Faculté Des Sciences Humaines Et Sociales
Département de Psychologie
Module : Histoire Des Sciences
Sujet 05 :
La médecine chez les Grecques
Présenté par : Encadré par :
Fatimazahra Badissy Pr. Sedra
ANNEE UNIVERSITAIRE : 2023/2024
I. Introduction
La science de la médecine a évolué grâce aux premières expériences et
observations de l'homme en forme la plus élémentaire. La médecine dans son sens
large, en passant par différentes étapes, comme la médecine empirique, magique,
sacerdotale, philosophique, méthodique, et enfin la médecine moderne, est aussi
vieille que l'homme.
Cependant, la médecine grecque antique représente une période de transition
significative vers une approche plus scientifique et rationnelle de la médecine. Avant
cette époque, les pratiques médicales étaient souvent imprégnées de superstitions et
de rituels magiques. Cependant, avec l'avènement de la médecine grecque, il y a eu
un changement notable vers une compréhension plus systématique et empirique de
la santé et des maladies. Des figures emblématiques comme Hippocrate, souvent
considéré comme le père de la médecine, ont joué un rôle crucial dans ce
développement. Il a introduit des concepts tels que l'observation clinique et la
documentation rigoureuse des symptômes et des traitements, ce qui a permis de
mieux comprendre les maladies et d'améliorer les soins apportés aux patients.
L’histoire de la médecine chez les Grecs est riche et complexe, reflétant une
combinaison unique de pratiques médicales, d'observations scientifiques, de
philosophies et de croyances religieuses. La médecine grecque antique a posé les
fondations de la médecine occidentale moderne et continue d'influencer notre
compréhension et notre approche des soins de santé grâce à des pratiques et des
théories qui sont encore pertinentes aujourd'hui. Dans ce travail, nous allons aborder
les points clés concernant l'histoire de la médecine grecque antique depuis la période
préhistorique jusqu’à l’ère Alexandrine, en passant par les différents stades
d’évolution de la médecine grecque.
1
II. Histoire de la médecine grecque
La médecine grecque trouve ses racines dans des pratiques magico-
religieuses, où la guérison était souvent associée aux dieux, notamment Asclépios,
le dieu de la médecine en mythologie grecque. Les sanctuaires d'Asclépios, situés en
dehors des villes et souvent près de sources d'eau, étaient des lieux de pèlerinage
pour les malades qui espéraient des guérisons miraculeuses grâce à des rituels
spécifiques, tels que l'incubation, où les patients dormaient dans un portique sacré
en espérant une vision divine guérisseuse (Wikipédia, l'encyclopédie libre) (Techno-
Science.net.
Cependant, au fil du temps, la médecine grecque évolue vers une discipline plus
rationnelle et scientifique, marquée par des observations rigoureuses et des pratiques
systématiques.
1) La médecine préhistorique
Alors que nous manquions de données précises sur la médecine en Grèce durant
l’époque préhistorique, nous pouvons pourtant en tenter une esquisse, en nous
appuyant sur les preuves retrouvées jusqu’ici, concernant cette très ancienne période
de la médecine chez l’espèce humaine.
La maladie est antérieure à l’homme sur la terre : elle s’y est manifestée en même
temps que la vie. A preuve, la découverte de fragments de squelette humain jusqu’ici
on a constaté de la pyorrhée des alvéoles, de l’arthrite bilatérale, de la spondylite
cervicale et lombaire, des ankyloses des articulations, du rachitisme, de la
tuberculose osseuse, de la tumeur blanche, etc.
2
L’homme préhistorique, en présence de ses premiers accidents de nature
pathologique, chirurgicale ou psychique, a dû réagir comme les bêtes, au moins. La
« médecine » instinctive des animaux offre plusieurs exemples caractéristiques et
l’homme a sans aucun doute dû utiliser, d’abord par simple imitation et ensuite par
expérience propre, des moyens analogues, guidé, lui-aussi, par son instinct. Des
singes blessés montent au sommet des arbres où ils lèchent leurs plaies pour les
nettoyer, puis ils mâchent des fruits ou des feuilles, ils en recouvrent les plaies
(asepsie), ou bien ils pressent la partie qui saigne (hémostasie), ou bien encore ils
sucent l’endroit piqué par un animal venimeux. Le chat sauvage recherche des
herbes purgatives pour se purger les intestins, ou bien des boutons de girofles pour
soulager ses coliques. Généralement parlant, un grand nombre d’animaux atteints de
fièvre plongent dans l’eau pour éteindre leur fébrilité ; d’autres se frottent sur le sol,
pénètrent dans la vase ou le sable pour se soulager (hydrothérapie, frictions, bains
de vase, bains de sable).
D’autre part, la découverte des médicaments provenant des trois règnes de la
nature, remonte très loin. Le chef de 16 famille, possédant le plus de connaissances
et la plus grande expérience, devient rapidement son médecin, pour transmettre selon
la tradition à l’aîné de ses descendants ses propres notions, ce qui, avec le temps, a
constitué ce que nous appelons de nos jours « The archeology of the mind ».
A l'origine la société était matriarcale, la femme en tant que chef de la famille
en a probablement pris soin de son hygiène. Les découvertes archéologiques
montrent qu'elle était la personnification des opérations obstétricales, et même des
sage-femmes.
Les habitants de la Grèce, les Egées ou bien les Pré grecs, comme on les
appelle, ont commencé faire des petits pas par la magie et la pratique, une médecine
qui était destiné à devenir le fondement de la médecine moderne. Ce qui précède
concernant l’homme préhistorique vaut également, de façon générale, pour l’art
3
thérapeutique de ces peuples anciens qui ont immigré successivement sur le sol de
la Grèce pour y constituer finalement le peuple grec de l’antiquité, lequel a fini par
former un ensemble racial unique : on assiste au miracle de la médecine grecque du
siècle d’or, où l’on voit, pour la première fois de façon scientifique, l’art
thérapeutique de l’Homme.
2) La médecine dans la Crète antique : débuts Mythologiques et Religieux
La médecine crétoise de l’époque minoenne remonte à 25OO avant JC.
Dans la mythologie grecque, Asclépios est le dieu de la médecine et de la
guérison. Ses temples, appelés Asclépiéions, étaient des centres de guérison où les
malades venaient se faire soigner par des méthodes mêlant pratiques religieuses et
thérapeutiques. Les patients y pratiquaient des rituels et recevaient des traitements
qui comprenaient souvent des rêves interprétés par les prêtres.
Les plantes médicinales ou aromatiques de la Crète sont célèbres. La tradition a
conservé la réputation de certaines de ces plantes et leurs vertus respectives. A titre
d’exemple, la menthe, qui guérit les coliques, les névralgies et les douleurs
rhumatismales, les laryngites, les envies de vomir, les diarrhées, la dysménorrhée,
les entérites rhumatismales, l’hystérie, etc ; l’asplénon, qui guérissait les maladies
de la rate, indispensable au régime des athlètes; le dictame, la plante la plus fameuse
de toutes, considérée comme sacrée, dont on tressait des couronnes dédiées à la
déesse; il était considéré comme accélérant l’accouchement, comme un abortif, un
remède des maux d’estomac, des intestins, des poumons, etc.; l’absinthe, dont la
racine était considérée comme un stimulant, un activant de la transpiration,
guérissant la dysménorrhée, les refroidissements accompagnés de douleurs et de
crispations, l’épilepsie, les vers intestinaux, etc; la tragacanthe ou adragante, du
tronc d’arbrisseaux du genre astragale, et qu’on employait dans les diarrhées, les
empoisonnements ou intoxications, pour les lavements et les gargarismes, etc;
4
La forte influence de la religion sur les gens pendant les premières époques
affectait inévitablement la médecine, fait qui sera observé au cours de l'époque
mycénienne, de manière que la médecine divine ait une position excellente dans la
société. Pendant la période mycénienne se forment aussi les douze dieux sur lesquels
régnaient Zeus et Héra, pourtant avant le règne des douze dieux de l'Olympe on ne
rencontre nulle part de références pour eux. De l'époque mycénienne et jusqu'au
temps des philosophes, la religion influe sur le traitement médical, définissant la
partie standard de son caractère. Le contenu essentiel de la médecine «divine-
sacerdotal» étaient des invocations, des prières et des hymnes aux dieux, dont les
Mycéniens se croyaient dépendant pour maintenir ou rétablir une bonne santé. La
médecine et la divination pendant cette période s'identifiaient, parce que les deux
étaient considérés comme sacrés, et les devins pratiquaient la médecine.
3) L'Ère Hippocratique
Hippocrate de Cos (460-370 av. J.-C.), souvent surnommé le "Père de la
Médecine", a marqué un tournant dans l'approche médicale en écartant les
explications purement religieuses des maladies. Le "Corpus Hippocratique", une
collection de textes médicaux, bien que probablement écrite par divers auteurs, est
attribué à son école et couvre divers domaines comme la gynécologie et la chirurgie.
Hippocrate a insisté sur l'observation clinique et le raisonnement logique,
considérant les maladies comme des phénomènes naturels plutôt que surnaturels
(Techno-Science.net) (SNOF).
Le Serment d'Hippocrate, toujours en usage aujourd'hui, est un code éthique pour les
médecins. Il reflète l'engagement des praticiens à traiter leurs patients.
Pour ce qui est des méthodes et pratiques en médecine, les médecins grecs
utilisaient une combinaison de traitements naturels et de techniques rudimentaires.
Les diagnostics se basaient sur des observations détaillées des symptômes, et les
5
traitements incluaient souvent des herbes, des racines, et parfois des amulettes. La
chirurgie était rare et généralement réservée aux blessures de guerre, où les médecins
apprenaient beaucoup sur l'anatomie humaine. Les médecins grecs comprenaient
l'importance de la désinfection et de l'arrêt des hémorragies, bien que leurs méthodes
restent rudimentaires comparées aux standards modernes (World History
Encyclopedia).
4) L'Ère Alexandrine
Une école de médecine célèbre fut fondée dans la ville antique d'Alexandrie
durant le troisième siècle av. J.-C. Bien qu'en majorité d'essence grecque et
professant l'enseignement d'Hippocrate, cette école était fortement influencée par les
pratiques médicales de l'ancienne Égypte. L'anatomie y était particulièrement
avancée grâce à la possibilité d'effectuer des dissections du corps humain.
Pendant la période hellénistique, Alexandrie est devenue un centre majeur de la
recherche médicale en Anatomie et Physiologie. Des médecins comme Hérofile et
Érasistrate ont réalisé des dissections humaines, permettant des découvertes
cruciales sur le corps humain et ses fonctions, avec compassion et intégrité.
De nombreux médecins gradués de cette école voyagèrent et exercèrent la
médecine d'un bout à l'autre du bassin méditerranéen. Galien, le célèbre médecin
romain, avait étudié à Alexandrie avant d'exercer à Rome. Ses enseignements et ses
écrits ont survécu jusqu'à une période avancée dans le 16e siècle et formèrent la base
de pratiques médicales plus modernes durant la Renaissance.
6
III. Conclusion
La médecine grecque antique représente une période de transition significative
vers une approche plus scientifique et rationnelle de la médecine. En intégrant des
pratiques médicales empiriques avec des théories philosophiques et des croyances
religieuses, les Grecs ont jeté les bases de la médecine moderne. Leur héritage
perdure, non seulement à travers les techniques médicales, mais aussi par
l'importance accordée à l'éthique et à la compassion dans le soin des malades.
En intégrant des pratiques médicales empiriques aux théories philosophiques
et aux croyances religieuses, les Grecs ont jeté les bases de la médecine moderne.
Les philosophes grecs comme Aristote et Platon ont également contribué à cette
évolution en proposant des théories sur le fonctionnement du corps humain et
l'importance de l'équilibre des humeurs. Cette période a vu l'émergence de la théorie
des quatre humeurs, qui a dominé la pensée médicale pendant des siècles. Les Grecs
ont ainsi réussi à marier la science et la philosophie, créant un cadre de référence qui
allait influencer la médecine occidentale pendant des millénaires.
Leur héritage perdure, non seulement à travers les techniques médicales, mais
aussi par l’importance accordée à l’éthique et à la compassion dans le soin des
malades. Le serment d'Hippocrate, encore en usage aujourd'hui sous diverses
formes, est un témoignage de l'importance accordée à l'éthique médicale. Les
principes de respect, de non-malfaisance et de confidentialité, énoncés par
Hippocrate, continuent de guider les praticiens de la médecine moderne. De plus, les
Grecs ont également mis en avant l'importance de la relation médecin-patient,
soulignant que la compassion et l'empathie sont essentielles pour un traitement
efficace. Ainsi, l'héritage de la médecine grecque antique n'est pas seulement
7
technique, mais aussi profondément humain, rappelant aux praticiens d'aujourd'hui
que la médecine est autant un art qu'une science.
8
Références bibliographiques
• Grégoire Tsoucalas.2017. La médecine Grecque de l'époque pré-
Hippocratique. Éditions Saint George, Volos2017.
• H. N. Sallam. 2002. L'ancienne école de médecine d'Alexandrie. Éditions
scientifiques et médicales Elsevier SAS.
Dans : https://www.em-consulte.com/article/3981/l-ancienne-ecole-de-
medecine-d-alexandrie
• https://www.snof.org/encyclopedie/ophtalmologie-gr%C3%A8ce-antique
• https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Medecine-en-Grece-
antique.html
• https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12140/la-medecine-en-grece-
antique/