REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
UNION--DISCIPLINE--TRAVAIL
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UFR des Sciences de la Terre
UNIVERSITE Félix HOUPHOUET-BOIGNY et des Ressources Minières
Hydraulique des puits
Master Hydrogéologie
UFR STRM
Université Felix HOUPHOUËT-BOIGNY
Dr SORO G.
1
Objectifs du cours
• Utilisation de la loi de Darcy
• Détermination des paramètres hydrodynamiques des aquifères en
régime permanent (type d’aquifère, transmissivité, coefficient
d’emmagasinement…)
• Etude de la circulation des eaux et de la propagation des polluants
dans les nappes d’eau souterraine
• Gestion quantitative et protection des eaux souterraines
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PLAN
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
III. EQUATION DE DIFFUSIVITE EN REGIME PERMANENT
IV. APPLICATION DE L’EQUATION DE DIFFUSIVITE AUX NAPPES
1 CAS DES NAPPES LIBRES
2 CAS DES NAPPES CAPTIVES
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
Caractéristiques des milieux poreux
Les milieux poreux naturels sont essentiellement les alluvions constituées par du
matériel granuleux, ou bien par des roches compactes fissurées.
Les milieux poreux artificiels sont des remblais, dont les plus importants sont les
barrages en terre.
Dans ce cours hydraulique des puits, nous étudierons les écoulements de l'eau à
travers les milieux poreux.
En effet, l'interaction des deux phases (liquide et solide) est une question qui relève
davantage de la mécanique des sols.
Un milieu poreux est homogène quand, en n'importe quel point, la résistance à
l'écoulement est la même, par rapport à une direction donnée.
Le concept d'homogénéité est fondamental pour l'étude théorique. 4
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
Caractéristiques des milieux poreux
Les milieux poreux naturels étant irréguliers, il est important de définir l'échelle
d'homogénéité
Par exemple: une alluvion constituée par des grains d'environ 1 mm de diamètre
sera homogène à l'échelle du dm, un massif rocheux ne pourra être considéré
comme homogène que pour des dimensions d'environ 100 fois supérieures à la
dimension des blocs.
Le milieu poreux est appelé isotrope, si, quelle que soit la direction considérée, la
résistance à l'écoulement, ou toute autre propriété, est la même dans toutes les
directions.
La plupart des milieux poreux naturels sont anisotropes, autrement dit, ne sont pas
isotropes. 5
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
Caractéristiques des milieux poreux
Dans le cas de roches fissurées, les fissures d’origine tectonique sont, en général,
orientées suivant des directions parallèles et des directions perpendiculaires aux
compressions qui leur ont donné origine; la roche a l'aspect de parallélépipèdes
coupés par des fissures parallèles, qui constituent une direction privilégiée pour
l'écoulement; le régime de l'écoulement dépendra de la géométrie des fissures et du
matériau de remplissage de ces fissures.
Dans les formations sédimentaires, la présence de couches intercalées, aux
caractéristiques différentes, et le poids même des couches permettent, dans
l'ensemble, une plus grande facilité d'écoulement dans le sens horizontal; par
conséquent, elles sont anisotropes. 6
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
Caractéristiques des milieux poreux
Toutefois, ces milieux poreux pourront être considérés comme homogènes, si l'on
établit une échelle d'homogénéité suffisamment grande.
Un milieu poreux constitué par du matériel granuleux est caractérisé, du point de
vue géométrique, par divers paramètres.
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
Granulométrie
Elle est définie par la courbe granulométrique, correspondant au pourcentage, en
poids, des grains d'un diamètre inférieur à un diamètre donné.
Par exemple, d10 représentera le diamètre tel que 10 % du poids du matériau sont
constitués par des panicules d'un diamètre inférieur.
Le diamètre minimum sera représenté par dm ;
le diamètre maximum par dM ; comme diamètre équivalent, de,
on prend généralement de = d10.
Les sols peuvent être classés, au point de vue granulométrique.
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
Granulométrie
• Indices des vides, e
C'est le rapport entre le volume des pores (ou vides), Vp et le volume Vg, occupe par
les grains :
e= Vp/Vg
• Porosité relative ou porosité totale, n
C'est le rapport entre le volume des pores vp et le volume total :
Vt = Vp + Vs, ou Vs et le volume du squelette solide, autrement dit,
n = Vp / Vt.
• Coefficient de saturation
Rapport entre le volume occupe par l’eau, Ve et le volume, Vp des pores :
= Ve / Vp.
• Porosité effective ou porosité cinématique, ne
Rapport entre le volume qui peut être occupé par l’eau en circulation, Vec, et le
volume total : ne = Vec / Vt.
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
L'eau dans les sols. Classification des nappes aquifères
Dans le sol, l'eau peut se trouver essentiellement dans deux zones : zone saturée et
zone non saturée, ou aérée.
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
L'eau dans les sols. Classification des nappes aquifères
Nappe aquifère : une nappe phréatique, ou libre : le niveau de l’eau coïncide
avec le niveau atteint dans un trou d'observation, autrement dit, à la surface libre
correspond la pression atmosphérique.
Nappe confinée, captive, ou artésienne: l‘écoulement dans cette nappe se trouve
entre deux couches imperméables
Nappe est dite semi-confinée: Quand une des couches qui limitent la nappe
aquifère est semi-perméable, à travers cette couche, la nappe peut perdre ou
recevoir de l'eau - phénomènes de drainance (en anglais leakage)
Nappe aquifère suspendue est un cas particulier de nappes phréatiques qui se
présente quand une formation imperméable apparait entre la zone saturée et la
surface du sol, donnant origine à la rétention des eaux d'infiltration au-dessus de
cette formation. 11
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
L'eau dans les sols. Classification des nappes aquifères
Nappe captive
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
L'eau dans les sols. Classification des nappes aquifères
Aquifère artésien
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
L'eau dans les sols. Classification des nappes aquifères
Nappe libre
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
L'eau dans les sols. Classification des nappes aquifères
Dans les nappes phréatiques, sous l’effet de la capillarité, l’eau monte au-dessus du
niveau phréatique, dune hauteur (voir fig.).
Cette eau est désignée par eau capillaire et la limite supérieure constitue la limite
de la zone de saturation.
Au-dessus de la saturation on a l’eau capillaire isolée, correspondant aux interstices
les plus fins du sol, où la capillarité est plus accentuée.
À un niveau plus élevé, se trouve l'eau hygroscopique, fixée par absorption à la
surface des particules du sol.
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.1. DÉFINITIONS ET LOIS GÉNÉRALES
L'eau dans les sols. Classification des nappes aquifères
Plus près de la surface encore, après de grosses averses, se trouve l’eau d'infiltration, qui
descend vers la nappe aquifère, sous l'action de la gravité.
I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.2. Emmagasinement spécifique. Coefficient d'emmagasinement
Il existe divers paramètres qui caractérisent la quantité d'eau qui peut être extraite
d'une nappe aquifère.
Dans le cas de nappes aquifères confinées, on définit l'emmagasinement
spécifique de la nappe, Ss de dimension L-1, comme étant le volume d'eau qui
peut être libéré par unité de volume de la nappe aquifère, par suite de l'expansion
de l'eau et de la compression du milieu poreux, correspondant à l'abaissement
unitaire de la hauteur piézométrique.
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.2. Emmagasinement spécifique. Coefficient d'emmagasinement
Jacob propose l'expression suivante:
où
n est la porosité totale;
, la masse spécifique de l'eau; g, l'accélération de la pesanteur;
, la compressibilité verticale du squelette solide du milieu poreux ([M-1 L T2]) ;
et , la compressibilité isotherme de l'eau ([M-l L T2]).
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.2. Emmagasinement spécifique. Coefficient d'emmagasinement
Le coefficient d'emmagasinement de la nappe, S, sans dimensions, est défini
comme le volume d'eau libéré par une colonne verticale de la nappe aquifère de
section unitaire, quand la hauteur piézométrique moyenne de la colonne diminue d'une
unité.
Dans le cas de nappes aquifères confinées, le coefficient d'emmagasinement est
donné par S = b.Ss (b étant l'épaisseur de la nappe) ; normalement, S varie entre 10-3
et 10-5.
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I. GENERALITES SUR LES ÉCOULEMENTS EN MILIEUX POREUX
I.2. Emmagasinement spécifique. Coefficient d'emmagasinement
Dans le cas de nappes phréatiques, le coefficient d'emmagasinement est donné par
S = b.Ss + ne
où ne, est la porosité effective (specific yield) et correspond au volume d'eau libéré par
unité de volume de milieu poreux saturé, par suite de l'action de la gravité.
La valeur de ne, varie normalement entre 0,01 et 0,3.
Etant donné que ne >> b.Ss, on admet dans la pratique courante que S = ne dans les
nappes phréatiques.
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II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.1. Equation de DARCY
Ce paragraphe présente les principales lois de l’écoulement et les concepts
fondamentaux. Il traitera de l’équation de Darcy qui est le fondement de toutes les
théories d’écoulement, de l’équation de la continuité et la solution de quelques
problèmes simples d’écoulement.
Dans le cadre de ses expérimentations pour améliorer la qualité des filtres utilisés à
la purification des eaux d’alimentation de la ville de Dijon en France, Henry Darcy
fut le premier à observer en 1856 la relation entre le débit à travers le sable et la
perte de charge qui lui était associée.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.1. Equation de DARCY
Quoique expérimental au début, les observations subséquentes en ont fait une loi
de portée générale qui porte son nom.
Le débit au travers d’un matériel poreux présenté à la figure .1 s’exprime :
Q = débit (m3/j)
K = coefficient de proportionnalité appelé
conductivité hydraulique du sol (m/j)
H = charge hydraulique (m)
L = longueur de l’écoulement (m)
A = section d’écoulement (m2)
Figure .1 Schéma représentant l’écoulement au travers d’un matériel poreux.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.1. Equation de DARCY
Le débit est proportionnel à la perte de charge par unité de longueur et proportionnel
à la section de l’écoulement. Le débit est aussi proportionnel à un coefficient
dépendant du type de sol, coefficient qui a été appelé conductivité hydraulique.
La charge hydraulique est synonyme de potentiel dans le monde de l’hydraulique.
La figure .1 présente aussi le diagramme des potentiels. À l’entrée de l’échantillon, la
pression est H1 et le potentiel d’élévation est nul si le bas de l’échantillon est
considéré comme référence.
À la sortie de l’échantillon, la pression est H2 et le potentiel d’élévation est aussi nul.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.1. Equation de DARCY
Ainsi, les potentiels totaux ou charges hydrauliques à l’entrée et à la sortie de
l’échantillon sont respectivement HI et H2.
L’équation de Darcy montre que la perte de charge ou de potentiel varie linéairement
dans un milieu de section constante.
Ainsi, si le potentiel est connu en deux points, il variera linéairement entre ces deux
points et le diagramme des potentiels peut être facilement tracé comme montré à la
figure .1.
La rapport de la perte de charge ou de potentiel par unité de longueur est appelé
gradient hydraulique ”i”:
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.1. VITESSE RÉELLE, VITESSE APPARENTE, FLUX
Le flux est la vitesse apparente d’écoulement, la vitesse de déplacement du fluide
dans l’espace comme s’il n’y avait pas de matériel poreux.
Le flux ou vitesse apparente s’exprime alors :
q = flux ou vitesse apparente d’écoulement (m/j)
La vitesse réelle est la vitesse de circulation de l’eau dans les pores du sol.
Cette vitesse moyenne réelle est obtenue en divisant la vitesse apparente par la
porosité.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.1. VITESSE RÉELLE, VITESSE APPARENTE, FLUX
Q
Q [L3T-1] VD = [LT-1]
S
Vitesse fictive !
L S [L2]
Q [L3T-1] Spore < Stotale
d'où Vitesse réelle moyenne > VD
Spore [L2]
VD ne : porosité efficace
Vmoy = ne [adim.]
L Stotale [L2]
Vitesse de filtration (VD) : permet d'évaluation du débit traversant un milieu poreux
Vitesse moyenne (Vmoy) : permet de calculer le temps moyen (tmoy) pour parcourir L
L
tmoy =
Vmoy
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.2. Limites de la loi de DARCY
Loi établie à partir d'expériences de laboratoire : conditions strictes
1- Continuité du milieu
2- Isotropie
3- Homogénéité du réservoir
4- Écoulement laminaire
5- Écoulement permanent
En pratique : situations où la loi est inapplicable limitées à :
• Karst
• Voisinage des ouvrages de captages
car : vitesse d'écoulement élevée
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.2. Limites de la loi de DARCY
VD varie linéairement en fonction de i (Eq 2.3)
1 – Faibles valeurs du gradient hydraulique (i)
Ex : petits pores (argiles compactes)
VD (ou q) [LT-1]
loi de Darcy f(K)
loi réelle f(K)
io i1 i [adim.]
Darcy si i > i2 i2
i0, i1, i2 variables (type et structure de l'argile)
i1 peut atteindre valeurs de plusieurs dizaines [adim.]
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.2. Limites de la loi de DARCY
2 – Fortes valeurs du gradient hydraulique (i)
Darcy si i < ilim
Eq 2.3
VD (ou q) [LT-1]
Si i > ilim
loi de Darcy f(K)
i = a . V D + b . VD ² Eq 2.11
Formule empirique
de Sichardt :
1
ilim = Eq 2.12
15 . K
i [adim.]
Domaine de validité
ilim i [adim.]
de la loi de Darcy
K exprimé en m/s
Dissipation d'énergie cinétique importante !
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.2. Limites de la loi de DARCY
2 – Fortes valeurs du gradient hydraulique (i) suite…
Le gradient-limite (ilim) dépend du milieu considéré
Définition d'un "nombre de Reynolds en milieu poreux" limite
Rappel : conduite cylindrique
Re : nombre de Reynolds [adim.]
Vc . d Vc . d . Vc : vitesse critique [LT-1]
Re = = Eq 2.13
d : diamètre du tube [L]
: masse volumique [ML-3]
: viscosité cinématique [L2T-1]
: viscosité dynamique [ML-1T-1]
Milieu poreux
Re : nombre de Reynolds [adim.]
VD . d .
Re = Eq 2.14 VD : vitesse de filtration [LT-1]
d : diamètre moyen des grains ou diamètre efficace
d10 [L]
: viscosité dynamique [ML-1T-1]
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.2. Limites de la loi de DARCY
Limite inférieure = échelle moléculaire
Ecoulement laminaire loi de Darcy
10
Ecoulement transitoire (pertes de charge dues à l'inertie du
fluide plus négligeable)
loi de Darcy
100
Ecoulement turbulent (perte de charge encore plus
importante)
loi de Darcy
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.3. Perméabilité intrinsèque
La conductivité hydraulique à saturation apparaissant dans l’équation de Darcy est
une manifestation de la résistance à l’écoulement que provoquent les forces de
frottement.
La conductivité hydraulique est fonction de la perméabilité intrinsèque du sol « k »,
de la masse volumique du liquide ” w”, de la viscosité dynamique du liquide ” w” et
de la gravité comme le montre l’équation suivante :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.3. Perméabilité intrinsèque
La perméabilité intrinsèque représente l’effet de la matrice solide face à un liquide.
Elle est fonction des caractéristiques du sol comme la granulométrie, la structure du
sol, la distribution porale, la tortuosité, etc.
La perméabilité représente les caractéristiques intrinsèques d’un milieu à
laisser circuler tout liquide alors que la conductivité hydraulique représente
cette capacité pour un liquide en particulier, l’eau.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.4. Loi de DARCY généralisée
La généralisation de la loi de Darcy en milieu saturé s’effectue en prenant la limite de
l’équation :
Le long de l’axe des “x”, le flux s’exprime :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.4. Loi de DARCY généralisée
Le flux est directionnel et son expression vectorielle est la suivante :
Pour un milieu homogène et isotrope, l’équation s’écrit :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.4. MILIEU HÉTÉROGÈNE -- NOTION DE TENSEUR
En milieu hétérogène et anisotrope, les flux selon les axes orthogonaux sont :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.5. EQUATION DE CONTINUITE
L’équation de Darcy ne permet pas de solutionner les problèmes complexes
puisqu’elle ne permet pas d’évaluer le potentiel aux différents points du domaine.
L’équation de Darcy nécessite plutôt la connaissance des potentiels pour estimer le
flux. L’équation de la continuité permet d’évaluer les potentiels.
La figure .2 permet de définir le bilan sur un élément de référence infinitésimal.
Figure 2. Bilan des flux d’eau au travers d’un élément infinitésimal.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.5. EQUATION DE CONTINUITE
Compte tenu que le milieu est saturé et que le fluide (l’eau) est incompressible, la
somme des débits entrants et sortants de cet élément est nul.
Le débit est le produit du flux (q) par la section d’écoulement (A) :
Qx = qx.A
La variation de débit selon l’axe x est :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.5. EQUATION DE CONTINUITE
En utilisant l’expansion de Taylor, cette équation peut s’écrire :
La loi de Darcy permet d’estimer le flux (qx) :
En introduisant l’équation de Darcy dans l’équation, cette équation peut s’écrire :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.5. EQUATION DE CONTINUITE
Les variations de débit selon les axes “y” et “z” sont dérivées de la même façon et
s’écrivent :
En utilisant les différentes expressions de la variation des débits, l’équation
devient l’équation de la continuité qui s’écrit :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.5. EQUATION DE CONTINUITE
Si le sol est isotrope, (Kx = Ky = Kz), l’équation de la continuité devient
l’équation de Laplace :
En coordonnées cylindriques, l’équation de la continuité s’écrit :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.5. EQUATION DE CONTINUITE
L’équation de Laplace ou de la continuité a comme caractéristiques :
le potentiel est défini en tout point du domaine,
la solution est unique en chaque point, i.e. une seule valeur de potentiel est
définie en un point donné,
la solution particulière est déterminée avec les conditions limites particulières
du problème.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.6. Solution de problèmes
La solution d’un problème simple d’un écoulement dans une colonne de sol, le cas
d’un échantillon dans un perméamètre (figure 3) va permettre de présenter la
démarche.
6.1 Solution graphique
La première méthode utilisée est la méthode graphique. La figure 3 présente le
diagramme des potentiels dans un perméamètre.
Le niveau de référence est fixé au bas de l’échantillon.
À la surface de l’échantillon, la pression est h = d, le potentiel d’élévation est z =L
et le potentiel total est = L+d.
Au bas de l’échantillon, la pression est h = a, le potentiel d’élévation est nul et le
potentiel total est = a.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.6. Solution de problèmes
6.1 Solution graphique
Le diagramme des potentiels est par la suite tracé en rejoignant les points au bas et
au haut de l’échantillon. Cette variation est linéaire. Il y a une différence de potentiel
total entre le haut et le bas de l’échantillon qui provoque l’écoulement.
Figure .3 Diagramme des potentiels d’un échantillon de sol dans un perméamètre.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.6. Solution de problèmes
6.2 Solution analytique
La solution analytique passe par la définition du domaine, l’établissement de la
solution générale, l’établissement des conditions aux limites et la solution aux
conditions limites.
Domaine : 0 ≤ z ≤ z1
Équation (équation de la continuité qui se réduit à une dimension) :
Solution générale : = A z+B
Solution aux conditions limites :
Conditions aux limites :
z = 0, = a = A .0+B
z = 0, =a
z = z1 , = z1+d z = z1, = z1 + d = A .z1+B
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.6. Solution de problèmes
6.2 Solution analytique
Après substitution :
La solution particulière du potentiel est :
La pression s’exprime alors :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.6. Solution de problèmes
6.3. Colonne de sol composée de deux type de sol
La figure .4 présente le cas d’une colonne de sol composée de deux sols ayant des
conductivités hydrauliques différentes. Cette colonne de sol est composée de deux
domaines ayant chacun une solution. La solution de ce problème est laissée comme
exercice.
Figure .4 Écoulement dans une colonne de sol composée de deux types de sol.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalent
Un sol stratifié horizontalement en plusieurs couches homogènes et isotropes
constitue un cas particulier de milieu hétérogène d’intérêt.
Comme la conductivité hydraulique varie d’un horizon à l’autre, le comportement
hydraulique d’un tel sol sera différent selon la direction de l’écoulement.
L’écoulement vertical dans un tel sol est considéré comme un écoulement en série
alors que l’écoulement horizontal est considéré comme un écoulement en parallèle.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalente
7.1. Ecoulement en série
Pour un écoulement en série schématisé par la figure.5, la conductivité hydraulique
équivalente de tels sols peut être facilement déterminée.
Comme le débit passe successivement
dans chacune des couches, les débits
dans chacune des couche sont égaux et
correspondent au débit du système :
Figure .5 Schéma d’un écoulement en série.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalente
7.1. Ecoulement en série
Ke = Conductivité hydraulique équivalente
LT = Longueur totale
Δ T = Perte de charge totale dans le système
La perte de charge dans chacune des couches est :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalente
7.1. Ecoulement en série
Comme la perte de charge dans le système est égale à la somme des pertes de
charge dans chacune des couches, elle s’exprime :
Comme la longueur totale est égale à la somme de chacune des longueurs, la
conductivité hydraulique équivalente s’énonce :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalente
7.1. Ecoulement en série
Le débit peut être facilement calculé au travers d’un sol stratifié lorsque la
conductivité hydraulique de chacune des couches est connue.
Le calcul de la conductivité hydraulique équivalente permet aussi de faciliter la
détermination des potentiels dans un écoulement en série.
La conductivité hydraulique équivalente est déterminée dans une première étape, le
flux y est par la suite déterminé et la perte de charge dans chacune des couches est
alors déduite :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalente
7.1. Ecoulement en série
Par la suite, le potentiel à l’interface de chacune des couches est déterminé en
procédant d’un point où le potentiel est connu, soit le bas ou le haut de l’échantillon,
en additionnant ou soustrayant (selon le cas) la perte de charge dans une couche au
potentiel connu à la limite de la couche.
Cette méthode est intéressante lorsque le sol contient plusieurs couches, le
nombre de calculs étant “2 + 2 n” (n = nombre de couches) alors que la
solution analytique requiert approximativement “n2“ calculs.
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalente
7.1. Ecoulement en parallèle
Quant à l’écoulement parallèle, il est représenté schématiquement par la figure .6.
Figure .6 Schéma d’un écoulement en parallèle.
Le débit total est égal à la contribution de chacune des couches :
II. LOIS DE BASE DE L’ECOULEMENT
II.7. Conductivité hydraulique équivalente
7.1. Ecoulement en parallèle
Connaissant le débit de chaque couche par l’équation de Darcy, l’équation
précédente s’écrit :
Comme la perte de charge est la même pour chacune des couches, la conductivité
hydraulique équivalente s’écrit après simplification :
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
En nappe captive
Avec q le débit par unité de volume de fluide prélevé [S-1]
Et
Avec :
la masse volumique du fluide, la porosité totale, g l’accélération de la pesanteur
s coefficient de compressibilité des grains solides;
1 coefficient de compressibilité isotherme du liquide
coefficient de compressibilité spécifique du sol
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
En nappe captive
Si on suppose que l’écoulement plan, cette équation vaut:
𝟐 𝟐
Q 𝟐 𝟐
Avec Q le débit par unité de surface de la nappe [mS-1]
Et S =e0Ss et e0 l’épaisseur mouillée de la nappe
En nappe libre
Q
Avec la porosité de drainage
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
Hypothèses
• Milieu homogène et isotrope
• La loi de Darcy est valable : écoulement laminaire
• Ecoulement bidimensionnel : Uz = 0
• Eau et squelette solide incompressible
• Puits de rayon infinitésimal
• Puits complet : capte l’aquifère sur toute son épaisseur
• Puits parfait : n’induit aucune perte de charges parasite
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
La solution élémentaire de DUPUIT en nappe captive en coordonnées polaires le
Laplacien devient :
𝝏𝟐 𝒉
Une solution élémentaire est celle ne dépend que de r ( 𝟐 soit :
𝝏𝜽
0
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
𝝏𝟐 𝒉
Une solution élémentaire est celle ne dépend que de r ( 𝟐 soit :
𝝏𝜽
Après intégration , il vient: h= a.Ln(r) +b
Cette solution est celle d’un écoulement convergent radialement vers l’origine, A une
distance r du puits, le flux est donnée par la loi de Darcy et vaut:
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
En prenant comme condition aux limites que la charge h = H est constante à partir
d’une distance R on obtient:
Pour la nappe captive
Pour la nappe libre
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
Aquifère à surface libre
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
Aquifère à surface libre
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
Aquifère captif
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
Aquifère captif
𝟐 𝟐
Si s < 0,1 H alors H+h = 2H = 2e0 (épaisseur mouillée)
Application : Calcul du débit d’un puits d’une nappe libre
Soit un puits d’une nappe libre dont les caractéristiques sont :
K = 2.10-4 m/s; H = 20 m; h = 15 m; r = 1 m
1. Calculer le rayon d’influence R par la formule de Sichardt
2. Calculer le débit à capter à partir du puits, Q
3. Calculer le débit critique, Qc
4. Combien faut-il de puits pour alimenter une ville dont les besoins de 2021 sont de 1500 l/s.
III. ÉQUATION GÉNÉRALE DE LA DIFFUSIVITÉ
III.1. Résolution de l’équation de diffusivité en régime permanent
Formules du rayon d’influence
Formule de Sichardt
𝟒
Formule de Cambefort
Formule de Choultse
Formule de Koussakine
Dans la pratique on prend R = 200 à 300 m