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16455-Guide Au Cœur de La Vie Publique 2024 V2

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CATÉGORIES

ABC

AU CŒUR DE LA VIE
PUBLIQUE LOCALE

Méthodologie

Préparation aux concours

Avril 2024

Marine DERKENNE

QUAND LES TALENTS


GRANDISSENT,
LES COLLECTIVITÉS
PROGRESSENT
La rédaction du présent recueil a été achevée en avril 2024.

CE DOCUMENT EST DISPONIBLE GRATUITEMENT EN TÉLÉCHARGEMENT.


RETROUVEZ-LE SUR WWW.WIKITERRITORIAL.CNFPT.FR RUBRIQUE ÉDITIONS

2 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE


SOMMAIRE

PRÉSENTATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1 VOUS TRAVAILLEZ DANS UNE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE OU UN ÉTABLISSEMENT PUBLIC LOCAL . . . . . . . . 7
1.1 CETTE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE EST UNE COMMUNE…. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

1.2 OU CETTE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE EST UN DÉPARTEMENT. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

1.3 OU CETTE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE EST UNE RÉGION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

1.4 OU CETTE PERSONNE PUBLIQUE EST UN ÉTABLISSEMENT PUBLIC DE COOPÉRATION


INTERCOMMUNALE (EPCI). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

1.5 OU CETTE PERSONNE PUBLIQUE EST UN AUTRE ÉTABLISSEMENT PUBLIC LOCAL. . 19

2 AVEC DES PARTENAIRES TOUS AZIMUTS... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21


3 AU MILIEU D’AUTRES ENTITÉS PUBLIQUES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4 LA COLLECTIVITÉ, LIEU DE LA DÉMOCRATIE LOCALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
5 COLLECTIVITÉS ET ÉTABLISSEMENTS SONT RÉGIS PAR DES LOIS ET TEXTES MULTIPLES. . . . . . . . . . . . . . . 27
6 ÉTABLISSEMENTS PUBLICS ET COLLECTIVITÉS COMMUNIQUENT EUX-MÊMES SOUVENT PAR L’ÉCRIT. . . . . . 29
7 LA COLLECTIVITÉ ORGANISE L’ESPACE POUR LE BIEN-ÊTRE DES CITOYENS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
8 ELLE (OU IL) ASSURE DES MISSIONS DE SERVICE PUBLIC. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
9 LA PERSONNE PUBLIQUE DISPOSE DONC D’UN BUDGET PROPRE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
10 L’ACHAT PUBLIC. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
11 ET DE MOYENS HUMAINS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
11.1 LA CARRIÈRE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

11.2 LES DROITS ET OBLIGATIONS DU FONCTIONNAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

11.3 LES ORGANISMES STATUTAIRES DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE. . . . . 45

12 LA MISE EN JEU DE LA RESPONSABILITÉ. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47


13 CETTE COLLECTIVITÉ, CET ÉTABLISSEMENT SONT SOUMIS À DES CONTRÔLES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
14 CES CONTRÔLES SE SITUENT DANS UN SYSTÈME JURIDICTIONNEL COMPLEXE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
15 L’ÉTAT PARTICIPE À CET ÉDIFICE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
16 L’UNION EUROPÉENNE INFLUENCE LA VIE LOCALE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 3


4 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE
PRÉSENTATION

Toutes les préparations aux concours et examens professionnels de la fonction publique territoriale font
appel, peu ou prou, à une culture spécifique : la culture territoriale. Pour certains, il s’agit d’un programme
juridique précisé par les textes. Pour d’autres, en particulier dans le cas de nombreuses épreuves orales, il
s’agit pour le candidat d’être capable de se situer dans sa collectivité territoriale, mais aussi de situer cette
dernière et ses activités dans le paysage administratif global.
C’est cet objectif poursuivi par ce fascicule, qui, au-delà des préparations aux concours, pourra également
être utile à tout agent territorial soucieux de mieux maîtriser son environnement. Il s’agit en effet d’une
culture de base, qui ne peut pas échapper à l’agent territorial investi d’une mission de service public.
Vous travaillez dans un service d’une collectivité territoriale (commune, département ou région) ou d’un
établissement public local (Office public de l’habitat, centre communal d’action sociale (CCAS), commu-
nauté, métropole…), au milieu d’autres collectivités territoriales, avec de nombreux partenaires.
Cette personne morale s’insère dans un contexte juridique complexe, est régie par des lois et des textes
multiples ; elle communique le plus souvent par l’écrit.
Elle organise l’espace pour le bien-être des citoyens, et assure ses missions d’intérêt général avec l’aide
d’agents territoriaux ; elle dispose donc d’un budget propre et procède à des achats ; mais est soumise à
des contrôles.
L’État participe à cet édifice.
Ces différents éléments constituent la trame de cet ouvrage.
Chaque thème fait l’objet d’une présentation rapide des données de base, bagage essentiel que devrait
posséder tout agent territorial ; un schéma développant un point particulier ou un tableau récapitulatif est
systématiquement associé.

À noter !
Ce paragraphe attire votre attention sur des définitions, des éléments d’actualité, d’illustration ou de compa-
raison.

Et la loi 3DS du 21 février 2022 ?


Ce panneau vous signale une actualité législative, ici une loi récente. Un lien hypertexte vous permet d’accéder
à Legifrance.

À chercher...
Pour vous permettre d’adapter ces connaissances à votre milieu professionnel, il vous est proposé quelques
questions.

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 5


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6 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


1 VOUS TRAVAILLEZ DANS UNE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE OU UN ÉTABLISSEMENT
PUBLIC LOCAL

Votre activité professionnelle s’inscrit dans un périmètre géographique, division du territoire servant de
cadre d’action à différents services. Cet espace porte un nom, dispose d’un territoire, accueille des habitants.

QUAND ON PARLE D’ADMINISTRATION LOCALE… DE QUOI S’AGIT-IL ?


Pour satisfaire les besoins de cette population locale, certaines tâches ont été confiées à des élus.
• Ainsi, la région dispose d’autorités issues du suffrage : les conseillers régionaux et le président du conseil
régional. Le département est administré par les conseillers départementaux et le président du conseil
départemental, la commune par les conseillers municipaux et le maire.
On retrouve donc à chaque fois un organe collégial, appelé assemblée délibérante, et à sa tête, celui (ou
celle) qu’on désigne comme l’organe exécutif.
La commune, le département, la région sont des collectivités territoriales.
Parfois certains services sont juridiquement distincts des collectivités territoriales. On les appelle des éta-
blissements publics. Eux aussi sont dirigés par une assemblée délibérante et un organe exécutif qui est
appelé Président.
Les offices publics de l’habitat, qui construisent et gèrent les habitations à loyer modéré, les Centres Com-
munaux d’Action Sociale (CCAS) qui attribuent des aides sociales aux personnes en difficulté, les struc-
tures intercommunales comme les communautés sont des établissements publics.
• Ces mêmes territoires sont aussi la circonscription d’un représentant de l’État : le préfet de région pour
la région, le préfet de département pour le département… et le maire (qui dispose d’une double fonction
puisqu’il est à la fois un élu et un représentant de l’État) pour la commune.

QU’APPELLE-T-ON LES ACTES 1, 2 ET 3 DE LA DÉCENTRALISATION ?


Les lois de décentralisation déterminent les compétences de chacun. On distingue historiquement trois
étapes principales :
- l’acte 1 (loi du 2 mars 1982 complétée par les lois du 7 janvier et 22 juillet 1983) qui a profondément modi-
fié l’organisation administrative française avec un renforcement des compétences des collectivités et
un allègement du contrôle de l’État ;
- l’acte 2 (réforme de la Constitution en 2003 et loi du 13 août 2004 en particulier) qui opère de nouveaux
transferts de compétences aux collectivités. Elles disposent d’un droit à l’expérimentation leur permet-
tant de déroger à la répartition légale des compétences. Le principe de subsidiarité est affirmé : les col-
lectivités ont vocation à prendre les décisions pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux
être mises en œuvre à leur échelon.
- l’acte 3 (lois MAPTAM du 27 janvier 2014, délimitant les régions du 16 janvier 2015 et NOTRe du 7 août
2015) qui renforce les niveaux intercommunaux et régionaux, et rationalise les compétences.

À chercher...
Dans quelle collectivité territoriale ou dans quel établissement public travaillez-vous ?
Quel est le nombre d’habitants ?
Quel est l’organe délibérant ? L’organe exécutif ?
Qui est le représentant de l’État ?
Textes de références 1

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 7


MAIS FINALEMENT, QUI FAIT QUOI ?
• Les élus locaux ou autorités décentralisées, ont en charge, au niveau municipal, de nombreux dossiers
dans des secteurs très variés allant de l’entretien des écoles maternelles et primaires à la délivrance des
permis de construire. Les élus du département gèrent plus particulièrement la voirie, l’entretien des col-
lèges et l’action sanitaire et sociale ; ceux de la région, l’entretien des lycées, la formation professionnelle
ainsi que le développement économique et l’aménagement du territoire.
• Certaines compétences ne sont pas exercées directement par les collectivités territoriales, mais par un
établissement public local qui a une vocation spécifique ; par exemple la politique de la ville pour une
communauté d’agglomération.

ET L’ACTE 4 DE LA DÉCENTRALISATION ?
C’est une réforme qui s’appuie sur 2 éléments législatifs
La loi engagement et proximité du 27 décembre 2019 a plusieurs enjeux :
1. assurer une meilleure représentativité des communes au sein de l’intercommunalité,
2. améliorer la flexibilité de la répartition des compétences entre communes et intercommunalité,
3. renforcer les droits et pouvoirs des élus de proximité.

La loi 3DS (de différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification de l’action pu-


blique locale) du 21 février 2022 s’articule sur différents axes :
1. Donner aux collectivités la souplesse nécessaire pour adapter leur action aux particularités de leur ter-
ritoire (possibilité de transfert des compétences à l’intercommunalité de manière différenciée selon les
communes, extension du pouvoir réglementaire des collectivités, …)
2. Décentraliser de nouvelles compétences dans les domaines des grands défis contemporains : transition
écologiques, logement social (avec réajustement des exigences de la loi SRU), voirie et transports…
Possibilité de recentralisation du RSA sur demande.
3. Rapprocher l’Etat du terrain pour plus de proximité avec les collectivités : maisons France Services,
fonds de soutien à l’investissement local confié aux préfets…
4. Faciliter l’action publique locale : généralisation du principe « dites-le nous une seule fois » grâce à un
échange de données entre administrations ; pérennisation de la possibilité du recours à la visio-confé-
rence pour les assemblées intercommunales, départementales et régionales ; allègement des obliga-
tions déclaratives des élus auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ; …

À noter !
1. L
 a loi NOTRe supprime la clause générale de compétences du département et de la région... clause qui avait
été rétablie par la loi MAPTAM !
2. La loi 3 DS demande plus de 80 décrets pour être applicable ! Ce texte il est vrai comporte 270 articles et occupe
près de 100 pages au Journal officiel.

8 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


LA RÉPARTITION DES COMPÉTENCES AU 1er JANVIER 2024

BLOC COMMUNAL DÉPARTEMENTS RÉGIONS ÉTAT


ENFANCE • Halte-garderie • Halte-garderie • Création et entretien des • Universités
ET JEUNESSE • Crèche • Crèche lycées • Responsabilités
• Création, entretien d’écoles • Création, entretien • Apprentissage, pédagogiques
maternelles des collèges formation • Rémunération des ensei-
et primaires gnants
ACTIONS SOCIALES • Aides aux personnes en • P MI Protection Formations sociales • Solidarité sociale
difficulté (le plus souvent par Maternelle et Infantile et para-médicales • Grandes causes
le CCAS) • A ide sociale à nationales (toxicomanie,
l’enfance alcoolisme…)
• RSA sauf exceptions
• A ides aux handicapés
• PCH
• A PA (allocation
personnalisée à
l’autonomie)
VOIRIE, PROPRETÉ • Création et entretien • C réation et entretien • Plan régional de prévention et • V oirie d’intérêt national
de la voirie communale de la voirie départementale et de gestion des déchets
• Ramassage et nationale
traitement des ordures
ménagères
• Création et entretien des
réseaux d’assainissement
ENVIRONNEMENT • Création et entretien des • P lan des itinéraires de prome- • Parcs naturels régionaux • Parcs nationaux
parcs et jardins… nades et de randonnées • S chéma régional d’aména- • Réglementation
• Politique des espaces naturels gement et de développement et contrôle
sensibles durable du territoire
CULTURE • Bibliothèques • Bibliothèque départementale • Inventaire général • Contrôle
municipales • Archives départementales du patrimoine culturel • Musées nationaux
• Conservatoires de musique et • E nseignement artistique
de danse professionnel
• Musées municipaux
SPORT • Subventions et équipements • Équipements sportifs des • É quipements sportifs des • Réglementation
sportifs : piscine… collèges lycées et contrôle
URBANISME • Élaboration des PLU/ PLUI • Gestion des autorisations en
• Délivrance des permis de l’absence de PLU ou carte
construire si PLU ou carte communale
communale
DÉVELOPPEMENT • Transports urbains • A ide à l’équipement rural • A ides aux entreprises • Réglementation et contrôle
• T ransports régionaux de
voyageurs
• C ontrats de plan avec l’État
• F ormation professionnelle
Tourisme

CCAS Centre communal d’action sociale


PCH Prestation de compensation du handicap
PLU Plan local d’urbanisme/PLUI Plan local d’urbanisme intercommunal/RSA Revenu de solidarité active/

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 9


1.1 CETTE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE EST UNE COMMUNE…
LE CONSEIL MUNICIPAL… QUELLE CONSTITUTION ? QUEL RÔLE ?
• ÉLECTION Le conseil municipal, organe délibérant, compte de 7 à 69 conseillers (en fonction de la popu-
lation de la commune), élus pour 6 ans selon un mode de scrutin différent en fonction de l’importance de
la commune (loi du 17 mai 2013) :
< 1 000 H : scrutin de liste majoritaire à 2 tours avec panachage,
> 1 000 H : scrutin de liste à 2 tours mixte (principalement majoritaire, avec une part
proportionnelle). Les listes de candidats respectent la parité donc alternent homme-femme.

• RÔLE Il règle par ses délibérations les affaires de la commune, collectivité territoriale de proximité. Par
exemple, il adopte les documents budgétaires, crée et organise les services publics communaux (accueil
de loisirs...), crée et supprime les emplois municipaux, décide de la construction et de l’entretien des bâti-
ments scolaires (écoles maternelle et primaire)…

LE MAIRE, QUI L’ÉLIT ? POUR FAIRE QUOI ?


• ÉLECTION Le maire, organe exécutif, est élu pour 6 ans, par le conseil municipal, en son sein, au scrutin
majoritaire à 3 tours, lors de la séance qui suit les élections municipales. Les maires adjoints sont élus au
scrutin de liste, respectant la parité.

• RÔLE Le maire a deux types d’attributions :


- en tant que représentant de la commune, collectivité décentralisée : il prépare et dirige les réunions du
conseil, en exécute les délibérations, ordonne les dépenses et peut recevoir des délégations du conseil
(par exemple pour passer les marchés) ainsi que déléguer ses pouvoirs à des maires adjoints. Il possède de
plus des pouvoirs propres : il assure le bon ordre, la sécurité et la salubrité (autorité de police municipale),
il dirige les services municipaux et est donc le chef du personnel communal.
- en tant que représentant de l’État dans la commune : sous l’autorité du procureur de la République il est
officier d’état civil et officier de police judiciaire ; sous l’autorité du préfet il publie et exécute les textes
officiels, organise les élections, participe aux recensements, légalise les signatures, délivre certaines auto-
risations au nom de l’État (licence des débits de boisson…).
Pour mener ces tâches (même lorsqu’il s’agit de compétences exercées pour le compte de l’État), les élus
municipaux, décideurs politiques, sont assistés d’agents territoriaux.

À noter !
1. Il y a en France 34 932 communes (au 1er janvier 2024).
2. La base de l’organisation de la commune, née sous la Révolution, est la loi du 5 avril 1884.
3. Le maire n’est pas élu par les habitants mais par les conseillers municipaux.

Quelle actualité législative ?


La loi du 16 mars 2015 modifiée par la loi du 1er août 2019 a permis l’essor de 840 communes nouvelles, c’est-à-
dire issues de la fusion de communes contigües. Annecy est la plus importante des communes nouvelles, avec près
de 127 000 habitants.
La loi engagement et proximité du 27 décembre 2019 renforce les pouvoirs de police administrative du maire, et
développe les droits des élus (indemnités revalorisées, formation dès la 1er année du mandat, protection fonctionnelle
effective, etc.)

À chercher...
Quand ont eu lieu les dernières élections municipales ?
Quel est le nombre de conseillers municipaux ? Quel a été le mode de scrutin utilisé pour les élire ?

Textes de références 1.1

10 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


L’ORGANISATION D’UNE COMMUNE
DES ÉLUS

CONSEIL MUNICIPAL

Commission finances Commission urbanisme

Commission enseignement

Elit

Maire adjoint Maire adjoint Maire adjoint


MAIRE

Nomme et dirige

DES AGENTS TERRITORIAUX


Directeur général des services

Directeur Directeur général Directeur général Directeur général


des services adjoint adjoint adjoint
techniques

Travaux Affaires Enseignement Finances


Urbanisme administratives Jeunesse Personnel
État civil

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 11


1.2 OU CETTE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE EST UN DÉPARTEMENT
LE CONSEIL DÉPARTEMENTAL… QUELLE CONSTITUTION ? QUEL RÔLE ?
• ÉLECTION Le conseil départemental, organe délibérant, comprend 2 fois plus de conseillers que le
département compte de cantons.
Les conseillers, âgés d’au moins 18 ans, sont élus pour 6 ans, au scrutin binominal paritaire majoritaire à
2 tours (2 par canton).

• RÔLE Il règle par ses délibérations les affaires du département dans les domaines de compétences que
la loi lui attribue.
Par exemple, il adopte les documents budgétaires, crée et organise les services publics du département,
crée et supprime les emplois de fonctionnaires départementaux, détermine la politique sociale (aide à
l’enfance, PMI, personnes âgées, handicapés, RSA…) décide de la construction et de l’entretien des bâti-
ments scolaires (collèges), entretient la voirie, aide à l’équipement rural…

LE PRÉSIDENT DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL, QUI L’ÉLIT ? POUR FAIRE QUOI ?


• ÉLECTION Le président du conseil départemental (et les vice-présidents), organe exécutif, est élu par
le conseil en son sein, au scrutin majoritaire, pour six ans. Lors de la séance de l’élection, c’est le doyen
d’âge qui préside, le plus jeune membre du conseil fait fonction de secrétaire. Si, lors des deux premiers
tours de scrutin, un candidat n’a pas obtenu la majorité absolue, on procède à un troisième tour où la ma-
jorité relative suffit. S’il y a partage des voix entre deux candidats, c’est le candidat le plus âgé qui est élu.

• RÔLE Le président, en tant que responsable du département, collectivité décentralisée, prépare et dirige
les réunions du conseil départemental qu’il convoque au moins une fois par trimestre. Il prépare, pré-
sente et exécute le budget départemental. Dans un délai de deux mois avant son examen, un débat a
lieu au conseil départemental sur les orientations budgétaires. Le président du conseil départemental
prescrit l’exécution des recettes départementales, sous réserve des recettes fiscales des collectivités ter-
ritoriales perçues par l’État. Il est l’unique ordonnateur des dépenses pour le département et tient la
comptabilité de l’engagement des dépenses. Le président du conseil départemental doit rendre compte
au conseil par un rapport spécial de la situation générale et financière du département.

Le président peut recevoir des délégations du conseil (par exemple pour passer les marchés). De plus, il
possède des pouvoirs propres : il est autorité de police administrative sur la voirie départementale hors
agglomération. Il nomme aux emplois du département créés par délibération du conseil. Il est le chef hié-
rarchique des services du département.

À noter !
1. À côté du président et pour l’assister, la commission permanente dispose de compétences propres. Les
membres de cette commission, autres que le président, sont élus au scrutin de liste à la représentation propor-
tionnelle à la plus forte moyenne, sans panachage, au vote préférentiel. La commission permanente peut recevoir
délégation du conseil pour l’exercice d’une partie de ses attributions (elle doit donner un avis conforme obligatoire
sur le choix du représentant du département en défense dans toute action engagée contre lui). Par contre, les
attributions financières essentielles, comme le vote du budget, ne peuvent pas être déléguées à la commission
permanente.
2. Exceptionnellement, les conseillers départementaux et leur président élus en 2021 disposent d’un mandat de 7 ans
afin d’éviter la coïncidence avec les présidentielles et les législatives en 2027.

Attention, le territoire géographique que constitue le département est aussi le cadre de services de
l’État.
Il s’agit d’antennes locales des différents ministères. Ces services dits déconcentrés (par exemple la direction dépar-
tementale des territoires, DDT) sont animés par des agents de l’État, soumis à son pouvoir hiérarchique car nommés
par lui. A quelques exceptions près, ils sont placés sous la direction du préfet du département, fonctionnaire d’État
nommé en conseil des ministres. Ils ne sont donc pas sous l’autorité des élus du département.

12 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


À noter !
1. Il y a en France 95 départements depuis la fusion des deux départements alsaciens.
2. Né en 1790, réorganisé par la loi du 10 août 1871, le département bénéficie largement de la décentralisation de 1982
en se dotant d’un exécutif élu.
3. Un canton couvre plusieurs communes en milieu rural, mais les grandes communes urbaines sont divisées en
plusieurs cantons.
4. Commission permanente : sorte de conseil du département en réduction (car élue par le conseil à la proportionnelle),
agit par délégation.
5. La Métropole de Lyon, collectivité atypique, exerce des compétences intercommunales et départementales sur son
territoire.

ET L’ACTE 3 DE LA DÉCENTRALISATION ? LA LOI 3DS ?


Le département est chargé d’organiser, en qualité de chef de file, les modalités de l’action commune des collectivités
territoriales et de leurs établissements publics pour l’exercice des compétences relatives à l’action sociale et au
développement sociale, à l’autonomie des personnes...
Certaines compétences départementales sont transférées aux métropoles, et La loi NOTRe supprime la clause
générale de compétences et dote la région de certains domaines actuellement assurés par les départements, comme
les transports scolaires à partir de 2017.
La loi 3 DS place les gestionnaires des collèges sous autorité fonctionnelle du président du conseil départemental
pour les compétences exercées dans son champ de compétences, permet l’expérimentation de la recentralisation du
RSA, autorise le transfert du réseau routier et autoroutier de l’État, et institue le département en chef de file en matière
de logement inclusif et d’adaptation du logement au vieillissement de la population.

À chercher...
Quand ont lieu les élections départementales ?
Quel est le nombre de conseillers de votre département (et de cantons) ?
Quel est le nom du président de l’assemblée délibérante ?
Textes de références 1.2

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 13


AU NIVEAU D’UN DÉPARTEMENT

DES AGENTS DE L’ÉTAT DES ÉLUS

CONSEIL DÉPARTEMENTAL

PRÉFET DE DÉPARTEMENT

Commission finances Commission jeunesse

Commission vie sociale Commission voirie

Dirige Elit

Vice-présidents
commission permanente

Services
de la
préfecture
Président du Conseil départemental

Nomme et dirige
les agents territoriaux

Directeur général des


services

Service Service Service Directeur Directeur Directeur Directeur Directeur


déconcentré déconcentré déconcentré général adjoint général adjoint général adjoint général adjoint général adjoint

DDT DDETS DDPP Action sociale Environnement Finances personnel Développement Collèges archives
direction direction départe- direction routes communication équipement rural culture
départementale des mentale à l’emploi, départementale de
territoires au travail et aux la protection des
solidarités* populations*

* dans certains départements la DDETSPP regroupe ces 2 directions

14 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


1.3 OU CETTE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE EST UNE RÉGION
LE CONSEIL RÉGIONAL… QUELLE CONSTITUTION ? QUEL RÔLE ?
• ÉLECTION Le conseil régional, organe délibérant, comprend un nombre de conseillers fixé par la loi,
variable selon les régions (209 en Ile-de-France).
Les conseillers, sont élus pour 6 ans, au scrutin de liste régionale à sections départementales, par un mode
de scrutin mixte (à la fois majoritaire et proportionnel à 2 tours).
Les listes de candidats doivent respecter la parité (donc alterner homme-femme).

• ATTRIBUTIONS Le conseil règle par ses délibérations les affaires de la région dans les domaines de
compétences que la loi lui attribue. Par exemple, il adopte les documents budgétaires, crée et organise
les services publics de la région (tourisme…), crée et supprime les emplois de fonctionnaires régionaux,
détermine la politique de formation professionnelle (continue et des jeunes), décide de la construction
et de l’entretien des bâtiments scolaires (lycées), participe de façon croissante à l’aménagement du
territoire (planification, transports, interventions économiques).
Comme pour le département, la loi du 6 février 1992 a instauré une commission permanente, conseillers
régionaux élus à la proportionnelle par le conseil et délibérant à sa place, sauf en matière budgétaire.

LE PRÉSIDENT DU CONSEIL RÉGIONAL, QUI L’ÉLIT ? POUR FAIRE QUOI ?


• ÉLECTION Le président du conseil régional (et les vice-présidents), organe exécutif, est élu par le conseil
en son sein, pour 6 ans.
Lors des deux premiers tours, la majorité absolue est requise, au troisième tour, la majorité relative suffit.
Dès que le président est élu, et sous sa présidence, le conseil régional fixe le nombre de vice-présidents de
quatre à quinze sous réserve que leur nombre ne soit pas supérieur à 30% de l’effectif de ce conseil.

• ATTRIBUTIONS Le président en tant que responsable de la région, collectivité décentralisée, prépare et


dirige les réunions du conseil. Il convoque l’assemblée. Il prépare, présente et exécute le budget régional.
Il est l’ordonnateur principal de la collectivité territoriale et prescrit les recettes. Il peut adresser au
comptable de la région un ordre de réquisition en cas de refus de paiement d’une dépense. Il rend compte
chaque année par un rapport spécial annuel et obligatoire de la situation de la région.
Le président dirige les services de la région et est donc le chef hiérarchique du personnel régional. Il ne
dispose, contrairement au maire et au président du conseil départemental, d’aucun pouvoir en matière de
police administrative.

À noter !
1. La collectivité région est récente : établie par la loi de 1982, elle n’est inscrite dans la Constitution qu’en 2003.
2. Le territoire de la région est aussi le cadre de services déconcentrés de l’État, les directions régionales, animées par
des agents de l’État, placés sous la direction du préfet de région.
3. Contrat de plan État-région : document fixant les perspectives de développement de la région pour 7 ans.
4 Exceptionnellement, les conseillers régionaux et leur président élus en 2021 disposent d’un mandat de 7 ans.

Et la région aujourd’hui, avec la loi 3DS ?


Il y a 12 régions métropolitaines : Grand Est / Nouvelle-Aquitaine / Auvergne-Rhône-Alpes / Bourgogne-
Franche-Comté / Bretagne / Centre-Val de Loire / Île-de-France / Occitanie / Hauts-de-France / Normandie / Pays
de la Loire / Provence-Alpes-Côte d’Azur (loi du 16 janvier 2015).
La loi 3 DS place les gestionnaires des lycées sous autorité fonctionnelle du président du conseil régional pour les
compétences exercées dans son champ de compétences, et permet que le réseau routier et autoroutier de l’Etat soit
mis à disposition des régions volontaires à titre expérimental pour 8 ans.

À chercher...
Quand auront lieu les prochaines élections régionales ? Combien de fonctionnaires régionaux dans votre région ?

Textes de références 1.3

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 15


AU NIVEAU D’UNE RÉGION

DES AGENTS DE L’ÉTAT DES ÉLUS

CONSEIL RÉGIONAL

PRÉFET DE RÉGION

Commission finances Commission jeunesse

Commission formation Commission développement

Dirige Elit

Vice-présidents
commission permanente

Services
de la
préfecture
Président du Conseil régional

Nomme et dirige
les agents territoriaux

Directeur général des


services

Directeur général Directeur général Directeur général Directeur général


Service déconcentré Service déconcentré Service déconcentré adjoint adjoint adjoint adjoint

DREAL DRAC DRAJES Formation Finances Développement et Lycées culture


Direction régionale de Direction régionale Direction régionale personnel aménagement du
l’environnement, de aux affaires académique à communication territoire
l’aménagement et du culturelles la jeunesse, à
logement l’engagement et aux
sports

UN ORGANISME SOCIO-PROFESSIONNEL

Conseil économique, social et environnemental de la région ou CESER

16 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


1.4 OU CETTE PERSONNE PUBLIQUE EST UN ÉTABLISSEMENT PUBLIC DE COOPÉRATION
INTERCOMMUNALE (EPCI)
L’INTERCOMMUNALITÉ, POURQUOI ?
La France compte 34 951 communes, c’est un atout démocratique.
Mais cet émiettement nuit à l’efficacité locale.
• L’union fait la force ! La coopération intercommunale permet de partager les coûts d’un équipement
onéreux (par exemple en matière d’assainissement), et d’offrir aux usagers une égalité d’accès au service
public (par exemple un conservatoire intercommunal).
• La cohésion de l’action publique locale justifie une politique globale de transport, d’urbanisme ...
• L’intégration européenne croissante exige un niveau de territoire pertinent comparable à celui des
autres États européens (c’est d’ailleurs une condition pour obtenir des fonds structurels).

QUELS SONT LES DIFFÉRENTS EPCI ?


• LES SYNDICATS permettent une intercommunalité de gestion souple. Les compétences transférées
sont librement choisies par les communes membres (une compétence mise en commun pour les SIVU,
plusieurs pour les SIVOM), le financement de la structure repose sur des contributions municipales, et la
représentation des communes au sein de l’organe délibérant est égalitaire. L’acte 3 de la décentralisation
amène une diminution du nombre de syndicats (environ 8 000).
• LES COMMUNAUTÉS constituent une intercommunalité plus aboutie, dite fédérative ou de projet et
généralisée à l’ensemble des communes françaises. Elles se caractérisent par l’existence de compétences
obligatoires, et disposent du pouvoir de fixer l’impôt. La représentation des communes est fonction de
l’importance démographique de chacune.
• LES MÉTROPOLES issues des lois RCT de 2010, MAPTAM de 2014, NOTRe de 2015 et du 28 février
2017, au delà de compétences communales exercent de plein droit les compétences d’une communauté
urbaine, et par délégation certaines compétences départementales et régionales (21 au 01 01 2022).

LES COMMUNES ADHÈRENT-ELLES LIBREMENT À UN EPCI ?


La loi impose à toutes les communes d’appartenir à une communauté ou une métropole. Les préfets ont en
charge de veiller à cette généralisation et rationalisation de l’intégration intercommunale. La loi MAPTAM
du 27 janvier 2014 avait autoritairement fait basculer les communautés importantes démographiquement
en métropoles (par exemple à Bordeaux, Grenoble, Lille...) et institué 3 métropoles à statut particulier (Mé-
tropole du Grand Paris, Métropole de Lyon et Métropole d’Aix-Marseille-Provence.).

À noter !
1. Les membres de l’organe délibérant des communautés et métropoles sont élus au suffrage universel direct,
par la technique dite «du fléchage», sur le même bulletin de vote que celui des municipales dans les com-
munes > 1 000 h.
2. Lors de la création d’un EPCI, le personnel communal suit en principe la compétence : si la compétence est trans-
férée, l’agent aussi.

Et l’acte 4 de la décentralisation ?
Il aménage les relations entre les communes et les EPCI avec la possibilité d’instituer un pacte de gouvernance
et l’obligation de se doter d’une conférence des maires, instance de dialogue entre l’EPCI et ses communes membres.
De plus, la loi 3DS ouvre des transferts de compétences facultatives « à la carte », et renforce le principe de subsidia-
rité avec par exemple des possibilités de restitution aux communes de la compétence tourisme.

À chercher...
Quand a été institué votre EPCI ? Avec quelles compétences ? Comment est composé l’organe délibérant ?

Textes de références 1.4


RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 17
LES DIFFÉRENTES COMMUNAUTÉS INTERCOMMUNALES

990 COMMUNAUTÉS 229 COMMUNAUTÉS 14 COMMUNAUTÉS URBAINES


DE COMMUNES D’AGGLOMÉRATION
ARTICLE L 5214-1 et s. L 5216-1 et s. L 5215-1 et s.
DE RÉFÉRENCE
DANS LE CGCT
SEUIL À partir de 15 000 h À partir de 50 000 h À partir de 250 000 h
DÉMOGRAPHIQUE
PÉRIMÈTRE En principe d’un seul tenant et sans enclave En principe d’un seul tenant et sans enclave En principe d’un seul tenant et sans enclave
COMPÉTENCES
OBLIGATOIRES • Développement économique • Développement économique • Développement économique, social et
• Aménagement de l’espace communau- • Aménagement de l’espace communautaire culturel
taire • Équilibre social de l’habitat • Aménagement de l’espace communautaire
• Aires d’accueil des gens du voyage et • Politique de la ville • É quilibre social de l’habitat
terrains familiaux locatifs • Aires d’accueil des gens du voyage • Politique de la ville
• Déchets ménagers et assimilés • Traitement des déchets ménagers • Protection de l’environnement
• Gestion des milieux aquatiques et préven- • Gestion des milieux aquatiques et • Gestion des services d’intérêt collectif
tion des inondations prévention des inondations • Aires d’accueil des gens du voyage
• Eau et assainissement en principe • Eau, assainissement, eaux pluviales

18 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


1.5 OU CETTE PERSONNE PUBLIQUE EST UN AUTRE ÉTABLISSEMENT PUBLIC LOCAL
L’OPH, QUEL RÔLE ? QUELLE ORGANISATION ?
• RÔLE Rattaché à une commune, un département ou un EPCI, l’office public de l’habitat est un établis-
sement public industriel et commercial qui favorise le logement (ordonnance du 01 02 2007 modifiée).
• ORGANISATION - Son conseil d’administration comporte différentes catégories de membres : repré-
sentants de la collectivité territoriale ou de l’EPCI de rattachement (majoritaires), personnalités quali-
fiées désignées par des institutions du domaine économique et social (CAF, UDAF, collecteurs du 1%
patronal, syndicats), représentants d’associations dont l’un des objets est l’insertion et représentants des
locataires. Le représentant du comité d’entreprise de l’office siège avec voix consultative. Il règle par ses
délibérations les affaires de l’office : adopte les documents budgétaires, crée et supprime des emplois,
décide de la gestion du patrimoine, autorise la passation des contrats…
- Le président, organe exécutif, est élu par le conseil d’administration parmi les représentants de la collec-
tivité de rattachement. Il prépare et dirige les réunions du conseil, en exécute les délibérations, ordonne
les dépenses ; il est le chef du personnel et est assisté d’un directeur.

LE CCAS… QUEL RÔLE ? QUELLE ORGANISATION ?


• RÔLE Obligatoire dans chaque commune de plus de 1 500H (éventuellement intercommunal), cet éta-
blissement public local anime une action de prévention et de développement social, en liaison avec
les institutions publiques (la commune, le département, l’État) et privées (les associations). [Code de
l’action sociale et des familles]
• COMPOSITION - Son conseil d’administration comporte au maximum 17 membres : le président, et un
nombre égal d’élus locaux et de personnes qualifiées dans le domaine social nommées par le maire pour
6 ans. Il règle par ses délibérations les affaires du CCAS : adopte les documents budgétaires, crée et sup-
prime des emplois, décide de la gestion des biens, autorise la conclusion des contrats.
- Le président, organe exécutif, est de droit le maire. Il prépare et dirige les réunions du conseil, en exécute
les délibérations, ordonne les dépenses ; il peut recevoir des délégations du conseil (par exemple pour
passer les marchés). Il est le chef du personnel et est assisté d’un directeur.

LA CAISSE DES ÉCOLES, QUEL RÔLE ? QUELLE ORGANISATION ?


• RÔLE Cet établissement public administratif communal facilite la fréquentation de l’école par des aides
aux élèves en fonction des ressources de la famille. [ Code de l’éducation ]
• Restauration scolaire, classes d’environnement, études dirigées et même séjours de vacances… les ac-
tions sont très diversifiées et fonction du budget de la caisse.
• COMPOSITION - L’organe délibérant, le comité, comprend des conseillers municipaux, l’inspecteur
de l’éducation nationale ou son représentant, un membre désigné par le préfet et 3 représentants des
parents d’élèves. Il adopte les documents budgétaires et délibère sur les actions à mener.
- Le président, organe exécutif est le maire. Il prépare et dirige les réunions du comité, en exécute les déli-
bérations et est le chef du personnel.

À noter !
1. Un OPH gère des logements, mais aussi des parkings, foyers de travailleurs, locaux commerciaux, … !
2. Le CCAS peut développer des actions variées : aides ménagères, foyers du 3e âge, colis alimentaires, … Les dossiers
de demande d’aide sociale obligatoire sont établis par le CCAS ; la décision appartient en général à l’État ou au
département. La loi 3DS offre la possibilité aux métropoles de créer un CIAS.
3. Budget de la caisse des écoles = Cotisations volontaires+ subventions communale, départementale et étatique.
4 Le pôle métropolitain, institué par l’art L5731-1 CGCT, est un établissement public particulier constitué par accord
entre des EPCI à fiscalité propre (25 au 01/01/2024).

À chercher...
Dans votre établissement public, quel est le nom du président ?
À quelle collectivité se rattache l’établissement public ? Textes de références 1.5

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 19


D’OÙ PROVIENNENT LES RECETTES
DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ET
DE LEURS ÉTABLISSEMENTS PUBLICS ?

• Loyers État
e l’
• Aides d
ts de
• Emp ru n llectivité
b v e n ti o n de la co
• Su ent
rattachem

RECETTES OPH

es
s tarifair
• Recette e la commune
tion d t
• Subven n du départemen
tr ib u ti o
• Con
ts
• Emprun sion cimetières
ces
• 1/3 con

RECETTES CCAS

20 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


2 AVEC DES PARTENAIRES TOUS AZIMUTS...
Pour répondre efficacement aux attentes des citoyens, pour remplir de façon satisfaisante les missions
de service public confiées par la loi, une collectivité territoriale est conduite à s’associer à d’autres parte-
naires : l’union fait la force !
Le recours à l’établissement public permet à la collectivité de ne pas gérer directement une compétence et
de profiter d’une entité spécialisée, tout en participant notamment à son financement et à la composition
de ses organes.
Ces établissements publics locaux, personnes morales de droit public autonomes mais rattachées à la col-
lectivité, disposent d’une vocation particulière, c’est-à-dire de compétences d’attribution limitativement
énumérées comme par exemple : le CCAS, l’OPH…

D’autres possibilités sont explorées comme le groupement d’intérêt public, cadre juridique formalisant un
partenariat entre les personnes publiques et privées (utilisé par exemple pour les maisons départementales
des personnes handicapées et les maisons de l’emploi).

La collectivité peut aussi choisir la souplesse du régime de droit privé, en participant au capital d’une
Société d’Economie Mixte Locale (SEML) ou d’une société publique locale (SPL). Ces entreprises commer-
ciales (donc personnes morales de droit privé) concilient le respect de la liberté de l’industrie et du com-
merce et l’intérêt général ; l’activité de la SEML ou de la SPL doit entrer dans le domaine de compétence de
la collectivité, par exemple pour une commune : traitement de déchets, distribution d’eau, aménagement…

Nombreux sont les contrats entre la collectivité et les entreprises : contrats de marchés publics, conces-
sions, … Il s’agit pour la collectivité de confier un travail correspondant à un service public, sans pour autant
perdre tout contrôle. Les marchés de partenariat permettent la participation du secteur privé au finance-
ment et à l’offre des biens collectifs.
D’autre part, les entreprises peuvent bénéficier de la part des collectivités d’aides directes (par exemple
primes régionales…) ou d’aides indirectes (cession de terrain de la part d’une commune…).

Enfin, les associations sont des interlocuteurs privilégiés des collectivités. Ces personnes morales de droit
privé (régime souple : le personnel obéit au code du travail, la comptabilité est privée…), représentant les
intérêts d’un groupe de citoyens, sont un complément de l’action de la collectivité dans des domaines très
variés : culturel, sportif, caritatif, touristique… même si leur position de « contre-pouvoir » semble parfois
un obstacle aux élus locaux (en particulier pour les projets d’urbanisme).

À noter !
1 . La SEMOP, société d’économie mixte à opération unique, a été instituée par une loi du 1er juillet 2014, le mar-
ché de parteneriat remplace l’ancien partenariat public-privé (article L1112-1 Code de la commande publique).
2. Les associations para-municipales sont des associations sans autonomie réelle...souvent utilisées pour échapper à
la rigidité du droit public, ce qui est contestable.
3. Le personnel des associations ? Des salariés de droit privé ! Des territoriaux peuvent être mis éventuellement à
disposition...

À chercher...
Quels sont les partenaires de votre collectivité ?
Dans votre domaine, les associations sont-elles nombreuses ?
Textes de références 2

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 21


L’ENVIRONNEMENT
D’UNE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE

Autre
Centre
collectivité
communal Office public
territoriale
d’action de l’habitat
sociale

Communauté (de
communes, d’agglomé-
ration, urbaine) ;
État Métropole

Collectivité terri-
toriale Syndicat
intercom-
Autre Autre
Groupement munal Syndicat
collectivité collectivité
d’intérêt public intercommunal
territoriale territoriale

Société
Association
d’économie mixte Entreprise
para municipale
à opération unique

Association

Société
publique locale

Légende :
n Personne morale de droit privé.
n Collectivité territoriale.
n Personne morale de droit public.

22 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


3 AU MILIEU D’AUTRES ENTITÉS PUBLIQUES
Le partenariat entre collectivités territoriales peut s’inscrire dans une collaboration financière (par exemple
subvention de la région ou du département à une commune pour la construction d’une médiathèque) ; il
peut aussi s’institutionnaliser dans un établissement public, entente interdépartementale, EPCI, syndicat
mixte…
Les activités médico-sociales allient fréquemment les financements de la collectivité et des organismes
sociaux comme la caisse d’allocations familiales. L’action de la CAF aux côtés des collectivités territoriales
est diversifiée : participation à la politique de la ville menée par les communes ou les EPCI, convention
territoriale globale, etc.
La décentralisation n’a pas fait disparaître toute relation entre les collectivités et l’État :
- financement des activités locales par le biais de dotations (Dotation Globale de Fonctionnement par
exemple) ou de contrats (contrat de relance et de transition écologique pour répondre aux enjeux de
transition écologique, développement économique et cohésion territoriale) ;
- aide à la prise de décision (par exemple, instruction des demandes de permis de construire pour une
petite commune), rôle de conseil du préfet (en particulier à l’occasion de l’exercice du contrôle de légalité
des actes de la collectivité) ;
- collaboration de services étatiques et territoriaux pour une action cohérente (par exemple, partenariat
entre une école maternelle et un accueil de loisirs municipal).
L’Union européenne semble pour l’instant un partenaire essentiellement dispensateur, au moyen des fonds
structurels ; 18,4 milliards d’euros attribués à la France pour la période 2021-2027.
Enfin, de nombreux partenariats allient des collectivités territoriales avec des personnes publiques et pri-
vées, comme le financement de grands événements culturels ou sportifs (championnats du monde par
exemple).

À noter !
1. 25 pôles métropolitains permettent le regroupement des EPCI à fiscalité propre : une inter-intercommunalité.
2. La mutualisation entre communes et EPCI prend 2 formes : la mise à disposition de services, en cas de transfert de
compétences ; et la création de services communs en l’absence de transferts de compétences.

Et la loi du 6 août 2019 ?


La mutualisation entre communes et EPCI est encouragée, mais fin de l’obligation d’établir en début de mandat
un schéma de mutualisation (les mutualisations peuvent donc se faire hors schéma).

À chercher...
Quel est le pourcentage budgétaire de l’aide financière de l’État à votre collectivité ?
En quoi votre collectivité est-elle impactée par l’Union Européenne ?
Comment la mutualisation est-elle en marche ?

Textes de références 3

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 23


SCHÉMA GÉNÉRAL
DE L’ORGANISATION ADMINISTRATIVE

Administration de l’État Administration décentralisée

Collectivités territoriales Etablissements publics

CCAS
Maire agissant Conseil Municipal
Niveau communal
au nom de l’État Maire
OPH municipal

Niveau
EPCI
intercommunal

Niveau de
Sous-Préfet
l’arrondissement

Conseil départemental OPDH


Niveau Préfet de département
Président Centre départemental
départemental Services déconcentrés
du Conseil départemental de gestion

Préfet de région Conseil régional


Niveau régional Services Président du Conseil régional
déconcentrés CESER

Ministres CNFPT
Services centraux
Niveau national Premier Ministre
Président
de la République Conservatoire
du littoral

CCAS : Centre communal d’action sociale OPDH : Office public départemental de l’habitat
OPH : Office public de l’habitat CESER : Conseil économique, social et environnemental régional
EPCI : Etablissement public de coopération intercommunale CNFPT : Centre national de la fonction publique territoriale

24 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


4 LA COLLECTIVITÉ, LIEU DE LA DÉMOCRATIE LOCALE
LES ÉLECTIONS LOCALES… QUI ? COMMENT ?
• LES ÉLECTEURS Actuellement pour pouvoir voter, il est nécessaire d’avoir 18 ans, d’être français (ou
ressortissant européen pour les municipales depuis la loi du 25 mai 1998), de jouir de ses droits civils et
politiques, d’être inscrit sur les listes électorales.
• LES MODALITÉS - Les élections des assemblées délibérantes se déroulent au suffrage universel direct (les
citoyens élisent eux-mêmes leurs représentants, ces derniers, lors de la première réunion de l’assemblée,
élisent l’exécutif de la collectivité).
• Le mode de scrutin est majoritaire (élections départementales, élections municipales dans les communes
< 1 000 habitants et élection des organes exécutifs) ou mixte (élections municipales et communautaires/
métropolitaines dans les communes de plus de 1 000 habitants et élections régionales).

LES ÉLUS LOCAUX, QUEL STATUT ?


• La durée du mandat de l’élu local est en principe de 6 ans, ses fonctions sont gratuites mais il perçoit cer-
taines indemnités (environ 4 500 € pour un maire d’une commune de 50 000 h).
• Le cumul des mandats est limité : la loi du 5 avril 2000 modifiée ne permet pas d’être à la fois maire et
président du conseil départemental ; celle du 14 février 2014 interdit le cumul d’un mandat parlementaire
avec un mandat d’exécutif local.
• Les élus disposent d’un droit commun à la formation, d’une protection sociale, d’une assurance… sorte de
statut (voir notamment les lois du 31 mars 2015 et du 27 décembre 2019).

Y A-T-IL D’AUTRES MODALITÉS D’EXPRESSION DE LA DÉMOCRATIE LOCALE ?


• Les administrés ont droit à la communication des documents administratifs locaux (loi du 17 juillet 1978
modifiée) : par exemple, possibilité de consulter le plan local d’urbanisme ou le budget départemental.
• Conseils de quartier dans les communes > 80 000h et réunions publiques constituent des outils pré-
cieux de démocratie participative. Certaines collectivités ont mis en place une assemblée d’enfants ou de
jeunes, instrument d’apprentissage de la citoyenneté.
• Les électeurs locaux peuvent être appelés à se prononcer par oui ou par non sur une question posée. Si
la réponse n’est qu’un avis qui ne lie pas les élus, il s’agit d’une consultation locale. Si la réponse est déci-
sionnelle, on qualifiera l’opération de référendum local (mais l’article 72-1 de la Constitution ne concerne
pas les EPCI).
• En urbanisme, il existe diverses procédures de concertation et de consultation des habitants, par exemple
l’enquête d’utilité publique.

À noter !
1. Depuis fin 1997, les jeunes accédant à la majorité sont inscrits automatiquement sur les listes électorales.
2. Dans le scrutin majoritaire, le (les) candidat(s)qui a (ont) obtenu le plus de voix est (sont) élus(s) : c’est efficace.
3. Dans le scrutin mixte qui combine scrutin proportionnel et scrutin majoritaire, on dégage une majorité tout en
permettant le pluralisme.
4. Des innovations : l’élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires (loi RCT de 2010), le scru-
tin binominal des conseillers départementaux (loi du 17 05 2013), la déclaration de situation patrimoniale et la
déclaration d’intérêts pour certains élus locaux (loi relative à la transparence publique locale du 11 10 2013 modifiée
par la loi 3DS).

Quelle actualité législative ?


1. La loi du 7 octobre 2016 impose l’open data aux collectivités > 3 500 habitants.
2. La loi 3DS abaisse à 1/10° des électeurs communaux le droit de pétition.
3. Au printemps 2024, un statut de l’élu local est en cours de débat parlementaire.

À chercher...
Quels sont vos outils d’information des administrés ?
Quelles sont les prochaines élections locales prévues ?

Textes de référence 4

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 25


ÉLECTION DES CONSEILLERS :
DIFFÉRENTS MODES DE SCRUTIN
SI 10 000 ÉLECTEURS ONT VOTÉ
POUR 9 SIÈGES À POURVOIR

Liste A = 5 100 “voix” (ou suffrages exprimés)


Liste B = 3 000 “voix” (ou suffrages exprimés)
Liste C = 1 900 “voix” (ou suffrages exprimés)
Selon le mode de scrutin, la répartition ne s’opérera pas de la même manière !

SCRUTIN DE LISTE MAJORITAIRE


(utilisé dans les très petites communes,
mais la technique du panachage module les résultats)
La liste obtenant la majorité absolue des suffrages (la moitié + 1)
au 1er tour, ou la majorité relative (le plus de suffrages) au 2e tour obtient tous les sièges.
Le résultat est le suivant : Liste A = 9 sièges
Liste B = 0 siège
Liste C = 0 siège

SCRUTIN DE LISTE MIXTE


(utilisé dans les communes > 1 000 h)
La liste arrivée en tête obtient la moitié des sièges (donc scrutin principalement majoritaire). L’autre
moitié des sièges est répartie entre toutes les listes, y compris celle qui a déjà la moitié des sièges,
par une répartition proportionnelle à la plus forte moyenne.
Le résultat est le suivant : Liste A = 7 sièges
Liste B = 1 siège
Liste C = 1 siège

26 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


5 COLLECTIVITÉS ET ÉTABLISSEMENTS SONT RÉGIS PAR DES LOIS ET TEXTES MULTIPLES
La vie locale est encadrée par des normes variées, comme la Constitution française, une directive euro-
péenne relative à l’assainissement, la loi sur la délimitation des régions, le décret organisant le recense-
ment démographique, l’arrêté relatif à l’ouverture d’un concours…

QUI ÉLABORE CES NORMES ?


• La loi, règle écrite, générale et permanente, est élaborée par le Parlement (c’est-à-dire l’Assemblée Natio-
nale et le Sénat) ; elle ne porte que sur les matières que la Constitution lui réserve, par exemple le régime
électoral des assemblées locales.
• Cette loi n’indique en général que les grandes lignes : elle demande donc à être complétée par des règle-
ments élaborés par les autorités administratives (il s’agit de décrets s’ils émanent du président de la Répu-
blique ou du 1er ministre, d’arrêtés s’ils proviennent d’autorités dites «inférieures» comme un ministre ou
un préfet).
• Enfin, les circulaires, en général ministérielles, viennent commenter et expliquer lois et règlements : elles
ne peuvent apporter aucune modification ; il s’agit d’une interprétation qui facilite l’application de textes
souvent complexes.

QUELLE EST LEUR VALEUR JURIDIQUE ?


• Ces textes sont hiérarchisés, ce qui signifie que chaque type de norme doit respecter celle qui lui est supé-
rieure, sous peine d’annulation par une juridiction. Par exemple, un arrêté départemental transgressant
une loi sera annulé par le tribunal administratif.
• Comme tout acteur public, une collectivité doit appliquer ces règles qui fondent son action et constituent
les références de ses décisions. On les retrouve clairement matérialisées par exemple dans les visas juri-
diques d’une délibération municipale, ce qui manifeste leur caractère contraignant.

OÙ PEUT-ON TROUVER CES TEXTES ?


• En principe, les textes juridiques ne sont applicables qu’après leur parution au Journal Officiel, le JO.
C’est donc la source première qui permet de connaître le contenu d’une loi.
• Mais il est souvent utile de rechercher tous les textes juridiques se rapportant à un point précis. C’est
difficile, en raison de la multiplicité et de la dispersion des textes (il faudrait lire tous les jours le JO !).
Des codes ont donc été constitués, qui ne créent aucune règle nouvelle, mais rassemblent, ordonnent et
actualisent les dispositions relatives à un domaine : urbanisme, impôts, élections…

À noter !
1. Pour retrouver les principaux textes, le site Internet gouvernemental Legifrance permet de disposer du texte
à jour... le code papier a l’avantage de comporter aussi l’interprétation apportée par le juge.
2. Dans le code général des collectivités territoriales (CGCT), les articles L sont des articles de loi, les articles R sont
issus de décrets.
3. Ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver : l’article 172 V de la loi datée du 13 08 2004 consacré au retrait d’une
communauté de communes, est paru au JO du 17 08 2004, entré en vigueur le 01 01 2005, et constitue l’article L
5214-26 du CGCT !

Le dernier né des codes ?


Il s’agit du code général de la fonction publique entré en vigueur le 1er mars 2022. Seule la partie législative est
parue, la partie réglementaire ( les décrets) étant prévue pour fin 2025.

À chercher...
Quel est le texte de loi que vous utilisez fréquemment ? Disposez-vous d’un centre de documentation ? Quels
sont les sites Internet utiles pour votre activité professionnelle ?
Textes de références 5

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 27


COLLECTIVITÉS ET NORMES JURIDIQUES

Constitution du 04/10/1958 Normes internationales

Lois organiques

Lois

Décrets

Arrêtés ministériels et préfectoraux

Collectivité territoriale
ou Établissement public local

contrats, courriers, marchés, arrêtés, délibérations…

28 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


6 ÉTABLISSEMENTS PUBLICS ET COLLECTIVITÉS COMMUNIQUENT EUX-MÊMES SOUVENT
PAR L’ÉCRIT
QUELLES SONT LES DIFFÉRENTES SORTES D’ÉCRITS ?
Une collectivité ou un établissement public local produit un grand nombre d’écrits dont les plus connus
sont les délibérations de l’assemblée délibérante et les arrêtés de l’organe exécutif.
Mais l’écrit accompagne plus largement la vie administrative locale sous forme de contrats, correspon-
dances, rapports, notes, avis…

CES ÉCRITS ONT-ILS TOUS UNE VALEUR JURIDIQUE ?


• Une délibération du conseil départemental adoptant le budget primitif, un arrêté municipal interdisant le
stationnement sur la place du marché le samedi, un contrat signé par le président de l’OPH… Ces écrits
sont qualifiés d’actes administratifs ; ils créent des droits ou imposent des sujétions.
Comme tels, ils s’intègrent à la hiérarchie des normes et doivent donc respecter la légalité au sens large,
c’est-à-dire l’ensemble des règles qui leur sont supérieures. Tout manquement est sanctionné, dans la
plupart des cas par le tribunal administratif saisi par le préfet ou un administré.
• Les documents internes à l’administration locale : rapports ou notes constituent des aides à la décision.
Ils ne modifient pas à proprement parler l’ordonnancement juridique, ils ne créent aucune règle nouvelle
et ne peuvent faire l’objet d’un recours devant des juges.
• Enfin, en ce qui concerne la correspondance, sa valeur juridique est variable : elle sera, selon ses impli-
cations, considérée comme informative ou créatrice de droit : on sent bien la différence entre une lettre
informant un administré des horaires d’ouverture de la patinoire, et un courrier refusant une place à la
crèche municipale !

DOIVENT-ILS RESPECTER DES CONDITIONS DE FORME ? OÙ PEUT-ON EN PRENDRE CONNAISSANCE ?


• FORME Sans date ni objet, sans timbre ni référence, sans structure… un écrit est inexploitable ! Sous
une forme ou une autre, ces différents éléments, gage de clarté, d’efficacité et de respect du lecteur, se
retrouvent donc dans la construction d’un écrit.
Par exemple, une délibération obéit à des règles de forme quasi « standardisées » : y figurent notamment
le nom de la collectivité, la date et le lieu de la réunion du conseil, les visas juridiques, l’exposé des motifs,
des considérations et des avis préparatoires ayant conduit à la décision…
• PUBLICATION Les actes administratifs les plus importants, comme une délibération, sont affichés et
publiés dans un recueil des actes administratifs ; les arrêtés individuels, par exemple un arrêté de nomi-
nation, sont notifiés à leur destinataire.

À noter !
1. L’ordonnance du 7 octobre 2021 réforme les règles de publicité, d’entrée en vigueur et de conservation des
actes locaux.
2. L’accès aux documents administratifs locaux est un droit, assuré par la loi du 17juillet 1978 modifiée.
3. M
 ême le silence de l’administration a une valeur juridique précisée par le code des relations entre le public et
l’administration ! Au bout d’un certain délai, il signifie selon les cas acceptation ou refus (par exemple, l’absence de
réponse à une demande de permis de construire vaut en principe à l’issue d’un délai de 2 mois, acceptation tacite).
L’écrit est certes plus « confortable » !

À chercher...
Quels écrits professionnels produisez-vous ? Quelles en sont les règles de rédaction ?
Qui les signe ?
Textes de références 6

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 29


LE CHEMINEMENT D’UNE DÉLIBÉRATION

Les citoyens Les associations Les services Les conseillers

Expriment une demande


L’exécutif prend en compte la demande
Demande Une commission spécialisée
(élus + éventuelles personnalités qualifiées)
prépare le dossier

L’exécutif retient le projet et l’inscrit


Concertation
à l’ordre du jour de la séance du Conseil

Adoption Le Conseil délibère et vote

La délibération est publiée et transmise en préfecture :


Application elle est exécutoire, mais demande souvent
des actes d’application (arrêtés…)

En cas de non-régularité juridique, le Tribunal Administratif,


Contrôle
saisi par le Préfet ou un administré, peut annuler la délibération

30 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


7 LA COLLECTIVITÉ ORGANISE L’ESPACE POUR LE BIEN-ÊTRE DES CITOYENS
Disposer d’équipements collectifs comme une crèche, un stade ou un collège ; redresser une route dépar-
tementale ; préserver des zones naturelles boisées ou non ; favoriser la mixité sociale… L’organisation de
l’espace est un des rôles essentiels d’une collectivité.

QUI DÉTERMINE LES RÈGLES LOCALES D’URBANISME ?


• L’urbanisme est confié au bloc communal (commune et ou EPCI) qui a la maîtrise d’élaborer un plan local
d’urbanisme (PLU ou PLUI plan local d’urbanisme intercommunal).
• Ce document présente le projet urbain du territoire en matière d’aménagement et de développement
durable, de traitement de l’espace public, de renouvellement urbain, de paysage et d’environnement et
doit être compatible avec les autres documents de planification (notamment le schéma de cohérence ter-
ritoriale (SCOT) élaboré au niveau intercommunal), dans le respect des lois et règlements.
• Il s’impose à tous (personnes publiques et privées), lors de la délivrance d’autorisation (permis de
construire, d’aménager, de démolir).

ET LE PERMIS DE CONSTRUIRE… ?
Cette autorisation préalable à tous travaux ou constructions d’une certaine importance est délivrée dans
les territoires couverts par un PLU/PLUI ou une carte communale par l’autorité territoriale décentralisée ;
dans les autres territoires, le permis est accordé au nom de l’État.
Comment les collectivités disposent-elles des terrains qui leur sont nécessaires ?
Pour mener à bien leurs projets, les collectivités peuvent acquérir terrains et bâtiments à l’amiable, par
préemption ou expropriation. Le choix du mode d’action foncier sera fonction de considérations de délais
ou de finances.

QU’APPELLE-T-ON LA POLITIQUE DE LA VILLE ?


La politique de la ville vise à régler les problèmes engendrés par le phénomène urbain, en particulier en
luttant contre l’exclusion. L’État, les collectivités, leurs établissements publics et les associations coopèrent
dans des actions d’urbanisme mais aussi culturelles, sportives… notamment au travers des contrats de ville.

ET LE GRAND PARIS ?
La loi du 03 06 2010 initie le Grand Paris, projet visant à développer la région parisienne, notamment par la
création d’un réseau de métro automatique (dit double boucle). Ce réseau de transports s’accompagne d’un
programme de logements et de développement d’emplois.

À noter !
1. La loi ALUR de 2014 a transféré la compétence PLU aux communautés, sauf minorité de blocage (25% des
communes représentant au moins 10% de la population).
2. Préempter : bénéficier d’un droit de priorité sur un bien immobilier mis en vente ; exproprier : contraindre un pro-
priétaire à vendre un bien immobilier.

La loi climat et résilience du 22 août 2021


La loi pose l’objectif ambitieux d’atteindre une absence d’artificialisation nette en 2050 (dispositif dit ZAN :
zéro artificialisation nette), et à échéance de 10 ans une réduction de moitié du rythme de la consommation d’espace
observée sur les 10 années précédentes.

À chercher...
Connaissez-vous les projets d’aménagement de votre collectivité ?
Comment est pris en compte le développement durable sur le territoire de votre collectivité ?

Textes de références 7

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 31


LE ZONAGE D’UN PLAN LOCAL D’URBANISME (PLU/PLUI)
(ARTICLE R151-17 CODE DE L’URBANISME)

4 sortes de zone

Zones « U » Zones « N »
urbaines naturelles et forestières
• Secteurs déjà urbanisés ou dotés d’équipements publics • S ecteurs équipés ou non, à protéger par exemple pour la
suffisants pour desservir les constructions à implanter. qualité des paysages.

Zones « AU » Zones « A »
à urbaniser agricoles
• Par exemple, secteurs naturels de la commune destinés à • S ecteurs à protéger en raison du potentiel agronomique,
être ouverts à l’urbanisation. biologique ou économique des terres agricoles.

32 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


8 ELLE (OU IL) ASSURE DES MISSIONS DE SERVICE PUBLIC
Les collectivités et établissements publics ont juridiquement la charge d’activités de réglementation et de
prestations répondant à la satisfaction de l’intérêt général de la population.

QUELLES SONT CES MISSIONS ?


• Ces activités de service public sont extrêmement variées.
Certaines sont obligatoirement assurées par la collectivité comme l’état civil, le ramassage des ordures
ménagères, la lutte contre les incendies, la formation professionnelle des jeunes ; d’autres ne sont que
facultatives, en particulier dans le domaine culturel, sportif ou du tourisme.
• La crise économique et la montée de l’exclusion incitent les collectivités à une intervention croissante,
malgré le coût de tels services.

EN QUOI LE QUALIFICATIF « PUBLIC » JOUE-T-IL ?


UNE PERSONNE PUBLIQUE L’activité de service public relève toujours d’une personne publique qui la
prend directement en charge, ou en décrit les modalités dans un cahier des charges. Cela explique que le
régime juridique applicable est imprégné totalement, ou au moins partiellement de droit administratif.
DES PRINCIPES DE DROIT PUBLIC Quel que soit le mode de gestion, ces services répondent à des néces-
sités d’intérêt général. Ceci explique leur régime juridique particulier.
• Ainsi, un service public obéit au principe d’égalité, c’est-à-dire que les administrés d’une même catégorie
doivent être traités de façon identique (pas de discrimination entre les usagers).
• De plus, le service public est soumis à la règle de la continuité, qui suppose un fonctionnement régulier
(bien que le droit de grève des agents territoriaux atténue cette exigence).
• Enfin, pour être adaptée aux besoins de la population, l’activité devra évoluer (par exemple, les horaires
des transports urbains devront être éventuellement modifiés pour correspondre aux changements de
physionomie socio-professionnelle du territoire).

QUELS SONT LES MODES DE GESTION ?


La diversité des modes de gestion est adaptée à la multiplicité des tâches et des enjeux : la collectivité est
libre de choisir s’il convient que l’exécution soit assurée par elle-même (en gestion directe ou régie) ou en
gestion indirecte, c’est-à-dire par une personne publique ou privée à laquelle l’exécution est déléguée, par
exemple par concession, suivant des modalités étroitement délimitées par la loi.

À noter !
1. Le terme service public désigne dans le langage courant un organisme, et dans le langage administratif une
activité.
2. Pour assurer l’égalité d’accès à certains services publics (cantine, conservatoire...), le tarif est souvent fonction du
quotient familial.

Et le code de la commande publique ?


L’article L1411-1 du Code général des collectivités territoriales qui en est issu qualifie la délégation de service
public de contrat de concession, caractérisé par le transfert au délégataire du risque lié à l’exploitation du service.

À chercher...
Comment se manifeste le caractère de service public de votre activité ?

Texte de références 8

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 33


EXEMPLES DE PARTENARIAT
POUR LES SERVICES PUBLICS

La coordination des services de transports : Hauts-de-France-Mobilités


(syndicat mixte de type SRU)
• Cet établissement public regroupe :
- 1 région
- 2 départements
- 1 métropole
- 2 communautés urbaines
- 4 communautés d’agglomération
- 3 syndicats mixtes et 2 syndicats intercommunaux

L’apprentissage de la musique :
un conservatoire de musique et d’art dramatique dans le Finistère
• En moyenne, un élève coûte 2 500 euros par an. Le financement est assuré par :
- L’État (5%)
- Le Conseil départemental (2%)
- La Commune (85%)
- L’élève (8%)

Une crèche en région parisienne : l’aide de la CAF


• Le financement est quadripartite :
- La CAF (21%)
- Le Conseil départemental (8%)
- La Commune (48%)
- Les familles (23,2%)

34 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


9 LA PERSONNE PUBLIQUE DISPOSE DONC D’UN BUDGET PROPRE
Le budget est la traduction en termes financiers de la politique locale : choix entre différents types de
dépenses, arbitrage entre le niveau de la pression fiscale, du recours à l’emprunt et de la tarification des
services.

QUELLES SONT LES RECETTES D’UNE COLLECTIVITÉ ?


• La fiscalité locale représente près de 40 % des recettes : elle comprend essentiellement les taxes foncières
dues par les propriétaires de propriétés bâties ou non et la contribution économique territoriale (CET)
pesant sur les entreprises. S’ajoutent la taxe de séjour dans les communes touristiques, une partie de la
taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), l’imposition forfaitaire sur les
entreprises de réseaux (IFER)…
• Les dotations et subventions de l’État contribuent aux ressources locales. Ainsi la dotation globale de
fonctionnement (DGF) participe aux dépenses de gestion courante, regroupe les compensations fiscales
liées à la suppression d’impôts locaux et la dotation générale de décentralisation liée aux transferts de
compétences. De même, le fonds de compensation de la TVA (FCTVA) rembourse la TVA versée sur les
dépenses d’investissement de la collectivité.
• L’emprunt constitue une ressource d’importance variable, nécessaire mais coûteuse !
• Les ressources sont aussi constituées des recettes tarifaires : prix versés par les usagers d’une cantine ou
d’une crèche, ainsi que des revenus du domaine (coupe de bois, location de salles…), legs…

COMMENT SE RÉPARTISSENT LES DÉPENSES D’UNE COLLECTIVITÉ ?


• Les dépenses de fonctionnement (frais de gestion courante) représentent en général 60 % des dépenses
totales, tandis que les dépenses d’investissement (donc en principe non renouvelables à l’identique
chaque année) ne constituent que 40 %.
• Chaque collectivité a des domaines de dépense liés à ses compétences. Ainsi, le département a un impor-
tant poste «action sanitaire et sociale» tandis que la région se consacre plutôt au transport.

Y A-T-IL UN CALENDRIER BUDGÉTAIRE ?


Le budget primitif, acte par lequel sont prévues et autorisées les recettes et les dépenses pour une année,
doit être adopté par le conseil avant le 15 avril. Le budget supplémentaire et les décisions modificatives
« corrigent » au cours de l’année le budget primitif.
Le compte administratif, sorte de bilan, retrace les recettes et dépenses effectivement réalisées. Il doit être
voté au plus tard le 30 juin de l’année suivante.

À noter !
1. Afin de soulager les entreprises, la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE), une des deux composantes de la
CET, est en voie de suppression (suppression progressive jusqu’en 2027).
2 La comptabilité des collectivités et de leurs établissements publics obéit à une présentation normalisée améliorant
la transparence financière (par exemple pour la M 57).
3 Exécuter le budget, c’est effectuer les recettes et les dépenses autorisées par le conseil.

Une partie de la TVA est reversée par l’Etat ?


Oui, la région a perdu la DGF mais touche une part de la TVA. Le département lui aussi en est bénéficiaire,
pour compenser la perte de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Les intercommunalités toucheront une fraction
de TVA pour neutraliser la perte de CVAE.

À chercher...
Quel est le montant du budget de votre collectivité ?
Connaissez-vous l’importance financière de votre secteur d’activité ?

Textes de références 9

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 35


EXEMPLE DE RÉPARTITION D’UN BUDGET COMMUNAL

RECETTES

10,60%

7,10%
Reports
Emprunts Investissement
37% 12,80% Subventions
Dotations
Fiscalités Fonctionnement

11% Prod services

21,50%

DÉPENSES

30,10% 32,40%

Equipement
Rembst dette Investissement
Intérêts dette
Gestion courante
Charges générales Fonctionnement
6,30% Personnel

1,60%
16,50%
10,30%

36 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


10 L’ACHAT PUBLIC
Une commune commande une étude hydrographique de son territoire, un département fait goudronner
une route, une région acquiert des ordinateurs, un établissement public territorial fait rénover ses sani-
taires... Pour fonctionner, les collectivités et leurs établissements publics ont besoin d’acheter des services,
des travaux, des fournitures.

Y-A-T-IL DES RÈGLES SPÉCIFIQUES POUR L’ACHAT PUBLIC ?


• Oui ! Selon les cas, il faudra appliquer le code de la commande publique, CCP, applicable depuis le
1er avril 2019, sans oublier – puisqu’il s’agit d’entités locale –, les articles du code général des collectivités
territoriales...
• De plus, ces diverses règles sont à articuler avec les autorisations budgétaires propres à la collectivité !

POURQUOI N’AGIT-ON PAS COMME DANS UNE ENTREPRISE PRIVÉE ?


• Il s’agit de dépenser de l’argent public qui provient du contribuable, il est donc nécessaire d’éviter le gas-
pillage et bien sûr d’éviter tout détournement de fonds publics.
• De plus, la commande publique permet de mener à bien les missions de service public, il faut donc s’en-
tourer de garanties pour être certain de choisir ce qui est le plus judicieux, et répond de la façon la plus
pertinente aux attentes des administrés.
La France n’est d’ailleurs pas une exception avec un droit de la commande publique particulier : les règles
des marchés publics sont en grande partie une transposition de directives européennes.

QUELS SONT LES GRANDS PRINCIPES DES MARCHÉS PUBLICS ?


Les contrats conclus à titre onéreux par l’administration avec les opérateurs économiques publics ou pri-
vés pour répondre à ses besoins en travaux, fournitures et services obéissent à 3 grandes règles : la liberté
d’accès aux marchés, l’égalité de traitement des candidats, et la transparence.
Ceci justifie la mise en œuvre de procédures permettant de garantir ces impératifs : publicité des offres,
mise en concurrence des fournisseurs, transparence des choix effectués.
Au regard du type d’achat et du montant financier, les procédures varient. Si un achat de fourniture de
moins de 40 000 € HT peut s’effectuer aisément, une commande de travaux de plus de 5 538 000 € HT
exigera une procédure européenne de plusieurs mois.

À noter !
1. La délégation de service public diffère du marché public, notamment en ce qui concerne le risque encouru
par le délégataire.
2. L
 es marchés de travaux < 100 000€HT peuvent être passés sans publicité ni mise en concurrence jusqu’à fin 2024.
3. Il y a marché public dès le 1° centime ! Seule la procédure est affectée par le montant de l›achat.

L’actualité européenne des marchés publics


Conformément à un règlement européen de la Commission européenne, les seuils de procédure formalisée des
marchés publics territoriaux sont ajustés tous les 2 ans : 221 000€ pour les fournitures et les services, et 5 538 000 €
pour les travaux au 1er janvier 2022.

À chercher...
Qu’achetez-vous dans l’exercice de vos missions ?
Comment procédez-vous ?

Textes de références 10

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 37


ILLUSTRATION DES GRANDES ÉTAPES D’UN ACHAT LOCAL

Les véhicules municipaux vieillissent…

ÉVALUATION PRÉALABLE ET PRÉCISE DU BESOIN


Faut-il acheter ? Faut-il louer ? Quelles spécifications sont-elles nécessaires (d’un point de vue technique, développement durable …) ?

Pour quel montant ?

ADÉQUATION AVEC LES DISPOSITIONS BUDGÉTAIRES


Quelles sont les dépenses prévues et autorisées par le conseil ?

PROCÉDURE SPÉCIFIQUE « MARCHÉ PUBLIC »


• En fonction du montant estimé :
- Mesures de publicité: faire connaître le besoin par une demande de devis, une parution sur le site Internet, un encart dans un journal local, un avis au BOAMP*, une
publication au JOUE*…

- Respect de l’égalité des candidats : tri des offres en fonction de critères connus de tous (service après vente, prix, valeur technique…)

- Choix de l’offre la plus adaptée au besoin : selon les cas, par l’autorité territoriale ou une commission d’appel d’offres.

PROCÉDURE SPÉCIFIQUE « COLLECTIVITÉ TERRITORIALE »


- L e conseil municipal gère par ses délibérations les affaires de la commune : le conseil doit autoriser la passation de tout marché public, il y a donc soit une délibération
du conseil, soit une délégation au maire par le conseil.

- Le marché public est envoyé en préfecture pour le contrôle de légalité (sauf si < 221 000 euros HT).

BOAMP Bulletin officiel d’annonces des marchés publics


JOUE Journal officiel de l’Union européenne

38 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


11 ET DE MOYENS HUMAINS
La fonction publique est le régime juridique applicable aux agents de droit public collaborant de manière
permanente et à titre professionnel à l’activité de l’administration. Le service public est sa raison d’être.

QU’APPELLE-T-ON LE STATUT GÉNÉRAL DE LA FONCTION PUBLIQUE ?


Il s’agit du cadre législatif régissant les trois fonctions publiques (d’État, territoriale, hospitalière) ; il per-
met au fonctionnaire d’exercer son activité au service de l’intérêt général, dans le respect de la neutralité ;
il est soumis à des contraintes spécifiques, et en contrepartie bénéficie d’avantages particuliers.
Il est contenu dans le code général de la fonction publique (CGFP) qui regroupe les dispositions légales
communes ou spécifiques relatives à la fonction publique d’Etat, territoriale et hospitalière : règles relatives
aux droits, obligations et protections ; exercice du droit syndical et dialogue social ; recrutement ; principes
d’organisation et de gestion des ressources humaines ; carrière et parcours professionnel ; temps de travail
et congés ; rémunération et action sociale ; santé et de sécurité au travail.

POURQUOI DIT-ON QUE LES FONCTIONNAIRES ONT UNE GRANDE SÉCURITÉ ?


Le système de la carrière se fonde sur la séparation du grade et de l’emploi (ou poste de travail). La nomi-
nation dans un grade confère au fonctionnaire vocation à occuper l’un des emplois qui lui correspond. En
cas de suppression de l’emploi qu’il occupe, le fonctionnaire est affecté dans un nouvel emploi, autrement
dit il n’est pas licencié.

QUELLES SONT LES CONDITIONS D’ACCÈS À LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE ?


4 CONDITIONS GÉNÉRALES D’ACCÈS : posséder la nationalité française ou celle d’un État membre de
l’Union Européenne, jouir de ses droits civiques, ne pas avoir subi une condamnation incompatible avec
l’exercice des fonctions, être en position régulière au regard du service national, et remplir les conditions
d’aptitude physique exigées pour l’exercice de la fonction.
D’ÉVENTUELLES CONDITIONS SPÉCIFIQUES fixées par les statuts particuliers pour chaque cadre
d’emplois s’il y a lieu (diplômes etc.).

À noter !
1. Ne pas confondre fonction publique et secteur public : les fonctionnaires sont des agents des administra-
tions de l’État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, des hôpitaux. Les agents de la
sécurité sociale, de la SNCF etc. ne sont pas des fonctionnaires, même s’ils exercent des missions de service
public.
2. Attention : seuls les titulaires qui travaillent dans votre collectivité sont fonctionnaires ; les contractuels, vacataires,
agents de droit privé ne le sont pas !

La loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019


Après la loi DDOF du 20 avril 2016 affirmant la déontologie des agents publics, celle de 2019 opère une pro-
fonde simplification de leur cadre de gestion, en apportant une souplesse aux élus et encadrants pour améliorer la
qualité et l’efficacité des services publics dans les territoires.

À chercher...
Quel est votre emploi ?
Connaissez-vous votre grade ?

Textes de références 11

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 39


ELÉMENTS DE COMPARAISON
FONCTION PUBLIQUE FONCTION PUBLIQUE FONCTION PUBLIQUE
D’ÉTAT TERRITORIALE HOSPITALIÈRE

(2 500 000 agents) (1 900 000 agents) (1 000 000 agents)

Recrutement en principe par concours

Droits et obligations : les fonctionnaires sont tous soumis au CGFP

Séparation du grade et de l’emploi

État : employeur unique Autant d’employeurs que Employeurs multiples selon


de collectivités territoriales et le mode d’organisation
établissements publics des établissements
territoriaux : (environ 44 000)

Conséquence :
La nomination est acquise en La nomination appartient à La nomination est acquise,
cas de réussite à un concours l’exécutif de la collectivité ou mais avec une compétence de
(liste d’aptitude par ordre de l’établissement public nomination confiée au directeur
de mérite) (liste d’aptitude par ordre de chaque établissement
alphabétique)

Les fonctionnaires sont Les fonctionnaires sont Les fonctionnaires sont


organisés en corps gérés organisés en cadres d’emplois organisés en corps, gérés
au plan national gérés par l’autorité territoriale dans le cadre de chaque
ou par les centres de gestion établissement

Les modalités de calcul du traitement sont identiques


Les augmentations ont lieu en même temps

Les échelles de rémunération Les échelles de rémunération Les échelles de rémunération


sont fixées pour chaque corps sont fixées pour chaque sont fixées pour chaque corps
cadre d’emplois

40 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


11.1 LA CARRIÈRE
COMMENT S’OPÈRE LE RECRUTEMENT ?
MODE PRINCIPAL : le recrutement sur liste d’aptitude après réussite du candidat à un concours, respect
du principe constitutionnel d’égalité d’accès de tous les citoyens à l’emploi public.
- Le concours externe est ouvert aux candidats remplissant certaines conditions (de diplômes le plus
souvent).
- Le concours interne est ouvert aux agents en poste justifiant de certaines conditions de services publics
différentes selon les cadres d’emplois.
- Le troisième concours (ou concours de 3e voie) est ouvert dans certains cadres d’emplois aux respon-
sables d’association, élus locaux et personnes du secteur privé.
AUTRES VOIES : le recrutement direct et la titularisation sans concours pour certains grades (par exemple
adjoint technique de 2e classe), pour certaines personnes porteuses de handicap…
Le recrutement de non-titulaires (contractuels, vacataires), et d’agents de droit privé, tels les agents sous
contrat aidé, ou les apprentis s’effectue sans concours.

QUELLES SONT LES DIFFÉRENTES ÉTAPES POUR ÊTRE TITULARISÉ?


LE STAGE est une période probatoire destinée à vérifier que l’agent correspond bien à ce que l’on attend
de lui, tant du point de vue professionnel que de la capacité à devenir fonctionnaire.
LA TITULARISATION intervient après la période de stage, l’agent a vocation à devenir titulaire ; il accède
alors à la qualité de fonctionnaire. La titularisation puis l’avancement sont conditionnés par la participa-
tion à des formations d’intégration et de professionnalisation.

COMMENT EST ORGANISÉE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE?


Les fonctionnaires sont classés en 8 grands domaines d’activité, ou filières : les filières administrative, tech-
nique, médico-sociale, culturelle, sportive, police municipale, animation et sapeurs-pompiers professionnels.
Ceux qui sont soumis au même statut particulier (créé par décret) appartiennent à un cadre d’emplois qui
peut comporter plusieurs grades (ou niveaux).
Ces cadres d’emplois sont répartis en trois catégories : A, B et C, correspondant au niveau d’expertise ou
de responsabilité.

À noter !
1. Réussir un concours n’est pas synonyme d’avoir un poste : l’autorité territoriale choisit librement sur une
liste d’aptitude les candidats qu’elle souhaite recruter (principe constitutionnel de la libre administration des
collectivités territoriales).
2 L’accès à un cadre d’emplois après réussite à un concours constitue un recrutement, même si l’on est déjà titulaire
d’un autre grade, d’où l’obligation, en principe, d’effectuer à nouveau une période de stage.
3 En filière animation, il n’y a pas de catégorie A ; mais il existe une spécialité animation pour les attachés de la filière
administrative.

Et la loi du 6 août 2019 ?


Elle élargit le recours aux contractuels, notamment pour les emplois de direction, certains emplois de catégorie
A et B, et par les «contrats de projet».

À chercher...
Quelle est votre filière ? Connaissez-vous votre catégorie ?
Quelle est la définition des fonctions de votre cadre d’emplois ?

Textes de références 11.1

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 41


CADRES D’EMPLOIS - UN EXEMPLE :

INGÉNIEUR TERRITORIAL
FILIÈRE TECHNIQUE - CATÉGORIE A

INGÉNIEUR HORS CLASSE GRADE D’AVANCEMENT


(5 échelons + échelon spécial)

INGÉNIEUR PRINCIPAL GRADE D’AVANCEMENT


(9 échelons)

INGÉNIEUR
échelon 10



échelon 2
échelon 1 GRADE DE DÉBUT

Liste d’aptitude Liste d’aptitude Recrutement


au choix après concours
(promotion interne)

LES FILIÈRES - UN EXEMPLE :

LA FILIÈRE SPORTIVE
CATÉGORIES CADRES D’EMPLOIS GRADES

Cadre d’emplois des conseillers Conseiller principal des APS


Catégorie A des Activités Physiques Conseiller des APS
et Sportives (APS)

Cadre d’emplois des Éducateur des APS principal de 1ère classe


Catégorie B Éducateurs des APS Éducateur des APS principal 2e classe
Éducateur des APS

Catégorie C Cadre d’emplois des Opérateur des APS principal


opérateurs des APS Opérateur des APS qualifié
Opérateur des APS (en voie d’extinction)

42 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


11.2 LES DROITS ET OBLIGATIONS DU FONCTIONNAIRE
QUELS SONT LES DEVOIRS ?
• L’EXCLUSIVITÉ : obligation faite au fonctionnaire de consacrer l’intégralité de son activité aux tâches
qui lui sont confiées (en principe, interdiction de cumul),
• L’INTÉGRITÉ : interdiction de prendre des intérêts dans une entreprise soumise au contrôle de l’adminis-
tration dont il relève, LA PROBITÉ, LA DIGNITÉ, L’IMPARTIALITÉ,
• LA RÉSERVE : obligation de mesurer ses propos dans le service comme en dehors du service, c’est-à-dire
obligation de neutralité et de loyauté, LE RESPECT DU PRINCIPE DE LAïCITÉ,
• LA DISCRÉTION PROFESSIONNELLE : obligation de confidentialité (secret professionnel dans certains
cas, notamment dans le domaine médico-social),
• L’OBÉISSANCE : soumission hiérarchique sauf dans le cas d’un ordre manifestement illégal et suscep-
tible de compromettre gravement un intérêt public,
• L’INFORMATION : obligation de satisfaire aux demandes d’information du public, dans le respect de la
discrétion professionnelle et du droit de l’accès aux documents administratifs.
Toute faute commise dans l’exercice des fonctions expose à des sanctions disciplinaires.

ET QUELS SONT LES DROITS ?


• LES DROITS DE TOUT TRAVAILLEUR : le droit à rémunération (après service fait), la liberté d’opinion,
le droit aux congés, le droit syndical, le droit de grève, le droit à la formation, le droit à la protection (avec
pour corollaire le droit de retrait).
• LES DROITS PLUS SPÉCIFIQUES : le droit à l’accès à son dossier individuel, le droit de participation
(par exemple au travers d’instances consultatives), le droit à la mobilité, le droit à la carrière (avancement
d’échelon automatique, essentiellement à l’ancienneté), et bien-sûr la sécurité apportée par la détention
d’un grade.

COMMENT EST CALCULÉE LA RÉMUNÉRATION DU FONCTIONNAIRE ?


À chaque grade est affectée une échelle indiciaire : les indices permettent d’établir la rémunération corres-
pondante en référence à la valeur de l’indice 100 (indice majoré) publiée au Journal Officiel lors de chaque
revalorisation des traitements des fonctionnaires.
À ce traitement s’ajoutent l’indemnité de résidence (3% du traitement indiciaire en région parisienne), le
supplément familial, le régime indemnitaire (primes et indemnités attribuées par l’organe délibérant de la
collectivité en application des textes en vigueur).

QU’APPELLE-T-ON LES POSITIONS ADMINISTRATIVES?


À tout moment de sa carrière, le fonctionnaire se trouve dans une « position » administrative :
- l’activité : position du fonctionnaire qui occupe effectivement un emploi,
- les autres positions : la disponibilité, le détachement, le congé parental.

À noter !
1. Si les droits des titulaires et des non-titulaires diffèrent, leurs obligations sont identiques !
2. La règle de non-cumul est exigeante : même sur son temps libre, un policier municipal ne peut en principe se faire
rémunérer pour des activités de gardiennage par une société privée.
3. Toute faute commise dans l’exercice des fonctions expose à des sanctions disciplinaires.
4. Au 1er janvier 2024, la valeur mensuelle du point d’indice est de 4,92 euros.

La loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019


Elle supprime les régimes dérogatoires aux 1 607 heures annuelles, encadre le droit de grève dans certains ser-
vices publics comme le périscolaire, harmonise les sanctions dans les 3 versants de la fonction publique (avec ajout
de la radiation du tableau d’avancement pour les territoriaux)…

À chercher...
Comprenez-vous les différents éléments de votre fiche de paie ?
Textes de références 11.2
RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 43
LA CARRIÈRE DU FONCTIONNAIRE
ET SON ENVIRONNEMENT STATUTAIRE

LA CESSATION DE FONCTION
retraite, démission…

LES DROITS

ACCÈS À UN NOUVEAU CADRE D’EMPLOIS


après concours, examen professionnel
ou au choix

LES OBLIGATIONS

AVANCEMENT DE GRADE
dans le cadre d’emplois
(non “automatique”) après examen
professionnel ou au choix

LES POSITIONS
LA RÉMUNÉRATION
ADMINISTRATIVES

FORMATION
AVANCEMENT D’ÉCHELON
de droit à l’intérieur du grade

LES ORGANISMES
CONSULTATIFS

TITULARISATION

LA MOBILITÉ :
mutation, détachement…

STAGE
avec obligation de formation
d’intégration de 5 jours / 10 jours

LA FORMATION

NOMINATION
dans le grade de début du cadre d’emplois
RECRUTEMENT
direct (1er grade de la filière) ou sur liste
d’aptitude, après concours ou au choix

44 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


11.3 LES ORGANISMES STATUTAIRES DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE
LE CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (CSFPT)
Instance paritaire représentative de la fonction publique territoriale, il est l’interlocuteur du ministère de
l’Intérieur qui le consulte sur les projets de textes concernant la FPT.

LE CENTRE NATIONAL DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (CNFPT)


• MISSIONS : organisation de la formation des agents territoriaux (formation d’intégration et de profession-
nalisation, procédures de reconnaissance de l’expérience professionnelle et de validation des acquis de l’ex-
périence…) ; observation et prospective ; prise en charge des cadres A bénéficiant d’un statut d’élèves et des
ingénieurs en chef (concours et examens professionnels, bourse des emplois, reclassement si inaptitude...).
• RESSOURCES : cotisation obligatoire versée par l’ensemble des collectivités territoriales et de leurs éta-
blissements publics (0,9% de la masse salariale), ainsi que par une participation financière pour des pres-
tations complémentaires (partenariat financier).

LES CENTRES DE GESTION (CDG OU CIG)


• ORGANISATION : Établissements publics administratifs locaux, dirigés par un conseil d’administra-
tion composé exclusivement d’élus locaux. Ils ont une compétence géographique départementale, sauf
en région Ile-de-France où existent deux centres interdépartementaux de gestion (première couronne :
départements 92, 93 et 94 ; grande couronne : 78, 91, 95).
• MISSIONS : recrutement (organisation des concours et examens professionnels, sauf quelques excep-
tions) ; établissement de listes d’aptitude ; publicité des créations et vacances d’emplois, gestion des car-
rières (fonctionnement des CAP et conseils de discipline pour les collectivités affiliées ; prise en charge
de fonctionnaires privés d’emploi). Ils peuvent exercer des fonctions facultatives, par exemple en matière
de retraite et d’invalidité, pour le compte des employeurs publics locaux.

LES ORGANES DE PARTICIPATION (CONSULTATIFS)


•L
 e comité social territorial (CST) doit être créé dans chaque collectivité ou établissement employant au
moins 50 agents ; il remplace depuis janvier 2023 le comité technique et le comité d’hygiène, de sécurité et
des conditions de travail. Présidé en principe par l’autorité territoriale, il comprend des représentants de
la collectivité en nombre au plus égal à celui des représentants des agents élus pour 4 ans. Il est consulté
sur les questions collectives, en particulier les lignes directrices de gestion qui déterminent la stratégie
pluriannuelle de pilotage des ressources humaines dans la collectivité. .

À noter !
1. Les lignes directrices de gestion fixent les orientations générales de promotion et valorisation des parcours.
2 La rémunération des agents contractuels recrutés sur emplois permanents est sécurisée, leur engagement et leurs
résultats individuels et collectifs sont pris en compte.

La loi du 6 août 2019


Dans les collectivités territoriales et les établissements publics employant deux cents agents au moins, une
formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail est instituée au sein du comité social
territorial.

À chercher...
Où sont affichés les comptes-rendus des instances de dialogue social dans ma collectivité ?

Textes de références 11.3

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 45


CNFPT
ÉTABLISSEMENT PUBLIC NATIONAL
• 18 délégations déconcentrées Conseil d’administration paritaire
• 4 instituts nationaux spécialisés d’études territoriales (INSET) 34 membres
(Angers - Nancy - Montpellier - Dunkerque) • élus locaux

• L’INET (Institut national des études • représentants du personnel
territoriales à Strasbourg) élus sur les listes syndicales

LE COMPTE PERSONNEL DE FORMATION (CPF)

POUR QUI ?

• L’ensemble des agents publics (fonctionnaires et contractuels), de même que les contractuels de droit privé.

COMMENT ?

• 24 heures chaque année, cumulables sur 6 ans dans la limite de 120 heures, puis 12 heures par an jusqu’à 150 heures
• Les droits acquis au titre du CPF donnent accès à toute action de formation permettant de réaliser le projet d’évolution
professionnelle de l’agent
• Transférable si mutation de l’agent ou changement d’employeur public

C ertains agents bénéficient de droits majorés (les moins diplômés, ceux qui relèvent de la prévention de l’inaptitude.)

QUELS TEXTES ?

• L’ordonnance du 19 janvier 2017 a créé le compte personnel d’activité pour les agents publics
qui inclut le compte personnel de formation qui remplace le DIF (droit individuel à la formation)...
• L’ordonnance du 26 mai 2021 renforce la formation de certains agents publics (exposés au risque d’usure professionnelle, en
situation de handicap) afin de favoriser leur évolution professionnelle.

46 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


12 LA MISE EN JEU DE LA RESPONSABILITÉ
Un enfant se blesse à l’accueil de loisirs, des travaux de voirie fissurent la maison d’un riverain, un agent
municipal injurie un usager… la responsabilité publique peut être mise en jeu.
Si être responsable signifie avoir la charge d’une question, il s’agit aussi de répondre, d’assumer les consé-
quences d’un acte.

LA COLLECTIVITÉ DOIT-ELLE INDEMNISER LES DOMMAGES QU’ELLE CAUSE ?


• Oui ! il est nécessaire de réparer pécuniairement le préjudice occasionné, ce qui relève d’une justice élé-
mentaire. En principe, cette responsabilité s’appuie sur le droit administratif.
• En général, c’est l’administration qui paie, car on considère que la faute commise est une faute plus ou
moins liée au service. Si la faute est purement personnelle, la collectivité est exonérée: cela relève de la
responsabilité civile de l’agent (qui avait par exemple l’intention de nuire et devra donc réparer sur ses
propres finances).

Y A-T-IL POSSIBILITÉ D’ACTION PÉNALE ?


• En cas d’infraction, la responsabilité pénale peut de plus être engagée ! Il s’agit alors de punir (peines
d’amende, d’emprisonnement...). La faute peut être intentionnelle, comme un délit de favoritisme lors de la
passation d’un marché public, ou non intentionnelle comme la négligence dans l’entretien d’un panneau
de basket qui tombe et blesse mortellement un enfant.
• Les élus, les agents, mais aussi la collectivité elle-même (s’il s’agit d’une activité susceptible de délégation
de service public) peuvent être condamnés.

ET QU’APPELLE-T-ON LA RESPONSABILITÉ DISCIPLINAIRE ?


• En cas de manquement à des obligations professionnelles, l’employeur, c’est- à-dire le maire ou le pré-
sident sanctionne l’agent. Par exemple, un avertissement peut être donné à un agent qui ne respecterait
pas les ordres de son supérieur hiérarchique.
• Les différentes sanctions sont prévues par le Code général de la fonction publique, et font l’objet d’une
procédure qui varie en fonction de l’importance de la sanction mais permet à l’agent de se défendre.

À noter !
1. L
 a collectivité s’assure pour couvrir les éventuelles indemnisations qu’elle devra verser en cas de dommage.
2. Les responsabilités pénales s’additionnent: celle de la collectivité ne fait pas obstacle à celle des élus et/ou agents
qui ont concouru volontairement ou non à l’infraction.
3. Avertissement, blâme, exclusion temporaire... révocation: il y a 10 sanctions prévues dans les règles de la fonction
publique territoriale en ce qui concerne les titulaires.
4. Le pouvoir disciplinaire est détenu par l’autorité territoriale: le maire ou le président sanctionne...non le chef de
service !

La loi du 6 août 2019


Il y a suppression de toute mention relative à la sanction disciplinaire dans le dossier de l’agent au bout de
10 ans (sauf intervention d’une nouvelle sanction entre temps.) Le législateur a supprimé la procédure d’appel devant
le conseil de discipline de recours.

À chercher...
Quelles sont les responsabilités propres à vos missions ?
Quel sont les moyens de prévenir dommages et infractions ?

Textes de références 12

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 47


TABLEAU RÉCAPITULATIF :
LES DIFFÉRENTES RESPONSABILITÉS

COLLECTIVITÉ OU ÉTABLISSEMENT PUBLIC LOCAL


FAUTE D’UN AGENT

Comment est engagée l’action ? Plainte Rapport d’incident Demande


ou poursuite de la victime

Quel objet ?
Condamnation Sanction par Réparation
par la société l’employeur

Quelle sorte de
responsabilité ? Responsabilité pénale Responsabilité Responsabilité
(si infraction) disciplinaire administrative
(si manquement (si faute de service ayant causé
aux obligations un dommage)
professionnelles) /
Responsabilité
civile de l’agent
(si faute personnelle)

Quelle conséquence ?
Prison…amende Avertissement… Dommages
révocation et intérêts

Qui santionne ?
Tribunaux Employeur : Tribunaux
répressifs Maire / Président administratifs
(tribunal de police, tribunal /
correctionnel, Tribunaux civils
cour d’assises) (tribunal judiciaire)

Quel texte ? Code pénal


Code général de la Droit administratif ou Code civil
fonction publique

48 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


13 CETTE COLLECTIVITÉ, CET ÉTABLISSEMENT SONT SOUMIS À DES CONTRÔLES
La collectivité s’administre librement… mais dans le cadre de lois qui sont les fondements de l’organisation
d’un État de droit unitaire.

QU’APPELLE-T-ON CONTRÔLE ADMINISTRATIF ?


Ce contrôle opéré par le préfet sur les actes des collectivités et des établissements publics locaux a été
aménagé en 1982.
Il n’intervient qu’a posteriori (l’acte est applicable avant tout contrôle). Il ne porte que sur la légalité et non
sur l’opportunité : tant pis si l’acte n’est pas judicieux ! Le cas échéant, le préfet saisit le juge administratif
qui détient seul le pouvoir d’annuler l’acte.

CE CONTRÔLE DE LÉGALITÉ EST-IL SYSTÉMATIQUE ?


• Pour les délibérations et décisions les plus importantes… oui ! En effet un contrat d’emprunt d’un CCAS,
une délibération du conseil régional, un arrêté municipal de nomination… ne sera applicable qu’après
avoir été publié ou notifié et reçu en préfecture. Cette transmission s’effectue souvent aujourd’hui par
voie électronique.
• Par contre, les avancements d’échelon, les arrêtés de circulation ou de stationnement n’ont pas à être
envoyés en préfecture pour être opposables.

L’ADMINISTRÉ DISPOSE-T-IL D’UN RECOURS ?


Dans les 2 mois de parution d’un acte qui lui semble illégal ou préjudiciable, le citoyen peut demander au
préfet de saisir le tribunal administratif. Il peut aussi saisir lui-même le juge.

N’Y A-T-IL PAS UNE PROCÉDURE PARTICULIÈRE EN MATIÈRE BUDGÉTAIRE ?


• Les documents budgétaires sont transmis en préfecture pour le contrôle de légalité. Mais en cas d’absence
de vote du budget dans le délai légal, de vote du budget en déséquilibre, ou d’omission d’inscription d’une
dépense obligatoire, il y a un contrôle spécifique.
• Le préfet saisit la chambre régionale des comptes qui émet un avis et tente une conciliation. Après une
mise en demeure de la collectivité ou de l’établissement, le préfet peut se substituer : par exemple, il ins-
crira lui- même la dépense oubliée et les moyens d’y faire face.
• De plus, au quotidien, le comptable public, agent de l’État, vérifie la régularité de chaque dépense ou
recette à effectuer.

EXISTE-T-IL UN CONTRÔLE SUR LES PERSONNES ?


Les maires et adjoints peuvent être suspendus (pour moins d’un mois) ou révoqués en cas de fautes com-
mises dans l’exercice de leur mandat (ainsi un maire a-t-il été révoqué, après avoir été condamné pour
attentat à la pudeur sur mineures de moins de 15 ans).
Les organes délibérants des collectivités peuvent faire l’objet d’une dissolution si les dissensions sont telles
que l’assemblée ne peut plus fonctionner, ce qui est exceptionnel.

À noter !
1. Plus de 8 millions d’actes locaux produits chaque année... seulement 0,01% donnent lieu à déféré préfectoral.
2. Déféré préfectoral : acte par lequel le préfet sait le juge administratif des actes qu’il considère illégaux.
3. Le référé-suspension permet de retarder l’exécution d’un acte jusqu’à la décision au fond du juge.

À chercher...
Examinez une délibération : quelle est l’indication qu’il y a eu transmission en préfecture ?

Textes de références 13

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 49


LE CONTRÔLE DES ACTES D’UNE COLLECTIVITÉ
OU D’UN ÉTABLISSEMENT PUBLIC

LA COLLECTIVITÉ OU
L’ÉTABLISSEMENT
PRODUIT UN ACTE
(délibération, arrêté, contrat…)

Porté à la connaissance transmis en Préfecture


(par publication ET (pour les actes les plus
ou notification) importants)

L’ACTE EST APPLICABLE


(= exécutoire)

L’acte paraît illégal au Préfet L’acte paraît légal au Préfet

Le Préfet tente un
règlement amiable

Si échec de cette demande, déféré du Préfet


(il saisit le juge administratif d’un recours en
annulation)

Annulation de l’acte par le juge Refus d’annulation de l’acte


(l’acte cesse d’être OU (l’acte continue à être
applicable) applicable)

50 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


14 CES CONTRÔLES SE SITUENT DANS UN SYSTÈME JURIDICTIONNEL COMPLEXE
Quand des litiges apparaissent, à l’occasion de l’application de la règle de droit à une situation donnée, s’ils
ne sont pas résolus selon un mode volontaire (accord amiable, médiation, arbitrage), il faut faire appel à « la
justice », ou plus exactement au juge.

QUELLE JURIDICTION DOIT-ON SAISIR ?


Le principe de base de l’organisation de la justice en France repose sur l’existence de 2 ordres de juridic-
tions indépendants : un ordre de juridictions administratives et un ordre de juridictions judiciaires.
• LES JURIDICTIONS JUDICIAIRES ont le monopole de l’exercice de la justice dans le domaine du droit
privé (rapports privés des particuliers entre eux) et du droit pénal, ou répressif (en cas d’infractions à la
loi).
• LES JURIDICTIONS ADMINISTRATIVES ont en principe compétence pour les litiges mettant en cause
une activité administrative (rapports entre les personnes publiques, entre une personne privée et une
personne publique) et appliquent donc un droit spécifique : le droit public.

PEUT-ON FAIRE « REJUGER » LE MÊME LITIGE ?


Oui, c’est ce qui est appelé le double degré de juridiction : la décision du tribunal est en principe susceptible
d’appel devant une juridiction qui recommence l’examen de l’affaire supérieure. Par exemple, un adminis-
tré dont le permis de construire est annulé par un tribunal administratif pourra interjeter l’appel devant une
cour administrative d’appel.

EST-CE QU’IL Y A DES SANCTIONS À L’ENCONTRE DES PERSONNES PUBLIQUES ?


Le cas échéant, oui ! Une collectivité territoriale, un établissement public local, l’État… peuvent être condam-
nés par le juge à verser des dommages et intérêts, par exemple dans le cas de dommages causés par un
véhicule public. Le juge peut aussi annuler un acte illégal, par exemple la révocation d’un agent n’ayant
pas commis une faute.

COMMENT SE SITUENT LES POUVOIRS DE POLICE DU MAIRE ?


• Quand le maire assure l’ordre public par un arrêté de police municipale (par exemple : interdiction d’utili-
ser les tondeuses avant 8 H le dimanche), il s’agit d’une activité de prévention : elle sera qualifiée de police
administrative car toute contestation sera portée devant le juge administratif.
• Quand le maire participe à des missions répressives (par exemple quand il recueille des plaintes qu’il
transmet au procureur), il exerce des fonctions de police dite judiciaire car il est sous l’autorité d’un magis-
trat judiciaire (ce type de fonctions est rarement exercé par le maire en milieu urbain).

À noter !
1. Dans les juridictions pénales, les magistrats «du siège» ont pour mission de juger, les magistrats «du par-
quet» défendent les intérêts de la société.
2. En cas de difficulté, le tribunal des conflits décide qui de l’ordre judiciaire ou administratif est compétent.
3. Un recours pour excès de pouvoir est une demande d’annulation d’un acte administratif au juge administratif.

À chercher...
Quel est le juge compétent pour le contentieux des élections des conseillers de votre collectivité ?
En cas d’erreur dans votre arrêté de nomination, quel juge sera saisi ?
Si vous « brûlez » un feu rouge avec un véhicule de service pendant votre temps de travail... qui paie l’amende ?

Textes de références 14

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 51


L’ORGANISATION DE LA JUSTICE

CIVIL

TRIBUNAL JUDICIAIRE
TRIBUNAL DE PROXIMITE
Conflits entre particuliers (divorces…)

TRIBUNAL DE COMMERCE
Conflits entre commerçants

CONSEIL DES PRUD’HOMMES


Litiges liés au droit du travail

ORDRE JUDICIAIRE

PENAL COUR DE
TRIBUNAL DE POLICE CASSATION
Contraventions ou infractions COUR Ne rejuge
passibles d’amendes D’APPEL pas le fonds de
Rééxamine une l’affaire mais vérifie
affaire jugée par un si toutes les lois ont
TRIBUNAL CORRECTIONNEL tribunal été correctement
Délits appliquées par les
juges

TRIBUNAL DES CONFLITS COUR


COUR D’ASSISES
En cas de difficulté, détermine D’ASSISES
Crimes (viols, homicides…)
l’ordre D’APPEL
compétent

ADMINISTRATIF
TRIBUNAL ADMINISTRATIF
Litiges avec l’administration ou
entre les personnes publiques

CHAMBRES RÉGIONALES DES COMPTES


ORDRE
ADMINISTRATIF
COUR ADMINIS-
COUR DES COMPTES CONSEIL D’ÉTAT
TRATIVE D’APPEL

ORDRES PROFESSIONNELS

52 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


15 L’ÉTAT PARTICIPE À CET ÉDIFICE
Population importante ou restreinte, aisée ou aux revenus limités… La différence entre les collectivités est
évidente. Comment comparer une petite commune de 200 habitants à la ville de Versailles ou le départe-
ment de la Creuse à celui du Rhône ?

N’Y A-T-IL PAS UN RISQUE D’INÉGALITÉ ENTRE LES COLLECTIVITÉS ?


• Chaque collectivité dispose de moyens humains, financiers et matériels qui lui permettent de mener à
bien ses attributions. Le principe de libre administration ne doit pas signifier indifférence de l’État envers
les populations locales.
• En effet, pour éviter une iniquité trop flagrante, l’État encadre et dynamise les politiques locales, par
une réglementation contraignante, des subventions diversifiées, des procédés contractuels et des méca-
nismes de péréquation. Ainsi, les contrats de plan aident les régions à se doter d’infrastructures routières,
la coopération intercommunale est imposée, la politique de la ville réduit les écarts entre les territoires…

À PART LE PRÉFET, L’ÉTAT, QUI EST-CE ?


• Localement, l’État est représenté par l’administration déconcentrée, en particulier le préfet mais aussi les
recteurs d’académies, comptables publics, magistrats, gendarmes, inspecteurs du travail.
Partenaire des collectivités (aide à la compréhension et à l’application de la réglementation), contrôleur
aussi dans le cadre du contrôle administratif et budgétaire, le préfet de région est assisté des préfets de
département et des sous-préfets.
• Mais l’État, au sens administratif, ce sont aussi les organes centraux, notamment les ministres et leurs
services, qui forment avec le président de la République ce qu’on appelle le pouvoir exécutif.

LA DÉCENTRALISATION RESPECTE-T-ELLE LE PRINCIPE D’UN ÉTAT UNITAIRE ?


• Il n’y a toujours qu’un seul système juridictionnel (l’autorité judiciaire) et qu’une source de législation : le
pouvoir législatif (ou Parlement). Le contrôle administratif opéré par le préfet permet de vérifier que la loi
est appliquée sur tout le territoire français, quelle que soit la collectivité ou l’établissement public local.
• Unité ne signifie plus uniformité ! La clause générale de compétences permet à une commune d’agir
dans un domaine d’intérêt local, alors même qu’aucun texte particulier ne serait venu lui reconnaître de
vocation à traiter la matière. Toutes les communes ne mènent donc pas les mêmes actions. Les techniques
d’expérimentation et de différenciation mises en valeur dans la loi 3DS du 21 février 2022 permettent
aussi une diversité dans les compétences exercées par des collectivités de même catégorie. Mais s’il est
tenu ainsi compte des différences objectives de situations (géographiques, économiques ou sociales) la
différence de traitement qui en résulte doit être proportionnée et en rapport avec l’objet de la loi qui
l’établit.

À noter !
1. La Constitution indique dans son article 1° que la France est une République indivisible.... mais aussi que son
organisation est décentralisée.
2. La Loi 3DS de 2022 permet par exemple l’expérimentation de la recentralisation du RSA pour les départements
volontaires pendant 5 ans.
3. En principe, il y a un sous-préfet par arrondissement.

À chercher...
Quelles sont les relations entretenues par votre collectivité ou votre établissement public avec les services de
l’État ?

Textes de références 15

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 53


ELÉMENTS ESSENTIELS DU RÉGIME
CONSTITUTIONNEL DE LA Ve RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENT
Contrôle élection
CONSEIL DE LA
CONSTITUTIONNEL RÉPUBLIQUE
(5 ans)

Nomination
Constitutionnalité
des lois
Présidence
du Conseil
Dissolution
des ministres +
contreseing
ÉLECTIONS ASSEMBLÉE
LÉGISLATIVES NATIONALE
(suffrage direct) (5 ans)
Censure

GOUVERNEMENT
Premier ministre
ministres
Vote secrétaires d’État
des lois Désignation par le Président

Election présidentielle
de la République

Référendum
Interventions
gouvernementales

{
Initiative
Vote bloqué Avis
Commission mixte
Question de confiance

CONSEIL
SÉNAT ECONOMIQUE, SOCIAL ET
(6 ans) ENVIRONNEMENTAL

Elections sénatoriales
(suffrage indirect)

CORPS ÉLECTORAL
Citoyens français majeurs non privés du droit de vote

54 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


16 L’UNION EUROPÉENNE INFLUENCE LA VIE LOCALE
Depuis plus de 60 ans, la construction européenne a progressivement aidé et encadré les activités des États
membres, 27 actuellement dont la France (à la suite du « Brexit », la Grande-Bretagne a quitté l’UE).
L’impact de « Bruxelles » s’accroît et marque les politiques publiques, y compris celles des collectivités
territoriales et de leurs établissements publics.

L’UNION EUROPÉENNE, QUI EST-CE ?


Les institutions de l’Union s’articulent autour du conseil européen (chefs d’État ou de gouvernement des
États membres) qui définit les orientations générales de l’Union.
- LE CONSEIL DE L’UNION (ministres des États membres) constitue l’organe législatif qui produit règle-
ments et directives européens en codécision avec le Parlement européen.
- LA COMMISSION est une sorte de gouvernement de l’Union.
- LE PARLEMENT (En 2024, 720 membres dont 81 pour la France) arrête le budget et contrôle son exécution.
- LA COUR DE JUSTICE DE L’UNION EUROPEENNE interprète et assure le respect du droit commu-
nautaire.

LES NORMES EUROPÉENNES S’IMPOSENT-ELLES AUX COLLECTIVITÉS ?


Oui ! Elles font partie de l’édifice juridique et sont donc applicables directement (s’il s’agit d’un règlement
européen) ou après transposition, s’il s’agit d’une directive.
Par exemple, la directive-cadre sur la gestion des déchets du 19 novembre 2008, transposée par une ordon-
nance française du 17 décembre 2010, impose la collecte séparée des déchets et introduit dans la planifica-
tion des déchets ceux issus de catastrophes naturelles.

L’EUROPE PEUT-ELLE AIDER LES COLLECTIVITÉS ?


Localement, les contraintes en matière de passation de marchés publics, d’assainissement ou d’équipement
des aires de jeu… ne doivent pas faire oublier l’importance des fonds européens (par exemple de dévelop-
pement économique régional), et plus largement l’enjeu économique représenté par le marché européen.
La France a aligné la durée des contrats de plan État-région sur celle de la programmation des fonds struc-
turels pour coordonner les 2 démarches.

L’OUVERTURE EUROPÉENNE CONCERNE-T-ELLE LES AGENTS LOCAUX ?


Depuis 1991, les ressortissants européens ont accès à la fonction publique territoriale, dès lors que les attri-
butions ne comportent aucune participation à l’exercice de «prérogatives de puissance publique». La loi du
26 07 2005 permettant dans certaines conditions la transformation de CDD en CDI pour les agents publics
est une transposition du droit européen.

À noter !
1. Les ressortissants européens sont des électeurs, et éligibles aux municipales, mais ne peuvent ni être maire,
ni être adjoint au maire.
2. La France a été condamnée à payer près de 80 millions d’euros pour non-transposition d’une directive relative à
la pêche...

Et l’acte 3 de la décentralisation ?
La loi NOTRe prévoit la participation des collectivités au paiement des amendes résultant de la reconnais-
sance de manquements de la France à ses obligations européennes lorsque ce manquement est constaté dans le cadre
de l’exercice d’une compétence décentralisée.

À chercher...
Quel est l’impact de l’Union européenne sur votre collectivité ou de votre établissement public ?

Textes de références 16

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 55


LA « VIE » D’UNE NORME EUROPÉENNE

CONSEIL EUROPÉEN
(dit « sommet européen »)
Fixe les grandes orientations de la politique européenne

COMMISSION EUROPÉENNE
Sorte de gouvernement de l’Union
définie comme l’exécutif européen

INITIATIVE DES NORMES


(RÈGLEMENTS, DIRECTIVES)

CODÉCISION NORMATIVE
(sorte de navette entre les deux institutions)

Si mauvaise transposition par un État membre, CONSEIL


PARLEMENT EUROPÉEN
DE L’UNION EUROPÉENNE
ou non respect
(dit « conseil des ministres »)
Cour de justice de l’union européenne

Si mauvaise transposition par un État membre, ou non respect

COUR DE JUSTICE DE L’UNION EUROPÉENNE

56 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


TEXTES DE RÉFÉRENCES 1
• Loi n° 82-213 du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des
régions
• Loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre les communes, les départe-
ments et les régions de l’État
• Loi n° 83-663 du 22 juillet 1983 complétant la loi 838 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compé-
tences entre les communes, les départements et les régions de l’État
• Loi constitutionnelle n° 2003-276 du 28 mars 2003 relative à l’organisation décentralisée de la Répu-
blique
• Loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales
• Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des
métropoles
• Loi n° 2015-29 du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et dépar-
tementales et modifiant le calendrier électoral
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Loi du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique
• Loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant di-
verses mesures de simplification de l’action publique locale dite loi 3DS

TEXTES DE RÉFÉRENCES 1.1


• Loi du 5 avril 1884 relative à l’organisation municipale
• Loi n° 82-213 du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des
régions
• Loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre les communes, les départe-
ments et les régions de l’État
• Loi n° 83-663 du 22 juillet 1983 complétant la loi 838 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compé-
tences entre les communes, les départements et les régions de l’État
• Loi organique n° 2013-402 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers municipaux, des conseillers
communautaires et des conseillers départementaux
• Loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers muni-
cipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral
• Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des
métropoles
• Loi n° 2015-292 du 16 mars 2015 relative à l’amélioration du régime de la commune nouvelle, pour des
communes fortes et vivantes
• Loi n° 2019-809 du 1er août 2019 visant à adapter l’organisation des communes nouvelles à la diversité
des territoires
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Code général des collectivités territoriales, 2°partie La Commune, (Art L2111-1 CGCT et s.)
• Loi du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique

TEXTES DE RÉFÉRENCES 1.2


• Loi du 10 août 1871 RELATIVE AUX CONSEILS GENERAUX
• Loi n° 82-213 du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des
régions
• Loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre les communes, les départe-
ments et les régions de l’État
• Loi n° 83-663 du 22 juillet 1983 complétant la loi 838 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compé-
tences entre les communes, les départements et les régions de l’État
• Loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 57


• Loi organique n° 2013-402 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers municipaux, des conseillers
communautaires et des conseillers départementaux
• Loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers muni-
cipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral
• Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des
métropoles
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Code général des collectivités territoriales, 3° partie Le département (ArtL3111-1 CGCT et s.)
• Loi du 2 août 2019 relative aux compétences de la collectivité européenne d’Alsace
• Loi n° 2021-191 du 22 février 2021 portant report, de mars à juin 2021, du renouvellement général des conseils
départementaux, des conseils régionaux et des assemblées de Corse, de Guyane et de Martinique
• Loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant di-
verses mesures de simplification de l’action publique locale dite loi 3DS

TEXTES DE RÉFÉRENCES 1.3


• Loi n° 72-619 du 5 juillet 1972 portant création et organisation des régions
• Loi n° 82-213 du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des
régions
• Loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre les communes, les départe-
ments et les régions de l’État
• Loi n° 83-663 du 22 juillet 1983 complétant la loi 838 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compé-
tences entre les communes, les départements et les régions de l’État
• Loi constitutionnelle n° 2003-276 du 28 mars 2003 relative à l’organisation décentralisée de la Répu-
blique
• Loi n° 2003-327 du 11 avril 2003 relative à l’élection des conseillers régionaux et des représentants au
Parlement européen ainsi qu’à l’aide publique aux partis politiques
• Loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales
• Loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers muni-
cipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral
• Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des
métropoles
• Loi n° 2015-29 du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et dépar-
tementales et modifiant le calendrier électoral
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Code général des collectivités territoriales, 4° partie La région (Art L4111-1 CGCT et s.)
• Loi n° 2021-191 du 22 février 2021 portant report, de mars à juin 2021, du renouvellement général des conseils
départementaux, des conseils régionaux et des assemblées de Corse, de Guyane et de Martinique
• Loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant di-
verses mesures de simplification de l’action publique locale dite loi 3DS

TEXTES DE RÉFÉRENCES 1.4


• Loi du 22 mars 1890 sur les syndicats de communes ajoutant un titre 8 à la loi du 05 04 1884 relative à
l’organisation communale
• Ordonnance n° 59-30 du 5 janvier 1959 tendant à instituer des districts urbains dans les grandes agglo-
mérations
• Loi n° 66-1069 du 31 décembre 1966 relative aux communautés urbaines
• Loi d’orientation n° 92-125 du 6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République
• Loi n° 99-586 du 12 juillet 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercom-
munale
• Loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales

58 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


• Loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers muni-
cipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral
• Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des
métropoles
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté
• Loi n° 2017-257 du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain
• Code général des collectivités territoriales, 5° partie La coopération locale (Art L5111-1 CGCT et s.)
• Loi du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique
• Loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant di-
verses mesures de simplification de l’action publique locale dite loi 3DS

TEXTES DE RÉFÉRENCES 1.5


• Code de la construction, Livre IV, Titre II, Chapitre 1° (Ar L421-1 et s.)
• Code de l’action sociale et des familles, Livre I°, Titre II, Chapitre III, Section 2 (Art L123-4 et s.)
• Code de l’éducation, 1° partie, Livre II, Titre I, Chapitre II, Section 2 (Art L212-10 et s.)
• Code général des collectivités territoriales, articles L5731-1à L5131-3
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant di-
verses mesures de simplification de l’action publique locale dite loi 3DS

TEXTES DE RÉFÉRENCES 2
• Loi n° 2010-559 du 28 mai 2010 pour le développement des sociétés publiques locales
• Loi n° 2014-744 du 1er juillet 2014 permettant la création de sociétés d’économie mixte à opération unique
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Code général des collectivités territoriales, 1° partie, Livre IV, Titre I°, Chapitre I° (Art L1411-1 CGCT et s.)
• Code général des collectivités territoriales,1° partie, Livre IV, Titre I°, Chapitre IV (Art L 1414-1 CGCT et s.)
• Code général des collectivités territoriales, 1° partie, Livre V, Titre II, Chapitre I° (Art L1521-1 CGCT et s.)
• Code général des collectivités territoriales, 1° partie, Livre V, Titre III (Art L1531-1 CGCT)
• Code de la commande publique

TEXTES DE RÉFÉRENCES 3
• Loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales
• Loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine
• Rapport Rebière Weiss relatif à la Réate
• Code général des collectivités territoriales, 5° partie, Livre II, Titre I (Art L5211-39-1)
• Code général des collectivités territoriales, 5° partie, Livre VII, Titre III (Art L5731-1 et s.)
• Loi du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique

TEXTES DE RÉFÉRENCES 4
• Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses mesures d’amélioration des relations entre l’administra-
tion et le public et diverses dispositions d’ordre administratif, social et fiscal
• Loi organique no 98-404 du 25 mai 1998 déterminant les conditions d’application de l’article 88-3 de la
Constitution relatif à l’exercice par les citoyens de l’Union européenne résidant en France, autres que les
ressortissants français, du droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales, et portant transposi-
tion de la directive 94/80/CE du 19 décembre 1994
• Loi n° 2000-295 du 5 avril 2000 relative à la limitation du cumul des mandats électoraux et des fonctions
électives et à leurs conditions d’exercice
• Loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité
RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 59
• Loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales
• Loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers muni-
cipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral
• Loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique
• Loi organique n° 2014-125 du 14 février 2014 interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le
mandat de député ou de sénateur
• Loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine
• Loi n° 2015-366 du 31 mars 2015 visant à faciliter l’exercice par les élus locaux de leur mandat
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique
• Code électoral
• Code général des collectivités territoriales, 1° partie, Livre I°, Chapitre II (Art LO1112-1 CGCT et s.)
• Loi du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique
• Loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant di-
verses mesures de simplification de l’action publique locale dite loi 3DS

TEXTES DE RÉFÉRENCES 5
• Constitution du 4 octobre 1958
• Loi n° 2013-921 du 17 octobre 2013 portant création d’un Conseil national d’évaluation des normes appli-
cables aux collectivités territoriales et à leurs établissements publics
• Code général des collectivités territoriales
• Code de l’urbanisme
• Code civil
• Code électoral
• Code général de la propriété des personnes publiques
• Code général de la fonction publique CGFP

TEXTES DE RÉFÉRENCES 6
• Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses mesures d’amélioration des relations entre l’administra-
tion et le public et diverses dispositions d’ordre administratif, social et fiscal
• Loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l’amélioration des
relations entre l’administration et le public.
• Loi n° 2013-1005 du 12 novembre 2013 habilitant le Gouvernement à simplifier les relations entre l’admi-
nistration et les citoyens
• Code général des collectivités territoriales, notamment l’article L2131-1 CGCT et s.
• Code des relations entre le public et l’administration
• Ordonnance du 7 octobre 2021 portant réforme des règles de publicité, d’entrée en vigueur et de conser-
vation des actes pris par les collectivités territoriales et leurs groupements

TEXTES DE RÉFÉRENCES 7
• Loi 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains
• Loi n° 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’envi-
ronnement
• Loi n° 2010-597 du 3 juin 2010 relative au Grand Paris
• Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement
• Loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine
• Loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové
• Code l’urbanisme

60 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


• Code de l’environnement
• Code de l’expropriation pour cause d’utilité publique
• Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la rési-
lience face à ses effets

TEXTES DE RÉFÉRENCES 8
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Code général des collectivités territoriales, 1° partie, Livre IV, Titres I et II (Art L1411-1 CGCT et s.)
• Code général des collectivités territoriales, 1° partie, Livre IV, Titre I° (Art L1412-1 CGCT et s.)
• Ordonnance n° 2016-65 du 29 janvier 2016 relative aux contrats de concession
• Code de la commande publique

TEXTES DE RÉFÉRENCES 9
• Code général des collectivités territoriales, 2° partie, Livre III (Art L2311-1 CGCT et s.)
• Code général des collectivités territoriales, 3° partie, Livre III (Art L3311-1 CGCT et s.)
• Code général des collectivités territoriales, 4° partie, Livre III (Art L4310-1 CGCT et s.)
• Loi n° 2009-1673 de finances pour 2010, article 2
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République
• Loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018
• Arrêté du 12 décembre 2012 relatif à l’instruction budgétaire et comptable M. 14 applicable aux com-
munes et aux établissements publics communaux et intercommunaux à caractère administratif
• Arrêté du 14 décembre 2012 relatif à l’instruction budgétaire et comptable M. 52 des départements et de
leurs établissements publics administratifs
• Arrêté du 12 décembre 2012 relatif à l’instruction budgétaire et comptable M. 71 applicable aux régions
• Arrêté du 29 décembre 2014 relatif à l’instruction budgétaire et comptable M. 57 applicable aux collecti-
vités territoriales uniques, aux métropoles et à leurs établissements publics administratifs
• Loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022 de finances pour 2023

TEXTES DE RÉFÉRENCES 10
• Code général des collectivités territoriales, 1ère partie, Livre IV, Titres I et II (Art L1411-1 CGCT et s.)
• Code de la commande publique
• Décret n° 2022-1683 du 28 décembre 2022 portant diverses modifications du code de la commande
publique

TEXTES DE RÉFÉRENCES 11
• Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Loi dite loi Le Pors.
• Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale
• Loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires
• Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique
• Code général de la fonction publique CGFP

TEXTES DE RÉFÉRENCES 11.1


• Déclaration des droits de l’homme et du citoyen 26 août 1789 (Art 6)
• Code général de la fonction publique CGFP

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 61


TEXTES DE RÉFÉRENCES 11.2
• Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Loi dite loi Le Pors. Cha-
pitre II, Les garanties, articles 6 à 11 bis
• Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, Chapitre IV, Les obliga-
tions, articles 25 à 28
• Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territo-
riale, notamment l’article 89
• Loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires
• Ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 «compte personnel d’activité»
• Décret n° 2015-1385 du 29 octobre 2015 relatif à la durée de la formation d’intégration dans certains
cadres d’emplois de la fonction publique territoriale
• Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique
• Décret n° 2022-994 du 7 juillet 2022 portant majoration de la rémunération

TEXTES DE RÉFÉRENCES 11.3


• Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territo-
riale, Chapitre II Dispositions relatives aux organes de la fonction publique territoriale (articles 8 à 33-1)
• Loi n° 2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique, notamment l’article 4
• Loi n° 2007-209 du 19 février 2007 relative à la fonction publique territoriale, notamment les articles 2,3 et 51
• Loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 relative à l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions
d’emploi des agents contractuels dans la fonction publique, à la lutte contre les discriminations et por-
tant diverses dispositions relatives à la fonction publique, article 53
• Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique

TEXTES DE RÉFÉRENCES 12
• Code civil, notamment les articles 1382 et 1383
• Code pénal, notamment les articles 121-2 et s.
• Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territo-
riale, notamment l’article 89
• Loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires
• Loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice
• Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique
• Ordonnance du 26 mai 2021 renforçant la formation de certains agents publics afin de favoriser leur
évolution professionnelle

TEXTES DE RÉFÉRENCES 13
• Code général des collectivités territoriales, notamment l’article L1612-2 CGCT
• Code général des collectivités territoriales, notamment article L2121-6 CGCT
• Code général des collectivités territoriales, notamment L2122-16 CGCT
• Code général des collectivités territoriales, notamment article L2131-1 CGCT
• Code général des collectivités territoriales, notamment article L3121-3 et s.
• Code général des collectivités territoriales, notamment article L3132-1CGCT
• Code général des collectivités territoriales, notamment articles 4132-1 CGCT et s.
• Code général des collectivités territoriales, notamment l’article L4142-1 CGCT
• Rapport de la Cour des comptes 2022, extraits relatifs au contrôle de légalité

62 AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE RETOUR AU SOMMAIRE


TEXTES DE RÉFÉRENCES 14
• Code général des collectivités territoriales, article L2212-1 CGCT et s.
• Code général des collectivités territoriales, article L2122-31 CGCT
• Loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle
• Loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice

TEXTES DE RÉFÉRENCES 15
• Constitution du 4 octobre 1958, article 1C
• Constitution du 4 octobre 1958, article 72,4
• Code général des collectivités territoriales, notamment article 1111-2 CGCT
• Décret n° 2010-146 du 16 février 2010 modifiant le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs
des préfets, à l’organisation et à l’action des services de l’État dans les régions et départements
• Loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant di-
verses mesures de simplification de l’action publique locale dite loi 3DS

TEXTES DE RÉFÉRENCES 16
• Constitution du 4 octobre 1958, article 55C
• Constitution du 4 octobre 1958, article 88-1 et s.
• Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Loi dite loi Le Pors. Article 5 bis
• Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation de la République

LIENS UTILES
www.amf.asso.fr Site de l’association des maires de France
www.intercommunalites.fr Site des intercommunalités
www.departements.fr Site de l’assemblée des départements de France
regions-france.org Site de l’association des régions de France
www.collectivités-locales.gouv.fr Site étatique simple sur les questions liées aux collectivités territoriales
www.modernisation.gouv.fr : Site gouvernemental de la transformation publique
www.cdg29.bzh Site du centre de gestion du Finistère, avec notamment des tableaux relatifs aux différents
cadres d’emplois très bien faits
www.conseil-etat.fr Site du Conseil d’État: organisation et jurisprudence de l’ordre administratif
europa.eu Site officiel de l’Union Européenne
www.legifrance.gouv.fr Site des textes officiels du droit français
www.economie.gouv.fr /daj Rubrique du Site de Bercy consacrée aux marchés publics
www.vie-publique.fr Site généraliste sur l’administration
www.ladocumentationfrançaise.fr Pour trouver les rapports officiels

BIBLIOGRAPHIE
L’essentiel du droit de la fonction publique, E. Aubin-Kanezuka, Les Carrés/Gualino, octobre 2023
Actu’Concours Culture territoriale 2024-2025, M. Derkenne, D. Lecat, Ellipses, juillet 2023
Finances publiques 2023-2024, C. Zarka, En poche/Gualino, août 2023
L’essentiel du droit des marchés publics 2023-2024, F. Allaire, Les Carrés/Gualino, juin 2023

RETOUR AU SOMMAIRE AU CŒUR DE LA VIE PUBLIQUE LOCALE 63


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