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Cours D'histoire de La Médecine 2021-2022

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République Démocratique du Congo

Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire


UNIVERSITE WILLIAM BOUTH

FACULTE DE MEDECINE

B.P. 8838 KINSHASA I

NOTES DE COURS D'HISTOIRE DE LA


MEDECINE DESTINEES AUX ETUDIANTS DE
PREMIERE LICENCE BIOMEDICALE DE
L'UNIVERSITE WILLIAM BOUTH


Dr Georges NKONKO

2022- 2023

1
PRELUDE

Dans ce monde d'aujourd'hui : agitation et précipitation, on


veut avoir 25 heures au lieu de 24 heures par jour. Or, l'éternel
a dit : c'est dans le calme et la confiance que sera votre force.

(Esaïe 30 :15 à18)

2
Contexte et Justification du cours

Toute science doit être située dans son contexte historique. Aucune science
ne peut être coupée de ses liens avec le passé.

L'histoire, Science Humaine par excellence, nous apprend à nous « situer » le


long de l'axe de l'évolution temporelle de la médecine. Ceci nous permet de mieux
comprendre l'évolution de notre savoir, en sachant d'abord d'où il est venu et
comment, dans quelles circonstances et dans quel contexte, il est venu. Car les
sciences évoluent et avec elles les conceptions du monde.

Les maladies naissent, se développent et disparaissent du vocabulaire


médical, au fil de l'affinement de notre savoir : un syndrome, ou groupe de signes,
peut se remarquer à un moment et être considéré comme « caractéristique d'un
trouble » : on l'enseignera et on s'en servira en pratique médicale comme d'une «
nouveauté ».

Plus tard, notre savoir progressera et notre groupe de signes «


caractéristiques » va se révéler être, en fait, un groupe de troubles, assez voisins,
mais qui se fragmentera en deux ou trois troubles distincts, qui avaient des
ressemblances certes, mais aussi des divergences.

Autre intérêts de l'histoire de la médecine c'est de tirer des « leçons de


l'histoire », celle des erreurs du passé, commises dans un pays ou dans un autre,
mais dont la connaissance intéresse toute l'humanité (« Ceux qui ne peuvent
connaître le passé, se condamnent à le répéter avec ses erreurs »).

Connaître l'histoire et l'étudier revient à reconstruire son cheminement, donc à


revoir les étapes d'acquisition de la connaissance et les nouvelles voies d'acquisition
du Savoir. Il y a là une dimension épistémologique, qui devrait intéresser tout
médecin, soucieux de se questionner sur son savoir, sur la validité de ce savoir et
surtout sur son espérance de vie.

Le savoir est éminemment éphémère : il naît, puis meurt souvent très vite,
avec ou sans héritiers. Le savoir actuel, tout comme ses prédécesseurs, sera
dépassé un jour, par de nouvelles acquisitions : il faut pouvoir suivre les innovations,

3
et l'un des intérêts de l'étude de l'histoire, sera d'apprendre à relativiser nos
certitudes d'aujourd'hui.

Dans ce programme, nous privilégierons cette dimension épistémologique, au


détriment du simple panorama des faits et des dates.

Ce cours est destiné aux étudiants de L1 Biomédical de la Faculté de


Médecine de l'Université William Bouth de la République Démocratique du Congo.

Pré-requis

Pour mieux appréhender ce cours, les étudiants concernés doivent avoir des
notions de bases ci-dessous :

 Notions de base du cours d'histoire

 Notions de base de Biologie

 Notions de base de Chimie

 Notions de base du corps humain

But

Le but de ce cours est d'enrichir les connaissances des étudiants, futurs


médecins de la RD Congo sur l'évolution et la pratique de la médecine humaine.

Objectifs du cours

Objectif général ou institutionnel

 Intégrer dans la formation du futur médecin l'intérêt des notions de base sur
l'évolution et l'acquisition de la Médecine moderne dans notre pays.

Objectifs spécifiques

 Rappeler l'histoire de l'évolution de la Médecine moderne;

 Rappeler les évènements émaillant la Médecine moderne ;

4
 Décrire l'épistémologie et les grandes interventions médicales et chirurgicales
;

 Rappeler les grandes époques de l'évolution de la Médecine comme science.

Compétences

Les apprenants à la fin de cours doivent être capables de rappeler quelques


notions de la Médecine ainsi que les évènements historiques de la Médecine
modernes.

Méthodes d'enseignement

 Cours interactif (échange entre l'enseignant et les apprenants)

Matériels d'apprentissage : Vidéoprojecteur

Méthodes d'évaluation : choix multiple plus méthodes traditionnelles

Information et contact: Tél :+243 815191996

Email: [email protected]

 Bureau Faculté de Médecine/Université William Bouth

 Syllabus d'Histoire de la Médecine; Diapositives images

5
Schéma du cours

1. Définition et concepts
2. Préhistoire
3. Antiquité
3.1. Egypte antique
3.2. Médecine babylonienne
3.3. Inde antique
3.4. Perse antique
3.5. Médecine Traditionnelle
3.6. Antique gréco romaine
4. Les Tradi praticiens
5. Moyen âgé
5.1. Antique hébraïque
5.2. Civilisation islamique médiévale
5.3. Europe du moyen âge et début de l'époque moderne, XVIème au XVIIIéme siècle
6. Médecine moderne (XIX et XXème siècles)
7. Les interventions
7.1. 7000 avant JC au 1000 après JC
7.2. Depuis l'année 1000s
8. Musées et collections
9. Autres rappels historique et quelques évènements
9.1. Histoire de l'hôpital
9.2. Histoire des spécialités médicales et chirurgicales
9.3. Grands noms de la Médecine
9.4. Maladies attribuées par les médecins

6
1. Définition du cours et des concepts

 d'histoire de la Médecine est une des branches du cours d'histoire axée à

l'étude des connaissances et des pratiques médicales et chirurgicales au

cours du temps.

Toutes les sociétés humaines avaient recours à des croyances médicales relevant du

mythe ou de la superstition pour expliquer la naissance, la mort et la maladie. Au

cours de l'histoire, la maladie a été attribuée à la sorcellerie, aux démons, aux

influences astrales contraires, ou à la volonté des dieux. Ces idées restent encore

répandues, avec la foi en la guérison par la prière et le recours à des sanctuaires

dans certains endroits, bien que la montée en puissance de la médecine scientifique

au cours du dernier temps a éclipsé et rendu caduques bon nombre de croyances

anciennes.

 L'épistémologie : grec epistếmê « connaissance, science »et λόγος / lógos «

discours ») désigne soit le domaine de la philosophie des sciences qui étudie

les sciences particulières, soit la théorie de la connaissance en général.

 Histoire : est à la fois l'étude des faits, des événements du passé et, par

synecdoque, leur ensemble. L'histoire est un récit, elle est la construction

d'une image du passé par des hommes et des femmes (les historiens et

historiennes) qui tentent de décrire, d'expliquer ou de faire revivre des temps

révolus. Ce récit historique n'est pas construit par intuition intellectuelle, mais

à partir de sources. L'histoire, qui n'est pas seulement une réflexion sur le

passé, se construit aussi selon une méthode. La méthode historique s'appuie

sur un ensemble de sciences auxiliaires qui aident l'historien à construire son

récit.

7
 Antiquité est la première des époques de l'Histoire. C'est par le

développement ou l'adoption de l'écriture que l'Antiquité succède à la

Préhistoire. Le passage de la Préhistoire à l'Antiquité s'est donc produit à

différentes périodes pour les différents peuples. Elle précède soit le Moyen

Âge soit l'Époque moderne, selon la civilisation, et se termine à différentes

dates pour différentes régions du monde. Son nom dérive du latin antiquus

signifiant antérieur, ancien. En histoire européenne, l'Antiquité désigne la

période des civilisations de l'écriture autour de la mer Méditerranée et au

Moyen-Orient, après la Préhistoire, et avant le Moyen Âge.

 Moyen Âge est une période de l'histoire européenne, s'étendant du Ve siècle

au XVe siècle, qui débuta avec l'effondrement de l'Empire romain d'Occident et

se termina par la Renaissance et les Grandes découvertes. Elle se située

entre l'Antiquité et l'époque moderne.

 Préhistoire est généralement définie comme la période comprise entre

l'apparition de l'Humanité et l'apparition des premiers documents écrits,

même si cette définition n'est pas sans poser des problèmes. L'apparition de

l'écriture, vers 3500 ans avant notre ère, comme critère marquant la fin de la

Préhistoire est problématique.

 La notion de Protohistoire a été introduite pour les populations ne

possédant pas elles-mêmes l'écriture, mais qui sont mentionnées par des

textes émanant d'autres peuples contemporains

8
2. Préhistoire (Médecine dans la Pré et Proto-histoire)

On ne dispose pas de données fiables pour savoir quand a débuté la

Phytothérapie (usage des plantes à des fins médicinales). Avec le temps et

l'accumulation d'essais et d'erreurs, une petite base de connaissances s'est

constituée au sein des premières communautés tribales. Comme ces connaissances

se sont développées au fil des générations, la culture tribale s'est transmise à des

initiés. Ces « initiés » sont devenus ceux qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de

guérisseurs ou de shamans.

2.1. Phytothérapie

La phytothérapie désigne la médecine fondée sur les extraits de plantes et les


principes actifs naturels. On peut la distinguer en trois types de pratiques :

1. Une pratique traditionnelle à visée explicitement thérapeutique, parfois très


ancienne fondée sur l'utilisation de plantes selon les vertus découvertes
empiriquement. Selon l'OMS, cette phytothérapie est considérée comme une
médecine traditionnelle et encore massivement employée dans certains pays dont
les pays en voie de développement. C'est le plus souvent une médecine non
conventionnelle du fait de l'absence d'études cliniques systématiques ;

2. Une pratique qui repose sur la recherche scientifique sur les extraits actifs de
plantes. Les extraits actifs identifiés sont standardisés. Cette pratique débouche
suivant les cas sur la fabrication de médicaments pharmaceutiques ou de
phytomédicaments. Selon la réglementation en vigueur dans le pays, leur circulation
est soumise à l'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les produits finis, et à
la réglementation sur les matières premières à usage pharmaceutique (MPUP) pour
les préparations magistrales de plantes médicinales, celles-ci étant délivrées
exclusivement en officine. On parle alors de pharmacognosie ou de biologie
pharmaceutique. La recherche sur ces produits se fonde en partie sur les pratiques
traditionnelles décrites précédemment, et pose de graves problèmes éthiques et
politiques dès lors qu'elle conduit à la brevetabilité du vivant ;

9
3. Une pratique de prophylaxie sans but actuellement perçu comme thérapeutique,
existant déjà dans l'Antiquité. C'est le cas d'associations traditionnelles en cuisine, de
techniques de conservation, ou de consommation de produits tels que les thés ou
infusions. Même si les interactions entre produits usuellement combinés font l'objet
de recherches, seuls le cas des produits consommés de manière séparée sont
actuellement rattachés à la phytothérapie.

2.1.1. Histoire et enjeux

Description de l'usage de cumin et de l'aneth, la matière médicale de Dioscoride, copie en


arabe de 1334

Le premier texte connu sur la médecine par les plantes est gravé sur une tablette
d'argile, rédigé par les Sumériens en caractères cunéiformes 3000 ans av. J.-C.; ils
utilisaient des plantes telles le myrte, le chanvre, le thym, le saule en décoctions
filtrées. Le Papyrus Ebers, de l'Égypte ancienne avec « 110 pages », il fait référence
à de plus anciens documents citant des dizaines de plantes accompagné d'un mode
d’utilisation.
Les Grecs et les Romains utilisaient également de nombreuses plantes. Le Papyrus
d’Ebers du XVIe siècle av. J.-C. est le premier recueil connu consacré aux plantes
médicinales. De loin le plus volumineux de l’Egypte ancienne du « 110 pages » . On
en retrouve des références, entre autres, dans l'œuvre de Dioscoride (médecin grec
du Ier siècle) (cf. illustration), ou dans Histoire naturelle, ouvrage en 37 volumes de
Pline l'Ancien qui dès l'Antiquité et jusqu'à la fin du Moyen Âge, a été copié de
nombreuses fois2.
En Europe, les plantes représentent l'essentiel de la pharmacopée jusqu'à la fin du
XIXe siècle et l'avènement de la chimie moderne. Encore largement utilisées après la
Seconde Guerre mondiale, elles furent ensuite supplantées par les médicaments de

10
synthèse plus simples d'emploi. Toutefois, les laboratoires pharmaceutiques étudient
depuis quelques années les « remèdes de bonne fâme »3, et la pharmacopée
ancienne, afin de développer de nouveaux médicaments. Par exemple, une étude de
2008 s'est attachée à étudier les résultats thérapeutiques de 63 plantes mentionnées
comme ayant un pouvoir anti-rhumatismal dans des « herbiers » parus en Europe
entre les XVIe siècle et XVIIe siècle. En résultat, l'étude a fait apparaître l'efficacité in
vivo ou in vitro de plus de la moitié d'entre eux, et a conclu à la nécessité d'exploiter
de façon systématique les données contenues dans ces parutions 4. De la même
façon, les connaissances ancestrales des chamans et autres guérisseurs d'Amérique
latine, d'Afrique ou d'Asie sont répertoriées en vue d'identifier les principes actifs des
plantes médicinales. Ces recherches s'appuient sur des compétences développées
par ces peuples, et, via le recours à des brevets, s'oppose à ce qu'ils en fassent un
usage plus large, sans qu'ils en retirent une rémunération autre que symbolique. Ces
pratiques sont dénoncées comme un pillage du capital génétique de ces pays ou
populations, et donnent quelquefois lieu à des prises de conscience ou à des
réactions comme dans le cas de la Bolivie5.
En France, le diplôme d'herboriste a été supprimé en septembre 1941 par le
gouvernement de Vichy. De 4 500 herboristes en 1941, ils sont désormais une
dizaine tandis qu'en Allemagne ou en Italie, on compte plusieurs milliers
d'herboristes.
La phytothérapie et la médecine moderne sont en réalité proches, sauf dans les cas
de préparations à base chimique synthétique ou de génie génétique, mais la majorité
des médicaments actuels sont des copies concentrées de remèdes végétaux
d'origine ce qui signifie qu'un médicament peut être utilisé plus tard que sa
préparation naturelle et aura des résultats plus rapides et mieux contrôlés. C'est le
danger principal de la phytothérapie, de croire qu'elle soigne « tout » (pas plus que
les médicaments), mais surtout d'ignorer son premier principe, à savoir que c'est une
médecine du présent.
La faible concentration d'éléments curatifs contenus dans les plantes exige un
traitement dès les premiers symptômes, et il convient de passer chez son médecin
dans les 48 heures qui suivent si le remède naturel ne semble pas améliorer la
situation : c'est qu'il n'est pas adapté ou pas assez efficace. L'avantage essentiel de
la phytothérapie est d'éviter les effets secondaires grâce aux faibles concentrations
et parce que les éléments n'y sont ni dissociés ni épurés ; cependant, de nombreux
cas d'affections rénales ont été constatés suite à l'usage d'herbes « miracles » en
infusion surtout lors d'usages quotidiens, à titre préventif 6. Il ne faut pas oublier non
plus que bien des végétaux sont déjà toxiques à l'état naturel : ceux-là sont à éviter
ou à ne prendre que sur prescription médicale et préparation par un spécialiste
accrédité- ils ne sont d'ailleurs généralement pas présents dans les traités de
phytothérapie classiques car trop dangereux.

11
2.1.2. Méthodes, utilisation et mode de fabrication

1. Les plantes à propriété digestive, exemple de la Tysane

En phytothérapie traditionnelle, les plantes peuvent être utilisées fraîches ou,


beaucoup plus fréquemment, sèches. C'est en général une partie bien précise de la
plante qui est employée, en conformité avec les préconisations des Pharmacopées
(racine, feuille, fleurs, etc.), la composition chimique d'une plante étant rarement
uniforme (voir : plantes médicinales). Ces parties de plantes, entières ou finement
broyées dans un sachet-dose (alias infusette), sont utilisées pour l'obtention d'une
tisane que l'on peut préparer par infusion (on verse de l'eau chaude sur la plante),
par macération (la plante est laissée plus ou moins longtemps au contact de l'eau
froide), ou par décoction (la plante est laissée plus ou moins longtemps au contact
de l'eau portée à ébullition).
2. Les poudres et les gélules
Des procédés plus récents permettent de fabriquer des formes plus « modernes »,
en particulier des poudres, qu'elles soient obtenues par un broyage classique ou par
cryobroyage. Ces poudres totales, qui peuvent ensuite être conditionnées sous la
forme de gélule, ou autre forme, sont présentées par leurs adeptes comme
représentant « l'intégralité » - le « totum » - du végétal. Cela n'est pas faux, mais cela
doit être pris en compte en termes de sécurité : leur composition diffère de celle des
tisanes traditionnelles (qui ne comportent en principe que les substances
hydrosolubles de la plante), et l'on s'écarte donc de « l'usage traditionnel bien établi
». On ne peut donc pas exclure qu'elles conduisent à l'absorption de substances
toxiques (ou à des concentrations trop élevées en actifs). C'est, entre autres, pour
cette raison que la réglementation en vigueur en France demande, dans le cas des
médicaments à base de plante (alias phytomédicaments, ou médicaments de
phytothérapie) enregistrés auprès de l'Afssaps 7, que soit réalisée une expertise
toxicologique minimale.

3. Extraits hydroalcoolique des plantes fraiches et alcoolatures

Un autre procédé, l'extraction, permet l'obtention d'une forme pulvérulente (extrait


sec, atomisat), pâteuse (extrait mou) ou liquide (extrait fluide, teinture, teinture-mère)
concentrée en principes actifs. Après le broyage de la plante, la poudre obtenue est

12
traitée par un solvant, par simple contact ou par lixiviation. On utilise généralement
de l'eau ou un alcool, ou un mélange hydro-alcoolique de titre variable, le plus
souvent à chaud. Le solvant est choisi en fonction de la solubilité des principes actifs
recherchés. Cette extraction permet d'isoler tous les actifs et de conserver leur
éventuelle synergie d'action. Le liquide (soluté) ainsi obtenu est ensuite filtré afin
d'éliminer le résidu insoluble (marc). Puis une phase d'évaporation - généralement
sous vide pour éviter une élévation trop forte de la température - élimine tout ou
partie du solvant. La forme ainsi obtenue :

 est une forme concentrée en principes actifs ;

 peut être ajustée à une teneur fixe en principe actif (pour assurer une
reproductibilité de l'action) ;

 peut être incorporée dans une forme galénique permettant un usage aisé, y
compris en ambulatoire (gélules, comprimés, solutions, etc.). buvables) ;

Bien entendu, les plantes utilisées pour ces préparations doivent être de bonne
qualité (en général conforme aux standards de la Pharmacopée). L'extraction peut
en effet, selon la nature du solvant utilisé, éliminer une partie des contaminants (ex. :
pesticide) ou au contraire les concentrer ... Lorsque l'extrait est un extrait hydro-
alcoolique de titre élevé, il est généralement nécessaire que la toxicité du "
médicament de phytothérapie " qu'il permet d'obtenir soit évaluée avant sa
commercialisation.Il existe également un 3e solvant: la glycérine végétale. On obtient
alors une triple extraction8 (eau/alcool/glycérine) qui permet d'obtenir une préparation
proche du totum de la plante et avec un titrage alcoolique diminué. L'efficacité est
plus élevée.
Pour les plantes ne figurant pas sur la liste de celles qui peuvent conduire à
l'élaboration de ces phytomédicaments, les médicaments qui en contiennent des
extraits - on n'est plus dans le strict domaine de la phytothérapie - doivent satisfaire
aux exigences de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) standard obligatoire
pour tout médicament ; le cas échéant, ils peuvent être soumis à une contrainte de
délivrance, voire de renouvellement (ordonnance médicale).

4. Précautions d'emploi de la Phytothérapie

Certaines plantes contiennent des principes actifs qui peuvent être extrêmement
puissants, d'autres sont toxiques à faible dose. Le fait que l'on n'utilise que des
plantes ne signifie pas que cela est sans danger, la culture libre ou l'utilisation de
certaines plantes est interdite dans certains pays, le cas le plus courant étant le

13
pavot dont la culture est réglementée en France et destinée à la seule industrie
pharmaceutique.

La pharmacologie reconnaît l'action bénéfique de certaines plantes et s'attache donc


à extraire le principe actif de ces plantes. La consommation « brute » de la plante
induit la consommation d'autres produits contenus dans la plante que le principe
actif, ne permettant ainsi pas de connaître la dose exacte de principe actif ingéré
entraînant un risque de sous-dosage ou de surdosage. Pour certains médecins
phytothérapeutes, les autres principes vont atténuer les effets secondaires en entrant
en interaction. Un exemple : la distillation de la lavande permet de dénombrer plus
de 200 molécules différentes, dont des cétones et coumarines, dont la toxicité est
moindre que s'ils étaient utilisés seuls.

La composition d'une plante peut varier d'un spécimen à l'autre, dépendant du


terrain, des conditions de croissance, humidité, température, ensoleillement, qui vont
déterminer ce que l'on appelle en aromathérapie le chémotype.

Ainsi, il n'est pas recommandé d'utiliser des plantes d'origine douteuse, puisque les
facteurs de pollution, la cueillette et les méthodes de conservation, de stockage…
peuvent altérer les propriétés des plantes. Il convient d'éviter les plantes sèches
vendues sous sachet transparent, car la lumière altère en partie leurs propriétés

5. La Phytothérapie et les professionnels de santé


En dehors de l'auto-médication familiale, la phytothérapie est utilisée en médecine
sur conseils ou prescriptions de professionnels de santé, diplômés d'état (médecins,
pharmaciens, dentistes, sages-femmes, vétérinaires, infirmières, kinésithérapeutes,
etc.) ou de formation privée (naturopathes, ostéopathes, etc.). Une formation à cette
discipline thérapeutique est assurée pour les professionnels de santé soit dans
l'enseignement public (en France : diplôme inter-universitaire (DIU) de 3 e cycle ou
diplôme universitaire (DU) de quelques facultés de pharmacie) soit dans des
structures privées
6. Mauvaise utilisation de la Phytothérapie
Notons que certains revendeurs présentent la phytothérapie comme méthode «
naturelle ». Cet argument du naturel est souvent de type publicitaire ou d'effet de
mode jouant sur une ambiguïté : naturel égalerait « bénéfique » et « inoffensif »
(alors que la nature n'est ni bonne ni mauvaise, la mort, la maladie, les venins ou les
toxines étant naturels…). On estime que 5 % des intoxications sont dues aux
plantes, parfois par des préparations phytothérapiques comme les aconits. Par

14
ailleurs, la grande majorité des principes actifs contenus dans les médicaments
pharmaceutiques sont eux-mêmes issus de molécules végétales tout aussi «
naturelles », mais ayant prouvé scientifiquement leur effet.
À titre d'exemple, une préparation pour tisane amaigrissante, vendue en pharmacie,
a ainsi fait des victimes au début des années 1990 : une erreur de traduction a inclus
une plante de la famille des aristoloches, très dangereuse, qui a entraîné des
insuffisances rénales majeures et des cancers chez 110 personnes en Belgique13.
7. Interaction plantes médicinales et les médicaments
La prise simultanée de plantes médicinales et de médicaments peut entraîner
l'interaction des deux remèdes et l'apparition d'effets secondaires, parfois graves 14.
Par exemple, le millepertuis peut inhiber l'effet de médicaments comme la digoxine,
la théophylline, les anticoagulants à base d'anti-vitamine K, des contraceptifs oraux
et certains antidépresseurs, ou d'autres moins utilisés comme la ciclosporine, des
traitements contre l'infection à VIH (sida) comme l'amprénavir ou l'indinavir, ou
certains anticancéreux. L'administration concomitante d'amprénavir et de ritonavir
avec des préparations à base de plantes contenant du millepertuis (Hypericum
perforatum) peut entraîner une diminution de la concentration plasmatique
d'amprénavir et de ritonavir. Ceci est dû à l'effet inducteur du millepertuis sur les
enzymes intervenant dans le métabolisme des médicaments. Par conséquent, les
préparations à base de plantes contenant du millepertuis ne doivent pas être
utilisées en association avec Telzir et ritonavir. Chez les patients prenant déjà du
millepertuis, les taux d'amprénavir et de ritonavir, et si possible la charge virale,
devront être vérifiés, et le traitement par le millepertuis arrêté. Les concentrations
d'amprénavir et de ritonavir peuvent augmenter à l'arrêt du millepertuis. L'effet
inducteur peut persister au minimum deux semaines après l'arrêt du millepertuis. »
(Telzir).
8. Symbolisme
Alors que depuis l'Antiquité les spécialistes des plantes étaient clairement identifiés,
du médecin à l'herboriste, et que cette séparation est encore en vigueur dans
d'autres sociétés de par le monde, certaines plantes sont sacrées, préparées
uniquement par la personne qui remplit la fonction de guérisseur.

3. Antiquité (Médecine en Mésopotamie, Médecine en Égypte antique, Médecine en


Grèce antique et Médecine sous la Rome antique)

Les premières traces des écritures ayant trait à la Médecine remontent au


code d'Hammurabi au XVIIIe siècle av. J.C. Ce code réglementant l'activité du

15
médecin notamment ses honoraires et les risques qu'il encourait en cas de faute
professionnelle.

La constitution d'une bibliothèque médicale à Assurbanipal au VIIe siècle av.


J.C marque le début de la formation médicale. En la dissociant de la magie, les
savants de l'Antiquité grecque sont les fondateurs de la Médecine occidentale.

Les précurseurs sont Pythagore, Thalès de Milet, Empédocle d'Agrigente


ou encore Démocrite qui bien que plus connus aujourd'hui pour leurs écrits en
mathématiques ou en philosophie exercèrent également la profession de médecin.

Le premier savant grec connu avant tout pour ses travaux en Médecine est
probablement Hippocrate au Ve siècle av. J.C.. Il est traditionnellement reconnu
comme l'auteur du serment qui porte son nom et son œuvre est au programme des
études de médecine jusqu'au XVIIIe siècle. En 320 av. J.C. l'école d'Alexandrie produit
des enseignements considérables en anatomie humaine. Ces enseignements sont
malheureusement ignorés pendant des siècles par les médecins qui ont préféré se
baser sur les extrapolations de dissections d'animaux d'Aristote. Les Grecs ont
transmis leur art dans l'empire romain. Au IIe siècle, Galien rédige des manuscrits qui
feront autorité jusqu'à la Renaissance : il y reprend la théorie des Quatre éléments
décrite par Hippocrate mais la systématise avec des organes producteurs.

Point sur le Code de Hammurabi

Le Code de Hammurabi est un texte juridique babylonien daté d'environ 1750 av. J.-
C., à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique. Il
a été redécouvert en 1901-1902 à Suse en Iran, gravé sur une stèle de 2,25 mètres
de haut comportant la quasi-totalité du texte en écriture cunéiforme et en langue
babylonienne, exposée de nos jours au musée du Louvre à Paris. Plus qu'un code
juridique, il s'agit en fait d'une longue inscription royale, comportant un prologue et un
épilogue glorifiant le souverain Hammurabi, qui a régné sur Babylone d'environ 1792
à 1750 av. J.-C., dont la majeure partie est constituée de décisions de justice.
Depuis sa découverte, en 1901, cet ensemble de décisions est désigné comme un «
code » et chaque décision comme autant de « lois » ou « articles » relatifs à
différents aspects de la vie de la société babylonienne de la période. La nature
exacte du texte est l'objet de débats : bien qu'il soit souvent présenté comme un
code de lois dont les dispositions sont destinées à être appliquées dans le royaume
de Hammurabi, les assyriologues qui l'ont étudié plus précisément insistent sur sa

16
fonction politique de glorification du roi et y voient plutôt une sorte de traité juridique
visant à conserver le souvenir du sens de la justice et de l'équité de Hammurabi.
Quoi qu'il en soit, y apparaissent des informations essentielles pour la connaissance
de différents aspects de la société babylonienne du XVIIIe siècle av. J.-C. :
organisation et pratiques judiciaires, droit de la famille et de la propriété, statuts
sociaux, activités économiques, entre autres. Il convient souvent de compléter ces
informations par celles fournies par les nombreuses tablettes cunéiformes de la
même époque exhumées sur les sites du royaume de Babylone pour mieux
comprendre le contenu du texte.

Stèle du code d'Hammourabi au musée de Louvre/face au dieu Shamash

Le Code de Hammurabi est essentiellement connu par une stèle dont les deux
fragments principaux ont été exhumés par des fouilleurs français en décembre 1901
et en janvier 1902 à Suse, ancienne capitale de l'Élam, de nos jours située dans le
Sud-Ouest de l'Iran (province du Khuzistan). Elle y avait été apportée vers 1155 av.
J.-C. en compagnie d'autres monuments mésopotamiens (comme la stèle de victoire
du roi Naram-Sin édifiée en l'honneur de Naram-Sin d'Akkad ou divers kudurrus) par
les rois élamites qui avaient conquis et pillé les grandes villes de royaume de
Babylone. L'origine exacte de cette stèle est peut-être le temple du dieu-soleil
Shamash situé à Sippar, au nord de Babylone, à moins qu'elle ne provienne de cette
dernière. Les fouilleurs français ont emporté la stèle au musée du Louvre, où elle est
une des pièces maîtresses du département des Antiquités Orientales, tandis que le
révérend père dominicain stèle dont les deux fragments principaux ont été exhumés
par des fouilleurs français en décembre 1901 et en janvier 1902 à , ancienne capitale
de l', de nos jours située dans le Sud-Ouest de l' (province du ). Elle y avait été

17
apportée vers 1155 av. J.-C. en compagnie d'autres monuments mésopotamiens
(comme la édifiée en l'honneur de ou divers ) par les rois élamites qui avaient
conquis et pillé les grandes villes de . L'origine exacte de cette stèle est peut-être le
temple du dieu-soleil situé à , au nord de , à moins qu'elle ne provienne de cette
dernière. Les ont emporté la stèle au musée du Louvre, où elle est une des pièces
maîtresses du , tandis que le , qui a participé à sa découverte, en a publié la
première dès 1902.

La stèle mesure 2,25 mètres de haut et 55 centimètres de large environ, taillée dans
un de noir extrait dans les montagnes du ou de Haute Mésopotamie. Son sommet
cintré est sculpté en bas-relief sur le devant. Y est représentée une scène de
rencontre entre le roi et le dieu . Le roi, représenté à gauche, se tient debout la main
droite levée en signe de respect. Il porte une longue barbe, est coiffé d'un bonnet à
rebord large et vêtu d'une robe à plis verticaux. Le dieu-soleil Shamash, situé à sa
droite, est assis sur un trône. Il porte la tiare à cornes caractéristique des divinités,
une longue barbe et une robe à volants. Il est identifié comme le dieu-soleil par les
rayons qui jaillissent au-dessus de ses épaules et les trois rangées d'écailles sur
lesquelles il pose ses pieds, qui représentent les montagnes de l'Est que le soleil
franchit tous les matins. Il remet au roi les insignes de la royauté, le bâton et un objet
circulaire (anneau ou cercle) qui symbolisent l'équité. Ce bas-relief est de facture
classique par son style et sa composition ; il s'inspire notamment des scènes dites de
« présentation » courantes sur les depuis la fin du La présence de Shamash est liée
à sa fonction de dieu de la justice (le prologue du Code le désigne comme le « grand
juge du Ciel et de la Terre »). Le reste de la stèle porte le texte du Code, la plus
longue inscription continue en qui soit connue. Le texte est gravé en langue (dans
sa variante dite « vieux- ») dans des signes cunéiformes volontairement archaïsants,
qui reprennent la graphie courante dans les inscriptions des rois d' et d' et non celle
caractéristique de sa période de rédaction, un peu comme la graphie d'inspiration
romaine est restée courante dans les inscriptions officielles européennes à l'époque
moderne. Le choix d'inscrire le texte dans des cases procède de la même idée. La
lecture se fait verticalement dans les cases, qui dans les transcriptions scientifiques
sont présentées tournées à 90° dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, pour
pouvoir être lues en lignes horizontales de gauche à droite. Sur la stèle, le passage
d'une case à l'autre se fait de droite à gauche (de bas en haut dans les publications
scientifiques), les cases étant donc regroupées en rangées (ou colonnes), lesquelles
se succèdent de haut en bas. Il n'y a aucun système de ponctuation et pas de
marque de césure entre les grandes sections du texte ou entre les « articles » qui
sont des constructions des traducteurs modernes. Le texte comportait environ 4 000
cases à l'origine, mais sept rangées manquent en bas de la face, effacées par les ,
sans doute dans le but d'y graver ensuite une inscription à la gloire de leur propre roi,

18
ce qu'ils n'ont jamais eu l'occasion de faire. Si la stèle permet de connaître l'essentiel
du texte, il y a donc une lacune (à partir du § 66).

Tablette de copie du prologue du code 1ère moitié du XVIIIème siècle avant J.C.

Loi sur la médecine

Les médecins sont l'objet de plusieurs articles (§ 215-225). Il s'agit ici des
spécialistes appelés asûm, terme qui peut être traduit par « médecin », « chirurgien »
ou encore « physicien » (au sens vieilli), qui sont plutôt habitués à guérir par des
remèdes relevant de la pharmacopée voire des opérations de type chirurgical, par
opposition aux « exorcistes » (ašīpum) qui procèdent à des rituels pour obtenir la
guérison. Mais la différence entre ces deux types de spécialistes est floue et
débattue. Six articles indiquent les tarifs qu'il est juste qu'un médecin exige pour une
guérison, qui diffèrent selon le statut social du patient comme évoqué plus haut et le
type d'opération. Deux cas sont envisagés : un premier (§ 215-217) concerne une
opération de chirurgie de l'œil dont la nature exacte est indéterminée, ces deux
opérations étant manifestement plus difficiles car mieux rémunérées ; un second (§
221-223) porte sur la réparation d'un os (donc une fracture) ou d'un muscle/tendon
(au sens large un problème musculaire). D'autres dispositions s'intéressent à la
responsabilité du médecin en cas d'échec des opérations du premier type, les plus
difficiles :
« § 218 : Si un médecin a fait une blessure (incision) grave sur un notable (awīlum)
avec une lancette de bronze (scalpel ?) et l'a fait mourir ou bien a ouvert la tempe
d'un notable (awīlum) avec une lancette de bronze et lui a crevé l'œil, on lui coupera
la main. § 219 : Si un médecin a fait une blessure (incision) grave sur l'esclave d'un
homme du peuple (muškēnum) avec une lancette de bronze et l'a fait mourir, il
remplacera l'esclave par un (autre) esclave. § 220 : S'il lui a ouvert la tempe et lui a
crevé l'œil, il payera en argent la moitié du prix. »
Sont donc prescrites une mutilation si c'est un notable et une amende ou une
compensation pour les autres groupes sociaux. La dureté de ces peines s'explique
peut-être par la volonté de protéger le peuple cont✌re des médecins malhabiles ou
peu scrupuleux entreprenant des opérations chirurgicales complexes, mais aucun
cas d'application de ces peines n'est connu ce qui rend leur interprétation malaisée.
Deux derniers articles (§ 224 et 225) concernent la guérison d'animaux (par un
médecin et non par un vétérinaire spécialisé), révélant le même souci de protection
des gens contre les abus et erreurs des médecins : le premier indique le salaire à
verser en cas de guérison de l'animal (bœuf ou âne) et le second l'amende qu'il doit
payer s'il fait mourir l'animal opéré.

19
Point sur Hippocrate
Alias Hippocrate le grand
Né en cos(Grèce) 460 Av JC
Décédé en 370 Av.J.C
Larissa( Grèce)
Nationalité : Grec
Profession : Médecin

Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos (en : Ἱπποκράτης), né vers dans l’île


de et mort vers à , est un du , mais aussi philosophe, considéré traditionnellement
comme le « père de la » car il est le plus ancien médecin grec sur lequel les
historiens disposent de sources, même si celles-ci sont en grande partie légendaires
et apocryphes. Il a fondé l'école de médecine hippocratique qui a révolutionné
intellectuellement la en , en instituant cet art comme une discipline distincte des
autres disciplines de la connaissance auxquelles elle avait traditionnellement été
rattachée (notamment la et la ), faisant ainsi de la médecine une profession à part
entière.
Cependant, les œuvres des écrivains du corpus, des praticiens de la médecine
hippocratique et les actions d'Hippocrate lui-même sont souvent confondues. On sait
très peu de choses sur la vie d'Hippocrate, sa pensée et ses écrits. Néanmoins,
Hippocrate est couramment décrit comme le du médecin de l'Antiquité. En
particulier, il est généralement admis qu'il a fait considérablement avancer l'étude
systématique de la clinique médicale en compilant la somme des connaissances

20
médicales des écoles précédentes et en instituant des règles éthiques pour les
médecins à travers le et d'autres travaux.

Asklepieion sur l'île de Kos

Selon la plupart des historiens, Hippocrate est né en 459 avant Jésus Christ sur l'île
de (Kos). Il fut un médecin réputé et un célèbre professeur de médecine.
D'autres renseignements biographiques sont apocryphes et sujets à caution. , un
grec du IIe siècle fut le premier biographe d'Hippocrate et ses écrits sont la source
des principales informations dont nous disposons sur sa personne. D'autres détails
nous sont parvenus au travers des écrits d', qui datent du IVe siècle av. J.-C., de la
du Xe siècle après J.-C. et des ouvrages de rédigés au XIIe siècle après J.-C. Les
deux fils d'Hippocrate, Thessalos et Draco, ainsi que son gendre, , ont été ses
élèves. Selon , un médecin grec d'une époque plus récente, Polybe est le vrai
successeur d'Hippocrate. Source de confusion, Draco et Thessalos eurent tous deux
un fils nommé Hippocrate,. Patricien actif vers et qui se fait rétribuer pour son savoir,
il voyage en , en et est célèbre jusqu'à Athènes. Hippocrate mourut vers 370 av. J.C.
Sa théorie dite hippocratique
Hippocrate est reconnu comme le premier médecin à avoir rejeté les superstitions et
les croyances qui attribuaient la cause des maladies à des forces surnaturelles ou
divines. Ainsi, l'auteur de Sur la maladie sacrée entreprend de montrer que l' annale,
appelée alors « maladie annale », n'est pas « plus divine ou plus sacrée que
n'importe quelle autre maladie. » Sa preuve est simple : la maladie ne s'en prend
qu'aux « flegmatiques » (voir : ) or, si la maladie était véritablement une visitation
divine, tous devraient pouvoir en être atteints. « Toutes les maladies sont divines et
toutes sont humaines », conclut l'auteur. Les disciples de Pythagore ont porté au
crédit d'Hippocrate le mérite d'avoir réuni la philosophie et la médecine
. Il a séparé la médecine en tant que discipline de la religion en croyant et en faisant
valoir que la maladie n'était pas une punition infligée par les dieux, mais plutôt la
conséquence de facteurs environnementaux, de l'alimentation et des habitudes de
vie. De fait, on ne trouve pas mention d'une seule maladie mystique dans la totalité
du corpus hippocratique. Cependant, Hippocrate a travaillé sur la foi de nombreux
principes basés sur des conceptions qui sont maintenant reconnues comme étant
erronées en anatomie et en physiologie comme la théorie des humeurs.
Les écoles de médecine de la Grèce ancienne (l'école de Cnide et celle de Cos) se
sont opposées sur la façon de traiter les maladies. L'école de médecine de Cnide
avait principalement axé sa pratique sur le diagnostic, mais elle était tributaire de
nombreuses hypothèses erronées sur le fonctionnement du corps : la médecine
grecque à l'époque d'Hippocrate ignorait pratiquement tout de l'anatomie et de la

21
physiologie humaine en raison du tabou grec qui interdisait la dissection du corps
humain. L'école de Cnide, par conséquent, ne parvenait pas à identifier une affection
donnée comme étant une seule et unique maladie lorsqu'elle pouvait se manifester
par différents types de symptômes.
L'école hippocratique de Cos a obtenu de meilleurs résultats en se contentant de
diagostics généraux et de traitements symptomatiques ou palliatifs, selon les points
de vue. L'accent était mis sur les soins aux patients et le pronostic de la maladie et
non plus sur son diagnostic . Elle parvint à traiter efficacement les maladies et cela a
permis un grand développement de la pratique clinique,.
La médecine hippocratique et sa philosophie sont très éloignées des orientations de
la médecine moderne. De nos jours le médecin se concentre sur un diagnostic précis
et un traitement spécialement adapté en conséquence, deux principes qui avaient
déjà été préconisés par l'école de Cnide. Ces changements dans la pensée médicale
depuis l'époque d'Hippocrate ont suscité des critiques pertinentes au cours des deux
derniers millénaires, le traitement palliatif d'Hippocrate faisant l'objet de controverses
particulièrement virulentes. Par exemple en 1869 un médecin , MS Houdart, qualifiait
la méthode thérapeutique d'Hippocrate de « méditation sur la mort. »
Humeur et crise de la théorie d'Hippocrate
L'école hippocratique a été influencée par la théorie des humeurs qui postule que
toute matière est constituée d'un mélange de quatre éléments primordiaux : l’Eau', la
Terre, l'Air, le Feu. En reprenant une vieille conception grecque qui établissait une
correspondance entre le microcosme et le macrocosme, le corps humain étant le
reflet en miniature de l' Univers , Hippocrate professait que le corps humain était
constitué de humeurs qui sont la transposition organique de chacun des éléments
fondamentaux.
Selon cette conception, connue sous le nom de théorie des humeurs , les maladies
étaient la conséquence d'un déséquilibre interne de l'organisme entre les quatre
humeurs , des fluides qui sont naturellement en proportion égale lorsque l'état de
santé est bon (pepsis).
Selon cette école de pensée, lorsque les quatre humeurs, le sang , la lymphe (ou
phlegme), la bile jaune et l' atrabile (ou « bile noire ») ne sont pas en état d'équilibre
(dyscrasie qui signifie « mauvais mélange ») une personne devient malade et le
reste jusqu'à ce que l'équilibre ait été quelque peu rétabli.
Trop de flegme dans le corps, par exemple, provoquerait des troubles pulmonaires et
l'organisme tenterait de tousser et de cracher le phlegme pour rétablir l'équilibre. La
méthode thérapeutique d'Hippocrate avait pour but de rétablir cet équilibre. Par
exemple en utilisant le citron dont on pensait qu'il était bénéfique lorsque le flegme
(la lymphe) était surabondant, ou encore en recommandant la saignée ou bien les
sangsues pour éliminer le sang en excès, localement ou dans tout l'organisme.

22
Selon ce modèle, « le corps humain est composé de quatre humeurs dont le juste
tempérament est la condition de la santé », la maladie est alors considérée comme
évoluant en trois phases :

1. la dégénérescence des humeurs ;

2. la coction (réaction par la fièvre) ;

3. la crise (évacuation de l'humeur en excès).

Un autre concept important dans la médecine hippocratique était celui de « crise »,


un moment précis dans la progression de la maladie où tout peut basculer : soit la
maladie commence à triompher, et le patient va succomber, soit à l'inverse les
processus naturels de guérison se mettent en œuvre et permettent au malade de se
rétablir. Après une crise, une rechute peut survenir, suivie d'une autre crise décisive.
Selon cette doctrine, les crises auraient tendance à survenir au moment de « jours
critiques » qui étaient censés revenir à date fixe après le début de la maladie. Si une
crise survient au cours d'une journée éloignée d'un « jour critique », une rechute est
à craindre. estime que cette idée est née avec Hippocrate, mais il est possible
qu'elle soit antérieure.
Thérapeutique hippocratique

Dessin d'un banc d'Hippocrate d'une édition byzantine d'un ouvrage de Galien au
IIème siècle

La médecine hippocratique était humble et palliative. L'approche thérapeutique était


fondée sur le pouvoir guérisseur de la nature (vis medicatrix naturae en ). Selon cette
doctrine, le corps contient en lui-même le pouvoir de rééquilibrer les et de se guérir
lui-même (physis). La thérapeutique hippocratique se donnait simplement pour but
d'aider ce processus naturel. À cette fin, Hippocrate croyait que le « repos et
l'immobilisation » étaient d'une importance capitale. En règle générale, la médecine
hippocratique était très respectueux du patient, le traitement était doux, et visait
surtout à garder le patient propre pour prévenir toute infection. Par exemple, seuls
l'eau propre ou le vin étaient utilisés sur les plaies, bien qu'un traitement « sec » soit
préférable. Des apaisants étaient parfois utilisés.
Hippocrate hésitait à administrer des médicaments et à s'engager dans un traitement
spécifique qui pourrait s'avérer mal choisi. Un diagnostic incertain était suivi d'un
traitement polyvalent. De puissants médicaments ont toutefois été utilisés en
certaines occasions. Cette approche attentiste a rencontré un grand succès dans le
traitement des affections relativement simples telles que les fractures qui

23
nécessitaient une traction pour provoquer une élongation du membre brisé et
soulager ainsi la pression sur la zone de fracture. Le banc Hippocratique et d'autres
dispositifs ont été utilisés à cette fin.
Un des points forts de la médecine hippocratique était l'accent mis sur le pronostic .
À l'époque d'Hippocrate, les traitements médicamenteux étaient encore primitifs et,
souvent, la meilleure chose que les médecins pouvaient faire était d'évaluer la
gravité de la maladie et d'estimer comment elle était susceptible d'évoluer sur la base
des données recueillies par l'observation détaillée de cas semblables.

Début de la diététique

Hippocrate a ouvert la voie à la diététique en prônant l'utilisation des légumes et


des fruits. À cette époque la diététique repose sur quatre idées simples :

 la digestion est une cuisson des aliments ;

 il est préférable de manger des aliments cuits, pour faciliter la digestion ;

 le corps est composé d'éléments ou des humeurs qui déterminent un


tempérament ;

 il est recommandé de manger une nourriture équilibrée, c'est-à-dire des


aliments correspondant à son tempérament.
Dans la diététique hippocratique, on classe les aliments en fonction de leur
correspondance avec l'un ou l'autre des quatre éléments : l'Eau, la Terre , l'Air et le
Feu qui correspondent à quatre tempéraments définis par la théorie des
humeurs :lymphatique , mélancolique , sanguin et colérique. Chaque aliment est
classé en fonction de ses qualités qui s'échelonnent en quatre degrés sur deux axes
principaux : « chaud et froid », « sec et humide », accessoirement selon les axes «
doux et amer », « cru et cuit ». Ces qualités influent sur la façon dont l'aliment se
transforme dans le corps et sur la qualité et la consistance des humeurs ainsi
engendrées dans l'organisme.
La chaleur de la digestion transforme les aliments en lymphe qui, elle-même, se
transforme en humeurs ou agit sur la qualité et l'équilibre des humeurs en présence.
Pour rester en bonne santé, au fil des saisons, il faut avoir une nourriture équilibrée.
Pour cela, les médecins se recommandant de la tradition hippocratique préconisent à
leurs patients de consommer des aliments qui correspondent à leur tempérament ,
pour corriger le déséquilibre des humeurs prédominantes dans chaque
tempérament. Ainsi le vin rouge (chaud et sec), comme la viande (chaude et sèche)

24
sont recommandés aux personnes âgées, aux flegmatiques et aux mélancoliques,
de nature froide. Par contre, le poisson frais (froid et humide), les fruits ou légumes
(froids et humides) conviennent plutôt aux colériques et aux sanguins, ainsi qu'aux
jeunes, de tempérament chaud.
L'alimentation doit aussi varier selon le climat et les saisons qui influent sur les
humeurs, l'hiver, période où le flegmatique froid et humide domine, il est préférable
de consommer des viandes en sauce, cuisinées avec des épices qui réchauffent ; au
printemps , période où le sanguin chaud et humide domine, il est conseillé de passer
peu à peu du bouilli au rôti et de commencer à manger davantage de verts ; l'Eté,
période où le colérique chaud et sec domine, c'est le moment de manger des
viandes et des grillés, plus légers, et de préférer des aliments froids et humides
comme les melons , les prunes ou les cerises ; l'Automne , période où le
mélancolique (ou atrabilaire ) sec et froid domine, il faut manger des aliments
appétissants et acidulés pour chasser la mélancolie et diminuer le vin et les fruits .
Bien que désormais obsolètes, ces concepts qui ont largement dominé la médecine
en Occident pendant plus de mille ans ont laissé des traces dans la culture
populaire. Les termes lymphatique, flegmatique, mélancolique, colérique sont
toujours employés pour désigner des caractères, bien qu'on ne sache plus
précisément à quoi ils font référence. Cette tradition survit également dans certaines
pratiques culinaires (manger du melon avec du jambon cru, en début de repas, des
poires au vin en dessert, boire un digestif en fin de repas) ou dans certains conseils
diététiques de nos grands-mères (ne pas boire en mangeant).

Professionnalisme

Instruments chirurgicaux de l'Antiquité grecque. Sur la gauche, on voit un trépan et à


droite, un jeu de scalpels

La médecine hippocratique se distinguait par son strict professionnalisme, sa


discipline et la rigueur de sa pratique. L'ouvrage d'Hippocrate Sur le Médecin
recommande aux médecins d'être toujours rigoureux, honnêtes, calmes,
compréhensifs et sérieux. Le médecin Hippocrate a porté une attention particulière à
tous les aspects de sa pratique : il a donné des prescriptions détaillées pour
l'éclairage, le personnel qui assistait le praticien, le positionnement des instruments
et du patient, les techniques de bandage et de contention dans les . Il veillait même à
garder les d'une longueur convenable.
L'école d'Hippocrate a donné beaucoup d'importance aux doctrines cliniques
d'observation et de documentation. Ces doctrines enseignent aux médecins
comment enregistrer leurs conclusions et leurs prescriptions médicamenteuses d'une

25
manière très claire et objective de sorte que ces documents puissent être transmis à
d'autres médecins et utilisés par eux. Hippocrate s'astreint avec minutie à noter
régulièrement de nombreux symptômes comme le teint, le pouls, la fièvre, les
douleurs, la motricité du patient et l'aspect des urines et des selles. On dit qu'il aurait
pris le pouls d'un patient pendant qu'il l'interrogeait sur l'histoire de sa maladie
(anamnèse) pour savoir si le patient avait menti. Hippocrate a étendu ses
observations cliniques à l'histoire de la famille et de l'environnement. Pour lui la
médecine est l'art de l'observation et de l'examen clinique. Pour cette raison il peut
légitimement être considéré comme « le Père de la médecine clinique ». On lui
attribue le mérite d'avoir décrit les symptômes de la grippe humaine et ses élèves
sont les premiers à avoir fait des diagnostics, sinon précis, du moins pertinents.

Contributions médicales d'Hippocrate

Doigts en baguettes de tambour ou hippocratisme digital due d'une HTA pulmonaire


chez un patient avec Sd d'Eisenmenger

Hippocrate et ses disciples ont été les premiers à décrire de nombreuses maladies et
affections médicales. On lui attribue la paternité de la première description de
l’hippocratisme digital , un signe important pour le diagnostic de la Broncho-
pneumopathie chronique obstructive BPCO, du cancer du poumon et des
cardiopathies congénitales cyanogènes. Pour cette raison, le symptôme des « doigts
en baguette de tambour » est parfois appelé « hippocratisme digital ». Hippocrate a
également été le premier médecin à décrire dans Pronostic la « face hippocratique »,

26
le changement qui se produit dans le visage au moment de la mort, ou pendant une
longue maladie. Shakespeare fait allusion à cette description dans sa relation de la
mort de Falstaff dans Henry V acte II, scène III.

Contributions au diagnostic

Hippocrate a commencé à classer les maladies par types et à utiliser des termes tels
que, « exacerbation », « rechute », « résolution », « crise paroxysme », « pic » et «
convalescence ». Une autre des grandes contributions d'Hippocrate peut être
trouvée dans ses descriptions des symptômes, des signes physiques, du traitement
chirurgical et du pronostic de l'empyème thoracique (pleurésie purulente), c'est-à-dire
de la suppuration de la muqueuse pleurale dans la cavité thoracique. Ses
enseignements demeurent pertinents de nos jours pour les étudiants en et en
chirurgie. Hippocrate a été le premier chirurgien répertorié et ses conclusions sont
toujours valables.
L’école hippocratique de médecine a correctement décrit les maladies du rectum et
leur traitement, en dépit d'une conception erronée de la médecine. Les hémorroïdes,
par exemple, qu'on croyait causées par un excès de bile et de flegme, étaient
traitées par les médecins de l'époque d'Hippocrate par des moyens relativement
avancés,.La cautérisation et l'excision sont décrites dans le Corpus hippocratique,
en plus des méthodes les plus utilisées : la ligature des hémorroïdes et leur
assèchement au fer chaud. D'autres traitements tels que l'application de différents
baumes sont également proposés,. Aujourd'hui, le traitement [des hémorroïdes]
comprend encore la cautérisation, la ligature, et l'excision. En outre, certains des
concepts fondamentaux de la proctoscopie décrits dans le corpus sont encore en
vigueur. Par exemple, les utilisations du speculum rectal, un dispositif médical
courant, sont exposées dans le Corpus hippocratique. Ce qui constitue la première
référence connue à l'endoscopie.

Manuscrit du byzantin du XIIème siècle du serment d'Hippocrate sous la forme d'une


croix

Le Corpus hippocratique (du latin : Corpus hippocraticum ) est une compilation de


près de soixante-dix traités de médecine de la Grèce antique, écrit en Ionique
(dialecte ionique). La question de savoir si Hippocrate lui-même a été l'auteur du
corpus n'a pas été résolu de façon définitive. Mais, ces livres ont probablement été

27
rédigés par ses étudiants et ses disciples. En raison de la variété des thèmes, des
styles d'écriture et de la date apparente de rédaction les chercheurs estiment que le
Corpus hippocratique n'aurait pas pu être écrit par une seule personne ( Ermerin
évalue le nombre des auteurs à dix-neuf). Pendant l'Antiquité le corpus a été attribué
à Hippocrate et son enseignement a en général suivi ses principes, de sorte qu'il est
désigné par son nom. Il pourrait s'agir des vestiges d'une bibliothèque de Kos ou
d'une collection de manuscrits compilés au IIIe siècle av. J.-C à Alexandrie
Le Corpus hippocratique comprend des manuels, des conférences, des recherches,
des notes et des dissertations philosophiques sur divers sujets en rapport avec la
médecine, réunis sans ordre particulier. Ces ouvrages qui ont été écrits pour
différents publics, à la fois pour les spécialistes et pour les profanes, ont parfois été
conçus à partir de points de vue opposés, ce qui explique que d'importantes
contradictions peuvent être relevées entre les différentes parties du corpus. Parmi les
œuvres importantes du Corpus citons le , Le Livre des pronostics, Le Régime dans
les maladies aiguës, Les Aphorismes, Airs, eaux, lieux, Les instruments de réduction,
Sur la maladie sacrée, etc.

Le serment d'Hippocrate

Un texte sur l'éthique de la pratique médicale, a été attribué dans l'Antiquité à


Hippocrate. Il s'agit probablement du document le plus célèbre du Corpus
hippocratique, mais récemment, l'authenticité du document a été mise en doute. Bien
que le serment soit aujourd'hui rarement utilisé sous sa forme originale, il a inspiré
d'autres similaires et les lois qui définissent les bonnes pratiques et la morale
médicale. De tels serments sont aujourd'hui régulièrement prononcés par les
diplômés en médecine sur le point d'entrer dans la pratique médicale

Les œuvres

Peinture murale représentant Galien et Hippocrate. XIIème siècle par Anagni en Italie
Hippocrate est largement considéré comme le « Père de la Médecine ». Ses
contributions ont révolutionné la pratique de la médecine, mais après sa mort, les
progrès de la discipline ont marqué le pas. Hippocrate était tellement révéré que ses
enseignements ont été considérés comme trop parfaits pour pouvoir être améliorés
et qu'aucun progrès significatif dans le domaine médical n'a plus été réalisé pendant
longtemps, tant le dogme interdisait toute remise en cause ,. Les siècles qui ont suivi
la mort d'Hippocrate furent marqués plus souvent par des retours en arrière que par
de nouveaux progrès. Par exemple, après l'époque d'Hippocrate, la pratique d'écrire
l'histoire de cas cliniques a disparu selon Fielding Garrison

28
Héritage
Après Hippocrate, le médecin le plus remarquable a été Galien, un grec qui a vécu
de 129 à 200 apr. J.-C. et qui perpétua la médecine Hippocratique avec à la fois des
apports et des reculs. Ses œuvres traduites en latin ont eu beaucoup d'influence sur
l'occident chrétien qui avait difficilement accès aux textes originaux en grec. Après la
chute de l'Empire Romain d’occident en 476 la médecine hippocratique a continué à
être pratiquée dans l'Empire byzantin qui a contribué à préserver les connaissances
de l'antiquité grecque et latine par la compilation des textes anciens et plus tard par
leur transmission aux Italiens notamment par l'intermédiaire de la Sicile qui est
restée possession byzantine jusqu'en 878.

3.1 Égypte antique


Articles détaillés : Médecine en Égypte antique, Chirurgie dans l'Égypte
antique, Contraception dans l'Égypte antique et Obstétrique dans l'Égypte antique
Les données médicales contenues dans le Papyrus Edwin Smith26 peuvent être
datée du XXX siècle av.
e
J.-C.27 Les premiers exemples connus
d’interventions chirurgicales ont été réalisés en Égypte aux alentours
du XXVIII siècle av.
e
J.-C. (voir chirurgie). Imhotep sous la troisième dynastie est
parfois considéré comme le fondateur de la médecine en Égypte antique et comme
l'auteur originel du papyrus d’Edwin Smith qui énumère des médicaments, des
maladies et des observations anatomiques. Le papyrus Edwin Smith est considéré
comme une copie de plusieurs œuvres antérieures et a été écrit vers 1600 av. J.-C. Il
s’agit d’un ancien manuel de chirurgie presque complètement exempt de références
à la magie et qui décrit minutieusement l'examen, le diagnostic, le traitement et
le pronostic de nombreuses maladies28. Inversement, le papyrus
Ebers29(c. XVI siècle av. J.-C.) est rempli d’incantations et de rituels destinés à
e

exorciser les démons responsables des maladies, ainsi que de superstitions


diverses. Le papyrus Ebers est également le premier document décrivant
des tumeurs, mais l’ancienne terminologie médicale est difficile à interpréter, les cas
546 et 547 du papyrus Ebers peuvent par exemple désigner de simples œdèmes.

Le papyrus gynécologique Kahun30 traite des maladies des femmes et des problèmes
de conception. Nous sont parvenus trente-quatre observations détaillées avec le
diagnostic et le traitement, certains d'entre eux étant fragmentaires 31. Datant de
1800 av. J.-C., il s’agit du plus ancien texte médical, toutes catégories confondues.

29
On sait que des établissements médicaux, désignés par l’expression Maisons de
vie ont été fondés dans l’Égypte antique dès la première dynastie32. Sous
la 19e dynastie certains travailleurs bénéficient de divers avantages comme
une assurance maladie, des pensions de retraite et l’arrêt maladie32. Le premier
médecin connu était également un Égyptien : Hesyre, chef des dentistes et des
médecins du roi Djéser au XXVII siècle av. J.-C.32 Ainsi que la première femme
e

médecin connue, Peseshet, qui a exercé en Égypte sous la quatrième dynastie. Son
titre était responsable des femmes médecins. En plus de son rôle de supervision,
Peseshet délivrait les diplômes aux sages-femmes à l’école de médecine égyptienne
de Sais32,33.

Article détaillé : Papyri médicaux.

3.2 Médecine babylonienne


Article détaillé : Médecine en Mésopotamie.
Les plus anciens textes Babyloniens sur la médecine remontent à l’époque de
l’ancien empire babylonien dans la première moitié du IIe millénaire av. J.-
C. Cependant, le texte babylonien le plus complet dans le domaine de la médecine
est le Manuel de diagnostic écrit par Esagil-kin-apli le médecin de Borsippa34, sous le
règne du roi babylonien Adad-ALPA-iddina (1069-1046 av. J.-C.)35.

Comme les médecins égyptiens de la même époque, les Babyloniens ont introduit
les concepts de diagnostic, de pronostic, d’examen physique et de prescription. En
outre, le Manuel de diagnostic a introduit des méthodes de traitement et
de diagnostic étiologique et le recours à l’empirisme, à la logique et à
la rationalité dans le diagnostic, le pronostic et le traitement. Le texte contient une
liste de symptômes médicaux et des observations empiriques minutieuses combinant
les symptômes observés sur le patient avec un raisonnement logique pour aboutir au
diagnostic et au pronostic36.

Le Manuel de diagnostic est fondé sur une association logique d’axiomes et


d’hypothèses, préfigurant la conception moderne selon laquelle par l'examen et
l’observation des symptômes d'un patient, il est possible de déterminer la maladie du
patient, son étiologie, son évolution probable et les chances de guérison du patient.
Les symptômes et les maladies étaient traités par des méthodes thérapeutiques
diverses, telles que le bandage, les pommades et les pilules34.

30
3.3 Inde antique
Article détaillé : Ayurveda.
À Mehrgarh, au Pakistan, les archéologues ont découvert que le peuple de
la civilisation de la vallée de l'Indus, dès les premières périodes de Harappa
(c. XXXIIIe siècle av. J.-C.) avait des connaissances en médecine et en dentisterie. Le
professeur Andrea Cucina de l'université du Missouri à Columbia, spécialiste en
anthropologie physique qui a réalisé les fouilles, a fait cette découverte en nettoyant
les dents d'un des squelettes exhumés. Des recherches ultérieures dans la même
région ont retrouvé des dents portant des traces de soins, datant de 9 000 ans37.
L’Ayurveda (la science de la vie), est un système de médecine savante et ésotérique
originaire d’Asie du Sud dont les prémices remontent à plus de deux mille ans. Ses
deux textes plus célèbres relèvent de l'école de Charaka et Sushruta. Bien que ces
écrits présentent un certain nombre de similitudes avec les très anciennes doctrines
médicales mentionnées dans la littérature religieuse des vedas, les historiens ont pu
apporter la preuve directe de liens historiques entre la naissance de l’āyurveda et
celle des littératures bouddhistes et jaïns. Il semble que les premiers fondements de
l’āyurveda ont été bâtis sur une synthèse entre différentes pratiques anciennes de
phytothérapie datant du début du IIe millénaire av. J.-C., avec un apport massif de
concepts plus théoriques, de nouvelles classifications nosologiques et de nouvelles
méthodes thérapeutiques datant d'environ 400 av. J.-C. et issues de familles de
pensée incluant le Bouddhisme et d'autres inspirations.

 Zysk, l'ascèse et la guérison dans l'Inde antique: la médecine dans les


monastères bouddhistes.

Selon le traité de Charaka, le Charakasamhitā, la santé et la maladie ne sont pas


déterminées à l'avance et la vie peut être prolongée par l’effort des hommes. Le
traité de Sushruta, le Suśrutasamhitā définit l'objet de la médecine comme étant celui
de guérir les maladies, de protéger la santé et de prolonger la vie. Ces deux anciens
traités décrivent minutieusement l'examen du malade, le diagnostic, le traitement et
le pronostic de nombreuses maladies. Le Suśrutasamhitā est remarquable pour sa
description des procédures des différents types d’interventions chirurgicales, dont
la rhinoplastie, la réparation des lobes d’oreille déchirés, la lithotomie périnéale, la
chirurgie de la cataracte et plusieurs autres interventions chirurgicales.

31
Les classiques āyurvediques divisent la médecine en huit
branches : kāyācikitsā (la médecine interne), śalyacikitsā (la chirurgie, comprenant
l’anatomie), śālākyacikitsā (maladies des yeux, des oreilles, du nez et de
la gorge), kaumārabhṛtya (pédiatrie), bhūtavidyā (médecine de l’esprit) et tantra
agada (toxicologie), rasāyana (la science de rajeunissement),
et vājīkaraṇa (aphrodisiaques, principalement pour les hommes). En dehors de ce
programme, l'élève de l’Āyurveda devait connaître les dix arts indispensables à
l'élaboration et à la mise en œuvre des médicaments : la distillation, la technique, la
cuisine, l'horticulture, la métallurgie, la fabrication du sucre, la pharmacie, l'analyse et
la séparation des minéraux, la formulation des métaux et la préparation d'alcalis.
L'enseignement des différentes matières était prodigué au cours de l'étude des cas
cliniques. Par exemple, l'enseignement de l'anatomie faisait partie de l'enseignement
de la chirurgie, l’embryologie faisait partie de la formation en pédiatrie et
en obstétrique, l’apprentissage de la physiologie et de la pathologie était imbriqué
avec l'enseignement de toutes les disciplines cliniques. À la fin de leur formation,
le gourou prononçait un discours solennel adressé aux étudiants où il les exhortait à
une vie de chasteté, d'honnêteté et d’alimentation végétarienne. L'étudiant devra
s'efforcer de tout son être de bien soigner les malades. Il lui était interdit de trahir ses
patients pour en tirer un avantage personnel. Il devait d'habiller modestement et
éviter les boissons fortes. Il devait être discret et calme, mesurer ses paroles à tout
moment. Il était tenu d’améliorer constamment ses connaissances et ses
compétences techniques. Au domicile du patient, il devait être courtois et modeste et
porter toute son attention au bien-être du patient. Il était tenu de ne rien divulguer de
ce qu’il savait du patient et de sa famille. Si le patient était incurable, il devait garder
cette information pour lui si elle était susceptible de nuire au patient ou à d'autres
personnes.

La durée normale de formation d’un étudiant semble avoir été de sept ans. Avant
l'obtention du diplôme, l'étudiant devait passer un examen. Mais le médecin devait
continuer à apprendre par la lecture des livres, l'observation directe (pratyaksha) et
par la déduction (anumāna). En outre, le vaidya assistait à des réunions où l’on
échangeait des connaissances. Les médecins ont également été invités à prendre
connaissance des remèdes atypiques des anciens, éleveurs, forestiers et paysans.

L’Ayurvéda a également influencé la médecine tibétaine.

32
3.4 Perse antique
Article détaillé : Médecine dans la Perse antique

La pratique et l'étude de la médecine en Iran a une histoire longue et prolifique. La


position de la Perse au carrefour de l'Orient et de l'Occident, l’a souvent placée au
centre de l'évolution de la médecine en Grèce et en Inde pendant l’antiquité. De
nombreuses contributions ont été ajoutées à cet ensemble de connaissances à la
fois dans la période pré-islamique de l’Iran et dans la période post-islamique. La
première génération de médecins perses a été formé à l’Académie de
Gundishapur où l’on a parfois affirmé que l'enseignement hospitalier avait été
inventé. Rhazes, par exemple, a été le premier médecin à utiliser systématiquement
l'alcool dans sa pratique médicale.

Le Kitab al-Hawi fi al-Tibb (grand traité de médecine, Hawi, Al-Hawi, Kitab Al-
Hawi ou Liber Continens ) a été écrit par le chimiste iranien Rhazes (également
appelé Razi), le grand traité est la plus recherchée de toutes ses œuvres. Dans ce
document, Rhazes a compilé des cas cliniques tirés de sa propre expérience et de
très utiles observations de diverses maladies. Le Kitab fi al-jadari wa-al-hasbah (Al-
Judari wal Hassaba, Traité sur la variole et la rougeole, De variolis et morbilis, Liber
de pestilentia) de Rhazes, avec son introduction sur la rougeole et la variole a eu
également beaucoup d’influence en Europe. Le philosophe et médecin Mutazilite Ibn
Sina (également connu sous le nom d’Avicenne dans le monde occidental) est une
autre figure influente. Son Canon de la médecine , parfois considéré comme le livre
le plus célèbre de l'histoire de la médecine, est resté un texte de référence en
Europe jusqu'au siècle des Lumières.

3.5 Médecine traditionnelle chinoise


Histoire de la médecine traditionnelle chinoise

La Chine a développé un vaste système de médecine traditionnelle, encore


largement utilisé aujourd’hui aussi bien en Chine que partout dans le monde avec
l’engouement récent pour l’acupuncture. La médecine traditionnelle chinoise est
probablement la médecine qui présente la continuité historique la plus cohérente au
monde puisque la tradition aura avancé par ajustements successifs dans le respect

33
des anciens.

La médecine traditionnelle chinoise repose sur la base théorique de toute la culture


chinoise, c’est-à-dire le principe du Yin et du Yang. Ce principe de base aura une
influence sur tous les arts et toutes les disciplines de la culture chinoise. La
médecine est donc partie intégrante de cette culture d’une grande cohérence interne.

Il est probable que la pratique clinique soit le fait d'observations empiriques de la


maladie et reflète la conviction des chinois de l’époque classique selon laquelle les
expériences humaines expriment des principes causaux provenant de
l'environnement à toutes les échelles. Ces principes causaux, qu’ils soient matériels,
essentiels ou mystiques, sont en corrélation avec l'expression de l'ordre naturel de
l'univers.

Le taoïsme jouera un grand rôle dans le développement des théories médicales et la


plupart des grands médecins chinois étaient aussi de grands taoïstes. La théorie du
Yin/yang, des 8 trigrammes et des cinq éléments sont issues des réflexions
cosmologiques du taoïsme.

La tradition lettrée veut que pendant l'âge d'or de son règne entre 2696 et 2598 av.
J.-C., à la suite d'un dialogue avec son ministre Ch'i Pai, l’empereur Jaune aurait,
composé son Neijing Suwen ou Canon interne de l'Empereur Jaune : questions et
réponses. Rappelons cependant que les premiers balbutiements de l'écriture
chinoise se placent au XIIIe siècle avant notre èren 1, soit presque un millénaire et
demi plus tard.

Au cours de la dynastie Han, Zhang Zhongjing qui a été maire de Changsha, à la fin
du IIe siècle de notre ère, a écrit un Traité de la fièvre typhoïde, qui contient la
première référence connue au Neijing Suwen. Sous la dynastie Jin, le praticien et
défenseur de l’acupuncture et des moxa, Huang-fu Mi (215-282 av. J.-C.), cite
également l’empereur Jaune dans son Jia Yijing, environ 265 av. J.-C. Sous
la dynastie Tang, Wang Ping affirme avoir trouvé une copie des originaux du Neijing
Suwen, qu'il a édité et sensiblement augmenté. Ce travail a été réexaminé par une
commission impériale au cours du XIe siècle de notre ère et le résultat constitue la
meilleure description existante des racines fondatrices de la médecine traditionnelle
chinoise.

Parmi les découvertes de la médecine traditionnelle chinoise, il faut citer l’anesthésie

34
par Hua Tuo, qui utilisait au premier siècle de notre ère du chanvre pour endormir
ses patients.

3.6 Antiquité gréco-romain


Médecine en Grèce antique, Médecine sous la Rome antique, Médecine dans
l'Empire byzantin et Médecine médiévale.

À mesure que les sociétés se sont développées en Europe et en Asie, les systèmes
archaïques basés sur des croyances irrationnelles ont été remplacés par un système
naturel différent. La Grèce d’Hippocrate a mis au point un système de médecine
basé sur la théorie des humeurs où le but du traitement était de rétablir à l'intérieur
du corps l'équilibre des humeurs en relation avec les quatre éléments. De l'ancienne
médecine est un traité de médecine, écrit aux environs de -400 par Hippocrate Des
points de vue similaires ont été adoptés en Chine et en Inde. (Voir Médecine en
Grèce antique pour plus de détails.)39,40 En Grèce, depuis Galien jusqu'à
la Renaissance, l'idée maîtresse de la médecine est le maintien de la santé par le
contrôle de l’alimentation et de l’hygiène. Les connaissances anatomiques étaient
limitées.

Hippocrate, est considéré comme le père de la médecine moderne, et ses disciples


ont été les premiers à décrire de nombreuses maladies. On lui attribue la première
description des doigts en baguette de tambour, un signe important pour le diagnostic
de la bronchopathie chronique obstructive, du cancer du poumon et des
cardiopathies cyanogènes congénitales. Pour cette raison, le symptôme des doigts
en baguette de tambour est parfois appelé hippocratisme digital 43. Hippocrate a
également été le premier médecin à décrire la face hippocratique. Shakespeare fait
une allusion célèbre à cette description dans sa relation de la mort
de Falstaff dans Henry V , acte II, scène III

Hippocrate a commencé à classer les maladies en


maladies aiguës, chroniques, endémiques et épidémiques, et à utiliser des termes
tels que « exacerbation, rechute, résolution, crise, paroxysme, pic
et convalescence46,47. » Une autre grande contribution d'Hippocrate peut être trouvée
dans ses descriptions des symptômes, des signes physiques, du traitement
chirurgical et du pronostic de l’empyème thoracique (pleurésie purulente), c'est-à-dire

35
de la suppuration de la muqueuse pleurale dans la cavité thoracique. Ses
enseignements demeurent pertinents de nos jours pour les étudiants
en pneumologie et en chirurgie48. Hippocrate a été le premier chirurgien
thoracique répertorié et ses conclusions sont toujours valables48.

Galien a réalisé de nombreuses interventions audacieuses – allant jusqu’à aborder


la chirurgie du cerveau et des yeux – des domaines qui n’ont ensuite plus fait l’objet
d’aucune tentative pendant près de deux millénaires. Plus tard, dans l'Europe
médiévale, les écrits de Galien sur l'anatomie sont devenus la référence au cours du
long cursus universitaire du médecin médiéval, mais ils ont beaucoup souffert de
l’immobilisme et de la stagnation intellectuelle. Dans les années 1530 cependant, un
médecin et anatomiste belge, André Vésale, s’est attelé à un projet visant à traduire
de nombreux textes grecs de Galien en latin. Le plus célèbre ouvrage de Vésale, De
humani corporis fabrica, a été grandement influencé par les écrits et les travaux de
Galien49. Les travaux de Galien et d’Avicenne, en particulier le Canon de la
médecine qui a fait la synthèse de l’enseignement des deux auteurs, ont été traduits
en latin et le Canon est resté le texte de référence, faisant autorité pour la
connaissance de l'anatomie dans l'enseignement médical européen
jusqu'au XVIe siècle.

Les Romains ont inventé de nombreux instruments chirurgicaux, y compris les


premiers instruments spécifiques aux femmes50, ainsi que l’usage en chirurgie des
pinces, scalpels, cautères, ciseaux, aiguilles à suture, sondes et spéculums51,52. Les
Romains ont également été des pionniers dans la chirurgie de la cataracte53.

La médecine médiévale est née d’une association entre le scientifique et le spirituel.


Au début du Moyen Âge, après la chute de l’Empire romain, les connaissances
médicales en vigueur se fondaient principalement sur ce qui restait des textes grecs
et romains, conservés dans les monastères et diverses bibliothèques. Les idées sur
la cause et le traitement des maladies n'étaient toutefois pas purement laïques, mais
également basées sur une vision spirituelle du monde, où des facteurs tels que la
destinée, le péché, et les influences astrales jouaient un rôle aussi grand que toutes
les causes physiques.

Oribase et Aétios d'Amida sont les principaux compilateurs de connaissances


médicales de l’Antiquité tardive. Plusieurs de leurs œuvres, ainsi que celles de
nombreux autres médecins byzantins, ont été traduites en latin et, éventuellement,
36
au cours du siècle des Lumières et à l’époque des philosophes, en anglais et en
français. Le dernier grand médecin byzantin était Actuarius qui a vécu au début
du XIVe siècle à Constantinople.

Article détaillé : Médecine dans l'Empire byzantin.

La médecine n’était pas considérée comme l’un des sept arts libéraux classiques et
est, par conséquent, considérée davantage comme un artisanat que comme une
science. La médecine est, néanmoins, devenue une discipline enseignée en faculté,
comme le droit et la théologie dans les premières universités médiévales d’Europe
au XIIe siècle. Rogerius Salernitanus en composant son Chirurgia, a jeté les bases
des manuels modernes de chirurgie en Occident jusqu'à l'époque moderne. Le
développement moderne de la neurologie a commencé au XVIe siècle
avec Vésale qui a décrit l'anatomie du cerveau et beaucoup d'autres choses. Il avait
des connaissances réduites des fonctions cérébrales, pensant qu’elles siégeaient
dans les ventricules54.

5. MOYEN AGE

5.1 Antiquité hébraïque


Mythologie juive.

La plupart de nos connaissances sur la médecine hébraïque de l’antiquité au cours


du Ier millénaire av. J.-C. proviennent de la Torah, c'est-à-dire des cinq livres
de Moïse qui contiennent diverses lois relatives à la santé et à différents rituels, tels
que l'isolement des personnes infectées (Lévitique 13:45-46), le lavage des
mains après avoir manipulé un cadavre (Livre des Nombres 19:11-19) et
l’enfouissement des excréments à l’extérieur du campement (Deutéronome 23:12-
13). Bien que le respect de ces lois soit susceptible d’entraîner certains avantages
pour la santé, la religion juive avait institué ces rituels et ces interdictions uniquement
pour obéir à la volonté de Dieu.

Max Neuburger (en), dans son Histoire de la médecine écrit : « Les


commandements ont pour objet la prévention et le contrôle des épidémies,
l’éradication des maladies vénériennes et de la prostitution, les soins d’hygiène
corporelle, les bains, la nourriture, le logement et l'habillement, la réglementation du

37
travail, la vie sexuelle, la discipline du peuple, etc. Beaucoup de ces
commandement, tels que le repos du Sabbat, la circoncision, les lois concernant les
denrées alimentaires (interdiction du sang et de la viande de porc), les mesures
concernant les menstruations et les suites de couches des femmes et des personnes
souffrant de gonorrhée, l'isolement des lépreux et l'hygiène du campement sont,
compte tenu des conditions climatiques, étonnement rationnelles55.

5.2 Civilisation islamique médiéval


Médecine dans la civilisation islamique, Bimaristan, Yunâni, Médecine dans la
Perse antique et Médecine arabe au Moyen Âge.

Un manuscrit arabe daté de 1200 après Jésus Christ, intitulé Anatomie de l'œil, écrit
par al-Mutadibih.
L’âge d'or de la civilisation islamique a atteint un niveau élevé de connaissances
médicales car les médecins musulmans ont contribué de manière significative au
développement de la discipline, y compris
en anatomie, chirurgie, ophtalmologie, physiologie, pharmacologie, pharmacie et
sciences pharmaceutiques. Les Arabes ont développé les pratiques
médicales grecques et romaines. Galien et Hippocrate étaient pour eux des autorités
prééminentes56. La traduction dans les années 830 -870 de 129 œuvres
du médecin de l'Antiquité grecque Galien en arabe par Hunayn ibn Ishaq et ses
assistants et, en particulier, l'insistance de Galien sur une approche rationnelle et
systématique de la médecine, ont servi de modèle à la médecine islamique qui s’est

38
propagée rapidement à travers l’Empire arabe. Qusta ibn Luqa joua aussi un rôle
important dans la traduction et la transmission des textes grecs. Les médecins
musulmans ont mis en place certains des premiers hôpitaux qui se sont par la suite
développés en Europe à la suite des croisades, en s’inspirant des hôpitaux du
Moyen-Orient57,58.

Abu Al-Qasim a joué un rôle pionner dans le développement des instruments


chirurgicaux au XIe siècle. Ici, une reproduction datant du XVe de l'un de ses
manuscrits.
Al-Kindi a écrit le De Gradibus, dans lequel il décrivait l'application des
mathématiques à la médecine, en particulier dans le domaine de la pharmacologie. Il
avait élaboré une échelle mathématique pour quantifier l’effet des médicaments et un
système qui permettait à un médecin de déterminer à l'avance, pour une maladie
donnée, la plupart des jours critiques pour le patient, sur la base des phases de
la Lune59. Razi (Rhazes, 865-925) a rapporté des cas cliniques tirés de sa propre
expérience et de très utiles observations de diverses maladies. Son Traité de
médecine, qui a décrit la rougeole et la variole, a eu beaucoup d’influence en
Europe. Dans ses Doutes sur Galien, Razi tout en reconnaissant la grandeur de ses
prédécesseurs, a largement réévalué la théorie des Quatre éléments d’Aristote et de
la théorie des humeurs de Galien en utilisant la méthode expérimentale60. Abu Al-
Qasim (Abulcasis), qui est considéré comme le père de la chirurgie moderne61, a
écrit le Kitab al-Tasrif (1000), une encyclopédie médicale en trente volumes, qui a été

39
enseignée dans les écoles de médecine musulmanes et européennes
jusqu'au XVIIe siècle. Il a utilisé de nombreux instruments chirurgicaux, y compris des
instruments spécifiques aux femmes50,62, et introduit l’utilisation en chirurgie
du catgut, des pinces, des ligatures, des aiguilles à suture, des scalpels,
des curettes, des écarteurs, des sondes et des spéculums63, des scies à os64, et
des plâtres65.

Avicenne, considéré comme le père de la médecine moderne66 et un des plus grands


penseurs et chercheurs en médecine de l'histoire57, a écrit le Canon de la
médecine(1020) et le Livre de la guérison (XIe siècle) qui demeurent les deux
manuels de référence des universités musulmanes et européennes
jusqu'au XVIIe siècle. Les contributions d’Avicenne sont l'introduction systématique de
l’expérimentation et de la quantification dans l'étude de la physiologie67, la
découverte de la nature contagieuse des maladies infectieuses, l'introduction de
la quarantaine pour limiter la propagation des maladies contagieuses, l'introduction
de la médecine expérimentale et des essais cliniques68, les premières descriptions
des bactéries et des organismes viraux69, la distinction entre la mediastinite et
la pleurésie, la découverte de la nature contagieuse de la phtisie (tuberculose) et de
la transmission de certaines maladies par l’eau et le sol, ainsi que la première
description minutieuse des maladies de peau, des maladies sexuellement
transmissibles, des perversions et des maladies du système nerveux57, ainsi que
l'utilisation de la glace pour traiter la fièvre et la séparation de la médecine et de
la pharmacie qui a été historiquement importante pour le développement des
sciences pharmaceutiques62

En 1021, Ibn al-Haytham (Alhacen) a été à l’origine de progrès importants


en chirurgie oculaire, en étudiant et en expliquant correctement, pour la première
fois, le processus de la perception visuelle dans son Traité d’optique (1021)62. En
1242, Ibn al-Nafis a été le premier à décrire la circulation pulmonaire et les artères
coronaires70, qui constituent la base du système circulatoire, raison pour laquelle il
est considéré comme le père de la théorie de la circulation 71. Il a également entrevu
les premiers concepts du métabolisme72 et développé de nouveaux systèmes
de physiologie et de psychologie pour remplacer les
systèmes avicenniens et galéniques, après avoir discrédité un grand nombre de

40
théories erronées sur les humeurs, le pouls73, les os, les muscles, les intestins,
les organes des sens, les voies biliaires, l’œsophage, l’estomac74, etc. Ibn al-Lubudi
(1210-1267) a rejeté la théorie des humeurs mise en avant par Hippocrate et Galien,
a découvert que la préservation du corps dépend exclusivement du sang, a rejeté
l'idée de Galien selon laquelle les femmes pouvaient produire la semence et a
découvert que le mouvement des artères n’est pas tributaire de la circulation
du cœur, que le cœur est le premier organe à se former dans l’organisme
du fœtus (plutôt que le cerveau comme le croyait Hippocrate) et que les os formant
le crâne peuvent être le siège de tumeurs75. Maïmonide, bien que Juif lui-même, a
apporté diverses contributions à la médecine islamique au XIIIe siècle.

Le Tashrih al-Badan (Anatomie du corps) de Mansour ibn Ilyas (environ 1390)


contient des planches détaillées représentant la structure du corps, le système
nerveux et la circulation sanguine76. Pendant la peste noire, la peste
bubonique au XIVe siècle en Al-Andalus, Ibn Khatima et Ibn al-Khatib ont découvert
que les maladies infectieuses sont provoquées par des micro-organismes qui
pénètrent dans le corps humain77. Les autres innovations médicales introduites pour
la première fois par des médecins musulmans sont la découverte du système
immunitaire, l'introduction de la microbiologie, l'utilisation de l’expérimentation
animale et la combinaison de la médecine et d'autres sciences (notamment
l’agriculture, la botanique, la chimie et la pharmacologie)62, ainsi que l'invention de
la seringue à injection par Ammar ibn Ali al-Mawsili au IXe siècle en Irak, l’ouverture
de la première officine pharmaceutique à Bagdad (754), la distinction entre la
médecine et la pharmacie à partir du XIIe siècle et la découverte d'au moins deux
mille médicaments et substances chimiques78.

5.3 Europe du Moyen Âge et début de l’époque moderne


Article détaillé : Médecine médiévale.

En Europe occidentale, l'effondrement de l'autorité de l’Empire romain a conduit à


l’interruption de toute pratique médicale organisée. La médecine était exercée
localement, alors que le rôle de la médecine traditionnelle augmentait, avec ce qui
restait des connaissances médicales de l'Antiquité. Les connaissances médicales ont
été préservées et mises en pratique dans de nombreuses institutions

41
monastiques qui s’étaient souvent adjoint un hôpital.

Une médecine professionnelle organisée est réapparue, avec la fondation de l’école


de médecine de Salerne en Italie au XIe siècle qui, en coopération avec le monastère
du mont Cassin, a traduit de nombreux ouvrages byzantins et arabes. Au XIIe siècle,
des universités ont été créées en Italie et ailleurs en Europe et des facultés de
médecine se sont rapidement développées.

Peu à peu, la dépendance à l’égard des maîtres du monde antique s’est encore
accrue avec les premiers résultats des observations et des expériences. La pratique
chirurgicale s’est beaucoup améliorée au cours de la période médiévale. Avec la
Renaissance on a assisté à une augmentation des études expérimentales,
principalement dans le domaine de la dissection et de l'étude du corps. Les travaux
de pionniers comme André Vésale et William Harvey ont remis en cause les
croyances populaires par des preuves scientifiques. La compréhension et le
diagnostic des maladies se sont améliorés, mais sans apporter de bénéfices directs
pour la santé. Il existait peu de médicaments efficaces, en dehors de l’opium et de
la quinine. Des méthodes folkloriques et des traitements potentiellement toxiques à
base de composés métalliques étaient alors en vogue.

Figures importantes :

William Harvey (1578-1657) : Représentation des veines.

 Théodore Borgognoni, (1205-1296), un des plus importants chirurgiens de la


période médiévale, responsable de l'introduction et de la promotion d’importantes
avancées en chirurgie comme l'utilisation des antiseptiques et la pratique de
l’anesthésie.
 Hildegarde de Bingen (1098-1179) pour sa connaissances des plantes
médicinales.

42
 Guy de Chauliac, considéré comme l'un des pères de la chirurgie moderne, après
le grand chirurgien islamique, El Zahrawi.

À l'époque moderne, un échange a lieu entre le sud et le nord de la Méditerranée. Un


certain nombre de médecins occidentaux se sont initiés à la médecine arabe, la
majorité d'entre eux envoyés par le roi de France Henri IV à la cour du Sultan du
Maroc Ahmed al-Mansour, dont Arnoult de Lisle, Jean Mocquet et Étienne Hubert. Ils
apprennent la langue arabe et enseignent à la fois la langue mais aussi la médecine
dans les écoles de Paris. Cet échange culturel a été développé grâce à la notoriété
des travaux de l'un des grands médecins de l'époque, Abul Qasim ibn Mohammed
al-Ghassani, médecin personnel d'Ahmed al-Mansour, et auteur d'un livre sur la
botanique qui fait autorité79.

XVIe siècle

Jacques Guillemeau - Vésale.

43
Les instruments d'Ambroise Paré.
Le XVIe siècle est marqué par la redécouverte de l'anatomie. Parmi les savants qui
osent braver le tabou, le plus connu est sans doute André Vésale de l'université
de Padoue, auteur en 1543 du De humani corporis fabrica. Dans un amphithéâtre,
devant des étudiants venus de l'Europe entière, il pratique de nombreuses
dissections sur des suicidés ou des condamnés à mort. Souvent ces dissections
publiques duraient jusqu'à ce que les chairs soient trop avariées pour permettre toute
observation. C'est une véritable révolution des connaissances en anatomie qui
étaient restées sclérosées depuis les travaux de Galien sur des animaux au IIe siècle.

Ces progrès de la connaissance permettent à la chirurgie d'échapper à son statut


d'art mineur pour devenir progressivement une discipline à part entière de la
médecine. En France, Ambroise Paré incarne à lui seul ce changement de statut. En
inventant en 1552 la ligature des artères, il sauve les amputés d'une mort quasi-
certaine et devient un des praticiens les plus reconnus de son temps.

Figures importantes :

 Amatus Lusitanus a décrit les valves des veines et deviné leur fonction.
 Garcia da Orta a été le premier à décrire le choléra et d'autres maladies
tropicales et leur traitement par des plantes
 Michel Servet, considéré comme le premier Européen à « découvrir » la
circulation pulmonaire.

44
 Realdo Colombo, anatomiste et chirurgien qui a contribué à la compréhension de
la circulation pulmonaire. Ambroise Paré a suggéré d'utiliser la ligature des
artères au lieu de la cautérisation.
 William Harvey a décrit la circulation sanguine.

Une autre grande figure est Paracelse (surnom de Philippe Aureolus Theophrastus
Bombast von Hohenheim), né à Einsiedln en Suisse en 1493 et mort à Salzbourg en
1541. Fils de médecin, voyageur infatigable, professeur de médecine à l'Université
de Bâle, où il suscite des scandales par ses théories révolutionnaires et ses
guérisons, il est l'auteur de plusieurs centaines d'ouvrages rédigés pour la plupart en
haut-moyen allemand.

XVIIe siècle

Anatomie du corps humain vue par les Perses au XVIIe siècle.

Les professions médicales au XVIIe siècle sont strictement organisées en corporation.


En 1622, en pratiquant des vivisections sur des chiens, le chirurgien italien Gaspare
Aselli (v. 1581-1626) découvre les vaisseaux lymphatiques de l'intestin, qu'il nomme
« vaisseaux de lait », en raison du caractère laiteux de la substance produite lors de
la digestion des aliments80. Puis, William Harvey, peu après, effectue une découverte
capitale : la circulation du sang (1628) et en explique tout le phénomène. Ces
découvertes remettent en cause tout le dogme humoral d'Hippocrate. Elles sont
tellement importantes que dans toute l'Europe les partisans et adversaires de William

45
Harvey vont s'affronter. Une querelle opposant les « circulateurs », adeptes des
opinions de Harvey, et les « anticirculateurs » se développe. Elle prend fin par la
mise en place par Louis XIV d'un cours sur la circulation du sang (1672) au Jardin du
Roi qui est actuellement le Museum d'histoire naturelle. Louis XIV officialise ainsi ces
nouvelles découvertes en créant une chaire d’anatomie, confiée à Pierre Dionis.
Pour la première fois le pouvoir politique prend parti dans une querelle scientifique.
La deuxième innovation qui marque ce siècle est l'invention du microscope qui a
permis pour la première fois d'observer les microbes.

En 1658, Kircher affirme avoir observé dans le sang des malades victimes de
l'épidémie de la peste, des milliers de vers qui pour lui sont la cause de cette
maladie. Grâce à cette découverte sont créées de nouvelles spécialités médicales et
les connaissances sur le corps humain sont complétées. On découvre ainsi les
globules rouges et les cellules. En 1677, la théorie de la génération spontanée est
remise en cause du fait de la découverte des spermatozoïdes par Antoni van
Leeuwenhoek. Le rôle des ovaires est alors mis en avant ainsi que le principe de
la nidation de l'œuf. On assiste également aux premiers accouchements réalisés par
des médecins. Malgré toutes ces découvertes la thérapeutique n'évolue que très
peu, les études de médecine étant toujours fondées sur la lecture des textes
anciens.

Au XVIIe siècle, il existe environ deux cents médecins dans toute la France. Le peuple
fait appel au barbier ou au rebouteux avant de finir à l'hôpital. Les médecins n'ont
que peu de méthodes de soins ; les plus connues sont le lavement et la saignée.
Cependant un médicament va être découvert, la quinine, connue en Amérique du
Sud depuis les Incas et qui permet de soigner la malaria ou le paludisme.

Louis XIV décide de créer dans chaque grande ville un grand hôpital général afin d'y
accueillir toute personne en difficulté. Déjà des voix s'élèvent pour que l'hôpital
devienne un lieu d'enseignement mais cette avancée ne se fera qu'au milieu du XVIIIe

siècle. Cette époque voit aussi, dans le cadre des voyages d'exploration, apparaître
les prémices d'une médecine tropicale.

Figures importantes :

46
 Sir Thomas Browne, médecin et inventeur de néologismes médicaux.
 Thomas Sydenham, médecin surnommé l’« Hippocrate anglais ».

XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle est marqué par la naissance de l'épidémiologie, promue par des
économistes comme Gottfried Achenwall. C'est le début des politiques de santé
publique : en France, Félix Vicq d'Azyr met en place un réseau de surveillance de
l'état sanitaire de la population.

De 1700 à 1714, Bernardino Ramazzini écrit le premier livre sur les maladies
professionnelles qui restera la référence pendant deux siècles. En 1721, Lady Mary
Wortley Montagu importe en Angleterre la technique de la variolisation utilisée
à Constantinople par Giacomo Pylarini depuis 1701. Cette prévention consistait
à inoculer à des sujets sains du pus provenant d’un malade de la variole.
En 1736, Claudius Amyand réalise la première appendicectomie. En 1768, William
Heberden donne la première description clinique de l'angine de poitrine.
Le 14 mai 1796, le médecin anglais Edward Jenner parvient à immuniser le petit
James Phipps de la variole en lui inoculant du pus prélevé sur une paysanne infectée
par la variole.

Figures importantes :

 John Hunter, chirurgien.


 Percivall Pott, chirurgien.

Ce siècle se caractérise aussi par le début d'une médicalisation de la sexualité, où ce


qui était vu comme un péché par la morale judéo-chrétienne est vu comme malsain
(source de maladie) par les médecins des Lumières81. L'exemple le plus notoire est
celui de Samuel Auguste Tissot (1728-1790) qui fait de l'onanisme une maladie à
soigner. Ceci se réalise au siècle suivant par des campagnes contre
la masturbation à l’époque victorienne en particulier, et en général par une prise en
charge psychiatrique jusqu'aux années 193081.

6. MEDECINE MODERNE

La médecine a vécu une révolution à partir du XIXe siècle en raison des progrès de

47
la chimie et des techniques de laboratoire. Les anciens concepts d’épidémiologie des
maladies infectieuses ont été supplantés par l’apparition de la bactériologie et de
la virologie. Les bactéries et les micro-organismes ont été observés pour la première
fois au microscope par Antoni van Leeuwenhoek en 1676, ce qui a ouvert le champ à
la microbiologie82. En 1847 Ignace Philippe Semmelweis (1818-1865) a réduit de
façon spectaculaire le taux de mortalité par fièvre puerpérale chez les mères
admises à la maternité en exigeant simplement des médecins qu’ils se lavent les
mains à l'eau de chaux avant d'assister les femmes dans leur accouchement. Sa
découverte préfigurait celle de la théorie des germes. Cependant, ses
recommandations n'étaient pas appréciées par ses contemporains et elles n’ont été
mises en œuvre et généralisées qu’avec les découvertes du chirurgien
britannique Joseph Lister qui, en 1865, a énoncé les principes de l’antisepsie dans le
traitement des plaies. Cependant, le conservatisme médical face aux percées de la
science empêcha ses travaux d'être réellement appliqués avant la fin du XIXe siècle.

Après la publication par Charles Darwin en 1859 de L'Origine des espèces, Gregor
Mendel (1822-1884) a publié en 1865 ses livres sur la transmission des caractères
génétiques des pois, découvertes qui seront connues plus tard sous le nom de Lois
de Mendel. Redécouvertes au tournant du siècle, elles constituent la base de la
génétique classique. La découverte de la structure de l’ADN en 1953
par Crick et Watson ouvrira la porte à la biologie moléculaire et à la génétique
moderne. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle plusieurs médecins, comme
le prix Nobel Alexis Carrel, ont apporté leur soutien à l’eugénisme, une théorie
formulée en 1865 par Francis Galton. L'eugénisme a été discrédité en tant que
science quand ont été connues les expériences du régime nazi allemand pendant
la Seconde Guerre mondiale, mais des programmes de stérilisation forcée ont
encore été appliqués longtemps après dans les pays modernes (y compris par les
États-Unis, la Suède ou le Pérou). Les travaux de Semmelweis ont été renforcés par
les découvertes de Louis Pasteur. En établissant un lien entre la maladie et les
microorganismes, Pasteur a provoqué une révolution en médecine. Il a également
inventé avec Claude Bernard (1813-1878) le procédé de la pasteurisation encore en
usage aujourd'hui. Ses expériences ont confirmé la théorie des germes. Claude
Bernard a œuvré à appliquer la méthode scientifique à la médecine, il a publié Une
Introduction à l'étude de la médecine expérimentale en 1865. À côté de

48
Pasteur, Robert Koch (qui a reçu le prix Nobel en 1905) a fondé la bactériologie.
Koch était également célèbre pour la découverte du bacille tuberculeux (1882) et
du bacille du choléra (1883) et pour l’élaboration des postulats de Koch. La
participation des femmes aux soins médicaux (en dehors du rôle de sages-femmes,
d’assistantes et de femmes de ménage) a été initiée par des gens comme Florence
Nightingale. Dans une profession précédemment dominée par les hommes, ces
femmes ont joué un rôle dans les soins infirmiers afin de réduire la mortalité des
patients due à un manque d'hygiène et à un défaut de nutrition. Nightingale a mis en
place l’hôpital St Thomas, après la guerre de Crimée, en 1852. Elizabeth Blackwell a
été la première femme à étudier et par la suite à pratiquer la médecine aux États-
Unis.

C'est à cette époque qu’ont été développés de véritables remèdes contre certaines
maladies infectieuses endémiques. Cependant, le déclin de la plupart des maladies
mortelles est davantage lié à l'amélioration de la santé publique et de la nutrition qu’à
la médecine qui continue à employer les cautères, scarifications et sétons83. Ce n’est
pas avant le XXe siècle que l'application de la méthode scientifique à la recherche
médicale a commencé à provoquer plusieurs innovations importantes dans le
domaine médical, avec de grands progrès en pharmacologie et en chirurgie.

Au cours de la Première Guerre mondiale, Alexis Carrel et Henry Dakin, en l'absence


d'antibiotiques, ont développé la méthode Carrel-Dakin de traitement des blessures
par irrigation d'antiseptiques (l'hypochlorite de soude ou liquide de Dakin) avant la
suture des plaies qui a été un grand progrès en médecine 84. La grande guerre a
donné une impulsion à l'utilisation des rayons X de Roentgen, ainsi que de
l'électrocardiogramme, pour le contrôle des fonctions internes du corps, mais cela a
été éclipsé par la production massive d’antibiotiques dérivés de la pénicilline, qui
résultait d’une pression du gouvernement et du public. Les hôpitaux
psychiatriques ont commencé à apparaître pendant la révolution industrielle. Emil
Kraepelin (1856-1926) a introduit une nouvelle classification médicale des maladies
mentales qui finit par être utilisée en psychiatrie bien qu’elle soit basée davantage
sur l’observation du comportement que sur la pathologie ou l’étiologie. Dans les
années 1920 l’opposition des surréalistes à la psychiatrie s’est exprimée dans un
certain nombre de publications. Dans les années 1930, plusieurs controverses ont
été lancées sur certaines pratiques médicales notamment le déclenchement de

49
crises convulsives (par les électrochocs, l’insuline ou d'autres substances) ou
certaines interventions mutilantes sur le cerveau (lobotomie). Les deux méthodes ont
été très utilisées en psychiatrie, mais elles suscitaient de graves préoccupations et
beaucoup d'opposition pour des raisons morales, des effets néfastes, ou un mauvais
usage. Dans les années 1950, de nouveaux médicaments à usage psychiatrique,
notamment les antipsychotiques comme la chlorpromazine, ont été fabriqués par les
laboratoires et leur utilisation préférentielle s’est lentement répandue. Bien que
souvent considérée comme un progrès à certains égards, elle a rencontré une
certaine opposition, en raison d'effets indésirables graves tels que la dyskinésie
tardive. Les patients se sont souvent opposés à la psychiatrie et ont refusé ou arrêté
de prendre les médicaments quand ils n’étaient pas soumis à un suivi psychiatrique.
Il s’est également développé une opposition croissante à l'utilisation des hôpitaux
psychiatriques ainsi que des tentatives pour encourager le retour des malades à une
vie sociale par une approche collaborative au sein de communautés
thérapeutiques non contrôlées par la psychiatrie. La lobotomie a été utilisée jusque
dans les années 1970 pour traiter la schizophrénie. Cette pratique a été dénoncée
par l'antipsychiatrie mouvement en vogue dans les années 1960 et plus tard.

Le XXe siècle a vu un passage d'un paradigme d’enseignement de la médecine


clinique de maître à apprenti au système plus démocratique des écoles de
médecine. Avec l'avènement de la médecine fondée sur les faits et le grand progrès
des technologies de l'information le processus de changement est susceptible
d'évoluer, avec un plus grand développement des projets internationaux tels que Le
projet du génome humain.

XIXe siècle

50
Laennec - Théobald Chartran.

René Laennec invente le stéthoscope en 1815 et vulgarise la méthode de


l'auscultation. Il étudie les cirrhoses du foie dues à l'alcool. Au début
du XIXe siècle la tuberculose se propage en Europe. Si le bacille est découvert
par Robert Koch en 1882, il faut attendre encore soixante ans pour un
traitement antibiotique. Pendant tout le siècle la « consomption » est le fléau le plus
redouté. En France la République puis l'Empire transforment complètement
l'enseignement de la médecine en imposant aux étudiants en médecine ou en
chirurgie une formation pratique à l'hôpital et des exercices de dissection. Le diplôme
de docteur en médecine devient obligatoire pour exercer. Les premières maternités
sont créées et la profession de médecin obstétricien est inventée. Les mères qui
accouchent dans ces nouvelles structures sont pourtant particulièrement exposées
aux infections et près de 10 % d'entre elles meurent de fièvre puerpérale. Le
médecin autrichien Ignace Philippe Semmelweis découvre bientôt que ces infections
sont transmises par les mains des médecins et parvient progressivement à
promouvoir une stricte hygiène des soignants avant chaque visite.

Dès 1862, Eugène Koeberlé est l'un des premiers à systématiser la chirurgie propre
Mais c'est par la pratique rigoureuse de l'hémostase pour laquelle il met au point une
panoplie d'instruments et l'innovation dans les soins pré- et post-opératoires qu'il fait
le plus progresser la chirurgie. En 1867 Joseph Lister utilise du phénol pour détruire
les germes lors des opérations chirurgicales. Parallèlement se développe
l'anesthésie, inventée le 16 octobre 1846, par le dentiste William Morton de l'hôpital
de Boston. En 1885 Louis Pasteur parvient à sauver l'enfant Joseph Meister en lui
administrant son vaccin contre la rage. En 1868 Adolf Kussmaul crée la gastroscopie
en s'inspirant des exploits d'un avaleur de sabres. Scipione Riva-Rocci mesure
la pression artérielle au tensiomètre en 1896. Willem Einthoven met au point

51
l'électrocardiographie, en 1903. En 1895, Wilhelm Röntgen découvre les rayons X. Il
réalise la première radiographie sur la main de son épouse. Philippe Pinel crée la
première école de psychiatrie en France et interdit l'enchaînement des aliénés dans
les asiles de Paris.

Karl August Wunderlich publie Das Verhalten der Eigenwärme in Krankheiten, qui
établit que la fièvre est seulement un symptôme et met fin au credo d'une maladie
infectieuse jusqu'alors nommée « fièvre intermittente ». En 1881 Theodor
Billroth réalise la première gastrectomie, il révolutionne la chirurgie du pharynx et de
l'estomac. En utilisant l'analyse statistique, le médecin Pierre-Charles Alexandre
Louis (1787-1872) montre que l'utilisation des saignées chez les malades atteints
de pneumonie n'est pas bénéfique mais néfaste85. Ceci esquisse la notion d'étude
randomisée en double aveugle.

XXe siècle

Le 25 novembre 1901, Alois Alzheimer décrit le tableau clinique de la maladie qui


porte son nom. Il n'existe toujours aucun traitement connu à ce jour.

Les traitements médicaux font des progrès spectaculaires avec l'invention de


nouvelles classes de médicaments.

 Felix Hoffmann dépose le brevet de l'aspirine le 6 mars 1899.


 En 1909, le Nobel de médecine Paul Ehrlich invente la
première chimiothérapie en créant un traitement à base d'arsenic contre
la syphilis.
 En 1921 Frederick Banting de l'université de Toronto isole l'insuline et invente un
traitement du diabète sucré.
 Le premier antibiotique date de 1928 avec la découverte de
la pénicilline par Alexander Fleming.
 En 1952, la découverte des neuroleptiques par Henri Laborit, Jean
Delay et Pierre Deniker révolutionne la psychiatrie en permettant d'envisager une
resocialisation pour des milliers d'internés.
 En 1957 Roland Kuhn découvre le premier antidépresseur.

52
 En 1982, J. Robin Warren et Barry J. Marshall permettent le traitement médical
de l'ulcère de l'estomac en découvrant qu'il est d'origine bactérienne. La chirurgie
cardiaque est également née pendant le siècle.
 En 1929 Werner Forssmann introduit un cathéter dans son propre ventricule
cardiaque.
 Le 29 novembre 1944 c'est la première opération à cœur ouvert par Alfred
Blalock de Baltimore.
 Le stimulateur cardiaque est inventé en 1958. En 1960 la valve cardiaque
artificielle inventée par Lowell Edwards est implantée pour la première fois
par Albert Starr.
 Christiaan Barnard réalise la première transplantation du cœur en 1967.

7. INVENTIONS

De 7000 av. J.-C. à 1000 ap. J.-C

Le banc d'Hippocrate, tiré d’une édition byzantine des œuvres de Galien au IIe siècle
ap. J.-C.

 vers 7000 av. J.-C., la perceuse à Mehrgarh86


 vers 7000 av. J.-C., la foreuse pour les soins dentaires importants à Mehrgarh86
 vers 7000 av. J.-C., Chirurgie et chirurgie dentaire, à Mehrgarh86
 vers 2600 av. J.-C., sutures chirurgicales, par Imhotep
 vers 2600 av. J.-C., pommades à usage médicinal, par Imhotep
 vers 500 av. J.-C., chirurgie esthétique, par Sushruta
 vers 500 av. J.-C., Chirurgie plastique, par Sushruta
 vers 400 av. J.-C., Banc d'Hippocrate, par Hippocrate
 vers 750 ap. J.-C., inoculation et variolisation, par Madhav87

53
 vers 1000, chirurgie de la cataracte et aiguille hypodermique, par
l’ophtalmologiste Ammar ibn Ali al-Mawsili88
 vers 1000, injection et seringue, par Ammar ibn Ali al-Mawsili88
 vers 1000, pansements et plâtres, par Abu Al-Qasim (Abulcasis)89
 vers 1000, vêtements médicaux en coton et bandages, par Abu al-Qasim al-
Zahrawi.
 vers 1000, Catgut, par Abu al-Qasim al-Zahrawi
 vers 1000, curette, par Abu al-Qasim al-Zahrawi63
 vers 1000, Pinces, par Abu al-Qasim al-Zahrawi90
 vers 1000, ligatures, par Abu al-Qasim al-Zahrawi
 vers 1000, écarteurs, par Abu al-Qasim al-Zahrawi63
 vers 1000, scalpel, par Abu al-Qasim al-Zahrawi63
 vers 1000, sondes médicales, par Abu al-Qasim al-Zahrawi63
 vers 1000, instruments chirurgicaux, par Abu al-Qasim al-Zahrawi63
 vers 1000, aiguilles à suture, par Abu al-Qasim al-Zahrawi91

Depuis l'année 1000


Principe de l'électrocardiographie ou ECG.

Protrusions discales en imagerie par résonance magnétique nucléaire ou IRM.

 vers 1025, thermomètre, par Avicenne (Ibn Sina)92


 vers 1025, distillation, par Avicenne
 vers 1025, huiles essentielles, par Avicenne
 vers 1150, anesthésiques, par Ibn Zuhr (Avenzoar)93
 vers 1280, Lunettes de vue, en Italie
 1540, membre artificiel, par Ambroise Paré

54
 1714, thermomètre à mercure, par Gabriel Fahrenheit
 1775, Lunettes à double foyer, par Benjamin Franklin
 1792, Ambulance, par Jean Dominique Larrey
 1796, vaccination, par Edward Jenner
 1816, Stéthoscope, par René Laennec
 1817, Prothèses dentaires, par Anthony Plantson
 1827, endoscope, par Pierre Segalas
 1846, Anesthésie générale, par William Thomas Green Morton
 1851, Ophtalmoscope, par Hermann Ludwig von Helmholtz
 1853, seringue hypodermique, par Alexander Wood
 1865, Antiseptiques, par Joseph Lister
 1885, vaccination contre la rage, vaccination contre le choléra des poules
par Louis Pasteur
 1887, Lentilles de contact, par Adolph Fick
 1895, Rayon X, par Wilhelm Röntgen
 1903, Électrocardiographie, par Willem Einthoven
 1905, Tensiomètre par Nikolaï Korotkov
 1928, Pénicilline, par Alexander Fleming
 1931, Microscope électronique par Ernst Ruska
 1938, Pénicilline comme antibiotique, par Howard Florey et Ernst Chain
 1957, Stimulateur cardiaque, par Clarence Lillehei et Earl Bakken
 1967, Transplantation cardiaque, par Christiaan Barnard
 vers 1970, IRM et IRM fonctionnelle, par Paul Lauterbur, Peter
Mansfield et Raymond Vahan Damadian (parmi d'autres ?)
 1973, scanner, par Godfrey Newbold Hounsfield et Allan Cormack
 1979, Échographie, par Ian Donald
 1982, Cœur artificiel, par Robert Jarvik

8.Musées et collections

 Musée d'histoire de la médecine de Paris.


 Musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris

55
 Musée d'Histoire de la Médecine (Hautefort 24390)[www.musee-hautefort.fr]
 Musée des instruments de médecine des hôpitaux de Toulouse
 The London Museums of Health & Medicine
 Osler Library of the History of Medicine
 National Library of Medicine
 Thackray Museum (en) à Leeds
 Collection Wellcome
 Musée pour l'histoire de l'université de Pavie
 Musée d'histoire de la médecine de Zurich.

 Histoire des sciences médicales


 Histoire de la notion de douleur
 Épistémologie de la médecine

Histoire de l'hôpital

 Histoire de l'hôpital

Histoire des spécialités médicales et chirurgicales

 Histoire de l'anatomie
 Histoire de l'anesthésie
 Histoire de l'aviation sanitaire
 Histoire de la cardiologie
 Histoire de la chirurgie
 Histoire de la chrysothérapie
 Histoire de l’endocrinologie
 Histoire de l’immunologie
 Histoire de la médecine aéronautique
 Histoire de la médecine dentaire
 Histoire de la médecine interne
 Histoire de la médecine légale
 Histoire de la médecine militaire
 Histoire de la microbiologie
 Histoire de la maladie mentale

56
 Histoire de la psychiatrie
 Histoire de la neurologie
 Histoire de l’ophtalmologie
 Ophtalmologie dans la civilisation islamique médiévale
 Histoire de l’otorhinolaryngologie
 Histoire de la pharmacologie
 Histoire de la physiologie
 Histoire de la stomatologie
 Histoire de la médecine vétérinaire
 Histoire de la médecine du travail

Périodes historiques

 Médecine dans la Préhistoire et la Protohistoire


 Médecine en Égypte antique
 Médecine en Mésopotamie
 Médecine en Grèce antique
 Médicine sous la Rome antique
 Médecine dans la civilisation islamique
 Médecine médiévale
 Médecine traditionnelle chinoise
 Médecine tibétaine traditionnelle

9.3 Grands noms de l'histoire

Année
Année de
Nom de Spécialité Connu pour Eponymie
naissance
mort

Albert Artère
A 1850 1921
Adamkiewicz d'Adamkiewickz.

Aloïs Neurologie, Maladie


A 1864 1915 Description de la maladie d'Alzheimer.
Alzheimer d'Alzheimer.
Psychiatrie

Jean-Louis
A 1768 1837 Dermatologie Fondateur de la dermatologie. Maladie d'Alibert.
Alibert
A Anthimus 511 534 De observatione ciborum.
Gaspare
A ~ 1581 1626 Découverte des vaisseaux lymphatiques
Aselli

57
A Avicenne 980 1037 Qanûn.
Alexandre
B 1844 1918 Loge de Baréty.
Baréty
Christian
B 1922 2001 Chirurgie Première transplantation cardiaque.
Barnard
Caspar
B Bartholin le 1655 1738 Glande de Bartholin
jeune
Paralysie de Bell,

Signe de Charles
B Charles Bell 1774 1842 Chirurgie Bell,

Nerf de Bell.

Syndrome de
Claude
B 1813 1878 Concept d'homéostasie et de milieu intérieur. Claude Bernard-
Bernard
Horner
Shunt de Blalock-
B Alfred Blalock 1899 1964 Chirurgie Père de la chirurgie cardiaque moderne.
Taussig
Bordetella,
Immunologie, Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1919,
B Jules Bordet 1870 1961 Réaction Bordet-
Microbiologie Travaux sur le complément.
Wasserman.

Denis
Lymphome de
B Parsons 1911 1993 Travaux sur le lymphome de Burkitt.
Burkitt
Burkitt
Première transplantation cardio-pulmonaire,
Christian
C 1925 2017 Chirurgie
Cabrol Première implantation de cœur artificiel.

Immunologie,
Albert Bacille de Calmette
C 1863 1933 Vaccin contre la tuberculose.
Calmette Microbiologie et Guérin.

Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1912,

Travaux sur la suture vasculaire et la transplantation,


C Alexis Carrel 1873 1944 Chirurgie
Expérience du cœur de poulet battant in vitro,

L'Homme, cet inconnu.

Bartholomäus
C 1510 1567
Carrichter
William
C Bosworth 1897 1990 Facteur de Castle.
Castle
Andrea
C 1519 1603
Cesalpino
Maladie de Charcot,

Maladie de
Charcot-Marie-
Jean-Martin Tooth,
C 1825 1893 Neurologie Description de la sclérose latérale amyotrophique.
Charcot
Pied de Charcot,

Pouls lent de
Charcot.

Édouard Tubercule de
C 1804 1879
Chassaignac Chassaignac.
François Articulation de
C 1743 1795 Chirurgie
Chopart Chopart.
Première description de la circulation sanguine,
Realdo
C 1510 1559
Colombo De re anatomica.

Jean-Nicolas
C 1755 1821 Médecin personnel de Napoléon Ier.
Corvisart
Segmentation
Claude Travaux sur l'anatomie segmentaire du foie appliquée à
C 1922 2008 Chirurgie hépatique de
Couinaud l'hépatectomie.
Couinaud.
C Jean 1791 1874 Chirurgie Syndrome de
Cruveilhier Cruveilhier-

58
Baumgarten,

Articulation de
Cruveilhier.

Pionnier de la neurochirurgie,

Harvey Développement de la mesure de la pression artérielle par Syndrome de


C 1869 1939 Neurochirurgie le sphygmomanomètre de Scipione Riva-Rocci.
Cushing Cushing.
Prix Pullitzer en 1926 pour The Life of Sir William Osler.

Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1980,


D Jean Dausset 1916 2009 Immunologie
Découverte du complexe majeur d'histocompatibilité

D Félix Dévé 1872 1951 Travaux sur l'échinococcose


D Dioscoride ~ 30 ~ 90 De materia medica.
D Jacopo Dondi 1293 1359 Promptuarium medicinse
Cul-de-sac de
James Douglas,
D 1675 1742 Obstétrique
Douglas
Cri du Douglas.

Jérémie de
D 1504 ~ 1550
Drijvere
Contracture de
Dupuytren,
Guillaume
D 1777 1835 Chirurgie
Dupuytren Fracture de
Dupuytren.

Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1924,


Willem Triangle
E 1860 1927
Einthoven Inventeur de l'électrocardiographe. d'Einthoven.

E Érasistrate ~ -370 ~ -250


Trompe d'Eustache,
Barthélémy
E 1500 1574
Eustache Valvule dEustache.

Gabriel
F 1523 1562 Chirurgie Trompe de Fallope.
Fallope
Tronc de Farrabeuf,
Louis Hubert
F 1841 1910 Chirurgie Écarteur de
Farrabeuf
Farrabeuf.

Immunologie, Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1945,


Alexander
F 1881 1955
Flemming Microbiologie Découverte de la pénicilline.

Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1956,


Werner
F 1904 1979
Forrsmann Travaux sur le cathérisme cardiaque.

Théorie sur l'origine des maladies infectieuses,


Girolamo De contagione,
F 1478 1553
Fracastoro
Syphilidis, sive Morbi Gallici.

Neurologie,
Sigmund
F 1856 1939 Fondateur de la psychanalyse.
Freud Psychiatrie

G Galien 129 ~ 216 Galénisme.


Johann
Ganglion de
G Laurentius 1723 1765
Gasser.
Gasser
Pierre Nicolas Tubercule de
G 1797 1856
Gerdy Gerdy.
G Arthur Guedel 1883 1956 Anesthésie Canule de Guedel. Canule de Guedel.
G Félix Guyon 1831 1920 Chirurgie Canal de Guyon,

Seringue de Guyon,

Épreuve des trois

59
verres de Guyon.

Samuel
H 1755 1843 Fondateur de l'homéopathie.
Hahnemann
Première transplantation rénale en France,
Jean
H 1909 1992 Néphrologie
Hamburger Création du concept de réanimation.

William
H 1578 1657 Description de la circulation sanguine.
Harvey
William Nodules
H 1710 1801 Première description de l'angine de poitrine.
Heberden d'Heberden.
Richard
H Ladislaus 1824 1881 Gyrus d'Heschl.
Heschl

Théorie des humeurs, Serment


d'Hippocrate,
H Hippocrate ~ -460 -377 Corpus hippocratique,
Hippocratisme
Serment d'Hippocrate. digital.

H Wilhelm His 1863 1934 Faisceau de His.


H John Hunter 1728 1793 Chirurgie Termes "Caractères sexuels primaires et secondaires". Canal de Hunter.
Édouard
I 1861 1943 Étude du rôle hygiénique de l'eau potable.
Imbeaux
Eugène
J 1879 1937 Travaux sur la trypanosomiase.
Jamot
Père de l'immunologie,
Edward
J 1749 1823
Jenner Vaccination.

Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1905, Bacille de Koch,


K Robert Koch 1843 1910 Microbiologie
Découverte de la bactérie responsable de la tuberculose. Postulats de Koch.

Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1909;


Emil Theodor
K 1841 1917 Chirurgie Pinces de Kocher
Kocher Travaux sur la physiologie de la thyroïde.

Nikolaï Invention de la technique de mesure de la pression


K 1874 1920 Chirurgie Bruits de Korotkov.
Korotkov artérielle associant sphygmomanomètre et stéthoscope.
Emil
K 1856 1926 Psychiatrie Fondateur de la psychiatrie moderne.
Kraepelin
K Roland Kuhn 1912 2005 Psychiatrie Découverte du premier antidépresseur (l'imipramine).
Neurobiologie,
L Henri Laborit 1914 1995 Découverte des neuroleptiques (chlorpromazine).
Chirurgie

René- Invention du stéthoscope,


Théophile-
L 1781 1826
Hyacinthe De l'Auscultation médiate.
Laennec
Médecine de l'avant,
Dominique-
L 1766 1842 Chirurgie Fente de Larrey.
Jean Larrey Ambulances.

Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1907,


Alphonse
L 1845 1922 Microbiologie
Laveran Description de l'hématozoaire du paludisme.

Tubercule de Lister,
L Joseph Lister 1827 1912 Chirurgie Antisepsie opératoire par usage du phénol.
Listeria

Jules Fracture de
M 1809 1897
Maisonneuve Maisonneuve
Corpuscule de
Malpighi,
Marcello Épithélium
M 1628 1694 Fondateur de l'histologie.
Malpighi Malpighien,

Cellule de Malpighi.

M Barry J. 1951 Microbiologie Prix Nobel de physiologie ou médecine de 2005,

60
Travaux sur Helicobacter pylori comme cause de la
Marshall
plupart des ulcères d'estomac.

Prix Nobel de physiologie ou médecine de 2008,


Luc
M 1932 Microbiologie
Montagnier Découverte du VIH.

N Ibn Nafis 1210 1288 Description de la circulation pulmonaire.


Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1928,
Charles
N 1866 1936 Microbiologie
Nicolle Travaux sur le typhus et la leishmaniose.

Premier traité de médecine tropicale,


Garcia Da
O 1501 1568 Colóquios dos Simples e Drogas e Cousas Medicinais da
Orta
Índia.

Signe d'Osler,

Faux-panaris
d'Osler,
O William Osler 1849 1919 Système de résidence.
Triade d'Osler,

Endocardite d'Osler

P Charles Pajot 1816 1896 Obstétrique Forceps de Pajot


P Paracelse 1493 1541
Ambroise
P 1509 1590 Chirurgie
Paré
James Maladie de
P 1755 1824 Description de la maladie de Parkinson
Parkinson Parkinson
Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1904,
P Ivan Pavlov 1849 1936
Réflexe de Pavlov.

P Philippe Pinel Psychiatrie Traitement moral.

Pierre Plessimètre,
P Adolphe 1794 1879 Plessimètre.
Néologismes : (septicémie, toxine, toxémie).
Piorry

Charles
P 1791 1853 Inventeur de la seringue hypodermique à piston
Pravaz
Abu Al-
Q ~ 940 1013 Al-Tasrif.
Quasim
Robert Oto-rhino-
R 1881 1960
Ranjard laryngologie
Scipione
R 1863 1937 Invention du sphygmomanomètre.
Riva-Rocci
Microbiologie, Découverte de la toxine diphtérique,
R Émile Roux 1853 1933
Immunologie Découverte du sérum anti-diphtérique.

Père de la réanimation cardio-pulmonaire,


Anesthésie-
S Peter Safar 1924 2003
réanimation ABC of resuscitation.

Antonio
S 1752 1832 Chirurgie Triangle de Scarpa.
Scarpa
Ignore
S Philippe 1818 1865 Obstétrique Travaux sur l'hygiène et l'importance du lavage de mains.
Semmelweis
Alexander
S 1838 1900 Gynécologie Glandes de Skene.
Skene
Nicolas
S 1638 1686 Canal de Sténon.
Sténon
Syndrome de
Armand Trousseau,
T 1801 1867
Trousseau
Signe de Trousseau

V André Vésale 1514 1564 De humani corporis fabrica.

61
Julius
W Wagner- 1857 1940 Prix Nobel de physiologie ou médecine de 1927.
Jauregg
W Thomas Willis 1621 1675 Polygone de Willis
Découverte du bacille de la peste,
Alexandre
Y 1863 1843 Microbiologie Yersinia
Yersin Découverte de la toxine diphtérique.

9.4 Noms de maladies correspondant à des patronymes


 Thomas Addison voir Maladie d'Addison
 Alois Alzheimer voir Maladie d'Alzheimer
 Anton Biermer voir Anémie de Biermer
 Léon Bouveret voir Maladie de Bouveret
 Charles-Édouard Brown-Séquard voir Syndrome de Brown-Séquard
 Jean-Martin Charcot voir Maladie de Charcot
 Harvey Cushing voir Syndrome de Cushing
 John Dalton voir Daltonisme
 Guillaume Dupuytren voir Maladie de Dupuytren
 Thomas Hodgkin voir Maladie de Hodgkin
 François Gigot de Lapeyronie voir Maladie de La Peyronie
 Joseph Lister voir Listériose
 Jean Lobstein voir Maladie de Lobstein
 Prosper Menière voir Maladie de Menière
 James Parkinson voir Maladie de Parkinson
 John Parkinson voir Syndrome de Wolff-Parkinson-White
 Percivall Pott voir Mal de Pott
 Heinrich Quincke voir Œdème de Quincke
 Friedrich Daniel von Recklinghausen voir Maladie de von Recklinghausen

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