Cours de méthodologie de recherche
Notes de cours
Master
Pr Noël THIOMBIANO
Agrégé des facultés des sciences économiques,
Département d’économie, Université Thomas Sankara
Tel : 70 27 33 20
Email : [email protected]
1
Introduction
La préoccupation de tout chercheur c’est l’acquisition
de nouvelles connaissances. Pour pouvoir acquérir de
nouvelles connaissances, il y a nécessité d’organiser son
travail de réflexion. Cependant, organiser son travail
n’est pas spécifique au chercheur, c’est un processus qui
est nécessaire dans tous les domaines de la vie.
L’organisation du travail consiste en l’élaboration d’un
plan qui précise la structure de l’esprit et de la forme du
travail : c’est la partie théorique.
Les techniques sont utilisées (partie pratique) pour la
mise en œuvre de la conception théorique formulée par
l’esprit. L’ensemble de la démarche théorique (la
méthode) et les techniques utilisées seraient considérés
comme la méthodologie de la recherche. C’est ce qui
permet à Gauthier (1992) de dire que la méthodologie
de la recherche englobe la structure de l’esprit et de la
forme de la recherche et les techniques utilisées pour
mettre en pratique cet esprit et cette forme. De ce fait, le
2
centre actuel de la méthodologie en sciences sociales
c’est l’acte d’observation qui est lié à un cycle de
théorisation mais on peut aller au-delà de cette réflexion
qui voudrait confiner la recherche en sciences sociales
dans un cadre purement empirique. On sait que dans les
sciences sociales, la recherche peut être aussi
fondamentale.
L’introduction du cours de méthodologie se fonde sur
l’idée que les jeunes chercheurs ont à organiser de façon
méthodique leur travail de recherche. C’est pourquoi la
réflexion dans ce cours va commencer par la notion de
connaissance (section 1), le second point va concerner
la recherche en sciences sociales, le troisième point
discute du choix du sujet, le quatrième point est relatif à
l’élaboration d’un projet de recherche tandis que le
cinquième point va présenter la différence entre une
proposition de recherche et un rapport de recherche et
enfin le dernier va s’intéresser à la façon de présenter la
bibliographie et les notes de bas de page. Une section
spécifique sera consacrée à la soutenance.
3
Section 1. La notion de connaissances
L'objet de toute science est la connaissance afin de
comprendre le monde. De ce fait, les scientifiques
construisent des modèles pour relier les idées. Un
modèle est une « structure formalisée » utilisée pour
rendre compte d'un ensemble de phénomènes qui
possèdent entre eux certaines relations".
L'esprit humain construit les modèles pour expliquer la
réalité, la connaissance procède par modèles. Selon
Emmanuel Kant, la construction d'un modèle n'est ni
neutre ni objective.
Un modèle est construit par un homme (ou un groupe
d'hommes) en fonction de la structure de son esprit et du
processus de perception et d'assimilation de la réalité.
Le souci de connaître et de comprendre la réalité de
manière même approximative suppose que cette réalité
puisse se réduire à un modèle que notre esprit soit en
4
mesure de concevoir. Dans les faits, un tel modèle
n'existe pas toujours.
En construisant un modèle, le chercheur se préoccupe
d'analyser l'objet de la recherche. Cela veut dire que l'on
admet que le chercheur est un sujet qui n'influence pas
l'objet de recherche. Il en résulte que dans la réalité ce
problème demeure plus compliqué.
Toute connaissance, s'articule autour de deux pôles : un
à connaître, qui se fonde plus au moins sur la notion de
"réel en soi" et de "vérité" à découvrir, et un être
connaissant, qui engage la recherche de cette vérité. En
fait, le réel ici est symbolisé par l'objet de la
connaissance et l'esprit est le sujet. Il se dégage que le
réel est l'objet à découvrir et l'esprit se trouve assujetti à
cet objet.
Une telle manière de raisonner semble aux yeux de
certains une formule réductrice, car en fait notre esprit
dans ces conditions n'est plus un simple acteur de la
connaissance, mais également un objet de cette
5
connaissance. Dans ces conditions, n'est-on pas en droit
de dire que toute connaissance suppose à la fois, dans la
mesure du possible :
- une approche objective et une approche subjective ;
- la construction de modèle
Le chercheur conçoit une théorie en réponse à un
problème et crée des faits à la lumière de la théorie. De
telle sorte que pour le philosophe autrichien Karl Popper
(1990), l'activité de base de la science ne se situe pas
dans le fondement de la vérité d'une théorie, mais dans
le dévoilement et l'élimination du non - vrai. Les
théories ne peuvent pas être fondées sur la base de
l'expérimentation, la connaissance ne s'accroît pas par
l'accumulation des faits.
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Schéma : roue de la connaissance scientifique
Théories
Démarche Démarche
Inductive Généralisation Hypothèses Déductive
Observations
Section 2. La recherche en sciences sociales
On note que différents concepts seront utilisés et il est
nécessaire de préciser le sens. On parlera de notion de
recherche et de science.
La recherche : trois éléments permettent de comprendre
la recherche. Il s’agit de la définition de cette recherche,
ensuite de la fonction de la recherche et enfin de l’objet
de la recherche.
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2.1.1. Définition
La recherche scientifique est un processus dynamique
ou une démarche rationnelle qui permet d’examiner des
phénomènes, des problèmes à résoudre, et d’obtenir des
réponses précises à partir d’investigations. Ce processus
se caractérise par le fait qu’il est systématique et
rigoureux et conduit à l’acquisition de nouvelles
connaissances. C’est alors un processus, une activité qui
vise l’objectivité. L’objectivité dit Gauthier, est une
attitude d’appréhension du réel basé sur une acceptation
intégrale des faits ou l’absence de filtrage des
observations autre que celui de la pertinence.
L’objectivité est basée sur le refus de l’absolu préalable
sur la conscience de ses propres limites (le chercheur ne
traite que des faits, à l’intérieur d’un canevas défini par
la communauté scientifique). A travers cette définition
de la recherche, on peut déterminer la fonction de
recherche et l’objet de recherche.
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2.1.2. Fonction de recherche
La recherche est une activité de quête objective de
connaissances. De façon générale, la recherche peut
servir la connaissance théorique (recherche
fondamentale) ou la prise de décision (recherche
appliquée). La recherche fondamentale consiste en des
travaux expérimentaux ou théoriques entrepris
principalement en vue d’acquérir de nouvelles
connaissances sur les fondements des phénomènes et
des faits observables, sans envisager une application ou
une utilisation particulière. La recherche appliquée se
concentre sur la mise au point de nouveaux objets
(logiciels, vaccins, médicaments...) ou sur
l’amélioration de techniques existantes, comme la
téléphonie mobile.
La recherche appliquée « est surtout dirigée vers un but
ou un objectif pratique déterminé». On parle
d’innovation technique.
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2.1.3. Objet
La recherche est une activité de quête objective de
connaissances sur des questions factuelles. La notion
d’objectivité doit prévaloir, dominer dans une activité
de recherche. C’est ce qui donne à cette recherche son
caractère scientifique.
2.2. La science
2.2.1. Définition
La science est un ensemble logique de connaissances
avec pour but la découverte des lois objectives des
phénomènes et d’en trouver des explications. Toutefois,
la science exige une certaine entente, à savoir
l’établissement d’une démarche universellement
acceptable et universellement reconnue comme valide
constitue un préalable à la communication universelle
des connaissances. C’est ce qui permet à B. Gautier
10
(1992) de dire que « ce que l’on appelle la science est
un savoir qui repose sur des conventions ».
- la convention première qui donne à une
connaissance sa dimension scientifique, c’est le
caractère répétitif de la découverte : c’est à dire
refaire l’observation, reprendre le raisonnement,
confronter de nouveau l’hypothèse et les faits. C’est
la reproductibilité de la découverte ;
- la seconde convention, c’est l’établissement d’un
consensus ou d’une entente entre savants. C’est ce
qui permet de dire que « la science n’est que ce que
les savants s’entendent pour croire qu’ils savent » ;
- la troisième convention, c’est l’acceptation d’un
« doute méthodique ». C’est à dire se fonder sur la
démarche de Descartes qui consiste à dire que tout
n’est que conjecture. Au sens de Durkheim, c’est le
rejet de l’irréfutabilité. La science est à la fois
probabiliste et déterministe. Le déterminisme de la
science signifie que tout phénomène est en mesure
d’être expliqué de manière rationnelle, cependant il
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ne soutient jamais que toutes les explications soient
effectivement connues. En d’autres termes, la
réalité n’est jamais connue entièrement. De telle
sorte que le déterminisme conduit à prédire des
comportements probables. La prédiction consistant
à faire l’hypothèse d’un événement en se fiant aux
faits présents et futurs.
La recherche conduit à la connaissance des
phénomènes. Elle a un caractère abstrait. En revanche,
l’utilisation pratique et concrète des connaissances
acquises dans le cadre de la recherche relève de la
technologie et non de la recherche scientifique.
2.2.2. Contraintes de la recherche scientifique
La recherche scientifique est une activité humaine et en
tant que telle, elle a un champ assez varié de contraintes.
Gauthier (1992) en retient quatre principales:
- l’état actuel des connaissances;
- les incertitudes des résultats et leurs réfutations;
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- les valeurs intrinsèques du chercheur et les valeurs
collectives de la société ;
- la demande sociale (recherche fondamentale ou
recherche appliquée).
2.3. Les sciences sociales
Dans toute recherche scientifique, on part de l’idée de
trouver une explication rationnelle à tout phénomène
qu’il soit de la nature ou social. Cette démarche doit
permettre de dégager les causes et les effets. La question
essentielle est de savoir s’il est possible d’utiliser la
même démarche pour toutes les sciences. On sait tout le
débat que les économistes posent quant à l’identité entre
science de la nature et science économique. Le
problème qui se pose ici est quel est l’objet d’une
science sociale ?
2.3.1. La démarche en science sociale
Tout comme en économie, le débat va se situer à deux
niveaux : il y a un premier niveau qui veut que la
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science sociale adopte une démarche inductive
(tendance générale) et un second niveau qui consiste en
une démarche déductive ou hypothético déductive
Démarche inductive : cela signifie qu’à partir de
l’examen de certains faits, on élabore une théorie dont
on tire les hypothèses qui sont susceptibles d’être
confrontées à d’autres faits en vue de tester la
vraisemblance de cette théorie (généralisation). Cette
illustration de Gauthier des sciences sociales n’est pas
suffisante. Il donne une vision unilatérale de la méthode
en sciences sociales.
Démarche déductive : On peut aussi adopter une
démarche contraire qui consiste à formuler une théorie
dans le domaine des sciences sociales et ensuite à la
lumière des hypothèses, essayer de confronter aux faits.
Dans ce cas, ceci signifie que la recherche en sciences
sociales se prête à la démarche déductive ou hypothético
déductive. 1
1
Elle Part de l’hypothèse pour l’appliquer à un cas d’observations. Le chercheur pose a priori l’hypothèse d’une
relation entre différentes variables, et l’applique ensuite à l’étude d’un certain nombre d’observations.
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D’une manière générale, l’idée que l’on se fait des
sciences sociales est qu’elles possèdent des objets
difficilement mesurables. Selon Gauthier, autant les
sciences de la nature possèdent aussi des objets
difficilement mesurables. En effet, ce sont des concepts
aussi abstrait que l’intelligence et l’influence ; ils ne
peuvent être mesurés directement.
Tous les phénomènes de la nature aussi bien
économique que sociaux lancent des défis à la recherche
scientifique. Ce que l’on peut surtout constater c’est que
de nombreuses découvertes scientifiques avec les
technologies qui ont été mises au point dans le cadre de
ces découvertes permettent de mieux appréhender les
faits sociaux. De tel sorte que de nombreux faits sociaux
sont mesurables aujourd‘hui qui font l’objet de
quantification. Des hypothèses que l’on formule dans ce
domaine peuvent être testées ; mesurées et quantifiées.
2.4. L’organisation de la pensée scientifique
15
Cette organisation se rapporte à deux types de
méthodologie à savoir la méthodologie objective et la
méthodologie subjective qui sont deux démarches
différentes pour comprendre ou saisir la réalité.
L’objectif fondamental étant de demeurer fidèle à la
vérité scientifique
- la recherche de la cohérence logique : cette
démarche consiste en un va et vient entre la réalité
et la théorie. Cette démarche de feed-back est
appelée hypothético déductive
- la recherche de la mesure précise. Dans la
recherche de la vérité, il faut distinguer l’exactitude
scientifique qui se fixe sur des conventions
universellement admises de la convention
personnelle. Opinion que nous tenons pour vraie
mais dont on n’a pas le droit d’exiger qu’elle soit
acceptée par tous. La quantification seule ne
permet d’accéder au sens profond pour mieux saisir
le sens profond des choses, il y a nécessité d’une
description approfondie dans l’espace et dans le
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temps, des phénomènes avant leur quantification
(approche socioéconométrique) ;
- la recherche de l’essentiel: dans la recherche, il faut
éviter les apparences. Il faut donc aller au-delà de
l’aspect caché des choses pour découvrir ce qui est
vraiment fondamental.
L’essence ou l’aspect caché des choses disait Maurice
Merlo Ponty, c’est ce qui ne peut varier sans que l’objet
lui-même ne disparaisse.
En définitive, rechercher l’essentiel, c’est aller au-delà
des apparences, pour saisir ce qui ne varie pas malgré
les manifestations diverses ou changeantes
- La recherche des contradictions (loi de la
dialectique) : la recherche de l’essence cachée des
choses conduit à la découverte des contradictions :
c’est la loi de la dialectique. Ces contradictions
peuvent provenir des faits d’eux-mêmes. C’est le
cas des producteurs consommateurs qui vendent à
des prix très bas leurs céréales et qui achètent ces
mêmes produits deux fois plus cher au moment de
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la soudure. Il faut reconnaitre que ces
contradictions peuvent se manifester aussi dans
notre manière de comprendre les phénomènes. La
notion de rationalité économique au sens occidental
du terme ne peut s’interpréter de la même façon
dans le comportement du consommateur africain. Il
y a lieu de relativiser cette notion.
La typologie des sciences
Compte tenu de la distinction de la méthodologie, les
auteurs comme Granger (1955) ont essayé de donner
une typologie des sciences en fonction du temps. Pour
lui, les deux pôles de la connaissance qui marquent en
deux directions opposées les limites de la science sont
les mathématiques et l’histoire. Les premières qui
constituent la science par excellence quant à leur forme
n’ont pas d’objet concret au contenu. La seconde a pour
contenu l’objet le plus concret, le plus complexe qu’on
puisse atteindre dans l’expérimentation. Mais, elle n’a
18
déjà plus la forme de la science . Elle ne s’exprime 2
plusù :
4 ni par loi ni par théorème. Il n’y a pas
µd’expérimentation en histoire car « l’histoire est la s2.
bncv031cience des choses qui ne se répètent pas ».
C’est entre les deux pôles de la science qu’il faut placer
chacune des sciences.
Group Domaine Objet Problème
e
Science Sociologie, Connaissance Instabilité du
humain économie, de la société comporteme
e et psychologie, du nt humain ;
sociale linguistique, comportement Part
histoire, etc. individuel, lien importante
entre l’activité du temps et
et l’espace ;
l’environneme subjectivité
nt
2
L’'interprétation et la subjectivité jouent une grande part dans le travail de l’historien. Pourtant, l’histoire
(comme discipline) cherche à comprendre l’histoire (la réalité du passé) sans raconter d’histoire (l’histoire
comme récit fictif).
19
Science Mathématiqu Pas d’objet Résultat
s es Connaissance indépendant
exactes Mécanique des lois du point de
et de la Chimie physiques et vue du
nature biologie de la nature chercheur
Science Fétichisme Guérison ou Réalisation
s géomancie faire du mal aléatoire de
occulte Astrologie Tentative de l’événement
s maitrise des (nature
lois de la probabiliste)
nature
Encadré 1
La pensée s’organise en articulations. Il est
possible d’indiquer les principales manières
20
qui organisent la réflexion. Plusieurs
penseurs s’y sont essayés, et nous ont
laissé quelques indications essentielles.
a- La grille de Quintilien
Les sept questions fondamentales que
nous avons évoquées plus haut forment ce
qu’on appelle la grille de Quintilien,
questeur romain qui a vécu de 30 à 100
après Jésus-Christ.
- « Qui » pose la question des acteurs :
qui s’est suicidé, qui a provoqué le
suicide ? qui a provoqué l’interruption
de la circulation ? Il s’agit donc des
acteurs et des victimes, ceux qui ont
posé l’action et sur lesquels l’action a
été posée ;
- « Quoi » oriente le regard vers l’objet,
ici par exemple la signification, la
valeur du suicide ou de l’arrêt de la
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circulation. Il nous permet de
constituer l’objet, de le construire ;
- « Comment » nous permet de nous
attarder sur les circonstances, les
processus, les interactions, les
moyens, les méthodes, la manière
utilisés ;
- « Quand » introduit la question de la
temporalité, qui est aussi celle des
circonstances. Dans la temporalité, il
faut examiner la période, la
fréquence, la durée, le déroulement
chronologique, c’est-à-dire l’avant, le
moment (pendant) et la suite (après à
court, moyen et long terme) ;
- « Où » nous conduit sur les lieux ;
- « Combien » fixe le regard sur les
quantités, les nombres, les
proportions, les évaluations chiffrées,
etc.
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- « Pourquoi », en un seul mot, nous
guide vers les liens de causalité ;
- « Pour quoi », par contre, en deux
mots, renvoie au but, c’est-à-dire en
vue de quoi, dans quelle intention,
vers quel objectif.
b- La grille de Julien Freund
Julien Freund ramène toute la réalité
humaine en six points de vue, six
« essences » décomposées en trois
grandes catégories, comme le montre le
tableau suivant:
ESSENCES donnée but moyen
politique société Protectio La force
n de la
collectivi
23
té
économiq besoin Bien-être travail
ue
religieux mort Quête Activités
d’absolu religieus
es
scientifiq connaissa Le vrai Recherc
ue nce he
continue
lle
esthétiqu goût Le beau Imitation
e
éthique conscienc Le bien Règles
e morales
Freund n’exclut pas les catégories
intermédiaires comme le juridique, qu’il
situe en position médiatrice entre le
politique et l’éthique, ou encore le
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technique, placé entre l’économique et le
scientifique, etc.…
c- La grille acteurs, composantes,
causes, conséquences, opposition, avenir
i- les acteurs du fait (qui ?)
ii- les composantes du fait (quoi ?)
iii- les causes du fait (pourquoi ?). On ne
connaît pas bien un fait tant qu’on n’est
pas informé sur son origine, d’où il vient, ce
qui l’a généré. Il y a un lien entre la
causalité et l’antériorité, la cause se situant
avant. Chercher la cause, c’est se pencher
sur l’origine, le principe, la source. Cette
démarche nous amène à distinguer le motif
(la raison d’agir), le prétexte (une fausse
raison), le mobile (impulsion à l’action),
l’agent qui s’est distingué comme le
cerveau, le germe, l’artisan, l’âme de cette
action.
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iv- les conséquences du fait (en sorte
que…, d’où). La conséquence suit le fait et
en est le produit, le résultat, l’effet.
S’intéresser aux conséquences, c’est
essayer de distinguer les suites, les
retombées, les répercussions, les
incidences, les contrecoups, le
dénouement, l’issue ;
v- l’opposition au fait (cependant…) ; ici
on s’attardera sur d’autres exemples qui
permettent une comparaison. L’opposition
vient restreindre, limiter, contredire parfois.
Si on peut restreindre, on peut aussi
ajouter, amplifier.
vi- l’avenir (désormais, demain) ; cet
axe nous permet d’envisager l’avenir à
court, moyen ou long terme.
Ces grilles peuvent vous guider pour
bâtir un plan, pour présenter un fait social,
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développer la présentation d’un fait.
Cependant, elles n’identifient pas toujours
toutes les orientations qui peuvent nous
intéresser. Par exemple, elles n’identifient
pas clairement le but dans les articulations
qu’elles proposent. Or, le but est voulu, et
en tant que tel, il peut s’assimiler à une
cause, du point de vue de l’acteur. C’est
une raison, un motif qui l’ébranle et le
pousse à agir. C’est une intention qui peut
résulter d’une résolution, d’un dessein.
Mais du point de vue de l’action, c’est une
conséquence. On atteint un but par
l’action, et c’est donc une suite à l’action.
C’est un objectif, une cible, un enjeu.
Nos grilles ne présentent pas non plus
la concession. La concession est une
restriction, une opposition partielle. On
reconnaît qu’une partie du raisonnement
contraire est fondée, ce qui n’empêche pas
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de maintenir les positions fondamentales
de départ.
La condition quant à elle peut être liée
à la cause. Elle indique ce qui est
nécessaire à l’existence d’un fait, d’une
chose.
Il n’est cependant pas nécessaire de
développer tous les aspects des grilles et
des éléments complémentaires présentés
ici, une recherche pouvant par exemple
s’attarder seulement sur les acteurs, ou sur
les processus. Ils nous permettent
cependant de dérouler nos données et de
réfléchir sur un fait social que nous voulons
analyser. Il est tout à fait évident que
l’analyse peut être affinée, atteindre un
degré de subtilité bien plus élevé que ce
que nous offrent ces grilles, mais elles
peuvent au moins nous servir de
marchepied.
Section 3. Choix du sujet
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Dans ce choix, il faut distinguer un thème théorique
fondé sur une démarche déductive d’un thème appliqué,
fondé sur une démarche inductive. Au départ, le sujet a
un libellé ou une forme assez vague. Il ne se précise
qu’au fur et à mesure des lectures du chercheur. La
véritable forme définitive n’intervient qu’après le
rapport terminé. Le chercheur doit trouver un thème
susceptible de le motiver tout au long de sa recherche.
Six facteurs doivent guider le chercheur dans le cadre
du choix de son thème :
- partir de son expérience personnelle ;
- s’assurer de l’intérêt qu’il a du sujet ou qu’il porte
au sujet ;
- avoir une certaine connaissance du traitement
antérieur du sujet, ces travaux antérieurs sont
importants lorsque viendra le moment de formuler
le problème et de choisir la stratégie de vérification.
Cela permet aussi de prendre en considération les
données qui sont disponibles sur l’objet de la
recherche ;
29
- le chercheur doit s’informer de la disponibilité des
instruments de travail ou techniques de recherche
pour l’analyse ;
- s’assurer de ses aptitudes intellectuelles et
physiques à conduire le thème ;
- s’assurer de l’intérêt du directeur de recherche.
Section 4. Elaboration d’un projet de recherche
4.1. Définition du projet de recherche
Le projet de recherche appelé aussi proposition de
recherche est un document écrit dans lequel le chercheur
décrit, justifie et commente les choix méthodologiques
fait à chaque étape du processus. De ce fait, le projet de
recherche se distingue du plan de travail et de la table
des matières. Il est aussi différent du rapport de
recherche. Ce projet de recherche tout en n’ayant pas un
nombre de pages limité parce que dépend de la nature
du sujet et du niveau de recherche; la plupart des
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chercheurs s’accordent à le situer néanmoins entre 10 et
40 pages.
Le plan de travail contrairement à la proposition de
recherche est un guide que le chercheur peut établir à la
fin de sa proposition de recherche pour fixer le
calendrier d’exécution dans différentes étapes qu’il a
défini dans sa proposition de recherche. Ce plan de
travail est souvent appelé chronogramme. En définitive
c’est un instrument de discipline que le chercheur se
fixe.
La table des matières se présente au début ou à la fin de
la proposition de recherche. Il s’agit des différents
chapitres, sections et paragraphes que contient la
proposition de recherche
4.2. La justification de la rédaction du projet de
recherche (P.R)
Le projet de recherche est un instrument de travail qui
permet de préciser les différentes phases du travail de
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recherche à réaliser. C’est un instrument d’organisation
de la pensée qui contribue à structurer l’objet de l’étude
et à faire une analyse plus efficace. De ce fait, le projet
de recherche est un guide, un travail de débroussaillage
qui aide le chercheur à ne pas se perdre dans la conduite
de sa recherche. Un P.R bien élaboré réduit le temps
consacré à la recherche car il évite de marcher à tâtons.
4.3. Fonction du projet de recherche
Le P.R remplit 4 fonctions dans le cadre d’une activité
de recherche :
- il aide à mieux préciser l’objet de la recherche ;
- il permet de planifier les différentes étapes de la
recherche ;
- il aide à sélectionner les stratégies/techniques de
recherche au regard de ce que l’on veut démontrer ;
- il permet de définir le cadre théorique.
4.4. Composantes du projet de recherche
Il comprend les parties suivantes correspondant à
chacune des étapes du processus de recherche
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- Problématique
- Objectifs
- Revue de littérature
- Hypothèses
- Cadre opératoire
- Conclusion anticipée
On peut noter qu’il existe de légères variantes de ces
étapes selon les auteurs. Il arrive souvent que des
chercheurs mettent après la problématique ou après la
revue de littérature un chapitre relatif aux objectifs de
recherche. En fait, dans la problématique, à partir du
moment où on dégage le problème général, du même
coup on a l’objectif général de la recherche. Quant à
l’objectif spécifique, il est déterminé dans le cadre du
problème spécifique. Ce problème spécifique peut venir
immédiatement après la question générale tout comme
dans certains cas, il peut être formulé après la revue de
littérature. Quelque fois, il apparait des confusions entre
les objectifs de recherche et les hypothèses.
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4.4.1. La problématique
Raisons de la formulation d’un problème
Toute recherche, analyse ou étude prend comme point
de départ, une situation perçue comme problématique
c’est-à-dire qui cause de l’inconfort et qui par
conséquent nécessite une explication. Cette situation
problématique survient lorsqu’il existe un écart entre la
conception et l’explication d’un phénomène et
l’observation ou la perception de la réalité. C’est cet
écart qui est à l’origine du problème de recherche.
Un problème général de recherche provient soit des
difficultés de compréhension d’un phénomène soit des
difficultés d’action sur le réel ou de prise de décision
relative à une action. La situation peut être
insatisfaisante ou satisfaisante au plan
théorique/pratique. Supposons par exemple que l’on se
soucie d’étudier la relation économique d’un pays X
avec le RDM. Ce problème quoique moins étendu que
celui des relations économiques internationales de X
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reste malgré tout toujours assez vaste pour entreprendre
un travail assez sérieux.
Formulation de la question générale
A partir de la formulation du problème général, il
découle celle de la question générale. Cette question est
tout simplement le problème qui est repris sous d’autres
termes.
Supposons au niveau du transport, le problème est le
coût élevé du transport. La question générale est : quels
sont les déterminants du coût élevé ?
Cette question spécifique doit être pertinente, énoncée
en termes clairs et précis et à laquelle, il est possible de
répondre au regard des connaissances sur l’objet de
l’étude et surtout l’information disponible.
Dans la problématique, il faut retenir que toute
recherche part d’une certaine connaissance. Ainsi, toute
activité scientifique participe à un processus cumulatif
d’acquisition de connaissances. De là, on peut admettre
que la connaissance scientifique résulte d’une demande
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cyclique aux dimensions à la fois déductives et
inductives.
Encadré 2 : La recherche d’une problématique
Une problématique s’obtient au
croisement de plusieurs constats. Le but de
ces constats est d’identifier un problème.
Le problème se distingue de la
problématique elle-même en ce qu’il existe
sur le terrain, le champ d’étude ; pour les
sciences sociales par exemple, la société.
Le problème existe dans la société, et la
problématique est la manière dont on
organise la réflexion pour le résoudre ou au
moins, mieux le comprendre, étant
entendu qu’une bonne compréhension d’un
problème qui existe en facilite la résolution.
Pour identifier donc un problème, une
méthode consiste à établir des constats.
Généralement, on en fait deux, un premier,
général, et un second, plus spécifique.
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C’est au croisement des deux que le
problème surgit à la lumière.
a- Les constats
Les constats résultent d’une
exploitation des données de terrain. Il peut
s’agir autant de données de première main
que de seconde main, c’est-à-dire obtenues
dans la littérature (recensements, données
administratives, statistiques, études,
rapports, articles de journaux, etc.). On
peut faire plusieurs constats, mais deux
peuvent suffire. Le premier concerne par
exemple le champ qui intéresse la
recherche, et décrit la situation ordinaire.
Le second marque une particularité que
l’on observe dans ce champ général, et qui
suscite des questions. Voici un exemple :
Constat général : sur les routes de
Ouagadougou, l’observateur placé à un lieu
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précis compte dix voitures toutes les cinq
minutes.
Constat particulier : sur la route X, on
ne voit aucune voiture passer.
Formulation du problème : pourquoi ne
circule-t-il aucune voiture sur cette route ?
Dans un travail de mémoire ou de
thèse, les éléments ne seront cependant
pas formulés aussi sèchement. Il faut
fournir des données qui apportent de la
consistance à nos constats. Pour le premier
constat par exemple, on peut présenter des
statistiques, citer des rapports, faire état
d’observations menées sur plusieurs axes
routiers de la ville de Ouagadougou. Pour
étayer le second, on peut également
mentionner les observations faites sur
cette route particulière, citer aussi des
sources documentaires s’il y en a, pour
bien montrer qu’il s’agit d’une observation
38
objective, méthodique, et qu’il n’y a pas
lieu de la contester. Le problème est donc
dans le contraste entre ce qui est censé
être, que l’on observe ailleurs, en d’autres
circonstances, et ce qui se passe dans
cette circonstance précise, qui se vérifie
dans la situation qui intéresse
l’observateur.
Il est tout à fait possible que
l’observation générale reste implicite.
L’énonciation du problème peut prendre
par exemple la formulation suivante : les
adeptes de telle secte se sont suicidés
collectivement. Il s’agit bien sûr d’une
situation particulière, qui ne requiert pas de
rappeler que le suicide collectif est un
comportement inhabituel chez les croyants.
Dans ce cas, il y a quand même une
observation plus large, mais qui n’est pas
donnée en termes clairs parce que le fait
39
observé prend de lui-même suffisamment
de relief.
b- La formulation de la problématique
Le problème est dans la société, la
problématique dans la réflexion du
chercheur. C’est l’amorce de la réflexion
que lui inspire le problème qu’il a identifié.
De quelle manière aborde-t-il la question ?
Voilà la problématique. La situation
particulière que l’observateur a identifiée,
parce qu’elle est problématique, soulève
des questions : pourquoi ne passe-t-il pas
de voiture sur la route X ? Pourquoi les
membres de cette communauté religieuse
se sont-ils donnés la mort ? C’est ce que
certains appellent la question de recherche.
Pour certains auteurs, elle suffit à donner
une idée de la problématique. D’autres font
suivre cette question par une formulation :
40
nous allons nous atteler à donner
l’intelligibilité de cette interruption de la
circulation automobile sur cet axe routier.
Ou encore, je cherche à comprendre les
circonstances qui entourent ce suicide
collectif. Les auteurs peuvent être plus
diserts, plus complexes, mais une
problématique claire s’énonce dans un
paragraphe de trois à dix lignes, les autres
éléments faisant souvent partie du constat.
- Quand on a bien croisé les constats,
ou alors quand on a identifié un fait
qui, par son relief particulier, attire
suffisamment l’attention pour
constituer un problème, la première
question qui surgit est celle de la
causalité : pourquoi ? Mais la
question pourquoi ne détaille pas
suffisamment les questions qui
peuvent se poser, et ne permet pas
41
d’épuiser les interrogations, un
« pourquoi » entraînant
obligatoirement un autre. On peut
donc affiner les interrogations avec
les six autres questions
fondamentales : qui ? quoi ?
comment ? quand ? où ? combien ?
elles guident l’analyse, et nous
revenons dessus plus loin.
Il est cependant clair que ces questions
introductives ne cloisonnent pas la
recherche, et en s’attardant sur les
circonstances, on peut aussi regarder les
lieux, les acteurs, la temporalité.
Un exemple peut être le suivant : en
cherchant à donner à ce suicide une forme
d’intelligibilité, je vais interroger la doctrine
et les pratiques rituelles des membres de
ce groupe religieux (quoi) pour tenter de
déceler les éléments de doctrine et les
42
différentes représentations qui peuvent
inspirer des idées de suicide chez les
adeptes.
Ou encore, je vais m’attarder sur les
comportements du gourou et de ses
adeptes, ainsi qu’aux différentes
interactions qui les lient, ou surgissent
entre les membres et les non membres
(qui) pour essayer de comprendre les
différents itinéraires qui ont pu conduire à
ce qu’on peut présenter ici comme une
forme d’apothéose finale.
Ou encore, je vais essayer de donner
une idée des circonstances (quand,
comment) qui ont conduit à cet arrêt de la
circulation.
Cette formulation n’oriente pas
seulement le sujet, elle met en lumière les
données de terrain qui permettront
d’apporter une réponse aux questions que
43
l’on se pose.
La problématique aboutit toujours à la
formulation d’hypothèses, et celles-ci en
sont la suite logique.
4.4.2. L’objectif
Objectif : c’est un aspect de la problématique. Il précise
les différents points de travail que le chercheur s’engage
à faire. Il définit le but que l’on veut atteindre.
Le but de l’objectif : l’objectif de la recherche est
souvent déclaratif et utilise un langage qui est destiné au
chercheur lui-même. C’est pourquoi, il commence
toujours par un verbe à l’infinitif. Exemple : analyser,
évaluer, identifier, etc. L’objectif général peut être
subdivisé en objectifs spécifiques. Il y a toujours une
relation entre le problème général et l’objectif général
d’une part, et d’autre part entre les problèmes
spécifiques et les objectifs spécifiques.
4.4.3. Revue de littérature
44
Elle constitue un point central de la proposition de
recherche. En ce qu’elle donne l’essentiel de ce qui a été
écrit dans le domaine.
Définition : c’est la partie qui passe en revue les débats
théoriques et empiriques qui ont lieu sur le sujet. Elle
fait le point de l’état d’avancement de la situation de
recherche dans le domaine.
Objet de la revue de littérature : elle a pour objet de
situer le chercheur sur tout ce qui a été écrit et débattu
sur le thème qui fait l’objet de recherche. Elle permet au
chercheur de constater les points forts et les points de
faiblesse sur le sujet. C’est la revue de littérature qui
permet au chercheur de circonscrire son sujet et dans de
nombreuses situations c’est de là que découlent les
problèmes et questions spécifiques devant permettre la
formulation des hypothèses. Cette revue de littérature
oriente ainsi le chercheur dans le choix d’un modèle
théorique devant lui permettre d’orienter ses données.
Présentation de la revue de littérature
45
Il y a généralement deux manières de présentation:
Présentation par auteurs : présenter par auteurs les
idées de chacun d’eux. Ensuite, on fait des critiques et
des remarques sur chaque auteur. C’est-à-dire au
niveau des critiques, on doit pouvoir montrer les
insuffisances de l’auteur dans le domaine faisant l’objet
de recherche. Ce sont les insuffisances qui justifient
éventuellement la nécessite d’une étude sur le sujet.
Présentation thématique : dégager les principaux
thèmes faisant l’objet de débat dans le cadre du sujet
traité. Cette façon de présenter demande au chercheur
un esprit de synthèse et de compréhension assez élevée
de la part du chercheur. Tout comme dans le cadre de la
présentation par auteur, dans le cas thématique, il faut
faire une analyse critique au niveau de chaque sous-
thème. Au besoin, le chercheur apporte sa contribution
au débat.
4.4.4. L’hypothèse
46
L’hypothèse est une réponse anticipée que le chercheur
formule à sa question spécifique de recherche. C’est un
énoncé déclaratif qui précise une relation anticipée et
plausible entre les phénomènes observés et imagés.
L’hypothèse établit de ce fait une relation que le
chercheur doit vérifier en la confrontant aux faits.
Rôle de l’hypothèse dans la recherche
L’organisation de la recherche autour d’hypothèse de
travail constitue le meilleur moyen de la mener avec
ordre et rigueur. Un véritable travail de recherche doit
se structurer autour d’une ou plusieurs hypothèses,
pourquoi ?
- l’hypothèse traduit par définition cet esprit de
découverte qui caractérise tout travail scientifique.
Le chercheur qui formule son hypothèse se dit : je
pense que c’est dans cette direction qu’il faut
chercher, que cette piste sera plus féconde ?
- l’hypothèse procure à la recherche un fil conducteur
particulièrement efficace qui, dès le moment qu’elle
47
est formulée, remplace la question de recherche
dans cette fonction. D’une manière générale,
l’hypothèse est le résultat de la conceptualisation et
le point de départ de l’expérimentation ou
vérification. C’est l’hypothèse qui oriente et donne
un sens à la démonstration. De ce fait, elle constitue
le pivot, le nœud de tout travail de recherche.
Les caractéristiques de l’hypothèse
- Une hypothèse doit être plausible c’est-à-dire
qu’elle doit avoir un rapport avec le phénomène
qu’elle veut expliquer. Une hypothèse ne doit pas
servir à démontrer une vérité évidente par rapport
au phénomène étudié. Ce qui signifie qu’il faut
avoir beaucoup de connaissance sur le sujet.
- Une hypothèse doit être vérifiable
- Une hypothèse doit être précise, c’est-à-dire que la
formulation ne doit pas sujette à quelques
ambiguïtés que ce soit.
48
- L’hypothèse doit être communicable, c’est-à-dire
comprise de la même façon par tous les chercheurs
du domaine.
- D’une manière générale, la caractéristique
fondamentale c’est d’être courte, simple et
affirmative. A chaque question spécifique ou à
chaque hypothèse est rattachée une question
spécifique. Elle est une réponse à une et une seule
question spécifique.
Il est toujours recommandé d’éviter de chercher à
prouver ou à démontrer à tout prix, la véracité d’une
hypothèse. La vérification de l’hypothèse doit relever
d’une grande objectivité. Autrement, elle doit être
indépendante du sentiment du chercheur. Généralement,
une hypothèse se vérifie en tentant de l’infirmer.
4.4.5. Le cadre opératoire
Cette partie comporte l’arrangement des concepts
construit au moment de la formulation du problème
pour asseoir théoriquement l’analyse ultérieure de
49
l’objet de l’étude. C’est la première partie de la méthode
scientifique que l’on nomme conceptualisation ou
construction théorique.
Le cadre opératoire peut prendre d’autres appellations
telles que stratégie de vérification, méthodologie de
recherche.
Cette partie se subdivise en deux :
- Les fondements de la recherche choisie : il s’agit en
fait de la méthode d’approche utilisée pour
conduire la recherche. C’est en fait le cadre
théorique relative à la discipline et qui doit
permettre au chercheur de montrer sa maitrise de la
discipline et de sa capacité à choisir les meilleurs
outils théoriques dans le cadre de ses hypothèses
- Le développement ou la présentation du modèle qui
sous-tend la recherche.
Le cadre théorique
Dans la première partie portant sur la connaissance, il
s’est dégagé que l’objet de toute science est la
50
connaissance afin de comprendre le monde. Pour ce
faire, les scientifiques construisent des modèles qui sont
des représentations formalisées théoriques de la réalité.
La théorie comme on le voit, guide le chercheur comme
le chien guide l’aveugle ? Selon Pierre Gingras (1992),
les résultats de la recherche confirment ou non la
validité de la théorie comme l’arrivée à destination de
l’aveugle témoigne de la valeur de son fidèle
compagnon
La théorie dans ce cadre suit deux voies
complémentaires du processus de recherche : la voie de
la découverte et celle de la preuve.
Théorie : c’est un moyen qui donne un sens à la
connaissance. Elle se définit comme un ensemble de
propositions logiques reliées excluant un plus ou moins
grand nombre de faits observés et formant un réseau de
généralisation dont on peut dériver des explications
pour un certain nombre de phénomène sociaux ou
naturels. La théorie est une composante de la découverte
51
et ce fait, elle crée la capacité d’imaginer des
explications pour tout phénomène naturel ou social.
Objet de la théorie
Généralement, la plupart des auteurs s’accordent à
retenir cinq objets. En effet, la théorie permet de:
- situer un sujet dans son cadre général, ce qui
entraine l’écartement des facteurs secondaires qui
sont évidents
- faire le point sur le sujet choisi
- voir les limites et les difficultés effectives de mise
en œuvre de la problématique
- inscrire la recherche dans une famille de pensée de
façon à en justifier l’importance
- découvrir différentes approches méthodologiques
auxquelles on recourt d’autres scientifiques dans la
résolution d’un problème similaire.
4.4.5.1. Construction d’un cadre opératoire
52
Raisons : le rôle principal de l’hypothèse, on le sait est
d’établir un lien entre la réflexion théorique de la
formulation du problème et du travail empirique
d’expérimentation ou de vérification. L’hypothèse
constitue l’amorce de l’opérationnalisation dans la
mesure où elle transforme les concepts théoriques de la
question spécifique en des concepts opératoires.
Le cadre opératoire qui n’est pas le champ de définition
des concepts, spécifie ce que le chercheur doit analyser
pour vérifier son hypothèse. Il assure aussi la logique et
la précision de la démonstration en fournissant les
référents empiriques les plus concrets et les plus fidèles
possibles au moyen de la construction de variables et
d’indicateurs pour orienter l’ensemble de la vérification
de l’hypothèse.
4.5. Méthodologie de recherche
Définition : la stratégie de recherche est souvent
interprétée de différentes manières selon les chercheurs.
Il y a ceux qui développent le cadre théorique et tous les
53
instruments opératoires retenus pour la recherche ainsi
que la stratégie de vérification et la précision sur la
méthode d’analyse de données. On peut retenir dans la
méthodologie, le type de stratégie pour conduire la
recherche et la méthode d’analyse des données.
Choix de la stratégie de vérification
Définition: la stratégie de vérification est un choix
général relevant des sciences appliquées ou
expérimentales. Lorsqu’il s’agit d’une recherche
fondamentale, la vérification ne relève que de la
cohérence des démonstrations théoriques sur des
hypothèses formulées. A l’inverse dans le cas
empirique, il s’agit de déployer les ressources pour
appliquer le plus efficacement possibles le cadre
opératoire de manière à obtenir la réponse la plus
pertinente à la question spécifique de recherche.
Types de stratégies de vérification
54
Il n’existe pas de typologie unique commune à tous les
auteurs pour classifier les différentes stratégies de
recherche. Gordon MACE (1988) en retient 4 :
- la stratégie expérimentale, utilisée en science de la
nature
- la stratégie quasi expérimentale qui se fait surtout
dans le cadre de la simulation sur ordinateur. Cette
stratégie suppose que le chercheur maitrise la
variable dépendante. C’est une méthode qui peut
être utilisée dans les sciences sociales notamment
en sciences politiques, économiques, dans la
stratégie militaire,…
- l’enquête, qui constitue l’une des stratégies les plus
courantes dans les travaux de l’économiste. Le
chercheur ne contrôle à priori aucune des variables.
- l’étude de cas est aussi une stratégie de vérification
utilisée en économie. Elle consiste à choisir de
façon raisonnée un seul élément de l’ensemble pour
étudier. Cette démarche tout en ayant l’avantage de
permettre une étude approfondie de l’élément
55
choisit, n’autorise pas à une généralisation des
résultats.
La collecte des données : c’est l’étape qui fournit
l’élément de base pour la vérification de l’hypothèse. Il
s’agit de l’information directement pertinente aux
concepts opératoires de l’hypothèse.
Types d’instrument de collecte : en fonction de la nature
de l’analyse, la recherche empirique pourra nécessiter
un seul ou une combinaison de deux ou plusieurs
instruments de collecte d’information. Avant de définir
ces types d’instrument de collecte d’information, il faut
distinguer d’abord les types de données. Il existe deux
types de données à collecter :
- les données secondaires qui s’obtiennent à travers
la consultation des documents. A cet effet, il est
important pour le chercheur d’identifier les
différentes sources de production de ces données et
les lieux ou ces documents sont disponibles.
56
- les données primaires : collectées sur le terrain par
le chercheur. Ces informations peuvent s’obtenir de
plusieurs façons ; par l’entrevue, le sondage,…
D’une manière générale, les sociologues ont développé
des techniques allant des focus groupes aux méthodes
participatives.
L’enquête : il est important de préciser certains points
avant même de décider du choix de la technique.
le temps au cours duquel la stratégie de vérification
sera appliquée
préciser l’unité d’analyse (niveau international,
national, sectoriel,..) ;
la définition de la méthode d’enquête : il s’agit de
savoir s’il faut faire un choix exhaustif ou non
exhaustif. Le choix exhaustif : enquête portant sur
l’ensemble de la population (cas de RGPH). Le
choix non exhaustif quant à lui privilégie un
échantillon représentatif de la population. Il existe
57
deux techniques dans ce cas : le choix raisonné ou
le choix aléatoire.
Choix raisonné : définir un certain nombre de
caractéristique de la population et choisir ensuite
l’échantillon en tenant compte de ses
caractéristiques.
Choix aléatoire ou probabiliste qui résulte dès lors
du hasard.
De nombreuses techniques existent allant de la table des
nombres au hasard en passant par les numéros de la
population mis dans une corbeille que l’on tire de façon
exhaustive ou sans remise. Cette technique de choix
aléatoire a pour avantage de n’être entachée d’aucune
considération subjective de la part du chercheur.
Selon les expériences au cours du temps, on peut dire
que la qualité des résultats des résultats, tout en tenant
compte de la faille de l’échantillon qui est une condition
nécessaire mais pas suffisante prend en considération la
qualité de la sélection de l’échantillon pour sa
58
représentativité. Souvent on combine au cours d’une
recherche choix raisonné et choix aléatoire selon les
différentes étapes suivant la disposition des
informations, selon le temps et les moyens financiers
dont le chercheur dispose.
L’échantillon
On en distingue différents types :
- Echantillon subdivisé
- Echantillon non subdivisé
- Echantillon aléatoire avec les événements
équiprobables (même chance de réalisation de
chacun des évènements)
- Echantillon aléatoire stratifié ou subdiviser la
population mère en strate au sein duquel on stratifie
des échantillons aléatoires
- Echantillon systématique : on choisit d’avance la
taille de l’échantillon si on connait la population
mère
59
- Echantillon par groupe : c’est presque semblable à
l’identification stratifiée sauf qu’ici on connait
d’avance le groupage (région, province,
département, village, quartier, etc.)
- Echantillon de raison ‘choix raisonné)
- Echantillon de groupe focal ou focus group : on va
réaliser l’enquête dans e cas d’un groupe homogène
Le questionnaire
Définition : c’est un outil de collecte d’informations
qualitative et quantitative. Il comporte généralement
plusieurs questions. Ce qui se traduit par une série de
chapitre permettant de mieux situer l’ensemble des
variables du questionnaire
Elaboration du questionnaire
Un questionnaire doit se présenter sous une forme
simple et compréhensible et avec les moyens
d’évaluations ou de mesure de toutes les variables qui
fait apparaitre une hypothèse de recherche.
Caractéristique des questions d’un questionnaire
60
- Les questions doivent être claires et explicites
- Etre concises c’est-à-dire une seule idée avec des
questions courtes
- Etre pertinentes c’est-à-dire nécessaire.
D’une façon générale, le questionnaire doit être
relativement court. Pour éviter les oublis il faut toujours
consulter constamment les hypothèses et objectifs
spécifiques
Formes de questions
- La question ouverte : on laisse la liberté à l’enquêté
de s’étendre sur la question
- La question fermée : elle oblige l’enquêté à
confiner ses réponses dans un cadre bien précis.
Exemple : que pensez-vous de la pluviométrie cette
année : bonne /_ / mauvaise /_ /
Dans les questions fermées, il faut éviter les questions
négatives dans lesquelles le non veut dire oui. Cela peut
semer la confusion dans l’exploitation des informations.
61
Exemple : vous n’allez pas au marché ? Oui /_ / Non
/_ /
- La question semi ouverte : combinaison des deux
précédentes/ le souci étant d’avoir le besoin de
structurer les réponses de l’enquête avec l’intention
d’obtenir des informations complémentaires plus
libre. Exemple : exemple Aviez reçu une
formation ? Oui /_ / Non /_ / si non pourquoi ?
Types de questions fermées
- Les questions à choix multiples. Exemple : est-ce
que vous fumez ? Oui /_ / Non /_ / parfois /_ /
- Questions par graduation par la qualité ou par la
mesure subjective. Exemple : notez les
performances d’un enseignant 1 /_ / 2 /_ /
3/_ / 4 /_ / 5/_ /
- Questions sous forme de tableau
Types de Champ 1 Champ 2 Champ 3
production
Mil
62
Haricot
Sorgho
Traitement de données
- La classification de l’information : au départ les
informations collectées n’ont pas de lien les uns
avec les autres. Le chercheur doit transformer les
faits en données. Les faits eux même ne signifient
rien. C’est le chercheur qui leur donne leur sens ou
les transforme en données.
Il analysera et interprètera par la suite selon la
problématique de départ. Pour ce fait, il faut classifier
l’information. Cette démarche consiste à remettre les
faits à l’intérieur des catégories préalablement
déterminées par les référents empiriques du cadre
opératoire. Il est nécessaire de définir les techniques
d’analyse retenues. Il faut préciser d’abord la méthode
de stratification et ensuite recourir à la méthode de la
stratification descriptive par la construction de
63
tableau, représentation graphique afin d’illustrer les
données
Analyse des données
Avec la généralisation de l’enseignement des maths et
notamment de la statistique, avec le développement de
la microinformatique, il est désormais possible à tous
les chercheurs de raffiner leurs analyses. Il est évident
que les degrés d’analyse seront différents d’une
discipline à l’autre mais toutes les sciences sociales
peuvent davantage exploiter l’informatique pour des
représentations graphiques et tableaux.
On peut recouvrir à trois types d’analyses :
- Analyse qualitative : c’est la généralisation dans le
cas de la mise en relation logique de variables et par
voie de conséquence de catégories de données.
C’est un exercice par lequel on tente de reproduire
logiquement un schéma mental de l’évolution d’un
phénomène ou d’une interrelation entre
phénomènes, en essayant de vérifier par
64
l’observation le degré de correspondance entre cette
construction de l’esprit et la structure réelle. Cet
exercice exige du chercheur une extrême prudence
compte tenu des facteurs subjectifs pouvant
intervenir au moment de l’interprétation. L’outil le
plus approprié est la statistique descriptive.
L’analyse factorielle peut éclairer utilement les
interprétations constatées aux moyens de
caractéristiques centrales et de dispersion.
- Analyse statistique ou probabilistique : elle vise à
éclairer les relations mathématiques entre les
variables déterminées dans le cadre opératoire. Le
recours à cette technique exige que les données
faisant l’objet d’analyse statistiques puissent être
quantifiées. Cela suppose qu’elles doivent être
suffisamment nombreuses pour faire intervenir la
loi des grands nombres.
- Analyse socioéconométriques : c’est une analyse
systémique qui combine l’approche qualitative et
quantitative. Elle part de l’idée que l’économie est
65
une science sociale qui nécessite à la fois une
appréhension qualitative et quantitative. Elle fondée
à la fois sur le temps et l’espace comme référence
pour appréhender les phénomènes dans leur
mouvement, dans leur évolution. C’est une
approche dynamique qui est fondamentale surtout
pour la compréhension des phénomènes
économiques en tant que phénomène sociaux.
L’acte économique doit être compris dans
l’interaction individu-société
Section 5. Distinction entre proposition (projet) de
recherche et rapport de recherche
Les résultats définitifs d’une recherche ou d’une étude
peuvent faire l’objet d’un rapport technique d’un
mémoire, d’une thèse, d’un livre ou d’un article. Quelle
que soit la forme sous laquelle ces résultats se
présentent, il s’agit de livrer à un auditoire bien précis
de personne, les résultats d’un travail scientifique mené.
Ce résultat se présente sous la forme d’un document
écrit appelé rapport de recherche.
66
Rapport de recherche : c’est un document écrit dont le
rôle principal consiste à présenter les principaux
résultats une fois la recherche terminée. Tout en
reprenant certains passages du projet de recherche, sa
fonction centrale reste la présentation des résultats de
l’analyse dont les étapes et procédures ont été
annoncées dans le projet de recherche.
Structure du rapport de recherche
Bien qu’il n’existe pas un canevas bien précis ou une
ligne directrice en ce qui concerne la présentation du
rapport de recherche, les spécialistes s’accordent
néanmoins à identifier un certain nombre de points qui
doivent figurer dans le rapport. Généralement,
indépendamment des aspects secondaires que l’on doit
retrouver dans le rapport, on reconnait qu’il y a
essentiellement deux grandes parties :
- Première partie. c’est une partie théorique qui
reprend essentiellement les principaux éléments de
la proposition de recherche : Problématique-
67
Objectifs-Hypothèses-Revue de littérature- Cadre
opératoire
- Deuxième partie. Dans cette partie le chercheur doit
présenter et discuter des résultats de l’analyse
Ces deux parties sont précédées d’une introduction
générale.
Dans le cadre d’un mémoire, l’introduction a pour objet
de définir le sujet et d’orienter le lecteur en affichant
l’intérêt et la pertinence du problème étudié. Cela veut
dire qu’elle n’est point une affirmation sur le travail
effectué, un compte-rendu du travail de recherche, ni le
lieu de définition obligatoire de chaque mot du titre, ni
le lieu de revue exhaustive de la littérature. Son objectif
n’étant pas didactique, la fonction de l’introduction est
d’expliquer pourquoi la recherche a été entreprise, c’est-
à-dire pour résoudre quel problème précis identifié.
Ainsi son contenu doit :
- exposer la nature du problème étudié ;
68
- analyser quelques résultats (ou problématiques
similaires ou proches) déjà publiés par d’autres
auteurs sur problème ;
- poser la question cruciale à résoudre ;
- énoncer des objectifs à atteindre et /ou des
hypothèses à tester.
Quand se rédige l’introduction ? Certains auteurs
pensent qu’elle doit être conçue et écrite avant de faire
le travail, à partir de la recherche bibliographique.
D’autres, dont moi, soutiennent que bien que
l’introduction soit la porte d’entrée de la recherche, elle
ne peut être valablement rédigée qu’à la fin, étant
donnée qu’elle renferme des points dont on ne peut
parler valablement qu’à près coup. C’est ainsi que
procèdent d’ailleurs les auteurs d’ouvrages publiés.
Section 6. Références bibliographiques et notes de
bas de pages
Références bibliographiques
69
Dans ce domaine, il n’existe pas une règle codifiée en la
matière. Cependant, on peut dégager quelques tendances
ou pratiques qui ont cours depuis fort longtemps
- Référence à l’intérieur du texte : qu’il s’agisse du
projet ou du rapport de recherche, la manière de
faire appel aux références bibliographiques doit être
la même. On note le nom de l’auteur et l’année sans
toutefois donner de titres et les autres détails. Si le
nombre d’auteurs est supérieur à 2, ne citez que les
3 premiers suivis de « et al. ».
- références infrapaginales. Lorsque le même
document est cité plus d’une fois, on a recours par
souci de simplification à divers procédés. Par
exemple, on utilise Ibid (Ibidem, qui signifie dans
la référence précédente) est utilisé lorsqu’on cite le
même document dans deux notes consécutives. On
fait suivre l’abréviation du numéro de la page citée,
sauf s’il s’agit de la même page. On utilise aussi
Op. cit. (pour opere citato) signifie « dans
l’ouvrage cité ». Cette abréviation est concurrencée
70
par son équivalent français « ouvr. cité ». L’une ou
l’autre abréviation renvoie à une référence
antérieure à la référence précédente. Elle est
précédée du nom de l’auteur et suivie du numéro de
la page. Exemple : Tiga, op. cit, p10.
- Présentation de la bibliographie. Une bibliographie
exhaustive doit être présentée aussi bien à la fin du
projet que du rapport. Le chercheur ne doit pas faire
figurer que les auteurs qui ont été cité dans le texte.
Il existe là aussi plusieurs façons de présenter cette
bibliographie :
Présentation par ordre alphabétique : forme la
plus répandue et consiste à présenter la
bibliographie par ordre alphabétique de leur nom
de famille (système Harvard)
Présentation par ordre numérique ou
chronologique : moins répandue mais on la
rencontre dans quelques écrits. Elle consiste à
énumérer les auteurs au fur et à mesure qu’ils
sont cités dans le texte. Au moment de la
71
présentation bibliographique, le classement des
auteurs se fait suivant le numéro d’ordre figurant
dans le texte ; c’est la raison pour laquelle on
parle de classement numérique ou chronologique
(système Vancouver)
Présentation par strate : elle consiste à regrouper
les références bibliographiques par catégories.
Ainsi par exemple, il est souvent retenu les
strates suivantes :
1. Ouvrage généraux
2. Ouvrage spécialisé
3. Les rapports
4. Les thèses et mémoires
5. Les articles
Notes de bas de page
Indépendamment des renvoie des noms des auteurs en
bas de page tel que l’on a vu parmi les méthodes, il
arrive que le chercheur pour ne pas alourdir sa phrase
renvoie une idée en bas de page. Généralement, ces
notes en bas de page visent à donner une définition, une
72
explication complémentaire au contenu d’un mot, d’une
phrase.
73