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CODE DU TRAVAIL - Nouveau - Loi N 2015-532 Du 20 Juillet 2015

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GEPEX

L1-~-~~P. 2~5. l ~&+t+.5


CINQÛANTE-SEPTŒME ANNEE- N° 74 ARR 1VEE LUNDI 14 SEPTEMBRE 2015

JOURNAL OFFICIEL
DE LA

REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE


paraissant les lundi et jeudi de chaque semaine

ABONNEMENT 6MOIS UNAN ABONNEMENT ET INSERTIONS ANNONCES ET AVIS

Côte d' ivoire et pays de la


CAPTEAO : voie ordinaire : ..............22.000 42.000 Adresser les demandes d'abonnement au chef du La ligne décomposée en corps 8 de
voie aérienne : ................28.000 39.000 Service des J ournaux officiels de la République 62 lettres en signe : Interligne et
communs : voie ordinaire.....................25.000 35.000
de Côte d' ivoire, B.P. V 70 Abidjan, blancs compris ............................. 2.500 francs
voie aérienne .....................30.000 50.000
Etranger : France et pays extérieurs BCEAO A 0005 0002. Pour chaque annonce répétée, la ligne l .SOO fra ncs
communs : voie ordinaire ..................25.000 35.000
voie aérienne ...................30.000 50.000 Il n' est jamais compté moins de
Les abonnés désireux de recevoir un reçu sont priés
Autres pays : voie ordinaire .................25.000 35.000 10 lignes ou perçu moins de........ 25.000 francs
voie aérienne .................. .40.000 50.000 d' ajouter à leur envoi le montant de l'affranchissement.
pour les annonces.
Prix du numéro de l'année courante .......................... 1.000
Au-delà du cinquième exemplaire ................................800 Les insertions au J .0 .R.C.I. devront parvenir au Service
Prix du numéro d'une année antérieure ..................... 1.500 Pour les exemplaires à certifier et à légaliser, il sera perçu
des Journaux officiels au plus tard le j eudi précédant en plus du prix du numéro les frais de timbre et de
Prix du numéro légalisé..............................................2.000
Pour les envois par poste, affranchissement en plus. la date de parution du « J.O.» légalisation en vigueur.

SOMMAIRE Il régit également l'exécution occasionnelle, sur le territoire de


la République de Côte d'ivoire, d'un contrat de travail conclu pour
PARTIE OFFICIELLE être exécuté dans un autre Etat.
2015 ACTES PRESIDENTIE LS Toutefois, cette dernière disposition n'est pas applicable aux
PRESIDENCE D E L A REPUBLIQUE travailleurs déplacés pour une mission temporaire n'excédant pas
trois mois.
20 juil ... Loi n° 2015-532 portant Code du travail. 1197
li s'applique en certaines de ses dispositions aux apprentis et à
PARTIE NON OFFICIELLE toute autre personne liée à l'entreprise en vue d'acquérir une qua-
lification ou une expérience professionnelle.
Avis et annonces. 1233
Art. 2.-Au sens du présent Code, est considérée comme tra-
vailleur ou salarié, quels que soient son sexe, sa race et sa natio-
PARTIE OFFICIELLE
nalité, toute personne physique qui s'est engagée à mettre son
2015 ACTES PRESIDENTIELS activité professionnelle, moyennant rémunération, sous la direc-

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE tion et l'autorité d'une autre personne physique ou morale,


publique ou privée, appelée employeur.
'/-..LOI n° 2015-532 du 20 juillet 2015 p ortant Code du travail. Pour la détermination de la qualité de travailleur, il n'est tenu
L'ASSEMBLEE NATIONALE a adopté, compte ni du statut juridique de l'employeur, ni de celui de l'em-
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE promulgue la loi dont la teneur suit ployé . .
Dispositions préliminaires Toutefois, les dispositions du présent Code ne sont pas appli-
Article 1. - Le présent Code du travail est applicable sur tout cables aux personnes nommées dans un emploi permanent d'une
administration publique. De même, les travailleurs employés au
le territoire de la République de Côte d'i voire.
service de l'Etat ou des personnes morales de droit public et qui
Il régit les relations entre employeurs et travailleurs résultant relèvent d'un statut particulier échappent, dans la limite de ce sta-
de contrats de travail conclus pour être exécutés sur le territoire tut et de celle des principes généraux du droit administratif, à
de la République de Côte d'ivoire. l'application du présent Code.
1198 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D' IVOIRE 14 septembre 20 15

Art. 3 .~ Le travail forcé ou obligatoire est interdît de faÇon Art. 7.- Les dispositions prévues aux articles 4 et 5 sont affi-
absolue. On entend par travail forcé ou obligatoire, tout travail chées sur les lieux de· travail ainsi que dans les locaux ou à la
ou service exigé d'un individu sous la menace d'une peine quel- porte des locaux où se fait l'emb~uche.
conque pour lequel ledit individu ne s'est pas offert de son plein
gré. . . n en est de même pour les textes pris pour liappli~ation desdits
Art. 4 .- Sous réserve des dispositions expresses du présent articles.
Code ou de tout autre texte de nature législative ou réglementaire Art. 8. - Sous réserve de dérogation expresse, les dispositions
protégeant les femmes et les enfants, ainsi que des dispositions
du présent Code sont d'ordre public. En conséquence, toute règle
relatives à la condition des étrangers, aucun employeur ne peut
prendre en considération le sexe, l.' âge, l'ascendance nationale, la résultant d'une décision unilatérale, d'un contrat ou d'une conven-
race, la religion, l'opinion politique et religieuse, l'origine sociale, tion et qui ne respecte pas les dispositions dudit Code ou des
l'appartenance ou la non-appartenance à un syndicat et l'activité textes pris pour son application est nulle de plein droit.
syndicale, la séropositivité au VIH ou Je Sida avérés ou présumés,
Je handicap des travailleurs pour arrêter ses décisions en ce qui Toutefois, le caractère d'ordre public ne fait pas obstacle à ce
concerne, notamment, l'embauchage, la conduite et la répartition que des garanties ou droits supérieurs à ceux prévus par Je présent
du travail, la formation professionnelle, l'avancement, la promo- Code soient accordés aux travailleurs par décision unilatérale
tion, la rémunération, l'octroi d'avantages sociaux, la discipline
d'un employeur ou d'un groupement patronal par un contrat de
ou la rupture du contrat de travail.
travail, une convention collective ou un usage.
Art. 5. - Aucun salarié, aucune personne en formation ou en
stage ne peut être sanctionné ni licencié pour avoir refusé de subir Art. 9. - Les travailleurs qui bénéficient d'avantages consentis
les agissements de harcèlement moral ou sexuel d'un employeur, préalablement à l'entrée en vigueur du présent Code au titre d'une
de son représentant ou de toute personne qui, abusant de l'autorité décision unilatérale de l'employeur, d'un contrat de travail, d'une
que lui confèrent ses fonctions, a donné des ordres, proféré des convention collective ou d'un accord d'établissement continuent
menaces, imposé des contraintes ou exercé des pressions de
à en bénéficier pendant leur durée respective, lorsque ces avan-
toutes natures sur ce salarié.
tages sont supérieurs à ceux qui leur sont reconnus par le présent
Aucun salarié, aucune personne en formation ou en stage ne
Code.
peut être sanctionné ni licencié pour avoir témoigné des agisse-
ments définis à l'alinéa précédent ou pour les avoir relatés. Art. l 0.- Un exemplaire du présent Code doit être remis par
l'employeur aux représentants :
Nul ne peut prendre en considération Je fait que la personne
intéressée a refusé de subir les agissements· de harcèlement ou - des délégués du personnel ;
qu'une personne témoin les a relatés, pour décider, notamment - de chaque centrale syndicale ;
en matière d'embauche, de rémunération, de formation, d'affec- - du comité de santé et de sécurité au travail.
tation, de qualification, de classification, de promotion profes-
sionnelle, de mutation, de résiliation, de renouvellement de TITRE 1

contrat de travail ou de sanctions disciplinaires. EMPLOI


Constituent un harcèlement sexuel les comportements abusifs, CHAPITRE PREMIER
les menaces, les attaques, les paroles, les intimidations, les écrits, Dispositions générales
les attitudes, les agissements répétés à l'encontre d'un salarié, Art. 11 . 1. - Les employeurs peuvent embaucher directement
ayant une connotation sexuelle, dont le but est d'obtenir des leurs travailleurs. Ils peuvent aussi recourir aux services de
faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d'un tiers. l'organisme public de placement et aux bureaux ou offices privés
Constituent un harcèlement moral les comportements abusifs, de placement.
les menaces, les attaques, les paroles, les intimidations, les écrits, Toute vacance de poste de travail doit faire l'objet de déclara-
les attitudes, les agissements répétés à \'encontre d'un salarié, tion auprès de l'organisme public de placement, de publications
ayant pour objet ou pour effet la dégradation de ses conditions dans un quotidien national à grand tirage et éventuellement dans
de travail et qui comme tels sont susceptibles de porter atteinte à tout autre moyen de communication.
ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale
Si au terme d'une période d'un mois à compter de la première
ou de compromettre son avenir professionnel.
publication, aucun national n'a satisfait au profil requis, l'em-
Le harcèlement se prouve par tous moyens. ployeur est autorisé à recruter tout autre candidat.
Art. 6. -Tout licenciement motivé par l'action en j ustice pour Les entreprises sont tenues de déclarer leurs e mbauches et
faire respecter les principes et droits fondamentaux au travail est lice.n ciements à l'organisme public de placement.
nul et de nul effet. La réintégration du salarié licencié au mépris
Art. l l .2.- L'ouverture de bureaux ou d'offices privés de pla-
de cette interdiction est de droit.
cement ayant pour objet exclusif ou principal d'agir comme
En cas de refus de réintégration, l'employeur est tenu au paie-
ment de dommages et intérêts dans les conditions de l'article intermédiaires entre employeurs et travailleurs est autorisée dans
18.15 ci-après. des conditions déterminées par décret.
14 sept~mbre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'NOIRE 11 99

Art. l l .3.- Les entreprises peuvent faire appel à du personnel Art.11 . l 0. - Des décrets d'application déterminent, en tant que
extérieur dans le cadre du travail temporaire et du prêt de main- de besoin, les modalités d'application du présent chapitre.
d'œuvre. Elles peuvent recourir aux services d'un tâcheron.
CHAPITRE2
Art.11.4.- Est entrepreneur de travail temporaire toute per- Travail des personnes en situation
sonne physique ou morale dont l'activité exclusive est de mettre de handicap
à la disposition provisoire d'utilisateurs, personnes physiques ou
Art. 12. l.- Est considérée comme personne en situation de
morales, des salariés qu'elle embauche et rémunère à cet effet en
fonction d'une qualification convenue. handicap toute personne physique dont l'intégrité physique ou
mentale est passagèremen t ou définitivement diminuée soit
Il ne peut être fait appel à des travailleurs temporaires pour
remplacer des travailleurs grévistes. congénitalement, soit sous l'effet d'une maladie ou d'un accident,
en sorte que son autonomie, son aptitude à fréquenter l'école ou
Des décrets déterminent les conditions d'exercice de la profes-
à occuper un emploi, s'en trouvent compromises.
sion d'entrepreneur de travail temporaire et les travaux particu-
lièrement dangereux pour lesquels Je recours au travail Il s'agit d'une personne présentant l'un ou les deux handicaps
temporaire est interdit. suivants:

Art.11 .5.- Le prêt de main-d'œuvre à but non lucratif est - handicap physique ;
autorisé. - handicap intellectuel.
Le prêt de main-d'œuvre à but lucratif ne peut être réalisé que Art. 12.2.- L'employeur doit réserver un quota d'emplois aux
dans le cadre du travail temporaire. personnes en situation de handicap possédant la qualification pro-
Tout prêt de main-d'œuvre à but lucratif qui n'est pas réalisé fessionnelle requise.
dans le cadre du travail temporaire est nul. Le travailleur peut Art.12.3.- Un décret détermine les modalités d'application du
faire valoir l'existence d'un contrat de travail le liant à l'utilisateur, présent chapitre.
sans que cette faculté emporte renonciation aux droits que le tra- CHAPITRE3
vailleur peut avoir à l'encontre du prêteur de main-d'œuvre.
Apprentissage et formation professionne/le
Art.11.6. - Le tâcheron est un sous-entrepreneur qui, sans être SECTION 1
propriétaire d'un fonds commercial, artisanal ou agricole, et
Apprentissage
engageant lui-même la main-d'œuvre nécessaire, pas~e avec un
entrepreneur un contrat écrit ou verbal pour l'exécution d'un Art.13.l.- Le contrat d'apprentissage est celui par lequel un
travail ou la fourniture de certains services moyennant un prix chef d'établissement industriel, commercial ou agricole, un arti-
forfaitaire. san ou un façonnier s'oblige à donner ou à faire donner une for-
Les salariés recrutés par le tâcheron pour l'exécution du contrat mation professionnelle méthodique et complète à une autre
de tâcheronnat doivent travailler sous la direction et le contrôle personne et par lequel celle-ci s'engage, en retour, à se conformer
effectifs de celui-ci.
aux instructions qu'elle reçoit et à exécuter les ouvrages qui lui
Art. Il. 7 . - Quand les travaux sont exécutés dans les ateliers, sont confiés en vue de sa formatio n.
magasins ou c hantiers de l'entrepreneur, ce dernier est, en cas
Le contrat doit être constaté par écrit et rédigé en langue française.
d'insolvabilité du tâcheron, substitué à celui-ci en ce qui concerne
le paiement des salaires dus aux travailleurs. Le contrat est exempt de tous droits de timbre et d'enregistrement.
Dans ce cas, les travailleurs lésés ont une action directe contre Art.13.2.- Le contrat d'apprentissage est établi en tenant
l'entrepreneur. compte des usages et coutumes de la profession.
Art. 11 .8.- S'il survient un changement d'employeur, personne Un décret détermine les conditions d'exercice des fonctions de
physique ou personne morale, par suite notamment de succes- maître d'apprentissage.
sion, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société, tous Art.13.3. - Nul ne peut recevoir des apprentis mineurs s'il n'est
les contrats de travail en cours au jour de la modification subsis- âgé de vingt-et-un ans au moins.
tent entre le nouvel employeur et le personnel de l'entreprise. Arl l3.4.-Aucun maître d'apprentissage, s'il ne vit en famille
L'interruption temporaire de l'activité de l'entreprise ne fait pas, ou en communauté, ne peut loger en son domicile personnel ou
par elle-même, obstacle à l'application des dispositions précé- dans son atelier des apprentis mineurs.
dentes. Art.13.5.- Ne peuvent recevoir des apprentis mineurs les
Art.11 .9.- Le nouvel employeur garde néanmoins le droit de individus qui ont été condamnés soit pour crime, soit pour délit
procéder à des ruptures de contrat de travail dans les conditions contre les mœurs.
prévues au présent Code. Art.13.6.- Le maître d'apprentissage doit prévenir sans retard
Les salariés dont les contrats ne sont pas rompus ne peuvent les parents de l'apprenti ou Jeurs représentants en cas de maladie,
prétendre à aucune indemnité du fait du changement d'em- d'absence ou de tout autre fait de nature à motiver leur interven-
ployeur. tion.
,- -
~
- _,...

1200 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Il ne doit employer l'apprenti dans la mesure de ses aptitudes SECTION3


et de ses forces, qu'aux travaux et services qui se rattachent à Contrat stage de qualification ou
l'exercice de sa profession.
d'expérience professionnelle
Art.13.7.- Le maître d'apprentissage doit traiter l'apprenti en
. Art. 13.14.- Le contrat stage de qualification ou d'expérience
bon père de famille.
professionnelle est la convention par laquelle l'entreprise
Si l'apprenti ne sait pas lire, écrire ou compter, le maître est s'engage, pour la durée prévue, à donner au stagiaire une forma-
tenu de lui accorder le temps et la liberté nécessaires pour son tion pratique lui pennettant d'acquérir une qualification ou une
instruction. Ce temps est donné à l'apprenti selon un accord réa- expérience professionnelle.
lisé entre les parties, mais il ne peut excéder une durée calculée . Toute entreprise a l'obligation de recevoir en stage de qualifi-
sur la base de deux heures de travail par jour. cation ou d'expérience professionnelle, des demandeurs d'em-
plois en vue d'acquérir une qualification ou une première
Art.13.8.- Le maître d'apprentissage doit enseigner à l'ap- expérience professionnelle.
prenti, progressivement et complètement, l'art, le métier ou la
Le stage de qual ification ou d'expérience professionnelle ne
profession spéciale qui fait l'objet du contrat. peut excéder une durée de douze mois, renouvellements compris.
Il lui délivre, à la fin de l'apprentissage, une attestation consta- Art.13.15.- Le contrat stage de qualification ou d'expérience
tant l'exécution du contrat. professionnelle doit être constaté par écrit. A défaut, il est réputé
être un contrat de travail à durée indéterminée.
Art.13.9.- L'apprenti doit à son maître, dans le cadre de l'ap-
Art.13.16.- Le bénéficiaire du stage de qualification ou
prentissage, obéissance et respect. Il doit l'aider par son travail
d'expérience professionnelle est soumis au règlement intérieur
dans la mesure de ses aptitudes et de ses forces.
de l'entreprise.
L'apprenti dont le temps d'apprentissage est tenniné, passe un Art.13 .1 7 .- Le bénéficiaire du stage de qualification ou
examen devant un organisme agréé par l'Etat. Un certificat d'ap- d'expérience professionnelle n'est pas un salarié. Toutefois,
titude professionnel est délivré à l'apprenti qui a subi l'examen l'entreprise est tenue de lui verser une indemnité forfaitaire.
avec succès. Art. 13.18.- Tout bénéficiaire d'un contrat stage de qualifica-
Art.13. l 0.- L'embauche comme ouvrier ou employé de toute tion ou d'expérience professionnelle reconnu apte à tenir un
personne liée par un contrat d'apprentissage est passible d'une emploi en rapport avec sa qualification est, pendant une période
indemnité au profit du maître d'apprentissage ou du chef d'éta- de six mois, prioritaire en cas d'embauche audit emploi.

blissement abandonné. Art. 13.19.-Au tenne du stage, il est délivré au stagiaire une
attestation indiquant la qualification, l'objet du stage et sa durée.
Tout nouveau contrat d'apprentissage conclu sans que les obli-
gations du précédent contrat aient été remplies complètement ou Art.13.20.- Les modalités pratiques de mise en œuvre du
contrat stage de qualification ou d'expérience professionnelle
sans qu'il ait été résolu légalement est nul de plein droit.
sont déterminées par voie réglementaire.
SECTION2
SECTION 4
Contrat stage-école Chantier-école
Art.13.11.- Le contrat stage-école est la convention par Art.13.21.- Est appelé chantier-école toute action collective
laquelle un élève ou un étudiant s'engage, e n vue de la validation qui, à partir d'une situation de mise au travail sur une production
de son diplôme ou de sa fonnation professionnelle, à recevoir au grandeur nature, a pour objectifla professionnalisation et la qua-
lification dans un métier d'une personne ou d'un groupe de
sein d'une entreprise une formation pratique.
personnes.
Cette convention doit être constatée par écrit. A défaut, elle est Art.13 .22.- Les modalités d'organisation et de fo nctionne-
réputée être un contrat de travail à durée indéterminée. ment du chantier-école ainsi que le statut des personnes liées à
Toute entreprise a l'obligation de recevoir en stage des élèves l'entreprise exécutant le chantier sont déterminés par voie régle-
ou étudiants en vue de la validation de leur diplôme. mentaire.
Art. 13. 12.- Le contrat stage-~cole n'est pas rémunéré. SECTION 5
Toutefois, l'entreprise peut allouer au stagiaire une indemnité Formation professionnelle continue
dont elle détennine librement le montant. Art.13.23.- Le travailleur est en droit de bénéficier de la fo r-
Le contrat stage-école prend fin au terme de la période conven- mation professionnelle continue et du perfectionnement profes-
tionnelle sans indemnité ni préavis. sionnel que nécessite l'exercice de son emploi, dans un but de
Art.13.13.- Les modalités du contrat stage-école sont déter- promotion sociale et d'adaptation à l'évolution économique et
minées par voie réglementaire. technologique.
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 120 1

Les conditions de la formation professionnelle continue sont Sauf accord de l'employeur, aucun travailleur ne pe ut solliciter
déterminées par .oie régle mentaire. son droit à congé de formation plus de deux fois, par pé riode de
dix ans continue dans l'entreprise.
Art. 13.24. - L'employeur est en droit d'e::iger du personnel
Art.13.28.- Dans une même entreprise, lorsque plusieurs
en fonction qu'il suive les cours de formation et de perfectionne- travailleurs remplissant les conditions prévues à l'article précé-
ment professionnels que nécessi te nt l'exercice de son emploi et dent demandent un congé de formation, l'employeur peut différer
l'adaptation à l'évolution économique et tec hnologique. la satisfaction de certaines demandes.
Le coût de cette formation, qu'elle soit assurée par un orga- Art. 13.29.- Le congé de formation correspond à la durée de
nisme spécialisé ou par l'employeur, est à la charge de ce dernier. la formation, sans pouvoir excéder un an s'il s'agit d'une forma-
tion continue à temps plein ou 1200 heures ~'il s'agit de forma-
Pendant les périodes de formation et de perfectionnement pro- tions constituant un cycle pédagogique comportant des
fessionnels, le travailleur perçoit son salaire intégral et les indem- enseignements discontinus ou à temps partiel.
nités qui s'y rattachent. Les dispositions de l'alinéa précédent du présent article ne font
pas obstacle à la conclusion d'accords stipulant des durées plus
Les différends relatifs à la promotion professionnelle sont sou-
longues pour les congés de formation.
mis à la commission de classement.
Art.13.30.- Le bénéfice du congé de formation demandé est
Si le cours de formation ou de perfectionne ment comporte un de droit, sauf dans le cas où l'employeur estime que cette absence
examen, l'échec du travaille ur à cet examen ne peut être la cause peut avoir des conséquences préjudiciables à la production et à
d'un licenciement; le travailleur est réintégré dans son emploi la bonne marche de l'entreprise. En cas de différend, l'i11spccte ur
du travail et des lois sociales du ressort peut être saisi par l'une
précédent et bénéficie de tous les avantages qui s'y rattachent.
des parties. En cas de désaccord devant l'inspecteur du travail et
Art.13.25.- L'employeur peut soumettre le travailleur à un des lois sociales du ressort, la rupture du contrat de travai l qui en
stage de formation professionnelle. résulte est un licencieme nt légitime, sauf pour le travailleur à rap-
Si le stage est concluant, le travai lleur bénéficie des avantages porter la preuve d'une intention de nuire susceptible d'ouvrir èroi t
rattachés à l'emploi pour lequel le stage a été effectué. à réparation.
Art.13.31.- La formation est prise en charge par le travailleur.
Si le travailleur quitte un établissement où il a déjà effectué un
SECTION 7
stage de formation professionnelle, il ne peut être ast~eint à un
Congé de formation syndicale
nouveau stage lorsqu'il est engagé dans un autre établissement,
relevant du même secteur d'activité, en vue d'assumer les mêmes Art.13.32.- Le congé de formation syndicale est une péri ode
au cours de laquelle les représentants des travailleurs participent
fonctions.
à une formation svndicale.
L'intéressé sera confirmé dans son nouvel emploi dès qu'il aura
La durée de ce congé, qui ne peut excéder trois sem:!ines dans
accompli la période d'essai.
l'année, est fixée d'accord parties entre les syndicats des travc1il-
SECTION 6
leurs et l'employ~ur. Il ne vient pas en déduction de la durée
Congé de formation
normale du congé payé. Les parties contractantes s'emploieront
Art.13.26.- Le congé de formation est une période de suspen- à ce que ces absences n'apportent pas de gêne à la marche
sion du contrat de travail qui a pour objet de permettre à tout normale du travail.
travailleur, au cours de sa vie professionnelle, de suivre à son Le temps non travaill~ est rémunéré par l'employeur comme
initiative, et à titre individuel, des actions de formation, indépen- temps de travail effectif; il n'est pas récupérable et est considéré
damment de sa participation aux stages compris dans le plan de comme temps de service pour la détermination des droits du tra-
formation de l'entreprise dans laquelle il exerce son activité. vailleur au congé payé.
CHAPJTRE4
Le congé prévu au premier alinéa du présent article peut être
également accordé à un salarié pour préparer et pour passer un Conclusion du contrat de travail

examen pour l'obtention d'un titre ou d'un diplôme. Art.14.1.- Le contrat de travail est un accord de volontés par
lequel une personne physique s'engage à mettre son activité pro-
Art.13.27.- Pour bénéficier du congé de formation, le travail-
fessionnelle sous la direction et l'autorité d'une autre personne
leur doit justifier d'une ancienneté d'au moins trente-six mois
physique ou d'une personne morale, moyennant rémunération.
dans l'entreprise ou d'un retour de congé de formation depuis au
Art.14.2.- Le contrat de travail est passé librement et, sous
moins trente-six mois. réserve des dispositions du présent Code, constaté dans les
Le travailleur adresse sa demande écrite de congé de formation formes qu'il convient aux parties contractantes d'adopter.
à l'employeur, accompagnée de pièces justificatives, au moins Lorsqu'il est écrit, le contrat de travail est exempt de tous droits
deux mois avant le début de la formation. de timbre et d'enregistrement.
~---- ... , -- •-..

1202 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 14.3.- Le contrat de travai l peut être conclu pour une Toutefois, ces renouvellements ne p euvent avoir pour effet
durée indéterminée ou pour une durée déterminée, selon les d'entraîner un dépassement de la durée maximale de deux ans.
règles définies au chapitre 5 du présent titre.
Art.15.5.- Dans une entreprise où il a été réalisé un licencie-
Art.14.4.- L'existence du contrat de travail se prouve par tous ment pour motif économique, l'employeur ne peut pourvoir les
moyens.
postes concernés au moyen de contrat à durée déterminée, sauf
Art. 14.5.- Le contrat de travail, qu'il soit à durée déterminée si la durée de ces contrats, non susceptibles de renouvellement,
ou à durée indéterminée, peut comporter une période d'essai dont n'excède pas trois mois.
la durée tota le maximale est fixée par décret.
Art.15.6.- Le contrat à durée déterminée à terme imprécis,
Lorsque les parties au contrat de travail décident de soumettre quel que soit son motif, ne peut avoir pour objet ni pour effet de
leurs relations à une période d'essai ou de la renouveler, le contrat
pourvoir durable ment un emploi lié à l'activité normale et
doit être passé par écrit ou constaté par une lettre d'embauche
permanente de l'entreprise.
mentionnant la durée de la période d'essai.
Toutefois, les conventions collectives peuvent prévoir que les Il ne peut être conclu que pour l'exécution d'une tâche précise
contrats de travail de tout ou partie des salariés qu'elles visent, et temporaire et seulement dans les cas ci-après :
comporteront obligatoirement une pé riode d'essai et ne pas en - remplaceme nt d'un travailleur en cas d'absence, de suspen-
subordonner la validité à la conclusion d'un contrat écrit. sion de son contrat de travail ou d'attente de l'entrée en service
Art. 14.6.- Les conditions dans lesquelles un employeur peut d'un travailleur recruté par contrat à durée indéterminée ;
subordonner la conclusion d'un contrat de travail ou son maintien - surcroît occasionnel de travail ou activité inhabituelle de
à la constitution d'une garantie financière sont déterminées par l'entreprise ;
décret.
- emplois à caractère saisonnier ;
Art.14.7.- Lorsqu'un travailleur ayant rompu abusivement
- emplois dans certains secteurs d'activité définis par décret
son contrat de travail engage à nouveau ses services, le nouvel
o u par voie conventionnelle et pour lesquels il est d'usage
employeur est solidairement responsable du dommage causé à
l'employeur précédent dans les trois cas suivants : constant de ne pas recourir au contrat à durée indéterminée ;

1. quand il est démontré qu'il est intervenu dans le débauchage ; - durée d'un chantier ou d'un projet.
2. quand il a embauché un travailleur qu'il savait lié par !1n Le terme est alors constitué par le retour du salarié remplacé
contrat de travai l ; ou la rupture de son contrat de travail, la fin de la saison, du chan-
3. quand il a continué à occuper un travailleur après avoir tier ou du projet ou la fin du surcroît occasionnel de travail ou de
appris que ce travailleur était encore lié à un employeur par un l'activité inhabituelle de l'entreprise.
contrat de travail. Da ns ce troisième cas, la responsabilité du Au moment de l'engagement, l'employeur doit communiquer
nouvel employeur cesse d'exister si, au moment où il a été averti, au travailleur les éléments éventuellement susceptibles d'éclairer
le contrat de travail abusivement rompu par le travailleur arrive ce dernier sur la durée approximative du contrat.
à expiration, soit s'il s'agit de contrat à durée déterminée, par Art. 15.7.- Sont assimilés aux contrats à durée déterminée à
l'arrivée du terme, soit, s'il s'agit de contrat à durée indéterminée, terme imprécis les contrats des travailleurs journaliers engagés à
par l'expiration du préavis ou si un délai de quinze jours s'était l'heure ou à la journée pour une occupation de courte durée et
écoulé depuis la rupture dudit contrat. payés à la fin de la journée, de la semaine ou de la quinzaine.
CHAPITRES Art. 15.8.- Lorsqu'un contrat à durée déterminée prend fin
Contrat à durée déterminée sans que ne soit conclu un contrat à durée indéterminée entre les
Art.15.1.- Le contrat de travail à durée déterminée est un parties, le travailleur a droit à une indemnité de fin de contrat
contrat qui prend fin à l'arrivée d'un terme fixé par les parties au comme complément de salaire.
moment de sa conclusion. L'effectif des travailleurs sous contrat Le taux applicable pour la détermination de l'indemnité de fin
à durée déterminée occupant un emploi permanent ne doit pas de contrat est de 3%. Il s'applique sur la somme des salaires bruts
dépasser le tiers de l'effectif total de l'entreprise. perçus par le travailleur pendant la durée de son contrat de
Art.15.2.- A l'exception des contrats visés à l'article 15.7 du travail.
présent Code, le contrat de travail à durée déterminée doit être L'indemnité dont le taux est assis sur la rémunération totale
passé par écrit ou constaté par une lettre d'embauche. brute due au travailleur pendant la durée du contrat, est payée à
Art.15.3 .- Le contrat de travail conclu pour une durée déter- celui-ci lors du règlement du dernier salaire.
minée doit comporter un terme précis fixé dès sa conclusion ; L'indemnité de fin de contrat n'est pas due :
il doit donc indiquer soit la date de son achèvement, soit la durée
précise pour laquelle il est conclu. - lorsque le salarié refuse la conclusion d'un contrat à durée
indéterminée pour le même emploi ou pour un emploi similaire
Art. 15.4.- Les contrats à terme précis ne peuvent être
comportant une rémunération au moins équivalente ;
conclus pour une durée supérieure à deux ans.
- lorsqu'une rupture anticipée du contrat est le fait du salarié
Les contrats à terme précis peuvent être renouvelés sans limi-
tation. ou lorsqu'elle est consécutive à une faute lourde du travailleur.
14 septemhre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1203

Art.15.9.- Le contr&t de travail à durée déterminée ne peut Art. 16.3.- Dans les limites de son contrat, le travailleur doit
être rompu avant terme que pour force majeure, accord commun toute son activité professionnelle à l'entreprise. Il doit notamment
ou faute lourde de l'une des parties. Il peut également être rompu fournir le travail pour lequel il a été embauché, l'exécuter lui-
avant terme, pendant la période d'essai. même et avec soin.
Toute rupture prononcée en violation des règles ci-dessus Art. 16.4.- Sauf convention contraire, il lui est loisible d'exer-
donne lieu, au profit de la partie lésée, à dommages et intérêts cer en dehors de son temps de travail, toute activité à caractère
correspondant aux salaires et avantages de toute nature dont le professionnel non susceptible de concurrencer l'entreprise ou de
salarié aurait bénéficié pendant la période restant à courir nuire à la bonne exécution des services convenus.
jusqu'au terme de son contrat. Art. 16.5.- Est nulle de plein droit toute clause d'un contrat
Le contrat à durée déterminée à terme imprécis conclu pour le portant interdiction pour le travailleur d'exercer une activité quel-
conque à l'expiration du contrat.
remplacement d'un travailleur temporairement absent peut être
Art. 16.6.- L'employeur doit procurer le travail convenu au
rompu par décision unilatérale du salarié dès lors qu'il a été exé-
lieu convenu. Il ne peut exiger un travail autre que celui prévu
cuté pendant six mois au moins. au contrat, sauf cas d'urgence ou de péril et pour une tâche tem-
Art.15. l 0.- Les contrats de travail à durée déterminée qui ne poraire.
satisfont pas aux exigences posées par le présent chapitre sont Toute modification substantielle du contrat de travail requiert
réputés être à durée indéterminée. l'accord préalable du salarié.
CHAPITRE6 SECTION2

Exécution et suspension du contrat de travail Suspension du contrat de travail


SECTION 1 Art.16. 7.- Le contrat de travail est suspendu, notamment :
Exécution du contrat de travail a) en cas de fermeture de l'établissement par suite du
Art. 16. l.- Le règlement intérieur est établi par le chef départ de l'employeur sous les drapeaux ou pour une période obli-
d'entreprise sous réserve de la communication dont il est fait gatoire d'instruction militaire ;
mention au troisième alinéa du présent article. Son contenu est b) pendant la durée du service militaire du travailleur et
limité exclusivement aux règles relatives à l'organisation tech- pendant les périodes obligatoires d'instruction militaire aux-
nique du travai l, à la discipline et aux prescriptions concernant quelles il est astreint ;
l'hygiène et la sécurité nécessaires à la bonne marche de l'entre- c) pendant la durée de l'absence du travailleur, en cas
prise. de maladie dûment constatée par un médecin agréé dans des
conditions déterminées par décret, durée limitée à six mois ; en
Toutes autres clauses y figurant, notamment celles relatives à cas de maladie de longue durée, le délai est porté à douze mois.
la rémunération, sont considérées comme nulles de plein droit, Ce délai peut être prorogé jusqu'au remplacement du travai lleur ,
sous réserve des dispositions de l'article 32.4 du présent Code. la liste des maladies de longue durée est déterminée par voie
Le règlement intérieur est soumis, pour avis, aux délégués du réglementaire ;
personnel et lorsqu'il en existe, aux syndicats de base. Il est com- d) pendant la période d'indisponibilité du travailleur
muniqué à l'inspecteur du travail et des lois sociales, qui peut résultant d'un accident du travail ou de maladie professionnelle
exiger le retrait ou la modification des dispositions contraires aux jusqu'à consolidation des lésions ou guérison ;
lois et règlements en vigueur. e) pendant la période de garde à vue et de détention pré-
Si l'entreprise ne possède pas de délégués du personnel ni de ventive du travailleur motivée par des raisons étrangères au
service et lorsqu'elle est connue de l'employeur, dans la limite de
syndicat de base, l'employeur soumet son projet de règlement
six mois ;
intérieur aux travailleurs délégués par leurs pairs. Le nombre de
j) pendant les permissions exceptionnelles pouvant être
travailleurs à désigner doit être égal à celui des délégués titulaires accordées par l'employeur au travailleur à l'occasion d'événe-
qu'aurait comporté l'entreprise ou l'établissement. Cette désigna- ments familiaux touchant directement son propre foyer ;
tion ne fait pas d'eux des délégués du personnel. g) pendant les périodes de chômage technique prévues
Les modalités de communication, de dépôt et d'affichage du à l'article 16.11 ci-dessous.
règlement intérieur ainsi que le nombre de travailleurs de l'entre- Art. 16.8. - Le contrat de travail est également suspendu pen-
prise au-dessus duquel l'existence de ce règlement est obligatoire dant la période de mise en disponibilité sans salaire, obtenue par
sont fixés par décret. le travailleur à sa demande, pour remplir des obligations d'ordre
personnel, notamment pour :
Art. 16.2.- Les modifications apportées au règlement intérieur
ainsi que toute instruction nouvelle générale et permanente, - l'allaitement à l'issue d'un congé de maternité ;
quelle qu'en soit la forme, émanant de la direction et relative aux - l'assistance à un enfant physiquement diminué ;
matières qui sont du domaine du règlement intérieur sont - l'exercice d'un mandat public ;
soumises aux mêmes conditions de communication, d'affichage - le congé de formation ;
et de dépôt que le règlement intérieur déjà établi. - élever son enfant.
1204 JOURNAL OFFICIBL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

La période de mise en disponibilité n'entre pas en ligne de Après ces deux mois, le refus du salarié d'accepter une nouvelle
compte pour le calcul de l'aticienneté et du congé. période de renouvellement du chômage technique équivaut à un
Art. 16.~.- Dans les trois premiers cas visés à l'article 16.7 licenciement légitime, sauf pour le travailleur à rapporter la
ci-dessus, l'employeur est tenu de verser au travailleur, dans la preuve d'une intention de nuire susceptibl e d'ouvrir droit à répa-
ration.
limite normale de préavis, une indemnité égale au rr.ontant de sa
rémunération pendant la durée de l'absence. En cas de licenciement de plus d'un travailleur consécutif au
refus de renouvellement de leur mise en chômage technique,
En cas de maladies de longue durée, l'indemnité due par l'em- l'employeur est tenu de suivre la procédure de licenciement
ployeur est versée pendant une période de douze mois. collectif pour motif économique prévue aux articles 18. l 0 et
Si le contrat est à durée déterminée, la limite de préavis à pren- suivants.
dre en considération est celle fixée pour les contrats à durée L'inspecteur du travail et des lois sociales est informé sans délai
indéterminée. Dans ce dernier cas, la susp tsion ne peut avoir de toute décision de mise en chômage technique ou de son re-
pour effet de proroger le terme du contrat initialement prévu. nouvellement.
Dans le cas de maladie, les indemnités prévues à l'alinéa pré- CHAPITRE 7

cédent peuvent être versées par le service médical interentreprises Procédure de sanction disciplinaire
auquel adhère l'employeur, à l'aide de fonds provenant de la par- Art.17 . 1. - Il est interdit à l'employeur d'infliger des sanctions
ticipation de ses adhérents. pécuniaires ou une double sanction pour la même faute.
Au cas où après consolidation de la blessure, le travailleur at.- Art.17 .2.- Constitue une sanction disciplinaire toute mesure
cidenté du travail ne serait plus à même de reprendre son service autre que des observations verbales, prise dans le cadre discipli-
et de l'assurer dans des conditions normales, l'employeur cher- naire par l'employeur, à la suite d'un agissement du salarié jugé
chera avec les délégués du personnel de son établissement la pos- fautif, que cette mesure soit de nature à affecter immédiatement
sibilité de reclasser l'intéressé dans un autre emploi. ou non ·1a présence, la fonction ou la carrière du salarié dans
l'entreprise.
Durant la période prévue pour l'indemnisation du travailleur
Art. 17 .3.- Les sanctions disciplinaires sont :
accidenté, celui-ci, en état d'incapacité temporaire, perçoit une
allocation calculée de manière à lui assurer son ancien salaire, - l'avertissement écrit ;
heures supplémentaires non comprises, et déduction faite d.e la - la mise à pied temporaire sans salaire, d'une durée de 1 à 3
somme qui lui est due par l'institution de prévoyance sociale e'\ jours;
vertu de la réglementation sur les accidents du travail pour celte - la rn:se à pied temporaire sans salaire, d'une durée de 4 à 8
même période. JOUrS;
Dans les trois derniers cas, l'employeur n'est pas tenu de main- - le lic.!nciement.
tenir une rémunération. Art. 17.4.- Le motif du licenciement peut tenir à la personne
·Art. 16.10.-- Les droits des travailleurs mobilisés sont garan- du salarié, qu'il s'agisse de son état de santé, de son aptitude à
tis, en tout état de cause, par la législation en vigueur. tenir l'emploi, de son insuffisance professionnelle ou de sa
conduite fautive. Le licenciement est alors qualifié de licencie-
Art. 16. 11.- Lorsqu'en raison de difficultés économiques ment pour motif personnel.
graves, ou d'événements imprévus relevant de la force majeure,
L'employeur qui licencie pour motif personnel doit notifier sa
le fonctionnement de l'entreprise est rendu économiquement ou
décision par écrit au salarié. La lettre de licenciement comporte
matériellement impossible, ou particulièrement difficile, nécessairement :
l'employeur peut décider de la suspension de tout ou partie de
- l'indication du ou des motifs de la rupture ;
son activité.
- le nom ou la nüson sociale de l'employeur ;
La décision indique la durée de la mise en chômage technique
- le numéro d'immatriculation à l'institution de Prévoyance
ainsi que les compensations salariales éventuellement proposées
sociale et l'adresse de l'employeur ;
aux salariés.
- les nom, prénoms, numéro d'affiliation à l'lnstitution de pré-
La mise en chômage technique prononcée pour une durée voyance sociale, date d'embauche et qualification professionnelle
déterminée peut être renouvelée. du salarié liccnci ~ ;
En tout état de cause, la mise en chômage technique ne peut - la date de prise d'effet de la rupture.
être imposée au salarié, en une ou plusieurs fois, pendant plus de
Dans le même temps où il notifie le licenciement au salarié,
deux mois au cours d'une même période de douze mois. Passé le
l'employeur informe l'inspecteur du travail et des lois sociales du
délai de deux mois, le salarié a la faculté de se considérer comme
ressort. Cette informatiJn écrite comporte les mêmes indications
licencié. Avant ce délai, il conserve le droit de démissionner.
que celles contenues dans 11 lettre de licenciement.
Toutefois, les parties peuvent convenir d'une prorogation du
Art. 17.5.-Préalablement à toute sanction, le travailleur doit
délai de deux mois pour une période supplémentaire n'excédant pouvoir s'expliquer, dans un clélai de 72 he:ires à compter de la
pas quatre mois. Dans ce cas, l'employeur a l'obligation de verser réception de la demande d'explication, soit par écrit, soit verba-
au salarié au moins le tiers du salaire brut. lement.
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D' IVOIRE 1205

Dans ce dernier cas, s'il Je désire, il peut se faire assister d'un Un décret précise les modalités d'application du présent article.
à trois délégués du personnel.
Art. 18.4.- Dans les cas prévus à l'article 18.3 alinéa l ci-des-
Les explications verbales fournies sont transcrites par l'em- sus, la résiliation du contrat de travail est subordonnée à un préa-
ployeur, en présence des délégués du personnel qui ont assisté à vis donné par la partie qui prend l'initiative de la rupture. En
l'audition du travailleur. l'absence de conventions collectives, un décret détermine les
Ses explications sont lues, signées par lui et contresignées par conditions et la durée du préavis, compte tenu, notamment, de la
l'employeur et les personnes ayant assisté les parties. durée du contrat et des catégories professionnelles.
En cas de sanction décidée par l'employeur, celle-ci doit être La partie qui prend l'initiative de la rupture du contrat doit
notifiée au travailleur concerné dans un délai de quinze jours notifier par écrit sa décision à l'autre. Lorsque l'initiative émane
ouvrables courant à partir de la date de réception des explications de l'employeur, cette notification doit être motivée.
écrites, sauf cas de licenciements des travailleurs protégés. Art. 18.5.- Si à l'expiration du délai prévu à l'article 16.7 c)
Une copie de cette décision de sanction, accompagnée de la du présent Code, le travailleur dont le contrat de travail a été sus-
demande d'explication ainsi que des explications écrites du pendu pour cause de maladie, se trouve dans l'incapacité de re-
travailleur, doit être adressée à l'inspecteur du travail et des lois prendre son travail, l'employeur peut le remplacer définitivement
sociales du ressort et au délégué du personnel. après lui avoir signifié par tout moyen laissant trace écrite qu'il
prend acte de la rupture du contrat de travail.
Aucune sanction antérieure de plus de six mois à l'engagement
de poursuites disciplinaires ne peut être invoquée à l'appui d'une A cette occasion, il doit lui verser le montant des indemnités
nouvelle sanction. compensatrices de préavis, de congés et l'indemnité de licencie-
ment auxquelles Je travailleur pourrait avoir droit du fait de cette
Passé un délai de trois mois depuis la connaissance par
rupture.
l'employeur de son existence, aucun fait reproché au travailleur
ne peut faire l'objet de sanction disciplinaire. Il doit tenir à sa disposition un certificat de travail accompagné
CHAPITRE 8
d'un relevé nominatif de salaire de l'institution de prévoyance
sociale à laquelle le travailleur est affilié.
Rupture du contrat de travail
Art.18. 1. - Pendant la période d'essai fi xée sans fiaude ni Le travailleur remplacé dans les conditions indiquées au pre-
abus, le contrat de travail peut être rompu librement sans préavis mier alinéa du présent article, qui produit un certificat médical
et sans que l'une ou l'autre des parties puisse prétendre à indem- de guérison ou de consolidation et d'aptitude au poste, conserve
nités. pendant un délai d'un an, un droit de priorité de réembauchage.
Art.18.2. - Le contrat de travail à durée déterminée cesse dans Ce délai est renouvelable une seule fois.
les conditions prévues au chapitre 5 du présent titre. Art. 18.6.- Pendant la durée du délai de préavis, l'employeur
Art. 18.3.- Le contrat de travail à durée indéterminée peut et le travailleur sont tenus au respect de toutes les obligations
toujours cesser par la volonté du salarié. Il peut cesser par la réciproques qui leur incombent.
volonté de l'employeur qui dispose d'un motif légitime. En vue de la recherche d'un autre emploi, le travailleur béné-
Si à l'expiration du délai prévu à l'article 16.7 c, Je travailleur ficie, pendant la durée du préavis, de deux jours de liberté par
dont le contrat de travail a été suspendu pour cause de maladie semaine, globalement payés à plein salaire.
de longue durée, se trouve dans l'incapacité de reprendre son em-
La répartition de ces jours de liberté dans le cadre du fonction-
ploi initial, l'employeur peut mettre un terme à son contrat par
nement de l'établissement est fixée d'un commun accord ou, à
écrit.
défaut, alternativement un jour au gré de l'employeur, un jour au
Le licenciement intervenant dans ces conditions n'est légitime
gré du travailleur.
que dans les cas suivants :
La partie à l'égard de laquelle ces obligations ne sont pas
- impossibilité d'aménagement raisonnable du poste de
respectées ne peut se voir imposer aucun délai de préavis, sans
travail et de reclassement du travailleur ;
préjudice des dommages-intérêts qu'elle peut demander.
- refus par le travailleur de la proposition de reclassement qui
Art. 18.7.- Toute rupture de contrat à durée indéterminée,
lui est faite ;
sans préavis ou sans que le délai de préavis ait été intégralement
- inaptitude à tout emploi constatée par un médecin du
observé, emporte obligation, pour la partie responsable, de verser
travail.
à l'autre une indemnité dont le montant correspond à la rémuné-
Dans ces cas, le travailleur perçoit l'intégralité de ses droits de ration et aux avantages de toute nature dont aurait bénéficié le
rupture de son contrat de travail. travailleur durant le délai de préavis qui n'a pas été effectivement
Le contrat de travail à durée indéterminée est également rompu respecté.
lorsque le salarié remplit les conditions de départ à la retraite. Cependant, la rupture de contrat peut intervenir sans préavis
La limite d'âge d'admission à la retraite est fixée par le Code en cas de faute lourde, sous réserve de l'appréciation de la juri-
de prévoyance sociale. diction compétente, en ce qui concerne la gravité de la faute.
1206 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 18.8.- Peuvent être considérés notamment comme fautes L'inspecteur du travail et des lois sociales signe avec les parties
lourdes, sous réserve de l'appréciation de la juridiction compé- le procès-verbal de la réunion.
tente les faits ou comportements d'un travailleur ayant un lien Art. 18.14 . - Lorsque le licenciement de plus d'un travailleur
avec ses fonctions et rendant intolérable le maintien des relations intervient pour motif économique, Je chef d'entreprise remet à
de travail. l'inspecteur du travail et des lois sociales trois exemplaires du
Art. 18.9. - Constitue un licenciement pour motif économique, dossier complet de la décision prise. L'employeur communique
le licenciement opéré par un employeur en raison d'une suppres- également la liste des travailleurs licenciés aux autorités chargées
sion ou transformation d'emploi, consécutives notamment à des de la promotion de remploi et de la reconversion professjonnelle.
mutations technologiques, à une restructuration ou à des difficul- Art. 18.15.- Toute rupture abusive du contrat donne lieu à
tés économiques de nature à compromettre l'équilibre financier dommages-intérêts. Les licenciements effectués sans motif légi-
de l'entreprise. time ou en violation des dispositions de l'article 4 du présent
Le travailleur congédié par suite de licenciement pour motif Code ou les licenciements économiques collectifs, sans respect
économique bénéficie pendant deux ans d'une priorité d'em- de la procédure requise ci-dessus ou pour faux motif, sont abu-
bauche dans la même catégorie d'emploi. sifs. La juridiction compétente constate l'abus par une enquête
Le travailleur bénéficiant d'une priorité d'embauche est tenu de sur les causes et les circonstances de la rupture du contrat.
communiquer à son employeur tout changement d'adresse En cas de licenciement, Je jugement doit mentionner expres-
survenu après son départ de l'établissement. sément Je motif allégué par l'employeur.

L'employeur e~t alors tenu, en cas de vacance d'emploi, d'aviser Le montant des dommages et intérêts est fixé en tenant compte,
Je travailleur intéressé par tout moyen laissant trace écrite. en général, de tous les éléments qui peuvent justifier l'existence
et déterminer l'étendue du préjudice causé et notamment :
Art. 18. 10.- Le chef d'entreprise qui envisage d'effectuer un
a) lorsque la responsabilité incombe au travailleur, du
licenciement pour motif économique de plus d'un travailleur,
préjudice subi par l'employeur en raison de l'inexécution du
organise, avant l'application de sa décision, une réunion d'infor-
contrat dans la limite maximale de six mois de salaire ;
mation et d'explication avec les délégués du personnel qui
b) lorsque la responsabilité incombe à l'employeur, le
peuvent se faire assister de représentants de Jeurs syndicats de
montant des dommages et intérêts équivalant à un mois de salaire
base, fédération ou centrale syndicale. Cette réunion a lieu sous
brut par année d'ancienneté dans l'entreprise ne peut être inférieur
la présidence de l'inspecteur du travail et des lois sociales à l'ins-
à trois mois de salaire ni excéder vingt mois de salaire brut.
pection du travail du ressort.
Ces dommages-intérêts ne se confondent ni avec l'indemnité
Art. 18.11.- Le chef d'entreprise adresse au conseil national pour inobservation du délai de préavis ni avec l'indemnité de
du dialogue social, pour avis et propositions, aux délégués du licenciement.
personnel et à l'inspecteur du travail et des lois sociales du
Art. 18.16.- Dans tous les cas où la rupture du contrat n'est
ressort, quinze jours ouvrables au moins avant la réunion prévue
pas imputable au travailleur, y compris celui de la force majeure,
à l'article précédent, un dossier précisant les causes du licencie-
une indemnité de licenciement, fonction de la durée de service
ment projeté, les critères retenus par l'entreprise, la liste du
personnel concerné et la date du lice nciement ainsi que tout continu dans l'entreprise, est acquise au travailleur ou à ses héri-
document nécessaire à l'appréciation de la situation. tiers.
Lorsque la rupture est consécutive au décès du travailleur,
Art. 18.12.- La réunion d'information et d'explication prévue
ses héritiers perçoivent en outre une contribution aux frais funé-
à l'article précédent se tient à l'inspection du travail du ressort.
raires.
L'inspecteur du travail et des lois sociales s'assure que toutes les
Le taux de l'indemnité de licencie ment, la durée de service
parties ont été informées.
continu y ouvrant droit et les modalités de son attribution ainsi
Si, pour quelque raison que ce soit, la réunion ne peut se tenir que le taux de la contribution aux frais funéraires sont fixés par
dans les locaux de l'inspection du travail et des lois sociales, elle décret dans le silence ou l'absence des conventions collectives.
a lieu, dans les 48 heures ouvrables suivant la date initiale de la Art.18.17 .- Les parties ne peuvent renoncer à l'avance au
réunion, dans ceux de l'entreprise si l'inspecteur du travail en droit de se prévaloir des règles relatives au licenciement.
convient. Toutefois, les parties ont la faculté de convenir de ruptures
négociées du contrat de travail qui, sous réserve des dispositions
Art. 18.13.- Avant le licenciement, l'inspecteur du travail et
de l'alinéa ci-dessous, ne peuvent être remises en cause que dans
des lois sociales s'assure du respect des critères établis et de la les conditions du droit civil.
procédure prescrite par Je présent Code.
Lorsque ces ruptures font partie d'une opération de réduction
En cas de non-respect de la procédure ou des critères fixés, des effectifs pour motif économique, elles doive.n t être, au même
l'inspecteur du travail et des lois sociales Je notifie par écrit au titre que les licenciements, annoncées lors de la réunion d'infor-
chef d'entreprise. mation et d'explication.
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1207

Art: 18.18.-A l'expiration du contrat, l'employeur doit remet- - la répartition des heures de travail sur les jours de la
tre au travailleur, sous peine de dommages-intérêts, un certificat semaine;
de travail indiquant çxclusivement la date de son entrée, celle de - les conditions dans lesquelles les employeurs peuvent
sa sortie, la nature et les dates des emplois successivement occu- déroger à la règle de l'horaire collectif et pratiquer des horaires
pés, un relevé nominatif de salaire de l'institution de prévoyance individualisés ;
sociale à laquelle le travailleur est affilié. - s'il y a lieu et pour certaines professions, le nombre d'heures
Ce certificat est exempt de tous droits de timbre et d'enregis- de présence au poste de travail réputé être équivalent à quarante
trement, même s'il contient la formule «libre de tout engagement» heures ou à deux mille quatre cents heures de travail effectif ;
ou toute autre formule ne constituant ni obligation ni quittance. - les cas et les conditions, notamment de rémunération majo-
Cela vaut également pour le relevé nominatif des salaires. rée, dans lesquels peuvent être accomplies des heures suppl é-
mentaires;
Art. 18.19. - L'obligation de délivrance de certificat de travail
- les cas et les conditions dans lesquels des interruptions
et du relevé nominatif de salaire de l'institution de prévoyance
collectives de travail peuvent donner lieu à une augmentation
sociale imposée à l'employeur subsiste après le décès du travail-
ultérieure de la durée du travail afin de compenser ces pertes
leur au profit de ses ayants droit et doit être exécutée à leur
d'activité, les heures ainsi récupérées n'étant pas considérées
demande. comme des heures supplémentaires ;
Art. 18.20.- La cessation de l'entreprise, sauf en cas de force - les conditions dans lesquelles les négociateurs sociaux peu-
majeure, ne dispense pas l'employeur de respecter les règles vent conclure des accords de modulation instaurant, en fonction
établies ci-dessus dans le présent chapitre. La mise en œuvre des des fluctuations saisonnières prévisibles de l'activité des entre-
procédures collectives d'apurement du passif n'est pas considérée prises, une répartition inégale des heures de travail normales sur
comme un cas de force majeure. les diverses périodes de l'année, des périodes de moindre activité
TITRE Il étant compensées par des périodes de plus grande activité ;
CONDITIONS DE TRAVAIL - les limites dans lesquelles peuvent être accomplies des
CHAPITRE PREMIER
heures supplémentaires.

Durée du travail CHAPITRE2

Art. 21.1.- La durée et l'horaire de travail sont fixés par l'em- Travail de nuit
ployeur dans le respect des règles édictées par le présent Code et Art. 22. l .- Les heures pendant lesquelles le travail est consi-
des textes pris pour son application. La durée et l'horaire de tra- déré comme travail de nuit sont fixées dans des conditions
vail sont affichés sur les lieux de travail et communiqués à l'ins- déterminées par décret.
pecteur du travail et des lois sociales. Art. 22.2.- Le travail de nuit est interdit aux femmes e nceintes
Article 21.2.- Dans tous les établissements soumis au présent sauf avis médical contraire et aux jeunes travai lle urs âgés de
Code, à l'exception des établissements agricoles, la durée nor- moins de dix-huit ans.
male du travail des personnels, quels que soient leur sexe et leur Des dérogations peuvent toutefois être accordées, dans des
mode de rémunération, est fixée à quarante heures par semaine. conditions fixées par décret, en raison de la nature particuliè re
Cette durée peut être dépassée par application des règles relatives de l'activité professionnelle.
aux équivalences, aux heures supplémentaires, à la récupération
Art. 22.3.- Le repos des jeunes travailleurs âgés de moins de
des heures de travail perdues et à la modulation.
dix-huit ans doit avoir une durée minimale de douze heures
Dans les établissements agricoles et assimilés, la durée normale consécutives.
du travail des personnels, quels que soient leur sexe et leur mode Art. 22.4.- Les conditions dans lesquelles s'effectue le travail
de rémunération, est fixée à deux mille quatre cents heures par de nuit, en particulier les garanties spécifiques exigées par la
an. Cette durée peut être dépassée par application des règles nature de ce travail, sont fixées par décret.
relatives aux équivalences, aux heures supplémentaires et à la CHAPITRE3
récupération des heures de travail perdues. Travail des enfants et des femmes,
Une durée de travail inférieure à la durée normale peut être protection de la maternité
stipulée dans le cadre du travail à temps partiel. Dans ce cas, le et éducation des enfants
contrat doit être constaté par un écrit, ou une lettre d'embauche
Art. 23.1.- La nature des travaux interdits aux femmes, aux
mentionnant la durée du travail. Des heures complémentaires
femmes enceintes et aux enfants est déterminée dans des condi-
peuvent être accomplies dans des conditions et limites prévues tions fixées par décret.
par décret. Art. 23.2.- Les enfants ne peuvent être employés dans aucune
Art. 21.3.- Des décrets déterminent les modalités d'applica- entreprise avant l'âge de 16 ans et apprentis avant l'âge de 14 ans,
tion des dispositions de l'article précédent et fixent notamment : sauf dérogation édictée par voie réglementaire.
1208 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D' IVOIRE 14 septembre 2015

Les jeunes travailleurs âgés de 16 à 21 ans ont les mêmes droits Au cas où l'accouchement a lieu après la date présumée, la
que les travailleurs de leur catégorie professionnelle. Les jeunes période post-natale des huit semaines reste obligatoirement
travailleurs ne peuvent en aucun cas subir des abattements de acquise à la femme.
· salaires ou des déclassements professionnels du fait de leur âge. Lorsque l'enfant reste hospitalisé, le congé post-natal est pro-
L'employeur tient un registre de toutes les personnes de moins longé pour une période équivalente à la durée d'hospitalisation
de l'enfant. La durée de la prolongation ne peut excéder 12 mois.
de 18 ans employées dans son entreprise, avec pour chacune
d'elles, l'indication de sa date de naissance. Dans le cas où pendant sa grossesse, la femme a fait l'objet d'un
changement d'affectation, en raison de son état de grossesse, elle
Art. 23.3.- L'employeur ne doit pas prendre en considération
est réintégrée dans l'emploi occupé avant cette affectation
l'état de grossesse d'une femme pour refuser de l'embaucher, lorsqu'elle reprend son travail à l'issue de la période de suspen-
résilier son contrat de travail au cours d'une période d'essai, sous sion de son contrat pour congé de maternité.
réserve des dispositions de l'article 23.7 prononcer une mutation Art. 23.7.- Les dispositions de l'article 23.3 ne font pas obs-
d'emploi ou de poste de travail. Il lui est également interdit de tacle à la mutation temporaire dans un autre emploi ou poste de
rechercher ou de faire rechercher toutes informations concernant . travail de la salariée en état de grossesse, à son initiative ou à
l'état de grossesse de l'intéressée. celle de l'employeur, si l'état de santé médicalement constaté
Lors de la visite médicale d'embauche, la femme enceinte peut l'exige.
présenter un dossier incomplet si certains examens normalement En cas de désaccord entre l'employeur et la salariée, la muta-
prescrits se révèlent dangereux pour sa santé ou celle de tion ne peut être effectuée qu'après avis du médecin-inspecteur
l'embryon. Les examens non effectués sont reportés après du travai l communiqué aux parties intéressées.
l'accouchement. La mutation temporaire ne peut excéder la durée de la gros-
Art. 23.4 . - Aucun employeur ne peut résilier le contrat de sesse et prend fin dès que l'état de santé de la femme lui permet
travail d'une salariée lorsqu'elle est en état de grossesse médica- de retrouver son emploi ou son poste initial.
lement constaté et pendant l'intégralité des périodes de suspen- Elle ne doit entraîner aucune diminution de rémunération
sion du contrat de travail auxquelles elle a droit, qu'elle use ou même si le nouveau poste est inférieur à celui occupé habi~el­
non de ce droit. lement.
Toutefois, il peut résilier le contrat s'il justifie d'une faute En cas de désaccord, la rupture qui en découle est réputée être
lourde de l'intéressée ou s'il se trouve dans l'impossibilité de du fait de l'employeur.
maintenir ledit contrat pour un motif étranger à la grossesse, à Art. 23.8.- Si l'employeur est dans l'impossibilité de proposer
l'accouchement ou à l'adoption d'un enfant de moins de 15 ans. un autre emploi, il fait connaître à la femme en état de grossesse
Sauf s'il est prononcé pour des motifs justifiant, par l'applica- et au médecin-inspecteur du travail et des lois sociales les motifs
tion de l'alinéa précédent, la résiliation du contrat de travail, le qui font obstacle à son reclassement provisoire. Le contrat de
licenciement d'une salariée est annulé si, dans un délai de quinze travail est alors suspendu jusqu'à la date du congé légal de
jours à compter de sa notification, l'intéressée envoie à son maternité. La femme salariée bénéficie dans ce cas d'une garantie
employeur par tout moyen laissant trace écrite, soit un certificat de rémunération à la charge de l'employeur.
médical justifiant qu'elle est en état de grossesse, soit une attes- Art. 23 .9.- La femme en état de grossesse bénéficie d'une
tation j ustifiant l'arrivée à son foyer, dans un délai de quinze autorisation d'absence pour se rendre aux examens médicaux
jours, d'un enfant placé en vue de son adoption âgé moins de 15 obligatoires.
ans avant la notification du licenciement ; cette attestation est Ces absences n'entraînent aucune diminution de la rémunéra-
délivrée selon le cas par le médecin traitant ou le juge de tutelle. tion et sont assimilées à une période de travail effectif pour la
détermination de la durée des congés payés ainsi qu'au regard
Les dispositions des précédents alinéas ne font pas obstacle à
des droits légaux ou conventionnels que la salariée tient du fait
l'échéance du contrat de travail à durée déterminée.
de son ancienneté dans l'entreprise.
Art. 23.5.-Toute femme en état de grossesse médicalement
Art. 23.10.- La durée du congé de maternité est assimilée à
constaté peut rompre son contrat de travail sans préavis et sans
une période de travail effectif pour la détermination des droits
avoir de ce fait à payer une indemnité de rupture du contrat.
que la salariée tient de son ancienneté.
La même faculté est offerte à la mère pendant la période d'allai-
Art. 23. 11.- Dès le troisième mois de sa grossesse, la femme
tement définie à l'article 23.12 du présent Code.
a droit, dans la limite des tarifs des formations sanitaires
Art. 23 .6.- La salariée a le droit de suspendre le contrat de publiques, au remboursement des soins médicaux en rapport avec
travail pendant quatorze semaines consécutives dont six semaines l'état de grossesse et les couches et bénéficie des allocations
avant la date présumée de l'accouchement et huit semaines après prénatales.
la date de celui-ci. La période post-natale des huit semaines est Pendant la période des quatorze semaines et sans préjudice des
augmentée de deux semaines en cas de naissance multiple. prolongations prévues à l'article 23.6 alinéa 1, elle a également
La suspension peut être prolongée de trois semaines en cas de droit à une allocation de maternité et à une indemnité journalière
maladie dûment constatée et résultant de la grossesse ou des égale au salaire qu'elle percevait au moment de la suspension de
couches. son contrat.
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Ces prestations sont à la charge de l'institution de prévoyance La femme salariée ou apprentie bénéficie d'un congé supplé-
sociale à laquelle l'employée est affiliée. mentaire payé sur les bases suivantes :
Art. 23 .12. - Pendant une période de quinze mois à compter - 2 jours ouvrables de congé supplémentaires par enfanl à
de la reprise du travail, la mère a droit à des temps de repos pour charge si elle a moins de 21 ans au dernier jour de la période de
allaitement. La durée totale de ces temps de repos ne peut excéder référence;
une heure par journée de travail. - 2 jours ouvrables de congé supplémentaires par enfant à
Art. 23.13.- L'inspecteur du travail et des lois sociales peut charge à compter du 4emc si elle a plus de 21 ans au dernier jour
requérir l'examen des femmes et des enfants de moins de 18 ans de la période de référence.
par un médecin du travail en vue de vérifier si le travail dont ils Le travailleur titulaire de la médaille d'honneur du travail
sont chargés n'excède pas leurs forces. Cette réquisition est de bénéficie d'un jour ouvrable de congé supplémentaire par an en
droit à la demande des intéressés. sus du congé légal.
La femme ou l'enfant de moins de 18 ans ne peut être maintenu Le travailleur logé dans l'établissement dont il a la garde et
dans un emploi ainsi reconnu au-dessus de ses forces et doit être astreint à une durée de présence de 24 heures continues par jour,
affecté à un emploi convenable. Si cela n'est pas possible, le a droit à un congé annuel payé de 2 semaines par an en sus du
contrat doit être résilié avec paiement des indemnités de préavis congé légal et bénéficie des dispositions de l'alinéa 2 du présent
et de licenciement, s'il y a lieu. article.

CHAPITRE4
Art. 25.3.- Pour le calcul de la durée du congé acquis, ne sont
pas déduites les absences pour accident du travail ou maladie pro-
Repos hebdomadaire et jours fériés
fessionnelle, celles de formation syndicale et les périodes de
Art. 24.1.- Le repos hebdomadaire est obligatoire. Il est au repos de la femme en couches, prévues respectivement par les
minimum de vingt-quatre heures consécutives. Il a lieu en prin- articles 16.7c), 13.32 et 23 .6 du présent Code et, dans une limite
cipe le dimanche. de six mois, les absences pour maladies dûment constatées par
Les modalités d'application du présent article, notamment les un médecin agréé.
professions pour lesquelles et les conditions dans lesquelles le Sont décomptés, sur les bases indiquées ci-dessus, les services
repos peut exceptionnellement et pour des motif~ nettement effectués sans congés correspondant pour le compte du même
établis, soit être donné par roulement ou collectivement d'autres employeur quel que soit le lieu de l'emploi.
jours que le dimanche, .soit être suspendu par compensation de
Art. 25.4. - Le droit pour un salarié de prendre effectivement
certaines tètes rituelles ou locales, sont fixées par voie réglemen-
son congé s'ouvre après une durée de service effectif égale à un
taire.
an.
Art. 24.2. - La liste et le régime des jours fériés sont détermi- Art. 25.5.- Le congé doit effectivement être pris dans les
nés par décret. Le jour de la fëte nationale et le 1er mai, fëte du douze mois après l'embauche ou le retour du précédent congé.
Travail, sont fériés, chômés et payés.
L'ordre et les dates de départ en congé sont fixés par l'em-
CHAPITRES ployeur compte tenu des nécessités du service et, dans la mesure
Congés payés et permissions exceptionnelles du possible, des désirs du salarié. Chaque salarié doit être informé
SECTION 1 au moins quinze jours à l'avance de ses dates de congé.
Congés payés Pour tenir compte des variations saisonnières d'activité, les
Art. 25.1.- Sauf disposition plus favorable des conventions conventions collectives peuvent déterminer les périodes de
collectives ou du contrat individuel, le travailleur acquiert droit l'année pendant lesquelles les travailleurs devront prendre leur
au congé payé, à la charge de l'employeur, à raison de 2,2 jours congé.
ouvrables par mois de service effectif. Art. 25.6 .-Avec l'accord du salarié, le congé peut être frac-
tionné à condition que le salarié bénéficie d'un repos d'au moins
Art. 25.2.- Sauf disposition plus favorable des conventions
quatorze jours consécutifs, jours de repos hebdomadaire ou jours
collectives ou du contrat individuel, la durée annuelle du congé
fériés éventuels compris.
défini à l'article précédent est augmentée de :
Pour les salariés employés hors de leur lieu de recrutement, les
- 1 jour ouvrable supplémentaire après 5 ans d'ancienneté dans délais de route ne sont pas pris en compte dans la durée minimale
l'entreprise ; de repos ininterrompu. Ces délais ne viennent augmenter que la
- 2 jours ouvrables supplémentaires après 10 ans ; plus longue de leurs périodes de congé ainsi fractionné.
- 3 jours ouvrables supplémentaires après 15 ans ; Art. 25.7.- L'employeur doit verser au travailleur, p.e ndant
toute la durée du congé, une allocation au moins égale aux
- 5 jours ouvrables supplémentaires après 20 ans ;
salaires et aux divers éléments de rémunération définis à l'article
- 7 jours ouvrables supplémentair~s après 25 ans ; 31 .9. Cette allocation est versée au travailleur au moment de son
- 8 jours ouvrables supplémentaires après 30 ans. départ en congé.
.' ,
,. t .

210 JQURNAL OFFlCIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 25.8.- Lorsque le contra( de travail ~rend fin avant que Toute permission de cette nature doit faire l'objet d'une autori-
e Salarié n'ait pu prendre effeêtivement &es .congés:· fille indem- sation préalable de l'employeur, soit par écrit, soit en présence
1ité calculée sur fa base des '1éoits à ço~sé acquis. ttU jour de d'un représentant du personnel.
'expiration du contrat doit lui ~t~ versée à t!tte de compensa- En cas de force majeure rendant impossible l'autorisation préa-
ion.
lable de l'employeur, la présentation des pièces justifiant
Art. 25.9.- Les travailleurs engagé~ à l'beU{e ou à la'journée l'absence doit s'effectuer dans les plus brefs délais et, au plus tard,
>Our une occupation temporaire perçoivent une indemnité com- dans les 15 jours qui suivent l'événement.
>ensatrice de congé payé en méfue temps que fè sa1'aire acquis, Si celui-ci se produit hors du lieu d'emploi et nécessite le
m plus tard à la fin de la dernière j(>Wnée do tra\!~il. déplacement du travailleur, l'employeur accorde un délai de route
Cette indemnité est égale au douzième ~e la rémanétation ac- de 2 jours lorsque le lieu où s'est produit l'événement est situé à
1uise au couri de cette période. .., moins de 400 kilomètres et 3 jours a~-delà de 400 kilomètres.
Toutefois, ils ont droit à des congés effectifs s'ils justifient de Ces délais de route ne sont pas rémunérés.
fouze mois de travail continu au service d'un même employeur. En ce qui concerne les autres membres de la famille, non cités
Art. 25.10.-Les travailleurs des entreprises de travail tempo- ci-dessus, une permission de 2 jours peut être accordée en cas de
raire visées à l'article 11.4 qui sont appelés~ exécuter leur travail décès et d'un j our en cas de mariage. Ces absences ne sont pas
au service d'entreprises utilisatrices perçoivent, à l'issue de payées.
chaque mission, une indemnité compensatrice de congé égale au CHAPITRE6
douzième de la rémunération totale perçue au cours de la
Voyages et transports
mission.
Art. 26.1.- Sous réserve des dispositions prévues à l'article
Toutefois, dans le cas où leur mission a atteint douze mois, ils
26.6, sont à la charge de l'employeur les frais de voyage du tra-
ont droit à des congés effectifs dans les conditions prévues au
vailleur, de. son conjoint et de ses enfants mineurs et/ou majeurs
présent chapitre.
scolarisés, à charge jusqu'à 25 ans vivant habituellement avec lui
L'indemnité compensatrice de congés payés ou les congés ainsi que les frais de transport de leurs bagages :
effectifs, selon le cas, sont à la charge de l'entreprise de travail
1. du lieu de la résidence habituelle au lieu d'emploi ;
temporaire.
2. du lieu d'emploi au lieu de la résidence habituelle ;
Art. 25.11.- En dehors des cas prévus aux articles ci-dessus,
- en cas d'expiration du contrat à durée déterminée ;
est nulle et de nul effet toute convention prévoyant l'octroi d'une
- en cas de résiliation du contrat lorsque le travailleur a acquis
indemnité compensatrice en lieu et place du congé.
droit au congé dans les conditions de l'article 25.8 ;
SECTION2
- en cas de rupture du contrat du fait de l'employeur ou à la
Pennissions exceptionnelles
suite d'une faute lourde de celui-ci ;
Art. 25.12.- Le travailleur comptant au moins 6 mois de pré-
- en cas de rupture du contrat due à un cas de force majeure.
sence dans l'entreprise et touché par les événements familiaux
dûment justifiés, énumérés ci-après, dans la limite de 10 jours 3. du lieu d'emploi au lieu de résidence habituelle, et vice versa,
ouvrables par an, non déductibles du congé réglementaire et en cas de congé normal. Le retour sur le lieu d'emploi n'est dû
n'entraînant aucune retenue de salaire, bénéficie d'une permission que si le contrat n'est pas venu à expiration avant la date de fin
exceptionnelle pour les cas suivants se rapportant à la famille de congé et si, à cette date, le travailleur est en état de reprendre
légale: son service.

- mariage du travailleur .................... 4 jours ouvrables ; Toutefois, le contrat de travail ou la convention collective peut
prévoir une durée minimum de séjour du travailleur.
- mariage d'un de ses enfants .......... 2 jours ouvrables ;
- d'un frère, d'une sœur.. .... ............... 2 jours ouvrables ; Le montant des frais de transport, aller et retour, incombant à
l'entreprise est proportionnel au temps de service du travailleur.
- décès du conjoint... ......................... 5 jours ouvrables ;
- décès d'un enfant, du père, de la Art. 26.2.- Lorsque le contrat de travail est résilié pour des
causes autres que celles mentionnées à l'article précédent ou pour
mère du travailleur ......................... 5 jours ouvrables ;
faute lourde du travailleur, le montant des frais de transport, aller
- décès d'un frère ou d'une sœur ....... 2 jours ouvrables ;
et retour, incombant à l'entreprise est proportionnel au temps de
- décès d'un beau-père
service du travailleur.
ou d'une belle-mère ............................ 2 jours ouvrables ; ·
Art. 26.3.- La classe de passage et le poids des bagages sont
- naissance d'un enfant ..................... 2 jours ouvrables ;
déterminés par le poste occupé par l'employé dans l'entreprise,
-2- baptême d'un enfant ....................... 1 jour ouvrable ; suivant la stipulation de la convention collective ou, à défaut,
- première communion ..................... l jour ouvrable ; suivant les règles adoptées par l'employeur à l'égard de son
- déménagement ................. .............. 1 jour ouvrable. personnel ou suivant les usages locaux.
·'
;..: . .. - -...... ·. , .
~
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE corn D'IVOIRE 1211

Il est tenu compte dans tous les cas, des charges de famille pour CHAPITRE?
le calcul du poids das bagages. · .ŒU.,.2s s~ciales
Art. 26.4 . - Sauf stipulations contraires, les voyages et les SECTION 1

transports sont effectués par une voie et des transports normaux Economat
au choix de l'employeur. Art. 27.1.- Est consi<iérée comme économat toute organisa-
tion où l'émployeur prati9ue, dH-ectement ou indirect~ment, la
Le travailleur qui use d'une voie et de moyens de transport plus
vente ou la·cesswn de marchandises aux travailleurs de l'entre-
coûteux que ceux régulièrement choisis ou agréés par l'em-
p rise pour le~ ~soins t>entODn.els et non\laux.
ployeur n'est défrayé par l'entreprise qu'à concurrence des frais -
,. . -

~ ,...
~ ..~ lt

Les economats_~-nt adntis s~s l~ triplè c~ition :


occasionnés par la voie et les moyens régulièrement choisis.
a). que les _travailleurs ne Soient pas obligés de ~·y fournir ;
S'il use d'une voie ou d'un transport plus économique, il ne peut
· b) ~J' vente de9 march~dises y sojt faite exclusive-
prétendre qu'au remboursement des frais engagés.
ment au comptant et sana.~~fice ;
Les délais de transport ne sont pas compris dans la durée maxi-
c) quei~ coo)patib~li:t6 du ou des économats de l'entre-
mum du contrat telle qu'elle est prévue à l'article 15.4 du présent
prise soit entièrement aµtonome ét s9umise au conµôle d'une
Code. commission de SU{}'eillance élue par les travailleurs.
Art. 26.5.- A défaut de convention contraire, le travailleur qui Le prix des marchanclises mises en vente doit être affiché lisi-
use d'une voie et de moyens de transport moins rapides que ceux blement. · ~ '.· ·

régulièrement choisis par l'employeur ne peut prétendre, de ce Tout conµnerce il'.lStall~ à l'intérieur de l'entreprise est soumis
fait, à des délais de route plus longs que ceux prévus pour la voie aux dispositions qui précèdent, à l'exception des coopératives
ouvrières.
et les moyens normaux.
La vente des alcools ~t spiritueux est interdite dans les écono-
S'il use d'une voie ou de moyens plus rapides, il continue à mats ainsi que sur le lieu d'emploi du travailleur.
bénéficier, en plus de la durée de congé proprement dit, des délais Art. 27.2.- Les conditions d'ouverture, de fonctionnement et
qui auraient été nécessaires avec l'usage de la voie et des moyens de fermeture des économats sont fixées par décret.
choisis par l'employeur. SECTION2
Art. 26.6.- Le travailleur qui a cessé son service peut exiger Autres services sociaux
auprès de son ancien employeur, ses droits en matière de congé, Art. 27.3.- Des services sociaux, notamment des cantines,
de voyage et de transport dans un délai maximum d'une année à restaurants, cafétérias, crèches, terrains de loisirs, sans que cette
compter de la cessation de travail chez ledit employeur. énumération soit limitative, peuvent être créés au sein des entre-
prises dans des conditions déterminées par décret.
Toutefois, les frais de voyage ne sont payés par l'employeur
TITRE III
qu'en cas de déplacement effectif du travailleur.
SALAIRE
Art. 26.7.- Le travailleur qui a cessé son service et qui est
CHAPITRE PREMIER
dans l'attente du moyen de transport désigné par son employeur
Détermination du salaire
pour regagner sa résidence habituelle, reçoit de l'employeur une
Art. 3 1. l . - Par rémunération ou salaire, il faut entendre le
indemnité égale au salaire qu'il aurait perçu, s'il avait continué à
salaire minimum catégoriel et ses accessoires ainsi que tous les
travailler et continué à bénéficier jusqu'à son embarquement des autres avantages, payés directement ou indirectement, en espèce
avantages en nature prévus au contrat. ou en nature, par l'employeur au travailleur en raison de l'emploi
Le travailleur dont le contrat est signé ou dont le contrat est de ce dernier.
arrivé à expiration, et qui reste à la disposition de l'employeur Il ne peut être inférieur au salaire minimum catégoriel fixé par
dans l'attente du moyen de transport lui permettant de quitter sa convention ou accord ou à défaut par voie réglementaire.

résidence habituelle pour son lieu d'emploi ou inversement, reçoit Aucun salaire n'est dû en cas d'absence, en dehors des cas
de l'employeur pendant cette période, une indemnité calculée sur prévus par la réglementation et sauf accord entre les parties inté-
ressées.
la base de l'allocation de congé.
Art. 31.2.- Dans les conditions prévues au présent titre, tou1
Art. 26.8.- Les dispositions du présent chapitre ne peuvent
employeur est tenu d'assurer, pour un même travail ou un travai
être un obstacle à l'application de la réglementation sur les condi- de valeur égale, l'égalité de rémunération entre les salariés, quel ~
tions d'admission et de séjour des étrangers. que soient leur sexe, leur âge, leur ascendance nationale, leu:
Le travailleur a le droit d'exiger le versement en espèces du race, leur religion, leurs opinions politiques et religieuses, leu
montant des frais de rapatriement à la charge de l'employeur, dans origine sociale, leur appartenance ou leur non appartenance à ui
les limites du cautionnement qu'il justifie avoir versé. syndicat.
1212 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D' IVOIRE 14 septembre 2015

Sont considérés comme ayant une valeur égale les travaux qui Les partenaires sociaux négocient tous les trois ans, les mon-
exigent des salariés un ensemble comparable de connaissances tants du SMIG et du SMAG au sein de la Commission consulta-
professionnelles consacrées par un titre, un diplôme ou une pra- tive du Travail.
tique professionnelle, de capacités découlant de l'expérience Art. 31.9.- Lorsque la rémunération des services est consti-
acquise, de responsabilités et de charge physique ou mentale. tuée, en totalité ou en partie, par des commissions ou primes et
prestations diverses ou des indemnités représentatives de ces
Art. 31.3. - Les différents éléments composant la rémunéra-
prestations, dans la mesure où celles-ci ne constituent pas un rem-
tion doivent être établis selon des normes identiques pour les
boursement de frais, il en est tenu compte pour le calcul de la
hommes et pour les femmes. rémunération du congé payé, ainsi que pour le calcul des indem-
Les catégories et classifications professionnelles ainsi que les nités de préavis, de licenciement et des dommages-intérêts.
critères de promotion professionnelle doivent être communs aux Le montant à prendre en considération à ce titre est la moyenne
travailleurs des deux sexes. mensuelle des éléments visés à l'alinéa précédent.
Toutefois, la période sur laquelle s'effectue ce calcul ne peut
Les méthodes d'évaluation des emplois doivent reposer sur des
excéder les douze mois de service précédant la cessation du
considérations objectives basées essentiellement sur la nature des travail.
travaux que ces emplois comportent. CHAPITRE2
Art. 31.4.- A défaut de convention ou accord collectif, des Paiement du salaire
règlements fixent : Art. 32.1.- Le salaire doit être payé en monnaie ayant cours
- les ca~égories professionnelles et les salaires minima légal, nonobstant toute stipulation contraire.

correspondants ; Le paiement de tout ou partie du salaire en alcool, boissons


alcoolisées, drogues est formellement interdit.
- les taux minima de majoration des heures supplémentaires
effectuées de jour et de nuit pendant les jours ouvrables, les Sous réserve des dispositions du chapitre premier du présent
titre, nul n'est tenu d'accepter en tout ou en p artie le paiement en
dimanches et les jours fériés ;
nature de son salaire.
- éventuellement les primes d'ancienneté et d'assiduité. Aucun employeur ne peut restreindre de quelque manière que
Art. 31.5.- La rémunération d'un travail à la tâche ou aux ce soit la liberté du travailleur de disposer de son salaire à son
pièces doit être calculée de telle sorte qu'elle procure au travail- gré.

leur de capacité moyenne et travaillant normalement un salaire Art. 32.2.- La paie est faite, sauf cas de force majeure, sur le
lieu de travail ou au bureau de l'employeur lorsqu'il est voisin du
au moins égal à celui du travailleur rémunéré au temps effectuant
lieu de travail. En aucun cas, elle ne peut être faite dans un débit
un travail analogue.
de boissons ou dans un magasin de vente, sauf pour les travail-
.Art. 31.6.- Les taux minima de salaires ainsi que les condi- leurs qui y sont normalement occupés, ni le jour où le travailleur
tions de rémunération du travail à la tâche ou aux pièces sont a droit au repos.
affichés au bureau des employeurs et sur les lieux de paie du Art. 32.3.- A l'exception des professions dont la liste est
personnel. définie par décret, le salaire doit être payé à intervalle régulier
Art. 31.7.- Dans le cas où le travailleur permanent, qui n'est ne pouvant excéder quinze jours pour les travailleurs engagés à
la journée ou à la semaine et un mois pour les travailleurs engagés
pas originaire du lieu d'emploi et n'y a pas sa résidence habituelle,
à la quinzaine ou au mois.
ne peut, par ses propres moyens, se procurer un logement suffi-
Les paiements mensuels doivent être effectués au plus tard huit
sant pour lui et sa famille, l'employeur est tenu de le lui assurer
jours après la fin du mois de travail qui donne droit au salaire.
dans les conditions fixées par décret.
Pour tout travail aux pièces ou au rendement dont l'exécution
L'employeur est également tenu de fournir ou d'aider à la four- doit durer plus d'une quinzaine, les dates de paiement peuvent
niture de denrées alimentaires, lorsque ce même travailleur ne être fixées de gré à gré, mais le travailleur doit recevoir chaque
peut, par ses propres moyens, obtenir pour lui et sa famille un quinzaine des acomptes correspondant au moins à 90 % du
ravitaillement régulier. salaire minimum et être intégralement payé dans la quinzaine qui
suit la livraison de l'ouvrage.
Ces prestations éventuelles constituent un élément du salaire.
Les commissions acquises au cours d'un trimestre doivent être
Art. 31 .8.- Un décret fixe les montants du Salaire minimum payées dans les trois mois suivant la fin de ce trimestre.
interprofessionnel garanti, en abrégé SMIG, et du Salaire mini- Les participations aux bénéfices réalisés durant un exercice
mum agricole garanti, en abrégé SMAG, après avis de la Com- doivent être payées dans l'année _s~vante au plus tôt après trois
mission consultative du Travail. mois et au plus tard avant neuf mois.
14 s~ptemb re 20 15 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1213

Art. 32.4.- Les travailleurs absents le jour de paye peuvent CHAPITRE 3


retirer leur salaire ·aux heures normales d'ouverture de la caisse Privilèges, garanties
et conformément au règlement intérieur de l'entreprise. et prescription du salaire
Art. 32.5. - Le paiement du salaire doit être constaté par une Art.33. l . -Les sommes dues aux entrepreneurs de tous les tra-
pièce dressée ou certifiée par l'employeur ou son représentant et vaux ayant le caractère de travaux publics ne peuvent être frappés
de saisie-arrêt, ni d'opposition au préjudice des ouvriers titulaires
émargé par chaque intéressé ou par deux témoins s'il est illettré.
de créances salariales.
Ces pièces sont conservées par l'employeur dans les mêmes
conditions que les pièces comptables et doivent être présentées Les créances salariales dues aux travailleurs sont payées de
à toute réquisition de l'inspecteur du Travail et des lois sociales. préférence aux sommes dues aux fournisseurs.
Art. 33.2.- La créance de salaire est privilégiée sur les meu-
Les employeurs sont tenus de délivrer au travailleur, au
bles et immeubles du débiteur pour les douze derniers mois de
moment du paiement, un bulletin individuel de paie dont la struc- travail.
ture est fixée par voie réglementaire. S'il s'agit d'allocations de congés payés, le privilège ci-dessus
Mention est faite par l'employeur du paiement du salaire sur porte sur l'année suivant la date ou le droit à ces congés a été
un registre manuel ou électronique tenu à cette fin. acquis.
Art. 32.6. - N'est pas opposable au travailleur la mention Art. 33.3. - Les créances de salaires, primes, commissions,
« pour solde de tout compte » ou toute autre mention équivalente prestations diverses, indemnités de toute nature notamment celles
souscrite par lui, soit au cours de l'exécution, soit après la rési- pour inobservation du préavis ainsi que l'indemnité de licencie-
liation de son contrat de travail et par laquelle le travailleur ment ou les dommages et intérêts pour rupture abusive du contrat
renonce à tout ou partie des droits qu'il tient de son contrat de de trava il, priment toutes créances privilégiées, y compris celle
travail. du Trésor public.
L'acceptation sans protestation ni réserve, par le travailleur, Art. 33.4.- La créance de salaire des salariés et apprentis pour
d'un bulletin de paie ne peut valoir renonciation de sa part au l'année échue et pour l'année en cours est privilégiée sur les meu-
paiement de tout ou partie du salai re, des indem_nités et des bles du débiteur dans les conditions prévues par !'Acte uniforme
accessoires du salaire qui lui sont dus en vertu des dispositions de l'OHADA portant organisation des procédures simplifiées de
législatives, réglementaires ou contractuelles. Elle ne peut valoir recouvrement et des voies d'exécution.
non plus compte arrêté et réglé et donc avoir pour effet de faire En cas de redressement judiciaire ou de liquidation des biens,
cesser la prescription des salaires. les rémunérations de toute nature dues aux salariés et apprentis
Art. 32 .7.- En cas de résiliation ou de rupture de contrat, le pour les soixante dern iers jours de travail ou d'apprentissage
salai re et les indemnités doivent être payés dès la cessation de doivent, déduction faite des acomptes déjà perçus, être payées
service. Toutefois, en cas de litige, l'employeur peut obtenir du dans les di x jours suivant le jugement déclaratif, nonobstant
président du Tribunal du Travail la consignation au greffe dudit
l'existence de toute autre créance privilégiée, jusqu'à concurrence
Tribunal de tout ou partie de la fraction saisissable des sommes
d'un plafond mensuel identique pour toutes les catégories de
dues.
bénéficiaires.
L'employeur saisit le président du Tribunal du Travail par une
Art. 33.5. - L'action en paiement du salaire et de ses acces-
déclaration écrite ou orale faite au plus tard le jour de la cessation
soires se prescrit par deux ans pour tous les travailleurs.
des services devant le greffier du Tribunal qui l'inscrit sur un
registre spécial. La prescription commence à courir à la date à laquelle les
salaires sont dus. Le dernier jour du délai est celui qui porte le
La demande aux fins de consignation et de compensation est même quantième que le jour du point de départ de la prescrip-
aussitôt transmise au président qui fixe la date d'audience la plus tion.
proche possible pour statuer éventuellement en son hôtel, et ce, Art.33.6. -La prescription a lieu quoiqu'il y ait eu continuation
même un dimanche ou un jour férié. de travail.
Les parties sont immédiatement convoquées ainsi qu'il est dit Elle n'est interrompue que par :
à l'article 81. J8. Elles sont tenues de se présenter en personne au - une reconnaissance écrite de l'employeur mentionnant le
jour et à l'heure fixés devant le président du Tribunal. Elles peu- montant du salaire dû ;
vent se fai re assister ou représenter conformément aux disposi- - une réclamation du travailleur lésé adressée à son em-
tions de l'article 81.19 du présent Code. ployeur par lettre recommandée avec accusé de réception ;
La décision est exécutoire immédiatement nonobstant opposi- - une requête adressée à l'inspecteur du Travail et des Lois
tion ou appel. sociales avec accusé de réception ;
1214 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

- une requête déposée au tribunal du Travail et enregistrée au TITRE rv


greffe. SANTE ET SECURITE ET ORGANISMES
Les possibilités prévues aux trois derniers alinéas sont égale- DE SANTE A V TRAVAIL
ment ouvertes aux ayants droit du travailleur lésé. CHAPITRE PREMIER

Art. 33.7.- A l'occasion de la rupture du contrat de travail, la Santé et sécurité au travail


prescription est opposable au travailleur en cas de non-respect Art. 41.l.- On entend par santé et sécurité au travail, la dis-
des dispositions de l'article précédent. cipline qui recouvre de nombreux domaines spécialisés et qui
Art. 33.8.- L'entreprise a la faculté d'ouvrir à ses travailleurs vise à:
son capital. - promouvoir et à maintenir le plus haut degré possible de
CHAPITRE4 bien-être physique, mental et social de tous les travailleurs dans
Retenues sur salaires tous les corps de métiers ;

Art.34.1.- En dehors des prélèvements obligatoires et des - prévenir les effets néfastes des mauvaises conditions de tra-
consignations qui peuvent être prévues par les Conventions vail sur la santé des travailleurs ;
collectives, il ne peut être fait de retenues sur appointements ou - protéger les travailleurs contre les dangers qui menacent
salaires, pour le remboursement d'avance d'argent consentie par leur santé;
l'employeur au travailleur, que par cession volontaire de la rému- - placer et à maintenir à les travailleurs dans un environne-
nération. ment de travail adapté à leurs conditions phys iques et mentales;
Les acomptes sur un salaire en cours ne sont pas considérés - adapter le travail à l'Homme.
comme avance.
Art. 41.2.- Pour protéger la vie et la santé des salariés,
La cession volontaire des traitements et salaires est souscrite
l'employeur est tenu de prendre toutes les mesures utiles qui sont
par le travailleur devant le président du tribunal du lieu de sa
adaptées aux conditions d'exploitation de l'entreprise.
résidence ou, à défaut, l'inspecteur du travail et des lois sociales.
Il doit notamment aménager les installations et régler la marche
Toutefois, lorsque le tribunal du Travail ou l'inspection du
travail et des lois sociales est situé à plus de vingt-cinq kilomètres du travail de manière à préserver le mieux possible les salariés
du lieu de résidence du travailleur, il peut y avoir consentemênt des accidents et maladies.
réciproque et écrit entre l'employeur et le travailleur, deva nt le Art. 41.3 .- Tout employeur est tenu d'organiser une formation
chef de l'unité administrative la plus proche, sur le montant de la en matière d'hygiène et de sécurité au bénéfice des salariés nou-
retenue à opérer sur le salaire. vellement embauchés, de ceux qu i changent de poste de travail
L'acte de cession doit indiquer le montant et la cause de la dette ou de technique.
po1;1r le paiement de laquelle la cession est consentie, ainsi que Cette formation doit être actualisée au profit du personnel
le montant de la retenue devant être opérée par l'employeur à concerné en cas de changement de la législation ou de la régle-
chaque paiement de la rémunération. mentation.
Art. 34.2.- La retenue sur les salaires ne peut, pour chaque Art. 41.4.- Le salarié signale immédiatement à l'employeur
paie, excéder la quotité saisissable dont les taux sont fixés par ou à son représentant et au comité de santé et sécurité au travail
décret. toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser
Il doit être tenu compte, pour le calcul de la quotité saisissable, qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa
non seulement du salaire proprement dit, mais de tous les acces- santé, ou pour celles d'autrui, ainsi que toute défectuosité qu'il
soires du salaire, à l'exception des indemnités déclarées insaisis- constate dans les systèmes de protection.
sables par la réglementation en vigueur, des sommes allouées à Tout salarié ou groupe de salariés en présence d'une situation
titre de remboursement de frais exposés par le travailleur, des
de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente
allocations ou indemnités pour charges de famille et de la rému-
un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, ou celles
nération des heures supplémentaires en raison de leur caractère
d'autrui, doit, après s'en être retiré, en informer le comité de santé
non fixe.
et sécurité au travail.
Les sommes dues au titre du préavis, du licenciement, de la
rupture du contrat, des voyages, sont saisissables dans la même Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise
proportion que le salaire et ses accessoires. à l'encontre d'un travailleur ou d'un groupe de travailleurs qui se
Art. 34.3.- Les dispositions d'une Convention ou d'un contrat sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif
autorisant tous autres prélèvements sont nulles de plein droit. raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et
imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d'eux.
Art. 34.4.- Les créanciers du travailleur ne peuvent saisir les
rémunérations de ce dernier, que conformément aux dispositions Art. 41 .5.- Tout danger grave et imminent est mentionné sur
du titre V de )'Acte uniforme portant organisation des voies d'exé- un registre spécifique par le Comité de santé et sécurité au travail
cution du traité de l'OHADA, relatives à la saisie et à la cession prévu à l'article 42. 1 ci-dessous et l'employeur est tenu de procé-
des rémunérations. der à une enquête avec ce Comité.
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1215

En cas de divergence sur la réalité de ce danger, la partie la Les modalités d'application de l'alinéa précédent sont fixées
plus diligente saisit l'inspecteur du travail et des lois sociales qui par décret.
convoque une réunion extraordinaire du Comité qui se tient dans CHAPITRE3
les vingt-quatre he ures avec la participation obligatoire du
Services de santé au travail
médecin inspecteur du Travail et du contrôleur en prévention de
l'institution de Prévoyance sociale. Art. 43 .1.- Tout employeur doit assurer un service de santé

Art. 41.6.- Il est interdit à toute personne d'introduire ou de au travail au profit des travailleurs qu'i l emploie.
distribuer, de laisser introduire ou de laisser distribuer, dans les Ce service de santé au travail existe sous deux formes :
établissements ou entreprises, des boissons alcoolisées à l'usage - le service médical autonome ;
des travailleurs. - le service médical interentreprises.
L'approvisionnement en eau potable aux lieux et pendant les
Art. 43.2.- Les prestations de santé au travail sont essentiel-
heures de travail est assuré par l'employeur. Cette eau doit faire
l'objet de contrôles périodiques par les services habilités de l'Etat. lement :

Des textes réglementaires fixent en tant que de besoin les - la surveillance du milieu de travail afin de prévenir les
modalités d'application des dispositions ci-dessus énoncées. accidents du travail et des maladies professionnelles ;
Art. 41.7.- L'employeur ou son représentant doit organiser le - la surveillance de la santé des travailleurs qui comprend un
contrôle permanent du respect des régies d'hygiène et de sécurité. examen médical des candidats à l'embauche ou des salariés
nouvellement embauchés au plus tard avant l'expiration de leur
Les salariés, de leur côté, doivent respecter les consignes qui
période d'essai, des examens périodiques des salariés en vue de
leur sont données,,utiliser correctement les dispositifs de salubrité
s'assurer du bon état de santé et du maintien de leur aptitude au
et de sécurité et s'abstenir de les enlever ou de les modifier sans
poste de travail occupé, le diagnostic précoce des maladies
autorisation de l'employeur.
professionnelles.
Art. 41.8.- Des décrets déterm inent les mesures générales de
Ces prestations sont dues à tout travailleur quels que soient le
protection et de salubrité applicables à tous les établissements et
secte ur d'activité et la taille de l'entreprise.
entreprises assujettis au présent Code notamment en ce qui
Art. 43.3.-Le service de santé au travail est dirigé par un
concerne l'éclairage, l'aération ou la ventilation, les ~aux pota-
bles, les fosses d'aisance, l'évacuation des poussières et vapeurs, médecin titulaire d'un diplôme de médecine du Trava il e t rem-
plissant les conditions d'exercice de la médecine en Côte d'ivoire.
les précautions à prendre.contre les incendies, les rayonnements,
le bruit et les vibrations ; et, au fur et à mesure des nécessités Art. 43.4.- Des décrets déterminent les modalités d'applica-
constatées, les prescriptions particulières relatives à certaines tion des dispositions du présent chapitre.
professions, à certains travaux, opérations ou modes de travail. CHAPITRE4
Ces décrets peuvent limiter, réglementer ou interdire la fabri- Services sociaux des entreprises
cation, la vente, l'importation, la cession à quelque titre que ce Art. 44.1.- Un service social est créé dans toute entreprise qui
soit ainsi que l'emploi des machines, de substances et prépara- occupe au moins 500 salariés, au bénéfice des travailleurs qu'elle
tions dangereuses pour les travailleurs. emploie.
CHAPITRE 2
Art. 44.2.- Le service social a pour mission, par une action
Comité de santé et sur les lieux mêmes du travail, de suivre et de faciliter la vie
sécurité au travail personnelle des travailleurs et notamment de ceux qui souffrent
Art. 42.1.- Un Comité de Santé et Sécurité au Travail est créé d'un handicap durable ou temporaire. Il est assuré par un assistant
dans tout établissement ou toute entreprise employant habituel- social.
lement plus de cinquante salariés. Art. 44.3.- L'assistant social de l'entreprise collabore avec le
Art. 42.2.- Le Comité de Santé et Sécurité au Travail est com- service médical. Il est membre du Comité de Santé et Sécurité
posé, notamment, du chef d'entreprise ou de son représentant et au Travail.
des représentants du personnel dans les conditions déterminées Art. 44.4.- Un décret détermine les modalités d'application
par décret. du présent chapitre.
Art. 42.3.- Sans préjudice des attributions de tout délégué du TITRE V
personnel, le Comité de Santé et Sécurité au Travail est chargé SYNDICATS PROFESSIONNELS
de l'étude des conditions de santé et sécurité au travail dans CHAPITRE PREMIER
lesquelles sont assurées la protection et la santé des travailleurs. Liberté syndicale et constitution des syndicats
Il vei lle à l'application des prescriptions législatives et réglemen- Art. 51.1.- La liberté syndicale s'exerce dans toute entreprise,
taires et contribue à l'éducation des travailleurs dans le domaine dans le respect des droits et libertés garantis par la Constitution
de la santé et sécurité. en particulier la liberté individuelle du travail.
1216 JOURNAL OFFICTEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 20 15

Art. 51 .2.-.- Les syndicats professionnels sont des associations Art. 51 .8.- Le travai lleur membre du bureau d'un syndicat
de personnes exerçant une profession, des métiers similaires ou professionnel ne peut jouir d'un traitement de faveur. Il ne peut
connexes ayant exclusivement pour objet l'étude et la défense des prétendre à un changement d'emploi en invoquant sa qualité de
droits ainsi que des intérêts matériels et moraux, tant collectifs syndicaliste.
qu'individuels des personnes, professions ou entreprises visées Le secrétaire général ainsi que les cinq premiers secrétaires
par leurs statuts. généraux adjoints des organisations syndicales d'entreprise et des
sections syndicales employés d'une entreprise ne peuvent être
Les travailleurs ainsi que les employeurs, les professions libé-
mutés contre leur gré, pendant la durée de leur mandat sans
rales ou les exploitants indépendants n'employant pas de person-
l'autorisation préalable de l'inspecteur du travail du ressort.
nel peuvent constituer librement des syndicats professionnels de
De même, ils ne peuvent être licenciés sans l'autorisation de
leur choix dans des secteurs d'activités et des secteurs géogra-
ce dernier.
phiques qu'ils déterminent. Ils ont le droit d'y adhérer librement
Art. 51 .9.- Tout membre d'un syndicat professionnel peut s'en
de même que les personnes ayant quitté l'exercice de leur fonc-
retirer à tout moment, nonobstant toute clause contraire sans pré-
tion ou de leur profession sous réserve d'avoir exercé celle-ci
judice du droit, pour le syndicat, de réclamer les cotisations
pendant un an au moins.
échues non acquittées et celles à échoir au titre de l'année en
Art. 51.3.- Les trava illeurs peuvent constituer au sein de cours.
l'entreprise ou d'une corporation des syndicats de base.
Art. 51. l 0.- Les syndicats professionnels élaborent librement
Les syndicats de base d'entreprises disposant de plusieurs
établissements peuvent être représentés au sein <lesdits établis- leurs statuts et règles de fonctionnement, définissent librement
sements par des sections syndicales. leur programme d'actions et organisent librement leurs activités.
Les syndicats nationaux peuvent être représentés par des Art. 51 . l l .- Les syndicats professionnels ne peuvent faire
sections dans les entreprises. l'objet de suspension ou de dissolution administrative.
Aucun syndicat de base ou syndicat national relevant d'une
En cas de dissolution volontaire, statutaire ou prononcée par
fédération ou d'une confédération syndicale ne peut constituer
plus d'une section syndicale dans l'établissement ou dans l'entre- la justice, les biens du syndicat sont dévolus conformément aux
prise. statuts ou, à défaut de d ispositions statutaires, suivant les règles
La section syndicale jouit de tous les droits conférés aux syn- déterminées pa r l'assemblée générale. En aucun cas, ils ne peu-
dicats professionnels par le présent titre. vent ê tre ré partis entre les membres adhérents.
Art. 51.4. - Aucun employe ur ne peut user de moyens de pres- CHAPITRE2
sion à l'encontre ou en faveur d'une organisati on syndi cale de Capacité civile des syndicats
travailleurs quelconque.
professionnels
Art. 51 .5.- Les fondateurs de tout syndicat professionnel
Art. 52. l .- Les syndicats professionnels jouissent de la capa-
:loi vent déposer les statuts et les noms de ceux qui, à un titre quel-
:ongue, sont chargés de son administration ou de sa direction. cité civile. Ils ont le droit d'ester en justice, d'acquérir sans auto-
risation, à titre gratuit ou onéreux, des biens me ubles ou
Ce dépôt a lieu à la mairie ou au siège de la circonscription
immeubles.
1dministrative où le syndicat est établi et une copie des statuts
:st adressée à l'inspecteur du travail et des lois sociales et au pro- Art. 52.2.- Les syndicats professionnels peuvent devant
:ureur de la République du ressort. toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie
Une copie des statuts et une copie du règlement intérieur sont civile relativement aux faits portant un préjudice direct ou indi-
éposées à la direction de l'entreprise pour information.
rect à l'intérêt collecti f de la profession qu'ils représentent.
Les modifications apportées aux statuts et les c hangements
urvenus dans la composition de la direction ou de l'administra- Art. 52.3.- Les syndicats professionnels peuvent affecter une
on du synd icat doivent être portées, dans les mêmes conditions, partie de leurs ressources à la créati on de logements de travail-
la connaissance des mêmes autorités. leurs, à l'acquisition de terrains de c ulture ou de terrains d'édu-
Art. 5 1.6.- Les membres chargés de l'administration ou de la cation physique à l'usage de leurs membres.
irection d'un syndicat professionnel doivent être nationaux ivoi- Art. 52.4.- Les syndicats professionnels peuvent créer, admi-
ens ou nationaux de tout autre Etat avec lequel ont été passés nistrer ou subventionner des œuvres professionnelles telles que :
:s accords stipulant la réciprocité en matière de droit syndical - des institutions de prévoyance;
de défense professionnelle et jouir de le urs droits civils et
- des caisses de solidarité ;
>litiques conformément aux dispositions des lois organiques sur
- des laboratoires,
:lectorat les régissant.
- des champs d'expérie nce ;
Art. 5 1. 7.- Les mineurs âgés de plus de seize ans peuvent
hérer aux syndicats, sauf opposition de leur père, mère ou - des œuvres d'éducation scientifique, agricole ou sociale ;
te ur. - cours et publications intéressant la profession.
14 septembre 20 15 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 12 17

Les immeubles et objets mobiliers nécessaires à leurs réunions, En ce qui concerne les négociations avec le Gouvernement,
à leurs bibliothèques et à leur cours d'instruction professionnelle seules les centrales ou confédérations syndicales représentatives
sont insaisissables. ·
sont invitées à y prendre part.
Art. 52.5.- Les syndicats professionnels peuvent subvention-
ner des sociétés coopératives de production ou de consomma- En ce qui concerne les négociations avec le patronat, seules les
tion. centrales ou confédérations syndicales représentatives sont invi-
Art. 52.6.- Les syndicats professionnels peuvent passer des tées à y prendre part.
contrats ou des conventions avec tous autres syndicats, sociétés,
A toutes les négociations et dans tous les organismes et insti-
entreprises ou personnes. Les Conventions collectives de travail
sont passées dans les conditions déterminées au titre VII du pré- tutions, les organisations syndicales de travailleurs et d'em-
sent Code. ployeurs siègent au prorata de leurs rep résentativités.
Art. 52.7. - S'ils y sont autorisés par leurs statuts et à condi- Art. 53.4.- Les dispositions des articles 51.4, 51.6, 51.7, 5 1.8
tion de ne pas distribuer de bénéfices, même sous forme de et 5 1.10 du présent Code sont applicables aux groupements de
ristournes, à leurs membres, les syndicats professionnels peuvent : syndicats professionnels qui doivent fai re connaître, dans les
1. acheter pour louer, prêter ou répartir entre leurs membres conditions prévues à l'article 51.6, le nom et le siège statutaire
tout ce qui est nécessaire à l'exercice de leur profession, notam- des syndicats qui les composent. Leurs statuts doivent détermine r
ment matières premières, outils, instruments, machines, engrais,
les règles selon lesquelles les syndicats membres du groupement
semences, plantes, animaux et matières alimentaires pour le bétail ;
sont représentés dans le Conseil d'administration et dans les
2. prêter leur entreprise gratuitement pour la vente des produits
assemblées générales.
provenant exclusi".ement du travail personnel ou des exploita-
tions des syndiqués ; faciliter cette vente par expositions, Art. 53.5.- Les groupements de syndicats professionnels
annonces, publications, groupements de commandes et d'expé- j ouissent de tous les droits conférés aux syndicats professionnels
<litions sans pouvoir l'opérer en leur nom et sous leur responsa- par le présent titre.
bilité. CHAPITRE4
Art. 52.8.- Les syndicats professionnels peuvent être consul- Syndicats représentatifs
tés sur tous les d ifférends et toutes les questions se ratt~chant à
Art. 54. 1.- Pour être représentative, une organisation syndi-
leur spécialité.
cale doit avoir une audience suffisante dans le secteur d'activité
Les syndicats professionnels s'efforcent de répondre à toutes
les consultations qui leur sont adressées par les fonctionnaires de et le secteur géographique qui est le sien.
l'Administration du Travail compétents et de prêter à ceux-ci leur L'audience des organisations syndicales est déterminée par les
collaboration dans tous les cas où elle est prescrite par la loi ou résultats des élections professionnelles.
le règlement. Dans les affa ires contentieuses, les avis du syndi- Art. 54.2.- L'audience d'un syndicat professionnel de trava il-
cat sont tenus à la disposition des parties qui peuvent en prendre
leurs est considérée comme suffisante, dans le cadre de l'établis-
connaissance et copie.
scment ou de l'entreprise, lorsque ce syndicat a obtenu, lors des
CHAPITRE 3
dernières élections des délégués du personnel, au premier ou au
Groupements de syndicats
second tour, au moins trente pour cent des suffrages valablement
Art. 53.1.- Les syndicats professiormels régulièrement consti-
tués peuvent se concerter librement dans le cadre de leur objet exprimés représentant au moins quinze pour cent des électeurs
statutaire. inscrits. Aucun autre critère ne peut être retenu.
Art. 53.2.- Les organisations professionnelles de travailleurs L'audience doit toujours être considérée comme suffisante,
sont structurées en syndicat de base, fédérations syndicales et dans un cadre professionnel et géographique plus large, lorsque
confédérations ou centrales syndicales. La fédération syndicale l'organisation est représentative dans une ou p lusieurs entreprises
est une union syndicale horizontale, c'est-à-dire regroupant au employant ensemble au moins quinze pour cent des salariés
moi ns cinq syndicats de base d'un même secteur ou d'une même travai llant dans le secteur professionnel et géographique
branche d'activité. concerné.
La confédération ou centrale syndicale est une union verticale
L'audience d'un syndicat ou d'une organisation professionnel
regroupant au moins trois fédérations syndicales de différents
d'employeurs doit toujours être considérée comme suffisante soit
secteurs ou de différentes branches d'activités.
lorsqu'il regroupe au moins trente pour cent des entreprises du
Art. 53.3.- Seules les confédérations ou centrales syndicales
secteur géographique et d'activité qui est le sien, soit lorsqu'il
de travailleurs et les organisations d'employeurs représentatives,
regroupe des entreprises qui emploient ensemble au moins vingt-
p euvent représenter leurs membres aux plans national et interna-
cinq pour cent des salariés travaillant dans le secteur géogra-
tional, pour des questions qui intéressent plusieurs secteurs
d'activités. phique et d'activité qui est le sien.
1218 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D' IVOIRE 14 septembre 20 15

CHAPITRES Art. 61.2.- L'établ issement s'entend d'un groupe de personnes


Marques syndicales travaillant en commun de façon habituelle, en un même lieu tel
qu'une usine, un chantier, un local, point de rassemblement, sous
Art. 55.1. - Sont applicables aux marques ou labels syndicaux, une même autorité directrice.
les dispositions régissant les marques de fabrique ou de com-
L'entreprise s'entend de toute organisation quelle qu'en soit la
merce. Ces marques ou labels peuvent être déposés dans des
forme juridique, propriété individuelle ou propriété collective
conditions déterminées par décret. Les syndicats peuvent, dès
ayant une activité de production, de distribution ou de fo urniture
lors, en revendiquer la propriété exclusive dans les conditions
de biens ou services. Une entreprise peut donc comporter un seul
dudit décret. Ces marques ou labels peuvent être apposés sur tout
établissement avec lequel elle se confond ou plusieurs établisse-
produit ou objet de commerce pour en certifier l'origine et les
ments distincts les uns des autres.
conditions de fabrication. Ils peuvent être utilisés par tous indi-
vidus ou entreprises mettant en vente ces produits. Art. 6 1.3.- Le nombre de travailleurs à partir duquel et les
catégories d'établissements dans lesquels l'institution de délégués
L'utilisatio;1 des marques syndicales ou labels ne peut avoir
du personnel est obligatoire, le nombre des délégués et leur
pour effet de porter atteinte aux dispositions de l'article 4 du pré-
répartition sur le plan professionnel, les conditions exigées pour
sent Code.
être électeur ou éligible ainsi que les conditions de révocation
Est nulle et de nul effet, toute clause de contrat collectif, accord des délégués par leur collège d'électeurs sont fixés par décret.
ou entente, aux termes de laquelle l'usage de la marque syndical.e
Art. 61 .4.- L'élection a lieu au scrutin secret et sur des listes
par un employeur sera subordonné à l'obligation pour ledit
établies par les organisations syndicales de base, au sein de
employeur de ne conserver ou de ne prendre à son service que
chaque établissement, pour chaque catégorie du personnel.
les adhérents du syndicat propriétaire de la marque.
Si le nombre des suffrages valablement exprimés est inférieur
CHAPITRE6
à la moitié des électeurs inscrits, il est procédé à un second tour
Caisses de secours mutuels et de retraite
de scrutin pour lequel les électeurs peuvent voter pour des can-
Art. 56. 1. - Les syndicats peuvent, en se conformant aux dis- didats autres que ceux proposés par les organisations syndicales
positions des lois en vigueur, constituer entre leurs membres des de base.
caisses spéciales de secours mutuels ou de retraite. L'élection a lieu à la représentation proportionnelle. Les sièges
Art. 56.2.- Les fonds de ces caisses spéciales sont insaisissa- éventuellement restants sont attribués à la plus forte moyenne.
bles dans les limites déterminées par la loi . Art. 6 1.5.- L'initiative des élections incombe à l'employeur.
Art. 56.3.- Toute personne qui se retire d'un syndicat conserve L'inspecteur du travail et des lois sociales participe à l'organisa-
le droit d'être membre de sociétés de secours mutuels et de tion et au déroulement des électio ns. En cas de renouvellement
retrai tes pour la vieillesse à l'actif desquelles elle a contribué par de l'insti tution, les élections doivent être organisées dans le mois
ses cotisations ou versements de fonds. qui précède la fin des mandats.
CHAPITRE 7
En cas de carence de l'employeur, l'inspecteur du travail et des
Cotisations syndicales lois sociales peut ordonner l'organisation d'élections ou de nou-
Art. 57. 1. - Le recouvrement des cotisations syndicales velles élections. A moins que l'inspecteur du travail et des lois
s'effectue à l'intérieur de l'établissement. Il s'opère à la source sur sociales ait constaté que l'entreprise n'était plus soumise à l'obli-
le salaire du travailleur. gation d'élire des délégués du personnel, les mandats en cours
Le responsable syndical doit adresser un courrier de demande sont prorogés jusqu'aux no uvelles élections.
de prélèvement de cotisation de ses membres ou adhérents à la Art. 6 1.6.- Les contestations relati ves à l'électorat, à l'éligi-
direction générale de l'entreprise, acco mpagné de la fiche de bilité des délégués du personnel ainsi qu'à la régularité des opé-
prélèvement de cotisation émargée par chaque adhérent. rations électorales sont de la compétence du président du tribunal
L'Employeur doit prélever les cotisations et les reverser aux du Travail qu i statue d'urgence en premier et dernier ressort.
syndicats. Art. 61.7.- Chaque délégué a un suppléant élu dans les mêmes
Aucun employeur ne doit faire la rétention des cotisations syn- conditions, qui le remplace en cas d'absence motivée, de décès,
dicales. de démission, de révocation, de changement de catégorie profes-
TITRE VI sionnelle, de résiliation du contrat de travail et de perte des condi-
tions requises pour l'éligibilité.
REPRESENTAT/ON DES TRAVAILLEURS
Art. 61.8.- Tout licenciement d'un délégué du personnel
DANS L'ENTREPRISE
envisagé par l'employeur ou son représentant est soumis à
CHAPITRE PREMIER l'autorisation préalable de l'inspecteur du travail et des lois
Délégués du personnel sociales.
Art. 61.1.- Les délégués du personnel sont élus dans chaque La demande d'autorisation de licenciement est adressée à l'ins-
entreprise ou chaque établissement pour une durée de deux ans. pecteur du travail et des lois sociales du ressort avec copie au
Ils sont rééligibles. travailleur.
W cg;s e

14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1219

En cas de faute lourde l'employeur peut prononcer immédiate- Art. 61.12.- Les délégués du personnel ont pour mission :
ment la mise à pied provisoire de l'intéressé, en attenda.TJ.t la
- de présenter aux employeurs toutes les réclamations indi-
décision de l'inspecteur du travail et des lois sociales.
viduelles ou collectives qui n'auraient pas été satisfaites concer-
Dans ce cas la demande d'autorisation de licenciement est
nant les conditions de travail et la protection des travailleurs,
adressée à l'inspecteur du travail et des lois sociales dans u.:, délai
l'application des Conventions collectives, des c lassifications
de quatre jours ouvrables.
professionnelles et des taux de salaires ;
La décision motivée de l'inspecteur du travail et des lois
- de saisir l'inspection du travail et des lois sociales de toute
sociales intervient obligatoirement, après enquête contradictoire,
plainte ou réclamation concernant l'application des prescriptions
dans un délai maximum d'un mois. Cette décision est si multané-
légales et réglementaires dont elle est chargée d'assurer le
ment notifiée par écrit au travailleur et à l'employeur.
contrôle;
La décision de l'inspecteur du travail et des lois sociales peut
- de veiller, dans l'entreprise où il n'existe pas de Comité de
faire l'objet des recours prévus, par le droit commun, contre les
décisions administratives. Santé et de Sécurité au Travail, à l'application des prescriptions
relatives à l'hygiène et à la sécurité des travailleurs e t à la pré-
Art. 61.9.- Est nul et de nul effet le licenciement d'un délégué
voyance sociale et de proposer toutes mesures utiles à ce sujet ;
du personnel effectué par l'employeur sans que les prescriptions
prévues à l'article précédent ne soient observées. L'employeur ne - de communiquer à l'employeur toutes suggestions tendant
peut poursuivre la rupture du contrat par d'autres moyens. à l'amélioration de l'organisation et du rendeme nt de l'entreprise.
Si un employeur licencie un délégué du personnel sans l'auto- Les attributions des délégués du personnel n'ont pas pour effet
risation de l'inspecteur du travail et des lois sociales ou si l'ins- de priver les travailleurs de la faculté de présenter eux-mêmes
pecteur du travail et des lois sociales donne un avis défavorable leurs réclamations et suggestions à l'employeur.
à la demande de licenciement du délégué du personnel, celui-ci
Art. 61.13.- Chaque année, l'employeur a l'obligation d'infor-
doit demander sa réintégration dans l'entreprise par tous moyens
laissant trace écrite. mer les dé lég ués du personnel de la situa tion de l'entreprise,

Si l'employeur ne réintègre pas le dé légué qu'i l a licencié notamment en leur communiquant les états financiers approuvés.
huit jours après la réception de la lettre de demande de réintégra- En cas d'augmentation du capital ouvert au public, l'employeur

tion, il est tenu de lui verser une indemnité s péc ia le égale à la est tenu d'en informer les délégués du personnel.
rémunération duc pendant la période de suspension du contrat de
Les délégués du personnel sont tenus au secret professionnel
travail ainsi qu'une indemnité supplémentaire égale à :
et à une obligation de discrétion pour les informations présentant
- 12 mois de salaire brut lorsqu'il compte de l à 5 ans un caractère confidentiel et données comme telles par le chef
d'ancienneté dans l'entreprise ;
d'entreprise ou son représentant.
- 20 mois de salaire brut lorsqu'il compte plus de 5 ans jusqu'à
Art. 61.14. - Un décret détermine les moyens mis à la dispo-
10 ans d'ancienneté dans l'entreprise;
sition des délégués, la durée considérée et rémunérée comme
- 2 mois de salaire brut par année de présence, avec un maxi-
temps de travail dont ils disposent pour l'exercice de leurs fonc-
mum de 36 mois, lorsqu'il compte plus de 10 ans d'ancienneté
tions, les conditions dans lesquelles ils sont reçus par l'employeur
dans l'entreprise.
ou son représentant ainsi que les informations que doit leur four-
L'ancienneté est calculée à la date de la suspension des activités
nir l'employeur sur la vie de l'entreprise.
professionnelles au sei n de l'entreprise.
CHAPITRE 2
En cas de réintégration, le délégué du personnel percevra son
Délégués syndicaux
salaire correspondant à la période de suspension du contrat de
travail. Art. 62. 1. - Un délégué syndical peut être désigné au sein de

Art. 61.10.- Les dispositions des articles 61.8 et 61.9 du pré- l'entreprise ou de l'établissement par toute organisation syndicale
sent Code sont applicables à tous les travailleurs protégés. régulièrement constituée et représentative des travailleurs confor-
mément aux dispositions de l'article 54.2 alinéa 1 du présent
Les mêmes dispositions sont applicables en cas de licencie-
ment des anciens délégués du personnel pendant une période de Code. Lorsqu'il existe un collège propre à l'encadrement, les cri-
six moi s à partir de l'expiration de leur mandat, et à celui des tères de représentativité sont appréciés dans ce seul collège pour
candidats aux fonctions de délégués du personnel dès la publi- toute organisation qui ne présente de candidat que dans celui-ci.
cation des candidatures et ce, pendant une période de trois mois. Le mandat du délégué syndical prend fin lorsque la condition
Art. 61.11.- Le délégué du personnel ne peut être muté contre de représentativité cesse d'être remplie ou que le syndicat décide
son gré, sauf appréciation de l'inspecteur du travail et des lois de mettre fin aux fonctions du délégué. Il prend fin également en
sociales si cette mutation a pour effet de le situer hors de sa cas de rupture du contrat de travail, de démission du mandat ou
circonscription électorale. de perte des conditions requises pour la désignation.
1220 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 62.2.- Le délégué syndical assure la représentation de TITRE VU


son syndicat dans l'entreprise, tant envers l'employeur que le NEGOCIATION COLLECTIVE
travailleur. Il a pour mission de présenter des revendications
CHAPITRE PREMIER
relatives à l'amélioration des conditions d'emploi, de travail, de
rémunération, et de négocier les accords d'établissement. Instances de dialogue social
SECTION 1
Ces revendications ne concernent pas l'application des conven-
tions collectives, des prescriptions légales e~ réglement?.ires exis- Commission consultative du travail
tantes, mais sont liées aux négociations devant aboutir au Art. 71.1.- La Commission consultative du Travail a pour
changement ou à la révision de ces conventions collectives ainsi mJSSIOnS :

que des prescriptions légales et réglementaires. - d'étudier les problèmes concernant le travail, l'emploi des
Le délégué syndical est convoqué aux réunions que l'em- travailleurs, le placement, les mouvements de travailleurs, l'amé-
ployeur doit organiser avec les délégués du personnel, il peut y lioration des conditions matérielles et morales des travailleurs,
prendre la parole. la prévoyance sociale ;
Pour l'exercice de son mandat, le délégué syndical bénéficie - d'émettre des avis et de formuler des propositions et des
des mêmes heures de délégation que les délégués du personnel.
résolutions sur la réglementation à intervenir en ces matières ;
Art. 62.3.- Le délégué syndical bénéficie de la même protec-
- d'étudier les éléments pouvant servir de base à la détermi-
tion contre le licenciement que les délégués du personnel. Les
nation du salaire minimum interprofessionnel garanti (étude du
anciens délégués sont protégés pendant six mois après l'expira-
minimum v ital, étude des conditions économiques générales).
tion de leur mandat.
A la demande du ministre chargé du Travail, la commission
Art. 62.4.- Des dispositions complémentaires au présent cha-
consultative du Travail :
pitre peuvent être fixées par décret.
CHAPITRE3
- examine toute difficulté née à l'occasion de la négociation
des conventions collectives ;
Comité d'entreprise
- se prononce sur toutes les questions relatives à la conclusion
Art. 63.1.- Un comité d'entreprise est constitué dans toutes
les entreprises employant habituellement au moins trois ctnts et à l'application des conventions collectives et notamment sur
salariés permanents. les incidences économiques.
Art. 63.2.- Le comité d'entreprise comprend une représenta- La Commission consultative du Travail est obligatoirement
tion de la direction de l'entreprise et une représentation du consultée sur la réglementation d'application du Code du Travail.
personnel.
Art. 71.2.- La Commission consultative du Travail est com-
Cette représentation comporte un nombre égal de titulaires et
posée en nombre égal de représentants des employeurs e t de
de suppléants. Les suppléants assistent aux séances du comité
avec voie consultative. représentants des travailleurs. Dans les mêmes conditions et
Le comité d'entreprise peut, sur délibération, avoir recours à simultanément, il est désigné autant de membres titulaires que
des personnalités extérieures pour prendre part à ses réunions. de membres suppléants.
Art. 63.3.- Les représentants du personnel au comité d'entre- Ces représentants sont désignés par les organisations les plus
prise sont élus pour deux ans. Leur mandat est renouvelable et représentatives.
obéit aux mêmes règles que celles qui régissent le mandat des
Art. 71.3.- La Commission consultative du Travail est prési-
délégués du personnel.
dée par le ministre chargé du Travail.
Art. 63.4.- Sans préjudice des dispositions relatives à la
représentation des salariés dans l'entreprise, le comité d'entreprise Elle est dotée d'un secrétariat permanent.
a pour objet d'assurer l'expression collective des salariés. A cet
L'organisation et le fonctionnement de la Commission consul-
effet, le comité d'entreprise :
tative du Travail sont fixés par voie réglementaire.
- gère les œuvres sociales de l'entreprise notamment les
mutuelles des travailleurs et les cantines ; SECTION2

- s'assure régulièrement du respect par l'employeur de ses Conseil national du Dialogue social
obligations en matière sociale, notamment l'immatriculation du Art. 71.4.- Le Conseil national du Dialogue social est un
personnel auprès de !'Institution de Prévoyance sociale et la organe tripartite de concertation et de réflexion permanente entre
déclaration individuelle des salaires auprès de cette même insti-
les partenaires sociaux et le Gouvernement sur des questions de
tution;
toute nature en rapport avec le monde du travail.
- formule toutes propositions de nature à améliorer les condi-
tions d'emploi et de production. Art. 71.5.- Les missions, la composition, l'organisation et le
Art. 63.5.- Les conditions d'application du présent chapitre fonctionnement du Conseil national du Dialogue social sont
sont fixées par voie réglementaire. déterminés par décret.
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 122 1

SECTION 3 A défaut de stipulation contraire, la Convention à durée déter-


Comité technique consultatifpour minée qui arrive à expiration continue de produire effet comme
l'étude dês questions intéressant la santé une Convention à durée indéterminée.
et la sécurité au travail La Convention à durée indéterminée peut cesser par la volonté
Art. 71.6.- La définition, les missions et la composition du d'une des parties.
comité technique consultatif pour l'étude des questions intéres- Art. 72.6.- La Convention collective doit prévoir dans quelles
sant la santé et la sécurité au travail sont déterminées par décret. formes et à quelle époque elle peut être dénoncée, renouvelée ou
CHAPITRE2 révisée. La Convention collective doit prévoir notamment la
Conventions collectives de travail durée du préavis qui doit précéder la dénonciation.
SECTION 1 Art. 72.7 . -Tout syndicat professionnel ou to.u t employeur qui
n'est pas partie à une Convention collective peut y adhérer ulté-
Nature et validité des conventions
rieurement.
Art. 72.1.- La Convention collective de Travail est un accord
relatif aux conditions d'emploi et de travail conclu entre, d'une Art. 72.8.- La Convention collective doit être écrite en langue
part, les représentants d'un ou de plusieurs syndicats ou groupe- française sous peine de nullité. Les conditions dans lesquelles
ments professionnels de travailleurs et, d'autre part, une ou sont déposées, publiées et traduites les Conventions collectives
plusieurs organisations syndicales d'employeurs ou tout autre ainsi que les conditions dans lesquelles s'effectuent les adhésions
groupement d'employeurs ou un ou plusieurs employeurs pris prévues à l'article précédent sont fixées par voie réglementaire.
individuellement.
Art. 72.9.- Sont soumises aux obligations de la Convention
Art. 72.2.- La Convention peut contenir des clauses plus
collective toutes les personnes qui l'ont signée personnellement
favorables aux travailleurs que celles des lois et règlements en
vigueur. Elle ne peut déroger aux dispositions d'ordre public ou qui sont membres des Organisations signataires. La Conven-
définies par ces lois et règlements. tion lie également les Organisations qui lui donnent leur adhésion
ainsi que tous ceux qui, à un moment quelconque, deviennent
Art. 72.3 .- Les Conventions collectives déterminent leur
membres de ces organisations.
champ d'application.
Au plan professionnel, le champ d'application des Conventions Lorsque l'employeur est lié par les clauses d'une Convention
collectives est défini en termes de branche d'activité. Au plan Collective de Travail, ces clauses s'appliquent aux contrats de
géographique, il peut être national, régional ou local. travail conclus avec lui. Dans tout établissement compris dans le
Dans le cas où une Convention collective concernant une ou champ d'application d'une Convention collective, les clauses de
plusieurs branches d'activités déterminées a été conclue sur un cette Convention s'imposent, sauf dispositions plus favorables
plan donné, les Conventions collectives conclues sur le plan pour les travailleurs, aux rapports nés des contrats individuels ou
inférieur, adaptent cette Convention ou certaines de ses disposi- d'équipe.
tions aux conditions particulières de travail existant sur le plan SECTION2
inférieur. Elles peuvent prévoir des clauses nouvelles, plus favo-
Exécution des conventions
rables aux travailleurs.
Art. 72. l 0.- Les groupements de travailleurs ou d'employeurs
Art. 72.4.-Les représentants des organisations syndicales ou liés p\U' une convention collective ou un accord collectif d'éta-
de tout autre groupement professionnel visés à l'article précédent blissement prévue à l'article 73.5 sont tenus de ne rien faire qui
peuvent contracter au nom de l'organisation qu'ils représentent, soit de nature à en comprome~e la loya,le ex~cution.
en vertu: lis ne sont garants de cette exécution ,q ue dans la mesure
- soit des stipulations statutaires .de cette organisation ; déterminée par la Convention.
- soit d'une délibération spéciale de cette organisation ; Art. 72.11 . - Les groupements capables d'ester en justice, liés
- soit de mandats spéciaux et écrits qui leur sont donnés par une Convention collective de Travail ou un accord collectif
d'établissement, peuvent, en leur nom propre, intenter une action
individuellement par tous les adhérents de cette organisation.
en dommages-intérêts à l'encontre de tous autres groupements
A défaut, pour être valable, la Convention collective doit être de leurs propres membres ou de toutes personnes, liés par la
ratifiée par une délibération spéciale de ce groupement. Les grou- Convention ou !'Accord qui en violeraient les engagements
pements intéressés détermi.n ent eux-mêmes les modalités de cette contractés.
délibération. Art. 72.12.- Les personnes liées par une Convention collec-
Art. 72.5.- La Convention collective est conclue pour une tive ou unAccordpi:é.v;u à .l'article 73.5 ci-dessous peuvent inten-
durée déterminée ou pour une durée indéterminée. Quand elle est ter une action en ,d,ommages-int~rêts à !'.encontre d'autres
conclue pour une durée déterminée, celle-ci ne peut être supé- personnes ou groupei:nents liés par la Convention ou !'Accord qui
rieure à cinq ans. violeraient à leur égard les ,engagements contractés.
1222 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 72.13.-Les groupements capables d'ester en justice, liés - à la durée de la période d'essai et de celle du préavis ;
par une Convention collective de Travail ou un Accord prévu à - aux délégués du personnel ;
l'article 73.5 ci-dessous, peuvent exercer toutes les actions qui - à la procédure de révision, de modification et de dénoncia-
naissent de cette Convention ou de cet Accord en faveur de leurs tion de tout ou partie de la Convention collective ;
membres, sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé, pourvu - aux modalités d'application du principe : « à travail de
que celui-ci ait été averti et n'ait pas déclaré s'y opposer. valeur égale, salaire égal » pour les femmes et pour les jeunes ;
L'intéressé peut toujours intervenir à l'instance engagée par le - aux congés payés.
groupement. Art. 73.3.- Les Conventions collectives peuvent également
contenir, sans que cette énumération soit limitative, des clauses
Lorsqu'une action née de la Convention collective ou de
relatives:
!'Accord est intentée soit par une personne soit par un groupe-
ment, tout groupement èapable d'ester en justice, dont les mem- - aux primes d'ancienneté et d'assiduité ;
bres sont liés par la Convention ou !'Accord, peut toujours - à l'indemnité pour frais professionnels et assimilés ;
intervenir à l'instance engagée à raison de l'intérêt collectif que - aux indemnités de déplacement ;
la solution du litige peut présenter pour ses membres. - aux primes de panier pour tous les travailleurs devant pren-
CHAPITRE3 dre leur repas sur le lieu de travail ;
Dispositions concernant les - aux conditions générales de la rémunération au rendement
conventions collectives particulières chaque fois qu'un tel mode de rémunération est reconnu possible ;

SECTION 1
- à la majoration pour travaux pénibles, dangereux, insalubres ;

Conventions collectives susceptibles - aux conditions d'embauchage et de licenciement des travail-


d'être étendues ou élargies leurs sans que les dispositions prévues·puissent porter atteinte au
libre choix du syndicat par le travailleur ;
Art. 73.1.- Les Conventions collectives ayant pour objet de
- quand il y a lieu, à l'organisation et au fonctionnement de
régler les rapports entre employeurs et travailleurs d'une ou
l'apprentissage et de la formation professionnelle dans le cadre
plusieurs branches d'activités sur le plan national, régional ou
local, sont conclues entre les organisations syndicales
. de la branche d'activité considérée ;
- aux conditions particulières de travail des femmes et des
d'employeurs et de travailleurs intéressés, considérées comme
jeunes dans certaines entreprises se trouvant dans le champ
représentatives, et sont susceptibles d'extension ou d'élargisse-
d'application de la Convention ;
ment à tous les employeurs et travailleurs de la ou des branches
- quand il y a lieu, aux modalités de constitution du caution-
d'activités visées, dans les formes et conditions définies par
nement visé à l'article 14.5 ;
décret.
- à l'emploi à temps réduit de certaines catégories de person-
L'extension n'est possible que si la situation économique et
nel et à leurs conditions de rémunération ;
sociale des entreprises susceptibles d'être concernées par cette
- à l'organisation, à la gestion et au financement des services
mesure est analogue à celle des entreprises d'ores et déjà liées
sociaux et médico-sociaux ;
par la Convention.
aux conditions particulières de travail, travaux par roulement,
Si, compte tenu notamment de leurs chiffres d'affaires ou de travaux pendant le repos hebdomadaire et durant les jours fériés ;
leurs effectifs, cette condition n'est remplie que par une partie
- aux procédures conventionnelles d'arbitrage suivant
des entreprises, l'extension doit être liriiitée à cette seule catégorie.
lesquelles sont ou peuvent être réglés les conflits collectifs de
Dans des conditions déterminées par· décret, peuvent en outre travail susceptibles de survenir entre les employeurs et les
être extraites de la Convention, sans en modifier l'économie, les travailleurs liés par la Convention.
clauses qui ne répondraient pas à la situation de la ·ou des Les dispositions facultatives reconnues utiles peuvent être
branches d'activités dans le champ d'application considéré. rendues obligatoires par décret.
L'élargissement consiste à inclure dans le champ d'application Art. 73.4.- Il peut être procédé, après avis favorable de la
de la convention, les entreprises ou les secteurs d'activités qui, Commission consultative du Travail, à l'extension d'accords
initialement, n'étaient pas visés par ladite convention. collectifs qui ne portent que sur un ou plusieurs points déterminés.
Art. 73.2.- Les Conventions collectives visées par le présent SECTION 2
chapitre contiennent obligatoirement des clauses relatives : Accords collectifs d'établissement
- au libre exercice du droit syndical et à la liberté d'opinion Art. 73.5.- Des accords concernant un ou plusieurs établisse-
des travailleurs ; ments déterminés peuvent être conclus entre d'une part, un
- aux salaires applicables par catégorie professionnelle ; employeur ou un groupement d'employeurs et d'autre part, des
- aux modalités d'exécution et aux taux des heures supplé- représentants des syndicats représentatifs du personnel de l'éta-
mentaires, du travail de nuit et des jours non ouvrables ; blissement ou des établissements intéressés.
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1223

Art. 73.6.-Les accords d'établissement ont pour objet d'adap- Si le défendeur ne se présente pas ou n'est pas représenté
ter aux conditions particulières de l'établissement ou des établis- l'affaire est transmise au tribunal du Travail, celui-ci prononce
sements considérés les clauses des Conventions collectives au vu du procès-verbal de non-comparution dressé par l'inspec-
nationales, régionales ou locales, et notamment les conditions teur du travail et des lois sociales, une amende civile dont le mon-
d'attribution et le mode de calcul de la rémunération au rende-
tant ne peut être inférieur à 1.000.000 de francs CFA.
ment, des primes à la production individuelle e.t collective et des
Le jugement est affiché aux frais du défendeur non comparant.
primes de productivité.
Sauf en ce qui concerne les avocats, le mandataire des parties
Ils peuvent prévoir des dispositions nouvelles et des clauses
plus favorables aux travailleurs. est constitué par écrit.
Art. 81.4.- L'inspecteur du travail et des lois sociales cherche
Les dispositions des articles 72.5, 72.6, 72.8 et 72.9 s'appli-
à concilier les parties sur la base des nonnes fixées par la loi, la
quent aux accords prévus au présent titre.
réglementation, les Conventions collectives, le~ accords collectifs
SECTION 3 d'établissement et le contrat individuel de travail.
Conventions collectives dans les services, entreprises Le règlement à l'amiable du différend devant l'inspecteur du
et établissements publics
travail et des lois sociales est définitif.
Art. 73.7.-Lorsque le personnel des services, des entreprises
Art. 81.5.- Tout procès-verbal afférent à la tentative de règle-
et des établissements publics n'est pas soumis à un statut législatif
ment amiable énonce les différents chefs de la demande, y com-
ou réglementaire particulier, des Conventions collectives peuvent
pris les dommages et intérêts s'il y a lieu. En cas de règlement
être conclues conformément aux dispositions de la présente
total, le procès-verbal mentionne, d'une part, les points sur
section.
lesquels l'accord des parties est intervenu et s'il y a lieu, les
Art. 73.8.- Lorsqu'une Convention collective a été étendue sommes convenues pour chaque chef de demande, et, d'autre
en application de l'article 73.1, elle est, en l'absence de disposi- part, les chefs de demande dont il a été fait abandon.
tions contraires, applicable aux services, entreprises et établisse-
En cas de règlement partiel le procès-verbal contient également
ments publics visés par le présent chapitre qui, en raison de leur
les chefs de demande sur lesquels il n'a pu y avoir d'accord des
nature et de leur activité, se trouvent placés dans son champ
parties. Aucune mention telle que divers «pour solde de tout
d'application.
compte», ou «toutes causes confondues» ne peut être employée
TITRE VIII à peine de nullité du procès-verbal. Toute clause ayant pour effet
DIFFERENDS RELATIFS AU TRAVAIL de mettre définitivement fin au litige ne peut être mentionnée au
CHAPITRE PREMIER procès-verbal qu'avec la volonté expressément manifestée par les
Différends individuels parties.
SECTION 1 En l'absence de tout règlement amiable, l'inspecteur du travail
Règlement amiable et des lois sociales consigne sur le procès-verbal les motifs de
Art. 81.1.- Un différend individuel du travail est un litige qui l'échec.
oppose, en cours d'emploi ou à l'occasion de la rupture du contrat Art. 81.6.- En l'absence d'un versement immédiat ou dans le
de travail, un travailleur à son employeur Ôu un apprenti à son délai imparti, et en présence de l'inspecteur du travail et des lois
maître. sociales, des sommes convenues par règlement amiable, le pro-
cès-verbal est présenté, en deux exemplaires, par la partie la plus
Art. 81.2.- Tout différend individuel du travail est soumis,
diligente au président du Tribunal du Travail dans le ressort
avant toute saisine du tribunal du travail, à l'inspecteur du travail
duquel il a été établi.
et des lois sociales pour tentative de règlement amiable.
Celui-ci y appose la formule exécutoire et fait déposer un
Art. 81.3.- Les parties sont tenues de se présenter au jour et
exemplaire au rang des minutes du tribunal du Travail.
à l'heure fixés par la convocation de l'inspecteur du travail et des
lois sociales, acheminée par cahier de transmission, par voie pos- L'exécution est poursuivie comme celle d'un jugement du
tale avec accusé de réception ou par tout autre moyen offrant des tribunal du Travail.
garanties de preuves équivalentes. Art. 81. 7 . - En cas d'échec de la tentative de règlement amia-

Elles peuvent se faire assister ou représenter soit par un ble, une action peut être introduite devant le tribunal du Travail
travailleur ou un employeur appartenant à la même branche dans les conditions prévues à l'article 81.18.
d'activité, soit, par un avocat régulièrement inscrit au Barreau, SECTION2
soit encore par un représentant des organisations syndicales aux- Règlement contentieux
quelles elles sont affiliées. Art. 81.8.- Les tribunaux du Travail connaissent les diffé-
Les employeurs peuvent, en outre, être représentés par un rends individuels pouvant s'élever à l'occasion du contrat de
directeur ou un employé de l'entreprise ou de l'établissement. travail ou d'apprentissage, y compris des différents relatifs aux
Si le demandeur ne se présente pas ou n'est pas représenté, il accidents de travail et aux maladies professionnelles, entre les
ne peut renouveler sa demande de tentative de règlement amiable. travailleurs ou apprentis et leurs employeurs ou maîtres.
1224 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D' IVOIRE 14 septembre 2015

Ces tribunaux ont égale~ent qualité pour se prononcer sur tous Art.81.14.- Tout assesseur titulaire ou suppléant qui manque
les différends individuels relatifs à la validité et l'exécution des gravement à ses devoirs dans l'exercice de ses fonctions est
conventions collectives et règlements en tenant lieu. Leur com- appelé devant le tribunal du travail pour s'expliquer sur les faits
pétence s'étend également aux litiges entre travailleurs ou qui lui sont reprochés.
apprentis à l'occasion des contrats de travail ou d'apprentissage. L'initiative de cette convocation appartient au président du
Art. 81.9.- Le président du tribunal du travail est juge des tribunal du travail.
référés en matière de conflits individuels du travail. Il est assisté Dans le délai d'un mois à dater de la convocation, le procès-
d'un greffier.
verbal de la séance de comparution est adressé par le président
Art. 81.10.-Le tribunal compétent est celui du lieu du travail. du tribunal au procureur de la République.
Toutefois, pour les litiges nés de la résiliation du contrat de travail
Ce procès-verbal est transmis par le procureur de la Répu-
et nonobstant toute attribution conventionnelle de juridiction, le
blique, avec son avis, au garde des Sceaux, ministre de la Justice,
travailleur a le choix entre le tribunal de sa résidence et celui du
dans les conditions définies par décret.
lieu du travail.
Par arrêté motivé du garde des Sceaux, ministre de la Justice,
Art. 81.11.- Les tribunaux du travail sont constitués par une les peines suivantes peuvent être prononcées :
chambre spéciale des tribunaux de Première instance. Leur com-
- le blâme ;
pétence s'étend aux ressorts de ces derniers. Toutefois, lorsque
- la suspension pour un temps qui ne peut excéder six mois ;
l'importance du marché du travail l'exige, il peut être créé auprès
des sections détachées des tribunaux de Première instance, des - l'exclusion.
tribunaux du travail avec la même compétence territoriale. Art. 81.15.- Les assesseurs et Jeurs suppléants prêtent, devant
Art.81.12. - La chambre spéciale est composée : le tribunal auprès duquel ils sont appelés à siéger, le serment
suivant:
- du président du tribunal de Première instance ou de la
section détachée ou d'un magistrat de la juridiction désigné par « Je jure de remplir mes devoirs avec zèle et intégdté et de
lui, président ; garder le secret des délibérations ».
Art. 81.16.- Les fonctions d'assesseurs titulaires ou sup-
- d'un assesseur employeur et d'un assesseur travailleur ,pris
pléants des tribunaux du travail sont gratuites.
parmi ceux figurant sur les listes établies conformément à l'article
81.13 ci-dessous. Pour chaque affaire, le président désigne autant Toutefois, peuvent être allouées aux assesseurs des indemnités
de séjour et de déplacement, dont le montant ne peut être infé-
que possible les assesseurs employeurs et travailleurs appartenant
rie ur au montant des salaires et indemnités perdus. Ce montant
à la catégorie professionnelle intéressée. La chambre spéciale
est fixé par arrêté conjoint des ministres chargés du Travail, de
peut être divisée en sections professionnelles lorsque la structure
la Justice et des Finances.
du marché du travail le justifie.
Le licenciement des assesseurs travailleurs est soumis aux
Les assesseurs titulaires sont remplacés, en cas d'empêche-
ment, par des suppléants dont Je nombre est égal à celui des titu- règles prévues à l'article 61.8 du présent Code.
laires. Art. 81.17.- La procédure devant les tribunaux du travail et
En cas de. carence répétée et constatée des asse·sseurs, un devant la juridiction d'appel est gratuite. En outre, pour l'exécu-
collège de trois magistrats siège. tion des jugements rendus à leur profit, les travailleurs bénéficient
Art. 81.13.- Les assesseurs et leurs suppléants sont nommés de plein droit de l'assistance judiciaire.
dans les conditions définies par décret. Ils sont choisis sur les Art. 81.18.- L'action est introduite par déclaration écrite ou
listes présentées par les organisations syndicales représentatives_ orale faite au greffe du tribunal du travail, accompagnée du
ou, en cas de carence, par l'inspecteur du travail et des lois
procès-verbal de non-conciliation de l'inspecteur du travail et des
sociales.
lois sociales. Inscription est faite sur un registre tenu
Le mandat des assesseurs titulaires et suppléants a une durée
spécialement à cet effet, un extrait de cette inscription est délivré
de deux ans ; il est renouvelable.
à la partie ayant introduit l'action.
Les assesseurs ou leurs suppléants doivent justifier de la pos-
Dans les deux jours à dater de la réception de la demande,
session de Jeurs droits civils et politiques.
dimanche et jours fériés non compris, le président cite les parties
Ils doivent, en outre, n'avoir subi aucune condamnation à une à comparaître dans un délai qui ne peut excéder douze jours,
peine d'emprisonnement ferme notamment pour escroquerie, majoré s'il y a lieu des délais de distance fixés dans les conditions
faux et usage de faux, abus de confiance. prévues à l'article 81.34.
Sont déchus de leur mandat les assesseurs qui sont frappés de· La citation doit contenir les noms et profession du demandeur,
l'une des condamnations visées ci-dessus ou qui perdent leurs l'indication de l'objet de la demande, l'heure et le jour de la com-
droits civils et politiques. parution.
14 septemb_re 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1225

La citation est faite à personne ou à domicile par voie d'agent - s'ils ont donné un avis écrit sur la contestation ;
administratif spécialement commis à cet effet. Elle peut valable- - s'ils sont employeurs ou travailleurs de l'une des parties
ment être faite par lettre recommandée avec accusé de réception. en cause.
En cas d'urgence, elle peut être faite par voie télégraphique. La récusation est formée avant tout débat. Le président statue
i
Art. 81. 9.- Les parties sont tenues de se rendre au jour et à immédiatement. Si la demande est rejetée, il est passé outre au
l'heure fixés devant le tribunal du travail. Elles peuvent se faire débat ; si elle est admise, l'affaire est renvoyée à la prochaine
assister ou représenter soit par un travailleur ou un employeur audience où doivent siéger Je ou les assesseurs suppléants.
appartenant à la même branche d'activité, soit par un avocat Art. 81.23.- Lorsque les parties comparaissent devant le
régulièrement inscrit au barreau, soit encore par un représentant tribunal du travail, il est procédé à une tentative de conciliation.
des organisations syndicales auxquelles elles sont affiliées.
En cas d'accord, un procès-verbal rédigé séance tenante sur un
Les employeurs peuvent, en outre, être représentés par un registre ad' hoc consacre le règlement à l'amiable du litige.
directeur ou un employé de l'entreprise ou de l'établissement.
Un extrait du procès-verbal de conciliation signé du greffier vaut
Sauf en ce qui concerne les avocats, le mandataire des parties titre exécutoire.
doit être constitué par écrit et agréé par le président du tribunal
Art. 81 .24.- En cas de conciliation partielle, un extrait du pro-
du travail.
cès-verbal signé du greffier vaut titre exécutoire pour les parties
Art. 81 .20.- Si, au jour fixé par la convocation, le demandeur
sur lesquelles un accord est intervenu et un procès-verbal de
ne comparaît pas et ne justifie pas d'un cas de force majeure, la
non-conciliation pour le surplus de la demande.
cause est rayée du rôle ; elle ne peut être reprise qu'une seule fois
et selon les formes imparties pour la demande primitive, à peine Art. 81 .25.- En cas de non-conciliation ou pour la partie
contestée de la demande, le tribunal doit retenir l'affaire; il
d'irrecevabilité.
procède immédiatement à son examen. Le renvoi ne peut être
Si le défendeur ne comparaît pas ou n'a pas demandé le renvoi
prononcé que pour un juste motif, par décision du tribunal; dans
de l'affaire en justifiant d'un cas de force majeure, défaut est
ce cas, l'affaire est renvoyée à la prochaine audience utile.
donné contre lui et le tribunal statue sur le mérite de la demande.
Le tribunal peut toujours, par jugement motivé, prescrire toutes
Dans le cas où Je défendeur a déposé un mémoire, le jugement
enquêtes, descentes sur les lieux et toutes mesures d'information
est réputé contradictoire et les délais d'appel ne courent que du
qu'il estime opportunes.
jour de sa signification.
Art.8 1.26.- Les débats clos, le jugeme nt est rendu séance
Art. 81 .21 . - L'audience est publique, sauf au stade de la
tenante, sauf mise en délibéré dont le délai maximum est de
conciliation.
quinze jours.
Le président dirige les débats, interroge et confronte les parties, Art. 81.27. - Le jugement peut ordonner l'exécution immé-
fait comparaître les témoins cités à la diligence des parties ou par diate et par provision avec ou sans caution, nonobstant opposition
lui-même, dans les formes indiquées à l'article 81 .18. ou appel.
Le témoin non comparant dont la déposition est déclarée L'exécution provisoire sans caution est de droit pour toute
nécessaire par le président est cité à nouveau par agent adminis- somme que la partie a reconnue devoir.
tratif désigné à cet effet : la citation doit porter, à peine de nullité,
Copie du jugement signée par le greffier doit être remise aux
mention qu'avis a été donné au témoin qu'en cas de non-compa-
parties sur leur demande. Mention de cette délivrance, de sa date
rution il sera décerné contre lui mandat d'amener et qu'il encoure
et de son heure est faite par le greffier en marge du jugement.
en outre une amende civile de IO 000 francs CFA.
Art. 81 .28.- En cas de jugement par défaut, notification du
Si, au jour dit, le témoin ne comparaît pas, le tribunal le jugement est faite à la partie défaillante, par le greffier, dans les
condamne à l'amende et délivre contre lui mandat d'amener. mêmes conditions qu'à l'article 81.18.
Le témoin défaillant pourra être déchargé de l'amende s'il jus-
Le jugement par défaut est susceptible d'opposition dans les
tifie qu'il n'a pu se présenter au jour fixé.
dix jours et d'appel dans les quinze jours à compter de la notifi-
Le président procède à l'audition de toute autre personne dont cation à personne ou à domicile. Passé ce dernier délai, le juge-
il juge la déposition utile au règlement du différend ; il peut pro- ment est exécutoire.
céder ou faire procéder à tous constats ou expertises.
Sur opposition, le président convoque à nouveau les parties
Art. 81.22.- Les assesseurs du tribunal du travail peuvent être comme il est dit à l'article 81.18; le nouveau jugement, nonobs-
récusés: tant tout défaut, est exécutoire.
- quand ils ont un intérêt personnel à la contestation ; Art. 81.29.- Le tribunal du travail statue en premier et dernier
- quand ils sont parents ou alliés de l'une des parties ; ressort, lorsque le chiffre de la demande n'excède pas dix fois le
- si, dans l'année qui a précédé la récusation, il y a eu procès salaire minimum interprofessionnel garanti (S.M.l.G.) mensuel.
pénal ou civil entre eux et l'une des parties ou son conjoint ou Au-delà de cette somme, il statue à charge d'appel.
allié en ligne directe ; L'appel est porté devant la Cour d'appel.
1226 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 81.30.- Le tribunal du travail connaît de toutes les La juridiction des référés peut toujours, même en présence
demandes reconventionnelles ou en compensation qui, par leur d'une contestation sérieuse, prescrire des mesures conservatoires
nature, rentrent dans sa compétence. Lorsque chacune des ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dom-
demandes principales, reconventionnelles ou en compensation mage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement
est dans les limites de sa compétence en dernier ressort, il se illicite.
prononce sans qu'il y ait lieu à appel. Si l' une de ces demandes Dans tous les cas où l'existence de la créance de salaire n'est
n'est susceptible d'être jugée qu'à charge d'appel, le tribunal ne
pas sérieusement contestable, le juge des référés peut accorder
se prononce sur toutes qu'à charge d'appel. Néanmoins, il statue
une provision au créancier.
en dernier ressort si seule la demande reconventionnelle en dom-
mages-intérêts, fondée exclusivement sur la demande principale, Art. 81.36.- La demande en référé est introduite selon les
dépasse sa compétence en dernier ressort. Il statue également formes prescrites à l'article 81.18. Dans les deux jours de la
sans appel, en cas de défaut du défendeur, si seules les demandes réception de la demande, dimanche et jours fériés compris, le
reconventionnelles formées par celui-ci dépassent le taux de sa président cite les parties à comparaître dans un délai qui ne peut
compétence en dernier ressort, quels que soient la nature et le excéder trois jours.
montant de cette demande.
Si le juge des référés estime que la demande excède ses pou-
Si une demande reconventionnelle est reconnue non fondée et voirs, il renvoie l'affaire en tentative de conciliation devant le
formée uniquement en vue de rendre le jugement susceptible tribunal du travail. Dans ce cas, l'ordonnance de référé rendue
d'appel, l'auteur de cette demande peut être condamné à des dom- séance tenante mentionne la date de l'audience publique et vaut
mages-intérêts ei;ivers l'autre partie, même au cas où, en appel, citation.
le jugement en premier ressort n'a été confirmé que partiellement.
L'ordonnance de référé est exécutoire par provision. L'exécu-
Art. 81.31.- Dans les quinze jours de la notification du juge- tion a lieu sans garantie, sauf si le juge en décide autrement. Dans
ment, appel peut être interjeté dans les formes prévues à l'article ce cas, la garantie est constituée conformément au droit commun.
81.18.
En cas d'extrême urgence, le juge des référés peut ordonner
Le jugement est notifié aux parties par le greffier en chef du
l'exécution sur minute.
tribunal du travail.
.
L'appel est transmis dans la quinzaine de la déclaration d'appel
L'ordonnance de référé n'est pas susceptible d'opposition mais
d'appel dans le délai de dix jours à compter de sa notification,
au greffier en chef de la Cour d'appel, avec une expédition du
par requête déposée au greffe de la Cour d'appel et adressée au
jugement et les lettres, mémoires et documents, déposés par les
premier président de ladite Cour.
parties en Première instance et en appel.
Les recours contre les ordonnances prises par le premier
Le greffier en chef de la Cour d'appel en informe les parties
président de la Cour d'appel sont portés devant le président de la
par voie d'agent administratif spécialement commis à cet effet
Cour suprême par requête déposée au secrétariat général de
ou par tous moyens laissant trace écrite. ladite Cour, dans le délai de dix jours de la notification de la
L'appel est jugé sur pièces dans le mois suivant la réception du décision querellée.
dossier. Toutefois, les parties peuvent demander à être entendues, Art. 81.3 7. - Les dispositions du Code de procédure civile sont
en ce cas, la représentation des parties obéit aux règles fixées par applicables, à défaut de dispositions particulières prévues, en
l'article 81.19. matière de référé au présent Code.
Art. 81.32.- La Cour suprême connaît des recours en cassa- CHAPITRE2
tion contre les jugements et arrêts rendus en dernier ressort.
Différends collectifs
Le pourvoi est introduit et jugé dans les formes et conditions
SECTION 1
prévues par la loi organique régissant ladite Cour.
Dispositions générales
Art. 81.33.- Une expédition de la décision devenue définitive
est transmise par le greffier en chef à l'inspecteur du travail et Art. 82.1.- Les dispositions du présent chapitre sont applica-
des lois sociales du ressort. bles au règlement de tout différend collectif de travail. Elles ne
Art. 81.34.- Les modalités d'application du présent chapitre, s'appliquent aux travailleurs des services et établissements
notamment les délais de distance, sont fixés par voie réglemen- publics qu'en l'absence de dispositions législatives ou réglemen-
taire. taires spécifiques.
Art. 81.35 .- Dans tous les cas d'urgence, le juge des référés Le différend collectif s'entend d'un différend qui naît en cours
peut, dans la limite de la compétence des tribunaux du travail, d'exécution d'un contrat de travail et qui oppose un ou plusieurs
ordonner toutes mesures qui ne se heurtent à aucune contestation employeurs à un groupe organisé ou non de travailleurs pour la
sérieuse, ou que justifie l'existence d'un différend. défense d'un intérêt collectif.
14 septembre 201 S JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1227

Art. 82.2.-Les salariés ont le droit de se mettre en grève. Dès que le préavis de grève est notifié à l'autorité compétente,
La grève est un arrêt concerté et collectif du travail décidé par celle-ci doit prendre l'initiative d'une négociation avec les parties
les salariés pour faire aboutir des revendications professionnelles. en conflit.

En cas de grève, un service minimum doit être assuré .. Art. 82.7.- Les parties en conflit sont tenues de se rendre à
toutes convocations et réunions de concertation et de conciliation
Ce service minimum n'est possible que dans les cas suivants :
organisées par l'autorité compétente.
- dans les services dont l'interruption risquerait de mettre en
danger la vie, la sécurité ou la santé de la personne, dans une Art. 82.8.- Tout différend collectif est obligatoirement soumis
partie ou dans l'ensemble de la population ; dans les conditions fixées par décret à la procédure de concilia-
- dans les services qui ne sont pas essentiels au sens strict du tion. Le décret fixe notamment la durée maximale de la procédure
terme mais où les grèves d'une certaine ampleur et durée pourrait de conciliation.
provoquer une crise nationale aiguë menaçant les conditions Art. 82.9.- En cas d'échec de la conciliation, les parties peu-
normales d'existence de la population ; vent recourir :
- dans les services où l'entretien des machines devra être - soit à la procédure conventionnelle d'arbitrage, s'il en existe
assuré pour éviter leur détérioration consécutive à un arrêt total.
en application de l'article 73.3 alinéa 14 du présent Code;
Les secteurs déterminés et les effectifs requis pour assurer
- soit à la procédure d'arbitrage prévue à la section ci-après,
ce service minimum seront fixés par voie réglementaire sur pro-
position de la commission indépendante permanente de concer- si les parties en conviennent ;
tation. - soit à la procédure de la médiation prévue ci-dessous.
Sous réserve des dispositions de l'article 82.18 du présent Pour chacune des deux dernières procédures, le conseil natio-
Code, la grève ne rompt pas le contrat de travail, sauf faute lourde nal du dialogue social peut être saisi.
imputable au travailleur.
SECTION)
Art. 82.3.- Le lock-out est la fermeture de tout ou partie d'une Arbitrage
entreprise ou d'un établissement, décidée par l'employe~ à
Art. 82.10.- Lorsque les parties conviennent de soumettre le
l'occasion d'une grève des salariés de son entreprise.
différend à la procédure d'arbitrage, elles sont tenues d'en exé-
Le lock-out est prohibé et n'est exceptionnellement licite que
cuter la sentence.
lorsqu'il est justifié par un impératif de sécurité ou lorsque la
procédure de déclenchement de la grève n'a pas été respectée. Elles doivent préciser si elles entendent recourir à la désigna-
tion d'un arbitre unique ou d'un comité arbitral composé d'un
Dans les cas exceptionnels où le lock-out est licite, il prend fin
magistrat et de deux arbitres.
dès que les causes qui le justifient disparaissent.
Le lock-out licite entraîne la suspension du contrat de travail L'arbitre unique ou les membres du comité arbitral sont dési-
et dispense l'employeur de verser au salarié la rémunération gnés par les parties ou, à défaut d'accord entre celles-ci, dans les
habituellement due pour la période concernée. cinq jours ouvrables de la soumission du différend à la procédure
Art. 82.4.- Les piquets de grève qui s'accompagnent de vio- d'arbitrage selon des conditions fixées par décret. Ils sont choisis
lences ou d'entraves à la liberté du travail, par contrainte exercée parmi les personnes susceptibles de remplir les fonctions d'arbitre
sur les non-grévistes sont interdits. dont la liste est établie chaque année par arrêté du ministre chargé
SECTION2 du Travail sur proposition des organisations syndicales d'em-
Préavis de grève et conciliation ployeurs et de travailleurs. Cette liste comprend des personnalités
Art. 82.5.-Toute grève doit être précédée d'un préavis choisies en fonction de leur autorité morale et de leur compétence
permettant la négociation entre les parties. en matière économique et sociale.
Le préavis de grève est déposé par les représentants des sala-
Art. 82. 11 . - L'organisme arbitral rend dans un délai de douze
riés, auprès de la direction de l'entreprise, de l'établissement et
le cas échéant auprès des unions patronales de la branche jours à compter de la réception du dossier de l'affaire la sentence
d'activité. Sa durée est de six jours ouvrables. arbitrale qui doit être motivée. Ce délai peut être prorogé d'une
Est interdite toute grève déclenchée dans l'inobservation du égale durée avec l'accord des parties.
préavis prévu à l'alinéa 1. L'organisme arbitral ne peut statuer sur d'autres objets que ceux
Art. 82.6.- A peine de nullité, le préavis de grève doit être déterminés par le procès-verbal de non-conciliation ou ceux qui,
notifié par écrit à l'autorité compétente de l'administration du résultant d'événements postérieurs à ce procès-verbal, sont la
travail du ressort ou, à défaut, à l'autorité préfectorale. Cette conséquence directe du différend en cours.
notification comporte les raisons et les revendications formulées Il se prononce en droit sur les points du conflit relatifs à
par les organisations syndicales déposant le préavis de grève ou, l'interprétation des lois, règlements, conventions collectives ou
à défaut, par les délégués du personnel ou les salariés. accords en vigueur.
1228 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE. DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Il statue en équité sur les autres différends, notamment lorsque L'opposition à peine de nullité est formée dans les délais
ceux-ci portent sur les salaires ou sur les conditions de travail ci-dessus indiqués par lettre recommandée adressée à l'inspecteur
quand celles-ci ne sont pas fixées par les dispositions des lois, du travail e t des lois sociales. Le récépissé de l'expédition fait foi
règlements, conventions collectives ou accords collectifs en
de l'opposition.
vigueur, ainsi que sur les différends relatifs à la négociation et à
la révision des clauses des conventions collectives. En cas d'opposition, les conclusions de la recommandation sont
rendues publiques.
Il a les plus larges pouvoirs pour s'informer de la situation éco-
nomique des entreprises et de la situation des travailleurs inté- SECTION 5

ressés par le conflit. Il peut procéder à toutes enquêtes auprès des Arbitrage obligatoire
entreprises et des syndicats et requérir des parties la production Art. 82.13.- Le chef du Gouvernement peut, s'il estime que
de tout document ou renseignement d'ordre économique, comp- la grève ou le lock-out risque d'être préjudiciable à l'ordre public
table, financier, statistique ou administratif susceptible de lui être
ou à l'intérêt général, décider de soumettre le différend au comité
utile pour l'accomplissement de sa mission. Il peut recourir aux
arbitral composé d'un magistrat et de deux arbitres suivant la pro-
offices d'experts comptables agréés, et généralement, de toute
cédure, les délais et les effets prévus au présent titre.
personne qualifiée susceptible de l'éclairer.
La sentence arbitrale est notifiée aux parties et à l'inspecteur Cette possibilité est ouverte dans les circonstances suivantes :
du travail et des lois sociales par lettre recommandée avec - si la grève affecte un service essentiel dont l'interruption
accusé de réception dans les quarante-huit heures de sa date. risque de mettre en danger tout ou partie de la population, la vie,
La sentence arbitrale ne peut faire l'objet d'autres recours que la santé ou la sécurité des personnes ;
pour excès de pouvoir ou.violation de la loi, portés devant la Cour - en cas de crise nationale aiguë.
suprême. SECTION6
SECTION4
Exécution des accords de conciliation, des sentences
Médiation
arbitrales et des recommandations devenues éxécutoires
Art. 82. 12.- Lorsque les parties conviennent de recourir à la
Art. 82.14.- L'exécution des accords de conciliation, des
procédure de la médiation, elles désignent un médiateur dansJes sentences arbitrales et des recommandations devenues exécu-
conditions de l'article 82. l O. toires est obligatoire.
Le médiateur de la République peut être choisi comme média- La sentence arbitrale et la recommandation devenue exécu-
teur. toire, en cas de leur silence sur ce point, produisent effet à dater
Le médiateur convoque les parties par lettre recommandée du jour du dépôt de la requête aux fins de conciliation.

avec accusé de réception et, dans un délai de douze jours ouvra- Les minutes des accords et sentences sont déposées au greffe
bles susceptible d'être prorogé d'une égale durée avec l'accord du tribunal du travail du lieu du différend au jour de leur rendu,
des parties, dresse un rapport motivé de ses investigations. les minutes des recommandations devenues exécutoires, au jour
suivant l'expiration du délai d'opposition ou de la mainlevée de
Les conclusions de ce rapport établissent, sous forme de recom-
l'opposition si celle-ci a été formée.
mandation, un projet de règlement des points en litige.
Les accords de conciliation, les sentences arbitrales et les
Le médiateur a les mêmes pouvoirs que l'arbitre tels qu'ils sont
recommandations devenues exécutoires sont insérés au Journal
définis à l'article 82.11 ci-dessus.
officiel et affichés dans les bureaux de l'inspecteur du travail et
Toutefois, lorsque le médiateur constate que le conflit porte sur des lois sociales ainsi qu'au lieu du travail où est né le conflit.
l'interprétation ou la violation d'une disposition légale, réglemen-
Les syndicats professionnels peuvent exercer toutes actions qui
taire ou conventionnelle, il doit recommander aux parties de
naissent d'un accord de conciliation, d'une sentence arbitrale ou
soumettre les points litigieux à la juridiction compétente pour en
connaître. d'une recommandation devenue exécutoire dans les conditions
prévues à la section 2 du chapitre 2 du titre VII du présent Code.
Le rapport contenant les recommandations du médiateur est
immédiatement communiqué à l'inspecteur du travail et des lois Art. 82.15.- Lorsqu'un accord de conciliation, une sentence
sociales, qui le transmet aux parties dans les quarante-huit heures arbitrale ou une recommandation devenue exécutoire porte sur
ainsi qu'au ministre en charge du Travail. l'interprétation des clauses d'une convention collective relatives
aux salaires et aux conditions du travail, cet accord, cette
A l'expiration d'un délai de quatre jours francs à compter de la
sentence ou cette recommandation produit les effets d'une
notification du rapport du médiateur aux parties, si aucune de
convention collective.
celles-ci n'a manifesté son opposition, les recommandations, sous
réserve du dépôt prévu à l'alinéa 82.14 ci-dessous, acquièrent Si l'accord, la sentence ou la recommandation est intervenu en
force exécutoire. vue de régler un différend survenu dans une branche d'activité
- -- _....... - - --

4 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1229

•Ùune convention collective a été conclue en application des dis- - de réaliser en collaboration avec les autorités et organismes
•ositions du présent Code, cet.accord, cette sentence ou cette re- concernés, la meilleure organisation possible du marché de l'em-
ommandation doit, à la demande des organisations syndicales ploi et la pleine utilisation de la main-d'œuvre ;
ignataires de la convention collective étendue, fuire l'objet d'un - de produire et de tenir à jour des données statistiques rela-
rrêté d'extension. tives aux conditions d'emploi, de travail et de sécurité sociale ;
Art. 82.16.- L'arbitre, le médiateur, les personnes et les - de suivre les relations avec les autres Etats et les organisa-
xperts aux offices desquels il peut être fait appel en application tions internationales en ce qui concerne les questions relevant de
u présent chapitre sont tenus au secret professionnel sous les sa compétence.
eines prévues à l'article ci-dessous, en ce qui concerne les L'administration du travail établit et publie un rapport annuel
1formations et les documents qui leur sont communiqués ainsi sur les activités des services placés sous son contrôle.
ue les faits qui viendraient à leur connaissance dans l'accom- Art. 91.2.- L'organisation et le fonctionnement des services
lissement de leur mission. de l'administration du travail sont fixés par décret.
Art. 82.17.- Les frais occasionnés par la procédure de conci- SECTION2

ation, d'arbitrage ou de médiation, notamment les frais de Inspection du travail et des lois sociales
éplacement, pertes de salaires et de traitements sont supportés, Art. 91.3.- L'inspection du travail et des lois sociales est char-
! cas échéant, par le budget de l'Etat. gée de toutes les questions intéressant, notamment, les conditions
de travail, les rapports professionnels et l'emploi.
Les conditions d'indemnisation des arbitres, médiateurs et
Art. 91.4.- Les inspecteurs du travail et des lois sociales prê-
xperts sont déterminées par voie réglementai re.
tent serment, devant le tribunal ou la section du tribunal de leur
Art. 82. 18.- Sont interdites toutes grèves avant épuisement résidence.
e la procédure de conciliation et du délai de six jours ouvrables
La formule du serment est: «je jure de bien et fidèlement rem-
Jivant la notification aux parties du procès-verbal de non-conci- plir ma charge et de ne pas révéler, même après avoir quitté mon
ation, avant épuisement de la procédure d'arbitrage prévue aux service, les secrets de fabrication et les procédés d'exploitation
!ctions 3 et 5 ou en violation des dispositions d'un accord de dont je pourrais prendre connaissance dans l'exercice de mes
onciliation, d'une sentence arbitrale ou d'une recommandation fonctions et de tenir pour confidentielle toute information signa-
yant acquis force exécutoire. lant une infraction aux dispositions légales, réglementaires ou
Les grèves engagées ou continuées en violation des présentes conventionnelles ».
ispositions peuvent entraîner pour les travailleurs la perte du Les dispositions des alinéas précédents s'appliquent aux élèves
roit à l'indemnité de pdavis et aux dommages-intérêts pour inspecteurs du travail de !'Ecole nationale d'administration avant
1pt~re du contrat. leur mise en stage pratique dans les entreprises.
TITRE IX Art. 91.5.- Les inspecteurs du travail et des lois sociales ne
peuvent avoir un intérêt quelconque direct ou indirect dans les
CONTROLE DU TRAVAIL ET DE L'EMPLOI
entreprises placées sous leur contrôle.
CHAPITRE PREMIER
Art. 91.6.- ~es inspecteurs du travail et des lois sociales peu-
Organismes administratifç vent constater, par procès-verbal faisant foi jusqu'à inscription
SECTION 1 de faux, les infractions aux dispositions de la législation et de la
Administration du travail réglementation du travail.
Art. 91.1.- L'administration du travail comprend l'ensemble A ce titre, ils ont compétence pour faire citer tout contrevenant
~s services qui assurent en matière de travail, d'emploi, d'orien- devant le tribunal du travail du ressort.
tion, de formation professionnelle et de sécurité sociale, un rôle L'inspecteur du travail et des lois sociales doit être informé de
~ conception, de conseil, d'impulsion, de coordination et de la suite judiciaire réservée au procès-vérbal.
>nt île. Les modalités d'application des amendes fixées par l'inspecteur
Elle est chargée notamment : du travail et des lois sociales sont déterminées par voie régle-
mentaire.
- d'élaborer dans le cadre des directives ministérielles, les
Art.91.7.- Aux fins de fai re cesser les infractions, les inspec-
·ojets de loi et de règlement de sa compétence ;
teurs du travail et des lois sociales peuvent également, selon les
- de veiller à l'exécution des lois et règlements ; cas, prodiguer des conseils, donner des avertissements ou signi-
- de renseigner, d'éclairer et de conseiller les partenaires fier des mises en demeure.
>ciaux que sont les employeurs, les travailleurs ou leurs repré- En cas d'urgence et sous réserve des recours juridictionnels ou
:ntants ; administratifs, l'inspecteur du travail et des lois sociales peut
- de documenter, de conseiller, de coordonner et de contrôler aussi ordonner ou faire ordonner des mesures immédiatement
s services et organismes concourant à l'application de la légis- exécutoires propres à faire cesser un danger imminent pour la
tion sociale ; santé et la sécurité des travailleurs.
. , --~--

230 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 91.8.- Les inspecteurs. du travail et des lois sociales ont Ils adressent le procès-verbal à l'inspecteur du travail et des lois
'initiative de leurs tournées de contrôle et d'enquête. Munis d'une sociales du ressort qui le transmet à l'autorité judiciaire compé-
:arte professionnelle, ils ont le pouvoir : tente, le cas échéant.
- de pénétrer librement et sans avertissement préalable à toute Les contrôleurs du travai l et les attachés du travail prêtent,
ieure du jour comme de la nuit dans tout établissement assujetti devant le tribunal ou la section du tribunal de leur résidence, le
1u contrôle de l'inspection; serment visé à l'article 91.4.
Art. 91 . 11.- Pour l'exercice de leurs attributions, les services
- de pénétrer, de jour, comme de nuit, lorsqu'il est constant
d'inspection du travail disposent de locaux aménagés de façon
1u'un travail y est effectué, dans tous les locaux qu'ils peuvent
appropriée à leurs besoins et accessibles à tous intéressés. Ils dis-
ivoir un motif raisonnable de supposer être assujettis au contrôle
posent en permanence de moyens en personnel et matériel
Je l'inspection ; notamment de véhicules nécessaires au fonctionnement de leurs
- de requérir, si besoin est, les avis et les consultations de services.
nédecins et techniciens, notamment en ce qui concerne les pres- L'Etat prend des mesures appropriées pour allouer aux admi-
.ations d'hygiène et de sécurité, les médecins et techniciens étant nistrateurs, contrôleurs et attachés du travail ainsi qu'aux méde-
:enus au secret professionnel dans les mêmes conditions et sous cins inspecteurs du travail, une indemnité forfaitaire suffisante
les mêmes sanctions que les inspec~eurs eux-mêmes; pour le remboursement de tous frais de transport et de déplace-
- de se faire accompagner, dans leurs visites, d'interprètes ment nécessaires à l'exercice de leurs fonctions, une indemnité
:>fficiels assermentés, de délégués du personnel d~ l'entreprise de participation à la judicature, une indemnité de risques, une
visitée, de délégués syndicaux et de membres de son comité de indemnité de sujétion et une indemnité de logement.
santé et sécurité au travail ainsi que des médecins et techniciens Les montants de ces indemnités sont déterminés par décret.
visés à l'alinéa précédent ;
Art. 91.12.- Dans les mines et carrières ainsi que dans les éta-
- de procéder à tous examens, contrôles ou enquêtes jugés blissements et chantiers où les travaux sont soumis au contrôle
nécessaires pour s'assurer que toutes les dispositions législatives d'un service technique, les fonctionnaires chargés de ce contrôle
et réglementaires sont effectivement observées et notamment :
veillent à ce que les installations relevant de leur contrôle tech-
1. interroger, avec ou sans témoins, l'employeur ou le personn~l nique soient aménagées en vue de garantir la sécurité des travail-
de l'entreprise, contrôler leur identité, s'informer auprès de toute leurs.
personne dont le témoignage peut sembler utile ;
Ils assurent l'application des règlements spéciaux qui peuvent
2. requérir la production de tous registres ou documents dont
la tenue est prescrite par le présent Code ou les textes pris pour être pris dans cc domaine et disposent, à cet effet et dans cette
SOT\ application ; limite, de pouvoirs des inspecteurs du travail et des lois sociales.
3. exiger l'affichage des avis dont l'apposition est prévue par lis portent à la connaissance de l'inspecteur du travail et des lois
les dispositions légales ou réglementaires ; sociales les mesures qu'ils ont prescrites et, le cas échéant,
4. prélever et emporter aux fins d'analyse, en présence du chef les mises en demeure qui sont signifiées.
d'entreprise ou du chef d'établissement ou de son suppléant et L'inspecteur du travail et des lois sociales peut, . à tout
contre reçu, des échantillons des matières et substances utilisées moment, demander et effectuer avec les fonctionnaires visés au
ou manipulées. paragraphe précédent la visite des mines, carrières, établisse-
A l'occasion d'une visite d'inspection, l'inspecteur du travail et ments et chantiers soumis à un contrôle technique.
des lois sociales doit informer de sa présence l'employeur ou son Art. 91.13 . - Dans les établissements ou parties d'établisse-
représentant, à moins qu'il n'estime qu'un tel avertissement risque ments militaires employant de la main-d'œuvre civile et dans
de porter préjudice à l'efficacité du contrôle.
lesquels l'intérêt de la défense nationale s'oppose à l'introduction
Sur réquisition écrite constatant les difficultés rencontrées dans d'agents étrangers au service, le contrôle de l'exécution des dis-
l'exercice de leur mission, les inspecteurs du travail et des lois positions en matière de travail est assuré par les fonctionnaires
sociales peuvent se faire assister des agents de la force publique. ou officiers désignés par arrêté conjoint du ministre de la Défense
Art. 91.9.- Les frais résultant des réquisitions, expertises et et du ministre chargé du Travail.
enquêtes prévues à l'article précédent sont supportés par le budget
de l'Etat. Si les fonctionnaires ou officiers ainsi désignés relèvent de
l'autorité du ministre de la Défense, le contrôle <lesdits établisse-
Art. 91.10.- Des contrôleurs du travail et des attachés du
travail assistent les inspecteurs du travail et des lois sociales dans ments s'effectue dans les conditions prévues à l'article 91 .12.
le fonctionnement des services. Ils sont habilités à constater les La liste des établissements ou parties d'établissements mili-
infractions par procès-verbal faisant foi jusqu'à inscription de taires est dressée par arrêté du ministre de la Défense et commu-
faux, établi conformément aux dispositions de l'article 91.6. niquée au ministre chargé du Travail.
ptembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 123 1

t. 91.14.- Les dispositions des articles 91.4, 91.6, 91.7 et Les visites d'établissements qu'il effectue doivent lui permettre
du présent Code ne dérogent pas aux règles du droit com- d'orienter le service de l'inspection du travail vers les solutions
quant à la constatation et à la poursuite des infractions par ou les applications de certaines teclmiques qui lui paraissent les
plus propres à assurer la santé et la sécurité des travailleurs :
-ffic iers de police judiciaire.
- il accompagne l'inspecteur du travail _et des lois sociales du
SECTION 3
ressort dans les v isites d'entreprises effectuées par ce dernier
Inspection de la santé et sécurité au travail lorsqu'il le lui demande ;
1. 91.15.- L'inspection de la santé et sécurité au travail est - il tient informé préalablement l'inspecteur du travail et des
gée: lois sociales du ressort des tournées et visites qu'il compte
- de veiller à l'application de la législation relative à l'hygiène e ntreprendre dans le ressort de l'inspection ;
la protection de la santé des travailleurs ; - il communique à l'inspecteur du travail et des lois sociales
du ressort ses rapports d'inspection, ses avis et conclusions ;
- d'exercer une action permanente en vue de la protection des
ailleurs sur le lieu de leur travail ; - il signa le au chef d'entreprise toute anomalie qui lui paraît
d'une gravité immédiate et lui présente les observations qu'il j uge
- de contrôler le fonctionnement des services médicaux ou
utiles en ce qui concerne l'hygiène individuelle et l'adaptation du
taires des entreprises créées en exécution des dispositions de travailleur à sa fonction.
icle 43 .2 du présent Code;
Par ailleurs, l'inspecteur du travail et des lois sociales
- de communiquer aux autorités et services compétents tous du ressort communique au médecin inspecteur du travail, à sa
;eignements concernant les risques de maladies profession- demande, tous renseignements constatations, observations ou
avis sur les questions relatives à la mission de ce dernier.
es et accidents du travail inhérents aux différentes entreprises ;
Art. 91.20.- Le médecin inspecteur du travail participe en
- d'assurer en coordination directe avec les services psycho-
o utre à l'élaboration de la législation et de la réglementation dans
miques, médicaux et de main-d'œuvre, l'examen médical des les matières relevant de ses attributions.
1ailleurs, en vue de leur orientation profess ionnelle , de leur
Il participe aux travaux de tous comités ou commissions et il
tassement et, en cas de besoin, de la rééducation de ceux qui peut être appelé à procéder, à la demande du ministre chargé du
_t inaptes au travail o u diminués physiquement. Travail ou de sa propre initiative, à des enquêtes ou études.
ut. 91.16.- Sous l'autorité d'un médecin inspecteur du Art. 91.21.- Le ministère e n charge du Travail prend les
1ail, l'inspection de la santé et sécurité au travail dispose de mesures appropriées pour fournir à l'inspection de la santé et
:cialistes en santé et sécurité au travail notamment les méde- sécurité au travail les moyens nécessaires à l'exercice de sa
s inspecteurs du travail. mission.
\rt. 91.17 . - Le médecin inspecteur du travail doit être : SECTION 4

- titulaire du diplôme d'Etat de docteur en médecine ; Réclassement et orientation


professionnels des travailleurs
- titulaire d'un diplôme de médecine du travail ;
Art. 91.22.- En cas de contestation de classement, une com-
- inscrit au tableau de !'Ordre des médecins. mission se réunira à la demande de l'une des parties en vue de
\rt. 91.18.- Les dispositions du présent Code relatives aux déterminer le classement du ou des travailleurs en fonction de la
uvoirs et obligations des inspecteurs du travail et des lois qualification et de la fonction occupée.
; iales sont applicables au médecin inspecteur du travail. Cette commission, présidée par l'inspecteur du travail et des
Dans le cadre de l'hygiène du travail, de la protection des lois sociales du ressort, est composée de deux représentants des
employeurs et deux représentants des travailleurs qu i peuvent
.vailleurs e n milieu de travail, comme de la prévention des
s'adjoindre à titre consultatif, un ou deux de leurs collègues plus
lladies professionnelles et des accidents du travai l, le médecin
particulièrement qualifiés pour apprécier le litige.
;pecteur du travail est autorisé à examiner les travailleurs et à
Sur sa demande, le travailleur peut se faire assister d'un repré-
ire, aux fins d'analyse, en présence du chef d'entreprise, du chef sentant de son organisation syndicale.
~tablissement ou de son représentant et contre reçu, des prélè-
CHAPITRE2
:ments des échantillons des matières et substances utilisées ou
Obligations des employeurs
anipulées.
Art. 92. l . - Toute personne qui se propose d'ouvrir une entre-
Le médecin inspecteur du travail prête devant le tribunal de
prise de quelque nature que ce soit doit au préalable en faire la
·emière instance de sa résidence le serment prévu à l'article 91.4 déclaration à l'inspecteur du travail et des lois sociales du
1 présent Code. ressort, sous peine d'amende.
Art. 91.19. Le médecin inspecteur du travail a l'initiative de ses Des décrets déterminent les modalités de cette déclaration et
umées et enquêtes dans le cadre de la législation et de la régle- prescrivent, s'il y a lieu, la production de renseignements pério-
_entation en vigueur. diques sur la situation de la main-d'œuvre .
1232 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Art. 92.2.- Tout employeur est tenu de déclarer dans les délais T!TREX

prescrits ses salariés aux institutions de prévoyance sociale en DISPOSITIONS REPRESSIVES


charge des régimes de prévoyance sociale obligatoires, sous CHAPITRE PREMIER

peine de dommages et intérêts. Dispositions générales


Art. 92.3.- L'employeur doit tenir constamment à jour, au lieu Art.! 01.1.- Les employeurs sont civilement responsables des
de l'exploitation, un registre dit «registre d'employeur» dont le condamnations prononcées contre leurs fondés de pouvoir ou
préposés pour fautes commises dans l'exercice ou à l'occasion de
modèle est fixé dans des conditions définies par voie réglemen-
l'exercice de leurs fonctions.
taire.
CHAPITRE2
Ce registre comprend trois fascicules : Incriminations
- le premier comprend les renseignements concernant les SECTION 1
personnes et le contrat de tous les travailleurs occupés dans Infractions commises par l'employeur
l'entreprise ; Art. 102.1.- L'employeur ou le représentant de l'employeur
- le deuxième, toutes les indications concernant le travail qui commet des infractions aux dispositions des articles 23.2 et
effectué, le salaiïe et les congés ; 4 l.2 du présent Code est puni d'une amende de 500.000 à
1.000.000 de francs.
- le troisième est réservé aux visas, mises en demeure et
observations apposés par l'inspecteur du travail et des lois An. 102.2.- L'employeur ou le représentant de l'employeur
sociales ou son délégué. qui omet de faire la déclaration prévue à l'article 92.4 susmen-
tionné ou commet des infractions aux dispositions des :
Toutefois, l'employeur peut être dispensé de la production des
- articles 23.13, 41. l, 92. 1 et 92 .2 du présent Code ;
deux premiers fascic ules susmentionnés s'il dispose d'un fichier
- décrets prévus par les articles 23.1 , 24.1, 41.5, 41 .7, 43.2 et
électronique fiable et à jour.
92.1, est puni d'une amende de 500.000 à 1.000.000 de francs.
Le registre d'employeur doit être tenu sans déplacement à la Art. 102.3.- L'employeur ou le représentant de l'employeur
disposition de l'inspecteur du travail et des lois sociales et qui, intentionnellement, emploie pendant la nuit un travailleur de
moins de dix-huit ans, est puni d'une amende de 1.500.000 à
conservé pendant les cinq ans sui va nt la dernière mention qui y
2.500.000 francs.
a été portée.
Art. 102.4.- L'employeur ou le représentant de l'employeur
Des décrets peuvent exempter certaines entreprises ou catégo- qui, intentionnellement, s'abstient d'appliquer les mesures de pro-
~ies d'entreprises de l'obligation de tenir un registre en raison de tection et de salubrité édictées par l'autorité compétente, est puni
leur situation, de leur faible importance ou de la nature de leur d'une amende de 500.000 à 1.000.000 de francs.
activité. Art.! 02.5.- L'employeur ou le représentant de l'employeur
Art. 92.4.- L'employeur est tenu de déclarer à l'institution de qui, intentionnellement, ne produit pas les documents relatifs aux
prévoyance sociale en charge du régime, à l'inspecteur du travail moyens de contrôle de l'emploi prévus à l'article 92.3 ci-dessus
et des lois sociales du ressort et à l'officier de police judiciaire, est puni d'une amende de 1.000.000 à 2.000.000 de francs.
selon les cas, dans un délai de quarante-huit heures, tout accident Art. 102.6.- L'employeur ou le représentant de l'employeur
de travail ou toute maladie professionnelle constatée dans qui, intentionnellement, use de moyens de pression en faveur ou
à l'encontre d'une organisation syndicale ou qui prend en consi-
l'entreprise ou l'établissement.
dération l'appartenance ou non à un syndicat ou l'exercice d'une
La déclaration est faite sur un formulaire fourni gratuitement activité syndicale pour prendre ses décisions, est puni d'une
par la caisse de sécurité sociale sur simple demande de l'em- amende de 1.000.000 à 2.000.000 de francs.
ployeur. Art.102.7. - L'employeur ou le représentant de l'employeur
qui, intentionnellement, enfreint les dispositions relatives à l'obli-
La déclaration peut être faite par le travailleur ou ses représen-
gation d'organiser un comité de santé et sécurité au travail, est
tants jusqu'à l'expiration de la deuxième année suivant la date de puni d'une amende de 500.000 à 1.000.000 de francs.
l'accident ou de la première constatation médicale de la maladie SECTION2
professionnelle. Infractions commises par le travailleur
En ce qui concerne la maladie professionnelle, la date de Art. 102.8.- Le travailleur qui, alors qu'il occupe un des
la première constatation médicale de celle-ci est assimi lée à la emplois figurant sur la liste prévue à l'article 82.2 ci-dessus,
refuse intentionnellement de se conformer à la réquisition, est
date de l'accident.
puni d'une amende de 10.000 à 100.000 francs.
14 septembre 2015 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1233

SECTION3 Art. 110.2.- Les conventions collectives antérieures restent


Infractions communes à l'employeur en vigueur dans celles de leurs dispositions qui ne sont pas
et au travailleur contraires au présent Code. Ces conventions sont susceptibles de
faire l'objet d'un arrêté d'extension.
Art. 102.9.- L'employeur, le représentant de l'employeur ou
le travailleur qui, intentionnellement, porte atteinte : Art. 110.3 .- Les dispositions d'application de la présente loi
- soit au libre exercice du droit syndical ou de la liberté syn- sont fixées par voie réglementaire.
dicale; Art. 11 0.4.- La présente loi abroge toutes les dispositions
- soit à la libre désignation des représentants du personnel ; antérieures contraires notamment la loi n° 95-15 du 12 janvier
- soit à l'exercice régulier de leurs fonctions par lesdits repré- 1995 portant Code du travail.
sentants du personnel, est puni d'une amende de 1.000.000 à Art. 110.5.- La présente loi sera publiée au Journal officiel
2.000.000 de francs. de la République de Côte d'Ivoire et exécutée comme loi de l'Etat.
Art. l 02. l 0.- L'employeur, le représentant de l'employeur ou Fait à Abidjan, le 20 juillet 2015 .
.e travailleur qui, intentionnellement, se rend coupable d'une Alassane OUATTARA.
1iolation de l'une des dispositions des articles 51.1, 51.2 et 51.4
:i-dessus, est puni d'une amende de 1.000.000 à 2.000.000 de PARTIE NON OFFICIELLE
rancs.
SECTION 4
ANN O N C ES
L'administration n 'entend nullement être responsable de la teneur des
Infractions communes à l'employeur, annonces ou a vis publiés sous cette rubrique par les particuliers.
au travailleur et au tiers
RECE PISSE DE DECLARATION
Art. l 02.11 .- Quiconque.a porté ou tenté de porter atteinte soit D'ASSOCIATION N° 08/P-NIAK/CAB
la libre désignation des délégués du personnel, des délégués
Le pré fet du département de N iakara do nne récépissé de déclaration
yndicaux ou des membres du comité de santé et de sécurité au à l'association définie comme suit, régie par la loi n°60-3 l5 du 21 sep-
avail, soit à l'exercice régulier de leurs fonctions, soit au libre tembre 1960 relative aux associations.
œrcice du droit syndical est puni d'une amende de 1.000.000 à
" MU T UELLE POUR LE DEVELOPPEMENT
.000.000 de francs. DE BADIOKAHA" ( MUDEB).
Art. l 02.12.- Quiconque enfreint intentionnellement le!l. L'association dénommée « MUTUELLE POUR LE DEVELOP-
spositions de l'article 23.2 du présent Code est puni d'une PEMENT DE BADIOKAHA" ( MUDEB) » a pour objet :
nende de 500.000 à 1.000.000 de francs.
- rapprocher les ressortissants de Badiokaha ;
Art.102.13.- Quiconque enfreint intentionnellement les - inciter les membres à s 'intéresser et à participer de façon effective
spositions relatives au travail des femmes enceintes telles que et efficiente à toutes les activités de développement du village quel que
évues à l'article 23.7 du présent Code est puni d'une amende soit leur lieu de résidence ;
500.000 à 1.000.000 de francs. - apporter un soutien aux membres en cas de difficultés ;
Art. 102.14.- Quiconque enfreint intentionnellement les - faciliter l' épanouissement des membres (initier des projets de déve-
;positions relatives au règlement du différend collectif de loppement au profit de ses membres ;
vail telles que prévues aux articles 82.2, 82.3, 82.4, 82.7, 82.9
- entretenir des rapports permanents avec les responsables politiques
82.12 susmentionnés est puni d'une amende de l.000.000 à
et administratifs ;
100.000 de francs.
- entretenir les relations mutuelles et amicales avec les autres villages.
\rt. 102. 15.- L'employeur, le travailleur ou toute autre
Siège : Badiokaba, sous-préfecture d' Arikokaba.
·sonne qui intentionnellement n'exécute pas les dispositions
la sentence arbitrale prévue à ! 'article 82.14 ci-dessus est puni Président : KONE Ibraiman.
me amende de 1.000.000 à 2.000.000 de francs. Niakara, le 7 juillet 2015.
Pl le préf et et PD.
TITRE XI COULIBALY Yaya,
DISPOSITION TRANSITOIRES ET FINALES secrétaire général de grade 2.

.rt. 110.1. - Les dispositions du présent Code sont de plein


RECEPISSE D E DE POT DE DOSSIER
it appl icables aux contrats individuels en cours, sous réserve
les travailleurs continuent à bénéficier des avantages qui leur D 'ASSOCIATION N° 481/PA/SG/Dl
été consentis antérieurement lorsque ceux-ci sont supérieurs Le préfet de région , préfet du département d'Abidjan conformément
:ux que leur reconnaît le présent Code. à l' article 8, alinéa 3 de la loi n°60-315 du 21septembre1960 relative
lies ne peuvent constituer une cause de rupture de ces aux associations, atteste qu'il a été déposé dans ses services aux fins
trats. Toute clause d'un contrat en cours qui ne serait pas d ' en recevoir un récépissé de déclaration, un dossier constitutif
forme aux dispositions du présent Code ou des règlements d' association dénommée : "RESEAU NATIONAL P O UR LA
pour son application sera modifiée dans un délai de six mois DEFENSE DES DROITS DES VICTIMES DES DECHETS
mpter de la publication du présent Code T OXIQUES DE COTE D'IVO IRE"
1234 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

dont le siège est fix é à Abidjan, 15 B..P. 1056 Abidjan 15 , Nom et prénom: BAKAYOKO Mamadou.
tél. : 063 15 64 65 . Date et lieu de naissance : 6 janvier 1966 à Koro.
Ce dossier qui a été enregistré sous le n° 434/PA du 1er mars 2010 Nom et prénom : TRAORE lnza.
comprend les pièces suivantes. : Date et lieu de naissance : 5 juillet 1977 à Koro.

- 3 exemplaires des statuts ; C ommission de surveillance

- 3 exempla!res du règlement intérieur ; Nom et prénoms: BAKAYOKO Abdoul Dramane.


- 3 exemplaires du procès-verbal de l'assemblée générale constitutive; Date et lieu de naissance : 2 février 1963 à Sinfra.
- 3 exemplaires de la liste des membres fondateurs ;
Nom et prénom : FADIGA Amara.
- 3 exemplaires de la liste du bureau exécutif;
Date et lieu de naissance : 11 février 1969 à Danané.
- 3 exemplaires de la liste de présence légalis.ée.
Nom et prénom : NAMORY Soumahoro.
Le ministre d'Etat, ministre de l'lntérieur et de la Sécurité, en appli-
Date et lieu de naissance : I"' janvier 1948 à Koro S/P Borotou.
cation des dispositions de l'article 37 de la loi n° 60 -3 15 du 21 septem-
bre 1960 relative aux associations, délivrera un récépissé de déclaration, Le soussigné BAKAYOKO Moussa (président) sollicite que la pré-
à l'issue de l'instruction du dossier. sente constitue une demande d'immatriculation au RSC.
Abidjan, le 11 mars 2010. La conformité de la déclaration avec les pièces justificatives produites
Pl le préfet et par délégation
LEGRE Koukougnon, en application de l'acte uniforme sur le droit des sociétés coopératives
secrétaire général de préfecture.
a été vérifiée par le greffier en chef soussigné qui a procédé à l'inscription
le 17 avril 2015 sous le numéro CI-TBA-2015-8-19.
DECLARATION DE CONSTITUTION
Touba, le 17 avril 2015.
DE PERSONNE MORALE
M' TOURE Amidou,
Renseignements relatüs à la personne morale
greffier en chef.
N° RSC CI-TBA-2015-B-19.
Dénomination : société coopérative avec conseil d'administration
COOPRIKO. DECLARATION D E CONSTIT UTION

Sigle : SO.CO COOP-CA. DE P ERSONNE MORALE


Forme de la société : société coopérative simplifiée. R enseig ne ments r elatifs à la personne morale
Capital social: 2.750.000 F CFA. Dénomination : Union des sociétés coopératives d' Appouasso-Soubré.
Dont numéraires: 2.750.000 F CFA. Nom commercial : USOCAS-CA.
Durée de vie : 99 ans. Sigle : USOCAS-CA.
Renseig nements relatüs à l' activité et aux établissements
Adresse du siége : Soubré/ Bianouan.
La coopérative a pour objet en République de Côte d ' Ivoire et à
N' RSC du siège: CI-ABS-2015-8-21.
l 'étranger la production, la collecte, la commercialisation et la transfor-
Forme de la société : société coopérative avec conseil d 'administration.
mation des produits agricoles de ses membres et de sa propre production,
Capital social: 3.600.000 F CFA.
etc.
Associés coopérateurs tenus indéfiniment et personnellement Dont numéraires : 3.600.000 F CFA.
Nom et prénom : DlOMANDE Vako. Durée de vie : 99 ans.
Date et lieu de naissance : 1972 à Touba . R enseignements relatifs à l'activité et a ux établissements
Adresse: 09 312987. La coopérative a pour objet en République de Côte d'ivoire et à

Nom et prénom : KONE Abdoulaye. l'étranger la production et la commercialisation d es produits agricoles


Date et lieu de naissance: 1., janvier 1974 à Koro . de ses membres, etc.
Adresse: 09 43 45 57. Date de début : 20 juillet 2015.
Renseignements relatifs aux dirigeants Principal établissement
Nom et prénom: BAKAYOKO Moussa. Adresse : Soubré/Bianouan.
Date et lieu de naissance : l 0 juillet 1971 à Moako Koro . Origine : création.
Adresse: 09 31 29 87. Renseign ements relatifs aux dirigeants
Fonction : président Nom et prénom : OUATIARA Yaya.
Nom et prénom : SAMASSI Salim. Date et lieu de naissance: 14 avril 1974 à Odienné.
Date et lieu de naissance : 28 juin 1972 à Touba. Adresse : Soubré/Bianouan.
Fonction: président
Adresse: 09 73 74 67.
Fonction : trésorier général. Nom et prénoms : N ' DA Kadjo Lambert.
4 septembre 201.5 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1235

Date et lieu de naissance : 27 février 1972 à Biaka. Renseignements relatifs aux dirigeants
Adresse : Soubré/Bianouan. Nom et prénom : MOUSSA Diarrassouba.
Fonction : vice-président Date -et lieu de naissance : 1968 à Madinani.
Nom et prénom : BILAMAN Tiébinga. Fonction : président
Date et lieu de naissance: 29 mai 1966 à Appouesso/Bianouan. Nom et prénom : Abdoulaye DIARRA.
Fonction: secrétaire général Date et lieu de naissance : 8 mai 1977 à Gueyo.
Nom et prén'om : KASSI Brou.
Fonction : vice-président
Date et lieu de naissance: 2 avril 1977 à Sanhoukro/Ayamé.
Nom et prénom : DIARRASSOUBA Mariam.
Fonction : trésorier général.
Date et lieu de naissance : 7 février 1989 à Madinani.
Conseil de surveillance
Fonction: secrétaire général.
Nom et prénom : COMPAORE Allassane.
Nom et prénom : FANNY Siaka.
Adresse : Soubré/Bianouan.
Fonction : conseil de surveillance. Date et lieu de naissance : 11 mai 1971 à Siansoba.
Fonction : secrétaire général adjoint.
Nom et prénoms : ASSAR Blahoua Georges.
Adresse : Soubré/Bianouan. Nom et prénom : DIARRASSOUBA Mariame.
Fonction : conseil de surveillance. Date et lieu de naissance: 20 avril 1984 à Yopougon.

Nom et prénom : TIDJANE Karim. Fonction : trésorière générale.


Adresse : Soubré/Bianouan. Nom et prénom : KONE Lanciné.
Fonction : conseil de surveillance. Date et lieu de naissance : 18 juin 1969 à Madinani.
Le soussigné OUATTARA Yaya (président) sollicite que la présente
constitue une demande d'immatriculation au RSC. Fonction : trésorier général adjoint
La conformité de la déclaration avec les pièces justificatives produites Nom et prénom : KONE Bazoumana.
en application de J'acte uniforme sur le droit des sociétés coopératives Dale et lieu de naissance : 1946 à Madinani.
a été vérifiée par Je greffier en chef soussigné qui a procédé à l'inscription Fonction : conseiller.
Je 20 juillet 2015 sous le numéro CI-ABS-2015-Mo-23.
Conseil de surveillance
Aboisso, Je 20 juillet 2015.
M< KOUAME N'Goran, Nom et prénom : DIARASSOUBA Lanciné.
greffier en chef.
Date et lieu de naissance : 25 août 1989 à Madinani.
Adresse : 06 41 83 OO.
DECLARATION DE CONSTITU:TION
Fonction : conseil de surveillance.
DE PERSONNE MORALE
Nom et prénom : Drissa DIARASSOUBA.
R enseignements relatifs à la personne morale
Date et lieu de naissance : 1961 à Kafingué.
Dénomination : société coopérative agricole de Madinani.
Adresse : 44 34 90 48.
Sigle : SOCOOPAMA.
Fonction : conseil de surveillance.
Adresse du siège : Madinani.
Nom et prénom : Seydou SANGARE.
N° RSC du siège: CI-ODN-15-B-43.
Date et lieu de naissance : 5 avril 1967 à Tiébala.
Forme de la société : société coopérative avec conseil d'administration.
Adresse : 47 58 02 44.
Capital social: 10.430.000 F CFA.
Fonction : conseil de surveillance.
Dons numéraires: 10.430.000 F CFA.
Commissaires aux comptes
Durée de vie : 99 ans.
Renseignements r elatifs à l'activité et aux établissements Nom et prénom : KONE Abdoulaye.
La coopérative a pour objet en République de Côte d'ivoire et à Date et lieu de naissance: 6 octobre 1994 à Abidjan.
l'étranger la production, la collecte, le conditionnement, l' entreposage, Adresse: 08 33 68 87.
la transformation et la commercialisation des produits de ses membres, Fonction : commissaire aux comptes.
etc.
Nom et prénom : KONE Daouda.
Date de début: 26 janvier 20 15.
Date et lieu de naissance : 11 mai 1978 à Madinani.
Principal établissement
Adresse : 46 06 78 77.
Adresse : Madinani.
Origine : création. Fonction: commissaire aux comptes.
1236 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 14 septembre 2015

Le soussigné Moussa DIARRASSOUBA (président) sollicite que la RECEPISSE DE DECLARATION


présente constitue une demande d ' immatriculation au RSC. D'ASSOCIATION N° 289/MEMIS/DGAT/DAG/SDVA
La conformité de la déclaration avec les pièces justificatives produites
en application de l'acte uniforme sur le droit des sociétés coopératives Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de la Sécurité, confor-
a été vérifiée par le greffier en chef soussigné qui a procédé à! 'inscription mément à la loi n°60-3 I 5 du 21 septembre 1960 relative aux associa-
le 20 janvier 2015 sous le numéro CI-ODN- 15-8-43. tions donne récépissé de déclaration à l'association définie comme suit :
Odienné, le 26 janvier 2015.
M' KOUASSI K. Jacques, "UNION NATIONALE DES ENSEIGNANTS MUSULMANS
greffier en chef. DE COTE D'IVOIRE (UNEMCI)"
attaché des Services judiciaires.
L'association dénommée « UNION NATIONALE DES ENSEI-
GNANTS MUSULMANS DE COTE D 'IVOIRE (UNEMCD » a pour
DECLARATION DE CONSTITUTION
objet de :
DE PERSONNE MORALE
Renseignements relatifs à la personne morale - contribuer au bien-être spirituel, moral et matériel de ses membres ;
Dénomination : société coopérative simplifiée COPAMY. - créer des relations de solidarité, de fraternité et d'unité entre
Sigle : SCOOPS-COPAMY. musulmans du secteur d 'éducation-formation de Côte d'Ivoire;

Adresse du siège : B.P. 2611 Yamoussoukro. - promouvoir la scolarisation et le maintien de la jeune fille à l'école;
N° RSC du siège: CI-TDI-2015-8-009. - contribuer au rayonnement de l'école ivoirienne par la promotion
Forme de la société : SCOOP-S. de la paix, la lutte contre la pauvreté et les mauvaises mœurs ;

Capital social: 1.500.000 F CFA. - promouvoir la création d'établissements islamiques de référence.

Dont numéraires: 1.500.000 F CFA. Siège: Abidjan-Abobo, quartier Avocatier.


Durée de vie : 99 ans. Adresse : 14 B.P. 1700 Abidjan 14.
Renseignements r elatifs à l'activité et aux établissements Président: M. KONE Youssouf.
La coopérative a pour objet en République de Côte d ' i voire et à Abidjan, le 10 août 2015.
l'étranger de collecter, de stocker, de transporter les produits vivriers et Pl le ministre d'Etat et P.D.,
le directeur de Cabinet adjoint,
de rentes et de les mettre à la disposition de ses membres, etc.
chargé de 1'administration du Territoire,
Date de début: 24 avril 2015. Vincent TOHBI lrié.
Principal établissement
Adresse : B.P. 2611 Yamoussoukro. RECEPISSE DE DECLARATION
Origine : création.
D'ASSOCIATION N° 05/P.NIAK/CAB
Renseignements relatifs aux dirigeants
Le préfet du département de Niakara donne récépissé de déclaration
fom et prénoms: N'GORAN Kouassi Mathurin.
Date et lieu de naissance : en 1964 à Duokro/Yamoussouk:ro. à ! 'association définie comme suit, régie par la loi n°60-3 I 5 du 21
Fonction : président septembre 1960 relative aux associations.
Nom et prénoms : BOHOUSSOU Kouadio Victor. " HANDICAPS ET VIE DE LA PETITE ENFANCE
Date et lieu de naissance: 20 juin 1967 à Duokro/Yamoussoukro. en abrégé (HA-VIE)".
Fonction : secrétaire général.
L'organisation non gouverne m e ntal e dénom mée « HANDI-
Nom et prénoms : KOUADIO Yao Thomas.
CAPS ET VIE DE LA PETITE ENFANCE en abrégé (HA-VIE)» a
Date et lieu de naissance : en 1977 à Duokro/Yamoussoukro.
Fonction : trésorier général. pour objet:
Le soussigné N'GORAN Kouassi Mathurin (président) sollicite que - protéger les enfants ;
la présente constitue une demande d'immatriculation au RSC.
- promouvoir les droits de l'enfant;
La conformité de la décl.aration avec les pièces justificatives produites
- encadrer les enfants vivant avec un handicap et leur famille.
en application de l'acte uniforme sur le droit des sociétés coopératives
a été vérifiée par le greffier en chef soussigné qui a procédé à l' inscription Siège : Niakara.
le 24 avn1'2015 sous le numéro CI-TDI-2015-B-009. Président du conseil d'administration: TRAORE Koura.
Toumodi , le 24 avril 2015. M' YAIŒ L.Sylvie Niakara, le 5 mai 2015.
attaché des Services judiciaires YA N'Guessan,
greffier en chef. préfet de grade 1.

lMPRIMERlE NATIONALE DE COTE D'lVOlRE dépôt légal n• 101 882

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