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La Littérature Maghrébine

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UNE RECHERCHE SUR LA LITTÉRATURE MAGHRÈBINE

La littérature maghrébine francophone est la littérature d'expression française née pendant la


colonisation française dans les pays du Maghreb, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, avec des efforts
de francisation surtout scolaire. Si ses problématiques et ses enjeux s'inspirent du contexte colonial
dans la première moitié du xxe siècle, avec une évolution de l’exotisme vers des textes anticoloniaux,
elle prend véritablement son essor avec les indépendances. Travaillée par les tensions sociales et
politiques qui traversent les trois pays, la littérature maghrébine d'expression française se trouve
notamment portée pendant toute la seconde moitié du xxe siècle à interroger les thèmes du pouvoir
autoritaire, de l'identité déchirée, de l'immigration ou encore du fanatisme religieux et du conflit entre
la modernité et la tradition. Au nombre des écrivains consacrés par la critique et le lectorat, se trouvent
notamment Kateb Yacine, Tahar Ben Jelloun, Assia Djebar, Abdellatif Laâbi ou Albert Memmi.

Jalons et perspectives
Par pays
ALGÉRIE

ÉCRIVAINS ALGÉRIENS FRANCOPHONES


Liste chronologique de romanciers et romancières d'Algérie
« La langue française est le butin de guerre des Algériens. L'usage de la langue française ne signifie
pas qu'on soit l'agent d'une puissance étrangère, et j'écris en français pour dire aux Français que je ne
suis pas français. » (Kateb Yacine, 1966).
Avant tout début d'aventure française en Algérie (expédition, occupation, accaparation), existent des
liens commerciaux et diplomatiques : Compagnie royale d'Afrique (1560-1793). Parmi les auteurs
(voyageurs ou résidents) : Guillaume-Thomas Raynal (1713-1796, Histoire philosophique des
Établissements dans l’Afrique septentrionale (1826)), Jean Michel de Venture de Paradis (1739-1799,
interprète, Alger au XVIIIe siècle29), Pierre-Paul Thédénat-Duvent (1758-1830?, Mémoires d'un
esclave et ministre d'un bey d'Afrique au 18e siècle)30.

Au commencement, côté européen, outre le colonialisme, il y a le romantisme et plus particulièrement


l' orientalisme littéraire, celui du Divan occidental-oriental (1819-1827, Goethe), et dont le plus
évident est la thématique du récit de voyage, vécue par certains, du " voyage en Orient" (Levant
comme Couchant, Lamartine, Nerval, Flaubert, Fromentin, Loti, Delaroix, Chassériau, etc.). La
campagne d'Égypte (1798-1801) de Bonaparte porte une part de responsabilité dans cet engouement,
qui se déploie dans les diverses expositions coloniales. L'orientalisme en peinture (1820-1910) se
constitue surtout, pour la France, autour de la Société des peintres orientalistes français (1893-1948) et
de la Société coloniale des artistes français (1908-1946).

À partir du moment où existe, par la force, une Afrique française, une Afrique française du Nord, avec
deux protectorats (Maroc, Tunisie) et plus encore une Algérie française, conquise, annexée (1848),
pacifiée (1830-1902), l'orientalisme peut s'établir en Afrique du Nord. La Villa Abd-el-Tif, à Alger, à
la manière de la Villa Médicis (Rome) et de la Casa de Velázquez (Madrid), héberge de 1907 à 1962
de nombreux peintres venus de métropole.

Le pendant littéraire correspond à l'algérianisme, bien après le passage des premiers écrivains
voyageurs en Algérie, comme Théophile Gautier, Eugène Fromentin, Ernest Feydeau ou Guy de
Maupassant, les voyages d'aventure exotique, ou les débuts du roman colonial, splendeurs et horreurs
confondues. L'algérianisme littéraire (1890-1940) serait une forme de régionalisme, l'invention d'une
Algérie française, espoir fantasmé, rêve désespéré, souvenir déchiré, et terreau d'autres douleurs sur
les deux rives, pour les rapatriés, les harkis, les déplacés, les immigrés, sur plusieurs générations. Ce
discours européen, somme toute suspect, est accompagné à distance par un discours relativement
assimilationniste (sans doute minoritaire) de traducteurs, écrivains, intellectuels et journalistes (El
Hack, 1893-1894, de Slimane Bengui (en), Omar Samar, Khelil Kaïd Laioun)31, algériens,
francophones.

La génération européenne suivante (1920-1960) porte un autre projet, humaniste, multiculturel,


difficile ou impossible, d'une forme de métissage culturel, à peine entamé, déjà sabordé. Parmi eux,
Gabriel Audisio, Albert Camus, Jules Roy, René-Jean Clot, Emmanuel Roblès, Jean Pélégri (1920-
2003)... Les peintres du mouvement pictural nommé École d'Alger (1900-1960) en sont assez proches.

Et cependant, le régime de l'indigénat fonctionne de 1881 à 1946.

Romans

Avec Le polygone étoilé, à la croisée du roman et de la poésie, Kateb Yacine opère une rupture
stylistique tout en évoquant un déchirement intime lié au contexte colonial32.
De 1920 à 1950, une quinzaine de romanciers et de nouvellistes algériens publient des œuvres en
langue française, soit plus de quarante ans après les décrets des années 1880 établissant le système
d'enseignement du français en Algérie. À l'exception d'écrivains nationalistes comme Ali El Hammami
(1902-1950)33 et Malek Bennabi (1905-1973), ils tendent à suivre les modèles littéraires de la
colonisation34. Les écrits romanesques de cette période coloniale, souvent des romans à thèse,
manifestent une volonté ambivalente de maintenir son identité tout en exprimant le souhait plus ou
moins prononcé d'acculturation 35. Par exemple, dans Mamoun, l'ébauche d'un idéal (publié en 1928),
de Chukri Khodja (1891-1967)36,37, le personnage principal retourne mourir chez les siens après
avoir échoué à devenir français, tandis que Rabah Zenati (1877-1952)38 se livre à l’éloge de
l'assimilation dans Bou-el Nouar, le jeune Algérien (1945)39. Taos Amrouche devient la première
romancière algérienne avec Jacinthe noire (1947).

En 1948, le roman nationaliste Idris de Ali El Hammami marque le début d'une littérature engagée
contre la colonisation40. Dans les années 1950, une littérature combative accompagne un mouvement
de résistances qui lui préexiste depuis des années dans les journaux progressistes41. Les romanciers
abandonnent les motifs folkloriques ou régionalistes pour dénoncer la misère et l'injustice42. Mouloud
Feraoun (1913-1962) dépeint la pauvreté dans les montagnes de Kabylie et le malaise des jeunes
générations, Mohammed Dib (1920-2003) décrit les conditions rurales et l’essor de la contestation
sociale43.

Les questions politiques n'empêchent pas le roman algérien d'aborder d'autres thèmes et d'évoluer dans
la forme, comme Nedjma (1956) de Kateb Yacine (1929-1989), qui offre une rupture sur le plan
esthétique. La question de la lutte et de la libération, tant individuelle que collective, devient
cependant prégnante pendant la guerre, comme l'illustrent Kaddour M'Hamsadji (1933-) et Assia
Djebar (1936-2015)44. Sans être exclusive, la littérature guerrière prospère entre les années 1960 et
1980, si bien que Mostefa Lacheraf (1917-2007) ou Mourad Bourboune (1938-) en appellent à des
protagonistes moins héroïques et positifs45. Des voix contestatrices à l'égard du pouvoir ne tardent pas
se faire entendre, comme le montrent La danse du roi (1968) de Mohammed Dib (1920-2003) et La
répudiation (1969) de Rachid Boudjedra (1941-), ce dernier par ailleurs hostile à la figure de Kateb
Yacine45. Si la diversité des sujets ne cesse de s'accroître, un sentiment d'insatisfaction, de
déchirement ou d'enfermement est sensible dans les années 1970, comme Tahar Djaout (1954-1993)
avec l’Exproprié (1981) ou Jardins de cristal de Nadia Ghalem46 (1941-).

La création de romans et de nouvelles s'accélère dans les années 1980. Les écrivains expriment leur
amertume ou leur colère à l'égard du parti unique, des fonctionnaires et de la nouvelle bourgeoisie.
Rachid Mimouni (1945-1995) décrit le paroxysme de la corruption dans Tombéza (1984) ;
Mohammed Kacimi El Hassani (1955-) tourne en dérision les personnages officiels dans Le mouchoir
(1987)47.

Poésie

En 1910, Sidi Kassem publie le premier recueil de poèmes algérien en langue française avec Les
chants du Nadir, empreint d'un exotisme conventionnel48. Avec Cendres et Étoile secrète, Jean
Amrouche initie une autre démarche, plus spirituelle et personnelle48. Les prises de position
politiques s'accentuent pendant la Seconde Guerre mondiale. Mohammed Bekhoucha évoque la
manifestation réprimée du 8 mai 1945 dans un recueil de Poèmes libres, en 194649. De nombreux
poètes prennent part à la guerre d'indépendance, comme Malek Haddad et Mohammed Dib50.

Après la guerre, s'illustrent des poètes comme Jean Sénac (1926-1973), signe d'une génération qui
aspire à ne pas se contenter de chanter la révolution51. À l'exception de ceux qui suivent la ligne
officielle du régime, les poètes tendent à étouffer sous le poids de la censure même s'il existe bien
entendu des exceptions, comme les calembours d'Abderrahmane Lounès dans Poèmes à coups de
poing et à coups de pied (1981) 52.

Théâtre
Si le théâtre algérien est dynamique depuis le début du xxe siècle avec notamment la figure de Rachid
Ksentini (1887-1944), l'art dramaturgique en français prend son essor en Algérie avec la guerre.
Mustapha Kateb (1920-1989), qui a contribué à libérer le théâtre du chant et de la danse, fonde la
Compagnie nationale des arts du FLN, qui joue des pièces en langue française à Tunis. Un théâtre de
combat répond à l’urgence de la situation, comme l'illustrent Le séisme de Henri Kréa en 1958 ,
Naissances et L'olivier de Mohamed Boudia53. Inspiré par Bertolt Brecht, Kateb Yacine renouvelle le
théâtre politique en n'hésitant pas à y inclure une dimension poétique avec la collaboration de l'acteur
Jean-Marie Serreau, par exemple avec Cadavre encerclé joué en 1958, ou Les ancêtres redoublent de
férocité, jouée bien après sa rédaction à l'occasion de l'inauguration de la Salle Gémier du Théâtre
national populaire en 196754.

MAROC
ÉCRIVAINS MAROCAINS FRANCOPHONES
Romans
L'instauration du protectorat (1912-1956) encourage une partie des élites désireuses de conserver des
privilèges à inscrire leurs enfants dans les écoles françaises et y apprendre le français55. Abdelkader
Chatt (1904-1992), sous le pseudonyme de Benazous Chatt, joue un rôle pionnier avec les Mosaïques
ternies en 1932, dans lequel une Anglaise éprise d'un Marocain se convertit à l'islam dans un décor
évoquant les coutumes traditionnelles du pays. Deux écrivains notables apparaissent dans les années
1950 : Ahmed Sefrioui (1915-2004), à l'écriture spirituelle et autobiographique, et Driss Chraïbi
(1926-2007), dont l'œuvre exprime a contrario un sentiment de révolte contre la bigoterie et la
bourgeoisie56.

Après une période infertile vécue parfois comme une criste intellectuelle, la revue Souffles (1966-
1972), fondée par Abdellatif Laâbi, est à l'origine d'un renouveau de la création littéraire. En 1969, il
appelle dans le quinzième numéro du périodique à se déprendre du mimétisme et de la solution de
l’exil pour les écrivains du Maghreb 57. Évoquant ce traumatisme post-colonial, dans La Mémoire
tatouée (1971), Abdelkébir Khatibi (1938-2009) évoque ainsi les blessures laissées par la société
coloniale à la manière d'un roman initiatique58.
Dans les années 1970, Tahar Ben Jelloun (1947-) entame une œuvre où la question de la sexualité, de
l'identité et de la quête de soi prennent une place importante. La décennie suivante voit mis en lumière
les textes de Edmond Amran El Maleh (1917-2010), dont l'humanisme est imprégné de spiritualité
juive, et Abdelhak Serhane (1950-) évoque la maltraitance infantile59.

Parmi les jeunes pousses : Fouad Laroui (1958-), Réda Dalil (1978-), Leïla Slimani (1981-), Maria
Guessous...

Edmond Amran El Maleh

DRISS CHRAÏBI

TAHAR BEN JELLOUN

ABDELHAK SERHANE

FOUAD LAROUI
Poésie

A la fois engagée et personnelle, la poésie d'Abdellatif Laâbi s'inscrit dans une démarche littéraire
ouverte au pluralisme linguistique et attachée à la souveraineté culturelle60
Les deux premiers recueils de poèmes marocains de langue française sont le fruit d'Isaac D. Knafo,
publiés en 1951 : Maroquineries et Fugitives61. En 1964, Mohammed Khaïr-Eddine (1941-1995) et
Mostafa Nissaboury (1943-) lancent le manifeste et mouvement « Poésie toute », à partir duquel le
genre s'affirme dans le paysage littéraire. En réaction contre le conservatisme, les poètes dérogent aux
normes stylistiques et à la bienséance, comme l'illustrent Nausée noire de Khaïr-Eddine, Race
d'Abdellatif Laâbi en 196762.

Le désarroi, la colère ou la désolation sont des thèmes courants dans la poésie des années 1970 et
1980. Ainsi, Tahar Ben Jelloun clame les souffrances des Palestiniens dans Les amandiers sont morts
de leurs blessures en 1976 ; Mostafa Nissaboury évoque son déracinement et son vide intérieur dans
Mille et deuxième nuit et Mohamed Loakira (1945-) partage le déchirement de l’exil dans l’Œil
ébréché. Chez ce dernier, la mise en doute de la parole poétique est mise en parallèle avec les
tribulations du poète en quête de sens, comme en témoigne le récit et l'énonciation de ses recueils
Contre-jour et Confidence d'automne63. L'errance et l'évocation du passé traversent bien d'autres
recueils, comme Safari au sud d'une mémoire64 de Nourreddine Bousfiha (1948-)65,66 ou D'un Soleil
réticent, de Zaghloul Morsy (1933-)67, tous deux publiés en 1980 18.

Zaghloul Morsy

Mohammed Khaïr-Eddine
Théâtre
Le théâtre marocain d'expression française est, au moins jusque dans les années 1990, relativement
peu dynamique. De 1945 à 1989, dix pièces sont publiées. En 1979, Abdelkébir Khatibi relate
l'histoire d'un faux prophète dans Le Prophète voilé, mettant en scène la vie d'Al-Muqanna. En 1983,
Saïd Hamadi publie Corde autour du silence, dans lequel il traite de la solitude de l'exil. La critique de
la corruption motive l'écriture de la Fiancée de l’eau de Tahar Ben Jellon tandis que le Baptême
chacaliste d'Abdellatif Laâbi se veut une incursion gargantuesque dans l'univers théâtral68.

TUNISIE

ÉCRIVAINS TUNISIENS FRANCOPHONES


Romans

Habitant l'impasse Tarfoune, à Tunis, Albert Memmi donne une résonance littéraire internationale à sa
ville natale dans La statue de sel69.
De manière similaire au Maroc, si l'établissement d'un protectorat en 1881 ne s'accompagne pas d'une
politique de francisation, elle incite les classes sociales favorisées et les personnes souhaitant entrer
dans l'administration à apprendre la langue française. Avant le traité du Bardo, le collège Sadiki
favorisait déjà l'enseignement de trois langues étrangères, dont celle de Molière70. À partir de 1919, la
littérature judéo-arabe de langue française se remarque par des recueils de nouvelles, avec Les veillées
de la Hafsia de Jacques-Victor Lévy, représentant le quartier juif de Tunis, ou en 1923 le Bled de
lumière de César Benattar, inspiré par les coutumes judéo-tunisiennes 71. Ryvel illustre cette veine
réaliste, alors répandue dans les écrivains de sa communauté, avec ses romans qui dépeignent la vie
dans le ghetto et la vie éprouvante de ses compatriotes72.

En 1953, Albert Memmi rompt avec les traditions de sa communauté d'origine comme avec la société
coloniale dans son roman autobiographique, La statue de sel, où il se révolte contre les oppressions. Il
continue à interroger ses racines, la quête de soi dans la suite de son œuvre73. En 1961, Hachemi
Baccouche détonne en publiant un roman historique, La dame de Cathage, où l'action se situe au xvie
siècle74.

Dans les années 1970, Mustapha Tlili met en scène des Maghrébins occidentalisés rongés par le mal-
être, tandis qu'Abdelwahab Meddeb questionne la mémoire et l'identité avec Talismano en 197975.
L'aspiration à la modernité atténuée par une certaine nostalgie caractérise l’écriture romanesque de
Hélé Béji dans L'Œil du jour, paru en 198576.

La diversification des sujets s'accroît à la fin des années 1980 : Hafedh Djedidi et Guy Croissant
traitent du métissage culturel et conjugal dans Chassées-croisés, Fawzi Mellah déploie sa verve
satirique avec Le conclave des pleureuses en 1987, qui tourne en dérision le regret d'un passé révolu,
et Elissa, la reine vagabonde, réécrivant l'histoire de Didon77.

Au xxie siècle, une nouvelle génération de romanciers prend la relève et se préoccupe de la réalité du
pays, de ses changements profonds, notamment au lendemain de la révolution tunisienne. Yamen
Manaï dresse dans L'Amas ardent en 2017 le portrait d'une Tunisie en pleines mutations politiques et
sociales à travers une fable moderne qui dénonce le fanatisme et appelle à la solidarité. Wafa Ghorbel
met à nu les travers de la société tunisienne contemporaine, à la fois moderne et traditionaliste,
explore le déchirement identitaire situé au cœur de ses romans Le Jasmin noir en 2016 et Le Tango de
la déesse des dunes en 2017 et propose l'art, et essentiellement la musique (chantée, jouée ou dansée)
comme espace de réconciliation avec soi et avec le monde. Sami Mokaddem, quant à lui, s'intéresse à
l'histoire et à la mythologie carthaginoises dans ses thrillers historiques pour réconcilier les jeunes
avec un pan important de leur identité.

Poésie
De la fin du xixe siècle aux années 1930, la poésie tunisienne de langue française, illustrée par
Mustapha Kurda et Ahmed Chergui par exemple, tend à imiter les modèles littéraires de la France
dans la forme et à évoquer des paysages ou des sentiments imprégnés d'orientalisme78.

Théâtre

De même que pour le Maroc, le théâtre tunisien francophone est peu représenté dans la seconde moitié
du xxe siècle, avec 6 pièces publiées entre 1945 et 1989. Mahmoud Aslan se remarque par son rôle
pionnier, avec Entre deux mondes en 1932, qui traite du déchirement identitaire entre Orient et
Occident. En 1959, Hachemi Baccouche décrit la persistance de réflexes coloniaux dans un pays
récemment libre avec Baudruche, tandis que Fawzi Mellah s'attaque au paternalisme néocolonial en
1973 dans Néron ou les oiseaux de passage79.

AOUDOU FADALOU LE 28 OCTOBRE 2024. 17H09

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