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La Quete Identitaire Dans Le Roman L'attentat de Yasmina Khadra

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Faculté des lettres et des langues

Département de français

Filière de français

Thème :
La
La quête
quête identitaire
identitaire dans
dans le
le roman
roman
l’attentat »» de
«« l’attentat de Yasmina
yasmina khadra
khadra

Mémoire de master en littérature et civilisation

Présenté par : ABBAS Abdelfettah

Sous la direction de : MME KHALDI Ibtissem

Soutenu devant un jury ainsi composé:

M BENMANSOUR Smain Université de Tlemcen Président

M.ME KALAI Leila Université de Tlemcen Examinatrice

Année universitaire : 2022-2023


Remerciements :

Nous remercions tout d’abord DIEU qui nous a accordé


patience et la force pour finir cet humble travail.
Ce travail ne serait pas aussi riche et n’aurait pas
Pu voir le jour sans l’aide et l’encadrement de Madame Khaldi
Ibtissam ,Mes remerciements membres du jury, d'avoir
accepté de lire et d'évaluer ce travail.

Nos remerciements s'adressent également à tous nos


professeurs pour leurs générosités tout au long de notre
cursus universitaire.
Nos remerciements vont aussi à toutes les personnes qui ont
participées de près ou de loin par leurs encouragements et
leurs motivations incroyables, en particulier : nos ami(e) s et
nos collègues Merci à vous tous
Dédicace :

À ma très chère mère Affable, honorable, aimable : Tu


représentes pour moi la source de tendresse et
l'exemple du dévouement qui n'a pas cessé de
m'encourager et de prier pour moi, tes sacrifices, ton
soutien moral et matériel ta gentillesse sans égal et
ton profond attachement m'ont permis de réussir mes
études: Merci Maman

À mon père aucune dédicace ne saurait exprimer


l'amour l'estime, le dévouement et le respect que j'ai
toujours eu pour tu.

À mes chères frères et sœurs.


Introduction
Introduction
Depuis très longtemps, la question de l'identité a été un sujet récurrent dans plusieurs
champs de recherches scientifiques dont celui de la littérature. Plusieurs écrivains de la
littérature postcoloniale et de la littérature maghrébine d'expression française ont
manifesté cette thématique, en mettant en lumière divers éléments constitutifs de leur
identité, en quête de la liberté et en lutte contre le colonialisme et l'aliénation culturelle.
Dans leurs écrits, ils ont pris à refléter la réalité de la vie sociale de leur époque
marquée par la coexistence de deux langues et deux cultures entièrement différentes.

L'identité subjective se construit en grande partie dans le contact avec les autres ;
la quête de la reconnaissance identitaire constitue donc une des dynamiques
fondamentales des relations interpersonnelles. Cette quête peut revêtir des formes
variées qui se déclinent en une série de besoins identitaires et territoriaux qui sont autant
de sources de conflits possibles. Cette étude montre que ces conflits s'inscrivent dans un
contexte socio-relationnel et s'articulent sur plusieurs niveaux : celui de la protection (de
soi et de son territoire) et des mécanismes de défense relationnels; celui de la définition
de la relation et des rapports de places; celui des représentations sociales liées à la
culture des protagonistes (culture ethnique ou familiale, groupes d'appartenance ou de
référence..). IIs s'ancrent aussi dans l'histoire personnelle des individus et dans les
scénarios de vie qu'ils ont forgés, scenarios qui les conduisent à s'engager dans des
voies relationnelles qui ne les satisfont que partiellement mais qu'ils croient inexorables.
Il semble nécessaire de dire que parmi les thèmes fondamentaux qui constituent la
littérature de langue française et, dont les écrivains et auteurs arabes du Maghreb
comme du Machrek font partie, il y a le thème de la quete identitaire qui est la conquête
d'une personnalité collective, encore obscure et incertaine mais revendiquée par fierté et
dans laquelle le moi individuel du porte-parole cherche à trouver sa place.
C'est le cas de Yasmina khadra , dans l’Attentat , que nous avons choisi comme corpus
d’analyse pour traiter notre thème de recherche : La Quête identitaire dans le roman
l’attentat de yasmina khadra .

1
Notre étude consiste essentiellement à démontrer l’importance de l’identité et de
connaitre convenablement le soi- même

"L'Attentat" de Yasmina Khadra est un roman poignant qui explore les complexités et
les conséquences du conflit israélo-palestinien à travers l'histoire du personnage
principal, le docteur Amin Jaafari. Le roman propose une réflexion profonde sur les
questions de l'identité, de la violence, de la loyauté et de la trahison.

L'histoire se déroule à Tel Aviv, où le docteur Amin Jaafari, un chirurgien arabe


israélien respecté, est confronté à un événement traumatisant : sa femme, Sihem,
perpètre un attentat suicide dans un restaurant, tuant de nombreuses personnes. Amin,
dévasté et désorienté, se lance dans une quête de vérité pour comprendre les motivations
de sa femme et les circonstances de cet acte impensable.

À travers les yeux d'Amin, le roman explore les questions d'identité et de double
allégeance auxquelles sont confrontés les Arabes israéliens. Amin est tiraillé entre son
identité palestinienne et son statut de citoyen israélien, entre son amour pour sa femme
et sa condamnation des actes terroristes. Le roman met en évidence la complexité des
sentiments et des dilemmes moraux auxquels sont confrontés les individus pris au
milieu d'un conflit violent.

Devant ce fait, nous pouvons poser la question suivante :


- Comment Amine le personnage essentiel a identifié et représenté son identité et celle
de sa femme la kamikaze ?

- Et comment il a représenté sa société?

Notre travail de recherche est organisé comme suit :


Dans le premier chapitre, nous analysons le paratexte du roman et nous parlons de
l’auteur et son parcours .

Dans le deuxième chapitre , nous analysons la narration dans le roman , et dans le


dernier chapitre , nous étudions l’identité et la quête identitaire dans le roman

2
CHAPITRE 1 : ETUDE PARATEXTUELLE

3
I. Auteur : PARCOURS ET ŒUVRES :

I. 1- présentation de l’auteur :
Yasmina Khadra est le pseudonyme de l'écrivain algérienMohammed Moulesshoul .il
est né le 10 janvier 1955 à kenadsa, dans le Sahara algérien. Son père était un officier
dans l'armé et veut faire de lui un soldat, raison pour laquelle il l'a envoyé dès l'âge de 9
ans à une école militaire, Où il a fait ses études et devenu un officier dans l'armée
algérienne.

Yasmina Khadra est l'un des écrivains de la nouvelle génération de la littérature


algérienne d'expression française. Il suit l'actualité politique et sociale. Mohammed
Moulesshoul a fait partie des écrivains dont les œuvres sont en relation avec plusieurs
œuvres sous son pseudonyme, et ne relève son identité masculine qu'après son œuvre
autobiographique" l'écrivain", et son identité entière dans son roman "l'imposture des
mots" en 2002.

Khadra a touché des millions de lecteurs dans le monde entier par ses écritures
magnifiques, émouvantes et son style poétique si riche et qui se caractérise aussi par la
simplicité. Ces œuvres ont adapté au cinéma, au théâtre et en bandes
dessinées.Également elles ont été traduites en 42 langues.Il illustre également le
dialogue sourd qui oppose l'Orient et l'Occident avec sa trilogie "les hirondelles de
Kaboul", qui traite du sort des femmes sous le régime taliban " l'attentat "qui aborde le
conflit israélo-palestinien "les sirènes de Bagdad" traitant de la guerre en Iraq. Les
œuvres de Khadra prennent une position idéologique, en traitant des questions de
L’actualité mondiale idéologique et politiques, surtout celle du terrorisme et de
l'intégrisme musulman. Cette tentative de chercher dans ces questions nous montre son
engagement politique et idéologique.

I. 2- les oeuvres de yasmina khadra

4
.Sous le nom de Mohammed Moulessehoul ,khadra a publié :
-Amen, 1984
-Houria, 1984
-La Fille du pont ,1985
-El Kahira 1986-De l'autre côté de la ville, 1988
-Le Privilège du phénix, 1989

I. 3- L’auteur et l’amour de pays


Yasmina Khadra a toujours montré un intérêt passionné pour tout ce qui touche à son
pays d'origine et il a exprimé d'ailleurs à plusieurs reprises à travers ses articles et ses
romans.
Dans l'ouvrage :Reza Algérie ; Yasmina Khadra livre un véritable cri d'amour à son
pays. D'Alger au Grand Sud, en passant par Oran, Rio Salado, Tizi Ouzou, Béjaïa, Sétif,
Yasmina Khadra nous tend la main et nous emmène à la découverte de son
pays.
A la manière d'un impressionniste, entre récit autobiographique et fable poétique, il
nous offre un texte d'une rare intensité. C'est à Reza, photographe humaniste, qu'il a
confié le soin de mettre en images ses souvenirs et de nous révéler un pays qu'il
souhaite toujours plus libre et tolérant. Destination après destination, rencontre après
rencontre, Yasmina Khadra et Reza subliment une Algérie qui a célébré ses cinquante
ans d'indépendance .

II. ANALYSE PARATEXTUELLE

Le paratexte est un élément très important pour la compréhension du texte,


Différents éléments constituent le paratexte et donnent aux chercheurs une matière à
analyser Les théories qui traitent le paratexte en critique littéraire .

Les deux fondements théoriques importants en sémiotique narrative sont ceux de


Genette et Léo Hoek .

Le premier élément qui constitue le paratexte est le titre, puisque le titre est la face de
l'histoire, qui attire le lecteur le titre doit être soigneusement choisi.

5
II. 1- Qu' est ce qu 'un titre :
Selon Léo Hoek, un titre est un «< ensemble de signes linguistiques [...] qui peuvent
figurer en tête d'un texte pour le désigner, pour en indiquer le contenu global et pour
allécher le public vise. » 1Ce propos montre la valeur que peut revêtir un titre. D'où
l'intérêt d'interroger le nôtre.
L'étude des titres donne lieu à toute une discipline: la titrologie. Il existe des théoriciens
de la titrologie comme Genette, Barthes, Ricardeau et Duchet. Pour Genette , le titre
peut être objectal ou rhématique: le texte en tant qu'objet) ou subjectal (thématique : le
sujet du texte).

Le titre pour Genette est : un objet artificiel, un artefact de réception ou de


commentaire, arbitrairement prélevé par le lecteur, le public, les critiques, les
bibliographes 2

Il est à signaler que L'éditeur a le droit de proposer un titre pour l'auteur qui lui est
bénéfique à usage commercial. En revanche, le roman qui constitue notre corpus
''L’attentat'' est un titre à fonction de séduction .

Il peut aisément provoquer la curiosité du le lecteur sur le contenu du roman.

La nature du titre de L'attentat et ses fonctions peuvent susciter des questions chez le
lecteur sur son endroit et l'auteur. Autrement dit, sur un espace et des personnages.

1
Gerad, Genette,Seuils,éditions du seuil,1987 .P 25
2
Cité par genette, in seuils,édition du seuil ,paris 1087 .P83
6
Dans le roman , le titre est mis en 3éme ligne après le prénom et le nom de l’auteur
Écrit en caractères gras et en police plus petite par rapport au nom de l’auteur .
En lisant le titre, le lecteur peut déduire qu’il s’agit d’une histoire tragique ou la mort
sera l’axe principal de l’histoire .

II. 2- la première de couverture

La première de couverture est la première page extérieure d’un livre que définit Gérard
GENETTE comme : « La première manifestation du livre qui soit offerte à la perception
du lecteur, Puisque l’usage répand de la couverture elle-même, totalement ou
partiellement, d‘un nouveau support paratextuel qui est la jaquette ».(GENETTE , 1987
:60).
La première page de couverture de ''L’attentat'' montre une illustration photographique
en couleur de deux hommes qui jouent aux carte dehors.
Ces hommes, avec leurs barbes taillées sont peut être d’origine palestiniens. L’un à
environs cinquante ans. Il porte une chemise blanche, une veste beige et un pantalon
gris. Il regarde ses cartes qui ne sont pas visible pour un lecteur. L’autre a environ
quarante ans. Il porte aussi une chemise blanche avec un pantalon beige. Les deux
hommes se ressemblent. Ils apparaissent en bonne forme et, peut-être, des frères. Il y a
également un garçon qui regarde le jeu des cartes. Il porte un pull bleu et un jean bleu
foncé. Il a à peu près neuf ans. En arrière-plan, nous voyons l’image des deux hommes
qui semblent plus âgés. Ils sont assis et en train de discuter mais leurs visages ne sont
pas clairs. Le paysage où ils baignent est celui d’un quartier. Cette photo semble nous
plonger dans la période des années 1990 en Palestine.
La photo occupe l’arrière plan de la couverture pour laisser l’espace à l’écriture .
le pseudonyme de l’auteur : Yasmina Khadra est écrit en haut avec des lettres en gras et
en majuscule. Le prénom en premier, suivi : du nom.
juste après le titre est écrit en vert.
Enfin, il y a le nom de la collection du roman en bleu et blanc : POCKET(en
majuscule).Sur la deuxième de couverture du roman, en haut de la page, nous voyons le
pseudonyme de l’auteur (Yasmina Khadra) et une courte biographie d’auteur.

7
II. 3 - la quatrième de couverture
Dans la quatrième de couverture, nous trouvons un résumé du roman. Ce résumé parle
uniquement du jour de l’attentat. IL incite le lecteur à Lire l’œuvre.
Après le résumé du roman, nous trouvons un commentaire
Mohammed Aissaoui qui travaille pour le Figaro :

« Yasmina Khadra, spécialiste de roman sur fond de terrorisme[…], déploie son talent
de conteur pour dresser les tableaux saisissant d’un payer ronger par la terreur »3

Ce commentaire est la preuve d’une réception journalistique favorable du roman.


Ensuite, nous avons la phrase suivante : « Cet ouvrage a reçu le prix des libraire » Cette
phrase nous montre aussi que l’attentat a eu un grand succès en France.

3
Article de Mohame daissaoui le Figarro
8
Chapitre II : La narration dans le roman

9
I. la littérature maghrébine de langue française :

Les premiers écrivains de langue française au Maghreb furent des colons d’Algérie, qui
affirmèrent très tôt leur autonomie d’expression par rapport à la métropole, prenant

notamment leurs distances vis-à-vis de la littérature de voyage consacrée à l’Algérie par


des écrivains français, comme Maupassant, Fromentin, Daudet ou Loti pour n’en citer
que quelques-uns. Robert Randau (1873-1946), avec les Colons (1907), mais aussi J.
Pomier et Louis Lecoq inaugurèrent, au début des années 1920, le courant algérieniste,
qui s’attachait à décrire de l’intérieur la terre colonisée, ses mœurs et ses coutumes.

Plus tard — à partir de 1935 —, l’école d’Alger servit de chambre d’écho à la


dénonciation de l’injustice coloniale. C’est dans cette mouvance que se situent par
exemple Albert Camus, Jules Roy (1907-2000) ou Emmanuel Roblès. Mais la situation
de ces écrivains était extrêmement délicate : il leur était en effet difficile de dénoncer les
injustices liées à la colonisation sans trahir leur communauté.

Pour les Maghrébins de souche plus ancienne, l’expression en langue française adoptée
par certains dès la fin du XIXe siècle , pose plusieurs problèmes. Écrire dans la langue
du colonisateur était en effet considéré comme un facteur d’aliénation, induisant une
identification aux colonisateurs. Néanmoins, l’adoption du français comme langue
littéraire représenta une tendance majeure chez les écrivains de souche maghrébine
pendant toute la première partie du XXe siècle.

La première génération des écrivains maghrébins de langue française composa surtout


des essais ou des romans à thèse, d’un style presque précieux, pour y revendiquer une
place dans l’espace colonial tout en tenant un discours d’adhésion à la mission
civilisatrice de la France (Marie-Louise Taos-Amrouche, Jean Amrouche).

Et pour comprendre la littérature maghrébine d’expression française, il suffit de


répondre à la question suivante : Qu'est-ce que la littérature maghrébine d'expression
française ? Il n'y aura pas d'autre littérature que celle qui, écrite directement en

français, développe des thèmes spécifiquement maghrébins.

« Qu'elle le fasse parfois dans l'exil n'enlève rien à sa légitimité ni à son authenticité. Il
suffit qu'elle conserve le même point de vue, qu'elle nous parle toujours de l'intérieur,

10
des grandes interrogations, des grandes obsessions, des grandes lignes de forces qui
constituent le fondement problématique de l'identité collective maghrébine. ».4 écrit
Jacques Noiray

Selon Jaque Noiray : « la langue française est un instrument et un lieu d’origine et


d’expression pour le Maghreb ».

pour parler de tout les soucis intérieurs du peuple maghrébins et qui constitue l’élément
commun pour la quête d’identité collective de tout les maghrébins.

À partir de 1945, cependant, une maîtrise plus grande de la langue française a permis
aux auteurs maghrébins de composer des textes d’une dimension véritablement
littéraire.

Qu’il s’agisse de nouvelles ou de romans, ces livres sont souvent autobiographiques, et


posent de ce fait les questions inévitables de l’identité maghrébine et de l’assimilation.
Ces récits mettent en scène une image du Maghreb qui va à l’encontre des clichés
habituels de l’exotisme, décrivant notamment les difficultés et les joies de la vie
quotidienne (Mohammed Dib, Driss Chraïbi, Mouloud Mammeri, Albert Memmi, Assia
Djebar), mais ils explorent également les registres historiques, policier, sentimental,
etc., du roman.

Albert Memmi dit: «La littérature maghrébine c’est l’acte d’écrire en Maghrébin en une
langue qui n’est pas la sienne ». 5

Albert Memmi voit que la langue française n’est qu’un moyen d’écrire , cette littérature
dans sa totalité est au service du pays d’origine « le Maghreb » , elle est constitué des
textes écrits par des écrivains qui marquent leurs identité d’origine

4
NOIRAY Jacques, cité in : Écrire dans la langue de l’autre ? Quelques réflexions sur la
littérature francophone du maghreb LARROUSSi Fouad,Revue sociolinguistique en
ligne,janvier 2004
5
MEMMMI ALBERT ^Portrait du colonisé in littératures francophones du monde arabe, Éditions
Nathan paris 1994 P 116

11
maghrébine, que soit des algériens, marocains ou tunisiens, mais qui diffère d’un pays à
l’autre , selon les préoccupations internes et l’effet de la colonisation d’un pays à
l’autre.

À partir de 1950 est apparu, dans la littérature maghrébine d’expression française, et


surtout en Algérie, une réflexion sur le métissage culturel qui devait déboucher sur
l’apparition d’une littérature engagée, accompagnant le combat pour l’indépendance
(voir Algérie, guerre d’). Dès lors, un courant nationaliste et révolté a irrigué
l’inspiration littéraire des pays du Maghreb, tant dans le genre de l’essai que dans le
roman, le drame ou la poésie. Malgré l’importance de l’engagement politique et la
complexité des relations avec la France métropolitaine, la littérature maghrébine ne
s’est pas bornée à remplir un rôle idéologique. Paru en 1956, le roman Nedjma

de Kateb Yacine mêle admirablement une évocation allégorique de l’Algérie occupée à


une recherche formelle allant à l’encontre des conventions romanesques en vigueur
(dislocation du temps, de l’espace, des personnages).

La langue, travaillée est dynamisée, devient ainsi l’instrument d’une création à part
entière, et le texte littéraire pose clairement son autonomie en ne se donnant de finalité
que lui-même. Cette conception moderne du roman se retrouve chez certains écrivains
actuels, comme Tahar Ben Jelloun, Rachid Boudjedra, Tahar Djaout ou Abdelhak
Serhane.

La littérature dramatique a joué également un grand rôle au Maghreb, notamment en


Algérie à la fin des années 1980, avec un auteur comme Slimane Benassa.

Quant à la poésie, genre privilégié dans la littérature arabe, elle est aujourd’hui
représentée au Maghreb par des auteurs comme Djamel Eddine Bencheikh, Abdellatif
Lâabi, Nacer Khemir et Amina Saïd.

L’accession à l’indépendance des pays du Maghreb n’a pas fait disparaître la littérature
de langue française, loin s’en faut, puisqu’elle est toujours représentée par des auteurs
comme Mourad Bouboune, Yamina Mechakra, Rabah Belamri, Malika Mokeddem ou
Nina Bouraoui.
Cette littérature maghrébine de langue française a également fait son apparition en

12
France, avec des auteurs de l’importance de Leïla Sebbar, mais aussi au Canada, avec
Nadia Ghalem.

Le regard de ces auteurs sur le monde est souvent incisif et lucide ; la volonté
d’atteindre à l’authenticité‚ le rejet de toute marque gratuite d’étrangeté sont également
des traitsparticulièrement affirmés de cette littérature. Les exilés ou les

enfants d’immigrés s’inscrivent maintenant dans l’espace littéraire français, et cela


même si leur place reste marginale :

citons à titre d’exemple Azouz Begag, et Fatiha Berezak.

L’utilisation de la langue française par les écrivains maghrébins est juste pour se libérer,
pour critiquer, pour revendiquer et exprimer des choses qu’ils ne peuvent pas énoncer
dans "leur langue qui est étouffé et qui est rendu difficile à entendre sous l’effet de la
colonisation.

Noiray Jacques dit:

La question de la langue est donc pour les écrivains francophones (spécialement au


Maghreb où l’histoire a laissé des traces douloureuses, et où la civilisation autochtone
est plus riche et mieux enracinée qu’ailleurs) une question véritablement vitale, qui
engage tout l’être: un problème d’identité.6

Et, il ajoute: « Elle exige un point de vue interne, intime, que seule peut apporter
l’appartenance […] Grâce à elle, le Maghreb nous parle enfin de l’intérieur, il se
dévoile, il se révèle, avec une franchise, une liberté, […] ses souffrances, ses rêves, ses
fantasmes, ses secrets. » 7
En fin, la question de la langue française constitue une histoire, une vie sociale et une
question d’identité pour les écrivains et auteurs maghrébins dont, ils cherchent les

transmettre à l’autre à travers le biais de l’écriture par cette langue dont, l’identité ne
peut être envisagée que par rapport à l’autre.

6
NOIRAY Jacques ,cité in Écrire dans la langue de l’autre ? Quelques réflexions sur la
littérature francophone du Maghreb ,OP ?Cit.
7
Ibid

13
II. La narration de l’attentat
Dans ce roman si touchant et si émouvant, Khadra nous mène à vivre la situation vécue
du conflit Israélo-palestinien et la réalité de la souffrance des deux peuples. Il nous
analyse le conflit israélo-palestinien et il nous décrit des actes réels des
conditions de vie quotidienne des palestiniens et des juifs.

Khadra traite également la question de la mort en abordant le terrorisme comme thème


majeur du roman .Aussi il y montre le racisme, le désespoir et la haine mutuelle entre
les Palestiniens et les Juifs. Le roman est écrit avec un point de vue philosophique
neutre de la part de l'auteur. Il se caractérise d'une simplicité certaine. Egalement nous
pouvons délimiter la description et la présence des figures du style qui figurent le
roman.

II. 1- Le Résume de L'histoire


L'attentat est l'histoire du docteur Amine Jaafari. Un chirurgien palestinien d'origine
arabe mais naturalisé israélien.
Le récit commence par la technique de retour en arrière (flash-back). Le narrateur dont
on ne connait pas encore son identité nous raconte un attentat contre cheikh Marwan
dont il est victime. Puis commence le récit principal dont l'auteur délègue la narration à
son narrateur, docteur Amine Jaafari. Donc le narrateur de ce récit est le docteur Jaafari
qui nous raconte sa longue journée d'opération à l'hôpital et qui attend le retour de sa
femme Sihem de chezsa grand-mère à Nazareth. Mais l'annonce d'un attentat dans un
restaurant à Tel-Aviv l'oblige à rester à l'hôpital pour sauver les victimes et
les blessés de l'attentat .

Rentrant chez lui trop tard la nuit, on l'appelle de l'hôpital pour l'informer que le
kamikaze est sa femme.
Après avoir vérifié de cadavre, Amine devient bouleversé. Il n'arrive pas à
comprendre que sa femme est le kamikaze.
Qu'elle est capable de faire cet acte terroriste. Parce qu'elle vit une vie joyeuse avec lui
et elle ne lui cache rien.

14
Après cet acte Amine est mal traité par les israéliens. Il est traité comme un citoyen de
seconde zone. On lui reproche le geste de sa femme et n'insulte et le traite comme un
ingrat.

Chez lui, Amine se souvient des moments où Sihem était encore vivante, il se rappelle
ses comportements et cherche des signes qui auraient échappé de son attention.

Plus tard Amine trouve une lettre écrite par sa femme avant de se suicider et découvre
que c'était elle la kamikaze

«à quoi sert le bonheur quand il n'est pas partagé, Amine, mon amour? Mes joies
s’éteignaient chaque fois que les tiennes ne suivaient pas. Tu voulais des enfants. Je
voulais les mériter.
Aucun enfant n'est pas tout à fait à l'abri s'il n'a pas de patrie…Ne m'en veux pas»8 .
Toute la vie bascule après cette découverte. Il décide de partir à la découverte des
raisons et des motivations qui ont poussés sa femme de réaliser cet acte. Il part
premièrement à Bethleem où il rencontre un des chefs du mouvement guerrier qui lui
explique les motivations qui les poussent à la guerre et lui avoue qu'Adel est l'un des
membres du mouvement intégriste et que sa femme était aussi une fidèle. À la recherche
d'Adel, Amine passe à l'autre côté du mur ; parce qu'on l'informe qu 'Adel est à Junin.

A Junin, Amine nous raconte ou bien montre la pire situation que vit la ville.
À la fin de l'histoire Amine aussi est mort dans un attentat dirigé contre cheikh

Marwan.

II. 2- les personnages principaux

o Amine Jaafari :

Le narrateur, chirurgien arabe israélien, réussi socialement. il vit un mariage heureux


auprès de sa femme Sihem qui se fait exploser dans un restaurant à Tel-Aviv.

8
IBID L’attentat Yasmina khadra P.76
15
Amine est un personnage bouleversé par la geste de sa femme qui a pu faire un tel acte
odieux, C'est un personnage humaniste, qui pratique son métier de
chirurgien avec amour, en sauvant les victimes juives d’attentats terroristes sans aucun
regard raciste.
Le docteur Jaafari est indiffèrent à la question du conflit israélo- palestinien, il ne lui
donne pas d'importance. Il vit simplement sa vie au sien de la société juive, content de
sa réussite professionnelle et sociale.

o Sihem Jaafari :

Est la femme de docteur Amine Jaafari. Elle est palestinienne.


C'est un personnage mystérieux, sa mort dans un attentat suicide nous montre cet aspect
mystérieux.Parce qu avant cette attentant Sihem vit une vie heureuse avec son mari le
docteur Amine Jaafari.Mais malgré cette vie au sein du lux, Sihema préféré de
s'intégrer dans un mouvement terroriste et d'être la kamikaze d'un tel acte
martyre.Sihem résiste à ne pas oublier et ignorer la question du conflit israélo-
palestinienne. Elle est morte pour cette cause.Et à travers son mari docteur Jaafari, nous
apprenons qu'elle est une femme heureuse et épanouie.Une femme réservée, vulnérable,
qui a perdu ses parents.

o Kim Yhuda :

Docteur Amie proche d'Amine depuis l'université. Amine la


caractérise comme une fille belle et spontanée, avec le rire facile et le cœur sur la main.

o Imam Marwan :

L'imam que Sihem vient voir à Bethléem avant de se suicider , Il est l'un des chefs de
file du mouvement jihadiste palestinien

II. 3- le narrateur

16
le narrateur de cette histoire est le docteur Amine Jaafari.C'est le personnage le plus
important ; parce qu'il est le personnage principal du roman.
Donc nous pouvons constater son statut comme un narrateur intradiégétique, présent,
participant à l'histoire, parce qu'il se situe à l'intérieur de l'histoire qu'il raconte De plus,
l'emploi de la première personne au singulier (je) nous montre la présence du narrateur.
Nous pouvons déterminer sa relation avec l'histoire et les autres personnages de la
manière suivante : il est le narrateur de l'histoire, tous les événements sont racontés
d'après son point de vue. Également Tous les événements et les autres personnages son

autour lui.

Un point de vue interne se manifeste lorsque le narrateur et les personnages ont accès au
même niveau de connaissance. Il ne nous a pas indiqué le temps de l'histoire. Mais
l'œuvre paraît à notre temps, parce que l'auteur y traite d'un problème de l'actualité
présente, celui du conflit- israélo palestinien.

Concernant l'espace de l'œuvre, au début, l'histoire se passe à Tel-Aviv, dans l'hôpital de


la ville, chez Monsieur Jaafari, et chez son amie Kim. Puis le lieu change avec le
voyage de Docteur Amine Jaafari à la recherche des motifs qui ont poussé sa femme
d'être kamikaze.

Yasmina Khadra nous transporte ou bien nous montre une histoire mélangée du réel et
de la fiction. Réel puisque l'auteur nous transforme une histoire grâce à un narrateur qui
reprend une histoire sur une zone géographique réelle. Israël et Palestine sont des lieux
déjà existants en réalité.

Par ailleurs, les événements sont vérifiables ; l'ouvrage parle d'un attentat terroriste dans
un restaurant à Tel-Aviv. Ce que provoque le problème du conflit israélo-palestinien
donc, un événement est déjà dans le réel. Également les lieux sont vérifiables ; en
regardant le déplacement du narrateur docteur Jaafari dans les villes, nous trouvons que
toutes ces villes : Tel-Aviv, KafrKanne,Nazareth, Junin, Ramallah sont toutes des villes
existantes dans une zone géographique réelle. Donc le narrateur n'a fait que les
organiser et les redire.

17
Également le narrateur a produit quelques composants narratifs de la fiction. En
revenant aux personnages par exemple nous trouvons que Sihem, docteur Jaafari,

KimYhuda, Adel, Naveed, etc, sont des personnages inventés de la part de l'auteur. Ils
ne sont pas des personnes réelles.

18
CHAPITRE III : L’identité dans le roman

19
I. La notion de l’identité

La notion de l'identité est un sujet de dialogue très fréquent dans toutes les littératures

occidentale et orientale. Ce terme est adopté par plusieurs sciences tel que, la

sociologie. l'anthropologie, la psychologie et les sciences humaines, ainsi qu'il est

l'objet d'étude de certains chercheurs en littérature. Bien que notre intérêt soit dans la
thématique de la perte et la recherche de l'identité, il nous parait judicieux de fournir un
aperçu sur la notion de cette dernière. Puisque, plusieurs auteurs ont abordé ce thème, il
sera nécessaire de nous baser sur leurs définitions et concepts déjà élaborés, pour mieux
cerner le sens de l'identité.

Pour le Dr Mohamed Meslem:

« L'identité en général, c'est la représentation de soi qui permet à l'individu de se définir


par rapport à l'autre, c'est le sentiment conscient d'être et d'exister différemment de
l'autre dans un cadre de référence où les autres, les choses et les objets sont des facteurs
déterminants, c'est donc la différence avec l'autre et la similitude avec soi-même qui
constituent les variables les plus pertinentes dans la formation de Identité» 9

Erikson E.H à son tour partage la même idée quand il annonce que :

«Le sentiment conscient d'avoir une identité personnelle repose sur deux observations
simultanées: la similitude avec soi-même et sa propre continuité existentielle dans le
temps et dans l'espace, et la perception du fait que les autres reconnaissaient cette
similitude et cette continuité»10

A travers ces deux citations que nous venons d'énoncer, nous avançons que l'identité
définit ce qu'est l'individu, elle s'inscrit dans la représentation que l'on a de soi, c'est-à-
dire qu'elle constitue une construction d'un « je ». Ainsi, Mohamed Meslem insiste sur

9
Mohamed Meslem, psychologie de culture :La femme ,la valeur mystifiée ,kortoba ,2006.P49.
10
Erikson E.H.Adolescence et et crise ;la quête de l’identité ,cité par,BOURAOUI NINA,perte de soi et
quête de l’identité dans l’écriture autobiographique de Nina Bouraoui ,le cas de Garçon Manqué.
Mémoire de Master, soutenu en 2011-2012.Univ .Biskra

20
le fait que la formation de soi s'effectue par le côtoiement de l'autre, qui est déterminé
par des caractéristiques, permettant la reconnaissance de son essence et existence, c'est-
à-dire que la construction de l'identité est le résultat de deux perspectives différentes: la
similitude et la différence; l'identité se reconnaît dans la similitude, qui
rassemble l'individu à l'autre, aux autres, et dans la prise de conscience de la différence
par rapport à l'autre, qui est un élément majeur dans la formation de soi. De ce fait,
l'individu a toujours besoin de se comparer à autrui pour cerner les traits de différence
et de similitude, afin qu'il puisse se situer et s'évaluer. Par conséquent, nous déduisons
deux concepts de l'identité: la similarité et l'altérité. Cette dernière renvoie, en effet, à
tous ce qui est Autre, et extérieur à une réalité de référence. A ce propos. l'identité se
fait toujours en opposition à autrui, c'est-à-dire qu'elle se forme dans la prise de
conscience du semblable et du diffèrent chez l'autre.

Chems Eddine Chitour, à son tour, annonce que :

« Il nous a apparu intéressant de tenter d'expliquer la perturbation

multidimensionnelle des algériens en focalisant sur l'aspect identitaire. Il est connu que

ce qui détermine l'appartenance d'une personne à un groupe donne, est essentiellement

influence d'autru, l'influence des parents, des proches….»11

D'après cette citation, nous comprenons que l'identité est en rapport étroit avec
l'environnement social, c'est-à-dire qu'elle est liée aux caractéristiques du milieu social
héritées de la part des parents et des ancêtres (langue, valeurs sociales, réalités
culturelles, religion) qui ont une importance fondamentale dans la construction de la
personnalité de l'individu, car l'image de soi dérive effectivement des catégories sociales
auxquelles appartient celui-ci. Par ce faire, nous ne pouvons pas écarter l'aspect de la
société, qui permet de concevoir et déterminer l'identité de la personne, donc celle-ci se
construit dans les rapports sociaux qu'entretiennent les individus entre eux, c'est dans
l'échange avec les autres que nous construisons nos identités, c'est-à-dire, dans le
mouvement de reconnaissance de l'un et de l'autre.

11
Chems Eddine Chitour ,Histoire religieuse de l’Algérie ,L’identité de la religion face à la
modernité ,cité par ,BOURAOUI NINA, perte de soi et quête de lidentité dans l’écriture autobiographique
de Nina Bouraoui,Le cas de Garçon Manqué,op.cit.

21
D'une manière générale, l'identité de la personne est une sorte de personnalité propre.
qui se forme et se développe en fonction du rapport de l'individu avec l'environnement
qui l'entoure. Elle se rapporte toujours à la société qui est un champ interactif au sein
duquel la personne peut, soit s'identifier, soit se démarquer du groupe qui se présente,
sachant que l'autre est un élément majeur dans la prise de conscience et la construction
de son identité.

D'après cela, nous déduisons que face à l'image de l'autre, le « je » est modifiable, il
peut à la fois adopter et perdre. Les différents domaines de la réflexion ont permis de
distinguer deux approches de l'identité: la psychologique et la sociologique. L'une est
relative à l'identité individuelle et l'autre liée à l'identité collective.

I. 1- L’identité individuelle
L’identité individuelle est l’ensemble des caractéristiques singulières, des rôles et des
valeurs que la personne s’attribue.
Elle représente l'image de soi. Ce sont des paramètres qui le différentié des autres et en

même temps qui lui sont propre. Ces paramètres sont la preuve de son existence et lui
permettent de s'affirmer. La même idée est exprimée par Erikson. Quand il annonce que
: « Le sentiment conscient d'avoir une identité personnelle repose sur deux observations
simultanées : la similitude avec soi-même et sa propre continuité existentielle dans les
temps et dans l'espace, et la perception du fait que les autres reconnaissaient cette
similitude et cette continuité. »12

Donc l’identité personnelle est représentée comme un système dynamique, pour


sauvegarder la cohérence de la personne.
Comme elle est déterminée par les structures mentales et les processus psychologiques,
l'identité individuelle se construit dans le cadre d'expériences totalement singulières.
L'individu se trouve inséré dans des institutions (famille,

12
ERIKSON.E.H.Adoloscence et crise, la quête de l’identité .Flammarion.1977.P.49.

22
religion, Etat) qui canalisent son action et maintiennent leur place centrale dans les
dispositifs d'identification sociale. J.C. Ruano-Borbalan (1998:3) explique que
l'individu se socialise et construit son identité par étapes, au cours d'un long processus
qui s'exprime fortement de la naissance à l'adolescence, et se poursuit à l'âge adulte.
L'image qu'il établit de lui-même, ses croyances et représentations de soi, constituent
une structure psychologique qui lui permet de sélectionner ses actions et ses relations
sociales. La construction identitaire et l'image de soi assurent ainsi des fonctions
essentielles pour la vie individuelle et constituent l'un des processus psychiques
majeurs.
La dimension de l'identité individuelle comporte trois niveaux selon (C. Camilleri et
G.Vinsonneau, 1996:23).

- En même temps qu'il se sent semblable aux membres de chaque groupe dans lequel il
s'investit et qui définit son « endogroupe », le sujet prend conscience d'être séparé des
autres, qui délimitent son « exogroupe ». Ce sentiment de distinction entre deux régions
du collectif commence à particulariser l'individu.
- La manière différentielle dont l'individu s'investit dans chacun de ses sous-groupes,
les hiérarchise de façon subjective. Cette manipulation du collectif, propre à chacun, fait
progresser vers la dimension individuelle de l'identité.
- L'apparition des caractéristiques personnelles qui distinguent le sujet des autres au sein
même des groupes dont il fait partie. cela permet à chacun de dire «je suis moi»
(Lipiansky, 1992)13

I. 2- l’identité collective
Souvent, l'identité est définie comme l'appartenance à certains groupes et c'est pourquoi
on parle « d'identité collective ». Les identités collectives se constituent lorsque
plusieurs personnes se sentent reliées les unes aux autres du fait qu'elles partagent des
caractéristiques identitaires. Un enfant apprend par le biais de son

13
D’appartenance et de l’identité chez les migrants mineurs devenus aujourd’hui des adultes, dans leur
pays d’accueil Mémoire – Orientation recherche présenté au centre inter facultaire en droits de l’enfant
(CIDE) de l’Université de Genève en vue de l’obtention de la maitrise universitaire interdisciplinaire en
droits de lenfant.page33

23
environnement direct quels groupes il doit différencier, desquels il fait partie et desquels
il doit se démarquer.

C'est l'environnement de l'enfant qui lui transmet les différenciations, notamment selon
le statut social, la couleur de la peau, la religion, la nationalité. Dans ce contexte, la
famille, l'Etat, l'association culturelle ou sportive promeut – consciemment ou
inconsciemment – certains attributs. Si le même enfant était élevé dans un autre
environnement, des appartenances à d'autres identités collectives pourraient être
pertinentes et la question de sa propre identité se poserait peut-être tout à fait en d'autres
termes.
Selon Tuner 1987 : « l’identité sociale constitue le fondement sociocognitif du
comportement de groupe, c’est le mécanisme qui le rend possible. » 14

Donc l’identité sociale apparait comme une représentation de soi dans l’environnement
social.

II. La quête identitaire de l’attentat


II. 1- Amine, narrateur en quête de son passé

Le narrateur nous retourne à chaque fois aux lieux ambigus où nous constatons qu’il est

en recherche de son passé. Amine restait troublé et n’acceptait pas que son épouse

Sihem puisse être l’actrice de l’attentat et mort, c’est pour cette raison qu' il essayait de

comprendre et chercher ses raisons. Le narrateur avait besoin de revoir en arrière pour

nous décrire le passé, comme nous lisons :

Amine perdu son but de recherche à Bettelheim :

« Entre tendre l’autre joue et rendre les coups, j’ai choisi de soulager les patients ;
J’exerce le plus noble métier des hommes et pour rien au monde je ne voudrais
compromettre la fierté qu’il m’insuffle. Ma présence à Bethléem n’aura été qu’une

14
https://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2009.jumageldinov_a&part=165817

24
fuite en avant ; ma pseudo-vaillance, qu’une diversion. Qui suis-je pour prétendre
triompher là où les services compétents se cassent les dents tous les jours ? J’ai en face
de moi une organisation parfaitement huilée, rodée à travers des années de cabales et de
faits d’armes et qui mène la dragée haute aux plus fins limiers des polices secrètes. […]
et dans ce duel, il n’y pas de place pour les états d’âme, encore moins pour
l’attendrissement ; seule les canons, les ceintures explosives et les coups fourré ont voix
au chapitre, […] ».15
Amine revenait au souvenir de sa femme quand il rentrait chez lui et vivait avec l’âme
de Sihem :
« […] ; Kim me manque déjà… Je suis de nouveau seul… Je n’aime pas te laisser seul

m’avait dit Sihem la veille de son départ pour Kafr Kanna. Et d’une seule coup, tout me
revient. Au moment où je m’y attends le moins. Sihem m’avait préparé un festin de roi,
ce soir-là ; rien que les mets dont je raffole […]. Elle était si belle et si lointaine à

la fois. « Pourquoi es-tu triste, mon amour ? » lui avais-je demandé. « Je n’aime pas te
laisser seul, mon chéri », m’avait-elle répandu. « Trois jours, ce n’est pas bien long »,lui
avait-je dit.[…] C’était ça, son message ; le signe que je n’ai su saisir… Je mets une
autre éternité à trembler sur le pas de ma porte avant de le franchi r ».16

II. 2- Lidentité et les origines

Nous observons que notre personnage dans un passage a une nostalgie pour la ville
de son enfance et son origine, Janin selon son description :

« Mon cœur se contracte au spectacle qui s’offre à moi… Janin… C’était la grande cité
de mon enfance. Les terres tribales se trouvant à une trentaine de kilomètres de là,
j’accompagnais souvent mon père quand il se rendait en ville proposer ses toiles à de
louches marchands d’art. À cette époque, Janin me paraissait aussi mystérieuse que
Babylone, et j’aimais à prendre ses nattes pour des tapis volants. […]. Janin, c’était la
ville rêvée des anges délurés, avec ses petites manières de grosse bourgade singeant les
grandes villes, sa cohue incessante qui rappelle le souk un jour de ramadan, ses
boutiques aux allures de caverne d’Ali Baba où les babioles s’évertuaient à minimiser

15
Yasmina khadra, Ibid, p101
16
Ibid, p192

25
l’ombre des pénuries, […]. Où sont donc passées les petites touches qui faisaient son
charme et sa griffe, qui rendaient la pudeur de ses filles aussi mortelle que leur
effronterie et les vieillards vénérables en dépit de leur caractère impossible ? Le règne
de l’absurde a ravagé jusqu’aux joies des enfants […] »17

Le protagoniste décrit son retour à ses origines pendant le séjour dans sa ville natale,
quand il était près de la misère de son peuple, où il a senti qu’il est un être inacceptable
dans sa famille car ses compatriotes voyaient qu’il tournait son dos à leur douleur.
Malgré tous, Amine assistait et témoignait le geste de son petit cousin Wissam, il
participait dans une opération kamikaze contre un check point israélien selon la
réclamation d’un officier où Amine reçoit aussi l’alerte pour détruire la maison de ses
parents mais il proteste et lui a dit :
«- pas question. Nous ne vous laisserons pas détruire notre maison. Qu’est ce que c’est
que cette histoire ? Ils vont aller où, les gens qui habitent ici ? Il y a deux vieillards
presque centenaires qui essaient tant bien que mal de s’acquitter correctement des
quelques jours qui leurs restent. Vous n’avez pas le droit… ici, c’est la maison du
patriarche, le repère le plus important de la tribu. Vous allez dégager d’ici, et tout de
suit :

-Vingt-huit minutes, monsieur.

-nous resterons à l’intérieur. Nous ne bougerons pas d’ici […] » 18

Aussi, Amine tentait à réaliser ses devoirs humanistes pour lutter les autres attentats et
essayait de sauver l’une de ses cousines nommée Faten .

II. 3- L’identité et l’espace

L’espace est un autre caractère pour compléter la construction de l’identité. Elle est
limitée par la frontière, l’entourage et le contexte pour caractériser un groupe des gens
par rapport à l’autre.
Le rapport entre le personnage et l’espace est le trouble du personnage pour retracer une

17
Yasmina khadra, Ibid ; p,202-203
18
Yasmina khadra ,Ibid , P238

26
identité, elle est l’effet des événements qui sont narré par le narrateur (Amine). Janin est
le lieu qui renvoi à l’identité palestinienne d’Amine. Elle était sa ville d’enfance, mais
elle est devenue très dangereuse :

« Est-ce que je peut compter sur toi ?


Ma question le surprend.

Il écarte les bras et dit :


-Bien sur.
Je veux passer de l’autre coté du miroir, grommelé-je, de l’autre coté du Mur.

Il fronce les sourcils, se penche pour me regarder de plus près.


-En Palestine ?
-Oui.
Il ébauche une petite moue, se retourne vers les deux flics qui nous observent en
catimini.
-Je croyais que tu avais réglé ce problème […]
-Ce ne serait pas une bonne idée, dit-il à court d’arguments.
- Je n’en ai pas d’autres.
- Tu veux te rendre où exactement ?
-Janin.
-La ville est en état de siège, me prévient-il. […] »19

Ensuite, à Bethleem Amine va pour suivre la source de la lettre envoyée par Sihem le 27
vendredi. Ici Amine trouvait des épreuves qui lui menaient à une rencontre avec les
intégristes (moudjahidines). C’est la ville des résistants palestiniens.

Bethleem est complètement différentes de la ville israélienne Tel-Aviv où Amine


nationalisé israélien, qui était une autre planète pour lui et un endroit pour fuir de la
souffrance de son peuple. Amine a réussit de réaliser son rêve (un bon chirurgien) dans
un grand hôpital juif, mais il a souffert du racisme et il restait un arabe terroriste selon
les juifs.

19
Ibid,P 192

27
Conclusion

28
" L'Attentat " de Yasmina Khadra explore de manière profonde et complexe la quête
identitaire de son protagoniste, le docteur Amin Jaafari. Au fur et à mesure que l'histoire
se déroule, Amin est confronté à des questions profondes sur son identité en tant que
citoyen arabe vivant en Israël, en tant que musulman, en tant que médecin, en tant
qu'époux et en tant qu'être humain.

La quête identitaire d'Amin est déclenchée par un événement tragique : sa femme,


Sihem, commet un attentat-suicide dans un restaurant, tuant de nombreuses personnes.
Amin se retrouve confronté à l'incompréhension et à la culpabilité, se demandant
comment il a pu être si aveugle aux actions de sa propre épouse. Cette tragédie remet en
question sa perception de lui-même et de son identité.

Dans sa recherche de réponses, Amin entreprend un voyage intérieur dans lequel il


explore les différentes facettes de son identité. Il remet en question ses croyances, ses
loyautés et ses valeurs, et cherche à comprendre ce qui a pu pousser sa femme à
commettre un tel acte. Il est confronté à des dilemmes moraux complexes et à des
tensions entre son identité arabe et son appartenance à la société israélienne.

Tout au long du roman, Yasmina Khadra examine également les stéréotypes et les
préjugés auxquels les Arabes sont souvent confrontés, tant de la part des Israéliens que
de leur propre communauté. Amin est souvent perçu comme un traître ou un paria, non
seulement par les Israéliens, mais aussi par ses propres compatriotes arabes. Cette
marginalisation accentue sa quête identitaire et le pousse à se questionner sur sa place
dans le monde.

La conclusion de " L'Attentat " est ouverte et ambivalente. Amin ne parvient pas à
trouver de réponses définitives à ses questions, et sa quête identitaire reste inachevée.
Cependant, il acquiert une compréhension plus profonde des complexités de l'identité et
de la condition humaine. Il réalise que les identités ne sont pas statiques, mais plutôt
fluides et sujettes au changement.

29
En fin de compte, " L'Attentat " souligne l'importance de la quête identitaire et met en
lumière les défis auxquels sont confrontées les personnes qui vivent dans des sociétés
marquées par les conflits et les divisions.
Yasmina Khadra invite les lecteurs à réfléchir sur les questions de l'identité, de la
tolérance et de la compréhension mutuelle, et à remettre en question les préjugés et les
stéréotypes qui peuvent entraver notre compréhension de nous-mêmes et des autres.

30
Références bibliographies

31
Les références bibliographies

Corpus Analysé :

Yasmina khadra ,l’Attentat ,Julliard,Paris,2005.

Romans :

-KHADRA Yasmina, L’attentat, Julliard, Paris, 2005


-Les sirènes de Bagdad. Julliard, Paris, 2006.
-L’écrivain. Paris, Julliard, (Pocket), 2001.
-l’imposture des mots, Julliard, (Pocket), Paris, 2002.

Ouvrages théoriques :
- ERIKSON.E.H.Adoloscence et crise, la quête de
l’identité ,Flammarion.,Ed1977.
-Identité et violence ,2006,Ed, Odile Jacob
-Identité meutrieres, Amin Maalouf ;2009 ;Ed ; Grasset
- MEMMI Albert, « Portrait du colonisé », ", Editions Nathan, Paris,
1994.
-le moi et le soi : Essais sur l’individu contemporain,
AnthonyGiddenss
- Hall, Stuart, 2008. Identités et cultures. Politique des cultural studies.
Paris :Ed.Amester
-Seuils Gerad, Genette,Ed ,1987

32
Dictionnaire :

- J. Rey-Debove et A. Rey dir, Le nouveau Petit Robert. Dictionnaire


alphabétique et analogique de la langue française. Paris, 1993.
- www.larouse.fr (dictionnaire). Français.
- Nouveau Dictionnaire Des Débutants, Edition Larousse,.

Sitographie :

-https://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2009.jumageldinov_a&part=165817
-https://www.dicocitation.com/
-http://www.étude-littéraire.com/,

33
Table des matières

34
TABLE DES MATIEREES

Introduction…………………………………………………………......03

Chapitre1 : Etude paratextuelle………………………...…….04

I - Auteur : Parcours et œuvres………………………...…………........04

I-1 Présentation de l'auteur ……………………………………..……...04

I-2 les œuvres de Yasmina khadra………………..…...………….…04

I-3 l'auteur et l'Amour de pays ……………………………….........…05

II- Analyse Paratextuelle………...………………………………...……..05


II-1- Qui est ce qu'un titre………………….……………….….….05

II-2- la première de couverture………………………....……....07

II-3- la quatrième de couverture……….………………………..08

Chapitre 2 : la narration dans le roman …………..….…...09

I- La littérature maghrébine de langue française……………....10

II- La narration de l'Attentat……………………………………………..14

II-1- Le résumé de L'histoire………………………………….……….14

II-2- Les personnages principaux………………………………....15

II-2- Le narrateur……………………………………………….…….…17

Chapire 3 : l'identité dans le roman ………………………….19

I – La notion de l'identité ………………………………………..…....20


I-1- l'identité individuelle…………………………………………...22
35
I-2- l'identité collective………………………………................23
II- La quête identitaire de l'Attentat ……………….……...24
II-1- Amine, narrateur en quête de son passé…….24

II-1- L'identité et les origines …………………………….....25

II-3- L'identité et l'espace………………………………........26

Conclusion ………………………………………………….……….....29

Références bibliographies……………………………………….32

36
Résumé :

Notre étude consiste à analyser la construction des personnages principaux dans le roman
L’Attentat de Yasmina KHADRA.
Khadra met l’accent sur le conflit israélo-palestinien, où il s’engage et transmet son point de vue
par ses personnages sur les évènements qui sont déroulés sur en Palestine. Où le personnage-
narrateur pris la parole.
Notre choix de sujet a pour but de retracer et faire une tentative pour dégager ce que revêt la
notion de quête de l’identité dans ce roman.
Mots – clés: la littérature - Le personnage – la quête identitaire – l’identité posée /imposée.

‫الملخص‬

.‫دراستنا تتوقف على تحليل بناء الشخصيات الرئيسية في رواية الهجوم لياسمينة خضرا‬
‫أين أولى الكاتب اهتمامه في الكتابة حول الصراع بين فلسطين و إسرائيل حيث التزم بإيصال وجهة نظره‬
.‫الشخصية حول األحداث الفلسطينية ومنح الراوي الحق في صياغة الحديث‬
.‫أسباب اختيارنا لهدا الموضوع هو اطالق سراح معنى البحث عن الهوية في هده الرواية‬
‫الكلمات الدالة‬
.‫الهوية المفروضة‬-‫الهوية األصلية‬- ‫ البحث عن الهوية‬- ‫األدب‬

Abstract :
Our peresent study analyses the main characters in L’attentat « The attempt » by Yasmina
KHADRA.
Khadra highlighted the Israelo-Palastinian conflict presenting his point of view through the
characters about the events that took place in Palestine where the narrator-character takes the
speech. Our study is aiming at revealing the notion of Committed identity in his novel.

Keywords: literature . Characters. Identity identification. Posed-imposed Identity.

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