Diversite Floristique Des Dependances Ve
Diversite Floristique Des Dependances Ve
org
RESUME
A Brazzaville, les dépendances vertes jouent un rôle important sur le bien-être et le cadre de vie des
citadins. Cependant elles sont menacées de dégradation à cause d’une urbanisation mal contrôlée. Cette étude a
été menée pour identifier et caractériser la biodiversité végétale de ces milieux. A cet effet, des relevés floristiques
ont été réalisés au niveau de deux types de phytocénoses « dégradée » et « semi intacte » dans deux sites des
quartiers périphériques de Ngamakosso et Sadelmi suivant un dispositif de 17 parcelles (30 m x 20 m). Au total,
205 espèces végétales reparties en 160 genres et 65 familles ont été inventoriées. La présence/abondance de
certaines espèces et familles (Asteraceae, Rubiaceae, Poaceae) associée avec l’appréciable proportion des
nanophanérophytes, révèle le caractère arbustif et perturbé de cette végétation sur des sols sableux et pauvres,
favorables aux érosions. La conservation et la reconstitution des phytocénoses étudiées sont assurées grâce à des
espèces endémiques, guinéo-congolaises et pantropicales, à très large distribution. Les connaissances acquises
de cette étude suggèrent d’intégrer la problématique de l’aménagement des espaces végétalisés urbains dans les
politiques de développement durable de la ville.
© 2020 International Formulae Group. All rights reserved.
ABSTRACT
In Brazzaville, green dependencies have an important role in the well-being and living environment of
city dwellers. However, they are threatened with degradation due to poorly controlled urbanization. This study
was conducted to identify and characterize the plant biodiversity of these habitats. For this purpose, floristic
surveys were carried out at the level of two kinds of "degraded" and "semi intact" phytocenosis at two sites in
the outlying areas of Ngamakosso and Sadelmi following a scheme of 17 plots (30 m x 20 m). In total, 205 plant
species distributed into 160 genera and 65 families were inventoried. The presence/abundance of certain species
and families (Asteraceae, Rubiaceae, Poaceae) associated with the significant proportion of nanophanerophytes,
revealed the shrubby and disturbed character of this vegetation on sandy, poor and erosive soils. The conservation
and reconstitution of the studied phytocenosis are ensured by endemic, Guineo-Congolese and pantropical
species, with very wide distribution. The knowledge acquired from this study suggests integrating the issue of
vegetative landscaping into the city’s sustainable development policies.
© 2020 International Formulae Group. All rights reserved.
15°5’ et 15°25’ Est. Elle couvre une superficie n’a pas subi de perturbation apparente et
de plus 309 km2 et compte 9 arrondissements connue, est dite « semi intacte ».
ou communes (Makélékélé, Bacongo, Poto-
Poto, Moungali, Ouenzé, Talangaï, Mfilou Méthodologie d’étude
Ngamaba, Madibou et Djiri) (Figure 1). Elle a Collecte des données
une zone périurbaine très étendue aussi bien La démarche méthodologique adoptée
dans sa partie nord que dans sa partie sud- est basée sur les inventaires floristiques des
ouest. Brazzaville se situe entre les plateaux de quatre phytocénoses. Ceux-ci ont été conduits
Cataractes au sud-ouest, de Mbé au nord-est et à l’aide de la méthode des relevés de
le fleuve Congo à l’est (Ibiassi Mahoungou et surface. Le relevé de surface a consisté à
al., 2019). Le climat de Brazzaville est du type délimiter des parcelles de 30 m x 20 m (600
tropical humide avec une saison humide et 2
m ). Dix parcelles ont été installées dans le site
chaude (MAM et OND) et une saison sèche et de Ngamakosso et sept dans le site de Sadelmi,
fraîche (JJAS) (Figure 2). La moyenne soit un ensemble de 17 parcelles dans les deux
annuelle des précipitations varie de 1300 à sites d’étude avec une superficie totale de
1600 mm. La température moyenne annuelle 10200 m² (soit 1,02 ha). Chaque parcelle a été
est de l’ordre de 25 °C. L’humidité relative est 2
toujours supérieure à 70%. La géologie subdivisée en quatre placettes de 150 m (15 m
présente d'importantes séries essentiellement x 10 m). Dans chacune des placettes, toutes les
gréseuses et sableuses (Vennetier, 1977). Les espèces de plantes vasculaires rencontrées ont
sols se développent sur des matériaux sableux, été identifiées et notées sur une fiche de relevé
pauvres en bases échangeables et très portant le numéro de la parcelle. Les espèces
perméables. Ils sont ferralitiques fortement non identifiées ont été mises en herbier pour
désaturés et appauvris (Dénis, 1970). une identification ultérieure. Par ailleurs, la
Brazzaville est drainée par plusieurs cours nomenclature de toutes les espèces a été
d’eau dont les principaux sont : Djoué, Djiri, vérifiée en consultant l’herbier national de
Tsièmé, Mfilou, Mfoa, Madoukounsiekélé. l’IRSEN à Brazzaville. Pour chaque
Ces cours d’eau sont des affluents du fleuve phytocénose et chaque espèce inventoriée, il a
Congo. La population de Brazzaville est été noté le type biologique en fonction du stade
estimée à plus de 1500000 habitants (Ibiassi de développement du sujet (Raunkiaer, 1934 ;
Mahoungou et al., 2019). La couverture Lebrun, 1947). Les principaux types
végétale est constituée par une mosaïque biologiques mis en évidence sont : les
savane-forêt. Phanérophytes (Ph) : arbres, arbustes et
Deux sites d’étude localisés dans deux arbrisseaux, lianes, comprenant les
communes voisines et périphériques de microphanérophytes (mph : de hauteur 2 ≤ H <
l’agglomération de Brazzaville ont été choisis 8 m), les nanophanérophytes (nph : H < 2 m),
selon leur accessibilité : Ngamakosso dans la les lianes grimpantes à vrilles (mphgrv) ; les
commune de Talangaï (4°12’02’’S et Chaméphytes (Ch) : sous-arbrisseaux, les
15°18’13’’E) et Sadelmi dans la commune de Hémicryptophytes (Hc) : herbacées pérennes,
Mfilou Ngamaba (4°13’16’’S et les Géophytes (G) : plantes à tubercules,
15°13’26’’E). rhizomes ou bulbes et les Thérophytes (Th) :
plantes annuelles. La chorologie a été
également déterminée en utilisant les grandes
Matériel d’étude
Deux phytocénoses plus ou moins subdivisions phytogéographiques africaines
contiguës ont été choisies par site selon la établies par de nombreux auteurs (White,
physionomie et l’état d’évolution de leur 1983 ; Lubini, 2001 ; Kimpouni, 2009) :
végétation (soit quatre phytocénoses au total). Espèces à très large distribution (Cosm :
L’une des phytocénoses est une ancienne zone Cosmopolite, Pant : Pantropicale, Ant: Afro-
érodée qualifiée de « dégradée » et l’autre qui néotropicale [Afro-Américaine (Aa)], Pal :
2569
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
2570
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
2571
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
Précipitations Température
320,00 160,00
280,00 140,00
Précipitations (mm)
240,00 120,00
Température (C°)
200,00 100,00
160,00 80,00
120,00 60,00
80,00 40,00
40,00 20,00
0,00 0,00
Mois
(Tableau 3), dans les parcelles semi-intactes, Oncoba welwitschii (2,35%), Pennisetum
l’ordre des familles est le suivant : Rubiaceae polystachion (2,87%) et Dichapetalum
(10 espèces, soit 11,63%), Poaceae (9 espèces, librevillense (2,25%). Pour la phytocénose
soit 10,47%), Fabaceae (Faboïdeae) (7 espèces, dégradée de Sadelmi, Panicum maximum
soit 8,14%), Connaraceae, Cyperaceae et (12,35%), Digitaria horizontalis (9,69%),
Euphorbiaceae (5 espèces, soit 5,81%), Tithonia diversifolia (7,17%), Cenchrus
Fabaceae (Mimosoïdeae) et Phyllanthaceae (3 purpureus et Mucuna flagellipes (6,14%),
espèces, soit 3,49%). Soulignons que sur les Hyparrhenia diplandra (4,30%) et
42 familles recensées dans ces parcelles, 29 Chromolaena odorata (4,16%), sont les plus
sont monospécifiques (soit 69%). Dans les représentatives. On cite aussi Oncoba
parcelles dégradées, les familles les plus welwitschii (2,79%), Pennisetum polystachyon
représentées sont les Poaceae (16 espèces, soit (2,79%) et Senna occidentalis (2,66%).
17,17%), les Fabaceae (Faboïdeae) (8 espèces, Quatre groupements végétaux
soit 8,08%), les Asteraceae et les Rubiaceae (6 caractéristiques sont ainsi observés. Le premier
espèces, soit 6,06%), les Euphorbiaceae (5 et le deuxième issus des phytocénoses semi
espèces, soit 5,05%), les Cyperaceae, les intactes sont définis par Oncoba welwitschii,
Fabaceae (Caesalpinioideae) et les Fabaceae Smilax anceps et Afromomum stipulatum
(Mimosoïdeae) (4 espèces, soit 4,04%), les associés d’une part à Sclerocroton cornutus et
Connaraceae et les Phyllanthaceae (3 espèces, Hymenocardia ulmoides dans le site de
soit 3,03%). 32 familles sur les 46 sont Ngamakosso et d’autre part à Pteridium
monospécifiques (soit 69,56%). aquilinum, Dichapetalum librevillense et
En tenant compte du nombre des Hyparrhenia diplandra dans le site de Sadelmi.
individus par espèce, le Tableau 4 montre, pour Les deux autres groupements indépendants qui
chaque phytocénose, les dix espèces les plus apparaissent dans les phytocénoses dégradées
représentatives. Pour la phytocénose semi se caractérisent par la présence d’herbacées
intacte de Ngamakosso, Oncoba welwitschii (Poaceae : Panicum maximum et Cenchrus
(4,96%), Smilax anceps (4,87%), Sclerocroton purpureus) et d’Asteraceae (Chromolaena
cornutus (4,22%), Markhamia tomentosa odorata et Tithonia diversifolia) associés d’une
(4,20%), Hymenocardia ulmoides (3,57%), part à Urena lobata, Setaria sphacellata et
Thomandersia butayei (3,57%), Platysepalum Lantana camara à Ngamakosso et d’autre part
vanderystii (3,55%), Aframomum stipulatum à Digitaria horizontalis, Pennisetum
(3,20%), Cyperus mapanioïdes (2,98%) et polystachion et Mucuna flagellipes à Sadelmi.
Chromolaena odorata (2,89%). Pour la Dans ce dernier groupement, persistent aussi
phytocénose dégradée de Ngamakosso, on cite quelques espèces des groupements semi
Cenchrus purpureus (15,09%), Panicum intacts (Oncoba welwitschii et Hyparrhenia
maximum (12,11%), Tithonia diversifolia diplandra) dans des proportions encore
(11,89%), Chromolaena odorata (10,13%), remarquables.
Panicum brazzavillense (8,81%), Eleusine
indica (5,40%), Bambusa vulgaris (3,63%), Spectres biologiques
Urena lobata (3,08%), Setaria sphacellata L’inventaire a permis de recenser une
var. sphacellata (2,42%) et Lantana camara flore se répartissant en 11 types biologiques
(2,31%). La phytocénose semi intacte de rassemblés en 5 grands groupes appartenant en
Sadelmi quant à elle présente l’ordre suivant majorité aux phanérophytes. L’analyse
des espèces : Hyparrhenia diplandra (8,27%), quantitative montre que les phanérophytes
Smilax anceps (5%), Rhadophyllum affine (57,23%), sont le type dominant de la florule.
(4,12%), Aframomum stipulatum (4,05%), Viennent ensuite les chaméphytes (12,86%),
Digitaria horizontalis, Pteridium aquilinum les thérophytes (11,95%) et les
(3,60%), Spermacoce latifolia (3,56%),
2573
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
hémicryptophytes (10,04%). L’importance des espèces à très large distribution qui sont
géophytes (7,92%) est faible (Figure 3). essentiellement pantropicales (25,99%) et des
Les valeurs des spectres biologiques des espèces endémiques qui sont en majorité
espèces inventoriées dans les deux sites étudiés guinéo-congolaises (27,69%). Les espèces à
(Ngamakosso et Sadelmi) varient selon l’état large distribution et de zone de transition sont
d’évolution de la végétation. Dans les moins importantes avec respectivement
formations semi intactes (Tableau 5a), quel que 14,40% et 12,71%.
soit le site, les phanérophytes (63,32%)
demeurent prépondérantes devant les Diversité floristique
chaméphytes (10,04%) et les thérophytes Les indices de diversité moyens sont
(9,51%). Les phanérophytes se composent des élevés quel que soit l’état de la phytocénose. Ils
microphanérphytes (18%), des varient de 4,30 à 6,01 pour l’indice de Shannon
nanophanérophytes (26,10%) et des et de 0,79 à 0,89 pour l’équitabilité de Pielou.
phanérophytes grimpantes à vrilles (19,20%). L’analyse de variance montre des différences
Dans les phytocénoses dégradées (Tableau 5b), significatives entre les phytocénoses semi
la prépondérance des phanérophytes (51,13%) intactes et celles dégradées en ce qui concerne
est toujours affirmée et suivent à peu près dans l’indice de Shannon (Tableau 7).
le même ordre les chaméphytes (15,67%) puis
les thérophytes (14,38%) et les Similitude entre les phytocénoses
hémicryptophytes (11,54%). Parmi les Les valeurs du coefficient de Sorensen
phanérophytes, les nanophanérophytes (Tableau 8) montrent qu’il n’y a pas de
(21,80%) montrent encore un taux plus élevé véritable ressemblance floristique entre les
que les deux autres types notamment les différentes phytocénoses. Chaque phytocénose
microphanérophytes (12,98%) et les est bien caractérisée par un cortège floristique
phanérophytes grimpantes (16,34%) quel que spécifique ayant moins d’espèces communes
soit le site. avec les autres. Il apparaît toutefois une affinité
à Sadelmi entre la phytocénose semi intacte et
Distribution phytogéographique celle dégradée (K = 54,84%), ce qui n’est pas
L’analyse phytogéographique de la le cas à Ngamakosso (K = 36,84%). Les mêmes
flore identifiée (Tableau 6) montre 13 types de tendances sont observées avec le coefficient de
distribution regroupés principalement en six Jaccard (Tableau 8) où la valeur la plus élevée
unités supérieures dont deux sont dominantes est obtenue à Sadelmi aussi entre la
et renferment chacune plus de 31% (soit 1/3) phytocénose semi intacte et celle dégradée (S =
de cette flore, quel que soit le site. Il s’agit des 37,78%).
2574
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
Ne : Nombre d’espèces
Nombre de familles monospécifiques : 39 Nombre de familles monospécifiques : 18.
2575
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
Chaméphytes (Ch)
12% 13%
Géophytes (Géo)
8%
Hémicryptophytes
10% (Hce)
Phanérophytes (Ph)
2576
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
Tableau 5 : Types et spectres biologiques des espèces inventoriées selon l’état de la phytocénose.
5b : Phytocénoses dégradées.
2577
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
2578
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
Gilbert (1954) sur terre ferme. Les espèces Les faibles valeurs des indices de
endémiques plus adaptées aux conditions similitude confirment les différences de
locales sont plus enclin à la régénération et composition floristique entre les phytocénoses.
participent davantage à la reconstitution des Ce qui corrobore aussi l’existence de quatre
zones dégradées. La présence d’espèces groupements végétaux mis en évidence par
plurirégionales témoigne d’une végétation l’indice de diversité de Shannon. La similarité
perturbée ; la forte proportion des espèces à entre les deux groupements de Sadelmi
très large distribution est un indice de indique, soit que les actions anthropiques sont
perturbation et indique que la flore perd de sa moins intenses en ce lieu (d’où la présence
spécificité (Sinsin, 2001 ; Tiokeng et al., 2015). dans le groupement dégradé de nombreuses
L’analyse du spectre des types espèces reliques de la végétation ancienne),
biologiques quant à elle montre une dominance soit que la conservation / reconstitution est
des espèces phanérophytes suivies des assurée avant tout par les espèces anciennes ou
chaméphytes et thérophytes, tandis que les endémiques (adaptées aux conditions locales et
hémicryptophytes et les géophytes sont peu disposant donc de réserves de graines dans le
nombreux. La prédominance des sol).
phanérophytes indique que ces espèces
s’adaptent mieux aux conditions du Conclusion
milieu tandis-que la proportion élevée des L’intérêt de cette étude a été d’évaluer
nanophanérophytes dénote l’importance des la composition et la diversité floristiques des
espèces arbustives dans la végétation de la zone dépendances vertes périurbaines de Brazzaville
d’étude (Makany, 1976 ; Schwartz et al., menacées de dégradation. La phytodiversité est
1995). Il en est de même des chaméphytes qui aussi importante et les espèces sont
supportent plus ou moins bien les courtes équitablement réparties dans les phytocénoses
sécheresses. Elles font parties aussi des étudiées que dans les autres formations
principales plantes caractéristiques propres à la savanicoles du Congo. Elle est relative à la
végétation des savanes (Schwartz et al., 1995). prépondérance des espèces endémiques
Les thérophytes quant à elles sont adaptées aux conditions locales et capables de
classiquement considérés comme étant régénération. A Sadelmi, la similitude entre la
particulièrement adaptés aux forts régimes de phytocénose semi intacte et celle dégradée,
perturbation et aux conditions de stress induites indique, de facto, la tendance à la conservation
par les actions anthropiques. En effet, les ou à la reconstitution de ces phytocénoses par
thérophytes bouclent leur cycle pendant la des anciennes espèces. De façon générale, la
saison des pluies et passent la saison sèche à végétation étudiée présente deux faciès : un en
l’état de graines, durant laquelle se réalisent cours de conservation plus ou moins réussie et
des actions anthropiques néfastes (feux, l’autre dégradé mais susceptible de
désherbage, …) (Morou, 2010). reconstitution. L’étude confirme l’idée selon
L’analyse de la diversité floristique par laquelle les dépendances vertes urbaines sont
les indices de diversité de Shannon et riches en biodiversité et révèle les tendances
d’équitabilité de Pielou authentifie l’existence d’une part à la conservation et d’autre part à la
des quatre groupements végétaux. Les valeurs reconstitution de ces phytocénoses. Les
élevées de diversité des espèces dans les connaissances acquises concernant cette
groupements seraient dues, d’une part à végétation pourront aider à la prise des
l’endémisme des principales espèces décisions relatives à l’aménagement durable du
inventoriées qui disposeraient aussi de réserves territoire urbain.
importantes de graines dans le sol, et d’autre
part à l’introduction des espèces à très large CONFLIT D’INTERETS
distribution. Toutes ces espèces sont Les auteurs de ce manuscrit déclarent
généralement à forte potentialité de qu'il n’y a aucun conflit d'intérêts entre eux.
régénération (Kimpouni et al., 2013).
2580
M.-S. MIKOUNGUI GOMO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(7): 2567-2582, 2020
2582