Le soufisme Tijaniyya
La Tijaniyya ou tariqa tijaniyya (Al-Ṭarīqah al-Tijāniyyah), littéralement « la voie tijane », variantes tidiane,
tidjane, tidjanie) est une confrérie (tariqa) soufie, fondée par Ahmed Tijani en 1782(1)
Cette confrérie musulmane est la plus répandue d’Afrique de l’Ouest(2).
Histoire
La Tijaniyya serait née en l’an 1196 de l’Hégire (1781-1782 de notre ère) lorsque le cheikh Ahmed Tijani, à
46 ans, lors d’une retraite spirituelle dans une oasis proche de Boussemghoun (Régence d’Alger)
Ahmad ibn Moktar ibn Hamd Sharif Tijani est le fondateur de la voie de Tijanite, il est né en 1150 de
l’hégire en Algérie. Lui (qui fut sunnite) avait mémorisé le coran et les hadiths il a fait des études
coraniques quand il était jeune et aussi des études de Tafsir, de hadiths, de Fiqh et d’Ousoul auprès de
différents enseignants dans différents pays tels que L’Algérie, le Maroc et l’Egypte. Progressivement, il
commença à s’initier au Soufisme après avoir rencontré quelques personnes de ce domaine. A la suite de
cela, il rédigea un livre intitulé « notes et avis au sujet du sunnisme et du Soufisme » il a également rédigé
un autre livre intitulé « commentaire du premier ouvrage juridique de Sheikh Khalil surtout en ce qui
concerne la jurisprudence Malikite « il a aussi un livre intitulé « commentaire des versets coraniques et
des hadiths », « les actes d’adoration pour l’ensemble des musulmans »
« Ensemble de Zikr et des incantations » (Hawrat pluriel de Wird) ». il créa une nouvelle voie et effectua
plusieurs voyages en Egypte à Telsamane et au Nord de l’Afrique et a fait le pèlerinage en vue de
promouvoir cette nouvelle idéologie. Après le décès de Sheikh Ahmad Tijani en l’an 1230 hégire lunaire,
son fils devint son successeur et le guide de la secte conformément au testament de son père. Il se lança
dans la propagation et à la promotion de leur idéologie dans le désert, Au soudan et bien d’autres régions
de l’Afrique. Ainsi, il continua à accroitre le nombre des adeptes de cette secte. Cette voie dans
l’ensemble s’est rependue à l’Ouest du Soudan, au Sénégal et en Mauritanie grâce aux efforts de Sheikh
Mohammad Al Hafiz ibn Moktar Habib l’un des premiers disciples de Sheikh Tijani. Les premiers efforts
coordonnés pour rependre les enseignements de cette voie en Afrique noire et chez les Haoussa ont été
entrepris par Sheikh « Oumar Al Fouhti Tahl ». il rédigea un livre intitulé « Rimah » qui constitue les
fondements de la Tijaniya auxquels il a apporté certaines modifications. En même temps, il a déclaré la
guerre à la colonisation française. Durant les dernières décennies, les adeptes de cette secte se sont
livrés aux activités dans une partie du Nord, Au Nord-Ouest, à l’Ouest et en Afrique centrale. Dans
certains pays tels que le Sénégal, un pourcentage élevé de la population suit la voie Tijanite et ils ont
également beaucoup d’influence et de puissance. On rencontre de manière dispersée les adeptes de
cette secte en Asie, en Europe, en Amérique et ils construits leurs sanctuaires dans certains pays. Cette
diffusion est plus remarquable au Ghana et se fait plus rapidement encore. Au Ghana, les Tijanite ont
beaucoup de pouvoir. Et ils se livrent aux activités gnostiques spirituelles et consolident les liens de
fraternité et d’unité avec d’autres religions. Ils ont une puissance économique remarquable et
l’administration de la société islamique est e entre leur main. Dans toutes les provinces du Ghana, les
imams des prières et l’autorité de la communauté islamique son entre les mains de cette tendance.
Les suiveurs de voie s’adonnent aux actes d’adoration conformément aux enseignements de Sheikh
Ahmad Tijani. Ils font des Zikr et des actes de culte. Ils estiment que le rappel, le Zikr et le respect des
dispositions islamiques pratiques constituent les fondements les plus importants pour adhérer à cette
voie.
Les musulmans Tijanites ont développé un radicalisme particulier en ce qui concerne l’attachement d’une
personne à l’autre. Ils considèrent tous leurs suiveurs comme les membres d’un même corps. En d’autres
termes, attaquer une personne signifie attaquer carrément tout le groupe qui appartient à cette voie et
c’est quelque chose de très important chez eux. Par ailleurs, les relations nationales et internationales
entre les illustres et importantes personnalités de cette secte et aussi le fait que ses suiveurs soient
éparpillés dans différents points du monde ont fait en sorte que lorsque les autres adeptes voyages dans
n’importe quel coin du monde, ils peuvent facilement trouver leurs camarades Tijanites et entrer en
relation avec lui.
L’un des aspects importants du culte de ce groupe et qui forme d’ailleurs le point essentiel de leur secte
est le regroupement rapide qu’ils forment après l’accomplissement la prière obligatoire de Mangrib. Ils
s’asseyent tous autour d’un morceau de tissu blanc et s’adonnent aux rappels et aux incantations. Et cet
acte fondamental fait partie des enseignements que Sheikh Ahmad Tijani a légué à ses adeptes
prétendant qu’il a reçu cela du messager de Dieu dans l’essange. Ce genre de Zikr qu’ils désignent par
« Wird » comprend les Instingfar, les Salawat, la Sourate Fatiha, le Zikr De « Lahilaha illa lah », la lecture
des versets coraniques que chaque membre a le devoir de faire individuellement ou en groupe après la
prière. Dans la série hiérarchique de cette fraction islamique, on retrouve dans chaque ville et chaque
province une personne appelé calife qui est le chef de la secte dans et a la responsabilité de s’occupe des
gens qui sont sous son ordre.
La secte Tijanite jouit d’un important pouvoir au Ghana. Et cette influence provient de l’harmonisation qui
existe entre cette voie, et l’identité africaine. En effet, dans cette, les rites et les coutumes africaines sont
mélangés avec les rites religieux et les autres rites traditionnels populaires. Les leaders de cette secte ne
montrent aucun radicalisme face à l’exécution des chansons, des tam-tams et parfois mêmes des danses
africaines dans les cérémonies islamiques. C’est ce qui a fait en sorte que les peuples autochtones du
Ghana se sentent un peu proches de cette voie. Les étudiants de cette secte apprennent l’arabe. Mais ni
accorde pas trop d’importance. Ils utilisent la langue haoussa pour l’enseignement, la propagation et
l’apprentissage.
Les Tijanites organisent deux cérémonies de commémoration de naissance :
La première est la cérémonie de la naissance du prophète (ç) et l’autre la cérémonie de la naissance du
Sheikh Ahmad Tijani ou Sheikh Ibrahim Inyass ? Certes il y existe des groupes Wahhabites et entre les
deux, il y a toujours les affrontements. En guise d’exemple, les Wahhabites pensent e particulier au sujet
de l’anniversaire du prophète (ç) que ce genre de pratique n’a pas de preuve dans le coran. Raison pour
laquelle ce genre de fête est considéré comme interdite. Mais, les suiveurs Tijanites estiment que leurs
déclarations sont radicales et sont mensongères.
Les fondateurs et les leaders de la secte Tijanite se déclarent tous de la descendance des imams
infaillibles Ahl-ul-bayt (as) ce qui fait que les Imams infaillibles occupent une place très importante dans
leur confession. (3)
Dans ces écrits, nous avons essayé de présenter globalement l’une des tendances Soufites qui occupent
une place importante au sein des populations actuelles. Cependant, pour étudier profondément les
croyances de cette secte et les soumettre à la critique, il est nécessaire d’avoir plus d’information précise
et de mener des recherches élargies sur le terrain.
Des rituels distinctifs
Le rituel tidjani est l’un des principaux signes distinctifs d’appartenance et il accompagne fortement la
vie quotidienne du fidèle, plus que dans d’autres confréries. Fixé initialement par Ahmed al-Tijani lui-
même, invoquant à l’appui les instructions du Prophète, ce rituel se compose d’une série de récitations,
dont le nombre peut varier d’une branche de la confrérie à une autre. Pour décompter exactement ces
récitations, les fidèles sont munis d’un chapelet.
Si l’on prend Tivaouane comme référence, ce rituel se compose de trois éléments : le wird, la wazîfa et le
dhikr.
Le wird , à réciter matin et soir, se compose lui-même de trois récitations :
Astaghfiru Allah (« je demande pardon à Dieu ») : 100 fois
Salât al-Fâtih (« la prière pour Celui qui ouvre » – c’est-à-dire le Prophète) : 100 fois. Les écrits tidjanis ont conféré
des mérites et bienfaits particuliers à ce texte très bref, allant parfois jusqu’à considérer sa récitation comme
équivalente à celle du Coran. C’est l’un des cœurs de la polémique avec les adversaires de la confrérie.
Shahâda (« attestation, témoignage ») : 100 fois. La shahâda est la profession de foi musulmane, qui marque
l’appartenance à l’islam : « Il n’y a d’autre dieu que Dieu, et Mahomet est son Envoyé ».
La wazîfa (« tâche, obligation »), une spécificité de la Tidjaniya, est, en quelque sorte, un wird
supplémentaire, à réciter une fois par jour, matin ou soir. Al-Hajj Malik Sy la recommande matin et soir.
Elle vient à la suite du wird et se compose des mêmes éléments, sauf le dernier : Astaghfiru Allah : 30 fois
; Salât al-Fâtih : 50 fois ; Shahâda : 100 fois ; Jawharat al-kamal (« La Perle de la perfection ») : 12 fois (et
11 pour les partisans de cheikh Hamallah). La Jawharat al-kamal fait aussi l’objet de vives polémiques.
Pendant la wazîfa , les Tidjanis ont la particularité de se réunir en cercle sur un drap blanc. La pratique,
qui remonte au fondateur, et avait alors pour but d’assurer une assise propre, est devenue une tradition
aux connotations mystiques : elle honore la présence des anges qui, d’après un hadith , seraient présents
dans tous les cercles d’adoration. Elle honore aussi celle du Prophète et de ses quatre premiers califes,
qui surviendrait, selon la croyance des fidèles, à partir de la septième récitation de la Jawharat al-kamal .
Le dhikr est accompli le vendredi soir, en commun sauf empêchement. Il comprend : Astaghfiru Allah : 3
fois ; salât al-Fâtih : 3 fois ; shahâda : 1 000 fois ou plus (jusqu’à 1 300). Certains clôturent par le nom
d’Allah : 300 fois.
Il existe toute une littérature qui précise les heures et les modalités idéales de ces récitations, et prévoit
les cas d’impossibilité et de rattrapage des récitations manquées. Ce rituel, assez contraignant et entouré
d’un certain formalisme, représente, pour le croyant, une discipline supplémentaire qui s’ajoute aux cinq
prières quotidiennes.
Notes:
1-Diana Cousens, « Tijâniyya Sufi Order », dans Martin Baumann et L. Gordon Melton, Religions of the
World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices, ABC-Clio, 2010, p. 1280
Gerhard Bowering, The Princeton Encyclopedia of Islamic Political Thought, Princeton, Princeton
University Press, 2013, xv
2-Youssef Ait Akdim, « La Tidjaniyya, arme secrète du « soft power » marocain en Afrique », Le Monde, 29
avril 2016.
3-Cet article est le résumé de la revue perspective des relations culturelles rédigé par Ali Reza avec le
titre la secte Tijanite au Ghana. Numéro 2, Mordod, 1382 hégire solaire.
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