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UNITE IV Sante Communautaire

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UNIVERSITE DE LISALA

CENTRE INTERUNIVERSITAIRE DE RECHERCHE


PLURIDISCIPLINAIRE (CIREP)
STATUT : UNIVERSITE PUBLIQUE
Web : www.cirep.ac.cd
Email : [email protected]

NOTES DE COURS
DE SANTE
COMMUNAUTAIRE
OBJECTIFS DU COURS
Objectif général :
L'objectif général du cours de santé communautaire est de former les étudiants à comprendre, promouvoir
et améliorer la santé des populations au niveau local, en mettant l'accent sur la prévention des maladies, la
promotion de la santé et l'équité en santé.
Les objectifs spécifiques :
 Comprendre les déterminants sociaux, économiques et environnementaux de la santé au niveau
communautaire, ainsi que les inégalités de santé qui peuvent en découler.
 Analyser les besoins de santé des populations locales en utilisant des données épidémiologiques,
des enquêtes de santé communautaire et des consultations avec les parties prenantes.
 Concevoir, mettre en œuvre et évaluer des programmes de promotion de la santé et de prévention
des maladies adaptés aux besoins spécifiques de la communauté.
 Collaborer avec les acteurs locaux, y compris les autorités sanitaires, les organisations
communautaires, les professionnels de la santé et les résidents, pour élaborer des stratégies de
santé publique efficaces.
 Sensibiliser à l'importance de l'autonomisation des communautés dans la prise en charge de leur
propre santé, en favorisant la participation citoyenne et le développement de compétences en santé.
 Promouvoir une approche interdisciplinaire de la santé communautaire en intégrant des
connaissances issues de domaines tels que la sociologie, l'anthropologie, la psychologie, etc.
 Évaluer l'impact des interventions en santé communautaire sur les résultats de santé, l'accès aux
soins, le bien-être social et d'autres indicateurs pertinents.
 Ces objectifs visent à préparer les étudiants à travailler efficacement avec les communautés pour
améliorer leur santé, renforcer leur résilience et promouvoir des environnements favorables à la
santé. Le cours de santé communautaire vise également à favoriser une approche holistique de la
santé publique qui prend en compte les dimensions sociales, culturelles, économiques et politiques
de la santé des populations.
INTRODUCTION
Le renforcement des systèmes communautaires à travers une bonne
organisation de la Communauté couplée d’un bon
m é c a n i s m e d’appropriation reste en effet une approche permettant de contribuer à
la pérennisation des interventions sociales de base à travers
u n e responsabilisation et une implication effective des communautés. Quand une
expression est largement utilisée dans les sciences de la sante sans qu’on sache
véritablement a quoi elle renvoie spécifiquement et en quoi elle se différencie d’autres
notions voisines et apparentées, le moment est bien approprie pour la questionner,
pour en faire le tour, analyser ce qui la fonde et ce qui participe à une sorte de sens
commun ici. C’est notamment le cas pour l’énonce de ≪ santé communautaire ≫ que
d’aucuns comprennent aujourd’hui à partir d’un ensemble e repères largement
véhicules. On sous-entend par exemple dans la foulée de ces deux mots, qu’il s’agit de
recherches, d’interventions, voire de recherches-interventions, et de recherches
interventions-évaluations, qui se présentent dans le cadre d’approches
multidisciplinaires et multisectorielles. Il y aurait donc en santé communautaire des
partenaires impliques sur le terrain de la santé et du développement social qu’il faudrait
mobiliser, voire des groupes de citoyens, tout comme il en est de savoirs
de provenances disciplinaires diverses, susceptibles d’être mis a profit. Dans ces
recherches et interventions, on entretiendrait aussi des processus participatifs ou une
participation qu’on met en œuvre a différentes étapes de démarches ou de projets. On
serait animé par les valeurs de justice sociale et viserait l’équité en sante. On
chercherait encore à renforcer les pouvoirs d’agir des individus, des communautés et
des collectivistes, et considèrerait enfin et tout spécialement, la part des déterminants
sociaux et les conditions sociales, politiques, culturelles, économiques et
environnementales dans la production d’une sante que l’on ne saurait réduire à cette
conception de la maladie largement véhiculée par un système de santé pleinement
influence par le regard biomédical.
DEFINITION DES CONCEPTS CLES
 La santé communautaire est une approche de résolution des problèmes de
santé fondée sur l’engagement des communautés. Elle intègre des services
de santé préventifs, promotionnels curatifs et ré-adaptatifs destinés aux
communautés et délivrés par les communautés elles- mêmes sous la
supervision du personnel de santé publique. Elle vise à étendre les
prestations sanitaires à la périphérie géographique et sociale du pays,
structure et renforce la gouvernance sanitaire locale et le partenariat entre
les communautés et les structures de santé.
 L’engagement communautaire est un processus dans lequel s’instaure un
partenariat entre le gouvernement et les communautés locales pour la
planification, l’exécution et l’exploitation des activités sanitaires en vue de
tirer parti de l’accroissement de l’auto- responsabilité et d’assurer le
contrôle social. Il exprime l’idée d’intervention des communautés locales
dans une activité de développement.
 La participation communautaire est un processus social par lequel des
individus et des familles prennent en charge leur santé comme celle de la
communauté, depuis l’identification des besoins et la définition des priorités
jusqu’au suivi et à l’évaluation des programmes, en assumant les
responsabilités des décisions et des stratégies, dans le but de contribuer à
l’amélioration de leur propre état de santé et au développement de la
communauté.
 L’approche de santé communautaire est un ensemble de stratégies
utilisé pour identifier les problèmes, élaborer, mettre en œuvre et évaluer
des programmes de santé avec la participation active des populations.
 La médecine traditionnelle, dans le contexte du Sénégal, est définie
comme un ensemble de savoirs, connaissances, pratiques, techniques et
utilisation de préparations ou de substances basés sur des fondements
socioculturels, religieux et/ou empiriques des communautés. La médecine
traditionnelle s’appuie sur des expériences vécues et des observations
transmises de génération à génération pour diagnostiquer, soigner ou
prévenir un déséquilibre physique, mental ou social.
 L’acteur communautaire est un terme générique qui désigne les
volontaires communautaires qui participent actuellement à la mise en
œuvre des activités de santé au niveau communautaire : membre des
comités de santé, ASC, ASC /matrone, relais, DSDOM, Bajenu Gox.

 L’agent de santé communautaire est une personne qui a reçu une


formation et qui est chargée de dispenser des soins curatifs de base, des
soins préventifs et promotionnels dans une case de santé.
 La matrone est une personne qui a reçu une formation et qui est chargée
d’assister la mère pendant la grossesse, le travail, l’accouchement et les
suites de couches (respect des consultations prénatales, orientation des
femmes pour assurer une assistance par du personnel qualifié lors de
l’accouchement) ; elle dispense aussi des soins préventifs et promotionnels
dans une case de santé comme l’ASC.

 L’ASC matrone est un acteur formé et polyvalent qui mène dans une case
de santé des tâches intégrées d’ASC et de matrone.

 Le relais communautaire est une personne formée chargée de mener des


activités d’information, d’éducation et de communication pour le
changement de comportement, des activités préventives et des activités
promotionnelles.

 Le dispensateur de soins à domicile est une personne formée, équipée


pour prendre en charge le paludisme (TDR et ACT) à domicile et de faire la
sensibilisation sur le paludisme. Quand le paquet est élargi, le DSDOM
prend également en charge les IRA et la diarrhée. Le DSDOM intervient
dans un site PECADOM (Hameau ou village).

 La bajenu gox est la "marraine" de quartiers ou de villages. Elle fait la


promotion de la santé maternelle, néonatale et infantile au niveau
individuel, familial et communautaire ; aide les relais en prenant en charge
les cas de réticence, conseille les familles, accompagne les femmes
enceintes/mères au niveau des structures, fait le plaidoyer.

 L’agent d’encadrement de la santé communautaire est une fonction


nouvelle proposée dans le cadre de la formalisation et de la coordination des
activités de santé communautaire au niveau local et régional. Elle intègre
toutes les actions de supervision, de formation et d’accompagnement des
acteurs communautaires de santé.
 Le point focal de la sante communautaire (niveau PS) coordonne le travail
des acteurs communautaires de santé intervenant dans l’aire du poste de
santé (cases et sites) et assure la supervision. Il est également le superviseur
des agents d’encadrement dans l’aire du poste (sages femmes ou autre
prestataire qualifiée).

 Le point focal de la santé communautaire du district est nommé par le


médecin chef de district parmi les membres de l’équipe cadre de district. Il
coordonne toutes les activités de santé communautaire dans le district en
rapport avec les responsables de zone.

 Le point focal de la santé communautaire de la Direction régionale de


la Santé est nommé par le directeur régional de la santé parmi les
membres de la division régionale des soins de santé primaires. Il coordonne
toutes les activités de santé communautaire dans la région en rapport avec
les points focaux des districts.

 Les acteurs communautaires de santé est la nouvelle appellation


proposée pour remplacer le terme générique d’acteur communautaire. Il
n’intègre pas les membres des comités de santé de la case.

 Le praticien de la médecine traditionnelle est une personne reconnue


par la communauté dans laquelle elle vit, comme compétente pour
diagnostiquer des maladies et invalidités et dispenser des soins de santé
grâce à des traitements spirituels, des techniques manuelles et exercices et
/ou l’emploi de substances d’origine végétale et / ou animale.

 Le comité de santé est l’organe de liaison entre la structure sanitaire


(poste ou centre de santé) et les populations. Il a le même ressort territorial
que les zones opérationnelles des formations sanitaires ou des districts
sanitaires. La participation des populations à l’effort de santé publique à
travers les comités de santé a fait l’objet du décret 92-118 du 17 janvier
1992 fixant les obligations particulières auxquelles sont soumises les
associations de participation à l’effort de santé publique.
 Le comité de gestion est mis en place conformément à la loi 96-07 portant
transfert de compétences aux régions, aux communes et aux communautés
rurales et du décret d’application 96-1135. Il est chargé de délibérer sur le
projet de budget et les comptes, sur l’activité sanitaire, sur les réparations
et l’action sociale des centres et postes de santé. Il existe un comité de
gestion pour le centre de santé et le poste de santé.

 L’organisation communautaire de base est un groupement humain


installé au niveau communautaire par des personnes qui vivent ensemble et
qui ont des buts et des intérêts communs. Il s’agit d’une entité à la base
qui gère, organise et administre des biens communs, des ressources et un
espace en vue d’atteindre des objectifs fixés par la communauté elle-même
sans aucune contrainte. Entrent dans cette catégorie les groupements de
femmes, les associations sportives et culturelles, les associations des relais
ou des acteurs communautaires de santé.

 La case de santé est une petite structure de soins dans un village, où


exerce un agent de santé communautaire, formé par un infirmier à la
pratique de gestes comme la désinfection, les pansements, à la prise en
charge de certaines pathologies fréquentes (diarrhée aigue, paludisme
simple, infection respiratoire aigue), et à la mise en place de programmes de
prévention. Lorsque cela est possible, une matrone est formée et fait les
accouchements dans la case de santé dans le respect des mesures
d'hygiène. La case de santé est entièrement gérée par les communautés. Son
fonctionnement est assuré essentiellement par les recettes tirées de la
participation financière des populations et l’appui des partenaires. La
motivation des acteurs communautaires est assurée par le biais de la
participation communautaire (champ communautaire ou cotisation). Un
comité de santé veille au bon fonctionnement de la case.

 Le site communautaire est un lieu aménagé en dehors des structures


sanitaires où la population reçoit un paquet de services délivrés par des
relais ou un DSDOM.
1° La référence théorique
En février 2001, la commission interdépartementale de la santé dans les
écoles (CISE) approuvait le document Cadre conceptuel et principes de
référence présenté par le Groupe de conduite de l’ODES.

Se référer à la notion de santé communautaire implique pour l’ODES


l’acceptation suivante des deux termes qui la composent, à savoir :

- la santé conçue comme une ressource au service d’un bien-être


individuel ou collectif, comme un essai d’équilibre de sa vie quotidienne
avec son environnement ;
- la communauté, entité sociale dont les membres qui la composent
participent activement au processus visant la santé. En corollaire
s’inscrivent des notions telles que l’interdépendance et
l’interdisciplinarité.

La notion de santé communautaire est classique quand elle travaille sur les
comportements mais se révèle révolutionnaire quand, en amont, elle montre
la vanité de ces efforts si les structures, elles, ne sont pas prêtes à évoluer.
2° La structure de référence pour le milieu scolaire
Le Réseau européen des écoles en santé (REES), créé par l’Organisation
mondiale de la santé (OMS), le Conseil de l’Europe et la Commission
européenne en 1992 - la Suisse en fait partie depuis 1993 (RES-CH) – en
soutenant les écoles qui s’engagent à faire de leur établissement un lieu de vie
favorisant le bien-être est l’organisme promouvant le respect des principes
énoncés ci-dessus.
3° L’émergence de la promotion de la santé au travers des textes
Si la Charte d’Ottawa (1986) constitue bien la référence théorique princeps,
deux autres événements ont favorisé l’émergence d’une conception de la santé
aux mains des individus aux dépens de celle de la maladie et de la
prédominance de la médecine :

- le Rapport sur la santé des Canadiens plus connu sous le nom de Rapport
Lalonde – du nom du ministre canadien de l’époque – en 1974 est, si ce
n’est le premier, un des tous premiers documents dans lequel un
gouvernement souligne que la médecine et la santé jouent un rôle limité
dans la détermination de l’état de santé. Ce rapport définit quatre grands
domaines de la santé : l’organisation des soins, la biologie humaine, les
modes de vie et l’environnement ; c’est l’âge d’or des pratiques de
l’éducation pour la santé (EPS) centrées sur les habitudes de vie ;
- la Déclaration d’Alma Alta en 1978 vise à promouvoir les soins de santé
primaires pour permettre l’accès de tous à un niveau de santé acceptable
; l’importance de combler le fossé qui sépare sur le plan sanitaire les
pays en développement et les pays développés y est évoquée. Pour y
parvenir, il s’agit de développer au maximum l’autoresponsabilité et la
participation de la collectivité et des individus.

4° La définition de la promotion de la santé


La promotion de la santé est le processus qui confère aux populations les moyens
d’assurer un plus grand confort sur leur propre santé et d’améliorer celle-
ci

Cette démarche relève d’un concept définissant la « santé » comme la mesure


dans laquelle un groupe ou un individu peut d’une part réaliser ses ambitions et
satisfaire ses besoins et, d’autre part, évoluer avec le milieu ou s’adapter à celui-
ci- La santé est donc perçue comme une ressource de la vie quotidienne, et non
comme le but de la vie ; il s’agit d’un concept positif mettant en valeur les
ressources sociales et individuelles, ainsi que les capacités physiques. Ainsi donc,
la promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire ; elle
dépasse les modes de vie sains pour viser le bien-être.

5° La santé communautaire et la promotion de la santé


Les notions de santé communautaire et de santé sont incluses dans la
définition ci-dessus ce qui ne vas pas sans entraîner quelques confusions. Pour
simplifier, on peut dire que : la santé communautaire est un concept et que la
promotion de la santé est le moyen de le développer.
6° Des regards différents menant de l’EPS à la promotion de la santé
Trois grandes approches de l’EPS contemporaine – c’est-à-dire après la fin de
la Seconde Guerre mondiale – se sont succédé :

- l’EPS normative transmissive : nous savons et vous le disons ;


- l’EPS normative négociée : nous savons et nous acceptons d’en discuter ;
- l’EPS normative participative : nous savons et nous vous aidons à savoir et,
l’approche la plus récente, dans pas mal de cas encore à faire passer du
stade de la théorie à celui de la pratique :

- la promotion de la santé : vous nous dites vos besoins et nous cherchons des
réponses ensemble.
Inscrire le processus du « vous à nous » et non plus du « nous à vous » relève
d’une décentration théorique à 180 degrés impliquant le passage de «
l’éducation pour la santé » à la « promotion de la santé ».
7° L’EPS et la promotion de la santé en regard des théories pédagogiques
L’enseignement, de tout temps, a consisté à transmettre des connaissances,
des contenus. L’apprentissage de ceux-ci passe par des formes de plus en
plus complexes concomitantes au développement des sciences de
l’éducation.

L’observation de l’évolution des théories pédagogiques et de leurs pratiques


sous-jacentes montre que tant l’EPS que la promotion de la santé se
construisent dans des évolutions parallèles.

Les pratiques pédagogiques


Le modèle transmissif frontal
Le modèle socio-constructiviste
(apprenant passif)
(apprenant actif)

Enseignant (maître)
Enseigné (élève)

Enseignant :
CONTENUS - tuteur
- médiateur

Enseigné (élève)
CONTENUS

Application « progressive » du modèle : la Application « régressive » du modèle : le


maïeutique socratique constructivisme (élève/contenu)
Les pratiques en santé
Le modèle d’éducation pour la santé Le modèle de santé communautaire

Contenus
COMPORTEMENTS

Compétences
Attitudes et/ou contenu
Dans la pratique, faut-il encore le préciser, l’acte d’enseigner n’est pas
dissociable de celui d’éduquer. Aucun apprenant ne quitte ses affects avant
de franchir la porte de la classe. Seule la théorie permet de réduire
l’enseignement à des contenus (savoirs) et la santé a des comportements
(savoir être, par analogie de terme savoirs et savoir-faire).
Les comportements sont la résultante de croyances, de représentations
forgées par nos expériences de la vie. Celles-ci, combinées avec des normes
culturelles, différentes selon les lieux et le temps, produisent des valeurs .
On ne travaille pas sur les valeurs comme sur les contenus.
Ce qui fait problème dans la transmission de valeurs, ce sont moins les
valeurs elles-mêmes dont l’apparition ou la disparition ne se fait sans doute
pas à l’échelle d’une génération que leur hiérarchie qui peut fluctuer
aisément d’une période à l’autre.

L’enseignant, dans le versant éducatif assumé de sa fonction, se doit


d’expliquer clairement les valeurs qui sont les siennes. Le promoteur de la
santé dont la fonction première n’est pas d’enseigner donc d’éduquer se
contentera de faire émerger chez l’autre ce qui est pour lui des valeurs de
référence (en accord dans les faits avec le discours tenu : propreté/je ne jette
pas ma cigarette dans la rue) et des valeurs de préférence (discours tenu et
non pratiqué : défenseur de l’écologie/aucun tri des déchets ménagers).

La santé, tant individuelle que collective, étant étroitement liée à des


comportements, la modification éventuelle de ceux-ci passe préalablement
par le développement ou l’acquisition d’aptitudes, de compétences,
d’attitudes permettant d’agir.

Si l’enseignement et la promotion de la santé se différencient par leur objet


(savoir vs savoir- être), ils sont réunis par un support théorique (socio-
constructivisme) et des moyens communs permettant de développer les
savoir-faire (méthodes actives).
8° De l’EPS à la promotion de la santé
Il n’y a pas opposition entre l’EPS et la promotion de la santé mais
complémentarité. La promotion de la santé précède l’EPS, lui prépare le
terrain. Le processus qu’implique la promotion de la santé est anticipatif ; il
participe aux préventions existantes.

De manière non exhaustive, le tableau comparatif ci-après synthétise un


certain nombre de caractéristiques différenciant les deux approches.

EPS Promotion de la santé


Accent mis sur
- l’individu (le groupe) - la communauté + l’environnement
- les maladies + les risques - le bien-être
- la production de moyens - le projet participatif
- l’approche spécifique - l’approche globale
- l’offre de services - la transformation socio-
environnementale
- les réponses fournies - les questions posées
- le renforcement des connaissances - le renforcement de la capacité d’agir
- la (fausse) participation - le droit de choisir de participer
- le sectoriel - l’interdisciplinarité
- l’action ponctuelle - le processus
- l’éducateur-expert - l’animateur

L’esprit qui résume et différencie ces deux approches tient en un mot :

POUR

Si la promotion de la santé, de par ses caractéristiques, se montre ambitieuse


et prometteuse dans ses objectifs; il faut aussi retenir que, par rapport à l’EPS :

- son champ d’action la rend plus complexe, donc plus difficile à maîtriser;
- elle demande plus de temps (processus vs action);
- elle remet en cause les hiérarchies établies (participation).

Les qualités requises pour être un bon éducateur pour la santé ne sont pas
les mêmes que celles nécessaires au promoteur de santé. Si, dans la réalité,
beaucoup de projets relèvent encore aujourd’hui plus de l’EPS que de la
promotion, c’est qu’on a probablement sous- estimé la difficulté – voire
l’impossibilité parfois - de connecter en tant que professionnel d’une
approche à l’autre. La dynamique qui prévaut à la promotion de la santé,
c’est la volonté de rassembler les membres de la communauté en vue
d’une émergence consensuelle d’une demande (vs la volonté de faire
passer un message).
9° Le promoteur, la promotrice de santé
Les professionnels de la promotion de la santé se préoccupent
prioritairement de la population ou des groupes qui la composent et ce,
dans leur cadre de vie dont l’école est un des éléments. Ces deux champs
d’intervention se situent au niveau :
- interpersonnel avec le développement des compétences personnelles et
sociales en matière de santé ;
- politique avec des interventions sur les facteurs déterminants de la santé
tels que, en ce qui concerne l’école, les conditions de travail,
l’intégration sociale, la qualité de l’environnement.
Il y a des spécialistes de l’enseignement ; il y a des spécialistes de l’éducation
pour la santé ; il n’y a pas de spécialiste du bien-être dont les promoteurs de la
santé sont les agents les plus proches lorsqu’ils observent les principes
suivants :
- une éthique centrée sur
- le renforcement des compétences et le droit à l’autodétermination
en matière de santé ;
- la participation et l’abolition des inégalités sociales face à l’accès
à la santé et aux soins ;
- une responsabilité de garantir que les mesures mises en œuvre
servent à quelque chose ;
- une perspective d’orienter ses actions vers le bien-être ;
- un fonctionnement interdisciplinaire ;

- des méthodes de type systémique, interactif et participatif.


L’« expert », au sens classique de « celui qui sait » cédera le pas à
l’organisateur, au gestionnaire de processus.
Il s’agira aussi pour ce professionnel de veiller constamment à ce que son
action ne se transforme pas en un instrument du renforcement social
obligeant l’autre à être en bonne santé.
10° L’ODES et la promotion de la santé
La promotion de la santé marque l’aboutissement d’une évolution récente
qui a entraîné un déplacement des responsabilités allant des professionnels
de la santé aux individus. L’ODES se veut l’interface entre la mission
normativo-préventive de la santé publique et la possibilité offerte à tout un
chacun d’exercer des choix personnels en connaissance de cause.
Aucune stratégie promotionnelle, cette dernière étant à la base du
fonctionnement de l’ODES, ne peut donc, par définition, décréter à l’avance
ce sur quoi va porter ses interventions. Ce serait un paradoxe de santé
communautaire. L’ODES peut, par contre, accepter de partir des problèmes
identifiés et les traiter selon une perspective promotionnelle.
Les bases épistémologiques sur lesquelles l’ODES fonde ses interventions
tiennent dans le schéma suivant:
Situation de l’ODES

ODES

Populations-
cibles

La démarche en promotion de la santé consiste à se mettre au service des


problèmes identifiés par les autres plutôt que d’offrir des services auxquels
les autres doivent s’adapter. L’ODES accompagne les réalités des autres.

Ceci étant posé, toute action promotionnelle devrait donc s’inscrire dans la
séquence suivante :
1a) Cela signifie que l’ODES, quand il se fait porteur de sa mission de
promotion de la santé est là prioritairement pour accompagner les
demandes des établissements scolaires, qu’elles viennent, comme cela
serait souhaitable, des équipes de santé mais aussi des conseils de
direction, des enseignants, des élèves ou de la proche collectivité locale
(parents notamment).
La démarche en milieu scolaire y relative se traduit en deux temps :
 en réponse à une demande exprimée et explicite, ouvrir, avec
l’ensemble des partenaires concernés, des espaces de dialogue et
de réflexion dans le but de faire préciser la demande, de vérifier sa
pertinence, de donner les moyens d’y réfléchir (expertise de
processus)
 dans un second temps, transmettre l’adresse d’un certain nombre
de référents compétents à même de répondre à la problématique
identifiée (expertise de relais).
1b) Dans sa mission en rapport avec une conception plus classique de la
santé où les problèmes sont identifiés sur des bases statistico-
épidémiologiques, l’ODES doit voir comment intégrer dans une
perspective promotionnelle les domaines prioritaires identifiés, entre
autres, par le Cadre cantonal pour la prévention 2002-2006 tels que la
santé sexuelle, la prévention des dépendances, de la carie dentaire, les
vaccinations, l’amélioration de l’alimentation et la promotion de
l’activité physique, la promotion d’établissements, lieux de bien-être.
On peut même penser que le travail de l’ODES s’arrête avant le point 3 de
la séquence d’intervention présentée ci-dessus. Ce dernier point peut très
bien être assumé par d’autres instances compétentes en la matière.
11° Les domaines de la Charte d’Ottawa transposés au milieu scolaire
La Charte d’Ottawa précise que l’intervention en promotion de la santé se
manifeste dans les cinq domaines cités ci-dessous. En regard de chacun
d’eux, nous avons tenté de comprendre ce que cela implique pour le milieu
scolaire.
12° L’évaluation de la promotion de la santé
Concernant les principes de la promotion de la santé, les évaluateurs du
programme-cadre Ecoles et santé se demandent jusqu’à quel point l’entente
« officielle » va au-delà des simples déclarations d’intention […] Le fait que les
stratégies de prévention traditionnelles – en partie malgré un manque
d’efficacité et de durabilité – ont reçu jusqu’ici plus d’attention et de ressources
que la promotion de la santé, laisse à réfléchir.

Parmi les raisons expliquant les tensions existantes entre les approches
préventives établies de longue date et une promotion globale de la santé, les
auteurs relèvent, entre autres, que :
- les systèmes de santé en place défendent encore majoritairement une
approche axée plus sur la pathogénèse que la salutogénèse ;
- la mise en œuvre de projets globaux et communautaires orientés sur les
processus est complexe de par ses multiples champs d’action et ses
nombreuses disciplines concernées ;
- la démarche promotionnelle entraîne potentiellement des changements
de structure qui peuvent ne pas être au goût de tout un chacun.
Un autre constat relève que la tendance des projets soutenus
financièrement par ledit programme s’est déplacée, en quelques années,
des projets didactiques vers des projets axés sur des thématiques
spécifiques qui, selon les auteurs, jouissent d’une plus grande acceptation
dans certains milieux. En effet, dans une période conjoncturelle difficile, il
est plus acceptable de desserrer les cordons de la bourse pour des projets
porteurs de résultats à court terme et à visibilité aisée tels que ceux constitués
par les actions d’EPS.
Des preuves d’efficacité sont davantage réclamées en matière de promotion
de la santé parce que les processus qui la sous-tendent sont plus
complexes qu’en matière de prévention classique. A l’avenir, pour s’imposer
auprès des décideurs, la promotion de la santé, et donc l’ODES, doit être en
mesure :
- d’identifier et de rendre intelligibles les bonnes pratiques en analysant
les forces et les faiblesses en terme de pertinence, de processus et
d’efficience ;
- mesurer également l’impact à long terme des effets obtenus par les
projets et ainsi affirmer sa supériorité sur les stratégies classiques d’EPS.
Avant d’atteindre ces objectifs, l’ODES peut mettre en avant sa démarche
évaluative au quotidien quand il se rend dans les établissements pour un
travail d’expertise procédurale
13° L’avenir de la promotion de la santé
L’ODES ne doit pas oublier que le discours de promotion de la santé est
inaudible8 pour une forte majorité de personnes non directement impliquées
par cette problématique. Tant qu’il en sera ainsi, il restera difficile pour les
autorités, les payeurs, les directeurs d’établissement d’accepter un discours
moins lisible que celui de l’EPS.
Pourtant les raisons d’espérer une plus grande acceptation puis une plus
grande application de la démarche de promotion de la santé existent bel et
bien et sont prometteuses de belles années.
Citons :
- au niveau européen avec un fort relais fédéral :
- l’appui de l’OFSP au projet du Réseau européen des écoles en santé
(REES) dont la version suisse (RES CH) va au-delà des
recommandations faîtières. Le programme Ecoles et santé a été
officiellement pérennisé jusqu’en 2010

- au niveau romand et tessinois :


- le Plan cadre romand (PECARO9), version en consultation de juillet
2003, qui, aux côtés d’une entrée traditionnelle comme celle des
champs disciplinaires a prévu également celle par les domaines
d’apprentissages (comme l’éducation pour la santé,
l’environnement, la citoyenneté) mais surtout celle par les
capacités transversales reposant sur un certain nombre de
compétences fondamentales (comme savoir communiquer, savoir
résoudre des problèmes)
- les Principes généraux et lignes d’action en matière d’éducation et
de prévention du 30 janvier 200310
- la Déclaration de la Conférence internationale de l’instruction
publique de la Suisse romande et du Tessin sur les finalités et
objectifs éducatifs de l’Ecole publique (1999), très promotionnelle
dans ses valeurs éducatives et ses lignes d’action
- au niveau vaudois :
- le Règlement du 5 novembre 2003 sur la promotion de la santé et la
prévention en milieu scolaire dont le titre même montre bien le
chemin parcouru depuis le Règlement du 27 février 1987 sur
l’activité des médecins, médecins-dentistes et infirmières scolaires
dans les établissements d’enseignement primaire et secondaire
- le Règlement d’application du 25 juin 1997 de la loi scolaire (article
77) qui encourage la mise sur pieds de projets pédagogiques
pouvant concerner une classe mais aussi l’ensemble d’un
établissement voire plusieurs établissements.

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