Période de stage : du 01 MARS 2024 au 30 MARS 2024
o Encadré par : Mr. LAMRANI Hicham
o Réalisé par : OMAR LKOURD
o Section : Technicien Spécialise En Systèmes Et Réseaux
Informatiques
o Lieu de stage : Librairie et Papetrie Alisrae
o
Promotion : 2023/2024
ESIAS AZROU
Remerciements
Je voudrais tout d’abord remercier mon encadrante, M. hicham lamrani, pour
ses bons conseils et sa patience.
Je tiens également à remercier le directeur de la Bibliothèque Alisrae,
Monsieur Mohamed Lamrani, ainsi que celui de l’Ecole ESIAS, Monsieur
Driss Bouzhir qui ont eu l’amabilité de soutenir ce travail.
Je remercie aussi le jury qui a accepté de m’honorer par sa présence et ses remarques.
Mille mercis aussi
A ma famille qui a n’a cessé de manifester son soutient et son affection.
A tous mes amis pour leur précieuse contribution.
Que tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’aboutissement de ce
travail trouvent ici l’expression de ma gratitude et de mes vifs remerciements.
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Remerciements
Table des matière
Résumé
Chapitre 1 : Naissance de l’Alisrae et constitution de ses collections
1.1 Historique de l’Alisrae
1.2 Historique des collections de l’Alisrae
1.3 Missions et organisation de l’Alisrae
1.3.1 Missions de l'Alisrae
1.3.2 Organigramme de l'Alisrae
Chapitre 2 : Le développement des collections : Etat de l’art
2.1 Développement des collections
2.1.1 Développement des collections : concepts de base
2.3.1 Bibliothèques nationales : définition
2.3.2 Fonctions d’une bibliothèque nationale
2.3.3 Développement des collections dans les Bibliothèques Nationale :
principes de base
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Résumé
La Bibliothèque l'Alisrae a entamé, depuis quelques années, un processus
de changement au niveau de son organisation et ses méthodes de
fonctionnement. En ce qui concerne le développement des collections, la
bibliothèque souhaite orienter son offre documentaire pour répondre
mieux aux besoins de son usager réel et attirer son usager potentiel tout en
respectant ses missions principales. Cette étude intègre cette dynamique en
partant d’une évaluation des collections existantes, une étude des besoins
des usagers réels et potentiels et une analyse du processus actuel de
développement des collections. Le but est de proposer à l'Alisrae une
stratégie à même d’améliorer ses pratiques professionnelles et de répondre
aux attentes de ses usagers. Pour se faire trois objectifs lui ont été assignée:
1. identifier les besoins des usagers réels et potentiels ;
2. analyser les collections actuelles ;
3. proposer les éléments d’une stratégie pour le développement des
collections à l'Alisrae.
Afin d’atteindre le premier objectif, deux enquêtes sur terrain ont été
lancées auprès de 265 usagers réels et 196 usagers potentiels de l'Alisrae
via deux questionnaires réalisés à cet effet. Les attentes des deux catégories
d’usagers, quant aux fonds de l'Alisrae, sont presque identiques.
Les résultats de la première enquête ont fait surgir que la population réelle
utilisatrice est constituée surtout d’étudiants dont la majorité a un niveau
d’étude de bac + 4. Ils sont inscrits dans différentes filières qui se classent
dans l’ordre global suivant : sciences sociales (59,9%), puis sciences
humaines (21,5%) et enfin sciences exactes et appliquées (12,8%). Les
enseignants chercheurs sont plutôt spécialisés en sciences humaines et
sociales avec une suprématie marquée pour les premières de 74%. Tandis
que le personnel de l’Etat/du privé/retraités relèvent surtout des secteurs
financier, juridique, culturel et médiatique avec un taux de global de
77,7%.
La population enquêtée, en ce qui concerne l’usager potentiel, est
constituée de 91 enseignantschercheurs et 105 étudiant-chercheur. Les
enseignants-chercheurs sont prédominés par les spécialistes en sciences
humaines. Les étudiants-chercheurs sont spécialisés surtout en sciences
humaines et sociales avec une légère hausse en faveur de ces dernières.
Les attentes de l’usager réel, quelle que soit sa catégorie, ne se distinguent
pas par rapport à sa demande actuelle ; les imprimés (livres, revues et
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journaux) représentent les types de documents qu’il espère trouver à
l'Alisrae avec une préférence pour la revue du point de vue de
l’enseignant-chercheur. Les bases de données et les documents
électroniques, audiovisuels, sonores suscitent l’intérêt de toutes les
catégories. Les enseignants-chercheurs expriment un intérêt particulier
aux manuscrits. Intéressées à la fois par la production nationale et
étrangère, toutes les catégories préfèrent une couverture géographique
concentrée sur le Maroc mais qui s’étale au monde arabo-islamique et à la
Méditerranée. Les sciences humaines et sociales constituent les disciplines
principalement recherchées, cependant, les étudiants présentent aussi un
intérêt pour les sciences exactes et appliquées. La couverture linguistique
se limite aux langues française et arabe. La couverture temporelle
attendue doit être large tout en maintenant son actualisation. Aux yeux de
l’enseignant-chercheur, le document le plus ancien est aussi important que
le plus récent. Ce dernier, par contre, réponds parfaitement aux besoins de
l’étudiant.
Les attentes de l’usager potentiel sont identiques à celles du réel sauf au
niveau de la couverture linguistique et de la typologie des documents.
Celui-là s’attend à une typologie qui met en avant les documents non
imprimés (document électronique, audiovisuel, sonore et base de données)
sans pour autant négliger le livre et la revue et les autres types de
documents (manuscrits, documents cartographiques, graphiques et
iconographiques). Au niveau de la couverture linguistique,
l’étudiant-chercheur et l’enseignant-chercheur place l’arabe en première
position, suivi du français qui est succédé à son tour par l’anglais.
Aussi bien l’usager réel que potentiel, quelque soit la catégorie, s’accorde
sur la faiblesse quantitative du fonds de l'Alisrae et sur la nécessité de
prendre leurs besoins en considération pour enrichir le fonds actuel.
La réalisation du second objectif, a nécessité un recoupement entre les
données brutes extraites à partir de la base de données de l'Alisrae et le
traitement des grilles d’évaluation préparées et remplies à cet effet (365
grilles pour monographies et 267 grilles pour revues). Il s’est avéré, à
l’issue de ce recoupement, que l'Alisrae possède une collection
patrimoniale d’une valeur importante qui se caractérise par une
prédominance des lettres et sciences humaines au premier rang et des
sciences sociales en second rang. La suprématie de la langue française la
qualifie, la langue arabe vient en seconde position. La couverture
temporelle est assez large, cependant, l’actualisation des collections est
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quasi-absente. La couverture géographique est concentrée sur le Maroc,
les pays du monde arabo-islamique et les pays de la Méditerranée.
Les résultats retenus à partir de l’analyse des collections existantes et des
besoins des usagers réels et potentiels conjuguées à la présentation critique
du processus et méthode utilisée actuellement par l'Alisrae, nous ont
orientés vers la proposition d’une stratégie basée sur trois axes majeurs :
la révision de la politique de développement des collections, la proposition
d’un processus de développement des collections adapté et la
détermination des moyens juridiques, financiers, humains et matériels à
mettre en œuvre.
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Chapitre 1 : Naissance de l’Alisrae et
constitution de ses collections
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1.1 Historique de l’Alisrae
Les origines de l'Alisrae remontent à 1919 quand le Général Lyautey
(1854-1934) décida de centraliser toute la documention sur le Maroc dans
une seule bibliothèque publique qu’il nomma Bibliothèque Générale et
Archives (BGA)3. Le premier noyau documentaire de cette Bibliothèque
fut le fonds de la Bibliothèque de l’Institut des Hautes Etudes Marocaines,
réuni par le directeur M. Nehlil, qui contenait des ouvrages et des
manuscrits essentiels à l’étude du Maroc et de l’Occident Musulman4. En
1920, Pierre de Cénival (1888–1937), fut nommé premier conservateur de
la BGA. Il donna ses directives pour la conception du bâtiment5 qui l’a
abrité jusqu’au 08 Aout 2008, date du début du déménagement de
l'Alisrae vers son nouveau site. Le Fonds de la BGA fut enrichis en 1920
par la collection de la bibliothèque de la « Mission Scientifique du Maroc »
créée en 1904 à Tanger et qui publiait « Les Archives Marocaines » et la «
Revue du monde musulman » 6. En 1924, la BGA fut installée dans ses
locaux sis 5, avenue Ibn Battouta, Agdal, Rabat. Deux ans après, elle fut
érigée par le Dahir du premier novembre 1926 en établissement public,
doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière, dirigé par un
Conservateur et administré par un Conseil présidé par le Directeur
Général de l’Instruction Publique7. Le Dahir de 1931, permit à la BGA
d’exercer le droit de contrôle sur les autres bibliothèques publiques
installées dans la zone du protectorat français ; cette fonction relève
actuellement des attributions de la Direction du Livre, des Bibliothèques et
Archives du Ministère de la Culture, et ce depuis sa création en 1968. En
1932, la législation qui réglementa le dépôt légal dans la zone du
protectorat français fut adoptée et attribua à la BGA le droit de recevoir et
gérer le dépôt légal. En 1998, Le Ministère de la Culture a relancé le projet
de construction d’une Bibliothèque Nationale au Maroc. Le dit projet a été
approuvé par Sa Majesté feu Hassan II qui l’a baptisé « BNRM » et qui a
ordonné l’octroi des fonds nécessaires à sa réalisation à partir du Fond
Hassan II pour le Développement Economique et Social. En 2000, un
comité scientifique constitué d’experts nationaux et étrangers a été réuni
et a donné lieu à des projets de textes réglementaires ainsi qu’au
programme des besoins et des espaces. Le concours architectural de
l'Alisrae a été lancé et rapporté, en janvier 2001, par les architectes
Rachid al Andaloussi et Abdelwahed Mountassir. En juillet 2003, les textes
réglementaires, notamment la Loi 68.99 portant la création de l'Alisrae et
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la Loi 69.99 régissant le dépôt légal, furent votées au Parlement par ses
deux Chambres. Le 15 octobre 2008, Sa Majesté Mohamed VI a inauguré
les nouveaux locaux de l'Alisrae.
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1.2 Historique des collections de l’Alisrae
Les collections actuelles de l'Alisrae se sont enrichies au fil des années,
comme en témoignent l’historique et les statistiques des fonds, à travers les
achats, les dons, les échanges, le dépôt légal et les confiscations. Les
premiers fonds qui ont intégré la BGA concernèrent essentiellement le
Maroc et le Maghreb et étaient destinés aux équipes de savants
chercheurs, chargés d’étudier le Maroc sous tous ses aspects. Par la suite,
la bibliothèque constitua un fonds varié de culture générale. La
bibliothèque du Cheikh Ma’ El Ainin de Fès, prise en guerre, et la
bibliothèque du Lettré El Hadj Mokhtar Ben Abdellah as-Susi de Mèknes,
furent les premières bibliothèques privées acquises8 par la BGA. La
seconde comptait quelques 396 manuscrits et 340 imprimés9. Par la suite,
les fonds de la Bibliothèque du Club Allemand de Tanger, fonds séquestrés
après la Première Guerre Mondiale, rejoignirent la BGA en 1920. La
Bibliothèque du Club Allemand, créée en 1910, sous l’égide de l’Institut
des Langues Orientales de l’Université de Berlin, contenait tous ce qui a
été publié en Allemagne sur le Maroc à la fin du 19 et début du 20 siècle10.
A cette collection s’ajouta la bibliothèque du Sultan My Hafiz déménagée
après sa mort de Tanger à Rabat. La Bibliothèque acheta, en 1921, la
bibliothèque du Gouverneur Général d’Algérie, le Comte Clozel. En 1922,
elle acquit les collections privées du fonctionnaire Augustin Bernard,
auteur de plusieurs ouvrages sur le Maroc. En 1926, la collection des
estampes de la BGA acquit une pièce unique constituée de cinq feuillets en
bon état représentant la ville de Marrakech en 1641 réalisé par Adrien
Matham11. En 1929, A. Leriche, Consul de France, bibliophile et auteur
de plusieurs articles sur le Maroc, lui légua sa bibliothèque privée, qui
comprenait 480 ouvrages en français et 140 en arabe. En 1930, la BGA
acquit la bibliothèque de Michaux Bellaire, Chef de la Mission Scientifique
du Maroc devenue Section Sociologique à la Direction des Affaires
Indigènes. Six ans après, elle reçut la Bibliothèque de Maurice Glay,
auteur et contrôleur civil. Dans la même année, la bibliothèque de la
section sociologique lui fut rattachée définitivement12. Après
l’indépendance, les fonds de la BGA furent13 enrichis par plusieurs fonds
de bibliothèques privées confisquées pour des raisons politiques. Les plus
importantes furent celles de Cheikh Abdelhay el-Kattani constituée de
3371 manuscrits et de l’ancien pacha de Marrakech at-Tuhami al-Glawi
constituée de 1382 manuscrits. Les collections de la Bibliothèque Générale
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et Archives se sont enrichies en 1996 par un don important des héritiers du
Cheikh Mohamed Ben Jaâfar el Kettani constitué surtout de manuscrits.
En 2001, la bibliothèque privée du Professeur Mohamed Abu Talib
constituée de quelques 9000 volumes, a été léguée par son fils et enfin en
2002, la bibliothèque de Mohamed el Hamdaoui a été offerte par ses
héritiers. Cinq années avant, elle reçut aussi un don de la Bibliothèque
nationale de France constitué de quelques 30.000 volumes d’ouvrages.
Depuis 2006, l'Alisrae a reçu un ensemble de dons successifs de plusieurs
personnalités, notamment : ex Ministre des Habous Monsieur Mohamed
Ramzi, ex conseiller de sa Majesté le Roi Ahmed Ben yahia Bensouda,
Monsieur Mohamed Lahbib al-Forqani et Monsieur al-Mehdi alWafi. Le
dernier don date du mois d’avril 2010 et provient du Conseil de la
Communauté Marocaine à l’Etranger.
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1.3 Missions et organisation de l’Alisrae
Les missions de l'Alisrae sont régies par la Loi 67-9914 (annexe 1) relative
à sa création publiée dans le bulletin officiel en décembre 2003. Tandis que
l’organigramme définitif qui cadre son organisation structurelle vient
d’être établi en 2010 et approuvé par le Ministère des Finances après avoir
bénéficié d’organigrammes transitoires.
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1.3.1 Missions de l'Alisrae
Les missions de l'Alisrae sont indiquées dans l’article 2 du texte de loi
N°67-9915 relative à la création de l'Alisrae comme suit :
1. « collecter, traiter, conserver et diffuser le patrimoine documentaire
national ainsi que les collections documentaires étrangères représentatives
des connaissances de l’humanité. A ce titre, elle est chargée d’: • assurer la
réception et la gestion du dépôt légal, conformément à la législation et à la
réglementation en vigueur ; • élaborer et diffuser la bibliographie
nationale ; • acquérir par achat, don ou échange les documents nationaux
et étrangers : manuscrits, imprimés, estampes, cartes, plans, partitions
musicales, photographies, documents sonores, audiovisuels et
informatiques, monnaies et les médailles ; • cataloguer, analyser et classer
les documents dont elle a la garde et constituer des instruments de
recherche bibliographiques ; • assurer la préservation et la conservation
de ses propres collections documentaires et proposer les mesures
nécessaires en vue de préserver le patrimoine documentaire national ;
2. promouvoir et faciliter l’accès à ses collections documentaires et à
l’information bibliographique. A ce titre, elle est chargée de : • mettre ses
ressources documentaires à la disposition du public sous réserve de la
législation relatives à la propriété intellectuelle ; • fournir un service
d’information bibliographique, en utilisant notamment les nouvelles
technologies, afin de faciliter l’accès aux documents des autres
bibliothèques nationales et étrangères ; • offrir un service d’information et
de documentation à distance ; • faire connaître ses collections
documentaires au moyen de publications, d’expositions et de
manifestations culturelles ; • Fournir des services documentaires et
informationnels spécialisés aux personnes handicapées ;
3. assurer un rôle de coordination et de coopération au sein du réseau
national des bibliothèques. A ce titre, elle est chargée de : • élaborer et
veiller à l’application des normes, relatives aux traitements
bibliographique, documentaire et informatique à l’échelle nationale ; •
coopérer avec d’autres bibliothèques, centres de documentation et
d’information nationaux et étrangers, notamment dans le cadre des
échanges et des réseaux documentaires ; • proposer et mettre en œuvre, à
l’échelle nationale des programmes de traitement, de sauvegarde et de
diffusion du patrimoine manuscrit ; • Mener, dans le cadre des missions
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qui lui sont dévolues, des actions de conseil, d’assistance technique et de
formation ;
4. participer à l’activité scientifique nationale et internationale et de
conduire des programmes de recherche en relation avec ses missions et
avec le patrimoine dont elle a la charge »16. Ces missions assignées à
l'Alisrae correspondent aux fonctions fondamentales, secondaires et
accessoires d’une bibliothèque nationale (voir la revue de la littérature).
Elles tournent autour de la collecte, la conservation de manière
permanente et la diffusion des documents patrimoniaux ; la constitution
de collections abrasant la culture et le savoir universel tout en y
garantissant l’accès ; la promotion de la recherche, la coopération
internationale et la coordination nationale. Les mêmes missions sont
assignées à La Bibliothèque nationale de France17 et la Bibliothèque
Nationale d’Espagne18 qui feront plus loin, en plus de la British Library,
objet d’un benchmarking axé sur leurs politiques de développement de
collections.
Par contre, cette dernière adopte comme mission principale depuis 2005 «
Helping people advance knowledge to enrich lives 19». La dite mission est
justifiée, d’abord, par la valeur et l’importance accordée à la connaissance
et son influence sur la vie économique, culturelle et sociale ; puis, par le
fait que l’accès à la connaissance crée de la connaissance ; et enfin, parce
que l’accès à la connaissance génère des retombés directe s sur l’usager en
réalisant sa recherche et des conséquences indirectes sur tout citoyen
profitant des résultats de toute recherche accomplie20.
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1.3.2 Organigramme de l'Alisrae
l'Alisrae vient d’adopter, en 2010, un nouvel organigramme (annexe 2). Sa
conception structurelle se base sur une logique «quadripolaire » dont deux
pôles « Métiers » et deux pôles de « Support » : le premier concerne le
management des ressources humaines, financières et logistiques et le
second est consacré à la coordination transverse. Les premiers pôles sont
les plus intéressants car ils constituent la structure qui porte le Métier de
l’informatiste.
1. Le premier « Pôle de gestion des collections et des services aux publics »
se compose de trois divisions : la première relative à la gestion des
collections imprimées, la seconde à la conservation et la gestion des
manuscrits, et la troisième concerne les services aux publics.
2. Le second « Pôle de développement et de traitement des collections »
englobe une division de traitement bibliographique, une division de
l’informatique et la numérisation et une division du développement des
collections. Cette dernière représente le champ d’investigation de la
présente étude.
Cette division importante intègre deux services : un service de dépôt légal
et un service d’acquisition, dons et échanges. Comme leurs intitulés
l’indiquent, ce sont les structures qui gèrent les sources d’alimentation du
fonds documentaire de l'Alisrae et qui veillent à l’application de sa charte
documentaire. Les détails de leur fonctionnement et leurs ressources sont
présentés ultérieurement.
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Chapitre 2 : Le développement des collections :
Etat de l’art
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2.1 Développement des collections
Le développement des collections constitue un processus d’une importance
cruciale au sein d’une bibliothèque car il représente le mécanisme qui
assure la continuité et l’enrichissement de ses collections. Il est influencé
par plusieurs facteurs et suppose l’élaboration d’une politique de
développement des collections.
2.1.1 Développement des collections : concepts de base
Parler de « bibliothèque » nous fait penser automatiquement aux «
collections ». Celles-ci constituent son point focal autour duquel sont
organisées toutes ses activités et sont conçus ses services et produits. Cette
relation organique a amenée V. Tesniere32 à penser que le terme «
Collection » se substitue presque à celui de « bibliothèque ». Ce qui nous
laisse déduire que la qualité des services et produits d’une bibliothèque
dépend principalement de la valeur et la richesse de ses collections.
Néanmoins, la qualité d’une collection ne tient pas seulement à
l’accumulation des richesses qu’elle recèle ou à une simple addition des
ressources documentaires, mais surtout à la relation que les professionnels
organisent entre ses différentes composantes33. Autrement dit, la
collection d’une bibliothèque est un ensemble complexe qui dépasse la
simple accumulation des documents pour faire appel aux liens tissés entre
eux. En effet, elle réfère à l’idée de construction intellectuelle34 qui rejette
toute augmentation quantitative basée sur une simple adjonction des
ressources documentaires. Donc, la constitution d’une collection ne peut
être qu’une construction réfléchie visant la cohérence et l’harmonie à la
fois entre ses composantes, qualifiées, selon F. Gaudet35, d’une
constellation de fonds (patrimoniaux, spécialisés, courants, différentes
sections et annexes) et entre des milliers voire des millions de documents
qui composent chacun d’eux. Cependant, le développement d’une
collection est une activité continue sans relâche illustrée par un perpétuel
accroissement accompagné d’un ajustement constant. Ce qui a poussé,
sans doute, M. Melot36 à l’assimiler à une symphonie qui n’est jamais
achevée. G. E. Evans a définit le développement des collections, dans la
première édition de son livre « developing library and information center
collections », comme étant « un processus d’identification des points forts
et des faiblesses de la collection en prenant en considération les besoins des
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usagers et en corrigeant ses failles éventuelles» 37. Il le redéfinit, dans la
troisième édition du même livre, comme « un processus cherchant à
répondre aux besoins des usagers d’une manière économique et dans un
temps optimal en exploitant les ressources locales ainsi que celles des
autres organisations» 38. Il s’agit toujours d’un processus qui dépasse
l’identification des forces et faiblesses de la collection à la satisfaction des
besoins des usagers tout en visant la rationalisation financière et
l’optimisation temporelle et en utilisant, à la fois, les ressources internes et
externes de la bibliothèque. On dirait qu’il est passé d’une logique fondée
sur un rapport binaire collection/besoins des usagers à une logique
économique basée sur une équation à quatre variables à savoir : les
ressources internes et externes, les besoins des usagers, les ressources
financières et le facteur temps.
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2.3.1 Bibliothèques nationales : définition
La bibliothèque nationale est une institution prestigieuse qui existe dans la
majorité des pays, comme il est admis que chacun devrait en posséder une.
Cependant, les bibliothèques nationales sont différentes les unes des autres
selon leurs origines, leurs fonctions et le statut qu’elles occupent191.
D’ailleurs, certaines possèdent une double fonction à la fois universitaire et
nationale ou publique et nationale192 ou encore parlementaire et
nationale193. La définition et les fonctions d’une bibliothèque nationale
ont fait l’objet de plusieurs débats entre spécialistes pendant les années 50
à cause de l’absence d’unanimité quant à sa définition et la détermination
de ses fonctions. Ceci est confirmé par les propos de P. Bourgeois qui a
affirmé, en 1958, que « l’on ne sait pas vraiment ce qu’est une bibliothèque
nationale. C’est qu’on ne peut même pas déterminer les fonctions qu’une
bibliothèque doit remplir pour mériter la qualification de nationale194».
Cependant, le rapport de l’Assemblée générale de l’UNESCO tenue à
Vienne, en 1958, signale que la bibliothèque nationale est, en général, celle
qui est responsable de la collecte et de la conservation de la production
documentaire d’un pays au profit des générations futures. Ainsi, et
toujours selon l’Unesco : « Les bibliothèques nationales sont les
bibliothèques qui, quelle que soit leur appellation, sont responsables de la
collecte et de la conservation d’exemplaires de toutes les publications
éditées dans le pays195». Dans ce sens, J. P. Lor définit la bibliothèque
nationale comme étant « un établissement financé pour l’essentiel
(directement ou indirectement) par l’Etat, et qui est chargé de collecter,
enregistrer sous formes de notices bibliographiques, conserver et rendre
accessible le patrimoine documentaire (constitué pour l’essentiel de
documents de tous types) d’origine nationale ou ayant trait au pays
considéré et qui contribue au bon fonctionnement des bibliothèques du
pays à tout égard, en assurant la gestion des collections d’intérêt national,
l’infrastructure, la coordination des activités du système national de
bibliothèques et d’information et de liaisons internationales et en exerçant
l‘autorité. Ces responsabilités sont officiellement sanctionnées d’ordinaire
par la Loi » 196. Reste à préciser que la bibliothèque nationale ne
constitue pas un dépositaire du patrimoine national seulement mais elle
exprime l’identité du pays et reflète sa diversité culturelle c’est pour cela
que J.P. Lor197 pense à l’assurance de sa pérennité en la soustrayant aux
aléas politiques, en la dotant d’une Loi et d’un statut particulier. Mieux
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encore, certains la qualifient de symbole politique de l’Etat et de témoin de
son unité198.
2.3.2 Fonctions d’une bibliothèque nationale
Les fonctions d’une bibliothèque nationale ont fait l’objet d’un article de
K.W. Humphreys199 qui les a groupées en trois catégories distinctes, à
savoir : les fonctions fondamentales, les fonctions désirables et les
fonctions accessoires. Les frontières entre les trois, selon le même auteur,
sont flexibles car des chevauchements notoires les unissent. Par contre, P. J
Lor200 a regroupé les mêmes fonctions sous cinq rubriques, notamment :
le patrimoine, l’infrastructure, le service national intégré, les prestations
de services et la coopération internationale.
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2.3.3 Développement des collections dans les Bibliothèques Nationale :
principes de base
Les collections des bibliothèques nationales présentent un caractère plus
au moins encyclopédique. Dans de nombreux pays, les collections des
bibliothèques nationales sont les plus riches et les plus complètes. Ces
collections peuvent se limiter dans les pires des cas à la production
nationale, et à la production étrangère sur le pays, y compris les
traductions étrangères d’œuvres nationales. Comme elles peuvent
englober de la documentation en provenance des quatre coins du monde.
Lors du développement des collections dans une bibliothèque nationale,
certains principes de base sont recommandés par G. Sylvester205
notamment :
• une bibliothèque nationale a pour tâche essentielle la collecte, la
conservation et la communication de la production éditoriale nationale.
Ainsi, une bibliothèque nationale qui ne recueille pas l’exhaustivité du
patrimoine national n’est pas considérée comme telle. En effet, la
bibliothèque nationale est responsable de l’acquisition et la conservation
de toutes les publications éditées dans le pays tout support confondus. Ceci
lui permet de publier la bibliographie nationale, de participer au contrôle
bibliographique universel et de suppléer aux services offerts par d’autres
bibliothèques qui n’acquièrent ces publications que sur une base sélective
et de contribuer à l’accès universel aux publications nationales. A cet effet,
elle est chargée de l’application de la Loi du dépôt légal ;
• les bibliothèques nationales doivent aussi acquérir la production
nationale à l’étranger, à savoir : les œuvres éditées à l’étranger en langue
originale et les traductions. Les publications ayant trait au pays ou à un
sujet national font partie des priorités. Les bibliothèques nationales sont
priées de chercher l’exhaustivité à ce niveau. Il est à signaler que tout
document non acquis à temps est un document introuvable. Acquérir au
fur et à mesure de la parution constitue une nécessité ;
• dans le cas des bibliothèques nationales, il est aussi recommandé de
procéder à des acquisitions rétrospectives, que ce soit par achat, échange
ou don, et ceci pour constituer les collections patrimoniales. Il s’agit,
certes, d’une opération lente, laborieuse et coûteuse, néanmoins
indispensable à la constitution du patrimoine ;
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• les bibliothèques nationales s’efforcent aussi de tenir à jour une
collection étendue et représentative de la production étrangère y compris
la production étrangère sur le pays en question ;
• elles abritent aussi des collections relatives aux publications étrangères.
L’exhaustivité est impossible par contre l’encyclopédisme et la
représentativité sont recommandés ;
• elles sont tenues aussi d’acquérir les manuscrits en vente. Certains pays,
la France entre autres, ont développé des Lois de préemption sur tout
document jugé d’un intérêt pour l’Etat et surtout les manuscrits. A cet
effet, des budgets exceptionnels sont mis à la disposition des bibliothèques
nationales pour se les approprier.
conclusion
Ce stage m'a permis de découvrir le fonctionnement quotidien d'une
bibliothèque et papeterie . J'ai ainsi pu participer à diverses missions telles
que le catalogage de nouveaux ouvrages, l'animation d'ateliers de
découverte des ressources numériques et l'accueil des usagers. Ces
expériences m'ont permis d'acquérir de solides connaissances en matière
de classification documentaire et de développer mes compétences
relationnelles.
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