Droit P Nal Des Entreprises en Difficult 1732475351
Droit P Nal Des Entreprises en Difficult 1732475351
Sous-thème :
La protection pénale de
l’intérêt social des
entreprises en difficulté
2023-2024
Dédicace
« …………………
J’ai l’honneur de dédier ce
travail ;
A ma chère mère
Ma chère sœur
Ma belle-sœur
Mes nièces
« Amira,Siham,Nada »
.
…………………. »
2
18 juillet 2024
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Remerciement
Tout d’abord, « je remercie mon DIEU de m’avoir donné la patience et la force pour
faire ce travail »
Sincèrement, c’est une occasion pour moi, afin d’exprimer ma profonde gratitude et
mes salutations distinguées envers tous mes professeurs du master « droit privé et
sciences criminelles ».
Je tiens mes remerciements tous les professeurs sans exception, d’université sidi
Mohammed ben ABDELLAH Fès, concrètement faculté des sciences juridiques,
économiques, et sociales. A sa tête Monsieur le doyen Mohammed BOUZLAFA.
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PRFACE
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protection sérieusement et particulièrement de leur intérêt général, surtout par biais
des matières répressives, soit dans le droit de commerce comme un droit spécifique
notamment ses articles (754 à 757) ; ainsi qu’aux termes de la loi pénal unifié 1962,
ses articles (556 à 569).
De ce fait, dans ce côté, le droit pénal des entreprises en difficulté a une place
primordiale aux cours d’applications leurs procédures, particulièrement lorsque les
entreprises malades passent au redressement ou liquidation judiciaire. Car dans ce
cas-là l’entreprise est de mi-chemin, soit de la redresser ou soit de la disparaitre. Ce
dernier, c'est ça le mauvais scénario arrive dans le mode des affaires, vu que d’avoir
des effets plus négatifs sur l’ordre public économie, et sociale et même temps
politique.
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Les hypothèses de la recherche ;
Première hypothèse;
Deuxième hypothèse;
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Troisième hypothèse;
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Plus d'illustration en s’interrogeant, ces facteurs économiques
se sont-ils les seules étiologies causant la défaillance des
entreprises ? D’autre façon, dans quelles mesures les dirigeants,
pouvaient-ils d’être sanctionnés pénalement en cas de liquidation
d’entreprise ?
Quatrième hypothèse;
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Les Principaux signes et des abréviations
A ………………….
Art : article
B ………………….
B.O : bulletin official
C ………………….
CPM : code pénal marocain
Crim : crime
Coll : collection
CGEM : La Confédération Générale des Entreprises du Maroc
CPU : code pénal unifié
CCM : code de commerce marocain
Cass : cour de cassation
E …………………..
ed : edition
F ……………………
Fsjes-fes : faculté des sciences juridiques-économique et sociales
Fr : France
I …………………….
Istec : Institut supérieur des sciences, techniques et
économie commerciales
Ibid : est un terme latin qui signifie « au même endroit ».
L …………………….
LGDJ : Librairie générale de droit et de jurisprudence
O ……………………..
Op.cit : « ouvrage déjà cité »
P ……………………….
P : page.
PME : petite et moyenne entreprise
PUF : Presses Universitaires de France
Pén : pénal
S ………………………
Suiv : suivant
SARL : société à responsabilité limitée
SA : société anonyme
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SOMMAIRE
Dédicace
Remerciement
Préface
Les hypothèses de recherche
Première hypothèse
Deuxième hypothèse
Troisième hypothèse
Quatrième hypothèse
Les Principaux sigles et des abréviations :
Sommaire
Introduction :
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TITRE II : Le chevauchement vers la recherche d’un équilibre entre
la justice pénale et la justice commerciale : cas de banqueroute
Conclusion de la partie I
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CHAPITRE II : : Les infractions assimilées à la banqueroute en comparaison avec le délit
d’abus des biens sociaux
SECTION I : les infractions connexes à la banqueroute
SECTION II : essayant de comparer entre le délit de banqueroute et d’abus des biens
sociaux
Conclusion de la partie II
CONCLUSION GENERALE
LES ANNEXES
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François André dans son
ouvrage, recueil général des
anciennes lois françaises ; « la
banqueroute est donc perçue
comme un crime grave, mêlant
tromperie, vol et mensonge, qui
doit être sévèrement réprimé.
Elle est plus généralement vue
comme partant atteinte au
commerce en détruisant la
confiance, base de toute
relation commerciale alors que
les commerces, négociation et
Traffic de marchandise sont
grandement requis pour le
profit et utilité de la chose
publique »1
François André
1
François-André, Recueil général des anciennes lois françaises, préambule de la déclaration de lyon du 10 oct
1536, Paris, t.12, 1822-1833, p. 527
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Introduction
« Le système de traitement des difficultés est d’entreprise a été l’arme invisible des
engagements idéologiques conservateurs en faveur de la privatisation du secteur public, alors
qu’à l’origine, le droit des entreprises en difficulté est considéré comme un système des valeurs
à protéger afin d’adapter le droit aux besoins économiques. »2
Le droit des entreprises en difficulté est un droit procédural s’appliquant sur les entreprises
qui sont en état délicate et connaissent des difficultés de nature à compromettre l’exploitation
de leurs activités commerciales. En réalité, dans la pratique en parlant sur le vrai droit des
entreprises en difficulté lorsqu’elles sont en état de cessation des paiements. Ces difficultés
peuvent d’être économique, juridique, mais la mauvaise difficulté soit financière, le débiteur
n’est encore capable d’honorer ses engagements vis-à-vis leurs partenaires.
Le législateur Marocain a réglementé le droit des entreprises en difficulté par la loi 15.95
relative au droit commercial, particulièrement son livre V. Ce dernier est remplacé par la loi
73.17, adoptée et publiée au Bulletin Officiel le 23 avril 2018.
Le droit des entreprises en difficulté est considéré comme un médecin d’entreprise malade,
soit lui donnera une attestation de réanimation (la survie) : soit il lui donnera une attestation de
la mort, selon le type et le danger de la malade. En plus, « le droit des entreprises en difficulté
est un paradoxe, car il s’agit non seulement d’un droit matériel, complexe et révélateur, mais
un droit de compromis entre les intérêts contradictoires, qui se situer dans un microcosme où
se reflète un grand nombre d’orientations essentielles de la pensée juridique, économique,
sociale et parfois même politique »3 autrement dit, ce droit à une vision plus large dans le socle
des affaires, notamment dans la protection de l’intérêt suprême de l’entreprise en difficulté, afin
d’assumer l’équilibre d’ordre public économie.
Concrètement, la protection d’intérêt social d’une entreprise qui est soumise aux
traitements judiciaires. Il fallait l’intervention du juge pénal qui doit être nécessaire pour
sanctionner pénalement tous les actions qui pourront violer l’intérêt général. Car cette entreprise
est en état de cassation de payement et simultanément, elle est soumise aux processus
judiciaires. Donc, c’est une situation vulnérable. Dont, chaque personne en question qui a la
mauvaise foi. Souvent, elle va profiter cette occasion pour enrichir son intérêt personnel au
compte d’elle par la violation de son intérêt social, ou bien elle la cause par ses agissements
fautifs vers la liquidation judiciaire.
2
ALOUI.Bouchta, droit des entreprises en difficulté,cours, droit privé,2020-2024, p. 2
3
Ibid.
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En effet, c’est la raison pour laquelle elle a besoin donc une protection sérieusement et
particulièrement de leur intérêt général, surtout par biais des matières répressives, si en parlant
que la philosophie de législateur vient d’assurer l’ordre public économique, et sauver les
entreprises qui sont en état dramatique, afin d’améliorer le tissu socio-économique. À suivre
de ces difficultés, que ce soit économique, juridique, financière, même si les réactions et les
actes nuisibles violant l'intérêt social. Ils freinent les entreprises d’exercer leurs activités
commerciales, cela reflète négativement sur l’ordre public économie.
Le législateur cherche toujours à trouver des lois plus adéquates et des solutions pertinentes
pour sauver la vie des entreprises qui connaissent des difficultés. Après d’inspiration des
législations et d’expériences internationales.
Dans l’ancien droit du commerce de 1913, c'était le droit de faillite et, suivant l’évolution ;
actuellement, le droit des entreprises en difficulté au lieu de droit de faillite. Ce dernier, qu’il
n’était jamais un secteur paisible et que l’évolution dans ce domaine a toujours été rapide et
contrastée. Ce changement terminologique n'est pas de pure forme.
À la différence de la notion de faillite, la notion d'entreprise en difficulté intègre une idée
essentielle : celle de prévention. Il s'ensuit que le droit des entreprises en difficulté a un domaine
d'application plus large que celui du droit des faillites. Toujours dans l’objectif crucial, le
sauvetage d’entreprise qui est en état d’incapacité de survie dans le monde des affaires. Nous
sommes témoins d'efforts remarquables. Or, le monde des affaires est plus évolué et changeable,
en parallèle les difficultés sont plus délicates et dangereuses. Le législateur doit forcément se
mettre un droit pénal des entreprises en difficulté. Afin, en tant que nous sommes des juristes,
des chercheurs, nous ne trouverons pas des difficultés pour qualifier les actes sanctionnés et
nuisibles de l’intérêt social. Car jusqu’à aujourd’hui, nous avons au Maroc les dispositions
pénales en matière de droit des entreprises en difficulté divisées par des multiples textes
juridiques spéciaux.
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En effet, l’entreprise en tant que moteur de l’économie a un intérêt social plus suprême et
large par rapport aux intérêts de ses dirigeants et de ses partenaires. Autrement dit, « L’intérêt
social peut ainsi se définir comme l’intérêt supérieur de la personne morale elle-même, c’est-à-
dire l’entreprise est considérée comme un agent économique autonome, poursuivant des fins
propres, distinctes notamment de celles de ses actionnaires, de ses salariés, de ses créanciers,
de ses fournisseurs et même de ses clients, mais qui correspondent à leur intérêt général
commun, qui est d’assurer la prospérité et la continuité de l’entreprise ». Or, lorsqu’elle est en
difficulté, elle a besoin d'une protection par la loi répressive et contraignante contre toutes les
infractions et les comportements violant cet intérêt social, comme le délit de banqueroute et les
autres agissements assimilés.
Dans ce sillage, « la finalité actuelle du droit des entreprises en difficulté est d'abord d’ordre
économique et social. Car, la survie des entités économiques est considérée selon le législateur
comme un enjeu économique et social considérable. Cette survie s'inscrit davantage dans une
conception à la fois de prévention, de sauvetage et de traitement judiciaire des difficultés de
l’entreprise. Elle doit être assurée dès lors que la preuve économique de la viabilité de
l’entreprise est démontrée »4. D’ailleurs, le droit des entreprises en difficulté joue un rôle
primordial dans la croissance socio-économique, et l’encouragement des investissements
national puis international grâce à la sécurité juridique, cela s’appartient dans la protection de
l’intérêt générale, tant civilement surtout pénalement.
Dans ce cas d’espèce, les dispositions du droit des entreprises en difficulté sont-elles
suffisantes de sanctionner pénalement le débiteur défaillant ? autrement dit, le législateur a-t-il
l’attention de sanctionner pénalement le défaillant ou bien justement il s’intéressait sauf le côté
de réparations les préjudices subis au son entreprise ?
De ce fait, « L’appréciation de l’efficacité du droit des entreprises en difficulté varie
énormément dans le temps et d’un État à l’autre. » Tous les États n’ont, en effet, pas la même
appréciation des enjeux des procédures collectives. Certains États estiment que le but d’une
procédure collective est essentiellement de désintéresser les créanciers et d’écarter le débiteur
de la vie des affaires afin de protéger la sphère économique. Cette conception prédominait
largement à travers le monde jusqu'à la fin du XXᵉ siècle. Il tend aujourd'hui à être remplacé
par une vision plus humaine, mais également plus rationnelle économiquement du rôle du droit
des procédures collectives »5.
Donc, l’objectif de droit des entreprises se différencie d’un pays de l’autre selon son
système juridique et sa politique socio-économique, « L’entrepreneur qui a connu l’expérience
d’une procédure d'insolvabilité apprend de ses erreurs et sera plus apte à réussir sa prochaine
entreprise »6. Ce qu'il mérite d’autre chance. Or, au contraire, dans le cas, le débiteur qui a la
mauvaise foi et l’attention de nuire à l'intérêt social de son entreprise.
4
Ibid.
5
Paola Nabet, L’efficacité du droit des entreprises en difficulté en droit interne et international, Droit,Université
de Lorraine, soutenue le 13.11. 2020,p.5, disponible sur le site : https://hal.univ-lorraine.fr/tel-03047170
6
Ibid.,p.6
16
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Alors, « Le sauvetage de l’entreprise dépend de l’esprit de loi applicable aux procédures
collectives. Les lois sur les faillites7peuvent osciller en principe entre trois objectifs : la sanction
du débiteur, la protection des créanciers et le sauvetage de l’entreprise »8.
« Il est hélas assez habituel qu’une entreprise traverse des difficultés. Selon la
gravité de celles-ci diverses mesures doivent être envisagées. La loi doit tout
d’abord mettre sur le pied des mécanismes susceptibles de prévenir les défaillances
et de contribuer à la remise en activité des entreprises victimes d’accidents
passagers. Si le redressement est impossible, la loi doit prévenir les règles qui
permettront de liquider le moins mal possible de l’entreprise défaillante,
notamment en assurant un paiement équitable des créanciers et en s’efforçant de
limiter des conséquences de licenciements. Enfin, le législateur doit édicter des
sanctions ou des mesures de sureté qui atteindront les chefs d’entreprise
malhonnêtes ou notoirement incompétents, afin de les écarter de la vie des
affaires »9.
D’ailleurs, le droit des entreprises en difficulté est un droit de sauvetage et protège
l’intérêt général afin d’équilibrer le secteur économique en quelque sorte. À ce sens, J.
Paillusseau et E, Teynier ; le droit des entreprises en difficulté tend donc à glisser du droit privé
vers le droit public, puisque les vrais remèdes relèvent de la politique économique 10. À cet effet,
on voit cette importance dans les matières pénales qui sanctionnent les dirigeants fautifs et
défaillants causant par leurs agissements de mauvaise foi la liquidation de l’entreprise. « Les
soules solutions efficaces consistent non pas à maintenir en servie les entreprises en difficultés,
mais à créer un climat favorable à l’activité économique et surtout à éviter que des décisions
politiques maladroites n’augmentent les difficultés déjà existantes, en faisant peser sur les
entreprises de nouvelles contraintes »11.
Historiquement, le droit des entreprises en difficulté c’est une notion d’actuelle, à l’époque
il a été un droit de faillite qui se trouve son origine dans le droit Romain, plus lointaine dans les
statuts des villes Italiennes, à la fin du XVe siècle, notamment à Gênes, Florence et Venise.
Les procédures et les exécutions avaient essentiellement un caractère pénal corporatiste.
Elles étaient organisées par les commerçants et appliquées directement par eux à leurs débiteurs
qui n’ont pas honoré leurs engagements vis-à-vis lesquels. « Celui qui avait failli à ses
engagements était présumé être un fraudeur : ‘ faillitus, ergo fraudator ‘ »12. Donc, lequel
pouvait être sanctionné plus sévère et très grave.
7
André Jacquemont, droit des entreprises en difficulté, Manuel, lexisNexis, 8e ed, France, 2013, p.2 et suiv
8
Ahmed El Hajjami, Le redressement des entreprises en difficulté en droit marocain, Droit, Université Paul
Verlaine- Metz, thèse doctorant, soutenue publiquement le 3 décembre 1988, Français, p.7
9
Yves Guyon, droit des affaires. T2 entreprise en difficultés. Redressement judiciaire-Faillite, Economica, 4e
ed, Paris,1993, P. 7
10
Yves Guyon, op. cit., p.10
11
Ibid,.p.10
12
Yves Guyon, op, cit., 8e ed, p. 8
17
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
« L’évolution historique de la faillite montre que trois finalités se sont succédées,
dans un premier temps, le législateur a voulu punir le commerçant qui n’honorait
pas ses engagements. Puis il a voulu protéger les créanciers impayés. Enfin, à une
époque beaucoup plus récente, il s’est préoccupé d’assurer la survie des entreprises
qui méritaient d’être sauvées »13.
En effet, le droit des entreprises en difficulté, que l’on parle aujourd’hui s’arrive par bais ces
évolutions historiques. Concrètement, la faillite personnelle, ou bien le débiteur qui a violé la
confiance de son créancier, ou bien dire la banqueroute a été considérée comme crime plus
grave.
De ce fait, durant des siècles, le droit de la faillite eut pour objet la saisie et
l’exécution des biens du débiteur en vue de la répartition du produit de la vente entre
ses créanciers. Il n’en était autrement que pour le bon débiteur qui pouvait être remis
à la tête de ses affaires par la voie d’un concordat. Mais il apparut que la défaillance
d’un débiteur était un fait grave qui trouble la vie économique et sociale de la société.
14
13
Ibid., p.7
14
Jean-François Martin, Redressement et liquidation judiciaires-Prévention-Règlement amiable-faillite
personnelle-Banqueroute, Delmas, 7e ed, 1 oct 1999, p. 8
15
«Il ne faut pas laisser au débiteur les moyens d’afficher un luxe insultant ».L.SEGUR. Exposé des motifs du
projet de loi contenant le Livre III sur les Faillites et les banqueroutes, Code de commerce, Paris 1810, page 57.
16
Jean-François Martin, op.cit., p.10
18
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
« Le débiteur est emprisonné chez le créancier, enchainé et nourri à
moindres frais jusqu’à restitution de ses dettes ; on le promène, la corde au
cou, clairement fixés pour chaque étape de cette opération. Au terme de
soixante jours, période de probation, le débiteur doit s’acquitter directement
ou par l’intermédiaire de sa famille, au risque sinon d’être vendu ou mis à
mort. Le créancier se paie sur sa personne car il ne peut, en bon droit primitif,
se saisir des biens du débiteur et, moins encore à Rome, Où la propriété est
inviolable et inaccessible, …………, le débiteur en cas de créancier multiples
pouvait être découpé en morceaux. Au-delà des interprétations sur la
sauvagerie des premiers Romains, ce fragment équivoque laisse déjà
entrevoir l’évolution de la démarche vers l’exécution des biens de l’homme
condamné, le partage de ses richesses plutôt que le dépeçage de son
corps ».17
Donc, le créancier s’applique sur son débiteur des conditions extrêmement décisives.
Autrement dit, le débiteur est retenu prisonnier chez le créancier, ainsi qu’il enchainé et nourri
à moindres frais jusqu’à ce qu’il ait remboursé ses dettes. De plus en plus, on le promène la
corde au cou à chaque étape de cette opération. Au bout de soixante jours, période de probation.
Également, le débiteur doit s’acquitter soit directement ou par l’intermédiaire de sa famille,
sous peine d’être vendu ou exécuté. Au-delà, le créancier se rémunère sur la personne du
débiteur, car selon le droit primitif, saisir les biens du débiteur, et encore moins à Rome, où la
propriété est inviolable et inaccessible. Dans le cas créancier multiples, le débiteur risquait
d’être découpé en morceaux, ces interprétations sur la sauvagerie des premiers Romains, ce
fragment équivoque laisse déjà entrevoir l’évolution vers l’exécution des biens d’homme
condamné, privilégiant le partage de ses richesses plutôt que le dépeçage de son corps.
Le droit de la faillite a évolué en droit des entreprises en difficulté aussi à travers plusieurs
réformes successives. Pourtant, plusieurs praticiens déploraient le droit de la faillite. Ils
n’hésitaient pas à parler de « la faillite du droit de la faillite »18. Ils avançaient des propositions
pour adopter une vision plus indulgente et moins coercitive. Cela à travers la mise en place d’un
dispositif préventif qui vise à anticiper les difficultés des entreprises une fois les signes avant-
coureurs apparus et débusqués19.
« Le droit romain connaissait déjà une procédure collective d’exécution du
patrimoine de tout débiteur insolvable : « la venditio bonorum ». Sachant que,
cette théorie n’était pas réservée aux commerçants. Certes, elle était
accompagnée des mesures sévères et répressives sur la personne même du
débiteur frappé d’infamie. Sont appliquées jusqu’à l’ordonnance de Colbert sur
le commerce de 1673.
17
Jean-Marie Thiveaud, L'ordre primordial de la dette : Petite histoire panoramique de la faillite des origines à
nos jours, Revue d’économie financière, droit et finance, 1993, p. 71
18
F. TERRE, « Droit de la faillite ou faillite du droit », Revue juridique et commerciale,1991, page. 1 et suiv
19
Nahid Lyazami, La prévention des difficultés des entreprises (Étude comparative entre le droit français et le
droit marocain), Thèse doctorat, droit privé, Toulon, 4 juin 2013, p.9
19
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A partir le moyen-âge, dans les villes Italie du Nord, siège des grandes foires,
le commerçant failli était en outre éliminé de sa corporation, son banc au siège
de cette dernière étant alors brisé pour symboliser cette éviction (le mot actuel de
banqueroute vient de banca rota). La distinction s’est cependant progressivement
faite entre le débiteur malhonnête- le banqueroutier- à l’égard duquel les
sanctions pouvant aller jusqu’à la peine capitale »20
On constate que, l’ancien droit français avait la même théorie qu’avec le droit romain,
conservant à peu près le même régime. Notamment aux termes des ordonnances de 1536, de
1673), tout en distinguant mieux la malchance, l’imprudence, et la fraude. Constituant des
peines sévères, allant jusqu’aux galères ou à la peine de mort. De même le code de commerce
de la France 1807 est encore empreint d’une grande rigueur parce qu’il a été élaboré à un
moment où le comportement scandaleux de certains fournisseurs aux armées n’incitait pas
Napoléon à l’indulgence.
Dans cet optique, ce droit cumule deux mécanismes applicables au commerçant
qui a cessé ses paiements ; d’une part, le point de vue civil une procédure
particulière, la faillite, tend à organiser la liquidation des biens du débiteur et leur
répartition entre les créanciers dans des conditions aussi ordonnées et égalitaires
que possible. Masi le mécanisme utilisé est sévère pour le débiteur : comme le failli
perd l’administration de ses biens, et frappé de nombreuses déchéances
professionnelles et civiques, mais plus infamantes qu’efficaces…etc. D’autre part,
du point de vue répressif, le droit pénal punissait de sanctions pénales le failli qui
avait commis des fautes soit volontaires, soit de négligence »21.
20
André Jacquemont, droit des entreprises en difficulté, Manuel, lexisNexis, 8e ed, France, 2013, p. 7 ; Jean-
François Martin, op.cit., p. 10
21
Yves Guyon, op, cit., p. 9 et suiv
Le défaut de la déclaration de la cessation des payements accompagnée d’un dépôt de bilan au tribunal de
commerce dans un délai de 3 jours ; comptabilité irrégulière ou même dépenses personnelles exagérées. Et aussi
la banqueroute simple était un délit puni d’un emprisonnement de un moins à deux ans. Pour la banqueroute
frauduleuse était un crime. Le failli était traduit devant la cour d’assises et passibles des travaux forcés.
20
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Suivant la période jusqu’au décret du 20 mai 1955 qui a connu des
aménagements remarquables, visant d’une part à accroitre le pouvoir judiciaire et
d’autre part, et surtout, à pouvoir sanctionner les dirigeants de l’entreprise.
De ce fait, « une nouvelle réforme s’imposait afin de revenir un système
plus sélectif. Le texte distingue à nouveau deux régimes :
Le règlement judiciaire est le mode normal d’apurement du
passif. Il s’applique aux commerçants, dont le comportement ne justifie,
ni une élimination de la vie des affaires, ni une sanction particulière.
Dans cet angle, l’apparition d’un droit moderne des procédures collectives à travers la loi
du13 juillet et l’ordonnance du 23 sept 1967 qui sont venues par des nouvelles procédures
adéquates, en résumant :
Le règlement judiciaire ou la liquidation judiciaire, c'est une procédure d’apurement du
passif d’une entreprise économiquement saine qui pourra trouver un fonctionnement normal
après le vote d’un concordat.
La liquidation des biens tend à l’élimination des entreprises qui ne sont pas viables. Comme
la faillite, mais cette procédure ne s’applique que sur les biens du débiteur, non à sa personne.
La faillite personnelle : c’est une sanction d’une part civile qui pourra atteindre la chef
d’entreprise coupable de fautes ou de négligence. D’autre part, elle pourra être doublée des
sanctions correctionnelles de la banqueroute, lorsque les manquements sont caractérisés.
La suspension provisoire des poursuites : pour l’entreprise importante et qui a une place
primordiale dans le monde des affaires et traverse des difficultés très graves, à condition qu'elle
ne soit pas en cessation de paiement.
Au-delà de ces nouvelles procédures précitées, cette réforme est intervenue par une
théorie plus distinctive au secteur des affaires, surtout du côté de la mise en œuvre de la
responsabilité et de l'application des sanctions. Elle est la distinction entre le sort de l’entreprise
et le sort du débiteur, spécialement par les recommandations du Doyen Houin :
22
Ibid.,p.12 et suiv
21
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« La loi de 1967 distinguait pour la première fois le sort du débiteur de celui de
l’entreprise ; le sort de l’entreprise s’appréciait selon un critère économique
objectif : la possibilité de redressement. « …… ». En revanche, le sort du débiteur
dépendait de son comportement, c’est-à- dire un critère subjectif ou moral. « …….. ».
Il pouvait conserver sa qualité de commerçant ou de dirigeant de la société. Seul le
débiteur imprudent, négligeant ou coupable des fautes volontaires s’exposait aux
sanctions civiles de la faillite et aux sanctions pénales de la banqueroute »23.
En effet, avec la réforme de 1984-1985, à cette époque, ces textes ont véritablement bâti le
droit des entreprises en difficulté. Accentuant l’évolution déjà annoncée en instituant des
procédures préventives, telles que le mandat ad hoc et aussi le règlement amiable et en
maintenant, dans le redressement puis la liquidation judiciaire. De ce fait, la finalité de toutes
ces reformulations est recentrée sur l’amélioration du secteur économique et portant sur la
sauvegarde, la survie d’entreprise et protéger son intérêt social. À partir de ce moment-là, le
droit de faillite devient réellement un droit des entreprises en difficulté et une composante
essentielle du droit économique.
Au royaume du Maroc, le droit de la faillite a évolué à travers des évolutions historiques
selon l’avènement du protectorat français : pré-protectorat, pendant le protectorat, puis Après-
protectorat ;
Pré-protectorat, le droit de faillite a été connu au droit Musulman (chariaa). Or, ce dernier
était plus adéquat et respectant l’humanité au contraire le droit de faillite qui était plus sévère
au droit romain.
Dans ce cas d’espèce, le droit musulman ou bien le plus connu, la Chariaa qui était une
source la plus importante du droit dans les Etats islamiques comme le Maroc. Se caractérise par
le Coran et la Sunna du Prophète. Elle s’intéresse à tous les secteurs de la société puisqu’elle
l’organise sous tous ses aspects sociaux, notamment le droit de la famille, économique,
judiciaire. Lorsque le commerçant n’a pas honoré ces engagements vis-à-vis de ses créanciers
(le débiteur), il est considéré comme un cas particulier, non jamais parler à cette époque sur le
droit de faillite. Or, selon L’hadit « si vous avez des débiteurs qui sont dans la gêne, patientez,
soyez bons pour eux et en faisant ainsi, vous plairez à Dieu si vous leur faites remise de leurs
dettes. Dieu saura vous en tenir compte plus tard. »24
Donc, le droit musulman avait été plus délicat et souple en cas le commerçant se trouve dans
des difficultés surtout financières. Dans chaque tribu, il y a « Cadi » une personne parmi la
communauté, compétant, sagesse, et avoir des expériences afin de gérer et trancher tous les
problèmes, car il a un pouvoir dominent, qui joue un rôle de juge-commissaire pour sanctionner
le débiteur.
23
Yves Guyon, op.cit., p. 14 ; André Jacquemont, op. cit ., p. 9
24
Bouvet, la faillite en droit musulman, paris, 1913,p.7 ., cité par Ahmed Elhajjami, « le redressement des
entreprises en difficulté en droit marocain », thèse, université de metz, 1988,p.11
22
18 juillet 2024
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Pendant le protectorat, le 30 Mars 1912 institution du protectorat français au Maroc, à cette
période la Maroc a connu une véritable révolution juridique. En citant notamment le code de
commerce de 1913 à l’instar du code français de 1807, se voulait le droit de faillite dans son
titre II. Dès le protectorat, la zone française du Maroc était régie par le code de commerce du
12 août 1913.
Après-protectorat, il a été généralisé à tout le Royaume. Ce code était largement inspiré du
code de commerce de 18O7. Donc, apparut le nécessaire d’élaborer un nouveau code de
commerce plus confortable avec le mode des affaires au Maroc. Il ne s’agissait pas d’apporter
une simple réforme au droit commercial, mais de procéder à un mouvement de réforme de tout
notre droit des affaires : la globalisation du commerce international, le développement des
intégrations régionales et une concurrence sans précédent sur le marché mondial.
En effet, pour que l'économie marocaine puisse se forger une place dans ce nouveau
contexte international, il devait alors être impératif et exigence de faire régner un climat de
confiance en mesure d’encourager les investissements nationaux, surtout internationaux. D’où
la nécessité d’élaborer une législation moderne compte tenu de créer un climat de sécurité
juridique. Enfin, d’après cette stratégie socio-économique et politique en vue d’améliorer
l’ordre public économie. le Code du commerce de 1913 fut enfin remplacé par un nouveau code
de commerce en vertu d’un dahir n° 1-96-83 du 1ᵉʳ aout 1996, portant promulgation de la loi
15-95 formant code de commerce, qui a apporté des changements significatifs par rapport au
Code de commerce de 1913. Parmi ces changements, replacer le droit de faillite par le droit des
entreprises en difficulté dans son livre V.
Le droit des entreprises en difficulté : le législateur a lui donné une loi précise 73.17,
suivant de la stratégie économique pour l’amélioration de la vie des affaires. Donc, l’orientation
principale vers le sauvetage de la survie d’entreprise, en tant que cette dernière considère
comme le mouvement et la dynamique des circuits économiques, et aussi le point d’articulation
entre les agents économiques.
Bref, le droit des entreprises en difficulté vient plus souvent garder et protéger l’intérêt
social des entreprises en difficulté de nature financière, économique, sociale, puis même
juridique, promettant d’exercer ses activités commerciales.
À la lumière, le droit des entreprises en difficulté a mis des procédures à suivre pour
chaque entreprise connue des difficultés et assujettie à ce droit, ça dépend sa situation ;
autrement dit, si elle n’est pas en état de cessation de paiement va solliciter les procédures des
préventions (interne et externe), mais si elle est en état de cessation de paiement, elle va
transmettre directement vers les traitements judiciaires, (redressement ou liquidation). Mais la
question qui s’intervient ici : en allant plus loin, si le législateur a mis des procédures
préventives pour redresser l’entreprise avant la cessation de paiement. Or, en cas d’échec de
ces procédures, et plus grave, l’entreprise va à la liquidation judiciaire. Dans ce cas d’espèce,
il y a deux propositions, soit insuffisance de procédures, soit une faute commise qui est un
facteur principal causant la disparition d’entreprise. Donc, comment le droit des entreprises en
difficulté intervient-il pour la mise en œuvre de la responsabilité pénale des personnes qui ont
commis la faute au moment de la procédure ?
23
18 juillet 2024
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
La dernière étude et statistique récents, d’Allianz Trade, Le Maroc traverse une période
économique relativement tumultueuse, marquée par une vague de faillites et des défaillances
sans précédent. Révèle une augmentation alarmante de 13% du nombre de faillites, avec un
record de 16 100 entreprises attendues en 2024. Cette crise fait suite à une hausse historique de
59% en 2021, illustrant la gravité de la situation économique actuelle.
Les facteurs de cette crise sont multiples et interconnectés. Les répercussions de la
pandémie de coronavirus continuent de se faire sentir, exacerbées par des conditions
climatiques défavorables, une inflation en hausse et des exigences de performance accrues. Les
entreprises marocaines sont confrontées à des retards de paiement, une diminution des revenus,
un manque de liquidités et un risque d’insolvabilité croissant.
Selon les données recueillies, le taux de faillite national dépasse de 9% le taux mondial.
Elles mettent en avant l’attention sur la vulnérabilité des petites et moyennes entreprises (PME),
confrontées à des défis majeurs tels que la perte de vision stratégique, l’incertitude des
investissements, les risques de non-performance et l’augmentation des coûts de financement.
Et enfin, la disparition d’entreprises du monde des affaires, cela va être impact de manière direct
et indirect sur l’ordre public économie.
En effet, plus d'illustration en s’interrogeant, ces facteurs économiques se sont-ils les
seules étiologies causant la défaillance des entreprises ? d'autre façon, dans quelles mesures les
dirigeants des entreprises, pouvaient-elles être sanctionnées pénalement en cas de liquidation
d’entreprise ? En parlant ici d’une entreprise qui est en état dramatique et simultanément
soumise aux procédures collectives, surtout soit au redressement ou liquidation judiciaire ;
signifiant qu’elle est état de cessation de paiement. Alors, cette entreprise a besoin d'une
protection pénale, car elle est vulnérable vis-à-vis tant de ses dirigeants que de ses tiers, leurs
actions que leurs gestions cachées sous derrière l’entreprise en tant que personne morale. À cet
égard, de mauvaise foi, ils vont être dans chaque procédure violant l'intérêt social de l'entreprise.
« Il est assez légitime de s’interroger sur l’incidence des fautes des dirigeants sur la défaillance
de l’entreprise débitrice chaque fois que celle-ci ne peut plus être redressée »25
Le législateur conscient de cette vulnérabilité. Qu’il ait adopté de nouvelles mesures dans
la loi 73.17 formant le droit des entreprises en difficulté parmi les nouveautés a pu de distinguer
entre l’entreprise de l’homme qui la dirige des mesures patrimoniales destinées à traiter les
difficultés, et ce, indépendamment du comportement et des agissements de son dirigeant. En
vue d’engager la responsabilité qui les a soumis à ce droit précité. Ceux qui ont commis des
fautes ou des agissements violant l’intérêt social d’entreprise.
La loi 73.1726 relative au droit des entreprises en difficulté a incorporé dans sa préambule
l’expérience des différentes législations ; comme la dernière instauration de la procédure de
sauvegarde « mi-chemin » cette initiative résume la philosophie du législateur de mettre des
procédures néfaste et sauvetages l’entreprise débitrice pour la raison de garantir la poursuite de
son activité, le maintien de l’emploi, et l’apurement du passif et aussi la croissance de
l’entreprenariat.
25
André Jacquemont, op. cit., p. 597
26
Cette loi 73.17 a modifié le livre V du code de commerce 15.95
24
18 juillet 2024
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Conformément de l’Article 560 La procédure de sauvegarde a pour objet de permettre à
l’entreprise de surmonter ses difficultés afin de garantir la poursuite de son activité, le maintien
de l’emploi et l’apurement du passif.
La nouvelle loi porte aussi une dimension sociale, en essayant de remédier à la précarité de
la situation des salariés de l’entreprise, à travers l’amélioration des conditions du maintien de
stabilité des emplois et la garantie d’une meilleure prise en charge des créances salariales.27
De plus en plus, la finalité principale du droit des entreprises en difficulté est de nature
paradoxale, car constituant d’une part des matières préventives pour réorganiser l’entreprise qui
est en difficulté. Et d’autre des matières répressives à travers des sanctions pénales afin
d’assurer la protection de l’intérêt social de l’entreprise, « intérêt suprême » contre toutes les
fautes et les comportements de dirigeants fautifs. En parlant ici sur le titre VII du livre V de la
loi 15.95 relative au Code de commerce, particulièrement son chapitre II qui traite le délit de la
banqueroute et, mais le législateur a laissé l’appareil pénal plus large qu’il utilise la diapositive
« les autres infractions ». Complétant le dispositif du délit de banqueroute, pour sanctionner
plutôt les personnes qui ont été, soit complices des auteurs qui ont énuméré dans l’article 736
du Code de commerce. Soit ont agi dans leur intérêt, même les organes judiciaires des
procédures ; le syndic, le liquidateur, le juge-commissaire lorsqu’ils ont commis des
agissements contre l’intérêt social d’entreprise en question.
27
Omar Bousalem, la sanction dans le cadre des procédures des difficulté d’entreprise, thèse doctorat, droit
privé, fsjes-Fès,2021, p. 8
28
Ibid., p. 9
25
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Que le législateur pénal dût renvoyer les dispositions pénales concernant le droit des
entreprises en difficulté au droit de commerce 15.95 qui est de caractère spécial. Or, il nous a
renvoyé de faire la comparaison avec les dispositions des articles (721 à 727)29 de la loi 15.95
formant code de commerce.
À ce stade, quelle est la limite de droit pénal de poursuivre les auteurs des infractions
commises au moment des entreprises qui sont soumises aux procédures des entreprises en
difficulté ?
De surcroît, la philosophie de la responsabilité et des sanctions pénales au cours des
procédures collectives a une vocation primordiale en vue de protéger l’intérêt social de
l’entreprise débitrice. Car les chefs des entreprises qui ne sont pas tous compétents pour gérer
le risque subi aux leurs entreprises. De ce fait, le noyau de notre étude sur ce sujet se construira
sur une problématique pertinente : dans quelle mesure les sanctions pénales pouvaient-elles
protéger efficacement l’intérêt social des entreprises qui sont soumises aux procédures
collectives ?
29
Ces articles dans le livre V du code de commerce 15.95, sont modifiés par les articles (754 à 757) de la loi
73.17
26
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PREMIERE PARTIE : LE SORT D’INTÉRÊT SOCIAL DES
ENTREPRISES EN DIFFICULTE
27
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« Lorsque l’entreprise mène une vie normale et que tous les intérêts sont satisfaits,
l’exploitants, personne physique ou morale est maitre son affaire. Aucune autorité ne peut
s’immiscer dans la gestion tant qu’elle est conduite sans abus, ou s’ingérer dans la relation de
l’entreprise avec ses difficulté partenaires »30. Or, dans un autre sens, si l’entreprise connaît des
difficultés qui promettent d’exercer ses activités commerciales. Dans ce cas d’espèce, il s’exige
d’intervenir les autorités judiciaires afin de la ressortir de cette situation, soit par la requête du
chef d’entreprise en question, soit par l’initiative du président de commerce à travers la loi
73.17 formant le droit des entreprises en difficulté.
Lorsqu’une entreprise fait face à des évènements qui menacent la continuité de son
exploitation, certaines mesures légales sont à prendre. Avant qu’elle ne soit en cessation de
paiement, et qu’elle soit en état de cessation de paiement. Le législateur marocain a mis en place
des procédures pour cette situation. Ces procédures ressortent du Code de commerce. Ou bien
dans le droit des entreprises en difficulté. Ces procédures, dont l’objectif est de prévenir et de
redresser l’entreprise en difficulté afin d’assurer la protection, un objectif primordial dans la vie
des entreprises ; c’est l’intérêt social ou bien dit l’intérêt général, pour lequel elle s’existait dans
la sphère économique.
Lorsqu’une entreprise fait face à des évènements qui menacent la continuité de son
exploitation, certaines mesures légales sont à prendre. Avant qu’elle ne soit en cessation de
paiement, et qu’elle soit en état de cessation de paiement.
Le législateur marocain a mis en place des procédures pour cette situation. Ces procédures
ressortent du Code de commerce. Ou bien dans le droit des entreprises en difficulté. Ces
procédures, dont l’objectif est de prévenir et de redresser l’entreprise en difficulté afin d’assurer
la protection, un objectif primordial dans la vie des entreprises ; c’est l’intérêt social ou bien dit
l’intérêt général, pour lequel elle s’existait dans la sphère économique.
En effet, le droit des entreprises en difficulté intervient souvent pour trouver des solutions
adéquates en vue d’aider l'entreprise qui a connu des difficultés de nature juridique, économique
ou financière. Cela va impacter négativement sur l’ordre public économique. À titre
d’illustration, l’intérêt social d’entreprise occupe une place probante dans le développement
économique. Donc, c'est la raison pour laquelle le législateur pénal intervient-il pour protéger
l’intérêt social d’entreprise en difficulté. (TITRE I).
30
Noureddine Abdellaoui, l’intervention du juge dans les difficultés de l’entreprise : aspects théorique et
pratiques, thèse doctorat, droit privé, fsjes-Fès, soutenue 2018, p.1
31
ALOUI Bouchta,op.cit., p. 8
28
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Au-delà, il y a également des sanctions pénales s’appliquant à tout ce qui a commis des
infractions violant l’intérêt social de l’entreprise qui soumise aux procédures collectives, ou
bien causant par ses agissements l’entreprise à disparaitre. À ce point, le législateur a sanctionné
ces infractions et des agissements tant dans le droit pénal comme un droit unifié dans sa section
IV (les articles 556 à 569) que dans le Code du commerce comme qui est un droit spécial, dans
son titre VII, chap II.
De ce côté, en cas d’infraction par le délit de banqueroute. Dans le droit pénal unifié, y a-t-
il le principe d’autonomie d’appliquer ses dispositifs pour sanctionner l’auteur de l’infraction
ou bien il a des restrictions par le droit commercial ? (TITRE II).
« Si l'entreprise, en tant que cellule de production et en tant que créatrice de richesses, a une
importance déterminante pour l'économie, elle est aussi une cellule sociale. Une fraction fort
importante de la population y passe la majeure partie de sa vie et de son temps et il s'y noue
toute une série de relations et de conflits.
Cette constatation serait, en soi, très banale si elle ne s'accompagnait d'une évocation des
causes de ces conflits. »32
D’ailleurs, le droit des entreprises en difficulté vient de plus souvent, de sauver une
entreprise en difficulté en vue d’apurement le passif et le maintien l’emploi, en tant qu’elle est
l’unité de la création la richesse et le développement économique. Autrement dit, l’entreprise a
un objectif plus de réaliser un profit lucratif, et aussi la raison d’être. Plus particulièrement,
l’intérêt social qui est considéré un intérêt plus suprême que les intérêts de ses dirigeants, de
ses créanciers… Or, à ce stade, La difficulté réside notamment dans le fait que l’intérêt social
l’objet d’une appréciation différente selon les branches du droit. Donc, l’objectif sera de
remettre en perspectives différentes approches et appréhensions de l’intérêt social.
Dans le sort que, de voir l’intérêt général de sanctionner les dirigeants sociaux défaillants et
les écartés de la vie des affaires. En revanche, de sauver l’entreprise notamment dans les
sociétés actuelles.
32
Bachy Jean-Paul. Rapport Sudreau et réforme de l'entreprise . In: Sociologie du travail, 17ᵉ année n°3,
Juillet-septembre 1975.p. 273, disponible sur le site : Rapport Sudreau et réforme de l'entreprise - Persée
(persee.fr)
29
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
« L’entreprise est fonction importante. Sa défaillance ou sa disparition peut avoir des
conséquences grave ; il importe donc que le législateur se préoccupe de son sort. Indépendant
de celui que la loi réserve à ses dirigeants, il est condamné par l’intérêt général et est arrêté
uniquement en fonction de considération économique »33. Cette notion d’intérêt social, bien
qu’elle puisse apparaître confuse, puisque non définie par la loi, a une portée normative
indéniable puisque sa violation par les organes sociaux fait l’objet de sanctions diverses.
(Chapitre I)
En effet, le dirigeant encourt des sanctions rigoureuses puisque la violation de l’intérêt social
pourra justifier son remplacement, et le cas échéant justifier la mise en œuvre de sa
responsabilité civile. Dans certains cas, le dirigeant pourra même engager sa responsabilité
pénale si un abus de bien social est caractérisé. Il conviendra également d’exposer les difficultés
qui résultent de l’absence de définition légale de l’intérêt social. De ce fait, le droit pénal a une
finalité primordiale dans la protection l’intérêt social d’entreprise. (Chapitre II).
Cette notion d’intérêt social, bien qu’elle puisse apparaître confuse, puisque non définie par
la loi, a une portée normative indéniable puisque sa violation par les organes sociaux fait l’objet
de sanctions diverses, notamment pénale, que nous envisagerons à ce pertinent sujet.
L’intérêt social a des enjeux essentiels en termes des stratégies socio-politiques, de marchés
et de gouvernance. Tout d’abord, l’intérêt social guide la politique suivie par la société,
notamment en matière de décision d’investissement, de distribution de dividendes ou
d’absorption d’une autre entreprise. L’intérêt social a également des incidences sur le marché,
celui-ci devant être en mesure de connaître l’objectif poursuivi par la firme afin de permettre
des décisions efficientes – condition d’un bon fonctionnement des marchés financiers 34. Donc,
« l’intérêt social apparait comme un outil d’intégration indispensable de ces nouveaux
paradigmes que sont le développement durable »35
La mise en perspective du mouvement de procéduralisation de l’intérêt social et
actuellement de re-substantialisation est intéressante du point de vue de l’économie des
conventions à plusieurs titres. En premier lieu, l’intérêt social est institutionnalisé, puisqu’il est
institué dans le droit, mais paradoxalement, il ne repose sur aucune convention au sens de
l’économie des conventions. Ainsi, les structures de gouvernance en place dans les sociétés,
quelle que soit la composition du conseil d’administration, fonctionnent sans accord de
jugement dans l’ensemble de l’entreprise. Une telle situation n’a rien d’extraordinaire, mais
dans le contexte de l’entreprise, les conventions du conseil d’administration peuvent prévaloir,
au risque d’empêcher certains projets utiles à l’entreprise.
33
Jean-François Martin, op.cit.,pp.12
34
E. MacKaay et S. Rousseau, Analyse économique du droit , Dalloz, Thémis, n°309 et suiv, 2008, p.81, spéc.
p.86 et suiv., n°309 et suiv
35
F. G. Trébulle, Entreprise et développement durable , Environnement, 1er novembre 2007, n°11, p.8
30
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
En effet, en la matière, la notion d’intérêt social d’entreprise qui est soumise aux procédures
collectives acquière une dimension spécifique qui dépasse le cadre étroit d'un sujet de droit. Il
ne s'agit pas, uniquement, de mettre en œuvre les procédures collectives sur l’entreprise qui est
en difficulté pour la redresser, mais de protéger en plus des intérêts aussi nombreux que
complexes. Le juge se trouve, alors, en face d'une multitude des intérêts contradictoires dont il
devra prendre en charge le sauvetage d’entreprise et même temps de protéger son intérêt social.
Dans cet optique, l’intérêt social n’est pas défini par la lo de manière explicite, l’intérêt social
est une notion absolument essentielle du droit des sociétés, certains auteurs n’ayant pas hésité
à évoquer l’idée d’une « boussole » des sociétés ou d’une « norme suprême à laquelle les acteurs
de l’entreprise doivent s’assujettir ».
En effet, la boussole de l’intérêt social indique deux directions : l’intérêt de la société
personne morale proprement dit et l’intérêt commun des associés. Toute tentative de définition
est alors vouée à l’échec.
Cette notion d’intérêt social renvoie à l’intérêt autonome de la société, autrement dit à son
intérêt propre. En effet, l’intérêt social implique que les dirigeants agissent dans le respect de
l’intérêt de la société. En effet, la notion de l’intérêt social d’entreprise a des significations selon
l’approche pour lequel il est défini. (Section I). De plus, il y un débat juridique afin de mettre
des grandes lignes d’intérêt social tant dans la doctrine, que la jurisprudence. (Section II)
Au cours du XXe siècle, l’intérêt social a fait son apparition dans les différentes branches du
droit (droit civil, fiscal…), avec des logiques multiples. En droit du travail, il est utilisé tantôt
pour limiter le pouvoir des employeurs, tantôt pour justifier le pouvoir des dirigeants (dans le
cadre par exemple d’un contentieux relatif au pouvoir disciplinaire de l’employeur). L’intérêt
social est donc mobilisé différemment selon les circonstances, et il est l’objet d’un phénomène
de « procéduralisation » (Bennini, 2010) : les juges y recourent en cas de conflit d’intérêt, pour
traiter d’une divergence entre un intérêt catégoriel et celui de la personne morale, mais de
manière extrêmement contingente36.
La recherche d’une définition du concept d’intérêt social, en droit, est un jeu d’équilibriste.
Depuis, le code de commerce de 1807, le code français des sociétés hésite toujours entre
l’approche contractuelle d’inspiration anglo-saxonne et la conception institutionnelle qui
caractérise le droit germanique. Classiquement, on distinguait la conception contractuelle de
la société et la conception institutionnelle. D’une part, le pouvoir appartenait aux auteurs
économiques qui dans le statut marquait une volonté entre associés de mettre en commun un
apport afin de partager les bénéfices en résultant. D’autre part, constitue en réaction à la
première, on privilégiait un intérêt géométrie variable selon que l’on s’intéressait à la société
personne morale, aux associés propriétaires du capital, aux dirigeants gestionnaires et charger
de la réalisation de l’objet social, aux créanciers, aux salarié, tiers…).
36
Blanche.Segrestin, Intérêt social et objet social, ou comment renouveler une convention
d’entreprise,article,Hal open science, MINES ParisTech, PSL Research University, CGS(centre de gestion
scientifique),2016,p.2
31
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Afin de définir l’intérêt social, la doctrine a coutume de présenter cette notion sous une
double approche, à la fois contractuelle (sous-section I) et institutionnelle (sous-section II).
Le doyen Ripert, en France, a été le premier en 1951, à soutenir que la société est au service
d’une finalité. Mais, la loi de 1966 avait opté pour la sécurité juridique : la prise en considération
de l’intérêt économique à long-terme de l’entreprise, favorisant ainsi la technostructure. Le
projet Marin revient, au contraire, à l’aspect contractuel de la société, rappelant l’intérêt
commun des actionnaires. Et de surenchérir que « l’intérêt social, censé transcender les intérêts
des actionnaires, est devenu l’alibi d’un nouveau « despotisme éclairé », La corporate
gouvernance insiste davantage sur une combinaison d’intérêt. Le rapport Viénot reconnait ainsi
un intérêt de la société qui peut être différent de celui de ses actionnaires, des salariés, des
dirigeants, du trésor public. La spécificité du contrat de la société viendrait du fait que l’intérêt
des associés n’a pas pour unique objectif le partage de bénéfices, mais également de retirer les
bienfaits les plus importants de leur entreprise comme : « révolution muette » 37
Si l’on fait prévaloir la nature contractuelle de la société, cette dernière trouvant son origine
dans le contrat de société, l’intérêt social renvoie à l’intérêt des associés car la société est
constituée dans leur intérêt, l’article 1833 précité faisant d’ailleurs explicitement référence à
l’intérêt commun des associés.
En réalité, la question de l’intérêt social renvoie à la notion de personnalité juridique. En
effet, plus qu’un plus contrat, la société est en principe une personne morale, c’est-à-dire un
groupe doté de la personnalité juridique, titulaire lui-même de droit et d’obligations abstraction
faite de la personnalité des membres qui le composent. En claire, la société dispose donc d’un
patrimoine propre, distinct des patrimoines de ses associés.
Toutefois, le concept d’intérêt social peut également être compris au regard de l’approche
institutionnelle et fonctionnelle de la société.
Cette approche dite institutionnelle de la société conduit donc à appréhender l’intérêt social
de manière plus large que d’apprès le seul intérêt des associés. L’intérêt social renverrait donc
davantage à l’intérêt de l’entreprise elle-même, ne se réduisant pas au seul intérêt des associés.
En ce sens, le rapport Viénot sur le conseil d’administration des sociétés de juillet 1995
définit l’intérêt social comme :
Isabelle Cadet, L’intérêt social-concept à risques pour une nouvelle forme de gouvernance, Istec,
37
Management & Sciences Sociales, 2012/2 (N° 13) 2012/2 (N° 13), p.21
32
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
L’intérêt supérieur de la personne morale elle-même, c’est-à-dire de l’entreprise considérée
comme un agent économique autonome, poursuivant des fins propres, distincte notamment de
celle de ses parties mais qui correspondent à leur intérêt général commun, qui est d’assurer la
prospérité et la continuité de l’entreprise.
Les organes sociaux, associés mais particulièrement dirigeants, doivent donc veiller à
respecter l’intérêt propre de la société. Si l’approche institutionnelle semble nous éclairer sur la
consistance de l’intérêt social, la personnalité juridique ne saurait à elle seule expliquer l’intérêt
social.
Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. La notion d’intérêt social elle-même est assez
récente. Elle fut introduite en droit français en 1935, à propos de l’abus de bien social, qui est
défini de la manière suivante : « Le fait, pour les gérants, de faire, de mauvaise foi, des biens
ou du crédit de la société, un usage qu'ils savent contraire à l'intérêt de celle-ci, à des fins
personnelles ». L’abus de bien social sera plus tard reconnu comme susceptible de porter
atteinte non seulement aux associés, mais aussi aux tiers (Crim. 26 mai 1994) 38.
38
Blanche Segrestin, op.cit., p.2
39
COZIAN Maurice, VIANDIER Alain, Droit des sociétés, Litec, 13ème éd, n° 431, p. 148
40
art 1833 du code civil Fr .
33
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Sous-section II : un débat juridique jurisprudence
C’est la Cour de cassation qui, au fil de sa jurisprudence, en se fondant sur l’article 1833
du Code civil, qui dispose que « toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans
l’intérêt commun des associés », a consacré la notion d’intérêt social, sans jamais la définir.
Dans ce sens, le projet de loi Macron du 6 aout 2015 ambitionnait dans sa version initiale de
modifier l’article 1833 afin de créer une obligation de gérer la société « au mieux de son intérêt
supérieur, dans le respect de l’intérêt général économique, social et environnemental ». Cette
modification n’a finalement pas été retenue, la notion d’intérêt « supérieur » de la société ayant
été jugée trop ambiguë. Notons que cette définition légale particulièrement exigeante, si elle
avait été adoptée, aurait probablement conduit à accroître le risque pour le dirigeant d’engager
sa responsabilité civile pour faute de gestion, bien que le vocable « au mieux » laisse à croire
qu’il aurait seulement été question d’une obligation de moyen.
L’intérêt social, avec les notions connexes de l’intérêt de la société ou de l’entreprise, est
une notion bien connue des juristes. Il y est fait référence comme d’une boussole pour les
entreprises, ou comme une « norme suprême à laquelle les acteurs de l’entreprise doivent
s’assujettir » (Bennini, 2010). L’idée est d’ailleurs reprise par les milieux d’affaires, au travers
des codes de gouvernance. Le rapport Viénot (1995) le définit comme « l’intérêt supérieur de
la personne morale elle-même, c’est-à-dire de l’entreprise considérée comme un agent
économique autonome, poursuivant des fins propres, distinctes notamment de celles de [ses
parties] mais qui correspondent à leur intérêt général commun, qui est d’assurer la prospérité et
la continuité de l’entreprise »41.
Remarquons également que cette définition coïncide avec l’approche institutionnelle de la
société, telle que nous l’avons envisagée. Aussi, la première recommandation du rapport «
L’entreprise, objet d’intérêt collectif » est d’ajouter un second alinéa à l’article 1833 du Code
civil qui préciserait que « la société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les
enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». L’intérêt social renverrait donc bien à
l’intérêt supérieur de l’entreprise, et non pas au seul intérêt commun des associés. Cette
définition est cohérente eu égard à la définition légale de la personnalité juridique.
L’apparition d’un droit pénal dans le mode des affaires est contemporaine de la création, au
période de XIXe siècle, des premières formes modernes de société. Intervention par la nécessité
de développement les relations commerciales. Elles s’imposent de disposer d’incrimination
spécifiques, pour protéger notamment l’intérêt suprême dans la vie économique. Donc, le
législateur a créé des sanctions adaptées aux cas où le droit commun ne trouvait pas à
s’appliquer.
41
Blanche Segrestin, op.cit.,p.1
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
En effet, le nombre de règles que les dirigeants d’entreprise doivent respecter et pour
lesquelles une sanction pénale existe est pléthorique. Pour autant, le nombre excessif de normes
pénales propres à régir les prescriptions applicables aux sociétés ne fait pas l’objet d’un
accroissement constant de lois mais d’un mouvement de flux et de reflux qui n’obéit pas à une
réelle cohésion, ce qui le rend peu efficient.
Ainsi, dès la création du Code de commerce, on ne recensait pas de très nombreuses
dispositions pénales visant à sanctionner les besoins juridiques du commerce moderne, mais
bien au contraire une compilation de règles archaïques inadaptées à l’expansion économique :
les efforts des rédacteurs semblaient principalement consacrés à sanctionner les banqueroutiers
à l’instar de la volonté de Bonaparte.
SECTION I : La théorie de la pénalisation des dirigeants
troublant l’intérêt social
Le législateur a mis des sanctions dans le mode des affaires, d’une part dans le code pénal
unifié et d’autre dans lois spécifiques comme du code de commerce, spécialement de son livre
V, bien évidement de mettre des sanctions à toutes les actes qui troublent l’intérêt social
d’entreprise soumet aux procédures de traitement judiciaires, car cela va impacter négativement
sur l’ordre public économique. À titre d’exemple le délit de banqueroute dans le droit des
entreprises en difficulté.
Sous-section I : protection l’intérêt social comme une valeur économique
L’intérêt social d’entreprise en difficulté s’exige forcement de protéger pénalement, vue que
la place qui s’occupe primordiale dans le secteur des affaires, et dans l’équilibre l’ordre public
économique. Autrement dit, l’entreprise participe à la création et de maintien d’emploi et
l’amélioration la vie socio-économique. Plus loin le développement durable de l’Etat. Donc,
l’intérêt social d’entreprise qui est considère comme une valeur économique. Car l’entreprise
se crée pour satisfaire son intérêt suprême, ou bien plus large c’est la stratégie de la politique
économique du pays pour assurer la stabilité économique national d’une part, et d’entrer dans
la concurrence sur la scène internationale d’autre part. concrètement, on ne verra la protection
de l’intérêt social, et l’amélioration de la vie socio-économique que par biais la pénalisation
dans le mode des affaires.
42
J.-M. CARBASSE, Histoire du droit pénal et de la justice criminelle, PUF, coll. Droit fondamental, 2014, n°
221, p. 375.
43
G. ROYER, L’efficience en droit pénal économique, LGDJ, coll. « Droit et économie », 2009, n° 70, p. 88.
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En revanche, le droit pénal des entreprises en difficulté semble attacher une protection
particulière l’intérêt social d’entreprise soumet aux traitements judiciaires.
Le droit pénal des sociétés est contenu dans le Code de commerce. Celui-ci, à l’origine vierge
de toute contamination répressive, a peu à peu été colonisé par le droit pénal. En effet, le
législateur est rapidement rendu compte que la création de la personne morale, avec ses fonds
importants, ses biens, ses mouvements de capitaux, constituait une source importante de
tentations. Intervention du droit pénal-son aspect dissuasif comme répressif-est apparu comme
nécessité pour régler le droit des affaires. 44
De la fin du Moyen Age au XVIème siècle, l’importance du délit commis est indifférente.
Tout comportement prohibé doit être sévèrement et publiquement puni. La peine devant avoir
une forte portée dissuasive45
En matière de sanctions, il recourt au concept « d’utilité sociale » qui est la valeur qui permet
d’évaluer la nécessité de la peine et les sanctions applicables. La peine doit ainsi être le
corollaire de la violation de « l’intérêt social ». Les peines infligées doivent également être
mesurées et être proportionnées à l’atteinte engendrée46.
La vie dans le monde des affaires n’est pas la communauté idéale où règne l’honnêteté. Ainsi
« les affaires » sont souvent jonchées de malhonnêteté et de malversations qualifiées par le
criminologue EDWIN SUTHURLAND de « délinquance en col blanc ». Tel est le cas des
comportements répréhensibles, en particulier vis-à-vis de patrons voyous lorsque l’entreprise
fait l’objet d’une procédure judiciaire de traitement des difficultés. C’est à la famille desdits
comportements que se rapporte la banqueroute. Plus particulièrement des actes violant l’intérêt
social de cette entreprise, ayant des effets négatifs qui vont perturber l’ordre économique. À ce
stade, le praticien Jean-Claude Marin « la protection de l’économie peut être à l’origine de
sanction pénale »47
Sachant qu’on a expliqué, il y une absence juridique de la notion d’intérêt social a donné aux
magistrats la possibilité d’en faire une interprétation très sévère pour les dirigeants. Ainsi cette
notion permettait originellement de sanctionner les dirigeants qui prenaient volontairement des
décisions dans leurs propre intérêt en dépit de l’intérêt de la société qu’ils dirigeaient.
44
Coralie Ambroise-Castérot, droit pénal spécial et des affaires -infractions contre les personnes et contre les
biens-atteinte aux intérêts publics-droit pénal des entreprises et des sociétés, Gualino lextenso, 4e éd, Fr, 2014,
p.359
45
J-M Carbasse, op.cit., p.275 et suiv
46
C. Beccaria, Du traité des délits et des peines, chap. II. Cité par., Anne-Cécile Bloch, La dépénalisation du
droit des sociétés et l’extension de la responsabilité des personnes morales. Thèse en Droit privé, université du
Maine, Fr, soutenue le 18-Dec-2013, p.64
47
J-Cl. Marin, in La justice pénale face à la délinquance économique et financière, Dalloz, 2001, p.48.
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En France, « Les Hauts magistrats ont admis ultérieurement par extension qu’un acte de
gestion intentionnel dans l’intérêt de la société mais qui peut avoir des conséquences négatives
peut constituer une violation de l’intérêt social »48.
Le législateur marocain a également pris la théorie de recourir au droit pénal unifié dans le
mode des affaires pour protéger l’intérêt social de l’entreprise. Lequel qui a qualifié un délit de
banqueroute pour sanctionner les auteurs violant l’intérêt social d’entreprise soumise aux
traitements judiciaires.de plus, dans les textes spéciaux
À partir de la création de l’entreprise, et cours de sa vie, puis jusqu’à sa liquidation
notamment dans un arsenal juridique : la loi 17.95 formant le code de société anonyme et la loi
5.96 formant les autres formes de société puis le code de commerce 15.95. Vue que, le
législateur a été inclus la notion de l’intérêt social dans ces textes juridiques de manière
implicite, comme dans l’article 423 de la loi 17.95 code de société anonyme : « …un usage
qu’il savait contraire à intérêt économique… ». Mais ce que nous intéresse dans cette
illustration, les matières pénales dans le code de commerce notamment le chapitre II, titre VIII
le livre V. sanctionnant à travers le délit de la banqueroute et les autres agissements assimilés
toutes actes violant l’intérêt social d’entreprise notamment après le jugement d’ouverture les
traitements judiciaires.
SECTION II : la théorie de la dépénalisation des dirigeants
troublant l’intérêt social
Le maître-mot du changement s'appelle "dépénalisation" dans le but de répondre aux
critiques adressées au régime ancien. Elle correspond à une volonté de substituer dans une large
mesure des sanctions civiles aux sanctions pénales dans le droit des procédures collectives, afin
de n'imposer des peines que lorsque le comportement du prévenu a été grave. Le sens du mot
"dépénalisation" doit être précisé. 49 La réforme de la banqueroute par la loi du 25 janvier 1985
supprime purement et simplement certains cas de banqueroute. Ceux-ci sortent définitivement
du champ des comportements punissables pénalement ou non. En ce sens, ceci correspond plus
à une "décriminalisation", puisque le "crimen" disparaît. En revanche, la loi du 25 janvier 1985
opère aussi une "dépénalisation" dans le sens où certains faits demeurent répréhensibles, le
"crimen" existe mais ne sont plus punis par des sanctions pénales : ils seront dès lors frappés
d'une sanction civile, la faillite personnelle 50.
Aujourd'hui, en effet, la doctrine s'accorde sur la place nécessaire du droit pénal notamment
sur sa vocation pédagogique51 au sein des règles commerciales52. Ainsi que, le Conseil de
l'Europe considère d'ailleurs "qu'une lutte contre la criminalité des affaires redresse l'équilibre
du système de justice pénale par rapport aux infractions traditionnelles, confortant ainsi la
confiance du public dans le fonctionnement de la justice" 53.
48
B. Bouloc, Le dévoiement de l’abus de biens sociaux, RJC com,1995, p.302 et suiv
49
Marie-Christine Sordino,le délit de banqueroute : contribution à un droit pénal des procédures collectives,
Litec,Paris,p.31
50
Ibid.
51
J.Carbonnier, Variation sur la loi pédagogue , Flexible droit, 7e éd, 1992,p.142 et suiv
52
J.Larguier, droit pénal des affaires , A.Colin,8e éd, 1992,p.5 et suiv
53
Recommandation élaborée par le comité restreint sur la criminalité des affaires,1981
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Ainsi, le mouvement de dépénalisation a-t-il atteint le droit pénal des procédures collectives
dans la protection l’intérêt social ? À partir du 25 janvier 1985, ne subsiste qu'un type
d'infraction la banqueroute. Il n'existe plus qu'un seul régime lorsque le délit est constitué. Ainsi,
la terminologie est uniformisée : on parle désormais de la banqueroute et non plus des
banqueroutes. Tous les cas de banqueroute sont devenus obligatoires. Ces aménagements
simplifient considérablement le dispositif de sanction : le délit de banqueroute est unifié
La banqueroute apparaît comme une infraction devant nécessairement faire l’objet d’une
pénalisation sévère dès lors qu’elle vise à sanctionner les agissements d’un dirigeant à qui l’on
peut reprocher la gravité de son comportement qui a entraîné la cessation de paiements de
l’entreprise qu’il dirige. Toutefois, cette infraction, bien que nécessaire, était appliquée à de trop
nombreux comportements, ce qui explique que dès le mouvement de la théorie de la
dépénalisation, le législateur a effectué plusieurs tentatives de dépénalisation (sous-section I)
Enfin, il convient d’étudier l’efficience d’une dépénalisation lors qu’en touchant l’intérêt social
d’entreprise « délit de banqueroute » (sous-section II).
La loi du 25 janvier 1985 qui réformait le droit des procédures collectives a notablement
réduit le nombre d’incriminations qui pouvaient constituer les faits de banqueroute.54 Ainsi on
distinguait antérieurement à cette loi des cas de banqueroute simple, de banqueroute
frauduleuse. Désormais, l’article L654-2 du Code de commerce prévoit les cinq cas de
banqueroute applicables. Peuvent ainsi faire l’objet d’une telle procédure les actions
frauduleuses, le détournement ou la dissimulation de l’actif, l’augmentation frauduleuse du
passif, la tenue d’une comptabilité fictive et l’emploi de moyens ruineux pour se procurer des
fonds ou les achats en vue d’une revente au-dessous des cours. Pour cette dernière
incrimination, l’intention frauduleuse de l’auteur doit être recherchée par le juge.55 Donc le juge
pénal avait des pouvoirs plus larges afin de poursuivre les auteurs du délit de banqueroute. Or,
les autres hypothèses qui faisaient antérieurement l’objet de poursuite pénales ne sont pas toutes
exemptées de peines dès lors qu’est substituée à la sanction pénale une sanction civile ou
commerciale de faillite personnelle ou d’interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler
toute entreprise commerciale ou toute personne morale.
En effet, « antérieurement à cette loi, le législateur restreignait le pouvoir des juges pénaux
en soumettant obligatoirement l’ouverture de la procédure de banqueroute à une décision
préalable d’ouverture de redressement judiciaire par les juges civils et commerciaux. Ainsi, la
théorie de la « faillite virtuelle » était abandonnée : le juge pénal ne pouvait normalement plus
ouvrir une procédure de banqueroute en considération d’un état de cessation des paiements
alors qu’aucune procédure de redressement judiciaire n’avait pas été préalablement ouverte par
un juge civil ou commercial. Parallèlement, le Ministère Public se voyait octroyer le droit de
solliciter l’ouverture d’une procédure collective par ces mêmes juges. »56
54
B. Bouloc, La réforme de la banqueroute , Mélanges, A. Vitu Cujas 1989, p.65-83
55
Anne-Cécile Bloch,op.cit., p.222
56
Ibid., p.223
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Une telle solution fut d’ailleurs l’objet de très sévères critiques par la doctrine qui rejeta
massivement l’assimilation de cette exigence législative à une simple règle de forme. À
contrario, elle devait être considérée comme une condition de fond. Toutefois, les Hauts
magistrats réaffirmèrent leur volonté de ne pas consacrer la dépénalisation initiée par la loi de
1985 et ils jugèrent que dès lors qu’un redressement judiciaire avait été ouvert par le juge civil
ou commercial, le juge pénal n’était pas tenu par la date de cessation de paiement retenue par
les juges consulaires57. « Une telle solution avait ainsi pour conséquence de consacrer à
nouveau la cessation des paiements comme une condition constitutive du délit que les juges
pénaux pouvaient pleinement apprécier »58.
On peut ainsi conclure que la loi de 1985 n’a que très faiblement réduit les pouvoirs des
juges pénaux, qui dès lors qu’une procédure collective est ouverte par un juge civil ou
commercial ne sont astreints à aucune limite dans leurs pouvoirs d’appréciation. La
reconnaissance de la cessation des paiements par le juge civil ou commercial apparaissait
toutefois comme « l’élément déclencheur ou la condition suspensive » au pouvoir
d’interprétation souverain des juges pénaux. 59
Les auteurs de la loi du 26 juillet 2005 ont voulu restreindre le rôle du juge pénal dans le
droit des entreprises en difficulté notamment en cas de délit de banqueroute, ses décisions ne
devant plus primer celles prononcées par les juges civils ou commerciaux (paragraphe 1).
Mais le juge pénal a largement détourné cette volonté afin de retrouver son pouvoir de sanction,
ce qui a pour conséquence d’aboutir dans certains cas à un cumul de sanctions (paragraphe 2).
Antérieurement à cette loi le juge civil ou commercial pouvait prononcer une peine
d’interdiction de gérer ou de faillite personnelle au visa des articles L653-3 à 5 du Code de
commerce alors que le juge pénal qui poursuivait le même auteur pour des faits de banqueroute
pouvait prononcer ces mêmes peines à titre complémentaire au visa de l’article L654-6 du
même Code.
57
Ibid., p.224
58
P. Gioanni, La cessation des paiements dans l’infraction de banqueroute, D1994, p.53 et suiv.
59
Anne-Cécile Bloch,op.cit., p.224
60
C. Robaczewski, La non-réforme des sanctions pénales dans la loi de sauvegarde des entreprises, Gaz Pal, 10
sept 2005, p.48 et suiv.
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Dans cette hypothèse, seule la condamnation prononcée par le juge pénal se voyait être
exécutée peu importe l’ordre dans lequel les décisions avaient pu être rendues.864 Exception
faite dans le cas où ces condamnations étaient fondées sur des faits différents. Dans ce cas,
l’auteur pouvait se voir appliquer une double peine.
La loi du 26 juillet 2005 a pour but d’empêcher le juge pénal de recourir à de telles peines
complémentaires dans l’hypothèse où le juge civil ou commercial a statué antérieurement et
que sa décision est devenue définitive 61.
En déduisant que, le juge pénal semble privé de son pouvoir de sanction dès lors que le juge
civil ou commercial aura statué et ce quel que soit la divergence des faits qu’ils ont eu à juger.
Enfin, la dépénalisation semble largement restreinte dès lors que l’article L654-6 du Code
de commerce ne prive pas le juge pénal de la possibilité de prononcer la peine complémentaire
d’interdiction de gérer ou de faillite personnelle que le juge civil aura choisi de ne pas appliquer.
En effet, cet article dispose que la compétence du juge pénal doit être écartée lorsqu’une «
telle mesure » a été prononcée par le juge civil ou commercial, l’exclusion semble donc être
restrictive. Le législateur aurait dû mentionner, s’il avait voulu exclure totalement la
compétence du juge pénal, que ce dernier pouvait prononcer les peines complémentaires de
faillite personnelle ou d’interdiction de gérer « à moins qu’une juridiction civile ou
commerciale ait déjà prononcée » l’une de ces mesures « par une décision définitive prise à
l’occasion de ces mêmes faits ». 62 Cette même analyse nous conduit à penser que la loi du 26
juillet 2005 n’a pas réduit de manière aussi importante que ce que certains auteurs ont pu le
craindre le rôle du juge pénal. 63
La dépénalisation introduite par la loi du 26 juillet 2005 est aujourd’hui presque totalement
remise en cause. À la lumière de l’ordonnance du 18 décembre 2008, le juge pénal voit son
pouvoir d’appréciation annihilé uniquement dans l’hypothèse où la décision du juge civil ou
commercial est devenue définitive, alors qu’il avait à juger des faits identiques à ceux soumis
au juge pénal. 64
61
Anne-Cécile Bloch,op.cit., p.226
62
Ibid., p.227
63
Ibid., p.227
64
J.Lasserre.Capdeville, Les apports en droit pénal de l’ordonnance du 18 décembre 2008 portant réforme du
droit des entreprises en difficulté ,AJ Pén, 2009, p.351 et suiv
40
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Sous-section II : la position de droit marocain : dépénalisation des auteurs
troublant l’intérêt social
Si la dépénalisation du droit des affaires est un thème récurrent, signalons tout de suite
que le droit des procédures collectives fait figure d’ilot de résistance. Ainsi, les assises
nationales organisées le ministre de la justice et les journées organisées par la CGEM relatif
aux « droit pénal des affaires », laisse le droit des entreprises en difficulté à l’abri de toute
proposition dé dépénalisation65. Le doute quant à la légitimité de la sanction pénale en cette
matière existe et vient de certains membres de la doctrine qui s’interrogent sur la pertinence
d’un droit pénal spécifique au droit des entreprises en difficulté. Il semble pourtant que ce droit
pénal spécifique mérite d’être conservé. Les infractions punissent les comportements
frauduleux du débiteur ou de tiers pendant le déroulement de la procédure collective sont, de
toute évidence, utiles car elles ne se confondent par hypothèse avec aucune autre infraction.
Reste la banqueroute l’objet de deux critiques. Elle serait inutile car rarement prononcée par
les tribunaux du Royaume. L’efficacité d’une infraction pénale ne saurait être fonction du
nombre de condamnations, ne serait-ce qu’en raison de sa vertu intimidante.
En pratique, un chef d’entreprise craint bien davantage la prison que le paiement de
dommage et intérêt66. Évidemment, le chef d’entreprise cherche toujours de ne pas sanctionner
pénalement à cause d’une part de garder sa réputation et d’autre part de n’exclut pas du mode
des affaires. Or, le cas qui viole l’intérêt social et causant les effets négatifs qui perturbent
l’ordre public économique. Dans ce cas d’espèce, le législateur va-t-il protéger l’intérêt social
ou bien la réputation du chef d’entreprise défaillant ?
Il apparait ainsi qu’une dépénalisation du droit des entreprises en difficulté serait injustifiée
et ne serait légitimer l’hypertrophie de la sanction pénale en cette matière afin de rendre à
chaque sanction sa place naturelle 67.
La question de la pénalisation-dépénalisation dans le droit des entreprises en difficulté ou
bien du droit marocain des affaires dans son ensemble était bien présente et a suscité un vif
débat qui autorise aujourd’hui à distinguer au moins trois approches :
A : La première approche : une pénalisation particulièrement excessive
Considère que là, aujourd’hui particulièrement excessive, est contraire à l’option
économique du pays. La « fureur répressive du législateur » n’est pas compatible avec la
liberté d’entreprendre et l’initiative économique. S’il l’on veut protéger l’économie de marché
et promouvoir le libéralisme, il faut, comme le disait un éminent juriste et comme le rappelait
un participant, veiller sur les délicates machines qui en assurant le fonctionnement et la
production. L’esprit du nouveau code de procédure pénale et le nouveau droit des entreprises
en difficulté, la place de plus en plus grande accorée à la négociation et à l’arbitrage sont ainsi
citées comme incompatibles avec la poussée répressive et le retour en force de la peine
d’emprisonnement. Les tenants de cette thèse en appellent donc à une dépénalisation du droit
des affaires.
65
La politique pénale au Maroc : Réalité et perspectives ; actes des assises nationales organisées par le ministère
de la justice Meknés, les 9-10 et 11 décembre 2004 ; cité par. Omar Bousalem, op.cit,.p.166
66
Ibid.
67
Ibid.
41
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B : La seconde approche : la prépondérance du juge pénal restreinte
Estime que les craintes exprimées sont exagérées et injustifiées. La pénalisation du droit
marocain des affaires n’a rien de rigoureux ni d’excessif comparée à d’autres systèmes
juridiques et chercherai en vain les indices d’une augmentation des incriminations et des
sanctions des dirigeants. C’est plutôt l’effet intimidant et persuasif de la sanction pénale qui a
ainsi pu conduire à une gestion plus saine et plus transparente des entreprises, à un plus grand
respect des règles d’organisation et de fonctionnement et à une meilleure gouvernance. Dans
l’intérêt économie et de son bon marché, dans l’intérêt des actionnaires, des épargnants,
l’espace laissé à la volonté doit être limité, au besoin par la contrainte pour une pénologie
spécifique.
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De même, La sanction pénale est perçue pour certains comme une arme privilégiée contre
la crise pour son exemplarité et efficacité. Les sanctions civiles ou administratives et même des
amendes pécuniaires qui aboutissent à l’octroi des dommages et intérêt, en comparaison, moins
dissuasives. Dans le sens où chacun doit réaliser que la peine n’est une fin en soi, ce n’est qu’un
moyen au service de droit afin de servir le mieux possible l’autorité du droit en général et dans
ce sens-là, on peut alors protéger plus en moins l’intérêt social contre tous les agissements fictifs
des dirigeants d’entreprise et leurs complices aussi. Tandis que pour d’autre, le recours à la
pénalisation des comportements n’est qu’une espèce de cache-misère, de l’impuissance de droit
à juguler certaines dérives qu’il prohibe, en d’autres termes, la difficulté du système juridique
à faire respecter ses exigences, d’où vient le besoin de punir qui ne fait que masquer l’incapacité
du système juridique à se faire respecter. De plus, pour les autres, que le recours au droit pénal
unifié pour incrimination dans le mode des affaires, c’est une solution plus dissuasive et
incompatible.
En concluant que, la théorie de la pénalisation en droit des affaires concrètement en droit des
entreprises en difficulté est forcément nécessaire. Car, il faut prendre en considération le sort
de l’entreprise, et le rôle auquel elle joue dans le développement économique, et aussi d'autre
côté les procédures collectives un peu longues et très complices. Et moment de ces procédures
va commettre des actes violant l’intérêt social de cette entreprise en question. En effet, le
législateur marocain n’intervient que pour adapter les sanctions pénales plus compatibles dans
le mode économie.
Au-delà, dans le droit comparé comme la France, car elle a un système plus proche à nous ;
La pénalisation du droit des affaires était largement contestée par des milieux assez influents
pour faire reculer le législateur. Et la dépénalisation fut amorcée, notamment en dernier lieu par
la loi NRE (Nouvelles Régulations Économiques) du 15 mai 2001, la loi 1 août 2003 sur la
sécurité financière, les ordonnances des 25 mars et 24 juin 2004, par le décret du 11 décembre
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2006, par le décret du 15 mars 2007, ce dernier ayant procédé à l'abrogation de l'intégralité du
décret du 23 mars 1967 - texte qui contenait autrefois de nombreuses contraventions de 5º classe
aujourd'hui disparues-, mais également tout récemment par la loi n° 2012-387 du 22 mars 2012
relative à la simplification du droit et à l'allégement des démarches administratives qui a
procédé à une notable dépénalisation du Code de commerce ainsi qu'à la modification et à la
rationalisation de plusieurs sanctions pénales, supprimant les peines d'emprisonnement au
profit d'amendes rendues beaucoup plus lourdes. 516. Malgré ces dépénalisations, le droit
répressif reste très présent au sein du Code de commerces 68.
Le droit des entreprises en difficulté reste, par de multiples aspects, un droit sanctionnateur,
ainsi, la sanction pénale reste présente même si elle est circonscrite à l’infraction de
banqueroute et aux infractions punissent les comportements malhonnêtes commis en cours de
procédures. On va étudier dans ce titre le chevauchement entre le cadre du pénal et le cadre du
droit commercial (chapitre I), puis l’intervention du ministère public lors de déclenchement de
la procédure de traitement judiciaires : (chapitre II)
Dans ce chapitre, selon les interventions entre les deux systèmes juridiques, le droit pénal et
le droit commercial, on va étudier le délit de banqueroute entre ces deux systèmes, (section I);
Puis, la primauté du droit pénal par rapport le droit commercial (section II).
68
Coralie Ambroise-Castérot, droit pénal spécial et des affaires-infractions contre les personnes et contre les
biens-Atteinte aux intérêts publics-droit pénal des entreprises et des sociétés, Gualino lextenso, 4e éd, 2014,
fr,p.356 et suiv
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SECTION I : la banqueroute, un délit mixte entre le droit pénal
et le droit commercial
Le droit pénal des affaires peut apparaitre comme le complément nécessaire et indissociable
du droit des entreprises en difficulté. Si le législateur a mis ce dernier afin sauver une entreprise
qui a connu des difficultés. Parce que, au moment des procédures collectives, les dirigeants
violent l'intérêt social d'entreprise par leurs actes frauduleux.
En effet, L’infraction la plus connue dans ce domaine étant évidemment le délit de
banqueroute, qualifié en arabe de « Tafalouss ». Ce délit a été qualifié par le droit pénal et
même temps par le droit commercial. Donc, on trouve des interférences entre ces deux lois.
Autrement, on peut dire que par lequel le législateur pénal intervient dans le droit des entreprises
en difficulté qui a régi par le Code de commerce afin de protéger l’intérêt social d’une entreprise
qui est notamment en cessation du paiement et simultanément soumise aux traitements
judiciaires.
Par référence à l’ancien code de commerce marocain du 12 aout 1913 et du code pénal de
1962 toujours en vigueur que les nous avons déjà cité, forcé est de constater qu’il existe une
antinomie, une contradiction, ainsi d’une complexité entre ces deux lois. Traditionnellement, le
système répressif s’est révélé fortement empreint d’un esprit sanctionnateur destiné à évincer
du circuit économique tout commerçant, sans pour autant distinguer entre le fraudeur et
l’incompétent.
A cet angle, l’ancienne législation renvoyait, pour les sanctions, au code pénal70, alors qu’en
1913, il n’existait pas à proprement parler le code pénal marocain, et l’on se référait
implicitement au code pénal napoléonien français de 1810. 71 Pareille situation a perduré jusqu’à
1997, date à laquelle l’ancien code de commerce marocain est entré en vigueur.
69
M.Jaouhar, les sanctions applicables aux dirigeants des entreprises en difficultés, actes du colloque « dix ans
d’application du système des difficultés des entreprises, quel bilan ? », revue marocaine de droit économie et de
gestion , n°53, 2008, P. 101 et suiv
70
Dahir n° 1-59-413 (28 joumada II 1382 « B.O 5 juin 1963 »)
71
Le code pénal de 1810, également reconnu sous le nom de code des délits et des peines, fut créé sous
Napoléon Bonaparte pour remplacer le code pénal de 1791, Code pénal de 1810 dans son dernier état avant abrogation
45
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
À titre d’illustration, il importe de préciser que l’ancien code de commerce n’incriminait que
les errements des commerçants personnes physiques et non les dirigeants sociaux.
Apparemment, cette situation s’expliquer par les raisons suivantes :
72
Omar Bousalem, op.cit, p.136 et suiv
73
Décret du 8 aout 1935 portant application aux gérants et administrateurs de société de la législation de la
faillite et de la banqueroute et instituant l’interdiction et la déchéance du droit de gérer et administrer une société
74
L.Eyrignac, la protection pénale du patrimoine de la société, cité par Omar.Bousalem, op., p.137
75
Ibid.
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
- La banqueroute simple obligatoire qui est à distinguer de la banqueroute simple
facultative ;
- La banqueroute des commerçants qui est à distinguer de la banqueroute des
représentants légaux de la personne morale ;
- Et dernier lieu, les infractions commises par les autres personnes dont nous
aurons l'occasion de le traiter dans la deuxième partie.
De sorte que, le législateur marocain a été modifié l’ancien code de commerce par un
nouveau code de commerce en 1996. Concrètement, le livre V sous la loi spéciale 73.17 du 19
avril 2018 formant le droit des entreprises en difficulté. Qui regroupe dans un seul article (article
721) quatre cas de banqueroute. De la sorte, celle-ci a dépénalisé la banqueroute simple pour
ne retenir que la banqueroute frauduleuse. A contrario, dans le droit pénal.
La Réforme de 1996.De nouvelles idées ont vu le jour ayant pour objectif de traiter les maux
dont souffre l'entreprise le plus précocement possible, tout en distinguant entre le dirigeant
malhonnête et le dirigeant maladroit.
En déduisant, par L'étude de l'ancien code de commerce et de l'actuel code pénal fait ressortir
un certain archaïsme tenant à la flagrante contradiction qui existe entre ces deux textes de loi.
Ainsi, à titre d'exemple, l'ancien Code de commerce ne frappe de banqueroute que les
commerçants faillis, ce qui n'est pas le cas pour le Code pénal qui incrimine de banqueroute les
commerçants qui avaient cessé leurs paiements et ce, même en l'absence d’un jugement
déclaratif de faillite. Ainsi que le nouveau réforme de code du commerce 1996 qui qualifie juste
un délit de banqueroute frauduleuse. Et le législateur pénal reste mut à cette contradiction.
L’autorité de la chose jugée au pénal sur le civil, qui s’étend tant aux actions civiles destinées
à réparer les dommages causés par une infraction pénale qu’aux actions à fin civiles exercées
devant les juridictions civiles, a pour corollaires l’obligation pour juger civil d’attendre la
décision du juge pénal avant de statuer sur l’action civile. Donc, en principe le droit pénal tient
le droit civil en l’état. Une telle primauté de la matière pénale s’expliquant traditionnellement
par la supériorité des intérêts en jeu et l’efficacité du système probatoire répressif.
En revanche, dans cas d’espèce de protéger pénalement l’intérêt social d’une entreprise qui
est soumise aux procédures collectives. Juridiquement on ne se voit cette protection qu’à travers
le délit de banqueroute. Sachant que cette dernière a réglementé par deux textes de lois, tant le
droit pénal que le droit commercial. Que nous avons expliqué précédemment. En sens se pose
une question fondamentale : le droit pénal peut-il déclencher la poursuite le délit de banqueroute
sans besoins de recourir au droit commercial ? En d’autres termes, le droit pénal reste-il
suprême de tenir le droit commercial en état ?
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
De ce fait, le déclenchement de la poursuite du délit de la banqueroute par biais les
dispositions du code pénal, ce dernier se trouve dans la nécessité de respecter la décision rendue
par le tribunal de commerce.
Autrement dit, La juridiction saisie de poursuites de banqueroute doit donc constater
l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, condition préalable de
l'incrimination de banqueroute.
C'est par l'intermédiaire de la constatation de l’ouverture d’une procédure de traitement des
difficultés, comme « condition préalable de procédure », que le juge pénal retrouve la notion
de cessation des paiements en tant que condition primordiale fixant le domaine précis
permettant la qualification de banqueroute.(A) Si tel n'est pas le cas, le ministère public doit,
avant d'engager les poursuites de banqueroute, solliciter auprès de la juridiction compétente
l'ouverture la procédure collective, de ce fait, demeure un élément constitutif de l'infraction de
la banqueroute(B).
A : La détermination de la cessation du paiement
La cessation des paiements est facteur majeur pour l’application les dispositions pénales
relatives au délit de la banqueroute, afin de sanctionner tous les actes violant l’intérêt social
d’entreprise aux cours des procédures collectives. Alors qu’initialement la cessation des
paiements était assimilée à une situation désespérée ou irrémédiablement compromise, critère
intéressant dans une perspective de liquidation, la jurisprudence l’a ultérieurement considéré
comme une crise grave de trésorerie, laissant ainsi la porte ouverte à une nouvelle stratégie de
redressement dans le cadre des procédures judiciaires. 76 Et également, l’enjeu de la définition
de la cessation des paiements est important. Est en effet posée la question du moment le plus
opportun pour ouvrir une procédure judiciaire à l’égard d’une entreprise débitrice en
difficulté77.
En fait, la cessation du paiement des dettes par l’entreprise ne constitue pas en soi un délit
susceptible d’être sanctionné pénalement mais c’est l’accomplissement d’un certain nombre
d’actes ayant aggravé la situation financière de l’entreprise et ayant menacé les droits de ses
créanciers. Ces agissements constituent selon les dispositions du code de commerce l’infraction
de banqueroute.78
De même sens, si le législateur est venu par la théorie d’inclure le droit pénal dans le mode
des affaires afin de créer un espace bien sécurité où se faire le commerce. Et aussi motivation
des investissements tant que national qu’international. A ce stade, le législateur a également pu
de protéger les entreprises en difficulté par le droit pénal, notamment sous l’application le délit
de banqueroute. Mais, le juge pénal peut-il constater la date de cessation des paiements avant
le juge commercial ?
76
André Jacquement,op.cit., p.132
77
Ibid, p.133
78
Mounia Rhomri Mounir, « la politique pénale en vertu du livre du code de commerce », article, RERJ-
N°2,2018, p.167
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Bien que cela puisse déclencher l’ouverture d’une procédure collective, le fait pour un
commerçant ou dirigeant d’une procédure morale de cesser ses paiements ou de placer
l’entreprise dans cette situation ne constitue point en soi une infraction. Cependant, l’on doit se
garder de ne pas oublier qu’état de cessation de paiements peut être précédé, accompagné, ou
suivi de fautes de nature à faire grief aux, c’est-à-dire, de comportements graves et nuisibles
aux intérêts des créanciers79. Ou bien les intérêts des associés. Donc, de manière générale de
faire atteindre l’intérêt social d’une entreprise soumet aux traitements judiciaires.
C'est donc dans l'état de cessation des paiements que réside en principe la distinction entre
l'abus de biens d'une société in bonis et le détournement d'actif constitutif d'une banqueroute,
lorsque la société est soumise à une procédure collective. Dès l'instant où l'appropriation
frauduleuse des biens sociaux par le dirigeant a lieu avant la cessation des paiements, elle tombe
sous le coup des dispositions réprimant l’abus de biens sociaux. Désormais, il est exclu que des
poursuites pour banqueroute puissent être engagées indépendamment de l'ouverture d'une
procédure de redressement ou de liquidations judiciaires ; l'exercice de l'action publique va
donc dépendre de la décision de la juridiction commerciale compétente.
En cette circonstance, il s'avère que les tribunaux répressifs perdent leur liberté
traditionnelle dans la définition de la cessation des paiements, sans pour cela perdre leur pouvoir
d'appréciation de la date de cessation des paiements qui peut être différente de celle retenue par
la juridiction commerciale compétente.
De ce fait, on revient aux termes d’Article 713 de la loi 73.17 formant le droit des entreprises
en difficulté :
« Le jugement d’ouverture de la procédure fixe la date de cessation des paiements, qui ne
peut être, dans tous les cas, antérieure de plus de 18 mois à celle de l’ouverture de la procédure.
A défaut de détermination de cette date par le jugement, la cessation de paiements est
réputée être intervenue à la date du jugement.
Sous réserve des dispositions du 1er alinéa ci-dessus, la date de cessation de paiements peut
être reportée une ou plusieurs fois à la demande du syndic.
La demande de modification de date doit être présentée au tribunal avant l’expiration d’un
délai de quinze jours suivant le jugement qui arrête le plan de continuation ou de cession, ou,
si la liquidation judiciaire a été prononcée, suivant le dépôt de l’état des créances ».
À l’étude de cet article précédé, la constatation la cessation des paiements a été fixée par le
jugement d’ouverture de la procédure qui ne peut être dans tous les cas mais antérieure de plus
de 18 mois. A défaut le législateur a donné un pouvoir au syndic de demander pour reporter la
date de de cessation des paiements.
79
Omar Bousalem,op.cit,.p.135
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En déduisant que, le juge pénal a exclu de ne pas constater la cessation des paiements, même
cette dernière est un élément constitutif pour poursuivre les auteurs de l’infraction de
banqueroute. Sachant que à travers cette infraction intervenir le juge pénal dans les procédures
collectives en vue de protéger l’intérêt social d’entreprise.
En effet, La banqueroute ne pourra toutefois, à suivre le texte, ce que la loi pénale plus que
toute autre conduit à faire strictement, être prononcée en cas de conversion en redressement ou
en liquidation judiciaire, car il ne s'agit pas, ainsi que l'exige l'article 754 de la même loi
précitée, de l'ouverture d’un redressement ou de liquidation judiciaire ».
En revanche, en cas de résolution du plan de sauvegarde, la banqueroute pourra être
prononcée, mais à condition seulement qu'il y ait cessation des paiements, en cas, en effet il y
aura ouverture d'une liquidation judiciaire. Procédé Ainsi exige En d'autres termes, tant que le
jugement d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire n'est pas intervenu, le tribunal
ne peut en aucun cas condamner un dirigeant ou un commerçant pour banqueroute.
Or la poursuite de l'infraction de banqueroute, même si la cessation de paiements n'en est
plus un élément constitutif, ne devrait être prononcée qu'à l'occasion de procédures supposant
l'état de cessation de paiement, ce qui est le cas de redressement et de liquidation judiciaires.
B : Le jugement d’ouverture la procédure collective
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Donc Cette condition préalable de l'ouverture d'une procédure de redressement ou de
liquidation, emporte forcément que la personne soit en état de cessation des paiements. Que
l’on a expliqué auparavant. À la lecture de cet article, on voit que le juge pénal a restriction par
le jugement d’ouverture la procédure collective par le juge commercial. Il a y des
interconnexions entre les deux juridictions.
En France, L'article L 654-2 du Code de commerce est très clair et ne laisse pas de place au
doute. Il dispose que : « en cas d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de
liquidation judiciaire, sont coupables de banqueroute les personnes… »
A titre d’illustration, en allant plus loin afin d’explique les interdictions entre les deux
juridictions, dans un but commun de protéger l’intérêt social d’entreprise contre toutes les
agissements illégitimes. On mit l’accent sur La déchéance commerciale qui peut être prononcée
par la juridiction répressive, à titre de peine accessoire ou bien complémentaire, conformément
aux termes d’article 756 de même loi précitée « Les personnes coupables des infractions
prévues à la présente section, encourent également, à titre de peine accessoire, la déchéance
commerciale prévue à la section II du chapitre I du présent titre ». Cela présuppose le prononcé
de la banqueroute.
Le texte est muet dans le cas où si la juridiction répressive a prononcé à titre de peine
complémentaire la déchéance commerciale, alors que la juridiction commerciale l'avait
également prononcée, si les deux décisions sont définitives, mais le problème que si les faits
fondant la sanction sont différents seule la décision de la juridiction répressive sera exécutée.
Si la seconde décision est plus sévère que la première, l'intéressé aura intérêt à la frapper d'appel,
pour en obtenir la réformation en faisant valoir qu’il a déjà été condamné par la juridiction
commerciale.
80
Ibid,.p.160
81
Marie-Christine Sordino,op.cit., p. 73. (« le criminel tient le civil en état » est une règle ancienne : affirmée
dans les textes révolutionnaires, elle a été consacrée successivement par le Code d'instruction criminelle dans son
article 3 alinéa 2 et par le Code de procédure pénale dans son article 4 alinéa 2. Sa raison d'être est commandée
par le souci d'éviter des contradictions de jugements entre juridictions civiles et pénales et d'assurer la
prééminence de l'ordre répressif sur l'ordre civil. Le tribunal civil doit surseoir à statuer lorsque l'action publique
vient d'être déclenchée devant un tribunal répressif français. De même, il faudra attendre un jugement de la
juridiction pénale avant de pouvoir saisir la juridiction civile.
Mais pour cela, il faut que les deux actions soient relatives aux mêmes faits : dès lors, devait-on considérer que
la demande d'ouverture de la faillite d'un commerçant en état de cessation des paiements devant un tribunal de
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la juridiction répressive. En revanche, que décider si la juridiction commerciale a rendu une
décision, qui n'est pas encore définitive ? En pareille situation, il a été également suggéré
d'appliquer le principe « le droit pénal tient le droit civil en l'état », pour n'appliquer au final
que la décision de la juridiction répressive.
Dans cet angle, on a compris que, si cette hypothèse se présente, il faudrait considérer que,
si la juridiction pénale a prononcé ces sanctions professionnelles en complément de la
banqueroute, la juridiction commerciale ne pourra plus condamner le dirigeant à des sanctions
extra-patrimoniales pour ces mêmes faits. Donc il est judicieux d'ajouter un nouvel article qui
devrait par conséquent prévoir qu’une interaction-réciproque entre les deux juridictions pour
le prononcé de sanctions professionnelles par la juridiction pénale avant la juridiction
commerciale.
De sorte que, si le juge commercial n'a pas retenu de sanctions à l'encontre du dirigeant
d'entreprise, le juge pénal n'est pas lié par cette décision. D’ailleurs, il peut tout à fait prononcer
pour les mêmes faits, en complément de la banqueroute, la déchéance commerciale. Aussi, si
les faits à l'origine de la condamnation sont différents, la juridiction répressive bénéficie
pleinement de l'opportunité de prononcer des sanctions professionnelles. Ces solutions sont
appréciables et mènent à une meilleure articulation entre les juridictions pénales et les
juridictions commerciales pour mettre une protection efficace d’intérêt social en cours des
procédures collectives afin de garder l’ordre public socio-économie. En revanche que le droit
pénal est devenu plus en moins restrictions d’appliquer ses dispositions par les dispositions
commerciales dans un sens exceptionnel.
Conclusion, la cessation des paiements anticipera des actes matériels visés par l'article
754 et constitutifs de l'infraction de banqueroute. Toutefois, ce même article permet aussi
d'envisager l'hypothèse d'actes répréhensibles antérieurs à la cessation des paiements, à ce titre,
l'article 754-1° vise le fait d'avoir, dans l'intention d'éviter ou de retarder l'ouverture de la
procédure de redressement judiciaire, soit fait des achats en vue d'une revente au-dessous du
cours, soit employé des moyens ruineux pour se procurer des fonds. Mais la juridiction pénale
ne peut déclencher la poursuite de cette infraction qu'après le jugement d'ouverture les
procédures collectives par la juridiction commerciale. Dans ce là s'apparaitre la restriction de
la juridiction pénale par la juridiction commerciale.
Dans ce cadre, même si le juge pénal auprès du tribunal de première instance se trouve
saisi de l'affaire, celui-ci doit surseoir à statuer, tant que la procédure de traitement des
difficultés de l'entreprise n'a pas été mise en mouvement. Ainsi peut-on avancer que dans la
banqueroute, commercial tient le pénal en l'état dans ce cas d’espèce. On exige même que le
jugement de la juridiction commerciale soit passé en force de chose jugée. Le droit pénal des
affaires, concrètement, le droit pénal des entreprises en difficulté va-t-il perdre son principe
d’autonomie ?
commerce concernait rigoureusement les mêmes faits que la poursuite en banqueroute engagée contre lui,
sachant que le tribunal répressif devait constater également son état de cessation des paiements ?
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Sous-section II : le principe d’autonomie du droit pénal
82
Actuellement, le droit de faillite a été modifié par le droit des entreprises en difficulté par le nouveau code de
commerce 15.95 de 1996
83
L’étude de la théorie dite la faillite virtuelle est indispensable dès lors que l’on cherche à mieux cerner la
répression en matière de banqueroute. La professeur Fernand Derrida a d’ailleurs pu s’interroger sur « la
renaissance de la faillite virtuelle »,v.Mélanges J.Larguier,1993, p.95 et suiv cité par : Marie-Christine Sordino,
op.cit,.p.52
84
Ibid.,p.54
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En effet, Née pour des raisons d'opportunité en matière pénale, la faculté de reconnaître des
effets légaux à la seule cessation des paiements en l'absence de jugement déclaratif a rapidement
convaincu la majorité des magistrats. Alors qu'elle avait eu pour but essentiel de promouvoir
l'indépendance du juge criminel dans la répression de la banqueroute, par rapport à la juridiction
consulaire, son intérêt s'est également imposé dans d'autres domaines. Donc, la naissance de
l'indépendance.
En revanche, cette théorie de la faillite du fait ou bien dite virtuelle a été critiquée des
doctrines et jurisprudence. De ce fait, l’indépendance absolue du juge pénal de déclencher
l’action publique en cas d’infraction de banqueroute, peu à peu va dénuer. Autrement dit,
lorsqu’un tribunal répressif était conduit à se prononcer sur une affaire relative à la banqueroute.
Auparavant, il devait se poser en premier lieu des questions concernant la qualité du
banqueroutier et son état de cessation des paiements avant de se prononcer sur l'existence des
faits reprochés. L'autorité de la chose jugée au criminel imposerait qu'une fois ce jugement
devenu définitif le tribunal de commerce saisi ultérieurement d'un dépôt de bilan tienne comme
acquis les éléments tranchés par la juridiction répressive, à savoir l'état de cessation des
paiements et la qualité de commerçant. Or, telle n'a pas été la solution majoritairement retenue
par doctrine et jurisprudence. Toutes deux prônaient une indépendance absolue des juridictions
commerciale et répressive.
B : La disparition relative à l’indépendance du juge pénal
en droit des entreprises en difficulté
Elle semble avoir été dégagée par la jurisprudence au 19ème siècle. L'autonomie du juge
pénal est justifiée le mieux, non par le principe de l'autorité de la chose jugée, mais par la
primauté du juge pénal : la liberté du juge pénal reposerait sur l'idée générale que les affaires
pénales sont en principe d'une importance plus grande que celles soumises à d'autres juges. Cela
permet de justifier l'autorité que la chose jugée au criminel possède sur le civil, et inversement
l'absence d'autorité sur le juge pénal de la chose jugée au civil.
Toutes les hypothèses dans lesquelles cette autonomie peut se manifester posent
la question générale de l'autorité des décisions rendues, et plus précisément des rapports du
juge pénal avec d'autres juges. L'affaiblissement très net de l'autorité supérieure des décisions
pénales sur les décisions non pénales pose la question du maintien de cette autorité particulière
des décisions pénales. L'autonomie du juge pénal peut-elle justifier la liberté absolue de
décision de ce juge ?
Pour répondre à cette question, on revient aux explications précédemment dans le paragraphe
sous-dessus, précisément dans le déclenchement l’action publique dans le droit des entreprises
en difficulté (délit de banqueroute). Donc, le juge pénal ne peut plus de constater la date de la
cessation des paiements, ni compétent de prendre la décision d’ouverture les procédures
collectives, ni même de punir les auteurs de banqueroute de manière indépendamment. Elle est
toujours restriction par la décision de juridiction de commerce. Pour déclencher la poursuite
pénale. Donc, cela va frapper le principe de l’autonomie du droit pénal.
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C’est ainsi que la loi permet au tribunal de commerce d’intervenir à l’occasion de la
nomination, du remplacement, et de la consultation des divers organes de la procédure
collective. Il lui appartint également des décisions relatives à la durée de la période
d’observation et à l’arrêté du plan. Comme le font remarquer certains auteurs, le tribunal sera
« armé pour prendre des mesures de restructuration, qui, auparavant, lui échappaient ». Donc,
le juge commercial dans la loin 73.17 relatives au droit des entreprises en difficulté, va devenir
plus influencé par ses décisions sur la décision sur le juge droit pénal, même si dans les
sanctions pénales, car le droit commercial a également des matières pénales spéciales dans ses
dispositives notamment, son titre VII, le chapitre II, spécialement les sanctions pénales. En
déduisant, que le législateur marocain sa philosophie a été claire, de se mettre le plus souvent
des protections efficaces des entreprises en difficulté, que ce soit par des sanctions civiles, soit
des sanctions pénales.
Ainsi qu’on ne peut nier le rôle de l’entreprise dans le développement économique et sociale
du pays. Certes, elle constitue un agent de création, de circulation et de distribution des richesses
au sein de la société en sus de son ampleur au niveau de l’emploi, ce qui lui a permis de
constituer le noyau du droit commercial. En revanche, son activité peut être compromise par
l’intervention du risque pénal provoqué par le comportement malveillant de l’entrepreneur
individuel comme par celui du dirigeant social provoquant une difficulté financière de
l’entreprise, une difficulté due à la cessation des paiements, origine de l’ouverture des
procédures collectives et suscitant, en parallèle la responsabilité civile et pénale du
commerçant.85
Dans ce champ, la banqueroute qui est la plus connue dans le droit des entreprises en
difficulté. C’est une infraction commise par les dirigeants de l’entreprise individuelle ou à
forme sociale, qui après l’ouverture de la procédure collective ayant fait des agissements la
violant l’intérêt social.
85
Mounia Rhomri Mounir, op.cit., p.167
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CHAPITRE II : l’intervention du ministère public lors de déclenchement
de la procédure de traitement judiciaires
Pour le juge, dénouer une procédure de traitement des difficultés de l'entreprise ne consiste
pas simplement à émettre un jugement comme dans les autres matières du droit. Bien au
contraire, l'intervention judiciaire se fait sentir à différents stades, notamment le stade
s’intéresse la protection d’intérêt social. Il s'agit d'abord d'apprécier la nécessité d'ouvrir une
procédure, de mettre en place les organes et d'assurer le cadre de gestion de l'entreprise. Ainsi,
de la décision d'ouverture de la procédure à la décision d'arrêter la solution définitive, bien des
étapes doivent être franchies, exposant la procédure à des incidents durant autant que le sont les
prétentions. De même, en se prononçant sur le sort de l'entreprise, cela ne signifie pas que le
juge a mis un terme à la procédure. Mais il cherche aussi sur le sort des dirigeants. Ce qu'ils
sont, par leurs agissements, ils ont mis l'entreprise dans la situation de cessation des paiements.
D’ailleurs, cela se traduit par une plu/fonctionnalité de cet acteur. Il agit, en effet, tantôt en
qualité de juge rapporteur, tantôt en qualité de juge des référés de la procédure. Par certains
aspects, il emprunte le rôle de juge de l'exécution. Ce faisant, il n'est plus un simple délégué du
tribunal qui l'a nommé, mais son rôle s'affirme en tant que juridiction tout à fait autonome.
Néanmoins, pour exécuter à bon escient cette multitude de tâches, il est nécessaire d'assurer le
climat adéquat. Dans cette optique, il est impérieux de revoir la législation de façon à assurer
la suppléance en cas d'indisponibilité, afin d'éviter tout retard ou blocage de la procédure. Sur
le plan de son information, il faut doter le juge commissaire davantage de pouvoirs pour en
obtenir en temps utile et surtout pour assurer une fluidité de la communication entre cet acteur
et le ministère public.
Donc, en parlant dans notre pertinent sujet sur la protection pénale d’intérêt social
d’entreprise qui soumet aux procédures collectives ; à vrai dire, le ministère public qui a le
pouvoir de déclencher et de poursuivre l’action public en cas de trouble l’ordre public,
conformément à l’article 3 de code de procédure pénale.
Mais le problème s’apparait dans l’intervention du ministère public au secteur des affaires,
concrètement dans le droit des entreprises en difficulté entre la juridiction pénale et la
juridiction commerciale afin de protéger l’ordre public économie.
Néanmoins, L'intervention du ministère public au niveau du traitement des difficultés des
entreprises est une constante du droit marocain des procédures collectives. En effet, le code de
1913 reconnaissait déjà des pouvoirs propres à cet organe. S'agissant de l'actuelle législation, il
est à remarquer que l'affirmation du parquet, en tant qu'organe faisant partie de la mosaïque
judiciaire, a été consacrée par le livre V du code de commerce de 1996, avant que la loi sur les
juridictions de commerce prévoyant sa présence au sein de ces institutions ne soit promulguée,
Ceci témoigne d'une volonté affirmée de faire de cet organe une partie prenante à la procédure.
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De fait, la notion de l'ordre public a connu un développement si considérable qu'il englobe,
désormais, les différents aspects de la vie économique et sociale. L'entreprise est conçue, dans
cette optique, comme une cellule où l'intérêt suprême. Dont le ministère public est garant. Les
dispositions ayant trait au règlement de sa défaillance sont, ainsi, d'ordre public, si bien que le
ministère public se trouve du coup concerné 86. Or, cela devrait se traduire par l’association du
ministère public à toutes les étapes de la procédure, du moins, celles jugées plus importantes
où le sort de l’entreprise et de ses partenaires est fixé. En d’autres termes, le rôle de cet organe
devait être de la même importance que les autres structures judiciaires intervenant dans la
procédure de traitement des difficultés de l’entreprise, de bel et bien de de protéger l’intérêt
social par biais, notamment le délit de banqueroute.
Certes, l’incrimination et la sanction du délit de banqueroute et d’autres infractions liées aux
difficultés d’entreprise vise à dissuader tout agissement suscitant des difficultés financières des
entreprises, en l’occurrence, portant atteintes à l’activité de l’entreprise et aux intérêts des
créanciers. À ce niveau le nouveau droit des difficultés d’entreprise s’inscrit dans le cadre d’une
série de réformes entreprises par le Maroc afin de s’adapter aux grands changements socio-
économiques connus tant au plan national qu’au plan international, Alors dans ce d’espèce, si
le ministère public a un pouvoir suprême dans le déclenchement de l’action public moins que
ne pas poursuivre le délit de banqueroute qu’après le prononce du jugement d’ouverture les
traitements judiciaires par la juridiction commerciale. Dans ce sens, le ministère public peut-il
demander par la juridiction commerciale d’ouverture les traitements judiciaires ? (Section I).
Et en pratique, le ministère public, comment exercer ses droits accordés par le législateur pour
déclencher de l’ouverture de la procédure. (Section II).
86
Noureddine ABDELLAOUI, « l’intervention du juge dans les difficulté de l’entreprise : aspect théorique et
pratiques »,thèse doctorat, droit privé,MDJA,fsjes-fès,soutenue 2018, p.275
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Sous-section I : La théorie d’admission le ministère public
dans la juridiction commerciale
La théorie de L'admission du ministère public auprès des juridictions de commerce s'est faite,
dans notre droit commercial 15.95 de 1996, sans problèmes. Cependant, si on considère que les
jalons de la législation commerciale ont été posés par la France, au lendemain du protectorat, il
devient évident de retracer l'histoire du ministère public avec ces institutions.
En effet, le parquet et la magistrature consulaire en France, sont deux acteurs d'une histoire
où la symbiose a germé pendant une longue période. L'intervention du ministère public dans le
domaine commercial, dans son ensemble, était source d'un débat entre l'école orthodoxe dont
les partisans accusaient cette intervention d'atteinte à l'indépendance de la justice consulaire et
l'école moderne conduite par les réformateurs aspirant à une organisation judiciaire uniforme,
mettant en place un ministère public, à l'instar des tribunaux civils 87.
Ce débat n'a été sans rejaillir sur l'évolution de la place du parquet d'abord, au niveau de la
juridiction consulaire, puis sur sa fonction dans les procédures collectives. Alors, L'idée se
basait sur la nécessité d'instaurer un droit de regard des autorités publiques sur les opérations
de faillite afin d'en assurer la transparence. Autrement dit, un commissaire du gouvernement
devant siéger au tribunal pour assurer le contrôle de la procédure88.
Les pratiques déviatrices des débiteurs agissant de concert avec certains créanciers ne
pouvaient être contenues, selon ce courant, qu'en instaurant un ministère public à même de
dissuader la fraude et la spéculation dont la faillite était le support. En effet, L’admission de
l'intervention de cet organe est ainsi consacrée, sous une querelle dont les stigmates n'ont
dégénéré qu'au fil des réformes et surtout par le code de 180789.
De là, la présence du parquet au sein de la législation de 1913 est admise avec évidence, du
moment que notre pays a opté pour une magistrature professionnelle. Son rôle au niveau des
procédures collectives n'a occasionné aucune polémique du genre français.
87
R.Ithurbide, Histoire des tribunaux de commerce, LGDJ, Paris,1970,p.187
88
CI.Dupouy, Le droit des faillites en France avant le code de commerce, Paris,1960, p.202
89
Noureddine ABDELLAOUI, op.cit., p.278
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Sous-section II : La consécration un droit au ministère public
de demander l’ouverture d’une traitements judiciaires
90
Ibid.,p.278 et suiv
91
Ibid.,p.280 et suiv
92
Ibid
59
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
SECTION II : L’intervention en pratique le ministère public
de déclencher l’ouverture des traitement judiciaires
En pratique, le droit du ministère public de demander le déclenchement la procédure de
traitements judiciaires a été consacré, mais de quel ministère public s’agit-il concerné, lequel
dans la juridiction pénale, ça veut dire dans le tribunal de première instance ou bien dans le
juridiction commerciale (sous-section I), donc, en allant à l’effectivité d’intervenir le ministère
public (sous-section I).
Sous-section II : Le ministère public concerné par le déclenchement
de la procédure
L'on est amené à se poser raisonnablement la question, avec le professeur M.Lefrouji, de
savoir quelle acception du ministère public, le législateur s'est fait. Autrement dit, l'ouverture
de la procédure de redressement judiciaire, peut-elle être demandée uniquement par le ministère
public auprès du tribunal de commerce compétent ou par celui siégeant auprès de n'importe
quelle juridiction, indépendamment de sa compétence territoriale ou de sa compétence en raison
de la matière ?93
La solution en droit comparé : le droit français ne peut être transposée au contexte marocain,
en ce sens que les tribunaux consulaires français n'ont pas un ministère public propre, si bien
que c'est le procureur de la république du tribunal de première instance du ressort du tribunal
de commerce compétent qui agit en cette qualité selon l’article 412 du code de l’organisation
judiciaire français.
Or, au Marocaine les professeurs M.Lefrouji et M.Akherif estiment que cette demande doit
rester limitée au ministère public siégeant auprès du tribunal de commerce concerné 94, avec
possibilité pour tout autre ministère public d'informer ce dernier de tout renseignement qui
pourrait prédire d'une cessation des paiements concernant toute entreprise, tels que des protêts,
des condamnations pénales, etc. Cette solution est conforme à l'éthique de la magistrature,
surtout que dans les régions éloignées, seul le procureur du Roi et ses substituts relevant d'autres
juridictions peuvent disposer d'informations concernant l'entreprise.
Mais pratiquement, la question qui se mérite de poser ici afin d’éclairer la nuance le droit du
ministère public concerné dans le déclenchement la procédure ; le tribunal compétent peut-il
rejeter la requête d'un ministère public, au motif qu'il ne siège pas dans la même enceinte
judiciaire habilitée à ouvrir une procédure de redressement judiciaire ?
Dans cette analyse, se dresse la nécessité de la protection de l'ordre public économique qui
a une portée nationale intéressant le ministère public indépendamment du lieu où il siège. Du
moins, lorsque les difficultés ont pour origine un établissement implanté dans un ressort
différent de celui du siège social, on doute que le ministère public dudit ressort ne puisse
demander l'ouverture de la procédure. D'autre part, le ministère public constitue un organe
caractérisé par l'indivisibilité, perçu sous l'angle de la représentation du pouvoir exécutifs, il est
donc judicieux d'admettre la requête de cet organe quel soit implanté dans le ressort territorial
du tribunal de commerce ou non.
93
Ibid.,p.281
94
Ibid.,p.281
60
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Sous-section II : Effectivité de l’action du ministère public
de demander l’ouverture la procédure
Aux termes de La loi de commerce a prévu plusieurs situations dans lesquelles une procédure
de redressement ou de liquidation judiciaires peut être ouverte. On devrait donc s'attendre à ce
que le ministère public puisse agir dans toutes ces situations étant donné que l'ordre public
économique et social passe avant les intérêts privés, précisément au cours des procédures
collectives de protéger l’intérêt social de l’entreprise qui soumet aux ces procédures. On va
traiter ces solutions :
Aux termes des dispositions de la loi du commerce 15.95, cette dernière a consacré
l'hypothèse normale et tout à fait naturelle de la déclaration de cessation des paiements du
débiteur. Ainsi le déclenchement de la procédure par la procédure par le ministère public, est
dans cette optique la manifestation de la nécessité de la protection l’intérêt social d’entreprise.
Car laquelle fait partie de l’ordre public économique et social. Pour cela,
L’article 578 « …Le tribunal peut aussi se saisir d’office ou sur requête du ministère… ».
À la lecture de cet article, le ministère peut demander par sa requête d’ouvrir la procédure
de redressement judiciaire ; Mais la demande d’ouverture de la procédure, en l'occurrence, du
ministère public est conditionnée. C'est-à-dire que ce n'est qu'en cas où il y a eu au préalable
conclusion d'un accord amiable et que les engagements financiers y souscrits n'ont pas été
honorés par le débiteur que le ministère public peut demander l'ouverture d'une procédure de
redressement judiciaire.
Cette interprétation ne serait prévalue, car tout d'abord, cette disposition prévoit en même
temps une saisine d'office du tribunal, laquelle possibilité était déjà consacrée par l'ancienne
législation et on ne serait revenir sur un acquit. De même, on ne saurait prétendre à une prise
en charge judiciaire des difficultés de l'entreprise, alors qu'on prévoie des restrictions de saisine
du tribunal de la part du garant de l'ordre public économique.
Dans même sens, lorsqu’il lui apparaît que la situation de l’entreprise est irrémédiablement
compromise L’Article 651 de la même loi sous-dessus Le tribunal prononce, d’office ou à la
demande du chef de l’entreprise, d’un créancier ou du ministère public, l’ouverture de la
procédure de liquidation judiciaire.
La seconde hypothèse est celle consacrée par l’article 651 de code de commerce 15.95 Les
règles de procédure prévues aux articles 575 à 585 sont applicables. Le jugement qui prononce
la liquidation judiciaire emporte de plein droit dessaisissement pour le débiteur de
l’administration et de la disposition de ses biens, même de ceux qu’il a acquis à quelque titre
que ce soit, tant que la liquidation judiciaire n’est pas clôturée. Autrement dit, lorsqu’il lui
apparaît que la situation de l’entreprise est irrémédiablement compromise L’Article 651 de la
même loi sous-dessus démontre que Le tribunal prononce, d’office ou à la demande du chef de
l’entreprise, d’un créancier ou du ministère public, l’ouverture de la procédure de liquidation
judiciaire.
61
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
De ce fait, l’article 652 a donné la possibilité au tribunal peut autoriser cette continuation
pour une durée qu’il fixe, soit d’office, soit à la demande du syndic ou du procureur du Roi,
Lorsque l’intérêt général ou l’intérêt des créanciers nécessite la continuation de l’activité de
l’entreprise soumise à liquidation judiciaire. Mais quelle est l’extension du pouvoir du
procureur de Roi dans cette procédure pour demander les informations qui sont relatives à la
continuation de l’activité de l’entreprise ? le législateur reste muet concernant l’intervention du
ministère public dans la procédure de traitements judiciaires. Malgré lequel joue un rôle crucial
dans le champ des affaires, notamment l’équilibre économique.
Le ministère public peut donc valablement demander la liquidation judiciaire estimant que
la situation est irrémédiablement compromise, alors que le tribunal décide d'une procédure de
redressement judiciaire ouvrant en l'occurrence une période d'observation à l'issue de laquelle
il peut adopter un plan.
En réalité, dans cette situation c'est le créancier qui est le mieux placé pour demander la
résolution du plan, car c'est lui qui devra réclamer le paiement. Le tribunal peut être dans une
situation moralement embarrassante, car arrêtant la solution de la continuation, il lui est difficile
théoriquement de remettre en cause sa décision.
Tout se passerait comme s'il a fait une mauvaise appréciation de la situation de l'entreprise.
D'autre part, le silence du créancier pourrait être interprété de la part du tribunal comme un
octroi implicite d'un délai de paiement qu'il convient de donner au plan le maximum de chance
pour réussir. Le ministère public serait donc à même de lever la réticence éventuelle des
différents acteurs pour demander la résolution du plan et la prononciation de la liquidation
judiciaire. Mais généralement, le syndic chargé du suivi de l'exécution du plan en référera au
tribunal dans son rapport périodique, si bien que le ministère public ne pourra que confirmer la
demande du syndic96.
95
Noureddine ABDELLAOUI,op.cit.,p.286 et suiv
96
Ibid.
62
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Conclusion de la partie I :
97
V. MAGNIER, Droit des sociétés, Cours, Dalloz, 2002, p. 1
J-Cl.MAY, La société : contrat ou institution ? dans l’ouvrage coordonné par B. BASDEVANT-
98
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A ce stade, La politique pénale du législateur à l’égard des infractions liées aux
difficultés d’entreprise se détermine non seulement à travers les règles de fond mais
aussi à travers les règles de procédure. D’ailleurs celles-ci s’envisagent essentiellement
dans les règles du déclenchement de l’action publique ainsi que dans les moyens
d’opposition, la prescription et les frais de poursuites. 99
En revanche, aux termes de cet article précité, la juridiction répressive peut être saisi soit par
le ministère public, soit par le syndic en se constituant partie civile ; autrement dit, cette saisine
ne peut avoir lieu qu’après l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation
judiciaire puisque l’article 754 de la loi 73.17 modifiant le code commerce dispose que :
Partant, si la répression des infractions liées aux difficultés d’entreprise est régie par les
dispositions de la loi commerciale, son application relève de la compétence du tribunal de
première instance puisque les juridictions de commerce ne contiennent pas une justice
répressive. Par conséquent, le législateur marocain a doté l’institution du ministère public d’un
nouveau rôle en matière commerciale et plus spécialement en matière des difficultés
d’entreprise à savoir le déclenchement de l’action publique liée aux infractions prévues par le
livre V du code de commerce100.
Ainsi en cas de dépistage de l’un des cas prévus par l’article 754 de la loi 73.17 modifiant le
livre v du code commerce, le ministère public demande, en premier lieu, l’ouverture de la
procédure de redressement judiciaire ( l’article 578) ou de liquidation judiciaire (l’article 651)
, ceci si les conditions d’ouverture de ces procédures existent à savoir la cessation de paiement
des dettes à leur échéance y compris celles qui sont nées des engagements conclus dans le cadre
de l’accord amiable prévu à l’article556 et la qualité de commerçant.101
99
Mounia Rhomarie Mounir, op.cit., p.175
100
Ibid.
101
Ibid.
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En revanche, si le rôle du ministère public auprès des juridictions de commerce se limite au
dépistage des faits constituant le délit de banqueroute et les autres infractions prévues par le
livre V du code de commerce, il convient de constater que c’est le ministère public auprès du
tribunal de première instance qui se trouve compètent de déclencher l’action publique.
Donc, il convient de signaler qu’il y a un renversement du principe selon lequel le pénal tient
le civil en l’état car dans ce cas, c’est le commercial qui tient le pénal en l’état puisque le
législateur a soumis le déclenchement de l’action publique à l’existence d’un jugement
d’ouverture de la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, ceci inversement à
l’ancienne loi de commerce qui ne soumettait pas la répression de l’auteur de l’infraction au
prononcé du jugement de faillite mais seulement à l’existence de l’état de cessation des
paiements.
102
Ibid.
65
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PARTIE II : la protection pénale de l’intérêt social des entreprises
placées aux procédures collectives
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Le droit pénal des affaires est une notion assez récente. En parlant alors sur de droit pénal
financier dans la période de Première Guerre mondiale. Ensuite, aux alentours de la Seconde
Guerre mondiale, évoque plus tôt la notion de droit commercial ou de droit pénal économique.
Parmi les premiers ouvrages à utiliser la notion de droit pénal des affaires est écrit par Mme
Delmas Marty et depuis, c'est cette dénomination qui est utilisée par tous les auteurs, car elle
correspond à un champ plus large de recherche.
Rappelons d’abord qu’il n’y a pas de définition légale du droit pénal des affaires et que les
auteurs ne mettent pas toujours les mêmes infractions dans l’enveloppe de ce droit, dans cette
analyse deux critères :
Un premier critère vient à l’esprit, qui est matériel. Le droit pénal des affaires se définit par
son contenu et il apparaît comme étant un sous-ensemble au sein du droit pénal spécial.
D’où la tentation d’utiliser un autre critère, formel celui-là. Les délits sont alors classés en
fonction de leur localisation dans les Codes : ce qui est dans le Code pénal est du droit pénal
spécial et ce qui est hors du Code pénal peut être du droit pénal des affaires 103.
En effet, pour le deuxième critère n’est pas suffisant par rapport le premier : parce qu’il y a
dans le Code pénal marocain, on trouve le délit de banqueroute, escroquerie et aussi l’abus de
confiance qui peuvent être réalisés par des hommes d’affaires ; ensuite, en dehors du Code
pénal, on trouve des également dans le Code de commerce un délit la banqueroute, abus de
confiance.
En effet, Le droit pénal des affaires a été mobilisé par deux grandes catégories d’intérêts, les
intérêts particuliers et l’intérêt général, ce qui fait les intérêts de l’Etat et tout ce qui touche à
l’ordre public économique. Pour tenter d’associer ces deux intérêts, on met en place une
protection suprême plus large que particulière. Le droit pénal des affaires est bien dès lors la
branche du droit pénal spécial qui traite des infractions commises dans le cadre d’une entreprise
et qui sont sous-tendues par des considérations économiques, donc de profit. On intègre donc
dans le droit pénal des affaires le droit pénal commercial. Autrement dit, le droit pénal des
entreprises en difficulté.
Certaines sanctions pénales demeurent en matière de droit des entreprises en difficulté, car
elles constituent des garde-fous indispensables à la protection du tissu économie. Pourtant, les
actes les plus graves qui ont causé un trouble grave dans la vie économique, notamment l’intérêt
social d’une entreprise qui soumet aux procédures de traitements judiciaires, une telle
répression se justifie en effet pleinement. Tel est le cas de dirigeants qui a fait des contrats par
sa mauvaise intention en vue d’évité ou de retarder l’ouverture de la procédure de traitement,
soit fait des achats en vue d’une revente au-dessous du cours, soit employé des moyens ruineux
pour se procurer des fonds.
103
Jean Pradel, La pénalisation du droit des affaires,l’Université de Poitiers,France, Fondation pour le droit
continental Colloque Le Caire, octobre 2009,p.1
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En parlant dans ce cas sur des infractions très spécifiques au droit des procédures
collectives qui nécessitent une peine adaptée. Il s’agit spécialement le délit de la banqueroute.
En outre, l’infraction de banqueroute, sous l’égide du régime de droit des entreprises en
difficulté, se divisait en banqueroute simple et frauduleuse dont la répression était régie par les
dispositions du Code pénal général. En revanche, vu que malheureusement la défaillance du
régime marocain en matière de la responsabilité des dirigeants sociaux la doctrine marocaine a
opté pour une intervention du législateur afin de limiter les abus exercés par les dirigeants qui
dilapidaient les biens de la société et les utilisaient pour leurs propres besoins. Donc il fallait
d’extension la responsabilité pénale des dirigeants des entreprises afin suprême de protéger
l’intérêt social d’entreprise qui est en état de cessation des paiements et simultanément, elle
soumet aux procédures de traitements judiciaires.
De ce fait, le législateur marocain dans la théorie de mettre une sécurité juridique d’intérêt
social, a adopté à travers le livre V du Code de commerce une politique de prévention et
d’accompagnement de l’entreprise tout à bout des procédures collectives, en gardant
l’incrimination et la sanction tous les actes violant à son activité et visant à compromettre son
intérêt général au niveau des articles 721 jusqu’à l’article 727 de la loi 15.95 du 1ᵉʳ aout 1996.
Ainsi qu'à ce niveau, le livre V du Code de commerce a subi une réforme en vertu de la loi
73.17 vu les carences constatées dans les différents dossiers déférés devant les tribunaux de
commerce. D’ailleurs, cette loi a conservé le même régime de répression du délit de la
banqueroute et des autres infractions liées aux difficultés d’entreprise adopté par le livre V du
Code de commerce, régi par la loi 15.95, (titre I). À ce niveau, le nouveau droit des difficultés
d’entreprise s’inscrit dans le cadre d’une série de réformes entreprises par le Maroc afin de
s’adapter aux grands changements socio-économiques connus tant au plan national qu’au plan
international. D’ailleurs En étudiant plus la mise en œuvre de la responsabilité pénale au cours
des procédures collectives. Certes, de telles réformes ne peuvent intervenir que par la
contribution de plusieurs études constituant une perspective et réflexion sérieuse sur la
législation adoptée en la matière, ce qui a fait de cette matière, y compris celle relative aux
délits liés au droit des entreprises en difficulté. (Titre II).
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TITRE I : Les infractions pénales troublant l’intérêt social
L’intérêt social d’entreprise est une valeur dans l’ordre public socio-économie. Lequel doit
être protéger par le législateur. Surtout, lorsque l’entreprise se trouve dans une situation
vulnérable. Donc cette dernière sera facile de violer son intérêt social. Dans ce cas d’espèce, en
parlant lorsqu’une entreprise qui est en état de cessation des paiements, et en même temps elle
soumet aux procédures de traitements judiciaires. En vue qu’elle est une unité complexe qui
revêt à la fois une dimension économique, humaine et sociétale 104.
En effet, le droit des entreprises en difficulté apparaît indispensable. Si l’on veut éviter le
gaspillage économique qui cause à la disparition des entreprises. À vrai dire que, Le droit des
entreprises en difficulté, parce qu'il est un droit qui déroge pour partie au droit commun, n'est
pas enfermé dans une tour d'ivoire. Il est directement influencé notamment par les réformes
successives qui affectent aussi bien les garanties des créanciers que le statut du débiteur 105.
Selon certains auteurs, « la prévention se résume donc à la volonté de s’attaquer aux racines
du mal, sans en attendre les manifestations, de s’efforcer de prévenir plutôt que de guérir »106.
« Le dirigeant, parce qu’il veut croire à la réussite de l’entreprise qu’il a souvent lui-même
créée, hésite à déposer le bilan et lorsqu’il s’y résigne, il est souvent déjà trop tard » Le droit
contemporain des entreprises en difficulté se caractérise par l’importance grandiose qui a été
réservée à la conciliation préalable, tout en essayant de promouvoir les droits des créanciers
gagistes, mais aussi de protéger le débiteur contre les agissements intempestifs des créanciers
souhaitant obtenir des paiements et des dépossessions de leur débiteur.
Le droit des entreprises en difficulté était marqué auparavant par le règne de la morale sur
l’économie. Il faut condamner le débiteur et peu importe la disparition de l’entreprise même si
elle est toujours saine. Aujourd’hui, les priorités ont pris une autre tournure, il s’agit de
l’emprise de l’économie au détriment du caractère moral. Il faut à tout prix assurer un sauvetage
et une survie de l’entreprise. Quant aux créanciers, ils seront relégués à un second rang107. Pour
ses raison le droit pénal des affaires intervient dans le secteur des procédures collectives dans
tous les agissements violant l’intérêt social d’entreprise.
Toute difficulté rencontrée par une entreprise n'a pas nécessairement pour origine une fraude.
L'ouverture d'une procédure collective peut très bien ne révéler la commission d'aucune
infraction. Mais il se peut très bien aussi qu'apparaissent des fautes pénales graves. Le droit des
procédures collectives connaît, depuis toujours, un aspect répressif fortement marqué, en raison
notamment de l'antique infraction de banqueroute108.
104
Stéphane Balland.Anne-Marie Bouvier, Management des entreprises, Dunod, France, p.1
105
André Jacquemont, op.cit., p.3
106
Corine SAINT-ALARY-HOUIN, Droit des entreprises en difficulté , Monchrétien, 4eme éd, Paris, 2001.
107
Nahid LYAZAMI, La prévention des difficultés des entreprises (Étude comparative entre le droit français et
le droit marocain), thèse doctorat en droit privé, université sus toulon,2013, p.22
108
Coralie Ambroise-Castérot, op.cit., p.39
Cependant, il ne faudrait pas réduire droit pénal des entreprises en difficulté à cette seule
infraction. Il existe dans le Code de commerce d'autres infractions pénales, voisines de la
banqueroute, qui vont apparaître et n'exister qu'en raison justement d'une procédure de
redressement ou de liquidation109.
À ce fait, si un chef d’entreprise, de ne pas payes ses dettes n’est pas en soi une infraction.
Mais l’état de cessation des paiements s’accompagne souvent, ou est procédé, de manœuvre ou
pratique visant à en retarder ou à en dissimiler la constatation. En effet, Le législateur Marocain
a mis des sanctions pénales en cas de délit de banqueroute (chapitre I), au-delà cette infraction
y d’autres infractions assimilées au délit de banqueroute (chapitre II).
Une entreprise soit en cessation des paiements, faire l’objet d’une procédure de redressement
ou de liquidation judiciaires, n’est pas répréhensible en soi. Il est en revanche bien évident que
ces situations sont souvent l’aboutissement d’un ensemble de fautes110 et des actes illicites
visant à trouble l’intérêt d’entreprise elle-même, ou bien plus large d’ordre public économie, et
social. Sachant que cette entreprise est en cessations des paiements et même temps soumet aux
procédures des traitements judiciaires, donc elle aura qualifié une infraction de banqueroute.
Le délit de banqueroute est le seul délit qualifié par le droit pénal des affaires, d’une part
dans le droit pénal spécial de 1962 (Articles 556 à 569). Ce délit a défini par le droit pénal
spécial dans son article 556 :
« Est coupable de banqueroute et puni des peines édictées à la présente chapitre suivant que
cette banqueroute est simple ou frauduleuse, tout commerçant en état de cessation de paiements
qui, soit par négligence, soit intentionnellement, a accompli des actes coupables de nature à
nuire à ses créanciers ».
D’autre part, dans le code de commerce 15.95 comme un droit spécial a défini aussi le délit
de banqueroute notamment son livre V aux articles : (754 à 756). Selon l’article 754 :
« En cas d’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, sont
coupables de banqueroute les personnes mentionnées à l’article 736 ci-dessus contre lesquelles
a été relevé l’un des faits ci-après :
109
Coralie Ambroise-Castérot, op.cit., p.400
110
Yves. Chartier, droit des affaires (3-entreprises en difficulté prévention-Redressement-Liquidation),Thémis
Droit, revue internationale de droit comparé, Fr,1989,P.508
70
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– Avoir dans l’intention d’éviter ou de retarder l’ouverture de la procédure de traitement,
soit fait des achats en vue d’une revente au-dessous du cours, soit employé des moyens ruineux
pour se procurer des fonds ;
– Avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de
l’entreprise ou de la société ou s’être abstenu de tenir toute comptabilité lorsque la loi en fait
l’obligation ».
À la lecture ces deux articles précités, comme l’on a vu des explications précédemment
comme le droit pénal spécial a défini le délit de la banqueroute et même il l’a qualifié ; un délit
de banqueroute simple ça veut dire par négligence, ou un délit de banqueroute frauduleuse
intentionnellement. En revanche, le code de commerce a exclu cette qualification et il l’a
considéré comme un délit unique ; Le délit de banqueroute.
Le champ d’application du délit de banqueroute est très large (Section I), dans le sens où,
contrairement à l’abus de biens sociaux ou aux infractions comptables, mais ce délit de
banqueroute se caractérise dans le droit des entreprises en difficulté et aussi son déclenchement
selon la cessation des paiements. Néanmoins, également son élément matériel est plus divers,
toute fraude, toute détournement, toute malveillance, ayant conduit à l’état de cessation des
paiements ou bien commis après celui-ci sont constitutif de l’infraction (Section II).
Le champ d’application du délit de banqueroute dont le droit des entreprises en difficulté qui
connue des procédures plus longues et des organes différents, mais le législateur a pu de
déterminer les banqueroutiers par le Code de commerce 15.95 (sous-section I). Mais ces
personnes visées, elles ne peuvent sanctionner par l'infraction de banqueroute qu'il existe des
conditions préalables (sous-section II).
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Sous-section I : Les personnes pouvant faire l’objet d’une banqueroute :
« Les banqueroutiers »
Aux termes de l’article 754 du code de commerce, le législateur a déterminé les personnes
concernées par le délit de banqueroute : « En cas d’ouverture d’une procédure de redressement
ou de liquidation judiciaire, sont coupables de banqueroute les personnes mentionnées à
l’article 736… ».
A tire d’illustration en on revient à cet article qui a cité 736 de la même loi 15.95 formant
code de commerce :
« Les dispositions du présent titre sont applicables aux dirigeants de l’entreprise
individuelle ou à forme sociale ayant fait l’objet d’une procédure qu’ils soient de droit ou de
fait, rémunérés ou non »
De ce fait, en résumant que, le législateur a précis les personnes visées, ceux qui sont des
dirigeants de l’entreprise individuelle ou bien à la forme sociale.et même les dirigeants sociaux
concernés se sont des personnes qui, dans le cadre de l’ensemble des sociétés commerciales,
dispose à l’égard des tiers des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom
de la société. Autrement dit, la responsabilité pénale peut être engagée par les associées, comme
par les tiers. Ceci concerne tant les dirigeants de droit (A), ou les dirigeants de fait (B).
A : les dirigeants de droit
La direction d'une société est en principe confiée aux dirigées nommés dans les statuts ou
désignés par les associés : le président ou le directeur général pour la SAS et le gérant pour la
SARL et la SCI. Ce sont les dirigeants de droit.
La direction d’une société. Ou bien dire un dirigeant de droit est relativement clair, parce
que ce dernier est désigné dans le statut notamment au moment de la constitution de la société
par les associés. De sorte ce dirigeant dispose un mandat pour agir. A l’inverse, le dirigeant est
dépourvu de tout mandat ou autre autorisation pour gouverner.
Le dirigeant de droit, C'est celui qui a été investi des fonctions de direction conformément à
la loi régissant la personne morale considérée, aux statuts de celle-ci et par décision de ses
organes compétents. C'est ainsi que la loi est applicable, dans les sociétés à responsabilité
limitée, au gérant ; dans les sociétés anonymes, au président directeur général, au directeur
général, aux administrateurs et aux membres du directoire ; dans les sociétés en nom collectif
et en commandite, aux gérants non associés, dans les groupements d'intérêt économique, aux
administrateurs qui ne sont pas membres du groupement, dans les sociétés civiles, au gérant 111.
111
Jean-François Martin, Redressement et liquidation judiciaires-prévention-règlement amiable-faillite
personnelle-Banqueroute, Delmans,7e éd, fr,1999, p.255
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B : Les dirigeants de fait :
Le dirigeant de fait, quant à lui, exerce un pouvoir de décision sans que cela ne soit établi,
sans autorisation formelle, sans être investi par un mandat. Autrement dit, il exerce les
prérogatives du dirigeant de droit, sans avoir la qualité pour agir. Il n’est pas le représentant
légal de la société, et de ce fait, sa direction est officieuse et dans la plupart des cas, frauduleuse.
Il arrive cependant que la gestion réelle de l'entreprise soit exercée par un autre individu, qui
va recevoir les clients, conclure les contrats, réaliser les devis, embaucher et encadrer les
salariés, le tout sans aucun mandat. Cette personne, qualifiée de dirigeant de fait 112, est souvent
perçue par les tiers comme le véritable représentant de la société. Le dirigeant de droit n'est
alors qu'un homme de paille.
À savoir, « toute personne qui, directement ou par personne interposée, aura, en fait, exercé
la direction, l’administration ou la gestion de sociétés anonymes sous le couvert ou au lieu et
place de leurs représentants légaux » (article 374 de la loi n° 17-95).
Les dirigeants de fait Pour les SARL et les SA, les textes prévoient que la plupart des
infractions pénales pouvant être reprochées aux dirigeants statutaires peuvent l'être également
aux dirigeants de fait. Ainsi, tout actionnaire, salarié ou cadre, qui possède tout pouvoir pour
agir, et se comporte ainsi comme un dirigeant, peut être poursuivi pour abus de biens sociaux
ou bien délit de la banqueroute. La direction de fait suppose l'existence d'une action positive de
direction, d'administration ou de gestion, déployée en toute indépendance et supposant un
véritable pouvoir de décision113.
En effet, Le dirigeant de droit et le dirigeant de fait d’une société exercent les mêmes
fonctions : le premier au vu et au su de tous, et le second, d’une manière informelle voire parfois
dissimulée. Si l’un est titulaire de droits et d’obligations du fait de l’éviction de son statut au
moment de la création d’une société, l’autre n’est détenteur que d’obligations. Autrement dit,
La responsabilité d’un dirigeant, qu’il soit de droit ou de fait, s’engage de la même manière
quel que soit le type de responsabilité mis en cause. À titre d’illustration, la responsabilité
pénale du dirigeant de fait est susceptible de subir les mêmes sanctions pénales que le dirigeant
de droit. Ainsi, l’argument selon lequel sa direction effective n’est pas mentionnée par écrit,
n’éteint en aucun cas sa responsabilité. Il peut être pénalement condamné au titre des infractions
commises lors de sa gestion de la société. C’est l’exemple du délit de banqueroute où le
dirigeant d’une société en état de cessation de paiements effectue des manœuvres frauduleuses.
112
Une personne physique, rémunérée ou non : un membre de la famille du dirigeant de droit, un associé, un
salarié, un ancien dirigeant, un contrôleur de gestion... ;
Une personne morale : une commune qui a passé un marché public avec la société, un client qui représente la
majorité du chiffre d'affaires de la société, un fournisseur qui gère la trésorerie à la place de la société, un
établissement bancaire qui a dépassé son devoir de conseil et délègue un gestionnaire qui prend souvent seul les
décisions importantes, un franchiseur qui intervient dans la gestion de son franchisé au-delà de son droit de
contrôle.
113
Coralie Ambroise-Costérot, op.cit.,p.387
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A cet angle, le législateur marocain a déterminé la liste des banqueroutiers dans l’article
736 du code du commerce, que l’on a déjà cité précédent de manière stricte. « À cet égard,
force est de rappeler que seules les personnes morales de droit privé peuvent être soumises à
une procédure collective. Les dirigeants des personnes morales de droit public ne peuvent donc
aucunement être auteurs du délit de banqueroute, ce qui n'est pas le cas pour les dirigeants d'une
société d'économie mixte locale qui peuvent être poursuivis pour banqueroute dès lors que cette
société a été constituée sous la forme d'une société anonyme, celle-ci étant, bien évidemment,
une personne morale de droit privé »114.
En revanche, en droit comparé comme le système en France, a fait d’extension de la liste
qui énumère les banqueroutiers qui peuvent être sanctionner au titre de la banqueroute, de
manière plus large que notre système. Notamment l’article, L.654-1 de code de commerce
française, Ce sont :
Toute personne exerçant une activité commerciale ou artisanale, tout agriculteur, et
toute autre personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante, y compris
une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est
protégé ;
114
Omar Bousalem, op.cit., p.141
115
M.Delmas-Marty, Droit pénal des affaires, Puf, 1993, t.1, p.55
116
André Jacquemont, op.cit., p.634
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De même sens, C’est l'article L. 654-1 du Code de commerce (anc. art. L. 626-1) qui
détermine les professions touchées. Sont tout d'abord visées toutes les personnes exerçant une
activité commerciale ou artisanale, tout agriculteur et toute personne physique exerçant une
activité professionnelle indépendante ou libérale. L'inclusion de cette dernière catégorie
(professions indépendantes et libérales) est récente et résulte de la loi du 26 juillet 2005. Sous
l'empire de la législation ancienne, ces professions étaient exclues. On doit également noter que
la formulation « toutes les personnes exerçant une activité commerciale ou artisanale » résulte
de l'ordonnance du 18 décembre 2008 qui a égale- ment élargi le champ de l'infraction. Cette
nouvelle expression remplace l'ancienne, plus étroite (« tout commerçant [...], toute personne
immatriculée au répertoire des métiers »)117.
En fin, l’article précise que la banqueroute est applicable aux dirigeants de fait comme aux
dirigeants de droit 118.
À ce propos, il y a lieu de noter que quand les dirigeants de droit ou de fait, ont commis des
faits de banqueroute, ils ne peuvent être poursuivis que de ce chef que si la personne morale
qu’ils dirigent fait l’objet d’une procédure collective. À vrai dire, les conditions préalables afin
de déclencher la poursuite.
En principe, le droit pénal n'a pas vocation à protéger les intérêts des créanciers car ils le
sont suffisamment tant par le droit civil que par le droit commercial. Son intervention se justifie,
toutefois, dès lors que le débiteur, en état de cessation des paiements ou dont la situation est
irrémédiablement compromise, commet des faits constitutifs de banqueroute, sachant
pertinemment que de tels comportements font grief, non seulement à ses créanciers, mais
également à l'ordre public économique 119. Concrètement, aux procédures collectives en parlant
sur les atteintes portées à l’intérêt social d’entreprise qui a fait l’objet au traitement judiciaires.
Aux côtés des personnes visées au délit de la banqueroute, il y faut encore des conditions
préalables qui sont nécessaires pour punir ces personnes visées. Ça veut dire, il faut un état de
cessation des paiements (A). Constaté par une procédure collective contre le débiteur. En effet,
pour banqueroute puisse être déclenchée, il est nécessaire que soit ouverture une procédure de
redressement ou de liquidation judiciaires (B).
117
Coralie Ambroise-Castérot, op.cit., p.403
118
Ibid. P.404
119
Omar Bousalem, op.cit., p.141
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A : La cessation des paiements
La théorie de la cessation des paiements est un élément indispensable aux procédures
collectives, elle est considérée, d'une part, comme un point sensible entre les préventions
préventives et les traitements judiciaires. Et d’autre part, en considérant que tous les
agissements nuisibles l’intérêt social qui ont fait, aux cours de ces procédures, par rapport le
constatation la date de la cessation des paiements, constituant, donc, délit banqueroute. Après
l’ouverture les traitements judiciaires. À ce titre, aux termes d’article 713 CMM120.
Alors, la cessation des paiements doit être prouvée121, Il convient de préciser que lorsque le
débiteur n'est pas en état de cessation des paiements, alors la banqueroute ne pourra pas être
retenue, cependant le terrain des poursuites sera celui de l'abus de biens sociaux. Mais le juge
pénal peut-il constater la cessation des paiements indépendamment la décision du juge
commercial ?
Dans ce cas d’espèce, le juge pénal a perdu son pouvoir de déterminer la date de cassation
des paiements, il est devenu restreint par la décision du juge commercial. En revanche, que le
juge intervient dans le secteur de droit des entreprises en difficulté afin protéger l’intérêt social
d’entreprise contre tous actes nuisibles. Mais il y a une contradiction, car le juge pénal ne peut
déclencher l’action publique en cas délit de banqueroute qu’après la décision du juge
commercial.
À la lumière, la réponse selon la législation française « L'état de cessation des paiements a
toujours été au centre du droit des faillites (droit des entreprises en difficulté). Le droit pénal
attaché à la répression des comportements répréhensibles liés à l'ouverture d'une procédure
collective n'échappe pas à cette règle. Ainsi, la poursuite en banqueroute met inévitablement en
jeu des questions se rapportant à l'état de cessation des paiements.
Le dispositif répressif antérieur à l'entrée en vigueur de la loi du 25 janvier 1985 reposait sur
le critère central de la cessation des paiements. D'abord, la notion elle-même d'état de cessation
des paiements faisait l'objet d'une appréciation indispensable à la conduite du procès pénal.
Ensuite, il fallait préciser sa date, afin de mieux cerner et appréhender les agissements
délictueux en rapport avec elle. Le système de sanctions pénales mis en place par le nouveau
texte essaie de se détacher de ladite cessation des paiements. C'est l'ouverture de la procédure
de redressement judiciaire qui devient le nouvel élément de référence. Néanmoins, l'état de
cessation des paiements demeure la cause principale d'ouverture d'une procédure collective.
120
Code de commerce 15.95 de 1996
121
André Jacquemont, op.cit.,p.153
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De fait, il reste un point de passage obligé lors de l'instance en banqueroute quant à la
détermination de son contenu et de sa date. La détermination de la notion et de la date de
cessation des paiements restent deux étapes indispensables à la mise en mouvement de la
poursuite »122.
Lors de l’ouverture d’une procédure collective, le plus souvent le dirigeant (ou
l’entrepreneur) est privé ses pouvoirs ou bien il est étroitement contrôlé par le mandataire
judiciaire ou l’administrateur : par conséquent le dirigeant ne risque plus tellement de
commettre des détournements ou de réaliser des actes préjudiciables à la société ou l’entreprise
une fois la procédure collective ouverte. Ainsi, le délit de la banqueroute a pour vocation
naturelle d’aspirer à lui des situations antérieures à l’état de cessation des paiements constaté la
juridiction commerciale123.
122
Marie-Christine Sordino,op.cit.,p.139
123
Coralie Ambroise-Castérot, op.cit.,p.404 et suiv
124
Association des professionnels du contentieux économique et financer. présidée par Claire Favre , les
sanctions en procédures collectives, Paris, 2019
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En juridiction française, notamment L'article L. 654-2 du Code du commerce précise bien
que l'existence d'une banqueroute tient à l'ouverture d'un redressement ou d'une liquidation
judiciaire. Si le déclenchement de la procédure de redressement judiciaire suppose que soit
rapportée la preuve de la cessation des paiements de l'entreprise, c'est-à-dire son impossibilité
de faire face au passif exigible avec l'actif disponible, celle de la liquidation judiciaire exige en
outre qu'un tel redressement soit manifestement impossible. À l'opposé de la loi du 13 juillet
1967, l'actuelle disposition légale condamne la thèse de la faillite virtuelle sur laquelle
s'appuyait la jurisprudence pour admettre que la banqueroute pouvait être réprimée en l'absence
d'une cessation des paiements constatée par un jugement d'ouverture125.
125
Deen Gibirila, RESPONSABILITÉ PÉNALE DES DIRIGEANTS SOCIAUX, JurisClasseur Commercial,
Université Toulouse 1 Capitole, 2010, p.64
78
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Ainsi que dans l’article 756 de même loi précitée qui dispose également que les personnes
coupables des infractions prévues à la présente section, encourent également, à titre de peine
accessoire, la déchéance commerciale prévue à la chapitre II du titre I du présent titre.
Autrement dit, il a des faits du délit de banqueroute.
À ce stade, on va étudier les fais de banqueroute à l’égards des banqueroutiers comme peine
principale (A). Puis les autres faits à l’égard des banqueroutiers comme des peines accessoires
(B).
À l’étude d’élément matériel du délit de la banqueroute, Aux termes de l’article 754, précité
de code commerce 15.95. Le texte prévoit particulièrement des actes positifs : emploi de
moyens ruineux (Paragraphe 1), détournement, dissipation (paragraphe 2), augmentation du
passif (paragraphe 3) et mauvaise tenue de la comptabilité (paragraphe 4).
L'article 754 alinéa 1 : considère comme acte constitutif de banqueroute, le fait d’« avoir,
dans l'intention d'éviter ou de retarder l'ouverture de la procédure de traitement, soit fait des
achats en vue d'une revente au-dessous du cours, soit employé des moyens ruineux pour se
procurer des fonds ».
En effet, force est de signaler qu'il se peut que la vente à perte soit infligée par les
circonstances ou résulter d'une faute de gestion. Pour la retenir, il faut établir qu'au moment de
l'achat, le commerçant avait déjà l'intention de revendre à perte pour retarder l'ouverture de la
procédure. La seule liquidation de marchandises dans des conditions catastrophiques, si elle est
faite pour retarder l'ouverture de la procédure, pourrait cependant être considérée, dans
certaines circonstances comme un moyen ruineux de se procurer des fonds.
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En effet, L'achat pour revente au-dessous du cours est un achat préalable, avec l'intention de
revendre au-dessous du cours du marché (c'est-à-dire en dessous du prix normal du marché)126.
Cette situation peut même conduire à une revente à perte pour la société. La revente à perte
systématique constitue nécessairement un cas de banqueroute: « en ce que l'arrêt attaqué a
déclaré Jean-Claude X coupable de banqueroute pour achats en vue de revente au- dessous du
cours ; "aux motifs qu'en raison de la nécessité de reconstruire l'image de la société après des
pratiques douteuses d'assemblage des vins auxquelles avait eu recours son prédécesseur, de la
chute des prix du muscadet pendant l'année 2000 et de l'exigence d'un budget publicitaire
important, la vente des vins à forte marge n'avait jamais décollé et la vente des vins génériques
n'avait cessé d'augmenter pour tenter de compenser le manque à gagner et disposer de la
trésorerie suffisante pour poursuivre l'activité; "qu'ainsi, la société pratiquait la vente à perte de
manière systématique sur les vins de premier prix, de sorte qu'en augmentant régulièrement se
ventes et son chiffre d'affaires, elle accroissait régulièrement son déficit »127.
L'article 754-2° considère comme second acte constitutif de banqueroute le fait d' «avoir
détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif du débiteur».
Le détournement comme la dissimulation permet de caractériser tout acte par lequel le
débiteur soustrait une partie de son actif à une époque précise où cet actif devrait être
uniquement utilisé pour faire face au passif exigible. Ainsi, à défaut de jurisprudence
marocaine, la chambre criminelle de la cour de cassation française avance que le délit de
banqueroute par détournement d'actif nécessite, pour être constitué à l'égard d'un dirigeant
social, l'existence d'une dissipation volontaire d'un élément du patrimoine d'une société en état
de cessation des paiements.
À titre d'exemple, le fait pour un dirigeant de se faire consentir des rémunérations jugées
exorbitantes ou injustifiées constitue inéluctablement un détournement d'actif. Il en est de même
du commerçant en état de cessation des paiements qui cède son fonds de commerce et le
matériel représentant l'actif de l'entreprise à une société créée par lui à cet effet 128.Mais dans ce
cas d’espèce, il y une difficulté dans cet article qui réside dans la détermination du moment où
été commis le détournement ou la dissimulation de tout ou partie de l’actif du débiteur, car le
texte ne le précise pas.
126
Crim., 7 mai 2002, Bull. crim., nº 109, Dr. pén. 2002, comm. 127, obs. Robert., cité par Coralie Ambroise-
Castérot, op.cit., p. 408
127
Ibid.,p.408
128
Cass.crim.22 aout 1995.Bull.crim.,n°267, Dalloz affaires 1995,n°5,p.115., cité par Omar
bousalem,op.cit.,p.147
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À cet égard, à défaut de jurisprudence marocaine, la chambre criminelle de la cour de
cassation a eu l’occasion d’affirmer que le détournement et les dissimulations devaient avoir
postérieurs à la cessation des paiements pour être constitutifs de banqueroute129. En revanche
que, D-Marty qui est considéré que la qualification de banqueroute aux faits antérieurs à, la date
de cessation des paiements à condition que ses agissements ne soient pas prolongés au-delà de
cette date130.
De même, détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif. Tout en considérant toujours qu'en
principe, ces faits devaient être postérieurs à la cessation des paiements 131 , la jurisprudence a
légèrement assoupli sa position pour retenir éventuellement dans les éléments constitutifs du
délit de banqueroute des faits antérieurs « dès lors que, procédant d'une même intention et
tendant au même but, ils ont pour objet ou pour effet soit d'éviter ou de retarder la constatation
de cet état, soit d'affecter la consistance de l'actif disponible dans des conditions de nature à
placer l'intéressé dans l'impossibilité de faire face au passif exigible »132.
L'article 754 alinéa 3 de même loi précitée énonce un troisième cas de banqueroute :
« … Avoir frauduleusement augmenté le passif du débiteur ».
En déduisant après la lecture de cet alinéa que, Cette disposition réprime toute forme
d'augmentation frauduleuse du passif sans en décrire les modalités. En outre, le fait d'augmenter
frauduleusement le passif correspond souvent au cas précédent de banqueroute, à savoir le
détournement de l'actif.
De ce fait, L'élément matériel de l'infraction consiste, pour le débiteur ou le dirigeant de la
personne morale, à se reconnaître débiteur de sommes qu'il ne doit pas ou que ne doit pas la
personne morale, selon le cas. Et La motivation du débiteur ici de se ménager les faveurs futures
des bénéficiaires. Il s'agit, en quelque sorte, d'une reconnaissance morale de dette pour le futur,
les bénéficiaires, généralement complices de l'auteur du délit, devant percevoir des sommes
inclues, dans la procédure collective, qu'ils restitueront plus tard.
129
Ibid.,P.148
130
D-Marty, droit pénal des affaires, PUF,coll thémis, 3e éd,t.2,1990,P.585
131
Cass. crim, 10 mai 1993: JCP E 1993, 298, n° 21, obs. Ph. Pétel., cité par André Jacquemont, op.cit.,p.635
132
Cass. crim, 21 sept. 1994, op. cit. supra., cité par Ibid,.p.636
133
Sur cette jurisprudence, V. J. Vallansan, obs, préc, supra, nº 1111. crim, 18 juin 1998: JCP E 1999, nº 4, p.
174, note J.-H. Robert,. Cité par Ibid,.p.336
81
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Paragraphe 4 : Mauvaise tenue de comptabilité ou comptabilité fictive
On a même loi le code de commerce 15.95 sont L'article 754 alinéa 4 : « Avoir tenu une
comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de l’entreprise ou de la société
ou s’être abstenu de tenir toute comptabilité lorsque la loi en fait l’obligation ».
En effet, constitue le délit de banqueroute, le fait, pour tout commerçant ou dirigeant d'une
personne morale commerçante, de s'abstenir de procéder, au mépris le texte notamment ne pas
respecter ses obligations dans l'article 19134 du code de commerce, à l'enregistrement
chronologique des mouvements affectant le patrimoine de l'entreprise et à l'établissement de
l'inventaire périodique des éléments actifs et passifs de ce patrimoine.
Ainsi, le fait pour un commerçant personne physique ou pour le dirigeant de la personne
morale commerçante de ne pas enregistrer chronologiquement des mouvements du patrimoine
de l'entreprise et de ne pas établir d'inventaire périodique est constitutif du délit. L'obligation
de tenue de la comptabilité incombe tant au dirigeant de droit qu'au dirigeant de fait, lequel peut
donc commettre le délit d'abstention de toute comptabilité. Le délit est encore constitué lorsque
le dirigeant ne présente qu'une laisse fiscale sans autre justificatif pour une année d’exercice le
défaut d’établissement des comptes annules constitue le délit.
De plus, Le fait de faire disparaître la comptabilité de l'entreprise ou de la personne morale
débitrice. Il s'agit de réprimer les comportements par lesquels les intéressés essaient de faire
disparaître la preuve d'engagements ayant généralement comme contrepartie l'introduction dans
le patrimoine du débiteur d'un élément d'actif, qu'il serait tentant de soustraire au gage des
créanciers. Cette infraction serait ainsi préparatoire à une autre ; celle de soustraction d'un
élément d'actif.
De même sens, l’élément matériel du délit de banqueroute constitue par des faits ou bien des
actes frauduleux qui portaient atteintes au l’intérêt social d’entreprise. En qualifiant le délit de
banqueroute mais il y a aussi des faits constituent l’élément matériel de la banqueroute.
Au côté, des éléments matériels du délit de banqueroute, dans l’article précédent 754 du code
de commerce. Le juge pénal peut sanctionner le banqueroutier par une peine accessoire,
autrement la déchéance commerciale, conformément aux dispositions de l’article 756 de même
loi, qui dispose également que les personnes coupables des infractions prévues à la présente
section, encourent également, à titre de peine accessoire, la déchéance commerciale prévue à la
chapitre II du titre I du présent titre. Autrement dit, il a des autres faits du délit de banqueroute.
134
Le commerçant tient une comptabilité conformément aux dispositions de la loi n° 9-88 relative aux
obligations comptables des commerçants promulguée par le dahir n° 1-92-138 du 30 joumada II 1413 (25
décembre 1992)5. Si elle est régulièrement tenue, cette comptabilité est admise par le juge pour faire preuve
entre commerçants à raison des faits de commerce.
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En ajoutant l’article 745 qui précise que : À tout moment de la procédure de redressement
ou de liquidation judiciaire, le tribunal doit se saisir en vue de prononcer, s’il y a lieu, la
déchéance commerciale de toute personne physique commerçante, contre laquelle a été relevé
l’un des faits qui sont : D’avoir poursuivi abusivement une exploitation déficitaire qui ne
pouvait conduire qu’à la cessation des paiements. Et aussi d’avoir omis de tenir une
comptabilité conformément ainsi qu’aux dispositions légales ou fait disparaître tout ou partie
des documents comptables comme nous avons cité.
De ce fait, l’article 746 de même loi, il y a la déchéance commerciale de tout dirigeant d’une
société commerciale qui a commis l’un des actes mentionnés à l’article 740 de code commerce
15.95, les actes qui sont énumérés par cet article sont :
Avoir disposé des biens de la société comme des siens propres ;
Sous le couvert de la société masquant ses agissements, avoir fait des actes de commerce
dans un intérêt personnel ;
Avoir fait des biens ou du crédit de la société un usage contraire à l’intérêt de celle-ci,
à des fins personnelles ou pour favoriser une autre entreprise dans laquelle il était intéressé
directement ou indirectement ;
Avoir poursuivi abusivement, dans un intérêt personnel, une exploitation déficitaire qui
ne pouvait conduire qu’à la cessation des paiements de la société ;
Avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de la
société ou s’être abstenu de tenir toute comptabilité conforme aux règles légales ;
Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l’actif où frauduleusement augmenté le
passif de la société ;
Avoir tenu une comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière.
De plus, le législateur a pu d’élargir par biais divers articles de code de commerce 15.95 les
faits répréhensibles comme éléments matériels du délit de banqueroute. Mais l’article 754 de
même loi qui détermine les faits répressifs ne connue que quatre cas. Donc, afin de protéger
l’intérêt social d’entreprise pénalement, il faut mettre une seule liste des faits répréhensibles
dans l’article 754, elle énumérera tous les actes mentionnés dans le Code de commerce 15.95
nuisibles à l’intérêt social, que ce soit avant-après la cessation des paiements. Ainsi qu’on
n’oublie pas les faits mentionnés dans les dispositions du Code pénal unifié 1962. De ce fait, il
est nécessaire de conformer entre ces deux textes.
De sort que, l’élément moral du délit de banqueroute est important afin de poursuivre cette
infraction. Conformément à l’article 133 du CPU135 : Les crimes et les délits ne sont punissables
que lorsqu'ils ont été commis intentionnellement, concrètement les délits commis par
imprudence sont exceptionnellement punissables dans les cas spécialement prévus par la loi.
135
Code pénal unifié au Maroc 1962
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Sous-section II : l’élément moral
Ce détournement est effectué dans un intérêt personnel : le débiteur « se sert » sur le dos de
l’entreprise moribonde. La dissimulation de tout ou partie de l’actif peut être définie comme le
fait de cacher cet actif à la connaissance des tiers, et notamment des créanciers, afin de les priver
de leurs droits en soustrayant ces fonds ou biens à leur droit de gage général. 136 D’autre part de
manière expressément par son alinéa 3 : « frauduleusement ». Donc par sa volonté.
L’élément intentionnel de l'infraction de banqueroute suppose que l'agent au moment de son
action, ait à la conscience de la cessation des paiements ou du moins des maux financiers dont
souffre l'entreprise. La connaissance de l'état de cessation des paiements de l'entreprise n'est
tout de même pas à elle seule suffisante.
En revanche, un dol spécial demeure toutefois requis, l'agent devant avoir agi afin de nuire
l’intérêt social de l’entreprise, retarder ou éviter la mise en mouvement de la procédure.
À titre d’illustration, s'agissant du cas de poursuite pour banqueroute par emploi de moyens
ruineux pour se procurer des fonds, les juges se doivent de rechercher si les prêts consentis l'ont
été dans le but d'éviter ou de retarder l'ouverture de la procédure. Pour ce qui est du
détournement ou de la dissimulation d'actif, pareils agissements doivent être teintés de la
conscience de nuire au droit des créanciers. Il n'en sera pas ainsi si le débiteur a consigné le prix
des actifs qu'il a vendus, pour honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers137.
Enfin, s'agissant de la mauvaise tenue de la comptabilité qui peut être commise avant ou
après la cessation des paiements, une telle faute nécessite la mauvaise foi de l'agent dans la
mesure où elle vise à camoufler la situation moribonde de l'entreprise. Ceci étant, la preuve de
l'élément moral de l'infraction de banqueroute doit, en toute logique, être rapportée par
l'accusation. Celle-ci n'est pas point difficile à rapporter dans la mesure où elle peut l'être
moyennant le procédé de la présomption judiciaire, Ainsi, s'agissant de la preuve tenant à la
conscience de la cessation des paiements, celle est souvent présumée du fait que les auteurs du
délit sont, dans la majeure partie des cas, des professionnels. La preuve du dol spécial quant à
elle peut se manifester de la matérialité des faits, notamment en cas de détournement ou de
dissimulation d'actif 138et de comptabilité fictive. Il n'en est du cours dont la preuve se révèle
très difficile, ou de surcroît impossible à rapporter.
À cet égard, il y a lieu de noter que la banqueroute ne peut aucunement être constituée si la
vente au-dessous du cours s'explique par une baisse brutale et soudaine des cours ou pour éviter
la perte des marchandises qui étaient en train de déprécier 139.
136
Coralie Ambroise-Castérot, op.cit., p. 410
137
Crim,.13 Juillet 1996, Revue des procédures collectives, 1997, P.369,obs.bouloc,. Cité par Omar Bousalem,
op.cit., p.144
138
Crim., 5 avril 2006, D.2007, p. 126. Obs. C.MASCALA., cité par Ibid,.p.145
139
Cité par M-P, LUCAS DE LEYSSAC,A.MIHAMAN, op.cit., N°336,P.233., cité par Ibid., p.145
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Sous-section III : la répression et la prescription
A : La répression :
Les peines encourues pour le délit de banqueroute, selon l’article 755 La banqueroute est
punie des peines d’emprisonnement de : un à cinq ans, et aussi des amendes de 10.000 à 100.000
dirhams d’une de ces deux peines seulement. Ces peines encourant les mêmes concernant les
complices de banqueroutes. On a vu que le législateur sanctionne aussi les tiers même s’ils
n’ont pas la qualité des dirigeants d’entreprise.
Encourent les mêmes peines, les complices de banqueroute, même s’ils n’ont pas la qualité
de dirigeants d’entreprise.
Mais ces peines peuvent être dans les cas des circonstances d’aggravations, de ce cas
d’espèce, s’il y une société dont les actions sont cotées à la bourse des valeurs. Donc, la peine
est portée au double.
Le banqueroutier qui a sanctionné par des peines principales, il peut également sanctionner
par des peines accessoires.
Les peines accessoires encourues pour les banqueroutiers sont notamment la déchéance
commerciale, conformément à l'article 756 Les personnes coupables des infractions prévues à
la présente section, encourent également, à titre de peine accessoire, la déchéance commerciale,
selon l’article 748 du code de commerce 15.95 Le tribunal doit prononcer la déchéance
commerciale du dirigeant de la société qui n’a pas acquitté l’insuffisance d’actif de celle-ci mise
à sa charge.
Si un dirigeant sanctionne par une peine accessoire de la déchéance commerciale, il interdit
de faire ses fonctions administratives dans l’entreprise, à titre d’exemple dans aux termes
d’article 750 de même loi précitée ; La déchéance commerciale emporte interdiction de diriger,
gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise commerciale et
toute société ayant une activité économique.
Ainsi que concernant Le droit de vote des dirigeants, frappés de la déchéance commerciale
est exercé, dans les assemblées des sociétés commerciales soumises à une procédure de
traitement, par un mandataire désigné par le tribunal à cet effet, à la requête du syndic. De
même, Le tribunal peut enjoindre à ces dirigeants ou à certains d’entre eux, de céder leurs
actions ou parts dans la société ou ordonner leur cession forcée par les soins d’un mandataire
de justice, au besoin après expertise ; le produit de la vente est affecté au paiement de la part de
l’insuffisance d’actif mise à la charge des dirigeants.
De plus, Le jugement prononçant la déchéance commerciale emporte également l’incapacité
d’exercer une fonction publique élective à durée cinq ans 140.
140
Article 751 de code de commerce 15.95 :
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En fait, selon le professeur M. Ahmed Sbai : « l’unification du délit de la banqueroute a pour
conséquence normale l’unification de la répression dont le seuil varie entre la souplesse et la
sévérité selon la gravité des faits constituant le délit. À cet égard, il convient de noter que le
législateur marocain a délaissé la répression prévue par le code pénal, vue la convergence entre
les dispositions de la répression de la banqueroute prévues par le code pénal et les dispositions
du code de commerce. Désormais, c’est le code de commerce qui s’en charge »141.
B : La prescription
Quant à la prescription de l'action publique (des délits) qui est de 4 ans, ne court que du jour
du jugement prononçant l’ouverture de la procédure de redressement ou de liquidation
judiciaire lorsque les faits incriminés sont apparus avant cette date. Ceci inversement aux autres
délits ordinaires dont le délai de prescription court à compter du jour de la commission du délit
(l’article 5 code de la procédure pénale). En plus, il convient de signaler que l’article ci-dessus
ne résout pas le cas des faits commis après la date du prononcé du jugement de redressement
ou de liquidation judiciaire. A cet égard, une partie de la doctrine a considéré que pour ce dernier
cas le délai de prescription court à partir du délai de la commission du fait incriminé à l’instar
des autres infractions incriminées.
« Le jugement prononçant la déchéance commerciale emporte l’incapacité d’exercer une fonction publique
élective. L’incapacité s’applique également à toute personne physique à l’égard de laquelle la liquidation
judiciaire a été prononcée. Elle prend effet de plein droit à compter de la notification qui en est faite à
l’intéressé par l’autorité compétente. La durée de l’incapacité d’exercer une fonction publique élective résultant
du jugement de liquidation judiciaire est de cinq ans. Le jugement prononçant la déchéance commerciale est
publié au «Bulletin officiel ».. »
141
Cité par Mounia Rhomari Mounir, op.cit., p.172
142
Ibid.
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CHAPITRE II : Les infractions assimilées à la banqueroute, en
comparaison avec le délit d’abus des biens sociaux
Au-delà du délit de banqueroute, il y autres infractions sont punies par les peines encourues
à la banqueroute (section I), essayant de comparaison cette dernière avec le délit d’abus des
biens sociaux (section II).
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La peine encourue de cette infraction est punie de l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une
amende de 200 à 2000 dirhams.
Il y a encore commission de délit lorsque le dirigeant de fait d’une société poursuit
abusivement une exploitation déficitaire, dans un intérêt personnel lié aux avantages consentis
par la société dont le moment dépendait des résultats de l’exercice de l’entreprise, pour accroitre
ses avantages, le dirigeant masquait le déficit de l’exploitation par des falsifications comptable.
Les mêmes faits peuvent constituent le délit de banqueroute pout tenu d’une comptabilité143
manifestement irrégulière ou incomplète et dès lors qu’il s’agit d’intérêt distincts,
conformément le dernier alinéa de l’article 754 du CCM : « …avoir tenu une comptabilité
fictive ou fait disparaître des documents comptables de l’entreprise ou de la société ou s’être
abstenu de tenir toute comptabilité lorsque la loi en fait l’obligation ».
Selon l’alinéa 4 d’article 754 CCM, « avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître
des documents comptables de l’entreprise ou de la société ou s’être abstenu de tenir toute
comptabilité lorsque la loi en fait l’obligation ».
Alors, si les dirigeants sociaux sciemment donnent une comptabilité fictive, portant atteinte
à l’intérêt social d’entreprise. Une peine mentionnée par les dispositions du code de commerce
l’article 386 Seront punis d’une amende de 20.000 à 200.000 dirhams, les membres des organes
d’administration, de direction ou de gestion d’une société anonyme qui n’auront pas, pour
chaque exercice, dressé l’inventaire, établi des états de synthèse et un rapport de gestion.
143
Art 19 du code de commerce Le commerçant tient une comptabilité conformément aux dispositions de la loi
n° 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants promulguée par le dahir n° 1-92-138 du 30
joumada II 1413 (25 décembre 1992). Si elle est régulièrement tenue, cette comptabilité est admise par le juge
pour faire preuve entre commerçants à raison des faits de commerce. ; Art 24 du CCMLa communication est la
production intégrale des documents comptables. Elle ne peut être ordonnée que dans les affaires de
succession, de partage, de redressement ou de liquidation judiciaire et dans les autres cas où ces documents
sont communs aux parties.
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« Est puni également des mêmes peines, le créancier qui, après le jugement d’ouverture de
la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, a passé un ou plusieurs contrats lui
accordant des avantages particuliers au détriment des autres créanciers ou a fait usage, sans
autorisation écrite du débiteur des informations prévues aux article 612144 et 619145 lors de
toute procédure ou action ou auprès de toute autre partie ».
Au-delà des infractions connexes de la banqueroute qui sont commises par les particuliers,
les auxiliaires peuvent être aussi commis des infractions connexes à la banqueroute.
Sous-section II : les infractions commises par les auxiliaires de la justice
Les organes judiciaires qui ont un rôle primordial dans le droit des entreprises en difficulté
pour assurer le déroulement de la procédure, afin de redresser l’entreprise qui a connu des
difficultés. Parmi lesquels le syndic qui a un largement des pouvoirs dans le déroulement de la
procédure.
Le syndic est chargé de contrôler l’exécution du plan de sauvegarde et de mener les
opérations de redressement et de liquidation judiciaire à partir du jugement d’ouverture jusqu’à
la clôture de la procédure. Il surveille l’exécution du plan de continuation ou de cession.
Le syndic procède aussi à la vérification des créances sous le contrôle du juge-commissaire.
Dans sa mission, le syndic est tenu au respect des obligations légales et conventionnelles
incombant au chef d’entreprise. Sont fixées par voie réglementaire les qualifications requises
pour l’exercice des missions du syndic et les honoraires dus au titre desdites missions.
144
Article 612 du CCM : Le syndic est tenu de mettre à la disposition des créanciers, à partir du jour suivant la publication
de l’avis et jusqu’à la date de la réunion de l’assemblée, les informations et les documents suivants : 1) dans le cas où
l’assemblée est convoquée pour délibérer sur le projet du plan de redressement assurant la continuité de l’exploitation de
l’entreprise ou le plan de redressement proposé par les créanciers :
– les informations concernant la situation financière active ou passive avec indication détaillée du passif privilégié et
chirographaire ;
– un inventaire détaillé de l’actif de l’entreprise ;
– le projet du plan de redressement prévu à l’article 595 ci-dessus proposé par le syndic, accompagné, le cas échéant, des
offres qu’il a reçues en cas de cession partielle prévue à l’article 635 ci-dessous ;
– le cas échéant, le projet du plan de redressement proposé par les créanciers conformément aux dispositions du 3ème alinéa
de l’article 615 ci-dessous.
2) dans le cas où l’assemblée est convoquée pour délibérer sur la modification dans les objectifs et les moyens du plan de
continuation conformément aux dispositions de l’article 629 ci-dessous :
– le plan de continuation, tel qu’approuvé par le tribunal ;
– les propositions de modification du plan, y compris les propositions des taux de remises ;
– le rapport du syndic visé au premier alinéa de l’article 629 ci-dessous ;
– les informations relatives à la situation financière de l’entreprise.
3) dans le cas où l’assemblée est convoquée pour délibérer sur la cession des actifs prévus à l’article 618 ci-dessous : copie de
la demande de cession et l’état actualisé des actifs prévus au même article. Tout créancier peut, en personne ou par
mandataire, consulter les documents visés ci-dessus et en prendre copies à ses frais. Lorsque le créancier est empêché de
consulter lesdits documents ou le syndic refuse de les lui communiquer, il peut saisir le juge-commissaire en vue de
l’autoriser à les consulter dans le délai prévu au 1″ alinéa ci-dessus.
Le syndic met à la disposition de l’assemblée lors de sa réunion les informations précitées.
145
Article 619 du CCM : Tout créancier peut, sur demande présentée au syndic, se faire communiquer tout au long de
l’exécution du plan de continuation au siège de l’entreprise :
– les informations relatives à la situation financière de l’entreprise y compris la situation active et passive avec indication
détaillée du passif privilégié et chirographaire ;
– les flux de trésorerie ;
– les informations non financières pouvant impacter dans le futur l’exécution par l’entreprise de ses engagements. Tout
créancier peut, en personne ou par mandataire, prendre copie des documents précités à ses frais.
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En effet, le syndic peut être faire des agissements répréhensibles146, sera punir également des
peines de la banqueroute (A), ou bien un délit autonome. (B)
« A abusé des pouvoirs dont il dispose aux fins d’utiliser ou d’acquérir pour son compte des
biens du débiteur soit personnellement soit par personne interposée »
146
Voir arrêt N°1142/99, daté : 27/07/1999
147
Article 675 CCM
148
Article 658 CCM
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« S’être abstenu, en cas de son remplacement, à la passation de ses missions au nouveau
syndic »149.
Conformément du dernier paragraphe d’article 677 : « Le syndic révoqué est tenu de remettre
au nouveau syndic tous les documents relatifs à la procédure et un rapport des comptes y
attachés dans un délai de 10 jours à compter de la date de sa révocation… ».
Le syndic peut être sanctionné par le délit du secret professionnel, tant qu’il est dans les
procédures de traitements judiciaires étant un chef effectif de l’entreprise débitrice. Donc, par
sa qualité d’avoir des informations privilèges d’entreprise en question.il doit garder ces
infractions, ne pas les utiliser contre l’intérêt social d’entreprise surtout dans le cas de la
révocation. Sous le principe de « bon père de famille », et conformément le dernier paragraphe
de l’article 677 CCM : « Le syndic révoqué reste tenu au secret professionnel ». Le secret
professionnel est l’obligation imposant à des professionnels de ne pas révéler les informations
recueillies pendant l’exercice de leurs professions. Le syndic qui viole le secret professionnel à
l’occasion de sa fonction, sera tenu de punir aux termes des lois pénales en vigueur.
Ainsi qu’en droit comparé la France comme exemple, Sous l’empire son régime ancien du
règlement amiable, toute personne qui a eu connaissance de cette procédure est tenue au secret
professionnel. Cette confidentialité peut paraître illusoire 150, car la pratique reflète une autre
réalité, selon certains auteurs, « il paraissait difficile que la situation financière du débiteur ne
soit ébruitée »151 .
149
Article 677 CCM : « Le tribunal peut remplacer le syndic à la demande :
– du ministère public ;
– de l’assemblée des créanciers dans le cas où sa constitution est exigée conformément à l’article 606 ci-dessus ;
– du juge commissaire d’office ou sur réclamation du chef de l’entreprise ou d’un créancier ;
– du chef de l’entreprise ou du créancier dont la réclamation n’a pas fait l’objet de décision par le juge-
commissaire dans un délai de 15 jours.
Le syndic révoqué est tenu de remettre au nouveau syndic tous les documents relatifs à la procédure et un
rapport des comptes y attachés dans un délai de 10 jours à compter de la date de sa révocation… »
150
Exemple de la suspension provisoire des poursuites qui fait objet de publicité, malgré la position du président
du tribunal du commerce qui use, avec parcimonie de la possibilité d’accorder cette mesure., cité par Nahid
Lyazami, La prévention des difficultés des entreprises : étude comparative entre le droit français et le droit
marocain,Hal, thèse doctorat en droit privé, Université du Sud Toulon – Var, 2013,P.383
151
Y. CHAPUT, Droit de la prévention et du règlement amiable des difficultés des entreprises, Collection, Droit
fondamental, édition PUF.1986, n°178, p.186
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Pour d’autres auteurs, « les êtres humains communiquent plus facilement dans des contextes
d’intimité et de complicité…il faut de la confiance qui peut se gagner grâce à la compétence
des intervenants alliée à des notions de simplicité et d’humilité » 152.
En revanche, Cette obligation au secret professionnel s’impose à toute personne qui concourt
à la procédure (avocat, conciliateur, mandataire ad hoc, débiteur, créanciers, président du
tribunal), en gros, toute personne qui est dépositaire de l’information, soit par état, soit par
profession, comme par exemple le greffier. Il s’agit des personnes dépositaires d’informations
à caractère secret155.
Peut-être sanctionné par le délit d’abus de confiance, tant les dirigeants sociaux, que les
auxiliaires de justice, ayant fait des agissements qui sont énumérés dans les articles du Code de
commerce ; (art 754 et 757). Aux termes des dispositions du Code pénal notamment l’article
547 : « Quiconque de mauvaise foi détourne ou dissipe au préjudice des propriétaires,
possesseurs ou détenteurs, soit des effets, des deniers ou marchandises, soit des billets,
quittances, écrits de toute nature contenant ou opérant obligations ou décharges et qui lui
avaient été remis à la condition de les rendre ou d'en faire un usage ou un emploi déterminé, est
coupable d'abus de confiance et puni de l'emprisonnement de six mois à trois ans et d'une
amende de 200 à 2.000 dirhams.
Si le préjudice subi est de faible valeur, la durée de la peine d'emprisonnement sera d'un mois
à deux ans et l'amende de 200 à 250 dirhams, sous réserve de l'application des causes
d'aggravation prévues aux articles 549 et 550 ».
152
René INGELEARE. Vice-présidente de la chambre de commerce et d’industrie, CI de Lille, colloque de la
conférence générale des juges consulaires de France, table ronde 2 « Les acteurs sur le terrain : vers une
prévention coordonnée ». Paris 14 septembre 2009., cité par Nihad Lyazami,op.cit., p.383
153
Ibid.
154
Bruno ZABALA, Prévention des difficultés des entreprises et obligation d’information du public, JCP, la
semaine juridique, éd entreprise et affaires, n°19,08 mai 2008, p.39
155
Nihad Lyazami, op.cit., p.384
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SECTION II : Essayant de comparer entre le délit de banqueroute et
d’abus des biens sociaux
Le délit de banqueroute et l’abus de biens sociaux se sont les deux infractions s’appliquées
dans un domaine commun « droit des affaires », portant atteinte l’intérêt social d’entreprise. En
revanche, ces deux infractions sont autonomes, chacune qui a ses éléments constitutifs
spécifiques.
Le délit de banqueroute est réprimé par les dispositions du code pénal (Articles 556 à 569),
par le droit pénal spécial en droit des entreprises en difficulté ; (art 754 et suiv). Que nous
avons déjà l’expliqué. Par contre le délit d’abus de biens sociaux aux termes d’article 384-alinéa
3 de la loi 17.96156 relative aux sociétés anonymes : « qui, de mauvaise foi, auront fait, des biens
ou du crédit de la société, un usage qu'ils savaient contraire aux intérêts économiques de celle-
ci à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils
étaient intéressés directement ou indirectement ».
En effet, La distinction du délit de banqueroute par détournement d'actif et du délit d'abus
de biens sociaux. Outre la condition préalable imposée par la loi et spécifique au délit de
banqueroute et l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire 157la
jurisprudence retient en principe le critère chronologique des faits antérieurs ou postérieurs à la
cessation des paiements pour distinguer ces deux infractions, dont les éléments constitutifs sont
très proches, mais qui ne peuvent se cumuler 158.
De ce fait, Pour être répréhensible, l'usage des biens ou du crédit de la société doit être
contraire à l'intérêt social, c'est-à-dire exposer la personne morale à un risque de pertes, la priver
d'avantages. En raison de cet usage abusif, de ce comportement indélicat du dirigeant social,
l'intégrité de l'actif social est compromise. Le comportement qui est incriminé, c'est en
définitive, pour résumer, celui qui démontre que le dirigeant se conduit avec sa société comme
si elle était un bien propre de son patrimoine personnel. Les comportements les plus divers et
variés sont donc ainsi sanctionnés. Par exemple, le fait de s'octroyer des rémunérations indues,
voire excessives159. Est également coupable d'abus de biens sociaux le dirigeant paranoïaque
qui pense que son épouse le trompe et engage un détective privé pour la suivre payé par les
comptes de la société160. De même, l'utilisation des fonds d'une société même si cette dernière
cesse toute activité, à seule fin de permettre le fonctionnement d'une structure dépourvue de la
personnalité morale, est nécessairement contraire à l'intérêt social 161.
156
Loi n° 17-95 relative aux Sociétés anonymes, modifiée et complétée par les lois 78-12, 20-05, 23-01 et 81-99
157
V. infra, nº 1142 ; adde P. Gioanni, La cessation des paiements dans l'infraction de banqueroute : D. 1994,
chron. p. 53. - A. Dekeuwer, Cessation des paiements, détournement d'actif et pouvoir du juge pénal en matière
de banque- route : JCP E 1995, 1, 420., cité par André Jacquemont, op.cit., p.638
158
Sur cette articulation des qualifications de banqueroute et d'abus de biens sociaux, avec l'application du critère
(chronologique, V. Cass. crim, 18 juin 1998: Rev. Sociétés 1999, p. 817, note B. Bouloc - Cass crim, 27 oct.
1999 : (CPE 2000, p. 1045, note J.-H. Robert., cité par Ibid.
159
Crim., 9 mai 1973, Bull. crim., nº 216, D. 1974, p. 271, Rev. Sociétés 1973, p. 696, obs. Bouloc ; Crim., 22
sept. 2004, Dr. pén. 2004, comm, 177, obs. Robert, Rev. Sociétés 2005, p. 200, obs. Bouloc. Cf. F. Garron, « La
rémunération excessive des dirigeants des sociétés commerciales », Rev. Sociétés 2004, p. 795., cité par Coralie
Ambroise-Castérot,op.cit., p.390 et suiv
160
Crim., 20 févr. 2002, JCP E 2002, nº 15, p. 618, Rev. Sociétés 2002, p. 546, note Bouloc., cité par Ibid.
161
Crim., 19 oct. 2005, Rev. Sociétés 2006, p. 155, obs. Bouloc., cité par Ibid.
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Constitue aussi un abus de biens sociaux le fait d'utiliser les fonds sociaux pour rémunérer
des individus qui n'occupent aucun poste, c'est-à-dire qui bénéficient d'un emploi fictif. « Le
délit d'abus de biens sociaux résultant du versement de salaires rémunérant un emploi fictif est
une infraction instantanée, consommée lors de chaque paiement indu »162. De tels
comportements sont sans difficulté constitutifs d'abus de biens sociaux.
De ce fait, plus largement tout acte fait au nom de la société contraire à l’intérêt social à des
fins personnelles. Par exemple, est constitutif d'abus de biens sociaux le fait d'inscrire au crédit
de son compte d'associé le produit de la vente d'un actif social, tel un bien immeuble, comme
un appartement.
Il importe peu que les sommes aient été ou non utilisées et que la société ait encore
potentiellement la possibilité d'en profiter. Ce comportement est illicite car, avant la cession, la
société avait la propriété entière desdits fonds, tandis qu'aujourd'hui, ils ne constituent plus
qu'une créance de l'associé sur la société. Cette perte de propriété immobilière de la société, en
raison de l'inscription au crédit du compte d'associé caractérise l'abus de biens sociaux 163.
Ensuite, quant au comportement de l'auteur, l'abus de biens sociaux est défini par la loi
comme étant un usage abusif. Cet usage abusif peut-il être compris comme une simple
omission, ou bien le terme « Usage » suppose-t-il nécessairement un acte positif de
commission ?
La jurisprudence semble hésiter à trancher ce débat. Dans un premier temps, elle a considéré
que cet usage pouvait résulter d'une action, comme d'une omission, c'est-à-dire d'une abstention
volontaire du dirigeant.
La Cour de cassation a en effet estimé que l'infraction pouvait se commettre par simple
abstention : « L'usage des biens ou du crédit de la société [...] peut résulter non seulement d'une
action, mais aussi d'une abstention volontaire »164.
Une telle solution fut critiquée par une partie de la doctrine³¹. De plus, cette jurisprudence
est d'autant plus incohérente que lorsque de tels détournements sont commis après la cessation
des paiements, la banqueroute par abstention ne sera pas retenue, la chambre criminelle 165 se
refusant à appliquer à la notion de « disposition » la même conception extensive - étendue
jusqu'à l'abstention-, qu'à la notion « d'usage » dans l'abus de biens sociaux166.
162
Crim., 28 mai 2003, Bull. crim., nº 109 ; Bull. crim., nº 109, D. 2003, p. 2015, Rev. Sociétés 2003, p. 906, note
Bouloc, RSC 2004, p. 358, obs. Rebut ; cf. également Crim., 13 oct. 1999, Rev. Sociétés 2000, p. 360, obs.
Bouloc., cité par Ibid
163
Crim., 4 mai 2006, Rev. Sociétés 2006, p. 606, obs. Bouloc., cité par Ibid
164
Crim., 28 janv. 2004, Rev. Sociétés 2004, p. 722, note Bouloc, JCP E 2005, nº 20, p. 817, obs. Muller., cité par
Ibid
165
Crim., 12 janv. 2005, Dr. pén. 2005, comm. 92, obs. Robert., cité par Ibid
166
Comparer avec la banqueroute : cf. infra nº 609., cité par Ibid
94
18 juillet 2024
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
À la lumière de ces analyses, La qualification de banqueroute peut toutefois être
exceptionnellement retenue pour des faits antérieurs lorsqu'ils ont un lien direct avec la
cessation des paiements dans les conditions indiquées, c'est-à-dire dès lors que « procédant
d'une même intention et tendant au même but, ils ont pour objet ou pour effet, soit d'éviter ou
de retarder la constatation de cet état, soit d'affecter la consistance de l'actif disponible dans des
conditions de nature à placer l'intéressé dans l'impossibilité de faire face au passif exigible »167.
Ainsi que, En dehors de l'aspect chronologique des faits, deux différences notables séparent
les éléments constitutifs du délit de banqueroute de ceux du délit d'abus de biens sociaux : la
qualification de banqueroute ne nécessite pas la recherche d'un intérêt personnel, l'élément
intentionnel de l'infraction étant établi par la preuve de la connaissance par le prévenu de l'état
de cessation des paiements et du dommage causé aux tiers 168.
Le délit d'abus de biens sociaux exige, quant à lui, la caractérisation d'un dol spécial qui
consiste à avoir fait un usage abusif dans un but personnel169; le dirigeant d'une société qui a
consenti au nom de cette dernière des avances non remboursées au profit d'autres sociétés
faisant partie du même groupe ne peut invoquer l'intérêt du groupe pour justifier cette pratique
financière, et échapper à une sanction pénale.170 Ces différences justifient les précautions
procédurales à prendre par la juridiction qui veut procéder à une requalification des faits dont
elle est saisie.
Aux termes des dispositions du droit pénal, on ne peut sanctionner personne, qu’engager
sa responsabilité pénale, de même dans le droit pénal des entreprises en difficulté, plus
concrètement ce dernier a fait d’extension de la responsabilité pénale des personnes qui
pourront être sanctionnées (section I), alors, quelle est la finalité de cette extension de la
responsabilité pénale (section II).
167
V. également Cass. crim, 8 sept. 2004: Dr. sociétés 2005, nº 18, note R. Salomon., cité par André
Jacquemont, op.cit., p.638
168
Sur ces deux volets de l'élément moral de l'infraction, V. par ex. Cass. crim, 20 mai 2009, op. cit., n° 1140.,
cité par Ibid
169
Sur cette comparaison, étendue aux éléments matériels des deux délits, V. M-C Sordina, Banqueroute par de
tournement d'actif et abus de biens sociaux : un conflit de qualifications... des solutions en clair-obscur, in Mél.
Cabniliac, p.697., cité par Ibid.
170
Cass. crim., 27 avr. 2000: Act. proc. coll. 2000, n° 170 et la note ; JCP E 2001, p. 946, obs. E. Fortis et Y.
Muller., cité par Ibid.
95
18 juillet 2024
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
SECTION I : Les personnes peuvent être engagées leurs responsabilités
pénales aux procédures collectives
Quelle que soit l'infraction commise par le dirigeant, ou les partenaires d’entreprise, ses
éléments constitutifs doivent être définis par la loi, selon le principe « ni peine, ni crime,
sans texte juridique ».
Quant, L'élément matériel est incarné par le comportement fautif qui peut revêtir diverses
formes : une action ou, plus rarement une omission, telle que, mettre l'entreprise par ses actes
frauduleux dans un état de cessation des paiements, et aussi le défaut d'établissement des
comptes annuels ou le manquement à une obligation de prudence ou de sécurité édictée par
un texte, un acte instantané ou étalé dans le temps constitutif d'une infraction dite "continue",
un acte unique ou plusieurs actes.
Quant, L’élément intentionnel se conçoit comme l'intention d'accomplir l'acte prohibé en
sachant qu'il est contraire à la loi pénale. Cette conscience d'enfreindre la loi pénale résulte
soit du caractère volontaire des actes commis par le dirigeant, soit de circonstances révélant
qu'il a agi en toute connaissance de cause. La caractérisation du crime implique la
constatation de l'élément intentionnel, lequel est également nécessaire pour caractériser le
délit, sauf disposition contraire, en particulier les fautes d'imprudence ou de négligence et le
manquement aux obligations de prudence ou de sécurité.
De ce fait, en vue de protéger l’intérêt social d’entreprise a mis des sanctions pénales
comme nous avons l’expliqué, si engager la responsabilité pénale du dirigeant ou sa proche
famille (sous-section I), bien que la responsabilité puisse être élargie aux partenaires de
l’entreprise débitrice (sous-section II).
96
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Ainsi, aux termes de l’article 736 de la loi 73.17 relevant du titre 7 du livre V du code de
commerce relatif aux sanctions à l’encontre des dirigeants de l’entreprise :
171
Mounia.Rhomri Mounir, op.cit.,p.170 et suiv
97
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
De sorte que, il convient de signaler que la responsabilité pénale en cas du délit de la
banqueroute touche également tout commerçant et artisan 172 et tout dirigeant d’entreprise
individuelle ou en état de copropriété (ne disposant pas de la forme d’une société), aussi tout
dirigeant de société commerciale et toute personne morale représentant une société
commerciale prenant en charge l’administration et la gestion d’une autre société. Néanmoins
ce dernier cas représente une difficulté au niveau de la répression dans ce cadre, puisqu’une
personne morale en sa qualité de dirigeant d’entreprise ne peut pas subir des sanctions
pénales par l’article 754 de la loi 73.17 relative au droit des entreprises en difficulté 173. Et en
second lieu, la responsabilité pénale de l’entreprise suppose, en outre, la commission de l’un
des faits déterminés par cet article précité.
En plus, le législateur ne s’est pas limité la responsabilité pénale sauf le débiteur (le
commerçant ou le dirigeant de la société) mais aussi les tiers qui ont commis l’une des fautes
prévues par l’article 757 de la loi 73.17 qui a modifié les dispositions du livre V du Code de
commerce. À cet égard, ils encourent les mêmes sanctions prévues à l’encontre des
commerçants et des dirigeants, ceci sans la prise en considération de leur qualité de
commerçant ou d’artisan, de dirigeant de droit ou de fait, qu’ils soient rémunérés ou non.
Ainsi, a soumis aux mêmes sanctions de banqueroute les complices et les co-auteurs, le
syndic et les créanciers ayant commis l’un des faits déterminés par l’article757 de la loi
73.17 modifiant le livre V du code de commerce. C’est ainsi qu’une banque peut se
considérer comme un co-auteur de l’infraction. Si elle a consenti des prêts à une entreprise
ceci à des conditions qu’elles s’avèrent ruineuses afin d’éviter un dépôt de bilan de son client.
172
L’artisan est considéré commerçant selon les activités commerciales énumérés dans liste (l’article 6 du code
de commerce et 7 et suiv). Du code de commerce.
173
Mounia Rhomri Mounir, op.cit., p. 172
174
Nihad Lyazami, op.cit., p.199
175
Yves Chartier, op.cit., p.512
98
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Dans ce d’espèce, il est nécessaire d’insister sur l’existence d’élément dans la commission
du délit par les personnes déterminées par l’article 757 précité du droit des entreprises en
difficulté. Ainsi que, le législateur ne parle pas ici sur la tentative de la commission de
l’infraction.
176
Le droit des entreprises en difficulté a été modifié le livre V du code de commerce.
177
M. COZIAN. A. VIANDIER. et F. DEBOISSY, Droit des sociétés, 17 éd, LITEC, 2004, p. 15 à 17
178
Gérard Hervé. Vilon Guezo, Responsabilité pénale du dirigeant: regard critique, Hal, thèse doctorat,
université d’orléans,Fr, soutenue 2016, p. 247
179
C’est l’orientation proposée sur la place de la répression pénale en droit britannique des sociétés : S.
DEAKIN, Economic Effects of Criminal and Civil Sanctions in the context of Company Law, Research note for the
DTI Company Law Review, 2000., cité par Ibid.
99
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Si l’on part du principe, selon lequel le dirigeant rationnel poursuit l’intérêt de son
entreprise en violant la loi, cette dernière sera davantage observée dès lors que sa
transgression est susceptible d’engendrer des conséquences financières excédant largement
les bénéfices escomptés de la commission de l’infraction. Cette approche rationnelle
d’origine américaine, élaborée à l’image de la théorie microéconomique appréhende la
nécessité d’une sanction pénale sous un angle économique 180, donc comme le Maroc le juge
pénal des affaires sanctionne le dirigeant d’entreprise aux procédures collectives, par ses
agissements frauduleux, portant atteinte à l’intérêt social d’entreprise. En cas d’engager sa
responsabilité pénale. Au-delà, de punir le dirigeant d’entreprise, la responsabilité peut aller
plus loin. Pour élargir le périmètre de la responsabilité pénale des autres complices.
Dans ce sens le législateur pénal des entreprises en difficulté a qualifié tous les actes
frauduleux par un délit de banqueroute. Au-delà, le législateur afin d’extension la
responsabilité pénale aux procédures collectives a mis autres infractions des agissements
répréhensibles assimilés au délit de banqueroute. Donc, peut être engagée la responsabilité
pénale aussi comme nous avons vu précédemment, la famille proche du débiteur, le
complice, le banquier, le syndic, et aussi les tiers…etc.
En effet, L’une des conséquences les plus intéressantes de cette approche est de légitimer
une répression pénale sévère du dirigeant pour des comportements peu susceptibles d’avoir
un impact ou d’être découverts.181Lorsque l’entreprise se retrouve en difficulté, la vigilance
doit encore être accrue à l’égard du patrimoine social que les dirigeants peuvent être tentés
de dissiper à leur profit, la faillite menaçante. Ceci explique la répression pénale de plusieurs
comportements possibles du dirigeant et notamment le détournement ou la dissimulation de
tout ou partie de l’actif du débiteur, ou encore l’augmentation frauduleuse de son passif182.
Donc, la théorie d'extension la responsabilité pénale dans le droit des entreprises en difficulté
est nécessaire afin constater toutes personnes qui ont la mauvaise foi, et l'intention de nuire
l'intérêt social d'entreprise à ses fins personnelles.
180
E. MACKAAY, La règle juridique observée par le prisme de l’économie-une histoire stylisée du mouvement de
l’analyse économique du droit, Revue, internationale de droit économique, t.1,1986, p. 43 et s
181
L’approche selon la probabilité de découverte du comportement répréhensible est exposée par L. BENZONI,
in L’efficacité des décisions en droit de la concurrence, Actes du Colloque du 7 juin 2000 organisé par la
DGCCRF, PA du 28 décembre 2000, p. 21., cité par M. COZIAN. A. VIANDIER. et F. DEBOISSY, op.cit.,p.247
182
Ibid.
100
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
CHAPITRE II : Les perspectives à l’étude de cas
Le droit des entreprises en difficulté a été mobilisé par multiples intérêt intérêts. Dans ce
stade, on va mettre un raisonnement juridique par biais étude de cas (section I), et aussi de
mettre des perspectives pertinentes, afin d’améliorer la protection pénale d’intérêt social
d’entreprise au cours de la procédure de traitements judiciaires (section II).
183
Maroc, Cour suprême, 12 avril 2000, P1166/3
101
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
À titre d’illustration on s’interroge dans cette affaire, sauf la cessation de paiement est-
elle suffisante pour sanctionner par le délit de banqueroute simple ? et la reconnaissance de
la cessation de paiement considère-t-elle une preuve probante de la constater ?
En déduisant, la réponse à l’étudié cette affaire qui le miens, que le dirigeant de
l’entreprise XX a fait atteinte aux droits des créanciers, par il n’a pas pu de payer ses dettes,
et il a été poursuivi par le délit de banqueroute simple, par les 559 et 560 CPM, ce jugement
du TPI a été confirmé par Cour d’Appel, cette dernière s'est limité à confirmer le jugement
de premier degré en adoptant ses motifs sans s'assurer de la valeur légale de ses motifs, que
de ce fait son arrêt est dépourvu de motifs et de base légale, détournant les pièces du dossier
et violant la loi d'où il encourt la cassation. Et que l’appelant a demandé que ce jugement
manque de base légale et violation l’article 556 CPM, et suivant. Et la cour d’appel s’est
limité à confirmer le jugement de premier degré en adoptant ses motifs sans s'assurer de la
valeur légale de ses motifs, que de ce fait son arrêt est dépourvu de motifs et de base légale,
détournant les pièces du dossier et violant la loi d'où il encourt la cassation.
De ce fait, Attendu que l'arrêt attaqué a confirmé le jugement de premier degré et de ce
fait a adopté ses motifs, que le jugement de première instance confirmé par l'arrêt attaqué est
motivé et repose sur des bases légales et a débattu tous les actes d'accusation et n'a dénaturé
aucun document en citant ce qui suit: attendu que l'article 559 du code pénal dispose qu'en
cas de cessation de paiement d'une société, sont punis de la peine prévue pour banqueroute
simple, « En cas de cessation de paiement d'une société, sont punis des peines de la
banqueroute simple…. »
Prévue ainsi à l'article 557 du même code, que les directeurs gérants ou liquidateurs de
ladite société qu'elle que soit une société anonyme ou à responsabilité limitée, mais à
condition que le directeur ou gérant soit de mauvaise foi lors de l'accomplissement de l'un
des actes prévus et limités dont trois cas prévus à l'article 557 du code pénal ; « …3° Soit,
dans l'intention de retarder la constatation de la cessation de ses paiements, fait des achats
en vue d'une revente au-dessous du cours ou, dans la même intention, employé des moyens
ruineux de se procurer des fonds; »
En deux cas prévus à l'article 558 du code pénal ; « …2° Soit omis de satisfaire aux
obligations d'un précédent concordat et été déclaré en faillite ; ».
En effet, la Cour d'Appel en prenant en considération ces données légales qui constituent
le crime de la banqueroute simple prévue aux articles précités pour les appliquer aux pièces
du cas d'espèce, elle a remarqué que l'accusée qui est une société anonyme, quoi que son
représentant légal, ait reconnu devant la police judiciaire que la société est en état de
cessation de paiement de ses dettes, seulement cette cessation est conditionnée par le fait que
le représentant est tenu de respecter les dispositions des articles 559184 et 560 du code pénal.
184
Article 559 En cas de cessation de paiement d'une société, sont punis des peines de la banqueroute simple,
les administrateurs, directeurs ou liquidateurs d'une société anonyme, les gérants ou liquidateurs d'une société à
responsabilité limitée et d'une manière générale, tous mandataires sociaux, qui ont en cette qualité et de
mauvaise foi :
1° Soit dépensé des sommes élevées appartenant à la société en faisant des opérations de pur hasard ou des
102
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Les articles relatifs à la banqueroute par rapport à la société en tant que personne morale
contrairement aux dispositions de l'article 558 du code pénal dans son troisième alinéa qui
prévoit que s'il refuse de déclarer au secrétariat du greffe compétente sa cessation de
paiement et que ce cas n'est pas applicable, selon les articles 559 et 560185 CPM précités,
aux sociétés et leurs gérants d'une part, et d'autre part, que même dans le cas de refus de
déclaration ni le plaignent ni l'accusé n'ont déterminé la date de cette cessation afin que la
Cour d'Appel puise s'assurer de l'existence du refus réel ou non de déclaration de cessation
aux autorités compétentes, qu'en plus, le dossier ne comporte aucune indication qui prouve
que l'accusé, en cessant le paiement de ses dettes, pouvait nuire aux droits des créanciers
étant donné que son représentant a essayé de discuter avec son adversaire plaignant .. Et que
cette discussion a abouti à une action de comptabilité judiciaire d'où il suit que le moyen
n'est pas fondé.
Donc, par ces raisonnements, Rejette le pourvoi et met les dépens à la charge de la
requérante.
Prononcé et lu en audience publique tenue à la date précitée en salle d'audience ordinaire de
la cour de cassation à Rabat.
Ce que nous intéresse dans cette affaire, que le juge pénal a appliqué les dispositions du
Code pénal unifié, on ne voit aucun texte du Code de commerce, même ce dernier est
considéré comme un droit spécifique dans les affaires, ainsi qu’il ne qualifie pas un délit de
banqueroute simple et frauduleuse, mais dans le délit unique « délit de banqueroute ».
opérations fictives;
2° Soit, dans l'intention de retarder la constatation de cessation des paiements de la société, fait des achats en vue
d'une revente au-dessous du cours ou, dans la même intention, employé des moyens ruineux de se procurer des
fonds;
3° Soit, après cessation des paiements de la société, payé ou fait payer un créancier au préjudice des autres;
4° Soit fait contracter par la société, pour le compte d'autrui, sans qu'elle reçoive de valeurs en échange, des
engagements jugés trop considérables eu égard à sa situation lorsqu'elle les a contractés;
5° Soit tenu ou fait tenir irrégulièrement la comptabilité de la société.
185
Article 560 Sont punis des peines de la banqueroute simple, les administrateurs, directeurs ou liquidateurs
d'une société anonyme, les gérants ou liquidateurs d'une société à responsabilité limitée et d'une manière
générale, tous mandataires sociaux qui, en vue de soustraire tout ou partie de leur patrimoine aux poursuites de la
société en état de cessation de paiement ou à celles des associés ou des créanciers sociaux ont, de mauvaise foi,
détourné ou dissimulé tout ou partie de leurs biens, ou qui se sont frauduleusement reconnus débiteurs de
sommes qu'ils ne devaient pas.
103
18 juillet 2024
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
SECTION II : Les perspectives de l’amélioration de la protection
d’intérêt social des entreprises en difficulté
La vie dans le monde des affaires n’est pas la communauté idéale où règne l’honnêteté.
Ainsi « les affaires » sont souvent jonchées de malhonnêteté et de malversations qualifiées
par le criminologue EDWIN SUTHURLAND 186 de « délinquance en col blanc ». Tel est le
cas des comportements répréhensibles, en particulier vis-à-vis le chef d’entreprise voyous
lorsque l’entreprise fait l’objet d’une procédure judiciaire de traitement des difficultés. C’est
à la famille desdits comportements que se rapporte la banqueroute.
Aujourd’hui, la sauvegarde du débiteur prévaut afin de préserver le tissu économique
dans lequel il s’insère et de maintenir l’emploi. Cette rupture est le fruit d’une lente
évolution. La sévérité à l’égard du débiteur s’est progressivement atténuée, d’une certaine
manière, lorsque le droit est passé de la vente du débiteur à celle de ses biens.
L’appréciation de l’efficacité du droit des entreprises en difficulté varie énormément
dans le temps et d’un État à l’autre. Tous les États n’ont, en effet, pas la même appréciation
des enjeux des procédures collectives. Certains États estiment que le but d’une procédure
collective est essentiellement de désintéresser les créanciers et d’écarter le débiteur de la vie
des affaires afin de protéger la sphère économique. Cette conception prédominait largement
à travers le monde jusqu'à la fin du XXème siècle. Il tend aujourd'hui à être remplacé par
une vision plus humaine, mais également plus rationnelle économiquement du rôle du droit
des procédures collectives.
Plus d’abord, en reconnaissant au débiteur honnête un droit à une seconde chance.
L’entrepreneur qui a connu l’expérience d’une procédure d'insolvabilité apprend de ses
erreurs et sera plus apte à réussir sa prochaine entreprise. Plus rationnelle économiquement
ensuite à plusieurs égards. Tout d’abord, le sauvetage réussi d’une entreprise permet aux
créanciers d’éviter de perdre un co-contractant (ce qui évite l’effet domino) et d’obtenir, si
le plan de redressement est un succès, un montant plus élevé sur leur créance que si
l’entreprise avec été liquidée. Ensuite, le redressement de l’entreprise permet de sauver, au
moins en partie, les emplois qui y sont attachés. Enfin, un État a besoin d’entrepreneurs187.
L’appréciation de l’efficacité du droit des entreprises en difficulté dépend aussi de la variété
des outils que celui-ci offre, afin de s’adapter au mieux à la situation de l’entreprise. Mais la
question qui nous intéresse ici, lorsqu’en parlant, sur le droit pénal des entreprises en
difficulté. Autrement dit, quelle est la pace du droit pénal dans les procédures collectives
afin de protéger l’intérêt social d’entreprise qui soumet à ces procédures ?
186
Edwin H. Sutherland (1883–1950) était un sociologue, criminologue et théoricien du comportement criminel
américain. Il est considéré comme l’un des criminologues les plus influents du XXe siècle.
187
Paola Nabet, L’efficacité du droit des entreprises en difficulté en droit interne et international, Hal,
l’Université de Lorraine, fr, soutenue.2020, p.6
104
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
De ce fait, le droit pénal des entreprises ne se limite pas au seul droit des sociétés. Comme
nous avons déjà l’expliqué dans le titre précédemment, il existe donc dans le code de
commerce d’autres dispositions, notamment celles afférent au droit des entreprises en
difficulté, notamment le livre v, qui a modifié par la loi 73.17. (Société ou entreprise
individuelle). C’est le droit pénal des procédures collectives Toute difficulté rencontrée par
une entreprise n’a pas nécessairement pour origine une fraude, et l’ouverture d’une
procédure collective peut ne révéler la commission d’aucune infraction. Mais il se peut très
bien aussi qu’apparaissent des fautes pénales graves. Le droit des procédures collectives
connaît, depuis toujours, un aspect répressif fortement marqué, en raison notamment de
l’antique infraction de banqueroute.188
Quand la responsabilité pénale de l’entreprise en difficulté touche à la matière du droit
pénal des affaires. Autrement dit, à la matière du pénal économique, à la matière de la
délinquance en col blanc, ou encore à la matière de l’intervention du droit pénal dans le droit
des entreprises en difficulté. Car, l’entreprise, ni plus ni moins que les autres activités
humaines et économiques, versent parfois dans la délinquance. À ce fait, le droit pénal des
entreprises en difficulté est nécessaire, portant la protection l’intérêt social d’entreprise.
A l’instar, l’intérêt social d’entreprise qui soumet aux procédures collectives, apparaît
comme un outil d’intégration indispensable de ces nouveaux paradigmes que sont le
développement durable, et le tissu économique au Maroc, en effet, pour lequel le droit des
entreprises s’existe à travers ses procédures, selon la situation de l’entreprise. Mais, mais la
définition de cet intérêt social est nécessaire afin de mettre un sécurité juridique adéquat et
plus crucial conformément à celui-ci. Car cet intérêt d’entreprise se différencie dans un pays
à l’autre. Chaque pays a des stratégies socio-économiques propre, selon sa politique des
affaires. En revanche au Maroc, on a vu que le droit pénal des affaires est plus influencé par
le droit pénal des affaires français.
Alors, le droit pénal des entreprises en difficulté est tant qu’un droit répressif, visant à
réprimer pénalement certains comportements déterminés par la loi.
La politique de l'extension de la sanction dans le droit des entreprises en difficulté a pour
but de répartir la charge du risque économique, qui est en partie réalisée par l'état de cessation
des paiements, entre les différents partenaires de l'entreprise en difficulté, soit en mutualisant
les sacrifices auxquels ils doivent consentir afin d'assurer le redressement de celle-ci, soit en
recherchant la responsabilité de certains d'entre eux qui, par leur faute ou leur manque de
diligence, ont concouru à l'apparition de ces difficultés.
Dans ce cadre, la responsabilité pénale de droit commun constitue un moyen mis au
service du droit des procédures collectives afin d’extension sur tous les participants aux
procédures collectives.
188
Coralie Ambroise-Castérot, droit pénal spécial et droit pénal des affaires-les infraction contre les personnes-
les infraction contre les biens-les atteintes aux intérêts publics-droit pénal des entreprises et des sociétés,
Gualino lextenso, 7e ,2019,p.355
105
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Aussi, et pour assurer plus d'efficacité des procédures des difficultés d'entreprise, le
législateur n'hésite pas à mettre en jeu les sanctions pénales spécifiques, comme la
banqueroute pour protéger l’intérêt social et sécuriser l'investissement, le crédit, les actifs de
l'entreprise qui constituent le gage général des créanciers et des tiers.
Mais les questions qui sincèrement méritent de les poser ici afin d’améliorer la protection
pénale d’intérêt social d’entreprise au cours des procédures collectives.
Le droit pénal des entreprises en difficulté s’existe-t-il pratiquement aux procédures
collectives ? par d’autre manière, la justice pénale en droit des entreprises en difficulté garde-
t-elle ses pouvoirs en droit commun de déclencher l’action publique ? la qualification du
délit de banqueroute est-il suffisant pour protéger l’intérêt social ou bien, il nécessite de
reformuler le droit pénal des entreprises en difficulté ?
Le droit des entreprises en difficulté reste, par de multiples aspects, un droit
sanctionnateur, ainsi, la sanction pénale reste présente même si elle est circonscrite à
l’infraction de banqueroute et aux infractions punissent des comportements malhonnêtes
commis en cours de procédures, portant, atteintes à l’intérêt social d’entreprise.
À titre d’illustration et simultanément tenter de répondre aux questions précédemment,
en critiquant certaines dispositions qui sont mal comprises, et mettant des réflexions
pertinentes, en analysant notamment : la rareté de déclenchement d’une part l’ouverture
de la procédure, et d’autre part, le déclencher l’action publique : « délit de banqueroute » par
le ministère publique, (sous-section I), ainsi que les difficulté de qualification le délit de
banqueroute la qualification, (sous-section II), de plus, la cumulation entre la sanction
pénale et extra-pénale (sous-section III).
Dans un objectif de ces analyses, en déduisant des perspectives adéquates pour améliorer
la protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté.
Sous-section I : la rareté d’intervention le ministère public
Le ministère public est un organe primordial d’assumer la protection d’ordre public
économie. Mais, dans le droit des entreprises en difficulté, rarement, il intervenue, soit lors
de déclenchement l’ouverture de la procédure (A), soit de déclenchement l’action public «
cas de banqueroute », (B). Sachant que, l’intérêt social des entreprises en difficulté est
nécessité de protection d’une manière rigoureuse.
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De ce fait, on va traiter la faille juridique dans de sens selon les dispositions du droit de
commerce, concernant l’intervention du ministère public dans l’entreprise en difficulté,
contre tous les agissements illicites qui troublent l’intérêt social d’entreprise en question.
En effet, l’intervention du ministère public du déclenchement de la procédure est un usage
marginal, car L'usage du droit du ministère public de saisir le tribunal d'une demande
d'ouverture d'une procédure collective reste à nos jours exceptionnels. Donc, Les causes sont
diverses, mais il semble qu'on peut accuser d'une part le système d'information (paragraphe
1), ainsi que, La passivité du ministère public d’intervention dans le secteur économique,
concrètement le droit des entreprises en difficulté est également en cause (paragraphe 2).
189
Noureddine ABDELLAOUI, op.cit., p.291
190
Ibid.
A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
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Ce que fait, le droit d’information le ministère public est déjà consacré par le droit
procédural, notamment par le code du commerce. De sorte que, la communication à cet
organe est laissée au gré du tribunal, mais elle devient obligatoire dans les cas déterminés
par la loi, en l'occurrence, lorsque les causes ont trait à l'ordre public 191.
Or, l’intérêt social des entreprises en difficultés est considéré comme une partie qui se
rattache à l'ordre public socio-économique. Donc, il est nécessaire d’exiger l’obligation de
l’information le ministère public par le tribunal.
En réalité, cette formalité se fait systématiquement, mais l'information ainsi recueillie est
postérieure à la saisine du tribunal, elle ne permet au ministère public que d'être au courant
qu'une procédure est demandée. L'article 563 du CCM étant consommé, la communication
ne lui permet donc pas de déclencher la procédure, sauf à agir comme partie jointe192.
A titre de ces explications, l’information ainsi recueillie est passive car elle n’exige une
initiative particulière du ministère public.
Le droit à l'information peut être également puisé dans le registre de commerce. Le
décret du 18 janvier 1997 pris pour l'application des dispositions relatives au registre du
commerce impose, à travers son article 11, au président du tribunal ou au juge chargé de la
surveillance dudit registre d'informer le ministère public de toute déclaration tombant sous
le coup de l'article 64 du code de commerce 661, Toutefois, cette communication est
conditionnée par la supposition de ces derniers que la déclaration est douteuse.
L'information du ministère public reste donc liée à l'appréciation souveraine des juges
concernés193.
De ce sens, Le registre de commerce peut fournir, certes, des informations précieuses sur
l'entreprise, notamment par le biais des inscriptions des nantissements et privilèges portant
sur le fonds de commerce renseignant ainsi sur l'importance des créances et la qualité des
créanciers, mais il faudrait trouver un moyen de coordination, afin de permettre au ministère
public de s'informer en temps utile.
Ces différentes hypothèses expriment clairement que le droit du ministère public à
l'information n'est pas défini de la façon qui lui permettrait d'être un acteur qui participerait
activement et productivement au déclenchement des procédures de redressement judiciaire.
Pour suppléer à cette imperfection législative, ce dernier peut s'informer d'une manière
informelle.
De plus, La rareté d’invention le ministère dans le droit des entreprises en difficulté afin
de déclencher la procédure de traitement des difficultés de l'entreprise n'a pas pour cause
unique la défaillance du système de l'information. Or, y d’autres facteurs peuvent expliquer
ce constat. On étudie ainsi que la passivité du ministère public dans le droit des entreprises
en difficulté.
191
C. A. com. Marrakech, 7 avr. 1999, aff. nº 1/98, G.T.M n= 88, p.203., cite par Noureddine ABDELLAOUI,
op.cit., p.292
192
Ibid.
193
Ibid.
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Paragraphe 2 : la passivité du ministère public
En effet, en dehors des caractéristiques du cadre législatif, la saisine du tribunal suppose
une initiative propre et une volonté du parquet à s'impliquer dans la vie économique. Ou bien
dire le ministère public intervient de façon timide dans la vie économique.
Seulement, il existe un facteur d'ordre psychologique qui inhibe l'action du ministère
public. Tout d'abord, comme pour toute intervention judiciaire, cet organe craint que son
action ne soit pas opportune risquant de déstabiliser l'entreprise. Donc à l'image du tribunal
qui évite d'ouvrir une procédure dans des situations équivoques, le ministère public préfère
garder une attitude passive plutôt que de se porter responsable des conséquences d'une
intervention hâtive. Une action irréfléchie en ferait non pas un protecteur de l'ordre public
économique et social, comme il est censé être, mais son perturbateur194.
Donc, il doit une certitude forte pour intervenir de déclencher la procédure. En pratique,
rare de trouver une poursuite par le ministère public pour délit de banqueroute. On comprend
que, l’intérêt social a bien protéger par la juridiction commerciale ?
En d’autre contexte, la pluralité des acteurs pouvant déclencher la procédure est de nature
à polariser l'inertie du ministère public. Celui-ci peut en effet estimer que le créancier est
mieux placé pour connaître la situation de son débiteur, lui laissant ainsi le soin de passer à
l'assignation. Par ailleurs, la doctrine admet que l'intervention du ministère public doit
demeurer exceptionnelle et se limiter aux cas où la cessation des paiements cause un trouble
à l'ordre public économique et social. Celle-ci déplorerait une action systématique au lieu et
place des administrations qui sont créanciers de l'entreprise. 195
L'inertie du ministère public dans le déclenchement des procédures collectives n'est donc
pas un phénomène endémique de notre pays. Relativement au contexte marocain, on serait
tenté de dire que la mise en place de cet organe d'une façon permanente auprès de ces
nouvelles institutions que sont les juridictions de commerce constitue une réforme brutale
qui nécessite du temps pour donner ses fruits. En effet, pour se libérer de la tâche classique
de n'agir qu'en vertu des dispositions pénales, il faut du temps pour permettre au ministère
public de s'adapter à la nouvelle conception du rôle du pouvoir judiciaire dans la vie des
entreprises. Une sensibilité aux bienfaits de l'ouverture d'une procédure devrait combattre la
passivité de cet organe.
194
Ibid,.p.298
195
Ibid,.p.299
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
B : le déclenchement de l’action publique : « délit de banqueroute »
La banqueroute ne pourra toutefois, à suivre le texte, ce que la loi pénale plus que toute
autre conduit à faire strictement, être prononcée en cas de conversion en redressement ou en
liquidation judiciaire, car il ne s'agit pas, ainsi que l'exige l'article 754, de l’« ouverture d'une
redressement ou de liquidation judiciaire ».
Le problème majeur de cette situation, si la banqueroute est un délit répréhensible par des
sanctions pénales, que la théorie de la cessation de paiement est une condition dissuasive
pour le déclencher cette infraction. Donc, quelle est la position du juge pénal pour constater
la date de cessation de paiement ? le juge pénal dans ce cas n’a aucun pouvoir de constater,
mais s’attendre le prononcement de la décision du juge commercial.
De plus, le prononcé des peines de la banqueroute n'est pas toujours soumis à l'existence
d'une telle procédure. La cour de cassation française admet en effet que l'action publique
perdure alors même que la procédure collective a été clôturée : l'ouverture d'une telle
procédure n'est selon, la haute cour, qu'une condition de forme 196 Qui doit exister au moment
du déclenchement de l'action publique 197. En matière pénale, elle apparaît comme une
question préjudicielle au déclenchement de l'action publique. Dans cette hypothèse de
clôture de la procédure collective, seule la sanction pénale peut alors être prononcée.
196
V.not. cass.com., 10 mars 1986,D.3986,p.182, note.F.derrida_rappr.O Décima, « réflexions sur la cessation
des paiements en matière pénale », DR.pén.2008, étude 22., cité par Omar Bousalem,op.cit,p.157
197
L.-CAROLINE-HENRY et L.-ANTONINI-COHIN, droit des entreprises en difficultés , 3e éd. Mémentos,
2020., cité par Ibid.
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En effet, l'ouverture de la procédure collective n'est pas suffisante en matière pénale, car
la banqueroute n'est pas constituée qu'en cas de situation compromise. La condition
dramatique dans laquelle se trouve l'entreprise rend la faute de son dirigeant plus lourde, car
elle sacrifice définitivement les intérêts en présence. Au demeurant, la situation désespérée
de l'entreprise rend la faute flagrante, criante : il ne peut s'agir de maladresse commerciale.
Certes, il existe un débat très nourri en doctrine autour de cette question-là doctrine
commerciale étant majoritairement opposée à l'utilisation de cette notion par le juge pénal.
Il est pourtant naturel que le juge répressif utilise cette notion.
La situation commerciale obérée du débiteur établit sa culpabilité pénale : elle montre que
l'heure n'est plus au sauvetage de l'entreprise (fonction du droit des entreprises en difficulté),
mais la répression des fautes elle marque le seuil de la répression et la gravité de la faute.
De fait, la jurisprudence pénale française 198 confirme cette conception. Dans la plupart
des arrêts, les juges prennent en effet soin de caractériser la situation. Patrimoniale
gravement obérée du débiteur ou encore sa situation irrémédiablement compromise au
moment des faits199. Et la jurisprudence ne cesse de relever l'état de « cessation des
paiements » de l'auteur des comportements incriminés200, En application de cette notion
autonome, la même jurisprudence autorise le juge pénal à retenir une date de cessation des
paiements distincte de celle retenue par le jugement d'ouverture de la procédure collective.
A : Emplois des moyens ruineux et achat en vue d’une revente au-dessous du cours
On revient, à L'article 754-1° de la loi 73.17 formant le droit des entreprises en difficulté,
qui considère comme acte constitutif de banqueroute, le fait d' « a avoir, dans l'intention
d'éviter ou de retarder l'ouverture de la procédure de traitement, soit fait des achats en vue
d'une revente au-dessous du cours, soit employé des moyens ruineux pour se procurer des
fonds. »
De ce fait, qu'il se peut que la vente à perte soit infligée par les circonstances ou résulter
d'une faute de gestion. Pour la retenir, il faut établir qu'au moment de l'achat, le dirigeant
avait déjà l'intention de revendre à perte pour retarder l'ouverture de la procédure. Ou bien
l’achat pour revente de montant au-dessous du cours.
198
V. not Cass.crim., 6 juin 2007, pourvoi nº 06-85.644 juris-Data nº 2007-040024_cass.crim., 28 juin
2006,pourvoi n°05-85.236, juris-Data n° 2006-034835_cass crim., 5 janvier 1995, pourvoi n° 93- 85.102., cité
par Omar Bousalem,op.cit.,p.158
199
A-SQUALLI, L'étude critique de la notion de la cessation des paiements en matière de la faillite et de
liquidation judiciaire , Revues de droit et d'économie. N° 11,1995,p.53
200
Rappor.O Décima, « réflexions sur la cessation des paiements en matière pénale », Dr. pén. 2008, étude 22.,
cité par Omar bousalem.op.cit.,p.158
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Mais la difficulté s’apparait dans ce cas, lorsqu’il y a un complice de banqueroute, qui
sera une personne morale comme un établissement financier, peut être aussi poursuivi par le
délit de banqueroute, à condition que soit établi un dol spécial de sa part, autrement dit «
l’intention de s'associer à la réalisation du fait principal, notamment en fournissant son aide
ou son assistance »201.
En d'autres termes, le banquier qui octroie des crédits dépassant les capacités financières
d'une entreprise qui connait déjà des difficultés participe à l'accentuation de celles-ci.
Cela n'est pas en soi suffisant pour retenir la complicité, encore faut-il apporter la preuve
que l'organisme financier dispensateur de crédit était conscient des difficultés dont souffre
l'entreprise et, par conséquent, pouvait apprécier le caractère ruineux du concours, mais
également que par son aide, il avait un objectif bien déterminé pour retarder l’ouverture de
la procédure, pourrait cependant être considérée, dans certaines circonstances comme un
moyen ruineux de se procurer des fonds.
L'article 754-2° considère comme second acte constitutif de banqueroute le fait d’« avoir
détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif du débiteur».
Alors, Le détournement comme la dissimulation permet de caractériser tout acte par
lequel le débiteur soustrait une partie de son actif à une époque précise où cet actif devrait
être uniquement utilisé pour faire face au passif exigible.
L'une des difficultés de ce cas de banqueroute consiste à distinguer le paiement
préférentiel fait à un ou plusieurs créanciers mais non punissable pénalement du véritable
acte de disposition volontaire de l'actif constitutif de banqueroute.
À cet égard, le fait, par le dirigeant d'une société, de céder à un ou plusieurs créanciers de
la personne morale tout ou partie des biens de cette dernière, n'est pas en soi illicite, dans la
mesure où la créance du bénéficiaire est certaine, liquide et exigible 202. Il en est de même
lorsque le dirigeant d'une société en redressement judiciaire remet en paiement à un
fournisseur une partie des stocks de l'entreprise, cette dation en paiement s'analysant en un
paiement préférentiel non punissable pénalement 203.
Une autre difficulté de la mise en œuvre de l'article 754-2° réside dans la
détermination du moment où ont été commis le détournement ou la dissimulation de tout ou
partie de l'actif du débiteur car le texte ne le précise pas en d'autres termes, l'acte matériel de
banqueroute doit-il avoir été matérialisé après la cessation des paiements ou bien avant cette
date ?
201
C-MASCALA, RTD.Com. janvier mars 2001, p238 et suiv
202
Cass.crim., 16 janvier 1989., D.1990., cité par C.-SAINT-ALARY-HOUIN., « Droit des entreprises en
difficulté »., Montchrestien., 5° éd., n°1315.,p775., cité par Noureddine ABDELLAOUI,op.cit,.p.148
203
Cass.crim.21 juin 1993, Bull.crim., n°217
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Enfin, la dernière question épineuse a trait au possible concours de qualification entre
l'abus de bien sociaux et la banqueroute. Contrairement à l'abus de bien sociaux qui exige
que le dirigeant ait agi à des fins personnelles, le détournement de tout ou partie de l'actif
prévu par l'article 754-2° est punissable quand bien même, l'agent n'ait pas recherché un
intérêt personnel204.
De même, faute de jurisprudence marocaine en la matière, la chambre criminelle de la
cour de cassation française a eu l'occasion de trancher cette question par un arrêt rendu en
date du 7 avril 1998205, La cour a affirmé qu'après la date de cessation des paiements, la
qualification d'abus de biens sociaux ne peut aucunement être retenue pour les actes de
détournement commis par les dirigeants de la société placée en redressement judiciaire.
Seules des poursuites sur le fondement de la banqueroute peuvent être engagées. En d'autres
termes, pour les actes de détournement perpétrés au cours de la période postérieure à la date
de cessation des paiements, le conflit de qualification n'existe pas, en ce sens que seules les
peines de la banqueroute trouvent applications. À contrario, avant la date de cessation des
paiements, les détournements sont passibles des peines d'abus de bien sociaux.
Toutefois, une telle solution n'est pas assez claire qu'il n'y ait paraît, car la banqueroute
peut être commise aussi bien avant qu'après la date de cessation des paiements. Un tel constat
nous amène à distinguer deux hypothèses : du moment où une procédure collective est
engagée, les actes de détournement postérieurs à la date de cessation des paiements retenue
par le jugement d'ouverture, ne peuvent plus être qualifiés d'abus de bien sociaux, ces
derniers n'étant constitutifs que du délit de banqueroute. Par contre, les actes de
détournement antérieurs à la date de cessation des paiements peuvent être poursuivis tant sur
la qualification d'abus de biens sociaux puisque la société est apparemment encore in bonis,
que la banqueroute puisqu'un jugement d'ouverture de la procédure est depuis lors, intervenu.
En raison de l'ambiguïté d'une telle solution, il appartient à la jurisprudence de clarifier
cette situation pour les actes de détournements antérieurs à la date de cessation des
paiements. Autrement dit, le législateur doit mettre des grandes lignes entre les deux
infractions, car la théorie de la cessation des paiements est compliquée, ainsi que la difficulté
de préciser l’intention du l’auteur (le dol spécial).
Ces précisions apportées, il y a lieu de préciser qu’outre la rareté des cas de sanction en
matière de banqueroute.
Sous-section III : la cumulation ente la sanction pénale et extra-pénale
Lorsque le débiteur commet une faute grave au regard de la situation obérées l'entreprise,
selon les dispositions des articles (754, et 757) de la loi 73.17 formant le droit des entreprises
en difficulté.
Les sanctions pénales de la banqueroute peuvent s'appliquer. Mais aussi les sanctions
extra-pénales peuvent appliquées. Comme complémentaires. (La déchéance commerciale),
qui présente un aspect répressif marqué.
204
M.DELMAS-MARTY, Droit pénal des affaires, op.cit.,p. 584
205
317 RTD.Com., octobre-décembre 1998, p 947 et s., obs. C-MASCALA., cité par Noureddine
ABDELLAOUI,op.cit.,p.149
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Donc, Il apparaît, par conséquent, qu'une même sanction peut a priori prononcée deux
fois contre le même débiteur fautif. Au contraire, les sanctions patrimoniales peuvent se
cumuler ou, plus aisément avec les sanctions pénales elles ont un aspect indemnitaire.
De ce fait, le prononce de la déchéance commerciale à l’encontre du dirigeant d’entreprise
n’est pas réservé qu’aux juridictions commerciales. Ces condamnations peuvent
accessoirement provenir d'une instance pénale, dont les conditions d'application sont
définies par l'article 756 du Code de commerce, tout en produisant les mêmes effets que
celles dites « civiles ». La formulation sanctions personnelles « pénales » évoque donc la
possibilité de condamner un dirigeant d'entreprise coupable de banqueroute à des sanctions
professionnelles. Cette option particulière soulève toutefois quelques interrogations dans ce
sens.
En effet, comme le prince que l’on a déjà cité : « le juge pénal tient le juge civil en état ».
Concrètement dans le champ du droit des entreprises en difficulté, le juge pénal tient le juge
commercial en état pour prononcer les sanctions extra-pénales ? autrement dit, les sanctions
civiles extra-patrimoniales prononcées par le juge pénal en complément de la banqueroute
font-elles l'objet d'une réglementation autonome, ou bien s'alignent-elle sur les principes
commercialistes ?
En effet, aux termes de l’article 756, de la loi précitée, La déchéance commerciale peut
être prononcée par la juridiction répressive, à titre de peine accessoire ou bien
complémentaire cela présuppose le prononcé de la banqueroute.
En revanche, le texte muet dans le cas où cas où si la juridiction répressive a prononcé à
titre de peine complémentaire la déchéance commerciale, alors que la juridiction
commerciale l'avait également prononcée, si les deux décisions sont définitives, et si les faits
fondant la sanction sont différents seule la décision de la juridiction répressive sera exécutée.
Si la seconde décision est plus sévère que la première, l'intéressé aura intérêt à la frapper
d'appel, pour en obtenir la réformation en faisant valoir qu'il a déjà été condamné par la
juridiction commerciale.
Aucune difficulté ne se présente si la juridiction commerciale a prononcé la déchéance
commerciale alors que, dans le cadre du prononcé de la banqueroute, la juridiction pénale
n'a prononcé la déchéance commerciale. L'intéressé ne saurait d'évidence se prévaloir de
l'absence de prononcé de la déchéance commerciale par la juridiction pénale pour prétendre
être déchargé de sa condamnation prononcé par la juridiction commerciale.
En d'autres termes, si la juridiction répressive est saisie alors que la juridiction
commerciale l'est également, en ce cas, la règle « le criminel tient le civil en l'état ».
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Quoi qu'il en soit, si cette hypothèse se présente, il faudrait considérer que, si la juridiction
pénale a prononcé ces sanctions professionnelles en complément de la banqueroute, la
juridiction commerciale ne pourra plus condamner le dirigeant à des sanctions extra-
patrimoniales pour ces mêmes faits.
Donc, le législateur doit mettre un équilibre juridique qui vas donnes un pouvoir
exclusivement à la juridiction pénale de prononcer avant la juridiction commerciale.
De même, Il est utile de souligner enfin que, si le juge commercial n'a pas retenu de
sanctions à l'encontre du dirigeant d'entreprise, le juge pénal n'est pas lié par cette décision.
De la sorte, il peut tout à fait prononcer pour les mêmes faits, en complément de la
banqueroute, la déchéance commerciale. Aussi, si les faits à l'origine de la condamnation
sont différents, la juridiction répressive bénéficie pleinement de l'opportunité de prononcer
des sanctions professionnelles. Ces solutions sont appréciables et mènent à une meilleure
articulation entre les jugements commerciaux et répressifs lors du prononcé de sanctions
civiles extra-patrimoniales du droit des entreprises en difficulté.
Le Maroc souffre de quelques imperfections et lacunes qui imposent la rapidité dans leur
traitement. Les mesures étatiques visant à aider les entreprises qui rencontreraient des
difficultés pour honorer leurs obligations fiscales et sociales. En réalité, font défaut au
Maroc. Il y a une absence d’aide de financement efficace. Donc, la majorité des entreprises
en difficulté, ont disparu par l’échec du système de droit des entreprises en difficulté. Car, le
droit des entreprises en difficulté au Maroc vient juste pour appliquer les procédures de
liquidation judiciaires, ni intervention préventive effective et efficace, ni répression
rigoureuse. Donc, "laissez-la disparaitre".
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A.ERRYHANY, “La protection pénale de l’intérêt social des entreprises en difficulté », DP-SC, fsjes-Fès, 2024
Conclusion de la partie II :
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CONCLUSION GENERALE :
Quand, une entreprise rencontre des problèmes pour payer ses dettes, on parle
alors d’entreprise en difficulté. Avec la mondialisation de l’économie et le
renforcement de la concurrence de la concurrence qui en découle, les cas de
défaillance d’entreprises sont de plus en plus nombreux. La nécessité de trouver un
équilibre subtil et simultané de tous les impératifs en l’occurrence, la sauvegarde
des entreprises viables, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif constitue
un lourd fardeau pour le législateur. En parlant, dans ce côté sur la protection pénale
de l’intérêt social des entreprises en difficulté. Donc, le but primordial du droit des
entreprises en difficulté est de sauver l’intérêt social, de sauver l’ordre public
économique et social en générale. Ces objectifs ont été toujours préconisés par les
praticiens et particulièrement par les auteurs du droit des affaires.
Si dans l’histoire du droit des affaires, elle était la notion de faillite a su s’imposer
avec force. Aujourd’hui, la tendance part vers la dissipation de tout acte pouvant
entrainer une volatilisation des entreprises qui ont une chance de pouvoir se
redresser, et de continuer l’exploitation ses activités commerciales, mais également
d’éviter une perte d’emploi avec toutes ses conséquences calamiteuses, ainsi qu’une
stigmatisation du dirigeant qui sera désigné toujours du doigt, alors qu’il pouvait
être seulement victime d’une conjoncture économique ou financière éphémère, car
l’entreprise est le noyau de développement économique.
Il ne faut pas oublier que tant en droit français qu’en droit marocain, la
culpabilité du commerçant était omniprésente. La faillite d’origine italienne avait
pour fonction de sanctionner un débiteur défaillant ayant manqué à sa parole. Le
législateur marocain, pour sa part, a pu constater le besoin d’abandonner sans
tergiversation la procédure de déconfiture consécutive à l’insolvabilité que l’on
connaît également aussi dans le droit musulman classique. Il était fort indispensable
de rompre avec le pratique tendant à renforcer la protection des créanciers et à
réprimer, d’une manière avilissante, les commerçants défaillants. L’organisation de
la faillite et la sanction de la banqueroute visaient à purifier le marché via une
liquidation des biens et une éviction des défaillants et trouble l’intérêt social
d’entreprise.
Comme on a vu, La dernière législation du code de commerce de 1996, est
intervenu par des nouveautés majeure notamment, modifier « la faillite » par « le
droit des entreprises en difficulté ». Afin bien être efficace pour redresser
l’entreprise en difficulté. En effet, le droit économique des entreprises en difficulté
a pour objectif de sauvegarder l’entreprise, l’entreprise sauvegardée n’est pas
seulement celle du débiteur, elle est celle aussi des créanciers, conformément à la
jurisprudence Marocain, « au cours de la procédure collective, le législateur a pris
en considération l’intérêt de l’entreprise à priori, que l’intérêt
d’entrepreneur… »206.
206
Arrêt n°2731/2000, daté : 22/12/2000
117
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Plus l’on s’y prend tôt pour intervenir, plus les chances de sauvetage d’une
entreprise viable sur le plan économique sont réelles et ceci, dans l’intérêt d’un plus
grand nombre de partenaires, par des outils efficaces, en procédant à une évaluation
régulière des résultats obtenus, en invitant ceux qui le pratique à donner une
dimension économique à leur raisonnement juridique, donc le droit des entreprises
en difficulté présente les signes caractéristiques du droit économique. Mais au cours
des procédures collectives, les personnes qui sont déterminées dans l’article 736 de
la loi 17.73 formant le code de droit des entreprises en difficulté, peuvent être
violées l’intérêt social d’entreprise selon la théorie de la cessation de paiement,
(avant-après) de la détermination de sa date. Autrement dit, les sanctions pénales
sont indispensables pour les dirigeants qui ne respectent pas les dispositions pénales
en droit de commerce notamment les article (754 et 757). Sera qualifier le délit de
banqueroute.
Certes, le ministère public qui a un pouvoir autonome accordé par le législateur
de déclencher et de poursuivre l’action public. En revanche, le déclenchement de
l’action public dans le droit des entreprises en difficulté, un paradoxal entre les deux
systèmes, la juridiction répressive et la juridiction commerciale.
Le ministère public ne peut déclencher le délit de banqueroute qu’après la
décision d’ouverture de la procédure des traitement judiciaires par la juridiction
commerciale (article 754) CCM.
Autrement dit, le ministère public siégeant auprès du tribunal de première
instance ne peut demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire
même s'il a la certitude de la cessation des paiements de la personne concernée,
parce qu'autrement, on priverait le ministère public du tribunal de commerce
compétent de sa prérogative essentielle, de même qu'on favoriserait la création
d'interférences et par conséquent une lenteur procédurale inutile. Seulement, la loi
n'organise pas le lien entre ces deux organes, d'où la nécessité et l'intérêt de créer
de manière informelle des canaux de communication à même de permettre au
parquet compétent de déclencher la procédure. Rien n'empêche en effet, le ministère
public du tribunal de première instance d'informer son homologue du tribunal de
commerce de tout fait qui pourrait prédire de l'existence de difficultés.
Théoriquement, cela est possible en organisant une méthode de communication
entre les procureurs du Roi des juridictions respectives ou entre les procureurs
généraux du Roi de la cour d'appel et de la cour d'appel de commerce dont les
ressorts se recoupent. Cependant en pratique, des difficultés peuvent avoir lieu, en
raison du fait que le ministère public des juridictions du droit commun ne traite pas
uniquement des infractions du monde des affaires.
A ce stade, la communication de l'information n'est pas en soi une fin, c'est la
qualité de cette information qui compte. En effet, pour permettre au ministère public
de saisir le tribunal de l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, il
faudrait s'assurer que certaines conditions, au moins, soient réunies.
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Autrement-dit, le détenteur de l'information doit avoir la certitude qu'il s'agit
d'une personne justiciable des procédures collectives et que son siège soit connu
pour déterminer quel ministère public en serait destinataire. Il n'est pas nécessaire
de s'assurer de la cessation des paiements, car il ne s'agit que d'informer, une telle
tâche est non seulement malaisée mais revient au ministère public du tribunal de
commerce compétent. Ce dernier peut donc être amené à développer un effort
supplémentaire, car l'information qui consiste en un protêt ne signifie pas
obligatoirement que l'entreprise est en cessation de paiements.
Sachant que, La violation de l’intérêt social par le dirigeant fait donc l’objet de
sanctions effectives lorsque les fautes de ce dernier ont contribué à l’insuffisance
d’actif, ou bien retarder l’ouverture de la procédure. Mais il est compliqué de les
sanctionner.
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Au-delà, de ces analyses, Il y a d'autres infractions très spécifiques au droit des
entreprises en difficulté qui peuvent nécessiter une réponse pénale. Dans ces cas-là,
le dispositif prévu permet de faire face aux difficultés. L'équilibre est difficile à
trouver entre la liberté d'entreprendre et la gestion du risque. L'esprit d'entreprise
fait la richesse d'un pays, c'est le tissu économique. Il ne faut pas que les gens soient
freinés par une sanction potentielle. Le risque il est là, il existe et cela fait partie de
l'économie. Les sanctions doivent être dirigées contre des comportements
répréhensibles qui n'ont rien à voir avec le risque de l'entreprise Au début on peut
avoir un risque de l'entreprise qui va dévier.
Parfois on aura quelqu'un qui n'aura pas assez de recul pour se rendre compte
qu'il va trop loin. Ce n'est que quand on dévie vers ce genre de comportements que
l'utilité des sanctions est à envisager et bien évidemment il ne faut pas que celui qui
décide d'entreprendre soit freiné. C'est ce difficile équilibre qu'il faut trouver
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La deuxième proposition passe par la création d'une nouvelle infraction. Puisque
le législateur veut inciter le débiteur à se placer sous la procédure de sauvegarde,
ou à défaut de redressement judiciaire, alors le fait de tarder sciemment à saisir la
justice pour faire une telle demande devrait être fortement sanctionné. La sanction
pénale peut ici trouver une place, dans la mesure où la déclaration tardive de la
cessation de paiements conduit inévitablement à la liquidation judiciaire, et sacrifie
nombre d'intérêts particuliers jugés supérieurs (salariés, créanciers, partenaires
économiques).
Le droit des entreprises en difficulté a été critiqué par plusieurs des auteurs
économiques, des chercheurs. Donc, le législateur doit réformer le droit des
entreprises en difficulté classique pour être plus compatible avec cette révolution
technologique, (e-commerce, e-entreprise). Autrement dit, l’utilisation le système
de l’intelligence artificielle au droit des entreprises en difficulté est-il un outil
efficace afin détecter toutes les difficultés pourront perturber l’entreprise des
exercer ses activités commerciales ?
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Les annexes :
En ajoutant quelques décisions judiciaires du délit de banqueroute ;
Annexe 1 :
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Annexe 2
Bibliographies
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Annexe : 2
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BIBIOGRAPHIE
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gouvernance, Istec, Management & Sciences Sociales, 2012/2 (N° 13) 2012/2 (N° 13),
pp.26
COZIAN Maurice, VIANDIER Alain, Droit des sociétés, Litec, 13ème éd, n°
431, p. 148
suiv
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France, p.1
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Fr,1989,P.508
mai 2008,p.39
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difficultés , 3e éd. Mémentos, 2020., cité par Omar Bousalem, op.cit., p.157
2024, p. 2
L.SEGUR. Exposé des motifs du projet de loi contenant le Livre III sur les
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Jean-Marie Thiveaud, L'ordre primordial de la dette : Petite histoire
contre les personnes et contre les biens-atteinte aux intérêts publics-droit pénal des
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décembre 2008 portant réforme du droit des entreprises en difficulté ,AJ Pén, 2009,
p.351 et suiv
contre les personnes et contre les biens-Atteinte aux intérêts publics-droit pénal des
Omar.Bousalem,op.,p.137
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L’étude de la théorie dite la faillite virtuelle est indispensable dès lors que l’on
op.cit,.p.52
Paris,1960, p.202
2009,p.1
11,1995,p.53
comparative entre le droit français et le droit marocain), Thèse doctorat, droit privé,
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C. Beccaria, Du traité des délits et des peines, chap. II. cité par., Anne-Cécile
personnes morales. Thèse en Droit privé, université du Maine, Fr, soutenue le 18-Dec-
2013, p.64
affaires,1981
difficultés », actes du colloque « dix ans d’application du système des difficultés des
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Association des professionnels du contentieux économique et financer.
Présidée par Claire Favre, les sanctions en procédures collectives, Paris, 2019
pénale », Dr. pén. 2008, étude 22., cité par Omar bousalem.op.cit., p.158
La Jurisprudence
Crim., 7 mai 2002, Bull. crim., nº 109, Dr. pén. 2002, comm. 127, obs. Robert.,
Cass. crim, 10 mai 1993: JCP E 1993, 298, n° 21, obs. Ph. Pétel., cité par
André Jacquemont, op.cit.,p.635
Cass. crim, 21 sept. 1994, op. cit. supra., cité par Ibid,.p.636
Crim., 9 mai 1973, Bull. crim., nº 216, D. 1974, p. 271, Rev. sociétés 1973, p.
696, obs. Bouloc; Crim., 22 sept. 2004, Dr. pén. 2004, comm, 177, obs. Robert, Rev.
sociétés 2005, p. 200, obs. Bouloc. Cf. F. Garron, « La rémunération excessive des
dirigeants des sociétés commerciales », Rev. sociétés 2004, p. 795., cité par Coralie
Ambroise-Castérot,op.cit., p.390 et suiv.
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Crim., 20 févr. 2002, JCP E 2002, nº 15, p. 618, Rev. sociétés 2002, p. 546,
Crim., 19 oct. 2005, Rev. sociétés 2006, p. 155, obs. Bouloc., cité par par
Crim., 28 mai 2003, Bull. crim., nº 109; Bull. crim., nº 109, D. 2003, p. 2015,
Rev. sociétés 2003, p. 906, note Bouloc, RSC 2004, p. 358, obs. Rebut; cf. également
Crim., 13 oct. 1999, Rev. sociétés 2000, p. 360, obs. Bouloc., cité par par Cralie
Ambroise-Castérot,op.cit,.p.390 et suiv
Crim., 4 mai 2006, Rev. sociétés 2006, p. 606, obs. Bouloc., cité par Cralie
Ambroise-Castérot,op.cit,.p.390 et suiv
Crim., 28 janv. 2004, Rev. sociétés 2004, p. 722, note Bouloc, JCP E 2005, nº
Crim., 12 janv. 2005, Dr. pén. 2005, comm. 92, obs. Robert., cité par Cralie
Ambroise-Castérot,op.cit,.p.390 et suiv
V. également Cass. crim, 8 sept. 2004: Dr. sociétés 2005, nº 18, note R.
Salomon., cité par André Jacquemont, op.cit., p.638
Sur ces deux volets de l'élément moral de l'infraction, V. par ex. Cass. crim, 20
mai 2009, op. cit., n° 1140., cité par André Jacquemont, op.cit., p.638
Cass. crim., 27 avr. 2000: Act. proc. coll. 2000, n° 170 et la note; JCP E 2001,
p. 946, obs. E. Fortis et Y. Muller., cité par André Jacquemont, op.cit., p.640 et suiv
Cour suprême, 12 avril 2000, P1166/3 ; Maroc
« Droit des entreprises en difficulté »., Montchrestien., 5° éd., n°1315.,p775., cité par
Noureddine ABDELLAOUI,op.cit,.p.148
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Les Sites-web :
Le code pénal de 1810, également reconnu sous le nom de code des délits et
des peines, fut créé sous Napoléon Bonaparte pour remplacer le code pénal de
179.
Décret du 8 aout 1935 portant application aux gérants et administrateurs de
société de la législation de la faillite et de la banqueroute et instituant
l’interdiction et la déchéance du droit de gérer et administrer une société,
France.
Loi n° 17-95 relative aux Sociétés anonymes, modifiée et complétée par les
lois 78-12, 20-05, 23-01 et 81-99.
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TABLE DES MATIERES
Dédicace ; ………………………………………………………….……………………….…2
Remerciemnt : …………………………………………………….………………………….3
Préface : ……………………………………………………………..…..……………………4
Les hypothèses de recherhce : …………………………...…………….…………………….6
La première hypothèse :………………………………………………………………….6
La deuxième hypothèse : …………………...…………….……………………………...6
La troisième hypothèse : …………………………………..……………………………..7
Quatrième hypothèse : …………………………………………………………………...8
Les principaux signes et des abréviations :….……….……………………………………...9
Sommaire :…………………………………...……………………………….………………10
Introduction ;………………………...………………………………………………………14
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SECTION II : un débat juridique controverse sur la notion
de l’intérêt social : ……………………………………...…………..33
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A : La première approche : une pénalisation particulièrement excessive : …….........….……41
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CHAPITRE II : l’intervention du ministère public lors de déclenchement
de la procédure de traitement judiciaire………………..…56
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PARTIE II : la protection pénale de l’intérêt social
des entreprises placées aux procédures collectives : ……….…………66
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A : La répression : ………………………………………………..…………….85
B: La prescription : ……………………………………………………………86
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Sous-section II : la responsabilité pénale des partenaires d’entreprise débitrice :…….98
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