ANNÉE SCOLAIRE
2024-2025
UNION-TRAVAIL-JUSTICE
Thème
La connaissance unitaire et pragmatique comme obstacle à la
connaissance scientifique.
Membres du groupe:
➢ IVENDA DURAND Emile Curtis. Classe: Tle C2
➢ YAYAH MOUSSA
➢ DIVASSA EKOGHA Yanis Denis
➢ MAVIOGA KOUMBA Loyd Nathan
Professeur : Madame
INTRODUCTION
Les Hommes ont longtemps cherché à comprendre le monde. Cette quête de
connaissance a toujours été au cœur de la réflexion humaine, oscillant entre la
connaissance unitaire et pragmatique qui cherche l’immédiateté des besoins
pratiques , c'est à dire, des explications simples et globales étant utiles et pratiques;
et la connaissance scientifique qui est axée sur des vérités fondées et des méthodes
rigoureuses, critiques et ouverte à la complexité. Cependant ces deux visions, bien
qu’intéressantes, se heurtent aux exigences que chacunes des connaissances
exercent l'une sur l'autre . Ce sujet nous invite alors à percevoir <<la connaissance
unitaire et pragmatique comme obstacle à la connaissance scientifique>>. Pourtant,
l'approche intuitive, globale et pratique ne rentre pas toujours en conflit avec
l’exigence de rupture et de complexité propre à la démarche scientifique. Dès lors,
une question s’impose: la connaissance unitaire et pragmatique est-elle un frein
inévitable à l’émergence de la connaissance scientifique, ou peut-elle dans une
certaine mesure , Lui servir de point de départ?
I. La connaissance unitaire et pragmatique est un frein à la
connaissance scientifique.
La connaissance unitaire et pragmatique peut, dans certains contextes,
constituer un obstacle à la connaissance scientifique, car elle limite la capacité à
explorer la complexité et à adopter une perspective critique.
❖ Réduction de la complexité.
La connaissance unitaire tend à privilégier des explications simples et globales qui
cherchent à unifier des phénomènes complexes sous une seule théorie ou vision. Cette
simplification excessive peut négliger les nuances et la diversité des interactions propres
à la réalité scientifique. Pour le philosophe français Gaston BACHELARD, << l'obstacle
épistémologique fondamental est la tendance à simplifier ce qui est complexe>>. Ainsi,
Bachelard souligne que le désir de simplicité est un obstacle à la connaissance
scientifique. Pour lui, la science doit constamment dépasser les idées simples ou
pratiques pour approfondir la compréhension du réel, même si cela rend les théories plus
abstraites ou contre-intuitives.
Pendant des siècles, les explications religieuses dominaient les sociétés. Par
exemple, un tremblement de terre était considéré comme une punition divine. Cette vision
unitaire excluait d’autres approches comme l’étude des plaques tectoniques. En refusant
d’explorer des causes naturelles, la connaissance restait bloquée dans une vision figée,
limitant les avancées en géologie.
❖ Le refus de la pluralité des approches .
La science avance en confrontant des hypothèses différentes et parfois
contradictoires. La connaissance unitaire et pragmatique, en cherchant à imposer une
seule vérité qui se concentre directement sur ce qui est utile, exclut cette pluralité
nécessaire. Une vision unitaire et utilitariste rejette cette diversité et peut freiner
l’émergence de nouvelles perspectives scientifiques, car la science cherche à
comprendre la nature profonde de l'Univers et ses composants, au-delà des
préoccupations spontanées , intuitives, simplistes et pratiques. Pour Thomas KUHN,
<<Les sciences progressent non pas par accumulation, mais par des révolutions qui
substituent un paradigme à un autre>>. Kuhn montre que la science avance grâce à des
changements de paradigmes, c’est-à-dire des visions du monde différentes. Une
approche unitaire, qui privilégie un seul modèle ou théorie, bloque cette évolution. Les
révolutions scientifiques, comme le passage de la physique classique à la physique
quantique, nécessitent de remettre en question les idées dominantes.
En physique moderne par exemple, deux grandes théories coexistent : la relativité
générale (qui décrit l’univers à grande échelle) et la mécanique quantique (qui explique le
comportement des particules). Bien qu’elles soient incompatibles dans certains aspects,
les scientifiques travaillent à leur unification. Une approche unitaire aurait rejeté l’une des
deux théories, empêchant ainsi une meilleure compréhension du monde réel.
❖ Blocage de l’innovation.
En se focalisant sur l’utilité immédiate, la connaissance pragmatique risque de
rejeter des idées nouvelles ou inattendues, qui pourraient pourtant ouvrir des horizons
inédits et multiples, procurées par la science. C’est pourquoi Paul FEYERABEND asserte
que <<le progrès scientifique est anarchique et il n'existe pas de méthode unique pour
guider la science >>. Ce philosophe critique l’idée qu existe une seule méthode
scientifique valable . Il soutient que limiter la science en une approche rigide (unitariste et
utilitariste) freiner l’innovation et la créativité. Pour lui, les découvertes se produisent
souvent en dehors des cadres établis, grâce à des approches multiples et parfois non
conventionnelles.
Prenons le cas des recherches de Faraday sur l’électromagnétisme au XIXᵉ siècle qui
étaient considérées comme inutiles par certains. Pourtant, elles ont conduit à des
avancées technologiques majeures, comme les moteurs électriques et la production
d’énergie.
Bien que souvent, la connaissance pragmatique et unitaire ainsi que la
connaissance scientifique s'opposent de part leurs usages distinct du savoir. Il arrive
toutefois que ces deux types de savoir se retrouvent habilement liés dans
l'accomplissement d'un objectif commun.
II. De la connaissance unitaire et pragmatique comme genèse de la
connaissance scientifique.