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Guide Sous Marin de Nouvelle-Calédonie

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p.

laboute
y. magnier
du centre O.R.STO.M
de Nouméa

guide
sous-marin de
nouvelle-calédonie
A la mémoire de notre ami et collaborateur
Pierre Djiemaoun, mort en plongée.

les édi'tio"I du pacjfiqu ~


·
sommaire

page 5 le lagon de Nouvelle-Calédonie

page 9 mangroves et vases

page 19 plages et sables

page 31 récifs

page 51 menaces et protections

page 61 les espèces

page 156 index des noms scientifiques

3
Le lagon de
Nouvelle-Calédonie

L'archipel néo-calédonien rassemble, autour de la


longue Grande-Terre montagneuse, les îles Loyauté à
l'est, les Bélep, Surprise et Huon au nord, les Chester-
field à l'ouest et l'Ile des Pins au sud, La situation de ces
îles, à la limite sud de la zone tropicale océanique sou-
mise aux alizés de sud-est, leur confère un climat d'une
grande douceur. La température moyenne annuelle
s'établit autour de 22°, avec des extrema peu marqués.
La température de l'eau de mer varie de 21 ° à 28°, le
mois le plus frais étant août et le plus chaud février.
Sur la côte est de la Grande-Terre les côtes sont dé-
coupées en estuaires étroits et profonds alors que la côte
ouest s'ouvre sur la mer par de larges baies plus ou
moins envahies de palétuviers.
A l'Ile des -Pins les Kounié sont les seuls à construire encore les
grandes pirogues canaques à pont surélevé, pour naviguer dïle en
ile. Ils s'en servent pour la pêche et pour promener les visiteurs à
travers les merveilleux dédales côtiers des baies d'Oupie et de
Gadji.
5
L'existence des deux grands récits barrière de chaque
côté de la Grande-Terre, délimitant un lagon où la pro-
fondeur ne dépasse guère 40 mètres, peut s'expliquer
en grande partie par l'histoire géologique récente, Re-
montons deux cents siècles en arrière, à l'époque de la
dernière grande glaciation, celle de Wurms 2, où le stoc-
kage de la glace en deux énormes calottes polaires avait
fait baisser le niveau mondial des océans d'une centaine
de mètres, A cette époque la Nouvelle-Calédonie avait
déjà, pour ce qui est de sa morphologie, presque le
même aspect que maintenant sauf évidemment pour
toute la partie qui constitue l'actuel lagon, qui se trouvait
alors complètement asséchée, Les rivières poursuivaient
leur cours jusqu'à une ligne de rivage dont l'emplace-
ment correspondait à ce qui est de nos jours la base du
tombant extérieur du Grand Récif. Le pourtour de cette
super-Grande-Terre de la fin du Pléistocène se trouvait
ceinturé de récifs frangeants sauf dans les embouchures
des rivières où l'arrivée d'eaux douces et chargées de
sédiments empêchait la croissance des madrépores
constructeurs, A partir de cette époque (- 18000 ans),
sous l'effet du réchauffement du climat général de la
planète qui entraînait la fonte des glaces, le niveau de
l'océan s'est mis à remonter en même temps que de pe-
tits mouvements tectoniques faisaient légèrement bas-
culer la Grande-Terre vers l'ouest. Pendant environ
treize à quinze mille ans la mer a envahi progressivement
les vallées des rivières pendant que les coraux de l'an-
cien littoral poussaient pour se maintenir près de la sur-
face, édifiant ainsi la barrière du Grand Récif, interrom-
pue à toutes les anciennes embouchures des rivières.
Au fur et à mesure que le lagon s'est élargi les sédiments
se sont accumulés sur le fond, comblant une grande par-
tie des vallées immergées, sauf près des passes où les
courants induits par la marée et le vent ont empêché
les sédiments de se déposer, laissant subsister des
« canyons fossiles)} comme celui de la Dumbéa. Bien
entendu des larves des coraux, véhiculées par les cou-
6
rants, se sont également fixées en tous les points favo-
rables du lagon, entraînant la formation de toutes sortes
de récifs, de bancs et d'îlots. Il semble dans certains
endroits, particulièrement en face de Nouméa et en face
de Touho, que ces développements récents de récifs
entraînant l'apparition d'îlots en chaîne soient dûs à la
présence préalable d'une ancienne barrière ou soient le
résultat d'un arrêt momentané de la montée des eaux.
Depuis 3 à 5 000 ans le niveau marin a cessé de monter
ou même, sur les rivages calédoniens, régressé légère-
ment, entraînant la formation de marais littoraux et le
développement des mangroves. Au contraire, de petites
surrections localisées, à Touaourou et à l'île des Pins,
ont entraîné l'éxondation à quelques mètres d'altitude
des platiers coralliens littoraux d'il ya quelques millions
d'années, qui sont maintenant couverts de végétation et
dont le pourtour a été découpé par les vagues et la cor-
rosion marine en mini-falaises à encorbellements alter-
nant avec des plages de sable fin.
L'histoire géologique des îles Loyauté est très diffé-
rente car aux transgressions et régressions marines des
époques glaciaires s'est ajoutée une surrection tecto-
nique due au bombement de la plaque « australienne»
avant son enfoncement dans la fosse des Nouvelles-
Hébrides. Maré et Lifou sont d'anciens atolls qui ont
été soulevés par ce bombement et façonnés en cou-
ronnes de terrasses par l'abrasion des vagues aux an-
ciens niveaux de la mer. Ouvéa n'a été soulevé que d'un
côté et conserve la physionomie d'un atoll: un grand
lagon ceinturé de récifs et d'dots et, à l'est, une île lon-
gue et étroite dont le rivage intérieur est une grande
plage de sable de 25 kilomètres et le rivage extérieur est
constitué de falaises coralliennes de 30 mètres de hau-
teur, comme à Maré et Lifou.

Page suivante : La mangrove couvre des milliers d'hectares de


rivages vaseux. A l'arrière-plan, les Rhizophora dont les racines en
arceaux forment un lacis serré. Au premier plan, les Bruguiera
dont les pneumatophores ressortent de la vase en coudes noueux.
7
Mangroves
et vases
Dans l'esprit de la plupart des gens, les « bords de
mer à palétuviers» évoquent un monde hostile, fangeux
et impénétrable, infesté de moustiques. Les amateurs
dotés de plus de discernement savent, eux, qu'il faut
bien fréquenter ces rivages si l'on veut déguster les déli-
cieuses huîtres collées aux racines des arbres; ils savent
aussi que les terriers de la vase abritent de gros crabes à
chair succulente.
Pour les biologistes, ces forêts de palétuviers consti-
tuent des écosystèmes très particuliers, les mangroves,
qui sont, une intrusion de formes végétales terrestres
dans le milieu marin, entraînant la colonisation de la
niche écologique ainsi créée par des organismes marins
adaptés à la vie amphibie, à la base et aux balancement
des marées.
Les mangroves couvrent une bonne moitié des riva-
ges de la Grande-Terre et atteignent leur plus grand
développement sur la côte Ouest. Elles constituent le
paysage type de toutes les embouchures de rivières,
des fonds de baie et généralement de toutes les côtes
basses à estran vaseux. Les principales plantes qui la
composent sont:

Les mangroves
• Les Rhizophora, ou palétuviers rouges, dont les
longues racines-pilotis en arceaux, partent du tronc et
des branches et forment des lacis difficilement péné-
trables. Ces palétuviers sont les premiers à coloniser
les bancs vaseux qui se forment aux embouchures des
rivières près des chenaux de marée, à condition que
l'agitation due aux vagues ne soit pas trop importante.
9
• Les Bruquiera aux troncs massifs, dont les racines
ondulent sous la vase et en ressortent en coudes noueux
appelés pneumatophores, indispensables à leur aéra-
tion. L'espèce la plus abondante est Bruguiera eryope-
tata.
• Les Avicennia (surtout A vicennia o fficina/is) aux
pneumatophores longs, grêles et serrés. Ils sont la forme
dominante des petites mangroves en cordons établies
sur les rivages de corail concassé où les vagues peuvent
être assez fortes; ils supportent très bien l'absence de
toute arrivée de cours d'eau.
Cette végétation des mangroves est envahie au moins
en partie par la mer à chaque marée montante. C'est
l'amplitude de ces marées qui fixe la zonation des espè-
ces végétales selon qu'elles sont plus ou moins toléran-
tes aux conditions de salinité, et c'est le rythme des
marées qui règle la vie de tous les animaux de la man-
grove soumis à des conditions changeantes deux fois
par jour et tous adaptés à une vie amphibie. Les acteurs
principaux sur la scène de la marée basse sont les cra-
bes détritivores, surtout des Grapsidés et des Ocypodes.
Les plus visibles sont les troupes des petits crabes Uca
dont les mâles ont une pince hypertrophiée de couleur
vive; ils marchent sur la vase sans jamais s'éloigner
beaucoup de leurs petits trous où ils se réfugient à la
moindre alerte. Sur les bancs vaseux ensoleillés dépour-
vus de végétation, ou seulement hérissés de pneumato-
phores, on voit surtout les Uca à pince jaune (Uca /ac-
tea) et ceux à pince rouge vif (Uca tetragonon) tandis
que les Uca dussumieri, à pince brun-rouge fréquen-
tent les pentes de vase fluide ombragées. Tous masti-
quent la vase pour en extraire de petites particules ali-
mentaires dont ils se nourrissent, et ils abandonnent
de petites boulettes sphériques tout autour de leurs
terriers. Dès les premiers flots de la marée montante
ils s'enfoncent dans leur refuge dont ils obstruent l'ori-
fice par une boulette et ils s'y terrent jusqu'à la marée
suivante. C'est le moment où d'autres crabes qui se te-
10
naient à l'abri dans la vase sortent au contraire en quête
de nourriture. Ceux-là sont les prédateurs, adaptés à la
nage (famille des Portunidés). Leur cinquième paire de
pattes aplatie en nageoires leur permet d'évoluer dans
l'eau avec vivacité et de se repaître de proies vives. C'est
le cas du crabe de palétuviers le plus connu, Scvlla
serrata, massif et puissamment armé, d'un
brun verdâtre, quelquefois bleuté. Il est surtout actif
de nuit. A marée basse il creuse de gros terriers obliques
peu profonds d'où, avec beaucoup de savoir-faire, les
pêcheurs le délogent en enfonçant le bras dans la vase
pour passer par derrière le crabe et le pousser au dehors.
Un autre Portunidé comestible le crabe batailleur Portu-
nus pelagicus fréquente les mêmes terrains de chasse
mais ne creuse pas de terrier. Lorsqu'on le rencontre à
marée basse, dans les flaques, il se montre d'une agres-
sivité farouche, brandissant haut les pinces et faisant
front à tout adversaire. Les petits Thalamita qui ressem-
blent aux étrilles des côtes européennes, ont le même
habitat.
La vie amphibie a aussi des attraits pour un poisson très
spécial, que l'on appelle « sauteur» (Periophtalmus) et
qui, grâce à ses nageoires-ventouses sous le ventre
grimpe sur les racines-échasses des palétuviers, toujours
prêt à sauter. Il se nourrit surtout de moustiques et de
leurs larves. Pour lui permettre ses longs séjours hors
de l'eau il est, lui aussi doté d'un système respiratoire à
pellicule liquide et sa queue, qu'il laisse souvent trem-
per dans l'eau, est si richement vascularisée qu'elle est
en quelque sorte une branchie accessoire.
Plus encore que les poissons et les crabes, les mollus-
ques s'étagent dans la mangrove en aires bien délimi-
tées par le niveau des marées. Au-dessus des hautes
mers, les littorines (surtout Littorina scabra) s'accro-
chent aux troncs et aux racines. Un peu plus bas, l'hori-
zon des délicieuses « huîtres de palétuviers» (Crassos-
trea glomerata) est baigné chaque jour par la marée;
ces huîtres sont malheureusement, en Nouvelle-Calédo-
11
nie, de plus en plus rares. Là où l'eau est suffisamment
dessalée, près des rivières, ou des résurgences d' ea u
douce, vivent des grappes d'huîtres plates accrochées
les unes aux autres (lsognomon). A la base des racines
et des pneumatophores des palétuviers se rencontrent
de nombreux Potamidés, petits mollusques bruns à
coquille pointue, certains accrochés aux supports
végétaux (Cerithidae), les autres groupés en foules
autour des flaques (Terebra/ia, Pyrazus) et se nourrissent
de micro-algues. Sur les estrans vaseux dépourvus de
palétuviers les Calédoniens savent ramasser les coquil-
lages comestibles parmi lesquels les plus populaires sont
les grisettes Gafrarium tumidum, les savonnettes Ciree
trigona et les « palourdes »Anadara trapezia.

Les vases
En passant des mangroves proprement dites aux fonds
vaseux qui les avoisinent, en dessous du niveau des plus
basses mer, les peuplements évoluent progressivement
vers des organismes essentiellement marins ne suppor-
tant pas l'exondation. Les mollusques sont toujours
présents mais cette fois sous la forme de fouisseurs
détritivores ou carnivores comme des natices (Po/yniees
tumidus), des nasses (Nassarius pu//us), des murex
(Murex tribu/us ou faux-peigne de Vénus). des olives
(O/iva /ig n aria), des strombes (Strombus epidromis et
S. eanarium).
Les fonds de vase molle sont le domaine favori de
certains gobies (Op/opomus, Cryptoeentrus, Aeentro-
gobius), petits poissons que l'on peut voir à demi sortis
de leurs trous et très prompts à y rentrer.
La grosse bêche-de-mer verdâtre H%turia seabra
ingère la vase à longueur de temps pour en retenir les
particules assimilables. Elle sert souvent de refuge à
un petit poisson très allongé (Jordanie us graei/is) qui
entre et sort de cette holothurie avec désinvolture. On
croit même savoir que lorsqu'il est jeune ce poisson dé-
12
vore les entrailles de l'holothurie puis, l'âge venant, il
prend coutume de dîner dehors.

Les sables vaseux


Autour des massifs coralliens, les sables vaseux sont
peuplés d'une faune mixte où voisinent les espèces
ubiquistes de fonds meubles et les espèces plus spécia-
lement adaptées aux sédiments très fins et à l'eau char-
gée en particules détritiques,
Les grandes taches noirâtres visibles de la surface
correspondent à des prairies de phanérogames ma-
rines, c'est-à-dire de plantes adaptées à la vie marine.
Les plus répandues sont Ha/ophi/a ova/is, Cymodocea
serru/ata et Tha/assia emprichti. cette dern ière éta nt
l'herbe favorite des vaches marines Dugong dugo.
Juste en face de Nouméa, avec de la chance, on peut
apercevoir de temps en temps quelques-unes de ces
grosses bêtes paisibles au mufle aplati venant respirer
à la surface avant de retourner brouter.
Les autres formations végétales des sédiments fins
sont surtout constituées de sargasses brunes dont les
touffes se détachent souvent et flottent ensuite éparpil-
lées à la surface. On rencontre aussi de nombreuses
espèces de Cau/erpa. algues vertes très délicates qui
ressemblent à des chaînes de petites plumes reliées à la
base par un stolon. Les Padina. striées de filets blan-
châtres et les A vrain ville a très vertes ont la forme de
petits éventails plus ou moins courbes, tandis que les
Ha/imeda forment de petits bouquets vert-blanchâtre
aux ramifications segmentées en cylindres ou raquettes.
Les divers embranchements des invertébrés marins
sont presque tous représentés:
Chez les Cnidaires. il s'agit presque toujours d'indi-
vidus isolés. Les « plumes de mer» urticantes, Virgu/aria
gustaviana et Struthiopteron ca/edonicum sortent du
sédiment de vingt à trente centimètres et y rentrent si
on les agace, tout comme les actinies rétractiles Acti-
13
nodendron et Edwardsia baptisées « choux-fleurs» qui,
si on les effleure à peau nue, déchargent instantanément
leurs nématocystes, infligeant aux importuns de doulou-
reuses brûlures aux marques persistantes.
En de nombreux endroits le fond est tapissé de milliers
de petits Caryophillidés qui ressemblent à de grosses
molaires éparpillées. Ces « coraux marcheurs» (He te-
ropsammia) se déplacent effectivement sur le fond mais
« involontairement», car ils abritent tous, à la partie
inférieure de leur squelette, un ver de la famille des
Siponcles Apsidosiphon corra/ico/a qui sort de sa
logette spiralée par un petit trou et qui se nourrit de
particules du sédiment en entraînant le corail dans son
déplacement. Cette association d'un siponcle et d'un
corail se complique souvent d'un troisième larron, un
petit bivalve filtreur de la famille des moules, Lithophaga
/essepsiana, qui habite dans une logette située au-des-
sus de celle du siponcle et dont la fenêtre en forme de
huit se situe latéralement sous le calice du corail.
Beaucoup d'Echinodermes aiment les fonds meubles.
On rencontre une bonne vingtaine d'espèces de bêches-
de-mer dans les eaux calédoniennes et pas spécialement
sur les fonds vaseux, car certaines préfèrent les sédi-
ments assez grossiers. La répartition écologique de ces
animaux d'après la granulométrie du substrat reste à
étudier. Toutefois on peut dire que là où il ya de la vase
très fine, même mélangée à du sable, les holoturies
vertes (H. scabra) et les noires (Ha/odeima atra et
Stichopus ch/oronatus) sont pl us fréq uentes que les
autres. Elles glissent au ralenti, à demi enfouies ingé-
rant le sable d'un côté, le rejetant de l'autre en une
interminable goinfrerie tubulaire. Certaines sont pour-
tant beaucoup plus délicates dans leur façon de se
nourrir, ce sont les synaptes Svnapta macu/ata dont le
corps très extensible semble plein d'eau et devient
Ces champs de « molaires ii sont constitués de milliers de petits
coraux libres, Hetoropsammia michelini qui se déplacent sur les
fonds sabla-vaseux, tractés par un ver Apsidisiphon jukesi.
14
tout flasque lorsqu'on l'empoigne, comme s'il n'y avait
pas d'organes à l'intérieur. Ces animaux portent devant
la bouche une dizaine de bras disposés en étoile grâce
auxquels ils recueillent de petits débris qu'ils portent
ensuite à leur bouche en y enfouissant carrément cha-
cun de leurs bras pour les sucer à tour de rôle.
Les autres échinodermes des sables vaseux, oursins
et étoiles de mer, sont représentés par quelques espèces
très communes comme les oursins chevelus coiffés en
arrière des genres Echonocardium et Lovenia. En cer-
tains endroits on peut en voir jusqu'à dix ou vingt par
mètre carré. Ils sont la nourriture favorite des gros
casques Cassis cornuta. Dans les mêmes fonds vivent
aussi les spatangues Laganum depressum, oursins très
aplatis et sans piquants décorés d'une belle étoile vio-
lacée sur le dos. Ils cheminent sous quelques millimètres
de sédiment en laissant une trace large et peu profonde.
D'autres oursins au contraire se déplacent sur le fond
en s'étant auparavant camouflés sous des fragments de
coquilles. Les Mollusques les plus typiques de ces fonds
sont les « clap-clap» qui ressemblent à de petites coquil-
les Saint-Jacques souvent recouvertes d'éponges in-
crustantes d'un rouge vif. Les deux espèces calédonien-
nes sont la petite Pecten vexillum et Ch/amys sena-
toria, un peu plus grosse. Elles se déplacent en nageant
de façon cocasse, battant violemment des valves et
elles retombent, comme épuisées, après un « vol» d'à
peine un mètre. Cette courte distance est néanmoins
largement suffisante pour échapper à l'étreinte mortelle
des étoiles de mer Protoreaster et Nardoa capables
d'introduire de force leur estomac entre les valves des
infortunés clap-clap pour se régaler de leur chair.
Les Terebellum, gastéropodes semblables à de petites
torpilles, sont eux aussi capables de décoller du fond
en cas de danger, d'une brève détente de leur pied
musculeux armé d'un opercule corné, comme celui des
autres strombes.
Les autres mollusques que l'on trouve couramment
16
à partir d'une certaine profondeur ont des modes de
vie assez divers; les pinnes (Atrina vexil/um) et les
marteaux (Mal/eus albus) sont des filtreurs fixés au
fond; les solariums (Architectonica perspectiva) sont
des suceurs d'invertébrés; les cérithes (Cerithium), les
porcelaines (Cypraea eburnea) sont herbivores; les
mitres (Vexil/um exasperatum), les térèbres (Terebra
duplicata) et les olives (Oliva miniacea) sont des carni-
vores qui se nourrissent de petits organismes enfouis
ou de cadavres; les murex, comme les « pipes» Haustel-
lum haustel/um et les porte-montre Murex ramosus
attaquent les autres coquillages, dont ils perforent le
test. La petite volute Voluta deliciosa endémique en
Nouvelle-Calédonie, est également un prédateur.
Les sédiments fins sont également parsemés d'épon-
ges, très souvent envahies de toute une endofaune de
crustacés et de vers. Leur variété de formes et de cou-
leurs est un véritable casse-tête pour les taxonomistes
qui ne les distinguent qu'en examinant au microscope
les spicules siliceux qui leur servent d'armature. De
place en place les splendides bryozoaires lodictyum
buchneri attirent irrésistiblement la convoitise du plon-
geur par leur bouillonné de dentelle mauve qui se brise
au moindre choc. Mais les plus séduisantes surprises
de ces fonds de sables vaseux sont certainement les
occasionnels jardins de sabelles (Sabel/astarte) dont les
branchies épanouies en corolles plumeuses sortent de
petits tubes et y rentrent timidement dès qu'on en
approche le doigt.
Là où la vase est nue, les poissons sont peu nom-
breux, mis à part les gobies. Lorsque les fonds sont
parsemés d'herbiers de phanérogames ou d'algues,
quelques espèces se retrouvent toujours: les couples
de gobies des cuvettes Amblyogobius phalaena, les
barbets (Parupeneus et Upeneus), les labres des her-
biers Chei/io inermis, et, naturellement, les picots gris
Siganus spinus et S. oramin et les bossus d'herbe
Lethrinus obsoletus et L. harak.
17
Plages et sables

Les plages de la Grande-Terre présentent toute une


gamme de sables, du plus fin au plus grossier et du plus
blanc au plus noir. Les principaux constituants des
sables « clairs» sont des fragments de coraux plus ou
moins concassés et émoussés, des débris de coquilles
de mollusque et de tests d'oursins, une « poussière»
calcaire provenant des segments friables des algues
du genre Ha/imeda et, en proportion variable mais sou-
vent très importante, des tests de foraminifères. Il faut
ici ouvrir une parenthèse car bien des gens qui prennent
la peine de regarder de près les grains de sable d'une
plage sont intrigués par ces petits disques plats, les
uns minuscules, les autres pouvant atteindre plus d'un
centimètre de diamètre, blancs ou rosés, souvent per-
cés d'un trou central qui permet de les enfiler facile-
ment pour constituer des bracelets ou des colliers. Ce
sont les squelettes d'organismes monocellulaires de la
classe des Foraminifères surtout représentés en I\lou-
velle-Calédonie par le genre Marginopora (famille des
Orbital itidés).
Le sable des plages et les fonds qui les prolongent
constituent l'habitat d'une faune spécialisée capable de
s'enfouir à l'intérieur du substrat pour y trouver refuge
ou nourriture. Quelques exemples d'adaptation remar-
quables sont fournis, là encore, comme pour la man-
grove, par les crabes. Dans le haut des plages, presque
constamment hors de l'eau, vivent les ocypodes ou
crabes-fantômes. L'Ocypoda ceratophta/ma dont les
Les plages des Îlots du lagon, souvent bordées de filaos, sont consti-
tuées de débris de coraux, de coquillages et de foraminifères. A
marée basse elles grouillent de bernards-l'ermite et de crabes cou-
reurs. Ilot Laregnère. en face de Nouméa.
19
yeux se prolongent par deux pointes cornées et l'Ocy-
poda cordimanna, plus petit, sont d'une agilité extrême
à courir sur le sable en semblant à peine l'effleurer. A
marée descendante, ils creusent des excavations spi-
ralées en remontant le sable dans le coude d'une de
leurs pinces et en le rejetant à l'extérieur pour former
de petites pyramides qui marquent leur territoire. Ils
fréquentent la frange écumeuse des vagues de la plage
à marée descendante et y trouvent leur pitance. Au
moindre danger ils regagnent leurs terriers à toute
vitesse.
A l'opposé de l'adaptation des ocypodes hauts sur
pattes, taillés pour la course et qui creusent leurs trous
à l'air libre, les Matuta planipes sont tout aplatis, jus-
qu'au bout de leurs pattes en palettes. Ils ne sortent
jamais de l'eau, mais fréquentent la même bande de
déferlement que les ocypodes. Leur nage évoque plutôt
un vol plané au ras du fond se terminant par une dispa-
rition subite au moment de l'atterrissage.
De petits mollusques suivent aussi le déplacement
quotidien de cet « ourlet» de la mer entre le haut et le
bas des pentes sableuses. Ce sont les Donax, appelés
« clovisses» en Nouvelle-Calédonie. Jouant de leur
pied et de leur siphon, à chaque déferlement suffisam-
ment intense, ils se laissent entraîner dans un sens ou
dans "autre et s'enfouissent avant même que le
mouvement de l'eau ne s'inverse.
Dans la partie inférieure des estrans sableux on
rencontre parfois des cavités cylindriques verticales
très nettes, comme découpées au carottier, et dont l'ori-
fice, à marée basse, est diaphragmée à mi-diamètre par
une pellicule de nucus aggloméré à des grains de sable.
Ce sont les terriers de la « squille géante» Lysosqui//a
macula ta ou scraw-fish, Ce stomatopode qui peut dé-
passer 30 cm de longueur, possède en guise de seconde
paire de pattes thoraciques deux redoutables « pinces»
prédatrices dont les segments terminaux, armés de
dents longues et tranchantes, s'emboîtent au repos
20
dans une rainure du segment précédent comme la
lame d'un canif dans son manche: Postée à marée
haute à l'entrée de son terrier, dans une attitude de
mante religieuse, la squille frappe les petits poissons
qui passent à sa portée de coups mortels de ses pinces-
rasoir capables de trancher plusieurs centimètres de
chair, puis emporte sa proie pour la dévorer. Le mâle
et la femelle habitent souvent ensemble. Les Calédo-
niens forçaient autrefois ces animaux hors de leur
repaire en défonçant le sable à la barre-à-mine, mais
les Tahitiens de Nouvelle-Calédonie ont popularisé
leur méthode, beaucoup plus rapide, qui consiste à
introduire dans la partie verticale du terrier un grappin
formé de plusieurs hameçons attachés en couronne à
l'extrémité d'un bâtonnet sur lequel un petit poisson est
fixé comme appât. La squille se hisse à mi-corps le long
du bâton et on peut alors la ferrer d'un coup sec et la
tirer doucement hors du trou.

Les sables et graviers


Les fonds de sable clair qui s'étendent autour des
récifs isolés ou le long du côté interne du Grand Récif
sont peuplés d'une grande variété de Mollusques
fouisseurs ou prédateurs. On retrouve certaines espèces
qui habitent aussi les fonds de vase mais surtout d'au-
tres représentants plus caractéristiques. Citons, parmi
les plus communes:
- les térèbres dont la grosse Terebra maculata qui peut
dépasser 25 centimètres. D'autres térèbres assez com-
munes sont T. dimidiata, T. duplicata et T. areolata ;
- les cerithes Rhinoclavis fasciatus, R. asper et R.
sinensis;
les mitres Mitra mitra, M. papilio ;
les olives Oliva annulata, Ancillaria montrouzieri;
les cônes Conus arenatus, C. eburneus, C. pulicarius ;
les natices Polinices pyriformis et P. mellosus.
Tous ces fouisseurs laissent à la surface du sable
21
des traces plus ou moins profondes qu'il est passion-
nant de suivre en essayant de deviner à quelles espèces
elles correspondent. A ce jeu très amusant, les débu-
tants se trompent souvent de bout, farfouillent en vain,
empoignent inconsidérément les bêches de mer mais
finissent toujours par récolter un petit souvenir. Cer-
tains amateurs expérimentés arrivent à économiser leur
effort en ne plongeant pas inutilement sur des traces
« ordinaires» et savent repérer celles qui correspondent
aux espèces les moins communes. Ils ne plongent alors
qu'à bon escient et pincent délicatement entre deux
doigts, à travers le sable, quelque Mitra papa/is ou
quelque Terebra /anceata.
Les bivalves enfouis dans ces fonds de sable « à
coquillages» intéressent généralement moins les col-
lectionneurs, bien que certains puissent être d'une
remarquable beauté comme les petits Lioconcha dont
les valves sont artistement décorées de petits zig-zags
très variés, ou les Amussium dont les valves, très diffé-
rentes, sont baptisées l'une le soleil et l'autre la lune.
A la surface du sable, les familles de coquillages les
mieux représentées sont les cônes et les strombes.
Les cônes les plus communs sont les gros vermivores
Conus /eopardus, tout tâcheté de noir, C. /itteratus qui
lui ressemble beaucoup, C. virgo qui est jaune pâle avec
la pointe violette, C. quercinus, etc. Certains cônes de
sable plus rares n'existent qu'en Nouvelle-Calédonie ou
sont rarissimes ailleurs: Conus coe/inae, presque sem-
blable à C. virgo mais avec la pointe rose, C. /ienardi
aux dessins très variés, C. cabriti, C. ve yssetin us, ainsi
que le très rare Conus mer/etti que l'on ne trouve que
sur les pentes sableuses profondes à l'extérieur du
Grand Récif.
Certains strombes abondent sur les fonds de sable
proches des bancs coralliens. Il s'agit surtout des « sau-
Ces coquillages comestibles appelés sauteurs s'agglomèrent sou-
vent par centaines à la limite des herbiers sableux. Strombus
luhuanus. Baie Saint-Vincent, 1 m.
22
teurs » 5trombus luhuanus et 5. gibberulus que l'on peut
rencontrer par centaines. D'autres, moins communs ont
le même habitat (5. lentiginosus, 5. vomer); signalons
en particulier 5trombus thersites qui n'existe qu'en
Nouvelle-Calédonie et aux îles Ryu-Kyu. Dans les gra-
viers plus grossiers on rencontre surtout les « arai-
gnées », Lambis lambis et Lambis sebae.
Les Echinodermes les plus typiques des fonds de sable
sont les gros oursins noirs à longs piquants Diadema
setosus. Ils se groupent pendant le jour, par paquets,
entremêlant leurs aiguilles; si on les écarte les uns des
autres ils cherchent à reconstituer leur communauté.
Il est rare de rencontrer de jour des isolés et, dans ce
cas, ils sont toujours serrés à la base d'un bloc protec-
teur. Malgré la formidable défense que constituent leurs
piquants ces oursins ont tout de même des prédateurs
comme par exemple le grand arbalétrier bleu Balistes
fuscus qui sait retourner un oursin en soufflant sous lui
de puissants jets d'eau; une fois l'oursin retourné, le
poisson le mord dans la région buccale, là où les
piquants sont les plus courts, et le dévore. Un autre
baliste plus petit (Balistes undulatus) ronge les piquants
du Diadema jusqu'à pouvoir transporter l'oursin en le
tenant dans sa gueule par les moignons; il s'élève
au-dessus du fond, lâche l'oursin et pendant que celui-ci
retombe lentement il fonce l'attaquer par-dessous.
Dévorés par certains poissons, les oursins-diadèmes
offrent à d'autres le refuge de leurs piquants; ce sont
le plus souvent les poissons-cardinaux (Apogon) et les
poissons-rasoirs Aeoliscus strigatus. Les premiers
restent toute la journée à l'abri dans les forêts de pi-
quants et ne s'en éloignent que la nuit pour se nourrir.
Les seconds, mangeurs de plancton, toujours le museau
vers le bas, ont une nage de groupe fascinante comme
un ballet, leurs corps raides se déplaçant en mouve-

Les jeunes oursins Diadema setosum ont de longs piquants


striés de bandes claires et brunes, qui deviennent ensuite d'un noir
uniforme. Chenal de l'Ilot MaÎtre. 22 m.
24
ments d'ensemble un peu saccadés où seul le parallé-
lisme général est conservé, mais où le pivotement de
chacun est permis ainsi que les vitesses différentes et
les altitudes variables.
Les oursins-diadèmes abritent aussi, à l'occasion, des
essaims de poissons juvéniles de différentes espèces
ainsi que des crevettes Stegopontonia très difficiles à
distinguer tant leur robe noire, striée longitudinalement
d'une ligne claire, se confond avec les teintes de l'oursin.
Les crevettes de la famille des Pontoniinae s'invitent
d'ailleurs volontiers chez les Echinodermes. " est fré-
quent d'en voir sur les holothuries, il s'agit alors, la plu-
part du temps de Peric/imenes imperator. On en trouve
d'autres (Periclimenes soror) sur les « oreillers de
requins» Ca/cita novae-guinae ou sur les étoiles de mer
de différentes espèces.
Ces étoiles de mer sont souvent d'une remarquable
beauté, en particulier la plus abondante Protoreaster
nodosus ou étoile-rhinocéros dont on peut voir des
rassemblements de plusieurs centaines, chaque indi-
vidu présentant des variantes de couleurs dans l'orne-
mentation des bras et des piquants depuis le vert-jaune
et le rose-crème jusqu'aux teintes les plus foncées de
rouge et de marron-noir. D'autres espèces à cinq bras
(Nordoa tubercu/ata, Gomophia egyptiaca) sont tout
hérissées de granulations richement colorées, ou cri-
blées de cratères rouges vifs (Euretaster insignis). Les
étoiles à six bras sont moins spectaculaires de par leur
teinte presque uniforme, orangée (Echinaster) ou gri-
sâtre (Luidia). Les étoiles-coussins (Cu/cita) ont une
grande variété de dessins et de couleurs sur leur face
dorsale, mais si vous en rencontrez une qui vous semble
plus « banale» que les autres, n'hésitez pas à la retour-
ner; si c'est une Ha/ity/e regu/aris vous aurez la sur-
prise de découvrir une merveilleuse mosaïque aux pavés
beiges et bleus cerclés de jaune.
Les holothuries, qui semblent provoquer beaucoup de
répugnance chez certaines personnes, sont pourtant
26
parfois, comme les étoiles de mer, vêtues de nuances
délicates comme le violet pâle du « ventre» de Ha/o-
deima edu/is, les ocelles fauves bordées de noir et de
blanc de Bohadschia argus, ou la teinte caramel de
l'extraordinaire The/otena ananas. Presque toutes les
holothuries étaient pêchées au siècle dernier pour être
commercialisées sous le nom de trépang. Bien que la
demande du marché asiatique soit toujours forte pour
des espèces communes, plus personne ne ramasse les
bêches-de-mer en Nouvelle-Calédonie. S'il vous arrive
d'en toucher par curiosité, prenez garde aux filaments
blancs extrêmement collants qu'elles éjectent par
l'anus quand elles sont dérangées. Une qui le fait
avec la plus grande facilité est la bêche-de-mer jaune
Bohadschia marmorata. Les autres espèces se laissent
parfois assez malmener avant de protester ainsi; elles
commencent d'abord par se recroqueviller en lançant
un jet d'eau et n'éjectent leurs organes de Cuvier que si
l'agresseur insiste. Il arrive aussi qu'elles vomissent la
quasi-totalité de leur tube digestif. Il paraît que cer-
taines le font spontanément (peut-être sous l'effet
d'agressions internes de leur poisson commensal).
Toujours est-il qu'elles ne s'en portent pas plus mal et
reconstituent tous leurs viscères avec la facilité
qu'ont leurs cousines les étoiles de mer de faire repous-
ser leurs bras coupés.
Les Crustacés des sables et des graviers sont repré-
sentés par plusieurs espèces de crevettes, de crabes et
de bernard-l'hermite. Des crevettes Alpheus qui méri-
tent attention sont les commensales d'un petit gobie.
Elles vivent par paires dans des tubes qu'elles creusent
horizontalement sous quelques centimètres dans le
sable et qu'elles entretiennent toute la journée en éva-
cuant des grains hors du terrier. Le gobie (Cryptocen-
trus) profite de ce refuge pour se cacher ou se reposer.
Il se tient généralement posté à l'entrée, sur le petit
tas de déblais et engloutit de temps à autre de petites
proies. Quand les crevettes sortent, elles gardent tou-
27
jours le contact avec le poisson par au moins une an-
tenne car elles sont presque aveugles et ce sont les
battements de la queue de leur hôte qui les avertissent
des dangers. Au moindre mouvement brusque du pois-
son, elles disparaissent dans le terrier, suivies par le
gobie qui s'y précipite la tête la première.
Un grand nombre d'espèces de Poissons fréquentent
les fonds sableux parsemés d'herbiers, en particulier
tous les mangeurs de coquillages, bossus et becs-de-
cane Lethrinus, Sur les fonds « blancs », les poissons
sont plus rares, mais on peut signaler tout de même les
petites soles Pardachirus pavonimus, les raies Dasyatis
et les poissons « mangeurs de sable» de la famille des
surmulets Pseudopeneus ou de celle des « grosses-
lèvres» P/ectorhynchus. Ces derniers, qui aspirent le
sable et le rejettent en nuages par les branchies, sont
souvent accompagnés par des labres qui profitent de ce
labourage.
Mais les plus spectaculaires adaptations au sable
sont celles des poissons tubicoles Gune//ichthys et des
Gorgasia. Ceux-ci ressemblent à des petits congres
d'une cinquantaine de centimètres qui vivent plantés
dans le sable à mi-hauteur, la tête tournée dans la direc-
tion d'où vient le courant pour capturer le plancton. On
peut en voir par centaines et même par milliers dans les
fonds d'une vingtaine de mètres de profondeur, aux
Loyauté, à l'île des Pins et près des passes du lagon de
la Grande-Terre. Certains « champs» de ces poissons,
vus de loin, font penser à des prairies d'algues tant ils
sont nombreux. Mais la prairie disparaît dès qu'on s'en
approche! En effet ils s'enfoncent lentement en marche
arrière quand le plongeur est encore à quelques mètres
de distance, ne laissant d'abord dE~'passer, à ras du
sable, que le museau et les yeux, puis ils disparaissent
complètement.
Les loches castex Diagramma pictum nagent au-dessus du sable
qu'el/es aspirent à pleines bouchées pour en retenir les particules
nutritives, en rejetant le reste par les fentes branchiales.
28
Récifs
Le platier du Grand Récif ne découvre pas vraiment
à marée basse à part quelques rares blocs détritiques.
Même aux grandes marées, il reste toujours dix ou
vingt centimètres d'eau en moyenne sur la partie où
courent les brisants. Sur une largeur de quelques dizai-
nes à quelques centaines de mètres le fond se présente
sous forme d'une dalle calcaire boursouflée, mais sans
anfractuosités profondes. Les colonies coralliennes, peu
nombreuses, de formes encroûtantes ou trapues sont
surtout des Pocillopora, des Acropora et des Mil/epora.
La faune classique indo-pacifique des platiers battus s'y
retrouve. Ses hôtes typiques sont les oursins-crayons
Heterocentrotus trigonarius, les étoiles de mer bleues
Linkia brevigata, les porcelaines Cypraea caputserpentis,
les cônes Conus ebraeus, les turbos-tapisserie Turbo
petho/atus et les petits turbos verts Turbo imperia/is.
Les grands burgaus verts Turbo marmoratus, si répan-
dus aux Nouvelles-Hébrides, n'existent pas en Nouvelle-
Calédonie.
Dans le flux et le reflux des vagues, les poissons évo-
luent en profitant des moindres reliefs pour se maintenir
proches de leurs abris ou de leurs proies. Les plus jolis
sont les petites girelles rayées de vert, noir et blanc
Tha/assoma hardwicki, les girelles jaunes Tha/assoma
/utescens, et les Gomphosus aux longs nez. A marée
haute, les prédateurs plus grands envahissent les lieux:
carangues, bossus dorés, aiguillettes, mulets, Chanos
chanos, etc.

Les récifs coralliens, avec leurs innombrables abris constituent un


habitat privilégié pour une grande variété d'animaux marins. Selon
l'exposition à la houle les espèces de coraux se répartissent en fonc-
tion de leur fragilité relative. Ici les grandes tables des Acropora
hyacinthus prolifèrent sur le récif Tabou, à l'abri du Grand Récif.
31
De part et d'autre de ce plateau récifal, apparaissent
de profondes encoches, qui donnent aux deux bords
du grand récif un aspect dentelé en éperons et sillons.
Du côté intérieur, les sillons n'ont pas plus de quelques
mètres de profondeur et les éperons, assez courts, se
terminent abruptement sur une pente de sable qui
descend doucement jusqu'aux fonds de 15-20 m.
A l'extérieur, au contraire, les sillons ressem-
blent souvent à de mini-canyons dont le fond peut se
trouver à plus de 20 mètres et être dominé par plusieurs
surplombs dont les bords se rejoignent quelquefois
d'un éperon à l'autre pour former des tunnels à diverti-
cules caverneux. Dans toutes les parties éclairées, la vie
corallienne est d'une exubérance extraordinaire sauf
dans les creux où s'accumulent les débris de coraux
morts, poudrés de blanc ou incrustés d'algues calcaires.
La partie frontale des éperons constitue le tombant
du Grand Récif, qui descend en pente abrupte jusqu'à
30 ou 60 mètres selon les endroits. La couverture par
les colonies madréporiques et les Mélobésiées y est
totale. Dans les voûtes des surplombs et à l'entrée des
cavernes, malgré la présence de beaux madrépores
branchus, comme le faux corail noir Dendrophyllia, et
les petites fleurs des Tubastrea, la prédominance revient
aux éponges encroûtantes, aux Bryozoaires et aux AI-
cyonnaires arborescents Dendronephtya. De place en
place, une grande ascidie orange Polycarpa aurata
balance doucement sa grosse « tête» au bout de son
pédoncule. Au pied du tombant un talus d'éboulis où
les coraux sont beaucoup plus éparpillés et où croissent
les plus grands gorgones, conduit, vers 60-80 mètres,
à des fonds sédimentaires parsemés de quelques rares
formations d'Antipathaires et de coraux profonds.
Le plongeur qui, à 50 mètres, lève la tête vers la sur-
face peut, grâce à l'exceptionnelle limpidité de l'eau,
voir au-dessus de lui, jusqu'au vif-argent des vagues,
la vie qui grouille à tous les niveaux de la fantastique
muraille: au ras du fond ou postées dans les trous, les
32
loches énormes et paresseuses (Epinephe/us cy/indricus,
Epinephe/us /anceo/atus) et les nuages de petits labres
virevoltants; par groupes lâches, les perroquets lie de
vin Scarus rubrovio/acens, les perroquets verts S. jouesi
ou bleus S. gibbus, les poissons bosses Naso tuberosus,
les dawa Naso brevirostris font des rondes incessantes;
les carangues (Caranx me/ampigus) maraudent en zigza-
guant, attirés par le moindre comportement insolite;
les requins, grands seigneurs, longent le tombant avec
indifférence. Les requins les plus courants à l'extérieur
du Grand Récif sont les Trianodon obesus, très paisibles,
qui aiment à se reposer de temps en temps sur le fond.
Ils ont des taches blanches au bout de l'aileron dorsal
et aux deux pointes de la queue, mais il ne faut pas les
confondre avec les Carcharinus a/bimarginatus qui ont
du blanc également au bout des pectorales. Ces der-
niers, très fréquents à l'extérieur sont, comme les élé-
gants requins gris de récif Carcharinus amb/yrhynchos,
beaucoup plus excitables, surtout quand ils sont en
bande.

Les récifs intérieurs


L'intérieur du lagon est parsemé de récifs coralliens
de tous les types: patates isolées, cayes de débris plus
ou moins couvertes de végétation et entourées de pla-
tiers de dimensions variables, récifs en croissants ou
annulaires (faros) ; barrières internes parallèles au Grand
Récif, bancs de coraux morts plus ou moins immergés,
récifs côtiers et frangeants le long du littoral ou autour
des îles hautes, trottoirs à cuvettes autour de l'île des
Pins et des Loyauté, « forêts coulées» de pinacles, etc.
La diversité des formes et des expositions entraîne
une grande variété dans les rapports d'abondance entre
les divers constituants faunistiques et par suite dans les
paysages. Dans les endroits semi-battus où des blocs
émergent de "eau, ils sont couverts d'huîtres roses
Crassostraea suezensis, toujours accompagnées de leurs
33
prédateurs les petits murex Moru/a margina/ba et de
toute la faune habituelle, fixée ou non: chitons, patelles,
nérites, barnacles. De petites blennies « sauteuses»
Sa/arias edentu/us, ont un comportement semblable aux
périophtalmes des palétuviers, glissant de flaque en
flaque ou se tenant postées hors de l'eau à flanc de
rocher. Les crabes de ces rivages durs sont surtout des
grapsidés très rapides aux longues pattes crissantes
(Grapsus tenuicrustatus).
L'étage légèrement inférieur, recouvert à chaque
marée est le plus recherché par les amateurs de coquil-
lages qui, en retournant les blocs de coraux morts, font
de belles récoltes de porcelaines et de cônes. A part
quelques rares cas d'endémicité, les espèces que l'on
trouve en Nouvelle-Calédonie, sont les mêmes que dans
tout l'indo-Pacifique. Dans le sud de la côte Ouest, chez
une vingtaine d'espèces de cyprées, certains spécimens
présentent des colorations anormalement foncées,
jusqu'au noir intense, et des déformations bizarres de la
coquille. Ces porcelaines mélanistiques ou rostrées sont
une des grandes curiosités de l\Jouvelie-Calédonie et
sont très recherchées des collectionneurs. Aucune
explication définitive n'a encore été donnée de ce phé-
nomène.

Les coraux mobiles


Ceux de la famille des Fungidés sont appelés aussi
coraux champignons parce que le squelette de ces
coraux ressemble aux lamelles sporifères de la face infé-
rieure d'un champignon terrestre. En Nouvelle-Calé-
donie, on appelle tous les fungidés des « coraux mar-
cheurs» car ils se déplacent effectivement sur le fond
en se soulevant sur leurs tentacules latéraux. Les Fungia
sont presque circulaires (F. fungites) ou légèrement
A ux grandes marées basses les platiers coralliens sont à sec pendant
une heure ou deux. Certains genres de coraux, comme les Acropora
branchus et les Porites en boule supportent bien l'exondation des
grandes marées basses.
34
allongés (F. echinata), granulés par-dessous, couverts
de longues lamelles rayonnantes par-dessus. Ce sont
des individus simples à polype géant, souvent fixés,
lOrsqu'ils sont jeunes à d'autres squelettes de coraux,
errants ensuite. Ils supportent très bien l'enfouissement
dans le sable et sont parfaitement capables de faire
surface tout seuls en moins d'une heure en jouant de
leurs tentacules et des mouvements ciliaires centrifuges
qui, entre les lamelles, chassent les grains de sable.
Les autres genres de coraux-champignons ont, contrai-
rement aux Fungia, plusieurs calices, disposés en séries
longitudinales sur les coraux-serpents (Herpolitha) ou
disséminés irrégulièrement sur toute la face supérieure
très convexe des coraux-paniers (Polyphillia).

Les coraux branchus


Les Sériatoporidés forment de petites colonies buis-
sonnantes aux branches très pointues comme celles du
corail-hérisson Seriatopora hystrix ou, au contraire
arrondies en bourgeons comme celles du corail chou-
fleur rose Pocillopora verrucosa.
Mais pour ce qui est de la prolifération corallienne
arborescente, les champignons sont les Acropora que
l'on rencontre absolument partout et qui dominent de
loin par leur abondance et la diversité de leurs espèces,
tous les faciès à madrépores. Plus de cent espèces
d'Acropora colonisent tous les milieux, des plus battus
aux plus calmes, et des plus éclairés aux plus troubles.
Certains, comme Acropora hyacynthus construisent de
grands parasols, mais la plupart affectent une forme de
buissons ou d'arbustes dont les rameaux pointus se
colorent de ravissantes teintes pastel particulièrement
lumineuses au début de l'été lorsque les polypes se
mettent à bourgeonner. Les Calédoniens appellent cela
la saison du corail en fleur et beaucoup pensent encore
que ce corail en fleur est responsable de la « gratte »,
intoxication due à la consommation de certains pois-
sons. En fait, si les cas de gratte sont bien plus nom-
36
breux à cette saison, c'est que les amateurs de pêche,
au retour des beaux jours, profitent davantage de la mer
et se mettent à consommer plus de poissons, augmen-
tant ainsi les risques d'ichtyosarcotoxisme.

Les coraux en boule


Les colonies coralliennes de forme globuleuse ont
généralement des calices d'une taille supérieure à deux
millimètres. Chez les Favites et les Goniastraea, les
calices ont leurs parois soudées les unes aux autres,
en nid d'abeilles. Les calices sont au contraire séparés
chez les Favia et les Leptastraea et ils font individuel-
lement saillie chez les Galaxea. Les colonies de ces
quatre genres dépassent rarement une trentaine de cen-
timètres de diamètre, alors que celles des Platygyra, des
Pectinia et des Symphi//ia peuvent former des boules
de plus de deux mètres; les étroites vallées sinueuses
au fond desquelles se réunissent leurs polypes les font
ressembler à d'énormes cervelles verdâtres. Les hémi-
sphères formés par les Lobophy//ia, au contraire, ont un
aspect régulier, du fait que leurs calices, à très fortes
dents, s'ouvrent à l'extrémité de gros tubes facilement
séparables qui ne sont soudés qu'à la base de la colonie.
Les seuls coraux globuleux dont les polypes s'évaginent
de jour sont les petits Goniopora qui font éclore, au
sommet de longs pédoncules, de ravissantes corolles
blanches très douces à caresser du bout des doigts.
Les plus grandes patates en boule sont construites par
les Porites jaunes. Elles peuvent atteindre plusieurs
mètres de diamètre et sont la plupart du temps entail-
lées, autour de leur base, d'une encoche plus ou moins
reliée à des cavernes où se réfugient toute une faune
de poissons, de crustacés et de coquillages. Leur som-
met est souvent nécrosé au centre et percé de galeries
qui communiquent avec les cavernes de la base. Ces
énormes colonies supportent la plupart du temps toute
une faune secondaire, d'autres coraux fixés, de mollus-
37
ques (Vermetus, Pedum, Arca), de vers tubicoles (Spiro-
branchus), de crinoïdes (Heterometra, Tropiometra),
d'éponges, etc.
Les plus beaux coraux en lames et en coupes sont les
Leptoseris. Ils commencent par une petite corolle blan-
che festonnée entourant un calice unique; puis les
calices secondaires apparaissent sur les bords et ceux-ci
s'incurvent légèrement en replats d'où partent de nou-
velles corolles où les fines lamelles des éléments radiai-
res sont ininterrompus d'un calice à I·autre. Exactement
dans le même style de structure, les Podabacia et sur-
tout les Mycedium paraissent plus grossiers et s'étalent
davantage en grandes coupes. Les Pavona reprennent
également le même dessin mais cette fois de façon si
fine qu'il faut presque une loupe pour distinguer les
rayons; leurs colonies forment des cupules et des lamel-
les plus ou moins imbriquées qui évoquent des laitues.
Les Turbinaria commencent toujours leur croissance
par une colonie en forme de cratère ponctué par des
calices assez peu nombreux et légèrement saillants;
leur développement ultérieur se fait en un drapé plus ou
moins serré, agrémenté parfois de colonnettes. Les pla-
ques des Meru/ina sont finement froncées. celles des
Hydnophora ont des rides plus épaisses formées de
chevrons emboîtés. Les lames des Echinopora sont
criblées de calices assez espacés, sur une surface héris-
sée de très fines dentelures alignées; les colonies d'As-
traeopora, assez semblables d'aspect, ont leurs dente-
lures irrégulièrement réparties et leurs calices dépourvus
de rayons intérieurs.
Les coraux en croûte sont surtout des Montipora,
verts, bruns ou violets, boursouflés et rugueux, d'un
aspect si désordonné qu'ils ont toujours l'air d'avoir
étouffé d'autres coraux sous leur chape envahissante
et multiforme. Certains Acropora peuvent aussi former
des croûtes, surtout lorsqu'il s'agit de jeunes colonies.
Dans la Baie du Prony certains coraux arrivent intacts à des formes
géantes. Turbinaria sp. Au premier plan Sarcophyton sp. 10 m.
:8
les pseudo-cora ux
Le nom de corail appliqué à plusieurs familles de cni-
daires, prête souvent à confusion. Le « corail rouge des
bijoutiers» Cora//ium rubrum n'existe qu'en Méditerra-
née et dans la Mer du Japon. Les colonies animales
de Nouvelle-Calédonie qui lui ressemblent le plus par
la forme, sans en avoir la dureté ni la couleur, sont les
Distichopora rougeâtres ou violets et les Sty/aster aux
teintes pastel. Ils font partie de la famille des Hydro-
coralliaires, comme le « Corail de feu » Mi//epora, le seul
qui soit vraiment urticant par simple contact.
Pour ce qui est de la couleur rouge vif persistant à
l'air, l'organisme qui se rapproche le plus du Cora//ium
rubrun, est le « corail tuyau d'orgue» Tubipora musica,
très recherché des amateurs d'aquariums. Il vit surtout
sur les platiers battus du grand récif et n'est pas très
spectaculaire sous l'eau lorsqu'il est vivant car la cou-
leur gris-vert de ses polypes masque le rouge éclatant
des tubes de son squelette. Un autre octocoralliaire,
pourtant très répandu en zone tropicale, le « corail bleu»
He/iopora, n'existe pas en Nouvelle-Calédonie.
Quant au « corail noir» dont la vogue va grandissant
chez les marchands de cu rios et les bijoutiers, il appar-
tient bien à la classe des Hexacoralliaires, comme les
madrépores, mais il se rattache à la famille des Anti-
pathaires dont le squelette est corné plutôt que calcaire.
Il possède une souplesse caractéristique qui évoque
des rameaux de bois flexibles. Dans cette famille, les
organismes ressemblent à des buissons, à des tire-bou-
chons, à des éventails ou à des cheveux. Ils restent pour
la plupart très noirs en se désséchant. Certains antipa-
thaires (Cirripathes) fixés à 20-30 mètres à "extérieur
du Grand Récif servent de support à des petits gobies
(Cottogobius yongéi) et à des crevettes (Pontonides
unciger).
D'un aspect voisin mais de teinte dominante rouge,
orange, jaune ou violette, les gorgones (Gorgonidés)
40
sont la parure éclatante des tombants du Grand Récif
extérieur et des chenaux à courants. Les grands éven-
tails des Mopse//a e//isi peuvent atteindre plus de deux
mètres d'envergure et se constellent souvent, en plus
de leurs polypes blanc-jaune, de toute une faune com-
mensale où l'on trouve des crinoïdes (Comatulidesl. des
ophiures (Ophiocoma), des coquillages (Primovula,
Neosimmia), des poissons, des crustacés, des vers, et
plusieurs autres animaux.
Enfin on appelle souvent « coraux mous» les Alcyon-
naires, qui sont effectivement des Octocoralliaires qui
ne sécrètent pas de squelette extérieur et se contentent
de renforcer leurs tissus de spicules siliceux ou de spi-
cules calcaires.
Ils forment de grosses protubérances charnues qui
envahissent certains blocs de madréporaires morts ou
parsèment les alentours des récifs. Leurs polypes
s'épanouissent de jour comme de nuit au gré des
marées et les font ressembler à d'énormes fieu rs aux
teintes pâles ou à de gros champignons velus (Sarco-
phyton, Lobophytum, SinulariaJ.
A l'intérieur des Sarcophyton vivent les gastéropodes
Rapa rapa et on a souvent l'heureuse surprise de
découvrir, nichés dans les replis de ces alcyonnaires les
petits ovules Calpurnus verrucosus ou les gros ovules
blanc Ovula ovum au manteau de nuit étoilée.

La faune des récifs coralliens


De très nombreux ouvrages ont été consacrés, ces
dernières années, à la faune inféodée aux récifs de
coraux de l'indo-Pacifique. Pour ce qui est des poissons
le lecteur se reportera avantageusement au livre « Pois-
sons de Nouvelle-Calédonie », paru aux mêmes éditions
que ce petit guide-ci. Nous nous contenterons d'évo-
quer, pour notre part, les langoustes, chères au cœur
des Calédoniens, et les serpents, particulièrement abon-
dants dans le lagon.
41
les langoustes et les popinées
Il Y a quatre espèces de langoustes en Nouvelle-
Calédonie, toutes vivant, à l'état adulte, à l'abri des ré-
cifs coralliens:
- les « langoustes vertes» ou « vraies langoustes»
Panulirus penici//atus. Elles affectionnent les bordures
des récifs battus par les vagues et se tiennent souvent,
à plusieurs, dans d'étroites anfractuosités d'où l'on voit
dépasser leurs antennes courtes et sombres. Les gros
mâles en prenant de l'âge, peuvent dépasser trois kilos
mais ils prennent une bonne partie de ce poids dans le
thorax, ce qui les fait appeler « grosses têtes» par les
pêcheurs;
- les langoustes rouges ou « japonaises» Panulirus
longipes. Elles ne deviennent jamais très grosses, au
maximum un kilo et demi. Leur abdomen est couvert
d'ocelles claires et leurs antennes secondaires sont
annelées de noir et de blanc; leurs antennes principales
ont la base rose et l'extrémité beige. Elles vivent dans
des endroits un peu plus abrités que les langoustes
vertes, des deux côtés du Grand Récif, jusqu'à une qua-
rantaine de mètres de profondeur;
- les « grosses porcelaines» Panulirus ornatus, Elles se
caractérisent par leurs pattes tachetées, leur couleur
générale bleu-vert et vert-jaunâtre, leurs antennes rouge
brique et une marque oblique au premier et au troisième
quart de chaque segment abdominal. Elles fréquentent
toutes sortes de fonds, des plus vaseux, lorsqu'elles sont
jeunes, aux plus coralliens lorsqu'elles sont adultes.
On les voit souvent par couples à la base des grosses
patates de corail. Elles peuvent atteindre des tailles
« monstrueuses », les plus grosses dépassant, paraît-il,
les 10 kilos;

La grande popinée rouge ci-contre Scyllarides squamosus peut se


rencontrer jusqu'à 50 mètres. Les deux autres popinées illustrées
pp. 116 et 117, la « vraie ii Parribacus caledonicus et la splendide
Arctides regalis fréquentent les récifs beaucoup plus battus.
42
- les « porcelaines vertes et roses» Panu/irus versic%r
dont les segments abdominaux sont soulignés d'une
ligne blanche. Elles vivent en milieu moyennement
abrité parmi les blocs coralliens ou sous les parasols
de Acropora hyacinthus, isolées ou en petites colonies.
Elles peuvent atteindre un poids de deux à trois kilos.
Ces quatre espèces de langoustes se nourrissent
surtout la nuit, de petits mollusques et de crustacés.
Comme elles n'entrent jamais dans les nasses, les
pêcheurs vont les chercher dans leurs cavernes à main
gantée ou, trop souvent au fusil-harpon, malgré l'inter-
diction. Il est malheureusement à craindre que la raré-
faction des langoustes, très marquée à l'île des Pins et
dans les parages de l\Jouméa, ne se poursuive, par
suite de la pêche effrénée qui leur est faite.
Il convient de signaler, à propos des langoustes,
l'originalité de la baie de Gouaro située à peu près au
milieu de la côte ouest de la Grande Terre, en face du
village de Bourai!. C'est un des rares endroits où, par
manque de récif-barrière en face de la côte, la houle du
large parvienne jusqu'au rivage et s'y brise en déferlant.
La présence de l'embouchure de la rivière Néra ayant
également empêché la formation d'un récif corallien
frangeant, les vagues ont sculpté dans le flysch, au
cours des périodes géologiques, les falaises de la
« Roche Percée» et le rocher du « Bonhomme» au pied
duquel les blocs rocheux sont criblés de cavernes et de
trous souffleurs. Ce milieu très battu non corallien,
unique en Nouvelle-Calédonie, est le seul endroit où "on
rencontre une cinquième espèce de langouste, la « lan-
gouste de Bourail» Panu/irus bra dyp us, qui ressemble
à la langouste rouge et s'en distingue par des yeux
translucides, une teinte vert-olive et des sillons abdo-
minaux festonnés dans leur partie latérale.
Toutes ces langoustes sont comme on l'a dit, l'objet
d'une pêche intensive, surtout de la part des plaisan-
ciers. Les seuls autres crustacés des milieux rocheux
ou coralliens qui soient consommés de façon fréquente
44
en Nouvelle-Calédonie sont les « popinées » Parribaeus
ealedonieus, petites cigales de mer constellées de
petites taches vertes, bleues, mauves et rougeâtres qui
leur font un camouflage efficace sur le plafond des
petites cavernes où elles se tiennent plaquées pendant
la journée, dans les mêmes endroits, battus par la houle,
que les langoustes vertes. Il existe une autre popinée,
grosse et rouge, très peu pêchée celle-là car elle est
généralement plus profonde et solitaire : Seyl/arides
squamosus.

Les serpents marins


Très nombreux en Nouvelle-Calédonie, ils évoluent
en apnées de plus d'une heure au-dessus des fonds sa-
bleux ou coralliens, furetant constamment à la recherche
de proies. On en a recensé une douzaine d'espèces
dans nos eaux.
Les plus répandus, les fameux « tricots rayés» Lati-
eauda latieaudata et Latieauda eolubrina, annelés de
noir sur fond bleu ou jaunâtre. sont les seuls à passer
une partie de leur existence à terre. blottis sous les
rochers, dans le haut des plages ou sous les buissons.
Lorsqu'ils sont à terre ils ont souvent l'estomac plein
des poissons de leur chasse (surtout des poissons très
allongés sans écailles: anguilles, murènes, soldats, etc.)
et ils ne sont pas très actifs. recherchant la compagnie
de leurs semblables pour de longues somnolences. Ils
pondent dans le sable, I·été. des œufs qui éclosent deux
à trois mois plus tard. Ils muent à terre plusieurs fois
par an.
Les « serpents beiges» Aypisurus laevis, également
très communs, peuvent devenir beaucoup plus gros que
les « tricots rayés» et dépasser 2 m de longueur. Ils
chassent en eau libre, entre les algues. Ils ont souvent
la curiosité, lorsqu'ils rencontrent un plongeur. d'es-
sayer de le tâter du bout de la langue et il est alors bien
difficile de s'en dépêtrer, la meilleure solution étant l'im-

45
mobilité. Il arrive qu'ils aient un comportement encore
plus agressif lorsque, en couple, ils défendent un gîte.
Attaqués, ils ouvrent grand la gueule et cherchent à
mordre aussi vaut-II mieux, pour les capturer, utiliser le
lasso à manche ou le fusil-pince-à-sucre comme le font
les spécialistes qui les chassent pour la préparation de
sérums anti-venimeux. Leurs cousins gris-tachetés
Aypisurus duboisi sont beaucoup moins actifs; leurs
petites têtes leur permet de plonger dans les trous des
gobies et les anfractuosités des coraux pour saisir entre
leurs mâchoires les poissons qui s'y cachent.
Les serpents bleus Emydocepha/us annu/atus peuvent
atteindre, comme les Laticaudinae précédents une taille
excédant largement le mètre. Juste après la mue, on
distingue nettement sur leur corps des anneaux qui
s'estompent ensuite dans une teinte bleu-gris foncé
presque uniforme. Contrairement à tous les autres ser-
pents, ceux-ci ne se nourrissent pas de poissons mais
presque uniquement d'œufs de gobies et d'œufs de
poissons-demoiselles, qu'ils dénichent entre les bran-
ches des coraux.
Les espèces précédentes appartiennent à la famille
des Laticaudinae qui se distingue de celle des Hydro-
phiinae par deux caractères « archaïques », hérités de
leurs ancêtres terrestres: les narines sur le devant du
museau et des écailles ventrales plus larges que les
autres. Les Hydrophiinae, parfaitement adaptés à la vie
marine, ont, au contraire, les narines sur le dessus du
museau et des écailles toutes semblables. Les repré-
sentants calédoniens de cette famille sont:
- Hydrophis be/cheri, annelé noir et blanc, au cou
mince.
- Hydrophis fascia tus qui porte sur le dos des taches
noires en forme de selle.
- Hydrophis coeru/escens qui porte des selles noires
et des taches grises sur fond jaunâtre.
Les serpents marins constituent une douzaine d'espèces venimeu-
ses. A droite, Hydrophis fasciatus.
46
- Microcephalophis gracilis, ventru à l'arrière avec un
très long cou et une toute petite tête; il dépasse en
longueur tous les autres (jusqu'à 3 ml.
- Aca1vptophis peroni, au toucher très rugueux; ses
écailles sont tout hérissées autour des yeux ce qui lui
donne un petit air de dragon.
- Pelamis platurus, pélagique et migrateur, le seul
que l'on puisse rencontrer très loin au large. Contraire-
ment aux autres serpents, qui ont besoin de se frotter
sur quelque chose de .solide pour muer, il est capable
de le faire en pleine eau en se faisant un nœud sur lui-
même pour se dépouiller. Il est noir brillant sur le dessus
et jaune vif dessous, avec la queue tachetée, La forme
de sa tête et sa bouche très fendue lui ont valu le sur-
nom de « serpent-grenouille ». Il est excessivement
rapide et vif, tant pour échapper à ses agresseurs, que
pour se nourrir de petits poissons pélagiques.
Tous les serpents marins sont dotés d 'un ou deu x
petits c roc het s spéciaux sur le devant de la bouche ,
capable s d'injecter dans le corps de leurs proies quel-
ques milligrammes d'un venin plusieurs fois plus puis-
sant que celui du cobra. Ils ne cherchent heureusement
jam ais à mordre les humains dans des cir constances
« normales » mais sont parfaitement capables de le
f ai re si on les manipule, surtout dans l'eau. La mort d'un
jeune garçon d'Ouvéa qui jouait ave c un serpent, en
1974, devrait rappeler à tous les imprud ents qui pren-
nent plaisir à martyriser les serpents qu'il vaut mieux les
lai sser vivre leur vie de leur c ôt é !...

Le s fameux tricots-ra yés, ann elés de noir et bleu o u de beige, so n t


l es se uls à pa sser une grande partie de leur vi e sur le haut des
plage s ou dan s les rochers pour dig érer à l'ombre , p ondre et cha n -
ger de peau. Les deu x espèces tr ès proch es, Laticauda laticaudata
et Laticauda colubrina se nourrissent de p etits poissons de r écifs.
Menaces
et protections
Le lagon calédonien et sa bordure de récifs sont l'écrin
de ce pays et font, traditionnellement ou occasionnel-
lement, partie de la vie de chacun de nous en nous dis-
pensant des mets succulents et des plaisirs multiples.
Mais la prise de conscience mondiale de la menace qui
pèse sur le milieu naturel sous l'impact de la proliféra-
tion humaine, pose, ici comme partout, certaines
questions cruciales de responsabilité individuelle et col-
lective vis-à-vis de la gestion à long terme d'un patri-
moine en voie de dilapidation.
Le lagon et les êtres qui y vivent forment un ensemble
de biotopes où un très grand nombre d'espèces anima-
les et végétales vivent et bâtissent dans un équilibre
écologique acquis au cours de milliers d'années d'évo-
lution. Parmi ces divers biotopes, mangroves, fonds de
sable ou de vase, rochers, etc. les fonds coralliens sont
de loin les plus diversifiés, les plus spectaculaires et les
plus productifs. Les communautés de coraux, qui sont le
support et le pivot d'une vie extrêmement riche, sont
très sensibles aux changements des conditions physico-
chimiques de l'eau qui les baigne. Elles sont tout aussi
sensibles au bon fonctionnement d'un réseau compli-
qué de dépendances interspécifiques et la disparition
d'un seul maillon de cette chaîne peut entraîner un dé-
séquilibre fatal. Lorsque les coraux meurent la faune qui
leur est associée meurt aussi ou émigre et il ne reste que
des fonds de fragments morts, désagrégés par les va-
gues et quasi déserts. Il est évident que l'équilibre pluri-
millénaire du lagon est menacé par l'activité toujours

Témoin de l'adaptation des espèces à la diversité des conditions


de vie. Ces gorgones-fouets Junceela ont besoin de forts courants
qui nuisent à l'établissement d'une faune moins bien fixée.
51
croissante de la population humaine dont le chiffre
double en quelques dizaines d'années, dont les techni-
ques se perfectionnent sans cesse et dont les déchets
sont chaque jour plus envahissants.
Cette menace est réelle. Mais s'est-elle déjà concré-
tisée de façon grave en Nouvelle-Calédonie? Certains
cinéastes, toujours soucieux de devancer l'actualité, ont
filmé des fonds de sable sains et, en les faisant passer
pour des fonds coralliens détruits, ont déjà proclamé que
le lagon calédonien n'abritait plus qu'une vie falote en-
fouie sous les détritus. Cela est faux, heureusement.
Le lagon est loin d'être devenu une immense vasière
mais il faut bien prendre garde que cela ne se produise
un jour. Actuellement, mis à part les embouchures des
rivières, polluées par les mines, et la proximité immé-
diate des côtes urbanisées ou très fréquentées, on peut
considérer que le lagon est sain dans la quasi-totalité de
sa superficie et que la vie n'y est presque nulle part gra-
vement atteinte. Mais il faut tempérer l'optimisme de
cette constatation en ajoutant que cette situation est
précaire. Pour bien s'en rendre compte il convient
d'approfondir un peu la nature des menaces actuelles
ou futures.

Les pollutions
Les dégâts causés au milieu marin par l'activité minière
se limitent aux baies où les rivières, souillées par le
ruissellement qui emmène la terre des déblais, apportent
un excès de sédiments boueux. Ces sédiments floculent
rapidement en eau salée et ne s'étendent guère dans le
lagon proprement dit. Bien avant qu'il y ait des mines
ces boues arrivaient déjà de temps à autre dans ces
baies, à chaque crue importante; cela fait que les
espèces animales d'estuaires qui constituent la faune
normale des sédiments meubles et des mangroves y
sont déjà adaptées. Les mangroves jouent en quelque
sorte le rôle d'un filtre naturel. l\Jéanmoins il est pro-
bable qu'une accumulation ininterrompue et excessive
52
de ces sédiments pourrait causer des dégâts irréver-
sibles. Un autre danger serait de voir, à la suite de déboi-
sements accrus, les polluants arriver à la mer en quan-
tités telles qu'ils soient entraînés loin des embouchures
et qu'ils atteignent des biotopes inadaptables à l'eau
trouble ni à l'eau saumâtre; les dégâts seraient alors
rapides et il importe donc de mettre en application le
plus tôt possible une réglementation visant à imposer
la reconstitution de la couverture végétale dans les ré-
gions minières. Les négligences peuvent coûter
cher en ce domaine comme par exemple dans l'ouest
de l'île Molokai, aux Hawaii, où, par suite du déboise-
ment commencé en 1918 pour planter des ananas, le
récif côtier est maintenant recouvert de terre rouge sur
10 à 70 centimètres d'épaisseur et la ligne de côte a
avancé vers la mer sous forme d'un bourbier de 2 kilo-
mètres de large. Il ne faut pas croire que ce genre
d'aventure n'arrive qu'aux autres!
On peut citer pour mémoire les autres polluants: les
détergents, les pesticides, les nappes d'hydrocarbures,
les bactéries pathogènes des eaux d'égout, etc. Les pro-
blèmes qu'ils posent ont déjà abondamment été étudiés
par les spécialistes du monde entier; ils ne sont pas spé-
cifiques à la Nouvelle-Calédonie, pas plus que leurs so-
lutions, qui existent, et qui devront bien être appliquées
ici un jour ou l'autre. Mais il est d'autres aspects mettant
en jeu des attitudes directement prédatrices des hom-
mes, qui posent la question de savoir comment chacun
peut profiter individuellement du bien commun qu'est
la mer sans léser ses contemporains ou ses descen-
dants. Car il faut bien se dire qu'il ne s'agit pas, quand
on parle de protection de la nature, de verser des larmes
sur les espèces qui disparaissent mais plutôt de protéger
la qualité de vie de nos descendants. Si, par exemple,
on interdit totalement la capture des vaches marines ce
n'est pas par pitié pour ces animaux rares mais pour per-
mettre aux générations futures d'en voir encore quelques
unes et même, pourquoi pas, d'en manger si le trou-
53
peau se reconstitue, ou même encore d'arriver un
jour à les domestiquer.

Les déprédations
Il faut avoir présent à l'esprit le fait que, pour ce qui
est du milieu marin, les hommes en sont encore à l'âge
de pierre, c'est-à-dire qu'à part l'élevage de quelques
espèces de mollusques et. plus récemment, de crusta-
cés, toutes ses activités marines, chasse, pêche et cueil-
lette sont une exploitation à sens unique et n'ont rien à
voir avec une « mise en valeur ». Au contraire, on sort
de la mer de plus en plus de produits en s'attendant naï-
vement à ce que cela dure indéfiniment. Il a pu en être
ainsi pendant des siècles dans des îles où des commu-
nautés humaines numériquement limitées et technique-
ment stables tiraient profit d'un domaine marin suffisam-
ment vaste. L'équilibre était alors réalisé par la difficulté,
la satiété et la distance. Il eût été illusoire de croire que
ce modèle d'économie néolithique put se transposer à la
Nouvelle-Calédonie actuelle. Aussi depuis les années 60
une réglementation a-t-elle été établie et régulièrement
mise à jour par les autorités compétentes. Cette régle-
mentation impose aux professionnels et aux plaisanciers
des restrictions sur les engins de pêche, sur les époques
et les lieux de capture de certaines espèces et sur la
commercialisation de certains produits. En même temps
était instituée la réserve naturelle intégrale Yves Merlet
entre le canal de la Havannah et la passe de la Sarcelle.
Ces règlements sont généralement bien étudiés et pour-
raient être, au moins à court terme, une protection suf-
fisante des intérêts de tous. Malheureusement ils sont
fort mal appliqués par manque de surveillance et de
sanctions. Pour signaler les abus les plus criants on peut
citer quelques exemples. D'abord il apparaît qu'un très
grand nombre de chasseurs sous-marins ignorent l'in-
terdiction de tirer sur les langoustes et les tortues. Seule
est autorisée la capture à la main ou à la sagaie, c'est
d'ailleurs beaucoup plus sportif et plus amusant. Quel-
54
ques autres individus, et ceux-là sont conscients, bra-
vent régulièrement l'interdit sur la chasse sous-marine
avec scaphandre ou la chasse de nuit, Cela est beaucoup
plus grave car la plupart du temps ils ne chassent pas
pour leur plaisir mais pour vendre, ce qui viole une autre
interdiction absolue, C'est un secret de polichinelle qu'il
existe à Nouméa un marché frauduleux de poissons pê-
chés avec des armes sous-marines. On voit même ces
poissons vendus au marché officiel, le trou fait par la
flèche étant camouflé. Mais la plupart du temps ces
poissons' sont vendus dans les magasins d'alimentation,
découpés en filets ou servis cuisinés dans les restau-
rants, Ceux qui approvisionnent ce trafic sont très orga-
nisés, certains ont même des camions frigorifiques. Ces
pillards systématiques sont la plus grande menace du
dépeuplement du lagon en poissons comestibles et ils
causent un tort certain aux pêcheurs professionnels et à
tous les amateurs de plaisirs sous-marins. Comme on dit
ici : « Là où ils sont passés ces mecs-là, les patates,
tu connais, elles sont nettoyées bien propres ».

Les motivations individuelles


et leur contrôle
On en vient ainsi à se poser l'éternel problème de l'ac-
quisition du sens des responsabilité, Si la mer est à tout
le monde ce devrait être au profit de tous et non de quel-
ques-uns qui veulent tout et tout de suite, L'attitude
protectrice de l'homme vis-à-vis de son milieu naturel
n'est pas instinctive; bien au contraire, elle va à l'en-
contre des appétences fondamentales de chacun, Néan-
moins elle est devenue absolument indispensable dans
le monde actuel. La mer est un domaine exaltant qui
permet de se libérer de beaucoup de contraintes et des
tensions de la vie quotidienne devenue de plus en plus
citadine. Ce sentiment de libération s'accompagne de la
remontée puissante de pulsions ancestrales qui ont be-
soin de s'exprimer, ce qui fait qu'en mer, ou sous la mer,
55
on ne se sent plus le même homme. Sont alors exacer-
bés : la passion et la chasse, le goût de la capture,
l'agressivité, l'instinct de domination, d'accapare-
ment du territoire vierge, l'appétit, le goût de l'exploit,
l'amour des trophées, la cupidité thésaurisante, etc.
L'absence de témoin fait la plupart du temps que l'on se
moque alors des lois comme des autres contingences
terrestres et que le sentiment de responsabilité sociale
qu'on pourrait avoir en d'autres circonstances est
complètement estompé. C'est l'état d'esprit qui consiste
à dire : « D'autres le font bien, pourquoi pas moi? ».
Si l'on se trouve dans un bon coin, il n'y a pas d'autre
limite au carnage, que ce soit à la pêche à la ligne, au
filet ou à la chasse sous-marine, que l'épuisement
physique ou la nécessité de rentrer chez soi. Trop sou-
vent le produit de la pêche, trop important pour la
consommation familiale, est gaspillé, les poissons pris
le matin sont jetés le soir, les coquillages sont jetés au
bout de quelques jours parce qu'ils sentent trop mauvais
ou qu'on ne les trouve plus assez beaux. Souvent aussi
on ne pêche que pour le tableau, pour épater la galerie,
comme en se félicitant de pseudo-exploits. " est encore
des gens qui ne peuvent pas voir le mufle d'une vache
marine sans empoigner leur carabine et tirer...
Heureusement que cette caricature ne s'applique pas
à tout le monde. Il existe des pêcheurs consciencieux
qui remettent tout de suite à l'eau les poissons qu'ils
ne mangeront pas. Il est de vrais amateurs de chasse
sous-marine qui préfèrent finasser avec une loche bleue
ou un bossu plutôt que d'embrocher des castex immo-
biles ou des oui-oua en enfilade dans un trou. Il y a des
amateurs de coquillages qui ne ramassent que des spé-
cimens parfaits et laissent les autres se reproduire sur
place plutôt que de les jeter une fois rendus à terre. On
ne peut que les en féliciter et les encourager à chercher
leur plaisir dans la difficulté du sport et non la facilité
du massacre.
Un bel exemple de prise de conscience et d'auto-
56
limitation nous est donné par les associations qui orga-
nisent les concours de chasse sous-marine. Il y a une
quinzaine d'années chacun des 4 ou 5 concours annuels
se traduisait par plusieurs tonnes de poissons détruits,
Depuis des limitations ont été prises par les clubs eux-
mêmes: chasse à l'extérieur du grand récif, changement
d'endroit à chaque fois, liste très restreinte d'espèces
autorisées, et 1 seul fusil pour deux concurrents. C'est
une saine façon de voir les choses et en même temps la
meilleure manière de départager les champions, Longue
vie aux concours de ce genre et puissent tous les chas-
seurs sous-marins s'astreindre volontairement à prati-
quer leur sport dans les mêmes conditions!

Les organisations nécessaires


Mais on ne peut pas s'en tenir aux vœux pieux. Dans
la région de Nouméa les fonds marins se dépeuplent
et cela ne pourra que s'accentuer même si tout le monde
devient respectueux des règlements, pour la simple rai-
son qu'il y a de plus en plus de monde et que la faune
ne se reconstitue pas assez vite. On connaît assez mal
dans le détail le mécanisme de détérioration des fonds
par la surpêche mais on peut constater que lorsque la
pêche fait disparaître tout ce qui se mange, certaines
espèces inintéressantes, débarrassées de leurs préda-
teurs, se mettent à proliférer. Les fonds surpêchés se
caractérisent par l'abondance des balistes, des poissons-
ballons, des oursins-diadème, des ophiures, des étoiles
de mer, des algues vertes et brunes. Les poissons-bal-
lons semblent être concurrents des langoustes pour
l'occupation des abris et les oursins qui se serrent sur le
sable à la base des blocs de coraux gênent le repeuple-
ment par les poissons. Il serait vraiment dommage de
voir un jour l'ensemble du lagon se dénaturer ainsi et
l'Association pour la sauvegarde de la nature néo-
calédonienne a déjà préconisé un remède: c'est la créa-
tion de parcs sous-marins,
57
Par parc sous-marin il faut entendre une portion du
domaine maritime englobant ou non des îlots et qui, tout
en restant libres à la navigation, au mouillage, à la pro-
menade et à l'exploration sous-marine, comportent
l'interdiction de prélever quoi que soit, par aucun moyen.
Ces parcs pourraient constituer des sortes de jardins pu-
blics ouverts aux touristes, aux photographes et aux ci-
néastes car trop souvent ces amateurs de nature se
trouvent empêchés d'exercer leurs talents ou de profiter
de la forme de loisirs qu'ils aiment, par suite d'une
pêche trop intense dans les endroits facilement acces-
sibles. Des parcs de ce genre devraient être instaurés, au
moins un sur chaque côte, et ils devraient englober des
portions du grand récif de façon à permettre au stock
des animaux préservés de repeupler par migrations à
courte distance les fonds de pêche voisins. On pourrait
également créer dans le grand nord une réserve inté-
grale comme la réserve Yves Merlet dans le sud, où
toute activité humaine est interdite.
Enfin une autre ligne d'action qui permette d'espérer
que nos enfants et petits-enfants pourront avoir un lagon
aussi beau qu'il l'est encore, est affaire d'éducation et
d'information. Croire que la mer est inépuisable est une
erreur largement répandue dans toutes les couches de
la population. Il faut déraciner cette erreur à l'école pour
que les générations nouvelles soient imprégnées des no-
tions de base de l'écologie et qu'elles intègrent à leur
culture les connaissances qui permettent de faire la dif-
férence entre jouir du milieu naturel et le dévaster.

Gorgones, éponges, crinoïdes, coraux, poissons, algues... , le


monde sous-marin n'est fait que d'associations adaptées aux condi-
tions locales, et souvent précaires. L'action de l'homme peut mal-
heureusement bouleverser en peu de temps cet équilibre et il est
bien difficile à chacun de faire l'effort nécessaire de limitation.
Page suivante: une vague explose sur le Grand Récif.
58
59
algues

r. Cette algue bleue Cyanophycée


entoure une gorgone-fouet. Récif
extérieur 30 m.
2. Les algues calcaires rouges font
partie des constructeurs de récifs et
ressemblent à des madrépores. Cette
Peyssonellia du récif Abore, est photo-
graphiée à 30 m sur un tombant ver-
tical qui sert de support à une ascidie.
3. Sur le pied de cette algue verte
Avrainvillea nigricans s 'est développée
une éponge rouge, elle-même habitée
par une ophiure de même couleur. Le
petit poisson Cottogobius yongei
profite du même support. Autour du
pied, l'herbier clairsemé est fait sur-
tout de Phanérogames Halophila
ovalis.

2
62
5

4. L'algue Chlorodesmis fastigata


ressemble à une touffe de fin cheveux
verts.
5. Codium gepii.
6. Ces caulerpes Caulerpa sertularioi-
des ont de petites palmes très élé-
gantes.
7. A l'extérieur du grand récif cette
algue Halimeda tuna pousse sur une
paroi encroûtée d'autres algues cal-
caires et de Stylasteridés (à gauche
de la photo).
Pages suivantes:
B. Ces prairies typiques du lagon,
formées d'algues Halimeda cylindra-
cea et de phanérogames Halophila et
Thalassia sont les habitats de prédi-
lection des vaches marines et des tor-
tues. Les sables et les boues calcaires
du fond sont en grande partie for-
mées des débris des Halimeda.
10

éponges

Les éponges sont parmi les animaux


marins les plus brillamment colorés
et ceux qui ont les formes les plus
diversifiées. On les rencontre partout
jusqu'aux grandes profondeurs. Leur
alimentation se compose de fines par-
ticules qu'elles retiennent dans leurs
celJules en filtrant l'eau à travers un
réseau de canaux qui conduisent à des
ouvertures appelées oscules.
9. Siphonoehalina faseigera portant
des comatules.
10. L'éponge en coupe Haliclona sp. n.
11. Une Halielona sp. n.
72. Spirastrella sp.
73. Petrosia sp.
74. Ve ongia sp. Les deux dernières
ne vivent qu'à l'extérieur du Grand-
Récif
15 16

hydraires

15 Aglaophenia sp. 15 m.
16. Gymnangium sp. 40 m.
17. Hydraire non idenlifié 20 m.
18. Lytocarpus philippin us. 25 m.
Ces quatre hydrozoaires sont plus ou
moins urticants selon l'état sexuel de
leur colonie.

17

actinies

19. Cette colonie animale aux allures


de fil de fer est un Antipathaire Cirrhi-
pathes anguinus. Une crevette et un
poisson vivent souvent en commen-
salisme sur ce support. Une fois sé-
ché le squelette corné de cet orga-
nisme peut servir à faire des anneaux
de (( corail noir )).

18
70
20

actinies, méduses ...


20. Actinodiscus sp.
21. Nemanthus nitidus 10 à 30 m.
22. Dofleina sp. 5 à 25 m, nocturne.
23. Le Cerianthus maua peut se
rétracter dans le gros tube muqueux
qu'il sécrète. Au pied du tube vivent
des vers noirs Phoronis australis.
24. Actinodendron plumosum.
25. Cette colonie de Nemanthus
s 'est fixée sur une gorgone morte.
Dans le coin à droite on distingue une
colonie d'ascidies Didemnidae.
25
27

26. Le pied de cette Cavernularia


est enfoncé de quelques centimétres
dans le sédiment et les polypes très
longs peuvent s'épanouir autour du
corps cylindrique. Elle n'est pas urti-
cante.
27. Cette anémone Stoichactis a sou-
vent des teintes différentes, dans les
tons gris-vert, noir et blanc. Elle vit
souvent avec des crevettes commen-
sales, jusqu'à 50 mètres de profon-
deur. Elle est terriblement urticante.
28. Les plumes de mer comme cette
Pennatula peuvent se rétracter com-
plètement dans le sédiment. 5 à
20m.
29. Cette méduse rare du genre Ne-
trostama a le disque en forme de clo-
che à fromage. Elle nage de préfé-
rence à l'extérieur du Grand-Récif.
30. (Page suivante.) Seule la plon-
gée de nuit peut révéler le spec-
tacle d'une Alicia épanouie. De jour
elle se réduit à une petite sphère d'un
ou deux centimétres. Elle est excessi-
vement venimeuse par ses tentacu-
les mais aussi par les pustules de son
tube. Les tentacules et les pustules
du tube son extrêmement venimeux.

29
31

madrépores

31. Porites.
32. Les coraux solitaires de la fa-
mille des Fungia sont capables de se
déplacer en se haussant sur leurs
tentacules.
33. Coraux du genre Dendrophyllia.
34. Favia valenciennesi. 12 m.
35. Goniopora sp. Expansion diurne.
36. Montipora sp.
37. Dendrophyllia sp.
,.
1
35 J
78
79
38
Tables, boules, croûtes, blocs, poin-
tes ... , les coraux sont multiformes.
38. Acropora hyacinthus 75 m.
39. Forme massive de l'extérieur du
récif. 78 m. Leptoria phrygia.
40. Pectinia lactuca. Récif extérieur
25m.
47. Le plongeur donne l'échelle des
sillons de l'extérieur du Grand-Récif,
situés entre les éperons coralliens qui
s'avancent vers le large. Dans ces
sillons le courant de retour de l'accu-
mulation de la houle sur le front récifal
empêche la croissance des coraux et
dépose les débris arrachés aux parois.
Pages suivantes:
42. Les coraux à longues pointes sou-
vent bleutées Acropora formosa ne
peuvent croÎtre que dans les petits
fonds bien abrités et bien éclairés.
43. Stylophora mordax. 20 m.
44. En baie du Prony les Montipora
sont en partie recolonisés par des
algues calcaires Halimeda qui se dé-
veloppent dans les creux où s'est
déposé le sédiment latéritique.

40
80
83
45

45. Squelette de Tubipora musica,


le seul à conserver indéfiniment sa
couleur rouge. Vivantes, les colonies
présentent des polypes verdâtres.
Platiers battus, 1 à 5 m.

alcyonaires
46. On peut rencontrer ce bel alcyo-
naire INephtidael à l'extérieur du
récif, surtout dans les passes. 1/ est ici
couché par manque de courant mais il
peut se redresser et s'épanouir en un
magnifique arbuste. 30 à 60 cm.
Pages suivantes:
47. Alcyonium gracillimum.
48. Sarcophyton elegans. Les polypes
de ces Il coraux mous)) peuvent être
rétractés (à gauche sur la photo) ou
épanouis (à droite). Ces colonies ani-
males peuvent, en certains endroits,
recouvrir à 100 % de grandes surfaces
de récifs.
49. Siphonogorgia sp. A la limite
entre les alcyonaires et les gorgones.
50. Spongodes merleti.
51. Roxasia golgotha. I/s sont pres-
que toujours accrochés aux voûtes
des surplombs.
52. Lobophytum pauciflorum.
46
84
85
52
gorgones

53. Une petite gorgone rouge de la


passe de la Dumbéa. 25 cm d'enver-
gure.
54. Les plus grandes gorgones de
Nouvelle-Calédonie, Subergorgia sp.
peuvent faire plus de deux mètres de
hauteur. Elles noircissent à l'air libre
et font de piètres trophées. Pages sui-
vantes:
55. Subergorgia sp.
56. Elliselidae du genre Junceela.
57. Derrière l'éponge cylindrique
Fasciospongia sp. on voit la gorgone
Subergorgia sp.
58. Les élégantes Ellisella ont des po-
lypes blancs qui peuvent masquer leur
couleur rouge.
59. Les seules gorgones qui puissent
garder leur couleur une fois séchées
sont ces Milithea (ocracea).
60. Junceela sp. en baie de Saint-
Vincent.
61. La ravissante Mopsea whiteleggi
vit sur le tombant, de 25 à 60 mètres
de profondeur.
54
88
89
55

57

59 61
90
vers

Les vers marins vivent souvent dans


des tubes qu'ils sécrètent et à l'exté-
rieur desquels ils épanouissent leurs
délicates branchies plumeuses et ré-
tractiles.
62. Spirobranchus sp. Baie du Prony.
15 m.
63. Sabella sp. sur fonds détritiques
du lagon. 15 m.
64. Cette petite boule blanche héris-
sée, très friable, n 'est ni un corail ni
un bryozoaire mais un ensemble de
tubes habités par des vers Filograna.
Récif du sud, 20 m.
65 Sabellastarte indica.
A l'encontre de leurs cousins de la
page précédente, ces vers vivent en
milieu récifal. 8 m.
66. Les filaments blancs que l'on voit
sur la photo permettent aux vers de la
famille des Terebillidés de capturer
leur nourriture. Ces filaments se ré-
tractent à la moindre lumière.
Sur la droite de la photo on distingue
une colonie jaunâtre de Zoanthaires
Palythoa.
67. Les hélices coniques multicolores
des Spirobranchus Giganteus dispa-
raissent dès qu'on s'approche.
68

bryozoaires

70
68. Stylaster elegans.
69. Stylaster sp. Sur la droite une gor-
gone Acalycigorgia.
70. Le bryozoaire lodictyum sp. gris
voisine avec une éponge calcaire jaune
Leucetta sp.
71. lodictyum buchneri affecte des
formes plus ou moins ramassées selon
la lumière et le courant. Celui-ci res-
semble à un bouillonné de dentelle
mauve.
72. Les stylasters, gracieux et fragiles,
se fixent surtout sous les surplombs
et dans les cavernes là où l'agitation
de la houle reste assez forte, Ils peu-
vent vivre de 5 m à 200 m,

71 72
94
73

coquillages

73. Les coquilles de ce Turbo petho-


lathus peuvent aussi présenter un
dessin rouge et brun qui les fait sur-
nommer Turbo (( tapisserie !i.
74. Les huÎtres zig-zag Lopha crista-
galli sont souvent recouvertes d'une
éponge encroûtante de couleur rouge
qui les habille superbement. (Micro-
ciona). Pages suivantes:
75. Dans les patates de Porites vivent
souvent des bivalves encastrées
comme ce Pedum dont les bords velus
affleurent à peine le corail,
76, Les deux valves, de couleurs dif-
férentes de cet Amussium bailloti
l'ont fait baptiser (( lune et soleil!i,
Il s'enfouit le jour dans le sable, 15 m,
77, Dans cette coquille de bénitier se
sont installés de jeunes oursins-dia-
déme en compagnie des pétoncles
Chlamys senatoria vêtues d'éponges
rouges (Mycale). Profondeur 22 m.
78. La chair du Spondylus varius est
spectaculairement bigarrée. Le pas-
sage d'une ombre provoque la fer-
ineture de la coquille. Ils peuvent at-
teindre 20 cm de diamétre.
74
96
77
98
79

80_...:... _

79/80/81. Trois bénitiers dont


Tridacna maxima très coloré.
Pages suivantes:
82. Cassis cornuta.
83. Murex troscheli.
84. Cymatium tritonis qui se nourrit
entre autres, de l'étoile de mer Acan-
thaster planci.
85. Con us geographus, dont la pi-
qûre·est mortelle.
86. Cypraea talpa. 87. Tonna perdrix.
88 Cypraea mappa. 89. Deux Ovula
ovum sur leur nourriture exclusive,
Sarcophyton.
81
100
90 91

nudibranches
Les nudibranches ou limaces de mer,
mollusques sans coquille, à branchies
externes, sont souvent admirablement
colorés.
90. La très élégante (( danseuse espa-
gnole ii Hexabranchus sanguineus est
adaptée à la nage par ondulations
en fascinantes envolées.
91. Nembrotha sp.
92. L'éponge fourchue Axinella sert
de nourrfture à la limace Phylidia
ocellata,
92 93. Halgerda sp.
106
94

céphalopodes
94. Ce Il Calmar» du lagon, Sepio-
teuthis, est en train de dévorer une
crevette pénéide.
95. Les nautiles de Nouvelle-Calé-
donie appartiennent à l'espèce ombi-
liquée Nautilus macromphalus. On les
voit ici en train de se disputer leur
gourmandise favorite: une mue de la
langouste Panulirus longipes, à l'exté-
rieur du récif, vers 30 mètres, de nuit.
On ne peut les rencontrer en plongée
que par les nuits d'hiver, sans lune;
le reste du temps ils vivent beaucoup
plus profond, jusqu'à 500 mètres et
se nourrissent surtout de petits crus-
tacés. Leur coquille, merveilleuse-
ment architecturée selon une spirale
logarithmique, est divisée intérieure-
ment en logettes étanches et l'animal
n'habite que le dernier compartiment.
Contrairement à une opinion trop ré-
pandue les Nautiles ne peuvent pas se
servir de leurs logettes comme un
sous-marin de ses ballasts.
Pages suivantes:
96. Sepioteuthis sp.
97/98. Octopus cyanea.
99. Sepia latimana.
95
108
100 101

crustacées
100. Le crabe-araignée Picrocerus
armatus aime à se camoufler le dos et
les cornes avec de petits morceaux
d'éponges.
101. Ce bernard-l'ermite Dardanus
megistos a élu domicile dans une
conque.
102. Hyppolysmata grabhami. Maré,
20m.
103. Penaeus sp. Baie Saint- Vincent.
25 m.
104. Crabe aux pattes grêles latreil-
lia sp. sur une gorgone. 30 m.
102 105. La petite crevette nettoyeuse
aux longues moustaches Stenopus
hispidus. .
106. Une famille de Rhynchocinetes
sp., à 22 m, dans le lagon.
Pages suivantes:
107.Atergatis sp. Récif extérieur
15 m.
108. Dromia dormia avec sa Il cas-
quette)) faite d'une éponge blanche.
109. Ce crabe violoniste Uca vocans
vit dans la vase de la mangrove.
110. Le populaire crabe de palétu-
viers Scylla serrata, enfoui dans la
vase.
111. Carpilus maculatus se rencontre
103,-~ ..... ~.., sur la côte Est.
112
113
112. Crabe Atergatopsis lucasi. longipes ne devient jamais aussi
113. Le crabe fantôme Ocypoda cera- grosse que ses consœurs et vit surtout
tophtalma. sur la pente externe du récif.
Pages suivantes: 1 1 7. La Il vraie langouste verte)) ne
114. La porcelaine à antenne rose et vit que dans des rouleaux jusqu'à
blanche Panversicolor est abon- 5-6 m de profondeur. Les mâles de
dante à nIe des Pins et dans le Sud. grande taille sont appelés Il grosses
115. Le record de taille pour la grosse têtes )). Panulirus penicillatus.
langouste porcelaine Panulirus orna- 118. La grosse popinée rouge Scyl-
tus est de 19 kg. Les exemplaires de larides sQuamosus.
5 kg ne sont pas rares. Cette lan- 119. Parribacus calédonicus.
gouste fréquente toutes les sortes de 120. Beaucoup plus rare que les deux
fonds, jusqu'à 50 métres. autres popinées, la splendide Arctides
116. La langouste rouge Panulirus regalis ne se rencontre que la nuit.

Il

115
114

118
116
121 ..... ---"__.....,;:_ . . . . . . 122

crinoïdes

Les comatules, ou étoiles de mer plu-


meuses, sont parmi les invertébrés
les plus spectaculaires. Ces animaux
peuvent se déplacer et s'accrochent
provisoirement à divers supports. Cer-
taines espéces sont capables de na-
ger avec beaucoup d'élégance, sur-
tout à la tombée du jour, pour changer
d'emplacement. Elles se nourrissent
de petites particules véhiculées par les
courants et qui s'accrochent dans
leurs bras. Elles servent souvent
d'abri à des ophiures, à de petites cre-
veltes et au petit poisson mimétique.
727. Comanthus benetti sur un corail
T urbinaria.
722. Comatule jaune et noire sur un
corail encroûtant Montipora.
723. Comatéridé jaune et blanc du
lagon.
724. Une comatule rouge du canal
Woodin. 45 m.
725. La comatule toute jaune Co-
manthina schlegeli de l'extérieur du
récif. 75 à 30 m.
124
1,
118
holothuries
126. Beaucoup d'holothuries, comme
cette Bohadschia font sortir, en signe
de protestation lorsqu'on les dérange,
les filaments collants de leurs organes
de Cuvier.
127, Les synaptes sont des holothu-
ries qui peuvent s'étirer considérable-
ment et qui ont l'air de n'être qu'un
tube plein d'eau. Elles fréquentent les
fonds de détritus. Opheodesoma aus-
traliensis,
128. Actinopyga f1ammea, 35 à 55 m.
129. Bohadschia argus. Lagon.
Ces trois espèces démentent par leur
beauté l'impression de répugnance
que certaines personnes éprouvent
vis-à-vis des bêches de mer.
130

132

oursins

730. Heterocentrotus mamillatus,


l'oursin crayon, vit dans les récifs très
battus.
737. Un Cidaridé non identifié.
732. Asthenosoma sp. Très urticant.
133 Toxopneustes pileolus. Cet our-
sin peut être mortel.
734. Un oursin rare et trés urticant
de la famille des Echinothuridae.
135. Le rarissime et magnifique
Chondrocidaris brevispina.
13
137

étoiles de mer
136. Fromia monilis.
137. L'étoile de mer géante Thromi-
dia catalai peut atteindre 60 cm d'en-
vergure.
138. Gomaphia egyptiaca sur des
algues lobophora.
138 139. Le coussin de mer Culcita no-
vaequineae.
140. Retaster insignis. 15 à 20 m.
141. Halityle regularis, l'étoile de
mer « mosaïque )) vue par la lace ven-
trale.
142. La dévoreuse de récifs Acan-
thaster planci mange les coraux et
peut être dangereuse à manipuler.
Pages suivantes:
143. leiaster leachi.
144. linckia laevigata surtout abon-
dante sur la côte Est.
145. Protoreaster nodosus, l'étoile-
rhinocéros, très aoondante.
146. Echinaster luzonicus.
12
125
ophiures

147. Astroglymma scultum.


148. Sur la gorgone Subergorgia
vivent, souvent par dizaines, les petites
Ophiotrix purpurea. en dessous de
35 m de profondeur.
149. Une association à plusieurs
une ophiure rouge et blanche vit sur
une éponge (Sigmadocia symbiotiva)
qui, elle-même, ne se développe que
sur une a/gue rouge qu'elle recouvre
entièrement (Ceratodiction spongio-
, 47 sum).

148
128
150 151 ~;:-. ..

153

ascidies
Les ascidies, ou runiciers, ont une
structure interne qui comporte une
ébauche de colonne vertébrale. Elles
vivent aussi bien solitaires qu'asso-
ciées en colonies.
150. Colonie de Clavelina detorta.
151. Microcosmus sp.
152. Polycarpa aurata.
153. Didemniadae sp.
154 Une magnifique colonie de Bo-
trylloides sp. Taille: 30 cm.
152
1!
130
155. Deux serpents à Il tête de dra-
gon » Acalyptophis Péroni se rencon-
trent dans le lagon. Ils cherchent à se
nourrir dans les terriers des poissons.
156. Le grand serpent gris-beige
Aypisurus laevis est le seul qui mani-
feste un semblant d'agressivité envers
les plongeurs. Il est attiré en fait par
serpents les ondes de pression des nageurs et
par les objets brillants, mais ne cher-
La majorité des serpents marins fré- che pas spontanément à mordre. Il
quente les fonds sédimentaires. Ils est en revanche très dangereux si on
peuvent tous mordre et ils sont tous le manipule. JI se nourrit de poissons
venimeux. Mais le danger qu'ils repré- de pleine eau.
sentent pour les humains est presque 157. Le serpent Hydrophis sp. peut
nul si on ne les agresse pas. atteindre 1,50 m de long.
161

158 ! 159 ! 160. Le serpent, un


Hydrophis, peut rester dix bonnes mi-
nutes la tête dans un terrier à guetter
un petit gobie (photo du haut). Après
l'excitation de la capture il sort enfin la
tête avec le poisson entre ses mâ-
choires (photo du centre). Il fonce
alors vers la surface (photo du bas),
sans sortir pour respirer, et avale rapi-
dement sa proie. Le petit poisson
(( pilote» jaune raccompagne dans
toute la manœuvre.
161. Le même Hvdrophis, affligé de
cinq petites carangues (( pilotes »
Gnathanodon speciosus, qui profitent
de sa protection.
162. Les fameux (( tricots ravés»
laticauda chassent dans les anfrac-
tuosités coralliennes et vont ensuite
1igérer au sec, à l'ombre des rochers
ou des buissons. Ce sont les serpents
les plus communs de Nouvelle-Calè-
donie.
160
134
164

mammifères marins

163 / 164. Baleines, Balenoptera


ac utorostrata, près de Lifo u.
165. La vache marine Dugong dugo
qui est menacèe d'extinction dans tout
l'/ndo pacifique. La chasse de ce mam-
mifère marin très paisible et qui se
nourrit d'algues marines est sérieuse-
ment contrôlée en Nouvelle-Calédonie,

tortues

166. La tortue Il verte ii Chelonia


mydas.
167. Caretta caretta, la tort ue
Il grosse tête ii.

16'
168

169

poissons
168. Deux beaux (( gueules rouges JJ
Lethrinus chrysostomus.
169. La (( saumonée hirondelle JJ
Variola louti.
170. La (( loche savon JJ Pogonoperca
punctata. On ne l'a rencontrée qu'à
Mare. Elle peut émettre une toxine
fatale aux autres poissons.
171. Les (( castex rayées JJ Plectorhyn-
chus goldmanni.
172. Un banc de jaunets du lagon
Lutjanus vitta qui ne s'éloignent ja-
171 mais de leur pâté corallien.
17:
138
173

173. Un couple de Synodus variega-


tus.
1 74. A l'extérieur du récif. ces super-
bes poissons Nemateleotris magnifica
vivent de 5 à 40 mètres et se réfugient
dans leurs terriers. A u premier plan,
un rameau du fameux « corail de feu ii,
Millepora.
175. Celte blennie Petrocirtes bre-
viceps assez rare ne semble vivre que
dans les valves vides des jambon-
neaux-de-mer du genre Pinna.
176. Les jeunes Bodianus anthioides
passent les premiers mois de leur vie
entre les branches des gorgones.
177. Les grands perroquets bleus
Scarus gibbus sécrètent parfois pour
passer la nuit, un cocon muqueux et
transparent dont ils se dégagent au
petit matin.
178. Ce perroquet vert à bec rose
Scarus niger risque un œil hors de son
refuge, derrière un rideau d'hvdraires
plumeux.
Page suivante:
179. La rascasse-poule Pterois lunu-
rata a des épines qui peuvent provo-
quer d'intenses brûlures.
176 177

141
180. Le poisson-pierre Synanceia
verrucosa peut provoquer en quel-
ques heures la mort de l'imprudent qui
aurait posé le pied sur les épines de sa
dorsale. Une seule piqûre peut faire
tomber dans le coma et nécessiter des
semaines de soins. /1 existe heureuse-
ment un sérum spécifique, pour lutter
contre le venin terrible de cette Il ras-
casse-caillou ii.
181. Un autre poisson venimeux:
Scorpaenopsis cirrhosa .
181
142
143
183

182. Les poissons-rasoirs Aeoliscus


strigatus nagent toujours la tête en
bas, s'abritent entre les épines des
grands oursins et, face à un éventuel
prédateur (ou un photographe), ils
se présentent de préférence par la
tranche. Ils évoluent en bandes bien
synchronisées, comme un corps de
ballet un peu raide.
183. Une scène typique de nettoyage
de la castex Plectrorhynchus' picus
par le petit Labroides dimidiatus que
l'on voit près de l'œil de la castex.
184. Ce très curieux Photoblepharon
palpebratus possède sous chaque œil
une poche de bactéries lumineuses
qu'il peut occulter par une paupière.
Ces poissons « clignotants» ne peu-
vent s'observer que dans les grottes
de l'extérieur du récif, de nuit, de 5 à
50 mètres de profondeur.
185. Pseudochromis paccagnellae vit
dans les petits fonds coralliens.
186, L'Antennarius molluccensis, de
couleur variable (rouge, jaune, gris,
noir) possède sur le museau une
« canne à pêche)) mobile dont le
mouvement attire ses proies. Ses na-
geoires, très déformées, lui servent
surtout à marcher et à s'agripper.
~2
144
184 185

86
145
187

187. Le coffre cornu ou poisson-


vache Lactoria cornutus fréquente les
petits fonds d'herbiers.
188. Cet autre poisson-coffre Ostra-
cion cubicus vit en milieu plus coral-
188 lien.
189. La plus grande murène des mers
tropicales Gymnothorax javanicus peut
atteindre une taille de 2,5 m. Blessée,
elle peut se débattre avec une incroya-
ble fureur et ses morsures sont dan-
gereuses.
190. Le grand arbalétrier bleu Balis-
tes fuscus a, comme ses congénéres,
une épine à cran d'arrêt sur le dos.
Il est habile à manger les oursins en
les décollant du fond pour les att a-
quer par-dessous. On le voit ici en train
de battre des nageoires pour ventiler
sa ponte déposée sur le fond (au pre-
mier plan à gauche).
19
191 ...... _...&._.....

191. De jour, les poissons-fusiliers


Caesio tile sont tout bleus. Ils nagent
en bancs et font des rondes autour
des patates. De nuit, ils ont le ventre
rouge et s'abritent isolément.
192. Oxycirrhites typus ne s'éloi-
gne jamais à plus de quelques cen-
timétres de sa gorgone protectrice.
On ne le rencontre qu'à plus de 40 m
de profondeur.
193. Dans le bleu de l'extérieur du ré-
cif, les Paracaesio xanthurus évoluent
en petites bandes pour se nourrir de
plancton.
194. Les rougets-barbets à tache
noire Parupeneus spilurus aiment le
voisinage des passes.
192
148
195. Le dawa à longue corne Naso
brevirostris peut atteindre 60 cm de
longueur.
196. Le baliste-écriture Aluterus
scriptus a des couleurs changeantes
suivant son humeur. On le rencontre
surtout la nuit. Il peut dépasser un
mètre de longueur.
197. Les faux-picots sont très mal
connus,' ils ne morden t pas à la ligne,
on ne peut pas les prendre au filet et
ils ne vivent qu'à l'extérieur du récif.
Xesurus maculatus.
198. Sur une racine de palétuvier,
le sauteur Periophtalmus vulgaris,
dans une pose typique: la queue dans
l'eau et tout le reste du corps émergé.
Dans la mangrove il saute de flaque
en flaque, ou glisse sur les bancs de
vase à marée basse. Il se nourrit en
partie de larves de moustiques. C'est
un vrai poisson amphibie qui ne
s'aventure jamais en mer.
199. Dans leur anémone, les pois-
sons-clowns Amphiprion c1arki .ne
craignent aucun prédateur.
200. L'un des poissons les plus re-
cherchés par les aquariophiles : Po-
macanthus imperator, /'ange-emper-
reur.

199

151
201 C%.........-:..

201. Les bécunes Sphyraena bleekeri


sont très grégaires jusqu'à l'âge
adulte, Elles peuvent atteindre 80 cm.
Les barracudas de l'A tlantique ont
une réputation de férocité qui n'est
pas du tout justifiée pour leurs congé-
nères de l'In do-Pacifique.
202. Les carangues à grosse tête
Caranx ignobilis peuvent approcher
les 100 kg. C 'est la plus grosse espèce
de carangue. Blessées, elles attirent
irrésistiblement les requins,
203. A la naissance, les Il lunes )) ont
des nageoires disproportionnées par
rapport à leur corps. Les deux spéci-
202 mens ci-contre sont à un stade inter-
médiaire de leur croissance. On peut
rencontrer de gros adultes par cen-
taines au voisinage des passes, na-
geant paisiblement ou jouant près de
la surface.
204, Un couple de petits papillons
Chaetodon pelewensis,
205, Le papillon long-museau For-
cipiger flavissimus,
206. Ce poisson-ange Pomacanthus
semicirculatus a, pendant sa jeunesse,
une robe bleue avec des arcs de cer-
cie blancs.

203
152
2041&t~LI~" 205

06
153
207

207. Les requins à pointes noires af-


fectionnent le haut des récifs et il
leur arrive de mordre à l'occasion,
les mollets des promeneurs. En re-
vanche, ils n 'allaquent jamais les
plongeurs. Carcharinus melanopterus.
Longueur 1,70 m.
208. Carcharhinus amblyrhynchos,
C'est le requin gris des récifs, le plus
fréquemment rencontré par les plon-
geurs. Longueur 2, 20 m.
209. Les requins à pointes blanches
Carcharhinus albimarginatus, sur le
tombant des récifs, peuvent, comme
les requins de la photo précédente, se
grouper en meutes de plusieurs dizai-
nes. Ils présentent alors un réel dan-
ger s'ils sont excités. Longueur 3 m.
210. La raie léopard Aetobatus na ri-
na ri peut alleindre 2,20 m d'enver-
gure et ne se pose que très rarement
sur le fond. On la voit ici accompagnée
d'un petit rémora Echeneis naucrates,
2". La raie de sable Oasyatis kuhlii
peut s'enterrer en quelques secondes
et ne laisser dépasser que ses yeux.
Ici elle s'apprête à décoller.
212. Le requin dormeur Nebrius con-
color peut rester immobile pendant
des heures. Il se nourrit surtout de
coquillages et de crustacés.
208
154
index B.
des noms scientifiques Balenoptera acu1orostrata, p 136
Balis1es fuscus. p. 24,147
Balistes undulatus, p 24
Bodianus anthioides, p. 141
Bohadschia argus, p 26 121
Bohadschla marmorata, p 27
Bohadschia sp., p 120
A. Botrylloldes sp., p 131
Acalycigorgia, p 94 Bruguiera, p 7-10
Acalyptophis peroni, p 48, 132 Bruguiera eryopelata, p 10
Acanthaster planci, p. 104, 125 Bryozoaires, p. 32
Acentrogobius, p. 12
Acropora, p. 31, 34 c.
Acropora formosa, p. 82 Caesiotile, p 148
Acropora hyacinthus, p 31,36-44,80 Calpurnus verrucosus, p 41
Actinodendron, p. 13, 14 Caranx ignobilis, p 152
Actinodendron plumosum, p. 72 Caranx melampygus, p 33
Actinodiscus sp., p. 72 Carcharhinus albimargina1us, p 33, 155
Actinopyga flammea, p. 121 Carcharhinus amblyrhynchos, p. 33, 154
Aeoliscus strigatus, p 24, 144 Carcharhinus melanopterus, p 154
Aetobatus nari-nari, p. 155 Caretta caretta gigas, p 137
Aglaophenia sp., p 70 Carpilus maculatus, p. 115
Alcyonium gracillimum, p 86 Caryophillides, p 14
Alicia sp., p 76, 77 Cassis cornuta, p 16, 102, 103
Alpheus, p 27 Caulerpa, p 13
Aluterus scriptus, p. 150 Caulerpa sertularioides, p 64
Amblygobius phalaena, p 17 Cavernularia sp., p. 74
Amphiprion clarki, p. 151 Ceratodiction sponglosum, p 129
Amussium, p 22 Cerianthus maua, p 72
Amussium bailloti, p 98 Cerlthidae, p 12
Ancillaria montrouzieri, p 21 Cerithium, p 17
Andadara trapezia, p 12 Chaetodon pelewensis, p 153
Antennarius mollucensis, p. 145 Chanos chanos, p. 31
Antipathaires, p. 40 Cheilio inermis, p. 17
Apogon, p 24 Chelonia mydas, p 136
Apsidosiphon jukesi, p. 14 Chlorodesmis lastlgata, p 64
Arca, p. 38 ChondrOCldaris brevispina, p 123
Architectonica perspectlva, p. 17 Cidaridae, p 122
Arctides regalis, p 43, 117 Clrcetrigona, p 12
Asthenosoma sp., p 122 Cirrhipa1hes, p 40
Astraeopora, p 38 Cirrhipa1hes anguinus. p 71
Astroglymma scultum, p 128 Clamys senatorla, p 16,98
Atergatis sp., p. 114 Clavelina detor1a, p 130
Atergatopsis lucasi, p. 115 Cnidaires. p 13
Alriml vexillum, p 17 Codium gepii. p 64
Aulostomus chinensls, p 140 Comanthina schlegeli, p 119
Avicennia officinalis, p. 10 Comanthus benneti, p 118
Avrainvillea, p. 13 Comasteridae, p. 118
Avrainvillea nigricans, p. 63 Conus arenatus, p 21
Axinella, p. 106 Conus cabrlti, p. 21
Aypisurus duboisi, p. 46 Conus coelinae, p. 21
Aypisurus laevis, p 45, 133 Conus ebraeus, p. 31
156
Conus eburneus, p. 21 F.
Conus geographus, p 104 Fasclospongla sp, p 90
Conus leopardus, p. 22 Favia valenclennesl, p 78
Conus Iienardi, p 22 Favites, p 37
Conus litteratus, p 22 Filograna sp., p 92
Conus merletti, p. 22 Forcipiger flavissimus, p 153
Conus puilcarius, p. 21 Fromla monilis, p 124
Conus quercinus, p. 22 Fungla, p 78
Conus veyssetinus, p 22 Fungla fungites, p 34
Conus virgo, p. 22 Fungla echinata, p 34
Corallium rubrum, p 40
Cottogobius yongei, p 40,63
Crassostrea glomerata, p 11 G.
Crassostrea zuezensis, p 33
Gafrarlum tumldum, p 12
Cryptocentrus, p 12,27
Galaxea, p 37
Culcita novaeguinea, p 26, 124 Gnathanodon speCIOSUS, p 134, 135
Cyanophycee,p 62
Goniopora sp., p. 37, 78
Cymatium tritonls, p 104
Gomophla egyptlaca, p 124
Cymodocea serrulata, p 13
Gomphosus, p. 31
Cypraea caputserpentis, p. 31
Gorgasla, p 28
Cypraea eburnea, p 17
Goniastrea, p 37
Cypraea mappa, p. 104
Gunellichthys, p 28
Cypraea talpa, p 104
Gymnothorax JavaniCUS, p 146
Gymnanglum sp., p 70
D.
Dardanus megistos, p 112
Dasyatis, p 28 H.
Dasyatis kulhli, p 155
Halgerda sp., p 107
Dendronephtya, p. 32
Haliclona sp N, p 68
Dendrophyllia sp., p. 32, 78, 79
Halimeda, p 13,82,83
Dlagramma pictum, p 28
Halimeda cylindracea, p 66,67
Diadema setosum, p 24
Hallmeda tuna, p 65
Didemnidae, p 73-130
Halltyle regularis, p. 26, 125
Distlchopora, p 40
Halodeima atra, p. 14
Dofleina sp., p 72
Halodeima edulls, p 27
Donax, p 20
Halophila, p 66,67
Dromla dormia, p. 114
Halophila ovalls, p 13,63
Dugong dugo, p. 13, 136
Haustellum haustellum, p. 17
Heliopora, p, 40
Herpolitha, p 36
E. Heterocentrotus mamillatus, p 122
Echenels naucrates, p 155 Heterocentrotus trigonarius, p 31
Echinaster, p 26 Heterometra, p 38
Echinocardium, p 16 Heteropsammla, p 14
Echinopora, p 38 Heteropsammla michelini, p 14
Echinothuridae, p 1.22 Hexabranchus sangutneus, p 106
Echinaster luzonlcus, p 127 Hippolysmata grabhami, p 112
Edwardsla, p 14 Holothuria scabra, p 12
Elllsella sp., p 90 Hydnophora, p 38
Elllsellldae, p 90 Hydrophis sp., p. 133,134,135
Emydocephalus annulatus, p 46 Hydrophls belcherl, p 46
Eplnephelus cylindrlcus, p 33 Hydrophls coerulenscens, p 46
Epinephelus lanceolatus, p 33 Hydrophis fasclatus, p 46
157
1. Microcosmus sp., p. 130
Millepora, p. 31
lodictyum buchneri, p 17,94
Mitra mltra, p 21
lodictyum sp., p 94 Mitra papalis, p 21
Isognomon, p. 12 Mitra papalio, p. 21
Montipora, p 38,79,82,83, 118
J. Mopsea whiteliggi, p. 91
Jordanicus gracilis, p. 12 Mopsella ellisi, p. 41
Junceela sp., p 50-90 Morula marginalba, p 34
Murex troscheli, p. 104
L. Murex ramosus, p 17
Murex tribulus, p. 12
Labroides dimidiatus, p. 144 Mycale, p. 98
Lactoria cornutus, p. 146 Mycediup, p 38
Laganum depressum, p. 16
Lambis lambis, p. 24
Lambis sebae, p 24 N.
Laticauda colubrina, p. 45, 48, 49, 135 Nardoa, p. 16
Laticauda laticaudata, p 48,49 Nardoa tuberculata, p 26
Laticaudinae, p. 46 Naso brevirostris, p. 33, 150
Latreillia sp., p. 113 Naso tuberosus, p. 33
Leiaster leachi, p 126 Nassarius pullus, p. 12
Leptastrea, p 37 Nautilus macromphalus, p. 108, 109
Leptoria phrygia, p 80 Nebrius concolor, p. 155
Leptoseria, p. 38 Nemanthus, p. 73
Lethrinus, p. 28 Nemanthus nitidus, p 72
Lethrinus chrysostomus, p 138 Nemateloeotris magnifica, p 140
Lethrinus harak, p. 17 Nembrotha sp, p 106
Lethrinus obsoletus, p. 17 Neoslmmia, p 41
Leucetta sp., p. 94 Nephtidae, p 84,85
Linckia laevigata, p. 31, 126 Netrostoma, p. 74
Lioconcha, p. 22
Lithophaga lessepslana, p. 14
Littorina scabra, p 11 o.
Lobophora, p. 124
Lobophyllla, p. 37 Octopus cyanea, p 110
Lobophytum, p 41 Ocypoda ceratophtalma, p 19, 115
Lobophytum pauciflorum, p. 87 Ocypoda cordimanna, p. 20
Lopha cristagalli, p 96,97 Oliva annulata, p. 21
Lovenia, p. 16 Oliva lignaria, p. 12
Oliva minlacea, p 17
LUldia, p 26
Opheodesoma australiensis, p. 120
LutJanus vltta, p 139
Lysosquilla maculata, p. 20 Ophiotrix, p. 41
Ophiotrix purpurea, p. 128
Lytocarpus philippin us, p. 70
Ostracion cubicus, p. 146
Ovula ovum, p. 41, 105
M. Oxycirrhites typus, p 148
Malleus albus, p. 17
Marginapora, p 19
Matuta planipes, p. 20
P.
Melithea ocracea, p 90 Padina, p 13
Merulina, p. 38 Palythoa, p. 93
Microcephalophis gracilis, p. 48 Panulirus bradypus, p 44
Microciona, p. 96, 97 Panulirus longlpes, p 42, 108, 109, 116
158
Panulirus ornatus, p 42, 118 R.
Panulirus penicillatus, p. 42, 116
Rapa rapa, p 41
Panulirus versicolor, p. 44, 116 Retaster insignis. p 26, 125
Paracaesio xanthurus, p 149 Rhinoclavis asper, p 21
Pardachirus pavonimus, p 28 Rhlnoclavis fasciatus, p 21
Parribacus caledonicus, p 42,45, 116 Rhinoclavis sinensls, p 21
Parupaeneus, p 17,28 Rhizophora. p 7-9
Parupaeneus spilurus, p 149 Rhynchocinetes sp., p 113
Pavona, p. 38 Roxasla golgotha, p. 86
Pecten vexillum, p 16
Pectinia, p. 37
Pectinia lactuca, p 80 s.
Pedum, p 98 Sabella sp., p 92
Pelamis platurus, p. 48 Sabellastarte, p 17
Penaeus sp., p. 112 Sabellastarte indlca, p 93
Pennatula sp., p 74. Salarias edentulus, p 34
Periclimenes imperator, p. 26 Sarcophyton, p 41
Periclimenes soror, p 26 Sarcophyton elegans, p 86
Periophtalmus, p. 11 Sarcophyton sp., p. 39
Periophtalmus vulgaris, p. 151 Scarus glbbus, p 33, 141
Petrocirtes breviceps, p 140 Scarus Jouesi, p. 33
Petrosia sp., p 69 Scarus niger, p 141
Peyssonellia sp, p 62 Scarus rubroviolaceus, p 33
Phoronis australis, p 72 Scorpaenopsis clrrhosa, p 143
Photoblepharon palpebratus, p. 145 Scylla serrata, p. 11, 114
Phylidia ocellata, p. 106 Scyllarides squamosus, p. 42,45, 116
Picrocerus armatus, p 112 Sepia latimana, p. 111
Platax orbicularls, p 153 Seploteuthls sp, p 108, 110
Platygyra, p. 37 Seriatoporides, p. 36
Plectorhynchus, p. 28 Seriatopora hystrix, p 36
Pectorhynchus goldmanni, p 138 Siganus oramin, p. 17
Plectorhynchus piC us, p. 144 Siganus spin us, p. 17, 129
Pocillopora, p 31 Sinularia, p. 41
Pocillopora verrucosa, p. 36 Siphonochalina fascigera, p. 68
Podabacia, p. 38 Siphonogorgla sp., p. 86
Pogonoperca punctata. p. 138 Sphyraena bleekeri, p 152
Polinlces mellosus, p 21 Spirastrella sp, p 69
Polinices pyriformis, p 21 Splrobranchus, p. 38
Polinices tumidus, p. 12 Spirobranchus giganteus, p 93
Polycarpa, p 32 Spirobranchus sp., p. 92
Polycarpa aurata, p 130 Spondylus varius, p 99
Polyphillia, p 32 Spongodes merleti, p. 86
Pomacanthus imperator, p. 151 Stenopus hispidus, p. 113
Pomacanthus semlcirculatus, p. 153 Stichopus chloronatus, p. 14
Ponton ides unciger, p. 40 Stoichactis sp, p 74
Pontoniinae, p. 26 Strombus canarlum, p. 12
Porites, p 35,37,78,98 Strombus epidromis, p 12
Portunus pelagicus, p 11 Strombus glbberulus, p 24
Primovula, p. 41 Strombus lentiginosus, p. 24
Protoreaster, p. 16 Strombus luhuanus, p 22,24
Protoreaster nodosus, p. 26, 127 Strombus thersites, p. 24
Pseudochromis paccagnellae, p 145 Strombus vomer, p. 24
Pterois lunulata, p 142 Stegopontonia, p 26
159
Struth,opteron caledonlcum, p. 13 Triaenodon obesus, p 33
Styi aster, p 40 Tridacna maXima, p. 100,101
Styi aster elegans, p 94 Troplometra, p 38
Stylaster sp , p 94, 95 Tubastrea, p 32
Stylophora mordax, p 82 Tublpora musica, p 40,84
Subergorgia sp., p 88,89,90, 128 Turbinaria, p 38, 118
Symphill,a, p 37 Turbo imperlalls, p 31
Synanceia verrucosa, p 142 Turbo marmoratus, p 31
Synodus variegatus, p 140 Turbo petholatus, p 31,96

T. u.
Terebellides, p. 95 Uca dussumierl, plO
Terrebellum, p. 16 Uca lactea, p. 10
Terebra aerolata, p 21 Uca tetragonon, plO
Terebra dlmidiata, p 21 Uca vocans, p 114
Terebra duplicata, p 17 Upeneus, p 17
Terebra lanceata, p 22
Terebra maculata, p 21 v.
Terebralia pyrazus, p. 12 Variola louti, p 138
Thalamita, p. 11 Vermet us, p 38
Thalassia, p. 66, 67 Verongla sp., p 69
Thalassia emprlchti, p. 13 Vexillum exasperatum, p 17
Thalassoma hardwlcki, p 31 Virgularia gustaviana, p. 13
Thalassoma lutescens, p. 31 Voluta deliciosa, p 17
Thromidia catalai, p. 124
Tonna perd IX, p. 104 x.
Toxopneustes pileolus, p. 122 Xesurus maculatus, p 150

Ce petit livre n'a pas la prétention d'être un inventaire biologique


complet du lagon et des récifs. Nous nous sommes simplement
proposés de présenter par le texte et par l'image les paysages les
plus typiques et les organismes les plus représentatifs des fonds
marins de Nouvelle-Calédonie, de façon à aider les amateurs à les
reconnaître et à en apprécier la diversité et l'originalité.
Toutes les photos ont été prise en milieu naturel.
Nous tenons à remercier ici les organismes et les personnes qui
ont pu aider aux identifications des espèces:
Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris,
Station Marine d'Endoume,
Pierre Fourmanoir de "O.R.S.T.O.M.,
Elizabeth Pope du Muséum National de Sydney,
Roye Tsuda de l'Université de Guam,
Carden Wallace du Muséum National de Brisbane.

160
Collection voir la nature
Directeur scientifique: Bernard Salvat

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Oiseaux de Tahiti
Guide sous-marin de Tahiti
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Insectes et papillons des Antilles
Coquillages des Antilles
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Guide sous-marin de la Réunion et Maurice
Coquillages des côtes atlantiques et de la Manche
Requins des mers tropicales et tempérées
Coraux du monde

Achevé d'imprimer: septembre 1978


N° d'éditeur: 87
Dépôt légal: troisiéme trimestre 1978

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