MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
QUATRIÈME ÉDITION
ET
MONOGRAPHIES ASSOCIÉES
MANUEL DE SÉCURITÉ
BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
QUATRIÈME ÉDITION
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
QUATRIÈME ÉDITION
ET
MONOGRAPHIES ASSOCIÉES
MANUEL DE SÉCURITÉ
BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
QUATRIÈME ÉDITION
Manuel de sécurité biologique en laboratoire, quatrième édition [Laboratory biosafety manual, fourth
edition]
(Manuel de sécurité biologique en laboratoire, quatrième édition et monographies associées/
Laboratory biosafety manual, fourth edition and associated monographs)
ISBN 978-92-4-005926-9 (version électronique)
ISBN 978-92-4-005927-6 (version imprimée)
© Organisation mondiale de la Santé 2023
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Citation suggérée. Manuel de sécurité biologique en laboratoire, quatrième édition [Laboratory
biosafety manual, fourth edition]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2022 (Manuel de
sécurité biologique en laboratoire, quatrième édition et monographies associées/Laboratory biosafety
manual, fourth edition and associated monographs). Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
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iii
Sommaire
Remerciementsvi
Glossaire terminologiquex
Avant-proposxvii
SECTION 1 Introduction1
1.1 Champ d’application prévu2
1.2 Utilisation du Manuel de sécurité biologique en laboratoire3
SECTION 2 Évaluation des risques5
2.1 Rassembler les informations9
2.2 Évaluer les risques11
2.3 Élaborer une stratégie de maîtrise des risques 17
2.4 Sélectionner et appliquer les mesures de maîtrise des risques18
2.5 Procéder à une revue des risques et des mesures de maîtrise des risques25
SECTION 3 Exigences fondamentales27
3.1 Bonnes pratiques et procédures microbiologiques 27
3.2 Compétences et formation du personnel31
3.3 Conception et aménagement des installations32
3.4 Réception et conservation des échantillons34
3.5 Décontamination et gestion des déchets36
3.6 Équipement de protection individuelle (EPI)42
3.7 Appareils et équipements de laboratoire45
3.8 Intervention en cas d’urgence/d’incident47
3.9 Médecine du travail49
iv MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
SECTION 4 Mesures de maîtrise renforcées51
4.1 Pratiques et procédures de travail opérationnelles51
4.2 Compétences et formation du personnel52
4.3 Conception et aménagement des installations52
4.4 Réception et conservation des échantillons53
4.5 Décontamination et gestion des déchets53
4.6 Équipement de protection individuelle (EPI)54
4.7 Appareils et équipements de laboratoire57
4.8 Intervention en cas d’urgence/d’incident58
4.9 Médecine du travail58
SECTION 5 Mesures de confinement à haute sécurité61
5.1 Pratiques et procédures de travail opérationnelles62
5.2 Compétences et formation du personnel62
5.3 Conception et aménagement des installations62
5.4 Réception et conservation des échantillons65
5.5 Décontamination et gestion des déchets65
5.6 Équipement de protection individuelle (EPI)65
5.7 Appareils et équipements de laboratoire66
5.8 Intervention en cas d’urgence/d’incident66
5.9 Médecine du travail67
SECTION 6 Transfert et transport69
6.1 Transfert au sein du laboratoire69
6.2 Transfert au sein d’un bâtiment70
6.3 Transfert entre bâtiments situés sur le même site70
6.4 Transport de matières infectieuses vers un site extérieur72
SOMMAIRE v
SECTION 7 Gestion des programmes de sécurité biologique81
7.1 Culture de la sécurité biologique82
7.2 Politique de sécurité biologique82
7.3 Rôles et responsabilités affectés83
7.4 Manuel de sécurité biologique84
7.5 Évaluation des risques de sécurité et de sûreté biologiques84
7.6 Programmes et plans de soutien84
7.7 Rapports et examens85
SECTION 8 Sûreté biologique en laboratoire87
8.1 Évaluation des risques de sûreté biologique88
8.2 Contrôle des inventaires89
8.3 Contrôle des informations89
8.4 Contrôle des personnels90
8.5 Contrôle de sécurité physique91
8.6 Contrôle des transports91
8.7 Intervention en cas d’urgence/d’incident92
8.8 Risques biologiques émergents92
8.9 Recherches sensibles pouvant faire l’objet
d’un double usage93
SECTION 9 Surveillance de la sécurité biologique aux
échelles nationale et internationale95
Références bibliographiques99
Informations complémentaires104
vi MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Remerciements
Coordonnateur principal
Dr Kazunobu Kojima, Organisation mondiale de la Santé, Suisse
Contributeurs scientifiques
M. Allan Bennett, Public Health England (Centre collaborateur de l’OMS pour la
sécurité biologique appliquée et la formation), Royaume-Uni de Grande-Bretagne et
d’Irlande du Nord
Prof. Stuart Blacksell, Université d’Oxford/Mahidol-Oxford Tropical Medicine Research
Unit, Thaïlande
Mme Marianne Heisz, Agence de la santé publique du Canada (Centre collaborateur
de l’OMS pour la sécurité et la sûreté biologiques), Canada
Dr Catherine Makison Booth, Health and Safety Executive, Royaume-Uni de Grande-
Bretagne et d’Irlande du Nord
Mme Michelle McKinney, Centers for Disease Control and Prevention (Centre
collaborateur de l’OMS pour la sécurité et la sûreté biologiques), et National Institutes
of Health, États-Unis d’Amérique
Dr Kathrin Summermatter, Institute for Infectious Diseases, Université de Berne, Suisse
Gestion de projet
Mme Lisa Stevens, Organisation mondiale de la Santé, France
Mme Rica Zinsky, Organisation mondiale de la Santé, Suisse
Examinateurs – particuliers
Dr Amadou Alpha Sall, Institut Pasteur de Dakar, Sénégal
Dr William Ampofo, Noguchi Memorial Institute for Medical Research, Université du
Ghana, Ghana
Dr Åsa Szekely Björndal, Public Health Agency of Sweden, Suède
Dr Christina Carlson, Organisation mondiale de la Santé, Suisse et Centers for Disease
Control and Prevention (Centre collaborateur de l’OMS pour la sécurité et la sûreté
biologiques), États-Unis d’Amérique
REMERCIEMENTS vii
Dr Mike Catton, Victorian Infectious Diseases Reference Lasboratory, Peter Doherty
Institute for Infection and Immunity, Australie
Dr Sébastien Bruno François Cognat, Organisation mondiale de la Santé, France
Dr Clarissa Damaso, Université fédérale de Rio de Janeiro, Brésil
Dr François Diaz, Organisation mondiale de la santé animale, France
Mme Maureen Ellis, International Federation of Biosafety Associations, Canada
Dr David Franz, États-Unis d’Amérique
Dr Isabel Hunger-Glaser, Comité suisse d’experts pour la sécurité biologique, Suisse
Dr Kevin Karem, Centers for Disease Control and Prevention (Centre collaborateur de
l’OMS pour la sécurité et la sûreté biologiques), États-Unis d’Amérique
Dr Paul Meechan, Centers for Disease Control and Prevention (Centre collaborateur
de l’OMS pour la sécurité et la sûreté biologiques), États-Unis d’Amérique
Dr Masayuki Saijo, Institut national des maladies infectieuses, Japon
Dr Rosemary Sang, Kenya Medical Research Institute, Kenya
Dr Christina Scheel, Centers for Disease Control and Prevention (Centre collaborateur
de l’OMS pour la sécurité et la sûreté biologiques), États-Unis d’Amérique
M. Andrew Thompson, Université d’Oxford, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et
d’Irlande du Nord
Examinateurs – organisations/associations/sociétés/bureaux
Examinateurs internes – Organisation mondiale de la Santé
Bureau régional de l’Afrique – Mamoudou Harouna Djingarey, Yahaya Ali Ahmed,
Tieble Traoré, Sheick Oumar Coulibaly, Belinda Louise Herring
Bureau régional des Amériques – Jean-Marc Gabastou
Bureau régional de l’Asie du Sud-Est – Aparna Singh Shah, Francis Yesurajan
Inbanathan
Bureau régional de l’Europe – Joanna Zwetyenga, Caroline Sarah Brown, Eugene
Victor Saxentoff
Bureau régional de la Méditerranée orientale – Frank Konings, Amal Barakat, Amany
Ghoniem, Humayun Asghar avec Tarek Al-Sanoury, Heba Abdulridha, Rhizlane Selka
viii MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Bureau régional du Pacifique occidental – Varja Grabovac, Orla Condell, Pakapak
Ketmayoon, Karen Nahapetyan
Division Résistance aux antimicrobiens de l’OMS – Carmem Lucia Pessoa da Silva
Division Préparation aux situations d’urgence de l’OMS – Jaouad Mahjour
Réseau de laboratoires travaillant sur les agents pathogènes émergents et dangereux
de l’OMS – Pierre Formenty
Département Sécurité sanitaire des aliments, zoonoses et maladies d’origine
alimentaire de l’OMS – Jorge Raul Matheu Alvarez, Amina Benyahia Chaieb, Kazuaki
Miyagishima
Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie de l’OMS – Patrick Anthony Drury
Département Préparation mondiale contre les risques infectieux de l’OMS – Sylvie
Briand, Tim Nguyen, Matthew Lim
Programme mondial de lutte contre la grippe de l’OMS – Magdi Samaan, Wenqing
Zhang, Terry Gail Besselaar, Sandra Jackson
Programme mondial de lutte antipaludique de l’OMS – Andrea Bosman, Jane A. Cunningham
Programme mondial de lutte contre la tuberculose de l’OMS – Christopher Gilpin,
Karin Weyer
Département Systèmes de santé et innovation de l’OMS – Ivana Knezevic, Tiequn
Zhou, Hye-na Kang, Francis Gabriel Moussy
Département VIH/sida de l’OMS – Meg Doherty, Lara Vojnov, Silvia Bertagnolio
Département Vaccination, vaccins et produits biologiques de l’OMS – Mick Mulders,
Fatima Serhan, Deepa Sharma, Varja Grabovac
Réseaux de laboratoires de l’OMS – Mark Perkins, Karin von Eije, Maria van Kerkhove
Département Éradication de la poliomyélite de l’OMS – Daphne Moffett, Nicoletta
Claudia Previsani, Ousmane (Madiagne) Diop, Harpal Singh
Renforcement de la santé publique et des laboratoires de l’OMS – Virginie Dolmazon,
Céline Marie Joséphine Barnadas, José Guerra, Christopher John Oxenford, Evelyne
Chaignat Wyssen, Lisa Louise Carter
Département Réglementation et préqualification de l’OMS – Irena Prat, Mark Lanigan,
Anita Sands Schéma directeur en matière de recherche-développement de l’OMS –
Vaseeharan Sathiyamoorthy
REMERCIEMENTS ix
Externe
Afghanistan Biosafety Association, Société africaine de médecine de laboratoire,
American Biological Safety Association, American Society of Microbiology, Argentina
Biosafety Committee, Association for Biosafety and Biosecurity International,
Association de biosécurité de Côte d’Ivoire, Bangladesh Biosafety & Biosecurity
Association, Biorisk Management Association of Kenya, Biosafety Association for
Central Asia and the Caucasus, Agence de santé publique des Caraïbes, Centre on
Global Health Security - Chatham House, Union européenne, Centre européen de
prévention et de contrôle des maladies, European Society of Clinical Microbiology and
Infectious Diseases, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture,
Georgian Biosafety Association, Action Package Prevent 3 - Global Health Security
Agenda, Hellenic Society of Biosafety, Indian Council of Medical Research, Instituto
de Diagnóstico y Referencia Epidemiológicos (Centre collaborateur de l’OMS pour
la sécurité biologique en laboratoire), Agence internationale de l’énergie atomique,
International Experts Groups of Biosafety and Biosecurity Regulators, International
Federation of Biosafety Associations, International Society for Infectious Diseases,
International Union of Microbiological Societies, Latin America Association for
Microbiology, Malaysia Biosafety and Biosecurity Association, Manipal Academy of
Higher Education (Institution renommée considérée comme une université), Mexican
Biosafety Association, Association marocaine de biosécurité, National Institutes of
Health, Netherlands Commission on Genetic Modification, Netherlands National
Institute for Public Health and the Environment, Pakistan Biological Safety Association,
Portuguese Laboratory Biosafety Network, Spanish Association for Biosafety, Swiss
Biosafety Network, US Department of Health & Human Services, United States Centers
for Disease Control and Prevention (Centre collaborateur de l’OMS pour la sécurité
et la sûreté biologiques) - Division of Select Agents and Toxins, United States Centers
for Disease Control and Prevention (Centre collaborateur de l’OMS pour la sécurité
et la sûreté biologiques) - Center for Global Health, Laboratory Science, Organisation
mondiale de la santé animale
Révision technique
Mme Fiona Curlet
Aide financière
L’élaboration et la publication de ce document ont été rendues possibles grâce au
soutien financier du Programme de partenariat mondial, Affaires mondiales Canada,
du Biosecurity Engagement Program, Département d’État des États-Unis, et de la
Defense Threat Reduction Agency, Département de la défense des États-Unis.
x MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Glossaire terminologique
Accident : Événement accidentel provoquant des dommages réels tels qu’une infection,
une maladie ou une blessure chez l’humain, ou une contamination de l’environnement.
Acte générant des aérosols : Tout acte entraînant, intentionnellement ou par
inadvertance, la création de particules liquides ou solides qui se mettent en suspension
dans l’air (aérosols).
Aérosol : Particules liquides ou solides en suspension dans l’air et dont la dimension
peut permettre l’inhalation dans les voies respiratoires inférieures (moins de 10
micromètres de diamètre en général).
Agent biologique : Micro-organisme, virus, toxine biologique, particule ou autre
matière infectieuse, d’origine naturelle ou génétiquement modifié, susceptible de
provoquer une infection, une allergie, une toxicité ou de présenter un danger pour la
santé humaine, des animaux ou des plantes.
Agent pathogène : Agent biologique pouvant provoquer des maladies chez les
humains, les animaux ou les plantes.
Approche « Une seule santé » : Principe de conception et de mise en œuvre de
programmes, de politiques, de législation et de recherche selon lequel de multiples
secteurs communiquent et travaillent ensemble pour obtenir de meilleurs résultats en
matière de santé publique. Parmi les domaines de travail particulièrement concernés
par l’approche « Une seule santé », on citera la sécurité sanitaire des aliments, la lutte
contre les zoonoses et la lutte contre la résistance aux antibiotiques.
Articles à double usage : Certains matériels, informations et technologies qui sont
censés être bénéfiques, mais qui peuvent être mal utilisés à des fins nuisibles.
Bonnes pratiques et procédures microbiologiques (BPPM) : Un code fondamental de
bonnes pratiques au laboratoire, applicable à tous les types d’activités de laboratoire
concernant des agents biologiques, notamment les comportements généraux et les
techniques aseptiques qui doivent être observés en permanence. Ce code sert à
protéger le personnel du laboratoire et la communauté contre les infections, à prévenir
la contamination de l’environnement et à protéger le matériel de travail utilisé.
Certification : Attestation par des tiers fondée sur une évaluation structurée et une
documentation formelle confirmant qu’un système, une personne ou un équipement
est conforme à des exigences spécifiées, par exemple, à une norme particulière.
Code de bonnes pratiques (code de conduite, code de déontologie) : Lignes
directrices non prévues par la loi portant sur les normes comportementales et les
pratiques qui sont volontairement acceptées comme meilleures pratiques, et sont donc
suivies par une ou plusieurs organisations et/ou personnes.
GLOSSAIRE TERMINOLOGIQUE xi
Comité de sécurité biologique : Comité institutionnel créé pour agir en tant que
groupe d’examen indépendant pour les questions de sécurité biologique, qui produit
des rapports destinés à la haute direction. La composition du comité de sécurité
biologique doit refléter les différents domaines professionnels de l’organisation ainsi
que son expertise scientifique.
Communication des risques : Processus interactif et systématique d’échange
d’informations et d’opinions sur les risques, engageant de manière inclusive tout le
personnel concerné de divers domaines ainsi que les dirigeants et responsables
communautaires, le cas échéant. La communication des risques fait partie intégrante de
l’évaluation des risques, sollicitant une bonne compréhension du processus d’évaluation
des risques et des résultats de cette dernière, avec pour objectif la mise en œuvre
appropriée des mesures de maîtrise des risques. Les décisions sur la communication des
risques, y compris ce qu’il y a lieu de signaler, à qui et selon quelles modalités, doivent faire
partie d’une stratégie globale de communication des risques.
Confinement : La combinaison des paramètres de conception physique et des
pratiques opérationnelles qui protègent le personnel, l’environnement de travail
immédiat et la communauté contre l’exposition aux agents biologiques. Le terme «
confinement biologique » est également utilisé dans ce contexte.
Conséquences (d’un incident de laboratoire) : Résultat d’un incident (exposition et/ou
libération d’un agent biologique) dont le degré de gravité peut varier, survenant au
cours des opérations du laboratoire. Ces conséquences peuvent inclure une infection
acquise en laboratoire, une autre maladie ou blessure physique, la contamination de
l’environnement ou le portage asymptomatique d’un agent biologique.
Culture de la sécurité : Ensemble de valeurs, de croyances et de comportements
inculqués et facilités dans une atmosphère ouverte et confiante par des personnes
et des organisations travaillant ensemble pour soutenir ou améliorer les meilleures
pratiques en matière de sécurité biologique au laboratoire, indépendamment du fait
que cela soit stipulé dans les codes de pratique et/ou les réglementations en vigueur.
Danger : Désigne tout ce qui peut constituer une source potentielle d’effets nocifs à
l’égard d’un organisme, d’un système ou d’une (sous-)population. Dans le domaine de
la sécurité biologique en laboratoire, « danger » désigne les agents biologiques ayant
le potentiel d’avoir des effets nocifs sur le personnel et/ou les humains, les animaux
et la communauté et l’environnement au sens large. Un danger ne devient pas un «
risque » tant que la probabilité qu’il produise des dommages, et les conséquences d’un
tel effet, ne sont pas prises en compte.
Décontamination : La réduction du nombre d’agents biologiques viables ou d’autres
matières dangereuses sur une surface ou un objet à un niveau prédéfini, en utilisant
des moyens chimiques et/ou physiques.
Délégué à la sécurité biologique : Personne désignée pour superviser les programmes
de sécurité biologique (et éventuellement de sûreté biologique) d’un établissement
ou d’une organisation. La personne remplissant cette fonction peut également être
appelée : professionnel de la sécurité biologique, conseiller en sécurité biologique,
responsable de la sécurité biologique ou coordinateur de la sécurité biologique.
xii MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Désinfectants : Produits capables d’éliminer les agents biologiques viables sur les
surfaces ou dans les déchets liquides. Ceux-ci ont une efficacité variable selon les
propriétés du produit chimique, sa concentration, sa durée de conservation et la durée
de contact avec le produit.
Désinfection : Processus permettant d’éliminer les agents biologiques viables des objets ou
des surfaces dans le but d’assurer une manipulation ou une utilisation plus sûre.
Dispositif de confinement primaire (équipement) : Un espace de travail confiné conçu
pour protéger l’opérateur, l’environnement de laboratoire et/ou le matériel de travail pour
les activités qui présentent un risque d’aérosolisation. La protection est assurée en séparant
les travaux effectués dans la zone principale du laboratoire et/ou en mettant en œuvre
des systèmes de ventilation qui créent des flux d’air dirigés et contrôlés. Les dispositifs de
confinement primaire comprennent les enceintes de sécurité biologique (ESB), les isolateurs, les
dispositifs de ventilation à la source et les espaces de travail ventilés.
Dose infectieuse : Quantité d’agent biologique nécessaire pour provoquer une
infection chez l’hôte, mesurée en nombre d’organismes. Souvent définie comme la DI50,
à savoir la dose qui provoquera l’infection chez 50 % des personnes exposées.
Enceinte de sécurité biologique (ESB) : Un espace de travail confiné ventilé conçu pour
protéger l’opérateur, l’environnement de laboratoire et/ou le matériel de travail pour
les activités qui présentent un risque d’aérosolisation. Le confinement est assuré en
séparant les travaux effectués dans la zone principale du laboratoire et/ou en mettant
en œuvre des systèmes de ventilation qui créent des flux d’air dirigés et contrôlés. L’air
évacué passe à travers un filtre à très haute efficacité (HEPA) avant d’être recyclé vers
le laboratoire ou le système de chauffage, ventilation et climatisation du bâtiment. Il
existe différentes classes d’ESB (I, II et III) offrant différents niveaux de confinement.
Équipement de protection individuelle (EPI) : Équipement et/ou vêtements portés par
le personnel pour assurer une barrière contre les agents biologiques, réduisant ainsi
le plus possible la probabilité d’exposition. L’EPI comprend, sans s’y limiter, les blouses
de laboratoire, les sarraus, les combinaisons intégrales, les gants, les chaussures de
protection, les lunettes de sécurité ou à coques, les masques médicaux et les masques
de protection respiratoire.
Estimation du risque : Étape de l’évaluation du risque où la probabilité d’exposition
à un danger est mise en balance avec la gravité potentielle du dommage selon
un ensemble de circonstances prédéfinies, telles qu’une procédure de laboratoire
spécifique. L’objectif d’une estimation du risque est de déterminer si le risque évalué
est acceptable ou si d’autres mesures ciblées de maîtrise doivent être mises en œuvre
pour prévenir ou réduire le risque.
Étalonnage : Détermination de la relation entre la mesure relevée par l’instrument
et les valeurs correspondantes d’un étalon connu, dans le but de pouvoir faire des
corrections qui améliorent la précision. Par exemple, les équipements de laboratoire
comme les dispositifs de pipetage peuvent nécessiter un étalonnage périodique afin
de garantir des performances appropriées.
GLOSSAIRE TERMINOLOGIQUE xiii
Évaluation des risques : Un processus systématique consistant à rassembler des
informations et à évaluer la probabilité et les conséquences d’une exposition à un
ou plusieurs dangers sur le lieu de travail ou d’une libération de ces dangers, et à
déterminer les mesures appropriées de maîtrise des risques permettant de ramener le
risque à un niveau acceptable.
Exigences fondamentales : Un ensemble d’exigences minimales définies dans la
quatrième édition du Manuel de sécurité biologique en laboratoire de l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS), qui décrivent une combinaison de différentes mesures
de maîtrise des risques qui à la fois sont le fondement, et font partie intégrante, de la
sécurité biologique en laboratoire. Ces mesures reflètent les normes internationales et
les meilleures pratiques en matière de sécurité biologique qui sont nécessaires pour
travailler en toute sécurité avec des agents biologiques, même lorsque les risques
associés sont minimes.
Exposition : Événement au cours duquel une personne entre en contact avec des
agents biologiques susceptibles de provoquer une infection ou des dommages, ou
se trouve à proximité immédiate de tels agents. Les voies d’exposition peuvent
inclure l’inhalation, l’ingestion, les lésions percutanées et l’absorption, et dépendent
habituellement des caractéristiques de l’agent biologique. Certaines voies d’infection
sont cependant spécifiques à l’environnement de laboratoire et ne sont pas
couramment observées en milieu communautaire.
Gestion de programme de sécurité biologique : Élaboration, mise en œuvre et
surveillance de la sécurité biologique au niveau organisationnel en utilisant une variété
d’informations qui incluent des politiques institutionnelles, des documents d’orientation
pour les pratiques et protocoles, des documents de planification (formation,
recrutement, interventions en cas d’urgence/d’incident) et la tenue de dossiers
(personnel, inventaires, prise en charge des incidents).
Gouttelettes : Suspension de particules, généralement d’un diamètre supérieur à
10 micromètres, ayant tendance à tomber au sol entraînant la contamination des
surfaces à proximité.
Inactivation : Suppression de l’activité des agents biologiques en détruisant ou en
inhibant l’activité reproductive ou enzymatique.
Incident : Événement provoquant ou ayant le potentiel de provoquer l’exposition du
personnel du laboratoire à des agents biologiques et/ou la libération de tels agents
dans l’environnement, qui peuvent ou non entraîner des dommages réels.
Infection acquise en laboratoire : Toute infection acquise à la suite d’une exposition à
un agent biologique dans le cadre d’activités liées au laboratoire, ou raisonnablement
présumée comme telle. Une transmission interhumaine à la suite de l’incident peut
entraîner des cas secondaires associés. Les infections acquises en laboratoire sont
également appelées « infections contractées en laboratoire ».
xiv MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Intervention en cas d’urgence/d’incident : Comportements, processus et protocoles
à suivre lors de la gestion de situations soudaines ou inattendues, y compris
l’exposition aux agents biologiques ou la libération de tels agents. L’objectif de
ce type d’intervention est de prévenir les blessures et les infections, de réduire
l’endommagement des équipements et les dommages causés à l’environnement, et
d’accélérer la reprise des opérations normales.
Maladie endémique : Maladie survenant naturellement dans une région ou une
population particulière.
Maladie exotique : Maladie ne survenant pas normalement dans un pays ou un
territoire donné, souvent importée d’une autre région. Ce type de maladie peut
également être qualifié de maladie non indigène.
Maladie zoonotique (zoonose) : Maladie infectieuse qui se transmet naturellement des
animaux aux humains et inversement.
Matières infectieuses : Terme appliqué, dans le cadre du transport, à tout matériel,
solide ou liquide, contenant des agents biologiques capables de provoquer l’infection
chez l’humain, l’animal ou les deux. Entre autres, les matières infectieuses incluent les
échantillons de patients, les cultures biologiques, les déchets médicaux ou cliniques et/
ou les produits biologiques comme les vaccins.
Mesure de maîtrise des risques : Utilisation d’une combinaison d’outils, qui
comprennent la communication, l’évaluation, la formation et les contrôles physiques et
opérationnels, pour réduire le risque d’un incident/événement à un niveau acceptable.
Le cycle d’évaluation des risques déterminera la stratégie qui doit être utilisée pour
maîtriser les risques et les types spécifiques de mesures nécessaires pour y parvenir.
Mesures d’ingénierie : Mesures de maîtrise des risques intégrées à la conception d’un
laboratoire ou d’un équipement de laboratoire dans le but de contenir les dangers.
Les enceintes de sécurité biologique (ESB) et les isolateurs sont des formes de mesures
d’ingénierie conçues pour réduire le plus possible le risque d’exposition aux agents
biologiques et/ou de libération involontaire de tels agents.
Mesures de confinement à haute sécurité : Un ensemble de mesures de maîtrise des
risques très détaillées et strictes, décrites dans la 4e édition du Manuel de sécurité
biologique en laboratoire de l’OMS, qui sont considérés comme nécessaires au cours
des travaux de laboratoire lorsqu’une évaluation du risque indique que les activités
prévues présentent un niveau de risque très élevé pour le personnel du laboratoire,
la communauté au sens large et/ou l’environnement, et qu’un niveau de protection
extrêmement élevé doit donc être assuré. Ces mesures sont particulièrement
nécessaires pour certains types de travaux avec des agents biologiques qui peuvent
avoir des conséquences catastrophiques en cas d’exposition ou de libération.
Mesures de maîtrise renforcées : Ensemble de mesures de maîtrise des risques (telles
que décrites dans le Manuel de sécurité biologique en laboratoire de l’OMS) qui peut
devoir être appliqué dans un laboratoire suite au résultat d’une évaluation des risques
GLOSSAIRE TERMINOLOGIQUE xv
indiquant que les agents biologiques manipulés et/ou les travaux prévus avec ces
derniers sont associés à un niveau de risque qui ne peut pas être réduit au-dessous
d’un niveau acceptable en satisfaisant uniquement les exigences fondamentales.
Modes opératoires normalisés (MON) : Ensemble d’instructions par étapes clairement
documentées et validées décrivant comment exécuter les pratiques et protocoles
de laboratoire de manière sûre, rapide et fiable, conformément aux politiques
institutionnelles, aux meilleures pratiques et aux réglementations nationales ou
internationales en vigueur.
Objets piquants, tranchants, coupants (OPTC) : Tout dispositif ou objet présentant un
danger de perforation ou de lésion en raison d’extrémités ou de bords acérés. Dans le
cadre d’un laboratoire, les OPTC peuvent inclure les aiguilles, les aiguilles montées sur
seringues, les lames, les scalpels ou les débris de verre.
Probabilité (d’un incident de laboratoire) : Valeur indiquant la chance qu’un incident
(c’est-à-dire une exposition à un agent biologique et/ou la libération d’un tel agent) se
produise au cours des travaux de laboratoire.
Propagation : Action d’augmenter ou de multiplier intentionnellement le nombre
d’agents biologiques.
Prophylaxie : Traitement administré pour prévenir l’infection ou atténuer la gravité
de la maladie en cas d’infection. Il peut être mis en œuvre avant une éventuelle
exposition, ou après l’exposition avant le début de l’infection.
Redondance : Répétition de systèmes ou de parties d’un système dans le but d’assurer
une protection en cas de panne du système principal. Par exemple, une série de
filtres à air à très haute efficacité (HEPA) pour faire passer l’air du laboratoire dans
l’environnement extérieur, en cas d’échec d’un ou plusieurs de ces filtres.
Risque : Combinaison de la probabilité d’un incident et de la gravité du dommage
subi (conséquences) si cet incident devait se produire.
Risque acceptable : Risque considéré comme acceptable et permettant aux travaux
de se poursuivre en tenant compte du bénéfice attendu des activités prévues.
Risque initial : Risque associé aux activités ou protocoles de laboratoire menés en
l’absence de mesures de maîtrise des risques.
Risque résiduel : Risque subsistant après l’application de mesures de maîtrise
des risques soigneusement sélectionnées. Si le niveau de risque résiduel n’est pas
acceptable, il peut être nécessaire d’appliquer des mesures de maîtrise des risques
supplémentaires ou d’arrêter l’activité du laboratoire.
Sécurité biologique : Principes, technologies et pratiques de confinement mis en
œuvre pour empêcher l’exposition involontaire à des agents biologiques ou leur
libération accidentelle.
xvi MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Stérile : État consistant à être totalement exempt d’agents biologiques et de spores
viables.
Stérilisation : Procédé qui tue et/ou élimine tous les agents biologiques, y compris les
spores.
Sûreté biologique : Principes, technologies et pratiques mis en œuvre pour assurer
la protection, le contrôle et la redevabilité quant aux matériels biologiques et/ou aux
équipements, aux compétences et aux données se rapportant à leur manipulation. La
sûreté biologique vise à empêcher leur accès non autorisé, leur perte, leur vol, leur
usage abusif, leur détournement ou leur diffusion.
Techniques aseptiques : Conditions et mesures procédurales conçues pour prévenir
efficacement la contamination.
Transmissibilité : Capacité d’un agent biologique à être transmis d’une personne à
une autre ou d’un animal à un autre, que ce soit par transmission directe ou indirecte.
Ceci est souvent représenté par une mesure épidémiologique appelée le « taux de
reproduction de base » (R0) qui correspond au nombre moyen de cas secondaires qui
résultent d’une personne infectée dans une population entièrement sensible.
Transmission : Transfert d’agents biologiques d’objets à des êtres vivants, ou entre
êtres vivants, directement ou indirectement via des aérosols, des gouttelettes, des
liquides biologiques, des vecteurs, de la nourriture/de l’eau ou d’autres objets
contaminés.
Transmission aérienne/aéroportée : Propagation d’une infection provoquée par
l’inhalation d’aérosols.
Validation : Processus systématique et documenté confirmant que les exigences
spécifiées sont adéquates pour garantir le ou les résultats escomptés. Par exemple,
pour prouver qu’un matériel est décontaminé, le personnel du laboratoire doit valider
la robustesse de la méthode de décontamination en mesurant les agents biologiques
restants par rapport à la limite de détection en utilisant des indicateurs chimiques,
physiques ou biologiques.
Vérification : Confirmation qu’un élément donné (produit, processus ou système)
satisfait aux exigences spécifiées. Par exemple, la vérification des performances d’un
autoclave pour confirmer qu’elles répondent aux normes spécifiées par le fabricant
doit être effectuée périodiquement.
xvii
Avant-propos
L’Organisation mondiale de la Santé a publié la première édition du Manuel de
sécurité biologique en laboratoire en 1983. Ce manuel a constitué, pour les pays, une
incitation à accepter et à appliquer les concepts de base de la sécurité biologique
et à mettre au point des recueils nationaux de directives pratiques ou codes de
bonnes pratiques destinés aux laboratoires de leur territoire où sont manipulés des
agents biologiques pathogènes. Depuis lors, de nombreux pays se sont inspirés
des indications du manuel pour élaborer ces recueils ou codes. Les deuxième et
troisième éditions du Manuel de sécurité biologique en laboratoire ont été publiées
respectivement en 1993 et 2004. Avec chaque nouvelle version, l’OMS retient son
rôle de chef de file international en matière de sécurité biologique en abordant les
problèmes, technologies et défis émergents, et en donnant des orientations sur les
meilleures pratiques.
Les versions précédentes du manuel décrivaient la classification des agents
biologiques et des laboratoires en termes de groupes de risques/dangers et de
niveaux de sécurité/confinement biologique. Bien que cette approche semble
logique pour élaborer les protocoles de manipulation et de confinement des agents
biologiques, elle a conduit à l’idée fausse que le groupe de risque d’un agent
biologique correspond directement au niveau de sécurité biologique d’un laboratoire.
En fait, le risque réel d’un scénario donné est influencé non seulement par l’agent
manipulé, mais aussi par les travaux effectués ainsi que la compétence des personnels
de laboratoire qui en sont responsables.
Cette quatrième édition du manuel s’appuie sur le cadre d’évaluation des risques
présenté dans la troisième édition. Une évaluation des risques transparente,
approfondie et fondée sur des bases factuelles permet d’équilibrer, au cas par cas,
les mesures de sécurité avec le risque réel associé aux travaux avec des agents
biologiques. Cela permettra aux pays de mettre en œuvre des politiques et des
pratiques de sécurité et de sûreté biologiques en laboratoire qui sont économiquement
viables, durables et adaptées à leur situation et à leurs priorités individuelles.
1
INTRODUCTION
SECTION
1
Les activités de sécurité et de sûreté biologiques en laboratoire sont fondamentales
pour protéger les personnels du laboratoire et la communauté au sens large contre
l’exposition à des agents biologiques pathogènes et contre la libération de tels agents.
Ces activités sont concrétisées à l’aide d’un cadre d’évaluation des risques et en
développant une culture de sécurité, qui constitue un facteur essentiel pour assurer
un lieu de travail sûr permettant l’application de mesures adéquates visant à réduire
le plus possible la probabilité et la gravité d’une exposition potentielle à des agents
biologiques. Depuis les éditions précédentes du Manuel de sécurité biologique en
laboratoire de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) (1-3), la sensibilisation et
l’expertise en matière de sécurité biologique se sont considérablement améliorées. Les
nouvelles technologies, telles que l’utilisation de méthodes moléculaires, ont enregistré
des progrès considérables et réduit le nombre d’activités de diagnostic nécessitant la
propagation d’agents biologiques à titre élevé.
Un examen des infections récentes acquises en laboratoire a montré que la plupart
étaient provoquées par des facteurs humains plutôt que par l’échec d’une mesure
d’ingénierie (4,5). Les facteurs ayant conduit à des expositions – potentielles et
confirmées – à des agents biologiques comprennent l’utilisation inappropriée ou
l’absence des équipements de protection individuelle (EPI) (6,7), des évaluations des
risques inadéquates ou ignorées (8), l’absence de modes opératoires normalisés
(MON) (9), les blessures par piqûre d’aiguille (10,11) et/ou le manque de formation des
personnels de santé (12). On peut donc soutenir que la qualité d’un laboratoire, même
le mieux conçu et le plus avancé, dépend du niveau de compétence de ses personnels.
La nécessité de mettre à jour les directives internationales sur la sécurité biologique
en laboratoire fait partie d’une initiative plus large visant à mondialiser la sécurité
biologique et à mettre l’accent sur les principes et les approches accessibles aux pays
disposant d’un large éventail de ressources financières, techniques et réglementaires.
L’OMS a révisé le Règlement sanitaire international en 2005 dans le but « d’aider
la communauté internationale à éviter les risques aigus pour la santé publique
susceptibles de se propager au-delà des frontières et de constituer une menace
dans le monde » (13). Ces réglementations exigent que les 196 États Parties de
l’OMS soient adéquatement préparés aux flambées épidémiques potentielles et aux
nouvelles maladies, ce qui comprend le diagnostic précoce et la confirmation par les
laboratoires pour faciliter la prévention et la lutte contre les infections. La sécurité et
la sûreté biologiques constituent également l’un des domaines techniques évalués par
le cadre de suivi et d’évaluation du Règlement sanitaire international; des opérations
de laboratoire sûres et sécurisées sont donc des éléments essentiels pour assurer
la conformité à ce règlement et prévenir les menaces aiguës de santé publique. La
présente édition du manuel vise à guider les développements durables en matière
2 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
de sécurité biologique, notamment le système national de
surveillance, la formation, les meilleures pratiques de travail et
un cadre d’évaluation des risques, dans le but de promouvoir
une culture de sécurité responsable qui renforce les capacités
des pays et respecte le Règlement sanitaire international.
1.1 Champ d’application prévu
Cette quatrième édition du Manuel de sécurité biologique en laboratoire de l’OMS
adopte une approche de la sécurité biologique fondée sur l’analyse des risques et
des faits plutôt qu’une approche normative afin de garantir que les installations de
laboratoire, les équipements de sécurité et les pratiques de travail sont pertinents,
proportionnés aux besoins et durables. L’accent est mis sur l’importance d’une «
culture de la sécurité » qui intègre l’évaluation des risques, les bonnes pratiques et
procédures microbiologiques (BPPM) et les modes opératoires standardisés (MON),
la formation pertinente d’introduction, de recyclage et de mentorat du personnel, et
la notification rapide des incidents et des accidents suivie d’enquêtes appropriées
et de mesures correctives. Cette nouvelle approche vise à faciliter la conception des
laboratoires assurant une plus grande durabilité tout en maintenant un contrôle
approprié de la sécurité biologique. Pour les laboratoires vétérinaires, cette approche
fondée sur le risque complète la norme récemment révisée de l’Organisation
mondiale de la santé animale (OIE) pour la gestion des risques biologiques dans les
laboratoires vétérinaires et les animaleries (14). L’approche décrite ici est neutre sur
le plan technologique et rentable, et comprend des orientations sur la faisabilité des
opérations de laboratoire, même en situation de ressources limitées. Cette approche
jette les bases d’un accès équitable aux analyses biologiques cliniques et de santé
publique, et encourage les opportunités de recherche biomédicale, qui sont de plus en
plus importantes pour lutter contre les flambées épidémiques de maladies infectieuses,
sans pour autant compromettre la sécurité.
Le manuel donne également un aperçu de la sûreté biologique, mais ce sujet est traité
plus en détail dans un autre document d’orientation de l’OMS (15). À l’exception des
zoonoses, il n’aborde pas les agents pathogènes animaux, pour lesquels il convient
de consulter la norme de l’OIE pour la gestion des risques biologiques dans les
laboratoires vétérinaires et les animaleries (14).
Cette publication fournit des conseils spécifiques pour les personnes travaillant avec
des agents biologiques ou dans des installations où le personnel peut être exposé à des
matières potentiellement infectieuses qui présentent un danger pour la santé humaine.
Elle peut être utilisée pour favoriser une culture de sécurité dans le cadre des pratiques
et procédures quotidiennes du laboratoire. Elle sera également utile aux responsables
chargés de construire ou de rénover des installations de laboratoire ainsi qu’aux pays
qui élaborent ou mettent en œuvre des programmes de sécurité biologique et des
cadres nationaux de surveillance de la sécurité biologique.
SECTION 1 INTRODUCTION 3
Bien que le champ d’application principal de ce manuel soit la sécurité biologique en
laboratoire en ce qui concerne la manipulation, la gestion et le confinement des agents et
matériels biologiques qui constituent une menace pour la santé humaine, il est important
de noter qu’il faut aussi évaluer les facteurs de risque pour la santé et la sécurité qui 1)
sont liés aux agents et matériels biologiques dangereux pour les plantes, les animaux
et/ou l’environnement et 2) ne sont pas liés aux agents et matériels biologiques, car de
tels dangers existent également dans un laboratoire. L’approche – fondée sur le risque
et les bases factuelles – de la sécurité et la sûreté biologiques des agents et matériels
biologiques décrite dans cette quatrième édition du Manuel de sécurité biologique en
laboratoire de l’OMS peut également être appliquée à la gestion des risques dans le
cadre de dangers non biologiques comme les produits chimiques, les dangers physiques,
les conditions ergonomiques défavorables, les allergènes et un large éventail des facteurs
psychosociaux (p. ex., le stress lié au travail). Elle peut aussi être appliquée aux risques
biologiques qui constituent une menace réelle ou potentielle sur le plan de la santé
animale ou de l’environnement, comme les arthropodes vecteurs qui contiennent des
forçages génétiques pour la stérilisation ou les animaux de laboratoire transgéniques qui
présentent une susceptibilité accrue aux agents biologiques endémiques ou circulants.
L’envergure du champ d’application des orientations décrites dans cette quatrième
édition facilite une approche globale et intégrée de la sécurité et de la sûreté
biologiques en laboratoire, et encourage l’utilisation responsable d’agents et de
matériels biologiques dans ces contextes. Les documents d’orientation et les meilleures
pratiques internationales doivent être consultés pour obtenir des informations
supplémentaires dans ces domaines (16).
1.2 Utilisation du Manuel de sécurité biologique en
laboratoire
Ce manuel doit servir de complément aux mécanismes nationaux de réglementation
et de surveillance qui peuvent être en place, et peut être utilisé pour évaluer, maîtriser
et examiner les risques à l’échelle locale. Il couvre les domaines suivants :
n l’évaluation, la maîtrise et l’examen des risques;
n les exigences fondamentales en matière de sécurité biologique;
n des options de mesures de maîtrise renforcées;
n des mesures de confinement à haute sécurité pour les opérations à très haut risque;
n le transfert et le transport des matières infectieuses;
n la gestion des programmes de sécurité biologique;
n la sûreté biologique en laboratoire; et
n la surveillance de la sécurité biologique aux échelles nationale et internationale.
4 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Des monographies associées ont également été produites pour fournir des informa-
tions plus détaillées et faciliter la mise en œuvre de systèmes et de stratégies portant
sur des sujets spécialisés. Il est prévu que ce document de base soit lu en premier et
que les monographies associées puissent être consultées lorsque des informations plus
détaillées sont nécessaires. Ces monographies sont les suivantes :
n Gestion des programmes de sécurité biologique (17)
n Évaluation des risques (18)
n Enceintes de sécurité biologique et autres dispositifs de confinement primaire (19)
n Équipement de protection individuelle (20)
n Conception et maintenance des laboratoires (21)
n Décontamination et gestion des déchets (22)
n Capacités de préparation et de riposte aux flambées (23)
5
ÉVALUATION DES RISQUES
SECTION
2
Comme décrit dans les sections ci-dessous, la maîtrise du risque biologique – que
ce soit au niveau national ou de l’organisation – s’appuie sur l’évaluation des risques.
Ce terme est utilisé pour décrire le processus d’appréciation consistant à examiner
le ou les risques résultant des travaux en présence de dangers. Les informations qui
en ressortent sont utilisées pour déterminer si des mesures de maîtrise peuvent être
appliquées pour réduire ces risques à un niveau acceptable. Le risque est la probabilité
qu’un danger produise des dommages, associée à la gravité des conséquences
résultant de l’exposition à ce danger.
Dans le contexte de la sécurité biologique en laboratoire, le terme « danger » désigne
tout agent biologique dont les caractéristiques pathogènes lui confèrent le potentiel
de nuire aux humains ou aux animaux en cas d’exposition. Les dommages causés par
l’exposition à des agents biologiques varient selon le cas, et peuvent se manifester de
diverses façons comme une infection, une blessure, ou une maladie, voire une flambée
épidémique dans des populations plus importantes (voir Encadré 2.1).
ENCADRÉ 2.1 PROBABILITÉ ET CONSÉQUENCES DANS LE CONTEXTE DE LA
SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Dans le contexte de la sécurité biologique en laboratoire, la probabilité désigne
le potentiel d’exposition à un agent pathogène et/ou de libération d’un tel agent
à l’extérieur du laboratoire. Les conséquences font référence à la gravité des
dommages résultant d’une exposition, si celle-ci devait se produire. Elles peuvent
inclure une infection acquise en laboratoire, un portage asymptomatique, une
contamination de l’environnement, la propagation d’une maladie dans la
communauté environnante ou d’autres maladies ou blessures.
Pour cette raison, les facteurs contribuant à la survenue d’une infection,
notamment les voies de transmission, la dose infectieuse et la transmissibilité,
doivent être pris en compte par rapport aux conséquences d’une exposition ou
d’une libération.
Il est important de noter que les dangers à eux seuls ne présentent pas de risque
pour les humains ou les animaux. Par exemple, un flacon de sang contenant un agent
biologique comme le virus Ebola ne présente aucun risque pour les personnels du
laboratoire à moins que ceux-ci n’entrent en contact avec le sang contenu dans le
flacon. Par conséquent, le véritable risque associé à un agent biologique ne peut
pas être déterminé en identifiant uniquement ses caractéristiques pathogènes. Il faut
également tenir compte des types de travaux qui seront effectués avec l’agent
6 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
biologique et de l’environnement dans lequel ces travaux se dérouleront. Un
établissement qui manipule des agents biologiques a l’obligation – envers son
personnel et la communauté – d’effectuer une évaluation des risques portant sur les
travaux prévus, et de sélectionner et d’appliquer des mesures de maîtrise appropriées
dans le but d’obtenir un niveau de risque acceptable. L’objectif de l’évaluation des
risques est de rassembler, d’évaluer et d’utiliser des informations pour enrichir et
justifier la mise en œuvre de processus, protocoles et technologies permettant de
maîtriser les risques présents. L’analyse de ces informations permet au personnel
du laboratoire de mieux comprendre les risques biologiques et dans quelle mesure
ces risques peuvent les affecter. L’évaluation permet de créer des valeurs partagées,
des modèles de comportement et des perceptions communes de l’importance de
la sécurité, ce qui favorise le déroulement en toute sécurité des travaux ainsi que le
maintien d’une culture de la sécurité pour le personnel.
Les évaluations des risques doivent toujours être menées de manière standardisée
et systématique afin qu’elles soient reproductibles et comparables dans le même
contexte. Pour cette raison, de nombreuses organisations proposent des modèles,
des listes de contrôle ou des questionnaires pour l’évaluation des risques, destinés à
faciliter une approche progressive pour identifier, évaluer et déterminer les risques
associés aux dangers existants, et ce avant d’utiliser ces informations pour identifier les
mesures de maîtrise des risques appropriées (24, 25). Collectivement, les différentes
étapes du processus d’évaluation des risques forment un cadre d’évaluation des
risques (Figure 2.1).
Rassembler les
informations
Procéder à une revue des risques et Évaluer les
des mesures de maîtrise des risques risques
Sélectionner et appliquer Élaborer une stratégie
les mesures de maîtrise de maîtrise des risques
des risques
Figure 2.1 Le cadre d’évaluation des risques
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 7
Alors que la Figure 2.1 illustre les étapes du cadre d’évaluation des risques, le Tableau 2.1
présente les principales considérations qui s’appliquent à chaque étape du cycle. Il faut
noter que tous les facteurs n’affecteront pas le risque de la même manière, mais chacun
d’entre eux doit être soigneusement examiné. Dans le cadre d’une telle évaluation, il ne
faut pas oublier que le risque n’est pas seulement basé sur la pathogénicité de l’agent
biologique, mais aussi sur la probabilité et les conséquences de la survenue d’un incident,
c’est-à-dire sur le risque d’exposition à un agent biologique et/ou de libération d’un tel
agent lors des travaux de laboratoire.
Tableau 2.1 Principales considérations du cadre d’évaluation des risques
ÉTAPE PRINCIPALES CONSIDÉRATIONS
1. Rassembler les § Quels agents biologiques seront manipulés et quelles sont
informations leurs caractéristiques pathogènes ?
(identification des § Quels types de travaux et/ou procédures de laboratoire
dangers) seront effectués ?
§ Quels types d’équipement seront utilisés ?
§ Quel type de laboratoire est disponible ?
§ Quels facteurs humains existent (p. ex., quel est le niveau de
compétence du personnel) ?
§ Quels autres facteurs existent qui pourraient affecter les
opérations du laboratoire (p. ex., juridiques, culturels, socio-
économiques, perception publique) ?
2. Évaluer les risques § Comment une exposition et/ou une libération pourraient-
elles se produire ?
§ Quelle est la probabilité de survenue d’une exposition et/ou
d’une libération ?
§ Quelles informations recueillies influencent le plus la
probabilité ?
§ Quelles sont les conséquences d’une exposition et/ou d’une
libération ?
§ Quelle information/quel facteur influence le plus les
conséquences ?
§ Quel est le risque initial global associé aux activités ?
§ Qu’est-ce qu’un risque acceptable ?
§ Quels risques sont inacceptables ?
§ Les risques inacceptables peuvent-ils être maîtrisés, ou les
travaux doivent-ils cesser ?
3. Élaborer une stratégie de § Quelles sont les ressources disponibles pour les mesures de
maîtrise des risques maîtrise des risques ?
§ Quelles stratégies de maîtrise des risques s’appliquent le
mieux aux ressources disponibles ?
§ Les ressources sont-elles suffisantes pour obtenir et
maintenir ces mesures de maîtrise des risques ?
§ Les stratégies de maîtrise proposées sont-elles efficaces,
durables et réalisables dans le contexte local ?
8 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 2.1 Principales considérations du cadre d’évaluation des risques (suite)
ÉTAPE PRINCIPALES CONSIDÉRATIONS
4. Sélectionner et appliquer § Existe-t-il des réglementations nationales/internationales
les mesures de maîtrise exigeant des mesures de maîtrise des risques prescrites ?
des risques § Quelles mesures de maîtrise des risques sont disponibles à
l’échelle locale et durables ?
§ Les mesures de maîtrise des risques disponibles sont-
elles suffisamment efficaces, ou faut-il combiner plusieurs
mesures pour améliorer l’efficacité ?
§ Les mesures de maîtrise des risques sélectionnées
correspondent-elles à la stratégie de maîtrise des risques ?
§ Quel est le risque résiduel après l’application des mesures de
maîtrise des risques, et ce risque est-il désormais acceptable ?
§ Des ressources supplémentaires sont-elles nécessaires et
disponibles pour la mise en œuvre des mesures de maîtrise
des risques ?
§ Les mesures de maîtrise des risques sélectionnées sont-elles
conformes aux réglementations nationales/internationales ?
§ L’autorisation a-t-elle été accordée pour réaliser les travaux ?
§ Les stratégies de maîtrise des risques ont-elles été
communiquées au personnel concerné ?
§ Les articles nécessaires ont-ils été inclus dans le budget et
achetés ?
§ Des protocoles d’exploitation et de maintenance sont-ils en
place ?
§ Le personnel a-t-il reçu une formation appropriée ?
5. P
rocéder à une revue des § Y a-t-il eu des changements au niveau des activités, des
risques et des mesures de agents biologiques, du personnel, de l’équipement ou des
maîtrise des risques installations ?
§ De nouvelles connaissances sont-elles disponibles concernant
les agents biologiques et/ou les processus utilisés ?
§ Les informations tirées de la notification des incidents
et des enquêtes sont-elles susceptibles d’indiquer des
améliorations à apporter ?
§ Un cycle d’examen périodique a-t-il été établi ?
Il convient de noter qu’à l’échelle mondiale, les laboratoires sont susceptibles d’être
confrontés à des défis uniques qui influencent le déroulement des différentes
étapes du cadre d’évaluation des risques. Parmi ces enjeux, on peut citer le niveau
des ressources organisationnelles et financières disponibles pour gérer les risques
biologiques, l’absence d’une source d’alimentation électrique fiable, des infrastructures
inadéquates, des intempéries, des laboratoires en sous-effectif et le manque de
formation du personnel. En outre, le statut des cadres réglementaires nationaux
peut influencer l’identification et la maîtrise des risques au-delà de la direction du
laboratoire, et le respect de toutes les réglementations doit donc être priorisé. Pour
ces raisons, les résultats d’une évaluation des risques et les mesures de maîtrise
conséquemment mises en œuvre peuvent varier considérablement entre différents
laboratoires, établissements, régions et pays.
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 9
Les sous-sections suivantes décrivent plus en détail les activités de chaque étape
du cadre d’évaluation des risques. Elles donnent un aperçu des éléments les plus
importants de ces types d’évaluations ainsi que des principales considérations
pour leur déroulement. La monographie Évaluation des risques (18) contient plus
d’informations avec des observations supplémentaires et des modèles pertinents.
2.1 Rassembler les informations
Les personnes responsables de l’évaluation des risques doivent collecter et examiner
un large éventail d’informations afin d’apprécier avec précision les risques et de
sélectionner les mesures de maîtrise les mieux adaptées pour réduire les risques
à un niveau acceptable dans le laboratoire. Ces informations vont au-delà de
l’identification des dangers, à savoir les agents biologiques utilisés, et prennent aussi
en compte les facteurs procéduraux et contextuels qui contribuent au risque global
(26). Les éléments clés à rassembler doivent inclure, par exemple :
n les activités de laboratoire prévues (p. ex., procédures, équipement, expérimentation
animale, traitement par ultrasons, production d’aérosols et centrifugation);
n les compétences du personnel effectuant les travaux;
n la concentration et le volume de l’agent biologique et du matériel potentiellement
infectieux à manipuler;
n les voies de transmission potentielles;
n la dose infectieuse de l’agent biologique;
n la transmissibilité de l’agent biologique;
n la gravité de l’infection par l’agent biologique;
n la possibilité d’intervenir localement à titre prophylactique ou curatif;
n la stabilité de l’agent biologique en laboratoire et dans l’environnement extérieur;
n la susceptibilité du personnel du laboratoire (p. e x., les personnes à risque);
n la gamme d’hôtes de l’agent biologique (c.-à-d. son potentiel zoonotique);
n l’endémicité de l’agent biologique dans la population locale; et
n la fréquence des pannes d’équipement et des problèmes avec les locaux
(p. ex., électricité, infrastructure et systèmes).
10 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Prises dans leur ensemble, les informations ci-dessus permettent d’effectuer une
évaluation bien plus vaste et multifactorielle des risques pouvant exister dans le
laboratoire. Il est essentiel d’apprécier tous ces facteurs, car diverses combinaisons
d’agents et d’activités biologiques peuvent présenter des risques plus importants dans
certaines situations par rapport à d’autres. Par exemple, la culture d’un agent biologique
(germe) ayant une faible dose infectieuse transmissible par aérosols peut présenter un
risque plus élevé que la culture d’un autre germe à forte dose infectieuse transmissible
uniquement par voie orale. Ou bien, l’expérimentation sur un germe qui n’est pas répandu
dans la communauté locale peut présenter un niveau de risque plus élevé que si les
travaux étaient réalisés dans une zone d’endémie du germe en question.
Il est important de rappeler que la collecte d’informations doit également inclure la
définition des attributs de l’environnement du laboratoire, comme l’état du bâtiment et
des zones où les travaux seront effectués. Des locaux mal entretenus peuvent exacerber
le risque en augmentant la possibilité de pannes ou de défaillances de certains systèmes,
comme ceux consacrés à l’élimination des déchets ou la ventilation. La présence de
fissures au niveau des sols et des paillasses rend la désinfection des surfaces d’un
laboratoire difficile et peut occasionner des glissades, des faux pas ou des chutes du
personnel ainsi que des chutes d’articles contenant des agents biologiques.
Enfin, les informations concernant les facteurs humains doivent également être prises
en compte, car la compétence des personnels du laboratoire et leur capacité à suivre
les pratiques et procédures de sécurité biologique établies (en particulier les BPPM)
sont susceptibles d’avoir la plus grande influence sur la probabilité de survenue des
incidents. Même les installations les mieux conçues et construites, ou les équipements
les plus sophistiqués, ne peuvent assurer la sécurité des utilisateurs que si ces derniers
sont en mesure de les utiliser correctement grâce à une formation appropriée et au
respect des bonnes pratiques.
2.1.1 Informations sur les agents biologiques nouveaux ou inconnus
Lorsque de nouveaux agents biologiques sont utilisés, ou en présence d’échantillons
dont les détails sont inconnus, les informations disponibles sont parfois insuffisantes
pour permettre une évaluation des risques satisfaisante. Cela s’applique aux
échantillons cliniques collectés sur le terrain dans le cadre d’enquêtes potentielles
sur les flambées épidémiques. Dans ces cas, il est judicieux d’adopter une approche
prudente lors de la manipulation des échantillons et de traiter tous les matériels
comme s’ils étaient potentiellement infectieux. La monographie Capacités de
préparation et de riposte aux flambées (23) offre plus de détails à ce sujet.
Dans la mesure du possible, certaines informations doivent être sollicitées afin de pouvoir
déterminer les risques associés à la manipulation de ces types d’échantillons, notamment :
n le dossier médical du patient chez lequel le prélèvement a été effectué;
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 11
n les données épidémiologiques (statistiques de morbidité et de mortalité, mode
de transmission présumé, autres données résultant de l’enquête sur la flambée
épidémique); et
n les données relatives à l’origine géographique de l’échantillon.
En cas d’épidémie d’une maladie dont l’étiologie est inconnue, des directives
spéciales appropriées peuvent être élaborées et diffusées par les autorités nationales
compétentes et/ou l’OMS afin d’expliquer quelles méthodes permettent de manipuler
les échantillons en toute sécurité. Cela peut inclure des techniques de préparation des
échantillons avant leur expédition ainsi que des mesures spécifiques de maîtrise des
risques à mettre en œuvre.
2.2 Évaluer les risques
Après avoir rassemblé toutes les informations disponibles sur les circonstances des
travaux à effectuer, il est nécessaire d’utiliser ces informations pour identifier et évaluer
les risques existants. L’étape d’évaluation des risques a pour objectif de :
n déterminer la probabilité de survenue d’une exposition à un agent biologique et/ou
d’une libération d’un tel agent, et la gravité des conséquences d’un tel événement;
n établir comment la probabilité et les conséquences contribuent au risque initial des
travaux devant être effectués; et
n décider, sur la base des informations recueillies dans le cadre de l’évaluation des
risques, si ces risques sont acceptables ou non – cette décision devant être justifiée
et documentée de manière exhaustive.
Si les risques évalués ne sont pas acceptables, les personnes chargées de l’évaluation
doivent passer à l’étape 3 du cadre d’évaluation et développer une stratégie de
maîtrise des risques appropriée, à moins qu’il ne soit décidé d’annuler les travaux
entièrement. Les principales considérations requises au cours de cette étape
d’évaluation des risques sont décrites dans les sous-sections suivantes.
2.2.1 Déterminer la probabilité et les conséquences
L’évaluation des informations recueillies doit avant tout déterminer la probabilité
d’exposition à un agent biologique et/ou de libération d’un tel agent, et la gravité des
conséquences associées. Considérés ensemble, ces facteurs déterminent au final le
risque global, ou initial, de la situation pour laquelle les informations ont été recueillies.
Ceci est illustré dans l’Encadré 2.2.
12 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
ENCADRÉ 2.2 EXEMPLE DE L’INFLUENCE DE LA PROBABILITÉ ET DES
CONSÉQUENCES SUR LE RISQUE
La fumée de cigarette est un danger courant.
La probabilité d’exposition à la fumée de cigarette varie selon la situation. Elle
est la plus élevée pour la personne fumant une cigarette, modérée pour les
personnes exposées à la fumée secondaire d’un fumeur et la plus faible pour une
personne ayant une protection respiratoire ou se trouvant dans une zone non-
fumeurs.
Les conséquences de l’exposition à cette fumée varient, depuis de légères
nausées et irritations respiratoires jusqu’aux maladies cardiaques et pulmonaires
et au cancer, voire au décès, selon la toxicité de la cigarette, la fréquence et la
durée d’exposition ainsi que d’autres facteurs liés à la sensibilité humaine.
La probabilité et les conséquences doivent être prises en compte lors de
l’évaluation des risques associés à la fumée de cigarette. Cet exemple montre
également comment chaque personne évalue et accepte le risque différemment,
étant donné la prévalence du tabagisme malgré les conséquences négatives
potentielles. Cette section décrit un processus similaire d’évaluation des
risques, pesant la probabilité et les conséquences, dans le cadre des travaux en
laboratoire utilisant des agents biologiques.
Des exemples de facteurs susceptibles d’augmenter la probabilité d’une exposition
à un agent biologique et/ou d’une libération d’un tel agent au cours des travaux
en laboratoire, et/ou d’aggraver les conséquences associées, figurent dans les
Tableaux 2.2 à 2.4.
Une faible dose infectieuse est associée à des conséquences plus importantes en
cas d’exposition, car la quantité d’agent biologique nécessaire pour provoquer une
infection acquise en laboratoire est faible. Cependant, une faible dose infectieuse
n’affecte pas la probabilité de survenue d’une exposition, qui dépend plutôt de
facteurs liés aux travaux (Tableau 2.2).
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 13
Tableau 2.2 Facteurs qui affectent la probabilité de survenue d’un incident
FACTEURS ASSOCIÉS À UNE EXPLICATION
PROBABILITÉ ÉLEVÉE DE SURVENUE
D’UN INCIDENT
Activités de laboratoire associées à la Lorsque ces méthodes produisent des
production d’aérosols (p. ex., traitement par aérosols, la probabilité d’une exposition
ultrasons, homogénéisation, centrifugation) par inhalation est accrue, tout comme la
probabilité de libération de ces aérosols
dans l’environnement où ils risquent de
contaminer les surfaces du laboratoire et se
propager dans la communauté.
Activités de laboratoire utilisant des objets Lorsque les activités impliquent des
piquants, tranchants, coupants (OPTC) travaux qui nécessitent des OPTC, la
probabilité d’une exposition percutanée à
un agent biologique par le biais d’une plaie
perforante augmente.
Faibles compétences du personnel Un faible niveau de compétences du
effectuant les travaux personnel concernant les processus et
procédures de laboratoire, que ce soit en
raison d’un manque d’expérience ou de
connaissances ou du non-respect des MON
et des BPPM, peut entraîner des erreurs
dans l’exécution des travaux qui sont plus
susceptibles d’entraîner l’exposition à un
agent biologique et/ou la libération d’un tel
agent.
Le personnel chargé du nettoyage et de
l’entretien doit avoir reçu une formation
adéquate avant de travailler à proximité
d’un agent biologique.
Agents biologiques présentant une grande Les agents biologiques qui se sont déposés
stabilité environnementale sur des surfaces du laboratoire (p. ex., une
contamination causée par une technique
inadéquate ayant conduit au dépôt d’aérosols
ou de gouttelettes après la libération d’un
agent) peuvent être une source d’exposition
accidentelle tant qu’ils restent stables dans
l’environnement, même si la contamination
n’est pas visible.
Alimentation électrique inadéquate ou Tous ces facteurs peuvent entraîner une
indisponible, installations de laboratoire rupture de confinement partielle ou une
et systèmes de construction délabrés, défaillance complète des systèmes de
équipement défectueux, dommages causés confinement biologique conçus pour réduire
par les phénomènes météorologiques la probabilité de survenue d’une exposition à
extrêmes fréquents, et présence d’insectes et des agents biologiques et/ou de libération de
de rongeurs dans le laboratoire. tels agents.
BPPM = bonnes pratiques et procédures microbiologiques; MON = modes opératoires normalisés.
14 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 2.3 Facteurs qui affectent les conséquences d’un incident s’il devait se produire
FACTEURS ASSOCIÉS À DES EXPLICATION
CONSÉQUENCES PLUS IMPORTANTES
SI UN INCIDENT DEVAIT SE PRODUIRE
Faible dose infectieuse Pour qu’une infection se produise chez
une personne exposée, une certaine
quantité (volume ou concentration) d’agent
biologique doit être présente. Même une
petite quantité peut avoir des conséquences
graves, telles qu’une infection acquise en
laboratoire.
De plus, l’exposition à de plus grandes
quantités (supérieures à la dose infectieuse)
de cet agent peut entraîner une présentation
clinique plus grave de l’infection.
Transmissibilité élevée Même une seule exposition (provoquant
un portage ou une infection acquise en
laboratoire) peut se propager rapidement
entre le personnel ou des vecteurs passifs
au laboratoire et de nombreuses personnes.
Gravité et mortalité élevées Une infection acquise en laboratoire à la
suite d’une exposition est plus susceptible
d’être nocive pour le personnel, entraînant
une perte de qualité de vie ou le décès.
Disponibilité limitée d’interventions Les symptômes ou les résultats d’une
prophylactiques ou thérapeutiques efficaces infection acquise en laboratoire ne peuvent
pas être efficacement prévenus, réduits ou
éliminés par une intervention médicale. Cela
peut également inclure des situations dans
lesquelles une intervention médicale n’est
pas disponible ou la capacité d’intervention
d’urgence est limitée.
Population sensible de grande taille Plus la population sensible est grande, plus
(y compris le personnel du laboratoire une infection acquise en laboratoire est
exposé à un risque accru) susceptible de se propager rapidement
et d’infecter un plus grand nombre de
personnes.
Absence d’endémicité Lorsqu’un agent biologique n’est pas
(telle qu’une maladie exotique) endémique dans la population environnante,
cette dernière est plus susceptible d’y être
sensible, augmentant ainsi la probabilité
qu’une infection acquise en laboratoire se
propage dans la communauté.
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 15
Tableau 2.4 Facteurs associés à une probabilité élevée de survenue d’un incident
potentiel ainsi qu’à des conséquences plus importantes d’un tel incident
FACTEURS ASSOCIÉS À UNE EXPLICATION
PROBABILITÉ ÉLEVÉE DE SURVENUE
D’UN INCIDENT POTENTIEL AINSI
QU’À DES CONSÉQUENCES PLUS
IMPORTANTES D’UN TEL INCIDENT
Concentration ou volume élevé de Plus la concentration d’un agent biologique
l’agent biologique dans la substance manipulée est élevée,
plus le nombre de particules infectieuses
dans le cadre d’une exposition sera élevé, et
plus il est probable que cette concentration
en cas d’exposition contiendra la dose
infectieuse de l’agent.
De plus, l’exposition à une concentration
plus élevée peut entraîner une infection, une
maladie ou une blessure plus grave.
Voie de transmission aérienne Les agents biologiques transmis par voie
aérienne peuvent rester en suspension
dans l’air sous forme aérosolisée pendant
des périodes prolongées et peuvent se
diffuser largement dans l’environnement du
laboratoire, augmentant ainsi la probabilité
d’exposition du personnel.
De plus, à la suite d’un événement d’exposition,
les agents biologiques aérosolisés peuvent
être inhalés et se déposer sur la muqueuse des
voies respiratoires d’une personne exposée,
ce qui peut entraîner une infection acquise en
laboratoire.
2.2.2 Déterminer le risque initial
Les informations recueillies doivent être utilisées pour établir le niveau de risque
présenté par une situation particulière (par exemple, la probabilité et la gravité).
Le Tableau 2.5 présente une matrice d’évaluation des risques qui fournit un
exemple simplifié de méthode permettant d’évaluer la relation entre probabilité
et conséquences, dans le but de déterminer le risque initial d’exposition à un agent
biologique et/ou de libération d’un tel agent. En réalité, la comparaison peut inclure
une gamme de valeurs plus large ou plus complexe que celle indiquée dans le
Tableau 2.5 pour déterminer la probabilité et les conséquences, mais cet outil est
néanmoins utile pour démontrer comment le risque initial peut changer par rapport à
ces facteurs indépendants. En plus de celle décrite ici, il existe d’autres méthodes pour
déterminer le risque initial et prioriser les risques pour la mise en œuvre des mesures
de maîtrise. Les établissements doivent employer une stratégie de priorisation qui
répond le mieux à leurs besoins particuliers tout en reconnaissant les limites de la
stratégie choisie et en veillant à ce que le jugement professionnel reste un élément
essentiel du processus.
16 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 2.5 Matrice d’évaluation des risques
Graves Moyenne Élevée Très élevée
Conséquences
d’une
Modérées Faible Moyenne Élevée
exposition/
libération
Négligeables Très
Veryfaible
low Faible Moyenne
Peu probable Possible Probable
Probabilité d’une exposition/libération
2.2.3 Déterminer un risque acceptable
Une fois le risque initial évalué, il est nécessaire de déterminer si ce risque est acceptable
afin que les travaux puissent se poursuivre. Si ce n’est pas le cas, une stratégie de maîtrise
sera nécessaire pour réduire et contrôler durablement ces risques de manière appropriée,
comme décrit dans la prochaine l’étape du cadre d’évaluation des risques.
Il faut reconnaître qu’il n’existe aucune situation sans risque, à moins que l’on ne
procède pas aux travaux; un équilibre doit donc être soigneusement établi entre
le déroulement des travaux et l’assurance de la sécurité du personnel et de la
communauté en termes d’exposition accidentelle à des agents biologiques et/ou
de libération de tels agents. Il est aussi important de reconnaître que les travaux
effectués en laboratoire offrent des avantages considérables à la fois pour les soins de
santé et la sécurité sanitaire mondiale, ce qui justifie un certain degré de risque. Il est
essentiel de déterminer quel est le niveau de risque acceptable pour obtenir une limite
servant à évaluer le risque initial et à le réduire au besoin afin que les travaux soient
considérés comme suffisamment sûrs pour continuer.
Il est important de noter que le risque ne peut jamais être complètement
éliminé, à moins que l’on décide de ne pas procéder aux travaux. Par
conséquent, le fait de déterminer si les risques initiaux et/ou résiduels
sont acceptables, maîtrisables ou inacceptables constitue une étape
essentielle dans le processus d’évaluation des risques.
Au-delà de ce qui est réglementé par la législation et les politiques nationales (27), le
risque acceptable doit être déterminé par l’organisation en question de manière à être
proportionné à la situation et aux ressources données. Il faut tenir compte des risques
organisationnels comme le risque de conformité (poursuites judiciaires, amendes,
sanctions), le risque de sécurité (vol ou perte), le risque environnemental (impact
socio-économique sur la santé communautaire et l’agriculture) et même le risque
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 17
perçu (jugements subjectifs ou incertitude sur la gravité du risque). Les risques perçus
par personnel doivent être pris au sérieux, mais les mesures de maîtrise des risques
mises en place par le personnel lui-même sont à éviter.
Il peut être utile de prendre en considération la perception des risques des parties
prenantes concernées (par exemple, les ministères, les donateurs, les agences d’audit/
de surveillance, le grand public et la communauté locale), en particulier lorsque des
risques réels de niveau élevé sont impliqués, dans le but d’apaiser les craintes des
parties prenantes réticentes (sur le plan politique ou administratif) au déroulement des
fonctions habituelles du laboratoire.
2.3 Élaborer une stratégie de maîtrise des risques
Une fois que l’on a déterminé le niveau de risque acceptable, une stratégie de maîtrise
des risques doit être élaborée pour réduire le risque initial à un niveau acceptable
et permettre aux travaux de se dérouler en toute sécurité. Comme nous l’avons vu
précédemment, étant donné qu’il est impossible en pratique d’éliminer entièrement
tout risque, la sélection rigoureuse d’une stratégie de maîtrise est nécessaire pour
garantir la priorisation des risques par rapport aux ressources disponibles, étant
entendu que plus le niveau de risque acceptable est bas, plus il faudra mobiliser de
ressources pour mettre en œuvre et maintenir les mesures de maîtrise capables
de réduire ce niveau. Un risque acceptable ne doit cependant pas exclure la mise
à disposition de ressources pour concrétiser la stratégie de maîtrise des risques
nécessaire et assurer la protection appropriée. Il est indispensable que ces ressources
soient mises à disposition, sans quoi les travaux ne doivent pas se poursuivre.
Il existe un certain nombre de stratégies utilisées pour réduire et maîtriser les risques.
Souvent, plusieurs stratégies doivent être appliquées afin d’obtenir une réduction
efficace du niveau de risque. Le Tableau 2.6 présente quelques-unes des stratégies les
plus couramment utilisées avec des exemples de mesures de maîtrise des risques.
Une bonne stratégie de maîtrise des risques doit :
n fournir une orientation globale pour guider les mesures de maîtrise des risques qui
peuvent être requises pour réduire un niveau de risque inacceptable, sans préciser
nécessairement les types de mesures pouvant être utilisées pour obtenir cette réduction;
n être réalisable en exploitant les ressources disponibles dans le contexte des
conditions locales;
n réduire le plus possible toute résistance aux travaux effectués (p. ex., traiter la perception
des risques des parties prenantes concernées) et obtenir le soutien requis (p. ex., les
approbations des autorités de réglementation nationales/internationales); et
n refléter les buts, les objectifs et la mission globale de l’organisation et faciliter leur
atteinte (c.-à-d. améliorer la santé publique et/ou la sécurité sanitaire).
18 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 2.6 Stratégies de réduction des risques
STRATÉGIE EXEMPLE
Élimination Éliminer le danger :
§ utiliser un agent biologique inactivé,
§ utiliser un substitut sans danger.
Réduction et substitution Réduire le risque :
§ remplacer par un agent biologique atténué ou moins
infectieux,
§ réduire le volume/titre utilisé,
§ utiliser une méthode moins dangereuse, comme
l’amplification en chaîne par polymérase plutôt que la
culture.
Isolement Isoler le danger :
§ l’élimination et la réduction sont parfois impossibles, en
particulier dans un contexte clinique; il convient alors
d’isoler les agents biologiques (p. ex., à l’aide de dispositifs
de confinement primaire).
Protection Protéger le personnel et l’environnement :
§ utiliser des mesures d’ingénierie (p. ex., des ESB),
§ utiliser des EPI,
§ vacciner le personnel.
Conformité Mettre en place des contrôles administratifs et une gestion
efficace des programmes de sécurité biologique, notamment :
§ assurer l’observance des BPPM par le personnel,
§ assurer une bonne communication des dangers, des risques
et des mesures de maîtrise des risques,
§ fournir les formations adaptées,
§ élaborer des MON clairement définies,
§ favoriser une culture de la sécurité.
ESB = enceinte de sécurité biologique; BPPM = bonnes pratiques et procédures microbiologiques; EPI =
équipement de protection individuelle; MON = mode opératoire normalisé.
2.4 Sélectionner et appliquer les mesures de maîtrise des risques
Lorsqu’une stratégie de maîtrise des risques a été élaborée, des mesures de maîtrise
doivent être sélectionnées puis mises en œuvre pour concrétiser cette stratégie. Dans
certains cas, le type de mesures requises sera prédéterminé, prescrit par un ensemble
de normes minimales (p. ex., par les meilleures pratiques acceptées au niveau
international et les réglementations nationales/internationales).
Dans d’autres cas cependant, diverses mesures seront disponibles pour mettre en
œuvre de manière appropriée la stratégie de maîtrise des risques en fonction du type
de risque identifié, des ressources disponibles et d’autres conditions à l’échelle locale.
Il faut rappeler que même après la sélection d’une mesure de maîtrise pour une stratégie
donnée, il reste un certain degré de risque. Si ce risque résiduel demeure inacceptable,
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 19
des mesures supplémentaires et/ou plus efficaces peuvent être nécessaires pour mettre
en œuvre la stratégie et ramener le risque à un niveau acceptable. Habituellement, plus
le risque initial est élevé, plus le nombre de mesures de maîtrise nécessaires pour obtenir
un niveau acceptable et poursuivre les travaux est important.
Cependant, l’efficacité relative de chaque mesure de maîtrise disponible pour réduire
le niveau de risque évalué affectera également le nombre de mesures requises pour
combler l’écart entre le risque résiduel et le risque acceptable. En outre, l’utilisation
d’une combinaison de plusieurs mesures pour réduire le risque résiduel peut avoir
d’autres avantages, comme l’incorporation de systèmes redondants en cas d’échec
d’une mesure de maîtrise sélectionnée.
Les sous-sections suivantes donnent un aperçu des principales considérations requises
pour la sélection et la mise en œuvre de mesures de maîtrise des risques afin de
concrétiser la stratégie de maîtrise des risques.
2.4.1 Sélectionner les mesures de maîtrise des risques
Lors de la sélection de mesures de maîtrise des risques pour un laboratoire, les
réglementations et lignes directrices nationales doivent toujours être prises en compte
en premier lieu pour garantir la conformité. Celles-ci peuvent être vérifiées au moyen
d’inspections, de certifications, d’audits et d’évaluations, et être supervisées par des
autorités désignées au niveau national.
Le reste de cette sous-section décrit la sélection de mesures de maîtrise des risques
au niveau du laboratoire, indépendamment de celles qui sont requises par les
réglementations nationales en vigueur.
Pour la plupart des activités de laboratoire, la survenue d’une exposition et/ou d’une
libération est peu probable, avec une gravité des conséquences négligeable à
modérée. Cela signifie que le risque initial est très faible ou faible, et qu’il est souvent
proche ou inférieur au niveau de risque acceptable avant même que des mesures
de maîtrise ne soient appliquées. Les directives internationales et les meilleures
pratiques acceptées en matière de sécurité biologique recommandent l’adoption
d’un ensemble essentiel de principes, de technologies et de pratiques de base qui
servent de mesures de maîtrise afin de garantir que tous les travaux restent en deçà
du niveau de risque accepté. Pour cette raison, le présent manuel fournit un ensemble
minimum de mesures de maîtrise des risques à mettre en œuvre chaque fois que des
travaux sont effectués avec des agents biologiques. Cette combinaison de mesures
constitue les exigences fondamentales, et comprend les outils, les formations et les
contrôles physiques et opérationnels jugés nécessaires pour travailler en toute sécurité
dans la plupart des situations de laboratoire; elles sont décrites plus en détail dans
la Section 3 : Exigences fondamentales. Il est cependant important de noter que
malgré un faible niveau de risque, les BPPM doivent être promues et les activités
de laboratoire doivent être revues périodiquement pour s’assurer que les BPPM et
toutes les exigences fondamentales sont bien mises en œuvre pour satisfaire le cadre
d’évaluation des risques.
20 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
La majorité des travaux des laboratoires de biologie clinique et
de diagnostic ne nécessiteront que les exigences fondamentales
prescrites pour maîtriser adéquatement les risques.
Si le risque initial est plus élevé, des mesures de maîtrise supplémentaires seront
requises en plus des exigences fondamentales. Les Tableaux 2.2 à 2.4 donnent des
exemples de facteurs associés à la survenue probable ou possible d’un incident et/
ou à des conséquences graves. Dans de telles circonstances, les mesures de maîtrise
supplémentaires choisies pour réduire le risque résiduel à un niveau acceptable sont
considérées comme des mesures de maîtrise renforcées.
Les agents biologiques et les procédures nécessitant des mesures renforcées peuvent
varier, allant de la culture et la propagation d’agents biologiques en petites quantités
présentant un risque moyen, aux travaux à grande échelle avec des souches
résistantes aux médicaments ou aux études chez l’animal avec des agents zoonotiques
transmissibles par aérosols, qui constituent un risque élevé. Les mesures de maîtrise
renforcées doivent être appropriées et proportionnées pour traiter les facteurs
spécifiques contribuant à la probabilité et/ou aux conséquences d’une exposition et/ou
d’une libération; par exemple, un acte qui risque de produire des aérosols doit appliquer
une mesure de maîtrise des risques capable de les capturer. Pour cette raison, la mesure
de maîtrise renforcée la mieux adaptée sera différente selon les agents biologiques
manipulés, les procédures mises en œuvre et les voies de transmission potentielles.
Toutes les mesures renforcées auront des avantages et des inconvénients qui doivent
être soigneusement pris en compte lors de la sélection de celles qui sont appropriées
pour combler l’écart entre le risque résiduel et le risque acceptable.
Lorsque les risques appréciés sont considérés comme élevés, des analyses coûts-
avantages doivent être réalisées pour évaluer les options comme l’externalisation des
travaux (vers un établissement disposant des mesures de maîtrise et des ressources
appropriées), ainsi qu’une évaluation des mesures de maîtrise renforcées pouvant
être mises en œuvre pour améliorer les installations du laboratoire. Les mesures de
maîtrise des risques choisies seront optimales lorsqu’elles sont choisies spécifiquement
pour répondre aux besoins du contexte.
Il faut noter que bien que de nombreux pays disposent d’une
hiérarchie des mesures de maîtrise des risques, on ne peut supposer
qu’une mesure particulière soit toujours préférable à une autre (p. ex.,
mesures d’ingénierie versus équipements de protection individuelle).
D’une manière générale, les mesures de maîtrise renforcées doivent être sélectionnées
sur la base des données disponibles démontrant leur efficacité, obtenues à partir
d’études évaluées par des pairs ou d’autres sources d’information fiables. Lorsqu’il
n’existe pas d’informations fiables, il peut s’avérer nécessaire de réaliser une validation
interne des mesures de maîtrise des risques. Le cas échéant, il convient d’envisager la
publication de cette validation interne dans des revues à comité de lecture afin que
d’autres puissent bénéficier des conclusions de telles études. Cela inclut les nouvelles
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 21
informations, les incidents antérieurs et l’efficacité et la protection offerte par les
mesures de maîtrise des risques. De telles études peuvent également mettre en
évidence la probabilité d’exposition associée à un équipement ou à des procédures
spécifiques, et celle-ci peut être incluse lors de la collecte future d’informations et
utilisée pour appuyer l’étape d’évaluation au sein du cadre d’évaluation des risques.
Certaines des mesures de maîtrise renforcées les plus couramment utilisées sont
examinées plus en détail dans la Section 4, qui aborde notamment leur efficacité
relative lorsqu’elles sont utilisées dans différents contextes locaux.
Lorsque des mesures de maîtrise renforcées sont utilisées, il est important de recalculer
le risque résiduel après la sélection d’une mesure de maîtrise afin de déterminer si ce
dernier a été réduit au niveau acceptable. Cela nécessite une réévaluation du risque
résiduel guidée par des questions telles que :
n La possibilité d’une exposition/libération est-elle maintenant moins probable ?
n Les conséquences sont-elles maintenant moins graves ?
n La probabilité et les conséquences réduites permettent-elles désormais d’obtenir un
risque résiduel acceptable ?
n Si la réponse est négative, des mesures de maîtrise des risques supplémentaires
sont-elles disponibles ?
n Faut-il poursuivre les travaux avec ou sans mesures de maîtrise des risques, et
quelles sont ces mesures ?
n Qui a le pouvoir d’accepter le niveau de risque résiduel et d’approuver la poursuite
des travaux ?
n Comment faut-il documenter les mesures de maîtrise des risques sélectionnées et
l’approbation ultérieure de la poursuite des travaux ?
Une très grande probabilité d’exposition et/ou de libération est très rare. Toutefois, la
possibilité de conséquences graves résultant d’une exposition et/ou d’une libération est
encore plus importante si un tel incident devait se produire. Bien qu’exceptionnels, ces
cas incluent les travaux avec des agents pathogènes éradiqués à l’échelle mondiale ou
des pathogènes animaux particulièrement transmissibles susceptibles de se propager
rapidement dans les populations sensibles suite à leur libération et de provoquer
une panique généralisée ainsi que la décimation d’espèces et/ou l’élimination de
moyens de subsistance. Le risque est encore plus grand si l’agent est propagé dans
des milieux liquides, en particulier en grande quantité, et si des aérosols infectieux
sont produits (p. ex., dans le cadre d’études pour le développement de vaccins). Dans
de tels cas, il existe un risque initial très élevé d’exposition et/ou de libération qui
nécessitera probablement l’application d’un ensemble de mesures de maîtrise des
risques hautement spécialisées et efficaces dans le but d’obtenir un niveau de risque
acceptable, si les travaux se poursuivent. Cela comprend un large éventail de pratiques
22 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
opérationnelles strictes et complexes, d’équipements de sécurité et de critères de
conception pour les installations, que l’on appelle les mesures de confinement à haute
sécurité; celles-ci sont décrites plus en détail dans la Section 5. Étant donné que ces
mesures sont nécessaires pour assurer le niveau de protection le plus élevé contre les
conséquences graves d’une exposition ou d’une libération, il est vital et indispensable
d’évaluer la faisabilité de leur bonne mise en œuvre et leur maintien. Cela exige une
vérification fréquente et rigoureuse des procédures, de l’équipement et des installations
de laboratoire. L’examen périodique doit également inclure l’analyse des études
en cours pour s’assurer qu’elles sont adéquatement justifiées et que les avantages
scientifiques l’emportent sur les risques de sécurité biologique.
Bien qu’un aperçu des mesures de confinement à haute sécurité couramment utilisées
soit présenté dans ce manuel, les installations et l’expertise, à la fois spécialisées et
complexes, requises pour mettre en œuvre ces mesures ne sont disponibles que dans
un très petit nombre de laboratoires dans le monde.
La mise en œuvre de mesures de maîtrise des risques d’une telle complexité requiert
l’examen attentif d’experts internationaux chevronnés ainsi que la coordination entre
de nombreux secteurs, y compris le gouvernement. Pour cette raison, il est impossible
d’élaborer un ensemble spécifique d’exigences pouvant être appliquées à toutes les
situations jugées comme nécessitant des mesures de confinement à haute sécurité.
Le schéma suivant (Figure 2.2) résume le risque décrit dans le Tableau 2.5 (matrice
d’évaluation des risques) et associe les risques aux types de mesures de maîtrise
susceptibles d’être requises. Il met en évidence les points suivants :
n la plupart des activités de laboratoire peuvent être exécutées en toute sécurité en
observant les exigences fondamentales, lorsque le niveau de risque est très faible à
faible;
n certaines activités de laboratoire nécessitent des mesures de maîtrise renforcées
pour contrôler adéquatement le niveau de risque associé, qui peut être moyen à
élevé; et
n un très petit nombre des travaux de laboratoire, surtout si ces derniers sont associés
à des conséquences catastrophiques, nécessite des mesures de confinement à haute
sécurité en raison d’un niveau de risque très élevé.
2.4.2 Appliquer les mesures de maîtrise des risques
Lorsque la combinaison appropriée de mesures de maîtrise des risques a été choisie,
les approbations nécessaires doivent être obtenues. Un examen approprié des coûts,
de la disponibilité du financement, de l’installation, de l’entretien et des critères de
sécurité et de sûreté doit être entrepris pour s’assurer que ces mesures peuvent être
utilisées efficacement dans le cadre de la stratégie de maîtrise des risques et peuvent
être soutenues par les ressources disponibles du laboratoire. Chaque personne utilisant
un équipement de laboratoire doit avoir été formée aux procédures correctes requises
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 23
Graves
Mesures de
Mesures de maîtrise renforcées confinement
à haute
Conséquences d’une exposition ou libération
sécurité
Modérées
Exigences fondamentales
Négligeable
Peu probable Possible Probable
Probabilité d’une exposition ou libération
Figure 2.2 Mesures de maîtrise des risques nécessaires en fonction de la probabilité
et des conséquences en cas d’exposition ou de libération
pour chaque mesure de maîtrise des risques du laboratoire, ce qui peut nécessiter
la rédaction ou la mise à jour de MON. Il faut aussi veiller à ce que les mesures
sélectionnées n’introduisent pas leurs propres risques pour les travaux. Par exemple, le
fait de porter plusieurs couches d’EPI peut accroître la probabilité d’erreurs en raison
d’une dextérité réduite ou augmenter la probabilité de contamination s’ils sont difficiles
à enlever, augmentant ainsi le risque global d’exposition. Les facteurs de risque non
biologiques des mesures sélectionnées doivent également être pris en compte; par
exemple, les caractéristiques de conception spécialisées du mobilier ou de l’équipement
ne doivent pas donner lieu à des problèmes ergonomiques pour le personnel.
Enfin, une fois que les mesures de maîtrise des risques ont été sélectionnées,
approuvées et acquises, l’ensemble du personnel doit être informé quant à leur
objectif, leur fonction et leur utilisation afin d’assurer leur mise en œuvre correcte
et leur efficacité. La communication est primordiale dans le domaine de la sécurité
biologique et de l’évaluation des risques. Sans elle, il est peu probable que les mesures
de maîtrise choisies réduiront le risque résiduel. Tous les intervenants qui travaillent
dans le laboratoire sont responsables d’observer les pratiques et procédures
appropriées de toute stratégie de réduction des risques qui leur est applicable, et
de fournir un retour d’information quant à leur efficacité. Pour atteindre le niveau
24 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 2.7 Exemples d’activités de laboratoire avec leur niveau de risque initial
et leur risque résiduel après l’application de mesures de maîtrise des risques
appropriées
PROCÉDURE RISQUE INITIAL MESURE(S) DE RISQUE
(PROBABILITÉ/ MAÎTRISE DES RÉSIDUEL
CONSÉQUENCES) RISQUES
Analyse par amplification Très faible EF Très faible
génique (PCR) d’échantillons (peu probable/
d’expectorations inactivés négligeables)
Préparation des frottis et Faible EF Très faible
microscopie des échantillons (peu probable/
d’expectorations modérées)
Culture en milieu solide pour Moyen MMR (p. ex., EF Faible
les tests de sensibilité aux (possible/ plus équipement
antibiotiques modérées) de protection
respiratoire)
Culture en petites Élevé MMR (p. ex., EF plus Faible/moyen
quantités (<50 ml) pour la (probable/ enceinte de sécurité
caractérisation des souches, modérées) biologique)
notamment les souches
antibiorésistantes
Culture en grande quantité Élevé MMR (p. ex., EF Moyen
(>10 L) pour l’étude de (possible/graves) plus enceinte de
provocation chez l’animal par sécurité biologique
voie aérosol et équipement
de protection
respiratoire)
Agent biologique éradiqué au Très élevé MCHS Moyen
niveau mondial avec études (probable/graves)
en cours utilisant
les procédures ci-dessus
EF = exigences fondamentales; MMR = mesures de maîtrise renforcées; MCHS = mesures de
confinement à haute sécurité.
Remarque : sauf indication contraire, l’agent biologique considéré dans les scénarios ci-dessus
présente une faible dose infectieuse, est transmis par voie aérosol et est sensible aux traitements
disponibles.
approprié de sensibilisation, de formation et de compétence assurant la mise en
œuvre des mesures de maîtrise des risques et la sûreté du laboratoire, il faut au
minimum communiquer au personnel les dangers (agents biologiques) présents,
les risques associés aux procédures en cours et comment les mesures de maîtrise
utilisées peuvent réduire au maximum les risques en question. Parmi les stratégies de
communication et les démarches allant au-delà d’une formation classique en matière
de sécurité biologique, on citera les MON spécifiques au laboratoire, les discussions
d’équipe interactives, les guides pratiques et les affiches, les actions de sensibilisation
générales utilisant de brèves publications (p. ex., brochures ou documents), les
séances d’information et les notifications par courrier électronique.
SECTION 2 ÉVALUATION DES RISQUES 25
Le Tableau 2.7 donne quelques exemples d’activités de laboratoire et montre
l’influence des mesures de maîtrise sur le risque résiduel.
La communication des risques a pour objectif de soutenir toutes les parties prenantes,
y compris le personnel du laboratoire, qui sont impliquées dans la mise en œuvre des
stratégies de réduction des risques, afin de faciliter la compréhension des méthodes
d’évaluation des risques, des résultats et des décisions relatives aux mesures de
maîtrise. Cette communication est vitale pour permettre au personnel du laboratoire
de faire des choix éclairés quant à la manière d’accomplir leurs tâches au sein du
laboratoire, et pour établir une culture de sécurité efficiente fondée sur des stratégies
efficaces de réduction des risques.
De plus, l’adoption de bonnes pratiques de communication favorise la mise en œuvre
de mécanismes pour la notification des incidents, des accidents ou des lacunes
ayant trait aux mesures de maîtrise des risques. La communication des risques
joue également un rôle important dans les relations du laboratoire avec les parties
prenantes externes, comme les autorités de réglementation et le grand public : en
maintenant des voies de communication ouvertes, la réalisation d’évaluations futures
sera facilitée. Une bonne documentation est en outre fondamentale pour maintenir
un historique précis des évaluations des risques et communiquer les résultats au
personnel du laboratoire.
2.5 Procéder à une revue des risques et des mesures de
maîtrise des risques
Une fois qu’elles ont été effectuées, les évaluations des risques doivent être examinées
régulièrement et révisées le cas échéant, en tenant compte de toute nouvelle donnée
sur l’agent biologique, des changements au niveau des activités ou de l’équipement
du laboratoire, et des nouvelles mesures de maîtrise des risques qui peuvent devoir
être mises en œuvre. Des protocoles adaptés doivent être mis en place non seulement
pour assurer la mise en œuvre et la fiabilité de ces mesures, mais aussi pour assurer
leur pérennité. L’inspection, l’examen et l’audit des processus et de la documentation
permettent de confirmer que les mesures sont efficaces et que la formation requise
a été dispensée, et offrent l’occasion d’apporter des améliorations. Cette démarche
comprend l’examen rigoureux des infections, des incidents et des accidents associés
aux activités du laboratoire, ainsi que le passage en revue de la littérature et des
références pertinentes.
Comme indiqué pour l’évaluation initiale des risques, il est également important
d’enregistrer les résultats de la réévaluation afin de documenter les décisions
qui ont été prises, ce qui facilitera les futurs examens et évaluations des
performances.
Une évaluation des risques doit donc être réalisée et périodiquement revue, à une
fréquence adaptée au niveau de risque des travaux du laboratoire. En règle générale
un examen annuel suffit, mais certaines situations peuvent susciter un examen ponctuel,
comme un incident de sécurité biologique ou un retour d’information du personnel du
26 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
laboratoire sur l’efficacité et la facilité d’utilisation des mesures de maîtrise des risques
mises en œuvre.
Lorsque les activités, le personnel, les processus et la technologie du
laboratoire changent, le risque change également.
Les activités ou événements qui affectent le niveau de risque et qui déclencheront une
réévaluation de ce risque comprennent :
n les changements au niveau des agents biologiques, ou la mise à disposition de
nouvelles informations sur les agents biologiques actuels,
n les changements de personnel,
n les changements au niveau des procédures et des pratiques,
n les changements des équipements du laboratoire,
n les changements des réglementations ou lignes directrices internationales,
nationales ou régionales,
n les changements de la situation sanitaire nationale ou régionale (endémicité de la
maladie ou éradication),
n l’introduction de nouvelles technologies,
n les déménagements ou rénovations du laboratoire,
n un incident, un accident, une infection acquise en laboratoire ou tout événement
pour lequel un potentiel de préjudice est identifié,
n l’identification et/ou la mise en œuvre d’actions correctives et/ou préventives,
n les retours d’information des utilisateurs, et
n les examens périodiques.
Chaque fois qu’une réévaluation est justifiée, l’étape suivante consiste à revenir au
début du processus d’évaluation des risques : de nouvelles informations seront alors
recueillies concernant le changement, les risques seront réévalués et la mise en œuvre
de nouvelles mesures de maîtrise des risques sera déterminée. Ce cycle continu
d’évaluation des risques doit se poursuivre tout au long des travaux du laboratoire.
27
EXIGENCES
3
SECTION
FONDAMENTALES
Les exigences fondamentales désignent une combinaison de mesures de maîtrise des
risques qui constituent le fondement et font partie intégrante de la sécurité biologique
en laboratoire. Décrites dans la présente section, ces mesures reflètent les normes
internationales et les meilleures pratiques en matière de sécurité biologique. Il s’agit d’un
ensemble d’exigences et de considérations minimales qui sont nécessaires pour travailler
en toute sécurité avec des agents biologiques, même lorsque les risques associés sont
minimes. Ces exigences sont complètes et détaillées, car elles sont fondamentales
pour toutes les installations du laboratoire. Cependant, lorsque cela est déterminé par
l’évaluation des risques, certaines exigences et considérations supplémentaires, allant
au-delà des présentes exigences fondamentales, peuvent être requises pour mieux
maîtriser les risques. Celles-ci sont décrites dans les Sections 4 et 5 : il s’agit des mesures
de maîtrise renforcées et des mesures de confinement à haute sécurité, respectivement
proposées pour faire face aux risques initiaux plus élevés associés à l’exécution de
travaux plus spécialisés et/ou de travaux avec des agents biologiques plus dangereux.
Pour la majorité des actes des laboratoires de diagnostic et de biologie clinique, le
respect des exigences fondamentales du laboratoire sera suffisant pour travailler en
toute sécurité avec la plupart des agents biologiques.
Ces exigences comprennent un ensemble d’éléments opérationnels et physiques qui,
lorsqu’ils sont combinés, devraient suffire pour maîtriser le niveau de risque associé à
la plupart des procédures avec la plupart des agents biologiques dans les laboratoires
de biologie clinique et de diagnostic. Comme indiqué précédemment, toutes les
mesures de maîtrise des risques mises en œuvre dans le cadre des exigences
fondamentales doivent être gérées de façon à garantir un environnement de travail
sûr, tel que décrit dans la Section 7 : Gestion des programmes de sécurité biologique.
3.1 Bonnes pratiques et procédures microbiologiques
Il est important de reconnaître que les mesures de maîtrise des risques les plus
importantes à intégrer aux exigences fondamentales sont peut-être les bonnes
pratiques et procédures microbiologiques, ou BPPM. Les BPPM désignent un
ensemble de pratiques et de procédures opérationnelles normalisées, ou un code de
bonnes pratiques, qui s’applique à tous les types d’activités effectués avec des agents
biologiques. Elles comprennent les comportements généraux, les meilleures pratiques
de travail et les procédures techniques qui doivent toujours être observés au sein du
laboratoire et mis en œuvre selon des protocoles uniformisés. L’application de BPPM
normalisées vise à protéger le personnel du laboratoire et la communauté contre les
infections, à prévenir la contamination de l’environnement et à fournir une protection
du produit manipulé lors des travaux avec des agents biologiques.
28 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
L’erreur humaine, des techniques de laboratoire médiocres et un mauvais usage
de l’équipement étant les premières causes de blessures et d’infections acquises en
laboratoire (4,28-30), les BPPM sont en fait les mesures de maîtrise des risques les
plus importantes à mettre en œuvre.
Il est impératif que le personnel du laboratoire soit formé aux BPPM et compétent pour
garantir des pratiques de travail sûres. Les BPPM doivent faire partie de la formation
académique des étudiants en sciences biologiques, vétérinaires et médicales ainsi que
du cursus national ou institutionnel. Sans elles, le risque ne peut pas être suffisamment
maîtrisé, même si d’autres mesures de maîtrise des risques physiques sont en place. Des
pratiques et procédures opérationnelles supplémentaires peuvent s’avérer requises
pour les travaux impliquant un niveau de risque plus élevé selon la détermination de
l’évaluation des risques, comme ceux décrits dans les Sections 4 et 5. Cependant, les
BPPM seront toujours applicables. Ces bonnes pratiques incluent les comportements
généraux, les meilleures pratiques et les procédures techniques (telles que les techniques
aseptiques) qui, ensemble, contribuent à protéger le personnel du laboratoire et même les
échantillons contre l’exposition à des agents biologiques et/ou la libération de tels agents.
3.1.1 Meilleures pratiques
Les meilleures pratiques décrivent les comportements qui sont essentiels pour faciliter
des pratiques de travail sûres et maîtriser les risques biologiques. Voici des exemples
de meilleures pratiques de laboratoire :
n Ne jamais entreposer de la nourriture ou des boissons, ou des objets personnels tels
que les manteaux et les sacs, dans le laboratoire. Les activités telles que manger,
boire, fumer et se maquiller ne doivent être effectuées qu’en dehors du laboratoire.
n Ne jamais porter à la bouche des objets tels que crayons ou stylos ni mâcher du
chewing-gum lorsqu’on se trouve dans le laboratoire, que l’on porte des gants ou non.
n Se laver soigneusement les mains, de préférence à l’eau chaude courante avec du
savon, après toute manipulation de matériel biologique et/ou d’animaux, avant de
quitter le laboratoire ou en cas de contamination connue ou suspectée des mains.
n Veiller à ce que les flammes nues ou les sources de chaleur ne soient jamais placées à
proximité de fournitures inflammables et ne soient jamais laissées sans surveillance.
n S’assurer que les coupures ou la peau abîmée sont protégées (couvertes) avant
d’entrer dans le laboratoire.
n Avant d’entrer dans le laboratoire, vérifier que les fournitures destinées aux appareils de
laboratoire et que les consommables sont en quantité suffisante, notamment les réactifs,
les EPI et les désinfectants, et que ces articles sont adaptés aux activités envisagées.
n Veiller à ce que les fournitures soient stockées en toute sécurité et conformément
aux instructions de stockage afin de réduire les accidents et les incidents comme les
déversements, les faux pas et les chutes.
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 29
n Veiller au bon étiquetage de tous les agents biologiques et de toutes les matières
chimiques et radioactives.
n Protéger les documents de contre la contamination en utilisant des barrières
(comme des couvertures en plastique), en particulier pour ceux qui doivent
éventuellement être sortis du laboratoire.
n Veiller à ce que les travaux soient effectués avec soin et sans précipitation. Éviter de
travailler lorsqu’on est fatigué.
n Maintenir la zone de travail bien rangée et propre, dégagée d’objets ou de
matériels non essentiels.
n Interdire l’utilisation d’écouteurs, qui peuvent distraire le personnel et qui empêchent
d’entendre sonner les alarmes des appareils ou des installations.
n Recouvrir ou enlever les bijoux qui pourraient déchirer les gants, être facilement
contaminés ou devenir des vecteurs passifs. Le nettoyage et la décontamination des
bijoux ou des lunettes doivent être prévus, si ces articles sont portés régulièrement.
n S’abstenir d’utiliser des appareils électroniques portables (p. ex., téléphones
mobiles, tablettes, ordinateurs portables, disques durs à mémoire flash, clés USB,
appareils photo ou autres appareils portables, y compris ceux utilisés pour le
séquençage de l’ADN/ARN) lorsque les procédures de laboratoire ne demandent
pas spécifiquement d’en utiliser.
n Garder les appareils électroniques portables dans des endroits où ils ne peuvent
pas être facilement contaminés ou agir comme des vecteurs passifs susceptibles
de transmettre l’infection. Lorsque la proximité de ces appareils avec des agents
biologiques est inévitable, s’assurer que les appareils sont soit protégés par une
barrière physique, soit décontaminés avant d’être sortis du laboratoire.
3.1.2 Procédures techniques
Les procédures techniques sont un sous-ensemble spécial des BPPM qui se rapporte
à la maîtrise des risques en assurant le déroulement sûr des travaux de laboratoire.
Ces procédures techniques, lorsqu’elles sont exécutées correctement, permettent
d’effectuer les travaux en réduisant le plus possible la probabilité de contamination
croisée (à savoir la contamination d’autres échantillons, ou de substances ou objets
auparavant stériles, ainsi que la contamination des surfaces) et contribuent également
à prévenir l’exposition du personnel du laboratoire aux agents biologiques. Les
protocoles suivants permettent d’éviter certains incidents de sécurité biologique.
Éviter l’inhalation d’agents biologiques
n Observer les bonnes techniques pour réduire le plus possible la formation d’aérosols
et de gouttelettes lors de la manipulation des échantillons. Cela inclut notamment
d’éviter d’expulser de force les substances des pointes de pipette dans des liquides,
30 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
de mélanger trop vigoureusement et de retourner négligemment des tubes ouverts.
Lorsque les pointes de pipette sont utilisées pour mélanger, cela doit être fait
lentement et avec précaution. Une brève centrifugation d’un tube mélangé avant
son ouverture peut aider à éloigner tout liquide du bouchon.
n Éviter de mettre en contact direct des anses ou des instruments similaires avec une
source de chaleur ouverte (flamme nue) sous risque de produire des projections
de matières infectieuses. Dans la mesure du possible, utiliser des anses de transfert
jetables qui n’ont pas besoin d’être restérilisées. En option, un micro-incinérateur
électrique clos peut être utilisé pour stériliser les anses de transfert en métal.
Éviter l’ingestion d’agents biologiques et leur contact avec la peau et les yeux
n Porter systématiquement des gants jetables lors de la manipulation d’échantillons
dont on sait ou dont on a des raisons de penser qu’ils contiennent des agents
biologiques. Les gants jetables ne doivent pas être réutilisés.
n Éviter que les mains gantées n’entrent en contact avec le visage.
n Après utilisation, enlever les gants de manière aseptique et se laver les mains
comme indiqué dans la monographie Équipement de protection individuelle (20).
n Utiliser un dispositif pour se protéger la bouche, les yeux et le visage (écran facial ou
autre) pendant les procédures susceptibles de provoquer des éclaboussures, comme
lors du mélange de solutions désinfectantes.
n Attacher les cheveux pour éviter la contamination.
n Couvrir toute peau éraflée avec un pansement approprié.
n Ne jamais pipeter à la bouche.
Éviter l’injection d’agents biologiques
n Dans la mesure du possible, remplacer la verrerie par du matériel équivalent en
plastique.
n Si nécessaire, utiliser des ciseaux à bouts mousse ou arrondis plutôt que des ciseaux
à bouts pointus.
n Si de la verrerie doit être utilisée, en vérifier régulièrement l’intégrité et jeter tout
article brisé, fissuré ou ébréché.
n Utiliser des ouvre-ampoules pour manipuler les ampoules en toute sécurité.
n Réduire le plus possible le risque associé à l’utilisation de seringues ou d’aiguilles en
utilisant des aiguilles émoussées, d’autres dispositifs ou des dispositifs à mécanisme
de sécurité intégré lorsque cela est possible. Il faut cependant noter que ces dispositifs
présentent également un risque lorsqu’ils ne sont pas manipulés correctement.
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 31
n Ne jamais utiliser une seringue à aiguille pour remplacer à un dispositif de pipetage.
n Ne jamais recapuchonner, casser ou désadapter les aiguilles des seringues jetables.
n Éliminer tous les OPTC (p. ex., aiguilles, aiguilles montées sur seringues, lames, débris de
verre) dans un conteneur imperforable ou du moins résistant à la perforation, équipé d’un
couvercle hermétiquement fermé. Les conteneurs d’élimination doivent être résistants à
la perforation, ne doivent pas être remplis à ras bord (aux trois quarts au maximum), ne
doivent jamais être réutilisés et ne doivent pas être jetés dans les décharges.
Prévenir la dissémination d’agents biologiques
n Jeter les échantillons et les cultures destinés à être éliminés dans des conteneurs
étanches dont les couvercles sont correctement fermés, avant de les placer dans des
conteneurs à déchets spécifiques.
n Placer des conteneurs à déchets, de préférence incassables (p. ex., en plastique ou
en métal), à chaque poste de travail.
n Vider régulièrement les conteneurs à déchets et éliminer les déchets en toute sécurité.
n Veiller à ce que tous les déchets soient correctement étiquetés.
n Envisager d’ouvrir les flacons en enveloppant le bouchon dans un tampon de coton
ou de gaze imprégné de désinfectant.
n Décontaminer les surfaces de travail avec un désinfectant approprié à la fin des
travaux et en cas de déversement.
n Lorsque des désinfectants sont utilisés, s’assurer qu’ils sont efficaces contre les
agents manipulés et qu’ils sont laissés en contact avec les déchets pendant la durée
appropriée, selon le produit utilisé.
3.2 Compétences et formation du personnel
L’erreur humaine et le manque de compétences techniques peuvent compromettre
les meilleures mesures de protection. Ainsi, un personnel de laboratoire compétent et
soucieux de la sécurité, bien informé quant à la façon de reconnaître et de maîtriser
les risques au sein du laboratoire, est essentiel pour prévenir les infections acquises
en laboratoire et/ou d’autres incidents. Le Tableau 3.1 décrit la formation qui doit être
mise en œuvre pour le personnel du laboratoire.
Un programme de sécurité efficace commence avec un soutien financier et
administratif au niveau de la direction du laboratoire, qui doit faire en sorte que la
sécurité des pratiques et des protocoles soit incorporée à la formation du personnel.
Certaines mesures propres à garantir que les employés ont bien lu et compris les
directives devront être prises, elles pourront par exemple consister à leur faire signer
32 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
certaines pages. Le rôle des chefs de laboratoire dans la formation du personnel
directement sous leurs ordres est fondamental pour l’acquisition des BPPM.
3.3 Conception et aménagement des installations
Les caractéristiques de conception des installations énumérées ci-dessous constituent
des exigences fondamentales en matière de sécurité biologique pour tous les
laboratoires manipulant des agents biologiques.
n Le laboratoire doit être suffisamment spacieux pour qu’on puisse travailler en toute
sécurité et procéder facilement aux tâches de nettoyage et de maintenance.
Tableau 3.1 Formation à mettre en œuvre pour le personnel du laboratoire
FORMATION SUJETS À COUVRIR
Familiarisation générale et Obligatoire pour TOUS les personnels ; présentation des
formation de sensibilisation sujets suivants :
Plan, caractéristiques et équipements du laboratoire
Code(s) de pratique du laboratoire
Directives locales applicables
Manuel(s) de laboratoire ou guide d’hygiène et de sécurité
Politiques institutionnelles
Évaluations des risques locaux et généraux
Exigences législatives
Protocoles d’intervention en cas d’urgence/d’incident
Formation spécialisée Formation à déterminer en fonction du poste occupé ; les
propre à chaque poste de exigences peuvent varier entre les membres du personnel
travail ayant le même titre de poste, mais exerçant des fonctions
différentes.
Tout le personnel impliqué dans la manipulation d’agents
biologiques doit être formé aux BPPM.
Il faut se servir de l’évaluation des compétences et
des aptitudes professionnelles pour identifier toute
autre formation spécifique requise, par exemple, par
observation et/ou qualification.
La connaissance d’une procédure doit être vérifiée avant
de laisser travailler les personnes en autonomie, ce qui
peut nécessiter une période de mentorat.
Les compétences doivent être régulièrement réévaluées et
remises à jour avec des formations de recyclage.
Les informations sur les nouvelles procédures, technologies
et connaissances, et sur les nouveaux équipements, doivent
être communiquées au personnel concerné dès qu’elles
sont disponibles.
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 33
Tableau 3.1 Formation à mettre en œuvre pour le personnel du laboratoire (suite)
FORMATION SUJETS À COUVRIR
Formation sur la sûreté et la Obligatoire pour TOUS les personnels :
sécurité Sensibilisation aux dangers présents dans le laboratoire et
à leurs risques associés
Procédures de travail sûres
Mesures de sécurité
Préparation et réponse face aux situations d’urgence
BPPM : bonnes pratiques et procédures microbiologiques
n On installera des lavabos désignés, commandés sans l’aide des mains, dans chaque
local du laboratoire, de préférence près de la porte de sortie.
n Le laboratoire doit être une zone à accès limité. Les portes du laboratoire doivent
être munies de panneaux transparents (pour éviter les accidents à l’ouverture),
avoir une résistance au feu convenable et comporter de préférence un système de
fermeture automatique.
n Le pictogramme international de danger biologique doit être apposé sur les portes
des salles où du matériel présentant un danger biologique est manipulé et entreposé.
n Les surfaces des murs, des sols et du mobilier du laboratoire doivent être lisses,
faciles à nettoyer, imperméables aux liquides et résistantes aux produits chimiques et
aux désinfectants habituellement utilisés dans le laboratoire.
n Les paillasses de laboratoire doivent être imperméables à l’eau et résistantes aux
désinfectants, aux acides, aux alcalis, aux solvants organiques et à la chaleur modérée.
n Le mobilier du laboratoire doit être adapté à l’usage prévu. Les espaces entre
et sous les paillasses, les enceintes et l’équipement doivent être accessibles pour
faciliter le nettoyage.
n L’éclairage du laboratoire doit être suffisant pour toutes les activités. La lumière du
jour doit être utilisée de manière efficace pour économiser de l’énergie. Les reflets
indésirables et l’éblouissement sont à éviter. L’éclairage de secours doit être suffisant
pour permettre l’arrêt des travaux et la sortie du laboratoire en toute sécurité.
n La ventilation du laboratoire, lorsqu’elle est prévue (y compris les systèmes
de chauffage/refroidissement et en particulier les ventilateurs et les unités de
climatisation locales bibloc, notamment en cas de réaménagement) doit assurer
une circulation d’air qui ne nuit pas à la sécurité du travail. Il faut faire attention aux
vitesses et aux directions des flux d’air obtenus, et éviter les flux d’air turbulents ; cela
s’applique également à la ventilation naturelle.
34 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
n Les espaces de rangement du laboratoire doivent pouvoir recevoir le matériel
courant, de manière à éviter l’encombrement des paillasses et des zones de
passage. On prévoira également des espaces pour le stockage de longue durée, qui
devront être commodément situés hors des locaux du laboratoire.
n On prévoira la place et les moyens matériels permettant de manipuler et
d’entreposer sans danger les produits chimiques et les solvants, les matières
radioactives ainsi que les gaz comprimés et liquéfiés s’ils sont utilisés.
n Des locaux et vestiaires doivent être prévus en dehors du laboratoire pour entreposer
la nourriture et les boissons, les objets personnels et les vêtements de ville.
n Des installations pour manger et boire doivent être prévues en dehors du laboratoire.
n Les installations de premiers secours doivent être facilement accessibles et
convenablement équipées/approvisionnées.
n Des méthodes appropriées de décontamination des déchets, par exemple des
désinfectants et des autoclaves, doivent être disponibles à proximité du laboratoire.
n La gestion des déchets doit être prise en compte dans la conception du laboratoire.
Les systèmes de sécurité doivent couvrir les risques d’incendie et les accidents
d’origine électrique et doivent prévoir les services et équipements d’intervention en
cas d’urgence/d’incident, en fonction de l’évaluation des risques.
n L’alimentation électrique et l’éclairage doivent être fiables et d’une puissance
suffisante, pour permettre de sortir en toute sécurité en cas de nécessité.
n Les situations d’urgence doivent être prises en compte dans la conception, selon les
indications fournies par l’évaluation locale des risques, et doivent intégrer le contexte
géographique/météorologique.
n La sécurité anti-incendie et le risque d’inondation doivent être pris en compte.
Pour obtenir plus d’informations et des détails sur ces exigences et recommandations
fondamentales, se reporter à la monographie Conception et maintenance des
laboratoires (21).
3.4 Réception et conservation des échantillons
La manipulation sûre des agents biologiques commence avant même qu’un
échantillon n’arrive au laboratoire. Lorsqu’elles ne sont pas correctement
emballées, les matières infectieuses reçues au laboratoire peuvent présenter un
risque pour la sécurité du personnel. Les sous-sections suivantes décrivent les
mesures de maîtrise des risques qui doivent être mises en place pour la réception,
l’entreposage et l’inactivation des échantillons dans le cadre des exigences
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 35
fondamentales en matière de sécurité biologique. Pour obtenir plus d’informations
sur les exigences pour la manipulation des agents biologiques avant leur réception
par le laboratoire (c.-à-d. pendant le transport), consulter la Section 6 : Transfert
et transport.
3.4.1 Réception des échantillons
Un échantillon reçu par le laboratoire doit obligatoirement être accompagné d’informations
suffisantes pour identifier de quoi il s’agit, quand et où il a été prélevé ou préparé, et quels
tests, analyses et/ou procédures (le cas échéant) doivent être effectués.
Le personnel chargé de déballer et de réceptionner les échantillons doit avoir reçu une
formation adéquate sur :
n les dangers encourus ;
n le respect des précautions qui s’imposent, conformément aux BPPM décrites
précédemment ;
n la manipulation de conteneurs brisés ou qui fuient pour éviter toute exposition aux
agents biologiques ; et
n la prise en charge de déversements accidentels et l’utilisation de désinfectants en
cas de contamination.
Les échantillons doivent être examinés au moment de leur réception pour s’assurer
qu’ils ont été correctement emballés conformément aux exigences d’expédition et
qu’ils sont intacts. En cas de rupture de l’emballage, celui-ci doit être placé dans un
conteneur approprié pouvant être hermétiquement fermé. La surface du conteneur
doit ensuite être décontaminée et transférée vers un emplacement approprié, comme
une ESB, avant l’ouverture. Toute rupture d’emballage doit être signalée à l’expéditeur
et aux transporteurs.
Les formulaires de demande d’échantillon ou de spécification doivent être emballés
séparément, de préférence dans des enveloppes étanches, à l’abri d’un endommagement
et/ou d’une contamination potentiels. Les laboratoires qui reçoivent un grand nombre
d’échantillons devront réserver une salle ou une zone particulière à cet effet.
3.4.2 Conservation des échantillons
Les échantillons doivent être conservés dans des conteneurs :
n dont la résistance, l’intégrité et le volume sont suffisants pour contenir l’échantillon ;
n qui sont étanches lorsque le capuchon ou le bouchon est correctement mis en
place ;
36 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
n en plastique (dans la mesure du possible) ;
n exempts de matériel biologique sur l’extérieur de l’emballage ;
n correctement étiquetés, marqués et enregistrés pour faciliter leur identification ; et
n dont le matériau est adapté au type de stockage requis.
On doit prendre des précautions pour la conservation des échantillons en vapeur
d’azote ou en azote liquide.
Utiliser uniquement des tubes spécifiquement indiqués par le fabricant comme
étant adaptés à la cryogénie en azote liquide pour réduire le risque de rupture lors
du retrait de ce milieu de conservation. Il est important de noter que le liquide et la
vapeur peuvent pénétrer dans un tube mal scellé ou fissuré, et peuvent rapidement
prendre du volume lorsque le tube est retiré du milieu de conservation, entraînant
potentiellement une rupture et/ou une explosion. Il convient de porter des gants et un
tablier de protection thermique pour accéder à la conservation en azote liquide, ainsi
qu’une visière de protection contre les éclaboussures.
3.4.3 Inactivation des échantillons
Les méthodes d’inactivation doivent être correctement validées chaque fois qu’une
étape d’inactivation est utilisée lors de la réception d’échantillons, ou avant de
transférer des échantillons vers d’autres zones en vue de leur manipulation ultérieure,
telle qu’une analyse par PCR. La monographie Décontamination et gestion des
déchets (22) donne plus d’informations à ce sujet.
3.5 Décontamination et gestion des déchets
Les surfaces et/ou le matériel contaminés ou potentiellement contaminés par des
agents biologiques au cours des travaux de laboratoire doivent être correctement
désinfectés afin de limiter le risque biologique. Les exigences fondamentales relatives
à la sécurité biologique dans le cadre de la manipulation de déchets contaminés
exigent des processus appropriés pour identifier et trier les matériels contaminés et
les séparer de leurs contenants, avant de procéder à la décontamination et/ou à
l’élimination.
Lorsque la décontamination n’est pas possible dans la zone du laboratoire ou
sur place, les déchets contaminés doivent être emballés de manière étanche
(conformément aux méthodes validées) en vue d’être transférés dans une autre
installation dotée de moyens de décontamination adaptés. Pour plus d’informations
sur ce processus, consulter la Section 6 : Transfert et transport.
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 37
Le Tableau 3.2 résume les différentes catégories pour le tri des déchets de laboratoire
et leur traitement recommandé.
Tableau 3.2 Catégories de déchets de laboratoire triés et leur traitement recommandé
CATÉGORIE DE DÉCHETS DE TRAITEMENT
LABORATOIRE
Matériel non contaminé (non infectieux) Peut être réutilisé ou recyclé, ou éliminé
avec les déchets municipaux ordinaires
OPTC contaminés (aiguilles hypodermiques, Doivent toujours être collectés dans des
scalpels, couteaux et débris de verre) conteneurs imperforables munis d’un
couvercle (collecteurs à OPTC) et traités
comme du matériel infectieux.
Matériel contaminé destiné à être réutilisé Doit d’abord être décontaminé (par voie
ou recyclé chimique ou physique) puis nettoyé, après
quoi il peut être traité comme du matériel
non contaminé (non infectieux)
Matériel contaminé destiné à être éliminé Doit être décontaminé sur place OU
entreposé en toute sécurité avant d’être
transporté vers un autre site en vue de sa
décontamination et de son élimination
Matériel destiné à être incinéré Doit être incinéré sur place OU entreposé en
toute sécurité avant d’être transporté vers
un autre site en vue de son incinération
Déchets liquides (y compris les liquides Doit être décontaminé avant l’élimination
potentiellement contaminés) destinés à être dans les égouts sanitaires
éliminés dans le réseau d’égouts sanitaires
Le traitement éventuel des déchets triés dépend du type de matériel, du ou des agents
biologiques manipulés, et des méthodes et protocoles de décontamination disponibles
sur place. Les dangers non biologiques, comme les produits chimiques ou les OPTC,
peuvent exiger des considérations supplémentaires afin d’assurer que des mesures de
maîtrise des risques sont en place pour réduire le plus possible les risques associés.
Lorsque les méthodes de décontamination sont appliquées à des surfaces et/ou du
matériel, elles doivent avoir été validées pour les agents biologiques en question et
doivent être compatibles avec le matériel et les équipements traités pour éviter toute
corrosion et tout endommagement. L’efficacité et l’efficience d’une méthode doivent
pouvoir être démontrées par des preuves pour valider que les déchets contaminés ont
été effectivement décontaminés.
Les sous-sections suivantes décrivent certaines des méthodes de décontamination les
plus courantes utilisées par les laboratoires, ainsi que les exigences fondamentales qui
servent à garantir l’efficacité de leur application pour maîtriser les risques biologiques.
Ces méthodes de décontamination comprennent des voies chimiques et physiques ;
la monographie Décontamination et gestion des déchets (22) fournit des informations
plus détaillées.
38 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
3.5.1 Désinfection chimique
La désinfection chimique est une méthode de décontamination qui consiste à
appliquer un produit chimique, ou un mélange de produits chimiques, sur des
surfaces ou du matériel inertes dans le but d’inactiver des agents biologiques viables
ou de réduire leur concentration à un niveau sûr. Les désinfectants sont d’habitude
la méthode préférée pour les surfaces, mais ceux-ci ne sont pas en général requis
pour le nettoyage régulier des sols, des murs, de l’équipement et du mobilier dans le
cadre des exigences fondamentales pour la sécurité biologique. On doit utiliser les
désinfectants après un déversement ou en cas de contamination connue ou suspectée.
La désinfection des surfaces (et du matériel, le cas échéant) doit également être
effectuée lorsque les travaux sur paillasse sont terminés, et périodiquement dans
le cadre d’un programme de nettoyage. Les désinfectants peuvent également être
utilisés pour la décontamination de liquides contaminés.
Vu le nombre et la variété toujours croissants des produits désinfectants disponibles
dans le commerce, les formulations doivent être soigneusement sélectionnées pour les
besoins spécifiques du laboratoire, en fonction de l’efficacité de la décontamination et
de la compatibilité avec l’équipement et le matériel.
Le matériel très souillé peut nécessiter un pré-nettoyage (à savoir, l’élimination
préalable des saletés, des matières organiques et des taches) avant de procéder à
la décontamination, car de nombreux désinfectants n’ont d’effet que sur les articles
pré-nettoyés. Cette étape doit être effectuée avec soin pour éviter l’exposition et la
propagation des agents biologiques.
Dans le choix du désinfectant, trois facteurs importants doivent être pris en compte
pour assurer une efficacité optimale contre les risques biologiques :
n le spectre d’activité du laboratoire (avec une spécificité élevée pour les agents
biologiques visés par la désinfection) ;
n le domaine d’application (p. ex., l’utilisation dans des liquides ou sur des surfaces) ; et
n les conditions d’application (le temps de contact, la concentration du désinfectant,
la température requise pour l’application et d’autres facteurs importants tels que la
présence d’une charge organique, comme du sérum ou du sang).
Les dangers non biologiques posés par les désinfectants chimiques doivent également
être pris en compte et des mesures appropriées de maîtrise doivent être appliquées
pour les risques qui en découlent. Par exemple, de nombreux désinfectants chimiques
peuvent être nocifs pour les humains, les animaux et/ou l’environnement, ou
présenter un risque d’incendie ou d’explosion. Il faut donc les choisir, les entreposer,
les manipuler, les utiliser et les éliminer avec le plus grand soin, en respectant les
instructions du fabricant. Des précautions particulières doivent être prises pour
l’entreposage et l’utilisation de ces produits dans les régions tropicales où leur durée
de conservation risque de se trouver réduite en raison de la forte température
ambiante et de l’exposition à la lumière du soleil. L’EPI adapté doit être utilisé pour
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 39
réduire la probabilité d’exposition du personnel aux dangers chimiques comme aux
agents biologiques éventuellement présents. Des conseils spécifiques sur les exigences
en matière d’EPI peuvent être trouvés dans les fiches de données de sécurité (ou fiches
de sécurité chimique) fournies par le fabricant. La monographie Décontamination et
gestion des déchets (22) fournit des informations plus détaillées sur l’utilisation des
désinfectants chimiques.
3.5.2 Autoclavage
Utilisé correctement, le passage à l’autoclave est le moyen le plus efficace et le
plus fiable pour stériliser le matériel de laboratoire et décontaminer les déchets en
détruisant ou en inactivant les agents biologiques.
L’autoclavage utilise des températures élevées (p. ex., 121 °C, 134 °C) obtenues par
l’application de chaleur humide (vapeur) sous pression pour détruire les micro-
organismes. Il est nécessaire d’atteindre une température suffisamment élevée, car,
bien que la plupart des agents biologiques infectieux soient détruits par un chauffage
à 100 °C, certains sont thermorésistants (comme les spores) et ne peuvent donc pas
être détruits à cette température. L’autoclavage permet d’atteindre et de maintenir
une température et une pression plus élevées pendant une durée suffisamment longue
pour inactiver les spores.
Différents types de déchets nécessitent différents cycles de traitement pour atteindre
des températures d’inactivation appropriées. Par conséquent, les autoclaves de
laboratoire doivent être sélectionnés sur la base de critères définis comme l’utilisation
prévue, le type et la quantité des déchets à décontaminer. Leur efficacité pour les
cycles spécifiques qui seront utilisés doit ensuite être validée.
L’autoclave se compose principalement d’un récipient sous pression (ou chambre de
stérilisation), qui peut être hermétiquement fermé par un couvercle ou une porte. Un
réseau de tuyaux et de soupapes permet d’introduire et d’évacuer la vapeur.
Dans les appareils simples (Figure 3.1), la partie inférieure du récipient est remplie
d’eau, qui est ensuite évaporée par un système chauffant électrique. La vapeur
produite au début du processus déplace l’air à l’intérieur de la chambre, qui sort par
une vanne d’échappement.
Le temps de palier, la température et la pression utilisés pour le cycle d’autoclavage
aident à déterminer l’efficacité de l’inactivation. Les autoclaves doivent donc être
équipés de systèmes permettant de contrôler ces paramètres. Il faut tenir un journal
écrit pour consigner, à chaque cycle effectué, l’heure, la date, le nom de l’opérateur
ainsi que le type et la quantité approximative de déchets traités.
Étant donné que l’air est un isolant efficace, il est essentiel de l’éliminer autant que
possible de la chambre afin de garantir que les températures ne sont pas affectées.
Le déplacement et l’élimination de l’air peuvent être facilités et accélérés par un
processus de pré-vide comportant des étapes répétées d’injection et d’évacuation
40 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Manomètre et soupape de
sécurité de la double paroi
Sonde de température flexible pour introduction dans
Manomètre et des liquides ou du matériel emballé dans un sac
soupape de sécurité
Vapeur vers la
double paroi
Matériel à
autoclaver Vapeur
Vapeur
vers la chambre
Air froid
Porte Double paroi chauffée
Filtre Vers la conduite d’évacuation
d’évacuation
L’air froid est aspiré hors de la chambre par une
pompe à vide ou expulsé par la vapeur
et passé à travers un filtre.
Fonctionnement d’un autoclave
Il existe des cycles d’autoclave avec vide (méthode active) ou sans vide (méthode passive).
Méthode active (pompe à vide) : la chambre est soumise à des changements de pression
successifs pour aspirer l’air de la chambre (vide/vapeur) à travers un filtre d’évacuation
(en fonction d’une évaluation des risques).
Ce type de cycle est requis pour les charges comme les sacs de déchets, la verrerie et d’autres
équipements où des méthodes passives risquent de ne pas complètement éliminer l’air piégé.
Plus l’air est difficile à éliminer, plus les impulsions de pression seront nombreuses.
Méthode passive : la vapeur pénètre dans la chambre et l’air froid est expulsé par la vapeur.
Il s’agit de la méthode la plus simple, mais elle ne convient qu’aux charges qui n’empêchent
pas l’évacuation de l’air de la chambre.
Figure 3.1 Autoclave de laboratoire simple
de vapeur. Cette modalité est particulièrement importante en présence de charges
poreuses, à partir desquelles il est difficile de déplacer l’air. Il est essentiel que le
matériel à autoclaver soit conditionné dans un emballage perméable à l’air et à la
vapeur afin de permettre une élimination totale de l’air. Les poches d’air piégées à
l’intérieur du matériel empêchent un contact approprié avec la vapeur, entraînent des
zones froides et peuvent entraver l’inactivation complète des agents biologiques. Les
critères à observer pour charger la chambre de l’autoclave doivent donc être définis
avec précision afin que l’évacuation complète de l’air et la pénétration de la vapeur
soient toujours garanties, même dans les pires conditions.
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 41
L’efficacité de l’inactivation des déchets contaminés doit être contrôlée régulièrement.
En plus de la température, de la pression et de la durée, qui sont surveillées
par l’autoclave, des indicateurs biologiques doivent être utilisés périodiquement
pour prouver l’inactivation. En raison de sa résistance à la chaleur, les spores de
Geobacillus sterothermophilus sont le plus souvent utilisés pour les essais d’efficacité.
Ces indicateurs biologiques sont conçus pour démontrer qu’un autoclave est capable
de détruire les micro-organismes. En option, les agents biologiques utilisés en
laboratoire peuvent également servir d’indicateurs pour l’inactivation des déchets. Il
existe aussi différentes classes d’indicateurs chimiques disponibles, des indicateurs
simples aux indicateurs multiparamètres, qui assurent un contrôle plus précis de
la durée et de la température. Ces bandelettes de test produisent en général
un changement de couleur caractéristique facile à lire, mais cela ne prouve pas
nécessairement que les déchets ont été complètement inactivés. Le changement de
couleur indique seulement que le produit a subi certaines conditions de traitement
définies par le fabricant. Un indicateur chimique simple ou un ruban indicateur de
stérilisation peut être utilisé comme contrôle visuel pour éviter toute confusion entre
le matériel traité et non traité. Ces indicateurs ne fournissent cependant aucune
information sur la durée de maintien à une certaine température ou sur la réussite de
l’inactivation. La monographie Décontamination et gestion des déchets (22) fournit
des informations supplémentaires sur les types d’indicateurs et sur l’utilisation de ces
derniers pour les essais de performance d’un autoclave.
Les précautions générales de sécurité ci-dessous doivent être prises quand des
autoclaves à vapeur sont utilisés.
n L’utilisation et l’entretien des autoclaves doivent être confiés à des personnels formés
et compétents.
n Le mode d’emploi de l’autoclave doit être disponible. Les programmes de
stérilisation avec le domaine d’application (p. ex., solides, liquides) et les paramètres
à maintenir (température, pression, temps) doivent être établis.
n Un plan de chargement (avec des informations sur le contenu, la quantité, le volume
et la masse du produit stérilisé) doit également être disponible. Le matériel volumineux,
les carcasses d’animaux de grande taille, les conteneurs étanches résistant à la
chaleur et autres déchets entravant le transfert de la chaleur doivent être évités.
n Un programme d’entretien préventif doit être élaboré, comprenant une inspection
visuelle régulière de la chambre, des joints d’étanchéité de la porte, des jauges et
des commandes. Cette étape doit être effectuée par un personnel qualifié.
n Une source de vapeur fiable doit être utilisée pour fournir une vapeur adéquatement
saturée qui n’est pas contaminée par des gouttelettes d’eau ou des produits
chimiques susceptibles d’inhiber le fonctionnement de l’autoclave ou d’endommager
les tuyaux ou la chambre de l’appareil.
n Les déchets ou le matériel placés dans l’autoclave doivent être dans des conteneurs
facilitant l’évacuation de l’air et la pénétration de la chaleur.
42 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
n La chambre de l’autoclave doit être peu chargée afin d’assurer une pénétration
uniforme de la vapeur.
n Les déchets chimiques dangereux (comme l’eau de Javel), le mercure ou les déchets
radioactifs ne doivent pas être traités en autoclave.
n Les opérateurs doivent porter des gants de protection thermique, des vêtements de
protection et une protection oculaire appropriés lorsqu’ils ouvrent l’autoclave, même
quand la température est revenue à des niveaux appropriés pour l’ouverture de la
chambre.
n Des précautions doivent être prises pour s’assurer que les soupapes d’échappement
et les conduites d’évacuation des autoclaves ne sont pas obstruées par du papier, du
plastique ou d’autres matières provenant des déchets ou du matériel à décontaminer.
n Pour décontaminer les matières volatiles dangereuses (comme des spores d’agents
pathogènes), l’échappement de l’autoclave doit être muni d’un filtre approprié.
La monographie Décontamination et gestion des déchets (22) donne plus
d’informations sur les différents types d’autoclaves et sur leur validation, leur
maintenance et leurs caractéristiques techniques.
3.5.3 Incinération
D’autres méthodes de décontamination peuvent être utilisées s’il est impossible
d’effectuer ou de valider la désinfection en raison d’une grande quantité de matériel
contaminé ou d’une charge microbienne très élevée. L’incinération est une méthode
d’inactivation couramment utilisée qui sert également de méthode d’élimination,
notamment pour les carcasses d’animaux.
L’incinération doit être approuvée par les autorités locales responsables de la santé
publique et de la pollution atmosphérique. Les incinérateurs doivent être adaptés
au matériel à incinérer : par exemple, un appareil utilisé pour incinérer le papier
ne convient pas aux déchets de laboratoire. Il faut de plus assurer une combustion
intégrale du matériel, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il ne reste que des cendres.
Cela est particulièrement important si des fosses de brûlage sont utilisées, en cas
d’urgence par exemple, pour éviter tout potentiel d’infection. De plus, le dégagement
d’odeurs liées à la décomposition et l’attraction d’animaux nuisibles vont à l’encontre
de l’objectif recherché.
3.6 Équipement de protection individuelle (EPI)
L’EPI désigne un ensemble d’équipements et/ou de vêtements portés par le personnel
dans le but de fournir une barrière supplémentaire entre le corps et les agents biologiques
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 43
manipulés ; ceux-ci maîtrisent efficacement le risque en réduisant la probabilité
d’exposition. Les sous-sections suivantes présentent une sélection des EPI les plus courants
devant être utilisés dans le cadre des exigences fondamentales pour la sécurité biologique.
Tout EPI utilisé en laboratoire doit être correctement ajusté, et le personnel doit recevoir
une formation adéquate pour en garantir l’utilisation correcte et efficace. L’utilisation
incorrecte d’un EPI, comme une blouse de laboratoire mal boutonnée, n’offrira pas la
protection pour laquelle il est conçu. Lorsque divers EPI sont portés en combinaison, ils
doivent être complémentaires et correctement ajustés.
Il est important de noter qu’il n’existe aucune taille, aucun type et/ou aucune marque
universellement applicables à tous les personnels. Le personnel du laboratoire doit
être consulté et une sélection d’articles doit subir des essais afin de déterminer les EPI
les plus efficaces. Le respect du port de ce type d’équipement est en général meilleur
lorsque les utilisateurs partagent leur avis en ce qui concerne le confort et l’ajustement.
Des données plus détaillées sur la sélection, la validation, les essais d’ajustement
et d’autres considérations pour l’EPI figurent dans la monographie Équipement de
protection individuelle (20).
3.6.1 Blouses de laboratoire
Les blouses doivent être utilisées dans les laboratoires pour éviter que les vêtements
personnels ne soient éclaboussés ou contaminés par des agents biologiques. Elles
doivent comporter des manches longues, de préférence avec des poignets ajustés, et
doivent être portées entièrement boutonnées. Les manches ne doivent jamais être
retroussées. Le modèle de blouse doit être suffisamment long pour couvrir les genoux,
sans aller jusqu’au sol.
Dans la mesure du possible, le tissu doit être résistant aux éclaboussures et les
pans doivent se chevaucher sur le devant. Les blouses de laboratoire peuvent être
réutilisables ou jetables ; le cas échéant, le service de blanchisserie revient au
laboratoire ou doit être confié à une entreprise spécialisée. Elles doivent être lavées
régulièrement et il faut en outre envisager d’autoclaver les blouses visiblement
contaminées avant de procéder au lavage.
Ces blouses ne doivent être portées que dans les zones désignées à cet effet.
Lorsqu’elles ne sont pas en service, elles doivent être entreposées de façon appropriée
et ne doivent pas être accrochées au-dessus d’autres blouses de laboratoire, ni
placées dans des casiers ou suspendues à des crochets avec des objets personnels. Le
personnel ne doit jamais rapporter chez eux les blouses de laboratoire.
3.6.2 Chaussures
Des chaussures doivent être portées en permanence dans le laboratoire, et doivent
être conçues de manière à réduire le plus possible le risque de glissade, de faux pas,
44 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
de blessures dues à la chute d’objets et d’exposition à des agents biologiques. Elles
doivent couvrir le dessus du pied et être bien ajustées et confortables pour permettre
au personnel d’accomplir les tâches prévues sans fatigue ni distraction.
3.6.3 Gants
Des gants jetables adaptés doivent être portés pour tous les actes de laboratoire qui
impliquent ou risquent d’impliquer un contact avec le sang, les liquides biologiques
ou d’autres matériels infectieux. Ils ne doivent pas être désinfectés ou réutilisés, car
l’exposition à des désinfectants et un temps de port prolongé réduisent l’intégrité des
gants et diminuent leur capacité à protéger l’utilisateur. Les gants doivent toujours être
inspectés avant utilisation pour vérifier qu’ils ne sont pas endommagés.
Différents types de gants peuvent être requis pour différentes applications ou risques
professionnels, tels que la protection thermique, la protection contre les OPTC ou la
protection chimique. Différentes tailles doivent être disponibles pour garantir que les
gants sont correctement adaptés à l’utilisateur et permettre un mouvement et une
dextérité adéquats pour les procédures à effectuer. Les gants en nitrile, en vinyle et en
latex sont souvent utilisés pour protéger le personnel contre les agents biologiques. Il
convient de noter que la protéine de latex peut provoquer une allergie au fil du temps ;
des options avec moins de protéines et sans poudre sont disponibles pour réduire le
plus possible le risque d’allergie.
3.6.4 Protection oculaire
Il faut porter des lunettes de sécurité, des lunettes à coques, des écrans faciaux
(visières) ou d’autres dispositifs de protection chaque fois qu’il est nécessaire de
protéger les yeux et le visage contre les éclaboussures, les chocs et le rayonnement
ultraviolet artificiel. Les articles de protection oculaire doivent être nettoyés après
chaque utilisation. En cas d’éclaboussures, ils doivent être décontaminés à l’aide d’un
désinfectant approprié.
Les lunettes de vue personnelles ne doivent pas être utilisées en guise de protection
oculaire, car elles ne couvrent pas suffisamment le visage autour des yeux, en
particulier sur les côtés. Il faut procurer des lunettes de sécurité spécialisées à verres
correcteurs au personnel ayant de tels besoins. Il existe aussi des lunettes à coques
conçues pour être portées par-dessus les lunettes de vue.
3.6.5 Protection respiratoire
Dans le cadre des exigences fondamentales, une protection respiratoire n’est
habituellement pas requise pour la manipulation d’agents biologiques. Lorsqu’une
évaluation des risques indique que l’utilisation d’une protection respiratoire est nécessaire,
il s’agit d’une mesure de maîtrise renforcée. Il peut cependant y avoir des circonstances
où une protection respiratoire est requise pour d’autres raisons selon l’évaluation de
dangers non biologiques comme les produits chimiques ou les allergènes.
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 45
3.7 Appareils et équipements de laboratoire
L’utilisation sûre des appareils de laboratoire, tout en respectant les BPPM, contribue
à réduire la probabilité d’exposition du personnel lors de la manipulation d’agents
biologiques.
Pour réduire efficacement les risques associés à l’appareillage, la direction du
laboratoire doit veiller à fournir suffisamment d’espace pour leur utilisation. Un budget
approprié doit être disponible pour la mise en service et l’entretien des appareils et
des équipements, y compris lorsqu’ils sont intégrés à la conception de l’établissement,
qui doit s’accompagner d’un cahier des charges décrivant les caractéristiques de
sécurité. Tous les personnels qui utilisent ou entretiennent ces appareils doivent avoir
reçu la formation appropriée et être en mesure de démontrer leurs compétences.
Il faut conserver des registres qui consignent l’utilisation des appareils, les services
d’entretien effectués et toutes les procédures de validation ou d’étalonnage
entreprises, avec leurs résultats. Le cas échéant, les dossiers suivants doivent
également être conservés :
n l’inventaire des appareils et équipements (qui peut également inclure des détails sur
l’âge, l’état, le fonctionnement) ;
n les demandes d’achat ;
n les coordonnées des personnes autorisées à acheter, installer, étalonner, valider,
certifier, utiliser et entretenir les appareils ;
n les services de maintenance imprévus ou les incidents ; et
n les formations et les compétences des personnels qui sont autorisés à utiliser les
appareils.
Les appareils choisis doivent être conçus, construits et installés de manière à
faciliter l’utilisation et à prévenir ou réduire le plus possible tout contact entre les
opérateurs et les agents biologiques lors des services d’entretien, de nettoyage, de
décontamination et de certification. Ces appareils doivent être construits avec des
matériaux imperméables aux liquides (y compris les produits chimiques utilisés
pour la décontamination), résistants à la corrosion et qui répondent aux exigences
structurelles des tâches requises. Ils doivent être conçus sans bords tranchants
ni pièces mobiles non protégées afin d’éviter tout risque professionnel pour le
personnel. L’emplacement des appareils et équipements de grande taille ne doit pas
interférer avec le flux de travail des personnels du laboratoire, des échantillons et des
déchets. Ces appareils doivent aussi être agencés de façon à ne pas affecter leurs
performances ; par exemple, les autoclaves doivent être placés dans un lieu bien aéré,
car ils produisent beaucoup de chaleur. Les appareils de laboratoire fréquemment
utilisés, comme les incubateurs, réfrigérateurs, congélateurs et centrifugeuses, doivent
être disposés de manière ergonomique pour en faciliter l’accès sans avoir à tendre
les bras et pour permettre de travailler sans encombre, réduisant ainsi le risque de
blessures musculosquelettiques.
46 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Avant toute utilisation l’équipement doit être jugé convenable pour l’objectif poursuivi,
qui est en général décrit dans les instructions du fabricant. Sauf indication contraire
dans les MON du laboratoire, les instructions du fabricant doivent toujours être suivies.
Tous les appareils doivent être vérifiés régulièrement pour leur intégrité et pour identifier
les défaillances potentielles. Le cas échéant, toute défaillance doit être signalée
immédiatement et des mesures correctives doivent être mises en œuvre pour y remédier
avant que l’équipement ne soit à nouveau utilisé. Pour veiller à ce que l’équipement
fonctionne comme prévu, les performances doivent être contrôlées à intervalles réguliers
entre l’entretien préventif programmé et les opérations de service après-vente.
3.7.1 Appareils et équipements de laboratoire spécialisés
L’observance des meilleures pratiques est de rigueur lors de l’utilisation de certains des
appareils de laboratoire les plus couramment utilisés afin de réduire efficacement les
risques biologiques. Ces derniers sont décrits dans les sous-sections suivantes.
Pipettes
Pour éviter la formation d’aérosols, une pipette ne doit pas être utilisée pour souffler
de l’air ou expulser de force un liquide ou une solution contenant des agents
biologiques. Les pipettes et/ou les pointes de pipette doivent être cotonnées pour
réduire la contamination des dispositifs.
Dans le cadre des BPPM, il est essentiel que les personnels soient adéquatement formés
à l’utilisation correcte des pipettes pour réduire le risque de contamination imputable à
l’aérosolisation et aux éclaboussures, et optimiser ainsi la sécurité et la qualité.
Pour éviter toute dispersion supplémentaire des agents biologiques qui tomberaient
accidentellement d’une pipette, on peut placer sur le plan de travail un matériau
absorbant qui sera ensuite éliminé selon la procédure applicable aux déchets
infectieux. Les pipettes ou pointes contaminées seront complètement immergées
dans un désinfectant approprié placé dans un récipient incassable. Pour procéder à
leur désinfection chimique, on les laissera tremper suffisamment longtemps dans le
désinfectant avant l’élimination ou le lavage. Les pointes de pipette sont habituellement
autoclavées, mais il est peu probable que les pipettes résistent à ce processus.
Centrifugeuses
Toutes les centrifugeuses doivent être utilisées et entretenues conformément aux
instructions du fabricant par un personnel qualifié. Lorsque des godets ou nacelles de
sécurité sont disponibles pour une centrifugeuse, ceux-ci doivent être utilisés. Les joints
d’étanchéité des godets ou nacelles doivent être vérifiés régulièrement pour assurer
leur intégrité et remplacés en cas de fissures visibles.
Lors de l’utilisation de centrifugeuses, les tubes à centrifuger doivent être remplis au
même niveau et placés dans la centrifugeuse à des emplacements opposés pour
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 47
s’assurer que l’appareil est correctement équilibré pendant le fonctionnement. Ces
appareils doivent être nettoyés et désinfectés régulièrement, ou bien immédiatement
décontaminés après un déversement, en utilisant un produit désinfectant approprié.
Réfrigérateurs et congélateurs
Les réfrigérateurs et les congélateurs doivent être à l’épreuve des étincelles si l’on
prévoit d’y entreposer des solutions inflammables. Des avis à cet effet doivent être
apposés à l’extérieur des portes. Il faut porter un EPI approprié lors de la manipulation
d’échantillons provenant du stockage cryogénique, comme un tablier et des gants
de protection thermique, ainsi qu’une protection du visage et des yeux lors de
l’entreposage ou du retrait d’échantillons de l’azote liquide. Tous les conteneurs stockés
à l’intérieur des réfrigérateurs et des congélateurs doivent être clairement étiquetés
afin qu’ils puissent être facilement identifiés. L’inventaire de leur contenu doit être
tenu à jour et contrôlé périodiquement. Tout matériel non étiqueté doit être considéré
comme infectieux et doit être décontaminé et éliminé en utilisant les filières de
traitement des déchets appropriées. Les articles ne comportant pas d’étiquette doivent
également être notifiés comme des « incidents évités de justesse », car cela indique un
échec au niveau des MON et de l’évaluation des risques.
3.8 Intervention en cas d’urgence/d’incident
Même lorsque l’on effectue des travaux à faible risque et que l’on respecte toutes les
exigences fondamentales en matière de sécurité biologique, des incidents peuvent
se produire. Pour réduire la probabilité d’exposition à un agent biologique et/ou de
libération d’un tel agent, ou pour réduire les conséquences de ce genre d’incidents,
il est impératif d’élaborer un plan d’urgence prévoyant des MON spécifiques à
suivre dans les différents scénarios d’urgence possibles qui s’appliquent aux travaux
et à l’environnement local. Les personnels doivent être formés à ces procédures
normalisées et bénéficier d’un recyclage périodique pour entretenir leurs compétences.
Parmi les situations d’urgence possibles, on citera celles qui se rapportent à un
incident chimique, un incendie, une panne électrique, un accident de rayonnement,
une infestation de nuisibles, une inondation ou un problème de santé au niveau
du personnel (p. ex., crise cardiaque ou effondrement). Toutes les installations du
laboratoire doivent respecter de bonnes normes de sécurité pour tous ces risques non
biologiques afin d’assurer que les mesures de maîtrise des risques non biologiques
requises sont également en place (p. ex., alarmes d’incendie, extincteurs, douches
chimiques). Le cas échéant, les autorités compétentes doivent être consultées.
Des trousses de premiers secours, comprenant des fournitures médicales telles que
des flacons rince-œil et des pansements, doivent être disponibles et facilement
accessibles au personnel. Celles-ci doivent être vérifiées régulièrement pour s’assurer
que les produits ne sont pas périmés et sont en quantité suffisante. Si des douches
oculaires avec de l’eau courante sont utilisées, elles doivent aussi être contrôlées
régulièrement pour s’assurer qu’elles fonctionnent correctement.
48 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tous les incidents doivent être signalés sans délai au personnel compétent,
généralement un chef de laboratoire. Les accidents et incidents doivent être
documentés, conformément à la réglementation nationale le cas échéant. Tout
incident doit être consigné et faire rapidement l’objet d’une enquête, dont les résultats
devront être pris en compte au moment de mettre à jour les procédures de laboratoire
et les protocoles d’intervention en cas d’urgence. Des données plus détaillées sur la
notification et l’enquête des incidents figurent dans la Section 7 et la monographie
Gestion des programmes de sécurité biologique (17).
3.8.1 Intervention en cas de déversement présentant un
risque biologique
Les kits de décontamination en cas de déversement, y compris les désinfectants,
doivent être facilement accessibles pour le personnel. Différents protocoles peuvent
être nécessaires selon la taille, l’emplacement, la concentration et/ou le volume du
déversement. Des procédures de nettoyage et de décontamination écrites doivent être
élaborées pour le laboratoire et suivies par le personnel dûment formé.
Si un déversement se produit en présence d’un risque initial élevé (en raison de la
formation importante d’aérosols, d’un volume important ou d’une concentration
élevée du liquide déversé et/ou d’une forte pathogénicité de l’agent biologique
impliqué), le protocole suivant doit être observé :
n Le personnel doit quitter immédiatement la zone touchée.
n Les personnes exposées doivent consulter immédiatement un médecin.
n Personne ne doit entrer dans les locaux où s’est produit le déversement pendant une
durée suffisamment longue pour permettre l’évacuation des aérosols et le dépôt des
particules lourdes. Si le laboratoire n’est pas doté d’un système central de ventilation,
la réintégration des locaux sera retardée.
n Des panneaux doivent être apposés pour indiquer que l’entrée est interdite.
n Le chef de laboratoire et le délégué à la sécurité biologique doivent être informés
dès que possible après la survenance de l’événement.
n Il faut procéder à la décontamination une fois que le délai nécessaire a été observé
et, selon l’ampleur du déversement, il est possible que le délégué à la sécurité
biologique doive assister ou superviser cette tâche.
n Des vêtements de protection appropriés et une protection respiratoire peuvent
s’avérer nécessaires pour nettoyer le déversement.
La monographie Décontamination et gestion des déchets (22) donne plus
d’informations sur le traitement des déversements.
SECTION 3 EXIGENCES FONDAMENTALES 49
3.9 Médecine du travail
Il incombe à l’employeur, par l’entremise du directeur du laboratoire, de veiller à ce
que la santé du personnel soit contrôlée et notifiée de façon satisfaisante. L’objectif
est d’assurer un environnement de travail sûr, comprenant notamment des gestes
préventifs (comme la vaccination) et un suivi de la santé des employés pour permettre
la prise de mesures appropriées en cas d’exposition, de maladie attribuable au travail
ou de tout autre aspect du travail affectant la sécurité, la santé et le bien-être des
employés.
Un examen médical ou des informations sur l’état de santé des personnels de
laboratoire peuvent être nécessaires pour s’assurer que le travail en laboratoire ne
met pas leur santé en danger. Toutes les informations relatives à l’état de santé d’un
employé doivent rester confidentielles. Des exemples d’activités permettant d’atteindre
ces objectifs figurent dans la monographie Gestion des programmes de sécurité
biologique (17).
51
MESURES DE MAÎTRISE
SECTION
4 RENFORCÉES
Pour la plupart des procédures, les exigences fondamentales seront suffisantes
pour maintenir un niveau de risque acceptable. Cependant, l’évaluation des risques
peut identifier une situation dans laquelle le risque initial nécessite l’emploi d’une ou
plusieurs mesures de maîtrise renforcées, en plus de celles qui sont décrites dans les
exigences fondamentales, afin de réduire les risques à un niveau acceptable.
De nombreuses mesures de maîtrise différentes sont disponibles pour chaque type
de risque, et le choix de la mesure la plus appropriée et la plus efficace dépend des
circonstances locales. Lorsque des réglementations nationales existent, il peut y avoir
des listes obligatoires et prédéfinies de mesures de maîtrise des risques à appliquer.
De plus, l’adéquation d’une mesure de maîtrise particulière doit être justifiée par
l’évaluation des risques ; par exemple, une procédure identifiée comme ayant une
forte probabilité d’exposition, car elle inclut des actes générant des aérosols exigera
des mesures de maîtrise des risques qui réduisent la formation d’aérosols et/ou
permettent de capturer ces derniers. L’efficacité de la mesure de maîtrise des risques,
ou sa capacité à réduire le risque résiduel, doit être déterminée en tenant compte
des ressources disponibles (pour l’achat, l’installation et l’entretien de la mesure de
maîtrise), de la compétence du personnel et de la faisabilité de sa mise en œuvre.
Les sous-sections suivantes passent en revue chacun des éléments essentiels
du fonctionnement du laboratoire qui sont décrits dans la Section 3 : Exigences
fondamentales. Elles décrivent des procédures, des caractéristiques, des mesures
de maîtrise des risques, des équipements et des considérations supplémentaires
qui sont susceptibles d’être nécessaires dans ces domaines, au-delà des exigences
fondamentales. Il convient cependant de noter que contrairement aux exigences
fondamentales, les mesures de maîtrise des risques et les considérations pour chaque
élément peuvent ne pas s’appliquer à tous les laboratoires, et leur utilisation doit être
soigneusement sélectionnée en fonction des résultats de l’évaluation locale des risques.
4.1 Pratiques et procédures de travail opérationnelles
Indépendamment de toute mesure de maîtrise renforcée supplémentaire appliquée,
l’observation des BPPM demeure le principal fondement pour tous les travaux
effectués. Les pratiques supplémentaires suivantes peuvent cependant être envisagées,
en fonction des risques identifiés :
n des protocoles associés peuvent être développés pour limiter l’accès aux personnes
formées et/ou aux personnels spécifiés pour ce domaine ;
52 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
n des conditions spéciales peuvent être appliquées pour certains personnels en guise
de prérequis à l’entrée dans le laboratoire, comme des vaccinations spécifiques ;
n les actes de manipulation à ciel ouvert d’agents biologiques peuvent devoir être
effectués en utilisant un dispositif de confinement primaire tel qu’une ESB, et/ou une
protection respiratoire peut devoir être utilisée.
4.2 Compétences et formation du personnel
Une formation supplémentaire sera requise pour toutes les procédures ainsi que tous
les agents biologiques, systèmes ou équipements qui nécessitent des mesures de
maîtrise renforcées.
Cette formation doit inclure les compétences requises dans les protocoles connexes
(y compris les tâches de maintenance, le cas échéant) et les opérations d’urgence en
cas d’incident ou d’échec de la mesure de maîtrise.
Il est recommandé d’observer une période prescrite de mentorat lors de l’application
de la mesure de maîtrise renforcée et de ses procédures associées, jusqu’à ce que le
personnel soit considéré comme compétent.
Le niveau de compétence dans les procédures en question doit être évalué et documenté
avant le début des travaux non supervisés. Ces compétences doivent être régulièrement
contrôlées pour veiller à observer en permanence les meilleures pratiques.
4.3 Conception et aménagement des installations
Dans certains cas, le laboratoire devra intégrer des mesures de maîtrise renforcées
supplémentaires (mesures d’ingénierie) et/ou être conçu de manière à permettre
l’incorporation de ces mesures renforcées et à faciliter leur application et leurs
protocoles connexes. Les mesures renforcées associées à la conception d’une installation
peuvent inclure les éléments ci-dessous, selon les résultats de l’évaluation des risques.
n Séparation physique entre les salles et locaux du laboratoire et les zones ouvertes
à la circulation (sans restriction) à l’intérieur du bâtiment, réduisant ainsi le risque
d’exposition des personnes qui circulent et qui ne sont pas directement impliquées
dans les travaux.
n Séparation physique entre le laboratoire et le bâtiment environnant, qui peut être
réalisée à l’aide d’une antichambre ou en situant le laboratoire au bout d’un couloir.
Dans certains cas, un bâtiment séparé fera partie de mesures de maîtrise renforcées.
n Fermeture et étanchéité des fenêtres.
SECTION 4 MESURES DE MAÎTRISE RENFORCÉES 53
n Lorsque la désinfection gazeuse est choisie comme mesure de maîtrise renforcée
pour la décontamination et la gestion des déchets, l’étanchéité à l’air des salles et
zones du laboratoire devra être optimisée. Ceci est réalisé en assurant l’étanchéité
des surfaces et/ou des voies d’entrée et de sortie du laboratoire pour empêcher
toutes fuites de gaz dangereux.
n Configuration des flux d’air d’évacuation du laboratoire afin que la décharge réduise
la probabilité d’exposition des personnes, des animaux et/ou de l’environnement
extérieur à l’air évacué, par exemple en éloignant toute décharge des bouches
d’admission d’air. En outre, ou à défaut, l’air évacué peut être filtré avant d’être
évacué.
n Aménagement d’un espace pour le traitement sur site des déchets de laboratoire,
ou fourniture d’un lieu de stockage sécurisé dédié pour les déchets jusqu’à ce qu’ils
puissent être transportés hors site en vue de leur décontamination.
Des critères de conception supplémentaires peuvent être nécessaires pour les
installations de laboratoire afin d’incorporer des mesures de maîtrise des risques
visant à assurer la sûreté biologique. Ces types de mesures sont décrits plus en détail
dans la monographie Conception et maintenance des laboratoires (21).
4.4 Réception et conservation des échantillons
Les mesures de maîtrise renforcées susceptibles d’être requises dans le cadre de la
réception et la conservation des échantillons comprennent :
n l’ouverture des échantillons (conteneurs de transfert ou de transport) à l’intérieur
d’un dispositif de confinement primaire et/ou en portant des EPI supplémentaires ;
n l’application de protocoles plus stricts pour limiter l’accès aux zones de conservation ;
et
n l’élaboration de dispositifs internes additionnels pour le transfert et le transport.
4.5 Décontamination et gestion des déchets
Les déchets provenant de procédures pour lesquelles des mesures de maîtrise
renforcées sont en place doivent de préférence être décontaminés sur place, ou à
proximité du laboratoire, afin de réduire le plus possible le risque d’exposition ou de
libération pendant leur transport.
Lorsque la décontamination sur place n’est pas possible, les déchets solides
doivent être convenablement emballés, entreposés (si nécessaire) et transférés dès
54 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
que possible vers une autre installation dotée de capacités de décontamination
appropriées. Les déchets infectieux doivent d’abord se conformer à toute
réglementation de transport applicable s’ils doivent être retirés du laboratoire en vue
de leur décontamination et leur élimination. Il faut envisager de les transporter dans
des conteneurs hermétiquement fermés et résistants aux fuites.
La monographie Décontamination et gestion des déchets (22) fournit des informations
détaillées sur la gestion des déchets. Pour obtenir plus d’informations sur le transport
des matières infectieuses, se reporter à la Section 6 : Transfert et transport.
4.6 Équipement de protection individuelle (EPI)
Les mesures de maîtrise renforcées peuvent inclure des EPI spécialisés et/ou des
protocoles spécialisés avec les EPI désignés dans les exigences fondamentales dans le
but de réduire davantage les risques identifiés.
4.6.1 Blouses et vêtements de laboratoire
Les exigences fondamentales comprennent le port de blouses de laboratoire, mais il
convient d’envisager les équipements supplémentaires suivants :
n Une blouse de laboratoire avec des pans qui se chevauchent sur le devant peut être
portée pour offrir une protection supplémentaire contre les éclaboussures et les
déversements.
n D’autres vêtements de protection tels que sarraus, tenues de bloc opératoire ou
combinaisons, peuvent aussi être utilisés.
n De plus, un tablier et/ou une blouse de laboratoire résistants aux liquides et
des manchons jetables peuvent être portés pour les procédures où le risque
d’éclaboussures importantes ne peut être écarté.
n Les articles réutilisables peuvent subir une procédure de décontamination
appropriée (comme un autoclavage) avant le blanchissage.
n Une tenue de bloc opératoire ou d’autres vêtements de protection de laboratoire
dédiés peuvent être portés pour éviter toute contamination des vêtements de ville.
4.6.2 Chaussures
Il peut s’avérer nécessaire de changer de chaussures et/ou d’enfiler des couvre-
chaussures avant d’entrer dans le laboratoire si une contamination croisée est à éviter.
SECTION 4 MESURES DE MAÎTRISE RENFORCÉES 55
4.6.3 Gants
Des gants supplémentaires peuvent être nécessaires pour certaines activités :
p. ex., double gantage, gants isolants pour manipuler des articles très chauds/
froids, gants anti-morsures si l’on travaille avec des animaux ou gants résistants aux
produits chimiques pour manipuler certains produits dangereux. Cela peut inclure
l’expérimentation animale ou les travaux avec des déchets liquides concentrés, ou
lorsqu’un processus de décontamination en deux étapes est utilisé.
Une gamme appropriée de tailles doit être disponible pour assurer l’ajustement
correct de toutes les couches. Il est important de noter que le port de plusieurs couches
de gants peut réduire la dextérité, augmentant ainsi potentiellement la probabilité
d’exposition suite à des erreurs de manipulation des échantillons. Cela doit être pris en
compte lors du processus d’évaluation des risques et intégré à la formation.
4.6.4 Protection oculaire
Une protection oculaire est requise dans les mêmes circonstances que celles décrites
dans les exigences fondamentales. Ces types de protection doivent cependant être
compatibles avec toute protection respiratoire, le cas échéant.
4.6.5 Protection respiratoire
L’équipement de protection respiratoire est une forme d’EPI conçue pour protéger le
porteur contre l’inhalation de particules contenant des agents biologiques et/ou d’autres
dangers respiratoires susceptibles d’être présents dans l’air ambiant. Ce type d’EPI est
une bonne option pour protéger les personnels contre les aérosols, ou peut être utilisé
en supplément lorsque les travaux sont effectués dans une ESB. Cependant, cela ne doit
être fait qu’en tenant compte des risques présents, car cet équipement ne protège que le
porteur. D’autres mesures peuvent donc être nécessaires pour assurer la protection des
autres personnels du laboratoire et/ou de l’environnement contre toute exposition.
Différents types et classes d’équipements de protection respiratoire sont disponibles et
leur choix dépend des travaux effectués et des personnels pouvant être amenés à les
porter (voir les sous-sections ci-dessous). Il est important de sélectionner avec grand
soin l’équipement de protection respiratoire en fonction des résultats d’une évaluation
des risques. Afin d’assurer son adéquation et son utilisation correcte, il ne doit être
utilisé que par un personnel qualifié. Il faut tenir compte des facteurs suivants lors de
l’utilisation d’un équipement de protection respiratoire :
n Le niveau de protection assuré doit être adapté aux risques identifiés et réduire
adéquatement l’exposition (en filtrant les particules infectieuses) au niveau requis
pour protéger la santé du porteur.
56 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
n L’opérateur doit pouvoir travailler sans restriction et sans risques supplémentaires
tout en portant l’équipement de protection respiratoire.
n Il doit être porté correctement et conformément aux instructions du fabricant.
n Il doit s’adapter et convenir à la personne qui le porte, ce qui peut nécessiter l’achat
de différents types et marques d’équipements de protection respiratoire pour
différents personnels et/ou procédures au sein du laboratoire.
n Lorsqu’un équipement de protection respiratoire réutilisable est utilisé, celui-ci
doit être décontaminé de manière appropriée après utilisation, et correctement
entreposé et entretenu.
n Il doit parfaire tout autre EPI qui est porté par un opérateur ; ceci est
particulièrement important lorsqu’il s’agit d’une protection oculaire.
Masques de protection respiratoire
Les masques et appareils de protection respiratoires (respirateurs) sont des dispositifs
filtrants qui éliminent les contaminants de l’air respiré. Il est important de noter que
pour assurer une protection contre les agents biologiques aérosolisés, un respirateur
doit avoir un filtre à particules ; les respirateurs avec filtres à gaz ne protègent pas
nécessairement contre ces agents.
Différents respirateurs offrent différents niveaux de protection. Le facteur de
protection attribué est un nombre qui indique le niveau de protection fourni par le
respirateur. Par exemple, un respirateur avec un facteur de protection de 10 réduira de
10 fois au moins l’exposition du porteur s’il est utilisé correctement.
Le facteur attribué dépend du type de respirateur, de l’efficacité du matériau filtrant et
de son ajustement sur le visage du porteur. Il peut différer d’un pays à l’autre selon les
essais auxquels le produit est soumis.
L’essai d’ajustement est une méthode permettant de vérifier qu’un masque est bien
adapté au visage du porteur ; ce test est à réaliser lorsque cela est possible, vu que
l’efficacité de nombreux respirateurs dépend directement du degré d’étanchéité du
masque lorsqu’il est en place sur le visage du porteur. Les essais d’ajustement peuvent
comprendre un contrôle de l’étanchéité au niveau du visage du porteur, qui peut être
quantitatif (on utilisera alors un compteur de particules) ou qualitatif (en effectuant
des pulvérisations de produits chimiques amers et sucrés). Ils permettent aussi
d’identifier les masques inadaptés qui ne doivent pas être utilisés.
Si le respirateur n’est pas correctement ajusté, il ne fournira pas le niveau de
protection requis. Les respirateurs doivent être contrôlés régulièrement pour s’assurer
que leur utilisation répétée n’a pas altéré l’ajustement au visage en raison d’une
SECTION 4 MESURES DE MAÎTRISE RENFORCÉES 57
déformation du masque et/ou d’une obstruction des filtres. Ils ne fourniront une
protection efficace que si l’opérateur ne porte pas de bijoux dans la zone du joint
facial. D’autres conceptions d’équipements de protection respiratoire, qui ne reposent
pas sur un joint facial, sont également disponibles ; celles-ci nécessitent cependant
l’utilisation d’un système d’alimentation en air afin de fournir une pression positive,
et seront plus coûteuses à acheter et à entretenir. La monographie Équipement de
protection individuelle (20) donne plus d’informations sur les essais d’ajustement.
Masques chirurgicaux
L’objectif principal du masque chirurgical est de protéger les patients et les zones
cliniques des agents biologiques qui sont présents dans le nez et la bouche de la
personne portant le masque. Lorsqu’il s’agit de protéger le porteur, ces masques
offrent une protection limitée contre les éclaboussures et les gouttelettes. À ce titre,
les masques chirurgicaux ne sont pas classés comme équipements de protection
respiratoire. L’utilisation d’un équipement de protection respiratoire approprié doit
être envisagée si l’évaluation des risques l’exige.
La monographie Équipement de protection individuelle (20) contient de plus amples
informations sur les respirateurs et autres formes d’équipements de protection respiratoire.
4.7 Appareils et équipements de laboratoire
Des mesures particulières peuvent devoir être prises pour l’équipement utilisé dans le
cadre de travaux impliquant un niveau de risque plus élevé, par exemple :
n ajouter des accessoires de confinement supplémentaires aux équipements actuels,
tels que des godets ou nacelles de sécurité ou des rotors de confinement dans les
centrifugeuses ;
n réserver l’équipement actuel uniquement aux tâches posant un risque plus élevé afin
d’éviter toute contamination croisée ; et
n utiliser des équipements de sécurité supplémentaires dédiés pour protéger le
personnel contre les aérosols infectieux.
L’équipement le plus couramment utilisé pour maîtriser un risque d’aérosolisation plus
élevé est un dispositif de confinement primaire, tel qu’une ESB. Ce dispositif réduit non
seulement l’exposition aux aérosols, mais peut également agir pour isoler les travaux
ou équipements générateurs d’aérosols avec un risque plus élevé des autres zones du
laboratoire.
Il existe plusieurs types d’ESB. Il existe aussi d’autres conceptions non normalisées pour
les dispositifs de confinement primaire qui sont utilisées pour un certain nombre de
58 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
raisons, notamment leur coût, leur portabilité et la nécessité d’une configuration sur
mesure. Le Tableau 4.1 donne un aperçu de certains des types courants de dispositifs
de confinement primaire. La monographie Enceintes de sécurité biologique et autres
dispositifs de confinement primaire (19) donne plus d’informations sur les types, les
fonctions et les utilisations des ESB et autres équipements de confinement.
4.8 Intervention en cas d’urgence/d’incident
Il peut être nécessaire d’envisager les mesures ci-dessous lorsque le risque d’incident
ou d’exposition à des agents biologiques est plus élevé :
n Planification des protocoles postexposition prophylactiques ou thérapeutiques
pouvant être nécessaires.
n Installation d’une douche de sécurité ; bien qu’il s’agisse principalement de traiter
l’exposition aux risques chimiques, celle-ci peut faciliter la désinfection du personnel
susceptible d’avoir été exposé à un agent biologique en grande quantité, par
exemple lors de la manipulation d’animaux.
n Supervision des travaux de laboratoire effectués en dehors des heures ouvrables.
On peut par exemple utiliser un système de surveillance mutuelle ou des dispositifs
spéciaux conçus pour alerter des personnels spécifiés (comme le personnel de
sécurité) s’ils détectent que l’opérateur est tombé ou est immobile pendant une
durée définie.
4.9 Médecine du travail
En plus des mesures décrites dans les exigences fondamentales, les mesures de
maîtrise renforcées suivantes peuvent être nécessaires pour garantir la santé et la
sécurité des employés :
Visite médicale obligatoire pour tout le personnel de laboratoire travaillant avec des
mesures de maîtrise renforcées afin de déterminer que le contexte professionnel
de pose aucun risque pour leur état de santé. Cette évaluation devra comporter
une anamnèse à la recherche des antécédents médicaux et un examen physique
destiné à vérifier si la personne est médicalement apte à exercer ce type d’activité
professionnelle.
n Fourniture par le médecin d’une carte médicale indiquant le nom de la personne
médicalement autorisée à contacter en cas d’urgence, en cas de maladie soudaine
en dehors des heures ouvrables.
SECTION 4 MESURES DE MAÎTRISE RENFORCÉES 59
Tableau 4.1 Types et caractéristiques des dispositifs de confinement primaire
TYPE DE DISPOSITIF DE PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES
CONFINEMENT PRIMAIRE
ESB de classe I Enceintes à ouverture frontale avec un flux d’air entrant,
conçues pour protéger l’opérateur et l’environnement des
aérosols infectieux générés.
La conception simple du flux d’air assure des performances
ininterrompues dans la plupart des situations de laboratoire.
Si les caractéristiques spécifient des débits d’entrée plus
élevés, elles peuvent être plus efficaces que d’autres types
d’ESB dans certaines circonstances.
L’air déchargé peut passer à travers un filtre approprié
(p. ex., un filtre HEPA) avant d’être évacué ou recyclé vers
le laboratoire.
ESB de classe II Il existe plusieurs ESB de classe II, chacune ayant des
dispositions et/ou mécanismes de flux d’air légèrement
différents. La monographie Enceintes de sécurité biologique
et autres dispositifs de confinement primaire offre un bref
aperçu de ces appareils.
L’une des ESB les plus couramment utilisées dans les
laboratoires est l’enceinte de classe II, type A2 ou un type
normalisé européen équivalent (CEN 12469). Ces enceintes
à ouverture frontale ont une configuration de flux d’air
complexe, qui mélange l’air entrant avec l’air descendant
filtré à l’intérieur. Cela protège le matériel situé sur le
plan de travail, comme les cultures cellulaires, en plus des
utilisateurs et de l’environnement.
Le flux d’air complexe des ESB de classe II signifie que
l’efficacité est aisément affectée par des facteurs tels que le
positionnement de l’enceinte, la ventilation et les différences
de pression de la salle. Pour cette raison, les ESB de classe I
peuvent constituer un choix plus durable en raison de leur
conception plus simple et de la robustesse du degré de
protection assuré à l’opérateur, lorsque la protection du
produit manipulé n’est pas une considération majeure.
L’air de l’espace de travail passe à travers un filtre adéquat
avant d’être évacué. Cet air peut être recyclé vers la salle,
évacué vers l’extérieur du bâtiment par un manchon à hotte
raccordé à une conduite dédiée, ou évacué par l’évacuation
du système de chauffage, de ventilation et de climatisation
du bâtiment.
ESB = enceinte de sécurité biologique ; HEPA = filtre à air à très haute efficacité
60 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 4.1 Types et caractéristiques des dispositifs de confinement primaire (suite)
TYPE DE DISPOSITIF DE PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES
CONFINEMENT PRIMAIRE
ESB de classe III Les ESB de classe III n’ont pas d’ouverture frontale et
assurent une séparation complète entre le matériel
manipulé et l’opérateur, le laboratoire et l’environnement.
Pour accéder au plan de travail, on utilise des gants en
caoutchouc très résistant fixés à des orifices frontaux.
Les enceintes de classe III sont étanches à l’air et l’air
admis comme l’air évacué est filtré (à travers un filtre HEPA
ou équivalent ; un taux élevé de renouvellement de l’air est
maintenu dans l’enceinte à tout moment. Le flux d’air est
assuré par un circuit d’évacuation spécial situé à l’extérieur
de l’enceinte, qui en maintient l’intérieur en dépression par
rapport à l’environnement du laboratoire.
Des fonctionnalités supplémentaires, comme des sas de
passage, des cuves de désinfection ou des autoclaves,
peuvent être utilisées pour mettre le matériel en place
dans l’enceinte et/ou pour décontaminer ce matériel avant
qu’il ne quitte l’enceinte.
Isolateurs L’isolateur à dépression en film souple est un dispositif
de confinement primaire autonome qui assure une
protection élevée contre le matériel biologique dangereux.
La flexibilité et la conception personnalisée de ce type
d’appareil en font une solution sur mesure idéale. Ils
sont souvent utilisés pour héberger les animaux infectés.
Les systèmes isolateurs à parois solides sont également
largement utilisés, bien qu’ils soient davantage affectés
par les changements de pression.
L’espace de travail est entièrement enfermé à l’intérieur
d’une enveloppe transparente montée sur un cadre. On y
accède depuis l’extérieur par des gants intégrés de type
manchon ou par un demi-scaphandre interne. La pression
à l’intérieur de l’isolateur est maintenue à une valeur
inférieure à celle de la pression atmosphérique.
L’admission de l’air se fait à travers un filtre, et son
extraction à travers un ou deux filtres, ce qui évite d’avoir à
installer une gaine pour l’évacuer à l’extérieur du bâtiment.
Des moniteurs de pression efficaces sont de rigueur pour
garantir le bon fonctionnement. On peut aussi utiliser des
sas de passage, des cuves de désinfection ou des portes de
transfert rapide pour introduire, enlever et décontaminer le
matériel de travail.
Dispositif de ventilation à la Pour certaines opérations, un poste de travail
source adéquatement ventilé suffit pour contrôler les aérosols
pouvant être générés lors d’un acte de laboratoire. Cela
peut être obtenu en raccordant un boîtier à ouverture
frontale à un filtre HEPA qui est fixé à un ventilateur pour
fournir un flux d’air interne. Cependant, à moins que
cette configuration ne soit spécifiquement conçue pour
assurer le confinement biologique, son efficacité peut être
inférieure à celle d’une ESB.
ESB = enceinte de sécurité biologique ; HEPA = filtre à air à très haute efficacité
61
MESURES DE CONFINEMENT
SECTION
5 À HAUTE SÉCURITÉ
La plupart des travaux de laboratoire seront entrepris dans le respect des exigences
fondamentales ou en utilisant des mesures de maîtrise renforcées. Cependant, dans
des circonstances exceptionnelles, l’évaluation des risques peut nécessiter l’utilisation
d’une installation qui utilise des mesures de confinement à haute sécurité dans le
but de maîtriser un niveau de risque très élevé pour le personnel et la communauté.
Une telle installation ne sera requise que lorsque des agents biologiques ayant les
conséquences les plus néfastes sont utilisés dans le cadre de travaux présentant une
forte probabilité d’exposition. Cela inclut les travaux avec des agents biologiques
présentant un risque grave pour la santé du personnel ou de la communauté en cas
de libération, tels que les agents hautement transmissibles provoquant des maladies
pour lesquelles des contre-mesures ne sont pas disponibles, ou les agents dont le
potentiel pandémique est démontré.
Les laboratoires utilisant des mesures de confinement à haute sécurité, qui ont été
précédemment décrits comme des laboratoires de confinement à niveau de sécurité
biologique 4 (NSB4/P4) (3), sont ceux qui offrent le plus haut niveau de protection
au personnel, à la communauté et à l’environnement. Il existe peu de laboratoires
de ce type dans le monde, car ils sont très coûteux à construire, à exploiter et à
entretenir et ne sont pas nécessaires pour la plupart des travaux. Habituellement, ces
laboratoires doivent se conformer à une législation et à des directives nationales très
détaillées, avant même d’être autorisés à fonctionner, et ils peuvent être régulièrement
soumis à de nombreuses inspections réglementaires. Cette section ne donne qu’une
brève description de ces installations. Pour obtenir plus d’informations, consulter la
monographie Conception et maintenance des laboratoires (21). Il est difficile de cerner
la grande complexité et la variabilité de ces laboratoires dans un seul document
d’orientation ; il convient donc de consulter les documents d’orientation nationaux
pertinents.
Deux conceptions de laboratoire peuvent servir pour les installations devant appliquer
des mesures de confinement à haute sécurité. La première est une installation
comportant une série d’enceintes : tous les travaux sont effectués dans un système
clos comportant plusieurs ESB de classe III au sein d’un laboratoire en dépression. La
seconde est une installation où les opérateurs portent des combinaisons étanches
intégrales pressurisées et effectuent les travaux dans des ESB à ouverture frontale,
également au sein d’un laboratoire en dépression.
62 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
5.1 Pratiques et procédures de travail opérationnelles
Les pratiques et procédures décrites dans les exigences fondamentales et/ou les mesures
de maîtrise renforcées doivent également être appliquées dans le cadre des mesures de
confinement à haute sécurité, avec les exigences supplémentaires suivantes :
n Le personnel doit changer complètement de vêtements et de chaussures avant de
pénétrer dans les locaux du laboratoire et avant d’en sortir.
n Le personnel doit s’entraîner à la conduite à tenir pour l’évacuation d’urgence de
personnes blessées ou prises de malaise.
n Personne ne doit travailler seul dans le laboratoire.
n Il faut mettre au point un système de communication entre les membres du personnel
qui travaillent dans un laboratoire de confinement à haute sécurité et le personnel
auxiliaire extérieur, que ce soit pour les contacts habituels ou en situation d’urgence.
n Une méthode doit être mise en œuvre pour contrôler visuellement et consigner les
activités du personnel travaillant à l’intérieur du laboratoire.
5.2 Compétences et formation du personnel
En raison du niveau de risque initial associé aux travaux avec des agents biologiques
ayant des conséquences graves dans une telle installation, seuls les personnels
hautement qualifiés et spécialisés doivent être autorisés à travailler avec des mesures
de confinement à haute sécurité. Ceux-ci doivent disposer d’un niveau approprié
d’expérience en laboratoire, et un programme de formation préalable spécialisé
et approfondi doit être en place. Tout nouveau personnel doit être étroitement
supervisé et encadré jusqu’à ce qu’il soit considéré comme suffisamment compétent,
et le personnel existant doit être jugé suffisamment compétent en ce qui concerne
les nouveaux processus et protocoles. La formation doit inclure les protocoles
d’intervention en cas d’urgence (basés sur des scénarios) et une formation de
recyclage périodique.
5.3 Conception et aménagement des installations
Les caractéristiques de conception d’un laboratoire utilisant des mesures de confinement
à haute sécurité comprennent un système de confinement primaire efficace (Tableau 5.1),
des caractéristiques spécifiques d’entrée et d’accès des personnels (Tableau 5.2) et
un système dédié de chauffage, de ventilation et de climatisation (Tableau 5.3) ; les
éléments mis en œuvre dépendent de l’évaluation des risques.
Il est également recommandé qu’un laboratoire de confinement à haute sécurité soit
situé dans un bâtiment séparé ou tout au moins dans une zone clairement délimitée
au sein d’un bâtiment sécurisé.
SECTION 5 MESURES DE CONFINEMENT À HAUTE SÉCURITÉ 63
Tableau 5.1 Configurations de confinement primaire pour les laboratoires de
confinement à haute sécurité
LABORATOIRE AVEC ENCEINTES LABORATOIRE POUR TRAVAUX EN
DE CLASSE III OU ISOLATEURS À COMBINAISON PRESSURISÉE
DÉPRESSION
Il s’agit ici d’un système de barrière Cette configuration nécessite plusieurs
complètement clos fonctionnant sous combinaisons intégrales pressurisées
pression négative, qui isole le matériel raccordées à une alimentation en air
biologique de l’environnement du respirable, qui forment une barrière entre
laboratoire. l’opérateur et le matériel biologique.
Les enceintes ou isolateurs sont équipés de Le travail est effectué dans des ESB
filtres pour l’air admis et évacué, de points de classe I ou II. Des dispositifs de
d’entrée comme un autoclave à double confinement primaire peuvent être utilisés
porte, de chambres de fumigation et/ou pour les petits animaux ; cependant, si
de cuves de désinfection. cela n’est pas possible (p. ex., animaux
La monographie Enceintes de sécurité de grande taille), le laboratoire devient le
biologique et autres dispositifs de confinement primaire.
confinement primaire donne plus Pour obtenir plus d’informations,
d’informations sur ces configurations. consulter la monographie Conception et
maintenance des laboratoires (21).
Le laboratoire doit être en mesure d’effectuer une décontamination gazeuse (p. ex., par
fumigation) afin de permettre l’entretien et la maintenance réguliers du laboratoire et de
tous les équipements spécialisés.
ESB = enceinte de sécurité biologique
Tableau 5.2 Entrée et accès pour les laboratoires de confinement à haute sécurité
LABORATOIRE AVEC ENCEINTES LABORATOIRE POUR TRAVAUX EN
DE CLASSE III OU ISOLATEURS À COMBINAISON PRESSURISÉE
DÉPRESSION
En entrant dans une installation munie Tous les vêtements de ville doivent être
d’enceintes, le personnel doit retirer enlevés avant de mettre les vêtements
tous les vêtements de ville et mettre des de laboratoire spéciaux (tenue de bloc
vêtements de laboratoire spéciaux (p. ex., opératoire) et la combinaison intégrale
tenue de bloc opératoire, combinaison pressurisée.
simple), ainsi qu’un EPI dédié. L’opérateur entre généralement dans le
laboratoire par une cabine de douche
chimique, qui servira à décontaminer la
combinaison de l’opérateur à sa sortie.
L’entrée et la sortie du personnel et des fournitures doivent se faire à travers un sas ou un
autre dispositif équivalent. Des points d’entrée (p. ex., cuves de désinfection contenant un
désinfectant validé, sas de passage à verrouillage asservi et système de désinfection, ou
chambres de fumigation) doivent être fournis pour le transfert d’échantillons, de matériel
ou d’animaux dans ou hors du laboratoire de confinement primaire. Le personnel doit se
doucher avant de remettre ses vêtements et quitter les locaux.
EPI = équipement de protection individuelle
64 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 5.3 Dispositions de chauffage, de ventilation et de climatisation dans les
laboratoires avec des mesures de confinement maximales
LABORATOIRE AVEC ENCEINTES LABORATOIRE POUR TRAVAUX EN
DE CLASSE III OU ISOLATEURS À COMBINAISON PRESSURISÉE
DÉPRESSION
Des systèmes spéciaux d’alimentation Des systèmes spéciaux d’alimentation et
et d’évacuation de l’air doivent être en d’évacuation de l’air doivent être en place et
place et surveillés en permanence par surveillés en permanence par un système de
un système de gestion du bâtiment ou gestion du bâtiment ou équivalent.
équivalent. Les systèmes de ventilation doivent être
L’alimentation en air du laboratoire conçus
(y compris les ESB de classe III ou les pour maintenir des différentiels de pression
isolateurs à dépression) doit être conçue contrôlés. Des contrôles appropriés doivent
pour empêcher la libération d’agents être mis en place pour empêcher toute
biologiques en raison d’un reflux d’air surpression à l’intérieur du laboratoire
potentiel. et s’assurer que l’installation reste en
L’air évacué de l’ESB de classe III ou de dépression.
l’isolateur à dépression doit passer par Les différences de pression dans le
deux filtres HEPA successifs avant d’être laboratoire lui-même et entre le laboratoire
rejeté à l’extérieur. Le second filtre et les locaux contigus doivent être surveillées
peut donc servir de secours en cas de en permanence.
défaillance du filtre primaire.
Un apport d’air propre doit être assuré
L’enceinte ou l’isolateur doit toujours être lorsqu’un opérateur porte une combinaison
en dépression par rapport à la salle. Des raccordée à l’alimentation en air.
alarmes appropriées doivent informer
Selon le système utilisé, une filtration HEPA
le personnel du laboratoire de toute
de l’air respirable peut s’avérer nécessaire et
défaillance du système.
doit être surveillée.
L’air qui est évacué de ce type de laboratoire
doit passer à travers deux filtres HEPA
successifs avant d’être rejeté à l’extérieur. Le
second filtre peut donc servir de secours en
cas de défaillance du filtre primaire.
Si nécessaire, les différentiels de pression contrôlés doivent être échelonnés de la zone la
moins contaminée à la zone la plus contaminée.
Selon l’évaluation des risques, l’air évacué peut parfois être recyclé à l’intérieur d’un
laboratoire avec enceintes ou d’un laboratoire pour travaux en combinaison pressurisée
(p. ex., s’ils ne contiennent pas d’animaux ou de produits chimiques dangereux).
Tous les filtres HEPA doivent être contrôlés et certifiés une fois par an au minimum. Les filtres
qui ne sont pas conçus pour être scannés (contrôles fonctionnels pour déterminer la présence
de fuites) doivent être remplacés à intervalles réguliers. Toutes les décisions concernant
l’intervalle à observer entre les contrôles des filtres ou leur remplacement doivent être
fondées sur une évaluation des risques et doivent être documentées dans des MON. La gaine
des filtres HEPA doit être conçue pour permettre de décontaminer un filtre in situ avant de
l’enlever. On peut aussi enlever le filtre en le plaçant dans un conteneur scellé étanche aux
gaz en vue de sa décontamination ultérieure et/ou de sa destruction par incinération.
Un groupe électrogène de secours et des lignes d’alimentation électrique dédiées doivent
être fournis pour tous les équipements de sécurité critiques (qui doivent continuer à
fonctionner pour maintenir la sécurité).
Des alarmes appropriées doivent informer le personnel du laboratoire de toute défaillance
du système de ventilation.
ESB = enceinte de sécurité biologique ; HEPA = filtre à air à très haute efficacité ; MON = mode opératoire
normalisé
SECTION 5 MESURES DE CONFINEMENT À HAUTE SÉCURITÉ 65
5.4 Réception et conservation des échantillons
Les échantillons qui quittent l’installation ou y arrivent doivent être transportés
conformément à la réglementation nationale et internationale. Dès leur réception,
ils ne doivent être ouverts et manipulés dans le laboratoire que par du personnel
spécialement formé. Les échantillons doivent être conservés en toute sécurité dans des
réfrigérateurs, des congélateurs et des installations pour l’azote liquide auxquels seul
le personnel autorisé peut accéder. Un inventaire strict des stocks et des déplacements
d’échantillons doit être tenu à jour.
5.5 Décontamination et gestion des déchets
Tous les déchets quittant le laboratoire doivent être soigneusement décontaminés
et ne présenter aucun risque infectieux. Les méthodes de désinfection et de
décontamination du matériel qui sort du laboratoire doivent être validées chaque fois
qu’elles sont utilisées pour assurer leur efficacité.
Tous les effluents qui sortent du laboratoire où sont portées des combinaisons
pressurisées, de la chambre de décontamination, de la douche de décontamination
ou d’une série d’enceintes ou d’isolateurs, doivent être décontaminés en utilisant
un traitement par chaleur ou chimique avant d’être définitivement éliminés. On
peut également devoir amener les effluents à un pH neutre et à une température
appropriée avant le rejet.
Il est indispensable de disposer d’un autoclave à deux portes, formant sas, dans les
locaux du laboratoire. Toutefois, d’autres méthodes de décontamination, comme
un sas de fumigation, doivent être utilisées pour traiter les équipements, appareils,
instruments ou objets divers qui ne résisteraient pas à une stérilisation à la vapeur.
Le confinement des écoulements ne doit être assuré que s’il cela est exigé par
l’évaluation des risques, comme pour une animalerie de taille importante par exemple.
La monographie Décontamination et gestion des déchets (22) donne plus
d’informations sur les meilleures pratiques de décontamination.
5.6 Équipement de protection individuelle (EPI)
Dans un laboratoire pour travaux en combinaison intégrale pressurisée, la tenue doit
être conçue pour résister à tout contact avec l’équipement, les produits chimiques
et autres matériaux utilisés, et pour permettre aux tâches et au contact avec les
animaux de se dérouler en toute sécurité. Des MON détaillés doivent être élaborés
sur l’utilisation sûre de ces types de combinaisons, et le personnel doit recevoir une
formation pratique sur leur mise en œuvre correcte.
66 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Un système de maintenance efficace doit être mis en place pour assurer le nettoyage,
la désinfection, le contrôle, le remplacement, la réparation et les essais des
combinaisons. La fréquence des essais sera déterminée par l’évaluation des risques.
Avant d’utiliser une combinaison pressurisée, des contrôles visuels et des essais de
pression doivent être effectués pour garantir qu’elle est en bon état.
5.7 Appareils et équipements de laboratoire
Un matériel dédié doit être utilisé pour les tâches à haut risque qui nécessitent des
mesures de confinement à haute sécurité. Celui-ci doit pouvoir résister à la fumigation,
ou pouvoir être emballé ou déplacé vers une zone étanche aux gaz et exempte de
fumigation au sein du laboratoire pendant la fumigation de routine de ce dernier.
L’utilisation d’OPTC doit être évitée dans la mesure du possible. Si leur utilisation est
inévitable, des MON spécifiques et détaillés doivent être élaborés et mis en œuvre,
et une formation approfondie sur l’utilisation des OPTC à l’intérieur du système de
confinement est requise.
5.8 Intervention en cas d’urgence/d’incident
En raison de la complexité des installations de confinement à haute sécurité en termes
d’ingénierie, de conception et de construction, que le laboratoire utilise des enceintes
ou des combinaisons, un manuel détaillé sera préparé et testé à l’occasion d’exercices
de formation.
Comme pour les exigences fondamentales et les mesures de maîtrise renforcées, un
programme d’urgence doit être élaboré ; il sera plus complexe pour une installation
utilisant des mesures de confinement à haute sécurité, et devra être mis au point en
collaboration active avec les autorités sanitaires nationales et locales. Il est également
souhaitable que d’autres services de secours tels que les pompiers, la police et les
services d’urgence des hôpitaux y participent.
SECTION 5 MESURES DE CONFINEMENT À HAUTE SÉCURITÉ 67
5.9 Médecine du travail
En plus des mesures de maîtrise des risques décrites dans les exigences
fondamentales et des mesures de maîtrise renforcées, un système doit être en place
pour fournir une aide 24 heures sur 24 en cas d’urgence.
Les politiques de travail doivent garantir que le nombre d’heures travaillées dans
le laboratoire au cours d’un seul quart de travail soit réduit au minimum pour éviter
toute fatigue physique et/ou mentale. Les préjudices pouvant être subis en laboratoire,
notamment les blessures percutanées comme les piqûres d’aiguilles ou les morsures
d’animaux infectés, présentent un risque élevé en raison des conséquences d’infection
ultérieure dues aux caractéristiques des agents biologiques manipulés. De tels
événements devront être signalés immédiatement et les précautions appropriées de
premiers soins et/ou prophylactiques devront être prises, le cas échéant. En fonction
de l’incident, on devra surveiller et consigner la température corporelle et l’apparition
de symptômes (p. ex., maux de tête, fièvre et malaise généralisé), pendant une
période convenue. Si la température corporelle augmente ou si des symptômes
spécifiques à une maladie sont observés, des dispositions devront être prises pour
consulter un médecin et pour transférer le personnel touché vers un établissement de
soins approprié en vue de leur isolement et d’un traitement médical adapté.
69
TRANSFERT ET
SECTION
6 TRANSPORT
Il est souvent nécessaire de transporter des échantillons, du matériel biologique ou
des déchets, dont on sait ou dont on a des raisons de penser qu’ils contiennent des
agents biologiques, entre plusieurs locaux, laboratoires ou installations. Dans certains
cas, le matériel peut devoir être transporté vers des laboratoires situés dans d’autres
villes, régions ou même pays à des fins d’analyse supplémentaire, de traitement
ou de stockage. Dans le cadre du transport, tout matériel provenant du laboratoire
et susceptible de contenir des agents biologiques est désigné comme matière
infectieuse ; il s’agit notamment de cultures, d’échantillons de patients ou d’animaux,
de parties du corps ou d’organes infectés ainsi que de certains produits biologiques
tels que des vaccins vivants atténués ou d’autres produits thérapeutiques similaires.
Les organismes génétiquement modifiés, s’ils sont capables de provoquer une
infection chez l’humain ou l’animal, entreront également dans cette catégorie.
Le transport de matières infectieuses peut être soumis à diverses réglementations
nationales et/ou internationales selon l’origine, la destination et/ou le mode de transport
utilisé. Les opérateurs indépendants impliqués dans le processus (transporteurs,
compagnies aériennes ou services logistiques) peuvent également exiger des protocoles
supplémentaires. Quelle que soit la réglementation applicable, l’objectif est toujours de
réduire la probabilité d’une exposition à la matière infectieuse et/ou d’une libération de
cette dernière dans le but de protéger le personnel, la communauté et/ou l’environnement.
Le transfert ou le transport de matières infectieuses au sein d’un laboratoire ou entre
des laboratoires doit toujours être effectué de manière à réduire le plus possible tout
risque de chute, de déversement, de collision ou d’événements similaires. Les sous-
sections suivantes donnent un aperçu des principales questions à envisager dans le
cadre de ces déplacements.
6.1 Transfert au sein du laboratoire
Le déplacement de matières infectieuses à l’intérieur du laboratoire, par exemple
d’une ESB vers un incubateur, doit être effectué conformément aux BPPM afin d’éviter
tout incident de contamination croisée et de déversement accidentel. Les mesures
supplémentaires à considérer sont les suivantes :
n Utiliser des conteneurs hermétiquement fermés, comme des tubes munis d’un
bouchon à vis. Les bouchons à clipser sont à éviter, car ils sont moins sûrs.
n Utiliser des plateaux ou des boîtiers profonds et étanches aux fuites, fabriqués à
partir d’un matériau lisse et imperméable (p. ex., en plastique ou en métal), qui
70 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
peuvent être soigneusement nettoyés et désinfectés. Les conteneurs en plastique ou
de stockage pouvant être verrouillés sont une bonne option.
n Pour les portoirs, flacons ou tubes, l’utilisation de chariots peut stabiliser le transport,
car ceux-ci sont moins susceptibles d’entraîner des déversements en cas de faux pas
ou de chute.
n Si l’on utilise des chariots, veiller à les charger de manière à ce que le matériel
ne puisse pas tomber, par exemple en le sécurisant ou en utilisant des ridelles ou
rebords surélevés.
n Veiller à ce que des kits de décontamination en cas de déversement soient
disponibles pendant les opérations de transfert et que le personnel responsable soit
formé à leur utilisation.
6.2 Transfert au sein d’un bâtiment
En plus des considérations ci-dessus, le transfert de matières infectieuses entre
différents salles, services ou laboratoires situés dans un même bâtiment doit être
planifié, organisé et réalisé de manière à minimiser le passage dans les espaces
communs et la voie publique.
Les conteneurs de transfert doivent être convenablement étiquetés pour identifier leur
contenu et les surfaces doivent être décontaminées avant de quitter le laboratoire. Les
symboles de danger biologique (31) doivent être apposés sur les conteneurs en tant
que mesure de maîtrise renforcée, si l’agent biologique manipulé est associé à une
probabilité plus élevée d’infection.
6.2.1 Tubes de transport pneumatiques
Un système de transport pneumatique (utilisant de l’air comprimé) est un réseau de
tubes conçu pour transférer des conteneurs cylindriques entre différents locaux d’un
bâtiment ou d’un centre hospitalier. Ce type de système est un moyen sûr, efficace
et rapide pour transporter des échantillons qui contiennent des matières infectieuses.
Le personnel responsable d’expédier et de recevoir les échantillons doit avoir reçu
une formation adéquate à l’utilisation du système et être avisé des risques associés.
Ces personnes doivent être capables de déterminer que l’échantillon est adapté au
transport par cette méthode, notamment en termes de taille, de poids et de forme, et
qu’il est conditionné de sorte à empêcher toute exposition aux matières infectieuses ou
libération de ces matières pendant le processus.
6.3 Transfert entre bâtiments situés sur le même site
Les considérations ci-dessous sont à noter pour les conteneurs et les couches
d’emballages externes afin de minimiser le risque de fuite lors du transfert de matières
infectieuses entre des bâtiments.
SECTION 6 TRANSFERT ET TRANSPORT 71
n Des sacs en plastique à fermeture hermétique, des tubes en plastique munis de
bouchons à vis et des conteneurs en plastique pouvant être verrouillés sont tous
adaptés au transfert de matières infectieuses entre bâtiments.
n La Figure 6.1 donne des exemples de conteneurs pouvant être utilisés pour le
confinement pendant le transport.
n Plusieurs couches d’emballage, comme cela est décrit dans la sous-section 6.4.3,
doivent être envisagées.
n Des matériaux absorbants doivent être utilisés entre les couches d’emballage pour
absorber toute matière infectieuse en cas de fuite.
n Le conteneur de transport externe doit être rigide et peut varier considérablement
selon les ressources disponibles. Une boîte en plastique ou une petite glacière en
plastique (Figure 6.1) sont de bonnes options pour ce type de transport entre les
bâtiments d’un même site, car elles sont sécurisées et faciles à décontaminer.
Figure 6.1 Conteneurs pour le transfert de matières infectieuses entre bâtiments d’un
même site
n L’emballage doit être étiqueté de manière à ce que l’expéditeur, le destinataire et le
contenu soient clairement désignés et, le cas échéant, doit comporter des symboles
de danger biologique.
n Le personnel chargé du transfert doit recevoir une formation de sensibilisation
appropriée portant les risques associés et sur la manière de les réduire en toute
sécurité.
n Des kits de décontamination en cas de déversement doivent être disponibles et le
personnel approprié doit être formé à leur utilisation.
n Les destinataires doivent être informés à l’avance du transfert.
72 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
6.4 Transport de matières infectieuses vers un site extérieur
Dans certains cas, les matières infectieuses doivent être transportées hors du site à
des fins de traitement ultérieur, de stockage ou d’élimination. Cela inclut le transport
entre plusieurs sites appartenant à la même organisation ainsi que le transport
d’une organisation à une autre. Les personnes à risque lors du transport vers un site
extérieur ne sont pas seulement les personnes responsables, mais aussi le grand public
susceptible d’être croisé en chemin. Pour cette raison, les autorités locales, nationales
et/ou internationales voudront s’assurer que les matières infectieuses sont confinées
et manipulées en toute sécurité. Différentes réglementations de transport nationales
et internationales ont été élaborées pour réglementer l’emballage, l’étiquetage, le
marquage et la documentation des matières infectieuses afin de réduire le plus
possible la probabilité d’exposition et/ou de libération au cours du transport. La
plupart des réglementations nationales sont adaptées des Recommandations relatives
au transport des marchandises dangereuses de l’ONU (32) et supervisées par des
organismes de conformité indépendants ou les autorités nationales de divers pays.
Aux fins de transport, ces réglementations classent les matières qui contiennent ou sont
susceptibles de contenir des agents biologiques comme « marchandises dangereuses »
relevant de la classe des « matières toxiques et matières infectieuses ». Les matières
infectieuses sont ensuite divisées en sous-groupes pour lesquels différentes procédures
sont stipulées, sur la base d’une évaluation des risques liés aux agents pathogènes.
D’autres réglementations peuvent également s’appliquer à l’expédition en fonction
du mode de transport utilisé, de la présence éventuelle d’autres marchandises
dangereuses, et de l’existence de réglementations nationales stipulées par le
pays d’origine et/ou le pays destinataire, notamment en rapport avec les licences
d’importation ou d’exportation, le cas échéant.
Les sous-sections suivantes fournissent une brève introduction aux réglementations,
aux classifications et aux contrôles de sécurité pouvant s’appliquer au transport de
matières infectieuses vers un site extérieur. Pour des informations plus détaillées, se
reporter aux documents de la section Bibliographie.
6.4.1 Réglementation relative au transport des matières infectieuses
La réglementation relative aux transports des matières infectieuses repose en
grande partie sur le Règlement type des Nations Unies (ONU) (32). Revue tous les
deux ans, elle doit être consultée régulièrement pour s’assurer que les protocoles
d’un laboratoire pour l’emballage, l’étiquetage, le marquage et le transport des
matières infectieuses sont conformes aux exigences en vigueur. Cependant, cette
réglementation n’étant pas destinée à remplacer les stipulations locales ou nationales,
et l’existence de variations nationales étant possible, les réglementations nationales
relatives au transport doivent toujours être consultées en premier.
Parmi les réglementations internationales pour le transport des matières infectieuses,
on citera en outre les accords modaux, qui comprennent des variations pour les
transports aériens (33,34), maritimes (35) et terrestres (36,37). S’il n’existe pas
SECTION 6 TRANSFERT ET TRANSPORT 73
d’exigences nationales, ces accords doivent être respectés. Lorsqu’il existe plusieurs
réglementations, les plus strictes doivent être appliquées. D’autres réglementations
ou exigences peuvent également s’appliquer aux matières infectieuses si celles-ci sont
transportées avec d’autres marchandises dangereuses, y compris des produits de
refroidissement tels que la neige carbonique ou l’azote liquide. Il importe de noter que
le transport international de ces matières est également soumis à la réglementation
relative à l’import-export de même qu’à d’autres accords internationaux, par exemple
les accords de transfert de matériel, le cas échéant (38).
En fin de compte, il revient au personnel chargé d’expédier la matière infectieuse
(l’expéditeur) d’assurer leur connaissance approfondie des réglementations et/ou
des variantes applicables à l’expédition et de s’y conformer. Les expéditeurs doivent
consulter les autorités compétentes pour déterminer s’ils peuvent se conformer aux
exigences en question avant de commencer le processus d’expédition.
Tout le personnel qui participe à une étape quelconque du transport de marchandises
dangereuses, y compris de matières infectieuses, doit avoir reçu une formation sur les
réglementations applicables relevant d’un niveau de compétence qui correspond à
leurs responsabilités professionnelles.
Cela peut inclure une formation générale de familiarisation et de sensibilisation,
une formation fonctionnelle sur l’emballage, l’étiquetage et la documentation, et
une formation à la sécurité, comprenant notamment les meilleures pratiques pour
manipuler sans incident les marchandises dangereuses, ainsi que des informations
sur les interventions en cas d’urgence/incident. Pour certains types de matières
infectieuses, une certification formelle peut être requise par la loi, prouvant la
compétence du personnel dans ces domaines.
6.4.2 Classification des matières infectieuses
À des fins de transport, les matières infectieuses (cultures, échantillons humains
ou animaux, produits biologiques tels que vaccins vivants atténués, organismes
génétiquement modifiés infectieux ou déchets médicaux/cliniques) peuvent être
subdivisées selon les classifications suivantes en fonction de la pathogénicité de
l’agent biologique qu’elles contiennent (ou sont suspectées de contenir) : catégorie
A, catégorie B et échantillons d’origine humaine/animale exemptés. Chaque
classification se voit attribuer des identifiants qui incluent une désignation officielle de
transport et/ou un numéro ONU unique à quatre chiffres (32), qui peuvent être utilisés
pour identifier clairement la composition de la matière et le degré de danger de
l’agent biologique, et indiquer les exigences de transport spécifiques à appliquer.
Une brève introduction aux classifications des matières infectieuses et un résumé des
mesures physiques et procédurales de maîtrise des risques qui peuvent s’appliquer
figurent ci-dessous. La Figure 6.2 présente également un organigramme qui
résume les différentes classifications et leurs caractéristiques. Des informations plus
spécifiques sur les exigences relatives au transport peuvent être trouvées dans le guide
pratique l’OMS sur le transport des matières infectieuses (39) ; on peut aussi consulter
les réglementations et accords applicables, selon les modalités de transport.
74 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
La matière relève-telle de l’une
des classes suivantes ?
• Stérile (exempte d’agents biologiques)
• Neutralisée/inactivée Exemptions
• Échantillons environnementaux La matière n’est soumise à aucune
(p. ex., aliments ou eau) réglementation relative au transport
(à moins d’être transportée avec d’autres
• Produit destiné à la transplantation/ marchandises dangereuses)
transfusion
• Goutte de sang séché
• Produit biologique réglementé
Est-ce une matière dont on sait, ou dont on Matières infectieuses de catégorie A
a des raisons de penser qu’elle contient des
agents biologiques pouvant provoquer N° ONU 2814 – Matières infectieuses
une invalidité grave ou une maladie pour l’homme
potentiellement mortelle ou mortelle chez OU N° ONU 2900 – Matières infectieuses
l’homme ou l’animal y ayant été exposés ? pour les animaux uniquement
Échantillons d’origine humaine/animale
Est-ce une matière ne présentant qu’un exemptés
risque minimal de contenir des agents
biologiques, ou contenant des agents Utiliser le système de base du triple
biologiques peu susceptibles de provoquer emballage.
une maladie chez l’homme ou l’animal y OU N° ONU 3245 – Micro-organismes
ayant été exposés ? génétiquement modifiés ou organismes
génétiquement modifiés
Matière infectieuse de catégorie B
N° ONU 3373 – Matière biologique,
Catégorie B
N° ONU 3291 – Déchet biomédical, n.s.a.
OU Déchet d’hôpital, non spécifié, n.s.a.
OU Déchet médical, n.s.a.
OU Déchet médical réglementé, n.s.a.
Figure 6.2 Classification des matières infectieuses pour le transport
SECTION 6 TRANSFERT ET TRANSPORT 75
Matières infectieuses de catégorie A et B
Les matières infectieuses affectées aux catégories A et B sont les deux classes les plus
importantes utilisées lors du transport d’agents biologiques (ou de matériel contenant
des agents biologiques) vers un site extérieur au laboratoire. La principale différence
entre ces deux classifications concerne les conséquences (gravité des issues) d’une
infection par l’agent biologique transporté si un incident survenait pendant le transport.
Une matière infectieuse est affectée à la catégorie A si l’on sait, ou si l’on a des raisons
de penser qu’elle contient des agents biologiques pouvant provoquer une invalidité
permanente, ou une maladie mortelle ou potentiellement mortelle, chez l’homme
ou l’animal jusque-là en bonne santé. Aux fins du transport, ces matières posent le
plus haut risque de sécurité et de sûreté biologiques, et sont donc soumises au plus
grand nombre de mesures de maîtrise, notamment un emballage réglementé dans
une configuration à trois couches, des critères d’étiquetage stricts et des processus
de documentation détaillés. Toutes les personnes impliquées dans l’expédition de
matières infectieuses de catégorie A doivent être formellement certifiées par l’autorité
appropriée déterminée par la réglementation en vigueur.
Une liste indicative des agents biologiques inclus dans la catégorie A peut être
consultée dans les règlements pertinents relatifs au transport des matières infectieuses
(32-37), et dans le guide pratique de l’OMS à ce sujet (39).
La liste indicative des agents biologiques n’est cependant pas exhaustive et n’inclut
pas les agents pathogènes nouveaux ou émergents dont les propriétés sont inconnues.
Dans ce cas, la classification doit s’appuyer sur les preuves cliniques disponibles, les
conditions d’endémie locales, la source de la matière infectieuse et un jugement
médical éclairé. S’il existe un doute quelconque quant à la classification d’une matière
infectieuse dans la catégorie A, il convient par prudence de l’affecter néanmoins à
cette catégorie aux fins de transport.
Les matières infectieuses de catégorie B contiennent des agents biologiques
susceptibles de provoquer une infection chez l’homme ou l’animal, mais NE répondent
PAS aux critères de la catégorie A. Ces matières sont également soumises à de strictes
réglementations, notamment un emballage à trois couches, des critères d’étiquetage
spéciaux et des processus de documentation détaillés. Celles-ci sont en général moins
strictes que pour les matières infectieuses de catégorie A, selon les réglementations
nationales applicables.
Le Tableau 6.1 présente un résumé des principales exigences pour la classification,
l’identification, l’emballage, l’étiquetage et la documentation des matières infectieuses
de catégorie A et de catégorie B dans le cadre du transport.
76 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Tableau 6.1 Catégorisation, documentation, emballage et étiquetage des matières infectieuses pour le
transport
CATÉGORIE A CATÉGORIE B
Définition Contient un agent biologique dont on sait, Contient un agent biologique capable de
ou dont on a des raisons de penser qu’il provoquer une infection chez les humains
provoque une invalidité permanente ou ou les animaux sensibles, mais qui ne
une maladie mortelle ou potentiellement répond pas aux critères d’inclusion de la
mortelle. catégorie A.
Identifiants N° ONU 2814 : Matières infectieuses de N° ONU 3291 : Déchets cliniques ou
(N° ONU et catégorie A (infectieuses pour l’homme ou médicaux de catégorie B
désignation officielle zoonotiques) N° ONU 3373 : Matières infectieuses
de transport) N° ONU 2900 : Matières infectieuses de de catégorie B (pour toutes les autres
catégorie A (infectieuses pour les animaux matières, y compris les matières d’origine
uniquement) humaine ou animale, les cultures et les
N° ONU 3549 : Déchets médicaux solides produits biologiques)
de catégorie A
Documentation Liste détaillée du contenu (placée entre les Liste détaillée du contenu (placée entre les
emballages secondaire et extérieur) emballages secondaire et extérieur)
Noms et adresses de l’expéditeur et du Noms et adresses de l’expéditeur et du
destinataire destinataire
Document de transport de marchandises Des documents supplémentaires peuvent
dangereuses (déclaration de être requis en fonction des exigences
marchandises dangereuses) modales (p. ex., lettre de transport aérien
Des documents supplémentaires peuvent le cas échéant) et/ou autres exigences
être requis en fonction des exigences nationales (p. ex., permis d’importation-
modales (p. ex., lettre de transport aérien exportation)
le cas échéant) ou des réglementations
nationales (p. ex., permis d’importation-
exportation)
Emballage Triple emballage requis pour se conformer N° ONU 3291 : Emballage unique
à l’instruction d’emballage P620 de l’ONU acceptable à condition qu’il y ait
L’emballage doit porter un marquage ONU suffisamment de matériau absorbant pour
indiquant la conformité aux exigences absorber la totalité du liquide présent, que
d’essai pour l’emballage des matières l’emballage soit à l’épreuve des fuites et/
infectieuses de catégorie A ou les OPTC soient dans un emballage
résistant aux perforations
N° ONU 3373 : Triple emballage requis
(pour le transport aérien, l’emballage
secondaire ou extérieur doit être rigide) ;
doit être conforme et emballé selon
l’instruction d’emballage P650 de l’ONU
ONU = Organisation des Nations Unies
Échantillons d’origine humaine (ou animale) exemptés
Les matières provenant de patients humains ou d’animaux (échantillons cliniques),
qui présentent un risque minimal de contenir des agents biologiques infectieux, sont
des échantillons d’origine humaine (ou animale) exemptés. Cela signifie qu’ils sont
exemptés de beaucoup des critères stricts appliqués aux matières infectieuses des
SECTION 6 TRANSFERT ET TRANSPORT 77
catégories A et B, en particulier quant au marquage, Récipient primaire
à l’étiquetage et à la documentation. Les échantillons Récipient hermétique, à l’épreuve des fuites ou des
exemptés doivent néanmoins toujours être emballés pulvérulents, enveloppé dans un matériau absorbant
en utilisant plusieurs conditionnements dans un
système à trois couches : un récipient primaire, un
récipient secondaire et un emballage extérieur
suffisamment robuste compte tenu de sa contenance.
Le triple emballage des échantillons exemptés
doit être conçu à l’épreuve des fuites de liquide
contenu à l’intérieur et porter clairement la mention
« Échantillon humain exempté » ou « Échantillon
animal exempté », selon le cas. Si des échantillons
exemptés sont transportés avec d’autres matières
Emballage secondaire
qui répondent aux critères d’inclusion d’une autre
Emballage hermétique, à l’épreuve des fuites
classe de marchandises dangereuses, comme la
neige carbonique ou d’autres matières infectieuses,
la réglementation applicable à ces matières doit être
respectée.
Exclusions
On sait que certains matériels biologiques transportés
hors du laboratoire sont exempts d’agents biologiques
ou très peu probables de contenir de tels agents ;
ceux-ci sont exclus de toute réglementation relative
à l’emballage, au marquage, à l’étiquetage ou à la
documentation. Ces exclusions comprennent :
Troisième couche
Emballage de protection
n les matériels dont on sait qu’ils sont exempts de
substances infectieuses ;
n les agents biologiques contenus dans le matériel,
qui ont été inactivés ou détruits ;
n les agents biologiques contenus dans le matériel,
qui ne sont pas pathogènes pour l’homme ou
l’animal ;
n les taches de sang séché ou prélèvements de
sang occulte dans les selles transportés aux fins
d’analyse ; Figure 6.3 Exemple du triple emballage
adapté aux matières infectieuses
n les échantillons environnementaux qui ne sont pas
considérés comme présentant un risque important
pour la santé ; et
n les produits à transplanter ou à transfuser.
78 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
6.4.3 Triple emballage des matières infectieuses
L’utilisation de plusieurs couches d’emballage est une méthode courante permettant
d’éviter les fuites ou la rupture de confinement d’une matière infectieuse afin de
réduire la probabilité d’exposition et/ou de libération pendant le transport. Un système
de triple emballage est généralement recommandé, et requis par la réglementation,
pour les trois classifications de matières infectieuses décrites dans les sections
précédentes.
Cet emballage comporte trois couches successives (voir l’exemple de la Figure 6.3). Le
récipient primaire, qui contient l’échantillon, doit être hermétique, à l’épreuve des fuites,
et son contenu doit être indiqué sur une étiquette. Ce premier récipient est enveloppé
dans un volume suffisant de matériau absorbant pour qu’en cas de déversement, tout
le liquide soit absorbé. Si plusieurs récipients primaires sont emballés ensemble, un
matériau de rembourrage doit être utilisé pour éviter qu’ils ne se touchent.
Récipient primaire hermétique,
à l’épreuve des fuites.
Matériau absorbant en quantité
suffisante pour absorber tout le liquide
du récipient primaire.
Emballage secondaire hermétique,
à l’épreuve des fuites.
Liste détaillée du contenu.
Emballage extérieur
suffisamment résistant
pour les conditions
de transport.
Marquage ONU indiquant
que l’emballage a été validé
conformément aux exigences
d’essai du Règlement type des
Nations Unies.
Figure 6.4 Exemple des matériaux pour un triple emballage adapté aux matières
infectieuses de catégorie A
SECTION 6 TRANSFERT ET TRANSPORT 79
Le ou les récipients primaires sont placés dans un emballage secondaire, également
hermétique et à l’épreuve des fuites, qui sert de protection. Plusieurs récipients
primaires enveloppés peuvent être placés dans un même emballage secondaire.
Certaines réglementations indiquent les limites de poids et/ou de volume autorisées
pour les colis de matières infectieuses.
La troisième couche protège l’emballage secondaire contre tout endommagement
physique pouvant survenir en cours de transport. Le cas échéant, des réfrigérants
comme de la neige carbonique ou de l’azote liquide peuvent être utilisés entre les
deuxième et troisième couches d’emballage externe. Ces matériaux sont également
classés comme marchandises dangereuses et peuvent donc être soumis eux-mêmes à
des exigences supplémentaires, comme indiqué dans les réglementations applicables. Si
de la neige carbonique est utilisée, par exemple, la troisième couche doit être capable
de libérer du dioxyde de carbone gazeux pour éviter tout risque d’explosion. Il faut
également produire des formulaires contenant les données sur la matière infectieuse,
des documents ou autres types d’information qui en indiquent la nature, en donnent
la description, avec mention du nom de l’expéditeur et du destinataire, ainsi que tout
document complémentaire, conformément aux textes réglementaires en vigueur.
Récipient primaire hermétique,
à l’épreuve des fuites.
Matériau absorbant en quantité
suffisante pour absorber tout le liquide
du récipient primaire.
Emballage secondaire
à l’épreuve des fuites.
Emballage extérieur
suffisamment résistant pour
les conditions de transport.
Figure 6.5 Example des matériaux pour un triple emballage adapté aux matières
infectieuses de catégorie B
80 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
La couche extérieure du triple emballage doit aussi être correctement étiquetée afin
de fournir les informations correctes sur les dangers de son contenu, qu’il s’agisse
de la matière infectieuse ou d’une autre marchandise dangereuse présente, telle
que la neige carbonique. Des informations générales sur l’expédition, comme les
coordonnées de l’expéditeur et du destinataire de la matière infectieuse, et des
instructions de manipulation, comme les flèches d’orientation sur le colis, peuvent
également être requises. Étant donné que les exigences spécifiques pour la
composition du triple emballage peuvent différer selon la classification de la matière
et le mode de transport utilisé, il faut toujours consulter les réglementations applicables
pour s’assurer que les matériaux appropriés sont utilisés.
Des informations plus détaillées sur les exigences de transport spécifiques, appelées
« instructions d’emballage », pour les matières infectieuses des catégories A et B sont
données dans le Règlement type des Nations Unies (32). Ces instructions prescrivent les
composants d’emballage devant être utilisés pour diverses classes de marchandises
dangereuses, ainsi que les normes auxquelles les matériaux d’emballage doivent
répondre pour être validés pour utilisation. Il existe deux différentes instructions
d’emballage pour les matières infectieuses. L’instruction P620 s’applique à toutes les
expéditions de catégorie A (N° ONU 2814 et N° ONU 2900) et donne des dispositions
supplémentaires en sus du système de triple emballage. Celles-ci incluent des
critères de conformité à des essais rigoureux démontrant la résistance, sans fuite, de
l’emballage aux pressions internes ainsi que la résistance aux chutes, à l’empilement
et même aux conditions ambiantes (eau et températures extrêmes). L’instruction
P620 décrit également les exigences supplémentaires pour les envois qui incluent de
la neige carbonique. La Figure 6.4 donne un exemple des matériaux d’emballage
adaptés aux matières infectieuses de catégorie A.
L’instruction P650 est un système de triple emballage plus simple qui s’applique au
transport d’autres classifications de matières infectieuses de catégorie B (Figure 6.5)
ou d’échantillons d’origine humaine ou animale exemptés. Les emballages conformes
à cette instruction doivent également subir des essais de chute et de pression interne
dans certaines situations, bien que les essais soient moins rigoureux que ceux requis
pour les matières infectieuses de catégorie A.
81
GESTION DES PROGRAMMES
SECTION
7 DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
La gestion efficace des risques biologiques est renforcée par des mesures établies
aux niveaux national et institutionnel. Tout comme le font les gouvernements et
les autorités nationales à l’échelle d’un pays, les organisations dans lesquelles des
agents biologiques sont manipulés ont l’obligation d’évaluer les risques biologiques
qui existent dans leur installation et d’appliquer des mesures de maîtrise des risques
appropriées pour protéger leurs personnels, la communauté et l’environnement.
Un système de surveillance structuré pour la gestion des risques biologiques, mis
en œuvre au niveau national (comme un cadre réglementaire), permet d’appuyer
et d’orienter les mécanismes par lesquels ces organisations peuvent remplir leurs
obligations connexes. De plus, les évaluations des risques spécifiques à une organisation
peuvent davantage guider la sélection et la mise en œuvre de mesures de maîtrise et
de stratégies d’atténuation appropriées permettant de réduire les risques à un niveau
acceptable. La gestion de ce processus nécessite l’élaboration d’un programme de
sécurité biologique : un ensemble d’outils, d’informations et d’actions associées qui sont
supervisés et améliorés en permanence par la haute direction d’une organisation.
La gestion efficace d’un programme structuré de sécurité biologique garantit
l’accomplissement des activités ci-dessous.
n La haute direction s’engage à traiter et à gérer de manière appropriée les risques
associés aux agents biologiques manipulés.
n Tous les risques associés aux activités professionnelles ont été identifiés, compris et
maîtrisés afin d’obtenir un niveau acceptable et pratique.
n Les pratiques et procédures nécessaires pour maîtriser les risques ont été mises en
place et sont régulièrement contrôlées pour garantir leur efficacité et leur pertinence
continues.
n Un cadre a été élaboré pour assurer la formation appropriée du personnel aux
pratiques de sécurité biologique et à la sensibilisation dans le domaine de la sûreté
biologique.
82 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
n Les rôles et les responsabilités de tout le personnel sont clairement définis et
assimilés.
n Les activités liées à la sécurité biologique en laboratoire et les politiques et
procédures associées correspondent aux directives et aux réglementations
nationales et internationales.
Un programme de sécurité biologique est souvent une composante d’un plan de
sécurité global au niveau de l’organisation (à savoir, un plan qui évalue et traite
l’ensemble des risques pour la santé et la sécurité au sein d’une installation).
Cela étant, l’indépendance du programme de sécurité biologique et de sa gestion par
rapport à la structure de gouvernance dépendra de la taille et de la complexité de
l’installation. Par exemple, un programme de sécurité biologique autonome peut être
nécessaire lorsqu’on a déterminé un niveau de risque élevé ou que l’on prévoit des
activités complexes ou à large spectre avec du matériel biologique.
Cette section donne un aperçu des éléments fondamentaux d’un programme de
sécurité biologique et de la manière dont ceux-ci peuvent être gérés au niveau
institutionnel. Alors que les spécificités d’un tel programme dépendent de la taille et la
complexité d’une organisation, ces dernières, lorsqu’elles s’accompagnent d’une solide
culture de la sécurité biologique, fournissent un cadre robuste pour le programme de
sécurité biologique le plus efficace.
Des informations et des conseils supplémentaires sur la façon de mettre en œuvre et
de gérer avec succès un programme de sécurité biologique peuvent être trouvés dans
la monographie Gestion des programmes de sécurité biologique (17).
7.1 Culture de la sécurité biologique
L’expression « culture de la sécurité biologique » désigne l’ensemble des valeurs, des
croyances et des comportements inculqués et encouragés dans un environnement
ouvert et confiant par des personnes à tous les niveaux d’une organisation, qui
travaillent ensemble pour soutenir ou améliorer les meilleures pratiques en matière
de sécurité biologique en laboratoire. Cette culture est vitale pour assurer la réussite
d’un programme de sécurité biologique, et repose sur l’établissement d’un rapport de
confiance ainsi que sur la participation active de tout le personnel de l’organisation, avec
un engagement clair de la direction de l’organisation. L’établissement et le maintien de
cette culture constituent le fondement du succès d’un programme de sécurité biologique.
7.2 Politique de sécurité biologique
Une politique de sécurité biologique est un document qui décrit la portée, le but et les
objectifs du programme de sécurité biologique au niveau de l’organisation. L’existence
SECTION 7 GESTION DES PROGRAMMES DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE 83
d’une telle politique démontre que l’organisation est engagée vis-à-vis de la sécurité
biologique et qu’elle en reconnaît l’importance.
7.3 Rôles et responsabilités affectés
Bien que l’établissement et la gestion d’un programme de sécurité biologique, y
compris la définition et l’affectation des rôles et des responsabilités, incombent à
la haute direction d’une organisation, tout le personnel de l’établissement qui est
susceptible d’entrer en contact avec des agents biologiques est tenu de participer
activement à ce programme. Une planification de la relève doit être en place pour la
direction ainsi que le personnel scientifique, technique et administratif afin de garantir
que les connaissances essentielles assurant le fonctionnement sûr et sécurisé de
l’installation ne sont pas du ressort d’une seule personne en cas d’indisponibilité ou de
départ.
Les divers rôles et responsabilités devant être attribués au personnel afin de gérer
avec succès un programme de sécurité biologique sont décrits dans les sous-sections
suivantes.
7.3.1 Haute direction
L’équipe dirigeante est responsable d’élaborer les politiques et les directives, ainsi que
d’assurer un soutien continu au programme de sécurité biologique. Elle est également
chargée d’assurer le financement du programme et de superviser la mise en œuvre et
le passage en revue continu de ses différents aspects.
7.3.2 Comité de sécurité biologique
Un comité institutionnel créé pour agir en tant que groupe d’examen indépendant
pour les questions de sécurité biologique, qui produit des rapports destinés aux
responsables de haut niveau. La composition du comité de sécurité biologique doit
refléter les différents domaines professionnels de l’organisation ainsi que son expertise
scientifique.
7.3.3 Délégué à la sécurité biologique
Il est essentiel de nommer un délégué pour fournir des conseils et des orientations
au personnel et à la direction sur les questions de sécurité biologique. Le rôle et les
connaissances du délégué sont essentiels pour développer, mettre en œuvre, maintenir
et améliorer continuellement un programme de sécurité et de sûreté biologiques.
Ces délégués doivent avoir la formation, l’expérience et les compétences requises
pour remplir leur rôle, et doivent avoir suffisamment de temps et de ressources
pour accomplir leurs tâches efficacement. Cependant, selon la taille et le type de
84 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
laboratoire, le délégué à la sécurité biologique peut être un sous-traitant ou peut
effectuer ses tâches à temps partiel.
7.3.4 Personnels de laboratoire et auxiliaires
Tout le personnel au sein de l’organisation ayant accès à l’espace du laboratoire
ou aux agents biologiques dans l’installation est tenu de soutenir et de contribuer à
un programme de sécurité biologique. Le directeur/gestionnaire du laboratoire est
responsable de mettre en œuvre et promouvoir la sécurité biologique afin d’assurer la
sécurité de tout le personnel, des sous-traitants et des visiteurs de l’installation, et de
protéger le public et l’environnement des dangers résultant des travaux effectués dans
le laboratoire. Les personnels de laboratoire et auxiliaires sont responsables d’appliquer
les mesures de sécurité biologique dans le cadre de leurs activités quotidiennes.
7.4 Manuel de sécurité biologique
Document obligatoire, le manuel de sécurité biologique est un recueil de tous les
documents spécifiques à l’organisation qui décrivent les éléments fondamentaux de
leur programme de sécurité biologique. Ceux-ci peuvent inclure des politiques, des
renseignements sur les programmes et plans de soutien et des MON spécifiques à
l’organisation.
7.5 Évaluation des risques de sécurité et de
sûreté biologiques
L’objectif principal d’un programme de sécurité biologique est de gérer efficacement
les risques biologiques et liés à la sûreté biologique. Pour atteindre cet objectif, une
activité essentielle consiste à effectuer des évaluations des risques. Dans le cadre de la
sécurité/sûreté biologique, l’évaluation des risques est un processus systématique de
collecte et d’examen de données dans le but d’identifier les dangers, de déterminer les
risques associés et d’élaborer des stratégies appropriées de maîtrise qui, lorsqu’elles
sont mises en œuvre, réduisent ces risques à un niveau acceptable.
Se reporter à la Section 2 : Évaluation des risques, qui décrit comment effectuer ce
type d’évaluation. Des modèles et des conseils supplémentaires sont également
disponibles dans les monographies Évaluation des risques (18) et Gestion des
programmes de sécurité biologique (17).
7.6 Programmes et plans de soutien
Les résultats des évaluations des risques en matière de sécurité et de sûreté
biologiques appuieront la sélection des mesures de maîtrise nécessaires pour faire
SECTION 7 GESTION DES PROGRAMMES DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE 85
face aux risques identifiés. La mise en œuvre correcte de ces mesures doit ensuite être
dirigée en élaborant et en administrant plusieurs programmes ou systèmes de soutien.
Les détails de ces initiatives doivent être communiqués au personnel dans le manuel
de sécurité biologique, et peuvent inclure :
n un plan de sûreté biologique et un système d’accès au laboratoire ;
n un programme de santé au travail ;
n la gestion du personnel et un programme de formation ;
n l’élaboration de MON ;
n des plans de conception des installations ;
n un plan d’achat, d’installation et de maintenance des équipements de laboratoire ;
n la décontamination et la gestion des déchets ;
n les protocoles d’intervention en cas d’urgence/d’incident ;
n un système de gestion des dossiers et des documents ;
n un plan de gestion des stocks ; et
n un plan de communication.
L’élaboration et l’approbation de ces programmes sont du ressort de la haute direction,
avec le soutien d’experts selon les besoins (p. ex., délégué à la sécurité biologique,
comité de sécurité biologique, ingénieurs, direction propre à l’installation).
Des descriptions et des considérations clés pour le manuel de sécurité biologique et
chacun des programmes et plans de soutien figurent dans la monographie Gestion
des programmes de sécurité biologique (17). Les principales stratégies de maîtrise des
risques devant être incluses dans ces plans peuvent être trouvées dans la Section 3 :
Exigences fondamentales, la Section 4 : Mesures de maîtrise renforcées et la
Section 5 : Mesures de confinement à haute sécurité.
7.7 Rapports et examens
Un programme de sécurité biologique est dynamique ; il doit être régulièrement évalué
et incorporer des stratégies polyvalentes pour assurer une amélioration continue et
durable. Ce type de programme doit périodiquement faire l’objet d’un examen pour
garantir qu’il est adapté, adéquat et efficace dans le contexte donné. Pour ce faire, il
est essentiel que les organisations disposent de systèmes facilitant la tenue et l’examen
des dossiers qui intègrent les caractéristiques décrites dans les sous-sections suivantes.
86 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
7.7.1 Notification des incidents et enquêtes
L’évaluation du type et de la gravité des incidents pouvant survenir dans le laboratoire,
y compris ceux qui n’entraînent pas d’exposition ou de libération (désignés « incidents
évités de justesse »), fournit des informations clés pour orienter le choix et l’ampleur
des futures interventions de préparation et de riposte.
Dans le cadre de la gestion des programmes de sécurité biologique, l’examen
approfondi de toutes les notifications d’incident est impératif, car il permet d’obtenir
des informations sur l’efficacité des interventions. Il offre aussi l’occasion d’effectuer
une analyse des causes profondes dans le but d’identifier les facteurs sous-jacents
ayant pu augmenter la probabilité de survenue de l’incident (ou de l’incident évité
de justesse). Les résultats des enquêtes portant sur les incidents doivent être utilisés
pour mettre à jour et améliorer les interventions en cas d’urgence, et présentent une
opportunité de formation sur les leçons apprises pour prévenir des événements à
l’avenir.
7.7.2 Audits et inspections (internes et externes)
De nombreux laboratoires mettent en œuvre un programme coopératif d’inspection
dans le cadre duquel le personnel du laboratoire est directement responsable
d’effectuer périodiquement des audits (auto-évaluations) et, moins fréquemment,
une évaluation plus approfondie réalisée avec le délégué à la sécurité biologique et/
ou les membres du comité de sécurité biologique. Dans certains cas, les laboratoires
peuvent également faire l’objet d’audits et/ou d’inspections externes, par exemple
lors d’un processus de certification ou au titre du cadre réglementaire national ou
d’un programme de mentorat international. Ces évaluations peuvent produire des
informations sur l’efficacité d’un programme de sécurité biologique, et les résultats
peuvent être analysés pour identifier les lacunes à rectifier.
7.7.3 Autres notifications
En plus de notifier les incidents et d’évaluer le laboratoire, un programme de sécurité
biologique peut également consigner et examiner d’autres informations comme les
résultats des exercices, des entraînements et des enquêtes auprès des employés, afin
d’identifier d’autres opportunités pour améliorer la sécurité biologique.
D’autres conseils et modèles utiles pour améliorer et examiner les programmes de
sécurité biologique figurent dans la monographie Gestion des programmes de
sécurité biologique (17).
87
SÛRETÉ BIOLOGIQUE
SECTION
8 EN LABORATOIRE
La sûreté biologique en laboratoire fait référence aux mesures de sécurité d’ordre
administratif et de gestion du personnel conçues pour réduire le risque de perte,
de vol, d’utilisation à mauvais escient, de détournement ou de libération délibérée
d’agents biologiques manipulés dans le laboratoire. À bien des égards, le traitement
des risques liés à la sûreté biologique en laboratoire est un aspect parallèle et
complémentaire de la gestion des risques de sécurité biologique. L’efficacité des
pratiques de sécurité biologique constitue le fondement de la sûreté biologique en
laboratoire et les mesures de maîtrise des risques doivent faire partie intégrante de la
gestion du programme de sécurité biologique d’un établissement.
La mise en œuvre des politiques et procédures en matière de sûreté biologique présente
de nombreux défis et conditions. Par exemple, de nombreux agents biologiques
justifiant la nécessité d’une protection peuvent être trouvés dans l’environnement
naturel. De plus, les agents biologiques d’intérêt peuvent n’être utilisés qu’en très petites
quantités, ou peuvent être autorépliquants, ce qui les rend difficiles à détecter ou à
quantifier de manière fiable. Dans certains cas, le processus de quantification peut lui-
même présenter des risques en matière de sécurité et de sûreté biologiques. En outre,
bien qu’il existe un potentiel d’utilisation malveillante de ces agents, leur utilisation est
précieuse pour de nombreuses applications diagnostiques, commerciales, médicales et
de recherche tout à fait légitimes et anodines. Pour cette raison, il est essentiel d’évaluer
correctement les risques potentiels en matière de sûreté biologique et d’établir des
mesures de maîtrise appropriées capables de réduire ces risques sans entraver outre
mesure les activités du personnel scientifique, ni faire obstacle à la recherche. Celles-ci
doivent être conformes aux normes nationales et aux procédures réglementaires, et être
proportionnées aux risques évalués.
Pour y parvenir, une approche similaire à celle du cadre d’évaluation des risques de
sécurité biologique doit être adoptée, en mettant plus particulièrement l’accent sur
la sûreté biologique, afin de déterminer si un établissement détient des substances
susceptibles d’attirer des personnes envisageant d’en faire un usage criminel.
L’ampleur de cette évaluation doit être proportionnelle aux risques identifiés. Pour la
plupart des laboratoires, l’évaluation des risques de sûreté biologique peut souvent
être combinée à une évaluation des risques de sécurité biologique plutôt qu’être
effectuée en tant qu’activité autonome.
Comme pour la sécurité biologique, le processus d’évaluation des risques de sûreté
biologique comprend également l’élaboration d’une stratégie pour gérer ce risque
en sélectionnant et en mettant en œuvre des mesures de maîtrise. Un programme
de sûreté biologique en laboratoire est requis pour préparer, mettre en œuvre,
superviser et revoir ces processus conformément aux exigences de l’installation. Dans
88 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
de nombreux cas, cela peut être incorporé dans la gestion du programme de sécurité
biologique, bien qu’il puisse s’agir d’un programme autonome lorsque les risques sont
graves et/ou nombreux.
La sous-section suivante décrit brièvement certains des éléments clés d’un programme
de sûreté biologique en laboratoire, y compris le cadre d’évaluation des risques. La
monographie Évaluation des risques (18) donne des détails sur la réalisation d’une
évaluation des risques. Pour plus de détails sur la sûreté biologique en laboratoire,
il convient de consulter la publication de l’OMS intitulée Biorisk management.
Laboratory biosecurity guidance (40).
8.1 Évaluation des risques de sûreté biologique
L’évaluation des risques en matière de sûreté biologique suit le même cadre que celui
décrit précédemment pour la sécurité biologique.
8.1.1 Rassembler les informations
Des informations doivent être collectées concernant le type d’agents biologiques
détenus, l’emplacement physique de ces substances, le personnel requis pour accéder
aux locaux du laboratoire (soit pour manipuler les agents soit pour d’autres raisons
comme l’entretien et la maintenance), et les personnes responsables.
8.1.2 Évaluer les risques
Déterminer comment les informations rassemblées se rapportent à la possibilité d’accès
aux agents biologiques identifiés et aux conséquences d’une libération délibérée de ces
agents. Comparer les deux facteurs pour établir le risque global/initial.
8.1.3 Élaborer une stratégie de maîtrise des risques
Déterminer les normes de sécurité minimales requises pour que les travaux puissent se
dérouler avec les agents biologiques identifiés (c’est-à-dire le risque acceptable).
8.1.4 Sélectionner et appliquer les mesures de maîtrise des risques
Les mesures de maîtrise des risques de sûreté biologique peuvent inclure des éléments
de sécurité procéduraux et physiques. L’évaluation des risques doit fournir une
définition précise des menaces contre lesquelles ces mesures sont supposées protéger
et clarifier les exigences de performance des mesures de sécurité physique. Les
mesures de maîtrise des risques en matière de sûreté biologique sont décrites plus en
détail plus loin dans cette section.
SECTION 8 SÛRETÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE 89
Les évaluations des compétences du personnel, les formations spécifiques à la sécurité
et le respect rigoureux des procédures de protection contre les agents pathogènes
relèvent tous des moyens permettant d’améliorer la sûreté biologique en laboratoire.
8.1.5 Procéder à une revue des risques et des mesures de
maîtrise des risques
Le bon fonctionnement du programme de sûreté biologique doit être vérifié au moyen
d’exercices et d’entraînements périodiques. De même, il convient d’établir un protocole
de sûreté biologique pour le laboratoire, destiné à guider l’identification, la notification,
l’étude et l’élimination des lacunes en matière de sûreté biologique de l’établissement.
La participation, les rôles et les responsabilités des autorités de santé et de sécurité
publiques en cas d’atteinte à la sûreté doivent être clairement définis.
Toutes ces initiatives doivent être mises en place et appuyées par des évaluations
régulières de la vulnérabilité, des menaces et des risques de sûreté biologique, et par
la revue et la mise à jour régulières des procédures. Des contrôles de conformité à ces
procédures, avec des instructions claires sur les rôles, les responsabilités et les mesures
correctives, doivent être intégrés dans le programme.
8.2 Contrôle des inventaires
Un programme complet de responsabilisation est nécessaire pour établir un contrôle
adéquat des agents biologiques qui posent un risque et pour décourager le vol
et/ou l’abus. Les procédures pouvant être utilisées pour y parvenir comprennent
la compilation d’un inventaire détaillé, avec la description du ou des agents
biologiques, leurs quantités, leur emplacement de stockage et leur utilisation, le
personnel responsable ainsi que la documentation indiquant les transferts internes à
l’établissement ou entre établissements, ainsi que toute inactivation et/ou élimination
éventuelles du matériel. Un examen périodique est recommandé et toute divergence
doit faire l’objet d’une enquête afin d’être résolue.
L’inventaire des agents biologiques doit être à jour, complet, précis
et régulièrement actualisé pour garantir un niveau de contrôle et de
responsabilité approprié.
8.3 Contrôle des informations
Des processus et des procédures doivent également être utilisés pour protéger la
confidentialité et l’intégrité des informations sensibles détenues par le laboratoire
qui pourraient être utilisées à des fins malveillantes. Dans le cadre du programme
de sûreté biologique, il est important d’identifier, d’étiqueter et de protéger les
informations sensibles contre tout accès non autorisé. Les informations sensibles
90 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
comprennent les données de recherche, les résultats de diagnostic, les informations
portant sur l’expérimentation animale, les listes du personnel clé (p. ex., les
responsables de l’informatique et de la sécurité biologique), les plans de sécurité, les
codes d’accès, les mots de passe, les emplacements de stockage et les inventaires
d’agents biologiques. Le partage d’informations sensibles avec des personnes non
autorisées doit être strictement interdit.
Données confidentielles : Toute information dont l’accès et/ou la
diffusion non autorisés ou accidentels sont protégés ou limités.
8.4 Contrôle des personnels
L’efficacité de tout contrôle procédural pour la sûreté biologique est déterminée au
final par la formation, la capacité, la fiabilité et l’intégrité du personnel. Une bonne
gestion des effectifs est essentielle au fonctionnement d’un laboratoire et garantit
que les pratiques et procédures quotidiennes au travail sont exécutées par des
personnes compétentes se comportant de manière fiable et digne de confiance. En
plus du personnel interne, des protocoles de demande d’accès au laboratoire pour
les visiteurs et autres membres du personnel externe doivent être établis pour garantir
qu’ils ont un besoin légitime d’accéder au laboratoire et que les procédures d’examen
et d’accompagnement appropriées sont suivies.
Outre la formation en sécurité biologique, une formation en sûreté biologique doit être
dispensée à tous les personnels en fonction des résultats de l’évaluation des risques.
Une telle formation sensibilise le personnel quant à la nécessité de protéger les
agents biologiques, et justifie également les mesures de sûreté biologique spécifiques
qui ont été mises en place. Elle doit aussi inclure un passage en revue des normes
nationales pertinentes et des procédures spécifiques à l’établissement. Les rôles et les
responsabilités du personnel en matière de sécurité dans les scénarios quotidiens et
d’urgence doivent également être clairement définis. Tous les postes ne présentent
pas le même niveau de risque sur le plan de la sûreté biologique ; la formation
et les exigences doivent donc être proportionnelles à ce risque. Une planification
de la relève doit être en place pour la direction ainsi que le personnel scientifique,
technique et administratif afin de garantir que les connaissances essentielles assurant
le fonctionnement sûr et sécurisé de l’installation ne sont pas du ressort d’une seule
personne en cas d’indisponibilité ou de départ. Des procédures documentées pour le
personnel licencié ou sortant doivent être établies (p. ex., transfert de responsabilité
pour les inventaires et l’équipement, récupération des biens appartenant au
laboratoire, annulation des droits d’accès). Les procédures devant être incorporées
lors de la mise en œuvre des programmes de gestion du personnel comprennent :
l’établissement de spécifications pour évaluer les compétences avant l’emploi,
l’élaboration de procédures pour garantir que seules les personnes approuvées ont
accès aux agents biologiques posant un risque, et la réglementation du partage des
clés, combinaisons, codes, cartes d’accès ou mots de passe.
SECTION 8 SÛRETÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE 91
8.5 Contrôle de sécurité physique
Les contre-mesures de sécurité physique empêchent l’accès non autorisé de tiers
indésirables (à savoir, n’ayant aucune présence légitime dans l’installation et ayant
des intentions malveillantes, tels que criminels, terroristes ou extrémistes/activistes)
et réduisent le plus possible toute menace provenant du personnel interne (ayant
une présence légitime au sein de l’établissement, comme les employés et les visiteurs
approuvés) n’ayant pas besoin d’accéder à certaines ressources. Les systèmes de
sécurité physique appuient non seulement les objectifs de sûreté biologique, mais
soutiennent aussi directement la sécurité biologique en limitant l’accès au laboratoire
et à d’autres zones potentiellement dangereuses.
Un système efficace intègre divers éléments pour améliorer la capacité d’un
établissement à dissuader, détecter, évaluer, retarder, réagir et remédier dans
l’éventualité d’un incident de sécurité.
Ces dispositifs, qui sont habituellement progressifs, comprennent la définition de zones
limitées, les droits d’accès, la détection d’intrusions, l’évaluation et la réponse aux alarmes.
Un système de protection progressif augmente graduellement la sécurité et comporte
des niveaux de protection basés sur les différentes ressources de l’établissement. Le
niveau de protection le plus élevé doit être accordé aux ressources dont la perte, le vol,
la compromission et/ou l’utilisation non autorisée auront l’effet le plus dommageable sur
la sécurité nationale et potentiellement internationale, et/ou la santé et la sécurité des
employés, du public et l’environnement. Ces dispositifs doivent en outre être sélectionnés
et mis en œuvre après une évaluation des risques de sûreté biologique propre au site pour
s’assurer qu’ils sont tous pratiques, durables et correspondent aux risques identifiés.
8.6 Contrôle des transports
Le transfert d’agents biologiques doit être conforme aux règles nationales et
internationales relatives à l’emballage, au marquage, à l’étiquetage et à la
documentation décrites dans la Section 6 : Transfert et transport. Ce processus
doit être contrôlé à un niveau qui correspond aux risques évalués, en termes de
sûreté biologique, pour l’agent biologique transporté afin d’assurer une surveillance
appropriée dans le cadre du programme de sûreté biologique.
Entre autres, les procédures peuvent exiger que les agents biologiques soient
exclusivement commandés auprès de fournisseurs légitimes et livrés à leur destination
prévue en utilisant uniquement des transporteurs agréés. Les procédures relatives aux
responsabilités de l’expéditeur, du transporteur et du destinataire, visant à garantir que
les risques de sûreté biologique sont maîtrisés, doivent être rédigées et suivies comme
il convient. Des vulnérabilités existent dès que des éléments sont retirés des zones
sécurisées, car un plus grand nombre de personnes peuvent désormais y accéder.
Les transferts doivent être organisés et approuvés au préalable par les parties
responsables et peuvent utiliser la documentation appropriée en matière de traçabilité
92 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
(ou l’équivalent) pour assurer la bonne tenue des dossiers si nécessaire sur la base des
résultats d’une évaluation des risques de sûreté biologique. Les inventaires doivent
être actualisés pour refléter les échantillons qui entrent et sortent du laboratoire, sans
oublier les transferts internes et externes.
8.7 Intervention en cas d’urgence/d’incident
Même les laboratoires les mieux préparés peuvent subir des urgences et des incidents
accidentels ou intentionnels malgré les mesures de prévention ou de maîtrise des
risques qui sont en place. Une riposte efficace aux incidents comprend une stratégie
de maîtrise des risques capable d’atténuer les conséquences de ces événements
inconnus en planifiant et en se préparant aux incidents potentiels (comme des écarts
dans l’inventaire, des agents biologiques qui manquent ou la présence de personnes
non autorisées dans le laboratoire). Ce type de stratégie permettra plus facilement de
détecter, de communiquer, d’évaluer, de réagir et de se remettre d’événements réels.
Un protocole d’intervention en cas d’incident doit être rédigé et suivi pour garantir une
notification appropriée et faciliter les enquêtes, l’analyse des causes profondes, les
mesures correctives et l’amélioration des processus.
Des exercices et entraînements peuvent être utiles dans le cadre des étapes de
planification et de préparation pour mettre les initiatives de réponse à l’épreuve en
présence d’incidents et/ou de situations d’urgence simulés. Ils peuvent également
aider à identifier les lacunes et d’autres possibilités d’amélioration. Les plans d’urgence
doivent être revus et mis à jour au moins une fois par an, et les informations obtenues
par l’intermédiaire des entraînements, de la notification d’incidents et des enquêtes
doivent être utilisées pour apporter les modifications et les améliorations requises.
8.8 Risques biologiques émergents
Parmi les risques biologiques émergents, on citera les micro-organismes
génétiquement modifiés, la biologie de synthèse, les recherches de type « gain
de fonction », la recherche sur les cellules souches, la modification du génome
et le forçage génétique. Les progrès de la recherche en sciences de la vie sont
inextricablement liés aux améliorations de la santé humaine, végétale et animale.
La promotion d’une recherche de qualité dans ce domaine, menée de manière
responsable, sûre et sécurisée, peut améliorer la sécurité sanitaire mondiale et
appuyer le développement économique, l’élaboration de politiques fondées sur des
données probantes et la confiance du public envers les sciences et la recherche. Les
pays, les laboratoires et les scientifiques doivent cependant prendre en compte les
risques que posent les incidents et/ou l’utilisation abusive délibérée de la recherche
en sciences de la vie, et sélectionner des mesures de maîtrise appropriées pour
minimiser ces risques afin d’accomplir les recherches nécessaires et bénéfiques dans
ce domaine.
SECTION 8 SÛRETÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE 93
Lors de l’examen des questions éthiques liées aux sciences de la vie dans le cadre
d’une évaluation des risques, il n’existe aucune solution ni aucun système unique
convenant à tous les pays, institutions ou laboratoires. Chaque pays ou institution qui
évalue les systèmes et pratiques mis en œuvre pour gérer les risques liés aux incidents
ou aux cas d’abus éventuels devra décider quelles mesures sont les plus appropriées
et pertinentes en fonction de leurs propres circonstances et contextes nationaux.
Ne pas s’attarder sur une question ou une technologie en particulier
(micro-organismes génétiquement modifiés, recherches sensibles
pouvant faire l’objet d’un double usage, biologie de synthèse,
recherches sur le gain de fonction, cellules souches, modification
génomique et forçage génétique) ; utiliser plutôt un seul cadre selon
lequel les risques peuvent être évalués et gérés, quelle que soit la
technologie utilisée.
Lorsqu’elle mène des recherches qui s’appuient sur des technologies émergentes,
sur lesquelles il n’existe actuellement que des informations limitées, la communauté
scientifique doit :
n favoriser une culture axée sur l’intégrité et l’excellence, qui se caractérise par
l’ouverture, l’honnêteté, la redevabilité et la responsabilité – une telle culture
constitue la meilleure protection contre le risque d’accidents et d’abus délibérés, et la
meilleure garantie de progrès et de développement scientifiques ;
n guider la surveillance de la sécurité et la sûreté biologiques ainsi que le processus
d’évaluation des risques pour les technologies émergentes en sciences de la vie et, à
mesure que des données supplémentaires sont obtenues, contribuer à une meilleure
compréhension des risques et des besoins en matière de sécurité et de sûreté
biologiques ; et
n suivre et évaluer les implications scientifiques, éthiques et sociales de certaines
biotechnologies et, le cas échéant, suivre le développement de ces dernières et leur
intégration dans la pratique scientifique et clinique.
8.9 Recherches sensibles pouvant faire l’objet
d’un double usage
La recherche à double usage pouvant être source d’inquiétude concerne tous les
travaux dans le domaine des sciences de la vie qui, sur la base des connaissances
actuelles, ont le potentiel de fournir des connaissances, des informations, des produits
ou des technologies susceptibles d’être directement détournés pour créer une menace
significative avec des conséquences potentielles pour la santé et la sécurité publiques,
les espèces agricoles et autres plantes, les animaux et l’environnement.
94 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Le cas échéant, la sensibilisation à l’égard du double usage d’agents biologiques,
d’équipements et de technologies doit également être prise en compte lors de
l’élaboration des programmes de sûreté biologique en laboratoire. Il incombe aux
laboratoires d’assumer la responsabilité de la nature bivalente de ces agents et de ces
expériences, comme la modification génétique, et de respecter les lignes directrices
nationales pour choisir les mesures de sûreté biologique appropriées permettant
d’éviter l’accès non autorisé, la perte, le vol, l’abus, le détournement ou la libération
intentionnelle. Le risque d’utilisation abusive dans le domaine des biosciences est
une menace à l’échelle mondiale nécessitant une approche équilibrée de la sûreté
biologique en laboratoire afin de garantir l’accès légitime aux matériels de recherche
et cliniques.
95
SURVEILLANCE DE LA
SECTION
9 SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
AUX ÉCHELLES NATIONALE
ET INTERNATIONALE
La sécurité et la sûreté biologiques sont au cœur de la stratégie mondiale visant
à protéger la santé humaine contre les agents biologiques dangereux. Elles sont
étroitement liées à la santé animale, à la protection de l’environnement et aux mesures
prévenant l’utilisation abusive d’agents biologiques. La sécurité biologique – terme
utilisé pour décrire l’ensemble des pratiques, des technologies et des principes de
confinement qui empêchent l’exposition non intentionnelle à des agents biologiques
et/ou la libération de tels agents – revêt actuellement une importance croissante en
raison de la mondialisation, des avancées technologiques et des progrès rapides
dans les secteurs de la communication, du transport et du commerce. Les risques
liés aux flambées épidémiques de maladies émergentes et hautement infectieuses
dans un contexte international soulignent la nécessité de mesures efficaces pour
prévenir, détecter et répondre aux flambées épidémiques et autres dangers pour
la santé publique, tels que définis par le Règlement sanitaire international (13). La
monographie Capacités de préparation et de riposte aux flambées (23) donne plus de
renseignements sur la sécurité et la sûreté biologiques dans le cadre d’une flambée.
Dans ce contexte, les laboratoires biomédicaux jouent un rôle clé en veillant à ce que
les agents biologiques soient identifiés, stockés en toute sécurité et contrôlés dans
des installations adéquatement équipées, conformément aux meilleures pratiques.
Souvent, ces laboratoires ont également une fonction centrale, car ils renforcent la
capacité de protection en matière de risques biologiques, favorisent une culture de
responsabilité et protègent la santé de toutes les parties prenantes impliquées. C’est
pourquoi la maîtrise efficace du risque biologique commence le plus souvent à
l’échelle nationale.
Fréquemment, les autorités nationales élaborent des politiques, des lois, des
réglementations et/ou des documents d’orientation nationaux qui précisent le type
de mesures de maîtrise des risques devant être mises en œuvre par un laboratoire
avant qu’il ne puisse être autorisé à exercer ses activités. Le cas échéant, un système
de surveillance est d’ordinaire développé pour assurer le respect des exigences. Il est
important que ces réglementations établissent un équilibre en atténuant les risques
96 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
au niveau national tout en donnant aux laboratoires suffisamment de flexibilité pour
fonctionner de manière durable, dans la mesure de leurs moyens, et poursuivre
leur travail au profit des communautés qu’ils desservent. Le diagnostic rapide des
maladies, les traitements innovants et les nouvelles connaissances relatives aux agents
biologiques sont autant d’activités essentielles qui optimisent les soins de santé à
l’échelle locale et mondiale et qui doivent toujours être prioritaires.
L’élaboration de réglementations nationales en matière de sécurité biologique
commence par l’évaluation des risques : un processus systématique qui rassemble et
évalue des informations dans le but de soutenir l’élaboration d’un cadre réglementaire
fondé sur les risques et les données probantes. Les étapes impliquées dans la
réalisation d’une évaluation nationale des risques sont similaires à celles qui sont
décrites plus loin dans ce manuel pour l’évaluation des risques en laboratoire destinée
à sélectionner des mesures de maîtrise appropriées qui correspondent aux risques
biologiques identifiés associés aux travaux effectués.
Cependant, les méthodes utilisées pour évaluer et prioriser les risques identifiés à
l’échelle nationale peuvent être différentes, car un large éventail de facteurs doit être
pris en compte par les gouvernements. Ceux-ci peuvent inclure l’impact potentiel sur
la santé publique, la taille, l’emplacement et les ressources du pays, et même le niveau
de risque acceptable pour le grand public.
Une évaluation des risques à l’échelle nationale tient compte de la
probabilité qu’un agent biologique soit à l’origine d’infections et/ou
d’une flambée épidémique dans la population humaine ou animale
ainsi que des conséquences sociales, économiques et/ou sanitaires
que cela pourrait avoir.
La mise en œuvre et la conformité peuvent être surveillées auprès des parties
prenantes concernées à l’aide de mécanismes à cet effet mis en place par des
autorités désignées au niveau national. Collectivement, ces outils et processus forment
un cadre réglementaire national pour la sécurité biologique et également, dans la
plupart des cas, pour la sûreté biologique. Ce cadre ne concerne peut-être que la
sécurité et la sûreté biologiques, mais relève souvent du cadre plus large de la santé
publique, selon le principe « Une seule santé », et des programmes de santé et sécurité
au travail, entre autres.
D’un pays à l’autre, les modalités d’application des cadres réglementaires aux
activités d’un laboratoire varient considérablement. Alors que certains pays sont très
réglementés et disposent d’une législation détaillée s’appuyant sur des réseaux établis
de parties prenantes avec des responsabilités et des processus bien définis, d’autres
manquent de directives réglementaires sur la sécurité et la sûreté biologiques en
laboratoire. Compte tenu des défis auxquels certains pays peuvent être confrontés en
raison de ressources limitées et de maladies émergentes couplées à l’usage abusif des
technologies de pointe, la maîtrise des risques biologiques à l’échelle nationale peut
exiger des considérations spécifiques au contexte afin de concevoir l’approche la plus
appropriée. Bien qu’ils ne soient pas abordés dans ce manuel, il existe de nombreuses
SECTION 9 SURVEILLANCE DE LA SÉCURITÉ BIOLOGIQUE 97
initiatives, groupes et documents d’orientation internationaux dont l’objectif est d’aider
les pays à développer le cadre le mieux adapté et le plus efficace pour maîtriser leurs
risques dans le domaine de la sécurité et la sûreté biologiques (41,42).
Dans l’ensemble, il existe trois approches communes pouvant être utilisées par les
autorités nationales pour évaluer les risques et appliquer les cadres réglementaires.
Chacune d’entre elles emploie une classification pour regrouper soit les agents
biologiques, soit les travaux effectués avec ces agents en catégories auxquelles
différentes réglementations peuvent être appliquées. De nombreux pays utilisent une
combinaison de ces approches afin de répondre adéquatement aux risques identifiés au
niveau national et de couvrir les différentes activités impliquant la manipulation d’agents
biologiques dans divers domaines, qui peuvent parfois aller au-delà de la santé publique
et toucher également d’autres secteurs. Le Tableau 9.1 résume ces trois approches.
Tableau 9.1 Approches pour l’élaboration de réglementations nationales en matière de sécurité biologique
au titre d’un cadre législatif national pour la sécurité biologique
APPROCHE MÉTHODE
Par activité L’élaboration de réglementations qui s’appliquent aux types de travaux
effectués sur un agent biologique (plutôt qu’à l’agent lui-même). Par
exemple, une réglementation développée pour tous les travaux impliquant
l’ADN recombinant.
Par liste L’élaboration d’un ou de plusieurs ensembles de réglementations nationales
et d’une liste d’accompagnement de tous les agents biologiques auxquels
ces réglementations s’appliquent.
Par groupe de risque ou de danger Les agents biologiques sont classés en « groupes de risque » ou « groupes
de danger » en fonction des caractéristiques et du profil épidémiologique
de chaque agent. Plus le groupe de risque ou de danger est élevé, plus la
probabilité que l’agent provoque et propage une infection chez les humains
ou les animaux dans le pays est élevée, et/ou plus les conséquences d’une
telle infection seraient graves pour la santé individuelle et publique, si
celle-ci devait se produire. On développe ensuite des règlementations qui
s’appliquent à chacun des groupes de risque ou de danger. Les définitions
conventionnelles pour les groupes de risque 1 à 4 peuvent être consultées
dans la note de bas de page 1.
1
Groupe de risque 1 (risque faible ou nul pour les individus ou la collectivité) : Micro-organisme
qui, selon toute probabilité, ne peut causer de maladie humaine ou animale. Groupe de risque
2 (risque modéré pour les individus, faible pour la collectivité) : Germe pathogène capable de
provoquer une maladie humaine ou animale, mais qui ne présente vraisemblablement pas un
sérieux danger pour le personnel du laboratoire, la collectivité, le bétail ou l’environnement.
Une exposition en laboratoire est susceptible d’entraîner une infection grave, mais qui peut
être traitée ou prévenue efficacement ; par ailleurs le risque de propagation de l’infection
est limité. Groupe de risque 3 (risque important pour les individus, faible pour la collectivité) :
Germe pathogène qui cause habituellement une grave maladie humaine ou animale, mais
qui ne se transmet généralement pas d’un individu à l’autre. Il existe un traitement et des
mesures préventives efficaces. Groupe de risque 4 (risque important pour les individus comme
pour la collectivité) : Germe pathogène qui cause habituellement une grave maladie humaine
ou animale et peut se transmettre facilement d’un individu à l’autre, soit directement, soit
indirectement. Il n’existe généralement ni traitement, ni mesures préventives efficaces. Source :
Manuel de sécurité biologique en laboratoire de l’OMS, 3e édition (2004).
98 MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE – QUATRIÈME ÉDITION
Quelle que soit l’approche utilisée, la classification des agents biologiques et/ou du
travail effectué avec ces agents n’est pas statique, et ne doit pas être appliquée de
manière universelle dans tous les contextes. La classification peut varier en fonction de
facteurs contextuels (p. ex., géographie, durées, processus), de sorte que l’application
du système de classification d’un pays à un autre pays doit être évitée, car elle peut
créer de la confusion et entraîner des mesures de maîtrise des risques inadéquates ou
excessives.
En outre, si les cadres réglementaires nationaux doivent retenir leur flexibilité tout
en accusant l’évolution des connaissances sur les agents pathogènes réglementés
et/ou les activités et progrès technologiques, le passage en revue et la mise à jour
périodiques des systèmes de classification doivent être effectués et reflétés dans des
outils de surveillance actualisés (p. ex., réglementations, politiques, normes, lignes
directrices).
Bien que ce manuel se concentre principalement sur les aspects techniques et
médicaux/scientifiques de la sécurité biologique au niveau institutionnel, il est
important de reconnaître d’emblée que la surveillance nationale et internationale de
la sécurité biologique peut jouer un rôle important en influençant les pratiques des
laboratoires dans ce domaine. La direction d’un laboratoire doit connaître toutes les
conditions réglementaires qui s’appliquent à leurs travaux et s’y conformer.
Il est tout aussi important que les autorités chargées d’élaborer ou de réviser les
cadres réglementaires nationaux de sécurité biologique comprennent pleinement les
implications de leur législation sur les travaux effectués à l’échelle des laboratoires.
Pour cette raison, une bonne communication entre les parties prenantes à l’échelle
nationale et au niveau du laboratoire est essentielle pour bien saisir l’importance et
les risques des travaux impliquant des agents biologiques, pour mettre en œuvre
des mesures de maîtrise des risques appropriées et proportionnées, pour assurer la
conformité aux exigences nationales et/ou internationales (43,44), et pour développer
une culture de sécurité fondée sur un engagement national envers la sécurité
biologique (45).
99
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Biological safety cabinet (BSC) 3: Best practices for safe usage. Geneva: World Health
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Biological safety cabinet (BSC) 4: Incident management. Geneva: World Health
Organization; 2019 (https://www.youtube.com/watch?v=aS_ TCZTCcsI).
Good microbiological practices and procedures (GMPP) 1: personal protective equipment
(PPE). Geneva: World Health Organization; 2019 (https://youtu.be/Cuw8fqhwDZA).
Good microbiological practices and procedures (GMPP) 2: pipettes. Geneva: World
Health Organization; 2019 (https://youtu.be/-zeCI8ESrpU).
Good microbiological practices and procedures (GMPP) 3: sharps. Geneva: World
Health Organization; 2019 (https://youtu.be/yqX8hhzX7xU).
Good microbiological practices and procedures (GMPP) 4: surface decontamination.
Geneva: World Health Organization; 2019 (https://youtu.be/ b0PtPEnNakc).
Good microbiological practices and procedures (GMPP) 5: autoclaves. Geneva: World
Health Organization; 2019 (https://youtu.be/Yfc1yjEuuhE).
Good microbiological practices and procedures (GMPP) 6: workflow. Geneva: World
Health Organization; 2019 (https://youtu.be/TeYA2KqIU5k).
Good microbiological practices and procedures (GMPP) 7: transport. Geneva: World
Health Organization; 2019 (https://youtu.be/RC9QHf2wdX0).
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