) pour conservation dans le magasin de stockage. ARIDEL aimerait conserver
jusqu’à trois tonnes de pommes de terre cette année. Le magasin n’est pas encore ouvert aux
agriculteurs de Dogondoutchi. Les producteurs doivent d’abord s’organiser, décider qui pourra y
entreposer sa récolte et se charger de la collecte dans les différents villages.
Dans les années à venir ARIDEL envisage la construction de magasins de conservation dans les
9 communes restantes, priorité aux communes de Tibiri et Matankari (nombreux
producteurs, disponibilité en eau et dynamisme)
L'organisation
Actuellement les paysans sont organisés en groupements peu dynamiques. ARIDEL a lancé un
projet en janvier 2008, financé par ASF devant aboutir à la restructuration des organisations paysannes
du département. Les groupements de chaque village seront recensés dans les différentes communes et
organisés en union communale. Des délégués de chacune des 10 unions communales se retrouveront
pour former une union départementale des producteurs de pomme de terre de Dogondoutchi.
L'objectif d'ARIDEL sera alors de mettre cette union départementale en relation avec l'union des
producteurs de la région d'Agadez et l'union des producteurs de Bonkoukou pour aboutir à la
constitution d'un réseau national des producteurs de pomme de terre, comme au Burkina Faso.
La commercialistation
Les pommes de terre achetées par ARIDEL sont essentiellement vendues dans la zone de
Dogondoutchi, à des fonctionnaires et des commerçants. En 2007 ARIDEL a fait la promotion de ses
pommes de terre en diffusant à la radio une annonce.
La cellule ASF s'était engagée à aider les maraîchers à trouver des acheteurs pour faciliter
l'écoulement de leur production. Une mission d'identification des acheteurs à Niamey a été effectuée,
de nombreux contacts ont été pris. Malheureusement, les producteurs de Dogondoutchi, pressés de
vendre leurs pommes de terre ont écoulé la majorité de leur production a des particuliers bord champ,
au marché, et a des grossistes venus leur acheter 200 à 300 kg. Les acheteurs de Niamey ne voulant pas
affréter un camion pour moins de 5 tonnes, les contacts établis par ARIDEL n'ont pas été utilisés en
2007. L'absence d'organisation pour la collecte de la production est en partie responsable de cet échec.
Malgré tout ARIDEL a quand même assuré une livraison de 3.5 tonnes de pommes de terre a un
55
commerçant de Niamey en 2007.
En ce qui concerne la récolte de 2008, des petits commerçants se déplacent pour acheter 500 kg a 1.5
tonne de PDT qu'ils revendent à des grossistes de Niamey. Un acheteur nigérien a payé 3 tonnes de
PDT qu'il compte écouler au Bénin.
Notons qu'à Tibiri et Matankari les producteurs ont leurs propres contacts sur Niamey, ils
amènent leur production au petit marché de Katako.
Les producteurs de Kiria et Soucoucoutane, communes éloignées, ont du mal à trouver des
acheteurs à temps voulu, ce qui les a poussé à développer des techniques de conservation
traditionnelles (PDT conservées sur du sable fin, parfois enterrées, recouvertes de paille à l'ombre d'un
arbre)
56
Diagnostic de l'avancement du projet dans le Dallol Maouri
Bilan :
- la PDT a été introduite dans toutes les communes et entre dans les habitudes alimentaires de la
population
- les paysans commencent à maîtriser sa culture, grande motivation des producteurs
- pas de problèmes pour écouler la récolte, la commercialisation est bonne
- on est passé de 0 tonne en 2004 à 188 tonnes de PDT en 2006-2007
- AGR : stocks d'arachide, embouche (animaux engraissés puis revendus au boucher), moulin
permettant aux femmes de gagner du temps pour se consacrer à d'autres activités ou se reposer
- construction du magasin de stockage
-construction d'un puit à Kalanmota et clôture du site
- 2 puits aménagés à Dogondoutchi
Difficultés rencontrées :
- Recouvrement des semences cédées à crédit les premières années pas à la hauteur des attentes. Ce
problème est résolu depuis que les semences doivent être payées comptant
- Insuffisance des moyens : au début les subventions d'ASF n'étaient pas encore disponibles et l'action
sur le terrain était handicapée par la disponibilité en fonds de l'ONG Aridel (pas d'argent = pas de
déplacement)
Au cours de mon séjour à Dogondoutchi j'ai pu visiter les sites de Matankari, Argoum
et Kalonmota où j'ai rencontré des producteurs et évoqué avec eux les difficultés qu'ils rencontrent.
57
b) Proposition de nouveaux partenariats
• Say
Cependant au cours de cette campagne les agriculteurs ont rencontré plusieurs problèmes qui
expliquent la mauvaise récolte :
- La DDA n’a pas pu former les producteurs à la culture de la pomme de terre avant l’arrivage
des semences de la FAO, la seule aide reçue par les agriculteurs a consisté en un suivi par des
agents sur le terrain… Aussi des erreurs telles qu’un mauvais buttage ont entraîné le
verdissement et la germination de certains tubercules au bout de 2 mois.
- Fin février l’acariose (maladie caractérisée par le flêtrissement des plantes et l’apparition d’un
cocon blanchâtre sur les pieds) a touché l’ensemble des solanacées et ravagé plus de 75% des
pommes de terre.
Ainsi les producteurs ayant le mieux produit ont récolté 100 kg de pomme de terre à partir
d’une caisse de 25 kg de semences… Un rendement faible comparé aux 800 kg obtenus par certains
cultivateurs burkinabés par exemple !
Les producteurs de Say ont pu vendre leur récolte à 275 CFA/kg, très peu ont choisi
l’autoconsommation, ce qui prouve que cette culture récente n’est pas encore entrée dans les habitudes
alimentaires de la population.
Pour la campagne 2008-2009, les agriculteurs satisfaits de l’essai mené cette année attendent
une nouvelle aide de la FAO. Cette aide d’urgence de la FAO présente donc un inconvénient : elle
place les agriculteurs dans une dépendance vis-à-vis de l’occident et une attente passive de
semences gratuites qui les empêche de s’organiser pour effectuer des commandes groupées au
niveau de la coopérative.
Parce que le département de SAY possède des terres fertiles et disponibles, de l’eau toute
l’année (mares, fleuve Niger, chenal et motopompes) et des organisations paysannes (plus de 1500 sur
le département) motivées. De plus l’écoulement de la production ne pose pas de problème : nombreux
fonctionnaires à Say et Torodi, proximité de Niamey par une route goudronnée…
La zone est fortement parasitée, particulièrement les sites de Dalweye et Gantchi. Peu de suivi
de la part des agents de la DDA à cause des faibles moyens financiers dont ils disposent pour leurs
déplacements.
Les producteurs n’ont pas l’habitude de produire de la pomme de terre, il faut les former aux
techniques culturales et aux techniques de conservation.
La conservation ne pose pas de problème pour l’instant puisque la pomme de terre représente
une petite production qui est rapidement écoulée. Cependant si les quantités produites augmentent dans
les années à venir la construction de magasins de conservation est indispensable… La DDA
possède un hangar de 160 m2 qui pourrait être utilisé ?
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Entretien avec M. Abdoul Aziz (président) et M. Ali Boye (trésorier) de l’Union des Producteurs
d’Oignon et Activités Maraîchères (UPOAM)
L’UPOAM a été créée en 2006 et regroupe 15 groupements soit plus de 400 personnes sur
l’ensemble de la commune de Say.
En 2007 M. Abdoul Aziz a pris contact avec Illia Warou de l’ONG ARIDEL de
Dogondoutchi… Une collaboration a été envisagée pour la campagne 2008-2009 principalement en ce
qui concerne l’approvisionnement en semences. L’UPOAM pourrait effectuer une commande qui serait
comprise dans le contener envoyé chaque année à Dogondoutchi par ASF. Bien entendu un travail
préalable de sensibilisation et de formation des producteurs avant l’arrivée des semences sera
indispensable pour garantir la réussite de la prochaine campagne. L’ONG ARIDEL pourrait également
intervenir à ce niveau.
L’appui du pôle technique de l’université de Niamey sera également indispensable pour lutter
efficacement contre les parasites (nématodes à galle, …).
Le président s’engage à faire une tournée à moto dans tous les villages et à estimer les besoins
en semences d’ici juin 2008. Il propose même de s’appuyer sur l’UPOAM pour bénéficier de
l’exonération des semences françaises… à suivre.
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• Torodi
Créée en novembre 2007 l’UGPCO compte désormais 753 membres (406 femmes et 347
hommes) pour 12 groupements répartis dans 11 villages de la commune de Torodi. Si on considère
qu’une famille est composée de 10 personnes en moyenne, les 27,5 ha exploitables par l’union
pourraient participer à l’alimentation de plus de 7000 personnes.
Les 11 sites :
Djoga 6 ha Pengona 3 ha Bogodjontou 2 ha
Magou 3 ha Djilliki 2 ha Pogodji 1,5 ha
Bontchoulou 2 ha Kobadjé 3 ha Kankantouti 1 ha
Sirimbana 2 ha Kongo 2 ha
L’UGPCO a été mise en relation avec ASF à travers l’UCOAM de Say et son président M.
Abdoul Aziz. Pour l’instant elle bénéficie de l’appui de Swiss Aid et du FCIM (fond canadien des
initiatives locales) pour le maraîchage (semences potagères, puits…), les banques céréalières,
l’alphabétisation et l’amélioration des terres de culture.
En ce qui concerne la culture de la pomme de terre, 40 femmes ont mené une première
expérience en 2000 en plantant 10 kg de pomme de terre donnés par les services de l’agriculture, soit
une quantité dérisoire de 15 tubercules/personne ! A cette occasion elles ont bénéficié d’une brève
formation sur la plantation et l’arrosage.
A partir de ces 15 tubercules elles ont récolté en moyenne un seau de 15kg, toute la production a été
autoconsommée.
Cette expérience n’a pas été renouvelée car elles n’ont plus reçu de semences, mais elle leur a
fait prendre conscience de l’intérêt de la culture de la pomme de terre pour diversifier
l’alimentation et faire face à la crise alimentaire chronique au Niger (autoconsommation PUIS
vente). En effet, les cultures de contre saison génèrent une activité qui est source de revenu à un
moment où les gens sont désoeuvrés (traditionnellement l’agriculture est pratiquée au moment de la
saison des pluies = hivernage).
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Périmètre maraîcher, Torodi, Niger
Entretien avec M. Morou Alidou, chef du service communal du développement agricole de Torodi
En janvier 2008 la FAO a distribué 600 sacs de 25 kg entre les villages de Kobadié, Adaré,
Pengona, Guessédoundou, Bogodjotou et Magou. Distribuées à des groupements ou a des producteurs
individuels ces semences ont été cédées à plus de 150 personnes. Les services de l’agriculture ont suivi
la prégermination et la plantation dans les 6 villages.
Cette expérience s’est soldée par de mauvais rendements : au moment de la tubérisation les puits
étaient asséchés. Il est donc impératif de distribuer les semences en octobre/ novembre.
Sur les 920 kg produits à partir des semences de la FAO 75% ont été autoconsommés.
Avantages :
Disponibilité en eau (nappe peu profondes, puits de moins de 10m) et en sols (le périmètre maraîcher
s’agrandit chaque année)
Ecoulement facile de la production sur Torodi et Niamey (route goudronnée)
Inconvénients :
Sols parasités
Formation indispensable des agriculteurs
Logique individualiste des producteurs, organisation à revoir
Encadrement insuffisant, un seul technicien pour l’ensemble de la commune
La pomme de terre n’est pas dans les habitudes alimentaires de la population
Achat de pommes de terre de consommation sur les marchés de Niamey et Bonkoukou pour les utiliser
comme semences
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• Ouallam
La commune de Ouallam c'est une des 5 communes du département de Ouallam, 1740 km2
pour 63127 habitants. Les principaux sites maraîchers sont Tolkobeye, Sargane, Ouallam, Dignassa,
Bardouga, Garbey et Tinga.
Nous nous sommes concentrés sur le site de Tinga, qui regroupe plus de 1000 femmes le long
d'un point d'eau (une mare permanente) sur 102 hectares. Les femmes sont organisées en 4
groupements et cultivent des légumes en contre saison principalement pour l'autoconsommation. Ces 4
groupements ne sont pas organisés en union. Il serait intéressant de se pencher sur ce site qui
contrairement aux autres ne bénéficie d'aucune aide... il s'agit donc du site le plus vulnérable de
Ouallam.
J'ai donc rencontré les femmes de la coopérative Albarka, qui travaillent sur le site de Tinga.
Elles y cultivent la salade, la pomme de terre (achètent généralement moins d'un kg de semence tout
venant par personne), l'oignon, le chou, la carotte, l'aubergine, la patate douce... la culture de contre
saison y est pratiquée depuis plus de 20 ans.
Les principaux problèmes qui se posent outre l'absence de formation sont la divagation des
animaux qui se rendent au point d'eau pour s'abreuver, l'arrivage tardif des semences et le manque de
petit matériel.
Point positif : 66 productrices de Ouallam auraient été formées à Bonkoukou en 2007 pendant 2
semaines, en collaboration avec la FAO. Ces femmes ont obtenu de bons résultats par la suite, elles
envisageraient de commander des semences de pommes de terre pour la campagne de 2008 et auraient
contacté la FCMN Niya pour faciliter la commercialisation. Ces femmes sont donc dans une démarche
très positive et pourraient à leur tout former d’autres agricultrices du site afin de répandre les bonnes
pratiques enseignées au cours du stage.
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• Dosso
Dans les années 70 l'Arabie Saoudite a construit sur ce site un forage artésien permettant de
développer le maraîchage, mais la rupture d'un des tuyaux en 2002 a conduit à l'inondation du site
et la formation d'une mare de 1 ha, pour le plus grand bonheur des enfants qui s'y baignent et des
animaux qui s'y abreuvent. La pisciculture y a même été développée, aussi les agriculteurs
souhaiteraient conserver une partie de cette mare.
Mais le site nécessite d'être réhabilité (nombreux canaux d'irrigation impraticables car
encombrés de sable et de branchages) et le forage réparé (coût approximatif selon une expertise
de 2004 30 millions de CFA). Une fois ces travaux effectués, le site présentera réellement un fort
potentiel de production, et les cultures maraîchères d'autoconsommation pourraient se transformer en
cultures de rente capables d'approvisionner le département.
Cependant un appui technique sera indispensable, les agriculteurs devront être formés à la
culture de la pomme de terre par exemple, qui jusqu'à présent n'est cultivée que par quelques personnes
qui n'ont jamais bénéficié de formation.
L'ONG Doubani espère pouvoir travailler en partenariat avec ASF et l'ONG ARIDEL, afin de
bénéficier de leur expérience en matière de maraîchage. Espérons que cette collaboration aboutira !
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• Bonkoukou
Bonkoukou est un village situé à 140 km au nord est de Niamey, c’est le 2ème site de
production de pomme de terre au Niger après la région d'Agadez.
J'y ai rencontré :
- le Président de l'union des coopératives maraîchères de Bonkoukou (87 groupements), M.
Ousmane Garba et quelques agriculteurs
- le coordinateur régional de SOS Sahel M. Harouna Djibril
Les projets :
- les magasins de conservation
- le comité de gestion des commandes de semences regroupant l’ICRISAT, SOS Sahel, DFR et
l’Union des Maraîchers
- la participation de nouveaux agriculteurs au programme GIPD de la FAO à l’aide de champs-
écoles (16 personnes à Shett en 2007)
- étendre la culture de la pomme de terre au nouveau site de 2 ha à Tillobi (sur le plateau à 15km
de Bonkoukou)
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V) LES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE POMME DE TERRE
Plusieurs éléments laissent présager un bel avenir à la filière pomme de terre dans les trois pays
étudiés :
- la pomme de terre entre de plus en plus dans les habitudes alimentaires des populations et la
demande intérieure est en croissance régulière et forte
les possibilités d’extension de la culture sont réelles, les zones potentielles de culture sont
nombreuses dans chaque pays et le développement de nouveaux partenariats pour la diffusion et la
vulgarisation de la culture de pomme de terre vont dans ce sens
- le recherche s’intéresse à la pomme de terre, le Burkina Faso et le Niger qui participent au
projet CORUS illustrent cette volonté de maîtriser le cortège parasitaire, entre autres
- les infrastructures pour l’approvisionnement en semences locales et à moindre coût se mettent
en place dans chaque pays (le Mali est de ce point de vue plus avancé que le Burkina et le Niger
grâce au laboratoire de Katibougou déjà fonctionnel même s’il connaît de gros problèmes de
gestion du personnel)
- de même l’organisation de la filière est en bonne voie dans les 3 pays (avec une légère avance
du Burkina qui possède déjà un Réseau National des Producteurs de Pomme de Terre), ce qui
laisse présager de nettes améliorations en terme de commercialisation notamment
Afin d’assurer une production nationale de qualité et en quantité, il reste encore à mettre au
point une législation commune aux différents pays de la CEDEAO en terme de production de
semences, de multiplication de semences et de certification. Cette législation commune permettra le
développement de fermes semencières.
Ajoutons que tant que le problème de la conservation ne sera pas résolu le développement de la
filière sera toujours limité. Ce point est le plus épineux quand on connaît les problèmes d’accès à
l’énergie en Afrique de l’Ouest : peu de villages bénéficient de l’électricité et les pannes sont
fréquentes. De plus les systèmes réfrigérés coûtent excessivement chers, ces équipements ne peuvent
pas être pris en charge par les agriculteurs. En attendant une adaptation à des volumes importants et une
démocratisation du système de froid solaire, il faudra donc continuer à développer des magasins de
conservation enterrés ou de plein pied dans les différents pays.
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Bibliographie
• Ouvrages :
P. Rousselle, Y. Robert, J.C. Crosnier, 1996. La pomme de terre. INRA Editions, Paris.
• Rapports de stage :
G. Lemasle, 2006. Comment résoudre les problèmes techniques liés à la culture de la pomme de terre
au Niger ?
• Encyclopédies en ligne :
http://fr.wikipedia.org
www.universalis.fr
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Annexe 1 : Fiche technique sur la pomme de terre de la FEPAB
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Annexe 2 : La technologie du froid solaire
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