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Différences Entre La Sainte Cène Et La Messe Romaine Paulin Bédard

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Certitude et réconfort

Différences entre
la sainte cène et la messe romaine

Quelle différence y a-t-il entre la Cène du Seigneur et la messe romaine?

La Cène nous atteste que nous avons l’entière rémission de tous nos péchés par le sacrifice unique de
Jésus-Christ, accompli une fois pour toutes sur la croix1, et que par le Saint-Esprit nous sommes
incorporés au Christ2 qui est maintenant corporellement au ciel à la droite du Père3 et veut y être
adoré4; tandis que la messe enseigne que les vivants et les morts n’ont pas la rémission des péchés par
la passion du Christ, à moins que le Christ ne soit encore sacrifié chaque jour pour eux par les prêtres
à la messe; et que le Christ est corporellement sous les apparences du pain et du vin et doit, par
conséquent, y être adoré. Ainsi la messe n’est au fond rien d’autre qu’une négation du caractère unique
du sacrifice et de la passion de Jésus-Christ et une maudite idolâtrie.

1. Mt 26.28; Jn 19.30; Hé 7.27; Hé 9.11-14,25-26; Hé 10.9-18.


2. 1 Co 6.17; 1 Co 10.16-17.
3. Jn 20.17; Ac 7.55-56; Hé 1.3; Hé 8.1.
4. Lc 24.52; Jn 4.21-24; Ph 3.20-21; Col 3.1; 1 Th 1.10.

Catéchisme de Heidelberg, Q&R 80

1. Un sacrifice unique
2. Une présence corporelle au ciel
3. Une adoration véritable

Nous arrivons à la fameuse question et réponse 80 du Catéchisme. Pourquoi encore un article sur la
sainte cène? Pourquoi utiliser un langage aussi dur et tranchant? Vous l’aurez remarqué, cette réponse
se termine par un jugement sévère sur la messe romaine. Pourtant, le reste du Catéchisme est écrit
sur un ton doux et pastoral. Il est utile de noter que cette réponse ne se trouvait pas dans la première
édition du Catéchisme. Elle a été ajoutée dans la seconde édition. Que s’est-il passé entre les deux? Le
Concile de Trente (1545-1563) a rendu sa décision. Ce Concile a condamné la doctrine réformée selon
laquelle nous sommes sauvés par la foi seule, par le seul sacrifice de Jésus-Christ. La réponse 80
serait-elle alors seulement une réaction de vengeance? Non, car nous n’avons pas affaire ici à une
petite différence d’opinions. L’enjeu est très important. Il était nécessaire de bien clarifier les

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Différences entre la sainte cène et la messe romaine

différences entre la sainte cène et la messe romaine. Il fallait présenter au peuple de Dieu une mise en
garde sans ambiguïté.

La situation aujourd’hui a-t-elle changé? Devrions-nous enlever ou atténuer cet article? Certains
voudraient le faire, non par souci de vérité, mais uniquement pour tenter un rapprochement ou une
« détente » avec les catholiques romains. C’est peut-être une intention louable, mais sans bien réaliser
le fossé profond qui nous sépare de l’Église de Rome et de la messe romaine. La doctrine officielle de
l’Église de Rome n’a pourtant pas changé depuis le temps de la Réforme. La réponse 80 est toujours
d’actualité! Nous avons toujours besoin de la même mise en garde.

Il faut toutefois comprendre que cette réponse n’est pas là simplement pour attaquer les autres ou par
vengeance. Elle est là pour la gloire de Dieu, pour notre bien et pour faire preuve d’amour envers
notre prochain. « Quelle est ton unique assurance dans la vie comme dans la mort? » (Q&R 1). Telle est la
première question du Catéchisme qui donne le ton à l’ensemble. Ce que nous confessons ici nous
aidera à vivre et à grandir dans cette unique assurance. Quelles sont donc les différences entre la
sainte cène et la messe romaine? Nous comptons trois différences fondamentales. En les expliquant,
nous découvrirons de grandes richesses positives pour notre vie.

1. Un sacrifice unique
Considérons une première différence.

« La Cène nous atteste que nous avons l’entière rémission de tous nos péchés par le
sacrifice unique de Jésus-Christ, accompli une fois pour toutes sur la croix […] tandis
que la messe enseigne que les vivants et les morts n’ont pas la rémission des péchés
par la passion du Christ, à moins que le Christ ne soit encore sacrifié chaque jour
pour eux par les prêtres à la messe » (Q&R 80).

Cette première différence est fondamentale. Il faut choisir entre un sacrifice unique et complet qui
nous procure le pardon complet de tous nos péchés, ou bien un sacrifice qui doit être répété chaque
jour, sans quoi notre pardon n’est jamais garanti.

Pourquoi soutenir l’idée d’un sacrifice répété, réactualisé ou « rendu présent »? Cette doctrine met
l’accent sur nous. Le Christ est mort sur la croix, bien entendu, mais il faudrait également que le
prêtre offre à nouveau Jésus en sacrifice pour que nos péchés soient payés. Le Catéchisme de l’Église
catholique romaine de 1992 dit ceci au paragraphe 1545 :

« Le sacrifice rédempteur du Christ est unique, accompli une fois pour toutes. Et
pourtant, il est rendu présent dans le sacrifice eucharistique de l’Église. Il en est de
même de l’unique sacerdoce du Christ : il est rendu présent par le sacerdoce
ministériel sans que soit diminuée l’unicité du sacerdoce du Christ : Aussi le Christ
est-il le seul vrai prêtre, les autres n’étant que ses ministres. »

Cette formulation contient une contradiction en voulant tenir ensemble le fait que le sacrifice du
Christ a été accompli une fois pour toutes et qu’en même temps (« et pourtant… ») il doit être rendu
présent dans le sacrifice eucharistique de l’Église. Il n’y a qu’un sacrifice, offert une seule fois à la

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croix, mais il y aurait aussi le sacrifice offert à répétition sur l’autel lors de la messe. Il n’y a qu’un seul
vrai prêtre et un sacrifice unique, mais les autres prêtres seraient nécessaires et l’offrande qu’ils
présentent sur l’autel serait prétendument requise pour rendre le sacrifice du Christ accessible aux
fidèles. Le seul sacrifice de Jésus-Christ une fois pour toutes sur la croix ne serait pas suffisant; la
contribution humaine serait également nécessaire. Le prêtre doit à nouveau présenter le sacrifice de
la messe, autrement, l’œuvre de Jésus-Christ à la croix ne nous serait d’aucune utilité. Comment
devenir juste devant Dieu? Il faut Jésus-Christ plus quelque chose, Jésus-Christ plus une contribution
humaine supplémentaire. Voilà l’enseignement officiel de l’Église catholique romaine, le salut par la
grâce plus nos bonnes œuvres méritoires.

La Bible est cependant très claire. Nous ne pouvons apporter aucune contribution à notre salut.

« Il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des
veaux, mais avec son propre sang. C’est ainsi qu’il nous a obtenu une rédemption
éternelle » (Hé 9.12).

Remarquez le temps du verbe : « Il nous a obtenu une rédemption éternelle. » Cette action est passée,
terminée, accomplie définitivement.

« Il n’y est pas entré afin de s’offrir plusieurs fois, comme le souverain sacrificateur
entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger; car alors, le Christ
aurait dû souffrir plusieurs fois depuis la fondation du monde. Mais maintenant, à
la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice » (Hé
9.25).

Un seul sacrifice parfait et complet, non répété, offert une seule fois il y a 2000 ans, a produit un
résultat décisif : il a aboli le péché!

L’épître aux Hébreux est tellement pleine de lumière et de clarté! Pourquoi offrir le Seigneur Jésus en
sacrifice encore aujourd’hui? C’est complètement inutile et pire encore, c’est « une négation du caractère
unique du sacrifice et de la passion de Jésus-Christ » (Q&R 80). Quels sont en retour les bons fruits de la
doctrine de la sainte cène? Tout d’abord, toute la gloire est rendue à Dieu seul et à l’unique sacrifice de
son Fils, ensuite nous recevons à la table du Seigneur une pleine assurance du pardon de nos péchés.
Quelle joie et quelle consolation!

2. Une présence corporelle au ciel


Considérons maintenant une deuxième différence entre la sainte cène et la messe romaine.

« La Cène nous atteste […] que par le Saint-Esprit nous sommes incorporés au Christ
qui est maintenant corporellement au ciel à la droite du Père […] tandis que la messe
enseigne […] que le Christ est corporellement sous les apparences du pain et du vin »
(Q&R 80).

Voilà une autre différence absolument fondamentale! Jésus-Christ est-il au ciel ou bien sur l’autel en
face de nous? Où son corps se trouve-t-il?

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L’épître aux Hébreux répond encore admirablement à cette question. « Ce Fils […] après avoir accompli la
purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts » (Hé 1.3).
Remarquez bien la séquence présentée dans ce passage : « après avoir accompli la purification des péchés »
(c’est complété une fois pour toutes par son sacrifice unique offert sur la croix), « il s’est assis à la droite
de la majesté divine dans les lieux très-hauts », où il siège encore aujourd’hui. Notre Catéchisme n’invente
rien. Il s’enracine dans la révélation biblique! C’est précisément parce que le Christ nous a obtenu une
rédemption éternelle qu’il est entré dans le lieu très saint, une fois pour toutes. Son Père l’a accueilli à
bras grands ouverts parce que son sacrifice était complet, parfaitement acceptable aux yeux du Dieu
trois fois saint.

En Jean 14.2-3, Jésus nous dit qu’il est allé auprès du Père nous préparer une place, et que lorsqu’il
reviendra corporellement, ce sera pour nous prendre avec lui pour l’éternité. Il n’a jamais promis de
revenir nous visiter corporellement avant cela. Il est occupé aujourd’hui à prier et à intercéder pour
nous « auprès du Père » (1 Jn 2.1).

« Nous avons un souverain sacrificateur qui s’est assis à la droite du trône de la


majesté divine dans les cieux; il est ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle,
dressé par le Seigneur et non par un homme » (Hé 8.1).

Comment notre Sauveur pourrait-il accepter de redescendre et de s’humilier encore chaque jour?
Pourquoi aurait-il besoin d’entrer dans un tabernacle fait par la main des hommes? Il est certain que
jamais il ne redescendra de sa position suprême avant son retour en gloire. Quand il reviendra
corporellement, ce sera pour parachever son règne, rassembler ses élus dans son Royaume et être
admiré par tous dans toute sa gloire.

3. Une adoration véritable


La troisième grande différence entre la cène et la messe découle des deux premières. La cène nous
enseigne que le Seigneur Jésus est à la droite du Père et qu’il « veut y être adoré », tandis que, d’après la
doctrine de la messe, le Seigneur devrait être adoré sous les apparences du pain et du vin. Le
Catéchisme de l’Église catholique romaine dit ceci au paragraphe 1378 :

« Dans la liturgie de la messe, nous exprimons notre foi en la présence réelle du


Christ sous les espèces du pain et du vin, entre autres, en fléchissant les genoux, ou en
nous inclinant profondément en signe d’adoration du Seigneur. L’Église catholique a
rendu et continue de rendre ce culte d’adoration qui est dû au sacrement de
l’Eucharistie non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration :
en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées, en les présentant aux
fidèles pour qu’ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession. »

Mais où Jésus-Christ a-t-il donc commandé d’adorer le pain et le vin, de les conserver soigneusement
et de les porter en procession? Les seuls commandements qu’il a donnés sont les suivants : « Prenez et
mangez […]. Buvez-en tous » (Mt 26.26-27). « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22.19; 1 Co 11.24-25).

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Puisque nous avons l’entière rémission de tous nos péchés par son sacrifice unique et puisque le corps
glorifié du Christ est aujourd’hui au ciel, à la droite du Père, et non pas sur l’autel, nous pouvons et
devons l’adorer en esprit et en vérité (Jn 4.21-23). Nous avons la joie et la liberté de l’adorer, lui, notre
parfait Sauveur et notre unique Médiateur. Nous avons aussi le devoir de l’adorer correctement. La
doctrine de la cène touche à un aspect essentiel de notre vie : l’adoration! Nous n’adorons pas le pain
et le vin, c’est une idolâtrie! Comment pourrions-nous incliner nos têtes devant le prêtre et aller
« communier » à la messe en bonne conscience? Nous n’adorons pas l’hostie ni la coupe, ni un Jésus
descendu du ciel et fabriqué sur l’autel par le prêtre. Nous adorons Jésus-Christ assis à la droite de la
majesté divine dans les lieux très-hauts. « Mais celui qui a été fait pour un peu de temps inférieur aux anges,
Jésus, nous le contemplons, couronné de gloire et d’honneur » (Hé 2.9).

Où le contemplons-nous couronné de gloire et d’honneur? Sur l’autel de la messe avec nos yeux? Sous
les apparences du pain et du vin? Quelle humiliation et quel déshonneur pour le Seigneur Jésus!
Devoir apparaître sous une forme aussi rabaissée qu’une croûte de pain et une gorgée de vin! Avoir
besoin d’être offert en sacrifice de nouveau chaque jour! Non, il s’est abaissé « pour un peu de temps »,
quand il est venu sur terre et qu’il est mort sur la croix. Une fois suffit! Son temps d’humiliation est
maintenant terminé. Après ses souffrances et sa mort infâme, il est ressuscité victorieux. Après sa
résurrection, il a été élevé dans la gloire. Il avait d’ailleurs prié son Père en lui demandant
expressément ceci pour lui-même : « Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que
j’avais auprès de toi, avant que le monde fût » (Jn 17.5). Son Père l’a exaucé en l’élevant à sa droite et en
l’intronisant dans son règne. Ni le Fils ni le Père n’accepteront que Jésus-Christ soit de nouveau
humilié en quittant sa position glorieuse. C’est là, dans la gloire céleste, qu’il demeure jusqu’à son
retour en gloire. C’est là que nous le contemplons, avec les yeux de la foi, couronné de gloire et
d’honneur! Nous l’adorons, non par la vue, mais par la foi!

Sur quoi portons-nous notre attention quand nous participons à la table du Seigneur? Nos yeux
regardent le pain et le vin. C’est normal, notre Seigneur nous a donné ces éléments comme signes
visibles et gages de son amour. Nous prenons le pain et la coupe dans nos mains, nous mangeons et
buvons avec notre bouche. Mais notre cœur, vers où se tourne-t-il? Vers le ciel! C’est là que notre
Seigneur se trouve et c’est là qu’il veut être adoré.

En résumé, la question et réponse 80 du Catéchisme est très riche. Cette confession est un
témoignage de l’Évangile de la grâce! En même temps, elle contient une mise en garde sérieuse contre
un faux évangile et un faux christianisme. Nous confessons le parfait sacrifice de Jésus-Christ
accompli pour nous une fois pour toutes. À la table du Seigneur, nous recevons l’assurance que nous
sommes entièrement libérés de nos péchés. Nous confessons en même temps la position glorieuse
que Jésus-Christ glorifié occupe aujourd’hui. Nos cœurs sont alors conduits à adorer notre Seigneur
en esprit et en vérité. Levons donc les yeux vers le ciel avec joie et reconnaissance! Adorons et
admirons notre merveilleux Sauveur couronné de gloire et d’honneur!

Paulin Bédard, pasteur

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Certitude et réconfort, série d’études doctrinales sur le Catéchisme de Heidelberg.


L’auteur est pasteur de l’Église chrétienne réformée de Beauce, Québec, Canada, et directeur du site Ressources
chrétiennes.

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2020. Utilisé avec permission. Cet article est sous licence Creative Commons.
Paternité – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0)

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