THEME 2 – Faire la guerre, faire la paix :
formes de conflits et modes de résolution
« Depuis six mile ans la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs. »
- Victor Hugo
Introduction – Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel
Conflit : opposition entre deux acteurs (individus ou groupes) qui peut aller du simple
désaccord à la guerre et prendre des formes diverses (armées ou non)
Conflictualité : situation intermédiaire entre paix et guerre ouverte, se manifestent par des
violences de natures diverses
Guerre : conflit armé
Paix : absence de guerre, sinon de conflit
Paix → absence de concorde → Conflictualité → opposition → Conflit → armes → Guerre
1)
Contexte ? → acteurs, durée, causes
Échelle mondiale → imprécise
figuré ponctuel → géométrie
intra-étatique : à l’intérieur d’un état
interétatique : entre deux états
Guerres dites CONVENTIONNELLES interétatiques
Guerres inter-étatiques CIVILES
Conflits NON CONVENTIONNELS
Cyberguerres
Terrorisme djihadiste
TRANSNATIONAUX
Guerre idéologique, économique, scientifique, cyberguerre
conventionnelles : mer, terre, airs, artillerie
non conventionnelles : guérilla, terrorisme
Les acteurs classiques des guerres conventionnelles : les états et leurs armées, le
Mercenariat (SMP), les organisations internationales (SDN / ONU)
Les acteurs non-conventionnels : les groupes rebelles, les groupes criminels (mafia), la
piraterie, les groupes criminels religieux (terrorisme : les talibans, DAECH, Al-Qaïda
Accords entre acteurs belligérants suite à une victoire militaire ou à des négociations :
• Armistice : arrêt des combats (cessez-le-feu) → responsables militaires
• Traité de paix : arrêt de la guerre → responsables politiques
Intervention étrangère dans un cadre unilatéral ou multilatéral (coalition ou ONU – sécurité
collective) :
• États
• Coalitions
Théorisation de la guerre et de la paix
Penser la paix : l’apport de Johan Galtung (1930), politologue norvégien, fondateur de
l’irénologie ; la science de la paix
Il distingue paix négative (qui vise la fin du conflit) et paix positive (qui vise la fin des
causes de la violence)
L’apport de Bruno Arcidiacono (1951 – 2019)
Il distingue lui cinq types de paix :
• la paix d’hégémonie (imposer la paix aux autres grâce à une supériorité → Europe
Napoléonienne)
• la paix d’équilibre (pertes plus grandes que les acquis → Guerre Froide)
• l’union fédérale (accord de mise en commun d’une justice, d’un parlement et d’une
armée entre les états → assemblée générale de l’ONU)
• l’union confédérale (impossibilité de la précédente mise en commun, union morale :
rendre la guerre immorale → SDN, William Penn)
• le directoire (petit groupe de puissance qui fait respecter la paix à l’échelle
mondiale → conseil de sécurité de l’ONU)
AXE 1 – La Dimension Politique de la Guerre : des Conflits Interétatiques aux Enjeux
Transnationaux
• 1ère étape : Ouverture (accroche)
Citation : « La guerre n’est que la continuité de la politique par d’autres moyens »
• 2nde étape : Définition des termes
politique : exercice du pouvoir (gouverner, affaires publiques)
interétatique : entre deux états
intraétatique : entre deux acteurs dans un état (contestation politique)
transnational : par-delà des frontières (positionnement politique)
• 3e étape : Cadre chronologique et géologique
Du XVIIIe siècle à nos jours dans le monde
• 4e étape : Contextualisation
Construction de l’état moderne → entité administrative et fiscale plus performante
• 5e étape : Problématisation
En quoi la guerre possède une dimension politique et comment ce rapport a-t-il évolué ?
• 6e étape : Plan
Plan chronologique
La Guerre de Sept Ans
1) Quelles sont les puissances en présence et à qui sont elles alliées au début du
conflit ?
Malgré une rivalité séculaire, la France s’allie à l’Autriche afin de contrer les
ambitions croissante du Royaume de Prusse. Pour éviter un déséquilibre des puissances en
Europe, la Grande-Bretagne s’allie à la Prusse. Le Tsarat de Russie rejoint l’alliance franco-
autrichienne.
Quels changements d’alliances a lieu en cours de route ?
Alors que la Prusse subit de lourdes pertes face à la Russie, la mort de la Tsarine
Élisabeth de Russie en 1762 va causer un fort changement : son successeur, Pierre III, de
culture allemande et admirateur de la Prusse, refuse de la combattre et se retire du conflit.
L’Espagne rejoint l’alliance franco-autrichienne en cours de guerre et s’attaque au
Portugal, allié historique de la Grande-Bretagne. Le Portugal rejoint alors l’alliance prusso-
britannique.
2) Quelles sont les territoires où se déroulent les conflits ? Que peut-on en déduire ?
Les conflits se déroulent en Europe, majoritairement sur les terres du Saint Empire
Romain Germanique mais également sur les côtes française. Ils se déroulent également dans
les colonies en Amérique et dans les comptoirs en Inde. Nous pouvons en déduire que la
Guerre de Sept Ans est la véritable première guerre mondiale.
Carl Philipp Gottlieb von Clausewitz
1780 (Burg, Prusse) – 1831 (Breslau, Pologne)
«La guerre n'est que le prolongement de la politique par d'autres moyens»
ORIGINE SOCIALE / Noblesse (non prouvée mais par la suite
CONTEXTE reconnue
ÉTUDES POURSUIVIES Éducation médiocre dans une école latine
(jusqu’à 12 ans)
Académie militaire de Berlin
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES Militaire (Generalmajor
IDÉES PHILOSOPHIQUES / la « guerre absolue » qui mobilise toute la
POLITIQUES / masse d’une nation, et les guerres limitées ;
SCIENTIFIQUES •le « centre de gravité (en) de la guerre » ;
•les points décisifs ;
•les lignes d'opération ;
•le « brouillard de la guerre » ;
•la « friction » : Clausewitz regroupe, sous le
concept de « friction », tout ce qui s'oppose
à l'action de guerre et qui fait que quelque
chose de pourtant simple n'est jamais facile
à réaliser. Pour réduire cette friction, il
préconise l'entraînement intensif et
l'élaboration de procédures ;
•la contingence, caractéristique essentielle
de la guerre ;
•la pertinence relative des leçons de
l'histoire ;
•le lien indissociable entre la guerre et
la politique ;
•l'introduction des probabilités dans
le raisonnement stratégique ;
•les avantages relatifs de la défense sur
l'attaque ;
•les graduations de la guerre jusqu'à la
« guerre absolue » ;
•la nature du génie militaire ;
•le courage ;
•l'audace ;
•la montée aux extrêmes
ACTIVITÉS POLITIQUES Théoricien militaire
OUVRAGES PUBLIES « De la guerre »
SOURCES Wikipedia
Le modèle des guerres dynastiques classiques pendant l’époque moderne :
armées permanentes, réduites, professionnelles
but → prendre le dessus, revendications financières ou territoriales, négociations
La guerre absolue est impossible selon Clausewitz. Nous assistons ici plutôt à une montée
aux extrêmes de la violence (explosion des effectifs, guerres longues et coûteuses).
« Nation en armes » → citoyens-soldats
sentiment national
Conscription 1798 → service militaire obligatoire
Figure de Bonaparte
Mouvements nationaux
Indépendance
« petites guerres »
Colonisation (géostratégie)
guerre absolue = guerre totale ?
Mobilisation, anéantissement, idéologie
Al-Qaida et Daech
Guerre irrégulière (non conventionnelle)
• Juridique : non-respect du droit de la guerre
• Stratégie : attentats, guérillas, armes non-conventionnelles
• Géographie : sans front, sans frontière
Les guerres engendrées par Al-Qaïda et DAECH sont-elles en rupture avec le modèle de
Clausewitz ?
NON OUI
DAECH → proto-état (Irak, Syrie) État non reconnu, transitoire vers le Djihad
transnational
Islamisme → idéologie politique Religieux
Fondamentalisme islamiste → montée aux Combattants civils, armées non-officielles
extrêmes, guerre absolue
Moyens employés → « tous les moyens pour Moyens non-conventionnels (attentats)
vaincre/soumettre l’adversaire »
Adversaires étatiques → guerres classiques Moyens irréguliers (assassinats)
Autres types de guerre irrégulières :
• Piraterie
• Trafic de drogues, d’armes, d’animaux exotiques, etc
• Mondialisation
• Guerres climatiques ?
(guerres socio-économiques, transnationales)
Les guerres interétatiques classiques ont-elles disparues ?
Moins de guerres interétatiques (→ dissuasion nucléaire, sécurité collective de l’ONU)
De nouvelles formes de guerres interétatiques :
• Guerres d’intervention
• Guerres préventives
• Cyberguerres (stuxnet)
AXE 2 – LE DEFI DE LA CONSTRUCTION DE LA PAIX
La paix est un terme compliqué à définir dans le sens où la paix absolu n’existe
quasiment pas. La paix est une situation où il n’existe aucun conflit apparent. La paix, bien
que considérée comme un état, un statut, est plutôt quelque chose mis en place
multilatéralement, qui nécessite alors une construction. Cette dernière est souvent difficile,
et représente alors un défi pour les sociétés.
La paix est l’absence de guerre, elle fait parti d’un processus très difficile. Dans
l’Antiquité jusqu’au XVIIème siècle, les traités de paix ne sont pas toujours appliqués, sont
temporaires et très défavorables aux vaincus. A partir du XVIIème siècle, les états tentent
réellement de négocier et de mettre en place la paix ; ils s’instaurent des congrès
internationaux, c’est la naissance de la « paix armée ». Au XXème siècle, apparaît
finalement la « paix perpétuelle » à la suite des échecs que représentent les deux guerres
mondiales.
Les outils et les institutions mis en place depuis le XVII ème siècle permettent-ils de
construire la paix de façon durable ?
1 - Mettre fin à une Cessez-le-feu Armistice Capitulation
situation de guerre
2 - Faire la paix Élaborer un traité Signer un traité Ratifier un traité
3 - S’assurer du Mission de Mission de Élaborer, signer et
respect de la paix vérification par les vérification par une ratifier d’autres
états concernés organisation neutre traités si besoin
Guerre Négoce Mettre Négoce Paix
fin aux
hostilités
Traité de paix Traité supplémentaire
Conflit armé → Cessez-le-feu Négociation
(plus de 1000 → Armistice
morts/an)
→ Capitulation Traité de paix Mission de
Par imposition vérification
Les acteurs traditionnels dans la construction de la paix sont principalement les états
belligérants, mais également les organisations neutres mondiales, les acteurs privés, les
autorités religieuses, les ONG, les opinions publiques, les philanthropes, les grandes
entreprises, etc...
C’est un processus long et difficile car la paix possède des écueils (obstacles/limites/défis) :
• L’absence d’interlocuteurs
• L’impossibilité de trouver un terrain d’entente
• L’impossibilité d’enraciner la paix (vengeance, chaos)
• La paix négative
Les Traités de Westphalie
La Guerre de Trente Ans
1618 – 1823 1823 – 1635 1635 – 1648
l’affrontement en Bohême et tentative de restauration épuisement des belligérants et
Palatinat catholique et embrasement négociations
Intra-étatique Interétatique transnational Interétatique clausewitzienne
23 mai 1618 : « Défenestration 1625 : le Danemark (protestant)
de Prague » : les représentants intervient en soutien des armées
de l’empereur Ferdinand II protestantes.
Habsbourg (catholique) sont Mars 1629 : édit de restitution.
défenestrés par les représentants L’empereur Ferdinand profite
de l’état de Bohème des défaites des protestants
(protestants). pour récupérer leurs terres.
Début d’une série de conflits 1630 : la Suède (protestante)
armés. intervient à son tour après la
Novembre 1920 : victoire défaite du Danemark.
catholique de l’empereur à la
Montagne Blanche
Ce conflit, qui épuise les puissances européennes, entraîne des négociations entre les
nombreux belligérants. Ces dernières se déroulent en Westphalie (Osnabruck et Munster).
Volontés des belligérants :
• Espagne : lutter contre l’indépendance des Provinces-unies ;
• France : affaiblir les Habsbourg, obtenir des territoires à l’est de la France ;
• Provinces-unis (Pays-Bas) : obtenir leur indépendance face à l’Espagne ;
• Suède : Obtenir la Poméranie ;
• Saint-empire romain germanique : lutter contre les princes protestants de l’empire,
affaiblir la France et la Suède ;
• princes protestants de l’empire : extension des libertés religieuses, restitution de leurs
biens confisqués par l’empereur ;
• Papauté : réconcilier les puissances catholiques, lutter contre le développement du
protestantisme.
Les négociations se révèlent compliquées (langues, espionnage, communication) et
mènent à deux paix séparées. Les traités de Westphalie instaure la diplomatie moderne
(plénipotentiaires → apparition du métier de diplomate à part entière).
Clauses politiques :
• Chaque état allemand obtient la suprématie territoriale (indépendance vis-à-vis de
l’empereur mais soumission à sa justice) ;
• La Suisse et les Provinces-Unies obtiennent leur indépendance ;
• Le Brandebourg reçoit la Poméranie orientale et l’archevêché de Magdebourg ;
• La Bavière devient un électorat ;
• Sa Suède reçoit la Poméranie antérieure et une partie du Mecklembourg ;
• La France obtient les Trois-Evêchés (Metz, Toul, Verdun), Pignerol, une partie de
l’Alsace.
Clauses religieuses :
• Extension des libertés religieuses : calvinistes, luthériens et catholiques ont les
mêmes droits ;
• Les sujets peuvent être d’une autre religion que leur prince ;
• Liberté de culte privé et public ;
• Mixité religieuse.
Le système Westphalien mène à une révolution du droit international :
• Équilibre des puissances (géopolitique) : paix collective durable, négociations
(hégémonie) → multilatéralisme
• Souveraineté nationale (diplomatique et juridique) : intérieure → non-ingérence
(notion de frontières), extérieure → aucune autorité n’est reconnue au-dessus d’un
état, égalité juridique
La Révolution Française, et l’empire français, remettent en cause de l’ordre westphalien
remis en place par le Congrès de Vienne et la Sainte-Alliance.
Quatorze points du président W Wilson :
• Solidarité entre toutes les nations (sécurité collective) → article 14
• Protection des « petites nations » → articles 7 & 14
• « Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » → article 5 (décolonisation)
• La non-ingérence et diplomatie transparente → article 1
• Pas d’armées offensives → article 4
Ici, l’équilibre des puissances du système westphalien est remise en cause en faveur de la
sécurité collective.
Cela mène à la création de la Société des Nations, la première vraie organisation mondiale
qui prône l’interdiction de la guerre, la justice et le respect du droit international.
1991 : « Tempête du désert »
L’ONU forme une coalition internationale pour libérer le Koweït du joug de Saddam
Hussein (Irak).
Rwanda en 1994
Bosnie en 1995
Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU (1997-2006)
paix, négociation, médiation, multilatéralisme
principe de 2005 : « responsabilité de protéger » & « devoir d’ingérence »
rapport du millénaire (2000)
Limites de l’ONU :
Moyen Orient, budget trop faible
ARBITRE ?
L’intervention militaire en Irak des États-Unis en 2003
« guerre illégale », « guerre préventive »
REFORME
conseil de sécurité
AXE CONCLUSIF – LE MOYEN ORIENT : CONFLITS RÉGIONAUX ET
TENTATIVES DE PAIX
Moyen-Orient : partie de l’Asie faisant « transition » avec l’Europe, incluant les états qui
mordent sur l’Afrique (Égypte) et l’Europe (Turquie). Le Moyen Orient englobe le Proche-
Orient (partie de l’Asie la plus proche de l’Occident) et les états autour du Golfe persique.
Depuis 1945, le Moyen Orient est le théâtre de conflits aux acteurs, motifs et
intensités variés. Les conflits de cette région possèdent une véritable résonance mondiale.
Les tentatives de médiation par des acteurs étatiques (USA) et non étatiques (ONU) sont
nombreuses. Mais cette zone n’est toujours pas pacifiée (Syrie depuis 2011, conflit israélo-
arabe depuis 1948) et certains conflits ont générés de fortes instabilités (3e guerre du Golfe).
Les kurdes sont une minorité ethnique dispatchée sur quatre états. Ils souhaitent créer
un « Grand Kurdistan », mais sont persécutés en Turquie.
Sionisme : idéologie qui vise à créer un foyer juif en Palestine.