0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues48 pages

Pnud - Brochure Audit de La SCTP

Hsgkldejlkud yylfylk feykiyfe jfdsgjj jsdjllgh tzdgjjn lgsehjk htjll

Transféré par

ge612210
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues48 pages

Pnud - Brochure Audit de La SCTP

Hsgkldejlkud yylfylk feykiyfe jfdsgjj jsdjllgh tzdgjjn lgsehjk htjll

Transféré par

ge612210
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
Vous êtes sur la page 1/ 48

république démocratique du congo

COUR DES COMPTES

AUDIT DE LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES,


DE LA FACTURATION ET DU RECOUVREMENT DE LA SOCIETE
COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS
(SCTP)

DECEMBRE 2012
république démocratique du congo

COUR DES COMPTES

AUDIT DE LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES,


DE LA FACTURATION ET DU RECOUVREMENT DE LA SOCIETE
COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS
(SCTP)

DECEMBRE 2012
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 3

Extrait de délibération sur le rapport de vérification à la Société commerciale


des Transports et des Ports « SCTP »

Conformément aux dispositions de l’article 180 de la Constitution et des articles


21, 25 et 32 de l’Ordonnance-Loi n°87-005 du 06 février 1987 fixant la composi-
tion, l’organisation et le fonctionnement de la Cour des comptes, le Président de la
Cour des comptes, par les ordres de mission n° 038/PCC/JLU/2011 du 16 novembre
2011, a diligenté une mission de vérification à la Société Commerciale des Trans-
ports et des Ports, « SCTP », en sigle.

La vérification s’est normalement effectuée en trois phases : la planification, l’exa-


men et la rédaction du rapport.

Tout contrôle ou enquête est confié à un ou plusieurs rapporteurs. Leur rapport


d’instruction, comme leurs projets ultérieurs d’observations et de recommanda-
tions, provisoires et définitives, sont examinés et délibérés de façon collégiale, par
une chambre ou une autre formation comprenant au moins trois magistrats, dont
l’un assure le rôle de contre-rapporteur, chargé notamment de veiller à la qualité
des contrôles. Il en va de même pour les projets de rapport public de la Cour.

Aux termes de l’article 33 de l’Ordonnance-Loi n°87-005 du 06 février 1987 fixant


la composition, l’organisation et le fonctionnement de la Cour des comptes, la Cour
publie, chaque année, un rapport public annuel et des rapports publics théma-
tiques.

Le présent rapport sur la vérification de la gestion des ressources humaines, de la


facturation et du recouvrement à la Société Commerciale des Transports et des
Ports, « SCTP », en sigle, est un rapport public thématique dont les études ont été
effectuées par le conseiller rapporteur MBOYO Empal Emonzoy avec l’assistance de
vérificateurs, Messieurs MUNSHEMVULA Mfiri, MPUTU Efukako, Tshibi Kapuku et
Madame MADUDU Baweta.

Les rapports publics tant annuels que thématiques s’appuient sur les contrôles et
les enquêtes conduits par les différentes missions de vérifications de la Cour des
comptes. En tant que de besoin, des consultations et des auditions sont organisées
pour bénéficier d’éclairages larges et variés.

Trois principes fondamentaux gouvernent l’organisation et l’activité de la Cour des


comptes et donc aussi bien l’exécution de leurs contrôles et enquêtes que l’élabo-
ration des rapports publics : l’indépendance, la contradiction et la collégialité.

L’indépendance institutionnelle des juridictions financières et statutaire de leurs


membres garantit que les contrôles effectués et les conclusions tirées le sont en
toute liberté d’appréciation.
4 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

La contradiction implique que toutes les constatations et appréciations ressortant


d’un contrôle ou d’une enquête, de même que toutes les observations et recom-
mandations formulées ensuite, sont systématiquement soumises aux responsables
des administrations ou organismes concernés ; elles ne peuvent être rendues défi-
nitives qu’après prise en compte des réponses reçues et, s’il y a lieu, après audition
des responsables concernés. Dans le rapport publié, leurs réponses accompagnent
toujours le texte de la Cour.

La collégialité intervient pour conclure les principales étapes des procédures de


contrôle et de publication. Le contenu des projets de rapport public est défini, et
leur élaboration est suivie, par le comité des rapports suivant l’article 15 de l’Or-
donnance-Loi n°87-005 du 06 février 1987 fixant la composition, l’organisation et
le fonctionnement de la Cour des comptes. Enfin, les projets de rapport public sont
soumis, pour adoption, à la Cour, siégeant en sections réunies.

Les rapports publics de la Cour des comptes sont accessibles en ligne sur le site web
de la Cour des comptes : www. courdescomptes.cd.

La Cour des comptes, toutes sections réunies, a délibéré et adopté le rapport pu-
blic sur la vérification de la gestion des ressources humaines, de la facturation et
du recouvrement à la Société Commerciale des Transports et des Ports, « SCTP »,
en sigle, en son audience du 15 janvier 2013, à laquelle siégeaient : Messieurs :
Président ai. : Ernest IZEMENGIA NSAA-NSAA ; Conseillers KALALA Mwana BANZA,
KATENGA FOLO ALEMO, MADUDU FUMA, MUKALENGE MUTEMUNAYI, ENGWAN-
DA ELUMBA MEKO, BAKAMBU MORA MAVIOKA, BUKASA TSHIBUYI, MUBIAYI KA-
BANTU, MUFASONI GAPANGU, BOKAKO MULA’NYALI, SAPWE bin SAPWE, BWINO
MUGARUKA, DIANTESA A BELI, MIATUDILA LUBAKI ;

Conseiller rapporteur : MBOYO EMPAL EMONZOY, Ministère Public : Procureur Gé-


néral NKONGOLO TSHILENGU. Secrétaire Général : Conseiller KITAMBALA N’GBEZE.

Le Secrétaire Général Le Président ai. de la Cour des comptes

KITAMBALA N’GBEZE Ernest IZEMENGIA NSAA-NSAA


AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 5

INTRODUCTION

I.1. MANDAT

En vertu de l’article 180 de la Constitution et en exécution de l’ordre de mission n°


038/PCC/JLU/2011 du 16 novembre 2011 du Président de la Cour des comptes a.i,
une équipe de vérification a été chargée d’une mission de vérification à la Société
Commerciale des Transports et des Ports, en sigle SCTP.

Cette équipe était composée de :

Monsieur Mboyo Empal Emonzoy : Magistrat, Chef de mission ;


Monsieur Munshemvula Mfiri : Vérificateur, membre ;
Monsieur Mputu Efukako : Vérificateur, membre ;
Monsieur Tshibi Kapuku : Vérificateur, membre ;
Madame Madudu Baweta : Chargé de mission, membre.

I.2.OBJECTIF ET DELIMITATION DE LA MISSION

La mission a porté sur la gestion des ressources humaines, de la facturation et du


recouvrement.

La période concernée par ladite mission s’étend de 2009 au 1er semestre 2012 tan-
dis que les structures ci-après ont été ciblées. Il s’agit de l’Administration centrale,
du Département du Port de Kinshasa, du Département des Ports et Transports Flu-
viaux et des Ports de Matadi et de Boma.

Quant à la durée de la mission, elle a été fixée par le mandant à 60 jours.

I.3.METHODOLOGIE UTILISEE

Afin de mener à bien ce travail, l’équipe de vérification a eu recours principalement


aux normes de l’INTOSAI, au guide de vérification relatif au contrôle non juridic-
tionnel et au manuel d’assurance qualité de la Cour des comptes de la République
Démocratique du Congo.
6 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

I.4.PRESENTATION DE L’ENTITE

I.4.1. Identification de l’entité

-- Dénomination sociale : Société Commerciale des Transports et des


Ports, en sigle SCTP ;
-- Siège social : le siège de la société est situé à Kinshasa, dans la
-- Commune de la Gombe, Boulevard du 30 juin, n° 177 ;
-- Nouveau registre de commerce : KG/9.108/M ;
-- Numéro impôt : AO 700220 Y.

-- Bref historique de la société.

La Société Commerciale des Transports et des Ports est une entreprise publique,
née de la transformation par le Décret n° 09/12 du 24 avril 2009 de l’Office Natio-
nal des Transports, en sigle ONATRA, en une société par actions à responsabilité
limitée conformément à la loi n° 08/007 du 07 juillet 2008. Cet Office est né des
cendres de l’Office des Transports Coloniaux, « OTRACO » en sigle, créé par Arrêté
royal du 20 avril 1935.

-- Objet social : la Société Commerciale des Transports et des Ports a pour objet
social :
• l’exploitation des services de transport multimodal combiné ou non
des personnes, des marchandises ou d’autres objets quelconques
par eau, par chemin de fer et par route ;
• l’exploitation des ports et des services accessoires ou connexes ;
• l’activité et la gestion des chantiers navals.

-- Forme du capital : le capital de la SCTP est détenu par l’Etat congolais, unique
actionnaire.

-- Contact : e-mail : [email protected]

I.4.2. Sites principaux d’exploitation

Outre la Ville de Kinshasa, la SCTP a plusieurs autres sites d’exploitation :

• A l’intérieur du pays : Mbandaka, Matadi, Kisangani, Boma, Banana, Ilebo,


Bumba, Lisala, Bandundu et Yuki ;
• A l’extérieur du pays : la Représentation de Brazzaville en République du Congo.

I.4.3. Administration

Aux termes de ses Statuts publiés dans le Journal officiel, Numéro spécial du 29
décembre 2010, la SCTP est constituée de 4 organes ci-après :
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 7

1. L’Assemblée générale ;
2. Le Conseil d’Administration ;
3. La Direction générale ;
4. Le Collège des Commissaires aux comptes.

Le Conseil d’administration actuel est composé de :

1. Monsieur Nkulu Mwenze  : Président ;


2. Monsieur Umba-di-Malanda : Administrateur Directeur Général a.i ;
3. Monsieur Elongama Philippe : Administrateur Directeur Financier ;
4. Monsieur Chokwe Cembo : Administrateur;
5. Monsieur Mutokambali Luvanzayi : Administrateur.

Quant au Collège des Commissaires aux comptes, il comprend 4 membres nommés


par le Décret N° 06/086 du 24 mai 2006 et maintenus à leur poste par le Décret N°
09/11 du 24 avril 2009 portant mesures transitoires relatives à la transformation
des Entreprises publiques.

Il s’agit de :

1. Monsieur Mokono Mampuya ;


2. Monsieur Mpop Awung ;
3. Monsieur Batubenga Mbay ;
4. Madame Mandamuna Woo.

La STCP comprend 11 Départements, subdivisés en Directions, dont :

• 5 Départements opérationnels :

1. Le Département des Ports Maritimes ;


2. Le Département des Chemins de fer ;
3. Le Département des Ports et Transports Fluviaux ;
4. Le Département du Port de Kinshasa ;
5. Le Département des Chantiers navals.

• 6 Départements fonctionnels :

1. Le Département financier ;
2. Le Département technique ;
3. Le Département des Ressources Humaines ;
4. Le Département des Services Généraux ;
5. Le Département de l’Audit Interne ;
6. Le Département de l’Organisation et Etudes Générales.

Outre les Départements précités, les Directions ci-après dites « en staff » sont di-
rectement rattachées à la Direction Générale.
8 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Il s’agit de :

1. La direction Commerciale et de Marketing ;


2. La direction juridique ;
3. La direction Contrôle de Gestion ;
4. La direction Police et Pompiers ;
5. La sous-direction Protocole et Relations publiques.

II. OBSERVATIONS

Au terme de la revue et de l’analyse des documents juridiques, administratifs,


comptables, budgétaires, financiers et de ceux relatifs au personnel et à l’exploita-
tion et après avoir épuisé toute la procédure relative au principe du contradictoire,
l’équipe de vérification a retenu définitivement les observations suivantes.

II.1. RESUME DES OBSERVATIONS

II.1.1. FONCTION GESTION DES RESSOURCES HUMAINES

Observation n°1 : le non respect de l’organigramme de la SCTP. Cette observation


trouve son fondement dans l’insuffisance du personnel tech-
nique, l’apparition d’une nouvelle catégorie d’agents dénom-
més pensionnés debout, l’inexistence d’un plan de règlement
du phénomène « Pensionnés debout » et l’inversion de la pyra-
mide du personnel.

Observation n°2 : l’inexistence d’une politique de recrutement, d’affectation, et


de promotion du personnel. Cette observation se base sur le
non renouvellement du personnel, le traitement discrimina-
toire dans les promotions et les affectations du personnel, le
traitement inégal de certains agents et de certains Directeurs
et l’existence ininterrompue « des semainiers et des journa-
liers ».

Observation n°3 : la non application rigoureuse de la législation sociale et des


conventions internationales : lourdeur administrative dans
l’application et le versement tardif des cotisations prélevées
sur les appointements des agents.

Observation n°4 : l’inexistence d’un programme visant l’amélioration des condi-


tions de travail du personnel. Les agents de la SCTP travaillent
dans des conditions difficiles: insalubrité, équipement obso-
lète ,etc.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 9

Observation n°5 : le non respect des conditions d’octroi des prêts au personnel.
Les prêts sont octroyés aux agents sans tenir compte des dispo-
sitions légales et de celles de la convention collective.

Observation n°6 : l’absence de mission de contrôle en dehors de Kinshasa et du


Bas-Congo. En effet, aucun responsable de la SCTP n’a jamais
visité le réseau fluvial depuis plusieurs années.

II.1.2. FONCTION FACTURATION

Observation n°7 : les prestations de la SCTP ne sont pas facturées correctement.


Cette observation trouve son fondement dans le manque de di-
ligence dans l’élaboration des listes des envois conteneurs à fac-
turer à la Sous-Direction Commerciale et la non exhaustivité de
la facturation des services rendus par la SCTP à certains clients.

Observation n°8 : le fonctionnement non satisfaisant du logiciel informatique sur


la facturation se manifestant par des imperfections dues aux
caprices de la technique et à la non maîtrise du logiciel par les
utilisateurs.

Observation n°9 : le refus de payer certaines factures par certains clients alors que
la note de service n° 0690/13-31/-/1043/IM-ECK recommande
de facturer normalement l’empotage ou le dépotage même ef-
fectué avec les engins privés.

Observation n°10 : le manque de diligence dans l’établissement et la transmission


des factures à terme aux clients. Cette situation se caractérise
par la lourdeur administrative, la transmission tardive des fac-
tures aux clients et la transmission tardive des actes généra-
teurs de recettes pour facturation à la Sous Direction Commer-
ciale.

Observation n°11 : l’immixtion d’un autre service dans la facturation. La Direction


d’exploitation du Département des Ports et Transports Fluviaux
procède à la taxation en lieu et place de la Sous Direction Com-
merciale.
10 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

II.1.3. FONCTION RECOUVREMENT ET COMPTABILITE

Observation n°12 : La constitution non justifiée des provisions pour créances


douteuses.

Observation n°13 : le non recouvrement total des prestations facturées. Cette si-
tuation apparaît dans le manque de diligence dans le recou-
vrement des créances sur certains clients, le non paiement des
factures additionnelles relatives au retrait tardif et frais d’occu-
pation d’espace et dans le résultat non satisfaisant des recou-
vrements des notes de débit.

Observation n°14 : l’inexactitude des soldes des comptes transitoires en fin de


période. Cette observation découle du non nivellement du
compte 498000 « attente recettes au comptant » et du compte
55 « chèques à encaisser ».

Observation n°15 : le manque de réalité des créances à recouvrer. Cette situation


est illustrée par l’enregistrement des fausses créances et le non
apurement des factures payées par les clients.

Observation n°16 : le manque de sincérité dans la réconciliation des comptes.


Cette observation concerne le Port de Matadi et le Départe-
ment des ports et Transports Fluviaux à travers la non justi-
fication par l’Inspection Contrôle des recettes de certaines
factures contestées et l’existence des créances dormantes au
Département des Ports et Transports Fluviaux.

Observation n°17 : le non respect des échéances de paiement des factures par cer-
tains clients. Cette observation concerne particulièrement le
Département du Port de Kinshasa où certains clients ne paient
pas les factures leur adressées par la SCTP dans les délais.

Observation n°18 : la non actualisation des créances sur les clients. L’inexistence
des opérations de rapprochement entre le Service facturation
et le Service de recouvrement et la non mise à jour de la situa-
tion des créances et des titres valant espèces illustrent cette
situation.

Observation n°19 : le manque de traçabilité des recettes encaissées. Il se carac-


térise par le non respect de l’échéance de reversement de
fonds de la caisse auxiliaire des recettes à la caisse principale
des recettes et l’inexistence du livre de caisse des recettes rela-
tives aux redevances portuaires par les caissiers chargés des
recettes.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 11

II.2. DEVELOPPEMENT DES OBSERVATIONS

II.2.1. FONCTION GESTION DES RESSOURCES HUMAINES

Observation n°1 : le non respect de l’organigramme de la SCTP

Il existe un organigramme au sein de la Société Commerciale de Transports et de


Ports. En le confrontant avec la réalité, l’équipe de vérification a noté ce qui suit :
Au Port de Matadi, à Kinshasa et au Port de Boma :

• l’insuffisance du personnel technique

Cette situation, selon la Direction générale, s’explique par la disparition de certains


corps de métiers de base (grutiers, caristes, soudeurs, aiguilleurs, ) due à la mise à
la retraite et au non renouvellement d’un nombre important d’agents exerçant ces
métiers.

Toujours selon la Direction générale, un plan minimum triennal 2012-2014 pour le


recrutement du personnel a été élaboré et attend l’aval du Conseil d’Administration
de l’entreprise.

• l’apparition d’une nouvelle catégorie d’agents dénommés pensionnés debout

L’analyse de l’organigramme des fonctions de la Société commerciale des Trans-


ports et des Ports ne fait pas apparaître une fonction « Pensionnés debout ».

Cependant, l’analyse des documents relatifs aux effectifs du personnel fait ressortir
une nouvelle catégorie d’agents et cadres, non prévue dans le cadre organique de
la société.

Cette catégorie est constituée exclusivement des retraités dont les comptes n’ont
pas encore été clôturés et qui continuent d’émarger dans la paie de la société.

D’où, le gonflement des effectifs et des charges du personnel.


12 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Tableau n°1 : Evolution des effectifs de 2009 à 2011

Année 2009 2010 2011

Valeur
Val. rel. Val. absolue Val. rel. Valeur absolue Val. rel.
Catégorie absolue

Agents actifs 11 543 49,23 10 979 47,70 10 482 45,92

Agents
11 902 50,77 12 040 52,30 12 344 54,08
pensionnés

TOTAL 23 445 100 23 019 100 22 826 100


Source : Synthèse sur l’état des lieux de la fonction Ressources humaines à la SCTP

Cette situation est due, selon les Dirigeants de l’entreprise, aux contraintes
financières.

• l’inexistence d’un plan de règlement de ce phénomène

Lors de différents entretiens que l’équipe de vérification a eus avec la Direction


générale et le Département des Ressources Humaines, il est apparu qu’aucun plan
visant le règlement de ce phénomène n’existe au sein de la société.

Ce phénomène a été constaté dans toutes les structures de la société excepté dans
le Département des Ports Maritimes.

Outre ses propres pensionnés, ce Département prend aussi en charge ceux des Dé-
partements des Services Généraux, des Chemins de fer, des Ressources Humaines
et de la Direction Générale compte tenu, selon la direction générale, de l’unicité de
la caisse de la société et de la trésorerie de ce Département.

Il convient de noter que ces pensionnés continuent à bénéficier de leur salaire


mensuel tout en restant à leur domicile et ce aussi longtemps que leurs comptes
ne seront pas clôturés par la société.

L’équipe de vérification a constaté également, comme cela apparaît dans le tableau


ci-après, que, grâce à la décentralisation et à sa situation financière favorable, le
Département des Ports maritimes a moins de pensionnés debout au cours des trois
dernières années tandis que le Département des Chemins de fer en a plus.

La situation des pensionnés debout a évolué de la manière suivante :


AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 13

Tableau n°2 : Situation des Pensionnés debout

Année 2009 2010 2011


Clôture compte Clôture Clôture compte
Dpt Agents Agents Agents
en FC compte en FC en FC
1.DPTF 182 1 248 882 461 219 1618 250 256 177 2 182 356 471
2.DCF 255 1 366 187445 350 2619 158 555 309 3 023 550 309
3.DRH 84 975 248 198 101 1343 882 061 86 1 629 230 955
4.DPK 59 241 471 728 50 221 423 069 49 425 868 591
5.DPM 22 41 248 173 2 5 578 367 3 50 519 327
6.DCN 83 597 444 206 94 795 699 026 82 981 911 076
7.DSG 119 763 104 864 780 615 70 677 355 951
TOTAL 804 4 470 482 974 920 7 468 771 949 776 8 970 792 679
Source : Synthèse sur l’état des lieux de la fonction Ressources humaines à la SCTP

Pour la Direction générale, « les contraintes financières sont à la base des difficul-
tés de liquidation immédiate et dans les délais légaux des clôtures des comptes
des retraités. Toutefois, des efforts ont permis de réduire leur nombre, passant de
975 à l’avènement de l’actuelle Direction générale (mars 2012) à 667 à fin octobre
2012 ».

Au regard de l’accroissement en nombre et en charges financières des pensionnés


debout, la société devrait avoir un plan de règlement de cette situation. Ce qui n’est
pas encore le cas jusqu’à ce jour.

• l’inversion de la pyramide du personnel

Lors des entretiens entre l’équipe de vérification et le Directeur des Ressources


humaines et au terme de l’examen des documents relatifs au personnel, il a été
relevé que la pyramide des effectifs est renversée et que la SCTP est constituée,
en grande partie, d’une armée de « Généraux » c’est-à-dire de plus de cadres que
d’agents d’exécution comme le montre le tableau ci-après.

Tableau n°3 : Structure des effectifs

Année
1990 2000 2005 2007 2009 2010 2011
Catégories

Dirigeants 260 457 489 458 499 509 555

Cadres 1 397 2 527 2 874 3 266 3 351 3 399 3 048

Maîtrise 5 584 5 859 5 932 6 534 6 214 5 996 5 274


14 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

9 592 4 059 3 106 2 761 2 277 1 959 1 605


Exécutants
(57%) (31,5%) (25%) (21%) (20%) (18%) (15%)

Total 16 833 12 902 12 401 13 019 11 543 10 979 10 482


Source : Synthèse sur l’état des lieux de la fonction Ressources humaines à la SCTP

NB. Les % c’est par rapport à l’ensemble des effectifs.

Selon la Direction générale, ce point fait l’objet de recherche de solutions internes


portant sur le recrutement des agents et l’amélioration du plan de carrière.

Cette politique est en cours de mise en place, sous la supervision du Département


des Ressources Humaines, en collaboration avec les Départements opérationnels.
Pour l’équipe de vérification, les Dirigeants de la SCTP devrait s’en tenir au strict
respect de l’organigramme de la société.

Observation n°2 : le non respect des critères et des conditions de recrutement,


d’affectation et de promotion du personnel

Dans ses investigations, l’équipe de vérification a noté les faits suivants :

Au Port de Matadi :

• le non respect des critères d’embauche

C’est le cas, par exemple, dans la police où, certains agents, engagés au départ
comme policiers dans la Direction de la Police du Département des Ports Maritimes
avec des diplômes de gradué ou de licencié, font prévaloir par la suite leurs titres
académiques pour rejoindre d’autres services beaucoup plus avantageux.

L’équipe de vérification recommande une stricte observation des critères d’em-


bauche à l’origine du recrutement et de sanctionner les fraudeurs.

A Kinshasa comme aux Ports de Matadi et de Boma :

• le non renouvellement du personnel

Lors du passage de l’équipe de vérification dans certains Départements et au cours


des entrevues qu’elle a eues avec les différents interlocuteurs, ces derniers ont fait
état du vieillissement du personnel (moyenne d’âge : 55 ans) et de la disparition
d’une catégorie de personnel pour des travaux qui exigent des qualifications parti-
culières (plombiers, soudeurs, ajusteurs, etc.).
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 15

• le traitement discriminatoire dans les promotions et les affectations du


personnel

Plusieurs agents ont approché l’équipe de vérification pour lui faire part de la situa-
tion qui prévaut au sein de la société en matière de promotion et d’affectation des
agents. Selon ces derniers, les promotions et les affectations se font d’une manière
arbitraire.

En réaction à cette accusation, la Direction générale soutient que la question rela-


tive à la promotion et à l’affectation du personnel est réglée par la Convention col-
lective qui définit les critères ainsi que les modalités de promotion et d’affectation
et qu’il existe des voies de recours en cas de violation des dispositions existantes.
Pour l’équipe de vérification, cette situation crée, à n’en point douter, des frustra-
tions et de la démotivation dans le chef du personnel entraînant des impacts néga-
tifs dans le rendement de chacun.

A Kinshasa :

• le traitement inégal de certains agents et de certains Directeurs

L’équipe de vérification a, dans ses investigations, constaté que de nombreux agents


et cadres n’ayant pas d’affectation et tenus par conséquent de rester à domicile
perçoivent leurs salaires comme tous les autres agents.

D’où, des frustrations, du mécontentement, de la démotivation, etc.

Pour la Direction générale, il s’agit en l’occurrence du décalage entre les postes


disponibles et le nombre des candidats susceptibles de les occuper. Et en réaction
à cette situation qui découle de la baisse des activités, le Conseil d’Administration
est en train d’examiner les différentes propositions d’utilisation de tous les cadres
sans affectation.

• Dans toutes les structures visitées (Kinshasa, Port de Matadi et Port de Boma),
le paiement de sommes importantes aux semainiers et aux journaliers ont
retenu l’attention de l’équipe de vérification.

En effet, celle-ci a pris connaissance du décaissement par la SCTP d’importantes


sommes d’argent pour payer cette catégorie d’agents. Selon les Responsables des
structures concernées, cette situation est due principalement à l’insuffisance du
personnel et conduit à de multiples litiges sociaux.

Pour l’équipe de vérification, il est souhaitable que la SCTP régularise cette situa-
tion en se conformant à la réglementation en vigueur.

Observation n°3 : la non application de la législation sociale et des conventions


internationales
16 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Le Code ISPC et l’Arrêté départemental n° 0021 du 10 avril 1978 en matière d’im-


matriculation des travailleurs réglementent ce secteur.

Aux Ports de Matadi et de Boma :

le code ISPC en matière de gestion des Dockers n’est pas respecté ; la gestion des
dockers est irrégulière.

En effet, l’analyse des contrats des sous-traitants révèle que lesdits contrats ont
expiré depuis fin mars 2012 et qu’ils n’ont pas encore été renouvelés à ce jour.

En outre, les Dockers sont gérés par la SCTP sans respect des normes internatio-
nales qui exigent que les Dockers soient gérés par une structure indépendante.

Pour la Direction générale, la gestion des Dockers est assurée par des maisons exté-
rieures avec lesquelles la SCTP signe des contrats de sous-traitance ; les contrats en
cours ayant expiré, de nouveaux contrats sont en cours de négociation.

A Kinshasa et aux Ports de Matadi et de Boma :

la non application rigoureuse par la SCTP de l’Arrêté départemental n° 0021 du 10


avril 1978 en matière d’immatriculation des travailleurs.

L’article 1er de l’Arrêté départemental n° 0021 du 10 avril 1978 sus-évoqué sti-


pule :« Sont obligatoirement assujettis au régime de sécurité sociale institué par le
Décret-loi du 29 juin 1961, organique de la sécurité sociale, les travailleurs soumis
aux dispositions du Code du travail sans aucune distinction de race, de nationalité,
de sexe ou d’origine, lorsqu’ils sont occupés en ordre principal sur le territoire natio-
nal pour le compte d’un ou de plusieurs employeurs nonobstant la nature, la forme,
la validité du contrat, la nature et le montant de la rémunération ».

Sur le terrain, l’équipe de vérification a constaté que la SCTP n’applique pas comme
il se doit les prescris de cet article.

En effet, la SCTP n’est pas à jour dans l’affiliation de ses agents à l’INSS.

Pour la Direction générale, la SCTP observe la loi en matière d’immatriculation des


travailleurs, tout en signalant une certaine lourdeur administrative de la part des
services de l’INSS dans le processus d’affiliation.

En outre, toujours selon elle, le nombre d’agents qui attendent leur affiliation est
passé, de 2000 lors du passage de la mission de vérification à environs 300 agents
aujourd’hui.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 17

• le non respect par la SCTP de l’Arrêté départemental précité en matière de


versement des cotisations de la sécurité sociale

Concernant le versement des cotisations sociales, l’article 28 stipule : « Quel que


soit le nombre de salariés occupés dans l’entreprise, tout employeur doit créditer le
compte de l’INSS des cotisations dues dans les trente jours suivant le trimestre civil
auquel elles se rapportent ».

Pendant l’examen de la situation des cotisations sociales, l’équipe de vérification


a constaté que, mensuellement, la société opère des retenues sur les salaires des
agents au titre des cotisations sociales pour le compte de l’INSS et de l’INPP mais
ne les leur reverse pas.

Les données fournies par le Département des Ressources Humaines renseignent


qu’à fin 2011, la SCTP doit à l’INSS la somme de FC 924 896 452 et rien à l’INPP.

Pour s’assurer de la réalité de cette situation, deux correspondances ont été adres-
sées les 28 et 29 mai 2012 par le Chef de mission de l’équipe de vérification à l’INPP
et à l’INSS pour la circularisation de la situation comptable de la SCTP dans leurs
livres respectifs.

Par sa lettre n° DG/1136/12 du 30 mai 2012 à laquelle un extrait du compte SCTP


a été joint, le Directeur Général Adjoint de l’INPP, Monsieur MAKINA MALONGI a,
en attendant la conciliation des comptes, communiqué à l’équipe de vérification le
montant de FC 77 894 037,12, somme cumulée depuis la conciliation des comptes
du 15 février 2005 entre les deux sociétés.

En réaction à cette observation, la Direction générale déclare qu’il s’agit plutôt du


retard de versement des cotisations prélevées sur les appointements des agents.

Mais, pour l’équipe de vérification, même le retard de reversement est une irrégu-
larité susceptible d’entraîner des pénalités à charge de la société qu’il faut éviter.

Se conformer à la législation sociale éviterait ce genre de désagrément à la société.

Observation n°4 : l’inexistence d’un programme visant l’amélioration des condi-


tions de travail du personnel

Le Code du travail, la Convention collective ainsi que les notes de services relatives
au personnel insistent sur le fait que le personnel travaille dans de bonnes condi-
tions de sécurité, d’hygiène, de salubrité, d’embellissement des lieux de travail, de
confort et d’équipement. De Kinshasa au port de Boma, en passant par celui de
Matadi, l’équipe de vérification a constaté que les conditions de travail ne sont pas
conformes aux textes sus-evoqués.
18 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

En réaction à ce constat, la Direction générale soutient que dans l’ensemble et en


dépit des contraintes financières, des progrès notables ont été accomplis notam-
ment en matière d’équipements informatiques, d’assainissement du milieu de tra-
vail (nettoyage des toilettes, aménagement des bureaux, climatisation ), remise en
état des ascenseurs, etc.

Observation n°5 : le non respect des conditions d’octroi des prêts au personnel

L’octroi des prêts au personnel est réglementé principalement par le code du travail
et la convention collective.

Au Port de Matadi, l’équipe de vérification a constaté le non respect des procé-


dures d’octroi des prêts et des retenues au personnel.

En effet, les prêts sont octroyés au personnel au gré de leurs demandes sans tenir
compte du délai de remboursement légal qui est de 36 mois, du taux de retenue
mensuelle qui, normalement, est inférieur ou égal au cinquième du salaire de
l’agent, du grade et de l’ancienneté en vue de déterminer la hauteur des montants
à accorder.

En outre, quelques agents bénéficiaires des prêts n’ont pas été l’objet de retenues
mensuelles, 12 mois après qu’ils aient bénéficié des prêts. A titre d’illustration :

Tableau n°4 : Quelques agents n’ayant pas été l’objet de retenue mensuelle

Bénéficiaire Grade Montant accordé en $


64 497/E A1 7 000
67 288/M A1 3 000
45 335/B A1 2 000
62 429/G A1 3 000
67 288/M A1 3 000
62 429/G A1 3 000
59 100/M A1 3 000
63 857/V B1 6 000
63 585/M B1 2 000
62 104/D D3 3 000
66 284/M 2 250
63 637/S 5 000
67 194/K 5 000
Source : Département des Ports maritimes/Matadi

Pour l’équipe de vérification, cette situation est due à la non application rigoureuse
des conditions d’octroi des prêts par les responsables chargés de cette opération
prive la société des rentrées d’argent et crée des frustrations chez le personnel.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 19

Pour la Direction générale, la procédure en vigueur lui reconnaît à elle seule le


pouvoir d’octroi des prêts au personnel et que des investigations sont en cours
pour la récupération concernant les cas de non retenue. Il y a lieu, toujours selon
la Direction générale, de noter que la SCTP dispose des moyens de récupération du
prêt, même à la clôture des comptes.

Observation n°6 : l’absence de mission de contrôle en dehors de Kinshasa et du


Bas-Congo

Lors des entrevues avec les Responsables du Département des Chantiers Navals et
du Département des Ports et Transports Fluviaux, l’équipe de vérification a noté
qu’aucune mission de contrôle ne s’est rendue à YUKI dans le Bandundu et sur le
réseau fluvial depuis plusieurs années.

Alors que, selon les données fournies par le Directeur du Département des Chan-
tiers Navals et par celui des Ressources humaines, la SCTP a du personnel qu’elle
rémunère, des biens et quelques activités encore dans ces sites.

A fin février 2012, par exemple, les arriérés de salaires étaient de l’ordre de FC
855 857 098 pour les agents du réseau fluvial et FC 309 798 766 pour le personnel
de YUKI.

Pour l’équipe de vérification, il y a risque de non maîtrise des effectifs et du patri-


moine, de pillages, de fraudes et de détournements des fonds et des biens de la
société.

Selon la Direction générale, des contingences d’ordre logistique et de mobilité sont


à la base de cette situation.

A ces dernières, il convient d’ajouter les contraintes financières ainsi que les dif-
ficultés d’accès à certains postes d’exploitation situés à l’intérieur du pays. Néan-
moins, des efforts sont consentis pour atteindre les sites d’exploitation éloignés de
Kinshasa (mission du Directeur général à Kisangani et celle du Directeur du DPTF à
Kikwit au mois de septembre 2012), poursuit la Direction générale.

Pour la Cour des comptes, il est souhaitable que les descentes des Responsables
sur le terrain soient périodiques.

II.2.2. FONCTION FACTURATION

Observation n°7 : les prestations de la SCTP ne sont pas facturées correctement

L’équipe de vérification se réfère à l’assertion « Exactitude » c’est-à-dire au principe


de transparence ou de clarté, de bonne information et de sincérité en vue de la
présentation de l’information sans intention de dissimuler la réalité des opérations.
20 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Sur le terrain, l’examen de l’application de ce principe a permis à l’équipe de vérifi-


cation de faire les constats suivants :

Au Port de Matadi :

le manque de diligence dans l’élaboration des listes des envois conteneurs à factu-
rer à la Sous Direction commerciale

En effet, l’équipe de vérification a constaté que certaines listes des envois en


conteneurs, élaborées par l’Inspection Contre pointage sont entachées d’irrégula-
rités, source de contestation par les clients. Cas de MAERSK - CONGO :

1. Conteneurs ECMU 941181/7 - ECMU 925950/9 et CMAU 578926/2 repris sur la


lettre de l’ICP n° 438/63-01/60/2011 du 14/09/2011 ;
2. Conteneurs MSKU 761305/5 repris sur la lettre S/N du 20/08/2011 ;
3. Conteneur 785631/3 repris sur la lettre n° 595/63601/60/11 du 06/12/2011.

Le Département des Ports Maritimes reconnaît que cette situation était surtout
constatée sur les envois de la société MAERSK à transférer à l’entrepôt ACOVER,
qu’elle a été régularisée et que cette opération a été abandonnée par ladite société.

• la non exhaustivité de la facturation des services rendus par la SCTP à certains


clients

Certains envois qui sortent du port les jours fériés et les week-ends ou encore en
dehors des heures de service ne font pas l’objet de la facturation relative aux tra-
vaux extraordinaires (T.E).

Cette situation est due au fait que les autorités de la SCTP ne font pas diligence
dans la facturation des travaux extraordinaires.

Comme conséquence, plusieurs factures SCTP font l’objet de réclamations par les
clients et sont souvent refusées d’être payées par les clients suite aux irrégularités
constatées telles que répétition des numéros des containers, double facturation,
confusion entre container 20’ et 40’...

A titre illustratif : le montant des factures réconciliées dont les clients ont refusés
de payer s’élève à FC 4 162 462,34 ; les factures contestées par le client MAERSK-
CONGO et annulées par la SCTP se chiffrent à 96 475 $ et la facturation de la loca-
tion magasin I/bas jusqu’en 2012 à la MIDEMA dont le contrat avait déjà pris fin
depuis mars 2009.

D’où, un manque à gagner pour la SCTP. A cette observation, l’équipe de vérifica-


tion n’a noté aucune réaction pertinente de la part de la Direction générale.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 21

La SCTP devrait renforcer les mécanismes d’encadrement des recettes par le suivi
des notes de service adressées aux services concernés qui stipulent qu’aucun envoi
ne peut sortir du port les jours fériés et les week-ends ou encore en dehors des
heures de service sans toutefois être facturé et payé.

L’équipe de vérification de la Cour des comptes recommande à la SCTP, particuliè-


rement à l’Inspection Contre pointage et à la Sous-Direction commerciale la dili-
gence et l’assiduité dans le traitement des listes des envois conteneurs à facturer à
la Sous-Direction commerciale.

La même diligence, elle la recommande dans le traitement des factures afin de


remettre en confiance les clients.

Observation n°8 : le fonctionnement non satisfaisant du logiciel informatique sur


la facturation

De l’analyse par l’équipe de vérification du fonctionnement du logiciel installé à


Matadi, il se dégage ce qui suit :

• la conception et la réalisation du logiciel sont l’oeuvre des informaticiens de la


SCTP ;
• les utilisateurs ne le maîtrisent pas encore : chaque fois qu’il y a un problème,
li faut faire intervenir Kinshasa ;
• aucun audit extérieur n’a jamais évalué ce logiciel ;
• une utilisation limitée par de multiples perturbations du réseau ;
• le double, voire même le triple emploi des factures (pré taxes) relatives aux
frais accessoires édictées par la Sous-Direction Commerciale.

A titre illustratif, l’équipe de vérification a relevé des différents montants à payer


sur la facture définitive du client MIDEMA numéro 0088089 du 24 juillet 2012 à
savoir : le total de la facture en FC est de 11.272.055,92 ; le montant payé est de
11 315 832,28 $ tandis que le montant converti (FC 11 272 055,92 /taux du jour de
FC 917,6129) est de 12 282, 93 $.

Ces faiblesses sont dues aux caprices de la technique et à la non maîtrise du logiciel
par les utilisateurs.

Cette situation a pour conséquence l’inexactitude des recettes encaissées et consti-


tue une source de litiges commerciaux avec les clients.

Quant à la Direction générale, sa position à ce sujet est la suivante :

• ce logiciel conçu et réalisé par les informaticiens de la maison est plutôt une
force et non une faiblesse car sa maintenance et son amélioration s’avèrent
aisées ;
22 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

• le logiciel ayant été mis en service depuis novembre 2003, les utilisateurs en
ont déjà acquis la maîtrise nonobstant les mouvements de départ parmi eux
(retraites, décès, révocations, mutations) et qui sont compensés par la forma-
tion permanente qui est organisée à l’intention des nouvelles unités ;
• les interventions de Kinshasa sur le logiciel consistent essentiellement en la
résolution des cas nouveaux intervenus dans le système qui nécessitent l’inter-
vention des concepteurs du logiciel ;
• en ce qui concerne l’audit externe du logiciel, la préoccupation exprimée par
la mission de la Cour des comptes est fondée et mérite d’être prise en compte
bien que sa mise en oeuvre exige des moyens financiers supplémentaires ;
• S’agissant de multiples perturbations du réseau, il sied de préciser qu’elles sont
inhérentes au fonctionnement du Guichet unique où plusieurs partenaires tra-
vaillent en synergie. Les problèmes rencontrés par un partenaire affectent ipso
facto l’ensemble du réseau.
L’équipe de vérification recommande l’audit du logiciel et la mise à niveau de ses
utilisateurs.

Observation n°9 : le refus de payer certaines factures par certains clients

Pour arriver à émettre cette observation, l’équipe de vérification a mené des inves-
tigations sur la base de note de service n° 0690/13-31/-/1043/IM-ECK qui exige de
facturer normalement l’empotage ou le dépotage, même effectué avec les engins
privés.

Au Département du Port de Kinshasa, par exemple, l’équipe de vérification a consta-


té que les factures de la SCTP relatives aux frais d’empotage ou dégroupage iden-
tifiés sous le code 26 et 63 sont refusées par certains clients tels que SOFORMA.

Dans ses lettres référencées AMCS/072/08/JTB/MPA/SOF/KN/2011 du 06/08/2011


et AMCS/080/08/JTB/MPA/SOF/KN/2011 du 23/08/2011, ce client donne des rai-
sons que ces opérations ont été exécutées avec ses propres engins ; et qu’une
prestation en tant que service tangible ne peut être rémunérée que si elle a été
effectivement rendue.

Et pourtant, la SCTP dans sa note de service sus-évoquée exige de facturer norma-


lement l’empotage ou le dépotage même effectué avec les engins privés.

Le tableau ci-dessous illustre le cas des factures retournées pour correction et


considérées comme irrégulières par la SOFORMA :
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 23

Tableau n°5: Quelques factures contestées par un client (en FC)

Date N° Facture Montant Code 63 Montant Code 26


06/05/2011 5435113/11 23 033 175,00 3 685 300,00
24 890 463,00 3 982 473,00
25 769 016,00 4 123 056,00
24 875 829,00 3 980 124,00
24 890 463,00 3 982 473,00
06/05/2011 5435115/11 24 875 829,00 3 980 124,00
24 779 574,00 3 964 734,00
24 848 694,00 3 975 804,00
24 890 463,00 3 982 473,00
11/05/2011 5435125/11 23 025 675,00 3 684 100,00
16/05/2011 5435135/11 21 353 683,00 3 416 581,00
16/05/2011 5435148/11 23 210 525,00 3 713 675,00
22 219 800,00 3 555 168,00
23 058 125,00 3 689 300,00
21 353 683,00 3 416 581,00
23 210 525,00 3 713 675,00
16/05/2011 5435178/11 23 133 650,00 3 701 375,00
25 909 688,00 4 145 540,00
24 984 342,00 3 997 485,00
21 282 958,00 3 405 265,00
24 058 996,00 3 849 430,00
14/07/2011 5435267/11 20 262 066,00 3 241 920,00
22/07/2011 5435278/11 22 179 000,00 3 548 640,00
21 254 875,00 3 400 780,00
20 330 750,00 3 252 920,00
22 178 976,00 3 548 640,00
22/07/2011 5435294/11 24 951 375,00 3 992 220,00
09/08/2011 5435329/11 18 488 360,00 2 958 140,00
20 219 606,00 3 235 144,00
24 897 591,00 3 983 607,00
24 814 971,00 3 970 404,00
23 053 325,00 3 688 525,00
Total 742 286 051,00 118 765 676,00
Total général 861 051 727,00
Source : Sous- direction commerciale/Département du Port de Kinshasa
24 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Pour la Direction générale, des négociations sont en cours en vue de résoudre ce


problème.

Observation n°10 : le manque de diligence dans l’établissement et la transmission


des factures à terme aux clients

Un des principes de bonne gestion fait appel à la ponctualité de l’information qui


stipule qu’une information qui arrive trop tard perd de sa valeur au meilleur des cas
ou devient tout simplement inutile au pire des cas.

Usant de ce principe, l’équipe de vérification a constaté les faits suivants :

Au Département du Port de Kinshasa :

• la lourdeur administrative

En effet, les factures faisant l’objet des sorties des grumes dont le paiement est à
crédit ne sont pas traitées avec urgence ( Cas des factures suivantes qui accusent
plus de quatorze jours de traitement).

Tableau n°6 : Quelques factures traitées hors délai

N° Client N° Facture Date facture Date réception Montant EN $


01 SODEFOR 5435901 04/05/2012 24/05/2012 1 187,06
02 SOFORMA 5435912 09/05/2012 24/05/2012 4 823,92
03 SOFORMA 5435911 09/05/2012 24/05/2012 8 016,30
04 SODEFOR 5435904 04/05/2012 24/05/2012 595,06
05 SODEFOR 5435903 04/05/2012 24/05/2012 2 963,06
06 SODEFOR 5435902 04/05/2012 24/05/2012 2 963,06
07 SODEFOR 5435905 04/05/2012 24/05/2012 2 371,06
08 SODEFOR 5435908 09/05/2012 24/05/2012 7 670,54
09 SODEFOR 5435909 09/05/2012 24/05/2012 4 732,72
10 SOFORMA 5435898 04/05/2012 24/05/2012 1 915,15
11 SOFORMA 5435899 04/05/2012 24/05/2012 4 233,29
Source : Sous- direction commerciale/Département du Port de Kinshasa
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 25

Cette situation est due à l’inexistence d’un contrôle systématique des factures à
terme par plusieurs services concernés dans un délai de 14 jours au minimum.

Ainsi, les opérations et les événements risquent de ne pas être enregistrés dans la
bonne période et la production tardive des informations financières entrainerait un
déficit d’informations fiables.

Pour la Direction générale, cette lourdeur est en réalité liée au temps de maîtrise
du système de contrôle interne mis en place en vue de s’assurer de la facturation
exhaustive de toutes les grumes sorties à crédit.

Mais pour l’équipe de vérification, la SCTP devrait procéder, conformément aux ins-
tructions, au traitement des factures à terme ayant fait l’objet des sorties d’urgence
en vue d’être payées au moment opportun.

Au Département des Ports et Transports Fluviaux :

• la transmission tardive des factures aux clients

Certaines factures sont transmises aux clients par l’entremise du Service Dispat-
ching après une durée d’au moins trois semaines à compter de la date de la trans-
mission des factures par la Sous-Direction Commerciale au Service Dispatching
comme le témoigne le tableau ci-après :

Tableau n°7 : Quelques factures transmises tardivement

Réception/ Date
N° Factures Prestations Clients Montant
Dispatching Transmission

01 5625444/12 23/01/2012 20/02/2012 Loyer janv/12 KINGAMBO 58,00 $

02 5620713/12 23/01/2012 23/02/2012 Locat. Barge ETS BATSE 12 180,00 $

03 5625447/12 23/01/2012 20/02/2012 Loyer janv/12 MANGANI 40,72 $

04 5620706/12 23/01/2012 20/02/2012 Loyer janv/12 MATUMONA 779,52 $

05 5620716/12 23/01/2012 20/02/2012 Loyer janv/12 MATHY 1 150,72 $

06 5625449/12 23/01/2012 20/02/2012 Loyer janv/12 NSUKULA 21,92 $

07 5620710/12 23/01/2012 05/03/2012 Loyer janv/12 MONUSCO 5 000,00 $

08 5620709/12 23/01/2012 14/03/2012 Loyer janv/12 C.E.N.I 406,00 $

09 5625448/12 23/01/2012 13/03/2012 Loyer janv/12 AFRIKA IN 501,12 $


26 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

10 5625450/12 23/01/2012 20/02/2012 Loyer janv/12 BOMBAMBA 25,06 $

11 5625455/12 02/02/2012 23/02/2012 Accosta déc/11 D.H.L 1 450,00 $

12 5625454/12 02/02/2012 06/03/2012 Accosta déc/11 P.N.U.D 394 400 F CFA

13 5625459/12 22/02/2012 15/03/2012 Accost janv/12 D.H.L 928,00 $

Source : Service Dispatching du Département des Ports et Transports fluviaux

Pour la Direction générale, le retard est causé par les difficultés d’ordre logistique
liées à la dispersion géographique de ces clients. Une séance de travail a été orga-
nisée avec ces derniers afin que les factures leur soient désormais déposées à leur
lieu d’exploitation.

• La transmission tardive des actes générateurs de recettes pour facturation à la


Sous Direction commerciale.

Le Service d’exploitation transmet tardivement les relevés d’accostage des canots


rapides du PNUD, de LIBERTE et de DHL à la Sous Direction Commerciale pour fac-
turation. A titre illustratif :

Tableau n°8 : Quelques cas à titre d’illustration

Période
N° Réf. lettre transmission Date Transport Clients
prestations

01 N/R : 015/23-03/2003/2012 Nov. et Déc. 2011 08/02/2012 LIBERTE


02 N/R : 041/23-03/20-03/2012 Février 2012 28/03/2012 LIBERTE & PNUD
03 N/R : 049/23-03/20-03/2012 Mars 2012 04/05/2012 PNUD, DHL, LIBERTE
04 N/R : 074/23-03/20-03/2012 Avril 2012 30/05/2012 LIBERTE
Source : Sous-direction commerciale du Département des Ports et Transports fluviaux

• La lourdeur administrative dans l’établissement des factures

Certaines opérations, sources des recettes pour le Département des ports et Trans-
ports Fluviaux, ne sont pas facturées à temps, comme le témoigne le tableau sui-
vant :

Tableau n°9 : Quelques cas de lourdeur administrative

Date
N° Factures Prestations Prestations Clients Montant
Facturation
01 5625455/12 Déc. 2011 01/02/2012 25 Accostages DHL 1 450,00 $
02 5625487/12 Déc. 2011 22/02/2012 13 Accostages Amb. USA 410 861,78 FC
03 5625486/12 Nov. 2011 22/02/2012 17 Accostages Amb. USA 623 244,68 FC
04 5625454/12 Déc. 2011 01/02/2012 20 Accostages PNUD 394 400 F CFA
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 27

05 5622210/11 Juillet 2011 22/11/2011 Prélèvement GO D.G/SCTP 140 250 FC


06 5622211/11 Août 2011 22/11/2011 Prélèvement GO D.F/SCTP 38 250 FC
07 5622212/11 Août 2011 22/11/2011 Prélèvement GO S.G/SCTP 38 250 FC
08 5622214/12 Sept.2011 27/01/2012 Prélèvement GO D.A.I/SCTP 251 430 FC
09 5622216/12 Sept.2011 27/01/2012 Prélèvement GO D.G/SCTP 428 910 FC
10 5622217/12 Sept.2011 27/01/2012 Prélèvement GO D.C.F/SCTP 174 000 FC
11 5622218/12 Août 2011 22/02/2012 Prélèvement GO D.A.I/SCTP 165 750 FC
12 5622219/12 Oct. 2011 04/04/2012 Prélèvement GO D.A.I/SCTP 140 250 FC
Source : Service Dispatching/Département des Ports et Transports fluviaux

Cette situation est due, selon la Direction générale, à l’approbation préalable des
relevés d’accostage par les armateurs des canots rapides. Des efforts sont fournis
pour que ces éléments de facturation soient transmis à temps.

Pour l’équipe de vérification, la conséquence est le risque de non enregistrement


des opérations et des événements dans la bonne période.

Les services concernés sont donc invités à veiller sur l’établissement et la transmis-
sion des factures conformément aux instructions de la Direction générale.

Observation n°11 : l’immixtion d’un autre service dans la facturation

Se référant à la note de service n° 157/CCS-ONATRA/PTF/07 du 17 avril 2007 qui


désaffecte des taxateurs de la Direction d’Exploitation, l’équipe de vérification a
constaté que, malgré cette note, la Direction d’exploitation du Département des
Ports et Transports Fluviaux procède à la taxation en lieu et place de la Sous Direc-
tion Commerciale.

Pour la Direction générale, les taxateurs qui sont chargés de la facturation à terme
relèvent de la Sous Direction commerciale ; quant aux autres taxateurs, notam-
ment ceux de l’intérieur, leur affectation est en cours en raison de l’étendue du
réseau fluvial.

Pour l’équipe de vérification, cette situation est due à la non exécution des ordres
de la hiérarchie par la Direction d’Exploitation ; elle a comme conséquence que la
Direction d’Exploitation se retrouve juge et partie.

D’où la suggestion faite par l’équipe de vérification aux responsables de ce Dépar-


tement d’appliquer simplement les instructions de la hiérarchie.
28 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

II.2.3. FONCTION RECOUVREMENT ET COMPTABILITE

Observation n°12 : Constitution non justifiée des provisions pour créances


douteuses

La situation des créances sur les clients a évolué de la manière suivante :

Tableau n°10 : Evolution des créances sur les clients de 2010 à 2011 en FC

Exercice 2010 Exercice 2011 Variation


Stock créances sur les clients 444 667 442 368 454 706 300 228 +2,25%
Provisions pour créances douteuses 323 289 000 058 322 111 052 584 -0,36%
Source : Rapport de certification des comptes de la SCTP arrêtés au 31 décembre 2011 par les commissaires
aux comptes

L’Equipe de vérification n’a pu obtenir de la Direction générale ni les détails, ni les


documents pouvant justifier une telle décision d’autant plus que la société ne dis-
pose pas d’une balance âgée.

Observation n°13 : le non recouvrement total des prestations facturées

Conformément à l’assertion relative à l’exhaustivité selon laquelle toutes les pres-


tations facturées à recouvrer l’ont bien été, l’équipe de vérification a, après examen
des pièces à sa possession, fait le constat suivant :
Au Port de Matadi particulièrement :

• le manque de diligence dans le recouvrement des créances sur les clients

L’équipe de vérification déplore que les créances irrécouvrables et douteuses com-


prenant le report de l’exercice 2008 et les créances des exercices 2009, 2010 et
2011 soient d’un import de FC 12 746 926,84.

A l’instar de la situation prévalant dans d’autres Départements, soutient la Direc-


tion générale, ce type de créances (irrécouvrables ou douteuses) est commun et
soumis à la Direction juridique pour recouvrement par voie de droit.

• le non paiement des factures additionnelles relatives au retrait tardif et frais


d’occupation d’espace

Certaines factures additionnelles relatives au retrait tardif et frais d’occupation


d’espace ne sont pas payées alors que les envois concernés sont déjà libérés.

Sur ce point, l’équipe de vérification n’a enregistré aucune réaction de la part de la


Direction générale.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 29

• le non paiement de certaines factures principales dont les envois sont déjà
libérés

Certaines factures principales c’est-à-dire relatives à l’objet réel de l’exploitation de


la SCTP (import-export-transit) sont restées impayées alors que les envois y relatifs
ont déjà été effectués.

Pour la Direction générale, il s’agit des factures non apurées basculées en mode de
facturation manuel et dont les paiements ont eu lieu suivant ce mode.

• un résultat non satisfaisant des recouvrements des notes de débit

L’équipe de vérification déplore le manque d’empressement dans le recouvrement


des notes de débit établies par le Service Contrôle des recettes.

A titre illustratif, sur 148 notes de débit établies pour un montant total de 97 960 $
pendant une période donnée, une seule a été payée pour un montant de 126 $.

Réagissant à cette observation, la Direction générale avoue que le recouvrement


des notes de débit adressées aux clients occasionnels habitant hors de Matadi pose
problème, notamment : inexactitude ou inexistence des adresses communiquées,
changement fréquent d’adresse.
Mais pour ces cas précis, poursuit la Direction générale, un répertoire a été établi
en vue de leur recouvrement.

Observation n°14 : l’inexactitude des soldes des comptes transitoires en fin de


période

Se référant à l’hypothèse de l’évaluation et de l’imputation dont la première af-


firme que les actifs et les passifs sont inscrits dans les comptes pour des montants
appropriés, et tous les ajustements résultant de leur évaluation ou imputation sont
correctement enregistrés et dont la seconde assertion affirme que les informations
financières et les autres informations sont données fidèlement et pour les mon-
tants exacts, l’équipe de vérification a constaté ce qui suit au Port de Matadi :

• le non nivellement du compte 498000 « attente recettes au comptant »

Le solde débiteur de ce compte ne reflète pas le volume des créances sur les clients
selon l’équipe de vérification.

A cette préoccupation de l’équipe de vérification, la Direction générale confirme


que le solde de ce compte affichait à la fin 2011 un solde de FC 1 561 581 793,32
dont FC 1 234 742 946,42 étaient constitués des factures manuelles établies et
comptabilisées dans d’autres Départements.
30 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Pour le solde restant (FC 326 838 846,90), les analyses sont encours pour identifier
les numéros des factures concernées en lieu et place des numéros des bulletins
guichet unique qui sont repris sur les extraits bancaires.

• le non nivellement du compte 55 « chèque à encaisser »

Le compte 55 « chèque à encaisser » présente au 31/12/2011 un solde débiteur très


important. Selon la Direction générale, cette situation survient quand les banques
n’arrivent pas à lancer les signaux Guichet unique dans le réseau SCTP.

Pour ces cas, une fenêtre est prévue dans le réseau afin de lancer le signal au vu de
l’extrait bancaire et de permettre ainsi l’apurement de la facture payée. Les infor-
maticiens ont déjà régularisé cette situation pour l’exercice 2012, affirme la Direc-
tion générale

Observation n°15 : le manque de réalité des créances à recouvrer

L’équipe de vérification se base sur le critère de la réalité qui stipule que les évé-
nements, les transactions et les autres éléments fournis se sont produits et se
rapportent à l’entité, mieux les créances attendues par la SCTP sont des créances
réelles et non fictives.

Les faits suivants ont été relevés plus particulièrement au Port de Matadi:
• l’enregistrement des fausses créances

Le Service de recouvrement attend de recouvrer certaines factures alors qu’elles


ont déjà été annulées.

A titre indicatif, la facture n° 0011422 du 26/09/2011 a été annulée le 02/03/2012


et pourtant le Service de recouvrement comptabilise jusqu’à ce jour la créance à
recouvrer suivant la lettre n° 058/60 A 004/SDC/2012 adressée au client en date
du 20/01/2012.

C’est aussi le cas pour la facture n° 0010282 du 08/09/2011 ; celle-ci a été annulée
le 12/09/2011 alors que le Service de recouvrement attend recouvrer les avis de
débit d’un montant de 16 643 487,20 FC soit 18.078,00 $ suivant la lettre n° 068/60
A 004/SDC/2012 du 20/01/2012 générés par ladite facture annulée.

En réponse à ce constat, la Direction générale affirme que les cas concernés par
cette observation relèvent certainement d’un déficit de communication entre les
services.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 31

• le non apurement des factures payées par les clients

Jusqu’à ce jour, certaines factures SCTP ne sont pas apurées dans le logiciel infor-
matique après paiement par les clients.

En réaction à ce constat, la Direction générale soutient que plusieurs factures qui


apparaissent non apurées ont été basculées dans un autre mode de facturation, à
savoir frais accessoires.

L’Inspection Informatique a été saisie pour supprimer toutes ces factures pour les-
quelles les paiements ont eu lieu dans un autre mode.

Observation n°16 : le manque de sincérité dans la réconciliation des comptes

Se référant à l’assertion « les droits et les obligations » qui stipule que l’entité dé-
tient et contrôle les droits sur les actifs, et les dettes correspondent aux obligations
de l’entité, l’équipe de vérification a relevé ce qui suit :

Au Port de Matadi :

• Non justification par l’Inspection Contrôle des recettes de certaines factures


contestées par un client.

Certaines factures contestées par le client MAERSK-CONGO ne sont pas justifiées


par l’Inspection de Contrôle des recettes dans sa lettre référencée 040/61-00/03/
Département des Ports Maritimes/2012.

Il s’agit des factures numéros 57 11 631 ; 57 11 659 ; 57 11 662 ; 57 11 663 ; 57


11 664 ; 57 11 701 pour des montants respectifs de : 2 048 $, 1 636 $, 4 470 $, 4
260 $, 1 062 $ et 26 268 $. Cette situation a causé un manque à gagner à la société
et entrainé la non fiabilité de ses états financiers.

A ce sujet, la Direction générale affirme que les factures contestées sont régulari-
sées après vérification tandis que celles qui s’avèrent non fondées sont rejetées et
le client est tenu de les honorer.

Au Département des Ports et Transports Fluviaux : existence des créances dor-


mantes

A titre d’exemple, les créances ci-après :

1. SODOPAL : 220 271,39 $ ;


2. SAF BOIS : 230 051,07 $ ;
3. PARCAFRIQUE : 156 214,32 $ ;
4. SOKAMO : 17 312,66 $ ;
5. BATSE : 192 689,00 $.
32 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Pour l’Equipe de vérification, l’existence de ces créances est le résultat d’une ab-
sence d’empressement à recouvrer ces créances entraînant ainsi un manque à ga-
gner pour la société.

A ce sujet, la Direction générale a informé l’équipe de vérification qu’une action en


justice a été déclenchée en vue du recouvrement forcé de ces créances.

Toutefois, l’équipe de vérification préconise que la SCTP renforce les mécanismes


de recouvrement existant au sein de ses différents Départements en vue d’éviter la
constitution des provisions pour dépréciation des créances douteuses ou irrécou-
vrables importantes.

Observation n°17 : le non respect des échéances de paiement des factures


par certains clients

Se référant à la lettre de la SCTP référencée n° 651/SCTP.DG/2011 du 27 juin 2011


relative à la sortie des grumes dont le paiement à crédit devrait intervenir endéans
15 jours, à compter de la réception de la facture, l’Equipe de vérification a constaté
qu’au Département du Port de Kinshasa, certains clients ne paient pas les factures
leur adressées par la société dans le délai.

En effet, conformément à la lettre sus-évoquée, le paiement à crédit devrait inter-


venir endéans 15 jours, à compter de la réception de la facture. Mais, on constate
un nombre important desdites factures en souffrance de paiement avec un dépas-
sement de délai très important :

Tableau n°11 : Quelques factures payées hors délai

N° Client N° Fact. Date facture Date réception Date échéance Montant en $

01 SODEFOR 5435895 27/04/2012 08/05/2012 22/05/2012 5 988,31

02 SODEFOR 5435896 27/04/2012 08/05/2012 22/05/2012 5 349,64

03 SODEFOR 5435897 27/04/2012 08/05/2012 22/05/2012 5 036,79

04 SODEFOR 5435847 5/04/2012 26/04/2012 10/05/2012 2 907,49


Source : Sous- direction commerciale/Département du Port de Kinshasa

Pour la Direction générale, ce cas exceptionnel concerne plutôt le retard dans le


recouvrement de certaines factures dont le paiement intervient parfois après mise
en demeure ou recouvrement forcé. L’équipe de vérification invite la SCTP à veiller
au strict respect des notes de service.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 33

Observation n°18 : la non actualisation des créances sur les clients

Suivant les principes de la bonne gouvernance, l’information doit être mise à la


disposition de tous les ayant droits dans les délais et sous la forme prescrite.

Le constat fait par l’équipe de vérification révèle qu’au Département des Ports et
des Transports Fluviaux, il y a :

• l’inexistence des opérations de rapprochement entre le Service facturation et


le Service de recouvrement. A ce sujet, la Direction générale affirme que les
interfaces sont envisagées pour résoudre ce problème.
• la non mise à jour de la situation des créances et des titres valant espèces. La
situation de la réconciliation des créances et des titres valant espèces n’est pas
à jour.

A titre illustratif, les dernières réconciliations datent du :

31/08/2010 : Client BATSE ;


30/11/2011 : Client DHL ;
31/10/2011 : Client DISPROMALT ;
31/07/2011 : Client RETRANSKIN ;
31/12/2011 : Client PNUD/BRAZZAVILLE ;
06/10/2007 : Client CNTF.

Il en est de même avec des titres valant espèces.

Tableau n° 12 : Quelques cas à titre illustratif

N° Date paiement N° BAP Montant en FC Caisse


01 08/05/2007 1292/21-05-05/23/2007 1 388 250,00 Principale /Recettes
02 08/05/2007 1293/21-05-05/23/2007 1 582 605,00 Principale /Recettes
03 19/09/2008 Sans numéro 224 933,38 Principale /Recettes
04 20/09/2008 Sans numéro 276 232,04 Principale /Recettes
05 21/09/2008 Sans numéro 257 433,26 Principale /Recettes
06 28/10/2011 Lettre n°225/GET/2011 4 675 000,00 Principale /Recettes
21/07/2009 Sans numéro 1 528 000,00
07 Auxiliaire/Recettes/Pool
22/07/2009 Sans numéro 1 146 000,00
08 25/07/2009 Sans numéro 2 444 800,00 Auxiliaire/Recettes/Pool
09 08/08/2009 Sans numéro 850 500,00 Auxiliaire/Recettes/Pool
10 08/08/2009 Sans numéro 162 000,00 Auxiliaire/Recettes/Pool
11 08/08/2009 Sans numéro 162 000,00 Auxiliaire/Recettes/Pool
12 16/05/2012 Sans numéro 3 250 000,00 Auxiliaire/Recettes/Pool
Source : Comptabilité/DPTF
34 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

Cette situation occasionne des créances irrécouvrables et douteuses entrainant


ainsi pour la société des manques à gagner importants. Selon la Direction générale,
toutes les réconciliations des créances ne remontent pas à ces dates. Pour preuve,
la dernière réconciliation avec le Client BATSE date du mois d’août 2012 et, s’agis-
sant des créances sur le CNTF, relatives aux frais d’accostage, la réconciliation des
comptes est en cours.

L’équipe de vérification recommande la mise à jour régulière des créances et des


titres valant espèces conformément aux instructions y relatives.

Observation n°19 : le manque de traçabilité des recettes encaissées

Usant encore du critère de la transparence, l’équipe de vérification a noté au


Département des Ports et Transports Fluviaux :

• le non respect de l’échéance de reversement des fonds de la caisse auxiliaire


des recettes à la caisse principale des recettes. Pour la Direction générale, il
s’agit d’un cas ponctuel car, en règle générale, le reversement se fait chaque
jour.

Contrairement à l’affirmation de la Direction générale, l’équipe de vérification a


constaté que le caissier auxiliaire des recettes/Pool au Beach Ngobila détenait la
somme de 710 150 F CFA relatives aux recettes de redevances portuaires depuis
plus de 24 heures de la date d’encaissement sans les avoir reversées auprès de la
caisse principale des recettes.

• l’inexistence du livre de caisse des recettes relatives aux redevances portuaires


par les caissiers de recettes.

L’Equipe de vérification a constaté l’inexistence des livres des caisses dans les-
quelles doivent être enregistrées les recettes relatives aux redevances portuaires
libellées en devises (F CFA) auprès du caissier auxiliaire/Pool et du caissier principal
des recettes.

Une somme de 710 150 F CFA a été présentée par le caissier auxiliaire des recettes/
Pool à l’Equipe de vérification sans être inscrite dans un livre de caisse y relatif, tan-
dis qu’une somme de 1 829 300 F CFA a été découverte par l’équipe de vérification
dans les coffres-forts du caissier principal des recettes sans présentation du livre de
caisse dans lequel cette somme a été enregistrée.

Pour l’équipe de vérification, cette situation est due à la non exécution des ins-
tructions de la hiérarchie en ce qui concerne la durée de la détention des espèces
perçues par une caisse auxiliaire des recettes par le Caissier et à la défaillance des
responsables des services financiers à ne pas doter les caissiers des livres de caisse.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 35

Elle a comme conséquence le non enregistrement de certaines recettes. Le respect


des instructions en la matière s’impose.

A ce sujet, la Direction générale a informé l’équipe de vérification que depuis 3


mois, la Direction Administrative et Financière a doté la Sous-Direction du Pool des
livres de caisse recettes indispensables.
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 37

III. CONCLUSION

Au terme de cette mission, l’équipe de vérification conclut que :

• la gestion du personnel pose problème : pensionnés debout, aucune politique


de recrutement, de promotion, etc.

• la facturation connait aussi de sérieux problèmes : elle ne se fait pas correcte-


ment et le logiciel informatique manifeste beaucoup de faiblesses ;

• le recouvrement des créances auprès de certains clients est difficile suite au


manque d’empressement de la part des autorités de la SCTP dans le recou-
vrement des factures relatives aux prestations ; d’où l’existence des créances
irrécouvrables importantes dans les états financiers pendant la période sous-
examen.

IV. RECOMMANDATIONS

• redynamiser le contrôle interne en veillant à l’exécution des programmes du


Département de l’Audit interne et de la Direction du Contrôle de gestion ;

• renouveler le personnel, le placer dans de bonnes conditions de travail et se


conformer à l’organigramme de la société et à la législation du travail ;

• régler le problème des pensionnés debout en élaborant un plan de liquidation


de leur décompte final ;

• auditer le logiciel informatique sur la facturation ;

• renforcer les mécanismes d’encadrement des recettes et de recouvrement.


AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 39

REFERE N° /2013 du Président de la Cour des comptes

A l’attention du :

-Ministre des Transports et Voies de communications ;


-Ministre du Portefeuille.

Concerne : Observations sur la gestion des ressources humaines, facturation et le


recouvrement de la SCTP.

A l’occasion de l’audit de la gestion des ressources humaines, de la facturation et


du recouvrement dans la SCTP par la Cour des comptes suivant l’ordre de mission
n°038/ PCC/JLU/2011 du 16 novembre 2011du Président ai. de la Cour des comptes,
plusieurs constations ont été relevées, relativement aux trois (3) domaines de
vérification retenus, à savoir :

• la gestion des ressources humaines;


• la facturation ;
• le recouvrement.

I. Observations

Les observations ci-après ont été retenues pour faire l’objet de ce référé:

I.1 la gestion des ressources humaines

-- le non respect de l’organigramme de la SCTP.

Cette observation trouve son fondement dans l’insuffisance du personnel tech-


nique, l’apparition d’une nouvelle catégorie d’agents dénommés pensionnés
debout, l’inexistence d’un plan de règlement du phénomène « Pensionnés de-
bout » et l’inversion de la pyramide du personnel.

-- l’inexistence d’une politique de recrutement, d’affectation, et de promotion


du personnel.

Cette observation se base sur le non renouvellement du personnel, le traite-


ment discriminatoire dans les promotions et les affectations du personnel, le
traitement inégal de certains agents et de certains Directeurs et l’existence
ininterrompue « des semainiers et des journaliers ».
40 AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP)

I.2. la facturation

-- les prestations de la SCTP ne sont pas facturées correctement.


Cette observation trouve son fondement dans le manque de diligence dans
l’élaboration des listes des envois conteneurs à facturer à la Sous Direction
Commerciale et la non exhaustivité de la facturation des services rendus par la
SCTP à certains clients.

-- le fonctionnement non satisfaisant du logiciel informatique sur la facturation


se manifestant par des imperfections dues aux caprices de la technique et à
la non maîtrise du logiciel par les utilisateurs.

I.3 le recouvrement et comptabilité.

-- Constitution non justifiée des provisions pour créances douteuses.

-- le manque de réalité des créances à recouvrer.

Cette situation est illustrée par l’enregistrement des fausses créances et le non
apurement des factures payées par les clients.

-- la non actualisation des créances sur les clients.

L’inexistence des opérations de rapprochement entre le Service facturation et


le Service de recouvrement et la non mise à jour de la situation des créances et
des titres valant espèces illustrent cette situation.

II. Conclusion

Ce référé est conforme aux dispositions pertinentes des articles 39 et 40 de l’Or-


donnance-Loi n° 87-031du 22 juillet 1987 relative à la procédure devant la Cour des
comptes ainsi libellées :

Article 39 :

« Lorsque, au cours de l’examen des comptes de l’Etat et des entités décentralisées,


la Cour des comptes relève des irrégularités, des lacunes dans la réglementation ou
des insuffisances dans l’organisation administrative et comptable, le Président les
porte par voie de référé à la connaissance des [Ministères] intéressés.

Il leur demande de lui faire connaître les mesures mises en œuvre pour y remé-
dier.»
AUDIT DE LA SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS (SCTP) 41

Article 40 :

« Les [Ministres] sont tenus de répondre aux référés dans les deux mois de leur
réception. La Cour des comptes signale au Président de la République et au [Parle-
ment], les référés qui n’ont pas reçu de suite adéquate.»

Fait à Kinshasa, le 17 juin 2013

Ernest IZEMENGIA NSAA-NSAA


Président a.i.

TABLE DES MATIERES

I. Introduction........................................................................................... 5

I.1.Mandat.......................................................................................................5

I.2. Objectif et délimitation de lavérification...................................................5

I.3. Méthodologie utilisée...............................................................................5

I.4. Présentation de l’entité.............................................................................6

4.1. Identification de l’entité...........................................................................6

I.4.2. Sites principaux d’exploitation................................................................6

I.4.3. Administration........................................................................................6

II. Observations...............................................................................................8

II.1. Résumé des observations.........................................................................8

II.1.1. Fonction Gestion des ressources humaines..........................................8

II.1.2. Fonction Facturation.............................................................................9

II.1.3. Fonction Recouvrement et Comptabilité...............................................10

II.2. Développement des observations............................................................11

II.2.1. Fonction Gestion des ressources humaines..........................................11

II.2.2. Fonction Facturation.............................................................................19

II.2.3. Fonction Recouvrement et Comptabilité..............................................28

III. Conclusion..................................................................................................37

IV. Recommandations......................................................................................37
Publié avec l’appui de la
Coopération Britannique et du PNUD

Vous aimerez peut-être aussi