Kémitisme ou l’errance de la souffrance
Introduction
Le kémitisme est un courant de pensée propre à certains afro-descendants. Le concept, de plus en
plus connu du grand public, est surtout développé dans les cercles africanistes et panafricanistes ; ce
courant est systématisé dans les milieux intellectuels tels que les universités et dans le cercle des adeptes
des croyances traditionalistes. Les réseaux sociaux contribuent aujourd’hui à véhiculer et à amplifier ce
courant. Le kémitisme porte en lui-même un combat noble qui est celui de la libération de l’Homme
noir et de la volonté d’une réappropriation des valeurs que les ancêtres ont léguées comme la solidarité,
la justice, le respect, l’hospitalité, la bravoure, l’ardeur au travail... Quelles sont les différentes
articulations du kémitisme ? Quel est son contenu objectif et subjectif ?
1- Khamitisme et Netjerisme
Le kémitisme (Khamitisme) ou khémitisme (ou netjerisme en France) est un ensemble de croyances et
de pratiques s'inspirant de la religion de l'Égypte antique, apparu aux États-Unis dans les années 1970.
Les kémites vénèrent les divinités égyptiennes, pratiquent le heka (la magie égyptienne) et suivent
les lois de Maât (l'ordre cosmique).
Les kémites sont polythéistes, car ils croient en plusieurs divinités. Le groupe principal de divinités,
selon la cosmogonie majoritaire actuellement basée sur celle de Héliopolis et ses neufs dieux, est
l'Ennéade. Il existe ensuite des dieux secondaires, priés pour des actions plus spécifiques, comme dans
l'hellénisme entre les dieux de l'Olympe et les autres. Il existe également mais bien plus rarement des
cas de monolâtrie.
Si les divers groupes kémites ont de fortes convergences quant à leurs sources historiques, leurs
théologies et leurs cultes, il existe cependant plusieurs courants, notamment ceux qui s'inscrivent
dans le mouvement néopaganiste, ceux d'option reconstructionniste et d'autres encore issus du
mouvement panafricain.
Ce mot (kémitisme), un néologisme, est construit sur la racine « kemet » qui signifie « terre noire » en
égyptien, la terre fertile en allusion au limon noir déposé par les crues du Nil ? Rejetant cette
étymologie, Cheikh Anta Diop affirme que kemet se traduit par « pays des Noirs », idée reprise
par les promoteurs de l’afrocentrisme.
Plus précisément, kemet (Kmt) est la translittération du mot qui en égyptien ancien désigne l'Égypte au
même titre que le double-pays taouy (t3.wy), qui représente le territoire sous la juridiction du pharaon
(nebtaouy (Nb-t.wy)), sans référence à une zone géographique précise puisque par définition la
superficie sous le contrôle du pouvoir politique a varié dans le temps.
Le mot netjerisme est basé sur la racine du mot égyptien, netjer, qui veut dire dieu. Il ne se réfère
donc pas à kémet (l'Égypte) comme le mot kémitisme mais aux Netjerou (pluriel de Netjer), ce qui
désigne donc le fait que les netjeristes (personnes pratiquant la religion égyptienne de nos jours en
France) vénèrent et honorent les netjerou.
Le mot netjerisme est apparu en France en 2007 lors d'une rencontre du projet Ta Noutri. Il remplace le
terme kémitisme, parfois controversé. Et c'est donc dans ce but qu'il a été inventé, pour se différencier
des groupes panafricains en particulier.
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2-Le kémitisme dans le monde
*France
En France, il n'existe aucune structure ou temple officiel connu à ce jour, seulement une librairie. Les
kémites sont le plus souvent isolés ou se retrouvent via internet, sur des forums et des sites, afin
de partager leur foi avec d’autres croyants. Ils peuvent ainsi rompre leur isolement, comme sur le
forum de la Libre Assemblée Francophone ou de Ta Noutri. Le site Ta Noutri est à l'origine le nom du
site personnel de Sat Aset, créé en 2003. À la suite des rencontres qu'elle organise avec d'autres kémites
francophones grâce à Internet, ils décident ensemble de faire de Ta Noutri un projet collectif. Les buts
et principes de Ta Noutri sont fixés dans la charte présentée sur le site internet et rédigée par les
membres fondateurs. Ses objectifs principaux sont de permettre via le site internet et le forum la
réunion et la rencontre des personnes de la tradition désireuses de partager leur spiritualité entre
elles. La charte de Ta Noutri interdit le prosélytisme, prône le respect du libre-arbitre et encourage le
respect des autres religions ou traditions païennes. Le groupe n'a pas fondé de temple officiel, ni
organisé de clergé. Le site a fermé ses portes en 2010. Des membres ont par la suite créé d'autres projets
et proposé une nouvelle dénomination pour cette mouvance apolitique, le netjerisme.
À la suite de la fermeture du site de Sat Aset, le site Ta Netjerou a vu le jour en 2014. Puis plusieurs
groupes Facebook se sont créés comme, entre autres, Neferou Khepri (Nfrw Khpry), Netjerisme
traditionnel et Akh Netjerou mais aussi un forum, Sous les sycomores d'Hotep (Netjerisme) et un serveur
discord netjeriste. Depuis quelques années, le netjerisme est en pleine évolution en France.
*États-Unis
Aux États-Unis, où ce mouvement religieux compte le plus de membres, il existe une communauté assez
importante et structurée en « église » avec un clergé et à sa tête une Nisut, Tamara Siuda, dite «
Hekatawuy, House of Netjer ». Elle qualifie elle-même la forme de kémitisme que les siens ont
développé comme une « orthodoxie kémite ». Diplômée en égyptologie de l'université de
Mundelein et de l'institut oriental de Chicago, elle a notamment participé au parlement des
religions organisé par l'UNESCO. Elle a été désignée Nisout, terme signifiant pharaon, c'est-à-dire
leader de cette communauté en 1996 lors d'un voyage en Égypte. L’orthodoxie kémite se considère
et se décrit comme une religion africaine, monolâtre, sans être panafricaine.
À côté de cette communauté importante et qui compte des membres hors États-Unis (Royaume-Uni,
Australie, Allemagne, Amérique du Sud, Afrique du Sud, Suisse, France...), existent d’autres groupes
également structurés avec un clergé et organisés tels :
-la Church of Eternal Source, créée dans les années 1970 et qui fut, à l’origine, plus proche de la
mouvance wiccanne, avant d’évoluer vers le kémitisme ;
-le groupe Akhet Hwt-Hrw, fondé, entre autres, par Kerry Wisner;
-le groupe Nuhati am Nutjeru, fondé et dirigé par Ptahmassu Kaamptah Marianptah Nofra-Uaa ;
-le Temple de RA, basé à San Francisco et fondé par Richard J. Reidy et ses temples associés, Kemetic
Temple of San Francisco, Kemetic Temple of Colorado, Kemetic Temple of Sacramento, et Kemetic
Temple of Palm Springs.
3-Kémitisme panafricain
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Le kémitisme panafricain cherche à faire connaître et renaître la philosophie des anciens
Égyptiens ou kémites, en tant qu'héritage culturel de l’Afrique. C’est une tendance identitaire
panafricaine, une forme de réappropriation et de revendication de ses origines, un retour aux sources…
mais quelles sources ? A partir de quand ?
Pour Kalala Omotunde, les liens entre la culture africaine et la culture égyptienne (langue, tradition,
religion...) auxquels fait référence cette branche trouvent leur source dans les travaux de l’historien et
anthropologue Cheikh Anta Diop.
Le culte
Il existe quelques nuances d'un groupe à l'autre, mais dans la plupart des cas, on retrouve :
*un culte communautaire tenu par un clergé de prêtres hommes ou femmes (hem netjer) avec à sa
tête un Nisout (terme signifiant pharaon) ou un prêtre supérieur (Heri Tep) ;
*un culte privé, un autel entretenu dans les maisons et un rituel quotidien (daily rite), appelé le Senut
chez les khémites orthodoxes ;
*un culte voué aux ancêtres appelé Akhou ;
Des fêtes annuelles en l’honneur de divinités reprises du culte des anciens égyptiens comme Wep
Renpet (le nouvel an), la fête d'Opet, la fête Ouag, la « Bonne réunion », la fête de l’Ivresse, etc.
Ils pratiquent aussi la heka (la magie égyptienne) qui est de la magie mais aussi et surtout le fait de
parler avec conviction et avec le cœur (comme lors d'une prière, d'un hymne, etc).
Tous les groupes contemporains ne jugent pas nécessaire, pour différentes raisons, de réinstituer
l'institution du pharaon. Certains lui préfèrent parfois un prêtre supérieur, le Per Ânkh, choisi par la
communauté parmi les membres du clergé.
Les divinités
Les kémites vénèrent principalement Maât car elle est l'ordre cosmique et universel. Elle est la
personnification de la justice et de la vérité. Elle est primordiale dans la pensé des kémites et des
netjeristes.
Le mot dieu se dit neter (ou aussi netjer, nether), au féminin neteret (netjeret) et au pluriel neterou
(netjerou). Le point commun de la plupart des kémites est de préférer, pour leurs divinités, l’usage des
noms égyptiens plutôt que les noms grecs. Voici quelques exemples des différentes divinités que les
kémites vénèrent :
Anubis (Yinepu, Anpu, Inpou ou Yinep) ;
Maât (ou Ma'at) ;
Rê (ou Ra) ;
Bastet (Bast) ;
Hathor (Athyr, Houthor, Hethert ou Het-Heru) ;
Horus (Hor, Heru ou Khem) ;
Isis (Aset) ;
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Nephtys (Nebet-Het Nebt-Het) ;
Osiris (Wesir ou Ousir) ;
Sekhmet (ou Sakhmet)
Thot (Djehouty ou Tehuti).
Termes kémite et netjeriste
Les kémites et les netjeristes utilisent la langue de l'Égypte antique pour certains mots de leur
vocabulaire, de prières, de rituels...
Voici quelques exemples :
"Em hotep" signifie bonjour" (terme générique), "je te salue en paix", "paix en toi" ;
"Nyny" et un autre terme de salutation ;
"Senebty" signifie "au revoir" ;
"Hotep" signifie "paix" ;
"Ankh Oudjat Seneb" signifie "vie force santé" ou "vie prospérité santé".
4-Une réponse à l’errance : Incompatibilité entre kémitisme et christianisme
Les kémites (surtout les néo et les panafricanistes) pensent que les africains n’ont pas a prier Jésus
Christ, car nous les noirs n’avons aucun lien avec lui…
Une question : « Je suis africaine, Camerounaise. Comme tout le monde le sait, l’Afrique est le continent
le plus pauvre au monde, pourtant ce continent est le plus riche du monde en ressources !
Jusqu’aujourd’hui, nous sommes encore sous le joug colonial ! Nos terres sont encore exploitées pas
par nous-même mais par les blancs. Depuis des siècles c’est la même chose. Par conséquent, depuis
quelques temps, un groupe ( les kamites ) de gens africains, ainsi que ceux de la diaspora, estiment que
la cause du malheur de l’Afrique est le christianisme et l’islam. Ils pensent que les africains n’ont pas a
prier Jésus Christ, car nous les noirs n’avons aucun lien avec lui si il a d’ailleurs existé. Par conséquent
c’est de la déperdition. Ils disent que la Bible à été copié dans les écrits dits sacrés babyloniens, dans un
livre d’Égypte antique. Et que Jésus Christ qui serait ressuscité des mort serait un personnage inventé!
J’aimerais svp, savoir pourquoi la Bible est un plagiat ? Y’a t-il des preuves concrètes de l’existence de
Jésus-Christ ? Ces kamites estime que les africains doivent rentrer dans leur racines Africaines, et renouer
avec leur ancêtres, dieux égyptiens et vrais maîtres du monde selon eux, pour être plus puissants
spirituellement. Pour eux à chaque peuple, ses cultures et ses croyances ! »
Ces discours sont manifestement haineux et racistes. Ces personnes ont bien entendu le droit de
développer leur propre croyance, leur foi, leur religion. Mais pourquoi essayer de maltraiter la foi de
l’autre ? Si leur foi leur inspire une telle violence, c’est plutôt inquiétant.
Ensuite, quel rapport entre la couleur de peau et l’Evangile ? S’il apporte une belle inspiration, dans
l’amour et le respect de l’autre, ne serait-ce valable qu’à partir de quelle teinte de la peau ? Dire que
Jésus n’aurait pas existé est une attaque qui n’a pas de sens. On peut dire que l’on aime pas son
message, qu’on préfère Mohammed ou Gilgamesh, Bouddha ou Socrate, mais dire qu’il n’a pas existé
n’a pas de sens.
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4-1. Le rejet de la culture de l’autre
La passion de valoriser la culture africaine qui est un sentiment à priori noble, conduit à une forme de
rejet sans discernement de la culture occidentale. Construire sur le rejet de l’autre est source de
divisions et de conflits. La relation interpersonnelle ou intercontinentale est marquée par la réciprocité
qui permet les échanges où l’on donne à autrui et où l’on reçoit de lui. L’humanité est l’ensemble des
hommes et des femmes dont il faut respecter les provenances et les spécificités. L’esclavage, la
domination, l’exploitation des puissants contre les faibles doivent toujours être combattus par
une sagesse qui bannit la violence, la haine et la vengeance. Mais, nous devons veiller à ce que
les crimes du passé, certes regrettables, ne soient pas une cause de racisme qui est un nouvel
esclavage mental.
Par ailleurs, tous les habitants de l’Afrique doivent travailler à se purifier de la corruption, de la
concussion, de la gabegie vis-à-vis du bien commun, des guerres ethniques et tribales, de la
manipulation des faibles à des fins politiques, des pseudo-démocraties qui semblent etc. Avant
d’incriminer les acteurs de la colonisation, l’Afrique doit se débarrasser de son néocolonialisme à
l’interne sous toutes des formes qui plombent son développement. Dans la vertu, l’Afrique noire
particulièrement, avec toutes ses ressources humaine, matérielle et spirituelle pourrait être une vitrine
fiable et admirable pour les autres continents que les kémites ont tendance à rejeter.
4-2. Le syncrétisme
Le kémitisme est un mélange de plusieurs religions dans lesquelles il puise pour se forger sa propre
croyance et ses rites cultuels. En effet, le judaïsme, le christianisme et l’islam sont des religions dans
lesquelles le kémitisme puise pour bâtir ses propres croyances. Dans une vision chrétienne, le
syncrétisme est une porte d’entrée de toutes les dérives spirituelles capables d’enchaîner
l’Homme que le Christ veut libérer par sa mort et sa résurrection. Il est une porte ouverte par
laquelle les puissances du Mal entrent pour semer le désordre dans la vie personnelle des gens et créer
la zizanie dans leur vivre-ensemble.
Par ailleurs, le kémitisme intègre dans ses rites, les sacrifices d’animaux offerts aux ancêtres, à des esprits
bienfaisants et malfaisants à travers des intentions que l’adepte leur adresse.
Enfin, les adeptes du kémitisme, trouvent que les autres religions sur le sol africain sont étrangères
et même étranges aux Africains qui doivent purement et simplement les rejeter pour retrouver
leur authenticité. Le christianisme par exemple est rattaché à la colonisation ; par conséquent, elle est
un poison contre la pureté des esprits, une intoxication contre l’innocence des consciences, une
fossoyeuse des croyances originelles qui font l’âme de l’Afrique.
4-3. Le recours à la magie
Tandis que le christianisme rejette, par exemple la magie, le kémitisme y recourt comme une valeur
culturelle et cultuelle.
La foi chrétienne est incompatible avec la magie. Le Christ Jésus est l’Unique Sauveur du visible et de
l’invisible, le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tm 2, 5). Le recours aux forces occultes est en
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contradiction avec la foi chrétienne. Il ne convient donc plus de retourner à ces vieilles chaînes dont
la Croix du Christ veut libérer tout homme.
De plus, le port des amulettes, les rites sacrificiels, les pactes, etc. pour se mettre sous les bonnes
grâces d’une entité ou d’un esprit tutélaire, est incompatible avec la foi chrétienne qui confesse
le Dieu de Jésus-Christ comme l’unique protecteur de tout être humain.
4-4. Le rejet du christianisme
Le christianisme doit donc être chassé hors de l’Afrique Noire. Les kémites ou les kamites considèrent
le christianisme comme une religion de l’Occident, donc un véhicule, un vecteur de de la domination
du colonisateur. Le christianisme est indexé comme l’une des causes du sous-développement de
l’Afrique, un fossoyeur de la culture et de la religion léguées par les ancêtres. Il est effectivement
difficile de distinguer, dans l’histoire de la colonisation de l’Afrique, chrétienté et colonialisme, dans la
mesure où des complicités malveillantes sont indéniables et non pas toujours servies la cause de
l’Afrique.
Mais avant d’y arriver, posons-nous les questions qui s’imposent. Où étaient donc les « mamiwatta » et
les multiples « génies » et « dieux » africains, d’Egypte comme d’ailleurs, quand les bateaux des colons
foulaient nos côtes ?...
Le kamitisme considère le christianisme comme une anesthésie des valeurs et des cultures
africaines. C’est ainsi qu’ils font un faux procès contre la Parole de Dieu dont certains passages tirés à
dessein de leur contexte sont indexés. Par exemple : La bible exalte la pauvreté « Heureux les pauvres
de cœur, le royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 3-12). « Il est plus facile à un chameau de passer par
le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu » (Mt 19, 24).
La Bible serait donc pour eux, une puissante anesthésie les consciences, qui empêche la lutte
libératrice des peuples africains.
Nous n’allons pas nous déchaîner contre ceux qui semblent ignorer l’histoire du christianisme qui
n’a pas ses origines en Occident, mais en Orient. Nous n’allons pas tirer à boulet rouge sur ceux qui
semblent ignorer que l’Afrique Noire comme Blanche n’a pas été chrétienne par la colonisation :
voir l’histoire chrétienne de l’Afrique du Nord et d’ailleurs (Tunisie, Algérie, Maroc, Egypte, Ethiopie…)
Le christianisme est arrivé pour la première fois en Afrique du Nord, au 1er ou au début du 2e siècle
de notre ère. Les communautés chrétiennes d’Afrique du Nord étaient parmi les plus anciennes au
monde. L'histoire raconte que le christianisme a été amené de Jérusalem à Alexandrie sur la côte
égyptienne par Marc, l’un des quatre évangélistes, en 60 après JC. C’était à peu près au même
moment ou peut-être avant que le christianisme ne se propage en Europe du Nord.
Le continent africain a connu le christianisme dès ses débuts. Les Pères africains de l’Église, notamment
Tertulien, Cyprien (vers 200-254), évêque de Carthage, et Augustin (354-430), évêque d’Hippone, sont
parmi les plus grands témoins de l’Église de l’Antiquité.
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Une fois en Afrique du Nord, le christianisme s’est propagé lentement à l’ouest d’Alexandrie et à l’est
de l’Éthiopie. À travers l’Afrique du Nord, le christianisme a été adopté comme la religion de la
dissidence contre l’Empire romain en expansion. Au 4ème siècle (Le roi a adopté le christianisme
comme religion officielle en 333 après JC. ) après JC, le roi éthiopien Ezana a fait du christianisme la
religion officielle du royaume. En 312, l’empereur Constantin fit du christianisme la religion officielle de
l’Empire romain.
Le christianisme s’est propagé au sud ; du nord de l’Égypte à la Nubie (aujourd’hui le sud de l’Égypte et
le nord du Soudan) quelque deux cents ans après l’effondrement du puissant royaume de la vallée du
Nil de Méroé au IVe siècle après JC. Les vestiges archéologiques suggèrent que le christianisme
était une religion des pauvres au départ et n’est devenu populaire que plus tard auprès de l’élite.
Un missionnaire qui est venu en Nubie de Constantinople a trouvé que tout le monde connaissait bien
la doctrine chrétienne en 580.
Le christianisme a été un agent de grands changements en Afrique. Il a déstabilisé le statu quo,
apportant de nouvelles opportunités à certains et sapant le pouvoir des autres. Les missions chrétiennes
sont venues avec l’éducation, l’alphabétisation et l’espoir pour les défavorisés… aux désarrois de ceux
qui faisaient le commerce avec les esprits, et qui avaient assis des cercles de pouvoir occultes,
contrôlés par eux, autour de ceux-ci. Certains prétendus « Kémites Africains » ne sont que les
descendants de ces dominateurs mystiques qui pleurent la perte de leur fond de commerce !
Les kamites fanatisés travaillent contre le christianisme, ignorant à dessein ou non toutes ses valeurs et
ses énormes avantages qui ont indéniablement contribué à structurer l’Afrique et à promouvoir sa
culture et à la purifier dans le même temps de ses tares.
L’Europe a bien inculturé les valeurs du christianisme et a ainsi assuré son développement intégral,
même si l’oubli des racines chrétiennes tirent beaucoup de pays occidentaux vers le bas. Du côté
de l’Asie, la Corée du sud où le christianisme est la principale religion devançant ainsi le bouddhisme,
est un exemple éclairant du christianisme comme moteur puissant de développement.
Tout compte fait, le christianisme ne cessera jamais d’interroger nos cultures (comme elle a
commencé par interroger la culture juive !) et nos diverses croyances à la lumière de la Révélation
qui est une œuvre trinitaire et dont la puissance infuse au-delà des idéologies humaines. Jésus
disait : Marc 7.9 « Il poursuivit : Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour garder votre
tradition. » ; Marc 7.13 « vous annulez ainsi la parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes
donnée. Et vous faites bien d’autres choses semblables. »
La Parole de Dieu restera toujours une jauge des éléments de nos cultures, un tamis pour nos croyances,
afin d’aider à l’exaltation de leurs valeurs et à l’éradication de leurs contre-valeurs.
4-5. La croix kémite
La croix kémite ne se distingue pas à première vue de la croix chrétienne pour un non initié. La
croix kémite est la croix Égyptienne ou l'Ankh. L’Ank est un hiéroglyphe constitué d'une longue barre
verticale, d'une plus petite barre horizontale et d'un ovale à leur intersection. Présentant la forme
d'une croix latine, l'Ankh se démarque par son anneau à la place de la barre verticale du haut.
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Cette croix renferme un symbolisme à plusieurs facettes et à signification multiple. C’est surtout le
symbole du pouvoir des dieux qui consiste à donner et maintenir la vie. La croix kémite nous rappelle
que les apparences sont trompeuses et que tout ce qui brille n’est pas de l’or. Les esprits qu’on
invoque, et qui selon les époques portent toutes sortes de noms différents ne peuvent donner la
vie en fait !
#Quelques notions utiles
*Héka dans l’Egypte ancienne
Héka est le dieu de la magie et de la médecine dans l'Égypte ancienne et est également la
personnification de la magie. Il est probablement le dieu le plus important de la mythologie
égyptienne, mais il est souvent négligé parce que sa présence était si omniprésente qu'il était
presque invisible pour les égyptologues des XIXe et XXe siècles. Contrairement aux célèbres Osiris
et Isis, Héka ne faisait l'objet d'aucun culte, d'aucune adoration rituelle et d'aucun temple (sauf pendant
la dernière période de l'Égypte ancienne, de 525 à 323 avant Jésus Christ). Il est mentionné
principalement dans des textes médicaux, des formules magiques et des incantations et, pour cette
raison, il était relégué dans le domaine de la superstition plutôt que dans celui de la croyance religieuse.
Bien qu'il ne figure pas nommément dans les mythes les plus connus, il était considéré par les
Égyptiens de l'Antiquité comme le pouvoir derrière les dieux dont les noms et les histoires sont
devenus synonymes de la culture égyptienne. La magie était considérée comme présente à la
naissance de la création - elle était, en fait, la force opérante de l'acte créateur - et Héka figure donc
parmi les plus anciens dieux d'Égypte, reconnu dès la période prédynastique en Égypte (c. 6000 - c.
3150 av. J.-C.) et apparaissant dans des inscriptions au début de la période dynastique (c. 3150 - 2613
av. J.-C.).
Il était représenté sous une forme anthropomorphique, sous la forme d'un homme vêtu d'un costume
royal portant la barbe royale incurvée des dieux et portant un bâton entrelacé de deux serpents. Ce
symbole, associé à l'origine au dieu guérisseur Ninazu de Sumer (fils de la déesse Gula), fut adopté pour
Héka et voyagea en Grèce où il fut associé à leur dieu guérisseur Asclépios, et est aujourd'hui le
caducée, symbole de la profession médicale ! Héka est aussi parfois représenté sous les traits des
deux dieux qui lui sont le plus étroitement liés, Sia et Hou et, à partir de la période tardive (525-332 av.
J.-C.), il est représenté comme un enfant et, en même temps, il est vu comme le fils de Menhet et de
Khnum dans le cadre de la triade de Latopolis.
On le voit fréquemment dans les textes et inscriptions funéraires guidant l'âme du défunt vers l'au-delà
et il est souvent mentionné dans les textes médicaux et les formules magiques.
Les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophages revendiquent tous deux Héka comme
leur autorité (le dieu dont le pouvoir rend les textes vrais) et, selon l'égyptologue Richard H.
Wilkinson, "il était considéré comme un dieu au pouvoir inestimable" qui était craint par les autres dieux.
Ne serait-ce donc pas Satan ?
Héka désigne la divinité, le concept et la pratique de la magie. Comme la magie était un aspect
important de la pratique médicale, un médecin invoquait Héka afin de pratiquer le heka. L'univers avait
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été créé et avait pris forme par des moyens magiques, et la magie soutenait à la fois le monde visible
et invisible. On pensait que Héka était présent lors de la création et qu'il était le pouvoir génératif
dans lequel les dieux puisaient pour créer la vie.
Dans les Textes des Sarcophages (écrits vers 2134-2040 av. J.-C.), le dieu s'adresse directement à lui en
disant : "À moi appartenait l'univers avant que vous, les dieux, n'ayez vu le jour. Vous êtes venus après
parce que je suis Héka" (Spell, 261). Héka n'avait donc pas de parents, pas d'origine, il avait toujours
existé. Pour les êtres humains, il trouve son expression dans le cœur et la langue, représentés par deux
autres dieux, Sia et Hou. Héka, Sia et Hou étaient responsables de la création ainsi que de l'entretien du
monde et de la régulation de la naissance, de la vie et de la mort des humains.
*Créateur, soutien et protecteur
Au début des temps, le dieu Atoum émergea des eaux tourbillonnantes du chaos pour se tenir sur la
première terre ferme, le benben primordial, afin de commencer l'acte de création. On pense que Héka
était avec lui à ce moment-là et qu'il puisa dans son pouvoir. Wilkinson écrit :
Pour les Égyptiens, le heka ou "magie" était une force divine qui existait dans l'univers comme la
"puissance" ou la "force" et qui pouvait être personnifiée sous la forme du dieu Héka... son nom
s'explique donc comme "la première œuvre". La magie donnait du pouvoir à tous les dieux et Héka
était également un dieu du pouvoir dont le nom était lié à cette signification à partir de la 20e dynastie
en étant écrit de façon emblématique avec le hiéroglyphe pour "pouvoir", bien qu'à l'origine le nom du
dieu ait pu signifier "celui qui consacre le ka" et qu'il soit appelé "Seigneur du Kas" dans les Textes
des Sarcophages.
Le ka était l'une des neuf parties de l'âme (le moi astral) et était lié au ba (l'aspect oiseau à tête humaine
de l'âme qui pouvait voyager entre la terre et le ciel) qui, à la mort, se transformait en akh (l'âme
immortelle).
Héka était donc à l'origine la divinité qui veillait sur l'âme, lui donnait de la puissance, de l'énergie, et
lui permettait de s'élever dans la mort vers l'au-delà. En raison de ses pouvoirs protecteurs, on lui
accordait une place de choix dans la barque du dieu Soleil qui traversait les enfers la nuit.
*la croix ankh
origine du ankh
La « croix de vie » est l’un des symboles sacrés les plus anciens au monde. Il est alors très difficile de
retracer son origine. Les données restent jusqu’à ce jour insuffisantes pour préciser la date et le lieu
exact de sa première apparition.
Certaines recherches révèlent que les Égyptiens ont commencé à l’utiliser depuis bien longtemps, soit
vers 3150 à 2613 avant J.-C. À cette période, la croix ansée a été intégrée dans les cérémonies rituelles
en tant que talisman protecteur.
Le symbole spirituel et ésotérique a été dessinée sur les murs des temples, les stèles ou les statues
ou les frises. Les forgerons ont également taillé des miroirs sous forme de croix de vie.
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En effet, les croyants égyptiens auraient aperçu le symbole Ankh à l’intérieur du temple du dieu Sarapis
lors de sa destruction. Plus tard, ils ont adopté une version presque identique et ils l’utilisent en général
pour célébrer la victoire de la vie contre la mort.
comprendre le symbole égyptien croix de vie
Dans la culture égyptienne, le symbole Ankh est avant tout un hiéroglyphe sous forme de T (tau). Il
possède à peu près la même structure qu’une croix latine.
La croix de vie ou croix ansée se constitue d’abord d’une boucle qui se forme comme une goutte d’eau,
puis d’une petite lame horizontale et enfin d’une longue barre verticale. Selon sa signification
spirituelle, chacun de ces éléments représente plusieurs schémas contradictoires.
La boucle peut ainsi symboliser l’infini ou le soleil qui est le royaume du dieu Ra. Elle reflète l’image de
l’astre solaire qui se repose sur l’axe de l’horizon. Elle incarne le monde céleste, la demeure des esprits
des dieux.
Quant à la barre horizontale, les égyptologues l’associent souvent à notre monde et celui des divinités.
Pour terminer, la barre verticale montre la trajectoire du soleil. L’astre s’élève puis redescend après.
La croix Ankh est souvent aperçue sur les représentations de plusieurs divinités de la mythologie
égyptienne. Elle est soit dessinée près de la bouche, soit du nez. L’image évoque donc une
personne qui insuffle la vie. Ce symbole apparaît en général sur la représentation de la déesse Isis, la
déesse de la vérité Maât, le dieu du soleil Atoum ou la déesse guerrière Sekhmet.
Signification spirituelle du ankh
La croix de vie occupe une place importante dans la culture de l’Égypte antique. Son utilisation se reflète
ainsi dans diverses facettes de la vie au quotidien. C’est pourquoi ce symbole possède plusieurs
significations pour les peuples qui vivent à cette époque.
- le ankh signifie la vie
Le terme ânkh ou anokh signifie en égyptien la vie. Pour les peuples des pharaons, la croix de vie ou la
croix ansée symbolise en effet la vie, et ce, dans toutes les facettes.
Il faut souligner que dans la civilisation égyptienne, la vie est comme une bénédiction et qu’il faut
l’apprécier. Les Égyptiens sont alors très reconnaissants envers les divinités.
De ce fait, la mort les obsédait puisqu’elle marque la fin de ce précieux cadeau, d’où la célébration
des cérémonies mortuaires codifiées, la création de tombeaux gigantesques ou la momification
des défunts.
- la croix de vie représente l’union et l’équilibre
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En tenant compte de sa forme qui ressemble à l’organe de reproduction féminin et masculin, ce
symbole égyptien représente l’union des forces contradictoire comme la relation entre la femme
et l’homme.
La figure ovale évoque l’utérus et la croix est le symbolique du phallus. Le Ankh incarnerait l’équilibre
énergétique et l’harmonie du monde… oui toujours le sexe ! Le fameux sexe !
Il existe également d’autres exemples comme le ciel et la terre, le haut et le bas, le chaud et le froid,
l’actif et le passif, l’abstrait et le concret, etc. À travers cette interprétation, ce symbole ressemble au yin
et yang de la culture chinoise puisqu’il véhicule le même message. Selon certains experts, la croix de vie
fait allusion à la relation entre les deux dieux égyptiens Osiris et Isis. Associées aux rites mortuaires, ces
divinités égyptiennes sont l’incarnation parfaite de l’union sacrée. … Satan séduit les peuple toujours
avec du sexe !
Après que Osiris a été tué par le dieu Seth, sa femme Isis a rassemblé ses restes pour lui redonner vie.
Les deux se sont après accouplés pour donner naissance à Horus, le personnage qui va plus tard
vaincre Seth…
- la croix ansée signifie la vie éternelle
Pour les peuples de l’Égypte antique, la croix ansée est considérée comme la clé vers l’au-delà.
Selon leur croyance, elle guide les défunts rois lors du passage vers l’autre-monde afin que leur
âme puisse rejoindre la vie éternelle ou le Noun.
Cet endroit est l’Océan primordial qui est la source ou l’origine de tout. Ce symbole reflète ainsi l’éternel
combat du dieu du soleil Rê.
Ce dernier règne depuis la nuit des temps sur l’astre solaire et affronte chaque nuit les forces du chaos.
À chaque fois, il ressort victorieux grâce au symbole Ankh qu’il tient dans sa main.
- le ankh miroir de soi-même
Lors des fouilles, les égyptologues ont retrouvé des miroirs en forme de croix de vie. Pour les Égyptiens
du temps des pharaons, ces objets ont des propriétés magiques et de puissants pouvoirs.
Ils sont utilisés à des fins de spiritisme afin d’établir la communication avec les défunts. En d’autres
termes, le symbole Ankh apporte également une grande aide pour la quête personnelle. La partie ovale
reflète d’ailleurs le troisième œil qui est l’œil de la conscience universelle.
Les miroirs avec cette croix permettent ainsi de faire un travail d’introspection. Que ce soit pour une
observation spirituelle ou la recherche de vérité intérieure, tout le monde peut avoir ces types de miroirs,
y compris les prêtres ou le pharaon.
C’est là le même vieux discours de la gnose satanique : le salut par le sexe et la communication
avec les démons !
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* pouvoirs de la croix de vie
De nos jours, cette « croix » de vie devient de plus en plus populaire dans les pays occidentaux. Elle
possède une double facette puisqu’elle est à la fois considérée comme un art décoratif et un talisman
avec une forte signification spirituelle.
Certaines personnes l’apprécient particulièrement grâce à son côté esthétique. Elles l’utilisent alors en
tant que bijou ou l’intègrent dans leurs tatouages. Il existe également une catégorie d'artistes qui le
dessine sur des fresques urbaines, des vêtements ou des livres.
Ce symbole peut ainsi avoir plusieurs formes, allant de plus simple jusqu’au plus sophistiqué. Il possède
une grande notoriété dans divers domaines puisqu’il peut attirer autant les gens ordinaires que les stars
ou les personnages importants. Pour d’autres personnes, la croix ansée est loin d’être une simple
figure décorative. Elle représente toujours les valeurs que les peuples de l’Égypte antique vénèrent. Elle
reste pour cette catégorie de gens une figure ésotérique importante et pleine de sens.
Elle est toujours considérée comme source d’équilibre et d’harmonie entre les forces
contradictoires, une passerelle entre le monde des vivants et des morts, etc. Ce symbole possède ainsi
une grande valeur pour les communautés qui s’intéressent aux religions de l’Égypte ancienne. C’est
pourquoi il est souvent associé à l’image de la religion de Kemet. Les adeptes du style new Age
ainsi que les néo-païens l'utilisent également comme symbole de la vie ou de la sagesse.
Pour les adeptes de la religion de l’Égypte antique, ce symbole est considéré comme une amulette
ou un talisman protecteur. Il est comme un bouclier de protection. C’est dans ce sens que les
Égyptiens portaient cette croix autour du cou ou l’accrochaient dans leur foyer.
Ces gens façonnaient également des miroirs sous forme de croix ansée. Le symbole permetrait alors à
la personne qui l’utilise d’observer la lumière intérieure sacrée qui se trouve au plus profond de
son être.
C’est donc de la simple sorcellerie, le commerce avec
les démons !
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