0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues22 pages

4 - 2 - Wane - A - Commercialisation Des Produits Animaux - Ferlo - ECliS

Transféré par

Demba Siby
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues22 pages

4 - 2 - Wane - A - Commercialisation Des Produits Animaux - Ferlo - ECliS

Transféré par

Demba Siby
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
Vous êtes sur la page 1/ 22

ANR ECLIS

« Contribution de l’élevage à la réduction de la


vulnérabilité des ruraux et à leur adaptabilité
aux changements climatiques et sociétaux en
Afrique de l’Ouest au sud du Sahara »

Tâche SOCEL
Délivrable N°5.12

Rapport sur la commercialisation des produits


d’élevage
Cas du Ferlo (Sahel sénégalais)

Abdrahmane Wane

Décembre 2010

1
Introduction

La consommation de viande au Sénégal s’élève à environ 100 000 tonnes par an soit en
moyenne 12 kg/an/habitant (37% bœuf et 27% petits ruminants) (Cesaro et al, 2010).

La contribution des importations d’animaux demeure en dessus des 10% des besoins de
consommation de viande. Ces importations jouent un rôle de variable d’ajustement à
d’éventuels problèmes d’approvisionnement.

La plupart des animaux vendus sur les marchés de bétail proviennent des marchés de brousse
locaux et de certains pays limitrophes (Mali et Mauritanie principalement). Ils sont surtout
destinés à approvisionner les grands centres urbains du Sénégal et parfois la Gambie.

Les pasteurs du Ferlo (Sahel sénégalais) s’adressent au(x) marché (s) de bétail pour y vendre
des animaux sur pieds et des produits d’élevage et consacrer une partie importante des
recettes obtenues aux dépenses notamment celles de consommation courante. Au Sénégal,
certains évènements socioculturels à caractère religieux : la Tabaski (mouton), le Maouloud
(bovins), le Magal (bovins), la Tamkharit (bovins)1 et le Ramadan (caprins) structurent en
partie le fonctionnement des marchés de bétail (Cesaro et al, 2010 ; Wane et al, 2010).

Dans la communauté rurale de Comment cette étude a été réalisée ?


Tessékré, zone d’étude du projet
ECLIS, trois marchés s’y tiennent de Cette étude repose sur des enquêtes sur deux types de
marchés : celui de Dahra, plus gros marché de regroupement
façon hebdomadaire au niveau des trois régional de bétail et celui de Widou Tiengoly, petit marché
forages Widou Tiengoly, Amali et de brousse de la Communauté rurale de Tessékré,
Tessékré. Le fonctionnement et la pourvoyeur d’animaux pour le marché régional de Dahra.
dynamique des marchés y sont Les données statistiques traitées sont celles collectées chaque
similaires de sorte que l’étude de l’un semaine à Dahra par l’Agent technique d’élevage et à Widou
Tiengoly par un agent qui avait été recruté dans le cadre du
des trois marchés suffit de comprendre projet sénégalo-allemand d’autopromotion pastorale du Ferlo
ce qui se passe dans les deux autres. (PAPF).

Puisque ces trois marchés de collecte en A partir des données recueillies, les phénomènes de marché
brousse assurent l’approvisionnement liés aux évènements structurants sont isolés afin de bien
de Dahra, le plus gros marché de percevoir les dynamiques des marchés de bétail du Ferlo.
regroupement de bétail de la zone,
De plus, des guides d’entretien sont utilisés auprès de 20
choisissons de l’étudier même s’il se campements d’éleveurs de la CR de Tessékré (avec 55% des
trouve en dehors de la communauté effectifs enquêtés à Widou, 20% à Amali et 25% à Tessékré)
rurale de Tessékré et ceci pour bien pour cerner au mieux, le processus de prise décision de mise
cerner les mécanismes sous-jacents les au marché et le rapport au marché des populations pastorales.

les différentes interrelations.

Le principal objectif de cette étude est de décrire le fonctionnement des marchés de Widou
Tiengoly et de Dahra, d’analyser leurs dynamiques et de comprendre le rapport au marché des
populations pastorales.

1
La Tamkharit ou fête de l’Achoura marque le nouvel an musulman. Le Maouloud marque la naissance du
prophête Mohamad. Quant au Gamou de Tivaouane et le Magal de Touba, ce sont des célébrations effectuées par
les deux plus importantes confréries du Sénégal (se réclamant respectivement de la Tidjania et du Mouridisme).
Durant ces fêtes religieuses, il est de tradition de sacrifier des bovins pour l’alimentation des fidèles musulmans.

2
I- EVOLUTION HISTORIQUE DES MARCHES DE BETAIL AU FERLO : VERS L’EMERGENCE
2
DU MARCHE DE DAHRA COMME POLE REGIONAL DE COMMERCIALISATION DU BETAIL

Avant l’implantation des forages au Ferlo, le plus gros marché de regroupement était le
Marbath crée en 1905 et situé dans la ville de Louga. Ce marché a contribué au dynamisme
démographique et commercial de Louga qui, à cette époque, était plus une ville de garnison.
Au même moment, Dahra n’assurait qu’une fonction de centre secondaire de collecte, à cause
de son éloignement des voies ferrées et des routes en bon état.

Avec l’implantation des forages qui ont largement favorisé l’émergence des marchés
hebdomadaires, les flux commerciaux se sont progressivement déplacés vers Dahra. Au-delà
du rôle attractif des forages, le transfert des activités de marché de bétail de Louga vers Dahra
s’explique aussi par le déplacement de l’aire de production arachidière vers le Sud-est
(Diourbel, Kaolack, Tambacounda) qui avec la ville de Dakar, a connu une forte explosion
démographique entrainant aussi une hausse de la demande en viande de boucherie. Au cours
de nos enquêtes de terrains, nous avons remarqué aussi que les villages de Widou, Amali et
Tessékré se sont formés vers les années 1950 en même temps que les forages puis les marchés
hebdomadaires ont été implantés.

Ce phénomène a eu comme conséquence une baisse de 63% des transits et des flux d’animaux
commercialisables de Louga vers Dakar et par conséquent, un affaiblissement de la fonction
commerciale et de redistribution de la ville de Louga. L’importance des fonctions de marché
dans la vie des populations faisait que celles-ci fréquentaient la ville de Louga pour vendre du
lait et du beurre, mais aussi ponctuellement des animaux. En retour, elles s’approvisionnaient
surtout en tissus et en produits importés (riz, huile etc.). C’est ce même phénomène qui avait
influencé aussi les flux migratoires avec des populations attirées par la ville de Louga.

II- FONCTIONNEMENT ET EVOLUTION DES MARCHES DE DAHRA ET DE WIDOU


TIENGOLY

Les marchés de Dahra et Widou sont des marchés hebdomadaires de dimensions différentes
mais complémentaires. Comme la plupart des marchés de brousse se trouvant dans la zone
sylvopastorale, le marché de Widou Tiengoly joue un rôle important d’approvisionnement du
marché de Dahra à partir d’où s’effectue une redistribution des flux échangés sur quelques
axes majeurs : celui de Louga-Saint Louis et celui de Touba-Dakar mais aussi vers la Gambie.
(Carte 1)

2
Pour une analyse détaillée de Louga dans son rôle central de marché de regroupement du bétail et de son déclin
en faveur de Dahra, voir Sar M., 1974, « Un exemple de constitution de région en pays sous-développé : La
Région de Louga (Nord-Sénégal) », Paris : ORSTOM, 1974, p. 146-174. (Travaux et Documents de l'ORSTOM
; 39) In « Différenciation Régionale et Régionalisation en Afrique Francophone et à Madagascar », Journées de
Travail de Yaoundé, 1972, 29 p.

3
Carte 1 - Flux et marchés de l’élevage au Sénégal : une structure en entonnoir

Source : réalisée à partir de Santoir 1972, Tyc, 1994, Wane 2005, Ninot, 2010 In Cesaro J. D., Magrin G., Ninot
O., 2010, Petit atlas de l’élevage au Sénégal : Commerce et territoire, p. 15

II-1/ Structure organisationnelle et analyse statistique du marché de Dahra

Le marché hebdomadaire de Dahra est devenu le plus grand marché de regroupement de


bétail à dimension sous régionale du Sénégal. Il est composé d’un marché de petits ruminants
et d’un marché de bovins. Au-delà d’une description du fonctionnement de ces deux
composantes de marché, nous procédons à une analyse statistique descriptive de l’évolution
des flux échangés et des prix de ventes.

Il existe une base de données sur les transactions hebdomadaires effectuées sur le marché de
Dahra. Elle couvre une période allant de 2005 à 2010. Ces données sont collectées sur une
base hebdomadaire à l’issue de la tenue du grand marché du dimanche puis agrégées sur une
base mensuelle.

Toutefois, la partie exploitable ne concerne que les données collectées entre septembre 2006
et 2010 car c’est à partir de septembre 2006 que la base de données prend en compte les
animaux vendus et convoyés aussi bien à pied que par camion. Avant cette date, les animaux
vendus et convoyés à pied échappaient aux statistiques collectées.

Pour notre analyse statistique descriptive, nous disposons de données sur 40 mois sur
plusieurs catégories animales échangées dont une seule valeur manquante pour les Velles en
Décembre 2006.

Dans les deux composantes de marchés, on retrouve différents acteurs qui sont
essentiellement les suivants :

- les Dioulas ou grands commerçants qui achètent de grosses quantités destinées à la


revente dans les grands centres urbains plutôt côtiers ;
- les Téfankés ou intermédiaires lors des transactions, qui assurent une garantie de
signalement de la propriété de l’animal (Wane, 2005) et représentent les éleveurs avec

4
qui ils sont souvent apparentés ou issus du même village. Ils permettent à la
transaction d’avoir lieu car bénéficiant de la confiance des acheteurs et des vendeurs ;
- les convoyeurs qui regroupent des animaux vendus ou destinés à la vente sur les
marchés de brousse et les acheminent vers le marché de regroupement de Dahra où ils
seront échangés à nouveau. Ensuite, il peut arriver qu’ils assurent également le
convoyage des animaux vendus vers les zones de consommation situées
essentiellement dans les grands centres urbains ;
- les services étatiques ou décentralisés d’appui à la commercialisation, d’organisation
administrative des marchés, de collecte de taxes, de gestion des données de marché et
de lutte contre les ventes et abattages clandestins ;
- les dirigeants gestionnaires du Daral qui jouent un rôle d’intermédiaire entre les
éleveurs et les services d’hygiène et d’élevage.

Beaucoup d’espèces animales sont vendues sur les marchés de bétail : des bovins, des ovins,
des caprins, des asins et des équins. Dans cette étude, nous nous focalisons sur celles qui sont
consommées par les populations sénégalaises : les bovins, les ovins et les caprins ; les asins et
les équins étant destinés à d’autres usages (traction animale, transport, labour etc.).

II-1-A/ Le marché des petits ruminants

Il se tient quotidiennement mais reste plus dynamique les samedi, dimanche et lundi de
chaque semaine.

Il est dirigé par le chef du Daral assisté de trois adjoints et d’un trésorier. Chaque zone de
provenance de bétail à commercialiser dispose d’un représentant au sein de ce grand marché.

Les ventes sur ce marché représentent environ 34% des ventes animales globales (avec 31%
pour les ovins). Le nombre d’animaux vendus durant la période de collecte de données entre
septembre 2006 et avril 2010 se situe sur une fourchette de 45 000 et 172 817 têtes. Durant
cette période, les meilleures ventes ont été effectuées en 2008 et 2009 avec respectivement
172 817 têtes (dont 85% d’ovins) et 135 893 têtes (84.8% ovins).

Les animaux échangés présentent différentes caractéristiques morphologiques en fonction de


leurs origines. Des pays frontaliers arrivent le plus souvent des ovins.

Les moutons provenant de la zone pastorales sont de deux types : soit de poils noirs et blancs
appelés Peul Peul qui se vendent beaucoup mieux en dehors des évènements socioculturels
structurants et se révèlent être plus résistants ; soit de poils rougeâtres appelés Foutanké et qui
bénéficient de plus d’embonpoint.

Les moutons originaires de la Mauritanie sont aussi de deux types : des Toubabère de grandes
tailles et à poils noirs ou blancs et des Dohoro qui se distinguent par la densité de leurs poils.

Les ovins venant du Mali arrivent massivement durant la période de l’hivernage. Il s’agit
principalement de moutons à poils blancs avec de grandes oreilles tombantes appelés Bali
Bali. Certains moutons de cette race ont des origines encore plus lointaines en provenant
parfois du Niger et du Tchad.

Beaucoup de petits ruminants provenant de la zone sylvopastorale arrivent à Dahra le samedi


en passant principalement par Barkédji le Jeudi, localité qui se trouve à l’Est de Linguère,

5
s’arrêtent au marché hebdomadaire de Linguère qui a lieu le Vendredi et acheminés à-pied ou
par transport à bord des taxis brousse ou « Woupia ».

Dans cette composante de marché, on trouve aussi des aliments de bétail sous forme de
graines de coton coûtant 200 à 250 fcfa/kg en provenance des zones sénégalaises de
Tambacounda, et de Kaolack et du Mali. Les aliments vendus peuvent aussi être sous forme
de concentré alimentaire vendus par sac de 40 kg à 6500 fcfa l’unité et produits
principalement par les Grands Moulins de Dakar et des Nouvelles Minoteries Africaines de
Sanders (NMA Sanders) qui se trouvent dans des positions oligopolistiques.

II-1-B/ Marché des bovins

Les bovins échangés sur Dahra proviennent aussi bien de la zone sylvo pastorale notamment
Tessékré, Labgar, Niassanté, Vélingara etc. (Figure 1) que des pays limitrophes tels que la
Mauritanie et le Mali.

Figure 1 : les différents circuits d’entrée et de sortie de bétail vendu à Dahra


Flux de destination des bovins vendus a Dahra en 2007 Flux provenant de la zone sylvopastorale

Source : Tyc, 1994 ; Wane, 2005 et comptage effectué à Dahra en 2007 In Cesaro J. D., Magrin G., Ninot
O., 2010, Petit atlas de l’élevage au Sénégal : Commerce et territoire, p. 15

Pour les animaux provenant de la zone d’étude du projet ECLIS, plus précisément de la
communauté rurale de Tessékré (forages de Widou Tiengoly, Amali et Tessékré), le
convoyage des animaux suit un rituel immuable. Il débute le Jeudi à Widou, s’arrête au forage
de Kamb le Samedi avant d’arriver à Dahra le Dimanche.

Entre les passages dans les différents forages le nombre d’animaux peut augmenter ou
diminuer en fonction des ventes ou regroupements intermédiaires réalisés durant les jours de
marché.

Les animaux vendus sont transportés soit à-pied soit par camion.

6
Pour le convoyage à pied, deux axes sont observables :

- l’axe : Dahra- Touba- Mbacké-Diourbel- Bambey- Touba Toul


- l’axe : Dahra- Louga- Guéoul-Potou-Saint-Louis

Pour le convoyage par camion les différents axes sont :

- l’axe Dahra-Dakar ;
- l’axe Dahra- Diourbel mais de façon marginale car le convoyage à-pied domine ;
- l’axe Dahra-Thiès ;
- l’axe Dahra- Gambie ;
- l’axe Dahra- Kaolack ;
- l’axe Dahra-Matam : surtout des génisses destinées au relevage ;
- l’axe Dahra-Casamance (Ziguinchor et Sédhiou) et vers la Gambie durant la Tabaski ;
- l’axe Mauritanie : Aéré Lao (porte d’entrée), Matam ou Kidira.

Le coût du convoyage varie entre 1000 et 1500 fcfa/tête. Le nombre de convoyeurs peut aller
jusqu’à 20 avec chacun un troupeau de 10 à 150 têtes.

Les éleveurs mauritaniens apportent régulièrement des animaux en grand nombre en dépit de
la distance à parcourir et les aléas liés au convoyage. Par rapport aux éleveurs sénégalais, ils
bénéficient de l’avantage monétaire qui leur permet de vendre à des prix très compétitifs.

Il faut noter aussi que le marché de Dahra est approvisionné en bovins de races d’origine
étrangère (brésilienne ou hollandaise) ; ce qui contribue à la diversification et à
l’hétérogénéité de l’offre animale.

En termes d’organisation interne, l’accès au marché des bovins est gratuit. L’abreuvement des
animaux est payant et fixé à 25 fcfa/animal. Dès son arrivée sur le marché, le troupeau est
éclaté en petits groupes pour augmenter les chances d’écoulement.

Les quantités vendues se situent sur une fourchette de 21 000 et 68 000 têtes entre septembre
2006 et avril 2010. Durant cette période, les meilleures ventes ont été enregistrées en 2009
avec 68 445 têtes dont 72% bovins mâles, en 2008 avec 53 784 têtes dont 71% de bovins de
mâles ; et en 2007, avec 49 796 têtes (65% bovins mâles).

Une fois vendus, les animaux partent en direction de Diourbel (50,3%) et Louga (25,6%),
Dakar (14,8%), Saint-Louis (5,3%) (Figure 1).

II-1-C/ Analyse statistique des flux d’échanges sur le marché de Dahra

L’outil statistique que nous avons privilégié pour l’analyse statistique est la boîte-à-
moustache (boite-à-pattes ou Box and Whiskers Plots), développée par Tukey en 1977 pour
faciliter la visualisation de concepts statistiques tels que la moyenne, la médiane et les
quartiles. (Graphique 1)

7
Graphique 1 - Exemple d’une représentation sous forme de boite-à-moustache

maximum

3ème quartile

x moyenne

2ème quartile ou médiane

1er quartile

minimum

Nous l’appliquons successivement aux marchés de Dahra et de Widou Tiengoly pour montrer
l’étendue des flux d’échanges animaux Ensuite, nous procédons à une analyse dynamique de
ces deux types de marché en identifiant les évènements qui jouent un rôle structurant dans la
commercialisation du bétail.

Les données statistiques collectées sur le marché de Dahra concernent les bovins mâles
(taureaux, taurillons et veaux), les bovins femelles (vaches, génisses et velles), les ovins
(béliers et brebis), les caprins (boucs et chèvres). Les données statistiques sont prélevées
toutes les semaines puis agrégées mensuellement par l’agent technique d’élevage qui est un
fonctionnaire de l’Etat.

Les prix qui sont analysés dans cette étude sont des moyennes entre les prix planchers et les
prix plafonds collectés sur le marché de Dahra.

- Pour les bovins échangés :

Les prix sont compris entre 39 000 et 82 500 fcfa pour les veaux, 75 000 et 275 000 fcfa pour
les Taureaux et 110 000 et 147 500 fcfa pour les Taurillons. Hormis pour les taureaux et les
vaches, la distribution des prix est symétrique avec des valeurs moyennes confondues avec
des valeurs médianes. Pour les Taureaux et surtout pour les vaches, la distribution est
asymétrique (médiane supérieure à la moyenne).

La distribution des prix des taureaux se révèle être plus étendue, ce qui illustre le dynamisme
de ce segment de marché. A l’inverse, le segment de marché des veaux et des taurillons
semble être moins dynamique avec une distribution des prix moins étirée.

Les distributions asymétriques des prix des taureaux et des vaches font émerger des valeurs
moyennes respectives de 195 588 fcfa et 149 750 fcfa et des valeurs médianes respectives de
198 750 fcfa et 160 000 fcfa. (Graphique 2)

8
Graphique 2 – Prix et quantités des bovins vendus sur le marché de Dahra
300000 6000
PM Taurillon PM Ve lle PM Vache Q Taurillon Q Ve lle Q Vache

250000 5000

200000 4000

150000 3000

100000 2000

50000 1000

0 0
PM Ve au PM Taure au PM Gé nisse Q Ve au Q Taure au Q Gé nisse

En ce qui concerne la distribution des quantités vendues sur le marché de Dahra, elle est
symétrique pour les veaux, les vaches et les velles mais asymétrique pour les taureaux, les
taurillons et les génisses et plutôt tirée vers les grandes valeurs (médiane inférieure à la
moyenne). Les ventes maximales de l’ordre de 5 000 têtes sont enregistrées par les taureaux et
coïncident avec les mois de Septembre 2008 et Septembre 2009. Les vaches arrivent en
deuxième position avec 3 000 têtes de ventes réalisées en Octobre 2009. (Graphique 2)

- Pour les petits ruminants :

Nous allons principalement nous intéresser aux ovins et aux caprins.

Les ovins

Pour les ovins, les prix des béliers sont compris entre 21 500 fcfa et 67 500 fcfa et ceux des
brebis entre 16 500 fcfa et 30 000 fcfa.

Graphique 3 - Prix et quantités d’ovins vendus sur le marché de Dahra


70000 40000
PM Brebis Q Brebis
35000
60000
30000
50000
25000

40000 20000

15000
30000
10000
20000
5000

10000 0
PM Bélier Q Béliers

Le prix médian des Béliers est de 30 000 fcfa. La distribution des prix des béliers est
asymétrique (médiane de 30 000 fcfa et moyenne de 32 180 fcfa) et tend plutôt vers les prix
élevés. Les prix des béliers se situent dans une fourchette de 21 500 et 67 500 fcfa. Pour les
brebis, les prix sont compris entre 16 000 et 30 000 fcfa. La distribution des prix des brebis
est très légèrement asymétrique (médiane de 21 000 fcfa et moyenne de 20 988 fcfa).

9
Le nombre de béliers vendus est compris entre 477 et 38 000 et de brebis vendues entre 298 et
7 954. La distribution des volumes échangés de bélier est très asymétrique (médiane de 4 000
et moyenne de 7 974) et tirée vers les grandes valeurs alors que celle des brebis est presque
symétrique (médiane de 2 569 et moyenne de 2 589). (Graphique 3)

Les caprins

Les prix des caprins vendus sont compris entre 13 000 et 27 500 fcfa pour les boucs et 13 000
à 21 000 fcfa pour les chèvres. Les distributions de prix sont asymétriques mais cette situation
est plus marquée pour les boucs. (Graphique 4)

Graphique 4 - Prix et quantités de caprins vendus sur le marché de Dahra


28000 6000
PM Chèvre Q Chèvres
26000
5000
24000
4000
22000

20000 3000

18000
2000
16000
1000
14000

12000 0
PM Bouc Q Boucs

Quant aux quantités, elles se situent dans une fourchette de 53 à 5 014 têtes pour les boucs et
55 à 1 867 têtes pour les chèvres. Alors que la distribution se révèle très asymétrique pour les
quantités de boucs échangés, elle l’est beaucoup moins pour les volumes de chèvres vendues.
En effet, pour les boucs et les chèvres, les valeurs médianes sont respectivement de 1 000 et
618 et les valeurs moyennes de 1 270 et 691. (Graphique 4)

II-2 Analyse statistique des flux d’échanges sur le marché de Widou Tiengoly

Widou Tiengoly est le plus ancien forage de la communauté rurale de Tessékré. Ses habitants
viennent pour l’essentiel du nord et du Sud-est. Cette migration s’est faite dans les années 60
avec l’implantation des forages. C’est avec ces forages que les marchés hebdomadaires ont
progressivement été impliqués. Le marché hebdomadaire de Widou est un petit marché de
brousse qui se tient le mardi pour les petits ruminants et le jeudi pour les bovins. Le marché
est moins formalisé en termes d’organisation que le marché de Dahra. Les intervenants sont
les éleveurs, les intermédiaires et les commerçants-acheteurs. Les éleveurs peuvent intervenir
directement pour vendre leurs animaux. Les animaux vendus proviennent des zones
environnantes et sont acheminés en direction de Dahra.

Les statistiques collectées hebdomadairement par un agent recruté pour cette tâche par le
projet sénégalo-allemand concernent les prix et les quantités échangés de bovins (veaux,
taurillons, taureaux) et de petits ruminants (moutons, brebis, petits caprins, chèvres, grands
caprins).

Sur le marché de bétail de Widou Tiengoly, la distribution des quantités vendues de bovins
mâles est quasiment symétrique pour les veaux (moyenne de 6,9 et médiane de 7 veaux

10
vendus par semaine) alors que celle des taureaux et taurillons est légèrement asymétrique et
marginalement tirée vers les grandes valeurs. Le même phénomène est observable dans la
catégorie des petits ruminants excepté pour les brebis qui disposent d’une distribution
faiblement asymétrique et plutôt tirée vers les valeurs faibles. (Graphique 5).

Graphique 5 - Quantités d’animaux échangés sur le marché de Widou Tiengoly

Quantités bovins mâles Quantités petits ruminants

18 250
Q Taurillons Q Brebis Q petits Q grands
16
caprins caprins
14 200

12
150
10

8
100
6

4 50
2

0 0
Q Veaux Q Taureaux Q Moutons Q béliers Q Chèvres

Comme pour les quantités vendues, la distribution des prix moyens des veaux, taurillons et
taureaux demeure très légèrement asymétrique et tirée vers les grandes valeurs (valeurs
moyennes respectives de 92 257, 101 936 et 112 541 fcfa et les valeurs médianes respectives
de 91 000, 100 000 et 110 000 fcfa).

Graphique 6 - Prix des animaux échangés sur le marché de Widou Tiengoly


Prix bovins mâles Prix petits ruminants

250000 80000
PM Taurillons PM brebis PM Petit caprins PM grands caprins
70000
200000
60000

150000 50000

40000
100000 30000

20000
50000
10000

0 0
PM Veaux PM Taureaux PM mouton PM Béliers PM chèvres

Le phénomène similaire est à noter pour les moutons, brebis, béliers, petits caprins, chèvres et
grands caprins (valeurs moyennes respectives de 14 243, 16 885, 34 761, 10 947, 9 652 et
16 546 fcfa et valeurs médianes respectives de 14 000, 15 500, 33 000, 10 500, 8 000 et
16 000 fcfa). (Graphique 6)

II-3/ Analyse des dynamiques des marchés de bétail

L’analyse des dynamiques consiste à examiner les évolutions des flux de marchés en tenant
compte d’un certain nombre d’évènements socioculturels structurants tel que la Tabaski, le
Gamou, la Tamkharite, le Magal de Touba et le Ramadan etc. Ces évènements sont l’occasion

11
d’une forte demande de produits animaux et donc, susceptibles d’influencer les flux observés
sur les différents marchés. Par ce procédé, nous allons identifier les évènements exceptionnels
et mieux comprendre les comportements des éleveurs sur les marchés de bétail. Cette analyse
des dynamiques se fera successivement sur les marchés de Dahra et de Widou .

II-3-A/ Analyse des dynamiques du marché de Dahra

Nous focalisons notre analyse sur la totalité des espèces bovines car principal élément du
patrimoine des pasteurs, les béliers car principal élément d’échanges notamment lors de la
fête de Tabaski et les boucs car pour les caprins, il n’y a pas de différenciation sexuée dans la
structure des ventes (Wane et al, 2009).

Pour les bovins mâles

Globalement, les mises au marchés de bovins mâles connaissent une forte croissance à
proximité et durant les évènements socioculturels structurants que sont le Gamou, le Magal et
la Tamkharite. Les taureaux et les taurillons sont les plus offerts.

Graphique 7 - Evolution des prix et des quantités vendues de bovins mâles


Taureaux

300000 6000

250000 5000

200000 4000

Quantités
Prix moyens

150000 3000

100000 2000

50000 1000

0 0
juil-07

juil-08

juil-09
mai-07

mai-08

mai-09
janv-07

janv-08

janv-09
mars-07

mars-08

mars-09
nov-06

oct-07

nov-08

oct-09

déc-09

févr-10
sept-06

sept-08

Gamou Magal Tamkharit PMTaureau Quantités Taureau

Taurillons
160000 2500

140000
2000
120000
Prix moyens

100000 1500
Quantités

80000

60000 1000

40000
500
20000

0 0
juil-07

juil-08

juil-09
mai-07

mai-08

mai-09
janv-07

janv-08

janv-09
mars-07

mars-08

mars-09
nov-06

oct-07

nov-08

oct-09

déc-09

févr-10
sept-06

sept-08

Gamou Magal Tamkharit PMTaurillon Quantités Taurillon

12
Veaux
90000 100

80000 90

70000 80

70
60000
60
50000
Prix moyens

50

Quantités
40000
40
30000
30
20000 20
10000 10
0 0

juil-07

juil-08

juil-09
mai-07

mai-08

mai-09
janv-07

janv-08

janv-09
mars-07

mars-08

mars-09
nov-06

oct-07

nov-08

oct-09

déc-09

févr-10
sept-06

sept-08
Gamou Magal Tamkharit PMVeau Quantités Veaux

L’offre animale constatée en fin de saison des pluies plus précisément à partir des mois de
septembre et octobre, est importante et signifie que les pasteurs veulent aussi intervenir sur les
marchés lorsque la situation est favorable c’est-à-dire lorsque l’état d’embonpoint des
animaux est susceptible d’influencer l’obtention de prix plus élevés. (Graphique 7)

A proximité des évènements socioculturels structurants, les prix des taureaux et des taurillons
augmentent en même temps que le nombre d’animaux offerts, ce qui présage de l’existence
d’une demande forte et soutenue.

Sur le moyen terme, les évènements socioculturels structurants ne permettent d’expliquer


qu’en partie l’évolution des prix et des quantités offerts sur le marché de bétail de Dahra. Les
crises des aliments de bétail de 2007 et des denrées alimentaires de 2008 ont aussi amené les
pasteurs à intervenir sur les marchés par des offres animales inhabituelles influençant ainsi les
paramètres prix et quantités observés sur le marché de Dahra.

Pour les bovins femelles

Les pasteurs du Ferlo ne mettent pas prioritairement en ventes les femelles animales car
celles-ci leurs procurent une variété de bénéfices : reproduction du capital naturel, production
de viande et de lait etc. Toutefois, en période de forte demande en produits animaux comme
par exemple, lors des évènements structurants, on peut noter une augmentation des animaux
femelles sur les marchés mais dans des proportions doublement moindres comparativement
aux mâles. Pour les génisses, une partie de la hausse des ventes réalisées s’explique par
l’émergence d’une demande en provenance d’immigrés sur le retour et établis dans la vallée
du fleuve Sénégal, qui s’orientent vers des activités d’élevage et de ré-élevage.

Même si les quantités offertes de bovins femelles ne sont pas du même niveau que celles des
bovins mâles, les mises au marché des vaches et des génisses ne semblent être influencées par
les évènements structurants que récemment c’est-à-dire à partir de 2008.

A noter aussi que les mouvements des prix ne suivent pas les mêmes amplitudes que les
fluctuations de quantités offertes. Il y’aurait une relative déconnection entre la hausse des
mises au marché de bovins femelles et les prix de marchés.

13
Comme pour les mâles, les crises de 2007 et 2008 ont incité des éleveurs à offrir des femelles
suitées en vue de dégager des encaisses monétaires importantes et faire face aux fortes et
soudaines augmentations des prix des aliments de bétail et des denrées alimentaires.
D’ailleurs, l’offre inhabituelle de femelles sur les marchés de bétail constitue un indicateur de
fragilisation du modèle microéconomique pastoral (Wane et al, 2010)

Graphique 8 – Evolution des prix et des quantités vendues de bovins femelles


Vaches
200000 3500
180000
3000
160000
140000 2500
Prix moyen

Quantités
120000 2000
100000
80000 1500
60000 1000
40000
500
20000
0 0
juil-07

juil-08

juil-09
nov-06
janv-07

nov-07
janv-08

nov-08
janv-09

nov-09
janv-10
mai-07

mai-08

mai-09
mars-07

mars-08

mars-09

mars-10
sept-06

sept-07

sept-08

sept-09
Gamou Magal Tamkharit PM Vache Quantités Vache

Génisses
180000 900
160000 800
140000 700

Quantités
120000 600
Prix moyen

100000 500
80000 400
60000 300
40000 200
20000 100
0 0
juil-07

juil-08

juil-09
mai-07

mai-08

mai-09
janv-07

janv-08

janv-09
mars-07

oct-07

mars-08

mars-09

oct-09
nov-06

nov-08

déc-09

févr-10
sept-06

sept-08

Gamou Magal Tamkharit PM Génisse Quantités Génisse

Velles
140000 60

120000 50
100000
40
Prix moyen

Quantités

80000
30
60000
20
40000

20000 10

0 0
juil-07

juil-08

juil-09
mai-07

mai-08

mai-09
janv-07

janv-08

janv-09

janv-10
mars-07

mars-08

mars-09

mars-10
nov-06

nov-07

nov-08

nov-09
sept-06

sept-07

sept-08

sept-09

Gamou Magal Tamkharit PMVelle Quantités Velle

Il y’a des similitudes entre l’évolution des prix des céréales et les ventes animales sur les
marchés de bétail notamment des pics observés au mois de Septembre 2008 avec des ventes
qui ont atteint 5 000 têtes de taureaux. Cette situation peut s’expliquer par un déstockage
massif des éleveurs pour faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires surtout du riz
pour la consommation courante, mais aussi des aliments de bétail pour la complémentation

14
animale et du pétrole pour l’approvisionnement en eau. Des pics importants sont observés
pendant le Magal de Touba, la Tamkharit, le Gamou. Les quantités vendues sont plus
variables que les prix.

D’après nos enquêtes de terrains, la vente des bovins chez les pasteurs est très rare car se fait
principalement à l’occasion de grands événements tels que les mariages, le pèlerinage à la
Mecque, ou pendant les périodes vraiment difficiles comme la saison sèche. La vente de
bovins peut donc être considérée comme une stratégie d’adaptation des éleveurs en période de
crise mais aussi en période d’opportunité notamment lorsque la demande en viande animale
est forte. Cependant les éleveurs ne manquent jamais de profiter des événements comme le
Magal de Touba, la Tamkharit, le Gamou etc. événements durant lesquels les éleveurs
spéculent pour accroître leurs gains. Tous ces facteurs peuvent jouer sur l’instabilité des
quantités. (Graphique 8)

A noter, cependant, que les répercutions de la hausse des denrées tels que le riz n’ont pas été
immédiates ; un décalage de 3 mois a été observé (Benz et al, 2010) mais a eu comme
conséquence un déstockage massif d’animaux sans pour autant que cela se ressente sur les
niveaux de prix de marché.

Pour les petits ruminants

A l’inverse des bovins, les petits ruminants sont prioritairement mis sur les marchés par les
éleveurs pasteurs.

Béliers

Les mouvements de prix ont la même allure que ceux des quantités vendues. Les prix ont
significativement augmenté en même temps que les quantités lors de la période de la Tabaski
du fait de l’existence d’une demande forte et soutenue. Cela est dû aussi au fait que Dahra
alimente presque toutes les régions du Sénégal (Dakar, Thiès, Diourbel, Casamance, Matam,
Louga, Saint-Louis, Kaolack) et aussi la Gambie pendant cette période.

La plus grande opération effectuée entre septembre 2006 et Mars 2010 est la vente de 38 000
têtes durant la Tabaski de Décembre 2008. S’en est suivie celle de Novembre 2009 avec 33
000 têtes. En dehors des événements structurants, les ventes sont importantes comparées aux
autres catégories de petits ruminants avec des ventes dépassant le plus souvent 10 000 têtes.
Cependant il arrive que les quantités vendues chutent très fortement après la Tabaski jusqu’à
se situer en dessous de 1 000 têtes. (Graphique 9)

Cette période favorable aux ventes permet aux éleveurs de se constituer une trésorerie
importante et suffisante pour faire face aux dépenses ultérieures. Généralement, les prix des
béliers restent encore élevés après la Tabaski car d’une part, ils restent conformes aux
planifications des éleveurs et d’autre part, l’offre s’affaiblit. De plus en plus, les éleveurs
programment leur offre pour la Tabaski en sélectionnant les animaux qui seront proposés à la
vente. Certains d’entre eux achètent en saison sèche des moutons maigres en vue de les
engraisser, alors que d’autres exploitent leurs propres troupeaux.

15
Graphique 9 - Evolution des prix moyens et quantités vendues d’ovins
Béliers

70000 8000

60000 7000

6000
50000
5000
Prix moyen

40000

Quantités
4000
30000
3000
20000
2000

10000 1000

0 juil-07 0

juil-08

juil-09
mai-07

mai-08

mai-09
janv-07

janv-08

janv-09
mars-07

mars-08

mars-09
nov-06

oct-07

nov-08

oct-09

déc-09

févr-10
sept-06

sept-08
Tabaski PM Bélier Quantités Béliers

Les caprins

Les caprins sont les animaux les plus habituellement vendus pour satisfaire les besoins de
consommation à court terme du ménage. Ils sont échangés sur le marché des petits ruminants
de Dahra qui se tient tous les jours mais qui est plus dynamique le samedi. Leur prix moyen
varie de 13 000 à 27 500 fcfa. La tendance des prix plafonds est à la baisse entre novembre
2008 et Mars 2010 allant de 16 500 à 25 000 fcfa. Le prix le plus bas est atteint en Juillet
2009 (13 000 fcfa). Les meilleurs prix des boucs ont respectivement atteint 27 500, 25 000, 25
000, 20 000 fcfa en Décembre 2006 et 2007, Novembre 2008 et 2009. Toutes ces périodes
coïncident avec la perspective de la Tabaski. Les prix ont baissé en Septembre 2007, Août
2008, Juillet 2009 pour atteindre respectivement 13 250, 19 500, 13 000 fcfa. Ces périodes de
baisse des prix correspondent à la période du ramadan. En définitive, les prix des boucs
semblent baisser durant le ramadan et augmenter pendant la Tabaski. (Graphique 10)

Graphique 10 - Evolution des prix moyens et quantités vendues de boucs


30000 8000

7000
25000
6000
20000
5000
Prix moyen

Quantités

15000 4000

3000
10000
2000
5000
1000

0 0
juil.-07

juil.-08

juil.-09
mai-07

mai-08

mai-09
janv.-07

janv.-08

janv.-09
mars-07

mars-08

mars-09
nov.-06

oct.-07

nov.-08

oct.-09

déc.-09

févr.-10
sept.-06

sept.-08

Ramadan Tabaski PMBouc Quantités Boucs

Nous observons un pic exceptionnel des ventes en Février 2007 durant la période de la crise
des aliments de bétail qui a contraint les éleveurs à commencer à vendre inhabituellement
plus pour pouvoir faire face aux dépenses de complémentation.

16
II-3-B/ Analyse dynamique du marché de Widou Tiengoly

Une première observation de la base de données de prix et de quantités montre que le marché
des petits ruminants est plus dynamique que celui des bovins. En effet 66% des quantités
d’animaux vendues (dont 45% pour les ovins) proviennent du marché des petits ruminants. La
meilleure année en termes de ventes correspond à l’année 2007, avec près de 16 716 animaux
vendus dont 15 919 sont des petits ruminants (58% d’ovins).

Les bovins

L’étude des dynamiques des prix moyens et des quantités vendues montre que l es ventes de
Taureaux ne dépassent pas 14 têtes/semaine. Les ventes maximales sont enregistrées en
période d'hivernage (septembre 2007) et exceptionnellement en Mai 2008 du fait
probablement de la crise des denrées alimentaires dont les répercussions se sont tardivement
manifestées (effet retard de 3 mois).

Les prix des Taureaux sont compris entre 67 000 et 200 000 fcfa. Quant aux prix des
taurillons, ils sont contenus dans une fourchette de 51 000 à 135 000 fcfa. Les prix des veaux
ont évolué entre 43 000 et 125 000 fcfa.

Les événements socioculturels structurants ne semblent pas a priori avoir une influence nette
sur les évolutions des prix et quantités des taureaux. Cela est confirmé par nos enquêtes
auprès des ménages durant lesquelles environ 64% ménages estiment ne pas profiter
réellement des événements structurants.

Cependant, les statistiques sur les prix des bovins mâles montrent une évolution à la baisse à
partir de janvier 2008 alors que les quantités vendues connaissent une progression importante.
Ainsi, la plus grosse vente de 17 taurillons a eu lieu durant la troisième semaine du mois de
Janvier 2008 coïncidant avec la période de la Tamkharit alors qu’en moyenne les ventes
hebdomadaires s’établissaient à 7 têtes. (Graphique 11).

Graphique 11 – Widou : évolution des prix moyens et quantités vendues de bovins mâles
Taureaux

200 000 16

175 000 14

150 000 12

125 000 10

100 000 8

75 000 6

50 000 4

25 000 2

0 0
Juil 06_S1

Juil 07_S3
Juin 06_S1

Juin 07_S3
Fev 06_S1

Mars 06_S1

Avril 06_S1

Mai 06_S1

Août 06_S1

Sept 06_S1

Nov 06_S2

Dec 06_S2

Janv 07_S2

Fev 07_S4

Mars 07_S4

Avr 07_S4

Mai 07_S4

Août 07_S2

Sept 07_S2

Nov 07_S4

Janv 08_S1

Janv 08_S5

Fév 08_S4

Avril 08_S1

Avril 08_S5

Mai 08_S4
Oct 06 _S1

Oct 07_S2

Tamkharit Magal Gamou P M Taureaux Q Taureaux

17
Taurillons

160 000 18

140 000 16

14
120 000
12
100 000
10
80 000
8
60 000
6
40 000
4
20 000 2

0 Juil 06_S1 0

Juil 07_S3
Juin 06_S1

Juin 07_S3
Fev 06_S1

Mars 06_S1

Avril 06_S1

Mai 06_S1

Août 06_S1

Sept 06_S1

Nov 06_S2

Dec 06_S2

Janv 07_S2

Fev 07_S4

Mars 07_S4

Avr 07_S4

Mai 07_S4

Août 07_S2

Sept 07_S2

Nov 07_S4

Janv 08_S1

Janv 08_S5

Fév 08_S4

Avril 08_S1

Avril 08_S5

Mai 08_S4
Oct 06 _S1

Oct 07_S2
Tamkharit Magal Gamou P M Taurillons Q Taurillons

Veaux
14
120 000
12

100 000
10

80 000
8

60 000
6

40 000 4

20 000 2

0 0
Juin 06_S1

Juil 06_S1

Juin 07_S3

Juil 07_S3
Fev 06_S1

Mars 06_S1

Avril 06_S1

Mai 06_S1

Août 06_S1

Sept 06_S1

Nov 06_S2

Dec 06_S2

Janv 07_S2

Fev 07_S4

Mars 07_S4

Avr 07_S4

Mai 07_S4

Août 07_S2

Sept 07_S2

Nov 07_S4

Janv 08_S1

Janv 08_S5

Fév 08_S4

Avril 08_S1

Avril 08_S5

Mai 08_S4
Oct 06 _S1

Oct 07_S2

Tamkharit Magal Gamou P M Veaux Q Veaux

Les ventes des ovins sont incontestablement influencées par la proximité de la fête de la
Tabaski. Ce que les statistiques montrent de manière étonnante c’est la forte proportion de
brebis vendues durant la Tabaski étant donné que les préceptes religieux recommandent le
sacrifice d’ovins mâles. L’autre élément remarquable concerne les niveaux des prix des ovins
qui avant 2007 se situaient à un palier plus important. (Graphique 12)

A noter aussi qu’à partir de 2008, les quantités et les prix des ovins ont connu des évolutions
croisées même si pour les béliers, ce phénomène est de faible ampleur. En effet, les quantités
mises sur le marché s’accroissaient alors que les prix décroissaient ; évolution similaire à celle
connue sur le marché des bovins. (Graphique 12)

18
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000

10 000
15 000
20 000
25 000
30 000

5 000

(Graphique 13)
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000

0
Fev 06_S1 Fev 06_S1
Fev 06_S1
Mars 06_S1 Mars 06_S1
Mars 06_S1
Avril 06_S1 Avril 06_S1
Avril 06_S1
Mai 06_S1 Mai 06_S1
Mai 06_S1
Juin 06_S1 Juin 06_S1
Juin 06_S1
Juil 06_S1 Juil 06_S1
Juil 06_S1
Août 06_S1 Août 06_S1
Août 06_S1
Sept 06_S1 Sept 06_S1
Sept 06_S1
Oct 06 _S1 Oct 06 _S1
Oct 06 _S1
Nov 06_S2 Nov 06_S2
Nov 06_S2

Tabaski
Tabaski
Dec 06_S2 Dec 06_S2
Dec 06_S2 Tabaski
Janv 07_S2 Janv 07_S2
Janv 07_S2
Fev 07_S4 Fev 07_S4
Fev 07_S4
Mars 07_S4 Mars 07_S4 Mars 07_S4
Brebis
Béliers

Avr 07_S4 Avr 07_S4 Avr 07_S4

Moutons

P M moutons
P M Béliers

PM brebis
Mai 07_S4 Mai 07_S4 Mai 07_S4

Juin 07_S3 Juin 07_S3 Juin 07_S3

Juil 07_S3 Juil 07_S3 Juil 07_S3

Août 07_S2 Août 07_S2 Août 07_S2


Q béliers

Q Moutons
Sept 07_S2 Sept 07_S2 Sept 07_S2

Q Brebis
Oct 07_S2 Oct 07_S2 Oct 07_S2

Nov 07_S4 Nov 07_S4 Nov 07_S4

Janv 08_S1 Janv 08_S1 Janv 08_S1

Janv 08_S5 Janv 08_S5 Janv 08_S5

Fév 08_S4 Fév 08_S4 Fév 08_S4

Avril 08_S1 Avril 08_S1 Avril 08_S1

Avril 08_S5 Avril 08_S5 Avril 08_S5

Mai 08_S4 Mai 08_S4 Mai 08_S4


0

0
0

50

20
40
60
80
10
20
30
40
50
60
70

100
150
200
250

100
120
Graphique 12 - Widou : évolution des prix moyens et quantités vendues d’ovins

commercialisation avec notamment une baisse des prix et une hausse des quantités vendues.
Pour les chèvres et les mâles de petites tailles, le Ramadan constitue une période favorable de

19
Graphique 13 – Widou : évolution des prix moyens et quantités vendues de caprins
Grands caprins

40

25 000 35

30
20 000
25
15 000
20

10 000 15

10
5 000
5

0 0
Juil 06_S1

Juil 07_S3
Juin 06_S1

Juin 07_S3
Fev 06_S1

Mars 06_S1

Avril 06_S1

Mai 06_S1

Août 06_S1

Sept 06_S1

Nov 06_S2

Dec 06_S2

Janv 07_S2

Fev 07_S4

Mars 07_S4

Avr 07_S4

Mai 07_S4

Août 07_S2

Sept 07_S2

Nov 07_S4

Janv 08_S1

Janv 08_S5

Fév 08_S4

Avril 08_S1

Avril 08_S5

Mai 08_S4
Oct 06 _S1

Oct 07_S2
Ramadan P M grands caprins Q grands caprins

Chèvres
20 000 90

18 000 80

16 000
70
14 000
60
12 000
50
10 000
40
8 000
30
6 000
20
4 000

2 000 10

0 0
Juin 06_S1

Juil 06_S1

Juin 07_S3

Juil 07_S3
Fev 06_S1

Mars 06_S1

Avril 06_S1

Mai 06_S1

Août 06_S1

Sept 06_S1

Nov 06_S2

Dec 06_S2

Janv 07_S2

Fev 07_S4

Mars 07_S4

Avr 07_S4

Mai 07_S4

Août 07_S2

Sept 07_S2

Nov 07_S4

Janv 08_S1

Janv 08_S5

Fév 08_S4

Avril 08_S1

Avril 08_S5

Mai 08_S4
Oct 06 _S1

Oct 07_S2

Ramadan P M chèvres Q Chèvres

Petits caprins
20 000 160

18 000
140
16 000
120
14 000
100
12 000

10 000 80

8 000
60
6 000
40
4 000
20
2 000

0 0
Juin 06_S1

Juil 06_S1

Juin 07_S3

Juil 07_S3
Fev 06_S1

Mars 06_S1

Avril 06_S1

Mai 06_S1

Août 06_S1

Sept 06_S1

Nov 06_S2

Dec 06_S2

Janv 07_S2

Fev 07_S4

Mars 07_S4

Avr 07_S4

Mai 07_S4

Août 07_S2

Sept 07_S2

Nov 07_S4

Janv 08_S1

Janv 08_S5

Fév 08_S4

Avril 08_S1

Avril 08_S5

Mai 08_S4
Oct 06 _S1

Oct 07_S2

Ramadan P M P etit caprins Q petits caprins

Les processus ou trajectoires qui, a priori, semblent être routiniers et maîtrisés masquent de
grosses difficultés qui, dans certains cas, fragilisent les pasteurs situés en amont de la filière.
Leur sécurité est régulièrement mise à l’épreuve par des bouleversements importants liés
notamment au fonctionnement interne des marchés qui jouent un rôle ambivalent de
sécurisation et de vulnérabilisation (Janin, 2006 ; Wane et al, 2010).

20
Conclusion

La principale ressource ou capital du pasteur est le troupeau. Sa sécurité est étroitement liée à
la mobilité du pasteur. Dans la sécurisation de son patrimoine, il est confronté à de multiples
incertitudes écologiques, économiques, politiques, foncières et sanitaires (Ancey et al, 2009).

La faible maîtrise des facteurs d’incertitudes a incité les pasteurs à être très flexible dans leurs
rapports avec le milieu mais aussi avec le marché et à développer une forte capacité
d’adaptation. Ainsi, en recourant au marché, les pasteurs ne poursuivent pas l’objectif de
maximiser des profits sauf lors des situations exceptionnelles durant lesquelles, il bénéficie
d’une bonne visibilité de l’évolution des principaux paramètres des marchés et tentent de
maximiser leurs encaisses monétaires. Il s’agit notamment de certains évènements
socioculturels structurants : la Tabaski ; le Magal de Touba ; le Gamou, la Tamkharit, le
Ramadan etc.

Tout cela contribue à l’expression de la rationalité contingente des pasteurs évoluant dans un
contexte d’incertitudes et d’opportunités (Wane et al, 2010).

Les marchés hebdomadaires jouent un rôle de sécurisation des ménages pastoraux en leur
permettant d’accéder plus facilement aux produits nécessaires à leur survie (denrées de
consommation courante), à celle de leurs animaux (aliments de bétail) et aux encaisses
monétaires pour faire face aux à leurs multiples dépenses.

Le recours à ces marchés permet de constater la capacité des pasteurs à développer des
activités économiques marchandes même si des inégalités importantes ont été aussi constatées
(Wane et al, 2009 a,b).

Le marché tout en étant un gage de sécurité alimentaire et financière, peut aussi être une
source de vulnérabilité économique et sociale pour les populations pastorales du fait des
multiples fluctuations des principaux éléments du marché (quantités et prix).

Leur réaction sous forme de mises au marché inhabituelles peut, dans certains cas, illustrer
leur extrême fragilité face aux fluctuations soudaines et non maitrisées des marchés de biens
de consommation.

Une production permanente et continue de statistiques de qualité contribuerait à une meilleure


compréhension des interactions entre les dynamiques des marchés et la sécurisation-
vulnérabilisation du système de production et mode de vie des populations pastorales
sahéliennes.

21
Bibliographie
Ancey V., Ickowicz A., Touré I., Wane A., Diop A.T., 2009. La vulnérabilité pastorale au
Sahel : portée et limite des systèmes d’alerte basés sur des indicateurs, In : Duteurtre G. et
Faye B. Ed., « L’élevage, richesse des pauvres - Stratégies d’éleveurs et organisations
sociales face aux risques de paupérisation dans les pays du Sud », Editions QUAE, p. 117-
132.

Cesaro J. D., Magrin G., Ninot O., 2010. Petit atlas de l’élevage au Sénégal : Commerce et
territoires, 26 p.

David-Benz H., Diallo A., Lançon F., Meuriot V., Rasolofo P., Temple L., Wane A., 2009.
Une analyse actualisée de la transmission de la hausse des prix internationaux des produits
agricoles dans les pays africains, Rapport pour la Fondation FARM, novembre 2009, 78 p.

Janin P., 2006. L’ambivalence du marché dans la sécurisation alimentaire en milieu rural
soudano-sahélien, Bruxelles, De Boeck Université, AFD, Afrique Contemporaine, Dossier
Agricultures familiales en Afrique subsaharienne, n°217, 1/2006, pp. 91-105

M. Sar, 1974. Un exemple de constitution de région en pays sous-développé : La Région de


Louga (Nord-Sénégal), Paris : ORSTOM, 1974, p. 146-174. (Travaux et Documents de
l'ORSTOM ; 39) In « Différenciation Régionale et Régionalisation en Afrique Francophone et
à Madagascar », Journées de Travail de Yaoundé, 1972, 29 p.

Ninot O., 2010. Des moutons pour la fête. L’approvisionnement de Dakar en mouton de
Tabaski », Les Cahiers d’Outre Mer, n°249, pp. 141-164.

Tyc J., 1994. La commercialisation du bétail dans la zone dite des « six forages »,
O.R.S.T.O.M., Rapport d’étude, 80 p.

Wane A., 2005. Marchés de bétail du Ferlo (Sahel sénégalais) et comportements des ménages
pastoraux. Actes du Colloque SFER (Société Française d’Economie Rurale), 7-9 novembre
2005, Montpellier (France), 18 pages

Wane A., Ancey V., Toure I., Kâ S.N., Diao-Camara A., 2010. L’économie pastorale face aux
incertitudes - Le salariat au Ferlo (Sahel senegalais). Cahiers de l’Agriculture 2010 ; 19 : 1-7.
doi : 10.1684/agr.2010 .0427

Wane A., Ancey V., Touré I., 2009a. Assets of the Market, Assets of the Rural World -
Pastoral Market Income Distribution in the Senegalese Sahel (Ferlo), Journal of Income
Distribution, Vol. 18, Number 3-4, September-December 2009, 232-248

Wane A., Touré I., Ancey V., 2009b. Pastoralisme et Recours aux marchés - Cas du Sahel
sénégalais (Ferlo), Cahiers de l’Agriculture, Volume 1, Numéro 1, Octobre 2009, 7 p.

22

Vous aimerez peut-être aussi