Table des matières
Mot introductif du ministre de l’Economie et des Finances,
Monsieur Essowè Georges BARCOLA
PARTIE 1 : LES DEFIS DE LA DURABILITE AU CŒUR DE L’EMERGENCE
DU TOGO
1.1 Le Togo place les enjeux durables au cœur de sa politique
1.2 Présentation générale de la République Togolaise
1.3 Les enjeux et défis de la durabilité sont au cœur de la Feuille
de Route Gouvernementale 2020-2025
1.3.1 Les défis environnementaux au Togo
1.3.2 Les défis sociaux au Togo
1.3.3 La Feuille de Route Gouvernementale 2020-2025, boussole
de la lutte contre les défis climatiques et sociaux au Togo
1.4 Les objectifs de développement sociaux portés par le
Gouvernement
1.5 Les initiatives du Togo pour la protection du climat et la
lutte contre le réchauffement climatique
1.5.1 Les mesures visant l’atténuation du changement
climatique
1.5.2 Les mesures d’adaptation au changement climatique
1.5.3 L’économie maritime durable et la protection côtière
1.5.4 La Prévention et lutte contre la pollution
1.5.5 Le renforcement du cadre institutionnel
PARTIE 2 : LES PILIERS DU CADRE DE FINANCEMENT DURABLE
01
Pilier 1 – l’utilisation des fonds
2.1 Nature des dépenses éligibles
01
2.2 Catégories de dépenses éligibles
2.2.1 Les catégories de projets
2.2.2 Les exclusions thématiques
Pilier 2 – Evaluation et sélection des projets
3.1 Processus et gouvernance
3.2 Atténuation des risques environnementaux et sociaux
Pilier 3 – la gestion des fonds levés
4.1 Gestion des fonds levés
Pilier 4 – Reporting
5.1 Le rapport d’allocation
5.2 Le rapport d’impact
5.3 Les indicateurs de performance par catégorie de projets
verts éligibles
5.4 Les indicateurs de performance par catégorie de projets
sociaux éligibles
01
Mot introductif du Ministre de l’Economie et des Finances,
Monsieur Essowè Georges BARCOLA
Le Togo est en pleine transformation et a su conserver sa grande
résilience économique malgré les défis posés par les crises
successives dans le monde.
Cette résilience est principalement le résultat de deux facteurs.
En premier lieu, la vision du Chef de l’Etat, son Excellence Faure
Essozimna GNASSINGBE, pour le développement du Togo,
incarnée par la Feuille de Route Gouvernementale 2020-2025. La
Feuille de Route trace les grandes orientations stratégiques et
identifie les leviers essentiels pour relever les défis d’aujourd’hui
et de demain.
L’objectif du Gouvernement est clair : bâtir un Togo plus inclusif,
plus durable et plus prospère, où chacun pourra s'épanouir et
contribuer au développement de la Nation. Ensuite, une vision
pragmatique qui permet de mettre en œuvre rapidement des
solutions pour soutenir les populations vulnérables face aux
crises. Nous pouvons citer deux exemples très concrets qui ont
été salués par la communauté internationale. En effet, face à la
crise sanitaire, le Gouvernement a mis en place le programme
Novissi, une semaine seulement après le déclenchement de
l’état d’urgence sanitaire, qui est un programme de protection
sociale par transfert monétaire. Ce programme a permis d’aider
920 000 personnes vulnérables dont 63% de femmes. En ce qui
concerne la menace sécuritaire, le Gouvernement a mis en
place une réponse sociale : le Programme d’aide d’Urgence pour
le renforcement de la résilience des populations de la région des
Savanes (PURS), qui vise à la construction d’infrastructures de
base et au renforcement des services sociaux.
Cette vision porte déjà ses fruits notamment en matière d’accès
à l’eau, à l’éducation, ou encore à la santé ou aux infrastructures
de base. Ainsi, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 60%
à 69% entre 2020 et 2023 tandis que le taux d’accès à l’électricité
a bondi de 50% à 67% sur cette période. Le Gouvernement veut
désormais aller plus loin pour faire face aux défis qui persistent,
notamment assurer un développement équilibré du territoire et
protéger les plus vulnérables. A cet égard, l’action de l’Etat s’est
renforcée pour étendre la protection sociale avec en point
d’orgue la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle à
02
la rentrée 2024 et couvrant déjà à la mi-année 800 000
personnes.
Par ailleurs, sur le volet climatique, le Gouvernement a pris des
engagements ambitieux et réalistes, notamment dans le
cadre des Accords de Paris, en revoyant à la hausse notre cible
d’atténuation. A cet égard, nous déployons des projets
d’énergies renouvelables sur toute l’étendue du territoire
national, notamment des solutions hors réseaux permettant
une meilleure couverture des populations rurales, pour
répondre à notre objectif de ne laisser « personne de côté ».
Reconnaissant l’importance de la biodiversité et des services
écosystémiques rendus, le Gouvernement a pris également
des engagements importants pour protéger notre patrimoine
naturel et le transmettre aux générations futures. Aussi, s’est-il
fixé comme objectif, d’étendre la couverture forestière à 25%
du territoire national, à l’horizon 2025 et de réaliser les travaux
de protection côtière sur le littoral.
Le présent document Cadre aura un usage pluriel. Il va
permettre au Togo de mobiliser les fonds destinés à répondre
à différents défis de manière ordonnée. Il s’agit, en effet, d’un
document de référence pour les partenaires financiers, et pour
les investisseurs, qui donne une vision globale et transparente
de nos besoins, réalisations et engagements pour demain en
matière de politique de développement durable. Nos besoins
sont exprimés sous formes de catégories de dépenses
éligibles reliées aux Objectifs de Développement Durable
(ODD), pour permettre aux partenaires de développement d’y
arrimer leurs propres objectifs de contribution aux ODD.
Le cadre définit 14 catégories de dépenses éligibles : cinq
catégories dans le domaine climatique et environnemental et
neuf catégories de dépenses sociales prioritaires en faveur
des populations les plus défavorisées.
La revue externe effectuée par S&P conclut que nos pratiques
en termes de sélection, d’usage, de gestion et de suivi des
fonds et d’évaluation de leur impact sont transparents et
alignés aux standards de l’International Capital Market
Association (ICMA) et de la Loan Market Association (LMA).
03 Essowè Georges BARCOLA
PARTIE 1 : LES DEFIS DE LA DURABILITE AU CŒUR DE
L’EMERGENCE DU TOGO
1.1 Le Togo place les enjeux durables au cœur de sa politique
Le Togo place au cœur de ses politiques publiques la
promotion d’une croissance inclusive et durable. Les
réalisations concrètes du gouvernement visent à protéger les
populations vulnérables et à garantir un niveau de service
homogène sur le territoire. L’ambition est d’étendre les
programmes sociaux sur toute l’étendue du territoire national.
A ce titre, le Programme d’Urgence pour la Région des Savanes
(PURS), politique phare du gouvernement – évalué à environ
274 milliards FCFA, (4,5% du PIB) à l’horizon 2025 – finance
l’amélioration de la connectivité des infrastructures routières,
l’accès à l’eau et à l’électricité dans la région des Savanes. Ce
programme a été étendu en 2023 aux régions de la Kara et
Centrale. En outre, la priorité accordée par le gouvernement
aux dépenses sociales et en faveur des plus pauvres se
transcrit dans le budget puisque les dépenses sociales
devraient représenter 315 milliards FCFA en 2024 (5,3% du PIB)
et 325 milliards FCFA (5,1%) en 2025.
Le Togo a réalisé ces dernières années des progrès
considérables dans différents domaines dans l’objectif de « ne
laisser personne de côté ». Grâce à l’amélioration globale et
continue de ses composants (notamment PIB par habitant,
espérance de vie, niveau d’éducation), le Togo est passé d’un
indicateur de développement humain de 0,539 en 2021-2022 à
0,547 en 2023-2024. En conséquence, le Togo se classe pour la
cinquième année consécutive premier dans l’espace UEMOA
et quatrième cette année dans la CEDEAO après le Cap-Vert, le
Ghana et le Nigéria. Sur la période 2015-2019, le taux de
pauvreté au niveau national a diminué de 55,1% à 45,5%. Dans
le domaine de l’éducation, le pays progresse vers l’objectif de
scolarisation universelle avec un taux d’achèvement de l’école
primaire en 2023 de 89,8% pour les garçons et 87,7% pour les
filles. En 2014, ce taux était de 86,9% pour les garçons et 80%
pour les filles. Cette performance est permise par la
construction de nombreuses infrastructures de base,
notamment la réalisation de 4 431 salles de classe entre 2020
et 2023, ainsi que la gratuité des frais de scolarité et de
04
l’assurance maladie (School Assur). Le pays a également
progressé dans la proportion de la population ayant accès à
l’électricité passant de 36% en 2016 à 67% en 2023. Les autorités
renforcent leurs efforts à travers le Plan stratégique du
sous-secteur de l’électricité et l’objectif d’augmenter la part
des énergies renouvelables dans la production d'électricité,
pour atteindre 4% du mix énergétique total d'ici 2030. Les
progrès importants réalisés dans le domaine de l’électricité
ont inspiré d’autres initiatives, tels que le Projet des Filets
Sociaux et Services de Base, visant à augmenter la
construction d’infrastructures de base dans les communautés
les plus vulnérables. Dans le domaine de la promotion de
l’égalité des sexes et de l’autonomisation de la femme, l’indice
d’inégalité de genre a progressé en diminuant de 0,588 en 2014
à 0,432 en 2021. Selon le rapport de la Banque mondiale «
Women, Business and the Law » publié en 2024, le Togo est
premier du classement en Afrique et 19ème mondial.
1.2 Présentation générale de la République Togolaise
Système politique. La République Togolaise est un Etat de droit,
laïc, démocratique et social. Le pays a accédé à son
indépendance le 27 avril 1960 et le régime politique en vigueur
est celui de la Vème République. La loi fondamentale
actuellement en vigueur est la Constitution du 06 mai 2024. Le
régime politique est parlementaire. Dans la Vème République,
01
le Président a un rôle honorifique et est élu pour un mandat de
quatre ans. Le Président du Conseil, chef du gouvernement,
concentre le pouvoir exécutif. Le Président de la République et
le Président du Conseil sont tous deux issus du parti majoritaire
à l’Assemblée nationale. Le Parlement est composé de 113
députés et est élu pour un mandat de six ans.
Le français est la langue officielle, et l’anglais se distingue
comme la deuxième langue étrangère la plus parlée du pays.
Il y a une variété de langues nationales, notamment l’éwé, le
kabyé, le kotokoli, le mina et le peul.
Le Togo fait partie depuis 1975 de la Communauté
économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de
l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)
depuis 1994. En tant que membre de l’UEMOA, le Togo est
pleinement intégré dans un marché de plus de 141,7 millions
05
d’habitants et d’un PIB de 181,6 milliards de dollars, avec des
normes juridiques harmonisées.
De plus, en juin 2022, le Togo est entré au sein du
Commonwealth des Nations et devient le 56ème membre de
l’organisation.
Situation géographique et organisation administrative. Situé en
Afrique de l'Ouest, sur la côte du golfe de Guinée, le Togo s'étend
sur une superficie de 56 785 km², sur une longueur de 600 km et
une largeur variant entre 50 et 150 km. Il partage ses frontières
avec le Burkina-Faso (au nord), avec le Bénin (à l'est) et le
Ghana (à l'ouest) et bénéficie d’un accès direct à l’Océan
Atlantique (au sud).
Le Togo est divisé en 5 régions administratives, du Sud au Nord :
région Maritime (chef-lieu Tsévié), région des Plateaux
(chef-lieu Atakpamé), région Centrale (chef-lieu Sokodé),
région de la Kara (chef-lieu Kara) et région des Savanes
(chef-lieu Dapaong). Les régions sont découpées en 39
préfectures, elles-mêmes divisées en 117 communes.
Dynamiques démographiques. Selon le 5ème Recensement
Général de la Population et de l’Habitat, la population togolaise
s’élève à 8,1 millions d’habitants en 2022 dont 51,3% sont des
01
femmes. L’espérance de vie à la naissance était de 61,04 ans en
2019 contre 59,9 ans en 2015. L'indice synthétique de fécondité
est passé de 4,3 enfants par femme en 2018 à 4,23 enfants en
2022. Le taux de croissance annuel moyen de la population est
ressorti à 2,3% entre 2012 et 2022. La population togolaise est à
dominante rurale. Elle représente 57,1% de la population totale en
2022 contre 62,3% en 2010 traduisant ainsi une tendance à
l’urbanisation rapide.
D’après les données de 2022, 58,8% de la population togolaise
est âgée de moins de 25 ans. La jeunesse de la population
togolaise est un atout clé pour le potentiel de croissance du
pays, que le gouvernement s’attache à faire grandir à travers la
priorité donnée à l’éducation dans la Feuille de Route
gouvernementale (FDR).
06
Dynamique de croissance. Au cours des dix dernières années, le
Togo a réalisé une croissance économique soutenue avec un
taux de croissance réel annuel moyen de 5,0%, bien au-delà de
la moyenne des pays d’Afrique Subsaharienne. En 2022, le PIB
nominal s’élevait à 5 095,7 Mds FCFA – soit 8,24 milliards de
dollars –, en hausse de 10,1% par rapport à 2021 et le PIB réel à 4
704,0 milliards FCFA – 7,65 milliards de dollars – en hausse de
5,8% par rapport à 2021. La croissance est soutenue par l’essor
du secteur tertiaire (notamment le secteur des transports et
l’entreposage ainsi que le secteur des activités immobilières)
qui représente 56,9% du PIB en 2022. Les secteurs primaire et
secondaire représentent respectivement 20,3% (part importante
de l’agriculture à hauteur de 15,0% du PIB) et 22,7% de l’économie
togolaise.
Le Togo est un pays à faible revenu, mais en constante
augmentation depuis 2015. Le PIB nominal par habitant est
passé de 770,1 USD en 2015 à 1 013 USD en 2023. Il a atteint 919,6
USD en 2022, exprimant une légère baisse de 4,6% par rapport à
l’année précédente en raison de la pandémie de la Covid-19. En
effet, la crise sanitaire a entraîné des répercussions importantes
sur l’économie togolaise et une baisse de la croissance de 4,9%
en 2019 à 2% en 2020. Néanmoins, l’économie s’est montrée
résiliente, conservant une croissance positive. Les secteurs les
plus touchés sont l’hôtellerie, la restauration, et les transports
routiers et aériens tandis que les industries des boissons et du
01 ciment et l’activité portuaire sont restés dynamiques.
Les effets de ce recul ont été contenus par la forte reprise
économique en 2022 mais surtout des efforts décisifs pour
soutenir les personnes impactées par la Covid-19 avec des
dispositifs innovants et rapides comme l’initiative Novissi mise
en place dès 2020. Ce programme de transferts monétaires
d'urgence mondialement reconnu a fait un usage innovant des
nouvelles technologies et des données pour fournir une aide au
revenu à 25% de la population adulte (dont 63% de femmes)
pour les travailleurs du secteur informel urbain (phase 1) puis
pour les populations rurales vulnérables (phase 2), qui ont été
les plus durement touchées par la crise. Le Togo a déployé une
méthode de basse technologie et de haute technologie pour
mieux cibler l'aide sociale.
07
Encadré n°1 - le programme Novissi
Le programme Novissi qui signifie « entraide » dans le langage
Ewé, est un programme de protection sociale mis en place
durant l’épidémie de Covid-19 afin d‘apporter une aide
(transferts monétaires) d’urgences aux populations les plus
vulnérables durant les périodes de confinement.
Afin d’identifier les populations les plus vulnérables, le
gouvernement s’est associé au think-tank Innovation for Poverty
Action collaborant avec l’Université de Berkeley. Ils ont
conjointement élaboré une carte permettant d'identifier les 100
cantons les plus défavorisés en utilisant la technologie
d'imagerie satellitaire et d'intelligence artificielle. L’analyse des
métadonnées téléphoniques a ensuite permis de déterminer les
individus les plus vulnérables. L’aide a ainsi pu être déployée
rapidement aux populations les plus pauvres et vulnérables. Le
programme était facile d’accès grâce à la création d’une
plateforme accessible sans Internet sur laquelle les citoyens
pouvaient s’inscrire. Novissi s'est entièrement appuyé sur des
plateformes numériques utilisant une simple interface USSD
(Unstructured Supplementary Service Data).
Les bénéficiaires répondant aux critères d’éligibilité ont reçu au
cours de la première phase (phase 1) 12 250 FCFA par mois (soit
35% du SMIC) pour les femmes et 10 500 FCFA par mois (soit 30%
01 du SMIC) pour les hommes.
Novissi a déboursé un total de 33,9 millions de dollars, atteignant
920 000 bénéficiaires en août 2021 (environ 25 % de la
population adulte du Togo), dont 63 % de femmes.
De plus, le gouvernement togolais a mis en place plusieurs
mesures pour soutenir l’économie et les besoins urgents de la
population durant la pandémie. Au-delà des mesures sanitaires,
le gouvernement a créé un accompagnement social : pendant
trois mois en 2020, les autorités ont pris en charge les factures
d’eau et d’électricité des foyers.
Eléments structurels de l’économie. La capitale Lomé abrite le
Port Autonome de Lomé (PAL) qui donne accès à un corridor
routier reliant le Nigéria à la Côte d’Ivoire, et qui a permis au Togo
08
de se positionner en tant que hub logistique régional. En 2023,
ce port en eau profonde « naturel » est le 4ème port africain en
termes de volume de conteneurs pour la troisième année
consécutive (trafic de 1,835 millions de conteneurs EVP en
2022) – derrière les plateformes de Tanger Med (Maroc), Port
Saïd (Egypte), et Durban (Afrique du Sud) – et 93ème dans le
monde selon le classement de référence Lloyd’s List pour
l’année 2023. Le PAL dispose de plusieurs atouts :
(i) Son statut de port et de zone franche, qui facilite le
traitement et le transfert de marchandises dans la région et à
l’international ;
(ii) Des infrastructures relais de qualité permettant le
contournement de Lomé ;
(iii) La présence de la plateforme logistique multiservices
d'Adakpamé (Est-Lomé), qui permet de désengorger le port ;
(iv) Sa bonne gestion, conforme aux normes internationales
(certifications ISO 9001, 14001 et 45001).
Son intégration à la sous-région et son accès privilégié à
l’hinterland confèrent au Togo un positionnement
géographique stratégique, source de compétitivité et de
croissance pour le pays.
Par ailleurs, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA)
accueille un port sec à 27km du PAL. La PIA permet de
transformer la matière première avant que les produits soient
exportés grâce aux 5 unités industrielles déjà opérationnelles
(et 11 en installation au début de l’année 2024).
01 Les produits industriels représentent quasiment la moitié des
exportations togolaises (part de 51,4% en 2021). Les
exportations industrielles sont constituées essentiellement de
machines et matériels de transport, de produits alimentaires,
de produits chimiques, de ciment et autres produits
manufacturés. Les exportations des produits miniers
représentent 18,7% des exportations togolaises en 2021. Ces
produits miniers sont essentiellement le phosphate et le
clinker. Les produits agricoles constituent le troisième groupe
de produits d’exportation (11,3% du total). Ils sont dominés par
le coton fibre et les produits alimentaires d’origine végétale
dont entre autres les oléagineux.
Les principaux destinataires des exportations togolaises en
2021 sont : l’Afrique avec 70,4% et l’Asie avec 14,9%. L’Europe
constitue la troisième destination des produits togolais avec
09
10,0% des exportations. S’agissant des importations, par pays, la
Chine est le premier partenaire du Togo (21,8%) suivie de la
France (8,5%). En Afrique, ce sont le Ghana et le Nigéria qui sont
les principaux fournisseurs du Togo.
Le climat des affaires. Au cours des dix dernières années,
l’environnement des affaires a été considérablement réformé
au Togo. La progression du Togo dans de nombreux
classements internationaux de référence en sont la preuve :
• Le classement Doing Business 2020 de la Banque mondiale
classait le Togo parmi les dix économies au monde qui ont le
plus réformé leur réglementation pour la facilitation des affaires.
Le même rapport soulignait que le Togo est le premier pays
réformateur en Afrique subsaharienne et le troisième au monde
(avec un bond de plus de 40 place au classement Doing
Business, lui permettant d’atteindre le 97ème rang sur 190 pays).
• Le Togo a été sélectionné pour faire partie de la première
cohorte du nouvel indicateur de la Banque mondiale sur le
climat des affaires, le B-Ready.
• La mesure de l’efficacité du gouvernement au sein des
Indicateurs Mondiaux de Gouvernance (WGI) a elle aussi
progressé avec un score de 28,30 en 2022 contre 11,90 en 2016.
• La progression de la capacité institutionnelle est reflétée à
travers d’autres outils comme l’Évaluation des politiques et des
institutions en Afrique (CPIA) de la Banque Mondiale. Le Togo est
01
le pays le plus performant dans l’édition 2023 du CPIA, son score
ayant augmenté de 0,2 pour atteindre 3,7 grâce à une
amélioration de 0,5 dans le groupe des notations structurelles,
qui couvre le secteur financier, la politique commerciale et
l’environnement réglementaire des entreprises. Cette
amélioration récompense les efforts déployés par le
gouvernement pour faire du pays le centre logistique et
financier de la région.
• En outre, bénéficiant déjà d’un programme Threshold avec la
Millenium Challenge Corporation (MCC), le Togo est désormais
éligible à un programme Compact, qui est en cours
d’élaboration.
1.3 Les enjeux et défis de la durabilité sont au cœur de la Feuille
de Route Gouvernementale
10
1.3.1 Les défis environnementaux au Togo
Le climat togolais est tropical, subdivisé en 2 grandes zones : une
zone de type guinéen au sud avec 2 saisons sèches (de
novembre à mars et de juillet à août) et 2 saisons pluvieuses (de
mars à juillet et de septembre à octobre), une seconde zone de
type soudanien recouvrant la moitié nord et caractérisée par
une seule saison de pluies (de mai à octobre) et une saison
sèche (de novembre à avril). Les régions Maritime et des
Savanes sont celles qui reçoivent moins de 1 000 millimètres
d’eau par an. Une irrégularité des saisons a été observée ces
dernières décennies.
Les ressources en eau dont dispose le Togo sont relativement
abondantes. Elles sont constituées des eaux de surface que
drainent les trois principaux bassins versants - Oti (47%), Mono
(37%), Lac Togo (16%) - et des eaux souterraines renouvelables
contenues dans les deux aquifères du socle et du sédimentaire
côtier. Le volume total des ressources en eau renouvelable est
estimé à environ 19 milliards de mètres cube par an, soit environ
27% des pluies (de l’ordre de 70 milliards de mètres cube par an).
Néanmoins, la réduction du débit des rivières associée à la
hausse des températures favorisera la prolifération de plantes
aquatiques toxiques, comme la jacinthe, et de maladies
d’origine hydraulique, telles que le paludisme. L’adaptation des
infrastructures hydrauliques en fonction de ces nouveaux défis
sera clé pour assurer la continuité du niveau de l’offre togolaise
01
en eau.
Avec une couverture forestière de 24,24%, les ressources
biologiques du Togo sont nombreuses et diversifiées : leur
préservation est un enjeu majeur. Les formations végétales sont
constituées de forêts denses semi-décidues, de savanes
guinéennes, des savanes soudaniennes entrecoupées de forêts
sèches ou des forêts claires selon les localités, de forêts galeries
et ripicoles. La flore compte 3 491 espèces terrestres et 261
espèces aquatiques identifiées. La faune, évaluée à 3 469
espèces, est composée des espèces terrestres, de l’avifaune et
de la faune aquatique. Cinq principaux domaines
phytogéographiques se partagent le Togo. Elles sont
dénommées zones écologiques.
Le Togo dispose d’une zone côtière longue de 50 km qui s’étend
11
de Lomé à Aného et qui est d’une importance économique
capitale pour le pays (activités de pêche, industrielles, artisanat,
transport logistique, tourisme). La densité des activités côtières,
en plein essor, fragilise cette zone déjà exposée aux risques
côtiers typiques : érosion, inondation et pollution.
En outre, les impacts des changements climatiques aggravent
des phénomènes existants et creusent les inégalités au Togo.
Les inondations, le risque naturel le plus courant au Togo,
causent des dommages aux infrastructures et aux cultures
vivrières. Les épisodes de sécheresse, en particulier dans les
régions septentrionales du pays, entraînent des coûts élevés
affectant à la fois le secteur de l’agriculture de subsistance,
essentiellement pluviale, et celui de l’agriculture d’exportation.
L’érosion côtière, qui progresse à un rythme annuel pouvant
atteindre 20 mètres à certains endroits, est une préoccupation
majeure, étant donné que la zone côtière abrite plus de deux
habitants sur cinq et plus de 90% des activités économiques
formelles. Les changements climatiques exposent aussi le pays
à de nouvelles conséquences négatives : l’élévation de la
température moyenne et les conditions de chaleur extrême
risquent de détériorer la santé humaine et animale, les
écosystèmes et l’agriculture. La modification des saisons, la
pluviométrie irrégulière avec les poches de sécheresse,
l’augmentation de la température, les inondations et les
attaques des ravageurs rendent très vulnérables l’agriculture,
01
l’élevage et la pêche avec des répercussions sur la sécurité
alimentaire en raison de la perte des récoltes. À l’horizon 2030,
une hausse de 10% des précipitations pourrait provoquer des
inondations dans la plaine côtière et des écoulements violents
des fleuves Mono et Volta, alimentant la dérive littorale en
sédiments. Ces inondations toucheraient 20 à 35% des zones
habituellement non inondées, notamment la zone des deux
cordons à Lomé, où résident 40 à 50% de la population.
Vulnérabilité et impacts sur les activités socioéconomiques
côtières : le coût global de la dégradation de la côte togolaise
ces 30 dernières années, s’évaluerait à 310 millions de dollars,
soit environ 182 milliards de frs CFA. Ce montant représente 6,4%
du PIB national. Et si rien n’est fait, le pays perdrait d’ici 2035,
annuellement 5 milliards FCFA.
12
Vulnérabilité et impacts sur le sous-secteur de l’agriculture : les
baisses de rendements sont évaluées pour la période 2011 – 2021
entre 30% et 51% pour les principales cultures vivrières. En effet,
les poches de sécheresse constatées ont causé des pertes de
rendements de 1,3t/ha, 1,0t/ha et 0,7t/ha respectivement pour le
maïs, le riz et l’igname. Les ravageurs, notamment la chenille
légionnaire d’automne ont entrainé des pertes allant de 0,5 à
0,95 t/ha pour le maïs. En 2020, la superficie totale des cultures
vivrières inondées est de 6 902 ha avec des pertes en production
estimées à près de 9000 t. Evalué à 0,70 en 2021, l’indice de
vulnérabilité national du sous-secteur agriculture restera élevé
avec une légère augmentation pour atteindre la valeur de 0,75 à
l’horizon 2050.
Vulnérabilité et impacts du sous-secteur de l’élevage : dans la
région des Savanes, on assiste à une décimation du bétail liée
aux manques d’eau et du fourrage. Par ailleurs, la prolifération
des épizooties telles que le charbon bactéridien, la peste porcine
africaine, la grippe aviaire dans les régions serait liée aux fortes
températures qui se font de plus en plus sentir. Cette situation
affecte la production animale nationale qui couvre 65% des
besoins en produits carnés de la population.
Vulnérabilité et impacts du sous-secteur de la pêche : le taux de
couverture en produits halieutiques est passé de 35% en 2015 à
01
29% en 2017. Les fortes températures, les inondations et l’étiage
précoce des cours d’eau rendent sensibles les zones de frayères
diminuant ainsi la disponibilité des poissons. Tout comme pour
l’élevage, la vulnérabilité future du sous-secteur de pêche peut
connaitre une augmentation avec une accentuation des
impacts notamment, la diminution des captures, l’envasement
des cours d’eau et la disparition de certaines espèces piscicoles.
Ces impacts affecteront également les efforts du gouvernement
en matière de développement de l’aquaculture avec la
raréfaction des alevins.
Vulnérabilité et impacts du sous-secteur du tourisme : l’érosion
côtière, le dérèglement des saisons, la dégradation de la
biodiversité et les fortes pluies impactent fortement les sites
touristiques du pays, notamment les plages. De plus, une
augmentation significative du niveau de la mer est attendue sur
13
le littoral dans les décennies à venir. Les projections de la
Banque Mondiale prévoient que le niveau de la mer augmentera
de 0,16 m en 2025 et de 0,34 m en 2050 par rapport aux niveaux
de 1986-2005. L'élévation du niveau de la mer exacerbera
l'érosion côtière, créant des menaces significatives pour les
infrastructures hôtelières le long de la côte. Néanmoins, le
gouvernement a identifié des actions prioritaires contenant les
effets de l’augmentation du niveau de la mer, avec un plan de
construction de barrières protégeant les infrastructures de bord
de mer de l’invasion d’eau de mer.
Vulnérabilité et impacts du sous-secteur des infrastructures :
bien que le Togo connaisse des inondations presque chaque
année, dix inondations majeures entre 1983 et 2010 ont
particulièrement impacté les infrastructures. L'érosion des sols,
l'érosion côtière et la déforestation exacerbent les effets des
inondations et augmentent les risques sur les infrastructures.
Vulnérabilité et impacts du sous-secteur de l’industrie et des
mines : les produits miniers et industriels représentant 70% des
exportations togolaises, les vulnérabilités de ces sous-secteurs
liées à la dégradation de l’environnement auront des impacts
déterminants sur l’économie togolaise. Ces deux secteurs sont
intensifs en utilisation de ressources, et utilisent 3% des
ressources d’eau du pays. En conséquence, ces sous-secteurs
sont fortement exposés au risque de sécheresse. De plus, 90% de
01
l’activité industrielle du pays se situe sur les côtes, et se retrouve
donc à risque par la montée des eaux et l’érosion côtière.
Néanmoins, le sous-secteur des mines sera positivement
impacté par la demande croissante de matières premières,
nécessaires à la transition vers des énergies renouvelables.
En résumé, les changements climatiques au Togo exacerbent
des problèmes existants et accentuent les inégalités. Les
inondations fréquentes endommagent les infrastructures et
cultures, tandis que la sécheresse, surtout dans le Nord,
augmente les coûts de subsistance et d’exportation de
l’agriculture. L’érosion côtière, qui avance rapidement, menace
les zones côtières densément peuplées et les principales
activités industrielles et économiques. Les températures
croissantes impactent la santé, les écosystèmes, et les
rendements agricoles, avec des pertes notables dans
14
l’agriculture, l’élevage, et la pêche. Le tourisme est également
affecté par la dégradation des plages et la montée du niveau de
la mer. Les infrastructures et l’industrie, surtout situées sur la
côte, souffrent des inondations et de l’érosion.
Conscient de ces défis, le gouvernement a fixé des priorités pour
lutter contre les changements climatiques. La FDR concrétise
l’ambition de placer le développement durable et l’anticipation
des crises au cœur des priorités du Togo.
1.3.2 Les défis sociaux au Togo
Grâce à des progrès considérables dans divers domaines, entre
autres, l’éducation, la santé, la protection sociale, les
infrastructures, l’agriculture, le climat des affaires, la
gouvernance, le taux de pauvreté national a diminué de 55,1% à
45,5% entre 2015 et 2019 (le seuil national de pauvreté de 743,2
FCFA par jour). Ces transformations structurelles montrent que
le Togo place la promotion d’une croissance inclusive et durable
au cœur de ses politiques publiques. L'incidence de la pauvreté
reste significativement plus élevée en milieu rural (58,7%, contre
34,3% en milieu urbain).
En 2022, 57,1% de la population vit dans des zones rurales. Les
zones rurales ont un pourcentage plus élevé de personnes en
âge de travailler sans éducation (40%) que les zones urbaines
01
(13%). Les disparités en matière d'éducation constituent un
obstacle majeur à l'amélioration des conditions de vie et à la
réduction de la pauvreté dans les zones rurales.
L’accès équitable aux infrastructures et services de base restent
inégal entre les espaces urbains et ruraux. En 2023, environ 69%
de la population a accès à l’eau potable, les sous-secteurs
urbains et semi-urbains étant les plus mal desservis.
Néanmoins, la République Togolaise œuvre à plusieurs
programmes et projets pour réduire les disparités en matière
d’éducation et de services de base : la création de centres de
formation agricole et de coopératives pour améliorer les
compétences et les revenus des populations rurales, le
lancement de programmes de parrainage pour les élèves des
zones rurales afin de les aider à poursuivre leurs études, et la
15
mise en œuvre de projets d'infrastructure communautaire, tels
que des puits d'eau potable, des cliniques de santé et des routes
rurales.
1.3.3 La Feuille de Route Gouvernementale, boussole de la lutte
contre les défis climatiques et sociaux au Togo
La FDR a pour objectif de « faire du Togo un pays en paix, une
nation moderne avec une croissance économique inclusive et
durable ». Pour bien structurer le développement du pays et
assurer une croissance au service d’un environnement
favorable à l’investissement privé, cette FDR s’articule autour de
trois axes stratégiques interdépendants :
(i) le premier axe va renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales
et consolider la paix ;
(ii) le deuxième axe permet de dynamiser la création d’emplois
en s’appuyant sur les forces de l’économie et ;
(iii) le troisième axe vise à moderniser le pays et renforcer ses
structures.
Ces trois axes sont composés de 36 projets et 6 réformes
structurels pour le pays (voir Tableau 1)
01
16
01
17
1.4 Les objectifs de développement sociaux portés par le
gouvernement
Les efforts de réduction de la pauvreté du gouvernement sont
ancrés dans une démarche historique, structurée par deux
grandes phases de planification du développement. La
première grande phase, de 1966 à 2011, a été marquée par cinq
stratégies de développement : les plans quinquennaux, les
programmes d'ajustement structurel (PAS), la programmation
pluriannuelle glissante, la planification participative
décentralisée et les Documents de Stratégie de Réduction de la
Pauvreté (DSRP). La deuxième grande phase, de 2013 à
aujourd’hui, a vu la mise en place de trois stratégies de
développement : la Stratégie de Croissance Accélérée et de
Promotion de l'Emploi (SCAPE), le Plan National de
Développement (PND) et la Feuille de Route Gouvernementale
(FDR).
Le Togo est actuellement en train de se doter d’une politique
nationale de protection sociale (PNPS) pour unifier et étendre les
régimes sociaux existants. La PNPS va permettre au pays de se
rapprocher davantage de plusieurs ODD. L’extension de la
protection sociale s’inscrit dans une stratégie à deux
dimensions :
• Une dimension horizontale : pour mettre en œuvre rapidement
un socle de protection sociale au niveau national
01
• Une dimension verticale : pour augmenter progressivement le
niveau de protection à ceux qui en bénéficient déjà et améliorer
le niveau de la protection sociale pour le plus grand nombre de
personnes
Un document de la PNPS a été élaboré et propose – sous réserve
de modifications – les axes stratégiques suivants :
• Axe stratégique 1 : renforcer les régimes de sécurité sociale et
étendre la couverture maladie à toute la population
• Axe stratégique 2 : améliorer les transferts sociaux pour les plus
pauvres et les plus vulnérables
• Axe stratégique 3 : améliorer l’accès des groupes à
vulnérabilités spécifiques aux services d’action sociale
• Axe stratégique 4 : mettre en place des programmes de
marché du travail pour les personnes en âge de travailler
• Axe stratégique 5 : renforcer la résilience des communautés
face aux chocs et catastrophes
18
En outre, la stratégie de réduction de la pauvreté repose sur 4
piliers : (i) le renforcement de la gouvernance ; (ii) la
consolidation des bases d’une croissance forte et durable ; (iii)
le développement du capital humain ; et (iv) la réduction des
déséquilibres régionaux et la promotion du développement à la
base. Le quatrième pilier part du constat que « la pauvreté se
manifeste essentiellement par la non-satisfaction des besoins
sociaux de base : éducation, santé, eau et assainissement,
alimentation, etc. ». Afin de répondre aux attentes de la
population, le Gouvernement a opté pour 5 actions : (i) la
promotion du système d’éducation et de formation ; (ii) le
développement du système et des services de santé ; (iii)
l’amélioration du niveau nutritionnel des populations ; (iv)
l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux infrastructures
d’assainissement ; et (v) la promotion de l’équité genre et de la
protection sociale.
Ces stratégies seront facilitées par le programme
d’identification nationale biométrique dénommé « e-ID Togo »
qui permettra d’identifier les personnes éligibles des
programmes sociaux. Lancé par le gouvernement, dans le cadre
de la loi 2020-009 adoptée en septembre 2020, et avec le
soutien de la Banque mondiale, le programme vise à doter tout
citoyen ou résident d’un numéro d’identification unique (NIU) sur
la base de ses données démographiques et biométriques. La
phase test a démarrée en mars 2024 et vise l’enregistrement de
01
60% des résidents au moins d’ici la fin de l'année 2024.
Sur le plan de la santé, l’année 2024, signe le lancement de
l’Assurance Maladie Universelle. A travers ce programme
institué par la loi du 12 octobre 2021, le Togo souhaite enregistrer
un million de personnes au régime d’assurance maladie
universelle. La vision de la politique de santé à l’horizon 2030 est
de faire du Togo « un pays dans lequel les hommes, les femmes,
les enfants, les jeunes, les adolescents et les personnes âgées
qui y habitent pratiquent des comportements favorables à la
santé, ont accès aux soins et services de santé de qualité dont ils
ont besoin et qui sont offerts à un coût abordable par un
système de santé performant, résilient et capable de satisfaire
le droit à la santé de tous en particulier les plus vulnérables ». Le
PNDS 2023-2027 est décliné en quatre (04) résultats d’effet : (i)
les mères, les enfants, les jeunes et adolescents et les personnes
19
âgées utilisent les services spécifiques pour leur santé et
bien-être d’ici à 2030, (ii) les capacités de lutte contre les
maladies et la maîtrise des déterminants sociaux de la santé
sont renforcées d’ici à 2030, (iii) le système de santé est résilient
et capable de répondre efficacement aux épidémies et autres
urgences de santé publique d’ici à 2030 et (iv) les populations,
particulièrement les plus vulnérables, ont un accès universel aux
services essentiels, aux médicaments, aux vaccins et autres
produits de santé de qualité à un coût abordable d’ici à 2030.
Pour chaque résultat d’effet, des orientations stratégiques et des
interventions ont été définies. On note qu’au cours de la période
de 2017 à 2021, le budget de l’Etat alloué sur ressources internes
au secteur de la santé a sensiblement progressé pour atteindre
en moyenne 7% du budget. La politique de santé reste basée sur
les soins de santé primaires et la construction d’infrastructures
de base sur le territoire. Ainsi, entre 2020 et 2022, 137 formations
sanitaires ont été construites ou réhabilitées faisant passer le
taux d’accessibilité géographique aux soins de santé de 71,0% à
90,7%. Cependant, le Togo comptait en 2021 un ratio de 2,5
personnels soignants (médecins, infirmiers, sages-femmes)
pour 7 932 habitants, et le taux de couverture des besoins en
personnels de santé au niveau primaire de soins a régressé,
passant de 62,4% en 2015 à 42,1% en 2021, illustrant les besoins en
personnel qualifié.
Sur le plan de l’éducation, le gouvernement a procédé en 2020 à
01
la révision de son plan sectoriel de l’éducation (PSE) pour la
période 2020-2030 pour tenir compte des nouveaux défis qui
restent à relever pour améliorer la performance du système
éducatif en lien avec les Objectifs de Développement Durable
(ODD). La révision du PSE s’explique aussi par la nécessité
d’étendre et améliorer l’offre éducative pour suivre la demande
en éducation en lien avec l’évolution de la pyramide
démographique ainsi que de prendre en considération les
engagements pris par le Gouvernement togolais aux niveaux
communautaire, continental et international, notamment avec :
(i) les réformes de l’UEMOA ; (ii) l’agenda 2063 de l’Union
Africaine ; (iii) la stratégie continentale de l’éducation pour
l’Afrique 2016-2035 ; (iv) la stratégie 2024 pour la Science, la
Technologie et l’Innovation pour l’Afrique ; (v) le programme
2030 des Nations-Unies. A travers ce nouveau PSE, le système
éducatif togolais a pour objectifs majeurs de : i) garantir un
20
enseignement de qualité pour tous avec des enseignant(e)s
qualifiés ; ii) réguler les flux et améliorer la pertinence et la
qualité de l’offre de formation professionnelle et technique afin
d’élever le niveau d’employabilité des sortants et de contribuer
efficacement au développement économique et social du pays
et iii) réduire les disparités qui existent, en matière d’éducation,
entre les régions, les sexes, le milieu urbain et rural, les riches et
les pauvres et les personnes en situation de handicap. L’Etat
accorde une priorité budgétaire à l’éducation. En effet, les
dépenses totales de l’Etat allouées à l’éducation sont passées
de 15,8% en 2012 à 20% en 2023, principalement en faveur de
l’enseignement de base. Ainsi, plusieurs initiatives majeures ont
été adoptées. L’école primaire est gratuite et les frais
d’inscription aux différents examens scolaires et universitaires
ont été supprimés. Par ailleurs, pour atténuer les conséquences
de la crise Covid-19 sur les populations vulnérables, le
gouvernement a exempté les frais de scolarité des collèges et
lycées publics depuis 2021.
Sur le plan de la lutte pour le genre, le Togo a mis en place la
Politique nationale pour l’équité et l’égalité de genre (PNEEG) qui
s’articule autour de 5 orientations stratégiques. Il s’agit (i) du
renforcement des capacités d'intervention du cadre
institutionnel de mise en œuvre de la PNEEG ; (ii) de la
valorisation de la position et du potentiel de la jeune fille et de la
femme dans la famille et dans la communauté ; (iii) de
l’accroissement de la capacité productive des jeunes filles et
des femmes et de leur niveau de revenu ; (iv) de l’amélioration
de l'accès équitable des femmes et des hommes, des jeunes
filles et des jeunes garçons aux services sociaux de base et (v)
de la promotion de la participation équitable des femmes et des
hommes, des filles et des garçons à la gestion du pouvoir, au
respect du droit et à la suppression des violences sous toutes
leurs formes. La PNEEG est assortie d’un plan d’actions
stratégiques de la politique nationale pour l’équité et l’égalité de
genre (PAS-PNEEG), fondée sur la nécessité d’institutionnaliser le
genre dans tous les ministères et institutions.
Le classement de référence « Women, Business and the Law »
(2024) de la Banque mondiale, qui identifie les obstacles à la
participation économique des femmes et encourage les
réformes discriminatoires, place le Togo en tête des pays
21
d’Afrique de l’Ouest et 19ème du classement mondial avec un
score global de 97,5 sur 100. Le Togo atteint des scores parfaits
(100 sur 100) dans presque tous les indicateurs mesurés par le
rapport, notamment en ce qui concerne la mobilité, le lieu de
travail, le salaire, le mariage, l'entrepreneuriat, les actifs et la
pension. Ces scores indiquent l'absence de discrimination
légale dans ces domaines et soulignent les réformes
significatives entreprises par le Togo pour garantir l'égalité des
sexes.
Cette évolution se manifeste par une augmentation de la
représentation des femmes dans les organes décisionnels tels
que l'Assemblée nationale (passant de 23% en 2019 à 35% lors
des élections de 2021) et le Gouvernement (avec une
composition actuelle de 34%), ainsi que leur accès à des postes
stratégiques.
C’est dans cette dynamique que le Togo a adhéré au
mouvement de solidarité mondiale HeforShe lancé par ONU
Femme œuvrant pour plus d’égalité et d’équité genre. Pour
l’ensemble de ces réalisations, le Chef de l’Etat a reçu une
distinction au rang du premier champion national « He For She ».
Ainsi, il convient de souligner le caractère transversal de la mise
en œuvre de la PNEEG à travers tous les secteurs. À titre
d'exemples :
- L’attribution de 25% de la commande publique aux jeunes et
femmes entrepreneurs
- La mise en œuvre de la charte TPME qui prévoit des mesures
d’aide et de soutien aux jeunes et femmes entrepreneurs
- L'amélioration de la santé maternelle et infantile réalisée à
travers la construction de six centres de santé mère-enfant
dans toutes les régions, l'augmentation du nombre
d'accoucheuses auxiliaires d'État, la gratuité de la réparation
des fistules obstétricales et du vaccin contre le cancer du col de
l’utérus et de la césarienne (CARMA). Le gouvernement a aussi
lancé en 2021, un programme national d’accompagnement
médical et financier de la femme enceinte et du nouveau-né
(programme WEZOU) ayant permis d’offrir près de 2,5 millions
de prestations de soins prénataux à fin décembre 2023.
- La suppression des frais de scolarité au primaire, 70% de
réduction de frais pour les filles du secondaire dans les
22
établissements publics, la gratuité totale des frais scolaires du
préscolaire jusqu'à la classe de terminale depuis l’année
académique 2021-2022 pour tous les apprenants, la distribution
d’uniformes et de kits scolaires aux filles vulnérables (primaire et
secondaire)
Le Togo a aussi mis en place une budgétisation sensible au
genre (BSC). La budgétisation axée sur le genre implique
l'allocation de ressources destinées à atténuer les inégalités
entre les sexes et à promouvoir l'inclusion. Entamée en 2022
avec six ministères pilotes, cette démarche a été étendue à deux
ministères et une institution supplémentaire. En termes de part
budgétaire, les dépenses sensibles au genre dans le budget
2023 pour les huit ministères et la Cour des Comptes
représentent un tiers du total. Pour 2024, cette démarche
implique quinze ministères et institutions, et doit être étendue à
l'ensemble des ministères et institutions publiques ensuite. Ces
ministères pilotes ont été retenus sur la base de leur
vulnérabilité aux changements climatiques (santé, eau,
agriculture, urbanisme), et leur potentiel d'atténuation
(transports, énergie, travaux publics, pistes rurales,
environnement).
Sur le plan de l’agriculture, la transformation des produits est un
pilier essentiel de la stratégie gouvernementale. Les principaux
objectifs incluent l'amélioration de la productivité et des
rendements agricoles, le renforcement du secteur de la
transformation agroalimentaire, et la promotion d'une
agriculture à forte valeur ajoutée. Les mesures clés sont
soutenues par le plan directeur 2024-2028 pour l'agriculture
irriguée, le programme de soutien au développement agricole
et à la création de petites et moyennes entreprises dans le
secteur de la transformation, la promotion de la mécanisation
agricole (à août 2024, deux centres régionaux de mécanisation
agricoles sont en cours de construction sur six de prévus),
l'expansion de l'agropole de Kara et la création de l'Agence de
transformation agricole.
Le gouvernement a mis en place le Programme
d'aménagement des zones d'aménagement agricoles
planifiées (ZAAP), une initiative visant à améliorer la productivité
agricole dans les filières végétales porteuses dans les zones à
23
fort potentiel agricole. Les ZAAP sont un mode d’exploitation
agricole moderne, visant à revitaliser les terres agricoles en
réunissant sur un seul et même site, différents blocs pour la
production des cultures vivrières, le maraîchage, la production
d’arbres fruitiers. En 2024, on compte 251 Zones
d’Aménagements Agricoles Planifiées (ZAAP).
Sur le plan de l’accès aux infrastructures de base, les objectifs
incluent l’extension du réseau électrique et des systèmes de
production d’énergie décentralisés afin d’atteindre un taux
d’électrification de 75% d’ici 2025 dont 50% d’énergies
renouvelables dans le mix énergétique d’ici à 2030. De
nombreux succès ont déjà été réalisés avec la construction de
centrales solaires notamment la centrale Sheikh Mohamed Bin
Zayed de Blitta d’une capacité de 50 MW (puis 70 MW et 100 MW
après les travaux d’extension), la plus grande centrale solaire
construite en Afrique de l’Ouest. De nombreux chantiers de
construction de ligne de transport électrique moyenne et haute
tension ont également permis une amélioration du
raccordement des foyers. Cette stratégie complétée par la
distribution de kits solaires photovoltaïques pay-as-you-go et la
création du Fonds Tinga facilitant le raccordement à l’électricité
à un tarif préférentiel ont permis une hausse du taux d’accès à
l’électricité de 50% à 67% entre 2020 et 2023.
Concernant le désenclavement des territoires, 1 000 km de
pistes rurales ont été achevées en 2023 pour des travaux
débutés en 2020 ainsi que quatre grands ponts.
Sur le plan des télécommunications et de l’accès à internet, le
Togo renforce sa couverture. Suite à son inauguration en 2022, il
est le premier pays africain à accueillir Equiano, le nouveau
câble sous-marin de Google qui transforme le secteur du haut
débit national. Par ailleurs, pour faciliter la vie des entreprises et
le développement de l’activité économique, des guichets
uniques ont été établis pour de nombreuses procédures
(création d’entreprises, délivrance de permis, dépôt des états
financiers, paiement des taxes, …). Entre 2020 et 2023, 22 services
publics ont été digitalisés. Sur cette même période, le taux de
couverture internet mobile et fixe est passé de 75% à 90% avec
un objectif de 95% pour 2025.
24
1.5 Les initiatives du Togo pour la protection du climat et la lutte
contre le réchauffement climatique
Conformément à l’Accord de Paris, le plan des Contributions
Déterminées au niveau National (CDN) 2021 évalue les besoins
de financement pour les actions d’adaptation et d’atténuation. Il
se réfère au Plan National d’Adaptation aux Changements
Climatiques (PNACC) de 2017.
L’ensemble des projets mis en œuvre entre 2015 et 2020 en
matière d’atténuation et d’adaptation a permis au Togo de
réaliser 7 990 Gg CO2-eq de réduction de ses émissions en 2020
au lieu de 5 075 Gg CO2-eq de réduction initialement prévue,
soit une réduction de 27,57% à l’horizon 2020 au lieu de 17,51% par
rapport au scénario de référence.
Même si la contribution du Togo aux émissions mondiales de
gaz à effet de serre (GES) est très faible (environ 0,02% des
émissions mondiales) le pays a pris des engagements forts au
titre de l’Accord de Paris. A l’occasion de la révision des CDN de
2021, le Togo a renforcé ses ambitions en matière de lutte contre
le changement climatique, et vise une réduction par deux ses
émissions de GES à l’horizon 2030.
Selon les estimations des CDN, entre 2020 et 2030, le besoin de
financement est estimé à environ 5,5 milliards de USD, dont les
trois quarts dépendent de l’accès à de nouvelles sources de
financement et d’un soutien supplémentaire. Cette estimation
ne couvre pas les aspects liés au renforcement de capacités et
de transfert de technologies. Ces derniers sont évalués
respectivement à 66,5 millions USD et à 236,3 millions USD
durant la période 2020-2030.
Pour mieux cibler ses efforts, le Togo a mis en place une
budgétisation sensible au climat pour l’exercice 2024, en
commençant par neuf ministères pilotes. Cet exercice devrait
être progressivement étendu à l’ensemble des institutions de
l’administration centrale.
Pour la Loi de Finances initiales exercice 2024, le budget des 9
ministères pilotes, favorables à la lutte contre les changements
climatiques et à la protection de l’environnement s’élève à 118,2
25
milliards, soit 7,2% du budget de l’Etat.
La méthodologie adoptée pour le marquage du budget a utilisé
six segments regroupés en deux axes distincts : deux segments
pour l'axe « changement climatique » (adaptation et
atténuation) et quatre segments pour l'axe « environnement »
(biodiversité, eau, pollution et déchets). Le marquage des
dépenses est effectué selon leur caractère « favorable »
(lorsqu’elles visent explicitement à l’atteinte de l’objectif de l’un
des segments du budget vert ou contribue à son atteinte), «
défavorable » (lorsqu’elles ne visent pas explicitement la
réalisation de l’objectif de l’un des segments du budget vert et
contribuent négativement à atteindre un objectif vert) ou «
neutre » (lorsqu’elles n’ont aucun impact sur l’objectif de l’un des
segments du budget vert).
1.5.1 Les mesures visant l’atténuation du changement
climatique
Les CDN prévoient un volet atténuation en prenant en compte 4
secteurs prioritaires stratégiques : (i) l’énergie, (ii) les procédés
industriels et utilisation des produits (PIUP), (iii) l’Agriculture,
foresterie et autres affectations de terres (AFAT) et (iv) les
déchets.
Un pan important de ce volet concerne la politique de
reboisement. La vision de la politique forestière du Togo, bâtie
autour de l’orientation stratégique principale « étendre la
couverture forestière à des fins de production, de conservation,
de protection et de réduction des risques climatiques », vise à
augmenter la couverture forestière à 26% à l’horizon 2030. A
travers cette politique, le gouvernement entend restaurer 1,4
million d’hectares de paysages forestiers dégradés et de planter
1 milliard d’arbres d’ici 2030. Par ailleurs, le gouvernement a
adopté en mars 2021, la stratégie nationale des émissions dues
à la déforestation et à la dégradation des forêts et au stock de
carbone dans le sol (REDD+).
Une autre priorité du gouvernement est d’accroître à un
minimum de 50% la part des énergies renouvelables dans la
capacité de production installée sur le territoire national d’ici
2030. Des centrales solaires de 50 à 70 mégawatts sont en cours
26
de construction et pourront assurer l’électrification notamment
rurale touchant potentiellement plus de 400 000 foyers.
A titre d'exemple, l’exploitation de la centrale de Blitta
contribuera à une réduction d’émission estimée à un million de
tonnes de CO2 au bout de 25 ans.
Encadré n°2 - Électrification en milieu rural les projets Cizo et
Tinga
Raccordement au réseau d’électricité Fonds Tinga
Le Gouvernement a créé fin 2021 le fonds Tinga, pour faciliter le
raccordement des ménages à l’électricité grâce à des
subventions remboursables.
Le fonds permet aux ménages de se raccorder à l’électricité
grâce à un paiement de 1 000 FCFA contre un coût moyen de 100
000 FCFA. Le reliquat étant ensuite remboursé sur une période
allant de 4 à 10 ans selon le revenu des ménages.
En avril 2023 le programme a bénéficié à 100 000 personnes.
Projet d’électrification rurale par kits solaires individuels
dénommé CIZO
Le projet « CIZO », qui signifie « allumer » en langue locale, a pour
objectif l’accès à une électricité propre, de qualité et à moindre
coût en milieu rural.
Lancé en 2017, le projet CIZO, géré par l’AT2ER, vise à faciliter
l’accès à l’électricité par le versement d’une allocation
mensuelle visant la fourniture de kits solaires individuels à coûts
abordables à plus de 2 millions de citoyens à l’horizon 2025.
Par ailleurs, un programme de mobilité verte visera aussi la
promotion de transport électrique et à faire du Togo un
précurseur de la mobilité électrique, avec pour objectif
d’atteindre 3% de ventes de véhicules électriques sur l’ensemble
des nouvelles ventes de voitures.
1.5.2 Les mesures d’adaptation au changement climatique
La CDN a aussi prévu un volet adaptation (tableau 2) afin de
27
renforcer la résilience des populations face aux changements
climatiques. Ce plan est décliné en cinq axes sectoriels : (i)
énergie, (ii) AFAT, (iii) ressources en eau, (iv) établissements
humains et (v) zone côtière.
1.5.3. L’économie maritime durable et la protection côtière
Le Togo est un pionnier dans le développement de l'économie
bleue sur le continent. L'économie maritime est au centre de
l'attention des gouvernements africains en tant que vecteur de
développement économique et social. La Banque Mondiale
définit l’économie bleue comme l’utilisation durable des
ressources océaniques pour la croissance économique,
l’amélioration des moyens de subsistance et des emplois tout
en préservant la santé de l’écosystème océanique.
Dans cette optique, l’Union Africaine a élaboré en 2014 la
Stratégie africaine intégrée pour les mers et les océans à
28
l’horizon 2050. Le Togo est porteur d’initiatives depuis plusieurs
années pour mettre en œuvre cette stratégie notamment en
l’ancrant juridiquement avec la Charte de Lomé créée en 2016 et
signée par trente pays. Cette Charte consacre le
développement durable dans le domaine maritime notamment
à travers le Chapitre IV sur le Développement de l’économie
bleue/maritime.
Le Togo est également signataire de nombreux accords
multilatéraux sur la protection du milieu marin comme la
Convention MARPOL et son protocole additionnel depuis 1973, et
la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer en 2022.
De plus, fruit d’un long travail en concertation avec les
différentes parties prenantes, la « Convention Collective des
Gens de Mer du Togo » visant à instaurer des conditions de
travail justes pour ces acteurs, est entrée en vigueur le 1er janvier
2024.
Enfin le Togo a adhéré à la charte bleue du Commonwealth en
juillet 2023, pour travailler sur une approche équitable, inclusive
et durable de la protection des océans et du développement
économique.
En effet, le Togo a un potentiel important dans le secteur de
l’économie bleue. Les ressources maritimes et côtières sont l’un
des atouts du pays avec un littoral occupant 11% du territoire
national, 36% de la population et 70% des activités
économiques. Le Togo s’est doté d’une stratégie pour planifier et
développer des activités économiques durables dans ce
domaine.
Le gouvernement s'engage dans la modernisation du secteur de
la pêche artisanale, un pilier essentiel de l'économie maritime,
qui génère entre 70% et 80% de la production halieutique
nationale. Le nouveau port de pêche artisanale de Lomé, réalisé
en partenariat avec l'Agence Japonaise de la Coopération
Internationale (JICA) et inauguré en avril 2019, en est l'exemple
phare. Dans le cadre de cette collaboration, des initiatives sont
en cours pour introduire des équipements plus écologiques,
comme des pirogues en fibre de verre, et pour explorer des
alternatives aux combustibles fossiles, afin de promouvoir une
pêche durable et de réduire la pression sur les ressources
29
forestières.Le plan stratégique pour l’économie bleue du pays
est axé sur plusieurs secteurs dont le développement
industrialo-portuaire et sa décarbonation ; le développement
du commerce et du tourisme ; la pêche et l’aquaculture ; le
développement et l’adaptation des activités côtières ; la
recherche marine. Un plan quinquennal de 205 milliards de FCFA
venant soutenir et mettre en œuvre cette stratégie a été élaboré
en 2023 et a pour but d’assurer la prospérité économique de la
population et le développement durable du littoral.
Ces initiatives permettront de relever les défis climatiques de la
région côtière notamment grâce à une protection efficace des
côtes et des ressources maritimes. Par exemple, la FDR prévoit
de protéger 90% des côtes contre l'érosion d'ici à 2025 avec 56%
réalisés à fin 2023.
1.5.4 La Prévention et lutte contre la pollution
La lutte contre la pollution au Togo se heurte à plusieurs défis
majeurs, tant en milieu urbain que rural. Parmi les principaux
problèmes, on note la prolifération des déchets, le manque
d'infrastructures adéquates pour la gestion des déchets solides
et liquides, les nuisances et pollutions diverses, l'utilisation non
contrôlée des pesticides, les pratiques de brûlage anarchique
des déchets, l'importation incontrôlée de produits chimiques, et
les rejets d'effluents industriels non traités…
Pour relever ces défis, les objectifs prioritaires incluent
l'amélioration durable du cadre de vie des populations à travers
une gestion efficace des déchets. Avec une urbanisation rapide
et une augmentation conséquente des déchets, il devient
impératif de renforcer les capacités techniques et
organisationnelles des municipalités. Cela implique notamment
une gestion rationnelle des déchets, y compris la réduction de
l'utilisation des sachets plastiques, pour réduire les risques de
pollution et améliorer les conditions de vie.
Les mesures à adopter incluent la prévention et la réponse aux
pollutions causées par les hydrocarbures et les produits
chimiques, ainsi que la lutte contre les activités polluantes
d'origine terrestre. En outre, il est crucial de réduire les déchets
marins, de prévenir et contrôler les espèces exotiques invasives,
de mettre à jour les informations sur les zones à risque et les
30
sources principales de pollution, et de construire des
infrastructures d’assainissement adaptées. Ces actions
s’inscrivent dans une démarche de renforcement du cadre
politique, institutionnel et réglementaire de gestion des déchets
et des produits chimiques et des polluants organiques
persistants (POP) pour en maîtriser les impacts
environnementaux.
1.5.5 Le renforcement du cadre institutionnel
Le Togo a été le premier pays de l’UEMOA à réaliser, en 2022, une
évaluation Public Expenditure and Financial Accountability (PEFA
Climat), un cadre de gestion des finances publiques sensible au
climat, pour l'intégration des considérations relatives aux
changements climatiques dans la gestion des finances
publiques. Les principaux points saillants relevés par l’évaluation
conduite avec la Banque mondiale sont que les mécanismes
institutionnels togolais évoluent dans le bon sens : passage à un
budget-programme ; existence, avec l’introduction de la
budgétisation sensible au genre, d’expériences techniques
permettant de suivre les dépenses liées aux changements
climatiques ; la nouvelle réglementation de la commande
publique prend spécifiquement en compte les aspects des
achats durables ; et les objectifs fixés en matière des
changements climatiques sont très ambitieux. Toutefois, à ce
stade, la thématique des changements climatiques ne
bénéficie pas encore d’une approche transversale dans les
politiques publiques.
Aussi, une mission du FMI au Togo en juin 2023 sur le
Climate-Public Investment Management Assessment (C-PIMA)
a abouti à un rapport pour préparer la mise en place d’une
budgétisation sensible au climat (BSC). Neuf ministères ont été
choisis comme ministères pilotes pour prendre en compte les
considérations environnementales dans le budget 2024.
Celle-ci montre de manière transparente comment les finances
publiques contribuent aux priorités climatiques et
environnementales. Une stratégie pour une économie bas
carbone est par ailleurs en cours d’élaboration. Le portage de la
budgétisation verte (BV) est assuré par la Direction Générale du
Budget et des Finances (DGBF) au sein du Ministère de
l'Économie et des Finances (MEF), avec un appui technique du
31
Ministère de l'Environnement et des Ressources Forestières
(MERF) et du Ministère du Plan et de la Coopération au
Développement (MPDC), sous la coordination de la conseillère
résidente du Fonds Monétaire International (FMI) auprès du MEF.
Au niveau sectoriel, des points focaux issus des Directions des
Affaires Financières (DAF) et des Directions de la Planification et
des Statistiques Économiques (DPSE) sont désignés comme
acteurs techniques.
En outre, pour examiner plus en détail les vulnérabilités du Togo,
la Banque mondiale appuie les autorités pour créer un rapport
national sur le climat et le développement (CCDR). Cela
comprendra des projections sur l’évolution de certaines
variables économiques, telles que le PIB. L’objectif est d’aider le
Togo à prioriser les actions les plus efficaces qui peuvent réduire
les émissions de GES tout en réalisant les objectifs de
développement durable et inclusif.
Le ministère de l’Economie et des Finances (MEF) a par ailleurs
d’ores et déjà organisé des formations de ses équipes aux
thématiques climatiques, avec l’appui technique du ministère
de l’environnement et des ressources forestières (MERF).
Au niveau législatif, les changements climatiques sont à ce jour
pris en compte dans la loi-cadre sur l’environnement, à travers
le prisme de la foresterie. La loi n°2008-005 de 2008 portant sur
l'environnement aborde les changements climatiques et la lutte
contre la désertification en son article 134, qui stipule que l’État
lutte contre la désertification et les changements climatiques en
assurant la protection des forêts, des parcours pastoraux et des
pâturages. Le gouvernement a également adopté un projet de
loi sur la lutte contre les changements climatiques et un projet
de loi sur les aires protégées. Un fonds national pour
l’environnement a été créé.
Sur le plan institutionnel, plusieurs départements ministériels
sont chargés de la réponse à apporter aux changements
climatique : (i) le ministère de l’environnement et des ressources
forestières (MERF) ; (ii) le ministère de l'économie maritime, de la
pêche et de la protection côtière (MEMPPC) ; (iii) le ministère de
l'agriculture, de l'élevage et du développement rural (MAEDR) ;
(iv) le ministère délégué auprès de la Présidence de la
32
République chargé de l'énergie et des mines (MEM) ; (v) le
ministère des Travaux publics, (vi) le ministère des transports
routiers, aériens et ferroviaires ainsi que ; (vii) le ministère de
l’urbanisme et de l’habitat (MUH). Le ministère de l’Economie et
des Finances (MEF) est également impliqué avec la mise en
place de la budgétisation sensible au climat (BSC) ainsi que
dans le mécanisme de sélection des dépenses éligibles au
cadre (voir plus loin).
Par ailleurs, plusieurs organismes rattachés à des ministères ou
indépendants s’appliquent à la mise en œuvre de la stratégie en
matière de durabilité et de protection de l’environnement.
L’Office national des aires protégées (ONAP), est un
établissement public à caractère administratif doté de
l’autonomie administrative et financière. Il a pour mission la
mise en œuvre de la politique forestière nationale et la gestion
des aires protégées avec notamment la réalisation de l’objectif
de couverture forestière de 26% du territoire d’ici 2030. L’Agence
Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE) est un
établissement public doté de la personnalité morale et de
l’autonomie financière. Elle a pour rôle de sensibiliser les
populations et est l’organe pilote de plusieurs programmes de
financement des bailleurs.
Dans le domaine maritime le Togo a créé l’Organisme de l’action
de l’Etat en mer (ONAEM). Cet organisme est supervisé par le
Haut conseil pour la mer (HCM) qui se réunit sur convocation du
Président de la République pour définir les orientations de la
politique marine. L’ONAEM est chargé de coordonner toutes les
actions des administrations qui sont impliquées dans l’action de
l’Etat en mer ainsi que celles des sociétés du secteur privé
maritime. La Préfecture maritime en est le bras opérationnel et
assure le commandement des opérations en situation
d’urgence ou de crise dans le domaine maritime et portuaire.
Encadré n°3 – le rôle de l’ANGE
L’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE) est un
établissement public administratif (EPA), doté d’une
personnalité morale et d’une autonomie financière créée par la
loi n° 2008-005 du 30 mai 2008 portant loi-cadre sur
l'environnement. Le décret 2009-090/PR du 22 avril 2009 définit
33
son rôle et ses responsabilités que sont la régulation
environnementale et l'information environnementale.
En matière d’évaluation environnementale, l’ANGE assure la
promotion et la mise en œuvre du système national des
évaluations environnementales notamment les études
d’impact environnemental et social (EIES), les audits
environnementaux (AE) et les évaluations environnementales
stratégiques (EES). L’Agence assure un appui pour l’intégration
de la dimension environnementale dans les politiques,
stratégies, programmes et projets de développement national
et local ainsi que l’élaboration des outils techniques d’analyse et
de suivi d’évaluation.
En matière d’information et de suivi de l’environnement, l’ANGE
assure la mise en place et la gestion du système national
d’information environnementale à travers notamment
l’observatoire national de l'environnement et la base de
données environnementale adjacente afin de collecter,
compiler, traiter et restituer des données qualitatives et
quantitatives en vue d’une analyse de l’état de l’environnement
et du suivi des indicateurs environnementaux. A cette fin, l’Ange
coordonne l’élaboration du rapport annuel sur l’état de
l’environnement. En outre, l’Ange assure le développement et la
mise en œuvre des actions d’information, d’éducation, de
communication et de formation relatives à la protection et à la
gestion des ressources naturelles et de l’environnement
notamment à travers des événements tels que la Quinzaine de
l'Environnement et du Développement Durable pour sensibiliser
le public.
PARTIE 2 : LES PILIERS DU CADRE DE FINANCEMENT
DURABLE
Le présent Cadre de financement durable (le « Cadre ») s'inscrit
dans la vision du gouvernement togolais de promouvoir un
développement économique durable et inclusif sur le moyen et
long terme, tout en étant soucieux des défis posés par le
changement climatique. Le Cadre découle de la stratégie de
développement durable du pays en particulier de la Feuille de
route gouvernementale (FDR), et réaffirme son attachement aux
Objectifs de Développement Durables (ODD) et l’Accord de Paris.
34
Le Cadre a également été rédigé en cohérence avec la stratégie
d’endettement à moyen terme (SDMT) qui vise à diversifier les
sources de financement tout en garantissant la soutenabilité de
la dette.
Ce Cadre permettra la levée de fonds durables auprès de
partenaires (créditeurs commerciaux et/ou bailleurs
multilatéraux et bilatéraux), soutenant les engagements
climatiques et sociaux de la République Togolaise. La
certification de ce Cadre ainsi que son audit, et les obligations
de reporting du gouvernement apporteront une transparence.
La République Togolaise a conçu ce Cadre de financement
durable en accord avec les meilleures pratiques internationales
(voir ci-dessous).
Le Cadre est structuré de manière à financer des projets du
gouvernement, éligibles aux catégories de dépenses énoncées
en section 1.2 et conformes aux principes de financement
durable énumérés ci-après :
(i) les principes relatifs aux obligations vertes (« Green Bonds
Principles »), les principes relatifs aux obligations sociales («
Social Bonds Principles ») et les recommandations relatives aux
obligations durables (« Sustainability Bond Guidelines ») publiés
par l'ICMA ;
(ii) les principes relatifs aux prêts verts (« Green Loan Principles »)
et aux prêts sociaux (« Social Loan Principles ») publiés par la
LMA ;
La portée du Cadre inclut les obligations, les prêts et tout autre
instrument financier (« instruments de financement durables »)
levés sur les marchés de capitaux internationaux ou sur le
marché régional. Ces instruments permettront de financer et/ou
refinancer des projets durables éligibles.
Ce Cadre sera mis à jour afin de tenir compte de toute évolution
des normes précitées.
Pilier 1 – l’utilisation des fonds
L’utilisation des fonds mobilisés via le Cadre sera conforme à la
nature et aux catégories de dépenses éligibles décrites dans
35
cette section, tout en respectant les principes de financement
durables de l’International Capital Market Association (ICMA) et
les principes relatifs aux prêts verts et aux prêts sociaux de la
Loan Market Association (LMA).
2.1 Nature des dépenses éligibles
La République Togolaise s’engage à allouer un montant égal au
produit net de toute émission d’instrument de financement
durable afin de financer et/ ou refinancer les dépenses
qualifiées ci-après de « dépenses éligibles ».
Des limites temporelles aux dépenses éligibles sont fixées par le
présent Cadre :
• Les dépenses éligibles seront celles inscrites dans la loi de
finances de l’année en cours (année N) et jusqu’à deux années
après l’émission (N+2).
• Le refinancement des dépenses éligibles est limité aux
dépenses engagées jusqu’à deux ans avant l’année d’émission
(N-2). La part estimée de refinancement sera communiquée
avant chaque émission tandis que la part réelle sera publiée
dans les rapports d’allocations.
• La République s’engage à privilégier les nouvelles dépenses
avec au moins 50% des fonds dédiés aux dépenses de l’année
en cours ou des années futures.
Sous réserve de conformité avec les catégories de dépenses
explicitées en section 1.3, les dépenses éligibles incluent (mais
ne se limitent pas) aux dépenses suivantes :
36
Les dépenses éligibles sont exclusivement celles dont l’État
togolais assure la charge. Ces dernières incluent les transferts,
les dotations à ses agences et entreprises publiques et excluent
les projets portés par l’Etat qui sont financés hors budget via une
ressource externe dédiée, afin d’éviter un "double comptage".
Par exemple les prêts-projets ou les prêts-programmes qui
seraient déjà financés par une institution de financement du
développement (IFD) sont exclus des dépenses éligibles. La
contribution financière de l’Etat dans le cadre de partenariats
avec des entités institutionnelles ou privées dans le cadre de la
réalisation d’un projet d’investissement sera toutefois éligible.
2.2. Catégories de dépenses éligibles
2.2.1 Les catégories de projets
Les projets environnementaux et sociaux identifiés dans le
Cadre de financement durable du Togo sont regroupés selon les
3 piliers du développement durable : environnemental,
économique et social. Chaque catégorie de projets peut en effet
renforcer un autre pilier, sans causer de préjudices importants
aux autres (‘no harm principle’) ainsi ces catégories ne peuvent
être soustractives mais seulement additives. Les dépenses
correspondantes visent à atteindre au moins un des 15 ODD
identifiés comme répondant aux principes de l’ICMA, ainsi qu’à
une ou plusieurs populations cibles listées précédemment.
37
38
39
26 Personnes scolarisées dans les écoles préscolaires, primaires, ainsi que les collèges, lycées et universités
27 Un comité de développement à la base institution d’initiative locale à but non lucratif ayant pour assise territoriale
le village ou le quartier de la ville et œuvrant pour le développement de la communauté de son ressort. Une
organisation de développement à la base fait référence à une organisation qui œuvre pour le développement et
l'amélioration des conditions de vie des communautés au niveau local. Le terme englobe les comités de
développement à la base (CDB), les groupements d'intérêt économique (GIE), et d'autres groupes communautaires
ou ONG qui opèrent au niveau local.
40
41
42
2.2.2 Les exclusions thématiques
Toute dépense publique relative à l'une des activités suivantes
sera systématiquement exclue :
- Tout projet ayant un lien avec les combustibles fossiles
(exploration, production, stockage, distribution et transport de
combustibles fossiles)
- Tout projet ayant un lien avec les industries de l'alcool, des
armes, du tabac, des jeux
- Tout projet impliquant une déforestation de forêt primaire, de
forêt naturelle modifiée et mangrove
- Tout projet se situant au sein des aires protégées
- Tout projet ou activité associant le travail des enfants
- Tout projet impliquant des activités de pêche illégale, non
déclarée et non réglementée (INN)
Pilier 2 – Evaluation et sélection des projets
3.1 Processus et gouvernance
Le processus d'évaluation et de sélection des projets garantira
qu'un montant égal au produit net des instruments de la dette
durable soit alloué à des dépenses éligibles nouvelles ou
existantes qui répondent aux critères énoncés au sein du pilier 1.
Dans le processus d’éligibilité et d’évaluation, certaines
dépenses inscrites dans la Loi de finances peuvent être
considérées comme éligibles et sélectionnées pour un
instrument durable sur la base de leur conformité avec les
principes généraux et les catégories éligibles décrites
précédemment ainsi que des secteurs d’exclusions.
Pour superviser la gouvernance des activités liées au Cadre, le
Togo a mis en place un Comité de gouvernance du cadre de
financement durable (CGCFD). Le CGCFD, est présidé par un
représentant du ministère de l'Economie et des Finances et est
assisté dans ses fonctions par un secrétariat technique.
Le CGCFD est chargé d'identifier et sélectionner les dépenses
éligibles au Cadre en prenant en considération les dépenses
marquées par les ministères sectoriels dans le cadre du
processus de budgétisation sensible au genre ainsi que de la
43
budgétisation sensible au climat (adaptation et atténuation) et
à l’environnement (biodiversité, eau, pollution, déchet) des
dépenses du budget de l’Etat. Le CGCFD s’appuie également sur
le portefeuille de projets de la FDR.
Les projets retenus pour les dépenses éligibles devront aussi
avoir fait l’objet d’une étude d’impact environnementale et
sociale sous la responsabilité du ministère sectoriel qui présente
le projet étudié.
Le CGCFD a notamment la charge de :
• Evaluer et sélectionner les dépenses et projets selon les
priorités de la feuille de route du gouvernement
• Superviser les études d’impacts environnemental et social des
projets sélectionnés en lien avec les ministères sectoriels
• Suivre l’allocation des ressources au sein du Cadre de
financement durable
• Vérifier qu’un surplus de dépenses éligibles est disponible pour
chaque nouvelle émission afin que le total des dépenses
éligibles excède toujours le montant émis
• Procéder à la modification des dépenses en fonction des
besoins
• Piloter le processus d’évaluation des dépenses sélectionnées
• Rédiger les rapports d’impacts et d’allocations des dépenses
• S’assurer de la transparence de l’allocation des fonds et en
mesure l’impact
• Coordonner les relations avec les ministères sectoriels pour
préparer la sélection des dépenses
• Superviser toute révision du Cadre de financement durable
lorsque nécessaire.
Le CGCFD présidé par le ministère de l'Economie et des Finances
comprend des représentants de la Direction de la Dette Publique
et du Financement, de la Direction du Trésor et de la
Comptabilité publique, de la Direction générale du Budget et
des Finances ainsi des représentants du ministère de la
planification du développement, du ministère de
l’Environnement et des Ressources Forestières, du ministère des
Mines et de l’Energie, de l’Agence Nationale de Gestion de
l’Environnement (ANGE), du ministère de la Santé, de l’Hygiène
Publique et de l'Accès Universel aux Soins, du ministère des
Enseignements Primaire, Secondaire, Technique et de l'Artisanat,
44
du ministère de l’Action Sociale, de la Promotion de la Femme et
de l’Alphabétisation et d'une série de ministères sectoriels
couvrant des politiques clés liées aux catégories durables
éligibles.
Sur une base semestrielle et tant que de besoin, le CGCFD
réexaminera l'affectation des produits et déterminera si des
changements sont nécessaires (par exemple, dans le cas où
des projets ou des dépenses ont été annulés, vendus ou sont
devenus inéligibles) et, le cas échéant, si des réallocations sont
nécessaires. Le CGCFD facilitera l'établissement de rapports
d’allocation et d’impact (voir pilier 4).
3.2 Atténuation des risques environnementaux et sociaux
La Loi-cadre sur l'Environnement assure que « Toute personne a
droit à un environnement sain. L’Etat veille à la protection de
l’environnement » et ceci conformément aux dispositions de la
Constitution (article 3).
L’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE) est
chargée entre autres de « la promotion et la mise en œuvre du
système national des évaluations environnementales
notamment les études d’impact, les évaluations
environnementales stratégiques, les audits environnementaux. »
Elle gère le processus de réalisation des études d'impact
environnemental et social des projets susceptibles de porter
atteinte à l’environnement aboutissant à la proposition au
ministre chargé de l'Environnement, la délivrance ou non du
certificat de conformité environnementale et des mesures
d’atténuation, de compensation et ou de prévention des risques
(dans un plan de gestion environnemental et social PGES)
lorsque nécessaire. Les directives et modalités concernant la
réalisation de ces études sont précisées dans le Décret
n°2017-040 PR fixant la procédure des études d'impact
environnemental et social.
Il existe trois procédures principales concernant le système
national des évaluations environnementales :
1. L’étude d’impact environnemental et social (EIES) est
obligatoire pour projets, de développement qui, par
l’importance de leurs dimensions ou leurs incidences sur les
45
milieux naturel et humain, sont susceptibles de porter atteinte à
l’environnement. Selon la complexité du projet il peut s’agir
d’une EIES simplifiée ou approfondie. Le ministre chargé de
l'Environnement accorde une autorisation pour le projet sur la
base de l’EIES évaluée par l’ANGE.
Processus de l’EIES par l’ANGE :
Le promoteur soumet une demande accompagnée d'un avis de
projet au ministre chargé de l'Environnement. L'ANGE fait le tri
préliminaire, la catégorisation évalue les enjeux
environnementaux du projet et notifie au promoteur le type
d’étude simplifiée ou approfondie à réaliser. Le promoteur
recrute un consultant agréé par l'ANGE pour élaborer le rapport
d'étude d'impact. Il mène éventuellement une consultation
publique en vue de recueillir l’avis des communautés riveraines
et les principales parties prenantes sur le projet. L’ANGE avec des
spécialistes concernés mène une évaluation technique du
rapport provisoire puis un comité ad’hoc désigné par le MERF
évalue le rapport provisoire en atelier national. Les observations
écrites sont transmises au promoteur pour la finalisation du
rapport d’EIES. Si le projet est approuvé, un Certificat de
Conformité Environnementale (CCE) est délivré, suivi par la
signature d'une convention de suivi entre l’ANGE et le promoteur.
Le promoteur assure la mise en œuvre du Plan de Gestion
Environnementale et Sociale (PGES) et du Plan de Gestion des
Risques (PGR). Le promoteur transmet trimestriellement des
rapports de mise en œuvre du PGES et du PGR. L’ANGE en assure
le suivi y compris par la réalisation de contrôles programmés ou
inopinés.
2. L’évaluation environnementale et sociale stratégique (EESS)
s’applique aux programmes, plans et politiques. Il permet d’en
évaluer les options stratégiques en fonction des enjeux
environnementaux et sociaux associés ainsi que d’identifier, au
préalable, les impacts environnementaux et sociaux des
investissements et activités dont les sites / localisations sont
inconnus avant l’évaluation du projet à travers un Cadre de
Gestion Environnementale et Sociale (CGES). Il se présente donc
comme un instrument permettant de déterminer et évaluer les
impacts environnementaux et sociaux potentiels futurs. Il
requiert la tenue d’ateliers de consultation avec les parties
46
prenantes et du public. Il définit le cadre de suivi et de
surveillance ainsi que les dispositions institutionnelles à prendre
avant, pendant et après la mise en œuvre du projet, et la
réalisation des activités pour atténuer les impacts
environnementaux et sociaux défavorables et les supprimer ou
les réduire à des niveaux acceptables. Il convient de noter que le
CGES n’exclut pas l’élaboration d’études d’impacts
environnementales et sociales approfondies ou simplifiées, pour
les projets qui le requièrent.
3. L’audit environnemental (AE) permet d’apprécier l’impact
généré par un projet mis en oeuvre sur l’environnement. Il est
obligatoire et est réalisé tous les quatre ans. Il peut aboutir à la
délivrance d'un Certificat de Régulation Environnementale (CRE)
ou, en cas de non-respect du plan de gestion environnemental,
sur l'imposition de mesures correctives ou de sanctions.
Par ailleurs, les exigences réglementaires liées aux
expropriations pour cause d’utilité publique sont déterminées
dans le nouveau Code foncier et domanial. Ainsi, il est précisé
dans l’article 7 que « Nul ne peut être contraint de céder sa
propriété ou ses droits réels immobiliers, si ce n’est pour la mise
en œuvre des politiques de développement ou pour cause
d’utilité publique, et moyennant, dans tous les cas, une juste et
préalable indemnité ». A cet égard, le Gouvernement a créé en
2019 la Commission d’Expropriation (Comex) pour gérer plus
efficacement l’indemnisation et la compensation des personnes
affectées par les expropriations pour cause d’utilité publique. De
plus, à travers un Décret modificatif, des commissions ad hoc
d’experts et représentants locaux peuvent désormais intervenir
en appui dans ces dossiers.
En matière foncière, le Ministère de l’Économie et des Finances
gère le foncier et les expropriations pour cause d’utilité publique
à travers la Loi n°2018‐005 du 14 juin 2018 portant Code foncier et
domanial. Ce texte indique les conditions et la procédure
d’expropriation pour cause d’utilité publique dans le cadre de la
mise en œuvre des projets. Il précise notamment : les cas où
l’expropriation peut être prononcée ; les formalités précédant
l’expropriation, à savoir la cession à l’amiable ; le jugement
d’expropriation et la fixation des indemnités, et les dispositions
exceptionnelles. La loi n° 2018-005 du 14 juin 2018 garantit le droit
de propriété et dispose en son article 646 que « Nul ne peut être
47
contraint de céder un fonds immeuble de tenure foncière
coutumière, si ce n’est pour la mise en œuvre des politiques de
développement ou pour cause d’utilité publique, et moyennant,
dans tous les cas, une juste et préalable indemnité ». A cet
égard, le Gouvernement a créé en 2019 la Commission
d’Expropriation (Comex) pour gérer plus efficacement
l’indemnisation et la compensation des personnes affectées par
les expropriations pour cause d’utilité publique. De plus, à travers
un Décret modificatif, des commissions ad hoc d’experts et
représentants locaux peuvent désormais intervenir en appui
dans ces dossiers.
Pilier 3 – la gestion des fonds levés
4.1 Gestion des fonds levées
Le fléchage des financements levés par le Cadre d’émission
durable vers les dépenses éligibles est opéré sur des montants
notionnels.
Le CGCFD procède à l’allocation des fonds de chaque
financement, ainsi que du suivi des dépenses en s’assurant que
la totalité des montants émis seront alloués au financement ou
au refinancement de dépenses éligibles. Une dépense
initialement inclue peut perdre son éligibilité si elle cesse de
satisfaire un des critères présentés dans ce document-Cadre.
Dans le cas où une dépense deviendrait inéligible, l’émetteur
s’engage à remplacer, dans la mesure du possible, les dépenses
affectées à ce projet par d’autres dépenses éligibles dans un
délai maximum de 24 mois.
C’est pourquoi le CGCFD s’assure de disposer d’un surplus de
dépenses éligibles pour chaque nouvelle émission afin que le
total des dépenses éligibles excède toujours le montant émis.
Le montant net de chaque émission est crédité jusqu’à
l’allocation complète des fonds sur le compte unique du Trésor
(CUT) logé à la BCEAO avec un registre spécifique pour les fonds
durables, soit un sous-compte du CUT.
Les fonds non alloués seront conservés sous forme de liquidités,
d'équivalents de liquidités ou d'autres placements liquides sur le
sous-compte du CUT.
48
Une revue de suivi sera présentée dans le rapport d’allocation
annuel.
Pilier 4 – Reporting
La République Togolaise s’engage à publier des rapports
d’allocation et d’impact pour chaque instrument de
financement durable émis au titre du présent Cadre.
Le CGCFD est en charge de la rédaction des rapports
d’allocation et d’impact. Il collecte les données nécessaires à
l’évaluation d’impact des différentes dépenses sélectionnées. Il
prépare la rédaction et assure la coordination avec les
différentes parties prenantes pour permettre l’élaboration des
rapports. Si nécessaire, il pourra bénéficier du soutien d'un
partenaire technique.
5.1 Le rapport d’allocation
Le rapport d’allocation, qui détaille l'affectation des fonds levés,
sera publié annuellement jusqu’à allocation complète des fonds
et au plus tard 18 mois après la date d’émission. Ce rapport sera
rendu public et disponible sur https://togoreforme.gouv.tg/ ou
sur https://finances.gouv.tg/.
Ce rapport comprendra les éléments suivants :
1. La date d’émission, le montant et la maturité de l’obligation
2. La part (%) des financements alloués en proportion du
montant émis
3. Le montant et la part (%) de nouveau financement et de
refinancement des dépenses financées
4. La répartition des montants alloués par catégories éligibles et
par sous-catégories vertes et sociales
5. La description des principales dépenses (re)financées
(projets et programmes associés)
6. La proportion de projets co-financés (qui le sont aussi par des
bailleurs internationaux)
Les rapports d’allocation seront audités par un auditeur externe
et ce jusqu’à allocation complète des fonds levés ainsi qu’en cas
de perte d’éligibilité de dépenses (réallocation des fonds).
5.2. Le rapport d’impact
49
Parallèlement à la publication d’un rapport d’allocation, la
République Togolaise s’engage à publier annuellement un
rapport d’impact centré sur les progrès sociaux et
environnementaux des dépenses éligibles auxquelles les fonds
ont été alloués dans les deux ans suivant la date d’émission.
En cas d’indisponibilité de données sur les indicateurs en
question, le Togo publiera des indicateurs connexes et des
informations sur les moyens déployés, les facteurs pouvant
affecter positivement ou négativement l’atteinte des cibles, afin
d’informer les investisseurs/prêteurs sur les progrès effectués.
En cas de co-financement, la République Togolaise s’efforcera à
rendre compte de la part proportionnelle de l'impact de son
instrument de financement ou de fournir la part du financement
provenant des recettes de cet instrument en pourcentage du
financement total du projet si l'impact total du projet est indiqué.
Les indicateurs de performances, dont certains exemples sont
présentés dans les tableaux ci-dessous, permettront de
mesurer l’impact des projets ; cela peut être par exemple la
mesure de la réduction des émissions de gaz à effet de serres
permise grâce à un projet.
Des détails concernant la méthodologie utilisée pour la mesure
des impacts seront également disponibles dans ce rapport
d’impact.
Les impacts environnementaux attendus sont basés sur des
estimations ex ante (élaborées avant la mise en œuvre du
projet) des résultats annuels attendus pour une année
représentative une fois le projet achevé et fonctionnant à
capacité normale.
5.3 Les indicateurs de performance par catégorie de projets
verts éligibles
50
51
5.4 Les indicateurs de performance par catégorie de projets
sociaux éligibles
52
La liste d’indicateurs proposée n’est pas exhaustive ; celle-ci
pourra être enrichie par d’autres indicateurs si jugés pertinents.
Les indicateurs retenus dans les rapports sont assujettis à la
disponibilité des données et à leur application au projet en
question. Ainsi, tous les indicateurs ne seront pas
automatiquement évalués pour chaque projet.
La revue externe des rapports d’impact sera réalisée par un
auditeur externe au moins une fois dans la période comprise
entre la date d’émission et cinq années après l’allocation
complète des fonds (compte tenu des délais de production de
données d’impact).
53