L’auteur
Oswald Chambers
1874-1917
Oswald Chambers est né en Écosse et y a passé la majeure partie
de son enfance. Son ministère d’enseignant et de prédicateur
l’a amené pour un temps aux États-Unis et au Japon.
En 1911, il fonda et devint le principal enseignant du Bible
Training College, à Londres. Il y resta jusqu’à la fermeture du
collège en 1915, pour cause de Guerre Mondiale. En octobre
1915, il prit le bateau pour Zeitoun (Égypte) où il servit comme
aumônier des troupes du Commonwealth britannique.
Il mourut là-bas le 15 novembre 1917, des suites d’une
intervention chirurgicale.
Après sa mort, ses livres furent compilés par sa femme à partir
des notes qu’elle avait prise de ses discours.
1er Janvier
Fidélité
Ma ferme attente et mon espérance sont que je
n’aurai honte de rien, mais que maintenant
comme toujours, Christ sera glorifié dans mon
corps, avec une pleine assurance…
Philippiens 1.20
Tout ce que je puis, pour qu’Il règne dans toute sa gloire ! «
Mon désir ardent et mon espoir étant que je n’aie jamais honte
de rien ». Nous serons couverts de honte si nous ne cédons pas à
Jésus sur le point précis où Il nous demande de le faire !
« Tout, je veux tout faire, dit Paul, pour qu’Il triomphe ». C’est
une question de volonté et non de raisonnement, une
capitulation de la volonté, une capitulation absolue et
irrévocable sur ce point particulier. Ce qui nous retient, c’est
que nous nous préoccupons par-dessus tout, de nous-mêmes,
en prétendant avoir égard aux autres. Nous reculons devant
l’obéissance totale, sous prétexte que d’autres en souffriront.
En raisonnant ainsi nous accusons Dieu de ne pas comprendre
le prix de l’obéissance. Soyons tranquilles ! Dieu est au
courant. À nous d’êtres fidèles, ne pensons plus qu’à une chose
: Tout, pour qu’Il règne.
Comment pourrions-nous hésiter devant le Dieu très saint ? «
Qu’importe la vie ou la mort » nous dit Paul. Il est résolu à ne
jamais reculer, quoi que Dieu lui demande. L’ordre de Dieu
produira une tempête dans notre vie, si nous ne cédons pas,
lorsqu’il nous parle avec douceur. Il veut que nous nous
donnions tout entiers pour Lui. Ainsi dans son amour Il nous
place devant le grand choix : pour ou contre Lui ! Si vous en
êtes là, abandonnez votre volonté à Dieu, irrévocablement,
totalement.
2 Janvier
Voulez-vous marcher par la foi
?
Abraham… partit, sans savoir où il allait.
Hébreux 11.8
Avez-vous tout quitté, comme Abraham ? Dans ce cas,
logiquement, vous ne pouvez rien répondre quand on vous
demande ce que vous allez faire ! Vous ne le savez pas mais
votre seule certitude, c’est que Dieu sait ce qu’Il fait. Examinez
aujourd’hui votre attitude envers Dieu. Est-ce l’abandon total,
la confiance entière ? S’il en est ainsi vous serez
continuellement émerveillés, car vous ne savez pas où Dieu va
vous conduire. Chaque matin, au réveil, vous allez au-devant
de la journée, appuyés sur Dieu. « Ne vous inquiétez pas pour
votre vie… ni pour votre corps… », ne vous inquiétez de rien
avant de « partir » par la foi !
Si vous demandez à Dieu ce qu’il va faire, Il ne vous le dira
jamais mais vous révélera qui Il est. Croyez-vous qu’Il est le
Dieu des miracles ? Êtes-vous entièrement à Lui ? Alors rien ne
pourra vous surprendre.
Il est bien le Dieu dont l’amour se révèle quand vous vous tenez
tout près de Lui, mais vos soucis l’offensent ! Abandonnez-lui
toute votre existence et elle aura un charme ineffable qui
réjouira Jésus ! Apprenons à sortir de nous-mêmes, à
abandonner convictions, doctrines et expériences, jusqu’à ce
qu’il n’y ait plus rien entre nous et Dieu.
3 Janvier
Nuages et obscurité
Les nuages et l’obscurité l’environnent.
Psaume 97.2
Un homme qui n’est pas « né de l’Esprit » vous dira que
l’enseignement de Jésus est tout simple. Mais dès qu’il a été
baptisé du Saint-Esprit, il découvre que « les nuages et
l’obscurité l’environnent ». Nous voulons pénétrer plus
profondément dans l’enseignement de Jésus, mais ne pouvons
rien comprendre sans la lumière intérieure de l’Esprit de Dieu,
Si nous ne nous sentons pas contraints de nous dépouiller de
nos habitudes religieuses- comme Moïse dut ôter ses souliers
devant le buisson ardent- si nous nous approchons encore de
Dieu avec une familiarité indiscrète, demandons-nous si nous
nous sommes jamais tenus en sa présence. Ceux qui parlent
avec désinvolture de leurs expériences religieuses n’ont jamais
compris ce qu’est la présence de Jésus-Christ. Après avoir
connu une joie et une libération merveilleuses en découvrant
ce que Jésus fait, on pénètre dans d’épaisses ténèbres en
réalisant ce qu’Il est.
« Les paroles que je vous dis (Jésus parle au présent) sont esprit
et vie », La Bible n’est pour nous qu’un amas de paroles- nuages
et obscurité - jusqu’à ce que soudain les mots deviennent esprit
et vie, parce que Jésus les révèle, à chacun en particulier. C’est
ainsi que Dieu nous parle, non par des visions ou des rêves,
mais simplement par des mots qui nous conduisent à Lui.
4 Janvier
Pourquoi ne puis-je te suivre
maintenant ?
Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas
te suivre maintenant ?
Jean 13.37
À certains moments, vous ne comprenez pas ce qui vous
empêche d’agir selon votre volonté. Si Dieu vous met ainsi
dans une impasse, n’essayez pas d’aller plus loin, attendez. Il
veut peut-être vous apprendre la sanctification ou vous
enseigner le service. Ne courez jamais plus vite que Dieu ne le
veut. Si vous avez un doute au sujet de sa volonté, arrêtez-vous
!
Il arrive que vous voyiez tout de suite clairement la volonté de
Dieu pour vous : le renoncement à telle amitié, à telle relation
d’affaires. Mais n’agissez pas sur une impulsion inconsidérée ;
vous pourriez vous mettre dans une situation bien difficile à
redresser. Attendez que Dieu vous ouvre la voie, et Il le fera
sans heurts, sans rancœurs inutiles. Attendez qu’Il agisse.
Pierre n’a pas su attendre. Il a voulu prévoir l’épreuve de sa foi,
et l’épreuve est venue alors qu’il ne l’attendait pas. « Je
donnerai ma vie pour toi », avait-il dit. Naïve inconscience ! «
Le coq ne chantera pas, lui répliqua Jésus, que tu ne m’aies
renié trois fois ». Jésus connaissait Pierre, mieux que Pierre lui-
même. Il ne pouvait suivre Jésus, parce qu’il ne savait pas ce
dont il était capable. Un attrait instinctif pour la personne de
Jésus ne suffit pas à faire de nous ses disciples. Tôt ou tard, un
tel attrait aboutit au reniement.
5 Janvier
La puissance de Dieu dans la
faiblesse humaine
Tu ne peux pas maintenant me suivre où je
vais, mais tu me suivras plus tard.
Jean 13.36
Nous lisons plus loin (Jean 21.19) : Après avoir ainsi parlé, Jésus
lui dit : « suis-moi ». Trois ans auparavant, Jésus avait déjà dit à
Pierre « suis-moi » ! Et Pierre avait suivi sans peine, séduit par
Jésus, mais sans le secours du Saint-Esprit. Il aboutit au
reniement, et son cœur se brisa. C’est alors qu’il reçut le Saint-
Esprit, et Jésus lui dit à nouveau : « suis-moi » ! Jésus seul était
devant lui. Le premier « suis-moi » n’avait rien de mystique et
Pierre suivit Jésus sur le chemin ; le deuxième le conduira
jusqu’au martyre (Jean 21.18).
Entre ces deux appels, Pierre a renié Jésus avec des
imprécations, et il s’est effondré avec sa suffisance. Il ne lui
reste plus rien de sa confiance en lui-même. Il est prêt à
recevoir le Saint-Esprit de la part du Seigneur ressuscité (Jean
20.22).
Quels que soient les changements que Dieu ait opérés en vous,
ne vous appuyez sur personne, sinon sur le Seigneur Jésus-
Christ, et sur le Saint-Esprit qu’Il donne.
Tous nos efforts, toutes nos bonnes résolutions, aboutissent au
reniement, parce que nous n’avons pas de puissance pour les
réaliser. Mais quand nous sommes effondrés, réellement vidés
de nous-mêmes, nous pouvons recevoir le Saint-Esprit : «
Recevez le Saint-Esprit ». Laissez-vous envahir par lui, et il n’y
aura dans votre vie qu’un vainqueur, le Seigneur Jésus-Christ.
6 Janvier
Adoration
Abram… dressa sa tente, ayant Béthel à
l’occident et Aï à l’orient : il bâtit là son autel à
l’Éternel, et l’invoqua.
Genèse 12.8
Adorer Dieu, c’est lui redonner tout ce qu’il nous a donné de
meilleur. Chaque fois que Dieu vous accorde un bienfait,
rendez-le lui comme un témoignage de votre amour. Prenez
votre temps, recueillez-vous devant Dieu et, par un acte
d’adoration, redonnez-lui ce qu’il vous a donné. Si au contraire
vous le mettiez de côté pour votre usage personnel, cela
moisirait en vous, comme la manne que les Israélites mettaient
en réserve, Les trésors spirituels que Dieu vous donne, il ne
veut pas que vous les gardiez pour vous-même, il faut que vous
les lui rendiez pour que d’autres en profitent.
Béthel est le symbole de la communion avec Dieu ; Aï le
symbole du monde. Abram dresse sa tente entre les deux.
Notre activité pour Dieu dans le monde n’a de valeur que par
notre intime communion avec lui, dans notre for intérieur. La
précipitation est toujours coupable, le temps ne manque jamais
pour adorer Dieu. Vouloir s’isoler du monde pour rester seul
avec Dieu, cela n’est pas sans danger. Il nous faut dresser notre
tente de manière à pouvoir toujours nous recueillir devant
Dieu, quelque tintamarre que mène le monde. Il est faux de
concevoir comme trois étapes distinctes l’adoration, l’attente
et l’action. Certains chrétiens sautent, comme des grenouilles,
de l’adoration à l’attente, puis de l’attente à l’action. Dieu ne
l’entend pas ainsi : les trois doivent marcher ensemble, comme
dans la vie de Jésus. Jamais il ne se hâtait, jamais il ne restait
sans rien faire. C’est une discipline à conquérir, qui ne
s’acquiert pas en un jour.
7 Janvier
L’intimité avec Jésus
Il y a si longtemps que je suis avec vous,
Philippe, et tu ne me connais pas !
Jean 14.9
Ce n’est pas une réprimande, pas même l’expression d’un
étonnement ; Jésus fait l’éducation de Philippe. L’intimité avec
Jésus est la plus longue à conquérir. Avant la Pentecôte, Jésus,
pour ses disciples, était Celui grâce auquel ils pouvaient
vaincre les démons et réveiller les âmes endormies. (Luc 20.18 à
20.) Ils avaient déjà avec lui une intimité précieuse, mais il y en
avait une autre, bien plus profonde, qui devait venir : « Je vous
ai appelés mes amis ». La véritable amitié est rare sur la terre.
Elle implique l’union parfaite, dans la pensée, dans le cœur,
dans l’esprit. La vie tout entière est une discipline qui doit nous
permettre de réaliser cette union intime avec Jésus-Christ.
Nous recevons ses bienfaits, nous connaissons Sa parole, mais
Lui, le connaissons-nous ?
« Il est avantageux pour vous que je m’en aille ». Jésus veut dire
qu’il pourra mieux les faire pénétrer dans son intimité. Jésus
se réjouit quand un de ses disciples s’applique à conquérir son
amitié. C’est grâce à elle seule que nous pouvons porter du
fruit. (Jean 15)
Une fois parvenus à cette intimité, il n’y a plus pour nous de
solitude. Notre cœur sait toujours où trouver de la sympathie,
Nous avons toujours de quoi parler aux autres, sans user
d’aucun artifice. Celui qui possède l’intimité de Jésus ne
laissera jamais d’autre impression de lui-même, sinon que
Jésus est là, sans rien qui lui fasse obstacle ; car Jésus a satisfait
toutes les profondeurs de son âme. Une telle vie, c’est
l’équilibre puissant, c’est la merveilleuse sérénité que notre
Seigneur communique à ses intimes.
8 Janvier
Mon sacrifice est-il vivant ?
Abraham bâtit l’autel… et lia Isaac, son fils,
sur l’autel.
Genèse 22.9
Le sacrifice d’Isaac est le symbole de l’erreur où nous tombons
en nous imaginant que Dieu réclame de nous le sacrifice qui
aboutit à la mort. Dieu nous demande le sacrifice de nous-
mêmes à travers la mort, qui nous rend capables, comme Jésus
l’a fait, de sacrifier nos vies. Il ne faut pas dire : « Je suis prêt à
marcher à la mort avec Toi ». Mais bien : « Je suis prêt à m’unir
à Ta mort rédemptrice, pour pouvoir ainsi offrir ma vie à Dieu
». Nous nous imaginons que Dieu nous demande de renoncer à
une foule de choses. Dieu a voulu débarrasser Abraham de
cette erreur ; la discipline que Dieu nous impose dans notre vie
quotidienne nous en délivre à notre tour. Dieu ne nous dit
jamais de renoncer à quoi que ce soit, pour le plaisir d’y
renoncer. Quand il nous ordonne de renoncer à quelque chose,
c’est pour acquérir la seule chose qu’il vaille la peine de
posséder, la communion avec Lui. Il s’agit avant tout de briser
les liens qui font obstacle à cette vie. Une fois ces liens brisés,
par l’union de notre âme à la mort de Jésus, notre communion
avec Dieu devient assez intime pour pouvoir vraiment lui offrir
notre vie en vivant sacrifice.
À quoi servirait-il que vous donniez à Dieu votre vie, si ce
n’était que pour mourir ? Ce qu’il réclame de vous, c’est votre
personne même, offerte en sacrifice vivant ; c’est qu’il puisse
disposer de toutes vos capacités, de toutes vos énergies,
rachetées et sanctifiées par le sacrifice de Jésus. Cela seul est
agréable à Dieu.
9 Janvier
En nous l’Esprit intercède pour
nous, par des soupirs que nul
langage ne peut exprimer
Que votre esprit tout entier, votre âme, votre
corps, tout votre être, soit conservé
irréprochable.
1 Thessaloniciens 5.23
« Votre esprit tout entier ». La grande action mystique du
Saint-Esprit se fait dans les régions obscures de notre
personnalité, où nous ne pouvons atteindre. Le psaume 139
peut se résumer ainsi : « Tu es le Dieu de l’aurore, et le Dieu de
la nuit ; le Dieu des sommets, le Dieu des abîmes. Mais mon
âme, ô Dieu, a des horizons plus lointains que l’aurore, des
ténèbres plus épaisses que la nuit, des sommets plus hauts
qu’aucune montagne, des abîmes plus profonds qu’aucun
océan. Dieu de toute la nature, sois mon Dieu. Ce qui est en moi
me dépasse en tout sens : mes mobiles, mes impulsions, mes
rêves m’échappent, O mon Dieu, sonde-moi »
Avons-nous compris que Dieu peut garder pure notre
imagination bien au delà de notre pensée consciente ? « Le sang
de Jésus-Christ nous purifie de tout péché ». S’il ne s’agissait là
que de notre pensée claire et distincte, nous serions bien à
plaindre. Le péché rend notre pensée obtuse ; aussi n’en avons-
nous pas conscience. La purification de notre âme doit
atteindre ses plus lointaines régions, si nous voulons demeurer
dans la lumière, comme Dieu est dans la lumière. Alors le
même Esprit dont la force animait Jésus nourrira notre esprit.
C’est quand Dieu met en nous ce gardien formidable, l’Esprit
de sainteté, c’est seulement alors qu’en nous l’esprit, l’aine et
le corps, sont conservés irréprochables, sans que Dieu puisse
réprouver, jusqu’à la venue de Jésus lui-même.
Ces grandes vérités, qui nous viennent de Dieu, savons-nous y
faire attention ?
10 Janvier
Les yeux qui s’ouvrent
Pour leur ouvrir les yeux…afin qu’ils
reçoivent…
Actes 26.18
Je ne connais aucun verset dans tout le Nouveau Testament
qui résume en un raccourci plus grandiose ce que doit être le
message d’un disciple de Jésus-Christ.
L’œuvre souveraine de la grâce divine, c’est d’abord ceci : «
Afin qu’ils puissent recevoir le pardon de leurs péchés ». Quand
un homme n’arrive pas à la véritable vie chrétienne, c’est
presque toujours qu’il n’a jamais rien reçu dans ce domaine.
Un homme n’est jamais sauvé que s’il a reçu directement
quelque chose de Jésus-Christ. Notre fonction à nous, les
ouvriers de Dieu, c’est d’ouvrir les yeux des gens, pour qu’ils se
tournent des ténèbres vers la lumière. Mais ce n’est pas encore
là le salut complet. C’est seulement la conversion, l’effort de
l’âme qui se réveille. Je ne crois pas exagérer en disant que la
majorité des chrétiens de nom sont comme cela. Leurs yeux se
sont ouverts, mais ils n’ont rien reçu. La conversion - on
l’oublie trop aujourd’hui - n’est pas la régénération. Quand un
homme est vraiment né de nouveau, il sait bien que cela ne
vient pas de lui, mais que c’est un don qu’il a reçu de la main du
Tout-Puissant, Les gens prennent des engagements, signent
des promesses sont décidés à tenir jusqu’au bout, mais rien de
tout cela ne peut les sauver. Le salut suppose que nous sommes
en mesure de recevoir directement de Dieu, grâce à Jésus-
Christ, le pardon de nos péchés.
Après cela vient l’autre œuvre souveraine de la grâce divine : «
L’héritage promis à ceux que Dieu lui-même a sanctifiés ».
Grâce à la sanctification l’âme régénérée abandonne à Jésus-
Christ tous ses droits sur elle-même, et ne s’intéresse plus
qu’aux desseins de Dieu en faveur des hommes.
11 Janvier
Si j’obéis à Dieu, d’autres en
souffriront
Ils réquisitionnèrent un nommé Simon… et le
chargèrent de la croix.
Luc 23.26
Si nous obéissons à Dieu, d’autres en souffriront plus que nous,
et cela nous tourmente. Pour nous, si nous avons de l’amour
pour notre Seigneur, l’obéissance ne nous coûte pas, c’est une
joie, mais elle coûte à ceux qui ne l’aiment pas. En obéissant à
Dieu, nous renverserons les plans de certaines personnes, qui
nous diront : « C’est cela que vous appelez être chrétien » ! Pour
éviter de les faire souffrir, il nous faudrait tout simplement
désobéir à Dieu.
Retranchés dans notre orgueil, nous disons : « Jamais je
n’accepterai de recevoir quoi que ce soit de quelqu’un d’autre
». Il le faut bien pourtant, ou sinon désobéir à Dieu. Avons-
nous le droit de refuser ce que notre Maître a lui-même accepté
? (Luc 8.23)
Si nous disons : « Je veux supporter seul toutes les
conséquences », nous paralysons notre vie spirituelle. Car c’est
impossible. Nous sommes tellement dépendants de tous les
desseins de Dieu qu’en lui obéissant, nous agissons
nécessairement sur les autres. Si nous voulons obéir à Dieu, il
nous faut accepter humblement toutes les conséquences.
Certes, nous pouvons désobéir à Dieu pour nous épargner cette
humiliation, nous pouvons contrister notre Seigneur. Mais si
nous choisissons de lui obéir, il veillera lui-même sur tous ceux
qui auront subi le contrecoup de notre obéissance. Obéissons :
Dieu pourvoira.
Ne dictez rien à Dieu. À Lui de prévoir et de pourvoir.
12 Janvier
Savez-vous ce que c’est d’être
seul avec Dieu ?
Ses disciples une fois seuls, il leur expliquait
tout.
Marc 4.34
Jésus ne peut pas toujours nous prendre à part et nous
expliquer ce que nous ne comprenons pas : il est forcé de tenir
compte de ce que nous pouvons comprendre à un moment
donné. Les vies des autres sont pour nous des paraboles, grâce
auxquelles Dieu nous fait déchiffrer peu à peu le contenu de
nos propres âmes. C’est un long travail : Dieu a besoin de toute
l’éternité pour façonner à sa guise un homme ou une femme.
Notre rôle à nous est simplement de permettre à Dieu de nous
conduire à travers tous les replis tortueux de notre
personnalité. Notre ignorance de nous-mêmes est fantastique.
Nous ne voyons pas ce qui crève les yeux, notre jalousie, notre
paresse, notre orgueil. Jésus nous révèle le triste contenu de
notre triste personne, tout ce qu’elle recelait en elle avant que
Sa grâce. ait commencé d’agir en nous. Qui sont ceux qui ont
appris à se regarder avec courage ?
Il faut nous débarrasser de l’idée, du préjugé tenace, que nous
nous comprenons nous-mêmes. Dieu seul nous comprend.
Cette suffisance instinctive est le ver rongeur de notre vie
spirituelle. Pour peu que nous ayons pu entrevoir ce que nous
sommes aux yeux de Dieu, nous ne parlerons plus jamais de
notre grande indignité, parce que nous savons qu’elle existe, et
qu’elle est inexprimable. Tant que nous ne sommes pas
convaincus de notre indignité, Dieu pèsera sur nous pour nous
arracher à nous-mêmes. Tant que persiste notre suffisance,
Jésus ne peut rien nous expliquer. Il lui faut frapper à mort
notre orgueil, mettre à nu nos attachements coupables. Il faut,
pour que Dieu nous parle, la solitude du dépouillement.
13 Janvier
Savez-vous ce que c’est d’être
seul avec Dieu ?
Lorsqu’il fui seul… ils l’interrogèrent…
Marc 4.20
Jésus SEUL AVEC NOUS. Quand Dieu nous a fait enfin
atteindre la solitude, grâce à l’affliction, au désespoir, à
l’épreuve, à la maladie, par la rupture d’une vieille amitié ou la
formation d’une amitié nouvelle - quand enfin nous sommes
seuls, absolument seuls, brisés et confondus, alors il
commence à nous expliquer ce qu’il faut que nous sachions.
Considérez la manière dont Jésus faisait l’éducation des Douze.
Ils lui posaient bien plus de questions que la foule. Ils le
pressaient de questions, et lui ne se lassait pas de leur
répondre. Mais ils n’ont vraiment compris qu’après avoir reçu
le Saint-Esprit. (Jean 14.26)
Si vous marchez avec Dieu, la seule chose qui vous apparaît
clairement, la seule chose dont Dieu veut que vous la voyiez
clairement, c’est la manière dont il s’y prend pour conduire
votre âme. Quant aux tristesses, quant aux perplexités de votre
prochain, tout cela n’est pour vous que pénombre et mystère.
Nous nous imaginons que nous savons où est tel ou tel de nos
frères, jusqu’à ce que Dieu nous administre, comme une noire
potion, la vision de notre propre pourriture. Il y a en nous
d’épaisses couches d’obstination et d’ignorance que le Saint-
Esprit peut seul nous révéler, et il ne peut le faire tant que
Jésus ne nous a pas là, devant lui, seul à seul. Regardez bien :
êtes-vous parvenu à cette solitude, ou bien votre esprit est-il
sans cesse occupé de mille futilités encombrantes, relatives à
votre santé, à votre extérieur, à vos petites activités, soi-disant
au service de Dieu ? Jésus ne peut rien nous expliquer, tant que
nous n’avons pas fait taire tout ce tintamarre, tant qu’il n’est
pas seul avec nous.
14 Janvier
L’appel de Dieu
Qui enverrai-je et qui marchera pour nous ? -
Me voici, répondis-je, envoie-moi.
Isaïe 6.28
Dieu n’adressa pas d’appel direct à Isaïe. Isaïe entendit
seulement Dieu demandant : « Qui enverrai-je » ? L’appel de
Dieu n’est pas seulement pour quelques-uns, il s’adresse à tous.
Si mes oreilles sont ce qu’elles doivent être, j’entendrai l’appel
de Dieu. « Beaucoup sont appelés, peu sont élus ». Cela veut
dire simplement que parmi les appelés, peu écoutent de
manière à être élus. Les élus sont ceux qui, entrés en contact
avec Dieu par Jésus-Christ, ont changé leur attitude, et dont les
oreilles, débouchées, perçoivent « le murmure doux et subtil »
répétant sans cesse : « Qui marchera pour nous » ?
Il ne s’agit pas d’un appel direct à un individu, à qui Dieu disait
: « Toi, il te faut aller » ! Dieu n’a pas du tout contraint Isaïe.
Isaïe se tenait devant Dieu, il entendit l’appel, et il se rendit
compte qu’il n’avait qu’un seul parti à prendre, une seule
réponse à faire : « Me voici, envoie-moi ». Débarrassez-vous de
l’idée que Dieu viendra vous chercher, avec des injonctions ou
des requêtes. Quand notre Seigneur appela ses disciples, il
n’exerça sur eux nulle contrainte. Son appel, à la fois ardent et
serein : « Suis-moi », s’adressait à des hommes en possession de
tout leur sang-froid. Si nous permettons à l’Esprit de Dieu de
nous amener devant Dieu, face à face, nous entendrons,
comme Isaïe, le murmure doux et subtil, et librement, sans
crainte, nous dirons : « Me voici, envoie-moi ».
15 Janvier
Avons-nous été réduits à rien ?
Nous avons été ensevelis avec Lui… afin que…
nous aussi nous puissions vivre d’une vie
nouvelle, et marcher en avant.
Romains 6.4
Il est impossible d’entrer dans la voie de la sanctification totale
sans que notre moi, notre « vieil homme » soit dûment
enseveli. Tant que nous n’avons pas été réduits à rien, la
sanctification n’est qu’un rêve, Il nous faut mourir, d’une mort
où l’on ressuscite, pour vivre de la vie de Jésus, de la vie que
rien ne peut détruire ; de la vie où l’on est un avec Dieu, où l’on
a un seul but : être témoin de Dieu.
En êtes-vous là réellement, et non pas seulement en
imagination ? Pour être enseveli, il ne s’agit pas de se monter la
tête, il s’agit de cesser de vivre. Acceptez-vous ce que Dieu vous
demande, de cesser d’être le chrétien consciencieux et appliqué
que vous avez été jusqu’ici ? Nous louvoyons autour du
cimetière, mais nous refusons d’y entrer. Pourtant ce qu’il
nous faut, c’est être baptisés, c’est-à-dire plongés dans la mort
du Christ.
Encore une fois, en êtes-vous là? Ou bien, à l’égard de la vie de
votre âme, continuerez-vous à jouer la comédie ? Pouvez-vous
dire, en regardant en arrière ; pouvez-vous dire, avec une très
douce, très apaisante, avec une immense reconnaissance : « Tel
jour, je suis mort à moi-même et j’ai fait ma paix avec Dieu » ?
Si vous ne l’avez pas fait encore, ne voulez-vous pas le faire
aujourd’hui ? Cela dépend uniquement de vous.
16 Janvier
L’appel de Dieu traduit la
nature de Dieu
J’entendis la voix du Seigneur disant : « Qui
enverrai-je » ?
Isaïe 6.8
Quand nous parlons de l’appel de Dieu, nous oublions trop
souvent ce qui est le plus essentiel, la nature même du Dieu qui
nous appelle. Il y a bien des appels : celui de la mer, celui des
sommets, celui des glaces polaires ; ils ne sont entendus que par
ceux qui sont faits pour les entendre. Car pour entendre un tel
appel, il faut quelque chose en nous qui s’y rapporte. L’appel de
Dieu exprime la nature divine, et non la nôtre. Il y a certains
accents de l’appel de Dieu qu’Il nous destine et que nous
sommes seuls à percevoir. C’est Dieu même qui s’adresse à
nous et à nous seuls sur tel point particulier. Il faut que nous
puissions être en communion directe avec Lui.
L’appel de Dieu n’est pas du tout l’écho de ma nature propre ;
mon tempérament, mes tendances personnelles n’ont rien à y
voir. Tant que je suis préoccupé de ma nature propre et de mes
aptitudes spéciales, je suis incapable d’entendre l’appel de
Dieu. Pour en être capable, il faut que je traverse, comme Isaïe,
une crise qui me transforme et accorde mon âme au diapason
de Dieu. La plupart d’entre nous n’ont d’oreille que pour eux
mêmes et n’en ont point pour Dieu.
17 Janvier
Ce qu’est en nous l’appel de
Dieu
Quand Dieu… jugea bon de révéler en moi son
Fils…
Galates 1.15-16
L’appel de Dieu n’est pas un appel à Le servir de telle ou telle
manière particulière ; mais je puis, pour moi, l’interpréter
ainsi. Par mon contact avec Dieu, je me rends compte de ce que
je voudrais faire pour Lui. L’appel de Dieu en nous, c’est avant
tout l’expression de ce qu’Il est. La manière dont je puis le
servir, c’est l’expression de ce qu’il y a en moi. « Quand Dieu
jugea bon de révéler en moi son Fils, dit saint Paul, afin que je
puisse l’annoncer… », c’est-à-dire en somme exprimer le fait de
Sa présence en moi.
Le service de Dieu n’est pas autre chose que l’amour et
l’adoration assez abondants pour déborder et se répandre au
dehors. Mais, à dire vrai, Dieu ne nous appelle pas
expressément à le servir ; c’est une toute petite chose qui vient
de moi, c’est l’effet naturel de ma vie transformée, Dieu me
met en rapport avec Lui, de façon que je puisse comprendre son
appel ; alors, de moi-même, par amour pour Lui, je fais ce que
je puis. Servir Dieu est l’humble hommage d’un être à qui Dieu
s’est révélé. Quand il me communique quelque chose de Lui-
même, cette énergie, qui est en moi comme en Lui, me permet
d’agir avec Lui. Le Fils de Dieu s’étant révélé en moi, je le sers
donc tout naturellement dans tous les détails de ma vie.
18 Janvier
C’est le Seigneur !
Thomas lui répondit en s’écriant : “Mon
Seigneur et mon Dieu.”
Jean 20.28
« Donne-moi à boire ». Combien d’entre nous réclament
avidement que Jésus-Christ les désaltère, alors que nous
devrions, nous, rechercher ce dont il a besoin. Nous devrions
épuiser pour lui tous nos biens, toutes nos facultés, toutes nos
forces, et non pas l’épuiser, Lui, pour satisfaire à nos désirs.
« Vous serez mes témoins ». Cela suppose une vie de
dévouement complet à notre Seigneur bien-aimé, de
dévouement authentique, sans la moindre réserve, sans la
moindre fraude, sans la moindre faiblesse : une vie consacrée à
le satisfaire en toute chose, partout où il jugera bon de nous
placer.
Méfiez-vous de tout ce qui peut revêtir le masque et usurper la
place de votre loyal dévouement à Jésus-Christ. Le pire des
usurpateurs, c’est le service déloyal. Il est plus aisé de servir
Dieu que de se laisser vider par Lui jusqu’à la lie. Le but que
Dieu veut atteindre, c’est la révélation de Lui-même en nous, et
non pas la consigne de faire quoi que ce soit pour Lui, Dieu ne
nous envoie pas combattre pour Lui, il veut seulement pouvoir
nous utiliser comme il l’entend dans les combats qu’il livre lui-
même.
Faisons bien attention de n’être pas plus attachés à notre
activité chrétienne qu’à Jésus-Christ.
19 Janvier
Vision et ténèbres
Une terreur sombre et profonde tomba sur lui.
Genèse 15.12
Chaque fois que Dieu accorde une vision à un croyant, Dieu le
met pour ainsi dire à l’ombre de Sa main, où il n’a qu’à se taire
et à écouter Dieu, Il y a une obscurité qui résulte de l’excès de
lumière : c’est le moment d’écouter en silence. Quand Dieu,
après une vision lumineuse, nous plonge dans les ténèbres,
nous n’avons qu’une chose à faire, c’est d’attendre. Dieu
réalisera ce qu’il vous a fait voir, si vous savez attendre. Mais
n’intervenez jamais à la place de Dieu pour accomplir sa
promesse. Abraham dut traverser treize ans de silence,
pendant lesquels toute sa confiance en lui-même fut détruite. Il
comprit qu’il ne pouvait plus s’en tenir aux conseils du bon
sens (voyez le chapitre 16). Ces années de silence étaient une
période d’éducation, non de réprobation. N’essayez pas de
susciter en vous artificiellement la joie et la confiance. Fiez-
vous à Dieu et laissez Dieu agir (Isaïe 50.10-11).
Ma confiance repose-t-elle en moi-même, en tel ou tel enfant
de Dieu, tel livre, telle prière, telle extase ? Ou bien ma
confiance est-elle toute en Dieu lui-même, et non dans ses
bienfaits ? « Je suis le Dieu Tout-Puissant, El Chaddaï, le Père et
la Mère de tous ». Le but unique de toute l’éducation que Dieu
nous dispense, c’est de nous apprendre à saisir la réalité de
Dieu. Dès que Dieu devient pour nous réel, tous les autres
deviennent des ombres. Quoi que puissent dire, quoi que
puissent faire les autres croyants, rien ne peut troubler celui
qui se fonde sur Dieu.
20 Janvier
Êtes-vous dispos, prêt à tout ?
Quelqu’un qui n’est pas né de nouveau ne peut
pas voir le royaume de Dieu.
Jean 3.3
Il nous arrive d’être tout prêts pour une réunion de prière,
mais peu disposés à cirer des souliers.
Être né de l’Esprit, c’est l’effet d’une action directe de Dieu,
mystérieuse comme le vent qui souffle, prodigieuse comme
Dieu lui-même, cachée au plus profond de notre vie
individuelle. Être né d’en haut, c’est une nouveauté
perpétuelle, un perpétuel commencement jusque dans
l’éternité ; une pensée jeune, un langage clair, une vie alerte, la
perpétuelle surprise de la vie en Dieu. La moindre sécheresse,
le plus léger dépit, c’est le signe que nous ne sommes plus en
communion directe avec Dieu : « Ah ! Disons-nous, si je ne fais
pas cela maintenant, cela ne se fera jamais ». Être frais et
dispos, ce n’est pas le fruit de l’obéissance, c’est le fruit du
Saint-Esprit. L’obéissance nous maintient simplement dans la
lumière, comme Dieu est dans la lumière.
Veillez sur votre communion avec Dieu. Jésus, pour tous ses
disciples, demande à Dieu la même communion qui existe
entre son Père et Lui. Gardez votre vie ouverte à Jésus-Christ,
ne vous contentez jamais d’une apparence. Est-ce que vous
puisez votre vie à une autre source que Dieu lui-même ? Dans
ce cas, s’il vous arrive de perdre le contact avec Dieu, vous ne
pourrez jamais vous en rendre compte.
Être né de l’Esprit, cela nous procure une jeunesse perpétuelle,
qui nous rend toujours absolument dispos.
21 Janvier
Dieu se souvient, souvenez-
vous
Je me souviens de ton amour lorsque tu étais
jeune.
Jérémie 2.2
Est-ce que j’ai pour Dieu le même amour qu’autrefois, ou bien
est-ce que je me contente de son amour pour moi ? Est-ce que je
suis sans cesse préoccupé de ce qui peut réjouir le cœur de Dieu,
ou bien est-ce que je gémis sur moi-même et sur les pénibles
circonstances où je me trouve ? Il n’y a aucune joie dans l’âme
qui a oublié ce dont Dieu se réjouit. Quel honneur pour moi de
penser que Jésus-Christ peut avoir besoin de moi ! « Donne-moi
à boire ». Quel amour lui ai-je témoigné durant la semaine
dernière ? Ai-je manifesté par ma vie un vif souci pour sa
réputation ?
Dieu dit à Jérusalem : « Tu n’as plus d’affection pour moi
maintenant, mais je me souviens du temps où tu en avais. Je
me souviens de ton amour lorsque tu étais fiancée ». Mon
enthousiasme pour Jésus-Christ est-il resté le même ? Ai-je
gardé intacts mon amour et mon dévouement pour lui, ou bien
me suis-je repris, et ma prudence a-t-elle diminué mon amour ?
Suis-je assez attaché à lui pour accepter d’aller avec lui
n’importe où, ou bien préoccupé de ce qui m’est dû, et en train
de calculer jusqu’à quel point je dois renoncer à mes aises ?
Si, me remémorant ce que Dieu voit dans mon passé, je
m’aperçois que Dieu n’est plus pour moi ce qu’il était alors,
puisse cette découverte me couvrir de honte et d’humiliation,
car de cette honte naîtra la tristesse selon Dieu et la vraie
repentance.
22 Janvier
Où regardons-nous ?
Tournez vos regards vers Moi, et soyez sauvés.
Isaïe 45.22
Sommes-nous de ceux qui s’attendent à ce que Dieu vienne de
lui-même les combler de bienfaits et les sauver ? Il dit :
« Tournez-vous vers Moi, et soyez sauvés ». Dans la vie
spirituelle, ce qui est le plus difficile, c’est de concentrer nos
regards sur Dieu, et cette difficulté provient de ses bienfaits
eux-mêmes. L’affliction, presque toujours, nous fait regarder à
Dieu ; mais ses bienfaits détournent nos regards sur autre
chose. Le Sermon sur la Montagne peut se résumer ainsi :
Renoncez, s’il le faut, à tout le reste, jusqu’à ce que tout en
nous, le corps et l’âme, le cœur et l’esprit, soit tourné vers
Jésus-Christ.
Beaucoup d’entre nous se font une certaine conception de ce
qu’un chrétien doit être, et la vie des saints devient un obstacle
qui nous détourne de Dieu. Ce chemin compliqué ne va pas au
salut. « Tournez-vous vers Moi, et vous êtes sauvés »
- non pas : vous serez sauvés. Quoi que ce soit que nous
voulions atteindre, nous l’atteindrons en regardant à Lui de
toute notre âme. Nous nous faisons mille soucis, nous boudons
notre Dieu, alors qu’Il est là et qu’il nous répète : « Regarde en
haut, et sois sauvé » ! Mes tracas, mes soucis, mes questions : «
Que ferai-je cet été ? Que ferai-je demain » ? Tout cela disparaît
si je regarde à Dieu.
Âme dolente, secoue-toi ! Et regarde à Dieu, n’espère qu’en Lui.
Même si tu es débordé par mille choses urgentes, aie le courage
de les laisser toutes de côté. Regarde à Dieu, et le salut est là
pour toi, instantanément.
23 Janvier
La vision intérieure qui nous
transforme
Nos visages découverts reflètent comme un
miroir la gloire du Seigneur ; nous sommes
transformés en son image ; par l’action de
l’Esprit, sa gloire devient la nôtre.
2 Corinthiens 3.18
Le caractère le plus frappant d’un véritable chrétien, c’est cette
ouverture, cette franchise absolue à l’égard de Dieu, qui font de
sa vie un miroir, où d’autres peuvent discerner Dieu. L’Esprit
qui est en nous nous transforme, et notre regard devient un
reflet. On reconnaît aisément celui qui a contemplé Dieu ; on
sent qu’il est l’image de son Seigneur. Méfiez-vous de tout ce
qui peut ternir votre miroir intérieur : c’est généralement
quelque chose qui paraît bon, mais de cette bonté qui n’est pas
la meilleure.
Pour vous comme pour moi, le secret du bonheur, c’est ce
regard central, toujours tourné vers Dieu. Que tout le reste
s’efface devant cette unique préoccupation : travail, vêtement,
nourriture, tout au monde. La poussée de tout ce qui nous
harcèle tend sans cesse à étouffer notre élan vers Dieu. Il nous
faut lutter pour maintenir sur tous les points nos positions
spirituelles. Que tout le reste s’arrange comme il pourra, que
les gens disent tout ce qu’ils voudront, ce qui importe, c’est que
rien n’obscurcisse en nous la vie cachée avec le Christ en Dieu.
Ne vous laissez jamais bousculer hors de cette communion,
souvent si ondoyante, et qui ne devrait jamais l’être. La tâche
peut-être la plus ardue pour un chrétien, c’est de refléter
comme un miroir la gloire du Seigneur.
24 Janvier
La direction qui s’impose à
nous
Voici pourquoi je te suis apparu…
Actes 26.16
La vision de Paul sur le chemin de Damas n’était pas une extase
passagère, mais bien une vision qui, s’imposant à lui, lui
donnait un commandement précis ; aussi Paul ajoute : « Je n’ai
pas désobéi à la vision céleste ». Notre Seigneur lui dit au fond
ceci : « J’aurai désormais la main haute sur toute ta vie : tu
n’auras d’autre but, d’autre dessein, d’autre idéal que le mien.
Car je t’ai choisi ».
Une fois nés de nouveau, nous ne pouvons manquer, si peu
qu’il y ait en nous de vie spirituelle, d’avoir la vision de ce que
Jésus nous demande d’être pour lui. Il est essentiel que nous
apprenions à obéir à cette vision, et à ne pas déclarer que c’est
impossible. Il ne suffit pas de savoir que Dieu a opéré le salut du
monde, et que le Saint-Esprit peut me mettre au bénéfice de
toute l’œuvre rédemptrice de Jésus-Christ. Il faut encore que je
sois en rapport direct avec Lui. Paul ne reçut pas une doctrine à
proclamer, il fut mis en vivant contact avec la personne
vivante et souveraine de Jésus-Christ. Le verset x6 est
magnifiquement impératif : « Je t’ai apparu pour faire de toi
mon serviteur… » C’est un maître qui parle. Il s’agit
uniquement d’une relation personnelle entre lui et son
serviteur. Paul n’était pas au service d’une cause, mais au
service exclusif et absolu de Celui dont il disait : « Je résolus de
ne rien savoir parmi vous sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ
crucifié ».
25 Janvier
Laissez de la place pour Dieu
Mais quand Dieu jugea bon…
Galates 1.15
En travaillant pour Dieu, il nous faut apprendre à Lui laisser de
la place, à ne pas le gêner dans ses mouvements. Nous faisons
des calculs, des prévisions, nous disons : « Voilà ce qui arrivera
» ou bien « Voilà comment les choses se passeront » et nous
n’oublions qu’un seul point : laisser à Dieu toute la place
nécessaire pour qu’il intervienne où et quand Il le jugera bon.
Nous serions fort surpris si Dieu, tout à coup, interrompait
notre réunion ou notre homélie d’une manière tout à fait
inattendue. Ne comptez pas que Dieu interviendra de telle ou
telle manière que vous prévoyez, mais comptez qu’Il viendra,
et attendez-Le. C’est le vrai moyen de lui faire place. Comptez
fermement qu’Il viendra, mais ne comptez pas du tout qu’il
viendra d’une manière déterminée. Si bien que nous
connaissions Dieu, nous avons toujours à nous mettre dans la
tête cette grande leçon qu’à n’importe quel instant, Il peut
surgir. Nous oublions trop facilement cet élément de surprise,
et pourtant c’est toujours ainsi que Dieu agit. Tout d’un coup,
Dieu est là devant nous : « Quand, dans Son bon plaisir, Dieu
décida… »
Que votre contact avec Dieu soit si souple et si constant que
Dieu puisse vous surprendre, sans peine, de tous les côtés, à
gauche aussi bien qu’à droite. Attendez-vous à tout de Sa part,
et laissez-lui toute la place pour entrer comme il lui plaît dans
votre vie.
26 Janvier
La consécration perpétuelle
Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs…
combien plus ne vous habillera-t-il pas ?
Matthieu 6.30
Une affirmation de Jésus, si simple qu’elle soit, est pour nous
une énigme tant que nous manquons de simplicité. Notre vie
ne sera vraiment simple que si nous recevons l’Esprit de Jésus-
Christ, afin de compter sur Lui et de Lui obéir en toute chose. «
Si votre Père, nous dit-il, revêt de splendeur l’herbe des
champs, à combien plus forte raison vous donnera-t-il le
nécessaire, si vous êtes unis à Lui ». Les défaillances de notre
communion avec Dieu viennent toujours de ce que nous nous
imaginons sottement en savoir plus que Jésus-Christ. Les
soucis du monde nous ont envahis, et nous avons laissé de côté
le « combien plus » du Père céleste.
« Regardez les oiseaux du ciel… » Leur seul but est de suivre leur
instinct de vie et Dieu les fait vivre. Jésus nous dit : « Dieu vous
protégera de même, si vous obéissez à son Esprit ».
« Regardez les fleurs des champs… », elles croissent là où elles
ont été placées. Beaucoup d’entre nous refusent de croître là où
nous avons été placés, et alors nous ne prenons racine nulle
part. Jésus nous dit que pourvu que nous suivions la règle de
vie que Dieu nous a donnée, Dieu se charge de nous donner tout
le reste. Jésus nous a-t-il menti ? Si nous n’éprouvons pas la
bonté de Dieu, c’est parce que nous ne lui obéissons pas. Nous
nous perdons dans mille soucis divers, nous ne savons pas nous
consacrer à Dieu, en laissant de côté tout le reste. Cette
consécration ne saurait se faire une fois pour toutes. -Il nous
faut la renouveler chaque jour.
27 Janvier
La vraie prudence
Ne vous faites donc pas de souci pour votre
subsistance.
Matthieu 6.25
Un avertissement dont nous avons besoin qu’on nous le répète
souvent, c’est bien celui-ci : Les soucis de ce monde, la
séduction des richesses et les plaisirs de la vie tendent sans
cesse à étouffer en nous la divine semence. C’est tantôt la
nourriture et le vêtement, tantôt l’argent qu’on possède ou le
manque d’argent, les amis qu’on a ou qu’on voudrait avoir, les
difficultés de tout genre. C’est un flot qui monte toujours, et
qui risque de nous submerger, si l’Esprit de Dieu n’est pas en
nous, digne sûre et infranchissable.
Ne vous faites pas de souci pour votre subsistance. Ne vous
inquiétez que d’une seule chose, nous dit le Seigneur, de votre
position à mon égard. Le sens commun se rebiffe là contre :
« Mais c’est absurde ! Il faut bien que je m’inquiète de comment
je vivrai, de ce que je mangerai, de ce que je boirai ». - « Non, dit
Jésus, il ne le faut pas ». N’allez pas vous imaginez là-dessus
qu’Il ne sait rien de vos circonstances particulières. Il les
connaît mieux que vous, et il vous dit : « D’abord Dieu, et le
reste ensuite ». -
« À chaque jour suffit son mal ». Quel est donc le mal qui vous
harcèle aujourd’hui ? Serait-ce de petits lutins qui vous
soufflent à l’oreille : « Que faire cet été ? Que faire dans un mois
» ? - « Ne vous inquiétez de rien », dit Jésus. La vraie prudence,
c’est de penser au « combien plus » de votre Père céleste.
28 Janvier
Comment croire qu’on puisse
ainsi persécuter Jésus ?
Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?
Actes 26.14
Est-ce que je suis décidé à ne laisser agir Dieu qu’à ma guise ?
Terrible piège auquel nous sommes toujours pris, tant que
nous n’avons pas été baptisés d’Esprit et de feu. L’entêtement
et l’amour-propre nous amènent toujours à poignarder le
Christ. Nous ne faisons peut-être de tort à personne, mais nous
crucifions Jésus. Chaque fois que nous voulons, obstinément, «
maintenir nos droits, notre dignité », chaque fois que nous
voulons faire triompher nos ambitions, nous persécutons et
nous crucifions Jésus. Il n’y a pas de plus affreuse découverte
qu’une telle découverte.
Quand je vous transmets le message de Dieu, est-il vivant en
moi, ardent et vibrant ? Ou bien ma vie dément-elle ce que
j’essaye de prêcher ? Je puis prêcher la sanctification et manif
ester en moi l’esprit de Satan, l’esprit qui persécute Jésus.
L’Esprit de Jésus n’admet qu’une attitude : être un avec le Père.
Aussi quelle humilité que la sienne : « Écoutez mon
enseignement, dit-il, car je suis doux et humble de cœur ». Tout
ce que je fais doit se fonder sur ma parfaite union avec Lui, non
pas sur ma propre volonté de m’élever vers Dieu. Cela implique
sans doute qu’on profitera de moi, qu’on me trompera sans
peine, qu’on me laissera de côté. Mais en acceptant tout cela
pour l’amour de Lui, j’ai la joie de n’être pas parmi ses
persécuteurs.
29 Janvier
Comment croire qu’on puisse
être tellement ignorant ?
Qui es-tu, Seigneur ?
Actes 26.15
« Ainsi m’a parlé l’Éternel, quand sa main m’a saisi » (Isaïe 8.11)
Quand le Seigneur nous parle, nul moyen de Lui échapper. Il
s’empare sur-le-champ de notre intelligence. Est-ce que Dieu
vous a parlé directement ? Dans ce cas, vous n’avez pas pu ne
pas saisir l’insistance pénétrante avec laquelle Il vous a parlé,
non pas par vos oreilles, mais par vos circonstances, dans le
langage que vous pouvez le mieux comprendre.
Dieu doit détruire notre confiance entêtée dans nos propres
convictions. « Oh ! Je sais très bien que c’est là ce que je dois
faire ». Et soudain la voix de Dieu nous renverse et nous
confond en nous révélant les abîmes de notre ignorance. Nous
avons manifesté notre ignorance à l’égard de Dieu dans la
manière même dont nous avons prétendu le servir. Nous
servons Jésus dans un esprit qui n’est pas le sien, nous lui
faisons tort en prétendant l’exalter, nous combattons pour lui
dans l’esprit de Satan. Nos paroles sont irréprochables, notre
âme empoisonnée. « Il les réprimanda, et leur dit : Vous ne
savez de quel esprit vous êtes animés ». Le cantique à l’amour
de l’apôtre Paul (1 Corinthiens 13) définit l’Esprit du Seigneur
chez celui qui veut être son porte-parole.
Ai-je fait tort à Jésus par la manière dont j’ai prétendu le servir
? Alors je me suis trompé. Nous nous imaginons que notre
devoir, c’est tout ce qui nous coûte. Combien différent est
l’Esprit du Seigneur : « Faire ta volonté, ô Dieu, est tout mon
plaisir ». (Psaume 40.8)
30 Janvier
Obéir ou désobéir
Samuel n’osait pas raconter la vision à Éli.
1 Samuel 3.15
Il est rare que Dieu nous parle d’une façon qui nous émeuve
fortement. Souvent nous nous méprenons sur ce qu’il veut
nous dire et nous disons : « Est-ce bien la voix de Dieu » ? Isaïe
nous dit que la main de l’Éternel l’a saisi. Il s’agit là de tout ce
qui nous arrive, et qui pèse sur nous. Rien ne nous arrive qui ne
soit un message de Dieu lui-même. Savons-nous percevoir Sa
voix dans tout ce qui est, aux yeux des hommes, accidentel ?
Apprenez à dire en toute circonstance : « Parle, Seigneur » et
votre vie sera un enchantement. Dites : « Parle, Seigneur »,
mais prenez le temps d’entendre Sa réponse. Les corrections
que Dieu nous envoie ne sont pas seulement une discipline,
elles sont là pour nous amener à dire : « Parle, Seigneur ». Dieu
ne vous a-t-il jamais parlé, par tel ou tel verset ? En écoutant
mieux, notre oreille s’exerce, et peu à peu, comme Jésus, nous
entendrons Dieu sans cesse.
Oserons-nous dire à Éli, c’est-à-dire à ceux que nous vénérons
le plus, le message que Dieu nous a transmis ? Nous nous
érigeons nous-mêmes en providence : nous voulons épargner à
Éli ce qui pourrait le troubler. Dieu n’ordonne pas à Samuel
d’aller raconter sa vision à Eh : il fallait qu’il en prenne lui-
même l’initiative. En voulant épargner à autrui une
souffrance, nous dressons un mur entre nous et Dieu. Nous
assumons une terrible responsabilité en nous opposant à ce
que le coupable se coupe la main droite ou s’arrache l’œil droit.
Quand Dieu vous indique Lui-même ce que vous avez à faire, ne
consultez personne. Vous risqueriez trop de vous laisser guider
par Satan. « J’obéis aussitôt, dit Paul, sans consulter ni la chair
ni le sang ».
31 Janvier
À quoi êtes-vous appelés ?
Mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle.
Romains 1.1
Nous ne sommes pas appelés avant tout à être des saints et des
saintes, mais bien à proclamer la Bonne Nouvelle, l’évangile de
Dieu, Ce qui importe par-dessus tout, c’est qu’on se rende bien
compte que l’évangile est la réalité suprême et permanente. Ni
la vertu des hommes, ni la sainteté, ni le ciel ni l’enfer, ne sont
la réalité fondamentale, qui n’est autre que la Rédemption. Le
chrétien qui veut travailler pour Dieu a plus que jamais besoin
de se pénétrer de cette vérité. Rien n’est réel que la
Rédemption, c’est Dieu même qui nous le révèle, il faut nous
habituer à cette pensée. La sainteté individuelle est un effet,
non pas une cause. Si nous mettions notre confiance en cette
qualité humaine, qui est l’effet en nous de la Rédemption, nous
ferions naufrage.
Paul ne dit pas qu’il s’est mis à part lui-même, il dit : « Quand
Celui qui m’a mis à part le jugea bon… » Paul n’était pas
intensément préoccupé de sa propre sainteté. Tant que nos
yeux seront fixés sur notre pureté personnelle, nous ne
saisirons jamais la réalité de la Rédemption. Les chrétiens
tombent en route, parce que leur pureté les occupe ;- et non pas
Dieu. La réalité dure et rugueuse de la Rédemption en rapport
avec le bourbier de la vie humaine, cela ne leur dit rien, Ils
veulent avant tout que Dieu les rende plus dignes de leur
propre estime. Tant que je ne me suis pas abandonné à Dieu
sans réserve, Dieu ne peut pas me sauver.
1er Février
L’appel de Dieu
Le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser,
mais pour annoncer la Bonne Nouvelle.
1 Corinthiens 1.17
Paul déclare ici que l’appel de Dieu, c’est l’appel à proclamer la
Bonne Nouvelle, c’est-à-dire la réalité de la Rédemption, dans
la personne de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous sommes
portés à faire de la sanctification le but final de notre
enseignement. Paul se sert de ses expériences personnelles
simplement à titre d’exemple, mais ce n’est jamais pour lui le
but dernier. Aucun texte dans la Bible ne nous ordonne de
prêcher le salut ou la sanctification ; notre rôle est d’élever
Jésus-Christ (Jean 12.32). C’est une mauvaise plaisanterie que
d’oser dire : « Jésus a souffert pour que je devienne, moi, un
saint ». Jésus a souffert pour racheter le monde entier, et le
placer, restauré, purifié, sans tache, devant le trône de Dieu. Le
fait que la Rédemption peut manifester en nous son efficacité
est une marque de sa puissance et de sa réalité, mais non pas
son but. Si Dieu avait notre nature humaine, comme il serait
fatigué, écœuré de nos incessantes prières pour notre salut,
pour notre sanctification. Du matin au soir, nous l’accablons
de nos requêtes : il nous faut ceci, il faut qu’Il nous délivre de
cela ! Quand nous aurons touché le roc profond de l’évangile,
nous ne L’ennuierons plus de nos jérémiades.
Paul n’avait qu’une passion : proclamer la Bonne Nouvelle. Il
acceptait avec empressement les chagrins, les déceptions, les
persécutions, parce que tout cela contribuait à faire de lui un
serviteur ferme et dévoué de l’évangile.
2 Février
L’appel qui nous contraint
Malheur à moi, si je n’annonce pas la Bonne
Nouvelle !
1 Corinthiens 9.16
Prenez garde de ne pas boucher vos oreilles à l’appel de Dieu.
Sans doute, quiconque est sauvé est appelé à rendre
témoignage de ce fait. Mais ce n’est pas encore là l’appel à
prêcher l’évangile, il ne s’agit que d’un exemple dont on
pourrait se servir au cours d’une prédication. Paul, dans ce
texte, parles de la contrainte douloureuse qu’il a éprouvée,
lorsqu’il s’est agi pour lui d’annoncer la Bonne Nouvelle. Le
salut est une affaire toute simple où Dieu se charge de tout : «
Venez à moi et je vous sauverai ». La croix de Jésus-Christ nous
impose le salut. Mais pour être son disciple, il faut un choix que
nous seuls pouvons faire.
Pour que je sois, comme Paul, un véritable serviteur de Jésus-
Christ, Dieu me façonne à son gré, sans me demander ma
permission jamais. À son gré, Dieu fait de nous le pain rompu,
le vin répandu. Être mis à part pour l’évangile, c’est un
déchirement, c’est une agonie : toutes nos ambitions broyées,
tous nos désirs supprimés, tout en nous s’effaçant devant cet
unique devoir : « Mis à part pour l’évangile ». Malheur à celui
qui essaye de marcher dans une autre direction, dès qu’il a
entendu cet appel ! Quand Dieu vous a saisi, arrière tout autre
appel !
3 Février
Acceptons-nous d’être mis au
ban de la société ?
Nous sommes traités comme les ordures de
l’univers.
2 Corinthiens 4.13
Ces mots ne sont point une exagération. S’ils ne s’appliquent
pas à nous qui nous appelons serviteurs de l’évangile, ce n’est
pas que Paul s’en soit servi à tort, mais que nous sommes trop
avisés et trop délicats pour accepter d’être des balayures. «
Compléter en ma chair ce qui manque à mes souffrances pour
le Christ », ce n’est pas un effet de la sanctification, mais de ce
que j’ai été « mis à part pour l’évangile ».
« Bien-aimés, dit l’apôtre Pierre, ne vous étonnez pas de
l’ardeur des tourments destinés à vous éprouver ». Si au
contraire nous en sommes tout étonnés, c’est que nous
sommes des lâches. Nous reculons instinctivement devant la
boue. Nous refusons de nous baisser, de nous courber. Libre à
vous d’être sauvé tout juste ; vous pouvez refuser à Dieu d’être
mis à part pour l’évangile. Ou bien alors vous pouvez accepter
d’être traité vous-même comme le rebut de la terre, pourvu
que la Bonne Nouvelle soit proclamée. Le serviteur de Jésus-
Christ ne craint pas de marcher au martyre. Lorsqu’on se
fonde sur la morale purement humaine et qu’on se trouve en
présence de la pire abjection, on a un sursaut de répugnance
instinctive et l’on ferme son cœur. La Rédemption divine, cette
merveilleuse vérité, est si profonde qu’aucune bassesse n’y
peut surnager. L’amour absorbe tout, Paul ne dit pas que Dieu
l’a mis à part pour en faire une âme d’élite, mais bien « pour
révéler son Fils en moi ».
4 Février
La domination souveraine du
Christ sur une âme
Car l’amour du Christ me domine et m’étreint.
1 Corinthiens 5.14
Paul nous dit ici que l’amour du Christ le domine et le tient
serré comme dans un étau. Il en est bien peu parmi nous qui
savent ce que c’est que d’être ainsi tenus et dirigés par l’amour
de Dieu. Ce qui nous tient, c’est ce que nous sentons, c’est la
poussée des circonstances. Paul n’était tenu que par l’amour du
Christ. Chez un homme ou une femme qui en est là, on sait que
l’Esprit de Dieu agit sans obstacle.
Quand nous naissons de nouveau, nous avons sans doute à
témoigner de ce que Dieu a fait pour nous. Mais après le
baptême du Saint-Esprit, tout cela ne compte plus, et nous
commençons à comprendre la parole de Jésus : « Vous serez
Mes témoins ». Il ne s’agit plus du témoignage élémentaire,
portant sur ce que Jésus peut faire, mais d’être les
représentants de Jésus, acceptant tout ce qui nous arrive
comme fait à Lui-même, louange ou blâme, persécution ou
approbation.
Impossible de jouer ce rôle si nous ne sommes pas entièrement
sous la domination de Jésus. C’est la seule chose qui compte, et
c’est pourtant la dernière, souvent, dont le chrétien s’aperçoit.
Paul dit que l’amour de Dieu s’est emparé de lui ; peu importe
qu’on le traite de fou. Il ne vit plus que pour une seule chose :
convaincre les hommes du jugement de Dieu, et de l’amour du
Christ. Cet abandon à l’amour du Christ est la condition d’une
vie féconde, où l’on voit éclater la sainteté de Dieu, non pas
celle de l’homme.
5 Février
Êtes-vous prêt à être offert en
sacrifice ?
Si même je dois verser mon sang en libation
pour achever le sacrifice de vous-mêmes que
vous offrez a Dieu par votre foi, j’en suis
heureux et je m’en réjouis avec vous tous.
Philippiens 2.17
Acceptez-vous d’être offert en sacrifice pour parachever ce que
la foi des autres tâche de faire ? Acceptez-vous de verser votre
sang en libation pour Dieu au bénéfice de vos frères ? Ou bien
est-ce que vous regimbez, en disant : « Non ; je ne tiens pas à
être sacrifié à ce moment-ci. Je ne veux pas que Dieu m’impose
ainsi son choix. Je veux pouvoir choisir moi-même le cadre de
mon sacrifice et aussi les assistants, des gens qui puissent me
comprendre et m’approuver ».
Il y a une grande différence entre celui qui marche vers le
sacrifice dans la fierté de son héroïsme, et celui à qui Dieu
demande d’être le paillasson sur lequel chacun s’essuie les
pieds. Si Dieu veut vous apprendre l’abaissement et
l’humiliation, êtes-vous prêt à vous offrir en sacrifice de cette
manière-là ? Êtes-vous prêt à n’être rien du tout, moins encore
qu’une goutte d’eau dans un baquet tout plein ? Êtes-vous prêt
à ne compter pour tien du tout, tellement qu’il ne sera jamais
plus question de vous à propos de l’âme que vous aurez
contribué à sauver ? Êtes-vous prêt à vous dépenser, à vous
laisser user au service des autres ? Non pas à vous faire servir,
mais à servir les autres. On trouve des saints qui ne consentent
pas à faire un travail humiliant, tout en restant des saints. Leur
amour-propre les retient.
6 Février
Êtes-vous prêt à être offert en
sacrifice ?
Pour moi, l’offrande de ma vie à Dieu s’achève.
2 Timothée 4.6
« Je suis prêt à m’offrir à Dieu », dites-vous, C’est une affaire de
volonté, non de sentiment. Dites à Dieu, de toute votre âme,
que vous êtes prêt au sacrifice. Arrivera ce qui pourra, vous
n’aurez pas à vous plaindre, quelque épreuve que Dieu
choisisse pour vous. L’épreuve est toute personnelle, nul ne
peut vous aider à la porter. Votre vie extérieure peut rester la
même : c’est votre volonté qui a changé. Une fois que votre
volonté s’est courbée, le sacrifice lui-même ne vous coûtera
plus rien. Mais si vous ne savez pas courber votre volonté
devant Dieu, vous aboutirez fatalement à vous apitoyer sur
vous-même.
« Attachez avec des cordes la victime pour le sacrifice, amenez-
la aux cornes de l’autel ». Le feu de l’autel est destiné à nous
purifier entièrement de tout désir qui n’est pas le désir de Dieu.
Ce n’est pas vous qui brûlez en vous l’interdit, c’est Dieu. Vous
amenez la victime attachée aux cornes de l’autel.
Ne vous laissez pas aller à vous apitoyer sur vous-même,
lorsque le feu s’allume. Cette épreuve du feu nous délivre de
tout ce qui nous accable, de tout ce qui nous déprime. Ce qui
nous séduisait ne nous séduit plus. Avez-vous passé par le feu ?
Présentez-vous à Dieu, prêt au sacrifice, et Dieu se révélera à
vous, dans toute sa splendeur.
7 Février
La dépression ne nous est pas
permise
Nous espérions bien que… mais maintenant
tout est fini, et voilà le troisième jour… Luc
24.21
Les disciples d’Emmaüs ne mettaient en
avant que des faits exacts, mais les
conséquences qu’ils en tiraient étaient
erronées. Dans le domaine spirituel, la
dépression est toujours coupable. Quand
je suis abattu, c’est moi qui suis en faute :
ce n’est pas Dieu, ni quelqu’un d’autre. La
dépression a deux sources possibles : ou
bien j’ai satisfait une convoitise ou bien je
n’ai pas pu le faire. Toute convoitise est
une impatience. La convoitise spirituelle
me pousse à exiger de Dieu une réponse, au
lieu de chercher Dieu, pour qu’Il puisse,
s’Il le veut, me donner la réponse. La
convoitise des disciples, c’est qu’ils avaient
conçu le Christ à leur façon. Nous
comptions que c’était Lui qui délivrerait
Israël”) J’ai compté que Dieu m’exaucerait
de telle manière : voilà déjà le troisième
jour. N’ai-je pas le droit d’être déprimé et
de blâmer Dieu ?
Chaque fois que nous réclamons ainsi la
réponse à notre prière, c’est que nous
faisons fausse route. La prière, c’est
l’union avec Dieu, et non pas la mainmise
sur l’objet de notre désir. La dépression
physique est un symptôme de maladie. Il
en est de même au point de vue spirituel.
Nous voudrions des manifestations
éclatantes de la puissance de Dieu, et nous
ne soupçonnons pas que Dieu est là,
autour de nous, dans notre vie de tous les
jours : c’est là, si nous sommes fidèles, que
la gloire de Jésus-Christ nous apparaîtra.
8 Février
Ce que doit être en nous la
sanctification
Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie
tout entiers.
1 Thessaloniciens 5.23
Quand nous demandons à Dieu de nous sanctifier, osons-nous
affronter l’idéal que Paul nous propose ? Nous ne voyons pas
assez tout ce qu’implique la sanctification. Tout ce qui, en
nous, nous attache à la terre doit se rétrécir étroitement, et ce
qui nous attache à Dieu s’élargir d’une façon prodigieuse. Pour
devenir saint, il faut concentrer toutes ses forces sur ce qui
intéresse Dieu lui-même, assujettir à ce seul but toutes les
puissances de notre être. Sommes-nous prêts à nous laisser
transformer par Dieu ? Une fois cette œuvre opérée, sommes-
nous prêts à nous donner entièrement à Dieu, comme l’a fait
Jésus ?
« Pour eux je me consacre et je donne ma vie ». On n’est
vraiment consacré que lorsqu’on s’est tellement uni à Jésus
que la règle de sa vie devient la règle de notre vie. Sommes-
nous prêts à toujours accepter ce que cela nous coûtera, c’est-à-
dire l’abandon de tout ce qui en nous ne vient pas de Dieu ?
Sommes-nous prêts à nous laisser emporter vers les cimes par
cette prière de l’apôtre Paul ? Sommes-nous prêts à dire :
« Seigneur, crée en moi toute la sainteté dont Tu peux revêtir
un pécheur sauvé par Ta grâce ». Jésus a prié Dieu que nous
soyons tous un avec lui, comme il est un avec le Père. Ce qui
caractérise la présence du Saint Esprit dans une âme humaine,
c’est une ressemblance marquée avec Jésus-Christ, et
l’éloignement à l’égard de tout ce qui ne lui ressemble pas.
Sommes-nous prêts à nous abandonner à l’action du Saint-
Esprit ?
9 Février
Vous sentez-vous épuisé
spirituellement ?
Le Dieu d’éternité… ne se lasse pas, il ne se
fatigue point.
Isaïe 40.28
L’épuisement vient quand nos forces vitales sont à bout.
L’épuisement spirituel n’est jamais la conséquence du péché,
mais du travail que nous faisons pour Dieu. Pour échapper à
l’épuisement, il faut savoir où puiser la force. Si Dieu vous
demande d’être le pain rompu et le vin répandu, cela veut dire
que vous avez à être vous-même la nourriture des autres,
jusqu’à ce qu’ils apprennent à la trouver en Dieu. Il vous faut
bien compter qu’ils vous épuiseront jusqu’au fond. Appliquez-
vous à vous ravitailler à mesure, ou vous succomberez bientôt.
Nous devons à Dieu de nous donner aux autres, qui sont Ses
enfants, aussi complètement qu’à Lui-même.
Est-ce que par la manière dont vous servez Dieu vous vous êtes
laissé aller jusqu’à l’épuisement ? S’il en est ainsi, passez en
revue tous vos mobiles d’action. Qu’est-ce qui vous a poussé à
travailler pour Dieu ? Est-ce votre inclination personnelle, ou
bien vous êtes-vous fondé sur la Rédemption accomplie par
Jésus-Christ ? Ne vous lassez pas de surveiller les sources de
votre activité, et n’oubliez pas où se trouve la seule source
authentique. Vous n’avez pas le droit de dire à Dieu : « Oh !
Seigneur, je me sens tellement épuisé » ! Il vous a sauvé, il vous
a consacré, il vous a sanctifié pour pouvoir vous épuiser.
Laissez-vous épuiser pour le service de Dieu, mais rappelez-
vous que tout vous vient de Lui. « Toutes mes sources de vie, en
Toi je les trouverai ».
10 Février
Votre vision de Dieu meurt-elle
d’inanition ?
Levez les yeux en haut, et regardez. Qui a créé
toutes tu étoiles ?
Isaïe 40.26
Le peuple de Dieu, au temps d’Isaïe avait desséché son cœur et
son imagination en contemplant des idoles. Le prophète
tourne leurs regards vers les cieux étincelants. La nature pour
le croyant est un symbole qui mène à Dieu, un moyen de grâce.
Pour un enfant de Dieu, la nature apparaît comme un vaste
trésor. Chaque brise qui souffle, chaque nuit, chaque journée,
chaque buisson qui fleurit, chaque fleur qui se fane, tout cela,
c’est Dieu même qui vient à nous, si seulement nous savons le
voir.
La marque d’une vie spirituelle authentique, et concentrée en
Dieu, c’est qu’elle tient notre imagination captive. Regardez où
vous en êtes. Est-ce que votre pensée s’attache à une idole ?
Peut-être à vous-même, à votre travail, à votre expérience
personnelle du salut et de la sanctification ? Alors votre
pensée, par rapport à Dieu, se meurt d’inanition, et en
présence des difficultés de la route, rien ne vous éclaire.
Réveillez-vous de cette léthargie. Ne regardez pas à votre passé,
regardez à Dieu. C’est Dieu dont vous avez besoin.
Si vos prières s’enlisent dans les marécages de la médiocrité,
c’est que votre pensée de Dieu n’est pas assez forte pour que
vous vous mettiez vraiment en Sa présence. Il faut apprendre à
sortir de nous-mêmes, à être le pain rompu, le vin répandu,
non pas pour nous et pour notre union personnelle avec Dieu,
mais pour les autres. Dieu seul peut nous donner cette vision
des autres et ce désintéressement.
11 Février
Votre espérance en Dieu est-elle
sur le point de s’évanouir ?
Tu garderas dans une paix parfaite celui qui
appuie sa pensée sur Toi ; car il se confie en Toi.
Isaïe 26.3
Votre pensée s’appuie-t-elle sur Dieu ? Ou est-elle en train de
périr d’inanition, ce qui aboutit fatalement, chez un chrétien, à
la banqueroute ? Si votre pensée ne s’est jamais attachée à
Dieu, commencez tout de suite. N’attendez pas que Dieu vienne
vous chercher ; mais détournez vos regards de vos idoles, et
regardez à Dieu, pour être sauvé. Notre pensée, notre
imagination, c’est le plus grand don que Dieu nous ait fait ;
c’est à Lui par conséquent que nous devons la consacrer. Si
vous avez su faire prisonnière chacune de vos pensées, pour
qu’elle obéisse au Christ, cela sera pour votre foi une garantie
de premier ordre quand l’épreuve sera là, parce que votre foi et
l’Esprit de Dieu seront à l’unisson. Apprenez à n’avoir que des
pensées dignes de Dieu devant tous les grands phénomènes de
la nature, et votre imagination, au lieu d’être l’esclave de vos
impulsions charnelles, sera toujours au service de Dieu,
« Nous avons péché comme nos pères… et nous avons oublié ».
Alors plantez un stylet à l’endroit où vous vous êtes endormi - «
Dieu, dites-vous, ne me parle pas en ce moment ». C’est votre
faute. Rappelez-vous que vous appartenez à Dieu. Pensez à tout
ce qu’il a déjà fait pour vous, et votre amour pour Lui grandira
sans mesure. Votre imagination ne sera plus stérile, mais agile
et féconde, et votre espérance deviendra éblouissante.
12 Février
Faut-il que j’écoute ?
Le peuple dit à Moïse : « Parle-nous, toi et nous
écouterons ; mais que Dieu ne nous parle pas,
cela nous ferait mourir » !
Exode 20.19
Nous ne faisons pas exprès de désobéir à Dieu ; tout
simplement, nous ne faisons pas attention à Lui. Dieu nous a
donné ses commandements ; ils sont là, et nous n’y prenons
pas garde, parce que nous n’avons pour Lui ni respect ni
amour. « Si vous m’aimez, dit Jésus, vous garderez mes
commandements ». Quand nous nous rendons compte que
nous avons toujours manqué de respect à l’égard de Dieu, nous
ne pouvons qu’être plongés dans la honte et dans
l’humiliation.
« Parle-nous, toi ; mais que Dieu ne nous parle pas » ! Cela
prouve combien peu nous aimons Dieu. Nous préférons
entendre ses serviteurs, nous écoutons volontiers leurs
témoignages. Mais nous ne voulons pas que Dieu Lui-même
nous parle. Pourquoi donc en avons-nous si peur ? Parce que
nous savons bien que si Dieu nous parle, il faudra que la chose
se fasse, ou alors que nous refusions carrément de lui obéir.
Quand c’est seulement le serviteur de Dieu, nous estimons que
ce qu’il dit n’est pas contraignant pour nous, car c’est tout
bonnement sa manière de voir, à lui, même si au fond nous
sentons que c’est peut-être celle de Dieu.
Est-il possible ? Dieu m’a traité jusqu’à présent comme son
enfant, et moi j’ai fait comme s’il n’existait pas ! Cet affront,
cette humiliation que j’ai infligée à Dieu, elle retombe sur moi.
Comment ai-je pu être à ce point sourd et rebelle ? Quand enfin
nous parvenons à écouter Dieu, la joie de l’entendre est
accompagnée de la honte d’avoir été sourds à sa voix jusque-là.
13 Février
Écouter de toute son âme
Parle, ton serviteur écoute.
1 Samuel 3.10
Je puis avoir une fois écouté Dieu ponctuellement : cela
n’implique pas que je sache toujours l’écouter. Par la dureté de
mon cœur et la paresse de mon esprit, il est manifeste que je
n’ai pour lui ni amour ni respect. D’un ami qu’on aime
vraiment, on devine les moindres désirs. Or, Jésus n’a-t-il pas
dit :
« Vous êtes mes amis » ? Ai-je désobéi ces jours-ci à un
commandement de mon Sauveur ? Sans doute, je ne l’ai pas
fait consciemment. Mais la plupart d’entre nous ont si peu de
respect pour Dieu que nous n’entendons même pas ce qu’il
nous dit. C’est comme s’il ne disait rien.
Ma vie spirituelle doit devenir une union si intime avec Jésus-
Christ que j’entende toujours la voix de Dieu, et que je sache
que Dieu entend la mienne (Jean 11.41-42). Uni à Jésus-Christ,
j’écoute et j’entends Dieu de toute mon âme, à chaque instant
de ma vie. Il me parle par une fleur, par un arbre, par un de ses
serviteurs. Ce qui m’empêche de l’entendre, c’est que j’ai
l’esprit occupé par autre chose. Ce n’est pas que je sois résolu à
ne pas l’entendre, c’est que mon âme s’attache là où il ne
faudrait pas, à ce qui m’environne, à mon activité, à mes
convictions : et Dieu a beau parler, je ne l’entends pas. L’âme
de l’enfant est toute unie : « Parle, Seigneur, ton serviteur
écoute ». Il faut arriver à écouter Dieu de la sorte, toujours, et
de toute son âme, sans quoi l’on est absorbé par mille soucis et
intentions, et l’on est sourd à la voix de Dieu. L’ai-je entendue
aujourd’hui ?
14 Février
Apprendre à écouter Dieu
Ce que je vous dis dans l’ombre, redites-le en
plein jour ; ce qui vous est dit à l’oreille,
publiez-le du haut des toits.
Matthieu 10.27
Il arrive que Dieu nous fait passer par l’épreuve de l’ombre,
pour nous apprendre à l’écouter. C’est dans l’obscurité qu’on
élève les oiseaux chanteurs. Dieu nous met parfois à l’ombre de
sa main pour faire notre éducation. « Ce que je vous dis dans
l’ombre… » Une fois dans les ténèbres, restez là où Dieu vous a
mis, et ne dites plus rien, attendez en silence. Si vous vous
mettiez à parler, vous feriez fausse route. Quand on est dans
l’obscurité, c’est le moment d’écouter. Ne parlez aux autres de
ce qui vous arrive, ne cherchez pas des explications dans des
livres. Écoutez seulement ce que Dieu veut vous faire entendre.
Vous recevrez de sa part un précieux message que vous pourrez
donner à d’autres, quand vous serez de nouveau dans la
lumière.
Après chaque période de ténèbres vient en nous de la joie mêlée
d’humiliation. (Si c’était de la joie sans mélange, il serait fort
douteux que nous ayons entendu la voix de Dieu.) Notre joie
vient de ce que Dieu nous parle. Notre humiliation est terrible :
« Comme il a fallu longtemps pour que j’entende la voix de
Dieu, pour que je comprenne ce qu’il avait à me dire ! Que de
jours, que de semaines où Dieu me parlait pour rien » ! Il vous
accorde maintenant le don précieux de l’humiliation. Votre
cœur s’attendrira. Désormais vous écouterez Dieu.
15 Février
Suis-je le gardien de mon frère ?
Aucun de vous ne vit pour lui-même.
Romains 14.7
La pensée vous est-elle jamais venue que vous portez devant
Dieu la responsabilité d’autres âmes que la vôtre ? Par exemple,
chaque fois que je m’éloigne de Dieu dans ma vie personnelle,
tous en souffrent autour de moi. Nous sommes liés les uns aux
autres. « Quand un membre souffre, tous les membres
souffrent avec lui ». Quand vous vous laissez aller à l’égoïsme, à
la négligence, au désordre, à l’indifférence, à l’endurcissement
spirituel, tout votre entourage en pâtit. « Mais, direz-vous,
c’est la perfection que vous réclamez ! Qui peut réaliser un tel
idéal » ? Je réponds : « Dieu seul ; de Lui viendra toute notre
puissance ».
« Vous serez mes témoins ». Qui de nous est prêt à dépenser
pour Jésus-Christ tout ce qu’il possède d’énergie nerveuse,
d’énergie morale, d’énergie spirituelle ? Il faut cela pourtant
pour être son témoin. Cela ne se fait pas d’un seul coup : soyez
patients envers vous-même. Pourquoi Dieu nous a-t-il placés
sur la terre ? Pour être sauvés et sanctifiés ? Non, mais pour
besogner à sa besogne. Suis-je prêt à être, à son service, le pain
rompu, le vin répandu ? à tout perdre, à tous les points de vue,
sauf un seul : que j’amène comme je le pourrai des âmes à servir
à leur tour Jésus-Christ. Ma vie, en tant qu’elle est au service
de Dieu, c’est la seule façon que j’aie de dire à Dieu : « Merci » !
Pour le salut incomparable qu’Il m’a donné. Rappelez-vous que
n’importe qui d’entre nous peut très bien être mis de côté,
comme une pièce fausse ( « …de peur qu’après avoir prêché aux
autres, dit Paul, je ne sois moi-même rejeté » ).
16 Février
L’Esprit de Dieu nous rend
capables d’effort
Lève-toi d’entre les morts !
Éphésiens 5.14
Tout effort que nous entreprenons n’est pas l’effet de l’Esprit
de Dieu. Quelqu’un peut nous dire : « Hardi ! Prends au collet ta
répugnance, jette-la par-dessus bord et vas-y » ! C’est l’effort
humain que nous connaissons bien. Mais quand l’Esprit de
Dieu nous souffle à l’oreille : « Hardi » ! Alors c’est l’effort
inspiré, c’est la victoire.
Chacun de nous, quand il est jeune, a mille projets merveilleux,
des visions d’avenir qui le ravissent. Mais un jour vient, tôt ou
tard, où chacun de ces projets nous paraît irréalisable. La force
nous manque, et nous nous résignons à considérer tout ce que
nous avions vu briller devant nous comme mort et enterré. Il
faut que Dieu lui-même vienne nous dire : « Lève-toi d’entre les
morts » !
Quand l’Esprit souffle sur nous, c’est une puissance
miraculeuse, irrésistible : nous nous levons d’entre les morts,
et l’impossible devient possible. Ce qui est frappant dans cette
inspiration dynamique, c’est que, de notre part, il faut un
effort initial pour que Dieu nous donne la puissance d’agir.
Dieu ne nous donne pas d’emblée la vie qui surmonte tous les
obstacles. C’est à mesure que nous surmontons nous-mêmes
un obstacle que Dieu nous donne la vie. Quand Dieu se révèle à
nous, et nous dit : « Lève-toi d’entre les morts », il faut d’abord
que nous nous levions, de nous-mêmes ; Dieu ne le fait pas pour
nous. Jésus dit à l’homme dont la main était paralysée : «
Étends ta main », et tout de suite elle fut guérie. Dès que nous
avons fait le premier effort, Dieu nous donne Sa force, en
abondance.
17 Février
Le remède à la dépression
Lève-toi et mange.
1 Rois 19.5
L’ange n’a pas donné à Élie une vision, il ne lui a pas expliqué
les Écritures, il n’a rien fait de sensationnel. Il s’est contenté de
dire à Élie la chose la plus ordinaire : « Lève-toi et mange ».
Pour n’être jamais déprimé, il faudrait que je ne sois pas un être
vivant : un cristal n’est jamais déprimé. Si un être humain était
à l’abri de toute dépression, il serait incapable aussi
d’exaltation. Il existe des causes de dépression, tout ce qui
participe à la mort. En essayant de vous rendre compte de quoi
vous êtes capable, n’oubliez pas que vous êtes capable de
dépression.
Quand l’Esprit de Dieu vient en nous, ce n’est pas pour nous
donner des visions ; il nous dit de faire les choses les plus
humbles, les plus ordinaires. La dépression tend à nous
éloigner de toutes ces réalités banales et quotidiennes qui font
partie intégrante de la création. Mais quand Dieu nous visite, il
nous ramène à ces réalités familières et toutes simples : en nous
appliquant à ces humbles tâches, nous sommes tout surpris d’y
trouver Dieu. C’est là le vrai remède à la dépression. Nous
avons tout simplement à faire ce qui est là devant nous, en
cherchant notre force en Dieu. En faisant telle ou telle chose en
vue de combattre notre dépression, nous l’aggravons. En la
faisant pour obéir à l’Esprit qui nous dirige, la dépression
s’évanouit. En nous levant pour obéir à Dieu, nous sommes
transportés dans une vie plus haute.
18 Février
Le remède au découragement
Allons, levez-vous, en marche !
Matthieu 26.46
Les disciples s’étaient endormis alors qu’ils auraient dû veiller,
et lorsqu’ils s’en rendent compte, le découragement les
envahit. Devant ce qui nous semble irréparable, nous cédons
au découragement : « C’est fini, disons-nous ; ce n’est plus la
peine d’essayer de nouveau ». Ce genre de découragement n’a
rien d’exceptionnel, il est au contraire extrêmement fréquent.
Chaque fois que nous avons laissé échapper une occasion
magnifique d’accomplir quelque chose, nous sommes au
désespoir. Alors Jésus vient à nous et nous dit, comme à
Gethsémani : « Eh ! Quoi, vous dormez encore ! Cette occasion-
là est perdue à jamais, vous n’y pouvez rien. Mais maintenant
levez-vous pour saisir l’occasion nouvelle qui s’offre à vous
d’agir ». Le passé n’est plus, confiez-le à Celui qui est le Maître
du temps, et avec Lui marchez en avant vers l’irrésistible
avenir.
Chacun de nous a connu de telles expériences. Le
découragement nous saisit, et nous ne savons pas comment en
sortir. Les disciples avaient commis une faute impardonnable
en s’abandonnant au sommeil au lieu de veiller avec Jésus.
Mais il vient à eux, et leur apporte le remède à leur
découragement :
« Levez-vous, et faites quelque chose ». Pour nous, si l’Esprit de
Dieu nous travaille, ce que nous avons à faire, c’est de prier
Dieu avec toute notre confiance et en comptant sur Sa
Rédemption.
Que l’impression de la défaite ne corrompe jamais votre action
nouvelle.
19 Février
Le remède contre le dégoût du
terre à terre
Lève-toi, resplendis.
Isaïe 60.1
Il nous faut toujours faire le premier pas, comme si Dieu
n’existait pas. Cela ne sert à rien d’attendre que Dieu vienne à
notre secours, il n’en fera rien. Mais que nous nous levions
seulement, et il est là tout de suite. Et quand l’Esprit de Dieu est
là, tout ce que nous faisons devient spirituel. Il n’y a qu’à y
aller carrément, à ne pas rester planté comme un soliveau. «
Lève-toi, resplendis » et la besogne la plus vile devient
rayonnante.
Les besognes les plus terre à terre sont la meilleure pierre de
touche de la qualité de notre âme, Il s’agit là, semble-t-il, de ce
qui est le plus bas, le plus loin de l’idéal : le terre à terre le plus
abject. Mais par leur contact nous savons tout de suite si notre
vie spirituelle est une réalité. Relisez le chapitre 13 de Jean.
Vous y verrez Celui qui est l’incarnation de Dieu se livrant à la
corvée la plus terre à terre : il lave les pieds de ses douze
compagnons, et Il leur dit : « Si moi, qui suis votre Seigneur et
votre Maître, j’ai fait cela pour vous, vous aussi vous devez le
faire entre vous ». Il faut avoir l’Esprit de Dieu en soi pour
accomplir ces humbles besognes en les illuminant. En voyant
un enfant de Dieu s’acquitter d’une tâche pareille, il semble
que toujours elle en paraîtra sanctifiée. C’est la chose la plus
terre à terre, mais elle nous semble désormais tout autre.
Quand le Seigneur fait, à travers nous, n’importe quelle
besogne, elle est transfigurée. Notre Seigneur, ayant revêtu
notre corps humain, l’a transfiguré, et c’est pour chacun de ses
disciples le temple du Saint-Esprit.
20 Février
Le remède contre la rêverie
Levez-vous, partons d’ici.
Jean 14.35
Rêver à une chose pour pouvoir l’exécuter convenablement,
c’est fort bien. Mais y rêver encore quand ce serait le moment
d’agir, c’est fort mal. Après que notre Seigneur eut dit à ses
disciples tant de choses merveilleuses, il nous semble qu’il
aurait pu leur dire d’aller méditer sur tout cela. Mais il n’a
jamais encouragé la rêvasserie. Quand nous cherchons à nous
rendre compte de ce que Dieu nous demande de faire, il est
légitime d’y songer. Mais si nous prenons l’habitude de rêver
longuement avant de faire ce qui nous est ordonné, c’est une
habitude déplorable et que Dieu réprouve. L’inspiration qui
nous vient de Dieu, c’est toujours pour couper court à cette
rêvasserie : « Ne reste pas là, va de l’avant » !
Si nous sommes tranquilles, en présence de Dieu, et qu’Il nous
ait dit : « Venez vous-mêmes à l’écart », il s’agit là d’une
méditation pour mieux discerner le chemin qu’il veut nous
tracer ; mais prenez bien garde de ne pas vous laisser aller à la
rêverie, une fois que Dieu a parlé. Ne cherchez plus rien en
vous-mêmes, que Dieu seul soit la source de vos pensées, de vos
visions, de vos joies ; pour vous, allez et faites sa volonté, Une
amoureuse ne passe pas tout son temps à rêver à celui qu’elle
aime, elle s’applique à faire quelque chose pour lui. Voilà ce
que Jésus attend de nous. Rêver encore, quand Dieu a parlé,
c’est le signe que nous n’avons pas confiance en lui.
21 Février
Vous êtes-vous jamais laissé
emporter au delà des bornes
pour l’amour de Jésus ?
Laissez-la faire ; pourquoi la tracasser ? Ce
qu’elle vient de faire pour moi, c’est une belle
chose.
Marc 14.6
L’amour humain lui-même, s’il n’emporte pas celui qui aime
au delà des bornes de la vie ordinaire, ce n’est pas de l’amour.
L’amour qui est toujours discret, toujours raisonnable,
toujours calculateur, ce n’est pas de l’amour. C’est peut-être
une tendre affection, un sentiment généreux, ce n’est pas de
l’amour.
Est-ce qu’il n’est jamais arrivé d’être emporté par amour pour
Dieu à faire quelque chose non pas par devoir, non pas même
parce que c’était utile, mais tout simplement pour Lui
témoigner mon amour ? Me suis-je jamais rendu compte que je
puis malgré tout apporter à Dieu de petites choses qui Le
réjouiront ? Ou bien est-ce que je perds mon temps à rêvasser
sur la grandeur de la Rédemption, pendant qu’il y a un tas de
choses que je pourrais faire ? Non pas des choses merveilleuses
et colossales, mais de petites choses humaines, toutes simples
et ordinaires, qui prouveront à Dieu que je Lui appartiens. Ai-je
jamais donné à Jésus, mon Seigneur, la douce joie que lui
procura ce jour-là Marie de Béthanie ?
Il y a des moments où Dieu semble attendre que nous lui
donnions une petite preuve, quelle qu’elle soit, de notre
amour. S’abandonner à Dieu vaut mieux que rechercher notre
sainteté personnelle. Absorbés par la préoccupation de notre
pureté, nous évitons scrupuleusement tout ce qui pourrait
offenser Dieu. L’amour parfait chasse toutes ces craintes. C’est
entendu : nous sommes des serviteurs inutiles, mais Dieu saura
se servir de nous, si nous savons nous abandonner à Lui.
22 Février
La ténacité spirituelle
Arrêtez, et sachez que moi, je suis Dieu !
Psaume 46.11
La ténacité, c’est plus que l’endurance. C’est l’endurance
combinée avec la certitude absolue que ce que nous attendons
va se produire. La ténacité n’est pas seulement le fait de
s’accrocher ou de se suspendre à quelqu’un ou à quelque chose,
ce qui peut n’être que la crainte de se laisser tomber par
faiblesse. La ténacité, c’est l’effort intense d’un soldat qui
n’admet pas que son chef puisse être vaincu. Un disciple de
Jésus-Christ n’est pas dominé par la crainte d’aller en enfer. Ce
qu’il craint par-dessus tout c’est que son Maître ne triomphe
pas, et que les grandes causes pour lesquelles il a lutté : pardon,
justice, concorde, amour, ne parviennent pas à l’emporter à la
fin ; on dirait tellement à voir ce qui se passe, que ce ne sont là
que des feux follets ! C’est le moment de faire appel à la
ténacité. Au lieu de nous accrocher à Dieu sans rien faire pour
Lui, travaillons avec résolution, avec la certitude que Dieu ne
sera pas vaincu.
Si nos espérances ne sont pas encore, à l’heure qu’il est,
accomplies, cela prouve qu’elles sont en train d’être purifiées.
Aucun idéal conçu par l’esprit humain qui ne doive s’accomplir
un jour. Un des efforts les plus difficiles que nous ayons à faire
en cette vie est l’effort pour attendre que Dieu accomplisse ce
que nous espérons.“Parce que tu as observé la loi de ma
patience.” (Apocalypse 3.10)
23 Février
La volonté de servir
Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être
servi, mais pour servir.
Matthieu 20.28
Paul a la même conception du service que notre Seigneur lui-
même.“Je me suis fait l’esclave de tous”, écrit-il aux
Corinthiens. Il nous semble que ceux qui sont appelés au saint
ministère sont destinés à former une classe d’hommes bien
différente des autres. Or, selon Jésus-Christ, ils doivent être le
paillasson sur lequel on s’essuie les pieds ; ils doivent être des
guides spirituels, non pas des supérieurs.“Je sais vivre
petitement”, dit Paul. Pour lui, servir, c’est se dépenser
jusqu’au bout pour les autres, sans s’inquiéter ni de l’éloge ni
du blâme.
Tant qu’un seul être humain est là qui ne connaît pas Jésus-
Christ, Paul se doit à lui pour le lui apprendre. Le ressort
principal de ce ministère de Paul n’est pas l’amour des
hommes, c’est l’amour de Jésus-Christ. Si c’est pour les
hommes que nous nous dépensons, nous allons à la déception
et au découragement, car nous trouverons chez eux plus
d’ingratitude sous vent que chez un humble chien. Mais si c’est
pour Dieu que nous travaillons, là point d’ingratitude qui
puisse nous arrêter dans notre activité au service des autres.
C’est parce que Paul se rendait clairement compte de la façon
dont Jésus l’avait traité lui-même qu’il était si résolu à servir
les autres.“J’étais auparavant un adversaire acharné, un
blasphémateur de Jésus-Christ. Jamais les hommes n’auront à
mon égard autant de haine et d’exécration que j’en avais pour
Lui.” Quand nous pensons que Jésus-Christ s’est donné pour
nous malgré toute notre indignité, aucun mauvais traitement
de la part des autres ne nous empêchera de les servir.
24 Février
La joie du sacrifice
Pour vous, je me dépenserai, je m’épuiserai
avec joie.
2 Corinthiens 12.15
Quand l’Esprit de Dieu luit en nous, nous regardons les autres
avec l’esprit de Jésus-Christ, et pour Lui tous sans exception
sont à titre égal dignes d’intérêt. Dans l’activité chrétienne, on
ne doit jamais se laisser guider par ses préférences personnelles
; c’est là une des meilleures pierres de touche pour savoir si
nous sommes unis au Christ.
La joie du sacrifice, c’est que je donne ma vie pour mon grand
Ami. Je ne la rejette pas comme une chose sans valeur ; je la
dépose devant Dieu volontairement pour qu’il s’en serve à son
gré dans le service des autres, de tous ceux auxquels il
s’intéresse. Paul n’avait d’autre but en se dépensant que de
gagner des âmes à Jésus-Christ. C’est à Jésus qu’il les amenait,
non à lui-même.“Tout à tous : j’ai joué tous les rôles, afin par
tous les moyens d’en sauver au moins quelques-uns.” Un
homme qui prétend parvenir à la sainteté en restant tout seul
avec Dieu, se met lui-même sur un piédestal, où il ne fait rien
pour les autres. Paul était un instrument docile par où la grâce
de Dieu pouvait agir. Jésus-Christ pouvait s’en servir comme il
voulait. Quand nous choisissons nous-mêmes notre but, Jésus
ne peut pas se servir de nous comme il veut. Une fois que nous
nous sommes abandonnés à Jésus, nous n’avons plus aucun
but qui soit nôtre.
Paul était prêt à servir de paillasson pour les autres, parce qu’il
était l’homme lige de Jésus. Nous, nous cherchons plutôt à
nous grandir spirituellement, Paul au contraire : “Je
voudrais… je serais capable de prier Dieu qu’il me frappe de
malédiction et me sépare du Christ pour sauver mes frères…”
C’est fou, n’est-ce. pas ? Quiconque n’est pas fou de la sorte ne
sait pas ce que c’est que l’amour.
25 Février
Servir, sans demander rien
pour soi
Pour vous, je me dépenserai, je m’épuiserai
avec joie, quand même, à mesure que je vous
aime davantage, vous m’aimiez, vous,
toujours moins.
2 Corinthiens 12.15
L’amour humain s’attend à être payé de retour, mais Paul ne
pense qu’à une seule chose : gagner à Dieu des âmes.“Vous
connaissez la générosité de notre Seigneur Jésus-Christ qui,
étant riche, s’est fait mendiant à cause de nous, afin que par sa
pauvreté vous soyez enrichis.” Paul, lui aussi, est tout prêt à
s’épuiser lui-même, joyeusement, pour les autres.
L’idée ecclésiastique de ce que doit être un serviteur de Dieu
n’est pas du tout celle de Jésus. Son idée, c’est que nous, ses
ministres, nous le servions en étant au service des autres
hommes. Il est plus socialiste que les socialistes. Le plus grand
dans son Royaume sera, nous dit-il, le serviteur de tous. La
vraie preuve qu’on est à Dieu, ce n’est pas qu’on prêche
l’évangile, c’est qu’on lave les pieds de Ses enfants, c’est-à-dire
qu’on laisse de côté l’estime des hommes, pour ne penser qu’à
l’estime de Dieu. Paul trouvait sa joie à se dépenser pour
amener les hommes à Dieu, et il ne regardait pas ce que ça lui
coûtait.
Nous autres nous regardons le côté financier : “Si Dieu veut
m’envoyer là-bas, quel sera mon traitement ? Le climat est-il
bon ? Quelles ressources trouverai-je ? Il faut bien le savoir.”
Nous faisons en un mot nos réserves. Paul n’en faisait aucune.
Je vois dans l’apôtre Paul l’image parfaite du fidèle disciple,
selon Jésus-Christ et selon le Nouveau Testament : non pas
simplement le messager de la Bonne Nouvelle, mais celui qui se
donne tout entier, qui devient entre les mains de Jésus le pain
rompu et le vin répandu au service des âmes.
26 Février
Sur bien des points nous
n’avons pas confiance en Jésus
Étranger, tu n’as rien pour tirer l’eau du puits.
Jean 4.11
“J’admire, disons-nous, tout ce que Dieu nous dit, mais
comment pourrais-je réaliser tout cela dans les mille détails de
ma vie quotidienne ?” En face de Jésus-Christ, nous avons une
secrète tendance à le juger de haut : “Idéal magnifique, mais en
pratique cela ne peut pas marcher.” Chacun de nous, sur tel ou
tel point, prend cette attitude à l’égard de Jésus. Nous y
sommes poussés par les propos ironiques de nos amis : “Mais
alors, comment allez-vous faire pour vivre ? Quelles ressources
aurez-vous ?” Ou bien c’est de nous-mêmes que nous déclarons
à notre Maître que ses moyens ne suffisent pas pour nous tirer
d’affaire. Peut-être, par un pieux mensonge, dites-vous : “Oh !
J’ai bien confiance en Jésus ; c’est en moi que je n’ai pas
confiance.” En réalité, chacun de nous sait bien ce dont il est
capable. Mais nous n’avons pas confiance en Jésus, et en outre
nous sommes vexés de penser qu’Il peut faire pour nous ce que
nous ne pouvons pas faire.
Ce manque de confiance vient de ce que, fouillant en nous-
mêmes, nous demandons comment Jésus pourra bien s’y
prendre pour que l’impossible se réalise. Il vient en somme des
profondeurs de ma propre misère. Dès que je découvre en moi
cette secrète méfiance, il me faut l’exposer au grand jour :
“Seigneur, j’ai douté de Toi et de Ta puissance infinie. J’ai jugé
de Toi d’après ma pauvre petite intelligence. Je me suis cru
capable de Te juger et de Te comprendre.”
27 Février
Nous appauvrissons le
ministère de Jésus
D’où peux-tu donc tirer cette eau vive ?
Jean 4.11
“Le puits est profond…” Oui, beaucoup plus profond encore
que ne le soupçonne la Samaritaine. Quelles profondeurs dans
la nature humaine, dans la vie de chacun de nous, dans notre
propre cœur ! Avez-vous diminué et appauvri le ministère de
Jésus, en l’empêchant d’agir en vous ? S’il y a dans votre cœur
un insondable puits de profonde misère, et que Jésus vienne
vous dire : “Que ton cœur ne se trouble point !” peut-être
haussez-vous les épaules, en répondant : “Mais, Seigneur, le
puits est profond : comment pourrais-tu en tirer le calme et la
sérénité ?”
Non, ce n’est pas d’en bas, c’est d’en haut qu’Il les tirera pour
vous les donner. Jésus ne tire rien des profondeurs de la nature
humaine. Nous limitons arbitrairement k pouvoir du Saint
d’Israël, en récapitulant ce que nous Lui avons laissé faire pour
nous dans le passé, et en disant : “Bien entendu, ceci, Dieu ne
peut pas le faire.” Ce qui suppose la toute-puissance, c’est cela
même que nous devrions attendre de Celui qui peut tout, si
vraiment nous croyons en Lui. Cet appauvrissement de son
ministère a sa source en nous, non pas en Lui. Nous venons à
lui comme au Consolateur, nous refusons d’aller à lui comme
au Tout-puissant.
Voilà pourquoi plusieurs parmi nous sont de si médiocres
spécimens du christianisme. C’est que notre Christ n’est pas
tout-puissant. Nous avons fait certaines expériences
chrétiennes, mais nous ne nous sommes pas abandonnés à
Jésus-Christ. Nous n’avons pas confiance en Lui, nous
essayons de descendre dans le puits et de tirer de l’eau pour
nous-mêmes. Au lieu de dire : “C’est impossible !” regardons à
Jésus.
28 Février
Vous croyez à présent ?
À cause de cela nous croyons maintenant…
Jésus répondit : Vous croyez à présent !
Jean 16.30-31
« Maintenant nous croyons. Vraiment ? Leur dit Jésus ; et
pourtant l’heure vient où vous me laisserez seul ». Combien de
chrétiens dans leur activité laissent de côté Jésus-Christ, en
prenant pour guide le sentiment de leur devoir, ou bien une
nécessité discernée par leur propre intelligence. Tout cela
parce qu’il leur manque l’intuition de la présence en eux de
Jésus ressuscité. Leur âme a perdu le contact avec Dieu parce
qu’elle s’est fiée à ses propres lumières. Il ne semble pas qu’il y
ait là un péché, ni rien de répréhensible, mais quand le
chrétien s’aperçoit combien il a compromis sa connaissance de
Jésus-Christ, et combien il a forgé pour lui-même d’embarras,
de chagrins et d’obstacles, c’est avec honte et confusion qu’il
doit rebrousser chemin.
Il faut absolument nous appuyer d’une façon plus profonde sur
la présence de Jésus dans notre âme, acquérir l’habitude d’en
référer à Lui pour toute chose. Au lieu de cela, notre bon sens
prend des décisions, et nous demandons à Dieu de les bénir. Il
ne le peut pas : nous ne sommes pas à Son point de vue, nous
sommes hors de la réalité… En agissant par devoir, nous
substituons à Jésus-Christ notre idéal moral. Il ne nous est pas
dit de marcher selon notre conscience, mais dans la lumière de
Dieu, comme Dieu est dans la lumière. Quand nous agissons
par devoir, nous pouvons mettre en avant nos raisons. Quand
nous obéissons au Seigneur nous n’avons point de raisons à
donner. Aussi le croyant est-il un homme dont on peut rire
aisément.
29 Février
Que demandez-vous au
Seigneur ?
Seigneur, que je recouvre la vue.
Luc 15:41
Quel est l’obstacle insurmontable qui non seulement vous
trouble vous-même, mais fait de vous un trouble-fête ? “Ils le
grondaient pour qu’il se taise… mais il n’en criait que plus
fort.” Continuez à troubler les autres jusqu’à ce que vous soyez
en présence du Seigneur lui-même ; ne vous faites pas du sens
commun une idole. Quand Jésus nous demande ce que nous
voulons qu’il fasse pour nous, rappelons-nous que sa méthode
n’est pas celle du sens commun, mais qu’elle est surnaturelle.
Voyez quelles limitations nous imposons à Dieu ! “Là j’ai
toujours échoué, et j’échouerai toujours.” Il en résulte que
nous ne demandons pas ce dont pourtant nous aurions besoin :
“Demander à Dieu cela, serait ridicule.” Si cela nous apparaît
comme impossible, c’est justement cela que nous avons à
demander. Si ce n’était pas impossible, cela ne troublerait
personne. Dieu fera pour nous l’impossible.
L’aveugle recouvra la vue. Pour vous, la chose la plus
impossible, n’est-ce pas ? C’est que vous soyez si intimement
uni au Seigneur que le vieil homme ait tout à fait disparu en
vous. Il fera cela pour vous si vous le lui demandez. Mais il faut
que vous croyiez à sa toute-puissance. Il ne s’agit pas de croire
aux paroles de Jésus, mais en Jésus lui-même. Si nous nous
contentons de regarder à ce qu’il dit, nous ne croyons jamais.
Quand notre regard est enfin fixé sur Jésus, Il accomplit en
nous l’impossible, aussi aisément qu’un enfant respire. Notre
angoisse vient de l’état de notre propre cœur, endurci et
présomptueux. Nous ne voulons pas croire, nous ne voulons
pas couper l’amarre, nous préférons continuer à nous
tracasser.
1er Mars
La question qui va droit au but
M’aimes-tu ?
Jean 21.17
Pierre, cette fois-ci, ne dit rien de ses sentiments (voyez
Matthieu 26.33-35). L’individu égoïste et charnel les manifeste
volontiers. Mais l’amour véritable, qui vient de l’âme
régénérée, de la véritable personnalité, n’apparaît en nous que
lorsque Jésus-Christ, par sa question directe, nous a blessés au
vif. L’amour de Pierre, jusque-là, n’était que l’amour humain
et naturel d’un cœur sensible pour un homme qui a de belles
qualités. Cet amour-là peut pénétrer l’individu, il ne pénètre
pas jusqu’à l’âme. L’amour véritable n’a pas besoin de paroles.
C’est par nos actes que nous devons témoigner de notre amour,
pour Jésus.
Pour que la parole de Dieu ait prise sur nous, il faut que nous
perdions, fût-ce par une blessure de notre amour-propre,
toutes nos illusions sur nous-mêmes. La parole de Dieu nous
blesse bien plus qu’aucun péché ne peut le faire, parce que le
péché engourdit notre sensibilité morale. La question que
Jésus nous pose aiguise notre sensibilité, et la blessure qu’il
produit en nous est une douleur plus aiguë que toute autre, car
elle n’atteint pas seulement notre cœur d’homme charnel,
mais notre âme profonde. La parole du Seigneur, plus acérée
qu’une épée à deux tranchants, pénètre jusqu’aux plus intimes
profondeurs de notre âme, jusqu’à nos plus secrètes pensées. Il
n’y a plus moyen de nous faire illusion sur nous-mêmes, de
faire du sentiment : nous ne pouvons plus raffiner ni ergoter ;
ce que Jésus nous dit va droit au but, la blessure est trop vive
pour que nous puissions penser à autre chose. Nous ne
pouvons pas nous y tromper, car cette blessure est une
révélation.
2 Mars
Avez-vous senti la blessure ?
Jésus lui dit pour la troisième fois : “M’aimes-
tu ?”
Jean 21.17.
Avez-vous senti la blessure de la parole du Seigneur, au
tréfonds de votre âme, ce point sensible par excellence, mais
que rien n’atteint, ni le diable, ni le péché, ni aucune influence
humaine, rien, sinon la parole de Dieu.“Pierre fut attristé de
cette question : “M’aimes-tu ?” renouvelée à trois reprises.” Il
sentait enfin au fond de lui-même un attachement véritable
pour son Maître, et il devinait le sens de cette patiente
répétition. Toute illusion sur lui-même avait disparu. Il ne
pouvait plus être question de protestations de dévouement, Il
se rendait enfin compte qu’il aimait profondément le Seigneur,
et il le lui disait ainsi : “Seigneur, tu sais toutes choses.” Mais il
ne disait plus : “Voilà ce que je ferai ; voilà les preuves de mon
amour.” Pierre commençait à découvrir la profondeur de son
amour pour Jésus, que Jésus était plus pour lui que tout au
monde, au ciel ou sur la terre. Mais il avait fallu pour cela cette
interrogation pénétrante, douloureuse, blessante, de Jésus.
Les questions que le Seigneur nous pose nous révèlent ce qu’il y
a en nous.
Quelle maîtrise, quelle rectitude, quel art admirable Jésus a
déployé à l’égard de Pierre ! Notre Seigneur sait à quel moment
il lui faut poser les questions. Une fois au moins dans notre vie,
il arrivera sans doute qu’il nous mettra ainsi au pied du mur, il
nous blessera avec ses questions acérées, et nous découvrirons
alors que nous l’aimons beaucoup plus profondément
qu’aucune parole ne peut le faire voir.
3 Mars
La mission que Dieu nous
impose
Pais mes brebis.
Jean 21.17
En servant les autres, on se forme à l’amour. L’amour, en Dieu,
n’est pas un sentiment qui grandit et se forme peu à peu, c’est
son essence même, puisque Dieu est amour. Le Saint-Esprit
nous unit à Dieu, afin que son amour se manifeste en nous.
Mais ce n’est pas tout : il nous faut arriver à être un avec le
Père, comme l’était Jésus. Cette unité de Jésus avec Son Père
s’est manifestée en ceci que Dieu l’a envoyé sur la terre pour
être sacrifié à notre place.“Comme le Père m’a envoyé, dit
Jésus, moi-même aussi je vous envoie.”
Pierre s’étant rendu compte, grâce à la question pénétrante et
douloureuse de son Maître, de son amour pour Lui, il faut qu’il
dépense cet amour au service des autres. Il ne s’agit pas de se
répandre en exclamations ou en cris d’enthousiasme.“Pais mes
brebis !” Jésus a des brebis bien bizarres et bien extravagantes ;
il y en a qui se sont traînées dans la fange, d’autres têtues et
obstinées, d’autres qui s’égarent dans le désert. L’amour de
Dieu est inlassable, et mon amour le sera aussi, s’il prend sa
source en Dieu. L’amour de Dieu ne fait pas acception de
personnes : tous les individus, si différents qu’ils soient, sont
pareils à Ses yeux. Si j’aime vraiment Dieu, je ne me laisserai
rebuter par rien, car j’ai à paître Ses brebis. Cette mission
s’impose à moi d’une manière absolue. Ne vous laissez pas aller
à substituer à l’amour divin cette grimace et cette contrefaçon
qu’est l’amour humain, car c’est là un blasphème contre
l’amour de Dieu.
4 Mars
Est-ce que j’en suis arrivé là ?
Mais que m’apporte la vie ? Elle ne m’est
précieuse à aucun degré.
Actes 20.24
Il est plus facile de travailler pour Dieu quand on n’a pas eu de
vision ni d’appel direct, parce qu’alors on n’a pas l’embarras de
se plier à tout ce que Dieu exige de nous. Nous nous laissons
guider par le bon sens, avec un léger vernis de sentiment
chrétien. Vous réussirez mieux peut-être du point de vue
humain, vous vous sentirez plus à l’aise, si l’appel de Dieu vous
est étranger. Mais si une fois Jésus-Christ vous charge d’une
mission à remplir, vous aurez dans votre esprit un perpétuel
aiguillon. Il ne vous sera plus possible de travailler pour Lui en
vous fondant sur votre bon sens.
Qu’est-ce que j’estime précieux ? Tant que Jésus-Christ n’a pas
jeté le grappin sur moi, j’estimerai que mon travail pour Dieu
est précieux, que le temps que je lui consacre est précieux, que
ma vie m’est précieuse. Paul nous dit que sa vie n’a d’autre prix
à ses yeux que de lui permettre d’accomplir l’ordre de Jésus :
“Tu me serviras de témoin.” Il ne voulait employer sa vie à rien
d’autre. Paul, avec un sublime dédain, s’écrie : “Que m’importe
ma vie ?” Le travail que nous faisons pour Dieu peut être un
obstacle à l’abandon que nous devons à Dieu. Car nous sommes
tentés de nous dire : “Comme il est utile que je sois ici !” ou bien
: “Quels services ne pourrais-je pas rendre dans ce domaine
spécial !” En pensant de la sorte, ce n’est pas Jésus-Christ que
nous prenons pour nous indiquer notre chemin, mais notre
jugeote. Nous n’avons pas à nous demander si nous sommes
utiles pour ceci ou pour cela. Nous n’avons qu’à nous souvenir
sans cesse que nous n’appartenons pas à nous-mêmes, mais à
Lui.
5 Mars
Jésus est-il mon Seigneur ?
Que m’importe la vie, pourvu que j’accomplisse
ma course, et la tâche que j’ai reçue du
Seigneur Jésus.
Actes 20.24
Paul ne demande qu’une chose : la satisfaction d’accomplir
jusqu’au bout la tâche que le Seigneur lui a prescrite. Je ne dois
pas chercher ma joie dans le succès, mais dans le parfait
achèvement de ce que Dieu avait en vue quand il m’a créé et
m’a régénéré. Notre Seigneur mettait sa joie à faire ce pour
quoi son Père l’avait envoyé.“Comme mon Père m’a envoyé,
dit-il, moi aussi je vous envoie.” Si le Seigneur m’a confié une
tâche, je dois m’y vouer tout entier, et n’attacher de prix à ma
vie que pour l’accomplissement de cette mission. Quelle joie
vous aurez, quand vous entendrez Jésus vous dire : “Cela va
bien, bon et fidèle serviteur.” Nous avons tous à trouver notre
emploi dans la vie, et au point de vue spirituel nous le trouvons
dans la mission que nous recevons du Seigneur. Pour cela, il
faut avoir vécu dans la compagnie de Jésus, avoir trouvé en lui
plus que notre salut personnel.“Je lui ferai connaître ce qu’il
doit souffrir pour l’amour de moi.”
“M’aimes-tu ?” Alors “pais mes brebis.” Nous n’avons pas à
choisir notre tâche. Nous avons à nous consacrer à celle que le
Seigneur nous donne, dans un moment de communion directe
avec Dieu. L’appel des circonstances n’est jamais l’appel du
Seigneur, mais seulement l’occasion d’agir. Dieu vous appelle
directement. Cela n’implique pas que tout le programme de
votre mission soit tracé d’avance. Mais cela signifie que vous
devez mettre résolument de côté toute autre tâche qui pourrait
s’offrir à vous.
6 Mars
Dans la banalité du terre à terre
Par une grande patience dans les afflictions,
dans les détresses, dans les angoisses…
2 Corinthiens 6.4
Il vous faut toute la grâce du Dieu Tout-Puissant pour aller de
l’avant lorsque vous n’avez ni élan intérieur ni encouragement
extérieur ; pour aller de l’avant dans votre vie religieuse, dans
votre travail intellectuel, ou bien dans les besognes de la
cuisine ; pour aller de l’avant dans l’accomplissement de votre
devoir, quand vous n’avez point d’inspiration, point
d’enthousiasme, point de spectateurs. Pour aller de l’avant
dans ces conditions, la grâce de Dieu, à laquelle vous vous
suspendez de toute votre énergie, vous est encore bien plus
nécessaire que pour prêcher l’ Évangile.
Tout chrétien doit participer en quelque mesure à l’œuvre de
l’Incarnation. Il s’agit pour lui de réaliser sa vision intérieure
dans la vie concrète, en mettant hardiment la main à la pâte.
Nous fléchissons quand nous ne sentons plus en nous ni élan ni
inspiration, mais la fastidieuse et banale monotonie de la tâche
quotidienne. Pour que nous aboutissions à des résultats
positifs, soit à L’égard de Dieu soit à l’égard des hommes, c’est
la persévérance qu’il nous faut, le travail assidu et constant
caché à tous les yeux. Mais pour cela, pour ne pas se laisser
écraser par la vie, il faut vivre en regardant sans cesse à Dieu.
Demandez à Dieu de voir sans cesse devant vous le Christ
ressuscité, et les tâches les plus banales et les plus terre à terre
ne parviendront pas à vous obscurcir. Pensez toujours à votre
Maître lavant les pieds de ses douze compagnons.
7 Mars
Le rayonnement inaltérable
Parmi toutes ces détresses, nous sommes plus
que vainqueurs, par l’amour de Celui qui nous
a aimés sur la croix.
Romains 8.37
Paul parle ici de tout ce qui semblerait devoir s’interposer et
faire obstacle entre l’enfant de Dieu et l’amour de Dieu. Mais,
chose merveilleuse ! Rien ne peut jamais s’interposer entre
eux. Sans doute il y a des obstacles qui viennent gêner les
manifestations de notre piété envers Dieu ; mais aucun d’eux
n’a le pouvoir de séparer de Dieu l’âme de Son enfant. Le
rocher sur lequel est fondée notre foi, c’est l’amour prodigieux,
c’est le miracle du Calvaire. Voilà pourquoi nous sommes “plus
que vainqueurs” en toutes nos détresses, et ces détresses elles-
mêmes, au lieu de nous terrasser, ne font qu’augmenter notre
joie.
Triompher d’un obstacle, c’est en tirer un surcroît de joie. Au
lieu de chercher avant tout à supprimer nos détresses, sachons
en tirer ce surcroît de joie. Par Celui qui nous a aimés, nous
sommes plus que vainqueurs, non pas en dépit de nos
détresses, mais grâce à elles, au sein même de nos misères.“Je
déborde de joie, dit Paul, au milieu de toutes mes épreuves.”
Le rayonnement de notre âme ne provient pas de choses
humaines et passagères, mais de l’amour de Dieu que rien ne
peut ternir. Les circonstances de notre vie, tragiques ou
monotones, ne peuvent rien contre l’amour de notre Dieu,
manifesté en Jésus-Christ.
8 Mars
La vie abandonnée à Dieu
Je suis crucifié avec le Christ.
Galates 2.20
L’union avec Jésus-Christ est impossible pour qui n’est pas
résolu à quitter non seulement son péché, mais toutes ses
prétentions, toute sa manière de voir les choses. Pour naître de
l’Esprit, il faut d’abord lâcher prise avant de saisir, c’est-à-dire
commencer par abandonner toutes nos prétentions. Ce que
notre Seigneur veut que nous lui offrions, ce n’est pas notre
bonté, notre honnêteté, ni même notre effort, c’est notre
péché, réel et concret : il ne peut pas recevoir de nous autre
chose. En échange, il nous donnera Sa perfection, réelle et
concrète. Mais nous devons renoncer à toute prétention, à tout
mérite au regard de Dieu.
Alors l’Esprit de Dieu nous fera voir ce qu’il nous faut encore
abandonner. Je dois renoncer à tout droit sur moi-même. Suis-
je prêt à le faire, à renoncer à tout ce que je possède, à tout ce
qui m’est cher, à tout au monde ? Suis-je prêt à m’identifier à la
mort de Jésus-Christ ?
C’est toujours pour nous une déchirure bien douloureuse.
Quand une âme se voit elle-même comme le Seigneur la voit, ce
n’est pas les abominables péchés de la chair qui la choquent le
plus, c’est l’affreux orgueil de son cœur dressé contre Jésus-
Christ. C’est alors, quand on se voit dans la lumière du
Seigneur, qu’on a horreur de soi et que la conviction de notre
péché nous terrasse. Quand cette nécessité de l’abandon se
dresse devant vous, acceptez le déchirement, et Dieu vous
rendra capable de tout ce qu’Il réclame de vous.
9 Mars
Le retour en arrière
Et vous, voulez-vous aussi me quitter ?
Jean 6.67
C’est une question qui pénètre jusqu’aux moelles. Plus les
paroles de Jésus sont simples et familières, plus elles sont
pénétrantes, Nous croyons le connaître ; et pourtant il nous
demande : “Et vous, voulez-vous aussi me quitter ?” Si nous
voulons le suivre, il faut que sans faiblir nous en acceptions les
risques.“Dès lors, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et
cessèrent de le suivre.” Il n’est pas dit qu’ils retournèrent à leur
péché, mais qu’ils cessèrent de suivre Jésus. Il y a aujourd’hui
beaucoup de chrétiens qui se dépensent au service de Jésus-
Christ, mais qui en réalité ne le suivent pas. Le but unique que
Dieu nous propose, c’est d’arriver à nous unir à Jésus-Christ.
Quand nous avons reçu la sanctification, c’est à cette union que
nous devons tendre. Si Dieu vous fait la grâce de vous indiquer
clairement ce qu’il attend de vous, ne cherchez pas à parvenir à
ce but par un procédé quelconque, contentez-vous de vivre,
simplement et normalement, dans la dépendance absolue à
l’égard de Jésus-Christ.
N’essayez jamais de substituer une méthode à vous à la
méthode divine, qui n’est autre que la consécration absolue à
Dieu. Ma seule certitude, c’est que je sais que par moi-même je
ne sais rien : c’est le secret pour suivre Jésus.
Pierre ne voyait en Jésus que celui qui venait le sauver, lui, et
en même temps sauver le monde. Notre Seigneur nous
demande de porter son joug, et de nous associer à sa tâche.
Dans le verset 70, Jésus indique à Pierre combien il peut se
tromper. Nous ne pouvons pas répondre pour les autres.
10 Mars
Soyez vous-même un message
vivant
Prêche la parole.
2 Timothée 4.2
Nous n’avons pas été sauvés seulement pour devenir “les
canaux de la grâce divine”, mais pour devenir les fils et les filles
de Dieu. Nous ne sommes pas seulement des médiums.
transmetteurs, nous sommes des messagers spirituels, et notre
message doit faire partie de nous-mêmes. Le Fils de Dieu n’était
pas simplement le porteur d’un message, il était le message lui-
même, la Parole incarnée : les mots qu’il prononçait étaient
esprit et vie. Si nous sommes ses disciples, notre vie doit être
l’incarnation de notre message. Et que faut-il pour cela ?
L’homme naturel est tout prêt à servir les autres, mais pour
que notre vie soit vraiment l’incarnation de notre message, il
faut que notre cœur ait été labouré par la conviction du péché,
baptisé du Saint-Esprit, tordu et froissé en tous sens pour
entrer comme il faut dans le dessein de Dieu.
Prêcher est plus qu’un simple témoignage. Celui qui prêche
L’Évangile doit avoir fait passer dans sa propre vie l’appel de
Dieu, être résolu à se donner tout entier pour y répondre. Dieu
nous façonne et nous frappe pour expulser de nous toutes nos
idées préconçues sur nous-mêmes. C’est ce qui arriva aux
disciples après la Pentecôte. La Pentecôte ne fut pas pour eux
un enseignement nouveau. Elle fit de chacun d’eux
l’incarnation de son message.“Vous serez mes témoins.”
Que Dieu puisse agir librement à travers chacun de vous. Avant
d’être un instrument pour libérer d’autres âmes, il faut que
vous ayez été libéré vous-même. Ramassez votre bois, et, au
moment de parler, mettez-y le feu.
11 Mars
La vision divine
Je ne voulus pas désobéir à la vision céleste.
Actes 26.19
Lorsque nous perdons la vision de Dieu, c’est toujours notre
faute : c’est que notre âme est une outre percée. Si notre foi ne
se traduit pas en activité pratique, la vision s’évanouit. Obéir à
la vision céleste, c’est nous donner tout entiers, pour qu’Il
règne ; c’est maintenir la vision toujours sous nos yeux ; non
pas seulement durant nos prières ou nos réunions religieuses,
mais pendant les soixante secondes de toutes nos minutes.
“Si elle tarde, attends-la.” Ce n’est pas à nous d’accomplir la
vision. C’est à nous d’attendre, fidèlement, jusqu’à ce qu’elle
s’accomplisse. Mais une fois plongés dans la vie pratique, nous
oublions ce que nous avions vu. Au début, la vision semblait
nous suffire, nous ne savions pas attendre qu’elle s’accomplît.
Nous nous sommes jetés dans l’activité concrète, et quand la
vision s’est accomplie, cela nous a échappé. Savoir attendre
que la vision s’accomplisse, c’est la preuve que nous sommes
fidèles à Dieu. La vie de notre âme est en danger quand nous ne
savons pas attendre, absorbés que nous sommes par le travail
pratique.
Dieu nous sème dans la tempête. Serez-vous une graine stérile
? Cela dépend de votre fidélité à la lumière que vous avez reçue.
C’est Dieu qui doit vous semer, vous projeter au bon endroit. Si
vous voulez choisir vous-même votre endroit, vous serez une
graine stérile. Si Dieu vous sème, vous porterez du fruit.
Marchez selon que vous avez la lumière.
12 Mars
L’abandon à Dieu
Alors Pierre se mit à lui dire : « Et nous ! Nous
avons tout quitté pour te suivre ».
Marc 10.28
La réponse du Seigneur revient à dire que l’abandon doit être
absolu, et non pas en vue d’un profit quelconque. Méfiez-vous
d’un calcul de ce genre : “Je m’abandonne à Dieu pour être
délivré du péché, pour devenir saint.” Sans doute cela résultera
de vos relations normales avec Dieu, mais calculer ainsi, c’est
le contraire de l’esprit chrétien. L’abandon doit être absolu,
sans viser à rien d’autre. Nous faisons avec Dieu une sorte de
commerce. C’est comme si nous disions : “Seigneur, ce n’est
pas Toi que je cherche, c’est moi-même. Je me veux pur et
rempli du Saint-Esprit. Je veux que tu puisses me placer dans
ta vitrine, où je pourrai dire : “Voilà ce que Dieu a fait pour moi
!” Si nous abandonnons à Dieu quelque chose avec l’idée que
cela nous rapportera davantage, ce n’est pas le Saint-Esprit qui
inspire notre abandon, c’est le plus bas intérêt commercial.
Gagner le ciel, être délivré du péché, être utile à Dieu, cela ne
doit pas entrer en ligne de compte dans le véritable abandon,
qui est l’abandon souverain, à Jésus lui-même.
Quand nous trouvons devant nous nos affections et nos
intérêts naturels, que devient Jésus-Christ ? Nous lui tournons
le dos, la plupart d’entre nous, « Oui, Seigneur, j’ai entendu ton
appel. Mais il y a là ma mère, ma femme, ma situation ; je ne
puis pas aller plus loin » - « Alors, dit Jésus, tu ne peux être mon
disciple ».
Pour s’abandonner, il faut aller par delà nos bons sentiments.
Mais si nous y parvenons, la grâce de Dieu se répandra sur ceux
que vous aurez dû quitter. En vous abandonnant, ne vous
reprenez pas. Pour combien d’entre nous l’abandon n’est au
fond qu’une velléité !
13 Mars
L’abandon de Dieu
Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné…
Jean 3.16
Le salut ne consiste pas uniquement dans la délivrance du
péché, ni dans la sanctification personnelle. Le salut que Dieu
nous donne, c’est l’entière délivrance de nous-mêmes par
l’union totale avec Lui. Sans doute c’est quand je suis délivré de
mon péché et que j’acquiers la sainteté que je me rends compte
de mon salut. Mais le sens profond et ineffable du salut, c’est
que j’entre en contact, grâce à l’Esprit de Dieu, avec Dieu Lui-
même, et qu’ainsi quelque chose d’infiniment plus grand que
moi, l’abandon total de Dieu à sa créature, me pénètre,
m’enveloppe et me saisit.
Quand nous disons que nous sommes appelés à prêcher la
sainteté, la sanctification, nous prenons l’accessoire pour
l’essentiel. Nous sommes appelés à proclamer Jésus-Christ. S’il
nous sauve lu péché et s’il nous sanctifie, ce n’est là qu’un des
résultats de l’abandon, du merveilleux abandon de Dieu.
L’abandon véritable ne peut nous procurer aucun sentiment
d’effort, parce que toute notre vie est absorbée par Celui
auquel nous l’abandonnons : Ne parlez pas de l’abandon si
vous ne le connaissez pas. Et vous ne pouvez pas le connaître,
tant que vous n’aurez pas saisi ce fait que Dieu a tant aimé le
monde qu’Il s’est donné à nous Lui-même totalement. Nous
devons nous aussi nous abandonner à Dieu totalement, sans
nous préoccuper des conséquences, car notre vie doit être
absorbée dans la sienne.
14 Mars
Obéissance
Ne savez-vous pas qu’en obéissant à un maître,
vous devenez son esclave !
Romains 6.26
Si je veux me rendre compte à qui j’appartiens, j’ai tout
d’abord à sentir ma responsabilité : car c’est en cédant à ce
maître, en lui obéissant, que je suis devenu son esclave. Si je
suis l’esclave de mon égoïsme, c’est ma faute, car c’est par ma
faiblesse qu’il a triomphé de moi. De même, c’est en cédant à
Dieu que je lui appartiens et que je puis lui obéir.
L’égoïsme auquel on cède tout enfant devient un tyran absolu,
À un tel esclavage, nous ne pouvons pas par nous-mêmes
échapper. Cédez ne fût-ce qu’une seconde à la convoitise. Vous
savez ce que c’est que la convoitise de la chair ou la convoitise
de la pensée ? « Il faut que j’aie cela tout de suite » ! Vous aurez
beau vous détester vous-même pour avoir cédé, vous êtes
l’esclave de votre péché. Aucun pouvoir au monde ne pourra
vous délivrer de cet esclavage, si ce n’est la Rédemption. Il faut
vous abandonner totalement à Celui qui, seul, peut dominer le
péché qui vous domine, à Jésus-Christ. « Il m’a consacré, pour
annoncer la délivrance aux esclaves ».
L’esclavage du péché se voit dans les plus petites choses. « Oh !
Je pourrai renoncer à cette habitude quand je voudrai. s Vous
ne le pourrez pas, vous en êtes l’esclave, Nous pouvons chanter
: » Il brisera toutes nos chaînes” et rester absolument esclaves
de nous-mêmes. C’est en vous abandonnant à Jésus sans
réserve que vous lui permettrez de briser cette chaîne, comme
toutes les autres.
15 Mars
Le tunnel de la consternation
Jésus marchait devant, et ses disciples étaient
consternés ; ils le suivaient pourtant, mais
plongés dans la crainte.
Marc 10.32
Au début il nous semblait que nous comprenions Jésus-Christ
tout à fait. Dans notre enthousiasme, nous étions prêts à tout
quitter pour le suivre. Mais maintenant nous sommes indécis.
Jésus est là, marchant devant nous, et son aspect est troublant.
Oui, l’aspect de Jésus, à certains moments, nous glace et nous
consterne. Sa figure est étrange et rigide comme du granit :
j’en suis épouvanté. Ce n’est plus le Guide, le Compagnon : il
paraît tout absorbé dans une préoccupation que je ne puis
comprendre. Il marche devant moi sans jamais se retourner,
vers un but que j’ignore. Je n’ose plus lui parler familièrement.
Jésus-Christ doit se préoccuper de tous nos péchés, de toutes
nos tristesses, à nous pauvres humains. Voilà pourquoi il nous
apparaît parfois troublant et mystérieux. Nous ne le
comprenons plus alors, nous ne savons comment nous mettre
à le suivre, ce Conducteur déconcertant, avec qui, semble-t-il,
nous n’avons rien de commun.
Cette consternation est, dans notre vie de disciples du Christ,
une discipline nécessaire. Ne soyons pas de ceux qui se
fabriquent à eux-mêmes un enthousiasme factice. Les
brandons qu’ils allument leur retombent dessus (Isaïe 50.10-11).
Quand nous sommes dans le tunnel de la consternation, ayons
patience, car au sortir des ténèbres nous trouverons la joie
incomparable qu’on éprouve quand on en est devenu capable,
celle de suivre Jésus.
16 Mars
Le tribunal suprême
Car nous devons tous comparaître devant le
tribunal du Christ.
2 Corinthiens 5.10
Tous, dit Paul, prédicateurs aussi bien qu’auditeurs, nous
aurons à comparaître. Si vous apprenez dès maintenant à vivre
dans la pure lumière du Christ, lorsque viendra le jugement,
vous aurez la joie de constater ce que Dieu aura fait dans votre
âme. Pensez sans cesse à ce tribunal du Christ. Marchez de
votre mieux dans le chemin de la sainteté.
Mais si vous vous laissez aller à critiquer les autres, vous aurez
beau être un saint, c’est l’esprit de Satan qui sera en vous. Il
suffit d’un seul jugement de ce genre, et l’enfer envahit votre
cœur. Si vous vous êtes laissé aller à un jugement pareil,
arrachez-le sans tarder, exposez-le au grand jour, dites à Dieu :
« Mon Dieu, j’ai été coupable ». Si vous ne le faites pas, vous
vous endurcirez. Tout péché porte en lui sa propre punition,
qui est l’endurcissement dans le péché. Au châtiment qui vient
de Dieu s’ajoute ce renforcement du péché qui vient de lui-
même, avec abondance. Ni vos efforts ni vos prières ne
pourront vous arrêter sur la pente fatale : l’endurcissement
vous aveugle, et vous ne sentez plus votre péché. Aucun
pouvoir ne vous en délivrera, sinon l’entrée en vous du Saint-
Esprit.
“Mais si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est
dans la lumière… Dans bien des cas, nous croyons marcher
dans la lumière, alors que nous jugeons notre prochain selon
nos propres vues. Le pire pharisaïsme aujourd’hui n’est pas
l’hypocrisie, c’est l’inconscience qui perd pied, et n’est plus
dans la réalité.
17 Mars
L’ambition dominante du
serviteur de Dieu
C’est pourquoi je fais tout… pour être par Lui
agréé.
2 Corinthiens 5.9
C’est par un effort intense que nous avons à maintenir toujours
en première ligne notre ambition dominante, à ne jamais
perdre de vue notre haut idéal, à n’avoir enfin l’ambition ni de
gagner des âmes, ni de fonder des Églises, ni de susciter des
réveils, mais la seule ambition d’être agréé par Jésus. Ce qui
nous amène à la banqueroute, ce n’est pas tant les lacunes de
notre vie religieuse que le manque d’efforts pour tendre
toujours droit au but. Une fois par semaine au moins, faites
votre inventaire, voyez où vous en êtes ; et s’il peut vous
agréer. Paul est comme un musicien qui ne s’inquiète pas de ce
que pense l’auditoire, mais qui regarde au chef d’orchestre
pour voir si celui-ci l’approuve.
Si notre ambition n’est pas rigoureusement celle-là: chercher
l’approbation de Dieu, nous risquons d’être en fin de compte
des réprouvés. Apprenez à voir clairement où tend votre
ambition, et vous comprendrez pourquoi il est tellement
indispensable de se placer toujours en présence de Jésus-
Christ. Je tiens mon corps assujetti, dit Paul, de peur qu’il ne se
précipite dans un mauvais chemin.
Il me faut apprendre à tout subordonner en moi à cette
ambition dominante. Ce que je puis avoir, aux yeux de Dieu, de
valeur parmi les hommes, dépend de ce que vaut ma vie
intérieure et cachée. Mon ambition est-elle d’être agréé par
Lui, ou bien, si noble soit-elle, est-elle inférieure à cet idéal ?
18 Mars
L’effort que Dieu nous demande
En possession de telles promesses, mes bien-
aimés, purifions-nous de toute souillure du
corps et de l’âme, achevant notre
sanctification dans la crainte de Dieu.
2 Corinthiens 7.1
Je compte sur l’accomplissement des promesses de Dieu, et j’en
ai le droit. Mais c’est là le point de vue proprement humain. Le
point de vue divin, c’est qu’à travers ces promesses, je sens que
Dieu compte sur moi. Est-ce que j’ai compris que mon corps est
le temple du Saint-Esprit et que telle de mes habitudes est
indigne de Dieu ? La sanctification doit me transformer
entièrement à l’image du Christ. Dieu fait notre éducation
jusque dans le plus petit détail. Dès qu’il vous arrête sur un
point, purifiez-vous : achevez votre sanctification.
Mon esprit, lui aussi, doit être pur. Ma pensée est-elle en
parfaite harmonie avec la présence en moi du Fils de Dieu ? Ou
bien mon intelligence est-elle indisciplinée et rebelle ? Le
Christ s’appliquait sans cesse à ne jamais parler de son propre
mouvement, mais se surveillait constamment pour soumettre
en toutes choses sa pensée à Dieu. J’ai le devoir très net de
garder mon esprit en harmonie avec l’Esprit du Christ, et peu à
peu Jésus m’élève à cette parfaite consécration qui fut la
sienne, où rien d’autre ne comptera pour moi que la volonté.
du Père céleste. Suis-je en train d’achever ma sanctification
dans la crainte de Dieu ? Dieu peut-il me conduire à sa guise ?
Les autres autour de moi commencent-ils à discerner la
présence de Dieu dans ma vie ?
Soyez absolument fidèle à Dieu et ne vous inquiétez plus de
tout le reste. Mettez Dieu en première ligne, sans aucune
réserve.
19 Mars
La foi d’Abraham
Abraham partit… sans savoir où il allait.
Hébreux 11.8
Dans l’Ancien Testament, le fait que le croyant est en relation
personnelle avec Dieu se manifeste souvent par une séparation
totale entre lui et son milieu. Abraham quitte et son pays et sa
parenté. Aujourd’hui, la séparation doit s’accomplir plutôt
entre notre manière de voir les choses et celle de nos parents et
amis les plus chers, lorsqu’ils ne connaissent pas Dieu, Jésus a
bien marqué cela. (Luc 14.26)
La foi ne connaît pas le but vers lequel elle est conduite, mais
elle aime et elle connaît Celui qui la conduit Il ne s’agit pas de
nous conduire nous-mêmes par notre intelligence, mais de
saisir par la foi la main de notre Conducteur. Par la foi nous
saisissons Dieu personnellement. Mais quelle erreur de
s’imaginer que Dieu nous conduira toujours vers le succès !
Le but final qu’on atteint quand on vit par la foi, c’est qu’on
acquiert du caractère. Notre vie spirituelle a des hauts et des
bas. Quand nous sommes en prière, la bénédiction de Dieu
nous transfigure ; puis nous retombons dans le train-train de la
vie journalière, et la lumière disparaît. La vie par la foi, ce n’est
pas un envol momentané ; c’est une vie où l’on marche droit
devant soi, sans jamais faiblir. Il ne s’agit pas de sanctification,
mais de quelque chose de bien plus élevé, d’une foi mise à
l’épreuve et qui a tenu bon. Abraham n’est pas à proprement
parler un modèle de sanctification, c’est le type de l’homme
vivant par la foi, d’une foi éprouvée en un Dieu infiniment
réel. Abraham, nous est-il dit, eut foi en Dieu.
20 Mars
L’amitié avec Dieu
Et l’Éternel dit « Cacherai-je à Abraham ce que
je vais faire » ?
Genèse 18.17
SES JOIES. Nous voyons dans ce chapitre les joies d’une amitié
réelle avec Dieu qui est bien autre chose que le sentiment
momentané de sa présence. Être en contact intime et assez
permanent avec Dieu pour n’avoir pas besoin de lui demander
quelle est sa volonté, c’est s’approcher bien près u but de ceux
qui vivent par la foi. Quand vous êtes directement uni à Dieu,
vous êtes dans la pleine liberté, dans la parfaite joie, vous êtes
en quelque sorte vous-même la volonté de Dieu, et votre bon
sens vous dirige de sa part, tant qu’il ne vous fait pas signe de
vous arrêter. Vous prenez vos décisions dans un sentiment très
doux de communion et d’amitié parfaite avec Dieu, sachant
très bien que s’il vous arrivait de vous tromper, Dieu est
toujours là pour vous dire : Halte ! Et dans ce cas, arrêtez-vous à
l’instant.
SES DIFFICULTÉS. Pourquoi Abraham finit-il par s’arrêter,
dans son intercession ? Il n’avait pas encore atteint un degré
suffisant d’intimité avec Dieu pour continuer hardiment,
jusqu’à ce que sa requête soit exaucée. Chaque fois que nous
nous arrêtons de prier, en nous disant : « Après tout, qui sait ?
Ce n’est peut-être pas la volonté de Dieu », c’est que nous avons
encore des progrès à faire. Nous n’en sommes pas encore au
niveau où était Jésus, qui veut que nous soyons un avec lui,
comme il est un avec son Père. Pensez à ce qu’a été votre
dernière prière : est-ce vous que vous cherchiez à contenter, ou
bien Dieu ? « Votre Père céleste sait ce dont vous avez besoin
avant que vous le lui demandiez ». Le but essentiel de la prière,
c’est de nous faire trouver Dieu.
21 Mars
Qu’est Jésus pour moi ?
J’ai été crucifié avec le Christ.
Galates 2.20
L’essentiel dans ma vie spirituelle, c’est de signer l’arrêt de
mort de mon égoïsme, de faire converger mes sentiments et
mes croyances en une condamnation ferme de mon péché, de
ma volonté de vivre pour moi-même. Paul dit : « J’ai été
crucifié avec le Christ ».
Il ne dit pas : « J’ai résolu d’imiter Jésus-Christ » ou bien : « Je
m’efforcerai de le suivre », mais il déclare qu’il s’est identifié
avec le Christ dans Sa mort. Quand j’en suis venu là, alors
l’œuvre que le Christ a faite pour moi sur la croix s’accomplit
en moi. En me donnant entièrement à Dieu, je permets au
Saint-Esprit de faire naître en moi la sainteté de Jésus-Christ.
En un sens, je vis encore ; je suis encore le même individu, mais
l’esprit qui m’anime n’est plus le même. Mon corps est
toujours là, mais mon satanique égoïsme est anéanti.
« Pour autant que je vis de la vie terrestre » (non pas la vie
céleste à laquelle j’aspire, mais celle qui se manifeste aux yeux
des hommes) « je vis dans la foi du Fils de Dieu ». Il ne s’agit pas
d’une foi en Jésus-Christ que Paul aurait eue par ses propres
moyens, mais de la foi de Jésus, qu’Il a communiquée à Paul. Il
ne s’agit plus d’une foi qui est à elle-même son propre soutien,
mais d’une foi qui nous enveloppe et dépasse infiniment les
bornes de notre pensée, de la foi de Jésus lui-même.
22 Mars
Le cœur brûlant
Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au
dedans de nous ?
Luc 24.32
Savons-nous ce que c’est que d’avoir le cœur brûlant ? Quand
Jésus nous apparaît soudain, c’est un incendie qui éclate, nous
avons des visions merveilleuses. Savons-nous garder en nous
cet enthousiasme qui triomphera de tout ? Mais la banalité des
tâches quotidiennes, et la banalité de ceux qui nous entourent,
tout cela refroidit notre enthousiasme si nous n’avons pas
trouvé le secret pour vine dans la communion de Jésus.
Beaucoup de nos tourments, à nous chrétiens, viennent non
pas proprement de notre péché, mais de notre ignorance des
lois qui régissent notre nature. Par exemple, le seul moyen que
nous avons de nous rendre compte si nous devons, oui ou non,
donner libre cours à une émotion, c’est de voir clairement où
elle nous amène. Si elle aboutit à ce qui est coupable aux yeux
de Dieu, coupez court. Mais prenez garde : si c’est une émotion
suscitée par l’Esprit de Dieu, et que vous ne lui donniez pas
libre carrière, elle se réfugiera dans une région inférieure de
votre pensée. C’est ainsi que se forme en nous la
sentimentalité. Plus l’émotion est noble, plus elle est élevée, et
plus sa corruption sera basse. Si l’Esprit de Dieu vous a remué,
allez de l’avant sur tous les points, de manière à ne pouvoir
plus reculer, mais sans vous inquiéter des conséquences. Nous
ne pouvons pas rester sur la montagne de la transfiguration,
mais il faut obéir à l’inspiration que nous y avons reçue ; il faut
agir.
« Nous ne pouvons pas allumer comme, nous voulons le feu qui
brûle notre cœur. L’Esprit du ciel souffle où Il veut, Et notre
âme est pour nous mystère. Mais les devoirs que nous révèlent
les heures claires peuvent s’accomplir dans les heures les plus
sombres ».
23 Mars
Suis-je encore charnel ?
Quand il y a entre vous de la jalousie et des
querelles, n’est-ce pas la preuve que vous êtes
toujours charnels et que vous agissez dans des
vues purement humaines ?
1 Corinthiens 3.3
L’homme naturel ne sait pas ce que c’est que d’être charnel.
C’est quand la régénération s’est faite, et qu’il y a dans
l’homme opposition tranchée entre les désirs de l’Esprit et les
désirs de la chair, que l’homme sait qu’il est charnel. «
Marchez, dit Paul, selon l’Esprit et résistez ainsi aux passions
de la chair ». Alors vous ne serez plus charnels.
Êtes-vous disposé à l’irritation, vous laissez-vous troubler par
de petites choses ? - « Oh ! Mais un chrétien n’est jamais comme
ça » ! - Ce n’est pas l’avis de Paul. Y a-t-il dans la Bible une vérité
contre laquelle vous regimbez immédiatement ? C’est mauvais
signe. Vous avez encore l’esprit charnel, et votre sanctification
ne sera complète que lorsque vous en serez entièrement
débarrassé.
Si l’Esprit de Dieu découvre en vous quelque chose qui ne va
pas, Il ne vous demande pas de le corriger vous-même, mais
seulement de voir ce qu’Il vous fait voir, et Lui le corrigera.
L’enfant de lumière est ouvert devant Dieu ; le fils des ténèbres
trouve une excuse. Soyez enfant de lumière, et Dieu vous
purifiera.
À quel signe reconnaît-on que l’on n’est plus charnel ? Vous
n’avez pas à vous faire illusion : si la délivrance est réelle, sa
réalité vous sautera aux yeux. Dieu vous fournira mille
occasions de saisir le miracle accompli en vous par sa grâce.
Vous le saisirez sur le fait : « Auparavant, direz-vous, comme
j’aurais été en colère » ! Vous serez sans cesse le premier étonné
de la transformation que Dieu aura faite en vous.
24 Mars
Diminuer et s’effacer devant lui
Lui, il faut qu’il croisse : moi, que je diminue.
Jean 3.30
Si vous devenez indispensable à la vie d’une autre âme, c’est
que vous ne marchez plus selon l’Esprit de Dieu. Dans votre
activité, souvenez-vous, comme Jean-Baptiste, que vous n’êtes
pas l’époux, mais seulement l’ami de l’époux.
Quand une fois vous voyez une âme en présence des exigences
de Jésus-Christ, vous savez que vos efforts ont été dans la
bonne direction, et au lieu de vouloir intervenir pour alléger en
elle les douleurs de l’enfantement, priez afin que ces douleurs
deviennent dix fois plus fortes, jusqu’à ce qu’aucun pouvoir, de
la terre ou de l’enfer, ne puisse empêcher cette pauvre âme
d’être saisie par Jésus-Christ. Sans cesse, nous prétendons être
une providence au petit pied. Nous nous mettons en travers,
barrant la route à Dieu, et nous disons : « Cela ne peut pas être »
! Nous ne sommes pas des amis de l’époux, nous nous
substituons à Lui, et un jour cette âme dira de nous : « Il a
détourné sur lui mon amour, il m’a dérobé Jésus ».
Gardez-vous de donner votre sympathie à faux, mais sachez la
donner quand il faut : “L’ami de l’époux, qui est là et qui
l’entend, se réjouit à sa voix. Aussi ma joie est-elle parfaite. Lui,
il faut qu’il croisse : moi, que je diminue.” Aucune tristesse
n’obscurcit cette joie. L’époux est là. Jean l’a vu : c’est assez. Il
s’efface, on ne parlera jamais plus de lui. C’est ainsi que nous
devons nous effacer, une fois notre travail accompli.
Veillez de toute votre énergie jusqu’à ce que l’Époux apparaisse
devant celui dont vous vous êtes occupé. Ne vous inquiétez pas
des bouleversements qu’Il amène, réjouissez-vous. Bien
souvent il faut qu’une vie s’écoule avant que Jésus la sauve.
25 Mars
La mission la plus délicate
L’ami de l’époux.
Jean 3.29
Notre vertu notre sainteté ne devraient jamais attirer
L’attention sur elles-mêmes mais seulement, comme des
aiguilles aimantées, sur Jésus-Christ. Si ma sainteté n’attire
pas les âmes vers le Christ elle n’est pas ce qu elle doit être elle
suscitera des sentiments déréglés et détournera les âmes du
seul vrai chemin. Un saint exemplaire, s il n amène pas les
âmes directement à Jésus-Christ mais seulement à
L’admiration de ses vertus, sera pour elles un obstacle. On dira
de lui : “Quel beau caractère !” Mais il ne sera pas un véritable
ami de l’époux.
Au lieu de s’effacer, il prend la première place. Pour rester
toujours l’ami loyal et fidèle de l’époux, il nous faut surveiller
attentivement notre attitude à son égard. C’est là un point
encore plus important que notre obéissance. À certains
moments, le devoir d’obéissance ne se pose pas ; la seule chose
que Dieu nous demande est de rester en contact direct avec
Jésus-Christ. À d’autres moments, bien entendu, nous avons à
chercher quelle est la volonté de Dieu, mais durant la plus
grande partie de notre existence, ce que nous devons faire, ce
n’est pas un effort conscient pour obéir à Dieu, c’est
simplement un effort pour rester l’ami fidèle de l’Époux.
L’activité chrétienne peut nous détourner de celle
concentration indispensable de notre âme sur Jésus-Christ. Au
lieu d’être les vrais amis de l’époux, nous nous érigeons nous-
mêmes en providence au petit pied. Nous lui empruntons son
armure, et au fond nous combattons contre Lui.
26 Mars
L’intuition de Dieu
Heureux ceux qui ont le cœur pur : ils verront
Dieu.
Matthieu 5.8
La pureté est bien plus que l’innocence. C’est le résultat d’une
communion spirituelle soutenue avec Dieu. Nous avons à
conquérir peu à peu la pureté. Notre vie intérieure peut rester
ce qu’elle doit être, mais néanmoins, dans ses manifestations
extérieures, notre pureté de temps en temps peut se ternir.
Dieu ne nous épargne pas ces humiliations, car elles nous
avertissent de la nécessité où nous sommes de maintenir par
une pureté constante notre communion avec Lui. Si cette
présence de Dieu en nous est ternie si peu que ce soit, si elle a
perdu pour nous quelque chose de sa fleur, ne perdons pas un
instant pour y porter remède. Pour voir Dieu comme Il est,
notre cœur doit être pur.
Sans doute, c’est Dieu lui-même qui nous rend purs par Sa
grâce. Ce qui nous incombe, c’est de veiller sur notre tic
humaine, par laquelle nous sommes en contact perpétuel avec
d’autres gens, avec d’autres conceptions que les nôtres, et qui
déteignent sur nous. Non seulement le sanctuaire intime de
notre âme doit rester pur, mais aussi les portiques extérieurs,
car il peut y avoir contagion du dehors au dedans. Pour rester
en contact intime et permanent avec Jésus-Christ, il y a
certaines choses que nous devons rejeter loin de nous, d’autres,
innocentes en elles-mêmes, que nous devons écarter quand
même.
Le cœur pur ne soupçonne pas le mal. Il est bon de nous dire à
nous-mêmes, en pensant aux autres : “Celui-là, celle-là, cet
ami, ce parent, je le présente à Dieu comme parfait en Christ.”
27 Mars
La vision de Dieu
Monte et et je te ferai voir…
Apocalypse 4.1
L’élévation de la pensée ne peut provenir que de l’élévation du
caractère. Si dans tous vos actes vous tendez toujours le plus
haut possible, Dieu vous dira sans cesse : “Mon ami, monte
plus haut ” Chaque fois que nous sommes tentés, regardons en
haut. Sans doute, plus haut nous rencontrons de nouvelles
tentations. Satan lui-même nous dresse sur le pinacle. Dieu
nous élève aussi, mais le résultat est bien différent. Quand le
diable s’en mêle, il s’ingénie à vous hisser jusqu’à une forme de
sainteté si escarpée qu’il vous est impossible de vous y tenir :
vous essayez de vous agripper dans une position d’équilibre
instable, vous n’osez pas bouger : c’est de l’acrobatie. Au
contraire, quand Dieu vous a élevé, au lieu d’être agrippé à un
pinacle, vous trouvez devant vous un magnifique plateau où
l’on marche tout à son aise.
Comparez votre état spirituel à ce qu’il était il y a un an, et vous
verrez que Dieu vous a fait monter plus haut. En vivant avec
Dieu, nous arrivons à voir les choses de plus haut. Dès que Dieu
vous révèle sa pensée sur un point, il faut sans perdre un
instant nous guider là-dessus, ajuster notre action à ce qui nous
a été révélé.
La meilleure preuve que vous avez progressé spirituellement,
ce n’est pas le fait que vous n’êtes pas retombé en arrière, mais
que vous discernez mieux où vous en êtes. C’est dans ce
discernement que Dieu vous a fait moiter plus haut.“Cacherai-
je à Abraham ce que je vais faire ?” Dieu est dans la nécessité de
nous cacher ce qu’il fait jusqu’à ce que notre caractère soit
arrivé au point où il pourra nous le révéler.
28 Mars
Lorsque nous ne comprenons
pas
Après quoi Jésus dit à ses disciples : “Retournons en Judée.” Ils
lui objectèrent : “Maître, les Juifs cherchaient tout
dernièrement à te lapider, et tu veux maintenant retourner là-
bas !” Jean 11.7-8
Je puis, certes, ne pas comprendre ce que me dit Jésus, mais
j’aurais grand tort d’en conclure qu’il se trompe. Je n’ai jamais
le droit de penser qu’en obéissant à un ordre de Dieu je ferais
tort à Jésus. C’est en Lui désobéissant que je Lui fais tort. Je
n’ai jamais le droit de lui désobéir sous le prétexte de
sauvegarder son honneur, même si je crois sincèrement
pouvoir ainsi lui épargner un outrage. L’ordre me vient de
Dieu, je m’en rends compte à cause de sa tranquille
persistance. Lorsque je commence à calculer les avantages et
les inconvénients, lorsque j’hésite, lorsque je discute,
j’introduis un élément qui ne vient pas de Dieu, et finalement
je conclus que l’indication que j’avais cru recevoir était fausse.
Beaucoup d’entre nous sont fidèles à la conception qu’ils se
font de Jésus-Christ ; combien y en a-t-il qui soient fidèles à
Jésus lui-même ?
La fidélité à Jésus suppose que je suis prêt à m’avancer dans la
nuit, comme Pierre quand Jésus lui dit de marcher sur les flots.
La fidélité à ma conception de Jésus suppose que je fais appel
en premier lieu à mon intelligence. La foi n’est pas du tout un
raisonnement éclairé, c’est la décision de s’en remettre
entièrement à Quelqu’un, là même où je suis dans la nuit.
Êtes-vous en train de vous demander si vous vous en remettrez
à Jésus ? Allez-y, obéissez-lui joyeusement et sans regarder à
rien d’autre. Quand il vous dit quelque chose et que vous vous
mettez à discuter, c’est que vous prétendez savoir mieux que
lui ce qui est à son honneur. Laissez tout cela. Ce qu’il vous dit,
faites-le.
29 Mars
Le Seigneur vient nous voir à
l’improviste
Vous aussi, tenez-vous prêts ; car c’est à
l’heure où vous n’y pensera pas que le Fils de
l’homme viendra.
Luc 12.40
Pour le chrétien au service de son Maître, il est essentiel d’être
prêt à rencontrer Jésus à n’importe quel moment. Ce n’est pas
chose facile, quelles que soient nos circonstances. Ce qui s’y
oppose, ce n’est pas tant le péché ou les difficultés extérieures,
c’est que nous sommes si absorbés dans le travail que nous ne
sommes pas prêts à rencontrer Jésus à l’improviste. Nous
avons les yeux fixés sur nos croyances, sur le point de savoir si
nous sommes utiles, mais l’essentiel, c’est de les fixer sur
Jésus.
Jésus vient rarement à nous là où nous l’attendons. Il surgit
devant nous à l’improviste, sans que rien nous prépare à sa
venue. Pour être fidèle à Dieu, il faut toujours être prêt à
recevoir les visites imprévues que nous fait Jésus. Notre travail
n’a aucune importance, comparé à notre vision de la réalité
spirituelle, tendue vers Jésus. Nous devons regarder à Lui avec
la simplicité d’un petit enfant. C’est ce qu’Il attend de nous.
Pour cela, nous devons renoncer à notre propre idéal de culture
religieuse, et être dans la réalité divine.
En regardant ainsi à Jésus, en détournant vos yeux des
préoccupations religieuses et sociales de votre époque, en vous
demandant exclusivement quelle est Sa volonté, on dira que
vous n’êtes pas pratique, que vous vous perdez dans des
rêveries. Mais quand Il apparaîtra aux moments les plus durs
et les plus pénibles, vous serez le seul qui soit prêt à Le recevoir.
30 Mars
L’insensibilité à l’égard de Dieu
L’Éternel… s’étonne de ce que personne
n’intercède.
Isaïe 59.16
Pourquoi y en a-t-il tant parmi nous qui cessent de prier et
deviennent insensibles à l’égard de Dieu ? C’est que nous ne
prions que pour flatter notre égoïsme. Nous voulons pouvoir
dire autour de nous que nous prions. Nous avons lu dans des
livres que la prière est bienfaisante, qu’elle apporte la sérénité,
qu’elle élève l’âme. Mais l’Éternel, comme dit Isaïe, s’étonne
de nos prières.
L’adoration est inséparable de l’intercession. Intercéder pour
quelqu’un, c’est le considérer comme Jésus-Christ le
considère. Trop souvent, au lieu d’adorer Dieu, nous
cherchons à comprendre comment notre prière peut être
efficace. À ce moment, nous ne prions pas. Nous devenons
raisonneurs et insensibles. Nous lançons à Dieu nos requêtes et
nous exigeons qu’Il les exauce. Insensibles à l’égard de Dieu,
nous devenons insensibles à l’égard des autres.
Est-ce que, dans notre prière, nous nous efforçons d’entrer en
contact direct avec la pensée de Dieu au sujet de ceux pour
lesquels nous le prions ? Ou bien sommes-nous raisonneurs et
insensibles ? “Mais, direz-vous, qui est-ce qui intercède comme
il faudrait le faire ?” Mors donnez vous-même l’exemple d’un
enfant de Dieu qui sait prier son Père, en toute humilité, en
véritable adoration, en toute pureté. Mettez-vous à intercéder
comme il le faut : c’est un véritable labeur, un labeur épuisant,
mais tin labeur où vous ne courez aucun danger,
spirituellement parlant. Même en prêchant L’Évangile, vous
pouvez tomber dans un piège. Dans l’intercession, jamais.
31 Mars
L’hypocrisie spirituelle
Si quelqu’un voit son frère commettre un péché
qui ne va pas à la mort, qu’il prie, et Dieu
donnera la vie à ce frère.
1 Jean 5.16
Si nous ne savons pas discerner la manière dont l’Esprit de
Dieu travaille en nous, nous risquons de tomber dans
l’hypocrisie spirituelle. Nous voyons chez les autres leurs
manquements, et nous les jugeons de très haut, au lieu
d’intercéder pour eux. Nous oublions que ce n’est pas notre
intelligence, mais bien l’Esprit pénétrant du Dieu très Saint qui
nous a révélé ces manquements, nous nous érigeons nous-
mêmes en juges, au lieu de prier Dieu, afin qu’Il donne la vie au
pécheur. Tout occupés de critiquer les autres, nous oublions
d’adorer Dieu comme nous le devons, et nous devenons des
hypocrites.
Une des tâches les plus délicates dont Dieu puisse nous charger,
nous qui voulons le servir, c’est cette tâche de discerner ce qui
ne va pas chez les autres. Il nous révèle leurs manquements
pour que nous nous chargions de leur fardeau, et que nous
adoptions à leur égard la pensée même du Christ pour eux. Si
nous savons intercéder en leur faveur, Dieu leur donnera la
vie. Ce n’est pas certes que de nous-mêmes nous puissions
atteindre à la pensée de Dieu. Mais nous pouvons ouvrir notre
âme à Dieu, pour que Sa grâce puisse nous traverser et aller aux
âmes qui en ont besoin.
Est-ce que Jésus peut distinguer en nous quelques traces de Ses
efforts douloureux pour la naissance d’une âme ? Il faut pour
cela que nous ayons résolument adopté Sa manière de voir ceux
pour lesquels nous intercédons. Puissions-nous mettre dans
notre intercession tout notre cœur, afin que Jésus soit
vraiment content de nous !
1er Avril
L’insensibilité à l’égard des
autres
En nous, l’Esprit intercède pour nous… Jésus
lui-même intercède pour nous.
Romains 8.26-34
Si l’Esprit Saint, si Jésus lui-même intercède pour nous,
comment pourrions-nous ne pas suivre un pareil exemple ?
Avons-nous le cœur assez sensible à l’égard de nos frères pour
que, dociles à l’Esprit, nous accomplissions en leur faveur
notre devoir d’intercession ? Considérons ce qui nous
préoccupe : nos familles, nos affaires, notre patrie, la crise
présente. Est-ce que tout cela nous absorbe et nous paralyse ?
Est-ce.que tout cela nous chasse hors de la présence de Dieu et
ne nous laisse pas de temps pour le prier ? Alors faisons halte,
et rétablissons sans tarder nos relations avec Dieu, et par suite
avec les autres. C’est au moyen de notre intercession que Dieu
veut faire des miracles.
Prenez bien garde de ne pas courir beaucoup plus vite que la
volonté de Dieu à votre égard. Nous laissons Dieu en arrière
dans l’ardeur de notre zèle, nous nous précipitons dans mille
besognes diverses, et nous n’avons plus le temps de prier ni
d’intercéder. Quand l’épreuve viendra, elle nous trouvera
désemparés, insensibles à l’égard de Dieu, acculés au désespoir.
Dieu sans cesse nous met en présence de gens pour qui nous
n’éprouvons aucune sympathie. Si l’Esprit de Dieu n’est pas en
nous, que faisons-nous ? Nous leur assénons un texte comme
un coup de massue, nous leur administrons vivement une
parole de Dieu, et nous leur tournons le dos. Un chrétien sans
amour, comme le Seigneur doit en souffrir !
Savons-nous intercéder, comme l’Esprit, comme Jésus ?
2 Avril
La vision glorieuse
Le Seigneur m’a envoyé… pour que tu
recouvres la vue.
Actes 9.17
Quand Paul recouvra la vue, il reçut en même temps la vision
intérieure du Christ crucifié, qui domina désormais toute sa vie
et toute sa prédication.“Je résolus de ne rien savoir parmi vous
que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.” Il refusait de
concentrer sa pensée sur autre chose que sur la vision du
Sauveur.
Cette vision, toujours présente À nos yeux, doit nous permettre
de rester tout à fait irréprochables, à l’image de notre Maître.
Ce qui caractérise le mieux le croyant fidèle, c’est la façon dont
il saisit et comprend pour lui-même la vision du Christ, et dont
il fait saisir et comprendre aux autres les desseins de Dieu à leur
égard. Toute sa vie, toute sa pensée, tout son cœur sont
concentrés sur Jésus-Christ. Toutes les fois que vous voyez cela
dans une âme, vous n’avez pas à vous tromper : elle est selon le
cœur de Dieu.
Ne permettez jamais à rien de vous détourner de la vision de
Jésus-Christ. C’est la pierre de touche de votre foi. Quand votre
foi décline, c’est que les autres choses vous absorbent
graduellement.
“Depuis que mes yeux ont regardé Jésus, Tout le reste a pour
moi disparu. Il n’y a plus rien devant moi, Rien que Jésus sur la
croix.”
3 Avril
Si tu avais su !
Oh ! Si tu avais su reconnaître toi aussi, au
moins en ce jour, ce qui aurait pu t’assurer la
paix ! Mais tout cela maintenant est caché à
tes yeux.
Luc 19.42
Jésus était entré en triomphe à Jérusalem ; la ville avait été
secouée jusqu’en ses fondements. Mais elle cachait dans ses
flancs un sanctuaire étrange, l’orgueil et la suffisance des
Pharisiens ; et ce n’était qu’un sépulcre blanchi.
Qu’est-ce donc qui m’aveugle, moi aussi, en ce jour ? Quelle est
la secrète idole qui occupe mon cœur ? Bien des fois Dieu a
voulu la renverser, mais j’ai tenu bon, obstinément. L’idole est
toujours là. Je ne sais pas reconnaître ce qui pourrait m’assurer
la paix, C’est une terrible chose d’être en présence du salut, et
que nous rejetions l’Esprit de Dieu, et que nous aggravions
notre culpabilité.
“Si tu avais su !” Oh ! Le dernier appel de Dieu ! Oh ! Les pleurs
de Jésus ! Dieu nous rend responsables parce que nous n’avons
pas su reconnaître le salut qu’il nous offrait. Et pourquoi ?
Parce que nous avons maintenu en nous l’idole. Ce qui aurait
pu être et qui n’a pas été tristesse infinie. Dieu n’ouvre jamais
les portes que nous avons fermées. Il en ouvre d’autres, mais Il
nous rappelle qu’il y a en nous des portes fermées par notre
faute, des obstacles, des souillures qui n’auraient jamais dû y
être. Que ce rappel ne nous effraie pas. Le souvenir de nos
manquements est un instrument dont Dieu se sert pour nous
châtier, mais aussi pour nous avertir, pour nous corriger, pour
nous redresser.” Ce qui aurait pu être ” devient entre Ses mains
le germe fécond de ce qui sera. Dieu nous cultive.
4 Avril
Dispersion, incertitudes et
ténèbres
Voici, l’heure vient, et elle est déjà venue, où
vous allez être dispersés ; chacun ira de son
côté, et vous me laisserez seul…
Jean 16.32
Jésus ne reproche pas à ses disciples de manquer de foi. Il
constate seulement que leur foi est troublée, parce qu’elle ne se
réalise pas dans des actions concrètes. Les disciples étaient
moralement dispersés, chacun d’eux préoccupé de ses intérêts
particuliers, qui n’avaient rien de commun avec ceux de Jésus-
Christ. Quand la sanctification nous a mis en contact direct
avec Dieu, il faut que notre foi se fasse jour dans des réalités
concrètes. Sans doute, la tempête nous dispersera, nous
écartera de notre travail, nous jettera dans la désolation : nous
éprouverons le sacrifice, la mort intérieure, la privation des
bienfaits de Dieu. Sommes-nous prêts à subir cette mort ? Dieu
nous éprouve. Jusque-là, notre foi était soutenue par les
bénédictions de Dieu, dont nous ressentions la douceur. Il
s’agit de croire sans cet appui. Alors seulement notre foi sera
vigoureuse, et se réalisera dans la vie concrète, malgré tous les
orages.
” Vous me laisserez seul.” Avons-nous abandonné Jésus, en
dispersant aux quatre vents les dons de la Providence ? Les
ténèbres où nous sommes amenés sont voulues de Dieu.
Sommes-nous prêts à vivre sans le réconfort des bienfaits de
Dieu ? Notre foi est-elle vigoureuse ? Jésus est-il devenu
vraiment notre Seigneur ? Dieu, patiemment est en train de
nous faire comprendre que ce n’était pas Lui que nous
cherchions, mais la jouissance de Ses bienfaits. Sans doute, il
faut bien commencer par là. Mais ce n’est qu’un premier degré.
” Prenez courage, j’ai vaincu le monde.” Enfants de Dieu,
montrez de quoi vous êtes faits !
5 Avril
En présence de l’agonie de
Jésus
Jésus et ses disciples entrèrent dans une
propriété appelée Gethsémani… Il prit avec lui
Pierre, et les deux fils de Zébédée… Il leur dit : «
Restez là, et veillez avec moi ».
Matthieu 26.36-38
L’agonie de Jésus à Gethsémani est pour nous un abîme
insondable, mais nous pouvons cependant en dire ceci : c’est
l’agonie de l’Homme-Dieu, en présence du péché.
Personnellement, nous ne pouvons rien savoir des souffrances
de Gethsémani, pas plus que du Calvaire. C’est là quelque chose
d’unique au monde, mais qui nous ouvre, à nous pécheurs, les
portes de la vie.
Ce qui accablait Jésus dans le jardin de Gethsémani, ce n’était
pas la mort sur la croix. Il avait déclaré solennellement qu’il
était venu sur la terre pour mourir. À Gethsémani, ce qui
l’accablait, c’était la crainte de ne pas pouvoir aller jusqu’au
bout, en tant que Fils de l’homme. En tant que Fils de Dieu,
Satan n’avait aucune prise sur lui. Mais l’effort de Satan,
c’était d’isoler Jésus de l’humanité, et alors Il n’aurait plus été
notre Sauveur. Après le récit de la tentation, nous lisons : «
Alors le diable s’éloigna de lui, jusqu’à une autre occasion ». À
Gethsémani, nous assistons au dernier assaut de Satan contre
Jésus, Fils de l’homme. Et Jésus est vainqueur.
L’agonie de Gethsémani est l’agonie du Fils de Dieu pour
accomplir sa mission de Sauveur du monde. Le voile s’est
écarté un moment, pour nous laisser entrevoir ce qu’Il lui a
coûté de nous mettre en mesure de devenir fils de Dieu. C’est à
cause de son agonie que notre salut est une chose si simple. La
croix du Christ est le triomphe du Fils de l’homme. C’est le
symbole de la victoire de notre Seigneur sur Lui-même, pour le
salut de l’humanité.
6 Avril
La collision entre Dieu et le
péché
Lui qui a porté lui-même nos péchés en son
corps sur le bois…
1 Pierre 2.24
La croix de Jésus est l’expression du jugement de Dieu sur le
péché. Il ne faut pas considérer Jésus comme un martyr. La
croix est un triomphe qui a ébranlé les assises même de l’enfer.
Le fait central, le fait le plus certain de l’histoire éternelle, c’est
que Jésus sur la croix a aiguillé de nouveau l’humanité sur le
chemin de Dieu. La Rédemption permet à chaque fils de
l’homme d’entrer dans la communion de Dieu.
La croix n’est pas un accident dans la vie de Jésus : c’est le but
même de sa venue. Il est « l’Agneau immolé depuis la fondation
du monde ». Toute l’incarnation aboutit à la croix. On ne
saurait séparer ces deux termes : Dieu manifesté en chair et le
Fils devenu péché. Le but de l’incarnation, ce n’est pas la
manifestation de Dieu en elle-même, c’est la destruction du
péché. La croix est au centre de l’histoire, elle résout les
mystères du temps comme ceux de l’éternité.
La Croix n’est pas la croix d’un homme, c’est la Croix de Dieu,
dont rien ne peut approcher dans l’expérience humaine. La
croix est la révélation de la nature de Dieu, la porte par où tout
homme peut entrer en communion avec Dieu. Quand nous
arrivons à la Croix, nous ne pouvons la dépasser : nous restons
en elle, dans cette vie nouvelle qu’elle seule peut nous ouvrir.
La Croix de Jésus est le centre de notre salut. S’il nous est si aisé
d’obtenir le salut, c’est que Dieu l’a payé d’un prix immense.
Sur la croix, Dieu et l’homme se rencontrent, en une
formidable collision. La vie nous est ouverte, mais c’est le cœur
même de Dieu qui a supporté le coup.
7 Avril
Pourquoi nous ne comprenons
pas
Il leur intima l’ordre de ne raconter à personne
ce dont ils venaient d’être témoins, jusqu’à ce
que le Fils de l’homme fût ressuscité des morts.
Marc 9.9
Ne dites rien tant que le Fils de l’homme n’est pas ressuscité en
vous, tant que Sa vie ne vous a pas pénétré, pour vous faire
comprendre ce que Jésus enseignait durant qu’il était sur la
terre. Quand notre vie intérieure est devenue ce qu’elle doit
être, vous êtes tout surpris de voir combien chaque parole de
Jésus est devenue claire pour vous. C’est que vous n’étiez pas
capable jusque-là de la saisir.
On ne peut pas dire que notre Seigneur veuille nous rien cacher
: c’est nous qui ne pouvons pas encore saisir ce qu’il voudrait
nous dire, « Que d’enseignements j’aurais encore à vous faire
entendre ! Mais vous n’êtes pas encore de force à les supporter
». Pour comprendre certaines choses, il nous faut la
communion intime avec le Christ ressuscité. Cette
communion, la possédons-nous ? Le signe qu’elle existe en
nous, c’est que les paroles de Jésus nous sont devenues claires.
Dieu ne peut rien nous révéler si Son Esprit n’est pas en nous.
Quand nous sommes trop sûrs que telle chose doit arriver,
nous barrons la route à l’Esprit de Dieu. Il en est de même
quand nous nous attachons à telle ou telle doctrine. Pour sortir
de l’obscurité, il faut livrer notre esprit à Jésus ressuscité, pour
que Sa vie pénètre en nous.
« … de ne raconter à personne… » Combien veulent tout de
suite raconter ce qu’ils ont vu sur la montagne de la
transfiguration ! Leur vie malheureusement ne corrobore pas
leur témoignage, car le Fils de l’homme n’est pas encore
ressuscité en eux. L’est-il en vous ? L’est-il en moi ?
8 Avril
La vie de Jésus ressuscité
Ne fallait-il pas que le Christ souffrit et qu’il
entrât ainsi dans sa gloire ?
Luc 24.26
La croix de notre Seigneur est le portique par lequel il entre
dans sa véritable vie. À partir de sa résurrection, il possède le
pouvoir de me communiquer sa vie. Quand je nais de nouveau,
quand je nais d’en haut, le Seigneur ressuscité me
communique sa propre vie.
Le rôle dont Dieu l’a chargé, c’est de « conduire de nombreux
fils à la gloire ». C’est grâce à l’accomplissement de Sa mission
que Jésus a le pouvoir de faire de nous des fils et des filles de
Dieu. Sans doute, nous ne pouvons prétendre à être, à l’égard
de Dieu, sur le même pied que Son Fils Lui-même, Mais, grâce
au Fils, nous devenons quand même, nous aussi, fils de Dieu.
Quand notre Seigneur ressuscita des morts, ce fut pour vivre
d’une vie absolument nouvelle, qu’il ne possédait pas avant
son incarnation. Et nous de même, grâce à sa résurrection,
nous vivons de Sa vie nouvelle, tout autre que notre ancienne
vie. Un jour « Il transformera notre corps de misère en un
corps pareil à son corps de gloire », mais nous pouvons dès
maintenant vivre par lui d’une vie nouvelle, et « connaître
toute la puissance de Sa résurrection ».
« Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils… selon l’autorité que
tu lui as donnée sur toute chair, afin qu’à tous ceux que tu lui as
donnés, il donne la vie éternelle ». Le « Saint-Esprit » n’est pas
autre chose que cette vie éternelle que Jésus nous donne. C’est
Dieu réalisant dans notre vie individuelle les effets de la
Rédemption. Rendons grâce à Dieu pour cette réalité glorieuse
et splendide : le Saint-Esprit peut créer en nous une vie
semblable à celle de Jésus, si seulement nous acceptons de Lui
obéir.
9 Avril
L’ai-je vu ?
Ensuite Jésus apparut sous une autre forme, à
deux d’entre eux…
Marc 16.12
Ce n’est pas la même chose de voir Jésus que d’être sauvé. Il y a
bien des gens qui participent à la grâce de Dieu et qui n’ont
jamais vu Jésus. Mais il suffit d’avoir vu Jésus une seule fois
pour n’être plus le même qu’avant, pour que l’attrait du monde
ne soit plus ce qu’il était pour nous.
Ne confondez jamais ce que Jésus a fait pour vous avec la vision
directe de Jésus lui-même. Si vous ne connaissez que ses
bienfaits à votre égard, vous ne saisissez Dieu que d’une façon
restreinte. Mais si vous avez eu la vision directe de Jésus, rien
ne pourra plus vous ébranler ; comme Moïse, vous tiendrez
ferme, « en homme qui voit Celui qui est invisible ». L’aveugle-
né ne savait pas qui était Jésus, jusqu’à ce que Jésus se soit
révélé à lui. Jésus apparaît à ceux qui ont reçu quelque chose de
Lui. Mais ce n’est pas à nous de décider à quel moment Il
viendra. Tout à coup nous dirons « Maintenant je Le vois » !
La vision de Jésus est chose toute personnelle. Je ne puis pas la
transmettre à mon prochain. Entre celui qui l’a et celui qui ne
l’a pas, cela crée un fossé. Mais je puis demander à Dieu qu’Il la
donne à celui pour qui j’intercède. Car on ne peut pas l’avoir
pour soi, et ne pas la souhaiter pour les autres. « Eux aussi
vinrent l’annoncer aux autres disciples, qui ne les crurent pas
davantage ». Mais il faut l’annoncer, même si on ne vous croit
pas.
« Si je pouvais trouver les mots qu’il faut, vous le croiriez
certainement ! Si je savais seulement dire ce que j’ai vu !
Comment puis-je le dire, comment le comprendriez-vous,
Jusqu à ce qu’Il vous amène où Il m’a moi-même amené ».
10 Avril
La résolution d’anéantir en moi
le péché
Sachant que notre vieil homme a été crucifié
avec Lui, afin que cet organisme de péché soit
anéanti en nous, de sorte que nous ne soyons
plus les esclaves du péché.
Romains 6.6
La crucifixion avec Jésus
Ai-je pris cette résolution ferme, de tuer le péché en moi ? Il
faut beaucoup de temps pour en venir là, mais c’est le grand
point tournant de toute ma vie, quand je prends cette décision
qu’à l’instar de Jésus, mis en croix pour le péché du monde,
mon propre péché doit être, je ne dis pas seulement repoussé
ou refoulé, mais, comme Jésus, crucifié. Cette décision,
personne ne peut la prendre pour un autre que pour lui-même.
Les plus profondes convictions religieuses ne suffisent pas, il
faut la décision de tuer en nous le péché.
Prenez-vous bien en main, recueillez-vous devant Dieu, et dites
à Jésus : « Seigneur, prends-moi avec toi dans ta mort jusqu’à
ce que le péché soit mort en moi ». Paul ne nous parle pas ici de
ce qui lui arrivera plus tard, mais bien de ce qui lui est arrivé,
de son expérience profonde, tranchée, précise. Suis-je prêt à
me laisser labourer par l’Esprit de Dieu jusqu’à ce que j’aie
compris ce qu’est le péché en moi, le désir qui va contre Dieu ?
Jusqu’à ce que j’aie accepté le jugement de Dieu sur mon péché,
qui doit être crucifié, mis à mort, comme Jésus ? Il faut que
j’accepte, il faut que je me décide.
En suis-je venu là? Ai-je obtenu le glorieux privilège d’être
crucifié avec le Christ, jusqu’à ce que ma propre vie ait
entièrement fait place à celle du Christ ? « Crucifié avec le
Christ, ce n’est plus moi qui vis : c’est Lui qui vit en moi ».
11 Avril
La vie de Dieu en moi
Unis à Lui dans sa mort, nous le serons aussi
dans sa résurrection.
Romains 6.5
La résurrection avec Jésus
Si j’ai vraiment été crucifié avec Jésus, cela se verra, car je lui
ressemblerai. Quand l’Esprit de Jésus pénètre en moi, le
contact entre Dieu et moi se rétablit. Grâce à sa résurrection,
Jésus a reçu le pouvoir de me faire participer à la vie divine,
mais il faut que ma vie soit calquée sur la sienne. Cette vie
nouvelle du Christ ressuscité se manifestera en moi pat plus de
sainteté.
Telle est l’idée maîtresse de l’apôtre Paul, dans tous ses écrits :
Une fois la résolution prise de s’unir au Christ dans sa mort, la
vie du Ressuscité nous pénètre et nous envahit de toute part.
Pour participer ainsi dans notre vie terrestre, de la vie même
du Fils de Dieu, il faut une parcelle de la Toute-puissance
divine. Le Saint-Esprit, une fois entré en nous, ne souffre
aucune limitation, il envahit tout, Il se charge de tout
diriger, mon rôle est simplement de marcher dans la lumière,
en lui obéissant à mesure. Une fois ma résolution prise, je suis
tranquille : je sais que je suis mort au péché, parce que je sens
la vie de Jésus présente en moi à tout moment. De même qu’il
n’y a qu’une nature humaine, il n’y a qu’une sainteté, celle de
Jésus, et c’est elle que je reçois, elle que Dieu me donne. Il met
en moi la sainteté de son Fils, et je deviens une nouvelle
création, entièrement transformée.
12 Avril
Le pouvoir qui vient de Dieu
Sur Lui, la mort n’a plus de pouvoir… Vivant, il
vit pour Dieu ! Vous, de même, comprenez que
vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu.
Romains 6; 9 à 11
La vie éternelle avec Jésus
La vie éternelle, c’est la vie même dont Jésus vivait quand il
était sur la terre. C’est la vie même dont nous vivons, nous
humbles mortels quand nous sommes nés de Dieu. La vie
éternelle n’est pas simplement un don venant de Dieu, c’est
Dieu même venant à nous et se donnant à nous. Une fois que
nous aurons résolu d’anéantir en nous le péché, la puissance
qui était en Jésus se manifestera en nous, par l’effet souverain
de la grâce de Dieu.
« Vous recevrez la puissance du Saint-Esprit ». Il ne s’agit pas
d’un pouvoir spécial, que nous donnerait le Saint-Esprit. Cette
puissance que nous recevons, c’est le Saint-Esprit lui-même. La
vie qui était en Jésus devient la nôtre, par le moyen de sa croix,
dès que nous décidons de nous unir à Lui. Si nous éprouvons
des difficultés dans nos rapports avec Dieu, c’est que nous ne
savons pas rompre décidément avec le péché. Dès que nous en
prenons la décision, la plénitude de la vie de Dieu remplit notre
âme. Jésus est venu vers nous afin que nous soyons « remplis
de l’absolue perfection de Dieu ». La vie éternelle n’a rien à voir
avec le temps qui s’écoule, c’est la vie dont Jésus vivait, et dont
il est l’unique source.
Le chrétien le plus faible peut éprouver en lui la divine
puissance du Fils de Dieu, si seulement il s’abandonne à Lui.
Mais tout effort qui vient de nous paralyse en nous la vie de
Jésus. C’est seulement par l’abandon continuel de nous-
mêmes que Dieu pourra nous remplir de sa perfection.
13 Avril
Comment porter notre fardeau
?
Décharge-toi de ton fardeau sur l’Éternel, et Il
te soutiendra.
Psaume 55.23
Il y a des fardeaux que nous devons accepter, et d’autres que
nous devons rejeter. Nous n’avons le droit de garder ni le
fardeau du doute ni celui du péché, mais il y a des fardeaux
dont Dieu lui-même nous a chargés et qu’Il veut que nous
gardions, mais qu’Il nous aidera Lui-même à porter : «
Décharge-toi de ton fardeau sur l’Éternel, et Il te soutiendra ».
Si nous entreprenons de travailler pour Dieu, mais sans nous
appuyer sur lui, nous serons écrasés par le sentiment de notre
responsabilité. Mais si nous nous déchargeons sur Lui du souci
de ce fardeau qu’Il nous a donné à porter, il nous délivre du
poids de toute responsabilité et nous donne à la place le
sentiment de Sa présence.
Que de chrétiens ont entrepris une œuvre, pleins de courage et
de beaux sentiments, mais sans posséder la communion intime
avec Jésus-Christ. Ils aboutissent très vite à l’écrasement. Leur
fardeau les fatigue et leur devient insupportable. On dit tout
autour d’eux : « Quel beau commencement, et quelle
banqueroute » !
« Décharge-toi de ton fardeau sur l’Éternel ». Au lieu de vouloir
le porter tout seul, pose-le par un bout sur l’épaule de Dieu.
N’est-il pas écrit : « L’empire sera posé sur son épaule ». Ne
rejette pas ton fardeau, mais porte-le allégrement, soutenu par
l’Éternel. Avec un tel soutien, il deviendra léger.
14 Avril
La force invincible
Prenez sur vous mon joug, et apprenez de moi.
Matthieu 11.29
« Le Seigneur châtie celui qu’il aime ». Comme nos plaintes et
nos doléances sont misérables ! Le Seigneur nous amène dans
la situation la plus favorable à notre communion avec Lui.
Alors nous gémissons et nous disons : « Oh ! Seigneur, ne
pourrais-je pas être comme les autres » ? Jésus nous demande
d’accepter l’autre bout de son joug : « Mon joug est facile, mets-
toi là, à mon côté, nous tirerons ensemble ».
Possédez-vous cette union avec Jésus ? En ce cas, vous
remercierez Dieu de l’épreuve qu’Il vous envoie. « Il donne la
force et la vigueur à celui qui est sans force ». Dieu vient nous
tirer de nos divagations, et nos plaintes deviennent des
louanges. Il n’y a qu’un seul moyen de connaître en soi la
puissance de Dieu : prendre le joug de Jésus et apprendre de-
Lui.
« La joie de l’Éternel est votre force ». D’où les chrétiens tirent-
ils leur joie ? De tel chrétien, si nous ne le connaissions pas,
nous serions tenté de dire : « Il n’a aucun fardeau à porter ».
Mais dès que nous regardons de plus près, que voyons-nous ? Si
la paix, la lumière et la joie de Dieu sont en lui, c’est justement
la preuve que le fardeau y est aussi. Dieu lui a donné un fardeau
dont le poids est lourd. Mais sous ce pressoir, le jus de la vigne
sort de la grappe, et nous ne voyons que ce vin généreux. Celui
qui possède en lui l’Esprit de Dieu est totalement invincible.
Si vous êtes disposé à gémir, chassez à coups de pied cette
lâcheté. C’est un crime d’être faible, quand on a en soi la force
de Dieu.
15 Avril
Ne relâchons jamais notre
effort spirituel
Mais les hauts lieux ne disparurent pas du
milieu d’Israël ; ce qui n’empêcha pas le roi Asa
d’avoir parfaitement bonne conscience durant
toute sa vie.
2 Chroniques 15.17
Asa se sentit en règle avec l’Éternel, dans son for intérieur,
mais à son obéissance dans te domaine extérieur il manquait
quelque chose. Ne vous laissez pas aller à dire : « Oh ! Cela ne
compte pas » ! Qui sait si, aux yeux de Dieu, cela n’a pas une très
grande importance ? Pour un enfant de Dieu, tout a de
l’importance. Combien de temps faudra-t-il à Dieu pour vous le
faire comprendre ? Dieu ne perd jamais patience. Vous dites : «
Je suis en règle avec Dieu, je le sais ». Mais les « hauts lieux »
subsistent ; il y a un point sur lequel votre obéissance est en
défaut. Comment pouvez-vous déclarer ainsi que vous êtes en
règle avec Dieu, alors qu’Il vous fait sentir qu’il y a quelque
chose en vous qui n’est pas en ordre ? Ne perdez pas un
moment pour réparer ce désordre, quel qu’il soit. En ce
domaine, il n’y a pas de petits détails.
Y a-t-il dans vos habitudes corporelles, ou bien dans vos
habitudes intellectuelles, un point que vous négligez tout à fait
? Dans l’ensemble, cela va bien ; mais sur ce point, vous vous
relâchez. L’effort spirituel est un besoin constant de votre âme.
Est-ce que votre cœur s’arrête jamais de battre ? Tout arrêt
dans l’effort spirituel est un arrêt dans la vie de l’âme. Dieu
vous veut entièrement à Lui. Il vous faut veiller sans cesse pour
être digne de Lui. Cela demande beaucoup de temps et de
peine. Il y a des gens qui s’imaginent pouvoir gravir tous les
sommets en deux minutes !
16 Avril
Savez-vous descendre ?
Pendant que vous avez la lumière, croyez à la
lumière.
Jean 12.36
Nous avons tous des moments où nous nous sentons
transportés au-dessus de nous-mêmes, et nous disons : « Je me
sens capable de tout ; si seulement je pouvais être toujours
comme ça » ! Eh ! Bien, non, cela n’est pas possible. Dans ces
moments d’inspiration, nous devons trouver la lumière et la
force, pour accomplir fidèlement notre tâche, quand
l’inspiration ne sera plus là. Il y en a beaucoup parmi nous qui
ne se sentent plus bons à rien quand l’inspiration vient à leur
manquer. Notre effort doit être de réaliser, dans le train-train
de la vie quotidienne, l’idéal qui nous a été révélé dans les
moments d’exaltation.
Ne permettez jamais à votre émotion de s’évaporer sans effet.
Ne vous abandonnez pas à une sorte d’épicurisme spirituel, en
vous disant : « Qu’il est doux, qu’il est merveilleux d’être ainsi »
! Agissez sans délai, même et surtout si vous n’en avez pas
envie. Si dans une réunion de prière Dieu vous a indiqué
quelque chose à faire, ne dites pas : « Je le ferai », faites-le.
Prenez votre paresse par la peau du cou, et jetez-la loin de vous
! Quand nous soupirons après des moments d’inspiration, la
paresse est là, tapie dans notre cœur. Nous voulons faire effort
pour atteindre les sommets. Nous devons apprendre à
travailler dans la pénombre en nous guidant sur ce qui nous a
été déjà révélé. Ne reculez pas, après un premier échec. Allez-y
encore ! Brûlez les ponts derrière vous, engagez-vous envers
Dieu par vos actes mêmes. Ne revenez jamais en arrière, mais
allez de l’avant, en vous dirigeant vers la lumière.
17 Avril
Le tout pour le tout
Dès que Simon Pierre eut entendu que c’était le
Seigneur, il mit sa tunique… et se jeta dans
l’eau.
Jean 21.7
Avez-vous jamais connu cette, expérience, d’une crise où l’on
se jette à l’eau, spirituellement ; où l’on prend la résolution
irrévocable de tout abandonner, sans songer à rien d’autre,
sans rien garder pour soi ? C’est une crise de la volonté
intérieure. Vous avez pu bien des fois en approcher par des
abandons extérieurs, mais tout cela ne compte pour rien.
L’abandon véritable est une crise profonde qui est tout
intérieure. On peut renoncer à des biens extérieurs, alors que
ce renoncement prouve tout simplement notre esclavage
intérieur.
Avez-vous résolument abandonné votre volonté à Jésus-Christ
? Il s’agit là d’un acte de volonté, non pas d’une émotion
passagère. L’émotion n’est qu’une manifestation évanescente
de votre abandon. Si elle vient la première, l’abandon ne se
fera jamais. Ne demandez pas à Dieu en quoi consiste votre
abandon, mais renoncez carrément à vous-même, là où vous
êtes.
Quand vous entendez ta voix de Jésus-Christ sur les flots de la
mer démontée, envoyez promener vos croyances, vos préjugés,
votre responsabilité, mais cramponnez-vous à Lui.
18 Avril
Suis-je prêt à tout ?
Dieu l’appela du milieu du buisson, disant : «
Moïse ! Moïse » ! Il répondit : « Me voici »
Exode 3.4
Quand Dieu nous parle, combien d’entre nous sont comme les
gens dans le brouillard, et ne répondent rien. La réponse de
Moïse prouve qu’il était là, prêt à tout. Nous sommes avant
tout préoccupés d’expliquer à Dieu où nous voudrions aller. Et
pourtant, ce qui importe, c’est d’être tout prêt, à chaque
instant, à faire ce que Dieu nous ordonne. Nous attendons qu’il
se présente des circonstances dramatiques, exceptionnelles, et
alors nous sommes prompts à dire : « Me voici ». Là où Jésus est
glorifié, nous sommes prêts à marcher. Mais pour un devoir
obscur, nous nous dérobons.
Être prêt à tout, pour obéir à Dieu, c’est être prêt à faire les plus
petites besognes, aussi bien que les plus grandes. Ne cherchons
pas à choisir notre activité. Quel que soit le programme de
Dieu, suivons-le. Quand le devoir est là devant nous, si nous
entendons la voix de Dieu, comme Jésus entendait la voix de
son Père, soyons tout prêts à obéir, avec l’empressement de
l’amour. Jésus-Christ attend-de nous la même obéissance qu’il
avait à l’égard de son Père, Il peut nous donner, à son gré, des
devoirs agréables ou des devoirs rebutants, parce que son
Esprit est en nous : « Qu’ils soient un, comme nous sommes un
».
Soyez prêts à recevoir les visites imprévues de Dieu. Celui qui
est toujours prêt n’a jamais à se préparer. Que de temps nous
gaspillons à nous efforcer d’être prêts, lorsque Dieu nous
appelle ! Le buisson ardent est le symbole de tout ce qui
encadre l’âme vigilante : elle est tout illuminée par la présence
de Dieu.
19 Avril
Est-ce ou non vraisemblable ?
Car Joab avait suivi la rébellion d’Adonija, bien
qu’il n’eût pas suivi celle d’Absalom.
1 Rois 2.28
Joab s’était montré fidèle dans la grande tentation, il n’avait
pas trahi son roi, David, pour suivre le brillant et ambitieux
Absalom. Et pourtant, au soir de sa vie, il trahit David - pour
suivre Monija le couard. Son histoire est là pour nous servir
d’exemple (voyez 1 Corinthiens 10.1 à 13). Parce que vous avez
triomphé de la grande tentation, ce n’est pas une raison pour
ne pas vous méfier des petites.
Nous sommes disposés à nous dire qu’il n’est pas du tout
vraisemblable qu’après avoir traversé la grande épreuve, nous
cédions encore aux convoitises du monde. Ne cherchez pas à
prévoir d’où viendra pour vous la tentation. Elle viendra du
côté le plus invraisemblable. À la suite d’une grande crise
spirituelle, les petits détails de la vie quotidienne sont là. Sans
doute, ils n’occupent pas la place dominante, mais ils sont là, et
si vous n’y prenez pas garde, ils vous feront trébucher. Vous
êtes resté fidèle à Dieu dans des épreuves terribles, méfiez-vous
des petites épreuves sournoises. Ne cherchez pas à vous
analyser d’une façon morbide, avec une appréhension
maladive de ce qui peut vous arriver, mais soyez sur le qui-
vive, l’arme au pied. Que votre pensée soit limpide devant
Dieu. Être fort et ne pas être sur ses gardes, c’est être
doublement faible. Car un simple détail nous fera trébucher, et
notre chute sera lourde, Les héros de la Bible sont tombés sur
ce qui faisait leur force, jamais sur leurs points faibles.
Être gardé par la puissance de Dieu, c’est la seule sécurité.
20 Avril
Un chrétien peut-il calomnier
Dieu ?
Toutes les promesses de Dieu ont en Jésus leur
divine garantie, et nous le proclamons bien
haut.
2 Corinthiens 1.20
Jésus a raconté la parabole des talents (Matthieu 25) pour nous
avertir que nous pouvons très bien nous tromper sur nos
véritables capacités. Il s’agit dans cette parabole non pas de nos
dons naturels, mais du don surnaturel de la Pentecôte, de
l’effusion du Saint-Esprit. Notre capacité spirituelle n’est pas
mesurée par notre éducation ou notre intelligence, mais par les
promesses de Dieu. Si nous n’en tirons pas tout ce que Dieu
nous a préparé, nous ne tarderons -pas à Le calomnier, comme
le serviteur calomnie son maître : « Tu réclames de moi ce dont
tu ne m’as pas fourni les moyens. Tu exiges trop de moi, je ne
puis t’obéir dans ces conditions ». Vous n’avez pas le droit de
dire à Dieu : « Je ne puis pas » ! Quand son Esprit est là, son
Esprit tout-puissant. Il s’agit bien des limites de votre capacité !
Si nous avons reçu le Saint-Esprit, il agira en nous.
Le serviteur se justifie en tout point et accuse son maître : « Tu
me réclames beaucoup trop, en proportion de ce que tu m’as
donné ». Et nous, lorsque nous nous inquiétons, pour notre vie
matérielle, au mépris de Sa parole : « Cherchez d’abord le
Règne de Dieu et la perfection divine ; et tout le reste vous sera
donné par-dessus », que faisons-nous d’autre que de calomnier
Dieu ? Par nos soucis nous disons à Dieu : « Tu me laisseras
dans la misère ». Le paresseux cherche toujours des excuses : «
Je n’ai pas eu de chance » ! Notre paresse spirituelle cherche
des excuses en présence de Dieu. Le paresseux invoque toujours
son « indépendance ».
Croyons-nous aux promesses de Dieu ? C’est-à-dire Avons-nous
reçu le Saint Esprit ?
21 Avril
Ne blessez donc pas le cœur de
Jésus !
Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne
me connais pas, Philippe !
Jean 4.9
Que de fois le Seigneur doit être stupéfait de voir combien nous
avons l’esprit compliqué ! Ce sont nos préjugés qui nous
rendent stupides. Quand nous restons dans la simplicité, nous
y voyons clair. Philippe s’imaginait qu’il allait assister à
quelque manifestation prodigieuse, mais quant à Jésus, ce
n’était que son Maître, il le connaissait trop bien. Nous
cherchons Dieu dans quelque bouleversement catastrophique
qui, pensons-nous, va venir, et en réalité Il est là, présent
devant nous.
Nous sommes prêts sans doute à obéir à Jésus, mais nous le
blessons par nos questions inintelligentes : « Seigneur, montre-
nous le Père » ! Il nous répond du tac au tac : « Il est là, devant
vous, ou bien nulle part ». Nous voulons que Dieu se manifeste
à ses enfants. Mais Dieu ne se manifeste que dans ses enfants.
Les gens du dehors s’en rendent compte, mais l’enfant de Dieu
ne s’en aperçoit pas. Nous voudrions saisir Dieu dans notre
intelligence. Mais nous ne pouvons pas plus Le saisir que nous
ne pouvons saisir notre propre pensée. En exigeant de Dieu des
manifestations extraordinaires, nous blessons le Seigneur. Nos
questions n’ont rien de la simplicité de l’enfant.
« Que votre cœur ne se trouble point » ! Si mon cœur se trouble,
je blesse mon Sauveur. Si j’ai confiance en Jésus, ma vie est-elle
conforme à celle confiance ? Est-ce que je me laisse aller à de
tristes inquiétudes ? Il faut que je m’habitue à prendre tout
comme venant de Dieu. Dieu ne viendra pas tout à l’heure,
Dieu est là maintenant. Quand vous le sentirez, vous serez
affranchis de toute inquiétude.
22 Avril
La lumière qui dure et celle qui
s’éteint
Le Seigneur est l’Esprit…; quant à nous tous,
nous reflétons, sur notre visage découvert, la
gloire du Seigneur.
2 Corinthiens 3.18
Un serviteur de Dieu doit être assez indépendant des autres
hommes pour ne plus même se rendre compte qu’il est seul. Au
début de la vie chrétienne, nous avons des désillusions, des
découragements. Ceux qui nous semblaient être des lumières
s’éteignent peu à peu, ceux qui nous soutenaient s’en vont.
Il faut que nous en prenions tellement l’habitude que nous ne
nous apercevions même plus que nous sommes seuls. « Tous
m’ont abandonné… mais le Seigneur m’a soutenu ». (2
Timothée 4.16-17) Notre foi doit se fonder non pas sur la
lumière qui s’éteint, mais sur celle qui dure. Quand un grand
chrétien disparaît, nous sommes affligés, jusqu’à ce que nous
ayons compris qu’il doit en être ainsi. Pour nous, nous avons
simplement à refléter, sur notre visage découvert, la gloire du
Seigneur.
Il ne faut pas qu’aucun obstacle vous empêche de regarder Dieu
en face, et fixement, pour orienter votre conduite et votre
pensée. Chaque fois que vous prêchez l’évangile, regardez Dieu
en face pour savoir ce que vous devez dire, et la gloire du
Seigneur vous illuminera jusqu’au bout. Le serviteur de Dieu
doit être comme Moïse. « Moïse ne savait pas que la peau de son
visage était devenue rayonnante pendant qu’il s’entretenait
avec l’Éternel ».
Dieu ne nous demande pas d’étaler nos doutes à tous les yeux,
ni de raconter les intimes extases de notre vie cachée avec Lui.
Le secret du bon serviteur, c’est qu’il reflète toujours en lui-
même la gloire de son Maître.
23 Avril
Ne fais pas une idole de ton
travail pour Dieu
Nous sommes ouvriers avec Dieu.
1 Corinthiens 3.9
Méfie-toi de tout travail pour Dieu qui te détourne de
concentrer sur Lui ta pensée. Il y a beaucoup de chrétiens qui
font de leur travail leur idole. Le travailleur ne doit s’inquiéter
que de sa communion permanente avec Dieu, et tout le reste,
toute son activité, toute sa pensée, il doit ne s’en faire aucun
souci, comme un enfant respectueux et docile du Père céleste,
Sans cela, il risque fort de se laisser déborder et même écraser
par son travail. Il ne peut plus jouir de la vie. Il est trop accablé
pour que la bénédiction de Dieu puisse se poser sur lui. Mais
d’autre part, si l’on sait concentrer toute son âme en Dieu, Dieu
dirige pour nous tout le reste, harmonieusement.
Vous ne sentez plus peser sur vous la responsabilité de votre
travail. Vous ne vous sentez plus responsable que d’une chose :
le maintien intégral de votre communion intime et de votre
collaboration avec Dieu. La sanctification produit en nous une
liberté totale, celle de l’enfant. Mais rappelez-vous que cette
liberté vous est accordée uniquement pour que vous puissiez
vous consacrer sans relâche à votre divin Collaborateur.
Ce n’est pas à nous de décider où nous voulons aller, ni de
savoir à quoi nous pouvons être utiles. C’est Dieu qui arrange
tout pour nous. Partout où il nous place, notre rôle est de Lui
être entièrement dévoué dans ce travail particulier. « Tout ce
que ta main peut faire, fais-le avec ta force ».
24 Avril
Nous ne devons pas nous
monter la tête
Toutefois, ne vous réjouissez pas de ce que les
mauvais esprits vous sont soumis.
Luc 10.20
Pour les chrétiens, les convoitises du monde et les péchés
grossiers ne sont plus un piège. Mais le danger qui les guette,
c’est de se monter la tête, de rechercher le succès dans ce qu’ils
entreprennent, de vouloir suivre la mode religieuse de leur
milieu et de leur époque. Ne recherchez aucune autre
approbation que celle de Dieu. « Par conséquent, pour aller à
Lui, sortons du camp en portant Son opprobre ». Jésus
ordonne à ses disciples de ne pas se réjouir, de ne pas se monter
la tête, à propos des résultats de leur travail. Et nous, nous ne
faisons guère autre chose. Nous dressons un bilan commercial :
tant d’âmes sauvées et sanctifiées, tout va pour le mieux. Notre
travail n’est qu’un appoint au grand travail de la grâce de Dieu.
Nous n’avons pas à sauver les âmes, mais seulement à les
mettre sur le chemin du salut, jusqu’à ce qu’elles
s’abandonnent entièrement à Dieu. Une seule vie entièrement
consacrée à Dieu a beaucoup plus de prix à ses yeux qu’une
centaine de vies simplement réveillées par son Esprit.
Serviteurs de Dieu, nous devons faire naître des serviteurs de
Dieu. Dieu nous marquera son approbation en nous accordant
cette grâce. Nous devons amener les autres à la même hauteur
où Dieu nous a fait parvenir nous-mêmes.
Si le ministre de Dieu ne possède pas une vie cachée avec le
Christ en Dieu, il tourne au dictateur et devient insupportable.
Combien d’entre nous sont en fait des dictateurs, à l’égard des
individus comme dans les assemblées. Il disait toujours : « Si
quelqu’un veut être mon disciple… » Il respectait la liberté de
ceux qu’il appelait.
25 Avril
Quelle est l’occasion opportune
?
Je t’en conjure… prêche la parole, insiste en
toute occasion, opportune ou inopportune.
2 Timothée 4.12
Il y en a beaucoup parmi nous qui ont une tendance fâcheuse
de vouloir insister dans un moment défavorable. Mais la parole
de Paul à Timothée ne vise pas essentiellement tel ou tel
moment du temps. Il s’agit avant tout de nos dispositions
intérieures. « En toute occasion, opportune ou inopportune »,
c’est-à-dire que cela te convienne ou que cela te gêne. S’il ne
nous fallait agir que lorsque nous sommes bien disposés,
combien d’entre nous ne feraient jamais rien du tout ! Il y a des
incapables dans le domaine spirituel comme dans le domaine
matériel, des gens qui ne sont bons à rien, qui prétendent ne
pouvoir rien faire en dehors des moments d’inspiration divine.
La meilleure preuve que nous sommes vraiment en
communion avec Dieu, c’est que nous travaillons pour lui de
notre mieux, quelles que soient nos dispositions.
L’un des plus grands pièges, pour le serviteur de Dieu, c’est de
se faire un fétiche de ses moments d’exaltation. Quand vous
vous sentez inspiré, quand Dieu vous accorde une intuition
exceptionnelle, vous dites : « Je veux toujours être comme cela,
pour la gloire de Dieu ». Non, certes, vous ne serez pas toujours
comme cela, Dieu ne le veut pas. Ces moments qu’il vous
accorde ne viennent pas de vous, c’est un don de sa grâce, En
prétendant vous maintenir dans l’exaltation, vous paralysez
votre propre activité au service de Dieu. En vous faisant une
idole de ces moments précieux, vous ferez disparaître Dieu de
votre vie. Apprenez à faire en tout temps le devoir qui est là
devant vous. Dieu s’inquiétera du reste.”
26 Avril
L’ascension suprême
Dieu mit à l’épreuve Abraham : « …Prends ton
fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac…
offre-le en holocauste, sur la montagne que je
t’indiquerai »
Genèse 22.1-2
Abraham, loyal et sincère, prend la parole de l’Éternel au pied
de la lettre : Dieu lui demande un sacrifice humain, comme les
autres dieux, le sacrifice de son fils bien-aimé. Pour arracher de
son cœur cette superstition, Dieu va le faire passer par une
épreuve terrible. C’était le seul moyen. En obéissant en toute
sincérité à ce que nous croyons être la volonté de Dieu, nous lui
permettons d’arracher de nos cœurs les préjugés qui nous
cachent la vérité à son sujet. Par exemple celle croyance
abominable que Dieu fait mourir un enfant parce que sa mère
l’aimait trop : mensonge de Satan, qui défigure Dieu. Certes, si
l’ennemi peut nous empêcher de gravir jusqu’au sommet de la
montagne, où Dieu nous délivrera d’un pareil préjugé, Satan
s’y emploiera. Mais si nous sommes fidèles à Dieu, Dieu nous
éclairera et nous purifiera.
La foi d’Abraham le rendait toujours prêt à obéir à Dieu en tout
point, sans s’inquiéter d’autre chose. Abraham n’était pas un
fanatique, sans cela il aurait immolé Isaac et déclaré que la voix
de l’ange arrêtant son bras était la voix du diable, Si vous êtes
fidèle à Dieu, Dieu vous conduira, à travers tous les obstacles, à
la connaissance parfaite de ce qu’Il est. Mais il faut que vous
soyez prêt à laisser tomber vos préjugés et vos croyances
traditionnelles. Ne demandez pas à Dieu de vous éprouver. Ne
dites pas comme Pierre : « Je ferai n’importe quoi, j’irai à la
mort pour toi » ! Abraham ne dit rien de pareil, il resta fidèle à
Dieu, et Dieu purifia sa foi.
27 Avril
Quel est ton véritable but ?
Et toi, tu réclamerais pour toi de grandes
faveurs ?
Jérémie 45.5
Réclames-tu pour toi de grandes faveurs ? Non pas peut-être
que tu veuilles être élevé toi-même très haut, mais tu voudrais
que Dieu fasse de grandes choses pour toi. Or, Dieu veut te
rapprocher de Lui, non pas seulement par les dons que tu
reçois de sa main, mais par ce que tu connaîtras de Sa
personne. Une grande faveur, cela vient, cela passe : c’est un
accident dans notre vie. Un véritable don de Dieu n’est jamais
quelque chose d’accidentel. Il est aisé de parvenir à la véritable
communion avec Dieu, mais à la seule condition de le
rechercher lui-même et non pas les bienfaits qu’il nous donne.
Si vous n’en êtes encore qu’à demander à Dieu des bénédictions
matérielles, vous n’avez pas encore fait le premier pas vers
l’abandon, vous vous faites un christianisme à votre façon. «
J’ai bien demandé à Dieu le Saint-Esprit, mais il ne m’a pas
donné la paix et le repos sur lesquels je comptais ». Dieu voit
bien pourquoi : vous vous cherchez vous-même, et non pas
Dieu. Jésus nous dit : « Demandez, et il vous sera donné ». Oui,
mais savez-vous demander à Dieu comme il faut ? Une fois en
communion avec Dieu, on cesse de lui demander une foule de
choses. « Votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que
vous le lui demandiez ». Alors pourquoi nos prières ? Pourquoi
nos demandes ? Pour apprendre à Le connaître.
Vous demandez à Dieu la faveur suprême : « Seigneur, baptise-
moi du Saint-Esprit » ! Si Dieu ne le fait pas, c’est parce que
votre abandon n’est pas complet ; il y a quelque chose que vous
ne voulez pas faire. Quel est votre véritable but ? Dieu regarde
toujours en avant. Il ne se préoccupe pas de votre bonheur
présent. Son but dernier, le voici : « Qu’ils soient un, comme
nous sommes un ».
28 Avril
Ce que tu recevras
Je te donnerai ta vie sauve, comme un butin
qu’on emporte, partout où tu iras.
Jérémie 4.5
Tel est le cadeau absolument certain que fait le Seigneur à ceux
qui se confient en lui : « Je te donnerai ta vie ». Quel est le
besoin essentiel de l’homme ? D’avoir la vie, d’avoir sa vie, «
comme un butin qu’on emporte » et qu’on garde partout avec
soi, même si l’on doit traverser l’enfer. Nous nous laissons
hypnotiser par tant de vaines apparences, et même par tant de
bénédictions que Dieu nous accorde. Tout cela est appelé à
disparaître : une chose demeure, la chose capitale, la vie «
cachée avec le Christ en Dieu ».
Êtes-vous prêt à vous laisser prendre par Dieu dans sa
communion, et à ne plus songer aux « grandes faveurs » ? Êtes-
vous prêt à l’abandon total ? L’abandon n’est pas total tant
qu’on fait des réserves sur tel ou tel point, en se disant : « Et ça »
? Il faut ne plus se poser aucune question de ce genre, et alors,
lorsque l’abandon est intégral, Dieu nous dit : « Je te donne ta
vie : elle sera bien à toi, ce sera ton butin ». Celui qui est las de la
vie ne la tient pas de Dieu : elle ne lui appartient pas
véritablement. Pour sortir de ce désespoir, il n’est qu’un seul
moyen : s’abandonner à Dieu. Alors on éprouve une surprise
joyeuse et admirable : Dieu nous possède totalement, mais il
nous a donné notre vie, comme un butin que nous possédons.
Si vous n’en êtes pas encore là, c’est qu’il y a en vous quelque
désobéissance, ou alors un défaut de simplicité.
29 Avril
Le charme de l’incertitude
Ce que nous serons n’a pas encore été
manifesté.
1 Jean 3.2
Nous avons la tendance à regarder les choses d’un point de vue
mathématique, à toujours calculer et prévoir : l’incertitude
nous semble déplorable. Nous nous imaginons qu’il nous faut
toujours tendre vers un but, mais c’est méconnaître la vraie
nature de la vie spirituelle. La vie spirituelle est une certitude
intime dans l’incertitude de tout ce qui peut arriver :
impossible d’être stabilisé, d’y faire son nid. Le bon sens
raisonne ainsi : « En supposant que je parvienne à telle ou telle
condition… » Mais comment raisonner sur une condition qui
est tout à fait en dehors de notre expérience ?
La certitude est l’idéal du sens commun. La vie spirituelle a le
charme de l’incertitude. Posséder la certitude de Dieu, c’est
être absolument incertain de ce que la journée va nous
apporter. Il arrive bien souvent qu’on dit cela avec un soupir de
tristesse. On devrait plutôt y voir l’attente pleine d’ardeur de
surprises heureuses. Car si l’avenir, même le plus immédiat,
est pour nous incertain, nous avons la plus sublime certitude :
Dieu lui-même. Dès que nous nous sommes abandonnés à Dieu,
et que nous nous contentons, pas à pas, de faire notre devoir le
plus proche, il nous comble sans cesse des plus belles surprises.
Lorsque nous défendons avec acharnement une croyance, cela
ne va plus : ce n’est plus en Dieu que nous croyons, mais en
notre doctrine. « Si vous ne devenez comme de petits enfants…
» La vie spirituelle est la vie d’un petit enfant, « Croyez aussi en
moi », dit Jésus, mais il ne dit pas : « Croyez aussi en certaines
doctrines sur moi ». Laissez-le agir ; le « comment » de sa venue
est magnifiquement incertain. Pour vous, soyez-lui fidèle.
30 Avril
L’amour qui coule de source
L’amour est magnanime, il est bienveillant… il
ne soupçonne pas le mal… Il supporte tout, il
est toute confiance, toute espérance, toute
patience.
1 Corinthiens 13.4-7
L’amour véritable n’a rien de prémédité, il coule de source, il
se manifeste de cent manières merveilleuses. Il n’a rien d’un
calcul mathématique. Nous ne pouvons pas dire : « Maintenant
je vais tout supporter, ne jamais soupçonner le mal ». Ce qui
caractérise l’amour, c’est sa spontanéité. Nous n’avons pas
besoin d’ériger devant nous tous les commandements de Jésus.
Mais quand son Esprit est libre de se déployer en nous, nous
observons tous ses commandements sans même nous en
rendre compte. Il arrive qu’après coup nous sommes surpris
nous-mêmes d’avoir eu, en telle occasion, un sentiment si
désintéressé, si peu égoïste. Le véritable amour, comme tout ce
qui appartient à la vie de Dieu en nous, on ne s’en rend pas
compte sur le moment, mais seulement après coup.
La source de l’amour est en Dieu, et non pas en nous. Notre
cœur naturel est incapable de produire l’amour, il faut qu’il
nous vienne d’en haut.
Quand nous faisons des efforts pour prouver à Dieu que nous
l’aimons, c’est le signe certain que nous ne l’aimons pas. La
preuve de notre amour, c’est son absolue spontanéité. En
regardant en arrière, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi
nous avons fait telle ou telle chose, c’est l’amour qui nous a
entraînés. « L’amour est versé abondamment dans nos cœurs
par l’Esprit que Dieu nous a donné ». (Romains 5.5)
1er Mai
Le devoir avant tout
Car je marche par la foi, sans voir le Seigneur.
Corinthiens 11.5-7
Après avoir vivement senti les bontés de Dieu à notre égard,
nous nous trouvons devant le travail qu’il veut que nous
fassions pour lui, modestement, obscurément. Nous prenons
un air tragique, nous parlons de nos difficultés, de nos
épreuves. Nous aimerions voir le Seigneur, distinctement. Et
nous ne voyons plus rien. Dans ces conditions, comment faire
notre devoir ? Nous voudrions sans doute poiler toujours une
auréole, et nous sentir illuminés de la gloire céleste. Mais un
saint coiffé de son auréole ne peut servir à rien dans la vie
pratique ; croyez-moi, il n’a rien de commun avec Dieu. Nous
ne sommes pas des personnages angéliques, nous sommes des
hommes et des femmes qui ont à travailler dans ce monde, et à
qui la nouvelle naissance a conféré une puissance infiniment
plus grande pour lutter et pour vaincre dans le combat de la
vie.
Quand nous nous évertuons à faire revivre en nous nos rares
moments d’exaltation, c’est la preuve qu’au fond nous ne
cherchons pas Dieu. Nous nous faisons une idole de ces
moments précieux, nous exigeons de Dieu qu’Il vienne encore
nous apparaître et nous parler, alors que ce qu’il nous
demande, c’est de vivre et de marcher par la foi. Combien de
nous se retirent du combat, en disant : « Quand Dieu me
reviendra, j’y retournerai ». Mais Il n’en fera rien. Il faudra
nous secouer, et retourner au combat sans que Dieu nous soit
apparu. Alors nous aurons une grande surprise : « Il était là
tout le temps, et je n’en savais rien » ! Ne comptez jamais sur les
moments d’inspiration, ils viennent toujours à l’improviste.
Dieu nous les donnera quand Il jugera que nous n’en ferons pas
un mauvais usage. Ce n’est pas cela qui doit être notre but : le
devoir avant tout !
2 Mai
L’énergique patience
Si la vision tarde à s’accomplir, attends-la
fermement.
Habacuc 2.3
La vraie patience est le contraire de l’indifférence : c’est un
immense rocher, profondément enraciné, qui brave tout
ébranlement. La vision de Dieu nous inspire la patience. Moïse
tint ferme, non pas en se fondant sur ses aspirations morales,
mais parce que Dieu lui était apparu. « il tint ferme, parce qu’il
avait vu le Roi Invisible ». Un homme qui possède la vision de
Dieu n’est pas lié à une conception particulière : il est lié à Dieu
lui-même. Pour savoir si la vision vient vraiment de Dieu, il n’y
a besoin que de constater l’élan intérieur qui en résulte,
l’élargissement de la pensée, l’énergie pour l’action, dans tous
les domaines. Si Dieu vous envoie en quelque façon dans le
désert, comme il y envoya son Fils durant quarante jours, pour
y être tenté, loin de Sa présence, tenez ferme. Et le pouvoir de
tenir ferme vous viendra de votre vision intérieure de Dieu.
« Bien qu’elle tarde à s’accomplir, attends-la fermement ». La
preuve que nous possédons en nous la vision, c’est que nous
cherchons à saisir bien plus que nous avons déjà saisi. Il n’est
pas bon, dans le domaine spirituel, d’être satisfait de ce qu’on
a. « Que rendrai-je à l’Éternel pour tous ses bienfaits ? Je
prendrai en main la coupe des délivrances ». Nous sommes très
disposés à être satisfaits de nous-mêmes : « Je suis arrivé au but
; je suis entièrement sanctifié ; je suis sûr de pouvoir tenir
ferme ». De tels propos nous condamnent. Il faut sans cesse
aller de l’avant. « Non pas que j’aie encore atteint le but, ni que
je sois déjà parvenu à la perfection ». S nous n’avons que ce que
nous tenons actuellement, nous n’avons rien. Si nous avons en
nous la vision de Dieu, nous avons bien plus que nous ne le
saurons jamais.
3 Mai
L’intercession agissante
Priez Dieu ardemment, suppliez-le en toute
occasion, avec le secours du Saint-Esprit.
Éphésiens 6.18
En intercédant pour les autres, il peut arriver que nous soyons
effrayés de ce qu’il va leur coûter de se donner à Dieu.
En réponse à nos prières, Dieu est en train de transformer leur
vie, et cela nous fait trembler pour eux. Nous ne devons pas
être influencés de telles préoccupations. Nous avons à les
regarder comme Dieu les regarde. En nous laissant dominer
par notre sympathie humaine, par nos inquiétudes humaines à
leur égard, nous avons l’aplomb de juger Dieu.
Notre intercession ne peut être agissante et efficace que si nous
avons en Dieu une foi absolue, et ce qui nous sépare le plus de
Dieu, ce sont nos préjugés et nos préférences personnelles.
Pour intercéder comme il faut, nous devons être intimement
unis à Dieu, et voir les autres comme il les voit. Ce qui nous
empêche de le faire, ce n’est pas tant le péché que notre
préoccupation du bien des autres, ou de notre propre bien, qui
nous fait dire : « Avant tout il faut éviter que cela n’arrive ».
Cela nous isole instantanément de Dieu.
L’intercession ne vous laisse ni le temps ni le désir de prier
Dieu pour « votre chère petite âme ». La préoccupation de vous-
même n’a pas besoin d’être écartée, elle n’est pas là du tout.
Vous êtes entièrement uni à Dieu, et vous voyez les autres
comme il les voit.
Quand vous discernez le mal chez autrui, c’est un appel de Dieu
pour votre intercession, mais en aucune façon pour votre
critique.
4 Mai
L’intercession substitutive
Ainsi, frères, …le sang de Jésus nous ouvre un
libre accès au lieu très saint…
Hébreux 10.19
Ne vous imaginez pas que dans l’intercession vous ayez le droit
d’apporter à Dieu vos sympathies et vos préoccupations
personnelles pour autrui, et d’exiger de Lui qu’Il s’y conforme.
Nous n’avons le droit d’intercéder que parce que Jésus s’est
identifié et substitué au péché. C’est « le sang de Jésus » qui «
nous ouvre un libre accès au lieu très saint ».
Nous sommes « butés » spirituellement, et c’est le plus grand
obstacle à l’intercession. Nous considérons qu’il y a, chez nous
comme chez les autres des vertus, des éléments louables qui
n’ont aucun besoin d’être rachetés par le sacrifice de Jésus-
Christ. Cela paralyse notre intercession, comme l’estomac trop
gonflé ne peut plus digérer. Nous rie nous plaçons pas au point
de vue de Dieu pour considérer les autres. Nous sommes
mécontents de Lui, nous sommes hypnotisés par notre propre
manière de voir, et notre prétendue intercession n’est que la
glorification de nos sympathies et de nos tendances naturelles.
Nous avons à nous rendre compte que pour suivre Jésus, qui
s’est identifié sur la croix avec le péché, nous avons à faire
subir à toutes nos tendances une transformation radicale.
L’intercession doit être substitutive, c’est-à-dire -que nous
devons substituer à nos vues personnelles sur les autres la
manière dont Dieu envisage leur salut.
Suis-je « buté » spirituellement ? Ou bien suis-je prêt à
substituer le point de vue de Dieu à mon point de vue ? Suis-je
têtu, revêche, rebelle ? Ou bien suis-je un enfant docile, qui se
plie en tout aux volontés de son Père, et qui s’unit à Lui ?
5 Mai
Le jugement de Dieu
Le temps du jugement est venu : il commencera
par la maison de Dieu.
1 Pierre 4.17
Le serviteur de Dieu ne doit jamais oublier que le salut est une
pensée de Dieu, et non de l’homme. Le salut est donc un
mystère insondable, et non pas une impression que nous
éprouvons. Cette impression est simplement l’effet que le salut
produit dans notre pensée. Ce n’est pas ce que nous éprouvons
que nous devons prêcher, mais la grande Bonne Nouvelle qui
est une pensée de Dieu. Nous n’avons pas à prêcher un procédé
pour éviter l’enfer, ni pour vivre moralement : nous avons à
prêcher l’évangile de Dieu.
Dans l’enseignement de Jésus-Christ, nous voyons sans cesse le
jugement de Dieu, qui est la manifestation de l’amour de Dieu.
Ne vous apitoyez, jamais sur une âme qui rencontre des
difficultés pour aller à Dieu : ce n’est pas, ce n’est jamais la
faute de Dieu. Ce n’est pas à nous de découvrir la cause de ces
difficultés. Nous devons simplement présenter à cette âme la
vérité divine de telle sorte que l’Esprit de Dieu lui fasse voir ce
qui en elle est fautif. La marque la plus sûre que notre
prédication est ce qu’elle doit être, c’est qu’elle évoque pour
chaque âme le jugement. L’Esprit de Dieu fait rentrer chacun
de nous en lui-même.
Si Jésus nous donnait jamais un ordre qu’Il ne pourrait pas
nous rendre capables d’accomplir, Il serait un menteur. Et si
nous refusons d’obéir, sous prétexte d’incapacité, nous
accusons Dieu de n’avoir pas tenu compte de ce dont nous
étions capables. Il faut que la puissance de Dieu détruise en
nous toute confiance en nous-mêmes. C’est dans notre
faiblesse et notre dépendance totale que la puissance infinie de
l’Esprit de Dieu se manifestera.
6 Mai
La liberté selon l’évangile
Tenez ferme par conséquent dans la liberté que
le Christ nous a procurée.
Galates 5.1
Un homme guidé par l’Esprit de Dieu ne viendra jamais vous
dire de croire ceci ou cela : il vous dira tout simplement de
conformer votre vie aux commandements de Jésus. On ne nous
demande pas de croire à la Bible, mais bien à Celui que la Bible
nous révèle. « Vous sondez les Écritures… ce sont elles, dit
Jésus, qui rendent témoignage de moi ». (Jean 5.39) Nous avons
à donner l’exemple d’une conscience affranchie du péché, et
non pas d’une pensée libre de croire tout ce qu’elle veut. Si
nous sommes libérés du péché, libres de la liberté que Jésus-
Christ nous a procurée, d’autres seront amenés par là à celle
même liberté, qui consiste à réaliser en nous-mêmes la
domination absolue de Jésus-Christ sur notre âme.
Que votre vie soit toujours ajustée aux commandements de
Jésus-Christ. Pliez-vous à son joug, mais à aucun autre, Et
prenez bien soin de ne jamais imposer aux autres un joug qui
n’est pas celui de Jésus-Christ. Dieu a besoin de beaucoup de
temps pour nous faire comprendre que ceux qui ne pensent pas
comme nous ne sont pas nécessairement dans l’erreur. En
jugeant les autres, nous nous écartons du point de vue de Dieu.
Il n’existe qu’une seule liberté véritable, elle ne consiste pas à
juger les autres, mais à laisser le champ libre, dans toute notre
pensée, à Jésus seul, qui nous rend alors capables de faire le
bien.
Ne soyez pas impatient : rappelez-vous avec quelle douceur et
quelle patience Dieu vous a traité. Mais n’essayez jamais
d’affaiblir la vérité de Dieu. Laissez-la s’épanouir, librement,
sans vouloir l’accommoder à votre échelle. Jésus a dit : « Allez,
et faites de tous les hommes mes disciples ». Il n’a pas dit : «
Convertissez-les à vos idées ».
7 Mai
Celui qui bâtit pour l’éternité
Qui d’entre vous, voulant bâtir une tour, ne
s’assied premièrement pour en calculer la
dépense et voir s’il a de quoi l’achever ?
Luc 14.28
Notre Seigneur pense, dans cette parabole, non pas à un prix
que nous aurions à évaluer, mais au prix immense qu’Il a Lui-
même, d’avance, évalué. Il s’agit des trente années de sa vie
obscure à Nazareth, des trois années de son ministère, avec
l’enthousiasme passager des foules, l’opposition indignée et la
haine de ses ennemis, l’agonie insondable de Gethsémani, et
l’exécution brutale du Calvaire, pivot de l’histoire éternelle.
Jésus-Christ a calculé la dépense. Les hommes n’auront pas le
droit de se moquer de lui et de dire : « Cet homme a commencé
de bâtir, mais il n’a pas pu achever sa tour ».
Notre Seigneur fixe les conditions nécessaires pour qu’il puisse
nous embaucher dans son entreprise : « Si quelqu’un vient à
moi et ne hait pas (par rapport à moi) tout ce qu’il a de plus cher
au monde, il ne peut pas être mon disciple ». Pour qu’il puisse
se servir de nous, il faut que nous l’aimions, Lui, de tout notre
cœur, d’un amour passionné, qui laisse bien loin derrière lui
tous les autres amours. Conditions sévères, mais glorieuses.
Tout ce que nous bâtissons va être inspecté par Dieu. Par
l’épreuve du feu, Dieu va-t-il déceler dans notre ouvrage, bâti
sur les fondements de Jésus, quelque édifice de notre façon ?
Aujourd’hui l’on veut entreprendre pour Dieu des
constructions gigantesques, mais là est le piège. Au sens strict,
nous ne pouvons jamais travailler pour Dieu. Jésus nous
embauche pour Ses entreprises, pour Ses constructions, et
aucun de nous n’a le droit d’exiger telle ou telle place au
chantier.
8 Mai
La patience de la foi
Parce que tu as su garder, à mon exemple, une
courageuse patience.
Apocalypse 3.10
La patience courageuse est bien plus que l’endurance. La vie
d’un croyant est entre les mains de Dieu comme l’arc entre les
mains de l’archer. Dieu vise un but que le croyant ne peut pas
du tout voir, et Dieu tend la corde toujours davantage, et le
croyant dit à plusieurs reprises : « Je ne puis pas en supporter
davantage ». Dieu n’y fait pas attention, il continue de tendre la
corde, et quand le but est à portée, il tire. Fiez-vous à Dieu par
la patience de la foi.
La foi n’est pas une simple émotion, c’est une confiance ferme
et vigoureuse en l’Amour divin. Vous ne voyez pas Dieu, vous
ne pouvez pas comprendre ce qu’Il fait, mais par la foi vous le
saisissez quand même. Le naufrage de la foi résulte d’un
déséquilibre. Il nous faut sonder notre pensée sur celle vérité
éternelle : Dieu est amour. La foi, c’est l’effort héroïque par
lequel on se jette entre les bras de Dieu.
Dieu, pour nous sauver, a risqué son Fils unique, tout ce qu’il
avait de plus précieux. Il nous demande en retour de tout
risquer pour suivre Jésus. Il y a encore en nous des points sur
lesquels Dieu ne règne pas. La - vie de Jésus était tout entière
consacrée à son Père, il doit en être de même pour la nôtre. « Te
connaître, toi le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ que tu as
envoyé, c’est l’éternelle vie ». La vie éternelle, c’est
proprement une vie qui peut tout affronter sans hésiter jamais.
Dès qu’on l’a compris, la vie devient une merveilleuse
aventure. Dieu fait notre éducation pour que nous puissions
avoir accès à ce bonheur merveilleux.
9 Mai
La révélation nécessaire
Là où il n’y a pas de révélation, le peuple est
sans frein.
Proverbes 29.18
Quelle différence entre un simple idéal moral et une révélation
de Dieu ! L’idéal est abstrait, la révélation nous inspire. L’idéal
n’amène guère à l’action. On peut se faire une conception de
Dieu qui justifie notre inaction, en présence du devoir.
Jonas nous en offre un exemple. « Je savais bien, s’écrie-t-il,
que tu es un Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la
colère, riche en bonté et prêt à renoncer au châtiment ». C’est
ainsi qu’il excuse sa première désobéissance. Une conception
de Dieu, même exacte, peut me fournir un prétexte à ne pas
faire mon devoir. Tandis que la révélation que je reçois
directement me pousse à l’action.
Le plus bel idéal peut être pour nous un opium qui nous endort
et nous mène à la mort. Regardez en vous-même ; n’avez-vous
pour vous guider qu’un idéal abstrait, ou bien Dieu se révèle-t-
il à vous directement ? Il faut, par la vision de Dieu, atteindre
au delà de ce que nous avons sous-la main.
Quand cette vision nous manque, « quand il n’y a pas de
révélation », nous aussi, nous sommes « sans frein ». Nous
cessons de prier, nous ne cherchons plus la direction de Dieu en
toute chose, nous agissons d’après notre propre initiative.
Nous sommes en train de descendre la pente. Où en sommes-
nous ? Est-ce que nous sommes aujourd’hui orientés d’après la
vision de Dieu ? Comptons-nous sur Lui pour faire de plus
grandes choses qu’Il n’a jamais faites ? Sommes-nous,
spirituellement, forts, frais et dispos ?
10 Mai
Allez de l’avant
Joignez à votre foi l’action bonne.
2 Pierre 1.5
« Joignez » indique bien qu’il y a quelque chose que nous avons
à faire de nous-mêmes. Nous oublions trop souvent que si nous
ne pouvons pas faire ce que Dieu fait pour nous, Il ne veut pas
faire à notre place ce que nous pouvons faire nous-mêmes.
Nous ne pouvons nous sauver ni nous sanctifier nous-mêmes,
c’est Dieu qui le fait. Mais ce n’est pas Dieu qui peut prendre
pour nous de bonnes habitudes, former notre caractère, aller
de l’avant à notre place. C’est à nous à tirer peu à peu toutes les
conséquences du salut que Dieu a réalisé en nous., Il s’agit
encore une fois d’acquérir peu à peu de bonnes habitudes, et au
début c’est très difficile. Aller de l’avant, c’est marcher par
nous-mêmes sur la voie que Dieu a tracée devant nous.
Ne demandez pas votre chemin quand vous le savez
parfaitement. N’hésitez plus, faites le premier pas, allez de
l’avant.
Quand Dieu vous parle, agissez en toute confiance, résolument,
et ne revenez jamais en arrière. Si vous hésitez alors que Dieu
vous dit de faire quelque chose, vous risquez de perdre la grâce
de Dieu. Allez de l’avant. Brûlez les ponts derrière vous : «
J’écrirai cette lettre ». Écrivez-là ! « Je paierai cette dette ».
Payez-la !
Il faut que nous prenions l’habitude d’écouter Dieu en toute
circonstance, et de comprendre ce qu’il veut nous dire. Si,
lorsque quelque chose nous arrive, nous nous tournons
instinctivement vers Dieu, c’est que l’habitude est formée.
Nous n’avons plus qu’à marcher, et aller de l’avant.
11 Mai
Allez-y carrément
À la fraternité joignez l’amour.
2 Pierre 1.7
Pour la plupart d’entre nous, l’idée de l’amour est
passablement indéterminée. L’amour intégral pour une
personne suppose que nous la mettons bien au-dessus de toutes
les autres, et c’est cet amour-là que Jésus nous réclame pour
Lui-même (Luc 14.26). Quand l’amour de Dieu est répandu dans
nos cœurs par l’action du Saint-Esprit, il nous est facile de
donner à Jésus la première place.
Dans ces conditions, la première chose que Dieu fait est
d’expulser de moi tout mon orgueil, toute ma fausse estime de
moi-même. Le Saint-Esprit me révèle que Dieu m’aime non pas
du tout parce que je suis digne d’amour, mais parce que
l’amour est la nature même de Dieu. « Et maintenant, dit
l’Esprit de Dieu, aime les autres comme je t’ai aimé. Je vais te
faire rencontrer une foule de gens qui n’ont rien de
sympathique, et envers lesquels tu dois manifester Mon
amour, comme je te l’ai manifesté à toi-même ». Pour cela, il
n’y a qu’une méthode possible : il faut y aller carrément, sans
barguigner. Autrement, vous échouerez.
Le Seigneur « supporte tout ». Si je regarde en moi-même, si je
me rends compte que Dieu m’a aimé sans réserve, avec tous
mes péchés, toutes mes lâchetés, tout mon égoïsme, toutes mes
hontes, alors je me sentirai obligé d’aller aux autres pour les
aimer de la même manière. L’amour de Dieu pour moi est
inépuisable, et c’est là que je dois puiser pour aimer les autres à
mon tour. Dès que je suis fâché contre quelqu’un, ma vie
spirituelle est entravée. Je me fâche contre mon prochain, et je
ne pense plus à tout ce que j’ai fait pour mécontenter Dieu. Il
faudrait que mon union avec Jésus me fît participer à tout
moment à sa tendresse. L’amour divin, comme l’amour
humain, doit être entretenu et cultivé. L’amour doit couler de
source, mais pour le maintenir en soi, il faut se discipliner.
12 Mai
Prenez l’habitude de n’être pas
l’esclave de vos habitudes
Posséder et développer en vous ces qualités
vous préservera d’être des paresseux et des
inutiles.
2 Pierre 18
Quand nous commençons à former en nous une habitude, nous
en avons conscience. À certains moments, nous avons
conscience de devenir vertueux, patients, consacrés, mais ce
n’est là qu’une étape qu’il faut dépasser. Si nous nous en
tenions là, nous tomberions dans la suffisance des Pharisiens.
Nos habitudes doivent se perdre et se confondre avec notre vie
spirituelle, elles doivent devenir inconscientes. Nous avons
seulement à nous rendre compte des qualités qui nous
manquent, pour tâcher de les acquérir. Après quoi cela va tout
seul.
Peut-être vous faites-vous une idole de vos habitudes
religieuses, lire la Bible ou prier à telle heure précise. Vous
verrez que Dieu s’arrangera pour déranger vos habitudes si
vous en faites des idoles. « Je ne puis pas m’occuper de cela
maintenant. J e suis en prière. Cette heure est consacrée à Dieu
». Non, cette heure est consacrée à votre idole, à votre
habitude. Quelque chose vous manque. Rendez-vous en bien
compte, et tâchez de l’acquérir.
Dans l’amour tel qu’il doit être, il n’y a plus d’habitudes
apparentes. Ce qui doit se faire se fait tout seul,
inconsciemment, Quand vous avez conscience de vos mérites,
vous vous figurez que vous ne pouvez pas faire certaines
choses. C’est que quelque chose vous manque. La seule vie
parfaite est celle dont vivait le Seigneur Jésus, et il était en
toute chose en harmonie avec Dieu. Est-ce le cas pour vous ? Si
quelque chose ne va pas, laissez Dieu vous remettre à votre
place, jusqu’à ce que votre vie soit comme celle d’un petit
enfant.
13 Mai
L’habitude d’une bonne
conscience
Une conscience irréprochable devant Dieu et
devant les hommes.
Actes 24.16
Les commandements de Dieu sont difficiles, mais dès que nous
Lui obéissons, ils deviennent divinement faciles.
La conscience est cette faculté supérieure de la nature humaine
qui me révèle les plus hautes réalités spirituelles, et aussi ce
qu’elles réclament de moi. C’est l’œil de mon âme, qui regarde
vers Dieu, ou alors vers ce qu’elle considère comme l’idéal
suprême. C’est pourquoi la conscience ne parle pas à tous le
même langage. Si j’ai l’habitude de regarder Dieu en face, de
toute mon âme, la conscience m’indiquera toujours quelle est
la loi de Dieu, et ce que je dois faire pour lui obéir. Mais suis-je
disposé à toujours lui obéir ? Il me faut garder ma conscience si
sensible qu’elle m’évite tout faux pas. Il me faut vivre dans une
communion si parfaite avec le Fils de Dieu, que dans chaque
circonstance nouvelle ma conscience est ravivée et que je
discerne à l’instant cette volonté de Dieu qui est toujours si «
bonne, agréable et parfaite ».
Dieu fait notre éducation jusque dans le plus petit détail. Mon
oreille est-elle exercée à percevoir le plus léger murmure de
l’Esprit ? « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu ». Sa voix
n’est pas celle du tonnerre : elle est si douce qu’il est facile de la
négliger. Pour garder notre conscience toujours sensible, il n’y
a qu’un moyen : c’est d’être toujours entièrement sincère avec
Dieu. Dès que votre conscience parle, obéissez. Ne discutez pas
avec Dieu. Gardez-vous, par la moindre complaisance pour le
mal, de ternir si peu que ce soit votre vision de Dieu.
14 Mai
L’habitude d’accepter tout
joyeusement
… afin que la vie de Jésus se manifeste aussi
dans notre corps.
2 Corinthiens 4.10
Les habitudes que nous formons en nous doivent manifester ce
que la grâce de Dieu a fait en nous. Il ne s’agit pas de savoir si
nous serons sauvés de l’enfer, mais si nous manifestons dans
notre corps la vie du Fils de Dieu. C’est devant les choses
désagréables que se manifeste clairement notre conversion.
Est-ce que, par toute mon attitude, j’exprime la tendresse
profonde de mon Sauveur, ou bien l’irritation profonde de
mon égoïsme radical ? Pour accepter joyeusement les choses les
plus désagréables, il faut l’enthousiasme que produira en moi
la vie de Jésus si elle se manifeste à travers moi. Devant la
chose la plus repoussante, dites à Jésus : « Seigneur, j’accepte
joyeusement de t’obéir », et Jésus se manifestera
glorieusement en vous.
Point de discussion. En obéissant à ce qui vous a été révélé,
vous êtes rempli de la présence du Fils de Dieu. Mais si vous
discutez, vous attristez le Saint-Esprit. Au lieu de rester
toujours ouvert à la manifestation de Jésus, vous fermez la
porte en vous apitoyant sur vous-même. Les circonstances où
Dieu nous place sont des occasions toujours nouvelles de
manifester la merveilleuse perfection et la merveilleuse pureté
du Fils de Dieu. Est-ce que cela ne vous fait pas battre le cœur,
cette idée que vous allez pouvoir manifester d’une nouvelle
manière la lumière de Jésus ? Ne cherchez pas ce qui est
désagréable, mais quand Dieu vous le présente, soyez sans
crainte : il est de force à vous en tirer.
Soyez toujours prêt à manifester la vie du Fils de Dieu. Ne vous
contentez pas de vivre de vos souvenirs. Que la parole de Dieu
soit toujours en vous, vivante et agissante.
15 Mai
L’habitude d’être toujours à la
hauteur
… afin que vous sachiez quelle est l’espérance à
laquelle il vous appelle.
Éphésiens 1.18
Rappelez-vous que vous avez été sauvés afin que le Fils de Dieu
se manifeste dans votre corps. Appliquez-vous de tout votre
pouvoir à bien remplir ce rôle : soyez toujours à la hauteur des
circonstances.
Vous ne pouvez rien pour votre salut, mais il vous faut agir
pour le manifester au dehors, pour réaliser par votre vie les
conséquences de l’action de Dieu en vous. Est-ce que vous les
réalisez par votre parole, par votre cerveau, par vos forces
nerveuses ? Si vous êtes toujours boudeur et rebelle, alors c’est
un mensonge de dire que vous avez été sauvé et régénéré.
Dieu est le Grand Instructeur. Il veut vous exercer à sauter des
obstacles. « Grâce à mon Dieu, je franchis le rempart ». Dieu ne
vous épargnera aucune des épreuves qui vous sont nécessaires.
« Ne vous étonnez pas, dit Pierre, de l’ardeur des tourments
destinés à vous éprouver ». Soyez à la hauteur, et allez-y ! Il n’y
a pas à se demander si cela va vous faire mal, du moment que
Dieu pouffa par là se manifester en vous.
Que Dieu ne nous trouve jamais en train de geindre et de
grogner, mais qu’il nous trouve pleins de « cran » comme des
athlètes prêts à tout supporter. Le seul but de notre vie étant de
manifester le Fils de Dieu, tout doit être subordonné à cela. De
quel droit venons-nous imposer notre volonté à Dieu ? Est-ce
que Jésus l’a jamais fait ? Nous sommes ici-bas pour nous
soumettre à sa volonté, afin qu’il fasse de nous ses
instruments, le pain rompu et le vin répandu au bénéfice des
autres.
16 Mai
La vraie richesse
Participants de la nature divine.
2 Pierre 1.4
Conformément aux promesses de Dieu, nous sommes admis à
participer à sa divine nature. Alors nous avons à incorporer
cette nature divine dans notre propre nature par la formation
d’habitudes spirituelles, dont la première est de nous rendre
compte à chaque instant du capital d’énergie que Dieu met à
notre disposition. « Mes ressources ne me le permettent pas ».
Mensonge abominable ! Un homme riche et bien élevé ne parle
jamais de ses besoins d’argent. Il en est de même dans le
domaine spirituel. Riches en Dieu, nous parlons comme s’il
nous avait totalement déshérités. Nous croyons être modestes
quand nous disons à la fin de la journée : « Je suis arrivé au
bout, mais ça été une rude tirée » ! Qui supposerait que, par
l’entremise de Jésus, nous pouvons disposer de l’incalculable
richesse du Dieu Tout-Puissant ? Car, si nous Lui obéissons, il
n’y a pas si petit grain de sable ni si lointaine étoile qu’il ne
puisse mettre à notre service. Qu’importe si les circonstances
sont difficiles ! Si nous cédons à la tentation de nous plaindre,
et de nous apitoyer sur notre sort à bouche que veux-tu, nous
bannissons de notre vie les richesses de Dieu, et nous
empêchons les autres de puiser à ses greniers. Aucun péché
n’est plus grave que cette pitié de soi-même, parce qu’elle
efface Dieu et met notre égoïsme sur le trône. Notre bouche ne
s’ouvre plus que pour cracher des lamentations, et notre vie
n’est plus qu’une éponge desséchée,-elle n’a plus rien de
généreux, plus rien d’aimable.
Quand Dieu commence à être content de nous, il nous
appauvrit dans tout le domaine des fausses richesses, jusqu’à
ce que nous ayons bien compris que nous avons en Lui des
sources jaillissantes, inépuisables. Alors Dieu nous demande de
manifester autour de nous sa grâce, et de la répandre sur les
autres.
17 Mai
L’ascension est l’achèvement de
la transfiguration
Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et
fut enlevé au ciel.
Luc 24.51
À partir de la transfiguration, la vie de notre Seigneur est d’un
autre ordre, d’une qualité nouvelle, dont nous ne pouvons par
nous-mêmes avoir aucune expérience. À partir de ce moment-
là, la vie de notre Seigneur devient entièrement substitutive.
Jusque-là, sa vie était la vie normale d’un homme parfait. À
partir de la transfiguration, tout est nouveau et incomparable :
Gethsémani, la croix, la résurrection. Sa croix est le portique
par lequel tout membre de la famille humaine entre h -. - dans
la vie de Dieu. Par sa résurrection, il acquiert le droit de donner
à chaque homme la vie éternelle. Par son ascension, notre
Seigneur étant entré dans le Ciel, en tient pour nous tous la
porte grande ouverte.
La transfiguration s’achève sur la montagne de l’ascension. Si
Jésus, du haut de la montagne de la transfiguration était monté
directement au ciel, il y serait allé seul ; il n’aurait été pour
nous qu’une glorieuse figure. Mais renonçant à toute gloire, il
est redescendu de la montagne pour s’unir à l’humanité
déchue.
L’ascension complète la transfiguration. Cette fois-ci, le
Seigneur retourne bien à Sa gloire éternelle : mais il n’y
retourne plus seulement comme Fils de Dieu, il y retourne
comme Fils de l’homme. La route est grande ouverte
maintenant qui peut mener tout homme jusqu’au trône de
Dieu. Fils de l’homme sur la terre, Jésus avait renoncé à son
omnipotence, à son omniprésence, à sa toute-science. Fils de
l’homme dans le ciel, il les a retrouvées. Depuis le jour de
l’Ascension, il est à tout jamais le Roi des rois et le Seigneur des
seigneurs.
18 Mai
Confiance et sérénité
Voyez les oiseaux de l’air… voyez les fleurs des
champs.
Matthieu 6.26-28
Les fleurs des champs, sans le moindre effort, croissent et
s’épanouissent. La mer, l’atmosphère, le soleil, la lune, les
étoiles, ils sont là tout simplement, et leur simple présence
nous comble de biens. Que de fois il arrive que nous entravons
l’influence que Dieu voudrait exercer à travers nous, par nos
efforts maladroits pour agir de la manière qui nous paraît la
meilleure et pour être utiles. Jésus nous enseigne que la seule
voie pour croître et grandir spirituellement, c’est de vivre en
communion avec Dieu : « Ne vous préoccupez pas de
rechercher comment vous pourrez être utile aux autres, mais
croyez en Moi ; cherchez la Source, et des fleuves d’eau vive
couleront de votre sein ». Même pour les sources de notre vie
naturelle, notre bon sens est incapable de les atteindre. Et pour
la vie spirituelle, Jésus nous enseigne que ce n’est pas par nos
réflexions et nos inquiétudes que nous pouvons la faire croître
et grandir, mais seulement par notre communion avec le Père
céleste. Notre Père connaît nos circonstances, il nous fera
croître et fleurir comme les lis des champs.
Ceux qui exercent sur nous la plus forte influence ne sont pas
ceux qui cherchent à nous endoctriner, ce sont ces âmes
simples, pleines de confiance et de sérénité, pareilles aux fleurs
des champs et aux étoiles du ciel.
Pour servir Dieu, soyez unis à Jésus-Christ, et chacune de vos
minutes sera mise à profit par Dieu sans que vous vous en
rendiez compte.
19 Mai
Toujours sauvés du naufrage
Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
Romains 8.35
Dieu ne nous exempte pas des peines de la vie. Mais, dans la
peine, Il se tient près de nous. Si terribles que puissent être les
peines qui vous assaillent, aucune ne pourra vous séparer de la
communion avec Dieu. Nous sommes « plus que vainqueurs »
au sein même des pires épreuves. Paul ne parle pas ici de maux
imaginaires, mais de réalités accablantes. « Mais parmi toutes
ces détresses, s’écrie-t-il, nous sommes plus que vainqueurs,
par l’amour de Celui qui nous a aimés sur la croix ». Ce n’est
donc pas par aucun héroïsme de notre part. Je plaindrais un
chrétien dont la vie serait sans épines, et qui n’aurait pas cette
occasion d’éprouver la grâce de Dieu.
« Cet amour du Christ, qui pourrait nous en arracher ? Sera-ce
l’oppression ? Ou l’angoisse ? Ou la persécution ? Ou la famine
? Ou le dénuement ? Ou le péril de mort ? Ou le glaive du
bourreau » ?
Si Jésus-Christ ne nous trompe pas, si l’apôtre Paul n’est pas un
visionnaire, eh ! Bien, à celui qui tient ferme, suspendu à
l’amour de Dieu, au milieu de ces terribles détresses, il arrive
quelque chose de bien extraordinaire. La logique ne compte
plus pour lui, L’amour de Dieu, en Jésus-Christ, rayonne par-
dessus toutes ces ténèbres : il est, toujours et partout, sauvé du
naufrage.
20 Mai
La réalité divine
Par votre persévérance et votre patience, vous
conserverez votre vie.
Luc 21.19
Quand un homme est né de nouveau, sa pensée et son
raisonnement ne retrouvent pas tout de suite leur équilibre. il
nous faut organiser dans notre pensée tous les éléments et
toutes les conditions de notre vie nouvelle, façonner notre
esprit à l’image du Christ. Il faut arriver, patiemment, à
posséder notre âme. Il y a bien des croyants qui restent
immobiles au seuil de la vie chrétienne, au lieu de construire
leur nouvelle vie. Nous échouons dans cette entreprise si
nécessaire, à cause de notre ignorance, et parce que nous
attribuons à l’action de Satan ce qui est l’effet de notre propre
nature, indocile et rebelle. Quels abîmes de corruption il y a au
fond de nous, qui soudain transparaissent !
Sur certains points, il ne s’agit pas de prier, il faut réagir. La
mauvaise humeur doit être énergiquement boutée dehors, à
coups de pied s’il le faut. La mauvaise humeur tient
généralement à un état physique. Mais il ne faut jamais y
consentir. Prenez-vous par la peau du cou, secouez-vous
énergiquement, et vous verrez que cela passera. Ce qu’il y a de
terrible, c’est que nous ne voulons pas réagir. La vie chrétienne
est une vie, où l’on a sans cesse besoin d’avoir du cran.
21 Mai
Ce qu’il faut mettre en
première ligne
Cherchez premièrement le royaume de votre
Père céleste et la sainteté qu’il peut seul vous
donner, et tous les biens matériels vous seront
donnés en plus.
Matthieu 6.33
Aucune parole n’est plus révolutionnaire que cette parole de
Jésus : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu ». Même
les plus pieux d’entre nous raisonnent tout autrement : « Il faut
bien que je vive ; que j’aie de quoi manger ; que j’aie un peu
d’argent » Notre grand souci n’est pas le royaume de Dieu, mais
le maintien de notre vie physique. Jésus renverse l’ordre :
d’abord nos rapports avec Dieu ; nous avons à mettre cela en
première ligne ; le reste viendra ensuite.
« Ne vous inquiétez pas pour votre vie… » Combien il est
déraisonnable, nous dit Jésus, de s’attacher si ardemment à
tous ces biens matériels ! Remarquez que Jésus ne prêche pas
du tout l’insouciance. Celui qui ne s’inquiète de rien est un
insensé. Le disciple de Jésus doit s’attacher avant tout à ses
rapports avec Dieu, et subordonner, mais non pas supprimer,
toutes ses autres préoccupations à celle-là. Ne vous laissez pas
dominer par l’idée de ce que vous aurez à manger et à boire. il y
a des gens qui ne s’inquiètent pas du tout de ce qu’ils mangent
et boivent, et ils ont à en souffrir ; ils ne s’inquiètent pas de
leurs vêtements, et leur tenue n’est pas ce qu’elle devrait être ;
ils ne s’inquiètent pas de leurs affaires, et Dieu les tient pour
responsables. Jésus nous dit : Premièrement le royaume de
Dieu, et secondement tout le reste.
Obéir à cet enseignement de Jésus est très difficile, Il faut
beaucoup de courage à un chrétien pour qu’il permette au
Saint-Esprit de le plier à cette sévère discipline.
22 Mai
Le but de la vie chrétienne
Je te prie… afin que tous soient un. Comme tu
es en moi, Père, et moi en toi, qu’eux aussi
soient en nous.
Jean 17.21
Si vous traversez une épreuve où vous vous sentez seul, lisez ce
chapitre 17 de l’évangile de Jean. Vous y verrez l’explication de
votre épreuve. Jésus a demandé à Dieu que vous puissiez être
uni au Père comme il l’est lui-même. Vous efforcez-vous de
rendre possible à Dieu l’exaucement de cette prière, ou bien
votre vie a-t-elle un autre but ? Depuis que vous êtes disciple de
Jésus, votre vie ne vous appartient plus comme auparavant.
Le but que Dieu poursuit n’est pas proprement l’exaucement
de nos prières, mais par nos prières nous apprenons à discerner
la pensée de Dieu à notre égard, celle qui nous est révélée dans
ce chapitre 17 de Jean. Dieu ne peut pas ne pas exaucer la prière
de Jésus : « Qu’ils soient un, comme nous sommes un ». En
sommes-nous là?
Dieu ne se préoccupe pas de nos projets. Il ne nous demande
pas si nous voulons traverser telle ou telle épreuve ; il permet
qu’elle ait lieu pour réaliser son but, à Lui. Les épreuves que
nous traversons nous rendent meilleurs, plus dignes de Dieu ;
ou au contraire elles nous aigrissent, elles accroissent notre
égoïsme. Elles font de nous des démons ou des saints, suivant
l’attitude que nous avons à l’égard de Dieu. Si nous savons dire
: « Que ta volonté soit faite », nous recevons la consolation
incomparable de comprendre que Dieu, notre Père, travaille en
nous selon sa sagesse. Rien ne peut plus nous abattre, nous
dessécher le cœur. Jésus a demandé pour nous la même union
qui existe entre lui et son Père. Nous en sommes bien loin, du
moins la plupart d’entre nous, mais cette prière de Jésus ne
peut pas ne pas être exaucée.
23 Mai
L’inquiétude est un manque de
foi
Ne vous inquiétez pas de la nourriture
nécessaire à votre vie, de ce que vous mangerez
et de ce que vous boirez ; ni de ce que vous
mettrez sur vous, pour habiller votre corps.
Matthieu 6.25
Toutes ces préoccupations que le bon sens vulgaire considère
comme essentielles, Jésus y voit la défaillance de notre foi. Si
nous avons reçu en nous l’Esprit de Dieu, l’Esprit nous
sondera, nous aiguillonnera sans cesse : « Que fais-tu de ton
Dieu dans cette amitié nouvelle, dans ces beaux plans pour tes
vacances, dans ces livres nouveaux que tu viens d’acheter » ? Il
insistera sans trêve jusqu’à ce que nous ayons appris à faire de
Dieu notre première, notre principale préoccupation. Partout
où nous mettons autre chose que Dieu en première ligne, tout
s’embrouille et s’obscurcit.
« Ne vous inquiétez pas… » Ne vous chargez pas vous-même du
souci de prévoir. Se tourmenter n’est pas seulement une faute,
c’est un manque de foi : nous nous tourmentons parce que
nous ne croyons pas que Dieu puisse s’occuper des petits détails
de notre vie, et c’est toujours ces petits détails pour lesquels
nous nous faisons du souci. Jésus nous révèle tout cela dans la
parabole du semeur. Qu’est-ce qui étouffe en nous la parole
qu’il y a semée ? Satan ? Eh ! Bien non, ce sont « les soucis de ce
monde ». Toujours les petits tracas de la vie. Je ne veux pas
croire à ce que je ne vois pas de mes yeux, c’est le germe de
notre incroyance. Le seul remède à cela, c’est l’obéissance au
Saint-Esprit.
Ce que Jésus réclame avant tout de ses disciples, c’est
l’abandon.
24 Mai
La joie dans le désespoir
Quand je le vis, je tombai comme mort à ses
pieds.
Apocalypse 1.17
Même si, comme l’apôtre Jean, vous connaissez Jésus
intimement, il peut arriver qu’il vous apparaisse soudain avec
un aspect tout nouveau, et tel que vous tombiez comme mort à
ses pieds. Il y a des moments où Dieu ne peut se révéler à nous
que dans sa majesté. C’est cette terrible majesté qui produit en
nous la joie dans le désespoir : courbés jusqu’à terre, nous
savons que la main de Dieu seul pourra nous relever.
« Il posa sur moi sa main droite ». Dans notre accablement,
nous sentons tout à coup le contact de Jésus-Christ. Ce n’est
pas la main du juge, c’est la main de notre Père céleste. Ce
contact à lui seul est un réconfort, une paix ineffable. « Les bras
éternels sont au-dessous de toi » pour te soutenir, te consoler,
te fortifier. Dès qu’on a senti ce contact, aucune crainte n’est
plus possible. Du haut de sa gloire éternelle, le Seigneur Jésus
s’abaisse jusqu’à moi, le plus insignifiant de ses disciples, pour
venir me dire : « Ne crains pas, crois seulement » Quelle
douceur et quelle tendresse !
Le désespoir ordinaire ne contient aucune joie, aucune
espérance de quelque chose de meilleur. Mais il y a de la joie
dans mon désespoir quand « je sais qu’en moi, c’est-à-dire dans
mon être terrestre, on ne peut rien trouver de bon ». Ma joie
c’est de sentir que je n’ai plus, tel que je suis, qu’à m’anéantir
devant Dieu, et que Lui seul pourra me relever. Dieu ne peut
rien faire pour moi tant que je n’ai pas reconnu mon incapacité
radicale.
25 Mai
Savons-nous mettre de côté
notre intérêt personnel ?
Si tu prends à gauche, j’irai à droite ; et si tu
prends la droite, j’irai à gauche.
Genèse 13.9
Aussitôt que vous commencez de vivre de la vie d’un enfant de
Dieu, de magnifiques horizons s’ouvrent devant vous, et vous
avez le droit de choisir là dedans tout ce qui vous convient.
Mais si vous vivez par la foi, si vous êtes vraiment un enfant de
Dieu, vous userez de votre liberté pour renoncer à tous vos
droits, et vous laisserez Dieu choisir à votre place. Dieu vous
placera peut-être, pour vous éprouver, devant un choix tel qu’à
vues humaines, votre premier devoir serait de vous inquiéter
de votre santé, de votre bien-être. Mais si vous vivez par la foi,
vous renoncerez joyeusement à votre droit de choisir vous-
même, et vous laisserez à Dieu le soin de choisir pour vous.
C’est en pratiquant cette discipline d’obéissance totale à la voix
de Dieu que vous verrez tout votre être naturel se transformer
en un être spirituel.
Toutes les fois que nous nous fondons sur notre droit, cela
obscurcit en nous l’intuition de Dieu. Le plus grand ennemi de
la vie en Dieu, ce n’est pas le péché, c’est le bien qui n’est pas
tout ce qu’il devrait être. Abraham avait tous les droits pour
choisir lui-même, c’était, semble-t-il, ce qu’il avait de mieux à
faire et, dans son entourage, on a dû le taxer de fou. Beaucoup
d’entre nous ne font pas de progrès dans la vie spirituelle,
parce que nous voulons choisir nous-mêmes ce qui vaut le
mieux, au lieu de laisser Dieu choisir pour nous. Nous avons à
nous habituer à regarder à Dieu pour toute chose.
26 Mai
La prière comme Jésus la
conçoit
Priez sans cesse.
1 Thessaloniciens 5.17
Quelle est notre conception de la prière ? Si nous la concevons
comme la respiration de notre âme, aussi indispensable que la
respiration pulmonaire ou la circulation de notre sang, nous
sommes dans le vrai. Nous respirons sans cesse, et notre sang
s’écoule sans cesse, et nous ne nous en apercevons pas. De
même il peut se faire que nous ne sentions pas notre contact
avec Dieu, mais si nous Lui obéissons sans cesse, le contact
reste établi. La prière n’est pas un exercice qu’on pratique de
temps en temps, c’est la vie même de notre âme. C’est pourquoi
nous devons prier sans cesse, être comme les petits enfants qui
sans cesse ont quelque chose à dire ou à demander à leurs
parents. La prière doit jaillir de notre cœur à toute occasion.
Jésus ne parle jamais de prières qui resteraient sans réponse : il
avait la certitude absolue que la prière reçoit toujours une
réponse. Possédons-nous cette certitude ? « Quiconque
demande reçoit ». « Mais pourtant… », disons-nous. Or, Dieu
répond toujours à nos prières ; de la manière qui est en réalité
la meilleure, bien que l’exaucement de nos requêtes, sur le
terrain où nous nous sommes placés, ne nous soit pas tout de
suite accordé. Possédons-nous cette certitude, qu’il y a toujours
une réponse de Dieu.
Nous atténuons, nous affaiblissons les paroles de Jésus, pour
les mettre d’accord avec le sens commun. Mais il n’aurait pas
valu la peine qu’il vînt sur la terre pour nous enseigner le sens
commun. Ce qu’il nous dit de la prière est une révélation
27 Mai
Le baptême du Saint-Esprit
J’enverrai sur vous ce que mon Père a promis.
Demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous
soyez revêtus de la puissance d’en haut.
Luc 24.49
Les disciples devaient rester à Jérusalem, non pas seulement
pour se préparer à leur mission, mais pour attendre ce que
Jésus leur avait promis. « Élevé par la puissance de Dieu, dit
Pierre le jour de la Pentecôte, ce Jésus que vous avez mis à mort
et que Dieu a ressuscité, a reçu du Père l’Esprit Saint et l’a
répandu sur ses disciples vous le voyez, vous l’entendez, »
Avant que Jésus ait été glorifié, l’Esprit ne pouvait se
manifester sur la terre (voyez Jean 7, ~ Pour nous, nous
n’avons pas à l’attendre comme les disciples. Il est tout prêt
pour nous, si nous sommes prêts pour Lui.
Recevoir le Saint-Esprit, c’est recevoir la vie même du Seigneur
ressuscité et glorifié. Le baptême du Saint-Esprit n’est pas
autre chose que cela. Le Nouveau Testament nous l’enseigne
très clairement.
Le baptême du Saint-Esprit n’est pas un fait momentané, c’est
une présence éternelle. « C’est ici l’éternelle vie, qu’ils te
connaissent, toi le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ que tu as
envoyé ». Commencez dès maintenant à vivre de cette vie, qui
ne finira jamais.
28 Mai
La révélation parfaite
En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur
rien.
Jean 16.23
« En ce jour-là ». C’est-à-dire quand le Sauveur glorifié nous
aura fait entrer dans la communion du Père. Jusqu’à ce
moment-là, vous avez bien des questions à me poser. Mais une
fois que vous êtes dans la communion de Dieu, les questions
s’évanouissent, il n’en reste plus. Votre vie s’est transformée
parce qu’elle s’est identifiée à celle du Christ ressuscité, et vous
êtes en parfait accord avec les desseins de Dieu. Peut-on
vraiment dire cela de vous ? Mais pourquoi pas ?
Il peut y avoir une foule de choses qui restent obscures pour
votre intelligence, mais elles n’ont pas à intervenir entre votre
cœur et Dieu. « Ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien
». À quoi bon poser des questions, puisque vous savez que Dieu
arrangera toutes choses pour que sa volonté se réalise de point
en point. Votre cœur ne se trouble point, puisque vous vous
confiez en Jésus. Si vous rencontrez quelque difficulté quelque
obstacle à votre foi, n’en cherchez pas la solution dans votre
intelligence, mais bien dans vos dispositions intérieures, c’est
là qu’il y a quelque chose à corriger. Quand vous serez
parfaitement disposé à vous soumettre à Jésus, votre
intelligence y verra parfaitement clair, vous serez tout près de
Dieu, comme l’enfant qui tient la main de son père, et ce jour-là
vous n’aurez plus de questions à poser.
29 Mai
La communion inaltérable
En ce jour-là, vous demanderez en mon nom…
le Père lui-même vous aime.
Jean 16.26-27
« Vous demanderez en mon nom », c’est-à-dire à cause du fait
que vous serez unis à moi. Il ne s’agit pas de l’invocation
magique du nom de Jésus. Et « ce jour-là », il est là devant nous.
« Le Père lui-même vous aime ». L’union ne peut pas être plus
intime, plus parfaite. Notre Seigneur ne veut pas dire que nous
serons exemptés de toute difficulté intérieure, mais qu’il
pourra nous communiquer par le baptême du Saint-Esprit
toute la pensée de Dieu, comme lui-même la possède.
« Quoi que ce soit que vous demandiez au Père en mon nom… »
Nous aurons ce jour-là une communion inaltérable avec Dieu.
Nous serons un avec lui, comme Il est un avec Jésus.
« … Il vous l’accordera ». Jésus nous garantit ici que Dieu
tiendra compte de nos prières. Quel merveilleux engagement !
Nous pouvons donc, librement, entrer en communion parfaite
avec la souveraine volonté de Dieu, à l’instar de Jésus lui-
même.
« Quoi que ce soit que vous demanderez au Père en mon nom, Il
vous l’accordera ». La souveraineté de Jésus nous garantissant
la possibilité d’avoir à notre disposition la souveraineté de
Dieu !
30 Mai
« Oui - Mais… »
Seigneur, je te suivrai… mais…
Luc 9.61
Supposons que Dieu vous demande de faire quelque chose qui
est tout à fait contraire à votre bon sens, qu’allez-vous faire ?
Allez-vous reculer ? Quand on a pris une habitude, dans le
domaine corporel, on recommence chaque fois, jusqu’à ce
qu’on ait brisé cette habitude par un effort de volonté. Il en est
de même dans le domaine spirituel. Vous serez chaque fois sur
le point d’obéir à Jésus-Christ, et chaque fois vous reculerez,
jusqu’à ce que vous ayez pu abandonner, par un acte de
volonté, votre propre volonté. « Oui, dites-vous ; mais, si je fais
cela, qu’en résultera-t-il » ? « Oui, j’obéirai à Dieu, pourvu qu’Il
me laisse user de mon bon sens, mais ne me demandez pas de
m’avancer dans l’obscurité ».
Jésus-Christ réclame de son disciple le même cran, le même
esprit sportif que nous voyons chez l’homme ordinaire. Si un
homme veut réussir dans n’importe quel domaine, il faut qu’il
soit prêt, à certains moments, à tout risquer, à faire le saut.
Jésus-Christ vous demande de risquer, au point de vue du bon
sens, tout ce que vous avez et de faire ce saut périlleux. Si vous
le faites, vous vous apercevez tout de suite que vous êtes
désormais sur un terrain aussi solide que celui du bon sens. En
jugeant par le bon, sens, les affirmations de Jésus sont de la
pure folie ; mais en, jugeant par la foi, vous vous apercevrez
avec un frémissement que ce sont les paroles même de Dieu.
Confiez-vous en Dieu et quand Il vous le demandera, faites le
saut. Dans les circonstances tragiques, nous devenons presque
tous des païens. Bien peu d’entre nous ont le courage de faire à
Dieu crédit.
31 Mai
Dieu le premier
Dieu le premier dans notre confiance
.Jésus ne se fiait pas à eux, il les connaissait
tous… il savait de lui-même ce qu’il y avait
dans l’homme.
Jean 2.24-25
Notre Seigneur ne se fiait à personne. Et pourtant il ne
soupçonnait jamais le mal, jamais il n’avait d’amertume contre
quelqu’un, jamais il ne désespérait de personne ; et cela parce
qu’il mettait Dieu le premier dans sa confiance. Il se fiait
absolument à la grâce de Dieu pour n’importe quel homme. Si
je mets ma confiance d’abord dans les êtres humains, je finirai
par désespérer de tous. Je serai plein d’amertume, parce que
j’ai cherché dans l’homme une perfection irréalisable. Ne
mettez votre confiance qu’en Dieu seul, qu’il s’agisse de vous-
même ou de quelqu’un d’autre.
Dieu le premier, dans ce qu’il exige de vous
Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté.
Hébreux 10.9
Obéissons-nous à nous-mêmes, ou aux exigences de Dieu ?
Notre Seigneur obéissait à la volonté de son Père. Aujourd’hui
l’on proclame « Il faut se mettre au travail. Les païens périssent
sans connaître Dieu. Allons leur en parler ». Nous avons avant
tout à obéir à ce que Dieu exige de nous, dans notre for
intérieur. C’est alors seulement que Dieu pourra se servir de
nous, et Il nous ouvrira Lui-même la voie.
Dieu le premier, dans ce qu’il nous a confié.
Et quiconque reçoit un de ces petits enfants en
mon nom, c’est moi qu’il reçoit.
Matthieu 18.5
Le précieux trésor que Dieu me confie, c’est Lui-même sous la
forme d’un petit enfant. Dieu me demande d’être la crèche de
Bethléhem. Le but de Dieu, c’est que peu à peu l’homme
naturel soit transfiguré en moi par la vie de son Fils, qui se
développe en moi, et que je dois manifester toujours
davantage.
1er Juin
La question renversante
Fils de l’homme, ces ossements peuvent-ils
revivre ?
Ézéchiel 37.3
Ce pécheur peut-il devenir un saint ? Cette vie tordue peut-elle
se redresser ? Il n’y a pour cela qu’une seule réponse :
« Seigneur, tu le sais, mais je ne le sais pas ». Ne prétendez pas
ici faire intervenir votre bon sens, en disant : « Oh ! Oui, avec la
lecture plus assidue de la Bible, un peu plus de piété, un peu
plus de prière, nous arriverons à un résultat ».
Il est beaucoup plus facile de faire quelque chose que d’avoir
confiance en Dieu. Stimulés par la peur, nous agissons. Mais ce
n’est pas de l’inspiration, ce n’est pas de la foi véritable. Et c’est
pourquoi tant de gens travaillent pour Dieu, sans collaborer
vraiment avec lui. Au fond, est-ce que je crois que Dieu pourra
faire ce qui m’est impossible ? Moins je me rends compte que
Dieu est capable de venir à mon aide, et plus je suis enclin à
désespérer de la conversion des autres. Si j’étais, grâce à mon
expérience personnelle, tout pénétré de la grandeur et de la
puissance de Dieu, alors je ne douterais plus qu’il pût sauver les
autres, quelle que fût leur déchéance. Plus je manque de vie
spirituelle, plus je suis envahi par le doute et la crainte.
« Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel Je vais ouvrir vos
tombeaux… » Quand Dieu veut me révéler la corruption de la
nature humaine, il ouvre mon tombeau. Il me fait voir en moi,
pour autant que je suis en dehors de sa grâce, bien plus de
possibilité de mal que le pire criminel n’en a jamais réalisé. «
En moi, dit Paul, dans mon être charnel, il n’y a rien de bon ».
Dieu nous révèle ainsi par son Esprit ce que nous sommes
naturellement, avant que sa grâce toute-puissante ait agi en
nous.
2 Juin
Quelle est la vision qui vous
hante ?
Quel est l’homme qui craint l’Éternel ?
Psaume 25.12
Quelle est la vision qui vous hante ? « Aucune », direz-vous
peut-être. Mais aucun de vous n’échappe à une telle hantise. La
vision peut venir d’en bas ou d’en haut. Le psalmiste nous dit
que nous devons être hantés par la vision de Dieu. Cette vision
doit faire partie intégrante de toutes nos pensées, sans aucun
raisonnement de notre part. La pensée de l’enfant est toujours
hantée par la vision de sa mère, même quand il ne s’en rend pas
compte. On le voit bien dès qu’il lui arrive quelque infortune.
C’est ainsi que nous devons avoir en Dieu la vie, le mouvement
et l’être, que nous devons considérer toute chose du point de
vue de Dieu, la vision de Dieu surgissant sans cesse de notre
subconscience.
Si nous sommes hantés par la vision de Dieu, aucune autre ne
peut nous hanter, aucun souci, aucun tracas, aucun
découragement. Et voilà pourquoi Jésus condamne si
sévèrement le péché de l’inquiétude. Comment osons-nous
douter ainsi de la bonté de Dieu, quand il nous environne de
toute part ? Être hanté par la vision de Dieu, c’est le rempart le
plus efficace contre les assauts de l’ennemi.
« Son âme reposera dans le bonheur ». Malgré la persécution, la
calomnie, toutes les misères, si notre vie est cachée avec le
Christ en Dieu, Il nous fera reposer dans le bonheur. Nous nous
privons nous-mêmes de cette communion merveilleuse et
bienfaisante. « Dieu est notre refuge ». C’est un abri où rien ne
peut nous atteindre.
3 Juin
L’intimité avec Dieu
L’amitié de l’Éternel est pour ceux qui le
craignent.
Psaume 25.14
À quoi reconnaît-on un véritable ami ? À ce qu’il nous raconte
ses chagrins secrets ? Non, mais à ce qu’il nous fait part de ses
joies secrètes. Vous trouverez bien des gens pour vous confier
leurs chagrins ; l’intimité seule permet d’échanger ses joies
intimes. Avons-nous jamais permis à Dieu de nous faire part de
ce qui le réjouit ? Sommes-nous si pressés de lui raconter tous
nos secrets que nous ne lui laissons pas un instant pour nous
parler lui-même ? Au début de notre vie chrétienne, nous
sommes débordants de requêtes. Plus tard, nous comprenons
que Dieu veut nous mettre en rapport direct avec lui, afin que
nous prenions part à ses desseins. Sommes-nous assez pénétrés
de la conception que Jésus-Christ a de la prière : « Que ta
volonté soit faite… » pour pouvoir saisir les plus secrètes
intentions de Dieu ? Dieu touche nos cœurs, non pas tant par
ses grandes bénédictions que par les petits détails : il est au
courant de tout ce qui nous concerne, il sympathise avec nos
moindres préoccupations.
À l’homme qui craint l’Éternel, Dieu montrera la voie qu’il doit
choisir. Au début, nous avons besoin de nous rendre compte
que Dieu nous dirige. Plus tard, notre pensée est si pénétrée par
l’Esprit de Dieu qu’il n’est pas besoin que nous cherchions sa
volonté ; l’idée même de choisir autre chose ne nous viendra
plus. Chaque fois que nous ne sommes pas sûrs d’être sur la
bonne voie, il faut s’arrêter net, et non pas se mettre à
raisonner, en se disant : « Pourquoi pas, après tout » ? Dieu, à ce
moment-là, nous instruit par nos choix spontanés, il dirige
notre bon sens ; nous ne faisons plus obstacle à son Esprit en lui
demandant sans cesse : « Seigneur, quelle est donc ta volonté »
?
4 Juin
Il ne te délaissera point
Dieu lui-même a dit : Je ne te laisserai pas ;
non, je ne t’abandonnerai pas. Ainsi pouvons-
nous dire avec assurance Le Seigneur est mon
secours, je n’aurai pas peur ; que pourrait me
faire un homme ?
Hébreux 13.5-6
Quelle direction ma pensée est-elle en train de suivre ? Est-elle
attentive aux paroles de Dieu ? Ou bien n’est-elle préoccupée
que de ses craintes ? « Dieu lui-même a dit… » Est-ce que je
prétends, au lieu de l’écouter, n’être attentif qu’à ce que disent
mes instincts laissés à eux-mêmes ?
« Je ne te délaisserai pas ». Dieu ne me délaisse pas, malgré mon
péché, malgré mon égoïsme, malgré ma résistance, malgré ma
révolte. Quelle promesse ! Et comment ne pas l’écouter ?
« Je ne t’abandonnerai pas ». Ce n’est pas toujours les vraies
difficultés qui me font croire que Dieu m’abandonne : c’est tout
simplement le terre à terre de la vie quotidienne. Il n’y a point
de roc escarpé à gravir, il n’est pas question d’héroïsme, il n’y a
point de vision merveilleuse, il y a le train train de la vie de tous
les jours. Suis-je capable d’entendre encore la voix
de Dieu ?
Nous sommes dans l’idée que Dieu va faire pour nous quelque
chose d’extraordinaire, et qu’il nous prépare pour cela. Mais si
nous avançons dans la vie chrétienne, nous découvrons que
Dieu peut être glorifié en nous à tout instant. Alors, si nous
sommes fidèles à ce que Dieu nous dit, une énergie prodigieuse
nous viendra, et nous pourrons chanter de joie au milieu des
plus triviales occupations.
5 Juin
Ce que Dieu me dit
Dieu lui-même a dit : … Aussi pouvons-nous
dire avec assurance…
Hébreux 13.5-6
Ce que je dis doit se fonder sur ce que Dieu me dit. Dieu dit : « Je
ne te laisserai pas ». Alors, de mon côté, je puis dire avec
courage : « Le Seigneur est mon secours, je n’aurai pas peur ».
Alors je ne serai plus hanté par la crainte. Si je suis jamais tenté
d’avoir peur, je me souviendrai de la promesse de Dieu, et je
serai plein de courage, comme un enfant qui s’élance pour
accomplir un désir de son père. Il y s bien des croyants dont la
foi faiblit quand surgit la crainte ; leur aine ne sait pas respirer
la force en Dieu.
Qu’est-ce donc qui vous fait si peur ? Vous n’êtes pas un lâche,
vous allez de l’avant, mais la crainte vous tenaille. Vous ne
savez où trouver du secours. Dites-vous donc : « Le Seigneur est
mon secours, là où je suis, en ce moment même ». Avez-vous
appris à écouter Dieu d’abord, et puis à régler vos paroles sur
les siennes ? Ou bien commencez-vous par dire ce qui vous
paraît juste, en essayant après coup d’ajuster à cela la parole de
Dieu ? Vous n’aurez qu’une chose à faire : vous emparer de la
promesse de Dieu, et puis dire : « Je n’aurai pas peur ». Quelque
obstacle qui puisse obstruer votre chemin, Dieu a dit : « Je ne
t’abandonnerai jamais ».
La fragilité de notre foi nous empêche de nous fier à la parole
de Dieu. Quand nous sentons notre faiblesse devant les
difficultés, ces difficultés deviennent des montagnes, nous ne
sommes plus que des vermisseaux, et Dieu n’existe plus.
Rappelez-vous que Dieu a dit : « Je ne te délaisserai pas ». Et
répondez-lui courageusement : « Oui, le Seigneur est mon
secours ».
6 Juin
Élaborez ce que Dieu met en
vous
Élaborez en vous votre propre salut.
Philippiens 2.12
Votre volonté s’accorde avec celle de Dieu, mais dans votre
organisme il y a une tendance profonde qui vous rend
impuissant à faire votre devoir. Quand le Seigneur entre dans
votre pensée, cela éveille en vous la volonté du bien, qui est
toujours d’accord avec Dieu. Si vous en doutiez, regardez à
Jésus, et vous vous en rendrez compte. Ce qui vous fait dire : «
Non, je ne veux pas » ! Ce n’est pas votre volonté, c’est votre
perversité, ou bien votre obstination, qui luttent toujours
contre Dieu. La volonté dans l’homme va plus profond que le
péché, car la volonté, c’est le caractère essentiel que Dieu s mis
dans l’homme, sa créature, tandis que le péché est une
perversion qui s’est introduite après coup dans la nature
humaine. Chez un homme régénéré, la volonté est une énergie
qui provient directement du Tout-Puissant. « Car c’est Dieu qui
produit en nous la volonté et l’action, pour l’accomplissement
de Ses desseins ».
Vous avez à élaborer, avec l’aide de Dieu, ce que Dieu met en
vous. Vous n’êtes pas l’auteur de votre salut, mais vous avez à
l’élaborer, en vous fondant, d’une foi inébranlable, sur la
Rédemption parfaite accomplie par le Seigneur. De cette
manière, votre volonté s’unit à celle de Dieu, vous agissez en
tout selon les desseins de Dieu, et votre âme respire librement
Dieu étant la source de votre volonté, vous pouvez aisément
vous ajuster à ce qu’il veut de vous. Notre obstination est
comme un paquet de préjugés qui refuse d’être éclairé ; il n’y a
qu’une chose à faire, le faire sauter à la dynamite, par
l’obéissance résolue au Saint Esprit.
Est-ce que j’ai saisi par la foi le Dieu Tout-Puissant, source de
ma volonté ? Dieu me demande de faire Sa volonté, et il met en
moi tout ce qu’il faut pour la faire.
7 Juin
Le point central
Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le
ferai.
Jean 14.13
Est-ce que je m’acquitte fidèlement du ministère de
l’intercession ? Dans ce ministère caché, il n’y a aucun piège,
aucun danger de vanité ou d’orgueil ; mais il porte du fruit à la
gloire du Père. Est-ce que je laisse ma vie spirituelle se dissiper
à tous les vents, ou bien est-ce qu’elle est concentrée sur un
seul point : l’Expiation ? Est-ce que Jésus-Christ domine de
plus en plus tons les élans de ma vie ? Si l’Expiation est le point
central de toute .ma pensée, sous son influence je porterai du
fruit à la gloire de Dieu, dans chaque phase de mon existence.
Il faut que je prenne le temps de me recueillir, si je veux saisir
ce point central, d’où me viendra toute énergie. Est-ce que je
donne à cette pensée ne fût-ce qu’une minute par heure, dans
toute ma journée ? « Si vous demeurez en moi », dit Jésus (c’est-
à-dire si vous pensez et si vous agissez continuellement en
partant de ce point central), « demandez ce que vous voudrez,
et vous l’obtiendrez ». Est-ce que je demeure en lui ? Est-ce que
je prends pour cela le temps nécessaire ? Quelle est la source
principale de mon énergie ? Est-ce mon travail lui-même, le
service que j’accomplis pour Dieu, mes sacrifices pour les
autres, ou bien mon effort de travailler pour Dieu ? Ce qui doit
être la source capitale de mon énergie, c’est le sacrifice de
Jésus, c’est l’Expiation. Ce qui exerce sur nous la plus forte
influence, c’est non pas ce qui absorbe le plus de notre temps,
mais ce qui a sur nous le plus de pouvoir. Il faut nous
concentrer sur ce qui est essentiel.
« Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai ». Celui
qui demeure en Jésus ne fait qu’un avec la volonté de Dieu, et
son choix, qui nous apparaît tout à fait libre, coïncide avec
l’éternel décret de la volonté divine. C’est là, dites-vous, un
mystère ? Une contradiction ? Une absurdité ? Oui, sans doute,
et pour le croyant c’est une vérité glorieuse.
8 Juin
Pour mieux connaître Dieu
Si vous savez cela, vous êtes heureux, pourvu
que vous le mettiez en pratique.
Jean 13.17
Si vous n’avez pas le courage de couper vous-même les
amarres, Dieu les brisera par une tempête, et vous serez bien
forcé d’aller au large. Fort de l’appui de Dieu, lancez-vous sur
l’océan où il vous appelle, et vos yeux s’ouvriront. Si vous
croyez en Jésus, vous n’avez plus le droit de, rester toujours à
l’intérieur de la rade, où il fait si bon vivre, toujours attaché au
rivage. Il faut franchir la barre, et vous lancer sur la haute mer.
C’est alors que vous connaîtrez mieux, que vous y verrez clair.
Lorsque vous voyez une chose à faire et que vous la faites sur-
le-champ, immédiatement votre connaissance grandit
Remarquez-le bien : s’il arrive que votre vie spirituelle soit en
panne, c’est depuis le moment où vous aurez négligé un appel
précis, parce que cela ne vous semblait pas très urgent. Votre
intuition spirituelle s’est obscurcie : au moment critique, vous
n’êtes plus maître de votre âme, vous êtes le jouet des
circonstances. Il est toujours dangereux de différer
l’obéissance à un appel.
Il y a une pseudo-obéissance qui consiste à se créer à soi-même
des occasions de dévouement et de sacrifice ; on est plein d’un
zèle admirable, et au fond l’on n’y voit pas clair. Il est plus
facile de se sacrifier de la sorte que d’obéir en toute simplicité. «
L’obéissance, dit Paul dans sa lettre aux Romains, vaut mieux
que le sacrifice ». Prenez garde de ne pas soupirer après votre
ancienne vie tranquille à l’intérieur du port, lorsque Dieu vous
demande d’être ce que vous n’avez jamais été. « Si un homme
veut faire…, il connaîtra… »
9 Juin
Demandez
Car quiconque demande, reçoit.
Luc 11.10
Au fond, rien n’est plus difficile que de demander
véritablement. Nous désirons, nous soupirons, nous exigeons,
nous sentons l’aiguillon du besoin, mais c’est seulement à la
dernière extrémité que nous demandons tout simplement.
C’est quand nous sentons réellement ce qui nous manque que
nous nous décidons à demander. Avez-vous jamais demandé
comme celui qui est, spirituellement, dénué de tout ? « L’un de
vous manque-t-il de sagesse, qu’il la demande à Dieu ». Mais
pour la demander vraiment, il faut vraiment sentir qu’elle
vous manque. Vous ne pouvez pas jongler avec la réalité. Si la
réalité spirituelle vous manque, vous n’aurez plus qu’une
chose à faire. Demandez à Dieu son Esprit Saint, en vous
fondant sur la promesse de Jésus (Luc 11.13). Le Saint-Esprit
rendra réels en vous tous les effets de la rédemption accomplie
par Jésus.
« Car quiconque demande, reçoit ». Cela ne veut pas dire que
Dieu n’accorde pas ses dons à celui qui ne demande pas, mais
qu’il faut demander pour vraiment recevoir, c’est-à-dire pour
saisir par toutes vos facultés, par votre cœur et votre
intelligence, que ce sont là les dons d’un Père à son enfant.
« Si l’un de vous manque de sagesse… » Pour vous rendre
compte de ce qui vous manque, il faut que vous ayez entrevu la
réalité : ne remettez pas les œillères du bon sens. On entend des
gens qui vous disent : « Prêchez-nous l’Évangile pur et simple ;
ne nous parlez plus de sainteté, en nous donnant l’idée
désagréable que nous sommes dénués de tout, comme des
mendiants ». Demander au fond veut dire mendier. Il y a des
pauvres qui s’accommodent très bien de leur pauvreté. Mais
celui qui n’a plus rien du tout n’a plus honte de mendier. «
Heureux, dit Jésus, les mendiants de l’esprit » !
10 Juin
Cherchez, et vous trouverez
Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce
que vous demandez mal, et pour satisfaire vos
passions.
Jacques 4.3
Si vous demandez pour satisfaire vos passions, et non pas pour
plaire à Dieu, vous demandez mal, vous demandez pour vous-
même. Et plus vous vous cherchez vous-même, moins vous
cherchez Dieu. Cherchez comme il faut chercher, c’est-à-dire
cherchez Dieu, et vous le trouverez. Mettez-vous en marche, et
concentrez vos efforts vers ce but. Avez-vous jamais cherché
Dieu de tout votre cœur, ou bien ne l’avez-vous invoqué que
lorsque votre âme était un peu dolente ? Cherchez
énergiquement, et vous le trouverez.
« Vous tous qui avez soif, venez ! Les eaux sont là ». Avez-vous
vraiment soif, ou bien êtes-vous béatement satisfait de votre
médiocrité ?
« Frappez, et l’on vous ouvrira ». « Approchez-vous de Dieu ».
Frappez ! La porte est fermée, et pendant que vous frappez,
votre cœur bat à coups redoublés. « Nettoyez vos mains,
pécheurs » ! Frappez un peu plus fort. Vous vous apercevez que
vos mains sont sales. « Purifiez vos âmes, hommes irrésolus » !
Ceci vous touche encore davantage, vous sentez qu’il faut à
tout prix aboutir. « Sentez votre misère, affligez-vous et
pleurez » ! Vous êtes-vous jamais vraiment affligés devant Dieu
de votre misère intérieure ? Ce n’est plus une complaisante
pitié de vous-même, c’est la douloureuse stupéfaction de voir
ce que vous êtes en réalité. « Humiliez-vous devant le Seigneur
» ! C’est une humiliation, sans contredit, de devoir frapper à la
porte, tout comme le brigand crucifié. Mais, à celui qui frappe,
on ouvrira.
11 Juin
Venez à moi
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et
chargés, et je vous donnerai du repos.
Matthieu 11.28
Est-ce que je suis vraiment désireux de trouver le repos et la
sérénité ? Les problèmes qui ont une véritable importance dans
la vie ne sont pas nombreux. Et tous trouvent leur solution
dans cette parole : « Venez à moi ». Jésus ne nous dit pas « Faites
ceci ; ne faites pas cela ». Il nous dit : « Venez à moi ». Si je viens
à Lui, je serai déchargé de mon péché, ma vie deviendra ce que
je sens bien qu’elle devrait être ; je pourrai chanter de joie.
Avez-vous jamais consenti à cet acte si simple, si enfantin venir
à Jésus ? Mais votre cœur est si obstiné ! Et cependant, si vous
voulez être libéré de votre péché, c’est le seul moyen.
La réponse que nous faisons à Jésus est ce qui nous juge. À u
moment où nous nous y attendons le moins, sa voix murmure à
notre oreille : « Viens à moi ». Si je me laisse attirer, alors tout
en moi se transforme. Ne raisonnez pas, mais jetez-vous dans
ses bras. Fiez-vous à lui seul, abandonnez tout le reste.
« Je vous donnerai du repos ». C’est-à-dire je vous délivrerai de
votre inquiétude, je vous soutiendrai en toute chose. Jésus n’a
pas l’intention de nous mettre au lit, pour que nous nous y
endormions en le tenant par la main. Oh ! Non, il veut nous
tirer hors du lit, hors de notre langueur, de notre épuisement,
de notre léthargie spirituelle. Il veut nous donner l’énergie,
l’activité, la vie. Nous parlons de résignation à la volonté de
Dieu ! Jésus veut nous donner l’énergie et la puissance du Fils
de Dieu.
12 Juin
Venez à moi
Rabbi, où demeures-tu ? - Venez, leur dit-il, et
vous verrez. Ils allèrent, et… restèrent auprès
de lui ce jour-là.
Jean 1.38-39
« Venez avec moi », nous dit quelquefois Jésus. Nous restons
auprès de lui ce jour-là, et puis c’est fini ; nous retournons à nos
affaires, à nos intérêts personnels. Nous ne comprenons pas
qu’on peut rester avec Jésus en toute circonstance.
« Tu es Simon ; on t’appellera Céphas ». Dieu ne peut écrire
notre nouveau nom que là où il a effacé notre orgueil, notre
suffisance, notre égoïsme. Il y en a parmi nous qui ne sont
enfants de Dieu que par-ci par-là, comme les taches de
rougeole. Si vous nous regardez seulement sur tel point, ou
bien sous telle lumière, quand nous sommes tout à fait bien
disposés, vous croiriez que nous sommes des modèles de piété.
Mais quand nous sommes mal disposés, patatras ! Le vrai
disciple de Jésus porte son nom sur toute sa personne ;
l’égoïsme, l’orgueil, la suffisance ont partout disparu.
L’orgueil est la déification du moi. Et cet orgueil peut être chez
plusieurs d’entre nous, aujourd’hui, non pas celui du
pharisien, mais celui du péager. Vous dites : « Oh ! Je ne suis
pas ce que je devrais être ». Votre orgueil d’homme s’en
accommode, mais au fond vous blasphémez contre Dieu, car
votre pensée, c’est que Dieu ne peut pas vous transformer. « Je
suis trop faible, trop découragé, dites-vous ; le salut n’est pas
pour moi ». Humble au regard des hommes, vous êtes un
blasphémateur à l’égard de Dieu, Vous ne croyez pas à la
puissance de Dieu. « Il faudrait, dites-vous, que Dieu vienne me
prendre et m’emporte au ciel ». Mais Il est prêt à le faire. Allez à
Jésus, restez auprès de lui, sans rien exiger d’autre. Jésus vous
prendra avec Lui, non pas pour un jour, mais pour toujours.
13 Juin
Venez à moi
Jésus leur dit : Venez, suivez-moi.
Marc 1.17
L’un des arguments que nous invoquons le plus volontiers
pour ne pas suivre Jésus, c’est notre tempérament, nos
dispositions naturelles. Mais, quand une fois nous allons à lui,
la première chose dont nous nous rendons compte, c’est qu’il
n’attache aucune importance à nos dispositions naturelles.
Nous nous imaginons que nous pouvons consacrer à Dieu nos
dons et nos capacités. Mais comment consacrer à Dieu ce qui ne
vous appartient pas ? Il n’y a qu’une chose que vous puissiez lui
consacrer, votre personne même (Romains 52.5), tous vos
droits sur vous-même. Si vous faites cela, Dieu se servira de
vous pour faire une de Ses divines expériences. Les expériences
de Dieu réussissent toujours. Ce qui caractérise un enfant de
Dieu, c’est le rayonnement moral qui résulte d’un abandon
total à Jésus-Christ. La vie n’est plus alors qu’une source
limpide et toujours jaillissante, alimentée sans cesse en nous
par le Saint-Esprit. L’enfant de Dieu se rend compte que c’est
son Père céleste qui règle lui-même toutes les circonstances de
sa vie, aussi jamais il n’est disposé à se plaindre, il sait que
Jésus est là, il s’abandonne à lui sans aucune réserve. Mais
gardez-vous d’ériger votre propre expérience en règle
universelle. Laissez Dieu agir à sa manière avec votre prochain,
comme il l’a fait pour vous.
Si vous savez obéir à l’appel de Jésus : « Viens à moi », il se
servira de vous pour renouveler cet appel. Votre vie sera
l’expression de l’appel même de Jésus.
« Viens à moi ». Mon frère, ma sœur, es-tu venu(e) ?
14 Juin
Fais un pas en avant
Demeurez en moi.
Jean 15.4
Grâce à l’Expiation, l’Esprit de Jésus pénètre en moi. Mon rôle,
à partir de ce moment, est d’ajuster et d’organiser toutes mes
pensées pour qu’elles soient d’accord avec le Christ. Dieu ne se
charge pas pour moi de cette besogne : j’ai à faire prisonnières
toutes mes pensées pour les amener à l’obéissance, pour les
soumettre au Christ. Il me faut « demeurer en Lui » dans le
domaine intellectuel, le domaine financier, dans tous les
domaines, dans toute la rudesse de la vie.
Est-ce que je fais obstacle à l’action de Dieu, dans les
circonstances où il m’a placé, sous le vrai prétexte que telle ou
telle chose pourrait gêner ma communion avec Lui ? Quelle
impertinence ! Dans n’importe quelles circonstances, je puis «
demeurer en Jésus », aussi sûrement que dans une réunion de
prière. Ce n’est pas à moi de modifier les circonstances où Dieu
m’a placé. Jésus,. partout où il était, gardait avec son Père la
communion la plus entière. Il acceptait humblement toutes les
circonstances que Dieu lui dispensait. Il n’était jamais agité, il
trouvait tout le temps de se recueillir. Notre vie religieuse se
nourrit d’excitation, nous n’avons pas la sérénité d’une vie
cachée avec le Christ en Dieu.
Quels sont les obstacles qui vous empêchent de demeurer en
Jésus ? « Oui, Seigneur, dites-vous ; mais attends une minute, il
faut que je finisse cette besogne urgente. La semaine
prochaine, je serai tout à Toi ». Faites an pas en avant. Décidez-
vous. Demeurez en Jésus dès maintenant. Cela vous coûtera
d’abord quelques efforts, mais ensuite cela se fera tout seul,
sans le moindre effort. Décidez-vous à demeurer en Jésus, là où
vous êtes, et dès maintenant.
15 Juin
Fais un pas en avant
Faites de votre côté tous vos efforts pour
ajouter à votre foi la vertu, à la vertu la
science, à la science… la patience…
2 Pierre 1.5
Devenus « participants de la nature divine », dit Pierre,
appliquez-vous maintenant à former en vous de bonnes
habitudes. Ajoutez, ajoutez encore ; formez ainsi votre
caractère. Le caractère d’un homme n’est jamais une chose
toute faite ; nous ne naissons pas avec un caractère tout formé,
ni dans le domaine naturel ni dans le domaine spirituel. Nous
ne naissons pas non plus avec des habitudes toutes faites.
Quand nous avons passé par la nouvelle naissance, nous
devons nous former des habitudes conformes à la vie nouvelle
que Dieu a mise en nous. Nous ne sommes pas destinés à être
mis dans une vitrine, nous devons manifester les merveilles de
la grâce de Dieu dans le train train de la vie ordinaire. Le terre à
terre de la vie quotidienne est la pierre de touche de notre
caractère. Nous perdons notre vie spirituelle parce que nous
voulons absolument faire de grandes choses. « Jésus prit un
torchon… et se mit à laver les pieds de ses disciples ».
Nous avons des jours sans inspiration, sans émotion religieuse,
sans rien d’autre que le train train de la vie de tous les jours.
Cette routine est un moyen dont Dieu se sen pour nous sauver
de nous-mêmes entre deux phases d’illumination. Ne comptez
pas avoir toujours de tels instants, mais apprenez à vivre dans
la vie terre à terre, soutenus par la grâce de Dieu.
Marchez, allez de l’avant, ajoutez : voilà le difficile. Nous
voudrions que Dieu fît tout pour nous, Chacun de nos efforts, si
minime soit-il, est soutenu par toute la grâce de Dieu. Le
croyons-nous ?
16 Juin
Êtes-vous un ami de Jésus ?
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner
sa vie pour ceux qu’on aime… Je vous ai appelé
mes amis.
Jean 15.13-15
Jésus ne me demande pas de mourir pour lui, mais bien de
donner ma vie pour lui. Pierre, de tout son cœur, disait : « Je
donnerai ma vie pour toi ». Où en serait le chrétien qui n’aurait
pas le courage de faire une telle déclaration ? Le sentiment du
devoir suppose toujours un peu d’héroïsme. Le Seigneur vous
a-t-il déjà posé cette question : « Veux-tu donner ta vie pour
moi » ? Il est plus facile de mourir que de donner sa vie, jour
après jour, en sacrifiant toutes ses plus hautes ambitions. Nous
ne sommes pas faits pour vivre toujours dans la lumière de
l’inspiration, mais nous avons à nous souvenir de ces
moments-là pour nous aider à vivre dans la vie ordinaire. Jésus
n’a eu dans toute sa vie qu’un seul moment d’entière
illumination, sur la montagne de la transfiguration. Et puis il
s’est de nouveau dépouillé de toute sa gloire pour redescendre
dans la plaine, parmi les démoniaques. Pendant trente-trois
ans, Jésus a donné sa vie pour faire la volonté de son Père. «
Nous aussi, dit l’apôtre Jean, nous devons donner notre vie
pour nos frères ». Mais cela est contraire à la nature humaine.
Si je suis un ami de Jésus, il faut que je donne, résolument et
attentivement, ma vie pour lui. Certes, cela est difficile, mais il
faut remercier Dieu pour cette difficulté. Le salut pour moi est
facile, parce qu’il a tant coûté à Dieu, mais la manifestation du
salut en moi est difficile. Dieu me sauve, me revêt du Saint-
Esprit, et puis Il me dit : « Va de l’avant ; sois fidèle à ton Dieu,
bien que, tout autour de toi, te pousse à l’infidélité ». - « Je vous
ai appelés mes amis », nous dit Jésus. Soyez fidèle à votre Ami,
et souvenez-vous que vous le représentez id-bas, et que vous
êtes responsable de son honneur.
17 Juin
Ne jugez point
Ne jugez point, afin de n’être point jugés.
Matthieu 7.1
Jésus, on le voit, nous interdit absolument de juger les autres.
Or, le chrétien ordinaire est extrêmement porté à critiquer son
prochain. La tendance à juger et à critiquer fait partie
intégrante de la nature humaine. Mais dans le domaine
spirituel, on n’arrive à rien par la critique. Par votre critique,
vous diminuez, vous affaiblissez celui qui en est l’objet ; le
Saint-Esprit seul est capable de critiquer comme il faut, de
signaler le mal sans blesser ni froisser. Par votre critique, vous
vous diminuez vous-même ; quand on est possédé par l’esprit
de jugement, on ne peut pas entrer en communion avec Dieu :
on devient dur, méchant, cruel, tout en se persuadant qu’on est
un être supérieur. Jésus nous enseigne qu’il faut combattre en
nous la tendance critique. Cela suppose tout un entraînement.
Il faut surtout nous défier de tout ce qui nous amène à nous
considérer comme au-dessus des autres.
Rien n’échappe à la pénétration de Jésus. Comme il l’a si bien
vu, la raison qui me fait critiquer la paille dans votre œil, c’est
que j’ai une poutre dans le mien. Tout ce que je critique en
vous, Dieu me le fait voir en moi. En jugeant les autres, je me
condamne moi-même. Ne vous imaginez pas que vous pouvez
apprécier les autres équitablement. Il y a toujours, chez celui
que vous jugez, un point qui vous échappe, et qui est peut-être
essentiel. Le remède que Dieu emploie pour nous guérir de
notre orgueil, c’est une bonne douche qui nous fait sentir notre
propre misère. Quand je vois ma propre misère, en dehors de la
grâce de Dieu, je ne me sens plus le droit de condamner aucun
homme, ni de désespérer de lui.
18 Juin
Ne doute pas, marche
seulement
Pierre, marchant sur les eaux, s’avança vers
Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut
peur…
Matthieu 14.29-30
Le vent était fort, les vagues étaient hautes avant que Pierre
sortit de la barque pour aller vers Jésus. Mais Pierre n’y prenait
pas garde : son Maître était là, il l’appelait à lui ; Pierre, sans
voir autre chose, marchait vers Jésus. Mais en chemin, il
réfléchit que le vent était fort, et immédiatement il se mit à
enfoncer. Pourtant le Seigneur pouvait lui donner le pouvoir
de marcher dans le creux des vagues aussi bien qu’à leur
sommet. Mais la condition indispensable, dans les deux cas,
c’était de regarder au Seigneur Jésus et de se fier à Lui.
Il nous arrive à nous aussi, de nous avancer pour aller vers Dieu
; et tout à coup, nous réfléchissons au danger que nous
courons, et nous nous mettons à enfoncer. Si vous avez
clairement entendu l’appel du Seigneur, vous n’avez pas à vous
préoccuper des circonstances qu’il a disposées et organisées
pour vous. Elles sont là, c’est vrai, mais vous n’avez pas à vous
laisser hypnotiser par elles, car alors vous serez englouti, vous
auriez perdu de vue votre Maître, et vous l’entendriez vous dire
: « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté » ? Quelles que
soient vos circonstances, restez les yeux fixés sur Jésus, ayez en
lui pleine confiance.
Si vous hésitez, ne fût-ce qu’une seconde, quand Dieu vous a
parlé, tout est perdu. Surtout ne vous mettez pas à dire : « M’a-
t-il vraiment parlé » ? Jetez-vous en avant, sans penser à rien
d’autre. Vous ne savez pas d’avance quand Dieu vous parlera.
Mais dès qu’Il le fait, si faiblement que vous perceviez Sa voix,
abandonnez-vous à Lui, et Sa voix deviendra toujours plus
distincte.
19 Juin
Le dévouement à Jésus
M’aimes-tu ?… Pais mes brebis.
Jean 21.16
Jésus ne nous dit pas : « Convertissez les gens à votre manière
de penser, mais occupez-vous de mes brebis, donnez-leur la
nourriture qu’il leur faut », c’est-à-dire : « Enseignez-leur à me
connaître ». Nous considérons que nous servons Jésus par
notre activité chrétienne. Mais Jésus considère que nous le
servons par notre attitude à son égard, et non pas par ce que
nous faisons pour lui. Être disciple de Jésus-Christ, c’est lui
être entièrement dévoué : ce n’est pas adhérer à une croyance
ou à un dogme quelconque. « Si celui qui vient à moi ne hait
pas… il ne peut pas être mon disciple ».
Jésus ne raisonne pas, il ne nous contraint pas, il constate : « Si
tu veux être mon disciple, il faut que tu te donnes entièrement
à moi ». Dès que l’Esprit de Dieu agit en moi, je m’écrie : « Mon
Seigneur et mon Dieu » ! Et voilà comment je me donne tout
entier.
Aujourd’hui nous avons substitué la doctrine sur Jésus à la
personne de Jésus. Nous nous dévouons à telle ou telle cause,
mais bien rarement à Jésus lui-même, Les représentants de
l’intelligence humaine ne voient en Jésus qu’un maître comme
les autres : Notre Seigneur, lui, mettait en première ligne son
obéissance à la volonté du Père. Le salut des hommes venait en
seconde ligne, comme une conséquence naturelle. Si je me
dévoue seulement à la cause de l’humanité, je serai bientôt
épuisé, et mon amour faiblira. Mais si j’aime Jésus-Christ
passionnément, je servirai toujours l’humanité, même si les
hommes me traitent comme le paillasson où. ils s’essuient les
pieds. Le secret de la vie chrétienne, c’est le dévouement de
toute l’âme à Jésus-Christ, et son caractère essentiel, c’est
qu’elle ne se fait pas remarquer. C’est le grain de blé qui tombe
à terre et qui meurt, pour lever ensuite et transformer l’aspect
du champ, c’est-à-dire du monde.
20 Juin
La prière d’intercession
L’Éternel rétablit Job dans son premier état,
parce qu’il intercédait pour ses amis.
Job 42.10
Cette sorte de prière égoïste et plaintive, où l’on exige de Dieu
que tout en nous soit en règle, je ne la trouve nulle part dans le
Nouveau Testament. Le fait que je veux avant tout être en règle
avec Dieu prouve que je suis rebelle à l’Expiation.
« Seigneur, je purifierai mon cœur si Tu réponds à ma prière ;
je marcherai droit si Tu veux m’aider ». Mais je ne puis pas me
mettre en règle avec Dieu. Je ne puis pas rendre ma vie
parfaite.
Je ne puis être en règle avec Dieu que si j’accepte l’Expiation
comme un don absolument gratuit. Suis-je assez humble pour
cela ? Il me faut abandonner toute exigence, et même tout
effort, m’abandonner entièrement entre les mains de Dieu, et
m’adonner à la liche sacrée de l’intercession. Beaucoup de
prières supposent qu’au fond on ne croit pas à l’Expiation.
Jésus n’a pas à s’atteler à l’œuvre de notre salut, elle est
accomplie déjà, et c’est l’insulter que de l’implorer pour qu’il
l’accomplisse.
Si vous ne portez pas de fruits abondants, si vous ne saisissez
pas les enseignements de la parole de Dieu, adonnez-vous au
ministère de l’intercession. « L’Éternel rétablit Job dans son
premier état parce qu’il intercédait pour ses amis ». Votre rôle,
si vous êtes sauvé, c’est avant tout de prier pour les autres.
Partout où Dieu vous place, priez ardemment, priez pour que
l’œuvre de la Rédemption puisse se manifester dans d’autres
vies comme elle s’est manifestée dans la vôtre. Priez
maintenant pour vos amis. Priez maintenant pour tous ceux
avec qui Dieu vous a mis en contact.
21 Juin
Le ministère de l’intercession
Pour vous, vous êtes une race élue, un
sacerdoce royal.
1 Pierre 2.9
Par quel droit pouvons-nous devenir « un sacerdoce royal » ?
Par le droit de l’Expiation. Sommes-nous prêta à tourner le dos
résolument à notre égoïsme spirituel et à nous consacrer à
cette fonction royale, à ce sacerdoce de la prière ? En grattant
sans cesse notre conscience pour voir si tout va bien, nous
faisons de nous-mêmes des chrétiens pleins d’eux-mêmes,
chétifs et malades, et non pas des enfanta de Dieu simples,
droits et robustes. Jusqu’à ce que nous ayons pris la bonne
attitude à l’égard de Dieu, nous faisons des efforts désespérés,
et nous disons : « Oh ! Quelle merveilleuse victoire j’ai
remportée sur moi-même » !
Que devient dans tout cela le miracle de la Rédemption ?
Croyez de toute votre âme, et sans la moindre réserve, que la
Rédemption vous a sauvé entièrement, et puis ne vous
tracassez plus au sujet de vous-même, mais faites ce que Jésus-
Christ vous demande : priez pour l’ami importun qui vient
vous déranger à minuit, priez pour les enfants de Dieu, priez
pour tous les hommes. Priez en ne comptant que sur Jésus-
Christ pour faire de vous ce que vous devez être, et non pas en
invoquant vos efforts méritoires pour obtenir le secours du
Seigneur.
Combien de temps faudra-t-il à Dieu pour nous débarrasser de
notre habitude malsaine de toujours penser à nous-mêmes ? Il
faut que nous arrivions à être dégoûtés de nous-mêmes jusqu’à
la nausée, jusqu’à ce que rien ne puisse nous étonner de ce que
Dieu nous fera voir en nous. Par nous mêmes, nous sommes
incapables de saisir notre profonde corruption. La seule façon
pour nous d’être en règle, c’est de nous abandonner à Jésus-
Christ, après quoi nous devons, de toutes nos forces, nous
consacrer au ministère de l’intercession.
22 Juin
Comment Dieu nous juge
Comme vous jugez les autres, vous serez vous-
mêmes jugés ; et la mesure que vous appliqua à
autrui vous sera, à vous-mêmes, appliquée.
Matthieu 7.2
Il ne s’agit pas ici d’une simple hypothèse : c’est une loi établie
par Dieu. Le jugement que vous portez, on le portera sur vous.
Ce n’est pas une vengeance, c’est une juste rétribution. Plus
vous êtes habile à déceler les défauts des autres, plus
on le sera à votre égard. On vous rend la monnaie de votre
pièce. Dieu lui-même applique cette loi (voyez Psaume 28.25 à
28).
Au second chapitre de sa lettre aux Romains, Paul précise
encore plus cette loi, en nous montrant que celui qui critique le
péché de son prochain est lui-même coupable du même péché.
Dieu ne tient pas compte seulement des actes accomplis, mais
des intentions qui les préparent. Nous ne savons pas croire aux
enseignements de la Bible, et en particulier à celui-là.
Ce qui nous rend si perspicaces à discerner chez les autres
l’hypocrisie, la fraude, la fausseté, c’est qu’elles habitent notre
cœur. Ce qui caractérise l’enfant de Dieu, c’est l’humilité. «
Tous ces péchés, et bien d’autres encore, se seraient manifestés
en moi si Dieu ne m’avait accordé sa grâce ; je n’ai nul droit de
les condamner chez autrui ».
« Ne jugez point, dit Jésus, pour que vous ne soyez point jugés
». Qui de nous oserait se tenir devant Dieu, en lui disant : « O
Dieu, juge-moi comme j’ai jugé mes frères ». Nous avons
condamné nos frères. Si Dieu nous condamnait de la sorte,
nous irions en enfer. Mais Dieu nous juge à travers l’Expiation
merveilleuse accomplie par Jésus-Christ.
23 Juin
La douleur, conséquence du
péché
Homme de douleur et familier avec la
souffrance.
Isaïe 53.3
Nous ne pouvons pas être familiers avec la souffrance au même
degré que notre Seigneur ; nous la traversons, nous la
supportons, nous n’arrivons pas à être familiers avec elle.
Au commencement de notre vie nous ne pouvons pas accepter
le fait du péché. Nous nous faisons une idée rationnelle de la
vie humaine. Nous croyons qu’en surmontant ses mauvais
instincts et en faisant sa propre éducation, un homme par une
évolution graduelle peut atteindre à la vie selon Dieu. Mais
quand nous avançons dans la vie, nous rencontrons un fait
dont nous n’avions pas tenu compte, à savoir le péché, et ce fait
à lui seul renverse tous nos beaux raisonnements. Le péché a
rendu la vie laide et irrationnelle. Le péché n’est pas une
simple déficience, c’est une terrible réalité, c’est une révolte
ouverte contre Dieu. Dans ma vie, c’est une lutte à mort entre
le péché et Dieu lui-même.
Le Nouveau Testament nous l’enseigne très clairement : si le
péché règne en moi, il tuera en moi toute la vie qui me vient de
Dieu ; si c’est Dieu qui règne en moi, il tuera en moi le péché. Il
n’y a pas d’autre alternative. L’aboutissement suprême du
péché dans le monde, c’est la crucifixion de Jésus-Christ ; et ce
sera la même chose dans ma vie, et dans la vôtre. Dans votre
conception de la vie et du monda~ il faut nous habituer à cette
idée, que le péché est un fait, le seul qui explique à la fois la
venue de Jésus-Christ sur la terre, et l’existence dans notre vie
de l’affliction et de la souffrance.
24 Juin
Il faut accepter le fait du péché
C’est ici votre heure ; vous avez pour vous la
puissance des ténèbres.
Luc 22.53
C’est parce que nous ne savons pas accepter le fait du péché que
tant de malheurs nous arrivent. On peut faire de beaux
discours sur la noblesse de la nature humaine, mais il y a quand
même au fond de la nature humaine quelque chose qui se
moque de tout ce qui est grand et de tout ce qui est élevé. Si
vous vous refusez à reconnaître l’existence réelle de l’égoïsme
et du péché, de l’instinct de révolte et de méchanceté, vous
serez amené à pactiser avec le mal, à renoncer à le combattre.
Vous n’avez pas su discerner l’heure noire, la puissance des
ténèbres. Si vous ne saisissez pas la réalité du péché, dans votre
vie et dans celle des autres, vous serez pris dans ses filets et
vous serez vaincu, Si vous la saisissez, vous pourrez lutter et
vous mettre en garde. En vous rendant compte de la réalité du
péché, vous ne détruisez pas le fondement de vos rapports avec
les autres, de vos affections, de vos amitiés. Mais d’un commun
accord, vous et votre ami, vous reconnaissez que la vie est
tragique.
Jésus-Christ n’avait aucune confiance en la nature humaine, et
pourtant jamais il ne fut sceptique, désabusé, soupçonneux,
parce qu’il avait toute confiance dans l’œuvre qu’il pouvait
accomplir pour l’humanité. Ce n’est pas l’innocence qui peut
nous donner la sécurité, c’est la pureté que Dieu nous donne.
L’innocence n’appartient qu’à l’enfant. Chez l’adulte elle ne
signifie rien. L’adulte doit se rendre compte de la réalité du
péché, et demander à Dieu la victoire.
25 Juin
Se trouver soi-même dans la
fournaise de l’affliction
Maintenant mon âme est troublée… Et
pourquoi dirais-je : Père, délivre-moi de cette
heure ?… Mais c’est pour cette heure-là que je
suis venu ! Père, glorifie ton nom !
Jean 12.27-28
Comme enfant de Dieu, je n’ai pas à Lui demander de
m’épargner la peine de l’affliction, mais seulement que je
puisse rester et devenir ce que je dois être à travers la
fournaise. C’est dans la fournaise que notre Seigneur s’est
trouvé lui-même. L’affliction ne lui a pas été épargnée, mais en
elle il s’est trouvé, il s’est enrichi.
Nous disons que l’affliction ne devrait pas exister, mais elle
existe, et c’est dans cette fournaise que nous devons nous
trouver nous-mêmes. Si nous essayons d’y échapper, si nous
refusons d’en tenir compte, nous sommes des insensés.
L’affliction est un des faits capitaux de la vie ; il ne sert de rien
de le nier. Le péché, l’affliction, la souffrance sont des réalités,
et si Dieu les permet, ce n’est pas à nous de dire qu’il se trompe.
L’affliction fait disparaître beaucoup de notre frivolité, mais
elle ne nous rend pas toujours meilleurs. Ou la souffrance
m’élève, ou elle m’abaisse. Vous ne pouvez pas vous trouver
vous-même dans le succès, vous perdriez la tête, ni dans la
médiocrité quotidienne, vous seriez dégoûté de vous-même.
Vous ne pouvez vous trouver vous-même que dans la fournaise
de l’affliction. La raison en est peut-être difficile à connaître,
mais c’est un fait confirmé par l’écriture et par notre
expérience. Vous reconnaissez tout de suite l’homme qui s’est
trouvé lui-même dans la fournaise de l’affliction : lorsque vous
êtes désemparé, allez à lui, il vous accueillera, il trouvera
toujours du temps à vous donner. Les autres vous dédaigneront
et n’auront pas de temps à vous consacrer. Celui qui s’est ainsi
trouvé lui-même peut venir au secours des autres.
26 Juin
Maintenant
C’est maintenant le temps favorable ; c’est
maintenant le jour du salut.
2 Corinthiens 6.2
La grâce que vous avez reçue hier ne peut pas vous suffire pour
aujourd’hui. La grâce est une source toujours jaillissante ; vous
pouvez y puiser à chaque instant. Elle est là « dans les
afflictions, dans les détresses, dans les angoisses… » C’est là que
se manifeste la grâce de Dieu, dans notre patience. À des
moments pareils, vous est-il arrivé de ne pas saisir cette grâce
divine ? Est-ce que vous dites : « Ce sera pour plus tard » ? Vous
priez Dieu de venir à votre aide. Mais Sa grâce est là, devant
vous ; vous n’avez qu’à la saisir. Nous considérons la prière
comme une préparation à notre travail, mais dans la Bible elle
est bien autre chose : elle est l’acte de puiser à même la grâce de
Dieu. Ne vous dites pas : « Je supporterai cela jusqu’à ce que je
puisse aller me recueillir et prier Dieu qu’il me délivre ». Priez
maintenant.
Puisez au moment du besoin à cette source qui est toujours là.
La prière doit être une action pratiqué, et non pas une simple
élévation de l’âme pieuse. Nous avons tant de peine à
comprendre que la prière est l’acte de puiser à même la grâce
de Dieu.
« Sous les coups, dans les cachots, dans les émeutes, dans les
fatigues… » Comme l’apôtre Paul, sachez puiser à même la
grâce de Dieu. Vous serez émerveillé vous-même, autant que
ceux qui en seront les témoins. Mais puisez maintenant.
Aucune douleur, aucune humiliation ne vous empêchera de
manifester la grâce de Dieu.
Donnez, comme Paul, tout ce que vous avez. Ne gardez rien
pour vous, de tout ce que Dieu vous donne. C’est la pauvreté
triomphante.
27 Juin
Ne regardez qu’à Dieu
Je suis avec toi pour te délivrer, dit l’Éternel.
Jérémie 30.11
Dieu promit à Jérémie qu’il le délivrerait : « Je te donnerai ta
vie sauve, comme un butin qu’on emporte avec soi ». C’est tout
ce que Dieu promet à ses enfants. Où qu’il nous envoie, il
protège notre vie. Quant à nos biens, quant à notre argent, cela
n’a pas d’importance, nous ne devons pas nous en inquiéter ;
sans quoi, nous serons dans les alarmes, nous connaîtrons les
pires angoisses. Si Dieu protège notre vie, nous sommes à
couvert. N’allons pas entretenir dans notre cœur les
inquiétudes de toute espèce.
Le Sermon sur la Montagne nous enseigne que, chargés
d’exécuter les ordres de Jésus-Christ, nous n’avons pas à nous
préoccuper de nos intérêts personnels. Jésus nous dit : Ne vous
tourmentez pas pour savoir si les hommes vous traitent avec
justice. Une telle préoccupation nous éloigne de notre devoir
essentiel : le dévouement à Jésus. Ne vous attendez jamais à
être traité avec justice dans ce monde, mais vous-même
pratiquez-la. Si nous comptons sur la justice des autres, nous
nous laisserons aller à grogner, à nous apitoyer sur nous-
mêmes : « Pourquoi suis-je donc traité comme cela » ?
Soumis à Jésus-Christ, dévoués à son service, tout le reste ne
compte plus pour nous. Jésus nous dit : “Allez de l’avant, faites
ce que je vous demande : je protège votre vie. Mais ne cherchez
pas à la protéger vous-mêmes, vous ne seriez plus sous ma
garde.
Sous ce rapport les plus pieux d’entre nous sont comme des
athées. Nous ne croyons pas à la protection divine, et nous ne
nous fions qu’à notre bon sens, dont nous faisons une idole.
C’est notre intelligence que nous suivons, et non pas Dieu.
28 Juin
Saisis par Dieu
Non que j’aie déjà obtenu le prix… mais je
m’efforce de le saisir, ayant été moi-même
saisi par Jésus, le Messie.
Philippiens 3.12
Ne choisissez jamais par vous-même d’être ministre de
l’évangile. Mais quand une fois vous avez reçu l’appel de Dieu,
malheur à vous si vous vous détournez du chemin, que ce soit à
gauche ou à droite ! Nous ne sommes pas ici parce que nous
l’avons décidé de nous-mêmes, mais parce que Dieu nous a
saisis. Il n’est donc pas question de se dire : « Oh, je ne suis pas à
la hauteur » ! Ce que vous avez à prêcher, c’est Dieu qui
l’ordonne, ce n’est pas vos tendances personnelles.
Gardez votre âme en communion constante avec Dieu, et
rappelez-vous que vous n’avez pas seulement à rendre votre
témoignage, mais à prêcher l’évangile. Tout chrétien doit
rendre son témoignage, mais quand on se sent appelé à
prêcher, c’est que la main de Dieu vous a saisi comme un étau :
elle vous fait souffrir, mais ne vous lâche pas. En est-il bien
ainsi pour chacun d’entre nous ?
N’affaiblissez jamais, n’atténuez en rien la parole de Dieu :
prêchez-la dans sa sévère rigueur. Vous devez être loyalement
fidèle à la parole de Dieu. Mais dans vos rapports personnels
avec vos frères, rappelez-vous bien qui vous êtes, non pas un
ange venu du ciel, mais un pauvre pécheur sauvé par la grâce
de Dieu.
« Mes frères, dit Paul aux chrétiens de Philippes, je ne me figure
pas y être encore arrivé ; je ne sais qu’une chose : oublieux du
passé, tendant de toutes mes énergies vers l’avenir, je
m’efforce vers le but… »
29 Juin
La discipline du chrétien
Si ta main droite te fait tomber dans le mal,
coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est plus
avantageux pour toi qu’un de tes membres
périsse que d’avoir ton corps tout entier jeté
aux gémonies.
Matthieu 5.30
Jésus ne dit pas que tout le monde doit se couper la main
droite, mais que si votre main droite vous empêche de le
suivre, eh ! Bien, il faut la couper. Il y a des choses en elles-
mêmes irréprochables qui ne sont pas conciliables avec le don
total de soi-même à Dieu. Votre main droite est un de vos biens
les plus précieux. Même cela, dit Jésus, vous devez le sacrifier,
si cela est nécessaire pour me suivre. Aucune discipline plus
sévère ne fut jamais proposée à l’humanité.
Quand Dieu nous fait naître de nouveau, notre vie semble à
bien des égards mutilée. Il y a une foule de choses que vous
n’osez plus faire, des choses qui vous touchent de si près que,
pour vous et pour ceux qui vous entourent, c’est comme si vous
arrachiez votre œil ou si vous coupiez votre main droite, et les
incroyants se récrient : « Mais c’est absurde » ! Aucun croyant
véritable ne peut se dispenser de ces restrictions et de ces
suppressions, au début de sa vie chrétienne. Mais il vaut mieux
être borgne ou manchot aux yeux des hommes, et harmonieux
aux yeux de Dieu. Jésus-Christ, par son Esprit, est obligé de
vous soumettre à toutes ces restrictions. Au moins n’en
profitez pas pour critiquer les autres !
On commence par une vie mutilée, mais on aboutit à la
perfection : « Soyez parfaits, dit Jésus, comme votre Père
céleste est parfait ».
30 Juin
Faites-le maintenant
Dépêche-toi de te mettre d’accord avec ton
adversaire.
Matthieu 5.25
Jésus-Christ pose ce principe : Faites ce que vous savez que
vous devez faire, faites-le maintenant, faites-le promptement ;
sans quoi, le procès suivra son cours, et vous aurez à payer
jusqu’au dernier centime, dans la douleur, dans la détresse,
dans l’agonie. Les lois de Dieu sont irrévocables : on ne peut
pas y échapper.
Réclamer à mon adversaire ce qu’il me doit, sans doute, j’en ai
le droit. Mais Jésus insiste sur le devoir capital qu’il y a pour
moi, à payer avant tout à mon adversaire tout ce que je lui dois.
Peu importe que je sois ou non lésé. Ce qui importe c’est que je
ne fasse rien pour léser autrui.
Agissez promptement, jugez-vous vous-même sans plus tarder.
Dès qu’il s’agit de votre salut, ne tardez pas un seul instant.
Sinon, le procès suivra son cours. Dieu veut que son enfant soit
pur et blanc comme la neige. Tant qu’il reste en vous la
moindre désobéissance, Dieu ne vous épargnera aucun des
avertissements nécessaires. Quand nous prétendons avoir
raison, c’est généralement que nous avons tort au moins sur un
point. Et l’Esprit de Dieu insiste alors, avec quelle énergie !
Pour que nous venions à la lumière.
« Dépêche-toi de te mettre d’accord avec ton adversaire ». Est-
ce que vous avez soudain découvert que vous aviez la moindre
rancune contre quelqu’un ? Confessez-vous à Dieu, et
réconciliez-vous tout de suite, sans plus tarder, maintenant !
1er Juillet
Il faut payer !
En vérité, je te le dis, tu ne sortiras pas de là
que tu n’aies payé jusqu’au dernier centime…
Matthieu 5.26
Dans le ciel, il ne peut y avoir un petit coin d’enfer. Dieu a
résolu de vous rendre purs, saints, justes. Il ne vous laissera pas
échapper, même un instant, au contrôle du Saint-Esprit.
Il vous avait appelés à comparaître devant son tribunal, mais
vous n’êtes pas venus. Alors le procès suit son cours, et
maintenant vous êtes en prison et vous n’en sortirez pas avant
d’avoir payé le dernier centime. « Est-ce bien là le Dieu de grâce
et d’amour » ?, dites-vous. Oui, en vous traitant de la sorte,
Dieu manifeste son amour. Son but est de vous rendre purs,
innocents, sans aucune tache. Mais, pour cela, il veut vous
amener à reconnaître votre tendance naturelle à vouloir
disposer de vous-mêmes. Dès l’instant où vous acceptez que
Dieu change cette disposition naturelle, ses forces de
régénération sont mises en œuvre. Dès que vous comprenez le
but que Dieu se propose, qui est de vous amener à des relations
normales avec lui et avec vos semblables, il mettra toutes Ses
ressources à votre disposition pour vous aider à marcher dans
le droit chemin. Prenez aujourd’hui la résolution : « Oui,
Seigneur, je suis décidé à écrire cette lettre ce soir-même ; oui,
Seigneur, je vais maintenant me réconcilier avec celui que j’ai
blessé ».
Le message de Jésus-Christ dans le Sermon sur la Montagne
s’adresse à la volonté et à la conscience, et non à l’intelligence.
Si vous vous mettez à le discuter vous affaiblissez l’appel que le
Christ vous adresse.
« Pourquoi ma vie spirituelle ne s’épanouit-elle pas », dites-
vous ? Mais avez-vous payé vos dettes selon Dieu ? Faites tout
de suite ce que vous serez obligé de faire un jour . Les ordres de
Dieu sont impératifs.
2 Juillet
Comment suivre Jésus ?
Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas… il
ne peut être mon disciple.
Luc 14.26-33
Rien de ce que nous avons de plus précieux, ne doit nous
empêcher de suivre Jésus-Christ. Être disciple de Jésus, c’est
être attaché à Lui seul. Il y a une grande différence entre
l’attachement à une personne et l’attachement à des principes,
ou à une cause. Notre Seigneur ne s’est pas fait le champion
d’une cause ; il a appelé les hommes à s’attacher à Lui. Être son
disciple, c’est être esclave par amour. Beaucoup parmi nous se
disent chrétiens, et ne sont pas attachés à Jésus-Christ comme
des esclaves. Aucun être humain ne peut avoir pour Jésus-
Christ cet amour passionné s’il ne lui a pas été donné par le
Saint-Esprit. On peut admirer Jésus, on peut le respecter, le
vénérer, et pourtant ne pas l’aimer. Seul le Saint-Esprit aime le
Seigneur Jésus et peut répandre dans nos cœurs l’amour de
Dieu. Lorsque l’Esprit Saint voit une occasion de glorifier
Jésus, il s’empare de notre cœur, de nos nerfs, de toute notre
personne, et nous enflamme d’amour pour Jésus-Christ .
La vie chrétienne a un caractère d’originalité spontanée.
Pourtant comme Jésus son Maître, on accusera le disciple de ne
pas être en harmonie avec la société et d’être inadapté. Mais
Jésus fut toujours en parfait accord avec son Père, et le
chrétien doit de même être en accord avec Lui. Avec Lui-même
et non pas avec telle ou telle doctrine desséchée et sans vie. Les
hommes se complaisent dans des doctrines mais Dieu doit faire
sauter leurs préjugés à la dynamite, pour qu’ils puissent
s’attacher vraiment à Jésus-Christ.
3 Juillet
J’ai péché
Malheur à moi ! Je suis perdu ! Car je suis un
homme dont les lèvres sont impures.
Isaïe 6.5
Quand je suis vraiment en présence de Dieu, ce n’est pas du
péché en général qu’il me convainc, mais d’un péché précis. On
dira facilement : « Oui, je sais que je suis pécheur… », mais en
présence de Dieu, ce n’est pas cette constatation banale qui
nous permet de nous en tirer. Être convaincu de péché, c’est en
arriver à dire : Il Je suis ceci ; j’ai fait cela. Il Cette conviction-là
est la preuve même que l’on se trouve vraiment en présence de
Dieu. Ce n’est rien de vague, mais c’est d’un péché précis que
l’Esprit de Dieu me convainc. C’est alors que Dieu nous révèle
que toute notre nature est corrompue. Il en est toujours ainsi
lorsque nous sommes face à face avec Lui .
Les saints les plus éminents ou les plus humbles, tes pécheurs
les plus corrompus ou les plus « honnêtes », passent par cette
expérience de conviction de péché. Lorsqu’un homme se
trouve au premier degré de l’échelle de l’expérience
chrétienne, il peut dire : « Je ne vois pas bien quelle faute j’ai
commise, mais le Saint-Esprit me la montrera d’une manière
précise ». Isaïe, en contemplant la sainteté de Dieu, se rendit
compte qu’il était un homme aux lèvres impures ; il fallait qu’il
soit purifié. « Il toucha ma bouche (avec un charbon ardent) et
me dit : ceci a touché tes lèvres ; ton iniquité est enlevée et ton
péché est expié , il faut qu’il soit consumé par le feu qui purifie
».
4 Juillet
Une chose que Dieu défend
Ne t’irrite pas ; ce serait mal faire.
Psaume 37.8
S’irriter, c’est s’appauvrir, soit au point de vue de la pensée,
soit au point de vue de l’âme. Il est facile de dire : « Ne t’irrite
pas » ! , mais il est plus difficile d’être soi-même assez fort
moralement, pour ne pas s’irriter. Tant que l’épreuve ne nous
atteint pas, que nous ne vivons pas comme beaucoup de nos
contemporains dans la déroute et l’angoisse, nous parlons
aisément de « nous reposer sur le Seigneur », et d’attendre
patiemment sa délivrance. Mais quand tout cela nous atteint,
pouvons-nous encore nous reposer en Dieu ? Si, dans ces cas-là,
nous ne pouvons obéir à l’ordre : « Ne t’irrite pas », ordre qui
doit être vécu dans les jours de perplexité comme dans les jours
de paix ; alors nous ne le vivrons jamais. Et s’il n’est pas valable
pour vous, ne vous attendez pas à ce qu’il soit valable pour
quelqu’un d’autre. Le repos en Dieu ne dépend pas des
circonstances extérieures, mais de notre communion avec
Dieu.
Se tracasser conduit toujours au péché. Nous nous imaginons
qu’une certaine dose d’anxiété et de soucis est une preuve de
sagesse ; mais cela révèle seulement notre lâcheté. L’irritation
en face des circonstances prouve que nous tenons à choisir
notre propre chemin. Notre Seigneur ne s’est jamais fait de
soucis. il n’a jamais été anxieux, car il n’était pas venu
accomplir sa propre volonté, mais celle de Dieu. Si nous
sommes enfants de Dieu, il est mal de nous irriter.
Vous entretenez peut-être la pensée que vos difficultés
dépassent les possibilités de Dieu ? Mettez de côté toutes vos
suppositions ridicules, et demeurez à l’ombre du Tout
Puissant. Engagez-vous devant Dieu à renoncer à l’inquiétude,
pour cette chose qui vous tourmente. Pourquoi cette irritation,
ces soucis ? Parce que nous faisons nos calculs sans tenir
compte de Dieu.
5 Juillet
Compter avec Dieu
Recommande ton sort à l’Éternel, mets en lui
ta confiance, Et il agira.
Psaume 37.5
Ne faites pas de projets sans Dieu !
Il semble que Dieu se plaise à renverser les projets que nous
avons formés sans le consulter. Nous nous plaçons nous-
mêmes dans des conditions que Dieu n’avait pas choisies, et
soudain nous nous apercevons que nous avions tiré nos plans
sans tenir compte de lui. Nous ne l’avons pas laissé intervenir
comme une réalité vivante. La seule manière d’être garanti
contre les soucis, c’est de faire intervenir Dieu, dans tous nos
calculs, comme le facteur dominant.
Si dans notre vie religieuse, nous avons l’habitude de donner à
Dieu la première place, nous sommes enclins à penser que ce
serait lui manquer de respect que de lui accorder la première
place dans les détails de notre vie pratique. Si nous nous
imaginons que nous devons prendre nos airs du dimanche
pour nous approcher de Dieu, nous ne .viendrons jamais à Lui.
Il faut nous présenter à lui tels que nous sommes.
Ne faites pas non plus entrer le mal dans vos calculs. Dieu nous
demanderait-il donc de ne tenir aucun compte du mal ? « La
charité… ne soupçonne pas le mal ». L’amour n’ignore pas
l’existence du mal, mais il n’entre pas dans ses calculs. Si nous
sommes sans Dieu, alors il nous faut compter avec la puissance
du mal ; il conditionne nos calculs, et tous nos raisonnements
sont construits en fonction de cette puissance.
Ne faites pas vos projets en vous attendant à de mauvais jours.
On ne peut pas être pessimiste si on se confie en Jésus-Christ.
Jésus a dit : « Que votre cœur ne se trouble pas ». Dieu nous
ordonne aussi de ne pas nous faire de soucis. Ressaisissez-vous,
cent fois par jour s’il le faut, jusqu’à ce que vous ayez pris
l’habitude de donner à Dieu la priorité, au centre de tous vos
projets.
6 Juillet
De la vision à la réalité
Le mirage se changera en étang et la terre
desséchée en sources d’eaux.
Isaïe 35.7
Avant qu’une chose se réalise, nous en avons la vision. Mais
lorsque nous constatons que cette vision, bien qu’elle soit
authentique, ne se réalise pas, Satan profite de ce moment
favorable pour nous tenter ; et nous en arrivons à dire que ce
n’est pas la peine de continuer. Au lieu de voir s’accomplir la
vision, nous traversons la vallée de l’humiliation.
Dieu nous donne d’abord une vision, puis il nous fait descendre
dans la vallée, pour nous marteler jusqu’à ce que la vision ait
pris forme en nous. C’est dans cette vallée que tant d’entre
nous faiblissent et perdent pied. Chaque vision se réalisera un
jour, si nous avons la patience d’attendre. Sachons bien que
Dieu a le temps. Il ne se presse jamais. Nous sommes, nous, au
contraire, terriblement pressés et impatients. Éclairés par la
splendeur de la vision reçue, nous nous mettons en marche,
mais la vision n’est pas encore devenue réalité en nous. Il faut
donc que Dieu nous conduise dans la vallée et nous fasse passer
par le feu et par l’eau, pour nous façonner jusqu’à ce que nous
soyons prêts à recevoir ce qu’il voulait nous donner. Dès
l’instant où nous avons eu la vision, Dieu a commencé à
travailler pour former en nous son idéal ; mais sans cesse nous
échappons de ses mains et essayons de nous façonner nous-
mêmes à notre façon.
La vision que Dieu nous accorde n’est pas un rêve, mais une
révélation de ce que Dieu veut que nous soyons. Laissez-le vous
mettre sur son tour, comme le potier, et vous façonner à sa
guise, et il est certain qu’il vous rendra conforme à la vision
qu’il vous a donnée. Pendant qu’il travaille, ne perdez pas
patience.
7 Juillet
Tout ce qui est noble est
difficile
Entrez par la porte étroite… car étroite est la
porte et resserré le chemin qui mènent à la
vie…
Matthieu 7.13-14
Si nous voulons vivre en disciples de Jésus-Christ, n’oublions
pas que tout ce qui est noble est difficile, La vie chrétienne est
ardue autant que glorieuse, mais sa difficulté ne nous fait ni
trembler, ni reculer, elle nous stimule à la victoire. Est-ce que
le merveilleux salut de Jésus-Christ a un tel prix à nos yeux que
nous sommes prêts à faire tout pour qu’Il règne ?
Dieu sauve les hommes par sa grâce souveraine qu’il accorde à
cause de la Rédemption accomplie par Jésus. Il produit en nous
la volonté d’agir selon son bon plaisir. Mais il nous faut mettre
en œuvre ce salut dans la vie de chaque jour. Dès que nous
croyons à sa Rédemption, nous commençons à obéir et nous
découvrons qu’il nous en rend capables. Si nous échouons,
c’est que nous n’avons pas mis en pratique ce que nous avons
reçu. Dans les moments difficiles, nous sommes mis à
l’épreuve. Si nous avons obéi à l’Esprit et mis en pratique, dans
notre vie quotidienne, ce que Dieu nous révèle, nous serons
soutenus à la fois par la grâce de Dieu et par les habitudes que
nous aurons acquises.
Remercions Dieu de nous confier des tâches difficiles. Son salut
rend joyeux, mais appelle à l’héroïsme et à la sainteté. Il révèle
ce dont nous sommes capables. Jésus est venu ” pour conduire
à la gloire un grand nombre de fils ” , et Dieu ne veut rien nous
épargner de l’éducation d’un fils. Il ne fait pas de nous des êtres
avachis, car la grâce de Dieu transforme hommes et femmes à
la ressemblance de Jésus-Christ leur frère. Pour vivre dans
l’existence quotidienne la noble vie de disciple de Jésus, il faut
une ferme discipline. La noblesse d’âme exige un constant
effort.
8 Juillet
Volonté et loyauté
Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir.
Josué 24.15
La volonté de l’homme est la résultante de toutes ses énergies.
Je ne puis cesser de vouloir ; je dois exercer ma volonté. Pour
obéir à Dieu, il me faut vouloir ; pour recevoir l’Esprit de Dieu,
il me faut vouloir. Lorsque Dieu nous révèle une vérité, ce n’est
pas sa volonté qui est mise en question, c’est la nôtre. Le
Seigneur nous a souvent mis, chacun de nous, en face de
grandes décisions à prendre. Dans une telle situation il est bon
de nous rappeler comment nous avons réagi lors de notre
conversion, lors de notre première rencontre avec Jésus, ou
lorsque telle ou telle vérité nous a été révélée. Il nous paraissait
alors facile de nous abandonner à son autorité. Remémorons-
nous ces moments lumineux, maintenant que l’Esprit de Dieu
nous met en présence de nouvelles révélations.
” Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir.” Il s’agit d’un
choix délibéré et non d’une décision vers laquelle vous
glisseriez sans effort. C’est un choix capital dont tout le reste
dépend, une décision à prendre, entre vous et Dieu. Ne
consultez ni la chair, ni le sang. Chaque nouveau choix qui
vous est proposé entraîne autour de vous des défections et
votre foi est mise à l’épreuve. Dieu vous permet de tenir
compte de l’opinion des chrétiens qui vous entourent, mais
cependant vous constatez que les autres ne vous comprennent
pas. Ce n’est pas à vous de discerner où Dieu vous mène ; la
seule chose que Dieu vous révèle, c’est Lui-même.
Dites-Lui : “Je veux t’être fidèle.” Dès que vous avez choisi la
fidélité à Jésus-Christ, Dieu vous prend à témoin. Ne consultez
pas d’autres chrétiens, mais déclarez solennellement : “Je veux
Te servir.” Ayez la volonté d’être fidèle et croyez que d’autres
peuvent l’être, eux aussi.
9 Juillet
L’épreuve radicale
Josué dit au peuple : “Vous ne pourrez pas
servir l’Éternel.”
Josué 24.19
Avez-vous encore la moindre confiance en quoi que ce soit au
monde, en dehors de Dieu ? En n’importe quelle qualité
naturelle, n’importe quel concours de circonstances ? Devant
ce devoir nouveau, que Dieu vous révèle, comptez-vous sur
vous-même, à un degré quelconque ? C’est pour le savoir que
Dieu vous met à l’épreuve. Vous avez raison de dire : Il Je ne
peux pas avoir une vie sainte ” ; mais vous pouvez décider de
laisser Jésus vous rendre saint.” Vous ne pourrez pas servir
l’Éternel “, mais vous pouvez vous abandonner au Seigneur
pour que sa toute-puissance agisse en vous. Votre communion
avec Dieu est-elle sans ombres, pour qu’Il puisse manifester en
vous sa vie merveilleuse ?
Le peuple répondit à Josué : “Non, c’est l’Éternel que nous
voulons servir.” Ce n’est pas une décision prise à la légère, mais
un engagement raisonné.” Mais il n’est pas possible, dites-
vous, que Dieu m’ait appelé à cette tâche ; je suis trop indigne,
ce ne peut pas être moi ! ” C’est pourtant bien vous, et plus vous
serez faible et misérable, mieux cela vaudra. Tant qu’on se fie
en n’importe quoi d’autre, on ne peut pas dire réellement :
“C’est l’Éternel que je veux servir.”
Nous disons : “Ah ! Si seulement je pouvais vraiment croire.”
Mais en réalité la question est : “Si tu voulais croire.” Il n’est
pas étonnant que Jésus-Christ insiste tant sur le péché
d’incrédulité.” Il ne put pas faire là beaucoup de miracles, à
cause de leur incrédulité.” Si nous croyions vraiment que Dieu
peut faire ce qu’il promet, à quelle transformation ne
pourrions-nous pas nous attendre ! Est-ce que ma foi est assez
hardie pour accepter et croire les promesses de Dieu ?
10 Juillet
La paresse spirituelle
Veillons les uns sur les autres pour nous exciter
à la charité et aux bonnes œuvres.
N’abandonnons pas notre assemblée. Hébreux 10.24-
25
Nous sommes tous tentés d’être spirituellement paresseux ;
nous fuyons volontiers , les tracas et l’agitation de la vie, notre
seul objectif étant d’assurer notre tranquillité. Ce passage de l’
Épître aux Hébreux nous exhorte à nous stimuler les uns les
autres, et à nous serrer les Coudes. Cela demande de
l’initiative, la recherche des intérêts de Christ et non des
nôtres. La vie proposée par Jésus-Christ est exactement le
contraire d’une vie d’isolement, de retraite, de séparation.
La vraie spiritualité se révèle par la lutte contre l’injustice, la
bassesse, l’ingratitude et le désordre, toutes choses qui tendent
à entretenir en nous la paresse spirituelle. Nous invoquons la
nécessité de la prière et de la lecture de la Bible comme
prétextes à l’isolement. Nous nous servons de Dieu, en somme,
pour nous assurer la paix et la joie. Ce que nous recherchons, ce
n’est pas le règne de Christ, c’est le contentement qu’il peut
nous procurer. Nous nous engageons par là dans la mauvaise
direction. Nous prenons les effets pour tes causes.
” Je crois de mon devoir, dit Pierre, de vous tenir en éveil, et de
ranimer vos souvenirs… ” Il est très désagréable d’être
bousculé ainsi par quelqu’un dont Dieu se sert pour nous
aiguillonner, par un chrétien plein de vie. Ne confondons pas
vie spirituelle et activisme ; il peut être la contrefaçon de la
vraie spiritualité. C’est la paresse spirituelle qui entretient en
nous l’envie de ne pas être dérangé et le désir de chercher la
solitude. Jésus n’encourage jamais la pensée de l’isolement :
“Allez dire à mes frères… “, dit-il.
11 Juillet
Le chrétien sanctifié
… Afin de connaître Christ…
Philippiens 3.10
Le chrétien sanctifié ne cherche pas à satisfaire ses propres
désirs, il cherche à connaître Jésus-Christ. Jamais il ne croit
que les circonstances qu’il traverse soient le fruit du hasard. Il
ne distingue pas deux domaines dans sa vie, l’un profane,
l’autre religieux. Tous les obstacles qu’il rencontre sont
destinés, dans sa pensée, à lui faire mieux connaître Jésus-
Christ auquel il s’abandonne entièrement. Le but du Saint-
Esprit est de nous amener à glorifier Jésus-Christ dans tous les
domaines, et s’il le faut, il nous ramènera sans cesse au même
point. En cherchant notre propre gloire, nous faisons de notre
activité une idole ; l’enfant de Dieu, au contraire, dans son
travail, cherche sans cesse à donner toute la gloire à Jésus-
Christ. Soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que
nous lavions les pieds des disciples, nous devons le faire dans
l’intention de glorifier Jésus-Christ. Chaque détail de notre vie
trouve son modèle dans un détail de la vie de Jésus.
Le Seigneur cherchait à glorifier son Père même dans les choses
les plus terre à terre : “Jésus, sachant qu’il était venu de Dieu,
et qu’il s’en allait à Dieu… prit un linge… et se mit à laver les
pieds de ses disciples.”
Le but du chrétien est de connaître Christ. Est-ce que là où je
suis, aujourd’hui, ce que je fais me porte à le mieux connaître ?
Sinon, je manque le but. Je ne suis pas ici pour me trouver moi-
même, mais pour le connaître, Lui. Dans l’œuvre de Dieu, nous
avons trop souvent tendance à penser, et à dire : “Ceci doit être
fait - donc il faut que je le fasse.” Ce n’est pas l’attitude du
chrétien expérimenté ; son but est de reconnaître et de
manifester en toute circonstance la volonté de Jésus-Christ.
12 Juillet
L’église chrétienne
Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus… à
la mesure de la stature parfaite de Christ.
Éphésiens 4.13
Réhabilitée par la Rédemption accomplie par Jésus-Christ, la
race humaine tout entière peut retrouver des relations
normales avec Dieu, telles qu’Il les voulait. L’Église cesse d’être
une société d’ordre spirituel lorsqu’elle se préoccupe du
développement de sa propre organisation. La réhabilitation de
l’humanité par Jésus-Christ implique la manifestation du
Christ dans la vie collective aussi bien que dans la vie
individuelle. C’est dans ce but que Jésus a envoyé des apôtres
et des docteurs : afin que l’unité spirituelle de tous puisse être
réalisée. Nous ne sommes pas appelés à jouir isolément de la
communion avec Dieu. Nous sommes appelés à laisser Jésus-
Christ vivre en nous, de manière à réaliser l’Église, le corps de
Christ.
Ai-je en vue l’édification du corps de Christ, ou seulement ma
propre formation spirituelle ? L’essentiel est le lien qui m’unit
personnellement à Jésus-Christ : “Afin que je le connaisse,
Lui…” L’accomplissement du dessein de Dieu implique de ma
part un abandon complet à sa volonté ! Dès que je me recherche
moi-même, je compromets mes relations avec Dieu. Quelle
humiliation pour moi quand je découvrirai que mon but n’a
pas été de glorifier Jésus-Christ, lui-même, mais seulement de
glorifier ce qu’il a fait pour moi !
“Mon but, c’est Dieu lui-même. Ce n’est ni la joie, ni la paix, ni
même sa bénédiction : c’est lui-même, mon Dieu !”
Est-ce bien vers ce but, et ce but seul, que tend toute ma vie ?
13 Juillet
Êtes-vous prêts à payer le prix ?
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le
Seigneur.
Isaïe 6.1
L’histoire des rapports de notre âme avec Dieu est, bien
souvent, l’histoire de la disparition de celui dont nous avions
fait notre héros. À bien des reprises, Dieu doit éloigner ceux
que nous aimons le plus, pour pouvoir prendre Lui-même leur
place. Parfois ces séparations nous font souffrir et nous
plongent dans le découragement. Traduisez ce verset sur le
plan personnel : “l’année où mourut celui qui dans mon cœur
prenait la place de Dieu, qu’est-il arrivé ? ” . Direz-vous :
” J’ai tout abandonné… Je suis tombé malade… J’ai perdu
toute raison de vivre ? ” ou : “J’ai vu le Seigneur.”
La manière dont Dieu m’apparaît dépend avant tout de l’état
de mon âme. Ce que je suis détermine ce que Dieu peut me
révéler. Avant que je puisse dire moi aussi : “J’ai vu le Seigneur
“, il faut qu’il y ait déjà en moi quelque chose qui vienne de
Dieu, qui corresponde à Dieu. Tant que je ne suis pas né de
nouveau, tant que je n’ai pas commencé à voir le royaume de
Dieu, je vois tout sous l’angle de mes préjugés. J’ai besoin
d’une opération chirurgicale accomplie par les événements
extérieurs et d’une purification intérieure.
Dieu doit avoir la première, et la seconde, et la troisième place
dans ma vie, jusqu’à ce que tout mon être soit rempli de lui ;
qu’il soit toujours devant moi, à l’exclusion de tout le reste.”
Dans le monde entier, il n’y a que toi, mon Dieu, il n’y a que
toi.”
Payez toujours le prix nécessaire. Que Dieu puisse voir que vous
êtes prêt à tout pour vivre selon la vision qu’il vous a donnée.
14 Juillet
Le chrétien face à la
persécution
Mais moi, je vous dis de ne pas résister au
méchant ; mais si quelqu’un te frappe sur la
joue droite, présente-lui aussi l’autre.
Matthieu 5.39
Ces versets mettent en évidence l’humiliation qui est attachée
au nom de ” chrétien “. Du point de vue de la morale naturelle,
si quelqu’un ne rend pas coup pour coup, c’est un lâche. Du
point de vue spirituel, si un homme ne riposte pas, c’est une
preuve de la présence du Fils de Dieu en lui. Si on vous insulte,
faites taire tout ressentiment et saisissez l’occasion pour laisser
le Fils de Dieu se manifester à travers vous. On ne peut pas faire
semblant d’avoir les sentiments qui étaient en Jésus-Christ. Ils
sont en nous, ou ils n’y sont pas. Pour le chrétien, les insultes
personnelles sont des occasions de rayonner de l’incroyable
douceur de notre Seigneur Jésus.
L’enseignement du Sermon sur la Montagne n’est pas : “Faites
votre devoir”, mais ” faites plus que votre devoir “. Ce n’est pas
notre devoir de faire un deuxième ” mille “, ou de tendre
l’autre joue, mais Jésus dit à ses disciples d’agir toujours ainsi.
Bannissons des pensées comme : “Je ne peux pas en faire
davantage “, ou : “On ne m’a pas pris au sérieux, j’ai été
incompris.” Chaque fois que je revendique mes droits, je fais
tort au Fils de Dieu ; par contre je peux éviter à Jésus d’être
blessé si je reçois les coups moi-même. C’est ainsi qu’on peut se
charger des afflictions du Christ. Le disciple réalise que, dans
sa vie, c’est l’honneur de son Seigneur qui est en jeu, et non le
sien.
Ne vous attendez pas à ce qu’on soit juste envers vous, mais ne
cessez jamais de l’être vous-même. Nous réclamons toujours la
justice. Voici ce qu’enseigne le Sermon sur la Montagne : “Ne
vous attendez pas à la justice, mais vous, pratiquez-la.”
15 Juillet
Un point d’honneur
Je me dois aux Grecs et aux barbares…
Romains 1.14
Paul était accablé par le sentiment qu’il était le débiteur de
Jésus-Christ ; et ce sentiment dominait et dirigeait toute sa
conduite. la pensée que Jésus était son créancier divin inspirait
toute sa vie. Suis-je animé par le sentiment que j’ai une dette à
l’égard de Christ, concernant toute âme qui n’est pas encore
sauvée ? Mon honneur de chrétien, c’est d’acquitter ma dette
envers le Christ en sauvant d’autres âmes. Tout ce qui, en moi,
a la moindre valeur, c’est à la Rédemption opérée par Jésus-
Christ que je le dois. Est-ce que je fais tout ce qui est en mon
pouvoir pour que sa Rédemption puisse se manifester dans
d’autres vies ? Je ne peux le faire que si le Saint-Esprit suscite
en moi le sentiment d’être le débiteur de Christ.
Je ne suis pas appelé à être un grand personnage parmi les
hommes, mais un esclave du Seigneur Jésus.” Vous ne vous
appartenez point à vous-mêmes.” Paul s’était livré lui-même à
Jésus-Christ. Il disait : “Je me dois à toute créature dans le
monde entier, à cause de l’Évangile de Jésus ; je ne suis libre
que pour être totalement esclave de Jésus-Christ.” Il doit en
être de même pour quiconque porte le nom de chrétien. Cessez
de prier pour vous-même et dépensez-vous au service des
autres. Soyez esclaves de Jésus. C’est ainsi que l’on peut être
fait pour les autres pain rompu et vin répandu.
16 Juillet
Dieu conduit
À combien plus forte raison votre Père Céleste
donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui
demandent !
Matthieu 7.11
Jésus donne ici des règles de conduite pour ceux qui ont en eux
son Esprit. Par cette comparaison familière, il cherche à
pénétrer notre esprit de la pensée que Dieu contrôle toutes
choses. Cela doit amener le disciple à une attitude de confiance
totale, et le pousser à demander et à chercher tout ce dont il a
besoin avec ardeur .
Nourrissez votre esprit de la pensée que Dieu est là, tout près de
vous. Lorsque cette idée est bien ancrée en vous, il vous devient
naturel de dire, dans les difficultés : “Qu’importe ! Mon Père
est au courant.” Une telle pensée viendra instinctivement, sans
effort. Autrefois vous aviez l’habitude de demander l’avis des
uns et des autres ; mais maintenant, vous êtes tellement rempli
de la pensée que Dieu conduit tout, qu’il vous suffit de le
consulter directement. Les règles de conduite, que Jésus établit
pour ceux qui ont reçu son Esprit, se ramènent à ce principe :
“Dieu est mon Père, il m’aime ; il n’oublie jamais rien de ce qui
me concerne ; alors pourquoi m’inquiéter ? “
Il y a des moments, dit Jésus, où Dieu est forcé de nous laisser
dans l’obscurité ; mais ayez confiance en Lui ! Dieu nous
apparaîtra peut-être comme un ami malveillant, mais Il ne
l’est pas ; comme un Père dénaturé, mais Il ne l’est pas ; comme
un juge injuste, mais Il ne l’est pas ! Fortifiez en vous cette
pensée, que Dieu contrôle toutes les circonstances de votre vie.
Rien ne vous arrive sans que Dieu le veuille, c’est pourquoi
vous pouvez, avec une parfaite confiance, vous reposer sur Lui.
Prier, ce n’est pas seulement demander, mais maintenir notre
âme dans un climat tel qu’il nous semble naturel de tout
demander à Dieu.” Demandez, et vous recevrez.”
17 Juillet
La foi, ce miracle !
Ma parole et ma prédication ne reposaient pas
sur les discours persuasifs de la sagesse.
1 Corinthiens 2.4
Paul était un savant et un orateur de premier ordre. Ce n’est
pas une fausse humilité qui lui fait dire ces choses. Mais il
pensait qu’il affaiblirait la puissance de Dieu, si, en l’écoutant
on était frappé par son éloquence. La foi en Jésus est un
miracle que seule la puissance de la Rédemption peut produire,
et non l’éloquence d’un discours : “Non pas les discours
persuasifs de la sagesse, mais la puissance de Dieu… une
démonstration d’esprit et de puissance.” La puissance créatrice
de la Rédemption se manifeste au travers de la prédication de
l’Évangile ; mais jamais à cause de la personnalité du
prédicateur. Si le prédicateur doit s’imposer un jeûne, ce n’est
pas en s’abstenant de manger, mais bien en s’abstenant de
toute éloquence, de tout raffinement dans la diction, de tout
effort pour émouvoir, de tout ce qui pourrait finalement voiler
l’Évangile de Dieu. Le prédicateur est là comme représentant
de Dieu, ” comme si Dieu vous exhortait par nous “.
Il est là non pour présenter un idéal humain, mais l’Évangile de
Dieu. Si c’est seulement à cause de ma prédication que les gens
désirent devenir meilleurs, ils ne feront pas un seul pas vers
Jésus-Christ. Tout ce qui est susceptible de flatter mon amour-
propre dans ma prédication de l’Évangile, fera de moi,
finalement, un traître à l’égard de Jésus. Car j’empêche son
acte rédempteur de déployer ses énergies créatrices.
“Quand j’aurai été élevé de la terre, dit Jésus, j’attirerai tous les
hommes à moi.”
18 Juillet
La foi, ce mystère
Et il dit : « Qui es-tu, Seigneur » ?
Actes 9.5
Grâce au miracle de la Rédemption, Saul de Tarse, Pharisien
ardent et opiniâtre, fut en une seconde transformé en humble
esclave, dévoué au Seigneur Jésus.
Ce qui peut s’expliquer n’a rien de miraculeux. Lorsque nous
comprenons comment les choses se passent, nous pouvons les
ajuster à nos désirs. C’est pourquoi tout naturellement nous
cherchons à comprendre. L’obéissance n’est pas une chose
naturelle, et la désobéissance n’est pas forcément un péché. Il
n’y a dans l’obéissance en elle-même aucune vertu morale, à
moins qu’on reconnaisse chez celui qui donne les ordres une
autorité supérieure. La désobéissance peut être le moyen de
s’affranchir d’une autorité abusive. Quand un homme dit à un
autre : “Il faut… tu dois…” il tend à l’asservir et à l’éloigner de
Dieu. L’homme en obéissant devient esclave, à moins qu’il ne
discerne par-delà l’autorité de l’homme, celle d’un Dieu saint
auquel il se soumet.
Bien des personnes ne commencent à se tourner vers Dieu que
lorsqu’elles rejettent leurs traditions religieuses. Car il n’y a
qu’un seul Maître légitime du cœur humain et ce n’est pas la
religion, mais Jésus-Christ. Mais malheur à moi si, le voyant
devant moi, je lui dis : “Non, je ne te veux pas ! ” Il n’insistera
pas pour que j’obéisse, mais en refusant j’aurai commencé à
signer l’arrêt de mort du Fils de Dieu dans mon cœur. Lorsque
je m’oppose à Jésus-Christ, en lui disant : “Je refuse “, il
n’insistera pas. Mais je tourne le dos à la puissance créatrice de
sa Rédemption. La grâce de Dieu ne s’inquiète pas de savoir à
quel point je suis corrompu, pourvu que je vienne à la lumière,
mais malheur à moi si je tourne le dos à la lumière ! (voir Jean
3.19 à 21).
19 Juillet
Le Maître de notre foi
Vous m’appelez Seigneur et Maître, et vous
dites bien, car je le suis.
Jean 13.13
Notre Seigneur n’impose jamais son autorité ; jamais il ne dit :
“Tu dois “. Il nous laisse parfaitement libres. Libres de lui
cracher au visage, comme certains hommes l’ont fait ; libres de
le mettre à mort. Il ne nous dira rien. Mais lorsque, grâce à la
Rédemption sa vie est créée en moi, je reconnais aussitôt qu’il a
sur moi une autorité absolue. C’est la domination morale de
Celui dont il est dit : “Tu es digne… ” Mais mon indignité refuse
de se courber devant Celui qui est digne. Chaque fois que je
rencontre un homme qui m’est supérieur, et que je refuse de
reconnaître sa supériorité, je révèle mon indignité. Dieu fait
notre éducation par des gens qui nous dépassent, non en
intelligence mais en ” sainteté “, jusqu’à ce que nous nous
soumettions au Seigneur lui-même.
Si notre Seigneur nous imposait l’obéissance, il serait un tyran,
et n’aurait plus la véritable autorité. Il ne réclame jamais notre
obéissance, mais lorsqu’il se révèle à nous, nous lui obéissons
aussitôt. Il devient sans peine notre Seigneur , et nous vivons
dans l’adoration du matin au soir. La manière dont je conçois
l’obéissance met en évidence ma croissance spirituelle.
L’obéissance est un mot auquel nous devons redonner sa vraie
valeur. L’obéissance n’est possible qu’entre des égaux : c’est le
rapport d’un fils à son Père, et non d’un domestique à son
patron.” Moi et le Père, nous sommes un ” .” Bien qu’il fut Fils,
il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes.” Le Fils
a obéi en tant que Rédempteur parce qu’il était le Fils, et non
pas pour le devenir.
20 Juillet
Compter sur la présence de
Dieu
Ceux qui se confient en l’Éternel… marchent et
ne se fatiguent point.
Isaïe 40.31
Marcher n’a rien de palpitant ni de sensationnel. Cela
demande pourtant de l’endurance, de la continuité. Pour ”
marcher sans se fatiguer “, sans s’épuiser, il faut utiliser toutes
ses forces. Le mot ” marcher ” est employé dans la Bible en
rapport avec le caractère.” Jean, voyant Jésus marcher vers
lui, dit : “Voici l’agneau de Dieu .” Il n’y a jamais rien d’abstrait
dans la Bible, tout y est vie, réalité concrète. Dieu ne dit pas :
“Soyez spirituels “, mais ” Marchez devant moi .”
Lorsque nous sommes malades ou déprimés, nous recherchons
le ” sensationnel “. Cela aboutit sur le plan physique, à des
manifestations nerveuses qui sont des contrefaçons du Saint-
Esprit. Sur le plan émotionnel cela entraîne des affections
désordonnées et l’immoralité ; sur le plan spirituel, nous
finissons par détruire toute vie authentique.
La présence réelle de Dieu n’est pas liée à un signe particulier,
mais elle dépend de notre volonté de regarder sans cesse au
Seigneur. Quand nous cessons de compter sur Lui, les
difficultés surgissent. L’expérience dont parle le Psalmiste :
“C’est pourquoi nous sommes sans crainte lorsque les flots
mugissent… ” deviendra notre expérience si nous sommes
décidés à nous appuyer non sur le sentiment de la présence de
Dieu, mais sur la certitude de sa présence.
” L’Éternel était ici. et je ne le savais pas. Dans les moments
critiques, demandons à Dieu de nous guider ; mais gardons-
nous de dire sans cesse : “O Seigneur , conduis-moi dans telle
ou telle direction.” Il est certain qu’il nous conduira. Si les
décisions que le bon sens nous dicte ne correspondent pas à la
volonté de Dieu, il nous le fera comprendre. Restons alors en
repos, et attendons que sa présence nous éclaire.
21 Juillet
La porte du royaume
Heureux les pauvres en esprit.
Matthieu 5.3
Prenons garde de ne pas voir avant tout en Jésus celui qui est
venu pour nous enseigner. Si Jésus-Christ n’est que cela,
l’idéal qu’il me propose, et qu’il m’est impossible de réaliser,
sera pour moi comme le supplice de Tantale. À quoi cela sert-il
de dresser devant moi un idéal inaccessible ? Je serais plus
heureux si je ne l’avais jamais entrevu. À quoi bon me dire qu’il
faut que je sois ce que je ne pourrai jamais être : Un homme au
cœur pur faisant plus que son devoir, parfaitement consacré à
Dieu ? Si je ne connais pas d’abord Jésus-Christ comme mon
Sauveur, son enseignement n’est pour moi autre chose qu’un
idéal qui me désespère. Mais lorsque je suis né de nouveau par
l’Esprit de Dieu, je comprends que Jésus n’est pas venu
seulement pour enseigner. Il est venu pour réaliser en moi
l’idéal qu’il enseigne. La Rédemption implique que Jésus-
Christ peut créer dans toute âme d’homme les mêmes
sentiments et les mêmes dispositions qui réglaient sa propre
vie, et c’est à des disciples ainsi disposés que s’adressent les
préceptes donnés par Dieu.
L’enseignement du Sermon sur la Montagne produit le
désespoir chez l’homme ” naturel “, et c’est justement là le but
que Jésus cherche à atteindre. Aussi longtemps que dans notre
orgueil nous nous croyons capables de réaliser un tel idéal,
Dieu nous laissera buter contre un obstacle sur lequel nous
nous briserons. Alors nous comprendrons qu’il nous faut aller
à Lui comme des pauvres, pour recevoir ses dons : “Heureux les
pauvres en esprit.” La première condition d’entrée dans le
Royaume de Jésus-Christ est de reconnaître notre pauvreté, et
notre incapacité absolue. Alors Jésus peut dire : “Béni sois-tu !
” Hélas ! Nous sommes lents à reconnaître que nous sommes
pauvres ! Seule la connaissance de notre misère rend possible
en nous l’action de Jésus-Christ.
22 Juillet
La sanctification
Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification.
1 Thessaloniciens 4.3
Le côté de la mort - Dans la sanctification, Dieu agit en nous sur
deux plans : celui de la mort, et celui de la vie. Beaucoup
d’entre nous passent tellement de temps à s’occuper de la mort
à eux-mêmes qu’ils en deviennent sépulcraux. La
sanctification est toujours précédée d’un combat acharné, car
en nous quelque chose s’oppose aux exigences de Jésus-Christ.
Dès que le Saint-Esprit nous révèle en quoi consiste la
sanctification, le combat s’engage.” Si quelqu’un vient à moi,
et ne hait pas… sa propre vie, il ne peut être mon disciple.”
L’Esprit de Dieu, travaillant à ma sanctification, me
dépouillera de tout, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que ” moi-
même “. Suis-je prêt à me laisser ainsi dépouiller, à n’avoir plus
rien, ni amis, ni père, ni frère, ni intérêt personnel, prêt pour
la mort ? C’est la condition même de la sanctification. Il n’est
pas étonnant que Jésus ait dit : “Je ne suis pas venu apporter la
paix, mais l’épée.” C’est là que commence la lutte, et que
beaucoup d’entre nous battent en retraite. Nous refusons
d’être participants de la mort de Jésus.” C’est une exigence
trop sévère, disons-nous, Il ne peut me demander cela “. Mais
si ! Notre Seigneur est un Maître sévère, et c’est bien cela qu’il
nous demande.
Suis-je prêt à me dépouiller de tout, à n’avoir plus rien que
moi-même ? Suis-je décidé à ne pas tenir compte de l’opinion
que mes amis peuvent avoir de moi, ni de ma propre opinion
sur moi-même, pour déposer cet être dépouillé entre les mains
de Dieu ? C’est alors qu’il me sanctifiera entièrement et que
mon cœur dépouillé n’aura d’autre préoccupation, que celle de
la gloire de Dieu .
Lorsque je demande à Dieu : “Seigneur, montre-moi en quoi
consiste, pour moi, la sanctification ? “, il répondra à cette
prière : “Elle consiste à être uni à Jésus.” La sanctification n’est
pas quelque chose que Jésus met en moi : c’est Lui-même en
moi .
23 Juillet
La sanctification (2)
C’est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, qui,
de par Dieu, a été fait pour nous…
sanctification.
1 Corinthiens 1.30
Le coté de la vie : Le mystère de la sanctification, c’est que
toutes les perfections de Jésus-Christ me sont communiquées,
non pas graduellement, mais instantanément, dès que je saisis
par la foi cette promesse : “Jésus-Christ a été fait pour moi
sanctification.” La sanctification n’est autre que la sainteté de
Jésus qui devient la mienne.
Le secret unique et merveilleux d’une vie sainte ne consiste pas
à imiter Jésus-Christ, mais à laisser les perfections de Jésus-
Christ se manifester d’elles-mêmes à travers ma faiblesse. La
sanctification, c’est ” Christ en vous “. C’est sa vie
incomparable qui m’est communiquée, par la foi, comme un
don souverain de la grâce de Dieu. Suis-je prêt à l’accepter ?
La sanctification met en moi les saintes qualités de Jésus-
Christ. C’est sa patience, son amour, sa foi, sa pureté, sa piété,
qui se manifestent dans toute âme sanctifiée. La sanctification
ne consiste pas à recevoir de Jésus la capacité d’être saint, mais
à recevoir de lui sa sainteté même : c’est lui-même qui se
manifeste en moi. Ce n’est pas une imitation de Jésus. Toutes
les perfections sont en Jésus-Christ, et le secret de la
sanctification, c’est que toutes ses perfections sont à ma
portée. Lentement mais sûrement, je commence à vivre une
vie sainte et incomparablement sereine, ” gardé par la
puissance de Dieu .”
24 Juillet
L’intention et l’acte
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes
et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le
Royaume des Cieux.
Matthieu 5.20
Ce qui caractérise le vrai chrétien, ce n’est pas tant la bonté de
ses actes que la bonté de ses intentions ; la grâce surnaturelle de
Dieu l’a transformé. la seule chose qui soit supérieure à une
bonne action, est une nature bonne. Jésus déclare : « Si tu es
mon disciple, ce n’est pas seulement ta conduite qui doit être
bonne, mais tes intentions, tes rêves, les moindres recoins de
ton être ». Tu dois avoir des intentions si pures que le Tout-
Puissant n’y trouve rien à reprendre. Oui peut se tenir dans la
lumière éternelle de Dieu, sans que Dieu trouve en lui rien à
reprendre ? Le Fils de Dieu, lui seul. Et Jésus-Christ proclame
que, par sa Rédemption, il peut mettre dans le cœur de tout
homme ses propres dispositions, et le rendre aussi pur et
simple qu’un petit enfant. la pureté que Dieu réclame est
impossible à réaliser, à moins que mon être intérieur ne soit
régénéré par Jésus.
Personne ne peut se rendre pur en obéissant à des lois. Jésus-
Christ ne nous donne pas des règles et des ordonnances ; ses
enseignements sont des vérités qui ne peuvent être mises en
pratique que grâce aux dispositions qu’il met en nous. le grand
miracle du salut de Jésus-Christ est qu’il triomphe de
l’hérédité ! Le chrétien reste un homme, mais son ressort est
changé.
25 Juillet
Suis-je un de ces “heureux” ?
« Heureux les pauvres en esprit… ; heureux les
affligés… ; heureux les débonnaires… ;
heureux… »
Matthieu 5.3-10
La première fois que nous lisons les enseignements de Jésus,
nous trouvons cela merveilleusement simple et évident, et
nous ne nous sentons pas vraiment concernés. Par exemple, les
Béatitudes nous paraissent être de beaux principes, faits pour
des gens vivant loin du monde, inadaptés à la vie moderne,
hors du monde rude et affairé dans lequel nous vivons.
Cependant, nous découvrons bientôt que les Béatitudes
contiennent la dynamite du Saint-Esprit. Elles explosent au
contact direct des circonstances de notre vie. Lorsque le Saint-
Esprit nous rappelle une Béatitude, nous sommes mis en
demeure de prendre une décision : soit d’accepter, soit de
refuser le bouleversement spirituel que produira l’obéissance à
ces paroles. C’est ainsi qu’agit le Saint-Esprit. Nous n’avons
pas besoin d’être né de nouveau pour mettre en pratique les
Béatitudes dans leur sens littéral, c’est un jeu d’enfant. Par
contre, leur interprétation par le Saint-Esprit, qui les applique
aux circonstances de notre vie, est le rude labeur du chrétien
fidèle.
L’enseignement de Jésus n’a rien de commun avec notre façon
humaine de comprendre la vie ; c’est pourquoi, de prime
abord, il nous étonne et nous déconcerte. Nous devons
progressivement adapter notre conduite et nos paroles à ces
préceptes, que le Saint-Esprit applique à notre cas particulier.
Le Sermon sur la Montagne n’est pas un recueil de lois et de
règlements ; c’est une description de ce que le Saint-Esprit va
faire en nous.
26 Juillet
Ce qu’il faut pour atteindre à la
pureté
C’est du cœur que viennent les mauvaises
pensées, les meurtres, les adultères, les
impudicités, les vols, les faux témoignages, les
calomnies…
Matthieu 15.19
Nous faisons de notre ignorance une garantie de notre
innocence ; puis nous considérons notre innocence comme une
garantie de notre pureté. Lorsque nous entendons les rudes
affirmations de notre Seigneur, nous nous récrions : “Mais je
n’ai jamais éprouvé dans mon cœur aucune de ces horreurs ! ”
Nous n’admettons pas ce que Jésus met ici en évidence. De
deux choses l’une : Jésus-Christ est réellement l’autorité
suprême qui sonde le cœur humain, ou il n’est pas digne
d’intérêt. Suis-je prêt à croire à son divin discernement, ou est-
ce que je me complais dans ma naïve ignorance ? Le jour où ce
sentiment d’innocence se dissipera, je découvrirai avec crainte
toutes les possibilités de mal qui sont en moi. Tant que je me
retranche derrière une innocence illusoire, je vis dans un
paradis chimérique. Si je ne me suis jamais conduit comme un
criminel, c’est à la fois mon manque de courage et les usages de
la société civilisée qui m’en ont empêché ! Mais quand Dieu
met à nu mon cœur, le diagnostic de Jésus se vérifie.
Le seul secours possible est alors dans la Rédemption de Jésus-
Christ. Si je m’abandonne à lui, les abominations dont mon
cœur est capable, ne peuvent jamais se manifester . La
véritable pureté est un sommet trop élevé pour que je puisse
l’atteindre par mes propres efforts ; mais lorsque le Saint-
Esprit vient habiter en moi, il remplit mon cœur de l’Esprit
saint qui est pureté absolue.
27 Juillet
Obéir, oui ! Mais après ?
Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter
dans la barque et à passer avant lui de l’autre
côté.
Marc 6.45 à 52
Nous avons tendance à nous imaginer que, si Jésus-Christ nous
oblige à faire quelque chose, l’obéissance nous conduira vers
un succès éclatant. Ne croyons jamais que le plan de Dieu est de
nous accorder les succès dont nous rêvons ; il est possible que
ses intentions soient juste à l’opposé des nôtres. Nous croyons
que Dieu nous conduira dans une direction particulière, vers le
but que nous désirons atteindre, et nous faisons erreur. Le fait
d’atteindre tel ou tel but n’est qu’un incident de parcours.
Notre état présent, où nous ne voyons qu’un moyen, est aux
yeux de Dieu un aboutissement.
Comment est-ce que je m’imagine les desseins de Dieu à mon
égard ? Sa pensée est que je dépende entièrement de lui et de sa
puissance. Si je reste calme et serein au milieu du tourbillon de
la vie, Dieu a atteint son but. Il désire que je puisse voir Jésus
marchant sur les eaux, sans aucun rivage en vue, sans autre
but, sans autre certitude que celle-ci : tout est bien puisque je le
vois là, devant moi, marcher sur les flots. C’est ma manière de
vivre et non le but de ma vie qui glorifie Dieu .
L’entraînement auquel Dieu me soumet n’est pas pour tout à
l’heure, il est pour maintenant. Son dessein concerne la
minute présente, et non un avenir problématique. Nous avons
à lui obéir sans nous inquiéter des conséquences possibles. Ce
qui, pour les hommes, est une préparation en vue de l’avenir,
est pour Dieu un aboutissement.
Le but de Dieu est de m’apprendre à reconnaître qu’il peut, Lui,
marcher aujourd’hui sur les eaux tourmentées de mon
existence. Si nous avons en tête un but plus lointain, nous nous
désintéressons du présent. Comprenons donc que Dieu veut
notre obéissance. Chaque instant nous deviendra précieux.
28 Juillet
Pourquoi les nuées ?
Voici, il vient avec les nuées.
Apocalypse 1 .7
Les nuées, dans la Bible, sont toujours en rapport avec Dieu.
Les nuées, ce sont ces douleurs, ces chagrins, ces épreuves dans
notre vie ou dans celle des autres, qui semblent démentir la
souveraineté de Dieu. Mais c’est précisément par ces épreuves
que l’Esprit de Dieu nous enseigne à marcher par la foi. Si notre
vie était sans nuages, nous n’aurions point de foi.” Les nuées ne
sont que des poussières qui tombent des pieds de notre Père
“…, elles nous prouvent qu’il est là. Quelle révélation lorsqu’on
comprend que les peines, les pertes, les souffrances, ne sont
que des nuées qui environnent notre Dieu ! Dieu est toujours
environné de nuées, il ne vient jamais à nous dans toute Sa
splendeur .
Il n’est pas tout à fait exact de dire que Dieu veut, au travers de
nos épreuves, nous apprendre quelque chose ; au contraire, par
chaque nuage qu’il envoie, il veut nous désapprendre quelque
chose. En nous couvrant de sa nuée, Dieu cherche à simplifier
notre foi, jusqu’à ce que nous soyons à son égard comme des
enfants. Il veut établir une relation directe entre Lui et nous, et
ainsi tout le reste sera dans l’ombre. Tant qu’il n’en sera pas
ainsi, je continuerai à être enveloppé de nuages et d’obscurité.
Qu’en est-il ? Mes relations avec Dieu sont-elles devenues plus
simples et plus naturelles qu’auparavant ?
Il y a un lien direct entre les voies étranges par lesquelles Dieu
nous conduit, et ce que nous savons de Lui. Apprenons à
interpréter les énigmes de la vie à la lumière de ce que nous
savons de Dieu. Tant que nous ne pouvons pas regarder en face
les situations les plus sombres sans rien perdre de notre
confiance en Dieu, nous ne le connaissons pas vraiment.
” Ils eurent peur en entrant dans la nuée.” Qui est avec vous
dans la nuée ? Elle deviendra plus sombre si c’est un autre que ”
Jésus seul “.
29 Juillet
Que voyez-vous dans les nuées ?
Voici, il vient avec les nuées.
Apocalypse 1 .7
Les nuées, dans la Bible, sont toujours en rapport avec Dieu.
Les nuées, ce sont ces douleurs, ces chagrins, ces épreuves dans
notre vie ou dans celle des autres, qui semblent démentir la
souveraineté de Dieu. Mais c’est précisément par ces épreuves
que l’Esprit de Dieu nous enseigne à marcher par la foi. Si notre
vie était sans nuages, nous n’aurions point de foi.” Les nuées ne
sont que des poussières qui tombent des pieds de notre Père
“…, elles nous prouvent qu’il est là. Quelle révélation lorsqu’on
comprend que les peines, les pertes, les souffrances, ne sont
que des nuées qui environnent notre Dieu ! Dieu est toujours
environné de nuées, il ne vient jamais à nous dans toute Sa
splendeur .
Il n’est pas tout à fait exact de dire que Dieu veut, au travers de
nos épreuves, nous apprendre quelque chose ; au contraire, par
chaque nuage qu’il envoie, il veut nous désapprendre quelque
chose. En nous couvrant de sa nuée, Dieu cherche à simplifier
notre foi, jusqu’à ce que nous soyons à son égard comme des
enfants. Il veut établir une relation directe entre Lui et nous, et
ainsi tout le reste sera dans l’ombre. Tant qu’il n’en sera pas
ainsi, je continuerai à être enveloppé de nuages et d’obscurité.
Qu’en est-il ? Mes relations avec Dieu sont-elles devenues plus
simples et plus naturelles qu’auparavant ?
Il y a un lien direct entre les voies étranges par lesquelles Dieu
nous conduit, et ce que nous savons de Lui. Apprenons à
interpréter les énigmes de la vie à la lumière de ce que nous
savons de Dieu. Tant que nous ne pouvons pas regarder en face
les situations les plus sombres sans rien perdre de notre
confiance en Dieu, nous ne le connaissons pas vraiment.
“Ils eurent peur en entrant dans la nuée.” Qui est avec vous
dans la nuée ? Elle deviendra plus sombre si c’est un autre que
“Jésus seul”.
30 Juillet
La désillusion bienfaisante
Jésus ne se fiait point à eux… car il savait ce
qui était dans l’homme.
Jean 2.24-25
Après une désillusion, je ne me trompe plus sur le compte des
autres ; je suis sur mes gardes, au risque de devenir cynique,
dur, plus sévère que de raison. Mais la désillusion bienfaisante,
celle qui vient de Dieu, nous fait voir les hommes et les femmes
tels qu’ils sont, sans que des pensées cyniques ou des paroles
piquantes ou amères nous viennent à l’esprit. Beaucoup de nos
malheurs viennent des illusions que nous nous faisons. Nous
ne nous comportons pas avec les autres d’après ce qu’ils sont
véritablement, mais d’après les idées que nous nous faisons à
leur sujet. Tout nous apparaît merveilleux et parfait, ou bien
mesquin et exécrable, suivant l’idée que nous nous sommes
forgée.
Le refus de perdre ses illusions est la cause de la plupart des
souffrances de l’existence. Voici ce qui se produit : si nous
aimons une créature humaine sans aimer Dieu, nous attendons
de l’être aimé toutes les perfections. Lorsque notre attente est
déçue, nous devenons cruels et méchants, sans nous rendre
compte que nous attendons de lui plus qu’il ne peut nous
donner. Il n’y a qu’un être au monde qui puisse satisfaire tous
les besoins de notre cœur blessé : c’est le Seigneur Jésus-Christ.
Si Jésus nous paraît juger si sévèrement toute affection
humaine, c’est qu’il sait bien que toute affection qui n’est pas
fondée sur notre amour pour lui aboutit nécessairement au
désastre. Notre Seigneur ne se fiait à aucun homme, et
cependant il ne fut jamais soupçonneux ni amer. Sa confiance
en Dieu et en sa grâce était telle qu’il ne désespérait de
personne. Par contre, si nous plaçons notre confiance dans les
hommes, nous en arriverons à désespérer de tous.
31 Juillet
Jusqu’à ce que nous soyons
entièrement à Lui
Il faut que la patience accomplisse
parfaitement son œuvre, afin que vous soyez
parfaits et accomplis, sans faillir en rien.
Jacques 1.4
Sur le plan moral et spirituel, beaucoup d’entre nous sont ”
bien ” dans l’ensemble, mais négligents sur un point
particulier. Cela ne vient pas précisément du péché, mais
plutôt des traces de notre ancienne vie. Or, être négligent, est
une offense au Saint-Esprit. Il ne devrait y avoir dans notre vie
aucun ” laisser-aller ” , ni dans la façon dont nous mangeons et
buvons, ni dans notre manière d’adorer Dieu.
Non seulement nous devons avoir à l’égard de Dieu l’attitude
intérieure qui convient, mais l’expression extérieure de notre
piété doit être irréprochable. Dieu ne laissera rien passer, il
voit tous les détails. Cent fois, s’il le faut, il reviendra sur notre
point faible. Il ne se lasse jamais, jusqu’à ce que nous ayons
compris la leçon, car il nous veut accomplis.
Il peut s’agir d’un instinct incontrôlé : avec patience, avec
persévérance, Dieu revient sur ce point particulier. Peut-être
avons-nous l’ habitude de laisser notre esprit vagabonder ;
peut-être sommes-nous égoïstement individualistes. Dieu
travaille à nous délivrer de la moindre chose qui en nous n’est
pas parfaite.
Après avoir contemplé les merveilles de la Rédemption, nos
cœurs sont pleins d’amour pour Dieu. La manière merveilleuse
dont il a travaillé en nous nous prouve que dans l’ensemble,
nous sommes en règle avec lui.” Maintenant “, dit l’Esprit par
la bouche de Jacques, ” que votre patience soit rendue parfaite
“. Attention au laisser-aller qui nous fait dire : “Oh ! ça peut
aller ” ! Dans quelque domaine que ce soit, Dieu dénoncera avec
insistance ce qui ne va pas, jusqu’à ce que nous soyons
entièrement à lui .
1er Août
Comment Dieu procède-t-il ?
Quand il nous demande de tout laisser, il vient nous remplacer
lui-même
Lorsque Jésus eut achevé de donner ses
instructions à ses disciples, il partit de là, pour
enseigner et prêcher dans les villes du pays.
Matthieu 11.1
Quand Dieu vous dit : “partez “, et que vous restez chez vous,
parce que vous êtes préoccupé par ceux que vous laissez à la
maison, vous les privez de l’enseignement de Jésus en
personne. Mais si vous obéissez et laissez à Dieu toutes les
conséquences, il ira lui-même enseigner les vôtres ; tant Que
vous refusez d’obéir, vous êtes un obstacle sur leur chemin.
Faites bien attention, lorsque vous opposez ce que vous appelez
votre devoir aux commandements précis du Seigneur, disant :
“Je sais que Dieu m’a appelé à partir, mais mon devoir me
retient ici.” C’est la preuve que vous ne croyez pas à la parole de
Jésus. Quand il nous demande de ne plus enseigner, il enseigne
à notre place.
” Maître…, si tu le veux, je dresserai ici trois tentes…” Matthieu
17.4 Jouons-nous au directeur spirituel ? Dieu ne peut-il plus
atteindre ceux que nous instruisons à cause de la place que
nous prenons ? Taisons-nous, gardant l’esprit en éveil, Dieu
veut nous faire contempler son Fils, il veut transformer nos
moments de prière en ” montagnes de la transfiguration “, et
nous l’en empêchons. Si nous sommes convaincus que Dieu
agira d’une certaine manière, il nous surprendra en n’agissant
plus jamais comme cela.
Quand il nous ordonne d’attendre, c’est lui qui agit. Restez
dans la ville… jusqu’à ce que… Sachez attendre et Dieu agira.
Mais attendez sans impatience, avec sérénité. Êtes-vous assez
détaché de vos expériences spirituelles pour vous attendre à
Dieu ? Attendez calmement, dans une obéissance active.
Lorsque les choses se passent de cette manière-là, il est rare que
nous y discernions l’action de Dieu.
2 Août
La discipline par les difficultés
Vous aurez des tribulations dans le monde ;
mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.
Jean 16.33
On pense souvent que la vie chrétienne nous apporte la
délivrance de toute épreuve. Ce qu’elle apporte, c’est la
délivrance dans l’épreuve, ce qui est tout différent.” Heureux
celui que le Très-Haut admet en sa présence… pour qu’il habite
dans ses parvis… là, aucun malheur ne l’atteindra” aucun fléau
ne peut vous atteindre dans l’intimité de Dieu.
L’enfant de Dieu n’échappe pas aux épreuves, mais Jésus vous
dit de ne pas en être surpris : “Vous aurez des tribulations dans
le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde - ne vous
laissez effrayer par rien.” Certains qui , avant leur conversion,
n’auraient pas songé à parler de leurs épreuves, deviennent
souvent, une fois nés de nouveau, des ” faiseurs d’embarras “,
car ils se font une fausse idée de la vie d’un racheté.
Dieu ne nous donne pas une vie triomphante, il nous donne la
vie à mesure que nous triomphons. L’effort même nous
communique une force. S’il n’y a pas d’effort, la force ne nous
est pas donnée. Est-ce que vous demandez à Dieu de vous
donner la vie, la liberté et la joie ? Il ne vous les donnera pas,
tant que vous n’accepterez pas l’épreuve. Dès que vous ferez
face à l’épreuve, vous recevrez la force. Surmontez votre
crainte, allez de l’avant, et Dieu vous nourrira des fruits de
l’arbre de vie. Quand on dépense ses forces physiques, on
s’épuise. Mais, Quand on dépense ses forces spirituelles, on
devient encore plus fort. Dieu ne nous donne jamais des forces
pour demain, ou pour tout à l’heure, mais il nous les donne
pour l’effort du moment présent. Nous sommes tentés
d’affronter les difficultés en nous appuyant sur notre bon sens
commun. Mais l’enfant de Dieu peut se rire des difficultés qui
l’écrasent, car il sait que Dieu peut accomplir l’incroyable.
3 Août
La contrainte souveraine de
Dieu
Voici, nous montons à Jérusalem.
Luc 18.31
Ce dernier voyage à Jérusalem marque, dans la vie de Jésus, le
sommet de son obéissance à la volonté du Père.” … Je ne
cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a
envoyé.” C’était la pensée dominante du Seigneur, pendant
toute sa vie. Ni les joies, ni les revers, ne le détournaient de ce
but.” Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.”
La chose essentielle que nous devons sans cesse nous rappeler,
c’est que nous aussi nous montons “à Jérusalem ” , pour
accomplir la volonté de Dieu, et non la nôtre. Il est naturel que
l’homme ait des ambitions personnelles ; mais le chrétien ne
poursuit aucun but personnel. On parle beaucoup, de nos
jours, de prendre une décision pour Christ, de se décider à être
chrétien, de décisions pour ceci ou cela ; mais dans le Nouveau
Testament, c’est la volonté souveraine de Dieu qui est mise au
premier plan.” Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi,
je vous ai choisis… ” (Jean 15.16). Nous ne sommes pas appelés à
comprendre et à approuver le plan de Dieu, mais à nous y
soumettre même sans comprendre. Nous n’avons aucune idée
du dessein de Dieu, et plus nous avançons, moins nous y
voyons clair. Il nous semble que Dieu vise à côté de la cible,
parce que notre vue est trop courte pour voir ce qu’il a en vue.
Au début de notre vie chrétienne, nous avons nos idées à nous
sur le but que Dieu se propose : “Je suis fait pour aller ici, ou
pour aller là-bas ” Dieu m’a appelé à telle œuvre précise ” , et
nous nous mettons en route ; nous travaillons et pendant ce
temps l’appel souverain de Dieu continue à se faire entendre.
Le travail que nous faisons ne sert à rien ; il n’a pas plus de
valeur qu’un château de cartes. Il nous faut accepter tout à
nouveau la volonté de Dieu.” Il prit avec lui les Douze.” Il nous
prend sans cesse, nous aussi, avec lui, pour nous conduire plus
loin.
4 Août
Compagnons de Dieu
Jésus prit les douze auprès de lui.
Luc 18.31
Comment Dieu ose-t-il se fier à nous ? ” Il a manqué de sagesse
en me choisissant, dites-vous, je n’ai aucune valeur “. C’est
justement pour cela qu’il vous a choisi. Tant que vous croyez
valoir quelque chose, Dieu ne peut pas vous employer, parce
que vous avez des ambitions personnelles à poursuivre. Mais si
vous lui avez permis de vous débarrasser de toute votre
suffisance, alors il peut vous prendre avec lui pour ” aller à
Jérusalem “, et cela pour accomplir un dessein sur lequel il n’a
pas à vous consulter.
Nous nous imaginons qu’un homme qui a des qualités
naturelles fera, à cause de cela, un bon chrétien. Or, ce qui est
important, ce ne sont pas nos dons, mais notre dénuement.
Non ce que nous apportons, mais ce que Dieu met en nous. Nos
vertus naturelles, notre force de caractère, notre savoir , notre
expérience - tout cela ne compte pour rien. La seule chose qui
compte, c’est que nous soyons saisis par la souveraine
contrainte de Dieu, et faits par lui ses compagnons (voyez 1
Corinthiens 1.26-30). Dieu prend pour compagnons des gens
qui reconnaissent leur pauvreté. Il ne peut rien faire de celui
qui se croit bon à quelque chose. Nous, chrétiens, ne sommes
pas là pour nous occuper de nos propres affaires, mais de celles
de Dieu. Nous ne savons pas où Dieu veut en venir, mais rien ne
doit porter préjudice à notre relation avec Lui. Si quelque
chose vient à l’altérer, il faut prendre le temps de tout remettre
en ordre. L’essentiel dans notre vie spirituelle n’est pas le
travail que nous faisons, mais notre relation avec Dieu et
l’atmosphère qui en résulte. C’est la seule chose sur laquelle
Dieu nous demande de veiller, et c’est bien celle qui est la plus
négligée.
5 Août
L’appel déconcertant
Jésus prit les Douze auprès de lui et leur dit : «
Tout ce qui a été écrit par les prophètes au
sujet du Fils de l’homme s’accomplira… » Mais
ils ne comprirent rien à cela…
Luc 18.31-34
Dieu appela Jésus-Christ pour le faire aboutir, semble-t-il, à la
faillite totale. Jésus appelle ses disciples pour le voir mis à
mort- et cela leur brisera le cœur. La vie de Jésus. Christ fut, au
point de vue humain, un désastre, mais un immense triomphe
aux yeux de Dieu ; ses desseins ne sont pas nos desseins.
L’appel déconcertant de Dieu se fait aussi entendre dans nos
vies. Cet appel ne peut être formulé explicitement ; il va de soi.
Il est comme l’appel de la mer, que personne n’entend, sauf
celui qui est né marin. On ne peut pas définir clairement
l’appel de Dieu, car il nous appelle à être ses compagnons, pour
un but connu de lui seul ; et le signe que nous sommes appelés,
c’est justement croire que Dieu sait ce qu’il fait. Ce qui nous
arrive n’est jamais le fruit du hasard, mais correspond
entièrement au plan de Dieu. Dieu travaille à réaliser ses
desseins.
Si nous sommes vraiment en communion avec Lui et savons
reconnaître qu’il nous introduit dans ses plans, nous ne
cherchons plus à les deviner. À mesure que nous avançons dans
la vie chrétienne, elle devient plus simple, parce que nous
cessons de nous demander : “Pourquoi Dieu permet-il ceci ou
cela ? ” Toute la scène est dominée par la souveraineté de Dieu.
Nos destinées sont dans sa main. Un chrétien est un homme
qui se fie à l’intelligence et à la sagesse de Dieu, et non à la
sienne. Si nous avons un plan personnel, il ruine la simplicité
et la sérénité qui doivent caractériser l’enfant de Dieu.
6 Août
La croix et la prière
En ce jour-là, vous demanderez en mon nom.
Jean 16.26
Nous avons beaucoup trop l’habitude de considérer la croix
comme une épreuve dont nous devons triompher : mais nous
ne pouvons en triompher que si nous l’acceptons. La croix ne
signifie pour nous qu’une seule chose : l’identification totale et
absolue avec le Seigneur Jésus-Christ. Cette union se réalise
avant tout dans la prière.
” Votre père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui
demandiez. Il Alors, pourquoi demander ? C’est que la prière
ne doit pas avoir pour but d’obtenir de Dieu des exaucements ;
la prière est la parfaite et complète communion avec lui. Si
nous prions pour être exaucés, nous risquons de nous irriter
contre Dieu. Il nous répond toujours, mais pas toujours comme
nous l’attendons, et nos moments d’irritation ” spirituelle Il
prouvent que nous refusons d’être unis à Lui dans la prière.
Nous ne sommes pas appelés à démontrer que Dieu exauce la
prière, mais à être de vivants témoins de la grâce de Dieu .
” Je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous, car le Père
lui-même vous aime “. Êtes-vous parvenu à un tel degré
d’intimité avec Dieu que votre vie de prière ne fait qu’un avec
celle de Jésus ? En ” ce jour-là “, sa vie sera devenue votre vie.
Quand il vous semble que Dieu ne répond pas à votre prière,
n’essayez pas d’en accuser quelqu’un d’autre que vous. C’est là
un piège de Satan. Vous découvrirez qu’il y a une raison, et ce
sera une profonde leçon pour vous, et non pour qui que ce soit
d’autre.
7 Août
La prière dans la maison du
Père
Ne saviez-vous pas que je dois être dans la
maison de mon Père ?
Luc 2.49
L’enfance du Seigneur ne fut pas un ” âge mûr ” prématuré ;
elle est un état éternel. Suis-je un enfant de Dieu, innocent et
saint, comme mon Seigneur et Sauveur ? Est-ce que je me
considère comme vivant dans la maison du Père ? Est-ce que le
Fils de Dieu vit en moi, comme dans la maison de son Père ?
Dieu est la réalité permanente, et chaque moment de la vie
m’apporte ses ordres. Suis-je toujours en contact avec la réalité
divine, ou bien est-ce que je prie seulement quand les choses
vont mal ? J’ai à m’identifier au Seigneur dans une sainte
communion, une communion dont plusieurs n’ont aucune
idée ” Je dois m’occuper des affaires de mon Père ” - vivre,
maintenant, dans sa maison.
Appliquez cet enseignement à vos circonstances personnelles.
Votre vie est-elle un reflet de la vie du Seigneur, au point que
vous soyez simplement un enfant de Dieu, parlant librement et
continuellement à son Père, et convaincu que tout ce qui vous
arrive vient de lui ? Le Fils éternel habite-t-il en vous comme
dans la maison du Père ? Sa grâce rayonne-t-elle à travers vous,
sur votre famille, sur votre travail, sur votre entourage ? Avez-
vous été surpris par les circonstances que vous traversez ? Ne
vous en inquiétez pas, cela fait partie de l’œuvre que le Fils de
Dieu veut faire en vous, pour votre sanctification. Laissez-le
faire, restez seulement en communion parfaite avec Lui.
La vie de votre Seigneur doit devenir votre vie ; il faut qu’il vive
et agisse en vous comme il agissait et vivait au milieu des
hommes .
8 Août
Prier pour honorer le Père
Le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé
Fils de Dieu.
Luc 1.35
Comme Jésus naquit de la vierge Marie, il doit naître en
chacun de nous, pour manifester en nous sa sainte innocence,
sa simplicité et sa communion avec le Père. C’est Dieu qui fait
naître en moi son Fils. Étant devenu enfant de Dieu, j’ai le droit
de regarder mon Père en face. Je réponds toujours aux
objections de mon propre bon sens : “Pourquoi voulez-vous me
détourner de ce privilège ? Ne savez-vous pas que je dois
m’occuper des affaires de mon Père ? ” Quelles que soient les
circonstances, le saint, l’innocent, l’éternel Enfant divin doit
rester en communion avec son Père.
Ai-je assez de simplicité pour m’identifier ainsi avec le
Seigneur ? Poursuit-il en moi son œuvre merveilleuse ? Dieu
peut-il voir son Fils formé en moi ? Tout autour de nous, dans
notre monde d’aujourd’hui, une clameur s’élève : “À mort le
Fils de Dieu ! ” Il n’y a plus de place pour lui, plus aucune
possibilité de tranquille communion avec le Père.
Le Fils de Dieu prie-t-il en moi, ou bien est-ce moi qui prétends
Le diriger ? Peut-il accomplir son ministère en moi comme il le
faisait aux jours de sa vie terrestre ? Les souffrances du Fils de
Dieu qui est en moi, atteignent-elles le but qu’il avait en vue ?
Plus on connaît la vie intime des chrétiens, plus on se rend
compte de ce que Dieu attend de nous : “Compléter ce qui
manque aux souffrances de Christ.”
9 Août
La prière que Dieu écoute
Père, je te rends grâce de ce que tu m’as exaucé
!
Jean 11.41
Quand le Fils de Dieu prie, sa pensée ne fait qu’un avec celle de
son Père. Dieu entend toujours les prières de son Fils, et, si son
Fils est vivant en moi, le Père exaucera aussi les miennes. Je
dois veiller à ce que le Fils de Dieu puisse se manifester dans
mon corps mortel.” Votre corps est le temple du Saint-Esprit “,
la ” Bethléem ” où naît le Fils de Dieu. Le Seigneur peut-il
vraiment faire en moi ce qu’il désire ? L’absolue simplicité de
la vie du Fils de Dieu peut-elle se manifester comme pendant sa
vie terrestre ? Quand je suis confronté aux difficultés de la vie,
puis-je m’appuyer sur la prière du Fils éternel parlant à son
Père ? Il En ce jour-là, vous demanderez en mon nom… “, dit
Jésus. De quel jour s’agit-il ? Du jour où le Saint-Esprit est venu
en moi et m’a fait réellement un avec mon Seigneur .
Le Seigneur Jésus-Christ peut-il être parfaitement satisfait de
votre vie, ou paradez-vous votre spiritualité ? Que dans votre
vie spirituelle, ce qu’on appelle” le bon sens ” ne mette jamais
le Fils de Dieu à l’écart. Le bon sens est un don de Dieu qui fait
partie de la nature humaine, mais ce n’est pas le don de son
Fils. Jésus nous donne une intuition surnaturelle. Ne faites pas
une idole de votre bon sens. Il ne vous permettra jamais de
comprendre le Père. Vos facultés naturelles sont incapables de
connaître et d’adorer Dieu, tant qu’elles n’ont pas été
transfigurées par la présence du Fils de Dieu. Notre corps
mortel doit être tenu à tout instant dans une parfaite
soumission à Jésus, afin qu’il puisse agir à travers nous.
Sommes-nous soumis à Jésus-Christ pour que ” sa vie se
manifeste dans notre chair mortelle ” ?
10 Août
Le chrétien et la souffrance
Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté
de Dieu remettent leurs âmes au fidèle
créateur, en faisant ce qui est bien.
1 Pierre 4.19
Rechercher la souffrance est répréhensible, mais choisir la
volonté de Dieu, même si elle implique la souffrance, est tout
autre chose. Aucun chrétien normal ne recherche la souffrance
pour elle-même ; comme Jésus, il recherche la volonté de Dieu,
dut-il en souffrir. Un chrétien ne doit jamais s’immiscer dans
la vie d’un autre chrétien, pour interrompre la discipline de la
souffrance.
Un chrétien qui fortifiera les autres chrétiens, et les affermira,
réjouit le Seigneur. Ceux qui nous font du bien ne sont pas ceux
qui s’apitoient sur nous ; ceux-là, au contraire, gênent notre
marche, car en nous plaignant ils affaiblissent notre énergie.
Un chrétien ne peut comprendre un autre chrétien que s’il se
tient tout près du Sauveur. Si nous laissons un frère nous
témoigner de la sympathie, aussitôt nous pensons : “Dieu me
traite durement.” C’est pourquoi Jésus a dit que la pitié de soi
vient du diable (Matthieu 16.23). Ne calomnions pas Dieu ; il est
facile de le faire car Dieu ne se défend pas, ne se venge jamais.
Ne vous imaginez pas que Jésus éprouvait le besoin qu’on
s’apitoie sur lui pendant sa vie terrestre. Il refusait la
sympathie des hommes, car il savait trop bien, dans sa sagesse,
que personne sur la terre ne pouvait comprendre son cœur. Il
ne cherchait de sympathie qu’auprès de son Père et des anges
du ciel (Luc 15.10).
Remarquez que Dieu semble parfois ” gaspiller ” ses serviteurs.
Au point de vue humain, il les place à des endroits où ils
semblent inutiles. Nous disons : “Dieu me veut ici parce que je
suis tellement utile ! ” Mais Dieu place ses serviteurs là où ils
pourront le glorifier ; et nous n’avons pas à en juger nous-
mêmes : il sait ce qu’il fait.
11 Août
L’expérience qui nous forme
Élisée ne vit plus Élie.
2 Rois 2v12
Vous avez le droit de vous appuyer sur Élie, celui que Dieu vous
a donné pour vous guider, mais n’oubliez pas que le jour
viendra où il vous sera enlevé. Vous vous dites : « Mais je ne
peux pas poursuivre ma route sans Élie », pourtant Dieu veut
vous apprendre à avancer sans lui .
Élisée est seul pour passer le Jourdain (verset 14), symbole de la
séparation. Vous avez vous aussi à traverser tout seul votre
Jourdain, sans soutien, sans personne qui peut prendre cette
responsabilité à votre place. Il vous faut maintenant mettre en
pratique ce que vous avez appris. Il ne sert à rien de dire : « Je
n’y arriverai pas ». Vous êtes confronté à une nouvelle
expérience et vous devez y faire face. Vous appuyant sur Dieu,
il vous faut franchir votre Jourdain seul.
Élisée est seul à Jéricho (verset 15), où Élie avait fait de grandes
choses. Vous craignez de prendre une initiative hardie et de
mettre Dieu à l’épreuve. Mais si vous restez fidèle à ce que vous
avez appris avec Élie, Dieu vous accordera un signe de sa
présence.
Élisée est seul à Béthel (verset 23). Là, vous non plus ne saurez
que faire, ce sera la fin de votre sagesse, c’est la sagesse de Dieu
qui interviendra. Au moment où vous êtes sur le point de
désespérer, où vous vous sentez complètement à bout, tenez
ferme, demeurez fidèle à Dieu et sa vérité triomphant en vous
fera de votre vie une source de bénédiction. Mettez en pratique
ce que ” votre Élie ” vous a enseigné, mais ne cherchez plus son
secours. Servez-vous de son manteau, et priez. Prenez la
résolution de vous confier en Dieu seul.
12 Août
Se reposer en Dieu
Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ?
Matthieu 8.26
Quand nous avons peur, nous crions à Dieu instinctivement,
mais le Seigneur a le droit d’exiger que ceux qui invoquent son
nom aient en lui une confiance intelligente. Dieu s’attend à ce
que ses enfants aient une telle confiance en lui, que d’autres
puissent toujours compter sur eux dans les moments difficiles.
Hélas ! Notre confiance en Dieu ne va que jusqu’à un certain
point ; ensuite nous retombons dans la mentalité des
incrédules qui, affolés, crient vers lui, lorsqu’ils sont à bout de
ressources. Une telle attitude témoigne de notre manque de
confiance. Il paraît dormir, et nous ne voyons rien d’autre que
les vagues qui déferlent sur nous.
« Gens de peu de foi » ! Quel cinglant reproche pour les disciples
! « Une fois de plus vous n’avez pas compris » ! Et quel reproche
nous frappe nous aussi, quand nous comprenons soudain que
nous aurions pu remplir de joie le cœur de Jésus, en gardant en
lui une confiance absolue.
À certains moments de la vie tout paraît calme et tranquille.
Nous faisons de notre mieux, avec nos forces humaines ; mais
c’est lorsque la tempête arrive qu’on voit tout de suite sur quel
appui nous comptons. Si nous avons appris à adorer Dieu et à
nous fonder sur lui, la tempête révélera que nous pouvons
résister sans être brisés.
Nous avons fréquemment parlé de la sanctification comment
la résumer ? Elle doit nous amener à nous reposer en Dieu,
c’est-à-dire nous unir à Lui parfaitement. Par là non seulement
nous serons irréprochables à ses yeux, mais nous lui donnerons
aussi une joie profonde.
13 Août
N’éteignez pas l’Esprit
N’éteignez pas l’Esprit.
1 Thessaloniciens 5.19
La voix de l’ Esprit est aussi douce que la brise, si légère qu’on
ne peut la percevoir que si l’on vit en communion parfaite avec
Dieu. Les avertissements de l’ Esprit nous parviennent avec la
plus extraordinaire douceur, et si nous ne sommes pas assez
attentifs pour discerner sa voix, nous ne l’entendrons pas, et
notre vie spirituelle se dégradera. Ces avertissements nous
parviennent toujours comme un doux murmure, si doux que
seul l’Enfant de Dieu peut le percevoir .
Si en rendant votre témoignage vous revenez toujours sur le
passé en disant : “Tel jour, il y a bien des années, j’ai été sauvé
“, alors prenez garde ! En effet, en marchant dans la lumière de
Dieu vous n’avez nul besoin de revenir en arrière, vous vivez
maintenant une merveilleuse communion avec Dieu. Mais si
vous n’êtes plus dans la lumière de Dieu, vous devenez un
chrétien romantique vivant de souvenirs et votre témoignage
rend un son dur et métallique. N’essayez pas de camoufler par
le souvenir d’expériences passées, un refus actuel de marcher
dans la lumière. Quand l’Esprit vous avertit, arrêtez-vous et
redressez ce qui est tortueux, sinon, inconsciemment vous
l’attristeriez.
Si Dieu vous fait passer par une épreuve et que vous avez
presque remporté la victoire, mais pas pleinement, il vous
soumettra alors à une nouvelle épreuve, mais il parlera moins
fort que la première fois. Vous sentirez moins vivement la
présence de Dieu et l’humiliation de ne pas lui avoir obéi sera
plus grande. En continuant à attrister ainsi l’ Esprit, le
moment viendra où l’épreuve cessera parce que vous aurez
attristé et éloigné l’Esprit. Mais si vous triomphez de l’épreuve,
l’heure viendra où vous pourrez chanter à Dieu un cantique de
louanges ! N’ayez aucune pitié pour ce qui déplaît à Dieu.
Laissez Dieu vous en débarrasser, même si vous devez en
souffrir .
14 Août
Châtiment
Ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne
perds pas courage lorsqu’il te reprend.
Hébreux 12.5
Rien n’est plus facile que d’éteindre l’Esprit ; nous le faisons en
méprisant le châtiment du Seigneur, en perdant courage
quand il nous reprend. Si nous n’avons qu’une expérience
superficielle de la sanctification, nous prenons l’apparence
pour la réalité ; et quand l’Esprit de Dieu commence à nous
avertir, nous disons : « Cela doit venir du diable » !
N’éteignez pas l’Esprit, et ne le méprisez pas quand il vous dit :
« Ne continue pas à être aveugle sur ce point ; tu n’es pas aussi
avancé que tu le crois. Jusqu’ici, il ne m’a pas été possible de te
le révéler, mais je le fais maintenant ». Quand le Seigneur vous
corrige ainsi, soumettez-vous à lui docilement. Laissez-le
rétablir entre vous et lui des relations normales.
« Ne perds pas courage quand il te reprend ». Nous nous
mettons à bouder Dieu, et nous disons : « Ce n’est pas ma faute.
J’ai prié, et les choses ont mal tourné ; je vais tout abandonner
». Réfléchissez à ce qui arriverait si nous parlions ainsi, dans
n’importe quel autre domaine de la vie !
Suis-je prêt à laisser Dieu me saisir par sa puissance, et faire en
moi une œuvre digne de Lui ? La sanctification n’est pas ce que
je veux que Dieu fasse pour moi ; mais bien ce que Dieu veut
faire pour moi selon sa propre pensée. Il faut qu’il amène mon
âme et mon esprit à une soumission telle que, coûte que coûte,
je le laisserai libre de me sanctifier totalement .
15 Août
Les signes de la nouvelle
naissance
Il faut que vous naissiez de nouveau.
Jean 3.7
La réponse à la question : « Comment un homme peut-il naître,
quand il est vieux ? », est : « Quand il est assez vieux pour
mourir », c’est-à-dire, pour renoncer à ses prétendus droits, à
ses vertus, à sa religion, à tout, pour recevoir en lui une vie
qu’il ne connaissait pas auparavant. La vie nouvelle se
manifeste par une repentance consciente, et une inconsciente
sainteté.
« À tous ceux qui l’ont reçu… » (Jean 1.12) Ma connaissance de
Jésus est-elle née en moi d’une intuition spirituelle et
personnelle, ou bien est-ce seulement ce que j’ai appris en
écoutant les autres ? Ai-je quelque chose dans ma vie qui me
rattache directement au Seigneur Jésus comme à mon Sauveur
personnel ? C’est là l’assise de toute vie spirituelle. Être né de
nouveau, c’est voir Jésus.
« Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume
de Dieu ». (Jean 3.3) Est-ce que je recherche les signes du
Royaume, ou est-ce que je perçois la volonté de Dieu ? Grâce à
la nouvelle naissance une vision nouvelle me permet de
discerner la volonté de Dieu. Son règne existe de tout temps, et
tient à la nature même de Dieu ; mais maintenant que je
participe à sa nature, je le discerne clairement
« Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché ». (1 Jean
3.9) Est-ce que je m’efforce de ne plus pécher, ou est-ce que
vraiment je ne pèche plus ? Être né de Dieu, c’est avoir reçu un
pouvoir surnaturel de Dieu, pour ne plus pécher . La Bible ne
demande pas : « Un chrétien peut-il encore pécher » ? Elle
affirme catégoriquement : Un chrétien ne doit pas pécher. La
nouvelle naissance a pour résultat que nous ne pratiquons pas
le péché ; non seulement nous avons reçu le pouvoir de ne pas
pécher, mais nous avons cessé de pécher . 1 Jean 3.9, ne signifie
pas que nous ne pouvons plus pécher ; cela veut dire que si nous
obéissons à la vie nouvelle que Dieu a mise en nous, le péché
n’a plus de pouvoir sur nous.
16 Août
Me connaît-il ?
Il appelle par leur nom les brebis…
Jean 10.3
Jésus me connaît-il, même quand je me suis lamentablement
mépris sur son compte ? (Jean 20.17) Il est possible de connaître
à fond toute la doctrine chrétienne, et cependant de ne pas
connaître Jésus. Notre âme est en danger lorsque la doctrine
prend le pas sur notre intime contact avec Jésus. Pourquoi
Marie de Magdala pleurait-elle ? Elle ne savait rien de la
doctrine. N’importe quel Pharisien aurait pu aisément se
moquer d’elle sur ce point, mais il n’aurait pu ébranler cette
certitude : Jésus avait chassé d’elle sept démons. Cependant ce
bienfait n’était rien auprès de sa personne-même. Marie vit
Jésus debout, près d’elle, mais elle ne savait pas que c’était
Lui… ; dès qu’elle entendit sa voix, elle sut qu’elle avait déjà
rencontré celui qui parlait, et elle cria : « Maître ! »
Jésus me connaît-il, même quand je me suis entêté à douter ?
(Jean 20.27) Ai-je eu des doutes sur un point particulier de
l’action de Jésus ? Une expérience dont d’autres auraient
rendu témoignage, mais que je n’ai pas faite moi-même ? Les
autres disciples dirent à Thomas qu’ils avaient vu Jésus, mais il
persista dans le doute : « Si je ne vois… je ne croirai pas » (Jean
20.25). Thomas eut besoin de voir Jésus de ses yeux, de le
toucher. Jésus accorde parfois ce contact précieux, mais nous
ne pouvons le savoir d’avance. Lorsque cette expérience se
produit, nous nous écrions « Mon Seigneur et mon Dieu » !
Jésus me connaît-il, même quand je l’ai égoïstement renié ?
(Jean 21.15 à 17) Pierre avait renié Jésus avec des serments et des
imprécations ; et cependant, après la résurrection, Jésus
apparut à Pierre, seul. Il lui pardonna, d’abord en particulier,
puis devant les autres. « Seigneur, tu sais que je t’aime ! »
Est-ce que je connais personnellement Jésus-Christ ? Ce qui
caractérise le vrai disciple est une connaissance du Christ que
rien ne peut ébranler .
17 Août
Avez-vous perdu courage ?
Il te manque encore une chose ; vends tout ce
que tu as…, puis viens et suis-moi.
Luc18.22
« Lorsque le jeune homme riche entendit ces paroles… » Avez-
vous jamais entendu le Maître prononcer une parole dure ? Si
vous répondez non, je me demande si vous l’avez jamais
entendu dire quoi que ce soit. Jésus-Christ nous dit beaucoup
de choses que nous entendons, sans les écouter vraiment ;
quand nous y prêtons attention, . ses paroles sont
étonnamment dures.
Jésus ne semble pas avoir, le moins du monde, pressé cet
homme de faire ce qu’il lui avait dit ; il n’a pas essayé de le
garder près de lui. Il lui a simplement dit : « Vends tout ce que
tu as, puis viens, et suis-moi ». Notre Seigneur ne supplie ni ne
cajole, jamais il n’essaie de séduire : Il dit simplement les
paroles les plus sévères que des oreilles humaines aient jamais
entendues, puis s’en tient là.
Ai-je jamais entendu Jésus dire une parole dure ? M’a-t-il parlé,
à moi personnellement, et l’ai-je écouté avec toute mon
attention ? Non pas une parole que je puisse exposer à d’autres,
mais quelque chose qui était bien pour moi, Cet homme
comprit ce que Jésus disait, il l’entendit et en mesura la portée,
et cela lui brisa le cœur. Il partit, non pas révolté, mais tout
triste, entièrement découragé. Il était venu à Jésus plein
d’ardeur, et la parole de Jésus le glaça ; sa piété enthousiaste
céda au découragement. Et Jésus n’insista pas, il le laissa
partir. Le Seigneur sait parfaitement que, une fois que sa
parole a été entendue, elle portera du fruit, tôt ou tard. Il est
dommage que plusieurs d’entre nous empêchent le fruit de
mûrir. Mais si nous revenons à l’obéissance, Jésus ne nous fera
aucun reproche.
18 Août
Muet de tristesse
Lorsqu’il entendit ces paroles, il devint tout
triste, car il était très riche.
Luc 18.23
Le jeune homme riche s’en alla muet de tristesse ; il n’avait
rien à dire. Ce que Jésus lui avait dit était clair ; aucun doute
possible. Cela produisit en lui une tristesse si grande qu’il était
sans paroles. Êtes-vous jamais passé par là ? Dieu vous a-t-il
parlé sévèrement au sujet de ce qui fait votre richesse : vos
facultés, vos dons naturels, une amitié personnelle, une
affection ? Avez-vous été muet de tristesse ? Le Seigneur ne
vous pressera pas, ne plaidera pas sa cause, mais à chaque
occasion, il vous répétera simplement : « Si tu veux vraiment
venir, tu connais les conditions ».
« Vends tout ce que tu as… » Dépouillez-vous moralement
devant Dieu de tous vos biens, et cela fait, tel que vous êtes
donnez-vous à Dieu. Il faut pour cela livrer combat à soi-même,
pour soumettre notre volonté à celle de Dieu. Êtes-vous plus
attaché à votre propre idée des exigences de Jésus, qu’à lui-
même ? Une telle disposition intérieure obligera Jésus à vous
adresser une parole dure, qui produira en vous une grande
tristesse. Ce que Jésus dit est pénible et ne peut être facilement
accepté sauf par ceux qui ont reçu sa nature. N’atténuez jamais
la sévérité d’une parole de Jésus.
Je peux mettre ma richesse en bien des sentiments divers :
Dans l’orgueil d’être pauvre, de n’être rien, ou bien d’être
quelqu’un. Chacune de ces fausses richesses m’empêchera
d’être le disciple de Jésus. Il faut que je me dépouille de tout,
même de l’orgueil du dépouillement. Le découragement n’est
qu’un égoïsme déçu. La fierté de me dévouer pour Jésus peut
être une forme d’égoïsme.
19 Août
Êtes-vous préoccupé de vous-
même ?
Venez à moi.
Dieu veut que notre vie ait pour centre Jésus-Christ ; mais nous
subissons, par moments, des pressions extérieures, et nous
retombons alors dans l’introspection, dont nous pensions être
délivrés. Cette préoccupation de nous-mêmes est la première
chose qui vient troubler la plénitude de notre vie en Dieu, et
elle provoque une lutte continuelle. La préoccupation de nous-
mêmes n’est pas un péché ; elle peut résulter d’un
tempérament nerveux, ou du choc inopiné de circonstances
nouvelles. La volonté de Dieu, c’est que nous soyons parfaits en
lui. Tout ce qui trouble notre sérénité doit être corrigé, et le
remède n’est pas d’ignorer le mal, mais d’aller à Jésus. Si nous
allons à lui, et que nous lui demandons de remplacer en nous la
préoccupation de nous-mêmes par la recherche de sa présence,
il le fera, jusqu’à ce que nous ayons appris à demeurer en lui .
Ne consentez jamais à ce que votre vie en Christ ne soit
diminuée, ou partagée, sans y porter remède. Ne laissez rien
venir entre le Christ et vous, ni vos amis, ni vos circonstances.
Ne laissez rien perdre, rien échapper de votre communion
directe avec lui. Vous risqueriez de retomber dans la
préoccupation de vous-même. Rien n’est plus important que
de rester honnête avec soi-même dans le domaine spirituel. Le
remède souverain est tout simple : « Venez à moi ». Notre vraie
valeur, sur le plan intellectuel, moral et spirituel, est révélée
par ces quelques mots. Si quelque chose en nous n’est pas vrai,
nous sommes tentés de discuter plutôt que d’aller simplement
à Jésus.
20 Août
Plénitude
Je vous donnerai du repos.
Matthieu 11.28
Chaque fois que quelque chose vient affaiblir votre
communion avec Jésus-Christ, tournez-vous aussitôt vers lui,
et demandez-lui de vous donner sa sérénité. Ne tolérez pas que
quoi que ce soit en vous, trouble cette paix. Traitez tout
élément de discorde qui s’insinue entre Jésus et vous, comme
une chose à combattre et non à supporter. Demandez au
Seigneur de mettre sa nature en vous, et votre propre nature
disparaîtra, il sera tout en vous. La préoccupation de soi
engendre insensiblement la pitié pour soi-même, qui vient de
Satan. « On ne me comprend pas ! Sur ce point-là, on me doit
des excuses ! Il faut que ce soit tiré au clair ! » Laissez donc les
autres tranquilles, et demandez au Seigneur de mettre en vous
la nature du Christ. Il vous soutiendra, jusqu’à ce que vous
soyez rempli de sa plénitude.
La vie chrétienne parfaite est celle de l’enfant. Quand je me
préoccupe trop de ce qui se passe en moi, cela va mal. C’est le
malade qui connaît la valeur de la santé. L’enfant de Dieu ne se
préoccupe pas de savoir ce qu’est la volonté de Dieu, car il est
lui-même dans la volonté de Dieu. Quand nous nous écartons si
peu que ce soit de la volonté de Dieu, nous nous mettons à lui
dire : « Quelle est ta volonté ? » Un enfant de Dieu ne prie pas
pour que Dieu lui démontre qu’il répond à la prière ; il est sans
inquiétude, sachant que Dieu répond toujours.
En essayant de combattre notre égoïsme par les méthodes
dictées par le bon sens, nous le développons au contraire. Jésus
dit : « Venez à moi, et je vous donnerai du repos » ; c’est-à-dire :
la nature de Christ prendra la place de notre propre nature.
Partout où Jésus passe, il apporte le repos ; le repos d’une
activité parfaite, d’où tout amour de soi-même est absent .
21 Août
Le ministère des humbles
Heureux les pauvres en esprit.
Le Nouveau Testament met en valeur des choses qui, selon nos
critères humains, ne comptent pas. « Heureux les pauvres en
esprit », littéralement : « heureux les indigents », - le rebut de la
société. La prédication, aujourd’hui, vante la volonté, la beauté
du caractère, ce que tout le monde remarque et admire. La
phrase que nous entendons si souvent : « Décidez-vous pour
Christ », met l’accent sur un sentiment auquel notre Seigneur
ne s’est jamais fié. Il ne nous demande jamais de nous décider
pour lui, mais de nous abandonner à lui, ce qui est tout
différent. À la base du royaume de Jésus-Christ, il y a la beauté
inconsciente des humbles. Ce qui fait que je suis du nombre des
heureux, c’est ma pauvreté. Si je me rends compte que je n’ai ni
force de volonté, ni noblesse de caractère, Jésus me proclame «
heureux », car c’est ma pauvreté qui m’ouvre l’accès de son
Royaume. Je peux y entrer non grâce à mes vertus, mais grâce à
mon indigence.
La beauté spirituelle qui glorifie Dieu est une chose dont celui
qui la possède ne se rend même pas compte. Celui qui a
conscience d’exercer une influence est un prétentieux,
étranger à l’esprit chrétien. Quand je dis : « Qui sait si je suis
utile ! », ma vie spirituelle perd aussitôt sa fraîcheur. « Celui qui
croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein ». Si
j’examine et analyse cette eau vive, je perds la bénédiction du
Seigneur.
Qui sont ceux qui ont exercé sur nous la plus profonde
influence ? Non pas ceux qui en avaient conscience, mais ceux
qui ne s’en rendaient pas compte. Le chrétien qui a de la valeur
n’en a pas conscience ; celui qui pense avoir de la valeur perd
cette pure et simple beauté qui révèle la présence de Jésus.
Jésus se révèle à nous par ceux qui sont les plus humbles.
22 Août
« Pour moi… mais Lui… »
Pour moi, je vous donne un baptême d’eau…
mais Lui vous donnera un baptême d’Esprit
saint et de feu.
Matthieu 3.11
Y a-t-il eu un moment dans ma vie où j’ai pu dire : « Pour moi…
mais Lui… » ? Il le faut pourtant pour que je puisse comprendre
ce qu’est le baptême du Saint-Esprit. « Pour moi… » je suis au
bout de mes capacités, je suis devant l’impossible. « Mais Lui…
» il entre en scène à ce moment, il fait ce que Lui seul peut faire.
Suis-je prêt pour sa venue ? Jésus ne peut pas venir si je n’ai pas
déblayé le chemin devant lui, si je n’ai pas mis de côté tout ce
qui est en moi, le bien comme le mal, le mal comme le bien.
Suis-je prêt à le laisser projeter la lumière sur tous mes péchés ?
C’est là justement qu’il vient à moi. Là où je me reconnais
coupable, il se donne à moi. Là où je me crois sans reproche, il
s’éloigne.
La repentance n’amène pas tant la conviction du péché que le
sentiment d’une incroyable indignité. Quand je me repens, je
sens que je ne suis capable de rien de bon ; je ne suis même pas
digne de Lui porter ses sandales. Me suis-je vraiment repenti de
cette façon ? Ou subsiste-t-il en moi comme une vague idée que
je puis être bon à quelque chose ? Tant que ma repentance n’est
pas radicale, Dieu ne peut pas entrer dans ma vie.
« Mais Lui vous donnera un baptême d’Esprit Saint et de feu ».
Jean ne parle pas d’une expérience, d’une impression que nous
éprouverions, mais d’une action de Jésus-Christ : « Lui vous
donnera… » La seule impression consciente de ceux qui
reçoivent le baptême du Saint-Esprit, c’est celle de leur absolue
indignité.
« Pour moi… » j’étais ce que j’étais, bon à rien. « Mais Lui… » est
venu, et le miracle s’est produit. Laissez-le seulement agir en
vous.
23 Août
Ce qui s’oppose en nous à la
prière
Toi, quand tu pries, entre seul dans ta
chambre, comme fit Élisée, ferme bien ta porte
et alors prie ton Pare qui est là, avec toi, dans
ta solitude cachée.
Matthieu 6.6
Jésus n’a pas dit : « Rêve au sujet de ton Père céleste, dans ta
solitude cachée », mais bien : « Prie ton Père… » La prière
véritable suppose un grand effort de volonté. Une fois dans
notre chambre, `une fois la porte fermée, le plus difficile, c’est
de prier. Notre pensée ne se laisse pas discipliner, et ce qui fait
d’abord obstacle à la prière, c’est la sarabande échevelée de
toutes nos idées vagabondes. C’est là qu’il faut lutter avec
énergie, pour balayer toute cette rêvasserie, pour concentrer
toute notre pensée, pour prier enfin de toute notre volonté.
Il nous est bon d’avoir un endroit à nous pour nous recueillir.
Mais dès que nous y sommes, toutes sortes de pensées
importunes nous assaillent comme des mouches : « Il faut faire
ceci… il faut faire cela… » Jésus nous dit : « Ferme bien ta porte
». Cela veut dire avant tout : « Ferme ta pensée à toutes ces
mouches vagabondes, et ne pense plus qu’à Dieu ». Dieu est là,
présent dans notre solitude, et Il nous voit, non pas comme
nous nous voyons nous-mêmes, ni comme les autres nous
voient, mais tels que nous sommes. Dans ce sanctuaire
intérieur, nous ne pouvons plus douter de Dieu, il devient pour
nous la certitude suprême. C’est là, et là seulement, nous dit
Jésus, que nous rencontrons notre Père céleste. À peine entrés,
nous voyons qu’Il est là. Apprenez à lui apporter toutes vos
préoccupations. En vous réveillant le matin, laissez Dieu entrer
en vous : votre journée en dépend. Priez votre Père qui est là,
dans votre solitude cachée, et tous vos actes, toutes vos paroles
porteront aux autres la présence de Dieu.
24 Août
La boussole indicatrice
Voyons, lequel d’entre vous, si son fils venait à
lui demander du pain, songerait à lui donner
une pierre ?
Matthieu 7.9
Notre Seigneur compare ici l’homme qui prie à un enfant
normal qui fait une demande normale. L’enfant de Dieu n’est-
il pas assuré d’avoir l’oreille de son Père ? Si Dieu ne vous
exauce pas tout de suite, ne croyez pas qu’il ne veut pas le faire,
ne vous laissez pas aller au découragement, mais consultez
votre boussole. Êtes-vous en un rapport normal avec votre
mari, avec votre femme, avec vos parents, avec `dos enfants,
avec vos camarades ? « Oh ! Seigneur, dites-vous, je me suis
laissé aller à la mauvaise humeur, mais j’ai tant besoin de
réconfort spirituel » ! Vous ne l’obtiendrez pas tant que vous
n’aurez pas rétabli en vous l’état normal.
Nous mêlons quelque révolte à notre adoration. Nous
discutons, nous avons l’audace de discuter avec Dieu les
conditions de notre abandon. Nous ne voulons pas regarder
notre boussole. M’est-il arrivé de demander à Dieu de
m’envoyer de l’argent pour acheter quelque chose dont j’ai
envie, alors qu’il y a une dette que je n’ai pas payée ? Ai-je
demandé à Dieu de m’accorder plus de liberté, alors que je
prive de sa liberté quelqu’un de ma famille ? Je n’ai pas
pardonné à telle personne. J’ai oublié le commandement de
Jésus : « Tout ce que vous désirez que les autres fassent à votre
égard, faites-le pareillement pour eux ». Je ne suis enfant de
Dieu que grâce à la nouvelle naissance. Je ne suis enfant de
Dieu que tant que je marche dans la lumière. La prière chez la
plupart d’entre nous devient du patois de Canaan, une sorte de
vague excitation mystique. Notre vie spirituelle est une
fabrique de brouillards. Si nous regardons la boussole, nous
verrons ce qui n’est pas en règle : telle dette, telle amitié, telle
inclination. La prière ne sert à rien, si nous ne vivons pas en
enfants de Dieu.
25 Août
L’amitié féconde
Je vous ai appelé mes amis.
Jean 15.15
Pour connaître la joie du sacrifice, il faut absolument que notre
abandon soit complet. Renoncer entièrement à soi-même, que
c’est difficile ! « Oui, je renoncerai, pourvu que… » - « Oui, je
vois bien après tout qu’il me faut consacrer ma vie à Dieu ». Il
ne peut pas y avoir la moindre joie dans un renoncement
incomplet.
Mais dès que l’abandon est véritable, le Saint-Esprit nous
ouvre la joie de Jésus. Le sacrifice de nous-mêmes doit aboutir
à donner notre vie entière pour notre grand Ami. Quand le
Saint-Esprit nous remplit le cœur, notre désir ardent est de
donner notre vie pour Jésus. L’idée de sacrifice ne nous vient
pas à la pensée, parce que l’amour qu’allume en nous le Saint-
Esprit se donne tout entier sans le moindre effort.
Notre Seigneur est le parfait modèle d’une vie qui se donne
tout entière : « Je prends plaisir, ô Dieu, à faire ta volonté ». Il a
marché, avec une joie radieuse, sur la route du sacrifice total.
Suis-je vraiment Soumis en tout à Jésus-Christ ? Si Jésus n’est
pas mon étoile polaire, mon sacrifice ne servira de rien. Mais si
j’ai les yeux toujours fixés sur lui, lentement, sûrement, je suis
transformé à son image.
Il ne faut pas que vos inclinations naturelles viennent
paralyser votre amour. Cela se voit même dans le domaine de
l’amour humain, où certaines inclinations peuvent tuer
l’amour. L’enfant de Dieu ne doit avoir d’inclination véritable
que pour Jésus-Christ. L’amour pour Dieu n’est pas un simple
caprice du cœur. Aimer Dieu comme Dieu nous aime, c’est agir
: rien de plus pratique.
« Je vous ai appelé mes amis ». Amitié merveilleuse, qui n’a
rien à faire avec notre ancienne vie. Amitié sereine et humble,
pure devant Dieu.
26 Août
Vous arrive-t-il d’être troublé ?
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix.
Jean 14.27
Nous pouvons à certains moments nous croire en paix, par
pure ignorance des maux qui nous environnent. Mais quand
nous avons pris contact avec la vie réelle, alors la paix
intérieure est impossible pour nous, si nous ne la recevons pas
directement du Seigneur Jésus. Quand notre Seigneur nous
parle de paix, elle se réalise immédiatement pour nous, car ses
paroles sont « esprit et vie ». Ai-je reçu de Jésus ce calme parfait
que lui seul peut donner ? Je vous donne ma paix. C’est une
paix qui vient en nous lorsque nous regardons Son visage et
que nous sommes illuminés par Sa sérénité.
Êtes-vous en ce moment douloureusement troublé ? Êtes-vous
ballotté sur les flots, dans la tourmente ? Ou bien vous sentez-
vous au milieu d’un désert aride, où vous grattez le sol, où vous
retournez les rochers, sans pouvoir découvrir la moindre petite
source ? De toute manière, vous êtes altéré de paix, de joie, de
réconfort. Regardez au Seigneur Jésus et recevez de lui sa paix
sereine. La preuve que vous êtes à Dieu, c’est justement que
vous pouvez librement regarder à Jésus. Quand on n’est pas à
Dieu, on ne peut regarder qu’à soi-même.
En ce moment même, regardez-vous à Jésus, pour qu’il vous
éclaire et vous dirige dans chaque difficulté qui se présente ? Il
vous donnera sa paix, qui rayonnera de vous sur les autres. Si
au contraire vous vous tracassez et vous vous laissez aller à
l’inquiétude, vous annulez l’influence de Jésus, et vous faites
tout ce qu’il faut pour être malheureux. Regardez à Jésus et vos
perplexités s’évanouiront devant sa sereine simplicité. « Que
votre cœur ne se trouble point ».
27 Août
Vivre et agir
Marchez pendant que vous avez la lumière, de
peur que les ténèbres ne vous surprennent.
Jean 12.35
Chaque fois que Dieu vous accorde un moment d’inspiration, il
vous faut mettre en pratique à l’instant même ce que vous
venez de recevoir, sans quoi la lumière qui vous est apparue se
changera en ténèbres, « Si ta lumière intérieure est elle-même
ténèbres, dans quelles ténèbres n’es-tu pas » ! Dès l’instant que
vous laissez tomber la nécessité de la sanctification ou tout
autre point sur lequel Dieu vous a éclairé, votre vie spirituelle
se décompose peu à peu. Appliquez sans cesse chaque vérité
que vous saisissez, appliquez-la dans tous les domaines, sans
quoi chaque lumière que vous avez reçue deviendra pour vous
une malédiction.
La personne sur laquelle on peut le moins agir, c’est celle qui,
étant en possession d’une expérience chrétienne dont elle est
contente et dont elle se contente, y revient sans cesse avec une
satisfaction bourgeoise, et ne la met jamais en pratique. Vous
dites que vous êtes sanctifié, montrez-le. Une expérience qui ne
se manifeste pas au dehors n’est pas une expérience
authentique, Méfiez-vous de toute croyance qui tend à vous
rendre indulgent pour vous-même. Elle vient de Satan, si
bonne apparence qu’elle puisse avoir.
La doctrine chrétienne doit se manifester dans nos moindres
actions. « Si votre moralité, dit Jésus, ne surpasse pas celle des
Scribes et des Pharisiens,. ». Autrement dit, votre moralité doit
être supérieure à celle des gens qui affichent la plus haute
moralité. Vous avez beau connaître sur le bout du doigt la
doctrine de la sanctification, l’essentiel est de l’appliquer.
L’Expiation est la norme suprême, d’après laquelle nous
devons régler tous les détails de notre vie, à tous les points de
vue.
28 Août
À quoi bon la prière ?
Seigneur, enseigne-nous à prier.
Luc 11.1
La prière ne fait pas partie intégrante de la vie naturelle. Il y a
des gens qui prétendent que tout homme qui ne prie pas a le
sentiment pénible que quelque chose lui manque. Pour moi,
j’en doute fort. Ce qui souffrira de l’absence de prière, c’est la
vie du Christ en lui, car cette vie-là n’est pas entretenue par la
nourriture matérielle, mais par la prière, Quand un homme est
né d’en haut, c’est la vie du Fils de Dieu qui est née en lui, et il
peut ou bien nourrir cette vie nouvelle grâce à la prière, ou bien
la faire périr d’inanition. Notre conception de la prière n’est
pas celle du Nouveau Testament. Pour nous la prière est un
moyen de nous procurer, à nous, ce qui nous manque. Dans la
Bible, c’est un moyen pour nous unir à Dieu et nous aider à Le
connaître.
« Demandez et vous recevrez ». Nous nous plaignons à Dieu,
nous grognons, nous nous excusons, nous sommes parfois
indifférents, mais nous demandons bien rarement. Notre
Seigneur nous dit de ressembler aux petits enfants. Ah ! Ils
n’ont pas peur de demander, ceux-là! Demander vraiment,
c’est reconnaître qu’on ne peut rien par soi-même. Il y a bien
peu de gens qui ont ce courage. Il s’agit de nous effacer devant
Jésus-Christ, de lui laisser le champ libre. Quand nous ne
savons plus où donner de la tête, il ne nous reste plus que la
prière : ce n’est pas une lâcheté, c’est la seule manière d’entrer
en contact avec la Réalité véritable. Allez à Dieu, dépouillé de
votre suffisance, et comptez sur Lui.
Il n’est pas tout à fait exact de dire que la prière change le cours
des événements. Elle me change, moi, et moi je change le cours
des événements.
29 Août
L’épreuve de notre foi
Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la
gloire de Dieu ?
Jean 11.40.
Chaque fois que vous vous efforcez de vivre par la foi, vous
rencontrez nécessairement des objections formulées par le bon
sens et qui reposent sur les circonstances même où vous vous
trouvez. Le bon sens est l’apanage de l’homme naturel, la foi
celui de l’homme spirituel : les deux termes s’opposent. Avez-
vous le courage de vous lier à Jésus-Christ alors que votre bon
sens dit juste le contraire ? Acceptez-vous héroïquement de
suivre Jésus-Christ, lorsque votre vie naturelle et votre bon
sens vous crient : « Mais tout cela n’est que mensonge » ! Sur la
montagne de la Transfiguration, on croit en la puissance de
Dieu, mais redescendu dans la plaine, on rencontre les
démoniaques, et tout paraît narguer et moquer votre foi.
Chaque fois que mon programme de vie spirituelle m’apparaît
clairement tracé, un fait surgit qui vient le contredire. Si je
déclare que je me fie à Dieu pour subvenir à tous mes besoins,
et puis que je me trouve sans un sou, et sans aucun espoir d’en
trouver, que deviendra ma foi ? Soutiendra-t-elle l’épreuve ?
Ou devra-t-elle capituler ?
Il faut que notre foi soit éprouvée, car elle ne devient vraiment
mûre que par ce combat. À quelle épreuve est soumise en ce
moment même votre foi ? Il faut qu’elle la traverse
victorieusement, ou qu’elle périsse. « Heureux celui pour qui je
ne serai pas une occasion de chute ». L’essentiel, c’est de se
confier en Jésus. Croyez en lui fermement, et tous les obstacles
ne pourront que fortifier votre foi. La vie du croyant n’est
qu’une suite d’épreuves pour sa foi, et la dernière grande
épreuve, c’est la mort. Dieu nous aide à l’affronter avec toutes
nos armes, prêts à ce dernier combat ! La foi ne doute jamais de
la fidélité de Dieu.
30 Août
Êtes-vous à Jésus-Christ ?
Toutefois ne vous réjouissez pas de ce que les
esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous
de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux.
Luc 10.20
Jésus-Christ nous dit en somme : « Ne vous réjouissez pas de ce
que vous avez pu remporter quelques succès dans votre
ministère, mais réjouissez-vous de ce que vous êtes unis à Moi
comme il faut l’être ». Le danger où nous sommes sans cesse
exposés, dans le service de Dieu, c’est de nous réjouir des
heureux résultats de notre ministère chrétien. Mais si vous êtes
uni à Jésus de la bonne manière, vous êtes dans l’impossibilité
de savoir ce que Dieu peut accomplir par votre intermédiaire.
Car dans ce cas Jésus fait à tout moment couler de votre sein
des fleuves d’eau vive, qui se répandent autour de vous, et dans
sa miséricorde il vous épargne toute préoccupation à ce sujet, il
vous dispense de rien savoir, il vous laisse dans l’ignorance.
Vous savez, une fois que vous êtes sauvé, que c’est Dieu qui
vous place là où vous êtes. Par l’influence que votre vie
exercera sans que vous le sachiez, dans les circonstances où
Dieu vous mettra, vous réaliserez son dessein, aussi longtemps
que vous resterez dans la lumière.
Aujourd’hui l’on insiste volontiers sur l’idée qu’il faut servir
Dieu. Méfiez-vous de ceux qui vous exhortent avant tout à être
utiles à la cause de Dieu. En jugeant la vie de Jésus-Christ
d’après ce critère, il n’y a jamais eu de pire banqueroute. Le but
vers lequel le croyant doit tendre, ce n’est pas le service de
Dieu, c’est Dieu lui-même. Ce qui importe, ce n’est pas votre
travail, c’est le travail que Dieu fait à travers nous. Notre
communion avec Dieu, c’est la seule chose dont Jésus tienne
compte.
31 Août
Ma joie… votre joie…
…pour que ma joie demeure en vous, et que
votre joie soit parfaite.
Jean 15.11
En quoi consistait donc la joie de notre Seigneur ? Aucun
bonheur humain n’en peut approcher. La joie de Jésus
consistait dans l’abandon total, dans l’entier sacrifice de lui-
même à son Père ; c’était la joie de faire ce que le Père lui avait
ordonné. « Faire ta volonté est tout mon plaisir ». Jésus
demande à Dieu que notre joie puisse devenir parfaite, c’est-à-
dire pareille à la sienne. Est-ce que je laisse Jésus-Christ
répandre en moi sa joie ?
L’essentiel dans ma vie, ce n’est pas ma santé, ce ne sont pas les
circonstances extérieures, c’est la connaissance de Dieu, et la
parfaite communion avec Lui, pareille à celle que possédait
Jésus. Le plus grand obstacle à cette communion, c’est le souci
constant et fallacieux de scruter attentivement tous les
événements de notre vie. Les soucis de ce monde, comme dit
Jésus, étouffent en nous la parole de Dieu. Avant même que
nous ayons pu nous reconnaître, nous sommes entraînés dans
le tourbillon des vaines apparences. L’œuvre que Dieu a
entreprise pour nous ne peut être vraiment réalisée que
lorsque nous sommes devenus Ses témoins, capables de dire
aux hommes qui est Jésus.
Soyez en communion avec Dieu, trouvez dans cette
communion votre joie, et il coulera de vous des fleuves d’eau
vive. Ne pensez plus à vous-même, et soyez l’instrument docile
dont Jésus pourra se servir. Quittez tout orgueil, vivez de la vie
cachée avec le Christ en Dieu. La vie normale du chrétien est
aussi naturelle que la respiration du jeune enfant. Ceux dont
l’influence est la plus bienfaisante sont ceux qui ne le savent
pas.
1er Septembre
Nous sommes destinés à la
sainteté
Soyez saints, car je suis saint.
1 Pierre 1.16
N’oubliez jamais le but véritable de votre vie. La destinée de
l’homme ce n’est pas la santé, ce n’est pas le bonheur, c’est la
sainteté. De nos jours, chacun de nous a beaucoup trop
d’inclinations diverses, et nous nous laissons entraîner par
elles. Ce sont là, il faut le reconnaître, des aspirations légitimes
et belles, qui atteindront un jour leur satisfaction. Mais pour le
moment Dieu doit les réprimer. Car la seule chose qui compte,
dans chacune de nos vies, c’est notre attitude à l’égard du Dieu
saint qui peut nous rendre saints.
Ai-je compris vraiment que je devais devenir saint ? Est-ce que
je crois que Dieu peut venir habiter en moi et me rendre saint ?
Si votre prédication me démontre que je suis loin de la sainteté,
pourrai-je ne pas vous en vouloir ? L’Évangile nous exaspère en
nous révélant notre misère, mais suscite en nous quand même
une ardente soif de perfection. Dieu veut amener l’homme à la
sainteté. Il veut fabriquer des âmes saintes. Dieu n’est pas
simplement un distributeur de bénédictions. Ce n’est pas par
pitié qu’il est venu sauver les hommes. Il est venu parce qu’il
les avait créés pour la sainteté. Par la mort de Jésus-Christ
l’Expiation s’accomplit, et Dieu peut nous rétablir dans une
communion parfaite avec Lui, sans aucune ombre, en pleine
lumière.
Par indulgence pour vous-même, ou pour les autres, n’acceptez
jamais rien qui soit contraire à la sainteté de Dieu. La sainteté
doit régner dans toutes nos démarches, dans toutes nos
paroles, dans toutes nos pensées. Chaque détail de votre vie
doit être tel que Dieu puisse l’approuver. La sainteté ne doit pas
être seulement intérieure, elle doit se manifester au dehors.
2 Septembre
La vie offerte en sacrifice
Celui qui croit en moi, de lui s’échapperont des
fleuves d’eau vive.
Jean 7.38
Remarquez que Jésus ne dit pas : « Celui qui croit en moi
recevra en lui toute la plénitude des bienfaits de Dieu », mais
bien : « De lui s’écoulera, de lui s’échappera tout ce qu’il
recevra ». Notre Seigneur ne veut pas que l’homme se cherche
lui-même, se réalise lui-même. Son but n’est pas de faire
croître et de perfectionner la nature humaine. Son but est de
recréer l’homme à son image, et la nature du Fils de Dieu, c’est
de se dépenser tout entier, de se donner tout entier. Si nous
croyons en Lui, ce n’est pas ce que nous acquérons qui a de
l’importance, c’est ce qu’il répand à travers nous. Ce n’est pas
le succès apparent dont il faut tenir compte, c’est seulement ce
que Dieu répand à travers nous, et cela, il nous est tout à fait
impossible de le mesurer.
Quand Marie de Béthanie brisa le vase d’albâtre et répandit le
précieux parfum sur la tête de Jésus, c’était là un acte insensé,
sans rime ni raison. Les disciples protestaient contre ce
gaspillage. Mais Jésus loua Marie et son geste d’adoration : «
Partout où sera prêché l’évangile, dans le monde entier, on
racontera ce qu’elle a fait ». Le Seigneur ne se connaît plus de
joie lorsqu’il voit l’un de nous faire comme Marie, ne plus
songer à soi, se donner tout à lui. Dieu a versé le sang de son
Fils pour sauver le monde. Sommes-nous prêts à donner pour
Lui notre vie ?
« Celui qui croit en moi, de lui s’échapperont des fleuves d’eau
vive ». Et ces fleuves d’eau vive désaltéreront des centaines
d’âmes assoiffées. Consentirons-nous à répandre ainsi notre
vie pour les autres ?
3 Septembre
Tout ce que Dieu me donne, je
dois le répandre en son
honneur
Ils apportèrent cette eau à David ; mais il
refusa d’en boire et il la répandit en l’honneur
de l’Éternel.
2 Samuel 23.16
À cette eau précieuse, tirée du puits de Bethléem, vous pouvez
comparer tous ces précieux dons de Dieu : l’amour, l’amitié, les
bénédictions spirituelles. Est-ce que vous vous en emparez, au
péril de votre âme, pour vous en assouvir égoïstement ? Alors il
ne vous est plus possible de les répandre devant Dieu. Vous ne
pouvez plus offrir à Dieu, comme une sainte offrande, ce que
vous vous réservez pour votre propre satisfaction. Le bienfait
de Dieu, ainsi réservé, vous empoisonnera. Il vous faut le
sacrifier, le répandre, en faire ce qui, pour te bon sens, est un
absurde gaspillage.
De quelle façon puis-je répandre devant le Seigneur l’amour
humain ou la grâce divine ? Par la manière même dont je les
considère. Il y a certains bienfaits qui nous viennent des autres
et que nous n’oserions pas accepter si nous ne connaissions pas
Dieu, parce que nul pouvoir humain n’est capable de les
rendre. Mais il me suffit de dire : « C’est trop beau pour moi,
c’est trop beau pour une créature humaine je veux le répandre
devant te Seigneur ». Et tout cela se répand autour de moi
comme des fleuves d’eau vive. Tant que je n’ai pas fait à Dieu
cette offrande, je risque de faire du mal à ceux que j’aime
comme à moi-même, parce que tout cela se transforme en
convoitises. Il y a des convoitises même dans les plus nobles
aspirations. L’amour lui-même doit être transfiguré, et
répandu devant le Seigneur.
Ne gardez pas pour vous les bienfaits du Seigneur.
4 Septembre
Sommes-nous à Lui ?
Ils étaient à Toi ; Tu me les as donnés.
Jean 17.6
Le missionnaire est quelqu’un en qui, par l’action du Saint-
Esprit, s’accomplit cette parole : « Vous n’êtes pas à vous-
mêmes ». Pour pouvoir dire de tout son cœur : « Je ne suis plus
à moi-même », il faut avoir atteint un niveau élevé dans la vie
spirituelle. Dans le tourbillon où nous sommes appelés à vivre
aujourd’hui, nous n’avons qu’une manière de nous en tirer,
c’est de faire régner sur nous un autre que nous, qui est Jésus-
Christ. Tout ce que le Saint-Esprit me révèle de Jésus, c’est
pour que je sois uni à Lui d’une façon toujours plus parfaite et
non pas pour qu’on puisse m’exposer dans une vitrine comme
un mannequin. Notre Seigneur n’a jamais envoyé ses disciples
en mission à cause de ce qu’il avait fait pour eux. Ce n’est
qu’après la résurrection, quand les disciples, par l’action du
Saint-Esprit, eurent enfin saisi la vraie nature de Jésus-Christ,
qu’Il peut leur dire : « Allez maintenant » !
« Quiconque vient à moi et ne hait pas… père, mère, ….sa
propre vie, il ne peut être mon disciple ». Jésus ne dit pas : « il
ne peut être honnête et bon » ; il veut dire : « il ne peut être un
homme sur lequel je puisse mettre cet écriteau : il est à Moi ».
Chacune des affections que Jésus indique peut faire
concurrence à mon attachement pour Lui. Je puis préférer à
Jésus ma mère, ou ma femme, ou ma propre vie. « En ce cas, dit
Jésus, tu ne peux pas être mon disciple. Tu peux encore être
sauvé, mais tu ne peux pas être à Moi ».
Notre Seigneur fait de chacun de ses disciples son bien, sa
chose, un prolongement de son être. « Vous serez mes témoins
». Il ne s’agit pas de faire quoi que ce soit pour Jésus, mais
d’être tel qu’on lui donne de la joie. Le vrai missionnaire est
celui qui appartient à Jésus, et à travers lequel Jésus peut agir.
Soyez à Lui totalement.
5 Septembre
Comment le missionnaire doit
veiller
Veillez avec moi.
Matthieu 26.40
« Veillez avec moi », dit Jésus. « Non pas avec aucune
préoccupation personnelle, mais simplement et entièrement
avec moi ». Au début de notre vie chrétienne, nous ne savons
pas veiller avec Jésus ; nous veillons seulement pour attendre
sa venue, Nous ne savons pas veiller avec lui dans notre étude
de la Bible et de ses révélations ; dans chacune de nos
circonstances. Quand notre Seigneur veut nous amener à nous
unir à lui dans telle ou telle angoisse, pareille à celle de
Gethsémani, nous reculons. Nous lui disons : « Oh ! Non,
Seigneur, pourquoi me demander cela ? C’est trop terrible ».
Comment veiller en communion avec quelqu’un que nous ne
comprenons pas ? Comment veiller avec Jésus à Gethsémani,
quand le but de son agonie nous est incompréhensible ? Nous
ne savons pas veiller avec lui. Nous voulons seulement qu’il
veille avec nous.
Les disciples aimaient Jésus pour autant que le permettait leur
capacité naturelle, mais son but leur échappait entièrement.
Au jardin de Gethsémani, ils s’endormirent, accablés par leur
propre douleur. Après trois ans d’intimité avec Jésus, « ils
l’abandonnèrent tous et s’enfuirent ».
« Ils furent tous remplis du Saint-Esprit », lisons-nous dans les
Actes. Ce sont les mêmes hommes, mais entre deux il s’est
produit trois choses merveilleuses : la mort, la résurrection,
l’ascension de Jésus. Maintenant, grâce à l’effusion de l’Esprit,
ils sont revêtus de puissance, ils ont appris pour tout le reste de
leur vie à communier et à veiller véritablement avec Jésus.
6 Septembre
La vie qui se répand au loin
Des fleuves d’eau vive.
Jean 7.38
Les eaux d’un fleuve parviennent en des régions si lointaines
que ceux qui habitent à sa source n’en ont jamais entendu
parler. Jésus nous dit que si nous croyons en lui, si petits que
nous soyons, il nous donnera le pouvoir de répandre la vie de
l’âme jusqu’aux extrémités de la terre. Ce n’est certes pas nous
qui produisons le fleuve ou qui en dirigeons le cours. « L’œuvre
de Dieu, c’est que vous croyiez… » Dieu permet bien rarement à
une âme de se rendre compte à quel point elle fait du bien aux
autres.
Un fleuve ne se laisse jamais arrêter, il triomphe de tous les
obstacles. Tant qu’il le peut, il poursuit régulièrement son
large cours. Survient une barrière : il suspend son cours un peu
de temps, mais bientôt il a trouvé moyen de tourner l’obstacle.
Quelquefois il disparaît aux yeux, s’engouffre sous terre, et
reparaît après plusieurs kilomètres, plus large et plus
majestueux que jamais. Il y a autour de vous des vies dont Dieu
se sert, mais la vôtre semble arrêtée par un obstacle, et tout à
fait inutile. Fixez vos regards sur Celui qui est la source de
votre vie. Dieu vous fera contourner l’obstacle ou l’enlèvera de
votre route. Le fleuve de l’Esprit triomphe de tous les
obstacles. Ne tenez pas vos yeux fixés sur la difficulté qui vous
arrête. Mais regardez à la source, et le fleuve continuera de
couler, sans se préoccuper d’aucun obstacle, Mais que rien ne
vous sépare de Jésus-Christ, la Source suprême. Que rien
n’intervienne entre vous et lui.
Quelle chose admirable qu’il puisse sortir de nos faibles petites
âmes des fleuves abondants d’eau vive ! Dieu nous révèle des
vérités merveilleuses, et chacune d’elles nous indique mieux et
la puissance et la fécondité de ces fleuves de vie. Croyez en
Jésus, et Dieu mettra en vous, pour les répandre sur les autres,
les inépuisables richesses de sa grâce.
7 Septembre
La source et le fleuve
L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une
source jaillissante…
Jean 4.14
Si nous laissons Jésus nous remplir de sa grâce, elle ira se
répandre en d’autres âmes, avec autant d’abondance que nous
la recevons nous-mêmes. Si ce n’est pas le cas, regardez en vous
: il y a en vous quelque obstacle. Si vous vous tenez tout près de
la Source, vous recevrez, non pas pour vous, mais pour les
autres, de~ fleuves d’eau vive, dont rien ne pourra arrêter le
cours.
Il faut que la vie que Jésus nous donne passe sans cesse, à
travers nous, jusqu’aux autres. Beaucoup d’entre nous sont
comme la mer Morte, qui reçoit toujours et ne donne jamais.
Nous n’avons pas à l’égard de Jésus l’attitude qu’il faut. Si nous
croyons en lui sans réserve, il nous l’a promis, des fleuves d’eau
vive couleront de notre sein, qui se répandront sur les autres. Il
ne s’agit pas d’un bienfait que l’on transmet, d’une expérience
dont on fait part, non, il s’agit d’un fleuve qui coule sans cesse.
Tenez-vous seulement tout près de Jésus, et vous aurez en
abondance tout ce qu’il faudra pour les autres, votre vie ne
connaîtra ni la sécheresse, ni la stérilité.
Mais vous vous récriez : « Comment d’un simple individu, d’un
modeste croyant peut-il sortir des fleuves d’eau vive. Où sont-
ils, ces fleuves ? Je ne les vois pas ». Ne cherchez pas à mesurer
votre capacité, ni les puissances que Dieu peut mettre en vous.
Dans l’histoire du royaume de Dieu, vous verrez que ce sont les
âmes les plus obscures, les plus inconnues, les plus humbles,
mais les plus fidèles à Jésus-Christ, par lesquelles il a réalisé les
plus grandes choses.
8 Septembre
Ce qu’il me faut démolir en moi
Les armes dont je me sers ne sont point
charnelles, mais leur divine puissance renverse
les forteresses. Par elles je démolis les
raisonnements hardis qui s’élèvent comme des
remparts contre la connaissance de Dieu.
2 Corinthiens 10.4-5
Être délivré du péché, ce n’est pas être délivré de la nature
humaine. Il y a en nous certains préjugés, que nous devons
laisser tomber, en les écartant de notre pensée. Il y a des
inclinations que nous devons détruire par la violence, celle du
Saint-Esprit. Il y a certains penchants que nous n’avons pas à
combattre, mais à laisser dormir, en comptant que Dieu nous
en délivrera. Mais toute théorie, toute conception qui se dresse
comme un rempart contre la connaissance de Dieu, nous
devons la démolir, par la puissance divine et non pas par des
compromis ou des moyens charnels.
La lutte ne commence que lorsque Dieu nous a changés, et qu’il
a commencé de nous sanctifier. Le combat que nous avons à
livrer n’est pas un combat contre le péché : celui-là c’est Jésus-
Christ notre Rédempteur qui s’en charge. La lutte dans laquelle
nous avons à nous engager a pour but de nous faire passer de la
vie naturelle à la vie de l’Esprit ; cette lutte n’est point facile, et
Dieu ne veut pas qu’elle le soit. Nous avons à choisir sans cesse
entre deux directions opposées. Car Dieu, en nous purifiant du
péché, nous donne seulement l’innocence, c’est-à-dire la
possibilité du bien. Nous avons à réaliser ce bien, en forgeant
nous-mêmes notre caractère. Dans cette lutte, nous trouvons
devant nous les remparts de nos préjugés humains et de nos
convictions humaines, que nous devons démolir les uns après
les autres. C’est ainsi seulement que nous pouvons entrer dans
le royaume de Dieu.
9 Septembre
Ce qu’il me faut discipliner en
moi
Par elles, je soumets toutes mes pensées au
Christ, pour qu’elles lui obéissent comme des
esclaves.
2 Corinthiens 10.5
Et voici maintenant un autre aspect de cette lutte courageuse
qui caractérise la sainteté. Chacune de mes pensées, chacun de
mes projets, je dois les soumettre au joug du Christ. Combien
de chrétiens aujourd’hui prétendent travailler pour Dieu, qui
ne sont guidés que par leurs inclinations naturelles, sans se
soumettre à la discipline du Christ ! Dans la vie de notre
Seigneur, tout était soumis à la volonté de son Père. Il n’y avait
en lui pas un seul élan, pas une seule inclination provenant
d’une volonté personnelle qui aurait été distincte de celle de
Dieu.
« Le Fils ne peut rien faire par lui-même ». Quelle différence, si
nous nous comparons à lui ! Sous l’influence d’une impression
vive, nous nous mettons à l’œuvre, immédiatement, poussés
par un élan instinctif, au lieu de soumettre chacun de nos
projets à la discipline du Christ.
À l’heure actuelle, on attache trop d’importance à l’activité
pratique pour elle-même, et l’on juge sévèrement les croyants
qui attendent pour agir d’avoir fait de chacun de leurs projets
un esclave du Christ : on refuse de les prendre au sérieux. Mais
ce qui importe par-dessus tout, c’est d’obéir à Dieu, et non pas
de s’imaginer qu’on travaille pour lui, alors qu’on ne fait que
suivre les impulsions de sa nature indisciplinée. C’est une
chose incroyable que des chrétiens puissent agir ainsi, sans
soumettre à la discipline de Dieu leurs actes et leurs projets.
Nous oublions trop facilement que si chacun de nous tient son
salut de Jésus-Christ, Jésus-Christ doit aussi transformer toute
sa pensée ; qu’il doit arriver à concevoir Dieu, Satan, le péché,
le monde, tout enfin, du point de vue de Jésus-Christ.
10 Septembre
Les munitions du missionnaire
Alors que tu étais sous le figuier, je t’ai vu.
Jean 1.48
Nous devons adorer Dieu partout où nous sommes, à chaque
occasion, sous le figuier ou ailleurs. Nous nous imaginons que
si nous étions tout à coup soumis à une grande épreuve, nous
serions tout de suite à la hauteur. Mais l’épreuve ne créera rien
de nouveau en moi, elle ne fera que révéler ce qui s’y trouve
déjà. Vous ne serez à la hauteur, à ce moment-là, que si vous
avez été fidèle dans la période de préparation, dans l’humble
laboratoire de la vie quotidienne. Il vous faut, à chaque instant,
vous acquitter fidèlement de votre humble tâche, et quand
l’épreuve viendra, elle fera voir ce qu’il y a en vous.
L’adoration, la prière, la communion avec Dieu, ce sont là nos
munitions essentielles. Le moment viendra pour vous où vous
ne pourrez plus vous recueillir sous votre figuier, où vous serez
pris tout entier dans le fracas et dans le tumulte de la bataille,
et où vous ne serez bon à quelque chose que si vous vous êtes
entraîné dans votre solitude tranquille, sous votre figuier.
Préparez-vous en ne négligeant aucune occasion pour entrer en
communion avec Dieu, et quand la bataille viendra, Dieu
pourra compter sur vous.
« Je ne puis pas, dites-vous, dans mes circonstances actuelles,
m’acquitter de tous mes devoirs religieux ; je n’ai pas assez de
temps pour prier, ni pour lire la Bible. Quand j’en aurai la
liberté, tout ira bien ». Eh bien, non, vous vous trompez. Si
vous n’avez pas su profiter toujours de toutes les occasions
pour adorer et pour prier, une fois sur le champ de bataille,
non seulement vous ne serez bon à rien, mais vous serez, pour
vos collaborateurs, un obstacle, un terrible embarras.
C’est dans l’intimité de ses entretiens avec Dieu que le
missionnaire fabrique ses munitions.
11 Septembre
Les munitions du missionnaire
Si donc je vous ai lavé les pieds, moi qui suis
votre Seigneur et votre Maître, vous devez
aussi vous laver les pieds les sais aux autres
Jean 13.14
Nous avons à nous mettre au service de Dieu, et par conséquent
au service de ceux qui nous entourent, à n’importe quel
moment, et dans n’importe quelles circonstances. C’est là où
nous sommes que nous devons servir, et montrer .à quoi nous
pourrons être bons si Dieu nous place ailleurs.
Quoi de plus terre à terre que ce que nous voyons Jésus faire ici
? Pour le faire comme lui, il faut que Dieu nous accorde toute sa
puissance. Puis-je comme lui verser de l’eau dans un bassin,
enlever des sandales, essuyer des pieds avec un torchon ? Ce
sont ces occupations serviles où se révèle le mieux de quoi nous
sommes faits. Il faut la présence en nous du Dieu tout-puissant
pour s’acquitter comme il faut de la plus humble tâche.
« Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez aussi
comme je vous ai fait ». Regardez les gens que Dieu amène
autour de vous. Vous serez humilié en vous apercevant que
tout ce qui vous choque en eux est le reflet de ce que vous avez
été vous-même tout le temps à l’égard de Dieu. C’est Dieu lui-
même qui use de ce moyen pour vous le révéler. Et ce qu’Il vous
demande, c’est d’être pour votre. prochain ce qu’Il a été à votre
égard.
« Oh ! Dites-vous, quand je serai dans mon champ
missionnaire, je ferai comme ça » ! Vous parlez comme un
soldat qui voudrait fabriquer des cartouches dans la tranchée :
il aurait le temps d’être tué vingt fois avant d’en fabriquer une.
Sachons faire, à tout moment, tout ce que Dieu nous demande.
Sans cela, nous ne serons jamais prêts au moment décisif.
12 Septembre
Le brouillard spirituel
Vous ne savez ce que vous demandez.
Matthieu 20.22
Il y a des moments dans la vie spirituelle où nous sommes
comme dans un brouillard, et nous devons l’accepter. Nous
n’avons pas à nous accuser nous-mêmes. Il plaît à Dieu de nous
conduire par un chemin que nous ne comprenons pas. Ce n’est
qu’en marchant sans crainte à travers le brouillard que nous
parviendrons au but.
Jésus, dans une parabole (Luc 11; 5 à 8), nous dit que Dieu nous
apparaît parfois comme cet homme qui est au lit, et ne veut pas
se lever pour prêter trois pains à son ami. Il vous semble alors
que l’amitié de Dieu pour vous est tout à fait voilée. Rappelez-
vous que l’amour le plus grand sur la terre peut être forcé dans
certains cas de rester muet. Même quand Dieu paraît se
dérober à vos yeux, ayez confiance.
Jésus semble encore indiquer (Luc 11; 11 à 13) qu’à d’autres
moments Dieu peut nous apparaître comme un père dénaturé,
dur et insensible. Mais vous savez bien qu’il ne l’est pas. «
Quiconque demande reçoit ». Si, à certains moments, vous ne
reconnaissez plus le visage du Père céleste, accrochez-vous à
cette idée qu’un jour viendra où il vous révélera clairement
pourquoi il a permis que vous ayez à traverser ce brouillard.
« Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il de la foi sur la
terre ? » (Luc 18.8) Jésus trouvera-t-il la foi qui compte sur lui,
malgré l’obscurité, malgré le brouillard ? Tenez-vous ferme,
confiant malgré tout dans les promesses de Jésus, même si
vous ne comprenez pas du tout ce que Dieu est en train de faire.
Dieu a de vastes desseins à réaliser, bien plus vastes que les
petites choses que vous lui demandez.
13 Septembre
Après l’abandon
J’ai achevé l’œuvre que Tu m’as donnée à faire.
Jean 17.4
L’abandon véritable n’est pas le fait d’abandonner à Dieu sa vie
extérieure. C’est l’abandon de la volonté, qui comprend tous
les autres, et qui est, pour chacun de nous, la crise décisive et
suprême. Dieu ne contraint jamais un homme à l’abandon de
sa volonté. Il ne l’implore jamais, Il attend que l’homme le
fasse de lui-même. C’est une bataille qu’on ne livre jamais deux
fois.
L’abandon nous donne la délivrance. « Venez à moi, et je vous
donnerai du repos ». Quand nous avons commencé
l’expérience du salut, alors nous abandonnons notre volonté à
Jésus pour trouver du repos. Chaque difficulté qui trouble
notre esprit ou notre cœur se transforme en un appel : « Venez
à moi ». Et nous allons à lui, volontairement.
L’abandon nous délivre de nous-mêmes. « Si quelqu’un veut
me suivre, qu’il renonce à lui-même ». J’abandonne à Jésus ma
personne elle-même, toute pénétrée du repos qu’Il m’a donné.
« Pour être mon disciple, me dit-il, donne-moi tous les droits
que tu avais sur toi-même ». Ma vie n’est plus désormais que’ la
manifestation de cet abandon de moi-même à Jésus. Nous
n’avons plus à nous préoccuper d’aucune éventualité. Jésus
veille sur nous, et cela nous suffit.
L’abandon nous permet d’affronter la mort. « … tu tendras les
mains, un autre te ceindra… » (Jean 21.18) Seriez-vous prêt à
être ainsi lié par le bourreau, pour aller à la mort ? Votre
abandon ne doit pas être le résultat d’une émotion passagère :
vous seriez capable de vous reprendre. Êtes-vous uni à Jésus-
Christ jusque dans sa mort, de manière à le suivre en tout et
partout ?
Après l’abandon, nous n’avons plus qu’un seul désir : vivre en
communion parfaite et ininterrompue avec Dieu.
14 Septembre
Comment nous corrompons
notre foi !
J’ai bien peur que… vos pensées ne se
corrompent, et qu’elles ne perdent leur
simplicité à l’égard du Christ.
2 Corinthiens 11.3
La simplicité de notre pensée, c’est le don de voir les choses
clairement. L’enfant de Dieu ne peut pas au début comprendre
tout clairement, mais, s’il sait obéir à Dieu, il voit
distinctement quelle est Sa volonté. Quand vous êtes en
présence de quelque difficulté d’ordre spirituel, ne cherchez
pas à raisonner, cherchez seulement à obéir. Dans les questions
d’ordre intellectuel, un effort de réflexion peut vous éclairer.
Mais dans les questions d’ordre spirituel, plus vous raisonnez,
et plus le brouillard devient épais. Sur le point où Dieu vous dit
d’obéir, obéissez sans hésitation, soumettez vos pensées à
l’esclavage du Christ, et tout s’éclairera pour vous. Une fois
que vous en serez là, vous pourrez user de votre raison. Mais
dans le domaine spirituel, nous voyons la vérité comme des
enfants, en toute simplicité, sans aucun raisonnement. Et
quand nous voulons raisonner à tout prix, nous ne voyons plus
rien du tout. « Je te bénis, ô Père, toi qui as caché ces choses aux
sages et aux intelligents et qui les as révélées aux enfants ».
La plus petite désobéissance au Saint-Esprit nous obscurcit
l’âme, et plus nous y réfléchirons, moins nous y verrons clair.
Cette obscurité-là ne se dissipe que par l’obéissance. Dès que
nous obéissons, la lumière surgit. C’est bien humiliant pour
nous, puisque cela prouve que la cause de l’obscurité est en
nous. Quand le Saint-Esprit domine entièrement notre âme,
nous apercevons clairement la volonté de Dieu et notre foi
retrouve toute sa simplicité.
15 Septembre
Ce que nous devons repousser
Je repousse toute manœuvre secrète et
honteuse, je n’agis pas avec astuce…
2 Corinthiens 4.2
Avez-vous repoussé, vous aussi, « toute manœuvre secrète et
honteuse », ces mouvements secrets de votre âme que vous
auriez honte d’exposer au dehors ? Oh ! Il vous est facile de les
cacher à tous les yeux. À l’égard de telle ou telle personne avez-
vous un sentiment que vous n’aimeriez pas que l’on mît au
grand jour ? Repoussez-le de toutes vos forces, et qu’il
disparaisse entièrement. « De même que vous auriez mis toutes
vos facultés au service de l’impureté, dit Paul aux Romains
(6.19). mettez-les maintenant au service de la pureté ». Il ne
vous faut plus désormais « vivre pour les passions humaines,
mais pour la volonté divine » (1 Pierre 4.2). Veillez
attentivement à ne rien laisser subsister dans votre vie ni dans
votre pensée dont vous puissiez avoir honte.
“Je n’agis pas avec astuce…” Ne vous laissez pas aller à
présenter les choses de manière que vous ayez l’air d’avoir
raison. C’est souvent pour vous une terrible tentation. Si Dieu
vous a prescrit de présenter 1’Évangile d’une certaine manière,
n’essayez pas de convertir les gens d’une autre façon : vous
attirerez sur vous la malédiction de Dieu. Il peut se faire que
d’autres agissent d’une manière qui, chez vous, serait de
l’astuce. Laissez-les faire. Dieu ne présente pas à tous les
mêmes devoirs sous le même point de vue. Faites toujours et
partout tout votre effort, pour qu’Il règne dans toute sa gloire.
Ne vous permettez pas d’user d’aucun procédé qui n’aurait pas
pour but unique la gloire de Dieu.
16 Septembre
La véritable prière
Mais toi, quand tu pries, entre seul dans ta
chambre, comme fit Élisée, ferme bien ta porte
et alors prie ton Père qui est là, avec toi, dans
ta solitude cachée.
Matthieu 6.6
Le point capital dans la vie religieuse peut s’exprimer ainsi :
Regardez à Dieu, ne regardez pas les hommes. Ne priez pas afin
qu’on sache que vous êtes un homme de prière. Trouvez
moyen d’être tout seul, là où personne ne saura que vous priez,
fermez votre porte, et là parlez avec Dieu seul à seul. Ne priez
pas pour un autre motif que pour être en contact avec votre
Père céleste. Vous ne pouvez pas être un disciple du Christ si
vous n’avez pas des moments réguliers pour la prière secrète.
« Quand vous priez, ne bredouillez pas de vaines litanies… » Les
païens, dit Jésus, s’imaginent naïvement que plus ils insistent,
plus Dieu les exaucera. Dieu n’a pas du tout besoin que nous
insistions pour nous exaucer, puisque nous sommes au
bénéfice de la Rédemption. La prière n’est pas simplement un
moyen d’obtenir de Dieu ce que nous lui demandons. La prière
a pour but d’entrer avec Dieu en une communion parfaite.
Grâce à la nouvelle naissance, le Fils de Dieu vient demeurer en
moi, il me transforme à son image et m’apprend à prier comme
il faut.
« Quiconque demande reçoit ». Nos prières ne sont pas du
patois de Canaan, notre volonté n’y joue aucun rôle, et puis
nous nous étonnons que Dieu ne nous exauce pas ! Mais c’est
que nous n’avons jamais demandé vraiment. « Vous
demanderez ce que vous voudrez », dit Jésus. Il faut que notre
volonté intervienne. Il faut demander comme un enfant
demande, Jésus ne se lasse pas de nous le répéter. Bien
entendu, nos demandes doivent être en harmonie avec le Dieu
que Jésus nous a révélé.
17 Septembre
La raison d’être de la tentation
Vous n’avez jamais été assaillis par aucune
tentation qui ne fût proportionnée aux forces
humaines.
1 Corinthiens 10.13
Le mot « tentation » est un peu déconsidéré. Nous l’employons
souvent avec un sens trop défavorable. La tentation n’est pas le
péché, c’est une épreuve que nous ne saurions éviter, si nous
sommes des hommes. Pour y échapper, il faudrait que nous
fussions au-dessous de l’humanité. Mais beaucoup d’entre
nous sont exposés à des tentations qui ne devraient pas les
atteindre, tout simplement parce qu’ils n’ont pas permis à
Dieu de les élever à un niveau supérieur, où ils seraient exposés
à des tentations d’un autre ordre.
Nos inclinations, toute notre vie intérieure, voilà ce qui
détermine les tentations qui nous assaillent de l’extérieur. La
tentations s’adapte pour ainsi dire à la nature propre de celui
qui est tenté, et révèle ce dont il est capable.
La tentation se présente comme un ingénieux moyen
d’atteindre plus vite et plus aisément ce qui nous apparaît
comme un bien. La tentation nous aveugle sur le moment, et
nous ne pouvons pas savoir si ce qu’elle nous propose est un
bien ou un mal. Quand nous cédons à la tentation, nous
mettons sur le pavois notre convoitise, et nous prouvons par là
que ce qui nous avait retenus jusqu’alors n’était que la crainte
du qu’en dira-t-on.
Nous ne pouvons pas échapper à la tentation, elle fait partie de
la vie normale de l’homme. N’allez pas vous imaginer que vous
affrontez des tentations comme personne n’en a lamais eues.
Vous subissez le sort commun de toute la race humaine. Dieu
ne vous épargne pas la tentation, mais il secourt ceux qui sont
tentés (Hébreux 2.18).
18 Septembre
Les tentations de Jésus et les
nôtres
Nous n’avons pas soi grand prêtre incapable de
compatir à nos faiblesses, puisqu’il a eu part à
toutes nos épreuves… mais non pas au péché.
Hébreux 4.55
Jusqu’à la nouvelle naissance, la seule espèce de tentation que
nous puissions connaître est celle que définit saint Jacques : «
Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l’entraîne et le
séduit ». Mais par la régénération nous sommes transportés sur
un tout autre plan, où nous trouvons des tentations toutes
nouvelles, celles même que Jésus affronta. Tant que nous ne
sommes pas nés de nouveau, tant que nous ne sommes pas
devenus les frères de Jésus, ses tentations et les nôtres n’ont
rien de commun. Car les tentations de Jésus ne sont pas celles
d’un homme ordinaire, mais celles du Fils de Dieu dans son
humanité. Une fois régénérés, Satan ne peut plus user envers
nous de tentations grossières. Il nous tente pour nous faire
perdre ce que Dieu a mis en nous dans la nouvelle naissance,
pour nous rendre inutilisables au service de Dieu. Il ne nous
tenta pas pour nous faire tomber dans le péché, mais pour nous
faire changer d’attitude à l’égard de Dieu, et c’est là une
tentation si subtile que l’Esprit de Dieu peut seul la discerner.
La tentation ainsi comprise, c’est en somme la mise à
l’épreuve, par une puissance adverse, d’une âme riche en
trésors spirituels. C’est ce qui nous permet de comprendre la
tentation de notre Seigneur. Jésus, à son baptême, ayant
accepté la mission de se charger des péchés du monde, l’Esprit
de Dieu le mit à l’épreuve, en le laissant tenter par
l’Adversaire. Mais il en triompha, sans défaillir. Il traversa la
tentation « sans aucun péché », et garda intacts tous ses trésors
spirituels.
19 Septembre
Persévérer avec Jésus
Vous m’avez été fidèles, vous avez persévéré
avec moi dans mes tentations.
Luc 22.28
Jésus-Christ se tient auprès de nous dans nos tentations,
savons-nous nous tenir auprès de lui dans ses tentations ?
Beaucoup d’entre nous abandonnent Jésus quand ils voient où
il les entraîne. Chaque fois que vous êtes dans un moment
critique, prenez-vous le parti de Jésus ou le parti du prince de
ce monde ? Nous portons les couleurs de notre Maître, mais lui
sommes-nous fidèles ? « Dès lors, plusieurs de ses disciples se
retirèrent et n’allèrent plus avec lui ». Les tentations de Jésus
ont continué durant toute sa vie terrestre, et elles continueront
en nous tant que le Fils de Dieu habitera en nous. Est-ce que,
actuellement, nous persévérons avec Jésus ?
Nous nous imaginons que nous devons nous mettre à l’abri de
bien des épreuves que Dieu nous envoie. Grave erreur ! C’est
Dieu qui prépare pour nous les circonstances où nous nous
trouvons, et nous avons à les affronter telles qu’elles sont, en
persévérant avec Jésus dans ses tentations. Ce sont bien ses
tentations, car elles ne s’adressent pas en nous à l’homme
naturel, mais à l’homme nouveau, qui ne fait qu’un avec Jésus
lui-même. Vous êtes responsable de l’honneur de Jésus-Christ,
puisque c’est Sa vie en nous qui est en danger. Lui êtes-vous
fidèle ? Persévérez-vous avec lui ?
Êtes-vous prêt à marcher jusqu’au bout avec Jésus, jusqu’au
bout, à travers le jardin de Gethsémani, sur le chemin de
Golgotha ? Sur ce chemin les ténèbres descendent. À la fin vous
ne voyez plus rien. Vous entendez seulement Sa voix : « Suis-
moi ».
20 Septembre
La règle divine
Soyez parfaits, comme votre Pire qui est aux
cieux.
Matthieu 5.48
Dans ce passage, Jésus nous exhorte à traiter tous les hommes
avec la même générosité. Comme enfant de Dieu, vous ne
devez pas vous laisser guider par vos sympathies naturelles. Il
y a des gens pour qui nous éprouvons de la sympathie, pour
d’autres de l’antipathie. Cela ne doit pas entrer en ligne de
compte dans notre vie chrétienne. « Si nous marchons dans la
lumière, comme Dieu est dans la lumière », alors Dieu nous
mettra en contact étroit même avec ceux qui ne nous inspirent
aucune sympathie.
L’exemple que Jésus nous propose n’est pas l’exemple d’un
homme, ni même d’un bon chrétien, c’est l’exemple de Dieu
lui-même : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est
parfait ». Soyez à l’égard de votre prochain ce que Dieu lui-
même est à l’égard de vous. Dieu nous fournira dans notre vie
de tous les jours mille occasions de faire voir si nous sommes
parfaits comme notre Père céleste est parfait. Être disciple de
Jésus, c’est s’intéresser aux autres autant que Dieu s’y
intéresse lui-même. « Que vous vous aimiez les uns les autres,
comme je vous ai aimés ».
Ce qui caractérise le vrai chrétien, ce n’est pas tant de bien agir
que de ressembler à Dieu. Si l’Esprit de Dieu a transformé notre
être intérieur, vous aurez en vous des traits qui viendront de
Dieu, qui ne seront pas seulement des qualités humaines, La
vie de Dieu en nous, c’est la vie de Dieu lui-même, et non pas la
vie humaine s’efforçant d’arriver à Dieu. Le secret de l’âme
chrétienne, c’est que sa vie naturelle devient surnaturelle par
la grâce de Dieu. Et cela non seulement dans sa communion
avec Dieu, mais dans tous les détails de sa vie quotidienne.
Quand s’élève autour de nous un tumulte discordant, nous
sommes surpris de découvrir que nous sommes rendus
capables de conserver tout notre sang-froid et toute notre
sérénité.
21 Septembre
À quoi Dieu nous destine
Maintenant l’Éternel parle - lui qui m’a formé
des ma naissance pour être son serviteur.
Isaïe 49.5
Dès que nous avons compris que Dieu nous appelait à son
service, en Jésus-Christ, nous voyons disparaître en nous tous
les préjugés et toutes les tendances particularistes. Car c’est la
race humaine tout entière que Dieu a créée pour Sa gloire et à
laquelle Il veut se donner, Le péché a aiguillé l’humanité sur
une autre voie, mais cela n’a rien changé du tout au dessein
éternel de. Dieu. Dieu a créé toute l’humanité pour qu’elle le
glorifie, et chacun de nous, dès qu’il est né de nouveau, en a la
vision très claire. Dieu m’a élu, Dieu m’a formé pour son
service ; rien n’est plus beau que cette pensée. Le prodigieux
dessein de Dieu en créant le monde me remplit de joie et
d’espérance. Dieu m’apprend à contempler dans les limites
étroites de mon cœur l’amour de toute l’humanité. « Dieu a
tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique… » (Jean
3.16) C’est l’amour de Dieu lui-même, c’est la nature de Dieu
lui-même qui se forme ainsi dans notre propre cœur.
Nous devons avoir toujours présent à la pensée le dessein
magnifique du Dieu créateur, et ne pas y mêler nos propres
vues. Si cela nous arrivait, Dieu serait forcé de chasser de notre
âme ces préoccupations égoïstes, fût-ce au prix de la plus vive
souffrance. Le missionnaire sait qu’il a été créé pour être au
service de Dieu, et pour Le glorifier. La Rédemption accomplie
par Jésus-Christ nous rend parfaitement aptes à ce service.
Aussi comprenons-nous pourquoi les exigences de Jésus sont si
absolues. Il demande à ses disciples la perfection de Dieu, parce
qu’il a mis en eux la nature de Dieu.
22 Septembre
Le Maître du missionnaire
Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous
dite., bien, car je le suis.
Jean 13.13
Être dominé par un maître et sentir que l’on possède un Maître
sont deux choses très différentes. Le Maître que l’on possède,
comme on possède un trésor, c’est Celui qui me connaît mieux
que je ne me connais, qui me tient de plus près qu’aucun ami
sur terre ; qui sonde mon cœur jusqu’en ses profondeurs, et
satisfait mes plus secrets désirs ; qui résout toutes mes
difficultés, et calme toutes mes inquiétudes. Il n’y a qu’un seul
maître au monde qui réponde à cette définition. « Un seul est
votre Maître… le Christ ».
Notre Seigneur ne s’impose jamais à nous. Il n’use jamais ni de
force ni d’artifice pour obtenir de nous ce qu’il veut. Il y a des
moments où je voudrais que Dieu me dominât et me forçât de
faire sa volonté, mais Il ne le fera pas. À d’autres moments je
voudrais qu’Il me laissât tranquille, mais Il ne le fera pas.
« Vous m’appelez Maître et Seigneur… » Est-ce vrai ? Nous
préférons l’appeler Sauveur. Nous ne savons pas ce que c’est
que d’avoir un véritable Maître, parce que nous ne savons pas
ce que c’est que le véritable amour, tel que Dieu seul peut nous
le révéler. C’est cet amour-là qui permet la véritable
obéissance, celle d’un égal à un égal, d’un fils à son père. Notre
Seigneur n’était pas le serviteur de Dieu, il était son Fils. «
Quoique Fils de Dieu, il a appris l’obéissance par la douleur ». Si
notre idée, c’est que nous sommes dominés, cela prouve que
nous ne possédons pas véritablement un Maître. Jésus veut
que nous le considérions comme un Maître, auquel nous
obéirons tout naturellement, par amour, presque sans nous en
apercevoir.
23 Septembre
Le but du missionnaire
Voici, nous montons à Jérusalem.
Luc 18.31
Dans la vie ordinaire, à mesure que nous avançons, nos
ambitions se transforment, Dans la vie chrétienne, le but est
fixé dès le début, car si Jésus-Christ est le commencement, il
est pareillement la fin. Nous partons de Jésus et nous tendons
vers Lui, jusqu’à ce que nous parvenions à « la plénitude de
l’humanité parfaite du Christ ». Il ne s’agit pas de notre idéal
chrétien, quel qu’il soit. Le but véritable du missionnaire, ce
n’est pas d’être utile ou de convertir les païens, c’est tout
simplement d’obéir à son Dieu Le reste suivra comme une
conséquence.
Jésus, en montant à Jérusalem cette dernière fois, marchait
vers l’accomplissement suprême de la volonté de son Père, vers
la croix. Nous ne pouvons pas être ses compagnons et ses
disciples, si nous ne l’accompagnons pas jusque-là. Rien n’a pu
faire dévier Jésus de son ferme propos, durant cette marche
suprême. Dans les villages où on le recevait mal, il poursuivait
sa route sans se hâter. Dans ceux où on le bénissait, il ne
consentait point à s’attarder. Ni la méchanceté ni la
reconnaissance ne pouvaient le détourner du but qu’il s’était
fixé, de Jérusalem.
« Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître ». Nous
rencontrerons les mêmes circonstances, en montant à notre
Jérusalem. Nous verrons la puissance de Dieu se manifester
par notre intermédiaire, quelques-uns en seront
reconnaissants, beaucoup d’autres seront indifférents ou
affreusement ingrats, mais rien ne devra nous détourner de
notre chemin.
« Là, ils le crucifièrent ». Ce fut là l’aboutissement de la marche
de Jésus vers Jérusalem, et l’accomplissement de notre salut.
Nous ne sommes plus appelés à la crucifixion, mais à la gloire.
Soyons fidèles, en montant à Jérusalem.
24 Septembre
Comment nous devons nous
préparer
Supposons que tu viennes déposer ton offrande
à l’autel et que là tu te souviennes que ton frère
a quelque chose contre toi, laisse là ton
offrande devant l’autel ; va premièrement te
réconcilier avec ton frère et alors seulement
reviens présenter ton offrande.
Matthieu 5.23-24
Nous aimons à nous représenter par l’imagination que nous
sommes tout prêts, tout équipés pour le travail de Dieu ; en
réalité la préparation est elle-même un travail assidu et
prolongé, mais indispensable. Il faut se préparer, et se préparer
encore.
Un jeune chrétien est ardent à venir présenter à Dieu
l’offrande de son héroïsme, de son sacrifice. Cet enthousiasme
naturel est ce qui attire le plus les jeunes à Jésus-Christ. Jésus
veut mesurer la valeur de cet enthousiasme. « Laisse là ton
offrande ; va premièrement te réconcilier avec ton frère ». Pour
nous préparer comme il faut, il est nécessaire que nous
laissions l’Esprit de Dieu scruter nos sentiments les plus
secrets. L’héroïsme ne suffit pas ; il faut purifier nos cœurs de
tout ce que nous cachions à Dieu. Il ne suffit pas de reconnaître
vos péchés, il faut les confesser et les réparer. Êtes-vous prêt à
obéir à votre Maître, .quelle que soit l’humiliation de votre
amour-propre ?
Dès que vous apercevez en vous le moindre péché, n’hésitez pas
à le mettre au jour. Puisque l’Esprit de Dieu vous l’a signalé, il
vaut la peine d’y porter remède. Vous vous attendiez à quelque
grand sacrifice. Dieu vous indique une toute petite chose que
vous devez abandonner ; mais cela suppose quand même que
vous devez jeter par terre la citadelle de votre égoïsme, de votre
prétendu droit sur vous-même. Il le faut. Dieu l’exige.
25 Septembre
Nos rapports avec les autres et
avec Jésus
Pour celui qui veut te contraindre de faire à sa
suite une corvée d’un mille, eh ! Bien, fais-en
deux avec lui.
Matthieu 5.45
L’enseignement de Jésus aboutit en somme à ceci, que
l’attitude qu’il réclame de nous à l’égard de notre prochain est
une chose tout à fait irréalisable s’il n’a pas opéré en nous une
transformation surnaturelle.
Jésus exige qu’il n’y ait pas en nous la moindre trace de
déplaisir ou de ressentiment, même refoulée, lorsque nous
nous trouvons en présence de la tyrannie et de l’injustice.
Aucun héroïsme, aucun enthousiasme d’origine humaine ne
sera capable d’un tel effort. Il y faut la force surhumaine que
Jésus seul peut nous donner après nous avoir purifié au feu de
sa forge, jusqu’à ce qu’il ne reste en nous que ce seul désir : « Je
suis là pour que Dieu m’envoie où Il voudra ». Même si tout le
reste s’obscurcit en nous, ce lien qui nous unit à Jésus-Christ
doit rester en pleine lumière.
Le Sermon sur la Montagne n’est pas un code de perfection,
c’est l’énoncé de ce qui se produira en moi quand Jésus-Christ
m’aura transformé en mettant en moi son Esprit. Au fond,
Jésus Christ est le seul qui puisse réaliser ce que dit le Sermon
sur la Montagne.
Si nous voulons devenir des disciples de Jésus, cela ne pourra
se faire que d’une manière surnaturelle. Tint que nous nous
acharnons à le devenir par nous-mêmes, nous échouerons
toujours. « Je vous ai choisis ». C’est ici le miracle de la grâce de
Dieu. Nous pouvons lui tourner le dos, mais nous ne pouvons
pas le susciter nous-mêmes. Dieu ne nous demande pas de faire
ce pour quoi nous avons des aptitudes naturelles. Il nous
demande seulement de faire ce pourquoi sa grâce nous a
préparés parfaitement, et en particulier de porter notre croix.
26 Septembre
L’attitude irréprochable
Supposons… que là tu te souviennes que ton
frère a quelque chose contre toi…
Matthieu 5.23
Jésus ne dit pas : « Si tu te tourmentes par quelque scrupule
maladif », mais bien : « S’il te souvient », c’est-à-dire : si l’Esprit
de Dieu te met à la pensée, que ton frère t’en veut, alors « va
premièrement te réconcilier avec ton frère, puis reviens
présenter ton offrande ». Ne vous rebiffez jamais quand le
Saint-Esprit fait ainsi votre éducation, scrupuleusement, sans
rien laisser passer.
« Va premièrement te réconcilier avec ton frère ». Jésus~ nous
indique clairement ce qu’il faut faire. Il faut revenir sur nos
pas, obéir exactement à l’indication que nous avons reçue ;
aborder celui qui nous en veut avec une bienveillance et une
générosité qui rendra la réconciliation aussi naturelle et aussi
facile que de sourire à un enfant. Jésus ne dit rien au sujet de la
personne qui a quelque chose contre nous. Il nous dit
simplement : « Allez à elle ». Il ne s’agit en aucune façon de nos
droits. Le vrai disciple est toujours prêt à renoncer à tous ses
droits pour obéir à son Maître.
« Alors… reviens présenter ton offrande ». La succession est
clairement marquée. D’abord l’enthousiasme héroïque qui
veut se donner. Puis le Saint-Esprit qui nous oblige à faire une
pause, pour nous révéler ce qui ne va pas : nous nous arrêtons.
Ensuite l’obéissance à Dieu, et l’attitude généreuse et
irréprochable qu’Il nous inspire à l’égard de celui que nous
avions offensé. Enfin le retour à l’autel, pour présenter notre
offrande à Dieu, l’esprit libéré, simplement, joyeusement.
27 Septembre
Le renoncement sans réserve
Comme ils étaient en chemin, quelqu’un dit à
Jésus : « Je te suivrai où que tu ailles ».
Luc 9.57
La réponse de Jésus à cet homme est bien faite pour le
décourager. Il nous semble qu’à la place de Jésus nous nous
serions gardés de lui parler ainsi, de refroidir son
enthousiasme avec cette bise glacée. Mais Jésus savait bien ce
qu’il faisait. N’essayons jamais d’atténuer ou d’excuser ses
paroles. Ce qu’il dit est perçant et tranchant, comme un scalpel
qui débride une plaie, sans ménagement. Jésus-Christ n’a pas
la moindre indulgence pour tout ce qui peut corrompre et tuer
une âme qui voudrait être au service de Dieu. Ce n’est pas au
hasard que notre Seigneur parle avec tant de sévérité, c’est
parce qu’il connaît à fond la nature humaine. Quand l’Esprit de
Dieu met dans votre pensée une parole de Jésus qui vous fait
souffrir, c’est qu’il y a en vous un mal qu’il veut extirper et
faire mourir.
« Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux
du ciel ont leurs nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où
reposer sa tête ». Il faut donc renoncer à suivre Jésus en
pensant y trouver le moindre confort, la moindre satisfaction
pour soi-même. Il faut renoncer à tout, et rester tout seul en
présence de Jésus tout seul. Sans s’inquiéter de ce que font les
autres, il faut marcher avec Celui qui n’a pas où reposer sa tête.
Jésus dit à un autre : « Suis-moi ». Celui-ci lui dit : « Permets-
moi d’aller auparavant ensevelir mon père ». Cet homme
voulait concilier ses devoirs envers sa famille et ses devoirs
envers Jésus. Nous devons, comme chrétiens, mettre toujours
Jésus en première ligne, coûte que coûte.
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais… » Il est
plein d’ardeur, mais… il ne se décidera jamais. Quand l’appel
de Dieu se fait entendre à vous, n’hésitez pas, obéissez tout de
suite.
28 Septembre
L’union inconditionnelle avec
Jésus
Il te manque une chose : va ! Vends ce que tu as
pour le donner aux pauvres… reviens ensuite
et suis-moi.
Marc 10.25
Le jeune homme riche avait faim et soif de perfection. En
voyant devant lui Jésus-Christ, il voulait lui ressembler. Notre
Seigneur, quand il appelle à lui un disciple, ne lui propose pas
en première ligne la sainteté à réaliser en lui-même. Il lui
demande de renoncer à tout droit sur lui-même et de s’unir à
son Maître sans aucune réserve, d’une manière tout à fait
exclusive. Quand Jésus dit : « Celui qui vient à moi et ne hait
pas son père et sa mère… et même sa propre vie, il ne peut être
mon disciple », cela n’a rien à voir avec notre salut ou notre
sanctification, mais cela se rapporte uniquement à notre union
inconditionnelle avec Jésus. Bien peu d’entre nous savent
s’abandonner entièrement à Jésus.
« Jésus fixa son regard sur lui et l’aima ». Le regard de Jésus
détache notre cœur de tout autre attachement. Jésus vous a-t-il
jamais regardé ? Le regard de Jésus transperce et transforme.
Sur tous les points où vous êtes « sensible à Dieu », c’est que
Jésus vous a regardé. Sur tous les points où vous êtes
rancunier, égoïste, persuadé que c’est toujours vous qui avez
raison, c’est que Jésus ne vous a pas regardé.
« Il te manque une chose… » La chose essentielle, l’unique
chose nécessaire, aux yeux de Jésus, c’est l’union avec lui.
« Vends tout ce que tu as… » il me faut renoncer à tout ce que
j’ai, me dépouiller de tout, non pas certes pour faire mon salut
(car c’est la foi absolue en Jésus-Christ qui peut seule me
sauver), mais pour être à même de suivre Jésus. « Viens alors,
et suis-moi ». Jésus marchait vers la croix.
29 Septembre
Comment nous parvient l’appel
de Dieu
J’annonce l’évangile, mais ce n’est pas pour
moi un honneur, c’est une nécessité qui m’est
imposée : malheur à moi, si je n’annonce pas
l’évangile !
1 Corinthiens 9.16
Nous oublions souvent 1e caractère mystérieux et surnaturel
de l’appel de Dieu. Lorsqu’un chrétien est en mesure de vous
raconter en détail et avec précision comment il fut appelé, on
peut à bon droit se demander s’il a jamais reçu vraiment un
appel. Sans doute, l’appel peut se présenter de façon très
diverse : ce peut être un coup de foudre, ce peut être une faible
aurore qui monte peu à peu. Mais c’est toujours quelque chose
d’ineffable, qui surgit on ne sait d’où; c’est toujours comme
une illumination surnaturelle. À tout moment peut surgir en
nous le sentiment de cet appel qui s’empare de nous : « Je t’ai
choisi ».
L’appel de Dieu est tout autre chose que la conversion et la
sanctification, Ce n’est pas parce que vous êtes sanctifié que
vous êtes appelé à prêcher l’évangile. L’appel de Dieu c’est,
comme l’indique Paul, une nécessité qui vous est imposée.
Si vous avez jusqu’à présent négligé l’appel de Dieu, regardez
bien : n’est-ce pas parce que vous avez laissé Dieu au second
plan, tandis qu’au premier plan vous avez placé votre
ministère, ou l’utilisation de vos dons naturels ? Paul dit : «
Malheur à moi, si je n’annonce pas l’évangile » ! Il avait
entendu l’appel de Dieu, et rien ne pouvait l’en détourner.
Si un homme ou une femme reçoit l’appel de Dieu, les
circonstances ont beau être défavorables, tout finira par
concourir au but que Dieu lui propose. Si vous obéisses à ce que
Dieu vous demande, tout votre être, toute votre pensée, dans
ses profondeurs les plus cachées, Dieu mettra tout cela en
harmonie avec Son appel.
30 Septembre
Quand la main de Dieu est sur
nous
Maintenant je suis heureux des souffrances
que j’endure pour vous ; je complète en ma
chair ce qui manque aux souffrances du Christ,
pour son corps, qui est l’Église.
Colossiens 1.24
Nous croyons sentir des appels dans notre vie de consécration,
mais quand Dieu nous saisit véritablement, il envoie promener
tous ces faux appels, il nous empoigne en nous faisant
atrocement souffrir, et nous met tout à coup en présence d’une
tâche dont nous n’avions aucune idée. Dans un éclair
éblouissant nous voyons ce qu’Il veut de nous, et nous disons,
comme Isaïe : « Me voici, envoie-moi » !
Un tel appel n’est pas fondé le moins du monde sur notre s
sanctification personnelle : Dieu met Sa main sur nous, et fait
de nous le pain rompu, le vin répandu. Pour écraser la grappe,
il faut bien peser dessus. Nous protestons vivement contre les
personnes ou les événements que Dieu charge de nous écraser.
Si Dieu voulait seulement m’écraser Lui-même, de Sa propre
main ! Mais nous devons accepter les conditions où il plaît à
Dieu de nous mettre au pressoir. Car la grappe ne donnera du
vin qu’une fois écrasée.
Qui sait quelle est la main que Dieu avait chargée de vous saisir
pour vous écraser ? Vous ne vous êtes pas laissé faire, vous avez
glissé entre les doigts, comme une bille. Le raisin n’est pas mûr
: si Dieu vous avait écrasé, le vin aurait été âpre, terriblement.
Pour servir d’instrument à la grâce de Dieu, il faut que Dieu
vous ait transformé. Laissez Dieu agir, et il fera de vous le pain
rompu et le vin répandu dont vos frères, les autres enfants de
Dieu, pourront se nourrir.
1er Octobre
Moments d’extase
Jésus les conduisit seuls à l’écart sur une haute
montagne.
Marc 9.2
Nous avons tous vécu des moments exaltants « sur la montagne
» où nous pouvions voir toutes choses du point de vue de Dieu.
Nous aurions voulu qu’ils durent toujours. Mais Dieu ne le
permet pas. La preuve de la valeur de notre vie spirituelle, c’est
notre aptitude à descendre de la montagne de la
Transfiguration. Si nous savons seulement monter, c’est que
nous ne sommes pas ce que nous devrions être. Il est
merveilleux d’être au sommet de la montagne avec Dieu, mais
ce séjour n’est utile que s’il nous rend capables de descendre
ensuite au milieu des hommes pour les délivrer du pouvoir du
diable. Nous ne sommes pas faits pour vivre continuellement
sur les sommets, environnés de la beauté surnaturelle des
rayons de l’aurore. Nous pouvons y séjourner seulement de
courts moments, qui renouvellent notre inspiration. Nous
sommes faits pour vivre dans la plaine, aux prises avec le terre
à terre de l’existence, c’est là que nous devons faire nos
preuves. L’égoïsme spirituel nous fait désirer d’être souvent
sur la montagne. Il semble que, si nous pouvions y demeurer,
nous saurions parler et vivre comme des anges. Les moments
d’exaltation exceptionnels ont cependant leur place dans notre
vie avec Dieu, mais veillons à ce que notre égoïsme spirituel ne
nous pousse pas à les rechercher exclusivement.
Nous nous imaginons volontiers que tout ce qui nous arrive
doit être exploité en vue d’un enseignement utile. Non, avant
tout, cela doit servir à produire un caractère fort. Le séjour «
sur la montagne » n’a pas pour but de nous instruire, mais de
nous façonner. Il est dangereux de se demander : « À quoi cela
sert-il » ? Dans le domaine spirituel, on ne peut faire de calculs
de rentabilité. Dieu a un but lorsqu’il nous accorde, en de rares
occasions, des moments passés « au sommet de la montagne ».
2 Octobre
Heure d’humiliation
Si tu peux quelque chose, viens à notre secours,
aie compassion de nous.
Marc 9.22
Après les moments d’exaltation, nous sommes précipités dans
la triste réalité, qui n’a ni beauté, ni poésie, ni rien de
palpitant. La montagne semble d’autant plus haute et
majestueuse que la vallée est morne et sombre. Mais c’est là
pourtant qu’il nous faut vivre pour la gloire de Dieu. Sur la
montagne nous contemplons Sa gloire, mais ce n’est jamais là
que nous vivons pour elle. C’est dans les heures d’humiliation
que sont révélées notre vraie valeur et notre fidélité.
À cause de notre égoïsme naturel, nous sommes capables de
faire, dans l’enthousiasme, des choses héroïques. Mais Dieu
veut nous laisser dans la grisaille de la vie quotidienne, dans la
vallée, vivant notre communion personnelle avec lui. Pierre
pensait que ce serait bien pour lui et ses compagnons de rester
sur la montagne, mais Jésus fit redescendre ses disciples dans
la vallée. C’est là qu’il leur expliqua le sens de la vision .
« Si tu peux quelque chose… » Il faut que nous passions par la
vallée de l’humiliation pour que Dieu puisse déraciner notre
incrédulité. Interrogez votre propre expérience, et vous
reconnaîtrez que, tant que vous n’aviez pas compris qui est
réellement Jésus, vous doutiez de sa puissance. Tant que vous
étiez sur la montagne, vous n’éprouviez aucune difficulté à
croire, mais revenu dans la vallée, vous avez été confronté avec
les faits. Vous pouvez peut-être témoigner de progrès que vous
avez faits dans la sanctification, mais n’y a-t-il pas en ce
moment-même quelque chose qui vous humilie ? Lorsque vous
avez été sur la montagne avec Dieu, vous avez compris que tout
pouvoir, dans les cieux et sur la terre, appartient à Jésus. Allez-
vous en douter maintenant que vous êtes dans la vallée ?
3 Octobre
Le service de Dieu
Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière.
Marc 9.29
« Pourquoi n’avons-nous pas pu chasser ce démon » ?
Demandent les disciples. La réponse est à chercher dans la
relation personnelle avec Jésus-Christ qui seul permet de
chasser cette espèce-là. Nous resterons toujours impuissants,
comme l’ont été les disciples ce jour-là, si nous essayons de
faire l’œuvre de Dieu en comptant sur nos forces naturelles et
non sur sa puissance. Nous déshonorons Dieu par notre zèle, si
nous ne le connaissons pas vraiment lui-même.
Vous êtes devant un cas difficile, et, en apparence, rien ne se
produit ; pourtant vous savez que la délivrance sera accordée,
parce que vous êtes en communion avec Jésus-Christ. Voici
donc le principe de votre service : Veiller à ce qu’il n’y ait
aucun interdit qui vous sépare de Jésus. S’il y a le moindre
obstacle il faut qu’il soit - non pas ignoré, ni dissimulé, mais
regardé bien en face, et ôté en présence de Jésus-Christ. Alors
cet obstacle-même, et toutes les circonstances par lesquelles
vous êtes passés à cause de lui, contribueront à glorifier Jésus-
Christ, dans une mesure qu’il vous sera impossible de
comprendre avant de le voir face à face.
Nous devons pouvoir nous élever sur des ailes d’aigle, mais
aussi savoir comment redescendre. Les saints ont la capacité de
redescendre et de vivre dans la plaine. « Je puis tout par Christ
qui me fortifie » ; en disant cela, Paul parlait surtout de ce qui
l’abaissait. Nous avons la possibilité de repousser
l’humiliation, et d’affirmer : « Non, merci, je préfère, de
beaucoup, rester sur le sommet de la montagne, avec Dieu ». À
la lumière de Jésus-Christ, suis-je prêt à affronter les choses
comme elles sont dans la réalité ; ou bien cette réalité ébranle-
t-elle ma foi en lui, et me jette-t-elle dans le désespoir ?
4 Octobre
La vision et la vérité
Appelés à être saints…
1 Corinthiens 1.2
Remerciez Dieu de vous donner la vision de ce que vous serez.
La vision est là, mais elle est loin d’être devenue réalité. Une
fois descendus dans la vallée, où nous devons faire nos preuves,
beaucoup d’entre nous lâchent pied. Nous avons réalisé ce que
nous ne sommes pas, et ce que Dieu voudrait que nous soyons,
mais acceptons-nous d’être « frappés et martelés » jusqu’à ce
que la vision prenne forme en nous ? Dieu se sert toujours,
pour nous former ainsi, des circonstances et des gens les plus
ordinaires.
Il est des moments où nous discernons clairement quel est le
but que Dieu poursuit ; il dépend alors de nous, et non de Dieu,
que la vision se transforme en réalité. Si nous préférons
paresser sur la montagne, en vivant du souvenir de la vision,
nous ne servirons à rien dans les circonstances banales et
médiocres dont l’existence humaine est faite. Dieu nous a
accordé cette vision non pas pour que nous demeurions dans
un état d’extase et de contemplation, mais afin que la vision
reçue, se réalise pleinement en nous. Chaque détail de notre
formation est en vue de ce but. Apprenez à remercier Dieu de ce
qu’il nous fait connaître ce qu’il attend de nous.
Notre petit « moi » se rebiffe toujours quand Dieu lui ordonne
d’agir. Cet infime « je suis » doit être réduit à néant par celui
qui, avec indignation, a dit à Moïse : « Celui qui s’appelle » Je
suis « t’envoie » C’est lui seul qui doit dominer sur nous. N’est-
il pas stimulant de se rendre compte que Dieu sait tout de nous
et connaît les recoins où nous croyons pouvoir nous cacher ? Il
projette sur nous, comme un éclair, sa divine pénétration.
Aucun homme ne connaît les hommes comme Dieu les connaît.
5 Octobre
La tendance au péché
C’est pourquoi, comme par un seul homme le
péché est entré dans le monde, et par le péché
la mort, et qu’ainsi la mort est étendue à tous
les hommes, parce que tous ont péché…
Romains 5.12
La Bible ne dit pas que Dieu a puni la race humaine à cause du
péché d’un seul homme, mais que la disposition au péché,
c’est-à-dire ma prétention à disposer de moi-même, est entrée
dans le monde par un seul homme. Elle dit aussi qu’un autre
homme a pris sur lui le péché de toute l’humanité et l’a aboli
par son sacrifice (Hébreux 9.26), révélation infiniment plus
profonde.
La disposition au péché ne consiste pas à être immoral, à
commettre de mauvaises actions. C’est la tendance à se
chercher soi-même, à faire de son moi, son dieu. Cette
disposition peut se manifester soit par une profonde
immoralité, soit s’accompagner d’une moralité très stricte.
L’une et l’autre ont la même racine : la prétention à être son
propre maître. Lorsque le Seigneur se trouvait en face
d’hommes habités par toutes les forces du mal, ou d’hommes
dont la vie était pure, morale, rangée, il ne s’arrêtait ni à la
dégradation des uns, ni à la valeur morale des autres. Il
regardait à ce que nous ne voyons pas : l’attitude intérieure.
Le péché est en moi dès ma naissance, je ne peux rien y changer
; mais Dieu s’en charge, par la Rédemption. Par la croix de
Jésus-Christ, Dieu a racheté toute la race humaine de la
menace de condamnation qui pesait sur elle à cause de
l’hérédité du péché. Jamais Dieu ne tient l’homme pour
responsable d’avoir hérité du péché. La condamnation ne vient
pas de là. Mais je suis marqué du sceau de la condamnation, si,
comprenant que Jésus est venu pour m’en délivrer, je refuse
d’accepter son salut. C’est ici le jugement, (le moment
critique): « la lumière étant venue dans le monde, les hommes
ont préféré les ténèbres à la lumière ».
6 Octobre
La régénération
Lorsqu’il plut à Dieu…de révéler en moi son
Fils…
Galates 1.15-16
Si Jésus-Christ entreprend de me régénérer, quels problèmes
a-t-il à affronter ? Une hérédité dont je ne suis pas responsable
m’accable. Je ne suis pas saint, ni près de l’être. Si tout ce que
Jésus-Christ peut faire est de me dire que je dois être saint, son
enseignement me jette dans le désespoir. Mais si Jésus-Christ
est un Régénérateur, s’il peut substituer à mon hérédité sa
sainteté, alors je comprends mieux à quoi il veut aboutir,
lorsqu’il me dit que je dois être saint. Grâce à la Rédemption,
Jésus-Christ peut mettre en chacun de nous ses propres
dispositions, et ses exigences supposent toujours qu’il donne ce
qu’il ordonne. Ce que je dois faire de mon côté, c’est d’accepter
la condamnation du péché prononcée par Dieu sur la croix de
Jésus-Christ.
Le Nouveau Testament nous enseigne qu’à un homme saisi par
le sentiment de son indigence profonde, Dieu donne le Saint-
Esprit. Alors son propre esprit est transformé par l’Esprit du
Fils de Dieu, « jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous ». le
grand miracle de la Rédemption, c’est que Dieu peut mettre en
moi une tendance nouvelle, qui me rend capable de vivre une
vie totalement nouvelle. Quand je sens enfin pleinement mon
indigence, Jésus proclame : « Tu es heureux ». Mais il faut
d’abord que j’en vienne là. Dieu ne peut pas mettre en moi, qui
suis un être moralement responsable, les dispositions qui
étaient en Jésus-Christ, si je n’en éprouve pas le besoin.
De même que la tendance au péché est entrée par un homme
dans la race humaine, de même le Saint-Esprit est entré en
nous par un autre Homme. la Rédemption signifie qu’à
l’hérédité du péché, Jésus-Christ substitue une hérédité
nouvelle, sans tache : le Saint-Esprit.
7 Octobre
La réconciliation
Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait
devenir péché pour nous, afin que nous
devenions par lui justice de Dieu.
2 Corinthiens 5.21
Le péché est un mal profond, qui concerne l’être tout entier ; il
ne consiste pas essentiellement en actes condamnables mais
provient d’une nature mauvaise, ouvertement révoltée contre
Dieu. La religion chrétienne fait reposer toute sa doctrine sur
le fait capital, radical « du péché ». Les autres religions parlent
« des péchés ». La Bible seule parle du péché. Le point essentiel
que Jésus a tout de suite mis en lumière dans la nature
humaine, c’est l’hérédité du péché. Et c’est parce que nous n’en
avons pas tenu compte dans notre annonce de l’évangile, que
son message a perdu son aiguillon et sa force explosive.
La Bible ne nous dit pas que Jésus-Christ a pris sur lui nos
péchés personnels, mais qu’il s’est chargé de l’hérédité du
péché, sur laquelle aucun homme n’a de prise. Dieu a fait «
péché » son propre Fils afin que le pécheur soit rendu saint.
Toute la Bible révèle que le Seigneur a porté les péchés du
monde en s’identifiant aux pécheurs, et non seulement par
sympathie pour eux. Il a volontairement pris sur ses épaules et
porté dans sa propre personne, tout le fardeau immense du
péché. Dieu l’a fait « péché pour nous », lui qui « n’avait pas
connu le péché », et, en faisant cela, la Rédemption est devenue
le fondement nouveau de toute l’humanité. Jésus Christ a
réhabilité la race humaine. Il l’a restaurée dans sa destinée
première, et chaque être humain peut retrouver la communion
avec Dieu grâce à l’œuvre du Seigneur sur la Croix.
Aucun homme ne peut se racheter lui-même. La Rédemption,
parfaite et complète, est l’affaire de Dieu ; à chacun de nous il
appartient de se l’approprier. Il est nécessaire de bien
distinguer entre la révélation de la Rédemption et l’expérience
personnelle du salut dans la vie d’un homme.
8 Octobre
Christ nous veut tout à Lui
Venez à moi.
Matthieu 11.28
La pierre de touche de votre vie spirituelle est cet ordre de
Jésus de venir à lui. Sans doute, lorsque vous considérez tout ce
que vous refusez de lui apporter, en êtes-vous humilié. Car
vous discuterez, vous ergoterez, vous préférerez souffrir,
plutôt que de venir à Jésus. Vous ferez n’importe quoi, plutôt
que d’accepter cette attitude déraisonnable : « Tel que je suis, je
viens ». Tant qu’il subsistera en vous la plus petite trace
d’orgueil spirituel, vous vous attendrez à ce que Dieu vous
demande de grandes choses, alors qu’il vous dira simplement «
Viens ».
« Venez à moi ». Lorsque vous entendez cet appel, vous
comprenez qu’avant de venir, quelque chose doit se passer en
vous. Le Saint-Esprit vous montrera ce que vous devez faire
pour ôter de votre vie ce qui vous empêche d’aller à Jésus.
Il vous sera impossible de faire d’autres progrès tant que vous
n’aurez pas obéi. Le Saint-Esprit vous fera voir ce qui empêche
son action, mais c’est à vous de consentir que Dieu vous en
débarrasse.
Que de fois vous êtes-vous approché de Dieu pour présenter vos
requêtes, et êtes-vous reparti en pensant : « Eh bien, cette fois-
ci, j’ai fait tout mon devoir ». Et cependant vous êtes reparti les
mains vides. Pourtant Dieu était là, les mains tendues pas
seulement pour vous recevoir, mais pour que vous le receviez,
lui. Quelle n’est pas la patience inlassable de Jésus, quand il dit
: « Venez à moi ».
9 Octobre
Prenez courage
Offrez à Dieu vos membres comme des
instruments de justice… pour arriver à la
sainteté.
Romains 6.13-19
Je ne peux ni me sauver, ni me sanctifier moi-même ; je ne
peux expier le péché ; je ne peux racheter le monde. Je ne peux
pas faire que le mal soit bien, rendre pur ce qui est impur, saint
ce qui est souillé. Tout cela, c’est l’œuvre souveraine de Dieu.
Ai-je vraiment confiance en l’œuvre accomplie par Jésus-
Christ ? Son œuvre expiatoire est parfaite ; cette pensée est-elle
toujours présente à mon esprit ? Ce qui nous manque le plus, ce
n’est pas d’agir, mais de croire.
La Rédemption n’est pas une expérience que je fais ; c’est l’acte
souverain de Dieu accompli par le moyen du Christ, et c’est sur
cet acte que je dois fonder ma foi. Si ma foi s’appuie sur mon
expérience, j’aboutis à un type de vie que la Bible ne connaît
pas, une vie isolée, où je contemple ma propre pureté. Une
piété qui n’est pas fondée sur l’Expiation faite par le Seigneur,
est inutile et ne sert qu’à entretenir une vie recluse. Elle est
inutile pour Dieu et nuisible aux hommes. Que Jésus-Christ
lui-même soit la pierre de touche de toutes nos expériences !
Tant que la pensée de l’Expiation n’inspirera pas toute notre
manière de vivre, nous ne pourrons rien faire qui soit agréable
à Dieu.
L’Expiation accomplie par Jésus doit pénétrer, très
simplement, toute mon activité, toute ma vie pratique. Chaque
fois que j’obéis à Dieu j’ai le secours de sa toute-puissance, en
sorte que la grâce de Dieu et l’obéissance coïncident.
L’obéissance implique que je crois sans réserve à l’expiation, et
la grâce surnaturelle de Dieu vient inonder mon cœur .
Gardez-vous d’une contrefaçon de la piété qui s’isole de la vie
humaine. Revenez sans cesse à la pierre de touche de
l’Expiation. Dans quelle mesure guide-t-elle vos actions et
votre comportement ?
10 Octobre
L’obéissance nous éclaire
Je te loue, Père… de ce que tu as caché ces
choses aux sages et aux intelligents, et de ce
que tu les as révélées aux enfants.
Matthieu 11.25
Quand il s’agit de la communion spirituelle avec Dieu, il n’y a
pas de degrés successifs, elle existe ou n’existe pas. Dieu ne
nous purifie pas peu à peu du péché, mais, lorsque nous
sommes dans la lumière, lorsque nous marchons dans la
lumière, nous sommes purifiés du péché. L’obéissance rend la
communion parfaite. Si pour un instant vous cessez d’obéir, les
ténèbres et la mort se mettent aussitôt à l’œuvre.
Toutes les révélations de Dieu sont lettre morte tant qu’elles ne
sont pas éclairées par l’obéissance. Ce n’est pas la philosophie,
ou la réflexion, qui les rendront plus compréhensibles. Mais,
dès que vous obéissez, elles s’illuminent instantanément. Il
faut, pour que la vérité de Dieu agisse en nous, que nous nous
en laissions imprégner ; il ne s’agit pas de la poursuivre avec de
pénibles efforts. Le seul moyen pour arriver à la connaître,
c’est de cesser vos recherches, et de naître de nouveau.
Obéissez à Dieu sur le point qu’il vous montre, et aussitôt votre
chemin s’ouvrira. Nous lisons des volumes sur l’œuvre du
Saint-Esprit, alors que cinq minutes d’obéissance radicale
peuvent tout rendre clair comme le jour. « Je pense qu’un jour
je comprendrai tout cela », dites-vous ? - Vous le pouvez dès
maintenant. Ce n’est pas l’étude qui vous éclairera, mais
l’obéissance. La plus petite parcelle d’obéissance suffit à vous
ouvrir le ciel, et les plus profondes vérités divines vous sont
aussitôt révélées. Dieu ne vous accordera pas de lumières
nouvelles sur sa Personne tant que vous n’aurez pas obéi aux
lumières déjà reçues.
11 Octobre
Le silence de Dieu
Lorsqu’il eut appris que Lazare était malade,
Jésus resta deux jours encore dans le lieu où il
était.
Jean 11.6
Dieu vous a-t-il témoigné sa confiance en gardant le silence - ce
silence qui a un sens si profond ? Les silences de Dieu sont ses
réponses. Représentez-vous ces jours de silence absolu, dans la
maison de Béthanie. Connaissez-vous actuellement, dans votre
vie, quelque chose de semblable ? Dieu peut-il vous témoigner
de cette manière-là sa confiance, ou réclamez-vous encore une
réponse manifeste ?
Dieu vous accordera sans doute les bienfaits que vous
réclamez, s’il vous semble impossible de vous en passer ; mais
son silence est la preuve qu’il veut vous faire parvenir à une
plus merveilleuse connaissance de lui-même. Vous plaignez-
vous à Dieu de ce que vous n’avez pas reçu de réponse ? Vous
verrez Que Dieu vous a, par son silence, manifesté une plus
grande confiance, parce qu’il a vu que vous étiez capable de
supporter une révélation plus sublime.
Il ne voulait pas vous plonger dans le désespoir, mais vous
rendre plus heureux. Si Dieu vous a répondu par le silence,
louez-le, car il veut vous entraîner vers de plus hautes
destinées. Le moment où il vous manifestera qu’il a entendu
vos prières viendra ; c’est lui qui, dans sa souveraine sagesse le
détermine. Pour lui, le temps ne compte pas. Vous vous dites
peut-être : « J’ai demandé à Dieu du pain, et il m’a donné une
pierre ». Mais vous vous trompez, et aujourd’hui vous vous
apercevez qu’il vous a donné le pain de vie.
Ce qui est merveilleux, lorsque Dieu se tait, c’est que ce silence
est contagieux. Vous devenez vous-même pleinement calme et
confiant : « Je sais que Dieu m’a entendu ». Son silence même le
prouve. Aussi longtemps que vous pensez que Dieu doit vous
bénir par une réponse à votre prière, il le fera ; mais il ne vous
accordera pas la grâce du silence. Si Jésus-Christ travaille à
vous révéler le but véritable de la prière, qui est de glorifier son
Père, il vous donnera le premier signe de son intimité : le
silence.
12 Octobre
Marcher du même pas que Dieu
Hénoc marcha avec Dieu.
Genèse 5.24
La seule façon de juger la vie religieuse d’un homme et son
caractère, ce n’est pas tant la manière dont il se comporte dans
les circonstances exceptionnelles, mais ce qu’il fait dans la vie
de tous les jours. C’est dans l’existence quotidienne, quand il
n’est pas « sous les feux de la rampe » que l’homme se montre
sous son vrai jour (voir Jean 1.36).
Ce n’est pas une petite affaire d’arriver à marcher du même pas
que Dieu ; cela demande, spirituellement, un « second souffle ».
On apprend aussi à accorder notre pas au sien, et lorsqu’on y
parvient, la vie de Dieu se manifeste en nous. Notre
personnalité propre s’estompe, disparaît dans la communion
avec Dieu, et on ne voit plus que la démarche vigoureuse et la
puissance de Dieu.
Il est difficile de marcher au même pas que Dieu, car, à peine
avons-nous fait trois pas que nous nous apercevons qu’il nous a
déjà distancés. Il a ses façons d’agir, qui ne sont pas les nôtres,
et il nous faut les apprendre. Il est écrit de Jésus, « il ne se
découragera pas, il ne se relâchera pas » ; parce qu’il n’a jamais
agi d’après son propre point de vue, mais d’après celui de son
Père ; et il nous faut apprendre à faire comme lui. La vérité
dans le domaine spirituel s’apprend par l’atmosphère qu’on
respire, et non par le raisonnement intellectuel. L’Esprit de
Dieu change notre manière de voir les choses, et l’impossible
devient Possible. Il ne faut rien de moins qu’une étroite
communion avec Dieu pour marcher du même pas que lui.
Certes, il faut longtemps pour y parvenir ; mais persévérez, et
vous verrez que, bientôt, vous aurez une vision nouvelle et un
nouvel idéal.
13 Octobre
Un découragement constructif
Moïse se rendit vers ses frères et fut témoin de
leurs pénibles travaux.
Exode 2.11
Moïse voyant son peuple opprimé, eut la certitude qu’il était
appelé à le délivrer ; l’esprit animé d’une légitime indignation,
il se mit à combattre les injustices. Après sa première tentative
pour défendre la cause de Dieu et du bon droit d’Israël, Dieu
permit que Moïse sombre dans le découragement, et il l’envoya
pendant quarante ans garder les troupeaux au désert. À la fin
de ce temps-là, Dieu apparut à Moïse, et lui donna l’ordre de
faire sortir son peuple d’Égypte. Mais Moïse répondit : « Oui
suis-je pour une telle entreprise » ! Dès le commencement,
Moïse avait compris qu’il était appelé à libérer son peuple,
mais il fallait d’abord qu’il soit préparé et formé par Dieu. Sur
le plan personnel, Moïse avait vu juste, mais il ne pouvait
accomplir son œuvre tant qu’il n’avait pas appris la
communion avec Dieu.
Il se peut que nous ayons une révélation très claire de ce que
Dieu attend de nous, et nous nous mettons aussitôt à l’œuvre.
Puis nous faisons une expérience semblable aux quarante ans
dans le désert, comme si Dieu ignorait la révélation que nous
avons eue. Enfin, Dieu nous parle à nouveau, il renouvelle son
appel, et nous disons en tremblant : « Mais qui suis-je pour cela
» ? Il nous faut apprendre à obéir à Dieu, à lui « emboîter le pas
» « Celui qui s’appelle JE SUIS m’a envoyé vers vous ».
Nous devons apprendre que toute initiative personnelle pour
la cause de Dieu est déplacée ; il faut que notre personnalité soit
embrasée par un contact avec Dieu (voir Mat th. 3.11 : « Il vous
baptisera du Saint-Esprit et de feu » ). Nous sommes hypnotisés
par le côté individuel des choses. Nous avons une vision : « Je
sais ce que Dieu attend de moi », mais nous ne marchons pas du
même pas que lui. Si vous passez en ce moment par une période
de découragement, sachez qu’elle est nécessaire pour que Dieu
puisse développer votre personnalité.
14 Octobre
Pour être un vrai missionnaire
Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la
terre. Allez et enseignez toutes les nations.
Matthieu 28.18 à 20
L’appel du missionnaire se fonde sur l’ordre souverain de
Jésus-Christ, et non sur les besoins du monde païen. Nous
regardons volontiers au Seigneur comme à celui qui peut nous
assister dans l’œuvre que nous accomplissons pour Dieu. Mais
il se présente comme celui qui exerce un pouvoir absolu sur ses
disciples. Il ne dit pas que les païens seront perdus si nous
n’allons pas vers eux ; il dit simplement : « Allez, et enseignez
toutes les nations ». Allez, parce que vous êtes convaincus de
ma souveraineté ; enseignez et prêchez en étant animés par
l’Esprit de vie que vous recevez de MOI.
« Alors les onze disciples allèrent sur la montagne que Jésus
leur avait désignée ». (verset 16). Si je veux connaître la
souveraineté universelle de Christ, il faut que je prenne le
temps d’adorer Celui dont je porte le nom. « Venez à moi » c’est
alors que nous rencontrons Jésus. Êtes-vous fatigués et chargés
? Il y a tant de missionnaires qui le sont ! « Venez à moi ». Nous
réservons ces paroles merveilleuses du Souverain du monde
pour la fin d’une réunion d’appel, alors qu’elles sont adressées
par Jésus à ses disciples !
« Allez… », dit Jésus. Cela veut dire simplement : « Vivez » !
Actes 1 .8, nous dit comment obéir à cet ordre. Jésus n’a pas dit
: « Allez à Jérusalem, et en Judée, et en Samarie », mais : « Vous
serez mes témoins » dans ces divers lieux. Il se charge lui-même
de nous montrer où il faut aller.
« Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en
vous… », voilà comment nous vivons Pour aller de l’avant. Où
que Dieu nous place, c’est lui qui nous dirige.
« Je ne craindrai rien… » : voilà comment tenir ferme, et
marcher jusqu’au bout.
15 Octobre
Le message du missionnaire
Il est lui-même une victime expiatoire pour nos
péchés ; et non seulement pour les nôtres, mais
aussi pour ceux du monde entier.
1 Jean 2.2
Le centre du message du missionnaire, c’est : « Jésus est
l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ». Considérez
n’importe quel autre aspect de l’œuvre du Christ : la guérison
des corps, le salut, la sanctification, il faut des conditions
particulières pour les saisir.
Mais la proclamation « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché
du monde » n’implique aucune condition. Le témoin de Jésus
est tout pénétré de cette révélation et annonce la valeur
immense de l’œuvre expiatoire de Jésus-Christ pour nos
péchés.
Le centre du message du salut n’est pas la douceur de Jésus-
Christ, ni sa bonté, ni le fait qu’il révèle Dieu comme Père ;
c’est son œuvre accomplie pour la rémission des péchés. Cette
œuvre-là a une portée infinie. Un tel message ne connaît
aucune frontière politique et ne tient pas compte des
particularités nationales ou individuelles ; il s’adresse à tous
les hommes. Lorsque le Saint-Esprit agit en moi, il ne prend
pas en considération mes préférences, il m’unit au Seigneur
Jésus-Christ.
Un missionnaire est un homme lié et attaché à son Seigneur et
Maître ; il n’a pas à proclamer son propre point de vue, mais à
annoncer l’Agneau de Dieu. Il est certes plus facile
d’appartenir à un groupe où l’on raconte « ce que Jésus-Christ
a fait pour moi », ou bien d’être un partisan fervent de la
guérison par la foi, d’un aspect particulier de la sanctification
ou du baptême du Saint-Esprit. Paul n’a pas dit : « Malheur à
moi, si je ne dis pas ce que Christ a fait pour moi » ! , mais, «
Malheur à moi si je n’annonce pas la Bonne Nouvelle » ! Et la
Bonne Nouvelle, c’est : « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du
monde ».
16 Octobre
Comprendre les ordres du
Maître
Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer
des ouvriers dans sa moisson.
Matthieu 9.38
La clé du problème missionnaire est entre les mains de Dieu, et
cette clé c’est la prière et non l’action ; du moins, pas l’action
au sens où on entend communément ce mot de nos jours, car il
implique une sorte d’évasion , par laquelle on néglige la
communion avec Dieu. La réponse, au problème missionnaire,
n’est pas la solution du bon sens, ni le secours médical, ni la
civilisation ou l’éducation, ni même l’évangélisation. La
réponse, c’est la prière. « Priez donc le Maître de la Moisson ».
Pour l’homme naturel, la prière n’est pas rentable, c’est une
absurdité. Il faut bien reconnaître en effet que du point de vue
du sens commun, prier est stupide.
Dans l’optique de Jésus-Christ, il n’y a pas « diverses nations »,
il y a le monde. Savons-nous, nous aussi, nous élever au-dessus
de toutes les distinctions qui séparent les hommes les uns des
autres, et nous attacher à une seule personne : Jésus-Christ lui-
même ? Il est le Maître de cette moisson, produite par les
détresses et la conviction de péché, et c’est dans cette moisson-
là que nous devons demander que des ouvriers soient envoyés.
Nous sommes absorbés par diverses activités, alors que les gens
autour de nous sont prêts à être moissonnés.
Nous n’en récoltons pas un seul et nous gaspillons en activités
fébriles le temps que Dieu nous donne. Supposez qu’il se
produise chez votre père, ou chez votre frère, une crise
spirituelle salutaire, êtes-vous prêt à servir d’ouvrier dans
cette moisson de Jésus-Christ ? « Oh ! Direz-vous, j’ai un travail
particulier à faire ». Aucun chrétien n’a le droit d’avoir un
travail particulier. Un chrétien est appelé à appartenir à Jésus,
à le servir et à ne pas lui dicter ce qu’il doit faire. Le Seigneur ne
nous appelle pas à une « tâche spéciale », il nous appelle à Lui. «
Priez donc le Maître de la Moisson » ; il dirigera lui-même les
circonstances de votre vie, et vous enverra dans sa Moisson.
17 Octobre
Des œuvres plus grandes
Celui qui croit en moi fera les œuvres que je
fais. Il en fera même de plus grandes, parce que
je m’en vais au Père.
Jean 14.12
Ce n’est pas la prière qui nous rend aptes à des œuvres plus
grandes ; elle est l’œuvre plus grande. Nous considérons la
prière comme un exercice rationnel de nos facultés
spirituelles, pour nous préparer au travail de Dieu. Mais selon
l’enseignement de Jésus-Christ, la prière est la mise en œuvre
en moi, du miracle de la Rédemption, qui, grâce à l’action
permanente de Dieu, produit chez les autres le même miracle.
C’est en réponse à la prière que les fruits sont donnés ; mais
n’oublions pas que cette prière se fonde sur l’agonie du
Rédempteur, et non sur la mienne. C’est la prière de l’enfant
que Dieu exauce, plutôt que celle de l’homme sage et
intelligent.
La prière, c’est la bataille ; quelles que soient les circonstances
dans lesquelles Dieu nous place, notre devoir est de prier. Ne
vous laissez jamais aller à penser : « Je ne sers à rien, là où je
suis, en ce moment », car il est évident que vous ne pouvez
servir à quelque chose là où vous n’êtes pas. Quel que soit le
lieu où le hasard des circonstances par lesquelles Dieu vous a
conduit, priez, criez à lui sans cesse. « Quoi que ce soit que vous
demandiez en mon nom, je le ferai ».
Nous attendons pour prier d’être stimulé par des émotions,
c’est là la forme la plus grave de l’égoïsme spirituel. Nous
avons à agir selon les directives de Dieu, et il nous ordonne de
prier. « Priez le Maître de la Moisson, d’envoyer des ouvriers
dans sa Moisson ». Le travail d’un ouvrier n’a rien de palpitant,
mais c’est grâce à ce travail que ce qui a été conçu par le génie
humain peut se réaliser. C’est l’ouvrier de Dieu qui réalise les
conceptions de son Maître. Vous luttez dans la prière, et les
résultats se produisent au moment choisi par Dieu.
Combien vous serez étonnés en découvrant, lorsque le voile se
lèvera, les âmes que vous aurez moissonnées, simplement
parce que vous aurez pris l’habitude de demander à Jésus-
Christ ce que vous deviez faire !
18 Octobre
La clé du service missionnaire
C’est pour le nom de Jésus qu’ils sont partis.
3 Jean 1.7
Le Seigneur nous a dit comment notre amour pour lui doit se
manifester. « M’aimes-tu ? - Alors pais mes brebis ». Nous
devons nous occuper des autres comme… Jésus-Christ
l’entend, et non lui demander de s’en occuper comme nous
l’entendons. Dans la première lettre aux Corinthiens ch. 13.4 à
8, le caractère de cet amour est décrit. Il est l’expression de
l’amour de Dieu. C’est dans ma vie quotidienne que je dois
prouver mon amour pour Jésus, tout le reste n’est que du
verbiage sentimental.
La fidélité à Jésus-Christ est l’œuvre surnaturelle de fa
Rédemption, accomplie en moi par le Saint-Esprit. Il répand
dans mon cœur l’amour de Dieu, et cet amour agit
efficacement à travers moi à l’égard de tous ceux que je côtoie.
Je reste fidèle à Jésus-Christ, même lorsque le bon sens et les
événements de la vie courante me poussent à douter de sa
puissance.
Le secret du vrai service, c’est de n’être attaché à rien ni à
personne, sauf au Seigneur lui-même. Mais c’est un
détachement intérieur, non extérieur. Le Seigneur savait
admirablement s’intéresser à toutes les choses de la vie
ordinaire. C’est intérieurement qu’il était détaché de tout, et
attaché à Dieu. Le détachement des choses extérieures peut
souvent, au contraire, s’accompagner d’un attachement
intérieur secret aux choses que nous prétendons mépriser .
La fidélité du missionnaire consiste à garder son âme ouverte à
l’influence de la nature du Seigneur Jésus-Christ. Ceux qu’il
envoie accomplir son œuvre ne diffèrent en rien des autres
hommes, mais ils lui sont fidèles grâce à l’œuvre du Saint-
Esprit.
19 Octobre
Le royaume de Dieu est au-
dedans de vous
Mon Royaume n’est pas de ce monde.
Jean 18.36
Ce qui fait le plus de tort aujourd’hui à la cause de Jésus-Christ,
c’est une conception de l’œuvre chrétienne qui n’est pas
inspirée par le Nouveau Testament. On insiste sur les notions
modernes d’effort soutenu, d’énergie, d’action, de rendement,
au détriment de la vie intérieure. On insiste sur ce qui n’est pas
important. Jésus a dit : « Le Royaume de Dieu ne vient pas de
manière à frapper les regards… car voici, le Royaume de Dieu
est au-dedans de vous », ce qui signifie qu’il est obscur et caché.
Un chrétien « actif » vit trop souvent « en vitrine ». Pourtant
c’est quand nous sommes seuls, dans le secret de la
communion invisible avec Dieu que nous pouvons recevoir la
puissance de vie.
Il faut que nous échappions à l’influence néfaste qu’exerce sur
nous l’esprit du monde religieux dans lequel nous vivons. Dans
la vie de notre Seigneur, il n’y a jamais eu de hâte, de
précipitation, d’activité fébrile, dont nous faisons tant de cas,
et le disciple doit être comme son Maître. Le principe essentiel,
du Royaume de Jésus-Christ, est la communion personnelle
avec lui, et non l’efficacité aux yeux des hommes.
Ce n’est pas l’organisation d’activités pratiques qui prépare au
service de Dieu, mais le fait de se laisser pénétrer par Dieu.
Vous ne savez pas où Dieu vous placera, ni quel effort il vous
demandera. Si vous gaspillez votre temps dans une activité
débordante, au lieu de vous retremper dans les vérités
éternelles de la Rédemption, vous craquerez lorsque le
moment de l’effort sera venu. Mais si vous mettez à profit le
temps qui vous est donné pour être enraciné et fondé en Dieu,
vous aurez la force de rester fidèle, quoiqu’il arrive.
20 Octobre
Est-ce que je veux ce que Dieu
veut ?
Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification.
1 Thessaloniciens 4.3
Il n’y a aucun doute que la volonté de Dieu est que je sois
sanctifié. Mais est-ce bien ma volonté ? Suis-je décidé à laisser
Dieu accomplir en moi tout ce qui a été rendu Possible par la
Rédemption ? Vais-je accepter que Jésus soit fait pour moi
sanctification, et que la vie de Jésus se manifeste dans ma chair
mortelle ? Ne vous contentez pas de dire : « Comme je désire
être sanctifié » ! Ce n’est pas vrai, vous ne le désirez pas. Cessez
de soupirer, et prenez l’affaire au sérieux : « Tel que je suis,
sans rien à moi, je viens ». Acceptez, avec une foi sincère, que
Jésus-Christ devienne votre sanctification, et le miracle de la
Rédemption s’accomplira en vous. Tout ce que Jésus a rendu
Possible m’est accordé comme un don gratuit du Dieu d’amour,
à cause de l’œuvre qu’il a lui-même accomplie.
Jésus m’ayant sauvé et sanctifié, l’attitude que je dois avoir est
celle d’une humble et profonde sainteté, (une sainteté
orgueilleuse n’est pas la sainteté). Cette sainteté a sa source
dans une sincère repentance, et dans un sentiment de honte et
de déchéance inexprimable ; mais en même temps je fais la
merveilleuse découverte que l’amour de Dieu a fait irruption
dans mes ténèbres. Alors que je ne me Souciais pas de lui, il a
tout accompli pour mon salut et ma sanctification (voir
Romains 5.8). Il n’est pas étonnant que Paul dise : « Rien ne
pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-
Christ ».
La sanctification m’unit à Christ, et par lui à Dieu, et c’est
l’Expiation qui produit toutes ces merveilles. Ne prenez jamais
l’effet pour la cause. L’effet en moi, c’est l’obéissance, le
service, la prière, qui résultent de ma reconnaissance pour la
sanctification opérée en moi grâce à l’Expiation.
21 Octobre
Nous laissons-nous diriger par
nos impulsions ?
Vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte
foi.
Jude.20
Le Seigneur n’était ni un impulsif, ni un insensible ; il était
habité par une force tranquille qui ne s’effrayait de rien. La
plupart d’entre nous vivent leur vie chrétienne selon les
tendances de leur tempérament, et non selon la volonté de
Dieu. Nos impulsions font partie de notre nature humaine,
mais le Seigneur n’en tient jamais compte., parce qu’elles
entravent la croissance spirituelle. Remarquez comment s’y
prend l’Esprit de Dieu pour mettre un frein à nos impulsions.
Ses entraves touchent notre orgueil , nous font perdre la tête et
nous poussent aussitôt à prétendre que nous avons raison. Il
est compréhensible qu’un enfant soit impulsif, mais c’est
désastreux chez l’adulte, homme ou femme ; l’homme impulsif
est toujours un enfant gâté. L’impulsion peut se transformer
en intuition, si on se soumet à la discipline.
La vie du disciple doit s’édifier uniquement sur la grâce
surnaturelle de Dieu. Marcher sur les eaux est facile pour celui
qui a du cran, mais c’est autre chose de marcher sur la terre
ferme, en disciple de Jésus-Christ. Pierre marcha sur les eaux
pour aller vers Jésus, mais dans une autre occasion il ne le
suivit que de loin. Nous n’avons pas besoin de la grâce de Dieu
pour rester fermes dans les moments de crise ; nos ressources
humaines et notre fierté nous suffisent et nous permettent de
faire face.
Mais il faut le secours de la grâce surnaturelle de Dieu pour
vivre en chrétien vingt-quatre heures sur vingt-quatre,
accomplir une tâche monotone, vivre l’existence ordinaire et
cachée du serviteur de Jésus-Christ. Par nature nous avons
tendance à vouloir faire des choses sensationnelles pour Dieu.
C’est u ne erreur, il nous faut être sensationnels dans les choses
ordinaires, saints dans les rues misérables, parmi les gens
médiocres, et cette vie-là ne s’apprend pas en un jour !
22 Octobre
Le témoignage du Saint-Esprit
L’Esprit lui-même rend témoignage à notre
esprit…
Romains 8.16
Lorsque nous nous approchons de Dieu, nous sommes parfois
tentés de marchander. Nous désirons le témoignage de l’Esprit
avant d’obéir à Dieu. « Pourquoi Dieu ne se révèle-t-il pas à moi
» ? , nous demandons-nous. Il ne le peut pas. Ce n’est pas qu’il
ne le veuille pas, mais il ne le peut pas, parce que notre refus de
nous abandonner à lui, lui barre la route. Dès que nous nous
rendons à Dieu sans réserve, il se rend témoignage à Lui-même.
Il ne peut pas vous rendre témoignage à vous, mais il rend
immédiatement témoignage à sa propre nature qu’il a mise en
vous. Si vous aviez le témoignage avant la réalité, tout se
dissiperait en une émotion sentimentale. Dès que vous vous
appuyez sur la Rédemption et que vous faites taire vos vains
raisonnements, Dieu se manifeste à vous et vous découvrez
avec effarement que jusque là, c’est vous qui l’empêchiez de le
faire. Si vous doutez que Dieu puisse vous délivrer du péché,
alors laissez-le agir, ou bien dites-le lui. Ne vous appuyez pas
sur l’avis des uns ou des autres, mais selon Matthieu 11.28 : «
Venez à moi » ! Venez, si vous êtes fatigué et chargé ; demandez-
lui si vous êtes mauvais, de vous changer (Luc 11.13) .
Nous confondons parfois l’évidence toute simple du bon sens
avec le témoignage du Saint-Esprit. Mais l’Esprit ne rend
témoignage qu’à notre esprit et à l’œuvre de la Rédemption, il
ne rend jamais témoignage à notre raison. Si nous voulons l’y
contraindre, il n’est pas étonnant que nous soyons dans les
ténèbres et dans l’incertitude. Jetez tout cela par-dessus bord,
fiez-vous à Dieu, et il vous accordera le témoignage du Saint-
Esprit.
23 Octobre
Rien ne doit subsister
Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle
créature ; les choses anciennes sont passées.
2 Corinthiens 5.17
Le Seigneur n’a aucun égard pour nos préjugés, il les écrase, il
veut les démolir. Nous nous imaginons que Dieu porte un
intérêt particulier aux préjugés qui nous sont chers. Nous
sommes certains qu’il ne nous traitera pas avec la même
sévérité qu’il appliquera aux autres. « Il faut que Dieu soit très
ferme avec eux, mais il sait bien que, moi, j’ai raison ».
Il faut que nous apprenions que les choses anciennes sont
passées ; il ne doit rien en subsister. Dieu n’a aucune
indulgence pour nos préjugés, il veut les abolir. Cette action de
la Providence de Dieu qui démolit nos préjugés, fait partie de
notre éducation morale. Observons comment Dieu s’y prend. Il
ne tient aucun compte de ce que nous lui apportons ; il n’attend
de nous qu’une chose : l’abandon total à sa volonté.
Lorsque nés de nouveau, le Saint-Esprit commence en nous la
création nouvelle, le moment vient où il ne subsiste plus rien
de ce que nous étions auparavant. L’ancienne routine,
l’ancienne raideur, l’ancienne mentalité disparaissent, et «
tout vient de Dieu ».
Comment pouvons-nous réaliser une vie sans convoitise, sans
égoïsme, sans susceptibilité ; comment pouvons-nous avoir
l’amour qui n’est point envieux, qui ne soupçonne pas le mal,
qui est toujours aimable ? En ne laissant rien subsister en nous
de notre vie ancienne, et en mettant en Dieu, simplement,
toute notre confiance une confiance telle que nous ne
réclamons plus les bienfaits de Dieu, mais Dieu lui-même. En
sommes-nous là ? Lorsque nous aurons vu Dieu à œuvres, nous
ne serons plus préoccupés de ce qui peut nous arriver, car nous
nous confierons dans notre Père Céleste et verrons « celui qui
est invisible ».
24 Octobre
Triompher en Christ
Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait
toujours triompher en Christ !
2 Corinthiens 2.14
Dans notre travail Pour Dieu, nous ne devons pas nous
contenter de faire le mieux Possible, mais nous devons viser
toujours plus haut. Veillez à garder fermement l’idéal divin.
Jour après jour, heure après heure, notre effort doit être
continu, incessant. Aucun Pouvoir humain ne doit nous en
détourner .
Ce qu’il ne nous faut jamais perdre de vue, c’est que nous
n’existons que pour être les captifs du Christ, enchaînés à son
char de triomphe. Nous ne sommes pas destinés à figurer dans
une exposition de chefs-d’œuvre ; nous devons seulement
montrer aux hommes que nous sommes à tous les points de vue
des captifs de Jésus-Christ. Ne disons pas : « Me voilà seul à
combattre pour Jésus-Christ », ou : « Je dois soutenir la cause
de Jésus et défendre cette forteresse pour lui ». Paul dit : « Je
fais partie du cortège du vainqueur, et quelles que soient les
difficultés, je triomphe toujours en lui ». Est-ce que cette
pensée se traduit dans notre vie quotidienne ?
La joie profonde de Paul venait de ce que Dieu l’avait saisi, lui,
le persécuteur sanguinaire, l’ennemi de Jésus-Christ, et fait de
lui son prisonnier pour toute la vie. En dehors de cela rien, ni
dans le ciel, ni sur la terre, ne lui semblait digne d’intérêt. Un
chrétien devrait avoir honte de parler des victoires qu’il a
remportées. Il n’y a qu’un Vainqueur et nous lui appartenons si
complètement que nous participons continuellement à sa
victoire, c’est par Lui que nous sommes plus Que vainqueurs.
Nous sommes, pour Dieu, « la bonne odeur de Christ ». Étant
enveloppés de ce parfum, nous pourrons être partout où nous
irons, agréables à notre Dieu .
25 Octobre
Supporter tout !
Je me suis fait tout à tous, afin d’en gagner de
toutes manières quelques-uns.
1 Corinthiens 9.22
Un chrétien au service de Dieu doit apprendre à être son digne
représentant dans un monde indigne. Ne dites jamais : « Oh ! Si
seulement j’étais ailleurs » ! Les hommes dont Dieu se sert ne
sont que des hommes ordinaires, mais qui deviennent
extraordinaires par les capacités que Dieu leur donne.
Si Dieu ne communique pas à nos esprits les capacités
intellectuelles, ni à nos cœurs les sentiments qui le glorifient,
nous serons dépourvus d’utilité. Ce n’est pas nous qui avons
choisi d’être au service de Dieu. Bien des gens décident de
servir Dieu, sans que sa grâce toute-puissante et sa parole
puissante leur aient communiqué les capacités nécessaires.
Paul était transporté d’enthousiasme à la pensée de l’œuvre
accomplie par Jésus dans le monde, et il ne perdait jamais de
vue cette pensée capitale. Nous aussi, nous ne devons savoir
qu’une chose : « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».
« Je vous ai choisis ». Ayez toujours à l’esprit la grandeur de
votre vocation. Ce n’est pas vous qui ayez choisi Dieu, mais lui
vous a choisis. Pendant que vous vous préparez à le servir, Il est
à l’œuvre, courbant, brisant, façonnant. Pourquoi agit-il ainsi
? Nous ne le savons pas. Mais nous savons qu’il désire nous
amener à une soumission telle qu’il pourra dire : « Cet homme,
cette femme, m’appartient véritablement ». Il faut que nous
soyons des instruments dociles dans la main de Dieu, de telle
sorte qu’il puisse par notre moyen établir des hommes sur le
Roc, comme il nous y a nous-mêmes établis.
Ne décidez jamais par vous-même d’être serviteur de Dieu.
Mais si Dieu vous choisit, malheur à vous si vous vous
détournez à droite ou à gauche. Laissez-le faire, car après son
appel, il agira à votre égard, différemment d’avec les autres.
26 Octobre
Qu’est-ce qu’un missionnaire ?
Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous
envoie.
Jean 20.21
Un missionnaire, c’est un envoyé de Jésus-Christ, comme
Jésus fut envoyé de Dieu. Ce qui importe avant tout, ce ne sont
pas les besoins des hommes, mais l’ordre de Jésus. Si nous
travaillons pour Dieu, la source de notre inspiration est
derrière nous, et non devant nous. De nos jours, on a tendance
à chercher l’inspiration dans l’avenir, à faire des plans de
conquête et à tout faire cadrer avec notre conception du succès.
Selon le Nouveau Testament, le Seigneur Jésus inspire ses
disciples ; leur rôle est de lui être fidèles, de réaliser ses
desseins.
Nous attacher à Jésus-Christ, voir les choses de son point de
vue à lui, voilà ce qui est capital. Le grand danger, dans le
travail missionnaire, c’est de négliger l’appel de Dieu pour ne
plus voir que les besoins des gens, jusqu’à ce qu’une sympathie
tout humaine nous fasse oublier entièrement que nous
sommes les envoyés de Jésus-Christ. Les besoins sont si vastes,
les situations si compliquées, que nous ne savons où donner de
la tête. Nous oublions que le but essentiel de toute entreprise
missionnaire, ce n’est ni d’élever le niveau de vie des gens, ni
de les éduquer, ni de pourvoir à leurs besoins matériels, mais
tout simplement d’obéir au commandement de Jésus : « Allez,
et enseignez toutes les nations ».
Quand nous étudions la vie des hommes et des femmes qui ont
servi Dieu, nous sommes tentés de dire : « Ils étaient
merveilleusement perspicaces ! Ils ont parfaitement compris la
volonté de Dieu » ! Mais cette perspicacité, cette habileté
viennent de Dieu et non de la sagesse humaine. Dieu pouvait
agir librement parce que ces gens étaient assez naïfs, assez fous
pour se fier à Sa sagesse et se laisser revêtir de Ses armes.
27 Octobre
La méthode du missionnaire
Allez, faites de toutes les nations des disciples.
Matthieu 28.19
Jésus n’a pas dit : « Allez sauver des âmes » ! Car le salut n’est
accompli que par Dieu. - Il a dit : « Allez, faites de toutes les
nations des disciples », et pour cela il faut être disciple soi-
même. Lorsque les disciples revinrent de leur première
tournée missionnaire, ils étaient remplis de joie parce que les
démons leur étaient soumis, mais Jésus leur dit : « Ne vous
réjouissez pas d’avoir eu du succès dans votre service ; le grand
secret de la joie, c’est la communion avec Moi ». Le
missionnaire doit avant tout rester fidèle à l’appel qu’il a reçu
de Dieu, et n’avoir d’autre but que d’amener des hommes et des
femmes à devenir disciples de Jésus. Il y a une passion des âmes
qui ne vient pas de Dieu, mais du désir de convertir les gens à
nos idées.
Ce qui peut compromettre le ministère du missionnaire, ce
n’est pas que les gens refusent le salut, que les rétrogrades
soient difficiles à ramener, ce n’est pas qu’il se heurte à
l’indifférence générale, mais bien que sa propre communion
avec Jésus-Christ se relâche. « Croyez-vous que je puisse faire
cela » ? Jésus nous pose cette question pénétrante. Nous la
retrouvons devant chacune de nos difficultés.
Le seul grand défi est celui-ci : « Est-ce que je connais
véritablement mon Seigneur ressuscité ? Est-ce que je connais
la puissance de son Esprit en moi ? Suis-je assez sage aux yeux
de Dieu, assez fou aux yeux des hommes, pour m’appuyer sur
ce que Jésus a dit ? Ou bien est-ce que j’abandonne le terrain
surnaturel d’une confiance absolue en Jésus-Christ ? Si
j’adopte quelqu’autre méthode, j’abandonne par là-même celle
établie par le Seigneur : Tout pouvoir m’a été donné… c’est
pourquoi, allez… » !
28 Octobre
La justification par la foi
Si lorsque nous étions ennemis, nous avons été
réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à
combien plus forte raison, étant réconciliés,
serons-nous sauvés par sa vie.
Romains 5.10
Je ne suis pas sauvé par ma propre foi ; mais c’est par la foi que
je me rends compte que je suis sauvé. Ce n’est pas la repentance
qui me sauve, mais elle est un signe : je me rends compte de ce
que Dieu a fait pour moi en Jésus-Christ. Nous risquons de
prendre l’effet pour la cause, et de dire : « C’est mon
obéissance, ma consécration, qui me rendent agréable à Dieu ».
Non ! Jamais !
Ce qui me réconcilie avec Dieu c’est avant tout. la mort de
Jésus. Lorsque je me tourne vers Dieu et que, par la foi,
j’accepte ce que Dieu me révèle, le miracle prodigieux de
l’Expiation de Jésus-Christ rétablit aussitôt l’harmonie avec
Dieu. Je suis justifié, non parce que je regrette mon péché, ni
parce que je me repens, mais à cause de l’œuvre accomplie par
Jésus, En un éclair l’Esprit de Dieu m’en donne la conviction
lumineuse et sans comprendre comment, je sais que je suis
sauvé.
Le salut de Dieu ne repose pas sur les raisonnements de la
logique humaine, mais sur la mort de Jésus qui s’est offert en
sacrifice. Grâce à l’Expiation de notre Seigneur, nous naissons
de nouveau. Les pécheurs peuvent être transformés en
nouvelles créatures non par leur repentance ou leur foi, mais
par l’œuvre merveilleuse accomplie par Dieu en Jésus-Christ.
Dieu lui-même garantit ma justification et ma sanctification.
Nous n’avons pas à y travailler nous-mêmes, elles ont été
accomplies par l’Expiation. Le surnaturel devient naturel par
l’intervention miraculeuse de Dieu ; alors ce que Jésus-Christ a
déjà accompli devient réalité pour nous « Tout est accompli ».
29 Octobre
La substitution
Il l’a fait devenir péché pour nous, afin que
nous devenions en lui, justice de Dieu.
2 Corinthiens 5.21
La conception moderne de la mort de Jésus-Christ, c’est qu’il
est mort pour nos péchés par pitié pour nous. La pensée du
Nouveau Testament, c’est qu’il s’est chargé de nos péchés, non
par pitié, mais pour s’identifier à nous. Il a été fait péché. Nos
péchés sont ôtés à cause de la mort de Jésus.
Il est mort par obéissance à son Père, et non par pitié pour
nous. Si Dieu nous accueille, ce n’est pas à cause de notre
obéissance ou parce que nous renonçons à certaines choses,
mais uniquement à cause de la mort du Christ. Nous disons que
Jésus est venu pour nous révéler le Dieu d’amour, le Père.
Le Nouveau Testament nous dit qu’il est venu pour ôter le
péché du monde. Il révèle Dieu comme Père à ceux qui l’ont
d’abord reçu comme Sauveur. Jésus-Christ ne s’est jamais
présenté comme celui qui révélait au monde la paternité
divine, mais comme la pierre d’achoppement (voir Jean 15.22 à
24). Quand Jésus dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean
14.9), il parle exclusivement à ses disciples.
Le Nouveau Testament n’enseigne nulle part que Christ est
mort pour que je puisse m’en tirer indemne. Ce qu’il enseigne,
c’est que Jésus est mort pour tous mais il n’a pas vécu ma mort.
Je dois m’identifier avec sa mort pour être libéré du péché et
hériter de sa justice même. La substitution dont parle le
Nouveau Testament a deux aspects : « Lui qui n’a pas connu le
péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous
devenions en lui justice de Dieu ». Le Christ n’est pas pour moi
si je n’accepte pas que Christ soit formé en moi.
30 Octobre
La foi
Sans la foi, il est impossible d’être agréable à
Dieu.
Hébreux 11.6
La foi qui s’oppose au bon sens, c’est du fanatisme. Le bon sens
qui s’oppose à la foi, c’est du rationalisme. La vie par la foi
réconcilie l’un avec l’autre. Le bon sens n’est pas la foi, et la foi
n’est pas le bon sens.
Il y a entre eux les mêmes rapports qu’entre le naturel et le
spirituel, entre l’impulsion et l’inspiration. Ce que Jésus a dit
n’est pas inspiré par le bon sens, mais par un sens plus haut,
une révélation qui atteint les hauteurs où le bon sens nous
abandonne. Il faut que notre foi soit mise à l’épreuve avant
qu’elle puisse devenir pour nous une réalité. Nous savons que «
toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu »,
alors, quels que soient les événements, l’alchimie de la divine
providence transforme la foi théorique en réalité pratique. La
foi a toujours quelque chose de personnel. Dieu veut que la foi
théorique de son enfant se traduise dans la pratique.
Pour chaque détail de la vie ordinaire, notre foi en Dieu est la
pierre de touche qui nous permet de mettre à l’épreuve ce qui
nous est révélé. La foi est un principe extraordinairement actif,
qui met toujours Jésus-Christ en avant : « Seigneur, tu as dit de
ne nous inquiéter de rien » (voir Matthieu 6.33), « cela paraît
insensé, mais je vais m’aventurer à agir selon tes paroles ».
Transformer la foi intellectuelle en réalité personnelle est
toujours un combat. Dieu, pour former notre foi, nous place
dans des circonstances qui transformeront en réalité ce qu’elle
espère.
Tant qu’on ne connaît pas Jésus, Dieu n’est qu’une
abstraction, en laquelle nous ne pouvions avoir foi. Mais dès
que nous entendons Jésus-Christ nous dire : « Celui qui m’a vu
a vu le Père », nous avons quelque chose de réel, et notre foi
s’épanouit. La foi, c’est tout notre être uni à Dieu par la
puissance de l’ Esprit de Jésus-Christ.
31 Octobre
La foi véritable
…la foi comme un grain de sénevé…
Matthieu 17.20
Nous avons l’idée que Dieu nous récompense pour notre foi ;
cela est possible au début de la vie chrétienne. Mais la foi en
elle-même ne nous fait rien acquérir. Elle établit entre Dieu et
nous des rapports normaux, et permet à Dieu d’agir en nous. Si
vous êtes chrétien, il est souvent nécessaire que Dieu
anéantisse ce que vous croyiez posséder d’expérience
religieuse, pour vous ramener à lui. Dieu veut vous faire
comprendre que vous devez vivre une vie de foi et non une vie
où l’on jouit de ses bénédictions.
Votre vie spirituelle était concentrée, au début, sur un tout
petit point lumineux, sur une expérience que vous aviez faite,
et qui vous était particulièrement douce et précieuse ; mais elle
était faite de sentiment autant que de foi. Puis Dieu retira ses
bénédictions conscientes pour vous apprendre à marcher par
la foi . À ses yeux, vous avez beaucoup plus de valeur
maintenant, que lorsque vous aviez conscience d’émotions
bouleversantes et où votre témoignage était vibrant.
La foi n’existe réellement que lorsqu’elle est mise à l’épreuve.
Et l’épreuve la plus effective ne résulte pas tant de ce que nous
avons de la peine à nous confier en Dieu, que du fait que nous
n’arrivons pas à saisir clairement la nature et la puissance de
Dieu .
Pour que notre foi devienne forte, il faut qu’elle soit éprouvée
par les souffrances que produit un sentiment de complet
abandon. Ne confondez jamais l’épreuve de la foi avec les
ennuis habituels de l’existence. Bien des contrariétés, que nous
considérons comme des épreuves de la foi, sont simplement les
difficultés inévitables qui viennent de ce que nous vivons sur la
terre. La foi biblique, c’est une foi en Dieu qui tient ferme
contre tout ce qui peut démentir son existence. « Je resterai
fidèle à Dieu quoi qu’il fasse ».
1er Novembre
Nous ne sommes pas à nous-
mêmes
Ne savez-vous pas… que vous ne vous
appartenez point à vous-mêmes ?
1 Corinthiens 6.19
Un homme ou une femme en communion vivante avec les
souffrances de Jésus-Christ ne peut plus avoir de vie privée, de
« petit monde dans le vaste monde ». Dieu détruit la vie privée
de ses enfants, et en fait une grande voie publique où tout le
monde passe, mais où il passe, lui aussi. Personne ne peut
supporter un tel dépouillement, s’il n’est d’abord uni à Jésus-
Christ. Nous ne sommes pas sanctifiés pour nous-même, nous
sommes appelés à la communion de l’Évangile, et s’il nous
arrive des choses qui ne semblent pas nous concerner, c’est
parce que Dieu veut nous introduire dans sa communion.
Laissez-le agir, sans quoi, non seulement vous n’aurez pas la
moindre utilité dans Son œuvre de Rédemption pour le monde,
mais vous serez un obstacle, une entrave.
La première chose que Dieu fait en nous est de nous dépouiller
de ce qui nous est le plus cher, jusqu’au moment où, ne nous
souciant plus de nous-mêmes, nous désirons que l’œuvre de la
Rédemption s’accomplisse à travers nous. Pourquoi
refuserions-nous d’avoir le cœur brisé ? Dieu, par ce moyen,
prépare pour nous une communion plus profonde avec son
Fils. À la première souffrance, la plupart d’entre nous
s’effondrent ; nous restons là, anéantis, au seuil des desseins de
Dieu pour nous. Nous nous apitoyons sur nous-même, et toute
la prétendue sympathie chrétienne ne pourra qu’accélérer
notre déroute. Mais Dieu ne veut pas cela. Il vient à nous, il
nous saisit par la main percée de son Fils, et nous dit : « Entre
dans ma présence, lève-toi et resplendis ».. Si, par un cœur
brisé les desseins de Dieu, pour le monde, peuvent mieux
s’accomplir, remerciez-le de vous avoir brisé le cœur .
2 Novembre
Autorité et indépendance
Si vous m’aimez, gardez mes commandements.
Jean 14.15
Notre Seigneur ne nous contraint jamais à l’obéissance. Il nous
dit très catégoriquement ce que nous avons à faire, mais
ensuite il nous laisse libres. Notre obéissance doit résulter de
notre communion avec lui. C’est pourquoi, lorsque le Seigneur
nous invite à être ses disciples, il y met toujours un « Si ». - « Si
quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même ».
Le Seigneur ne nous propose pas de nous assurer une « bonne
situation » dans l’éternité, mais de nous utiliser en nous
gardant sous sa dépendance, c’est pourquoi ses paroles nous
semblent si sévères (voir Luc 14.26) : « Si quelqu’un vient à moi,
et s’il ne hait pas son père… » Mais attention, n’interprétez
jamais ces paroles en les séparant de Celui qui les a prononcées.
Le Seigneur ne me donne pas de règles, mais il me propose très
clairement un idéal de vie. Si j’ai pour lui un véritable amour,
je ferai ce qu’il me dit sans aucune hésitation. Si j’hésite, c’est
parce qu’il y a quelqu’un que j’aime plus que lui, et ce
quelqu’un, c’est moi-même. Jésus-Christ ne m’obligera pas à
lui obéir, il faut que je le fasse de moi-même, et en le faisant,
j’accomplirai ma véritable destinée spirituelle. Mes journées
peuvent être remplies d’une quantité de petits incidents
négligeables et médiocres. Mais si j’obéis à Jésus-christ dans
ces circonstances qui paraissent survenir par hasard, elles
deviendront comme des trous d’épingles par lesquels Dieu
m’apparaîtra. Et un jour, je découvrirai que, par mon
obéissance, beaucoup d’âmes ont été bénies. La Rédemption
qui amène à l’obéissance est toujours créatrice de salut. À
travers mon obéissance le Dieu Tout-Puissant lui-même, agit.
3 Novembre
Esclave de Jésus
J’ai été crucifié avec Christ, et si je vis, ce n’est
plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi.
Galates 2.20
Ces mots impliquent un renoncement délibéré à mon
indépendance, et ma soumission à la seigneurie de Jésus-
Christ. Dieu peut me mettre trois cent soixante-cinq fois par an
devant cette nécessité, mais il ne peut faire à ma place ce que
j’ai à faire. Il faut que je brise la dure coque de mon égoïsme qui
me sépare de Dieu, pour que ma personnalité s’en échappe et
vienne s’unir dans une communion parfaite avec Dieu lui-
même. Cela non pour réaliser mes propres idées, mais pour
être fidèle à Jésus. Quand j’en suis là, tout devient clair. Bien
peu d’entre nous connaissent vraiment la fidélité absolue à
Christ : « À cause de moi » c’est cette attitude-là qui fait le saint
authentique.
Cet abandon est-il accompli ? Tout le reste n’est que pieuse
fraude. Le seul point décisif est celui-ci : Est-ce que j’accepte de
m’abandonner , d’être soumis sans réserve à Jésus-Christ, sans
poser de conditions sur la manière dont mon esprit
d’indépendance sera brisé ? Dès lors se produit l’union
surnaturelle avec Christ, et le Saint-Esprit m’en donne une
claire confirmation : « J’ai été crucifié avec Christ ». Pour être
un véritable disciple, je dois en venir là: renoncer à tous mes
droits, et devenir l’esclave de Jésus-Christ. Sans cet abandon,
ma sanctification ne peut pas commencer .
Il faut que Dieu puisse nous utiliser à son gré. Ce n’est pas à
nous de décider ce que nous devons faire, c’est à Dieu seul.
4 Novembre
L’autorité de la révélation
Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de
vous.
Jacques 4.8
Il est très important de donner à tous l’occasion de mettre en
pratique chaque vérité divine. Nous ne pouvons le faire pour
eux, la responsabilité leur en est laissée. Ils doivent agir
délibérément car le message de l’évangile doit toujours pousser
à l’action. Le refus d’agir est une paralysie qui laisse l’homme
inchangé ; mais celui qui agit n’est plus jamais le même. Cela
semble être une folie, et c’est ce qui retient tant de personnes
qui pourtant ont été convaincues par le Saint-Esprit. À
l’instant même où je me lance dans l’action, je vis enfin, alors
qu’auparavant je végétais. Lorsque toute ma volonté s’élance
vers l’action, je vis véritablement.
Chaque fois qu’une vérité divine vous est révélée, mettez-la en
pratique, pas nécessairement en agissant aussitôt, mais en
prenant une ferme résolution d’agir, un engagement écrit.
Alors, l’enfant de Dieu le plus faible, est affranchi de sa
faiblesse ; toute la merveilleuse puissance de Dieu vient en lui.
Quand la vérité divine nous apparaît d’abord, nous
reconnaissons nos fautes, mais nous y retombons souvent ;
nous connaissons ainsi des hauts et des bas, jusqu’à ce que nous
comprenions que nous ne devons plus reculer. Il nous faut
saisir une parole de notre Seigneur et Sauveur, et nous en
servir pour passer un contrat avec lui. C’est la pensée du
Seigneur, quand il nous dit : Il Venez à moi « , il veut dire, Il
liez-vous à moi par un contrat ». Nous avons du mal à nous y
décider. Mais celui qui se décide enfin voit à l’instant même la
vie divine envahir son cœur. La puissance de domination du
monde, de notre « moi », de Satan, est paralysée, non par l’acte
lui-même, mais par la puissance divine que cet acte a
déclenchée.
5 Novembre
Participants de ses souffrances
Réjouissez-vous…de la part que vous avez aux
souffrance de Christ…
1 Pierre 4.13
Si Dieu veut vous employer à son service, il vous ferai passer
par une multitude d’expériences qui ne vous paraîtront pas
nécessaires. Elles ont pour but de vous rendre utile et : capable
de comprendre mieux le cœur des autres, ainsi, vous ne serez
jamais surpris par les circonstances. « Je né sais pas comment
m’y prendre avec cette personne », dites-vous. Et pourquoi ?
Dieu vous avait donné amplement l’occasion de vous instruire
auprès de lui, au sujet de ce qui vous préoccupe maintenant, et
aujourd’hui vous vous cognez contre un mur, parce que vous
avez méprisé ces enseignements.
Les souffrances de Christ ne sont pas comme celles de l’homme
ordinaire. Il a souffert « selon la volonté de Dieu », et non en
voyant les choses comme nous les voyons. C’est seulement
quand nous sommes unis à Jésus-Christ que nous pouvons
comprendre le but que Dieu poursuit, en agissant ainsi avec
nous. Un chrétien doit arriver à comprendre le dessein de
Dieu. L’histoire de l’Église Chrétienne nous apprend que la
tendance générale a toujours été d’éviter d’avoir part aux
souffrances de Christ. Les hommes ont cherché à réaliser le
plan de Dieu en suivant un autre chemin, qu’ils ont tracé eux-
mêmes. Mais le chemin de Dieu, c’est le chemin monotone et
long de la souffrance.
Est-ce que nous avons part aux souffrances de Christ ? Est-ce
que nous sommes prêts à ce que Dieu anéantisse nos ambitions
personnelles, à ce que Dieu détruise, pour les transfigurer, nos
résolutions personnelles ? Cela ne veut pas dire que nous
sachions exactement où Dieu nous mène ; car nous en
éprouverions de l’orgueil. Sur le moment, nous ne voyons pas
bien le but que Dieu poursuit, nous marchons plus ou moins en
aveugles, sans comprendre, puis, un beau jour, la lumière se
fait, et nous pouvons dire : « Vraiment, à mon insu, Dieu
m’avait préparé pour ma tâche présente » !
6 Novembre
Un programme de foi
Crois-tu cela ?
Jean 11.26
Marthe croyait que Jésus avait une grande puissance ; elle
croyait que, s’il avait été là, il aurait guéri son frère. Elle
croyait aussi que Jésus avait un rapport assez intime avec Dieu,
pour que, quoi qu’il demande, Dieu l’exauce. Mais cependant il
lui fallait arriver à connaître Jésus d’une manière plus
personnelle. La foi de Marthe ne trouvait son accomplissement
que dans un avenir lointain ; Jésus l’amène graduellement à
une foi vraiment personnelle qui se concrétise et s’exprime : «
Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ… »
Retrouvez-vous ce même cheminement dans votre vie ? Le
Seigneur vous apprend-il à vivre dans son intimité ? Laissez-le
vous poser la même question : « Crois-tu cela » ?. Quels sont les
doutes qui vous tourmentent ? Les circonstances où vous vous
trouvez, mettent-elles votre foi à l’épreuve ? Pour que votre foi
devienne vraiment personnelle, il faut que votre personne soit
en jeu, que vous reconnaissiez votre détresse personnelle.
Croire, c’est s’abandonner. La foi abstraite est déjà une sorte de
confiance, mais pas un véritable abandon. La foi personnelle
précise cette confiance, et la restreint à un seul objet. La foi
concrète consiste à s’abandonner à Jésus-Christ, et à ne vouloir
que lui pour Seigneur .
En présence de Jésus-Christ qui me dit : « Crois-tu cela » ? , je
découvre que la foi en Jésus est aussi naturelle que la
respiration, et je suis stupéfait de ne pas m’en être aperçu plus
tôt .
7 Novembre
Dieu nous dirige
Toutes choses concourent au bien de ceux qui
aiment Dieu.
Romains 8.28
Les circonstances de la vie d’un chrétien sont réglées :’ par
Dieu lui-même. Rien n’y arrive par hasard. Dans sa sagesse,
Dieu vous met dans des situations dont vous ne saisissez pas le
sens. Il vous conduit dans des lieux choisis à l’avance, vous fait
rencontrer certaines personnes, et vous place dans des
conditions telles que l’intercession, suscitée en vous par le
Saint-Esprit, soit orientée dans tel ou tel sens.
Ne cherchez jamais à guider les événements, à vous dire : « Je
vais diriger et prévoir ; éviter ceci et me méfier de cela ». Votre
vie étant dans la main de Dieu, ne pensez donc pas que les
circonstances que vous traversez sont étranges. Votre rôle dans
la prière d’intercession, ce n’est pas de souffrir l’agonie de
l’intercession, mais de profiter des circonstances ordinaires où
Dieu vous place, des gens simples parmi lesquels vous vous
trouvez, pour les apporter devant le trône de Dieu, et donner
au Saint-Esprit l’occasion de prier pour eux par votre
entremise. C’est de cette manière que Dieu, par le moyen de ses
enfants, atteint le monde entier .
Suis-je un obstacle à l’œuvre du Saint-Esprit en restant dans le
vague, ou peut-être en me substituant à lui ? Dans
l’intercession, il faut que l’homme fasse sa part ; et sa part, ce
sont les circonstances dans lesquelles il se trouve, et les gens
avec lesquels il est en contact. Ma pensée doit être comme le
sanctuaire du Saint-Esprit, afin qu’à mesure que je nomme
ceux pour qui je prie, le Saint-Esprit intercède pour eux.
Vos prières d’intercession ne peuvent être les miennes, et les
miennes ne peuvent être les vôtres. Mais en chacun de nous, le
Saint-Esprit prie pour telle ou telle personne qui a besoin de
cette intercession.
8 Novembre
La puissance incomparable
L’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car
nous ne savons pas ce qu’il nous convient de
demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-
même intercède par des soupirs inexprimables.
Romains 8.26
Nous sommes conscients que c’est le Saint-Esprit qui nous
incite à prier, mais nous ne nous rendons pas toujours compte
que le Saint-Esprit lui-même prie en nous, exprimant ce que
nous ne savons exprimer. Lorsque nous sommes nés de
nouveau, nés de Dieu, et habités par l’Esprit, il formule à notre
place l’inexprimable.
Le Saint-Esprit intercède en nous en faveur des enfants de
Dieu, en accord avec sa volonté. Dieu sonde notre cœur, non
pour y lire nos prières conscientes, mais pour y trouver la
prière de l’Esprit Saint.
L’Esprit de Dieu se sert de l’esprit du croyant comme d’un
sanctuaire dans lequel il offre à Dieu son intercession « Votre
corps est le Temple du Saint-Esprit ». Quand Jésus purifia le
Temple, « il ne laissa personne transporter un objet
quelconque à travers le parvis », (Marc 1 O.16). L’Esprit de Dieu
ne vous permet pas de vous servir de votre corps à votre
convenance. Jésus a chassé sans pitié tous ceux qui vendaient
et achetaient dans le Temple, en disant : « Il est écrit : Ma
maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en
faites une caverne de voleurs ».
Nous sommes-nous rendus compte que notre corps est le
Temple du Saint-Esprit ? Si oui, nous devons veiller à le garder
pur et sans tache, pour lui. Nous devons nous souvenir que
notre pensée consciente, bien qu’elle ne soit qu’une toute
petite partie de nous-mêmes, doit être un sanctuaire pour le
Saint-Esprit. Il veillera lui-même sur notre subconscient, mais
c’est à nous de veiller sur tout ce qui est conscient en nous,
nous en sommes responsables.
9 Novembre
Instruments de la grâce divine
Je me réjouis maintenant dans mes souffrances
pour vous, et ce qui manque aux souffrances de
Christ, je l’achève en ma chair…
Colossiens 1.24
Le serviteur de Dieu est appelé au rôle de sacrificateur,
intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il doit être en
communion intime avec Christ et si pénétré de la réalité de la
Rédemption, que Dieu peut continuellement, par son
intermédiaire, apporter aux autres sa vie créatrice. Ce n’est pas
la puissance d’un homme se superposant à la puissance d’un
autre homme, mais la présence réelle de Christ se manifestant
à travers la vie de son serviteur. Quand nous exposons, d’après
le Nouveau Testament, la vie et la mort de notre Seigneur, nos
paroles-mêmes deviennent un moyen de grâce. Dieu s’en sert
pour créer en ceux qui écoutent une vie nouvelle grâce à la
Rédemption qu’il a accomplie.
Si nous exposons seulement les effets de la Rédemption dans la
vie humaine, au lieu de parler de ce qui nous est révélé dans la
Bible sur Jésus, ceux qui écoutent ne seront pas amenés à la
nouvelle naissance, mais seulement à un raffinement de leur
culture spirituelle. L’Esprit de Dieu ne pourra pas confirmer
notre parole - car une telle prédication est d’un autre domaine
que le sien. Notre communion avec Dieu doit être assez
profonde afin que, lorsque nous proclamons ses vérités, il fasse
dans les cœurs ce que lui seul peut accomplir .
Quand nous disons de quelqu’un : « Quelle personnalité
extraordinaire ! Quel homme fascinant ! Comme il est profond
» ! , l’Évangile de Dieu ne peut se manifester au travers de ces
éloges. C’est impossible. Car si un homme attire les cœurs par
ses qualités personnelles, on est conquis par lui, et non par
Dieu ; mais si au contraire il est identifié à son Seigneur, alors
on est conquis par le Seigneur lui-même. L’homme ne doit
jamais être glorifié. C’est Jésus seul que nous avons à glorifier
devant les hommes.
10 Novembre
Ouvrier avec Dieu
… ministre de Dieu dans l’Évangile de Christ…
1 Thessaloniciens 3.2
Après que Dieu vous a sanctifié, ne croyez pas que vous
connaîtrez nécessairement le but de votre vie, car Dieu, par le
Saint-Esprit, vous a saisi et donné une place dans ses desseins.
Il veut se servir de vous dans le monde pour réaliser ses plans,
comme il s’est servi de son Fils pour réaliser notre salut. Si
vous vous efforcez de faire de grandes choses par vous-même,
en pensant : « Dieu m’a appelé à faire ceci ou cela », vous faites
obstacle à la volonté de Dieu.
Tant que vous êtes préoccupé avant tout de votre
développement spirituel, ou de quelque autre ambition bien
arrêtée, vous ne pouvez pas servir utilement les desseins de
Dieu. Il faut renoncer pour toujours à toute ambition
personnelle, et laisser Dieu vous diriger lui-même. Toutes vos
actions sont alors celles du Seigneur ; ne soyez pas étonné si
vous ne pouvez jamais en comprendre toute la portée.
Il faut que j’apprenne à ne point avoir de but personnel, à
n’avoir d’autre but que celui de Dieu. Dieu fait de moi son
instrument, et tout ce qu’il me demande, c’est que je me confie
en lui, et que je ne dise jamais : « Seigneur, cela me fait trop
mal, je ne peux pas » ! En parlant ainsi, je deviens pour Dieu un
embarras. Quand je cesse de vouloir lui imposer ma volonté, il
peut se servir de moi pour accomplir la sienne, sans obstacle ni
entrave. Il peut me froisser, m’élever ou m’abaisser, il peut
faire de moi ce qu’il veut. Il me demande seulement d’avoir
une foi entière en lui et en sa bonté. La pitié de soi-même vient
du diable ; si je m’y laisse aller, je ne peux pas être utilisé par
Dieu. Enfermé dans un « petit monde à part », bien au chaud,
Dieu ne pourra jamais m’en faire sortir , car j’aurais trop peur
d’attraper froid !
11 Novembre
Jusqu’en haut !
Prends ton fils…
Genèse 22.2
L’ordre de Dieu doit être exécuté sur-le-champ : prends
maintenant, et non pas tout à l’heure. Comme nous sommes
enclins à discuter ! Nous sommes conscients que nous devons
obéir, mais nous cherchons des prétextes pour différer le
sacrifice que Dieu nous demande. Quand Dieu nous dit de
monter sur les hauteurs qu’il nous désigne, il ne faut pas
remettre à plus tard, mais le faire maintenant. Le sacrifice est
accompli en intention avant d’être exécuté en fait.
« Abraham se leva de bon matin… et partit pour aller au lieu
que Dieu lui avait indiqué » (verset 3) Quelle merveilleuse
simplicité dans la foi d’Abraham ! Quand Dieu parle, il ne
consulte personne. Veillez à ne pas consulter « la chair et le
sang », c’est-à-dire vos propres sympathies, vos idées, tout ce
qui vient de vous et qui n’est pas fondé sur votre communion
avec Dieu. Ce sont toutes ces choses qui font obstacle à votre
obéissance.
Abraham n’avait pas choisi ce sacrifice. Méfiez-vous toujours
d’un service que vous voulez vous imposer vous-même. Un
sacrifice que nous nous imposons peut être malsain. Si Dieu
vous donne une coupe agréable à boire, buvez-la en le
remerciant ; s’il vous tend une coupe amère, buvez-la en
communion avec lui. Si l’ordre de Dieu pour vous entraîne des
épreuves douloureuses, supportez-les vaillamment, mais ne
choisissez jamais vous-même le décor de votre martyre. Dieu
choisit le creuset où il éprouva Abraham, et Abraham n’hésita
pas ; il resta ferme. Quand on ne vit pas dans la communion de
Dieu, il est facile de le taxer d’injustice. Mais lorsqu’on passe
par le creuset, on apprend à mieux le connaître. Dieu vise à
fondre ensemble ses desseins et ceux des hommes.
12 Novembre
La vie transformée
Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle
créature. Les choses anciennes sont passées,
voici toutes choses sont devenues nouvelles.
2 Corinthiens 5.17
Quelle conception vous faites-vous du salut de votre âme ?
Faire l’expérience du salut, c’est voir tout se transformer dans
notre vie. Nous ne regardons plus les choses de la même façon ;
car nous avons de nouveaux désirs ; ce qui nous attirait a perdu
son attrait. Une des pierres de touche d’une telle expérience,
c’est le changement d’attitude envers ce qui, pour nous, avait
de la valeur. Si vous avez toujours la nostalgie de vos anciennes
inclinations, il est absurde de prétendre que vous êtes né de
nouveau ; vous vous trompez vous-même. Si vous êtes
vraiment né de nouveau ; l’Esprit de Dieu rend cette
transformation manifeste dans votre vie, dans votre pensée, et
quand l’épreuve vient, vous êtes le premier stupéfait de voir
l’extraordinaire différence que cela fait en vous. Il vous est
absolument impossible d’imaginer que c’est vous-même qui
avez fait cela. C’est ce changement merveilleux et complet qui
prouve que vous êtes régénéré.
Mon salut et ma sanctification m’ont-ils réellement
transformé ? Est-ce que je vis selon l’amour décrit dans 1
Corinthiens 13, ou est-ce que je tergiverse ? Le salut véritable
opéré en moi par le Saint-Esprit, m’affranchit entièrement.
Tant que je marche dans la lumière, comme Dieu est dans la
lumière, Dieu ne voit rien à reprendre en moi, car par son
Esprit sa vie agit en moi sans cesse, sans que j’en sois conscient,
et jusque dans les profondeurs de mon être.
13 Novembre
Foi et expérience
… le Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré
lui-même pour moi.
Galates 2.20
Nous devons livrer bataille à tous nos penchants, renoncer à
toutes nos tricheries pour nous consacrer sans réserve au
Seigneur Jésus. Pensez à la grandeur de Jésus-Christ, tel que le
Nouveau Testament nous le révèle, et à la misérable petitesse
de notre foi ! Pensez à ce qu’implique la foi absolue en Jésus-
Christ : Il peut nous présenter sans tache devant le trône de
Dieu, lavés de tout péché, absolument purs et justifiés !
Demeurons dans une foi absolue, dans l’adoration. Jésus a été
fait pour nous « sagesse et justice, et sanctification et
rédemption ». Comment osons-nous parler des sacrifices que
nous ferions pour le Fils de Dieu ! Alors qu’il nous a sauvés de
l’enfer et de la perdition . Comment pourrions-nous prétendre
faire des sacrifices ?
Nous devons vivre et fortifier continuellement notre foi en
Jésus-Christ - non pas un Jésus-Christ de certaines réunions de
prières, ou de certains livres, mais le Jésus-Christ du Nouveau
Testament, qui est Dieu incarné, et devant qui nous nous
prosternons. Nous devons nous confier en lui, car il est la
source unique de notre expérience. Jésus-Christ réclame tout
notre amour et toute notre consécration.
Jésus-Christ ne peut être emprisonné, mais notre foi doit être
fondée sur une inébranlable confiance en lui.
Le Saint-Esprit condamne sévèrement tout manque de foi.
Toutes nos craintes sont coupables, et le fruit de notre
incrédulité. Comment celui qui est uni à Jésus-Christ,
pourrait-il douter ou avoir peur ? Notre foi triomphante
devrait chanter sans cesse un hymne de victoire.
14 Novembre
La direction divine
Moi-même, pendant mon voyage, l’Éternel m’a
conduit…
Genèse 24.27
Nous devons arriver à une communion si étroite avec Dieu que
nous n’ayons plus à lui demander continuellement sa
direction. Notre sanctification est la preuve que nous sommes
enfants de Dieu, et la vie normale d’un enfant, c’est
l’obéissance. Quand l’envie le prend de désobéir, aussitôt sa
conscience l’avertit. Dans le domaine spirituel, l’avertisseur,
c’est le Saint-Esprit. Quand il nous dit : « Stop » ! Nous devons
nous arrêter aussitôt, et rechercher ce qui doit être corrigé, de
façon à discerner clairement la volonté de Dieu. Si nous
sommes nés de l’Esprit, nous ne devrions pas demander sans
cesse à Dieu sa direction. « Le Seigneur m’a conduit », dirons-
nous, et en regardant en arrière, nous verrons le plan
admirable que Dieu a lui-même tracé.
Nous n’avons pas de peine à voir la main de Dieu dans les
événements exceptionnels, mais nous devons apprendre à
reconnaître Dieu dans les petits détails de notre vie. Ne pensez
jamais que le hasard soit autre chose que la manifestation de la
volonté de Dieu, et soyez prêt à découvrir en tout ce qui vous
arrive la main divine.
Prenez garde de ne pas vous faire une idole de la fermeté de vos
convictions pour l’opposer à votre fidélité à Dieu. « Je ne ferai
jamais cela », dites-vous ; mais vous le ferez certainement si
Dieu l’ordonne. Personne n’a paru plus inconséquent que le
Seigneur, mais il n’a jamais été inconséquent avec son Père. La
logique chrétienne ne vient pas d’un principe, mais de la vie
divine. C’est cette vie en nous qui, à tout moment, nous révèle
la volonté de Dieu. Il est plus facile d’être un fanatique qu’un
vrai fidèle, car être fidèle à Dieu peut être extrêmement
humiliant.
15 Novembre
Que t’importe ?
Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ?…
Jésus dit : … « Que t’importe ? Toi, suis-moi ».
Jean 21.21-22
Une des plus sévères leçons que nous ayons à recevoir vient de
notre obstination à nous immiscer dans la vie spirituelle des
autres. Il nous faut beaucoup de temps pour comprendre le
danger qu’ il y a à jouer le rôle de providence pour les autres,
c’est-à-dire à nous interposer entre l’ordre de Dieu et eux. Vous
voyez quelqu’un qui souffre, et vous dites : « Il ne faut pas que
cette souffrance continue ». Vous vous opposez ainsi à la
volonté de Dieu, qui doit vous dire : « Que t’importe » ?.
Si votre vie spirituelle paraît stagner, cherchez-en la cause en
présence de Dieu. Peut-être découvrirez-vous que vous êtes
intervenu à tort dans la vie de quelqu’un d’autre - vous
imposant comme guide - donnant des conseils que vous n’aviez
pas le droit de donner. Quand vous êtes vraiment appelé à
donner un conseil, Dieu lui-même le donne par vous avec la
sagesse compréhensive du Saint-Esprit. Votre rôle, c’est de
maintenir une communion intime avec Dieu, pour que sa
sagesse puisse, par votre moyen, atteindre et bénir une autre
âme.
La plupart d’entre nous sont conscients de leur vie religieuse,
servant et adorant Dieu. Mais ils ne sont pas encore mûrs pour
la vraie vie. Cette vie supérieure est celle du petit enfant qui
n’est pas conscient, qui vit sans s’en rendre compte. On
s’abandonne entièrement à Dieu et on ne s’aperçoit pas que
Dieu vous emploie à son service. Il vous faut aspirer à cet état,
dans lequel vous ne saurez plus ni ce que vous faites, ni ce que
Dieu fait par vous. Un saint ne sait pas qu’il est saint ; il sait
seulement qu’il dépend de Dieu.
16 Novembre
Glorifier Dieu dans la vie de
tous les jours
Quoi que vous fassiez… faites tout pour la
gloire de Dieu.
1 Corinthiens 10.31
La merveille de l’Incarnation commence par la vie d’un petit
enfant comme les autres. Le miracle de la Transfiguration
aboutit au retour dans la vallée où vivent les démoniaques. La
gloire de la Résurrection s’abaisse jusqu’à un déjeuner sur le
rivage de la mer de Tibériade. Ce n’est pas une déchéance, c’est
une grande vérité que Dieu nous révèle.
Nous voudrions éprouver la sensation du merveilleux ; nous
confondons les sentiments héroïques avec la véritable
grandeur. Il est beau sans doute de traverser une épreuve avec
courage, mais le véritable héroïsme consiste à glorifier Dieu
chaque jour, sans témoins, sans que- personne puisse s’en
douter. Nous ne demandons pas « l’auréole des saints », mais
nous désirons cependant que l’on dise de nous : « Quel homme
de prière ! Quelle femme pieuse et dévouée » ! Si vous êtes
réellement consacrés à Jésus-Christ, vous êtes parvenus à un
sommet où personne ne songe à vous remarquer ; tout ce que
l’on verra, c’est que la puissance de Dieu se manifeste sans
cesse à travers votre vie.
« Oui, quel merveilleux appel j’ai reçu de Dieu », dites-vous
avec fierté. Et vous ne réalisez pas que, pour glorifier Dieu dans
les plus humbles tâches, il faut toute la puissance de l’Esprit de
Dieu en vous. La pierre de touche pour un enfant de Dieu n’est
pas le succès, mais une constante fidélité dans l’existence
quotidienne. Il s’agit de manifester dans les conditions
ordinaires, où Dieu nous place, la vie cachée avec Christ en
Dieu .
17 Novembre
L’obéissance qui conduit à Dieu
Je le jure par moi-même, parole de l’Éternel,
parce que tu as fait cela… je te bénirai…
Genèse 22.15-17
Abraham en est venu au point où il est en relation directe avec
Dieu, il comprend maintenant qui est Dieu.
« Le but de ma vie, c’est Dieu lui-même… À tout prix, Seigneur,
par le chemin que tu voudras, À tout prix, je veux y tendre… »
Nous n’avons pas à choisir notre but, ni le chemin pour
l’atteindre. Quand Dieu parle à mon âme régénérée, à sa propre
nature qu’il a mise en moi, comment pourrais-je poser des
questions ? Je n’ai qu’à obéir promptement. Quand Jésus me
dit : « Viens » ! , je viens. Quand il dit : « Renonce » ! , je renonce.
Quand il dit : « Fais confiance à Dieu », je le fais. Tout cela
prouve que c’est Dieu lui-même qui est en moi. Dieu se révèle à
moi, non parce qu’il S’ouvre à moi, mais parce que je m’ouvre à
Lui.
C’est par la pratique de l’obéissance que j’arrive au point où
était Abraham, et que je comprends qui est Dieu. Dieu n’est
rien pour moi tant que je ne l’ai pas rencontré face à face en
Jésus-Christ, alors seulement Dieu est tout pour moi.
Les promesses de Dieu ne nous disent rien tant que nous
n’avons pas compris la nature de Dieu. Nous lisons certaines
paroles de la Bible trois cent soixante-cinq fois, et elles ne nous
disent rien ; et puis, tout à coup, nous les saisissons parce que
nous avons obéi à Dieu sur un point particulier.
« Toutes les promesses de Dieu sont en Lui, oui et amen ». Le «
oui » doit naître de l’obéissance ; quand par l’Obéissance, nous
disons « amen » à une promesse, aussitôt elle devient réelle
pour nous.
18 Novembre
La véritable liberté
Si donc le Fils vous affranchit, vous serez
réellement libres.
Jean 8.36
Tant qu’il subsiste en nous quelque chose de notre
individualisme orgueilleux nous affirmons : « Je ne peux pas ».
L’âme libérée ne dit jamais cela, mais s’ouvre simplement à
Dieu, et est avide de plus. C’est ainsi que Dieu nous forme.
Nous sommes faits pour contenir la plénitude de Dieu ; mais le
péché d’une part, et notre moi d’autre part, nous empêchent de
nous approcher de lui. Dieu nous délivre du péché ; à nous de
nous délivrer de notre moi, c’est-à-dire d’offrir à Dieu en
sacrifice notre « vieille nature », pour lui substituer une nature
spirituelle transformée par l’obéissance.
Dieu développe notre vie spirituelle sans tenir compte de notre
ancienne nature. Il ouvre un chemin nouveau, qui va à
l’encontre de la vieille nature ; notre rôle est d’y marcher sans
jamais nous opposer à sa volonté, ou rester immobile et figé,
disant : « Je ne peux pas » ! Dieu ne veut pas nous obliger à
obéir, c’est à nous-mêmes de nous discipliner . Ce n’est pas
Dieu qui doit réduire en captivité toutes nos pensées, c’est à
nous à le faire. Ne dites pas : « Oh ! Seigneur , combien je
souffre de mes pensées vagabondes… » Ne vous y laissez plus
aller tout simplement. N’écoutez plus votre « vieil homme »
qui vous tyrannise, et soyez un homme libre, une vraie
personnalité.
« Si le Fils vous affranchit… » Le « Fils », et non pas le « Sauveur
». Le Sauveur nous affranchit du péché, mais c’est le Fils qui
nous rend libres. C’est ce que nous dit Paul dans l’Épître aux
Galates 2.20 : « J’ai été crucifié avec Christ », il entend par là
que sa vieille nature a été brisée, et sa personnalité non pas
confondue, mais intimement unie à son Seigneur. « Vous serez
réellement libres », profondément libres, entièrement libérés.
Il ne s’agit pas de chercher à être forts, mais d’être unis à Jésus,
qui nous rend forts.
19 Novembre
Quand Il sera venu !
Et quand il sera venu, il convaincra le monde
en ce qui concerne le péché…
Jean 16.8
Bien peu d’entre nous connaissent une profonde conviction de
péché. Nous savons ce que c’est, que d’être troublés, parce que
nous avons mal agis mais la conviction de péché opérée en nous
par le Saint-Esprit, efface toute autre pensée et n’en laisse
qu’une seule : « J’ai péché contre toi, contre toi seul ». Quand
un homme est ainsi convaincu de péché, il comprend
parfaitement que Dieu ne peut pas le pardonner ; car s’il le
faisait, il abaisserait sa justice au-dessous de celle des hommes.
Dieu pourtant nous a pardonnés, mais il a fallu que son cœur
soit brisé par la mort de son Fils. Le grand miracle de la grâce
de Dieu, c’est le pardon de nos péchés, et c’est seulement par la
mort de Jésus-Christ que Dieu peut pardonner sans cesser
d’être un Dieu juste. C’est une erreur de dire que Dieu nous
pardonne parce : qu’il est amour. Quand nous aurons été
vraiment convaincus de péché, nous ne le redirons plus jamais.
L’amour de Dieu exige le Calvaire, et rien de moins ; l’amour de
Dieu est inscrit sur la Croix, et nulle part ailleurs. Dieu ne peut
me pardonner qu’à travers la croix de mon Seigneur ; là, sa
justice est satisfaite.
Le pardon n’implique pas seulement que je suis sauvé de
l’enfer et accepté pour le ciel (personne ne voudrait accepter un
tel pardon). Mais, par le pardon, ma communion avec Dieu est
recréée, je suis uni à Dieu par Jésus-Christ. Le miracle de la
Rédemption, c’est que Dieu fait de moi, pécheur, le reflet de
son Fils, en substituant à ma nature celle même de Jésus-Christ
.
20 Novembre
Le pardon de Dieu
… son Bien-Aimé, en qui nous avons… la
rémission des péchés.
Éphésiens 1.7
Nous devons nous garder d’une certaine manière de présenter
Dieu qui ne se trouve pas dans le Nouveau Testament. Dieu,
dit-on parfois, est un père si tendre et plein d’amour que
certainement il pardonnera à tous ! Il ne peut nous pardonner
que grâce à la terrible tragédie de la croix de Christ. Supposer
que le pardon puisse être accordé d’une autre façon est, même
sans que l’on s’en rende compte, un blasphème.
Le pardon, qui est si facile à recevoir, a coûté à Jésus l’agonie
du Calvaire. Nous pouvons accepter le pardon de nos péchés, le
don du Saint-Esprit, et notre sanctification, avec la simplicité
de la foi, et oublier quel prix immense Dieu a dû payer pour que
tout cela puisse nous être donné.
Le pardon est le divin miracle de la grâce. Pour que Dieu puisse
pardonner le péché sans cesser d’être un Dieu juste, il a fallu la
croix de Jésus-Christ. Il faut repousser une conception de la
Paternité divine qui exclut l’Expiation. Le Dieu Saint ne peut
pas nous pardonner ; s’il le faisait, ce serait une iniquité. Pour
que nous puissions l’être, il faut que l’Expiation nous ramène à
lui. Le pardon de Dieu ne devient possible que par la
Rédemption.
Comparée au miracle que constitue le pardon des péchés,
l’expérience de la sanctification paraît plus facile. Ce n’est que
la réalisation merveilleuse du pardon des péchés dans la vie
humaine. Mais ce qui nous remplit de la plus profonde
reconnaissance envers Dieu, c’est le pardon de nos péchés. Paul
a toujours senti cela profondément. Quand vous vous serez
rendu compte de la grandeur immense d’un tel pardon,
l’amour de Dieu vous étreindra le cœur.
21 Novembre
Tout est accompli
J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire.
Jean 17.4
La mort de Jésus-Christ est l’accomplissement historique du
plan conçu par Dieu. Il ne faut pas considérer Jésus comme un
martyr. Sa mort n’est pas un événement qu’on aurait pu éviter,
mais la raison même de sa venue.
Ne fondez jamais votre prédication du pardon des péchés sur le
fait que Dieu est notre Père, et qu’il nous pardonnera parce
qu’il nous aime. Cette pensée n’est pas en accord avec la
révélation que Jésus nous a donnée de Dieu. Cela rend la Croix
inutile, et la Rédemption devient « beaucoup de bruit pour rien
». Si Dieu pardonne les péchés, c’est à cause de la mort du
Christ. Car il ne peut pardonner les hommes d’aucune autre
manière, et Jésus n’est proclamé Sauveur que par sa mort. «
Nous voyons Jésus… couronné de gloire et d’honneur à cause
de la mort qu’il a soufferte… » Le plus grand cri de triomphe
qui ait jamais retenti dans l’univers, c’est le cri qui jaillit de la
Croix de Christ : « Tout est accompli » ! C’était le point final mis
à la Rédemption de l’homme.
Tout ce qui restreint ou rapetisse la sainteté de Dieu, en
donnant une fausse conception de son amour, est contraire à ce
que Jésus-Christ nous a révélé de Dieu. Rejetez l’idée que Jésus
veut nous défendre contre la colère de Dieu par pitié, ou par
compassion, qu’il est devenu malédiction pour nous par
commisération, car Jésus a été fait malédiction pour nous par
un décret divin. Dans sa grande miséricorde, Dieu nous donne
de réaliser en nous la conviction de péché et d’éprouver la
honte de la repentance ; Jésus-Christ hait le mal qui est dans
l’homme, et le Calvaire nous donne la mesure de cette haine.
22 Novembre
Les choses terre à terre et les
choses profondes
Soit que vous mangiez, soit que vous buviez,
soit que vous fassiez quelque autre chose,
faites tout pour la gloire de Dieu.
1 Corinthiens 10.31
N’allez pas vous imaginer que les choses ordinaires de la vie ne
sont pas voulues et ordonnées par Dieu ; elles le sont autant que
les choses profondes. Ce n’est pas votre consécration à Dieu qui
vous éloigne des choses « terre à terre », mais votre désir
d’impressionner les autres en leur montrant combien vous êtes
au-dessus de ces choses-là. Cela prouve que vous vous targuez
d’être spirituel. Prenez bien garde à ne pas vous laisser envahir
par ce sentiment, qui vous ferait mépriser ceux qui semblent
être plus terre à terre que vous. Ne vous posez pas en héros
sublime car Dieu lui-même s’est fait petit enfant.
S’occuper des choses ordinaires ne veut pas dire vivre mal, ni
qu’il n’y a aucune profondeur dans l’être intérieur. L’océan
même a un rivage. Les nécessités agréables de l’existence,
manger et boire, se promener et causer sont toutes voulues de
Dieu. C’est cette vie-là que le Seigneur a vécue, lui le Fils de
Dieu, et il nous rappelle que « le disciple n’est pas plus grand
que son Maître ».
Notre sauvegarde, ce sont les choses terre à terre, nous devons
vivre de la vie commune à tous les hommes avec bon sens. Et
quand vient le moment des choses profondes, Dieu nous les fait
saisir distinctement, sans aucune confusion. Nous sommes si
imbus de nous-mêmes, que nous refusons d’agir en chrétiens
dans les détails de la vie quotidienne.
Décidez-vous à n’accorder d’importance qu’à Dieu, et vous
vous apercevrez que c’est de vous-même dont il vous faut vous
méfier.
23 Novembre
Ce qui nous éloigne de Dieu
Aie pitié de nous, Éternel, aie pitié de nous !
Car nous sommes rassasiés de mépris.
Psaume 123.3
Ce dont nous avons le plus à nous garder, ce n’est pas tant de
l’affaiblissement de notre foi en Dieu, que du changement de
nos sentiments chrétiens. « Prenez donc garde en votre esprit,
et ne soyez pas infidèles ». L’altération des sentiments a de
terribles effets. L’ennemi trouve là une brèche par laquelle il
pénètre dans notre âme et la détourne de Dieu. Il y a des
sentiments que nous ne devons jamais tolérer, car ils nous
détourneraient de la foi en Dieu, et nous pousseraient à mettre
notre confiance dans la puissance et dans la sagesse humaines.
Méfiez-vous des « soucis de ce monde », car ce sont eux qui
produisent de l’amertume. Il est extraordinaire de constater le
pouvoir qu’ont les petits problèmes de l’existence pour nous
éloigner de Dieu. Refusez de vous laisser submerger par les
soucis de la vie.
Autre chose encore qui nous éloigne de Dieu : le désir de nous
justifier. Saint-Augustin priait ainsi : « O Seigneur délivre-moi
du désir de vouloir toujours me justifier » ! Ce sentiment
détruit la foi en Dieu. « Il faut que je m’explique. Il faut qu’on
arrive à me comprendre », voilà notre désir. Notre Seigneur n’a
jamais tenté de « s’expliquer », il laissait les erreurs se corriger
d’elles-mêmes.
Quand nous nous apercevons que la vie spirituelle de ceux qui
nous entourent ne fait pas de progrès, et que nous laissons
cette constatation tourner à la critique, nous nous coupons de
Dieu. Car Dieu ne nous a pas donné le discernement pour que
nous jugions notre frère, mais pour que nous intercédions en
sa faveur.
24 Novembre
Regardez à Dieu
Voici, comme les yeux des serviteurs sont fixés
sur la main de leur maître… ainsi nos yeux se
tournent vers l’Éternel, notre Dieu.
Psaume 123.2
Ce verset dépeint une attitude de pleine confiance en Dieu. De
même que les yeux du serviteur étaient rivés sur son maître,
nos yeux sont fixés sur Dieu, et « le bras de l’Éternel » se révèle
à nous (Isaïe 53.1). Nous commençons à faiblir spirituellement
dès que nous cessons de fixer les yeux sur lui . Et cette faiblesse
ne vient pas tant du dehors que de notre imagination même,
qui nous fait dire : « Je me demande si je n’ai pas visé trop haut,
en voulant me hisser jusqu’à Dieu, au lieu de me contenter
d’être comme tout le monde ». Non, soyons persuadés que
notre effort vers Dieu ne sera jamais trop grand .
À un moment donné, par exemple, vous avez combattu pour la
cause de Dieu, et par le témoignage de l’Esprit vous avez su que
Dieu vous approuvait. Mais les semaines, les années ont passé,
et finalement vous en êtes arrivé à cette conclusion : « Après
tout, je crois que j’ai été un peu trop ambitieux ». Là-dessus, vos
amis viennent vous faire entendre le langage de la raison : « On
sentait bien que vous dépassiez la mesure en nous parlant de ce
réveil, c’était un élan passager ; vous ne pouvez soutenir un tel
effort, Dieu ne vous le demande pas » ! Et vous dites : «
Décidément, j’ai vu trop grand ». Il semblerait que ce soit le
langage de l’humilité, mais en réalité vous ne vous fiez plus à
Dieu, mais à l’opinion courante. Aussi courez-vous le danger de
ne plus lever les yeux vers lui.
Il faut que Dieu vous arrête brusquement pour que vous vous
rendiez compte que vous avez quitté la bonne route. Chaque
fois que vous vous sentez faiblir, portez-y remède aussitôt.
Reconnaissez que quelque chose s’est glissé entre vous et Dieu,
et remettez tout en ordre, sans tarder.
25 Novembre
Le fondement inébranlable
Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée
de me glorifier d’autre chose que de la croix de
notre Seigneur Jésus-Christ.
Galates 6.14
Quand un homme naît de nouveau, beaucoup de choses en lui
sont ébranlées. Les réalités extérieures doivent être envisagées
autrement, ses sentiments doivent être transformés. Dans
l’âme de l’apôtre Paul régnaient l’ordre et la stabilité. Aucun
événement extérieur ne pouvait le troubler, car il était fondé et
enraciné en Dieu. Chez la plupart d’entre nous, la vie
spirituelle est décousue et sans cohésion, parce que nous nous
préoccupons avant tout d’avoir une vie matérielle bien réglée
et bien stable. La vie spirituelle de Paul était édifiée sur le roc.
Les critiques rationnels, eux, construisent leur vie sur les
sables mouvants de la pensée matérialiste abstraite. Entre les
uns et les autres, il n’y a pas de compréhension possible. La
logique de Paul était fondée sur les vérités essentielles. La base
inébranlable de son équilibre spirituel était l’agonie de Dieu
pour la Rédemption du monde, c’est-à-dire : la Croix de Jésus-
Christ.
Passez en revue les raisons pour lesquelles vous croyez et
rejetez celles qui ne sont pas essentielles, puis revenez vous
placer sur le roc de la Croix du Christ. Du point de vue
historique, la croix est un événement sans aucune importance.
Du point de vue de la Bible, elle a plus d’importance que les
plus grands empires du monde. Quand nous cessons d’insister
sur la tragédie de la crucifixion du Fils de Dieu, toute notre
prédication devient vaine. Elle n’apporte pas aux hommes la
puissance de Dieu ; elle peut être intéressante, mais elle est
sans force, sans efficacité. Prêchons donc la Croix du Christ et
l’énergie divine sera libérée. « Il a plu à Dieu de sauver les
croyants par la folie de la prédication » et « nous prêchons
Christ crucifié », dira l’apôtre Paul dans sa lettre aux
Corinthiens.
26 Novembre
La croix, source d’énergie
spirituelle
Loin de moi la pensée de me glorifier d’autre
chose que de la Croix de notre Seigneur Jésus-
Christ.
Galates 6.14
Si vous voulez posséder toute l’énergie que Dieu peut donner à
un être mortel et qui est la vie même de Jésus ressuscité, alors
méditez sur la tragédie de la Croix. Cessez de vous appesantir
sur les hauts et les bas de votre vie spirituelle ; contemplez
simplement le drame de Golgotha, et aussitôt vous serez
envahi par l’énergie de Dieu. « Regardez à moi », concentrez
votre attention sur la source, et la force divine jaillira pour
vous. Concentrons-nous sur ce qui est essentiel ! La croix
produit en nous le salut, la sanctification, la guérison, mais ce
n’est pas cela que nous devons prêcher. Nous devons prêcher
Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Proclamer la mort de
Jésus sur la Croix produira tout son effet. Centrez sur lui tout
votre message, et même si vos auditeurs paraissent ne pas vous
écouter, ils ne seront plus jamais les mêmes. Si j’expose mes
pensées personnelles, elles n’ont pas plus d’importance pour
vous que les vôtres n’en ont pour moi. Mais si je vous annonce
la vérité de Dieu, vous désirez l’entendre encore, et moi aussi.
Il faut concentrer notre attention sur la source même de
l’énergie spirituelle, la Croix, rester en contact avec elle, et
toute la puissance qu’elle contient sera libérée. Dans les
mouvements de réveil et les réunions de consécration, il peut
arriver qu’on parle davantage des effets de la Croix que de la
Croix elle-même.
De nos jours, on reproche aux Églises leur faiblesse, et cette
critique est justifiée. N’est-ce pas en partie parce qu’elles n’ont
pas assez mis en lumière la tragédie du Calvaire, et la portée de
la Rédemption ?
27 Novembre
Consacrez à Dieu votre énergie
spirituelle
… la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ… par
qui le monde est crucifié pour moi, comme je le
suis pour le monde.
Galates 6.14
Concentrer ma pensée sur la Croix du Christ, ce n’est pas
devenir un de ces piétistes préoccupés uniquement de leur
propre sainteté. C’est au contraire me préoccuper toujours
davantage de la cause de Christ. Le Seigneur n’a été ni un
reclus, ni un ascète. Il ne s’est pas coupé de la société mais,
intérieurement, il en était détaché. Sans être distant, il vivait
néanmoins dans une autre sphère. Son mode de vie était celui
de chacun, aussi les gens religieux de son temps l’appelaient-ils
mangeur et buveur. Cependant rien n’a pu faire obstacle à
l’entière consécration de son énergie spirituelle.
Une contrefaçon de la consécration consiste à chercher à
mettre en réserve de l’énergie spirituelle, dans le but de s’en
servir plus tard, mais c’est là une erreur fatale. Pour un grand
nombre de chrétiens, le Saint-Esprit les a affranchis de leur
pêché, mais il n’y a chez eux ni libération, ni épanouissement.
Le genre de vie religieuse que nous rencontrons si souvent
aujourd’hui n’a rien de commun avec la robuste sainteté de
Jésus-Christ. « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de
les préserver du mal ». Nous devons vivre dans le monde, sans
lui appartenir .
Employons notre énergie spirituelle au service de Dieu et de
notre prochain . La consécration c’est notre part, la
sanctification, c’est l’affaire de Dieu, préoccupons-nous donc
en premier lieu des intérêts de Dieu. Lorsque se pose à nous un
problème difficile, demandons-nous ce qui peut promouvoir la
cause de Jésus-Christ.
28 Novembre
Le bienfait du dénuement
… gratuitement justifiés par sa grâce.
Romains 3.24
La Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu éveille fréquemment
une ardente aspiration mais en même temps une profonde
répulsion, parce que le message qu’elle nous apporte nous
irrite. L’homme est fier de pouvoir donner tant et plus ; mais
recevoir comme un mendiant, c’est autre chose. « Je donnerai
ma vie comme martyr s’il le faut, je me dévouerai tout entier,
je ferai n’importe quoi, mais ne m’humiliez pas en me mettant
sur le même pied que le plus grand des pécheurs qui n’a qu’à
accepter le don du salut par Jésus-Christ ».
Il faut que nous comprenions que nous ne pouvons rien
mériter ou obtenir de Dieu par nos efforts. Il faut le recevoir
comme un cadeau gratuit, ou bien nous en passer. Le plus
grand bienfait spirituel, c’est de reconnaître notre dénuement.
Jusqu’à ce que nous en arrivions là, le Seigneur ne peut rien
pour nous. Il ne peut intervenir tant que nous croyons pouvoir
nous suffire à nous-mêmes. C’est par la porte du dénuement
que nous entrons dans son Royaume. Tant que nous croyons
être riches, tant que nous possédons quelque capital d’orgueil,
quelque indépendance, Dieu ne peut rien pour nous. C’est
seulement lorsque nous avons faim de vie spirituelle, que nous
recevons le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit nous communique
comme un don la nature divine ; il fait vivre en nous la vie
puissante de Jésus, qui, pénétrant notre âme, nous élève
jusqu’à sa hauteur, dans le royaume de Jésus (Jean 3.5).
29 Novembre
La valeur unique de la personne
de Jésus
L’Esprit de vérité… me glorifiera.
Jean 16.14
Les mouvements piétistes d’aujourd’hui n’ont plus rien de la
rude réalité du Nouveau Testament. La mort de Jésus-Christ
n’a pour eux rien d’indispensable ; tout ce qu’ils recherchent,
c’est une atmosphère pieuse, de prière et de dévotion. Cette
conception de l’expérience religieuse n’a rien de surnaturel ni
de miraculeux et n’a rien de commun avec les souffrances de
Jésus ; elle n’est pas marquée du sang de l’Agneau et ne porte
pas le sceau du Saint-Esprit. Elle ne laisse pas cette empreinte,
qui fait dire aux hommes : « C’est bien l’œuvre du Dieu Tout-
Puissant ». Or c’est cela, et cela seul, que nous révèle le
Nouveau Testament.
L’expérience chrétienne normale, selon le Nouveau
Testament, c’est l’attachement personnel, exclusif, à la
personne de Jésus-Christ. Toute autre forme d’expérience
chrétienne, ou prétendue telle, détachée de la personne de
Jésus n’a de chrétien que le nom. Il n’y a point de régénération,
ni de nouvelle naissance et point d’entrée dans le Royaume de
Christ, si ce n’est la pensée que Jésus est notre Modèle. Dans le
Nouveau Testament, Jésus est le Sauveur bien avant d’être le
Modèle. Aujourd’hui, il est simplement le fondateur d’une
religion, un type de perfection. S’il est bien cela, il est pourtant
infiniment plus ! Il est le salut lui-même. Il est la Bonne
Nouvelle de Dieu.
Jésus promet : « Quand lui, l’Esprit de vérité, sera venu… il me
glorifiera ». Quand je crois à la Révélation contenue dans le
Nouveau Testament, je reçois de Dieu le don du Saint-Esprit
qui réalise en moi ce que Jésus a dit et mis en œuvre, pour moi,
sur la croix.
30 Novembre
Par la grâce de Dieu, je suis ce
que je suis
… et sa grâce envers moi n’a pas été vaine.
1 Corinthiens 15.10
Nos lamentations au sujet de notre incompétence sont une
insulte à notre Créateur, si nous l’accusons de ne pas s’occuper
de nous. Prenez l’habitude d’examiner du point de vue
spirituel tous ces propos qui paraissent pleins de modestie, et
vous serez stupéfait de constater combien ils sont impertinents
à l’égard de Dieu. « Je ne voudrais pas dire, certes, que j’ai
atteint la sainteté ; je ne suis pas un saint » ! Dire cela devant
Dieu, signifie : « Seigneur il est tout à fait impossible que tu me
sauves et me sanctifies, je n’ai pas eu de chance ; il me manque
tellement de choses dans mon corps et dans mon esprit ; non,
Seigneur, ce n’est pas possible » ! Cela peut paraître une
attitude humble aux yeux des hommes, mais c’est mépriser
Dieu ouvertement.
D’autre part, ce qui sera humble aux yeux de Dieu paraîtra
peut-être orgueilleux aux yeux des hommes. Si vous dites :
« Merci, Seigneur, par ta grâce, je sais que je suis sauvé et
sanctifié », c’est pour Dieu la plus parfaite humilité, puisque
vous vous êtes totalement abandonné à lui, et que vous croyez
à sa parole. Ne vous tourmentez jamais pour savoir si ce que
vous dites aux gens donne l’impression de l’humilité, ou non,
mais soyez humble devant Dieu, et laissez-lui être tout en vous.
Une seule chose est importante pour vous, c’est votre
communion personnelle avec votre Rédempteur et Sauveur .
Laissez aller tout le reste, mais conservez à tout prix cette
relation essentielle, et Dieu accomplira ses desseins par vous.
Car une seule vie humaine peut avoir pour Dieu une valeur
incalculable dans l’accomplissement de ses desseins. Et votre
vie peut être cette vie-là.
1er Décembre
La loi et l’évangile
Car quiconque observe toute la loi, mais pèche
contre un seul commandement, devient
coupable de tous.
1 Jacques 2.10
La loi morale ne nous considère pas du tout comme de faibles
créatures humaines, elle ne tient aucun compte de notre
hérédité ou de nos infirmités ; elle exige de nous la perfection.
La loi morale ne change pas en faveur du plus noble ou du plus
faible des hommes, elle est la même constamment et pour
toujours. Établie par Dieu, elle ne se fait pas faible pour les
faibles, elle n’excuse pas nos insuffisances, elle reste immuable
pour le temps et pour l’éternité. Si nous ne nous en rendons pas
compte, c’est parce que nous sommes inconscients, mais dès
que nous revenons à la vie, notre situation est tragique. « Pour
moi, dit l’apôtre Paul, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais
quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je
mourus ». (Romains 7.9) Quand nous comprenons cela, l’ Esprit
de Dieu nous convainc de péché. Aussi longtemps que nous
n’avons pas fait cette expérience, nous ne réalisons pas qu’il
n’y a aucun espoir, la croix de Jésus-Christ est pour nous une
comédie. La conviction de péché nous fait sentir la terrible
contrainte de la loi, et produit le désespoir. Je me sens, comme
Paul, « vendu et asservi au péché ». Le pécheur endurci que je
suis se sent trop Coupable pour que Dieu puisse le pardonner.
La seule voie qui S’ouvre vers une réconciliation avec Dieu,
c’est la mort de Jésus-Christ. Il faut que je me libère de l’idée
persistante que je pourrais me mettre en règle avec Dieu grâce
à mon obéissance. Car qui de nous est capable d’obéir à Dieu
parfaitement ?
Nous comprenons d’autant mieux le pouvoir de la loi morale,
que nous sommes laissés libres de choisir. Dieu ne nous
contraint jamais. Parfois, nous aimerions qu’il nous pousse à
agir, et d’autres fois nous souhaiterions qu’il nous laisse
tranquilles. Quand la volonté de Dieu règne, toute contrainte
est inutile.
2 Décembre
La perfection chrétienne
Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou
que j’aie déjà atteint la perfection…
Philippiens 3.12
Il y a quelque danger à s’imaginer que Dieu veut faire de nous
des spécimens accomplis de ce qu’il peut produire. Le dessein
de Dieu est de nous unir à lui. Certains mouvements pieux ont
tendance à croire que Dieu veut réaliser des saints modèles,
qu’il pourrait ensuite exposer dans son musée. En recherchant
en premier lieu votre sainteté personnelle, Dieu lui-même
n’est pas le but final de votre vie, mais ce que vous considérez
être la manifestation de Dieu en vous. « Cela ne peut pas être la
volonté de Dieu que je sois malade », dites-vous. Mais si la
volonté de Dieu a été que son propre Fils soit meurtri, pourquoi
ne vous meurtrirait-il pas vous aussi ? Ce qui servira la cause de
Dieu, ce n’est pas votre notion de la sainteté, mais votre
communion intime avec Jésus, et votre abandon total à sa
volonté, que vous soyez bien portant ou malade.
La perfection chrétienne n’est pas, et ne sera jamais, la
perfection humaine. La perfection chrétienne est une relation
intime avec Dieu qui se manifeste à travers les cheminements
de la vie humaine. Quand vous obéissez à l’appel de Jésus, vous
êtes frappé de l’étrangeté des choses que vous avez à faire, et
ensuite de cet autre fait que ceux qui vous entourent semblent
vivre sans Dieu et mener une vie parfaitement logique et
raisonnable. De telles vies peuvent vous suggérer l’idée que
Dieu est inutile, que par des efforts humains et du dévouement
on peut atteindre à l’idéal divin. Mais dans un monde déchu,
cela est impossible. Je suis appelé à vivre dans une communion
parfaite avec Dieu, de telle sorte que ma vie fasse envie aux
autres, sans attirer sur moi l’admiration. Plus je pense à moi et
moins Dieu peut se servir de moi.
3 Décembre
Ni par la puissance, ni par la
force
Et ma parole et ma prédication ne reposaient
pas sur les discours persuasifs de la sagesse,
mais sur une démonstration d’Esprit et de
puissance.
1 Corinthiens 2.4
Si, en prêchant l’Évangile, vous substituez vos propres
convictions quant à l’explication de la voie du salut, au lieu de
compter sur la puissance même de l’Évangile, vous empêchez
ceux qui vous écoutent d’en saisir la réalité. En exposant aux
autres le chemin du salut, soyez bien conscients que vous devez
être vous-mêmes enracinés et fondés dans la foi en Dieu. Ne
vous fiez jamais à la clarté de votre exposé, mais veillez à ne
compter que sur le Saint-Esprit. Fiez-vous entièrement à la
puissance rédemptrice de Dieu, et il communiquera aux âmes
sa propre vie.
Quand vous êtes enracinés dans la vérité, rien ne peut plus
vous ébranler. Si votre foi repose sur des expériences, elle sera
susceptible d’être mise en question au premier accident de
parcours. Mais rien ne peut ébranler Dieu, ni la toute-
puissante réalité de la Rédemption. Que votre foi soit basée sur
ce fondement, et vous serez dans une sécurité complète. Une
fois que vous avez établi une relation personnelle avec Jésus-
Christ, rien ne peut plus vous faire dévier. C’est en cela que
consiste la sanctification. Dieu ne désire pas que nous
considérions la sanctification comme une « expérience », notre
sanctification n’est jamais parfaite, mais elle a toujours besoin
d’être sanctifiée à nouveau (voir Jean 17.19). Je dois résolument
livrer à Dieu ma vie sanctifiée, pour qu’il s’en serve à sa guise et
m’emploie comme un instrument docile.
4 Décembre
La loi des antagonismes
À celui qui vaincra…
Apocalypse 2.7
Toute vie suppose un combat ; c’est un fait, que ce soit dans le
domaine de la grâce ou de la nature, qu’il s’agisse de la vie du
corps, de la vie mentale, de la vie morale ou spirituelle. La
santé est un équilibre entre notre organisme et le monde
environnant. Elle se maintient si notre vitalité est suffisante
pour résister aux attaques extérieures - qui toutes sont capables
de nous détruire. Les éléments qui me soutiennent et me
renouvellent tant que je suis en vie, désagrègent mon
organisme dès ma mort. Si j’ai une vitalité suffisante, je garde
cet équilibre qu’est la santé. Il en est de même pour la santé
mentale. Si je veux avoir une santé mentale vigoureuse, je dois
lutter, et il en résulte cet équilibre qui s’appelle une pensée
saine.
C’est également vrai dans le domaine moral, car il y a en moi
antagonisme entre le bien et le mal. La victoire sur le mal et la
pratique du bien dépendent de ma vigueur morale. Dès que je
lutte, le bien l’emporte. Personne n’est vertueux malgré lui ; la
vertu s’acquiert.
C’est le même phénomène dans le domaine spirituel. Jésus a
dit : « Vous aurez des tribulations dans le monde », cela veut
dire que toutes les forces contraires à la vie spirituelle seront
dressées contre vous, mais : « Prenez courage, j’ai vaincu le
monde ». Je dois apprendre à conquérir tout ce qui s’oppose à
la croissance spirituelle pour parvenir ainsi à cet équilibre qui
s’appelle la sainteté ; alors le combat lui-même devient joie. La
sainteté est l’équilibre entre mes dispositions naturelles et la
loi de Dieu manifestée en Jésus-Christ.
5 Décembre
Le temple du Saint-Esprit
… Le trône seul m’élèvera au-dessus de toi.
Genèse 41.40
Je dois rendre compte à Dieu de la manière dont je gouverne
mon corps sous sa domination. Paul dit qu’il ne veut pas «
rejeter la grâce de Dieu », - la rendre inefficace. La grâce de Dieu
est absolue, le salut en Jésus est parfait, éternel. Mon salut
n’est pas à venir, je suis sauvé ; le salut est aussi éternel que le
trône de Dieu. Ce que j’ai à faire de mon côté, c’est d’élaborer
dans ma vie l’œuvre que Dieu accomplit en moi. « travaillez à
votre salut », c’est là ma responsabilité. Cela signifie que je dois
manifester dans mon corps la vie du Seigneur Jésus, non pas
d’une manière mystique, mais d’une façon réelle et concrète. «
Je traite durement mon corps, et je le tiens assujetti », dit
l’apôtre Paul (1 Corinthiens 9.27). Tout chrétien peut
discipliner Son corps au service de Dieu. Dieu nous a rendus
capables de tenir en parfait état ce temple du Saint-Esprit, de
gouverner notre imagination et notre sensibilité. Nous
sommes responsables de nos affections et nous ne devons
jamais laisser entrer dans ce temple des attachements
coupables. Nous sommes souvent plus sévères pour les autres
que pour nous-mêmes. Nous excusons volontiers nos propres
défauts, mais condamnons chez les autres des péchés vers
lesquels nous ne sommes pas attirés.
« Je vous exhorte, écrit Paul, à offrir vos corps comme un
sacrifice vivant… » (Romains 12.1). Le point important est celui-
ci : Suis-je disposé à offrir mon corps pour que Dieu en fasse le
Temple du Saint-Esprit ? Tout est là..
6 Décembre
L’arc dans les nuées
J’ai placé mon arc dans la nue, et il servira de
signe d’alliance entre moi et la terre. Genèse
9.13
C’est la volonté de Dieu que les hommes entrent en relation
étroite avec lui, et les alliances qu’il traite avec nous tendent à
ce but. « pourquoi Dieu ne me sauve-t-il pas » ? Demandez-
vous. Il vous a sauvé, mais vous n’êtes pas encore entré en
rapport avec lui. « Pourquoi Dieu ne fait-il pas pour moi ceci,
ou cela » ? Il l’a fait, mais la question est celle-ci : vous êtes-vous
conformés à ses désirs ? Toutes les grâces de Dieu sont là à
notre portée, mais nous ne pourrons les saisir qu’une fois
entrés dans l’alliance de Dieu.
Attendre que Dieu se manifeste est le comble de l’incrédulité ;
cela prouve que vous attendez qu’il agisse pour croire en lui.
Dieu a pris les devants en nous offrant son alliance ; nous
devons faire le pas nécessaire pour l’accepter. Il s’agit d’avoir
foi en Dieu, de lui faire confiance, et c’est la chose la plus
difficile. Nous n’avons vraiment foi qu’en nous-mêmes, en nos
propres sentiments… Je ne crois en Dieu que lorsqu’il a mis
dans ma main la chose même que je désire ; et alors, je
proclame : « Maintenant, je crois ». Ce n’est pas cela, la foi , «
Regardez à moi, et soyez sauvés », dit l’Éternel.
Quand j’accepte réellement les termes de l’alliance de Dieu, et
que je m’abandonne à lui entièrement, il n’y a plus en moi
aucune idée humaine de mérite, mais je suis submergé par le
sentiment d’être entré dans la pleine communion avec Dieu, et
tout rayonne de paix et de joie.
7 Décembre
La repentance
La souffrance conforme au dessein de Dieu
produit une repentance salutaire, dont on ne
se repent pas.
2 Corinthiens 7.10
La conviction de péché est un sentiment qui saisit rarement le
cœur de l’homme. C’est pourtant la porte qu’il faut franchir
pour connaître Dieu. Jésus dit que lorsque le Saint-Esprit
viendra, il convaincra de péché. Quand le Saint-Esprit éveille la
conscience d’un homme et le met en présence de Dieu, ce ne
sont pas ses relations avec les hommes qui le tourmentent,
mais sa relation avec Dieu. - “J’ai péché contre toi, contre toi
seul, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux”. La conviction du
péché, le miracle du pardon et la sainteté, sont si étroitement
liés, qu’on peut affirmer que l’expérience du pardon conduit à
la sainteté. Celui qui est pardonné en donne la preuve en
changeant de vie, par la grâce de Dieu. On peut éprouver du
remords de ses erreurs, être dégoûté de soi-même, mais la
véritable repentance nous amène toujours à dire : « J’ai péché
». Lorsqu’un homme le dit de tout son cœur, il est certain que
c’est Dieu qui a agi en lui.
L’accès au Royaume de Dieu passe par les angoisses de la
repentance qui réduit à néant la bonne opinion que nous avons
de nous-mêmes. C’est alors que le Saint-Esprit peut
commencer à révéler le Fils de Dieu dans notre vie. Cette vie
nouvelle se manifeste par une repentance consciente et une
inconsciente sainteté. La repentance est la base de départ de la
vie chrétienne. À strictement parler, un homme ne peut pas se
repentir quand il le veut : la repentance est un don de Dieu. Les
vieux Puritains avaient coutume de prier pour « le don des
larmes ». Si vous cessiez de con naître la vertu de la repentance,
vous seriez dans les ténèbres. Examinez-vous pour voir si vous
savez encore ce que c’est de s’affliger sur son péché.
8 Décembre
Dieu ne fait pas acception de
personne
Par une seule offrande, il a amené à la
perfection pour toujours ceux qui sont
sanctifiés.
Hébreux 10.14
Si nous pensons être pardonnés parce que nous regrettons nos
péchés, nous foulons aux pieds le Fils de Dieu. La seule
explication possible du pardon de Dieu, et de l’insondable
mystère de l’oubli de nos péchés, c’est la mort de Jésus-christ.
Notre repentance est seulement le résultat de la connaissance
que nous prenons de cette Expiation, qu’il a accomplie pour
nous. « Jésus-Christ a été fait pour nous sagesse, justice,
sanctification et rédemption ». Lorsque nous comprenons que
Christ est tout cela pour nous, la joie parfaite de Dieu nous
envahit. Mais quand cette joie est absente, la sentence de mort
n’est pas encore levée.
Oui que nous soyons, quoi que nous ayons fait, la communion
entre nous et Dieu est pleinement rétablie par la mort de Jésus-
Christ. Rien d’autre ne peut produire cette réconciliation. Elle
n’est pas obtenue parce que Jésus-Christ plaide en notre
faveur, mais parce qu’il est mort pour nous. Nous n’avons pas à
gagner cette grâce, mais à l’accepter. Ceux qui refusent
délibérément d’accepter la croix frappent à une autre porte que
celle que Jésus a ouverte. « Je ne veux pas accepter de passer
par là; il est trop humiliant d’être accueilli comme un pécheur
». La Bible répond : « Il n’y a pas d’autre Nom… » La sévérité
apparente de Dieu révèle en réalité son amour, puisque le
chemin vers lui est ouvert à tous. « Nous avons la rémission de
nos péchés par son sang ». Accepter pour nous-même la mort
de Jésus, c’est accepter que soit mis à mort, en nous, tout ce qui
est contraire au caractère et à la personne de Jésus. Dieu n’est
juste en sauvant des hommes méchants et mauvais que parce
qu’il a le pouvoir de les rendre bons. Le Seigneur ne prétend
pas que tout va bien en nous alors que tout va mal. L’expiation,
c’est l’œuvre par laquelle Dieu rend saint l’homme pécheur, à
cause de la mort de Jésus.
9 Décembre
Le sacrifice complet de nous-
mêmes
Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la
chair, avec ses passions et ses désirs.
Galates 5.24
La vie naturelle n’est pas en elle-même une vie de péché. Le
péché, lui, est une abomination dont nous devons être
entièrement purifiés ; nous ne devons plus rien avoir de
commun avec lui. Le péché est du domaine de l’enfer et du
diable ; moi, comme enfant de Dieu, je suis du ciel, je dépends
de Dieu.
La question primordiale n’est pas que j’abandonne le péché,
mais que j’abandonne mon droit sur moi-même, mon
indépendance naturelle et mon assurance orgueilleuse. C’est là
que la lutte s’engage. Ce sont les choses justes, nobles et bonnes
aux yeux de l’homme naturel, qui nous empêchent d’accéder à
ce que Dieu considère comme meilleur. Lorsque nous nous
rendons compte que les vertus naturelles nous empêchent de
nous abandonner à Dieu, nous livrons le plus grand combat
que le chrétien puisse connaître. Bien peu, parmi nous, se
laissent entraîner vers ce qui est sordide, vil et franchement
mauvais. Mais en nous le bon est aux prises avec le meilleur.
Plus nous nous élevons sur l’échelle des vertus humaines, plus
nous nous opposons intérieurement à Jésus-Christ. « Ceux qui
sont à Christ ont crucifié la chair ». Ce n’est pas un fragment de
votre nature humaine qui doit être crucifié, mais toute votre
nature. Jésus a dit : « Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il
renonce à lui-même », c’est-à-dire à tous ses droits sur lui-
même. Pour consentir à ce renoncement, il faut avoir
découvert qui est réellement Jésus-Christ. Ne reculez pas
devant le sacrifice de votre indépendance.
« L’homme naturel » n’a rien de spirituel, et pour qu’il le
devienne, il faut qu’il soit offert en sacrifice. Si nous
n’acceptons pas résolument de sacrifier le « naturel », le «
surnaturel » ne pourra jamais s’incarner en nous.
10 Décembre
Le sacrifice de notre nature
humaine
Abraham eut deux fils, l’un de l’esclave, l’autre
de la femme libre.
Galates 4.22
Le sujet que traite l’apôtre Paul dans ce chapitre de l’épître aux
Galates n’est pas le péché, mais le rapport entre ce qui est
d’ordre « naturel » et ce qui est d’ordre « spirituel ». Ce qui est
naturel doit devenir spirituel en étant offert à Dieu en sacrifice,
sinon il y a dans la vie une rupture béante. Mais pourquoi Dieu
ordonnerait-il ce sacrifice ? Il ne l’ordonne pas, il le permet
seulement. À l’origine, l’ordre de Dieu était que le naturel
devienne spirituel grâce à l’obéissance. Mais, parce que le
péché est entré dans le monde, le sacrifice de notre « homme
naturel » est devenu nécessaire.
Abraham dut sacrifier Ismaël avant de sacrifier Isaac. Il y a
parmi nous des chrétiens qui voudraient offrir à Dieu des
sacrifices spirituels, avant d’offrir en sacrifice leurs dons
naturels. Le seul moyen pour nous d’offrir à Dieu un sacrifice
spirituel, c’est de lui offrir notre corps en sacrifice vivant. La
sanctification est plus que la délivrance du péché : elle suppose
l’abandon conscient et volontaire de notre vie à Dieu quoi qu’il
puisse en coûter.
Si nous ne sacrifions pas ce qui est naturel à ce qui est spirituel,
l’élément naturel tournera sans cesse en dérision l’élément
spirituel, qui est la vie du Fils de Dieu en nous, et produira une
perpétuelle instabilité. C’est ce que provoque toujours le
manque de discipline dans la vie spirituelle. « On ne m’a pas
appris la discipline quand j’étais jeune », dites-vous. C’est donc
à vous de vous discipliner maintenant. Dieu ne veut pas
s’occuper de notre vie naturelle tant que nous en faisons une
idole. Mais si nous l’exposons au désert, si nous la tenons
assujettie, alors il ouvrira devant nous des puits d’eau fraîche
et de vertes oasis.
11 Décembre
L’individualité
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce
à lui-même.
Matthieu 16.24
L’individualité est l’enveloppe extérieure de notre personne
morale. Elle est exclusive, joue des coudes et nous isole des
autres. Elle est l’apanage naturel et normal de la vie de
l’enfant, mais si nous la maintenons, nous nous replions sur
nous-mêmes. Elle forme une coquille extérieure destinée par
Dieu à protéger le germe fragile de notre personnalité. Mais il
faut qu’elle s’ouvre, qu’elle se brise, pour permettre à la
personne morale de s’épanouir et de s’unir à Dieu.
L’individualité est un simulacre de la personne comme la
convoitise est un simulacre de l’amour. Dieu a créé l’homme
pour sa gloire ; l’individualité accapare l’homme pour sa
propre gloire.
L’individualité a pour caractère l’indépendance et
l’affirmation de soi. Cette constante affirmation de soi-même
s’oppose à notre vie spirituelle. Si vous dites : « Je ne peux pas
croire », c’est parce que votre individualité n’a pas la capacité
de croire. La personnalité, elle, vit de la foi ; elle ne peut être
incrédule. Voyez comment agit en vous le Saint-Esprit. Il vous
pousse jusqu’aux dernières frontières de votre individualité.
Là vous avez à choisir : ou bien résister, ou bien capituler,
briser la coquille, laisser se manifester votre personnalité. Le
Saint-Esprit concentre toujours son action sur un point
particulier (voir Matthieu 5.23-24) ( « Va d’abord te réconcilier
avec ton frère » ). Ce qui s’oppose à cette réconciliation, c’est
votre individualité. Dieu veut vous unir à lui, mais il ne le peut
pas, tant que vous ne renoncez pas à votre droit sur vous-
même. « Qu’il renonce à lui-même », à son indépendance, dit
Jésus, et la vie véritable pourra grandir en lui.
12 Décembre
La personnalité
Qu’ils soient un, comme nous sommes un.
Jean 17.22
La personnalité est cet élément original, unique, échappant à
tout calcul, et qui nous distingue, chacun, de tous les autres.
Les limites de notre personnalité s’éloignent sans cesse, aussi
ne pouvons-nous la saisir. Une petite Île qui émerge au milieu
de la mer peut être le sommet d’une grande montagne. La
personnalité est à l’image de cette Île ; nous ne savons rien des
profondeurs où elle s’étend, c’est pourquoi nous ne pouvons
pas juger de ce que nous valons. Il nous semble d’abord que
nous pouvons le faire, et puis nous réalisons que Dieu seul,
notre créateur, nous comprend.
La personnalité est le propre de l’homme spirituel, comme
l’individualité est le propre de l’homme naturel. Pour définir
notre Seigneur, on ne peut parler d’individualité,
d’indépendance, mais seulement en termes de personnalité : «
Moi et le Père, nous sommes un ». La personnalité ne
s’épanouit qu’en communion intime avec une autre
personnalité. Lorsque l’amour ou l’Esprit de Dieu saisit un
homme, il est transformé et il ne se préoccupe plus de son
individualité. Le Seigneur n’a jamais pris en considération
l’individualité de l’homme, son individualisme égoïste. C’était
la personne qu’il avait en vue : « Qu’ils soient un comme nous
sommes un ». Si vous abandonnez à Dieu votre droit sur vous-
même, la vraie nature de votre personnalité répond aussitôt à
la voix de Dieu. Jésus-Christ affranchit la personnalité et
l’individualité est transfigurée. Ce qui la transfigure, c’est
l’amour et la communion personnelle avec Jésus. L’amour est
la fusion de deux personnalités.
13 Décembre
La prière d’intercession
Il faut toujours prier, et ne point se relâcher.
Luc 18.1
L’intercession est impossible si nous ne croyons pas à la réalité
de la Rédemption. Car alors, notre intercession ne serait
qu’une vaine sympathie, qui ne ferait qu’encourager les gens à
rester tranquillement là où ils sont, loin de Dieu. Intercéder,
c’est présenter à Dieu la personne pour laquelle on intercède
jusqu’à ce que Dieu intervienne. Intercéder, c’est achever ce
qui manque aux souffrances de Christ, et c’est pourquoi il y a si
peu d’intercesseurs. On dit qu’intercéder, c’est se mettre à la
place de la personne pour laquelle on prie. Non ! C’est
s’efforcer de voir les choses du point de vue de Dieu.
En tant que serviteur de Dieu, veillez à rester à l’écoute des
directives divines, sinon, vous serez débordé. Si vous vous
perdez dans des connaissances inutiles au-delà de ce que Dieu a
voulu vous donner, il vous est difficile de prier, tant est grande
la misère qui vous entoure, elle vous empêche de voir
l’essentiel.
Nous avons le devoir de présenter à Dieu tous nos problèmes
mais nous dérobons à ce devoir en nous lançant dans
l’activisme. Nous accomplissons des tâches visibles mais
négligeons l’intercession. Elle est cependant la seule activité
qui ne comporte pas de piège, car elle nous maintient en
contact direct avec Dieu.
Lorsque nous intercédons, prenons garde de ne pas nous
contenter d’un semblant de vie spirituelle : la relation
profonde avec la vie de Dieu doit être établie. Que de gens, Dieu
a placés sur notre chemin, sans que nous ayons rien fait pour
eux ! Lorsque nous prions, en nous appuyant sur la
Rédemption, notre intercession permet à Dieu d’agir comme il
ne pourrait le faire autrement.
14 Décembre
La vie selon Dieu
Je vous laisse la paix, je vous donne la paix. Que
votre cœur ne se trouble pas.
Jean 14.27
Chaque fois que se présente une difficulté dans notre vie
spirituelle, nous sommes tentés d’accuser Dieu. Mais en réalité
c’est nous qui sommes en cause ; il y a en nous quelque interdit
que nous ne voulons pas ôter. Dès que nous arrachons le mal,
tout devient lumineux. Aussi longtemps que nous sommes
partagés entre le service de Dieu et le culte de nous-mêmes, les
difficultés surgissent. Il faut que nous ayons une attitude de
confiance et d’abandon complet à Dieu. Alors rien ne nous
empêche d’avoir une vie sainte. Les difficultés surviennent
lorsque nous voulons usurper, à notre profit, l’autorité du
Saint-Esprit.
Toutes les fois que nous obéissons à Dieu, il marque son
approbation en nous donnant une paix profonde. Ce n’est pas
une paix selon le monde, c’est la paix de Jésus. Lorsque vous
n’avez pas cette paix, attendez-la avec confiance, ou cherchez
la raison pour laquelle elle est absente. Si vous agissez par
emballement, ou par point d’honneur, la paix de Jésus ne vous
sera pas donnée. Il n’y a en vous ni simplicité, ni confiance en
Dieu, parce que l’esprit de simplicité est engendré par le Saint-
Esprit, et non par notre volonté.
Chaque fois que je cesse d’obéir, les doutes me gagnent.
Lorsque j’obéis à Dieu, les problèmes qui se posent à moi ne
concernent pas mes relations avec lui. Ce sont des questions
qui tiennent mon esprit en éveil, et le rendent attentif aux
merveilles de la révélation divine. Tout ce qui surgit entre Dieu
et moi vient d’une désobéissance. Mais tous les problèmes - et
ils sont nombreux -, qui jalonnent le chemin de l’obéissance,
font grandir mon émerveillement, parce que je sais que Dieu
connaît les réponses, et que je ne tarderai pas à voir les
solutions qu’il a trouvées.
15 Décembre
Exprimer de son mieux la
parole divine
Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme
un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à
rougir, qui dispense droitement la parole de la
vérité.
2 Timothée 2.15
Si vous éprouvez des difficultés à exprimer votre pensée sur un
point quelconque, faites des efforts jusqu’à ce que vous y
parveniez. Si vous ne le faites pas, quelqu’un, par votre faute,
sera spirituellement appauvri jusqu’à la fin de ses jours.
Efforcez-vous de vous expliquer à vous-même quelque vérité
divine, et Dieu se servira de cette réflexion pour éclairer
quelqu’un d’autre. N’ayez pas peur du pressoir de Dieu, où sont
écrasés les raisins de sa vigne. Il faut vous efforcer de trouver
les mots justes pour exprimer ce que vous avez vécu vous-
même, et le moment viendra où ce que vous exprimez sera
comme un vin généreux fortifiant une personne éprouvée.
Mais si la paresse vous fait dire : « Je ne vais pas me fatiguer à
exprimer ces choses moi-même, je dirai ce que d’autres en ont
dit », non seulement ce que vous direz ne vous sera pas
bénéfique, mais cela ne fera de bien à personne. Trouvez vos
propres mots pour communiquer ce que vous croyez être la
vérité de Dieu, et vous lui permettrez ainsi de la transmettre à
quelqu’un d’autre.
Exercez votre esprit à réfléchir, même aux vérités qui vous
semblent évidentes. Une conviction n’est vraiment
personnelle que si nous avons souffert pour l’acquérir. Celui
qui vous fait du bien n’est pas celui qui vous apprend ce que
vous ne saviez pas auparavant, mais celui qui vous donne
l’explication claire d’une vérité qui préoccupait votre esprit, et
que vous n’arriviez pas à exprimer.
16 Décembre
Lutter devant Dieu
C’est pourquoi, prenez toutes les armes de
Dieu… Faites en tout temps, par l’Esprit,
toutes sortes de prières et de supplications.
Éphésiens 6.13-18
Il vous faut lutter contre tout ce qui peut vous empêcher de
vous approcher de Dieu ; vous luttez dans la prière, pour les
autres ; mais ne dites jamais que vous luttez avec Dieu dans la
prière ; cette expression n’est pas conforme à l’enseignement
des Écritures. Si vous luttez avec Dieu, vous en resterez infirme
jusqu’à la fin de vos jours. Si Dieu vient à vous d’une manière
qui ne vous plaît pas, et que vous luttez avec lui comme Jacob,
il sera forcé de vous « déboîter la hanche ». N’essayez pas
d’affronter Dieu de la sorte, mais luttez devant Dieu contre
tout ce qui s’oppose à lui, et il vous rendra plus que vainqueur.
Une telle lutte a des répercussions dans le Royaume de Dieu. Si
vous me demandez de prier pour vous, sans que je sois
pleinement fondé en Christ, ma prière ne servira à rien. Mais si
je le suis, ma prière ne peut manquer d’efficacité. La prière ne
peut avoir d’effet que si rien ne me sépare de Christ. « C’est
pourquoi, revêtez-vous de toutes les armes de Dieu ».
Il faut toujours faire une distinction entre l’ordre établi par
Dieu et les événements qu’il permet. Notre réaction même
nous intègre dans l’ordre voulu par Dieu. « Toutes choses
concourent au bien de ceux qui aiment Dieu », de ceux qui se
soumettent à son ordre, qui répondent à l’appel de Dieu en
Jésus-Christ. C’est au travers des événements permis par Dieu
qu’il révèle ses enfants au monde. Ne soyons pas sans
réactions, indifférents aux circonstances, disant à tout propos :
« Oh ! C’est la volonté de Dieu » !.
Nous ne devons pas faire semblant de lutter devant Dieu, ni
lutter contre Dieu, mais lutter en présence de Dieu avec les
événements. Nous n’avons pas à nous étendre,
paresseusement, mais à nous lancer dans le combat, grâce aux
forces qu’il a préparées pour que nous nous en saisissions.
17 Décembre
La rédemption crée en nous le
besoin qu’elle satisfait
L’homme naturel ne reçoit pas les choses de
l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour
lui.
1 Corinthiens 2.14
L’Évangile de Dieu produit dans le cœur de l’homme, un besoin
que lui seul peut satisfaire. Paul dit : « Si notre Évangile est
voilé, il est voilé… pour les incrédules, dont le dieu de ce siècle a
aveuglé l’intelligence ». La plupart des gens sont tout à fait
satisfaits de leur état moral, et n’éprouvent pas le moindre
besoin de l’Évangile. C’est Dieu qui peut créer le besoin, dont
aucun être humain n’est conscient avant que Dieu se manifeste
lui-même. Jésus a dit : « Demandez, et on vous donnera » ; Dieu
ne peut pas donner avant que l’homme demande. Ce n’est
certes pas qu’il refuse de donner, mais il s’agit là d’une
condition qu’il a lui-même fixée, inséparable de la
Rédemption. Dieu se sert de notre appel pour créer le bien
désiré. La Rédemption est perpétuellement créatrice. Elle crée
les besoins et elle les satisfait.
« Et moi, lorsque j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les
hommes à moi ». Quand nous prêchons nos propres
expériences, nous pouvons susciter de l’intérêt, mais nos
paroles n’éveillent aucun besoin. Par contre si c’est Jésus-
Christ que nous élevons et dressons devant les hommes, le
Saint-Esprit rendra les gens conscients qu’ils ont besoin de lui.
Derrière la prédication de l’Évangile, il y a la puissance
créatrice de la Rédemption de Dieu à l’œuvre dans les âmes. Ce
n’est jamais par notre témoignage personnel qu’on peut sauver
les hommes. « Les paroles que Je vous ai dites sont esprit et vie
».
18 Décembre
Comment nous prouvons notre
fidélité à Dieu
Nous savons que toutes choses concourent
ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu.
Romains 8.28
Seules les âmes fidèles croient que Dieu dirige lui-même les
circonstances de leur vie. Nous prenons bien des libertés à
l’égard des circonstances que nous traversons, et, malgré nos
belles déclarations, nous ne croyons pas vraiment que Dieu en
est le Maître. Nous agissons tout à fait, comme si c’étaient les
hommes qui dirigeaient les événements de notre vie. Être
fidèle en toutes circonstances, c’est reconnaître une seule
autorité, celle du Seigneur. Lorsque Dieu met brusquement fin
à tel concours de circonstance, alors seulement nous
découvrons qu’il avait tout préparé. Nous n’avons pas compris
ses intentions, et ces circonstances particulières ne se
reproduiront plus. C’est Ici la pierre de touche de notre
fidélité. Si nous apprenons à adorer Dieu dans les circonstances
difficiles, il pourra nous en délivrer quand il le voudra, en un
instant.
Être fidèle à Jésus-Christ, cela nous paraît aujourd’hui
terriblement difficile. Nous voulons bien être fidèles à notre
travail, à notre service, à n’importe quoi, mais qu’on ne nous
demande pas d’être fidèles à Jésus-Christ. Il y a bien des
chrétiens qui s’impatientent lorsqu’on en parle. Ils font plus
pour déconsidérer et détrôner le Seigneur que le monde ne
peut le faire. Dieu n’est plus qu’une machine à distribuer des
bienfaits et Jésus-Christ un serviteur parmi les serviteurs.
Il ne faut pas se figurer que nous œuvrons pour Dieu ; nous
sommes seulement appelés à lui être fidèles pour qu’il puisse
travailler par notre moyen. « Je compte sur vous, mes soldats,
pour marcher jusqu’au bout sans une plainte et sans une
question ». Dieu veut se servir de nous comme il s’est servi de
son propre Fils.
19 Décembre
Insistons sur ce point
Je ne suis pas venu apporter la paix, mais
l’épée.
Matthieu 10.34
Ne témoignez pas de compassion à une personne dont la
situation actuelle vous fait penser que Dieu est dur envers elle.
La bonté de Dieu, au contraire, surpasse tout ce que nous
pouvons concevoir, mais parfois nous devons être bourrus afin
qu’il puisse manifester sa bonté. Si quelqu’un ne parvient pas à
s’approcher de Dieu, c’est qu’il a en lui un interdit qu’il ne veut
pas abandonner ! « Je reconnais que j’ai mal agi, mais je n’ai
absolument pas l’intention d’abandonner ce que vous
prétendez être un interdit ». Il n’est pas possible d’avoir pitié
de celui qui tient un tel raisonnement. Il faut que nous
creusions jusqu’à la racine, même s’il y a opposition à notre
message. On veut bien la bénédiction de Dieu, mais on refuse
de sacrifier son péché.
Si Dieu se sert de vous, dénoncez impitoyablement le péché que
Dieu a révélé ; coupez jusqu’à la racine, sinon il ne pourra pas y
avoir de guérison. Faites pénétrer le message de Dieu, jusqu’à
ce qu’il soit impossible de ne pas en tenir compte. Prenez les
gens comme ils sont, afin de les rendre conscients de ce qui leur
manque, puis dressez devant eux la volonté de Christ pour leur
vie. Ils diront peut-être : « Nous ne pourrons jamais atteindre
cet idéal » - « C’est pourtant la volonté de Jésus-Christ » ! - «
Mais comment pouvons-nous y arriver » ? - « Vous ne pourrez
jamais, à moins d’avoir un Esprit nouveau » (Luc 11.13).
Pour que votre message soit utile, il faut que ceux à qui il
s’adresse éprouvent déjà le besoin du salut. Il y a des milliers de
gens dans ce monde, qui sont heureux sans Dieu. Pourquoi
Jésus est-il venu si on peut être bon et heureux sans lui ? Parce
que cette sorte de bonheur et de paix n’est pas authentique.
Jésus-Christ est venu pour détruire toute fausse paix qui n’est
pas fondée sur une communion personnelle avec lui.
20 Décembre
Travailler comme Dieu le veut
Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre,
j’attirerai tous les hommes à moi.
Jean 12.32
Bien peu d’entre nous comprennent vraiment pourquoi Jésus-
Christ est mort. Si les hommes n’ont besoin que de sympathie,
la croix n’est qu’une triste comédie ; elle n’était pas nécessaire.
Ce dont le monde a besoin, ce n’est pas d’un « petit brin
d’amour », mais d’une opération chirurgicale.
Quand vous êtes en présence d’une âme qui souffre
spirituellement, pensez à Jésus-Christ sur la croix. Si. cette
âme pouvait arriver à Dieu par un autre chemin, la croix serait
inutile. Si vous croyez pouvoir aider les autres par votre
sympathie ou votre compréhension, vous êtes un traître à
Jésus-Christ. Vous devez veiller à ce que votre âme soit en
étroite communion avec Dieu, et dans cette dépendance,
communiquer la pensée de Dieu, mais jamais une pensée
humaine qui laisse Dieu de côté. Aujourd’hui, on veut une
religion aimable et facile !
La seule chose que nous ayons à faire est de présenter aux
hommes Jésus-Christ crucifié ; que les regards soient
continuellement dirigés vers lui seul. Toute doctrine qui n’est
pas fondée sur la croix de Jésus nous égarera. Si le serviteur de
Dieu lui-même a mis sa foi en Jésus-Christ, et compte sur la
réalité de la Rédemption, ses auditeurs doivent se sentir
concernés. Ce qui demeure et s’approfondit, c’est le contact
vivant du serviteur de Dieu avec Jésus-Christ ; c’est de ce
contact que tout dépend.
Le devoir du messager de l’ Évangile est de dénoncer le péché et
de révéler Jésus-Christ comme le Sauveur.
21 Décembre
Expérience ou révélation ?
Nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais
l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous
connaissions les choses que Dieu nous a
données par sa grâce.
1 Corinthiens 2.12
La Réalité, c’est la Rédemption elle-même et non l’expérience
que j’en fais. Mais la Rédemption ne signifie rien pour moi tant
je ne puis la saisir de façon concrète. Quand je nais de nouveau,
l’Esprit de Dieu me fait sortir de moi-même et de mes
expériences personnelles, et m’identifie à Jésus-Christ. Si je
reste confiné dans le monde étroit de mon expérience, c’est
qu’elle n’est pas vraiment l’œuvre de la Rédemption. Ce qui
prouve que mon expérience est le fruit de la Rédemption, c’est
qu’elle me détourne sans cesse de moi-même. Je ne regarde
plus à mes impressions mais à la Réalité qui en est la cause. Mes
expériences n’ont aucune valeur, si elles ne me conduisent pas
à leur Source, qui est Jésus-Christ.
Si vous essayez d’enfermer le Saint-Esprit en vous, pour qu’il
vous procure des émotions religieuses, vous verrez qu’il
franchira toutes les barrières et vous ramènera au Christ
historique et réel. Ne cultivez pas une expérience qui n’a pas sa
source en Dieu et n’aboutit pas à la foi. Si vous le faites, votre
expérience est anti-chrétienne, quelles que soient les visions
que vous avez eues. Jésus-Christ est-il le Maître de vos
expériences, ou bien essayez-vous de les gouverner à sa place ?
Une de vos expériences vous tient-elle plus à cœur que le
Seigneur lui-même ? Le temps viendra où grâce à Dieu, vous ne
vous soucierez plus de vos expériences, car vous vous confierez
pleinement en lui.
Ne vous laissez pas aller à parler de vos expériences ; la foi qui
se confie en elle-même n’est pas la foi ; la foi qui se confie en
Dieu est la seule véritable.
22 Décembre
Comment le Père nous attire
Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a
envoyé ne l’attire.
Jean 6.44
Quand Dieu m’attire à lui, la question qui se pose à moi aussitôt
est celle-ci : Vais-je répondre à la révélation que Dieu me donne
; Vais-je aller à Lui ? Mais en pareille matière toute, discussion
est déplacée. Quand Dieu vous parle, n’en discutez avec
personne. Croire n’est pas une démarche intellectuelle ; croire
est un acte personnel par lequel je m’engage délibérément.
Suis-je prêt à me décharger complètement sur Dieu, et à
m’abandonner à lui pour faire ce qu’il me demande ? Si oui, je
découvrirai que je suis sur le roc de la Réalité, aussi ferme que
le trône-même de Dieu.
En prêchant l’Évangile, faites toujours appel à la volonté. La foi
doit être la volonté de croire. Croire, c’est abandonner sa
volonté à Dieu, et non céder à une puissance de persuasion. Je
me jette à l’eau , abandonnant toute confiance en ma propre
expérience, me confiant uniquement en Dieu, et le prenant au
mot. Le malheur est que je me fie beaucoup plus à mon
intelligence qu’à Dieu. Dans le domaine des sentiments, il faut
que je marche à tâtons, sans rien voir ni sentir. Je dois faire
triompher en moi la volonté de croire, et cela ne peut se faire
que par un violent effort de ma part, pour me séparer de mes
anciennes convictions, et m’accrocher à Dieu.
L’homme est fait pour aller beaucoup plus loin qu’il ne peut le
concevoir lui-même. C’est Dieu qui m’attire à lui, et ma
relation avec lui est personnelle et non intellectuelle. C’est
grâce à l’action miraculeuse de Dieu qui vient au secours de ma
volonté de croire, que les choses s’éclairent peu à peu, et je suis
émerveillé du résultat.
23 Décembre
Mort avec Christ
Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée
de me glorifier d’autre chose que de la croix de
notre Seigneur Jésus-Christ.
Galates 6.14
L’Évangile de Jésus-Christ m’amène toujours à un acte de
volonté. Est-ce que j’accepte le jugement de Dieu sur le péché,
tel qu’il se manifeste sur la croix de Christ ? La mort de Jésus a-
t-elle pour moi le moindre intérêt ? Est-ce que j’accepte de faire
mourir en moi tout penchant au péché, à la vie du monde, à
l’égoïsme afin d’être identifié à Jésus au point que je consente à
être dépouillé de tout, pour le garder, lui seul ? Le grand
privilège que j’ai comme chrétien, c’est de pouvoir m’associer à
la croix de Christ et, ainsi, de mourir au péché.
Tenez-vous seul en présence de Jésus, et dites-lui ce que vous
choisissez : refuser de renoncer au péché, ou accepter, à tout
prix, d’être associé à sa mort. Dès que vous avez fait cet acte de
foi et accepté l’œuvre rédemptrice de Jésus sur la Croix, vous
êtes, de façon surnaturelle, associé à sa mort ; vous vous rendez
compte que votre « vieil homme » est crucifié avec Christ. Ce
qui vous le prouve, c’est la merveilleuse facilité avec laquelle la
vie de Dieu en vous, vous permet d’obéir à la voix de Jésus-
Christ.
De temps à autre, notre Seigneur nous fait entrevoir ce que
nous serions devenus si nous n’étions pas unis à lui. C’est
l’illustration de cette parole : « Sans moi, vous ne pouvez rien
faire » ! Le fondement de la vie chrétienne est une ardente
consécration personnelle au Seigneur Jésus. Nous prenons à
tort l’extase que nous avons ressentie lorsque nous sommes
entrés, par la nouvelle naissance dans le Royaume de Dieu,
pour le but que Dieu voulait atteindre. Il veut que nous
réalisions pleinement la richesse de notre identification avec
Jésus-Christ.
24 Décembre
La vie cachée
… votre vie est cachée avec Christ en Dieu.
Colossiens 3.3
L’Esprit de Dieu nous révèle la sérénité, toute la sécurité simple
et immense à la fois, de la vie cachée avec Christ en Dieu. Il en
est sans cesse question dans les Épîtres. Nous parlons de la vie
sanctifiée comme d’une chose fragile et aléatoire ; mais c’est au
contraire, la chose la plus sûre, car elle est fondée sur le Dieu
Tout-Puissant. Ce qui est fragile et précaire, c’est la vie sans
Dieu. Si nous sommes nés de nouveau, vivre en accord avec
Dieu est pour nous la chose la plus facile. La chose la plus
difficile est de mal faire, si toutefois nous sommes attentifs aux
avertissements de Dieu, et marchons dans la lumière.
Quand nous essayons de nous représenter ce que serait la
délivrance parfaite du péché, la plénitude de l’Esprit et la
marche dans la lumière, nous voyons une grande montagne,
très élevée, merveilleuse, et nous disons : « Jamais, je ne
pourrai vivre là-haut » ! Mais quand, par la grâce de Dieu, nous
y parvenons, nous nous apercevons que ce n’est pas un sommet
escarpé, mais un plateau où la place ne manque pas pour vivre
et s’épanouir. « Tu élargis le chemin sous mes pas ».
Quand vous voyez réellement Jésus, je vous défie de douter de
lui. Quand il vous dit : « Que votre cœur ne se trouble point », je
vous défie d’avoir l’esprit troublé, car il est impossible de
douter quand il est là. Chaque fois que vous êtes en relation
personnelle avec lui, ses paroles sont réelles. « Je vous donne
ma paix » ; c’est une paix complète, qui vous pénètre tout
entier, de la plante des pieds au sommet de la tête. « Votre vie
est cachée avec Christ en Dieu ».
25 Décembre
La naissance de Jésus et notre
nouvelle-naissance
La Vierge deviendra enceinte, elle enfantera
un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel,
ce qui signifie Dieu avec nous.
Isaïe 7.14
La naissance de Jésus dans l’histoire : « C’est pourquoi le Saint
enfant Qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1.35).
Jésus est né dans ce monde, mais il n’est pas du monde. Il n’est
pas non plus une émanation de l’histoire ; il est entré dans
l’histoire, venant d’ailleurs. Jésus-Christ n’est pas l’homme le
plus parfait, il est d’origine supérieure à la race humaine. Il
n’est pas un homme qui devient Dieu, il est Dieu incarné, Dieu
venant dans une chair semblable à celle des hommes. Sa vie est
la vie la plus haute et la plus sainte, commençant de la façon la
plus humble. La naissance de Jésus fut un avènement.
Sa naissance en moi : « Mes enfants, pour qui j’éprouve de
nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ
soit formé en vous… » (Galates 4.19). De même que le Christ a
surgi dans l’histoire humaine, venant d’ailleurs, de même il
doit venir en moi du dehors. Ma vie peut-elle servir de crèche à
l’enfant de Bethléem ? Je ne peux entrer dans le Royaume de
Dieu à moins d’être né d’en haut, d’une naissance qui n’a rien
de commun avec la naissance ordinaire. « Il faut que vous
naissiez de nouveau ». Ce n’est pas un commandement, c’est un
fait fondamental. Ce qui caractérise la nouvelle naissance c’est
l’abandon total à Dieu qui permet à Christ de se former en moi.
Sa nature se manifeste alors en moi et je peux vivre de sa vie.
La manifestation de Dieu dans notre chair, est devenue
possible pour vous et pour moi par la Rédemption.
26 Décembre
Dans la lumière
Si nous marchons dans la lumière, comme il est
lui-même dans la lumière… le sang de Jésus son
Fils nous purifie de tout péché.
1 Jean 1.7
Ne nous y trompons pas. Ne pas se sentir pécheur et être
délivré du péché par l’Expiation sont deux choses différentes.
Personne ne peut savoir vraiment ce que c’est que le péché,
avant d’être né de nouveau. Le péché, c’est ce que Jésus a
affronté au Calvaire. La preuve que je suis délivré du péché,
c’est que je connais sa véritable nature, telle qu’elle existe en
moi. pour qu’un homme comprenne ce qu’est réellement le
péché, il faut que se manifeste en lui le résultat suprême de
l’Expiation de Jésus-Christ : qu’il soit rendu participant de sa
perfection absolue.
Le Saint-Esprit nous met au bénéfice de l’ Expiation , dans les
régions inconscientes de notre esprit aussi bien que dans les
régions conscientes. C’est seulement quand nous saisissons la
puissance incomparable de l’Esprit en nous que nous
comprenons le sens de cette parole (1 Jean 1.7).
« Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché ».
Il ne s’agit pas seulement du péché conscient, mais de ces
profondeurs subtiles et effrayantes du péché que seul le Saint-
Esprit peut sonder.
Si je marche dans la lumière comme Dieu est dans la lumière -
(non pas dans la lumière de ma conscience, mais dans la
lumière de Dieu) - si je marche ainsi, sans rien cacher, j’ai
soudain cette extraordinaire révélation : le sang de Jésus-
Christ me purifie de tout péché, de sorte que le Dieu Tout-
puissant ne voit plus rien de répréhensible en moi. Cette
révélation s’accompagne, dans ma conscience, d’une
connaissance aiguë et pénétrante de la vraie nature du péché.
L’amour de Dieu, qui est à l’œuvre en moi, me fait haïr, avec
toute la puissance du Saint-Esprit, tout ce qui n’est pas
conforme à la sainteté de Dieu. Marcher dans la lumière, c’est
rester toujours davantage dans le rayonnement de la lumière.
27 Décembre
Où se livre le combat ?
Israël, si tu reviens, si tu reviens à moi, dit
l’Éternel…
Jérémie 4.1
La bataille se perd ou se gagne dans le domaine invisible de ma
volonté, et non pas sur la scène du monde. L’Esprit de Dieu
s’empare de moi et là, seul avec Dieu, je dois livrer bataille.
Tant que je ne l’ai pas fait, je suis sûr d’être vaincu à chaque
fois. La bataille peut durer une seule minute, ou une année,
cela dépend de moi, non de Dieu. Il faut que je passe
résolument par l’enfer du renoncement, en sa présence. Rien
n’a de pouvoir sur l’homme qui a combattu et vaincu en
présence de Dieu.
Si je me dis : « J’attendrai le moment critique, alors je mettrai
Dieu à l’épreuve », je m’apercevrai vite que cela ne peut pas
marcher. La question doit être réglée entre Dieu et moi dans le
secret de mon cœur, là où personne ne peut intervenir ; alors je
pourrai avancer avec la certitude que la victoire est acquise.
Mais si elle est perdue sur ce terrain, la déroute est certaine. La
raison de ma défaite, c’est que j’ai voulu gagner d’abord la
bataille dans le monde extérieur. Il faut d’abord remporter la
victoire devant Dieu.
Quand vous avez à aider les autres, poussez-les à faire acte de
volonté. C’est par là que commence l’abandon. Parfois -
rarement cependant - Dieu nous place dans une situation
cruciale. C’est alors que nous sommes mis en demeure de nous
décider pour ou contre lui. À partir de ce moment-là, ou bien
nous nous enliserons dans une vie chrétienne toujours plus
engourdie et inutile, ou bien nous serons toujours plus ardents
à faire : Tout pour qu’il règne.
28 Décembre
La conversion continuée
Si vous ne vous convertissez, et si vous ne
devenez comme les petits enfants…
Matthieu 18.3
Ces paroles du Seigneur s’appliquent à notre conversion
initiale, mais nous avons à nous convertir tous les jours de
notre vie, à nous tourner sans cesse vers Dieu comme de petits
enfants. Si nous nous fions à notre intelligence au lieu de nous
fier à Dieu, il nous tient pour responsables des conséquences.
Dès que par la volonté de Dieu nous sommes placés
physiquement dans des conditions nouvelles, il nous faut
veiller à ce que notre vie naturelle obéisse aux ordres de
l’Esprit de Dieu. Avoir obéi une fois n’est pas une preuve
suffisante que nous le ferons de nouveau. Pour que notre vie
naturelle soit liée à notre vie spirituelle, il faut une conversion
sans cesse continuée, chose que nous avons du mal à accepter.
Quelles que soient les circonstances où nous sommes placés,
l’Esprit de Dieu demeure toujours le même, et son salut ne
change pas, mais nous avons à « revêtir l’homme nouveau ».
Dieu nous tient pour responsables chaque fois que, nous
obstinant volontairement, nous refusons de nous convertir. Ce
n’est pas notre vie naturelle qui doit régner sur nous, c’est
Dieu.
Ce refus de nous convertir continuellement est un obstacle à
notre vie spirituelle. Notre obstination vient de notre orgueil,
qui se dresse contre l’autorité de Dieu. Nous faisons une idole
de notre indépendance et de notre caprice, et refusons de les
appeler par leur nom. Ce que Dieu considère être notre
faiblesse obstinée, nous l’appelons notre force. Il y a bien des
domaines de notre vie qui ne lui sont pas soumis, et ils ne
peuvent l’être que par une conversion continue ; alors
lentement mais sûrement, nous soumettrons à l’Esprit de Dieu
tout notre être.
29 Décembre
Déserteur ou disciple ?
Dès lors, plusieurs de ses disciples se
retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui.
Jean 6.66
Supposons que Dieu, par son Esprit ou une parole de l’écriture,
vous révèle ce qu’il attend de vous et que vous perceviez cet
appel. Si par la suite vous désertez, vous serez dominé par
d’autres manières de voir situées aux antipodes de la pensée du
Seigneur. Peut-être dites-vous en pensant à quelqu’un : « Si
avec de telles idées il prospère, pourquoi ne serais-je pas
comme lui » ? Votre devoir est de marcher à la lumière de la
Révélation que Dieu vous a donnée. Vous n’avez pas à vous
comparer aux autres, ni surtout à les juger, car c’est leur affaire
et celle de Dieu. Quand vous vous apercevez qu’une manière de
voir qui vous est chère est en désaccord avec la vision céleste, et
que vous hésitez entre les deux, vous voyez se développer en
vous certaines tendances - le sentiment de vos droits et de votre
valeur personnelle - choses dont Jésus-Christ n’a rien à faire. Il
a toujours considéré cela comme la racine de l’inimitié contre
lui. « La vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans
l’abondance ». Si nous ne comprenons pas cela, c’est que nous
n’avons pas réalisé le sens profond de l’enseignement du
Seigneur.
Nous nous plaisons à regarder en arrière, et à nous remémorer
les merveilleuses expériences que nous avons faites. Or, si vous
refusez d’obéir à un seul commandement du Nouveau
Testament révélé par la lumière de Dieu vous êtes sur la
mauvaise pente ; cela prouve que votre conscience n’est plus
docile à la vérité. Le moment est venu de vous décider à être un
vrai disciple de Jésus-Christ, ou un déserteur.
30 Décembre
Dieu fait toutes choses
nouvelles
Toutes mes sources sont en toi !
Psaume 87.7
Notre Seigneur ne rafistole jamais nos vertus naturelles, il
renouvelle tout en nous, de l’intérieur. « Revêtez l’homme
nouveau », c’est-à-dire mettez le vêtement digne de votre
nouvelle vie. La vie que Dieu introduit en vous s’épanouit en
vertus nouvelles, non celles d’Adam, mais celles de Jésus-
Christ.
Dieu flétrira votre confiance en vos vertus naturelles, quand il
vous aura sanctifié. Vous ne vous confierez plus en votre force
de caractère, vous apprendrez à puiser toutes vos ressources
dans la vie de Jésus-Christ ressuscité. Si vous connaissez une
période de sécheresse intérieure, remerciez-en Dieu.
La disparition de la confiance que nous avions en nos vertus est
le signe que Dieu besogne en nous. Nos vertus naturelles ne
sont pas les promesses d’une perfection future, mais les
vestiges de ce que nous aurions été sans la chute. Et pourtant
nous nous cramponnons à ces débris, alors que Dieu essaie de
nous faire découvrir la vie de Jésus-Christ. Il est bien triste de
voir des chrétiens s’accrocher à ce qui ne leur vient pas de la
grâce de Dieu, mais des hasards de l’hérédité. Dieu ne peut pas
restaurer nos vertus naturelles, car elles ne sauraient réaliser à
aucun degré l’idéal de Jésus-Christ. Ni l’amour naturel, ni la
patience naturelle, ni la pureté naturelle ne peuvent être
suffisants pour ce que Jésus exige de nous. Mais si chaque
élément de notre être est en harmonie avec la vie nouvelle que
Dieu a mise en nous, il créera en nous les vertus qui
caractérisent le Seigneur Jésus lui-même.
31 Décembre
Hier
Le Dieu d’Israël fermera votre marche.
Isaïe 52.12
Sécurité à l’égard du passé : « Dieu ramène ce qui est passé »
(Ecclésiaste 3.15). À la fin de l’année, nous aimons regarder
avec ardeur vers l’avenir , vers toutes les grâces que Dieu nous
réserve, et cependant l’anxiété est prompte à reparaître quand
nous évoquons le passé. Notre joie présente peut être
assombrie par le souvenir de nos péchés et de nos erreurs
d’autrefois. Mais Dieu est aussi le Dieu du passé, et s’il permet
que nous nous en souvenions, c’est pour en tirer quelque leçon
pour nous prémunir contre une fausse sécurité dans le présent.
Sécurité pour demain : « Car l’Éternel ira devant vous ». Dieu
nous assure qu’il nous garde mieux que nous pourrions le faire
nous-mêmes. Il veillera à ce que nous ne tombions pas dans un
piège car il est notre protecteur. La main de Dieu va jusque
dans le passé, pour décharger notre conscience et nous libérer
de toute inquiétude.
Sécurité pour aujourd’hui : « Ne sortez pas avec précipitation ».
En entrant dans l’année nouvelle, ne nous précipitons pas pour
jouir de l’avenir avec insouciance et légèreté. Avançons plutôt
avec cette calme confiance que le Dieu d’Israël marche devant
nous ! Sans doute, il y a dans notre passé des choses
irréparables, des occasions perdues que nous ne retrouverons
jamais. Mais Dieu peut transformer notre tristesse négative en
réflexion constructive pour l’avenir. Laissons dormir le passé,
mais qu’il dorme dans les bras de Christ !
Laissez aux mains de Dieu le souci de l’irréparable passé et
avancez avec lui vers l’irrésistible avenir.
La version offline du livre « Tout pour qu’Il règne » d’Oswald
Chambers que vous venez de télécharger a été réalisée dans le
but unique de vous bénir.
Ce livre d’Oswald Chambers a été traduit en français par la
Ligue pour la Lecture de la Bible France (www.llbfrance.com),
qui en possède le copyright exclusif.
Il a été numérisé par Nicolas Ciarapica, webmaster du site
voxdei (www.voxdei.org) et par David Houstin, webmaster du
site Béthel France (www.bethel-fr.com). Ces textes ont une
grande valeur spirituelle et nous sommes persuadés qu’ils
sauront vous bénir.
N’hésitez donc pas à les diffuser autour de vous autant que
faire se peut et que le Seigneur vous y conduit. N’oubliez jamais
toutefois de mentionner le copyright © LLB-France.
Version, révisée, augmentée, corrigée et mise en page par
Thomas Mathey pour spibook.fr
Table of Contents
1er Janvier Fidélité
2 Janvier Voulez-vous marcher par la foi ?
3 Janvier Nuages et obscurité
4 Janvier Pourquoi ne puis-je te suivre maintenant ?
5 Janvier La puissance de Dieu dans la faiblesse
humaine
6 Janvier Adoration
7 Janvier L’intimité avec Jésus
8 Janvier Mon sacrifice est-il vivant ?
9 Janvier En nous l’Esprit intercède pour nous, par
des soupirs que nul langage ne peut exprimer
10 Janvier Les yeux qui s’ouvrent
11 Janvier Si j’obéis à Dieu, d’autres en souffriront
12 Janvier Savez-vous ce que c’est d’être seul avec
Dieu ?
13 Janvier Savez-vous ce que c’est d’être seul avec
Dieu ?
14 Janvier L’appel de Dieu
15 Janvier Avons-nous été réduits à rien ?
16 Janvier L’appel de Dieu traduit la nature de Dieu
17 Janvier Ce qu’est en nous l’appel de Dieu
18 Janvier C’est le Seigneur !
19 Janvier Vision et ténèbres
20 Janvier Êtes-vous dispos, prêt à tout ?
21 Janvier Dieu se souvient, souvenez-vous
22 Janvier Où regardons-nous ?
23 Janvier La vision intérieure qui nous transforme
24 Janvier La direction qui s’impose à nous
25 Janvier Laissez de la place pour Dieu
26 Janvier La consécration perpétuelle
27 Janvier La vraie prudence
28 Janvier Comment croire qu’on puisse ainsi
persécuter Jésus ?
29 Janvier Comment croire qu’on puisse être
tellement ignorant ?
30 Janvier Obéir ou désobéir
31 Janvier A quoi êtes-vous appelés ?
1er Février L’appel de Dieu
2 Février L’appel qui nous contraint
3 Février Acceptons-nous d’être mis au ban de la
société ?
4 Février La domination souveraine du Christ sur une
âme
5 Février Êtes-vous prêt à être offert en sacrifice ?
6 Février Êtes-vous prêt à être offert en sacrifice ?
7 Février La dépression ne nous est pas permise
8 Février Ce que doit être en nous la sanctification
9 Février Vous sentez-vous épuisé spirituellement ?
10 Février Votre vision de Dieu meurt-elle
d’inanition ?
11 Février Votre espérance en Dieu est-elle sur le
point de s’évanouir ?
12 Février Faut-il que j’écoute ?
13 Février Ecouter de toute son âme
14 Février Apprendre à écouter Dieu
15 Février Suis-je le gardien de mon frère ?
16 Février L’Esprit de Dieu nous rend capables
d’effort
17 Février Le remède à la dépression
18 Février Le remède au découragement
19 Février Le remède contre le dégoût du terre à terre
20 Février Le remède contre la rêverie
21 Février Vous êtes-vous jamais laissé emporter au
delà des bornes pour l’amour de Jésus ?
22 Février La ténacité spirituelle
23 Février La volonté de servir
24 Février La joie du sacrifice
25 Février Servir, sans demander rien pour soi
26 Février Sur bien des points nous n’avons pas
confiance en Jésus
27 Février Nous appauvrissons le ministère de Jésus
28 Février Vous croyez à présent ?
29 Février Que demandez-vous au Seigneur ?
1er Mars La question qui va droit au but
2 Mars Avez-vous senti la blessure ?
3 Mars La mission que Dieu nous impose
4 Mars Est-ce que j’en suis arrivé là ?
5 Mars Jésus est-il mon Seigneur ?
6 Mars Dans la banalité du terre à terre
7 Mars Le rayonnement inaltérable
8 Mars La vie abandonnée à Dieu
9 Mars Le retour en arrière
10 Mars Soyez vous-même un message vivant
11 Mars La vision divine
12 Mars L’abandon à Dieu
13 Mars L’abandon de Dieu
14 Mars Obéissance
15 Mars Le tunnel de la consternation
16 Mars Le tribunal suprême
17 Mars L’ambition dominante du serviteur de Dieu
18 Mars L’effort que Dieu nous demande
19 Mars La foi d’Abraham
20 Mars L’amitié avec Dieu
21 Mars Qu’est Jésus pour moi ?
22 Mars Le cœur brûlant
23 Mars Suis-je encore charnel ?
24 Mars Diminuer et s’effacer devant lui
25 Mars La mission la plus délicate
26 Mars L’intuition de Dieu
27 Mars La vision de Dieu
29 Mars Le Seigneur vient nous voir à l’improviste
30 Mars L’insensibilité à l’égard de Dieu
31 Mars L’hypocrisie spirituelle
1er Avril L’insensibilité à l’égard des autres
2 Avril La vision glorieuse
3 Avril Si tu avais su !
4 Avril Dispersion, incertitudes et ténèbres
5 Avril En présence de l’agonie de Jésus
6 Avril La collision entre Dieu et le péché
7 Avril Pourquoi nous ne comprenons pas
8 Avril La vie de Jésus ressuscité
9 Avril L’ai-je vu ?
10 Avril La résolution d’anéantir en moi le péché
11 Avril La vie de Dieu en moi
12 Avril Le pouvoir qui vient de Dieu
13 Avril Comment porter notre fardeau ?
14 Avril La force invincible
15 Avril Ne relâchons jamais notre effort spirituel
16 Avril Savez-vous descendre ?
17 Avril Le tout pour le tout
18 Avril Suis-je prêt à tout ?
19 Avril Est-ce ou non vraisemblable ?
20 Avril Un chrétien peut-il calomnier Dieu ?
21 Avril Ne blessez donc pas le cœur de Jésus !
22 Avril La lumière qui dure et celle qui s’éteint
23 Avril Ne fais pas une idole de ton travail pour
Dieu
24 Avril Nous ne devons pas nous monter la tête
25 Avril Quelle est l’occasion opportune ?
26 Avril L’ascension suprême
27 Avril Quel est ton véritable but ?
28 Avril Ce que tu recevras
29 Avril Le charme de l’incertitude
30 Avril L’amour qui coule de source
1er Mai Le devoir avant tout
2 Mai L’énergique patience
3 Mai L’intercession agissante
4 Mai L’intercession substitutive
5 Mai Le jugement de Dieu
6 Mai La liberté selon l’évangile
7 Mai Celui qui bâtit pour l’éternité
8 Mai La patience de la foi
9 Mai La révélation nécessaire
10 Mai Allez de l’avant
11 Mai Allez-y carrément
12 Mai Prenez l’habitude de n’être pas l’esclave de
vos habitudes
13 Mai L’habitude d’une bonne conscience
14 Mai L’habitude d’accepter tout joyeusement
15 Mai L’habitude d’être toujours à la hauteur
16 Mai La vraie richesse
17 Mai L’ascension est l’achèvement de la
transfiguration
18 Mai Confiance et sérénité
19 Mai Toujours sauvés du naufrage
20 Mai La réalité divine
21 Mai Ce qu’il faut mettre en première ligne
22 Mai Le but de la vie chrétienne
23 Mai L’inquiétude est un manque de foi
24 Mai La joie dans le désespoir
25 Mai Savons-nous mettre de côté notre intérêt
personnel ?
26 Mai La prière comme Jésus la conçoit
27 Mai Le baptême du Saint-Esprit
28 Mai La révélation parfaite
29 Mai La communion inaltérable
30 Mai “Oui - Mais…”
31 Mai Dieu le premier
1er Juin La question renversante
2 Juin Quelle est la vision qui vous hante ?
3 Juin L’intimité avec Dieu
4 Juin Il ne te délaissera point
5 Juin Ce que Dieu me dit
6 Juin Élaborez ce que Dieu met en vous
7 Juin Le point central
8 Juin Pour mieux connaître Dieu
9 Juin Demandez
10 Juin Cherchez, et vous trouverez
11 Juin Venez à moi
12 Juin Venez à moi
13 Juin Venez à moi
14 Juin Fais un pas en avant
15 Juin Fais un pas en avant
16 Juin Êtes-vous un ami de Jésus ?
17 Juin Ne jugez point
18 Juin Ne doute pas, marche seulement
19 Juin Le dévouement à Jésus
20 Juin La prière d’intercession
21 Juin Le ministère de l’intercession
22 Juin Comment Dieu nous juge
23 Juin La douleur, conséquence du péché
24 Juin II faut accepter le fait du péché
25 Juin Se trouver soi-même dans la fournaise de
l’affliction
26 Juin Maintenant
27 Juin Ne regardez qu’à Dieu
28 Juin Saisis par Dieu
29 Juin La discipline du chrétien
30 Juin Faites-le maintenant
1er Juillet Il faut payer !
2 Juillet Comment suivre Jésus ?
3 Juillet J’ai péché
4 Juillet Une chose que Dieu défend
5 Juillet Compter avec Dieu
6 Juillet De la vision à la réalité
7 Juillet Tout ce qui est noble est difficile
8 Juillet Volonté et loyauté
9 Juillet L’épreuve radicale
10 Juillet La paresse spirituelle
11 Juillet Le chrétien sanctifié
12 Juillet L’église chrétienne
13 Juillet Êtes-vous prêts à payer le prix ?
14 Juillet Le chrétien face à la persécution
15 Juillet Un point d’honneur
16 Juillet Dieu conduit
17 Juillet La foi, ce miracle !
18 Juillet La foi, ce mystère
19 Juillet Le Maître de notre foi
20 Juillet Compter sur la présence de Dieu
21 Juillet La porte du royaume
22 Juillet La sanctification
23 Juillet La sanctification (2)
24 Juillet L’intention et l’acte
25 Juillet Suis-je un de ces “heureux” ?
26 Juillet Ce qu’il faut pour atteindre à la pureté
27 Juillet Obéir, oui ! Mais après ?
28 Juillet Pourquoi les nuées ?
29 Juillet Que voyez-vous dans les nuées ?
30 Juillet La désillusion bienfaisante
31 Juillet Jusqu’à ce que nous soyons entièrement à
Lui
1er Août Comment Dieu procède-t-il ?
2 Août La discipline par les difficultés
3 Août La contrainte souveraine de Dieu
4 Août Compagnons de Dieu
5 Août L’appel déconcertant
6 Août La croix et la prière
7 Août La prière dans la maison du Père
8 Août Prier pour honorer le Père
9 Août La prière que Dieu écoute
10 Août Le chrétien et la souffrance
11 Août L’expérience qui nous forme
12 Août Se reposer en Dieu
13 Août N’éteignez pas l’Esprit
14 Août Châtiment
15 Août Les signes de la nouvelle naissance
16 Août Me connaît-il ?
17 Août Avez-vous perdu courage ?
18 Août Muet de tristesse
19 Août Êtes-vous préoccupé de vous-même ?
20 Août Plénitude
21 Août Le ministère des humbles
22 Août “Pour moi… mais Lui…”
23 Août Ce qui s’oppose en nous à la prière
24 Août La boussole indicatrice
25 Août L’amitié féconde
26 Août Vous arrive-t-il d’être troublé ?
27 Août Vivre et agir
28 Août A quoi bon la prière ?
29 Août L’épreuve de notre foi
30 Août Êtes-vous à Jésus-Christ ?
31 Août Ma joie… votre joie…
1er Septembre Nous sommes destinés à la sainteté
2 Septembre La vie offerte en sacrifice
3 Septembre Tout ce que Dieu me donne, je dois le
répandre en son honneur
4 Septembre Sommes-nous à Lui ?
5 Septembre Comment le missionnaire doit veiller
6 Septembre La vie qui se répand au loin
7 Septembre La source et le fleuve
8 Septembre Ce qu’il me faut démolir en moi
9 Septembre Ce qu’il me faut discipliner en moi
10 Septembre Les munitions du missionnaire
11 Septembre Les munitions du missionnaire
12 Septembre Le brouillard spirituel
13 Septembre Après l’abandon
14 Septembre Comment nous corrompons notre foi !
15 Septembre Ce que nous devons repousser
16 Septembre La véritable prière
17 Septembre La raison d’être de la tentation
18 Septembre Les tentations de Jésus et les nôtres
19 Septembre Persévérer avec Jésus
20 Septembre La règle divine
21 Septembre A quoi Dieu nous destine
22 Septembre Le Maître du missionnaire
23 Septembre Le but du missionnaire
24 Septembre Comment nous devons nous préparer
25 Septembre Nos rapports avec les autres et avec
Jésus
26 Septembre L’attitude irréprochable
27 Septembre Le renoncement sans réserve
28 Septembre L’union inconditionnelle avec Jésus
29 Septembre Comment nous parvient l’appel de
Dieu
30 Septembre Quand la main de Dieu est sur nous
1er Octobre Moments d’extase
2 Octobre Heure d’humiliation
3 Octobre Le service de Dieu
4 Octobre La vision et la vérité
5 Octobre La tendance au péché
6 Octobre La régénération
7 Octobre La réconciliation
8 Octobre Christ nous veut tout à Lui
9 Octobre Prenez courage
10 Octobre L’obéissance nous éclaire
11 Octobre Le silence de Dieu
12 Octobre Marcher du même pas que Dieu
13 Octobre Un découragement constructif
14 Octobre Pour être un vrai missionnaire
15 Octobre Le message du missionnaire
16 Octobre Comprendre les ordres du Maître
17 Octobre Des œuvres plus grandes
18 Octobre La clé du service missionnaire
19 Octobre Le royaume de Dieu est au-dedans de
vous
20 Octobre Est-ce que je veux ce que Dieu veut ?
21 Octobre Nous laissons-nous diriger par nos
impulsions ?
22 Octobre Le témoignage du Saint-Esprit
23 Octobre Rien ne doit subsister
24 Octobre Triompher en Christ
25 Octobre Supporter tout !
26 Octobre Qu’est-ce qu’un missionnaire ?
27 Octobre La méthode du missionnaire
28 Octobre La justification par la foi
29 Octobre La substitution
30 Octobre La foi
31 Octobre La foi véritable
1er Novembre Nous ne sommes pas à nous-mêmes
2 Novembre Autorité et indépendance
3 Novembre Esclave de Jésus
4 Novembre L’autorité de la révélation
5 Novembre Participants de ses souffrances
6 Novembre Un programme de foi
7 Novembre Dieu nous dirige
8 Novembre La puissance incomparable
9 Novembre Instruments de la grâce divine
10 Novembre Ouvrier avec Dieu
11 Novembre Jusqu’en haut !
12 Novembre La vie transformée
13 Novembre Foi et expérience
14 Novembre La direction divine
15 Novembre Que t’importe ?
16 Novembre Glorifier Dieu dans la vie de tous les
jours
17 Novembre L’obéissance qui conduit à Dieu
18 Novembre La véritable liberté
19 Novembre Quand Il sera venu !
20 Novembre Le pardon de Dieu
21 Novembre Tout est accompli
22 Novembre Les choses terre à terre et les choses
profondes
23 Novembre Ce qui nous éloigne de Dieu
24 Novembre Regardez à Dieu
25 Novembre Le fondement inébranlable
26 Novembre La croix, source d’énergie spirituelle
27 Novembre Consacrez à Dieu votre énergie
sprituelle
28 Novembre Le bienfait du dénuement
29 Novembre La valeur unique de la personne de
Jésus
30 Novembre Par la grâce de Dieu, je suis ce que je
suis
2 Décembre La perfection chrétienne
3 Décembre Ni par la puissance, ni par la force
4 Décembre La loi des antagonismes
5 Décembre Le temple du Saint-Esprit
7 Décembre La repentance
8 Décembre Dieu ne fait pas acception de personne
9 Décembre Le sacrifice complet de nous-mêmes
10 Décembre Le sacrifice de notre nature humaine
11 Décembre L’individualité
12 Décembre La personnalité
13 Décembre La prière d’intercession
14 Décembre La vie selon Dieu
15 Décembre Exprimer de son mieux la parole divine
16 Décembre Lutter devant Dieu
17 Décembre La rédemption crée en nous le besoin
qu’elle satisfait
18 Décembre Comment nous prouvons notre fidélité
à Dieu
19 Décembre Insistons sur ce point
20 Décembre Travailler comme Dieu le veut
21 Décembre Expérience ou révélation ?
22 Décembre Comment le Père nous attire
23 Décembre Mort avec Christ
24 Décembre La vie cachée
25 Décembre La naissance de Jésus et notre nouvelle-
naissance
26 Décembre Dans la lumière
27 Décembre Où se livre le combat ?
28 Décembre La conversion continuée
29 Décembre Déserteur ou disciple ?
30 Décembre Dieu fait toutes choses nouvelles
31 Décembre Hier