Introduction au droit et
Droit des obligations
Ana-Maria Ilcheva
Maître de conférences en droit privé
[email protected]Descriptif de la matière
• 5 thèmes abordés
Première • Thème 1 : Qu’est-ce que le droit ?
• Thème 2 : Quelles sont les différentes
partie : branches du droit ? / les divisions du droit
• Thème 3 : Quelles sont les différentes
Introduction sources du droit ? D’où vient le droit ?
• Thème 4 : Qu’est-ce qu’une personne au
générale au sens du droit ? Que signifie être sujet de
droit ?
droit • Thème 5 : Comment résout-on les litiges /
différends / conflits en droit ?
Thème 1 : Qu’est-ce que le droit ?
II. La notion
I. La notion
de règle de
de droit
droit
I. La notion de droit
• A. Le droit
• B. Les droits
A. Le droit
• Droit objectif : l’ensemble des règles
de conduite qui régissent les
rapports entre les Hommes
• Ensemble de règles qui composent
le droit, et qui sont, pour la plupart,
contenues dans des codes
B. Les droits
• Droits subjectifs : les prérogatives que le droit reconnaît à un individu ou à un groupe
d’individus et dont ceux-ci peuvent se prévaloir dans leurs relations avec les personnes ou
avec les choses.
• Exemple : le droit de vote, les droits d’un locataire, le droit de propriété…
II. La règle de droit
Règle de conduite sociale
A. La règle de droit et les autres règles sociales
• Règles morales / Règles religieuses / Usages de bienséance, d’éducation, de politesse…
• Parfois, les règles coïncident : ne pas tuer… ne pas voler…
• Mais existence aussi de règles totalement amorales : exemple, obligation de conduire à droite
• À l’inverse, de nombreuses règles morales ou religieuses ne sont pas du tout consacrées par le droit
B. Les caractères de la règle de droit
• Caractère général : la loi doit être la même pour tous ; la règle de droit ne s’applique pas à telle ou telle personne nommément désignée
• Caractère obligatoire : des règles qui obligent ; qui interdisent ; qui reconnaissent un droit ou une liberté aux individus
• Distinction Règles impératives / Règles supplétives (régime matrimonial par exemple)
• Caractère contraignant : idée de contrainte, de sanction, de répression, de réparation du préjudice causé
C. Les finalités de la règle de droit
• Ordre social
• Bien commun
• Sécurité
Thème 2 : Les différentes branches du droit
I. Le droit II. Le droit
national et public et le droit
international privé internes
I. Le droit national (ou interne) et international
Le droit national (ou droit interne) Le droit international
Droit en vigueur dans un État : ensemble des règles S’applique en présence d’un élément étranger dans
qui régissent les rapports sociaux se produisant à une situation juridique donnée (contrat étranger,
l’intérieur d’un pays. personne étrangère).
On peut également parler d’éléments d’extranéité.
Droit public
Droit privé
Ensemble des règles qui Droit international
Ensemble des règles qui Droit international privé
organisent le public
gouvernent les rapports
fonctionnement d’un
des particuliers entre eux Il réglemente les rapports entre
État et qui gouvernent Il réglemente les
ou avec les groupements particuliers lorsqu’il existe un
les rapports de l’État et rapports des États
privés (société, élément d’extranéité.
de ses agents avec les entre eux.
association, etc.)
particuliers
II. Le droit public et le droit privé internes
Droit Le droit des contrats, le droit de la famille, le droit de la
privé responsabilité, le droit commercial, le droit du travail, le
droit de la consommation, le droit bancaire, le droit de la
concurrence, le droit pénal, etc.
Droit Le droit fiscal, le droit administratif, le droit
public constitutionnel, le droit de l’urbanisme, etc.
Thème 3 : Les sources du droit
II. La
I. La diversité des
hiérarchisation des
sources du droit
sources du droit
I. La diversité des sources du droit
• Distinction entre sources formelles et sources informelles
A. Les sources formelles
1. Les sources écrites nationales
• La Constitution (4 octobre 1958, Vème République) : règles relatives à
l’exercice du pouvoir et au fonctionnement des institutions ; principes
de la République : souveraineté nationale, égalité, liberté, laïcité ; droits
et libertés de l’Homme et du citoyen.
• Également dans le « bloc de constitutionnalité », Préambule de la
Constitution ; DDHC 1789 ; Préambule de la Constitution du 27 octobre
1946 ; Charte de l’environnement de 2004 !
• La loi ordinaire : toute règle de droit formulée par écrit, à portée
générale et impersonnelle, établie par l’autorité publique compétente
Élaboration de la loi
• Initiative législative : Premier ministre / Parlementaires
• Projet de loi déposé devant l’AN ou le Sénat
• Étude du texte par une commission spécialisée
• Amendement(s) du texte
• Vote
Promulgation et publication de la loi
• Dans les 15 j suivant le vote de la loi
• Possibilité de saisir le Conseil constitutionnel afin de vérifier la conformité du texte de loi à la Constitution (contrôle a
priori, différent du contrôle a posteriori = QPC)
Degré de force obligatoire de la loi
• Lois impératives / Lois supplétives
Application de la loi dans le temps et dans l’espace
• Potentiels conflits de lois dans le temps
• La loi n’a pas d’effet rétroactif : Art. 2 Code civil : « la loi ne dispose que pour l’avenir ; elle n’a point d’effet rétroactif ».
• Exceptions : lois interprétatives ; lois pénales moins sévères
• Principe de territorialité
Les autres sources nationales
• Les ordonnances : émanent du gouvernement
• Les autres textes réglementaires : décrets et arrêtés ministériels, préfectoraux
et municipaux
2. Les traités internationaux
• Des accords conclus entre deux ou plusieurs États ou organisations
internationales
• Supérieurs aux lois nationales à la double condition qu’ils soient
régulièrement ratifiés et qu’ils soient appliqués par les autres pays
signataires
3. Les sources européennes
Les autorités à l’origine du droit européen
• La Commission européenne
• Le Parlement européen
• Le Conseil européen
Les différentes sources du droit européen
• Le droit primaire :
• 4 traités fondateurs : le traité de Rome de 1957, l’Acte unique européen de 1986, le traité de
Maastricht de 1992 et le traité de Lisbonne de 2009.
• On distingue le TUE (le traité de l’Union européenne) et le TFUE (le traité de fonctionnement de
l’Union européenne).
• Le droit dérivé :
• Règlements : application directe
• Directives : doivent être transposées en droit interne
• Décisions
• Recommandations et avis
B. Les sources informelles
1. La jurisprudence = l’ensemble des décisions rendues par les juridictions
2. La doctrine = l’ensemble des opinions émises par les juristes spécialisés sur un
problème donné
3. Le droit négocié
4. La soft law
5. La coutume
II. La hiérarchisation
des sources du droit
• Quelle règle domine l’autre ?
• Complémentarité / Hiérarchisation
• Pyramide des normes
Thème 4 : Les sujets de droit : les personnes
Personnalité juridique : aptitude à participer au commerce juridique.
Titulaire de droits > sujet de droit actif
Débiteur d’obligations > sujet de droit passif
Personnes physiques : Tous les êtres humains sans exception sont des personnes physiques et
sont dotés de la personnalité juridique.
Personnes morales : Groupements de personnes et de biens
• Personnes morales de droit public : État, communes, régions…….
• Personnes morales de droit privé : sociétés….
I. Les personnes physiques
A. La naissance de la personnalité juridique
• Personnalité juridique acquise du seul fait de la naissance
• Enfant né « vivant et viable »
• Article 725 du Code civil prévoit que pour succéder, il faut exister à l’instant de l’ouverture
de la succession ou, ayant déjà été conçu, naître viable > Application à propos de l’enfant
posthume (né après le décès de son père mais conçu avant > question de la date de
conception)
B. La fin de la personnalité juridique
• Acte de décès > date et heure du décès > fin de la personnalité juridique
• Ou jugement déclaratif de décès ou d’absence > objectif de permettre d’ouvrir la
succession
Les personnes physiques (2)
C. La capacité juridique D. Les incapacités
• L’aptitude à être titulaire de droits et • Les mineurs
d’obligations et à les exercer • Les majeurs protégés : soumis à
• Capacité d’exercice : permet à la des régimes de protection
personne d’exercer elle-même ses différents en fonction de la
droits : vendre un bien, louer, faire une gravité de leur état ou de leur
action en justice situation (sauvegarde de justice,
• Capacité de jouissance : permet à la curatelle, tutelle)
personne de posséder ou d’acquérir des
droits : le droit de propriété, le droit de
vote…
Les personnes physiques (3)
Les éléments d’identification de la personne physique
• Le nom : nom de famille, prénom(s)
• C. civ. art. 57 : « Les prénoms de l'enfant sont choisis par ses père et mère »...
• … « Si le juge estime que le prénom n'est pas conforme à l'intérêt de l'enfant ou méconnaît
le droit des tiers à voir protéger leur nom de famille, il en ordonne la suppression sur les
registres de l'état civil. Il attribue, le cas échéant, à l'enfant un autre prénom qu'il
détermine lui-même à défaut par les parents d'un nouveau choix qui soit conforme aux
intérêts susvisés. Mention de la décision est portée en marge des actes de l'état civil de
l'enfant. »
• Arrêt « Titeuf » 15 février 2012 : la Cour de cassation a considéré que le prénom Titeuf
constitue une atteinte à l’intérêt de l’enfant, qui pourrait subir des moqueries au regard
de la référence faite au personnage de BD populaire.
Autres prénoms refusés
par l’état civil
Nutella
Fraise
Prince William
Mini-Cooper
Griezmann Mbappé…
Les personnes physiques (4)
• Le domicile : le lieu de son principal établissement et généralement son
adresse fiscale
• La nationalité : le lien juridique et politique qui unit une personne à un État
II. Les personnes morales
A. La naissance des personnes morales
• Acte de volonté d’une ou plusieurs personnes (il existe des sociétés pluripersonnelles mais
aussi unipersonnelles)
• Déclaration à l’autorité publique compétente (pour une société, immatriculation au RNE)
B. La fin de vie de la personne morale
• Pour une société,
• Arrivée au terme prévu aux statuts (l’acte constitutif de la société)
• Réalisation de l’objet social (l’activité économique prévue par les statuts)
• Dissolution – liquidation – radiation du RNE
• Faillite (liquidation judiciaire)
Les personnes morales (2)
C. La capacité juridique des personnes morales
• Réaliser leurs activités indépendamment de leurs membres
• Avoir un patrimoine propre et distinct
• Identité propre qui permet à la personne morale d’avoir des droits qui
lui sont propres : agir en justice, être propriétaire, passer des
contrats, etc.
• Particularités de la capacité des personnes morales
• Capacité moins étendue : application du principe de spécialité
• Exercice par un intermédiaire (généralement le dirigeant)
Les personnes morales (3)
D. L’identification des personnes
morales
•La dénomination sociale : le nom de la société
•Le siège social : le domicile de la société
•Le numéro d’identification
Thème 5 : La résolution des
litiges
I. La résolution des litiges par le
juge
II. La résolution amiable des litiges
III. Le recours à l’arbitrage
IV. Le recours à la convention
judiciaire d’intérêt public
I. La résolution des litiges par le juge
A. LE JUGE CIVIL B. LE TRIBUNAL DE C. LE CONSEIL DE
COMMERCE PRUD’HOMMES
A. La résolution des litiges par le juge civil
Obtenir l’exécution des obligations contractuelles, ou une indemnisation financière sous forme de dommages et
intérêts
Loi de programmation et de réforme de la justice, du 23 mars 2019 : compétence exclusive du tribunal judiciaire
1. Litige inférieur à 5 000 euros : recherche d’un accord amiable préalable obligatoire
• Le montant du litige est déterminé par le montant total des demandes (remboursement d’un bien ou d’une somme, attribution de dommages et
intérêts…).
2. Juge des contentieux de la protection : pour les actions relatives au crédit à la consommation, au
surendettement, aux baux d’habitation…
3. Obligation de représentation par un avocat devant le tribunal judiciaire, sauf exceptions
4. La saisine du tribunal judiciaire : par requête ou par assignation
• La requête : litiges inférieurs à 5 000 €
• L’assignation : lorsque le montant de la demande excède 5 000 €
5. La procédure de référé, pour aller vite
B. La résolution des litiges par le tribunal de
commerce
Litiges en matière commerciale
Particularité : juges professionnels des affaires
Litiges entre commerçants, artisans, établissements de crédit ou entre commerçants et particuliers
(les particuliers peuvent décider de choisir le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce)
Litiges entre sociétés commerciales
Litiges concernant les actes de commerce : Action d'acheter et de revendre et les procédures
collectives (entreprise en difficulté)
C. La résolution des litiges par le Conseil de
prud’hommes
Litiges individuels nés à l’occasion d’un contrat de travail de droit privé
Conciliation des parties et, à défaut, du jugement des affaires
Si urgence, action en référé
Compétence en fonction de l’implantation territoriale et de l’activité principale
de l’employeur
II. La résolution amiable
des litiges
• A. La conciliation
• B. La médiation
• C. La procédure participative
A. La conciliation
Résoudre un litige entre plusieurs personnes grâce à l’intervention d’un tiers : le conciliateur de justice.
Conciliateur assermenté et bénévole
Pour être recruté, envoyer une lettre de motivation au magistrat coordonnateur de la protection et de la conciliation de
justice du tribunal judiciaire où la personne souhaite exercer cette fonction
Conciliation conventionnelle : à la demande d’une partie
Conciliation judiciairement ordonnée (par le juge)
Procédure gratuite
Accord pouvant être homologué par le juge
B. La médiation
Médiation conventionnelle
Médiation judiciaire
Le médiateur n’est pas un juge, il ne tranche pas le litige, mais il aide les parties à trouver une solution
Médiateur rémunéré (contrairement au conciliateur) par les parties.
•En matière conventionnelle, le montant est fixé par le médiateur. En matière judiciaire, il est fixé par le juge à l’issue de la médiation. Dans l'hypothèse où une partie bénéficie
de l'aide juridictionnelle, la rémunération du médiateur peut être supportée par l'État
L’activité de médiateur n’est pas réglementée (comme l’est par exemple celle du juge ou de l’avocat). Certains organismes forment et délivrent
des diplômes ou certificats de médiateur. Les médiateurs en matière civile, sociale et commerciale peuvent demander leur inscription sur les
listes des médiateurs établies par les cours d’appel.
Ici aussi, homologation possible
C. La procédure participative
Contrat qui engage les parties à tenter de régler le litige à l’amiable avant toute saisine du juge
Durée limitée
Assistance obligatoire d’un avocat
Si accord total : rédaction d’un protocole d’accord
Si accord partiel : les parties peuvent saisir le juge pour lui demander d’homologuer les points d’accord et de
trancher les points de désaccord
Si échec : saisine du juge
III. Le recours à l’arbitrage
• Procédure juridictionnelle, privée et confidentielle
• Intervention d’un arbitre ou d’un tribunal arbitral indépendant et
impartial
• Juste confidentielle, plus rapide, procédure flexible, mais coûts très
élevés
À retenir sur l’arbitrage
L'arbitrage est une procédure consensuelle
Les parties choisissent le ou les arbitres
L'arbitrage est neutre
L'arbitrage est une procédure confidentielle
La décision du tribunal arbitral est définitive et facile à exécuter
IV. Le recours à
la convention
judiciaire
d’intérêt public
Un bon accord vaut mieux
qu'un mauvais procès… ?
La CJIP qu’est-ce que ?
• Introduite par la loi « Sapin 2 » de 2016
• Domaines : corruption, blanchiment, fraude fiscale… et désormais CJIP environnementale !
• Inspiration américaine : autorise les entreprises à passer un accord afin d’obtenir l’extinction des poursuites
qui pèsent sur elles en échange du règlement de sanctions financières.
• La procédure a pour effet d’éteindre l’action publique si la personne morale mise en cause exécute les
obligations auxquelles elle s’est engagée dans la convention. Ces obligations, alternatives ou cumulatives,
peuvent consister :
• dans le versement d’une amende d’intérêt public à l’Etat, dont le montant ne peut excéder 30% du chiffre d’affaires moyen
annuel ;
• dans la mise en œuvre, sous le contrôle de l’AFA, d’un programme de mise en conformité de ses procédures de prévention et
de lutte contre la corruption, pour une durée maximale de 3 ans ;
• dans la réparation du dommage de la victime.
• Proposée par le procureur de la République et acceptée par la personne morale, elle doit faire l’objet d’une
validation par le juge lors d’une audience publique. La convention et la décision de validation sont publiées
sur le site internet de l’AFA.
• Exemples : https://www.agence-francaise-anticorruption.gouv.fr/fr/convention-judiciaire-dinteret-public
CJIP 16 juin 2022
Note salée pour
McDo : 508
millions d’euros !
+ pénalités dues à
l’administration fiscale à
hauteur de 737 millions,
soit un montant total de
près de 1,3 milliard
d’euros
Bilan 5 années de CJIP
En cinq ans, les CJIP ont fait verser aux entreprises plus de 3,7 milliards
d’euros d’amendes.
A l’exception de McDonald’s, toutes les autres sociétés, en 2022, ont eu
à payer des sommes inférieures aux amendes maximales qui pouvaient
être prononcées.
Si les amendes maximales avaient été prononcées à chaque fois, le
total aurait atteint 110 milliards d'euros.
Fin de la première
partie du cours
Deuxième • 4 thèmes abordés
partie : • Thème 1 : Introduction au droit des contrats
/ Principes fondateurs du droit des contrats
Droit des
• Thème 2 : La formation du contrat
• Thème 3 : Les effets du contrat
obligations • Thème 4 : L’inexécution du contrat
• « Obligation » : lien de droit entre deux
personnes en vertu duquel l’une d’elles, le
créancier, peut exiger de l’autre, le débiteur,
une prestation ou une abstention
Thème 1 : • Acte juridique : manifestation de volonté
Introduction accomplie en vue de produire des effets de
droit
au droit des • Acte juridique unilatéral (ex. testament) ou
contrats bilatéral (ex. contrat)
• I. Généralités sur le contrat
• II. Les principes fondateurs du droit des
contrats
I. Généralités sur le contrat
A. La définition du contrat B. Les caractéristiques du contrat
A. La définition du contrat
• Acte juridique qui est l’œuvre de la volonté des parties
• Art. 1101 C. civ. : Un accord de volontés entre deux ou plusieurs
personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des
obligations.
• Contenant : le contrat correspond à l’écrit qui matérialise
formellement l’accord de volonté.
• Contenu : correspond à l’accord de volonté lui-même entre les
contractants
B. Les caractéristiques du contrat
Formation du contrat Contenu du contrat Exécution du contrat
Contrat consensuel : se forme Contrat synallagmatique : donne naissance à Contrat à exécution instantanée : l’avantage
uniquement par l’accord de volonté des obligations à la charge des deux parties procuré au créancier se produit à un instant,
Contrat solennel : nécessite en plus de Contrat unilatéral : donne naissance à une en une fois
l’accord de volontés, l’accomplissement de obligation à la charge d’une seule partie Contrat à exécution successive : l’avantage
formalités procuré au créancier s’échelonne dans le
Contrat réel : nécessite en plus de l’accord temps
de volontés, la remise d’une chose
Contrat de gré à gré : clauses du contrat Contrat à titre gratuit : une partie procure un Contrat commutatif : connaissance des
librement discutées par les parties avantage à l’autre sans contrepartie obligations réciproques des parties dès la
Contrat d’adhésion : clauses du contrat Contrat à titre onéreux : existence d’une conclusion du contrat
rédigées à l’avance par l’une des parties contrepartie pour chaque partie du contrat Contrat aléatoire : obligations réciproques
des parties incertaines lors de la conclusion
du contrat (ex : contrat de rente viagère)
Attention ! Un même contrat appartient obligatoirement à
plusieurs catégories juridiques:
• Exemple du contrat de vente d’un bien meuble :
Le contrat de vente d’un bien meuble est un contrat consensuel (formation – mais il est également conclu de
gré à gré), il est synallagmatique (contenu – mais est également à titre onéreux) et à exécution instantanée
(exécution – mais il est également commutatif).
• Exemple du contrat de donation :
Le contrat de donation est un contrat solennel (acte notarié), de gré à gré, unilatéral, à titre gratuit, à
exécution instantanée et commutatif.
II. Les principes fondateurs du droit des
contrats
la liberté
la force
contractuelle
obligatoire (B)
(A)
la bonne foi
(C)
A. La liberté contractuelle
Article 1102 du Code civil : Chacun est libre de contracter ou de ne pas contracter, de choisir son
cocontractant et de déterminer le contenu et la forme du contrat dans les limites fixées par la loi. La
liberté contractuelle ne permet pas de déroger aux règles qui intéressent l'ordre public.
3 caractéristiques :
• la liberté de contracter ou de ne pas contracter,
• la liberté de choisir la personne de son cocontractant et
• la liberté des contractants de choisir la forme et le contenu du contrat.
Limites à ces principes…
CARACTÉRISTIQUES DE LA LIBERTÉ CONTRACTUELLE LIMITES FIXÉES PAR DES RÈGLES D’ORDRE PUBLIC
Liberté de contracter ou de ne pas contracter Deux limites à ce principe :
- Certains contrats sont imposés (ex : le conducteur doit assurer son
véhicule)
- Certains contrats sont interdits car ils sont contraires à l’ordre
public.
Liberté de choisir la personne de son cocontractant Le choix est parfois limité. En principe, il est par exemple interdit à un
commerçant de refuser la vente d’un produit à un consommateur.
Liberté des cocontractants de choisir la forme et le contenu du contrat - La forme de certains contrats est encadrée. Par exemple, la
donation qui est un contrat solennel doit être établie au moyen
d’un acte notarié.
- Le contenu du contrat est parfois encadré soit par le biais de
clauses imposées par la loi (ex : en matière de crédit, la loi impose
des clauses d’information du consommateur), soit par le biais de
clauses interdites. En effet, certaines clauses abusives sont
simplement interdites.
B. La force obligatoire
• Art. 1103 du Code civil : les contrats légalement formés tiennent lieu
de loi à ceux qui les ont faits.
• « La loi des parties »
• Le contrat s’impose donc aux contractants, mais aussi au juge
À l’égard des parties À l’égard du juge
Principe - Loi des parties : respect de la parole donnée dans le contrat En cas de litige portant sur un contrat, le juge doit résoudre
- Intangibilité du contrat : Interdiction de la modification la difficulté en se fondant sur les clauses du contrat. Le juge
unilatérale du contrat. ne peut pas en interprétant le contrat le dénaturer ou
modifier la portée des clauses claires et précises.
Exceptions Dispositif légal de révision (du contrat) pour imprévision (art. Dans les contrats d’adhésion, le juge peut écarter les
1195 du Code civil) : Attention article supplétif de volonté ! clauses créant un déséquilibre significatif dans les droits et
Si un changement de circonstances imprévisible lors de la obligations des parties.
conclusion du contrat rend l'exécution excessivement onéreuse
pour une partie qui n'avait pas accepté d'en assumer le risque, En cas d’imprévision, le juge peut réviser le contrat ou y
celle-ci peut demander une renégociation du contrat à son
mettre fin à la demande de l’une des parties et à défaut
cocontractant. Elle continue à exécuter ses obligations durant la
renégociation. d’accord avec son cocontractant.
En cas de refus ou d'échec de la renégociation, les parties
peuvent convenir de la résolution du contrat, à la date et aux
conditions qu'elles déterminent, ou demander d'un commun
accord au juge de procéder à son adaptation.
A défaut d'accord dans un délai raisonnable, le juge peut, à la
demande d'une partie, réviser le contrat ou y mettre fin, à la
date et aux conditions qu'il fixe.
C. La bonne foi
• Article 1104 du Code civil : Les contrats doivent être négociés, formés
et exécutés de bonne foi. Cette disposition est d’ordre public.
• Principe général de loyauté régissant les relations contractuelles.
• Bonne foi lors de la formation du contrat
• Bonne foi lors de l’exécution du contrat
Thème 2 : La formation du contrat
II. Les sanctions
I. Les conditions
des conditions de
de formation du
formation du
contrat
contrat
I. Les conditions de formation du contrat
A. Le consentement B. La capacité C. Le contenu licite et
des parties certain
1. La
rencontre des
volontés
A. Le consentement
des parties
2. Les vices du
consentement
1. La rencontre des volontés
• Échange de consentements
• Rencontre de l’offre et de l’acceptation :
• L’offre est une proposition de contracter suffisamment ferme et précise pour que son acceptation suffise à
former le contrat. Elle peut être expresse (par exemple : une annonce précise) ou tacite (par exemple : le
simple fait de proposer des produits en rayon).
• L’acceptation se définit comme la manifestation de volonté par laquelle une personne donne son accord à
l’offre qui lui est faite. Elle peut être expresse ou tacite.
La rencontre de l’offre et de l’acceptation est
intimement liée à la force obligatoire du contrat :
Offre Acceptation
Pour permettre la formation du contrat, l’offre doit Pour permettre la formation du contrat,
être : l’acceptation doit :
- Ferme : elle ne doit pas être assortie de - Concorder parfaitement aux conditions de
réserves explicites ou implicites l’offre, sinon il s’agit d’une « contre-offre ».
- Précise : elle doit contenir tous les éléments - Exprimer clairement la volonté d’accepter
essentiels du contrat (le prix, la chose, etc.). l’offre.
Si ces éléments sont réunis : FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT
Le contrat est formé dès l’émission de l’acceptation (art. 1118 du Code civil)
Encore faut-il que l’acceptation soit reçue !
2. Les vices du consentement
Exigence de consentements libres et éclairés ! = exempts de vices
Si consentement vicié, nullité du contrat !
Trois vices du consentement
• L’erreur
• Le dol
• La violence
L’erreur
• L’erreur est constituée lorsque le contractant s’est trompé sur les
qualités essentielles de la chose ou de la prestation en considération
desquelles les parties ont contracté.
• L’erreur sur la personne est aussi admise dans les contrats conclus
intuitu personae (en considération de la personne).
• L’erreur doit être déterminante ; et l’autre partie devait savoir
l’importance essentielle que la victime de l’erreur attachait à la
qualité défaillante.
• L’erreur ne peut pas porter sur la valeur de la prestation !
• Exclusion des erreurs grossières
Le dol
• Le dol est constitué de manœuvres émanant du cocontractant destinées à
tromper l’autre contractant pour le pousser à conclure le contrat.
• Les manœuvres peuvent consister dans des actes, dans des mensonges ou
dans le silence coupable gardé par l’un des cocontractants sur un point
important du contrat (= réticence dolosive).
• Le dol doit être déterminant : sans les manœuvres, le contractant n’aurait
pas conclu le contrat ou l’aurait conclu à d’autres conditions
• Le dol doit volontaire : une véritable intention de nuire doit exister
• Le dol doit être prouvé
La violence
• Violence au sens général du terme = une contrainte physique ou
morale exercée sur le cocontractant pour le forcer à conclure le
contrat
• Violence économique : Il y a violence économique lorsqu’un
contractant en position de force exploite abusivement la situation
de dépendance ou de nécessité dans laquelle se trouve son
cocontractant pour obtenir de lui un contrat qu’il n’aurait pas conclu
en l’absence d’une telle contrainte, et en tire un avantage
manifestement excessif.
B. La capacité de contracter
• Exigence de consentement lucide
• Elle désigne l’aptitude d’une personne à être titulaire de droits
(capacité de jouissance) et à les exercer (capacité d’exercice) > Renvoi
à la première partie du cours
C. Le contenu licite et certain du contrat
1. L’objet de l’engagement = objet de l’obligation
• Possible : il ne doit pas y avoir une impossibilité absolue de réaliser l’objet de l’engagement.
• Licite : conforme à l’ordre public
• Déterminé ou déterminable
2. La rationalité de l’obligation
• Contrepartie : la raison immédiate de l’engagement d’un contractant / toujours la même en
fonction du type de contrat. Dans les contrats bilatéraux, la contrepartie est toujours l’objet
de l’obligation de l’autre partie.
• But du contrat : le mobile déterminant pour lequel le contractant s’engage. Il sera différent en
fonction de chaque situation de fait, il dépend des contractants, il est subjectif
À cela s’ajoute…
3. Le caractère juste de l’engagement
Article 1169 du Code civil : « Un contrat à titre onéreux est nul
lorsque, au moment de sa formation, la contrepartie convenue
au profit de celui qui s'engage est illusoire ou dérisoire ».
Article 1170 du Code civil selon lequel « toute clause qui prive
de sa substance l’obligation essentielle du débiteur est réputée
non écrite ».
• Obligation essentielle : l’obligation sans laquelle le contrat n’aurait aucun
sens. Ex. Arrêt Chronopost
II. Les sanctions des • Nullité : sanction qui vise à anéantir rétroactivement un
conditions de contrat entaché d’une irrégularité dès sa formation. Peut
donner lieu à des restitutions
formation du contrat
Nullité absolue Nullité relative
Intérêt protégé Protège l’intérêt général. Elle s’applique à Protège un intérêt particulier. Elle s’applique
l’inexistence ou au caractère dérisoire de la aux vices du consentement et au défaut de
contrepartie ou à l’illicéité du but du contrat capacité de l’une des parties.
Conditions Dans ce cas, toute personne peut demander la Seule la partie protégée peut demander la
nullité du contrat. L’action se prescrit par 5 ans. nullité du contrat. L’action se prescrit par 5 ans.
La régularisation du contrat est impossible. On peut dans cette hypothèse régulariser le
contrat. Ce système s’appelle la « confirmation
du contrat ».
Effets - Le contrat est censé n’avoir jamais existé
- La nullité agit rétroactivement
- Exception à la rétroactivité : contrats à exécution successive
Le contrat qui respecte les conditions de
formation doit être exécuté par les parties.
Il crée, à l’égard des tiers, une situation
Thème 3 : juridique que ceux-ci ne peuvent ignorer.
Les effets I. Les obligations contractuelles
du contrat
II. Les personnes obligées d’exécuter le
contrat
I. Les obligations contractuelles
B.
A. Le contenu du
L’interprétation
contrat
du contrat
A. Le contenu du contrat
1. Les obligations 2. Les obligations
voulues par les imposées aux
parties parties
1. Les obligations voulues par les parties
Obligation de résultat Obligation de moyens
Critères de Le créancier a un rôle passif et il n’y a pas Le créancier a un rôle actif et il peut exister un
distinction d’aléa. aléa.
Exemples L’obligation de payer une somme d’argent L’obligation qui pèse sur le médecin (aléa
L’obligation de sécurité d’un transporteur inhérent à l’art médical)
Nb : le créancier n’a rien à faire ici L’obligation de l’avocat de gagner un procès
Obligation de résultat / Obligation de moyens
En principe, les prestations de ne pas faire sont toujours des obligations de résultat. Celui
qui s’oblige à ne pas faire concurrence à un de ses anciens associés s’engage à un résultat.
La situation est beaucoup plus complexe s’agissant des obligations de faire.
• Le premier critère est celui de la volonté des parties. Pour déterminer si l’obligation inexécutée est de moyens
ou de résultat, le juge devra scruter les stipulations du contrat pour déterminer ce qui a été réellement promis.
• Le deuxième critère qui peut aider le juge est le caractère plus ou moins aléatoire de l’obtention du résultat :
Plus la part d’aléa dans l’obtention du résultat est grande, plus le juge aura tendance à classer l’obligation dans la
catégorie des obligations de moyens.
• Enfin, la jurisprudence s’attache aussi au pouvoir d’initiative du créancier et du débiteur. Plus le pouvoir
d’initiative du créancier est grand, plus la tendance est à la qualification d’obligation de moyens (exemple :
jurisprudence sur les télésièges).
2. Les obligations imposées aux parties
• Obligations contractuelles implicites
• Obligation précontractuelle d’information, article 1112-1 du Code civil
• Obligation de sécurité (transport, manège forain, restauration,
activité sous-marine…)
B. L’interprétation du contrat
• Les clauses du contrat sont claires et précises. Dans ce cas, le juge
doit statuer à l’occasion d’un litige en respectant les termes du
contrat sans le dénaturer (en vertu du principe de la force
obligatoire!)
• Le contrat comporte des clauses obscures, incomplètes ou absurdes.
Le juge peut alors interpréter le contrat, mais en recherchant ce que
les parties ont voulu, leur « commune intention ».
II. Les personnes obligées d’exécuter le
contrat
A. L’effet obligatoire du contrat et les tiers
• Principe de l’effet relatif du contrat : un tiers n’est pas lié par le contrat et ses effets
• Le contrat ne crée d’obligations qu’entre les parties contractantes
B. L’opposabilité du contrat et les tiers
• En vertu de l’effet relatif du contrat, l’inexécution d’une obligation contractuelle n’affecte
normalement que les contractants.
• À la différence des parties, les tiers n’ont pas à exécuter la ou les prestations promises dans le
contrat. En revanche, ils sont tenus de s’abstenir de tout comportement qui pourrait faire
obstacle à la bonne exécution du contrat par les parties.
• Il arrive parfois que le contrat ait aussi une incidence sur les tiers.
• Ce sont les deux hypothèses d’opposabilité aux tiers et par les tiers. >>>
Principe Exemples
Opposabilité du contrat par Possibilité pour le tiers d’opposer le Une personne engage un entrepreneur
les tiers contrat aux parties quand il subit un pour refaire sa piscine. L’entrepreneur
préjudice du fait de l’inexécution du attend la livraison d’une machine pour
contrat. commencer les travaux. La machine
n’arrive pas. Dans ce cas, il y a un
Dans ce cas, le cocontractant fautif contrat entre l’entrepreneur et le
engage sa responsabilité civile fournisseur de la machine. >>> Le
délictuelle. propriétaire de la future piscine peut
agir en responsabilité civile délictuelle
contre le fournisseur.
Opposabilité du contrat face Possibilité pour le tiers de se voir Une entreprise incite un salarié à
aux tiers opposer le contrat lorsqu’il cause un rompre son contrat de travail qui le lie à
préjudice à l’une des parties une autre entreprise pour être engagé
contractantes en se rendant complice chez lui. >>> Ici l’entreprise qui
d’une inexécution du contrat. employait le salarié peut agir en
responsabilité civile délictuelle contre
Le tiers peut engager sa responsabilité l’autre entreprise (tiers au contrat).
civile délictuelle.
Point sur la notion de
responsabilité civile
La responsabilité civile
La responsabilité civile répare les dommages. La responsabilité pénale sanctionne les
comportements infractionnels.
Au sein de la responsabilité civile, distinction entre responsabilité délictuelle et
responsabilité contractuelle. PAS DE CUMUL ENTRE LES DEUX!!!!
• Responsabilité délictuelle (preuve d’une FAUTE, d’un PRÉJUDICE et d’un LIEN DE CAUSALITÉ entre les
deux) :
• ARTICLE 1240 DU CODE CIVIL : “TOUT FAIT QUELCONQUE DE L’HOMME, QUI CAUSE À AUTRUI UN
DOMMAGE, OBLIGE CELUI PAR LA FAUTE DUQUEL IL EST ARRIVÉ À LE RÉPARER”
• Responsabilité contractuelle (preuve d’une INEXÉCUTION CONTRACTUELLE) :
• ARTICLE 1231-1 DU CODE CIVIL : “LE DÉBITEUR EST CONDAMNÉ, S'IL Y A LIEU, AU PAIEMENT DE
DOMMAGES ET INTÉRÊTS SOIT À RAISON DE L'INEXÉCUTION DE L'OBLIGATION, SOIT À RAISON DU
RETARD DANS L'EXÉCUTION, S'IL NE JUSTIFIE PAS QUE L'EXÉCUTION A ÉTÉ EMPÊCHÉE PAR LA FORCE
MAJEURE”
Thème 4. L’inexécution du contrat
• De très nombreuses sanctions sont prévues par le Code civil en cas
d’inexécution du contrat.
• Article 1217 C. civ. :
La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté, ou l'a été
imparfaitement, peut :
- refuser d'exécuter ou suspendre l'exécution de sa propre obligation ;
- poursuivre l'exécution forcée en nature de l'obligation ;
- obtenir une réduction du prix ;
- provoquer la résolution du contrat ;
- demander réparation des conséquences de l'inexécution.
Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ;
des dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter.
I. L’exception d'inexécution, art. 1219 C. civ.
• L’exception d’inexécution ne peut s’appliquer que dans les contrats
synallagmatiques.
• Elle suppose une inexécution suffisamment grave de son engagement par le
débiteur.
• Entraîne une suspension de l’exécution des obligations contractuelles (le contrat
demeure !). Cette suspension du contrat doit être notifiée par le créancier à son
débiteur.
• ATTENTION : puisque le contrat est « seulement » suspendu, si le débiteur
s’exécute, le créancier devra faire de même !
II. L’exécution forcée, art. 1221 C. civ.
Mise en
demeure de Décision
s’exécuter d’injonction
À moins que l’exécution ne soit
Saisine du juge impossible, ou que son coût soit
disproportionné pour le
débiteur. Dans ce cas,
versement de dommages et
intérêts
III. La réduction du prix, art. 1223 C. civ.
• Face à un débiteur qui a exécuté imparfaitement le contrat, la loi offre
au créancier, après mise en demeure, la possibilité de recourir à la
sanction de la réduction du prix sans devoir saisir le juge.
• Ainsi, l’agriculteur qui s’est engagé à livrer 1000 tonnes de blé mais
qui n’a été payé que 500 sur les 1000 prévus pourrait réduire la
quantité à livrer à 500, considérer que le contrat a été exécuté, et
livrer immédiatement les 500 qui lui reste à un tiers.
IV. La résolution du contrat, art. 1224 C. civ.
• Anéantissement du contrat destiné à sanctionner l’inexécution du
contrat.
• Le créancier qui est victime de l’inexécution du contrat dispose d’une
option entre 3 modes de résolution :
• La résolution unilatérale (par notification)
• La résolution contractuelle (clause résolutoire)
• La résolution judiciaire
A. La résolution unilatérale (par notification)
Le créancier va décider seul de rompre le contrat
Inexécution grave du contrat
Décision motivée
« Aux risques et périls du créancier »
Procédure :
• Le créancier doit d’abord mettre en demeure le débiteur d’exécuter dans un délai raisonnable. Dans cette mise en demeure, il
doit préciser que, faute d’exécution dans le délai, il sera en droit de provoquer la résolution.
• Si le débiteur n’a pas corrigé l’inexécution, le créancier notifiera la résolution qui prendra effet à la date de réception de la
notification par le débiteur. Il doit nécessairement motiver sa décision, avant même la contestation éventuelle du débiteur.
• Le débiteur pourra en effet contester la procédure à tout moment, c’est-à-dire soit après avoir reçu la mise en demeure, soit
après avoir reçu la notification.
• Le contrôle du juge s’exercera donc a posteriori. Si le juge estime que les conditions de la résolution n’étaient pas réunies, il
pourra condamner le créancier au versement de dommages et intérêts, voire le contraindre à reprendre le cours des relations
contractuelle si c’est encore possible.
B. La mise en œuvre de la clause résolutoire
• Résolution contractuelle : clause insérée dans le contrat
• ATTENTION : aucune condition de gravité n’est exigée pour mettre en
œuvre une clause résolutoire.
• La résolution n’est pas automatique. Le créancier doit toujours mettre
en demeure le débiteur et mentionner expressément la clause
résolutoire insérée dans le contrat.
C. La résolution judiciaire
Contrats synallagmatiques. Exception : contrat d’assurance où la sanction est la déchéance : l’assuré est déchu de
l’assurance s’il ne respecte pas ses obligations, comme le paiement de la prime ou l’obligation de déclarer le sinistre
dans un certain délai.
Exceptionnellement, contrats unilatéraux inclus dans le domaine de la résolution. Les contrats unilatéraux qui sont
inclus dans le domaine de la résolution sont ceux dont l’économie se rapproche d’un contrat synallagmatique. Il en va
ainsi par exemple du prêt à intérêts
• Attention : le prêt est un contrat synallagmatique lorsqu’il est consenti par un établissement de crédit et un contrat unilatéral lorsqu’il est consenti
par toute autre personne. Dans cette dernière hypothèse, le prêt est réel, ce qui signifie qu’il n’est formé que par la remise de la chose par le
prêteur. La remise de la chose n’est donc pas considérée comme une obligation du prêteur, mais comme une condition de validité du contrat.
Il faut une inexécution suffisamment grave.
Procédure :
• Demande en justice (car résolution judiciaire)
• Pour éviter la résolution, le débiteur peut proposer l’exécution du contrat à tout moment, même au cours du procès
• Le juge dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation quant à la réunion des conditions de fond nécessaires au prononcé de la résolution. Il peut :
prononcer la résolution / ordonner l’exécution du contrat en accordant un délai au débiteur et allouer au créancier des dommages et intérêts… d’où
l’intérêt d’insérer une clause résolutoire dans le contrat.
V. La responsabilité contractuelle, art. 1231 et
s. C. civ.
• Peut se cumuler à la résolution ou à l’exécution forcée par exemple
• Elle consiste à permettre au créancier d’obtenir des dommages et
intérêts du débiteur afin que celui-ci répare le préjudice qu’il lui a
causé en n’exécutant pas ou en exécutant mal le contrat qui les liait
• A. Les conditions de la responsabilité contractuelle
• B. Les causes d’exonération de la responsabilité contractuelle
A. Les conditions de la responsabilité
contractuelle
1. Le préjudice
• Préjudice réparable
• Certain : actuel ou futur
• Direct
• Prévisible : L’idée est que le contrat est un instrument de prévision. En s’engageant, un débiteur doit donc pouvoir
mesurer les risques auxquels il s’expose s’il venait à ne pas exécuter. La prévisibilité du préjudice s’entend ainsi aussi
bien de sa cause que de sa quotité.
• Ainsi, le transporteur connaît les causes les plus fréquentes de dommages qui peuvent affecter la chose qu’il
transporte : détérioration ou perte. Reste que le seul fait qu’il connaisse la cause des préjudices ne suffit pas à le
rendre responsable de l’intégralité du dommage subi par la victime.
• Encore faut-il que la quotité du préjudice, c’est-à-dire son ampleur, ait également été prévisible lors de la conclusion
du contrat. Par conséquent, le transporteur, qui ignorait la valeur élevée du colis qui lui a été confié, ne réparera le
préjudice de la victime qu’à la hauteur de la valeur habituelle d’un colis de taille et de dimension similaire.
• L’idée est de dire que si le transporteur avait été informé de la valeur réelle de la chose, il n’aurait pas accepté de la
transporter, ou il aurait demandé un prix plus élevé afin d’obtenir la rémunération du risque encouru et de
compenser le coût de l’assurance qu’il aurait par ailleurs contractée.
2. Le fait générateur
• L’inexécution contractuelle
• Obligation de résultat : le créancier n’a donc pas à démontrer la faute du
débiteur ; il doit simplement démontrer que le résultat promis n’a pas été
atteint. Mais le débiteur peut échapper à sa responsabilité en démontrant
qu’il n’a pas commis de faute.
• Obligation de moyens : puisque le débiteur n’a pas promis qu’il obtiendrait
le résultat, sa responsabilité ne peut être engagée du seul fait de l’absence
du résultat. Le créancier doit donc démontrer que le débiteur n’a pas mis
en œuvre les moyens adéquats pour parvenir au résultat.
3. Le lien de causalité
B. Les causes d’exonération de la
responsabilité contractuelle
• Cause étrangère
Définition Règle Exemples
La force majeure La force majeure est un événement Si ces 3 conditions sont réunies, le Un incendie, une inondation, la
échappant au contrôle du débiteur, débiteur est exonéré de sa responsabilité grève dans certains cas et la
imprévisible et dont les effets ne peuvent civile contractuelle. maladie…
être évités.
Le fait d’un tiers Le dommage subi par le créancier trouve ici Si le fait du tiers présente les caractères Un voyageur déclenche l’alarme
son origine dans le fait d’un tiers, c’est-à-dire de la force majeure, le débiteur est dans le train et blesse ainsi un
d’une personne qui n’est pas partie au exonéré totalement de sa responsabilité. autre voyageur. La SNCF,
contrat. Sinon, le débiteur est exonéré responsable, sera partiellement
partiellement (partage de responsabilité exonérée de sa responsabilité.
entre le débiteur et le tiers).
Le fait d’un Le dommage subi par le créancier trouve son Mêmes règles que pour le fait d’un tiers. Un voyageur descend du train en
créancier origine dans un fait du créancier lui-même. marche et se blesse. La SNCF,
responsable, sera partiellement
exonérée de sa responsabilité.
Exemple : JP sur
les télésièges
• Phases d’embarquement et de
débarquement : obligation de sécurité
du transporteur = obligation de
moyens (lors de ces phases, le
créancier, donc le passage, a en effet
une grande part d’initiative puisqu’il
doit se positionner et effectuer les
gestes adéquats au bon moment)
• Phase de transport : l’obligation de
sécurité du transporteur est de
résultat
• Quant à l’obligation de sécurité de
l’exploitant d’un téléski, elle est de
moyens pendant toute la durée du
transport, le créancier étant actif à
tout moment !
Fin de la seconde
partie
Merci ! Et si questions…
[email protected]