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Dieu Oublie - Francis+Chan 2013 Extrait ISSUU

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PAr L’AuTEur dE Crazy love *

Dieu oublié

LE
SAINt-eSpRIt
CommE Au
pRemIeR jouR
francis chan
AVEC
dAnAE yAnkoski
Dieu oublié
Dieu oublié

Le
saint-esprit
comme au
En coédition
premier jour
avec JPC France
francis chan
AVEC
danae yankoski
Retrouvez ce livre sur
www.dieuoublie.fr
Catalogue complet sur
www.blfeurope.com

Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre :


Forgotten God • Francis Chan
© 2009 Francis Chan
Publié par David C. Cook • 4050 Lee Vance View • Colorado Springs, CO 80918 • USA
Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés.

Édition en langue française :


Dieu oublié • Francis Chan
© 2013 BLF Europe • Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés.

Second auteur : Danae Yankoski


Traduction : Sarah Lecerf
Couverture et mise en page : Éditions BLF • www.blfeurope.com
Photo auteur : Kevin Von Qualen, 2007
Impression nº 94308 • IMEAF • 26160 La Bégude de Mazenc

Les citations bibliques sont tirées de La Nouvelle Version Segond Révisée


(Bible à la Colombe) © 1978 Société Biblique Française. Avec permission.
Les italiques sont ajoutés par l’auteur du présent ouvrage.

978-2-36249-138-2 ISBN BLF version brochée


978-2-90525-313-2 ISBN JPC version brochée
978-2-36249-140-5 ISBN BLF version PDF
978-2-36249-141-2 ISBN BLF version Mobipocket
978-2-36249-139-9 ISBN BLF version ePub

Dépôt légal 2e trimestre 2013

Index Dewey (CDD) : 231.3


Mots-clés : 1. Dieu. Saint-Esprit.
2. Vie spirituelle. Sanctification.
Table des matières

Remerciements...................................................................................... 9
Préambule........................................................................................... 11
Introduction.......................................................................................... 13
Chapitre 1
J’ai déjà Jésus : pourquoi aurais-je besoin
de l’Esprit ?..................................................................................... 21
joni eareckson tada................................................................................. 33

Chapitre 2
De quoi avez-vous peur ?.............................................................. 35
domingo et irène garcia. ........................................................................... 49

Chapitre 3
Théologie du Saint-Esprit, le B.A.-BA........................................ 51
francis schaeffer.................................................................................... 65

Chapitre 4
Pourquoi le voulez-vous ?........................................................... 67
esther ahn kim........................................................................................ 81

Chapitre 5
Une véritable relation................................................................ 83
thomas et jen yun. .................................................................................. 95

Chapitre 6
Laissez tomber l’idée de connaître sa volonté
pour votre vie !.............................................................................. 97
dave phillips......................................................................................... 113

Chapitre 7
Église surnaturelle................................................................... 115
la biographie finale................................................................................ 131

conclusion.................................................................................... 133
arrêtez de prier Extrait du livre de Francis Chan : Crazy love*........ 143
JPC France, coéditeur de Dieu oublié................................................... 157
À Rachel,
ma fille et amie.
Tu n’as pas idée de la joie que j’éprouve
en voyant l’Esprit vivant en toi.
Suivons-le ensemble, pour toujours.
I9

remerciements

À Lisa et aux enfants, merci de me soutenir lorsque je


cherche à amener notre famille là où l’Esprit nous guide. Je
sais que ce n’est pas toujours facile.
Aux anciens de mon Église locale, merci pour votre
instruction empreinte de patience et conduite par l’Esprit.
J’aime servir à vos côtés.
À Danae, encore une fois, je n’aurais pas été capable de
faire ce livre sans toi. Tu es douée, c’est évident, et j’admire
ton engagement envers le christianisme réel et biblique.
À Don et Jenni de chez D. C. Jacobson & Associates,
merci pour vos conseils.
À l’équipe de chez David C. Cook, merci pour votre tra-
vail.
À Jim, merci d’avoir dessiné la couverture de l’édition
américaine. Elle est cool ! Tout le monde devrait acheter un
site internet à www.CloverSites.com. (Tu me dois beaucoup
de sushis de te faire une telle publicité !)
À Jesse et Reesh, Keith et Kristi, Gene et Sandra, Chris
et Julie, Jim et Sherry, Ted et Sandy, Frank et Christy, Adam
et Steph, Bill et Kathleen, Brice et Shelene, Mark et Jen,
Doug et Frani, Kevin, Paul. Vous n’avez pas vraiment aidé
à quoi que ce soit, mais vous êtes de bons amis et c’est tou-
jours marrant de voir vos noms dans un livre !
I 11

Préambule

Une des premières leçons que j’ai apprises au séminaire


portait sur la différence entre l’exégèse et l’eiségèse.
Exégèse : tenter de découvrir la signification d’un
texte, objectivement, en partant du texte lui-même.
Eiségèse : importer une signification subjective et pré-
conçue dans le texte.
On m’a enseigné à interpréter les Écritures unique-
ment par l’exégèse. En premier lieu, ouvrez la Parole de
Dieu ; priez pour que l’Esprit vous accorde la clarté ; puis
étudiez pour découvrir le véritable message véhiculé par
le texte. Le Saint-Esprit a inspiré la rédaction de la Bible :
qui, mieux que lui, peut nous aider dans notre quête pour
la comprendre ? Dans les Écritures, nous lisons que l’Esprit
a non seulement inspiré la Bible, mais qu’il l’éclaire aussi
pour nous aujourd’hui (1 Corinthiens 2 : 12-16 et 2 Timothée
3 : 16).
Le terme exégèse vient d’un mot grec signifiant « me-
ner hors de ». Comme je l’ai dit, vous partez du texte et en
retirez la signification. L’eiségèse, en revanche, consiste à
partir d’une idée ou d’une conviction et de chercher ensuite
dans la Bible les versets qui appuient votre thèse. On m’a
mis en garde contre l’eiségèse, et avec raison. Le danger de
cette méthode est que l’on peut tirer des versets hors de
leur contexte pour soutenir n’importe quel point de vue.
Pendant des années, des gens se sont servis de ce type d’in-
12 I Dieu oublié
terprétation pour justifier l’avidité, l’immoralité, le divorce
et d’innombrables autres péchés. Les sectes utilisent aussi
l’eiségèse pour justifier leurs croyances. Dans mon Église,
après avoir pris conscience de cela, nous avons commencé
à nous remettre en question et à vérifier si nous ne faisions
pas la même chose dans certains domaines de notre vie.
Tout cela pour dire que nous pouvons facilement adop-
ter n’importe quel style de vie et trouver des passages dans
les Écritures qui le justifient. Mais à quoi cela ressemblerait-
il de vivre de manière exégétique ? Comment serait notre vie
si nous permettions à la Parole de dicter nos actes ?
Je crois que beaucoup ont une conception eiségétique
du Saint-Esprit. Nous avons copié-collé les versets et les
idées qui fonctionnent pour nous, et c’est ce qui constitue
notre compréhension du Saint-Esprit. La dernière chose
que je voudrais, c’est, moi aussi, faire du copier-coller pour
vous donner ma « version » du Saint-Esprit. Dans ce livre, je
fais tout mon possible pour présenter les vérités fondamen-
tales qui ont été révélées aux croyants concernant l’Esprit
saint, et les conclusions auxquelles aboutirait un croyant
rempli de l’Esprit s’il basait sa vie en premier lieu sur les
Écritures elles-mêmes.
I 13

Introduction

Dire du Saint-Esprit qu’il est le « Dieu oublié » peut


vous paraître quelque peu extrême. Certes, l’Église s’est
beaucoup concentrée sur autre chose, mais vous trouvez
exagéré de dire que nous avons oublié l’Esprit. Je ne crois
pas.
De mon point de vue, le Saint-Esprit est terriblement
négligé et, en réalité, il est oublié. Aucun chrétien digne de
ce nom ne renierait son existence ; toutefois, je suis prêt à
parier que des millions de croyants pratiquants ne peuvent
pas affirmer qu’ils ont expérimenté sa présence ou son ac-
tion dans leur vie au cours de l’année écoulée. Et beaucoup
d’entre eux ne croient pas qu’ils le pourraient.
Le critère de réussite d’une Église aujourd’hui, c’est plu-
tôt le nombre des participants que l’action du Saint-Esprit.
Le modèle de l’Église comme source de « divertissement » a
été largement adopté dans les années 80 et 90. Et même si
cette façon de procéder conjure notre ennui pour quelques
heures, elle a rempli nos assemblées de consommateurs
centrés sur eux-mêmes plutôt que de serviteurs centrés sur
l’Esprit saint.
Avec le temps, nous nous sommes faits à cette situa-
tion ; c’est peut-être même pour cela que nous ne saisissons
pas toute l’ampleur du problème. Que se passerait-il si vous
aviez grandi sur une île déserte avec la Bible pour seul livre ?
Imaginez que l’on vienne vous sauver au bout de vingt ans,
et que vous fréquentiez ensuite une Église évangélique or-
14 I Dieu oublié
dinaire. Vous risqueriez fortement d’être choqué (pour de
nombreuses raisons, mais c’est une autre histoire). Puisque
vous auriez lu les Écritures en dehors du contexte de l’Église
contemporaine, vous seriez convaincu que le Saint-Esprit
est aussi essentiel à l’existence du croyant que l’air pour res-
ter en vie. Vous sauriez que l’Esprit a poussé les premiers
chrétiens à faire des choses inexplicables, à vivre des vies
qui n’avaient aucun sens pour leur culture environnante, et
enfin, à faire connaître au monde entier la Bonne Nouvelle
de la grâce divine.
Il existe un énorme fossé entre ce que nous lisons sur
le Saint-Esprit dans les Écritures et la manière de fonction-
ner de la plupart des croyants et des Églises aujourd’hui.
Vous seriez stupéfait de constater dans bien des Églises une
absence évidente de l’action de l’Esprit. Et je crois que c’est
précisément là le cœur du problème.
Si j’étais Satan et que mon objectif ultime était de
contrecarrer le royaume de Dieu et ses desseins, je tenterais
avant tout d’amener les chrétiens à négliger le Saint-Esprit.
Notre négligence a grandi proportionnellement à notre sen-
timent d’insatisfaction dans et avec l’Église. Elle est devenue
une maladie qui a contaminé le corps de Christ. Nous avons
conscience qu’il manque quelque chose d’essentiel. Ce sen-
timent d’insatisfaction est si intense que certains sont allés
jusqu’à se détourner de l’Église et de la Parole de Dieu.
Je crois que ce quelque chose qui manque est en réalité
quelqu’un, à savoir le Saint-Esprit. Sans lui, les gens agissent
par leurs propres forces et n’obtiennent que des résultats à
taille humaine. Et sans l’Esprit saint, l’Église n’a pas la puis-
sance nécessaire pour faire la différence dans ce monde.
Mais quand les croyants vivent par la puissance de l’Esprit,
ils vivent une vie surnaturelle. L’Église ne peut alors faire
autrement que d’être différente, et le monde ne peut que le
remarquer.
introduction I 15

En écrivant ce livre, une question me taraudait l’esprit :


comment un être humain peut-il écrire correctement sur ce
sujet sacré qu’est le Saint-Esprit de Dieu ? Aucun sujet ne
m’intimide davantage ; et pourtant, rien ne me semble plus
crucial pour l’Église de Dieu dans le monde, et particulière-
ment dans nos pays occidentaux, où le Saint-Esprit semble
parfois absent de la plupart de nos assemblées. J’écris dans
un contexte occidental, c’est certain. Je sais que le corps de
Christ est vivant et en pleine croissance, et que le Saint-
Esprit est à l’œuvre en Afrique, en Amérique du Sud et en
Asie. J’ai également conscience que Dieu agit de manière
unique en différents endroits à divers moments, et d’après
moi, cela explique en partie la différence entre tel endroit
du monde et tel autre. Toutefois, je crois également que
l’Esprit est à l’œuvre de façon plus évidente là où les gens
ont désespérément besoin de lui, emplis d’humilité devant
lui, et non détournés par leur recherche de richesses et de
confort (comme c’est notre cas).
La lueur de l’Église occidentale vacille. Elle est sur
le point de s’éteindre, parce qu’elle a déjà tout donné aux
royaumes et aux valeurs de ce monde. Bien que la plupart
des gens reconnaissent qu’il y a un problème, combien s’en
soucient ? Et bien souvent, ceux qui le font cherchent les
réponses au mauvais endroit. Au lieu de présenter une ré-
ponse pertinente aux enjeux de la société, nous avons ca-
pitulé et, dans bien des cas, nous ressemblons au monde.
Je ne sais pas trop si j’écris cela poussé par un appel ou une
certaine urgence. Peut-être par les deux. Le fait est que je
n’ai pas le « droit » de rédiger ce livre, mais je crois qu’il doit
être écrit. Voilà pourquoi je l’ai fait en me confiant en Dieu
pour qu’il l’utilise pour sa gloire.
16 I Dieu oublié
Nous avons absolument besoin de l’Esprit saint au-
jourd’hui. Bien entendu, nous en avons toujours besoin,
mais aujourd’hui peut-être davantage encore. Après tout,
si l’Esprit agit, rien ne peut l’arrêter. Et s’il n’agit pas, nous
ne produirons pas de fruit authentique, peu importent nos
efforts et l’argent que nous y investissons. L’Église n’a plus
de raison d’être quand elle devient une pure création hu-
maine. Quand tout peut s’expliquer sans l’action et la pré-
sence de l’Esprit de Dieu dans nos vies et nos Églises, nous
ne sommes plus ceux pour quoi nous avons été créés.

Ce n’est peut-être pas de théologie que nous manquons,


mais plutôt d’intégrité théologique. Beaucoup d’entre nous
avons la connaissance, mais pas le courage d’admettre le
fossé entre ce que nous savons et ce que nous faisons. Des
centaines de livres théologiques érudits ont été écrits sur la
doctrine évidente du Saint-Esprit, sur celle de la Trinité, etc.
Ce livre n’en fait pas partie. Pour décrire les vérités que je
m’apprête à présenter, j’emploierai les adjectifs « évident »,
« négligé » et « essentiel ».
Dans les chapitres suivants, j’explorerai la connaissance
de base que la plupart d’entre nous ont sur le Saint-Esprit.
Nous nous pencherons sur des passages-clés des Écritures
et observerons nos propres abus, nos idées fausses et même
nos craintes par rapport à l’Esprit. J’espère qu’en étant hon-
nêtes, nous irons plus loin que ce que nous connaissons déjà
du Saint-Esprit et que nous commencerons à ouvrir un dia-
logue avec lui… que nous expérimenterons jour après jour,
et même instant après instant. J’espère qu’en continuant à
marcher en harmonie avec l’Esprit, nous pourrons parta-
ger régulièrement ce qu’il est en train de faire plutôt que
ce qu’il a fait il y a des mois ou même des années de cela.
introduction I 17
Nous redécouvrirons la force et la sagesse à notre disposi-
tion dans l’Esprit, et comment y puiser davantage. Si nous
nous appuyons sur ses promesses, l’Esprit nous éloignera
du découragement, et nous conduira vers une vie marquée
par l’assurance, la puissance dans la faiblesse et le fruit de
l’Esprit.
Je prie que votre vie change au point de provoquer ce
type d’étonnement : « Lorsqu’ils virent l’assurance de Pierre
et de Jean, ils furent étonnés, car ils se rendaient compte
que c’étaient des gens du peuple sans instruction. Ils les re-
connaissaient pour avoir été avec Jésus » (Actes 4 : 13).

Lire ce livre ne sera sans doute pas chose aisée. Peu


importe votre arrière-plan religieux, quand il est question
du Saint-Esprit, vous avez sans doute votre propre bagage
et nourrissez des stéréotypes. Cette lecture vous amènera à
les mettre de côté pour vous ouvrir à ce que Dieu veut vous
enseigner. Êtes-vous prêt à faire cela ?
Certains d’entre vous entendent le terme « Saint-Es-
prit » et craignent automatiquement que je ne devienne
frénétiquement charismatique. D’autres pensent aux
conservateurs extrêmes qui ne reconnaissent jamais le
Saint-Esprit en mots ou en actes, et ils espèrent que je ne
prendrai pas cette direction. Il existe un grand nombre de
stéréotypes (dont certains sont vrais) et d’abus, toutes ten-
dances confondues.
Certaines personnes parlent beaucoup de l’Esprit (s’en
vantent même), mais leur vie ne porte aucun fruit. D’autres
parlent de lui en termes théoriques ou érudits sans toutefois
en faire l’expérience. D’autres encore l’ignorent et, comme
vous vous en doutez, vivent rarement une relation ou une
18 I Dieu oublié
intimité avec l’Esprit. Et puis il y a ces personnes – rares – qui
ne parlent pas souvent de l’Esprit, mais dont la vie est une
manifestation puissante de sa présence et de son action.
Certains d’entre vous apprécieraient probablement que
je propose de trouver un équilibre sain entre deux extrêmes
malsains. Ce n’est pas ce que nous allons faire. Parler d’équi-
libre quand on fait référence à Dieu est une grave erreur.
Dieu n’est pas juste un ingrédient de plus dans la grande
recette de la vie. Il veut que nous l’invitions à pénétrer tout
aspect de notre quotidien. De la même manière, chercher
un « équilibre sain » concernant le Saint-Esprit implique
que certains en ont trop et d’autres pas assez. Je n’ai encore
jamais rencontré quelqu’un avec trop de Saint-Esprit. J’ai
clairement rencontré beaucoup de personnes qui parlent
trop de lui, mais aucune qui soit réellement remplie à l’ex-
cès de sa présence.
Est-il possible d’avoir assez ou même trop de Dieu ?
Une personne peut-elle se satisfaire du degré d’intimité, de
connaissance et de puissance de Dieu qu’elle aurait atteint ?
Impossible ! Toute rencontre avec Dieu donne encore plus
soif de Dieu, n’est-ce pas ?
Que les choses soient claires : ceci n’est pas un appel à
un extrémisme aveugle, mais à reconnaître que nous n’au-
rons jamais « assez » de Dieu. Il est infini et nous sommes
finis ; nous aurons toujours à découvrir plus de son carac-
tère, à expérimenter plus de son amour, et à utiliser plus de
sa puissance pour accomplir ses desseins.
Que se passera-t-il lorsque, reconnaissant que vous ne
pourrez jamais expérimenter suffisamment du Saint-Esprit,
vous déciderez malgré tout de le choisir et de le rechercher ?
Je ne sais pas. Mais je suis sûr d’une chose : quand vous vous
abandonnerez complètement à l’Esprit, ce n’est pas vous
qui serez glorifié, mais Christ (Jean 16 : 14).
Notre problème n’est pas de recevoir « trop » de Dieu,
mais c’est notre hésitation à tout lui abandonner. Quand
introduction I 19
une personne dit : « J’ai juste envie d’un petit Dieu, merci »,
peut-être qu’en réalité, elle dit : « Je préfère ne pas abandon-
ner à Dieu ce qui m’est le plus précieux ; je vais donc garder
ceci, cela… Oh ! et ça aussi ! »
Les choses ne fonctionnent pas de la sorte. Quand je lis
les Écritures, je vois la vérité et la nécessité d’une vie entiè-
rement soumise au Saint-Esprit, et dépendante de lui.

Paul a écrit aux Corinthiens que ses mots ne « repo-


saient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur
une démonstration d’Esprit et de puissance », afin que leur
foi « ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes mais sur
la puissance de Dieu » (1 Corinthiens 2 : 4-5). Plus loin dans
cette même lettre, il réitère : « Car le royaume de Dieu ne
consiste pas en paroles, mais en puissance » (4 : 20).
Aujourd’hui, dans la plupart des Églises, j’entends
beaucoup de beaux discours et des choses qui ressemblent
à de la sagesse humaine. Toutefois, je ne vois pas tellement
la présence et la puissance de Dieu. Et vous ?
Je suis fatigué de simplement parler de Dieu. Je veux
voir Dieu agir au travers de moi, au travers de mon Église, et
au travers du corps de Christ dans le monde. Je sais qu’il y a
plus. Nous savons tous qu’il y a plus. C’est pourquoi j’écris
ce livre : pour explorer avec vous la façon dont Dieu nous
a appelés à plus, par la présence et la puissance du Saint-
Esprit.
Je refuse de passer le reste de ma vie à stagner là où j’en
suis actuellement. Ne vous méprenez pas : Dieu a déjà énor-
mément agi dans ma vie, et je lui en suis reconnaissant. Je
suis tout simplement convaincu qu’il y a plus. Il y a plus
de l’Esprit et plus de Dieu que ce dont nous faisons l’expé-
20 I Dieu oublié
rience. Et c’est dans cette direction que je veux avancer, pas
uniquement de manière intellectuelle, mais avec ma vie,
avec tout ce que je suis.
Que notre désir d’expérimenter plus du Saint-Esprit
constitue notre point de départ, alors que nous entamons
la lecture de ce livre. Puissions-nous plus que jamais ouvrir
nos cœurs et nos vies à sa présence et à son action. À la fin
de ce livre, puissions-nous être des personnes différentes
de celles que nous étions au début, par la puissance et la
présence du Saint-Esprit.
I 21

Dieu oublié
Chapitre 1
J’ai déjà Jésus : pourquoi
aurais-je besoin de l’Esprit ?

Autant l’admettre : notre niveau de spiritualité est


globalement faible. Nous nous sommes comparés les uns
aux autres au point de supprimer tout désir de grandir
dans les choses de l’Esprit. […] [Nous] avons imité le
monde, recherché ses faveurs. Nous nous sommes
fabriqué des petits plaisirs pour remplacer la joie du
Seigneur. Nous avons développé une puissance artificielle
bon marché pour remplacer la puissance du Saint-Esprit.
A. W. Tozer

Je suis convaincu que l’Église a plus que jamais besoin


de laisser davantage de place et de liberté d’action au Saint-
Esprit. Nous sommes d’accord sur le fait qu’un problème
pèse sur nos Églises, que quelque chose ne tourne pas rond.
Mais je ne pense pas que nous tombions d’accord sur la ma-
22 I Dieu oublié
nière d’y répondre. La plupart des chrétiens ne font pas le
rapprochement entre ce problème et un besoin du Saint-
Esprit.
Il y a quelque temps, j’ai été réellement frappé par notre
manque de volonté à nous remettre en question, surtout en
ce qui concerne l’Esprit saint. Deux témoins de Jéhovah ont
sonné chez moi et engagé la conversation. J’avais beaucoup
à faire, et je m’apprêtais donc à les congédier. Mais ils ont
commencé leur laïus, et j’ai décidé de leur accorder quelques
minutes. Je leur ai poliment dit que je trouvais leurs pro-
pos sur Jésus choquants, puisqu’ils enseignaient que Jésus
et l’archange Michel n’étaient qu’une seule et même per-
sonne. Je leur ai répondu que, pour moi, Jésus est bien plus
qu’un simple ange : il est Dieu. Ce à quoi mes visiteurs ont
répliqué : « Non, Jésus-Michel est le seul archange. Il n’y en
a pas d’autres ». Je les ai invités à ouvrir leur Bible dans le
livre de Daniel 10 : 13 : « Le chef du royaume de Perse m’a ré-
sisté vingt-et-un jours ; mais voici que Michel, l’un des prin-
cipaux chefs, est venu à mon secours, et je suis demeuré là
auprès des rois de Perse ». Ce passage est clair : Michel n’est
que « l’un des » principaux chefs (ou archanges). Cette re-
marque les a pris au dépourvu. Ils m’ont dit n’avoir jamais
lu ou entendu cela auparavant. Et comme j’avais capté leur
attention, j’ai ajouté : « Vous n’allez pas me faire croire que
vous vous êtes assis un jour pour chercher Dieu, que vous
avez lu la Bible et que vous êtes arrivés, par vous-mêmes,
à la conclusion que Jésus était la même personne que l’ar-
change Michel. Ce n’est pas possible. Personne ne pourrait
parvenir seul à cette conclusion. Si vous croyez cela, c’est
uniquement parce que quelqu’un vous l’a enseigné, et je n’ai
pas l’intention, à mon tour, d’essayer de vous faire ingurgiter
autre chose ». Je les ai donc mis au défi de lire la Bible pour
eux-mêmes, au lieu de simplement accepter ce que d’autres
en disaient. Ils sont partis en me le promettant.
Après cette conversation, je me sentais fier de moi :
je les avais laissés perplexes et les avais poussés à remettre
J’ai déjà jésus : pourquoi aurais-je besoin de l’esprit ? I 23
leurs croyances en question. Et pourtant, je ne pouvais em-
pêcher un sentiment de malaise grandir en moi : je n’avais
pas été juste envers eux. Est-ce que moi-même, j’avais, un
jour, lu la Bible pour que la vérité s’impose d’elle-même ?
Ou est-ce que, tout comme mes visiteurs, j’avais, toute ma
vie, passivement absorbé ce que j’avais entendu d’autres
personnes ?
À partir de ce moment-là, j’ai commencé à lire la Parole
comme si je ne l’avais jamais lue auparavant. J’ai deman-
dé à l’Esprit de la rendre « vivante et efficace » pour moi,
bien que je l’aie lue maintes et maintes fois. J’ai demandé à
Dieu de bousculer les idées boiteuses ou fausses que j’avais
accumulées pendant des années (Hébreux 4 : 12). Voilà un
bon exercice pour ceux qui sont immergés dans une culture
d’Église depuis longtemps !
Bien sûr, l’exercice n’est pas sans danger, puisque la
Bible est censée être interprétée dans le cadre et sous la res-
ponsabilité d’une communauté fidèle. Toutefois, tous ceux
qui ont grandi dans le cocon de la famille chrétienne doi-
vent impérativement dépasser la routine et oser, un jour,
confronter leur manière de vivre au texte biblique.
La plupart d’entre nous partent du principe que ce que
nous croyons est vrai (évidemment, c’est pour cela que nous
croyons ce que nous croyons). Mais nous n’avons jamais vrai-
ment étudié la question par nous-mêmes. Nous avons sim-
plement entendu : « C’est comme ça », et nous n’avons rien
remis en cause. Le problème est le suivant : une grande par-
tie de ce que nous croyons est souvent basée plus sur notre
confort ou la tradition de notre culture que sur la Bible.
Je crois que nous devons réexaminer notre foi au même
titre que les témoins de Jéhovah qui ont sonné à ma porte
doivent reconsidérer la leur. Souvenez-vous, les Juifs de
Bérée ont été cités en exemple parce qu’ils examinaient ce
qui leur était enseigné. Ils s’assuraient que même les en-
seignements des apôtres étaient en accord avec ce qui était
24 I Dieu oublié
écrit : « Ceux-ci avaient de meilleurs sentiments que ceux de
Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d’em-
pressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures,
pour voir si ce qu’on leur disait était exact » (Actes 17 : 11).

Nous avons désespérément besoin d’examiner notre


façon de penser quant au Saint-Esprit et nos liens avec lui.
Si nous n’avions jamais mis les pieds dans une Église et
n’avions lu que la Bible, nous attendrions énormément du
Saint-Esprit dans nos vies.
Pensez-y. Lorsque Jésus annonce sa mort à ses dis-
ciples, il les réconforte en leur disant qu’un « autre Consola-
teur » viendra (Jean 14 : 16). En Jean 16 : 7, il va même jusqu’à
dire qu’il est avantageux pour eux qu’il parte pour que le
Consolateur puisse venir. Et en Actes 1 : 4-5, après sa mort
et sa résurrection, il leur recommande de rester à Jérusalem
et d’attendre le Saint-Esprit. (Les disciples obéissent parce
que c’est ce que les gens font quand quelqu’un ressuscite
d’entre les morts et donne des instructions.) Les disciples
de Jésus ne savent absolument pas qui ou quoi attendre ni
comment cela va se passer. Mais ils attendent et espèrent ce
beau cadeau, parce que Jésus le leur a enseigné.
Puis, en Actes 2, cette promesse s’accomplit d’une fa-
çon telle que les disciples ont certainement été choqués. La
puissance du Saint-Esprit est libérée de manière totalement
inédite, et Pierre partage la promesse merveilleuse que cet
Esprit saint est pour tous ceux qui croient. Dans les Épîtres,
nous voyons comment son incroyable puissance agit dans
nos vies, comment il nous permet de mettre à mort le péché
et quels sont les dons surnaturels qu’il accorde.
J’ai déjà jésus : pourquoi aurais-je besoin de l’esprit ? I 25
Si nous lisions et croyions réellement à ces récits, nous
attendrions beaucoup plus du Saint-Esprit. Il ne serait pas
un membre de la Trinité, le plus souvent oublié, à qui nous
faisons simplement un hochement de tête de reconnais-
sance de temps à autre. Ce qu’il est devenu dans la plupart
de nos Églises occidentales. Nous nous attendrions plutôt à
ce que notre nouvelle vie avec le Saint-Esprit soit radicale-
ment différente de notre ancienne vie sans lui.
Ce n’est pourtant pas le cas pour la majorité des gens.
Nous ne vivons pas comme cela. Pour je ne sais quelle rai-
son, nous ne pensons pas avoir besoin du Saint-Esprit. Nous
ne nous attendons pas à ce qu’il agisse. Ou si c’est le cas,
nos attentes sont bien souvent mal placées ou intéressées.
Étant donné nos talents, notre expérience et notre éduca-
tion, beaucoup d’entre nous sommes tout à fait capables de
réussir dans la vie (d’après les critères du monde) sans la
moindre force venant du Saint-Esprit.
Même nos Églises peuvent croître sans lui. Soyons
honnêtes. Réunissez un orateur charismatique, une équipe
de louange talentueuse et quelques événements créatifs et
branchés, et les gens fréquenteront votre assemblée. Mais
cela ne signifie pas que le Saint-Esprit agit activement dans
les vies de ceux qui viennent. Cela signifie simplement que
vous avez créé un espace suffisamment agréable pour y atti-
rer les gens une heure ou deux le dimanche.
Cela ne veut absolument pas dire que les gens sortent
de là, émerveillés par Dieu et poussés à l’adorer. Ils ont ten-
dance à décrire la qualité de la musique ou de la prédication
plutôt que la raison principale qui les motive à se retrouver
à « l’église ».
26 I Dieu oublié
Le pire, selon moi, se passe en dehors des murs de
l’église, lorsque vous discutez aussi bien avec des croyants
qu’avec des non-croyants. Pouvez-vous réellement faire la
différence ? Si vous ne les reconnaissiez pas pour les avoir
vu à l’église, pourriez-vous affirmer que ces personnes sui-
vent Jésus, simplement en considérant leurs actions et leur
mode de vie ? Honnêtement, je suis parfois gêné par cer-
tains de mes voisins « chrétiens », parce que mes voisins
non chrétiens semblent plus joyeux, accueillants et en paix
qu’eux. Pourquoi ? Comment est-ce même possible ?
« Pour vous, vous n’êtes plus sous l’emprise de la chair,
mais sous celle de l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu ha-
bite en vous » (Romains 8 : 9). D’après ce verset, si je suis
croyant, l’Esprit de Dieu habite en moi. Paul répète cette
vérité en 1 Corinthiens 6 : 19-20 : « Ne savez-vous pas ceci :
votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous
et que vous avez reçu de Dieu, et vous n’êtes pas à vous-
mêmes ? Car vous avez été rachetés à grand prix ». Nos corps
sont le temple de l’Esprit. Nous en examinerons les impli-
cations plus tard. Le Saint-Esprit fait sa demeure en nous,
voilà l’essentiel. Nous sommes son lieu d’habitation.
Voici donc la question inévitable : s’il est vrai que l’Esprit
de Dieu habite en nous et que nos corps sont son temple, ne
devrait-il pas y avoir une différence flagrante entre quelqu’un
qui a cet Esprit en lui et quelqu’un qui ne l’a pas ?
Cette illustration peut paraître absurde, mais si je vous
disais que j’avais rencontré Dieu, qu’il était entré en moi et
m’avait doté d’une aptitude surnaturelle au basket-ball… Ne
vous attendriez-vous pas à voir une amélioration incroyable
dans mon tir en suspension, ma défense et ma vitesse sur le
terrain ? Après tout, cela viendrait bien de Dieu ! Et si vous
ne voyiez aucun changement, ne remettriez-vous pas en
question la véracité de ma « rencontre » ?
Partout dans le pays, ceux qui vont à l’église disent
avoir reçu le Saint-Esprit. Ils claironnent que Dieu leur a
J’ai déjà jésus : pourquoi aurais-je besoin de l’esprit ? I 27
donné une capacité surnaturelle pour suivre Christ, mettre
leur péché à mort et servir l’Église. Les chrétiens parlent de
naître de nouveau et disent qu’ils étaient morts, mais qu’ils
sont maintenant revenus à la vie. Nous sommes devenus
insensibles à ces mots pourtant puissants et particuliers.
Quand ceux qui n’appartiennent pas à l’Église ne voient pas
de différence dans nos vies, ils commencent à se question-
ner au sujet de notre intégrité, notre bon sens ou pire en-
core : notre Dieu. Pouvons-nous les en blâmer ?
Cela me rappelle la frustration de Jacques quand il
évoque les sources d’eau douce produisant de l’eau salée. On
peut presque entendre son incrédulité : « Avez-vous déjà vu
de l’eau douce et de l’eau salée jaillir d’une même source par
la même ouverture ? » (Jacques 3 : 11 – Semeur). Autrement
dit, de soi-disant chrétiens étaient en train de faire quelque
chose qui, normalement, est impossible à faire et ce n’était
pas une bonne chose !
Il se lamente : « Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit
ainsi » (Jacques 3 : 10). Je fais écho à l’exhortation de Jacques
pour nos Églises aujourd’hui : mes frères et sœurs qui avez
reçu le Saint-Esprit comme moi, nous manquons souvent
d’amour, de joie, de paix, de patience, de bienveillance, etc.
Et ce, alors même que beaucoup de nos amis non croyants
manifestent ces traits de caractère. Frères et sœurs, il ne
faut pas qu’il en soit ainsi ! Tout comme je l’ai conseillé à
mes visiteurs témoins de Jéhovah, nous devons tout re-
prendre depuis le début. Revoyons à la loupe nos préjugés
sur le Saint-Esprit et ce qu’implique être son temple. Mar-
cher dans les pas de Jésus, ce n’est pas simplement réunir
quelques personnes talentueuses pour faire un culte. C’est
beaucoup plus que cela !
Alors que Jésus s’apprêtait à quitter cette terre, il ré-
conforta ses disciples en leur disant de ne pas s’inquiéter,
mais de croire en lui (Jean 14 : 1). Ne s’était-il pas montré
fidèle durant les années qu’ils avaient passées ensemble ?
Tout d’abord, il les réconforta en leur disant que cette sépa-
28 I Dieu oublié
ration ne serait que temporaire, et qu’il allait leur « préparer
une place » (14 : 2-3). Ensuite, il leur dit qu’il allait être avec
Dieu le Père et que, même de là-haut, il entendrait leurs
prières (14 : 12-14). Et pour finir, Jésus donna à ses disciples
l’ultime assurance : le Père leur enverrait « un autre Conso-
lateur qui soit éternellement avec [eux] » (14 : 16). Dans ce
cas, le mot grec « un autre » signifie « un autre qui est exac-
tement comme le premier » (contrairement à un autre qui
est d’un genre différent). Jésus était donc en train de dire
que celui qui viendrait serait exactement comme lui !
Avez-vous déjà pensé à ce que signifie avoir « un autre »
Conseiller qui est « exactement comme » Christ ? Imaginez
à présent ce que ce serait d’avoir Jésus en chair et en os en
face de vous. Il serait votre Conseiller personnel. Imaginez
la paix qui vous envahirait rien que de savoir que vous re-
cevrez toujours de sa part la vérité parfaite et sans défaut.
Cela semble merveilleux. Aucun d’entre nous ne nierait les
avantages d’avoir Jésus présent physiquement avec nous
pour guider nos pas.
Pourquoi supposons-nous que ce serait mieux que
d’avoir littéralement la présence du Saint-Esprit ? Ceux
d’entre nous qui croient en Jésus ne nieraient jamais que
l’Esprit du Dieu vivant, l’Esprit de celui qui a ressuscité Jé-
sus d’entre les morts, vit en nous. Je ne suis toutefois pas
convaincu que nous ayons intériorisé cette vérité et que
nous prenions plaisir dans ses bénédictions comme c’était
son intention. Il semble que nous ayons la connaissance,
mais sans nous l’être appropriée. Elle n’a pas fait une grande
différence dans nos vies. À tel point que si nous nous le-
vions demain pour découvrir qu’en réalité, le Saint-Esprit
ne vit pas en nous, nos vies n’en seraient pas très différentes.
Jésus lui-même a dit à ses disciples : « Il est avantageux
pour vous que je parte, car si je ne pars pas, le Consolateur
ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enver-
rai » (Jean 16 : 7). Jésus leur disait simplement : « Oui, j’étais
J’ai déjà jésus : pourquoi aurais-je besoin de l’esprit ? I 29
avec vous pendant trois ans et demi, mais il vaut mieux que
je vous quitte et que le Saint-Esprit vienne à vous ».
Je suis certain qu’en entendant cela, les disciples ont
eu du mal à comprendre. En quoi était-il meilleur d’échan-
ger un Jésus humain (un homme avec lequel ils pouvaient
parler, manger et rire) contre un Esprit qu’ils ne pourraient
pas voir ? Deux millénaires plus tard, je crois que beaucoup
d’entre nous choisiraient aussi un Jésus physique plutôt
qu’un Esprit invisible. Mais que faisons-nous du fait que
Jésus a dit qu’il vaut mieux pour ceux qui le suivent d’avoir
l’Esprit saint ? Le croyons-nous ? Et si c’est le cas, est-ce que
nos vies reflètent cette croyance ?

Je suppose que la plupart d’entre vous, qui lisez ce livre,


ont des connaissances basiques concernant le Saint-Esprit.
Mais quand il s’agit de l’expérimenter dans votre vie, c’est
une autre histoire. Prenez un moment pour vous poser
cette question : À quand remonte la dernière fois que j’ai ma-
nifestement vu l’Esprit à l’œuvre en moi ou autour de moi ?
Si c’est récemment, prenez quelques minutes pour réfléchir
à ce que l’Esprit de Dieu a fait, et comment vous l’avez vu à
l’œuvre. Remerciez Dieu pour sa présence agissante dans
votre vie, et louez-le pour la façon dont il vous conduit,
même maintenant.
Si vous avez du mal à vous remémorer quand l’Esprit
était à l’œuvre en vous ou autour de vous, c’est peut-être
parce que vous l’avez ignoré. Peut-être avez-vous beaucoup
de connaissances intellectuelles à son sujet, mais pas une
vraie relation avec lui.
Le fait est que l’Église primitive connaissait moins de
choses concernant le Saint-Esprit que la plupart d’entre
30 I Dieu oublié
nous aujourd’hui – du moins d’un point de vue intellectuel.
Mais les croyants étaient parvenus à connaître l’Esprit in-
timement et puissamment alors qu’il travaillait dans et au
travers de leurs vies. Dans tout le Nouveau Testament, les
apôtres se laissaient diriger par l’Esprit et vivaient par sa
puissance.
Ce livre n’a pas pour but de tout expliquer sur l’Esprit
ou de nous ramener à l’âge apostolique, mais de nous ap-
prendre à vivre fidèlement aujourd’hui. Premièrement, il
nous est impossible, à nous, créatures limitées, de com-
prendre totalement un Dieu illimité. Deuxièmement,
beaucoup d’entre nous n’ont pas besoin d’augmenter leurs
connaissances intellectuelles sur l’Esprit : ce dont nous
avons besoin, c’est une connaissance résultant de l’expé-
rience de sa présence. Et troisièmement, nous ne pourrons
jamais retourner au temps des apôtres : nous allons toujours
de l’avant en cherchant à vivre fidèlement dans le temps et
la culture où Dieu nous a placés.
J’espère que vous « apprendrez » quelque chose de nou-
veau sur le Saint-Esprit dans ce livre. Mais je prie surtout
pour que cette lecture renforce votre communion avec l’Es-
prit, et vous permette d’expérimenter plus intensément sa
puissance et sa présence dans votre vie.

Il y a plusieurs années, une idée m’a traversé l’esprit. Je


me suis tourné vers ma femme :
— T’es-tu déjà demandé à quoi pensent les chenilles ?
— Non, a-t-elle répondu.
Rien de surprenant.
J’ai déjà jésus : pourquoi aurais-je besoin de l’esprit ? I 31
J’ai commencé à lui parler de la confusion qu’une che-
nille doit éprouver. Pendant toute sa vie de chenille, elle
rampe sur un petit carré de saleté et le long de quelques
plantes. Puis un jour, elle fait une sieste. Une longue sieste.
Et ensuite, que peut-il bien se passer dans sa tête quand elle
se réveille et découvre qu’elle peut voler ? Qu’est-il arrivé
à son petit corps de ver dodu et sale ? À quoi pense-t-elle
quand elle voit son nouveau corps élancé et ses superbes
ailes ?
En tant que croyants, nous devrions être tout autant
stupéfaits de nous voir métamorphosés en une « nouvelle
créature » quand le Saint-Esprit entre en nous. Tout comme
la chenille découvre sa nouvelle capacité à voler, nous de-
vrions être ravis de découvrir cette capacité à vivre différem-
ment et fidèlement grâce à l’Esprit. Les Écritures n’en par-
lent-elles pas ? N’est-ce pas ce dont nous avons tous soif ?
Voilà une vérité réellement étonnante : l’Esprit de ce-
lui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts vit en vous. Il vit
en moi. Chaque fois que je l’invite à me guider, je ne sais
pas ce qu’il fera ni où il me conduira. Mais je suis fatigué
de vivre exactement comme ceux qui n’ont pas le Saint-Es-
prit de Dieu en eux. Je veux vivre en ayant constamment
conscience de sa force. Je veux être différent aujourd’hui de
ce que j’étais hier, tandis que le fruit de l’Esprit devient plus
manifeste en moi.
Je veux vivre entièrement soumis à la direction de l’Es-
prit au quotidien. Christ a dit qu’il valait mieux pour nous
que l’Esprit vienne, et je veux vivre comme si je savais que
c’était vrai. Je ne veux pas continuer à ramper alors que j’ai
la capacité de voler.
I 33

Joni Eareckson Tada

On m’a récemment demandé :


— Quelle est la personne la plus remplie du Saint-Esprit que tu
connaisses ?
— Joni Eareckson Tada, ai-je répondu.
En 1967, Joni est devenue tétraplégique suite à un accident de plongée.
Elle avait dix-sept ans à l’époque. Alors qu’elle était allongée sur son
lit d’hôpital, elle fut remplie d’un désir oppressant de mettre fin à ses
jours. Elle était horrifiée à l’idée de passer le reste de sa vie paralysée
du cou jusqu’aux pieds et dépendante des autres pour ses besoins les
plus basiques.
Mais ce jour-là , Joni n’a pas mis fin à ses jours. Au contraire, elle a
abandonné sa vie entre les mains de Dieu. Elle était loin d’imaginer
que l’Esprit de Dieu allait faire d’elle l’une des femmes les plus
attachées à Dieu qui ait jamais embelli cette terre. Dieu lui a accordé
une humilité et un amour qui la rendent capable de dépasser sa propre
souffrance pour voir les blessures des autres. C’est une personne qui,
constamment, « dans l’humilité, [estime] les autres supérieurs » à elle-
même (l’incarnation de Philippiens 2 : 3).
Je ne sais même pas par où commencer pour raconter tout ce qu’elle
a accompli. Pendant ses deux années de rééducation après l’accident,
elle a passé des heures entières à apprendre à peindre en tenant un
pinceau entre les dents. Ses peintures détaillées sont très recherchées.
Son autobiographie, Joni, a connu un succès international et a été
adaptée en long-métrage. En 1979, elle a fondé Joni and Friends pour
développer le ministère chrétien auprès des handicapés du monde
34 I Dieu oublié
entier. Cette organisation a mené à la création, en 2007, du centre Joni
and Friends International Disability Center [Centre international de Joni
et ses amis pour les handicapés]. Ce centre touche actuellement des
milliers de familles autour du globe.
Chaque semaine, plus d’un million de personnes écoutent sa chronique
radio quotidienne, Joni and Friends. L’organisation qu’elle a commencée
permet à des centaines de familles touchées par le handicap de
participer à des retraites familiales dans tout le pays. Wheels for the
World [Des roues pour le monde] collecte des fauteuils roulants. Des
détenus les remettent à neuf dans des maisons correctionnelles. Ils sont
ensuite expédiés et offerts aux pays en voie de développement où des
kinésithérapeutes les ajustent en fonction des besoins. Depuis 2008,
Wheels for the World a déjà distribué 52 342 fauteuils roulants dans
102 pays. L’organisation de Joni s’est aussi impliquée dans la formation
de centaines de leaders, y compris des personnes handicapées.
En 2005, Joni Eareckson Tada a été nommée au Comité de conseil sur
le handicap des États-Unis. Elle a travaillé avec le docteur Condoleezza
Rice, la secrétaire d’État de l’époque, sur des programmes locaux et
internationaux en faveur des personnes handicapées. Joni est passée
deux fois à l’une des émissions de télévision les plus populaires, où elle
a donné non seulement son témoignage, mais aussi une perspective
biblique sur des questions de droit à la vie, qui touchent les handicapés.
Joni a aussi écrit plus de trente-cinq livres !
Néanmoins, si j’estime que Joni est la personne la plus remplie de
l’Esprit que je connaisse, ce n’est certainement pas à cause de tous ces
exploits. Cela n’a même rien à voir. C’est parce qu’il est impossible de
passer dix minutes avec Joni sans qu’elle se mette à chanter, à citer la
Parole ou à donner un mot d’encouragement toujours à propos. Je n’ai
jamais vu le fruit de l’Esprit manifesté plus clairement dans la vie d’une
personne que lorsque je suis à ses côtés. En fait, je ne peux pas avoir
une conversation avec elle sans verser de larmes. Parce que Joni est
une personne dont la vie témoigne de l’œuvre du Saint-Esprit en elle et
1
au travers d’elle, à tous les niveaux .

1
Voir le site internet anglophone de Joni and friends. URL : <www.joniandfriends.org> (page consul-
tée le 7 janvier 2013).
I 35

Dieu oublié
Chapitre 2
De quoi avez-vous peur ?

Le Seigneur nous invite à le confesser et à endurer les


persécutions. Il veut que ceux qui lui appartiennent soient
courageux et sans peur. Il montre lui-même comment la
faiblesse de la chair est vaincue par le courage que donne
l’Esprit. C’est là le témoignage des apôtres et surtout de
l’Esprit. Un chrétien ne craint rien.
Tertullien

La peur du rejet m’a paralysé plus d’une fois. Dieu


m’a exaucé en me donnant plus d’assurance, mais ce serait
malhonnête de ma part de prétendre que je ne suis jamais
préoccupé par ce que les autres pensent de moi. Même en
rédigeant ce livre, je me pose des questions : Comment mes
amis vont-ils réagir ? Serai-je mal compris ? Comment mes
lecteurs vont-ils m’étiqueter ?
36 I Dieu oublié
Peut-être que vous n’avez pas trop de problèmes avec
l’opinion des autres. Si c’est le cas, tant mieux pour vous
(vous craignez sans doute autre chose). Beaucoup de per-
sonnes, cependant, sont dominées par la peur de ce que
pensent les gens.
Des dénominations ont été bâties sur des convictions
particulières concernant le Saint-Esprit. Certaines de mes
connaissances ont perdu leur emploi dans des Églises ou
des universités chrétiennes à cause de leurs convictions sur
le Saint-Esprit. Une fille a même rompu avec moi quand
j’étais au séminaire, parce que nous avions des opinions
différentes sur le sujet ! Ce n’est pas une question que l’on
peut simplement survoler. Surtout si vous faites partie d’un
« camp » avec une croyance ou un penchant particulier. Sans
oublier cette peur (normale) que votre camp vous rejette si
vous changez d’avis.
Bien que cette crainte soit naturelle, elle n’est pas juste.
Nous sommes appelés à calquer notre vie sur le modèle bi-
blique. Nous ne sommes pas appelés à redouter ce que nous
coûtera le fait de suivre Jésus, mais cela ne signifie pas que
ces peurs ne surgiront pas. Suivre Christ requiert de renon-
cer à ces craintes quand elles surviennent. Cela implique de
refuser que vos peurs – peur de l’opinion des autres, peur
d’être rejeté – vous empêchent de rechercher la vérité sur le
Saint-Esprit (ou sur tout ce que Dieu vous appelle à faire).
Êtes-vous prêt à poursuivre la vérité afin de connaître
et d’être connu du Saint-Esprit ? Avez-vous suffisamment
d’humilité pour être ouvert à la possibilité que, peut-être,
vous aviez tort dans votre compréhension de l’Esprit ? Il est
facile de se mettre « sur la défensive », d’exprimer son dé-
saccord et de s’appuyer sur des passages bibliques ou des
arguments tout faits pour défendre ce que l’on a toujours
cru. Au lieu de camper sur votre opinion, pensez à regarder
d’un nouvel œil les passages familiers pour être sûr que vous
n’avez rien manqué. Peut-être qu’au final, vous aurez tou-
jours la même théologie, mais peut-être pas. Ne laissez pas
de quoi avez-vous peur ? I 37
une dénomination particulière ou ce que l’on vous a tou-
jours dit déterminer ce que vous croyez. Dans vos relations
avec d’autres chrétiens, cherchez ce que Dieu dit à propos
de son Esprit. Laissez-le guider votre vie et votre esprit, peu
importe ce que les autres pensent ou supposent de vous.
La crainte aura tendance à pousser nos pensées dans
une certaine direction. La peur de sortir d’un certain cadre
théologique conditionne nos interprétations. Nous nous
appliquons à « prouver » que nos présuppositions étaient
correctes au lieu de chercher simplement et honnêtement
la vérité.

Et si Dieu n’intervient pas ?


Avant d’aller plus loin, je crois qu’il est nécessaire
d’identifier nos autres peurs et de les vaincre. J’ai souvent
entendu (et ressenti) la préoccupation suivante : Et si je prie
pour recevoir le Saint-Esprit et que rien ne se passe ? Si je
demande plus de fruit de l’Esprit dans ma vie et que je n’en
vois aucun « résultat » apparent ? Prier avec audace pour
changer ou être libéré du péché, c’est effrayant. Parce que si
rien ne se passe, c’est que Dieu a échoué, non ? Ou que son
Esprit n’est pas tout ce que l’on dit qu’il est !
Je pense que la crainte que Dieu nous fasse défaut nous
pousse à essayer de « protéger Dieu ». Nous demandons
moins, nous nous attendons à moins, et nous sommes satis-
faits avec moins parce que nous avons peur de demander ou
d’attendre plus. Nous nous convainquons même que nous
ne voulons pas plus, que nous avons tout le « Dieu » dont
nous avons besoin ou que nous désirons. Je ne peux ima-
giner à quel point Dieu est peiné de voir ses enfants s’abs-
tenir d’une relation avec l’Esprit saint parce qu’ils ont peur
qu’il n’intervienne pas. Combien il est affligé de regarder
ses enfants ignorer ses promesses uniquement parce qu’ils
craignent qu’il ne les tienne pas ! Le Père veut doter ses en-
fants de la puissance du Saint-Esprit ! Nous n’avons pas à le
38 I Dieu oublié
persuader de le faire ; il veut vraiment nous voir marcher
avec sa force.
Lorsque Jésus était sur la terre, il a dit à ses disciples :
« Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de
bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison
le Père céleste donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui le lui
demandent » (Luc 11 : 13). Dieu est un Père bienveillant qui
veut donner de bons cadeaux à ses enfants. Parfois, j’oublie
cette vérité et je le supplie, comme s’il avait besoin d’être
convaincu. C’est aussi ridicule que si mes enfants pensaient
devoir me supplier pour que je les prenne dans mes bras. Je
me réjouis de tout mon cœur de les serrer contre moi !
Croyez-vous que Dieu, qui est aux cieux, accorde son
Esprit à ceux qui le lui demandent ? Le croyez-vous vrai-
ment ? Cette vérité et ses implications sont tellement in-
croyables que toute personne qui y croit réellement ne peut
que demander le Saint-Esprit.
Après que Jésus est ressuscité et monté au ciel, Pierre
s’est adressé à la foule : « Repentez-vous, et que chacun de
vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de
vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes
2 : 38). Nous avons déjà vu que Dieu promet son Esprit à ceux
qui le lui demandent. Ici, nous voyons que nous recevons le
Saint-Esprit quand nous commençons à suivre Christ.
Tout ceci mène à une question inévitable : Dieu donne-
t-il réellement le Saint-Esprit à ceux qui le demandent, ou
est-ce que Jésus mentait en disant cela ? Au fond, c’est une
question de foi : croyez-vous que Dieu tient ses promesses ?
Est-ce que vos prières et vos actions le prouvent ?
Dieu a donc promis de nous accorder son Esprit si
nous le lui demandons, si nous nous repentons et sommes
baptisés. Croyons-nous vraiment cette promesse et agis-
sons-nous en conséquence ? J’ai conscience que certains
d’entre vous, qui lisez ce livre, ont demandé quelque chose
au Saint-Esprit et n’ont pas été exaucés. À présent, vous
de quoi avez-vous peur ? I 39
avez peur de refaire appel à lui : si Dieu devait à nouveau
« échouer », votre foi en serait affaiblie. J’ai entendu beau-
coup de personnes remettre Dieu en question parce qu’il
n’a pas répondu quand ils ont prié avec foi. Je ne doute pas
que ces personnes aient prié avec foi, mais la question est
de savoir s’ils ont prié pour des choses que Dieu a promises.
Quand Dieu répond « non », c’est souvent parce que nous
demandons ce qui n’est pas promis.
Il y a une énorme différence entre croire aux promesses
de Dieu et prier pour des choses que l’on aimerait voir se
réaliser. Je vous encourage à prier avec foi pour ce que Dieu
a promis. Ne placez pas vos espoirs dans ce que d’autres pro-
mettent ou disent que vous obtiendrez si vous êtes un « bon
chrétien » (un bon travail, le succès financier, le conjoint
parfait, des enfants en bonne santé, une grande maison,
etc.). En fin de compte, c’est en Dieu seul qu’il vous faut pla-
cer votre foi, et non dans les dons qu’il accorde (aussi bons
soient-ils). Cela est réellement une question de confiance.
Quand Dieu dit « non » ou « pas de cette manière », croyez-
vous toujours qu’il est bon et qu’il agit au mieux ?

Est-ce que je le veux ?


À l’inverse de ceux qui craignent que Dieu n’inter-
vienne pas, certains redoutent qu’il agisse. Et si Dieu se
manifestait et vous demandait d’aller quelque part, de faire
quelque chose de pénible ? Pour beaucoup, la crainte que
Dieu leur demande de suivre une direction difficile et indé-
sirable surpasse la crainte qu’il les ignore.
Il y a quelques années, j’ai demandé à un ami s’il dési-
rait sincèrement connaître la volonté de Dieu, peu importe
ce que Dieu souhaitait accomplir au travers de lui. Il m’a ré-
pondu en toute honnêteté : « Non, ça me ferait flipper ». Il a
ensuite admis qu’il préférerait ne pas savoir tout ce que Dieu
attendait de lui. Ainsi, il pourrait un jour dire à Dieu : « Je ne
savais pas que tu voulais que je fasse tout ça ». J’apprécie la
40 I Dieu oublié
bonne volonté de mon ami à avouer ce que beaucoup pen-
sent et ressentent secrètement quant à la soumission totale
à Dieu. C’est honnête, plus honnête que la plupart des gens
ne sont prêts à l’être.
Si vous êtes comme mon ami, alors, au moins, vous
prenez Dieu au mot et vous croyez que l’Esprit est censé
demeurer dans notre vie et la guider. En fin de compte,
nous sommes nombreux à ne pas vouloir réellement être
conduits par le Saint-Esprit. Plus précisément, nous ne
voulons pas laisser qui que ce soit d’autre que nous-mêmes
diriger notre vie. L’idée d’abandonner le contrôle (ou l’il-
lusion du contrôle) est terrifiante, n’est-ce pas ? Cherchez-
vous à constamment tout contrôler dans votre vie, les pe-
tites comme les grandes choses ? Est-ce que l’idée de lâcher
prise et d’écouter l’Esprit vous guider vous effraie et vous
pousse à vous cramponner davantage à ce que vous pensez
avoir ?
La vérité, c’est que l’Esprit du Dieu vivant vous de-
mandera à coup sûr d’aller quelque part ou de faire quelque
chose que vous ne voudriez ou ne choisiriez pas naturel-
lement. L’Esprit vous conduira sur le chemin de la croix,
tout comme il a conduit Jésus à la croix. Et ce n’est certai-
nement pas l’endroit le plus sûr, le plus agréable ou le plus
confortable. Le Saint-Esprit de Dieu vous façonnera pour
que vous deveniez la personne que vous êtes censée être. Ce
processus, souvent incroyablement douloureux, vous dé-
pouille de votre égoïsme, de votre orgueil et de votre peur.
À titre d’exemple, lisez l’histoire d’Eustache, le petit garçon
transformé en dragon dans le livre de C. S. Lewis, L’Odyssée
du passeur d’aurore. Lorsqu’il redevient un petit garçon, la
peau de dragon est arrachée de son corps. La douleur est
abominable, mais il doit passer par là pour redevenir un en-
fant.
Parfois, notre péché fait tellement corps avec nous que
nous avons besoin de ce genre de déchirement pour en être
libéré. Le Saint-Esprit ne cherche pas à nous blesser, mais à
de quoi avez-vous peur ? I 41
nous rendre semblables à Christ. Et cela peut être doulou-
reux.
Par conséquent, si vous dites que vous voulez le Saint-
Esprit, vous devez d’abord vous demander honnêtement si
vous voulez faire sa volonté. Parce que si vous ne voulez pas
sincèrement chercher et faire sa volonté, pourquoi le récla-
mer ? Mais si vous décidez que vous voulez connaître sa vo-
lonté, vous devrez rejeter la crainte de ce que cela pourrait
signifier ; vous devrez arrêter de contrôler votre vie et déci-
der de vous laisser guider, quoi qu’il arrive.

Est-ce que ma réputation fait obstacle ?


J’habite dans une région de Californie où les gens font
particulièrement attention aux apparences : rayons UV,
chirurgie esthétique, boutiques de luxe, jeans à deux cents
euros, salons de manucure, immobilier hors de prix, shop-
ping à outrance, voitures de sport luxueuses, etc. La liste est
longue, mais je vais m’arrêter là. De toute évidence, les gens
qui m’entourent font très attention à leur apparence.
Leur préoccupation est peut-être devenue extrême,
mais au fond, qui n’y est pas confronté ? Nous sommes très
sensibles à ce que les autres pensent de nous. Peut-être
qu’en France ou en Espagne, il s’agit de l’équipe de foot que
vous soutenez. Au Royaume-Uni, c’est peut-être l’université
que fréquentent vos enfants. Ou, si vous vivez en montagne,
c’est peut-être à quel point vous aimez les activités de plein-
air. Bien sûr, ce ne sont que des stéréotypes ridicules. Mais
le fait est que, dans notre culture occidentale, nous avons
tendance à prêter attention à ce que les autres pensent de
nous. C’est maladif. Et les chrétiens ne font certainement
pas exception.
En effet, beaucoup de chrétiens prêtent trop attention
aux apparences. Même ceux qui ne sont ni superficiels ni
matérialistes sont souvent très inquiets de leur réputation
dans le « domaine spirituel ». Si, par exemple, un ami vous
42 I Dieu oublié
voit lire ce livre sur le Saint-Esprit, redoutez-vous qu’il ne
vous trouve trop « charismatique » ou « radical » ? Vous de-
mandez-vous ce que les gens vont penser de vous si vous
parlez de l’œuvre du Saint-Esprit dans votre vie ? Craignez-
vous de recevoir « trop » de Saint-Esprit au point d’être taxé
de « bizarre » ou « d’exubérant » ?
Au contraire, vous venez peut-être d’un milieu qui
trouverait ce livre trop conservateur. Des personnes de
votre assemblée considèreraient peut-être mon interpréta-
tion des vérités bibliques trop « restrictive » pour une per-
sonne conduite par l’Esprit.
Êtes-vous prêt, malgré votre arrière-plan, à laisser ce-
lui-ci de côté et à simplement répondre à la vérité biblique ?
Voici une question que j’ai dû me poser à maintes reprises :
Est-ce que je suis ouvert à l’éventualité que je puisse avoir
tort dans ce que je crois ? Et si oui, aurais-je le courage de
modifier mon comportement si l’on me montrait que mon
interprétation des Écritures était erronée ? À ce point, nous
sommes tous tentés de répondre rapidement par « bien
sûr ! » Nous voulons croire que nous sommes des personnes
qui désirent la vérité avant toute autre chose. Toutefois, il
y a de grandes chances que vous soyez plus sensibles à l’opi-
nion des gens que vous ne voulez bien l’admettre.
En ce qui me concerne, j’ai été élevé dans une Église
très conservatrice qui ignorait presque totalement l’action
et la présence de l’Esprit au quotidien. On m’avait prévenu
que je ne ressentirais rien quand le Saint-Esprit viendrait
en moi. Ceci a profondément affecté ma façon de penser
et mon comportement : j’avais peur d’aller « trop loin » avec
l’Esprit. Après tout, je ne voulais pas devenir comme « eux »,
ces gens en bas de la rue, dopés aux émotions et complète-
ment ignorant des Écritures. J’ai rencontré de nombreuses
personnes avec un arrière-plan comme le mien ; j’ai consta-
té beaucoup de dommages causés par des choix déterminés
par la peur plutôt que par la vérité. En bref, nous avons em-
de quoi avez-vous peur ? I 43
pêché l’Esprit de faire irruption dans nos vies par crainte de
« leur » ressembler.
De l’autre côté se trouvent des individus parfois peu
disposés à écouter les avertissements de ces conservateurs
« coincés et sans vie ». Peut-être avez-vous peur que votre
entourage pense que vous étouffez le Saint-Esprit, alors,
vous ne souhaitez pas même examiner votre conduite.
Même quand la Bible indique clairement que vous le faites.
Vous pensez peut-être que la plupart des conservateurs ont
peur de l’Esprit saint, et vous craignez de devenir comme
« eux » ?
Peu importe de quel côté nous nous situons. Nous
avons besoin de fonder notre compréhension du Saint-Es-
prit et nos expériences avec lui sur les vérités bibliques, et
non sur la peur.
En tant que disciples de Jésus, avoir une relation avec
lui doit être notre priorité. Quand nous laissons les percep-
tions que les autres ont de nous (ou même nos perceptions
de leurs perceptions !) contrôler notre façon de vivre, nous
devenons des esclaves. Nous nous retranchons derrière les
schémas de ce monde et ne vivons pas comme membres du
royaume de Dieu. Si, dans un sens, ce royaume de Dieu est à
venir (Zacharie 14 : 9 ; Actes 1 : 6-7), d’une certaine manière,
il est déjà là (Matthieu 6 : 10 ; 12 : 28). En tant que citoyens
du ciel, nous sommes appelés à vivre d’une façon qui en re-
flète la réalité. Quand nous nous inquiétons excessivement
de notre apparence, de notre réputation spirituelle, ou de
l’approbation des gens, nous vivons plus en citoyens de ce
monde qu’en ambassadeurs des cieux.
Ces inquiétudes ne disparaissent pas facilement. Res-
ter fidèle à son vrai maître est un combat de tous les ins-
tants. Et là est la vraie question : à qui serez-vous loyal ?
Vous préoccupez-vous de ce que les gens pensent en vous
voyant ? Ou plutôt de chercher la vérité concernant l’Esprit
de Dieu pour ensuite vivre à la lumière de cette vérité, en
44 I Dieu oublié
vous accrochant à ses promesses et en prenant plaisir à cette
relation ?

Une bonne peur (ou du moins, des inquiétudes


légitimes)
Je crois néanmoins qu’il existe une peur légitime. Peur
n’est peut-être pas le meilleur terme pour décrire ce dont je
parle. Il vaudrait peut-être mieux parler d’un domaine où
nous devons nous examiner.
Je parle du danger d’éteindre le Saint-Esprit. Nous
nous préoccupons plus souvent de la réaction des autres
que de celle du Saint-Esprit. Nous pensons que nous pou-
vons rendre nos amis furieux, ne pas être acceptés, ou en-
core être considérés comme différents ou étranges. Mais
nous réfléchissons rarement (voire pas du tout) au fait que
nos actions ou notre style de vie peuvent attrister l’Esprit du
Dieu vivant. Vu sous cet angle, c’est plus que ridicule !
Vous connaissez probablement ce commandement de
Dieu : « N’éteignez pas l’Esprit » (1 Thes. 5 : 19). Avez-vous
peur de transgresser ce commandement ? Savez-vous ce que
signifie « éteindre l’Esprit » ? Pendant des années, je n’y ai
pas beaucoup pensé. Je n’ai pas pris le temps de réfléchir à
ce que cela voulait dire, ou de me remettre en question par
rapport à ce péché. Comme la plupart des gens, je partais
simplement du principe que je n’éteignais pas l’Esprit, et je
passais à autre chose.
Aujourd’hui, je me rends compte que, non seulement
j’ai éteint l’Esprit, mais j’ai aussi transgressé le verset sui-
vant : « Ne méprisez pas les prophéties » (1 Thes. 5 : 20).
J’éprouvais du mépris pour tous ceux qui prétendaient avoir
« une parole du Seigneur ». C’était un mépris juste, selon
moi : j’avais vu des personnes lancer « J’ai une parole du Sei-
gneur ! » pour manipuler les autres pour leur profit person-
nel. Les gourous utilisent cette phrase pour conquérir des
fidèles et affirmer leur autorité. Comment contester l’au-
de quoi avez-vous peur ? I 45
torité de quelqu’un qui prétend avoir entendu Dieu direc-
tement ?
J’étais donc contre toutes ces choses. J’étais mal à l’aise
chaque fois que quelqu’un prétendait avoir reçu une parole
prophétique. Quand j’y repense, je crois que mes inquié-
tudes étaient légitimes, mais pas mon comportement. La
réaction biblique aurait été : « Examinez toutes choses, re-
tenez ce qui est bon ; abstenez-vous du mal sous toutes ses
formes » (1 Thes. 5 : 21-22). À l’époque, je rejetais l’éventua-
lité que Dieu puisse parler de manière surnaturelle au tra-
vers de quelqu’un ; j’aurais plutôt dû examiner ce que j’en-
tendais, assisté par la communauté des fidèles.
Le critère édification est un autre bon moyen d’exami-
ner une prophétie. En effet, le but de la prophétie est d’en-
courager et d’édifier le corps de Christ. Et comme tout autre
don, si elle n’est pas donnée par amour, la prophétie n’a
aucun sens (1 Cor. 13 : 2, 8 ; 14 : 3, 31). Voilà un bon antidote
à mon ancienne tendance à ignorer tout discours prophé-
tique. En faisant cela, j’empêchais l’œuvre de l’Esprit, ce que
je ne veux plus !
En revanche, si les Églises qui pratiquent les paroles
prophétiques rejetaient plus promptement les faux pro-
phètes et prophéties en mettant le doigt sur leur incohé-
rence avec la Bible (« [s’abstenir] du mal sous toutes ses
formes »), peut-être que les conservateurs seraient moins
sceptiques. Si un système sain de responsabilité commu-
nautaire était mis en place, et s’il y avait un engagement en-
vers l’intégrité biblique, nous serions peut-être plus lents
à éteindre, et plus prompts à « [retenir] ce qui est bon » au
lieu de rejeter le bon et le mauvais en même temps.
Il est également important de ne pas aller trop loin.
Non, je ne suis pas en train de contredire ce que j’ai écrit
précédemment. Je ne parle pas d’« aller trop loin » dans le
sens de devenir trop radical ou passionné en ce qui concerne
le Saint-Esprit. Je parle d’« aller trop loin » dans le sens de
46 I Dieu oublié
sortir des limites de l’orthodoxie biblique. Je parle d’« al-
ler trop loin » dans le sens d’ajouter aux Écritures ou de se
conformer à des perversions de la vérité venant soi-disant
du Saint-Esprit. Il est donc vital d’avoir une communauté
à la fois orthodoxe (engagée à vivre de manière exégétique)
et radicale (prête à suivre l’Esprit où qu’il conduise, même
si cela n’a aucun sens) pour vivre en suivant la direction du
Saint-Esprit.
Certains conservateurs peuvent éteindre l’Esprit en
ignorant son œuvre, certes, mais prêter à Dieu des paroles
non bibliques est aussi une façon d’éteindre l’Esprit. Nous
avons besoin de l’Esprit pour vivre fidèlement. Mais nous
avons également besoin les uns des autres pour parvenir à
réfléchir ensemble à notre foi.

Prenez un moment pour réfléchir à vos craintes vis-


à-vis du Saint-Esprit. Il se peut qu’il vous faille du temps
pour déterminer quelle a été votre attitude envers lui. Ne
cachez pas vos peurs. Avouez-les, d’abord à vous-mêmes,
puis à Dieu (il les connaît déjà, mais souhaite que nous
les partagions avec lui). En vous approchant de lui, soyez
honnête : vous craignez peut-être plus de décevoir les gens
que d’éteindre l’Esprit. Ou peut-être que vous ne croyez pas
réellement qu’il tiendra ses promesses.
Enfin, parlez-en avec des personnes en qui vous avez
confiance et avec lesquelles vous pouvez avoir ce genre de
conversation. Laissez l’Esprit continuer à vous libérer soit
de vos craintes et inhibitions inutiles, soit d’une certaine
agitation déréglée. Soumettez-vous à lui et invitez-le à de-
meurer vraiment en vous, peu importe ce que cela signifie
ni où cela vous mènera.
de quoi avez-vous peur ? I 47

Je sais que je serai catalogué parce que j’écris un livre sur


le Saint-Esprit. Le plus drôle, c’est que je ne sais même pas
à quelle catégorie j’appartiens. J’ai été sauvé dans une Église
baptiste. J’ai suivi des cours bibliques dans un milieu cha-
rismatique. J’ai fait mes études dans un milieu conservateur
tout en travaillant dans des Églises davantage portées vers
le spectaculaire. J’ai collaboré avec des mouvements pente-
côtistes. Et j’ai pris la parole lors de conférences organisées
par toutes sortes de dénominations.
Je ne suis même pas certain de pouvoir cataloguer mon
Église actuelle. Tout ce que je sais, c’est que nous croyons
fermement au Saint-Esprit et que nous espérons pouvoir
expérimenter davantage de lui à chaque instant. En fin de
compte, avons-nous vraiment besoin de savoir autre chose ?
Avons-nous besoin de cataloguer l’un comme « conserva-
teur », l’autre comme « charismatique » ou « radical » ? Quel
en est le but ? Appliquons-nous plutôt à croire aux pro-
messes de Dieu, à lui soumettre nos peurs, et à nous aban-
donner totalement à l’œuvre et à la volonté de Dieu le Saint-
Esprit !
I 49

Domingo et Irène Garcia

Il est mécanicien. Elle est coiffeuse. Ils ont été les parents d’accueil
de trente-deux enfants et en ont adopté seize. Domingo et Irène ont la
cinquantaine, et, actuellement, onze enfants vivent chez eux. Et ils me
disent qu’ils en accueilleraient plus s’ils le pouvaient ! Toute personne
ayant des enfants sait qu’ils ne peuvent y arriver que par la puissance
de l’Esprit. Imaginez la quantité d’amour, de joie, de paix, de patience,
de bonté, de bienveillance, de fidélité, de douceur et de maîtrise de soi
nécessaire pour s’en sortir !
Domingo et Irène prennent au sérieux le commandement de Jacques
1 : 27 (aider les orphelins), bien plus que n’importe quel autre individu
de ma connaissance. Alors que les autres personnes de leur âge se
soucient d’améliorer leur confort, eux ne peuvent s’empêcher de penser
aux 500 000 enfants du pays qui ont besoin de parents. Et même
s’ils considèrent leurs enfants comme une bénédiction formidable,
ils ne cachent pas pour autant les difficultés auxquelles ils font face
quotidiennement. La clé a toujours été la persévérance. Surtout quand
l’un de leurs fils adoptifs s’est pendu dans leur placard, il y a plusieurs
années de cela. Et bien que leurs journées aient toujours été pleines
de joie, ils ont dû persévérer à plusieurs reprises par pure obéissance.
Dieu a pourvu à leurs besoins, encore et toujours. Un jour, ils ont eu
besoin d’agrandir leur maison afin d’accueillir plus d’enfants. Ils
n’avaient pas l’argent pour le faire ; Irène pria donc avec ferveur. La
première chose qu’elle vit à la fin de sa prière, fut la pancarte d’un
entrepreneur. Elle demanda immédiatement à Dieu si c’était la réponse
à sa prière. Quelques jours plus tard, l’un des responsables de leur
Église entendit parler de leur besoin et offrit de construire gratuitement
50 I Dieu oublié
cette extension. Vous l’aurez deviné, c’était bien l’entrepreneur dont
Irène avait vu le nom sur la pancarte.
L’une des merveilleuses bénédictions dont ils jouissent est de voir leurs
enfants biologiques suivre leurs traces. Un de leurs fils a deux enfants
biologiques et deux enfants adoptés. Un autre en a trois biologiques
et trois adoptés. Leur vie est tellement extraordinaire qu’une grande
chaîne de télévision a fait un reportage sur eux. Même les non-chrétiens
remarquent l’amour inhabituel et surnaturel que ce couple manifeste
envers ceux qui sont dans le besoin.
Si vous pensez que Domingo et Irène ont toujours été aussi bienveillants
qu’aujourd’hui, laissez-moi vous dire deux mots de leur passé (j’ai leur
accord). Irène a publiquement raconté les débuts de leur mariage et
la haine qu’elle éprouvait envers Domingo. Il était violent, et elle priait
régulièrement pour qu’il meure ! À cause de la douleur qu’il lui infligeait,
elle en rêvait chaque jour : elle imaginait que sa voiture tombait du haut
d’une falaise. Aujourd’hui, elle le décrit comme l’homme le plus saint
qu’elle connaisse.
Si vous pensez que votre vie ou votre mariage sont sans espoir,
souvenez-vous d’Irène et Domingo. Dieu aime amener les gens dans
les pires situations pour ensuite les transformer par son Esprit.
I 51

Dieu oublié
Chapitre 3
Théologie du Saint-Esprit,
le B.A.-BA

Que fait le Saint-Esprit ? Ses œuvres sont d’une


inexprimable grandeur, elles sont multitude innombrable.
Comment concevoir ce qui est antérieur aux siècles ? Que
faisait-il avant que la création soit ? Quel est le nombre
de ses bienfaits à l’égard de la création ? Quelle puissance
exercera-t-il dans les siècles à venir ? Car il était, et il
préexistait, et il était présent avant les siècles avec le Père
et le Fils. Si tu concevais par conséquent quelque chose
existant au-delà des siècles, tu la trouverais postérieure à
l’Esprit.
Basile le Grand

Pourquoi aborder la théologie du Saint-Esprit dans ce


chapitre ? Les aspects les plus importants de la vie ne sont-
ils pas ce que nous faisons et comment nous vivons ? Est-il
si important de savoir ce que nous pensons du Saint-Esprit ?
52 I Dieu oublié
Ces questions sont tout à fait légitimes.
Vos actions et votre manière de vivre sont essentielles.
Toute la théologie du monde ne signifie pas grand-chose
sans actes et sans fruits. Mais elle a tout de même son im-
portance : nos croyances déterminent nos actes. Alors, si
une bonne théologie peut nous conduire à vivre des vies qui
honorent Dieu, une mauvaise théologie nous amènera tou-
jours dans la mauvaise direction. Et quand nous étudions
le Saint-Esprit, une mauvaise théologie peut nous amener à
être inefficace. Ou pire, à passer notre vie à rechercher des
choses auxquelles l’Esprit s’oppose. Nous baserons notre
compréhension du Saint-Esprit en examinant des affirma-
tions bibliques qui expliquent qui il est et ce qu’il fait.
Quand j’étais en fac de théologie, j’ai rencontré beau-
coup d’érudits bien plus intelligents que moi. Beaucoup
d’entre eux s’étaient spécialisés dans un domaine particulier
de la théologie. Je lisais fréquemment des articles rédigés par
des individus brillants qui exprimaient des points de vue op-
posés sur diverses questions. Et il m’était difficile de décider
ce que je croyais vraiment être juste. Chaque camp avançait
des arguments convaincants et des conclusions indiscutables
(comme je l’ai dit, ils étaient brillants). Généralement, quand
je finissais d’étudier l’une de ces questions, je me trouvais
d’accord avec l’un plutôt que l’autre. Mais je pouvais rarement
affirmer que j’étais absolument convaincu. Je n’ai d’ailleurs
jamais été convaincu de ce qu’un professeur disait : « Si vous
êtes certain d’une chose à cinquante et un pour cent, prêchez-
la comme si vous en étiez sûr à cent pour cent ». N’est-ce pas
de la tromperie ? Si je ne suis sûr qu’à quatre-vingt-dix pour
cent, pourquoi ne pas simplement le dire ?
Il est vrai que certains points débattus sont secon-
daires et n’ont pas besoin d’être clarifiés pour pouvoir mar-
cher dans l’obéissance à Christ. Mais ce n’est pas le cas d’un
grand nombre de questions théologiques. Celles-ci sont ab-
solument essentielles pour notre foi : elles vont déterminer
notre façon d’agir.
théologie du saint-esprit : le b.A.-BA I 53
Pour ce qui est de la doctrine du Saint-Esprit, je ne
veux pas m’enliser dans des analyses obscures et abstraites.
Je préfère me concentrer sur les points théologiques qui fa-
çonnent notre foi et notre comportement.

Alors que je réfléchissais à ce chapitre, j’ai compris à


quel point il serait absurde pour n’importe qui de prétendre
à expliquer le Saint-Esprit. Dans la Bible, il est écrit que
nous ne pouvons pas totalement comprendre Dieu, et je
ne fais sûrement pas exception à la règle. Certaines choses
concernant Dieu sont mystérieuses et secrètes, et nous ne
les connaîtrons jamais. Mais d’autres choses sont révélées
et nous appartiennent (Deutéronome 29 : 29).
Dans ce chapitre, j’aborderai certaines des choses révé-
lées sur le Saint-Esprit. Je parlerai de ce qu’il est et de ce qu’il
fait dans nos vies et dans le monde. Gardez bien à l’esprit
que ce n’est pas une étude exhaustive du Saint-Esprit. Je ne
vais pas parcourir tous les versets bibliques qui y font réfé-
rence parce que, même si je le faisais, l’Esprit est infini et ne
peut être entièrement connu des hommes.
Sachez que, même si vous cherchez à connaître da-
vantage l’Esprit, il est bien au-delà de tout ce que vous ne
pourrez jamais saisir. Ce n’est en aucun cas une excuse pour
ne plus chercher à le connaître, mais ne le limitez pas à ce
que vous pouvez apprendre à son sujet. Le but n’est pas de
comprendre Dieu complètement, mais de l’adorer. Puisse le
fait même de ne pas pouvoir le connaître entièrement vous
pousser à le louer pour sa grandeur infinie !
Alors que nous abordons ce sujet, n’oublions pas que
nous avançons sur un terrain saint. Le Saint-Esprit a donné
vie à la création et il continue à l’affermir. Comme nous le
54 I Dieu oublié
lisons dans le livre de Job : « L’Esprit de Dieu m’a formé, et
le souffle du Tout-Puissant me fait vivre » (33 : 4). Je peux
continuer à écrire uniquement parce qu’il me permet de
le faire. Et vous pouvez continuer à lire uniquement parce
qu’il vous y habilite et vous soutient.

J’ai déjà entendu des personnes comparer le Père, le


Fils et le Saint-Esprit aux trois parties d’un œuf : la coquille,
le blanc et le jaune. J’en ai entendu d’autres dire que Dieu
est semblable à un trèfle : trois « bras », pourtant tous font
partie d’une seule tige de trèfle. Il est aussi très répandu de
le comparer aux trois états de l’H2O : liquide (eau), solide
(glace) ou gazeux (vapeur).
Même si ce sont là de jolies métaphores d’un mystère
inexplicable, le fait est que Dieu n’est pas comme un œuf, un
trèfle ou les trois états de l’eau. Dieu n’est pas comme quoi
que ce soit. Il est insondable, incomparable, et ne ressemble
à aucun autre être vivant. Il est en dehors de notre sphère
d’existence, et par conséquent, nous ne pouvons pas le ca-
tégoriser. Les analogies nous aident peut-être à comprendre
certains aspects de sa personne, mais ne croyons pas qu’elles
puissent d’une manière ou d’une autre résumer sa nature.
J’aime ce verset, souvent cité en période de Noël :
Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la
souveraineté (reposera) sur son épaule ; on l’appellera Admirable,
Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix.
Ésaïe 9 : 5

Nous y voyons que le Fils est appelé « Conseiller » et


« Père » ! Ce passage (et beaucoup d’autres) nous empêche
de simplifier à l’excès un mystère divin. Il ne se décompose
théologie du saint-esprit : le b.A.-BA I 55
pas facilement en trois grands points évidents, mais il est
merveilleux. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un.
Pour étudier les vérités de base concernant le Saint-
Esprit, nous pourrions remonter jusqu’à la Genèse, où il
était présent et actif au moment de la création. Puis nous
pourrions retracer ses œuvres tout au long de l’Ancien Tes-
tament. Mais nous commencerons dans le livre des Actes,
quand l’Esprit descend pour demeurer dans les disciples.
D’après les deux premiers versets du chapitre 2, « ils étaient
tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup, il vint du ciel
un bruit comme celui d’un souffle violent ». Le texte indique
que celui-ci « remplit toute la maison où ils étaient assis ».
Imaginons un peu cette scène. Jésus-Christ, celui que
vous avez suivi ces trois dernières années et à qui vous avez
dédié votre vie, vient juste de monter au ciel. Vous l’avez
vu de vos propres yeux. Vous êtes à Jérusalem avec ceux qui
sont devenus comme votre famille. Vous êtes rassemblés
chez quelqu’un et vous attendez. Vous savez que quelque
chose viendra, parce que Jésus vous l’a dit. Il a dit d’attendre,
mais vous ne savez pas exactement quoi (ou qui, dans ce
cas). Peut-être en avez-vous marre de vous demander com-
bien de jours s’écouleront avant que quelque chose (vous ne
savez absolument pas quoi) ne se produise.
Tout à coup, un son emplit la maison toute entière. Des
langues de feu apparaissent et viennent se poser sur chaque
personne présente. Et, enfin, la « chose » se produit : « Ils
furent tous remplis d’Esprit saint » (Actes 2 : 4).
Il est bien question des mêmes disciples qui suivaient
Jésus en toutes circonstances, mais qui se sont éparpillés dès
que celui-ci fut arrêté. Et ils sont là, réunis, ne sachant sans
doute pas comment avancer, maintenant que Jésus est parti.
Pourtant, quand le Saint-Esprit descend et fait sa demeure
en eux, un changement radical se produit. À partir de ce
moment-là, les disciples ne sont plus les mêmes ; le livre des
Actes en témoigne. Nous lisons l’histoire d’Étienne, le pre-
56 I Dieu oublié
mier martyr. L’histoire de Pierre, un homme transformé, cou-
rageux. L’histoire de Paul (anciennement Saul), qui tuait les
disciples de Christ, mais qui, un jour, devient l’un d’entre eux.
Paul passera même le restant de sa vie à conduire des foules à
Christ. Ils ne sont plus timides ou confus, mais audacieux et
inspirés, et ils commencent à proclamer et à vivre l’Évangile
de Jésus par la puissance du Saint-Esprit. Réfléchissez un peu
à la portée de ce moment sur la vie des disciples !
Une multitude s’est rassemblée. Pierre prêche un mes-
sage puissant, et quand ils entendent ses paroles, les gens
ont « le cœur vivement touché », et demandent ce qu’ils
doivent faire. Pierre leur répond : « Repentez-vous, et que
chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour
le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-
Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et
pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que
le Seigneur notre Dieu les appellera » (2 : 37-39). Ce jour-là,
environ trois mille personnes sont ajoutées au royaume de
Dieu et acceptent le don du Saint-Esprit.

Il est inutile de débattre sur le moment où le Saint-


Esprit commence à faire partie de la vie de quelqu’un. En
ce qui me concerne, était-ce quand, enfant, j’ai prié pour
la première fois et cru que je parlais à quelqu’un ? Était-
ce au collège, quand j’ai levé la main après avoir entendu
un évangéliste qui m’avait littéralement fichu une trouille
infernale ? Ou peut-être quand je me suis fait baptiser ?
Quand j’étais au lycée, et que j’avais une véritable relation
personnelle avec Jésus ? Était-ce à l’université, quand je
me suis avancé pour « recevoir l’Esprit » lors d’une étude
biblique charismatique ? Ou encore plus tard, quand j’ai
choisi d’abandonner totalement ma vie à Jésus ?
théologie du saint-esprit : le b.A.-BA I 57
À force de se focaliser sur ces questions, on risque fa-
cilement de manquer l’essentiel du message de Pierre. Un
jour, alors que je prêchais sur ce passage dans mon assem-
blée, Mercy, ma fille de sept ans, a compris. Elle est venue
me voir à la fin et m’a dit : « Papa, je veux me repentir de mes
péchés et être baptisée et recevoir le don du Saint-Esprit ».
J’ai aimé la simplicité et la grandeur de sa foi. Elle n’avait
pas besoin de débattre pour savoir quand et comment l’Es-
prit viendrait. Elle voulait simplement obéir à ce passage
du mieux qu’elle le pouvait. J’ai bien conscience que Mercy
n’a pas la connaissance biblique que la plupart d’entre nous
ont, mais je me demande combien d’entre nous ont sa foi.
Est-ce là votre réponse à la Parole ? Est-il clair pour
vous que vous devez vous repentir, être baptisé et recevoir le
Saint-Esprit ? Si c’est le cas, l’avez-vous fait ? Sinon, qu’est-
ce qui vous empêche de le faire aujourd’hui ?
Pourquoi ressentons-nous parfois le besoin de dé-
battre sans fin sur le sujet, de parcourir toutes les situations
possibles et imaginables, et de répondre à chaque question
théologique ? Quand allons-nous enfin nous décider à tout
simplement agir conformément à la vérité que nous avons
entendue et seulement ensuite examiner nos questions ?

Maintenant que nous savons dans quel contexte l’Es-


prit est venu vers les premiers disciples et comment réagir
à cela, penchons-nous sur quelques vérités pratiques le
concernant : qui est-il et que fait-il dans nos vies ?

1. Le Saint-Esprit est une personne


Il n’est pas une « chose » ou une forme indistincte de
« puissance ». J’entends souvent les gens faire référence à
58 I Dieu oublié
l’Esprit comme à une chose ou à une force que nous pou-
vons contrôler et utiliser. Cette distinction peut sembler
subtile, voire insignifiante, mais en réalité, elle constitue
un sérieux malentendu sur l’Esprit et sur son rôle dans nos
vies. En Jean 14 : 17, nous lisons que l’Esprit « demeure près
de vous et qu’il sera en vous ». Ce verset nous appelle à vivre
une relation avec l’Esprit et ne laisse pas entendre que nous
pouvons le traiter comme une puissance à exploiter pour
atteindre nos objectifs personnels. Le Saint-Esprit est une
personne qui entretient des relations personnelles non
seulement avec les croyants, comme nous l’avons vu, mais
aussi avec le Père et le Fils. Nous voyons l’Esprit travailler
conjointement avec le Père et le Fils à de multiples reprises
dans les Écritures (Matthieu 28 : 19 ; 2 Corinthiens 13 : 13).

2. Le Saint-Esprit est Dieu


Il n’est pas un être moins important ou différent de
Dieu le Père et Dieu le Fils. L’Esprit est Dieu. Les termes
Esprit et Dieu sont utilisés de façon interchangeable dans
le Nouveau Testament. Dans les Actes, Pierre adresse le
reproche suivant à Ananias : « Pourquoi Satan a-t-il rempli
ton cœur, au point de mentir à l’Esprit saint et de retenir
une partie du prix du champ ? […] Comment as-tu mis en
ton cœur une pareille action ? Ce n’est pas à des hommes
que tu as menti, mais à Dieu » (Actes 5 : 3-4). Dans ces ver-
sets, Pierre fait explicitement référence au Saint-Esprit en
tant que Dieu. Il est capital de se le rappeler. Quand nous
oublions l’Esprit, c’est en réalité Dieu que nous oublions.

3. Le Saint-Esprit est éternel et saint


Dans l’Évangile selon Jean, Jésus promet à ses disciples
que l’Esprit sera avec eux pour toujours (Jean 14 : 16). Et dans
Hébreux, nous lisons que c’est par « l’Esprit éternel » que
Jésus « s’est offert lui-même sans tache à Dieu » (Hébreux
9 : 14). L’Esprit n’est pas un esprit volage et fantasque qui
théologie du saint-esprit : le b.A.-BA I 59
va et vient comme le vent. C’est un être éternel. Et l’Esprit
est également saint. Une évidence, puisque nous l’appelons
le « Saint-Esprit » – et le Nouveau Testament souligne cette
réalité (Romains 1 : 4 et 5 : 5 en sont deux exemples). Mais
prenez le temps de penser à cette réalité profondément
bouleversante : parce que l’Esprit est saint et habite en nous,
du point de vue de Dieu, nos corps sont saints ! Nous dédai-
gnons trop souvent nos corps parce qu’ils sont la source du
péché et de notre chute. C’est pourtant précisément là que
Dieu l’Esprit choisit d’habiter !

4. Le Saint-Esprit sait ce qu’il veut,


et il prie pour nous
« Et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est l’in-
tention de l’Esprit : c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur
des saints » (Romains 8 : 27). Je ne sais pas pour vous, mais
je trouve extrêmement réconfortant de savoir que l’Esprit
de Dieu prie pour moi selon la volonté de Dieu.
Je me suis si souvent retrouvé à ne pas savoir comment
prier, que ce soit pour moi ou pour les autres ! Et à d’autres
moments, je prie pour des choses stupides.
Il y a quelque temps, par exemple, j’étais au golf avec
des amis. Je voulais vraiment faire le parcours en 70 coups,
c’est-à-dire comme un pro (je suis généralement dans la
moyenne). Dans un moment de superficialité, j’ai prié pour
que Dieu me donne la capacité de réaliser mon meilleur
parcours. Je suppose que le Saint-Esprit priait en même
temps que moi, parce que, ce jour-là, j’ai joué comme le
plus débutant des amateurs (115 coups : probablement mon
pire score). L’Esprit savait que je devais travailler ma colère
et mon humilité plutôt que d’abonder dans le sens de mon
orgueil !
Nous ne savons pas forcément comment prier ou agir
dans certaines situations. Mais nous pouvons être certains
60 I Dieu oublié
que le Saint-Esprit connaît nos cœurs et la volonté de Dieu,
et qu’il intercède toujours en notre faveur.

5. L’Esprit éprouve des sentiments


Pendant longtemps, quand je lisais que nous ne de-
vions pas attrister le Saint-Esprit (Ésaïe 63 : 10 ; Éphésiens
4 : 30), je trouvais que c’était un peu exagéré. Dire que je
pouvais attrister Dieu semblait presque blasphématoire.
Qui suis-je pour avoir un tel pouvoir sur l’Esprit ? Cela me
semblait inimaginable. En fait, je trouvais bizarre de pré-
tendre que Dieu avait des sentiments. Pour une raison ou
une autre, j’avais l’impression que cela le rabaissait.
Je me suis débattu avec ces pensées pendant tout un
temps, jusqu’à ce que je comprenne enfin d’où elles ve-
naient. Dans notre culture, éprouver des sentiments ou des
émotions est synonyme de faiblesse. Cette conception est
un mensonge, profondément enraciné en nous.
Dieu a créé les sentiments. Bien sûr, comme tout le
reste, les sentiments peuvent être manipulés et pervertis.
Mais la raison d’être des sentiments vient de Dieu. Pour-
quoi est-il donc si difficile de croire qu’il ressent lui-même
des émotions, puisque c’est lui qui les a créées ? L’Esprit est
attristé quand une relation se dégrade, qu’il s’agisse d’une
relation avec Dieu ou avec les autres. Quand nous sommes
désunis, peu affectueux, haineux, jaloux, cancaniers, etc.,
nous attristons l’Esprit de Dieu. Et puisqu’il est le créateur
des sentiments, je crois qu’il est attristé plus profondément
que nous ne pouvons le concevoir.
Quelle est votre réaction en entendant cela ? Est-ce que
cela vous tracasse ? Quand, pour la dernière fois, avez-vous
été affligé parce que votre péché avait fait de la peine au
Saint-Esprit ?
Il y a quelque temps, deux femmes de mon Église se
sont fâchées l’une contre l’autre. Alors que nous étions as-
théologie du saint-esprit : le b.A.-BA I 61
sis tous les trois dans mon bureau, je les écoutais exprimer
vivement les raisons de leur frustration. Je ne parvenais
pas réellement à discerner laquelle des deux était « le plus
en tort ». Tout à coup, je me suis simplement mis à pleurer
pendant qu’elles parlaient. Je leur ai dit à quel point j’étais
affligé parce que je savais combien notre Père déteste ces
situations. Les larmes me montent rarement aux yeux.
Cependant, j’ai été accablé à plusieurs reprises de voir les
membres de mon assemblée attrister le Saint-Esprit à cause
de leur obstination et de leur manque de pardon.
Je crois que si nous prêtions sincèrement attention au
chagrin du Saint-Esprit, nos Églises connaîtraient moins de
bagarres, de divorces et de divisions. Ces choses ne sont pas
dues à notre manque de foi, mais plutôt à notre négligence.
Je prie pour que vienne le jour où les croyants se soucient
plus du chagrin de l’Esprit que de leurs propres chagrins. En
fait, je prie pour que certains d’entre vous, lecteurs, soient
brisés par la peine que vous avez infligée au Saint-Esprit.
Brisés au point d’arrêter votre lecture, de poser ce livre et
d’aller résoudre vos conflits avec d’autres croyants.
« S’il est possible, autant que cela dépend de vous,
soyez en paix avec tous les hommes » (Romains 12 : 18).

6. Le Saint-Esprit a ses propres désirs


et sa propre volonté
Nous lisons en 1 Corinthiens que les dons de l’Esprit sont
« l’œuvre d’un seul et même Esprit qui distribue […] comme il
veut » (1 Corinthiens 12 : 11 – Semeur). Voilà un rappel impor-
tant de qui est aux commandes. Nous ne choisissons pas les
dons que nous recevons ; de même, nous ne choisissons pas
ce que Dieu a prévu pour l’Église. L’Esprit a un plan pour nos
vies, pour chacun d’entre nous. Et il a un plan pour l’Église,
que ce soit votre Église locale ou le corps de Christ.
Si vous êtes comme moi, vous avez probablement des
projets pour votre vie, pour votre assemblée, et peut-être
62 I Dieu oublié
même pour le corps du Christ dans son ensemble. C’est la
raison pour laquelle nous devons absolument prier comme
Christ : « Non pas comme je veux, mais comme tu veux ».

7. Le Saint-Esprit est omniprésent, omnipotent


et omniscient
Ce sont des termes théologiques qui signifient respec-
tivement que l’Esprit est présent partout (Psaumes 139 : 7-8),
qu’il est tout-puissant (Zacharie 4 : 6) et qu’il connaît toutes
choses (1 Corinthiens 2 : 10). Nous ne pourrons jamais to-
talement saisir ces attributs-là, puisque nous sommes des
êtres humains limités : « Qui donc a mesuré l’Esprit de
l’Éternel ? Qui a été son conseiller et qui son instructeur ? »
(Ésaïe 40 : 13 – Semeur). Mais qu’importe ! Que ces aspects
de l’Esprit nous poussent à la louange ! Même avec des mots
imparfaits et une compréhension incomplète.

Si l’Esprit saint habite en vous, un certain nombre de


choses devraient faire partie de votre vie. Je vais en expo-
ser plusieurs, mais ne vous contentez pas de les survoler
comme on lit une liste de courses. Si vous ne faites que sur-
voler cette liste, vous passerez à côté de l’une des parties de
ce livre que je préfère. J’ai éprouvé tant de joie à prendre
chacune de ces promesses à la lettre, à les méditer et à
les réclamer. Prenez le temps de vous arrêter sur chacune
d’entre elles. Réfléchissez à la façon dont chacune se ma-
nifeste dans votre vie. Et si l’une ou l’autre ne s’y manifeste
pas, prenez un moment pour demander à Dieu d’accomplir
cette promesse spécifique !
• L’Esprit nous aide à nous exprimer dans une situation dé-
licate, lorsque nous devons témoigner (Marc 13 : 11 ; Luc
12 : 12) ;
théologie du saint-esprit : le b.A.-BA I 63
• Le Conseiller nous enseigne et nous rappelle ce que nous
devons savoir et nous remémorer. Il est notre réconfort,
notre soutien et notre force. Il nous guide dans la direc-
tion où nous devons aller (Psaumes 143 : 10 ; Jean 14 à 16 ;
Actes 9 : 31 ; 13 : 2 ; 15 : 28 ; 1 Corinthiens 2 : 9-10 ; 1 Jean
5 : 6-8) ;
• Nous recevons de l’Esprit la puissance pour être témoins
de Dieu jusqu’aux extrémités de la terre. C’est l’Esprit qui
attire les gens à l’Évangile. C’est l’Esprit qui nous équipe
avec la force dont nous avons besoin pour accomplir les
plans de Dieu. Le Saint-Esprit attire non seulement les
incroyants à Dieu, mais il attire aussi les croyants plus
près de Jésus (Actes 1 : 8 ; Romains 8 : 26 ; Éphésiens 3 : 16-
19) ;
• Nous mettons à mort les mauvais désirs de la chair par
la puissance de l’Esprit. Celui-ci nous libère des péchés
dont nous ne pouvons pas nous débarrasser de nous-
mêmes. C’est un processus de toute une vie, commencé
lors de notre conversion et mené à bien avec le Saint-Es-
prit (par ex. : Romains 8 : 2) ;
• Par l’Esprit, nous avons reçu un esprit d’adoption qui
nous permet de vivre une intimité avec le Père plutôt
qu’une relation fondée sur la crainte et l’esclavage. L’Es-
prit témoigne que nous sommes ses enfants (Romains
8 : 15-16) ;
• Le Saint-Esprit convainc de péché. Il le fait pour nous
permettre d’entrer dans une relation nouvelle avec Dieu.
Il le fait aussi tout au long de notre pèlerinage de croyants
dans cette vie (Jean 16 : 8 ; 1 Thessaloniciens 1 : 5) ;
• L’Esprit procure la vie et la liberté. Là où est l’Esprit, il y
a la liberté. Plus de servitude ni d’esclavage. Dans notre
monde infesté par la mort, c’est une vérité profonde qui
pointe vers une véritable espérance (Romains 8 : 10-11 ;
2 Corinthiens 3 : 17) ;
64 I Dieu oublié
• Par la puissance du Saint-Esprit, nous débordons d’es-
poir, car notre Dieu est un Dieu d’espoir. Et il remplit ses
enfants de « toute joie et de toute paix » (Romains 15 : 13) ;
• En tant que membre de la communauté du royaume de
Dieu, chacun de nous reçoit une manifestation de l’Es-
prit dans sa vie pour l’utilité commune. Nous avons tous
quelque chose à offrir à cause de ce que l’Esprit nous ac-
corde (1 Corinthiens 12 : 7) ;
• Le fruit qui se manifeste lorsque nous sommes conduits
par l’Esprit de Dieu est : amour, joie, paix, patience, bon-
té, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Ces
actions et attitudes caractériseront notre vie quand nous
laisserons l’Esprit nous faire grandir et nous modeler. L’Es-
prit nous sanctifie (2 Corinthiens 3 : 18 ; Galates 5 : 22-23).

J’espère que ces vérités concernant le Saint-Esprit vous


conduiront dans une relation plus profonde avec lui et dans
un plus grand respect pour lui. Une bonne théologie vous
poussera à agir correctement, à aimer sincèrement et à ado-
rer véritablement.
Peut-être qu’à la lecture de ces versets, vous vous de-
mandez pourquoi ces choses ne font pas partie de votre vie.
Ne vous découragez pas ! Demandez à Dieu de vous rendre
plus aimant, de vous aider à mettre à mort les mauvais dé-
sirs, ou de vous utiliser pour bénir ses enfants. Rappelez-
vous que nous ne pouvons pas faire ces choses par nous-
mêmes, et qu’elles sont précisément ce que l’Esprit fait dans
nos vies. Le Père nous dit de les lui demander. Et nous pou-
vons demander en toute confiance, parce que ce sont là des
choses que Dieu nous promet dans la Bible. Puissions-nous
ignorer et amoindrir l’Esprit de moins en moins, et grandir
toujours plus dans notre relation avec lui !
I 65

Francis Schaeffer

Francis Schaeffer est un Américain né en 1912 et décédé en 1984. Il


a profondément marqué la pensée et la culture chrétiennes durant sa
vie. Certains disent qu’en dehors de C. S. Lewis, personne d’autre n’a
autant marqué la pensée chrétienne populaire au vingtième siècle.
Ancien agnostique, Schaeffer est finalement devenu un pasteur
presbytérien, ainsi qu’un apologète et théologien engagé. Il a reconnu
que le christianisme et la Bible répondaient aux grandes questions
philosophiques, mais que théologiens et philosophes dialoguaient trop
peu. Il a donc initié un tel dialogue.
Francis et son épouse, Édith, ont déménagé en Suisse à la fin de la
Seconde Guerre mondiale. Une fois sur place, ils ont suivi la direction de
Dieu et ouvert leur maison avec foi pour que les gens puissent venir y
chercher des réponses à leurs questions. Leur confiance en Dieu, aussi
bien dans le domaine financier que dans la pratique, fut une véritable
source d’inspiration. Quand ils avaient un besoin, ils priaient tout
simplement, avec sérieux, parfois à tour de rôle toute la nuit, jusqu’à ce
que Dieu pourvoie.
Les Schaeffer étaient convaincus que le christianisme aborde tous
les aspects de la vie ; toute question honnête était donc la bienvenue.
Les Schaeffer réfléchissaient leur foi ; ils cherchaient aussi à la vivre
quotidiennement au sein d’une communauté. La main de Dieu les
a clairement conduits à établir un refuge, l’Abri. Les Schaeffer l’ont
appelé ainsi parce que beaucoup y venaient pour poser des questions
honnêtes sur Dieu et sur le sens de la vie, en toute sécurité. L’Abri est
66 I Dieu oublié
toujours ouvert là où il a été fondé en Suisse, et plusieurs autres centres
semblables existent dans le monde.
Les Schaeffer ont eu l’occasion de discuter avec des milliers d’étudiants
et de voyageurs qui passaient à l’Abri (certains restaient une nuit,
d’autres des mois, et d’autres encore des années). Ils venaient de
milieux différents et de religions différentes. Lors de ces conversations,
Francis disait toujours que les humains peuvent connaître la « vérité
vraie » sur Dieu et sur eux-mêmes grâce à la Bible. En plus d’œuvrer
pour ceux qui venaient à l’Abri, Francis a aussi écrit de nombreux
livres, enseigné dans des universités, et donné des conférences dans
plusieurs pays.
Il aimait vraiment Dieu de tout son cœur et de toute son intelligence, et
des milliers de vies en ont été (et sont toujours) touchées. Voilà ce qui
se passe quand quelqu’un se soumet à l’Esprit et lui permet de faire
2
son œuvre dans sa vie .

2
Voir les sites internet anglophones de L’Abri. URL : <www.rationalpi.com/theshelter> et www.labri.
org (page consultée le 7 janvier 2013).
I 67

Dieu oublié
Chapitre 4
Pourquoi le voulez-vous ?

Tout ce qui touche à la vie chrétienne est surnaturel,


que ce soient ses aspects théoriques ou pratiques, notre
relation avec Dieu ou avec les autres, notre louange ou
notre témoignage. La vie chrétienne est surnaturelle, car
seul l’Esprit peut l’initier et la préserver. Par conséquent,
sans lui, il n’y aura de vie ni chez le croyant ni dans
l’Église ; en fait, il n’y aura ni croyant ni Église.
J. I. Packer

J’imagine que vous aimeriez être rempli de la puissance


surnaturelle du Saint-Esprit. Vous ne seriez sûrement pas
en train de lire ce livre si ce n’était pas le cas. Mais j’ai envie
de vous demander : « Pourquoi ? »
Dernièrement, un homme en phase terminale de can-
cer a demandé aux anciens de lui faire l’onction d’huile et
de prier pour sa guérison. Cependant, avant de prier, j’ai
68 I Dieu oublié
fait quelque chose que je ne fais jamais. J’ai demandé à cet
homme : « Pourquoi veux-tu être guéri ? Pourquoi veux-tu
rester sur cette terre ? » L’homme (tout comme ceux qui
étaient autour de nous) a semblé un peu surpris que je lui
pose une question aussi brusque.
Pourtant, Jacques rappelle dans son épître que, bien
souvent, nous ne recevons pas de réponse à nos prières
parce que nous demandons pour les mauvaises raisons :
« Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous
demandez mal, afin de (tout) dépenser pour vos passions »
(Jacques 4 : 3). Nous devrions vouloir vivre pour la gloire du
Dieu qui nous a placés sur cette terre.
Alors, au fond, pourquoi voulez-vous que le Saint-Es-
prit agisse dans votre vie ? Voulez-vous plus de lui unique-
ment pour votre profit personnel ? Si nous répondons oui
à cette question, alors nous ne sommes pas différents de
Simon le magicien, qui voulait acheter aux apôtres la puis-
sance du Saint-Esprit. Pierre lui a vigoureusement répon-
du : « Que ton argent périsse, et toi avec lui, puisque tu t’es
imaginé qu’on pouvait se procurer le don de Dieu avec de
l’argent ! » (Actes 8 : 20 – Semeur).
Le Saint-Esprit n’est pas une marchandise que l’on
achète ou échange en fonction de nos désirs et lubies, ou
même de nos besoins personnels. Nous ne pouvons en au-
cun cas aborder la question du Saint-Esprit sans remettre
en cause notre motivation.
Arrêtez-vous de lire et prenez le temps de vous de-
mander pourquoi vous voulez le Saint-Esprit. Pour sa puis-
sance ? Pour vous améliorer et servir vos propres objectifs ?
Ou parce que vous souhaitez expérimenter tout ce que Dieu
a prévu pour vous ? Le voulez-vous parce que vous aimez
l’Église et désirez mieux servir vos frères et sœurs ?
pourquoi le voulez-vous ? I 69
La bonne raison
Nous avons nos raisons pour désirer la présence et la
puissance de l’Esprit dans nos vies, mais Dieu a aussi les
siennes ! En 1 Corinthiens 12, nous lisons qu’à chaque dis-
ciple de Christ, « la manifestation de l’Esprit est donnée
pour l’utilité (commune) » (v. 7). Ces manifestations, ou
dons, sont « l’œuvre d’un seul et même Esprit qui distri-
bue son activité à chacun de manière particulière comme il
veut » (v. 11 – Semeur).
Ces reflets de la présence et de l’œuvre de l’Esprit en
nous n’ont donc rien à voir avec nos capacités naturelles. Et
ce n’est pas parce que nous les avons mérités ou gagnés que
nous les avons reçus. Puisque ces dons sont accordés selon
la volonté de Dieu et non la nôtre, il est clair que nous ne
devrions pas les utiliser pour nous vanter ou nous distraire.
L’Esprit distribue ses dons délibérément à chacun, se-
lon ses plans et sa volonté. Ces manifestations sont utiles
pour le bien et l’édification de l’Église ; c’est là leur raison
d’être la plus évidente. Quand nos cœurs sont alignés sur
cette vision, quand nous sommes remplis d’un amour sin-
cère pour l’Église et quand nous désirons la voir grandir
dans son amour pour Dieu et pour les autres, c’est alors que
l’Esprit veut nous utiliser.

Sur une échelle de un à dix, quelle note donneriez-


vous à votre amour pour l’Église ? En regardant vos frères et
sœurs, est-ce que vous vous dites : J’aime tellement ces per-
sonnes ! Je prie que Dieu me remplisse de sa puissance pour
que je puisse les encourager à aller plus loin avec lui. Est-ce
à cela que vous pensez ?
70 I Dieu oublié
À quel point les avez-vous à cœur ? Le Saint-Esprit vous
a donné une capacité surnaturelle pour servir les personnes
que Dieu a placées autour de vous. Dieu se préoccupe suf-
fisamment de son Église pour vous accorder cette capacité.
Et vous ? Vous souciez-vous suffisamment de l’Église pour
employer ce don dans la même optique ?
L’apôtre Paul désirait ardemment aller au ciel, mais il
était partagé à cause de son amour pour l’Église, la seule
chose qui le retenait sur terre :
Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être
avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur ; mais à cause de
vous, il est plus nécessaire que je demeure dans la chair. J’en
suis persuadé, je le sais : je resterai et je séjournerai auprès de
vous tous, pour votre progrès et pour votre joie dans la foi.
Philippiens 1 : 23-25

Êtes-vous d’accord avec Paul, lorsqu’il énonce sa rai-


son d’être dans la vie et son amour pour l’Église ? Beaucoup
trop de personnes recherchent l’Esprit pour les mauvaises
raisons.

Attirer l’attention
Le Saint-Esprit œuvre pour glorifier Christ (Jean
16 : 14). Pourtant, plusieurs de ceux qui mettent l’accent sur
l’Esprit semblent attirer l’attention non sur Christ, mais sur
eux-mêmes. L’Église de Corinthe était connue pour cela.
Elle a sombré dans le chaos parce que les individus ne se
sentaient pas concernés par le perfectionnement de l’as-
semblée. Ils essayaient de détourner les manifestations de
l’Esprit pour leur propre gloire. Ils ne s’intéressaient pas à
ce que Dieu faisait dans la vie des autres, ils voulaient juste
afficher ce qu’il faisait dans la leur. Ils recherchaient tous
l’attention des autres ; et comme chacun essayait de parler
en même temps, une confusion terrible s’est établie (1 Co-
rinthiens 14 : 23-33).
pourquoi le voulez-vous ? I 71
Lorsque Christ est magnifié, et non les hommes, c’est
le signe irréfutable que le Saint-Esprit est à l’œuvre. Beau-
coup d’entre nous se débattent avec l’autoglorification. Bien
que je lutte toujours contre mon orgueil, Dieu m’a appris à
voir les choses de son point de vue à lui.
Quand j’étais plus jeune, une grande partie de moi
était avide de la puissance de Dieu, parce que je voulais at-
tirer l’attention. Aujourd’hui, je désire la puissance de Dieu
justement parce que je ne veux pas attirer l’attention. Jésus
a dit : « Que votre lumière brille ainsi devant les hommes,
afin qu’ils voient vos œuvres bonnes, et glorifient votre Père
qui est dans les cieux » (Matthieu 5 : 16). Il est possible que
nous fassions des choses incroyables pour le royaume et
que, pourtant, les gens rendent gloire à Dieu plutôt qu’à
nous. Cela vous est-il déjà arrivé ? Ou est-ce vous que les
gens encensent pour vos bonnes œuvres ?
Quand l’Esprit saint intervient réellement, c’est Dieu
qui est loué. C’est Jésus qui est élevé. Quand l’Esprit a agi à
la Pentecôte, les gens savaient qu’une puissance venant de
Dieu était là. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ne sont
pas partis en disant : « Jean est incroyable ! Il a appris une
nouvelle langue en à peine quelques secondes ! » Non ! Ils
savaient que ça ne pouvait être que Dieu. Prions pour que
Dieu nous accorde sa puissance de manière si radicale que
nous n’en retirions aucune gloire. Que les gens voient nos
œuvres et glorifient Dieu !
De même vous, puisque vous aspirez aux (dons) spirituels, que ce
soit pour l’édification de l’Église que vous cherchiez à les avoir en
abondance.
1 Corinthiens 14 : 12.

Chasse aux miracles


Quand un miracle a lieu, quand vous expérimentez
quelque chose qui ne pourrait pas se produire naturelle-
ment, c’est vraiment impressionnant (j’essaye de ne pas
72 I Dieu oublié
trop employer ce mot, mais je crois qu’il passe bien ici). Je
n’ai encore jamais rencontré quelqu’un qui ne voudrait pas
voir de miracle. Mais je m’inquiète du nombre incroyable
de personnes qui recherchent plus les miracles que Dieu
lui-même.
Beaucoup aiment parler des choses surnaturelles
comme les miracles, les guérisons ou les prophéties. Mais
à trop les rechercher, nous risquons de nous égarer. Dieu
nous appelle à le chercher lui, et non ce qu’il pourrait faire
pour nous ou parmi nous. Les Écritures soulignent que
nous devons désirer le fruit de l’Esprit et nous soucier de
ressembler toujours plus au Fils. Dieu veut que nous cher-
chions à écouter son Esprit et à lui obéir. Les miracles n’ont
jamais constitué une fin en soi : ils se sont produits de ma-
nière inattendue, quand le peuple était fidèle et s’appliquait
à servir et à aimer les autres.
Dieu accomplit des miracles quand il juge bon de le
faire. Il ne les distribue pas machinalement au compte-
gouttes, comme si l’on pouvait mettre une pièce, prier la
bonne prière et paf ! voilà le miracle. Les miracles ne sont
jamais une fin en soi, ils sont toujours là pour pointer vers
quelque chose de plus grand et l’accomplir.
J’aimerais être témoin de plus de miracles. Mais quand
nous faisons d’eux l’objet de notre énergie et de notre quête,
nous ignorons les priorités que Dieu place devant nous et
nous lui imposons nos propres désirs. Et parfois même,
nous ressemblons à Satan qui a dit à Jésus de sauter du
temple et d’accomplir un miracle. Bien sûr que Dieu le Père
aurait pu garder Jésus de tout mal s’il avait sauté, mais Jésus
a refusé de mettre son Père à l’épreuve en le « forçant » à
faire un miracle (Matthieu 4 : 7).
pourquoi le voulez-vous ? I 73
Dieu fait des miracles quand il le juge bon et pour ac-
complir ses propres desseins. Nous devons fuir la tentation
de demander à Dieu des miracles qu’il n’a jamais promis.
Nous sommes plutôt appelés à nous concentrer sur les prio-
rités qu’il nous a fixées dans la Bible et à demander au Saint-
Esprit de nous donner sa puissance comme bon lui semble.
Priez-le de vous rendre capable, de façon surnaturelle, de
l’aimer et d’aimer les autres. Et croyez qu’il accomplira des
miracles pour sa gloire, en son temps et à sa manière.
Nous avons aussi besoin de chercher son action dans
notre vie quotidienne. Par exemple, si vous vivez en Occi-
dent, le fait que vous ne soyez pas matérialiste relève incon-
testablement du surnaturel.
Il m’est arrivé, après un moment extraordinaire de
louange, de demander à Dieu de renouveler cette expé-
rience la prochaine fois que je le louerais. Comme un enfant
impressionné par un tour de magie, je priais : « Encore ! »
J’ai toutefois appris une chose sur Dieu au fil des années : il
fait rarement les choses « encore ». Il est le Créateur. Ce qui
signifie qu’il est, entre autres, créatif. Si nous attendons de
Dieu qu’il accomplisse certains miracles ou nous fasse vivre
une expérience particulière, nous serons tentés de manipu-
ler, voire de contrefaire ces expériences surnaturelles. Mon
but est simplement de nous pousser à chercher Christ et à
croître dans notre obéissance, et non à rechercher le surna-
turel pour lui-même.

Suiveurs ou leaders ?
J’ai tenté de diriger l’Esprit saint à plusieurs reprises.
J’ai voulu lui dire quoi faire et quand le faire. Ce qui est
ironique, car l’Esprit a été donné précisément pour nous
conduire. Désirer le Saint-Esprit, c’est se laisser guider par
lui. Par définition, il est ridicule de vouloir l’Esprit pour ac-
complir nos propres projets.
74 I Dieu oublié
Il n’est pas une puissance dont nous pouvons user
comme bon nous semble. L’Esprit est Dieu, un être qui
exige notre soumission à sa direction. Voulez-vous vrai-
ment être dirigé ? Même les leaders-nés ne conduisent pas
l’Esprit. Tout le monde est appelé à être conduit par lui.
Je crois honnêtement que la plupart d’entre nous, bien
que nous disions vouloir être conduits par l’Esprit, sont en
fait effrayés par cette réalité. Je sais que je le suis. Qu’est-
ce que cela impliquerait ? S’il vous demande d’abandonner
quelque chose que vous n’êtes pas prêt à lâcher ? Et s’il vous
conduit là où vous ne voulez pas aller ? S’il vous demande de
changer de travail ? De déménager ? Êtes-vous prêt à vous
abandonner à lui, peu importe où il veut vous emmener ?
Est-ce que je le suis ?
Le fait est que Dieu appelle. L’Esprit attire. La vraie
question est de savoir si vous allez suivre, si vous allez écou-
ter. Lorsque Dieu me demande de faire quelque chose,
je préfère l’option à choix multiples. De cette façon, si je
n’aime pas les propositions A et B, je peux toujours opter
pour la C ou la D. Bien sûr, il arrive parfois que l’Esprit dirige
de la sorte : Dieu présente deux possibilités aussi bonnes
l’une que l’autre, et nous laisse choisir.
Mais bien souvent, il fonctionne autrement : il nous de-
mande de faire quelque chose en particulier, et nous choi-
sissons d’obéir ou non. Et voilà ce qui est ahurissant : quand
je choisis de ne pas me soumettre au Saint-Esprit, de ne pas
lui faire entièrement confiance, c’est en réalité à Dieu que je
ne me soumets pas et à qui je ne fais pas confiance. Ce n’est
pas anodin !
Nous devons tous répondre à cette question : Est-ce
que je veux conduire l’Esprit ou être conduit par lui ?
pourquoi le voulez-vous ? I 75
Est-ce Dieu qui vous a conduit là où vous êtes, au-
jourd’hui ? Beaucoup de personnes de mon assemblée ou
des gens que je rencontre en voyage me disent : « Je crois
que Dieu m’a appelé à vivre ici, à Los Angeles ». Ou à Paris.
Ou Genève. Ou Montréal. Ou peu importe. Et il se peut que
ce soit effectivement le cas. Mais il se peut aussi que ce soit
une bonne excuse parce que vous aimez bien l’endroit où
vous vivez. Vous avez un bon travail. Le secteur scolaire est
sûr et bien classé. Votre famille habite tout près (ou peut-
être très loin, selon vos relations familiales). Alors, que vous
soyez « appelé » là prend tout son sens, pas vrai ?
Et peut-être que vous êtes appelé à vivre là où vous êtes
installé. Toutefois, si vous dites être appelé à cet endroit-là, il
vous faut examiner quelques questions. Par exemple, à quel
point vous regretterait-on si vous quittiez ce lieu ? Qu’est-
ce qui changerait ? En clair, en quoi votre présence fait-elle
la différence ? Ou, comme mon responsable de jeunes me
l’a demandé un jour : à quoi ressemblerait votre Église (et
l’Église universelle) si tout le monde avait le même degré
d’engagement que vous ? Si tout le monde donnait, servait
et priait exactement comme vous, est-ce qu’elle serait en
bonne santé et remplie de puissance ? Ou est-ce qu’elle se-
rait faible et apathique ?
Mon but ici n’est pas de vous convaincre « d’entrer
dans le ministère ». Je ne cherche pas à recruter des pas-
teurs ou des missionnaires. Mon objectif est de vous ame-
ner à prendre au sérieux 1 Corinthiens 12 ; à croire que vous
avez reçu une manifestation de l’Esprit, et que votre Église,
le corps de Christ et le monde sont comme estropiés sans
votre engagement. J’écris ceci parce que j’aime l’Église et
que je veux que vous compreniez que vous êtes bien plus
qu’une simple aide supplémentaire. Vous devez croire que
vous êtes un membre vital. Que vous soyez courtier en im-
mobilier, membre du conseil scolaire, vendeur, serveur, gar-
çon de café, enseignant, diététicien, thérapeute, étudiant,
parent, agriculteur ou conseiller municipal, vous êtes des
76 I Dieu oublié
membres essentiels du corps de Christ ! Demandez-vous :
Est-ce que je crois que l’Église a besoin de moi, autant que le
corps a besoin de la bouche ?

Puisque l’Esprit agit en nous pour « l’utilité com-


mune », il nous qualifie pour devenir ses témoins. Si vous
êtes enseignant, avez-vous pensé à la façon de devenir une
source d’inspiration pour les élèves de votre classe ? Si vous
évoluez dans le monde du travail, comment vous compor-
tez-vous envers vos clients et vos collègues ? Voient-ils en
vous quelqu’un qui vit en suivant le modèle de Jésus, ou une
personne qui fait des affaires selon les normes capitalistes
et égoïstes, comme tout le monde ? Si vous êtes mère au
foyer, élevez-vous vos enfants pour qu’ils deviennent amou-
reux de Jésus ? Quel impact avez-vous sur les voisins que
Dieu a placés autour de vous ?
C’est vrai, Dieu vous a peut-être appelé exactement là
où vous êtes actuellement. Mais il est capital de vous rendre
compte qu’il ne vous y a pas appelé pour que vous vous ins-
talliez confortablement dans une petite vie tranquille. Il ne
fait pas les choses au hasard ou de manière arbitraire. Si
vous êtes toujours en vie sur cette planète, c’est parce qu’il
a prévu des œuvres pour vous. Il nous a placés sur terre en
raison des projets qu’il a conçus bien avant notre naissance
(Éphésiens 2 : 8-10). Êtes-vous conscient d’exister, non pas
pour votre plaisir personnel, mais pour amener les gens à
découvrir l’amour de Jésus et à vivre pleinement en lui ?
Votre réponse déterminera votre façon de vivre là où vous
vous trouvez.
pourquoi le voulez-vous ? I 77
Quand l’Esprit conduit
Semblables à Christ dans sa sainteté
Quand nous nous soumettons à la direction du Saint-
Esprit, il nous aide à devenir plus saints, plus comme Jésus.
C’est un périple de toute une vie que de mettre notre chair
à mort ou de marcher par l’Esprit et de ne pas accomplir les
désirs de la chair (Galates 5). Nous ne pouvons pas nous
soumettre à l’Esprit et, en même temps, accomplir les désirs
de la chair : les deux « sont opposés l’un à l’autre » (Galates
5 : 17). Les œuvres de la chair sont des choses comme les dis-
cordes, les explosions de colère, les divisions et l’idolâtrie.
Par contre, l’Esprit produit des choses comme l’amour, la
maîtrise de soi, la joie et la fidélité. Ces deux types de mani-
festations sont de toute évidence très différents. En faisant
cette distinction, Paul va jusqu’à dire que ceux qui appar-
tiennent à Christ « ont crucifié la chair avec ses passions et
ses désirs » (5 : 24).
Crucifier la chair. Ce n’est pas vraiment une expression
sympathique ou attrayante. Sans doute parce que Dieu veut
que nous sachions clairement où nous mettons les pieds.
Il veut que nous sachions que le don de l’Esprit saint ne
sert pas notre plaisir ou nos desseins personnels. L’Esprit
est censé nous sanctifier. Il est présent avec nous pour que
nous accomplissions les projets de Dieu, et non les nôtres.
Quand vous décidez de mettre à mort (de crucifier)
votre chair, vous choisissez la voie de l’Esprit. Vous quittez
une direction pour en prendre une autre. Marcher avec l’Es-
prit apportera sans doute son lot de méandres et de sinuo-
sités. Il vous arrivera parfois, lorsque vous serez à un carre-
four de votre vie, de choisir de suivre les désirs de la chair,
même si vous avez quitté cette voie depuis longtemps.
Le chemin de l’Esprit n’est pas une douce pente qui
descend. Marcher avec l’Esprit ressemble bien souvent à un
long chemin qui grimpe au milieu de toutes sortes de dis-
78 I Dieu oublié
tractions et de difficultés. Mais, bien que le chemin soit si-
nueux et difficile, vous avancez toujours dans une direction
précise, celle déterminée par l’Esprit. À un certain moment,
le long du chemin, vous avez convenu avec Dieu que vous
n’étiez pas fait pour être dominé par vos passions et vos dé-
sirs charnels (comme la colère, la débauche, l’immoralité,
etc.). Et vous les avez écartés de la place centrale qu’ils ont
un jour occupée dans votre vie.
Peut-être que vous n’avez pas encore pris cette déci-
sion. Comprenez bien que c’est une décision que tout le
monde doit prendre. Elle ne doit pas être prise à la légère :
on est tout de même en train de parler de crucifixion. Cha-
cun d’entre nous doit décider de crucifier sa chair et de mar-
cher ou non avec l’Esprit. C’est un choix. Crucial.

Semblables à Christ dans son amour


Conduits par l’Esprit, nous deviendrons non seule-
ment semblables à Christ dans sa sainteté, mais également
dans son amour.
Après avoir abordé les manifestations ou dons que l’Es-
prit accorde, Paul écrit : « Et je vais encore vous montrer une
voie par excellence » (1 Corinthiens 12 : 31). C’est comme s’il
disait : « Bien sûr, ces dons de l’Esprit sont importants. Mais
laissez-moi vous dire ce qui est vraiment important. Lais-
sez-moi vous parler de ce qui va changer le monde ». Et il
rédige alors son fameux « chapitre de l’amour », dans lequel
il nous rappelle que sans amour, rien n’a d’importance.
Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je
n’ai pas l’amour, je suis du bronze qui résonne ou une cymbale qui
retentit. Et quand j’aurais (le don) de prophétie, la science de tous
les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute
la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour,
je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la
nourriture (des pauvres), quand je livrerais même mon corps pour
être brûlé, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien.
1 Corinthiens 13 : 1-3
pourquoi le voulez-vous ? I 79
Ce passage est particulièrement puissant, parce que
Paul détourne notre attention des dons surnaturels vers
l’amour. Il dit explicitement que sans l’amour, parler « les
langues des hommes et des anges », avoir « le don de pro-
phétie » et comprendre « tous les mystères et toute la
connaissance » ne sert à rien.
Le Saint-Esprit est celui qui remplit les croyants de
l’amour de Dieu et les rend capables de s’aimer les uns les
autres. Paul décrit cela d’une manière merveilleuse dans sa
prière aux Éphésiens :
Je lui demande qu’il vous accorde, à la mesure de ses glorieuses
richesses, d’être fortifiés avec puissance par son Esprit dans
votre être intérieur. Que le Christ habite dans votre cœur par la
foi. Enracinés et solidement fondés dans l’amour, vous serez
ainsi à même de comprendre, avec tous ceux qui appartiennent à
Dieu, combien l’amour du Christ est large, long, élevé et profond.
Oui, vous serez à même de connaître cet amour qui surpasse
tout ce qu’on peut en connaître, et vous serez ainsi remplis de
toute la plénitude de Dieu.
Éphésiens 3 : 16-19 – Semeur

Si seulement nous pouvions, par la puissance de son


Esprit qui fortifie, découvrir cet amour qui surpasse la
connaissance, le mystère de son grand amour !
Ne nous laissons pas détourner de ce qui est le plus im-
portant. Jésus a dit à ses disciples : « Voici : je vous ai donné
le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions et sur
toute la puissance de l’ennemi, et rien ne pourra vous nuire.
Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous
sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont
inscrits dans les cieux » (Luc 10 : 19-20). Notre véritable joie
vient de la grâce qui nous a été donnée.
Et tout comme notre Sauveur a offert sa vie et son
sang pour nous donner la vraie raison de nous réjouir, nous
aussi, nous avons été créés pour offrir notre vie et donner
jusqu’à en avoir mal. C’est lorsque nous aimons et donnons
activement de nous-mêmes que nous sommes le plus vi-
80 I Dieu oublié
vants, parce que nous avons été créés pour cela. Quand
nous vivons ainsi, l’Esprit de Dieu agit en nous et au tra-
vers de nous, accomplissant ce que nous ne pouvons faire
par nous-mêmes. C’est cela, notre raison d’être sur terre.
C’est là notre espérance : « Or, l’espérance ne trompe pas,
parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par
le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5 : 5).
Le SAINt-eSpRIt : uNe puISSANCe SuRNAtuReLLe
dANS LA vIe du CRoyANt.
n’avons-nous pas délaissé la troisième personne de la Trinité, sans nous en rendre
compte ? À cette puissance incomparable, aurions-nous substitué des capacités
tout humaines ? un peu comme si dieu nous avait offert un milliard d’euros, et
nous découvrait à l’épicerie du coin, dépensant quelques malheureux centimes
pour acheter des bonbons.
Les conséquences pourraient être tragiques : tiédeur, assoupissement, soif de
spectaculaire. dans notre vie personnelle, dans l’Église.
Pourquoi avons-nous été sauvés ? Pour survivre à notre vie terrestre ? Pour nous
confier dans nos talents ? non ! Pour que le monde voie, au travers de nous,
s’exprimer et agir une puissance surnaturelle (Actes 1 : 8 ; 2 Tim. 1 : 7).

FraNCIS ChaN NouS INvIte, BIBLe


eN maIN, à redéCouvrIr L’eSPrIt
de dIeu Pour mIeux exPrImer Sa
PuISSaNCe.
° Comment la Bible décrit-elle le saint-Esprit ?
° Quel est son rôle ?
° Comment m’ouvrir à une relation vivante
avec lui ?

L’AuteuR
Francis Chan est né à Hong kong en 1967. Pasteur
et conférencier international, il est le fondateur de
l’université Eternity Bible et s’investit auprès des plus
démunis dans le monde. il est l’auteur du best-seller
Crazy love *. il est marié avec Lisa. ils ont quatre enfants
et vivent en Californie.
*Amour fou

9 782362 491382
ISBN BLF 978-2-36249-138-2

9 782905 253132
ISBN JPC 978-2-90525-313-2

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