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Chansons Du Repertoire Algerois Joly

Répertoire den l'Algérois

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CHANSONS DU RÉPERTOIRE ALGÉROIS

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(1) Tous les chanteurs disent : le sens est le même.


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TRADUCTION (1)

La preuve, à tes yeux, que je suis ton captif,


C'est que j'ai remis aux mains du chagrin les rênes de
ma vie.

Naguère, j'espérais notre union comme un grand butin,


Et maintenant, je n'en attends plus que la vie sauve (2).

C'est pour ma perte que j'ai obéi à l'amour de mes yeux :

Si j'avais baissé les paupières, je n'aurais pas eu à m'en

repentir (3).

(1) Cette chanson,une des plus connues du répertoire andalou, est

extraitedu Diwân d'Ibrahim ben Sahl El-lsrâ'ily El-lchbîly, mort


dans un naufrage, non loin de Ceuta, avec le gouverneur de cette ville,
Ibn El-Khalaç, en 649 (26 mars 1251-13 mars 1252). Cf. Brockelman,
Geschichte der Arabischen Licteratur, i, 273. Weimar, 1898.

(2) Image fréquemment employée par les poètes arabes. Cf. Imrou
1-Qaïs (pièce v, vers 9, éd. Ahlwardt) :

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« J'ai tellement parcouru les horizons que j'ai fini par considérer
mon retour [au pays natal] comme un butin. »

(3) Mot a mot : u Je ne me serais pas mordu les doigts. »



49 —

Qui me donnera un corps, que je me plaigne de son


dépérissement?
Qui me donnera un cœur, que je me plaigne de ses pal
pitations ?

Si j'ai vécu jusqu'à ce jour, c'est que j'étais caché

Et que la mort n'a pas découvert ma retraite.

Si ma vie devait égaler en durée celle de Noé et que je


l'eusse vendue

Pour un seul instant d'union avec toi, je dirais : «


Cela
me suffit. »

La salive de cette bouche aurait pour moi plus de prix

Que la sève de ma jeunesse, que le retour des temps


révolus.

Quand le désespoir me chuchote à l'oreille, de ta part :

«
Non..., non ! *

Mes espérances répondent : «


Peut-être..., qui sait...? »

O mes amis, pour trouver des consolations, combien je


suis sot !
Mais si vous voulez apprendre la science de l'amour,
interrogez-moi.
Cherchez combien sont morts d'amour, depuis que

l'amour existe,
'Et si vous n'en trouvez qu'un, comptez que je serai le
second.

Si quelqu'un dit : «
Quel est le plus amoureux des amou

reux ? »

Il me semble que, parmi tous les hommes, c'est à moi

qu'il est fait allusion.

Les nourrices de Moïse ou l'amour de celui qui porte

son nom

Sont deux choses semblables par l'interdiction dont


elles sont frappées (1).

(1) Le poète veut dire : « Il m'est défendu d'espérer quelque chose de


Mousa, de môme qu'il était défendu à son homonyme (Moïse) d'avoir
d'autre nourrice que sa mère. » (Coran, xxvm, 11.)
4
-
50 —

Je disais ces vers alors que ma veille se prolongeait : je


pensais à lui
Cependant que l'aigle des astres planait pour prendre

son vol (1).

A ce moment, l'éclair tressaillit, palpilant comme

Le sabre du brave ou le cœur du poltron.

11 fendait le deuil de la nuit de sa main

Rouge de henné; il perçait sa cuirasse de la pointe de


sa lance.

Il me fit le signe du salut, car si jamais la lueur d'un


éclair (2)
A pu parler avant moi à un amoureux, celui-ci m'aurait

appelé.

Mais il parut à mes yeux sans amener de pluie; je lui


en ai demandé.
Par mes larmes, qu'il fit pleuvoir, il m'abreuva.

J'ai passé la nuit mourant d'amour, et mon seul recours

A été le débordement de mes pleurs ensanglantés.

(1) L'Aigle est le nom d'une constellation. Ce vers signifie que la nuit
se prolongeait trop longtemps, au gré du poète. La figure qui sert a

exprimer cette idée se rencontre chez tous les poètes arabes. Conf.
^y^Jà\ 3y\ :

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Quelle longue nuit I Ses étoiles étaient comme attachées avec des
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cordes de chanvre à des rochers inébranlables. »


Ibrâhîm ben El-Abbâs Eççoûly a dit également (El-'Abbâsy, Ma'àhid
St-Tançtç, i, 140 (Caire, 1316):
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€ Poussé par la soif, l'Aigle avait plané dans l'obscurité, alors qua
la Voie lactée présentait un fleuve inabordable. »

(2) L'éclair est considéré ici comme un heureux présage ; il annonce


la pluie, synonyme de soulagement, bénédiction; aussi le poète croit-

il qu'il vient lui annoncer le salut ( j>NLt*Jb .ltao\ ). Mais cette attente

est suivie d'une désillusion. L'éclair est un i_^Xà-, un de ces éclairs


qui n'amènent pas d'orage; l'eau (le soulagement) que le poète
et en
attendait, il est obligé de la demander à ses yeux qui
laissent, en
effet, couler des larmes abondantes.

51 —

Les astres brillants semblaient, autour de moi, une

assemblée funèbre ;
Au milieu d'eux, le corbeau des ténèbres m'annonçait
ma mort.

Au souvenir de mon bien-aimé, je me suis prosterné

contre terre (1) ;


S'il survenait près de moi, en quel état me verrait-il !

II

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(1) Allusion à un passage du Coran, xxxu, 15.



52 —

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TRADUCTION

Loin du pays, mes regrets augmentent, et je suis las de


ce voyage.

Mon cœur se consume. Je me suis résigné, mais en

vain ;
Dieu a décrété contre moi la séparation, et lui seul peut

diminuer mon mal,


Car je suis amoureux, en proie au souvenir, passant la
nuit à gémir de ma passion.

Mon cœur soupire après le pays ; mon Dieu, dissipe ma

tristesse.
L'amour m'a revêtu de maigreur, cette absence s'est

trop prolongée ;
Les larmes ruissellent de mes yeux; je pleure l'absence
de l'ami.
-
53 —

Oh 1 qui sait quand viendra la réunion ? mais le salut de


Dieu est proche.

Si mes maux cessent, je ferai une fête pour célébrer ma

guérison.

Mon cœur soupire après le pays; mon Dieu, dissipe ma


tristesse.

On ne peut se fier à la Fortune ; c'est elle qui a opprimé

mon cœur en deuil.

Ce qu'elle avait décrété s'est produit, et les jaloux ont


exulté.

O douleur! la résignation m'a abandonné, et pas un

cœur compatissant !
Mon attente s'est prolongée ; c'est à Dieu que je me

plains de mon état.

Mon cœur soupire après le pays; mon Dieu, dissipe ma

tristesse.
Comment mon corps peut-il se résigner quand mon

cœur se fond de tristesse?

Mon ; le soir, je gémis de chagrin.


cœur est malade

Quand, à l'heure du crépuscule, je vois le soleil pencher


vers son déclin,
Au lieu du sommeil vient l'insomnie ; ma nuit est

longue, ô mon exil I


Mon cœur soupire après le pays ; ô Dieu, dissipe ma

tristesse !

III

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(1) Licence pour -iar*.



55 —

TRADUCTION

Pourquoi le nuage pleure-t-il cette pluie fine, sans aucun

deuil?
Les larmes du nuage coulent abondantes du haut du
ciel.

"Verse le vin, emplis nos coupes, donne-nous à boire.


Une vérité, ô mortels :

C'est grâce au vin que nous cueillons le plaisir dans la


nuit noire.

O jour suave, au charme mystérieux !


Le souvenir de l'ami, qu'il est doux au cœur 1

Le jaloux s'en est allé, Dieu veuille que ce soit sans

retour 1
Pareil à l'astre des nuits, souple comme un rameau, sa

beauté est parfaite.

Que faire? j'aime une beauté aux yeux noirs;


Œil brun, lèvre à la moustache naissante,
Charmant visage, couvert d'un duvet rose.

Mince comme un étendard, il m'a ensorcelé de son

amour; il m'a captivé,


Faon à la taille élancée, qui n'a pas son égal.
Depuis combien je l'aime 1 et je ne puis me dégager de
son amour,
Et je ne puis renoncer à m'unir à lui.
Éternellement, je resterai triste, accablé d'une imputa
tion calomnieuse.

IV

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TRADUCTION

Écoute les rossignols des plaisirs, ce qu'ils disent :


« Épuiser l'or pour le vin n'appartient qu'aux grands

esprits. »

Celui qui ne s'adonne ni au vin, ni au plaisir,


Ne le prends ni pour un étranger, ni pour un Arabe ;
Range-le parmi les chameaux dociles, qu'il soit content
ou non.

Lève-toi ; emplis nos coupes et dis au censeur :


« Épuiser l'or pour le vin n'appartient qu'aux grands

esprits. »

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TRADUCTION

Les roses s'épanouissent sur ses joues ; ses lèvres


sourient.

Salut ! bonheur des bonheurs ; que ta joie soit éternelle !


Nulle beauté ne t'égale, ô âme des âmes,
Toi dont le nom est illustre, étoile du matin,
Ton visage est semblable à la pleine lune resplendis
sante, ton front rayonne.

Je n'ai pas vu ton égal dans la création, ô rameau tendre.

Salut ! bonheur des bonheurs ; que ta joie soit éternelle !

(1) Variante : ,£j^_s


.

(2) Au moins dans ce sens, ce mot paraît particulier à Alger.



58 —

Un grain de beauté plus noir que le jais est sur ta joue

rose,
Et ta salive est du sucre mêlé à du miel.

Tes cils noirs, embellis par deux grands yeux, sont

comme la nuit ourdissant ses ténèbres.


Tes seins font rompre le jeûne à celui qui est dans
l'abstinence.

Salut ! bonheur des bonheurs ; que ta joie soit éternelle !


Je termine ce poème sur la reine des astres,
Dont la beauté triomphe de tout dédain superbe,
Aux lèvres plus douces que le miel, aux joues roses,
(En disant) : Que les yeux des jaloux et des méchants

soient aveugles pour toi !

Salut 1 bonheur des bonheurs ; que ta joie soit éternelle 1

VI

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(1) L'orthographe de cette pièce, toute populaire de style, a été


rapprochée autant que possible de la prononciation algéroise.

59 —

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(1) De l'espagnol.
(2) Pour jOoUs, prononciation fréquente à Alger, surtout chez les
Israélites.

(3) Forme irrégulière se rattachant à la racine .le.. Cf. jjL^-j .



60 —

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(1) Du turc i_ijluij ,


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(1) Jj , jasmin d'Arabie.



62 —

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TRADUCTION

Au nom de Dieu, le Très-Haut, le roi des rois, le Très-


Grand I C'est lui le glorieux, c'est lui le maître qui
enrichit et qui appauvrit qui il veut. C'est lui dont l'atten
tion se porte sur la fourmi et c'est aussi lui qui voit les
superbes et les violents. Dites la formule de louange à
l'adresse du chef des prophètes, l'Arabe pur et purifiant;

le Très-Haut l'a aimé, l'a honoré et a fait de lui un inter


cesseur au jour du jugement dernier : pour tout pécheur

il intercède et Dieu pardonne.

Puisse Dieu, dans ses décrets, décider de mettre un

empêchement aux desseins de l'ennemi, en changeant

sa volonté 1 De même qu'à Alger, jamais les fruits d'un



63 —

palmier ne deviendront des dattes, jamais palmier ne

donnera de récolte, de même puissions-nous ne jamais


être soldats. Les armes, les fusils, laissons les braves
en tirer vanité. Les procédés tyranniques ne seront
jamais employés par le gouvernement; loin de là, c'est
lui qui défend ses administrés par l'argent, les
hommes,
l'autorité, la justice, la loi, l'instruction judiciaire. Le
gradé ne cherche pas à faire le mal et n'abuse pas de sa

force envers le faible, par mépris pour lui ; celui qui est

investi d'une fonction du gouvernement le louera toute


sa vie. Il touche ses appointements complets et vit dans
l'aisance en sa vieillesse. Cependant, celui qui a peu de
foi, de religion, va se griser dans les tavernes : le
peu

verre, la bouteille, la table, et, pendant le ramadhan


même, il boit du vin au repas de la nuit. Que Dieu fasse
cesser tout ce désordre; c'est lui qui conseille les gens
de bien. Mais nous, nous voulons faire enfanter la mule,
si bien qu'elle nous frappera de son sabot. Nous lisons

dans le livre de l'ignorance, le journal, les nouvelles


qu'il raconte. Celui qui a la maladie du journal se console,
son mal se guérit, lorsqu'il le lit pour tuer le temps. Le
monde s'occupe de mensonges ; affaires du Maroc, ser

vice militaire. [A quoi bon?] une puissance ne cherche

pas à en humilier une autre, et celle qui est dans son

tort perd.

O Dieu, par considération pour la couronne des pro

phètes, daigne, en ta miséricorde, jeter les yeux sur


nous.

Nous avalons le suc du laurier-rose et nos yeux ne

voient que le mal : la faim, la nudité, la misère, alors


qu'il y a des gens qui font résonner des tambours; pro
cessions, assemblées chez les marabouts, tout cela pour

que la pluie ne tombe pas, afin qu'ils puissent continuer

à tambouriner avec entrain et à se démener frénétique


ment sous les yeux des chrétiens, le bout d'un gourdin

64 —

dans l'œil, le ventre serré par une corde (1) ; et les


chaouchs de s'agiter avec force bruit pour arracher la
monnaie des spectateurs. Et cependant le crieur est là,
avec ses cierges et ses fruits, criant : « Quiconque achè

tera sera couvert de faveurs. »

O Dieu

Quant aux marabouts, aux préposés aux lieux de pèle

rinage, avec leurs cordes de chameau et leurs djellabas

vertes, puisque les pères sont les maîtres, que leurs fils
soient soldats. Grâce à la naïveté d'autrui, ils ont pu se

la couler douce aux dépens des Kabyles et des Berbères ;

l'eau, disaient-ils, coulerait des fusils, dès qu'ils pro

nonceraient leur formule, et maintenant : artilleurs, la


mèche en main, ou zouaves : pantalons rouges, guêtres

boutonnées aux pieds, les souliers ferrés; déjeuners et


dîners à la caserne, tambours et clairons donnant le
signal, et, en cas de faute, la prison.

O Dieu

Aïcha et Yamina (2) s'empressent de dire : que les


malades fassent des nechras (3); le rhume, faute de
danses rituelles, s'aggravera : la première ne sort pas de
l'ivresse du kif, la seconde est saoule d'anisette. Celle-
là chante comme une abeille ; celle-ci, voulant se lever,
trébuche. L'une a la langue pendante, l'autre est comme
une chèvre qui bêlerait d'une voix rauque. Et si la troi
sième est dans le tas, elle coasse comme une grenouille.

O Dieu

(1) Pour ces exercices usités chez les membres de certaines confré
ries religieuses, voir E. Doutté, Les Aïssaoua à Tlemcen, Châlons-sur-

Marne, 1900, et les sources citées.

(2) Chanteuses bien connues à Alger, et souvent appelées à exercer


leur métier dans les séances qui ont lieu chez les marabouts.

(3) La nechra est une offrande faite à un marabout, pour obtenir la


guérison d'une maladie nerveuse.

65 —

Par convoitise et naïveté, nous voilà à faire des fumi

gations avec de l'ambre. Nous allons trouver la sorcière


noire qui doit nous dévoiler l'avenir ; qu'elle soit cent
mille fois maudite I quiconque croit en elle est un impie :
elle vous donne des fils et des filles et vous prend vos

louis jaunes. Et tout le monde passe sa vie dans l'igno


rance, incapable de voir clair.

O Dieu

La vérité est partie ; elle refuse de revenir; elle est

allée consulter la loi. Quelqu'un est-il lésé dans son

droit, il se plaint de sa misère; aurait-il raison, qu'il

perdrait. Cadis et adels vous disent tous: le riche a


droit à des égards. Ils sont chargés des intérêts des
orphelins.... et de la tourte, quand elle apparaît. La
salive leur en coule de la bouche; chacun la guigne des
yeux; puis c'est le poisson, la perdrix, la poule et le
pigeon rôti. Ils mangent sans rémission, jusqu'à ce que
leur ventre soit plein. Veulent-ils boire? voici l'eau par
fumée au jasmin ou d'une fleur defell. Enfin la serviette
parsemée de poilsépais, la cuvette et l'aiguière toute
pleine. Après déjeuner, Je café bien noir et par là-dessus
la confiture à l'ambre. Quand le maître de la loi se lève
pour prononcer la fetoua, on voit ses cafetans traîner
jusqu'à terre.
O Dieu

Le musicien vous envoie noubas et msedders; il crie,


sa voix s'élève aux sons de la mandole et du rebab; elle
vibre. Les vers qu'il chante sont de Ben Sahla (1) qui les
fit à la louange de sa Fatima : c'est « la joue peinte au

vermillon, » « l'œil qui lance un trait mortel >»; « la taille


semblable à la jeune pousse de jasmin », la « Louange

(1) Ben Sahla, auteur de la présente pièce, est un poète moderne de


Tlemcen.

66 —

au Créateur qui l'a faite » . Les seins sont comme une

parure sur sapoitrine; on lui voit des bracelets d'or,


des joyaux. Sa beauté et son charme sont parfaits, et la
grâce en découle goutte à goutte. L'amoureux en remplit

sa coupe; on le voit se relever, puis retomber dans son

ivresse.

J. JOLY,
Professeur à la Médersa d'Alger.

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