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Unité 2: Séance 1

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UNITÉ 2

Évolution des populations


SÉANCE 1

Apparition et disparition des espèces au cours des temps 21


SÉANCE 2

Reproduction, hasard et sélection naturelle 29


SÉANCE 3

L’origine commune des êtres vivants 34


SÉANCE 4

Disparition et apparition de caractères 42

Nos connaissances du monde vivant sont limitées. Les scientifiques estiment qu’il y a environ 2 millions d’espèces
décrites aujourd’hui et qu’il doit exister entre 5 et 100 millions d’espèces sur la planète. C’est sans compter les
espèces disparues et fossiles. Chaque espèce est un groupe qui comporte de nombreux êtres vivants. On estime
aujourd’hui qu’il disparaît une espèce toutes les vingt minutes soit plus de 26 000 par an. Par exemple, entre le
1er janvier 2016 et 1er février 2016, ce sont 3 899 espèces environ qui ont disparu.
Au-­delà de ce phénomène inquiétant, les recherches des scientifiques sur les espèces actuelles et sur les fossiles
montrent que les espèces apparaissent, se développent puis disparaissent. De très nombreuses traces du passage
des individus les composant subsistent dans les archives de la Terre.

Comment expliquer ce cycle d’évolution1 des espèces ?

SÉANCE 1
Apparition et disparition des espèces au cours des temps

Les exemples d’espèces disparues sont nombreux. Pour l’époque récente, on cite souvent le Dodo (Dronte de
Maurice), oiseau apparenté aux pigeons, qui mesurait 1 mètre et pesait 10 kg. Il vivait sur l’île Maurice, dans l’océan
Indien.

La reconstitution ci-­contre montre cet oiseau découvert


en 1581, et disparu à peine un siècle plus tard du fait
de l’arrivée de prédateurs sur l’île. En effet, les marins
devaient manger et le Dodo n’était pas peureux. De plus,
l’exploitation des forêts détruisit son milieu naturel, sans
compter l’introduction d’animaux comme le chien, le
chat, le rat, le porc et les macaques qui pillèrent les nids
de ces oiseaux. La pression exercée sur l’espèce condui-
sit à son extinction.
— Reconstitution d’un Dodo

Exercice 1 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Des archives pour reconstituer l’histoire des espèces
L’exemple des dinosaures est le plus représentatif. Ces animaux, du fait de leurs dimensions et de leurs modes de
vie, ont toujours fasciné la communauté des chercheurs mais aussi le grand public. Les documents ci-­dessous sont
des extraits de ce que l’on sait actuellement sur ce groupe.

1. Evolution = phénomène d’accumulation de changements au cours des générations successives

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1 21


DOCUMENT 1.1
Évolution du nombre de certaines familles de dinosaures
Le premier graphique décrit l’évolution du nombre de familles de « dinosaures terrestres » et de ptérosaures (les
premiers vertébrés volants).
Le second graphique décrit l’évolution du nombre de familles de « dinosaures aquatiques ».
Leur nombre est déterminé par la diversité de fossiles retrouvés. (Chaque famille comprend de nombreuses es-
pèces, composées de nombre d’individus).

nombre de familles de dinosaures terrestres


et de ptérosaures
30

20

10 On observe une coupure nette vers -65 Ma pour les


deux types de dinosaures. Une disparition sou-
0 daine et brutale qu’il faut expliquer.
– 250 – 200 – 150 – 100 – 50
temps (Ma) La découverte de fossiles se faisant dans les
roches terrestres, il est logique d’étudier les
nombre de familles de dinosaures roches environnantes pour comprendre le milieu
aquatiques de vie de ces animaux. Cela a été fait dans de
20 nombreux endroits sur la planète. Il se trouve que
la limite datée à -65 Ma est très marquée sur la
10
planète.

– 250 – 200 – 150 – 100 – 50 0


temps (Ma)

Évolution du nombre de certaines familles de dinosaures


au cours du temps

DOCUMENT 1.2
On étudie ainsi les roches qui correspondent à l’époque de la disparition en masse de ces familles. Une couche de
roche retient toute l’attention des géologues : une fine couche d’argile sombre. Non seulement cette fine couche se
retrouve partout sur Terre et correspond toujours à un âge de -65 Ma, mais sa composition est assez étrange.

suie, cendre :
présence en très
grand nombre

Roches datant de moins


iridium : 100 fois plus de 65 Ma, ne présentant
que dans les roches de pas de fossiles de
la croûte terrestre. dinosaures

Roches datant de plus


de 65 Ma, présentant
des fossiles de
dinosaures

quartz choqué spinelle


spinelle

Éléments datant de 65 Ma

Schématisation et présentation des éléments de la couche datant de la période


de disparition des dinosaures (-65 Ma)

22 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1


Les suies et les cendres sont très nombreuses, plus de 10 000 fois les valeurs courantes. Elles laissent supposer la
présence d’un immense incendie à cette époque. Certains calculs permettent d’estimer que 50 % de la biomasse2
existant à l’époque aurait brûlé, pour produire autant de suies et cendres. Ces suies et ces cendres auraient eu un
fort impact sur le climat en bloquant une partie des rayons solaires, privant de leur énergie transportée.
L’iridium est un métal rare (comme le platine), et sa concentration dans cette couche, 100 fois plus importante que
dans les autres roches terrestres, laisse supposer que son origine est cosmique (météorite).
Les quartz choqués se forment lors d’un choc puissant entre une météorite et des roches issues de la croute conti-
nentale. Ces minéraux se seraient répandus dans l’atmosphère, comme un nuage mondial de poussières. Ces évè-
nements auraient eux aussi bloqué les rayons solaires, provoquant une forte diminution de la température terrestre.
Les spinelles sont des minéraux riches en nickel (toxique pour les plantes) qui se forment lors de la fusion d’un
minerai riche en nickel (ici d’origine météoritique, au vu de la quantité de nickel) en présence de dioxygène.

DOCUMENT 1.3
La recherche de preuves pour appuyer, confirmer ou infirmer une théorie fait partie de la vie du scientifique. Ce
document présente le résultat d’une telle recherche.

Zone 1 : au niveau du Mexique.


Une particularité de la péninsule du Yucatan, au Mexique attira l’attention de géologues. En effet un cratère
d’impact (lié à la collision d’une météorite) est visible, même sur des photographies satellites. Une estimation
de la taille de la météorite est qu’elle faisait 10 km de large. L’impact date de -65 Ma.

désignation de la limite du cratère d’impact

diamètre du cratère d’impact (environ 250 km)

— Localisation d'un cratère d'impact datant de – 65 Ma


Localisation d'un cratère d'impact datant de -65 Ma

2. Biomasse : masse totale des organismes vivants à un moment donné dans un milieu déterminé (ici la Terre entière).

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1 23


Zone 2 : au niveau de l’Inde.
D’autres géologues ont trouvé des traces d’un très important volcanisme en Inde. Ces manifestations volcaniques
ont attiré leur attention car elles datent de -65 Ma. On les appelle les trapps3 du Deccan.
De plus, les géologues ont constaté que des éruptions volcaniques importantes pouvaient modifier durablement
le climat. Des exemples parlants sont l’éruption du Laki en Islande (1784), celle du Tambora en Polynésie (1815)
et plus récemment celle du Pinatubo aux Philippines (1991) qui ont modifié sensiblement le climat.
Ces modifications climatiques sont provoquées par la projection dans l’atmosphère de produits (des aérosols et
des cendres) qui modifient le passage des rayons solaires.
Il faut remarquer que les trapps du Deccan découlent d’une activité volcanique beaucoup plus importante que les
éruptions citées ci-­dessus, autant en durée qu’en quantité d’aérosols produits.

présence de fossiles de
microfossiles marins
durée de la mise en place des coulées :
600 000 ans

présence de fossiles de
dents de dinosaures et de mammifères
présence de fossiles de poissons et grenouilles

présence de fossiles de dinosaures


roches volcaniques

—Schématisation de la disposition des trapps du Deccan (-65 Ma)


Schématisation de la disposition des trapps du Deccan (-65 Ma) roches sédimentaires

Si tu en as la possibilité, regarde le cours sur le site de ta classe. En cliquant sur le lien suivant, tu peux voir que les
recherches se poursuivent encore pour tenter d’affiner la théorie4 :
http://www.sudouest.fr/2015/10/02/une-­nouvelle-­theorie-­pour-­enfin-­expliquer-­la-­disparition-­des-­
dinosaures-2142290-4725.php

DOCUMENT 1.4
Le développement des techniques et la multiplication des découvertes d’espèces fossiles et vivantes permettent
d’appuyer la théorie précédente.
Certains paléontologues5 ont regroupé les informations qu’ils possèdent sur le nombre de fossiles. Ils ont comp-
tabilisé pour chaque groupe le nombre d’espèces présentes à un moment donné. L’ensemble de ces comptages a
permis de construire le graphique suivant. Sur ce graphique, chaque groupe est représenté par une couleur. Quand
le symbole est large, le groupe était composé de nombreuses espèces, inversement quand il est fin. De même si un
symbole n’arrive pas jusqu’au 0 (0 = époque actuelle), c’est que ce groupe a disparu.

3. Trapps : empilement de roches volcaniques sur une grande épaisseur, jusqu’à 2 400 m.
4. L’impact d’une énorme météorite aurait déclenché des éruptions volcaniques plus intenses ce qui aurait recouvert la planète
de poussières et d’émanations toxiques .
5. Paléontologues : spécialistes des espèces disparues et de l’étude des fossiles.

24 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1


Graphique de l’évolution du nombre d’espèces

Question
Tu construiras une présentation scientifique de la théorie suivante : « les espèces apparaissent, se diversifient puis
disparaissent de la surface de la Terre selon les modifications qui s’y produisent. »
Ton texte ne devra pas excéder 15 lignes et il sera appuyé par des références précises à des documents trouvés ici
ou sur Internet.

Si la question te pose un problème, va voir l’annexe « Besoin d’aide ? » en fin d’unité.


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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

JE M’INTERROGE
Comment l’idée de la diversification des espèces a-­t‑elle pu être appuyée ?

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1 25


Exercice 2 [Interpréter des résultats et tirer des conclusions]
Un peu d’histoire, un exemple actuel et une expérimentation

DOCUMENT 2.1
Un voyage de Charles Darwin dans l’océan Pacifique en 1835
Charles Darwin fit un voyage à travers le monde qui l’amena à
observer et à répertorier les espèces. Il formula alors la théorie de
l’évolution par sélection naturelle. Grâce à ses observations dans
les îles Galápagos, il mit en évidence la diversification des espèces.
D’une île à l’autre, il remarqua que les espèces de pinsons qui y
vivaient étaient à la fois proches et variées.
Cette théorie de l’évolution par sélection naturelle a été précisée de
nos jours, et est acceptée par les différentes religions principales
(chrétienne romane, orthodoxe, islamiste, judéiste, etc.) car ne va
pas à l’encontre des écritures. Seuls certains groupes extrémistes la
réfutent encore, par manque d’information ou incompréhension des
faits observés.
De même, aujourd’hui cette « théorie » d’évolution par sélection
naturelle, précisée maintenant, a été prouvée par des expériences
indépendantes. Voici les observations historiques ayant mené à la — Charles Darwin
Naturaliste anglais
première formalisation de la théorie :
Localisation et dispersion des îles Galápagos : ces îles sont distantes les unes des autres et fonctionnent comme
des écosystèmes6 séparés.

îles Galápagos

Selon Darwin, les pinsons sont adaptés aux conditions


des îles qu’ils colonisent. Leur aspect est ainsi différencié,
notamment la forme de leur bec.
Ces changements sont allés jusqu’à l’apparition de nouvelles
espèces de pinsons, ne se reproduisant pas entre elles. Il
explique que la diversité de la nourriture disponible sur ces
îles a entraîné la diversification des pinsons qui ont ainsi
colonisé tous les écosystèmes.

— Les pinsons des îles Galápagos, dessins d’observations.


6. écosystème : conditions du milieu de vie, ensemble des êtres vivants et relations caractéristiques d’un endroit.

26 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1


DOCUMENT 2.2
Les salamandres de Californie

Californie

— Localisation de la Californie — Ensatina eschscholtzii xanthopica


Les salamandres de Californie forment des populations issues d’une population ancestrale vivant au nord (où se
trouve aujourd’hui la population Ensatina eschscholtzii oregensis. La Vallée San Joaquin est très sèche inadaptée
pour les salamandres. Elles sont un exemple d’apparition d’une nouvelle espèce à partir d’une espèce de départ,
différenciation liée à l’environnement.

Ensatina eschscholtzii oregonensis

…………………………………………… Ensatina eschscholtzii klauberi

Ensatina eschscholtzii Eschscholtzii

Ensatina eschscholtzii platensis Ensatina eschscholtzii croceater

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1 27


Si tu en as la possibilité, regarde le cours sur le site de ta classe. Clique directement sur le lien suivant pour voir
une vidéo expliquant la vie des salamandres de Californie : file/evolution/salamandre1.flv.flv
Tu peux aussi compléter ce document à l’aide du site suivant où tu verras aussi des photos de ces animaux :
http://pedagogie.lyceesaviodouala.org/svt/lycee/terminale/specifique/th1a3/act1/salamandre.pdf

DOCUMENT 2.3
Une expérience pour comprendre
Pour bien comprendre comment une nouvelle espèce peut apparaître, des biologistes ont fait une expérience sur
des mouches du vinaigre, les drosophiles. Ces insectes ont plusieurs avantages en laboratoire, notamment celui de
se reproduire rapidement, ce qui permet d’avoir de nombreuses générations de mouches en quelques semaines.
Pour cette expérimentation, les chercheurs sont partis d’une population de drosophiles de la même espèce, nour-
rie d’aliments variés. Ils l’ont séparée en deux lots identiques. Ils ont soumis ces deux lots à des changements de
nourriture particuliers.
Après quelques générations dans ces milieux devenus différents, les chercheurs ont réuni les deux lots de mouches.
Voici le résultat obtenu :

Population initiale de drosophiles, avec reproduction


possible entre les individus.

plusieurs
générations
(au moins 8)

un seul type de nourriture un seul type de nourriture


le maltose l’amidon

Même si elles se rencontrent, les drosophiles ne se reproduisent pas


avec celles de l’autre boîte.

À partir de l’exploitation de ces documents et de leurs résultats, propose une explication à l’apparition d’une nou-
velle espèce ayant des caractéristiques lui permettant de survivre à des changements environnementaux. [Utiliser
des informations issues d’expériences]
Si la question te pose un problème, va voir l’annexe « Besoin d’aide ? », exercice 2, en fin d’unité.
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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

28 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1


JE RETIENS

Les données accumulées au cours des siècles d’observations et de découvertes sur le terrain ont permis de
montrer que les espèces ont une durée de vie limitée sur la planète. Les espèces peuvent apparaître, se déve-
lopper, se diversifier et disparaître.
Les mécanismes à l’œuvre dans l’évolution par sélection naturelle sont liés pour partie aux événements qui se
produisent sur la planète (éruptions volcaniques, chute d’une météorite, modifications climatiques, apparition
de chaînes de montagnes, apparition de nouvelles îles…). Les modifications liées à la présence et aux activités
humaines sont de plus en plus responsables des changements dans les écosystèmes qui nous entourent.
Ces mécanismes de sélection mènent à de telles différenciations que les organismes ne peuvent plus se repro-
duire entre eux après un certain temps.

SÉANCE 2
Reproduction, hasard et sélection naturelle

JE M’INTERROGE
Lors de la séance précédente, nous avons mis en évidence que les conditions du milieu agissent profondément sur
l’évolution des espèces. Parfois, les changements sont si radicaux que les espèces disparaissent, par manque de
temps, incapacité d’adaptation ou parce que les conditions sont invivables. Dans la majorité des cas pourtant, les
changements sont plus lents et moins drastiques, et certaines espèces présentent après un temps
des adaptations particulières. Les pinsons de Darwin et l’expérience sur la mouche en sont de bons exemples.

Sait-­on expliquer ces changements en profondeur ?

Exercice 3 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Combat de l’Homme contre les moustiques
Avec la probable arrivée d’une nouvelle maladie liée la présence des moustiques au printemps, nous comprenons
mieux les moyens utilisés en masse pour lutter contre ces vecteurs de maladie. Les campagnes de démoustication
à l’aide d’insecticides se sont multipliées dans les pays déjà touchés par le virus Zika comme le Brésil.
Si tu en as la possibilité, regarde le cours sur le site de ta classe. En cliquant sur le lien suivant, tu peux suivre
l’actualité de cette campagne7 : http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/07/le-­virus-­zika-­menace-­une-­
generation-­au-­bresil_4842863_3244.html
Ainsi, cette campagne est l’occasion de comprendre un des mécanismes de l’évolution des espèces.

DOCUMENT 3.1
Un moustique Anopheles sp. en piqûre
Dans la région montpelliéraine le nombre de moustiques est tel qu’il devient
une vraie nuisance pour l’Homme. Dès lors il a été décidé d’utiliser des
insecticides pour réaliser des démoustications.
Cette zone est traitée depuis de nombreuses années (1965) avec un insecti-
cide précis. Il se trouve qu’au niveau de la zone traitée depuis des années, il
existe un grand nombre de moustiques (99 %) résistant à cet insecticide.

7. En décembre 2015, il s’est avéré que le moustique tigre pouvait transmettre le virus Zika à l’être humain et entraîner, chez la
femme enceinte, une malformation du fœtus.

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 2 29


DOCUMENT 3.2
Afin de comprendre pourquoi un grand nombre de moustiques résiste

a nt
ble
aux insecticides dans les lieux traités depuis 1965 alors que d’autres

sist
nsi
meurent rapidement dans les zones proches mais non démoustiquées

e se

e ré
avec le même produit, les scientifiques ont mené des études.
i qu

i qu
us t Ils ont constaté que les moustiques qui résistent fabriquent une pro-

us t
téine, l’estérase, qui détruit l’insecticide, avant qu’il ne fasse effet sur
mo

mo leur système nerveux.


Ils ont voulu savoir pourquoi certains moustiques produisent cette pro-
allèle A1 allèle A1 téine. Ils ont alors constaté que :
allèle B1 allèle B1 • l’estérase existe en grande quantité dans l’organisme lorsque les
allèle A2 moustiques possèdent plusieurs gènes avec des allèles multiples
allèle B2 notés (A1, A2, … B1, B2, …)
• elle est produite en faible quantité, quand il existe un nombre limité
allèle A3
de ces gènes et de leurs allèles.
allèle B3
On peut schématiser les allèles pour les gènes A et B pour les deux
allèle A4 types de moustiques (voir ci-­contre).
allèle B4

allèle A5
un seul allèle B5
chromosome
par paire est
représenté

Place et répartition des allèles


de production des estérases
chez différents types de moustiques

DOCUMENT 3.3
Pour savoir si les modifications de résistance des moustiques n’étaient dues qu’à une augmentation de production
de cette protéine, l’estérase, des chercheurs ont analysé une estérase en particulier : l’acétylcholinestérase8.
La composition de cette molécule est connue, et peut être représentée schématiquement comme une suite d’élé-
ments (appelés acides aminés) liés les uns aux autres. La succession d’acides aminés est codée par les gènes. Cet
agencement dépend donc uniquement d’éléments héréditaires.
Ils analysent donc cette molécule présente chez les deux types de moustiques.
On obtient alors les deux schémas suivants.

n° de l’acide aminé (total 749)


244 245 246 247 248 249

Lys Lys Ser Gly Gly Ser

La suite d’acides aminés de l’acétylcholinestérase d’un moustique sensible

n° de l’acide aminé (total 749)


244 245 246 247 248 249

Lys Lys Ser Ser Gly Ser

La suite d’acides aminés de l’acétylcholinestérase d’un moustique résistant

8. Acétylcholinestérase : prononcer acétyl - choline - estérase (k)

30 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 2


À l’aide de tes connaissances et des documents, essaie d’établir un lien :
• entre le changement de milieu imposé par l’Homme qui disperse l’insecticide et la capacité du moustique à résis-
ter ou pas,
• entre la reproduction du moustique et ses informations génétiques,
• entre le changement du milieu et la formation de la protéine, donc sa génétique.
Démontre à l’aide de tes réponses que la population de moustiques devient résistante à l’insecticide au hasard des
changements de l’environnement et de la reproduction.
Si la question te pose un problème, va voir l’annexe « Besoin d’aide ? », en fin d’unité.
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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

Exercice 4 [Utiliser un logiciel de simulation sur Internet]


Darwin expliqua la diversité actuelle des espèces à l’aide de la théorie de l’évolution par sélection naturelle. On peut
la résumer de la sorte : une espèce dont le milieu se modifie peut être modifiée elle aussi si, dans sa population,
certains individus possèdent des adaptations qui faciliteront sa survie dans le nouveau milieu. Seuls les plus aptes
peuvent alors se reproduire et se multiplier et les autres disparaissent progressivement. L’espèce évolue par sélec-
tion. Une illustration de ce phénomène, après l’observation des pinsons, est celle du cou des girafes.
Illustration du principe de la sélection naturelle avec l’exemple des girafes
Au cours des générations, les girafes qui ont les cous les plus longs survivent plus que les autres. Elles se repro-
duisent plus et peuvent manger les feuilles plus hautes dans les arbres. Le changement initial de la taille des
arbres sélectionne les girafes les mieux adaptées du fait d’une variante dans leurs caractéristiques physiques.

— Illustration du principe de la sélection naturelle avec l’exemple


du cou des girafes

La phalène du bouleau (papillon de nuit)


Avec l’industrialisation galopante, des modifications de l’environnement ont imposé des évolutions à certaines
espèces. L’un des exemples bien connu et étudié comme modèle est la phalène du bouleau en Angleterre. On va
étudier la modification de conditions du milieu liée à la pollution de l’atmosphère par l’utilisation du charbon en
Angleterre au début de l’ère industrielle. Cette modification a entraîné le changement de couleur progressif des
écorces des troncs de bouleau.
Le papillon est plus chassé par des prédateurs s’il est blanc sur tronc noir que noir sur tronc noir. Et inversement.
L’évolution des populations montre qu’au cours du temps, les papillons de cette espèce présentent des adaptations
particulières, surtout si le taux de mutations est élevé.
En suivant le lien, tu vas pouvoir mettre en œuvre plusieurs simulations numériques pour comprendre les liens
entre les changements des milieux et l’évolution des espèces, par la sélection naturelle :
https://www.pedagogie.ac-nice.fr/wp-content/uploads/sites/5/productions/phalenes/
Dans la colonne à gauche, choisir Ressources TICE ; puis au centre choisir jeux sérieux ; puis Phalènes ! (graticiel)
(jeu sérieux) dont l’auteur est Philippe COSENTINO ; cliquer sur [Accéder à la ressource]

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 2 31


1. Lis l’introduction de l’écran d’accueil présentant la phalène qui est un papillon de nuit se reposant durant la
journée sur l’écorce des bouleaux.
2. Réalise au moins deux simulations avec des situations de départ différentes. Fais des simulations sur au moins
6 années consécutives. Note bien pour chaque situation les choix de départ (% de papillons phalènes blanches
et % de papillons phalènes noires, % de fréquence des mutations, couleur de l’écorce des arbres).
3. Fais des captures d’écran de fin de chasse puis affiche les graphiques dont tu prendras également une capture
d’écran.
4. Rédige une conclusion pour argumenter le principe de la sélection naturelle émis par Darwin.
Si la question te pose un problème, va voir l’annexe « Besoin d’aide ? Exercice 4 » en fin d’unité.
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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

Exercice 5 [Proposer une ou des hypothèses pour résoudre un problème ou une question]
Si le modèle de reproduction sexuée vu en unité 1 exercice 6 permet de comprendre la variété des individus créés
par les croisements d’individus, il ne peut tout expliquer si l’on considère que les allèles restent identiques. Propose
une ou plusieurs hypothèses pour expliquer les changements de caractères dans les espèces au cours du temps.
Si la question te pose un problème, va voir l’annexe « Besoin d’aide ? Exercice 5 » en fin d’unité.
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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

JE RETIENS

Les caractères des espèces changent au cours du temps mais cela permet la création petit à petit, dans cer-
taines conditions, de nouvelles espèces.
Lorsque les conditions du milieu se modifient, on remarque que seuls les individus les plus adaptés se repro-
duisent et transmettent leurs gènes au point que l’espèce change physiquement. On nomme ce processus la
sélection naturelle. Cependant, le hasard des croisements génétiques liés à la reproduction et la sélection
naturelle ne suffisent pas pour comprendre totalement les variations observées dans les individus. Il faut pour
cela aller au cœur de l’ADN qui peut être modifié par le mécanisme de la mutation.

32 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 2


ANNEXE « BESOIN D’AIDE ? »

SÉANCE 1

Exercice 1 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• procéder méthodiquement en lisant d’abord l’ensemble des documents.
• noter ce qui est important sur chaque document pour appuyer et illustrer la théorie.
• relier les documents en créant des liens de causalité (qu’est-­ce qui explique que…).
• rédiger un texte avec une introduction et conclure ton propos en validant la théorie par les observations.

Exercice 2 [Interpréter des résultats et tirer des conclusions]


Pour répondre à cette question, tu dois :
• lire l’ensemble des documents.
• noter les causes possibles d’apparition d’une espèce pour chaque document.
• relier ces éléments avec tes connaissances pour trouver un mécanisme qui explique les observations.
• conclure et généraliser tes analyses.

SÉANCE 2

Exercice 3 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• lire l’ensemble des documents.
• relire les séances précédentes.
• décrire le changement du milieu imposé au moustique.
• relier ce changement à la capacité de résistance du moustique.
• procéder de la même façon pour la reproduction et les informations génétiques.
• procéder de même pour le changement et la formation de la protéine, donc sa génétique.
• relier ces trois descriptions pour conclure.

Exercice 4 [Utiliser un logiciel de simulation sur Internet]


Pour répondre à cette question, tu dois :
• lire l’écran d’accueil.
• choisir ton environnement de travail et noter tes choix (pourcentage de papillons noirs et blancs, pourcentage de
fréquence de mutation, couleur du tronc de l’arbre).
• « chasser » les papillons pendant au moins 6 ans.
• afficher le graphique au bout des 6 années de chasse.
• capturer cet écran de fin de chasse.
• recommencer une fois ta simulation dans une situation différente.
• capturer ton deuxième résultat.
• analyser les résultats.
• conclure.

Exercice 5 [Proposer une ou des hypothèses pour résoudre un problème ou une question]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• mettre en mots une ou des hypothèses pour expliquer les changements des caractères malgré la stabilité appa-
rente imposée par la reproduction sexuée.

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 1 33


SÉANCE 3
L’origine commune des êtres vivants

Au cours du temps les conditions environnementales des êtres vivants ont changé, provoquées par des modifica-
tions géologiques. Ces variations des conditions de vie ont provoqué des crises, suivies de diversifications au sein de
tous les groupes d’êtres vivants : le tout aboutissant à ce que nous connaissons, à savoir une succession d’espèces
différentes d’êtres vivants au cours des temps géologiques.
Nous savons que le climat ne va pas créer ces nouveaux êtres vivants, mais sélectionner ceux qui sont le mieux
adaptés aux nouvelles conditions du milieu.
La succession des espèces au cours du temps serait donc une succession d’êtres vivants découlant les uns des
autres grâce à la reproduction sexuée. Il existerait alors des liens de parenté entre les espèces fossiles et les
espèces actuelles.

JE M’INTERROGE
Quels sont les arguments en faveur d’une origine commune des êtres vivants ?

Exercice 6 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Des comparaisons d’espèces
La première comparaison accessible pour les scientifiques a été l’observation de l’aspect des êtres vivants fossiles
et actuels.

DOCUMENT 6.1
La comparaison des fossiles avec des espèces proches actuelles permet de repérer de nombreuses différences
(d’où leur classement en espèces séparées), mais aussi de nombreux points communs : on peut supposer une ori-
gine commune.

photo par Kevin Walsh

Comparaison d'un fossile (Paléobatrachus, sp. – 30 Ma, Pologne) et d'un animal actuel (grenouille)

34 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 –Séance 3


DOCUMENT 6.2
La comparaison de parties plus précises dans des groupes restreints facilite de proche en proche la vision des
points communs.

lézard grenouille pigeon

homme chat baleine

le trait représente un objet d’une taille


fixe sur tous les schémas.

9
— Schémasdes
Schémas desmembres
membres antérieurs
antérieursde1 de
9
différents vertébrés
différents vertébrés

DOCUMENT 6.3
La comparaison des anatomies internes d’espèces de groupes restreints permet également de trouver des points
communs.
On peut étudier l’aspect intérieur des individus par la dissection. On remarque ainsi que les organes sont souvent
les mêmes et que leur disposition relative dans l’organisme suit un plan d’organisation, défini par les règles sui-
vantes :

1. des organes alignés dans le sens antéro-­postérieur, de l’avant vers l’arrière de l’animal, comme le système
digestif (bouche, œsophage, estomac, intestin…),

9. Les membres antérieurs sont situés à l’avant de l’animal.

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 –Séance 3 35


schéma 1
Antérieur Postérieur

œsophage

Bouche Estomac

Foie

Intestin

— Schéma de représentation du système digestif selon l’axe antéro-­postérieur


2. des organes symétriques selon la symétrie bilatérale comme les membres, les poumons, les reins, les yeux…

schéma 2
reins

yeux

poumons
— Dessin d’observation de la dissection d’un lapin

3. des organes situés vers le dos et d’autres vers le ventre. On parle d’axe dorso-­ventral (système nerveux vers le
dos, cœur / poumons vers le ventre).

schéma 3
Dorsal

Encéphale Moelle épinière

Cœur

Poumons ou
branchies
Ventral Système nerveux
Appareil cardio-­pulmonaire
— Schéma d’organisation selon l’axe dorso-­ventral

36 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 –Séance 3


DOCUMENT 6.4
Comparaison au niveau microscopique
Avec l’avancée des techniques scientifiques, il a été possible de trouver d’autres points communs aux êtres vivants.
L’exemple des cellules est particulièrement important : tous les êtres vivants sont composés de cellules.

canard (bec)
grenouille
(peau)
paramécie (unicellulaire)
oignon
Les cellules de différents
êtres vivants
chien (prostate)

tomate

mouton
(intestin)
hépatique salamandre être humain
(moelle) (bouche)

— Observation microscopique chez différents êtres vivants (grossissements différents)

DOCUMENT 6.5
Présence d’une molécule informative d’ADN (Acide Desoxyribo Nucléique, selon la base de sa formule chimique)
commune chez la plupart des êtres vivants
L’ADN est une molécule très présente chez les êtres vivants et elle permet des comparaisons très instructives
entre les gènes de diverses espèces. Ainsi, l’Homme et le Chimpanzé seraient identiques du point de vue de l’ADN à
98,5 %.
L’ADN est une molécule complexe. Elle peut être représentée schématiquement comme une échelle que l’on aurait
enroulée sur elle-­même de façon orientée.
Les montants de l’échelle sont constitués de molécules : un sucre (le désoxyribose) et un ion10 (le phosphate PO43-).
Les barreaux de l’échelle sont constitués de molécules qui donnent le code génétique : les bases azotées. Il existe 4
bases azotées différentes s’emboitant en paires spécifiques : la thymine s’associant à la cytosine, la guanine s’asso-
ciant à l’adénine. Cette base de structure de l’ADN se retrouve presque à l’identique chez de nombreux les êtres
vivants.

10. Ion : molécule ayant gagné ou perdu un ou des électrons.

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 –Séance 3 37


— Schéma représentant la structure de l’ADN
Question
À l’aide de l’ensemble des documents, présente une argumentation indiquant les preuves de l’origine commune des
êtres vivants en les classant, de la moins importante à la plus importante.
Si la question te pose un problème, vois l’annexe « Besoin d’aide ? Exercice 6 » en fin d’unité.
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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

JE M’INTERROGE
Comment classer les êtres vivants en tenant compte d’une origine commune ?

38 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 –Séance 3


Exercice 7 [ Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
[Proposer une ou des hypothèses pour résoudre un problème ou une question]

DOCUMENT 7.1
Au cours des années précédentes (6e, 5e, 4e) nous avons repéré des points communs entre plusieurs espèces. Ces
points communs nous ont permis de les classer par emboîtements.
Cette classification emboîtée permet aux biologistes de classer le héron bleu, l’archéoptéryx11 et le sinornitho-
saurus (deux êtres vivants fossiles). Le héron bleu et l’archéoptéryx font ainsi partie, seuls, du groupe des oiseaux
alors que tous les trois possédant des plumes, font partie des dinosaures à plumes (voir la classification emboîtée
ci-­dessous).

Héron bleu
Sinornithosaurus Archéoptéryx
Néornithes
x 1/20 x 1/10
(oiseaux actuels)
groupe des dino- Aves
groupe avec bréchet12
saures sauropsides

— Classification des dinosaures à plumes 12

néornithes
archéoptéryx (oiseaux actuels)
sinornithosaurus

ancêtre commun à l’archéoptéryx et aux oiseaux actuels

Cladogramme (arbre de parenté) des sauropsides

à partir de cette classification basée sur des points communs entre les espèces, il est possible de tracer les liens de
parenté entre ces espèces. Ils ont été figurés par des traits. C’est le cladogramme (ou arbre de parenté) ci-­dessus.
Les oiseaux actuels et l’archéoptéryx ont un lien de parenté direct entre eux car ils ont beaucoup de points com-
muns et en particulier le fait d’avoir des membres antérieurs (ailes) capables de se plier vers l’arrière, caractéris-
tique de ce groupe des oiseaux et que ne possède pas le sinornithosaurus. Ils ont donc un ancêtre commun (symbo-
lisé par une ).
Le héron bleu (oiseau actuel photographié sur le document ci-­dessus) fait partie d’un groupe d’oiseaux qui pos-
sèdent un bréchet. Cet os n’existe pas chez l’archéoptéryx. L’archéoptérix ne s’envolait donc pas, mais « planait »
peut-­être.

DOCUMENT 7.2
Des espèces ressemblantes : les lémuriens, les gibbons, les gorilles, les chimpanzés ainsi que l’Homme, sont clas-
sés selon la méthode des emboîtements en repérant les caractères qu’ils possèdent en commun.

11. S’écrit aussi archæoptéryx et se prononce « arkéo -pté-­rixe »


12. Bréchet : os nécessaire à l’envol, nécessitant de puissantes insertions des muscles aviaires. On le trouve chez tous les
oiseaux actuels.

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 –Séance 3 39


Lémurien Gibbon Gorille Chimpanzé Homme
Ongles plats x x x x x
Absence de queue (présence
x x x x
d’un coccyx)
Cerveau avec des plis x x x
à partir de ce tableau, des élèves ont construit des classifications emboîtées puis ont tracé les liens de parenté entre
les espèces. Ils proposent trois solutions différentes.
possibilité 1

?
lémuriens gibbon gorille chimpanzé Homme
un lémurien

possibilité 2
un gibbon

?
lémuriens gibbon chimpanzé gorille Homme

un chimpanzé

possibilité 3

?
lémuriens gibbon gorille chimpanzé Homme
un gorille

Cladogrammes présentant les solutions de liens de parenté possibles.

DOCUMENT 7.3
Chaque couleur du graphique correspond à une espèce, et cette couleur est utilisée en fond pour identifier les
crânes.

Homo sapiens Homo Homo habilis Paranthropus Australopithecus Pan troglodytes


(homme actuel) neanderthalensis boisei africanus (chimpanzé)
— Comparaisons de crânes d’espèces différentes (vue de face, échelle non respectée)
L’Homme possède par rapport au gorille et au chimpanzé des caractères nouveaux : il se tient debout en perma-
nence (c’est un bipède), ce qui permet l’apparition de caractères nouveaux tels que le bassin large et court, la
colonne vertébrale redressée et emboîtée sous le crâne.
Certains fossiles possèdent aussi ces caractères nouveaux, pour autant leurs crânes sont différents.
Le document suivant présente les crânes et la répartition de ces espèces au cours des temps géologiques.

40 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 –Séance 3


Pan
Homo Homo trooglodytes
neanderthalensis sapiens (chimpanzé) espèce
0

Paranthropus
–1 boisei
Homo
habilis

–2

–3

Australopithecus
africanus
–4
temps (Ma)

— Graphique de répartition temporelle des crânes de primates


Question
À partir des documents et de tes connaissances, montre que l’évolution des espèces se fait par la conservation des
caractères ancestraux et par l’apparition de caractères nouveaux. Tu formuleras une hypothèse explicative permet-
tant de comprendre comment sont formés ces caractères nouveaux et sous quelles conditions peuvent être conser-
vés les caractères ancestraux.
Si la question te pose un problème, vois l’annexe « Besoin d’aide ? Exercice 7 » en fin de l’unité.

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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

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JE RETIENS

Les arguments en faveur de l’origine commune des êtres vivants se sont accumulés avec les recherches et
découvertes scientifiques dans divers domaines et à diverses échelles d’observations :
• les organismes se ressemblent parfois beaucoup dans certains groupes pour l’aspect extérieur,
• la comparaison des organes montre des organisations proches par exemple pour les membres des Vertébrés,
• la comparaison du positionnement des organes internes des Vertébrés montre également une organisation
commune assez précise,
• la présence de cellules est un argument important de l’origine commune des êtres vivants,
• la présence de molécules de l’hérédité (ADN, ARN) codant par des bases azotées est quasi-­universelle chez
les êtres vivants de différentes espèces.

La classification actuelle des êtres vivants tient compte de ces éléments et de l’histoire évolutive en mettant dans
des groupes emboîtés les êtres vivants en fonction des caractères ancestraux communs et des caractères nouveaux
apparus.
Il reste à expliquer comment peuvent apparaître ces caractères nouveaux, ce que nous verrons dans la séance suivante.

SÉANCE 4
Disparition et apparition de caractères

Au cours des périodes géologiques, des groupes d’êtres vivants disparaissent et d’autres apparaissent. L’exemple
des dinosaures est bien connu mais il en existe bien d’autres. Ainsi, au cours de l’évolution des espèces, cela signifie
que des caractères disparaissent et que d’autres apparaissent. D’une manière générale, on peut s’apercevoir que
la diversité des espèces augmente sur Terre ce qui souligne l’importance de la diversification des caractères, qui
l’emporte sur la disparition de certains caractères.

— Diversité des espèces sur Terre, selon le nombre de familles différentes


en fonction du temps

42 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 4


JE M’INTERROGE
Quels sont les mécanismes responsables de la disparition ou de l’apparition des caractères ?

Exercice 8 [Mettre en œuvre un protocole expérimental]


[Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Le brassage génétique issu de la reproduction sexuée peut être la source de la disparition de certains caractères.
C’est ce que l’on nomme la dérive génétique.
La dérive génétique est un phénomène naturel qui se produit dans les populations d’êtres vivants. Selon les
exemples, la population est plus ou moins importante au départ, en nombre d’individus. Plus la population sera
importante, plus la dérive génétique sera longue. Elle provient du fait que lorsque les individus se reproduisent, ils
ne donnent que la moitié de leurs gènes à leur descendance. Plus un individu se reproduit, plus il a des chances de
transmettre ses gènes à ses descendants (par sélection naturelle). Certains peuvent dominer dans la population un
moment, puis ils peuvent se raréfier à un autre moment en fonction des hasards de la reproduction. Ce phénomène
s’observe dans toutes les espèces vivantes et peut entraîner la disparition de certains caractères.
Exemple du groupe sanguin chez l’Homme.
Rappelons pour commencer l’explication génétique de l’origine des quatre groupes sanguins.

— Les allèles du gène correspondant aux groupes sanguins chez l’Homme

Les allèles du gène des groupes sanguins sont au nombre de 3 chez l’Homme : A, B, O. Chaque individu possède une
version du gène qui vient du père et une version du gène qui vient de la mère.
Ainsi, il existe dans la population quatre groupes sanguins : A, B, AB ou O.
On peut voir, en étudiant leur répartition actuelle, que certains groupes sanguins sont plus représentés que d’autres
suivant les populations étudiées. Au fil de l’évolution de l’espèce humaine, les groupes sanguins ont évolué par
dérive génétique.
On peut simuler la dérive génétique à l’aide d’un logiciel. Les résultats permettent de comprendre comment elle
s’effectue.
Elle est bien le fruit du hasard des croisements entre les individus.
Pour comprendre comment une dérive génétique peut entraîner la disparition de certains caractères, réalise des
simulations en réalisant les activités interactives sur ton espace inscrit.

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 4 43


Exercice 9 [Proposer une ou des hypothèses pour résoudre un problème ou une question]
Des modifications importantes ont été observées depuis longtemps dans les caractères portés par les individus.
Un exemple très étudié en laboratoire est celui de la mouche du vinaigre nommée Drosophila melanogaster.

antenne
patte

— Photographie de la tête d’une mouche normale — Dessin d’observation de la tête d’une


mouche mutée

thorax

— Dessins d’observation d’une mouche normale et d’une mouche mutée


Question
Après avoir décrit les modifications des caractères dans le cas de ces deux observations, émets une hypothèse
explicative de ces modifications.
Si la question te pose un problème, vois l’annexe « Besoin d’aide ? Exercice 9 » en fin de l’unité.

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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

Exercice 10 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Les modifications dans les caractères signifient des modifications dans les gènes. On parle de mutation. Ces muta-
tions peuvent être plus ou moins importantes.
Les informations qui codent les caractères d’un organisme, de sa conception à sa mort, sont inscrites dans les
gènes au niveau des chromosomes.
Les exemples de mutations sont nombreux et une illustration malheureuse de ce phénomène a pu être faite lors
des catastrophes nucléaires. Ces mutations peuvent se voir directement ou être masquées pour se dévoiler dans les
générations futures. Elles peuvent modifier les organismes au point de permettre l’apparition de nouvelles espèces.
Comme nous le savons depuis longtemps, des mutations directes sont possibles et nombreuses du fait du hasard,
de l’action de facteurs naturels de l’environnement (rayons solaires, éléments chimiques présents,…) mais aussi de
substances chimiques ou radiations introduites par l’Homme, qui peuvent ainsi avoir des effets pourtant longtemps
après leur introduction.

44 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 4


Les mutations touchent une partie plus ou moins importante de l’ADN contenu dans les chromosomes. Les muta-
tions naturelles dues au hasard sont communes dans le monde vivant car la copie de l’ADN entre les cellules n’est
pas fiable à 100 %. Des erreurs se glissent alors dans les séquences contenues dans les chromosomes.
Question
Comment se produisent les mutations dans l’ADN ? Illustre ton propos à l’aide d’un exemple. Montre, à l’aide d’un
autre exemple, comment cela peut contribuer à l’apparition d’un caractère nouveau.
Si la question te pose un problème, vois l’annexe « Besoin d’aide ? Exercice 10 » en fin de l’unité.

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Vérifie ta réponse dans le livret de corrigés.

JE RETIENS

Les arguments pour expliquer que les caractères peuvent disparaître ou apparaître sont connus :
• la dérive génétique associée à la sélection naturelle peut modifier la répartition de certains caractères
dans les populations au point de les faire complètement disparaître. De même, les disparitions en masse de
certaines espèces peuvent entraîner la perte de caractères, (qui ne sont plus représentés).
• la mutation modifiant directement les gènes, de façon plus ou moins conséquente, peut être à l’origine de la
création de nouveaux caractères. Si ces caractères sont utiles, ils se trouveront davantage dans les généra-
tions suivantes et pourront même entraîner l’apparition de nouvelles espèces, avec le temps et le hasard.

CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 4 45


ANNEXE « BESOIN D’AIDE ? »

SÉANCE 3

Exercice 6 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• lire l’ensemble des documents.
• noter ce qui fait une explication de l’origine commune des êtres vivants.
• trier ces notes pour les classer en fonction de l’importance des explications : une explication qui concerne plus
d’êtres vivants est plus importante qu’une explication limitée à un groupe d’êtres vivants.
• rédiger l’argumentation en fonction de ton classement.
• conclure.

Exercice 7 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• lire l’ensemble des documents.
• noter les points communs et les différences entre les espèces étudiées au cours des temps.
• relier les différences avec des caractères précis.
• montrer que des caractères peuvent disparaître entre les groupes.
• montrer que des caractères nouveaux sont à l’origine de nouveaux groupes.
• faire une hypothèse pour expliquer l’apparition de ces caractères nouveaux.

SÉANCE 4

Exercice 8 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• réaliser l'exercice interactif sur l'espace inscrit

Exercice 9 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• observer les résultats sur les mouches.
• tenter d’expliquer ces changements importants et visibles.

Exercice 10 [Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant]
Pour répondre à cette question, tu dois :
• citer un exemple connu de changement.
• trouver un exemple qui entraîne un changement de caractère.
• conclure.

46 CNED – Collège 3e SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE – Unité 2 – Séance 3

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