Polycopié Introduction À La Sociologie Des Organisations BELGAID 2024
Polycopié Introduction À La Sociologie Des Organisations BELGAID 2024
Polycopié
Réalisé par :
BELGAID Lynda
2023/2024
0
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Identification de la matière
Semestre : 1
Nombre de crédit : 1
Coefficient : 1
Objectifs de l’enseignement :
matière.
Prérequis demandés :
philosophie.
1
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Contenu de la matière :
Mode d’évaluation :
Le cours se déroulant sur un semestre est sanctionné d’un seul examen dans le cadre des examens
2
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Avant-propos
La sociologie est une branche des sciences humaines qui étudie le comportement de l’Homme en
société. Par société, nous entendons une communauté d’Hommes qui entretiennent des relations,
sont interdépendants et forment un groupe qui comportent généralement des sous-groupes telles
Ainsi, l’une des thématiques majeures de la sociologie est l’étude de l’organisation. Les
organisations sont partout, elles envahissent notre existence quotidienne (hôpital, crèche, école,
Par ailleurs, la sociologie des organisations constitue un aspect fondamental de connaissances pour
des étudiants en premier cycle inscrits dans un cursus d’économie. L'étude de l'organisation ne s'est
pas développée de manière linéaire. Elle s'est construite par une succession de théories et d'écoles
qui ont repris les travaux précédents pour les confirmer et les prolonger ou les contredire et apporter
conclusions en place.
3
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 1.
4
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
La sociologie fait partie du groupe des sciences humaines à savoir : la Sociologie, le droit,
en groupes), et la Psychanalyse (étude scientifique des faits psychiques). Les sciences dites «
telles le Droit et l'Économie politique. La sociologie retient dans ces faits humains leur aspect
spécifiquement social.
Par ailleurs, la première démarche qui s'impose à quiconque veut traiter d'une science, est de
définir, de délimiter aussi exactement que possible son objet et son contexte d’apparition. Ceci est
toutefois un exercice délicat dans le cas de la sociologie puisqu’elle s’intéresse à une panoplie de
1. Objet de la sociologie
1.1. Définition
La sociologie peut être définie comme la branche des sciences humaines qui cherche à comprendre
et à expliquer l'impact de la dimension sociale sur les représentations (façons de penser) et les
comportements (façons d'agir) humains. Ses objets de recherche sont très variés puisque les
sociologues s'intéressent à la fois au travail, à la famille, aux médias, aux relations, aux réseaux
sociaux, aux rapports de genre (hommes/femmes), aux statuts et fonctions, aux religions, ou encore
aux formes de cultures et d'ethnicités...C'est elle qui pousse l'humain à réagir en société de façon à
5
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
La sociologie est issue du mot société. Il en existe une quarantaine de définitions différentes. De
manière générale, la sociologie est l’étude scientifique des sociétés et des faits sociaux ayant pour
cadre la société, les relations sociales, les manières de se réunir ou de se retrouver mais aussi
La sociologie est une approche multidimensionnelle des sociétés humaines, elle apparaît comme
une science de synthèse ; elle englobe ainsi toutes les autres disciplines dont les champs
Après avoir inventé le mot « sociologie » Auguste Comte la définie comme étant « la science
fonctionnement », les institutions étant toutes les croyances et tous les modes de conduite
institués par la collectivité telles que la langue, la religion, la monnaie, les arts, les styles, les
1.2. Le social
C'est un mot du langage courant, dont l'acception la plus conforme à l'usage est « relatif à la société
». Le « social » est ce qui concerne ce phénomène de vie en communauté qui caractérise les
hommes, l’homme ayant toujours vécu en groupe. Est, donc, social tout fait, tout acte, tout rapport
dans la mesure où il comporte une action de la société ou une action sur la société. Autrement dit
le social est tout fait, tout acte, tout rapport à propos desquels la société apparaît comme objet ou
comme sujet.
6
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
1.3. La société
La société est la communauté humaine plus ou moins complexe où vivent les individus. Les
hommes qui font partie d'une société présentent cette caractéristique d'avoir entre eux des rapports
volontaires ou involontaires explicites ou implicites, réels ou potentiels ; ils sont à quelque degré
interdépendants et forment un groupe qui comporte généralement des sous-groupes plus ou moins
2. La socialisation
d’intériorisation des valeurs, des normes et des rôles régissant le fonctionnement de la société.
Ainsi, La société n’agit pas directement pour assurer la transmission des normes et des valeurs,
mais à travers l’action d’intermédiaire que sont les différents groupes dans lesquels s’insèrent les
individus (famille, groupe social ou ethnique, groupe d’âge, groupe personnel… ceci étant appelé
Elle repose sur l’ensemble des expériences associées à la prime enfance. La transmission de
certaines valeurs de classes s’effectue ainsi, de façon largement inconsciente, durant les premières
années de vie.
La socialisation secondaire renvoie au cadre scolaire qui se donne pour fonction explicite la
7
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
a néanmoins aussi une dimension informelle. Le monde scolaire transmet non seulement des
connaissances et des savoirs, mais aussi des attitudes, des normes de comportement : un rapport à
Les agents de socialisation : Les agents de socialisation les plus importent sont : la
famille, l’école, les pairs, le monde du travail, les médiats (Il ne s’agit pas pour ce dernier
d’un groupe social identifiable, leur action est diffuse et s’adresse à l’ensemble de la
collectivité)
Que ce soit sur le plan évènementiel ou idéologique, la France et les principaux pays européens ont
connu au cours du 18ème siècle mais surtout du 19ème siècle des changements profonds. Ce contexte
qui bouleverse l’ordre social ancien favorise l’émergence d’une problématique sociologique à
D’un point de vue purement événementiel, on entend souvent dire à propos de la sociologie qu’elle
est « la fille des révolution ». Par révolution, il s’agit sur le plan politique de la révolution française
et sur le plan économique des deux révolutions industrielles. En effet, ces révolutions en ébranlant
l’ordre social ancien ont engendré des interrogations sur la nature de la nouvelle société à construire
Sur le plan politique : une révolution politique, notamment en France, à travers les idées
qu’elle véhicule et des réformes qu’elle engage, va détruire certains dogmes et certains
8
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
naissance du capitalisme moderne. Ainsi en posant les bases d’un nouveau système productif,
elles ont engendré de profondes mutations dans le tissu social qui, pour certains, seront
Sur le plan idéologique, les 18ème et 19ème siècles ont été marqués d’une part par la
prédominance de certaines idées politiques et d’autres parts par l’avènement de la raison. Or les
L’avènement de la raison : le 18ème siècle est considéré comme le siècle des philosophes des
Lumières », parmi lesquels on trouve Voltaire, Rousseau, Montesquieu. Pour ces intellectuels
la raison doit être placée au-dessus de tout et en particulier au-dessus de la religion. Cet « état
d’esprit rationaliste », selon Emile Durkheim, va engendrer une attirance et une passion sans
Les idées politiques : parmi les idées politiques qui se sont développées au cours des 18 et 19ème
siècle, le conservatisme, qui est l’idéologie qui a la relation la plus étroite avec la naissance de
la sociologie. On entend par conservatisme un courant idéologique qui regroupe tous ceux qui
dénoncent les maux et les dysfonctionnements sociaux engendrés par les révolutions politiques
9
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
relèvent les manques, les absences et les dysfonctionnements de la société issue des deux
Conclusion
La sociologie est une science d’une importance capitale, elle permet de comprendre les différents
processus d’intégration des individus en société. Il s’agit d’une étude objective des faits sociaux
apparue au terme d’une longue restructuration de la société. Elle et naît suite à une mutation des
Il est primordial de connaitre ses méthodes scientifiques et ses différentes approches d’analyse.
10
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 2.
11
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Il s’agit dans le présent chapitre de revenir brièvement sur la contribution de quelques auteurs
(philosophes et sociologues) à la sociologie. Ces derniers sont ainsi classés par ordre chronologique
Inb Khadoun est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d'analyser
les changements sociaux et politiques qu'il a observé dans le Maghreb et l'Espagne de son époque
Muqaddima (traduite en Prolégomènes et qui est en fait son Introduction à l'histoire universelle et
à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l'histoire des
C’est en s’intéressant aux structures et aux évolutions des sociétés qu’il est considéré comme l’un
moderne.
Philosophe et écrivain français des Lumières, né en 1689. Il introduit les notions de sociologie et
publie en 1748 : "De l’esprit des lois". Dans cet ouvrage, il établit des relations stables entre les
institutions juridiques et politiques et les conditions de vie des individus en société. Il se penche
sur le pouvoir politique et expose une théorie en mettant en relation les principales formes de
pouvoir politique. Il propose le principe de séparation des pouvoirs qui nécessite la notion
d’indépendance entre eux : le pouvoir est ainsi séparé en : Exécutif, Judiciaire et Législatif.
Né le 28 juin 1712 à Genève en Suisse. Il est écrivain, philosophe et musicien francophone. Il croit
en la bonté originelle de l’homme. Il publie en 1762 : "Du contrat social" dans lequel il rappelle
combien l’état civil est souhaitable en ce qu’il substitue en l’homme la justice à l’instinct, la raison
à l’impulsion physique.
invente la dénomination "sociologie" en 1839. Avec lui, la sociologie commence à devenir une
science. Il la définit comme « l’étude positive de l’ensemble des lois fondamentales propres aux
phénomènes sociaux ».
Abstraite : la mathématique
Étude de la terre
(Cosmologie) Concrète : la physique céleste (l’astronomie) et
terrestre (la physique au sens strict et la chimie)
Comte établit une loi progressive, générale et linéaire d’évolution de l’esprit humain. Selon lui,
toutes les disciplines et les sociétés humaines passent par trois états successifs. C’est la loi générale
- Etat théologique ou fictif : C’est le pouvoir propre à chaque société qui permet de relier des
13
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
- Etat métaphysique ou abstrait : C’est une période de crise, une époque critique conçue
- Etat scientifique ou positif : C’est la phase de réorganisation de la société qui suit la crise où
Sociologue français, né d’une famille juive pratiquante. A l'issue de l'École Normale Supérieure, il
Émile Durkheim est considéré comme le fondateur de la sociologie moderne pour avoir réussi à
énonça la spécificité du fait social, indépendance du groupe par rapport aux hommes qui le
composent et considère les faits moraux comme des sociaux. Ses cours et ses écrits traitent de la
historien, un sociologue, un homme politique et un idéologue, on ne peut l’enfermer dans une seule
Le capitalisme : L’analyse de Marx porte sur les sociétés de classes dans une société
capitaliste, caractérisées par la propriété privée des moyens de production. Le capitalisme est
considéré par Marx comme un mode de production historiquement déterminé qui n’est pas
universel. Une de ses interrogations porte sur les forces qui vont présider à la transformation
14
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Les classes sociales au centre de l’analyse de Marx : Pour Marx, l’affrontement des classes
sociales est considéré comme le moteur essentiel de l’histoire et donc du changement social.
En effet, la présence de classes sociales est une des caractéristiques essentielles des sociétés
capitalistes.
Chez Marx, il est difficile de définir avec précision combien la société capitaliste naissante
compte de classes sociales. Dans les travaux de Marx, le nombre et la dénomination des classes
diffèrent d’un ouvrage à un autre. Toutefois, on peut convenir que Marx distingue deux grandes
classes sociales que sont les capitalistes et les prolétaires. Or celles-ci défendent des intérêts
divergents et contradictoires. Pour sauvegarder par conséquent leurs intérêts respectifs, elles sont
amenées à s’affronter dans des conflits plus ou moins ouverts. C’est cette lutte des classes qui
doit déboucher selon Marx à la révolutions prolétarienne qui aboutira à une société sans classes.
Dans ce contexte on voit bien le rôle central dévolu aux conflits sociaux. Ce sont eux qui sont
Tocqueville est un sociologue français dont les travaux portent copieusement sur la démocratie.
Un théoricien de la démocratie
américaine représente pour lui le modèle idéal de la démocratie, en raison de cause historiques (un
15
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
culturelles (esprit de liberté, esprit d’association, forte cohésion des opinions, liberté de presse) et
Démocratie et égalité
Selon lui, démocratie et égalité sont intimement liées. Dans un système démocratique idéal, parce
que les positions ne se transmettent pas héréditairement, et que toutes les places sont donc
égalitairement accessibles à tous, l’égalité sociale est de fait la règle. Autrement dit, comme il n’y
a pas de barrières rigides entre les strates sociales, la mobilité sociale est possible. A terme, la
fluidité sociale engendre une égalisation des conditions de vie, c’est-à-dire une uniformisation des
Tocqueville dénonce tout de même quatre dangers de la démocratie et propose des solutions :
a. L’individualisme
À partir du moment où l’égalité place les hommes à coté les uns des autres sans lien commun qui
ainsi en péril la constitution d’un corps social cohérent et intégré. Ce repli sur soi-même peut être
b. L’anarchie
Lorsque les libertés des individus n’ont plus aucune limite, cela peut engendrer l’anarchie. C’est
pour cette raison que dans une société démocratique l’intériorisation de règles de vie par les
16
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
c. Le despotisme démocratique
Dans une société démocratique, le peuple est représenté par les élus qui exercent le pouvoir
politique. Ce principe de la démocratie représentative peut, au bout d’un certain temps, transformer
les individus en citoyens passifs et les placer dans une situation de servitude. Pour éviter cette
dérive du régime démocratique, Tocqueville préconise d’une part la liberté de la presse afin de
favoriser l’expression des opinions individuelles et d’autre part la multiplication des corps
intermédiaires tels que les associations, les syndicats, les partis politiques…
d. Le despotisme de la majorité
Selon la formule bien connue de Tocqueville, lorsque c’est le principe de la majorité qui détermine
les règles de fonctionnement d’une démocratie, c’est de plus en plus l’opinion qui mène le monde.
Ainsi, à force de se référer toujours à l’opinion publique, on finit par perdre une partie de son
Pour Weber, la sociologie est une science de l’action sociale. A la différence de Marx et de
l’individu.
doit se placer du point de vue de l’acteur pour comprendre le sens subjectif qu’il donne à
17
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
général), il doit faire le récit de ce que l’on ne verra jamais deux fois (recherche du
singulier).
- Culturelle : On ne peut comprendre les actions humaines hors de leur système de croyances
et de valeurs. Il s’agit d’expliquer ce que les hommes ont créé (institutions, religions,
théories scientifiques), ce qui est impossible sans références aux valeurs qui les ont guidés.
Articulée autour de trois concepts centraux (capital, champ et habitus), la sociologie de Pierre
Bourdieu offre un cadre conceptuel heuristique. En effet, elle permet d’inscrire l’agent dans son
compte de sa puissance d’agir sans reproduire l’anthropologie imaginaire d’un sujet transcendantal.
Elle intègre aussi le symbolique sans tomber dans le piège du déterminisme culturaliste et son
essentialisation de la culture.
Pour le champ des études managériales, la sociologie de Bourdieu comporte des apports
intéressants : elle permet de lier les niveaux d’analyse, d’intégrer les rapports de domination et de
penser à la fois l’effet de la structure et la puissance d’agir des agents. En marketing, elle offre un
comptable. En stratégie, elle participe à enraciner la stratégie dans l’activité pratique des agents.
En théorie des organisations, elle renouvelle la conception de l’organisation et des rapports inter-
18
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
organisationnels. En gestion des ressources humaines, elle offre une perspective intéressante pour
19
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 3.
La démarche méthodologique en
sociologie
20
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Le travail du sociologue suppose de respecter certains principes scientifiques et donc à suivre une
démarche rigoureuse qui garantit autant que possible une certaine objectivité.
La sociologie est un domaine très large et englobe des questions débattues dans les médias, dans
conduit bien souvent à remettre en question ce savoir immédiat, ces préjugés ou ces idées reçues
sur le sujet considéré. Il faut pour un sociologue qu’il traite les phénomènes sociaux en eux-mêmes,
Une valeur promue par l’institution scolaire : les résultats des élèves ne sont censés dépendre que
de leur « mérite ». Les différences de résultats reflètent, dans cette optique, des différences
d’aptitudes personnelles (individuelles), un « don » (naturel) pour telle ou telle matière, ou encore
une « volonté » plus ou moins forte de l’élève de s’impliquer dans ses études. Mais dans les faits,
les élèves n’ont pas les mêmes chances de réussite selon leur milieu social d’origine.
21
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Afin de préserver son objectivité scientifique, le sociologue doit éviter de porter des jugements de
valeur à propos des phénomènes qu’il observe. Il doit garder une certaine neutralité face aux faits
qu’il examine. Son travail consiste à dévoiler des faits latents ou cachés, ou encore de remettre en
causes des fausses évidences, mais en aucun cas, il ne doit porter un jugement moral sur ce qu’il
découvre.
La sociologie se distingue ainsi des jugements de valeur sur le social, son propos n’est pas normatif,
il ne s’agit pas de dire ce qui devrait être, mais de décrire et analyser ce qui est. Le sociologue doit
s’efforcer de mettre de côté ses jugements de valeur : principe de neutralité axiologique (M.
Weber).
Le sociologue doit prendre du recul à l’égard du phénomène étudié, mais l’engagement reste
fonctionnement des groupes humains, il doit participer et s’engager activement dans le groupe et
G. Bachelard résume toute la démarche scientifique en une phrase « le fait scientifique est conquis,
construit et constaté ». En effet, il est conquis en se débarrassant de ses préjugés, construit par la
22
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
A partir de ce constat, plusieurs auteurs considèrent que la recherche sociologique doit se décliner
en trois actes :
La question de départ
Elaboration de la
problématique
Construction
Construire par la
raison une Construction du
démonstration et un modèle d’analyse
schéma
d’interprétation
Observation
Constatation
Affirmer ou Analyse des
infirmer les informations
hypothèses
énoncées Conclusions
23
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Les méthodes quantitatives sont des méthodes de recherche, utilisant des outils d'analyse
biais de données historiques sous forme de variables mesurables. Le quantitatif a pour objet le
repérage et la mesure de relations stables entre entités (Ex : Dans le champ de l’analyse de la
pauvreté, cela recouvre la mesure de l’influence de différentes variables telles que le PIB, la
La représentativité
Lorsque l’on fait un tirage aléatoire dans une série de grande taille, plus on augmente l’échantillon,
ceux-ci étant obtenus sur la base d’échantillons représentatifs, il est possible d’en étendre la portée
Des méthodes quantitatives résultent des données chiffrées : Les données chiffrées qu’utilise la
sociologie peuvent être des données brutes (27 607 000 travailleurs en France) ou des pourcentages
(la population active représente 45% de la population totale et 65% de la population en âge de
travailler). Les données sont généralement présentées sous forme de tableaux, graphiques …
La recherche qualitative se caractérise par sa méthode d’analyse qui n’est pas mathématique. Si
tous les auteurs ne s’entendent pas sur la définition de la recherche qualitative, la plupart lui
attribuent des caractéristiques semblables. On considère que la méthode qualitative traite des
données difficilement quantifiables, qu’elle recourt à une méthode d’analyse souple et qu’elle
24
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
La recherche qualitative, privilégiant en cela une attitude naturaliste, se donne pour visée première
de fournir des descriptions détaillées des sujets et phénomènes considérés dans leur contexte
naturel
a. Le questionnaire
Le questionnaire est un outil quantitatif dont l’utilisation fréquente dépasse largement les frontières
de la sociologie. Son principal intérêt est de fournir au sociologue des informations chiffrées. C’est
question ouverte…)
b. L’entretien
L’entretien est une situation de face à face, donc d’interaction, qui sert à produire des discours. Il
permet par conséquent au sociologue de recueillir des propos qu’il étudiera par la suite en réalisant
Il existe plusieurs types d’entretien, ce dernier peut être directif, libre ou semi-directif.
c. L’observation
indispensable de l’entretient. Elle suppose un séjour plus ou moins long sur le terrain afin de
Il s’agit d’observer ce que fait réellement l’individu dans le groupe et non ce qu’il dit qu’il fait.
Le chercheur s'immerge dans un groupe pour mieux le comprendre, met des acteurs dans des
situations contrôlées, ou tente de transformer une situation sociale pour mieux la comprendre.
25
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
26
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 4.
Holisme et Individualisme
méthodologiques
27
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Les sociologues étudient le fonctionnement de la société, analysent les mécanismes en jeux dans
les relations entre les groupes sociaux et les individus. Mais, tous ne le font pas avec la même
approche, car tous ne conçoivent pas de la même façon ce qu’est la société et comment les individus
s’y inscrivent.
1. Les holistes abordent la société comme un tout dont il faut décrypter le fonctionnement.
Pour l’holisme (du grec holos : « tout »), on ne peut comprendre les phénomènes élémentaires
(goûts et choix individuels, relations entre individus et entre groupes…) qu’en les replaçant dans
leur contexte global, car le tout ne se résume pas à la somme des parties le composant. Les individus
sont largement passifs dans le sens où ils subissent, souvent inconsciemment, le jeu social fait de
Emile Durkheim dont l’objet d’étude, le fait social, s’impose à l’individu et le contraint,
Karl Marx qui privilégie l’analyse des classes et des conflits de classes en estimant qu’ils
Pierre Bourdieu qui analyse les phénomènes de domination entre des classes inégalement
dotées de capitaux (économiques, culturels et sociaux) qui s’affrontent dans les différents
champs sociaux.
Les holistes cherchent à s’extérioriser le plus possible des faits qu’ils étudient. Comme Durkeim le
recommandait dans « les règles de la méthode sociologique (1895) », ils traitent « les faits sociaux
28
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
comme des choses » et privilégient les approches « objectives », statistiques, au risque d’oublier
De ce point de vue, le tout (le social) est le produit des actes des individus et de leurs interactions.
Ici, les individus sont considérés comme des acteurs rationnels qui font des choix liés à leurs
préférences et à leurs stratégies, c’est ainsi qu’ils modèlent la société. Cette approche est
Max Weber pour qui la société, caractérisée par des conflits de valeurs, doit être analysée
privilégient la subjectivité des acteurs en étudiants leurs interactions car ce sont elles qui
« font » la société.
Raymond Boudon qui conçoit l’acte social comme « le produit de l’agrégation d’actes
individuel », même s’il prend en compte les effets de composition qui peuvent dépasser les
Les individualistes pratiquent des observations directes, voire participantes en s’intégrant aux
groupes qu’ils analysent, pour bien les connaitre et comprendre, avec le danger de modifier la
réalité qu’ils étudient et de brouiller leur propre perception (c’est ce que l’on nomme le « paradoxe
de l’observateur »).
29
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
valeurs, des normes et des règles émanant de la société ou est-elle d’abord un mécanisme
Ce sont deux grandes options entre lesquelles chaque sociologue se situe. La coupure que nous
avons ici schématisée est moins nette lorsque les sociologues mettent en pratique leurs options
30
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Holisme Individualisme
Les individus sont Des êtres subissant des règles Des acteurs qui ont des stratégies
La sociologie étudie Les faits sociaux qui s’imposent Les résultats des actions
Essaie de connaître les lois et les Mettre à jour les stratégies des
31
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Les sociologues Traiter les faits sociaux comme Se centrer sur l’étude des actes
doivent des choses et les analyser de des individus et du sens qu’ils leur
l’extérieur. donnent.
l’observation
récits de vie.
Il néglige les choix et les arbitrages des individus exclusivement vus comme subissant
passivement ce que produit la société, ce qui aboutit à nier la part de choix qui existe dans
l’espace social.
Il suppose des déterminismes liés au jeu des « faits sociaux », ces « classes » ou de
On reproche à l’individualisme :
De postuler la rationalité des individus (les « acteurs sociaux »), considérés comme des
êtres calculateurs comparant les coûts et les avantages de leurs actes qu’ils tentent de
32
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
aussi preuve.
De considérer que le tout (la société) est la somme des parties (les interactions), même s’il
tient compte des effets d’agrégation en occultant les poids des effets globaux et des
structures.
33
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 5.
34
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
La théorie des organisations est principalement apparue au cours du XXe siècle. Elle s’est
développée notamment dans les années 1930 à la recherche des meilleurs modèles, pouvant donner
lieu à une meilleure organisation de la production et ainsi assurer plus de performances pour
l’entreprise. Le concept de sociologie des organisations est apparu dans les années 1950.
Les différentes écoles de pensé se différencient entre elles par la conception et par la définition
qu'elles ont de l'organisation et de ses composantes, mais elles partagent toutes une même
Avant de commencer à explorer la réponse apportée par les différentes écoles de pensée à cette
L’organisation est définie comme étant un système social organisé en vue d’atteindre un certain
objectif. Elle suppose un but formel, une division des tâches et une attribution des rôles, un système
(M.Crozier, 1977) ;
35
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
- Des « systèmes ouverts » consistant dans les activités entrelacées d'un nombre d'individus
- Une unité culturelle façonnée par son histoire, ses valeurs et ses rites (approche culturelle)
- Manière dont sont disposées les ressources, capacités et compétences d'une entreprise
(approche managériale) ;
Chacune des définitions précédemment citées insiste sur un ou plusieurs aspects de l’organisation
et ce selon le cadre théorique dans lequel elle s’inscrit. Il est de ce fait important d’essayer de saisir
L'organisation du travail n'est pas une donnée naturelle, innée, figée et non évolutive, c'est en réalité
un construit social voulu, réfléchit qui émane de la raison. L'organisation du travail repose sur le
fait que personne ne peut réaliser seul la totalité d'une activité, d'où l'obligation de répartir les
missions (activités ou tâches). Le problème de l’organisation se pose alors dès qu’une pluralité de
personnes se retrouvent pour accomplir ensemble un travail donné en se répartissant les tâches à
exécuter.
A cet effet, la sociologie des organisations cherche ses structures et les méthodes générant la
performance organisationnelle.
La sociologie des organisations est une branche de la sociologie générale qui s’intéresse à toutes
les formes d’organisations (entreprises, industries, banques, hôpitaux, etc.). Elle s’intéresse à la
réflexion sur l’action collective. Autrement dit, sur une action concertée et convergente menée par
36
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
une pluralité d’acteurs en vue d’atteindre un certain objectif. Il s’agit de comprendre les
Il s’agit donc d’une discipline qui permet de comprendre les comportements individuels et
L’approche d’une théorie des organisations dépend des théories précédentes qu’elle confirme,
complète ou réfute, ainsi que du contexte économico-historique dont elle apparait. Ainsi, les
méthodes d'organisation et de gestion qui sont peu élaborées deviennent rapidement inefficaces dès
social, juridique...)
Il est toutefois à signaler que les nouvelles théories ne remplacent pas les anciennes, il y a juste eu
un changement de contexte qui fait que les plus récentes répandent mieux à l’actuel contexte. En
cours du temps.
La théorie des organisations a toujours été et sera toujours multiple et cela pour trois raisons:
services...), selon leur âge ou leur taille (petite entreprise, grande entreprise) ou leur statut
juridique.
adaptation, l'organisation en tant qu'objet d'étude peut être appréhendée sous plusieurs
aspects comme ses caractéristiques internes, ses rapports avec l'extérieur, les relations
37
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
La variété des sciences (des disciplines) de l'organisation : il n'existe pas une science de
Les principales disciplines mises à contribution dans la construction et l'évolution des théories des
organisations sont les suivants : la gestion, la psychologie, l’économie, la sociologie et les sciences
de l’ingénierie.
Chaque théorie est assortie d'hypothèses, de vocabulaire et de concepts. Chacune également, centre
son étude sur une partie du fonctionnement de l'organisation et sur des thèmes essentiels tels que
Conclusion
En définitif, nous retiendrons que le concept d’organisation postule l’existence de règles visant à
rendre formellement possible la coordination d’un ensemble de moyens divers, tant humains que
Par ailleurs, l’expansion du nombre d’organisations et notamment des grandes entreprises durant
la deuxième moitié du 20ème siècle et du début du 21ème a conduit à la nécessité de chercher les
Plusieurs courants théoriques ont ainsi vu le jour, notamment le courant rationalistes, celui des
38
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 6.
39
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
L’école classique de l’organisation correspond aux premiers auteurs qui, au début du 20ème siècle,
ont posé les bases de la sociologie des organisations, ceci correspond aux exigences nouvelles
production requiert une qualification très différente de la conduite d’un simple atelier. Les seules
qu’inspiré de ses modèles, la conduite des organisations productives doit trouver une voix qui lui
est propre, et adaptée aux exigences d’une entreprise dans un contexte tout à fait nouveau.
La théorie classique des organisations est apparue dans un contexte conjoncturel particulier. En
production a favorisé l’émergence d’une nouvelle forme de production. A cela se rajoute le fait que
le secteur industriel émergeant attire une main d’œuvre agricole nombreuse, peu adaptée à la
Cette école correspond dès lors aux premiers théoriciens à avoir penser le fonctionnement des
organisations afin d’améliorer leur efficacité (réaliser les objectifs) et leur efficience (améliorer la
productivité des facteurs). Ainsi, la théorie classique fait son apparition et considère que l’homme
est paresseux et cognitivement limité. L’organisation doit donc simplifier son travail et le rendre
L’Organisation Scientifique du Travail (OST) est une organisation rationnelle du travail fondée sur
la division extrême des taches et la forte spécialisation de chacun des salariés. Fondée par Taylor,
ingénieur de formation, cette théorie repose sur la division verticale et horizontale des taches.
40
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Complétée par la chaine de montage du fordisme, l’OST a ouvert la voie à la parcellisation des
taches, l’activité de chaque travailleur concernant une partie infime du processus de production.
C’est le « travail en miette », selon l’expression forgée, en 1946, par le sociologue Georges
Friedman. L’OST a créé cependant des phénomènes de résistance au sein des populations ouvrières
- Ils n’aiment pas le travail et ne sont motivés que par le salaire (tout comme l’entrepreneurs,
L’objet de l’OST est d’améliorer la productivité des entreprises industrielles, ce qui induirait
logiquement une baisse des prix et une amélioration générale du niveau de vie.
P2. La division verticale du travail : Elle vise à distinguer strictement les exécutants des
de la direction. Ce principe incite à placer la bonne personne à la bonne place (The right men
41
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
P3. Un système de contrôle du travail : Les dirigeants doivent s’assurer que les ouvriers
exécutent correctement toutes les tâches définies par la direction. Ce principe suppose que
chaque geste de l’ouvrier est surveillé. Ce qui conduit à mettre en place dans les usines des
P4. Un système de salaire au rendement : Ce principe suppose que la rémunération doit être
constituer une motivation importante pour les ouvriers dans la mesure où il les considère
comme des agents rationnels maximisant de manière consciente leurs gains monétaires.
- Facilite le recrutement puisque les personnes ayant peut de qualification peuvent être
facilement formées.
standardisation du travail.
42
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Critiques : L’O.S.T. se généralise dans l’industrie, mais critiqué sur plusieurs points :
- La division excessive du travail, les tâches répétitives, monotones, aliénantes induit des
- L’idée que l’individu n’est motivé que par l’argent est réductrice.
H. Fayol (Ingénieur français) est considéré comme le premier théoricien à s’être préoccupé de
à celle de Taylor puisqu’il analyse la nature de la fonction de direction dans les entreprises. Il
formule ainsi une théorie où il insiste sur la nécessité de faire évoluer la fonction de commandement
Selon Fayol, la fonction administrative (jusqu’ici négligée) est la plus importante car c’est la seule
qu’un dirigeant ne peut déléguer. Par administratif, il faut comprendre management. C’est une
43
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Fayol préconise les principes administratifs sur lesquels doit reposer toute gestion efficace de
l’organisation. Ces principes sont au nombre de 5 qui, selon lui, sont applicables à toute
organisation, il s’agit de :
- Commander : Tirer la meilleure partie possible des agents qui composent l’entreprise en
principes. Il s’agit de :
- La division du travail : Ce principe implique une forte spécialisation des travailleurs pour
respect réalisés conformément aux règles établies entre l’entreprise et ses salariés.
- L’unité de direction : cela conduit à considérer qu’un seul leader et qu’un programme unique
44
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
- L’autorité de la hiérarchie : selon Fayol tout leader doit être capable d’assumer des
création de valeur.
- Le principe d’équité : la manière dont sont gérés les salariés doit susciter (accorder) un
- L’ordre : Fayol distingue deux types d’ordres ; l’ordre matériel (objet) « une place pour
chaque chose et chaque chose pour sa place » et l’ordre social « une place pour chaque
- L’initiative : c’est le fait d’assurer un minimum de liberté (au niveau de la composition des
- La centralisation de la direction : de la direction doit partir tous les ordres qui mettent en
mouvement l’entreprise.
fait la force et c’est au chef d’entreprise d’assurer cette union et la non division du personnel.
45
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Inconvénients : La pensée de Fayol présente quelques critiques en ce que les patrons ont un
l’entreprise.
Weber est le premier théoricien à avoir analysé le rôle du leader dans une organisation et à examiner
comment et pourquoi les individus réagissent à des formes diverses d’autorité. En effet,
Le point de départ de Weber dans la théorie des organisations réside dans une analyse des formes
gouvernent pour imposer une autorité et faire en sorte que la légitimité de celle-ci soit reconnue
par tous. Pour weber trois types d’autorité peuvent être distinguées selon le mode de pouvoir
Weber considère cette forme d’autorité comme la forme dominante des sociétés modernes, elle
repose sur un système de but et de fonction étudié rationnellement conçu pour maximiser la
46
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
fonction ici plutôt que l’individu qui est investi de l’autorité. Ce système impersonnel correspond
pour Weber à la bureaucratie qui est pour lui la forme d’administration des choses la plus efficace
car elle ne tient pas compte des qualités personnelles des individus.
b) L’autorité traditionnelle
Celle-ci est d’avantage liée à la personne qu’à la fonction en particulier au sein des entreprises
familiales. Cette forme résulte du statut social héritée du Leader (ce concept de tradition peut
également se trouver dans les cultures de certaines entreprises où l’attitude dominante consiste à
c) L’autorité charismatique
Celle-ci repose sur les qualités personnelles d’un individu et ne peut se transmettre car elle tient
exclusivement à sa personnalité.
Weber distingue trois types purs d’organisation selon la manière de légitimer l’autorité. Dans la
a. L’organisation bureaucratique
C’est pour Weber la plus performante car la hiérarchie est clairement définie, l’autorité est
institutionnelle, elle relève des statuts de l’entreprise, elle est déterminée dans le cadre du contrat
de travail. Les responsables d’un service ont des fonctions spécifiques, ils ne donnent des ordres
b. L’organisation traditionnelle
47
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
L’autorité est basée sur les précédents et les usages. Le leader détient l’autorité en vertu du statut
c. L’organisation charismatique
L’organisation charismatique est basée sur les qualités personnelles du leader. Les disciples
forment avec le leader l’essentiel de l’organisation. Ce type d’organisation est instable par sa
construction.
M. Weber préconisait une organisation de type bureaucratique utilisant comme principal moyen de
coordination les règles et les procédures. Il met au point une théorie sur les structures d’autorité
afin de classer les organisations. Il se demande pourquoi les individus obéissent aux ordres.
qui n’est pas le cas aujourd’hui. Son formalisme peut être source de dysfonctionnements (lourdeur,
Modèle d’organisation de la production inventé par Henry Ford aux Etats-Unis, et caractérisé par
l’importance de la chaine de production. Henry Ford (1863-1947) poursuit à partir des années 1910,
de montage :
- C’est-à-dire l’emploi d’un « convoyeur » mécanisé qui transporte les pièces à travailler d’un
- Ce ne sont plus les ouvriers qui se déplacent, mais les pièces elle-même,
48
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
- La chaine permet d’accroitre la cadence, car c’est elle qui impose aux ouvriers le rythme du
travail.
conduit à une standardisation des pièces et des produits finis. Dans ses usines automobiles, Ford
produit ainsi un modèle unique, sans variantes de forme ou de couleurs, baptisé la Ford T.
Le fordisme, qui correspond ainsi à une parcellisation extrême des taches, a permis l’emploi massif
d’ouvriers non qualifiés (immigrants aux Etats-Unis, paysans dans les pays européens). Mais il se
production de masse. Lorsque Henry Ford décide, en 1914, de faire passer le salaire des ouvriers
de 2,40 dollars à 5 dollars par jour (le five dollars day), son but était d’arrêter le départ des
travailleurs rebutés par les conditions de travail. Mais Ford souhaitait surtout permettre à ses
Il existe ainsi une autre conception du fordisme qui correspond à un modèle de croissance
économique dans lequel les gains de compétitivité favorisent des augmentations de salaires, et donc
une consommation de masse, ce qui assure l’écoulement d’une vaste production (qui elle-même
Ce schéma caractérise la période des « trente glorieuses ». Les gains importants de la productivité
ont permis d’améliorer le niveau de vie des individus, et une consommation de masse s’est
développée autour des biens durables (l’automobile, par exemple). Production de masse et
49
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Le mérite de Ford a été de mettre en application les idées de Taylor et cela dans 2 domaines qui
ont contribué à la naissance du " Fordisme " : Le développement du travail à la chaîne (ce n'est
plus l'homme qui fixe la cadence mais le convoyeur), l'application sociale de la pensée de Taylor
(Les ouvriers de Ford sont les mieux payés des États-Unis et ont été ses premiers clients).
Conclusion
Les théories des organisations sont un ensemble de travaux ayant pour but :
Les théories classiques ont dominé la pensée scientifique managériale du début du 20ème siècle. Les
auteurs ont vécu durant la même période et ont été donc confrontés au même contexte économique
et social. Elles ont eu comme ambition de mettre de l’ordre dans les organisations par
travail ;
- Augmentation de la taille des entreprises et donc des capitaux, des équipements et des
effectifs ;
50
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
- L’exode rural pousse vers les villes une main-d’œuvre peu voire pas qualifiée mais prête à
accepter des conditions de travail difficiles en échange d’un salaire de subsistance et de l’espoir
- L’organisation étant conçue comme un mécanisme clos (l’entreprise est une boite noire)
destinée à produire des biens ou des services dans lequel chaque individu est un rouage
(machine) ;
- L’entrepreneur cherche à maximiser son profit grâce à une planification rationnelle des coûts ;
Cette théorie était particulièrement valable durant le contexte particulier de son apparition. Si elle
Les apports de l’école classique ont contribué activement à la création de la richesse mais de
51
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
- Il provoque également la naissance d'un pouvoir syndical important à conflits sociaux de plus
de l'homme par l'homme. Elle est vivement combattue par les partis de " gauche ". Il devient
De nouvelles approches fondées sur la sociologie et la psychologie vont alors voir le jour,
notamment l’école des relations humaines qui fera objet du chapitre suivant.
52
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 7.
53
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
La théorie des relations humaines suppose que l’homme est un être sensible et affectif. La
hiérarchie doit donc le considérer et le faire participer aux objectifs de l’entreprise afin de le
motiver. En effet, face aux disfonctionnements induits par une organisation de type classique
cadences infernales ce qui a induit de l’absentéisme, des coûts de non qualité…) un certain nombre
de théoriciens particulièrement l’école des relations humaines, se sont penchés sur l’étude des
facteurs de motivation. Cette nouvelle école va mettre l’homme au centre de sa réflexion en lui
rendant sa dignité et en donnant au travail un sens plus humain. L’école des relations humaines
permet de faire ressortir l’impact des facteurs psychologiques sur la productivité des entreprises.
Son initiateur, Elton Mayo (1880–1949), ne rejette pas globalement les fondements de
l’organisation taylorienne.
E. Mayo a réalisé une recherche très connue au sein des ateliers Hawthorne de la Western Electric
de Chicago. Il s’est intéressé à l’impact des conditions de travail sur la productivité. Il s’agissait au
Cette étude réalisée à l’usine de Hawthorne a duré 5 ans (de 1927-1932). Mayo et son équipe ont
La première expérience a porté sur l’étude du comportement des employés constitués de deux
groupes. L’un des groupes bénéficia de l’amélioration de l’éclairage, l’autre pas. On observa que
54
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
la productivité augmentait dans le groupe expérimental (effet attendu) mais également dans le
La deuxième expérience porta sur un groupe d’ouvrières volontaires. Des changements importants
furent réalisés concernant le système de salaire (individuel, par équipe, au rendement, horaires…),
les pauses dans le travail (une ou plusieurs, avec ou sans collation…), les horaires…
Dans les deux expériences, l’observation révéla que, quel que soit le sens du changement, la
Ce principe a été mis en évidence de manière fortuite (inattendue). Il s’agissait de créer les
meilleures conditions matérielles possibles de travail pour améliorer son efficacité (selon une
optique taylorienne).
La conclusion fut la découverte d’autres facteurs de stimulation humaine autres que les conditions
physiques du travail.
- En effet, comme première trouvaille, Mayo découvre que la simple connaissance par l’individu
qu’il est sujet à une observation et à de l’attention modifie son comportement productif. En
l’occurrence, c’est l’intérêt de la direction pour les ouvriers qui fait que la productivité augmente.
- En seconde analyse, Mayo a mesuré à quel point les relations interpersonnelles à l’intérieur des
groupes sont importantes au sein des ateliers de production. La dimension groupe ignorée par
- En troisième analyse, les groupes de travail créent en leur sein un système social de relations
interpersonnelles.
55
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Maslow met l’accent sur l’analyse des besoins de l’homme pour mieux comprendre ce qu’il
cherche à travers son activité professionnelle. Il formule l’idée selon laquelle le comportement
humain au travail est d’autant plus coopératif et productif qu’il trouve dans l’organisation une
occasion de réalisation de soi et d’épanouissement. A.H.Maslow a établi une hiérarchie des besoins
que l’homme cherche à satisfaire. Il a démontré que seuls les besoins non satisfaits sont facteurs
de motivation et qu’à chaque fois qu’une catégorie de besoins soit satisfaite, elle cesse d’être source
de motivation. Ainsi, tous les individus souhaitent satisfaire 5 catégories de besoins, hiérarchisés
s’identifier à un groupe, d’être reconnu par les autres, être accepté, être
protégé, …
nourrir, se loger)
56
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Selon Maslow un besoin de niveau supérieur ne peut être perçu que lorsque les besoins de niveau
inférieur sont suffisamment satisfaits. Maslow développe également l’idée qu’aucun de ces besoins
n’est absolu puisque dès que l’un d’eux est satisfait, il cesse d’être important. Finalement, un besoin
Les travaux de Herzberg (psychologue, né en 1923) portent pour l’essentiel sur la question de la
motivation humaine au travail. L’idée principale de l’auteur est que les circonstances qui
conduisent à la satisfaction et à la motivation au travail, ne sont pas de même nature que celles qui
En résumé, selon la théorie bifactorielle (des deux facteurs), les facteurs qui provoquent la
motivation chez les salariés au travail sont différents de ceux qui déclenche leur insatisfaction.
Cette conclusion a été le résultat d’interviews menées par Herzberg auprès de salariés en leurs
demandant de raconter les évènements concrets dans le passé au cours desquels ils se sont sentis ;
satisfait, insatisfait de leur travail. Il a ainsi pu distinguer deux grandes catégories de facteurs :
Les facteurs de satisfaction sont considérés comme de réels facteurs de motivation de l’homme au
considère que l’épanouissement de l’individu dans l’entreprise est lié à l’élargissement de son
57
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Herzberg indique que l’opposé de la satisfaction dans le travail n’est pas le mécontentement mais
plutôt l’absence de satisfaction et que l’opposé du mécontentement n’est pas la satisfaction mais
- La politique du personnel.
- Le système de supervision.
La non satisfaction de ces besoins entraine des conflits, par contre leur satisfaction n’apporte
identifiés et éliminés. Pour l’auteur cela fait partie des revendications normales des salariés.
- Provoquer la satisfaction par l’élargissement (regrouper sur un même poste de travail des
tâches élémentaires) et l’enrichissement des tâches (restructurer des tâches qui visent à
donner un contenu plus qualifié au travail et à donner plus de responsabilité aux salariés).
mécontentement s’ils n’étaient pas satisfaits, mais, en aucun cas, leur satiété ne motivait les
58
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
membres d’une organisation. Seul, la satisfaction des besoins supérieurs (appartenance, estime,
McGregor va plus loin que Maslow et élabore une véritable théorie de management c'est-à-dire une
manière de conduire les hommes. Il oppose deux conceptions de l’homme au travail qu’il appelle
la théorie X et la théorie Y.
1. La théorie X
C’est une théorie pessimiste et négative. Elle correspond à la conception classique de l’Homme au
- L’individu moyen éprouve une certaine répugnance naturelle pour le travail. Il va chercher
à l’éviter.
- A cause de cette répugnance à l’égard du travail les individus doivent être contrôlés, dirigés,
menacés de sanctions si l’on veut qu’ils fournissent les efforts nécessaires à la réalisation
- L’individu moyen préfère être dirigé il a peu d’ambition, il fuit la responsabilité. Il cherche
Critiques de la théorie X : McGregor reproche à cette théorie l’ignorance d’une partie des besoins
et des motivations de l’homme au travail. Les méthodes de conduite de groupe fondées sur cette
théorie sont peu efficaces, voir même, inadaptées aux regards des salariés. Ceci a conduit
2. La théorie Y
59
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
C’est une théorie optimiste et positive. Selon cette théorie, le travail peut devenir une source de
satisfaction pour l’homme, il peut se diriger lui-même, rechercher les responsabilités, apporter à
l’entreprise son potentiel de créativité à condition que l’organisation mette en place les méthodes
et le cadre propice à la satisfaction de ses besoins propres. Cette théorie repose sur 4 principes :
- La consommation d’énergie physique ou morale pour le travail est aussi naturelle que le
jeu ou le repas.
sociaux.
C’est une théorie qui conduit à un style de direction dont la tâche essentielle est d’organiser des
conditions et des méthodes de travail pour que le personnel puisse mieux atteindre ses propres buts
en orientant ses efforts vers les objectifs de l’organisation. Cette théorie est mieux adaptée et mieux
En résumé, selon McGregor, les directions d’entreprises sont les seules responsables de la
motivation du personnel. Alors que la théorie X pouvait donner à l’encadrement l’excuse facile
d’expliquer ses échecs par la nature humaine, limitée et hostile au travail, la théorie Y renvoie la
responsabilité au style d’encadrement. La théorie Y suppose que les gens feront preuve d’auto-
60
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
En définitive, l’apport essentiel de l’école des relations humaines est d’avoir démontré l’effet du
ouvriers et leur productivité au travail. Une telle organisation humaine, renvoie à l’individu dans
ses émotions, mais aussi aux réseaux complexes de relations entre individus et groupe dans l’usine.
L'école des relations humaines a toutefois un certain nombre de critiques qu’il convient d’évoquer.
On lui reproche souvent d’avoir une vision simpliste des problèmes de l'organisation, réduisant ces
humaines est une condition non suffisante à l'augmentation de productivité. La direction a besoin
de disposer d'un pouvoir réel, faute de quoi elle risque fort d'avoir de bonnes relations et une faible
productivité.
61
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Chapitre 8.
organisations
62
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Nous présenterons dans le présent chapitre l’apport théorique de trois grands auteurs de l’école
comportementaliste. Ces derniers, qu’on appelle également les sociologiques, se sont intéressés
Docteur à l’Institut de psychologie de Berlin, Kurt Lewin émigre en 1933 vers les États-Unis. Pour
lui il serait plus facile d’administrer un groupe que chaque individu séparément. Lewin considère
que la dynamique d’un groupe est régie par des forces qui exercent parallèlement leur influence
Il lance une étude sur l’impact que des styles différents de leadership exercent sur un groupe
ensemble une activité sous la supervision d’un adulte. Certains groupes fonctionnent avec un leader
adulte « démocratique », d'autres avec un leader « autoritaire », d'autres enfin avec un leader «
laissez-faire ».
- Le leader autoritaire prend toutes les décisions d'ordre général concernant les activités et
l'organisation du groupe. Il se tient plutôt à l'écart des activités du groupe, excepté pour faire
des démonstrations.
- Le leader démocratique fait des propositions, mais les décisions sont prises d'un commun
accord avec les enfants. L'adulte s'efforce dans ce cas d'être un véritable membre du groupe,
matériel et des informations. Il laisse aux enfants une totale liberté pour décider des activités
63
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
et de l'organisation du groupe. Signalons, pour la petite histoire, que cette dernière procédure
a été mise en place par hasard. En effet, Ralph White, un membre inexpérimenté de l'équipe
de recherche, qui devait utiliser un style démocratique, fut en réalité passif et très permissif.
Résultats : Les réactions des groupes ont confirmé les attentes des chercheurs.
- C'est avec un leader démocratique que les enfants ont manifesté le plus de satisfaction et
une performance élevée. D'ailleurs, lorsque l'adulte s'absentait, le groupe était en pleine
- A l'inverse, les groupes placés auprès d'un leader autoritaire ont réclamé plus souvent
l'attention de celui-ci et montré plus de dépendance à son égard que les autres. Ces groupes
se caractérisaient soit par l'apathie et l'abandon des responsabilités au leader, soit par une
- Enfin, c'est dans les groupes accompagnés par un leader de type laissez-faire que la
performance était la plus mauvaise. Les enfants étaient actifs, mais improductifs.
Les études de Likert peuvent être considérées comme le prolongement des efforts de Mayo et
Lewin pour comprendre comment les relations entre les hommes au travail peuvent engendrer des
résultats très différents alors que la structure formelle et technologie utilisée sont les mêmes.
Likert découvre que les managers aux meilleurs résultats avaient un comportement très différent
de celui des managers aux résultats médiocres. Les managers peu performants utilisent
64
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
généralement des principes classiques, et présentaient les traits communs suivants (se focalisent
sur les tâches à accomplir, surveillance et contrôle exercés avec autorité, adoptent les principes de
l’OST…)
Alors que les managers performants cherchaient à motiver les subordonnés en comprenant leurs
valeurs personnelles. Leurs traits communs étaient les suivants : motiver et impliquer leurs salariés
en prenant en considération leurs attentes et leurs valeurs personnelles, établissement d’un climat
a) Le style autoritaire
Le leader entretient des rapports distants et ne fait pas confiance à ses collaborateurs. Le système
de motivation et d’implication des personnes est fondé sur la crainte, la menace de sanctions et la
distribution de récompenses.
Ce style de management génère l’hostilité des personnels à l’égard des objectifs de l’organisation
et des conflits sociaux. L’accent n’est pas porté sur l’esprit d’équipe et le rôle des groupes n’est
pas envisagé. La prise de décision est centralisée au sommet de l’organisation. Ce style existe et
Ce type de manager entretient des relations étroites avec ses collaborateurs les consulte mais ne les
laisse pas prendre de décisions. Il cherche à créer un climat fondé sur la confiance et l’échange. Ce
style de commandement se singularise par la recherche d’une large consultation auprès des
collaborateurs et vise à susciter une adhésion autour des principaux objectifs de l’entreprise. Les
65
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Il cherche à développer des relations de confiance fortes avec ses collaborateurs. L’esprit d’équipe
Par ailleurs, Likert n’a pas travaillé sur le style du laisser-faire car ce dernier ne correspond à aucun
Selon Likert, c’est le management participatif qui est le plus efficace. En effet, la participation à la
décision, à la définition des objectifs, à la résolution des problèmes au niveau du groupe entraîne
Michel Crozier constate l’importance politique, sociale et culturelle du développement des grandes
organisations. Cette évolution a pour conséquence de faire naître des craintes à l’égard de la menace
deux unités appartenant à l’administration française. Il adopte une « démarche clinique » pour
66
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Résultats :
Le fonctionnement des organisations ne correspond pas à un modèle idéal et n’obéit pas non plus
à la logique du one best way, selon la conception de Taylor. La réalité des organisations est autre,
plus humaine, plus complexe et plus irrationnelle. À partir des données réunies, Crozier souligne
collective.
- L’influence exercée par les structures de représentation syndicale sur les individus.
- L’inefficacité des objectifs fixés par les responsables et du contrôle exercé par la chaîne
hiérarchique.
Selon M. Crozier, les organisations modernes se caractérisent par un ensemble de dysfonctions qui
mettent en question non seulement une vision technique du monde du travail, mais également l’idée
L’organisation formelle : elle est pensée, définie selon une approche rationnelle, un
67
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Ces deux types d’organisation coexistent et se superposent. L’organisation formelle ne crée pas
toujours des comportement conformes, des fois des comportements inattendus apparaissent. Pour
lui, les règles formelles n’ont pas toujours la capacité de tout prédire, et de toujours produire des
comportement conformes, elles produisent des zones d’incertitudes. Des faits non codifiés existent
au sein de l’entreprise.
68
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Conclusion
générale et sur la sociologie des organisations. En effet, après avoir introduit la sociologie, nous
Il est toutefois à signaler que le présent cours est loin de prétendre à une exhaustivité. En effet,
l’étudiant doit savoir que les auteurs et les théories présentées sont certes représentatives des
De ce fait, une bibliographie est annexée à ce polycopié afin que tout étudiant soucieux de parfaire
Par ailleurs, les connaissances développées dans ce cours constituent des prérequis importants pour
d’autres modules du cursus de l’étudiant notamment pour le cours d’économie d’entreprise. Cette
dernière étant une branche de l'économie générale qui étudie les fondements et les mécanismes des
69
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
Bibliographie
- BARBUSSE (B) et GLAYMAN (D), Introduction à la sociologie, éd. Foucher, Paris, 2000.
- BERNOUX (P), Sociologie du changement dans les entreprises et les organisations, éd. Du
- CAPUL (J-Y), Garnier (O)., Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, éd. HATIER,
Paris, 2008.
- CAROL (K), Toutes les théories du management : les idées essentielles des auteurs les plus
- FERGUENE (A) et CHANAL (A), Analyse sociologique des organisations, éd. CAMPUS
Paris, 2011.
- FOUDRIAT Michel, Sociologie des organisations, éd. PERSON éducation, Paris, 2007.
- GARRUSH (H), La modélisation de la prise de pouvoir selon Ibn Khaldoun, French Journal
Algérie, 2006.
70
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO
Module : Introduction à la Sociologie des Organisations 1ère année LMD
- PLANE (JM), Management des organisations : Théories, concepts et cas, éd Dunod, Paris,
2003.
- RIGAUX (N), Introduction à la sociologie par sept grands auteurs, éd. De Boek, Paris,
2011.
- SCIEUR (P), Sociologie des organisations, éd. ARMAND COLIN, Paris, 2005.
71
Belgaid Lynda / FSECSG / UMMTO