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Cours de Droit Des Obligations Et de La Responsabilite Civile (Contrats-Obligations Licence Ii

Cours de droit civil

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr.

Adjelou Christian

INTRODUCTION
I-INTERET DE L’ETUDE DU DROIT DES OBLIGATIONS
Le droit des obligations est le droit des contrats et de la responsabilité civile.
Cette matière constitue le tronc commun du droit des contrats.
LE DROIT DES OBLIGATIONS ET LA VIE ÉCONOMIQUE
Le droit des obligations traduit en terme juridique la vie économique d'une nation et
comme l'économie a un caractère universel, le droit des obligations est présenté comme
un droit cosmopolite. En effet, contrairement au droit civil ivoirien des personnes et de
la famille, le droit civil ivoirien des obligations porte moins l'emprise des
caractéristiques de développement économique de notre pays. Ce particularisme se
traduit notamment par l'apparition de nouveau contrat crée par la pratique pour répondre
à un besoin économique vital. Il en est ainsi des contrats de placements d'argent qui a été
à l'origine de scandale financier et de trouble à l'ordre public en Côte d'ivoire. Les
institutions de placement d'argent n'étant ni des banques ni des institutions financières,
les contrats de placement d'argent ne pouvaient être assimilé à des contrats bancaires ; ce
sont des contrats sui-generis qui ont permis aux ivoiriens ayant conclu ces contrats
d'avoir un capital supérieur à la somme placée. Ces contrats de placement sont nés pour
répondre au besoin de crédit de la société ivoirienne et pour contourner les règles
bancaires trop rigides qui régissent l'obtention du crédit. Cet exemple révèle que le droit
des obligations est un droit en mutation car axé sur la vie économique.

II- Définition

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
La notion d'obligation vient du latin obligare dérivé de Ligare = Lier = à quelque
chose).
Dans le langage courant le thème obligation est synonyme de devoir.
Exemple : l'obligation religieuse (respect des (10) dix commandements bibliques, la
pratique des (5) cinq prières quotidiennes ; l'obligation de s'entraider entre voisin ou
entre membre d’une même famille.
Dans sa définition juridique ou légale, l'obligation est celle qui est assortie d'une
sanction, dont la mise en œuvre peut relever de la puissance publique.
Exemple : L’article 699 du code ivoirien de procédure pénale qui fait référence à
l’obligation fiscale dont le non-respect peut être sanctionné par une exécution forcée sur
la personne du débiteur de l'obligation.
En droit civil, la notion d'obligation revêt un sens encore plus technique. L’obligation
civile est un rapport de droit entre deux personnes en vertu duquel, l’une d'elle (le
créancier) est en droit d'exiger de l’autre (le débiteur) l'exécution d'une prestation ou
d'une abstention par opposition au droit réel, l'obligation est un rapport juridique entre
deux personnes tandis que le droit réel est un rapport entre une personne et une chose (le
droit de propriété).
Pour le créancier, l'obligation constitue un élément de l'actif de son patrimoine : c’est
une créance, on dit encore que le créancier est titulaire d’un droit de créance.
Le débiteur par définition est la personne qui doit quelque chose au créancier. Pour le
débiteur l'obligation représente une dette c’est-à-dire un élément du passif de son
patrimoine. De cette analyse nous retenons : pour le débiteur, l'obligation constitue un
élément d'appauvrissement de son patrimoine tandis que l'obligation est un élément de
richesse du patrimoine du créancier. Ainsi donc si le débiteur n'exécute pas
volontairement sa prestation, le créancier peut le contraindre à régler sa dette en
procédant à une exécution forcée sur ses biens.

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Distinction entre obligation civile et naturelle
L’obligation naturelle contraint en conscience, elle n'est pas sanctionnée juridiquement.
Elle résulte d'un devoir de conscience, alors que l'obligation civile résulte d'un rapport
de droit dont la violation est sanctionnée par la puissance publique.
Exemple d’obligation civile : l’obligation alimentaire entre ascendants et descendants -
loi n°2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage – article 48 : l’inexécution de
l’obligation alimentaire entre les parents et leurs enfants peut donner lieu à une
exécution forcée, notamment par voie des saisies. En revanche l’obligation
alimentaire entre frères et sœurs est une obligation naturelle. Juridiquement, un frère
n’est pas tenu selon la loi de fournir des subsides à son collatéral. De même,
l’indemnisation d’un concubin abandonné sans ressources relève d’un devoir moral et
constitue par conséquent une obligation naturelle. On peut encore citer comme
exemple d’obligation naturelle, l’obligation morale d’entretien d’un enfant par le
prétendu père qui ne l’a pas reconnu. Mais si le prétendu père dans une convention
s’engage à prendre en charge les frais d’entretien de l’enfant qu’il n’a pas reconnu, cette
manifestation de volonté du père a pour effet de transformer l’obligation naturelle en une
obligation civile. Telle a été la solution consacrée par la Cour d’Appel d’Abidjan dans
son arrêt n°131 du 28 novembre 1975- revue ivoirienne de droit,1976 - 1 et 2 pages 42-
Arrêt Yves Martin / Ebongue Solange.
A titre de comparaison en droit français, nous pouvons citer l’arrêt FRATA 1ere
civ.,Cass 10 octobre 1995 sur la transformation de l’obligation naturelle en une
obligation civile.
Dans l’arrêt Frata les juges de la cour de cassation affirme que le simple engagement
suffit à transformer l’obligation naturelle en une obligation civile.
Les caractères de l'obligation
Juridique
Personnel
Patrimonial

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian

III- Les sources du droit des obligations


A - Sources internes
La Constitution
La loi (Code civil Ivoirien hérité du Code civil Français de 1804)
Lois ivoiriennes
Loi n°2015-905 du 30 décembre 2015 portant organisation du crédit-bail
Loi n°2016-412 du 15 juin 2016 sur la consommation
Loi n°2019-576 du 26 juin 2019 instituant code de la construction et de l’habitat
Loi n°2016-546 du 30 juillet 2016 relative aux transactions électroniques
La coutume : C’est une règle de droit née d’une pratique habituelle et prolongée.
La coutume est une source de droit non écrite qui s'est établie avec le temps, par la pra -
tique et la répétition qui finit par devenir obligatoire.
Cependant, tout usage ou comportement habituel de la vie sociale ne constitue pas né-
cessairement une coutume. Pour qu'il y ait coutume, il faut la réunion de deux éléments :
~ Un élément matériel : L'adage "une fois n'est pas coutume « exprime bien que la cou-
tume est une règle issue d'une pratique constante et prolongée lui assurant une certaine
notoriété c'est-à-dire qu'elle est largement connue et admise dans son milieu au point ou
la majorité la connaît.
~ Un élément psychologique : L'usage habituel doit être ressenti comme étant obliga-
toire et les individus doivent s'y conformer en ayant la conviction que s'ils ne le font pas
ils encourent une sanction. La sanction n'est pas d'ordre moral mais une sanction juri-
dique.
La jurisprudence (ensemble des décisions rendu par des tribunaux).
La jurisprudence ivoirienne constitue une source indirecte du droit des obligations.

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
La doctrine : le rôle de la doctrine en la matière est encore embryonnaire en dépit des
efforts consacrés à la recherche en droit des obligations.
B- Les sources internationales
Les codes OHADA (Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en
Afrique), notamment les dispositions relatives aux obligations contractuelles.
Le code CIMA du droit des assurances du 10 juillet 1992
IV- Classifications des obligations
Nous distinguons une classification selon l'objet et les sources
A-classification selon l’objet
L’objet de l’obligation consiste à définir l’étendue de la prestation à laquelle le débiteur
s’est engagé. Nous distinguons une classification tripartite et une classification
moderne quant à l’objet de l’obligation.
Une classification tripartite donnée par le code civil notamment en son article 1126
« Tout contrat a pour objet une chose, qu'une partie s'oblige à donner, à faire ou ne pas
faire ».
Obligation de donner (du latin dare) c’est celle qui pèse sur le débiteur de transférer au
créancier la propriété d'une chose où de constituer un droit réel sur la chose.
L’obligation de faire est relative à l'exécution par le débiteur d'une certaine prestation.
L’obligation de ne pas faire est celle qui a pour objet une abstention du débiteur.
(C’est le cas du contrat de travail portant une clause de non-concurrence à la charge du
salarié, où du contrat de vente d’un fonds de commerce contenant une clause de non-
concurrence à la charge du vendeur.
Les classifications modernes : La doctrine moderne et la jurisprudence ont adopté une
conception bipartite fondée sur l'objet du contrat. Ce sont les obligations de moyens et
de résultat.
L’obligation de résultat est l’obligation de faire en vertu de laquelle le débiteur
s’engage à atteindre un résultat déterminé. Ainsi dans le contrat de transport de
personne, le transporteur s’engage à amener le voyageur sain et sauf à destination.

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Ici on s’engage à tout mettre en œuvre pour obtenir le résultat. L’obligation de résultat
permet de présumer la faute du débiteur alors que cette faute doit être prouver s’il s’agit
d’une obligation de moyen.
L’obligation de Moyen : encore appelé obligation de diligence ou de prudence est
l’obligation en vertu de laquelle le débiteur s’engage à mettre en œuvre tous les moyens
dont il dispose pour satisfaire le créancier sans garantir un résultat ; le contrat médical en
est l’illustration. Le médecin ne garantit pas la guérison du malade, mais il s’engage à
mettre tout en œuvre en vue de cette guérison.
B- Classifications selon les sources
La classification selon les sources nous est donnée par le Code civil notamment par les
articles 1101 à 2278.
Ces articles semblent distinguer (5) cinq types d’obligations : la loi, le contrat, le quasi-
contrat, le délit, et le quasi-délit. Mais en réalité si l'on procède à une classification elles
se ramènent à deux grandes sources.
1-les obligations résultant d'un acte juridique : responsabilité contractuelle
2-les obligations résultant d’un fait juridique : responsabilité délictuelle.
PREMIERE PARTIE : LES OBLIGATIONS AYANT POUR SOURCES LE
CONTRAT
TITRE PRELIMINAIRE : LA NOTION DE CONTRAT
Le contrat, en tant que convention se caractérise par sa diversité. A côté des contrats
nommés dont les effets et le contenu sont règlementés par la loi, exemple : la vente, le
mandat, le bail, d'autres contrats sont nés en dehors des normes légales selon les besoins
de la pratique. Ils sont désignés sous l’appellation de contrats innommés parce qu’ils ne
font pas l'objet d'une réglementation légale ; aussi une classification des contrats
s'impose. Mais avant de procéder à cette classification (chapitre 2) il convient de cerner
la notion de contrat (chapitre1).

Chapitre I : Le contrat

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Le contrat étant une forme particulière de convention, une distinction s'impose entre le
contrat et les accords de volontés non obligatoires (section 1). En tant qu'acte juridique
conventionnel, le contrat se distingue des actes unilatéraux et des actes juridiques
collectifs (section 2).
Section I : Convention et contrat
Dans le langage courant, la notion de contrat et de convention sont synonymes. Dans le
langage juridique, une distinction doit être faite, car la notion de convention regroupe
d'autres accords de volonté.
Paragraphe I : La distinction du contrat et de la convention
Le contrat du latin contrahere qui signifie rassembler, conclure, est présenter comme
une catégorie particulière de convention. Selon l’article 1101 du Cciv « le contrat est
une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent envers plusieurs
autres à donner, à faire ou à ne pas faire ».
La convention du latin convenire qui signifie venir ensemble, être d'accord, apparait
comme un ensemble dont le contrat serait un sous ensemble. La convention englobe
donc le contrat. Ainsi tout contrat est une convention, mais toute convention n'est pas un
contrat. Le critère de distinction entre le contrat et la convention réside dans leur objet.
Selon le code civil notamment article 1101 « Le contrat est une convention par
laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent envers une ou plusieurs autres à
donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose ».
Le contrat est donc une catégorie particulière de convention qui a pour objet la création
d’une ou de plusieurs obligations. Exemple : le contrat de vente.
La convention est un acte juridique formé par plusieurs personnes qui produit des effets
de droit, transférer la propriété, éteindre un droit, et, surtout, créer des obligations.
Une telle convention qui produit des obligations est un contrat. Le contrat est alors une
forme particulière de convention, défini par l'article 1101 du Code civil : « le contrat est
une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent envers une ou
plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose».

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Nous avons déjà vu que cette présentation est erronée : l’article 1101 présente une vision
déformée et réductrice du contrat comme une convention productrice d’obligations,
agencées autour de trois types d’obligations.
A l'instar du contrat, la convention, concept plus large a un objet triple.
1- la création d'obligation (contrat)
2- la transmission des obligations (cession de créance)
3- l'extinction d'obligation (la remise de dette)
Le contrat crée, la convention crée, transforme et éteint.
Paragraphe II :Le contrat et d’autres accords de volontés.
Le contrat, lequel se caractérise par sa force obligatoire, se distingue des accords de
volontés non obligatoires, tels les actes de courtoisies, les actes de complaisances et les
engagements d’honneur.
Les actes de courtoisie : Une proposition d’invitation à diner faite à une personne qui
donne son acceptation traduit un accord de volonté. Mais cet accord ne peut être qualifié
de contrat eu égard à son caractère non obligatoire. Il s’agit d’accord au titre de rapports
mondains non créateur d’obligations.
Les actes de complaisance : qui peuvent être fondés sur l’amitié, relèvent en principe
du domaine de non-droit. Ainsi le transporteur bénévole, qui a seulement voulu rendre
service à un ami, n’a pas attendu conclure un contrat quand bien même l’ami transporté
aurait participé aux frais de voyage. A l’instar de la jurisprudence française, la
jurisprudence ivoirienne a refusée à ses prestations de services gratuits la qualification
de contrats. C’est ainsi que dans l’arrêt n 148 du 22 mars 1974, Cour d’Appel
d’Abidjan…….
Les engagements d’honneur : encore appelés gentleman agreement sont des accords de
volontés qui n’obligent pas juridiquement les auteurs parce que ceux-ci n’ont pas voulu
établir entre eux un rapport juridique. Ainsi sur le terrain de rapport amicaux ou
familiaux, la promesse d’un oncle d’obtenir un visa à son neveu constitue un
engagement d’honneur dépourvu d’effets juridiques. Ces accords n’engagent les parties

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
que sur le plan de la conscience.
Section II : Distinction entre l’acte juridique et fait juridique
Il y a des obligations qui se forment par des conventions (article 1101), et il ya des
obligations qui se forment sans conventions (article 1317). Parmi cette deuxième
catégorie, il y'a celles qui résultent de la seule autorité de la loi, et celles qui résultent
d'un fait personnel. C’est la distinction entre acte juridique et fait juridique.
Paragraphe I : Définition des actes juridiques
Ce sont des manifestations de volontés destinées à produire des effets de droit
spécialement recherchés.
L’acte juridique est une manifestation de volonté destiné à produire des effets de droit.
L’acte juridique s’oppose au fait juridique lequel est un évènement
volontaire(meurtre)ou involontaire susceptible de produire des effets de droit.
Exemple : le contrat, le testament, la remise d'une dette, résolution d'une assemblée
d'actionnaire.
Paragraphe II : Les faits juridiques
Ce sont des évènements quelconques auxquels la loi au sens large attache des effets
juridiques. On oppose le fait juridique au fait matériel. Ces faits juridiques peuvent être
volontaire ou involontaire.
Exemple : le délit, le quasi-délit, le quasi-contrat,
Ou involontaire. Exemple : la mort
- Quiz
1-une mise en demeure (acte juridique)
2-la réception d’une lettre de mise en demeure (fait juridique)
3-signer un contrat de bail (acte juridique)
4-rediger un testament (acte juridique)
5-accident ayant causé des blessures corporelles (fait juridique)
6-la reconnaissance d’un enfant naturel (acte juridique)
7-la naissance d’un enfant (fait juridique involontaire)

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8-une convention collective (acte juridique)
9-la démission d’un salarié (acte juridique)
10-une donation (acte juridique)
11-un vol (fait juridique volontaire)
12-la publication de propos mensonger pour nuire à une personne (fait juridique) le
comportement est volontaire mais les dommages et intérêts ne sont pas voulu.
13-l'inondation d'un appartement à la riviera palmeraie (fait juridique involontaire)
Paragraphe III : Les actes juridiques unilatéraux et bilatéraux
Le droit positif ivoirien consacre l’existence d’actes juridiques unilatéraux dans
différentes branches du droit privé.
En droit de la famille, la reconnaissance d’un enfant naturel par son auteur est un acte
unilatéral par lequel l’auteur de l’enfant, (son père ou sa mère établit le lien de filiation à
L’égard de l’enfant. (Loi n 2019-571 du 26 juin 2019 relative à la filiation).
En droit des successions, le testament est un acte unilatéral par lequel une personne
appelée le testateur dispose de ses biens pour la période qui suivra sa mort. C’est
pourquoi le testament est appelé acte à cause de mort. La renonciation à une succession
ou l’acceptation d’une succession constituent des actes juridiques unilatéraux ayant soit
un effet abdicatif, soit un effet translatif de droits.
En droit du travail, la démission d’un salarié et le licenciement décidé par l’employeur
sont des actes juridiques unilatéraux ayant un effet extinctif du contrat de travail.
En droit des sociétés, l’acte de constitution d’une société anonyme ou d’une société a
responsabilité limitée comportant un actionnaire unique ne peut être qualifié de contrat
mais plutôt d’acte juridique unilatéral.
A l’instar du contrat, certains actes juridiques unilatéraux peuvent créer des effets de
droit mais avec l’autorisation du législateur, exemple du testament qui a un effet
translatif de droit.
La notion d’actes juridiques collectifs englobe en son sein la distinction des contrats
collectifs, des actes unilatéraux collectifs et des actes conjonctives.

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Chapitre II : classification des contrats
A chaque catégorie de contrat correspond un régime juridique particulier.
On distingue une classification traditionnelle et une classification moderne.
Section I : Classification traditionnelle
Classification des contrats en fonction de leur règlementation, à leur mode de formation
et à leur objet.
Paragraphe I : Classification en fonction de la règlementation
On distingue les contrats de droit interne, des contrats internationaux d’une part et les
contrat nommés et innommés d’autre part.
La distinction entre contrat nommés et innommés résulte implicitement des dispositions
de l’article 1107 du code civil « les contrats, soit qu’ils aient une dénomination propre,
soit qu’ils n’en aient pas ». Le contrat nommé est le contrat qui a reçu une dénomination
propre par la loi, et correspond à une catégorie juridique précise. Exemple le contrat de
vente règlementé par les articles 1582 à 1701 du cciv, le dépôt (article 1919 et sv du
cciv)
, contrat de travail du 20 juillet 2015- 532, le bail à usage d’habitation loi n°2019-576 du
26 juin 2019 instituant code de la construction et de l’habitat.
Les contrats innommés sont des contrats créés par la pratique.
Exemple : contrat de placement d’argent qui a créé le trouble en Côte d’ivoire.
Paragraphe II : Classification des contrats quant à leur mode de formation
A- la distinction des contrats consensuels, solennels et réels
-le contrat est solennel, lorsqu’il nécessite l'accomplissement de formalités prescrites
par la loi. Exemple : le contrat de bail à usage d’habitation en droit ivoirien-le contrat de
vente d’immeuble qui doit passer obligatoirement devant le notaire.
-le contrat est dit consensuel, lorsqu’il se forme par le seul échange du consentement
en l'absence de formalité (article 1583 du code civ - le contrat de vente doit être
considéré comme conclu dès le simple échange du consentement).
- le contrat réel est le contrat qui se forme par la remise de la chose objet du contrat.

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
B- les contrats instantanés, à exécution successive, à exécution échelonnée (résultent
de doctrine)
-le contrat est à exécution instantanée, lorsque l'exécution par les parties de leurs
obligations se fait en un trait de temps (exemple : vente d'un objet à payement
instantané)
-le contrat à exécution successive est celui dont les obligations d'au moins une partie
ou même des deux s'exécutent en plusieurs prestations échelonnées créant un rapport de
droit permanent.
-le contrat à exécution échelonnée est une catégorie intermédiaire de contrat entre le
contrat à exécution successive et le contrat à exécution instantanée.
Exemple : Contrat d’abonnement de fourniture de l’électricité, d’eau, de gaz et
téléphone.
Paragraphe III : la classification des contrats quant à leur objet
On fera la distinction ici entre les contrats synallagmatiques et les contrats unilatéraux(a)
les contrats commutatifs et aléatoire (b) contrat à titre gratuit et onéreux(c)
A-contrat synallagmatique et les contrats unilatéraux (article 1102-1103 cc)
- le contrat est synallagmatique lorsque les cocontractants s’obligent réciproquement
les uns envers les autres. Elle fait naitre des obligations réciproques et interdépendantes
entre les parties. Exemple : le contrat de vente qui fait naitre des obligations réciproques
à la fois à la charge de l’acquéreur et du vendeur. Le contrat de bail à usage d’habitation
(obligation réciproque entre bailleur et locataire.)
- le contrat est dit unilatéral lorsqu’une ou plusieurs personnes sont obligées envers
une ou plusieurs autres, sans que de la part de ces dernières il n’y ait d’engagement.
Exemple : La donation.Il ne crée d’obligations qu’à l’égard d’une seule des parties.
B- les contrats commutatifs et aléatoires
-le contrat est commutatif lorsque chacune des parties s’engage à procurer à l'autre un
avantage qui est regardé comme l'équivalent de ce qu'on lui donne ou de ce qu’on fait
pour elle (art 1104 du cciv). Ici, il est question de l’équivalence de prestation réciproque.

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Exemple : La vente et le bail. Ces prestations réciproques des parties sont connues et
évaluables au moment de la conclusion du contrat.
-le contrat est aléatoire lorsqu’on fait dépendre les effets, les avantages et perte qui
résulteront d'un évènement incertain. La prestation d’au moins l’une des parties n’est pas
connue au moment de la formation du contrat. Il a pour objet de garantir un risque.
Exemple : Article 1968 du cciv qui régule le contrat de rente viagère - le contrat
d’assurance.
C- contrat à titre onéreux et à titre gratuit
-le contrat est à titre onéreux lorsque chacune des parties reçoit de l'autre un avantage
en contrepartie de celui qu'elle procure. Autrement dit, c'est le contrat qui assujetti
chacune des parties à donner ou à faire quelque chose dans l'attente d'une contrepartie
(article 1106 du cciv) la vente, le contrat de travail, le contrat de bail, le contrat de prêt à
intérêt).
-le contrat à titre gratuit est un contrat dans lequel l’une des parties procure à l’autre
un avantage sans attendre en retour une contrepartie (article 1105 du cciv).
Exemple : la donation entre vif, le donateur transfert au donataire(bénéficiaire) la
propriété d’un bien dans un but désintéressé ; le mandat
Section II : classifications récentes
La classification récente est basée sur les nouveaux modes d'extériorisation de la volonté
: les contrats de commerce électronique (paragraphe 1), et ensuite les contrats basés sur
les rapports de forces (paragraphe 2).
Paragraphe I : le contrat de commerce électronique
Avec le développement du commerce électronique, de nouveaux contrats ont fait leur
apparition. Il s'agit des contrats conclus par internet, par courriel (loi ivoirienne sur le
commerce électronique n°2013-546 du 30 juillet 2013). Les contrats conclus
électroniquement sont dans l’ensemble des contrats entre absents. Les contrats
électroniques posent des problèmes de détermination du lieu et du moment de la
conclusion desdits contrats. L’article 19 du règlement n° 15 de l’UEMOA du 19

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
septembre 2002 admet l’écrit sous forme électronique comme mode de preuve au même
titre que l’écrit sur papier. Mais l’article 19 précité subordonne la valeur probatoire de la
preuve électronique à plusieurs conditions : -l’identification de la personne dont
émane l’écrit – la fiabilité du document électronique.
Paragraphe II : classification selon le rapport de force
Nous avons les contrats de gré à gré qui sont le fruit d’une libre discussion entre les
parties.
-Les contrats d'adhésion : dans ces types de contrats, le contenu du contrat est imposé
à la partie la plus faible, laquelle a le choix entre adhérer ou ne pas adhérer au contrat.
Exemple : les contrats Cie/SODECI
Il faut préciser que la majorité des contrats d'adhésion sont la plupart du temps des
contrats entres des professionnels et des profanes consommateurs.
Quiz
-Location pour trois ans d’une chambre meublée pour un loyer de 300.000
FCFA (consensuel - synallagmatique - à titre onéreux - commutatif- et successif -
solennel).
-Hébergement en pension complète pendant 8 jours dans un hôtel restaurant (à titre
gratuit)
-Donation d’une partie de 15 hectares à votre fils de 36 ans (à titre gratuit, solennel et
unilatéral).
-Signature d’un accord de viager devant un notaire moyennant une rente mensuelle de
1.000.000 de FCFA en vue de l’acquisition d’un café (aléatoire-onéreux-solennel-
synallagmatique-consensuel).
- Abonnement d'un an au journal de l’hôtellerie (adhésion – synallagmatique - onéreux)
-Achat à un démarcheur à domicile d’une machine à nettoyer(instantané-onéreux-
synallagmatique).
- Achat sur pied de la prochaine récolte de raisins(onéreux).
-Jeannine assure son automobile, son chien et ses meubles

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(Onéreux-aléatoire-synallagmatique-adhésion-échelonné).
Titre I : la formation du contrat
Selon les dispositions de l'article 1134 du Code civil, « seuls les contrats légalement
formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits ».
Aussi le Code civil prend soin de prévoir les conditions de formation du contrat
(Sous-titre 1) dans les articles 1108 et sv et les sanctions en cas d’inobservation (Sous-
titre 2).
Sous-titre I : Les conditions de formation du contrat
Selon les dispositions de l'art 1108 du cciv, les conditions de formations du contrat sont
au nombre de quatre :
La capacité de contracter (chapitre 1)
L’existence du consentement des parties qui s'obligent (chapitre 2)
Un objet (chapitre 3)
Une cause (chapitre 4).
Ces conditions énoncées sont relatives aux conditions de fond du contrat, la forme du
contrat demeurant régis par le principe du consensualisme.
Chapitre I : la capacité juridique
La capacité juridique est l'aptitude d'une personne à être titulaire de droit et l'aptitude à
exercer les droits dont elle est titulaire. Elle a donc un double aspect.
-la capacité sous l'angle de l'aptitude du sujet à être titulaire de droit est dénommée
capacité de jouissance.
-la capacité d'exercice est l’aptitude à exercer un droit dont on est titulaire.
En matière contractuelle, les règles relatives à la capacité juridique font référence à
l'article 1123 du cciv « toute personne peut contracter si elle n'est pas déclarée
incapable. » L'article 1124 du Code civil nous donne la liste des personnes incapables
de contracter (les mineurs et les interdits). En Côte d'Ivoire, la loi n° 2019-572 du 26
juin 2019 notamment en son article 1 fixent la majorité à 18 ans. Les majeurs incapables
sont des personnes physiques âgées de 18 ans et plus.

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Il faut préciser que les majeurs incapables ne peuvent pas contracter. Comme majeurs
incapables protégés par la loi nous avons : les interdits judiciaires, les personnes
internées, les prodigues et faibles d'esprit.
Les interdits judiciaires : La loi reconnait habituellement trois interdits judiciaires qui
sont l’imbécilité, la démence, ou la fureur. La procédure de l’interdiction judiciaire peut
être exercée par n’importe lequel des parents, par l’époux ou l’épouse de l’aliéné ou par
le ministère public. Lorsque la procédure judiciaire est engagée, le tribunal prend l’avis
du conseil de famille et interroge le présumé aliéné. Si le jugement prononce
l’interdiction, l’aliéné interdit se trouve dans l’incapacité générale d 'exercice et tant
qu’un jugement de mainlevée n’est pas prononcé, l’aliéné interdit ne peut accomplir les
actes interdits.
Les aliénés internés : Ces aliénés sont enfermés dans un établissement psychiatrique.
Les aliénés internés peuvent être places d’office lorsqu’ils sont dangereux ou se faire
placer volontairement lorsqu’ils sont inoffensifs. Suivant le jugement du juge, l’acte
d’un aliéné interné peut être annulé ou non. L’action en nullité est exercée par l’aliéné
même ou son représentant légal.
Les prodigues ou les faibles d’esprit sont des personnes qui se livrent à des dépenses
disproportionnées par rapport à ses revenus pouvant même mettre en péril son
patrimoine, quant aux faibles d’esprit, ce sont des personnes ayant des facultés mentales
affaiblies sans qu’il y ait perte totale et habituelle de sa raison.
Les prodigues et les faibles d’esprit ne sont pas frappes d’une incapacité générale, ils
conservent l’administration de leurs biens.

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TABLEAU DES INCAPACITES AUX MAJEURS INCAPABLES
Texte Nature de Domaine Remède à Sanction en
applicable et l’incapacité des actes l’incapacité cas de
cause prohibés violation
d’incapacité
Interdits
judiciaires
Aliénés
internes
Prodigues
et faibles
d’esprit

Chapitre II : Le consentement
Les articles 1108 à 1118 du cciv se réfèrent à la notion du consentement sans en donner
la définition. Si l'on se réfère à la doctrine, le consentement en droit des obligations revêt
deux acceptions.
Selon la première acception, le consentement désigne la manifestation individuelle de
volonté de chacune des parties. C’est ainsi que l'on peut dire que chacune des parties au
contrat a donné son consentement.
La deuxième acception désigne l'accord de volonté, c’est à dire la rencontre de deux
volontés. L’importance du rôle de la volonté dans le droit des contrats a donnée
naissance à la théorie de l’autonomie de la volonté.
Section I : l'existence du consentement.
Le contrat en tant qu'accord de volonté nécessite la rencontre de deux volontés : une
offre et une acceptation, lesquels constituent les éléments nécessaires du consentement.
Paragraphe I : l’offre de contracter ou pollicitation
C’est une manifestation unilatérale de volonté par laquelle une personne appelée offrant

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ou pollicitant fait connaître son intention de contracter dans une proposition contenant
les conditions essentielles du contrat. Il faut préciser que toute proposition de contracter
n'est pas une offre.
Pour être une offre, la proposition de contracter doit revêtir certains caractères.
A- les caractères de l'offre
L’article 241 du code OHADA sur le droit commercial général à propos de la vente
commerciale précise les caractères de l’offre : l’offre doit être précise et ferme.
1-La précision de l'offre
Une offre précise doit comporter les éléments essentiels du contrat en voie de
conclusion. L’article 1583 du cciv qui donne les caractéristiques du contrat de vente en
matière civile parle de la chose et du prix.
Quiz
Un dépliant publicitaire qui vante les mérites d'un produit est-il une offre ? Non, parce
que la proposition ne contient pas les caractéristiques du produit et du prix de vente.
Une annonce dans un journal qui propose de vendre un objet déterminé dont le prix est à
débattre est-elle une offre ? Non, parce que le prix est à débattre, absence précision et
fermeté.
Le propriétaire de l'appartement A- 628 rue Saint Jean-Baptiste loue son appartement.
Cette annonce est-elle une offre ? Non, ce n'est pas une offre. Dans un contrat de bail,
l'offre de contracter doit nécessairement mentionner la chose à louer, la date d'entrée
en jouissance, le loyer mensuel.
Selon les dispositions de l'alinéa 2 de l'article 241 précité, une proposition de vente est
suffisamment précise lorsqu’elle désigne les marchandises et expressément ou
implicitement fixe la quantité et le prix ou donne les indications permettant de les
déterminer.
Toute proposition de contracter qui ne comporte pas les caractéristiques essentielles du
contrat à conclure ne sont pas une offre, mais une invitation à entrer en pourparlers ou
un appel d'offre. Voir : cour suprême d’Abidjan arrêt inédit du 21 avril 1992. Arrêt

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Daewoo-ci.
2- la fermeté de l'offre
L’article 241 du code OHADA sur le droit commercial général précise que l'offre ferme
est la proposition de contracter qui indique la volonté de son auteur d'être lié en cas
d'acceptation.
L’exigence de fermeté nous emmène à nous interroger sur le sort des propositions de
contracter, des réserves. Il peut s’agir de réserves objectives ou de réserve subjectives.
Les réserves objectives sont celles qui portent notamment sur le stock de marchandise à
vendre. Généralement, les offres contenant des réserves objectives sont formulées ainsi
-"Offre de vente de marchandises dans la limite du stock disponible ou jusqu'à
épuisement du stock" sommes-nous en présence d'une offre ?
Lorsque la réserve présente un caractère objectif, c’est-à-dire lorsqu’elle prend en
compte les conditions objectives, la proposition de contracter demeure une offre en
dépit de la réserve.
Quiz
-"Offre de vente de marchandises dans la limite du stock disponible ou jusqu'à
épuisement du stock" sommes-nous en présence d'une offre ? oui nous sommes en
présence d'une offre parce que la volonté du vendeur à écoulé son stock est clair,
nous sommes face à une réserve objective.
Les modalités de l'offre : L’offre peut être adressée à une personne déterminée ou au
public. Elle peut être faite avec délai ou sans délai. L’offre peut être tacite ou expresse.
Quiz
L’offre faite au public est-elle une véritable offre ou une simple invitation à entrer en
pourparlers ?
Réponse : nous sommes face à une invitation à entrer en pourparlers.
L’alinéa 3 de l’article 241 du code OHADA dispose que : seul une proposition de
conclure un contrat adressé à une ou plusieurs personnes déterminées est une offre.
Exercice

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(1) Mr Gnonsian écrit une annonce adressée aux étudiants du CERAP. Dans cette
annonce Mr Gnonsian dit « offre d'emploi de secrétaire juridique au plateau payée
500.000 ». Est-ce une offre ou non ? oui une offre.
(2) Mr Togognini rêve de partir en France. Au cours d’une balade il voit une offre "partir
en France moyennant 1 million de FCFA" offre ou non ? Non, pas d’offre.
L’alinéa 4 de l'article 241 du code OHADA prévoit qu'une proposition adressée à des
personnes indéterminées est considéré comme une proposition à l'offre à moins que cette
personne ait spécifiquement indiquée le contraire.
En droit français depuis la réforme de 2016, la mort du pollicitant entraine de facto la
caducité de l’offre. En droit ivoirien lorsque l'offre est adressée à personne
déterminée et contenu dans un délai malgré la mort du pollicitant l'offre subsiste
jusqu'a échéance.
Il est a noté que l’offre contenue dans un délai ne peut être retirée jusqu’à échéance de
ce délai.
B - les modalités de l’offre
La proposition de contracter qualifiée offre de contracter doit revêtir certaines formes.
Elle peut être destinée à une personne déterminée ou adressée au public.
Elle peut être faite avec ou sans délai.
Les formes de l’offre : elle peut être expresse ou tacite :
L’offre expresse est celle qui est exprimée expressément soit dans un écrit (lettre,
catalogue, menu affiché ou en ligne sur internet) ou oralement par voie de criée dans un
marché.
L’offre tacite est celle qui résulte d’un comportement, elle consiste notamment dans le
fait d’exposer des objets avec leurs prix dans une vitrine ou le fait pour des véhicules
affectes au transport public d’être en stationnement dans des emplacements réservés,
portières ouvertes et gaines du compteur non mise.
Les destinataires de l’offre : l’offre peut être faite à personne déterminée. C’est le cas
du pollicitant qui écrit à une personne de sa connaissance pour lui proposer la vente de

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ses biens. L’offre peut être aussi adressée au public soit par voie d’étalage avec prix
marqué soit par voie d’affichages d’annonces, d’envoi de catalogues ou de prospectus.
L’offre faite au public est- elle une véritable offre ou une simple invitation à entrer en
pourparlers ?
Art 241 al 3 « seule une proposition de conclure un contrat adressé à une ou
plusieurs personnes déterminées est une offre ».
Citons par exemple une offre de voyage éducatif adressée aux étudiants du CERAP.
Selon l’art 241 al 4 une offre adressée à un public indéterminé est une simple
invitation à entrer en pourparlers (à moins que le pollicitant indique le contraire).
C -Les effets de l’offre
La valeur juridique de l’offre
La caducité de l’offre
L’expiration du délai de l’offre qui entraine la caducité
Le rejet de l’offre par le destinataire
Une contre-proposition
Le décès du pollicitant (qui comporte une atténuation en cas d’offre assortie de
délai).
Paragraphe II : l'acceptation
L’acceptation est la manifestation unilatérale de volonté par laquelle le destinataire de
l'offre donne son accord total à l'offre qui lui a été faite. « Constitue une acceptation
toute déclaration ou autre comportement du destinataire indiquant qu'il acquiesce à
l'offre » (voir avant-projet relatif au droit des contrats article 2/6). Cependant, il faut
préciser que toute réponse émanent du destinataire d'une offre n'est pas une acceptation.
A - les caractères de l'acceptation
Toute réponse positive n'est pas une acceptation. Notamment lorsque cette réponse
positive est assortie de réserve.
Exemple : la contre-proposition (nouvelle offre de proposition qui rend la première
caduque) ou l'accord-partiel.

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Doit-on conclure que le fait pour le destinataire de l'offre de ne pas émettre de réserve
vaut acceptation ? tel est le problème posé dans l'arrêt inédit de la cour suprême 10
janvier 2002.
La cour suprême d’Abidjan a considéré que le fait pour la SNM, destinataire de l'offre
de n'avoir pas émis de réserves relativement à l'offre de rémunération sollicitée par Mr
Jacquelin ne vaut pas acceptation.
Il résulte de toutes ces précisions qu'une acceptation assortie de réserve ne vaut pas
acceptation, aussi le silence observé après une offre ne vaut pas acceptation, seule
l'acceptation pure et simple de l'offre est juridiquement une acceptation. L’article
245 alinéa 2 de l’acte uniforme sur le droit commercial général donne des informations
générales en précisant que "toutefois, la réponse qui se veut acceptation mais qui
contient des éléments complémentaires ou différents n'altérant pas
substantiellement les termes de l'offre constitue une acceptation à moins que
l'auteur de l'offre sans retard indu, n'exprime son désaccord sur ces éléments".
B- les formes de l'acceptation
Elle peut être expresse (écrite, de vive voix), elle peut être tacite ou implicite.
Selon l'art 245 du code OHADA, dans son alinéa 2 énonce "le silence ou l'inaction ne
peut à lui seul valoir acceptation ». Cependant, il y'a des exceptions.
L’article 6 alinéa 3 du code CIMA" le silence gardé pendant 4 jours par l'assureur à la
suite d’une proposition de modification, de prolongation, ou de suspension du contrat
d'assurance faite par lettre recommandée ou lettre contresignée ou tout autre moyen
faisant foi de la date de réception, vaut acceptation"
Le fondement de cette solution est l’existence de relations d’affaires antérieures de
même nature entre l’assureur et le souscripteur. C’est le mécanisme de la tacite
reconduction. Cette solution s’applique également au bail à usage d’habitation. En effet
selon l’article 439 de la loi n 2019 -576 du 26 juin 2019, si a l’expiration du bail le
locataire reste dans les lieux, le silence du bailleur vaut acceptation. Le contrat de bail
qui vient à échéance est renouvelé par tacite reconduction.

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En matière commerciale, lorsqu’un client commande des marchandises chez son
fournisseur habituel, le silence gardé par ce dernier vaut acceptation.
Paragraphe III : La rencontre de l'offre et de l'acceptation
La rencontre de l'offre et de l'acceptation entraine la conclusion du contrat à condition
que l'acceptation n'intervienne avant que l'offre ne soit éteinte par révocation ou
caducité. De tout temps s'est posé le problème des contrats entre absent. Il y'a eu les
théories de l'émission et de la déclaration ensuite les théories de l'information et de la
réception.
En droit ivoirien, l'article 244 de l'acte uniforme OHADA relative au droit commercial
général consacre la théorie de la réception comme en droit français, l'article 1121 du
c.civ issu de la réforme de 2016.
Dans le système de la réception, le contrat est formé quand le pollicitant reçois la lettre
d'acceptation dans son mail ou sa boite de réception.
Section II : la formation par étape du contrat
Certains contrats usuels se forment par la rencontre immédiate de l'offre et de
l'acceptation. D’autre plus complexes se forment étape par étape. Exemple : contrat de
transfert de technologie, contrat d'ensembles industriels, contrat de prospection et
d'extraction du sous-sol. Le processus de formation de ses contrats complexes comporte
la phase de pourparlers (Paragraphe 1) celles des avant contrats
(Paragraphe 2).
Paragraphe I : Les pourparlers
Ce sont les discussions antérieures à la conclusion du contrat. L’issue des pourparlers
peut se matérialiser par une proposition de contracter qui contrairement à l'offre ne
contient pas les éléments essentiels du futur contrat.
Exemple : Arrêt inédit du 21 avril 1992 Daewoo Côte d'ivoire.
Il existe un devoir de confidentialité au cours des pourparlers. Le manquement à ce
devoir de confidentialité peut donner naissance au payement d'une indemnité
comprenant le cas échéant le bénéfice qu'en aura retiré l'autre partie. On a un devoir de

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loyauté, d'informations et de confidentialité vis-à-vis de son partenaire.
Le régime juridique de la rupture abusive
En tant qu’en engagement précontractuelles pourparlers n’ont pas de force obligatoire.
Par conséquent, la rupture ou le non-aboutissement des pourparlers est en principe
dépourvu(e)d’effets juridiques. Les parties sont donc en principe libre de rompre les
pourparlers. Mais ce principe comporte une exception selon l’article 249 alinéa 2 du
code OHADA droit commercial General. Il s’agit de la rupture abusive. La rupture des
pourparlers devient abusive lorsque l’auteur de la rupture a abuse de son droit de
rompre, il en est ainsi lorsque la rupture des pourparlers a été faite de mauvaise foi
notamment lorsque l’auteur de la rupture rompt sans prévenir l’autre partie laquelle a
déjà engagé des frais en vue la conclusion du futur contrat.
Paragraphe II : Les avant - contrats
Un avant - contrat est un contrat préalable à la conclusion du contrat définitif. Le plus
usuel des avant-contrats est la promesse de contrat.
Il existe deux types de promesses de contrats :
La promesse de contrat unilatéral et synallagmatique

A- promesse unilatéral de contrat


C’est un acte par lequel une personne appelée promettant s'engage à conclure un contrat
futur avec une autre personne appelée le bénéficiaire à des conditions déterminées. Elle
assure essentiellement un délai d’attente au bénéficiaire, celui-ci dispose d’une faculté
option pendant un certain délai et généralement moyennant le versement d’une somme
d’argent une indemnité d’immobilisation s’agissant des promesses de vente. A la
différence du pacte de préférence, la promesse unilatérale doit contenir tous les éléments
nécessaires à la formation du contrat promis dans la mesure ou la promesse traduit
l’offre, ainsi contractualisée par la promesse de telle sorte que l’exercice de la faculté
d’option par le bénéficiaire formera le contrat promis. Par ailleurs, lorsque la promesse

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unilatérale porte sur certains objets, un immeuble ou un fonds de commerce, elle doit
être enregistrée dans les 10 jours de sa conclusion sous peine de nullité art 1589-2.
Exemple : la promesse de vente et la promesse d'achat
Dans la promesse unilatérale de vente, le promettant s'engage à vendre son bien et le
bénéficiaire est d'accord avec cette proposition.
Dans la promesse d'achat, le futur acquéreur s’engage à acquérir le bien et le propriétaire
du bien à manifester son acceptation à l'offre de contracter faite par le promettant (le
futur acquéreur). Il fait naitre d'obligation qu'à la charge d'une seule partie (le
promettant)
B- la promesse synallagmatique de contrat et le pacte de préférence
La promesse synallagmatique de contrat est un contrat en vertu duquel chacune des
parties s'engagent à conclure plus tard un contrat définitif dont les conditions sont déjà
déterminées.
Exemple : Je vous promets de vous vendre mon immeuble si vous me promettez de
l'acheter. Contrairement aux promesses unilatérales de contrat, les deux parties dans la
promesse synallagmatique de contrat s'engagent réciproquement.
L’art 1539 du cciv "la promesse de vente".
Le pacte de préférence
Le pacte de préférence est la convention par laquelle une personne s’engage, pour le cas
où elle se déciderait à vendre un bien, à faire d’abord une offre à l’autre partie, selon des
conditions déjà déterminées.
Le bénéficiaire dispose d’un droit de préemption. Ces termes signifient que le
propriétaire s’interdit de proposer le bien à un tiers avant que le bénéficiaire ait décliné
sa proposition. Le pacte de préférence peut être libelle ainsi : « Si je vends mon
immeuble, je vous le proposerai en priorité ». Le pacte de préférence est un contrat
préalable qui prépare la conclusion du contrat définitif. Mais en tant que contrat
préparatoire, le pacte de préférence est un véritable contrat puisqu’il y a rencontre de
volontés. Aussi en cas de violation du pacte de préférence, le promettant, qui a conclu le

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contrat avec un tiers, engage sa responsabilité contractuelle à l’égard du bénéficiaire. La
différence entre le pacte de préférence et la promesse unilatérale de contrat réside dans
le fait que dans le pacte de préférence, le souscripteur ne prend pas l’engagement de
vendre. Il est libre de contracter ou de ne pas contracter. C’est seulement s’il décide de
vendre que le bénéficiaire à la priorité.
Section III : La protection du consentement
Eu égard au rôle important de la volonté dans la formation des contrats, le législateur a
voulu préserver l'intégrité du consentement des parties par des mesures préventives en
instituant à la charge des parties une obligation d’information. Il existe des mesures
répressives ayant pour objet de sanctionner les atteintes à l'intégrité du consentement,
c’est la théorie des vices du consentement.
Selon L’art 1109 du code civil.
Il existe 3 vices du consentement
L’erreur(paragraphe1)
Le dol (paragraphe 2)
La violence (paragraphe 3)
Paragraphe I : L’erreur
Dans le langage commun, l'erreur est une représentation inexacte de la réalité qui
consiste à croire vrai ce qui est faux et inversement. L’erreur dans le contrat se fait sur
un ou des éléments constitutifs du contrat.
Cette faculté de croire peut-être relative aux faits et au droit existant au moment de la
conclusion du contrat. Il peut s'agir :
D’une erreur sur la valeur des prestations,
D’une erreur sur la personne avec laquelle l'on contracte ou encore,
D’une erreur sur les motifs du contrat où,
D'une erreur sur la substance de la chose objet du contrat.
A- le domaine d'application de l'erreur vice du consentement
Selon l’article 1110 du cciv « l'erreur n'est une cause de la nullité de la convention que

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lorsqu'elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l'objet ».
Elle n'est point une cause de nullité, lorsqu’elle ne tombe que sur la personne avec
laquelle on a l'intention de contracter, à moins que la considération de cette
personne ne soit la cause principale de la convention" art 1110 du code civil.
1- Les erreurs constitutives du vice du consentement
l'art 1110 ne prend en compte comme erreur vice du consentement que 2(deux) sortes
d'erreurs :l'erreur sur la substance et l'erreur sur la personne dans certains contrats
a-l ’erreur sur la substance
Les acceptions du terme substance :il existe deux acceptions du terme substance :
une conception objective de la substance et une acception subjective de la substance.
Selon la conception objective, la substance est la matière dont la chose est faite.
Exemple : J’achète des bijoux qui sont en bronze croyant qu’ils sont en argent.
J’achète une montre dorée croyant que c’est une montre en or.
J’achète une armoire en contreplaqué croyant qu’elle est en bois massif(iroko-bois bété).

Selon la conception subjective de la substance, la substance n’est pas la matière dont est
faite la chose objet du contrat. C’est la qualité essentielle ou la qualité substantielle qui a
déterminé le consentement de l’une des partie au moment de la signature du contrat.
Dans la conception subjective, la qualité substantielle doit être recherchée non pas dans
la chose, objet du contrat mais plutôt dans la volonté du cocontractant.
Exemple :Une jeune femme achète une robe de soir croyant qu’il s’agit d’un habit de
marque, alors qu’il s’agit en réalité d’une vulgaire copie. La qualité substantielle est
donc la qualité qui a eu une influence déterminante sur le consentement des parties au
moment de la signature du contrat.(Objective :c’est la matière de la montre l’or qui
l’intéresse-Subjective : ici c’est la marque qui l’intéresse et non la matière dont est faite
la montre).
b- l'erreur sur la personne
Contrat intuiti personae : elle n'est point une cause de nullité du contrat lorsqu’elle ne

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tombe que sur la personne avec laquelle on a l'intention de contracter à moins que la
considération de la personne ne soit la cause principale de la convention.(l’identité
physique du co-contractant-l ‘identité civile nationalité-Age-nom etc…savoir-faire dans
un contrat de travail.
Dans le contrat à titre gratuit. Exemple :la donation, car une erreur sur la personne du
donataire faite par le donateur invalide le contrat.
2- les erreurs exclues du vice du consentement
-erreur sur les motifs: tous les éléments poussant à contracter
-l'erreur sur la valeur économique du contrat: est en principe une erreur qui ne peut
entrainer la nullité du contrat. Aussi les erreurs sur le prix doivent être supporter par
celui qui les a commises.
-l'erreur obstacle est une erreur si grave qu'elle constitue un obstacle à la formation du
contrat. il peut s'agir d'une erreur sur la nature même du contrat. on peut citer l'exemple
d'un contrat conclu entre deux parties dont l'une croit qu'il s'agit d'une vente alors que
l'autre croit conclure un contrat de location. il peut s'agir de l'unité monétaire employée.
l'erreur obstacle est sanctionnée par une nullité absolue qui nécessite une action en
justice et présente l'avantage de faire constater officiellement l'irrégularité de l'acte par
les tribunaux avant d'en prononcer la nullité
B- les conditions de la nullité pour erreur vice de consentement
La seule condition du prononcé de la nullité pour erreur prévue par l’article 1110 du cciv
est que l’erreur porte sur la substance même de la chose qui en est l’objet ou
exceptionnellement une erreur sur la personne. A cette condition la jurisprudence a
ajouté deux conditions (1)-il faut que l'erreur soit déterminante (2)-il faut que l'erreur
soit excusable. Encore faut ‘il en faire la preuve de l’erreur.
C- la sanction de l'erreur
L’erreur vice du consentement est sanctionnée par la nullité relative. La nullité
commence à partir de la découverte de l’erreur. En tant que nullité de protection des
intérêts des particuliers protégés, l'action en nullité relative ou erreur ne peut être exercer

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que par les victimes de l'erreur. Le délai d'exercice de l'action en nullité relative est de
10 ans article 1304 du code civil.
Conséquence de la nullité : anéantissement du contrat et restitution en état.
Paragraphe II: le Dol
Le dol est une manœuvre frauduleuse destinée à tromper son co-contractant à contracter
aux conditions qu'il n'aurait pas acceptées s'il n'avait pas été trompé.
La différence entre le dol et les manœuvres dolosives se situent au niveau de la rétention
de l’information(rétention de l'information).
A- les éléments constitutifs du dol
1-l'élément matériel du dol
a- Les manœuvres frauduleuse
Exemple: falsification du kilométrage d'une voiture, production de faux contrat pour
avoir un visa pour conclure un contrat.
b- Le mensonge
représentation inexacte d'un élément du contrat; elle peut être provoquer par un simple
mensonge non appuyée d'un acte extérieur.
c-La réticence dolosive
La différence entre le dol et les manœuvres dolosives se situent au niveau de la rétention
de l’information(rétention de l'information).
2-l'élément intentionnel
L’auteur du dol doit avoir eu l'intention de tromper son co-contractant. Il n y a donc pas
dol si un co-contractant a fourni à son partenaire des informations erronées par
ignorance, par oublie ou par simple négligence. Arrêt n°318 de la cour d'appel d’Abidjan
du 30 avril 1976.
Quiz
Mr Kouassi est vendeur de véhicule usagé. il vend un véhicule de 200 mille kilomètre à
Mr Yao. Après expertise, Mr Yao se rend compte que le kilométrage n’est pas exact.
Peut-on parler de dol ou pas? Oui il y a dol.

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B -le régime juridique du dol
Selon l’article 1116 du code civil « la nullité pour dol ne peut être appliquée que si le dol
revêt certains caractères(1) pouvant donner lieu au prononcé de sanction(2) ».
1-les caractères du dol
- le dol doit émaner du co-contractant
-le caractère déterminant du dol
-la preuve du dol
Exemple: Arrêt n°437-03 cour suprême d’Abidjan 10 juillet 2003; Arrêt n°102 cour
d'appel d’Abidjan du 29 février 1969.
2- les sanctions du dol
a- les sanctions civiles
Contrairement à l'erreur , le dol peut être sanctionnée soit par la nullité relative du
contrat soit par l'obtention de dommage et intérêt ou par les deux en même temps. La
nullité commence à partir de la découverte du dol.
l'action en nullité relative du dol a pour but d'obtenir l'anéantissement rétroactif du
contrat et restitution de la prestation exécutée. on dira que la victime du dol peut obtenir
réparation sur le fondement de l'article 1382 du code civil(responsabilité civile
délictuelle).
b- les sanctions pénales
en plus des sanctions civiles, le co-contractant(l'auteur du dol) fera face à des sanctions
pénales.
Paragraphe III: La violence
C'est une contrainte exercée sur la volonté d'une personne pour l'emmener à contracter.
En cas de violence, le consentement est vicié parce qu’il n'a pas été libre. l' article 1111
à 1115 du code civil relatif à la violence permet de déterminer les éléments constitutifs
de la violence et son régime juridique.
A- les éléments constitutifs de la violence
-les pressions psychologiques ou violence morale

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-la violence résultant de circonstances naturelles ou économiques, à l'exclusion de la
violence physique. En cas de violence physique il y a défaut de consentement et non
vice du consentement.
-les éléments caractéristiques de la violence
l'auteur de la violence : une personne ou un tiers
l'objet de la violence: concerne son contractant et son patrimoine (art 1112)cciv.
B- régime juridique de la violence
1-les conditions de mise en œuvre de la nullité pour violence
a- le caractère illégitime de la violence
l’article 1114, c’est celle qui n'est pas autorisée en droit
Quiz
La menace d'exercer une voie de droit est-elle légitime ou illégitime(violence morale).
Elle est légitime. tel est la solution implicitement consacrée par l'arrêt n°417, cours
d'appel d’Abidjan du 17 juin 1977.
b- le caractère déterminant de la violence
L’article 1112 alinéa 1er « la violence doit être de nature à faire impression sur une
personne raisonnable et qu'elle lui a inspiré la crainte d'exposer sa personne ou sa
fortune à un mal considérable et présent ».
c- la preuve de la violence
La violence étant un fait juridique, la preuve peut se faire par tout moyen y compris par
les présomptions de l'homme. Il appartient à la victime d'en apporter la preuve.
Arrêt n°49-2000 cour d'appel de Bouaké 15 juin 2000 ”Tiémoko robert qui soutient
avoir signé une reconnaissance de dette sous la contrainte, ne rapporte pas la preuve de
la violence prétendue. ”
2- les sanctions de la violence vice du consentement
La nullité relative ,la sanction civile et pénale
L’action en nullité en cas de violence commence à partir du moment où la violence a
cessé. Elle est sanctionnée par la nullité relative. Le délai d’exercice de l’action en

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nullité est de 10 ans selon l 'article 1304 du cciv. Possibilité de dommage et intérêt selon
l’article 1382 du cciv et éventuellement des sanctions pénale selon le code pénal.
Chapitre III: l'objet du contrat
L'objet de l'obligation peut être définit comme la prestation due par le débiteur. il peut
s'agir d’une obligation de donner, de faire ou de ne pas faire. L'objet du contrat répond
aux questions suivantes: sur quoi le co-contractant a -t-il voulu réellement s'engager? ou
que doit-on? Il peut signifier l’opération juridique voulue par les parties ou peut être la
chose même sur laquelle porte le contrat.
Trois problèmes se posent quant à l'objet :l'existence et la détermination de
l'objet(section 1), la valeur de l'objet(section 2) et la licéité de l'objet(section 3).
Section I: L’existence et la détermination de l'objet
Le contrat ne peut valablement être conclu que si l’objet existe(P1)et s’il est
déterminé(P2)
Paragraphe I: L’existence de l'objet
L'objet du contrat peut être une chose future, l'objet du contrat doit être une chose
possible; selon le principe énoncé par l’article 1130 al 1er du cciv, « les choses futures
peuvent être l’objet d’une obligation ».Il en est ainsi de la vente ayant pour objet un
immeuble à construire(article 1601 à 1604 du cciv) ou de la vente d’une récolte en
culture (loi n 2019-576 du 26 juin 2019 art 110 code de la construction et de l’habitat).
Le contrat ne saurait être valable si l'objet de l'obligation est impossible.
Exemple: un contrat de vente portant sur les dinosaures.
Paragraphe 2: La détermination de l'objet
Selon l'article 1129 du cciv, il faut que l'obligation ait pour objet une chose au moins
déterminée. La quotité de la chose peut être incertaine, pourvu qu'elle puisse être
déterminée. Le terme quotité vise la quantité. Dans le cas où la quotité n’est pas précisé
dans le contrat, il suffit qu’elle soit déterminable.
En ce qui concerne le prix , se fondant sur les dispositions de l'article 1129 du cciv, le
problème s’est posé de savoir si le prix qui est l'objet de l'obligation de l'acheteur doit

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être déterminé ou déterminable dès le jour de la conclusion du contrat.
la réponse diffère selon qu'il s'agisse d'un contrat de vente, de distribution ou
d'entreprise.
Section II: La valeur de l'objet: la lésion
La détermination de la valeur de l’objet peut être source de difficultés dans deux
hypothèses .Il se peut ,d’une part, que l’un des cocontractants ,le vendeur ait sous-évalué
l’objet du contrat au moment de la vente et qu’il ait vendu à un prix inférieur à sa valeur.
C’est le problème de la lésion. Il se peut d’autre part, qu’au moment de la conclusion
du contrat, l’objet du contrat ait fait l’objet d’une juste évaluation et que c’est
ultérieurement à la conclusion que c’est objet a acquis une valeur supérieure. Ce
préjudice résultant du déséquilibre des prestations né après la conclusion du contrat ne
peut être assimilé à la lésion. Dans la lésion le déséquilibre des prestations doit exister
dès la conclusion. Si le déséquilibre est postérieur la conclusion du contrat, il n’y a pas
de lésion mais imprévision.
Paragraphe I : définition de la lésion
Dans le langage courant, la lésion est synonyme de dommage, en droit des contrat, la
lésion a un sens diffèrent. C’est le préjudice subi par l’un des cocontractants du fait du
déséquilibre des prestations qui se traduit soit par le prix insuffisant de l'objet soit par le
prix excessif de l'objet du contrat. Si le déséquilibre provient d'une insuffisance portant
sur une prestation autre que le prix, il n'y a pas lésion mais absence partielle de cause.
Paragraphe II : Le régime juridique de la lésion
En l'absence d'exceptions jurisprudentielles, en droit ivoirien, la lésion ne constitue une
cause de nullité que dans les 3 situations suivantes :
1) dans les contrats de ventes d'immeuble
les articles 1674 à 1685 du cciv déterminent le champs d’application de la lésion en
matière de vente. Selon le principe la rescision pour lésion ne concerne que les ventes
d’immeubles.
Quant au taux de la lésion le vendeur d’immeuble doit prouver qu’il a subi une lésion

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de plus de 7/12 lors de la vente(article 1675 du code civil).
Mais ce principe est assortie d’une exception :pas de lésion en cas de vente décidé par
l’autorité(juge)ventes aux enchères et pas de lésion en cas de vente d’immeuble de rente
viagères.
Le délai biennal de 2 ans :le délai d’exercice de l’action en rescision pour cause de
lésion a été fixe par la loi a 2 ans(article 1676 du code civil).Le point de départ du délai
biennal est le jour de la vente.
Les sanctions
Dans les cas ou l’action en rescision est admise par le tribunal, la loi offre à l’acquéreur
le choix entre deux sanctions :la rescision pour lésion qui aboutira a l’ anéantissement du
contrat ou la révision du contrat qui permettra « la survie » du contrat article 1681 du
code civil.
La rescision du contrat pour lésion est une nullité relative.
2) dans le partage successoral
3) les actes conclus par un mineur non émancipé(C).
La sanction de la lésion est la nullité relative.
Section III : la licéité de l'objet
Paragraphe I: la licéité selon l’article 1128 du code civil
il n'y a que les choses qui sont dans le commerce qui puissent être l'objet de conventions.
Dans la typologie des choses hors du commerce, l'on cite en premier lieu le corps
humain, les choses dont le commerce est interdit par la loi.
Paragraphe II: la licéité selon l'art 6 du code civil
Selon les dispositions de cet article, il est interdit de déroger par des conventions
particulières aux lois qui intéressent l'ordre publique et les bonnes mœurs. L’ordre
publique est un ensemble de loi et de principes auxquelles la volonté privée ne peut
déroger. Quant-aux bonnes mœurs, elles constituent une notion à caractère variable. En
effet, la notion de bonne mœurs évolue avec le temps(le mariage polygamique consacré
autrefois par les règles coutumières et prohibés de nos jours par la loi du 7 octobre 1964,

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modifié en 1983,loi n° 2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage.)
Chapitre IV: La cause
L’article 1108 du cciv subordonne la validité du contrat à l’existence et à la licéité de la
cause de l’obligation. Les articles 1131 à 1133 sont également relatifs à la cause. Dans le
langage courant, la cause est la raison déterminante de l’engagement d'une des parties.
La notion de cause correspond à la question pourquoi? Dans le langage juridique, la
cause est le fait générateur de l'obligation ou le motif qui a conduit une personne à
contracter.
Il faut préciser que, selon les dispositions de l'article 1131 du cciv, pour être valable, un
engagement doit avoir une cause. L’article 1131 prévoit: « l'obligation sans cause ou
sur une fausse cause ne peut avoir aucun effet ». En réalité, l'absence de cause est
distincte de la fausse cause bien que la sanction dans les deux cas soit la nullité absolue
de l'acte. La notion de fausse cause a été consacrée dans l'arrêt n°417 de la cour d’appel
d’Abidjan, 1977. Il a été décidé que même si la preuve d’un vice de consentement
résultant d’une contrainte morale n’est pas rapportée, l’engagement d’indemniser la
victime d’un vol, souscrit par un tiers dans la croyance que le vol est imputable un de ses
parents, contre promesse de la victime de ne pas porter plainte, doit être annulée pour
fausse cause si la victime s’est constitue partie civile contre la personne soupçonnée et si
celle-ci a été relaxée par le tribunal correctionnel au bénéfice du doute.
Exemple : Ou se situe l'absence de cause dans le contrat synallagmatique ?l'absence
réside dans l'inexistence de la contre prestation. Dans un contrat synallagmatique
commutatif, comme la vente,l’absense de cause réside dans l’absence de prix. Dans un
contrat aléatoire comme le contrat d’assurance, l’absence de cause réside dans le fait que
l’assuré qui a connaissance de sa séropositivité ne la déclare pas à l’assureur.
Cause de l’obligation / Cause du contrat
Initialement, les rédacteurs du Code civil avaient une conception pour le moins étroite
de la notion de cause. Cette dernière n’était, en effet, entendue que comme la
contrepartie de l’obligation de celui qui s’engage. Aussi, dans un premier temps, ils ne

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souhaitaient pas que l’on puisse contrôler la validité de la cause en considération des
mobiles qui ont animé les contractants, ces mobiles devant leur rester propres, sans
possibilité pour le juge d’en apprécier la moralité. Aussi, afin de contrôler l’exigence de
cause formulée aux anciens articles 1131 et 1133 du Code civil, la jurisprudence ne
prenait en compte que les raisons immédiates qui avaient conduit les parties à contracter,
soit ce que l’on appelle la cause de l’obligation, par opposition à la cause du contrat :
 La cause de l’obligation
Elle représente pour les contractants les motifs les plus proches qui ont animé les parties
au contrat, soit plus exactement la contrepartie pour laquelle ils se sont engagés
La cause de l’obligation est également de qualifiée de cause objective, en ce sens qu’elle
est la même pour chaque type de contrat.
Exemples :
Dans le contrat de vente, le vendeur s’engage pour obtenir le paiement du prix et
l’acheteur pour la délivrance de la chose.
Dans le contrat de bail, le bailleur s’engage pour obtenir le paiement du loyer et le
preneur pour la jouissance de la chose louée.
 La cause du contrat
Elle représente les mobiles plus lointains qui ont déterminé l’une ou l’autre partie à
contracter. La cause du contrat est également qualifiée de cause subjective, dans la
mesure où elle varie d’un contrat à l’autre
Exemples :
Les raisons qui conduisent un vendeur à céder sa maison ne sont pas nécessairement les
mêmes que son prédécesseur
Les raisons qui animent un chasseur à acquérir un fusil ne sont pas les mêmes que les
motifs d’une personne qui envisagent de commettre un meurtre
La Cour de cassation a parfaitement mis en exergue cette distinction entre la cause de
l’obligation et la cause du contrat, notamment dans un arrêt du 12 juillet 1989. Dans
cette décision elle y affirme que « si la cause de l’obligation de l’acheteur réside bien

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dans le transfert de propriété et dans la livraison de la chose vendue, en revanche la
cause du contrat de vente consiste dans le mobile déterminant, c’est-à-dire celui en l’ab-
sence duquel l’acquéreur ne se serait pas engagé » (Cass. 1ère civ. 12 juill. 1989, n°88-
11.443
Sous-titre II: La nullité
Si une des conditions de formation du contrat énumérées par l’article 1108 du code civil
fait défaut, le contrat est nul. Mais la nullité n’est pas la seule sanction d’une irrégularité
concomitante a la formation du contrat. La victime de l’irrégularité peut aussi engager la
responsabilité civile délictuelle sous le fondement de l’article 1382 du code civil.
Chapitre I :La théorie de la nullité
La nullité qui est la sanction d'une irrégularité concomitante à la formation du contrat
doit être distingué des autres notions voisines (section I) avant
de traiter sa mise en œuvre(section II).
Section I: Notion de nullité
la nullité est l'anéantissement d'un acte juridique prononcé par le tribunal soit pour non-
respect des conditions de fond, soit pour l'inobservation des conditions de formes.
Paragraphe I: Nullité et autres mécanismes de sanctions des contrats.
la nullité qui est la sanction prononcée par le juge en cas d'irrégularité survenue à la
formation du contrat a pour conséquence la disparition rétroactive de l'acte juridique.
elle se distingue de la caducité, de l'inopposabilité et de la résolution ou résiliation.
A-nullité et caducité
La caducité est la sanction de la perte d'un élément essentiel à la validité du contrat
postérieurement à sa conclusion. On peut donc définir la caducité comme la
disparition du contrat pour l’avenir due à la survenance d’un évènement indépendant de
la volonté des parties.
aux niveaux de leurs effets, tandis que la caducité entraine l'anéantissement de l'acte
seulement pour le futur, la nullité entraine la nullité de l’acte pour le futur et le passé.
Exemple :le décès du locataire qui rend caduque le bail.

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B- nullité et inopposabilité
l'inopposabilité est la sanction de l'inefficacité d'un acte à l'égard des tiers. Ici le contrat
est valablement conclu entre les parties, mais celles-ci n'ayant pas respecté les formalités
légales ,elle ne peut produire d'effet à l'égard des tiers. Dans l'inopposabilité,
l'inefficacité des actes est limité aux tiers tandis que la nullité a un effet erga omnes,
c’est-à- dire que les effet de la nullité se produise à l'égard de tous.
Exemple :une vente d’immeuble qui n’a pas fait l’objet d’un enregistrement(inscription)
au livre foncier. Ce défaut d’accomplissement rend la vente inopposable aux tiers mais
valide entre les parties.
C- nullité et résolution
La résolution entraine l'anéantissement du contrat pour le passé et pour le futur, tout
comme la nullité. Mais contrairement à la nullité qui sanctionne une irrégularité
survenue lors de la formation du contrat, la résolution sanctionne l’inexécution de ses
obligations par une partie en cours d’exécution du contrat.
Paragraphe II: nullité et notions proches
A- nullité et inexistence
L'inexistence sanctionne le défaut d'un élément essentiel à la formation du contrat
comme la nullité. Mais, à la différence de celle-ci, l'inexistence n'a pas à être prononcé
par un tribunal, de plus l'acte inexistant n'est pas susceptible de prescription.
B-nullité et rescision pour lésion
La rescision pour lésion est une sorte de nullité relative, mais une nullité dont le
prononcé est subordonnée à la preuve de la lésion. Contrairement à la nullité, le domaine
de la lésion concerne en droit ivoirien les contrats de vente d’immeuble ou le taux est
fixé à 7/12(articles 1674 cciv)en matière de partage successorale ou le taux est du quart
(article 123 de la loi numéro 2019-573 du 26 juin 2019 relative aux succession)et
aussi pour les actes d’administration conclues par le mineur(article 37 de la loi n 2019-
572 du 26 juin 2019 relative à la minorité, aucun taux n’a été prévu par la loi dans cette
hypothèse.

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Le délai de prescription de l’action en rescision pour lésion est de 2 ans.
Section II: la mise en œuvre de la nullité
la nullité relative protège les co-contractants. La différence avec la nullité absolue était
basée sur la gravité de la faute au XIX ème siècle. De nos jours, la nature de la nullité
est désormais déterminée par le but de la règle violée. Si l'intérêt a pour but la
protection des intérêts privés la nullité sera relative, si elle a pour but la protection
de l'intérêt général elle sera absolue. La nullité absolue est prescrite pour 30 ans
selon l’article 1262 du cciv alors que la nullité relative est de 10 ans selon l’article
1304 du cciv.
L'extinction de l'action en nullité peut avoir lieu par la confirmation ou la prescription.
Les titulaires de l’action en nullité absolue sont les deux contractants et leur
représentants, le ministère public et toute personne ayant un intérêt à demander la
nullité ;l’intérêt général étant en jeu, toute personne ayant un intérêt peut demander la
nullité absolue.
Les titulaires de l’action en nullité relative sont les cocontractants protégés par la règle
violée ou leurs représentants. L’extinction de l’action en nullité peut avoir lieu par la
confirmation et la prescription.
La confirmation aussi appelée couverture ou ratification est l’acte unilatérale par lequel
la personne protégée par la nullité renonce à exercer cette action après la découverte de
l’irrégularité de l’acte et ratifie l’acte(1338 cciv).
La prescription de l’action en nullité est l’extinction de l’action en nullité du fait de
l’écoulement d’un certain délai. La nullité peut être invoquée par voie d’action ou
d’exception. Lorsque la nullité est invoquée par voie d’exception, la prescription
n’est plus exigée. C’est le cas de la personne qui invoque la nullité pour échapper aux
poursuites au cours d’un procès.
Titre II: les effets du contrat
Chapitre I : Les effets du contrat dans les rapports entre les parties.
Selon les dispositions de l'article 1134 du cciv al 1 « les conventions légalement

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formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ». L’article 1134 consacre ainsi la
force obligatoire du contrat dans les rapports entre les parties contractantes. Du principe
de la force obligatoire du contrat à l'égard des parties, résulte deux conséquences
principales énoncé dans le même article 1134 al 2 et 3 du code civil. Il s'agit d'une part
de l'interdiction de la révocation unilatérale du contrat et d'autre part de l'exécution
de bonne foi du contrat par les parties.
Mais avant, il convient de définir au préalable la notion de partie.
Section I :La détermination des parties au contrat
e sont celles qui ont procédés initialement à la conclusion du contrat.
Paragraphe I : Les parties originaires
Les parties originaires sont celles qui ont conclu initialement le contrat soit en personne
soit en ayant recours à un représentant. Le code civ dans les articles 1984 et suivants,
précise les conditions et les effets de la représentation. Les conditions de la
représentation sont au nombre de deux. Le représentant doit, d’une part, avoir pouvoir
pour agir c’est-à-dire avoir reçu procuration et la volonté d’agir au nom et pour le
compte du représenté.
Paragraphe II :Les personnes assimilées aux parties originaires
Il s’agit de personne qui lors de la conclusion initiale du contrat, avaient la qualité de
tiers, mais qui sont devenues ultérieurement des parties au contrat. Il s’agit des ayants
cause universels et à titre universel du cocontractant originaire et du cessionnaire dans la
cession de contrat.
A-ayants cause universels et à titre universel du cocontractant originaire
Il s’agit des héritiers du de cujus(personne décédé).Une différence existe entre ces deux
catégories d’héritiers. L’ayant cause universel est celui qui a vocation à recevoir tout le
patrimoine du de cujus. Exemple de l’héritier légal et du légataire universel(celui qui en
vertu d’un testament, a vocation à recueillir la totalité des biens du testateur.
B - La cession de contrat
Est un contrat par lequel le créancier appelé cédant, cède à un tiers, appelé cessionnaire,

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les droits et obligations résultant d’un contrat conclu avec son cocontractant initial.
Section II : Les conséquences de la force obligatoire du contrat dans les rapports
entre les parties
Du principe de la force obligatoire du contrat à l’égard des parties, résultent deux
conséquences principales énoncées dans le même article 1134,al 2 et 3 du C civ. Il
s’agit, d’une part, de l’interdiction de la révocation unilatérale du contrat(Paragraphe
1)et d’autre part, de l’exécution de bonne foi du contrat par les parties(Paragraphe 2).
Paragraphe I: l'interdiction de la révocation unilatérale
A - Le principe de la prohibition de la révocation unilatérale.
Il existe en la matière un principe qui est l'interdiction de la révocation unilatérale, ce
principe est toutefois assortie d'exception.
une partie ne peut en principe de par sa seule volonté révoquée le contrat qui est le fruit
de la rencontre de deux volontés .L’al 2 de l'article 1134 « prévoit que les conventions ne
peuvent être révoquées que d'un commun accord ». Ce que les parties ont fait par leur
« mutuus consensus »ne peut être défait par leur « mutuus dissensus » ( désaccord
commun).La convention révocatoire obéit aux règles générales de validité des contrats
contenues dans l'art 1108. Elle a pour effet de mettre fin au contrat. Cet anéantissement
du contrat, ayant pour fondement l’accord des parties, exclut toute action en
responsabilité d’une des parties à l’égard de l’autre.
Notons qu'il y'a des cas ou la résiliation unilatéral est autorisée soit par la loi soit
par les parties elles même dans une clause contractuelle.
B – Les exceptions à la prohibition de la révocation unilatérale
Dans les contrats à exécution successive conclus pour une durée indéterminée, l’une ou
l’autre des parties peut rompre unilatéralement le contrat en procédant à sa résiliation.
Le fondement de cette révocation unilatérale réside dans la prohibition des engagements
perpétuels exemple :les contrats de travail dans lequel l’employeur ou l’employé
peut rompre unilatéralement le contrat.
Cette solution est également consacrée par l’article 1736 du C.civ. Citons aussi le cas du

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contrat de bail ,le bailleur et le locataire peuvent rompre le contrat unilatéralement de
part et d’autre, et aussi le contrat d’assurance. Dans les contrats de consommation, le
législateur dans le but de protéger les consommateurs, leur accordent la faculté de
revenir sur leur engagement en leur offrant un délai de rétractation.
Paragraphe II : L'exécution du contrat de bonne foi
L'article 1134 alinéa 3 impose aux parties d'exécuter le contrat de bonne foi. La notion
de bonne foi permet à la jurisprudence d'assurer une certaine moralisation dans
l'exécution du contrat. Les parties doivent exécuter le contrat dans le respect d'une
certaine loyauté. La jurisprudence ivoirienne sur le fondement de l'article 1134 a
sanctionnée tout comportement de mauvaise foi dans l'exécution des contrats.

Chapitre II: Les effets du contrat à l'égard des tiers


Selon l’article 1165 « Les conventions n'ont d'effet qu'entre les parties
contractantes; elles ne nuisent point aux tiers, et elles ne lui profitent que dans le
cas prévu par l'article 1121 du cciv ». L'article 1165 énonce ainsi le principe de l'effet
relatif du contrat.(Section 1).Si la force obligatoire du contrat n’est limitée qu’aux
parties et ne peut en principe produire des effets à l’égard des tiers, les tiers ne peuvent
totalement ignorer le contrat car celui-ci leur est opposable(section 2).
Section I: L'effet relatif du contrat
L'effet relatif du contrat signifie que le contrat ne peut rendre le tiers ni créancier ni
débiteur. Mais cette solution n’est qu’une solution de principe assortie d’exceptions.
Paragraphe I: le principe
L'application du principe de l'effet relatif du contrat à l'égard des tiers nécessite au
préalable la détermination de la notion de tiers. Une distinction doit être faite dans
l'application de l'article 1165 du cciv entre deux catégories de tiers: les tiers absolus
(penitus extranei ) et les ayants causes à titre particulier.
A- Tiers penitus extranei

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Ce sont des personnes totalement étrangères au contrat. Ils n'ont pas participé au contrat
et n'ont aucun lien de droit avec les parties contractantes.
Il s'agit par exemple du voisin du locataire, il est évident que le bailleur ne peut
demander au voisin de son locataire de régler les loyers de ce dernier à sa place. Le
voisin du locataire n'a pas qualité pour exiger du bailleur que ce dernier exécute le
contrat de travail notamment en procédant aux réparations de gros œuvres dans les lieux
loués.
Jugement n°11 du 20 mai 1997 Cour d’appel d’Abidjan.
Action oblique et l’action paulienne(à ajouter) constitue des exceptions à l’effet
relatif du contrat.
B - Les ayants causes à titre particulier
C' est une personne à laquelle l'une des parties par exemple le de cujus transmet un droit
déterminé sur un ou plusieurs de ses biens. L'ayant cause à titre particulier peut être soit
le nouvel acquéreur du bien soit un légataire particulier ou un cessionnaire de créance. Il
peut aussi s’agir d’un créancier muni d’une surette réelle, soit d’un créancier
hypothécaire ou d’un créancier gagiste.
Paragraphe II : les exceptions aux principes
En droit ivoirien, les exceptions aux principes des effets relatifs du contrat sont
uniquement d'origine légale en l'absence d'exception jurisprudentielle. Ces dérogations
légales sont au nombre de deux: la stipulation pour autrui et la promesse de porte-fort.
A- La stipulation juridique
Selon l'article 1121, la stipulation pour autrui est l'opération juridique par laquelle dans
un contrat liant deux parties, l’une d'entre elle appelée (stipulant) demande à son co-
contractant (le promettant) d'exécuter une obligation contractuelle à l'égard d'un
tiers(tiers bénéficiaire) laquelle n'est pas partie au contrat. La stipulation pour autrui est
donc une opération triangulaire dans laquelle un tiers, qui n’est pas partie au contrat
originaire, bénéficiera d’un droit de créance à l’égard de la partie du contrat appelé
promettant. La stipulation pour autrui initialement prévu par le code civil pour les

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donations avec charges et les contrats de rentes viagères, s’est étendu au domaine de
l’assurance.
Exemple l’assurance vie qui constitue l’exemple le type de la stipulation pour autrui,
un père de famille appelé le stipulant va conclure un contrat d’assurance vie auprès
d’une société pour ses enfants née ou à naitre.
B- La promesse de porte-fort
Est l'engagement souscrit par un contractant(le porte-fort) d'obtenir l’accord d'un tiers à
un acte juridique préalablement conclu. Si une personne ne peut créer d'engagement à la
charge d'une autre elle peut au moins promettre que le tiers s'engagera. c'est la promesse
de porte-fort. La promesse de porte-fort est utilisée lorsqu’ une personne passe un acte
quelle n’a pas le pourvoir de conclure seul. Il en est ainsi d’un époux commun en biens
qui veux procéder à la vente du bien commun ordinaire. Il conclut l’acte en se portant
fort auprès de l’acheteur que le tiers son épouse ratifiera l’acte, on peut encore citer
l’exemple du représentant légal d’un mineur non émancipé qui vend un bien de ce
dernier en se portant fort que celui-ci ratifiera la vente à sa majorité ou son
émancipation. Un coindivisaire peut également procéder à la vente d’un bien indivis se
portant fort de la ratification de la vente par ses coindivisaires, enfin un mandataire qui a
outrepasser ses pouvoirs peut se porter fort pour son mandant.
Deux hypothèses doivent être envisagées pour les effets selon que le tiers ratifie ou pas
la promesse.
En cas de ratification par le tiers de la promesse faite par le porte-fort , le tiers est en
principe seul engagé par l’acte juridique conclu pas le porte- fort. La ratification produit
un effet rétroactif c’est à dire l’engagement du tiers datera du jour ou le porte fort a
conclu l’acte. Le porte-fort ou le promettant est libéré de son engagement dès la
ratification.
Le porte-fort n’est plus responsable si par la suite le tiers ne s’exécute plus. En cas de
refus de ratification de la promesse par le tiers, seul le porte-fort engage sa
responsabilité contractuelle à l’égard de son co-contractant parce qu’il s’est engagé

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
personnellement à obtenir l’accord du tiers et qu’il n’a pas atteint son objectif .
Section II : l'opposabilité du contrat
Contrairement à l’effet relatif du contrat, la notion d’opposabilité du contrat aux tiers n’a
pas été consacrée par la loi, elle est la conséquence de l’effet relatif du contrat. Bien
qu’un tiers ne peut être rendu ni créancier ni débiteur d’un contrat auquel il n’a pas été
partie, la notion d’opposabilité exprime l’obligation pour les tiers de tenir compte du
contrat en tant que fait juridique.
Paragraphe I :l'opposabilité du contrat par les parties aux tiers
Bien que n'étant pas parties au contrat, les tiers doivent tenir compte de l'existence du
contrat. Les parties peuvent donc opposer aux tiers l'existence du contrat non pas en tant
qu'acte juridique mais en tant que fait juridique.
l'exemple premier concerne le tiers qui aide l’un des cocontractant à violer ses
obligations contractuelles. Il en est ainsi de la clause de non-concurrence dans le monde
du travail.
Le tiers qui embauche le salarié alors qu'il a connaissance de cette clause engage sa
responsabilité civile délictuelle (article 1382 du code civil.)
Paragraphe II : L'opposabilité du contrat par les tiers aux parties
Il permet aux tiers d'invoquer le contrat contre les parties, non pas en tant que contrat
mais en tant que fait juridique. Ainsi un tiers victime d'un dommage causé par une chose
(ex: un immeuble) pourra invoquer ou déterminer le gardien responsable. Le contrat de
vente ayant entrainé un transfert de la propriété. Aussi, le tiers victime de la chose,
pourra mettre en œuvre la responsabilité civile délictuelle du nouveau propriétaire sous
le fondement de l'article 1384 al 1er du code civil (responsabilité civile du fait des
choses).
faire des recherches sur responsabilité contractuelle, faire la différente avec
responsabilité délictuelle.
Chapitre II : Les effets du contrat à l'égard du juge
La force obligatoire régis non seulement les rapports entre les parties mais s'imposent au

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juge dans un double domaine. Le premier domaine est relatif à l'interprétation du
contrat par le juge, le deuxième domaine concerne le rôle du juge au cours de
l'exécution du contrat.
Section I : l’interprétation du contrat par le juge
L'interprétation est l'opération par laquelle le juge est emmené à préciser le sens
des clauses contractuelles ambigües. Le législateur a prévu dans le cciv des règles
légales d'interprétation des contrats dont l'application relèvent en principe du pouvoir
souverain du juge de fond.
Paragraphe I: les règles légales d'interprétation
Selon les articles 1156 à 1164 du cciv ces règles constituent de simple conseils et
recommandations pour le juge et non de règles impératives. Dans l’ensemble, ces règles
légales d'interprétation ont en commun d'inviter le juge à une interprétation subjective
du contrat, ce n'est qu'exceptionnellement que ces articles invitent le juge à une
interprétation objective du contrat.
A- Le principe de l'interprétation subjective du contrat.
Aussi le juge dans l'interprétation subjective du contrat doit rechercher la volonté
express ou implicite des parties à travers les clauses du contrat. L'article 1156 du code
civil constitue le texte de base de l'interprétation subjective du contrat et les articles
1157,1158,1161 et 1164 édictent les règles complémentaires du contrat.
Selon l'article 1156 du cciv : l'on doit dans les conventions rechercher qu’elle a été la
commune intention des parties plus tôt que de s'arrêter au sens littéral des thèmes.
Appliquant les dispositions de l'art 1156 du cciv, la cour suprême d’Abidjan dans l'arrêt
inédit du 21 avril 1992 a décidé que le juge dans son interprétation ne doit pas s'arrêter à
la qualification juridique du contrat faite par les parties mais, il doit procéder à la
qualification juridique exacte en recherchant dans les clauses contractuelles
l'intention commune des parties.
Les articles 1157,1158,1161 et 1168 donne au juge d'autres directives que nous pouvons
schématiser. Certaines sont relatives à l'interprétation utile, d'autres règles préconisent

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une interprétation globale qui assurent la cohérence du contrat(arrêt inédit n°339/06 du
08 juin 2006).
B-L ’interprétation objective du contrat
en présence d'une clause contractuelle ambiguë lorsque le juge est dans l'impossibilité de
découvrir la commune intention des parties, le législateur l'autorise à procéder alors à
une interprétation objective du contrat en se référant aux usages du pays ou le contrat est
passe (cf article 1159) cciv.
L'article 1135 du cciv va plus loin que les articles 1159 et 1160 en indiquant que : les
conventions obligent non seulement à ce qui y est exprimées, mais encore, a toute les
suites que l'équité ,l'usage ou la loi donne a l'obligation d'après sa sources » l'article 239
nouveau de l'acte uniforme OHADA a adopté une solution identique à celle de l'article
1135 précité du code civile « les parties sont liées par les usages auxquels elles ont
consentit et par les pratiques qui se sont établies dans leur relation commerciales » sauf
convention contraire des parties, celles-ci sont réputé avoir adhéré aux usages
professionnels dont elles avait connaissance ou aurait dû avoir connaissance et qui, dans
le commerce sont largement connus et régulièrement observer les parties a des contrats
de même nature dans la branche d'activité concernée.
dans le silence du contrat, les différents articles précités ont été pour le juge l'occasion
d'une interprétation créatrice du contrat.
ainsi dans son œuvre d'interprétation, le juge, face au silence des parties, a ajouté des
clauses au contrat. c'est ainsi que sont nées les obligations jurisprudentielles
d'information et de sécurité dans le contrat.
Paragraphe II: L'application des règles d'interprétation par le juge
A l'instar de la jurisprudence française, la jurisprudence ivoirienne a décidé que
l'interprétation des contrats est une question de fait laissée en principe au pouvoir
souverain d'appréciation des juges du fond. Cependant, la juridiction suprême ivoirienne
exerce exceptionnellement un contrôle en cas de dénaturation par les juges du fond d'une
clause claire et précise.

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A- pouvoir souverain des juges du fond dans l'interprétation
Dès 1966,la juridiction suprême ivoirienne avait reconnu au juge du fond un pouvoir
souverain dans l'interprétation des clauses contractuelles(arrêt n°23 de la cour suprême
d’Abidjan du 31 mai 1966) dans l'arrêt ultérieur n° 41 du 27 juin 1975, la cour suprême
déclare expressément que «hors cas de dénaturation, les juges du fond dispose d'un
souverain pouvoir d'appréciation des faits dans l'interprétation des conventions. La cour
d'appel peut donc valablement décider que les ristournes consenties par une société de
distribution de produit pétrolier au gérant de ses stations-services sont trop irrégulières
pour que ceux-ci puissent invoquer un usage les rendant obligatoires ».
B- le contrôle exceptionnel pour dénaturation
La dénaturation des clauses du contrat est une limite au pouvoir souverain d'appréciation
des juges du fond. L'analyse de la jurisprudence ivoirienne révèle que la dénaturation
concerne au moins deux hypothèses. La première est relative à la dénaturation des
clauses claires et précise du contrat, la deuxième est relative au contrôle de la
qualification du contrat. Arrêt n°14 du 27 juin 1969 «les juges du fond sont souverains
pour interpréter une convention des lors qu’ils ne dénature pas les éléments de la cause».
Section II : le problème de la révision du contrat par le juge
En cours d'exécution du contrat, la survenance de circonstance imprévues peut entrainer
un déséquilibre significatif des prestations. Le co-contractant pour lequel l'exécution du
contrat est devenu beaucoup plus onéreuse peut-il demander au juge une révision du
contrat pour cause d'imprévision? Évolution du prix, embargo, changement de la parité
de la monnaie utilisée. L’imprévision est susceptible d’apparaitre dans les contrats à
exécution successive.
Paragraphe I: Le principe de l'intangibilité du contrat
La jurisprudence ivoirienne refuse au juge civil de modifier le contrat pour cause
d'imprévision(arrêt inédit n°1431 de la chambre judiciaire de la cour suprême d’Abidjan
du 19 décembre 1977).A contrario, le législateur français a apporté des atténuations à ce
principe après l'ordonnance de 2016 portant réforme du droit des obligations. Si le juge

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français peut aujourd'hui intervenir après bien un désaccord des parties, le législateur
ivoirien continu de s'en remettre à l'esprit de l'article 1134 du code civil.
Paragraphe II :Exception au principe de l'intangibilité
A – Les clauses d’adaptations
En droit ivoirien l’article 39 de l’acte uniforme portant procédure simplifiée et voie
d'exécution permet au juge d'accorder au débiteur un délai de grâce. Sauf pour les dettes
d'aliment et les dettes cambiaires. Toutefois ce délais de grâce ne peut dépasser (1)une
année. Notons aussi les clauses d'indexations ou clauses d'échelles mobiles ou les
clauses de renégociation. Ces clauses se trouvent généralement dans les contrats
internationaux et ont pour objet de permettre l’adaptation du contrat aux circonstances
nouvelles.
B – La révision exceptionnelle du contrat par le juge en vertu des articles 1134 et
1135 du code civil
A l’instar de la jurisprudence française, l’arrêt inédit n 1431 de la Cour Suprême
d’Abidjan du 19 décembre 1997 a admis implicitement que le juge peut
exceptionnellement procéder à la révision du contrat en se fondant soit sur l’alinéa 3 de
l’article 1134 ou sur l’article 1135 du code civil. Dans son visa, la juridiction suprême
cite les dispositions de ces deux articles. L’article 1134,alinea 3,qui prévoit que les
conventions doivent être exécutées de bonne foi, peut constituer le fondement du
pouvoir de révision du juge.
Le contrat devant être exécuté de bonne foi, les parties sont tenues d’une obligation de
loyauté, de bonne foi et de coopération. Aussi lorsque les circonstances nouvelles
imprévues entrainent un déséquilibre profond des prestations, l’obligation de loyauté et
de bonne foi obligent les parties à renégocier la convention initiale. En cas de refus
d’une des parties, le juge peut procéder lui-même à la révision afin d’adapter le contrat
aux circonstances nouvelles. Le juge peut aussi condamner le cocontractant qui refuse la
révision à payer des dommages et intérêts à son partenaire notamment lorsque l’absence
de révision conduit son cocontractant à la ruine. A travers la notion de bonne foi, le juge

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instaure la justice contractuelle, c’est pourquoi, à notre avis, l’article 1135 qui se réfère à
l’équité constitue le fondement le plus adéquat au pouvoir exceptionnel de révision du
contrat par le juge.
TITRE III :L’INEXECUTION DU CONTRAT
Face à l’inexécution par l’un des cocontractants de ses obligations, le cocontractant,
victime de l’inexécution à le choix entre l’exécution forcée en nature et l’exécution
forcée par équivalent. L’exécution forcée en nature concerne les obligations de
donner et certaines obligations de faire.
Exemple du contrat de vente. L’exécution forcée en nature consistera pour l’acheteur
muni d’un titre exécutoire et, qui a payé le prix d’achat de la chose, de contraindre le
vendeur à livrer la chose en effectuant une saisie-appréhension.
Par contre, pour les obligations de faire à caractère personnel, l’exécution forcée en
nature n’est guère concevable parce qu’elle constituerait une entrave à la liberté du
débiteur. Ainsi l’on ne peut contraindre un peintre, qui refuse de peindre le tableau
commandé par le client, à s’exécuter. La seule solution à laquelle peut recourir la
victime de l’obligation de faire inexécutée est de mettre en œuvre la responsabilité
contractuelle du débiteur.
L’exécution forcée par équivalent :la victime peut opter pour la mise en œuvre de la
responsabilité contractuelle du débiteur de l’obligation dans le but d’obtenir réparation
par équivalent de l’inexécution fautive.
Chapitre I :La responsabilité contractuelle
La notion de responsabilité civile contractuelle a été élaborée par la doctrine et la
jurisprudence et la jurisprudence à la fin du XIXe en s’inspirant des règles relatives à la
civile délictuelle. A l’instar de la responsabilité civile délictuelle, la mise en œuvre de la
responsabilité civile contractuelle nécessite tout d’abord la réunion des conditions
légales.(section I).Si ces conditions ses conditions sont réunies, il faudra ensuite
déterminer le régime juridique ou les effets de cette responsabilité.(section II)
Section I : Les conditions de mise en œuvre de la responsabilité contractuelle

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Les conditions de mise en œuvre de la responsabilité civile contractuelle suppose réunie
l’existence cumulative d’une faute, d’un préjudice, et celle d’un lien de causalité. Il
faut ajouter à ces trois conditions deux conditions supplémentaires :l’existence d’un
contrat et la nécessite de principe d’une mise en demeure préalable.
Paragraphe I : L’existence d’un contrat valablement conclu
La mise en œuvre de la responsabilité contractuelle suppose tout d’abord l’existence
d’un contrat, c’est-à-dire la rencontre d’une offre et d’une acceptation. Appliquant ces
règles élémentaires ,la cour suprême d’Abidjan, dans l’arrêt inédit du 21 avril 1992,a
appliqué les règle de la responsabilité civile délictuelle au motif que le protocole
d’accord, dont l’inexécution posait problème, n’était ni un contrat ni un avant contrat
mais une simple invitation a entré en pourparlers.
Paragraphe II : La nécessité d’une mise en demeure préalable
La mise en demeure est l’acte par lequel le créancier somme le débiteur d’exécuter
l’obligation. Une mise en demeure demeurée infructueuse permet la mise en œuvre de la
responsabilité contractuelle du débiteur car elle constate officiellement la non-exécution
par le débiteur de ses obligations. La mise en demeure n’est pas nécessaire quand
l’inexécution de l’obligation est définitive. Il en ai ainsi des obligations de ne pas faire.
Cette première exception résulte des dispositions de l’article 1145 du cciv. On peut citer
l’exemple de la violation d’une clause de non-concurrence par le débiteur dans un
contrat de travail .La deuxième exception résulte des dispositions de l’article 1146 du
cciv.
Paragraphe III : L’existence d’une faute
La faute contractuelle consiste soit dans le défaut d’exécution d’une obligation
contractuelle par l’une des parties soit dans l’exécution défectueuse de l’obligation ou
encore dans le retard dans l’exécution de l’obligation contractuelle. On distingue trois
types de fautes : La faute dolosive ou intentionnelle(qui est mentionnée aux articles
1150 et 1151 du code civil sous le terme de dol. Mais la faute dolosive ou dol dans
l’exécution du contrat est distincte du dol, vice du consentement, qui intervient dans la

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
formation du contrat.
La faute lourde ou culpa lata (est celle qui est d’une gravité particulière. Sans être
intentionnelle, elle révèle une carence extrême du débiteur. La faute légère ou faute
ordinaire ou culpa levis, elle révèle une faute d’imprudence ou de négligence . Se
fondant sur les dispositions de l’article 1137 du cciv le Prof DEMOGUE considère que
la faute
contractuelle peut résulter de la violation d’une obligation de moyen. Sur le fondement
de l’article 1147 du cciv DEMOGUE a considéré que la faute contractuelle peut résulter
de la violation d’une obligation de résultat. L’article 1147 prévoit que le débiteur est
condamné, s’il y a lieu ,au paiement de dommage et intérêt, soit à raison de
l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, toute les fois qu’il
ne justifie pas que l’inexécution provient d’une cause étrangère qui ne peut lui être
imputé, encore qu’il n y ai aucune mauvaise foi de sa part.
Mais bien avant l’arrêt de 10 juillet 1990,de la cour suprême, la cour d’appel d’Abidjan,
dans l’arrêt inédit n 384 du 17 février 1989 avait décidé que : « le transporteur Seni
Khan pouvait s’exonérer par la preuve d’une cause étrangère de la présomption de
responsabilité qui pesait sur lui, à savoir conduire saint et sauf le passager jusqu’à
destination ».
Paragraphe IV :L’existence d’un préjudice
Le préjudice est l’atteinte subie par la victime dans son patrimoine ou ses droits
extrapatrimoniaux. Le terme préjudice est synonyme de dommage. Le préjudice ou
dommage revêt différentes formes que l’on rencontre aussi bien en matière de
responsabilité contractuelle que délictuelle. Cependant le préjudice en matière de
responsabilité contractuelle revêt une originalité. L’obligation de réparation qui incombe
au débiteur est limitée au seul dommage prévisible.
Le préjudice peut être matériel ou moral lorsqu’il atteinte aux intérêts matériels ou
patrimoniaux de la victime. Il peut s’agir aussi d’un préjudice corporelle qui lui résulte
d’une atteinte à l’intégrité physique du cocontractant. Il est bon de rappeler que

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
l’évaluation monétaire du préjudice corporel est source est source de difficultés dans le
droit commun de la responsabilité contractuelle et délictuelle. Le principe est que tout
préjudice peut faire l’objet de réparation.
La réparation du seul dommage prévisible dans le cadre de la responsabilité
contractuelle a pour fondement l’article 1150 du code civil
Paragraphe V :L’existence d’un lien de causalité
Section II : Le régime juridique de la responsabilité civile contractuelle
Paragraphe I : Les causes d’exonération

DEUXIEME PARTIE : LE FAIT JURIDIQUE : LA RESPONSABILITÉ


CIVILE DÉLICTUELLE

L'étude des fait juridiques comporte l’étude de la responsabilité civile délictuelle ;


laquelle s'oppose à la responsabilité civile contractuelle et à la responsabilité pénale.
La responsabilité civile qui englobe la responsabilité contractuelle(article 1137 cciv) et
délictuelle(article 1182 cciv) a pour but de réparer les dommages causés aux victimes.

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
La responsabilité pénale par contre, a pour but la sanction de l'auteur d'une infraction.
L’étude des règles de la responsabilité civile délictuelle comporte celle de la
responsabilité du fait personnel(titre 1), de la responsabilité du fait d'autrui(titre2) et de
la responsabilité du fait des choses (titre 3).
Titre I :La responsabilité du fait personnel
Le principe général de la responsabilité du fait personnel est l'article 1182 du cciv qui
consacre le principe général de la responsabilité du fait personnel en prévoyant
que « Tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage ,oblige celui
par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». Ce texte constitue le droit commun de
la responsabilité délictuelle pour faute. En effet, en l'absence de texte spécifique, la
victime peut toujours mettre en œuvre la responsabilité de l'auteur du dommage sur le
fondement de l'article 1382 du code civil. Des dispositions générales de l’article 1382 du
code civil, la jurisprudence a déterminé les conditions de mise en œuvre de la
responsabilité du fait personnel(chapitre 1)et le régime juridique de cette
responsabilité(chapitre 2).
Chapitre I : Les conditions de mise en œuvre de la responsabilité pour faute
La responsabilité civile délictuelle pour faute suppose l'existence d'une faute(section1),
d'un dommage(section 2) et d'un lien de causalité entre la faute et le dommage(section
3).
Section I : La faute délictuelle
Il résulte des dispositions des articles 1382 et 1383 du cciv que la faute délictuelle peut
être intentionnelle(délit) ou non intentionnelle(quasi-délit). La faute non intentionnelle
peut être une faute d'imprudence ou de négligence.
En matière délictuelle, la jurisprudence n'accorde en principe pas de considération à la
gravité de la faute. Aussi, une faute simplement légère peut entrainer réparation au profit
de la victime dès lors que les éléments constitutifs de la faute sont réunis à savoir
l'élément matériel ou objectif (paragraphe 1) et l'élément subjectif ou intentionnel de la
faute (paragraphe 2).

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Paragraphe I: L'élément objectif de la faute
L'élément matériel ou objectif de la faute peut être un fait positif ou une abstention. Le
fait positif peut être la faute par commission en opposition à la faute par omission. On
peut citer à titre d'exemple de la faute par omission l’arrêt de la cour d’appel d’Abidjan
n°33 du 13 janvier 1991. A l'occasion des dommages causés à des clients d'une banque
au cours d'un hold-up perpétré dans ses locaux, la cours d'Appel a retenu la
responsabilité civile délictuelle de la banque sur le fondement des articles 1382 et 1383
du code civil. La cour a décidé en l'espèce que la SGBCI sachant, d'une part son agence
de Vridi très éloignée du centre-ville d’Abidjan et d'autre part la dite agence souvent
sujette à des attaques à mains armée aurait dû sans attendre la survenance de ce hold-up
sanglant assurer une protection plus efficace de l'agence afin d’enrayer, du moins de
minimiser les risques d’attentat. Il est certain que le fait pour la SGBCI d’avoir négligé
de prendre dès l’ouverture de ladite agence des précautions indépendances contre les
conséquences dommageables pourtant prévisibles, constitue une faute d’imprudence et
de négligence caractérisée qui a facilité l’accès des malfaiteurs à l’intérieur de la banque,
lequel accès a été la cause exclusive du dommage qu’a subi madame Francine Baldini
dont le préjudice résultant de la grave blessure à elle causée par le coup de feu des
malfaiteurs, n’est ni contesté ni contestable.
On peut aussi citer l'arrêt inédit n°88 de la cour d’Appel d’Abidjan du 12 octobre 1990
qui a retenu la responsabilité délictuelle sur le fondement de l’article 1382 du code civil
du fait d’une abstention de la banque(SIB).
La faute par omission : elle peut résulter d’un comportement illicite soit d’un abus de
droit notamment l'abus de droit de rompre les fiançailles. Le comportement illicite peut
résulter de la violation d’une règle de droit notamment les dispositions du code de la
route, le non-respect du panneau stop constitue une faute délictuelle. De même, il a été
décidé que le chauffeur de camion qui, en marche normale, roule sur la partie gauche de
la route, est entièrement responsable de l’accident qui s’ensuit, sans qu’il soit besoin
d’examiner la vitesse du véhicule avec lequel il est entré en collusion.

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Paragraphe II: L’élément intentionnel ou moral de la faute
la faute suppose également la faculté de discernement; c’est- à -dire la conscience de
commettre un fait illicite. Cette seconde condition concerne aussi bien les personnes
physiques(a) que morales(b)
A- Les personnes physiques
Le problème de l'imputabilité ne concerne que les majeurs incapables et les mineurs non
émancipés. Traditionnellement la jurisprudence faisait une distinction entre les mineurs
doués de discernement et (à partir de 7 ans) et les infans c’est-à-dire, les jeunes enfants
doués de discernement. Seuls les premiers étaient responsables de leur fait juridique. La
loi ivoirienne sur la minorité consacre une conception objective de la faute du mineur en
le rendant responsable de son délit, de son quasi-délit et de son enrichissement sans
cause. Aussi en vertu du principe selon lequel il ne faut pas faire de distinction là où la
loi ne distingue pas; cette conception objective de la faute s'applique quel que soit l'âge
du mineur. La faute du mineur ne suppose donc pas l'imputabilité. Seul importe
l'élément matériel ou objectif de la faute. La faute est ainsi expurgée de son aspect
morale afin de permettre à la victime d'obtenir réparation.
Quant aux majeurs incapables, bénéficiant d'un régime de protection, le principe est
l'irresponsabilité eu égard à leur état qui les prive de toutes facultés de discernement.
Il en est ainsi des aliénés internes et des aliénés interdits judiciaires. En ce qui concerne
les majeurs ne bénéficiant pas d’un régime de protection, parce que leur état n’a pas fait
l’objet d’une constatation officielle, le principe demeure la responsabilité et l’exception
l’irresponsabilité.
B- Les personnes morales
Les personnes morales, lesquelles n’ont pas d’existence biologique, peuvent-elle être
responsable de leurs faits personnels? la réponse à cette question est positive puisque par
fiction de la loi ou par l’application de la théorie de la réalité la personnalité juridique a
été reconnue aux personnes morales. Aussi peuvent-elles engager leur responsabilité sur
le fondement de l’article 1182 du code civil pour les actes accomplis par leur organes

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c’est -à-dire leur représentants. Ainsi une société, une association, un syndicat peuvent
être déclarés responsables de leur fait personnel c’est – à - dire des actes posés par leur
représentant.
Section II : Le dommage
L’exigence d’un préjudice ou dommage comme condition de mise en œuvre de la
responsabilité délictuelle figure dans les dispositions de l’article 1382 et 1383 du code
civil. Comme en matière contractuelle, il existe une variétés de dommages.
Des dommages corporels(atteintes physiques) qui résultent de l’atteinte à l’intégrité
physique de la victime. Des préjudices moraux et matériaux peuvent naître de l’atteinte à
l’intégrité corporelle. Il en est ainsi des frais médicaux engages par la victime ou les
pertes de revenus consécutives à l’accident.
Le dommage matériels qui résulte d’une atteinte au patrimoine de la victime et des
dommages moraux qui résultent d’une atteinte aux sentiments.
Paragraphe I :Les caractères du dommage réparable
Pour donner lieu à reparation,le dommage ou préjudice doit revêtir les caractères
suivants :
A- le caractère certain du préjudice
le caractère certain du préjudice suppose que son existence est certaine et non
éventuelle. Mais la perte de chance peut-elle être considérée comme un préjudice
certain? un étudiant, qui a été victime d'un accident le jour où il doit participé à l'examen
d'entrée à l'école nationale d'administration, peut-il invoquer la réparation du préjudice
résultant de la perte de la chance de réussir à l'examen d'entrée? Le préjudice est certain
si la perte d'une chance existait vraiment. Il y'aura indemnisation s'il s'agit d'un étudiant
brillant dont les chances de réussites étaient réelles. Par contre si la chance perdue était
mince, le tribunal considèrera que le préjudice était purement éventuelle donc non
réparable. Il en est ainsi d’un étudiant ayant obtenu son diplômes avec difficultés après
maints redoublements. L’appréciation du caractère certain du préjudice résultant de la
perte d’une chance est une question de fait qui relève de l'appréciation souveraine du

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juge de fond.
B- Le caractère directe du préjudice
Le caractère direct est le préjudice personnellement subi par la victime. Ce préjudice
direct s’oppose au préjudice indirect qui est le préjudice subi par les proches de la
victime. Ainsi lorsqu’un père de famille est blessé ou décédé à la suite d’un accident, il
est la victime directe ;son épouse et ses enfants constituent les victimes indirectes ou
victimes par ricochet.
C- Le caractère légitime du préjudice
Le préjudice réparable doit résulter d’un intérêt légitime juridiquement protégé.
L’exigence d’un préjudice légitime résulte des dispositions de l’article 3 du code ivoirien
de procédure civile, commerciale, administrative. La jurisprudence ivoirienne a limité
l’application du préjudice légitime aux seuls cas de l’existence d’un lien juridique entre
la victime directe et la victime par ricochet. Aussi les enfants du de cujus et son épouse
leur qualité de victimes indirectes ou victimes par ricochet, obtiennent réparation du
préjudice par ricochet qu’ils ont subi du fait du décès.
Section III :Le lien de causalité
La nécessité du lien causal résulte des dispositions implicites des articles 1382 et suivant
du code civil. L’on doit établir un rapport de cause à effet entre le fait générateur et le
dommage. En l’absence de définition légale du lien de causalité, la doctrine a proposé
deux théories de la causalité :La théorie de la causalité adéquate et la théorie de
l’équivalence des conditions.
21/10/2022
Les sanctions liées aux contrats synallagmatiques
Section :
Dans ce contrat, l’lorsqu’une partie n’a pas exécuté sa prestation, 3 sanctions :
- L’exception d’inexécution (parce que tu ne fais pas, j’arrête de faire moi aussi.)
- La résolution pour inexécution (mettre fin)
- La théorie des risque lorsque l’inexécution est due à la force majeure.

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Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Définition
L’exception d’inexécution, encore appelée, EXCEPTIO, NON ADMIPLETI
CONTRATUS est le droit pour l’une des parties à un contrat synallagmatique de
suspendre l’exécution de ses obligations tant que son cocontractant n’a pas exécuté les
siennes.
L’exception d’inexécution a été créée par le droit canon et non par le droit romain. Pour
le droit canon, le droit de l’Eglise catholique, le manquement à la parole donnée est un
péché sauf si celui envers qui on s’est engagé n’exécute pas sa prestation.
Le fondement de la règle
L’exception de l’exécution n’a pas été consacrée par une disposition dans le code civil.
Quelques dispositions éparses : 1612, 1704 et 1948 si réfère implicitement. Se fondant
sur ces dispositions éparses, la jurisprudence a généralisé l’exception d’inexécution à
tous les contrats synallagmatiques en précisant les conditions de mise en œuvre et les
effets.
Paragraphe 1 : Les conditions de mise en œuvre de l’exception d’inexécution
Trois conditions dont une condition négative qui est l’absence du formalisme et deux
conditions positives qui sont des conditions de fonds.
A- L’absence de formalisme
(Tu n’as pas respecté ta parole, je m’abstiens de ce que je dois faire)
Moyen de justice privée, le co-contractant qui évoque l’exception d’une inexécution
n’est soumis à aucune condition de forme particulière. Dans la mise en œuvre de
l’exception d’inexécution, le cocontractant qui y a recours n’a pas besoin d’intenter une
action en justice afin que l’exception de l’inexécution ne soit prononcée. Une mise en
demeure nécessaire n’est pas non plus nécessaire avant d’user de l’exception d’une
inexécution.
L’exception d’inexécution étant un moyen de justice privée, celui qui y a recours le
faire de sa propre autorité. Mais le Juge peut être amené à contrôler apostériori le
recours à l’exception d’inexécution.

[Date] 59
Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
B- Les conditions de fond
L’exception de l’inexécution ne peut être mise en œuvre que dans un contrat
synallagmatique faisant naître des obligations réciproques, connecte et
interdépendante dès lors qu’il y a inexécution fautive par l’une des parties à ses
contractuelles.
Nous résumons :
Il y a deux éléments à prendre en compte.
- L’existence d’un contrat synallagmatique
L’existence d’une inexécution fautive
Paragraphe 2 : Les effets
L’exception d’inexécution n’entraine pas la disparition des obligations mais une simple
suspension de l’exécution des obligations contractuelles. Le contrat subsiste mais ses
effets sont provisoirement suspendus.
Il peut arriver que la résolution ne vienne pas d’une décision du Juge mais d’une clause
contractuelle (C’est-à-dire prévu dans les clauses).
Section 2 : La résolution pour inexécution
L’anéantissement rétroactif du contrat synallagmatique consécutif à l’inexécution de son
obligation par l’une des parties. Il est régi par un texte de base qui l’article 1184 du code
civil. Il institue une résolution judiciaire.

Paragraphe 1 les modalités de la résolution

La résolution du contrat pour inexécution peut résulter soit de la décision du juge


conformément à l’article 1184 du ccciv soit d’une clause contractuelle appelée clause
résolutoire. Dans cette condition, la résolution est conventionnelle.
A- La résolution judiciaire
C’est celle qui est prononcée par le juge et elle est soumise à une condition de fond et de
forme.

[Date] 60
Cours de droit des obligations_ licence 2_Cours du Dr. Adjelou Christian
Pour la condition de forme, la résolution doit être demandée en justice. Arrêt inédit n°
497/06 de la cour suprême d’Abidjan

La responsabilité peut être définie comme l'ensemble des règles légales et jurisprudentielles qui
ont pour objet de substituer une attribution matérielle d'un dommage à une attribution d'ordre
juridique.

Cette théorie permet de répondre à la question de savoir si le dommage doit être laissé à la
charge de la victime (attribution matérielle) ou au contraire s'il convient d'en déplacer le poids sur
une autre personne (attribution juridique).

La responsabilité apparaît comme l'obligation de réparer le dommage qu'une personne a pu


causer soit par sa faute, soit par son activité, soit même encore à raison de sa qualité ou de sa
fonction.

[Date] 61

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