Ecole Nationale des Impôts
Cours de la Taxe
sur la Valeur
Ajoutée
Elaboré par Monsieur : A. AICHAOUI
Mise à jour Loi de Finance pour 2024
L’Algérie a adopté la T.V.A. depuis avril 1992, La TVA est une taxe générale de
consommation qui s'applique aux opérations revêtant un caractère industriel,
commercial, artisanal ou libéral.
Première Partie : la TVA sur Vente
Chapitre 01 : Champ d’application de la TVA
Au sens de l’article 01 du code des Taxes sur le Chiffre d’Affaires (CTCA), Sont
imposables à la taxe sur la valeur ajoutée ; les opérations de vente, les travaux
immobiliers et les prestations de services autres que celles soumises aux taxes
spéciales, revêtant un caractère industriel, commercial ou artisanal et réalisées
en Algérie à titre habituel ou occasionnel.
Néanmoins, pour que ces opérations soient imposables, il faut qu’elles soient
réalisées par un redevable de la TVA, et faite sur le territoire algérien
Une fois les trois éléments sont réunis, il faut attendre le quatrième élément qui
rend le redevable débiteur de la taxe (c’est le fait générateur).
De ce fait, le champ d’application est composé de quatre éléments :
Les opérations imposables ;
Les personnes imposables ;
Le critère de territorialité ;
Le fait générateur.
Chaque élément est détaillé dans une section.
Section 01 : Les opérations imposables à la TVA.
Les opérations et services imposables à la TVA, sont énumérés à l'article 2 du
code des Taxes sur le Chiffre d’affaires ; il s'agit:
LES VENTES :
Les ventes et les livraisons faites par les producteurs ;
Les opérations réalisées dans les conditions de gros par les
commerçants importateurs ;
Les ventes faites dans les conditions de gros ;
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Le commerce des objets d'occasion, autres que les outils,
composés de tout ou partie de platine d'or ou d'argent, de pierres
gemmes naturelles ainsi que les œuvres d'art originales, objet
d'antiquité et de collection ;
Les activités de commerce de détail à l'exclusion des opérations
réalisées par des contribuables relevant de l'impôt forfaitaire
unique ;
Les ventes faites par les grandes surfaces ;
Les activités de commerce multiple.
Par commerce multiple, il y a lieu d'entendre les commerces d'achats -
reventes réalisés dans les conditions de détail et qui réuniraient les
conditions suivantes :
- les articles mis en vente relèvent d'au moins quatre catégories
de commerces différents quel que soit le nombre d'articles mis en vente ;
- le local doit être accessible en libre-service.
Les opérations de vente portant sur les alcools, les vins et
autres boissons assimilées soumises au droit de circulation
prévu à l'article 2 du code des impôts indirects.
Les opérations portant sur des biens immeubles telles que:
Les travaux immobiliers ;
Les opérations de lotissement et de vente de terrains faites
par les propriétaires de terrains ;
Les ventes d'immeubles ou de fonds de commerce,
effectuées par les personnes qui, habituellement ou
occasionnellement achètent ces biens en leur nom en vue
de leur revente ;
Les opérations d'intermédiaires pour l'achat ou la vente de
biens immeubles ou fonds de commerce ;
Les opérations de construction et de vente d'immeubles
réalisées les dans le cadre de l'activité de promotion
immobilière ainsi que les opérations de construction de
logements sociaux.
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Les livraisons à soi-même portant sur :
Les immobilisations par les assujettis ;
Les biens autres qu‘immobilisations que les assujettis se font à
eux-mêmes pour leurs propres besoins ou ceux de leurs diverses
exploitations, dans la mesure où ces biens ne concourent pas à
la réalisation d’opérations passibles de la taxe sur la valeur
ajoutée ou exonérées en vertu de l‘article 9 ;
Les prestations de services :
Elles visent les opérations autres que la livraison de biens meubles
corporels, telles que notamment :
Les opérations de transport de personnes ou de
marchandises,
Les ventes à consommer sur place de produits alimentaires
ou de boissons (restaurants, pâtisserie, salon de thé, débits
de boisson…),
Les travaux à façon,
Les opérations de location, les prestations de services, les
travaux d'études et de recherche ainsi que toute opération
autre que les ventes et les travaux immobiliers,
Les spectacles, jeux et divertissement,
Les opérations de téléphone et de télex,
Les opérations effectuées dans le cadre de l'exercice d'une
profession libérale réalisées par les personnes physiques et
les sociétés.
Section 02 : Les personnes imposables à la TVA (Les personnes assujetties à
la T.V.A).
Il y a deux types.
1. Les assujettis obligatoires.
2. Les assujettis par option
1. Les assujettis obligatoires.
Dans ce contexte il y a lieu de distinguer entre la notion d’assujettis (personnes
imposable) et la notion du redevable à la TVA
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Les personnes assujettis à la T.V.A.
La notion d'assujetti revêt une importance particulière dans le système de la TVA. La
qualité d'assujetti résulte de la réalisation de manière indépendante d'opérations
relevant d'une activité industrielle, commerciale, artisanale ou libérale. En d'autres
termes, l'assujetti s'entend de toute personne qui effectue des opérations situées dans
le domaine d'application de la TVA que ces opérations donnent effectivement lieu au
paiement de la TVA ou soient exonérées.
Le redevable de la T.V.A.
Le redevable est la personne à qui incombe le paiement de la TVA à raison d'une
opération imposable.
L’assujetti est celui qui impute la TVA à ses clients. Le redevable est celui
qui doit payer cette TVA. Le redevable est toujours assujetti, mais l’inverse
n’est pas toujours valable grâce aux exonérations de TVA.
Sont assujettis obligatoirement à la TVA :
a) Les producteurs ;
b) Les commerçants revendeurs ;
c) Les entrepreneurs des Travaux Publics ;
d) Les prestataires de services ;
e) Les personnes qui exercent une profession libérale ;
f) Les personnes qui organisent des spectacles, jeux et divertissements de toute
nature ;
g) Les personnes qui fournissent des prestations relatives au téléphone et TELEX
rendues par les services des P.T.T ;
h) Les banques et les compagnies d’assurance ;
i) Les personnes qui réalisent des opérations de ventes réalisées par voie
électronique.
2. Les assujettis par option.
2.1 Personnes ouvrant droit à l’option.
Conformément aux dispositions de l’article 03 du CTCA, peuvent sur leur
déclaration, opter pour la qualité de redevable de la taxe sur la valeur ajoutée, les
personnes physiques ou morales dont l‘activité se situe hors du champ
d‘application de la taxe, dans la mesure où elles livrent :
À l‘exportation ;
Aux sociétés pétrolières ;
À d‘autres redevables de la taxe ;
À des entreprises bénéficiant du régime des achats en franchise
prévu par l‘article 42.
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Les intéressés doivent être obligatoirement soumis au régime du réel
2.2 Portée et modalité de l’option :
- L’option peut être demandée à toute période de l’année, elle doit être portée
à la connaissance du service gestionnaire du dossier fiscal de ce
contribuable et prend effet au premier jour du mois suivant celui au cours
duquel elle est souscrite ;
- Cette option, sauf cession ou cessation d’activité, couvre obligatoirement une
période expirant le 31 décembre de la troisième année qui suit celle au cours
de laque elle a pris effet ;
- Sauf dénonciation expresse formulée dans un délai de trois mois avant
l’expiration de chaque période, elle est renouvelée par tacite reconduction.
2.3 Conséquences de l’option :
Le contribuable est astreint à toutes les obligations imposées aux
redevables de la TVA (déclaration d'existence, dépôt des relevés de chiffre
d'affaires, tenue d'une comptabilité régulière).
Section 03 : Le critère de territorialité (la notion de territorialité).
Une opération est imposable en Algérie si elle est réalisée sur le territoire
algérien ; on entend par territoire algérien, tous les points terrestres,
maritimes et aériens ou s’exerce la souveraineté du gouvernement
algérien.
La détermination du territoire diffère selon qu’il s’agisse de vente ou de
prestation de service.
Les ventes : lorsqu’elles sont réalisées aux conditions de livraison de la
marchandise en Algérie ;
Les prestations de services : lorsque le service rendu, le droit cédé,
l’objet loué ou les études effectuées sont utilisés ou exploités en Algérie.
Section 04 : Le fait générateur de la TVA.
- Le fait générateur est le fait matériel ou juridique qui rend le
redevable débiteur de la taxe.
- Le fait générateur est le point de départ à partir duquel l’impôt est
exigible.
Il diffère en fonction de la nature de l’opération.
1. Les ventes.
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1.1 La règle générale.
Le fait générateur est la livraison matérielle ou Juridique.
La livraison matérielle est le transfert de la chose vendue en la
possession de l’acquéreur ;
La livraison juridique est la facturation.
2.1 Particularités.
La vente de l’eau potable par les organismes distributeurs, le fait
générateur est constitué par l‘encaissement partiel ou total du prix.
Les ventes réalisées dans le cadre de marchés publics, Le fait
générateur est constitué par l‘encaissement total ou partiel du prix. A
défaut d‘encaissement, la TVA devient exigible au-delà du délai d’un
(1) an à compter de la date de livraison juridique ou matérielle de la
marchandise.
Concernant les opérations de vente d’immeubles à usage
d’habitation, commercial ou professionnel, réalisées par les
promoteurs immobiliers dans le cadre de leur activité ou celles
relatives à la vente de locaux à usage industriel, le fait générateur est
constitué par la livraison juridique ou matérielle du bien au
bénéficiaire.
2. Les travaux immobiliers et les prestations de service.
1.1 Le régime général.
Le fait générateur est l’encaissement total ou partiel.
1.2 Le régime de débit.
Les redevables peuvent cependant opter pour les débits c’est à dire
l’inscription de la facture au compte client, que cette facture soit payée
au comptant ou à crédit.
Les redevables peuvent revenir au régime de droit commun après
autorisation de l’administration fiscale.
1.3 Particularités.
Les spectacles, jeux et divertissements de toute nature, le fait
générateur peut être constitué, à défaut d’encaissement, par la
délivrance du billet.
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En ce qui concerne les entreprises étrangères et pour le montant
de la taxe encore exigible à l‘achèvement des travaux, après celle payée
à chaque encaissement, le fait générateur est constitué par la réception
définitive de l‘ouvrage réalisé.
3. Les livraisons à soi – même.
3.1 Les livraisons à soi – même de biens meubles : le Fait
Générateur est constitué par la livraison c’est à dire la première
utilisation du bien ou la 1ère mise en service.
3.2 Les livraisons à soi – même de biens immeubles : le fait
générateur est constitué par la première utilisation du bien ou
l’occupation des locaux.
4. Les importations.
Le fait générateur est constitué par l’introduction de la marchandise
sur le territoire national, le débiteur de la taxe est le déclarant en
douane.
5. Les exportations (taxables).
Le fait générateur est constitué par la présentation en douane des
marchandises. Le débiteur de la taxe est le déclarant en douane.
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Chapitre 02 : les exonérations de la TVA
On distingue :
Les exonérations pour les affaires faites à l’intérieur ;
Les exonérations pour les affaires faites à l’importation ;
Les exonérations pour les affaires faites à l’exportation.
Section 01 : Exonérations pour les affaires faites à l’intérieur.
Sont exemptées de la taxe sur la valeur ajoutée
1. Les opérations de vente portant sur :
Les céréales destinées à la fabrication des farines citées ci-dessous
et des semoules ;
Les farines courantes et supérieures ;
Les semoules ;
Le pain.1
2. Les opérations de vente portant sur les :
Lait et crème de lait non concentrés, ni additionnés de sucre ou
d‘autres édulcorants (n°04-01 du TDA) ;
Lait et crème de lait concentrés, ou additionnés de sucre ou d‘autres
édulcorants (n° 04-02 du TDA), y compris les laits infantiles (n° 19-01
du TDA).
3. Les opérations de vente portant sur les produits pharmaceutiques figurant
dans la nomenclature nationale du médicament ;
4. Les opérations effectuées par les œuvres ayant pour but l’organisation de
restaurants pour servir des repas gratuits ou à bon marché réservés aux
nécessiteux et aux étudiants à condition que l‘exploitation de ces restaurants
ne donne lieu à aucun bénéfice ;
5. Les opérations ayant pour objet exclusif la réalisation de monuments aux
martyrs de la Révolution de libération nationale ou à la gloire de l’Armée de
Libération Nationale, conclues avec une collectivité publique ou un groupe
régulièrement constitué ;
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Article 34 de la loi de finance pour 2024 modifiant l’article 09 du code des taxes sur le chiffre d’affaires
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6. Les voitures de tourisme neuves, ou d‘une ancienneté de trois (03) ans
maximum d’une cylindrée n’excédant pas 1800 cm3 pour les véhicules
automobiles moteur à piston à allumage par étincelles (essence) et 2000
cm3 pour les véhicules automobiles à moteur à piston à allumage par
compression (diesel), ainsi que les véhicules utilitaires neufs, ou d‘une
ancienneté n‘excédant pas trois (03) ans d‘âge d’un poids en charge total
inférieur ou égal à 3.500 Kg, acquis tous les cinq (05) ans par les invalides
de la guerre de libération nationale dont le taux d’invalidité est supérieur ou
égal à soixante pour cent (60%), ainsi que les véhicules touristiques tout
terrain (4x4) d’une cylindrée inférieure ou égale à 1800 cm3 pour les
véhicules automobiles à moteur à piston alternatif, à allumage par étincelle
(essence) ou hybrides (essence, électrique) et inférieure ou égale à 2000
cm3 pour les véhicules automobiles à moteur à piston alternatif, à allumage
par compression (diesel) ou hybrides (diesel, électrique) acquis par les
moudjahidine et les invalides de la guerre de libération nationale résidant
dans les Wilayas du grand sud et dont le taux d‘invalidité est égal ou
supérieur à soixante pour cent (60%).
Les autres invalides dont le taux d‘invalidité est inférieur à soixante pour cent
(60%) bénéficient d‘un abattement des taxes dues égal à leur taux
d‘invalidité. Les voitures de tourisme neuves ou usagées, d’une ancienneté
de trois (03) ans maximum d‘une cylindrée n‘excédant pas 1800 cm3 pour
les véhicules automobiles à moteur à piston à allumage par étincelles
(essence) et 2000 cm3 pour les véhicules automobiles à moteur à piston à
allumage par compression (diesel) acquis tous les cinq (05) ans par les
enfants de chouhada handicapés atteints d‘une maladie incurable, titulaires
d‘une pension.
Toutefois, ces dispositions ne s‘appliquent pas pour les voitures excédant
les cylindrées citées aux paragraphes ci-dessus.
Les véhicules susvisés peuvent être cédés, après reversement de
l’avantage fiscal accordé à cette catégorie de bénéficiaires, dans les
conditions suivantes :
- Reversement de la totalité de l‘avantage fiscal octroyé, lorsque le
véhicule est cédé dans un délai ne dépassant pas deux (02) ans à
compter de sa date d‘acquisition ;
- Reversement de la moitié de l‘avantage fiscal octroyé, lorsque le
véhicule est cédé dans un délai supérieur à deux (02) ans et inférieur
ou égal à trois (03) ans ;
- Aucun reversement n‘est exigé après trois (03) ans. Toutefois, en cas
de décès du propriétaire pendant la période d‘incessibilité
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conditionnelle précitée, les véhicules visés ci-dessus peuvent être
hérités ou cédés après héritage, sans paiement de taxes.
La condition de cinq (05) ans, visée par les dispositions des
paragraphes 1 et 3 du présent article, n’est pas exigée lorsque la
réforme totale et définitive du véhicule est constatée, après accident
ou toute autre cause, par les services techniques compétents.
7. Les véhicules spécialement aménagés, d’une ancienneté de trois (03) ans
maximum et d’une puissance n’excédant pas 2000 cm3 pour les véhicules
automobiles à moteur à piston à allumage par étincelles (essence) et 2500
cm3 pour les véhicules automobiles à moteur à piston à allumage par
compression (diesel) acquis tous les cinq (05) ans par les personnes
atteintes à titre civil d’une paraplégie ou celles ayant subi l’amputation des
deux membres inférieurs, ainsi que par les handicapés moteurs titulaires du
permis de conduire de la catégorie «F» quel que soit le ou les membre (s)
handicapé (s);
8. Les fauteuils roulants et véhicules similaires pour invalides même avec
moteur ou autres mécanismes de propulsion (position n° 87-13 du TDA), les
motocycles et vélocipèdes avec moteur auxiliaire spécialement aménagés
pour invalides (position n° 87-12-00-90 du TDA) ;
9. Les biens, services et travaux acquis ou réalisés dans le cadre de l‘exercice
des activités des hydrocarbures, conformément à la législation y relative, et
dont la liste est fixée par la réglementation y afférente.
Ces biens, services et travaux doivent être affectés et utilisés exclusivement
dans le cadre de l‘exercice des activités susvisées ;
10. Nonobstant toute disposition législative contraire, les opérations réalisées
par la Banque d‘Algérie et liées directement à sa fonction d’émission de
monnaie, ainsi qu’à ses missions spécifiques. Ces opérations seront
déterminées, en tant que de besoin, par voie réglementaire ;
11. Les opérations de dons consentis au profit :
- Du Croissant rouge algérien et des associations ou œuvres à
caractère humanitaire, lorsqu’ils sont destinés à être distribués
gratuitement à des sinistrés, à des nécessiteux ou autres catégories
de personnes dignes d‘être secourues, ou utilisés à d‘autres fins
humanitaires ;
- Des institutions et établissements publics.
Sont également exonérés, les biens acquis par le Croissant rouge algérien
et les associations ou œuvres à caractère humanitaire, lorsqu’ils sont
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destinés à être distribués gratuitement à des sinistrés, à des nécessiteux ou
autres catégories de personnes dignes d’être secourues, ou utilisés à
d’autres fins humanitaires.
Les modalités d’application du présent alinéa sont fixées par voie
réglementaire ;
12. Les manifestations sportives, culturelles ou artistiques et, d’une manière
générale, tous les spectacles organisés dans le cadre des mouvements
nationaux ou internationaux d’entraide. L‘exemption de la T.V.A, est
octroyée par décision du Directeur Général des Impôts.
13. Sous réserve de la réciprocité :
Les opérations d‘acquisition de terrains destinés à la construction par
les Etats étrangers de sièges de leurs représentations diplomatiques
ou consulaires ;
Les opérations de travaux immobiliers, de prestations relatives aux
télécommunications, à l’eau, au gaz et à l’électricité, de location de
locaux meublés ou non, ainsi que des services portant sur l‘assurance,
la maintenance et la réparation des véhicules, destinés à l’usage
officiel des missions diplomatiques ou consulaires, organisations
internationales régionales et sous régionales accréditées en Algérie ;
Les frais de réception et de cérémonies engagés par les missions
diplomatiques ou consulaires accréditées en Algérie, à l‘occasion de
la célébration de leurs fêtes nationales ;
Les opérations de prestations relatives aux télécommunications, à
l’eau, au gaz et à l‘électricité, destinées à l‘usage personnel des agents
des missions diplomatiques ou consulaires, des organisations
internationales régionales et sous régionales accréditées en Algérie ;
Les produits, y compris les carburants, acquis localement pour l’usage
officiel des missions diplomatiques ou consulaires et les organisations
internationales, régionales et sous régionales bénéficiant du statut
diplomatique, et pour l‘usage personnel de leurs agents diplomatiques
ou consulaires ;
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Les prestations de services et acquisitions locales effectuées par les
organisations internationales, destinées ou utilisées à des fins
humanitaires.
Les modalités d‘octroi de cette exemption ainsi que la détermination du seuil
minimal du montant des opérations des travaux immobiliers et du seuil à
partir duquel l’exemption est accordée pour les services et les produits
acquis, destinés à l‘usage officiel ou personnel, seront fixées par un arrêté
conjoint des ministres chargés respectivement des affaires étrangères et
des finances.
14. Les livraisons de biens destinés à l’avitaillement des navires nationaux et
étrangers armés en cabotage international et des aéronefs des compagnies
de navigation aérienne assurant des parcours internationaux.
15. Les contrats d’assurances de personnes tels que définis par la législation
relative aux assurances.
16. Les opérations de crédits bancaires accordés aux ménages pour
l’acquisition ou la construction de logements individuels.
Les dispositions de ce cas s’appliquent également pour les opérations
bancaires de la finance islamique « Mourabaha », « Istisna‘a » et « l’Ijara
Mountahia Bitamlik»
17. Les opérations de vente portant sur les poches pour stomisés, relevant de
la sous position tarifaire n° 90.21.90.00.
18. Les opérations de réassurance et de Retakaful.
19. Les contrats d‘assurances relatifs aux risques de calamités naturelles.
20. Les camélidés.
21. Les intérêts moratoires résultant de l’exécution des marchés publics nantis
au profit de la caisse de garantie des marchés publics.
22. Les opérations d’acquisition effectuées par les banques et les
établissements financiers dans le cadre des opérations de crédit–bail et
« d’Ijara Mountahia Bitamlik ».
23. Les moissonneuses batteuses fabriquées en Algérie.
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24. Le papier destiné exclusivement à la fabrication et à l‘impression du livre
dont les caractéristiques sont définies par arrêté conjoint du ministre chargé
des finances et du ministre chargé de la culture.
25. La création, la production et l‘édition nationale d‘œuvres et de travaux sur
supports numériques.
26. La partie correspondant au remboursement des crédits dans le cadre des
contrats des crédits immobiliers à moyen et à long termes y compris celle
rattachée au crédit-bail immobilier.
Ces dispositions s’appliquent également pour les opérations bancaires de la
finance islamique « Mourabaha » et « Ijara Mountahia Bitamlik ».
27. Les opérations de vente de l’orge et de maïs, relevant respectivement des
positions tarifaires 10-03 et 10-05, ainsi que des matières et produits
relevant des positions tarifaires 23-02, 23-03, et 23-09, destinés à
l‘alimentations du bétail et de volaille. Et également exempté de la TVA,
l‘alimentation destinée au bétail et à la volaille produite localement.
Les modalités d‘application de ce paragraphe, sont fixées, en tant que de
besoin, par voie réglementaire.
28. Les cessions d‘objets d‘art, de collection ou d‘antiquité, de manuscrits du
patrimoine national aux musées, aux bibliothèques publiques et aux services
manuscrits et d‘archives. La liste des objets d’art, de collection ou d’antiquité,
de manuscrits du patrimoine national et les modalités d‘octroi de
l‘exonération de la TVA sont définies par voie réglementaire.
29. Les billets de transports aériens des voyageurs en provenance ou à
destination du grand sud.
30. Les opérations de vente relatives au poisson tilapia produit localement 2
Section 02 : Exonérations pour les affaires faites à l’importation.
Sont exemptées de la taxe sur la valeur ajoutée
1. Les produits dont la vente à l’intérieur est exonérée de la taxe sur la valeur
ajoutée sont, à l‘importation, exemptés dans les mêmes conditions et sous
les mêmes réserves de ladite taxe.
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Article 34 de la loi de finance pour 2024 modifiant l’article 09 du code des taxes sur le chiffre d’affaires
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2. Les marchandises placées sous l’un des régimes suspensifs des droits de
douanes ci-après : entrepôt, admission temporaire, transit, transbordement,
dépôt, sous réserve des dispositions spéciales prévues en la matière par le
code des douanes notamment son article 178 ;
3. Les marchandises faisant l‘objet d’une admission exceptionnelle en
franchise de droits de douane dans les conditions prévues par les articles
197, 202 et 213 du code des douanes ;
4. Les aéronefs destinés aux compagnies de navigation aérienne ;
5. Les articles et produits bruts ou fabriqués devant être utilisés à la
construction, au gréement, à l‘armement, à la réparation ou à la
transformation des aéronefs, écoles d‘aviation et centres d‘entraînement
agréés ;
6. Les radoubs, réparations et transformations des navires et aéronefs
algériens à l‘étranger ;
7. L’or à usage monétaire de la sous position 71-08-20-00, ainsi que la
monnaie d‘or de la sous position 71-18-90-10 ;
8. Les marchandises importées dans le cadre du troc dans les conditions fixées
par la législation ou la réglementation en vigueur.
9. Les navires destinés aux compagnies de navigation maritime figurant aux
positions n° 89- 01, 89-02, 89-04, 89-05, 89-06 et 89-08 du tarif douanier.
10. Les œuvres d‘art, toiles, sculptures, objets d‘art en général et toute autre
œuvre du patrimoine culturel national, importées par les musées nationaux
dans le cadre du rapatriement du patrimoine culturel national se trouvant à
l‘étranger lorsque ceux–ci sont destinés à enrichir les collections muséales.
Section 03 : Exonérations pour les affaires faites à l’exportations.
Sont exemptées de la taxe sur la valeur ajoutée
1. Les affaires de vente et de façon qui portent sur les marchandises exportées
; cette exemption est accordée à condition que :
Le vendeur et/ou le façonnier inscrit les envois en comptabilité ou, à
défaut, sur le livre prévu à l‘article 72 du présent code par ordre de
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date, avec indication de la date de l‘inscription, du nombre, des
marques et numéros de colis, de l‘espèce, de la valeur et de la
destination des objets ou marchandises ;
La date d‘inscription en comptabilité ou au registre en tenant lieu, ainsi
que les marques et numéros des colis, soient portés sur la pièce (titre
de transport, bordereau, feuille de gros, etc...), qui accompagne l‘envoi
et soient consignés avec le nom de l‘expéditeur sur la déclaration en
douane par la personne chargée de présenter les objets ou
marchandises pour l‘exportation ;
L’exportation ne soit pas contraire aux lois et règlements. Toutes
vérifications utiles sont effectuées à la sortie des objets ou
marchandises par le service des douanes et chez les vendeurs, ou
façonniers par les agents du service des contributions diverses
auxquels doivent être présentés les registres et pièces prescrites à
l‘alinéa ci-dessus, ainsi que les récépissés de transport, lettres de
voitures, connaissements, traites, comptes et autres documents
susceptibles de venir à l’appui des énonciations des registres.
Pour les envois de marchandises effectués par la poste, les
fonctionnaires des postes peuvent, au moment du dépôt des plis,
paquets où boites, appeler le service local des douanes ou des impôts
à procéder à la vérification du contenu en présence de l‘intéressé ou
de son représentant. Les reçus de la poste doivent en toute hypothèse,
être rattachés au livre d‘expéditions tenu par le vendeur ou le
façonnier.
2. Les affaires de vente et de façon qui portent sur des marchandises
d‘origine nationale livrées aux magasins sous–douane légalement
institués.
Toutefois, sont exclus de cette exemption et soumises à la taxe sur la
valeur ajoutée au même taux et dans les mêmes conditions que celles
faites à l‘intérieur du territoire national, les ventes effectuées à
l’exportation par les antiquaires ou pour leur compte et portant sur les
curiosités, antiquités, livres anciens, ameublements, objets de collection
ainsi que les ventes portant sur les peintures, aquarelles, cartes postales,
dessins, sculptures originales, gravures ou estampes, à l‘exception des
ventes portant sur les collections d‘histoire naturelle, les peintures,
aquarelles, dessins, cartes postales, sculptures originales, gravures ou
estampes émanant d‘artistes vivants ou morts depuis moins de vingt (20)
ans.
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Sont également exclues de l‘exemption de la taxe sur la valeur ajoutée,
les affaires de vente portant sur les pierres gemmes, brutes ou taillées,
les perles fines, les métaux précieux, la bijouterie, la joaillerie, l‘orfèvrerie
et les autres ouvrages en métaux précieux, à l‘exception des bijoux
traditionnels en argent, à moins que la loi n’en dispose autrement.
Chapitre 03 : Base d’imposition et taux d’imposition.
Base d’Imposition
Section 01 : A l’intérieur.
La base d’imposition est tout ce qui constitue la contrepartie obtenue ou à obtenir
par le fournisseur du bien ou par le prestataire de service, de la part de celui à
qui le bien ou le service est fourni.
Aussi, pour la détermination du chiffre d’affaires imposable, il y a lieu d’ajouter à
la valeur des marchandises certains éléments et d’en déduire d’autres :
1. Éléments à incorporer à la base imposable à la TVA :
Tous les frais ;
Les droits et taxes en vigueur à l’exclusion de la TVA ;
Les recettes accessoires.
2. Éléments exclus de la base imposable à la TVA :
Peuvent être déduits de la base imposable à la TVA, lorsqu’ils sont facturés
au client :
Les rabais, remises, ristournes accordées et escomptes de
caisse,
Les droits de timbres fiscaux,
Le montant de la consignation des emballages devant être
restitués au vendeur contre remboursement de cette
consignation,
Les débours correspondant au transport effectué par le
redevable lui-même pour la livraison de marchandises taxables.
Des règles particulières ont été fixées pour la détermination de la base
d’imposition pour :
Les opérations de vente portant sur les produits pétroliers :
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Au stade de la production, par le prix de vente à la sortie des
usines exercées ;
Au stade de la distribution et exclusivement dans les conditions de
vente en gros, sur la marge de gros.
Les ventes :
Pour les ventes, la base imposable est constituée par le montant total des
sommes versées par l’acquéreur des biens.
Echanges de marchandises :
La base imposable est constituée par la valeur des biens ou marchandises livrés
en contre partie de ceux reçus, c’est à dire par le prix qui aurait été facturé à un
client à la même date et pour les mêmes biens ou marchandises ou, à défaut,
celui facturé par un concurrent.
Les travaux immobiliers :
Le chiffre d’affaires imposable à la TVA est constitué par le montant, des
marchés, mémoires ou factures sans qu’il y ait lieu de distinguer entre les
diverses opérations ayant concouru à la réalisation des travaux à l’exclusion de
la TVA elle-même.
Les opérations de livraisons à soi-même de biens meubles et immeubles.
Le chiffre d’affaires imposable est constitué :
Pour les livraisons à soi-même de biens meubles, par le prix de vente
en gros des produits similaires ou à défaut par le prix de revient majoré d’un
bénéfice normal du produit fabriqué.
Pour les livraisons à soi-même de biens immeubles par le prix de
revient de l’ouvrage.
Les concessionnaires et adjudicataires de droits communaux :
La base imposable est constituée :
Par le montant des recettes diminué du montant de l’adjudication versé
à la commune s’ils perçoivent les droits pour leur propre compte.
Par la rémunération fixée ou proportionnelle si les droits sont perçus
pour le compte de la commune.
Les commissionnaires de transport et les transitaires :
17
La base imposable est constituée par la totalité des sommes encaissées par eux.
Toutefois, peuvent être soustraits de leur chiffre d’affaires imposables :
Les frais de transport, lorsque celui-ci est effectué par un tiers,
les frais de chargement et de déchargement des marchandises,
Les frais de manutention,
Les droits et taxes payés à l’importation.
Les ventes faites par les entreprises dépendantes :
La base imposable des ventes effectuées par les entreprises dépendantes
est constituée non pas par le prix de vente de la société redevable à la
société ou entreprise acheteuse, mais par le prix appliqué par cette dernière
qu’elle soit non assujettie ou exonérée de la taxe sur la valeur ajoutée.
Pour les marchands de biens meubles et assimilés :
La base d’imposition à la TVA sur la marge est constituée par la différence
entre le prix de vente TTC et le prix d’achat (prix facturé à l’assujetti revendeur).
Pour les opérations bancaires portant commercialisation du produit de
la finance islamique « Mourabaha ».
L’assiette de la taxe sur la valeur ajoutée est constituée par la marge
bénéficiaire convenue d’avance dans le contrat
Remarque :
La base imposable des opérations passibles de la TVA dont l’assiette n’est pas
expressément définie par la loi, est constituée par le montant brut des
rémunérations reçues ou des recettes perçues.
Section 02 : A l’importation
La base imposable à la TVA est constituée par les valeurs en douane de la
marchandise, majorée de tous les droits et taxes de douane à l’exclusion de la
TVA elle-même.
Section 03 : A L’exportation
La base imposable à la TVA pour les produits taxables est constituée par la valeur
des marchandises au moment de l’exportation, majorée de tous les droits et taxes
de douane à l’exclusion de la TVA elle-même.
18
Taux d’Imposition.
La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux normal de 19 %.
Le taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée est fixé à 09 %.
Le taux réduit s‘applique aux produits, biens, travaux, opérations et services
bien déterminer par l’article 23 du code des taxes sur le chiffre d’affaires
Il s’agit de taux proportionnels c’est à dire des taux constants quelque soit la
base d’imposition.
Ces taux s’appliquent sur une base hors taxe conformément à l’article 15 du
code de la TVA qui dispose que « Le chiffre d‘affaires imposable comprend le
prix des marchandises, des travaux ou des services, tous frais, droits et taxes
inclus à l‘exclusion de la taxe sur la valeur ajoutée elle-même »
Pour obtenir des bases hors taxe à partir d’une base TTC, il suffit de
multiplier la base TTC par le coefficient de conversion correspondant à
chaque taux.
Taux de 09% correspond au coefficient de 0.917431
Taux de 19% correspond au coefficient de 0.840336
La formule générale pour le calcul du coefficient est la suivante :
100/ (100+Taux d’imposition)
19
Deuxième Partie : la TVA sur Achat
Chapitre 01 : Le droit à déduction
L’article 29 du code des Taxes sur le Chiffre d’Affaires pose le principe
fondamental de la déduction de la TVA acquittée en amont d’une opération
imposable.
Conformément à cet article « La taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur
les factures, mémoires ou documents d‘importation, ayant grevé les
éléments du prix d’une opération imposable, est déductible de la taxe
applicable à cette opération ».
Cependant sous certaines conditions, qui peuvent être divisée en
Condition de forme
Conditions de fond
Section 01 : Conditions de forme :
1. La taxe sur la valeur ajoutée doit être mentionnée sur les factures, mémoires
ou documents d’importation, ayant grevé les éléments du prix d’une
opération imposable ;
2. Le relevé du chiffre d‘affaires visé à l’article 76 et suivants du code des Taxes
sur le Chiffre d’Affaires (déclaration G50), doit être appuyé d’un état, y
compris sur support informatique, comportant pour chaque fournisseur, les
informations suivantes :
Numéro d‘identifiant fiscal ;
Nom et prénom (s) ou raison sociale ;
Adresse ;
Numéro d‘inscription au registre de commerce ;
Date et référence de la facture ;
Montant des achats effectués ou des prestations reçues ;
Montant de la taxe sur la valeur ajoutée déduite.
Le numéro d‘identification fiscale et celui du registre de commerce doivent
être authentifiés selon la procédure en vigueur.
20
Section 02 : Conditions de fond :
1. La déduction doit être opérée au titre du mois ou du trimestre au courant
duquel elle a été exigible.
Au cas où la taxe due au titre d’un mois ou d’un trimestre est inférieure à
la taxe déductible, le reliquat de taxe est reporté sur les mois ou les
trimestres qui suivent.
La taxe dont la déduction a été omise, pourra être portée sur les
déclarations ultérieures jusqu’au 20 décembre de l’année qui suit celle de
l’omission.
Elle devra être inscrite distinctement des taxes déductibles relatives à la
période courante objet de déclaration.
2. La TVA déduite ne peut être effectuée lorsque le montant de la facture
excédant un million dinars (1.000.000 DA), en toutes taxes comprises,
par opération taxable, est réglé en espèces.
Toutefois, le droit à déduction est accordé lorsque le règlement du
montant de la facture est effectué par un versement en espèces dans un
compte bancaire ou postal.
3. La déduction n’est valable que si, après ou sans transformation, les
matières, produits, objets ou services sont utilisés dans une opération
effectivement soumise à la taxe.
Toutefois, ouvrent droit à déduction :
Les opérations d’exportation ;
Les opérations de livraison de biens et services à un secteur
exonéré ou bénéficiant du régime des achats en franchise de taxe.
Les opérations de ventes de produits et de services exonérés dont
les prix ou marges sont réglementées.
4. L’article 38 du code des Taxes sur le Chiffre d’affaires, ajoute que sous
réserve des dispositions de l’article 29 la taxe sur la valeur ajoutée ayant
grevé les biens susceptibles d‘amortissements, à l‘exception de ceux
21
acquis par les assujettis suivis au régime du forfait, est déductible dans
les conditions suivantes :
Les biens doivent être acquis à l‘état neuf ou rénovés sous garantie et
être affectés à la réalisation d‘opérations soumises à la taxe sur la
valeur ajoutée, destinées à l‘exportation, à un secteur exonéré, à un
secteur bénéficiant du régime des achats en franchise de taxe ou
destinées à un produit ou service exonéré ouvrant droit à la déduction
;
Ces biens doivent être inscrits en comptabilité pour leur prix d‘achat
ou de revient diminué de la déduction à laquelle ils ont donné lieu ;
Ces biens doivent être conservés, dans le patrimoine de l‘entreprise,
pendant une période de cinq ans suivant la date d‘acquisition ou de
création.
A défaut de conservation du bien ayant ouvert droit à la déduction ou en cas
d‘abandon de la qualité de redevable de la taxe sur la valeur ajoutée pendant
le délai précité, l‘entreprise est tenue au reversement de la taxe
proportionnellement au nombre d‘années restant à courir.
Le reversement de la taxe doit intervenir au plus tard le 20 du mois ou du
trimestre qui suit celui au cours duquel s‘est produit l‘acte qui le motive.
Aucune régularisation n’est à opérer si le bien cesse définitivement d’être
utilisé pour des cas de force majeure dûment établis ainsi que les cessions
de biens par les sociétés de crédit - bail en cas de levée d’option d’achat à
terme par le crédit preneur.
22
Chapitre 02 : Champ d’application du droit à déduction.
Selon les dispositions de l’article 32 du code des Taxes sur le Chiffre d’affaires,
La déduction n’est valable que si, après ou sans transformation, les matières,
produits, objets ou services sont utilisés dans une opération effectivement
soumise à la taxe.
Donc, l’entreprise ne peut procéder à la d éduction de la TVA ayant grevée
l’achat de matières, produits ou services destinés à la réalisation d’opération
non imposables.
Selon ce principe, des cas d’exclusion du droit à déduction sont expressément
énoncés par le code des Taxes sur le Chiffre d’Affaires et qui sont énumérées
par l’article 41 du même code, qui sont :
Section 01 : Biens et services n’ouvrant pas droit à déduction.
1. Les biens, services, matières, immeubles et locaux non utilisés pour les
besoins de l’exploitation d’une activité imposable à cette taxe ;
2. Les véhicules de tourisme et de transport de personnes qui ne constituent
pas l’outil principal d‘exploitation de l’entreprise assujettie à la taxe sur la
valeur ajoutée ;
3. Les produits et services offerts à titre de dons et libéralités ;
4. Les services, pièces détachées et fournitures utilisés à la réparation de
biens exclus du droit à déduction ;
Section 02 : Opérations, n’ouvrant pas droit à déduction :
N’ouvrent pas droit à la déduction de la TVA conformément aux dispositions
du code des taxes sur le chiffre d’affaires, les opérations suivantes :
1) Les opérations réalisées par les cabarets, les music-halls, les dancings,
et, de manière générale, les opérations réalisées par les établissements
de danse ou sont servies des consommations à tarifs élevés ;
2) Les marchands de biens et assimilés ;
3) Les adjudicataires de marchés ;
4) Les commissionnaires et courtiers ;
5) Les exploitants de taxis ;
23
6) Les représentations théâtrales et de ballets, les concerts, cirques,
spectacles de variétés, jeux, spectacles et divertissements de toute
nature ;
7) Les réunions sportives de toutes natures ;
8) Les acquisitions de biens meubles ou immeubles effectuées par les
banques et les établissements financiers, destinés à être vendus dans le
cadre du contrat « Mourabaha».
24
Chapitre 03 : Limitation du droit à déduction.
Section 01 : Cas des biens autres que les immobilisations
amortissables (la règle du butoir)
La règle du butoir constitue une limitation du droit à déduction. En vertu de cette
règle, la TVA ayant grevé les acquisitions de matières, produits, objets ou
services qui ne sont pas utilisés, soit en état, soit après transformation, dans
une opération soumise à la TVA, ne peut donner lieu à récupération.
Dans le cas où la déduction a déjà été opérée, les redevables concernés
doivent la reverser, par voie de régularisation, au Trésor.
Selon les dispositions de l’article 37 du Code des Taxes sur le Chiffre d’affaires
La taxe déduite doit être reversée :
Lorsque les marchandises ont disparu, sauf dans les cas de force majeur
dûment établis ; La force majeure est celle définie par les dispositions du
Code civil ;
Lorsque l’opération n‘est pas effectivement soumise à l‘impôt ;
Lorsque l‘opération est définitivement considérée comme impayée.
Toutefois, aucun reversement n’est à opérer en cas de vente à perte ou lorsque
les marchandises ou services sont exportés, livrés aux sociétés pétrolières ou
susceptibles de bénéficier du régime des achats en franchise prévu à l’article
42 du Code des Taxes sur le Chiffre d’affaires.
Section 02 : Cas de déduction sur immobilisations amortissables.
Pour bénéfice du droit à la déduction de la TVA, Les biens doivent être
acquis à l’état neuf ou rénovés sous garantie.
Par « état neuf » il faut entendre tous les biens qui, sortis de leur cycle de
production par suite d’une vente ou d’une livraison à soi–même réalisée par
les producteurs, n’ont fait l’objet d’aucune utilisation ou de réemploi.
Par « bien rénové », il y a lieu d’entendre les biens usagés remis à l’état
neuf et dont le bon fonctionnement est garanti par le rénovateur.
Les biens acquis ou crées doivent être affectés soit à des opérations
imposables à la TVA, soit à la production de biens destinés à l’exploitation
25
de l’entreprise ou à l’exportation ou à une opération bénéficiaire du régime
de la franchise de taxe.
Aussi, les biens amortissables acquis ou crées, pour ouvrir droit à la
déduction de la TVA ayant grevé leur coût d’acquisition ou de production,
doivent être inscrits en comptabilité pour leur valeur d’achat ou de revient
diminué de déduction de taxe à laquelle ils ont donné lieu.
Selon l’article 38 du code des Taxes sur le Chiffre d’Affaires, Les biens en
question doivent être conservés pendant une période de cinq ans (05)
suivant la date d’acquisition ou de création.
En cas de cessation, de cession à titre onéreux ou gratuit du bien ou
d’abandon de la qualité de redevable à la TVA, l’assujetti est tenu de
reverser la TVA, initialement déduite proportionnellement au nombre
d’années restant à couvrir.
Le décompte du nombre d’années à retenir va de l’année d’acquisition telle
que portée sur documents justifiant jusqu’à l’année de l’événement ayant
donné lieu à la perte du droit à déduction, c’est à dire la sortie du bien du
patrimoine ou la perte de la qualité de redevable.
La régularisation sera opérée selon le procédé suivant.
Montant à régulariser :
Montant de la TVA déduite x (5 - nombre d’années d’utilisation)
5
Le reversement doit être effectué au plus tard le 20 du mois suivant celui
au cours duquel s’est produit l’acte qui le motive.
Le décompte est fait en année, toute année entamée est décomptée pour
une année entière.
Exemple : Un bien acquis le 20/12/2023. Il sera décompté une
année pour la période allant du 20/12 au 31/12/2023
Conformément à l’article 38 du Code de TVA, Aucune régularisation n‘est
à opérer si le bien cesse définitivement d‘être utilisé pour des cas de force
majeure dûment établis ainsi que les cessions de biens par les sociétés de
crédit - bail en cas de levée d‘option d‘achat à terme par le crédit preneur.
26
Section 03 : Les redevables partiels.
Les redevables partiels sont ceux qui ne réalisent pas exclusivement des
opérations ouvrant droit à déduction en matière de TVA. Ils sont assujettis
sur une partie seulement de leur activité professionnelle.
Pour le calcul de la TVA, les redevables partiels sont soumis à des règles
spécifiques qui ont effet de limiter la déduction à une fraction de la taxe
collectée ayant grevé leurs biens services.
Cette fraction est égale au montant de ladite taxe affectée d’un pourcentage
général de déduction appelé « PRORATA».
1. Calcul du PRORATA.
Le pourcentage de déduction est déterminé par un rapport Comprenant :
Au numérateur :
Le CA hors taxes soumis à la TVA ;
Le CA afférent aux produits et services exonérés dont les prix sont
réglementés (opérations exonérées assimilées à des opérations
imposables pour l’exercice du droit à déduction) ;
Le CA afférent aux exportations de produits passibles de cette taxe ;
Le CA réalisé en franchise de taxe (opérations réalisées avec un
secteur exonéré ou personne bénéficiant d’achats en franchise).
Au dénominateur :
Les sommes portées au numérateur ;
Montant du chiffre d’affaires provenant d’affaires exonérées
n’ouvrant pas droit à déduction ;
Opérations situées hors champ d’application de la TVA.
Le prorata dégagé est arrondi à l’unité immédiatement supérieure.
Exemple : 99,12% ou 64,56% le pourcentage doit être arrondi
respectivement à 100% ou 65%.
Exemples prévus par la circulaire n°04/2018
Cas d’un contribuable réalisant des opérations soumises à la TVA et des
opérations exonérées ouvrant droit à déduction :
Une société spécialisée dans la production des pâtes alimentaires, de
semoule et de farine panifiable destinée à la fabrication de pain a réalisé
les chiffres d’affaires ci-après :
27
CA correspondant aux ventes de pâtes alimentaires :
35.000.000DA
CA correspondant aux ventes de la farine panifiable :
10.000.000DA
Les opérations de vente des pattes alimentaires sont imposables à la TVA
au taux de 9%. Pour ce qui est de la farine panifiable, destinée ç la
fabrication de pain, celle -ci est exonérée de cette taxe conformément aux
dispositions de l’article 9-1 du CTCA, mais avec droit à déduction dans la
mesure ou son prix est réglementé (article 32 du CTCA).
Dans ce cas, il n’y a pas lieu de calculer un prorata de déduction dans la
mesure ou toutes les opérations réalisées par cette société ouvrent droit à
la déduction de la TVA sur achats en vertu des dispositions de l’article 32
du CTCA.
Cas d’un contribuable réalisant des opérations soumises à la TVA et des
opérations hors champ d’applications de la TVA
Un contribuable réalise à la fois :
CA correspondant aux ventes de viande rouge congelée :
15.000.000DA
CA correspondant aux opérations de vents passibles de la
taxe sanitaire sur les viandes : 20.000.000DA
Les opérations de ventes soumises ç des taxes spéciales, telle que la taxe
sanitaire sur les viandes sont hors champ d’application de la TVA, en vertu
des articles 1 et 8 du CTCA. Toutefois, les viandes rouge congelées sont
imposables à la TVA, conformément aux dispositions de l’article 8-1 du
même code.
Ce contribuable est considéré comme un redevable partiel. Ainsi, le prorata
de la TVA sur achats est calculé comme suit :
15.0000.000
Prorata de déduction= x100
15.000.000 + 20.0000.000
Prorata de déduction = 43%
Cas d’une entreprise pharmaceutique réalisant des opérations
soumises à la TVA, des opérations exonérées ouvrant droit à
déduction et des opérations n’ouvrant pas droit à déduction :
Sout une entreprise de production pharmaceutique qui réalise un chiffre
d’affaires ventilé comme suit :
28
CA correspondant à une production vendue de médicament de
30.000.000DA
CA correspondant à une production vendue de produits
pharmaceutique de 20.000.000DA
CA issu de la production vendu de poches pour stomisés de
10.000.000DA
Les opérations de ventes de poches pour stomisés, relevant de la sous
position tarifaires n°90.21.90.00, sont exonérées de la TVA conformement
aux dispositions de l’articles 9-18 du CTCA, sans droit à déduction de la
taxe sur achat.
S’agissant des ventes correspondant aux médicaments, celles-ci sont
exonérées de la TVA en vertu des dispositions de l’article 9-3 du CTCA,
étant précisé que la taxe ayant grevé les intrants utilisés pour leur
fabrication est déductible, dans la mesure ou il s’agit de produits exonérés
dont les prix et marges sont réglementés.
Quant aux produits parapharmaceutiques, ceux-ci sont imposables au taux
de 19% avec droit à déduction.
Ainsi, cette entreprise qui réalise à la fois des opérations imposables et des
opérations exonérées de la TVA devra calculer le prorata de déduction
comme suit :
30.000.000 + 20.000.000
Prorata de déduction = x 100
50.000.000 + 10.000.000
Prorata de déduction = 83%
Cas d’une entreprise réalisant des opérations soumises à la TVA, des
opérations exonérées ouvrant droit à déduction et des opérations
exonérées n’ouvrant pas droit à déduction :
Soit une entreprise qui fabrique du matériel agricole et qui réalise à la fois :
CA correspondant aux ventes de moissonneuses batteuses de
30.000.000DA
CA correspondant opérations de ventes d’autres matériels agricoles
de : 100.000.000DA
Les opérations de ventes de moissonneuses batteuses sont exonérées de
la TVA conformément aux dispositions de l’article 9-24 du CTCA, sans droit
à déduction de la taxe sur achat.
S’agissant des ventes correspondant aux autres matériels agricoles, ceux-
ci sont soumis à la TVA, étant précisé que la taxe ayant grevé les intrants
29
utilisés pour leur fabrication est déductible, étant utilisés pour la réalisation
d’opération imposables à la TVA.
Ainsi, cette entreprise qui réalise à la fois des opérations imposables et des
opérations exonérées de la TVA est considérée comme redevable partiel,
par conséquent, la TVA ayant grevé ses achats est admise partiellement à
hauteur du prorata ci-après :
100.000.000
Prorata de déduction = x 100
100.000.000 + 30.000.000
Prorata de déduction = 77%
2. Modalités de détermination du prorata :
Le prorata à retenir pour le calcul du droit à déduction au cours d’une année
donnée est déterminé provisoirement en fonction :
Soit du chiffre d’affaires de l’année précédente,
Soit du chiffre d’affaires prévisionnel de l’année en cours.
Le montant des taxes déductibles, au titre de l’année considérée est, par
la suite, définitivement calculé d’après le chiffre d’affaires de cette même
année.
A cet effet, les redevables sont tenus de fournir, dans les 25 premiers jours
du mois de mars de chaque année, au service des impôts dont ils
dépendent, le pourcentage de déduction qu’ils appliquent pendant l’année
en cours ainsi que les éléments globaux utilisés pour la détermination du
pourcentage.
Si le pourcentage définitif se révèle inférieur ou supérieur de plus de 5
centièmes au pourcentage provisoire, le redevable doit procéder à une
régularisation dans les 25 premiers jours du mois de mars de l’année
suivante.
La régularisation donne lieu soit à un reversement de l’excédent de la taxe
déjà déduite, soit à une déduction complémentaire à la taxe initialement
déduite.
Remarque : Le pourcentage réel dégagé au cours d’une année
considérée, outre le fait qu’il donne lieu à la régularisation de la TVA déduite
au titre de la même année, sert également pour le calcul des droits à
déduction ouverts à raison des biens et services acquis l’année suivante et
devient définitif si le pourcentage de variation ne dépasse pas cinq points.
30
Les nouveaux redevables : Par nouveaux redevables, il faut entendre :
Les entreprises anciennes, qui par la suite d’un changement de
législation, deviennent obligatoirement passibles de la TVA,
Les entreprises qui deviennent redevables par option,
Les entreprises nouvellement créées.
Le montant du droit à déduction est déterminé : Pour les entreprises
nouvelles : Par l’utilisation d’un prorata provisoire, sur la base de leurs
prévisions d’exploitation de l’année considérée.
Le prorata provisoire s’applique jusqu’à la fin de l’année suivant celle de la
création de l’entreprise. Il est définitivement retenu pour la période écoulée
si, à la date d’expiration de cette dernière, il ne marque pas une variation
de plus de 5 points par rapport au pourcentage définitif. Dans le cas
contraire, la situation est régularisée sur la base du prorata (pourcentage)
réel au plus tard dans les 25 premiers jours du mois de mars.
31
Troisième Partie :
Le régime des achats en franchise de TVA
et
Le régime de la franchise de TVA
Chapitre 01 : Le régime des achats en franchise de TVA.
La TVA repose sur le principe suivant lequel la taxe ayant grevé les éléments
constitutifs du prix d’une opération imposable est déduite de la TVA collectée
sur l’opération réalisée.
Toutefois, lorsqu’il s’agit d’une opération bénéficiant de l’exonération, l’assujetti
se trouve dans l’impossibilité d’imputer cette taxe, c’est pourquoi l’article 42 du
code des taxes sur le chiffre d’affaires a institué le régime des achats en
franchise
Section 02 : Définition du régime des achats en franchise de TVA.
Le régime des achats en franchise est un régime qui permet aux assujettis
qui se trouvent dans l’impossibilité d’imputer la taxe payée sur achat,
d’acquérir en franchise de TVA les biens, marchandises et services destinés
soit à l’exportation, soit à la production de biens expressément exonérés par
la loi.
Section 03 : Opérations bénéficiant de la franchise de TVA.
Peuvent bénéficier de la franchise de la taxe sur la valeur ajoutée :
1. Les biens, services et travaux dont la liste est fixée par la réglementation
relative aux activités des hydrocarbures, destinés à être affectés
exclusivement à ces dernières, acquis par les fournisseurs et sous-traitants
des entreprises exerçant ces activités, dans le cadre de la législation y
relative.
32
En cas de non-utilisation exclusive desdits biens, services et travaux aux
opérations entrant dans le cadre des activités susvisées, il est fait application
des dispositions de l’article 30 ou de l’article 39 du présent code, selon le cas.
2. Les achats ou importations de marchandises, réalisés par un exportateur,
destinés soit à l’exportation ou à la réexportation en l‘état, soit à être
incorporés dans la fabrication, la composition, le conditionnement ou
l‘emballage des produits destinés à l‘exportation ainsi que les services liés
directement à l‘opération d‘exportation ;
3. Les biens et services acquis dans le cadre d’un marché conclu entre une
entreprise étrangère n’ayant pas, aux termes de la législation fiscale en
vigueur, et nonobstant les dispositions des conventions fiscales
internationales, d’installation professionnelle permanente en Algérie et un
cocontractant bénéficiant de l‘exonération de la taxe.
Section 03 : Procédures régissant le régime des achats en franchise :
1. Conditions de l’octroi de l’agrément.
L’octroi de l’agrément est subordonné :
À la tenue d’une comptabilité en la forme régulière par l’entreprise
bénéficiaire ;
À la production d’extraits de rôles, certifiant l’acquittement de tous
impôts et taxes exigibles ou l’octroi de délais de paiement par
l’administration fiscale, à la date de dépôt de la demande d’agrément
Cette dernière formalité est exigée annuellement lors de la délivrance de
l‘autorisation annuelle d‘achats en franchise de taxe par l‘Inspecteur
divisionnaire des impôts de wilaya.
2. Procédures de l’octroi de l’agrément.
Les demandes d’octroi de l’agrément sont introduites auprès du directeur
des grandes entreprises ou du directeur des impôts de wilaya
territorialement compétent.
33
Lorsque l’agrément est accordé, le directeur des grandes entreprises, le
directeur des impôts de wilaya fait connaître au bénéficiaire, le montant du
contingent accordé.
2.1 Le contingent :
L’autorisation d’achat en franchise de la TVA, dont la durée de validité est
d’une année civile, est délivrée par le directeur des grandes entreprises, le
directeur des impôts de wilaya ou le chef de centre des Impôts pour un
contingent annuel dont le montant ne peut excéder :
Soit la valeur de vente, taxe non comprise, des marchandises
normalement passibles de la TVA, livrées à la même destination par
le bénéficiaire de l’autorisation au cours de l’exercice précédent ;
Soit le montant, taxe non comprise, des achats de produits de
l’espèce au cours de l’année précédente, majoré de 15%.
Le contingent normal peut être augmenté par décision du directeur des
impôts de wilaya ou du chef de centre des impôts sur présentation de tous
documents susceptibles de justifier la nécessité de l‘augmentation sollicitée.
Au début de l’année civile et avant le renouvellement de l‘autorisation
annuelle, il peut être accordé par le directeur des impôts de wilaya ou du
chef de centre des impôts un contingent provisoire fixé au quart du quantum
de l‘année antérieure.
Lorsque l’agrément est sollicité par une entreprise nouvellement installée,
un contingent provisoire d‘échéance trimestrielle est accordé. Ce contingent
est ensuite révisé pour fixer la limite d‘achats en franchise de taxe sur la
valeur ajoutée jusqu‘à la fin de l‘année civile.
2.2 Réalisation des achats en franchise :
Les achats en franchise de la taxe sur la valeur ajoutée sont effectués sur
remise par le bénéficiaire au vendeur (achats locaux) ou au service des
douanes (à l’importation), d’une attestation (F n°22) visée par le service des
34
impôts dont dépend ledit bénéficiaire, comportant engagement de paiement
de l’impôt ainsi que des pénalités éventuellement encourues au cas où les
produits ne recevraient pas la destination ayant motivé la franchise.
2.3 Dépôt de l’état détaillé des stocks acquis en franchise :
Les bénéficiaires d’achats en franchise de la TVA doivent déposer en fin
d’exercice et au plus tard le 15 janvier, au bureau des taxes sur le chiffre
d‘affaires dont ils dépendent sous peine d’une amende fiscale de 100.000
DA, un état détaillé par nature et valeur des stocks acquis en franchise de
taxe.
L’état détaillé doit contenir les renseignements relatifs à la nature et à la
valeur des stocks des produits, objets ou marchandises acquis en franchise
de taxe et détenus par les bénéficiaires le 1er janvier à zéro heure.
Lorsque ces produits, objets ou marchandises ne peuvent faire l’objet d’un
inventaire détaillé par nature et valeur, il est admis que le montant de ces
stocks soit déterminé globalement par référence à la valeur d’achat des
marchandises exportées ou livrées conformément à leur destination pendant
l’exercice écoulé.
35
Chapitre 02 : le régime de la franchise de TVA.
La réalisation d’un investissement nécessite souvent d’énormes ressources
financières pour l’acquisition ou l’importation des équipements.
Afin d’alléger les contraintes financières qui pèsent lourdement sur la trésorerie
des investisseurs, la loi a institué en leur faveur le régime de la franchise de taxe
qui leur permet d’acquérir ou d’importer ces équipements en suspension de
taxes.
Contrairement à l’achat en franchise qui est une véritable exonération sur achat,
le régime de la franchise de taxe est en fait une forme de « suspension de taxe
» puisque les bénéficiaires de cette réglementation achètent effectivement en
hors taxe mais lorsqu’ils réalisent l’opération imposable, ils facturent à leurs
clients la TVA brute et la reversent intégralement aux services fiscaux.
Section 01 : Champ d’application du régime de la franchise de taxe.
Le régime de la franchise de taxe s’applique aux :
Biens et services entrant directement dans la réalisation de
l’investissement de création ou d’extension lorsqu’elles sont effectuées
par des entreprises exerçant des activités réalisées par les promoteurs
soumis à cette taxes et éligibles au « Fonds national de soutien à
l‘emploi des jeunes » ou au « Fonds national de soutien au micro-crédit
» ou à « la caisse nationale d‘assurance-chômage ».
Les véhicules de tourisme ne sont concernés par cette disposition que lorsqu’ils
représentent l’outil principal de l‘activité.
Opérations relatives aux contrats portant sur la réalisation
d’investissements d’importance nationale et ce, jusqu’à l’achèvement
des investissements programmés.
Section 02 : Conditions d’octroi de la franchise de taxe.
Le bénéfice de la franchise de taxe est subordonné aux conditions suivantes :
L’entreprise doit exercer l’une des activités citées supra ;
L’entreprise doit être imposée suivant le régime du réel ;
Les biens d’équipements doivent être destinés à la réalisation
d’opérations imposables à la TVA.
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Quatrième Partie : Le remboursement de la
TVA
Le droit à déduction de la TVA qui a grevé le prix d’achat ou de revient des
opérations y ouvrant droit est normalement exercé par voie d’imputation
due au titre des opérations ouvrant droit à déduction.
Toutefois, ce droit peut être exercé par voie de remboursement pour la
fraction de taxe déductible dont l’imputation n’est pas possible.
C’est pourquoi, il est prévu, dans certains cas, la restitution de la taxe
normalement déductible lorsque celle-ci ne peut être imputée entièrement
sur la TVA due au titre des opérations imposables réalisées par un assujetti.
Ainsi, les redevables de la TVA qui n’ont pas la possibilité de récupérer les
taxes payées à leurs fournisseurs ou en douane peuvent, sous certaines
conditions, demander la restitution de la taxe par voie de remboursement
direct.
Chapitre 01 : Les cas de remboursement de la TVA.
Le remboursement de la TVA est prévu dans les cas ci-après :
1. Opérations exonérées :
Opérations d’exportation ;
Opérations de commercialisation de marchandises, de biens et
services expressément exonérées de la TVA, ouvrant droit à
déduction ;
Opérations de livraison de marchandises, de travaux, de biens
et services à un secteur exonéré ou bénéficiant du régime de
l’autorisation d’achat en franchise de taxe.
2. La cessation d’activité :
Toutefois, le remboursement du crédit de TVA est déterminé après
régularisation de la situation fiscale globale du redevable, notamment
en matière de reversement des déductions initiales et des plus-values
de cessions professionnelles.
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3. Application de taux différents :
Le remboursement est prévu en cas de la différence de taux de la
TVA résultant entre l’application du taux sur l’acquisition des matières,
marchandises, biens amortissables et services et le taux applicables
sur les affaires taxables, lorsque le solde créditeur porte sur une
période de trois (03) mois consécutifs.
4. Opérations réalisées par des redevables partiels :
Pour les redevables partiels, le remboursement des crédits de TVA
non imputables est limité à la fraction de la TVA qui est déductible
selon les règles spéciales prévues à l‘article 39 du code des Taxes
sur le Chiffre d‘Affaires.
La fraction de la TVA non déductible est, dans ce cas, considérée
comme une charge déductible pour la détermination du bénéfice
imposable.
Chapitre 02 : Les conditions de remboursement de la TVA.
L‘octroi du remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est
subordonné aux conditions ci-après :
La tenue d‘une comptabilité régulière en la forme ; - la production
d‘un extrait de rôle ;
La mention du précompte sur les déclarations mensuelles
souscrites par le bénéficiaire ;
Les demandes de remboursement des crédits de taxe sur la
valeur ajoutée doivent être formulées, selon le cas, auprès du
directeur des grandes entreprises, du directeur des impôts de
wilaya, ou du chef du centre des impôts compétent au plus tard
le 20 du mois qui suit le trimestre au titre duquel le
remboursement est sollicité.
Pour les redevables partiels, les demandes de remboursement doivent
être introduites au plus tard le 30 avril de l‘année qui suit celle de la
constitution du crédit.
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Le crédit de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) doit être constitué
de la TVA/achats régulièrement déduits, notamment en
application des dispositions de l‘article 30 du présent code.
Le crédit de la taxe dont le remboursement a été demandé ne
peut plus donner lieu à imputation, il doit être annulé par le
redevable dès le dépôt de sa demande de remboursement ;
Le montant du crédit de la taxe constaté au terme du trimestre
civil et dont le remboursement est sollicité doit être égal ou
supérieur à un million de dinars (1.000.000 DA).
Concernant les contribuables ayant cessé leur activité et les
redevables partiels dont les demandes de remboursement sont
annuelles, la condition relative au montant n‘est pas exigée.
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