0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
701 vues688 pages

Catalogue Des Infractions en Droit Congolais Ok

Transféré par

hervebiyangu
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
701 vues688 pages

Catalogue Des Infractions en Droit Congolais Ok

Transféré par

hervebiyangu
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
Vous êtes sur la page 1/ 688

Bony CIZUNGU M.

NYANGEZI

CATALOGUE DES
INFRACTIONS
DES INCRIMINATIONS ET DES PEINES

Préface de
Flory KABANGE NUMBI
Procureur Général de la République

Maison d’Edition Laurent Nyangezi


Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
2

Du même auteur :

- Le Bailleur, le Droit et le Locataire, Droit congolais de la location ex-


pliquée
Kinshasa 2005, édité par l’auteur.
- Comment louer une maison, comment acquérir un terrain, Kinshasa
RCN 2009.
- Les infractions douanières, Recherches et poursuites, à paraître.
- Guide Pratique des droits de la femme, en préparation.

© Kinshasa-Matonge 2010
Dépôt légal n°: AI 3.01004 - 57082
Première édition
E-mail [email protected]
Tel. : (+243) 999929708 - (+243) 995803747 - (+243) 812010175
Catalogue des infractions 3

Tous droits, même de reproduction d’extraits, de reproduction photomé-


canique
ou de traductions, réservées.
Dédicace

A tous ceux qui disent : « il n’y a pas de lois dans ce


pays », pour exprimer le fossé qui sépare les lois de leur
application effective ;
A tous ceux qui sont soucieux de mieux appliquer les lois
sur base desquelles ils jugent, assistent, représentent, pos-
tulent, défendent et dénoncent ainsi qu’à toutes les victimes
de la Justice Congolaise et de l’impunité ;
Nous dédions cette œuvre.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
4

Préface

Présenter un livre qui, très certainement, fera date en


droit pénal spécial est à la fois un grand plaisir et un grand
honneur. C’est là, à mon humble avis, une occasion d’être
associé à un travail de qualité qui démontre que notre doc-
trine en droit pénal spécial était dépassée face, d’une part à
l’évolution législative dans notre pays ces quinze dernières
années, et d’autre part au regard de nouvelles formes de
criminalité. Dans cette optique, ce livre intitulé : « Cata-
logue des infractions » peut être qualifié d’original et de
courageux.
L’originalité résulte du parcours personnel et profession-
nel de l’auteur et de la méthodologie adoptée. Nanti d’expé-
riences de défenseur judiciaire, de magistrat du parquet, de
consultant et de juge, l’auteur a su tirer profit de ses
connaissances et de son expérience pour nourrir ses déve-
loppements d’aspects pratiques très intéressants. A ces
atouts, il allie une méthodologie d’approche alphabétique ;
ce qui est une innovation.
A ce double titre, il est administré la preuve, s’il en était
besoin, qu’en partant de la pratique, il est possible de sortir
le droit du cerclé fermé de seuls initiés (magistrats, avo-
cats, chercheurs, jurisconsultes, ….) pour le mettre à la dis-
position du public, d’offrir à tous un recueil précieux, sans
se départir de la rigueur scientifique qu’exige toute œuvre
du genre.
Le courage réside dans le choix d’un sujet aux contours
vastes. Les infractions en droit congolais sont légion. Elles
sont un produit d’importation. Les unes éparpillées dans
des textes de lois de l’époque coloniale et de l’après indé-
pendance, les autres plus actuelles tirent fondement dans
un élan législatif prolifique qui ne tarit pas et qui est mu
par le besoin de se conformer aux conventions et traités in-
ternationaux auxquels la République Démocratique du
Congo a souscrit et adhéré.
A tous égards, c’est à un travail de fourmis auquel Mon-
sieur Bony CIZUNGU MUGARUKA NYANGEZI nous invite.
Catalogue des infractions 5

Il éclaire des formes d’actes, sous d’autres cieux criminali-


sés que notre droit tarde à rendre infractionnels et il élu-
cide des comportements antisociaux et même immoraux
non encore pénalisés. Il ouvre ainsi la voie, de lege ferenda,
à une nouvelle appréhesion et à une autre acception du
droit pénal spécial congolais.
Spécifiquement l’auteur s’est attaché d’abord à dégager
une définition rigoureuse de chaque infraction. Ensuite, il a
su caractériser l’élément matériel et moral de chaque pré-
vention pour en déterminer le régime répressif, étant donné
que le juge doit au préalable déterminer les éléments
constitutifs avant toute condamnation.
Enfin, l’écrivain, en guise de vulgarisation, a fait réfé-
rence et recouru à des exemples concrets pour atteindre un
plus grand public et surtout le public le moins loti scientifi-
quement, sans omettre d’éclairer par la jurisprudence et la
doctrine requises la compréhension des incriminations.
Pareille tâche a vraisemblablement été immense et rude
mais, l’auteur a su donner le meilleur de lui-même pour ve-
nir à bout des difficultés inhérentes à la tâche et sortir un
livre de qualité. En outre l’ouvrage répertorie et accom-
pagne d’une étude non seulement les infractions nouvelle-
ment crées au regard des lois récemment adoptées et pro-
mulguées notamment en matières de crime de génocide, de
crimes contre l’humanité, de blanchiment des capitaux et
de financement du terrorisme, de violences sexuelles, et de
protection de l’enfant mais aussi les formes de criminalités
issues de l’évolution technologique, de la spécialité et de la
dangerosité des criminels. Il dégage, bien entendu, à la
suite d’autres auteurs et écrits précédents les infractions
généralement usuelles.
Dans cette optique, le livre est tombé à point nommé et
demeure plus qu’indispensable à tous égards. Il augure des
lendemains qui chantent et des succès tant pour l’auteur
que pour les éventuels usagers. C’est pourquoi, je le recom-
mande plus particulièrement et d’abord aux magistrats du
parquet mais aussi à ceux du siège, aux inspecteurs et offi-
ciers de police judiciaire ainsi qu’aux auxiliaires de la Jus-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
6

tice ; bref à tous les acteurs judiciaires dans la mission de


recherche et de poursuite des infractions ainsi que de pro-
tection et de défense des droits de l’homme. Et, pour em-
prunter les termes du Professeur André Vitu, je crois que
tous puiseront dans ce substantiel travail une connaissance
plus précise et plus complète des incriminations et leurs
définitions.
L’usage, à bon escient de cet outil dictera la conduite à
adopter, épargnera un recours à la multitude des lois, par-
fois ennuyeuses, souvent fastidieuses, clairsemées des
textes et règlements épars et d’ouvrages trop exotériques.
Il permettra en outre tant soit peu de renforcer les capaci-
tés de notre appareil judiciaire, de lutter contre l’impunité
et de rapprocher la justice du justiciable.
Je ne puis donc que souhaiter à cet ouvrage, facile à
consulter, tout le succès qu’il mérite auprès des praticiens
du droit et du public en vue de la promotion d’un idéal de
justice au service du développement de la société et du
congolais.

Flory KABANGE NUMBI


Procureur Général de la
République
Catalogue des infractions 7

Avant-propos

Une des fonctions essentielles du droit est de permettre à


l’individu de savoir à l’avance « quelle règle régira la situa-
tion dans laquelle il envisage de se placer ». Il en est ainsi
lorsqu’une personne contrevient à une interdiction. En ef-
fet, Chaque société a un code des faits répréhensibles,
d’actes et omissions interdits. Aussi chaque fois qu’une per-
sonne pose un acte que la loi réprime ou ne se conforme
pas aux dispositions d’une loi prévoyant des sanctions pé-
nales ou d’un arrêté pris en application de ladite loi ; la per-
sonne commet une infraction.
L’infraction et la sanction que l’infraction appelle s’en-
tendent (en vertu du principe « il n’y a pas d’infraction ni
de peine sans loi ») comme l’acte que la loi défend et la me-
sure infligée par la justice répressive à titre de punition.
Dans un pays comme la République Démocratique du
Congo où l’assainissement des mœurs, la chasse à l’impuni-
té et l’avènement d’un Etat de droit captivent les attentes
de tous mais également dans le cadre de la simple moralisa-
tion de la société, il est indispensable de connaître les com-
portements infractionnels.
La connaissance des faits et comportements réprimés est
plus que nécessaire lorsque l’on sait que les infractions sont
nombreuses. Issues des vieilles et récentes mais exubé-
rantes productions législatives, les infractions sont ignorées
pour la plupart, par beaucoup de citoyens voire des prati-
ciens du Droit. En plus, les infractions en particulier comme
le droit congolais en général souffrent d’une absence et
adéquate vulgarisation. Cela rend difficiles les objectifs
que nous nous sommes assignés, mais plus que jamais cap-
tivants.
La tâche est plus qu’encore indispensable mais pénible
parce que notre droit est fondé sur une architecture héritée
de la colonisation. Il est un droit étranger, non conforme
aux réalités congolaises propres. Il est confronté à la non
maîtrise du fonctionnement et de l’administration de la jus-
tice par le justiciable souvent insuffisamment instruit et
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
8

ignorant à quel saint se vouer notamment devant la léthar-


gie dans l’exercice de l’action publique et la présence des
décisions judiciaires non exemptes de reproches.
Dans pareils cas, l’ignorance, l’impunité et les violations
des droits et libertés ont pour le patrimoine et la liberté des
citoyens les conséquences les plus fâcheuses, tandis que la
maîtrise des principes élémentaires du droit pénal, la re-
cherche des infractions, des auteurs et leur répression ra-
pide et certaine sont les plus sûres défenses contre les
risques de violation de droits de l’homme. Elles sont un
rempart pour que l’action publique dans son exercice par le
Procureur Général à qui elle appartient dans toute sa pléni-
tude ne puisse souffrir ni d’entraves ni de retard. Une voie,
espérons-nous, de restaurer les équilibres sociaux rompus
et stimuler tant soit peu un sentiment de justice sociale.
Voilà pourquoi, il nous a paru opportun de systématiser
les actes et omissions portant atteinte aux personnes, à la
famille , aux propriétés, à la foi publique, à l’ordre public, à
l’ordre militaire, à l’ordre économique, à la sécurité et à la
sûreté publique, et aux droits garantis aux particuliers.
Pour y parvenir nous avons puisé forces et motivations dans
un esprit aigu et pointu de recherches et dans une pratique
judiciaire longue et assidue.
L’objectif a été de répondre à trois préoccupations. La
première, assouvir une faim de magistrat soucieux de facili-
ter l’accès du plus grand nombre aux droits et lois de son
pays à travers un exposé clair et compréhensible. La
deuxième, contribuer à la sensibilisation de notre droit pé-
nal dans sa plus grande acceptation, car les lois sur base
des quelles nous sommes jugés et jugeons nos semblables
sont sinon toujours ignorés par ceux pour qui elles sont
faites, parfois par ceux qui les appliquent. La troisième,
renforcer les capacités de notre justice en vue de redorer
son blason et rapprocher, en matière répressive, la justice
du justiciable.
Ces préoccupations, sans nul doute, attestent que l’ou-
vrage est réservé aux Justiciables, aux Officiers et Inspec-
teurs de police judiciaire, aux Magistrats, aux Associations
Catalogue des infractions 9

de Défense des Droits de l’homme et de développement,


aux para juristes et Activistes de Droits de l’homme, aux
Commissions Justice et Paix, aux Etudiants en droit, Cher-
cheurs et Journalistes.
Tout le monde y puisera avec satisfaction, j’en suis
convaincu, les éléments nécessaires à l’accomplissement du
devoir. Aux uns et aux autres, de se former un mode de vie,
savoir à quelle sanction un comportement donné peut
conduire. Se faire désormais sur les cas au sujet desquels
on a à se prononcer une opinion, arrêter la décision en l’ap-
puyant sur la législation, la doctrine, la jurisprudence et
fixer les modalités et sanctions dont les juges estimeront
devoir l’assortir.
Une évidence, d’autant plus que personne n’est assez
certaine de sa science ou de sa mémoire pour assurer
qu’une doctrine ou une jurisprudence ne lui échappe. Sur-
tout pas les hommes d’affaires exposés davantage à s’éga-
rer dans le travail toujours difficile de la compréhension
d’un texte de loi et à la rigueur de celle-ci. Encore moins les
acteurs politiques souvent en clins à interpréter de façon
partisane les dispositions légales. Tous, je l’espère, auront
désormais un document de référence à leur portée.
Comme les destinataires, les objectifs visés et l’intérêt
escompté ont mérité une sollicitude particulière. Ainsi, les
futurs usagers s’aventureront aisément et singulièrement
dans l’univers pénal congolais pour le moins complexe, car
ils ont eu droit à de la qualité et à de l’exactitude.
Par devoir d’équité, nous mentionnons l’active et intelli-
gente collaboration de notre chère épouse Gisèle BAGALWA
ainsi que le soutien et l’assiduité des personnes anonymes à
la lecture et aux suggestions dont nous avons été entourés.
Nous n’allons pas, en outre, omettre la fierté et le réel plai-
sir de voir paraître cette œuvre, fruit d’un dur labeur, et
que Monsieur le Procureur Général de la République ait ac-
cepté de la préfacer.
Que tous ceux qui ont donné de leurs efforts et contribu-
tions tant à la rédaction qu’à la parution de cet ouvrage
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
10

trouvent ici le témoignage modeste de notre sincère et mé-


ritée gratitude.
ENAMA ZIGASHANE
Catalogue des infractions 11

Introduction générale
Le phénomène criminel est une donnée sempiternelle de
l’histoire de l’humanité. Le droit pénal sanctionne un cer-
tain nombre de comportements réprimés par la morale sans
se confondre avec elle. Il distingue les infractions naturelles
dont la détermination transcende les sociétés et les
époques et qui déclenchent une réaction sociale forte lors
de leur commission et les infractions artificielles, les infrac-
tions par détermination de la loi, constituant des comporte-
ments répréhensibles parce que le législateur les a assortis
d’une sanction pénale (infractions fiscales, économiques,
des sociétés, du travail). Ces infractions sont spécifiques à
un certain type de société à une époque donnée.

I. Evolution générale
Le premier souci des Etats de droit est de déterminer et
de définir les infractions1, constituant un acte de respect du
contrat social fondateur et assurant la garantie de la sauve-
garde concomitante de l’ordre public et des droits indivi-
duels. Le législateur dresse une liste des infractions en défi-
nissant leurs éléments constitutifs et le régime propre à
chaque infraction. Ce catalogue d’infractions constitue le
droit pénal spécial et il occupe la majeure partie de la légis-
lation pénale. Son volume est très important du fait du
grand nombre de comportements incriminés par une infla-
tion législative.

II. Définition
Le droit pénal général étudie les règles déterminant les
comportements réprimés par un texte à valeur répressive et
a comme objet la détermination des infractions définies
comme des comportements déviants sanctionnés par une
peine.

1
Les infractions sont autant nombreuses et variées que les lois qui les créent. Un livre de cette nature
ne peut aucunement prétendre les contenir toutes. Ce livre ne traite pas des infractions en matières
fiscale et douanière auxquelles nous réservons notre prochaine publication. Il ne traite pas non plus des
infractions en matière des sociétés commerciales.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
12

Le droit pénal spécial étudie les diverses infractions du


droit positif, leur régime juridique et leur répression, c’est-
à-dire les peines encourues. Formellement, il représente le
catalogue des conduites individuelles qui, à un moment
donné, dans un groupe social, sont considérées comme
troublant gravement l’ordre public et qui constituent des
actes interdits par la loi et réprimés par le droit pénal. Il
représente le pivot central de l’application du droit pénal,
en général car les autres branches du droit pénal sont
conçues pour permettre sa mise en œuvre. Le droit pénal
spécial étudie chaque infraction en détaillant les termes de
chaque incrimination.
Les termes d’incrimination et d’infractions sont syno-
nymes dans le langage courant mais ils peuvent recouvrer
des dimensions juridiques différentes. L’incrimination dé-
signe la définition légale proposée par le texte, faisant réfé-
rence à son élément légal, alors que l’infraction renvoie au
comportement reproché à l’auteur et se réfère à l’élément
matériel.
La qualification1 est le procédé essentiel au sein du droit
pénal. L’identification des éléments constitutifs décrits par
une infraction spécifique permet de qualifier un comporte-
ment et de déterminer la répression applicable. Chaque in-
fraction se compose de trois éléments constitutifs obliga-
toires.

1. Structure classique des infractions


 L’élément légal, expression du principe directeur de la
légalité pénale, est reflété par le texte d’incrimination lui-
même. Un comportement ne saurait être appréhendé par
le droit pénal s’il n’a pas été préalablement défini et ré-
primé par un texte. Ce principe constitutionnel s’impose
au législateur, au juge et au citoyen.

11
La confrontation rigoureuse des faits (contenus dans la plainte, dans l’assignation à prévenu, dans la
citation directe ou dans la traduction directe et la décision de renvoi) avec le prototype de l’infraction
définie à l’avance par le texte légal constitue la qualification. Il s’agira chaque fois de rattacher le fait à
une définition légale de l’infraction ; ce qui peut conduire à plusieurs qualifications avant d’aboutir à
celle qui correspond réellement à l’espèce sous étude. La qualification a une double utilité : savoir si le
fait est punissable mais aussi connaître le régime juridique applicable à ce fait.
Catalogue des infractions 13

Le juge n’a pas de pouvoir créateur d’infractions et de


peine ; il doit se conformer au droit existant. Le juge ne
peut faire d’interprétation par analogie et choisir d’appli-
quer l’incrimination à une hypothèse voisine de celle qui
est régie et prévue par le texte. Il doit strictement quali-
fier les faits selon les règles existant au moment de l’ac-
tion. Il n’applique pas une nouvelle incrimination à un
comportement ayant eu lieu avant son entrée en vigueur.
 L’élément matériel constitue le comportement de com-
mission ou d’omission visé par la répression. Si les atti-
tudes positives ou négatives dans la perpétration de l’in-
fraction sont punies, leur régime juridique n’est pas iden-
tique. Les infractions de commission ne contiennent pas
de définition obligatoire de l’élément matériel qui peut
être déduit des termes de l’incrimination. Les infractions
de pure omission, constituées par une simple attitude
passive, sont réprimées exclusivement lorsqu’elles sont
prévues par un texte spécifique.

 L’élément moral (psychologique ou intellectuel) connait


des degrés multiples, allant de la recherche du résultat,
de la conscience de transgresser la norme pénale à la
faute non intentionnelle simple ou caractérisée. Parfois
l’intention n’est pas requise pour qualifier l’infraction,
rendant sa preuve inutile. La simple constatation maté-
rielle peut entraîner l’existence de la faute suffisant à la
qualification juridique. On admet en outre des infractions
non intentionnelles lorsque la loi le prévoit expressément.
Enfin, la loi prévoit le dol général, constituant la volonté
de violer la loi pénale, et le dol spécial, représentant la
recherche du résultat spécifiquement prohibé.

2. Intérêt de la qualification
La démarche de qualification est la mission essentielle du
juge pénal. Concrètement le juge décompose les différents
éléments constitutifs d’une infraction et vérifie leur exis-
tence dans le comportement qui est soumis à son analyse.
La vérification de l’élément légal conduit à s’assurer de
l’existence d’un texte et de sa validité, alors que les élé-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
14

ments matériels et moral reposent sur la prise en compte


du comportement et de l’état de l’esprit de l’auteur des
agissements. Ces éléments sont cumulatifs. Lorsque l’un
d’entre eux fait défaut, la qualification pénale n’est pas pos-
sible et la répression s’en trouve paralysée.

III. Les caractéristiques du droit pénal spécial


Le droit pénal spécial est le droit qui complète les autres
droits, puisqu’il intervient dans toutes les disciplines juri-
diques pour sanctionner l’inexécution des règles juridiques
(civil, commercial, travail, urbanisme, élections, affaires,
mines, environnement…). Cette omniprésence dans les
autres branches du droit lui accorde un statut particulier
reposant sur son autonomie. Le droit pénal ne devrait pro-
téger que les valeurs individuelles, sociales et juridiques
essentielles.

IV. Les sources du droit pénal spécial congo-


lais
1. Les sources du droit pénal
Pendant longtemps on a pensé, que seule la loi pouvait
être source du droit pénal. Avec le dirigisme économique et
avec l’évolution technique des sociétés modernes, il est ap-
paru que pour les matières les moins graves, la procédure
législative était une source trop lourde et qu’il convenait de
faire une place au règlement et à certains actes administra-
tifs comme sources du droit pénal. La source principale du
droit pénal reste la loi. En dehors des codes, des nom-
breuses lois spéciales traitant de questions de droit pénal
ont été promulguées isolément.
Les actes du pouvoir exécutif peuvent être également
source de droit pénal. En principe les lois étrangères ne
sont pas source de droit pénal congolais en raison de la ter-
ritorialité du droit pénal. Il en est autrement des traités
passés avec les Etats étrangers. Il convient de noter que
ceux-ci, une fois ratifiés par la RDC, ont, en vertu de l’ar-
ticle 215 de la constitution, une autorité supérieure à celle
Catalogue des infractions 15

de nos lois, sous réserve pour chaque traité ou accord, de


son application par l’autre partie.

2. Détermination des infractions


La systématisation des faits punissables et des sanctions
qui doivent leur être appliquées (Droit pénal appliqué aux
infractions) est tributaire des sources. Il s’agit de la loi, de
la jurisprudence, de la doctrine, de la coutume, de l’équité
et des principes généraux du Droit.
Le principe de la légalité des infractions et des peines 1
est le plus important du droit pénal. Il est le principe fonda-
teur de cette œuvre. La première mission du juge pénal est
de vérifier si les faits lui soumis sont pénalement quali-
fiables, c’est-à-dire s’ils se rattachent à une définition légale
abstraite. Ce principe est inscrit dans la loi fondamentale
de la République Démocratique du Congo, de nos jours à
l’article 17 de la constitution du 18 février 2006.

3. Détermination des peines


Le juge ne peut prononcer que des peines expressément
prévues par la loi. Il ne saurait par exemple, prononcer une
peine d’amende excédant le maximum prévu par la loi pour
l’infraction considérée (cass. Crim. 10 mai 1984 : J.C.P, 84,
IV, 227). La plupart du temps les textes le laissent libre de
choisir entre un minimum et un maximum et d’autres textes
lui permettent d’individualiser la mesure à prendre. Il peut
accorder les circonstances atténuantes. Il arrive que, par
suite d’un oubli du législateur, des faits incriminés par la loi
ne se trouvent frappés d’aucune peine. Le juge ne peut se
substituer au législateur défaillant. On est en présence
d’une loi imparfaite et aucune sanction ne peut être pronon-
cée par analogie ou autrement.

4. La constitution du 18 février 2006


En son article 17, la constitution dispose : « Nul ne peut
être poursuivi pour une action ou une omission qui ne
11
Ce principe de la légalité des infractions et des peines est intégré dans notre droit ; d’abord, par
l’article 11 de la déclaration Universelle des droits de l’homme, à laquelle notre pays a adhéré , ensuite
par l’article 17 de la constitution de 18 février 2006 et enfin par l’article 1 er du code pénal.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
16

constitue pas une infraction à la loi au moment où elle a été


commise et au moment des poursuites » et « Nul ne peut
être condamné pour une action ou une omission qui ne
constitue pas une infraction à la fois au moment où elle est
commise et au moment de la condamnation »
En effet, cette constitution a été approuvée par référen-
dum du 18 et 19 décembre 2005 par la majorité du peuple
congolais.

5. Les lois ordinaires


La loi est la source essentielle du droit. Elle en est la
forme d’expression la plus libre et la plus sûre. Des lois qui
définissent les infractions et en fixent les peines destinées à
la répression, il faut reconnaître :
- Avant tout le code pénal de 1886. Il a été remis en ordre
par le décret du 30 janvier 1940 tel que modifié et com-
plété à nos jours.
- Le code pénal militaire, aujourd’hui loi n°024/ 2002 du 18
novembre 2002 (infractions et peines applicables par les
juridictions militaires), autrefois code de Justice militaire
(Ordonnance-loi n°72/060 du 25 septembre 1972)
- Le code de la route (Loi n° 78-022 du 30 août 1978 por-
tant Nouveau code de la Route),
- Le code de la famille, le code forestier, le code minier…
Au sens large font partie des lois l’ensemble de textes lé-
gaux non abrogés du temps colonial (Décrets royaux, Règle-
ments, Arrétés-royaux, Arrêtés-lois, Ordonnances du Gou-
verneur général, Ordonnances législatives) et post-colonial
(Lois, Décrets-lois, ou Ordonnances-lois, Ordonnances, Dé-
crets, Arrêtés pris en application des lois) ainsi que des
textes spéciaux éparpillés1 et non incorporés au code pénal.
Ces lois sont adaptées aux réalités concrètes par la juris-
prudence.

11
Notons qu’un effort de codification a vu le jour en 2002 avec l’édition des codes du Congo (R.D.C.)
qui vite est en voie d’être dépassé par l’inflation législative. Les codes Larcier, République
Démocratique du Congo sont une sélection des textes légaux en vigueur répertoriés jusqu’au 1 er janvier
2002.
Catalogue des infractions 17

6. La Jurisprudence est une source importante du


droit pénal appliqué
Comme la loi malgré toutes ses qualités théoriques ne
peut prévoir toutes les difficultés que son application sou-
lève, les jugements déjà rendus sont pris en exemples par
les plaideurs et leurs conseils pour demander au juge de
statuer de façon identique. La jurisprudence est donc une
source importante de droit1. Etant donné que le législateur
congolais continue à s’inspirer du droit de l’ancienne métro-
pole, souvent mal adapté à la mentalité juridique autoch-
tone, l’embarras est réel pour le juge amené le plus souvent
soit à suppléer au silence du législateur, soit à adapter le
droit métropolitain à la mentalité des justiciables2.
Ainsi le rôle de la jurisprudence est d’adapter les lois aux
réalités concrètes, aux cas d’espèce. Il existe des recueils
spécialement consacrés au recensement et à la conserva-
tion des décisions importantes des tribunaux congolais. Si
pour les juridictions de droit commun, il existe des recueils,
notamment les bulletins des arrêts de la Cour Suprême de
Justice, le répertoire général de la jurisprudence congo-
laise, le répertoire général de jurisprudence de la Cour Su-
prême de justice, les recueils de jurisprudence des cours et
tribunaux du Congo, pour ne citer que ceux-là ; l’accès à la
jurisprudence des juridictions militaires reste très délicat.
Ces recueils ont servi d’outils indispensables à l’instar de
divers traités ou livres d’éminents juristes au titre de la
doctrine.

7. La doctrine
Les opinions émises ou les conceptions élaborées au sujet
de la règle de droit joue un rôle important. Le juge peut
s’appuyer sur certains auteurs qui « font autorité » et dont
les opinions peuvent se révéler utiles. Les publications des
professeurs Likulia Bolongo, Nyabirungu Mwene Songa,
Akele Adau, Kalombo Mbanga, des auteurs Jean Lesueur,

11
J. PAUWELS. , L’adaptation du droit africain par voie jurisprudentielle : expérience et projets au
Congo, Revue Zaïroise de droit, 1971 n°1 pp. 61 et suivants.
2
KALONGO MBIKAYI et BUKA EKA NGOY. , Le juge zaïrois et l’interprétation des principes généraux
du droit national, R.Z.D.,n° spécial 1971 spécialement pp.37 et suivants.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
18

Georges Mineur, des magistrats congolais Katuala Kaba Ka-


shala, Nzangi Batutu, Esika Makombo, Muzama Matansi,
Shakira Mwene Mujinya, Kayumba N’kundi Sultan, du Père
De Quirini ainsi que des doctrinaires belges et français ont
été indispensable. Ils ont suffisamment retenu notre parti-
culière attention, sans perdre de vue qu’une doctrine bien
faite tient toujours compte des usages et manières d’être,
bref de la coutume.

8. La Coutume crée le droit


La coutume est la règle qui se manifeste uniquement par
son application répétée indépendamment de toute formula-
tion législative. Les usages, les habitudes, les manières
d’être ont crée et créent encore bien souvent la règle de
droit. En matière commerciale par exemple, il arrive que
l’usage supplée au silence de la loi. La coutume n’est ce-
pendant d’application que pour autant qu’elle n’est pas
contraire à la loi et à l’ordre public. Faut-il encore qu’elle
ne porte gravement atteinte à l’équité.

9. La force de l’intime conviction du juge


L’équité corrige la loi lorsque celle-ci est déficiente ou
imparfaite. Le juge se doit d’appliquer humainement le
droit, et dès lors de juger en équité. Il a les pouvoirs de ju-
ger selon les circonstances de la cause, avec le plus large
pouvoir d’appréciation d’après chaque cas lui soumis. Il ne
peut pas, bien entendu, dénaturer l’équité et verser dans
l’arbitraire. Aussi a-t-on jugé, qu’en matière répressive, un
fait allégué est établi (=prouvé) ou non d’après l’intime
conviction du juge, pourvu que son raisonnement soit moti-
vé1. La motivation peut être fondée même sur les principes
généraux du droit.

10. Les principes généraux s’appliquent au droit


pénal spécial congolais
Dans son entreprise d’administration du vaste territoire,
l’Etat Indépendant du Congo a été buté à la nécessité d’une
organisation judiciaire et d’une législation. Devant l’impos-
11
C.S.J., R.P, 97, 28 janvier 1976, Bull. 1977, p.20.
Catalogue des infractions 19

sibilité d’improviser des lois complètes et détaillées, il a


édicté une disposition qui permettrait aux tribunaux de sup-
pléer à l’absence ou à l’insuffisance des textes. C’est l’or-
donnance du 14 mai 1886. Celle-ci stipulait qu’en cas de
silence des lois les contestations seraient jugées d’après les
coutumes locales, les principes généraux du droit et l’équité
(bulletin officiel de l’Etat indépendant du Congo 1888, page
189).
Ce texte, qui était reproduit dans les codes en tête de la
législation civile s’appliquait en réalité à toutes les
branches du droit congolais et au droit pénal appliqué.
Comme disposition fondamentale, elle permettait pour
suppléer aux nombreuses lacunes de recourir aux principes
de droit universellement reconnus et à des droits étrangers,
belge et français en l’occurrence.
Cette ordonnance du 14 mai 1886 a été abrogée depuis le
15 mai 1960 en vertu des articles 199 et 201 du Décret du
07 mars 1960 portant Code de Procédure Civile et de l’arrê-
té royal du 15 avril 1960.
Cependant, les principes généraux sont des principes
communs à tous les systèmes juridiques et n’appartiennent
en propre à aucun système. Il est donc légitime que la Juris-
prudence Congolaise y recourt en cas de besoin mais en
veillant à leur conformité à la loi et au respect de la hiérar-
chie de sources de droit dans le système congolais. Toute-
fois le droit pénal, légaliste, dont la méthode d’approche est
de stricte interprétation, ne doit pas voir appliqué de façon
inconsidérée et donc sans circonspection, n’importe quel
principe général de droit.

V. Du contenu de l’ouvrage
Plus que la nomenclature des infractions, leurs défini-
tions et éléments constitutifs, le livre expose le régime ré-
pressif, les modalités de répression, les instances qui sanc-
tionnent ainsi que le délai légal de prescription. L’ouvrage,
pour parer au retard législatif, fait place à l’étude de cer-
tains phénomènes sociaux (Suicide, Parricide, Homosexuali-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
20

té, etc..) non érigés jusque là en infraction car l’opinion est


curieuse d’en connaître la nature juridique et l’organe ré-
pressif ne doit pas rester indifférent et désarmé.
Il y a une amorce, de lege ferenda, d’une ébauche d’amé-
lioration et d’actualisation de notre législation répressive
dans la branche du droit dont l’existence est la plus connue
du grand public1, la plus redoutable et redoutée. C’est pour-
quoi ce livre a vocation d’être à la portée de toutes les
couches sociales. A ce titre, le livre plaide pour une métho-
dologie appropriée.

1. Quelle est la méthode appliquée


Pour que l’accès soit facile, nous avons adopté un classe-
ment peu habituel, en rangeant les différentes infractions
en ordre alphabétique pour en rendre la consultation facile
et rapide. Une façon de répondre à ce besoin de rencontrer
tout à la fois le citoyen moyen toujours pas au fait du dédale
du droit criminel et le praticien du droit congolais.
Nous avons également privilégié (sans omettre le travail
de la jurisprudence) de citer des exemples pour approcher
les moins lotis intellectuellement. Réussirons-nous à créer
un livre usuel et pratique que nous avons souhaité ? Les lec-
teurs le diront. Comme titre à leur bienveillance et gage du
succès de notre œuvre, nous invoquons le patient labeur
que nous y avons consacré, les difficultés rencontrées mais
surmontées, l’expérience acquise au cours de notre vie judi-
ciaire et le ferme et constant souci de l’exactitude qui nous
a animés tout au long du travail.

Principales abréviations

AL : Alinéa
11
NYABIRUNGU MWENE SONGA. , Droit pénal Général zaïrois, Editions DES, Kinshasa, 1989 p. 9.
Catalogue des infractions 21

AM : Arrêté Ministériel
ART : Article
AT : Amende transactionnelle
B.A. : Bulletin des arrêts
B.O : Bulletin officiel
Bull. : Bulletin
CNS : Conférence Nationale Souveraine
CP : Code Pénal
CPL I : Code Pénal Livre premier
CPLII : Code Pénal Livre second
CPM : Code Pénal Militaire
D.L : Décret - loi
EX : Exemples
FARDC : Forces Armées de la République Démocratique
du Congo
IPJ : Inspecteur de Police Judiciaire
JORDC : Journal Officiel de la République Démocratique
du Congo
JOZ : Journal Officiel du Zaïre
JT : Journal des Tribunaux
JTO : Journal des Tribunaux d’Outremer
JUR COL : Jurisprudence Coloniale
LGDJ : Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence
MC : Moniteur Congolais
MP : Ministère Public
MPR : Mouvement Populaire de la Révolution
NB : Notez bien
OMP : Officier du Ministère Public
Op.Cit : Œuvre citée
OPJ : Officier de Police Judiciaire
ORD : Ordonnance
ORD L : Ordonnance loi
R.D.C. : République Démocratique du Congo
PCGC : Plan comptable Général congolais
RJCB : Revue juridique du Congo Belge
SP : Servitude Pénale
SPP : Servitude Pénale Principale
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
22

00. Abandon de famille


L’abandon de famille est le fait pour une personne de rester
pendant plus de deux mois sans payer à son conjoint, ou à
ses enfants ou à ses parents la pension alimentaire à la-
quelle un tribunal l’a condamnée.
L’infraction s’appelle aussi abandon alimentaire. Elle
concerne aussi bien l’époux, qui a obtenu le divorce mais
qui de ce fait se trouve sans ressources pour assurer sa
subsistance, que l’enfant né hors mariage, les enfants adop-
tifs ainsi que les parents qui sont en droit d’exiger de leurs
enfants devenus adultes de les nourrir pendant leurs vieux
jours.

I. Eléments Constitutifs de l’infraction


1. L’existence d’une décision judiciaire exécutoire.
Une décision qui porte sur une nature alimentaire et fa-
miliale de l’obligation. Il doit s’agir d’une pension, d’une
contribution, des subsides ou des prestations de toute
nature dues en raison de l’une des obligations familiales.
La décision de condamnation doit viser le jugement qui
constitue le titre fondateur de la poursuite pénale 1. Il ne
doit s’agir ni d’un donner acte, d’une offre de payer, ni
d’une fixation mais d’une condamnation au paiement. La
décision doit avoir été prononcée par une juridiction. Il
peut s’agir également d’une convention judiciairement
homologuée2 .
2. Les bénéficiaires. Les bénéficiaires des créances fami-
liales qui en cas de non-paiement, justifient la condamna-
tion pour abandon de famille. Il peut s’agir d’enfants mi-
neurs, de descendants majeurs, d’ascendants, de
conjoint ;
3. Le non-paiement intervenu pendant plus de deux mois ;

11
Crim 4 juillet1962, Bull.crim ; n°23.
22
Claudia Ghica-Lemarchand, Frederic-Jerôme Pansier . , Droit pénal spécial, Librairie vuilbert-Août
2007, Paris P. 210.
Catalogue des infractions 23

4. L’élément intentionnel. La démonstration de l’intention


de commettre l’abandon de famille est exigé. La connais-
sance de la décision judiciaire portant condamnation au
paiement suffit souvent à prouver l’élément intentionnel.
En d’autres termes, l’inexécution de la pension alimentaire
est punissable si et seulement si :
1. il y a l’existence d’une décision judiciaire, c’est-à-dire un
jugement devenu définitif ;
2. le défaut de paiement de la pension alimentaire dépasse
deux mois ;
3. il n’y a pas eu de maladie, prison ou autre force majeure
empêchant la possibilité de payer la pension alimentaire
- Monsieur BISIMWA, commerçant de son état est condam-
né par le Tribunal de KAVUMU à payer mensuellement à
Madame NZIGIRE, son épouse, 100 dollars américains
pour sa subsistance. Six mois durant, il refuse, sans motif
valable, de verser cette pension alimentaire. Sa femme
porte plainte devant le Parquet secondaire qui saisit par
requête le tribunal ; l’infraction sera établie.
- Madame CIREZI qui n’a pas respecté le contrat conclu
avec MUDOSA, son époux nécessiteux, d’avec lequel elle
s’est séparée de résidence, de lui verser 50.000 FC par
trimestre pour sa nourriture, ne commet pas l’infraction
d’abandon de famille faute de décision judiciaire.

II. Poursuites
L’infraction d’abandon de famille touche à la famille. Dans
les buts d’assurer son unité et sa cohésion, l’enclenchement
des poursuites de l’infraction d’abandon de famille devra
être précédé d’une phase d’enquêtes et de conciliation. En
plus, il devra être attendu l’expiration du délai de deux
mois. Peut saisir le tribunal, l’enfant, mais aussi le conjoint
ou le parent qui ne perçoit plus la pension alimentaire lui
allouée par le tribunal.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
24

a) Compétences
Les tribunaux de paix sont compétents 1 pour juger les
infractions punissables de cinq ans de servitude pénale
principale au maximum et d’amende. Ils
jugent les personnes concernées par la législation sur le
vagabondage, la mendicité et celles qui ne jouissent pas
d’un privilège de juridiction. Les tribunaux de paix
prennent également des mesures de garde, d’éducation et
de préservation en matière d’enfance délinquante (articles
86, 88, 90 al1 du COCJ).

Règles communes à la compétence territoriale


En règle générale, est compétent le tribunal du lieu où l’in-
fraction a été commise soit celui de la résidence de l’auteur
de l’infraction soit celui du lieu où l’auteur de l’infraction a
été trouvé.

b) Quelle est la loi applicable et la sanction prévue


pour l’abandon de famille?
Certes le décret du 15 juillet 1949 a été abrogé; mais désor-
mais la loi n°87/010 du 1er août 1987 portant code de la fa-
mille en ses articles 475, 479, 480, 926 et 927 est le siège
de l’infraction d’abandon de famille. La sanction prévue est
de huit jours à deux mois de servitude pénale et
d’amende1 .L’une de ces peines seulement peut être infligée
à l’endroit de l’auteur de l’infraction d’abandon de famille.
11
Lorsqu’une infraction a été commise, il faut déterminer quelle est, parmi tous les tribunaux répressifs,
celui qui sera spécialement appelé à en juger l’auteur ? C’est le problème de la compétence des
tribunaux répressifs qui se pose. La compétence est définie comme « l’aptitude d’une juridiction
déterminée à connaître d’un procès donné ». Lorsqu’elle possède cette aptitude à juger telle ou telle
affaire, on dit que le tribunal est compétent ; si cette aptitude lui fait défaut, on dit qu’il est incompétent.
A la différence des règles de compétence en matière civile ( les règles de compétence territoriale
établies dans l’intérêt des plaideurs peuvent être écartées) qui n’ont pas toutes un caractère d’ordre
public, en matière répressive, toutes les règles de compétence sont d’ordre public, car elles ont toutes
été instituées dans un intérêt public, celui de la bonne administration de la justice pénale.
Il en résulte que les parties au procès pénal ne peuvent jamais par un accord déroger aux règles de
compétence. La prorogation conventionnelle de compétence est interdite.
Puisque l’ordre public est en jeu, l’incompétence peut être opposée par les parties en tout état de
cause, en appel, si elle ne l’a pas été en première instance, et même pour la première fois devant la
Cour de cassation, si elle ne l’a pas été en appel à la condition que le moyen soulevé ne soit pas
mélangé de fait et de droit.
Du caractère d’ordre public de la compétence, il résulte que toute juridiction répressive doit vérifier sa
compétence, et que même si aucune des parties (ministère public, inculpé, prévenu, partie civile) n’a
soulevé l’exception d’incompétence, elle doit la relever d’office et se déclarer incompétente.
Catalogue des infractions 25

c) Au bout de combien de temps après la


commission de l’infraction (abandon de famille)
l’auteur ne sera-t-il plus poursuivi ? (Prescription de
l’action publique)
Une année, à compter à partir du jour où deux mois se sont
écoulés sans que l’agent n’ait versé la pension alimentaire à
laquelle il est contraint par décision d’un juge. A cet effet, il
a été jugé que prononcer une condamnation alors que l’ac-
tion publique est déjà éteinte par la prescription équivaut à
violer les articles 24, 25, et 26 du code pénal livre 1er et
entraîne cassation totale1.

Comment la peine à laquelle un individu est condamné


peut-elle disparaître ou s’éteindre ? (Extinction de la
peine)
La peine pourra disparaître par son exécution même ; par
la mort du condamné ou si la personne poursuivie et
condamnée a réussi à se soustraire à l’exécution de la peine
(prescription de la peine).
Il est vrai que la condamnation subsiste (demeure) mais elle
ne sera plus exécutée. Pour l’infraction d’abandon de fa-
mille et les peines de servitude pénale de dix ans au moins,
il y aura prescription après le délai double de la peine pro-
noncée sans que ce délai puisse être inférieur à 2 ans2.

11
L’amende est une peine pécuniaire qui consiste dans l’obligation de payer une certaine somme
d’argent au trésor public. L’amende a pour siège légal les articles 5, 10, 11, 18, 20 et 27 du code pénal
livre premier. Autrefois les amendes furent fixées en « franc », en 1970 le franc a été remplacé par les
« makuta » à la suite de l’avènement de la monnaie « Zaïre » en 1967. Respectivement suivront le «
Nouveau-Zaire » le « franc Congolais » de nos jours. Une difficulté réelle se pose du fait que dans
beaucoup de textes de lois les amendes demeurent jusqu’à ces jours fixées en monnaie qui n’a plus
cours légal et dont l’équivalence dans la nouvelle monnaie, le Franc Congolais, n’est pas évidente. Il est
souhaitable que les amendes pénales soient réadaptées et majorées par des nouveaux textes légaux
car elles relèvent du domaine de la loi. En effet la peine d’amende doit garder sa vertu répressive et
dissuasive. La peine d’amende du Code Pénal Ordinaire est devenue dérisoire du fait d’une forte et
constante dépréciation monétaire, elle ne remplit plus son rôle de prévenir les infractions et d’intimider
les délinquants potentiels. Devant cette situation économique et financière du pays qui a rendu
modiques les taux des amendes transactionnelles et judiciaires mais aussi les taxes administratives et
financières, l’urgence et la nécessité ont amené, en attendant la loi, le Premier Président de la Cour
Suprême de Justice et le Procureur Général de la République à signer conjointement la note circulaire
N° 789/D.010/GB/CSJ-PGR du 23 avril 1997 . Cette circulaire a fixé le minimum des amendes
transactionnelles et judiciaires à l’équivalent en monnaie ayant cour légal de dix dollars américains et le
maximum à mille dollars pour les personnes Physiques. En dépit de cet accommodement pratique, le
problème demeure : la peine ne peut être fixée que par une loi.
1
C.S.J., RP 470, 4 février 1986, B.A. Années 1985 à 1989, édition 2002, p. 124.
2
Cette question est réglementée par les articles 27 à 34 du code pénal. Les délais de prescription des
peines sont fixés par les articles 27 à 29 du même code.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
26

Exemple. La personne condamnée à un mois pour abandon


de famille verra sa peine prescrite après deux ans ou après
une mesure de clémence du président de la République
(grâce).

01. Abandon de foyer


L’abandon de foyer est aussi appelé « refus de cohabita-
tion ». Il consiste pour une femme légitime de se soustraire
aux devoirs de cohabitation, pour un homme de refuser de
recevoir son épouse sous le toit conjugal.

I. Eléments constitutifs
Des conditions sont exigées pour que l’infraction d’abandon
de foyer soit imputée à un homme ou à une femme.

1. L’existence d’un mariage ; celui-ci est soit un mariage


célébré en famille (coutumier) mais enregistré soit un
mariage célébré devant l’officier de l’état civil ;
2. L’habitation, c’est-à-dire le domicile, la résidence, le lieu
où l’on est logé ;
3. Le refus de résider avec son mari ou d’accueillir son
épouse dans sa résidence conjugale;
4. Le refus de cohabitation sans motifs valables.
Le fait pour une femme de quitter le toit conjugal pour ne
pas consommer le mariage est constitutif de la prévention
d’abandon de foyer. Par contre, pour une épouse, le fait
d’abandonner le domicile conjugal pour se soustraire aux
mauvais traitements du mari n’est pas constitutif de cette
infraction.

II. Régime répressif


L’époux victime peut porter plainte au poste de police le
plus proche ou au parquet ou saisir le tribunal de paix.
L’opportunité des poursuites est laissée à la seule victime.
La victime a seule qualité pour porter plainte. Le retrait de
la plainte1 par cet époux met fin à la procédure.

1
Le retrait de plainte de la victime n’est pas une cause d’extinction de l’action publique ; il est
juridiquement indifférent. Toutefois, ainsi qu’en dispose le code de procédure pénale, l’action publique
peut s’éteindre en cas de retrait de plainte lorsque celle-ci est une condition nécessaire à la poursuite.
Catalogue des infractions 27

a) Texte légal prévoyant et sanctionnant l’abandon de foyer


L’abandon de foyer est une infraction à l’ordre familial. Elle
(infraction) se trouve définie et sanctionnée par les articles
454, 464, 466 et 472 de la loi portant code de la famille.

b) Quelles peines encourent les coupables ?


Le mari et la femme coupables de cette infraction sont pas-
sibles de réparation coutumière, réparation en nature (sous
forme d’objets désignés par la coutume) ou d’accomplisse-
ment de rites coutumiers. Trente jours de servitude pénale
maximum (art. 466) peuvent être appliqués à l’endroit des
parents qui incitent le conjoint à abandonner le foyer. Sera
condamné entre six mois à une année de servitude pénale
principale celui qui soustrait une femme mariée aux devoirs
conjugaux (art.472).

c) La prescription2 de l’action publique


La prescription de l’infraction d’abandon de foyer est d’une
année tandis que la prescription de la peine est au moins de
deux ans ou du délai double de la peine prononcée. Si le
condamné qui subissait sa peine est parvenu à s’évader, la
prescription commence à courir le jour de l’évasion (art.32
du CPLI). La prescription de la peine sera interrompue par
l’arrestation du condamné (art.33 du CPLI). Les règles édic-
tées par les deux articles précités s’appliquent à toutes les
infractions.

02. Abandon de poste


Par poste, il faut entendre l’endroit où le militaire doit se
trouver à un moment donné pour l’accomplissement de la
mission reçue de ses chefs. L’infraction d’abandon de poste
est prévue et réprimée par l’article 116 de la loi n°024/2002
du 18 novembre 2002 portant Code Pénal Militaire 1 , autre-
fois, articles 483 et 484 du Code de Justice Militaire.

22
Puisqu’elle a pour fondement l’intérêt social, plus spécialement la bonne administration de la justice
pénale, la prescription de l’action publique a un caractère général et un caractère d’ordre public. C’est-
à-dire que la prescription s’applique à toutes les infractions, même les plus graves ; que le délinquant
ne peut renoncer à l’invoquer et si le délinquant ne l’invoque pas, elle doit être constatée d’office par le
juge.
1
Le Code de Justice Militaire(C.J.M) institué par l’ordonnance-loi n° 72/060 du 25 septembre 1972 a été
abrogé par la loi n° 024/2002 du 18 novembre 2002 portant Code Pénal Militaire.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
28

I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction d’abandon de poste soit établie, il faut
des éléments constitutifs.
1. Il est requis que l’agent puisse revêtir la qualité de mili-
taire telle que précisée à l’article 107 du code pénal mili-
taire ou celle d’assimilé
2. L’agent doit avoir quitté son lieu de service sans l’autori-
sation (ou à l’issu) de ses supérieurs hiérarchiques.
3. L’existence d’une intention coupable procédant du simple
fait pour l’agent d’avoir commis son acte d’une manière
libre et consciente.

II. Régime répressif


En temps de paix, l’auteur de l’infraction d’abandon de
poste est puni de six mois à cinq ans de servitude pénale
(article 116). En temps de guerre ou pendant les circons-
tances exceptionnelles, le coupable peut encourir la servi-
tude pénale à perpétuité ou même la peine de mort. L’aban-
don de poste en présence de l’ennemi ou de la bande armée
est puni de mort (art121 du code pénal militaire).
Le militaire ou assimilé en faction, en temps de paix qui
abandonne son poste est puni de six mois à cinq ans de ser-
vitude pénale (article 117). Bien qu’à son poste mais trouvé
endormi, il subira six mois à trois ans de servitude pénale.
Le coupable de la provocation à l’abandon de poste en pré-
sence de l’ennemi ou d’une bande armée est passible de la
peine capitale.
Généralement l’infraction d’abandon de poste est poursui-
vie de façon secondaire en participation avec une autre in-
fraction. Dans la pratique, on privilégie les sanctions disci-
plinaires s’il n’y a pas eu grave atteinte au bon fonctionne-
ment du service.

03. Abandon des soins


L’abandon des soins est aussi appelé «l’orthothanasie ». Il
consiste dans le fait de laisser le malade mourir de sa mort
naturelle en s’abstenant de lui prodiguer des soins.
La vocation du médecin est de conserver la vie. Le consen-
tement du malade ne peut avoir d’efficacité pour l’empê-
Catalogue des infractions 29

cher de remplir son devoir. Mais, il peut arriver que le ma-


lade ou ses parents après constat de l’état incurable, de-
mandent au médecin de s’abstenir de tout soin en vue d’ob-
tenir la mort du malade. Pareille demande ne peut justifier
le médecin.
Le médecin qui s’abstient de soigner peut être poursuivi
pour refus de porter secours aux personnes en danger. La
base légale se trouve être l’article 66 quater du Code Pénal.
Nous suggérons que dans l’avenir, il soit envisagé de faire
de l’abandon des soins une infraction spéciale, plus sévère-
ment punie que la non assistance à personne en danger.

04. Abandon d’un navire ou aéronef mi-


litaire
L’abandon d’un navire ou aéronef militaire est le fait de qui-
conque embarqué dans un navire ou aéronef militaire ou
assimilé de l’abandonner sans ordre ou en violation des
consignes reçues, alors que le navire est en danger. Les ar-
ticles 118 à 120 du Code Pénal Militaire portent sur l’aban-
don d’un navire ou aéronef militaire ou assimilé.

I. Conditions préalables
Deux conditions préalables doivent être réalisées pour
l’existence de l’infraction d’un navire ou aéronef militaire. Il
s’agit de l’existence d’un navire ou aéronef militaire et l’exi-
gence d’un péril ou d’un risque de perte du navire ou de
l’aéronef.

II. Eléments constitutifs proprement dits


1. L’auteur incriminé peut être toute personne embarquée à
bord du navire ou de l’aéronef visé ou le pilote du navire
ou de l’aéronef. Il peut s’agir également de tout comman-
dant de navire ou tout pilote d’aéronef militaire de même
que tout commandant non pilote d’un aéronef militaire.
2. L’acte incriminé doit se passer soit en cas de péril, soit
avant que la perte soit totalement consommée. L’élément
intentionnel consiste à perpétrer son acte de manière
libre et consciente.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
30

III. Sanctions susceptibles d’être encourues


L’auteur de l’infraction d’abandon d’un navire ou aéronef
militaire est passible d’une peine de servitude pénale prin-
cipale dont le taux varie entre un et cinq ans. La destitution
sera encourue par tout officier coupable de cette infraction,
peu importe le taux de la peine principale (art. 118).
Le pilote coupable encourra une peine de six mois à cinq
ans de servitude pénale principale (art. 119). La peine de
mort sera appliquée à l’endroit de l’auteur qu’il soit com-
mandant de navire ou pilote de l’aéronef militaire ou com-
mandant non pilote d’un aéronef militaire.

05. Absence du Numéro d’identification


nationale
Voir Numéro d’identification nationale

06. Absence irrégulière


L’absence irrégulière est une infraction d’ordre militaire qui
consiste à soustraire son auteur de ses obligations mili-
taires. Elle est prévue par l’article 43 du Code Pénal Mili-
taire (article 408 de l’ancien Code de Justice Militaire).
Cette disposition légale la définit comme l’absence non au-
torisée du corps pendant plus de trois jours. Cette infrac-
tion n’est constatée que le quatrième jour à partir de la
constatation de l’absence du coupable.
Par « absence non autorisée », il faut entendre l’état du mi-
litaire qui ne se trouve pas présent là où il doit être ou qui
se trouve là où il ne peut régulièrement pas être. L’auteur
de cette infraction est punissable de deux ans de servitude
pénale.

I. Eléments constitutifs
Pour sa réalisation, l’infraction d’absence irrégulière exige
la réunion des éléments constitutifs : la qualité requise pour
l’agent, les éléments matériels et l’élément moral.
1. L’infraction d’absence irrégulière ne peut être commise
que par un militaire ou un assimilé
Catalogue des infractions 31

2. Les éléments matériels. Le fait de quitter son unité sans


autorisation ainsi que la durée de l’absence irrégulière ;
cette durée constitue un facteur déterminant.

II. Régime répressif


Le législateur prévoit comme peine le maximum de deux
ans de servitude pénale principale à l’endroit du coupable
de l’absence irrégulière. Notons cependant que dans la pra-
tique les sanctions disciplinaires sont préférées aux sanc-
tions pénales. Il a d’ailleurs été jugé que l’absence irrégu-
lière du corps constitue selon le caractère de gravité qu’elle
présente, et que le juge apprécie, soit une simple faute mili-
taire, soit l’infraction de désertion1. Il est entendu que pour
être punissable, l’absence du corps non autorisée reprochée
à un militaire doit être volontaire. C’est le dol général qui
est requis2.

07. Abstention coupable d’un fonction-


naire
L’abstention coupable d’un fonctionnaire est le fait pour un
fonctionnaire ou toute personne chargée de service public
de retarder ou de retenir sans motif valable des fonds ou
deniers publics dont il a la gestion et qui sont destinés au
payement des rémunérations, des créances, des traitements
ou salaires…(art 150f du code pénal livre II).
L’infraction vise aussi le fonctionnaire qui s’abstient volon-
tairement de faire dans le délai lui imparti par la loi ou par
les règlements un acte de sa fonction ou de son emploi, qui
lui a été régulièrement demandé (art.150 g CPL II). Est éga-
lement concerné le retard manifestement exagéré dans l’ac-
complissement de l’acte de sa fonction ou de son emploi
lorsqu’un délai n’est pas expressément fixé.

I. Eléments constitutifs
Sous l’expression « abstention coupable de fonctionnaire »,
il faut comprendre deux infractions distinctes : d’une part le
retard de paiement (art 150 f) et d’autre part les absten-
tions coupables proprement dites (150 g).
11
C.G app., 19 janvier 1901, Jur. Etat I p. 113.
22
HCM RP OO1/2004 du 5 octobre 2004, M.P.C/Col Alamba et consorts, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
32

Les éléments du retard de paiement sont :


1. la qualité du sujet de l’infraction qui doit être fonction-
naire ;
2. le retard ou la retenue du règlement de fonds ou deniers
publics ;
3. des fonds ou deniers publics devant relever de la gestion
du fonctionnaire ;
4. des fonds ou deniers publics devant être destinés au paie-
ment des rémunérations, traitements, salaires et
créances dus par l’Etat.
La cour a jugé que l’infraction d’abstention coupable d’un
fonctionnaire est établie dans le chef d’un Président Délé-
gué Général qui n’a pas signé un nouveau chèque ou n’a
pas procède au paiement par d’autres voies en faveur de
son prédécesseur pour paiement des salaires et indemnités
de logement lorsque le premier chèque ne peut plus être
présenté au guichet de la banque les signatures y apposées
n’étant plus valides1.
Les éléments des abstentions coupables sont les suivants :
1. le sujet de l’infraction doit être un fonctionnaire ;
2. l’abstention doit être volontaire ;
3. l’objet de l’abstention doit être l’acte de la fonction régu-
lièrement demandé ;
4. enfin, la durée de l’abstention doit dépasser les délais lé-
gaux ou être manifestement exagérée.
L’agent payeur de la Banque Centrale qui refuse de servir
le comptable public alors que les sommes sont à sa disposi-
tion depuis une semaine commet l’infraction. Il en est de
même du caissier qui pour sortir l’argent destiné au four-
nisseur de son employé prend une semaine alors que les
signatures sont complètes. Par contre le même caissier ne
commet pas d’infraction s’il n’y a pas de liquidités, tout
comme l’officier de l’état civil qui délivre un acte de nais-
sance dans le délai légal.

II. Poursuites
La victime de l’abstention coupable du fonctionnaire, l’em-
ployeur du fonctionnaire peuvent saisir un officier de police

1
Cour d’Appel de Kinshasa /Matete RP 074, Arrêt du 08 janvier 2004, Ministère public et partie civile
ELUMBA NKONGOLO Jean Bosco contre Mr MUKWENE WAWA, KABUKANYI ZILA YAMAYA et la
Foire Internationale de Kinshasa, inédit.
Catalogue des infractions 33

judiciaire1 ou un officier du Ministère public. Le ministère


public a qualité pour poursuivre. Le Tribunal de paix jugera
l’auteur de l’abstention coupable d’un fonctionnaire. La
poursuite peut être faite sur citation directe de la victime,
de l’employeur du fonctionnaire ou sur requête du Minis-
tère public.

a)Le texte de loi qui réprime l’abstention coupable d’un


fonctionnaire.
Le code pénal (décret du 30 janvier 1940) en son article
150 f et g modifié et complété par l’article 6 de la loi n°
05/006 du 29 mars 2005 est le texte légal en matière d’abs-
tention coupable d’un fonctionnaire.

11
Il découle des articles 2 et 3 du code de procédure pénale que les officiers de police judiciaire ont le
pouvoir de constater des infractions par procès-verbaux (art.3 du CPP). En effet, la police judiciaire
constate les infractions (art.2 CPP) ainsi que toutes les circonstances qui les ont entourées. Elle prélève
toutes les traces qu’elles ont laissées. Si l’infraction est flagrante , la police judiciaire est dotée des
pouvoirs étendus. Ceux-ci, non seulement, pour constater l’infraction, mais également pour rechercher
immédiatement tous les renseignements utiles et cela à l’aide des moyens coercitifs. Lorsque la police
judiciaire vient à constater une infraction flagrante ou à être avisée d’une telle infraction, elle doit se
transporter sur les lieux. Elle se dépêche sans délais sur les lieux (art.5 du CPP) pour procéder à toutes
constatations utiles. Dès son arrivée sur les lieux, l’Officier de Police Judiciaire prend toutes mesures
nécessaires pour veiller à la conservation des moyens de preuve qui permettront de parvenir à la
manifestation de la vérité (art.2).
L’OPJ procède à la saisie des objets se rapportant à l’infraction. Parmi ces objets les moyens de
transport ayant servi à commettre l’infraction ou les choses paraissant avoir été le produit (art.3).
Pour faire surgir les preuves non apparentes, la police entreprend des investigations. Elle cherche les
papiers, les documents et autres objets susceptibles d’avoir un rapport avec l’infraction ou d’appeler
une certaine lumière sur les circonstances de celle-ci. Elle procédera au besoin par voie de perquisition
sans que les personnes chez qui ces investigations ont lieu puissent s’y opposer. Si elles s’y opposent
elles commettent l’infraction de rébellion. Les perquisitions policières doivent avoir lieu dans des
conditions qui ne permettent pas de mettre en doute la régularité des découvertes auxquelles elles
pourraient donner lieu. En conséquence, la perquisition doit avoir lieu en présence de la personne
soupçonnée d’avoir participée à l’infraction ou de détenir des pièces à conviction ou à défaut en
présence des témoins (art .3 alinéa 2 du CPP). A l’occasion des investigations et perquisitions :
- l’Officier de Police Judiciaire doit procéder à la saisie de tout ce qui peut servir à la
manifestation de la vérité ;
- l’Officier de Police Judiciaire peut recourir avec utilité et efficacité à des experts, à des
techniciens, interprètes, traducteurs, médecins pour faire toutes constatations utiles ou en
vertu d’une réquisition de l’OMP ;
- l’Officier de Police Judiciaire peut auditionner (art.64 de l’ord relative à la police judiciaire) des
témoins et des suspects ;
- l’Officier de Police Judiciaire, au cours de l’enquête peut recourir à la garde à vue du suspect
pendant 48 heures s’il existe contre la personne en question des indices graves et
concordants de nature à motiver l’inculpation (art. 72 de l’ord de 1978) ; c’est le cas s’il y a
danger de fuite, identité inconnue ou douteuse ;
- dès que les indices graves et concordants sont réunis, l’Officier de Police Judiciaire doit
conduire le suspect devant le Procureur de la République (art. 73 de l’’ordonnance-loi 78-239
du 3 juillet 1968 relative à l’exercice des attributions des OPJ et APJ près les juridictions de
droit commun).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
34

b) Quelles pénalités peuvent être infligées au coupable ?


En cas de retard de paiement, les pénalités sont de deux
mois de servitude pénale principale et une amende de dix
mille à cent mille francs congolais constants 1ou d’une de
ces peines (Article 150 f). Pour les abstentions coupables, il
s’agit de six mois de servitude pénale principale et une
amende de dix mille à cent mille francs congolais constants 2
ou une de ces peines (Article 150 g).

c) Prescription de l’action publique et des peines


Après l’écoulement d’une année à compter de la fin du délai
légal pour faire l’acte de sa fonction, l’auteur de l’infraction
ne sera plus poursuivi. La décision du juge qui a omis de
constater que l’action publique était éteinte au moment où
il en a été saisi doit être annulée3.
Si la peine n’a pas été exécutée normalement ou si le
condamné n’est pas décédé ou gracié, deux ans après la
peine ne sera plus appliquée.

0.8. Abstention d’accomplir un acte


de fonction requis à l’occasion
d’abus ou de mise en danger d’un
enfant
Voir protection pénale de l’enfant après naissance.

09. Abstention d’apporter secours à


une personne en danger
L’abstention d’apporter secours à une personne en danger
est le fait pour une personne de s’abstenir volontairement
de porter à une autre personne qui est en danger ou en pé-
ril une assistance qu’elle pouvait lui prêter sans risque pour
elle ou pour les tiers ; soit en intervenant personnellement
soit en provoquant le secours.

11
Article 150 f tel que modifié et complété par l’article 6 de la loi n° 05/006 du 29 mars 2005 modifiant et
complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais (JORDC, 47 ème année, Numéro
spécial, 05 octobre 2006).
22
Idem.
33
C.S.J., RPA 38, 23 décembre 1976, B.A. 1977, pp 198-199.
Catalogue des infractions 35

I. Conditions préalables et Eléments constitutifs

a) Conditions préalables
Comme conditions préalables à l’établissement de l’infrac-
tion, il faut l’existence d’une personne humaine en péril et
l’absence de risque pour le sauveteur et les tiers.

b) Eléments constitutifs
L’élément matériel s’entend par (l’omission) l’inaction ou
l’abstention de porter secours. L’agent qui a eu personnel-
lement conscience du danger et de l’impérieuse nécessité
d’intervenir immédiatement, mais s’abstient pourtant et vo-
lontairement assume l’élément intellectuel.
S’abstenir de secourir un vieillard sur le point de mourir.
Ne pas donner de l’eau à boire à une personne mourant de
soif. S’empêcher de jeter à un chasseur tombé dans un trou
profond une machette située non loin et susceptible de lui
permettre de faire des tranchées pour se tirer d’affaires. Ce
sont là des exemples concrets d’infraction d’abstention
d’apporter secours à une personne en danger.

II. Poursuites
Qui peut se porter accusateur 1 ? Indépendamment de la
plainte de la victime, le parquet peut poursuivre le présumé
auteur de l’abstention d’apporter secours à une personne
en danger. La plainte peut aussi être déposée auprès de
tout officier de police judiciaire. Par citation directe, le tri-
bunal de paix peut être saisi par la victime ou par toute
autre personne intéressée qui a subi préjudice.

Quel est le siège de la matière ?


L’article 66 ter du CP L II issu de l’ordonnance n°78/015 du
04 juillet 1978 prévoit et punit l’infraction d’abstention
d’apporter secours à une personne en danger. Les pénalités
sont de trois mois à deux ans de servitude pénale principale
et l’amende ou l’une de ces peines seulement.

1 ?1
La poursuite est mise en mouvement par une accusation. Un accusateur saisit l’autorité publique,
imputant une infraction à son adversaire. Ce droit appartient à la victime et à ses proches. Avec
l’installation du « procureur » dans notre procédure pénale, il incombe à ce dernier alors le soin de
déclencher la poursuite indépendamment de tout accusateur privé. C’est l’accusateur spécialisé, chargé
de représenter objectivement l’intérêt social et que nous appelons le Ministère public.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
36

L’action publique est prescrite dans un délai de trois an-


nées. Quant aux peines, elles sont prescrites après un délai
double de la peine prononcée mais ce délai ne pourra pas
être inférieur à deux ans.

10. Abstention d’assistance contre une


infraction
L’abstention d’assistance contre une infraction est le fait
pour quiconque pouvant empêcher par son action immé-
diate une infraction contre l’intégrité corporelle de la per-
sonne sans risque pour lui ni pour autrui, de s’abstenir vo-
lontairement de le faire.

I. Conditions préalables et Eléments constitutifs


Pour que l’infraction d’abstention d’assistance contre une
infraction soit établie, il faut des conditions préalables.
L’existence d’une infraction menaçant l’intégrité corporelle
d’une personne physique (exemples des coups et blessures,
de l’administration des substances nuisibles, de l’empoison-
nement, etc.) et l’absence de risque pour la personne qui
pourrait apporter son concours et pour les tiers.
L’élément matériel comprend l’omission d’intervenir dans
le chef d’un spectateur qui pouvait empêcher la réalisation
de l’infraction par une action immédiate.
L’élément moral consiste en ce que volontairement le spec-
tateur s’abstient consciemment de porter secours.
Est susceptible d’être poursuivi et puni pour abstention
d’assistance contre une infraction une femme dont le mari
attrape un voleur et sachant bien qu’il va le tuer, s’abstient
d’intervenir pour l’empêcher de réaliser son homicide. Le
médecin qui assiste à l’avortement criminel, pratiqué par
son confrère. Celui qui laisse son ami voler les biens d’au-
trui. Par contre, l’infraction est inexistante dans le cas de
celui qui, menacé par les preneurs d’otages, assiste passive-
ment à leur maltraitance.

II. Poursuites
Catalogue des infractions 37

a) Qui peut exercer l’action publique1 ?


L’officier du Ministère public2 2 (Parquet) même contre la
volonté de la victime dès que l’information lui parvient peut
se saisir de l’affaire. La victime peut d’elle-même porter
plainte.
La police peut être saisie par plainte de la victime ou sur
dénonciation de toute autre personne qui a vu se com-
mettre les faits. La plainte peut être écrite ou verbale.
Le tribunal de paix peut être saisi par citation directe ou
par assignation à prévenu après requête aux fins de fixation
d’audience.

b) Quelles servitudes pénales et amendes l’abstentionniste


encourt-il ?
L’article 66 bis du CP LII issu de l’ordonnance n°78/O15 du
04 juillet 1978 prévoit trois mois à un an de servitude pé-
nale et une amende. Les deux peines peuvent être pronon-
cées cumulativement ou l’une d’elles seulement.
L’action publique s’éteint endéans une année à dater du
jour de la commission de l’infraction 3.

11
L’action publique que l’on appelle aussi « l’action pour l’application des peines » a pour but en effet
de réprimer le trouble social, par l’application d’une peine ou d’une mesure de sûreté à l’auteur de
l’infraction. C’est une action d’intérêt général ou d’ordre public, par opposition à l’action civile qui est
d’intérêt privé. L’action publique appartient à la société et, à elle seule. Celle-ci a seule le droit de
l’exercer ou d’y renoncer. A vrai dire, la société la fait exercer par des représentants qualifiés, les
Magistrats du Ministère Public.

2 2
Les membres du Ministère Public auxquels la loi a confié l’exercice de l’action publique sont les
magistrats du parquet. Pour les opposer aux juges, magistrats du siège, on les appelle les « magistrats
debout » parce qu’ils se lèvent à l’audience pour présenter leurs réquisitions.
1° Le Ministère Public recherche en matière répressive les infractions aux actes législatifs et
réglementaires qui sont commises sur le territoire national. Il reçoit les plaintes et les dénonciations. Il
pose des actes d’instruction et saisit les cours et tribunaux.
2° Il assiste à toutes les audiences (art.9 alinéa 1er) et donne ses avis dans les cas prévus par la loi.
3° Il remplit les devoirs de son office auprès des juridictions établies dans son ressort territorial (art.11).
4° Il a la surveillance de tous les Officiers de Police Judiciaire (art.6 alinéa3). Il peut les charger
d’effectuer des devoirs d’enquêtes, de visites de lieux, de perquisition et des saisies qu’ils déterminent
(art. 12).
5° Il n’est pas juge mais partie. Il agit au nom de la société à laquelle l’infraction a porté atteinte (il est
l’avocat de la société). Il a pouvoir de poursuivre et d’exercer l’action publique. Il est partie au procès
pénal.
6° Le Ministère public est un demandeur. Qu’il ait lui-même mis l’action publique en mouvement ou qu’il
se soit joint à l’action déclenchée par la partie civile, c’est toujours lui qui exerce cette action et qui est
demandeur à l’action publique.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
38

Les peines ne seront plus exécutées au délai double de la


peine prononcée. Cependant, ce délai ne pourra pas être
inférieur à deux ans.

11. Abstention de combattre l’ennemi


Aux termes de l’article 60 du code pénal militaire est puni
de mort, tout commandant qui pouvant attaquer et com-
battre un ennemi égal ou inférieur en force, secourir une
troupe, un navire ou un aéronef national poursuivi par l’en-
nemi ou engagé dans un combat, ne l’a pas fait. Le com-
mandant n’est justifié qu’à la condition d’avoir été empêché
par des instructions générales ou des motifs graves.

I. Conditions préalables
La réalisation de l’infraction d’abstention de combattre l’en-
nemi requiert trois conditions préalables.
1. Un contexte temporel exceptionnel. Celui-ci doit être dû
soit au temps de guerre, soit à une opération de police de
maintien ou de rétablissement de l’ordre public soit à une
attaque isolée dirigée contre un navire ou aéronef battant
pavillon congolais sur les eaux territoriales congolaises
ou dans l’espace aérien national ;
2. L’existence d’une troupe, d’un navire ou aéronef national
en danger ;
3. La qualité de commandant.

II. Eléments constitutifs


L’abstention de combattre l’ennemi telle que prévue par
l’article 60 du code pénal militaire comprend l’omission
d’attaquer ou de combattre l’ennemi ou l’abstention de por-
ter secours à une troupe, à un navire ou aéronef national
(élément matériel). Notons qu’en plus, cette abstention doit
être volontaire c’est-à-dire manifestée en connaissance de
cause, de façon consciente et délibérée (élément intention-
nel).

33
Le point de départ des délais de la prescription est défini par l’article 25 du code pénal le jour où
l’infraction a été commise (dies a quo) et compris dans le délai (art 26, al 2).
Catalogue des infractions 39

12. Abstention de donner des soins pré-


ventifs requis à l’enfant
Voir protection pénale de l’enfant.

13. Abstention de porter assistance à


une femme en instance d’accouche-
ment
Voir protection pénale de l’enfant avant sa naissance.

14. Abstention de porter secours à un


enfant menacé d’atteinte imminente
à sa vie
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

15. Abus des biens d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

16. Abus des biens sociaux


En droit congolais, l’abus des biens sociaux n’est pas une
infraction spécifique. Il est plutôt un élément du détourne-
ment ou de l’abus de confiance. Au regard de l’évolution
des entreprises et en vue d’une évolution législative nous
estimons indispensable d’appréhender cette réalité qui sous
d’autres cieux connait une évolution et des réalités impor-
tantes.

1 .Responsabilité personnelle des dirigeants


Les dirigeants des sociétés commerciales engagent leur res-
ponsabilité personnelle. C’est le cas lorsqu’ils disposent du
patrimoine social en abusant de leurs pouvoirs ou en faisant
des biens sociaux un usage contraire, ou non conforme, à
l’intérêt social. Il revient donc que l’abus des biens sociaux
ne concerne que d’entreprises exploitées sous la forme de
sociétés commerciales.
Le chef d’entreprise, lorsque celle-ci est exploitée sous la
fiction d’une société, peut être accusé d’abus de biens so-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
40

ciaux ; même si le chef d’entreprise possède la quasi-totali-


té des actions ou des parts sociales. Juridiquement, la socié-
té détient un patrimoine propre, que son dirigeant ne sau-
rait confondre avec le sien, à peine d’être poursuivi. Par
contre, le chef d’entreprise, lorsque celle-ci est sa proprié-
té, ne saurait être accusé puisque l’entreprise constitue un
bien qui lui est personnel.

2. Biens sociaux, objet de la protection légale.


Les biens sociaux protégés sont tous ceux qui se trouvent
dans le patrimoine social, qu’ils soient meubles ou im-
meubles, corporels ou incorporels, qu’il s’agisse de fonds,
de titres, d’espèces, de factures faussement imputés à la
société, de paiement de dépenses personnelles prises en
charge de la société. Sont également punissables les abus
de pouvoirs ou de voix (dans les assemblées générales des
sociétés), lorsque les dirigeants les utilisent dans l’intérêt
de parents, d’amis ou pour eux-mêmes.
Sont à assimiler à l’abus de pouvoirs l’utilisation de mau-
vaise foi du crédit de la société, l’usage partisan des droits
de vote attribués à la société dans les assemblées générales
de sociétés partenaires. Le champ d’application est très
vaste et permet d’incriminer des faits d’abstention ou
d’omission commis intentionnellement.

1) Elément intentionnel
Pour que l’infraction soit établie, la notion de mauvaise foi
est exigée. Il doit être établi que le chef d’entreprise savait
que l’usage qu’il faisait de ses pouvoirs était contraire aux
intérêts de la société.

2) Elément matériel
a. Usage des biens sociaux non conforme ou contraire
à l’objet social.
Il y a une présomption selon laquelle les débours et prélève-
ments non justifiés dont les dirigeants sociaux font état (dé-
placements, réceptions des clients, expositions, participa-
tions à des foires, cadeaux d’entreprises) se trouvent auto-
matiquement considérés comme non conformes à l’intérêt
social. Si ne sont pas produits les justificatifs des dépenses
Catalogue des infractions 41

ou si les dirigeants sociaux s’attribuent de leur propre chef


des rémunérations excessives, ou encore s’ils perçoivent un
salaire alors qu’ils n’exercent aucune activité dans la socié-
té1, l’élément matériel sera déclaré établi.

b. Usage illicite.
Tout en employant des biens sociaux dans l’intérêt de la so-
ciété, le dirigeant peut faire un usage illicite, sans en tirer
un avantage personnel. Il en est ainsi des versements effec-
tués à un membre d’une commission pour obtenir l’attribu-
tion d’un marché, la remise d’une somme importante aux
inspecteurs des impôts chargés du contrôle fiscal de la so-
ciété.

c. Intérêt personnel.
L’intérêt personnel est évident : il n’est pas nécessaire des
s’approprier définitivement des fonds sociaux. Nous esti-
mons que sont assimilées à des fins personnelles les opéra-
tions effectuées :
- afin de protéger la réputation de la famille, dans le but
électoral, pour rendre des services à des amis ;
- pour favoriser une autre société ou entreprise dans les-
quelles les dirigeants sociaux étaient intéressés directe-
ment ou indirectement ;
- de manière occulte par un dirigeant car considérées avoir
nécessairement été dans son intérêt personnel.

d. Intérêt du groupe
Il n’y a pas d’abus des biens sociaux lorsque les prêts, avan-
tages, transferts de fonds sont motivés par l’appartenance
des sociétés à un groupe (holdings, filiales, succursales,
etc..) dont l’existence est établie. Ces diverses sociétés
doivent néanmoins avoir en commun un intérêt écono-
mique, social ou financier. Les opérations doivent être réali-
sées dans le cadre d’une politique élaborée par l’ensemble
du groupe, être compatibles avec la finalité et les possibili-
tés financières du groupe. Il importe aussi que ces opéra-
tions comportent une contrepartie équilibrant les engage-
ments respectifs des parties.

e. Personnes punissables
11
Par application de la jurisprudence de la cassation française.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
42

Les présidents directeurs généraux, directeurs généraux,


mandataires sociaux, les gérants, les administrateurs etc…
engagent leur responsabilité individuelle pénale. Il s’agit
des dirigeants de droit que des dirigeants de fait. Sont pas-
sibles des mêmes peines les complices1 dont la participation
aux faits entre dans la définition du code pénal. Seront cou-
pables de recel ceux qui en connaissance de cause, auront
reçu les biens sociaux dont il a été fait usage abusif, en par-
ticulier les bénéficiaires de détournements.

17. Abus de confiance


L’abus de confiance est le détournement d’un bien qui avait
été remis et accepté dans un but précis. L’auteur de l’in-
fraction usurpe la chose ou un droit portant sur la chose
qu’il détient de façon précaire.
Incriminé par l’article 95 du code pénal, l’abus de confiance
est le détournement au préjudice d’autrui d’un bien préala-
blement confié au délinquant par la victime à une fin pré-
cise, à savoir la restitution, la représentation ou un usage
déterminé.

I. Conditions préalables et éléments constitutifs


La structure de l’infraction d’abus de confiance est mar-
quée par la distinction entre les conditions préalables et les
éléments constitutifs. L’abus de confiance suppose d’abord
la confiance accordée, ensuite la confiance trompée.

a) Conditions préalables
1° La remise
Un accord de volonté en vertu duquel la chose a été remise
de façon précaire. Peut donc générer l’abus de confiance :
le louage, le mandat, le nantissement, le prêt à usage, le

11
Le sujet de l’infraction fait partie des éléments constitutifs de toute infraction. Si l’on peut
généralement penser à un seul agent, auteur du fait délictueux, la réalité par contre est que très
souvent l’infraction est l’œuvre de plusieurs personnes. Lorsque plusieurs personnes ont contribué à la
réalisation d’une infraction en y prenant une part plus ou moins active et directe, il y a participation
criminelle prévue par les articles 21 à 23 de notre code pénal. La complicité est une modalité de la
participation punissable. Les complices d’une infraction sont ceux qui apportent à sa réalisation une
aide utile, mais non indispensable. La loi a prévu, de manière limitative, les modes de complicité en
l’article 22 du code pénal. Ce sont les instructions données pour commettre infraction, l’aide accessoire
apportée à la commission de l’infraction et enfin le fait de loger habituellement certaines catégories de
malfaiteurs.
Catalogue des infractions 43

gage, le dépôt, etc. La validité du contrat est indifférente à


l’égard des poursuites pénales.
La remise est nécessairement préalable et volontaire, mais
elle doit être affectée à un but précis. Le propriétaire n’en-
tend pas se dessaisir de la chose, mais simplement la remet
à un tiers dans un but déterminé. Finalement l’abus de
confiance est constitué « par la décision de s’arroger sur la
chose détenue à titre précaire des pouvoirs plus énergiques
que ceux dont on devrait normalement disposer »1

2° L’objet de la remise
La remise doit obligatoirement porter sur les biens énumé-
rés soit des effets, deniers, marchandises, billets, quit-
tances (décharges) écrits contenant ou opérant obligation.
Ce qui veut dire que l’objet de l’infraction de l’abus de
confiance a un caractère nécessairement mobilier.

b) Eléments constitutifs
Comme toute infraction, l’abus de confiance, outre l’élé-
ment légal, se compose de trois éléments constitutifs clas-
siques et d’un élément spécifique, qui est le préjudice.
L’élément légal est constitué par l’article 95 du code pénal.
Les agissements constitutifs de l’abus de confiance sont né-
cessairement frauduleux et la constatation du détourne-
ment inclut nécessairement l’affirmation de la mauvaise
foi2.

1° Le détournement.
Le détournement existe dès lors que le propriétaire de la
chose confiée ne peut plus exercer ses droits sur elle. Le
prévenu est dans l’impossibilité de rendre la chose d’au-
trui. C’est le détournement ou la dissipation de l’objet reçu..
L’infraction n’exige pas que le prévenu se soit approprié la
chose, ni qu’il en ait tiré un profit personnel. Le détourne-
ment ou l’usage fait de la chose d’autrui doit faire tort,
dommage à quelqu’un (préjudice).Il suffit de priver quel-
qu’un des droits légitimes sur la chose. Même la victime
d’un préjudice indirect est fondée à réclamer un dédomma-
gement.

1
LARGUIER J., Droit pénal des affaires, éd.Armand colin, Paris, p.152.
2
Crim. , 5 novembre 1975, Bull., n°237.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
44

Le détournement peut consister en l’usage abusif. Un usage


impliquant la volonté de détourner la chose ou de l’aban-
donner, après l’avoir détournée de son usage3. Seul un acte
positif caractérise l’usage constitutif de l’abus de confiance.
Le fait pour un salarié d’utiliser son véhicule de service
pour des déplacements personnels constitue l’abus de
confiance ; il en est de même d’un directeur salarié d’une
entreprise qui commet un détournement en utilisant la ma-
chine de la société à des fins personnelles. Le détourne-
ment est constitutif de l’abus de confiance à condition que
l’agent ait connaissance de l’affectation claire originale de
la chose.
Le détournement peut consister en refus de restituer.
Lorsque la personne refuse de restituer un bien ne lui ap-
partenant pas et sur lequel elle n’a aucun droit, l’abus de
confiance est constitué. Par contre ne commet pas l’abus de
confiance, l’avocat qui retient les pièces du dossier jusqu’au
paiement complet de ses honoraires. Le délaissement
constitue un acte de disposition caractérisant le détourne-
ment. Nous estimons qu’il commet l’infraction d’abus de
confiance la personne ayant loué un véhicule qui le délaisse
à la suite d’un accident, sans informer la société du sinistre
ou du lieu où se trouve la voiture qui a été revendue par la
suite.
Le détournement peut consister en impossibilité de resti-
tuer. La qualification dépend essentiellement de l’existence
de l’intention frauduleuse. Si le prévenu a pris des risques
et a dissipé les biens, l’abus de confiance est automatique-
ment constitué.
Le détournement peut consister en retard dans la restitu-
tion. Le retard dont question doit se traduire par une volon-
té frauduleuse de la part de l’auteur. Le simple dépasse-
ment de la date prévue initialement dans le contrat et
même la mise en demeure de restituer ne suffisent pas à
constituer l’abus de confiance. La volonté de l’agent de dé-
tourner le bien est un trait essentiel de l’infraction d’abus
de confiance.

2° Le préjudice
L’abus de confiance consiste en un détournement commis
« au préjudice d’autrui », élément constitutif autonome de
3
Crim. , 28 décembre 1934, Bull. n°217.
Catalogue des infractions 45

l’infraction. Ce qui signifie que la qualification d’abus de


confiance ouvre droit à réparation aux propriétaires, déten-
teurs et possesseurs des effets détournés. Le préjudice peut
être matériel ou moral. Le repentir actif et la restitution du
bien après l’abus de confiance ne font pas disparaître le dé-
lit1 car tous les événements qui surviennent postérieure-
ment au détournement sont sans incidence sur la commis-
sion d’une infraction totalement et définitivement commise.

3° L’élément moral
L’abus de confiance n’existe que si le détournement a été
commis avec une intention frauduleuse. C’est la connais-
sance qu’on a qu’en utilisant pour soi l’objet reçu d’autrui
pour d’autres fins on lui cause dommage et l’on se procure
ou procure à autrui un bénéfice illicite. Un détournement
est frauduleux dès que l’agent dispose de la chose, lorsqu’il
a pu prévoir qu’un préjudice pouvait en résulter, mais il
n’est pas nécessaire qu’il ait voulu le causer.
L’intention disparait si l’impossibilité de restituer est due à
la force majeure, notion à être appréciée par les juges. De
même, l’exception de bonne foi fait disparaître le caractère
pénal du comportement. Lorsque le propriétaire autorise
une personne à utiliser les fonds encaissés pour son
compte, l’impossibilité de restituer ne constitue pas le délit
d’abus de confiance1. L’abus de confiance n’est pas consti-
tué par une simple négligence2, il suppose que l’agent ait
agi sciemment.
En effet, dans l’intention frauduleuse3 la fraude consiste
pour un individu possédant à titre précaire la chose d’autrui
si non à s’approprier cette chose, du moins à se conduire à
son égard comme propriétaire au préjudice de son véritable
propriétaire, possesseur, ou détenteur4. En outre, a suffi-
samment démontré l’existence de l’intention frauduleuse
d’abus de confiance, la motivation fondée sur le fait que le
demandeur qui avait, en vertu d’un contrat d’entreprise, la
1
Crim. , 17 novembre 2004, Dr.Pén.2005, comm, n°78, obs. Veron.
11
Crim. , 20 février 1980, Bull., n°66.
22
Crim. , 26 février 2002, Bull., n°44.
33
Il y a abus de confiance lorsqu’il y a violation d’un contrat translatif de la détention ou de la
possession intervenue avec intention frauduleuse C.S.J., 1er décembre 1976, RP 124, aff. NSEAI
c/M.P et YANGA, BA 1977, p.194, tiré de KATUALA KABA KASHALA et alii ; Arrêts de principe et
autres principales décisions de la Cour Suprême de Justice, Editions Batena Ntambua , Kinshasa 2009.
44
GARRAUD. , Droit Pénal Français, T. VI, n° 2618.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
46

détention précaire du bois et de l’argent en vue d’un usage


bien déterminé les a utilisés à ses propres fins5
Les exemples d’abus de confiance sont légion : vendre à un
tiers des bijoux reçus en gage ; le gérant qui détourne à son
profit des bénéfices de la société ; le transporteur qui utilise
l’un des objets transportés à l’insu du destinataire ; le répa-
rateur de montre qui vend une montre lui remise pour répa-
ration pour faire soigner sa fille malade ; le couturier qui
détourne le tissu lui remis pour confection.

II. Régime juridique et Poursuites

a)La répression
L’abus de confiance est une infraction punie de trois mois à
cinq ans de servitude pénale principale et d’une amende ou
d’une de ces peines seulement (article 95 du code pénal). Il
y a là une peine dissuasive sur le plan financier.

b) Particularités de la poursuite
La victime d’un abus de confiance peut porter les faits à la
police. Elle peut porter plainte au parquet ou traduire le
prévenu devant le tribunal de paix. Le ministère public peut
lui aussi mettre l’action publique en mouvement. Même
quand la partie civile met en mouvement l’action publique
le Ministère public appelé a cette cause devient seul partie
poursuivante car la loi lui reconnaît à lui seul l’exercice de l
action publique1.

c) La prescription de l’action publique2


L’abus de confiance est une infraction instantanée consom-
mée au jour de l’accomplissement du détournement. Selon
les délais de droit commun, la prescription infractionnelle
de l’action publique est de trois ans. A compter du jour de

55
C.S.J., RP 124, 1er décembre 1976, B.A. 1977, p. 194.
11
A. RUBBENS . , Instruction criminelle TIII p. 121
22
En droit civil, l’action qui n’est pas exercée dans un certain délai(en règle générale, trente ans,
conformément au code civil congolais livre III) ne peut plus l’être à l’expiration de ce délai. On dit qu’elle
est éteinte par la prescription ou encore qu’elle est prescrite. Il en est de même en droit pénal. L’action
publique si elle n’est pas intentée pendant un certain délai, s’éteint elle aussi par l’effet de la
prescription extinctive ; le délinquant ne peut plus être poursuivi et, de ce fait, l’infraction dont il s’est
rendu coupable va rester impunie.
Catalogue des infractions 47

l’accomplissement du détournement si trois années se sont


écoulées, l’auteur du détournement ne sera plus poursuivi.

d) La prescription des peines.


La personne condamnée à trois ans pour abus de confiance
va voir sa peine ne lui être plus exécutée après six ans (dé-
lai double de la peine prononcée pour les peines de servi-
tude pénale de dix ans ou moins).

e)La tentative
Le code pénal punit l’abus de confiance consommé, mais ne
prévoit pas la punition de la tentative 3. Ce manque de ré-
33
La tentative pose les problèmes de l’infraction tentée, de l’infraction manquée et de l’infraction
impossible. L’infraction tentée : Une infraction est souvent le résultat d’une série de réflexions, de
résolutions et de préparations. Sans doute ne faut-il pas attendre que l’infraction soit consommée pour
déclencher la répression, mais on doit se demander à partir de quel moment les pouvoirs publics sont
autorisés à poursuivre l’auteur d’une infraction non consommée et quelle peine ils peuvent lui infliger. Il
faut des conditions réquises pour que pour qu’il y ait tentative punissable. Pour qu’il y ait infraction
tentée, il faut la résolution de commettre une infraction déterminée ; des actes extérieurs constituant
commencement d’exécution de l’infraction projetée et absence de désistement volontaire. Constituent
un commencement d’exécution les actes qui font partie des éléments constitutifs de l’infraction tels
que’ils sont définis par la loi ou des circonstances qui peuvent en renforcer la répression. Il a été jugé
que constituent le commencement d’exécution les actes devant avoir pour conséquence immédiate et
directe de consommer le crime (Cass, crim. 29 déc. 1970, J.C.P.1971. II.16770, pour la mise en place
par les malfaiteurs d’un puissant dispositif d’attaque- arme, gants, lunettes et.- qui demontrait que la
phase d’exécution de l’agression était commencée). De même, il a été estimé qu’il y avait tentative
punissable en matière de trafic de stupéfiants »dès lors qu’il est établi que celui qui se propose
d’acheter a engagé avec celui qui lui fait offre de vente des pourparlers sérieux » (Cass. Crim. 18 août
1973, Gaz. Pal., 1973, 2,861). La tentative punissable requiert une absence de désistement volontaire.
L’agent même s’il a franchi le seuil du commencement d’exécution, échappera à toute sanction s’il s’est
volontairement désisté. C’est une dernière chance que la loi lui offre de rentrer impunément dans le
chemin de la légalité. Pour être pris en considération le désistement doit être volontaire, il ne faut donc
pas qu’il soit dû à un élément étranger à la volonté de l’agent. Le désistement doit intervenir avant que
l’infraction soit consommée. Le troisième élément pour que la tentative soit punissable est l’intention de
commettre l’infraction tentée. C’est ce qui explique qu’il n’y ait pas de tentative des infractions non
intentionnelles. L’article 4 du code pénal dispose que la tentative est punissable. Toute tentative
réunissant les conditions rappelées ci-dessus est considérée comme l’infraction elle-même. Il en est de
même de la tentative de l’infraction lorsque la loi la réprime expressément. L’auteur d’une tentative est
donc passible de la même peine que celle qu’il eût encourue si l’infraction avait été consommée.
L’infraction manquée : il y a infraction manquée lorsque l’agent a fait tout ce qui était nécessaire
pour réaliser l’infraction mais a manqué son but par maladresse ou pour toute autre raison, alors que le
but recherché par l’agent était possible à atteindre, si celui-ci avait été plus adroit , avait agi avec plus
de rapidité, etc. Il ya plus que simple tentative puisque l’agent a accompli tous les actes qu’il dépendait
de lui de commettre et n’a pas été arrêté en cours d’exécution, de sorte qu’il n’y a plus aucun doute à
avoir sur son intention d’aller jusqu’au bout. Mais il y a moins que l’infraction consommée puisque le
résultat dommageable ne s’est pas produit. L’infraction manquée est punie des mêmes peines que
l’infraction tentée, car il s’agit d’un comportement qui n’a « manqué son effet » que par suite de
circonstances indépendantes de la volonté de l’auteur.
L’infraction impossible : c’est l’infraction qui était irréalisable, soit par manque d’objet (« meurtre »
de quelqu’un qui est déjà mort, avortement d’une femme non enceinte) soit à raison de l’insuffisance
des moyens employés (empoisonnement par administration des substances non toxiques, « meurtre »
par un fusil non chargé. Le résultat était objectivement impossible à atteindre alors que dans l’infraction
manquée, plus d’habilité chez l’agent aurait permis de l’obtenir à l’aide des moyens mis en œuvre.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
48

pression est imposé par la nature même de l’infraction.


Seul le refus de restitution consomme ici l’infraction. La ju-
risprudence définit très largement l’abus de confiance
consommé, ne laissant ainsi aucune place à l’existence de la
tentative.

18. Abus de dot


I. Définition
La dot est une condition de mariage. Le versement et l’ac-
ceptation de la dot sont la preuve nécessaire et suffisante
du consentement des parents et des membres des familles
des fiancés. Cependant le législateur a voulu que la dot soit
symbolique dans le but de mettre fin à certaines pratiques
tendant à considérer la dot comme l’occasion propice pour
s’enrichir. C’est pourquoi la valeur maximale de la dot sera
fixée pour chaque province par le Président de la Répu-
blique (article 363 du Code de la Famille). L’infraction
d’abus de dot consiste alors en la violation de l’obligation
de ne pas dépasser la valeur maximale fixée.
Seront donc punies, les personnes qui solliciteront une dot
supérieure au montant maximum qui aura été fixé et celles
qui céderont à ces sollicitations (versement ou acceptation
d’une dot dont la valeur dépasse le maximum légal).

II. Poursuites
La procédure de conciliation en Conseil de famille est un
préalable. Toutefois si le conflit persiste, le tribunal de paix
est l’instance judiciaire compétente.
L’infraction d’abus de dot est prévue et définie par les ar-
ticles 363 et 427 du code de la famille. Elle est réprimée
(article 427 précité) d’une servitude pénale de sept jours à
un mois et une amende double des promesses agréées ou
des choses reçues ou demandées au-delà du maximum léga-
lement admis ou l’une de ces peines seulement (que le ma-
riage ait lieu ou non).
Si l’auteur est la personne qui doit consentir au mariage du
conjoint mineur, ces peines seront portées au double.
Catalogue des infractions 49

La prescription de l’action publique1


La prescription n’interviendra qu’après une année à comp-
ter de la commission de l’infraction. La prescription de la
peine se fera dans le délai de deux ans.
Il est à regretter que depuis l’entrée en vigueur du code de
la famille les autorités habilitées en l’occurrence le Pré-
sident de la République n’a, à notre connaissance, jamais
procédé à la fixation de la valeur maximale de la dot. Cet
état de chose ampute l’infraction d’abus de dot d’un de ses
éléments constitutifs et la rend ainsi inopérante.

19. Abus des croyances superstitieuses


Il s’agit ici de l’article 78 du code pénal qui ne prévoit pas
d’infraction particulière. L’article 78 dispose « quiconque
abusant des croyances superstitieuses de la population,
aura, sans fondement réel, imputé à une personne un acte
ou un événement vrai ou imaginaire, sachant que cette im-
putation inciterait autrui à commettre une infraction, sera
considéré comme complice de l’infraction ainsi provo-
quée ». Ce texte se limite à énoncer un cas de complicité, la
provocation par abus des croyances superstitieuses. Pa-
reille complicité est valable pour toutes les infractions que
les personnes provoquées peuvent alors commettre.

Mukidi dit dans le village que Mpongi a jeté un mauvais


sort à l’enfant de Mabilala. Si à la suite de ces propos Mabi-
lala tue Mpongi, Mukidi sera complice du meurtre. Si Mabi-
lala incendie la maison de Mpongi, Mukidi sera complice
d’incendie volontaire, etc.
Pour d’autres développements relatifs à cette infraction, le
lecteur consultera utilement l’auteur Jean Lesueur1et l’in-
fraction d’imputation calomnieuse de nature à inciter autrui
à commettre une infraction.

11
Prévue et réglementée par le Code de Procédure Pénale (art 24 du code pénal et suivant), la
prescription de l’action publique doit être soigneusement distinguée de celle de la peine. Elle s’en
différencie non seulement par ses effets (la prescription de la peine, qui suppose qu’un individu
poursuivi et condamné a réussi à se soustraire à l’exécution de la peine, éteint la peine prononcée),
mais encore par son but et par son fondement.
11
Jean LESUEUR. , Précis de droit pénal Spécial, Imprimé par la section de police de l’Agence pour le
Développement International (A.I.D. Ambassade des Etats-Unis d’Amérique, Kinshasa, 1967, p.42
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
50

20. Abus du droit de réquisition


L’infraction d’abus du droit de réquisition est prévue par
l’article 110 du Code Pénal Militaire. Elle comprend le fait
d’abuser des pouvoirs conférés en matière de réquisition ou
de refuser de donner reçu des quantités fournies. Elle
consiste aussi à l’exercice d’une réquisition sans avoir la
qualité si cette réquisition est faite sans violence et à l’exer-
cice d’une réquisition avec violence.
Il faut entendre par réquisition militaire, tout acte de la
puissance publique consistant dans la main mise par l’auto-
rité indépendamment de tout consentement du propriétaire
quant à la délivrance et au prix de l’objet, sur les choses
qu’elle juge nécessaires aux besoins de l’armée.
I. Eléments constitutifs
Pour être consommée, l’infraction d’abus du droit de réqui-
sition doit comprendre l’élément matériel et l’élément mo-
ral essentiels.
L’agent doit être un responsable militaire ou civil au service
de l’armée et investi des pouvoirs conformément aux lois et
règlements2 en vigueur. L’acte incriminé se matérialise soit
par l’exercice injuste, excessif ou méchant des prérogatives
dont on est investi soit par les refus de donner un reçu
(titre) des quantités fournies dans la perspective d’une in-
demnisation au propriétaire.
L’élément moral comme responsabilité morale de l’agent
doit s’avérer établi par son recours libre aux méthodes
fortes intimidatoires à l’intégrité physique selon que la ré-
quisition accompagnée ou non de violences à l’encontre du
propriétaire des biens.

II. Régime juridique


L’auteur d’abus du droit de réquisition encourt une peine
de servitude pénale de deux mois à deux ans. Si l’acte délic-
tueux est matérialisé par la violence, le taux de cette peine
22
Les Tribunaux Militaires de police, de Garnison, la Cour Militaire Opérationnelle, la Cour Militaire et la
Haute Cour Militaire ont plénitude de juridiction pour juger les individus traduits ou renvoyés devant eux
pour les infractions prévues et punies par la loi (art.73 du code pénal militaire). Pour les militaires et
assimilés (Police Nationale Congolaise et Service National) la compétence personnelle est de rigueur. Il
a également été jugé que les membres du corps des « Forces d’Autodéfense Populaire » sont assimilés
aux miliciens des Forces armées et conséquemment justiciables des juridictions militaires (Tribunal de
Grande Instance de Kinshasa/Kalamu, R.P 8622, 1er mars 2005 inédit.). Il en sera de même d’autres
milices, peu importe la dénomination, établies sur le territoire national.
Catalogue des infractions 51

varie de trois ans à cinq ans. Si par contre l’acte incriminé


est dénué de violence, la peine va d’un an à trois ans. Le
coupable de cette infraction doit en outre être condamné à
la restitution de l’objet réquisitionné.

21. Accès illicite aux zones protégées


Aux termes de l’article 147 du code pénal militaire le fait,
pour tout individu de s’introduire frauduleusement ou sans
autorisation des autorités compétentes dans un terrain,
dans les installations ou dans les engins ou des appareils de
toute nature affectés à l’autorité militaire ou placés sous
son contrôle pour les intérêts de la défense est puni de deux
ans de servitude pénale.
Cette infraction peut être commise tant par un congolais
qu’un étranger, par les militaires ou assimilés que par les
civils.

I. Eléments constitutifs
Pour sa consommation, l’infraction d’accès illicite aux zones
protégées exige :
1. La présence illicite (commise frauduleusement ou sans
autorisation des autorités compétentes) aux territoires ou
objets protégés. Le simple accès suffit indépendamment
du temps passé sur les lieux ou en présence de l’objet
protégé.
2. Que les biens protégés aient été clairement déterminés.
Généralement, il s’agit des terrains, installations, engins
ou appareils de toute nature affectés au service de l’auto-
rité militaire ou placés sous son contrôle pour les intérêts
de la défense.
3. L’intention coupable. Elle consiste dans le fait d’accéder
à une zone que l’on sait interdite ou à un engin ou appa-
reil connu sous protection, en violation délibérée des
normes y relatives ou en passant outre les injonctions de
l’autorité habilitée.

II. Répression
L’accès illicite aux zones protégées est une action libre et
consciente visant à attenter aux intérêts fondamentaux de
la Nation. Cette infraction expose son auteur à une peine de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
52

servitude pénale principale dont le taux maximum est de


deux ans (art. 147 du CPM).

22. Accusation de sorcellerie à l’égard


d’un enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

23. Achat et vente illicite des sub-


stances minérales
Voir Code minier.

24. Actes d’anthropophagie


Voir Anthropophagie.

25. Actes de commerce en temps de


guerre
avec un agent d’une puissance enne-
mie
Voir Correspondances avec un ressortissant d’une puis-
sance ennemie.

26. Actes de cruautés infligés aux ani-


maux
Voir Destruction méchante des animaux.

27. Actes de violence dans un bureau de


vote
Voir élections.

28. Activités minières illicites.


Voir Code minier.
Catalogue des infractions 53

29. Administration des substances nui-


sibles
L’administration des substances nuisibles est le fait pour
une personne d’administrer volontairement à une autre per-
sonne des substances qui sont de nature à donner la mort
ou à altérer gravement la santé mais sans intention mé-
chante d’attenter à son intégrité physique.

I. Eléments constitutifs
1. L’article 50 du code pénal livre II incrimine l’administra-
tion de substances nuisibles ayant porté atteinte à l’inté-
grité physique ou psychique d’autrui.
2. L’élément matériel consiste en l’administration par
quelque procédé que ce soit des substances mortelles ou
nuisibles. L’élément matériel peut être constitué d’une
remise directe ou indirecte ; seul un comportement posi-
tif aboutit à la qualification juridique.
3. L’élément intentionnel consiste en la volonté de nuire par
des substances nocives. L’auteur doit connaître le carac-
tère nuisible des substances sur la santé physique d’une
personne. L’auteur doit agir avec l’intention de nuire à la
santé de la victime afin de qualifier l’élément moral.

Nature des substances


Il doit s’agir de substances nocives capables de donner la
mort, ou bien qu’incapables de donner la mort, elles
peuvent néanmoins altérer gravement la santé.
Que la mort ne s’ensuive pas et qu’il y ait possibilité d’alté-
rer gravement la santé. Le caractère nocif de la substance
administrée est laissé à l’appréciation des juges du fait qui
peuvent recourir à des expertises1.
Administrer par plaisanterie des substances nocives consti-
tue l’infraction d’empoisonnement. Administrer des sub-
stances pouvant provoquer la mort dans le but de guérir ne
constitue pas cette infraction. Administrer des médicaments
indigènes nuisibles, ne constitue pas non plus cette infrac-
tion.

11
Général LIKULIA BOLONGO. , Droit pénal spécial Zaïrois, tome I, 2 ème édition, Paris, LGDJ, 1985, p.
84.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
54

II. Poursuites
L’auteur de l’administration des substances nuisibles pour-
ra être dénoncé à la police par tout témoin des faits. La per-
sonne présumée avoir administré des substances nuisibles
se verra porter plainte au parquet par la victime. Elle est
aussi poursuivable par le Ministère public ou par la per-
sonne lésée devant le juge.

a) Quel est le tribunal compétent ?


L’article 50 du CP LII est la disposition légale qui prévoit et
définit l’administration des substances nuisibles.
Le législateur a été sévère quant aux pénalités à appliquer
à l’auteur de cette infraction. Elles sont d’un an à vingt ans.
C’est donc le Tribunal de Grande Instance qui est compé-
tent pour connaître de cette infraction.
En effet, le Tribunal de Grande Instance est compétent pour
connaître de toutes les infractions dont la peine applicable
est supérieure à cinq ans ou la peine de mort ou encore la
peine des travaux forcés. Il juge également les personnes
ne bénéficiant pas d’un privilège de juridiction. Les règles
de compétence territoriale examinées quant au Tribunal de
Paix comme règles communes sont les mêmes pour les Tri-
bunaux de Grande Instance (Art 91 du COCJ).
b) Peines applicables
Le juge prononcera obligatoirement l’emprisonnement d’un
an à vingt ans et l’amende. Il peut également accorder
d’office des dommages et intérêts à la partie lésée en répa-
ration du préjudice qu’elle a subi1.

11
Articles 107 et 108 du Code de l’Organisation et de la Compétence Judiciaires.
Catalogue des infractions 55

c) Prescription de l’infraction d’administration des sub-


stances nuisibles.
L’action publique se prescrit2 après dix ans. La peine se
prescrit après vingt ans.

30. Administration volontaire à un en-


fant
des substances nuisibles
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance

31. Adultère
L’adultère est le fait pour une personne mariée d’avoir des
relations sexuelles avec quelqu’un d’autre que son conjoint.
L’adultère porte atteinte au mariage, base de la société.
En matière civile, depuis l’avènement du Code de la Fa-
mille, l’adultère de l’homme ou de la femme n’est plus une
cause de divorce.
En matière pénale, si l’adultère de la femme est toujours
réprimé, celui du mari n’est punissable que dans la mesure
où il est entouré des circonstances de nature à imprimer à
l’égard de la conjointe le caractère d’une injure grave. Il en
est ainsi des scènes de conjonction sexuelle dans la maison
conjugale.

I. Eléments constitutifs
1. L’état de mariage. Il doit s’agir d’un mariage soit célébré
en famille et enregistré soit célébré par l’officier de l’état
civil ;

22
La prescription de l’action publique repose sur l’idée qu’au bout d’un certain temps, dans un intérêt de
paix et de tranquillité sociale, mieux vaut oublier l’infraction qu’en raviver le souvenir. On la justifie
également par la considération psychologique que le coupable aussi longtemps qu’il a réussi à
échapper à la poursuite ou au châtiment, a dû vivre dans l’inquiétude et dans l’angoisse, peut-être
même torturé par le remords. On la justifie également en faisant appel aussi à l’idée de négligence. La
société perdrait son droit de punir parce qu’elle ne l’aurait pas exercé en temps utile. Le dépérissement
des preuves est une raison particulière en faveur de la prescription de l’action publique. Au fur et à
mesure que le temps s’écoule depuis que l’infraction a été commise, les preuves disparaissent ou du
moins perdent beaucoup de leur valeur. Plusieurs années après l’infraction, il sera difficile d’en
découvrir les traces et les indices, de découvrir les témoins ; ceux que l’on retrouvera auront
probablement oublié ou n’auront que des souvenirs vagues et imprécis. Une action exercée trop
longtemps après la commission de l’infraction risquerait de provoquer une erreur judiciaire. Pour l’éviter,
dans l’intérêt même de la justice répressive et par suite de la société, le mieux est d’empêcher
l’exercice de l’action publique.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
56

2. La conjonction sexuelle. Une union sexuelle (même in-


complète) d’un homme et d’une femme ;
3. L’intention coupable. Il doit s’agir d’une consommation
voulue des rapports sexuels en toute connaissance du ca-
ractère délictueux de l’acte ;
4. L’élément propre à l’adultère du mari. La relation
sexuelle d’un mari avec une autre femme que sa
conjointe ne suffit pas à elle seule à constituer l’infraction
d’adultère. Il faut en plus, des circonstances pouvant pa-
raître injurieuses pour la femme telles que l’acte soit ac-
compli dans le domicile conjugal ou que de l’union naisse
un enfant.
Il est jugé qu’en s’appuyant sur les témoignages et en ap-
préciant souverainement les faits de la cause pour considé-
rer que le fait pour le prévenu de s’enfermer avec une
femme mariée dans une maison non éclairée et à des
heures tardives constitue une faute lourde. Qu’ainsi le juge
a bien motivé l’existence de l’infraction d’adultère 1
Celui qui a des relations sexuelles avec sa belle-sœur alors
qu’il est en séparation de corps avec son épouse, commet
l’adultère. Une femme mariée surprise en pleine conjonc-
tion sexuelle avec un partenaire qui interrompt brusque-
ment l’acte sans qu’il y ait eu éjaculation commet l’adul-
tère. La vie commune d’une femme mariée avec un tiers
sans union de sexe ne constitue pas l’adultère. Les rapports
contre nature entre deux personnes de même sexe ne
constituent pas, au sens de notre loi, l’infraction d’adultère.
Celui qui participe à l’infraction d’adultère (le complice) est
puni conformément à l’article 22 du code pénal. Cette com-
plicité1 exige :
1. que l’adultère soit établi à charge de la personne légale-
ment et actuellement mariée ;
2. l’intention coupable du complice.

11
C.S.J., R.P. 234,1er décembre 1981, inédit.
1
Pour la réparation du préjudice causé à un époux par l’adultère de la femme, le tiers adultère est
condamné aux dommages-intérêts fixés en monnaie nationale, tandis que la prévenue est condamnée
à la réparation par les objets à désigner par la coutume des deux conjoints (CSJ., 2 novembre 1995,
RPA 196, R.A.J.Z, 1996,p.25°).
Catalogue des infractions 57

Le complice2 ne sera pas sanctionné s’il prouve qu’il igno-


rait que son partenaire était marié.
Les exemples de complicité d’adultère existent. Céder une
chambre aux deux partenaires. Mettre les deux partenaires
en contact en vue de consommer des relations sexuelles
(faire le « Mukala » dit – on en langue lingala).
La preuve de l’infraction d’adultère peut être rapportée par
un ensemble de présomptions telles que : une lettre
d’amour, des explications fausses sur l’emploi du temps etc.
Il a été jugé qu’a défaut d’un constat de flagrant délit
d’adultère, de correspondances saisies, de procès-verbaux
d’audition de témoins oculaires et compte tenu de ce que ,
de par sa nature même, l’adultère est une des infractions
sécrètes , ne laissant pas de traces, la complicité d’adultère
peut être établie par des moyens de preuve habituels, dont
notamment les présomptions précises, graves et concor-
dantes tirées des faits révélés par des enquêtes, les
constats et les témoignages constants et spontanés, même
recueillis à l’instruction préparatoire.1

II. Poursuites
Le législateur a laissé l’opportunité des poursuites à la vic-
time. C’est ainsi que cette infraction ne pourra être poursui-
vie que par le seul époux offensé sur plainte de sa part.
A la police, au parquet ou au tribunal l’époux atteint dans
ses sentiments d’affection ou d’amour propre et qui a dé-
noncé les faits, porté plainte ou agi par citation directe peut
pardonner à son conjoint. Il peut mettre fin aux poursuites.
Ce désistement n’est plus recevable une fois que le juge-
ment est devenu définitif. La plainte comme la dénonciation
d’une personne autre que les conjoints ne sont pas rece-
vables.

22
La répression de la participation criminelle est prévue à l’article 23 du code pénal. Les sanctions
varient selon qu’il s’agit des co-auteurs ou des complices. Les co-auteurs sont des auteurs. Ils
encourent les mêmes peines. Les complices sont passibles d’une peine qui ne dépassera pas la moitié
de la peine qu’ils auraient encourue s’ils avaient été eux-mêmes auteurs. (Article 23 alinéa 3 du code
pénal). Lorsque la loi prévoit la peine de mort ou la servitude à perpétuité pour les auteurs, les
complices encourent la servitude pénale de dix à quinze ans (article 23 alinéa 4 du code pénale).
11
CSJ., RPA 196, 21 novembre 1995, tiré de Ruffin LUKOO MUSUBAO . , La Jurisprudence
Congolaise en Droit Pénal, volume I, Editions ON S’EN SORTIRA, Kin 2006, p. 15.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
58

a. Quel texte légal réprime la violation de la foi conjugale


par les personnes mariées ?
Le Décret du 25 juin 1948 a été abrogé. La loi désormais en
vigueur est la loi n°87/010 du 1er août 1987 portant code de
la famille, spécialement ses articles 467, 468, 470 et 472.

b. Quelles sanctions subiront les auteurs et complices ?


Elles sont de six mois à un an de servitude pénale et
d’amende ou d’une de ces peines seulement à l’endroit des
auteurs de l’adultère (art 467). Le mari qui intervient dans
le circuit de l’adultère de sa femme sera passible de 6 mois
de servitude pénale principale au maximum et d’une
amende (art 470).
Toute personne qui soustrait une femme mariée aux devoirs
conjugaux sera punie des peines prévues pour l’adultère
(art 472).
Le complice est puni des mêmes peines que l’auteur princi-
pal.

c) Tribunal compétent et prescription


Le Tribunal de Paix eu égard à la compétence matérielle lui
dévolue est l’instance habilitée à connaître de l’infraction
d’adultère.

d. La prescription
L’adultère de la femme étant une infraction instantanée, s’il
y a eu plusieurs faits, chacun d’eux constitue une infraction
distincte, et pour chacun la prescription court du jour où il
a été commis. Par contre, l’adultère de l’homme est une in-
fraction d’habitude et la prescription courte dès la cessa-
tion de l’entretien.
L’auteur des rapports sexuels qui n’a pas été poursuivi par
l’époux offensé depuis la commission de l’infraction dans un
délai d’une année bénéficiera de l’extinction de l’action pu-
blique. Si le même auteur a été condamné et que deux an-
nées se sont écoulées sans exécuter la peine, cette dernière
ne sera plus appliquée.
Catalogue des infractions 59

32. Anthropophagie
I. Définition
L’anthropophagie est le fait de manger, de consommer, de
se restaurer, de se nourrir de la chair humaine ou d’absor-
ber du sang ou de la cervelle humaine. L’anthropophagie
suppose des actes matériels définis par le législateur et un
élément moral. L’anthropophagie est aussi appelée canniba-
lisme.

II. Eléments constitutifs


1. L’anthropophagie est définie et réprimée par l’article 62
du code pénal.
2. Un nombre d’actes matériels constitue cette infraction :
l’anthropophagie sous-entend le fait :
- de manger la chair humaine, d’absorber le sang ou de
se nourrir de toute partie des restes humains ;
- de préparer, pousser par des propos, gestes ou atti-
tudes à des actes d’anthropophagie ; il fut jugé que doit
être puni comme auteur moral de l’infraction d’anthro-
pophagie, le chef indigène qui, par abus d’autorité, pro-
voque directement ses sujets à dépecer un cadavre et à
en manger1 ;
- de coopérer, aider, assister celui qui commet un acte
d’anthropophagie ;
- d’être trouvé en possession de chair humaine destinée à
des actes d’anthropophagie. Il en est ainsi du fait pour
le prévenu de remettre à d’autres des cadavres destinés
à être mangés, sans prendre part lui-même au repas.1
3. La chair humaine, c’est-à-dire toute partie du corps hu-
main.
4. L’élément moral
La simple connaissance par l’agent qu’il s’agit de la chair
humaine suffit à caractériser cette infraction. Le mobile
pour lequel l’auteur se nourrit de la chair humaine est in-
opérant. Qu’il s’agisse du souci de se disculper, de nutri-

11
Boma., 14 Avril 19O8, jur. Etat II p. 229.
1
Boma., O3 mars 19O3, Jur. Etat I p. 256.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
60

tion, de croyance religieuse, etc. l’infraction d’anthropopha-


gie sera dite établie.

III. Poursuites
Le Ministère public poursuit le présumé auteur d’office ou
sur dénonciation. A la police nationale ou judiciaire l’officier
et l’inspecteur de police judiciaire peuvent être saisis par
dénonciation ou par lettre plainte1. Il en est de même du
parquet .Le Tribunal de paix connaîtra de l’affaire par cita-
tion directe ou par requête de l’officier du Ministère public.
L’article 62 du CPLII, sanctionne de six mois à trois ans de
servitude pénale principale et d’une amende ou d’une de
ces peines seulement les auteurs d’actes d’anthropophagie.
Si l’anthropophagie est consécutive à un meurtre ou à un
assassinat, l’auteur sera poursuivi pour deux infractions.
Seule la peine la plus forte sera prononcée, car il s’agira du
concours idéal.

IV. Prescription de l’action publique


Si, dans les trois années après le dernier acte d’anthropo-
phagie, l’auteur n’a pas été poursuivi, l’action publique sera
prescrite.
La prescription peut néanmoins être interrompue 2. Par
contre si, dans les deux années qui suivent la condamnation
pour anthropophagie le condamné s’est soustrait à l’exécu-
tion de sa peine, celle – ci ne lui sera plus appliquée.

1
Comme nous l’avons indiqué, rechercher les infractions, les constater, en rassembler les preuves, en
identifier les auteurs et appréhender ceux-ci, constitue l’un des rôles essentiels de la police.
2
Actes interruptifs de la prescription
Les actes d’instruction et de poursuite interrompent la prescription, le point de départ du délai étant le
dernier acte d’instruction ou de poursuite (art. 26 du code pénal). Cependant, les actes interruptifs ne
peuvent jouer indéfiniment. La loi a prévu des limites.
Les actes réguliers d’instruction préparatoires accomplis par le magistrat instructeur, l’officier de police
judiciaire tendant à rechercher les éléments de l’infraction sont des actes interruptifs. Il en est de même
d’un jugement avant dire droit, d’un jugement sur le fond même non coulé en force de chose jugée, du
dépôt du rapport d’expertise, et de la citation devant le tribunal par le Ministère public.
D’après le dernier état de la jurisprudence , les simples procès-verbaux et rapports de l’OPJ dressés
dans une enquête, les jugements ordonnant les mesures d’instructions, même les simples remises de
causes mentionnées dans les notes d’audience, sont également interruptifs de la prescription.
Mais ne sont pas des actes interruptifs : la simple invitation à comparaître devant le tribunal, l’appel du
prévenu, l’acte d’opposition du prévenu, la plainte de la partie civile, sauf lorsqu’elle est un préalable à
toute poursuite.
Catalogue des infractions 61

33. Arrangement avec le pouvoir enne-


mi
L’incrimination d’arrangement avec le pouvoir ennemi
consiste pour tout militaire ou assimilé qui, tombé au pou-
voir de l’ennemi, s’est engagé personnellement pour obte-
nir sa liberté sous condition, à ne plus porter les armes
contre l’ennemi.
Cette infraction est prévue et sanctionnée par l’article 142
du code pénal militaire de dix à vingt ans de servitude pé-
nale. Pour réprimer ce comportement infractionnel, les
conditions préalables et des éléments constitutifs indispen-
sables doivent être réunis.
Les conditions préalables sont double, à savoir : l’existence
d’un état de guerre et la capture antérieure de l’agent par
les forces ennemies.

Eléments constitutifs
1. L’auteur de l’arrangement coupable avec le pouvoir enne-
mi ne peut être qu’un citoyen volontairement engagé
sous le drapeau à défendre la nation même au prix de son
sang. C’est le militaire ou assimilé.
2. L’acte incriminé est le pacte clandestin de paix signé
avec le pouvoir ennemi aux dépens de la patrie par un
combattant des forces régulières.
3. L’élément moral s’entend comme la perpétration libre de
l’acte et la connaissance de son caractère attentatoire
aux intérêts fondamentaux de la nation. Une trahison dé-
libérée du serment de défendre sa patrie jusqu’au prix de
son sang.

II. Sanctions applicables


Le coupable de l’arrangement coupable avec le pouvoir en-
nemi parce qu’il a démissionné devant ses responsabilités
et affaibli de ce fait les effectifs des forces régulières enga-
gées dans la défense de la nation encourt des pénalités. Ces
dernières sont d’une peine de servitude pénale principale
dont le taux varie entre dix et vingt ans.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
62

34. Arrestation arbitraire et détention


illégale
Le fait d’enlever ou de faire enlever, d’arrêter ou de faire
arrêter arbitrairement, de détenir ou de faire détenir une
personne quelconque à l’aide de ruses, violences ou me-
naces constitue l’infraction. L’arrestation arbitraire sup-
pose dans le chef de son auteur l’intention de porter at-
teinte à la liberté individuelle ainsi que la conscience effec-
tive de l’illégalité de l’acte posé1

I. Eléments constitutifs
a. L’article 67, du code pénal Livre II est le texte légal qui
incrimine l’arrestation arbitraire et la détention illégale.
b. L’élément matériel consiste en l’enlèvement, l’arrestation
arbitraire ou la détention illégale, c’est-à-dire :
- le fait d’entraîner, de détourner, d’amener, de dépla-
cer une personne de l’endroit où elle se trouvait ;
- de se saisir d’une personne, de l’appréhender au
corps, de l’empêcher de continuer sa route, la priver
physiquement de sa faculté d’aller et de venir à son
gré ;
- le fait de garder, de détenir en sa possession, de rete-
nir une personne pendant une durée plus au moins
longue ou de l’incarcérer ;
- le fait de séquestrer ; la séquestration est la détention
avec surveillance serrée d’un individu dans un endroit
quelconque.
- quel que soit le lieu (maison privée, cachot, hôtel, ma-
gasin, etc.).
Pour se réaliser, l’arrestation arbitraire doit être opérée
par :
- tout moyen de coercition qui met un obstacle matériel à
la liberté d’aller et de venir (violences) ; l’infraction d’ar-
restation arbitraire existe dès qu’il y a coercition, celle-ci
équivaut à la violence prévue à l’article 67 du code pénal
livre II2
11
C.S.J., R.P.A. 112, 20 novembre 1985, inédit.
22
C.S.J., R.P.A 18, 28 mars 1973, B.A. 1974, p.81.
Catalogue des infractions 63

- l’usage de manœuvres qui paralysent la volonté de la vic-


time et la mettent dans l’impossibilité morale d’user de
sa volonté (ruses) ;
- l’annonce d’un mal qui va s’abattre sur la victime si elle
se déplace de l’endroit qu’on lui assigne (menaces).
Il importe de relever que la pratique dite de « prise
d’otage » qui consiste en l’arrestation ou en la garde à vue
des membres de la famille du suspect au moment de l’exé-
cution d’un mandat d’amener en vue de s’assurer de sa
comparution s’il n’est pas trouvé sur les lieux, est interdite.
Cette pratique constitue une arrestation arbitraire, car seul
l’auteur d’un acte qualifié délit peut être puni pour cet acte 3

c. Les Eléments intellectuels ou moraux


L’arrestation, l’enlèvement ou la détention doivent être pra-
tiqués illégalement, intentionnellement et arbitrairement,
c’est-à-dire sans ordre de la loi ou commandement de l’au-
torité légitime mais par sa propre volonté, pour son bon
plaisir et par son propre caprice. Aussi commet l’infraction
d’arrestation arbitraire un vice gouverneur qui, dans le
cadre d’une enquête administrative, confie un agent à la
garde de la gendarmerie, étant donné qu’en sa qualité de
haut fonctionnaire il devait savoir que dans ce cas la loi ne
lui permet pas de procéder ni à l’arrestation ni à la déten-
tion de l’agent incriminé, même pour une durée limitée 1Il a
été décidé qu’est arbitraire et faite en violation de l’article
67 du code pénal livre II, l’arrestation d’un prévenu opérée
par l’officier du Ministère public en instruction d’un litige à
caractère civil2. Par contre ne tombent pas sous le coup de
l’article 67, une arrestation et une détention qui sont ordon-
nées ou seulement permises par la loi telles celles qui, pour
des raisons de nécessité d’instruction judiciaires sont opé-
rées par un magistrat du parquet ou un opj3.

33
NZANGI BATUTU (M). , « L’action policière et les droits de l’homme en R.D Congo », Collection
Droit, Politique, sociologie, CDPS ASBL, Kinshasa 2003.
11
C.S.J., RPA. 112, 2O novembre 1985 B.A, Années 1985 à 1989 édition 2002 p.85.
22
C.S.J., RPA 106/107/108/109/110, 22 novembre1985, B.A. édition 2002, p. 98.
33
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 83 84, 23 juin 1989, Ministère public et partie civile
Biregeyi kakwemo contre le prévenu Dunia Matandi, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
64

d. Circonstances aggravantes
L’arrestation arbitraire est aggravée quand la mort s’ensuit
causée par les tortures que la victime a subies. Toutefois,
les tortures constituent en elles-mêmes des circonstances
aggravantes même si elles n’ont pas entraîné la mort.
Il est de jurisprudence que le simple dépôt de la plainte par
le prévenu, même si par la suite il a fourni aux agents de
l’ordre un moyen de déplacement, ne saurait suffire pour
établir l’élément moral dans son chef. Aussi le simple dépôt
d’une plainte ne constitue pas un acte de complicité ou de
corréité dans l’arrestation ultérieure par les agents de
l’ordre, en vertu de leurs pouvoirs propres4.
Sont exemples d’arrestations arbitraires et détentions illé-
gales, le cas d’un magistrat qui maintient en détention une
personne acquittée par un tribunal et le fait d’enlever un
enfant ou enfermer une personne donnée dans une
chambre.

II. Poursuites
La victime de cette infraction ainsi que le ministère public
enclenchent les poursuites.

a. Quelles pénalités le législateur a-t-il prévues ?


1. L’arrestation arbitraire ou détention simple est punie
d’une année à cinq ans de servitude pénale.
2. L’arrestation arbitraire ou détention avec tortures est pu-
nie de cinq à vingt ans de servitude pénale.
3. Si les tortures ont entraîné la mort, sera infligée la servi-
tude pénale à perpétuité ou la peine de mort.

L’amende n’est pas prévue. L’officier de police judiciaire,


parce qu’il n’y a pas lieu de transiger, devra transmettre
ses procès-verbaux au parquet.
Le Code Pénal Militaire en son article 193 (527 à 529 du
C.J.M) punit quiconque aura arrêté, détenu ou séquestré
des personnes durant les hostilités sans ordre des autorités
constituées et hors les cas où la loi ordonne de saisir des

44
C.S.J., R.P. 15, 10 avril 1976 B.A. 1977p.89 ; C.S.J., R.P. 144,10 avril 1976. B.A. 1977, p.93.
Catalogue des infractions 65

prévenus. La sanction sera de quinze à vingt ans de servi-


tude pénale.

Quel tribunal est compétent pour connaître de ces


faits ?
L’arrestation arbitraire ou détention simple est de la com-
pétence du Tribunal de Paix. Pour les autres cas (tortures)
il s’agit du Tribunal de Grande Instance.

b. Qu’en est-il de la prescription ?


Le délai de prescription de l’action publique est de trois ans
pour l’arrestation arbitraire ou détention simple. Le même
délai est de dix ans pour les autres cas.

35. Arrestation d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

36. Assassinat
L’assassinat est le meurtre commis avec préméditation 1. La
préméditation est définie comme étant « le dessein formé
avant l’action ». La préméditation doit être définie dans son
sens étymologique2.
La préméditation suppose une « méditation préalable », une
décision murie, prise après une réflexion valable. L’inten-
tion homicide doit précéder l’action. La préméditation se
manifeste entre autres manières quand l’assassin monte un
scénario pour amener la victime dans ses filets, tend un
guet-apens à sa victime, prépare son crime, organise et
prend un temps pour réfléchir sur la façon dont il va l’exé-
cuter.

I. Eléments constitutifs
1. L’élément matériel est constitué d’un acte (à l’opposé de
l’abstention, de l’omission ou inaction) ou coup porté
avec la main, l’arme, les pieds ou autre instrument qui
entraîne la mort d’une personne humaine ou susceptible
de la provoquer. Bien entendu, il faut relever que l’assas-
11
Claudia Ghica-Lemarchand, Frederic-Jerôme Pansier. , Droit Pénal Spécial, Vuibert, Août 2007,
p.41/.
22
GARCON E., Code Pénal Annoté, 2eme édition, articles 296 à 298.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
66

sinat suppose que la victime soit une personne humaine,


née et vivante ainsi que l’acte positif et matériel porté
produise comme résultat la mort de cette personne
(Haute Cour Militaire RP 001/2004 du 5 octobre 2004,
MP c/ Col ALAMBA et consorts, inédit). Il ne suffit pas de
poser un acte matériel et positif pour que l’assassinat soit
établi, il faut en outre que l’acte soit librement voulu et
prémédité.
2. L’élément moral suppose une conscience délibérée (mû-
rement réfléchie, non subite et momentanée) avec
comme résultat escompté de donner la mort à la per-
sonne d’autrui (animus necandi). Le coupable a conçu le
dessein de tuer sa victime un certain temps avant l’ac-
tion. Toutefois, il a été jugé que la résolution de tuer qui,
tout en étant conditionnelle, est néanmoins le résultat
d’une volonté non subite , momentanée, mais antérieure
et sûrement réfléchie, constitue un des éléments de quali-
fication d’assassinat(1ère instance Kin, 19 février 1965,
RJC. 1969,n°1 p.89 avec note).A contrario, les juges ont
décidé qu’il n’ya pas d’assassinat lorsque entre le mo-
ment du dessein homicide conçu dans l’empire d’un vif
ressentiment et celui de sa réalisation, le prévenu n’a pas
retrouvé son calme (Kin, 19 janvier 1967, RJC 1967, n°
2,P. 130).
Il s’agit donc d’un acte positif et matériel de nature à don-
ner la mort après préméditation. La préméditation dans
l’assassinat exige que le dessein homicide soit pris avec
calme et après mûre réflexion et non sous l’impulsion de la
colère sans dessein réfléchi d’homicide (Cour d’Appel de
Lubumbashi, 14 novembre 1968, B.P. c/V.J., in R.J.C. 1968,
p.268). Le guet-apens est une manifestation de la prémédi-
tation. Faute pour le Ministère public de prouver l’élément
de préméditation dans le chef du prévenu, la mort que ce-
lui-ci aurait volontairement donnée à un individu reste un
simple meurtre1.
La jurisprudence reconnaît que la préméditation requise
pour l’existence de l’infraction d’assassinat est établie par
une succession d’actes préparés au moins 24 heures à
l’avance, à savoir le fait d’avoir déjà attiré la victime sur les
lieux du crime, porteur d’un revolver chargé, mais d’avoir

1
Kinshasa, 1er juin 1967, RJC, 44eme année, janvier-mars 1968, n°1, p. 69.
Catalogue des infractions 67

reculé d’agir à ce moment pour divers motifs 1. Néanmoins,


le temps de réflexion varie d’un individu à l’autre et selon
les circonstances, ce laps de temps est un trait de temps
variable dans chaque cas, mais assez long pour permettre à
l’auteur de mieux réfléchir et de se rétracter le cas échéant
(HCM RP 001/2004 du 5 octobre 2004, MP c/ Col ALAMBA
et consorts, inédit)
Un assassin, qui avoue avoir tué sa victime après avoir
conçu son projet un mois auparavant, il a acheté l’arme du
crime, s’est entraîné et a pris les dispositions avant le crime
de prendre fuite aussitôt l’acte accompli, caractérise dans
son chef les éléments constitutifs de l’assassinat.

I. Régime répressif

a. Texte légal
L’assassinat est défini et réprimé à l’article 45 du code pé-
nal tel que modifié et renforcé par l’ordonnance-Loi
n°68/193 du 03/05/1968. L’assassinat est réprimé de la
peine de mort2.
L’assassinat comme le meurtre sont par priorité poursuivis
et jugés dans un délai d’un mois maximum (art.6 de l’ordon-
nance-loi).
L’assassinat est une infraction relevant de la compétence
du Tribunal de Grande Instance.

b. Circonstances atténuantes
Le fait qu’un meurtre a été prémédité n’empêche pas d’ac-
corder au condamné le bénéfice des circonstances atté-
nuantes3. Peut constituer circonstance atténuante en faveur
du prévenu, l’attitude de la victime qui, fautive au regard
de la coutume, peut avoir effectivement été ressentie par le
1
C.S.J., R.P 2,10 janvier 1972. B.A 1973, p.88, R.J.Z 1972, p.135.
2
A l'état actuel de la législation en vigueur en République Démocratique du Congo, le législateur
congolais n'a pas encore abolie la peine de mort en dépit des pressions immenses exercées sur le
Gouvernement. Sans nullement être abolitionniste, j’estime que le maintien de la peine capitale dans
l'arsenal répressif congolais n'est pas sans poser quelques problèmes. La République Démocratique du
Congo a signé un moratoire sur les exécutions de la peine capitale, ce qui entraîne comme
conséquence qu'à l'heure actuelle, les condamnations à cette peine continuent d'être prononcées par
les juridictions congolaises sans qu'elles ne soient effectivement exécutées. Les condamnés à mort
sont ainsi indéfiniment maintenus dans une situation d'insécurité juridique, doublée d'un stress
intolérable, car ils ignorent leur sort définitif.
3
1ere instance App. Cost, 27 novembre 1938, Rev. Jur., 1931, p.34.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
68

prévenu, vieillard de mentalité primitive, vivant sous l’in-


fluence complète de la coutume (Trib. 1ère inst. Léo., 28
juillet 1961, in R.jud.C.1962, p.83). Egalement, le désir de
venger le meurtre de son frère peut être retenu comme cir-
constance atténuante d’un meurtre ou d’un assassinat1.

c. Prescription de l’action publique


L’action publique s’éteint après dix ans si les poursuites
n’ont pas été engagées. Quant à la peine de mort, elle est
imprescriptible2.

37. Association de malfaiteurs


L’association des malfaiteurs est aussi appelée association
formée dans le but d’attenter aux personnes ou aux proprié-
tés. L’association des malfaiteurs peut être définie comme
une entente entre deux ou plusieurs personnes destinée à
commettre des infractions3. Une association qui a une cer-
taine permanence dangereuse, qui fait peser une menace
durable sur les personnes ou les biens, bref sur la société,
constitue cette infraction.

I. Eléments constitutifs
L’infraction consiste à participer au groupement visé par la
loi, qui précise les caractères que doit revêtir ce groupe-
ment, et les objectifs qu’il poursuit.

1. Caractères de l’association de malfaiteurs.


Il s’agit d’un groupe, d’un groupement formé ou d’une en-
tente établie (deux personnes ou plus), quelle qu’en soit la
durée, même si les autres membres ne sont pas identifiés
(Crim., 1984) Mais il faut une concertation sur un plan pré-
cis et des prévenus se connaissant (Crim., 1999). Bref, il
faut une organisation. C’est-à-dire, qu’il doit y avoir une en-
tente préalable, une cohésion ;
Le nombre des associés n’est pas déterminé, il suffit que le
juge de par sa sagesse fasse son appréciation.

1
Trib.1ère inst. Stanleyville., 12 novembre 1962 cité par Ruffin LUKOO MUSUBAO. , la Jurisprudence
Congolaise en Droit Pénal, Volume I, Editions ON S’EN SORTIRA, Kin /RDC2006, p.34.
2
NYABIRUNGU MWENE SONGA. , Op. Cit, 2e éd., DES, Kinshasa, 1995, p.321.
3
Dictionnaire de droit, 2e Ed., Tome I, Librairie Dalloz, Paris, p. 146.
Catalogue des infractions 69

2. Objectifs de l’association de malfaiteurs.


Le but poursuivi. La loi vise un groupement ayant pour but
la réalisation d’un ou plusieurs crimes. C’est-à-dire que le
but est la commission d’infractions. Le nombre n’est pas
arrêté par la loi. Cette dernière ne dit pas non plus qu’il
doive s’agir d’une infraction spécialement déterminée.
- La préparation doit être caractérisée par un ou plusieurs
faits matériels (exemple vol de voiture).
- Peu importe que les infractions à commettre soient indé-
terminées.
- L’association de malfaiteurs existe indépendamment de
la commission des infractions projetées, préparées ou
commises.

Pour l’existence de cette infraction, il est de jurisprudence


constante qu’il soit nécessaire que les prévenus aient formé
une association dans le but d’attenter aux personnes ou aux
propriétés c’est-à-dire de commettre une série d’attentats
de cette espèce suivant les occasions, qu’elle ait été formée
expressément pour cet objet et ait reçu une organisation 1,
qu’il y ait entre les prévenus une entente même momenta-
née dans le but d’attenter aux personnes ou à leurs proprié-
tés, avec ou sans attentat2. Aux termes des dispositions de
l’article 156 ter du code pénal livre II, il est requis l’exis-
tence d’une bande dotée d’une certaine organisation, en
vue de porter atteinte aux personnes et aux biens3.
Exemples des buts poursuivis : être faux monnayeurs, faus-
saires, escrocs etc. Il est à remarquer que cette infraction
existe par le seul fait de l’organisation de bande (art 156 du
code pénal ordinaire).

3. Intention
On a vu que l’infraction existe même en l’absence de des-
sein de la commission d’une infraction déterminée.

11
Elis. , 23 décembre 1913, Jur. Col. 1924, p. 187 ; Elis 6 janvier 1914. Jur. Col. p. 256.
22
C.S.J., R.P 319, O1 juillet 198O, Inédit.
33
C. S. J., RP 29/30/31 CR du 16 mai 1990, M.Pc/ KOYAGIALO, in RDJA O8/98, p. 460.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
70

4. Etat de la jurisprudence
- Une association doit en plus avoir une certaine perma-
nence dangereuse en raison de la menace durable qu’elle
fait peser sur la société. L’association n’est pas faite le
matin pour disparaitre le soir, il faut une permanence.
C’est la raison pour laquelle le législateur l’à prévue par-
mi les infractions contre la sécurité publique4 4 ;
- une réunion éphémère d’individus participant à une ac-
tion isolée ne tombe pas sous le coup de cet article 156
du Code Pénal Congolais. Pour tomber sous le coup de la
loi, l’association doit être organisée, c'est-à-dire que la loi
exige entre les membres de la bande une entente préa-
lable5 ;
- La loi n’a pas donné la définition du malfaiteur, mais il
n’est pas exigé qu’il soit un repris de justice, c'est-à-dire
une personne qui a déjà subi une condamnation pénale ;
à vrai dire, sont malfaiteurs tous ceux qui forment une
association dans le but d’attenter, de commettre des in-
fractions contre des personnes ou des propriétés1 ;
- L’adhésion à une bande est punissable même si l’individu
ne participe pas ensuite à l’activité criminelle. Le mobile
évoqué est sans influence pour l’application de la loi pé-
nale2 ;
- Pour que soit reconnue l’association de malfaiteurs, il est
nécessaire que l’entente soit réalisée en vue de la com-
mission de plusieurs infractions et non d’une infraction
isolée sinon tout fait de complexité en matière de crime
constituerait un cas d’association de malfaiteurs.3 ;
- Le législateur a incriminé sous ce nom l’accomplissement
d’actes préparatoires à la commission d’autres infrac-
tions qui, se situant avant même le commencement d’exé-
cution, ne peuvent constituer une tentative punissable.
44
CA Bruxelles 09 septembre 1947, in Revue de Droit pénal et criminologie 1947, p 109 ; Trib Milit
Garn kin/Gombe RP210/2006 du 16 juin 2006, MP C/Kuthino F et consort, inédit.
55
Cass. B., 11 décembre 1893 pas v1894 1ère partie ; CA Bruxelles 09 septembre 1947, in Revue de
Droit et criminologie 1947, p.109, Trib Milit Garn Kin/gombe RP 210/2006 du 16 juin 2006 MP C/K,
inédit.

1
Trib Milit Garn. Kin /Gombe RP 210/2006 du 16 juin 2006 MP C/K, inédit.
2
Idem.
3
Cass Fr chambre Crim . , 13 janvier Dalloz 1955 p 291 ; Trib Milit Kin /Gombe RP. 210/2006 du 16
juin 2006 MP c/K, inédit.
Catalogue des infractions 71

La caractéristique essentielle de la préparation à une as-


sociation de malfaiteurs réside dans l’existence d’un
groupement formé ou d’une entente établie dans un but
bien déterminé. Il ne s’agit pas d’individus réunis par une
simple communauté d’idées ou par le hasard, mais d’indi-
vidus ayant formé la résolution d’agir en commun et pris
la décision de passer ensemble à l’action ultérieure-
ment4 ;
- L’association de malfaiteur n’est pas nécessairement un
groupement fortement structuré, hiérarchisé et composé
de nombreuses personnes, ni constitué pour commettre
un nombre important de crimes. Tombe ainsi sous cette
qualification le fait de recruter une personne pour com-
mettre une agression, de repérer les lieux et de fournir
des instructions et des renseignements à la personne re-
crutée5;
- L’association de malfaiteurs constitue une infraction in-
dépendante du ou des crimes et délits projetés. Il en ré-
sulte qu’une constitution de partie civile qui n’invoque-
rait aucun chef de préjudice distinct de celui résultant
des crimes et délits ensuite tentés ou consommés serait
irrecevable (Cass.Fr. crim., 8 février. 1979, Bull. n° 58 ;
Rev.sc. crim. 1980. 151, obs. J. Robert). Et si les infrac-
tions préparées sont ensuite mises à exécution, une
double poursuite et une double condamnation pour asso-
ciation de malfaiteurs et pour les crimes ou délits tentés
ou consommés s’avèrent possibles6.
II. Poursuites
Quels sont les textes légaux ?
a. Les articles 156-158 du code pénal congolais livre II
résultant de l’ordonnance-loi n°68/193 du 03/05/1968
définissent et sanctionnent l’association formée dans le
but d’attenter aux personnes et aux propriétés. La loi a
fait montre d’une grande sévérité car elle a prévu la
peine capitale.
L’association des malfaiteurs sera par priorité poursuivie et
jugée dans un délai d’un mois maximum (article 6).

44
Cass Fr Crim. , 30 avril 1996 Bull n°176 et Rev sc crim 1997.113 obs Delmas Saint Hilaire.
55
Cass. Fr Crim. , 30 Avril 1996, idem.
66
Cass Fr crim . , 22 janvier 1986 Bull n°29 ; 3 juillet 1991 Bull n°288.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
72

b. Champ d’application des articles 156 – 158 du Code pé-


nal
Les articles 156-158 s’appliquent aux personnes suivantes :
- les provocateurs, ceux qui ont proposé la formation de
l’association ;
- les chefs de bande ;
- ceux qui y auront exercé un commandement quelconque ;
les assistants de chefs ;
- ceux qui auront fourni sciemment et volontairement des
armes, munitions ou autres instruments de l’infraction ;
- tous les autres individus faisant partie de l’association.
c. Quelle est la juridiction compétente ?
Sans préjudice de la compétence personnelle des juridictions
militaires, l’infraction d’association de malfaiteurs relève de
la compétence matérielle du tribunal de grande instance.
Sa prescription est identique à celle relevée pour l’infrac-
tion d’assassinat.
d. Les personnes poursuivies pour association des malfaiteurs,
parce que passibles de la peine capitale, doivent être assis-
tées de conseil (avocat ou défenseur judiciaire).
38. Association formée dans le but d’at-
tenter aux personnes et aux proprié-
tés
Voir association des malfaiteurs.
39. Atteinte à la liberté de commerce
Depuis l’Etat indépendant du Congo (l’acte de Berlin), la
liberté de commerce est garantie dans les conditions fixées
par la loi. Les entraves au commerce qui ne découlent pas
de la loi constituent ainsi une infraction, une atteinte à la
liberté de commerce.
a) Base légale
Deux articles définissent et répriment les pratiques d’at-
teinte à la liberté de commerce. Il s’agit des articles 143 et
144 du code pénal, livre second.
Catalogue des infractions 73

b) Faits punis par ces articles


1. Le fait de contraindre par violences ou menaces les popu-
lations à vendre des marchandises à des personnes ou à
des prix déterminés, en dehors de toute réglementation ;
2. L’action d’empêcher le commerce ou le trafic commercial
par violences, injures, menaces ou rassemblement ou en
imposant des amendes ou des interdictions illégales ;
Le mot « violences » comprend les coups, blessures, vio-
lences légères, voies de fait.
Le mot « menaces » signifie aussi des moyens de contrainte
morale par la crainte d’un mal imminent.
3° Il suffit de causer un préjudice grave aux intérêts
commerciaux d’une personne.
Constitue une atteinte à la liberté du commerce le fait de
s’être livré à des violences sur la personne d’un concurrent
pour l’obliger à quitter une région afin de l’empêcher de
faire du commerce avec les indigènes, et de mettre par là
même ceux-ci dans l’impossibilité de trafiquer librement de
leurs produits1.
Exemples
Menacer de prison un commerçant au cas où il refuserait
de céder sa marchandise à tel prix ou à tel acheteur ; se li-
vrer à des violences sur la personne d’un concurrent pour
l’obliger à quitter une région déterminée d’activités.
c) Quelles pénalités le législateur prévoit – il ?
Lorsque la contrainte de vendre s’est faite par violences ou
menaces, la peine sera de deux ans de servitude pénale
maximum et l’amende ou l’une de ces peines seulement
(b.1°). Par contre, quand l’action d’empêcher le commerce
l’est par violences, injures, menaces ou rassemblement ou
en imposant des amendes ou des interdictions illégales, la
sanction sera de cinq ans de servitude pénale et l’amende
ou l’une de ces peines seulement (b.2°).

11
Boma., 29 septembre 1914, Jur. Col. 1925, p. 189.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
74

d) Comment jouent les règles de la prescription ?


L’action publique s’éteint indistinctement pour les deux cas
dans un délai de trois ans. La peine1, elle ne sera plus d’ap-
plication au délai double de la peine prononcée. Dans tous
les cas, ce délai devra être au moins de deux ans.

40. Atteinte à la liberté des cultes et de


conscience
Toute personne a droit de manifester sa religion ou ses
convictions. Elle le peut seule, en commun, en public ou en
privé, par le culte, l’enseignement, les rites, etc. Celui qui
l’en empêche, en usant des violences, outrages ou menaces
des troubles ou des désordres, porte ainsi atteinte à la li-
berté des cultes ou à leur exercice public ou privé et à la
liberté de conscience.

I. Eléments constitutifs
1. Pour que l’infraction d’atteinte à la liberté des cultes et
de conscience se réalise, la loi exige qu’il y ait :
2. Violences : comme lorsqu’on érige un barrage à l’entrée
d’une église pour empêcher les fidèles d’y avoir accès.
3. Menaces : c’est le cas lorsqu’on impose à un élève
d’abandonner sa religion sous peine de l’exclure de
l’école.
4. Outrages : c’est le cas lorsqu’une personne parodie les
cérémonies ou les manifestations religieuses.
5. Troubles ou désordres : comme le cas de celui qui trouble
les chansons religieuses en y mêlant des vociférations
discordantes.
L’atteinte à la liberté de conscience est également répri-
mée. Le cas de celui qui trouble les cérémonies coutu-
mières qui ont un caractère religieux se rend coupable d’at-
teinte à la liberté de conscience. C’est aussi le cas de celui
qui trouble les cérémonies d’un enterrement civil.

11
Aux termes des articles 27 à 29 du code pénal, les peines se prescrivent en dix ans révolus pour les
peines d’amende de moins de cinq mille Zaïres ; quatre ans pour les peines d’amende de cinq mille
Zaïres et plus ; délai double de la peine prononcée pour les peines de servitude pénale de dix ans ou
moins, sans que ce délai ne puisse être inférieur à deux ans ; vingt ans pour les peines de servitude
pénale de plus de dix ans.
Catalogue des infractions 75

D’autres exemples2 ne manquent pas. Celui qui dérange jus-


qu’à interrompre la célébration d’une messe en injuriant le
prêtre doit être poursuivi en vertu de l’article 179 car l’in-
jure publique n’est passible que de deux mois au maximum
de servitude pénale. Celui qui pour porter atteinte à la li-
berté du culte dégrade une église, doit être poursuivi en
vertu de l’article 110 qui punit la destruction de construc-
tion et qui prévoit un maximum de cinq ans de servitude.
Un automobiliste qui pendant la célébration du culte pro-
testant arrête sa voiture à proximité de la porte d’entrée de
l’église et klaxonne sans arrêt sera punissable sur base de
l’article 179.
II. Poursuites
L’article 179 n’est d’application que lorsque les faits incri-
minés ne constituent pas une infraction en eux mêmes ou
lorsqu’ils constituent une infraction punie de peines infé-
rieures à deux ans de servitude pénale.
a) Texte légal
L’article 179 du Code pénal Livre II est le texte légal. Il pu-
nit les faits constitutifs de l’infraction d’atteinte à la liberté
des cultes et de conscience de la peine de servitude pénale
principale de huit jours à deux ans et d’une amende ou de
l’une de ces peines seulement.
b) Le Tribunal de paix est la juridiction compétente pour
juger des atteintes à la liberté des cultes et de conscience.
L’action publique de l’infraction d’atteinte à la liberté des
cultes et de conscience se prescrit dans le délai de trois
ans.

41. Atteinte à la sûreté de l’Etat


Le législateur sanctionne une série d’actes 1 qui mettent en
cause la sûreté de l’Etat, qui mettent en jeu la vie même de
l’Etat.
Sont ainsi considérées comme subversives :

22
J. LESUEUR. , Op.cit. , p.14
11
Une série d’actes infractionnels peut donner lieu à un concours d’infractions. Le concours d’infractions
est réalisé lorsque, dans une situation donnée, l’inculpé doit répondre à la fois de plusieurs infractions
dont aucune n’a encore fait l’objet d’un jugement définitif.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
76

1. Les atteintes à la sûreté extérieure de l’Etat. On


distingue :
a) Les actes de trahison. Ils sont punis de la peine de mort ;
b) Les actes qui mettent en danger la défense du pays sans
qu’il y ait intention de trahir. Ils sont sanctionnés de dix ans
de servitude pénale principale maximum. Si des hostilités
en résultent la sanction peut aller jusqu’à vingt ans de ser-
vitude pénale principale.
2. Les atteintes à la sûreté intérieure de l’Etat. On dis-
tingue :
- l’attentat ou complot contre le chef de l’Etat : la punition
est de dix à vingt ans de servitude pénale principale ou la
peine de mort ;
- la provocation à la rébellion ; elle est sanctionnée par la
servitude pénale à perpétuité ;
- l’attentat dans le but de dévastation et de pillage est puni
de dix ans de servitude pénale principale;
- la participation à des bandes armées. La punition est la
peine de mort pour les organisateurs et quinze ans de
servitude pénale maximum pour les participants.

I. Poursuites
Les poursuites contre l’atteinte à la sûreté de l’Etat sont
enclenchées conformément au code pénal tel que modifié
par l’ordonnance loi du 16 septembre 1963 et au code de
l’Organisation et de la Compétence Judiciaires.

a) Quels textes prévoient cette infraction ?


Les articles 181 à 187 de code pénale livre II tel que modi-
fié par l’ordonnance-loi n°229 du 16 septembre 1963 (J.O
1964 p. 2 et suivants) sont le siège de matière.

b) Quelles sanctions pourront subir les auteurs ?


L’attentat contre la vie ou la personne du chef de l’Etat est
puni de la peine capitale. Le complot contre la vie ou la per-
sonne du chef de l’Etat est sanctionné de dix à quinze ans
de servitude pénale principale si quelque acte a été commis
Catalogue des infractions 77

pour en préparer l’exécution ; dans les cas contraires, la


sanction est de cinq à dix ans de servitude pénale princi-
pale. En cas de proposition faite et non agréée, la peine est
de un à cinq ans de servitude pénale principale.
c) Quelle est la juridiction compétente ?
La cour de Sûreté de l’Etat était autrefois l’instance compé-
tente tel qu’il ressort de l’article 96 alinéa 1 er de l’ordon-
nance-loi n°82-020 du 31 mars 1982 portant Code de l’Or-
ganisation et de la Compétence Judiciaires telle que modi-
fiée.
Dissolution de la Cour de sûreté de l’Etat.
Etant donné que la Cour de sûreté de l’Etat a été dissoute 1,
les infractions qui relevaient de sa compétence tombent
dans les règles de droit commun de compétence. En effet,
ces incriminations2 ont existé avant la création de la cour
de sureté de l’Etat. La suppression de cette dernière
n’ayant pas dépénalisé les faits constitutifs de ces infrac-
tions, elles retombent dans les règles ordinaires de compé-
tence conformément au taux maximum des peines à encou-
rir.

42. Atteinte au secret de la défense na-


tionale
L’atteinte au secret de la défense nationale constitue un
ensemble des faits prévus par l’article 187 du code pénal
livre II. Celui-ci dispose que sera puni de deux à dix ans
tout congolais ou étranger qui, sans intention de trahison
ou d’espionnage :
1. s’assurera , étant sans qualité , la possession d’un rensei-
gnement , objet , document , ou procédé qui doit être
tenu secret dans l’intérêt de la défense nationale ou dont

1
Aux termes de l’article 225 de la constitution du 18 février 2006, il est stipulé que la cour de sûreté de
l’Etat est dissoute dès l’entrée en vigueur de la présente constitution.
22
Lorsque le même fait constitue plusieurs infractions, la peine la plus forte sera seule prononcée. Il en
est ainsi de celui qui tire un coup de feu dans la foule et tue et blesse plusieurs personnes. Il se rend
coupable de plusieurs infractions de meurtre et de blessures volontaires. C’est le concours idéal
d’infractions, il est réglementé par l’article 20 alinéa 1er du code pénal congolais. On considère qu’en
cas de concours idéal, l’infraction est unique et la peine prononcée est aussi unique car on applique la
plus forte.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
78

la connaissance pourrait conduire à la découverte d’un


secret de la défense nationale ;
2. détruira, soustraira, laissera détruire ou soustraire, re-
produira ou laissera reproduire un tel renseignement,
objet, document ou procédé ;
3. portera ou laissera porter à la connaissance d’une per-
sonne non qualifiée ou du public un tel renseignement,
objet, document ou procédé, ou en aura étendu la divul-
gation.

43. Atteinte aux droits garantis aux par-


ticuliers
Le fait pour un agent de l’Etat de poser un acte qui porte
dommage aux droits et libertés garantis aux particuliers ou
d’abuser de ses fonctions (c’est-à-dire de poser l’acte hors
le cas que la loi prévoit et sans respecter les formes que la
loi prescrit) est qualifié d’infraction d’atteinte aux droits
garantis aux particuliers.

I. Eléments constitutifs de l’atteinte aux droits


garantis aux particuliers
La réunion des éléments matériels et de l’élément moral
caractérise l’infraction d’atteinte aux droits garantis aux
particuliers
a. Les éléments matériels. Ils sont faits d’un :
1. acte portant atteinte aux libertés et aux droits garantis
aux particuliers ;
2. commis par un fonctionnaire, etc..;
3. dans l’exercice de ses fonctions.
Il est constitué de tout acte violant les libertés et droits ga-
rantis par les lois, décrets, ordonnances et arrêtés. L’auteur
de cet acte doit être préposé de l’Etat c’est-à-dire une auto-
rité administrative ou territoriale, provinciale ou centrale
peu importe son grade mais dans l’exercice de ses fonctions
ou qui abuse tout simplement de ses fonctions. Bref, il
s’agit de tout dépositaire d’une petite parcelle d’autorité
publique.
Catalogue des infractions 79

b. L’élément moral

L’agent agit avec conscience qu’il n’a pas droit, qu’il viole une
loi ou encore qu’il ne se fonde sur aucune. Il en est ainsi de
l’atteinte à l’inviolabilité du secret des lettres, du
déguerpissement d’un locataire, sans jugement, par un
officier de police judiciaire.
II. Poursuites
Si l’acte par lui-même constitue une infraction punie de
peines supérieures1 à celles prévues par l’article 180 (soit
15 jours à 1 an de servitude pénale et une amende ou l’une
de ces peines), il convient de poursuivre l’auteur du chef de
cette infraction.
On poursuit de l’infraction d’atteinte aux droits garantis
aux particuliers:
- si les faits à reprocher au fonctionnaire dans l’exercice de
ses fonctions ne constituent pas une infraction, ou
- si les faits constituent une infraction punissable des
peines inférieures à un an de servitude pénale.
a) Le texte légal est l’article 180 Code Pénal LII.
L’article 180 du code pénale érige en infraction spéciale les
faits prévus par cette disposition lorsqu’ils sont commis par
un fonctionnaire agissant illégalement et arbitrairement ; il
n’ya pas concours d’infraction, mais infraction unique à l’ar-
ticle 180 du code pénale livre II, punie éventuellement des
peines plus fortes, telles que celles prévues à l’article 46,
alinéa 22.
b) Quelles sont les sanctions susceptibles d’être appli-
quées ?

11
Toutes les peines prévues pour cette infraction sont retenues parce qu’étant les plus fortes. Par
contre lorsqu’un même sujet accomplit plusieurs infractions distinctes, non réunies par une même
intention délictueuse et dont aucune n’a encore fait l’objet d’un jugement définitif, il y a concours
matériel d’infractions. Le concours matériel d’infractions est prévu par l’article 20, alinéa 2 du code
pénal. Il en est ainsi d’un individu qui vole une vache à Ngakwa le 30 décembre. Le 20 janvier, il tue
une personne à Kanyalanga. Les agents de la police se présentent pour l’arrêter à Bugobe, il frappe
l’un avant d’être maîtrisé. Ce cas constitue un exemple de concours matériel d’infractions de vol, de
meurtre et de coups et blessures. La solution est que le juge qualifiera chaque fait et lui appliquera une
peine et ensuite il additionnera les peines prononcées. C’est ce qu’on appelle le principe du « cumul
des peines ».
22
Elis. , 14 mai 1949, RJCB., p.139, Léo, 1.10.1935, RJCB, 1936, p.19.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
80

Le législateur a prévu 15 jours à un an de servitude pénale


principale et l’amende ou l’une de ces peines seulement. La
responsabilité de l’Etat peut être engagée conjointement
avec celle de l’agent. Conséquemment, l’agent et l’Etat
peuvent être condamnés solidairement à réparer le préju-
dice causé.

c) Le tribunal de paix est qualifié pour juger cette infrac-


tion.
d) L’action publique de l’infraction d’atteinte aux droits ga-
rantis aux particuliers est prescriptible dans le délai d’une
année.

44. Attentat à la liberté individuelle


Voir arrestation arbitraire

45. Attentat à la pudeur


Par définition, l’attentat à la pudeur est tout acte contraire
aux mœurs exercé intentionnellement et directement sur
une personne sans consentement valable de celle-ci. Un
acte impudique qui blesse la pudeur, un acte réellement
immoral. L’attentat existe dès qu’il y a commencement
d’exécution.
Toucher le sexe de quelqu’un, exhiber en public son propre
sexe, porter des habits transparents jusqu’à exposer les
parties intimes sont des faits à qualifier infractionnels.

I. Eléments constitutifs
Deux éléments sont communs à tous les attentats : le fait
matériel et l’intention coupable.
1. Les éléments matériels1
11
Les actes constitutifs de cette prévention peuvent être en concours matériel d’infractions et exiger le
cumul des peines. Le cumul des peines de servitude pénale ne peut dépasser le double du maximum
de la peine la plus forte prévue par la loi, ni être supérieure à 20 ans. Le cumul des peines d’amendes
ne peut dépasser le double du maxima de la peine la plus forte prévue par la loi. En cas de cumul, la
Catalogue des infractions 81

Existence d’un acte impudique, immoral par rapport aux us


et coutumes du lieu, exercé sur une personne avec ou sans
violence, ruse ou menace. Il a ainsi été jugé que le fait d’ex-
hiber sa nudité et de frotter son pénis contre les parties in-
times de la victime constitue la prévention d’attentat à la
pudeur2.

2. L’élément moral

L’agent pose son acte obscène avec la volonté d’enfreindre


la loi, les habitudes de la région. Le mobile importe peu.

II. Poursuites

a) Le texte légal en vigueur.


Le législateur définit, incrimine et sanctionne l’infraction
d’attentat à la pudeur. La base légale se trouve être aux
articles 167, 168 du Code pénal Livre II tels que complétés
et modifiés par la loi n°06 / 0I8 du 20 juillet 2006 modifiant
et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant Code
Pénal Congolais et par l’article 169 du code pénal livre II.

b) Les sanctions devant s’appliquer.


L’attentat à la pudeur commis sur une personne âgée de
moins de 18 ans est puni de cinq à vingt ans de servitude
pénale principale tandis que l’attentat à la pudeur commis
sans violences, ruses ou menaces sur une personne de plus
de 18 ans est sanctionné de six mois à cinq ans de servitude
pénale principale. L’âge de l’enfant pourra être déterminé
par examen médical, à défaut d’acte d’état civil.

c) Tribunal compétent
Tel qu’énoncé ci-dessus, selon que la peine maximale est de
vingt ans ou de cinq ans, l’infraction d’attentat à la pudeur
sera jugée respectivement par le Tribunal de Grande Ins-
tance ou le Tribunal de Paix.

servitude pénale subsidiaire ne pourra passer six mois. La peine de mort et la servitude pénale à
perpétuité absorbent toute peine privative de liberté.
2.2
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Kalamu ; jugements R.P 7691, 8 juin 2000 et R.P. 8325, 6
février 2003, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
82

46. Attentat à la pudeur commis avec


violence
L’article 168 du code pénal congolais livre II tel que modifié
et complété par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 sur les
violences sexuelles définit l’attentat à la pudeur commis
avec violence.
Les éléments constitutifs de l’infraction d’attentat à la pu-
deur commis avec violence sont la violence, les menaces et
les ruses.
Les pénalités sont de six mois à cinq ans de servitude pé-
nale principale en cas d’attentat à la trois pudeur sans vio-
lences, ruses ou menaces .Le Tribunal de Paix est alors
compétent.
En revanche, les sanctions seront de cinq ans à quinze ans
de servitude pénale principale si l’attentat à la pudeur avec
violences, ruses ou menaces est commis sur un enfant âgé
de moins de dix-huit ans. Si l’attentat a été commis sur les
personnes âgées de moins de dix ans, la peine sera de cinq
à vingt ans. Le Tribunal de Grande Instance est dès lors
compétent. Dans ce cas la prescription de l’action publique
est de dix ans.

Circonstances aggravantes
Le maximum de dix ans de servitude pénale principale sera
infligé, s’il y a altération grave de la santé de la victime.
La servitude pénale à perpétuité ou la mort est la peine à
infliger si l’attentat à la pudeur a provoqué la mort. Le Tri-
bunal de Grande Instance reste compétent. La prescription
de l’action publique demeure décennale.

47. Attentat à la pudeur sans violence


commis
sur le mineur
L’élément caractéristique de l’infraction d’attentat à la pu-
deur sans violence commis sur le mineur est l’âge de la vic-
time. Quand l’attentat à la pudeur est commis sur un enfant
âgé de moins de 18 ans, l’infraction existe peu importe son
sexe, son consentement et l’effet de l’acte.
Catalogue des infractions 83

L’article 168 du code pénal livre II modifié par la loi n°


06 /018 du 20 juillet 2006 complétant et modifiant le code
pénal congolais est le siège de la matière.

48. Attentat aux mœurs


L’attentat aux mœurs se définit comme tout acte qui excite,
facilite ou favorise la débauche de la jeunesse. Il est une
excitation des mineurs à la débauche. L’infraction d’atten-
tat aux mœurs sous-entend :
1. l’acte matériel de favoriser la débauche ;
2. l’âge : moins de 18 ans est l’âge requis de la victime;
3. le but de satisfaire la passion d’autrui.

I. Poursuites

a)Texte légal
Les articles 172 du Code pénal livre deux modifié par l’art 5
du décret du 27 juin 1960 et 173 constituent le siège de
l’infraction d’attentat aux mœurs. La sanction est de trois
mois à cinq ans de servitude pénale principale et l’amende.
Dans ce cas, le tribunal de paix est compétent. La prescrip-
tion de l’action publique demeure de trois ans.

b) Circonstances aggravantes
Lorsque l’infraction d’attentat aux mœurs est commise sur
un enfant de moins de dix ans, l’auteur encourt cinq à dix
ans de servitude pénale. Si l’auteur est père ou mère de
l’enfant, il peut en outre être privé de ses droits sur l’en-
fant.
Le tribunal de grande instance est l’instance compétente.
La prescription de l’action publique en matière d’attentat
aux mœurs est de dix ans.

49. Attentats et complots tendant à por-


ter le massacre, la dévastation ou le
pillage
Ces infractions peuvent constituer soit des atteintes contre
l’autorité et la personnalité de l’Etat, soit des véritables
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
84

actes de guerre civile. On distingue à cet égard, en remon-


tant de l’exécution de l’acte à la conception intellectuelle :
- l’attentat qui correspond aux actes d’exécution propre-
ment dits ;
- le complot, caractérisé par la résolution concertée et ar-
rêtée entre plusieurs personnes d’entreprendre l’action ;
- le complot suivi d’un acte préparatoire ;
- la proposition faite et non agréée de former un complot.

a) Les attentats
Les attentats se divisent en cinq types :
1. Détruire ou changer le régime constitutionnel par des
voies illégales.
2. Exciter les citoyens ou habitants à s’armer contre l’auto-
rité de l’Etat.
3. Exciter les citoyens ou habitants à s’armer les uns contre
les autres.
4. Porter atteinte à l’intégrité du territoire national.
5. Porter le massacre ou la dévastation en un même lieu ou
en divers lieux (dans une ou plusieurs zones).

b) Les complots
Les éléments constitutifs du complot sont au nombre de
quatre.
1. La résolution d’agir : une volonté précise et bien arrêtée.
2. Cette résolution doit être concertée entre deux ou plu-
sieurs personnes.
3. Elle (résolution) doit également être arrêtée entre les
conjurés, d’où la nécessité d’un accord entre eux sur le
but et les moyens d’exécution du complot.
4. Le complot doit avoir un but particulier : celui de com-
mettre un attentat.
En période de guerre civile ou de troubles graves, ce sont
des attentats qui ont pour but de provoquer :
- le massacre, c’est-à-dire un ensemble de meurtres ac-
complis par des bandes d’émeutiers ;
Catalogue des infractions 85

- la dévastation, c’est-à-dire une série de destructions, dé-


gradations, incendies, etc. exécutés avec violences ;
- le pillage, c’est-à-dire des vols collectifs se produisant au
moment des émeutes.

c) Quel texte définit et prévoit cette infraction


Les articles 200 et 201 du CPLII sont les textes qui défi-
nissent et prévoient ces infractions. L’article 200 réprime
de la peine capitale les auteurs de l’incrimination d’attentat
tendant à porter le massacre, la dévastation ou le pillage.
Par contre, le complot tendant à porter le massacre, la dé-
vastation ou le pillage est puni d’une servitude pénale de
quinze à vingt ans si quelque acte a été commis ou com-
mencé pour en préparer l’exécution. La servitude pénale
est de dix à quinze ans dans le cas contraire. La proposition
faite et non agréée de former un complot pour arriver au
massacre, à la dévastation ou au pillage est punie d’une ser-
vitude pénale de cinq à dix ans (art.201).

50. Avortement
La loi punit non seulement celui qui a fait avorter une
femme mais aussi la femme qui volontairement s’est fait
avorter. Avorter, c’est user des pratiques mécaniques ou
chimiques pour interrompre artificiellement une grossesse
en provoquant l’expulsion du fœtus avant terme, non dans
le but de sauver la vie de la mère porteuse ou d’épargner à
l’enfant à naître tout inconfort moral ou physique.
Le législateur distingue l’avortement par autrui (art 165) de
l’avortement sur soi-même (art 166). Le premier (avorte-
ment par autrui) est le fait de quiconque, par divers
moyens, fait avorter une femme, que celle-ci y consente ou
non. Le second (avortement sur soi-même) est celui que la
femme se procure elle –même.
Sont coauteurs et punis sur base des articles 21 du code
pénal livre I et 165 du code pénal livre II le médecin, l’infir-
mier ou toute autre personne qui, par ruse, violences, cure-
tage, administration des produits pharmaceutiques ou indi-
gènes ou usant de tout autre procédé, auront provoqué
l’avortement d’une femme enceinte.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
86

I. Eléments constitutifs
Pour être consacrée, l’infraction d’avortement requiert la
réunion d’un ensemble d’éléments matériel et l’élément mo-
ral.
Eléments matériel et moral
1. L’expulsion prématurée. Il s’agit de l’expulsion avant
terme du fœtus, quel que soit le stade du développement
du fœtus et indépendamment de sa viabilité ;
2. L’expulsion provoquée d’une manière artificielle par des
moyens chimiques ou mécaniques ;
3. A l’aide des aliments, breuvages, médicaments (quinine,
eau de vie allemande, antimoine etc..) violences ou par
tout autre moyen1 ;
4. L’auteur doit avoir eu l’intention de provoquer l’avorte-
ment. Une femme grosse qui absorbe des substances
abortives, (…) lorsqu’elle a délibérément recherché l’ex-
pulsion du fœtus qu’elle portait, administre par ce fait la
preuve de l’élément moral.
En effet, l’avortement résultant des coups volontaires por-
tés, non dans le but de faire avorter, mais dans l’intention
d’attenter à la personne d’autrui relève des articles 46 à 48
du code pénal. Aussi, l’avortement pratiqué par un médecin
dans le but de sauver la vie de la mère faute d’intention dé-
lictueuse n’est pas punissable. C’est un avortement théra-
peutique.
Il est de jurisprudence qu’au sens de l’article 165 du code
pénal livre II, l’avortement doit être considéré comme un
accouchement avant terme provoqué volontairement ou
procuré par un procédé quelconque, notamment par la vio-
lence ou par l’administration d’aliments, breuvages et médi-
caments2.
Lorsque l’élément matériel fait défaut dans le chef du pré-
venu, il devient superfétatoire pour le juge d’examiner
d’autres éléments, et partant l’infraction d’avortement cri-
minel sera non établie3.

11
Au sens de l’article 165 du code pénal congolais livre II, l’avortement doit être considéré comme un
accouchement avant terme volontairement provoqué ou procuré par un procédé quelconque,
notamment par la violence ou par l’administration d’éléments, breuvages et médicaments.
22
C.S.J., R.P 290, 20 décembre 1978, B.A, 1979, p.150.
33
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Kalamu, jugement R.P. 8622, 1 er mars 2005, inédit.
Catalogue des infractions 87

II. Régime répressif


L’avortement sur soi même, l’avortement par autrui ainsi
que le complice d’un avortement sur soi même ou par au-
trui ne sont pas punis des mêmes peines. La femme qui se
sera fait avorter volontairement encourt cinq à dix ans de
servitude pénale (art 166) ;
Le médecin, la sage-femme, le pharmacien, l’infirmier ou
toute autre personne qui par aliments, breuvages, médica-
ments, violences ou autres moyens aura fait avorter une
femme sera puni de cinq à quinze ans de servitude pénale
(art 165).
Celui ou ceux qui auront provoqué à l’infraction d’avorte-
ment, fourni des instructions ou renseignements ainsi que
des instruments ou moyens et de l’aide ou de l’assistance ;
en d’autres termes les complices, seront punis d’une peine
qui ne dépassera pas la moitié de la peine qu’ils auraient
encourue s’ils avaient été eux-mêmes auteurs.

a)Du tribunal compétent et de la prescription


L’avortement est une infraction de la compétence maté-
rielle du Tribunal de Grande Instance. Elle se prescrit dans
le délai de dix ans

b) De la complicité d’avortement
Sont considérés comme complices et punis par les articles
23 du code pénal livre I, 165 et 166 du code pénal livre II
selon le cas ceux qui auront en connaissance de cause prêté
à la commission de cette infraction une aide utile mais non
indispensable.
Elle (la complicité) pourra résulter soit de :
1. la provocation à l’infraction par menaces, promesses,
abus d’autorité ;
2. des instructions ou renseignements pour commettre l’in-
fraction ; Il en est ainsi de fournir l’adresse d’un avor-
teur.
3. la fourniture d’instruments ou de moyens ; comme par
exemple le fait de donner une substance abortive, de l’ar-
gent pour aller chez l’avorteuse.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
88

4. l’aide ou l’assistance ; accompagner une dame pour se


faire avorter loin du domicile paternel ou conjugal.

51. Avortement par autrui


Voir Avortement.

52. Avortement sur soi-même


Voir Avortement.

53. Banqueroute
La banqueroute est l’état d’un commerçant déclaré en
faillite qui, dans la gestion de ses affaires s’est rendu cou-
pable d’actes frauduleux ou de négligences et imprudences.
L’infraction de banqueroute concerne uniquement les com-
merçants. Elle n’est envisageable qu’aux conditions préa-
lables de la qualité d’un agent commerçant déclaré en
faillite. La jurisprudence l’a confirmé1
Les conditions pour déclarer en faillite un commerçant se
rapportent notamment à la cessation de paiement et à
l’ébranlement du crédit.
Faits constitutifs de la banqueroute
Les dispositions légales des articles 86 et 87 du code pénal
congolais livre II sont les textes légaux. A l’analyse des dis-
11
Léo. , 27 février 1941, R.J.C.B. 1946, p.26.
Catalogue des infractions 89

positions légales qui prévoient et punissent la banqueroute,


l’on distingue la banqueroute commise frauduleusement de
la banqueroute réalisée sans intention frauduleuse.

54. Banqueroute frauduleuse (art.86) :


Elle est établie lorsque :
- le commerçant en faillite a détourné ou caché une partie
de ses biens (dissimulation d’une partie de l’actif);
- le commerçant est reconnu débiteur des sommes qu’il ne
doit pas (augmentation factice du passif) ;
- le commerçant a fait disparaître ou altéré des documents
comptables (altération de la comptabilité) ;
- l’élément moral existe : l’agent doit avoir agi volontaire-
ment avec la pleine conscience qu’il diminue frauduleuse-
ment son actif au détriment de ses créanciers.
a) La banqueroute frauduleuse est sanctionnée par l’article
86 du code pénal de trois à cinq ans et d’une amende. Le
juge a l’obligation d’infliger les deux peines.
b) Le Tribunal de Commerce est la juridiction pénale com-
pétente pour connaître des différentes infractions de ban-
queroute.
c) La prescription de cette infraction qui est de trois ans ne
commence à courir que du jour du jugement déclaratif de
faillite1. Mais il n’est pas nécessaire que ce jugement soit
coulé en force de chose jugée2.

55. Banqueroute simple (art 87)


Lorsque les irrégularités ci dessous sont constatées, l’in-
fraction de Banqueroute simple prévue par l’article 87 du
code pénal livre II sera caractérisée.
- Non tenue des livres comptables et absence d’inventaire ;
- Comptabilité incomplète ou irrégulière ;
- Engagements excessifs sans contrepartie en valeur ;
- Défaut ou déclaration de faillite dans les délais légaux ;
11
Elis. , 15 février 1949, R.J.C.B p.99 et 16 mars 1957 R.J.C.B. p. 230 ; Elis 19 janvier 1954 p. 91.
22
Léo. , 2o septembre 1956, R.J.C.B. 1957 p. 86.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
90

- Engagement après cessation de paiement des devises,


des dépenses injustifiées ou favorisant un créancier aux
dépens des autres ;
- Etre déclaré deux fois en faillite ;
- Ne pas remplir les conditions d’un concordat à la suite
d’une faillite précédente ;
- Non déclaration de la cessation des paiements conformé-
ment à la loi ;
- Défaut de se présenter auprès du juge ou du curateur.
La banqueroute simple est sanctionnée de huit jours à un
an de servitude pénale principale par l’article 87 du code
pénale livre II. Les règles relatives au tribunal compétent et
à la prescription sont identiques à celles énoncées pour la
banqueroute frauduleuse.

56. Baptême d’un adepte Zaïrois en lui


conférant une appellation aux réso-
nances étrangères
Le recours à l’authenticité était une des politiques prônées
par le Mouvement Populaire de la Révolution, parti unique
sous la deuxième république. Un des objectifs était de faire
disparaître du langage culturel Zaïrois les prénoms. A cet
effet, étaient singulièrement bannis les noms dits de bap-
tême. Le port et l’usage des noms interdits furent érigés en
infraction par le biais de l’ordonnance-loi n°72/ 039 du 30
août 1972. Celle-ci a prévu une sanction de six mois à cinq
ans de servitude pénale principale à l’endroit de tout
contrevenant.
Etait passible de cette sévère sanction tout officiant qui,
lors du baptême d’un adepte Zaïrois, lui conférera une ap-
pellation aux consonances étrangères. Avec la libéralisation
des cultes, la chute du régime à parti unique, le change-
ment du nom du pays, l’avènement du courant démocra-
tique et son corollaire l’organisation des élections il se pose
la question de l’opportunité d’une pareille infraction. Cela
appelle la révision du texte de loi avec d’autant plus d’acui-
té que le port des prénoms et noms des saints, bibliques et
étrangers s’est généralisé. Dès lors, il y a lieu de se deman-
der si cette infraction n’est pas tombée en désuétude.
Catalogue des infractions 91

57. Bigamie
La bigamie est l’état d’une personne engagée dans le lien
d’un mariage enregistré ou célébré devant l’officier de
l’Etat civil qui aura fait enregistrer ou célébrer un autre
mariage sans que le précédent soit dissout ou annulé.
1. Après un mariage célébré à la commune de Makiso, à Ki-
sangani, le 18 juillet 1998 avec madame ZIYANA, mon-
sieur LUKAFU délaisse son épouse et à l’insu de cette
dernière, il se rend à Matadi où l’attend Mademoiselle
KASAHENE, son ancienne amie d’avec laquelle il s’unit le
25 janvier 1999 devant l’officier de l’état civil de la com-
mune de Nzanza.
2. Entretenir « un deuxième bureau1 » ne constitue pas l’in-
fraction de bigamie.
I. Eléments constitutifs
1. Condition préalable. Il faut en premier lieu que l’époux
coupable soit déjà engagé dans les liens d’un mariage
(contracté en République Démocratique du Congo ou à
l’étranger) valable. Il faut qu’il y ait deux mariages valables.
Il n’y a pas infraction si le second mariage est nul pour une
cause qui lui est propre2 .
Cas du mari dont la première femme meurt entre son
deuxième et troisième mariage ; s’il se trouve que la biga-
mie résultant du deuxième est prescrite, il n’ya pas d’infrac-
tion punissable, puisque le décès a dissous le premier ma-
riage avant la conclusion du troisième, et que le troisième
n’a coïncidé qu’avec un deuxième qui était nul.
La nullité du mariage s’apprécie selon le droit civil et
constitue une exception préjudicielle au jugement, pour la
nullité entachant le premier mariage. Le tribunal répressif
statue, au contraire, pour les nullités du second.
2. L’élément matériel consiste à contracter un second
mariage. La célébration ou l’enregistrement d’un second
mariage avant la dissolution du premier.
3. L’élément moral. C’est la connaissance, au moment du
second mariage, du fait que le premier subsiste. Si l’on
croit que ce premier mariage subsiste, alors qu’il est en

1
A Kinshasa, «deuxième bureau » signifie concubine ou maîtresse d’un homme marié.
2
Toulouse, 2002 ; Mémentos, Droit Pénal Spécial, 14 ème édition, 2008, Dalloz p.298.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
92

réalité dissous (par exemple le décès du conjoint), il n’y a


pas infraction, faute d’existence de la condition préalable.

II. Poursuites
Les poursuites seront engagées par l’épouse qui pourra
porter plainte à la police, au parquet ou attraire l’auteur
devant le juge de paix. La personne reconnue coupable de
l’infraction de bigamie pourra être sanctionnée sur base
des articles 408, 409 du Code de la Famille.

a) Sanctions dévolues
L’époux qui aura fait enregistrer ou célébrer une seconde
union sans que la première ne soit dissoute ou annulée en-
court un mois à trois ans de servitude pénale principale et
une amende ou une de ces peines seulement.

b) Prescription de l’action publique.


La bigamie est une infraction instantanée consommée à
compter du jour de la célébration du second mariage. La
prescription de trois ans court donc dès cette célébration.

c) Complicité.
Est complice, l’officier public qui a prêté son ministère au
mariage constituant la bigamie, et qui connaissait l’exis-
tence du premier mariage. Il sera puni comme l’auteur prin-
cipal. Tous ceux qui se sont associés à l’infraction peuvent
également être poursuivis comme complices (témoins, se-
cond conjoint, agissant en connaissance de cause).

d) La tentative n’est pas punissable.


La bigamie est en déclin, car elle est difficile à commettre,
en raison des mentions devant être apposées sur les actes
de l’état civil. Elle est en outre facile à ne pas commettre,
en usant du divorce dans un même dessein(ou en vivant en
concubinage).

58. Blanchiment des capitaux


Sont constitutifs de l’infraction de blanchiment des capitaux
les actes ci-dessous commis intentionnellement :
Catalogue des infractions 93

1. la conversion, le transfert ou la manipulation des biens


dans le but de dissimuler ou de déguiser l’origine illicite
desdits biens ou d’aider toute personne qui est impliquée
dans la commission de l’infraction principale à échapper
aux conséquences juridiques de ses actes ;
2. la dissimulation ou déguisement de la nature, de l’ori-
gine, de l’emplacement, de la disposition, du mouvement
ou de la propriété réels des biens ;
3. l’acquisition, la détention ou l’utilisation des biens par
une personne qui sait, qui suspecte ou qui aurait dû sa-
voir que lesdits biens constituent un produit d’une infrac-
tion.
La connaissance, l’intention ou la motivation nécessaire en
tant qu’élément de l’infraction peuvent être déduites des
circonstances factuelles objectives (art 1er)
Il a été jugé que pour que soit établie l’infraction de blan-
chiment, il importe peu que le prévenu ait eu connaissance,
avec précision de l’infraction d’où proviennent les fonds
qu’il véhicula après s’être chargé de leur conversion. Il suf-
fit qu’en raison de circonstances dans lesquelles il œuvra il
ait pu se convaincre de leur origine illicite.1

a) Texte légal organisant et réprimant le


blanchiment des capitaux.
L’infraction de blanchiment des capitaux est de création
récente. Elle est prévue, définie et sanctionnée par les ar-
ticles 1er, 34, 36 de la loi n°04/016 du 19 juillet 2004. Cette
loi porte lutte contre le blanchiment des capitaux et le fi-
nancement du terrorisme.

b) Sanctions dont le législateur a assorties cette


infraction.
L’article 34 al 1er de la loi du 19 juillet2004 réprime l’auteur
principal de cette infraction. La sanction est de cinq à dix
ans de servitude pénale principale et d’une amende dont le
maximum est égal à six fois le montant de la somme blan-
chie. L’article 34 al 2e punit le complice de la même peine
que l’auteur principal.
11
Bruxelles ,11 e ch. ,30 juin 2003 et cass. , 2eme ch., 14 janvier 2004 – p 584 tiré de la Revue de
Jurisprudence de Liége, Mons et Bruxelles, 31 décembre 2004, 110e année, hebdomadaire, page 1932.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
94

c)Autres sanctions
Aux termes de l’article 36 du même texte légal, il revient
que les personnes morales (sociétés) pourront être condam-
nées :
1. à l’interdiction à titre définitif ou pour une durée de cinq
ans au plus d’exercer directement ou indirectement cer-
taines activités professionnelles ;
2. à la fermeture définitive ou pour une durée de cinq ans
au maximum de leurs établissements ayant servi à com-
mettre cette infraction ;
3. à la dissolution lorsqu’elles ont été créées pour com-
mettre les faits incriminés ;
4. au paiement des frais de publication de la décision par
presse écrite ou par tout autre moyen de communication
audio-visuelle.

59. Bris de scellés


Les scellés sont un ensemble de bande de papier ou d’étoffe
et de deux cachets de cire revêtus d’un sceau officiel, em-
ployé par les officiers de police judiciaire, les huissiers ou
autres officiels pour empêcher l’ouverture d’un meuble ou
d’un local. Il y a bris de scellés quand une personne brise à
dessein les scellés apposés par l’autorité publique.

I. Eléments constitutifs
L’existence de l’infraction de bris de scellés appelle à la
réunion de plusieurs éléments ; de l’élément matériel et de
l’élément moral.
1. L’existence des scellés apposés sur ordre de l’autorité
publique (Gouvernement, Justice ou par un fonctionnaire
qualifié) dans les formes légales doivent être matérielle-
ment détruits.
2. La bande ou l’empreinte a dû être détruite ou enlevée. Le
fait de soustraire un objet placé sous scellés, sans endom-
mager les scellés, constituerait le vol.
3. La destruction des scellés doit avoir été faite avec
connaissance et volonté.
Catalogue des infractions 95

II. Poursuites
Le Ministère public mettra en mouvement l’action publique
même sur simple dénonciation.
a) Les articles 139, 140 du Code pénal LII définissent et ré-
priment les bris de scellés.
b) Quelles sont les sanctions prévues ?
Ceux qui auront brisé les scellés seront punis de six mois à
deux ans de servitude pénale principale et d’une amende ou
d’une des peines seulement. Le gardien par la négligence
duquel le scellé aura été brisé ou qui aura lui même brisé le
scellé peut encourir huit jours de servitude pénale princi-
pale et une amende ou l’une des peines seulement.
Le gardien qui brise le scellé ou le fonctionnaire qui opère
le scellé et qui le brise, sera puni de trois ans de servitude
pénale principale maximum et d’une amende.

c) Les bris de scellés sont de la compétence du Tribunal de


Paix
d) L’action publique se prescrit après trois ans et une année
selon qu’il s’agit des cas prévus au point 1, 3 et au point 2
ci-dessus. Les peines, elles, seront prescrites au délai
double de la peine prononcée ou à deux ans si ce délai est
inférieur à deux ans.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
96
C

60. Campagne électorale en dehors de


la période légale
Voir élections.

61. Cannibalisme
Voir anthropophagie.

62. Carte nationale d’identité


Dans le cadre d’identification des personnes, le titre d’iden-
tité pour citoyens zaïrois (actuellement congolais) est la
« carte nationale d’identité ». Elle est délivrée par le com-
missaire de zone (aujourd’hui administrateur de territoire
ou bourgmestre). Elle doit être présentée à toute réquisi-
tion de l’autorité compétente. La carte nationale d’identité
est délivrée à tout citoyen à la déclaration de naissance. Le
port de celle-ci munie d’une photo passeport est obligatoire
dès l’âge de dix-huit ans révolus.
a) Le texte légal en vigueur est le Décret PM/0008/95 du 10
mars 1995 portant création de la carte nationale d’identité
(Cabinet du Premier Ministre). Notons cependant que ce
décret n’a pas fait l’objet d’une publication au journal offi-
ciel. La carte d’identité ainsi définie a existé, mais de nos
jours n’existe plus et n’est plus délivrée.
b) Sont érigés en infraction :
1° Le défaut ou le refus de présentation de la carte
nationale d’identité sur réquisition de l’autorité
compétente (art. 8)
Cette contravention est punie de sept jours au maximum et
une amende ou l’une de deux peines seulement.
2° La rétention illicite d’une carte d’identité apparte-
nant à autrui (art 9)
Est ici concernée l’autorité qui aura retenue une carte
d’identité appartenant à autrui, sans motif valable. Le cou-
pable subira la sanction prévue pour la rétention illicite des
Catalogue des infractions 97

documents (article 2 de l’ordonnance 21- 84 du 14 février


1959.)
3° L’usage frauduleux d’une carte d’identité apparte-
nant à autrui (art. 10)
L’usage frauduleux d’une carte d’identité appartenant à au-
trui est sanctionné d’une servitude pénale de deux à six
mois et d’une amende ou l’une de ces peines.
4° Les fausses déclarations au moment de l’établisse-
ment de la carte nationale d’identité (art. 11 point 1)
Chacune des fausses déclarations concernées est punie de
la servitude pénale de six à douze mois et d’une amende ou
de l’une de ces peines.
5° L’abstention de faire les déclarations au moment
de l’établissement de la carte nationale d’identité
(art.11 point 2)
Cette contravention d’abstention de faire les déclarations
au moment de l’établissement de la carte nationale d’identi-
té est dans le chef de son auteur réprimée des sanctions
des fausses déclarations au moment de l’établissement de
la carte nationale d’identité.
6° Les violences, voies de fait ou menaces à l’égard de
l’officier de l’état civil lors de l’établissement de la
carte nationale d’identité (art. 11 point 3)
Six à douze mois de servitude pénale et d’une amende ou
de l’une de ces peines seront encourues par l’auteur des
violences et voies de fait cité par l’article 11 point 3.
7° Le refus d’établir, sans motif valable, la carte natio-
nale d’identité (art. 12)
Pareil manquement dans le chef d’un officier sera passible
d’une servitude pénale de deux à six mois et d’une amende
ou de l’une de ces peines seulement.
c)Les infractions ci-haut citées sont chacune de la compé-
tence du Tribunal de Paix.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
98

63. Capitulation
Aussi appelée défaitisme, la capitulation est une infraction
contre le devoir en ce sens qu’elle consiste à capituler de-
vant l’ennemi, ou à ordonner de cesser le combat ou à ame-
ner le pavillon sans avoir épuisé tous les moyens de défense
dont on dispose et sans avoir fait tout ce que prescrit le de-
voir.
Les personnes susceptibles de commettre l’infraction de
capitulation sont le commandant d’une formation militaire,
le commandant d’une unité militaire, le commandant d’une
force militaire , le commandant d’un aéronef militaire et le
commandant d’un navire militaire.

I. Eléments constitutifs
a) Trois conditions préalables sont requises pour la réalisa-
tion de l’infraction de capitulation. Il s’agit de l’existence
d’une situation exceptionnelle, le statut de commandant
opérationnel pour l’agent et l’avis obligatoire du conseil
de discipline sur la culpabilité dudit commandant.
b) Les éléments constitutifs propremendits
Il ya d’une part l’élément matériel et l’élément intellectuel.
1°L’élément matériel est caractérisé soit par la capitulation
devant l’ennemi soit par l’ordre de cessation de combat soit
par le fait d’amener le pavillon sans avoir épuisé tous les
moyens de défense à la disposition ou sans avoir accompli
tout ce qui est prescrit par le devoir et l’honneur.
2° L’élément intellectuel. L’intention criminelle consiste
dans la décision de l’agent, libre et consciente, de capituler,
et dans la connaissance de la disponibilité des moyens de
défense pouvant lui permettre de faire valablement face à
l’ennemi.

II. Régime répressif


La capitulation est une infraction d’ordre militaire. Elle est
définie et réprimée par l’article 58 du Code pénal militaire
(article 429-430 du code de justice militaire). Etant donné
que par la capitulation l’auteur cause un énorme préjudice
à l’armée et à la nation du fait que sont emportés hommes
Catalogue des infractions 99

et armement, le législateur prévoit des lourdes peines. La


sanction prévue est la peine de mort. Cette peine se fonde
sur le fait qu’elle suscite dans le chef de tout potentiel au-
teur de la capitulation la crainte d’une mort certaine résul-
tant de l’acte répréhensible.
Préalable à l’établissement de cette infraction. Comme déjà
énoncé, la personne poursuivie pour infraction de capitula-
tion doit préalablement passer devant un conseil de disci-
pline. Celui-ci (le conseil de discipline) donne préalable-
ment son avis.

64. Cel frauduleux


Le cel frauduleux est défini comme le fait pour une per-
sonne ayant obtenu par hasard la possession d’une chose
de la conserver ou de la livrer à un tiers. L’infraction de cel
frauduleux est aussi appelée recel frauduleux.
Le cel frauduleux n’est pas le vol, faute de soustraction.
L’infraction de cel frauduleux se justifie, le fait de garder
une chose dont on n’est pas propriétaire étant contraire à la
justice et à la morale.

I. Eléments constitutifs
a) L’élément légal de l’infraction de cel frauduleux est
défini par l’article 102 du Code Pénal LII (issu du décret
du 24 décembre 1929).
b) L’élément matériel est constitué d’une chose trouvée par
hasard ou dont on a obtenu la possession par hasard. Le
cel frauduleux ne porte que sur les objets mobiliers.
Cette chose doit appartenir à autrui. La chose ne doit pas avoir
été abandonnée sciemment par son propriétaire. Un vieux
vêtement jeté ne pourra pas faire l’objet de cette infraction.
Il doit s’agir d’une appropriation de la chose en la conservant
pour soi ou en la cédant à autrui sous forme de don, prêt,
vente, mise en gage, etc.
c) L’élément moral est fait de l’intention frauduleuse de
s’approprier une chose que l’on sait ne pas vous
appartenir.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
100

Le cel frauduleux, infraction instantanée, est établie dès qu’on


est en présence d’un paiement indu ou d’un enrichissement
sans cause, l’intention délictuelle étant manifestée par
l’utilisation immédiate des fonds indûment perçus et
causant ainsi préjudice1.
Les « exemples d’école » constitutifs du cel frauduleux sont
légion. Le fait de ramasser de l’argent tombé de la poche
d’un passant et de s’en servir ; s’approprier une chèvre
réfugiée sous son toit ou une bête égarée ; recevoir par
suite d’une erreur de la poste un colis destiné à une autre
personne et en faire usage en connaissant librement que
l’on n’est pas la destination du colis.

II. Poursuites
Le propriétaire du bien mais également l’officier du Minis-
tère public pourront entamer les poursuites. La victime dé-
posera plainte. Le Ministère public pourra se saisir d’office.
Toute personne, sans être victime, peut dénoncer les faits
pour les avoir vécus.
a) Quel est le texte légal ?
.

Le texte qui crée et sanctionne le cel frauduleux est l’article


102 du Code pénal LII (issu du décret du 24 décembre
1929). Il prévoit pour l’auteur de cette infraction des peines
allant de huit jours à deux ans de servitude pénale princi-
pale et une amende ou l’une de ces peines seulement. Le
Tribunal de Paix est la juridiction compétente.
b) Comment se prescrit cette infraction?
Le délai de prescription de l’action publique est de trois
ans. Les peines se prescrivent comme à l’infraction des bris
des scellés.

65. Change
La matière de change1 est réglementée en République Dé-
mocratique du Congo. Elle est régie par la l’ordonnance-loi
n° 67/272 du 23 juin 1967 relative aux pouvoirs réglemen-
taires de la Banque Nationale du Congo en matière de régle-

11
RJZ. , 8 octobre 1973, septembre- décembre. , n°3, p.274.
11
M.C 1967 p. 864 in Codes Larcier R.D.C, tome III, Vol 2 p.7O6.
Catalogue des infractions 101

mentation du change2. Constituent une infraction à la régle-


mentation du change :
1. tout acte non conforme aux dispositions législatives ou
réglementaires relatives au contrôle des changes ;
2. l’obtention d’autorisations par des procédés illégaux ou
irréguliers tels la falsification ou l’altération de docu-
ments, la fausse déclaration ainsi que l’utilisation de tels
procédés en vue de les obtenir (art.10)
a)Personnes concernées par la réglementation du change
Non seulement les personnes physiques mais aussi les per-
sonnes morales intervenant les premières comme les se-
condes directement ou indirectement dans la réglementa-
tion du change sont susceptibles de commettre ces infrac-
tions.

b) Constat des infractions à la réglementation du change


Les fonctionnaires de la Banque Centrale du Congo et des
services de la douane revêtus de la qualité d’officiers de po-
lice judiciaire sont chargés de constater les infractions à la
réglementation du change. Leur compétence s’étend sur
tout le territoire national.
Les procès- verbaux sont d’office transmis à la Banque cen-
trale du Congo. Ces officiers de police judiciaire peuvent
exiger la production des écrits et documents comptables, la
communication des renseignements verbaux et écrits rela-
tifs aux préventions qui donnent lieu aux recherches qu’ils
effectuent.
Tout renseignement et document de nature à faciliter la re-
cherche et le constat des infractions doit d’office être trans-
mis à la Banque Centrale Congolaise.

c) Sanctions prévues par les textes légaux


Toute infraction à la réglementation du change est passible
d’un mois à cinq ans de servitude pénale et d’une amende
par infraction ou d’une de ces peines seulement (art.13 de
la loi précitée)
22
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, 49 ème Année, Numéro
Spécial, 20 janvier 2008.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
102

En cas de récidive, ces peines seront portées au double. La


déchéance des droits civils et politiques s’appliquent aux
infractions à la réglementation du change.
d) Poursuites pénales
Les poursuites des infractions à la réglementation du
change sont exercées à la demande de la Banque Centrale.
L’article 15 de l’ordonnance-loi du 23 juin 1967 subordonne
l’initiative des poursuites du ministère public à la plainte de
la Banque Centrale du Congo en matière d’infractions à la
réglementation de change.
Doit être déclarée irrecevable, l’action du Ministère public
qui ne se serait pas conformée à ces dispositions 1. A défaut
de plainte déposée par la Banque Centrale du Congo, au-
cune condamnation pénale ni dommages et intérêts résul-
tant de l’infraction à la réglementation de change ne
peuvent être prononcées2 .
La Banque requiert d’office auprès de la juridiction compé-
tente lorsque l’infraction est accompagnée de corruption ou
de concussion de fonctionnaires ou de détournements de
fonds publics. La restitution des devises transférées illéga-
lement ou frauduleusement soustraites à l’encaissement est
obligatoire indépendant du jugement définitif.
La Banque est habilitée à transiger avec le délinquant et à
fixer les conditions de la transaction. L’absence de règle-
ment définitif de la transaction entraîne d’office la transmis-
sion du dossier au parquet. La transaction éteint l’action
publique même en ce qui concerne les peines d’emprison-
nement.

e) Prescription de l’action publique


Les infractions à la réglementation du change se pres-
crivent par trois ans à dater du constat de l’infraction si
l’action publique n’est pas interrompue par des actes d’ins-
truction ou des poursuites. L’action publique est également
prescrite par l’application des mesures conservatoires de
suspension des autorités, de confiscation et de saisie des
biens.

1
C.S.J., R.P. 79, 25 juillet 1973, B.A. 1974, p.144.
22
C.S.J., R.P. 174, 04 juillet 1977, B.A. 1978, p.66.
Catalogue des infractions 103

66. Chantage
Le terme est passé dans le langage juridique et consiste
dans la menace de révélations ou d’imputations diffama-
toires pour obtenir soit l’apposition d’une signature, soit la
remise d’un titre ou de fonds.
Certains codes, français en l’occurrence, font du chantage une
infraction juridiquement définie1. Dans ce cas, l’infraction
comprend quatre éléments constitutifs.
1. La menace de révélations ou d’imputations diffamatoires.
Cette menace peut être écrite ou verbale.
2. Une menace adressée dans le but d’obtenir un gain illégi-
time.
3. La remise de signature ou remise de fonds, de valeurs ou
d’un acte contenant obligation ou décharge.
4. L’intention coupable. L’auteur doit avoir été de mauvaise
foi.
En revanche, en droit Congolais, le chantage ne constitue
qu’une des formes de l’extorsion prévue et réprimée par
l’article 84 du code pénal livre II. Lorsque le chantage est
une extorsion, il y a extorsion de titre ou de signature, s’il
s’agit de remise de fonds, il y a infraction de vol avec vio-
lences.
Le chantage exerce ses ravages dans les secteurs les plus
divers : politique, financier, sportif etc. Il est grand temps
pour le législateur congolais de faire du chantage une in-
fraction à châtier sévèrement. Il existe aussi un chantage
de mœurs : « la vie sexuelle, secrète par excellence, est son
domaine élu ».

67. Chanvre à fumer


L’infraction appelée « chanvre à fumer » frappe quiconque
cultive, met en vente, transporte et détient du chanvre à
fumer. Elle concerne également toute personne qui use du
chanvre soit en le fumant soit en le consommant de toute
autre manière.

11
Articles 312-10 du deuxième livre code pénal intitule « Des crimes et délits contre les
personnes ».
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
104

Il est reconnu que la loi punit sans distinction la détention


du chanvre à fumer. Celui qui fume le chanvre doit néces-
sairement en détenir, et tombe donc sous l’application de la
loi2

I. Poursuites
a) Quel est le siège de cette infraction ?
Les articles 1, 3 et 4 de l’ordonnance législative du 22 jan-
vier 1903 approuvé par décret du 1er mars 1903 ainsi que le
décret du 10 mars 1917 (B.O., 1903, p.36 et B.O., 1917,
p.68) créent et répriment l’infraction de chanvre à fumer.

b) Quelles sanctions sont- elles prévues ?


L’auteur de l’infraction de chanvre à fumer encourt quinze
jours à un an de servitude pénale principale et l’amende ou
une de ces peines seulement (article 3).
D’autres sanctions sont appliquées à savoir la destruction
des cultures, la confiscation et destruction du chanvre saisi,
la saisie et confiscation d’instruments destinés ou ayant ser-
vi à fumer du chanvre ou à le consommer de quelque façon
que ce soit (O- L. du 10 mars 1917).
Même en cas d’acquittement, le juge ordonnera, la confisca-
tion du chanvre saisi qui constitue un objet dangereux et
nuisible.

c) Juridiction compétente et autres modalités


Le chanvre à fumer relève de la compétence du Tribunal de
Paix. L’action publique relative à cette infraction est pres-
criptible dans un délai d’une année.
Les chefs de localité ou de quartier, les notables respon-
sables de la cité qui n’ont pas prévenu l’autorité ou dénoncé
la culture, la mise en vente, le transport, l’existence ou
l’usage du chanvre à fumer dans leurs entités seront tenus
solidairement responsables du payement des amendes et
des frais auxquels sont condamnés les coupables.

22
Boma, 30 juillet 1907, Jur. Etat II p.190.
Catalogue des infractions 105

68. Chasse illicite


La pratique de la chasse est organisée. Ainsi lorsqu’une
personne exploite la faune par la chasse ou par tout autre
mode d’exploitation sans être munie d’une autorisation de
l’autorité compétente, elle commet une infraction relative à
la chasse. Les infractions relatives à la chasse sont di-
verses.

I. Infractions proprement dites en matière de


chasse
Comme précisé tantôt, en matière de chasse les infractions
sont multiples. A titre illustratif, il est interdit :
1° d’introduire des animaux domestiques ou exotiques, des
armes à feu, pièges ou tout engin de chasse à l’intérieur
des réserves de faune sans autorisation de l’autorité lo-
cale ; d’y transporter, de tenir des animaux sauvages
vivants, leurs peaux ou trophées, leur viande ou tout
autre sous produit de la faune (article 13 alinéa 1 er de la
loi n°82/002/ du 28/05/1982 ;
2° de poursuivre, chasser, capturer, détruire effrayer ou
troubler de quelque manière que ce soit toute espèce
d’animal sauvage sauf en cas de légitime défense ou de
force majeure (art 13 al 2) ;
3° de détériorer de quelque manière que ce soit, l’habitat
de la faune sauvage (Art. 13 al 3) ;
4° de faire voler un aéronef à basse altitude (art 13 al 4) ;
5° de tuer, capturer, chasser, poursuivre, déranger volon-
tairement ou faire fuir dans le but de nuire les animaux
totalement protégés par la loi (art 27) ;
6° de provoquer volontairement et sans autorisation l’un
des animaux protégés ;
7° d’enlever ou de détruire les œufs, nids, couvées et ni-
chées des animaux de chasse (art 32).
Commet l’infraction de chasse illicite, l’administrateur terri-
torial qui fait chasser sans permis régulier pour le ravi-
taillement de son poste ; la bonne foi en cette matière n’est
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
106

pas élisive de cette infraction1. La circonstance que le pré-


venu a fait toutes les démarches possibles pour obtenir le
permis de chasse sans y parvenir ne peut constituer une
raison d’excuse de l’infraction2.Les allées et venues d’un
chasseur recherchant du gibier constituent un fait de
chasse, alors même qu’il n’aurait pas lever de gibier et
n’aurait pas eu l’occasion de le tirer3.

II. Régime des poursuites


La loi n°82/002 du 28/05/1982 est le texte légal de réfé-
rence. Pour toutes les infractions énumérées, l’auteur en-
court cinq ans de servitude pénale principale au maximum
et l’amende ou une de ces peines seulement. Le tribunal
compétent est le Tribunal de Paix. Les différentes infrac-
tions en matière de chasse se prescrivent dans le délai de
trois ans.

69. Cinéma (enfants non admis)


Les films jugés immoraux ou trop violents sont classés par
une commission ad hoc dans la catégorie de films dont la
présentation est interdite aux enfants. L’entrée de l’établis-
sement et les affiches doivent porter la mention «enfant non
admis ».
Ainsi seront coupables de l’infraction les exploitants ou gé-
rants des établissements cinématographiques et leurs pré-
posés. C’est lorsqu’ils admettent aux spectacles qui y sont
représentés les personnes autres que celles autorisées à y
assister en l’occurrence la présence de mineurs de moins
de 18 ans. Par exemple à la présentation d’un film classé
« enfant non admis ». Même la personne qui projette un
film de cette catégorie dans les locaux non fermés est pas-
sible des peines.

a) Poursuites consécutives
L’auteur présumé de l’infraction cinéma, enfants non admis
pourra être poursuivi sur dénonciation ou sur plainte de
toute personne lésée. Le ministère public peut en outre se
saisir d’office.
11
Ière Inst. Buta, 19 décembre 1929, Rev . Jur. 1931, p. 271.
22
Elis. , 2 décembre 1911, Jur. Congo 1912 p. 300.
33
BOMA, 18 Novembre 1913, Jur. Congo1924, p. 87.
Catalogue des infractions 107

L’ordonnance n°23/216 du 04 mai 1959 portant protection


de l’enfance en matière de projections cinématographiques
publiques (B.O, 1959, p.1157) est le texte légal. A l’endroit
du coupable, une sanction d’un mois maximum de servitude
pénale principale et une amende sont prévues ou une de
ces peines (article 20 de l’ordonnance) citée). Le tribunal
pourra ordonner pendant trois mois la fermeture de l’éta-
blissement.

b) Quel est le tribunal compétent ?


Le Tribunal de Paix est l’instance habilitée à juger cette in-
fraction. L’action publique s’éteint dans le délai d’une an-
née à compter à partir de la fin de la commission de l’in-
fraction.

70. Clientélisme
Le clientélisme consiste dans toute pratique ou tout procé-
dé d’attribution sélective d’avantages indus, se fondant no-
tamment sur des critères d’origine, d’appartenance ou de
non appartenance à une ethnie, une tribu, une région ou à
une province, à une religion, à une association de fait ou de
droit ou sur tout autre critère discriminatoire.
Il consiste également dans la création ou l’entretien, sur
cette base d’attaches personnelles ayant des incidences ma-
nifestes et perverses sur la gestion d’un service ou d’une
unité, sur leur organisation ou sur leur fonctionnement (ar-
ticle 197 du code pénal militaire).

I. Eléments constitutifs proprement dits


L’élément matériel est constitué de deux actes. D’une part,
un acte de pratique ou de procédé d’attribution sélective
d’avantages indus. D’autre part, un acte de création ou
d’entretien d’attaches personnelles sur base des critères
d’origine, d’appartenance ou de non appartenance à une
religion, à une association de fait ou de droit ou sur tout
autre critère discriminatoire.
L’élément moral consiste d’abord dans la connaissance du
caractère indu des avantages qu’on attribue sélectivement
et dans la résolution libre et consciente de les attribuer. Il
consiste ensuite dans la ferme décision de créer ou d’entre-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
108

tenir une coterie basée sur ces critères négatifs au mépris


des effets néfastes futurs ou réels1

II. Régime répressif


Aux termes de l’article 198 du code pénal militaire, toute
discrimination et tout clientélisme sont punissables de deux
à quatre ans de servitude pénale. Ils sont punissables à
condition qu’ils consistent à :
- refuser la fourniture d’un bien ou de service ;
- entraver l’exercice normal d’une activité militaire quel-
conque
- refuser d’affecter, de désigner à une formation, d’utiliser
un militaire ;
- sanctionner un militaire ;
- subordonner la fourniture d’un bien ou d’un service à une
condition fondée sur l’un des éléments visés aux articles
196 et 197
- subordonner dans les mêmes conditions, une offre d’af-
fectation ou de mutation ou mouvement de personnel.
Aux termes de l’article 199 du code pénal militaire, la peine
de deux à quatre ans de servitude pénale sera appliquée au
militaire qui fera manifestement intervenir d’autres critères
que ceux déterminés par les lois et les règlements dans le
recrutement de ses collaborateurs, dans l’accomplissement
d’une mission qui lui est confiée ou dans la gestion, l’orga-
nisation ou le fonctionnement du service ou de l’unité où il
assume, à quelque échelon qu’il se trouve, des responsabili-
tés de direction ou de commandement.
Quant à l’article 200 du Code Pénal Militaire, les infractions
de discrimination et de clientélisme qui ont causé une
désorganisation des pouvoirs publics ou de l’armée, des
troubles graves, un mouvement sécessionniste ou une ré-
bellion seront punies, dans le chef du militaire coupable, de
servitude pénale à perpétuité.

1
Laurent MUTATA LUABA . , Droit pénal militaire congolais. Des peines et incriminations de la
compétence des juridictions militaires en R.D. Congo ; Editions du Service de Documentation et
d’Etudes du Ministère de la Justice et Garde des Sceaux, Kinshasa 2005, p.640.
Catalogue des infractions 109

71. Code de passation des marchés pu-


blics
Par marché public, il faut entendre tout contrat écrit par
lequel un entrepreneur, un fournisseur ou un prestataire
s’engage envers l’autorité compétente soit à réaliser des
travaux, soit à fournir des biens ou des services, soit à exé-
cuter des prestations intellectuelles moyennant un prix.

a)Textes légaux en vigueur.


Il y a d’une part l’ordonnance loi n° 41-398 relative à la po-
lice des marchés publics. Il y a d’autre part l’ordonnance-loi
n°69/O54 du 5 décembre 1969 relative aux marchés pu-
blics, texte aujourd’hui en vigueur mais en voie d’être abro-
gé1. Il ya enfin l’ordonnance n° 69-279 relative aux marchés
publics de travaux, de fournitures, de transports et de pres-
tations.

b) Types de marchés publics et définitions


Aux termes du projet de code en voie de promulgation, les
différents types de marchés publics (articles 7, 8, 9,10 et
11) sont les marchés de travaux, de fournitures, de services
et des prestations intellectuelles.
1. Les marchés de travaux. Ils ont pour objet la réalisation
au bénéfice d’une autorité contractante de tous travaux
de bâtiment ou de génie civile ou la réfection d’ouvrages
de toute nature.
2. Les marchés de fournitures. Les marchés de fournitures
concernent l’achat, la prise en crédit-bail, la location-
vente de produits ou matériels au bénéfice d’une autorité
contractante.
3. Les marchés de service ont pour objet la réalisation des
prestations qui ne peuvent être qualifiés ni de travaux, ni
de fournitures.
4. Les marchés de prestations intellectuelles ont pour objet
des prestations à caractère principalement intellectuel.
Ils incluent notamment les contrats de maîtrise d’ouvrage
1
Au moment où nous apprêtons cet ouvrage pour l’impression, le texte de loi portant code des marchés
publics en République Démocratique du Congo code vient d’être harmonisé par la commission paritaire
mixte de l’assemblée nationale et du sénat. Il reste juste à l’adopter en assemblée plénière. Ce projet
de code, dès que promulgué, va abroger l’ordonnance loi n° 69/054 du 5 décembre 1969.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
110

déléguée, les contrats de conduite d’opération, les


contrats de maîtrise d’œuvre et les services d’assistance
technique, les marchés de prestation, d’études et de la
maîtrise d’œuvre, tout comportant des obligations spéci-
fiques liées à la notion de propriété intellectuelle.

c) Infractions à l’occasion de la passation des


marchés publics ou de délégation de service public.
Toute infraction peut être commise à l’occasion de la pres-
tation de marchés publics ou de délégation de service pu-
blic (article 73). Le conflit d’intérêts, le délit d’initié et la
prise illégale d’intérêts peuvent être commis dans le cadre
d’un marché public (article 74).
Il ya conflits d’intérêts lorsqu’un membre de l’autorité
contractante ou délégante prend part à la prise de décision
concernant le candidat ou le titulaire du marché public au-
quel il est lié par des intérêts incompatibles avec ceux de
l’Etat.
Il y a délit d’initié lorsqu’un membre de l’autorité contrac-
tante ou délégante, une personne chargée d’un service pu-
blic ou investie d’un mandat électif fournit ou fait usage des
informations privilégiées détenues en raison de ses fonc-
tions ou de son mandat, dans le but d’influencer l’attribu-
tion d’un marché public ou d’une délégation de service pu-
blic.
Il y a prise illégale d’intérêts lorsqu’un fonctionnaire, un
agent public ou un élu prend, reçoit oud conserve un
intérêt dans une entreprise ou une opération dont il a, au
moment de l’acte, la charge d’assurer la surveillance, l’ad-
ministration ou la liquidation.

d) Peines prévues par le projet de code


L’auteur de l’infraction commise à l’occasion de la presta-
tion de marchés publics ou de délégation de service public
sera puni du double de la servitude pénale prévue pour
cette infraction. L’amende sera portée à un montant ne dé-
passant pas 50.000.000 de francs congolais (art. 73). Le tri-
bunal prononcera, en outre la confiscation des garanties
constituées par l’entreprise et l’exclusion de celle-ci de la
commande publique pour une durée ne dépassant pas cinq
Catalogue des infractions 111

années. L’exclusion de la commande publique sera défini-


tive en cas de récidive (article 75).
Le conflit d’intérêts, le délit d’initié et la prise illégale d’in-
térêts commis dans le cadre d’un marché public (article 74)
sont punis d’une amende de 25.000.000 à 50.000.000 de
francs congolais.

72. Code forestier


La loi n°011/2002 du 29 août 2002 constitue le code fores-
tier1. Plusieurs infractions à la réglementation forestière y
sont définies et punies par le législateur.

I. Infractions proprement dites et pénalités.


1. Abandon ou provocation de feu dans la forêt ou
dans la brousse (art.57 et 149 de la loi susvisée)
Qui commet cette infraction est puni de deux mois à deux
ans de servitude pénale et d’une amende de soixante mille à
un million de francs congolais constants ou une de ces
peines seulement. Est passible des mêmes peines, l’auteur
de chacune de trois autres infractions reprises aux numéros
2, 3 et 4.

2. Allumage de feu dans les réserves naturelles inté-


grales et les parcs nationaux (art. 61 et 149)
3. Allumage de feu dans un rayon de 500 mètres au-
tour des forêts situées dans la savane ou en bordure
de la savane (art. 59 et 149)
4. Allumage de feu en zone de savane le long des
routes et chemins traversant les forêts classées
(art. 60 et 149)
5. Contrefaçon ou falsification des marques régulière-
ment déposées (146) ;
Sont concernés ici l’usage de marteau contrefait ou falsifié,
l’usage de marteau véritable indûment procuré et l’enlève-
ment des marques. L’auteur présumé subira deux mois à
deux ans et une amende de vingt cinq mille à cent vingt
cinq mille francs congolais constants ou une de ces peines.

11
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, 43ème année, Kinshasa, 31 août 2002.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
112

6. couper, arracher, enlever, mutiler ou endommager


des arbres ou plants d’essences forestières proté-
gées sans autorisations (art. 148 point 4).
La sanction est de six mois à cinq ans de servitude pénale
principale et d’une amende de vingt mille à cinq cents mille
francs congolais constants ou une de ces peines seulement.
7. Déboisement de la forêt sur distance de 50 mètres
de part et d’autre des cours d’eau ou dans un rayon
de 100 mètres autour de leur source (art. 148 point
3)
La répression prévue est celle de l’article 148 point 4 telle
que énoncée ci-dessus.
8. Dégradation d’un écosystème forestier ou déboise-
ment d’une zone exposée au risque d’érosion ou
d’inondation (art.148 point 1)
La punition prévue est similaire à celle de l’article 148
point 4.
9. Emondage ou ébranchage des arbres ou pratique de
la culture par essartage dans une forêt classée (art.
148 point 2)
La sanction prévue est celle de l’article 148 point 4 reprise
ci-dessus.
10. Enlèvement, déplacement ou dégradation des
bornes, marques ou clôture servant à délimiter des
forêts ou des concessions forestières (art.148 point 5)
Les pénalités prévues sont de six mois à cinq ans de servi-
tude pénale principale et d’une amende de vingt mille à
cinq cent mille francs congolais constants ou une de ces
peines seulement.
11. Exploitation des produits forestiers sans autori-
sations dans le chef d’un titulaire d’une autorisa-
tion de reconnaissance forestière ou d’inventaire
(art. 144 point1).
L’infraction est punie de six mois à trois ans et une amende
de cent mille à cinq cent mille francs congolais constants ou
une de ces peines seulement.

12. Exploitation forestière en violation de la loi ou


de ses mesures d’exécution (art.143 point 1)
Catalogue des infractions 113

La sanction est de trois mois à deux ans de servitude pénale


et d’une amende de vingt mille à cent mille francs congolais
constants ou une de ces peines seulement. La saisie ou la
restitution des produits de l’infraction, des instruments
ayant servi à commettre l’infraction sera en outre ordon-
née.
13. Exploitation par le concessionnaire forestier des
produits forestiers sans autorisation requise
(art.147 point 4).
Elle est réprimée d’un mois à trois ans de servitude pénale
et une amende de dix mille à cinq cent mille francs congo-
lais constants ou une de ces peines seulement.
14. Exportation par le concessionnaire forestier des
essences en violation des restrictions instituées par
les mesures d’exécution du code forestier (art.147
point 3)
Cette incrimination est punie de la même peine que l’expor-
tation par le concessionnaire forestier des produits fores-
tiers sans autorisation requise (voir n°13 en haut).
15. Exercice d’un droit d’usage forestier dans une
forêt classée en violation du code forestier ou de
ses mesures d’exécution (art. 150)
Deux mois à un an de servitude pénale et une amende de
dix mille à cinq cent mille francs congolais constants ou une
de ces peines seulement sont prévus en guise de sanction.
16. Exercice d’un droit d’usage forestier dans une
forêt protégée en violation du code forestier et de
ses mesures d’exécution (art.151)
Cette disposition légale prévoit un mois à un an de servi-
tude pénale principale et une amende de cinq mille à vingt
cinq mille francs congolais constants ou une de ces peines
seulement.
17. Falsification d’une des autorisations prévues par
le code forestier et ses mesures d’exécution
(art.145).
Cette falsification est punie de six mois à deux ans de servi-
tude pénale et une amende de vingt mille à cent mille
francs congolais ou une de ces peines seulement.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
114

Les coupes pratiquées sous une autorisation falsifiée sont


illicites. La détention des produits forestiers en vertu d’une
autorisation falsifiée est illicite.
Le législateur prévoit d’autres pénalités à savoir l’arrêt des
travaux de coupe et la saisie des produits, outils, machines
et véhicules ayant servi aux travaux.

18. Location, échange ou concession par le conces-


sionnaire de concession sans autorisation de l’auto-
rité compétente (art.14 point 2)
Cette infraction est réprimée d’une peine d’un mois à trois
ans de servitude pénale et d’une amende de dix mille à cinq
cent mille francs congolais constants ou une de ces peines
seulement.
19. Obstacles à l’accomplissement des devoirs des
inspecteurs forestiers, fonctionnaires et agents de
l’administration chargée des forêts (art.153)
La sanction est d’un an à cinq ans et une amende de vingt
mille à cinq cent mille francs congolais constants ou une de
ces peines seulement.
20. Port ou fait d’allumer un feu en dehors des habi-
tations et des bâtiments d’exploitation situés à l’in-
térieur des forêts (art.58 et 149)
Les pénalités sont de deux mois à deux ans de servitude pé-
nale et une amende de soixante mille à un million de francs
congolais constants ou une de ces peines seulement.
21. Reconnaissance forestière ou déboisement des
forêts sans autorisation y afférente (art.144 point
2).
Six mois à trois ans de servitude pénale et une amende de
cent mille à cinq cent mille francs congolais constants ou
une de ces peines seulement pourront être appliqués à l’au-
teur de l’infraction.
22. Refus par le concessionnaire forestier de l’accès
à sa concession des agents de l’administration char-
gée des forêts ou aux membres du conseil consulta-
tif provincial des forêts en mission de service
(art.147 point 1).
Catalogue des infractions 115

Cette entrave est punie d’un un mois à trois ans de servi-


tude pénale et une amende de dix mille à cinq cent mille
francs congolais constants ou une de ces peines seulement.

23. Transport ou vente du bois obtenu en violation


du code forestier ou de ses mesures d’exécution
(art. 143 point 2).
Cette prévention est réprimée par trois mois à deux ans de
servitude pénale et une amende de vingt mille à cent mille
francs congolais constants ou une de ces peines seulement.
Il peut être ordonné la saisie ou la restitution des produits
de l’infraction, des instruments ayant servi à la commettre.

II. Régime répressif


a) Procédure
L’Etat a le droit d’exposer l’affaire devant le tribunal et dé-
poser ses conclusions. Au cas où il n’est pas représenté à
l’audience, le tribunal prononce d’office les dommages-inté-
rêts (article 135 alinéa 2). Après jugement définitif, les tran-
sactions ne peuvent porter que sur les modalités de répara-
tion pécuniaire. Le délinquant peut se libérer d’une transac-
tion soit par un payement en espèces, soit par l’exécution
des travaux d’intérêt forestier (article 13ç et 140).

b) Tribunal pénalement compétent


Les faits répréhensibles en matière forestière sont de la
compétence juridictionnelle des tribunaux de commerce.
L’article 17 de la loi 002/2001 portant création, organisa-
tion et fonctionnement des tribunaux de commerce attribue
à ceux-ci la compétence en matière des législations et ré-
glementations économique et commerciale. La législation
forestière Congolaise faisant partie de l’arsenal économique
et commercial, les délits forestiers sont de la compétence
des tribunaux de commerce1 .
11
La situation des tribunaux de commerce est particulière. Ils ont une compétence d’attribution
délimitée par la loi, eu égard, soit à la nature de certaines infractions, soit à la qualité de certains
délinquants. Ils ont été crées depuis 2001 par la loi du 03 Juillet 2001 portant création, organisation et
fonctionnement des Tribunaux de commerce. Le tribunal de commerce est le juge naturel des litiges
relevant de la législation économique et commerciale (article 17 de la loi citée). Cette juridiction connaît
des infractions à la législation économique et commerciale, quel que soit le taux de la peine ou la
hauteur de l’amende (Clément NSAMPOLU IYELA., Organisation, compétence et procédure devant les
tribunaux de commerce. Séminaire de formation des juges consulaires et magistrats des tribunaux de
commerce, Edité par Avocats sans frontières Belgique / Mission permanente en R.D.C, Kinshasa, Août
–septembre 2002, p.4.) A ce sujet, les infractions en matière de prix, de registre de commerce, de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
116

c) Prescription de l’action publique


L’action publique en matière d’infraction forestière se pres-
crit après un an révolu, si l’infraction n’est punie que d’une
amende ou si le maximum de la peine applicable ne dépasse
pas cinq années. Elle se prescrit après trois ans révolus des
prérogatives, si le maximum de la peine applicable ne dé-
passe pas cinq années (article 126).

73. Code minier


Les infractions à la législation minière sont définies, pré-
vues et sanctionnées par le Code Minier. Le texte en vi-
gueur est la loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code
minier.

I. Infractions et Pénalités
1° Achat et vente illicite des substances
minérales
L’achat et la vente illicite des substances minérales sont
punis à l’article 302 de la loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002.
La sanction est d’une amende en francs Congolais de l’équi-
valent de 10.000$US à 30.000$US. Le tribunal pourra éga-
lement saisir et confisquer au profit de l’Etat les substances
faisant l’objet des transactions. Il a été jugé qu’en se livrant
au trafic des substances minérales, sans les autorisations
exigées par le code minier congolais, les auteurs ont com-
mis le trafic illicite des substances minérales1

2° Activités minières illicites


L’infraction d’activités minières illicites est prévue et répri-
mée par l’article 299 du Code précité. Elle a pour sujets les
personnes qui se livrent sans autorisation à des travaux de
recherches ou d’exploitation des mines ou des carrières en
violation des dispositions du Code minier. Le coupable
connaît qu’il accomplit un acte que la loi interdit mais tient
à en tirer profit. Les auteurs sont susceptibles de subir une
amende en francs congolais de l’équivalent de 10.000$us à
25.000$US. En outre, il sera procédé à la saisie et confisca-
banqueroute et cas assimilés, à la réglementation du petit commerce relèvent de sa compétence. En
attendant l’effectivité des tribunaux de commerce sur l’étendue du territoire national, le Tribunal de
Grande Instance exerce ses attributions là où ils ne sont pas encore installés.
11
Cour de Sûreté de l’Etat, RP 2479, 18 mars 2004, inédit.
Catalogue des infractions 117

tion par le tribunal des substances minérales illicitement


extraites.

3° Corruption des agents des services publics


de l’Etat habilités à procéder aux opérations
minières
Voir corruption passive

4° Détournement des substances minérales


L’article 301 est le siège de cette matière. Le détournement
des substances minérales est sanctionné dans le chef du
prévenu de cinq à dix ans de servitude pénale et d’amende
dont le montant en francs congolais est l’équivalent de
5.000 $US à 20.000 $US.
La facilitation du détournement est aussi punie dans le chef
de celui qui aura facilité le détournement d’une servitude
pénale de deux à cinq ans et d’une amende en francs congo-
lais de l’équivalent de 5.000 à 10.000 $US.

5° Détention illicite des substances minérales


L’article 303 de la loi 007/2002 du 11 juillet 2002réprime la
détention illicite des substances minérales.
Pour qu’il y ait ce délit, l’auteur au moment où il détient la
substance minérale ne doit pas être une personne autorisée
par la loi de détenir cette substance. En outre, cette sub-
stance minérale ne doit pas provenir d’une activité minière
entreprise par le détenteur en vertu de la loi ou d’un règle-
ment.
Il a été jugé qu’il convient de prendre en compte la force
probante des procès-verbaux dressés et des déclarations y
contenues et qu’il ne peut être attaché aucune crédibilité
aux dires d’un prévenu, connaissant avec pertinence le dia-
mant pour s’être livré des années durant à son achat, dé-
clarant pour se disculper que les pierres noires trouvées
sur lui ne sont pas du diamant alors que l’expertise du
centre d’Evaluation, d’Expertise et de Certification des Sub-
stances Minérales, précieuses et semi-précieuses, CEEC en
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
118

sigle atteste qu’il s’agit bel et bien des substances miné-


rales et plus précisément du diamant industriel1.
Les sanctions prévues sont de deux mois de servitude pé-
nale principale au maximum et l’amende en francs Congo-
lais de l’équivalent de 2.000 $US à 20.000 $US ou l’une des
peines seulement

6° Entraves à l’activité de l’administration


des mines
Il faut entendre par entraves à l’activité de l’administration
des mines, le fait de faire obstacle à l’exécution des travaux
ordonnés ou autorisés par les services de mines.
Le texte légal est l’article 310 de la loi précitée. Le prévenu
sera puni d’une servitude pénale de six mois et d’une
amende en francs Congolais de l’équivalent de 2.000 $US à
10.000 $US ou une de ces peines seulement.

7° Outrages ou violences envers les agents de


l’administration des mines
L’infraction d’outrages ou violences envers les agents de
l’administration des mines a été développée dans le cadre
général des outrages aux fonctionnaires. Nous recomman-
dons de s’y référer utilement.

8° Recel des substances minières


Cette infraction a été traitée en même temps que l’infrac-
tion de vol de substances minérales. Le lecteur lira utile-
ment les pages y relatives.

9° Transport illicite des substances minérales


Le transport illicite des substances minérales est prévu par
l’article 304. Il est sanctionné d’une servitude pénale de
deux mois au maximum et d’une amende en francs congo-
lais de l’équivalent de 2.000 $US à 20.000 $US. L’une de
ces deux peines peut être infligée exclusivement.

11
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/ Gombe, R.P 263, Ministère public et partie civile contre le
prévenu AJUDIYA PRAVIN KUMAR, 18 décembre 2009, inédit.
Catalogue des infractions 119

10° Violation des règles d’hygiène et de


sécurité
En matière de travaux de recherches ou d’exploitations des
mines ou des carrières, les règles d’hygiène et de sécurité
sont de stricte application. L’article 306 prévoit pour tout
contrevenant à ces dispositions des sanctions. Elles sont
d’une servitude pénale d’un mois et d’une amende équiva-
lant en francs congolais de 5.000 $US à 10.000 $US ou une
de ces peines.

11° Vol des substances minérales


Voir infraction de vol.

II. Tribunal pénalement compétent


Les infractions à la législation minière sont créées par la loi
n°007 /2002 du 11juillet 2002. Cette loi, bien que posté-
rieure à la loi 002/2001 du 03 juillet créant les Tribunaux
de Commerce, n’a pas déterminé le tribunal pénal compé-
tent. Nous estimons que, le nouveau code minier faisant
partie de la législation économique et commerciale de notre
pays en vertu de l’article 17 de la loi n° 002/2001, les in-
fractions en matière des mines et carrières relèvent de la
compétence pénale des Tribunaux de Commerce.

74. Collecte illégale


Le décret du 16 juin 1960 portant approbation de l’ordon-
nance-loi 11-906 du 1er décembre1959 est le texte légal en
matière de collecte illégale. Sont concernées dans l’infrac-
tion de collecte illégale les quêtes de fonds ou d’objets qui
se font à domicile, sur la voie publique, ou en tout autre lieu
public, à l’exception des édifices du culte.
En effet, les collectes sont soumises à l’autorisation préa-
lable de l’administrateur de territoire ou du gouverneur de
province. Elles ne sont autorisées que si le produit est desti-
né à des actes de piété, de bienfaisance, à l’encouragement
des sciences, des arts, des lettres ou à tout autre but d’utili-
té publique.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
120

a) Personnes susceptibles de commettre l’infraction et


peines prévues.
Seront punissables d’une servitude pénale de deux mois maximum et
d’amende ou d’une de ces peines seulement (article 9 §1°) ceux qui au-
ront fait une collecte non autorisée, ceux qui auront contre-
venu à l’interdiction et ceux qui auront employé le produit
d’une collecte à une autre fin que celle indiquée.
Seront punissables d’une servitude pénale de quinze jours
au maximum et d’amende ou d’une de ces peines seulement
(article 9 § 2) ceux qui auront fait une collecte autorisée
sans avoir été agrées comme collecteurs ou après que
l’agréation leur ait été retirée. subiront la même peine ceux
qui auront refusé de produire les comptes et les pièces rela-
tifs à la collecte et témoignant de la destination donnée au
produit de celle-ci.

b) Tribunal compétent et prescription de l’action


publique
L’infraction de collecte illégale est de la compétence du Tri-
bunal de Paix. Cela ressort du taux de la peine prévue par
le législateur. Cette infraction se prescrit dans le délai
d’une année.

75. Commerce triangulaire


Voir réglementation de prix.

76. Complot contre le chef de l’Etat


Le complot ou attentat contre la vie ou contre la personne
du chef de l’Etat est prévu par l’article 194 du code pénal
livre II. Dans la réalisation progressive d’une entreprise
contre la sûreté de l’Etat, le complot précède l’attentat. Les
éléments constitutifs sont au nombre de quatre.
1. La résolution d’agir. Elle implique une volonté précise et
bien arrêtée. Il est sans importance qu’elle soit, ou non,
tenue secrète, et qu’elle soit conditionnelle ou assortie
d’un terme incertain.
2. Cette résolution doit être concertée entre deux ou plu-
sieurs personnes. Là est l’élément essentiel à l’incrimina-
tion : la loi ne veut pas atteindre la résolution individuelle
Catalogue des infractions 121

de commettre un attentat. Il faut une réunion de volontés


dans un même but.
3. Elle doit également être arrêtée entre les conjurés, d’où
la nécessité d’un accord entre eux sur le but et les
moyens d’exécution du complot.
4. Le complot doit avoir un but particulier ; celui de com-
mettre un attentat.

a)Texte légal et sanctions


L’article 194 punit d’une servitude pénale de dix à quinze
ans s’il existe un acte matériel pouvant être considéré
comme préparatoire, ce qui constitue une question de fait
et de cinq à dix ans dans le cas contraire.
Celui qui aura fait une proposition non agréée de former un
complot contre la vie ou contre la personne du chef de
l’Etat sera puni d’une servitude pénale de un à cinq ans.

b) Tribunal compétent
Considérée tantôt de par sa nature comme une infraction
continue tantôt selon une autre opinion plus nuancée
comme une infraction instantanée, l’infraction de complot
contre le chef de l’Etat est de la compétence du Tribunal de
Grande Instance.

77. Complot militaire


Le complot militaire a pour but de porter atteinte à l’autori-
té du commandant d’une formation militaire, d’un navire ou
d’un aéronef militaire, ou à la discipline ou à la sécurité de
la formation, du navire ou de l’aéronef. Il y a complot
lorsque la résolution d’agir est concertée et arrêtée entre
deux ou plusieurs personnes.

Eléments constitutifs
Il appert que le complot requiert pour consommation, la
réunion des éléments essentiels suivants :
- l’existence d’une résolution (ou entente) criminelle d’agir
ou l’animus agendi ;
- la résolution(ou entente) criminelle doit être concertée et
arrêtée ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
122

- la résolution (ou entente) criminelle doit viser un but pré-


cis et réalisable.
Le Code Pénal Militaire en son article 62(art 432-434 C.J.M)
châtie les comportements constitutifs du complot militaire
de cinq à dix ans de servitude pénale. Le maximum de la
peine est appliqué aux militaires les plus élevés en grade et
aux instigateurs de l’infraction. En temps de guerre, en pé-
riodes exceptionnelles ou en toutes circonstances pouvant
mettre en péril la sécurité de la formation, de l’aéronef ou
du navire ou si le complot a pour but de peser sur la déci-
sion du chef militaire responsable, l’auteur coupable de l’in-
fraction sera puni de mort.

78. Complots tendant à porter le mas-


sacre, la dévastation ou le pillage
Voir Attentats et complots tendant…

79. Comptabilité
Toute entreprise exerçant une activité lucrative ou non sur
le territoire national, y compris les associations sans but
lucratif, a.s.b.l en sigle qu’elle qu’en soit la forme juridique
doit tenir une comptabilité régulière. Celle-ci est tenue sui-
vant les formes du Plan Comptable Général Congolais, en
sigle PCGC. Exception est faite des banques et autres insti-
tutions financières, des petites et moyennes entreprises
soumises au régime d’imposition forfaitaire ainsi que celles
relevant du régime de la patente,
Comme textes légaux, les infractions en matière de la tenue
de la comptabilité sont issues du Décret du 31 juillet 1912
tel que modifié par le Décret du 20 avril 1935, de la loi
n°76-020 du 16 juillet 1976 et des ordonnances n°76-150
du 16 juillet 1976 et n°77/332 du 30 novembre 1977.

I. Infractions et sanctions
1° Fournir des renseignements erronés au travers des
documents transmis au Ministère de l’Economie
Nationale
La base légale est l’article 3 de l’Arrêté Ministériel 008 por-
tant exécution de l’Ordonnance-loi 77- 332 du 30 novembre
Catalogue des infractions 123

1977. Cette ordonnance-loi fixe les modalités d’application


obligatoire du Plan Comptable Général.
Tout opérateur économique concerné par l’application obli-
gatoire du Plan Comptable Général Congolais peut fournir
des renseignements erronés ou en être poursuivi.
A cet effet, l’auteur de l’infraction pourra subir la sanction
d’amende de 5.000 à 25.000 francs congolais.
2° Non-conformité aux prescriptions du PCGC des do-
cuments comptables dont la publication, la com-
munication à l’Etat ou des tiers font l’objet d’une
obligation légale ou réglementaire dans le chef de
l’agent économique
L’article 15 point 2 de la loi 76-020 du 16 juillet 1976 por-
tant normalisation de la comptabilité au Zaïre (J.O.Z., n° 16,
15août 1976 p. 855) définit cette prévention. La sanction
est d’un mois à un an de servitude pénale et une amende ou
une de ces peines seulement.
3° Non transmission des états financiers au ministère
de l’économie nationale par l’opérateur écono-
mique concerné par l’application obligatoire du
PCGC.
L’article 3 point a de l’Arrêté Ministériel 008 du 16 sep-
tembre 1993 portant exécution de l’ordonnance-loi 77-332
du 30 novembre 1977 et fixant les modalités d’application
obligatoire du PCGC est le texte qui réprime ce comporte-
ment délictueux. La sanction est d’un mois de servitude pé-
nale principale ou une amende de 500 à 25.000 Francs
Congolais.
4° Non transmission de ses états financiers au Minis-
tère de l’économie nationale dans les six mois sui-
vant la fin de l’exercice clos.
La sanction est de quinze jours à six mois de servitude pé-
nale principale ou une amende de 250 à 10.000 FC telle que
prévue par l’article 3b de l’arrêté précité.
5° Refus de soumettre ses documents de synthèse à
l’examen du conseil Permanent de la comptabilité
par l’agent économique.
La sanction est d’un mois à un an de servitude pénale et
une amende ou une de ces peines seulement (article 15
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
124

point 1° de la loi 76-020 du 16 juillet 1976 portant normali-


sation de la comptabilité au Zaïre.
6° Toute autre infraction à l’une des dispositions de la
législation comptable en vigueur est passible d’amende (ar-
ticle 16 de la loi citée).

II. Tribunal pénalement compétent


Les dispositions pénales à la législation comptable font sans
conteste partie intégrante de la législation économique et
commerciale de la R.D.C. Dès lors et naturellement, le tri-
bunal de commerce en est l’instance répressive.

80. Concours de pronostics


I. Définition
Par concours de pronostic, il faut entendre tout contrat par
lequel deux personnes assurent un gain déterminé à celle
qui se trouvera avoir raison sur l’existence ou la non exis-
tence d’un évènement affirmé par l’une et nié par l’autre 1.
L’infraction de concours de pronostics s’entend du fait d’or-
ganiser ou d’exploiter pour son compte ou pour le compte
d’autrui des concours de pronostic ou autres.

II. Poursuites
Les poursuites peuvent être faites sur dénonciation, plainte
ou d’office. Le parquet peut être saisi par plainte ou d’of-
fice. L’œil et l’oreille du Ministère public, c’est-à-dire l’opj,
recevra les plaintes, sera saisi sur réquisition, sur dénoncia-
tion ou aussi sur plainte.

a)Quel est le texte légal en vigueur ?


L’ordonnance législative n°II /141 du 16 mai 1951 portant
interdiction des concours de pronostics sportifs ou autres
(B.O., p. 1154) définit et réprime la prévention de concours
de pronostics.

11
LIKULIA BOLONGO. , Droit Pénal Spécial zaïrois, LGDJ, Paris 1976, p.515.
Catalogue des infractions 125

b) Quelles pénalités le législateur prévoit-il ?


L’auteur de l’infraction de concours de pronostics pourra
subir deux mois de servitude pénale principale et une
amende ou une de ces peines seulement ; confiscations de
fonds, enjeux, bulletins et matériels d’exploitation. En cas
de récidive dans un délai de deux ans, les peines seront
doublées.

c) Devant quel tribunal l’auteur sera traduit ?


Le Tribunal de Paix connaît de l’infraction de concours de
pronostics. Il sera saisi par requête du procureur de la Ré-
publique ou du Procureur Général ou par citation directe de
la partie lésée.
Une année après la commission de l’infraction les faits in-
fractionnels constitutifs de concours de pronostics cesse-
ront d’être poursuivis (prescription de l’action publique).

81. Concussion
La concussion est le fait pour un fonctionnaire, pour toute
personne chargée d’un service public ou toute personne re-
présentant les intérêts de l’Etat d’ordonner de percevoir,
d’exiger ou de recevoir ce qui n’est pas dû ou ce qui excède
ce qui est dû pour des taxes, contributions, salaires ou tous
autres avantages alors qu’elle savait qu’elle n’avait pas le
droit d’exiger ces sommes.

I. Eléments constitutifs
L’infraction de concussion n’est établie qu’à condition de
réunir dans la personne d’un auteur déterminé le fait de
poser un acte défini dans une intention coupable.
1. Auteur. L’auteur est un fonctionnaire, une personne
chargée d’un service public, une personne représentant
les intérêts de l’Etat. Personne dépositaire de l’autorité
publique ou chargée d’une mission de service public ;
exemple fonctionnaire, magistrat, percepteur, commis ou
préposé.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
126

2. Acte. Ce fonctionnaire pose un acte consistant à


recevoir, exiger une somme non due ou excédant celle
qui était légalement due.
Pour les droits, contributions, impôts ou taxes publiques :
c’est le fait de recevoir, exiger, ou ordonner de percevoir
une somme non due ou excédant ce qui était due, en pré-
tendant qu’il s’agit de sommes légalement dues (c’est la
différence avec la corruption).
C’est aussi le fait d’accorder une exonération ou une fran-
chise des mêmes éléments, en violation des textes, sous une
forme quelconque et pour quelque motif que ce soit.
La perception opérée porte sur des droits, contributions,
revenus ou intérêts pour salaires ou traitements.
3. Intention coupable. L’auteur doit savoir qu’il exige,
perçoit ou reçoit une somme qui n’est pas légalement
due. L’officier public a dû agir de mauvaise foi, sachant
qu’il percevait par exemple une taxe illégitime. Peu
importe son mobile, même désintéressé. Le mobile est
indifférent par exemple pour le percepteur
concussionnaire pour combler le déficit de l’Etat. Par
contre, il n’y a pas infraction en cas d’erreur, par
exemple pour des fonctionnaires des impôts.

II. Poursuites

a)Texte légal et pénalités


L’auteur de l’infraction de concussion sera poursuivi sur
base de l’article 146 du Code Pénal Livre II. D’office, le Mi-
nistère public peut se saisir. La victime pourra également
se plaindre.
Les peines de six mois à cinq ans de servitude pénale prin-
cipale et la confiscation de la rétribution perçue injuste-
ment ou de son équivalent seront infligées. Pourront aussi
être subies des peines accessoires qui sont d’ailleurs pa-
reilles pour la corruption. Il s’agit de l’interdiction pour
cinq ans au moins et dix ans au plus après exécution de la
peine du droit de vote et d’éligibilité, de la confiscation de
la rétribution perçue par le comptable ou le montant de sa
valeur lorsqu’elle n’a pu être saisie, de l’interdiction d’ac-
Catalogue des infractions 127

cès aux fonctions publiques et paraétatiques quelque soit


l’échelon, de la privation du droit à la condamnation ou la
libération conditionnelle et à la réhabilitation ainsi que de
l’expulsion définitive après exécution de la peine si le
condamné est étranger.

b) De quel tribunal relève cette infraction ? Elle relève


(cette infraction) de la compétence matérielle du Tribunal
de Paix1.
c) La prescription de l’action publique
La prescription de l’action publique se réalise dans un délai
de trois ans. En cas de pluralité de perceptions indues ré-
sultant d’opérations indivisibles, la prescription de l’action
publique ne commence à courir qu’à compter de la dernière
de ces perceptions. Pour chaque fonctionnaire, l’infraction
est commise par sa propre intervention : pour lui, il n’est
pas renouvelé par les actes ultérieurs d’autres fonction-
naires (Crim., 19951 : la solution est importante pour la
prescription). La tentative est punissable.

82. Concurrence déloyale


L’infraction de concurrence déloyale est définie, prévue et
punie par l’ordonnance- loi 41-63 du 24 février 1950.
Sont qualifiés de concurrence déloyale, les agissements
d’un commerçant ou d’un industriel qui, pour s’emparer de
la clientèle d’un concurrent, utilise des moyens contraires
aux usages honnêtes en matière commerciale et indus-
trielle2.

11
Le Tribunal de Paix connaît des infractions punissables de cinq ans de servitude pénale principale au
maximum et d’une peine d’amende, quel que soit son taux ou de l’une de ces peines seulement (art.86
du COCJ). Il connait des individus tombant sous la législation sur le vagabondage et la mendicité (art
88 du COCJ) ainsi que la prise de mesure de garde, d’éducation et de préservation en matière
d’enfance délinquante (art 90 al. 1. du COCJ).

11
Mementos, droit pénal spécial, 14 ème édition 2008, Dalloz P. 320.
22
NGUYEN Chanh Tam, Philippe DARTOIS, Charles SIMON. , Lexique de Droit des affaires Zaïrois,
Faculté de Droit, Kinshasa, 1972, p79.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
128

I. Actes contraires aux usages honnêtes en ma-


tière commerciale et industrielle
Sont constitutifs de concurrence déloyale (art 2 de la loi
précitée) les actes suivants :
1. créer la confusion ou tenter de créer la confusion entre
sa personne, son établissement ou ses produits et la per-
sonne, l’établissement ou les produits d’un concurrent ;
2. répandre des imputations fausses sur la personne, l’en-
treprise, les marchandises ou le personnel d’un concur-
rent ;
3. donner des indications inexactes sur sa personnalité com-
merciale, sur son industrie ou ses dessins, marques, bre-
vets, références, distinctions, sur la nature de ses pro-
duits ou marchandises, sur les conditions de leur fabrica-
tion, leur origine, leur provenance, leur qualité ;
4. apposer sur les produits naturels ou fabriqués, détenus
ou transportés en vue de la vente ou mis en vente ou sur
les emballages de ces produits, une marque de fabrique
ou de commerce, un nom, un signe ou une indication
quelconque de nature à faire croire que les produits ont
une origine ou une provenance autre que leur véritable
origine ou provenance ;
5. faire croire à une origine ou à une provenance inexacte
desdits produits, soit par addition, retranchement ou alté-
ration quelconque d’une marque, d’une dénomination ou
d’une étiquette, soit par des annonces, écrits ou affiches
soit par la production de factures, de certificats d’origine
ou de provenance inexacts, soit par tout autre moyen ;
6. faire un usage non autorisé de modèles, dessins, échan-
tillons, combinaisons techniques, formules d’un concur-
rent, et, en général de toutes indications ou de tous docu-
ments confiés en vue d’un travail, d’une étude ou d’un
devis ;
7. faire un emploi non autorisé du matériel d’un concurrent,
de l’emballage, des récipients de ses produits, même
sans l’intention de s’en attribuer la propriété, ni de créer
une confusion entre les personnes, les établissements ou
les produits ;
8. utiliser des dénominations, marques, emblèmes créant
une confusion avec des services publics, des organismes
Catalogue des infractions 129

publics, ou tendant à faire croire à un mandat de l’autori-


té.
II. Eléments constitutifs
Pour que soit jugée établie en fait comme en droit, l’infrac-
tion de concurrence déloyale requiert :
1. L’existence d’un de ces actes à prendre pour ceux
contraires aux usages honnêtes en matière commerciale
ou industrielle que nous venons de citer à titre indicatif.
2. Il doit résulter de l’acte un préjudice subi par le concur-
rent, lequel préjudice se résume à l’atteinte à son crédit
ou au fait qu’il a perdu sa clientèle ou a vu réduite sa ca-
pacité de concurrence de façon générale.
III. Poursuites
En matière de concurrence déloyale, le parquet ne peut pas
se saisir d’office. Les infractions constitutives ne sont pour-
suivies qu’à la requête des intéressés ou de l’un d’eux (art
4).Sans aucun équivoque, l’infraction de concurrence dé-
loyale relève de la compétence des Tribunaux de Com-
merce.
a)Quelles sont les sanctions prévues
Pénalement la concurrence déloyale est punie d’amende
(art 3). D’autres sanctions sont prévues. Il s’agit de la facul-
té pour le juge d’ordonner l’affichage du jugement à l’exté-
rieur des établissements du condamné à ses frais et pen-
dant le délai qu’il détermine et la publication du jugement
dans les journaux aux frais du même condamné.
b) Récidive en matière de concurrence déloyale
En cas de récidive, une peine de servitude pénale de sept
jours à deux mois sera prononcée. Il y a récidive 1 lors-
qu’après une condamnation définitive pour manquement
aux injonctions ou interdictions d’un jugement ou d’un ar-
rêt, le condamné commet un nouveau manquement au
même jugement ou arrêt dans un délai de cinq ans.

11
L’article 14 a et suivants du code Pénal (issu du décret du 08 août 1959) distingue le récidiviste et le
délinquant d’habitude. Les deux phénomènes posent le même problème et relèvent du phénomène de
la réitération de l’infraction, de la rechute dans l’infraction. La récidive est prévue et réglementée par
l’article 14 b du Code Pénal.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
130

83. Constitution illégale d’une juridic-


tion répressive
La constitution illégale d’une juridiction répressive est une
infraction militaire. Elle rentre dans la catégorie des infrac-
tions portant atteinte à la discipline. Pareilles infractions se
caractérisent par des actes d’abus d’autorité.
La constitution illégale d’une juridiction répressive consiste
à ériger et à faire fonctionner une instance chargée de dis-
tribuer la justice punitive au mépris des règles d’organisa-
tion et de compétence judiciaires. Ces dernières sont celles
habilitées à instituer les juridictions répressives militaires
permanentes et les juridictions répressives en temps de
guerre. Elles en précisent, en outre, les modalités de fonc-
tionnement.
I. Eléments constitutifs
1. L’auteur de cette infraction doit être un militaire ou son
assimilé ;
2. L’acte incriminé consiste dans l’institution et le maintien
d’une juridiction militaire illégale1. Il est de principe
constitutionnel que les cours, tribunaux civils et mili-
taires ainsi que les parquets près ces juridictions ne
peuvent être institués qu’en vertu de la loi. De même, la
nature, leur compétence, l’organisation, le fonctionne-
ment et les sièges de ces cours et tribunaux et des par-
quets ainsi que la procédure à suivre sont fixés par la loi.
3. L’infraction de constitution illégale d’une juridiction ré-
pressive est éminemment intentionnelle. Elle procède
d’un acte délibéré. Le dol général suffit à établir l’infrac-
tion.
II. Régime répressif
L’article 112 du Code Pénal Militaire (art. 479 C.J.M ) dis-
pose que tout militaire qui, hors les cas prévus par la loi
pénale militaire, établit et maintient une juridiction répres-
sive, sera puni de dix à vingt ans de servitude pénale, sans

11
Il est stipulé à l’article 1 er de la loi n°23/2002 du 18 novembre 2002 portant Code Judiciaire Militaire :
« La justice militaire est rendue en République Démocratique du Congo par les juridictions militaires ci-
après : les tribunaux militaires de police, les tribunaux militaires de garnison, les cours militaires et les
cours militaires opérationnelles et la haute cour militaire ».
Catalogue des infractions 131

préjudice de peines plus fortes pouvant être encourues du


fait de l’exécution des sentences prononcées.

84. Contamination délibérée d’un en-


fant du Vih/sida
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

85. Contravention aux dispositions de la


loi du 10 janvier 2009 sur les pires
formes de travail de l’enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

86. Contraventions routières


Les accidents de la route sont devenus un phénomène so-
cial. Ils causent dégâts matériels, handicaps, infirmités, mu-
tilations et pertes en vies humaines. Pour les éviter, les
agents qualifiés ou policiers de roulage donnent, dans
l’exercice de leur fonction, des injonctions aux usagers de
la route et règlent ainsi la circulation.
A cet effet, les agents qualifiés constatent des infractions 1
relatives à la conduite des véhicules et des animaux, à
l’usage des voies ouvertes à la circulation publique, aux vé-
hicules et à leurs équipements. Ils constatent aussi les in-
fractions ayant trait aux conditions administratives de cir-
culation des véhicules et de leurs conducteurs, au permis
de conduire et aux dispositions générales.

a) Base légale
La loi n°78-022 du 30 août 1978 portant Nouveau Code de
la Route est le siège des contraventions routières, spéciale-
ment son livre III qui reprend par catégories les contraven-
tions de police en matière de circulation routière et le livre
IV qui traite des sanctions diverses. Bon nombre de contra-
ventions routières se clôturent par des amendes transac-
tionnelles en lieu et place des peines privatives de liberté.

11
Nous allons nous limiter à nommer les principales, à indiquer la contravention routière, et à en donner
la référence légale. Nos divers commentaires sur la dépréciation des amendes en général et des
amendes transactionnelles en particulier demeurent, ici, d’application.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
132

Nous allons procéder par citer les principales et le texte du


Nouveau Code de la Route y relatif.

b) Principales contraventions routières


1° Abandon d’un véhicule en panne sur la voie publique
(art. 41-1° et 113-5°).
2° Absence de plaque d’immatriculation (art. 60 et 115
al.1°).
3° Apposition d’une fausse inscription ou de fausse plaque
sur un véhicule ou remorque (art. 60, 62 et 114-1°et 2)
4° Arrêts et stationnements interdits (art. 23, 24-1° et 106-
11°)
5° Chargement non conforme des véhicules (art. 42, 43 et
113-7°)
6° Circulation en sens opposé (art. 10 et 106-1° p. 11 et
52).
7° Défaut de casque de protection (art. 54 et 113 al. 6).
8° Défaut de ceinture de sécurité (art. 53 et 113 al. 6° p.30
et 53).
9° Défaut d’avertisseur sonore (art. 51, 64 al2°-2 et 113 al
1°).
10° Défaut d’éclairage réglementaire (art. 55, 64 al. 2° et
113 al. 1°)
11° Défaut d’entretien de plaques d’immatriculation
(plaques illisibles) art. 66 al. 2° et 113 al. 3°.
12° Défaut de dispositif anti-vol (art. 63 et 113 al. 1°)
13° Défaut d’essuie-glace (art. 63 et 113 al. 1°)
14° Défaut d’indicateur de vitesse (Art.
63. et 113 al 1°).
15° Défectuosité du dispositif de signe
de signalisation à bord des automobiles (art. 63 et 113 al
1°).
16° Défectuosité manifeste du dispositif
d’échappement, silencieux (art. 63 et 113 al 10°)
17° Défectuosité des dispositifs réflé-
chissants (art. 35 al 5°, 64 al. 2° et 113 al 1°).
18° Défectuosité manifeste des freins (art. 63, 64 et 113 al
1°)
19°Défectuosité manifeste des signalisations sur des véhi-
cules (clignoteurs, feux de position, feux rouges, faux
croisements) art. 35 al, 2°, 55, 57, 64 al 2° et 113 al 1°
Catalogue des infractions 133

20° Distance de sécurité insuffisante entre véhicules


(art.17 et 106al2°)
21° Dommage causé à une voie pu-
blique ou ses dépendances (art. 7 al 1° et 108)
22° Entrave à la circulation des piétons
(art. 31 ,32 et 111)
23° Entrave à la circulation par vitesse
anormalement réduite (art. 16 al 4°, 19 al 2° et 106 al
2°)
24° Entrave ou tentative d’entrave sur
une voie ouverte à la circulation publique (art. 7, 9 et
110).
25° Excès de vitesse (art. 16 al 2°, 18 al
1° 2° et 106 al 2°).
26° Fausse manœuvre (art.
27° Imprudence au volant ((art 16 al. 2°, et 106)
28° Incommodation par bruit, poussière ou gaz nocif (art.
42 al 2° point 5. 113 al 4°)
29° Manque de miroir rétroviseur (art.
52, 65 al 2° 3 et 113 al 1°)
30° Manque de para-brise et vitres (Art.
63 et 113 al 1°).
31° Mauvais croisement (Art. 15 et 106
al 3°)
32° Mauvais dépassement (Art. 13 et 106 al 4°)
33° Mauvaise conduite des véhicules et des animaux (Art.
16, 46 et 107).
34° Modification du gabarit des véhi-
cules et leur signalisation (Art. 68 et 113 al 2°)
35° Non-conformité des dimensions des
plaques d’immatriculation (aux plaques officielles) Art.
60 al 3°, 66, 67 al 4° et 113 al 3°
36° Non-conformité du signe distinctif
sur les plaques (Kn-KV-KAT-B...) Art. 61 al 2°, 67 et 113
al 3°
37° Non détention du permis de
conduire approprié (Art. 69, 70 et 108).
38° Non détention des autorisations,
pièces administratives (autorisation de transport, exper-
tise etc.) Art. 116
39° Non prorogation du permis de
conduire (Art. 69, 70 ,71 et 119)
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
134

40° Non respect des marques routières


(Art. 3, 79 et 106 al 10°)
41° Non respect du signal « STOP »
(Art. 79 et 1O6 al 7°)
42° Non respect des signaux lumineux
(Art. 3, 79 et 106 al 9°)
43° Non respect des signaux routiers
(Art. 3, 79 et 106 al 3°)
44° Obtention ou tentative d’obtention
frauduleuse du permis de conduire (Art. 70, 71, 72, 73 et
123 al 1°)
45° Organisation non autorisée de
course des véhicules motorisés (Art. 112)
46° Refus de céder le passage (Art. 20,
79 et 106 al 5°)
47° Refus de dégager la voie publique d’objets de nature
à distraire l’attention du conducteur (Art.
48° Refus d’obtempérer à la décision
d’interdiction de conduire (Art. 70, 71, 72, 73 et 123 al
1°)
49° Refus d’obtempérer aux injonctions
des agents qualifiés (Art. 4, 5,6 et 127)
50° Refus d’obtempérer aux injonctions
visant à dégager circulation (Art. 6,7 al 2° et 109)
51° Refus de priorité (Art. 20, 79 et 106
al 6°)
52° Refus de restituer le permis de
conduire annulé ou suspendu (Art. 70, 71, 72, 73, 119)
53° Refus de se soumettre aux opéra-
tions de dépistage d’alcool(Art. 104 al 3° et 2, 7)
54° Usage des dispositifs ou équipe-
ment non conforme au type homologué (Art. 51 à 56, 63
et 120)
55° Usage des autorisations et pièces
fausses ou altérées (Art. 117)
56° Vente de dispositif ou équipement
non conforme au type homologué (Art. 51 à 56, 63 et
128)
57° Utilisations des pneus incommodes
(Art. 63,65 al 2° et 113)
Catalogue des infractions 135

c)Sanctions
1. Amende1
Comme dit plus haut, les contraventions routières sont gé-
néralement punies d’amende et en cas de récidive,
l’amende est doublée. Il s’agit d’une amende appelée tran-
sactionnelle.
a. Amende transactionnelle.
Elle est dite transactionnelle car son payement fait l’objet
d’un accord entre l’officier de Police judiciaire et l’inculpé
qui reste libre d’accepter ou de refuser. Elle est donc pro-
posée. L’officier de Police judiciaire de la Police Spéciale de
Roulage ne peut ni l’imposer ni contraindre l’auteur présu-
mé d’une contravention routière à la payer. Le refus de la
proposition conduit uniquement à en dresser procès-verbal.
Elle peut en outre être payée par le civilement respon-
sable1.
Le payement de cette amende fait au niveau de l’OPJ éteint
l’action publique si le payement est approuvé par l’officier
du Ministère Public. Le payement de l’amende n’implique
nullement pas la reconnaissance par l’inculpé de sa culpabi-
lité (art.9 du CPP) mais il produit les effets suivants :
- le Ministère public qui a approuvé l’amendé payée ne
peut plus poursuivre l’action publique ;
- celui qui a payé une amende transactionnelle entérinée
ne peut plus être attrait2 par citation directe ;

11
La peine d’amende consiste en une somme d’argent que le condamné a l’obligation de verser au
Trésor public à titre de sanction. L’article 10 du code pénal dispose que l’amende est de un Zaïre au
moins. Elle est perçue au profit de l’Etat. Pour qu’elle atteigne le maximum de son efficacité, l’on devrait
résoudre le problème de son adaptation à la fortune du condamné et son recouvrement effectif.
11
Les personnes qui d’après les règles du droit civil, sont civilement responsables des personnes
poursuivies, peuvent être appelées devant la juridiction répressive et condamnées à répondre
civilement des indemnités allouées à la victime(à la suite de l’action civile portée par celle-ci devant le
juge répressif), et du paiement des frais du procès pénal. Dans certains cas exceptionnels (droit pénal
économique…), elles peuvent même être déclarées civilement responsables du paiement des peines
pécuniaires. Elle peut alors pour éviter sa propre condamnation, soit soutenir que l’infraction n’a pas été
commise, soit que les conditions du lien de responsabilité civile font défaut.
22
En application du principe « non bis in idem », il ne peut plus lui être demandé compte pour les faits
qui ont donné lieu à la peine déjà exécutée. L’exécution de la peine est le mode normal de son
exécution. Lorsqu’elle est réalisée, le délinquant est quitte vis-à-vis de la société, il a payé sa dette.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
136

- celui qui a exécuté les conditions lui proposées par l’OPJ


ne peut plus revenir sur son option et demander d’être
jugé.
L’amende transactionnelle payée auprès du magistrat ins-
tructeur, pour produire les effets ci-haut cités, doit avoir
être approuvée par le chef hiérarchique.
2. La suspension du permis de conduire
3. L’immobilisation, la mise en fourrière et le retrait de cer-
tains véhicules de la circulation.
d) Les victimes des accidents de circulation
La personne lésée dans ses intérêts ou dans sa chair par la
contravention routière commise, celle que l’on appelle sou-
vent la victime peut porter devant la juridiction répressive
son action civile en réparation du dommage subi. Elle est
alors appelée « la partie civile3 ».

87. Contrefaçon
Les inventions, les dessins et modèles industriels, les signes
distinctifs, les dénominations commerciales et géogra-
phiques déposés au Ministère de l’Economie et Industrie
sont protégés.

I. Eléments constitutifs
Pour exister l’infraction de contrefaçon requiert : 1° l’exis-
tence d’un droit intellectuel régulièrement déposé et enre-
gistré ; 2° la vente, la détention, l’exposition à des fins com-
merciales ou industrielles de produits ayant un aspect iden-
tique au dessin protégé ou présentant des différences se-
condaires, et 3° l’intention coupable du contrefacteur.

II. Poursuites
Le Ministère public ne pourra exercer l’action publique que
sur demande de la personne lésée (art 94).

33
Il ya des conditions nécessaires pour se porter partie civile. Pour pouvoir se porter partie civile, il faut
avoir été lésé par l’infraction. Mais cette lésion ne suffit pas ; il faut que le préjudice subi (qui peut être
matériel ou moral) soit actuel, personnel et direct.
Catalogue des infractions 137

a) Quel est le texte légal en la matière ?


L’ordonnance N°89/173 du 07/08/1989 portant application de la
loi n°81-001 du 7 janvier 1982 régissant la propriété indus-
trielle est le texte qui prévoit et réprime l’infraction de
contrefaçon.
b) Quelles pénalités sont-elles prévues ?
Le législateur a prévu un à six mois de servitude pénale 1 et
l’amende ou une de ces peines seulement mais aussi
d’autres sanctions :
- ordonner la cessation par le contrefacteur de toute activi-
té portant atteinte aux droits de la partie lésée ;
- confiscations des objets reconnus contrefaits et instru-
ments ou ustensiles destinés spécialement à la fabrica-
tion des objets contrefaits.
Le contrefacteur récidiviste est puni du double des peines
maximum prévues. Sont également sanctionnés :
- le fait de se prévaloir indûment d’une demande de brevet
ou de certificat d’encouragement ou de se prévaloir indû-
ment titulaire d’un brevet, d’un certificat d’encourage-
ment ou d’une licence d’exploitation (art.1O4 de l’ordon-
nance précitée) est puni de 3 mois à un an et amende. En
cas de récidive, ces peines peuvent être portées au
double ;
- le fait de rendre publique l’invention ou la découverte ob-
jet de la demande de brevet ou de certificat d’encourage-
ment (art.105 de l’ordonnance précitée), le fait de divul-
guer le secret de fabrique, le fait de délivrer copie des
dépôts secrets, le fait d’exploiter librement une invention
ou une découverte secrète sont punis d’amende, sans
préjudice des peines en matière d’atteinte à la sûreté de
l’Etat. Si la violation porte préjudice à la défense natio-
nale ou à la sécurité d’Etat, l’auteur sera puni de 1 à 3
ans de servitude pénale.

11
La peine de servitude pénale est réglementée par les articles 7 à 9 de notre code pénal. La servitude
pénale est soit à perpétuité soit à temps. La servitude pénale à temps peut varier entre un jour et vingt
ans. La servitude pénale remplace la peine d’amende à défaut de paiement dans les délais légaux.
Dans ce dernier cas, elle prend le nom de servitude pénale subsidiaire.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
138

Sont punis aux termes des articles 125 et 126 de l’ordon-


nance précitée :
1° Le fait de fabriquer, d’importer, de vendre, d’offrir en
vente, de livrer, d’user ou détenir à l’une de ces fins
dans un but industriel ou commercial un produit ayant
un aspect identique au dessin, au modèle industriel dé-
posé ou ne présentant avec celui-ci que des différences
secondaires.
2° Le fait de fabriquer indûment une demande d’enregistre-
ment d’un dessin ou d’un modèle industriel ou de se pré-
valoir indûment titulaire d’un dessin ou d’un modèle in-
dustriel. La peine est d’un à 6 mois et une amende ou
une de ces peines seulement. En cas de récidive, ces
peines seront portées au double.

88. Contrefaçon de la propriété indus-


trielle
La propriété industrielle est un ensemble des droits subjec-
tifs sur des œuvres qui sont des inventions ou des décou-
vertes, les dessins et modèles industriels, les signes distinc-
tifs, les dénominations commerciales et géographiques ainsi
que les enseignes1.
En effet, les conditions et les modalités d’octroi et d’enre-
gistrement des œuvres sont réglementées. Le titulaire de
ces droits protégés se voit réserver par la loi n°82-001 du 7
janvier 1982 l’exclusivité de la reproduction et de l’usage
de ses créations ou de signes distinctifs permettant à un
producteur ou à un commerçant de rassembler et de retenir
une clientèle. Sont donc interdits et sanctionnés les faits de
la contrefaçon de ces droits notamment la contrefaçon des
dénominations commerciales, géographiques, des insignes,
des dessins, des modèles industriels, des inventions, des
découvertes, des marques des fabriques, des services, des
œuvres littéraires et artistiques.

11
Article 2 de la loi n°82-001 du 7 janvier 1982.
Catalogue des infractions 139

89. Contrefaçon des bulletins de vote


Voir élections.

90. Contrefaçon des dénominations


commerciales, géographiques et des
enseignes
Le texte légal demeure la loi n°82/001 du 07 janvier 1982
régissant la propriété industrielle, en ses divers articles que
nous allons énumérer dans le texte.
Une personne exerçant l’industrie ou le commerce peut
choisir une dénomination commerciale en vue d’identifier
son entreprise (art.153). C’est le nom commercial du com-
merçant, personne physique, une dénomination sociale ou
une raison sociale lorsque le commerçant est une personne
morale (art.155).
Pour se prévaloir d’un titre de propriété, toute personne
doit avoir, le premier effectué le dépôt suivi de l’enregistre-
ment de ladite dénomination commerciale auprès du Minis-
tère de l’industrie et le titre d’enregistrement confère alors
au titulaire un droit d’usage exclusif.
Agissements répréhensibles et élément moral
Le propriétaire d’une dénomination commerciale, géogra-
phique ou d’une enseigne jouit du droit exclusif de l’exploi-
ter, de la vendre ou de la faire vendre ainsi que de s’oppo-
ser à toute reproduction, vente, usage ou détention dans un
but industriel ou commercial.
L’article 158 dispose que l’utilisation illicite, d’une manière
indirecte ou directe d’une indication commerciale c’est-à-
dire d’un nom commercial pour les commerçants ou indus-
triels personnes physiques ou d’une dénomination sociale
ou raison sociale pour les personnes morales ainsi que l’in-
dication géographique ou d’une enseigne appartenant à un
tiers, constitue un acte de concurrence déloyale passible
des sanctions (Article 165).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
140

91. Contrefaçon des dessins et des mo-


dèles industriels
a) Le texte légal est la loi n°82-001 du 7 janvier
1982.
Les personnes qui en application de leur esprit inventif ont
procédé à la mise en place des dessins et modèles originaux
et nouveaux susceptibles d’être exploités comme objet d’in-
dustrie ou de commerce (art.106) ont un monopole d’exploi-
tation.
Il faut que le dessin ou le modèle ait fait régulièrement ob-
jet du dépôt, pour qu’il jouisse du bénéfice du monopole
(art.10)
Tout propriétaire d’un dessin ou d’un modèle industriel ré-
gulièrement déposé et enregistré ou son ayant droit jouit
pendant une durée de cinq ans renouvelable une fois du
droit exclusif d’exploiter ou de faire exploiter, de vendre ou
de faire vendre le dessin ou le modèle, dans les conditions
prévues par la loi, sans préjudice des droit.

b) Eléments constitutifs de l’infraction


L’objet protégé. Le dessin ou le modèle protégé, régulière-
ment déposé. Il s’agit d’objets matériels en lesquels s’in-
carne l’idée inventive de l’auteur.
Les agissements illicites. Quand le dépôt est effectué, l’au-
teur du dessin ou du modèle peut exiger de toute personne
le respect de sa propriété et exercer contre celui qui mé-
connaîtrait ses prérogatives une action en contrefaçon. Ce
qui est interdit, c’est toute reproduction, même partielle,
même grossière de nature à provoquer une confusion dans
le public avec le dessin ou le modèle imité. A la reproduc-
tion punissable on assimile la vente des objets contrefai-
sants ou leur exposition en vue de la vente, le recel, la li-
vraison, l’usage, la détention de ces objets ou leur achat
effectué de mauvaise foi, c’est-à-dire à l’une de ces fins,
dans un but industriel ou commercial (art.19), ainsi que
leur introduction sur le territoire Congolais (art.125).
L’intention coupable. La contrefaçon des dessins et modèles
est une infraction intentionnelle. A partir du dépôt reçu et
Catalogue des infractions 141

suivi de l’obtention du certificat d’enregistrement, il existe


une présomption de connaissance de ce dépôt et il appar-
tient à l’imitateur poursuivi d’établir sa bonne foi.
92. Contrefaçon des inventions et des
découvertes
Une invention peut faire l’objet d’un titre de propriété in-
dustriel appelé « brevet » (art. 4 de la loi n°82-001 du 7 jan-
vier 1982). Le titre confère à son titulaire un droit exclusif
d’exploitation.
1. Faits répréhensibles dans cette infraction.
Il y a trois éléments constitutifs au regard des dispositions des
articles 88, 104 et 105 de la loi précitée.
- l’objet doit être une invention ou une découverte ;
- les faits manifestants l’activité du contrefacteur ;
- l’intention coupable.
a) L’objet protégé
1. Une invention ; c’est-à-dire une invention nouvelle résul-
tant d’une activité inventive susceptible d’être exploitée
comme objet d’industrie ou de commerce (art.6).
2. Une découverte ; c’est-à-dire une activité non inventive
aboutissant au constat de l’existence d’un objet déjà exis-
tant mais dont l’exploitation n’a jamais été rendue pu-
blique (art.13)
b) Faits manifestant l’activité du contrefacteur
Nous avons dit que le brevet d’inventions ou de découvertes
confère à son titulaire un droit exclusif d’exploitation tem-
poraire.
1° Ce titulaire a le droit d’interdire à toute personne
l’exercice des activités couvertes par un brevet.
Il peut s’agir notamment de fabriquer le produit concerné, de
détenir celui-ci et l’utiliser aux fins de vente ou de le
transformer aux fins de vente sous autre forme, employer
ou mettre en œuvre et même vendre le procédé breveté
(art.48).
2°Le fait de se prévaloir indûment d’une demande de brevet,
d’une demande de certificat d’encouragement, de la qualité
de titulaire d’un brevet, d’un certificat d’encouragement ou
d’une licence d’exploitation (art.104)
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
142

3° Le fait de rendre public, de divulguer les inventions et


les découvertes déclarées secrètes sans autorisations, de
divulguer le secret de fabrique, de délivrer copie des dépôts
secrets, d’exploiter librement des telles inventions ou
découvertes (art.40). Ce délit est passible de trois mois à un
an et d’une amende.
c) Ces délits sont des infractions intentionnelles.
Les agissements illicites de la personne
coupable doivent avoir été réalisés de
mauvaise foi.
II. Régime répressif
L’action publique ne peut être exercée par le Ministère public
que sur demande de la partie lésée (art.94 al 1). L’action
civile fondée sur la contrefaçon n’est recevable que si le
délit de contrefaçon est établi pénalement (art.94 al 2).
Le tribunal ordonnera la cessation par le contrefacteur de
toute activité portant atteinte aux droits de la partie lésée
ainsi que la confiscation1 des objets reconnus contrefaits et
des instruments ou ustensiles destinés spécialement à leur
fabrication (art.95 al 2).

93. Contrefaçon des marques de fa-


brique et service
I. Objets protégés
Une marque est un signe distinctif qui permet de recon-
naître ou d’identifier divers objets ou services d’une entre-
prise quelconque (art. 128). Il peut s’agir d’un signe quel-
conque, soit nominal, soit figuratif permettant de distinguer
les produits commerciaux ou les services assurés par une
entreprise. On distingue les marques de fabrique, de com-
merce et de service mais aussi la marque nationale de ga-

11
La confiscation spéciale est prévue par l’article 14 du code pénal. Elle porte sur les choses ayant un
rapport avec l’infraction. Jusqu’à une période récente, il existait la confiscation générale (en
condamnant l’auteur du détournement aux travaux forcés, le juge devait prononcer en outre la
confiscation de tous les biens du coupable) qui a été supprimée. La confiscation spéciale, qui est une
mesure de sûreté (art14 du code pénal) peut être exécutée même après la mort du condamné, à
condition qu’elle ait été prononcée par un jugement coulé en force de chose jugée du vivant du
condamné.
Catalogue des infractions 143

rantie qui a pour objet de certifier la qualité des marchan-


dises congolaises.
Les marques de fabriques sont régies par la loi n°82-001 du
7 janvier 1982 régissant la propriété industrielle. Elles sont
reprises sous la troisième partie intitulée : « Des signes dis-
tinctifs et des dénominations ».
La protection n’est prévue que pour les marques spéciales,
c’est-à-dire celles qui bénéficient d’une autorité dans un
secteur commercial déterminé. Une marque est protégée
non en raison de l’usage qui en est fait mais uniquement
parce qu’elle a été l’objet d’un dépôt suivi d’obtention de
l’enregistrement. L’enregistrement est attributif de la pro-
priété sur la marque et permet au déposant de poursuivre
ceux qui sont auteurs des agissements répréhensibles.

II. Agissements répréhensibles et élément moral


Le propriétaire d’une marque jouit du droit exclusif de l’ex-
ploiter, de la vendre ou de la faire vendre et de s’opposer à
toute reproduction, vente usage, ou détention dans un but
industriel ou commercial. Les articles 125 et 126 de la loi
du 7 janvier 1972 érigent en infractions les violations
concernant les marques. L’utilisation illicite, directement
ou indirectement d’une marque de fabrique ou de service
constitue un acte de concurrence déloyale et est punie des
sanctions prévues à l’article 165 et celles contenues dans
d’autres législations particulières (voir aussi l’article 163).
S’agissant de l’intention coupable, l’agent doit avoir agi
avec une intention délictueuse, frauduleuse. La faute et
l’imprudence de l‘auteur de la contrefaçon seront considé-
rées. Le prévenu peut invoquer sa bonne foi lorsqu’il
prouve qu’il a été trompé par exemple sur l’identité de celui
pour qui il a fabriqué la marque ou que les Autorités et Ser-
vices du Département de l’Industrie, lors du dépôt de la de-
mande de l’enregistrement, ont implicitement autorisé l’uti-
lisation d’ores et déjà de la propriété industrielle projetée.
Tous les signes susceptibles d’une représentation gra-
phique notamment les mots peuvent constituer des
marques, à condition qu’ils soient propres à distinguer les
produits ou les services d’une entreprise de ceux d’autres
entreprises1.
11
Bruxelles ,9eme ch .,27 juin 2003 p.872 in Revue de Jurisprudence de liège, Mons et Bruxelles ,31
décembre2004,110eme année ,Hebdomadaire p.2023.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
144

94. Contrefaçon des œuvres littéraires


et artistiques
L’infraction est créée à titre de protection des auteurs et
des artistes.
La contrefaçon est à la fois la reproduction, la représenta-
tion et la diffusion illicite des œuvres de l’esprit ainsi que
leur débit, leur importation ou leur exportation 2. L’infrac-
tion de contrefaçon des œuvres littéraires et artistiques est
une atteinte à l’exclusivité que l’auteur détient sur ses
propres œuvres.
Tout être humain possède des droits sur les créations de
son intelligence. Ainsi, la loi reconnaît et protège une véri-
table propriété de l’individu sur ses œuvres littéraires.

I. Eléments constitutifs
Pour être consommée, la contrefaçon des œuvres littéraires
et artistiques exige la réunion de trois éléments distincts
ayant trait d’abord aux œuvres sur lesquelles a porté l’in-
fraction, ensuite aux actes matériels par lesquels il s’est
manifesté, enfin à l’intention coupable.

a. Les œuvres littéraires


Aux termes de l’article 4 de l’ordonnance –loi n°86-003 du 5
avril 1986, les droits d’auteurs protégés sont toutes les
œuvres de l’esprit quels qu’en soit le genre, la forme d’ex-
pression, le mérite ou la destination. Il s’agit notamment 1 :
1° des livres, brochures et autres écrits littéraires, artis-
tiques et scientifiques ;
2° des conférences, allocutions, plaidoiries, sermons, le-
çons, mémoires, commentaires et autres œuvres de
même nature tant sous forme orale que sous forme
écrite ou enregistrée ;
3° des œuvres dramatiques, dramatico-musicales et des
œuvres théâtrales en général de même que les œuvres
chorégraphiques et les pantomimes dont la mise en
scène est fixée ;
4° des compositions musicales avec ou sans paroles ;
22
LUKOMBE NGHENDA. , Le Règlement du contentieux commercial. Tome I, Les tribunaux de
commerce. Publications des Facultés de Droit des Universités du Congo, Février 2005, p.623.

11
Nous avons tenu de préciser que cette liste bien qu’énumérative n’est pas limitative.
Catalogue des infractions 145

5° des œuvres cinématographiques ;


6° des journaux, revues ou autres publications de même
nature ;
7° les œuvres de dessin, de peinture, d’architecture, de gra-
vure, de lithographie ;
8° des œuvres photographiques ;
9° des œuvres d’arts appliqués ;
10° des illustrations, les cartes géographiques ainsi que
les ouvrages plastiques relatifs à la géographie, à la to-
pographie, à l’architecture ou à toute autre science ;
11° des plans, croquis et maquettes d’architectes ;
12° des adaptations, traductions, arrangements de mu-
sique et autres transformations autorisées par l’auteur
de l’œuvre originale lorsque celle-ci n’appartient pas au
patrimoine culturel commun ;
13° des recueils d’œuvres littéraires ou artistiques (ency-
clopédies, guides, dictionnaires et anthologies) ;
14° de folklore et des œuvres inspirés du folklore.
Rien cependant n’empêche un auteur de traiter le même
sujet qu’un concurrent, s’il sait marquer son travail des
traits de son propre génie1.
Il importe que l’œuvre contrefaite ait été éditée au Congo
ou à l’étranger. L’article 3 précise que la protection aux
œuvres consacrée par l’ordonnance-loi n°86-033 est appli-
cable aux œuvres des congolais. Elle ne s’applique pas aux
œuvres des étrangers, sauf réciprocité ou convention inter-
nationale ou si elles ont été publiées en R.D.C. Toutefois,
aucune atteinte ne peut être portée ni à l’intégrité ni à la
paternité des œuvres publiées à l’étranger même en l’ab-
sence de réciprocité ou de convention internationale.
Quant aux œuvres littéraires, la loi congolaise protège
contre les imitations de l’œuvre originale (l’œuvre est origi-
nale quand elle est présentée sous sa forme primitive de
création) mais pas les idées, les pensées ou les thèmes qui
alimentent l’œuvre.

b) les actes matériels constitutifs de la contrefaçon


Les actes matériels constitutifs de la contrefaçon sont dé-
crits par les articles 96 à 99. Ce sont la reproduction, la
11
LUKOMBE NGHENDA. , Op. Cit .p.623.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
146

vente, l’exposition, la location, la détention des ouvrages ou


objets contrefaits.

C. L’élément moral de la contrefaçon.


L’infraction de contrefaçon suppose chez le coupable l’in-
tention délictueuse.

II. Régime répressif


L’atteinte méchante ou frauduleuse portée en connaissance
de cause aux droits d’auteur (art.96) est punie d’une servi-
tude pénale d’un mois à un an et d’une amende (art.97). La
vente, l’exposition, la location, la détention, l’importation et
l’exportation des ouvrages ou objets contrefaits lorsque ces
actes auront été posés en connaissance de cause et dans un
but commercial (art.98), sont assimilées à la contrefaçon et
punies des mêmes peines.
Les infractions prévues aux articles 96 et 97 ne peuvent
être poursuivies que sur plainte de la victime (art.102). Le
tribunal saisi peut à la demande de la partie lésée ordonner
la publication du jugement dans un journal qu’il désigne et
aux frais du coupable (art.103).
Il ordonne en outre la confiscation des objets contrefaits, le
matériel spécialement installé en vue de la reproduction
illicite et les sommes d’argent égales à la partie des re-
cettes produites pour la reproduction ou représentation illi-
cite.
L’article 101 stipule que les objets saisis peuvent être attri-
bués au réclamant constitué partie civile en proportion de
la part que son œuvre aura dans le montant des sommes
perçues.

95. Contrefaçon, falsification ou altéra-


tion des
documents délivrés par les autorités
militaires
L’article 79 du Code Pénal Militaire réprime quiconque
aura contrefait, falsifié ou altéré des documents délivrés
par les autorités militaires, en vue de constater un droit,
Catalogue des infractions 147

une indemnité ou une qualité ou d’accorder une autorisa-


tion.
L’article 80 du même code prévoit des pénalités à l’endroit
de celui qui se sera fait délivrer indûment ou aura tenté de
se faire délivrer indûment des documents contrefaits, falsi-
fiés ou altérés, soit en faisant de fausses déclarations, soit
en prenant un faux nom ou une fausse qualité, soit en four-
nissant de faux renseignements, certificats ou attestations.

I. Eléments constitutifs proprement dits

1. De l’article 79 du code pénal militaire


Cette incrimination comprend, pour être établie, les élé-
ments constitutifs ci-après :
a) L’élément matériel fait d’altération, de contrefaçon et de
falsification.
- L’altération. L’analyse consacrée à l’élément d’altération
dans les cas de l’infraction de faux en écriture demeure
valable.
- La contrefaçon d’un document d’une autorité militaire. Il
peut s’agir d’imiter seulement et librement une œuvre au
préjudice de son auteur et ce, dans une intention fraudu-
leuse. Est constitutif également de la contrefaçon le fait
de plagier, changer ou modifier l’apparence de quelque
chose pour tromper1. Une note d’affectation a été recon-
nue contrefaite par imitation de la signature du Chef
d’Etat Major Général : réputée provenir de l’Etat Major
Général des Forces Armées Congolaises pour désigner un
officier d’administration responsable du personnel du
513ème bataillon de la 50ème brigade infanterie, le sceau
sec était en outre remplacé par le sceau à l’encre2.
- La falsification d’un document d’une autorité militaire.
- L’usage des documents altérés, contrefaits ou falsifiés.
C’est par exemple le cas d’un militaire qui se sert d’une au-
torisation de sortie altérée ou contrefaite ou falsifiée ou en-
core contenant des mentions incomplètes ou inexactes, la-
quelle autorisation était obtenue suite à un arrangement
11
Laurent MUTATA LUABA ; Op. cit. p.211.
22
COM Kin 04 avril 1999, cité par Laurent MUIATA LUABA, p.211.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
148

personnel entre le bénéficiaire et un agent du secrétariat de


son unité1.
b) Les actes prohibés doivent avoir pour but de consta-
ter un droit (sur un bulletin de paie) de constater une in-
demnité (contrefaçon d’une lettre remise à monsieur x
par l’Etat Major Général en vue d’être indemnisé par
suite de la réquisition de son automobile), de constater
une qualité (altérer une décision de dissipation d’un com-
mandant d’unité, de bataillon ou de brigade) ou d’accor-
der une autorisation (altération d’un bon de retrait d’ar-
mement, de fonds, d’une carte d’accès dans un restaurant
militaire).
c)L’intention criminelle. Le dol général suffit à établir la
culpabilité de l’agent. Le préjudice subi par les Forces
Armées, des services apparentés ou l’Etat congolais peut
même ne pas exister.

2. De l’article 80 du code pénal militaire


Pour être punissable, l’auteur de cette infraction peut être :
a) le requérant des documents faux effectivement ou pas,
sans titre ni droit.
b) l’utilisateur desdits documents même s’il ne les a pas sol-
licité, dès lors qu’aucune norme légale n’a été respectée.
c) l’auteur desdits documents ou celui qui en facilite l’octroi
à un individu qui n’y a aucun droit.
En premier lieu, l’auteur doit avoir tenté d’obtenir ou obte-
nu effectivement un document militaire. En second lieu, il
doit en avoir fait usage. Enfin, il doit avoir octroyé ou provo-
quer à l’octroi de ce document.

d) L’élément moral qui peut être aussi bien un dol géné-


ral qu’un dol spécial doit exister.

II. Régime répressif


L’auteur du faux de l’article 79 du Code Pénal Militaire ou
de son usage se verra infligé une peine de servitude pénale
principale dont le maximum est fixé à dix ans et une
amende n’excédant pas 15.000 francs congolais constants.
11
Laurent MUTATA LUABA ; Op. cit. p.212.
Catalogue des infractions 149

Il en sera de même de l’usage du même faux lorsque les


mentions invoquées par l’intéressé sont devenues incom-
plètes ou inexactes.
Ceux qui, sans titre ni droit, tentent d’obtenir, obtiennent
ou utilisent des documents faux ou encore ceux qui les oc-
troient ou les font délivrer aux individus n’y ayant guère
droit (article 80 du code pénal militaire) subiront six mois à
cinq ans de servitude pénale et une amende n’excédant pas
500 francs congolais.
Les mêmes peines seront subies par celui qui fera usage de
ces documents, celui qui les aura établis sous un autre non
que le sien.
L’individu qui délivrera ou fera délivrer des documents faux
à une personne qu’il sait n’y avoir droit sera sanctionné de
six mois à dix ans de servitude pénale et d’une amende qui
n’excédera pas 10.000 francs congolais constants.

96. Correspondances avec un ressortis-


sant
d’une puissance ennemie
Aux termes de l’article 192 du code pénal livre II sera puni
d’une servitude pénale de un à cinq ans celui qui, en temps
de guerre :
1. entretiendra, sans autorisation du Gouvernement, une
correspondance ou des relations avec les sujets ou les
agents d’une puissance ennemie ;
2. fera directement ou par intermédiaire, des actes de com-
merce avec les sujets ou les agents d’une puissance enne-
mie, au mépris des prohibitions édictées.
L’infraction de correspondances avec un ressortissant
d’une puissance ennemie est une infraction d’atteinte à la
sûreté extérieure de l’Etat. Autrefois, cette prévention était
justiciable de la Cour de Sûreté de l’Etat, dissoute. Etant
donné que l’infraction de correspondances avec un ressor-
tissant d’une puissance ennemie n’a pas été supprimée et
qu’aucune incrimination ne peut manquer de juge, elle est
désormais de la compétence matérielle de l’instance compé-
tente au regard du taux maximum de la peine prévue.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
150

97. Corruption
I. Définition
Le mot corruption vient du latin « corruptio » signifiant
« avilissement, vénalité, tare, vice ». Elle est inégalement
répandue dans le monde et différentes associations pro-
posent des classements entre nations.

II. L’infraction : corruption active et passive


La corruption dans le système du Code Pénal Congolais
suppose que chacun des deux agents qui concourent à l’in-
fraction l’un en corrompant, l’autre en se laissant cor-
rompre, joue un rôle égal et séparément qualifié. Il suit de
là que la corruption passive constitue une infraction dis-
tincte de celle de corruption active. Il résulte de ce qui pré-
cède que la corruption active ne saurait constituer un acte
de complicité de la corruption passive, le législateur ayant
considéré la corruption passive et la corruption active
comme des infractions différentes.

III. Eléments constitutifs


1. L’élément légal
La corruption fut prévue et réprimée par les articles 147 à
150 du code pénal livre II. Ces dispositions furent modifiées
par l‘article 2 de la loi n°73/017 du 05 janvier 1973 qui a
inséré l’article 149 bis. Cette loi a été par la suite complé-
tée par l’ordonnance -loi n°73/010 du 14 février 1973 qui a
injecté l’article 149 ter. Le texte de nos jours en vigueur est
la loi n°05- 006 du 29 mars 2005 modifiant et complétant le
décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais.
Cette loi à modifié les articles 147, 148, 149, 149 bis, 149
ter du code pénal et inséré au code pénal les articles 147
bis, 149 quater et 149 quinquies.

2. L’élément matériel : L’acte de corruption


La définition de l’élément matériel de la corruption, soit ac-
tive soit passive (agrément de propositions) porte sur, à
tout moment, directement ou indirectement, des offres 1, des
11
Lorsqu’il n’existe aucun élément pour démontrer un commencement d’exécution ayant consisté pour le
prévenu à offrir une certaine somme d’argent destinée à corrompre un agent ; il subsistera un doute quant
à la culpabilité du prévenu (Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/ Gombe, R.P 263, Ministère public et
partie civile contre le prévenu AJUDIYA PRAVIN KUMAR, 18 décembre 2009, inédit. ).
Catalogue des infractions 151

promesses, des dons, des présents ou des avantages quel-


conques. Il en est ainsi du fait de demander et de recevoir
d’un suspect la remise d’une somme d’argent pour ne pas
procéder à son arrestation ni ouvrir une instruction à sa
charge2 2 .
a) Caractère illégitime
L’acte incriminé ne doit pas être commandé, permis ou au-
torisé par des dispositions législatives ou réglementaires.
b) Corruption directe ou indirecte
La corruption directe ne met en présence que deux per-
sonnes : le corrupteur et l’éventuel corrompu. Tel est le cas
du délinquant que les policiers verbalisateurs ont interpellé
et qui, pour qu’ils le libèrent, leur offre une somme d’ar-
gent2. Il en est des entreprises qui proposent, pour obtenir
les marchés, de verser une récompense aux dirigeants char-
gés de passer les commandes3 3 La corruption indirecte
suppose l’intervention d’un tiers.
c) Notion de pacte de corruption
L’existence d’un pacte de corruption est caractérisé par
l’accord qui intervient entre le corrupteur (acte de corrup-
tion active : propositions, sollicitations, dons, offres, etc ;)
et le corrompu (qui agrée les offres et procure le résultat
demandé).
L’infraction de corruption n’est caractérisée que si la
convention passée entre le corrupteur et le corrompu a pré-
cédé l’acte ou l’abstention qu’elle avait pour objet de rému-
nérer. La simple sollicitation des dons suffit à consommer
l’infraction ; dès lors il n’importe que la « perception » de
ces dons ait été postérieure à l’obtention de l’avantage re-
cherché1 1 La seule preuve à faire, tant dans le chef du cor-
rupteur que du corrompu, consiste dans la démonstration
d’une adhésion préalable, par le fonctionnaire, à des propo-
sitions vénales. Tel n’est pas le cas du fonctionnaire qui re-
çoit comme marques de gratitude, des dons ou présents,

22
C.S.J., RPA 12, 03 mars 1972, B.A. 1973.
2

33
Cass. crim. , 10 juin 1948, Bull. crim. n°154.15 note carteret.
1
1 C.S.J., RP 135, 17 mars 1973, B.A 1974, p. 51.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
152

sans qu’il n’y ait, entre lui et le particulier reconnaissant,


une convention préalable illicite2 2 .

d) Epoque de la corruption
La volonté du législateur est de ne pas restreindre la ré-
pression. La corruption constitue une infraction instantanée
constituée par l’acte incriminé ; en cas d’actes successifs et
répétés, l’infraction se renouvelle à chaque nouvel acte de
corruption.

e) Nature des offres, dons et promesses


Il n’existe aucune restriction eu égard à la généralité des
termes employés. L’application de la loi est laissée à la sou-
veraine appréciation des juges. Il s’agit de « tout avan-
tage » que l’agent, abusant d’une influence réelle ou suppo-
sée, a pu se faire remettre à son profit. Ces offres, dons ou
présents peuvent porter sur 3:
- des biens en nature, une montre en or, des arbres ou du
fuel ;
une rémund’un signe quelconque, soit nominal, soit figura-
tif permettant de distinguer les produits commerciaux ou
les services assurés par une entreprise. On distingue les
marques de fabrique, de commerce et de service mais aussi
la marque nationale de garantie qui a pour objet de certifier
la qualité des marchandises congolaises.
Les marques de fabriques sont régies par la loi n°82-001 du
7 janvier 1982 régissant la propriété industrielle. Elles sont
reprises sous la troisième partie intitulée : « Des signes dis-
tinctifs et des dénominations ».
La protection n’est prévue que pour les marques spéciales,
c’est-à-dire celles qui bénéficient d’une autorité dans un
secteur commercial déterminé. Une marque est protégée
non en raison de l’usage qui en est fait mais uniquement
parce qu’elle a été l’objet d’un dépôt suivi d’obtention de
l’enregistrement. L’enregistrement est attributif de la pro-
priété sur la marque et permet au déposant de poursuivre
ceux qui sont auteurs des agissements répréhensibles.

22
Crim. , 2 avril 1998, Bull.crim. n° 127. ; D.1999. Somm . 158, obs.Segonds.

33
Ces exemples non limitatifs sont extraits de la jurisprudence française.
Catalogue des infractions 153

II. Agissements répréhensibles et élément moral


Le propriétaire d’une marque jouit du droit exclusif de l’ex-
ploiter, de la vendre ou de la faire vendre et de s’opposer à
toute reproduction, vente usage, ou détention dans un but
industriel ou commercial. Les articles 125 et 126 de la loi
du 7 janvier 1972 érigent en infractions les violations
concernant les marques. L’utilisation illicite, directement
ou indirectement d’une marque de fabrique ou de service
constitue un acte de concurrence déloyale et est punie des
sanctions prévues à l’article 165 et celles contenues dans
d’autres législations particulières (voir aussi l’article 163).
S’agissant de l’intention coupable, l’agent doit avoir agi
avec une intention délictueuse, frauduleuse. La faute et
l’imprudence de l‘auteur de la contrefaçon seront considé-
rées. Le prévenu peut invoquer sa bonne foi lorsqu’il
prouve qu’il a été trompé par exemple sur l’identité de celui
pour qui il a fabriqué la marque ou que les Autorités et Ser-
vices du Département de l’Industrie, lors du dépôt de la de-
mande de l’enregistrement, ont implicitement autorisé l’uti-
lisation d’ores et déjà de la propriété industrielle projetée.
Tous les signes susceptibles d’une représentation gra-
phique notamment les mots peuvent constituer des
marques, à condition qu’ils soient propres à distinguer les
produits ou les services d’une entreprise de ceux d’autres
entreprises1.

94. Contrefaçon des œuvres littéraires


et artistiques
L’infraction est créée à titre de protection des auteurs et
des artistes.
La contrefaçon est à la fois la reproduction, la représenta-
tion et la diffusion illicite des œuvres de l’esprit ainsi que
leur débit, leur importation ou leur exportation 2. L’infrac-
tion de contrefaçon des œuvres littéraires et artistiques est
une atteinte à l’exclusivité que l’auteur détient sur ses
propres œuvres.

11
Bruxelles ,9eme ch .,27 juin 2003 p.872 in Revue de Jurisprudence de liège, Mons et Bruxelles ,31
décembre2004,110eme année ,Hebdomadaire p.2023.
22
LUKOMBE NGHENDA. , Le Règlement du contentieux commercial. Tome I, Les tribunaux de
commerce. Publications des Facultés de Droit des Universités du Congo, Février 2005, p.623.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
154

Tout être humain possède des droits sur les créations de


son intelligence. Ainsi, la loi reconnaît et protège une véri-
table propriété de l’individu sur ses œuvres littéraires.

I. Eléments constitutifs
Pour être consommée, la contrefaçon des œuvres littéraires
et artistiques exige la réunion de trois éléments distincts
ayant trait d’abord aux œuvres sur lesquelles a porté l’in-
fraction, ensuite aux actes matériels par lesquels il s’est
manifesté, enfin à l’intention coupable.

a. Les œuvres littéraires


Aux termes de l’article 4 de l’ordonnance –loi n°86-003 du 5
avril 1986, les droits d’auteurs protégés sont toutes les
œuvres de l’esprit quels qu’en soit le genre, la forme d’ex-
pression, le mérite ou la destination. Il s’agit notamment 1 :
1° des livres, brochures et autres écrits littéraires, artis-
tiques et scientifiques ;
2° des conférences, allocutions, plaidoiries, sermons, le-
çons, mémoires, commentaires et autres œuvres de
même nature tant sous forme orale que sous forme
écrite ou enregistrée ;
3° des œuvres dramatiques, dramatico-musicales et des
œuvres théâtrales en général de même que les œuvres
chorégraphiques et les pantomimes dont la mise en
scène est fixée ;
4° des compositions musicales avec ou sans paroles ;
5° des œuvres cinématographiques ;
6° des journaux, revues ou autres publications de même
nature ;
7° les œuvres de dessin, de peinture, d’architecture, de gra-
vure, de lithographie ;
8° des œuvres photographiques ;
9° des œuvres d’arts appliqués ;
10° des illustrations, les cartes géographiques ainsi que
les ouvrages plastiques relatifs à la géographie, à la to-
pographie, à l’architecture ou à toute autre science ;
11° des plans, croquis et maquettes d’architectes ;
12° des adaptations, traductions, arrangements de mu-
sique et autres transformations autorisées par l’auteur
11
Nous avons tenu de préciser que cette liste bien qu’énumérative n’est pas limitative.
Catalogue des infractions 155

de l’œuvre originale lorsque celle-ci n’appartient pas au


patrimoine culturel commun ;
13° des recueils d’œuvres littéraires ou artistiques (ency-
clopédies, guides, dictionnaires et anthologies) ;
14° de folklore et des œuvres inspirés du folklore.
Rien cependant n’empêche un auteur de traiter le même
sujet qu’un concurrent, s’il sait marquer son travail des
traits de son propre génie1.
Il importe que l’œuvre contrefaite ait été éditée au Congo
ou à l’étranger. L’article 3 précise que la protection aux
œuvres consacrée par l’ordonnance-loi n°86-033 est appli-
cable aux œuvres des congolais. Elle ne s’applique pas aux
œuvres des étrangers, sauf réciprocité ou convention inter-
nationale ou si elles ont été publiées en R.D.C. Toutefois,
aucune atteinte ne peut être portée ni à l’intégrité ni à la
paternité des œuvres publiées à l’étranger même en l’ab-
sence de réciprocité ou de convention internationale.
Quant aux œuvres littéraires, la loi congolaise protège
contre les imitations de l’œuvre originale (l’œuvre est origi-
nale quand elle est présentée sous sa forme primitive de
création) mais pas les idées, les pensées ou les thèmes qui
alimentent l’œuvre.

b) les actes matériels constitutifs de la contrefaçon


Les actes matériels constitutifs de la contrefaçon sont dé-
crits par les articles 96 à 99. Ce sont la reproduction, la
vente, l’exposition, la location, la détention des ouvrages ou
objets contrefaits.

C. L’élément moral de la contrefaçon.


L’infraction de contrefaçon suppose chez le coupable l’in-
tention délictueuse.

II. Régime répressif


L’atteinte méchante ou frauduleuse portée en connaissance
de cause aux droits d’auteur (art.96) est punie d’une servi-
tude pénale d’un mois à un an et d’une amende (art.97). La
vente, l’exposition, la location, la détention, l’importation et

11
LUKOMBE NGHENDA. , Op. Cit .p.623.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
156

l’exportation des ouvrages ou objets contrefaits lorsque ces


actes auront été posés en connaissance de cause et dans un
but commercial (art.98), sont assimilées à la contrefaçon et
punies des mêmes peines.
Les infractions prévues aux articles 96 et 97 ne peuvent
être poursuivies que sur plainte de la victime (art.102). Le
tribunal saisi peut à la demande de la partie lésée ordonner
la publication du jugement dans un journal qu’il désigne et
aux frais du coupable (art.103).
Il ordonne en outre la confiscation des objets contrefaits, le
matériel spécialement installé en vue de la reproduction
illicite et les sommes d’argent égales à la partie des re-
cettes produites pour la reproduction ou représentation illi-
cite.
L’article 101 stipule que les objets saisis peuvent être attri-
bués au réclamant constitué partie civile en proportion de
la part que son œuvre aura dans le montant des sommes
perçues.

95. Contrefaçon, falsification ou altéra-


tion des
documents délivrés par les autorités
militaires
L’article 79 du Code Pénal Militaire réprime quiconque
aura contrefait, falsifié ou altéré des documents délivrés
par les autorités militaires, en vue de constater un droit,
une indemnité ou une qualité ou d’accorder une autorisa-
tion.
L’article 80 du même code prévoit des pénalités à l’endroit
de celui qui se sera fait délivrer indûment ou aura tenté de
se faire délivrer indûment des documents contrefaits, falsi-
fiés ou altérés, soit en faisant de fausses déclarations, soit
en prenant un faux nom ou une fausse qualité, soit en four-
nissant de faux renseignements, certificats ou attestations.
Catalogue des infractions 157

I. Eléments constitutifs proprement dits

1. De l’article 79 du code pénal militaire


Cette incrimination comprend, pour être établie, les élé-
ments constitutifs ci-après :
a) L’élément matériel fait d’altération, de contrefaçon et de
falsification.
- L’altération. L’analyse consacrée à l’élément d’altération
dans les cas de l’infraction de faux en écriture demeure
valable.
- La contrefaçon d’un document d’une autorité militaire. Il
peut s’agir d’imiter seulement et librement une œuvre au
préjudice de son auteur et ce, dans une intention fraudu-
leuse. Est constitutif également de la contrefaçon le fait
de plagier, changer ou modifier l’apparence de quelque
chose pour tromper1. Une note d’affectation a été recon-
nue contrefaite par imitation de la signature du Chef
d’Etat Major Général : réputée provenir de l’Etat Major
Général des Forces Armées Congolaises pour désigner un
officier d’administration responsable du personnel du
513ème bataillon de la 50ème brigade infanterie, le sceau
sec était en outre remplacé par le sceau à l’encre2.
- La falsification d’un document d’une autorité militaire.
- L’usage des documents altérés, contrefaits ou falsifiés.
C’est par exemple le cas d’un militaire qui se sert d’une au-
torisation de sortie altérée ou contrefaite ou falsifiée ou en-
core contenant des mentions incomplètes ou inexactes, la-
quelle autorisation était obtenue suite à un arrangement
personnel entre le bénéficiaire et un agent du secrétariat de
son unité1.
b) Les actes prohibés doivent avoir pour but de consta-
ter un droit (sur un bulletin de paie) de constater une in-
demnité (contrefaçon d’une lettre remise à monsieur x
par l’Etat Major Général en vue d’être indemnisé par
suite de la réquisition de son automobile), de constater

11
Laurent MUTATA LUABA ; Op. cit. p.211.
22
COM Kin 04 avril 1999, cité par Laurent MUIATA LUABA, p.211.
11
Laurent MUTATA LUABA ; Op. cit. p.212.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
158

une qualité (altérer une décision de dissipation d’un com-


mandant d’unité, de bataillon ou de brigade) ou d’accor-
der une autorisation (altération d’un bon de retrait d’ar-
mement, de fonds, d’une carte d’accès dans un restaurant
militaire).
c)L’intention criminelle. Le dol général suffit à établir la
culpabilité de l’agent. Le préjudice subi par les Forces
Armées, des services apparentés ou l’Etat congolais peut
même ne pas exister.

2. De l’article 80 du code pénal militaire


Pour être punissable, l’auteur de cette infraction peut être :
d) le requérant des documents faux effectivement ou pas,
sans titre ni droit.
e) l’utilisateur desdits documents même s’il ne les a pas sol-
licité, dès lors qu’aucune norme légale n’a été respectée.
f) l’auteur desdits documents ou celui qui en facilite l’octroi
à un individu qui n’y a aucun droit.
En premier lieu, l’auteur doit avoir tenté d’obtenir ou obte-
nu effectivement un document militaire. En second lieu, il
doit en avoir fait usage. Enfin, il doit avoir octroyé ou provo-
quer à l’octroi de ce document.

d) L’élément moral qui peut être aussi bien un dol géné-


ral qu’un dol spécial doit exister.

II. Régime répressif


L’auteur du faux de l’article 79 du Code Pénal Militaire ou
de son usage se verra infligé une peine de servitude pénale
principale dont le maximum est fixé à dix ans et une
amende n’excédant pas 15.000 francs congolais constants.
Il en sera de même de l’usage du même faux lorsque les
mentions invoquées par l’intéressé sont devenues incom-
plètes ou inexactes.
Ceux qui, sans titre ni droit, tentent d’obtenir, obtiennent
ou utilisent des documents faux ou encore ceux qui les oc-
troient ou les font délivrer aux individus n’y ayant guère
droit (article 80 du code pénal militaire) subiront six mois à
Catalogue des infractions 159

cinq ans de servitude pénale et une amende n’excédant pas


500 francs congolais.
Les mêmes peines seront subies par celui qui fera usage de
ces documents, celui qui les aura établis sous un autre non
que le sien.
L’individu qui délivrera ou fera délivrer des documents faux
à une personne qu’il sait n’y avoir droit sera sanctionné de
six mois à dix ans de servitude pénale et d’une amende qui
n’excédera pas 10.000 francs congolais constants.

96. Correspondances avec un ressortis-


sant
d’une puissance ennemie
Aux termes de l’article 192 du code pénal livre II sera puni
d’une servitude pénale de un à cinq ans celui qui, en temps
de guerre :
3. entretiendra, sans autorisation du Gouvernement, une
correspondance ou des relations avec les sujets ou les
agents d’une puissance ennemie ;
4. fera directement ou par intermédiaire, des actes de com-
merce avec les sujets ou les agents d’une puissance enne-
mie, au mépris des prohibitions édictées.
L’infraction de correspondances avec un ressortissant
d’une puissance ennemie est une infraction d’atteinte à la
sûreté extérieure de l’Etat. Autrefois, cette prévention était
justiciable de la Cour de Sûreté de l’Etat, dissoute. Etant
donné que l’infraction de correspondances avec un ressor-
tissant d’une puissance ennemie n’a pas été supprimée et
qu’aucune incrimination ne peut manquer de juge, elle est
désormais de la compétence matérielle de l’instance compé-
tente au regard du taux maximum de la peine prévue.

97. Corruption
I. Définition
Le mot corruption vient du latin « corruptio » signifiant
« avilissement, vénalité, tare, vice ». Elle est inégalement
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
160

répandue dans le monde et différentes associations pro-


posent des classements entre nations.

II. L’infraction : corruption active et passive


La corruption dans le système du Code Pénal Congolais
suppose que chacun des deux agents qui concourent à l’in-
fraction l’un en corrompant, l’autre en se laissant cor-
rompre, joue un rôle égal et séparément qualifié. Il suit de
là que la corruption passive constitue une infraction dis-
tincte de celle de corruption active. Il résulte de ce qui pré-
cède que la corruption active ne saurait constituer un acte
de complicité de la corruption passive, le législateur ayant
considéré la corruption passive et la corruption active
comme des infractions différentes.

III. Eléments constitutifs


1. L’élément légal
La corruption fut prévue et réprimée par les articles 147 à
150 du code pénal livre II. Ces dispositions furent modifiées
par l‘article 2 de la loi n°73/017 du 05 janvier 1973 qui a
inséré l’article 149 bis. Cette loi a été par la suite complé-
tée par l’ordonnance -loi n°73/010 du 14 février 1973 qui a
injecté l’article 149 ter. Le texte de nos jours en vigueur est
la loi n°05- 006 du 29 mars 2005 modifiant et complétant le
décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais.
Cette loi à modifié les articles 147, 148, 149, 149 bis, 149
ter du code pénal et inséré au code pénal les articles 147
bis, 149 quater et 149 quinquies.

2. L’élément matériel : L’acte de corruption


La définition de l’élément matériel de la corruption, soit ac-
tive soit passive (agrément de propositions) porte sur, à
tout moment, directement ou indirectement, des offres 1, des
promesses, des dons, des présents ou des avantages quel-
conques. Il en est ainsi du fait de demander et de recevoir
d’un suspect la remise d’une somme d’argent pour ne pas
procéder à son arrestation ni ouvrir une instruction à sa
charge2 2 .
11
Lorsqu’il n’existe aucun élément pour démontrer un commencement d’exécution ayant consisté pour le
prévenu à offrir une certaine somme d’argent destinée à corrompre un agent ; il subsistera un doute quant
à la culpabilité du prévenu (Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/ Gombe, R.P 263, Ministère public et
partie civile contre le prévenu AJUDIYA PRAVIN KUMAR, 18 décembre 2009, inédit. ).
22
C.S.J., RPA 12, 03 mars 1972, B.A. 1973.
Catalogue des infractions 161

a) Caractère illégitime
L’acte incriminé ne doit pas être commandé, permis ou au-
torisé par des dispositions législatives ou réglementaires.
b) Corruption directe ou indirecte
La corruption directe ne met en présence que deux per-
sonnes : le corrupteur et l’éventuel corrompu. Tel est le cas
du délinquant que les policiers verbalisateurs ont interpellé
et qui, pour qu’ils le libèrent, leur offre une somme d’ar-
gent2. Il en est des entreprises qui proposent, pour obtenir
les marchés, de verser une récompense aux dirigeants char-
gés de passer les commandes3 3 La corruption indirecte
suppose l’intervention d’un tiers.
c) Notion de pacte de corruption
L’existence d’un pacte de corruption est caractérisé par
l’accord qui intervient entre le corrupteur (acte de corrup-
tion active : propositions, sollicitations, dons, offres, etc ;)
et le corrompu (qui agrée les offres et procure le résultat
demandé).
L’infraction de corruption n’est caractérisée que si la
convention passée entre le corrupteur et le corrompu a pré-
cédé l’acte ou l’abstention qu’elle avait pour objet de rému-
nérer. La simple sollicitation des dons suffit à consommer
l’infraction ; dès lors il n’importe que la « perception » de
ces dons ait été postérieure à l’obtention de l’avantage re-
cherché1 1 La seule preuve à faire, tant dans le chef du cor-
rupteur que du corrompu, consiste dans la démonstration
d’une adhésion préalable, par le fonctionnaire, à des propo-
sitions vénales. Tel n’est pas le cas du fonctionnaire qui re-
çoit comme marques de gratitude, des dons ou présents,
sans qu’il n’y ait, entre lui et le particulier reconnaissant,
une convention préalable illicite2 2 .

d) Epoque de la corruption

33
Cass. crim. , 10 juin 1948, Bull. crim. n°154.15 note carteret.
1
1 C.S.J., RP 135, 17 mars 1973, B.A 1974, p. 51.

22
Crim. , 2 avril 1998, Bull.crim. n° 127. ; D.1999. Somm . 158, obs.Segonds.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
162

La volonté du législateur est de ne pas restreindre la ré-


pression. La corruption constitue une infraction instantanée
constituée par l’acte incriminé ; en cas d’actes successifs et
répétés, l’infraction se renouvelle à chaque nouvel acte de
corruption.

e) Nature des offres, dons et promesses


Il n’existe aucune restriction eu égard à la généralité des
termes employés. L’application de la loi est laissée à la sou-
veraine appréciation des juges. Il s’agit de « tout avan-
tage » que l’agent, abusant d’une influence réelle ou suppo-
sée, a pu se faire remettre à son profit. Ces offres, dons ou
présents peuvent porter sur 3:
- des biens en nature, une montre en or, des arbres ou du
fuel ;
- une rémunération ou une somme d’argent ;
- des facilités d’approvisionnements à des prix inférieurs
aux cours normaux ;
- des commissions ou des ristournes ou sur une participa-
tion aux affaires traitées ;
- l’exécution d’un travail gratuit ;
- la promesse de relations sexuelles.

3. L’élément moral
a) La qualité d’agent public
La qualité d’agent public est un élément de l’infraction, qui
est reconnu, non seulement aux fonctionnaires (personnels
des carrières des services publics de l’Etat) mais aussi aux
personnes chargées d’une mission de service publique et
aux personnes investies d’un mandat électif public
(membres du gouvernement, sénateurs, députés, gouver-
neurs de province, maires, bourgmestres),aux personnes
ayant un rôle dans le fonctionnement de la justice (magis-
trats, greffiers, huissiers, officiers et agents de police), aux
fonctionnaires des impôts etc. Ce sont les dépositaires de
l’autorité publique.
b) L’objet de la corruption

33
Ces exemples non limitatifs sont extraits de la jurisprudence française.
Catalogue des infractions 163

L’objet de la corruption peut être l’accomplissement ou


l’abstention de l’accomplissement d’un « acte entrant dans
le cadre » de la fonction, de la mission ou du mandat du dé-
positaire public, ou lorsque le but ainsi poursuivi, s’il
n’entre pas dans le cadre strict de la fonction, est atteint
grâce aux « facilités » que lui donne sa fonction, ou sa mis-
sion, ou son mandat.
c) Personnes assimilés aux dépositaires de l’autorité
publique
A l’article 147 du code pénal modifié par l’article 1 er de la
loi n°05- 006 du 29 mars 2005 modifiant et complétant le
décret du 30 janvier 1940 , il est dit qu’il faut entendre par
agent public tout fonctionnaire ou tout employé de l’Etat ou
des institutions, y compris ceux qui ont été sélectionnés,
nommés ou élus pour entreprendre des activités ou exercer
des fonctions au nom ou au service de l’Etat, à tout niveau
de sa hiérarchie.

IV. Actes constitutifs de la corruption


Les actes de corruption sont énumérés limitativement à
l’article 147 bis inséré par l’article 2 de la loi n°05- 006 du
29 mars 2005 modifiant et complétant le décret du 30 jan-
vier 1940 portant code pénal congolais. Sont constitutifs
d’actes de corruption :
1. Le fait ,pour un agent public ou toute autre personne, de
solliciter ou d’accepter directement ou indirectement,
des sommes d’argent, tout bien ayant une valeur pécu-
niaire ou tout autre avantage, tel qu’un don, une
faveur ,une promesse ou un gain pour lui-même ou pour
autrui, personne physique ou morale, en contre partie de
l’accomplissement ou de l’omission d’un acte dans l’exer-
cice de ses fonctions ;
2. Le fait d’offrir ou d’octroyer, directement ou indirecte-
ment, à un agent public ou à toute autre personne des
sommes d’argent , tout bien ayant une valeur pécuniaire
ou tout autre avantage , tel qu’un don, une faveur, une
promesse ou un gain pour lui-même ou pour autrui, per-
sonne physique ou morale, en vue de l’accomplissement
ou de l’omission d’un acte dans l’exercice de ses fonc-
tions;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
164

3. Le fait d’offrir , de donner ou de promettre directement


ou directement un avantage indu à toute personne qui
dirige un organisme du secteur privé ou est employé par
ce dernier en quelque qualité que ce soit, ou le fait, pour
cette personne de solliciter ou d’accepter cet avantage
indu, directement ou indirectement à titre personnel ou
pour autrui pour qu’elle agisse en contravention de ses
devoirs ou qu’elle s’abstienne d’agir ;
4. Le fait pour un agent public ou toute autre personne de
solliciter ou d’accepter, directement ou indirectement un
avantage indu pour lui-même ou pour autrui afin d’abuser
de son influence réelle ou supposé en vue de faire obtenir
d’une administration ou d’une autorité publique un avan-
tage indu ;
5. L’usage, la dissimulation ou l’aliénation frauduleuse du
produit ou des biens tirés de l’un des actes visés au pré-
sent article ;
6. Le fait d’utiliser la fraude pour échapper ou faire échap-
per autrui aux obligations fiscales, douanières er adminis-
tratives ;
7. L’enrichissement illicite.

V. Régime répressif et règles de poursuites


Le législateur a prévu des peines principales et des peines
accessoires.

1. Sanctions principales
L’auteur d’un acte prévu à l’article 147 bis sera puni de six
mois à deux ans de servitude pénale principale et une
amende de cinquante mille à deux cents mille francs (art
148 modifié par l’article 3 de la loi n° 05-006 du 29 mars
2005). Cette peine sera doublée en cas d’acte injuste ou
abstention de faire un acte qui rentre dans ses attributions.
Si le coupable a reçu les dons pour commettre dans l’exer-
cice de ses fonctions, de son emploi ou de sa mission une in-
fraction (art. 149), il subira quinze ans de servitude pénale
principale et une amende de cinq cent mille à un million de
francs congolais constants. C’est le fait enfin pour les mêmes
personnes, d’agréer ou de recevoir des offres, promesses ou
présents pour commettre une infraction1.
11
Il a été jugé que pour tomber sous les coups des articles 147 et 150 du code pénal congolais livre II, il
faut qu’il y ait notamment entre l’agent actif et l’agent passif une coopération, c’est-à-dire une entente
préalable ou qu’il y ait des promesses agrées (C.S.J ; 1er avril 1980, RPA 61, Aff. M.P. c/KAHUONGO et
Catalogue des infractions 165

L’art 149 ter tel que modifié par l’article 3 de la loi du 29


mars 2005 précitée punit de six mois à deux ans de servi-
tude et d’une amende de vingt mille à cent mille francs
congolais constants ou une de ces peines, un agent public
ou toute autre personne qui aura directement ou par per-
sonne interposée sollicité don ou offre pour faire un acte de
sa fonction, de son emploi ou de sa mission même juste,
mais non sujet à salaire.
Les actes de représailles ou d’intimidation des témoins ou
experts, déposant contre les actes de corruption ou de tra-
fic d’influence , les actes de représailles ou d’intimidation à
l’endroit des parents de ces témoins ou experts sont répri-
més par l’article 149 quinquies inséré dans le code pénal
par l’article 5 de la loi n°05-006 du 29 mars 2005 d’une ser-
vitude pénale de trois à cinq ans et d’une amende ne dépas-
sant pas deux cents mille francs congolais constants.
L’article 150 punit ceux qui par menaces ou violences cor-
rompent un agent public. Ils seront punis de peines portées
à l’article 149 quinquies selon qu’ils visaient un acte in-
juste, une infraction ou une abstention.
2. Sanctions accessoires
L’article 149 bis prescrit les peines accessoires communes
à la corruption passive et active. La juridiction compétente
prononcera au profit de l’Etat la confiscation du produit ou
moyen de la corruption de la personne condamnée ainsi que
la rétribution perçue. Elle ordonnera le gel, la saisie, la
confiscation et le rapatriement du produit de la corruption
en conformité avec la législation.
En outre, le coupable sera condamné à :
- l’interdiction pour cinq ans au moins et de dix ans au plus
du droit de vote et d’éligibilité après exécution de la
peine ;
- l’interdiction pour la même période du droit d’accès aux
fonctions publiques et paraétatiques, d’exercer la profes-
sion de banquier, d’agent de change, d’agent comptable,
d’importateur ou d’exportateur ;
- l’interdiction de soumissionner dans tous les marchés pu-
blics pour une période de cinq ans ;

consorts.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
166

- la privation du droit à la condamnation ou à la libération


conditionnelle ;
- l’expulsion définitive du territoire de la république démo-
cratique du Congo, après l’exécution de la peine, si le
condamné est étranger.
3. Circonstances aggravantes de la corruption
1. Les actes de corruption en vue d’entraver au bon fonc-
tionnement de la justice, notamment promettre, offrir ou
accorder un avantage indu pour :
a)obtenir un faux témoignage, empêcher un témoignage
ou la présentation d’éléments de preuve dans une pro-
cédure en rapport avec la commission d’un acte de l’ar-
ticle 147 bis1 ;
b) empêcher d’exercer ses fonctions en rapport avec les
faits de l’article 147 bis à un membre de la Commission
de l’Ethique et de la Lutte contre la Corruption, un ma-
gistrat, un officier de police judiciaire, un agent des ser-
vice de détection et de répression.

2. Les actes de corruption commis en vue de:


a)gagner des marchés publics en violation de la législa-
tion en matière de passation des marchés ;
b) obtenir des droits miniers ou des carrières en viola-
tion du règlement minier ;
c)violer les lois de privatisation ou de désengagement de
l’Etat des Entreprises publiques ;
d) soustraire les contribuables aux obligations de la lé-
gislation fiscale, parafiscale et douanière ;
e)obtenir des concessions forestières en violation du code
forestier ;
f) faciliter ou dissimuler le blanchiment du produit du
crime ;
g) obtenir des avantages fiscaux en violation du code des
investissements ;
h) financer les activités des partis politiques.

11
Cette disposition de l’article 147 bis a été insérée au code pénal par l’article 2 de la loi n°05- 006 du
29 mars 2005 modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais.
Catalogue des infractions 167

3. Les actes de corruption commis dans le cadre d’une or-


ganisation criminelle.

Les Tribunaux de Grande Instance demeurent les juridic-


tions habilitées pour connaître des circonstances aggra-
vantes de la corruption. Ils puniront leurs auteurs de quinze
ans de servitude pénale principale et d’une amende de cinq
cent mille à un million de francs congolais constants.
4. Tribunal compétent.
La répression de la corruption de l’article 149 ter et celle
constitutive des actes prévus à l’article 147 bis, deux dispo-
sitions insérées1 au Code Pénal, est de la compétence du
tribunal de paix au regard des peines prévues à l’article
148 alinéa 1er du code pénal modifié par l’article 5 de la loi
n°05-006 du 29 mars 2005. Les autres cas relèvent de la
compétence du tribunal de grande instance2.
5. Prescription de l’action publique
Lorsque l’infraction de corruption est caractérisée par la
perception illicite de dons, présents, commissions ou
primes, c’est seulement du jour de cette perception que
court le délai de prescription3. Elle commence à courir à
compter du jour de la sollicitation ou de l’acceptation. La
corruption peut parfois être une infraction continue 1. En
cas de succession de services rendus et de rémunérations,
c’est à compter de la dernière rémunération que commen-
cera à courir la prescription.
6. Complicité en matière de corruption.

11
Journal officiel de la République démocratique du Congo, 47eme année, Numéro spécial, 05 octobre
2006, p.41et 43.
22
Le Tribunal de Grande Instance juge au premier degré des infractions dont la peine applicable est
supérieure à cinq ans ou la peine de mort ou encore la peine des travaux forcés (art 91 du COCJ). Au
second degré, il connaît des appels des jugements rendus en premier ressort par les tribunaux des Paix
et des décisions prises en matière d’enfance délinquante (art 92 du COCJ).
La Cour d’Appel connaît au premier degré des infractions commises par les magistrats (Le Magistrat à
titre provisoire, le Substitut du Procureur de la République, le Juge de Paix, les Magistrats du Parquet
Général et de la Cour d’Appel), les Fonctionnaires des Services Publics ou Para-étatiques revêtus au
moins du grade de Directeur ou du grade équivalent (art 94 al. 2 du COCJ). Elle connaît également des
jugements rendus en premier ressort par les Tribunaux de Grandes Instances (art 94 al. 1 du COCJ).
33
Crim. , 13 décembre 1972, Bull. crim. n°391 ; Gaz. Pal.,1973.I.Somm. 94(corruption).
11
Crim. , 27 octobre 1977,Bull.crim. n°352.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
168

Les règles de la complicité sont applicables à celui qui,


n’étant ni le corrupteur, ni le corrompu, a, avec connais-
sance, aidé l’un ou l’autre dans la perpétration de l’infrac-
tion. L’avocat peut être déclaré complice de la corruption
lorsqu’il élabore pour le compte du corrupteur le montage
financier qui devait masquer le versement des commissions
occultes prévues par l’acte, lorsqu’il donne au corrompu
des instructions pour commettre l’action délictuelle et a en-
suite aidé et lorsqu’il assiste l’auteur du délit afin de per-
mettre le paiement des « pots-de-vin ».

VI. Particularités
Le Ministère public, les officiers de police judiciaire et les
membres de la Commission de l’Ethique et de la Lutte
contre la Corruption obtiennent sur demande, de tout agent
public et de toute autre personne physique ou morale, la
communication des informations et documents dans le
cadre des investigations entreprises à la suite d’une décla-
ration de soupçon ou de dénonciation de corruption
(art.149 quater). Ils sont tenus au secret des informations
et déclarations reçues. Ces informations ne peuvent être
utilisées à d’autres fins que celles nécessitées par la procé-
dure judiciaire.
Celui qui de bonne foi, en qualité de témoin, d’expert ou de
victime transmet des informations ou dépose contre les
actes de trafic et de corruption devant l’autorité judiciaire
compétente dans le cadre d’une procédure judiciaire ou de-
vant la Commission de l’Ethique et de la Lutte contre la
Corruption ne peut être poursuivi pour dénonciation calom-
nieuse (article 149 quinquies alinéa 2).

98. Corruption active


La corruption active est le comportement de n’importe
quelle personne publique ou privée qui par contrainte ou
par corruption conduit l’agent public à trafiquer de sa fonc-
tion.
Pour qu’il y ait corruption active, il faut :
Catalogue des infractions 169

1. que l’agent corrupteur ait usé de violences ou menaces,


des offres, promesses, dons ou présents. La corruption
par promesses, dons ou présents, nous en avons déjà fait
état. La corruption par violences ou menaces, c’est
lorsque la volonté d’une partie est totalement viciée suite
aux voies de fait exercées ou menaces proférées par
l’autre partie, il n’y a plus de consentement possible ni
trafic de fonction. Dans ce cas, le corrupteur sera pour-
suivi pour corruption sans qu’il n’en soit de même pour le
fonctionnaire contraint à faire un acte de sa fonction.
2. la qualité des personnes à l’égard desquelles s’exercent
la contrainte ou la corruption. Nous renvoyons à la quali-
té de l’auteur de l’infraction de corruption passive.
3. un acte de la fonction ou de l’emploi ou l’abstention d’un
acte rentrant dans l’ordre des devoirs du fonctionnaire
corrompu. La contrainte ou la corruption du fonction-
naire doit être faite dans le but d’obtenir la commission
d’un acte ou l’abstention d’un acte de la fonction. Le fait
pour un délinquant de présenter une somme d’argent à
un inspecteur des finances dans le but d’étouffer le
contrôle que celui-ci doit exercer mais qui est repoussée,
constitue une tentative de corruption, vu que le corrup-
teur a tenté d’obtenir l’abstention d’un acte qui entre
dans l’ordre des devoirs de la personne sollicitée. La cor-
ruption active demeure punissable même lorsqu’elle n’a
pas été suivie d’effet. Il importe peu, par exemple, que le
fonctionnaire ait accompli ou se soit abstenu de l’acte au-
quel il s’était engagé.
4. L’élément moral. L’infraction, pour être établie, n’exige
que la connaissance et la volonté.

99. Corruption dans le secteur privé


Voir rémunérations illicites.

100. Corruption des agents des services


publics de l’Etat habilités à procéder
aux opérations minières
Voir corruption passive.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
170

101. Corruption passive


La corruption passive est l’attitude de l’agent public qui tra-
fique de son autorité, de sa fonction. Trois éléments sont
nécessaires pour que la corruption passive soit établie :
1° L’auteur de l’infraction doit être un agent public
Fonctionnaire ou officier public, une personne chargée d’un
service public ou parastatal, une personne représentant les
intérêts de l’Etat ou d’une société étatique au sein d’une
société privée, parastatale ou d’économie mixte en qualité
d’administrateur, de gérant, de commissaire aux comptes
ou à tout autre titre, un mandataire ou préposé des per-
sonnes énumérées ci-dessus, un arbitre ou un expert com-
mis en justice. Cette énumération est purement exemplaire
et indicative.
2° Sollicitation, agréation d’offres ou de promesses ; sollici-
tation, réception de dons ou de présents
- L’infraction est consommée dès qu’un accord même ta-
cite, lie le corrupteur et le corrompu. C’est un pacte frau-
duleux, un contrat illicite. Le corrupteur s’engage par des
offres ou des promesses ou par des remises expresses de
dons ou de présents et le corrompu agrée ces mêmes
offres ou promesses ou reçoit de dons ou des présents.
Ainsi donc, en l’absence d’entente préalable entre le ma-
gistrat et la personne qui lui a donné l’argent, la préven-
tion de corruption passive n’est pas établie1.
- La sollicitation, par le fonctionnaire des offres, promesses
dons ou présents.

3° L’acte de la fonction
L’acte de la fonction est le but de la sollicitation, de l’agréa-
tion des offres ou promesses, de la sollicitation, de l’agréa-
tion ou de la réception des dons ou des présents. Ce but
peut consister soit en l’accomplissement, soit en l’absten-
tion d’un acte de la fonction. N’est pas corrompu un fonc-
tionnaire qui s’engage à faire un acte qui sort de sa compé-
tence. Le législateur a distingué les actes de la fonction.

11
C.S.J., 4.9.1981 –RPA.65, in Dibunda cité par KATUALA KABA KASHALA., Code Pénal zaïrois
annoté, 1995, p.98.
Catalogue des infractions 171

a) l’acte juste

L’article 148 modifié par l’article 3 de la loi n°05- 006 du 29


mars 2005 modifiant et complétant le décret du 30 janvier
1940 portant code pénal congolais punit la corruption d’un
fonctionnaire en vue d’un acte de sa fonction ; juste mais
non sujet à salaire. A commis l’infraction de corruption par
l’agréation de l’offre pour accomplir un acte juste de ses
fonctions, le fonctionnaire qui, dans le cadre de ses fonc-
tions, a recommandé expressément et exclusivement la
conclusion d’un marché à un fournisseur qui l’a gratifié à
cet effet2.

b) l’acte injuste ou abstention d’un acte juste


L’article 148 alinéa2 modifié par l’article 3 de la loi n°05-
006 du 29 mars 2005 modifiant et complétant le décret du
30 janvier 1940 portant code pénal congolais réprime la
corruption qui a pour but l’acte injuste ou l’abstention d’un
acte juste. L’acte injuste est celui qui consiste dans un abus
de la fonction. On exécute la fonction d’une manière
contraire aux devoirs professionnels. Constituent une abs-
tention de l’acte juste1 :
- le fait de s’abstenir d’exercer sur des travaux la
surveillance et le contrôle qui incombent à l’auteur ;
- le fait de s’abstenir d’arrêter un déserteur ;
- l’abstention de dresser un procès-verbal.

c) l’acte infractionnel
L’article 149 modifié par l’article 3 de la loi n°05- 006 du 29
mars 2005 modifiant et complétant le décret du 30 janvier
1940 portant Code Pénal Congolais réprime sévèrement la
corruption qui a pour but la commission d’une infraction.
L’exemple est celui du faux commis par un fonctionnaire.
4° L’élément moral. Dès que sont réunis les trois éléments
essentiels cités ci-haut, l’élément moral est constitué par
le dol simple : il suffit que l’agent public, volontairement
et sciemment, sollicite et agrée des offres ou promesses,
sollicite et reçoive des dons ou présents pour faire un
acte de sa fonction.
22
C.S.J., R.P.A 22, 1er fèvrier 1973, B.A. 1974 p.17.
11
Novelles, Droit pénal, Tome III, Larcier, 1972, n°4362.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
172

Il a été jugé qu’il y a infraction de corruption après entente


préalable l’agréation des dons et promesses, la réception
des dons ou présents pour :
- accomplir un acte de sa fonction juste mais non sujet à
salaire ;
- accomplir dans le cadre de son emploi un acte injuste ;
- s’abstenir de faire un acte qui entre dans le cadre de ses
devoirs ;
- commettre une infraction dans l’exercice de sa charge2
Le Code Minier prévoit en son article 307 la corruption des
agents des Services publics de l’Etat habilités à procéder
aux opérations minières (Loi 007/2002 du 11 juillet 2002).
La sanction en plus des peines prévues aux articles 147 à
149 est aussi l’amende. Elle est fixée à l’équivalent de
1000$ US.

102. Coups et blessures


Considérations générales sur les violences volontaires

I. Définition
Le coup est un choc, un heurt produit contre le corps d’une
personne. La blessure est une lésion externe ou interne
faite au corps humain quel que soit le moyen employé. Les
coups et blessures sont volontaires lorsqu’ils sont admi-
nistrés sciemment, en connaissance de cause. Ils sont des
atteintes volontaires à l’intégrité corporelle d’autrui. Les
« coups » désignent les contacts physiques violents n’ayant
pas causé d’effusion de sang, alors que les « blessures »
sont réservées aux plaies et saignements, à la rupture de
tissus, aux fractures.

II. Les éléments constitutifs


- L’élément légal. Les coups et blessures sont prévus et
punis par les articles 43, 46, 47 et 48 du Code pénal Livre
II. Ce sont des infractions de violence selon leurs résul-
tats. Seul le résultat distingue ces infractions les unes

22
C.S.J., R.P.A 22, 1er février 1973, B.A. 1974, p.17.
Catalogue des infractions 173

des autres, car les éléments matériels et intentionnels


sont identiques à toutes ces qualifications.
- L’élément matériel. L’infraction repose nécessairement
sur la commission d’un acte volontaire. Les coups et bles-
sures peuvent être caractérisés par des comportements
divers, un choc par exemple. Le résultat, comme la mort,
résultat plus grave entraîne l’infraction. Cependant un
lien de causalité certain est nécessaire afin de qualifier la
responsabilité pénale de l’auteur des violences, mais son
caractère direct et immédiat n’est pas exigé.
- L’élément moral. Il est nécessaire. L’infraction comprend
l’intention de commettre l’acte volontairement et la vo-
lonté d’obtenir un résultat préjudiciable à la victime (dol
général et spécial). Cependant les violences sont volon-
taires et non leur résultat. Le mobile est indifférent à la
qualification juridique.
L’infraction de coups et blessures sera dite établie lorsque
de par les aveux libres et spontanés, le prévenu reconnait
avoir administré des coups à la partie civile1.
III. Les causes d’irresponsabilité
Les causes d’irresponsabilité jouent un rôle important dans
le cadre des violences volontaires car elles aboutissent à
l’exonération de la responsabilité pénale. La provocation
émanant de la victime ne constitue pas une cause d’irres-
ponsabilité2.
1°La légitime défense. Elle exonère l’auteur des violences
volontaires de sa responsabilité sous certaines réserves. Ne
sont pas justifiées, les violences volontaires alors qu’il n’y
avait pas de nécessité actuelle ou une attaque imminente
ou que la riposte n’était pas proportionnelle à l’attaque. Ce-
pendant, les juges ont pu considérer qu’une attaque verbale
grave pouvait justifier une légère riposte physique 3. Notons
qu’une présomption simple de légitime défense peut être
combattue par la preuve contraire.

11
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 8212/8231, 11 octobre 1994, Ministère public et partie
civile Muhimuzi contre le prévenu Mugula Cirhuza, inédit.
22
Crim. , 29 mars 2006, AJ Pénal 2006, p.311, obs.Roussel.
33
Crim. , 12 octobre 1992, Dr. pén.1994,comm,n°35,obs,Veron.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
174

2°L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité. N’est


pas pénalement responsable la personne qui accomplit un
acte prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou
réglementaires. Même si les textes permettent la violence,
celle-ci doit toujours être utilisée avec modération, sans ex-
cès et dans la seule mesure où elle se révèle indispensable.
La loi autorise tous les citoyens à agir à l’encontre de l’au-
teur d’une infraction, sous réserve du respect des condi-
tions. L’acte de violence pour interrompre une agression ou
pour empêcher la fuite de son auteur est autorisé par la loi
et neutralise la responsabilité pénale de la personne l’ayant
commis.
L’acte justifié doit être normalement exercé. Les dépasse-
ments des autorisations ou permissions accordées par la loi
retrouvent une qualification pénale et donnent lieu à la ré-
pression.
3°Les droits des forces de l’ordre. Ces droits renvoient indi-
rectement à la notion de « recours à la force rendu absolu-
ment nécessaire ». Les personnes exerçant les prérogatives
de la force publique doivent exercer leur mission dans le
respect des limites des infractions de droit commun.
4°L’exercice de la médecine. Chacun a droit au respect de
son corps et il ne peut y être porté atteinte qu’en cas de né-
cessité thérapeutique pour la personne elle-même et
lorsque le consentement de la personne a été recueilli au
préalable.
5°Le droit de correction. Le droit de correction tient à la
fonction éducative. Notre société reconnaît un droit de cor-
rection aux parents et aux enseignants. L’évolution des
mœurs et la protection des mineurs doivent conduire à une
limitation importante de ce droit. Si donner une gifle à un
enfant est encore toléré, certains actes constituent l’une
des infractions des violences volontaires. Tout dépend des
circonstances de l’espèce et relève du pouvoir souverain
d’appréciation des juges.
Il a été jugé que le droit de correction est légitime dans une
action exercée par un enseignant dans la cour de récréation
« lorsqu’elle a comme but de faire cesser, avec l’autorité
physique nécessaire un chahut, une dispute, une bagarre,
Catalogue des infractions 175

une chamaillerie »1ou lorsque le père utilise « son pouvoir


de direction et de correction exercé de manière très brève
et ponctuelle »2.
En revanche, la qualification pénale est acquise lorsque le
comportement violent des parents a entraîné des lésions
graves traduisant une disproportion évidente entre le droit
éducatif de correction et les violences infligées aux enfants.

IV. Les circonstances aggravantes


Les circonstances aggravantes traduisent des tendances
actuelles de la sévérité de la répression. De façon générale,
ces circonstances sont de deux ordres. Les circonstances
aggravantes simples et les circonstances aggravantes com-
plexes.
Les circonstances aggravantes simples tiennent d’abord à
la qualité de la victime(mineur d’âge, la victime d’une parti-
culière vulnérabilité , due à son âge, à une maladie, à une
infirmité , à une déficience physique ou psychique ou à un
état de grossesse, l’ascendant légitime ou naturel ou le père
et mère adoptif), à la qualité professionnelle de la victime
(Président de la République, Magistrat, Ministre, Député,
Sénateur).
Elles tiennent ensuite à la qualité de l’auteur (violences
commises par une personne dépositaire de l’autorité pu-
blique ou chargée d’une mission de service public dans
l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions).
D’autres circonstances simples tiennent au mode de com-
mission de l’infraction (auteurs ou complices, la prémédita-
tion, l’usage ou la menace d’une arme).
Les circonstances aggravantes complexes par un majeur
avec l’aide et l’assistance d’un mineur (voir protection de
l’enfant). Elles tiennent compte à la fois de la qualité de la
victime et de celle de l’auteur : lorsque les violences ont été
commises sur un mineur par un ascendant ou par toute
autre personne ayant autorité sur le mineur. La protection
est accordée aux mineurs. La loi relative à la protection de
l’enfant met en place un mécanisme d’aggravation.
11
Cour d’Appel Versailles 16 juin 2003, RSC, 2005, p.87, obs. y. Mayaud.
22
Cour d’Appel Paris 4 mai 2004 et Cour d’appel Paris 11 mai 2004, Dr. Pén. 2004, comm. n° 158, obs.
Veron.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
176

103. Coups et blessures aggravés


Des coups et blessures sont qualifiés aggravés :
1° lorsqu’ils entraînent une maladie, une incapacité de tra-
vail personnel, la perte de l’usage absolu d‘un organe ou
une mutilation grave (art 47 du code pénal livre II).
a) Maladie : il faut qu’il s’agisse d’une maladie sérieuse.
b) Incapacité de travail personnel : il faut une incapacité
totale, temporaire atteignant deux mois ou une incapa-
cité définitive dépassant 20% ; il est jugé qu’en cas de
poursuites du chef des coups ayant entraîné une inca-
pacité de travail, un certificat médical ne peut suffire
pour baser une condamnation pénale et une condam-
nation à des dommages –intérêts : il faut ordonner une
expertise1.
c) Perte de l’usage absolu d’un organe : perte de la vue,
d’un œil, de l’ouïe, d’une oreille, paralysie d’un
membre, perte des facultés mentales, etc..
d) Mutilation grave : perte d’un œil, tympan crevé, perte
de la main. La perte du doigt ne rentre pas dans cette
catégorie.
2°lorsqu’ils ont été donnés avec préméditation (art 46 ali-
néa 2). C’est l’intention conçue préalablement à l’action
de faire du mal à la victime.
3° lorsqu’ils ont causé la mort sans intention de la donner
(art 48 alinéa 2). L’auteur a porté des coups et blessures
volontaires ; il n’avait pas l’intention de tuer mais la vic-
time en est morte. Il est de la jurisprudence de la Cour
Suprême de Justice qu’est établie l’infraction de coups et
blessures volontaires ayant entraîné la mort, reprochée
au prévenu qui, pour ce faire, a agi avec lucidité et par
calcul, par abus d’autorité, caractérisé par la transmis-
sion des instructions et ordre illégal et qui a fourni les
menottes pour l’arrestation de la victime dont le décès
est attesté par un certificat médical (R.P.A. 123, 30 jan-
vier 1987, B.A. Années 1985 à 1989, édition 2002, p.
251).

11
Terr. Matadi, 17 mars 1906, Jur. Etat II, p.85.
Catalogue des infractions 177

- Ce décès peut intervenir peu importe le délai entre la


commission de l’infraction et le décès. Peu importe que le
coup soit insignifiant et le fait que le décès soit dû princi-
palement à une déficience physique de la victime.
L’auteur d’une gifle provoquant la mort d’un cardiaque sera
puni des peines de l’article 48.
- Il faut un lien direct de causalité entre les violences et le
décès.
4° lorsqu’ils sont portés sur l’auteur d’un accident de circu-
lation (art 1 du décret du 03/12/1956). Quand les coups
et blessures volontaires administrés à une personne par
une foule en fureur lui ont causé la mort, le doute peut
être retenu au profit du prévenu dont la participation
comme auteur n’a pas été suffisamment prouvée1.
I. Eléments constitutifs
1. L’article 43 définit les coups et blessures tandis que l’article
46 en donne les éléments matériels :
2. Les Eléments matériels
- Il faut un acte positif et un acte matériel constitués des
coups et blessures ;
- La victime doit être une personne humaine et vivante.
3. L’Elément moral : l’intention d’attenter à la personne
d’autrui. Il a été jugé que celui qui pousse fortement ou
donne un coup de poing à un autre dans l’intention de faire
cesser une lutte à laquelle cet autre se livrait avec un tiers,
sans avoir l’intention criminelle d’attenter à sa personne, de
lui faire du mal, ne se rend pas coupable de l’infraction de
coups et blessures2.

II. Des Poursuites


La victime des coups et blessures ainsi que l’organe de la
loi (parquet) peuvent exercer les poursuites. Les bagarres,
les coups et blessures pourront être dénoncés par tout ci-
toyen aux fins de sauvegarder l’ordre et la tranquillité pu-
blique. La difficulté commune à toutes les catégories des
11
C.S.J., R.P.A 53, 23 février 1979, B.A 1984, p.17.
22
Boma 13 août 1912, Jur. Congo1914-1919, p. 174.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
178

coups et blessures repose sur la difficulté de la preuve. Si


les certificats médicaux peuvent établir l’existence des vio-
lences, ils ne peuvent en désigner le responsable1.

a)Texte légal
Les infractions renfermées par les coups et blessures sont
prévues et punies par les articles 43, 46, 47 et 48 du Code
pénal Livre II.

b) Peines prévues
- Les coups et blessures simples (art. 46 al 1) sont punis de
six mois de servitude pénale principale maximum et/ou
amende ;
- Les coups et blessures donnés avec préméditation (art 46
al 2) sont sanctionnés d’un mois à deux ans de servitude
pénale principale et d’amende ;
- Les coups et blessures ayant entraîné une maladie, une
incapacité de travail personnel, la perte de l’usage absolu
d’un organe ou une mutilation grave (art. 47) seront ré-
primés de deux ans à cinq ans de servitude pénale princi-
pale et d’amende. Les deux peines seront appliquées obli-
gatoirement ;
- Les coups et blessures ayant entraîné la mort sans inten-
tion de la donner (art. 48) sont passibles de cinq ans à
vingt ans de servitude pénale principale et d’amende. Le
deux peines seront cumulatives obligatoirement ;
- Les coups et blessures portés sur l’auteur d’un accident
de circulation sont punissables de six mois à trois ans de
servitude pénale principale. La peine d’amende n’est pas
prévue.

c) La tentative
La tentative des coups et blessures n’est pas expressément
incriminée par le code pénal. Le processus de qualification
rend également impossible la tentative des coups et bles-
sures. En effet, la qualification des coups et blessures dé-
pend entièrement du résultat.

d) Du Tribunal compétent
Le Tribunal de Paix est compétent lorsque la peine maxi-
male prévue par le législateur est de cinq années. Le Tribu-
11
Crim. 21 février 2006, AJ Pénal 2006, p.263, obs, Girault.
Catalogue des infractions 179

nal de Grande Instance est compétent lorsque le maximum


de la peine est au delà de cinq ans.
e)L’action civile
La victime des coups et blessures peut exercer l’action ci-
vile de droit commun pour obtenir réparation du dommage
subi. Le juge pénal est compétent pour connaître de cette
action lorsque les dommages découlent des faits de la pour-
suite. Il a été jugé que tous les dommages causés par les
coups et blessures sont du ressort du juge répressif1.

f) La prescription de l’action publique


Les coups et blessures simples (art. 46) se prescrivent dans
le délai d’une année. Pour les faits de coups et blessures
prévus par l’article 46 du code pénal, prescrits après un
an ,l’infraction est prescrite , vu qu’aucun acte interruptif
n’est intervenu pendant une période supérieure à un an 2.
Lorsque les coups ont été donnés avec préméditation (art.
46 al2) ou qu’ils ont entraîné une maladie, incapacité… la
perte de l’usage absolu d’un organe ou une mutilation
grave (art. 47), la prescription est de trois ans. Par contre,
quand les coups ont été suivis d’une mort sans intention de
la donner (art. 48), la prescription de l’action publique est
de dix ans. Il est jugé qu’aucun acte interruptif n’étant in-
tervenu sur une période dépassant un an à l’égard des faits
qualifiés de coups et blessures, la prescription de l’action
publique est acquise3.

104. Coups et blessures ayant entraîné


la mort
Voir Coups et blessures aggravés.

105. Coups et blessures ayant entraîné


une maladie
Voir Coups et blessures aggravés.

11
Crim. 8 novembre 1960. Bull. n°57.
22
Crim. 8 novembre 1960. Bull. n°57.
33
C.S.J., RPA 41, 14 janvier 1975, Bull. 1976, p. 5 ; Bull. 1977, p. 7 et RJZ. 1978, p. 82 mentionnant
que cet arrêt a été rendu le 16 janvier 1976 cité par DIBUNDA KABUINJI. , Op Cit, p. 179.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
180

106. Coups et blessures donnés avec


préméditation
Voir coups et blessures aggravés.

107. Coups et blessures Involontaires


Voir lésions corporelles involontaires.

108. Coups et blessures par imprudence


Voir lésions corporelles involontaires.

109. Coups et blessures portés sur l’au-


teur d’un accident de circulation
Voir coups et blessures aggravés.

110. Coups et blessures portés sur les


membres des corps constitués
Les personnes concernées sont :
a) les membres du Parlement (Assemblée Nationale et Sé-
nat), du Gouvernement et de la Cour suprême de justice
(art 138) ; Au- delà de ces personnes, le législateur pro-
tège aussi :
b) les membres des Cours et Tribunaux, les officiers du Mi-
nistère Public, les officiers supérieurs des Forces Armées,
de la Police Nationale et les Gouverneurs de province ;
c) La loi protège aussi les dépositaires de l’autorité pu-
blique ou de la force publique.

I. Eléments constitutifs
Les éléments constitutifs de coups et blessures développés
plus haut s’appliquent ici. La spécificité est que les coups
doivent être portés sur ces personnes désignées dans
l’exercice de leurs fonctions, à défaut c’est le droit commun
qui sera appliqué avec circonstances aggravantes.
Catalogue des infractions 181

II. Régime répressif applicable


Le régime répressif de l’infraction des coups et blessures
portés sur les membres des corps constitués connaît une
particularité. Les poursuites ne seront engagées que sur
plainte de la personne lésée ou du corps dont elle relève.
a)Disposition légale
Les actes des coups et blessures portés sur les membres
des corps constitués sont répréhensibles. Ils se trouvent
punis par les articles 138 à 139 du Code pénal LII de diffé-
rentes sanctions.
1. Lorsque les coups sont portés sans blessures ni effusion
de sang :
- sur les personnes prévues au point a) : les peines à infli-
ger seront de six à trente mois de servitude pénale princi-
pale et d’une amende ;
- sur les personnes prévues au point b) : la sanction est de
six à vingt quatre mois et d’une amende ;
- sur les personnes prévues au point c) : on appliquera six
à huit mois de servitude pénale principale et une amende.
2. Lorsque les coups sont portés avec blessures ou effusion
de sang ou s’ils ont causé une maladie :
- sur les personnes prévues au point a) : l’auteur encourt
quatre à dix ans de servitude pénale principale et
l’amende ou une de ces peines seulement ;
- sur les personnes prévues au point b) : une servitude pé-
nale de un à trois ans et une amende ou une de ces
peines ;
- sur les personnes prévues au point c) : six mois à deux
ans de servitude pénale principale et une amende ou une
de ces peines uniquement.
b) De l’instance judiciaire compétente
Les coups sans blessures ou effusion de sang sont de la
compétence du tribunal de paix. Les coups avec blessures
ou effusion de sang sur les personnes visées au point a) re-
lèvent de la compétence du Tribunal de Grande Instance.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
182

111. Coups et blessures simples


Les coups et blessures simples peuvent être définis comme
tout acte matériel et positif porté contre la victime et qui lui
cause une lésion corporelle interne ou externe. Les coups
peuvent être administrés directement par une partie du
corps ou indirectement à l’aide d’un objet donné sur n’im-
porte quelle partie du corps.
Donner un coup de poing, un coup de pied sur un individu,
porter des coups de couteaux, de matraque, de bâton sur le
bras d’une personne déterminée constituent des exemples
de coups et blessures simples.
Il a été jugé et reconnu que la virginité du casier judiciaire,
le jeune âge, le désistement de l’action civile par la partie
civile et les relations de famille peuvent constitués des cir-
constances atténuantes dans la fixation de la peine 1 et de
même lorsque le prévenu est père d’une famille nombreuse 2
.

112. Coups et blessures volontaires


Voir coups et blessures.

113. Coups et blessures volontaires,


ayant entraîné la mort, sur un enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

114. Coups et blessures volontaires,


ayant entraîné une incapacité, sur
un enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

11
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 7528, 18 septembre 1992, Ministère public et partie
civile Nyota Chondo contre le prévenu Mulume Chiragarhula, inédit.
2
Idem, R.P 8212/8231, 11 octobre 1994, Ministère public et partie civile Masumbuko Bunyasi contre le
prévenu Mweze marhegane et Alphonse Muhindo, inédit.
Catalogue des infractions 183

115. Coups et blessures volontaires,


ayant entraîné une mutilation, sur un
enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

116. Coups et blessures volontaires por-


tés sur un enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

117. Coups et blessures volontaires por-


tés sur une femme enceinte
Voir protection pénale de l’enfant avant sa naissance.

118. Crédit
L’immixtion du droit pénal dans la sphère des Coopératives
d’Epargne et de Crédit vise à protéger l’épargne et les in-
termédiaires financiers. Le texte légal est la loi n° 002/
2002 du 02 février 2002 portant dispositions applicables
aux Coopératives d’Epargne et de Crédit3. Il prévoit des
sanctions pénales à l’endroit de toute personne qui parti-
cipe directement ou indirectement à l’administration, à la
gestion ou au contrôle. Sont incriminés et définis infraction-
nels certains comportements qui sont :
- Se prévaloir d’une dénomination ou raison sociale de l’une
des appellations ou d’une combinaison de « Coopérative
d’Epargne et de Crédit », « Coopérative Primaire
d’Epargne et de Crédit » ou coopec, « Coopérative Cen-
trale d’Epargne et de Crédit « ou COOCEC » et Fédération
des Coopératives Centrales d’Epargne et de Crédit » sans
avoir été préalablement été agrée (art.100,1) ;
- Utiliser pour ses activités l’une des appellations ou une
combinaison de « coopérative d’épargne et de crédit »,
« coopérative primaire d’Epargne et de Crédit » ou co-
opec, « coopérative centrale d’Epargne et de Crédit « ou
COOCEC » et Fédération des coopératives centrales

33
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo ; 49 ème Année, Numéro spécial, 20
janvier 2008, P.21 à 44.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
184

d’épargne et de crédit » sans avoir été préalablement été


agrée (art.100,1) ;
- Créer l’apparence de « Coopérative d’Epargne et de Cré-
dit », « Coopérative Primaire d’Epargne et de Crédit » ou
coopec, « Coopérative Centrale d’Epargne et de Crédit
« ou COOCEC » et Fédération des Coopératives Centrales
d’Epargne et de Crédit » sans avoir été préalablement été
agrée (art.100,1) ;
- Exercer une activité autre que collecter l’épargne et
consentir du crédit ;
- Etre dirigeant d’une coopec en contravention de l’article
49 de la loi n°002/2002 du 02 février 2002 ;
- Obstacle à la mission des personnes mandatées par la
Banque Centrale pour effectuer une inspection (art.100
a) ;
- Obstacle à la mission du représentant provisoire (art100
b) ;
- Communication des renseignements inexacts ou incom-
plets (art100c) ;
- Contravention aux dispositions des articles 13, 49 à 79 et
83 ; (art. 100, 3) ;
- Refus de soumettre livres, comptes et dossiers à l’examen
de la Banque Centrale (art.100, 3).
a) Régime des sanctions
La peine prévue est d’une servitude pénale d’un mois à un
an et d’une amende de trente mille à trois cents mille francs
congolais ou de l’une de ces peines seulement (article 100).
Les coopératives d’épargne et de crédit sont civilement res-
ponsables des condamnations d’amende prononcées
(art.101). Cette responsabilité civile ne joue pas en ce qui
concerne les administrateurs, gérants et représentants pro-
visoires ainsi que les commissaires aux comptes désignés
par la Banque Centrale.
b) Particularités des poursuites
Les infractions relatives aux coopératives d’épargne et de
crédit doivent être portées à la connaissance de la Banque
Centrale par l’autorité judiciaire ou administrative qui en
est saisie (art.102).
Catalogue des infractions 185

En tout état de la procédure, les autorités judiciaires saisies


des poursuites peuvent requérir la Banque centrale pour
tous avis et informations utiles. La Banque Centrale peut se
constituer partie civile en application de la loi (art103 ali-
néa 2).
La Banque transige et fixe elle-même les conditions de la tran-
saction pour les infractions relatives aux coopératives (art
104). La transaction acceptée par le ministère public éteint
l’action publique, même en ce qui concerne les peines de
servitude pénale (art. 104 alinéa 2).

119. Crime de génocide


Le terme « génocide » est apparu à la fin de la seconde
Guerre Mondiale. Il vient de la connexion entre l’expression
grecque genos désignant la race, le groupe humain et l’ex-
pression latine caedere, tuer. Cette connexion exprime l’ex-
termination du groupe humain.
Le génocide est un complot visant à annihiler ou à affaiblir
des groupes. L’auteur n’agit pas en raison d’une animosité
personnelle, mais en vertu d’une politique systématique-
ment suivie ayant pour but l’extinction d’un groupe revê-
tant un caractère massif.
L’acte dont il s’agit doit avoir été réalisé en exécution d’un
plan concerté, tendant à la destruction totale ou partielle
d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ou d’un
groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire.

I. Eléments constitutifs
a)L’élément légal
Le crime de génocide est prévu et défini par l’article 164 de la
loi 024 du 18 novembre 2002 portant Code Pénal Militaire.
b) L’élément matériel
L’élément matériel est constitué de comportements pouvant
conduire à la qualification de génocide, des actes positifs de
commission en exécution du plan concerté. Il faut entendre
par là l’un des actes ci-après commis dans l’intention de dé-
truire, en tout ou en partie un groupe national, politique,
racial, ethnique ou religieux notamment :
1. meurtre des membres du groupe ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
186

2. atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des


membres du groupe ;
3. soumission intentionnelle du groupe à des conditions
d’existence devant entraîner sa destruction physique to-
tale ou partielle ;
4. mesures visant à entraver les naissances au sein du
groupe ;
5. transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre groupe.

c)L’élément moral
L’élément moral réside en ce que le génocide constitue la
destruction physique et biologique d’un groupe. Il tend en
la destruction d’un groupe humain.

II. Régime juridique


a)Tribunal compétent
En République Démocratique du Congo, à l’état actuel de la
législation, seules les juridictions militaires sont compé-
tentes pour connaître du crime de génocide (article 161 de
la loi 024 du 18 novembre 2002). Notons aussi que le traité
de Rome du 17 juillet 1998 ratifié par notre pays par le Dé-
cret-loi 00 /3/2000 du 30 mars 2002 s’attribue la compé-
tence à l’égard des crimes de génocide, contre l’humanité,
de guerre et d’agression. Aux termes de pénalités, le géno-
cide est puni de mort (article 164 du Code Pénal Militaire).

b) Règles communes à tous les crimes contre


l’humanité
1° Ni l’ordre de la loi ni le commandement de l’autorité lé-
gitime ne sont des faits justificatifs, (Crim., 1997) reje-
tant ainsi l’irresponsabilité pour contrainte. Néanmoins,
l’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légi-
time peuvent seulement être pris en compte par le juge
dans la détermination de la peine.
2° En cette matière, l’action publique et les peines sont im-
prescriptibles ; il en est de même pour l’action civile
(Crim., Lyon, 1999). D’où l’importance de la qualification :
dès lors qu’il ya crime contre l’humanité, la prescription
ne peut jouer (aff. Touvier : Crim., 1992, 1993 ; aff. Bar-
bie, Crim., 1984, 1988, 1995).
Catalogue des infractions 187

3° La participation à un groupement formé ou à une en-


tente établie en vue de la préparation, caractérisée par
un ou plusieurs faits matériels, à l’un des crimes contre
l’humanité, est punie comme ces crimes.

120. Crimes contre l’humanité


I. Définition
Les crimes contre l’humanité sont des violations graves du
droit international humanitaire commises contre toutes po-
pulations civiles avant ou pendant la guerre. Ils peuvent se
commettre entre personnes de nationalité différente mais
même entre sujets du même Etat.

II. Eléments constitutifs


Les trois éléments constitutifs ci-après doivent être obliga-
toirement définis afin de caractériser l’infraction.
1. L’élément légal fait du crime contre l’humanité, en pre-
mier lieu, une infraction internationale. Il sanctionne la
coutume internationale, les conventions internationales,
les principes généraux du droit reconnus par l’ensemble
des nations civilisées.
Le crime contre l’humanité est aussi une infraction classique
de droit interne. En France, la cour de cassation le quali-
fie de « crime de droit commun commis dans certaines
circonstances et pour certains motifs précisés dans le
texte qui le définit »1.
Le code pénal consacre l’autonomie et la gravité extrême de
ces comportements particulièrement odieux. Les articles
165 à172 de la loi 024 du 18 novembre 2002 portant
Code Pénal Militaire sont la base légale des crimes
contre l’humanité.
2. L’élément matériel des crimes contre l’humanité prend
en compte les comportements matériels des auteurs mais
aussi la détermination de la victime. Il est constitué par
les actes commis en exécution du plan concerné, une at-
teinte portée à des droits spécifiques. Les actes matériels
sont des atteintes graves aux droits élémentaires de
l’homme, les droits sans lesquels il lui est absolument im-

11
Crim., 6 février 1975, Touvier,Bull, n°42 ;D.1975,p.186,rapp ;Chapart,note coste-Floret,RSC,
1976,p.97,0bs.A. Vitu.K
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
188

possible de vivre conformément à sa finalité propre. L’ap-


partenance de la victime à une communauté ou à un
groupe précis détermine l’idée et la réalisation du crime.
3. L’élément moral est l’intention de détruire, d’affaiblir ou
de persécuter un groupe ou une communauté. L’auteur
vise sa ou ses victime(s) en tant que personne(s) apparte-
nant à une certaine race, nation, ou possédant des
convictions politiques ou religieuses. Le fait de prendre
part à l’exécution d’un plan concerté en accomplissant de
façon systématique les actes inhumains et les persécu-
tions incriminées.

III. Infractions constitutives des crimes contre


l’humanité
Il s’agit d’infractions portant atteinte par action ou par
omission aux personnes et aux biens notamment :
1. les tortures ou autres traitements inhumains, y compris
les expériences biologiques ;
2. le fait de causer intentionnellement de grandes souf-
frances ou de porter des atteintes graves à l’intégrité
physique ou la santé ;
3. le fait de contraindre un prisonnier de guerre ou une per-
sonne civile à servir dans les forces armées de la puis-
sance ennemie ou de la partie adverse ;
4. le fait de priver un prisonnier de guerre ou une personne
civile de son droit d’être jugé régulièrement et impartia-
lement ;
5. la déportation, le transfert ou le déplacement illicites, la
détention illicite d’une personne civile ;
6. la prise d’otages ;
7. la destruction ou l’appropriation des biens, non justifiés
par des nécessités militaires et exécutées sur une grande
échelle de façon illicite et barbare ;
8. les actes et omissions non légalement justifiés suscep-
tibles de compromettre la santé et l’intégrité physique ou
mentale des personnes ;
9. les actes consistant à pratiquer sur des personnes des
mutilations physiques, des expériences médicales ou
scientifiques ou des prélèvements des tissus ou d’organes
pour des transplantations ;
Catalogue des infractions 189

10. le fait de soumettre la population civile ou des per-


sonnes civiles à une attaque ;
11. le fait de lancer une attaque sans discrimination attei-
gnant la population civile ou des biens de caractère civil ;
12. le fait de lancer une attaque contre des ouvrages ou
installations contenant des substances dangereuses en
sachant qu’elle causera des pertes excessives par rapport
à l’avantage militaire concret et direct attendu ;
13. le fait de soumettre à une attaque des localités non
défendues ou des zones démilitarisées ;
14. le fait de soumettre une personne à une attaque tout
en la sachant hors de combat ;
15. le transfert dans un territoire occupé d’une partie de
la population civile de la puissance occupante ;
16. le fait de retarder sans justification le rapatriement
des prisonniers de guerre ou des civils ;
17. pratiques d’apartheid ou inhumaines ou dégradantes
fondées sur la discrimination raciale donnant lieu à des
outrages à la dignité humaine ;
18. le fait de diriger des attaques contre les monuments
historiques, les archives, les œuvres d’art ou les lieux de
cultes alors qu’il n’existe aucune preuve de violation de
l’interdiction d’utiliser ces biens à l’appui de l’effort mili-
taire, et que ces biens ne sont pas situés à proximité im-
médiate des objectifs militaires.

Ces infractions se rapprochent des crimes contre l’espèce


humaine.

IV. Sanctions
Les infractions prévues sont punies de servitude pénale à
perpétuité. Si celles prévues aux points 1, 2, 5, 6, 10 en-
traînent la mort ou causent une atteinte grave à l’intégrité
physique ou à la santé, leurs auteurs subiront la peine de
mort. Celles prévues aux points 8 et 9 sont punies de la
peine de mort lorsqu’elles entraînent une maladie incu-
rable, une incapacité permanente de travail, la perte de
l’usage absolu d’un organe, ou une mutilation grave. S’ils
(les faits) ont entraîné des conséquences graves pour la
santé publique la peine capitale sera appliquée.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
190

Constituent également un crime contre l’humanité les actes


ci-dessous énumérés perpétrés en temps de paix ou de
guerre dans le cadre d’une attaque généralisée ou systéma-
tique contre la République ou la population civile :
1. meurtre ;
2. extermination ;
3. réduction en esclavage ;
4. déportation ou transfert forcé des populations ;
5. emprisonnement ou autre forme de privation grave de
liberté physique ;
6. torture ;
7. viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse for-
cée, stérilisation forcée et autres formes de violence
sexuelle de gravité comparable ;
8. persécution de groupe ou de collectivité identifiable pour
des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique,
culturel, religieux, ou sexiste ou en fonction d’autres cri-
tères.
9. dévastation grave de la faune, de la flore, des ressources
du sol ou du sous-sol ;
10. destruction du patrimoine naturel ou culturel univer-
sel.
Tout empoisonnement des eaux ou des denrées consom-
mables, tout dépôt, aspersion, ou utilisation de substances
nocives destinées à donner la mort, en temps de guerre ou
sur une région sur laquelle l’état de siège ou d’urgence
aura été proclamé ou à l’occasion d’une opération de police
tendant au maintien ou au rétablissement de l’ordre public,
sera puni de mort (art. 170). La mise à mort par repré-
sailles est assimilée à l’assassinat (art.71). L’emploi de pri-
sonniers de guerre civils à des fins de protection contre
l’ennemi est puni de quinze à vingt ans de servitude pénale.
En temps de guerre ou pendant les circonstances excep-
tionnelles, le coupable est puni de mort (art.172).
Catalogue des infractions 191

121. Crimes de guerre


I. Définition
Par crime de guerre, il faut entendre toutes infractions aux
lois de la République commises pendant la guerre et qui ne
sont pas justifiées par les lois et coutumes de la guerre.

a) Texte légal
Les articles 173 à 175 de la loi 024 du 18 novembre 2OO2
portant code pénal militaire sont la base légale de cette in-
crimination.

b) Personnes susceptibles de commettre cette infraction.


Les fonctionnaires, les militaires ou assimilés, les agents ou
préposés chargés d’une mission quelconque qui lors des
faits sont au service de l’ennemi ou d’un allié de l’ennemi et
qui se sont rendus coupables de crimes, depuis l’ouverture
des hostilités, à l’encontre des personnes physiques ou mo-
rales ou de leurs biens lorsque ces infractions ne sont pas
justifiées par les lois et coutumes de la guerre.
Lorsqu’un subordonné est poursuivi comme auteur princi-
pal d’un crime de guerre, ses supérieurs hiérarchiques non
co-auteurs seront considérés comme complices dans la me-
sure où ils ont toléré les agissements criminels de leur su-
bordonné.

II. Régime répressif


La sanction et le tribunal compétent pour sanctionner l’in-
fraction de crimes de guerre sont repris à l’infraction crime
de génocide.
Tant pour les crimes de génocide, les crimes de guerre que
les crimes contre l’humanité, l’immunité attachée à la quali-
té officielle d’une personne ne l’exonère pas des poursuites
(art.163). Les crimes contre l’humanité, les crimes de
guerre, les crimes de génocide ne sont pas prescriptibles1.

11
L’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé par la résolution RES/2391 (XXIII) la
convention du 26 novembre 1968 sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
192

122. Crime en col blanc


L’expression crime en col blanc désigne les activités illé-
gales déployées par des personnes respectables et de classe
sociale élevée qui normalement portent le « col blanc » en
relation avec leurs activités professionnelles.
Il s’agit d’une criminalité des hommes puissants et fortu-
nés, les « délinquants en redingote ». C‘est le problème de
l’existence d’une criminalité largement répandue et pour-
tant peu ou pas sanctionnée : la criminalité d’une classe pri-
vilégiée qui se sert de sa puissance économique et sociale
pour commettre une série d’abus. L’expression crime en col
blanc n’est pas caractéristique d’une infraction donnée, elle
ne constitue pas non plus une infraction légalement définie.

D
Catalogue des infractions 193

123. Débauche
Voir prostitution.

124. Débauche, prostitution, jeu et tra-


fic
L’infraction de débauche, prostitution, jeu et trafic ne
concerne que les mineurs. Au sens de l’article 1 er du décret
du 06 décembre 1950 relatif à l’enfance délinquante, le mi-
neur est l’enfant âgé de moins de seize ans accomplis au
moment des faits.
Il s’agit ici des mineurs qui se livrent à la débauche ou
cherchent leurs ressources dans le jeu ou dans les trafics ou
occupations qui les exposent à la prostitution, à la mendici-
té, au vagabondage ou à la criminalité (art 4 du décret pré-
cité). Le régime répressif de la débauche, prostitution, jeu
et trafic est identique à celui de l’infraction de mendicité et
vagabondage.

125. Débits de boissons et Night-clubs


L’ordonnance 75-153 du 31 mai 1975 porte réglementation
des heures d’ouverture des débits de boissons et interdic-
tion des night-clubs sur toute l’étendue de la République.
Les débits de boissons sont l’ensemble des cafés, bars,
bars-dancings, buvettes, brasseries, bars d’hôtel, bars de
restaurant et assimilés ,bars de cantines, de mess, de casi-
no, de clubs privés même constitués en A.S.B.L etc..(Article
3 de l’ordonnance 75-153 du 31 mai 1975).
Les night-clubs sont des établissements de plaisir ouverts la
nuit et dans lesquels l’on débite et consomme les boissons
alcooliques, l’on danse et assiste à des spectacles de tous
genres. Les maisons de passe ou de tolérance sont des éta-
blissements aménagés pour la prostitution.
Les night-clubs (boites de nuit) et les maisons de passe et
de tolérance sont interdits sur tout le territoire de la R.D.C
(art.6).
a)Les heures d’ouverture de débits de boissons sont fixées :
1) de 18 heures à 23 heures, du lundi au vendredi, la vente
des boissons devant prendre fin dès 22 heures ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
194

2) le samedi et veille de jours fériés légaux à partir de 18


heures jusqu’au lendemain à 6 heures du matin ;
3) le dimanche et jours fériés légaux à partir de 11 heures
du matin jusqu’à 24 heures, la vente de boisson devant
prendre fin dès 23 heures.

b) Exceptions
Bien que non concernés par l’ordonnance 75-153 du 31 mai
1975, les bars destinés aux voyageurs dans les aérodromes
et installations portuaires à l’usage de voyageurs sont sou-
mis à l’interdiction de boissons alcooliques avant 18 heures
du lundi au vendredi et avant 18 heures le samedi et veille
de jours fériés légaux (art.4). Le débit et la consommation
des boissons alcoolisées sont autorisés chaque jour :
- dans les restaurants et snack-bars entre 12 heures et 15
heures et entre 18 heures et 24 heures.
- dans les bars-dancings attenant aux établissements hôte-
liers et aux restaurants de classe internationale ou semi-
internationale au-delà des heures réglementaires.
Exceptionnellement, l’autorité (le bourgmestre dans les
communes urbaines, le chef de collectivité dans les terri-
toires ruraux) peut autoriser le débit et la consommation
des boissons au-delà des heures réglementaires.
c)Pénalités
Ceux qui contreviennent à la réglementation sur les débits
de boissons sont punis d’une peine de servitude pénale de
six mois à cinq ans et d’une amende ou d’une de ces peines
seulement. Il s’agit des gérants ou des débitants. Indépen-
damment de la peine, l’autorité territoriale peut procéder
au retrait de la licence d’exploitation.

126. Défaitisme
Voir capitulation.

127. Défaut d’assurance automobile


Les véhicules automoteurs ne sont admis à circuler sur le
territoire de la République Démocratique du Congo que si
Catalogue des infractions 195

la responsabilité civile à laquelle ils peuvent donner lieu est


couverte par une assurance.
Cette obligation de contracter l’assurance incombe au pro-
priétaire du véhicule. L’assurance doit couvrir la responsa-
bilité civile du propriétaire du véhicule et de toute personne
ayant, avec son assentiment exprès ou tacite, la garde ou la
conduite du véhicule.
L’assurance doit comprendre les dommages causés aux per-
sonnes et aux biens. Elle doit obligatoirement être contrac-
tée auprès de la Société Nationale d’Assurance, SONAS en
sigle, qui est seule habilitée. En effet, la SONAS est une so-
ciété d’Etat. Elle jouit du monopole en matière d’assurance.

I. Des éléments constitutifs


Pour que l’infraction de défaut d’assurance automobile
existe, elle requiert :
1. l’existence d’un véhicule automoteur ;
2. l’existence des dommages (résultant à l’occasion de la
circulation ou du stationnement du véhicule) causés aux
personnes et aux biens ;
3. l’inexistence d’un certificat d’assurance en cours de vali-
dité.

II. Des poursuites


La victime qui a subi des dommages ainsi que ses ayants-
droits peuvent saisir l’instance compétente. Le Ministère
public même d’office, a qualité pour exercer l’action pu-
blique.

a) Soutien légal
L’infraction de défaut d’assurance automobile est prévue et
punie par la loi n°73 –013 du 05 janvier 1973 portant obli-
gation de l’assurance de responsabilité civile en matière
d’utilisation des véhicules automoteurs.1

11
J.O. n°5 du 1er mars 1973, pages 301 et 302.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
196

b) Quelles sont les pénalités et à qui s’appliquent-


elles ?
L’article 14 de la loi précitée désigne les personnes punis-
sables et les sanctions.
1. Le conducteur sera passible d’une peine d’amende.
2. Le propriétaire encourra deux mois de servitude pénale
principale maximum et l’amende ou l’une de ces peines
seulement. D’autres sanctions ont été prévues par le lé-
gislateur :
1. conduire le véhicule au poste de police de roulage le
plus proche ;
2. procéder à la saisie dudit véhicule ;
3. retenir le véhicule jusqu’à la contraction de l’assurance
obligatoire ;
4. la saisie du certificat d’assurance irrégulier.
L’Etat et les organismes parastataux désignés par le Pré-
sident de la République sont dispensés de l’obligation de
contracter une assurance pour les véhicules dont ils sont
propriétaires, à la condition de couvrir eux mêmes la res-
ponsabilité civile du propriétaire du véhicule, du gardien ou
du conducteur du véhicule (art 3 de la même loi).
La réparation des dommages corporels résultant de l’utili-
sation d’un véhicule non couvert de police d’assurance de
responsabilité civile automobile sera couverte par le
« Fonds National de Garantie pour les victimes des acci-
dents de la route ». Il ressort de la loi que ce fonds sera ins-
titué par ordonnance du Président de la République (art 16
de la loi précitée).
Le défaut d’assurance est jugé par le tribunal de paix
L’infraction de défaut d’assurance est prescriptible dans le
délai d’une année. La peine est prescriptible dans le délai
double de la peine prononcée ; sans que ce délai soit infé-
rieur à deux ans.
Catalogue des infractions 197

128. Défaut d’assurance obligatoire de


la responsabilité civile des construc-
teurs pendant la période décennale
a)Quel est le texte légal ?
Les articles 12 et 17 de la loi particulière n° 74-007 du 10
juillet 1974 portant assurance obligatoire de la responsabi-
lité des constructeurs sont le siège de la matière.
Tout constructeur est tenu de souscrire une police d’assu-
rance couvrant sa responsabilité civile (articles 258 à 260
du code civil, livre III). La garantie d’assurance de la res-
ponsabilité civile des constructeurs cesse de plein droit dix
ans après la réception définitive de l’ouvrage par le maître
de l’ouvrage ou son mandataire.

b) Quelles sont les pénalités à infliger ?


L’amende est la sanction prévue à l’endroit du constructeur
défaillant. Le Ministère public suivant que les ouvrages sont
situés dans son ressort territorial est l’organe compétent
pour infliger et percevoir l’amende.

c)Quel est le taux de l’amende ?


L’amende transactionnelle ne pourra pas être supérieure au
montant de la prime d’assurance. Elle sera versée par moi-
tié au Trésor Public et au poste Recettes Primes de la
branche Risques techniques de la Société Nationale d’Assu-
rance (Article 17 alinéa 2).

129. Défaut d’assurance obligatoire de


la responsabilité civile des construc-
teurs pendant la période de construc-
tion
Les articles 7 et 17 de la loi particulière n° 74-007 du 10
juillet 1974 portant assurance obligatoire de la responsabi-
lité des constructeurs sont les dispositions légales en la ma-
tière.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
198

Tout constructeur est tenu de souscrire une police d’assu-


rance couvrant sa responsabilité civile (articles 255 à 260
du livre III du code civil) pour toute la durée des travaux
jusqu’à leur réception définitive par le maître de l’ouvrage
ou son mandataire. La sanction applicable en cas d’irres-
pect de cette obligation est l’amende.

130. Défaut d’assurance obligatoire de


la responsabilité décennale des
constructeurs
Tout constructeur est tenu de souscrire une police d’assu-
rance couvrant la responsabilité décennale telle qu’elle ré-
sulte de l’article 439 du code civil livre III. Cette garantie
court à la date de la réception définitive de l’ouvrage par le
maître de l’ouvrage ou son mandataire. Elle s’étend pen-
dant une période de dix années calendrier sans interrup-
tion. Cette infraction est prévue et punie par les articles 8
et 17 de la même loi particulière. Elle est punie de la peine
d’amende.

131. Défaut d’assurance obligatoire des


risques d’incendie de bâtiments
La loi 74-008 du 10 juillet 1974 particulière portant assu-
rance obligatoire des risques d’incendie de certains bâti-
ments caractérise l’infraction. Les bâtiments concernés, qui
doivent être obligatoirement assurés sont :
1. tout immeuble à usage administratif, culturel, sanitaire
ou scolaire ;
2. les salles de spectacles et/ou de loisirs ;
3. les immeubles à usage industriel, agro-industriel, artisa-
nal ou commercial en général.
La police d’assurance obligatoire couvre les risques d’in-
cendie. Le contenu des bâtiments doit aussi faire l’objet
d’une police d’assurance contre les risques d’incendie.
L’obligation d’assurance incombe au propriétaire-exploi-
tant. Dans le cas d’un tiers exploitant, l’obligation incombe
à ce dernier. Pour les bâtiments publics à usage administra-
tif, scolaire, sanitaire et culturel, l’obligation d’assurance
incombe aux organes dont les services utilisent effective-
Catalogue des infractions 199

ment le bâtiment à moins que l’Etat ne souscrive une police


d’assurance collective qui couvrirait tous les risques qui
surviendraient à ces immeubles.
L’article 28 punit d’une amende transactionnelle qui ne
pourra être supérieure au montant de la prime d’assurance
tout contrevenant à cette prescription. La compétence d’in-
fliger et de percevoir cette amende appartient exclusive-
ment au Ministère public près les Tribunaux de Grande Ins-
tance.

132. Défaut d’assurance tous risques


chantiers
L’infraction de défaut d’assurance tous risques chantiers
est aussi appelée assurance obligatoire de l’ouvrage. Elle
incombe aux constructeurs, c’est-à-dire les architectes, in-
génieurs et bureaux d’études, ingénieurs-conseils, entrepre-
neurs. Tout constructeur est tenu de souscrire une police
d’assurance garantissant le maître de l’ouvrage contre les
dommages qui affecteraient en tout ou en partie l’ouvrage
en cours de construction et ce jusqu’à sa réception défini-
tive par le maître de l’ouvrage.
La garantie doit couvrir les dommages résultant de l’emploi
des matériaux impropres ou défectueux, le travail défec-
tueux, les erreurs de dessin ou de calcul, les dommages dus
au vol ou au sabotage. Cette garantie s’étend aussi aux
dommages résultant des intempéries, tempêtes, ouragans,
foudre, tremblement de terre, affaissement de terrains,
éboulement de terrains, chute de rocher, incendie, cy-
clones, typhons, raz de marées et foudre.
La sanction à infliger au coupable est identique à celle pré-
vue en cas de défaut d’assurance des constructeurs pen-
dant la période décennale.

133. Défaut de carte d’identité


Voir Carte nationale d’identité.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
200

134. Défaut de déclaration de naissance


ou fausse déclaration devant l’officier
de l’état civil
L’infraction concerne ici toute personne qui est obligée de
faire la déclaration de naissance ou de décès et qui ne le
ferait pas dans le délai légal.
En effet, dans le code de la famille le délai pour déclarer
une naissance est de trente jours à dater de la naissance.
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de
l’enfant en son article 16 a ramené ce délai à quatre-vingt
dix jours1. Quelle est donc la personne responsable pénale-
ment du défaut ou de la fausse déclaration ? Il peut s’agir :
- du père ou de la mère à défaut du père ;
- de la personne présente à l’accouchement ou au décès
(médecin, sage-femme, aide-accoucheuse, …) ;
- de la personne munie de la procuration du père ou de la
mère, etc.
L’infraction concerne également toute personne tenue ou
non à cette obligation, qui fait des fausses déclarations de-
vant l’officier de l’état civil sur les énonciations que doit
contenir l’acte, mais aussi toute personne qui aura donné la
mission de commettre de fausses déclarations devant l’offi-
cier de l’état civil.
Sera punie des peines portées par cette infraction toute
personne, qui convoquée par l’officier de l’état civil pour
faire une déclaration ou pour témoigner aura volontaire-
ment refusé de comparaître. L’officier de l’état civil qui
aura refusé de recevoir une déclaration pourra être pour-
suivi sur base des articles 147 et 148 du Code pénal livre II
relatifs à l’abstention coupable du fonctionnaire.
Lorsqu’il aura acté une fausse déclaration, il pourra être
poursuivi sur base des articles 124 à 126 du Code pénal
livre II relatifs aux faux et usage de faux en écritures.

11
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, Kinshasa, 12 janvier 2009 p.17-18.
Catalogue des infractions 201

Poursuites
L’officier de l’état civil ou toute personne lésée par la décla-
ration faite ainsi que le Ministère public pourront pour-
suivre le faux déclarant.
a)Dispositions légales applicables
Les articles 153, 154 du Code Pénal Livre II et 114, 115 du
Code de la Famille sont la base légale.
b) Pénalités applicables :
- Le défaut de déclaration dans le délai légal est sanction-
né de sept jours de servitude pénale principale et amende
ou d’une de ces peines seulement (art. 114 du Code de la
Famille).
- Le défaut de déclaration est puni d’une amende.
- Les fausses déclarations faites devant l’officier de l’état
civil sont punissables de huit jours à un an et d’une
amende ou d’une de ces peines seulement. Ces mêmes
peines s’appliquent à celui qui a donné mission de com-
mettre de fausses déclarations si cette mission a reçu son
exécution (art. 115 du code de la famille).
c)Le tribunal compétent est le tribunal de paix. Cette infrac-
tion se prescrit dans le délai d’une année.

135. Défaut de qualité pour exercer la


profession de commerçant
Voir Registre de commerce.

136. Délaissement d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance
(Art.190 LPE)

137. Délit d’audience


Le délit d’audience n’est pas à proprement parler une in-
fraction. Il est plutôt une procédure qui permet de juger sur
le champ toute infraction commise à l’audience. En effet,
ceux qui assistent aux audiences se tiennent découverts,
dans le respect et le silence. Si quelque irrespect, désobli-
geance ou infraction arrive à survenir en pleine audience, il
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
202

est de la nature même de ses fonctions que le juge ou le


président de la juridiction qui dirige les débats en exerce la
police d’audience.
Il lui appartiendra dans ce cas de rappeler à l’ordre, d’ex-
pulser ceux qui troublent le cours normal des débats, de
faire arrêter les perturbateurs et, au besoin, de voir la juri-
diction condamner sans désemparer les infractions dont
elle est le témoin (principe général de droit).

138. Délit de fuite


Le délit de fuite est le fait, pour un conducteur de véhicule
ou engin terrestre, fluvial ou maritime sachant qu’il vient de
causer ou d’occasionner un accident, de ne pas s’arrêter et
de tenter ainsi d’échapper à la responsabilité civile ou pé-
nale qu’il peut avoir encourue.

I. Eléments constitutifs

1. Texte légal
L’article 105 de la loi n° 78-022 du 30 août 1978 portant
Nouveau Code de la Route définit, prévoit et punit
d’amende l’infraction de délit de fuite. L’infraction de délit
de fuite est de la compétence du Tribunal de Paix. Pour que
qu’elle (l’infraction) soit constituée, il faut :

2. Un accident
- corporel ou même matériel. Il suffit de l’apparence d’ac-
cident, même si aucun dommage ne paraît exister.
- causé ou occasionné par n’importe quel véhicule,
exemple voiture, moto, bicyclette, bateau, navire ; que
l’accident ait été causé (dommage occasionné a une per-
sonne, à un animal, à une chose inanimée, etc.) ; que l’ac-
cident ait été causé par un véhicule (automobile, motocy-
clette, voiture attelée, etc.) ;
- et pouvant engager la responsabilité pénale ou civile,
même si le conducteur, dans la même poursuite ou dans
une poursuite distincte, est reconnu non responsable de
l’accident ; il suffit de l’apparence de responsabilité. Le
Catalogue des infractions 203

texte s’applique même pour une voie privée, même si le


véhicule est en situation anormale.

3. Absence d’arrêt du conducteur permettant


l’identification ;
L’arrêt doit être immédiat, volontaire, destiné à permettre
l’identification, même si l’on nie sa responsabilité et suffi-
sant pour permettre l’identification. Il a été jugé qu’il y a
délit de fuite si l’on tente d’échapper à sa responsabilité,
même si on laisse son véhicule en stationnement pendant
qu’on fait son marché (crim. , 1997) ou si l’on « maquille »
les traces d’un accident pour entraver les recherches de la
gendarmerie1.
Il faut que l’auteur de l’accident ne se soit pas arrêté. La
volonté du législateur est que lorsqu’un accident a lieu,
l’auteur s’arrête pendant un temps suffisant pour permettre
à celui qui a été atteint dans sa personne ou dans ses biens
ou à des tiers de recueillir tous les renseignements utiles
sur son identité.

4. L’élément moral
- Il faut avoir eu conscience de l’accident ; que par
exemple, on a causé en éblouissant l’auteur direct de la
collision avec un tiers.
- Il faut un mobile (dol spécial) : le dessein d’échapper à la
responsabilité pénale ou civile que l’on peut avoir encou-
rue (même si en réalité l’on n’est pas responsable).
L’obligation de secours ou l’état de nécessité justifie-
raient l’absence d’arrêt pour secourir des blessés grave-
ment atteints, ou pour échapper à la colère des témoins.
Sera tenu pour complice le propriétaire d’une voiture auto-
mobile qui aura donné l’ordre à son chauffeur de poursuivre
sa route après avoir occasionné l’accident.

1.1
Crim., 2004 tiré in Mementos, Droit Pénal Spécial, 14ème édition 2008, Dalloz, p. 347.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
204

139. Délits de presse


I. Définition
Les délits de presse sont des infractions sui generis commises
par voie de presse écrite ou audiovisuelle (article 74 de la
loi n°96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exer-
cice de la liberté de la presse) par les professionnels de la
presse, les entreprises de presse, les personnes physiques
ou morales concernées par des écrits ou des messages au-
diovisuels (article 1er). L’objectif du législateur est de rame-
ner les usagers de la presse à respecter la loi, l’ordre pu-
blique, les droits d’autrui et les bonnes mœurs.
Outre les infractions et sanctions prévues au Code Pénal
Ordinaire pour les infractions de droit commun
(imputations dommageables et calomnieuses, injures, etc.)
auxquelles il s’expose, le professionnel de la presse peut
commettre des infractions et encourir des peines que
prévoit spécialement le législateur en cas de délit de
presse1.
Seront punis comme complices d’une action qualifiée in-
fractionnelle conformément aux articles 22 et 23 du code
pénal, livre I, tous ceux qui, soit par des discours, écrits,
imprimés, dessins, gravures, images, peintures, emblèmes
ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image,
vendus, distribués, diffusés ou exposés dans les lieux ou
réunions publics, auront directement incité l’auteur ou les
auteurs à commettre ladite action, si la provocation a été
suivie d’effet (Article 76 de la loi précitée).
Seront punis conformément aux dispositions de cet article
76 :
- ceux qui auront directement incité au vol, au meurtre, au
pillage, à l’incendie, à l’une des infractions contre la sûreté
extérieure et intérieure de l’Etat y compris dans le cas où
cette incitation n’a pas été suivie d’effet ;
- ceux qui auront directement incité à la discrimination, à
la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un

11
NIEMBA LUBAMBA Vincent-David. , « La répression des délits de presse en Droit Pénal Congolais »
in Justice et ordre public, publication de l’Institut de Formation et d’Etudes Politiques sous la direction
de LUKIENI LU NYIMI et MASIALA MUANDA, Kinshasa 1999, p.151.
Catalogue des infractions 205

groupe de personnes, en raison de leur origine ou de leur


appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie,
une nation, une race, une idéologie ou une religion détermi-
née ;
- ceux qui auront fait, par l’un des moyens énoncés ci-des-
sus, offense à la personne du Chef de l’Etat ;
- ceux qui auront, par l’un des moyens énoncés à l’article
76 incité les membres des forces armées et des services de
l’ordre dans le but de les détourner de leurs devoirs (article
77).
Seront punis pour trahison, ceux qui en temps de guerre,
ont par les moyens cités à l’article 76 :
incité les forces combattantes à passer au service d’une
puissance étrangère ;
sciemment participé à une entreprise de démoralisation de
l’armée ou de la population dans le but de nuire à la dé-
fense nationale ;
livré (directement ou indirectement) à une puissance étran-
gère, un renseignement, document ou procédé qui doit être
tenu secret dans l’intérêt de la défense nationale (Article
78).
Au risque de tomber sous le coup de l’infraction à la présente
loi, il est interdit :
1°de publier les actes d’accusation et tous actes de procé-
dure judiciaire avant qu’ils n’aient été lus en audience
publique ;
2°de divulguer les délibérations des Cours et Tribunaux. Il
en est de même des informations sur les travaux et les
délibérations du Conseil Supérieur de la Magistrature
sans l’autorisation du Conseil lui-même ;
3°de reproduire la photographie, dessins ou portraits de
tout ou partie des circonstances des crimes de sang, des
crimes ou délits tournant aux mœurs, sauf demande
expresse du Chef de la juridiction saisie du cas. Cette
interdiction s’applique également à toute illustration
concernant le suicide des mineurs, sauf autorisation
écrite du Procureur de la République ;
4°d’enregistrer, de fixer ou de transmettre la parole ou
l’image aux audiences des Cours et Tribunaux, sauf
autorisation du chef de la juridiction. Il en est de même
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
206

pour les procès en diffamation lorsque les faits incriminés


concernent la vie privée des personnes ;
5°de publier ou de diffuser des informations sur un viol ou
sur un attentat à la pudeur en mentionnant le nom de la
victime ou en faisant état de renseignements pouvant
permettre son identification, à moins que la victime n’ait
donné son accord écrit ;
6°d’ouvrir ou d’annoncer publiquement des souscriptions
ayant pour objet de payer des amendes, frais et intérêts
prononcés par des condamnations judiciaires sous peine
des poursuites (Article 79).
De ce qui précède, la diffusion d’informations, même
exactes, est interdite1.
Les infractions prévues à l’article 79 ainsi que tous les dé-
lits de presse non expressément assortis de sanctions pré-
cises sont punis au maximum de quinze jours de servitude
pénale et d’une amende ou d’une de ces peines seulement,
à moins que les faits ne soient constitutifs d’une infraction
passible de peines fortes (article 81).

L’auteur d’une diffusion ou d’une émission contraire à la loi,


à la tranquillité et à l’ordre public ainsi qu’aux bonnes
mœurs est passible des peines prévues par la loi sans préju-
dice de dommages intérêts auxquels le fait commis peut
donner lieu, notamment à la constitution des sociétés com-
merciales et à la concurrence déloyale ;
En cas de récidive, l’entreprise de radio diffusion sonore et
de télévision, de la station fautive concernée se verra reti-
rer sa licence d’exploitation par le Tribunal de Grande Ins-
tance compétent, à la demande du membre du Gouverne-
ment ou de l’Exécutif Provincial (art. 82).
Sans préjudice des poursuites judiciaires, le membre du
Gouvernement ou de l’Exécutif Provincial peut :
a) requérir la saisie des documents, films ou vidéo cas-
settes ;
b) interdire la diffusion d’une ou de plusieurs émissions in-
criminées ;
11
CFPJ (Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes). , « Les droits et les devoirs du
journaliste ». Textes essentiels, co-édition : Presse et formation /les éditions du CFPJ, Ecole Supérieure
du Journalisme de Lille, 1992, p.13.
Catalogue des infractions 207

c) suspendre une station de la radio diffusion sonore ou de


la télévision pour une période n’excédant pas 3 mois no-
tamment dans les cas de :
- refus de diffuser un droit de réponse, une réplique ou
une rectification conformément au prescrit de cette
loi ;
- diffusion des documents, films ou vidéo cassettes
contraires aux lois, aux bonnes mœurs et à l’ordre pu-
blic.
L’auteur d’une diffusion ou d’une émission contraire à la loi
ou à l’ordre public (art 83) ou aux bonnes mœurs, est pas-
sible de peines prévues par la loi (art 84).
En cas d’urgence dictée par les exigences de l’ordre public,
les autorités administratives compétentes sont habilitées à
prendre des mesures conservatoires d’interdiction
d’émettre et de diffuser une émission ou un programme in-
criminé à condition d’en informer dans les 48 heures par
avis motivé le Tribunal de Grande Instance du ressort qui
prononce la confiscation (art. 85).
Outre ces dispositions répressives, la loi sur la presse
contient aussi diverses dispositions prévoyant des pénalités
qui frappent les professionnels de la presse lorsqu’ils com-
mettent des faits répréhensibles notamment :
- en cas de refus de publication d’un droit de réponse (arts.
42 et 43) ;
- en cas de refus de déclaration de son activité à l’autorité
administrative compétente prévue à l’article 46 (art. 47) ;
- en cas de diffusion d’une émission ou d’une diffusion
contraire aux prescrits de la loi (art. 65).

II. Responsabilité pénale


La responsabilité des professionnels de la presse est réglée
aux articles 28 et suivants du chapitre I, section 3 du titre
2.
A titre principal, pourront être punis dans l’ordre suivant :
1°l’auteur de l’article ;
2°à défaut de l’auteur, le directeur de publication ou l’édi-
teur ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
208

3°l’imprimeur lorsque ni l’auteur ni le directeur de la publi-


cation ni l’éditeur ne sont connus.
Lorsque le directeur de la publication et le propriétaire
forment une seule et même personne celle- ci est :
1°pénalement responsable du non respect des conditions
requises pour la publication d’un journal ou écrit pério-
dique ;
2°pénalement responsable du contenu du journal ou écrit
périodique ;
3°civilement responsable, solidairement avec l’auteur de
l’écrit, des condamnations prononcées contre le journal
ou contre l’écrit périodique.
Lorsque le directeur de la publication n’est pas proprié-
taire, le propriétaire est civilement responsable et ce, soli-
dairement avec le directeur de la publication et l’auteur de
l’écrit, des condamnations prononcées contre le journal ou
contre l’écrit périodique (art. 30).

III. Droit de réponse, Rectification et Rétractation

1° le droit de réponse
a) Dans la presse écrite
Toute personne doit pouvoir, lorsqu’elle est citée dans un Jour-
nal ou dans un écrit périodique nominativement ou indirec-
tement faire insérer une réponse ou une rectification1.
Cette insertion est obligatoire et gratuite à la même place
et dans les mêmes caractères. Toutefois les termes d’une
réponse ne doivent pas être contraires à l’ordre public, aux
lois et aux bonnes mœurs.
b) A la radio ou à la télévision
Le demandeur précise les imputations sur lesquelles il dé-
sire répondre. Cette réponse ne peut excéder la durée
réelle de l’imputation à laquelle on veut répondre.

11
NZANGI BATUTU (M). , « La diffamation et l’injure dans les médias », Collection Informations
juridiques, Kinshasa, janvier 1997, p.24.
Catalogue des infractions 209

2° Le droit de rectification
a) consécutif à la diffusion des actes des dépositaires de
l’autorité
Ce droit se limite à redresser les actes des dépositaires de
l’autorité publique accomplis dans l’exercice de leurs fonc-
tions et qui ont été inexactement rapportés par un Journal
ou Périodique. Cette rectification ne doit pas dépasser le
double de l’article auquel elle répond.
b) consécutif à la diffusion des actes de dépositaires de
l’autorité à la radio ou à la télévision.
Si dans l’exercice de leur fonction les actes des dépositaires
de l’autorité ont été diffusés de façon inexacte, le droit de
faire diffuser une rectification se limitera à redresser les
faits, paroles, images, inexactement diffusés.

3° La rétractation des écrits diffamatoires


Elle consiste à revenir sur ce qu’on a écrit dans un bref dé-
lai. Néanmoins, la rétractation n’efface pas les infractions
résultant de la publication, car le préjudice subsiste. La ré-
tractation qui dès lors constitue une circonstance atté-
nuante laisse subsister l’infraction de diffamation.

IV. Tribunal compétent

a. Matériellement
En matière de délit de presse la compétence matérielle revient
à l’instance compétente pour l’infraction commise, ce
conformément aux prescrits des articles 86, 91 et 96 du
code de l’Organisation et de la Compétence Judiciaires.

b. Territorialement
La compétence territoriale du tribunal répressif est fixée
par l’article 104 du Code de l’Organisation et de la Compé-
tence Judiciaires. Pour les articles de presse rédigés en vue
de leur diffusion à un large public1, qui franchissent les
frontières nationales, il va de soi que la distribution et la
publication réalisent tant sur le territoire national qu’à

11
KILENDA KAKENGI BABITA, in Le Bulletin juridique n°2, avril 1989, pp 3 et 4.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
210

l’étranger l’élément de publicité exigé par l’article 74 du


code pénal.
Le problème ne reste pas moins délicat lorsqu’il s’agit de la
répression du délit de presse, car la publicité est faite en
tous lieux où le journal a été publié, vendu ou exposé, et
l’infraction commise en tous ces endroits. Le délinquant
doit répondre de son fait partout où son article a sapé l’hon-
neur et la considération de l’individu diffamé, par exemple,
et dès lors il doit être réparé partout.
N’a-t-il pas été jugé que le délit d’imputation dommageable
est réalisé partout où a été vendu et publié l’écrit litigieux 2?
Pour Georges Mineur, les tribunaux congolais sont compé-
tents pour connaître de l’infraction de diffamation ou d’in-
jures contenues dans un journal publié à l’étranger et diffu-
sé au Congo3.
S’il est légitime et salutaire pour un journaliste d’assumer
pleinement un regard critique dans le traitement de l’infor-
mation, il lui faut toutefois faire preuve de vigilance dans
l’exercice de celui-ci. La désinformation constitue une véri-
table stratégie de conquête des esprits par le mensonge et
requiert un haut degré de préméditation4.

140. Délit de souteneur


Le souteneur est celui qui vit, en tout ou partie, aux dépens
d’une personne dont il exploite la prostitution.
Il en est ainsi de :
- celui qui surveille et protège une femme en quête des
clients sexuels pour éventuellement contraindre le parte-
naire récalcitrant à payer le prix convenu ou fixé ;
- du mari qui protège sa femme qui se livre à la prostitu-
tion et fixe avec elle le prix à exiger de ses clients ;
- des parents qui aident leurs enfants à récupérer le pro-
duit de la prostitution (LIKULIA BOLONGO, Op.cit,
p.365).

22
Tripaix pont Kasa-vubu, jugement R.P10 427, 14 avril 1988, inédit.
33
Georges Mineur. , Op.cit., p.179 et suivants.
44
Corr. Dinant ,20 avril 2004 p.799 in Revue de jurisprudence de Liège ,Mons et Bruxelles ,31
décembre 2004, 110eme année ,Hebdomadaire p.1932.
Catalogue des infractions 211

Le souteneur doit tirer profit du produit de la prostitution


d’autrui. S’il n’y a pas prostitution, il n’y a pas infraction.
Ne sera donc pas poursuivi celui qui tire profit d’un acte
sexuel isolé même s’il a assisté ou protégé la personne qui a
eu ces relations. .

Poursuites
L’action publique est exercée par le Ministère public.

a) Disposition légale
Prévu autrefois par l’ord-loi n°79/007 du 06/07/79, le délit
de souteneur est actuellement défini et puni par l’article
174 al 3ème du code pénal livre II.
b) Pénalités
La disposition de l’article 174 alinéa 3 du code pénal livre II
édicte une sanction de trois mois à cinq ans de servitude
pénale principale et l’amende ou une de ces peines seule-
ment à l’endroit du souteneur.
Le souteneur est justiciable du tribunal de paix. L’infraction
de délit de souteneur se prescrit (action publique) après
trois ans.

141. Délit d’initié


Voir code de passation de marchés publics et haute trahi-
son.

142. Déni de justice


Il y a déni de justice lorsque le magistrat refuse de procé-
der aux devoirs de sa charge ou néglige de juger les affaires
en état d’être jugées. Le constat en est fait par deux som-
mations faites par l’huissier au magistrat concerné à huit
jours d’intervalle au moins (article 59 ordonnance-loi n° 82-
017 du 31 mars 1982)1.
S’agissant du refus de remplir un devoir de sa charge, il
vise, non seulement les affaires en état, mais également les
requêtes en vue d’obtenir une ordonnance de juridiction
gracieuse ainsi que les actes nécessaires au Ministère pu-

11
C’est l ‘ordonnance – loi relative à la procédure devant la Cour Suprême de Justice.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
212

blic. Il faudrait pour cela un refus caractérisé, persistant


après les deux mises en demeure prescrites par la loi.
Il est jugé que viole les formes substantielles prévues par la
loi et la coutume, le tribunal qui ne statue pas sur l’objet
réel de la demande2
Il faut, en premier lieu, que le juge ait refusé soit de sta-
tuer, sous prétexte du silence ou de l’obscurité de la loi, soit
de répondre à une requête présentée, ou de juger les af-
faires en état, et en cours d’être jugées.
En second lieu, le juge doit avoir été mis en demeure de
statuer par deux sommations faites par l’huissier. Enfin, le
juge a dû recevoir un avertissement de ses chefs hiérar-
chiques.
Il est de jurisprudence constante que sont coupables de dé-
ni de justice les juges qui en dépit de deux sommations,
d’une part n’ont accompli aucune démarche soit pour re-
fixer la cause qui était pendante devant leur siège en pas-
sant par le greffe, soit pour faire savoir aux parties qu’il
leur incombait de contacter le greffier de leur juridiction
pour faire revenir l’affaire ainsi que l’exige l’article 69 du
code de procédure civile , et d’autre part, après avoir déci-
dé d’office la surséance en vertu du principe « le criminel
tient le civil en état », n’ont rien fait pour s’enquérir auprès
des autorités du Ministère public afin de connaître l’issue
de l’action répressive qui avait justifié la surséance3.
Le déni de justice peut être commis soit par des juges pro-
prement dits, tant en matière civile qu’en matière répres-
sive soit par les magistrats du parquet. L’Etat est civile-
ment responsable des condamnations aux dommages inté-
rêts qu’il encourt. Si le magistrat a été poursuivi avec légè-
reté ou mauvaise foi, le requérant sera condamné aux dom-
mages intérêts pour procès téméraire et vexatoire.

143. Dénonciation calomnieuse


La dénonciation calomnieuse est le fait de porter à la
connaissance d’une autorité judiciaire, d’un fonctionnaire
chargé de saisir cette autorité un fait que l’on sait être faux

22
Parquet Lwalaba , 22 octobre 1951, J.T.O. , n°29, p.155, a.n.
33
C.S.J., R.P.P.2, 4/ 7/1980, Inédit.
Catalogue des infractions 213

et qui s’il était vrai, est de nature à provoquer des sanctions


pénales contre une personne déterminée1.

I. Eléments constitutifs
a) Eléments matériels
1. Une accusation déterminée par écrit ou verbale à l’auto-
rité judiciaire ou à un fonctionnaire public sous forme de
plainte ou de procès-verbal. Elle est adressée à l’autorité
à laquelle les faits ont verbalement été relatés ;
2. Cette accusation doit être portée contre une personne
déterminée. Si la personne (la victime) n’est pas expres-
sément désignée, il suffit qu’il y ait assez d’indications
pouvant l’identifier ;
3. Cette accusation doit être spontanée, c’est-à-dire formu-
lée sans aucune invitation. Si elle est provoquée avec in-
vitation par un interrogatoire auprès de l’OPJ, de l’OMP,
du juge, d’une autorité publique ou par une audition en
qualité de témoin, elle n’est plus spontanée et donc non
constitutive de l’infraction ;
4. Le fait dénoncé doit constituer une infraction pénale, ex-
posant de ce fait la victime à des sanctions pénales ;
5. Le fait dénoncé doit être mensonger, faux ou une accusa-
tion réelle faussement imputée à une personne qui n’en
est pas l’auteur. La jurisprudence reconnaît que l’infrac-
tion de dénonciation calomnieuse suppose que soit éta-
blie préalablement la fausseté des faits dénoncés ; dès
lors, n’établit pas cet élément la motivation du jugement
qui se borne à apprécier les faits par un raisonnement à
caractère hypothétique2. Il a été jugé que lorsque le fait
dénoncé s’est révélé faux, le prévenu l’a certainement
fait dans l’intention de nuire3.
L’autorité judiciaire compétente pour déclarer le fait dénon-
cé faux ou mensonger est le juge saisi de l’action. Le refus
de poursuivre du Procureur peut justifier l’application de
l’article 76 du code pénal livre II ; la décision de classement
sans suite qui établit la fausseté autorise la victime à saisir
le juge.
11
Tribunal de Paix de Lubumbashi/ Kamalondo ; 24 janvier 1997, inédit.
22
C.S.J., RP 93, O4 juillet 1975, B.A 1976, p.168.
33
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 5944, 23 juin 1989, Ministère public et partie civile
Byumanine Ochidose contre le prevenu Selemani Songa, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
214

6. La dénonciation doit être faite aux autorités judiciaires


ou aux fonctionnaires qui ont le devoir de saisir l’autorité
judiciaire.
Les autorités judiciaires sont : les magistrats civils et mili-
taires du parquet et du siège, les officiers de police judi-
ciaire.
Les fonctionnaires ayant le devoir de saisir l’autorité judi-
ciaire sont : les membres du Gouvernement, l’Exécutif Pro-
vincial, les Secrétaires Généraux de l’Administration, les
Mandataires de l’Etat, les Ambassadeurs, les officiers de
l’Armée et de la Police etc.

b) Elément moral
Le dénonciateur doit connaître la fausseté totale ou par-
tielle de ses allégations. Volontairement, il a dénaturé ou
exagéré les faits, peut-être pour se rendre intéressant. Tout
compte fait, il connaît la fausseté des faits qu’il allègue. Il a
été jugé qu’un jugement qui retient dans le chef du prévenu
l’infraction de dénonciation calomnieuse sans établir l’élé-
ment moral du délit, alors que celui-ci requiert outre la
connaissance par l’agent des faits incriminés, l’intention de
nuire n’est pas légalement motivé et doit être cassé 1. De
même, l’intention méchante requise à l’article 76 peut ré-
sulter de l’esprit de vengeance qui animait le prévenu, qui
cherchait par cette dénonciation, à se protéger contre les
poursuites judiciaires engagées contre lui2.
Un travailleur qui, pour se venger de son patron qui vient
de mettre fin à son contrat de travail, s’invite devant le Pro-
cureur et déclare que son patron est pédophile ou trafi-
quant des drogues, déposer une plainte au tribunal sans
preuves sérieuses, une accusation sans fondement, faite par
jalousie ou par vengeance constituent des exemples de dé-
nonciation calomnieuse.

II. Régime répressif


L’infraction de dénonciation calomnieuse n’est consommée
que lorsque la dénonciation parvient à son destinataire. La
poursuite du dénonciateur n’est pas subordonnée à la

11
C.S.J. , R.P ; 47, 4 avril 1973, B.A. 1974, p.91.
22
C.S.J., 12 août 1988, RPA 144, aff. M.P. c/ MUNYOLOLO.
Catalogue des infractions 215

plainte de la victime. La victime peut porter plainte ou se


constituer partie civile. Mais l’officier du Ministère public 3
peut également se saisir d’office, sans même que la per-
sonne lésée ait porté plainte.

a) Texte incriminateur et pénalités


L’article 76 du Code pénal livre II sanctionne de cinq an-
nées maximum de servitude pénale et d’amende ou d’une
de ces peines seulement, l’auteur de la dénonciation calom-
nieuse.

b) La prescription de l’action publique


La prescription de l’action publique relative à l’infraction de
dénonciation calomnieuse court du jour où la dénonciation
est parvenue à l’autorité judiciaire et non du jour où la faus-
seté des faits dénoncés est établie (Général LIKULIA
BOLONGO ; Op.Cit, p.250). Mais elle est suspendue pen-
dant la procédure tendant à en démontrer la fausseté. La
prescription de la peine est du double de la peine pronon-
cée sans que celui-ci (double de la peine prononcée) ne soit
inférieur à deux ans.

c) La dénonciation calomnieuse
L’infraction de dénonciation calomnieuse est de la compé-
tence matérielle du Tribunal de paix. Le jugement sur la
fausseté du fait dénoncé est un préalable au jugement de
l’action en dénonciation calomnieuse.

33
Dans le cadre des poursuites, le Ministère public a un rôle essentiel quoique non exclusif. C’est lui qui
met en mouvement l’action publique et en suit le développement. Peu importe qu’il y ait ou non plainte
de la partie victime ou lésée. Dès qu’il réunit les éléments de preuve à charge du prévenu, il le défère
devant le juge répressif. Après examen et instruction à l’audience, le juge prononce soit la
condamnation si les faits sont établis en se conformant à la loi, soit l’acquittement dans le cas contraire.
Au sujet de la preuve, il faut souligner qu’elle peut être matérielle, consister en des témoignages, en
indices et même en présomptions du fait de l’homme pourvu que ces dernières soient graves, précises
et concordantes. Il sied néanmoins de préciser qu’en matières répressives, il n’existe point
d’hiérarchisation de preuves comme en matières civiles, la seule preuve qui lie le juge répressif étant
son intime conviction. Le Ministère public ne peut dans certains cas, exercer les poursuites sans :
- la plainte de la victime comme il en est en matière des infractions d’adultère, de grivèlerie…
- la demande expresse de la Banque Centrale du Congo pour les infractions à la réglementation de
change.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
216

144. Denrées alimentaires


En matière de fabrication et de commerce de denrées ali-
mentaires, le législateur a érigé en infractions plusieurs
comportements (Décret du 26 juillet 1910). Parmi les com-
portements interdits figurent :
- la falsification des denrées alimentaires (art.1er, 1°)
- la vente, la détention des denrées alimentaires falsifiées
(art.1er, 2°)
- la vente, la détention des denrées alimentaires déclarées
nuisibles par une loi ou un règlement de l’autorité com-
pétente (art.1er, 3)
- la vente ou l’exposition en vente des denrées alimentaires
gâtées ou corrompues (art.2)
- la vente, la détention, l’exposition pour la vente sans in-
tention frauduleuse des substances alimentaires quel-
conques falsifiées (art.3).

I. Eléments constitutifs
Les faits illicites en matière de fabrication et de commerce
des denrées alimentaires devront comprendre, pour être
établis en fait comme en droit les éléments matériel et in-
tentionnel. L’élément matériel s’entend d’un des actes ou
comportements répréhensibles décrits posé par le cou-
pable. L’élément moral sera reconnu chaque fois qu’une
intention frauduleuse est susceptible d’être prouvée dans le
chef de l’auteur du fait interdit.

II. Pénalités
Les infractions en matière de fabrication et de commerce
des denrées alimentaires sont définies et punies par le dé-
cret du 26 juillet 19101.
La falsification des denrées alimentaires, la vente, la déten-
tion des denrées falsifiées, la vente, la détention des den-
rées déclarées nuisibles par une loi ou un règlement de
l’autorité compétente (art.1er, 1°,2° et 3°) sont chacune pu-
nies de six mois de servitude pénale au maximum et d’une
amende ou d’une de ces peines.
11
B.O., p.657, Codes Larcier R.D.C, Tome III, Droit Commercial et Economique, vol 2-Droit
Economique p.817.
Catalogue des infractions 217

La vente ou l’exposition en vente des comestibles gâtés ou


corrompus (art.2) est punie d’une servitude pénale de trois
mois au maximum et d’une amende ou d’une de ces peines.
Dans les cas prévus aux articles 1, 2 et 3 les denrées, bois-
sons, substances alimentaires falsifiées, nuisibles, la vente,
l’exposition, la détention des comestibles, boissons, denrées
ou substances alimentaires quelconques falsifiées sans in-
tention frauduleuse sont punies. La sanction est d’une servi-
tude pénale de sept jours au maximum et d’une amende ou
d’une de ces peines. Au cas où le juge constate qu’aucune
faute n’est imputable au prévenu, il pourra prononcer
seulement la confiscation des denrées falsifiées.
Dans les cas prévus aux articles 1, 2 et 3 les denrées, bois-
sons substances alimentaires falsifiées, nuisibles, gâtées ou
corrompues trouvées en possession du coupable seront sai-
sies et confisquées. Dans les cas prévus aux articles 1et 2,
le tribunal pourra ordonner que le jugement soit affiché
dans les lieux désignés pendant un délai n’excédant pas un
mois.

145. Déplacement ou rétention illicites


de l’enfant à l’étranger
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

146. Déportation
Voir Travail obligatoire des civils.

147. Désarmement ou démoralisation


de la troupe
L’infraction de désarmement ou démoralisation de la troupe
peut être définie comme le fait pour tout militaire ou assi-
milé de désarmer ou de démoraliser la troupe en répandant
la peur ou en causant la panique, le désordre et la confu-
sion, ce, pendant les circonstances exceptionnelles.

a) Base légale et répression


L’infraction de désarmement ou démoralisation de la troupe
est prévue et sanctionné par l’article 59 du Code Pénal Mili-
taire. La peine prévue est de cinq à vingt ans de servitude
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
218

pénale. En cas de gravité de l’infraction et de ses effets le


tribunal peut prononcer la servitude pénale à perpétuité ou
la peine de mort. Si le coupable est dans tous les cas un of-
ficier, le juge prononce en outre la destitution.

b) Conditions préalables
Pour que l’infraction de désarmement ou démoralisation de
la troupe s’établisse, deux préalables s’imposent.
1. L’infraction de désarmement ou démoralisation de la
troupe ne peut être commise que pendant une période
exceptionnelle. D’une part, l’infraction sera caractérisée
au moment des graves menaces d’agression armée ou
d’invasion, de déploiement des forces ennemies aux fron-
tières nationales… bref, le moment immédiatement anté-
rieur à une guerre. D’autre part, l’infraction ne se com-
met que pendant la guerre, la période des hostilités, d’oc-
cupation effective de l’espace géographique national par
les forces ennemies au mépris des instruments juridiques
internationaux. Enfin, elle se commet au moment d’une
opération de police tendant au maintien ou au rétablisse-
ment de l’ordre public.
2. L’auteur de cette infraction ne peut être qu’un militaire
ou assimilé. La personne dont la mission consiste à veiller
à la subsistance pacifique ainsi qu’à l’intégrité de l’Etat
congolais (1).

c) Eléments proprement constitutifs


Outre les préalables ci-haut évoqués, la réalisation de la
prévention de désarmement ou démobilisation de la troupe
suppose la réunion des éléments constitutifs ci-dessous :
1. Des actes matériels de désarmement ou de démobilisa-
tion. Par désarmement, il faut entendre toute déposses-
sion illégitime, toute réduction ou tout affaiblissement des
moyens de défense dont disposent les troupes loyales en-
gagées dans les hostilités en vue de la sauvegarde de la
superficie nationale et des attributs de souveraineté de la
patrie, acte tendant à mettre en déroute des troupes régu-
lières quelle que soit leur détermination. Par exemple, af-
faiblir les moyens de défense. Ainsi subira les peines dues
à cette infraction l’agent qui, croyant que la suppression
du courant électrique dans une région affaiblirait les
11
Laurent MUTATA LUABA., Op.cit, p.113
Catalogue des infractions 219

moyens de défense de son pays, mettrait hors d’usage


l’usine centrale ou celui qui ferait sauter un pont sur la
route parce qu’il croit que des troupes armées se trouvant
dans son voisinage pourraient s’en servir1.
Par démoralisation, il faut entendre le fait de décourager,
de démotiver ou d’ébranler moralement. Un acte
d’ébranlement de la foi des troupes dans leurs capacités
de résister aux forces ennemies ou de les vaincre en cas
d’affrontements armés. Il a été jugé que se rendra cou-
pable de démobilisation de la troupe, un élément d’un
bataillon opérationnel qui, après s’être retranché seul
dans la forêt non loin d’une position armée, simule une
attaque surprise des forces ennemies en tirant des ra-
fales à la hauteur des compagnons d’armes, contraints
d’abandonner immédiatement la position, d’autant plus
que cet agent rusé, ressorti en catastrophe de son isoloir,
crie au débordement de ladite position par les as-
saillants2.
2. Des actes de réalisation de l’infraction répandus par
l’agent. Ils ne sont pas limités par la loi. Il en est ainsi du
fait de répandre la peur, la panique, le désordre et la
confusion au sein des troupes soit à travers une causerie
s’il s’agit d’un chef militaire soit par une annonce tapa-
geuse d’un péril imaginaire, soit par des tracts annonçant
la débandade supposée de membres de l’Etat Major Opé-
rationnel, soit par des affiches mensongères d’une infil-
tration ennemie, soit par l’administration des breuvages
enivrants aux troupes à l’approche des assaillants.
3. L’élément intellectuel consistant dans la connaissance du
caractère illégal de l’acte posé et dans la matérialisation
d’une manière délibérée et consciente.

148. Désertion
La désertion est une infraction purement militaire. Elle
consiste en une absence non autorisée, telle que, par sa du-
rée ou les circonstances qui l’entourent, elle équivaut à la
rupture du lien qui rattache le militaire à la hiérarchie. La
désertion est la plus fréquemment commise des infractions
proprement militaires. Le fait pour un militaire d’abandon-

11
MINEUR (G). , Commentaire du Code Pénal Congolais, 2ème éd. Bruxelles 1953, p.395.
22
COM WENGA (Basankusu), 21 décembre 1999, in Laurent MATATA LUABA, Op. cit., p.115.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
220

ner son corps sans esprit de retour constitue le délit de dé-


sertion3.
Quel est le texte légal en matière de désertion ?
Les articles 44 à 52 du Code Pénal Militaire sont la base
légale. En temps de paix, la sanction est de deux mois à dix
ans de servitude pénale. En temps de guerre, d’état de
siège, d’urgence ou d’opération, la peine de servitude pé-
nale à perpétuité ou la peine de mort est d’application.

I. Eléments constitutifs
La réalisation de la désertion exige la réunion de trois élé-
ments, à savoir la qualité de militaire, la rupture définitive
de ses liens avec l’armée et l’intention coupable.
1. La qualité de militaire pour l’agent. La désertion est une
infraction continue. Le déserteur conserve sa qualité de
militaire. Il reste totalement soumis à la rigueur de la loi
militaire pour toute délinquance dont il pourrait être res-
ponsable.
2. La rupture définitive de ses liens avec l‘armée. La pré-
somption légale découle des délais de grâce clairement
déterminés. La rupture des liens dans le chef du militaire
est présumée sept jours au moins après le constat de son
absence.
3. L’intention délictueuse. La responsabilité morale de
l’agent pour la consommation de l’infraction réside dans
le dol général : la résolution de rompre ses liens avec
l’armée ou celle d’abandonner son service sous le dra-
peau et de se soustraire définitivement à ses obligations
militaires.
Il y a désertion d’un militaire :
- après six jours d’absence, sans autorisation, de son corps,
du détachement, de la base ou formation, de son établis-
sement, de l’hôpital où il est en traitement ;
- douze jours après expiration de la mission, du congé ou
de la permission sans se présenter au corps, au détache-
ment, à la base ou formation ou à l’établissement fixé
pour l’arrivée ou le retour en cas de voyage ;
33
COM WENGA (Basankusu), 21 décembre 1999, in Laurent MATATA LUABA, Op. cit., p.115.
Catalogue des infractions 221

- après absence sans permission sur le territoire de la Ré-


publique au moment du départ pour une destination hors
du territoire.
En temps de guerre, d’état de siège ou en cas d’état d’ur-
gence, lors d’une opération de maintien ou de rétablisse-
ment de l’ordre public les délais seront réduits de deux
tiers.
Il a été jugé qu’il peut y avoir désertion, non seulement
lorsque le militaire a quitté les rangs pour se soustraire au
service, mais encore lorsqu’il a voulu simplement s’absen-
ter du corps auquel il était attaché ou a quitté le corps dans
le but de changer de garnison alors que cette faveur lui a
été refusée1.
Notons que l’on distingue la désertion simple, avec com-
plot, à l’étranger, à bande armée et en présence de l’enne-
mi. La provocation à la désertion, et le recel de déserteur
sont également définis et réprimés.

II. Autres désertions


La désertion à bande armée. Elle est prévue par l’article
49 du code pénal militaire. Par bande armée, il faut en-
tendre un groupe de plus de deux militaires dont l’un, au
moins, est porteur d’arme.
Pour être réalisée la désertion à bande armée suppose
l’existence d’une bande armée, l’intégration de ladite bande
par l’agent. Cette intégration doit être libre et consciente.
Tout militaire ou assimilé, qui déserte à bande armée est
puni de dix à vingt ans de servitude pénale principale.
La désertion à l’étranger. Elle est prévue par l’article 48
du code pénal militaire.
En temps de paix, la désertion à l’étranger est punie de la
servitude pénale dont le taux varie entre un et cinq ans. En
temps de guerre ou pendant les circonstances exception-
nelles la peine prévue est la servitude pénale à perpétuité
ou même la peine capitale.
La désertion à l’ennemi ou en présence de l’ennemi.
Elle est prévue par l’article 50 du Code Pénal Militaire.
11
C.G, app 19 janvier 19O1, Jur. Etat I p.113 ; C.G app.25 avril 1901.Jur. Etat p143 ; C.G. app.5 juillet
1914, jur.Col. 1925, p.246.C.G. app.18 novembre 1901, Jur.Etat I p.162.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
222

Pour être établie, il faut l’existence d’un ennemi, la qualité


requise et l’élément moral. S’agissant de la qualité requise,
il y a le militaire et l’assimilé mais aussi toute personne qui
fait partie de l’équipage d’un aéronef ou navire militaire.
Quant à l’élément moral, il ne suffit pas que l’agent ait inté-
gré les rangs de l’ennemi ou rompu ses liens avec l’armée,
il faut également qu’il ait posé cet acte de manière délibé-
rée. L’agent coupable de désertion à l’ennemi ou en pré-
sence de l’ennemi encourt la peine de mort.
La désertion avec complot. Elle est prévue par l’article
46 du Code Pénal Militaire. Pour exister, il faut la résolution
concertée et arrêtée et la résolution criminelle doit porter
sur la désertion. La désertion doit constituer le but d’une
résolution libre et consciente, débattue et arrêtée par au
moins trois agents en vue de rompre leurs liens avec les
forces armées ou les services apparentés.
En temps de paix, la désertion avec complot est sanctionnée
de deux à dix ans de servitude pénale principale. En temps
de guerre ou de circonstances exceptionnelles, la sanction
est élevée à la servitude pénale à perpétuité et même à la
peine capitale.
La provocation à la désertion (article 53 du Cpm) est
punie en temps de paix de deux mois à cinq ans de servi-
tude pénale. En temps de guerre ou pendant les circons-
tances exceptionnelles, la peine est de cinq à vingt ans de
servitude pénale. Si le coupable est officier, la peine de
mort est prononcée. En plus de la servitude pénale les indi-
vidus non militaires ou non assimilés à ces derniers subi-
ront, en outre, une peine d’amende de 5.000 à 10.000
francs congolais.
Le recel de déserteur (article 54 du cpm). Il concerne
tout individu reconnu coupable d’avoir sciemment recélé ou
soustrait des poursuites un déserteur. Il est sanctionné, en
temps de paix de deux mois à cinq ans et, en temps de
guerre ou pendant les circonstances exceptionnelles, de
cinq ans à vingt ans de servitude pénale. L’auteur peut, en
outre, s’il n’est ni militaire ni assimilé être puni d’une
amende de 5.000 à 10.000 francs congolais constants.
b) Prescription de l’action publique
La désertion constituant une infraction continue, la pres-
cription ne commence à courir que du jour où le délinquant
Catalogue des infractions 223

rentre dans les rangs (C.G.app.14 octobre 1901,Jur.Etat I


p.163).

149. Désertion à bande armée


Voir désertion.

150. Désertion à l’ennemi ou en pré-


sence de l’ennemi
Voir désertion.

151. Désertion à l’étranger


Voir désertion.

152. Désertion avec complot


Voir désertion.

153. Désertion simple


Voir désertion.

154. Destruction
Les destructions, dégradations et détérioration s’inscrivent
dans le cadre des infractions contre les biens appartenant à
autrui.
L’élément matériel désigne tout moyen de destruction ma-
térielle. La nature du moyen est indifférente, car elle est
définie par rapport au résultat produit. Il peut s’agir d’un
meuble ou d’un immeuble. L’infraction s’applique à la dé-
vastation des récoltes, elle peut porter sur les biens
meubles de valeur moindre. La gravité du dommage est in-
différente car sont incriminées aussi bien la destruction
équivalant à l’anéantissement du bien, que la dégradation
et la détérioration visant à compromettre l’usage , à mettre
en mauvais état ou à abimer le bien.
L’élément moral se caractérise par la volonté délibérée de
détruire le bien. L’auteur doit avoir connaissance de son
défaut de propriété. Il doit être conscient du fait que le bien
appartenait à autrui. Lorsque les agissements portent sur
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
224

un bien propre, l’auteur du comportement exerce simple-


ment son « abusus » sur sa propriété. La destruction des
biens appartenant à la communauté des époux conduit à la
qualification de l’infraction1.

155. Destruction d’actes ou de titres


L’infraction de destruction d’actes ou de titres concerne les
fonctionnaires, les agents de l’Etat et toute personne char-
gée d’un service public. Les actes ou les titres en concerne
sont des documents, des écrits qui servent à prouver des
droits : un acte de naissance, par exemple.

I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction soit établie, elle doit réunir les élé-
ments ci-après :
1. la qualité de fonctionnaire dans le chef de l’auteur ;
2. la destruction ou la suppression (la perte) des actes et
titres dont les fonctionnaires sont dépositaires au titre de
leur fonction ;
3. la destruction ou suppression doit être faite méchamment
dans le but de causer du tort ou d’en tirer un bénéfice.
Sera poursuivi pour infraction de destruction méchante ou
frauduleuse commise par un fonctionnaire public prévue
par l’article 145 bis du code pénal livre II, tel que modifié
par l’ordonnance-loi du 12mai 1968, le greffier d’une juri-
diction qui détruit et supprime frauduleusement un dossier
judiciaire dont il avait la garde2.
La perte des dossiers dans l’administration, résultat d’une
action méchante ou frauduleuse (et non de la négligence)
peut donner lieu aux sanctions prévues pour cette infrac-
tion.

II. Poursuites
L’administration dont relève l’auteur de ces faits et la vic-
time de l’acte peuvent porter plainte auprès de l’officier de
police judiciaire. Elles peuvent saisir le parquet ou intenter

11
Crim . , 9 mars 1994, Bull., n°94.
22
Kisangani. , 20.8.1970, RJC., 1970, n°3, p.285.
Catalogue des infractions 225

des actions au tribunal. Le parquet également peut d’office


se saisir.
La prévention de destruction d’actes ou de titres est prévue
et trouve sanction au sein de l’article 145 de l’ordonnance-
loi n°68/193. Le législateur a été rigoureux jusqu’à réserver
la peine de servitude pénale de deux à vingt ans à tout fonc-
tionnaire qui détruirait les actes ou titres.
Le Tribunal de Grande Instance est compétent matérielle-
ment pour connaître de l’infraction de destruction d’actes ou
de titres. L’action publique se prescrit dans le délai de dix
ans à partir de la commission de l’acte délictueux. La peine,
elle, sera prescrite après vingt ans conformément aux ar-
ticles 27 à 34 du code pénal.

156. Destruction d’animaux


Voir destruction méchante d’animaux.

157. Destruction des bulletins de vote


Voir élections.

158. Destruction des constructions, ma-


chines ou autres objets d’utilité pu-
blique
Voir destruction des constructions, machines, tombeaux et
monuments-destruction et dégradation d’arbres, récoltes et
autres propriétés.

159. Destruction des constructions, ma-


chines, tombeaux et monuments -
destruction et dégradation d’arbres,
récoltes et autres propriétés
Sous cet intitulé, nous regroupons diverses préventions des
articles 110, 111, 112 et 113 du Code Pénal Congolais livre
II. En effet, le législateur distingue :
- le fait de détruire, renverser ou dégrader volontairement,
même sans intention méchante des bâtiments, des ports,
des digues, des chaussées, des chemins de fer, des ma-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
226

chines ou toutes autres constructions d’utilité publique


(art 110 CPL II) ;
- le fait de détruire ou endommager volontairement des
tombeaux, des signes commémoratifs, des monuments,
des statues ou autres objets de décoration ou d’utilité pu-
blique (art 111 du CPL II) ;
- le fait de détruire ou de dégrader volontairement des
arbres, des récoltes, des instruments d’agriculture ou
autres biens meubles ou immeubles appartenant à autrui
(art 112 et 113 du CPLII).
Les biens sans maîtres et les biens abandonnés ne sont pas
concernés.

I. Eléments constitutifs
1) Destruction de constructions, machines (art 110), tom-
beaux et monuments (art 111)
Cette infraction pour être établie exige la réunion des élé-
ments ci-après :
- une détérioration matérielle ; peu importe le moyen em-
ployé ;
- une chose définie par la loi ;
Au delà des choses énumérées aux articles 110 et 111 (bâti-
ments, ponts, digues, chaussées, chemins de fer, machines,
appareils télégraphiques ou téléphoniques) le juge peut ap-
pliquer l’article 110 dès qu’il y a détérioration d’une
construction ;
une intention de nuire n’est pas requise, seule la volonté de
détruire ou tout au moins de détériorer suffit. L’auteur doit
savoir qu’il s’agit d’une chose appartenant à autrui.
2) Destruction et dégradation d’arbres, récoltes et autres
propriétés (art 112 – 113)
Cette infraction également pour se trouver établie doit rem-
plir dans le chef de son auteur les conditions qui suivent :
- la détérioration ; peu importe le moyen employé ;
- une chose définie par la loi ; Le juge a un large pouvoir
d’appréciation ;
- l’existence d’une volonté de détruire ou de détériorer ;
Catalogue des infractions 227

- la connaissance par l’auteur que la chose est une proprié-


té d’autrui.
L’infraction de destruction ou de dégradation méchante de
biens mobiliers ne peut être établie s’il n’a pas été constaté
l’existence de l’élément matériel, à savoir le bien mobilier
endommagé1.
Quant à l’élément moral de l’infraction, il est de jurispru-
dence que n’est pas légalement motivé et doit être cassé le
jugement qui, pour justifier l’existence de l’infraction de
destruction méchante et volontaire, se borne à constater,
sans relever l’élément moral du délit que le prévenu a re-
connu avoir brisé la vitre de l’appartement qui lui avait été
donné en location par la partie civile2.

II. Poursuites
Quels sont les textes légaux et les pénalités ?
Les faits décrits à l’article 110 du code pénal livre II sont
punis au maximum de cinq ans de servitude pénale princi-
pale et d’une amende ou de l’une de ces peines. Les faits de
l’article 111 du code pénal livre II sont réprimés d’un mois
à un an de servitude pénale principale et d’une amende ou
une de peines seulement.
Quant aux faits de l’article 112 du code pénal livre II, ils
seront sanctionnés comme à l’article 110. L’article 113 du
code pénal livre II permet de sanctionner les destructions
d’arbres, récoltes ou autres propriétés. Les pénalités sont
de sept jours de servitude pénale principale au maximum et
d’amende ou d’une de ces peines uniquement.

160. Destruction des récoltes


Voir destruction des constructions, machines, tombeaux et
monuments-destruction et dégradation d’arbres, récoltes et
autres propriétés.

11
C.S.J., R.P. 144, 10 avril 1976, B.A. 1977, p.94.
22
C.S.J., R.C 47, 04 avril 1973, B.A. 1974, p.90.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
228

161. Destruction des tombeaux, monu-


ments et autres objets de décoration
publique
Voir destruction des constructions, machines, tombeaux et
monuments-destruction et dégradation d’arbres, récoltes et
autres propriétés.

162. Destruction du matériel de vote


Voir élections.

163. Destruction et dégradation


d’arbres, récoltes ou autres proprié-
tés
Voir destruction des constructions, machines, tombeaux et
monuments-destruction et dégradation d’arbres, récoltes et
autres propriétés.

164. Destruction méchante


Voir destruction des constructions

165. Destruction méchante des animaux


La destruction méchante des animaux est le fait de tuer ou
de blesser sans nécessité des bestiaux ou animaux domes-
tiques appartenant à autrui. Par animal domestique, il faut
entendre les animaux de la basse-cour mais aussi les ani-
maux sauvages domestiqués. Un animal sous le contrôle de
son maître, le gros bétail compris. Par bestiaux, il faut en-
tendre les animaux entretenus pour la production agricole
dans une exploitation.
Le mauvais traitement infligé aux animaux est à com-
prendre comme le fait de maltraiter publiquement, sans
motifs et sans nécessité les animaux domestiques. Le mau-
vais traitement doit dépasser les limites des actes normaux
de correction. Il concerne les animaux domestiques, les ani-
maux apprivoisés ou tenus en captivité.
Catalogue des infractions 229

Les actes de cruauté infligés aux animaux supposent la


réunion de deux conditions ; d’une part l’absence de néces-
sité et d’autre part l’existence de souffrances. Le mauvais
traitement et les actes de cruauté infligés aux animaux
visent toute personne, qu’elle soit propriétaire ou pas de la
bête.

I. Eléments constitutifs
Pour sa consommation, l’infraction de destruction méchante
des animaux exige la réunion des faits ci-après:
1. l’acte matériel de destruction. Celui-ci consiste en ce que
l’animal doit avoir perdu la vie ou avoir été blessé grave-
ment.
2. les animaux. Les animaux concernés sont les bestiaux et
animaux domestiques.
3. que l’animal appartienne à autrui.
4. un élément moral qui consiste en ce que l’animal doit
être tué ou blessé gravement, méchamment et sans né-
cessité, sans motif légitime, sans aucune justification.
Lorsqu’on assomme à l’aide d’un bâton un chien d’autrui ou
lorsqu’on enlève des cornes à une chèvre d’autrui ; on com-
met l’infraction de destruction méchante des animaux.

II. Poursuites
Le propriétaire de l’animal peut porter plainte. L’acte peut
être dénoncé par tout celui qui a vécu l’acte ou en a été in-
formé. Le Ministère public peut se saisir d’office.

a) Quel est le texte légal en matière de destruction


méchante des animaux ?
L’article 114 du code pénal livre II réglemente la destruc-
tion méchante des animaux. La disposition légale prévoit
des peines d’un mois à deux ans de servitude pénale princi-
pale et une amende. Une de ces peines seulement peut être
infligée.
Notons également que le législateur a entouré d’une protec-
tion les animaux. Il a, à cet effet, puni d’une servitude pé-
nale d’un mois au maximum et d’une amende ou d’une de
ces peines seulement (Décret du 27 novembre 1934) :
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
230

- ceux qui imposent à un animal un travail douloureux ou


dépassant manifestement ses forces (art. 1er, 2) ;
- ceux qui organisent des combats d’animaux (article 1er 3).
La destruction d’animaux n’est pas punissable si elle a été
motivée par la nécessité. Ce peut être ou la défense de sa
propre personne ou même la protection d’autres animaux
ou des biens.
Il y a néanmoins des cas où un fait normalement puni par la
loi doit être considéré comme objectivement légitime lors-
qu’il apparait comme l’exercice d’un droit, voire comme
l’accomplissement d’un devoir. L’acte qui présente toutes
les apparences d’une infraction punissable cesse d’en être
une en raison des circonstances dans lesquelles il a été ac-
compli. On appelle de telles circonstances des causes de
justification1.

11
Le Code Pénal Congolais ignore les causes de justification. Elles sont une création de la
jurisprudence. Les cours et tribunaux retiennent la légitime défense, l’état de nécessité et l’ordre de la
loi ou le commandement de l’autorité comme des causes de justification et à titre de principes généraux
de droit.
La légitime défense. « Il n’y a ni crime ni délit lorsque l’homicide, les blessures et les coups étaient
commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d’autrui ». Pour que la
légitime défense soit retenue :
1° L’attaque qui a provoqué la riposte doit être actuelle ou imminente. Si en effet on est en présence
d’une simple menace, il est possible de prévenir la police et l’on n’a pas à se faire justice soi-même.
2° L’attaque doit être injuste. Il n’ya pas de légitime défense contre celui qui ne fait qu’exercer un droit.
Nous estimons que la résistance à un policier qui procède à une arrestation ou à la dispersion d’une
manifestation, par exemple, n’est pas de la légitime défense. Elle constitue l’infraction de rébellion,
quand bien même l’action policière serait entachée d’irrégularité, voire d’illégalité.
3°La riposte doit être proportionnée à l’attaque ; mais la proportionnalité de la défense à l’agression ne
peut certes être extrêmement rigoureuse. Si la défense est manifestement excessive, l’acte ne se
trouve plus justifié.
4° La riposte doit être concomitante à l’attaque. Si le mal a déjà été accompli et que le danger a cessé,
la violence privée est condamnable. La défense est légitime mais la vengeance ne l’est pas.
5° La riposte est justifiée non seulement à l’agression dont on est soi-même victime, mais encore à
l’agression dont un tiers quelconque est victime ( et le policier a le devoir d’intervenir en l’occurrence).
Sur le plan civil aucune indemnité ne pourra être accordée à l’agresseur qui aurait pu subir un préjudice
du fait de la légitime défense. Le dommage qu’il subit est dû exclusivement en effet à l’agression dont il
avait pris l’initiative. Il y a faute de la victime et les règles de la responsabilité civile suppriment alors
toute possibilité de dommages-intérêts. Il appartient à celui qui invoque la légitime défense de prouver
que les conditions de celle-ci s’appliquent à l’acte qu’on lui reproche.
L’état de nécessité. Il est la situation dans laquelle une personne commet volontairement une
infraction afin d’éviter pour elle-même ou pour autrui un mal grave et imminent. Le mal dont on est
menacé résulte d’un concours de circonstances tandis que dans la légitime défense il résulte d’un tiers.
Ce sera par exemple, le cas pour la mère indigente qui vole un pain afin d’éviter que son enfant meurt
de faim.
Pour que l’état de nécessité puisse être invoqué, il faut que soient réunies plusieurs conditions :
1° Il faut que la commission de l’infraction apparaisse comme le moyen indispensable d’éviter le mal
dont l’agent est menacé.
Catalogue des infractions 231

b) Qu’en est-il du tribunal compétent et de la


prescription ?
Le Tribunal compétent pour juger la destruction méchante
des animaux est celui de paix. Ceci relève de la compétence
matérielle dévolue à cette juridiction. L’action publique de
l’infraction de destruction méchante des animaux est pres-
crite après trois ans. La peine, elle, est prescrite au délai
double de la peine prononcée mais à tout le moins deux
ans.

166. Destruction méchante des biens


d’un enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

167. Détention d’enfants dans le but


d’abuser d’eux sexuellement
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

168. Détention des animaux sauvages


Le législateur interdit de détenir des animaux sauvages ré-
putés dangereux ou nuisibles. Il s’agit notamment les lions,

2° Il faut que le mal redouté soit imminent. C’est parce que ce caractère n’apparaissait pas nettement
dans les espèces jugées que la jurisprudence a refusé généralement de considérer comme nécessaire
l’action des squatters (Nantes, 12 novembre 1956, D. 1957. 30)
3° Il faut que le mal écarté soit grave, et plus grave que celui qui résulte de l’infraction. Mais ce mal peut
être d’ordre moral et pas seulement matériel (Colmar, 6 déc.1957, Gaz. Pal. 1958. I. 202). L’évaluation
de la gravité du mal est parfois très délicate à faire lorsque l’on doit mettre en balance l’intérêt général
et des intérêts particuliers.
4° Il faut que le mal écarté soit injuste : le soldat qui fuit le combat ne pourrait invoquer l’état de
nécessité.
L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légitime. « il n’y a ni crime ni délit lorsque
l’homicide, les blessures et les coups étaient ordonnés par la loi et commandés par l’autorité
légitime »Celui qui a obéi à la loi et à l’autorité n’a en effet accompli que son devoir et il serait d’une
criante injustice de le poursuivre pour cela. Le médecin qui dénonce une maladie contagieuse que la loi
lui ordonne de signaler aux autorités sanitaires ne peut pas être poursuivi pour violation du secret
professionnel. L’huissier qui fait ouvrir une porte par un serrurier pour opérer une saisie ordonnée par
l’autorité judiciaire ne peut être poursuivi pour violation de domicile.
On assimile au commandement de la loi la simple permission expresse ou tacite de la loi.
Lorsque l’acte incriminé a été accompli en vertu d’un commandement illégal émanant d’une autorité
légitime, le fonctionnaire est délié de l’obligation d’obéir à un tel supérieur car un tel ordre est
manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.
Le commandement de l’autorité légitime ne constitue pas, à lui seul, le fait justificatif. Il requiert
cumulativement l’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légitime.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
232

léopards, hyènes, crocodiles, serpents venimeux, pythons,


chiens sauvages, grands oiseaux de proie, chacals, chats
sauvages et autres petits félins etc..
Toutefois, dans un but scientifique ou dans un intérêt supé-
rieur d’administration, le Gouverneur de province peut don-
ner autorisation de détenir un animal sauvage. Il prescrit
alors dans chaque cas les mesures de précaution à prendre
dans l’intérêt général ainsi que toutes autres mesures utiles
.Ces autorisations sont toujours révocables.

Régime répressif

a)Quel est le texte légal qui réglemente la


détention des animaux sauvage ?
L’ordonnance 54bis/Agri du 05 mai I936 porte divagation
des animaux et détention des animaux sauvages réputés
dangereux ou nuisibles. Les articles 10 et 13 en sont les dis-
positions pénales légales.

b) Quelles sanctions, les auteurs de l’infraction


peuvent-ils encourir ?
L’auteur de l’infraction de détention des animaux sauvages
encourt une servitude pénale de sept jours au maximum et
une amende ou l’une de ces peines seulement. Si cet auteur
ne bénéficie pas de privilège de juridiction, il sera justi-
ciable du tribunal de paix.

169. Détention d’ivoire brut


L’ord- loi n° 73 – 003 du 05 janvier 1973 est relative à la
réglementation et à la protection de l’ivoire. Les articles 27
et 31 de l’ordonnance citée sont les dispositions pénales
légales en matière de détention de l’ivoire. La détention, le
trafic, l’achat sans autorisation ni permis de détention légi-
time d’ivoire brut sont punis d’une servitude pénale de deux
mois au maximum et d’une amende ou de l’une de ces
peines.
Il a été jugé que lorsque le prévenu n’a détenu ni pour lui-
même ni pour autrui, des pointes dont la détention est illi-
cite, mais saisi en cours de transport , il doit être renvoyé
des poursuites ; toutefois les pointes doivent être confis-
Catalogue des infractions 233

quées, leur seule détention constituant une infraction 1.Si le


prévenu a été trouvé détenteur d’une défense d’un éléphant
qu’il avait tué pour sauvegarder ses plantations, et sans
avoir accompli les formalités prescrites, il tombe sous l’ap-
plication de cette ordonnance-loi2..

170. Détention et rétention des stocks


Voir réglementation des prix.

171. Détention illégale d’armes et muni-


tions
I. Considérations
A l’exception des membres des Forces armées de la Répu-
blique Démocratique du Congo(FARDC), de la Police Natio-
nale Congolaise (PNC), conformément aux règlements et
instructions en vigueur et des personnes porteuses des au-
torisations légales ou administratives, la loi interdit la dé-
tention d’armes et munitions de guerre.

II. Eléments constitutifs


Pour sa consommation, l’infraction de détention d’arme ou
munitions de guerre exige les éléments constitutifs qui
suivent :

1. Les éléments matériels


a. La détention, la fabrication, la réparation, l’abandon, l’ex-
position en vente, la cession, la distribution, le transfert,
l’importation, le dépôt des armes de guerre ou leurs ac-
cessoires ainsi que les munitions conçues pour ces
armes.
b. la détention, la fabrication, la réparation, l’abandon de
toutes armes offensives et secrètes.
c. la fabrication, la détention ou le port des armes blanches
empoisonnées.

11
Elis. , 25 juillet 1922, Jur. Kat. I p.296.
22
Elis. , 1 Août 1913, Jur. Congo 1921, p.208.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
234

2) Le défaut d’un titre ou d’un droit


C’est une obligation légale que la détention et tous les
autres actes matériels cités ne peuvent se réaliser qu’en
vertu d’un titre ou d’un droit. On est donc exposé à la sanc-
tion par suite du défaut de titre ou d’un droit et logique-
ment par défaut de qualité ou par défaut d’acte de l’autorité
compétente.
Il est de jurisprudence que la simple détention d’arme à feu
sans permis de port d’arme est punissable, la loi ne requé-
rant ni dol spécial, ni même une quelconque volonté de dé-
linquer.1

II. De la répression
Ceux qui violent cette interdiction seront poursuivis confor-
mément à l’ordonnance-loi n°85/035 du 03/09/1985. Ils se-
ront punis d’un mois à dix ans de servitude pénale princi-
pale et d’une amende.

172. Détention illicite des documents


Voir rétention illicite des documents.

173. Détention illicite des substances


minérales
Voir code minier.

174. Détournement d’aéronef


Voir Terrorisme.

175. Détournement de main-d’œuvre


Le détournement de main d’œuvre est le fait pour un prépo-
sé d’utiliser à son profit ou au profit d’un tiers, sans l’ac-
cord de son patron, les travailleurs placés sous ses ordres
pour exécuter un travail déterminé (G. Mineur). L’infraction
de détournement de main-d’œuvre est également appelée
« détournement des travailleurs ».

11
C.S.J., RP 2, 10 juin 1972, B.A. 1973 , p. 88 ; RJZ. 1972, p. 135.
Catalogue des infractions 235

I. Eléments constitutifs
Pour qu’il y ait infraction de détournement de main-
d’œuvre, il faut l’existence d’éléments constitutifs. Il s’agit :
1. d’un contrat de travail ou d’un statut ;
2. des travailleurs sous l’autorité de celui qui commet l’in-
fraction ;
3. d’un détourneur utilisant les travailleurs mis à sa disposi-
tion pour des travaux autres que ceux de l’employeur et
aux frais de ce dernier.
Lorsqu’un chef de chantier prélève des ouvriers parmi ceux
mis à sa disposition pour se faire construire une maison, un
architecte envoie des ouvriers travailler (gratuitement ou
pour faire plaisir à un ami) dans une autre entreprise que
celle qui l’emploie ; ils peuvent être poursuivis et condam-
nés pour détournement de main d’œuvre.

II. Poursuites

a)Quel est le texte légal en la matière ?


L’article 97 du Code pénal Livre II est le siège de cette in-
crimination. La disposition légale définit les faits constitu-
tifs du détournement de main d’œuvre et réprime l’infrac-
tion.

b) Qu’en est-il des pénalités et de la prescription ?


L’auteur du détournement de main d’œuvre est passible des
sanctions allant de trois mois à cinq ans de servitude pénale
principale et d’amende ou d’une de ces peines seulement. Il
pourra être traduit par-devant le tribunal de paix. Si dans
les trois années qui suivent la commission de l’infraction,
aucune poursuite n’est engagée, l’action publique sera
éteinte.

176. Détournement des deniers publics


ou privés
Pour parler de détournement, il faut que le fonctionnaire ait
eu l’argent ou les biens à sa disposition. Ces choses doivent
lui avoir été confiées à l’occasion de l’exercice de ses fonc-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
236

tions, soit par l’Etat ou une autre collectivité publique, soit


par les particuliers (administrés, redevables, contribuables
etc.), soit enfin par les utilisateurs d’un service public qui
peut opérer des transferts de fonds.
Le détournement suppose que le fonctionnaire sait perti-
nemment qu’il n’a pas un droit de propriété sur les fonds ou
sur les choses, mais qu’il en est comptable et qu’il doit
veiller à leur conservation ; il ne doit pas se les approprier,
ni les utiliser à des fins personnelles.

I. Eléments constitutifs
En République démocratique du Congo, les articles 145,
145 du Code pénal Livre II modifié par l’article 2 de la loi
n°73/017 du 5/1/1973,145bis, 145ter du Code pénal LII pré-
voient et répriment le détournement des deniers publics ou
privés. L’infraction de détournement des deniers publics
comporte cinq éléments constitutifs : la qualité de l’agent,
l’objet de l’infraction, la victime, l’acte incriminé et l’inten-
tion criminelle.

1. La qualité de l’agent.
Au début, la qualité de fonctionnaire était autant que pos-
sible strictement limitée aux personnes qui bénéficiaient du
statut de la fonction publique. La jurisprudence semble
avoir étendu la qualité de fonctionnaire aux agents des per-
sonnes morales de droit public ou même aux personnels des
personnes morales de droit privé d’utilité plus ou moins pu-
blique, ou même à des particuliers dans certains cas.
a) Les personnes ayant la qualité juridique de fonctionnaire
public.
Pour déterminer la qualité de l’agent de l’infraction de dé-
tournement des deniers publics, la notion de fonctionnaire
est largement étendue. La qualité des coupables de l’infrac-
tion de détournement de deniers publics n’est pas limitée
aux seuls « dépositaires ou comptables publics, et percep-
teurs ou commis à une perception publique, mais s’étend,
outre tous les fonctionnaires publics et les officiers publics,
à toute personne chargée d’un service public1. Les auteurs
et la jurisprudence donnaient à ces expressions un sens :
1
Article 145 du Code Pénal du Congo belge.
Catalogue des infractions 237

« les fonctionnaires publics sont les personnes qui parti-


cipent à un service d’Etat d’intérêt public, après un acte de
nomination et une prestation de serment, tandis que « les
officiers publics sont les personnes chargées d’un emploi
public, dont le concours est nécessaire pour des actes d’in-
térêt public ou privé1. Les personnes chargées d’un service
public sont les dépositaires ou comptables qui, sans être
fonctionnaires ou officiers publics sont institués pour un
intérêt d’ordre public, et qui reçoivent des deniers ou effets
en vertu de leur charge. Quoiqu’il en soit, la qualité de
l’agent de l’infraction de détournement des deniers publics
permet de réprimer les détournements commis par les fonc-
tionnaires ou employés des « services publics » au sens du
droit administratif. Cette qualité peut prêter à confusion. A
ce sujet, il a été dit qu’un batelier de l’ONATRA, organisme
de droit public est un fonctionnaire au sens de l’article 145
du code pénal livre II, tandis qu’un inspecteur engagé par
une congrégation religieuse, chargé d’un enseignement
subsidié, n’a pas qualité de fonctionnaire public 2. Le tribu-
nal devra le juger sur base de l’infraction d’abus de
confiance prévue et punie par l’article 95 du même code3.
b) les personnes assimilées
La loi se contente d’étendre la définition de fonctionnaire
telle que donnée par le droit administratif au plus grand
nombre possible d’agents du secteur public. La loi du 5 jan-
vier 1973 vise expressément les agents des personnes mo-
rales de droit privé, c’est-à-dire des sociétés, entreprises et
organismes de droit privé appartenant à l’Etat, ou encore
qui sont déclarés ou jugés d’utilité publique. En substance :
« toute personne représentant les intérêts de l’Etat ou
d’une société étatique au sein d’une société privée, parasta-
tale ou d’économie mixte, en qualité d’administrateur, de
gérant, de commissaire aux comptes, ou à tout autre titre ,
tout mandataire ou préposé des personnes énumérées ci-
dessous(J.OR.Z., n° 5, du 1er mars 1973,p.322.). Bref, dans
les termes de l’incrimination, la loi s’applique à :
- tout fonctionnaire ou officier public ;

1
Cf. PAND. B.V° Officier public, n°1 et Servais, Code pénal interprété, article 240, n°1.
2
Kinshasa. , 06 août et 07 septembre1973, RJZ 1973, Septembre-décembre n° 3 p.269 et 272.
3
C.S.J., R.P 271, 27 juin 1979 B.A 1984.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
238

- toute personne chargée d’un service public ou parasta-


tal ;
- toute personne représentant les intérêts de l’Etat ou
d’une Société Etatique au sein d’une société privée, para-
statale ou d’économie mixte en qualité d’administrateur
gérant, commissaire aux comptes ou à tout autre titre,
tout mandataire ou préposé des personnes énumérées ci-
dessus.

2) L’objet de l’infraction.
Pour que l’infraction de détournement des deniers publics
soit constituée, il faut qu’il s’agisse de certains biens, c’est-
à-dire d’une nature donnée, et que ces biens aient été
confiés à celui qui les a détournés.
a)La nature des biens détournés
Le texte parle des deniers. Le denier est une ancienne mon-
naie française d’or ou argent. L’extension progressive en
donne le sens large d’ « espèce monnayée ». La RDC parle
des « deniers publics ou privés ». Il importe que les deniers
qui sont l’objet de l’infraction, soient la propriété de l’Etat,
d’une province, d’un ministère, d’une commune, d’un terri-
toire, d’un établissement public ou de simples particuliers.
Le texte incrimine celui qui aura détourné des deniers pu-
blics ou privés, « des effets en tenant lieu, des pièces, titres,
actes, effets mobiliers » (article 145 du code pénal congo-
lais). Le détournement peut concerner des choses non ap-
préciables en argent et des choses appréciables en argent.
b) la détention préalable des biens détournés.
Il faut que les biens aient été remis ou confiés au fonction-
naire ou agent assimilé, qui les a détournés, et que cette
remise ait eu lieu à raison des fonctions officielles ou de
l’emploi dont il était investi. L’article 145 du code pénal
congolais exige que les biens publics ou privés soient entre
les mains du coupable en vertu ou à raison de sa charge. En
matière de détournement des deniers publics par un fonc-
tionnaire public, la remise peut être opérée uniquement en
vertu de la fonction ou de la charge. C’est le cas, par
exemple, du versement à l’huissier de la somme qui repré-
sente les frais de mise au rôle. Elle peut aussi être opérée à
titre de mandat, lequel mandat trouve son fondement dans
la fonction ou la charge du mandataire ; par exemple un
Catalogue des infractions 239

greffier qui détourne les deniers qui lui sont confiés pour
payer les amendes et les frais de justice.
La détention doit s’expliquer très exactement par la fonc-
tion de l’agent, car le détournement des deniers publics ne
se conçoit qu’à cette condition. C’est ainsi qu’un inspecteur
engagé par une congrégation religieuse chargée d’un ensei-
gnement subsidié n’a pas la qualité de fonctionnaire. La
fonction en vertu de laquelle il détenait les deniers publics
n’est pas celle que visent les articles du code réprimant l’in-
fraction. Il ne peut donc commettre l’infraction de détour-
nement de deniers
Par ailleurs, il n’est pas nécessaire que la remise des de-
niers ait été faite directement au prévenu par l’Etat qui a
conclu avec le coupable un contrat de louage de service. Il y
a donc remise au sens de l’article 145 du Code Pénal
Congolais, livre II, lorsque le prévenu avait été constitué,
d’une manière quelconque, possesseur précaire de la
somme détournée1.

3) La victime de l’infraction
La victime de l’infraction de détournement des deniers pu-
blics ou privés est généralement l’Etat et les collectivités
publiques qui sont les démembrements de l’Etat, mais elle
peut aussi, dans certains cas, être une personne morale se-
mi-publique, ou même, à la limite, un particulier.
a) L’Etat et les collectivités publiques
L’Etat ou les collectivités publiques sont généralement soit
propriétaires des deniers ou des objets, soit bénéficiaires
des titres ou des valeurs, etc. La victime de l’infraction c’est
essentiellement l’Etat et très accessoirement les collectivi-
tés publiques ou les établissements publics.
b) Les personnes morales semi-publiques
La victime peut également être une personne juridique de
nature mixte, au sens que ce n’est ni l’Etat lui-même ou une
administration de l’Etat, ni un particulier proprement privé,
mais une personne morale dans laquelle l’Etat possède des
intérêts, soit seul (sociétés et entreprises d’Etat), soit en
association avec d’autres personnes morales de droit privé
(sociétés d’économie mixte), qui souffre dans son patri-
1
Kinshasa., 30 décembre 1973, R.J.Z., 1974, n°2, p.99.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
240

moine du fait des agents publics .L’article 145 du code pé-


nal livre II n’assimile pas les personnes morales semi-pu-
bliques à l’Etat et aux collectivités publiques ni les biens
des premières à ceux des seconds, mais il protège les biens
de ces personnes contre les agissements malhonnêtes des
fonctionnaires publics qui sont appelés à y représenter les
intérêts de l’Etat ou d’une société étatique.
c) Les particuliers
La victime du détournement peut, en effet, être une per-
sonne privée, c’est-à-dire un tiers, un administré, un rede-
vable, un justiciable, une société privée qui avait confié la
chose, le titre, le document ou parfois les fonds, au fonc-
tionnaire ou à la personne assimilée, mais sans perdre son
droit de propriété sur cette chose.
L’article 145 du code pénal congolais livre II vise les « de-
niers privés », c’est-à-dire les deniers appartenant en pro-
priété à des particuliers, à des personnes privées, en même
temps que les « deniers publics », c’est-à-dire ceux apparte-
nant à l’Etat ou aux personnes morales de droit public. Il
existe de nombreux cas où ce sont les particuliers qui
souffrent des dommages occasionnés par les actes malhon-
nêtes des fonctionnaires. Un ouvrier dont le fonctionnaire
chargé de la paie en espèces a détourné le salaire, ou un
créancier saisissant dont le greffier ou l’officier public a dé-
tourné les sommes provenant de la vente aux enchères des
biens saisis, ou encore un client qui remet à l’administra-
tion des Postes pour le transmettre à un destinataire déter-
miné, un pli chargé dont un agent de cette administration
détourne le contenu, etc. Le même détournement peut por-
ter atteinte à la fois à la fortune publique et à la propriété
privée, comme c’est le cas dans le dernier exemple ci – des-
sus : le détournement des taxes ou amendes perçues, sans
délivrance de reçu, prive l’Etat de rentrées de fonds et
oblige le redevable à opérer de nouveaux prélèvement sur
son patrimoine.

4. L’acte incriminé
a) Notions
L’acte incriminé est le détournement. Le détournement est
un élément matériel qui caractérise l’infraction de détour-
Catalogue des infractions 241

nement de deniers publics. Le détournement est aussi l’élé-


ment matériel d’autres infractions telles que l’abus de
confiance. On entend par détournement l’usage ou la dis-
position d’objets ou de deniers qui sont dans les mains ou
au pouvoir de l’auteur, à une fin qui ne leur était pas assi-
gnée. Il y a détournement dès que l’objet a été distrait de sa
destination et est sorti de la droite voie1.
b) consommation de l’élément matériel de détournement
Que le détournement soit une dissipation mettant l’auteur
dans l’impossibilité de restituer ou un usage abusif suivi
d’un refus de restituer, elle est toujours consommée, en
tant qu’élément matériel dès que l’objet quitte la « droite
voie », c’est-à-dire la place qu’il doit occuper à tel moment.
C’est l’objet qui est dissipé, distrait, caché, « mis à
l’ombre », ou déposé chez un tiers. Peu importe la possibili-
té de réparation ou de remise en état, la restitution effec-
tive ou l’impossibilité ou refus de restituer ; elles sont indif-
férentes à la réalisation de l’infraction. Que l’auteur du dé-
tournement ait des ressources suffisantes pour rembourser
les sommes détournées, qu’il ait offert de les rembourser,
qu’il se soit même libéré, tout cela est indifférent 2. Il a été
jugé que le détournement de deniers publics est une infrac-
tion instantanée et que le remboursement de la somme dé-
tournée, dès la toute première réquisition, est par consé-
quent inopérant quant à l’existence de cette infraction3

5. L’intention criminelle
a) Dol spécial et volonté d’appropriation
Il s’agit d’une appropriation injuste ou une rétention in-
juste. Le détournement comme la soustraction impliquent
nécessairement l’idée de fraude4. Il faut donc la preuve de
la décision unilatérale et volontaire d’appropriation ou de
rétention, ou, si l’on veut, la preuve de l’intention dolosive
ou frauduleuse. Ainsi, il a été jugé :

1
Ainsi, il n’y a pas de détournement de derniers publics, quand les sommes prétendues détournées ont
été versées au prévenu à titre de salaire se rapportant à une période de service actif : cfr KIN, 7 juin
1974, RJZ 1974, n°3, p. 2364 ; novelles, op cit, n°3357
2
Cf.Novelles n° 3372 ; Nyppels et Servais, op. cit, T.II, p.94, n°8.
3
Kisangani, 2 mars 1973, R.J.Z., 1974, n°s 1 et 2, P. 48. Voir aussi, cass. Belge, 17 novembre 1952,
Pas., 1953, I, 168.
4
cf Novelles, op cit T. III, n°3384 bis ; R Vouin, op. cit. ; par M.L. Rassat, n° 57
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
242

- que le détournement de deniers publics est caractérisé


par l’utilisation privative des deniers contrairement à
leur destination, dans la conscience que cet acte de dis-
position causait ou pouvait causer préjudice et que le fait
reste punissable même si le prévenu n’avait pas eu l’in-
tention de s’approprier définitivement les fonds1 ;
- que l’allégation mensongère d’un vol fantaisiste invoqué
par celui qui avait la garde des biens, est révélatrice de
l’intention frauduleuse de détournement commis par une
personne chargée d’un service public2.
Pour tomber sous le coup de la loi, le fonctionnaire prévenu
de détournement doit avoir agi avec une intention fraudu-
leuse. Cela signifie qu’il faut un dol spécial. Celui-ci s’ana-
lyse en une volonté d’appropriation, mais peut aussi, plus
spécialement en matière de détournement par fonctionnaire
public, se ramener à une simple volonté d’utilisation mo-
mentanée de la chose. En générale, les seules connaissance
et conscience du détournement ne suffisent pas à constituer
l’intention frauduleuse, l’auteur doit être mu par une volon-
té dolosive. Celle-ci exige pour la réalisation de l’infraction
de détournement, entre autres, que l’agent ait agi avec une
volonté libre. Il en est autrement d’un fonctionnaire qui,
chargé de payer les traitements d’un mois, en paie pour
deux mois sous la pression et les menaces des travailleurs 3 .
De même, des déficits de caisse dus à des erreurs commises
dans la tenue de la comptabilité ne suffisent pas, en l’ab-
sence de toute intention frauduleuse, à constituer l’infrac-
tion de détournement de derniers publics4 , autrement dit
un simple déficit de caisse imputable à un agent de l’Etat
ne constitue pas un détournement, si la preuve de l’inten-
tion frauduleuse de s’approprier les fonds manquants n’est
pas établi à suffisance5.
L’intention frauduleuse exigée par l’article 145 précité pour
l’établissement de l’infraction de détournement doit être
prouvée et non supposée. Le simple défaut de représenta-
tion des fonds ne l’établit pas. Tel est le cas, si par erreur et
bonne foi, le possesseur avait cru faire des fonds un emploi
1
Cf Kin., 29 décembre 1966, R.J.C. 1967,2 ,128.
2
Kin., 6 août 1973, R.J.Z, 1973-3-269.
3
Cf lub., 11 décembre 1969, RJC. ; 1970-1-51
4
C. S.J. , de Kin ; 7 juin 1974, penant, 1975-4-541
5
Kin, 11 juin 1973, RJZ. ; 1973-3-364.
Catalogue des infractions 243

convenu, vu la confiance spéciale que lui inspirait celui à


qui il remettait ceux-ci1. Le caractère frauduleux du détour-
nement réside uniquement dans l’appropriation injuste ou
la détention injuste.
b) Dol spécial et volonté d’utilisation
Le fonctionnaire ou assimilé peut ne pas avoir eu l’intention
de s’approprier les biens qui lui avaient été confiés. Il avait
simplement l’intention de les utiliser à son profit en comp-
tant les remettre en place ou les rembourser avant que ne
soit découvert l’emploi irrégulier qu’il en a fait. Ce compor-
tement constitue un manquement grave à la probité.
Aux termes de la jurisprudence la plus répandue le législa-
teur punit toute personne précitée qui aura détourné des
deniers publics ou privés, des effets tenant lieu de pièces,
titres, actes, effets mobiliers qui étaient entre ses mains,
soit en vertu, soit en raison de sa charge. C’est pourquoi le
détournement de deniers publics n’est pas établi dans le
chef du prévenu quand les fonds ont été gérés uniquement
par la caissière sans que le prévenu en ait la détention ma-
térielle ni qu’il ne les ait non plus utilisés2 .
Par contre, l’infraction est établie dans le chef d’un Com-
missaire d’Etat (Ministre) qui a donné ordre à un officier
placé sous tutelle de son département de payer une facture
adressée à ce département, si ce payement a été sans
contrepartie et que les sommes payées ont été partagées
entre l’auteur de l’ordre et l’auteur de la facture3 .

Les fonds déposés dans un compte bancaire dont le retrait


ne peut être effectué que sous la seule signature du préve-
nu sont entre les mains du prévenu et peuvent faire l’objet
d’un détournement4.

II. Régime répressif et poursuites


Les poursuites sont engagées par le parquet ou sur dénon-
ciation. La plainte de la victime de l’infraction de détourne-
ment des deniers publics ou privés n’est pas nécessaire.

1
Kin., 12 octobre 1973, R.J.Z., 1973-36277.
2
C.S.J., R.P.A 56, 29 juin 1979, B.A. 1984, p.139.
3
C.S.J., R.P 20/ C.R. ,15 août 1979, R.J.Z 1979, p.56 ; B.A. 1984, p .194.
4
C.S.J., R.P 2O/ C.R ; 15 août 1979 B.A. 1988 p. 194.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
244

L’action publique peut être mise en mouvement contre l’au-


teur de cette infraction par le Ministère public, même d’of-
fice.
Les articles 145, du Code pénal Livre II modifié par l’art 2
de la loi n°73/017 du 5/1/1973,145bis, 145ter du Code pé-
nal LII répriment1 cette infraction des travaux forcés (d’une
année à 20 ans), et d’autres peines accessoires :
L’article 145 édicte :
1. la confiscation de tous les biens du coupable (dérogation
à l’article 5 alinéa I du code pénal livre I) ;
2. l’interdiction pour 5 ans au moins, de 10 ans au plus,
après expiration de la peine du droit au vote et du droit
d’éligibilité ;
3. l’interdiction d’accès aux fonctions publiques et paraéta-
tiques quel qu’en soit l’échelon ;
4. la privation du droit à la condamnation ou à la libération
conditionnelle et à la réhabilitation ;
5. l’expulsion définitive du territoire national, après l’exécu-
tion de la peine, si le condamné est un étranger ;
6. Ces peines s’appliquent aussi à toute personne qui,
sciemment, dissimule ou cache les biens du condamné en
vue de les soustraire à la confiscation.
L’article 145bis prévoit que toute personne citée à l’article
145 qui aura méchamment ou frauduleusement détruit ou
supprimé, dissimulé ou caché des actes, des titres ou tout
autre document dont il était dépositaire en sa qualité ou qui
lui avaient été communiqués en raison de sa charge, sera
punie d’une servitude pénale principale de deux à vingt ans;
Au regard et partant de l’article 145ter, les infractions vi-
sées aux articles 79 à 81 (vol), 89 à 94 (banqueroute) 98 à
100 (escroquerie et tromperie), 101 à 102 (recel et cel frau-
duleux), 124 à 127 (faux et usage de faux) seront punies des
1
Qu’adviendrait-il si le prévenu condamné venait à décéder ? Le décès du délinquant éteint l’action
publique, qu’il survienne avant le déclenchement des poursuites ou après celui-ci, avant la décision
définitive. Par contre l’action civile peut être poursuivie contre les héritiers du de cujus. La mort du
condamné est l’issue normale des peines perpétuelles. La mort met fin à l’exécution des peines
temporaires. Cela est conforme au principe de la personnalité des peines qui s’oppose à ce qu’on
étende l’application de la peine aux héritiers. Par contre, les condamnations civiles (restitutions,
dommages-intérêts, frais) ne constituent pas des sanctions pénales, et peuvent être exécutées contre
les héritiers. De même, dans le cas où la loi prévoit des civilement responsables de l’amende, ces
derniers restent tenus de la payer en cas de décès du condamné. La confiscation spéciale pourra être
exécutée même après la mort du condamné, à condition que le jugement la prononçant soit coulé en
force de chose jugée du vivant du condamné.
Catalogue des infractions 245

peines doubles de celles prévues par la loi lorsqu’elles ont


pour but de réaliser ou de dissimuler le détournement.
Il faut signaler d’une part que l’article 145 prévoit une
peine des travaux forcés tandis que son bis punit d’une ser-
vitude pénale principale. D’autre part, le minimum de la
servitude pénale est de un jour alors que celui des travaux
forcés est de un an (art 6 du Code de Procédure Pénale mo-
difié par la loi vantée).
Le détournement se prescrit après 10 ans. La peine de la
confiscation spéciale se prescrira dans le même délai que la
peine dont elle est l’accessoire (art. 31 du CPL Ier).

III. Restitutions et dommages-intérêts


Aux termes de l’article 15 du code pénal, toute condamna-
tion pénale est prononcée sans préjudice des restitutions et
dommages-intérêts qui peuvent être dûs aux parties. Il a
été jugé :
- conformément à l’article 105 du code de l’organisation et
de la compétence judiciaires que la restitution des fonds
détournés suppose que ces fonds ont été retrouvés (CSJ.,
26 août 1980- RP 22/CR, in Dibunda, Op. cit. V° restitu-
tions.) ;
- qu’une entreprise publique, victime du détournement de
deniers publics, a droit à la restitution des montants dé-
tournés1.

177. Détournement des effets militaires


L’infraction de détournement des effets militaires est à défi-
nir comme le fait de disposer des effets auxquels on accède
dans le but de s’en emparer en violation de l’obligation de
les rendre au service, de les remettre au destinataire ou
soit de procurer à autrui un avantage illégitime au préju-
dice de l’Etat, de l’armée ou des services apparentés, voire
des militaires. Le détournement des effets militaires est
puni par l’article 74 du code pénal militaire.

1
CSJ. , 13 avril 1981-RPA 69- in Dibunda, Op.cit,V° restitution, n° 5,p.213.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
246

I. Eléments constitutifs spécifiques


Les indispensables éléments suivants doivent être réunis
pour que soit établie l’incrimination de détournement des
effets militaires ou des effets de l’Etat :
1. L’acte de l’agent de s’emparer ou d’enrichir le patrimoine
d’autrui des armes et munitions de guerre, des véhicules
à l’usage de l’armée ou des services apparentés, des de-
niers publics, effets et autres objets à lui remis pour le
service ou à l’occasion du service, appartenant à l’Etat ou
à des militaires.
2. L’intention frauduleuse à déduire du fait de se procurer
soit à soi-même, soit à un tiers un avantage quelconque
au préjudice d’autrui, pendant que l’on est en fonction.
Jugé que la bonne foi de l’agent exclut toute intention
frauduleuse1 . Il en a été décidé d’un militaire qui bien
qu’en possession d’armes de guerre, les a simplement
gardées chez lui deux jours durant, alors qu’il lui était
loisible au regard de ses fonctions d’accéder à tout mo-
ment au magasin d’armement2.

II. Régime répressif


L’agent reconnu coupable de détournement des effets mili-
taires ou des effets de l’Etat encourt une peine d’un à dix
ans de servitude pénale principale. La confiscation spéciale
est également prévue ; mais elle est facultative et ne pourra
porter que sur les biens déterminés par la loi, ou sur ceux
ayant servi à la commission de l’infraction.
Aux termes de l’article 34 du Code Pénal Militaire, tout mi-
litaire ou assimilé condamné pour vol ou détournement
d’effets militaires, entre autres : les armes, munitions de
guerre, deniers, véhicules, bâtiments de guerre, aéronefs
militaires, etc. sera d’office renvoyé de l’armée ou de son
service. Le renvoi intervient automatiquement, peu importe
le taux de la peine, ou encore que le juge l’ait prononcé ou
non.

1
CGG, 5 décembre 1978, RJF, Vol. 0002, 1985 ; éd. Audit Gén., Kinshasa 1986, p.106.
2
CGG, 3 mai 1985, idem, p.99.
Catalogue des infractions 247

178. Détournement des substances mi-


nérales
Voir code minier.

179. Détournement des travailleurs


Voir détournement de main-d’œuvre.

180. Détournement d’objets saisis


Il y a détournement d’objets saisis par le fait de soustraire
des objets sous main de la justice. La saisie peut avoir été
opérée par le juge, l’officier du Ministère public ou l’officier
de police judiciaire. L’auteur du détournement peut être le
gardien ou toute autre personne.

I. Eléments constitutifs
Pour se caractériser, le détournement d’objets saisis exige
un élément matériel de détournement ou de destruction
d’objet saisi entre ses mains et confié à sa garde ou à celle
d’un tiers. Les juges doivent tenir compte de toutes les si-
tuations dans lesquelles les immeubles et les meubles ont
été légalement placés sous l’autorité de la justice. Le refus
d’une personne de remettre les biens saisis ou la résistance
persévérante et non motivée de s’y opposer en cas de dispa-
rition physique de l’objet constitue l’infraction 1.Le déplace-
ment matériel et tout acte de disposition juridique (la dona-
tion, ou la vente du bien ou des parts sociales) tombent
sous le coup de la loi. Il faut qu’une saisie ait été opérée sur
les objets détournés. L’infraction n’existe pas si l’objet n’a
pas été placé sous main de justice. Il nécessite que l’objet
ait été détourné. Le détournement consiste dans l’enlève-
ment, le déplacement, le transport dans un autre lieu, ou
même le simple recel ou la résistance non motivée et per-
sistante à représenter l’objet. Le détournement doit être le
fait du propriétaire de l’objet ou du gardien.
Le détournement d’objets saisis est nécessairement inten-
tionnel. L’intention coupable consiste dans la connaissance
par le prévenu que l’objet avait le statut d’un objet saisi et
qu’il l’avait enfreint sciemment. De manière générale, la
11
Crim., 6 novembre 1956, Bull. 711 ; D.1957, p.5.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
248

mauvaise foi est caractérisée par la conscience que le dé-


tournement porte atteinte aux droits du créancier. L’inten-
tion frauduleuse requise peut être manifestée par la discré-
tion entourant l’opération de vente illicite 1. L’intention fe-
rait défaut si le détournement avait été opéré avec le
consentement du saisissant. L’infraction, en effet, est éta-
blie en vue de la protection des droits des tiers. Notons que
la jurisprudence reconnaît que la remise ultérieure du pro-
duit de la vente effectuée par le coupable n’est pas élisive
de l’infraction de détournement d’objets saisis d’autant plus
que cette remise ne fut même pas spontanée2. Aussi, en réa-
lisant au mépris de la procédure sur la vente d’objets saisis
et à l’insu du gardien constitué la vente d’objets saisis, l’in-
fraction de détournements d’objets saisis est réalisée. 3 La
nullité de la saisie ou sa main-levée ne justifie pas l’infrac-
tion.
Faire voyager une baleinière saisie, utiliser un véhicule sai-
si sans autorisation, déplacer dans le but de les soustraire
des meubles saisis sont là des exemples constitutifs de la
prévention de détournement d’objets saisis.

II. Poursuites

a)Quel est le texte légal et quelles sont les


sanctions ?
L’article 83 du Code pénal livre II prévoit et réprime l’in-
fraction de détournement d’objets saisis. Cet article prévoit
que l’auteur de cette infraction sera puni de cinq ans maxi-
mum de servitude pénale et d’une amende ou d’une de ces
peines seulement.

b) Qu’en est-il du tribunal compétent et de la


prescription ?
Le juge compétent est le Tribunal de Paix. Il a la faculté de
prononcer soit la peine de servitude pénale principale et
l’amende, soit l’une de ces peines seulement. L’infraction
de détournement des biens saisis se prescrit dans le délai
de trois ans.
11
C.S.J., R.P.A, 12, 3 mars 1972, B.A. 1972 p.26.
22
C.S.J., R.P.A. 12, 3 mars 1972, B.A. 1973 p. 26, R.J.Z 1973 , p. 33.
33
C.S.J., idem.
Catalogue des infractions 249

c)Particularités propres à l’infraction sous étude


La qualification pénale peut appréhender la saisie immobi-
lière, la saisie arrêt, le séquestre, la saisie en vue de la
peine de confiscation prononcée par une juridiction pénale.

181. Détournement d’objets saisis, mis


sous séquestre ou confisqués
L’infraction de détournement d’objets saisis, mis sous sé-
questre ou confisqués concerne les articles 111 et 132 du
Code Pénal Militaire. Cette infraction requiert des éléments
constitutifs propres. L’agent qui commet l’infraction est
passible des sanctions appropriées.

I. Eléments constitutifs de l’infraction ?


1. Pour être consommée, cette incrimination doit avoir pour
auteur dans le cas de :
- l’article 111 du code pénal militaire tout individu, mili-
taire, assimilé ou civil. Ce dernier doit avoir détourné
des objets placés sous la main des instances militaires
ou des instances judiciaires militaires ou encore, il doit
s’agir du saisi constitué gardien des objets placés sous
la main des instances militaires ou des instances judi-
ciaires militaires.
- l’article 132 du Code Pénal Militaire, l’auteur est un
officier du Ministère public militaire ou tout membre
de la Commission des Biens saisis, mis sous Séquestre
ou Confisqués.
2. Il doit s’agir
- d’un acte d’appropriation indue pour soi-même ou pour
un tiers, d’un bien placé sous la main de la justice ou
détenu pour besoin d’enquête, saisi mis sous sé-
questre, confisqué et dont on a la garde, la sur-
veillance ou la gestion ;
- au sens de l’article 132 du Code Pénal Militaire, de
l’utilisation, de la jouissance illégitime d’un bien par
un officier du Ministère public, par un membre de la
commission des biens saisis comme s’il en était le véri-
table propriétaire.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
250

Bref, il doit s’agir d’un détournement ou d’une utilisation


illégitime de biens saisis, mis sous séquestre ou confisqués.

3. Il doit s’agir des biens saisis, placés sous séquestre ou


confisqués.
La saisie est soit une voie d’exécution, soit une mesure de
précaution. Le séquestre est un dépôt sous la conserva-
tion de l’Etat ou d’un tiers désigné à cet effet, des biens
appartenant à un individu poursuivi devant la justice mili-
taire et qui, sans motif d’excuse légitime, y fait défaut
jusqu’à la décision du juge du fond, et ce pour des infrac-
tions limitativement énumérées par la loi, en l’occur-
rence : la trahison, la désertion à l’étranger, le détourne-
ment des deniers publics ou des effets appartenant à
l’Etat, l’insoumission (1).
La confiscation est une peine complémentaire et patrimoniale
affectant les biens du condamné l’ayant servi à la perpé-
tration d’une infraction donnée ou constituant le produit
de cette infraction.
4. L’élément intentionnel se réalise lorsque l’agent a
consommé son acte délictueux tout en sachant que l’objet
concerné était sous la main de la justice.

II. Régime répressif


L’infraction de détournement d’objets saisis des articles
111 et 132 du Code Pénal Militaire est punie :
- de deux ans de servitude pénale dans le chef du saisi, du
constitué gardien en vertu d’un procès-verbal ;
- de cinq à dix ans de servitude pénale dans le chef de l’of-
ficier du Ministère public ou du membre de la commis-
sion des biens séquestrés.
Si les faits sont commis en temps de guerre ou sur une par-
tie du territoire où l’état de siège ou d’urgence a été décré-
té, la peine de mort est encourue.

182. Diffamation
Voir imputations dommageables.
11
Laurent MATATA LUABA. , Op. cit. p.362.
Catalogue des infractions 251

183. Diffamation et médias


Voir délits de presse.

184. Discrimination
« Toute distinction » opérée entre les militaires ou assimi-
lés, en raison de leur origine, de leur appartenance, vraie
ou supposée, à une ethnie, une tribu, une région ou une
province, à une religion, à une association de fait ou de
droit de quelque nature que ce soit constitue une discrimi-
nation (article 196 du Code Pénal Militaire).

I. Eléments constitutifs de l’infraction de discri-


mination
L’infraction de discrimination, pour être caractérisée, exige
la réunion de trois éléments.
1. L’acte incriminé consiste dans le fait d’opérer toute dis-
tinction fondée sur l’origine, l’appartenance ou non ap-
partenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une tribu,
une région ou province, à une religion, à une association
de fait ou de droit de quelque nature que ce soit.
2. L’agent coupable doit être un militaire ou assimilé, c’est-
à-dire les membres des FRADC, les membres de la Police
nationale ou les Bâtisseurs de la République…
3. L’intention criminelle est à tirer de la volonté libre et
éclairée de recherche d’une prétendue sécurité pour soi-
même ou pour autrui, fondée sur des sentiments négatifs
vis-à-vis de la victime.

II. Régime répressif


Il sied de préciser que le régime répressif de l’infraction de
discrimination est identique à celui de l’infraction clienté-
lisme à laquelle nous recommandons le lecteur.

185. Discrimination à l’endroit d’une


personne vivant avec le VIH/Sida
Voir stigmatisation à l’endroit d’une personne vivant avec le
VIH/sida.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
252

186. Discrimination dans les magasins


et autres lieux publics
L’infraction de discrimination dans les magasins et autres
lieux publics est créée par le décret du 13 juin 1960 et l’or-
donnance-loi 25-491 du 1er octobre 1959.
a) Actes constitutifs de discrimination
En effet, le maintien, l’aménagement des installations dis-
tinctes (à l’instar des guichets, entrées, comptoirs etc..) ré-
servées à une race ou à une ethnie déterminée dans les ma-
gasins et lieux publics est interdit. Pareil acte est constitutif
d’infraction de discrimination dans les magasins et autres
lieux publics. Cette interdiction s’étend également au place-
ment des inscriptions, dessins ou signes indiquant les ins-
tallations distinctes prohibées.

b) Quelles sont les pénalités que le législateur a prévues ?


Quiconque procède au maintien, à l’aménagement ou fait
maintenir ou aménager des installations distinctes réser-
vées à une race ou ethnie déterminée ou place des inscrip-
tions ,dessins ou signes quelconques indiquant ces installa-
tions distinctes visées sera puni. La sanction est une servi-
tude pénale de deux mois au maximum et une amende ou
une de ces peines seulement. S’il y a récidive, le juge pour-
ra ordonner la fermeture de l’établissement pour une durée
déterminée n’excédant pas deux mois.

187. Dissipation des effets militaires ou


des effets de l’Etat
Le droit militaire érige la dissipation (élément constitutif du
détournement en droit commun) en une infraction auto-
nome. Ce qui signifie que l’infraction de dissipation des ef-
fets militaires ou des effets de l’Etat est d’ordre militaire.

I. Eléments constitutifs propres


Une série d’éléments essentiels font établir l’incrimination
de dissipation d’effets militaires.
1. Les éléments matériels sont faits d’actes de dissipation et
d’objets susceptibles de dissipation. Dissiper c’est dilapi-
der, gaspiller, prendre en dépenses, en prodigalités, utili-
ser abusivement, sans justification, ou à l’occasion du
Catalogue des infractions 253

service des effets appartenant à des militaires, à l‘armée


ou à l’Etat.
2. Les éléments intellectuels. Le dol général suffit à l’établir
dès lors que l’objet protégé ne fait plus partie du patri-
moine de l’armée (ou services apparentés) ou de la puis-
sance par le fait de l’agent.

II. Régime répressif


Les infractions regroupées à l’article 74 du Code Pénal Mili-
taire (détournement, dissipation et vol d’effets militaires)
sont réprimées - de la servitude pénale principale d’un à
dix ans, de la confiscation de l’ensemble des biens résultats
de l’acte délictueux et du renvoi de l’armée.
En cas de condamnation pour vol ou détournement d’effets
militaires, peu importe le taux de la peine, en vue de sauve-
garder le patrimoine militaire et de décourager les délin-
quants potentiels, le condamné est d’office renvoyé de l’ar-
mée ou de son service.
Toutefois, le renvoi de l’armée ne peut jamais être pronon-
cée ni appliquée à l’auteur de la dissipation. La peine com-
plémentaire de renvoi de l’armée heurterait de front la loi.

188. Distillerie clandestine


Pour dire établie en fait comme en droit l’infraction de dis-
tillerie clandestine, il faut la réunion des éléments constitu-
tifs.

I. Eléments constitutifs
Il s’agit principalement de l’élément matériel, sans perdre
de vue le texte incriminateur. Le défaut ou absence de l’élé-
ment intentionnel conduit à qualifier l’infraction de distille-
rie clandestine d’infraction non intentionnelle.

a)Elément légal
Divers textes de lois répriment la distillerie clandestine.
D’un côté l’ordonnance-loi n°395/Fine du 26 décembre
1942 modifiée par l’ordonnance-loi n°30 de décembre 1958.
De l’autre, l’ordonnance législative n°33/608 du 10 dé-
cembre 1959 et l’ordonnance -loi n°68/010 du 06 janvier
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
254

1968 qui a remplacé les textes antérieurs qu’elle a abrogés.


Ce sont là les textes légaux relatifs à l’infraction de distille-
rie clandestine.

b) Elément matériel.
La fabrication ou la préparation à des fins commerciales,
les débits, la cession et toutes opérations relatives aux al-
cools et aux boissons alcooliques doivent être couverts par
une licence ( art 34). A cet effet, il est interdit le débit et la
consommation sur l’étendue de la République de toutes
boissons alcooliques titrant de plus de 45° (art.36°). C’est
sous l’effet de cet article que la boisson coutumière « loto-
ko » ne peut être consommée ni débitée d’autant plus
qu’elle contient un degré d’alcool de loin plus élevé que
45°.

II. Poursuites et pénalités


L’article 51 de l’ordonnance-loi n°68/010 du 06 janvier
1968 inflige une servitude pénale de huit jours à un an et
l’amende ou une de ces peines. Il y a ensuite des sanctions
administratives telles que la suspension ou le retrait de la
licence, la saisie des alcools, appareils et portions d’appa-
reil de distillation ainsi que les cuves, vaisseaux et autres
machines. La distillerie clandestine est de la compétence du
Tribunal de Paix. L’action publique de l’infraction de distil-
lerie clandestine se prescrit dans le délai d’une année.

189. Divagation d’animaux


La divagation d’animaux est le fait pour le propriétaire ou
la personne responsable d’animaux domestiques ou de bé-
tail, de les laisser errer sans surveillance sur la voie pu-
blique ou sur le bien d’autrui, au risque de causer de la per-
turbation ou un accident.

I. Eléments constitutifs
Pour exister l’infraction de divagation d’animaux exige qu’il
y ait : 1° dans les zones urbaines ou les cités ; 2° des ani-
maux domestiques, bétail ou volaille (animaux de basse
cour) ; 3° errant sans surveillance ; 4° sur la voie publique
ou sur le bien d’autrui.
Catalogue des infractions 255

II. De la répression liée à cette infraction


La divagation d’animaux s’enracine dans l’ordonnance n°
54-bis/AGRI du 05 mai 1936. Elle y est définie et assortie
des sanctions. Il est prévu pour le propriétaire ou le respon-
sable coupable, la servitude pénale de sept jours maximum
et l’amende ou l’une de ces peines seulement. Le pénale-
ment responsable de cette infraction sera traduit devant le
tribunal de paix. Cette infraction se prescrit dans le délai
d’une année. La personne lésée ainsi que le Ministère pu-
blic pourront mettre en mouvement l’action publique.

190. Divagation des chiens


Le législateur interdit la divagation des chiens dans les cir-
conscriptions urbaines. Pour ce faire, les chiens sont à iden-
tifier. En effet, tout propriétaire de chien doit en faire la dé-
claration au bureau de l’administration territoriale le plus
proche de sa résidence. Il doit pour cela, payer une somme
et se faire remettre par l’administration une médaille numé-
rotée.
En cas de divagation, l’animal sera capturé par les soins de
l’administration et mis en fourrière. A la fourrière, l’animal
sera nourri et gardé aux frais du propriétaire ou de toute
personne responsable de sa divagation .Si les chiens mis en
fourrière ne sont pas réclamés dans un délai de trois jours,
au lieu d’être mis en vente ou abattus ils pourront être mis
à la disposition de tout établissement officiel aux fins de
servir à des recherches scientifiques.
L’infraction de divagation des chiens suppose le défaut de
prévoyance des conséquences normalement prévisibles ;
qu’un propriétaire connaissant les allures extravagantes de
son chien manque d’en prévoir les conséquences1.
L’ordonnance du 22 janvier 1918 (B.A.C., P.94) est le texte
qui définit et réprime la divagation des chiens. L’article 1 er
de ce texte légal dispose : « ceux qui, sans qu’il en soit ré-
sulté aucun mal ou dommage auront excité ou n’auront pas
retenu leurs chiens, lorsqu’ils attaquent ou poursuivent les
passants seront punis d’une amende et d’une servitude pé-
nale de un à cinq jours ou d’une de ces peines seulement ».

11
Ière inst. App. Elis .28 mars 1933, Rev. Jur. 1933. p.206.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
256

191. Divulgation des informations se-


crètes
L’incrimination de divulgation des informations sécrètes
concerne en réalité la divulgation des informations secrètes
ou la réception illicite d’un document ou écrit secret.
L’article 150 du code pénal militaire parle de ceux qui se
rendent coupables de divulgation, diffusion ou reproduction
des informations visées ou ceux qui en fournissent les
moyens. L’article 151 du même code pénal dispose : « qui-
conque se fait remettre tout document ou écrit qui, par sa
nature, est secret… ». L’article11 du Décret-loi n°001/2002
du 26 janvier 2002 stipule : « quiconque aura utilisé ou di-
vulgué, tenté d’utiliser ou de divulguer des renseignements
obtenus… ».

I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction de divulgation des informations se-
crètes soit établie, elle nécessite la réunion de l’élément
matériel et moral.
1. Les éléments matériels sont constitués d’actes de divul-
gation, de diffusion de publication, de reproduction et de la
fourniture des moyens de réalisation du fait punissable (Ar-
ticles 150 du code pénal militaire et 11 du Décret-loi).
Il en est ainsi d’un responsable de radio privée qui permet à
un militaire de diffuser les informations secrètes a travers
sa chaîne, d’un éditeur de Journal qui permet la publication
de renseignements secrets, du propriétaire d’une bureau-
tique qui en autorise la production.
L’acte répréhensible, au regard de l’acte 151 du code pénal
militaire est la réception d’un document ou écrit de nature
secrète.
Les renseignements, les procédés, les objets, les docu-
ments, les données informatisées ou les fichiers intéressant
la défense nationale présentent le caractère de secret de la
défense nationale lorsqu’ils ont fait l’objet de mesures de
protection destinées à restreindre leur diffusion.
2. L’incrimination de divulgation des informations secrètes
nécessite un élément moral. La divulgation des informa-
tions secrètes est une infraction intentionnelle. L’agent ac-
Catalogue des infractions 257

complit son acte d’une manière libre et consciente. Celui


qui sait révéler un secret ne peut pas être considéré comme
n’ayant pas l’intention de révéler. S’agissant de l’auteur de
l’infraction de l’article 151 du Code Pénal Militaire, il se fait
remettre librement un document ou écrit dont il connait la
nature secrète.

II. Pénalités y afférentes


Aux termes de l’article 150 du code pénal militaire seront
punis ceux qui divulguent, diffusent, publient ou repro-
duisent des informations secrètes, ceux qui en fournissent
les moyens. La peine prévue est de vingt ans de servitude
pénale.
En temps de guerre ou dans une région où l’état de siège
ou d’urgence est proclamé ou à l’occasion d’une opération
de police tendant au maintien ou au rétablissement de
l’ordre public les coupables sont punis de cinq à vingt ans
de servitude pénale. Si les auteurs sont fonctionnaires ou
agents de l’autorité ils subiront un à cinq ans de travaux
forcés.

192. Don aux membres des bureaux de


vote
Voir élections.

193. Drogues
Depuis la plus haute Antiquité, l’homme a toujours cherché
à accéder aux « paradis artificiels » pour échapper aux
contraintes du quotidien. Il a usé à cet effet de l’alcool, du
tabac, du chanvre à fumer et ses diverses formes (marijua-
na, haschisch etc…), de la cocaïne, de l’opium, et des pro-
duits de synthèse comme l’héroïne, dérivé de la morphine,
comme les barbituriques et tranquillisants tels que le va-
lium, le rohypnol souvent appelé chez nous « roche »1.
Les drogues (dépresseurs, stimulants, hallucinogènes, les
tranquillisants etc.) peuvent avoir, à certaines doses, une
action toxique sur l’organisme, provoquer des troubles, des
11
NDELO di PHANZU (Toxicologue et Directeur de laboratoire de toxicologie de l’Université de
Kinshasa). , « La police et la lutte anti-drogue » in, Police et reconstruction nationale, publications de
l’Institut pour la Démocratie et le Leadership Politique, Kinshasa, 1999, p 95.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
258

lésions, réversibles ou irréversibles, voire mortelles. Elles


peuvent également constituer le mode opératoire des
crimes ou sont le résultat des accidents mais encore déter-
miner chez l’intoxiqué des perturbations plus ou moins
graves dans le comportement familial et social2.
En République Démocratique du Congo, ceux qui
s’adonnent à la drogue sont légion et de tous âges. Avec
pincement au cœur l’on peut observer sans effort, voir le
spectacle des « colombiens au stade des Martyrs » et des
drogués à Matonge3 : des jeunes et vieux agglutinés aux
coins des rues, perdus dans le paradis artificiel ou commet-
tant des crimes sous impulsion de la drogue ou abandonnés
en pleine journée au sommeil sous l’action du valium ou
d’autres produits consommés généreusement au risque
même de leur vie.
L’usage et l’incitation à cet usage des stimulants à l’occa-
sion de compétitions sportives sont des pratiques dange-
reuses tendant aujourd’hui à se développer dans la pratique
du sport (dopage sportif). Ces substances destinées à ac-
croître artificiellement et passagèrement les possibilités
physiques sont susceptibles de nuire à la santé. Le trafic
illicite des drogues, l’abus de drogues, les intoxiqués qui
s’administrent la drogue, la possession sans justification
médicale des drogues, la production et le commerce des
drogues, la fabrication, l’exportation, l’importation, la dis-
tribution et la détention des drogues au delà des quantités
nécessaires à la médecine et à la recherche scientifique
sont des fléaux. Ils se posent alors l’épineuse question
d’empêcher ou de réduire l’abus de drogues en limitant leur
usage aux seules fins légitimes ou en interdisant toute utili-
sation. Quel choix faut-il opérer ?

II. Poursuites
L’organisation des Nations Unies a mis sur pied depuis
1961 une législation internationale sur les stupéfiants régu-
lièrement complétée et modifiée. Quant à notre pays, les
lois de mise en œuvre n’ont toujours pas été édictées. La
législation et la réglementation existantes au Congo-Kinsha-
22
YAMARELLOS (E) KELLENS (G). , Le crime et la criminologie, Marabout université, 197O, p. 234.
33
Sont appelés colombiens au Stade des Martyrs de Kinshasa, les fumeurs de chanvre et autres
drogués. Ils se sont adjugés dans cette installation sportive des places et aires réservées. Matonge est
un quartier populaire de la Commune de Kalamu à Kinshasa, capitale de la R.D.C.
Catalogue des infractions 259

sa ne sont pas à la mesure des attentes et de l’ampleur du


phénomène dévastateur qu’est la drogue. Les textes qui
existent sont lacunaires et inadaptés.

III. Textes légaux et sanctions


1. L’ordonnance- législative du 22 janvier 1903 approuvée
par le décret du 10 mars 1917 ne réprime que le chanvre
à fumer. Il est bien certain que d’autres drogues (stupé-
fiants et substances psychotropes) ne tombent pas sous
l’application de ce texte évoqué. Les mots « chanvre à
fumer » ont tellement un sens bien précis que ce serait
aller à l’encontre du principe de l’interprétation restric-
tive des lois en matière pénale que d’appliquer, sous pré-
texte d’analogie ce texte légal à l’opium et ses dérivés
(morphine, héroïne, codéine etc.) ou à toute drogue autre
que celle désignée. L’élément légal ferait sans ambages
défaut.
2. L’article 195 du Code Pénal Militaire punit tout militaire
ou tout individu qui dans une installation militaire ou as-
similé se rend coupable de culture, détention, trafic ou
commercialisation de la drogue, du chanvre à fumer, des
stupéfiants ou d’autres substances narcotiques. Les sanc-
tions prévues sont celles applicables pour violation des
consignes (trois à dix ans de servitude pénale principale).
3. L’article 131 de l’ordonnance72-359 portant mesures
d’exécution de l’ordonnance-loi 72-046 du 14 septembre
1972 sur l’exercice de la pharmacie interdit, sauf autori-
sation, la production, la transformation, l’extraction, la
préparation, la détention, l’offre, la distribution, le cour-
tage, l’achat, la vente, l’importation, l’exportation des
stupéfiants et d’une manière générale toutes opérations
agricoles, industrielles et commerciales relatives à ces
substances inscrites à la liste « S » (stupéfiants et prépa-
rations qui les contiennent)
Le législateur congolais a intérêt à intervenir pour que dé-
sormais la production, la distribution, le commerce, l’usage,
la détention en dehors des buts médicaux et scientifiques
soient constitutifs d’infractions. Toutefois, la répression du
trafic et de l’usage des stupéfiants par des sanctions pé-
nales ne fera pas oublier de fournir une aide sanitaire et
d’opter en outre pour une prise en charge sociale des in-
toxiqués.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
260

194. Droit de correction


Traditionnellement notre société admet un droit de correc-
tion inscrit dans le cadre de l’éducation. Ce droit s’exerce
dans deux domaines tenant à la fonction éducative : les pa-
rents et les enseignants. L’évolution a conduit à une limita-
tion importante de ce droit. Si donner une gifle à un enfant
ou lui tirer les oreilles semble encore toléré par la loi, le
battre avec un fouet, avec la pomme des mains, avec un
coup de poing constitue l’infraction des coups et blessures.
Le droit de correction est d’appréciation fort délicate en
matière de coups et blessures. Il dépend des circonstances
de l’espèce relevant du pouvoir souverain d’appréciation
des juges de fond. Nous estimons qu’il y a lieu d’accepter le
principe selon lequel le droit de correction pourrait neutra-
liser la responsabilité pénale lorsqu’il y a qualification pé-
nale des violences légères, sauf si les violences par leur na-
ture ou conséquences dépassent ses limites.
Le droit de correction est légitime dans une action exercée
par un enseignant dans la cour de récréation « lorsqu’elle a
comme but de faire cesser, avec l’autorité physique néces-
saire un chahut, une dispute, une bagarre, une chamaille-
rie »1 ou lorsque le père utilise « son pouvoir de direction et
de correction exercé de manière très brève et ponctuelle »2
En revanche, la qualification pénale est acquise lorsque le
comportement violent des parents a entraîné des lésions
graves traduisant une disproportion évidente entre le droit
éducatif de correction et les violences infligées aux enfants.

195. Droits intellectuels


Les droits intellectuels font partie des droits patrimoniaux.
Ils donnent à son titulaire une double maîtrise : un droit de
nature économique, à une part du profit procuré par la re-
production de son œuvre, un droit moral à ce que sa pensée
ne soit pas communiquée d’une manière qui la défigure3.

11
Cour d’Appel de Versailles 16 juin 2003, RSC, 2005,p.87, Obs.Veron.
22
Cour d’Appel de Paris 4 mai 2004 et 11 mai 2004, Dr. Pen.2004, comm. n°158,obs.veron.
33
LUKOMBE NGHENDA. , Op. Cit, p. 609.
Catalogue des infractions 261

a) Quels sont les textes légaux ?


En République démocratique du Congo, les textes en ma-
tière des droits intellectuels ont été pendant la colonisation,
le décret du 29 octobre 1886, modifié par l’ordonnance-loi
n°122/A.E du 13 mars 1941 ; le décret du 26 avril 1888 ; le
décret du 24 avril 1822 et le décret du 21 juin 1948. Cette
législation coloniale a été abrogée par la loi n° 82 -001du 7
janvier 1982 et l’ordonnance loi n° 86-033 du 05 avril 1986
portant protection des droits d’auteurs et des droits voi-
sins2.

b) Quelles sont les infractions proprement dites ?


Les infractions en matière des droits intellectuels
consistent en l’usurpation de la paternité d’œuvres ou de
biens .Les auteurs de ces infractions présentent des œuvres
comme leur appartenant ou issues de leurs activités person-
nelles pour en tirer des bénéfices illicites. Ces infractions se
résument principalement en celles de contrefaçons. La
mention du nom de l’auteur ou d’un signe permettant de
l’identifier constitue une présomption de la qualité de l’au-
teur mais son absence ne suffit pas pour denier à une per-
sonne la possession du droit d’auteur. Celle-ci peut être éta-
blie par toutes voies de droit1.

196. Duel
Le duel est un combat singulier entre deux personnes, qui
se déroule suivant les conditions déterminées à l’avance et
qui a pour but de vider un différend2.
La loi punit aussi bien celui qui se sera battu en duel que
celui qui aura provoqué au duel. La provocation au duel
consiste dans tout fait quelconque qui tend à amener l’ad-
versaire sur le terrain pour autant que la personne à qui la
provocation est adressée en soit réellement touchée. Dans
ce cas la sanction sera différente selon que le provocateur
l’aura fait par une injure quelconque ou non.
Le duel sera aussi aggravé lorsqu’il y aura eu mort
d’homme. La mort de l’adversaire est l’élément caractéris-
2

11
J.O ; 1982 n°2 p.9 et J.O 1986 p.31.
22
Bruxelles 26/10/1913, Jur Col 1924 p.189 ; 1er inst. Coq 7 décembre 1950, J.T. O 1952, p.21.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
262

tique du duel aggravé. Les témoins et les arbitres pourront


aussi être poursuivis pour non assistance contre une infrac-
tion. En cas de blessures, les duellistes seront passibles des
peines prévues par les articles 46 ou 47 du code pénal.

I. Eléments constitutifs
Le duel exige la réunion des divers éléments pour être éta-
bli. L’incrimination de duel ne sera avérée que s’il existe :
1. des actes, des coups, des coups de poings, des coups des
pieds, des coups de bâton, etc. caractérisant le combat ;
2. de la volonté des parties de se livrer au combat, de se
battre en duel ;
3. deux auteurs, les duellistes.

II. Poursuites

a) Disposition légale et Sanctions


La provocation en duel est punie d’amende (art.63 code pé-
nal livre II). Celui qui par injure aura donné lieu à la provo-
cation se verra infliger une amende (art.64 cité). Aux
termes de l’article 65 du code pénal livre II, celui qui se
sera battu en duel encourt un mois à trois ans de servitude
pénale principale et/ou une amende. En cas de duel simple,
ces peines frapperont exclusivement les deux adversaires
pour autant que la rencontre se soit produite. Celui qui
dans un duel aura donné la mort à son adversaire sera pas-
sible de trois mois à cinq ans de servitude pénale et d’une
amende ou de l’une de ces peines (art.66 code pénal livre
II).

b) Quelle est l’instance compétente ?


Au regard des peines, le tribunal de paix est la juridiction
compétente matériellement pour connaître de l’infraction
de duel.

c) Comment cette infraction se prescrit-elle ?


Lorsque les faits sont punis d’amende ou d’une servitude
pénale d’un an au maximum, l’action publique se prescrit
en une année. Par contre, elle se prescrit en trois ans
lorsque les faits sont punis de cinq ans au maximum.
Catalogue des infractions 263

197. Duel aggravé


Voir duel.

198. Duel simple


Voir duel.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
264

199. Elections
Les opérations électorales comprennent des dispositions
pénales créant des infractions spécifiques. Sous d’autres
cieux, ces infractions sont appelées « délits électoraux ». Ce
sont des infractions relatives à l’exercice des droits ci-
viques. En République Démocratique du Congo, il y a deux
catégories d’infractions électorales. Les infractions suscep-
tibles d’une part d’être commises lors de la préparation des
élections, de l’identification et de l’enrôlement des seuls
congolais en âge (18 ans au moins) de prendre part aux
scrutins, et d’autre part à l’occasion de l’organisation des
élections présidentielles, législatives, provinciales, ur-
baines, municipales et locales.
Deux lois définissent et répriment les délits électoraux. Il
s’agit d’un côté de la loi n°04/028 du 24 décembre 2004
portant identification et enrôlement des électeurs en Répu-
blique Démocratique du Congo1 et de l’autre de la loi
n°06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élec-
tions présidentielles, législatives, provinciales, urbaines,
municipales et locales. Ces textes légaux définissent cer-
tains faits, les qualifient d’infractionnels, en fixent et en dé-
terminent les sanctions.
Par contre, la régularité et la sincérité de l’élection sont ga-
ranties par un contrôle juridictionnel exercé suivant le cas,
par la Cour Suprême de Justice, les Cours d’Appel, les Tri-
bunaux de Grande Instance, les Tribunaux de Paix, suivant
une procédure gratuite et simplifiée. Il revient au juge de
statuer sur les contestations concernant la recevabilité des
candidatures, les incompatibilités, la campagne électorale,
le déroulement des opérations de vote, de dépouillement et
sur le recours mettant en cause le résultat de l’élection ;
bref le contentieux électoral.
Les dispositions pénales, elles, comprennent les infractions
en matière de préparation (identification et enrôlement des
électeurs) des élections et les infractions électorales pro-
prement dites.

11
Journal officiel de la République Démocratique du Congo, 45ème année, numéro spécial, Kinshasa,
27 décembre2004.
Catalogue des infractions 265

A. Infractions à l’occasion de l’identification et de


l’enrôlement des électeurs
1) Défaut de preuve de satisfaction aux obligations
d’identification et d’enrôlement des électeurs
(art.52)
Peut commettre l’infraction de l’article 52, le témoin ou
l’observateur. Le témoin dont question doit être celui non
désigné par un parti politique, non accrédité par la commis-
sion électorale indépendante et non porteur de sa carte de
témoin.
L’observateur concerné est celui non mandaté par une or-
ganisation nationale ou internationale, ou non agrée par la
commission électorale indépendante et non porteur de sa
carte d’accréditation.
La sanction est d’une servitude pénale de 30 jours maxi-
mum et/ou une amende n’excédant pas 50.000 Francs
Congolais constants.

2) Divulgation des renseignements individuels


communiqués à l’occasion d’opérations
d’identification et d’enrôlement (art.50)
Les peines de l’infraction de Révélation du secret profes-
sionnel (art.73) seront infligées à celui qui divulgue ou uti-
lise dans un but autre qu’électoral les renseignements indi-
viduels communiqués.

3) Entrée en armes dans un centre d’inscription


(art.46)
L’arme peut être apparente ou cachée. Le coupable encourt
une servitude pénale d’un an à deux ans et une amende ne
dépassant pas 100.000 Francs Congolais constants. Ne sont
pas ici concernés les membres des Forces Armées de la Ré-
publique Démocratique du Congo et de la Police Nationale
Congolaise.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
266

4) Faux en écritures en matière électorale (art.45


de la loi citée)
Le faux en écriture en matière électorale est constitué du fait :
- de se faire identifier et enrôler sous un faux nom, sous
une fausse qualité ;
- de se faire identifier et enrôler en dissimulant une inca-
pacité prévue par la loi ;
- de se faire inscrire frauduleusement sur une liste ;
- de se faire inscrire volontairement plus d’une fois.
Le coupable du faux en écriture en matière électorale sera
puni des peines du faux en écritures. La personne qui se
fera inscrire volontairement plus d’une fois sera rayée de
toutes les listes électorales précédentes. Le coupable étran-
ger subira les mêmes peines.

5) Faux portant sur une carte d’électeur (art.49)


Les peines du faux (art.124) devront être appliquées
lorsque, dans une intention frauduleuse, il y a modification
ou remplacement d’une carte d’électeur.

6) Faux témoignage ou faux document à l’occasion


d’opérations d’identification et d’enrôlement (art.
48)
Il s’agit d’un faux témoignage ou d’une livraison d’un faux
document dans le but de conférer la qualité d’électeur à un
tiers. L’auteur subira les pénalités de l’article128 du code
pénal livre II (faux témoignage).

7) Incitation à des déclarations fausses ou entraves


aux déclarations requises (art.55)
L’infraction peut se commettre à l’aide des voies de fait, de
violence, de menaces verbales ou écrites, d’intimidations ou
faire craindre la perte d’un emploi, d’une appartenance à
une formation politique ou exposer à un dommage sa per-
sonne, son ménage ou ses biens. La servitude pénale de
deux mois à trois ans et/ou d’une amende n’excédant pas
100.000 Francs constants sont les pénalités prévues par le
Catalogue des infractions 267

législateur. Ces infractions sont de la compétence du Tribu-


nal de paix.

8) Incitation à fausser les informations requises


(art.54)
L’acte répréhensible est celui de donner, d’offrir, de rece-
voir ou de promettre de l’argent, des valeurs, des biens, des
faveurs ou d’autres avantages en vue de fausser les infor-
mations requises.
La sanction est de six mois à deux ans et/ou amende de
100.000 Francs Congolais constants à l’endroit de celui qui
pose pareil acte.

9) Introduction des boissons alcoolisées ou des


stupéfiants dans un centre d’inscription art.47)
Elle est passible de sept jours à trois mois et une amende
ne dépassant pas 25.000 Francs Congolais constants ou une
de ces peines.

10) Refus de fournir des renseignements exigés


pour les opérations d’identification et d’enrôlement
(art.51)
Est ici concernée la personne qui de manière directe ou in-
directe refuse de fournir les renseignements exigés en vue
de se faire identifier et enrôler. Une servitude pénale maxi-
male de 30 jours et/ou une amende maximale de 25.000
francs Congolais constants sera encourue par le coupable.

11) Refus ou omission d’enregistrer les


renseignements requis (art.53)
Le préposé qui volontairement commet l’infraction de l’ar-
ticle 53 sera puni d’une servitude pénale. Celle-ci ne dépas-
sera pas deux mois. Le coupable subira également une
amende n’excédant pas 100.000 Francs Congolais
constants. L’auteur du refus ou de l’omission peut donc être
puni de la servitude pénale et de l’amende ou d’une de ces
deux peines.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
268

B. Infractions électorales proprement dites


La loi électorale n°06/006 du 09 mars 2006 portant organi-
sation des élections présidentielles, législatives, provin-
ciales, urbaines, municipales et locales, en ses articles 79 à
99 est le soubassement légal. Cette loi a été prise, en appli-
cation de l’article 5 de la constitution, en vue des élections
régulières, libres et transparentes. Dans la répression des
faits infractionnels relatifs aux opérations électorales, le
Code Pénal Congolais livre II demeure d’application pour ce
qui n’est pas repris par la loi du 09 mars 2006.

1) Actes de violence dans un bureau de vote


(art88 al4)
L’infraction de l’article 88 alinéa 4 de la loi électorale
n°06/006 du 09 mars 2006 se commet à l’occasion de
l’usage à l’endroit d’un électeur des violences en vue de le
déterminer à s’abstenir de prendre part au vote ou d’in-
fluencer son choix.
L’infraction est sanctionnée d’une servitude pénale de six
mois à cinq ans et d’une amende de cent mille à cinq cents
mille francs congolais constants. Sont aussi passibles de ces
peines, ceux qui, dans le bureau de vote, incitent à com-
mettre les actes de violence, usent des menaces ou des in-
jures ou des voies de fait. Il en est de même de ceux qui en-
gagent des individus en vue d’intimider les électeurs ou de
troubler l’ordre avant, pendant ou après le déroulement du
vote. Au regard du taux de la peine, les actes de violence
dans un bureau de vote sont de la compétence du tribunal
de paix.

2) Abstention de remplir ses fonctions


(art.82)
Le membre du bureau de vote qui, sans motifs légitimes ne
remplit pas les fonctions qui lui sont confiées commet l’in-
fraction d’abstention de remplir ses fonctions. Il sera puni
d’une servitude pénale principale ne dépassant pas trente
jours et d’une amende de cinquante mille à cent mille
francs congolais constants. Le juge a la latitude de ne sanc-
tionner que d’une de ces peines seulement.
Catalogue des infractions 269

3) Apposition d’empreinte digitale à la place


d’autrui (art.97)
Celui qui appose intentionnellement sa signature ou son
empreinte digitale à la place d’autrui ou de la personne
dont les noms se trouvent sur les actes de présentation ou
d’acceptation de candidatures est punissable des peines de
faux en écritures.

4) Apposition de signature à la place d’autrui


(art.97)
Voir apposition d’empreinte digitale à la place d’autrui.

5) Campagne électorale en dehors de la


période légale (art.80)
Se livrer à la campagne électorale en dehors de la période
légale est punissable. La peine est d’une amende de dix
mille à cinquante mille francs congolais constants.

6) Chercher à connaître l’option de vote d’un


électeur (art. 85, point 2)
Quiconque, sur les lieux d’un bureau de vote cherche à
connaître l’option en faveur de laquelle un électeur se pro-
pose de voter ou pour laquelle il a voté s’expose à la rigueur
de la loi. Cette dernière prévoit une servitude pénale princi-
pale de sept jours et une amende ne dépassant pas vingt
mille francs constants. Le juge peut se limiter à n’appliquer
que l’une de ces peines seulement.
L’électeur qui fait connaître son option de vote ou l’option
pour laquelle il a voté est aussi en infraction. Il pourra subir
les mêmes peines. L’électeur qui apporte assistance à un
autre électeur, communique le choix pour lequel cet élec-
teur a voté ou abuse de la confiance de la personne assistée
en modifiant son vote est poursuivable. Il est sanctionnable
d’identiques peines. Le membre du bureau de vote qui com-
mettrait les mêmes infractions subira le double de ces
peines.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
270

7) Communication du choix d’un électeur


(art.85 al2)
Se référer à l’infraction de chercher à connaître l’option de
vote d’un électeur.

8) Confiscation des matériels de vote affectés


au bureau (art.83)
Voir Destruction du matériel de vote affecté au bureau.

9) Contrefaçon des bulletins de vote (art.96)


Contrefaire les bulletins de vote équivaut au faux en écri-
tures. L’acte est punissable comme tel conformément au
code pénal. En plus, il est ajouté une amende de cent mille
à deux cents cinquante mille francs congolais constants.

10) Destruction des bulletins de vote avant la


fin des délais de contestation de l’élection
(art. 95al 3).
L’individu qui sciemment, en connaissance de cause, détruit
un bulletin de vote avant la fin des délais de contestation de
l’élection ou celui qui falsifie le relevé du dépouillement ou
le procès-verbal des opérations électorales commet l’infrac-
tion. Il subira une servitude pénale principale de cinq ans et
une amende de cent mille à cinq cents mille francs congo-
lais. Il sera, en outre, privé de ses droits politiques pour une
durée de six ans.

11) Destruction du matériel de vote affecté au


bureau (art.83)
Le membre du bureau peut revendiquer ses droits. Toute-
fois, sous ce prétexte, il ne peut détruire ou confisquer les
matériels de vote affectés au bureau dont il fait partie ou
dont il a la charge. S’il contrevient à cette interdiction, il
sera sanctionné de trente jours et d’une amende de cin-
quante mille à cent mille francs congolais constants. Le
juge peut lui faire subir une de ces peines uniquement.
Catalogue des infractions 271

12) Don aux membres du bureau de vote


(art.87)
Les personnes qui, directement ou indirectement donnent,
offrent, promettent de l’argent, des valeurs, des biens ou
des avantages aux membres d’un bureau de vote et de dé-
pouillement commettent l’infraction. La sanction à encourir
est une servitude pénale principale de six mois à cinq ans et
une amende de cent mille à cinq cents mille francs congo-
lais constants. Les personnes coupables seront, en outre,
privées de leurs droits politiques pour une durée de six ans.
Le membre du bureau de vote qui sollicite ou accepte les
avantages cités ci-haut s’expose au double de ces peines.
Dans ce dernier cas, contrairement à beaucoup d’autres in-
fractions électorales, ces infractions sont assorties des
lourdes peines. En conséquence, le Tribunal de Grande Ins-
tance est la juridiction matériellement compétente.

13) Engagement d’individus pour intimider les


électeurs avant, pendant ou après le
déroulement du vote (art.88 al3)
Pour une meilleure appréhension, il sied de consulter l’in-
crimination d’actes de violence dans un bureau de vote.

14) Engagement d’individus pour troubler


l’ordre avant, pendant ou après le
déroulement du vote (art.88 al3)
Voir actes de violence dans un bureau de vote.

15) Entrave à manifestation, rassemblement


ou expression d’opinions pendant la
campagne électorale (art.81)
Les droits de manifestation, de rassemblement, ou d’expres-
sion d’opinions sont légalement reconnus. Y porter atteinte
pendant la campagne électorale est constitutif d’infraction.
La tentative d’interdiction ou de faire cesser l’exercice de
ces droits est également punissable. Il est prévu à titre de
sanctions une servitude pénale principale de douze mois au
maximum et une amende de cinquante mille à cent mille
francs congolais constants.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
272

16) Etat d’ébriété dans le bureau de vote ou


de dépouillement lors des opérations
électorales (art.91)
L’infraction d’ébriété dans le bureau de vote ou de dé-
pouillement lors des opérations électorales concerne les
membres de l’organe habilité à organiser les élections.
Le membre du bureau de vote, ou de dépouillement trouvé
ivre dans le bureau de vote ou de dépouillement lors des
opérations électorales commet l’infraction. Il pourra, en
conséquence, être puni de quinze à un an de servitude pé-
nale principale et d’une amende de cinquante mille à cent
mille francs congolais constants. Celui qui introduit des
boissons alcoolisées ou des stupéfiants dans un bureau de
vote est réprimé des mêmes peines. La tentative d’introduc-
tion des boissons alcoolisées ou des stupéfiants dans ce lieu
est aussi punissable.

17) Facilitation de la fraude au cours de


déroulement des opérations électorales
(art.89 al3)
Certains personnes veulent à tout prix et par tous les
moyens gagner les suffrages. Des candidats véreux peuvent
recourir aux services illicites des membres de la commis-
sion chargée d’organiser les élections. Cela peut avoir lieu
au siège de l’organe d’organisation ou dans ses représenta-
tions locales. Celui qui soustrait des bulletins ou pose des
actes susceptibles de fausser les résultats du vote encourt
une servitude pénale principale de six mois à cinq ans et
d’une amende de cent mille à cinq cents mille francs congo-
lais.
Le cadre ou l’agent qui s’adonne à cette facilitation sera
puni des mêmes peines. Il est, en outre, puni de la dé-
chéance de ses droits politiques pendant une période de six
ans.

18) Faire connaître son option de vote (art.85


point1.
Cfr chercher à connaître l’option de vote d’un électeur.
Catalogue des infractions 273

19) Falsification du procès-verbal des


opérations électorales (art.95 al 2)
Voir Destruction d’un bulletin de vote avant la fin des délais
de contestation de l’élection.

20) Falsification du relevé du dépouillement


des opérations électorales (art. 95 al.2)
Voir Destruction d’un bulletin de vote avant la fin des délais
de contestation de l’élection

21) Imitation des paraphes du président du


bureau de vote (art.93°)
Voir modification des paraphes du président du bureau de
vote

22) Imitation sur une déclaration de


candidature de la signature d’une autre
personne (art.92)
Il est interdit et puni des sanctions pénales l’imitation sur la
déclaration de candidature de la signature d’une autre per-
sonne. L’article 92 de la loi électorale prévoit douze mois à
cinq ans de servitude pénale principale. A la peine de servi-
tude peut s’ajouter une amende ne dépassant pas deux
cents mille francs congolais constants. Toutefois, le juge
pourra infliger une de ces peines seulement.

23) Injures à l’endroit d’un électeur en vue de


déterminer son vote ou son abstention (art.88
al 2)
Voir actes de violences dans le bureau de vote.

24) Interruption du déroulement du scrutin


(art.84)
Le déroulement du scrutin débute à une heure précise. Le
fait, d’un membre du bureau, sans raison valable de retar-
der ou d’interrompre le déroulement du scrutin constitue
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
274

l’infraction. Cette dernière est punie d’une amende de vingt


mille francs congolais constants au maximum.

25) Introduction des boissons alcoolisées ou


des stupéfiants dans un bureau de vote (art
91)
Voir état d’ébriété dans le bureau de vote.

26) Menaces à l’endroit d’un électeur en vue


de déterminer son vote ou son abstention
(art.88 al 2)
Voir actes de violence dans un bureau de vote.

27) Modification des paraphes du président du


bureau de vote (art 93 al 3).
Commet une infraction celui qui modifie ou imite les pa-
raphes d’un président du bureau de vote. Il est punissable
de douze mois à cinq ans et d’une amende de deux cents
mille francs congolais.

28) Modification du vote d’un électeur (art.85


al2)
Cfr chercher à connaître l’option de vote d’un électeur.

29) Pénétration dans les lieux de


dépouillement pendant les opérations
(art.79)
Voir Pénétration dans les lieux de vote pendant les opéra-
tions (art.79).

30) Pénétration dans les lieux de vote


pendant les opérations (art.79)
L’entrée dans un bureau de vote ou de dépouillement est
réglementée. Elle est réservée aux membres de l’organe
chargé des élections, du bureau des opérations électorales,
à l’électeur dans le ressort dudit bureau, au témoin, à l’ob-
servateur, au journaliste accrédité, ou à toute autre per-
Catalogue des infractions 275

sonne autorisée par le président du bureau. Pénétrer dans


le bureau sans l’une de ces qualités vaut expulsion sur
ordre du président ou de son délégué.
En cas de résistance ou de récidive, la pénétration dans les
lieux de vote pendant les opérations sera punie. La peine
est d’une servitude pénale principale de dix à trente jours
et d’une amende de dix mille à vingt mille francs congolais
constants ou de l’une de ces peines seulement.
Un procès-verbal en sera dressé par le président du bureau
de vote ou de dépouillement. Celui-ci le transmettra à l’au-
torité judiciaire compétente.

31) Pose des actes en vue de fausser les


résultats du vote (art.89 al.2)
Voir Facilitation de la fraude au cours de déroulement des
opérations électorales.

32) Promesse d’argent aux membres du


bureau de vote (art.87)
Voir Don d’argent aux membres du bureau de vote.

33) Représentation d’un candidat sur fausse


procuration (art.93 de la loi citée)
Voir imitation des paraphes du président du bureau de vote.

34) Retard du début du scrutin (art84)


Voir Interruption du déroulement du scrutin.

35) Révélation des résultats de vote avant la


clôture des opérations de vote (art.90)
Celui qui révèlera les résultats de vote à des tierces per-
sonnes avant la clôture des opérations de vote commet une
infraction. Font exception à cette règle, les personnes auto-
risées par la loi électorale ou par le Code Pénal Ordinaire
en matière de secret professionnel. Peuvent être auteurs de
l’infraction, le membre de la commission d’organisation de
l’élection concernée ou son représentant local. La servitude
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
276

pénale principale à encourir en guise de peine est de six


mois.

36) Souscription d’une déclaration inexacte


d’éligibilité (art.98)
De mauvaise foi, celui qui souscrit une déclaration inexacte
sur son éligibilité ou sur sa présence sur une liste commet
cette infraction. La sanction prévue est une servitude pé-
nale principale de six mois à cinq ans et une amende de
trente mille à cinquante mille francs ou l’une de ces peines
seulement.

37) Souscription d’une déclaration inexacte sur sa


présence sur une liste (art.98)
Voir souscription d’une déclaration inexacte d’éligibilité.

38) Soustraction des bulletins en vue de fausser les


résultats du vote (art.89 al.2)
Voir Facilitation de la fraude au cours de déroulement des
opérations électorales.

39) Violences à l’endroit d’un électeur en vue de


déterminer son vote ou son abstention (art.88 al 2)
Voir actes de violence dans un bureau de vote.

40) Voies de fait à l’endroit d’un électeur en vue de


déterminer son vote ou son abstention (art.88 al 2)
Voir actes de violence dans un bureau de vote.

200. Emission de chèque sans provision


Est établie en fait comme en droit l’infraction d’émission de
chèque sans provision à charge de :
- celui qui émet un chèque pour lequel le tiré n’est pas ou
est insuffisamment provisionné au moment de la présen-
tation dans les délais légaux1 ;

11
C.S.J., R.P 16, 10 juillet 1976, B.A. 1977. p.148.
Catalogue des infractions 277

- du tireur qui, sauf opposition régulière en cas de perte ou


de soustraction frauduleuse du titre, de faillite du porteur
ou de son incapacité de recevoir, rend indisponible tout
ou partie de la provision ;
- celui qui cède un chèque sachant qu’il n’y a pas de provi-
sion ou que la provision est insuffisante ou qu’elle n’est
pas disponible.

I. Eléments constitutifs
La commission de l’infraction d’émission de chèque sans
provision exige la réunion des éléments constitutifs.
1. L’émission d’un chèque. C’est-à-dire avoir mis en circula-
tion un chèque : il a été jugé que ne constitue pas un
chèque, le titre même ainsi qualifié, ne comportant pas
de date ; par conséquent, l’émission d’un pareil titre non
provisionné n’est pas constitutive de l’infraction d’émis-
sion de chèque sans provision1.
2. Qu’il y ait défaut, insuffisance ou indisponibilité de la pro-
vision (fonds en dépôt) ; il est de jurisprudence qu’est pu-
nissable le tireur d’un chèque insuffisamment provisionné
et présenté à l’encaissement le jour même de son émis-
sion, même si le porteur n’a pas respecté le délai de pré-
sentation convenu verbalement avec le tireur2.
3. Le jour de la présentation et non de l’émission ;
4. L’intention frauduleuse n’est pas requise. La simple faute
ou la négligence est suffisante. A titre illustratif, l’erreur
commise par le tireur du chèque dans la tenue de son
compte.
L’inexistence de la provision ; la provision existe mais ne
permet pas de désintéresser totalement le créancier ; la
provision existe et elle est suffisante mais le payement ne
peut s’effectuer à cause d’une saisie arrêt qui a été prati-
quée.
Le délai légal de présentation du chèque varie selon qu’il
est émis et payable en République Démocratique du Congo
ou émis à l’étranger et payable en République Démocra-
tique du Congo. Dans le 1er cas le délai est de soixante jours
et dans le second cas, le délai est de cent vingt jours. En
11
C.S.J., RP 21, 29 juillet 1971, B.A 1972, Vol. I, 1, p. 9.
22
Kisangani. , 25 septembre 1969, RJC 1969, 45éme année, p.304.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
278

dehors de ce délai le bénéficiaire n’exigera plus la provision


et conséquemment l’infraction est inexistante.
Le chèque contient des énonciations obligatoires : la signa-
ture, la date, le lieu de paiement, d’émission et la mention
chèque. L’établissement d’un chèque ne contenant pas ces
énonciations est constitutif d’infraction.
Un chèque postdaté, antidaté ou non daté, doit avoir de la
provision. Ne constitue pas, comme dit ci-haut, un chèque,
le titre ne comportant pas de date ; en conséquence pareil
titre non provisionné n’est pas constitutif de l’infraction. Il y
a émission de chèque à partir de sa mise en circulation.

II. Poursuites

a)Quel est le texte légal en cas d’émission de


chèques sans provision ?
L’Ordonnance-loi n°68-195 du 3/05/1968 est la base légale
de l’infraction d’émission de chèque sans provision. La vo-
lonté du législateur a paru de sévir, d’infliger de lourdes
peines. Et pour cause, le législateur entend veiller à la
bonne sécurité et à la sécurisation des opérations ban-
caires.

b) Quelles sont les sanctions prévues par le


législateur ?
Elles sont de cinq à vingt ans de servitude pénale principale
et l’amende quand l’auteur se procure des fonds en tirant
un chèque sur une personne qui n’existe pas ou qui n’est
pas débitrice à l’échéance. Sera sanctionné de cinq à dix
ans l’auteur qui émet un chèque sans provision ou pour le-
quel la provision n’est pas disponible.
La peine sera réduite au quart (5 ans ou 2 ans et demi) si le
coupable restitue les sommes à la victime. Le législateur a
voulu punir moins sévèrement le coupable qui désintéresse
le porteur du chèque avant la saisine du tribunal1.

11
L’ordonnance-loi n°68- 195 du 03 mai 1968 sur les chèques sans provision est une excuse
atténuante en faveur du tireur de chèque qui aura désintéressé le porteur avant que le tribunal ait été
saisi. Dans ce cas, « la peine applicable ne dépassera pas le quart du maximum de la servitude pénale
et de l’amende prévues… (art.3)
Catalogue des infractions 279

c) Quel est le tribunal compétent et le mode de


prescription ?
Le tireur du chèque sans provision est justiciable du Tribu-
nal de commerce ; là où celui-ci n’est pas encore installé, le
tribunal de grande instance demeure compétent. Cela res-
sort de la compétence dévolue à la juridiction de commerce
par le législateur. Le point de départ de la prescription
court du jour de la présentation du chèque à l’encaisse-
ment, c’est-à-dire au paiement et non du jour de son émis-
sion. Le délai est de dix ans.
Si l’auteur de cette infraction subit une servitude pénale de
dix ans ou moins, cette peine va se prescrire au délai
double de la peine prononcée, sans être inférieur à deux
ans. Par contre, s’il encourt plus de dix ans, c’est dans le
délai de vingt ans qu’elle sera prescrite.

201. Emploi abusif de patrimoine mili-


taire
L’utilisation ou la gestion non conforme aux règles tech-
niques ou administratives définies par les lois et règlement
d’édifice, d’ouvrage, de navire, d’aéronef, de véhicule, d’ap-
provisionnement, d’ornement, de matériel ou d’installation
quelconque à l’usage des Forces armées ou concourant à la
défense sont constitutives de l’infraction.

I. Régime répressif
L’infraction d’emploi abusif de patrimoine militaire se
trouve définie à l’article 69 du code pénal militaire. Elle est
punie de cinq à dix ans de servitude pénale. En temps de
guerre, la peine est portée à vingt ans de servitude pénale
ou à la peine de mort, si les faits portent des préjudices
graves.

II. Eléments constitutifs


1. L’élément matériel est fait de l’emploi abusif de tous les
biens susceptibles de protection légale. L’emploi est abu-
sif lorsque l’utilisation ou la gestion du bien s’effectue
dans l’inobservance des normes techniques ou adminis-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
280

tratives connues par les lois et règlements de chacun des


biens visés.
Les biens ou objets d’emploi abusif peuvent être des biens
meubles ou des biens immeubles : édifice, ouvrage, navire,
aéronef, véhicule, approvisionnements, ornement, matériel
ou toute installation à l’usage des Forces Armées ou
concourant à la défense.

2. Les éléments intellectuels sont caractérisés par l’apparte-


nance à autrui ou à soi-même du bien visé et par l’inten-
tion coupable.
Les objets protégés doivent se trouver à l’usage des Forces
armées ou contribuer à la défense : biens loués, affectés,
réquisitionnés à cette double fin. L’agent peut donc se re-
trouver en possession de son propre bien mis en location,
réquisitionné etc.

3. L’intention coupable. Le fait d’avoir posé son acte de ma-


nière libre et consciente rend l’agent moralement respon-
sable de l’acte répréhensible, sauf s’il apporte la preuve
d’un vice issu de la fabrication du bien ou de la construc-
tion de l’édifice ou encore la preuve d’un cas de force ma-
jeure (accident, calamité naturelle, etc.).

202. Emploi d’effet de commerce tiré


sans droit
L’emploi d’effet de commerce tiré sans droit est défini à
l’article 1er de l’ordonnance loi n°68- 195 du 03 mai 1968.
Elle consiste à se faire frauduleusement procurer des fonds,
valeurs ou décharges au moyen d’un effet tiré sur une per-
sonne qui n’existe pas ou dont on savait ne pas être sa débi-
trice ou ne pas devoir l’être à l’échéance et qui ne l’avait
pas autorisé à tirer sur ceci.
Le législateur a voulu sévir. Il inflige une servitude pénale
de cinq à vingt ans et une amende au coupable. Evidem-
ment, l’infraction d’emploi d’effet de commerce tiré sans
droit est de la compétence du tribunal de commerce en ver-
tu de l’article 17 de la loi du 3 juillet 2001 portant création,
organisation et fonctionnement des tribunaux de com-
merce.
Catalogue des infractions 281

203. Emploi de l’emblème de la croix


rouge
Le décret du 30 avril 1912 relatif à la protection de la croix
rouge ou Croix-Rouge de Genève, à en son article 1 er, réser-
vé l’emploi de l’emblème de la croix rouge sur fond blanc et
des mots Croix-Rouge au service sanitaire de la Force pu-
blique, ainsi qu’au personnel et au matériel des sociétés
qu’y auront droit en vertu de la convention de Genève du 6
juillet 1906 pour l’amélioration du sort des blessés et des
malades dans les armées en campagne.

a) Infractions proprement dites


1. Est constitutif d’infraction le fait pour une personne don-
née qui n’a pas droit en vertu de la convention du 6 juillet
1906 de se servir de l’emblème ou de la dénomination de
Croix-Rouge ou Croix de Genève.
2. Il en est de même des emblèmes ou de dénominations
analogues pouvant prêter à confusion, soit pour faire ap-
pel à la charité publique, soit dans un but commercial,
soit pour toute autre fin.
3. Commet également l’infraction toute personne qui, en
temps de guerre, emploiera, sans y avoir droit, le bras-
sard ou le drapeau de la Croix-Rouge.

Sanctions prévues par le législateur


L’article du décret du 30 avril 1912 punit d’une amende qui
ne sera supérieure à 100 francs l’auteur de l’infraction
(point 1° et 2°). Les tribunaux pourront, en outre prononcer
la confiscation spéciale des objets marqués contrairement
aux dispositions du Décret.
L’article 3 du même décret prévoit une servitude pénale
maximale de trois mois et une amende maximale de 200
francs pour l’auteur de l’infraction (point3°).

204. Emploi de prisonniers de guerre


I. Conditions préalables
L’infraction est nommée « emploi de prisonniers de guerre
ou de civils à des fins de protection contre l’ennemi ». Elle
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
282

est prévue et réprimée par l’article 172 du code pénal mili-


taire.
II. Eléments constitutifs
Pour que cette infraction soit consommée il faut, outre les
éléments constitutifs proprement dits, l’existence d’un af-
frontement armé et la disponibilité de prisonniers de guerre
ou de personnes civiles.
Les prisonniers de guerre ainsi que les personnes civiles ne
constituent jamais des objectifs militaires. Le droit interna-
tional humanitaire protège spécialement les prisonniers de
guerre et les personnes civiles contre les atteintes portées à
leur vie, à leur santé, à leur bien-être physique et mental.
Ils sont également protégés contre les traitements cruels
tels que la torture, les mutilations ou toutes formes de
peine corporelle, contre les punitions collectives. L’emploi
de prisonniers de guerre figure parmi les actes constitutifs
de crimes de guerre tels que conçus par l’article 173 du
code pénal militaire.
Pour être établie à suffisance de droit, l’incrimination d’em-
ploi des prisonniers de guerre requiert l’acte prohibé et
l’élément moral ou intellectuel. L’acte prohibé consiste à
faire des prisonniers de guerre ou des personnes civiles des
objectifs militaires. L’élément moral dans le chef de son au-
teur procède de l’intention de l’agent d’adopter un compor-
tement répréhensible et d’en rechercher les conséquences.
Il procède aussi de la connaissance de la vulnérabilité des
prisonniers de guerre, des personnes civiles concernées et
de leur utilisation à des fins inhumaines indépendamment
des effets.

III. Répression
L’agent reconnu coupable de l’emploi de prisonniers de
guerre ou de personnes civiles à des fins de protection
contre l’ennemi peut encourir la peine de servitude pénale
principale de quinze à vingt ans. Il encourt également la
peine capitale.
Catalogue des infractions 283

205. Emploi des enfants dans les bars


et autres lieux publics
Voir Travail de l’enfant.

206. Empoisonnement
L’empoisonnement est l’administration volontaire à une
autre personne d’une substance mortelle, avec intention de
provoquer la mort de cette personne1. La manière dont la
substance a été employée ou administrée ne change pas
grand-chose. Il peut s’agir de l’absorption, de l’inoculation,
de l’inspiration, de la piqûre, de l’ingestion d’un breuvage
ou d’aliments…

I. Eléments constitutifs
Pour être établie, l’infraction d’empoisonnement requiert
l’existence et la réunion des éléments constitutifs.
1. L’élément légal se trouve repris à l’article 49 du code pé-
nal livre II. L’empoisonnement constitue une infraction très
actuelle pouvant connaître des formes modernes très diffi-
ciles à identifier(les maladies, les traitements, les irradia-
tions).
2. L’élément matériel se définit par l’emploi ou l’administra-
tion des substances de nature à entraîner la mort. Attentat
à la vie d’autrui, l’empoisonnement est constitué par le fait
de remettre à la victime, pour qu’elle absorbe, des médica-
ments dont on sait que l’association peut provoquer la mort
(Crim., 1993) . 1

Sous réserve de l’élément tenant à l’intention coupable, on


estime parfois que le fait d’avoir des relations sexuelles
alors que l’on sait être porteur du virus du sida peut consti-
tuer l’infraction d’empoisonnement ; la jurisprudence fran-
çaise en son dernier état préfère la qualification d’adminis-
tration de substances nuisibles1. Sous cette même réserve
11
Jean LESUEUR. , Op.cit., p.20
11
Mémento de droit pénal spécial, 14 ème édition 2008, Dalloz, p. 18.
12
Tel n’est pas le cas en droit pénal spécial congolais où le législateur a érigé en infractions autonomes
la contamination d’un enfant du vih/ sida et la transmission délibérée du vih/ sida. Il a sanctionné la
transmission délibérée du vih/ sida) sur base de l’article 45 de la loi n° 08/011 du 4 juillet 2008 portant
protection des droits des personnes vivant avec le vih/sida et des personnes affectées. La peine est de
cinq à six ans de servitude pénale principale et d’une amende de cinq cents mille francs congolais.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
284

de l’intention coupable, se pose le problème de la transfu-


sion de sang contaminé, ou de l’administration d’hormones
de croissance.
Il y a empoisonnement chaque fois qu’il y a réunion des
faits ci-dessous :
1. Administration à une autre personne d’une substance
mortelle ; il faut exclure l’administration d’un poison à
soi-même qui est une modalité du suicide, non punissable
en droit congolais.
2. Une substance mortelle. Il doit s’agir d’une substance
reconnue comme poison et capable de donner la mort :
substance toxique ou vénéneuse, des bacilles ou des vi-
rus. Il faut recourir à l’expert pour la déterminer, à moins
que la substance ne soit reconnue telle dans le lieu de
l’infraction. Le juge devra acquitter le prévenu s’il y a im-
possibilité matérielle de prouver le caractère toxique de
la substance prétendue administrée pour donner la mort3.
1. a)Le poison employé peut tuer à petit feu, lentement, ou bien rapidement. La quantité
employée peut être insuffisante ; l’infraction existe s’il s’agit d’une substance capable
de provoquer la mort.
2. Il suffit que le poison soit mis à la disposition de la victime. Si pour une raison
indépendante de la volonté de l’auteur, la victime n’absorbe pas le poison, l’agent sera
tout de même puni au même titre que l’infraction consommée (tentative punissable).
En cas d’administration d’un poison par erreur, par maladresse, imprudence,
négligence, inattention ou distraction ou dans l’intention de guérir ou encore par
inobservation des règlements, il n’ya pas infraction d’empoisonnement.
3. L’empoisonnement comporte indiscutablement un élément moral. L’existence de la
volonté de donner la mort ou la connaissance que la substance administrée peut
donner la mort. Il ne doit donc pas s’agir d’un acte posé par erreur ou imprudence,
inattention, maladresse ou négligence. Il ne doit pas non plus s’agir d’administrer
volontairement de substances nuisibles à la santé mais non mortelles.

1° Le poison administré doit produire son effet à savoir la mort de la victime. Ce résultat
(la mort) est un élément constitutif de l’infraction d’empoisonnement.
2° Si le résultat ne s’est pas produit par intervention d’un tiers ou de l’agent lui-même qui
administre un contrepoison, un antidote, il sera poursuivi pour tentative
d’empoisonnement.
3° La victime doit être une personne humaine née et vivante. En effet, administrer un
poison à un animal domestique tombe sous le coup de l’article 114 du code pénal
(destruction d’animaux domestiques).

II. Poursuites
L’action publique est mise en mouvement par le Ministère
public qu’il y ait ou non plainte de la partie lésée. Ce qui
n’exclut pas la dénonciation par sa plainte.

33
Kisangani, 26 octobre .1972, RJZ, Janvier-août 1974 n°s 1, 2, p. 45.
Catalogue des infractions 285

a)Quel texte réprime l’empoisonnement ?


L’infraction d’empoisonnement est prévue et réprimée de la
peine de mort par l’article 49 du Code pénal livre II. Notons
que l’administration des substances nuisibles de l’article 50
est sanctionnée d’un an à vingt ans de servitude pénale et
d’amende. Le législateur n’a pas manqué de sanctionner de
la même peine la tentative d’empoisonnement.
Le Tribunal de Grande Instance est compétent matérielle-
ment pour juger de ces infractions. Le délai de prescription
de l’action publique relative à l’infraction d’empoisonne-
ment est de dix ans. Quant à la peine de mort, dont est puni
l’auteur de l’empoisonnement, elle est imprescriptible.

b) Conséquences quant au moment où l’infraction


est commise
L’infraction d’empoisonnement est consommée par le fait
de tuer avec une substance mortelle, par le fait d’adminis-
trer celle-ci. Donc faire absorber la substance n’est pas une
simple tentative. La tentative se place à un stade antérieur
(par exemple présenter des mets empoisonnés ; mais la fa-
brication du poison n’est qu’un acte préparatoire). Si la
mort survient malgré l’administration d’un contrepoison par
le coupable à sa victime cela n’est qu’un repentir actif tar-
dif, intervenant après consommation de l’infraction, donc
sans effet sur l’infraction elle-même. Si la mort ne s’est pas
produite par suite de l’intervention d’un tiers et indépen-
damment de la volonté de l’empoisonneur, dans ce cas, il y
a tentative d’empoisonnement.

c)Problème de la substance remise à un tiers


chargé de l’administrer
Si le tiers est de bonne foi, l’auteur est le remettant (la re-
mise est un commencement d’exécution, Crim., 1886). Si le
tiers est au courant, il est l’auteur principal, le remettant
étant complice par aide ou assistance (donc le remettant
n’est pas punissable si le tiers se désiste avant d’adminis-
trer la substance, sauf application des règles de la tenta-
tive.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
286

207. Empoisonnement des eaux ou des


denrées consommables
Pour être établie, l’infraction d’empoisonnement des eaux
ou des denrées consommables exige ,avant tout, des préa-
lables.
La consommation de l’infraction est subordonnée à l’exis-
tence d’une situation exceptionnelle et au statut de l’agent.
D’une part, en temps de guerre, d’état de siège ou d’ur-
gence ou d’opération de police et d’autre part, l’agent
concerné est tout membre des forces régulières, tout
congolais non combattant ou encore tout sujet même étran-
ger qui perpètre l’acte. Il ne faut pas non plus oublier les
forces ennemies.

I. Eléments constitutifs
Pour être donc établie, outre ces préalables, l’infraction re-
quiert des éléments matériels et l’élément moral.
1. Les éléments matériels sont faits d’actes répréhensibles.
C’est-à-dire de l’empoisonnement des eaux potables et
des denrées alimentaires et du dépôt, de l’aspersion ou
de l’utilisation des substances qui peuvent donner la
mort.
2. Les biens susceptibles de protection. Il s’agit « des biens
indispensables à la survie de la population civile ».Les
eaux en concerne sont soit des eaux à l’état naturel soit
des eaux après purification à l’usine. Les denrées visées
par le législateur sont celles propres à la consommation.
Que ces denrées soient crues, cuites ou à un autre état
cela importe peu.
3. L’élément moral ; l’intention homicide. La parfaite
connaissance du caractère de l’acte perpétré et la dé-
marche délibérée et consciente visant à donner la mort
par l’empoisonnement des eaux ou des denrées consom-
mables.
Catalogue des infractions 287

II. Régime répressif


L’article 170 du code pénal militaire dispose que « tout em-
poisonnement des eaux ou des denrées consommables, tout
dépôt, aspersion ou utilisation de substances nocives desti-
nées à donner la mort, en temps de guerre ou sur une ré-
gion sur laquelle l’état de siège ou d’urgence aura été pro-
clamé ou à l’occasion d’une opération de police tendant au
maintien ou au rétablissement de l’ordre public, sera puni
de mort ».
Cette infraction vise à protéger le droit à la vie inhérent à la
personne humaine, l’eau étant la vie, dit-on.

208. Engagement d’individus pour inti-


mider les électeurs
Voir élections.

209. Enlèvement
Voir arrestation arbitraire.

210. Enlèvement ou déplacement des


bornes
L’enlèvement ou déplacement des bornes est le fait de
changer, de détruire, de supprimer des bornes délimitant
une terre légalement occupée sans autorisation de l’autori-
té, avec l’intention méchante.

I. Eléments constitutifs
Les éléments matériels et moral ci-après doivent être prou-
vés pour que l’infraction d’enlèvement ou déplacement des
bornes soit établie :

1. Eléments matériels
1. L’enlèvement, le déplacement, la destruction ou la dété-
rioration d’une borne;
2. Il doit s’agir d’une borne délimitant deux terres légale-
ment occupées par soi-même ou par autrui : générale-
ment, c’est un bornage cadastral, amiable, judiciaire,
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
288

entre parties et indiquant la limite entre les propriétés 1.


Les bornes peuvent consister en pierre, en arbres, en pi-
quets, en piliers etc., peu importe.
3. La borne enlevée ou détruite doit l’être sans autorisation
de l’autorité compétente (un géomètre du cadastre ou un
géomètre arpenteur agrée par exemple). Peu importe que
l’auteur soit ou non propriétaire des terres légalement oc-
cupées. L’agent qui enlève sans autorisation les bornes
qui délimitent les terres qu’il occupe légalement commet
l’infraction d’enlèvement des bornes.

2. Elément moral
L’élément moral est constitué de la volonté de causer préju-
dice ou l’intention coupable. Il suffit que l’on agisse sans
autorisation valable, et que soit établi que l’auteur savait
que la borne enlevée délimitait légalement des terres occu-
pées.

II. Poursuites
Si tous les éléments constitutifs de l’infraction de déplace-
ment des bornes sont réunis, l’auteur sera poursuivi et
sanctionné sur base de l’article 115 du code pénal Livre II.
La sanction est une servitude pénale de cinq ans au maxi-
mum et une amende ou une de ces peines seulement. Le
Tribunal de paix matériellement compétent est susceptible
d’infliger ces peines.
En cas d’autorisation d’enlèvement des bornes, il n’ya pas
infraction. La question demeure celle de savoir qui doit déli-
vrer cette autorisation. Il semble que c’est le géomètre du
cadastre sur invitation du conservateur des titres fonciers
ou un géomètre agrée, tel que le stipule l’ordonnance loi n°
79-007 du 6 juillet 1979.
L’action publique de l’enlèvement de borne se prescrit
après trois ans. La peine infligée à l’enleveur des bornes ne
sera plus appliquée au délai double de la condamnation.
Toutefois ce délai ne sera pas inférieur à deux ans.

211. Enlèvement des personnes


Voir arrestation arbitraire et détention illégale.

11
D’après Mineur, c’est tout signe extérieur planté pour indiquer la limite, Op. Cit, P. 270.
Catalogue des infractions 289

212. Enlèvement d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

213. Enlèvement d’un enfant en procé-


dure devant le tribunal
Voir protection pénale de l’enfant après sa
naissance.
214. Enrôlement d’enfants dans les
forces, groupes armés et police
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

215. Enrôlement non autorisé des mili-


taires
Pour exister, l’infraction d’enrôlement non autorisé des mi-
litaires exige :
1. l’acte matériel de l’enrôlement ou de l’engagement ;
2. les personnes enrôlées doivent être des militaires ou assi-
milées ;
3. l’intention de porter atteinte à la sûreté de l’Etat ou à la
tranquillité publique.
L’article 198 du code pénal ordinaire livre II punit ceux qui
auront engagé ou fait engager ou enrôlé ou fait enrôler des
soldats sans ordre ni autorisation du Conseil Exécutif (Gou-
vernement). Le même article punit le seul fait d’enrôler les
soldats qu’on sait être ou faisant partie de l’armée régu-
lière. La peine est prévue par l’article 198 du code pénal
livre II : « seront punis d’une servitude pénale de cinq à
vingt ans ceux qui auront levé ou fait lever des troupes ar-
mées, engagé ou enrôlé, fait engager ou enrôler des sol-
dats, ou leur auront fourni des armes ou munitions , sans
ordre ni autorisation du gouvernement ».
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
290

216. Entraînement, embauchage, et dé-


tournement en vue de la débauche
ou de la prostitution
I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction d’entraînement, embauchage, et dé-
tournement en vue de la débauche ou de la prostitution soit
consommée, il faut des actes constitutifs.
1. L’acte matériel d’embauchage, d’entraînement et de dé-
tournement c’est-à-dire recrutement, entraînement, enlè-
vement ;
2. L’acte doit être accompli en vue de la débauche ou de la
prostitution ;
3. La victime, peu importe son sexe, doit être âgée de plus
21 ans (article 174bis al 1er du code pénal tel que modifié
par l’article 6 du décret du 27 juin 1960). L’âge de la vic-
time est déterminable à défaut d’acte d’état civil par exa-
men médical, certificat de baptême… L’agent doit avoir
cherché à satisfaire les passions d’autrui. Celui qui satis-
fait ses propres passions n’est pas punissable.
4. L’agent doit avoir eu la conscience de commettre des
actes tendant à favoriser la prostitution, même si la vic-
time est consentante.
II. Régime répressif

a) Quelle est la base légale de cette prévention ?


L’entraînement, l’embauchage et le détournement en vue
de la débauche ou la prostitution est prévu et réprimé par
l’article 174bis al 1er du code pénal tel que modifié par l’ar-
ticle 6 du décret du 27 juin 1960.
L’infraction consiste à embaucher, entraîner ou détourner
pour satisfaire les passions d’autrui, une personne âgée ou
apparemment âgée de plus de 21 ans en vue de la débauche
ou de la prostitution, même avec son consentement.

b) Quelle est la sanction prévue par le législateur ?


L’article 174bis al 1er du code pénal tel que modifié par l’ar-
ticle 5 du décret du 27 juin 1960 punit de trois mois à cinq
Catalogue des infractions 291

ans et d’une amende l’auteur de l’infraction d’entraîne-


ment, embauchage, et détournement en vue de la débauche
ou de la prostitution.

217. Entraves à l’activité de l’adminis-


tration des mines
Voir Code minier.

218. Entraves à la liberté des transac-


tions ou troubles au marché public
L’article 9 de l’ordonnance loi n° 41-398 relative à la police
des marchés publics définit cette infraction. Elle est punie
d’amende et d’une servitude pénale n’excédant pas sept
jours ou d’une de ces peines seulement.

219. Entraves à l’exécution des travaux


publics
Les entraves à l’exécution des travaux publics est le fait de
s’opposer par voies de fait ou menaces ou par attroupement
et violences à l’exécution des travaux ordonnés ou autorisés
par le pouvoir compétent.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’entraves à l’exécution des travaux publics
suppose : 1° des actes matériels de voies de fait, de me-
naces, d’attroupement et violence ; 2° dans le but d’empê-
cher que soient exécutés des travaux d’intérêt public ; 3°
des travaux, œuvre du pouvoir (Gouvernement, Province,
commune) ou exécutés en régie ou à l’entreprise.

II. Poursuites
a) Le texte de loi est le code pénal livre II en ses articles
141 et 142. Ces dispositions légales sanctionnent l’au-
teur des entraves de huit jours à trois mois de servitude
pénale principale et d’une amende ou de l’une des peines
seulement. La peine est appliquée à condition que l’en-
trave soit accompagnée des voies de fait ou menaces. En
cas d’attroupement ou violences, la peine est de trois
mois à deux ans de servitude pénale et d’amende ou de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
292

l’une de ces peines uniquement.


b) Les faits d’entraves à l’exécution des travaux publics se-
ront portés devant le Tribunal de paix. L’action publique
de l’infraction d’entraves à l’exécution des travaux pu-
blics sera acquise après trois ans. Celle des peines se
prescrit à tout au moins deux ans ou au délai double de la
condamnation.

220. Entraves à manifestation pendant


la campagne électorale
Voir élections.

221. Entraves à une décision de ferme-


ture d’un établissement du siège,
d’une succursale ou d’une agence
pour non immatriculation au Registre
de Commerce
Voir Registre de commerce.

222. Entraves volontaires à l’exercice


des Fonctions des agents commis-
sionnés
Voir réglementation de prix.

223. Entraves volontaires à l’exercice


des fonctions des agents des affaires
économiques
Voir réglementation de prix.

224. Entrée en armes dans un centre


d’inscription ou dans un bureau de
vote
Voir élections.
Catalogue des infractions 293

225. Entreprise de démoralisation de


l’armée
L’entreprise de démoralisation de l’armée est une infraction
proche de la trahison. Elle est prévue et punie par l’article
146 du code pénal militaire. « Le fait de participer à une
entreprise de démoralisation de l’armée en vue de nuire à
la défense nationale est puni de dix à vingt ans de servitude
pénale. Lorsque les faits sont commis en temps de guerre,
ils sont punis de mort ».

I. Personnes susceptibles de commettre l’infrac-


tion.
Sont visés tout congolais, tout militaire au service du Congo
ou tout individu au service de l’armée qui en temps de
guerre aura participé sciemment à une entreprise de démo-
ralisation de l’armée avec pour but de nuire à la défense
nationale. L’institution de cette infraction a pour but d’at-
teindre des propagandes nuisibles à la défense de la Patrie.

II. Eléments constitutifs


Pour être établie, l’infraction d’entreprise de démoralisa-
tion de l’armée suppose que soient réunies quatre condi-
tions :
1. il faut que soit établie l’existence d’une entreprise, d’une
organisation poursuivant selon un plan concerté un résul-
tat déterminé. Cette organisation peut être occulte ou
non. Le terme « entreprise » exclut l’hypothèse d’actes
isolés qui ne tomberaient par conséquent pas sous l’appli-
cation de cette prévention ;
2. il faut que cette entreprise ait pour objet de nuire à la
défense nationale. Il en sera ainsi de tous actes tendant à
diminuer le sentiment patriotique, la confiance ou la ca-
pacité de résistance de l’armée ;
3. il faut une intention coupable de la part de l’auteur se
définissant par une participation voulue et consciente de
sa part à l’entreprise et à sa mise en œuvre ;
4. il faut enfin que les faits se situent en temps de guerre
pour être punissable de la peine capitale.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
294

226. Epreuves superstitieuses com-


mises sur un enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

227. Epreuves superstitieuses ou pra-


tiques barbares
Les épreuves superstitieuses consistent à soumettre de gré
ou de force une personne à un mal physique réel ou suppo-
sé, en vue de déduire des effets produits, l’imputabilité d’un
acte ou d’un événement ou toute autre conclusion (article
57 du code pénal livre II).

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’épreuves superstitieuses ou pratiques bar-
bares existe lorsqu’il :
1. y a pratiques sévices ou souffrances de toute nature fon-
dées sur la croyance (acte matériel d’épreuves) ;
2. les pratiques dont question sont directement exercées
sur une personne humaine (la personnalité humaine de la
victime) ;
3. les pratiques causent un mal physique (résultat domma-
geable) ;
4. on déduit des effets produits par ces épreuves qu’une
personne est responsable ou non d’un évènement (décès,
maladie, malheur, accident etc.) ou on en déduit une
autre conclusion.
Le consentement de la victime importe peu. Il n’enlève pas
le caractère infractionnel de l’épreuve. Le législateur dis-
tingue les épreuves superstitieuses simples des épreuves
superstitieuses aggravées. Les premières n’occasionnent
pas de conséquence grave. Les secondes réalisent une
conséquence grave telle que la maladie, une incapacité de
travail, la perte de l’usage absolu d’un organe, la mutilation
grave ou la mort.
Tombe également sous le coup de l’infraction d’épreuves
superstitieuses ou pratiques barbares, le fait par exemple
de traiter publiquement des personnes de sorcières et de
faire naître ainsi chez le chef du village, la résolution de ré-
Catalogue des infractions 295

clamer ou d’ordonner une épreuve superstitieuse1. De


même a été jugé comme coauteur de l’infraction d’épreuve
superstitieuse « l’indigène qui a accusé un autre de sorti-
lège et l’a défié de boire le poison d’ordalie 2».

II. Poursuites
Le législateur vise les sorciers, les devins et autres féti-
cheurs sans scrupules qui abusent des esprits faibles. Le
texte qui sanctionne est l’article 57 du code pénal livre II.
Les épreuves superstitieuses simples sont punies d’un mois
à deux ans de servitude pénale principale et d’amende ou
d’une de ces peines.
Les épreuves superstitieuses aggravées sont punies de deux
mois à vingt ans de servitude pénale principale et d’amende
ou d’une de ces peines. La peine de mort ou peine capitale
sera appliquée si les épreuves ont causé la mort.
Les articles 58 et 60 du code pénal livre II règlent essentiel-
lement les cas de la participation criminelle en matière
d’épreuves superstitieuses et de pratiques barbares.
L’article 58 dispose : « Sont auteurs ou complices de
l’épreuve superstitieuse visée à l’article 57 ceux qui y ont
participé selon les modes prévus aux articles 21 et 22 du
livre 1er du code pénal ». L’article 60 renchérit : « Sont
considérés comme ayant participé à l’épreuve supersti-
tieuse non constitutive d’infraction visée à l’article 59 ceux
qui y ont prêté leur concours selon les modes prévus aux articles 21
et 22 du livre 1er du code pénal et ceux qui, de quelque fa-
çon que ce soit, ont à dessein fait naître la résolution de ré-
clamer, d’ordonner ou de pratiquer l’épreuve ».
Les épreuves superstitieuses simples sont de la compétence
du Tribunal de paix. Les épreuves superstitieuses aggra-
vées sont de la compétence du Tribunal de Grande Ins-
tance. Les premières se prescrivent après 3 ans. Les se-
condes se prescrivent après 10 ans (action publique).
Lorsque la peine est capitale ; elle est alors imprescriptible.

11
1ère Inst. App. Kasaï, 27.1.1951, RPA .1669.
22
1ère Inst. Buta ,18.1.1930, RJCB, 1930, p. 217.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
296

228. Esclavage
L’esclavage défini comme asservissement, oppression, ser-
vitude est une négation de la personnalité de celui qui en
est l’objet3. On peut autrement définir l’esclavage comme le
fait de considérer un être humain comme une chose sur la-
quelle on a une puissance absolue et dont on peut disposer.
Nos différentes constitutions ont toujours prohibé l’escla-
vage car celui-ci est une pratique avilissante. L’une des
constitutions en son article 18 al 2 prescrivait que nul ne
peut être tenu en esclavage, servitude ou dans une condi-
tion analogue2.

I Eléments constitutifs
1. La disposition répressive du code pénal qui prévoit l’es-
clavage est l’article 68 du livre second.
2. L’infraction d’esclavage suppose d’une part une série
d’éléments matériels et d’autre part un élément moral.
Sont constitutifs d’éléments matériels :
a) Le fait d’enlever, d’arrêter ou de détenir une personne
en vue de la revendre comme esclave ;
b) Le fait de vendre comme esclaves des personnes pla-
cées sous son autorité. Toute opération de traite. A
bon droit qu’il a été reconnu par jugement qu’il doit
s’agir des personnes placées sous la garde du vendeur
et sur lesquelles il exerce une autorité légale3.
3. Pour être établie comme infraction d’esclavage, il faut
l’intention coupable. Elle est requise. Dans le chef de ce-
lui qui a enlevé, arrêté, détenu ou fait enlever, arrêter ou
détenir une personne pour la vendre comme esclave, il
faut trouver l’intention d’agir sciemment : le fait que l’au-
teur a agi en connaissance de cause. Le mobile, l’erreur
sur la personne et le consentement de la victime im-
portent peu. Il convient de relever que le motif de la
vente, le consentement et l’erreur sur la personne n’ont
pas d’influence sur la qualification à retenir.
31
Général LIKULIA BOLONGO. , Op.Cit, p.182
22
Constitution de la Transition issue de l’Accord global et inclusif sur la transition en République
Démocratique du Congo, J.O 44e année, Numéro Spécial 05 avril 2003.
33
Elis., 23 décembre1913,Jur.Col. 1924. p. 180 ; Elis, 26 mai 1914, Jur. Col.1925 p .29.
Catalogue des infractions 297

II. Régime répressif


Pour réprimer l’esclavage, le législateur renvoie aux dispo-
sitions de l’article 67. Les dispositions relatives aux circons-
tances atténuantes des alinéas 2 et 3 de l’article 67 s’ap-
pliquent contre le coupable si la personne arrêtée, enlevée
ou détenue pour être vendue comme esclave a été torturée
ou en est morte.
L’auteur de l’infraction d’esclavage est passible d’une servi-
tude pénale d’un an à cinq ans. A l’exception du cas qui re-
lève de la compétence du Tribunal de paix les autres cas
qui suivent (situations aggravantes) sont de la compétence
du Tribunal de Grande Instance. Les peines sont de cinq à
vingt ans en cas de tortures corporelles, non suivies de
mort ; la perpétuité ou châtiment suprême en cas de mort
de la victime.
La victime de l’infraction de l’esclavage dispose d’une action en
réparation du dommage subi. Cette action civile peut être
exercée devant le tribunal répressif comme devant le tribu-
nal civil. Le juge pénal peut accorder d’office des dom-
mages-intérêts à la partie civile. Quant à la prescription,
l’esclavage sans circonstances aggravantes se prescrit en
trois ans, celui avec circonstances aggravantes en dix ans.

229. Esclavage sexuel


L’infraction d’esclavage sexuel est une nouvelle forme de
violences sexuelles. Comme telle, elle est créée par la loi
n°06/018 du 20 juillet 2006.L’esclavage sexuel est le fait
d’exercer l’un ou l’ensemble des pouvoirs associés au droit
de propriété sur une personne. Il peut s’agir notamment de
détenir, d’imposer une privation similaire de liberté, d’ache-
ter, vendre, prêter, troquer une personne pour des fins
sexuelles et de la contraindre à accomplir un ou plusieurs
actes de nature sexuelle.
a)Quel est le mode de répression de l’infraction d’esclavage
sexuel ?
L’esclavage sexuel comme nouvelle forme de criminalité est rat-
tachée aux violences sexuelles. Le législateur a particulière-
ment renforcé la protection des victimes. Il a adapté la
peine à la gravité du crime. Il ne fait pas place à des peines
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
298

dérisoires. Les règles relatives à la répression sont dévelop-


pées sous l’intitulé « violences sexuelles ».

b) Quelles sont les pénalités prévues ?


L’article 174e du code pénal tel que modifié par le texte de loi
de 2006 définit et réprime l’esclavage sexuel. Le coupable
peut encourir une servitude pénale de cinq à vingt ans et
une amende de deux cents mille francs congolais constants.
c)Quel est le tribunal compétent et comment l’infraction se
prescrit-t-elle ?
L’infraction d’esclavage sexuel est de la compétence du Tribu-
nal de Grande Instance, une juridiction nationale. Mais faut-
il encore qu’elle ne soit pas constitutive d’un crime contre
l’humanité ou d’un crime de génocide pour ne pas échapper
à la juridiction nationale de droit commun. La prescription
de cette infraction est décennale.

230. Esclavage sexuel d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

231. Escroquerie
Selon le dictionnaire Littré, « escroquer » signifie « sous-
traire par fourberie ». Cette définition rapproche considéra-
blement cette infraction du vol. Les formes d’escroquerie
sont très diversifiées. L’escroc ne soustrait pas, ne déplace
pas, ne ravit pas la chose d’autrui. Il est rusé et réussit à
obtenir, à se faire remettre la chose par des moyens intel-
lectuels.
On peut donc définir l’escroquerie comme le fait de se faire
remettre, volontairement, par le détenteur en vue de se les
approprier des fonds, décharges, quittances, obligations, et
meubles, en faisant usage : de faux noms ; de fausses quali-
tés, ou en employant des manœuvres frauduleuses
pour persuader l’existence d’un pouvoir, d’un crédit imagi-
naire ou pour faire naître l’espérance ou la crainte d’un suc-
cès, d’un accident, de tout événement chimérique ou encore
pour abuser autrement de la confiance ou de la crédulité.
Catalogue des infractions 299

I. Eléments constitutifs
L’escroquerie est une infraction complexe mettant en
œuvre des moyens de commission fort divers.
1 L’élément légal en l’article 98 du code pénal incrimine
« le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse
qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’em-
ploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une per-
sonne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son
préjudice ou au préjudice d’un tiers » à effectuer une re-
mise. La définition simplifiée vise le fait de se faire
consentir une remise par des moyens frauduleux.
2 Dans l’élément matériel, le mécanisme consiste à utiliser
des procédés de tromperie dans le but d’induire la vic-
time en erreur et de déterminer ainsi une remise au pré-
judice de celle-ci. Sa nature complexe conduit à étudier
plusieurs éléments distincts. L’escroquerie est une infrac-
tion de commission qui requiert l’accomplissement d’un
ou plusieurs actes positifs1.
A. Les moyens de la tromperie
1° L’usage de faux nom et de fausse qualité
a) L’usage de faux nom.
User d’un faux nom conduit à prendre un nom auquel on
n’a pas le droit. La méthode est indifférente : changer de
nom, se présenter sous le nom d’autrui. Le nom usurpé peut
être réel ou imaginaire. Se faire appeler NYAMULINDUKA,
grand commerçant de renom, pour se faire consentir un
crédit par une banque alors que l’on se nomme KABAZANE,
un petit marchand du village est un exemple typique de
l’usage de faux nom.
b) L’usage de fausse qualité.
L’usage de fausse qualité suffit pour constituer l’escroque-
rie. Il ne doit pas être renforcé par des manœuvres exté-
rieures, mais il doit nécessairement déterminer la remise. Il
est impératif que l’auteur se soit attribué lui-même la
fausse qualité, qu’elle soit totalement inventée ou simple-
ment perdue.

11
Crim. , 30 avril 2003, Dr.pén.2OO3, comm. N°19,obs. Veron.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
300

L’état des personnes peut donner lieu à une prise de fausse


qualité (se déclarer mère de soldat décédé à la guerre alors
qu’il était déserteur, se présenter faussement comme ayant
des enfants mineurs à sa charge, arguer d’un faux lien de
filiation)
La profession donne lieu au plus grand nombre d’illustra-
tions. La qualification pénale est incontestable lorsque la
fausse qualité porte sur des professions réglementées
(prêtre et évêque, médecin ou docteur en médecine,
conseiller financier, militaire) ou sur des titres universi-
taires ou des personnes inscrites comme experts, conces-
sionnaire exclusif d’une maison de commerce, représentant
d’un service officiel. Il en est du greffier qui, en vue de se
faire remettre de l’argent, fait usage de la fausse qualité
d’envoyé du procureur de la République et fait croire à son
pouvoir d’obtenir auprès de ce dernier la libération immi-
nente d’un prévenu2.
La jurisprudence a considérablement étendu le domaine de
la fausse qualité en l’appliquant au salarié ou ancien sala-
rié3 , au chef d’entreprise4 et au chômeur5. La fausse apti-
tude professionnelle peut donner lieu à la qualification pé-
nale1 .
2° L’abus d’une qualité vraie
Ici, il s’agit de sanctionner le fait pour un individu d’abuser
d’une qualité réellement possédée, qualité inspirant la
confiance et la sincérité, afin de conférer à ses allégations
mensongères une crédibilité de nature à tromper ses dupes.
Les qualités vraies protégées font référence à l’usage de
fausse qualité (prêtre, maire, avocat, conseiller juridique,
receveur principal des impôts).C’est l’usage déloyal de la
fonction possédée qui est sanctionnée. Il en est ainsi d’un
agent de la Regideso se faisant remettre de l’argent pour
exempter l’abonné du paiement d’une pénalité, ce qui ne
rentre aucunement dans ses attributions.

22
Kisangani., 20.8.1970 –RJC –n°3, 197O,p.285.
33
Crim. , 4 juin 1995, Bull., n°279 ;Crim. 12 décembre 1988, Bull., n°421
44
Crim. , 15 mars 2000, JCP 2000, IV, 2013.
55
Crim. ,30 novembre 1981, Bull., n° 315
1
Crim. , 11 janvier 2006, RSC, 2006, p.598, obs. Fortis.
Catalogue des infractions 301

3° L’emploi de manœuvres frauduleuses.


Les manœuvres frauduleuses doivent avoir pour but de
tromper la victime et de déterminer la remise. Elles sont
intrinsèquement un acte exercé dans un but précis. L’em-
ploi de manœuvres frauduleuses peut se réaliser par la pro-
duction d’écrits, la mise en scène ou l’intervention d’un
tiers.
a) La production d’écrits
La production des documents écrits attestant la véracité du
mensonge initial est le moyen le plus fréquent pour com-
mettre l’escroquerie. La nature du document utilisé est in-
différente, de même que son origine et le procédé de falsifi-
cation employé. Le fait d’utiliser des fausses factures sert à
commettre une escroquerie par l’obtention de prêts ou de
crédits auprès d’organismes financiers trompés par une ap-
parence d’activité ou la production de bordereaux.
L’escroquerie à l’assurance est constituée par des ma-
nœuvres frauduleuses portant sur la réalité du sinistre (por-
ter plainte pour un vol de véhicule simulé ou détruit, avec
avis de recherche de la police spéciale de roulage) ou sur
son importance (présenter de fausses factures dans le but
d’obtenir des indemnités supérieures à la valeur réelle des
objets assurés disparus ou volontairement détruits).
L’escroquerie au jugement est constituée par la présenta-
tion de fausses pièces produites à l’appui d’une action en
justice, forgées par l’agent ou sous sa direction et qui sont
destinées à tromper la religion du juge et à faire condamner
son adversaire2
b) La mise en scène
Les termes pour décrire cette manœuvre frauduleuse sont
multiples : mise en scène, machinations, simulations, tru-
quage d’instruments, substitution, trucage, falsification, ar-
rangement de stratagèmes etc... La mise en scène peut être
simple ou reposer sur un mécanisme plus élaboré (art divi-
natoire, ou de guérir, à la charité).Les actes perpétrés
doivent être utilisés pour persuader la victime d’effectuer la
22
Crim. , 14 mars 1972, Bull, n°96 ; Crim. 22 mars 1973, Bull, n° 147
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
302

remise.
Exemple : se blesser soi-même pour simuler un accident de
travail, faux guérisseurs, le fait pour un chauffeur de taxi de
truquer son compteur, une personne avec son complice qui
se cambriole elle-même pour se faire indemniser par son
assureur.
b.1. L’existence des fausses entreprises. Le cas des entre-
prises fausses, inexistantes, ayant une apparence gonflée
ou mensongère ou maintenues artificiellement en vie peut
avoir un effet direct sur l’importance des crédits bancaires.
L’entreprise peut être entièrement (sociétés fictives, projet
de reprise industrielle de pure façade) ou partiellement
(des parties essentielles, des opérations frauduleuses, faire
croire à sa prospérité par la distribution des dividendes fic-
tives) fausse.
b.2. Le pouvoir ou le crédit imaginaire. Il s’agit des ma-
nœuvres tendant à faire croire à l’existence des biens en
vue d’obtenir l’octroi d’un prêt1 . Les remises alternées de
chèques sans provision aboutissant à la création d’une tré-
sorerie artificielle, caractérisant les manœuvres fraudu-
leuses combinées avec des tiers pour persuader la victime
d’un crédit imaginaire, constituent le délit d’escroquerie2 .
Exemple : un commerçant qui présente des bilans truqués
pour vendre son commerce à un bon prix ;
b.3. L’espérance ou la crainte d’un succès, d’un accident ou
de tout autre événement chimérique. Les escroqueries fi-
nancières reposent toujours sur l’espérance chimérique
d’un excellent rapport du capital placé par les victimes.
Parvenir à se faire consentir par un banquier des avances
de fonds sous prétexte de faire un commerce de grains, et
réitérer à chaque versement l’assurance que l’on a acheté
des grains. Les moyens dolosifs doivent avoir pour résultat
ou, au moins, pour but, s’il n’y a eu que tentative, la remise
par la victime de certaines choses.
b.4 Publicité mensongère pour faire croire à l’existence
d’une société fictive :
1
Crim. , 6 juin1902, Bull. n°210.
2
Crim. , 17 juin1971, RSC 1972, p.121, obs. Bouzat
Catalogue des infractions 303

- Fausses entreprises de construction escroquant les ap-


ports des souscripteurs ;
- Par annonces dans les journaux ou communiqués dans la
presse, on recrute un gérant pour une entreprise imagi-
naire et on réclame aux candidats le versement d’un cau-
tionnement.

c) L’intervention d’un tiers


Les escrocs font souvent intervenir un tiers pour fortifier
leurs allégations et donner force et crédit à leurs men-
songes dans l’esprit des victimes. Ce tiers est certificateur
car il atteste de l’exactitude des allégations mensongères.
L’intervention du tiers peut être réalisée par écrit, verbale-
ment, par geste ou simple attitude.
- Un marchand des véhicules. Une tierce personne arrive
et fait des compliments pour la voiture de même marque
qu’il dit avoir achetée il y a 5 ans et en achète une autre.
Il paie sans hésiter le prix réclamé. Ce qui incite le té-
moin de la scène à acheter aussi une de ces voitures qui
ne lui donnera certainement pas la satisfaction promise
et qu’il attendait.
L’esprit inventif des escrocs est tellement fertile que l’énu-
mération faite ne donne qu’un aperçu de la multitude de
modes possibles d’escroquerie. Il a, par exemple, été jugé le
fait, pour un greffier ou un avocat, après réception d’une
somme d’argent à devoir remettre à un magistrat, d’entrer
dans le bureau de ce dernier et d’en sortir en faisant croire
que l’argent a été remis1. Relevons également le cas du po-
licier qui, sous le fallacieux prétexte que la victime a offen-
sé le chef de l’Etat et outragé le drapeau national, ordonne
à un chauffeur de taxi de la rattraper, l’arrête et puis la re-
lâche moyennant une somme d’argent2. Un individu qui
avec sa carte d’identité réclame à une société de télécom-
munication un numéro de téléphone pourtant appartenant à
son homonyme.
En tout état de cause les manœuvres frauduleuses constitu-
tives de l’escroquerie doivent être de nature à déterminer
11
C.S.J., 23. 10.1978, RPA. 49,B.A. 1979, p.110 .
22
Kin., 24.3.1972, RJZ.,1973, n°2,p.175.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
304

la confiance de la personne qu’il s’agit de léser (Boma, 7


janvier 1913,Jur. Congo 1914-1919 , p.295.)

B. La remise
La remise caractérise l’infraction d’escroquerie. Le moment
de la remise est important car il faut établir un lien de
cause à effet entre les moyens frauduleux et la remise. La
remise du bien est obligatoirement postérieure à la trompe-
rie qui doit avoir joué un rôle déterminant. On peut se faire
délivrer par la poste, par un transporteur ou du détenteur à
l’agent.

1° L’objet de la remise
La remise volontaire et consciente constitue un acte positif
portant sur une liste de biens limitativement énumérés par
le texte légal d’incrimination. Les biens susceptibles de
faire l’objet d’escroquerie sont les meubles, les fonds (ar-
gent) obligations, quittances, décharges, les valeurs et les
biens quelconques. Le mot « fonds » désigne généralement
les espèces, mais il y a lieu d’assimiler aux espèces les paie-
ments effectués en monnaie scripturale, quelques que
soient les techniques utilisées (chèque, carte bancaire et
virement). Par contre les immeubles, les écrits ne portant
pas obligation, quittance ou décharge comme des simples
correspondances ou l’usage d’une fausse qualité en vue
d’un service sont exclus des objets possibles de cette infrac-
tion.
Il a été reconnu par jugement qu’en matière d’escroquerie,
le premier élément constitutif à retenir est la remise d’une
chose mobilière par la personne escroquée 1. A défaut de
cette remise, l’infraction d’escroquerie ne peut être rete-
nue2. Seuls les immeubles3 sont encore exclus du champ
d’application de l’escroquerie .

2° Les modalités de la remise


Il n’est pas imposé des modalités ou des bénéficiaires spéci-
fiques de la remise. La remise de l’objet ne doit pas être né-
cessairement faite entre les mains des coauteurs ou des
11
Tribunal de Paix de Kinshasa/ Gombe, RP 16.733/IV, 2001, Inédit.
22
C.S.J., RP 130, 15 avril 1975, B.A. 1976; p.119.
33
Crim. , 15 juin 1992, Bull. n°235 ; Crim.23 janvier 1997, Bull. n°34 ; D.1999, somm.p.157.
Catalogue des infractions 305

complices de l’escroquerie4. La remise indirecte ou effec-


tuée entre les mains d’un tiers caractérise l’infraction à
condition d’être la conséquence de l’utilisation des moyens
de la tromperie.

3° Le préjudice
En absence de tout préjudice, l’un des éléments de l’escro-
querie fait défaut, car elle ne porte pas atteinte à la fortune
d’autrui. Le préjudice n’est plus nécessairement matériel,
mais simplement moral, s’analysant comme l’extorsion du
consentement à la remise.

3. L’élément moral.
Il consiste en ce que l’escroquerie est nécessairement une
infraction intentionnelle caractérisée par la volonté d’obte-
nir une remise par l’un des moyens de la tromperie répri-
més par la loi. C’est le but frauduleux de s’approprier la
chose d’autrui soit pour soi-même, soit pour un tiers. L’élé-
ment moral se compose nécessairement d’un dol général
caractérisé par la conscience de l’agent d’user d’un des
moyens frauduleux spécifiquement définis, qu’il s’agisse
d’un mensonge caractérisé (l’usage d’une fausse qualité) ou
de l’emploi de manœuvres élaborées (machination ou mon-
tage frauduleux). Le mobile est indifférent à la qualification
pénale, conformément aux principes classiques du droit pé-
nal général.
L’escroquerie n’existera pas quand les manœuvres em-
ployées l’ont été pour récupérer une chose dont on est pro-
priétaire. Un tribunal a reconnu que l’escroquerie suppose
l’intention de s’approprier une chose appartenant à autrui,
et non une chose dont on est créancier 1. Il a aussi été jugé
que l’escroquerie suppose l’intention de s’approprier une
chose appartenant à autrui, cette infraction ne sera pas re-
tenue dans le chef de celui qui est créancier de la chose
supposée escroquée2.
Autres exemples d’escroquerie :

44
Crim. , 6 octobre 1977, Bull, n° 293, Crim, 26 octobre 1995, Bull. n° 326.
11
Elis. , 5 janvier 1915, Jur. Col. 1925, p.309.
22
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 10096, 28 septembre 2001, Ministère public et partie
civile Selemani Idi falay contre le prévenu Alimasi Mulimbi.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
306

- Le fait de vendre des produits médicamenteux prétendu-


ment capables de donner la puissance sexuelle ;
- Le fait de s’attribuer la qualité de guérisseur et pré-
tendre guérir ou soulager telle maladie en faisant des in-
vocations, des gestes mystérieux et se faire ainsi re-
mettre des fonds comme prix de ces consultations ;
- L’exhibition d’un portefeuille ou d’un sac bourré de pa-
piers sans valeur pour faire croire à une solvabilité imagi-
naire ; tel est le cas de l’infraction improprement appelée
« vol à l’américaine ».

II Poursuites
L’action publique pour être exercée n’est pas subordonnée
à la plainte de la partie lésée. Elle peut être intentée d’of-
fice par le Ministère public, qu’il y ait eu plainte ou non,
que la chose escroquée ait ou non été restituée.

1. Texte et pénalités
L’escroquerie est prévue et punie par l’article 98 du code
pénal livre II de trois mois à cinq ans de servitude pénale et
d’une amende. La loi donne au juge la faculté d’infliger soit
la servitude pénale soit l’amende.

2. Tribunal compétent et prescription


Matériellement l’escroquerie est une infraction de la com-
pétence du Tribunal de paix. Le délai de prescription de
l’action publique court à compter du jour de la remise ou en
cas de tentative, du jour de la dernière demande de remise
(du jour des dernières manœuvres). La prescription en ma-
tière d’escroquerie, ne court que du jour ou la remise des
fonds, meubles, obligations, dispositions, quittances ou
charges a été obtenue par l’emploi du faux nom, de la
fausse qualité ou des manœuvres frauduleuses 1. Les escro-
queries donnant lieu à des remises successives bénéficient
d’un report du point de vue de la prescription. La prescrip-
tion commence à courir à partir du dernier versement
consommant totalement la remise. La peine, elle, se pres-

11
Crim . , 4 janvier 1935, D.P1936 .1.55, note de M.Hamel ; 7 janvier .1944, D.A 1944 ,47 in Dalloz,
Code de Procédure Pénale, Code de Justice Militaire, Paris Librairie Dalloz 1962, p.6.
Catalogue des infractions 307

crit au délai double de la peine prononcée. Mais le délai ne


pourra pas être inférieur à deux ans.

3. La complicité
La complicité est très fréquente en matière d’escroquerie,
car elle est comprise dans un des éléments constitutifs qui
est la manœuvre frauduleuse par intervention d’un tiers.
Les modes de complicité sont divers : faux expert, faux ac-
quéreur pour faire monter les enchères, faux garant pour
garantir la solvabilité d’un individu insolvable, organisateur
d’une fraude concertée entre plusieurs participants.

232. Escroquerie au préjudice d’un en-


fant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

233. Espionnage
L’espionnage rappelle la trahison : ces deux infractions re-
lèvent, en effet, des atteintes à la sûreté extérieure de
l’Etat. La distinction entre l’espionnage et la trahison est
pourtant certaine. Cependant, les mêmes faits sont consti-
tutifs de l’une et l’autre infraction selon que l’auteur est
congolais ou étranger. A cet effet, il a été jugé que la dispo-
sition concernant l’espionnage ne peut être appliquée à un
congolais1 1 . Lorsque les faits décrits en matière de trahi-
son sont commis par un étranger, l’infraction sera qualifiée
d’espionnage.
a)Quelle est la base légale et les sanctions à être infligées ?
Aux termes de l’article 185 du CPLII qui définit l’espion-
nage le coupable de l’infraction d’espionnage est puni de
mort. L’infraction d’espionnage exige la réunion de quatre
éléments constitutifs. &) La nationalité étrangère du préve-
nu ; 2° le temps de guerre ; 3° l’élément matériel ; 4° l’élé-
ment moral.
b) Actes d’espionnage
L’acte matériel tient en des « intelligences » c’est-à-dire
nécessairement en des relations, lesquelles sont suscep-

11
Cour de Sûreté de l’Etat. , Arrêt R.P. 2448, O7 décembre 2001, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
308

tibles d’une infinité d’aspects2 2 . Entretenir des intelli-


gences c’est entretenir des relations secrètes, nuisibles aux
intérêts du Congo (RDC). Ces relations peuvent se manifes-
ter par la fourniture des renseignements secrets ; tel serait
par exemple les renseignements relatifs à la position de di-
vers corps1 1 .

234. Etat d’ébriété dans le bureau de


vote
Voir élections.

235. Euthanasie
Etymologiquement, l’euthanasie définit « la mort douce ».
Le concept vient d’eu, signifiant « bien » en grec, et thana-
tos, faisant référence à la mort. Mais cette définition est
limitée à un moment particulier de la vie d’un individu. Elle
vise exclusivement les cas de maladie incurable en phase
terminale, lorsque la science a atteint ses limites curatives,
à l’exclusion du mal-être existentiel ou des situations dé-
pressives.
L’euthanasie est le fait de provoquer délibérément la mort
du malade incurable pour abréger ses souffrances ou de
supprimer les déficients qui souffrent physiquement ou mo-
ralement de leur état.
Bien qu’un mouvement d’opinion de plus en plus grand se
développe surtout en Europe en faveur du « droit de mou-
rir », l’euthanasie est condamnée par la doctrine domi-
nante, la plupart des législations et des codes de déontolo-
gie médicale2 . Provoquer délibérément la mort d’un malade
quelle qu’en soit la motivation est un acte criminel. La pra-
tique de l’euthanasie est interdite3 .

2
2 Louis LAMBERT. , Traité de droit pénal spécial, édit. Police- Revue, 1968, p.781.

11
Georges MINEUR. , Op. Cit p. 386.
22
Dr NYABIRUNGU MWENE SONGA. , Responsabilité pénale et civile du médecin en droit Zaïrois,
DES, Kinshasa, 1995, p.39.
33
Art. 19 du code de déontologie médicale, annexe à l’ordonnance n°70/158 du 30 avril 1970
déterminant les règles de la déontologie médicale.
Catalogue des infractions 309

Poursuites
Sera poursuivi pour meurtre, celui qui tue par pitié pour
mettre fin à une agonie accompagnée d’intolérables souf-
frances fût-ce à la demande de la victime elle-même et
même si la mort est prévisible, prochaine et certaine (eu-
thanasie)4 . Ainsi donc, juridiquement, l’euthanasie reçoit la
qualification de meurtre, même si elle est inspirée par la
pitié, la charité ou l’amour.
La jurisprudence considère que le consentement de la vic-
time à subir l’infraction n’entraîne pas la disparition de la
qualification pénale. La vie est une valeur absolue, même sa
fin douloureuse mérite un accompagnement spécifique,
sans acharnement thérapeutique, conduisant au développe-
ment des unités des soins palliatifs. Le droit a toujours re-
connu un droit à la vie, mais jamais un droit à la mort.

236. Evasion de détenus


L’évasion est l’acte par lequel un individu se soustrait à une
mesure de privation de liberté prise contre lui par l’autorité
habilitée (politique, administrative, officier de police judi-
ciaire, officier du Ministère public ou juge etc.). Le fait de
quitter frauduleusement le lieu où on est régulièrement dé-
tenu constitue l’infraction d’évasion de détenus.
La loi punit :
1. le détenu qui s’évade ou tente de s’évader d’une maison
de détention ou d’un établissement hospitalier ou sani-
taire où il a été transféré ;
2. le détenu employé à l’extérieur d’un établissement péni-
tentiaire ou qui bénéficie d’une permission d’en sortir et
qui s’évade ;
3. la personne qui contrevient à l’obligation de s’éloigner de
certains lieux ou d’une certaine région ou d’habiter dans
un lieu déterminé suite à une décision judiciaire ;
4. les personnes préposées à la conduite ou à la garde des
détenus si l’évasion est arrivée par leur négligence ou de
connivence avec eux ;
5. la personne qui, sans être chargée de la conduite ou de la
garde des détenus aura procuré, facilité, tenté de procu-

44
LIKULIA BOLONGO. , Op.Cit, p.57.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
310

rer ou tenté de faciliter l’évasion dans le cas où l’évasion


a été réalisée.

I. Eléments constitutifs
L’établissement de l’infraction d’évasion des détenus néces-
site la réunion de plusieurs éléments. Il faut :
1. que l’évadé soit en état de détention légale. Sont considé-
rés tels les condamnés en prison, les inculpés, prévenus
ou accusés détenus provisoirement.
2. qu’il y ait évasion d’une prison (lieu affecté à la garde des
détenus et prévenus) ; chambre de sûreté d’une caserne,
de l’hospice où le détenu malade a été transporté, au
cours d’un transfèrement.
3. que l’évasion ait lieu par bris de prison (le détenu a dé-
truit ou démoli l’obstacle matériel qui s’opposait à son
évasion) ou par violence (le détenu s’est livré à des voies
de fait ou à des menaces sur la personne de ses gardiens)
ou se produise dans un établissement sanitaire ou hospi-
talier.
4. La régularité de la détention et la légalité du lieu de dé-
tention. L’on ne peut parler d’évasion de détenus lorsque
le prévenu qui quitte le lieu de détention a été irréguliè-
rement gardé. Du reste, il est de jurisprudence de la Cour
Suprême de Justice que « doit être cassé sans renvoi, la
décision d’une juridiction ayant condamné pour évasion
sans avoir préalablement vérifié la régularité de la déten-
tion »1. Selon Messieurs Cheveau et Hélie, « il ne peut y
avoir d’infraction donnant lieu à la répression lorsque
l’individu qui s’est évadé n’était pas légalement dans les
endroits destinés à cette fin ». Il s’agit de tous les amigos
ou cachots sous le contrôle des parquets, de toutes
autres maisons de détention institués par les lois et règle-
ments en vigueur.
5. L’élément moral est impérativement requis. Dans le cas
du tiers, auteur de l’évasion, il est requis l’intention de
procurer ou de faciliter l’évasion, alors que dans le chef
de l’évadé lui-même, il est exigé l’intention de se sous-
traire à l’endroit de détention.
Dans l’hypothèse d’une perpétration de l’évasion par négli-
gence, la connivence du préposé « dénote une intention cri-
1
Laurent MUTATA LUABA., Op. cit , p.582.
Catalogue des infractions 311

minelle affirmée ». Ne tomberait pas sous le coup de la loi,


l’ouvrier qui, travaillant à l’intérieur d’une prison, qui ou-
blierait par mégarde une échelle grâce à laquelle un détenu
parviendrait à s’évader, mais il pourrait être poursuivi si cet
oubli était volontaire soit qu’il ait agi de connivence avec un
détenu, soit même qu’il ait agi dans le but de faciliter l’éva-
sion de n’importe quel prisonnier1.

II. Poursuites
Les articles 161 à 164 du Code pénal LII modifié par l’ord-
loi n°73/012 du 14/02/1973 punissent l’évasion de détenus.
Le directeur de la prison et le Ministère public ont la
charge de déclencher les poursuites.
L’article 161 – cas prévus aux points 1, 2 etc…prévoit la
peine d’un an de servitude pénale principale au maximum.
Le Tribunal de paix est compétent et la prescription est
d’une année ;
Le cas prévu au point 4 : l’auteur subira un an à six mois
servitude pénale principale en cas de négligence et de six
mois à deux ans en cas de connivence si l’évadé était pour-
suivi ou condamné du chef d’une infraction punissable de
cinq ans de servitude pénale principale maximum ou s’il
avait été mis à la disposition du gouvernement avec interne-
ment.
L’auteur sera puni de deux mois à un an de servitude pé-
nale principale en cas de négligence et de deux ans à cinq
ans en cas de connivence si l’évadé était poursuivi ou
condamné du chef d’une infraction punissable de cinq ans
de servitude pénale principale, des travaux forcés ou de la
peine de mort.
Le cas prévu au point 5 : l’auteur sera puni de deux mois à
un an de servitude pénale principale si l’évadé était poursui-
vi ou condamné du chef d’une infraction punissable de cinq
ans de servitude pénale principale au maximum. La peine
sera de six mois à deux ans de servitude pénale principale si
l’évadé était poursuivi ou condamné du chef d’une infraction
punissable de plus de cinq ans de servitude pénale princi-
pale, des travaux forcés ou de la peine de mort.

1
Georges Mineur cité par Laurent MUTATA LUABA . , Op.cit , p.584.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
312

Le cas où l’évasion a été réalisée ou tentée de l’être avec


violences, menaces ou bris de prison, les personnes qui
l’auront favorisée seront punies de deux à cinq ans de servi-
tude pénale principale. Si celles-ci sont préposées à la
garde ou à la conduite des détenus la peine sera de cinq à
dix ans de servitude pénale principale.
Ceux qui auront recelé ou fait receler les personnes qu’ils
savaient être poursuivies ou condamnées du chef d’une in-
fraction punissable de cinq ans de servitude pénale princi-
pale au moins, de mort ou des travaux forcés seront punis
de six mois à deux ans de servitude pénale principale.
Les ascendants ou descendants, époux ou épouse même di-
vorcés, frères et sœurs aux mêmes degrés sont exemptés
dans le dernier cas.

Recel ou prise à son service d’une personne re-


cherchée pour évasion
Aux termes de l’article 186 du code pénal militaire (art ;517
du C.J.M) celui reconnu coupable d’avoir sciemment recélé
ou pris à son service une personne recherchée pour évasion
sera puni de dix ans au maximum de servitude pénale et
d’une amende qui n’excédera pas dix mille Francs Congo-
lais constants. Il en est de même d’un pilote qui accepte de
poser son hélicoptère dans la cour de la prison.
Quel est le délai de prescription des travaux forcés ? Nous
faisons remarquer que ce délai n’est pas fixé. La loi n’a pas
encore organisé l’exécution de la peine des travaux forcés.
La tentative est punissable. La tentative est punissable
même si le projet d’évasion est peu réaliste.

237. Evasion de détenus ou de prison-


niers de guerre
Les articles 176 – 177 du code pénal militaire (506-507 du
CJM) répriment les évasions de détenus ou de prisonniers
de guerre. On entend par prisonnier de guerre, tout com-
battant qui tombe au pouvoir d’une partie ennemi.
En dépit des exigence du bénéfice de respect et de dignité
en faveur des prisonniers de guerre , l’évasion du prison-
nier de guerre est réprimée au même titre que celle de tout
Catalogue des infractions 313

autre individu, militaire , assimilé ou civil poursuivi ou re-


connu coupable.

I. Eléments constitutifs
Toutes les formes d’évasion, pour être réalisée suppose la
réunion des éléments qui suivent : l’auteur de l’évasion,
l’acte incriminé et l’élément moral.
1. L’évasion peut être commise par une tierce personne
(chargée ou non de la garde, de la conduite ou du trans-
port de l’évadé) ou par le détenu lui-même qui parvient à
s’en aller sans assistance extérieure. Dans l’hypothèse de
la tierce personne, il faut envisager le préposé à la garde,
à la conduite ou au transport du détenu. Il peut ainsi
s’agir des commandants u directeurs de prison, tout mili-
taire ou assimilé servant d’escorte ou garnissant les
postes, tout gardien, geôlier et..
2. L’évasion suppose un acte matériel, positif ou négatif. Le
but est de s’échapper de l’endroit où l’on est privé de li-
berté contre son gré (garde à vue, détention préventive,
condamnation)
3. L’agent doit avoir posé son acte en toute conscience et
liberté, et ce, de manière formelle ou du moins implicite.

II. Régime répressif


1. Les peines encourues par le tiers-délinquants
Les préposés à la garde ou à la conduite d’un détenu ou pri-
sonnier de guerre poursuivi ou condamné par les instances
judiciaires militaires, seront condamnés à une « peine égale
à celle à raison de laquelle l’évadé était détenu (article 177
du code pénal militaire). En cas de connivence c’est-à-dire
lorsqu’il y a eu entente secrète entre l’évadé et une autre
personne chargée ou non de sa garde, de sa conduite ou de
son transport (article 176 alinéa 2), au cas où il y a eu aide
à l’évasion consistant en une abstention volontaire, (article
176 alinéa 3°), en cas de négligence (article 177 alinéa 3 du
cpm), en cas de connivence par corruption à l’endroit des
préposés à la garde ou conduite la peine (article 178 alinéa
2 du code pénal militaire) la peine est encourue.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
314

Une peine d’amende de l’ordre de 3.000 à20.000 francs


congolais sera également prononcée. La connivence par
bris de prison ou violence, ceux qui l’auront favorisé par la
fourniture d’instruments à l’opérer encourent le double de
la peine prévue sans qu’elle excède vingt ans (art. 179 ali-
néa 1er du CPM). Lorsque l’évasion avec bris ou violence a
été favorisée par la transmission d’armes, les préposés, gar-
diens et conducteurs qui y ont participé seront sanctionnés
de la peine de mort (article 179 alinéa 2 du CPM).
Au regard de l’article 180 du Code Pénal Militaire, les parti-
cipants à l’évasion d’un détenu ou d’un prisonnier de
guerre seront solidairement condamnés à titre de dom-
mages –intérêts, à tout ce que la partie civile du détenu au-
rait eu droit d’obtenir contre lui.

2. Les peines encourues par les évadés eux-mêmes


L’évadé a été récupéré après s’être échappé du lieu de dé-
tention par bris de prison ou par violence. Le prévenu peut
s’être évadé ou tenté d’évader dans un établissement sani-
taire ou hospitalier, ou lorsqu’il était employé à l’extérieur
de l’établissement pénitentiaire.
L’évasion d’un détenu condamné par les juridictions mili-
taires ou d’un prisonnier de guerre est punie. Les préposés
à sa garde ou conduite seront punis, en cas de négligence à
une peine égale à celle en raison de laquelle l’évadé était
détenu ou s’il était détenu préventivement à celle attachée
par la loi à l’inculpation qui motivait la détention sans
qu’elle puisse dans l’un ni l’autre cas excéder vingt ans de
servitude pénale ni être inférieure à six mois de servitude
pénale.
Si des détenus sont prévenus ou accusés de crimes pouvant
entraîner la peine de mort ou condamnés à cette peine
leurs préposés conducteurs ou gardiens seront punis de la
servitude pénale à perpétuité.

238. Excision
I. Définition
L’excision est une forme de violences commises sur les en-
fants, principalement les mutilations génitales féminines ou
Catalogue des infractions 315

d’autres pratiques traditionnelles nocives. Les mutilations


vont de l’intromission de substances étrangères dans l’ori-
fice vaginal à l’ablation pure et simple de certains organes
génitaux tels le prépuce, le clitoris ou les petites lèvres.

II. Poursuites
L’excision est poursuivable dans le chef des auteurs et com-
plices sur base de l’incrimination de coups et blessures pré-
vues à l’article 46 du Code Pénal. Elle est punie de huit
jours à six mois de servitude pénale cumulativement ou al-
ternativement à une amende.

Circonstances aggravantes
L’on retiendra des circonstances aggravantes tenant soit
aux conditions de perpétration (préméditation par exemple)
de cette infraction, soit de la gravité du préjudice causé
(maladie ou incapacité de travail personnel, perte de
l’usage absolu d’un organe, mutilation grave). La peine est
une servitude pénale de deux ans à cinq ans et une amende.
Les mutilations suivies de mort se verront appliquées les
peines encourues pour l’homicide préterintentionnel, c’est-
à-dire, cinq à vingt ans de servitude pénale.
L’on retiendra également l’empoisonnement et l’administra-
tion des substances qui peuvent donner la mort ou altérer
gravement la santé (article 49 et 50 du CP) pour sanction-
ner ceux ou celles qui auront introduit dans les organes gé-
nitaux des plantes pour les resserrer ou les rétrécir ou qui
auront introduit des substances corrosives. L’article 49 pu-
nit l’auteur de l’empoisonnement de mort. L’article 50 ré-
prime d’un an à vingt ans de servitude pénale et d’amende,
l’agent qui aura administré des substances nocives.
Les parents qui n’auront pas empêché la commission de
l’infraction seront poursuivis pour non assistance à per-
sonne en danger (article 66 bis du CP). Il est de même de
ceux qui se seront abstenus de porter assistance (article 66
ter) à leur enfant.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
316

239. Excitation des mineurs à la dé-


bauche
L’excitation des mineurs à la débauche est entendue
comme le fait de favoriser la débauche d’enfants âgés de
moins de 18 ans, pour satisfaire les passions d’autrui. Elle
est donc une corruption des personnes mineures de l’un ou
l’autre sexe.
La prévention d’excitation des mineurs à la débauche est
une marque des violences sexuelles. Elle est définie et ré-
primée par le code pénal congolais. Il s’agit spécialement
des articles 172, 173 et 174 de la loi n° 06/018 du 20 juillet
2006 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940
portant code pénal congolais.

a)Quel est le régime juridique ?


L’infraction d’excitation des mineurs à la débauche est
sanctionnée aux termes de l’article 172 susnommé. La
peine est une servitude pénale de trois mois à cinq ans et
une amende de cinquante mille francs congolais constants.
Lorsque l’excitation a été commise envers un enfant âgé de
moins de dix ans accomplis, l’auteur encourt, dispose l’ar-
ticle 173 d’une servitude pénale de dix ans à vingt ans et
une amende de cent mille à deux cent mille francs congolais
constants.
Si l’excitation a été commise par le père, la mère ou le tu-
teur, le coupable est en outre stipule l’article 174, déchu de
l’autorité parentale ou tutélaire conformément à l’article
319 du code de la famille.

b) Quel est le tribunal compétent et la prescription


de l’infraction ?
Le Tribunal de paix est compétent pour autant que la peine
maximale est de cinq ans de servitude pénale. Le Tribunal
de Grande Instance est compétent lorsque la peine à infli-
ger est au delà de cinq ans ou lorsqu’elle est la peine capi-
tale. Les juridictions militaires se conforment à leurs com-
pétences respectives. La prescription de l’action publique
relative à l’infraction d’excitation des mineurs à la dé-
bauche est de droit commun. Elle est décennale pour cette
infraction.
Catalogue des infractions 317

240. Exercice du commerce sans être


immatriculé au registre de commerce
Voir Registre de commerce.

241. Exercice du commerce sans remplir


les conditions
Voir Registre de commerce.

242. Exercice du petit commerce sans


patente en cours de validité
Voir Registre de commerce.

243. Exercice illégal de l’art de guérir


Ceux qui sont appelés à exercer l’art de guérir doivent pos-
séder, outre des acquis académiques, des vertus pouvant
leur permettre d’accomplir à bien leur tâche.

I. Eléments constitutifs
L’exercice illégal de l’art de guérir, pour exister, exige un
certain nombre d’éléments constitutifs :
1. L’acte matériel d’exercice de l’art de guérir : donner des
consultations, poser un diagnostic, prescrire un médica-
ment, administrer des traitements ;
2. La non détention d’un diplôme ou titre reconnu ;
3. La non inscription au tableau de l’Ordre des Médecins ;
4. La volonté de poser des actes médicaux sans habilitation.

II. Poursuites
Deux textes légaux constituent le siège de la matière ; d’un
côté le décret du 19 mars 1952 sur l’exercice de l’art de
guérir et de l’autre l’ord-loi n°68-070 du 1er mars 1968
créant l’Ordre des Médecins.
La personne lésée, l’organe légalement constitué de la pro-
fession médicale concernée (Ordre des Médecins, associa-
tion des infirmiers…) et le ministère public peuvent mettre
en mouvement l’action publique.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
318

a) Qui peuvent commettre cette infraction ?


Peuvent commettre l’infraction d’exercice illégal de l’art de
guérir :
1. La personne qui, sans justifier des conditions requises,
exerce l’art de guérir ;
2. Les personnes formées à l’art de guérir qui ne rem-
plissent pas une des conditions prescrites, à peine de dé-
chéance. Il peut ainsi s’agir des médecins, chirurgiens et
leurs aides, dentistes ; des infirmiers, accoucheuses,
garde- malades, employés de laboratoires d’analyses mé-
dicales, masseurs kinésithérapeutes ; des directeurs d’hô-
pitaux et d’hospices, de directeurs de maternités ; des
étudiants en médecine, en sciences infirmières.
3. Les guérisseurs appelés aussi tradi-praticiens.

b) Quelles sont les sanctions prévues ?


Aux articles 17 à 20 du décret précité trois mois à deux ans
de servitude pénale et une amende ou l’une des peines
(art.17) ; la fermeture temporaire ou définitive (art. 18 al
1) ; l’interdiction temporaire ou définitive de l’auteur de
l’infraction (art. 18 al 3) sont les sanctions applicables.
En cas de violation de l’interdiction, l’auteur de la violation
subit un à six mois de servitude pénale principale et
l’amende ou une de ces peines (art. 18 al 4). En cas de réci-
dive dans le délai de deux ans après condamnation, les
peines prévues peuvent être portées au double (art.19). Il
est en outre prévu la confiscation des substances saisies
(art. 20).

c)Quel est le tribunal compétent ainsi que les délais


de prescription ?
Au regard de la peine prévue par le législateur, matérielle-
ment cette infraction est de la compétence du tribunal de
Paix. L’action publique, elle, sera prescrite dans le délai de
trois ans. Les peines une fois prononcées mais non exécu-
tées se prescriront au délai double de celles prononcées
sans que ledit délai soit inférieur à deux ans.
Catalogue des infractions 319

244. Exercice illégal de la pharmacie


La préparation des médicaments est protégée par le législa-
teur1. Les préparateurs en pharmacie sont les seuls habili-
tés à préparer tous médicaments, à manipuler les produits
toxiques et les stupéfiants car nul ne peut exercer la phar-
macie au Congo s’il n’est inscrit au tableau de l’Ordre des
Pharmaciens.
Les textes légaux réglementant l’exercice de la pharmacie
au Congo sont l’ordonnance –loi n°72/046 du 14 septembre
1972 sur l’exercice de la pharmacie et l’ordonnance-loi
n°91/018 du 30 mars 1991 portant création d’un Ordre des
Pharmaciens en République du Zaïre et le code de déontolo-
gie pharmaceutique (annexe à l’ordonnance n° 91-018 du
30 mars 1991)

I. Eléments constitutifs
Ne peut être l’auteur de l’infraction d’exercice illégal de la
pharmacie et subir les peines que la personne qui :
- pose des actes de préparateur en pharmacie : manipuler,
rassembler les toxiques, les stupéfiants et autres produits
en vue de préparer les médicaments ;
- pose les actes ci-haut cités sans être détentrice de di-
plôme ou de titre approprié ;
- pose lesdits actes sans offrir de garantie de moralité pro-
fessionnelle ou sans autorisation ;
- n’est pas inscrite au tableau de l’ordre des pharmaciens.
Tout pharmacien qui aura exercé la profession sans être
inscrit au tableau de l’Ordre des Pharmaciens ou qui l’aura
exercé pendant la durée de l’interdiction temporaire ou dé-
finitive sera puni des peines prévues aux articles 17 à 20 du
décret du 19 mars 1952 sur l’art de guérir. Il s’agit notam-
ment d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et
d’une amende ou d’une de ces peines seulement.

II. Poursuites
Les articles 13, 14 et 15 de l’ordonnance-loi précitée sur
l’exercice de la pharmacie sanctionnent :

11
Textes légaux réglementant l’exercice de la pharmacie au Zaïre, Copyright. Apharza 1991.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
320

- d’une peine d’amende (art. 13) ;


- de la fermeture temporaire ou définitive de l’établisse-
ment dans lequel l’infraction a été commise (art.14 al
1er);
- de l’interdiction temporaire ou définitive de l’auteur de
l’infraction (art.14 al 3) ;
- en cas de violation de l’interdiction, d’une servitude pé-
nale de un à six mois et/ou amende (art.14 al 4) ;
- en cas de récidive dans le délai de deux ans, les peines
peuvent être portées au double (art.15).
Le tribunal compétent et les délais de prescription sont
identiques à ceux repris en matière d’exercice illégal de
l’art de guérir.

245. Exhibition sexuelle


L’exhibition sexuelle ou outrage public à la pudeur est une
atteinte à la liberté et à la moralité d’une personne donnée.
Elle est atteinte à la liberté et à la moralité humaine avant
d’être une atteinte à l’intégrité. Le but de l’incrimination de
l’outrage public à la pudeur est de protéger autant la mora-
lité publique que l’intégrité morale d’une personne 1. C’est
pourquoi, le comportement est réprimé même s’il n’y a pas
de victime déterminée.

I. Eléments constitutifs
Pour exister l’infraction d’exhibition sexuelle cumule l’élé-
ment matériel et l’élément moral.

a) L’élément matériel
1. L’exhibition sexuelle. Couramment l’exhibition est assimi-
lée à la présentation, au déploiement, à l’étalage ou à
l’exposition avec une idée d’ostentation ou d’impudeur.
L’exhibition punissable a nécessairement un caractère
sexuel. Elle est destinée à faire naître chez les destina-
taires une sensation de nature sexuelle, qu’elle soit de
répulsion ou de désir2. C’est donc montrer tout ou partie
de ses parties sexuelles à la vue du public dans le but de
choquer, d’injurier ou d’attirer la victime. La nudité est
11
Crim. , 27 octobre 1932, Bull. n°20
22
CA Limoges 13 juin 1975, D.1976, somm., p.17
Catalogue des infractions 321

un élément nécessaire à la qualification de l’exhibition


sexuelle.
2. La publicité. La publicité imposée à la vue du public. La
publicité est un élément constitutif de l’infraction, car
elle détermine l’application de l’incrimination. Le même
comportement dans un endroit intime échappe à la quali-
fication pénale. La publicité existe lorsque les personnes
ont été, involontairement, objets et témoins des actes
obscènes.
3. Le lieu accessible aux regards du public. L’exhibition
sexuelle est toujours punissable lorsqu‘elle se produit
dans un lieu public, par définition les rues, les chemins,
les sentiers, les jardins publics.

b) L’élément moral
L’exhibition sexuelle se caractérise par la volonté de bles-
ser la pudeur d’autrui en portant atteinte à sa liberté.

II. Répression de l’infraction d’exhibition sexuelle


A l’état actuel de notre législation, l’exhibition sexuelle-
différente de l’exhibition sexuelle d’un enfant - est une qua-
lification légale inexistante. Ce comportement est sanction-
né sous la qualification légale de l’outrage public à la pu-
deur.

246. Exhibition sexuelle d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

247. Exigence des frais scolaires exorbi-


tants
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

248. Expérimentation médicale sur un


enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
322

249. Exploitation des personnes vivant


avec le Vih/Sida
L’infraction, comme dit l’intitulé, consiste à exploiter les
personnes vivant avec le vih/sida. Cette exploitation peut
être à des fins de propagande, de marketing, d’enrichisse-
ment. Elle peut également consister à les soumettre à toute
forme de torture morale ou physique pour des raisons de
pratique religieuse à des fins de guérison.
L’article 44 de la loi n°08/011 du 14 juillet 2008 portant
protection des droits des personnes vivant avec le vih/sida
et des personnes affectées réprime cette infraction.
L’exploitation des personnes vivant avec le vih/sida est
sanctionnée d’une peine de servitude pénale principale de
un à six mois et d’une amende de cinquante mille francs
congolais ou de l’une de ces peines seulement.

250. Exploitation habituelle de la dé-


bauche ou prostitution
L’exploitation habituelle de la débauche ou prostitution a
autrefois été prévue par l’article 174bis alinéa 4. Le législa-
teur a modifié et complété en 2006 le code pénal par la loi
sur les violences sexuelles. Ce comportement illégal relève
désormais de l’article 174b.

I. Eléments constitutifs
1. L’acte matériel est fait d’actes à l’instar de vivre aux dé-
pens d’une personne qui se livre à la prostitution ; vivre,
pour un mari, des produits de la prostitution de sa
femme ; héberger une femme qui se livre à la prostitution
et d’en tirer profit ; demander à sa fille de se livrer à la
prostitution.
2. Le fait de tirer profit de la prostitution d’autrui ;
3. L’habitude d’exploiter la prostitution d’autrui; le fait d’ex-
ploiter une seule fois la prostitution d’autrui ne suffit pas
à constituer cette infraction1 ;
4. Le profit doit provenir de la prostitution ou de la dé-
bauche
11
LIKULIA BOLONGO. , Op. Cit, p.366.
Catalogue des infractions 323

5. La victime peut être un homme ou une femme ;


6. Le coupable peut être un homme ou une femme ; Tel est
le cas d’un père ou d’une mère qui vit aux dépens de sa
fille prostituée
7. L’intention coupable : consciemment, le prévenu doit
connaître l’origine de fonds perçus.
N’est pas coupable de l’infraction d’exploitation habituelle
de la débauche ou prostitution, parce que justifié par l’état
de nécessité, un enfant né hors mariage vivant de la prosti-
tution de sa mère.

II. Régime répressif


L’agent reconnu coupable de l’exploitation habituelle de la
débauche est passible des peines. Celles-ci sont d’une servi-
tude pénale de trois mois à cinq ans et d’une amende (art.
174 b). L’infraction d’exploitation habituelle de la débauche
ou prostitution est matériellement justiciable du Tribunal
de paix.

251. Extorsion
De façon générale, les extorsions se définissent comme des
procédés illégaux pour obtenir une contrepartie de la vic-
time. L’extorsion suppose une remise forcée de la part de la
victime par un moyen violent. Elle est le fait de se faire re-
mettre ou d’obtenir à l’aide des violences ou menaces un
objet appartenant à autrui ou une signature d’un document
de nature à modifier l’état des biens de la victime.

I. Eléments constitutifs
L’existence de l’infraction d’extorsion allie à la fois les élé-
ments légal, matériel et moral.
1. L’élément légal de l’extorsion consiste en l’article 84 du code pénal livre II. Celui-ci définit
l’extorsion et fixe les peines l’assortissant. La structure de l’infraction est complexe.

2. L’élément matériel de l’infraction d’extorsion est double. L’article 84 définit, à la fois, le moyen
violent employé et le but poursuivi par l’agent. Les moyens pouvant conduire à la
qualification de l’extorsion sont la violence, des menaces ou du chantage. Le moyen de
coercition n’est pas exclusivement de nature matérielle. Les moyens violents visent à
obtenir des buts. D’une part « la remise des fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque,
d’autre part « une signature, un engagement ou une renonciation ». Enfin, la révélation
d’un secret professionnel, d’un secret du monde des affaires, d’un secret de l’instruction ou
de la confession.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
324

3. L’extorsion constitue une infraction intentionnelle. L’intention consiste dans la conscience


d’employer un moyen violent pour arriver à ses fins car la victime n’aurait pas concédé
l’avantage si elle avait été libre de choisir. Le mobile est indifférent à la qualification
pénale. L’emploi du moyen violent ne peut être justifié par le caractère prétendument
légitime des exigences de l’auteur à l’égard de la victime 1. L’emploi d’un moyen de
coercition ou de violence à l’encontre des personnes ne peut jamais être réputé de bonne
foi.

L’extorsion suppose :
a) un acte de transfert de la propriété d’une chose : remise d’un objet, reconnaissance
d’une dette, d’une quittance etc.
b) la contrainte de la violence, des menaces ou du chantage. A cet effet, il est attesté que
la prévention d’extorsion n’est pas fondée lorsqu’il n’est pas établi que l’auteur s’est
fait remettre des effets mobiliers à la suite de quelque violence ou menace qu’il aurait
exercée sur le gardien. Il en est de même de l’extorsion de la signature qui n’est pas
non plus établie lorsque fait défaut la preuve de la violence ou de la contrainte morale
exercée sur la victime2 2
c) un auteur agissant pour s’enrichir injustement, se faisant remettre des biens auxquels
il n’a pas droit. Il a été jugé que le prévenu ne sera pas tenu dans les liens de
l’infraction d’extorsion s’il a utilisé la ruse ou la violence non pour s’enrichir mais pour
se faire remettre un bien auquel il croyait avoir droit3 3 .

Sont actes d’extorsion : arracher, spolier, dépouiller, tirer


par force. Se faire remettre un objet, la victime craignant
d’être arrêtée. Se faire remettre de l’argent par une femme
adultère sous menace de la dénoncer auprès de son mari.
Menacer quelqu’un de l’arrêter, de l’envoûter, de le tuer
pour se faire remettre une somme d’argent constitue l’ex-
torsion.
L’infraction d’extorsion existe même si le titre extorqué est
nul, même si l’engagement n’a pas d’effet pécuniaire. Par
contre, ne commet pas l’extorsion celui, qui pour obtenir la
restitution de l’objet lui volé, menace le voleur de le dénon-
cer au commissariat de police.

II. Poursuites
La personne lésée, mais aussi le parquet ont droit d’exercer
les poursuites. L’extorsion est prévue et punie par l’article
84 du code pénal livre II. La sanction est de cinq à vingt ans
de servitude pénale et d’une amende. L’extorsion est jugée
par le tribunal de grande instance. L’action publique résul-
tant de l’infraction d’extorsion sera prescrite après un délai
de dix ans. La peine se prescrira par un délai de vingt ans.
11
Crim. , 4 novembre 1997, Bull. n°372.
22
C.S.J., R.P.A. 4, 22juin 1972 B.A. 1973 p. 95 ; C.S.J., R.P.A .62, 9 juillet 1980, inédit cités par
Dibunda. , Op. Ci t p. 87.
33
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.p 7443, Ministère public et partie civile Nabintu
M’Mutalemba et Nabintu M’ Buranga contre le prévenu Dunia Tanganyika, inédit.
Catalogue des infractions 325

a)Particularités de procédure
La tentative d’extorsion est punissable comme l’extorsion
elle-même. Les règles de complicité sont applicables à l’ex-
torsion.
b) Complicité d’extorsion.
Il peut y avoir complicité punissable dans le fait, par
exemple de provoquer l’extorsion, par abus d’autorité, en
donnant l’ordre à un subordonné d’aller encaisser des
sommes impayées (Crim ; 1993) ; de même si l’on remet des
armes (complicité par aide ou assistance) à un émissaire
pour qu’il impressionne un débiteur récalcitrant(en cas
d’échec, il y aurait complicité de tentative d’extorsion 1).

252. Fabrication et mise en circulation


de fausse
monnaie métallique
La fabrication et mise en circulation de fausse monnaie mé-
tallique est une infraction de l’article 116 du code pénal
livre II. Cette disposition légale est issue du décret du 14
juin 1953qui punit la fabrication et mise en circulation de
fausse monnaie métallique.

I. Eléments constitutifs
Pour son accomplissement, cette infraction nécessite l’élé-
ment matériel. L’infraction sera établie lorsqu’il y a :
1. la fabrication d’une fausse monnaie ressemblant à une
monnaie ayant cours légal (contrefaçon) ;
2. la vraie pièce de monnaie dont on a dérobé le métal par
procédé mécanique ou chimique (altération);
3. l’introduction et la mise en circulation sur le territoire
national (introduction et émission) ;
11
Mémentos, Droit pénal spécial, 14 ème édition 2008, Dalloz p.190.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
326

Il peut s’agir de : contrefaçon, altération, introduction ou


émission d’une monnaie métallique ayant cours légal en Ré-
publique Démocratique du Congo ou à l’étranger.
4. la connaissance de la fausseté de la pièce de monnaie
(élément moral). Il en est ainsi du contrefacteur ou de
l’altérateur qui connaît avec évidence la fausseté de la
pièce de monnaie. Par contre l’importateur ou émetteur
peuvent ignorer qu’il s’agit de fausse monnaie.

II. Régime répressif


L’auteur qui fabrique et met en circulation de fausse mon-
naie métallique est punissable. Le législateur prévoit des
peines de servitude pénale allant de deux ans à quinze ans
et une amende. L’infraction est prescriptible après un délai
de dix ans. Elle est de la compétence matérielle du juge de
grande instance.

253. Fabrication et mise en circulation


de faux billets de banque
I. Eléments constitutifs
Pour être caractérisée, la fabrication et mise en circulation
de faux billets de banque exige des éléments constitutifs.
Ceux-ci sont identiques à ceux de la fabrication et mise en
circulation de fausses monnaies métalliques. Un élément
nouveau vient s’ajouter, l’infraction porte uniquement sur
des billets de banque congolais ou étrangers.

II. Régime répressif


L’infraction est prévue et punie par l’article 117 du code
pénal livre II : « Sont punis d’une servitude pénale de cinq à
vingt ans et d’une amende de cinq mille à vingt mille francs,
ceux qui ont frauduleusement contrefait ou falsifié des
billets au porteur ayant cours légal en République Démo-
cratique du Congo ou à l’étranger, et ceux qui ont introduit
ou émis en République Démocratique du Congo des billets
ainsi contrefaits ou falsifiés ».

La peine est donc de cinq à vingt ans de servitude pénale et


d’amende. L’infraction de fabrication et mise en circulation
Catalogue des infractions 327

de faux billets de banque se prescrit en dix ans.

254. Fabrication et mise en circulation


d’objets
ressemblant aux signes monétaires
I. Définition
Fabriquer, distribuer ou mettre en circulation des objets
métalliques ou en papier présentant une ressemblance avec
les monnaies légales congolaises ou étrangères est prohibé.
Cette pratique est de nature à tromper la partie de la popu-
lation la moins instruite.

II. Répression de cette infraction


La fabrication et mise en circulation d’objets ressemblant
aux signes monétaires est punie dans le chef de son auteur.
Toutefois, avant toutes poursuites et répressions, il faudra :
- se rassurer de la grande ressemblance avec les monnaies
ou billets ayant cours légal sur le territoire national ou à
l’étranger pour appliquer les sanctions frappant les mon-
naies contrefaites ou altérées ;
- qu’il y ait assez de ressemblance pour que l’infraction
existe.
Les articles 119 - 120 du code pénal livre II prévoient des
peines à l’endroit des auteurs de cette infraction. Elles sont
d’un an maximum et d’une amende ou de l’une de ces
peines. Pareille peine relève de la compétence du tribunal
de paix. La prescription de l’action publique est acquise
dans le délai d’une année.

255. Facilitation de la fraude électorale


Voir élections.

256. Falsification de sceaux


Il est interdit de fabriquer des cachets en imitant des
sceaux officiels. On entend par sceaux officiels les cachets,
les tampons qui ont pour fonction de garantir la valeur d’un
acte écrit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
328

I. Personnes susceptibles de commettre l’infrac-


tion
Sont passibles des peines :
- ceux qui auront imité ou modifié (contrefaire ou falsifier)
les cachets officiels, timbres, poinçons ou marques de
l’Etat, des administrations publiques ;
- l’utilisation des cachets contrefaits ou falsifiés ;
- la mise en vente des cachets contrefaits ou falsifiés.

II. Régime répressif


L’article 121 du Code pénal LII prévoit et punit l’infraction
de falsification de sceaux. La sanction est de quinze ans
maximum de servitude pénale principale et d’une amende
ou de l’une de ces peines. Il s’agit ici d’une infraction de la
compétence du tribunal de Grande Instance. La falsification
de sceaux est prescriptible dans le délai de dix ans.

257. Falsification du procès-verbal des


opérations électorales
Voir élections.

258. Falsification du relevé du dé-


pouillement des opérations électo-
rales
Voir élections.

259. Fausses déclarations dans une de-


mande d’immatriculation au registre
de commerce
Voir Registre de commerce.

260. Fausses déclarations devant les of-


ficiers de l’état civil
Voir défaut de déclaration.
Catalogue des infractions 329

261. Fausses déclarations émanant d’in-


terprètes et d’experts
L’infraction consiste pour l’interprète d’une part de, dans
une intention criminelle, faire devant un tribunal une tra-
duction inexacte, susceptible d’avoir une influence sur l’is-
sue du procès et, d’autre part, d’attester dans une même
intention, comme exactes certaines constatations fausses.

I. Conditions et sanctions
Certaines conditions sont requises pour que les fausses dé-
clarations soient passibles de cinq ans au maximum :
1. elles doivent avoir été faites devant une juridiction de ju-
gement ;
2. l’auteur doit avoir prêté serment ou est assermenté.
Si ces formalités ne sont pas remplies, l’auteur sera puni de
huit jours à un an et d’une amende ou de l’une de ces
peines (article 130.)
Les articles 130 -131 du code pénal livre II sont le siège de
cette matière.

II. Compétence et prescription


Le Tribunal de Paix est l’instance compétente matérielle-
ment pour juger l’infraction de fausses déclarations éma-
nant d’interprètes et d’experts. La prescription de l’action
publique est acquise dans le délai de trois ans.

262. Fausses déclarations en justice


L’infraction de fausses déclarations en justice frappe toute
personne qui, appelée en justice pour donner de simples
renseignements, se rend coupable de fausses déclarations.

I. Eléments constitutifs
Les fausses déclarations en justice pour être établies
exigent nombre de conditions ; plus précisément trois.
1. Que l’on soit appelé par une autorité judiciaire, c’est-à-
dire un officier de police judiciaire, un magistrat ou un
juge ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
330

2. Qu’il y ait des renseignements à donner en vue d’éclairer


la justice ;
3. Que les renseignements donnés soient faux.

II. Poursuites
La personne lésée ou victime de fausse déclaration peut
porter plainte. Le Ministère public peut poursuivre. Les
fausses déclarations en justice sont réprimées par l’article
130 du code pénal congolais livre II.
La sanction est de huit jours à une année de servitude pé-
nale principale et d’une amende ou carrément une de ces
peines seulement. Matériellement, l’infraction de fausses
déclarations en justice est de la compétence du tribunal de
paix. Elle se prescrit (action publique) dans le délai d’une
année.

263. Fausses déclarations en matière de


transport
Toute fausse déclaration sur la nature, l’espèce, le poids ou
la quantité des marchandises expédiées même en vrac, par
tous moyens de transport public, est infractionnelle. Il en
est de même de toute fausse déclaration qui aurait pour ob-
jet d’éluder l’application des tarifs réglementaires.
L’infraction de fausses déclarations en matière de transport
est définie et sanctionnée par le Décret du 24 mai 1939 re-
latif aux fausses déclarations en matière de transport. Ce
décret, en son article unique, punit d’une servitude pénale
d’un à sept jours et d’une amende ou d’une de ces peines
seulement l’auteur de la prévention. En plus de cette sanc-
tion, le coupable devra payer les taxes supplémentaires pré-
vues par les conditions réglementaires du transport.

264. Faux bruits


L’infraction de faux bruit consiste au fait de répandre
sciemment de faux bruits, de fausses nouvelles, qui sont de
nature à alarmer les populations, à les inquiéter ou à les
exciter contre les pouvoirs établis, dans le but de semer les
troubles dans l’Etat.
Catalogue des infractions 331

I. Eléments constitutifs
Quatre conditions doivent être réunies pour qu’il y ait in-
fraction de faux bruits.
1. Il doit s’agir des bruits, de fausses nouvelles ; il y a
fausse nouvelle, lorsqu’il y a présentation comme vrai
d’un fait qui ne l’est pas, ou dénaturation complète d’un
fait ;
2. Que les bruits répandus soient faux, c’est-à-dire que la
nouvelle publiée, diffusée ou reproduite soit fausse ;
3. Que la publication de la fausse nouvelle soit de nature à
troubler la paix publique. Il doit s’agir d’un trouble réel
et profond ;
4. Il faut enfin la mauvaise foi ; une double connaissance
que la nouvelle était fausse et qu’elle était de nature à
troubler la paix publique.
Toutefois, celui qui répand des faux bruits sans intention de
porter le trouble dans l’Etat est aussi puni mais moins sévè-
rement.

II. Poursuites
Les poursuites de l’infraction de faux bruits sont faites sur
base de la loi n°75/013 du 14/05/1975 actuellement article
199 bis du code pénal livre II. Cette disposition légale sanc-
tionne de :
- deux mois à trois ans de servitude pénale principale et
l’amende ou une de ces peines uniquement lorsque l’in-
fraction a été commise dans le but de porter le trouble
dans l’Etat,
- un mois à un an de servitude pénale principale et
l’amende ou l’une des peines citées lorsqu’il n’y a pas eu
l’intention de porter le trouble dans l’Etat. Le tribunal de
paix est la juridiction compétente. Dans le 1er cas, la
prescription de l’action publique est de trois ans tandis
que dans le second cas, elle est d’une année.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
332

265. Faux certificats délivrés par un


fonctionnaire
L’infraction de faux certificats délivrés par un fonctionnaire
concerne le fonctionnaire (officier public, agent public).
Dans l’exercice de ses fonctions, l’agent public délivre un
faux certificat, falsifie un certificat, fait usage d’un certificat
faux ou falsifié.

I. Eléments constitutifs
Pour être établie, cette incrimination requiert :
1. la délivrance de faux certificat. Le certificat est toute at-
testation écrite d’un fait ou d’une appréciation de nature
à influencer des intérêts publics ou privés ;
2. la délivrance d’un faux certificat par un fonctionnaire ou
officier public dans l’exercice de ses fonctions (notaires,
officiers de l’état civil, huissiers, etc...)
Sont à considérer comme des exemples, la fabrication d’un
faux certificat d’indigence, de bonne conduite etc., la fabri-
cation d’un faux certificat de maladie, d’infirmités, établies
par un médecin fonctionnaire ; la falsification d’un certificat
officiel en modifiant le nom.

II. Poursuites
L’article 125 du code pénal livre II réprime les faux commis
par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions. L’ar-
ticle 126 autorise les poursuites de l’usage de faux, œuvre
du fonctionnaire. L’article 127 est la disposition légale en
matière de faux certificats délivrés par un fonctionnaire.
Le fonctionnaire auteur de l’infraction encourt trois mois à
cinq ans de servitude pénale. Le tribunal de paix, au regard
du taux de la peine, est la juridiction compétente. L’infrac-
tion se prescrit dans le délai de trois ans.

266. Faux commis par un fonctionnaire


dans l’exercice de ses fonctions
Voir faux en écritures.
Catalogue des infractions 333

267. Faux en écriture


Le faux en écriture est une altération de la vérité dans un
écrit quel qu’il soit, avec une intention frauduleuse ou à
dessein de nuire et susceptible de causer un préjudice1.

I. Eléments constitutifs
Le faux en écriture comporte trois éléments à savoir l’alté-
ration de la vérité, le préjudice et l’intention frauduleuse.

1) L’altération de la vérité.
Elle est l’élément matériel de faux. Si l’altération de la véri-
té est l’élément essentiel du faux, toute altération de la véri-
té n’est cependant pas un faux. Il est nécessaire pour qu’il y
ait faux, que l’altération de la vérité se produise dans un
écrit, qu’elle soit réalisée par faux matériel ou par faux in-
tellectuel, qu’enfin, l’écrit sur lequel elle porte présente
certains caractères :
a) L’altération de la vérité doit se produire dans un écrit
peu importe que l’écrit soit manuscrit ou imprimé. Il est
de doctrine qu’en cas de faux et usage de faux le corps
même de l’infraction est un écrit2 Ne constitue pas un
faux :
1° le boulanger qui altère une taille ;
2° l’altération verbale de la vérité (faux serment, faux témoi-
gnage)
b) L’altération de la vérité doit être faite par faux matériel
ou par faux intellectuel.
1° le faux est dit matériel lorsqu’il se consomme par une
altération physique d’un écrit et laisse des traces cor-
porelles.
2° le faux est dit intellectuel lorsqu’il porte sur le conte-
nu d’un acte et ne laisse aucune trace matérielle. C’est
alors un simple mensonge qu’aucun indice apparent ne
révèle1. Il a été jugé que le président de la juridiction
qui modifie, à l’insu de ses collègues, sur la minute du

11
G. Mineur. , commentaire du Code Pénal congolais, Larcier, Bruxelles, 1953, p. 285
22
A RUBBENS. , Droit judiciaire T III, Instruction criminelle et procédure pénale n° I68 p.185.
11
GOYET. , Droit Pénal Spécial, 8 ème édition par M. ROUSSELET, J. PATIN et P. ARPAILLANCE,
Paris, 1972, p.118
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
334

jugement, la décision prise collégialement en délibéré


au sujet des dommages intérêts à allouer à des parties
civiles, commet un faux en écriture intellectuel dans
l’exercice de ses fonctions2.
Commet de même un faux intellectuel par pression,
ascendant moral et abus d’autorité, le magistrat, supé-
rieur hiérarchique d’un agent de ventes publiques, qui
le contraint à rédiger un acte de son ministère en dé-
naturant frauduleusement la substance et les circons-
tances, en l’espèce une attestation fausse de vente pu-
blique pour une vente de gré à gré de biens saisis3.

c) Le document sur lequel porte l’altération de la vérité doit


être un titre
Il faut qu’il puisse constituer la source ou la preuve d’un droit,
qu’il ait une valeur probatoire, une portée juridique. Ainsi
constitue un faux, la fausse mention d’un paiement portée
sur un livre de commerce, celui-ci ayant une valeur proba-
toire. Il a été jugé en France que ne constituent pas des
faux la falsification de la copie d’un document, parce que
cette copie ne peut faire la preuve ou constituer la source
d’un droit ; la production de factures falsifiées à une compa-
gnie d’assurances, en vue de se faire allouer des indemnités
non dues (il peut seulement y avoir délit d’escroquerie) ;
l’altération de la vérité dans un rapport administratif 4. Dans
ces hypothèses, l’altération de la vérité est incluse dans des
documents ne pouvant engendrer aucun droit.
On est même allé plus loin : la falsification entachant un acte
ayant une portée probatoire, une valeur juridique n’est pas
constitutive d’un faux si elle concerne des énonciations ac-
cessoires et non la substance de l’acte. Ainsi ne constituent
pas des faux : la fausse déclaration faite dans l’acte de nais-
sance que le père et la mère d’un enfant sont mariés ; la
fausse déclaration par le déclarant, dans un acte de décès,
qu’il était l’époux du défunt ; la prise de la fausse qualité de
veuf par un futur époux.
On comprend en effet, que des mensonges ne s’accompagnant
d’aucune manœuvre matérielle ne soient punis que lors-
22
C.S.J. , 9. Mai 1977-B.A.1978, p.40.
33
C.S.J. , 8. 12. 1978 –RPA.50, B.A. 1979, p.136.
44
Cass. , 30/05/1924, DH 1924.431; cass. , 18/06/1925, S. 1926.1.92D1927; 20/12/1928, S.
1930.1.357; cass. , 1/02/1939, B 21 cité par GOYET, op.cit, p 121-122.
Catalogue des infractions 335

qu’ils sont insérés dans un document probant ayant une va-


leur juridique. La jurisprudence tend à admettre que le faux
est constitué quelle que soit la valeur de l’écrit, pourvu
qu’un préjudice puisse en résulter et qu’il n’y ait aucune
intention criminelle1.
d) Quelques procédés d’altération de la vérité
1° Apposition d’une fausse signature (faux matériel)
Il peut s’agir de la signature d’une personne existante, imagi-
naire ; que cette signature soit manuscrite ou imprimée.
Il y a fausse signature toutes les fois qu’une personne signe un
acte d’un nom qui ne lui appartient pas, en usurpant un
prénom, en signant de son propre nom aux lieux et places
d’un homonyme pour faire croire que la signature émanait
de ce dernier. Une signature n’est vraie que si elle provient
de celui auquel elle se rapporte en réalité.
L’apposition frauduleuse d’une signature au moyen d’un procé-
dé non manuscrit constitue également un faux.
2° Altération d’écritures (faux matériel)
Il s’agit des changements matériels portés après coup aux actes
sans contrefaçon d’écritures. C’est le cas de :
- une surcharge modifiant un nom ou une date ;
- une addition ou une intercalation qui change la portée de
l’acte : exemple, l’ajout du mot « dix » avant le mot
« mille » initialement inscrit sur un document.
- une suppression d’une phrase, d’un mot, d’un chiffre par
rature ou biffure, par emploi d’un procédé chimique, par
tâche d’encre sur un mot.
Ces opérations interviennent généralement après rédaction de
l’acte, il est possible aussi que l’altération d’écritures soit
faite pendant la confection de l’acte à l’insu d’une de ces
parties
3° Contrefaçon d’écriture (faux matériels)
Elle ne se conçoit guère qu’entre particuliers et consiste à faire
attribuer la confection de l’acte à celui dont on imite l’écri-
ture. Elle peut s’accompagner d’une fausse signature.
4° Fabrication de conventions, dispositions ou décharges

11
Garçon (E). , Code Pénal annoté art 145 (Nouvelle édition par Marcel ROUSSELET, M. PATIN et M.
ANCEL), Paris, n°189.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
336

L’agent crée un titre renfermant une convention, une obli-


gation, une disposition, une décharge au préjudice de celui
à qui il l’attribue.
Cette fabrication du titre peut être réalisée après coup et
s’accompagne de fausses signatures (faux matériel). Si la
fabrication s’opère lors de la confection de l’acte, on est en
présence d’un faux intellectuel.

5°Supposition de personne
Généralement, le faux par supposition de personne est in-
tellectuel. Il est matériel lorsqu’il s’accompagne de grat-
tages ou surcharges en vue d’ajouter ou de remplacer un
nom et se confond alors avec la fausse signature ou l’altéra-
tion d’écritures.
Il y a supposition de personne lorsque le rédacteur d’un
acte y mentionne la comparution d’une personne alors que
c’est une autre qui a comparu, ou lorsqu’ il y fait figurer
une personne qui n’y assistait pas.

6° La fabrication de conventions autres que celles qui ont


été dictées ou voulues par les parties (faux intellectuel)
Sa réalisation est concomitante à la confection de l’acte et
porte uniquement sur le contenu de l’acte. C’est par
exemple un notaire qui certifie faussement qu’un paiement
a eu lieu en sa présence.

7° La constatation comme vrais de faits faux dans un acte


ayant pour objet cette constatation (faux intellectuel)
C’est un cas de faux intellectuel plus fréquent que le précé-
dent. Tel est le cas d’un officier de l’état civil qui atteste
mensongèrement qu’un mariage a été précédé de publica-
tions légales ou d’un notaire qui affirme faussement le
consentement d’une partie.
Il peut également être commis par des particuliers ; c’est
par exemple le cas de celui qui déclare un enfant comme né
d’une femme qui n’est pas la mère.
Commet aussi le faux intellectuel le caissier qui altère frau-
duleusement les livres qu’il a la charge de tenir, si ces at-
testations sont opérées au moment même où l’inscription
est effectuée. Le médecin qui établit faussement des certifi-
Catalogue des infractions 337

cats permettant au bénéficiaire d’une assurance-vie de faire


établir l’acte de décès de la personne sur laquelle repose
l’assurance et de toucher ainsi le montant de cette assu-
rance.
Il a été jugé qu’il n’y a pas faux, pour une partie dont les
titres avaient déjà été qualifiés de faux par un arrêt rendu
par la cour d’appel1.

Il a de même été jugé que le citant ne peut valablement


qualifier de faux un acte de vente consécutif à celui sur le-
quel il a signé comme témoin1
Il a en outre été décidé par le même tribunal de grande ins-
tance de Bukavu que les actes attaqués en faux contre un
prévenu doivent être versés au dossier, à défaut de le faire,
le tribunal est dans l’impossibilité d’apprécier l’altération
de la vérité et doit écarter cette prévention2

2. Le préjudice
L’altération de la vérité n’est pas incriminée si elle est inof-
fensive. Le faux n’existe que si l’altération de la vérité dans
un écrit est susceptible de porter préjudice à autrui. Aussi,
ne constitue pas de faux, l’altération d’un acte non signé.
L’infraction de faux en écritures existe dès qu’il y a altéra-
tion de la vérité et possibilité d’un préjudice pour autrui 3
Toutefois, il n’est pas nécessaire que le préjudice ait été
réalisé ; il suffit que, lors de l’acte, il ait été possible. Dès
lors que le préjudice est possible, le faux doit être retenu.
Le faux est donc punissable même si l’acte est entaché de
nullité, car le vice dont l’acte est atteint peut passer inaper-
çu aux yeux des tiers et un préjudice peut par suite être
éventuellement causé. Le préjudice est de plusieurs ordres :

a)Préjudice matériel

11
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 8239, 14 janvier 2000, Ministère public et partie civile
contre les prévenus Kalimira Katoto, et Chizungu Chihuguyu, inédit.
11
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 10041,13 octobre 2001, Ministère public et partie civile
Mossi Ramson contre Faida Simwerayi, inédit.
22
Tribunal de grande instance de Bukavu, R.P 10638, 26 mars 2004, Ministère public et partie civile
contre Mayutho et le conservateur des titres immobiliers.
33
C.S.J., RPA 78, 15 juillet 1983, B.A. 1980-1984, p.405.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
338

Le préjudice est généralement d’ordre matériel. Le faux


lèse une personne dans son patrimoine. Par exemple, le
créancier se voit opposer une fausse décharge par l’effet de
laquelle le débiteur se prétend libéré.

b) Préjudice moral
Le préjudice peut être simplement moral. Il suffit que le
faux porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’au-
trui : Ainsi, constitue un faux, l’inscription d’un enfant né
hors mariage sous le nom d’une jeune fille qui n’est pas la
mère, pour la déconsidérer.
Notons que le faux peut porter préjudice à la société sans
porter atteinte à un intérêt privé ; il n’en est pas moins pu-
nissable. Un faux commis dans un acte de l’état civil est pu-
nissable même en l’absence de tant de préjudice matériel.
De même encore, celui qui altère un diplôme universitaire.

3. L’intention frauduleuse
L’auteur doit avoir agi non seulement en sachant qu’il alté-
rait la vérité, mais aussi dans la connaissance que cette al-
tération de la vérité était susceptible de nuire soit matériel-
lement, soit moralement à un tiers ou à la société. N-a-t-on
pas jugé que ne commet pas le faux la personne qui légalise
un document dont elle ignore le caractère faux1 ?
Il n’est pas nécessaire qu’il ait l’intention de nuire et encore
moins celle de tirer un profit personnel de son action cou-
pable.

II. Poursuites
L’action publique sera exercée par toute personne lésée ou
par le ministère public. Le faux en écritures est prévu et
réprimé par l’article 124 du code pénal congolais livre II
de :
- six mois à cinq ans de servitude pénale principale et une
amende ou l’une des personnes;
- si le faux a été commis par un fonctionnaire dans l’exer-
cice de ses fonctions, la peine sera de dix ans de servi-
tude pénale principale au maximum et d’une amende (art

11
Tribunal de paix de Kinshasa / Gombe, RP 16.990/IV, 24 octobre 2000, inédit.
Catalogue des infractions 339

125 du code pénal livre II).Dans ce cas, le tribunal de


grande instance est la juridiction compétente.
- si le fonctionnaire ou l’officier public a délivré un faux
certificat dans l’exercice de ses fonctions, la peine sera
de trois mois à cinq ans de servitude pénale principale et
d’une amende ou de l’une des peines (art 127 du code
pénal livre II).
Le tribunal de paix est matériellement compétent pour
connaître du faux. Ce dernier est punissable de cinq années
de servitude pénale maximum. Dans les autres cas de dix
ans maximum, le tribunal de Grande Instance est l’instance
compétente.
Le faux est une infraction instantanée consommée par l’al-
tération de la vérité. La prescription commence à courir à
compter du jour de la commission de l’infraction. Elle est de
trois ans pour la peine de cinq ans maximum et de cinq ans
pour celle de dix ans maximum.

268. Faux en écriture en matière électo-


rale
Voir élections.

269. Faux portant sur une carte d’élec-


teur
Voir élections.

270. Faux-monnayage
Le faux-monnayage comprend différentes incriminations
particulières qui sont des infractions contre la foi publique.
Le faux-monnayage englobe la contrefaçon, la falsification
et l’imitation des signes monétaires, ainsi que la falsifica-
tion des sceaux, timbres, poinçons, marques etc.. de l’Etat.
L’appellation de faux-monnayage a trait aux signes moné-
taires, quelle que soit leur nature (monnaie métallique ou
billets de banque).
Les infractions que le faux-monnayage regroupe font partie
intégrante de la législation économique ; partant elles sont
de la compétence des tribunaux de commerce. Cela ressort
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
340

de l’article 17 de la loi du 03 juillet 2001 portant création,


organisation et fonctionnement des tribunaux de com-
merce.

271. Faux serment


a) Champ d’application
En matière civile, le serment judiciaire est un moyen de
preuve auquel a recours le demandeur ou le défendeur lors-
qu’il n’y a pas d’autres preuves. Le juge civil peut égale-
ment, pour compléter une preuve qui lui parait insuffisante,
déférer d’office le serment à l’une des parties.
La partie à qui le serment a été déféré peut évidemment
effectuer une fausse déclaration, mais celle –ci, faite sous
serment l’expose aux sanctions pénales de l’article 132 du
code pénal s’il s’avère dans l’avenir qu’elle a menti. L’ar-
ticle 132 dispose : « celui à qui le serment aura été déféré
ou référé en matière civile et qui aura fait un faux serment
sera puni de six mois à trois ans et une amende ou une de
ces peines seulement ».

b) Eléments constitutifs
Pour l’existence de l’infraction de faux serment :
1. En premier lieu, il doit y avoir eu serment prêté devant
une juridiction civile.
2. En deuxième lieu, la déclaration appuyée par le serment
doit être fausse.
3. En troisième lieu, le faux serment doit avoir été prêté de
mauvaise foi.

c) Compétence et prescription
Matériellement l’infraction de faux serment relève du tribu-
nal de paix. Le délai de prescription de l’action publique est
de trois ans. La peine, elle, sera prescrite après un délai
double de la peine prononcée. Cependant, ce délai ne pour-
ra pas être inférieur à deux ans.
Catalogue des infractions 341

272. Faux témoignage


Témoigner, c’est affirmer ce qu’on a vu, entendu ou senti
ou infirmer ce qu’on n’a pas vu, entendu ou senti. Constitue
le faux témoignage :
1. l’altération de la vérité dans une déclaration verbale
faite, devant les tribunaux, sous la foi du serment ;
2. dans la cause d’autrui ; il doit s’agir d’une altération sus-
ceptible de causer préjudice.

I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction de faux témoignage puisse être rete-
nue, cinq conditions outre l’intention coupable doivent être
réunies :
1. L’existence d’un témoignage. Le témoin est la personne
appelée à déposer, sous la foi du serment. La prestation
de serment est la condition nécessaire de cette infrac-
tion. La personne entendue à titre de renseignement
n’est pas un témoin soit en raison de sa parenté avec
l’une des parties au procès, soit pour n’avoir préalable-
ment pas prêté serment, soit parce qu’elle était mineure
etc.
Les personnes entendues comme « simples rensei-
gnants », les condamnées à la privation du droit de té-
moigner en justice, les mineurs ne peuvent donc pas com-
mettre l’infraction alors que le principe d’intime convic-
tion permet de tenir compte de leurs déclarations comme
de celles d’un véritable témoin.
2. Le témoignage en justice. Le témoignage a dû être reçu à
l’audience d’un tribunal. Il a néanmoins été jugé que l’on
ne peut affirmer qu’il est de principe que le faux témoi-
gnage constitue un délit d’audience1.
3. L’altération de la vérité dans le but d’égarer la justice.
4. Le caractère irrévocable de la déposition. Le témoin
échappe à toute poursuite s’il est revenu sur ses fausses
déclarations avant qu’elles fussent irrévocables.
5. Le préjudice éventuel. Une déposition mensongère doit
être de nature à causer un préjudice à des particuliers ou
à la société.
11
Boma, 10 décembre 1907, Jur . Etat II p. 207.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
342

L’intention coupable. Elle est une condition nécessaire à


l’établissement de l’infraction de faux témoignage. Il n’y a
pas infraction de faux témoignage par distraction, oubli ou
imagination excessive. L’intention coupable est une condi-
tion suffisante, peu importe le mobile. Toutefois, se pose le
problème de la personne qui ment pour se défendre contre
une éventuelle condamnation, la répression risque d’aller
contre le droit de mentir de la personne poursuivie en jus-
tice.

II. Poursuites
Les poursuites en matière de faux témoignage sont faites
sur base des articles 128 - 129 - 130 - 131 - 132 du code pé-
nal livre II. Ces dispositions légales définissent et punissent
les différentes formes de faux témoignage.
A l’article 128 du code pénal livre II, le faux témoignage est
sanctionné de cinq ans de servitude pénale principale au
maximum. Si l’accusé contre lequel le faux témoignage a
été porté est condamné à mort ou à la servitude pénale à
perpétuité, le faux témoin encourra une servitude pénale à
perpétuité.
Quant à l’article 129, il punit de cinq ans maximum la su-
bornation de témoins. L’article 130 du code pénal livre II
sanctionne de huit jours à un an de servitude pénale princi-
pale et d’une amende ou d’une de ces peines seulement
toute personne appelée en justice pour donner des simples
renseignements qui se sera rendue coupable de fausses dé-
clarations.
Selon l’article 131 du code pénal livre II, l’interprète et l’ex-
pert coupables de fausses déclarations en justice seront pu-
nis comme faux témoins. A l’article 132 du même code, les
fausses déclarations du témoin en matière civile sont sanc-
tionnées de six mois à trois ans de servitude pénale princi-
pale et d’amende ou d’une peine de celles citées simple-
ment.
Le faux témoin sera traduit par devant le tribunal de paix.
L’action publique est prescriptible dans le délai de trois
ans. Le faux témoignage est consommé au moment de la
déposition mensongère. Cette date constitue le point de dé-
part du délai de prescription de l’action publique, non au
moment où il est devenu irrévocable. Pour le témoin qui se
Catalogue des infractions 343

rétracte spontanément avant la décision, il y a exemption


de peine.

273. Feu de brousse


Sont prohibés les feux de brousse ou incendies de brous-
sailles, taillis, bois végétaux sur pied ou couvertures mortes
n’ayant pas pour but immédiat l’aménagement ou l’entre-
tien de cultures.
L’interdiction ressort clairement de la volonté du législa-
teur par le biais de l’ordonnance n°52/175 du 23 mai 1953.
Ce texte sanctionne, en son article 5 le feu de brousse, de
deux mois de servitude pénale principale au maximum et/ou
d’amende.
Le feu de brousse est de la compétence du juge de paix.
L’action publique de l’infraction de feu de brousse est pres-
criptible dans le délai d’une année.

274. Filouterie
Voir grivèlerie.

275. Financement du terrorisme


Constitue le financement du terrorisme le fait d’une part de
fournir, de collecter, de réunir ou de gérer par quelque
moyen que ce soit, directement ou indirectement des fonds,
des valeurs ou des biens dans l’intention de les voir utilisés
ou en sachant qu’ils seront utilisés en tout ou en partie, en
vue de commettre un acte de terrorisme indépendamment
de la survenance d’un tel acte (art 2 de la ci-dessous).
a) Quel est le texte légal qui réprime le financement du terrorisme ?

De création récente, cette infraction se trouve définie, prévue et réprimée par les articles 2 et
41 de la loi n°04/016 du 19 juillet 2004 portant lutte contre le blanchiment des capitaux
et le financement du terrorisme.

b) Quelles sanctions encourt celui qui finance le terrorisme ?

L’article 41 de la loi n°04/016 du 19 juillet 2004 portant lutte contre le blanchiment des
capitaux et le financement du terrorisme sanctionne de la peine de cinq à dix ans de
servitude pénale et d’une amende en Francs congolais, équivalente à 50.000 dollars
américains le coupable de financement du terrorisme.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
344

La personne morale impliquée dans le financement d’activités terroristes, sans préjudice de la


responsabilité pénale individuelle des dirigeants prévue sera condamnée à une amende
en francs congolais pouvant aller de l’équivalent de 100.000 à 500.000 dollars américains
(art. 42).

276. Fourniture de fausses informations


Le code pénal militaire réprime le fait de fournir aux autori-
tés civiles ou militaires de la République Démocratique du
Congo des informations fausses de nature à les induire en
erreur et à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de
l’Etat, en vue de servir les intérêts d’une puissance étran-
gère, d’une entreprise ou d’une organisation étrangère ou
sous contrôle étranger.

I. Éléments constitutifs
L’infraction de fourniture de fausses informations requiert
pour son existence des éléments constitutifs faits d’actes
matériels et d’intention délictuelle.
1. Les actes matériels. Ils sont constitués de la fourniture
des informations fausses ou de faux renseignements ou
de la livraison de fausses déclarations, quels que soient
les moyens utilisés.
2. Le but visé par l’agent doit consister à servir les intérêts
de toute puissance étrangère, de toute entreprise ou or-
ganisation étrangère ou sous contrôle étranger, peu im-
porte que cette puissance, entreprise ou organisation soit
ennemie ou entretienne des relations amicales ou pai-
sibles avec l’Etat congolais.

II. Régime répressif


L’auteur de l’infraction de l’article 134 du code pénal mili-
taire encourt en temps de paix, une peine de servitude pé-
nale principale dont le taux maximum est fixé à vingt ans.
En temps de guerre, le coupable de fourniture des fausses
informations est passible de la peine de mort.
Catalogue des infractions 345
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
346
G

277. Grivèlerie
Aussi appelée filouterie, la grivèlerie est le fait pour une
personne de se faire servir dans un établissement spécialisé
des boissons ou des aliments qu’elle consomme en tout ou
en partie, de se faire loger dans un hôtel où elle s’est pré-
sentée comme voyageur, ou de prendre une voiture en loca-
tion, alors qu’elle se sait être dans l’impossibilité de payer :
De cette définition l’on distingue clairement trois types de
filouteries1:
La grivèlerie d’aliments ou de boissons ;
La grivèlerie de logement ;
La grivèlerie de voiture de louage.
D’autres droits, contrairement au droit positif congolais,
reconnaissent la grivèlerie de carburants et lubrifiants. Elle
consiste dans le fait de se faire remplir tout ou partie du
réservoir par un professionnel de la distribution. Seules les
stations-services offrant ce type de service remplissent ces
critères. Lorsque le client se sert seul et part sans payer, il
se rend coupable de vol car il effectue une soustraction
frauduleuse de la chose d’autrui.
Les infractions de grivèlerie se caractérisent par un élé-
ment moral commun mettant l’accent sur la connaissance
de l’impossibilité de payer le service obtenu. L’élément mo-
ral de l’infraction est relativement difficile à caractériser.
La preuve de la connaissance ou, tout au moins la
conscience de la personne « qui se sait être dans l’impossi-
bilité absolue de payer » est difficile à apporter. On vise
dans ce même élément moral la personne « déterminée à ne
pas payer », la personne de mauvaise foi dont le comporte-
ment traduit la volonté de commettre la grivèlerie.
278. Grivèlerie d’aliments ou de boissons
La grivèlerie d’aliments consiste dans le fait de se faire ser-
vir des aliments ou des boissons2. L’infraction ne protège
11
On peut rapprocher avec les excuses absolutoires la cause d’exonération retenue par l’article 102 bis
du code pénal relative à la grivèlerie : « Les infractions prévues à l’alinéa précédent ne pourront être
poursuivies que sur plainte de la partie lésée. Le paiement du prix et des frais de justice avancés par la
partie plaignante ou le désistement de celle-ci éteindra l’action publique »
22
Crim. ,17 mars 1987, Gaz. Pal. 1987, 2, somm. p. 249, obs. Doucet.
Catalogue des infractions 347

que les professionnels de la restauration, puisque seuls les


établissements autorisés à le faire sont visés. L’infraction
de grivèlerie d’aliments ou des boissons existera lorsque :
1. l’agent se fait servir des boissons ou aliments com-
mandés par lui-même ;
2. dans un établissement spécialisé (hôtel, restaurant,
auberge, bar) ;
3. la consommation en tout ou partie des boissons ou
aliments ; Il suffit que la nourriture ou la boisson soit
perdue pour le propriétaire.
4. l’auteur connait en se faisant servir qu’il ne pourrait
pas payer (Elément moral).
L’oubli du portefeuille ou l’omission de se munir d’argent,
le refus de payer à cause de la mauvaise qualité du repas
servi rendent inexistante l’infraction de grivèlerie.

279. Grivèlerie de logement


La grivèlerie de logement consiste dans le fait de se faire
attribuer ou d’occuper effectivement des chambres dans un
établissement destiné à cet effet. Seuls les professionnels
sont protégés. Si les juges punissent l’occupation de la
chambre, ils n’étendent pas l’incrimination au non-paiement
des prestations annexes, telles que les communications té-
léphoniques1. La grivèlerie de logement, elle, ne sera éta-
blie que si et seulement si :
1. l’agent a commandé et effectivement occupé un loge-
ment ; la durée importe peu ;
2. cette occupation a eu lieu dans un établissement spéciali-
sé (hôtel, auberge, etc..) ;
3. l’agent s’est présenté comme un voyageur ;
4. il y a connaissance par le filou au moment de la com-
mande du logement qu’il ne pourra pas payer (Elément
moral).

280. Grivèlerie de voiture de louage


La filouterie de voiture consiste à se faire transporter en
taxi ou en voiture de place par un professionnel. Seuls les

11
Crim. ,17 mars 1987, Gaz. Pal. 1987, 2, somm. p. 249, obs. Doucet.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
348

professionnels sont protégés. En droit comme en fait, la gri-


vèlerie de voiture de louage est consommée à conditions :
1. d’avoir commandé une voiture ;
2. une voiture destinée au louage, taxis, voiture d’hôtel ou
de loueurs ;
3. s’être fait véhiculer ;
4. savoir au moment de monter dans la voiture qu’on ne
pourra pas payer (Elément moral).
Le champ est limité par le fait que les grivèleries s’ap-
pliquent exclusivement aux professionnels. Les poursuites
relatives aux infractions de grivèlerie sont subordonnées à
la plainte préalable de la victime. Si l’auteur de l’infraction
paie une partie de ce qu’il doit, l’infraction ne disparaît pas.
Par contre, s’il paye la totalité du prix ainsi que les frais de
justice avancés par la victime, l’action publique sera
éteinte.
L’article 102 bis du code pénal livre II est le texte qui ré-
prime de huit jours à six mois de servitude pénale princi-
pale et l’amende l’infraction de grivèlerie. L’une de ces
peines seulement peut être appliquée.
La grivèlerie est de la compétence matérielle du Tribunal
de paix. L’action publique de l’infraction de grivèlerie de
voiture de louage se prescrit dans le délai d’une année. La
peine sera prescrite, elle, dans le délai de deux ans. La ten-
tative de filouterie n’est pas punissable.

281. Grossesse forcée


I. Définition
La détention d’une ou plusieurs femmes pour les rendre en-
ceintes de force ou par ruse constitue l’infraction de gros-
sesse forcée. Cette détention de la femme en vue d’une
grossesse peut être réalisée par la force, la contrainte ou la
ruse. Il s’agit d’une atteinte à la liberté de la femme, « une
agression et une atteinte sexuelles » se caractérisant par
l’emploi de la contrainte, de la ruse, de la violence, des me-
naces ou de la surprise.
Catalogue des infractions 349

II. Les éléments constitutifs de la grossesse for-


cée
a) L’élément légal.
La grossesse forcée est définie par l’article 174K de la loi n°
06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le code
pénal congolais. Y sont réprimés de dix à vingt ans les actes
imposés à la victime contre sa volonté. L’acte devient crimi-
nel du fait de l’absence de consentement de la victime.

b) L’élément matériel.
L’homme seul peut être auteur d’une grossesse forcée et
seule une femme peut en être victime. On met l’accent sur
la connotation sexuelle de l’acte et une résultante par l’ex-
pression « grossesse ». L’élément matériel de la grossesse
forcée n’est caractérisé que s’il réalise l’acte de pénétration
sur une femme et que grossesse s’ensuive.

c) L’élément moral
La grossesse forcée est une infraction nécessairement in-
tentionnelle caractérisée par l’absence de consentement de
la victime et la nature sexuelle d’une relation ayant pour
but d’imposer une grossesse L’article 174K énumère une
liste de caractéristiques des modes d’imposition de la gros-
sesse forcée : force, contrainte ou ruse.
III. Régime juridique
En tant qu’infraction de violence sexuelle, la grossesse for-
cée est réputée infraction flagrante. Elle doit être réprimée
avec célérité. A ce titre, elle exige une enquête sans désem-
parer de manière à fournir les principaux éléments d’appré-
ciation. Dès la mise en mouvement de l’action publique,
l’enquête préliminaire se fait dans le délai d’un mois maxi-
mum. L’instruction et le prononcé du jugement doivent in-
tervenir dans les trois mois maximum à compter de la sai-
sine de l’autorité judiciaire. Requérir un médecin et un psy-
chologue peut s’avérer nécessaire pour apprécier l’état de
la victime. C’est le cas lorsqu’il faut déterminer les soins
appropriés, évaluer l’importance du préjudice et l’aggrava-
tion ultérieure. L’infraction de grossesse forcée est répri-
mée de dix à vingt ans de servitude pénale. Le Tribunal de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
350

grande instance est compétent matériellement pour


connaitre de cette infraction. Les juridictions militaires en
matière de violences sexuelles se conforment à leurs com-
pétences respectives. Quant à l’action publique, elle se
prescrit dans le délai de dix ans.
Catalogue des infractions 351
H

282. Haine et aversion raciale


I. Textes légaux et Bref aperçu historique
Depuis la colonisation, le législateur s’est préoccupé de la
protection de la considération personnelle. Il a d’abord pro-
tégé les européens par l’ordonnance n°153/J du 22 no-
vembre 1932. Il s’est avéré que ne protéger que les seuls
européens était une discrimination ; d’où la protection va
s’étendra aux autres races et en particulier aux autoch-
tones.
Ensuite, le décret du 02 décembre 1957 prévoyait et répri-
mait la manifestation de l’aversion ou de la haine raciale ou
ethnique. Avec la décolonisation caractérisée par des
troubles, des sécessions, des guerres tribales, ethniques et
l’aversion raciale deux textes sont intervenus :
1. l’ordonnance législative n°25-131 du 25 mars 1960 por-
tant répression des manifestations de racisme ou d’intolé-
rance religieuse ;
2. le décret du 13 juin 1960 portant répression de toute
forme de discrimination dans les magasins et lieux pu-
blics.
Enfin, après l’indépendance, pour prévenir tout acte discri-
minatoire, injurieux ou susceptible de compromettre l’ordre
public, l’ordonnance-loi n°66-342 du 07 juin 1966 fut prise
pour réprimer toute forme de racisme et de tribalisme. Ce
texte abrogea l’article 75bis du code pénal introduit par le
décret du 02 décembre 1957. Cet article abrogé définissait
et réprimait l’incitation à la haine raciale. Cette ordon-
nance-loi est le texte aujourd’hui en vigueur.

II. Éléments constitutifs


L’infraction de racisme et tribalisme se présente matérielle-
ment sous diverses formes.
1ère forme : manifester ou extérioriser son mépris, son dé-
goût ou son hostilité, sa vive inimitié à l’égard d’un indivi-
du, du fait de son appartenance raciale, ethnique, tribale ou
régionale. Ces divers actes doivent se réaliser :
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
352

- par paroles (injures, propos blessants) ;


- par gestes (attitude offensante, injurieuse ou mépri-
sante) ;
- par écrits (confection, diffusion des documents discrimi-
natoires) ;
- par images ou emblèmes (dessins, gravures, photogra-
phies, etc.) ou par tout autre moyen.
2 ème
forme : tout acte de nature à inciter autrui à manifester
de l’aversion ou de la haine par gestes, paroles, écrits,
usages, etc.
3ème forme : la participation au maintien des associations,
groupements à caractère racial, tribal, régional ou eth-
nique ;
4ème forme : assumer à un titre quelconque la direction ou
l’administration d’une association ou groupement tribal à
caractère politique.
L’infraction de haine et aversion raciale suppose également
un élément moral. La volonté de poser un acte discrimina-
toire ou susceptible de provoquer le désordre ou de trou-
bler l’ordre public.

III. Modalités de répression


Le racisme et le tribalisme sont punis d’un mois à trois ans
de servitude pénale et d’amende ou de l’une des peines.
Si l’auteur est dépositaire de l’autorité publique, la peine
sera de six mois au moins de servitude pénale principale et
d’une amende lorsque l’infraction a été commise dans
l’exercice de ses fonctions.
Si l’infraction a causé une désorganisation des pouvoirs pu-
blics, des troubles graves, un mouvement sécessionniste ou
une rébellion, le coupable sera puni de servitude pénale à
perpétuité
Ceux qui auront participé au maintien d’un cercle, club, as-
sociation ou groupements visés par cette loi seront punis
d’un mois à deux ans de servitude pénale principale et
d’une amende ou d’une de ces peines seulement.
La non dénonciation de l’infraction de haine et aversion ra-
ciale est punie de quinze jours à une année de servitude pé-
Catalogue des infractions 353

nale principale et d’une amende ou de l’une des peines uni-


quement.
Dans ce dernier cas, si l’auteur est dépositaire de l’autorité
publique, la peine sera de six mois à deux ans de servitude
pénale principale et d’une amende ou l’une de ces peines. Il
sera décidé l’expulsion du territoire national si l’auteur est
un étranger.

283. Harcèlement sexuel


L’incrimination de harcèlement sexuel a été introduite dans
notre code pénal par la loi du 20 juillet 2006. Elle permet
de tenir compte d’agissements divers.

I. Les éléments constitutifs


La coexistence des éléments légal, matériel et moral établit
en fait comme en droit l’infraction de harcèlement sexuel.
a)L’élément légal. L’usage de menaces, d’ordres, l’abus
d’autorité et le comportement qui consiste à exercer une
pression sur un salarié afin d’obtenir des faveurs sexuelles
existe depuis fort longtemps.
L’article 174d de la loi du 20 juillet 2006 modifiant et com-
plétant le code pénal congolais définit l’incrimination de
harcèlement sexuel. C’est l’adoption d’un comportement
persistant envers autrui, se traduisant par des paroles, des
gestes soit en donnant des ordres ou en proférant des me-
naces ou en imposant des contraintes, soit en exerçant des
pressions graves, soit en abusant de l’autorité que confère
les fonctions pour obtenir des faveurs de nature sexuelle.
b) L’élément matériel. Le texte n’est pas explicite dans la
définition de l’élément matériel car il se contente d’incrimi-
ner le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des fa-
veurs de nature sexuelle.
Nous estimons néanmoins que l’auteur ne peut être qu’une
personne qui menace, supérieur hiérarchique ou ayant un
pouvoir sur ses victimes, abuse de l’autorité que lui confère
ses fonctions.
Les comportements constituant le harcèlement sont ceux
consistant à donner des ordres, proférer des menaces, im-
poser des contraintes ou exercer des pressions.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
354

c)L’élément moral. L’infraction est commise « dans le but


d’obtenir des faveurs sexuelles ».La recherche de la satis-
faction des désirs sous la forme de l’obtention de faveurs
sexuelles. Pour que l’infraction soit caractérisée, il faut que
le prévenu essaie d’obtenir « un acte de nature sexuelle »1

II. Régime juridique


Le harcèlement sexuel est une infraction punie de servitude
pénale d’un an à douze ans et d’une amende de cinquante
mille francs congolais constants. Le juge a la latitude d’infli-
ger l’une de ces peines seulement. L’amende transaction-
nelle n’est pas d’application.
La poursuite de l’infraction de harcèlement sexuel est su-
bordonnée à la plainte de la victime. La plainte de la vic-
time est donc un préalable à toute poursuite. Il n’y a donc
pas de saisine d’office en matière de harcèlement sexuel. Le
Tribunal de Grande Instance est l’instance répressive com-
pétente.

284. Harcèlement sexuel sur un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

285. Hausse ou baisse des prix


Voir réglementation des prix.

286. Haute trahison


Il y a haute trahison lorsque le Président de la République a
violé intentionnellement la Constitution ou lorsque lui ou le
Premier ministre sont reconnus auteurs, co-auteurs ou com-
plices de violations graves et caractérisées des Droits de
l’homme, de cession d’une partie du territoire national (ar-
ticle 165 alinéa 1er de la constitution).
Il y a atteinte à l’honneur ou à la probité notamment
lorsque le comportement personnel du Président de la Ré-
publique ou du Premier ministre est contraire aux bonnes
mœurs ou qu’ils sont reconnus auteurs, co-auteurs ou com-
plices de malversations, de corruption ou d’enrichissement
illicite.
11
Cour d’appel Paris, 18 janvier 1996, Gaz.Pal.1996, 1, p.267, note Katz.
Catalogue des infractions 355

Il y a délit d’initié dans le chef du Président de la Répu-


blique ou du Premier ministre lorsqu’il effectue des opéra-
tions sur valeurs immobilières ou sur marchandises à
l’égard desquelles il possède des informations privilégiées
et dont il tire profit avant que ces informations soient
connues du public. Le délit d’initié englobe l’achat ou la
vente d’actions fondés sur des renseignements qui ne se-
raient jamais divulgués aux actionnaires.
Il y a outrage au parlement lorsque sur des questions po-
sées par l’une ou l’autre chambre du Parlement sur l’activi-
té gouvernementale, le Premier ministre ne fournit aucune
réponse dans un délai de trente jours.
La décision de poursuites ainsi que la mise en accusation
du Président de la République et du Premier ministre sont
votées à la majorité des deux tiers des membres du Parle-
ment composant le Congrès suivant la procédure prévue
par le Règlement intérieur (article 166 de la constitution).
En cas de condamnation, le Président de la République et le
Premier ministre sont déchus de leurs charges. La dé-
chéance est prononcée par la Cour constitutionnelle (article
167).
Pour les infractions commises en dehors de l’exercice de
leurs fonctions, les poursuites contre le Président de la Ré-
publique et le Premier ministre sont suspendues jusqu’à
l’expiration de leurs mandats. Pendant ce temps, la pres-
cription est suspendue (article 167 alinéa 2)

287. Homicide involontaire


L’homicide involontaire est aussi appelé homicide par im-
prudence. L’on peut définir l’homicide involontaire comme
la mort d’une personne, mort non voulue par l’auteur, mais
qui arrive par sa faute. C’est l’homicide préterintentionnel.
Est ainsi coupable de cette prévention, le propriétaire d’un
chien enragé qui a causé la mort de la victime des mor-
sures, s’il est établi que ce chien n’était pas vacciné et qu’il
a profité de la liberté lui accordée par son maître qui
n’avait pas pris les précautions d’enfermer son chien dans
sa maison ni de le tenir en laisse1

11
C.S.J., R.P 288, 25 mars 1980 cité par Dibunda. , Op. Cit p. 102.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
356

La faute de l’auteur est requise pour que l’infraction d’ho-


micide involontaire soit imputée à une personne détermi-
née. Cette faute peut consister dans :
- la négligence, c’est-à-dire l’insouciance, l’inaction, l’abs-
tention ou l’omission;
- l’inattention, c’est-à-dire le manque d’entretien, l’étour-
derie ;
- l’imprudence, c’est-à-dire un défaut de prudence ou une
imprévoyance ou encore une témérité ;
- la maladresse, c’est-à-dire un manque d’adresse, d’habili-
té ou de dextérité ;
- l’inobservance des règlements, c’est-à-dire la violation
des prescriptions qui réglementent la circulation rou-
tière. L’infraction d’excès de vitesse constitue un des élé-
ments de l’infraction d’homicide involontaire par accident
de roulage et le tribunal peut toujours s’y appuyer pour
démontrer le défaut de prévoyance2. L’excès de vitesse
imprimé à un véhicule est suffisamment prouvé par
l’étendue des traces de freinage, soit en l’occurrence, 15
mètres3.

I. Eléments constitutifs de l’homicide involontaire


1. L’élément légal présent à l’article 53 du code pénal dis-
pose que : « quiconque aura involontairement causé la
mort d’une personne sera puni… ». Il précise l’élément
matériel et moral. L’homicide involontaire est soumis à
la définition commune de la faute en lien de causalité
avec le dommage.
2. L’homicide involontaire est une atteinte à la vie et à l’in-
tégrité de la personne. La répression n’est envisagée
qu’en cas de préjudice. L’homicide involontaire est une
infraction matérielle. Le dommage est un élément consti-
tutif à part entière de l’infraction.
Pour que l’infraction d’homicide involontaire soit établie,
elle doit réunir différents éléments :
a) Un fait matériel d’homicide, la mort de la victime.

22
C.S.J., R.P. 311,15 avril 1980 cité par Dibunda ,Op. Cit. p.84.
33
C.S.J., T S .R.R.n°2, 6 avril 1978 R.J.Z. 1979 p.38 cité par Dibunda. , idem, p.85 .
Catalogue des infractions 357

Le décès de la victime reçoit une définition scientifique ob-


jective. Il est facile à qualifier par les juges. L’infraction im-
possible d’homicide involontaire sur cadavre n’est pas pu-
nissable, car l’élément constitutif de la mort de la victime
fait défaut.

b) Après une faute, même non intentionnelle de l’agent.


La faute doit nécessairement avoir causé la mort de la vic-
time, élément constitutif à part entière de l’infraction. Si le
décès apparaît postérieurement comme une manifestation
de l’aggravation des blessures initiales, l’auteur de la faute
subira cette conséquence pendant la durée de la procédure.
Le juge doit privilégier la qualification pénale en tenant
compte du dommage au jour où il statue et retenir l’infrac-
tion sous sa haute expression pénale.

c) Le lien de causalité entre la faute commise et le dom-


mage subi par la victime, c’est-à-dire la mort.
Le législateur exige l’existence d’un lien de causalité entre
la faute commise et la mort survenue. Cette cause peut être
directe ou indirecte, médiate ou immédiate.
Le lien de causalité doit être certain, mais il ne doit pas re-
lier la faute au dommage par une relation directe, exclusive
et immédiate. La responsabilité pénale de l’agent doit être
retenue.
Quelques exemples d’homicide involontaire.
Un infirmier qui néglige de prévenir le médecin de la gravi-
té de l’état de santé d’un malade qui finit par mourir de ce
fait ; un médecin qui prescrit à un malade un produit
toxique qui lui cause la mort ; un féticheur qui utilise
comme remède une substance vénéneuse qui finit par pro-
curer la mort ; un chasseur qui vise un gibier et atteint une
personne mortellement ; l’’excès de vitesse, le mauvais croi-
sement qui provoque la mort.

II. Poursuites
L’article 53 du code pénal livre II définit et punit l’homicide
involontaire. La sanction est de trois mois à deux ans de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
358

servitude pénale principale et une amende. Le législateur


n’a pas laissé de possibilité d’infliger la seule peine
d’amende. Le Tribunal de paix, compétent matériellement
pour cette infraction, peut également ordonner la répara-
tion civile du préjudice occasionné. L’action publique de
l’infraction d’homicide involontaire se prescrit en trois ans.
L’infraction d’homicide, comme celui de blessures par im-
prudence, n’est commise que le jour où la mort ou les bles-
sures ont été occasionnées. Dès lors, c’est de cette date que
commence à courir la prescription et non du jour ou a été
commise la faute ou l’imprudence d’où a pu ultérieurement
résulter l’infraction1. Le décès marque le point de départ de
la prescription de l’action publique.

288. Homicide par imprudence


Voir Homicide involontaire.

289. Homicide préterintentionnel


Voir homicide involontaire.

290. Homicide volontaire


Voir meurtre.

291. Homosexualité
L’homosexualité peut être définie comme une perversion
sexuelle dans la mesure où la libido est détournée de son
objet naturel. Elle consiste en des rapports contre nature
entre deux femmes ou deux hommes. Le terme homosexua-
lité est plutôt réservé aux aspects physiques de l’homophilie
qui est une attirance érotique pour les individus du même
sexe.
Au Congo, l’homosexualité n’est pas en soi érigée en infrac-
tion ; seul le mariage homosexuel est prohibé et érigé en
infraction punissable d’amende (articles 330,349, 395 ali-
néa2 du Code de la Famille). Néanmoins, les manifestations
de l’homosexualité tombent sous le coup de la loi lors-
qu’elles portent atteinte à la pudeur publique, c’est-à-dire
lorsqu’ elles présentent un caractère de publicité choquante
11
Crim. , 10 mars 1932, D.H 1932.189 –Aix ,12 janvier 1954, D 1954.338 et la note in Dalloz op.cit, p.6.
Catalogue des infractions 359

au même titre d’ailleurs que les débordements publics


d’une activité sexuelle normale. Tel est le cas lorsqu’ elles
constituent un outrage public aux mœurs ou un appel à la
prostitution.
L’homosexualité peut être également le mobile ou l’occa-
sion des infractions contre les biens. Le caractère honteux
et quasi clandestin de l’homosexualité en fait un terrain
d’élection pour le chantage. Elle peut aussi être l’occasion
des crimes de sang. Le « milieu » homosexuel parce qu’as-
sez fermé et favorable à la délinquance est une sorte de
« bouillon de culture » où éclosent les virus criminels.

292. Hôtel
Il est interdit d’exploiter un établissement hôtelier sans au-
torisation et homologation préalables, sans conditions tech-
niques nécessaires ainsi que des garanties de moralité.
Le texte légal est la loi n°78-015 portant statut d’établisse-
ments hôteliers au Zaïre (J.O.Z, n°14, 15 juillet 1978, p.12).
L’hôtelier qui ne respecte pas les conditions d’hygiène et
d’autres exigées se verra retirer, refuser ou suspendre l’au-
torisation (art. 4).
Tout exploitant ou l’un de ses préposés qui fait ou tente de
faire obstacle à l’exercice des fonctions des inspecteurs des
hôtels est passible d’une servitude pénale principale de
vingt jours maximum et d’une amende ou d’une de ces
peines seulement (art. 12). Le tribunal de paix est la juridic-
tion compétente pour juger des infractions relatives à l’ex-
ploitation d’un établissement hôtelier. La prescription de
l’action publique est d’une année.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
360
Catalogue des infractions I 361

293. Images et écrits contraires aux


bonnes mœurs
Chaque société possède un ensemble de règles de conduite
imposées par son code moral. Tout ce qui porte atteinte aux
bonnes mœurs met ces règles en péril. Il en est ainsi de la
distribution, de l’exposition, de la mise en vente, du trans-
port en vue de la vente des images, photos, chansons, écrits
contraires aux bonnes mœurs qui constituent une infrac-
tion.
L’infraction qualifiée d’images et écrits contraires aux
bonnes mœurs est une création de l’ordonnance-loi
n°81/011. Elle a prévu la peine de huit jours à un an de ser-
vitude pénale et une amende ou l’une des peines à l’endroit
du coupable. L’action publique se prescrit, pour cette in-
fraction relevant de la compétence matérielle du tribunal de
paix, dans le délai d’une année.

294. Importation et commerce des ar-


ticles de vêtements usagers
Le texte légal est l’ordonnance 746359 du 5 novembre
1957. Elle est relative à l’importation et au commerce des
articles de vêtements usagés.
Les infractions y relatives sont punies d’une servitude pé-
nale d deux mois et d’une amende qui ne sera pas supé-
rieure à 2.000 francs ou de l’une de ces peines seulement
(article5).
Si l’infraction a eu une épidémie pour conséquence, la ser-
vitude pénale sera toujours appliquée (article5).

295. Imposition d’amendes collectives


Même en temps de guerre ou pendant les circonstances ex-
ceptionnelles, le législateur a érigé des garde-fous. Ceux-ci
sont susceptibles de contenir tout élan d’extravagance de la
part des détenteurs d’une certaine parcelle de pouvoir. Le
législateur veille en conséquence à la sauvegarde des droits
et libertés fondamentaux de plus faibles. Il a par exemple
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
362

interdit de profiter de l’existence d’une situation exception-


nelle pour infliger, mieux imposer des amendes.
L’incrimination de l’imposition d’amendes collectives est
prévue et sanctionnée par l’article 191 du code pénal mili-
taire. La pénalité susceptible d’être encourue est de dix à
vingt ans de servitude pénale.

I. Conditions préalables
Pour se trouver établie l’infraction d’imposition d’amendes
collectives est subordonnée à la réalisation de deux condi-
tions préalables.
1. Les faits doivent être commis au moment de la proclama-
tion de l’état de siège ou d’urgence, ou à l’occasion d’une
opération de police tendant au maintien ou au rétablisse-
ment de l’ordre public (en temps de guerre ou pendant
les circonstances exceptionnelles) ;
2. Les auteurs ne peuvent être que les détenteurs d’une
parcelle de pouvoir, les autorités judiciaires, politico-ad-
ministratives, policières ou militaires.

II. Eléments constitutifs proprement dits


L’infraction de l’article 191 du code pénal militaire exige la
réunion des éléments constitutifs ; l’élément matériel et
l’élément moral.
1. L’élément matériel est fait d’actes autonomes de puni-
tions collectives qui sont susceptibles d’aggraver pé-
rilleusement la précarité de la situation socio-économique
d’un groupe donné ou d’une communauté déterminée ;
2. L’élément moral, comme intention frauduleuse résultant
tant de la connaissance de l’illicéité de l’acte posé que de
la recherche d’un gain illégitime pour soi-même ou pour
autrui, peu importe le mobile de l’agent.

III. Régime répressif


Outre la peine de servitude pénale de dix à vingt ans, le lé-
gislateur a prévu également la peine de mort. Celle-ci sera
appliquée à l’encontre des agents coupables de l’incrimina-
tion d’imposition d’amendes collectives qui auront en même
temps commis des sévices ou perpétré une autre infraction
lors de sa matérialisation.
Catalogue des infractions 363

296. Imputations calomnieuses


L’infraction d’imputations calomnieuses est le fait de dé-
noncer calomnieusement un subordonné à son supérieur.
Cette dénonciation peut être faite verbalement ou par écrit.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’imputations calomnieuses est constituée des
mêmes éléments que la dénonciation calomnieuse mais dif-
fère de celle-ci.

a) Eléments matériels des imputations calomnieuses.


1. La dénonciation doit être faite devant le supérieur hiérar-
chique de la victime. Il s’agit d’une hiérarchie dans l’ad-
ministration publique, dans les entreprises ou chez les
privés, etc.;
2. Les faits constituant l’infraction d’imputations calom-
nieuses ne doivent pas nécessairement provoquer des
sanctions pénales ; il peut s’agir des fautes profession-
nelles ; des faits concernant le comportement personnel
de l’intéressé et de nature à faire cesser la confiance
qu’avait en lui son supérieur ;
3. L’inexactitude du fait. Pour qu’il y ait infraction d’imputa-
tions calomnieuses, le fait imputé doit être faux ;
4. L’existence d’un lien de subordination entre celui qui re-
çoit les imputations calomnieuses et celui à qui ces der-
nières sont imputées.

b) Elément moral
L’auteur doit avoir la connaissance de la fausseté des faits
imputés. Peu importe qu’il ait agi par désir de nuire, pour
se rendre intéressant, pour obtenir de la considération ou
pour toute autre raison.
Les exemples propres d’imputations calomnieuses sont le
fait de dire à un directeur général que le comptable est cri-
blé des dettes et celui d’écrire une lettre à un patron pour
lui annoncer que son chauffeur s’enivre fréquemment.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
364

II. Poursuites
Les imputations calomnieuses sont prévues et sanctionnées
par l’article 76 al 2 du code pénal livre II. Les sanctions, le
tribunal compétent ainsi que la prescription sont les mêmes
que ceux prévus pour l’infraction de dénonciation calom-
nieuse.

297. Imputations calomnieuses de na-


ture à inciter
autrui à commettre une infraction
Celui qui, abusant des croyances superstitieuses des autres
(des villageois par exemple), aura sans fondement réel, im-
puté à quelqu’un un acte ou un événement vrai ou imagi-
naire, sachant que cette imputation inciterait un tiers à
commettre une infraction, commet l’infraction. Elle est aus-
si appelée abus de croyances superstitieuses.

I. Eléments constitutifs
Pour être retenue à l’égard de quiconque, cette infraction
exige :
1. une imputation précise ;
2. à l’endroit d’une personne humaine et vivante ;
3. l’agent doit savoir que ses allégations peuvent provoquer
l’infraction.
Exemples typiques des imputations calomnieuses de nature
à inciter autrui à commettre une infraction :
- Imputer, dans un village déterminé, à une personne
d’être sorcière exterminant ses propres enfants alors que
le sort réservé à cette catégorie d’hommes est l’incendie
de ses biens et propriétés ou même la mort.
- Manyanga dit dans le village que Makatuka a jeté un
mauvais sort à l’enfant de Sibutu. Si à la suite de ces pro-
pos Sibutu tue Makatuka, Manyanga sera complice du
meurtre. Si Sibutu incendie la maison de Makatuka, Ma-
nyanga sera complice d’incendie volontaire…
- Dire de monsieur Boku qu’il a mangé la chair de mon-
sieur NKAZI alors que le sort réservé au cannibale est le
Catalogue des infractions 365

supplice du collier.

II. Régime répressif


L’infraction d’imputations calomnieuses de nature à inciter
autrui à commettre une infraction a été prévue, définie et
réprimée par l’article 78 du code pénal livre livre II. Cette
disposition en fixe en outre les pénalités.

Quelles pénalités l’auteur subirait- il ?


Le coupable, dit l’article 78 précité, sera puni comme com-
plice de l’infraction provoquée. La complicité est une moda-
lité atténuée de la participation punissable1. Le complice
sera poursuivi conformément à l’article 22 du code pénal. Il
subira une peine identique à celle de l’auteur de l’infrac-
tion.

298. Imputations de sorcellerie


L’accusation de sorcellerie est courante, grave et inju-
rieuse. Elle a fait l’objet de notre attention. En effet, les tri-
bunaux de paix de la périphérie de la ville-province de Kin-
shasa mais aussi d’autres villes de l’ensemble de la Répu-
blique démocratique du Congo sont inondés d’accusation de
sorcellerie. L’accusation de sorcellerie peut porter atteinte
à l’honneur ou à la considération d’une personne ou bien
l’exposer au mépris public. Elle est devenue surtout de na-
ture à exposer à la vindicte populaire, et même au lyn-
chage, dans les citées populaires et dans les villages.
Si la sorcellerie, comme phénomène parapsychologique
dont la preuve est difficile à administrer, n’est pas érigée en
infraction et conséquemment impunissable par le droit
écrit, les imputations de sorcellerie, elles, sont réprimées.
Le législateur a crée récemment l’infraction d’accusation de
sorcellerie à l’égard d’un enfant. Le siège légal de cette
prévention est la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant, en son article 160. L’auteur est puni
de un à trois ans de servitude pénale principale et d’une
amende de deux cents mille à un million de francs congo-
lais.

11
NYABIRUNGU MWENE SONGA. , Op.Cit, 2ème édition, p.206
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
366

Au regard du droit écrit l’imputation de sorcellerie peut


être une imputation d’un fait précis dommageable si elle est
méchante ou publique (art.74) ou une injure publique
(art.75) ou une injure simple (art.77). Il est de jurispru-
dence qu’a déjà été puni du chef d’injure publique le fait de
qualifier quelqu’un de sorcier1
L’imputation de sorcellerie peut-elle tomber sous le coup
d’infraction d’injures publiques ? Mineur répond affirmati-
vement : « Le caractère primitif des populations africaines,
leurs croyances aux esprits, au pouvoir des sorciers, donne
à cette question un intérêt particulier »2. Le tribunal d’Ap-
pel de Boma s’est prononcé dans ce sens le 4 janvier 1916,
en décidant que tombe sous l’application du code pénal, le
fait d’imputer méchamment et publiquement à un indigène
d’avoir ensorcelé et fait mourir une autre personne (fait
précis) alors que cette imputation est faite dans un pays où
la croyance aux sorciers est générale et expose celui qui est
l’objet de cette imputation au mépris public (Boma, 11avril
1916, Jur.Congo, 1926, p. 301)
Enfin l’article 78 qui se rattache aux dispositions réprimant
les épreuves superstitieuses, barbares donne à certaines
imputations graves de sorcellerie la qualification de compli-
cité pour toutes les infractions que cette infraction aura ain-
si provoquées. Cette complicité de type spécial exige que
l’auteur abuse des croyances superstitieuses d’autrui, im-
pute sans fondement réel à une personne un acte ou un évé-
nement réel ou imaginaire et sait ainsi que cette imputation
incitera autrui à commettre une infraction.
Une fois les trois conditions réunies et après avoir abouti au
résultat infractionnel, l’article 78 est applicable. Comme
telle, cette infraction vise une imputation précise tout
comme l’article 74 du même code et réclame aussi l’exécu-
tion au moins tentée de l’infraction qu’elle a suscitée. Dès
lors dire seulement d’une personne qu’elle est sorcière
n’est pas lui imputer un acte ou un événement vrai ou ima-
ginaire au sens de l’article 78 (Ière inst. 29 janvier 1936
RJCB, p.198).

11
Parquet Lulua , 22 octobre 1951 , J.T.O 1953 p.44
22
MINEUR cité par MM Kalambay G., Kapeta-Nzovu H. et Lamy E. , in Revue Juridique du Congo ,
1ère partie : Droit écrit ,Janvier-Février- Mars-Avril 1969 p. 107.
Catalogue des infractions 367

299. Imputation dommageable à un en-


fant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

300. Imputations dommageables ou dif-


famation
Le fait d’imputer méchamment et publiquement à une per-
sonne un fait précis qui est de nature à porter atteinte à
l’honneur ou à la considération de celle-ci ou à l’exposer au
mépris public constitue cette infraction.

I. Préalables
L’infraction d’imputations dommageables ou diffamation
pour être établie exige des préalables. Comme préalables,
l’infraction suppose la publicité d’une part et ne concerne
d’autre part que des personnes physiques, les particuliers.
Ce qui veut dire qu’à défaut de publicité, il n’y a pas infrac-
tion de diffamation (imputation dommageable) et qu’il n’ya
pas de diffamation au préjudice des personnes morales.

1° la publicité. Pour qu’il y ait publicité :


a) Les faits doivent avoir été déclarés en présence des té-
moins ; il a été jugé que l’élément de publicité requis
dans la réalisation de l’infraction d’imputation domma-
geable est établi dès lors que le juge constate dans la mo-
tivation du jugement que « le prévenu a déclaré en pré-
sence des témoins » des faits précis de nature à consti-
tuer une imputation dommageable.1
b) S’il s’agit d’écrits ou images, ils doivent être distribués,
vendus ou exposés dans des lieux publics ou des réunions
publiques ;
c) S’il s’agit de propos, ils doivent être prononcés de façon à
être entendus par d’autres personnes ;
d) s’il s’agit des paroles (ou discours) elles doivent être pro-
férées à haute voix en présence de la victime et d’une
autre personne en des lieux affectés à l’usage de tous et
accessibles.

11
C.S.J., RP 93, 04 juillet 1975, B.A. 1976, p. 167.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
368

2° les particuliers. La personne protégée, c’est la per-


sonne physique, l’individu suffisamment désigné et re-
connaissable.
Il a été jugé que pour être constitutive de l’infraction visée
à l’article 74 du code pénal ,l’imputation dommageable doit
être dirigée contre une personne nommément désignée ou
tout au moins pouvant être identifiée2.

II. Eléments constitutifs proprement dits


Quatre éléments déterminent l’infraction d’imputation dom-
mageable ou diffamation.
1. Un acte matériel d’imputation qui consiste à attribuer, à
mettre au compte de la personne physique un fait donné,
vrai ou faux ; même de façon interrogative, négative,
conditionnelle ou hypothétique.
2. Un fait précis : il faut entendre un fait déterminé dont la
véracité ou la fausseté peut faire l’objet d’une preuve di-
recte ou contraire (C.S.J. 4 avril, Bull.1974, p.91). La dé-
termination, la précision du fait exclue des déclarations
d’ordre général qui relèvent de l’injure (article 75). Ainsi
par exemple, lorsqu’une personne déclare qu’à telle date,
tel individu, comptable public des dépenses à tel minis-
tère, a détourné des fonds publics de tel montant. Il s’agit
là d’un fait précis et par la suite d’une diffamation carac-
térisée.1
3. Un préjudice. C’est-à-dire l’imputation d’un fait précis
doit être de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la
considération d’une personne, à l’exposer ou susceptible
de l’exposer au mépris public, à la diminution ou à la des-
truction de l’estime dont elle jouit, à compromettre les
égards dus au rang occupé par la victime dans la société.
4. L’élément moral ou l’intention de nuire, résultant du mot
méchamment employé par le législateur. Elle est toujours
présumée. Cependant si le diffamateur établit une cause
justificative prouvant sa bonne foi, il ne subira pas la
peine. C’est le cas d’actes posés dans le cadre de la fonc-
tion : les journalistes, les critiques littéraires ou d’art
pour autant qu’ils n’outrepassent pas les droits de la cri-
tique.
22
Tribunal de paix de Kinshasa/ Gombe, RP 16.879/ IV, 16 mars 2001, Inédit.
11
NZANGI BATUTU. , op cit, p. 13.
Catalogue des infractions 369

Sont exemples d’imputations dommageables ou diffamation


le fait de dire de quelqu’un qu’il est coureur de jupon, qu’il
pisse dans son pantalon. Dire ou écrire qu’un politique est
l’auteur du détournement des deniers publics, qu’il est cor-
rompu. Le fait de traiter quelqu’un de sorcier. Le fait de
dire d’un prêtre catholique qu’il vit en concubinage.
Par contre, un ancien patron qui donne des renseignements
en toute bonne foi et dans la discrétion, ne commet pas de
diffamation.

III. Poursuites
La plainte pour diffamation peut être initiée ou être l’œuvre
de la victime. Le Ministère public peut également pour-
suivre.

a)Y a-t-il des immunités en matière de diffamation ou


imputations dommageables ?
Certaines personnes échappent aux poursuites parce
qu’elles jouissent des immunités :
- le chef de l’Etat pour ses opinions et discours prononcés
durant tout son mandat, car sa personne est inviolable ;
- le membre du Parlement (Assemblée nationale et Sénat)
pour les opinions émises dans l’exercice de ses fonc-
tions ; Cependant elle est régulière l’arrestation d’un
commissaire du peuple (aujourd’hui député ou sénateur)
après la levée de l’immunité décidée conformément à la
constitution1
- dans la pratique, les plaideurs, les inculpés ou prévenus,
la partie civile, le civilement responsable, le tiers interve-
nant ainsi que les avocats et défenseurs judiciaires pour
les propos, les interventions ou les plaidoiries qu’ils
tiennent au cours de l’audience.

b) Quelles sont les sanctions à l’endroit de l’auteur de


diffamation ?
Les imputations dommageables ou diffamation sont sanc-
tionnées par l’article 74 du code pénal livre II. Elles sont
réprimées de huit jours à un an de servitude pénale et

11
C.S.J., Chambre du conseil, 13 janvier 1981, MPC/ LUM, KY, KAS, BI et DI, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
370

d’une amende. Le juge a la faculté d’infliger les deux peines


ou l’une d’elles seulement.
L’action publique de la diffamation est prescrite endéans
une année à compter de la commission de l’infraction si au-
cune poursuite n’a été engagée. La personne condamnée
pour cette infraction verra aussi sa peine ne plus être exé-
cutée au cas où elle s’est soustraite durant deux ans à son
exécution. Le Tribunal de paix est l’instance judiciaire com-
pétente.

301. Imputations dommageables et mé-


dias
Voir .diffamation et médias.

302. Incendie de la chose d’autrui


Le législateur punit ceux qui auront mis le feu à des édi-
fices, magasins ou maisons ou tous autres lieux quel-
conques servant à l’habitation et contenant une ou plu-
sieurs personnes au moment de l’incendie (art 103 code pé-
nal congolais livre II). Il sanctionne aussi ceux qui auront
mis le feu à des édifices ou à tous bâtiments quelconques
appartenant à autrui et construits en matériaux durables
mais inhabités au moment de l’incendie (art 104 CPLII).

I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction d’incendie de la chose d’autrui soit
coupablement établie, il faut recourir à quatre éléments
constitutifs de l’infraction.
1. L’acte matériel d’incendie consistant à allumer le feu sur
une chose ; que ce feu se répande ou pas, qu’il consume
ou pas la chose, en partie ou en tout;

2. La chose objet de l’incendie. La loi a énuméré ces choses


(art 130) :
a) Les lieux habités ou servant à l’habitation : il peut
s’agir d’édifices, de navires, de magasins ; tout ce qui
sert à l’habitation (cabane, case, huttes, même l’abri le
plus primitif) contenant une ou plusieurs personnes au
Catalogue des infractions 371

moment de l’incendie ; il s’agit aussi de tous lieux


même inhabités mais considérés par l’incendiaire
comme habités au moment de l’incendie.
b) Les édifices ou tous bâtiments quelconques construits
en matériaux durables mais inhabités au moment de
l’incendie ;
c) Les édifices non construits en matériaux durables ;
d) Les forêts, les bois, les récoltes sur pied, les bois abat-
tus ou récoltes coupées (comme les fruits, les produits
de la terre, du bois et même les herbes et autres végé-
taux sur pied).
S’agissant d’incendies des herbes et des végétaux, ne sont
pas infractionnels :
- les feux préventifs, les feux hâtifs pratiqués selon la cou-
tume pour prévenir l’incendie de certains périmètres ou
pour atténuer les ravages des feux sauvages. Cette pra-
tique est courante en début de saison sèche ;
- les feux de brousse autorisés par le chef de l’entité admi-
nistrative compétente ou son délégué ;
- l’incendie des végétaux sur pied ou couvertures mortes
dans les terrains propres, sauf interdiction expresse des
autorités responsables ;
- les contre-feux en vue de combattre un incendie mena-
çant.
3. La chose incendiée (spécifiée par la loi et citée ci-haut)
doit appartenir à autrui. L’infraction sera retenue en cas
de copropriété.
4. Que le feu soit mis volontairement à la chose, même par
vengeance, cupidité ou plaisanterie

II. Poursuites
La victime, l’autorité compétente ainsi que le Ministère pu-
blic peuvent déclencher les poursuites.

a) Siège de la matière et sanctions applicables


Les articles 103,104, 105, 107 et 108 du Code pénal, l’or-
donnance-loi n°79-007 du 6 juillet 1979 et l’ordonnance
n°52/175 du 23 mai 1953 sur l’incendie des herbes et des
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
372

végétaux sur pied en ses articles 2 et 5 définissent et ré-


priment l’incendie de la chose d’autrui.
L’article 103 du code pénal punit l’incendie des lieux habi-
tés ou servant à l’habitation de quinze à vingt ans de servi-
tude pénale principale. Il punit également l’incendie des
lieux inhabités dont la présence des personnes est certaine
ou présumée de dix à quinze ans de servitude pénale princi-
pale.
L’article 104 du code pénal réprime en son alinéa 1 er l’in-
cendie des édifices inhabités construits en matériaux du-
rables de cinq à quinze 15 ans. L’article 104 e n son alinéa
2ème sanctionne l’incendie des édifices inhabités construits
en matériaux non durables de trois mois à cinq ans et d’une
amende ou l’une des peines.
L’article 105 du code pénal sanctionne l’incendie des forêts,
bois, récoltes sur pied, bois abattus ou récoltes coupées de
trois mois à cinq ans et d’une amende. L’une de ces deux
peines pourra être uniquement infligée.
L’article 108 du code pénal prévoit de prononcer toujours
une peine de servitude pénale en cas d’incendie qui a causé
une blessure à la personne qui se trouvait dans les lieux in-
cendiés lorsque l’incendiaire avait connaissance de cette
présence (al 2). L’incendie qui a causé la mort à la per-
sonne qui se trouvait, à la connaissance de l’incendiaire,
dans les lieux incendiés est punie dans le chef de son au-
teur de la peine de mort ou de la servitude pénale à perpé-
tuité.
Les peines de l’article 108 ne seront appliquées que si l’in-
cendie a causé la blessure ou la mort ou si les victimes
étaient dans les lieux incendiés au moment où le feu y a été
mis.
La blessure ou la mort doivent trouver leur origine dans
l’incendie. C’est le cas de celui qui se blesse ou se tue en se
jetant d’un étage pour échapper à l’incendie. Peu importe
que la mort arrive sur le champ ou des jours après l’incen-
die. Par contre l’article 108 n’est pas applicable aux per-
sonnes blessées ou décédées venues aux secours pour cir-
conscrire le feu et éteindre l’incendie. Tel est le cas des sa-
peurs pompiers.
Catalogue des infractions 373

b) Tribunal compétent et prescription


Le Tribunal de paix sera compétent selon la nature et les
circonstances des incendies. Il est compétent pour les in-
cendies des édifices inhabités construits en matériaux non
durables prévus par l’article 104 al 2. Il juge également les
incendies de forêts, bois, récoltes sur pied, bois abattus ou
récoltes coupées prévus par l’article 105. Il connait enfin
des incendies qui ont causé une blessure à la personne qui
se trouvait dans les lieux prévus par l’article 108 al2. Dans
les autres cas, le tribunal de grande instance est la juridic-
tion compétente.
La prescription de l’action publique est de trois ans pour les
incendies de la compétence du tribunal de paix. Elle est de
dix ans pour les incendies de la compétence du tribunal de
grande instance. La prescription des peines est de vingt ans
pour les servitudes pénales de plus de dix ans. Elle est de
vingt cinq ans pour les peines perpétuelles. Quant à la
peine de mort, elle est imprescriptible.

303. Incendie de sa propre chose


En principe, incendier sa propre chose n’est pas infraction-
nel. Toutefois, le législateur a limitativement érigé en in-
fraction, l’incendie de certaines choses personnelles. Il
s’agit de l’incendie des :
- édifices ou bâtiments construits en matériaux durables
mais inhabités au moment de l’incendie ;
- édifices ou bâtiments construits en matériaux non du-
rables ;
- forêts, bois, récoltes sur pied, bois abattus ou récoltes
coupées.
Seront donc coupables, les propriétaires exclusifs s’ils ont
mis le feu dans une intention méchante ou frauduleuse.

I. Eléments constitutifs
Pour l’existence de l’infraction d’incendie de sa propre
chose, il faut qu’il y ait :
1. un acte matériel d’incendie ou l’action de brûler ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
374

2. une chose objet de l’incendie, telle que définie ci-des-


sous ;
3. un propriétaire de cette chose qui y met le feu ou en
donne l’ordre à autrui ; (qui sera également poursuivi
comme auteur principal de l’incendie de la chose d’au-
trui)
4. incendie de la chose personnelle pour s’enrichir injuste-
ment, pour porter préjudice à autrui, nuire à autrui, avec
l’idée de fraude.
Quelques exemples d’incendie de sa propre chose au sens
de l’article 106 du code pénal livre II sont : le fait d’incen-
dier son immeuble assuré pour obtenir des indemnités dues
au sinistre de la part de la société d’assurance , de mettre
le feu à son bien hypothéqué ou grevé d’un privilège pour
porter préjudice au créancier, de brûler sa maison pour
trouver moyen d’accuser de façon mensongère les agents
de la police venus procéder à une arrestation.

II. Poursuites
a)Quel est le texte légal qui définit l’incendie de sa propre
chose ?
L’incendie de sa propre chose est l’objet de l’article 106 du
code pénal livre II.

b) Quelles sont les pénalités prévues ?


Le législateur a prévu cinq à quinze ans de servitude pénale
pour incendie de son édifice ou bâtiments construits en ma-
tériaux durables mais non habité au moment de l’incendie.
La loi fait encourir trois mois à cinq ans de servitude pé-
nale :
1. en cas d’incendie de ses édifices ou bâtiments construits
en matériaux non durables ;
2. en cas d’incendie de ses forêts, bois, récoltes sur pied,
bois abattus ou récoltes coupées.
L’auteur de l’incendie de sa propre chose sera puni de deux
mois de servitude pénale principale au maximum et une
amende ou l’une d’elles :
1. en cas de feux de brousse ou incendies de ses herbes, de
ses broussailles, taillis, bois, végétaux sur pied ou couver-
Catalogue des infractions 375

tures mortes n’ayant pas pour but immédiat l’aménage-


ment ou l’entretien de cultures ;
2. si le propriétaire a occasionné, en incendiant sa propre
chose avec l’idée de fraude, une blessure ou a causé la
mort d’une ou plusieurs personnes, l’article 108 s’ap-
plique. Cette disposition prévoit de prononcer une peine
de servitude pénale (s’il y a blessure), la peine de mort ou
la servitude pénale à perpétuité (en cas de mort
d’homme)
3. pour ce qui concerne l’instance judiciaire compétente et
la prescription l’on se référera utilement à l’incendie de
la chose d’autrui.

304. Incendie involontaire de la proprié-


té d’autrui
L’incendie involontaire de la propriété d’autrui se réalise
par le fait de mettre le feu à des propriétés mobilières ou
immobilières d’autrui par défaut de prévoyance ou de pré-
caution.

I. Eléments constitutifs
Pour qu’il y ait infraction d’incendie involontaire de la pro-
priété d’autrui, il faudra :
1. une destruction même partielle par le feu d’une chose ;
2. une chose incendiée, en l’occurrence toute propriété, mo-
bilière ou immobilière ;
3. la propriété d’autrui sur la chose incendiée : un bien des
parents, exclusif à l’un des époux, à un ami, à une concu-
bine, à un fiancé, à un domestique ; l’incendie involon-
taire de sa propre chose n’est pas infractionnel.
4. que l’incendie soit occasionné par défaut de prévoyance
ou de précaution. C’est-à-dire du fait de la négligence ou
de l’imprudence.
Quelques exemples de défaut de prévoyance ou de précau-
tion sont le fait de jeter de la cigarette allumée par terre
près d’un objet inflammable ; de fumer dans un endroit dan-
gereux, à une station d’essence ; de laisser allumer une
bougie la nuit à côté des bois.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
376

II. Poursuites
La victime d’un pareil acte de négligence peut saisir la po-
lice, le parquet ou le tribunal compétent. Le Ministère pu-
blic, même sans plainte ni dénonciation, pourra mettre l’ac-
tion publique en mouvement.

a) Texte applicable
L’article 109 du code pénal est le texte qui incrimine. Il y a
lieu de relever cependant que l’ordonnance n°61/185 du 24
juin 1957 a institué un règlement portant mesures préven-
tives à prendre contre l’incendie dans les immeubles à loge-
ments multiples servant de bureaux ou de commerce,
foires, salles de spectacles, etc. Ce règlement prévoit des
sanctions allant jusqu’à sept jours maximum de servitude
pénale et une amende ou d’une de ces peines seulement.

b) Peines prévues et prescription


La sanction est de sept jours à trois mois et l’amende ou
une peine uniquement. Le juge pourra infliger les deux ou
l’une d’elles. Ces peines rentrent dans la compétence maté-
rielle du Tribunal de paix. Au-delà d’une année, à partir de
l’incendie involontaire de la chose d’autrui, l’auteur ne sera
plus poursuivi. S’il est condamné dans les deux années et
qu’il n’a pas exécuté sa peine, celle-ci ne lui sera plus appli-
quée.

305. Incendie involontaire des herbes et


végétaux
sur pied
Le fait, par défaut de précaution ou de surveillance, de lais-
ser se propager aux endroits où il est défendu de brûler les
herbes ou aux propriétés privées, les incendies illicitement
allumés constitue l’infraction d’incendie involontaire des
herbes et végétaux sur pied.
L’exemple classique est celui d’un citoyen autorisé à faire
les feux de brousse qui ne prend aucune précaution pour
empêcher l’incendie de se propager.
Il est à faire remarquer que l’incendie n’est pas accidentel,
car le feu a été mis volontairement par l’agent conformé-
ment à la loi en vigueur.
Catalogue des infractions 377

L’incendiaire de ce genre peut encourir deux mois de servi-


tude pénale au maximum et une amende ou l’une de ces
peines.
Le texte qui incrimine l’incendie involontaire des herbes et
végétaux sur pied est l’ordonnance n°52/175 du 23 mai
1953, en son article 5 alinéa 2.

306. Incendie par communication


L’incendie par communication se définit comme le fait de
mettre le feu à des objets quelconques placés de manière à
communiquer le feu à la chose que l’on veut détruire. L’in-
cendiaire sera puni comme s’il voulait directement mettre
le feu à cette dernière chose.

I. Eléments constitutifs
Pour que cette infraction soit coupablement établie, il faut :
1. un acte matériel d’incendie ;
2. la chose visée indirectement et placée de façon à lui com-
muniquer l’incendie ;
3. l’appartenance de la chose importe peu ;
4. l’intention criminelle d’incendier une chose mobilière ou
immobilière spécifiée par les articles 103, 104, 105 et
106 du code pénal livre II.
Le fait de qui, voulant incendier une maison d’habitation,
met le feu à une matière combustible placée de manière à
communiquer le feu à la maison commet l’infraction d’in-
cendie par communication.
La possibilité de communiquer le feu est déterminante.
L’infraction sera établie même si l’incendiaire n’a pas pris
des dispositions nécessaires pour détruire l’objet protégé,
même s’il s’est trouvé par hasard ou fortuitement à côté de
l’objet protégé.

II. Poursuites
L’article 107 du code pénal livre II est le texte légal. Les
sanctions sont celles prévues aux articles 103, 104, 105,
106 et 108. Les règles de compétence et de prescription
sont celles décrites dans les cas précédents.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
378

307. Incendie volontaire


Il y a incendie volontaire, lorsque le feu a été mis volontai-
rement à une des choses spécifiées par la loi. L’incendie
volontaire est réprimé par les articles 103, 104, 105, 106,
107 et 108 du code pénal.
Dans l’incendie volontaire on distingue l’incendie de la
chose d’autrui, l’incendie de sa propre chose et l’incendie
par communication. Ces matières (infractions) ont été trai-
tées dans les pages précédentes.

308. Inceste
L’inceste consiste en des relations sexuelles entre per-
sonnes de proche parenté entre lesquelles le mariage est
légalement interdit. Il s’agit notamment des parents et en-
fants ainsi que des frères et sœurs.
L’inceste est un tabou sexuel des plus dissimulés. Dans l’in-
ceste entre frère et sœur, il est parfois difficile de distin-
guer un auteur et une victime. Par contre, il est aisé de dis-
cerner la victime dans les relations incestueuses entre pa-
rents et enfants.
Dans le cadre des relations sexuelles imposées par les pa-
rents à leurs enfants, la dimension sociale devient prépon-
dérante. Les parents exercent leur autorité naturelle et juri-
dique afin d’assouvir leurs propres désirs en ignorant l’inté-
rêt et le bien-être des enfants. L’inceste reflète une manipu-
lation physique, affective et psychologique, mais surtout un
abus sexuel sur un enfant ou un adolescent représentant un
être vulnérable, dépendant et sans défense.
Dans la plupart des législations, l’inceste n’est réprimé qu’à
titre de variété du viol, de l’attentat à la pudeur ou de l’ou-
trage aux mœurs, soumise à certaines règles spéciales en
fonction de l’âge de la victime. Exceptionnellement certains
codes ont réprimé l’inceste par une infraction spéciale.
C’est le cas du code pénal italien de 1930 qui a incriminé à
titre de « délit contre la morale familiale », le fait de com-
mettre un inceste de telle manière qu’il en résulte un scan-
dale public (article 564). L’incrimination d’inceste n’existe
pas de façon autonome en droit français1.

11
MAYER D . , la pudeur du droit face à l’inceste, D. 1988, chron, p.33.
Catalogue des infractions 379

S’agissant particulièrement du droit congolais, ce qui est


formellement réprimé ce n’est pas l’inceste lui-même mais
le mariage incestueux. L’article 353 du code de la famille
prohibe le mariage entre ascendants et descendants ; frères
et sœurs germains, consanguins et utérins ; entre alliés ou
d’autres parents pour autant que la coutume l’interdit ; et
entre adoptant et adopté.
L’inceste, comportement d’une grande complexité sociale,
doit être transposé dans le moule des violences sexuelles,
particulièrement du viol par la jurisprudence. Les juges
doivent qualifier un des éléments constitutifs du viol. Si la
contrainte semble évidente pour les jeunes enfants, des ef-
forts de qualification de la violence, de la menace ou de la
surprise sont nécessaires.

309. Incitation à des manquements en-


vers l’autorité publique
Voir provocation à des manquements envers l’autorité pu-
blique.

310. Incitation à la désobéissance civile


Voir provocation à la désobéissance civile.

303. Incitation à la haine raciale


Voir haine et aversion raciale, ethnique, tribale ou régio-
nale.

304. Incitation de militaires à com-


mettre des actes contraires aux de-
voirs et à la discipline
« Tout militaire ou tout individu qui, par quelque moyen
que ce soit, incite un ou plusieurs militaires à commettre
des actes contraires au devoir ou à la discipline est puni
de… »
A titre d’exemples, utiliser un militaire en tenue ou armée
pour se faire payer une créance ; se payer les services d’un
militaire pour menacer la personne d’avec laquelle on est
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
380

en conflit parcellaire ou pour détruire les constructions en-


tamées ; amener des militaires à commettre des infractions.
L’article 88 du code pénal militaire (Loi n°024/2002 du 18
Novembre 2002) définit et réprime l’infraction d’incitation
des militaires à commettre des actes contraires aux devoirs
et à la discipline.

I. Les éléments constitutifs


L’infraction d’incitation des militaires à commettre des
actes contraires aux devoirs et à la discipline nécessite di-
vers éléments constitutifs pour se caractériser.
a) La qualité requise pour l’agent. Le législateur est indiffé-
rent car il parle de « quiconque » ou encore de « tout mili-
taire ou tout individu ». Les personnes concernées sont
donc tout individu, non militaire ou non assimilé au mili-
taire, c’est-à-dire un civil. Le militaire peut aussi commettre
cette infraction, il s’agira d’officiers, sous-officiers, gradés
et soldats. Enfin, l’individu au service de l’armée peut être
auteur de l’infraction d’Incitation de militaires à commettre
des actes contraires aux devoirs et à la discipline
b) Les éléments matériels ; ils sont constitués de faits d’in-
citation et de moyens de leur matérialisation. Il peut donc
s’agir de provocation (exciter, exhorter, encourager, entraî-
ner occasionner, porter à la réalisation d’un acte donné). Il
peut s’agir aussi d’engagement (amener quelqu’un à faire
quelque chose, en le liant par exemple par une promesse ou
une convention). Il peut s’agir enfin d’assistance (aider, se-
courir, soutenir, appuyer ou se tenir auprès de quelqu’un
pour le seconder). Les moyens de réalisation de l’incitation
sont la méthode employée pour parvenir au résultat es-
compte; tout moyen utilisé pour matérialiser l’infraction.
c) L’élément moral. L’incitateur agit, réalise son acte d’une
manière libre et consciente, peu importe qu’il ait ou non
connu la possibilité de survenance d’une infraction dans le
chef du militaire incité ou que l’incité se soit exécuté ou
non.

II. Régime répressif


Les auteurs de l’infraction d’incitation de militaires à com-
mettre des actes contraires aux devoirs et à la discipline
Catalogue des infractions 381

peuvent encourir des peines. Le taux de la peine varie soit


selon que l’on est en temps de paix, de guerre ou en toute
circonstance exceptionnelle soit encore au regard du grade
supérieur du délinquant.
En temps de paix, l’agent coupable encourt la peine de ser-
vitude pénale variant de cinq à vingt ans. En temps de
guerre ou toute autre situation exceptionnelle, la peine ca-
pitale est applicable. Lorsque le coupable est militaire et
qu’il est revêtu du grade plus élevé que celui des militaires
incités, la loi impose le maximum de la peine, soit vingt ans.

305. Incitation de mineur à la débauche


Voir Prostitution.

306. Incitation d’un enfant à des rela-


tions sexuelles avec un animal
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

307. Incitation d’un enfant à la dé-


bauche ou
à la corruption
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

308. Incitation d’un enfant au suicide


Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

309. Inconduite et indiscipline notoires


L’inconduite notoire est un comportement illicite ou blâ-
mable qui couvre une variété de comportements tels que la
débauche, la prostitution, les mauvaises fréquentations, les
sorties nocturnes non autorisées.
L’indiscipline notoire est une insoumission de l’enfant à
l’autorité des parents ou de ceux qui ont sa garde de droit
ou de fait. Cette insoumission peut se manifester notam-
ment par des propos injurieux, des voies de fait, le refus
d’obéir aux parents.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
382

L’infraction d’inconduite et indiscipline notoires ne


concerne que les mineurs au sens du décret sur l’enfance
délinquante, c’est-à-dire, les enfants âgés de moins de seize
ans accomplis au moment des faits.
Sont ici concernés des mineurs qui donnent, par leur incon-
duite ou leur indiscipline, de graves sujets de mécontente-
ment à leurs parents, à leurs tuteurs ou aux autres per-
sonnes qui en ont la garde (art 3 du décret du 06 décembre
1950 relatif à l’enfance délinquante).
Avec la loi de 2009 portant protection de l’enfant, spéciale-
ment son article 201 abrogeant les dispositions antérieures
contraires, il doit désormais s’agir d’enfants âgés de moins
de 18 ans au moment des faits. Pour les éléments constitu-
tifs, le régime répressif ainsi que la prescription, il sied de
se reporter à la mendicité et au vagabondage.

310. Infanticide
Le droit congolais ignore l’incrimination d’ « infanticide ». Il
y a peu, il sanctionnait les actes d’homicide perpétrés sur
un enfant nouveau-né à l’instar de n’importe quel acte d’ho-
micide commis sur toute personne. Ainsi, le législateur
sanctionnait au moyen des infractions d’homicide préterin-
tentionnel (lorsque la mort de l’enfant bien que causée par
des violences volontairement exercées par l’agent n’était
pas le résultat de sa volonté (art.48 CPLII). Il punissait par
l’infraction de meurtre (lorsque l’acte homicide sur un en-
fant traduisait une intention manifeste de tuer (article 44 et
45 du code pénal)). L’auteur pouvait encourir les peines de
l’infraction d’assassinat (lorsqu’il s’avérait que le crime a
été prémédité). Enfin il appliquait les peines prévues pour
l’infraction d’empoisonnement (lorsque le délinquant tuait
l’enfant en lui administrant des substances susceptibles de
donner la mort).
Avec l’adoption et la promulgation de la loi n°09/001 du 10
janvier 2009 portant protection de l’enfant, les articles 147
à 159 ont innové et créé de nouvelles incriminations 1. L’inti-
tulé « protection pénale de l’enfant » a développé ces in-
fractions.
11
Journal officiel de la République démocratique du Congo, 50 ème année, Numéro spécial, 25 mai
2009, page 35 à36, chapitre II : de la protection de l’enfant après sa naissance, section 1 ère : des
atteintes volontaires à la vie et à l’intégrité physique ou morale de l’enfant.
Catalogue des infractions 383

Les sanctions assorties à l’encontre des auteurs de ces in-


fractions sont diversifiées à l’égard du tueur de l’enfant
nouveau-né. S’il est meurtrier, assassin ou empoisonneur, il
sera puni de mort. Il sera puni d’une servitude pénale de
cinq à vingt 20 ans et d’amende en cas d’homicide préterin-
tentionnel.
La sanction sera de trois mois à deux ans de servitude pé-
nale et d’amende en cas d’homicide par imprudence.

311. Infraction flagrante ou réputée


telle
L’intitulé « infraction flagrante ou réputée telle » n’est pas
à proprement parler une infraction spécifique. Elle est toute
infraction qui se commet actuellement ou qui vient de se
commettre.
En effet, lorsqu’une personne est poursuivie par la clameur
publique ou est trouvée porteuse d’effets, d’armes, d’instru-
ments ou papiers faisant présumer qu’elle est l’auteur ou
complice dans un temps voisin de l’infraction, cette der-
nière est réputée flagrante (art. 2).
Cette personne sera aussitôt déférée au parquet et traduite
sur le champ à l’audience du tribunal qui siègera spéciale-
ment le jour même ou au plus tard le lendemain.
Toute personne en l’absence de l’autorité judiciaire chargée
de poursuivre peut se saisir de l’auteur présumé et le
conduire immédiatement devant l’autorité judiciaire la plus
proche (art 3). Les témoins de l’infraction sont tenus de
suivre le prévenu à l’audience et d’y déposer sous peine
d’être poursuivis pour refus de témoigner.
L’infraction est flagrante (ou considérée comme telle) dans
les cas suivants :
- l’infraction se commet actuellement, elle est en cours
d’exécution et sa commission se manifeste extérieure-
ment par un signe positif, un indice apparent perçu au
moment de l’intervention soit de la police, soit d’un tiers (
cass. Crim 30 mai 1980, bull. n° 165---V. Montreuil, Fla-
grant délit) ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
384

- l’infraction vient de se commettre, elle est consommée


mais les effets en sont encore visibles et toutes choses et
toutes personnes sont encore en place ou à peu près (V.
cass. Crim. 8 octobre 1985 :J.C.P.85, IV, 363) ;
- la personne soupçonnée est, dans un temps très voisin de
l’action, poursuivie par la clameur publique ; ainsi le vo-
leur a pris la fuite mais les cris « au voleur » marquent
son passage, il est en état de flagrant délit ;
- la personne soupçonnée est, dans un temps voisin de l’ac-
tion, trouvée en possession d’objets, ou présente des
traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé à
l’infraction (V cass. Crim, 4 janvier 1982 : Bull. crim,n°
2).
Est assimilée à l’infraction flagrante celle qui a été commise
dans une maison dont le chef requiert le procureur de la
République ou un officier de police judiciaire de venir la
constater. Le but du législateur est d’intimider davantage
les criminels, de rétablir l’ordre social rompu et d’accélérer
la répression. La base légale est l’ordonnance- loi n° 78/001
du 24 février 1978.

312. Inhumations irrégulières


Par inhumation, on entend tout mode de sépulture, tel
qu’incinération ou immersion. Il faut qu’il s’agisse de l’inhu-
mation d’un être humain, même d’un enfant mort-né. Au-
cune inhumation ne pourra avoir lieu que dans les terrains
affectés par l’autorité aux inhumations. Chaque inhumation
aura lieu dans une fausse séparée, aura une profondeur de
1m 50 sur 80 centimètres de largeur et 2 mètres de lon-
gueur ; les fosses sont distantes entre elles d’au moins 30
centimètres sur tous les côtés.
Il est interdit de procéder à l’inhumation sans qu’un permis
ait été délivré par l’officier de l’état civil de la localité ou à
son défaut par l’autorité administrative au vu d’un certificat
médical dressé par un médecin qui aura procédé aux
constatations utiles. A défaut du médecin l’autorité adminis-
trative, avant de délivrer le permis, se transportera auprès
de la personne décédée pour s’assurer du décès. S’il y a
signe ou indice de mort violente l’autorisation ne pourra
être délivrée qu’après autopsie et avis conforme de l’officier
du Ministère public ou à son défaut, de l’officier de police
judiciaire à compétence générale.
Catalogue des infractions 385

Le législateur par ces dispositions a voulu d’une part per-


mettre à la justice de s’assurer qu’il n’y a pas eu crime,
d’autre part éviter qu’un ensevelissement ait lieu avant que
le décès soit certain.
Les frais d’inhumation sont régis par l’ordonnance du 15
novembre 1952 et perçus par les officiers de l’état civil ou,
dans les localités où il n’en existe pas, par l’autorité admi-
nistrative. L’exemption totale de ces frais ou leur réduction
à la moitié pourra être accordée aux indigents par l’autorité
administrative qui appréciera le degré d’indigence (Ord. du
11 avril 1957, art. 4).

a) Quel est le texte légal qui incrimine les inhumations


irrégulières ?
La base légale de l’infraction d’inhumations irrégulières est
l’ordonnance du 14 février 1914 portant service des inhu-
mations et police des cimetières (B.O., 1914, p.539).
b) Quelle est la sanction applicable au contrevenant aux
mesures prévues ?
Tout contrevenant sera puni d’une servitude pénale de un à
sept jours et d’une amende ou de l’une de ces peines seule-
ment (art. 22 de l’ordonnance du 14 février 1914)

313. Injure
Une injure est une qualification méchante plus ou moins
vague de nature à porter atteinte à l’honneur d’une per-
sonne ou à exposer cette personne au mépris public1.
Constituent une injure les propos qui sont une imputation
méchante susceptible de porter atteinte à l’honneur ou à la
considération de la victime de cette infraction2.
L’injure se consomme par le seul fait d’offenser une per-
sonne par des expressions blessantes, même imprécises,
outrageantes, par mépris ou invective. Le législateur pré-
voit deux formes d’injure : l’injure publique et l’injure
simple.

11
G. Mineur. , Op.cit, p.180
22
C.S.J., RPA 61, 1er avril 198O, Inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
386

314. Injure publique ou privée


L’injure est publique lorsqu’elle est proférée publiquement,
ou en public, c’est-à-dire à haute voix en présence des té-
moins. L’injure est privée ou non publique lorsqu’elle est
lancée à la victime en dehors de tout autre témoin. Cette
dernière injure réprimée par l’article 77 du code pénal peut
se réaliser même par téléphone3.

I. Conditions préalables
L’injure publique ne sera coupablement établie que si elle
est perpétrée publiquement et contre des particuliers. En
d’autres termes, primo, il n’ya pas d’injures punissables
sans publicité et secundo, il n’y a pas d’injures punissables
au préjudice d’une personne morale.
1° La publicité. Il y a publicité :
a. Pour les propos injurieux : s’ils sont proférés à haute
voix de manière à être entendus dans les lieux publics
en présence de la victime et d’autres personnes. Telle
est d’ailleurs la motivation qui ressort de cette déci-
sion judiciaire : qu’elles aient été entendues par une
seule personne présente sur les lieux et par la victime
de ces injures4
b. Pour les écrits injurieux : s’ils sont mis en vente, distri-
bués et adressés à plusieurs personnes ;
c. Pour les images : si elles sont diffusées en lieu public,
distribuées ou vendues par tout autre moyen moderne
de diffusion.
2° Les particuliers concernés sont les personnes physiques
par opposition aux personnes morales (par exemple les so-
ciétés) et aux corps constitués. Il n’est pas nécessaire
qu’elle soit désignée nominativement : il suffit qu’elle soit
suffisamment désignée pour être identifiée.

II. Eléments constitutifs proprement dits


1. L’élément légal. Le texte qui sanctionne l’injure publique
est l’article 75 du code pénal livre II.
2. L’acte d’injure. L’existence d’une expression outrageante
ou offensante (elle n’a pas à être précisée ni déterminée).
33
C.S.J., RPA 16, 12 mai 1972, B.A. 1973, p. 63.
44
Tribunal de Paix de Kinshasa / Gombe, RP 15.982 / IV, 20 mai 1999, inédit.
Catalogue des infractions 387

Il n’est pas exigé que l’expression porte atteinte à l’hon-


neur ou à la considération de la victime.
b. L’élément moral. La volonté d’offenser : l’agent pose son
acte dans le but d’offenser (intention coupable). Autre-
ment dit l’animus injuriandi.
Le fait de traiter de bandit son employé en présence
d’autres employés ; le fait de qualifier dans un écrit paru
dans un journal imprimé, vendu et distribué, un leader de
voyou ; le fait dans une émission radiophonique ou de télé-
vision en direct, de dire de quelqu’un qu’il est sale sont des
faits infractionnels d’injures publiques punissables.

III. Poursuites
Les poursuites en matière d’injures ne sont pas subordon-
nées à la plainte de la victime (C.S.J., RPA 61, 1 er Avril
1980, inédit). Le législateur punit de 8 jours à 2 mois et
d’une amende ou de l’une de ces peines seulement l’auteur
de propos injurieux. Nous recommandons aux lecteurs de
recourir à l’infraction d’imputations dommageables en ce
qui concerne les immunités, la prescription et le tribunal
compétent.

315. Injure simple


L’infraction d’injure simple concerne les injures faites di-
rectement d’individu à individu, sans témoins. L’absence de
témoins rend la poursuite de cette catégorie d’injures diffi-
cile à s’exercer si ce n’est dans le cas d’injures par écrit.

I. Eléments constitutifs
L‘infraction d’injure simple prévue et sanctionnée par l’ar-
ticle 77 de notre code pénal en son livre II exige la réalisa-
tion et la réunion d’éléments constitutifs pour être établie.
1. L’infraction d’injure simple n’exige pas la publicité ; elle
sera établie dès que l’injure a été perpétrée, sans qu’elle
revête le caractère public, en l’absence de témoins ;
2. L’injure simple exige l’intention de nuire (animus inju-
riandi), dans le chef de celui qui l’a proférée ;
3. L’injure simple suppose une expression offensante ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
388

4. L’injure simple requiert la personne injuriée, même si


elle n’est pas citée nominativement. L’injure non pu-
blique réprimée par l’article 77 du code pénal peut se
réaliser par téléphone .
Les injures par téléphone, par correspondance à condition
que la lettre ne soit pas lue en public ou répandue ; traiter
quelqu’un d’hypocrite, de maffieux dans une lettre adressée
au destinataire seul sont des injures simples punis par l’ar-
ticle 77 cité.

II. Poursuites
Les poursuites du chef d’injure simple ne sont pas subor-
données au dépôt d’une plainte1. Le ministère public peut
exercer d’office les poursuites. L’article 77 du code pénal
livre II introduit par le décret du 19 juin 1917 sanctionne
cette infraction de huit jours de servitude pénale principale
maximum et d’amende ou de l’une de ces peines.

316. Insoumission
L’insoumission est une infraction tendant à soustraire son
auteur de ses obligations militaires. Tout citoyen est sus-
ceptible de la commettre. L’insoumission est un délit que
commet un individu qui, régulièrement appelé à rejoindre
son corps de troupe, ne se rend pas dans les délais légaux à
la destination qui lui est assignée 2. L’insoumission n’est in-
fractionnelle que par rapport aux lois sur le recrutement.
Elle est prévue et réprimée par les articles 41-42 du code
pénal militaire.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’insoumission suppose pour sa réalisation :
1. que l’agent qui la commet soit de nationalité congolaise ;
2. qu’il refuse ou s’abstienne d’observer le délai de grâce
imparti par l’autorité compétente ;
3. qu’il refuse ou s’abstienne ou encore qu’il omette, en
toute liberté et conscience de se soumettre à la mise en
demeure ou aux échéances du délai de grâce.

11
C.S.J. , R.P.A 61, O1 avril 1980 in Dibunda, Op. Cit p.110.
22
JEL 1974, cité par Laurent MUTATA, Op. cit, p. 53.
Catalogue des infractions 389

II. Régime répressif


En temps de paix tout citoyen coupable d’insoumission aux
termes des lois sur le recrutement des Forces armées est
puni de deux mois à cinq ans de servitude pénale. En temps
de guerre, la peine est de vingt ans au maximum de servi-
tude pénale. Le coupable pourra en outre être frappé de
l’interdiction de l’exercice des droits civiques et politiques
pour cinq ans au moins et pour vingt au plus. La dégrada-
tion ou la destitution selon le cas pourra, par ailleurs, être
prononcée par le Tribunal.
La provocation à l’insoumission par quelque moyen que ce
soit, suivie ou non d’effets, est punie, en temps de paix, de
deux mois à cinq ans de servitude pénale, en temps de
guerre, de vingt ans, au maximum. Les individus non mili-
taires ou non assimilés aux militaires sont en outre punis
d’une peine d’amende de 5.000 à 10.000 francs congolais
constants.

317. Intelligences avec l’agent d’une


puissance ennemie
Aux termes de l’article 191 du code pénal livre II, sera puni
de un à cinq ans quiconque aura entretenu des intelligences
avec un ressortissant d’une puissance étrangère ennemie
en vue de favoriser l’entreprise de cet agent contre la Répu-
blique Démocratique du Congo.

a)Qu’appelle-t-on intelligences avec l’agent d’une puis-


sance ennemie ?
Les intelligences avec l’agent d’une puissance ennemie
concernent les actions de nuire soit à la situation militaire
soit à la situation diplomatique du Congo. Le terme « intelli-
gence » doit être pris dans son sens le plus large. Il com-
prend en fait toutes les relations qu’un individu peut entre-
tenir avec une puissance étrangère ou avec ses agents ;
laissant au juge du fait le soin de constater souverainement
les actes constitutifs du crime1

b) A quelle juridiction revient la compétence de


connaître de cette infraction ?

11
GOYET (F) . , Droit pénal spécial, 8ème éd. Sirey 1972 p.4.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
390

L’infraction d’intelligences avec l’agent d’une puissance en-


nemie est une infraction d’atteinte à la sûreté extérieure de
l’Etat. Ces infractions étaient autrefois de la compétence de
la Cour de sûreté de L’Etat. La dissolution de celle-ci a ren-
du, compétents matériellement, les tribunaux ordinaires.
Cette compétence relève de leurs attributions propres
contenues dans le code de l’organisation et de la compé-
tence judiciaires.

318. Interdiction des maisons de prosti-


tution
Le législateur en interdisant les maisons de prostitutions
entend garantir les bonnes mœurs dans la société. Le fait
de posséder, diriger ou gérer un établissement destiné à la
prostitution, le fait pour un tenancier d’hôtel de louer des
chambres pour des rencontres de passage sont constitutifs
d’infraction.

I. Eléments constitutifs de l’infraction


a)L’acte matériel de posséder, diriger ou gérer un établisse-
ment destiné à la prostitution.
b) L’élément moral. En plus de l’acte matériel, cette infrac-
tion exige l’élément intentionnel qui s’entend de la volonté,
de la connaissance de cause dans le chef de l’auteur, de
l’hôtelier ou de la tenue d’une maison de prostitution. Tel
n’est pas le cas d’un hôtelier qui reçoit un couple qu’il croit
régulier.

II. Régime répressif


L’article 174 bis du code pénal, livre II (ord n°75/153) punit
de trois mois à cinq ans de servitude pénale principale et
d’amende. L’auteur qui commet l’infraction d’interdiction
des maisons de prostitution est justiciable du tribunal de
paix. La prescription de l’action publique relative à cette
incrimination survient endéans trois ans de la commission
de l’infraction.
Catalogue des infractions 391

319. Interdiction des produits cosmé-


tiques contenant de l’hydroquinone
a) Texte légal en la matière
L’arrêté ministériel n° MS.1250/MIN/CAB/S/010/EKA/2006
du 27 juin 2006 est le soutien réglementaire de cette pré-
vention.
Il est prohibé la fabrication, l’importation, la distribution, la
vente en gros ou en détail et l’utilisation des produits conte-
nant l’hydroquinone en République Démocratique du
Congo. Ces produits sont susceptibles de saisie et de des-
truction (article 2).

b) Actes prohibés et sanctionnés


L’article 1er définit les formes des produits cosmétiques
contenant de l’hydroquinone interdits. Il peut s’agir de
crèmes, de laits, de lotions, d’onguents, de pommades et
savons.

c) Sanctions prévues par le législateur


Les infractions relatives aux actes interdits sur les produits
contenant de l’hydroquinone sont punies des peines pré-
vues par l’ordonnance n0° 27 bis/ Hyg du 15 mars 1933 à
son article 64.

319. Interdiction du commerce d’al-


cools, eau- de-vive et liqueurs condi-
tionnés dans les sachets
Les textes qui répriment les infractions relatives au com-
merce d’alcools, eau-de-vie et liqueurs conditionnés dans
les sachets sont les arrêtés interministériels n° 001/CAB/
MIN-EC0/2007 et 001/CAB/MIN/IND/2007 du 12 avril 2007.
A l’article premier il est dit que sur toute l’étendue de la
République Démocratique du Congo, le commerce d’alcools,
eau-de-vie et liqueurs conditionnés dans les sachets est
puni des peines prévues à l’article 1, 3° du décret du 26
juillet 1910 relatif à la fabrication et au commerce des den-
rées alimentaires. Le lecteur se référera utilement à l’intitu-
lé « Denrées alimentaires ».
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
392

320. Introduction des boissons alcooli-


sées ou des stupéfiants dans un
centre d’inscription
Voir élections.

321. Ivresse au volant


L’ivresse au volant est le cas d’une personne qui aura
conduit un véhicule alors qu’elle se trouvait en état
d’ivresse manifeste ou se trouvait sous l’empire d’un état
alcoolique.

I. Eléments constitutifs de l’ivresse au volant


a)L’élément légal est constitué du texte légal qui définit et
réprime ce comportement. C’est l’ordonnance législative
n°2/544 du 20 décembre 1958.
b) L’élément matériel est exclusivement caractérisé par le
comportement et les signes extérieurs présentés par le
conducteur, même en l’absence de toute autre contraven-
tion aux règles de la circulation ou de tout accident.
L’infraction pourra être constituée même si le taux d’alcoo-
lémie constaté est inférieur aux taux légaux, et même si le
prélèvement sanguin a été refusé par le conducteur.
Il est de la pratique des tribunaux de trancher que la loi
n’établit pas un mode de preuve spécial de l’état d’ivresse.
Le juge de fond peut déduire cet état de tous les éléments
qui lui sont régulièrement soumis et que les parties ont pu
contredire1.

II. Régime répressif


La sanction de l’ivresse au volant est de sept jours à trois
mois de servitude pénale principale et d’une amende ou de
l’une de ces peines. L’auteur de cette contravention rou-
tière pourra être déféré devant le tribunal de paix. La sus-
pension du permis de conduire peut s’ensuivre, et dans tous
les cas, le véhicule pourra être immobilisé.

11
Cass., 2ème. ch., 21 janvier 2OO4 p.1383 (som).
Catalogue des infractions 393

322. Ivresse publique


I. Définition
L’ivresse est définie comme un trouble cérébral passager
causé par l’absorption d’un excitant quelconque : alcool,
chanvre, opium etc.1.
L’ivresse devient publique lorsqu’une personne apparem-
ment ivre est trouvée dans les rues, places, chemins, débits
de boissons, salles de spectacles et autres lieux publics ain-
si que dans les lieux non clôturés sur lesquels le public peut
avoir directement vue.

II. Eléments constitutifs


Pour que l’infraction d’ivresse publique soit caractérisée, il
faut d’une part, que l’état d’ivresse soit « manifeste » et,
d’autre part, qu’il soit constaté dans « un lieu public ». Il
est jugé que l’ivresse publique est punissable même lors-
qu’elle est causée par un autre excitant que l’alcool, soit
lorsqu’elle est apparente, soit lorsqu’elle revêt un aspect
scandaleux ; il n’y a donc pas d’égard aux causes détermi-
nantes2.

III. Poursuites
La constatation de l’infraction par procès-verbal n’est pas
indispensable. La poursuite est possible et la preuve peut se
faire par tous moyens.

a) Quelles sont les personnes punissables?


1. La personne trouvée en état apparent d’ivresse ;
2. Les débitants de boissons et leurs préposés qui ont servi
dans l’exercice de leur commerce des boissons enivrantes
à des personnes manifestement ivres (art 2 de l’ordon-
nance n°57/APAJ du 10 juin 1939, B.A., p. 491). Il est
donc interdit de servir à boire à des personnes en état
d’ivresse.

b) Quels sont les textes légaux en vigueur ?

11
R.J.C.B 269, codes Piron et Devos, T1 345.
22
Terr. Lulua, 28 décembre 1912, Jur. Kat. II p.18 ; Ière inst.App Elis. 11 Août
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
394

L’ordonnance du 8 mai 1923 sur l’ivresse publique a été


abrogée par l’ordonnance 57/APAJ du 10 juin 1939, actuel-
lement en vigueur. En son article 1 er et 2ème elle prévoit des
sanctions.

c)Sanctions prévues par la législation


L’article 1er inflige à la personne trouvée en état apparent
d’ivresse deux mois de servitude pénale principale au maxi-
mum et une amende ou l’une des peines. L’article 2 ème fait
subir les mêmes peines aux débitants des boissons ainsi
qu’à leurs préposés. L’infraction d’ivresse publique est de
la compétence du tribunal de Paix. L’action publique est
prescriptible dans un délai d’une année. La peine, elle, se
prescrit dans un délai de 2 ans.
Catalogue des infractions J 395

323. Jet de bouteilles et fragments de


verres sur la voie publique
Le législateur a érigé en infraction le fait pour une per-
sonne :
- de jeter ou déposer sur ou à coté des voies de communi-
cation ou aux endroits non réservés à cet effet ;
- des bouteilles vides et tous autres objets en verre et frag-
ments de verres susceptibles de causer des blessures aux
piétons ou aux animaux domestiques.
Le jet de bouteilles et fragments de verres sur la voie pu-
blique est une infraction créée par l’ordonnance du 27 mars
1911. La sanction est d’une servitude pénale de un à sept
jours et d’une amende ou de l’une de ces peines seulement
à l’endroit de l’auteur de cette infraction.

324. Jet de débris le long des voies fer-


rées
Il y a infraction de jet de débris le long des voies ferrées
lorsque quelqu’un aura, sans autorisation de l’administra-
tion du chemin de fer, jeté, déposé, abandonné ou fait jeter
des boîtes, bouteilles vides et autres objets quelconques de
nature à blesser toute personne longeant la voie ferrée.
L’infraction de jet de débris le long des voies ferrées est
définie, prévue et sanctionnée par l’ordonnance du 10 dé-
cembre 1910. La peine est d’un à quatre jours de servitude
pénale et d’amende ou de l’une de ces peines.

325. Jet imprudent


Voir jet sur une personne d’une chose de nature à l’incom-
moder ou à la souiller.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
396

326. Jet sur une personne d’une chose


de nature à l’incommoder ou à la
souiller
La présente infraction est aussi qualifiée de jet imprudent.
L’infraction de jet sur une personne d’une chose de nature
à l’incommoder ou à la souiller est prévue par l’article 56
du code pénal livre II. L’article 56 dispose : « sont punis-
sables … ceux qui, imprudemment auront jeté sur une per-
sonne une chose quelconque pouvant l’incommoder ou la
souiller »1. Il ressort de l’analyse de cette disposition que
l’infraction de l’article 56 se réalise par imprudence, par
inattention, par maladresse ou par erreur.

I. Eléments constitutifs
Pour se caractériser dans le chef d’un auteur, cette infrac-
tion requiert :
1. un acte matériel de jet d’une chose de toute nature sur
une personne humaine et vivante ;
2. par la faute de l’agent : imprudence, inattention, mal-
adresse ou par erreur ;
3. l’existence d’un lien de causalité entre la faute commise
et le dommage subi par la victime ;
4. un dommage consistant en l’incommodité ou en la
souillure.
Est un exemple de l’infraction de jet sur une personne
d’une chose de nature à l’incommoder ou à la souiller le fait
de jeter imprudemment par la fenêtre de l’eau sale qui at-
teint une personne donnée. Il en est de même dans le chef
d’un automobiliste qui, après une pluie abondante sur une
mauvaise route, éclabousse les passants.

II. Poursuites
Le mode de projection ou d’émission est inopérant dans
l’accomplissement de cette infraction. La nature de la chose
importe également peu car il suffit que la chose jetée, mal-
propre, salissante, puante, malodorante, etc. soit de nature
à incommoder ou à souiller, à causer de la gêne ou du ma-
laise à la personne humaine.
11
R.C. B.J. 269, codes Piron et Devos, TI 345
Catalogue des infractions 397

a) Quel est le texte légal et la sanction prévue ?


L’infraction de jet sur une personne d’une chose de nature
à l’incommoder ou à la souiller est prévue comme dit ci-
haut par l’article 56 du code pénal livre II. Elle est punie
d’une servitude pénale de deux jours ou d’une amende.

b) Quel est le tribunal compétent et le mode de pres-


cription ?
L’infraction de jet sur une personne d’une chose de nature
à l’incommoder ou à la souiller est de la compétence maté-
rielle du Tribunal de paix. Comme la prescription de l’action
publique s’impose à tous, l’auteur de cette infraction, dans
un délai d’une année, ne sera plus poursuivi. La peine pro-
noncée sera prescrite dans un délai de deux ans. La per-
sonne condamnée peut bénéficier d’une libération condi-
tionnelle1.

327. Jeux de hasard


Les jeux de hasard désignent les jeux dans lesquels soit par
eux mêmes, soit en raison des conditions dans lesquelles ils
sont pratiqués, le hasard est l’élément prépondérant, c’est-

11
La libération conditionnelle est une mise en liberté que l’administration accorde au condamné pour
stimuler son amendement par la perspective d’une libération définitive en cas de bonne conduite. La
libération conditionnelle est prévue et réglementée par les articles 35 à 41 du code pénal et par
l’ordonnance n°344 du 17 septembre 1965 portant organisation du régime pénitentiaire. La libération
conditionnelle a un caractère facultatif ; même lorsque toutes les conditions sont remplies, l’autorité
compétente peut la refuser. L’article 35 du code pénal précise les conditions d’octroi de cette mesure :
1° Il faut que le condamné à une peine comportant privation de liberté ait exécuté une partie de la
peine : un quart de la peine, et à condition que la durée de l’incarcération déjà subie dépasse trois mois.
2° Il faut que le détenu donne des signes d’amendement et de bonne conduite. La libération
conditionnelle peut être révoquée pour cause d’inconduite (art 36 du code pénal).
3° Il faut que le détenu accepte les conditions posées par l’administration pénitentiaire.
La libération conditionnelle est accordée par le Ministre de la Justice pour les condamnés des
juridictions civiles. Le Ministre de la Défense nationale est l’autorité de décision pour les condamnés par
les juridictions militaires. Avant toute décision de libération conditionnelle, il ya consultation préalable du
Ministère public, du directeur de la prison, du gouverneur de province ou son délégué et le chef de
division provinciale qui a l’inspection des services pénitentiaires dans ses attributions.
La libération conditionnelle est destinée à ménager une période de transition entre le régime de
détention et la liberté totale. La libération définitive est acquise au condamné si la révocation n’est pas
intervenue avant l’expiration d’un délai égal au double du terme d’incarcération que le condamné avait
encore à subir à la date à laquelle la mise en liberté a été accordée en sa faveur. Si le libéré
conditionnel se comporte bien et respecte les conditions imposées par l’administration, il verra sa
libération confirmée à l’issue du temps d’épreuve (art. 37 du code pénal).
Si par contre, pendant ce temps, il commet des actes d’inconduite (ivresse, débauche, mauvaise
fréquentation..) ou de manquements aux conditions énoncées dans le permis de libération, celle-ci
pourra être révoquée (art. 36 du code pénal), sur avis du parquet. Dans ce cas, le libéré conditionnel
regagnera la prison et exécutera le restant de la peine. Les auteurs de détournement, de concussion et
de corruption ne peuvent bénéficier de la libération conditionnelle.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
398

à-dire prédomine sur l’adresse et les combinaisons de l’in-


telligence (Cass. 30 novembre 1953 (J.T., 1954, p.79).
Les jeux de hasard sont interdits dans les lieux publics ou
ouverts au public ou dans tout autre lieu non clôturé sur
lequel le public peut avoir directement vue.

I. Eléments constitutifs
Les éléments constitutifs sont au nombre de trois, outre
l’intention qui est le quatrième :
1. Il doit y avoir jeux de hasard ;
2. Les jeux pratiqués doivent être des jeux dans lesquels le
rôle du hasard est prédominant.
3. Le public doit y avoir accès, soit librement, soit sur pré-
sentation des affiliés.
4. 4° L’intention s’analyse dans la conscience de prêter son
concours à l’organisation ou à l’administration d’une mai-
son de jeux de hasard.
Ne constitue pas un lieu ouvert au public une habitation pri-
vée dans laquelle des joueurs, unis par des liens de camara-
derie, décident de pratiquer entre eux un jeu de hasard ; il
a été jugé par contre que cette habitation sera réputée ou-
verte au public si tout individu désireux de jouer peut y pé-
nétrer (1ère Elis, 17 août 1925 (Kat, 1, p.200) ; parq. Haut
Shaba, 28 sept 1953.).

II. Régime répressif


a) Texte légal
L’arrêté du Gouverneur Général du 19 janvier 1901 modifié par les ordon-
nances n° 93/AIMO du 28 mars 1942, B.A., p. 361 et n° 92/AIMO du 21
avril 1945. Les pénalités prévues sont l’amende et la servitude pénale n’ex-
cédant pas deux mois ou une de ces peines.

b) Personnes susceptibles de subir cette peine


1. Tout individu qui aura tenu des jeux de hasard dans les
lieux publics ou ouverts au public ou dans tout autre lieu
non clôturé sur lequel le public peut avoir directement
vue.
2. Tout individu qui aura joué à des jeux de hasard dans ces
mêmes endroits.
Catalogue des infractions 399

c)Juridiction compétente et prescription de l’action pu-


blique
Le Tribunal de paix est compétent pour juger les auteurs de
l’infraction de jeux de hasard. Si après la commission, l’in-
fraction de jeux de hasard n’est pas poursuivie dans un dé-
lai d’une année, son action publique s’en trouvera éteinte.

328. Lâcheté
La lâcheté s’entend de la fuite devant les forces ennemies
ou bandes insurrectionnelles, ou de l’emploi de moyens ir-
réguliers pour se soustraire à un danger. L’article 57 du
Code pénal militaire est le fondement légal de l’infraction
de lâcheté.

I. Eléments constitutifs
La lâcheté repose sur des éléments essentiels, sans lesquels
il n’y a pas infraction.
1. La qualité requise pour l’auteur, c’est-à-dire un militaire
ou son assimilé ;
2. Les éléments matériels qui sont de deux ordres : il y a
d’une part l’existence préalable des forces ennemies ou
des bandes insurrectionnelles, et d’autre part la fuite de-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
400

vant lesdites forces ou l’emploi des moyens irréguliers


pour se soustraire à un danger ;
3. La volonté coupable doit être établie. Le dol général suffit
à établir cette culpabilité dès lors que l’agent a posé son
acte d’une manière libre et consciente, peu importe le
mobile ou que son acte ait été préjudiciable ou non à
l’Etat congolais, à ses Forces Armées, à la Police Natio-
nale ou au Service National.
Il a été jugé d’une part que cette infraction ne vise pas le
chef de poste qui a fui devant des forces supérieures, s’il
est établi que toute résistance aurait été impossible et
d’autre part que le fait pour un militaire d’abandonner un
poste attaqué par des indigènes, sans rien tenter pour les
repousser, constitue l’infraction de lâcheté devant l’ennemi1

II. Pénalités prévues


Celui qui se rend coupable de lâcheté c’est-à-dire le mili-
taire ou l’assimilé sera puni de mort (art. 57 du CPM). Il y a
là une rigueur légale dont le but pour le législateur est aus-
si de prévenir les conséquences désastreuses auxquelles le
pays peut être exposé en cas de lâcheté : atteinte à sa su-
perficie, à l’intégrité territoriale, aux biens des paisibles
citoyens etc.

329. Lésions corporelles involontaires


Les lésions corporelles involontaires sont aussi appe-
lées coups et blessures involontaires ou coups et blessures
par imprudence. Ce sont des infractions qui consistent à
causer involontairement à autrui des blessures par mal-
adresse, imprudence, négligence, inattention ou par inob-
servation des règlements.

I Eléments constitutifs
Pour se caractériser, l’infraction de lésions corporelles invo-
lontaires, outre l’élément légal, exige la réunion d’un fait
matériel, d’une faute de l’agent et d’une relation de cause à
effet.
1. Les lésions corporelles involontaires sont définies par
l’article 52 du code pénal livre II. Les sanctions sont pré-
11
Ière Inst. Bas-Congo, 16 novembre 19O1, Jur.Etat. I p. 171 ; Boma, 2août 19O2 Jur. Etat I p. 2O6.
Catalogue des infractions 401

vues par l’article 54 du même code. Aux termes de ce


dernier article, l’auteur de coups et blessures par impru-
dence pourra subir une servitude pénale de huit jours à
un an et une amende ou l’une de ces peines seulement.
2. Un fait matériel de coups et blessures. Il peut consister
en des coups, en abstention, omission, négligence ou dé-
faut de prévoyance. Dès qu’il y a atteinte à l’intégrité
physique de la victime même légèrement, il y a lésion
corporelle ;
3. Une faute de l’agent. Cette faute peut être non intention-
nelle, sans vouloir ni prévoir le résultat ou le fait généra-
teur de celui-ci. La faute de l’auteur de l’infraction peut
revêtir plusieurs formes : maladresse, imprudence, inat-
tention, négligence, inobservation des règlements ;
4. Une relation de cause à effet entre la faute commise par
l’auteur et le préjudice subi par la victime. La faute doit
être la cause directe du dommage subi par la victime
mais il n’est pas nécessaire que l’auteur ait agi lui-même.
Il a été jugé que l’infraction de lésions corporelles involon-
taires suppose un agent responsable qui a agi librement,
mais sans intention d’attenter à la personne d’autrui, et qui
a causé le mal par défaut de prévoyance ou de précaution 1.
Un instituteur qui a laissé, à l’école, les écoliers jouer avec
une arme chargée commet l’infraction de lésions corpo-
relles involontaires lorsque ceux-ci blessent un passant.
Parfois il arrive que la victime ait également commis une
faute : il y a alors cumul de la faute de la victime avec celle
de l’auteur. C’est le cas d’un conducteur de véhicule qui
roule en excès de vitesse dans une agglomération, renverse
et blesse un cycliste qui a brusquement tourné à gauche
sans prévenir. Dans ce cas, il y aura partage de la responsa-
bilité civile mais la responsabilité pénale de l’automobiliste
reste entière.

Exemples 12

Commet une blessure par imprudence celui qui confie sa


voiture à un tiers qu’il sait être en état physique déficient,
11
Boma, 19 mars 19O1, Jur. Etat p. 117.
11
Certains exemples sont tirés de l’ouvrage intitulé « Droit pénal spécial zaïrois » du Professeur
LIKULIA BOLONGO.
22
Article 1er du Décret du 17 août 1927 tiré du code Larcier, Tome II, Droit Pénal édition 2003, Larcier –
Afrique édition, p.40.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
402

insuffisamment apte à cette conduite et dès lors susceptible


de provoquer un accident ;
Un chirurgien qui oublie dans une plaie une compresse, la-
quelle provoque une suppuration retardant ainsi la guéri-
son, commet une blessure par imprudence ;
Le seul fait de posséder un animal que l’on sait être d’un
naturel malfaisant est caractéristique d’une imprudence
susceptible de provoquer la responsabilité pénale de son
maître en cas de morsure ;
Est condamnable pénalement le propriétaire d’un singe qui
connaît la méchanceté de son animal à l’égard des per-
sonnes étrangères mais, qui ne l’attache qu’à l’aide d’une
simple corde dont l’animal a pu aisément se débarrasser
pour se précipiter sur Monsieur Mputu et le mordre ;
Un maçon perché sur un mur qui laisse tomber une brique
sur un passant.

II. Poursuites
L’infraction de lésions corporelles involontaires (ou la
contravention routière si tel est le cas) est de la compé-
tence du Tribunal de Paix. Le coupable de lésions corpo-
relles involontaires est puni de huit jours à une année et
d’amende. Seule la servitude pénale ou l’amende peut lui
être infligée. Elle sera prescrite dans le délai d’une année.

330. Lésions corporelles volontaires


Voir coups et blessures volontaires.

331. Loterie
Les loteries sont interdites. Sont réputées loteries toutes
opérations offertes au public et destinées à procurer un
gain par la voie du sort2.

a)Personnes susceptibles de subir des peines


Seront punissables les auteurs, les entrepreneurs, les admi-
nistrateurs préposés ou les agents de loterie. Encourent des
peines également ceux qui auront placé, colporté ou distri-
bué des billets de loterie. Ceux qui par des avis, des an-
2
Catalogue des infractions 403

nonces, des affiches ou par tout autre moyen de publication


auront fait connaître l’existence des loteries ou facilité
l’émission de leurs billets pourront aussi être sanctionnés.
b) Texte légal et sanctions
La loterie est érigée en infraction par le décret du 17 août
1927, spécialement ses articles 2 et 3. Les entrepreneurs,
les administrateurs préposés ou les agents de loterie cou-
pables de loterie encourent huit jours à trois mois et une
amende ou une de ces deux peines seulement. Ils encourent
ensuite confiscation des objets mobiliers mis en loterie et
ceux employés ou destinés à son service. Lorsqu’un im-
meuble a été mis en loterie, il ne sera pas confisqué mais
l’auteur payera en contrepartie une amende.
Seront exempts de ces peines, les crieurs et les afficheurs
qui auront fait connaître la personne de laquelle ils tiennent
les billets ou les écrits de loterie.
c)Loteries non infractionnelles
Il est indispensable de relever que toutes les loteries ne
sont pas infractionnelles. Il en est ainsi :
1. des loteries exclusivement destinées à des actes de piété
ou de bienfaisance, à l’encouragement de l’industrie ou
des arts ou à tout autre but d’utilité publique lorsqu’elles
auront été autorisées (article 5 du décret du 17 août
1927) ;
Par exemple, sont de ce genre les tombolas organisées dans
le cadre des colonies des vacances pour la jeunesse ou dans
le cadre de la publicité (sociétés brassicoles) ou les tombo-
las organisées par les associations philanthropiques.
2. des opérations financières de l’Etat faites avec primes, ou
remboursables par la voie du sort ;
3. des opérations financières des pays étrangers de même
nature autorisées par l’autorité compétente ;
4. des opérations financières de même nature faites par les
provinces, districts, communes, territoires ainsi que les
opérations des sociétés de même nature lorsqu’elles ont
été autorisées.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
404

332. Manifestations de racisme ou d’in-


tolérance
religieuse
L’infraction de manifestation de racisme ou d’intolérance
religieuse est créée par l’ordonnance-loi 25-131 du 25 mars
1960. Aux termes de l’article premier de l’ordonnance-loi
citée sont constitutifs de cette infraction les inscriptions
murales ou autres, le port d’emblèmes, les gestes, les pa-
roles ou les écrits susceptibles de provoquer, d’entretenir
ou d’aggraver la tension entre races, ethnies ou confes-
sions.
Le législateur sanctionne l’auteur de l’une de ces infrac-
tions de la peine de servitude pénale d’un mois à un an et
d’une amende ou d’une de ces peines seulement.

333. Manifestations et réunions pu-


bliques
Aux termes de l’article 1er du décret-loi 196 du 29 janvier
1996 portant réglementation des manifestations et des
réunions publiques les congolais ont le droit d’organiser
des manifestations, des réunions pacifiques, d’y participer
individuellement ou collectivement, publiquement ou en pri-
vé dans le respect des lois, de l’ordre public et des bonnes
mœurs.
Réglementation des manifestations.
Les manifestations et réunions organisées sur la voie pu-
blique ou dans les lieux publics ouverts, non clôturés ou
celles auxquelles le public est admis ou invité sont soumises
à l’obligation d’une déclaration préalable à l’autorité politi-
Catalogue des infractions 405

co administrative compétente. Les manifestations et


réunions organisées sur le domaine public peuvent être su-
bordonnées à l’autorisation préalable. L’autorité investie de
ce pouvoir est :
1. le gouverneur de province ou celui de la ville de Kinshasa
pour la province, les chefs-lieux de province et la ville de
Kinshasa ;
2. le maire pour les autres villes ;
3. le bourgmestre pour la commune ;
4. l’administrateur de territoire pour le territoire ;
5. le chef de collectivité pour la collectivité ;
6. le chef de cité pour la cité.
L’autorité compétente dispose de trois jours à dater du dé-
pôt pour prendre acte de la déclaration préalable. Quant
aux manifestations et réunions organisées sur le domaine
public, l’autorité dispose de cinq jours à dater du dépôt de
la déclaration pour répondre à la requête. Le dépassement
des délais emporte pour le premier cas prise d’acte et pour
le second cas octroi d’office de l’autorisation (article 4).
Quiconque aura organisé les manifestations ou réunions
publiques en violation de l’article précité sera passible
d’une amende de 3.000 à 5.000 Francs congolais et d’une
servitude pénale de un à trois mois ou de l’une de ces
peines. Il subira en outre pour les dommages éventuels cau-
sés par les participants à la manifestation ou à la réunion
incriminée des condamnations civiles (article 9).
Les faits infractionnels commis à l’occasion des manifesta-
tions ou réunions publiques sont réprimés conformément au
droit pénal commun. Les organisateurs seront tenus civile-
ment responsables et condamnés aux réparations dues soli-
dairement avec les auteurs desdits faits.

334. Maraudage
Voir vol dans le champ.

335. Mariage avant l’expiration du délai


d’attente
Voir mariage illicite.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
406

336. Mariage d’un enfant ou mariage


forcé d’un enfant
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

337. Mariage d’un interdit


Voir mariage illicite.

338. Mariage d’un mineur


Voir mariage illicite.

339. Mariage d’une fille impubère


Voir mariage illicite.

340. Mariage forcée


L’usage de l’autorité parentale ou tutélaire pour
contraindre une personne à se marier constitue le mariage
forcé.
Cette infraction s’entend de toute personne qui exerçant
l’autorité parentale ou tutélaire sur une personne mineure
ou majeure, l’aura donnée en mariage, ou en vue de celui-ci
ou l’aura contrainte à se marier.

a)Textes incriminateurs et tribunal compétent


L’infraction de mariage forcé relève de l’article 336 du
Code de la Famille mais également de l’article 174f du
Code Pénal Congolais tel que modifié et complété par la loi
n° 06/018 du 20 juillet 2006. Partant de cette dernière dis-
position légale, cette infraction est une des catégories des
violences sexuelles. Cette infraction a pour juge, le juge du
Tribunal de Grande Instance.

b) Répression et prescription
L’article 174f punit l’auteur de l’infraction de mariage forcé
d’une peine de servitude pénale de un à douze ans et d’une
amende ne pouvant être inférieure à cent mille francs
congolais constants. Lorsqu’il s’agit d’une personne âgée de
moins de 18 ans, le minimum de la peine prévue - à savoir
un an - sera doublé.
Catalogue des infractions 407

Dix ans après la commission de l’infraction, l’auteur du ma-


riage forcé ne sera plus poursuivi (prescription de l’action
publique), l’action publique étant dès lors éteinte.
En matière de prescription, le moyen tiré de la prescription
doit être soulevé d’office par les juges et le délinquant ne
peut nullement y renoncer.

341. Mariage illicite


Le mariage entre conjoints dont les liens de parenté ou d’al-
liance ne le permettent pas ; en d’autres termes, le mariage
incestueux est interdit. Le mariage d’une femme divorcée
avant l’expiration du délai d’attente est également prohibé.
Ce délai est de 300 jours à compter du jour du divorce.
Le mariage d’une jeune fille impubère, c’est-à-dire de moins
de 15 ans est interdit. Ne peuvent contracter mariage :
l’homme avant 18 ans révolus, la femme avant 15 ans révo-
lus sauf dispenses (article 352 Code de la Famille). Le ma-
riage d’un interdit est aussi prohibé.

a) Quelles sont les dispositions du code de la famille y


relatives ?
Définies par les articles 352 à 356, les infractions ci-haut
citées sont consignées dans les articles 395, 406, 407, 415
à 425 du code de la famille.

b) Qui peut poursuivre ?


Les époux eux–mêmes, la personne qui justifie d’un intérêt
ainsi que le Ministère public du vivant de deux époux ont
qualité pour enclencher les poursuites.

c)Quelles sanctions le code la famille prévoit-il ?


Le législateur a prévu sept jours à deux mois de servitude
pénale et/ou amende (art 395 Code de la Famille) ainsi que
deux mois de servitude pénale maximum et une amende ou
l’une de ces peines seulement pour le mariage d’une fille
impubère.

d) Qui seront punis ?


1. En cas de mariage incestueux (articles 353,415, 416),
subiront des peines l’officier de l’état civil qui célèbre ou
enregistre pareil mariage, les personnes qui ont consenti
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
408

à ce mariage, les époux eux-mêmes et les témoins qui ont


agi en connaissance de cause.
2. En cas de mariage d’une divorcée avant l’expiration
du délai d’attente (articles 355, 395), pourront être pu-
nis l’officier de l’état civil qui célèbre ou enregistre pareil
mariage, les époux eux – mêmes ainsi que les personnes
qui ont consenti à ce mariage.
3. En cas de mariage d’un mineur (articles 352, 357, 395,
407, 419), encourent des peines l’officier de l’état civil
qui a célébré ou enregistré ce mariage, le conjoint du mi-
neur ainsi que les témoins de ce mariage.
4. En cas de mariage d’une fille impubère (articles 420 à
423), sera puni celui qui a la garde de la jeune fille impu-
bère. Par contre il n’ya pas de sanction pour l’officier de
l’état civil ni pour le conjoint de la jeune fille impubère.
5. En cas de mariage d’un interdit (articles 356, 425),
peuvent se voir appliqués des peines l’officier de l’état
civil qui aura célébré ou enregistré ce mariage, le
conjoint de l’interdit et les témoins de ce mariage lors-
qu’ils ont agi en connaissance de cause.

e)Quel est le tribunal compétent ?


Toutes les personnes susceptibles d’encourir les sanctions
seront conduites devant le juge de paix. Si une année après
la commission de l’infraction ou tant qu’elle continue à se
commettre les poursuites n’ont pas été engagées, l’action
publique sera éteinte.

342. Mariage incestueux


Voir mariage illicite.

343. Mariage homosexuel


Voir homosexualité.
344. Mauvais traitement au veuf ou à la
veuve
L’infraction consiste en la violation des obligations de res-
pect, d’affection, de soins et d’assistance que l’on doit à
l’époux survivant après le décès de l’autre époux.
Catalogue des infractions 409

a)Les actes interdits


Il est interdit d’imposer à l’époux survivant d’accomplir des
rites incompatibles avec l’esprit de dignité humaine ou avec
le respect dû à la liberté individuelle ou à la vie privée.
Est prohibé le traitement indigne imposé à la veuve ou au
veuf et le fait de prescrire au veuf ou à la veuve le paiement
d’indemnités de décès à l’occasion de la mort du conjoint.
b) Texte légal et sanctions
L’infraction de mauvais traitement au veuf ou à la veuve est
prévue et définie par les articles 544 et 545 du Code de la
Famille. La sanction est d’une servitude pénale maximum
d’un mois et de l’amende ou de l’une de ces peines seule-
ment. Le tribunal compétent est le tribunal de paix. L’action
publique se prescrit dans le délai d’une année. La peine,
elle, se prescrit dans le délai de deux années.

345. Mauvais traitement et actes de


cruauté infligés aux animaux
Voir Destruction des animaux.

346. Menaces
Par menaces, il faut comprendre des paroles, gestes ou
écrits dont on se sert pour manifester à quelqu’un sa co-
lère, son ressentiment, pour lui faire craindre le mal qu’on
lui prépare. C’est donc une promesse d’un mal qu’on se
propose de causer. Les menaces peuvent être faites par
écrit, verbalement, par gestes ou par emblèmes.

I. Eléments constitutifs
1. L’élément légal. Les articles 159 et 160 du code pénal
congolais livre II incriminent les menaces. Celles-ci ap-
partiennent à la catégorie des atteintes volontaires à l’in-
tégrité de la personne. L’infraction de menaces s’attache
exclusivement à la protection de l’intégrité morale. Cer-
taines menaces sont étudiées séparément du fait de la
qualité des victimes ou du fait d’être dirigées contre les
biens.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
410

2. L’élément matériel. La menace doit revêtir un caractère


pénal et ne doit pas être l’expression d’une simple colère
à l’égard d’un tiers. Il s’agit des paroles, gestes, écrits
signés ou anonymes exprimant la colère ou le ressenti-
ment destinés à inspirer la crainte d’un mal grave qu’on
prépare contre la personne visée ou un des siens.
La menace est punissable lorsqu’elle est faite avec ordre ou
sous condition et lorsque le mal qu’elle annonce consiste
dans un attentat contre les personnes ou les propriétés, pu-
nissable d’au moins cinq ans de servitude pénale princi-
pale ;
Les simples agressions ou violences morales ne constituent
pas les menaces punissables ; il en est ainsi du fait de récla-
mer le remboursement d’une créance avec des vociféra-
tions.
Par contre quiconque promet d’incendier une maison si le
propriétaire ne réalise pas telle ou telle condition, sera pu-
nissable. En effet, l’incendie d’une maison est un attentat
contre les propriétés punissable de 15 à 20 ans de servitude
pénale. Celui qui menace de tirer sur une personne déter-
minée si celle- ci ne disparaît pas de ses yeux commet éga-
lement cette infraction.
Il est de jurisprudence que la menace existe indépendam-
ment de toute intention criminelle, par le seul trouble que
la menace a causé à la sécurité de celui qui en a été l’objet ;
si la menace a pu être considérée comme sérieuse1.
3. L’élément moral. Une intention méchante. L’infraction de
menace est intentionnelle. L’auteur doit avoir conscience
de la pression exercée sur la volonté de la victime. Mais il
se pose un problème de preuve. Les menaces verbales
sont difficiles à prouver dans leur existence même, ainsi
que dans leur intensité morale.

II. Régime répressif


a)Texte légal et sanctions
L’infraction de menaces est prévue et réprimée par les ar-
ticles 159 et 160 du code pénal congolais livre II. Si la me-
nace est purement verbale, par gestes ou emblème, la peine

11
Boma, 24 juillet 1899, Jur. Etat I p. 73 .
Catalogue des infractions 411

sera de huit jours à une année et l’amende ou l’une de ces


peines seulement.
Si la menace est faite par écrit anonyme ou signé la peine
est de trois mois à deux ans de servitude pénale et
l’amende ou l’une de ces peines seulement.

b) Délai de prescription et tribunal compétent


En cas de menace verbale, la prescription de l’action pu-
blique est acquise en un an. La prescription sera de trois
ans lorsqu’il s’agira d’une menace par écrit. Le tribunal de
paix est la juridiction compétente. La peine sera éteinte
dans le délai double de la peine prononcée en cas de pres-
cription de celle-ci. Ce délai ne sera pas inférieur à deux
ans.

347. Menaces d’attentat


Voir menaces.

348. Mendicité et vagabondage


Avec l’avènement de l’industrialisation et de l’urbanisation,
il s’est développé le phénomène de la déviance et de la dé-
linquance juvéniles. Autrefois ce phénomène était inexistant
dans les milieux traditionnels. La cellule familiale tradition-
nelle parce que déracinée du milieu clanique et ancestrale
ne s’adapte que très difficilement au nouveau monde.
Dans les villes, l’insécurité et l’instabilité battent le plein.
La solidarité familiale s’effrite. Ces situations se réper-
cutent sur les enfants qui réagissent par des comporte-
ments déviants et délinquants, notamment l’inconduite et
l’indiscipline notoires, la débauche, la prostitution, le jeu et
les trafics ainsi que la mendicité et le vagabondage.
Plusieurs textes légaux et réglementaires ont trait à la men-
dicité et au vagabondage. Nous pouvons citer à titre
d’exemples :
- le décret du Roi souverain du 23 mai 1896 sur le vaga-
bondage et la mendicité ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
412

- l’arrêté du 5 mai 1896 sur le vagabondage et la mendici-


té. Il créait un régime spécial pour l’internement des
jeunes vagabonds et mendiants1 ;
- le décret du 06 décembre 1950 sur l’enfance délin-
quante ;
- la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de
l’enfant.

I. Eléments constitutifs
Le décret du 06 décembre 1950 sur l’enfance délinquante
incrimine des faits, des conduites déviantes assimilées aux
infractions. La mendicité et le vagabondage font partie de
ces conduites déviantes. Pour appréhender le fait de mendi-
cité et de vagabondage, il faut au préalable en analyser les
éléments constitutifs (matériel et moral).
1. Il faut que ce soit un mineur. Est mineur l’enfant âgé de
moins de 18 ans accomplis au moment des faits.
2. Le mineur doit être trouvé mendiant ou vagabond ou se
livrer habituellement à la mendicité ou au vagabondage.
Les personnes concernées sont les mineurs qui ont déserté
le toit conjugal. Ce sont aussi les enfants qui font la ronde
de la ville, quémandant le long de marchés, de rues et ave-
nues. Ils sont communément appelés « enfants de rue 1».
Est ainsi qualifié de vagabond, le jeune désœuvré ( sans tra-
vail certain), celui qui fait l’école buissonnière, vend des
« petits riens » ou exerce des petits riens aux ressources
dérisoires et incertaines, vit sans soutien et surveillance
efficaces, viole le règlement sur la circulation nocturne des
jeunes, pratique des fugues …, tire ses ressources de la dé-
bauche ou des métiers prohibés de manière générale ou de
façon particulière vu son âge.2

11
« La problématique liée à l’application du décret du 6 décembre 1950 sur l’enfance délinquante », par
OLELA OKONDJI, Avocat Général, séminaire des Magistrats des Tribunaux de Paix de Kinshasa,
session 2002, p.7.
1
Les enfants de rue sont indifféremment appelés dans les villes de la République Démocratique du
Congo. A kinshasa et à Kisangani on les nomme « shégués », à Lubumbashi « Wayambare », à Mbuji-
Mayi « Bana ba mu tshisalu », à Bukavu et Goma « Maibobo ». Le vocable « shégué »tend à
supplanter les autres vocables.
22
IDZUMBUIR ASSOP (J)., « La Justice pour mineurs au Zaïre : Réalités et perspectives », Kinshasa,
Editions Universitaires Africaines, 1994, p. 45
Catalogue des infractions 413

II. Poursuites
Les mineurs vagabonds ou mendiants peuvent être arrêtés
soit par l’officier de police judiciaire, soit par l’officier du
Ministère public dont la mission est de rechercher les in-
fractions à la loi pénale. Les articles 2 et 20 du décret du 6
décembre précité définissent et répriment la mendicité et le
vagabondage.

a) Personnes pouvant être sanctionnées


Encourent les peines les mineurs mendiants et vagabonds
ainsi que les parents qui soustraient leurs enfants à la pro-
cédure intentée à leur charge.

b) Pénalités prévues
Les peines proprement dites sont abandonnées et rempla-
cées par les mesures (art 2, 3, 7 et 8 du décret du 06 dé-
cembre 1950) ci-après
1. Les mesures de garde

a. Les mesures de garde nécessaires à prendre pendant l’enquête (art 16 et


17) consistent à laisser le mineur chez ses père et mère ou chez un autre parent ou
chez le particulier qui en a la garde ; à le soustraire à son milieu, en le confiant à un
particulier, à une société ou à une institution de charité ou d’enseignement publique
ou privée ;
b) Si le mineur est vicieux ou qu’aucun particulier, aucune institution n’est en mesure de
l’accueillir, il pourra être gardé préventivement dans une prison, sans que cette garde
préventive ne dépasse deux mois. Ce mineur sera soumis en prison à un régime
spécial ;
c) Les mesures principales à prendre au moment de la décision sont la réprimande (art 2
al 1, 1e). Cette mesure peut être complétée par la mise en liberté surveillée (art 13 et
14) ; le placement prévu à l’article 2 al2, 2° et la mise à la disposition du
Gouvernement (art 2, 7 et 8) ;
d) La mesure complémentaire à prendre est la liberté surveillée (art 13 et 14 du décret).

L’enfant sera maintenu dans son milieu naturel jusqu’à sa


majorité, et le juge pourra exercer un contrôle sur ses
conditions de vie, sa conduite, sa famille et son environne-
ment.

2. Les sanctions pénales proprement dites


Subiront 8 jours à un an de servitude pénale et une amende
ou l’une de ces deux peines (article 20) :
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
414

1. le père ou la mère qui soustrait ou tente de soustraire


son enfant mineur à la procédure intentée contre lui en
vertu du décret sur l’enfance délinquante ;
2. le père ou la mère qui soustrait ou tente de soustraire
son enfant mineur à la garde des personnes ou institu-
tions à qui l’autorité l’a confié ;
3. le père ou la mère qui ne le présente pas à ceux qui ont
droit de le réclamer, qui l’enlève ou le fait enlever même
de son consentement ;
4. si le coupable est déchu de la puissance paternelle en
tout ou en partie, la servitude pénale pourra être élevée
jusqu’à trois ans.
Il a été jugé que déclarer pénalement responsable un délin-
quant mineur en prétendant que celui-ci avait agi avec dis-
cernement est une violation de l’esprit et de la lettre du dé-
cret du 6 décembre 1950 sur l’enfance délinquante1

c) Compétence :
La matière de l’enfance délinquante fut d’abord confiée au
juge du Tribunal de district devenu par la suite Tribunal de
sous-région. La loi n°77/030 du 28/12/1977 portant création
du conseil judiciaire est venue conférer cette matière aux
tribunaux de paix dès leur installation. Par la suite, l’ordon-
nance-loi n°82/020 du 3/3/1982 attribua aux tribunaux de
paix cette compétence. La fonction de juge des enfants était
dévolue au président de la juridiction qui la confiait à tour
de rôle à tous les juges. Avec la loi n°09/001 du 1à janvier
2009 portant protection de l’enfant, les tribunaux compé-
tents sont les tribunaux pour enfants. De nos jours, les tri-
bunaux pour enfants ne sont pas encore opérationnels. En
attendant, les tribunaux de paix et les tribunaux de grande
instance restent compétents pour connaître respectivement
en premier et dernier ressort des affaires qui relèvent de la
compétence des tribunaux pour enfants. Ceux-ci seront ins-
tallés et fonctionneront au plutard dans les deux ans qui
suivent la promulgation de la loi (article 200 de la loi préci-
tée). Celle-ci a été promulguée le 10 janvier 2009.
d) Prescription :
Après l’écoulement d’un délai d’une année, l’action pu-
blique contre le père ou la mère qui ont commis une infrac-
11
C.S.J., RP.1.154, 25 juillet 1989, B.A. années 1985 à 1989, édition 2002, p. 502.
Catalogue des infractions 415

tion à la procédure intentée contre leur enfant mineur, sera


éteinte. La peine, elle, si elle n’a pas été appliquée sera
éteinte au délai double de la peine prononcée. Ce délai ne
sera pas inférieur à deux ans.

349. Meurtre
Le meurtre est l’acte d’une personne qui consiste à donner
volontairement la mort à autrui. Il est l’homicide intention-
nel sur la personne d’autrui. L’article 1er de l’ordonnance-
loi n° 68-193 du 3 mai 1968 qui a remplacé les anciens ar-
ticles 44 et 45 du Code Pénal définit le meurtre comme un
homicide commis avec l’intention de donner la mort.
Lorsque le meurtre est aggravé, on l’appelle assassinat.

I. Eléments constitutifs
Le meurtre obéit à la structure commune des infractions en
droit pénal. Les éléments constitutifs traditionnels doivent
être envisagés :
a) L’élément légal. Les articles 43 et 44 du code pénal
congolais livre II définissent le meurtre. En suivant une
définition étymologique, le meurtre est le fait de tuer
(caedere) une personne humaine (homo). En interprétant
strictement la loi pénale, le meurtre est le fait de donner
la mort à autrui, ce qui semble exclure le fait de se don-
ner soi-même la mort.
b) L’élément matériel est un acte positif de toute nature
s’apparentant à des violences ayant entraîné la mort de
la victime. Le meurtre se traduit nécessairement par un
acte positif, l’expression « donner la mort » exigeant une
action. Comme nature de l’acte matériel, il doit s’agir
obligatoirement d’un acte matériel de violence physique.
Les actes matériels sont entendus comme l’accomplisse-
ment à l’encontre d’une personne vivante d’un acte quel-
conque de nature à causer la mort et l’ayant effective-
ment et matériellement entraînée :
1. L’existence d’un acte matériel positif ou acte négatif susceptible de donner la
mort, comme par exemple donner un coup de machette et que mort s’ensuive ;
priver d’aliments une personne que l’on tient enfermée et que mort s’ensuive ;
tuer par pitié pour abréger les souffrances d’une personne dont la mort est
certaine et prochaine (euthanasie).
2. Cet acte matériel est commis sur une personne vivante, la personne d’autrui. Si la
personne était déjà morte ce n’est plus le meurtre mais plutôt la mutilation de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
416

cadavre. La victime doit donc être humaine, née et vivante. Peu importe que le
corps ne soit pas retrouvé ou que la victime ne soit pas identifiée.

c) L’élément moral1 est principal car le meurtre est une in-


fraction intentionnelle. En effet, le meurtre est un homi-
cide volontaire. L’élément moral contient cumulativement
un dol général (caractère volontaire de l’atteinte portée
et de la violation de la loi pénale) et un dol spécial (la vo-
lonté de donner la mort, désignée sous la locution latine
d’animus necandi).
Il faut l’intention de donner la mort. C’est une condition
suffisante. A défaut, il s’agira d’une autre qualification telle
les coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort
sans intention de la donner (art 48), l’homicide involontaire
(art 52) ou d’une mort n’entraînant aucune responsabilité
pénale.
L’auteur ne doit pas rechercher la mort d’une personne dé-
terminée, mais simplement être animée de l’intention de
tuer une personne (mitrailler une classe, égorger les parti-
cipants à une manifestation sportive). L’identité de la vic-
time est indifférente à la répression, les juges ne devant
qualifier uniquement que la volonté de tuer « autrui ». L’er-
reur sur la personne ne compte pas. Il en est de celui qui au
lieu de tuer Pierre se trompe et tue Jean. Le consentement
de la victime n’enlève pas non plus le caractère infraction-
nel du meurtre. Le mobile est indifférent à la qualification.
Le mobile politique est indifférent à la qualification juri-
dique. Le meurtre est par nature un crime de droit commun
et aucune circonstance particulière de commission ne peut
changer sa qualification juridique1.

11
L’élément moral exige la capacité de comprendre et de vouloir. Celle-ci n’existe pas lorsque l’acte a
été accompli par un très jeune enfant (Crim. 13 déc. 1956, D.1957, 349, note Patin), il importe de voir à
ce sujet les développements repris à l’infraction de mendicité et vagabondage. Elle n’existe pas non
plus lorsque la présence d’une cause de non imputabilité est constatée. La cause de non-imputabilité
fait disparaître la culpabilité de l’auteur. D’autres causes de non-imputabilité peuvent être la démence,
la contrainte irrésistible, l’erreur invincible. Pour entraîner l’irresponsabilité de l’agent la démence doit
être contemporaine à l’acte incriminé et être totale (annihilation complète de toutes les facultés de
discernement et de volonté). La contrainte irrésistible existe lorsque l’agent n’avait d’autre possibilité
que de commettre l’infraction. Pour supprimer l’imputabilité, la contrainte physique ou morale doit être
irrésistible et extérieure au prévenu. L’erreur invincible, qu’elle soit de fait ou de droit, doit être invincible
et porter sur un élément constitutif de l’infraction.
11
L’affaire Gorgulov, en France, a posé le principe de l’indifférence des mobiles à la qualification
juridique de l’infraction. Gorgulov a assassiné le Président de la république Française Paul Doumer. Il
soutenait avoir commis son acte pour des convictions politiques et essayait de faire admettre la nature
politique de son crime. La chambre criminelle a rejeté son argumentation car l’élément moral du
meurtre est de donner la mort à quelqu’un.
Catalogue des infractions 417

Peu importe qu’il y ait erreur du coup. L’intention peut s’in-


duire de la nature de l’arme ou du coup, de la région du
corps frappée par l’agent (induction relevant de l’intime
conviction du juge : Crim., 2006)
L’auteur peut avoir tué par jalousie, passion, vengeance ou
pour un motif crapuleux. La qualification juridique du
meurtre reste inchangée et, par voie de conséquence, la
peine encourue aussi. Le mobile du meurtrier n’efface pas
l’infraction. D’ailleurs, pour l’existence de cette infraction,
le mobile de l’acte criminel ne doit pas nécessairement être
déterminé ou connu par le juge
Il a été jugé que l’infraction de meurtre est établie lorsqu’il
ressort des éléments du dossier et en dépit des dénégations
du prévenu, qu’il avait tiré dans la foule même sans avoir
visé la victime dont le décès est , selon le rapport médical
et la déposition du médecin légiste , dû à la perforation de
l’intestin par la balle qu’il a tirée. En outre, l’intention ho-
micide est établie par l’emploi d’un couteau et le fait de
porter le coup à une partie vitale de la victime1.
En cas de meurtre par arme à feu, l’intention homicide ré-
sulte de l’arme à feu employée et de l’endroit du corps où le
coup a été porté2.

d) L’absence des faits justificatifs


L’étude des faits justificatifs se fait en droit pénal général.
Il peut y avoir, justifiant le meurtre, l’ordre de la loi ou com-
mandement de l’autorité légitime, la légitime défense, et
l’’état de nécessité.

II. Poursuites
a)Tribunal compétent
Le meurtre est par priorité poursuivi et jugé dans un délai
d’un mois maximum. Les articles 43 et 44 du code pénal
livre II définissent et sanctionnent l’infraction de meurtre
de la peine de mort. Le tribunal compétent est celui de
Grande Instance.

b) Prescription de l’action publique


11
C.S.J., R.P. 27/CR, 3O juillet 1985, B.A. Années 1985 à 1989, édition 2002, p.39. Cour d’appel de
Kinshasa, 1er février 1968, M.P c/ L.
22
C.S.J., 8 août 1969, Affaire Bangala , R.C.D.1970,II ,p.15, R.J.C. 1970 p.4 in Dibunda. , 0p. Cit p.124.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
418

L’infraction de meurtre est prescriptible dans un délai de


dix ans. Bien que la loi soit silencieuse, la peine de mort
n’est pas prescriptible. La découverte d’un cadavre plus de
dix ans après que la disparition a été signalée pose des pro-
blèmes de prescription de l’action publique, en l’absence
d’actes interruptifs pendant ce délai (Crim., 2006)1

c) Les particularités
La répression connaît quelques règles particulières s’appli-
quant à tous les homicides volontaires. La tentative de
meurtre est toujours punissable en vertu de l’application
des principes de droit pénal général. L’infraction impossible
a été assimilée à la tentative pour les besoins de la répres-
sion. Les complices du meurtre sont punis, qu’ils aient agi
par aide ou assistance ou par instigation. La plupart de ces
particularités répressives s’appliquent aussi à l’assassinat.
Lorsqu’au cours d’une même scène de violence, plusieurs
auteurs portent des coups à la victime qui décède, il est im-
possible de déterminer avec précision quel est l’auteur du
coup mortel. En toute logique, une seule personne est l’au-
teur du meurtre alors que les autres ont simplement frappé
un cadavre. La jurisprudence abonde et tranche : les jugent
doivent les qualifier de coauteurs1.

350. Meurtre aggravé


Voir Assassinat.

351. Meurtre commis pour assurer l’im-


punité
Voir meurtre commis pour faciliter un vol.

352. Meurtre commis pour faciliter un


vol
Le meurtre commis pour faciliter le vol est communément
appelée meurtre commis pour assurer l’impunité, une ex-
torsion ou pour faciliter un vol.

a) Considérations générales
11
Mementos, Droit pénal spécial, 14ème édition 2008, Dalloz, P.10.
11
Crim. , 18 novembre 1978, Bull. n° 258.
Catalogue des infractions 419

Comme l’expression « meurtre commis pour faciliter un


vol » l’indique, cette infraction se réalise lorsque, pour com-
mettre un vol ou une extorsion, l’auteur tue la personne qui
constitue un obstacle ou alors la personne qui serait un té-
moin gênant. C’est une circonstance aggravante réalisée
avant ou après la consommation de l’infraction de vol ou
d’extorsion.
Les exemples sont classiques : celui qui s’introduit dans une
maison où il y a un coffre-fort et qui tue l’occupant pour le
voler ; celui qui, après avoir réalisé son vol s’aperçoit qu’il a
été vu par un témoin qui le connaît et tue ce témoin 2.

b) Poursuites
Le meurtre commis pour faciliter le vol est une circons-
tance aggravante prévue par l’article 85 du Code Pénal. La
disposition légale précitée dispose : « le meurtre commis
soit pour faciliter le vol ou l’extorsion, soit pour en assurer
l’impunité, est punie de mort ».

c) Qu’en est-il de la prescription ?


Au regard des peines, l’infraction de meurtre commis pour
faciliter un vol est de la compétence du Tribunal de Grande
Instance. L’action publique est prescriptible dans un délai
de dix ans. La peine, elle, est imprescriptible parce que ca-
pitale.

353. Meurtre commis pour faciliter une


extorsion
Voir meurtre commis pour faciliter un vol.

354. Meurtre simple


Voir Meurtre.

355. Milices privées


On entend par milices privées, aux termes des définitions
des articles 1er, 2 et 3 de l’ordonnance-loi 11/130 du 25
mars 1960 :
- l’organisation de particuliers ou toutes milices privées
dont l’objet est de recourir à la force ou de suppléer l’ar-
22
Cour de Sûreté de l’Etat. , 21 juin 1974, R.J.Z 1979, p.98
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
420

mée ou la police, de s’immiscer dans leur action ou de se


substituer à elles (art. 1er);
- les exhibitions en public de particuliers en groupe qui,
soit par les exercices auxquels ils se livrent, soit par l’uni-
forme ou les pièces d’équipement qu’ils portent, ont l’ap-
parence de forces militaires (art.2) ;
- les porteurs d’un objet dangereux pour la sécurité pu-
blique au cours d’une manifestation, à l’occasion d’une
manifestation, au cours d’une réunion ou à l’occasion
d’une réunion (art.3).

a) Quel texte légal prévoit l’infraction de milices pri-


vées?
L’ordonnance-loi 11/130 du 25 mars 1960 est le texte légal
qui organise et réprime l’infraction des milices privées. Elle
en détermine et en fixe les peines.

b) Quelles sanctions les coupables subiront-ils ?


Les coupables subiront quinze jours à six mois et l’amende
ou l’une de ces peines seulement. Encourent la peine ceux
qui créent une milice ou une organisation en violation de
l’article 1er. La sanction s’applique aussi à ceux qui orga-
nisent une exhibition en violation de l’article 2.Seront enfin
punis ceux qui prêtent concours et les membres de la mi-
lice. D’autres sanctions ont été prévues par le législateur.
1. La saisie des uniformes et insignes distinctifs de groupe-
ments illicites, des armes, véhicules, matériels et autres
objets destinés à leur servir ;
2. La confiscation des objets cités même s’ils n’appar-
tiennent pas aux condamnés. Les porteurs d’objets dan-
gereux pour la sécurité publique seront punis de huit
jours à six mois de servitude pénale ou d’amende.

c) Quel est le tribunal compétent ?


En temps de paix, les infractions de milices privées et mou-
vements insurrectionnels relèvent des juridictions de droit
commun, sous réserves des compétences particulières des
juges militaires. En temps de guerre, la compétence est re-
vendiquée par les juridictions militaires.

356. Mise à mort par représailles


a)Elément légal et notions de représailles
Catalogue des infractions 421

L’infraction de mise à mort par représailles est prévue à


l’article 171 du Code Pénal Militaire. Elle est assimilée à
l’assassinat. Elle est punie de la peine de mort. Elle a
comme élément principal les représailles.
Les représailles se définissent généralement comme une
mesure de violence, illicite en soi, que prend un Etat pour
répondre à un acte également illicite violant les droits des
gens, accompli par un autre Etat. Elles s’entendent égale-
ment de toute riposte individuelle à un mauvais procédé1.
Lorsqu’elles sont permises, les représailles doivent demeu-
rer le dernier recours pour rétablir le respect du droit de la
guerre. L’action à engager devra respecter la condition de
la proportionnalité.

b) Eléments constitutifs
L’infraction de mise à mort par représailles suppose pour sa
consommation un acte positif et matériel d’homicide. Au
plan de l’élément moral, la volonté de donner la mort. Une
volonté spéciale qui se construit à partir d’un mobile de
vengeance réagissant à un mauvais procédé utilisé par la
victime ou par les membres de son groupe. On suppose que
cette volonté est réfléchie et préméditée, car l’activité incri-
minée est assimilée à l’assassinat.

c)Remarques
Les représailles sont interdites lorsqu’elles sont dirigées
contre les personnes civiles et les biens civils, il en est de
même contre les prisonniers de guerre. Elles sont prohibées
contre les blessés, les malades et les naufragés. Le législa-
teur interdit en outre, les représailles contre les personnes
et les biens particulièrement protégés, contre les biens in-
dispensables à la survie de la population civile, contre l’en-
vironnement nature etc.
L’article 171 du code pénal cité précité n’incrimine que les
représailles exercées sur les personnes, quelles qu’elles
soient, et ayant comme résultat la mort de la victime.

11
AKELE ADAU Pierre. , « Le citoyen- justicier, la justice privée dans l’Etat de droit », ODF Editions,
Kinshasa, décembre 2002 P.79.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
422

357. Mise en danger de la personne


Les infractions de mise en danger tiennent plus d’un souci
de prévention que du désir classique de répression de la
délinquance. De nombreuses infractions de nature diverse
sont regroupées au sein de cette catégorie. Elles présentent
une caractéristique commune qui est celle de viser fré-
quemment les abstentions, même sous leur définition mini-
male réduite à l’abstention de prendre les mesures néces-
saires pour que le dommage ne se réalise pas.
Certaines infractions sont d’ordre général assurant une pro-
tection globale de la population. D’autres revêtent une na-
ture particulière et sont motivées par la protection accrue
de certaines catégories de la population, en raison de leur
spécificité et de leur vulnérabilité.
Particulièrement, la mise en danger de l’enfant est prévue
et définie par la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant, au titre cinquième, quatrième sec-
tion, de l’article 185 à 194. Elle comprend :
- la discrimination à l’égard de l’enfant (art.185) ;
- le déplacement ou rétention illicites de l’enfant à l’étran-
ger par un parent ou un tiers(186) ;
- les contraventions aux dispositions de la loi sur les pires
formes du travail de l’enfant (art.187) ;
- l’enrôlement ou utilisation des enfants de moins de dix-
huit ans dans les forces et groupes armés et police
(art.187) ;
- l’utilisation d’un enfant dans les différentes formes de
criminalité (art.188) ;
- le délaissement d’un enfant (art.190) ;
- le don en mariage d’un enfant, le mariage forcé (art.
189) ;
- l’abstention de porter secours à un enfant (art.191) ;
- la non dénonciation des violences commises sur un en-
fant (art.192) ;
- l’abstention volontaire d’accomplir un acte de sa fonction
requis pour un fonctionnaire en cas d’abus ou de mise en
danger d’un enfant (art. 193) ;
Catalogue des infractions 423

- l’utilisation d’un enfant aux fins de mendicité (art. 194).

358. Mise en danger d’un enfant


Voir mise en danger de la personne.

359. Mise en exécution d’une mission


de combat sans motifs offensifs adé-
quats
L’incrimination de mise en exécution d’une mission de com-
bat sans motifs offensifs adéquats concerne tout militaire
ou assimilé appelé à commander ses pairs. L’auteur com-
met l’infraction si par négligence, il fait exécuter une mis-
sion de combat sans avoir pris des dispositions utiles à la
réussite de celle-ci, notamment en ce qui concerne l’adé-
quation entre les armes et les munitions, la dotation néces-
saire pour engager le combat ou résister, la qualité et l’état
du matériel.

a) Base législative et répression


Le comportement de tout officier, commandant d’une for-
mation, d’un navire ou d’un aéronef militaire impliqué dans
la mise en exécution d’une mission de combat sans moyens
offensifs adéquats est prévu à l’article 61 du Code Pénal
Militaire. La peine est de vingt ans de servitude pénale. S’il
est établi que cette attitude a été déterminée par la volonté
délibérée de l’agent de se débarrasser de la mission, sans y
prêter l’attention responsable nécessaire ou s’il en est ré-
sulté des conséquences graves sur les hommes ou sur le
matériel, la peine de mort est prononcée.
La réalisation de cette infraction est subordonnée à deux
conditions préalables. D’un côté l’existence d’une mission
de combat (affrontement armé, conflit armé ou opération
tendant au maintien ou au rétablissement de l’ordre public)
et de l’autre le statut de l’agent (un officier, un comman-
dant d’une formation, d’un navire ou d’un aéronef mili-
taire).

b) Eléments constitutifs proprement dits


1. L’élément matériel. Il consiste en la mise en exécution
d’une mission de combat sans prendre des dispositions
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
424

utiles à sa réussite. Il faut ainsi qu’il y ait adéquation


entre les armes et munitions, la dotation nécessaire pour
engager les combats ou résister, la qualité et l’état du
matériel. L’on ne peut préparer ou envoyer au front des
armes sans les munitions y afférentes. L’on ne peut dé-
clencher les hostilités ni prétendre défendre ses positions
avec un armement inférieur à celui de l’ennemi ou, sans
moyens de communication suffisants pour assurer la liai-
son entre les troupes amies ou encore sans ration alimen-
taire adéquate ou avec des effectifs en hommes réduits
par rapport aux forces ennemies.
2. La négligence dans le chef de l’agent. Toute attitude né-
gative caractérisée notamment par une imprudence, une
maladresse, une inattention ou mégarde dont fait montre
un agent dans l’accomplissement de son devoir. Une né-
gligence punissable dont la conséquence consiste dans
l’inadéquation entre les armes et les munitions, la non-
prévision d’une dotation nécessaire, la programmation
d’un matériel non performant…

360. Mouvements insurrectionnels


Par mouvement insurrectionnel, il faut entendre un mouve-
ment collectif qui s’extériorise, soit par des actes portant
atteinte au Pouvoir ou à l’ordre établi, soit par des agres-
sions contre les personnes, la dévastation ou le pillage.
En droit militaire, constitue un mouvement insurrectionnel
toute violence collective de nature à mettre en péril les ins-
titutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité
du territoire.

a) Quel est le texte qui prévoit cette infraction ?


L’ordonnance-loi n°229 du 16 décembre 1963 crée l’infrac-
tion de mouvements insurrectionnels. Les articles 206 à
208 du code pénal ordinaire définissent et sanctionnent ce
comportement infractionnel. Les articles 136, 137 et 138 du
code pénal militaire définissent et prescrivent des sanc-
tions.

b) Actes punissables
Catalogue des infractions 425

Sont punis sur base des articles 206 et 208 de l’ordon-


nance-loi n° 229 du 16 décembre 1963 :
- la confection des barricades, retranchements ou tous
autres travaux ayant pour objet d’entraver ou d’arrêter
l’exercice de la force publique ;
- le fait d’empêcher à l’aide de violences ou de menaces la
convocation ou la réunion de la force publique, ou de pro-
voquer ou faciliter le rassemblement des insurgés ;
- l’envahissement ou l’occupation d’édifices publics ou pri-
vés pour faire attaque ou résistance envers la force pu-
blique.

c) Eléments constitutifs
En partant de la définition légale, deux types d’actes consti-
tuent les éléments matériels au sens du code pénal militaire
à savoir la violence collective et la possibilité ou concrétisa-
tion de la mise en péril des institutions nationales ou de
l’atteinte à l’intégrité du territoire national. Quant à l’élé-
ment intellectuel, le mouvement insurrectionnel ne peut
être consommé que si la violence collective résulte d’une
volonté convergente des agents, conscients de prendre part
librement à un mouvement subversif, et sachant qu’il est
susceptible de menacer ou compromettre l’existence des
institutions légitimes du pays, ou de porter atteinte à l’inté-
grité du territoire national.

d) Quelles sont les pénalités prévues ?


Aux termes de l’article 206, les auteurs des faits décrits ci-
haut seront punis d’une servitude pénale de deux à dix ans.
S’ils s’emparent ou portent des armes, munitions ou maté-
riels de toutes espèces, ils seront punis d’une servitude pé-
nale de cinq à vingt ans (art.207). Les individus qui auront
fait usage de leurs armes seront punis de mort. Les diri-
geants et organisateurs d’un mouvement insurrectionnel
subiront la peine capitale (art 208).
L’article 137 du code pénal militaire sanctionne, en temps
de paix, de la servitude pénale principale de cinq à vingt
ans pour des actes de mouvements insurrectionnels. En
temps de guerre, lorsque les insurgés, auteurs d’actes sus-
visés sont porteurs d’armes, ils sont punis de mort (art138
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
426

du cpm). Le fait de diriger, d’organiser ou de commander


un mouvement insurrectionnel est puni de mort.

361. Mutilation de cadavre


La mutilation de cadavre est tout outrage au corps humain
privé de vie (cadavre), par des atteintes matérielles
contraires au respect généralement dû aux morts.
Il s’agit notamment d’assouvir une vengeance sur le ca-
davre d’un adversaire déjà mort. Il peut s’agir également de
croyances erronées du genre empêcher cet ennemi déjà
mort de ressusciter et de revenir indemne reprendre la
lutte etc.

I. Eléments constitutifs
a) Les poursuites du coupable de mutilation de cadavre sont
faites sur la base légale de l’article 61 du Code pénal livre
II. L’article 61 sanctionne l’auteur de pareille infraction
de deux mois à deux ans de servitude pénale et d’amende
ou d’une de ces peines seulement.
b) Elément matériel

1. Il faut physiquement avoir mutilé un cadavre humain ; en d’autres termes agir sans
respect dû aux morts sur les dépouilles humaines.
2. La mutilation n’est pas à restreindre au simple fait de retrancher ou de priver un
cadavre de quelque membre, il faut l’entendre dans un sens très large.
3. Il doit s’agir d’un cadavre humain, une personne déjà morte. Les ossements ne sont
pas à considérer comme un cadavre.

c) Elément moral
L’élément moral est doublement caractérisé. L’agent doit agir intentionnellement et
méchamment. D’une part le coupable a conscience qu’il pose un acte interdit par la loi et,
d’autre part, il pose cet acte interdit avec penchant à faire du mal. Cette méchanceté
caractéristique exclut les cas accidentels et les cas où un but scientifique ou sanitaire est
poursuivi (étude anatomique, autopsie légale, incinération de cadavres en cas d’épidémie
etc.)

N’est pas aussi infractionnelle la mutilation résultant des pratiques religieuses admises
(incinération) ou du respect des dernières volontés du défunt ou de sa famille.

Peuvent être pris comme infractionnels les exemples ci-


après de mutilation de cadavre :
- Porter des coups et faire des blessures à une personne
déjà morte (ces actes doivent être accompagnés d’une
méchanceté) ;
Catalogue des infractions 427

- Incinérer un cadavre humain sans que la personne soit


décédée d’une maladie dangereuse susceptible de conta-
miner les vivants ;
- Traîner par terre ou projeter violemment un cadavre ;
- N’est pas constitutif de cette infraction l’acte posé sur le
cadavre dans un but médical, scientifique, hygiénique ou
médico-légal.
Il sied de faire remarquer qu’il a été jugé que tombe sous le
coup de l’infraction une mutilation de cadavre, pratiquée
même dans une intention louable d’après la mentalité,
chaque fois qu’elle constitue une atteinte au respect dû aux
morts1.

II. Poursuites
L’action publique de l’infraction de mutilation de cadavre
dont le Tribunal de paix est matériellement compétent est
prescrite en trois ans. La prescription de la peine sera por-
tée au double de la peine subie. En cas de condamnation à
deux ans de servitude pénale maximum, la prescription de
la peine sera de quatre ans. Par contre, cette prescription
ne sera pas inférieure à deux ans si la condamnation était
minimale.

362. Mutilations génitales


Voir excision.

363. Mutilation sexuelle


L’infraction de mutilation sexuelle est de création récente.
Elle est une forme de violences sexuelles. L’infraction est
créée par la loi n°06/018 du 20 juillet 2006 complétant et
modifiant le Décret du 30 janvier 1940 portant Code Pénal
Congolais. La mutilation sexuelle peut être définie comme
le fait de poser un acte qui porte atteinte à l’intégrité phy-
sique ou fonctionnelle des organes génitaux d’une per-
sonne.

a) Quelles sont les peines prévues à l’encontre de l’au-


teur ?
11
District Arwimi , 4 février 1930, Rev. Jur. 1930 , p. 218.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
428

L’article 174 du code pénal tel que modifié par le texte de


loi précité définit et réprime la prévention de mutilation
sexuelle. Le coupable peut encourir une servitude pénale
principale allant d’un minimum de deux ans à un maximum
de cinq ans et une amende de deux cent mille francs congo-
lais constants. Il n’y a pas lieu à classer le dossier par le
paiement d’une amende transactionnelle. Lorsque la mutila-
tion a entraîné la mort, la peine est d’une servitude pénale
à perpétuité.

b) Qu’en est-il du tribunal compétent et de la prescrip-


tion ?
L’infraction de mutilation sexuelle est de la compétence du
tribunal de paix. Elle est prescrite dans le délai de trois ans.
Quand la mutilation a eu pour conséquence la mort, le tri-
bunal de grande instance est dès lors compétent.

c) Quelle est la procédure et quelle est la répression ?


Le législateur a particulièrement renforcé la protection des
victimes de mutilation sexuelle, qui est classée comme une
forme de violences sexuelles. Il a adapté la peine à la gravi-
té de l’infraction par une efficace répression. Les règles re-
latives à ces procédures et répression sont exposées sous le
titre de « violences sexuelles ». Le lecteur s’y référera utile-
ment.

363. Mutilation sexuelle d’un enfant


Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

364. Mutilation volontaire


Le fait pour un militaire ou assimilé de se rendre volontaire-
ment impropre ou inapte au service soit d’une manière tem-
poraire, soit d’une manière permanente, dans le but de se
soustraire à ses obligations militaires constitue la mutila-
tion volontaire.

a) Elément légal et sanctions


L’infraction de mutilation volontaire a comme dispositions
légales les articles 55 à 56 du Code Pénal Militaire.
Catalogue des infractions 429

En temps de paix, la mutilation volontaire est punie de dix à


vingt ans de servitude pénale et de l’interdiction pour une
durée de cinq à dix ans de l’exercice des droits civiques et
politiques.
En temps de guerre ou en périodes exceptionnelles, cette
prévention est passible de la servitude pénale à perpétuité
ou de la peine de mort. La peine de mort sera appliquée si
le coupable était en présence d’une bande armée ou de l’en-
nemi.

b) Complicité de mutilation volontaire


Peuvent être complices de l’infraction de mutilation volon-
taire les médecins, pharmaciens, assistants médicaux, infir-
miers, guérisseurs, tradi-praticiens ou autres professionnels
de la santé. Ils subiront la servitude pénale à perpétuité, en
temps de paix, et la peine de mort en temps de guerre,
d’état de siège ou d’urgence ou à l’occasion d’une opération
de police tendant au maintien ou au rétablissement de
l’ordre public. Pour les individus non militaires ou non assi-
milés, la peine d’amende de 50.000 à 100.000 francs congo-
lais constants est obligatoirement prononcée. Le tribunal
peut en outre prononcer la destitution ou la dégradation et
l’interdiction de l’exercice des droits civiques et politiques.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
430
N

365. Nom a consonance étrangère…


Voir usurpation de nom.

366. Non accomplissement de l’obliga-


tion scolaire
Ce délit est puisé dans la loi cadre n°86/005 de l’Enseigne-
ment National. En effet, l’enseignement scolaire est obliga-
toire sur toute l’étendue de la République Démocratique du
Congo. Aussi, le législateur oblige-t-il tous les établisse-
ments de l’Enseignement National d’accueillir sans distinc-
tion de lieu, d’origine, de religion, de race, d’ethnie, tout
élève ou étudiant remplissant les conditions requises.
1. un chef de famille qui ne confie pas ses enfants à un éta-
blissement d’enseignement public ou privé agréé (art
137) est passible d’un mois maximum de servitude pénale
et/ou amende. Il pourra toutefois échapper à la répres-
sion sous trois conditions :
- l’inexistence dans un rayon de 5 Km de sa résidence
d’un établissement ;
- le refus justifié d’accès à ses enfants ;
- l’indigence dûment constatée.
2. Ceux qui recrutent des élèves et étudiants par dénigre-
ment ou attaques contre d’autres établissements d’ensei-
gnement (art 139) sont passibles d’amende.
3. La contrainte faite à un père de famille de placer son en-
fant dans un établissement d’enseignement ou de l’en re-
tirer ou de l’amener à ne pas le scolariser parce qu’il est
de tel ou tel sexe (art 140) est sanctionnée de trois mois
maximum de servitude pénale et/ou amende. Si l’auteur
est un membre du personnel de l’enseignement, les
peines seront portées au double (art 140 al2).
4. Le fait d’attenter à la liberté du personnel de l’enseigne-
ment en vue d’obtenir pour soi même ou pour son/sa pro-
tégé(e) un avantage scolaire ou académique (art 141) est
puni de six mois maximum de servitude pénale et/ou
amende. Si l’auteur est chef de famille, ces sanctions se-
ront portées au double.
Catalogue des infractions 431

5. Les personnels de l’Enseignement National qui auront


utilisé les élèves ou étudiants à des fins personnelles (art
142) subiront une amende.
6. Ceux qui ouvrent un établissement d’enseignement en
violation des articles 45 à 49 de la loi cadre n°86/005 de
l’Enseignement National sont passibles des peines.

367. Non accomplissement d’une mis-


sion relative aux opérations de
guerre
L’incrimination consiste, pour un commandant, un militaire,
un individu au service des Forces Armées, à ne pas remplir
la mission dont il a été chargée, lorsque cette mission était
relative aux opérations de guerre. C’est le non accomplisse-
ment d’une mission intimement liée aux opérations de
guerre.

a)Elément légal et peines applicables


Les articles 114 et 115 du Code Pénal Militaire définissent
cette incrimination. Ils l’assortent de la pénalité extrême, la
peine de mort (article 114). Si la mission a été marquée par
négligence ou si le coupable s’est laissé surprendre par
l’ennemi ou a été la cause de la prise par l‘ennemi d’un na-
vire ou aéronef militaire placé sous ses ordres ou à bord
duquel il se trouve, il est puni de cinq à dix ans de servitude
pénale. Si le coupable est officier, il est en outre puni de la
destitution.

b) Eléments constitutifs de cette infraction


1. L’acte incriminé doit être un refus manifeste de remplir
une mission ou encore le non accomplissement par négli-
gence d’une mission inhérente à un conflit armé ou à la
guerre ou à une opération de police tendant à maintenir
ou à rétablir la paix.
2. L’élément intentionnel ou attitude négative voulu par
l’agent qui s’oppose manifestement à l’accomplissement
de la mission précise reçue de la hiérarchie. L’élément
intentionnel est également caractérisé dans le chef d’un
agent qui a fait preuve de négligence.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
432

368. Non assistance à personne en dan-


ger
Le législateur a associé tous les citoyens à la sécurité d’au-
trui et à la justice en leur imposant certains devoirs dont
l’omission est pénalement réprimée. Ainsi, il est fait obliga-
tion à tout citoyen de porter secours aux personnes dont la
vie est en danger dès lors que le secours peut être fourni
sans risque pour soi et pour les tiers.
La non assistance à personne en danger est le fait pour ce-
lui qui est témoin d’une agression contre une personne, ou
celui qui découvre une personne en danger de mort, qui a
la possibilité de porter secours à la victime sans risque pour
lui même ou pour un tiers, de s’abstenir volontairement de
porter secours.
Il a été décidé qu’est coupable de non –assistance à per-
sonne en danger, le prévenu qui, conscient du triste sort de
ses détenus privés de vivres, les abandonne pour un long
voyage et se comporte vis-à-vis d’eux avec indifférence et
légèreté inqualifiables d’où résultent des présomptions
graves et concordantes de son intention de nuire1.

I. Les éléments préalables


La caractérisation des éléments constitutifs exigent de
prime à bord des conditions préalables. Il faut, avant les
éléments constitutifs, l’existence d’une personne humaine
(victime) en danger et l’absence de risque pour le sauveteur
et les tierces personnes.
Le danger est constitué exclusivement par une atteinte à
l’intégrité physique de la personne. La personne en péril
doit être vivante, afin que l’assistance présente une utilité
sociale. Le péril peut avoir une cause quelconque : une in-
fraction, un accident, une catastrophe naturelle ; l’origine
est indifférente à la qualification pénale.
L’absence de risque, élément essentiel de l’infraction, doit
être expressément constatée. Des brutalités commises in-
utilement envers un tiers pour défendre une personne atta-
quée constituent l’infraction de coups et blessures par im-

11
C.S.J., R.P.A 77, 25 mars 1983 in Revue Pénale Congolaise, Editions Droit et Société « DES »n°1,
janvier -juin 2004 p.24.
Catalogue des infractions 433

prudence2. La jurisprudence constante exige que « le péril


soit imminent et constant et qu’il nécessite une intervention
immédiate3 ».

II. Les éléments constitutifs


Si les éléments préalables de l’infraction dessinent un
contexte spécial lui permettant de se manifester, la non-as-
sistance à personne en danger se caractérise par des élé-
ments matériel et moral classiques.

1. L’abstention
L’abstention d’apporter le secours nécessaire constitue
l’élément matériel de l’infraction d’omission de porter se-
cours. L’infraction est caractérisée dès lors que le prévenu
s’est volontairement abstenu de porter secours à la victime,
alors même qu’il ne pouvait ignorer la gravité du péril au-
quel elle était exposée4. Le refus d’assistance est une in-
fraction formelle constituée indépendamment du résultat.
L’omission de conjurer le danger ou de provoquer un se-
cours alors que l’on a eu conscience du péril et de la néces-
sité d’une action immédiate. Pour déceler cette abstention
volontaire, on comparera l’attitude du prévenu à celle d’un
individu normal placé dans les mêmes conditions.
2. L’intention
Le caractère volontaire de l’abstention constitue l’élément
moral de l’infraction. Ne sont pas sanctionnées de simples
négligences, erreurs ou autres fautes, même lourdes, mais
uniquement un comportement intentionnel1. Si la victime
refuse le secours, l’infraction n’est pas caractérisée.
L’intention peut être qualifiée dans le manquement volon-
taire au devoir d’humanité qui commande de secourir un
tiers en danger. Ainsi a-t-on condamné une femme qui,
voyant sa fille étouffer l’enfant qu’elle venait de mettre au
monde, n’avait pas porté secours au nouveau-né2.
22
Alger, 9 novembre 1953, D.1950.369, note Pageaud , concernant un passant qui pouvait se borner à
s’interposer, cause une fracture à l’agresseur. Cass.16 novembre 1955, B.489 cité par GOYET. , Op.
Cit p.184.
33
Crim. , 31mai 1949, Bull. n°202 ; JCP 1949, II, 4945, note Magnol.
44
Crim. , 17 février 1972, Bull. n°68.
11
CA Paris 18 février 1964,Gaz.Pal.,1964,1,p443.
22
Cass. , 23 mars 1953.D.1953.371 cité par GOYET. , idem.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
434

Quelques exemples de non assistance à personne en danger


Un passant qui voit un enfant nouveau-né jeté dans une ri-
vière et n’intervient pas pour le sauver ; celui qui, par
conviction religieuse, s’abstient de faire appel à un médecin
pour conjurer le péril menaçant un adepte malade ; un gué-
risseur incapable de soigner un malade et qui s’abstient de
faire appel à une personne plus qualifiée.

III. Régime répressif


a) Texte légal
Le texte qui sanctionne la non assistance à personne en
danger est l’article 66 ter et quater du code pénal livre II.
Cette disposition légale est issue de l’ordonnance -loi
n°78/015 du 4 juillet 1978. Indépendamment de la plainte
de la victime, le parquet exerce l’action publique.
b) Sanctions susceptibles d’être encourues
L’auteur de la non-assistance à personne en danger est puni
de trois mois à deux ans de servitude pénale principale et
d’amende ou d’une de ces peines (art 66 ter).
Lorsque le coupable est chargé par état ou par profession
de porter assistance aux personnes en danger, la peine sera
de trois mois à cinq ans et d’une amende (art 66 quater).
Sont concernés et peuvent être objet des circonstances ag-
gravantes :
- les parents qui ont un devoir alimentaire à l’égard de
leurs jeunes enfants ;
- les enfants majeurs qui ont une obligation d’assistance à
l’endroit de leurs parents nécessiteux ;
- les responsables de prisons, d’internats ;
- les commandants d’unité de campagne ;
- les personnes chargées de veiller à la sécurité des per-
sonnes et de leurs biens (magistrats, officiers et agents
de la Police Judiciaire, la Police, les membres de Forces
Armées…) ;
- les praticiens de l’art de guérir : médecins, guérisseurs,
infirmiers,…

c) Juridiction compétente
Catalogue des infractions 435

Matériellement, la juridiction compétente est le tribunal de


paix. Qu’il s’agisse de l’omission de porter secours simple
(art 66 ter) ou de l’omission de porter secours aggravée (art
66 quater), au regard des peines, le juge de paix est compé-
tent.

d) Qu’en est-il de la prescription ?


L’action publique est acquise dans les deux cas en trois ans
lorsque l’infraction est punie d’une peine de servitude pé-
nale de deux ans (art 66 ter) et de cinq ans (art 66 quater)
au maximum. Les peines, quant à elles, se prescrivent au
délai double de la peine prononcée, sans que ce délai soit
inférieur à deux ans.

369. Non assistance à personne en dan-


ger de se perdre
La non-assistance à personne en danger de se perdre ré-
prime le refus d’assistance et de sauvetage maritime, fluvial
et lacustre des personnes en danger de se perdre ou en pé-
ril quelconque.

I. Conditions préalables
Pour être retenues ces infractions (refus d’assistance et re-
fus de sauvetage) exigent :
1. l’existence d’un danger de se perdre, la personnalité hu-
maine de la victime. Il s’agit de toute situation ou cir-
constance qui met en péril la vie ou la santé d’une per-
sonne humaine, même ennemie, jeune ou vieille etc... ;
2. la personne à sauver doit se trouver en mer ou dans les
eaux maritimes, dans les eaux fluviales ou lacustres ;
3. l’absence de danger pour le sauveteur, le navire ou les
personnes embarquées.

II. Eléments constitutifs proprement dits


1. L’infraction de non assistance à personne en danger de
se perdre se trouve prévue par l’article 393 de l’ord-loi
66 – 98 du 14 mars 1966 portant code de la navigation
maritime et l’article 128 de l’ord-loi 66 – 96 du 14 mars
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
436

1966 portant code de la navigation fluviale et lacustre 1. Il


y a en réalité deux textes pour deux infractions iden-
tiques.
2. L’acte d’abstention doit être entendu comme l’omission
de secourir une personne en danger de se perdre.
3. Il doit exister une volonté coupable, c’est-à-dire qu’il
s’abstienne volontairement, sans motif valable.
4. L’infraction de non assistance à personne en danger de
se perdre ne peut :
- avoir pour auteur coupable qu’un capitaine de navire
(art 393 Code de la Navigation Maritime) ou tout
conducteur d’un bâtiment (art 128 du code de la Navi-
gation Fluviale et Lacustre) ;
- se commettre qu’en mer ou dans les eaux maritimes
(art 393 du Code la Navigation Maritime) et que dans
les eaux fluviales et lacustres (art 128 du code de la
Navigation Fluviale et Lacustre).

III. Poursuites et pénalités


Lorsqu’une infraction est commise pendant le voyage, le
capitaine, assisté d’un officier, a toujours été habilité à pro-
céder à l’information sommaire. Il reçoit les dépositions des
témoins, dresse procès verbal et en fait mention au livre de
bord. Lorsque c’est le capitaine qui est concerné, les com-
missaires maritimes, les conseils ainsi que les agents de
l’autorité compétente peuvent agir d’office ou sur dénoncia-
tion. Ils saisissent le parquet, celui du port de débarque-
ment.
Le capitaine peut encourir un mois à deux ans de servitude
pénale principale et une amende. Obligatoirement, l’empri-
sonnement et l’amende seront prononcés (art 393 précité).
Si le capitaine en abandonnant son navire néglige de sauver
les personnes embarquées, il est passible de six mois à trois
ans de servitude pénale;
Le conducteur d’un bâtiment auteur de cette infraction est
puni d’une servitude pénale d’un an à deux ans (art 128
précité). Apparemment, la sanction est plus sévère. Quant à
la prescription, le droit commun s’applique.
11
Les codes Larcier, République Démocratique du Congo, Tome III, Droit commercial et économique,
Larcier Afrique édition, Edition 2002 (1er janvier 2002) Vol I, p. p. 240 et 289 et suivants.
Catalogue des infractions 437

370. Non dénonciation d’attentats


contre la sûreté extérieure et inté-
rieure de l’Etat
L’article 215 du Code Pénal introduit par l’ordonnance-loi
du 16 décembre 1963 prévoit et réprime la non dénoncia-
tion d’atteintes contre la sûreté extérieure et intérieure de
l’Etat.
Quiconque a connaissance de projets ou d’actes de trahi-
son, d’espionnage ou d’autres activités de nature à nuire à
la défense nationale, d’attentats ou de complots contre la
sûreté de l’Etat mais n’en fait pas la déclaration aux autori-
tés administratives ou judiciaires, dès le moment où il les
aura connus, commet l’infraction de non dénonciation d’at-
tentats contre la sûreté extérieure et intérieure de l’Etat.
Les sanctions prévues par l’article 215 précité sont de trois
mois à deux ans de servitude pénale et d’une amende ou
d’une de ces peines seulement.

371. Non dénonciation des violences


commises sur un enfant
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

372. Non dénonciation du racisme ou du


tribalisme
Celui qui connaît :
1. une manifestation de la haine ou de l’aversion raciale,
ethnique, tribale ou régionale par des paroles, gestes,
écrits, images, emblèmes ou par tout autre moyen ;
2. tout acte de nature à provoquer cette aversion ou cette
haine ;
3. un fait de participer au maintien des cercles, clubs, asso-
ciations ou groupements dont les buts réels ou les agisse-
ments sont inspirés par une volonté de discrimination ra-
ciale, ethnique, tribale ou régionale ;
4. mais ne les dénonce pas à l’autorité judiciaire dès le mo-
ment où il les connaît, commet l’infraction de non dénon-
ciation du racisme ou du tribalisme.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
438

I. Eléments constitutifs
a) Le texte légal prévoit-il des sanctions ?
L’infraction de non dénonciation du racisme ou du triba-
lisme est prévue par l’article 6 de l’ord – loi n°66 – 342 du
07 juin 1966. Elle est réprimée de quinze jours à un an et
d’une amende ou d’une de ces peines seulement. Si le cou-
pable est un dépositaire de l’autorité publique, la servitude
pénale sera de six mois à deux ans et l’amende.

b) Quelles sont les éléments matériels et moral ?


Pour être établie, la non dénonciation du racisme et du tri-
balisme exige :
1. d’avoir connaissance des faits de racisme et de triba-
lisme ;
2. dans l’exercice des fonctions habituellement assumées ;
3. de s’abstenir de les dénoncer auprès de l’autorité qui
participe à la distribution ou à l’administration de la jus-
tice ;
4. de s’abstenir volontairement, en connaissance de cause,
pour une raison quelconque (élément moral).

II. Poursuites
Toute personne qui s’abstient de dénoncer un fait de ra-
cisme et de tribalisme, un particulier ou un dépositaire de
l’autorité publique est susceptible de commettre cette in-
fraction. L’infraction de non dénonciation de racisme et de
tribalisme doit être poursuivie et jugée par priorité.

373. Non dénonciation du terrorisme


Voir terrorisme.

374. Non envoi d’un enfant à l’école


Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

375. Non présentation d’enfant


Il est fait obligation à toute personne qui aura trouvé un en-
fant nouveau-né de le présenter et d’en faire la déclaration
à l’officier de l’état civil du lieu de la découverte. Le but du
Catalogue des infractions 439

législateur en créant cette infraction est de sanctionner un


comportement passif dans le chef de celui qui a, avec lui,
l’enfant mineur mais refuse de le présenter.

I. Eléments constitutifs de l’infraction


1. Elément légal. L’article 120 du Code de la Famille est le
texte légal de l’infraction de non présentation d’enfant.
L’attitude contraire ou l’intention coupable ou intéressée de
celui qui aura amené ailleurs qu’au siège du conseil de tu-
telle1 le plus proche ou aux autorités des localités ou collec-
tivités un enfant trouvé, abandonné ou sans famille sera pu-
nie de la même peine que celui qui lui en a donné mission.
2. Elément intentionnel. Les termes de la loi marquent bien
que l’infraction est intentionnelle. La mauvaise foi est ainsi
mise en évidence.

II. De la répression
L’article 276 du Code de la Famille punit l’infraction de non
présentation d’enfant d’une servitude pénale de sept à
trente jours et d’une amende ou de l’une de ces peines
seulement. L’infraction est de la compétence du juge de
paix. Après l’écoulement d’un délai d’une année si les pour-
suites n’ont pu être engagées contre l’auteur, celui-ci ne
sera plus pénalement poursuivi.

376. Non présentation d’un enfant à


ceux qui ont le droit de le réclamer
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

377. Non publicité des prix


Voir Publicité des prix.

378. Non publicité du Numéro d’identifi-


cation Nationale
Voir Numéro d’identification Nationale.

11
N’existant pas à proprement parler dans les communes et territoires, ce sont les services sociaux des
communes qui en font office.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
440

379. Numéro d’identification nationale


Le numéro d’identification est un chiffre à sept caractères
qui sert à identifier les entreprises. Il est attribué par le Mi-
nistère de l’Economie Nationale à chaque personne phy-
sique ou morale exerçant une activité commerciale, indus-
trielle, agricole, libérale ou de service sur le territoire de la
République Démocratique du Congo. Le numéro d’identifi-
cation national doit être obligatoirement porté sur toutes
les entêtes des lettres et factures, sur tous les reçus et quit-
tances délivrés. Il sera reproduit à la suite du nom ou de la
raison sociale sur toutes les déclarations, accises et autres
pièces produits, émis ou passés dans les relations avec les
services et entreprises des secteurs public ou privé.

I. Infractions à proprement parler

1) Absence du numéro d’identification nationale ou


sa non- reconfirmation :
En effet, l’octroi du numéro d’identification est soumis au
payement d’une taxe, la réconfirmation pour celui qui l’a
obtenu avant le 1er février 1998 au paiement d’une rede-
vance. Aussi, l’absence et le défaut de reconfirmation ainsi
que le défaut de publicité sont-ils érigés en infraction.
L’infraction d’absence de numéro d’identification nationale
ou sa non réconfirmation est prévue par l’arrêté ministériel
023/CAB/MINSEC/98 du 3 octobre 1998 portant renouvelle-
ment ou octroi du numéro d’identification nationale (Minis-
tère de l’Economie).
La sanction prévue à l’article 6 de l’arrêté précité est d’une
amende égale à dix fois le montant de la redevance. Selon
les travaux préparatoires de l’ordonnance n°73/236, une
société dépourvue de ce numéro ne pourra entrer en
contact avec l’administration publique. La Banque Centrale
du Congo et d’autres banques ne pourront accorder un cré-
dit à une société dépourvue de numéro d’identification.

2) Non publicité du numéro d’identification nationale


Les textes légaux sont l’ordonnance loi n° 73-236 du 13
août 1973 portant création d’un numéro d’identification na-
tionale en son article 2, et l’article 7 de l’arrêté ministériel
Catalogue des infractions 441

023/CAB/MINEC/98 du 3 octobre 1998. La sanction prévue


est une amende.
L’obligation est faite aux personnes physiques ou morales
exerçant une activité commerciale, industrielle, agricole,
libérale ou de service, de se faire attribuer un numéro
d’identification national. Cette obligation procède de la lé-
gislation économique et commerciale. Les infractions à
cette législation sont donc de la compétence des Tribunaux
de commerce (art.17 de la loi du 03 juillet 2001).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
442 O

380. Objets contraires aux bonnes


mœurs
En vue d’assurer le bonheur et la tranquillité à tous, chaque
société organisée impose à ses membres des règles de
conduite appelées bonnes mœurs. La violation de ces règles
est infractionnelle.

a) Actes et faits constitutifs


Au sens de l’article 175 du code pénal livre II il y a infrac-
tion d’objets contraires aux bonnes mœurs lorsqu’il s’agit :
1. de la mise en vente, de l’exposition, de la distribution de
chansons, de pamphlets, d’écrits, d’images, photos, bro-
chures ou autres objets contraires aux bonnes mœurs ;
2. de l’importation, du transport, de la distribution, de la
détention en vue du commerce, de la publicité en vue de
la diffusion de chansons, pamphlets, écrits, figures,
images, emblèmes ou objets contraires aux mœurs ;
3. du compositeur des chansons, de l’auteur de l’écrit, de la
figure, de l’image, de l’imprimeur ou du reproducteur et
du fabricant de l’emblème ou de l’objet ;
4. de chanter, lire, réciter, faire entendre ou proférer des
obscénités dans des réunions ou lieux publics.

b) Peines applicables
L’infraction d’objets contraires aux bonnes mœurs est pré-
vue et réprimée par l’article 175 du Code pénal Livre II. La
sanction est de huit jours à un an de servitude pénale prin-
cipale et d’une amende ou d’une de ces peines. Le composi-
teur, l’auteur, l’imprimeur ou le reproducteur ainsi que le
fabricant peuvent subir un mois à un an de servitude pénale
principale et une amende ou l’une de ces peines unique-
ment.

c)Prescription de l’action publique et tribunal compé-


tent
L’infraction d’objets contraires aux bonnes mœurs est de la
compétence matérielle du tribunal de paix. Elle se prescrit
en une année. Les peines se prescrivent au délai double de
Catalogue des infractions 443

celle prononcée, pour autant que ce délai ne soit pas infé-


rieur à deux ans.

381. Obligation de dépôt obligatoire des


publications
Aux termes de la loi n°74 - 003 du 2 janvier 1974 1 relative
au dépôt obligatoire des publications, l’éditeur est tenu de
déposer au Parlement et à la Bibliothèque Nationale dans le
mois qui suit l’enregistrement huit exemplaires de chaque
ouvrage ou publication qu’il fait paraître. Deux ouvrages
seront déposés au Parlement et six à la Bibliothèque Natio-
nale. Les ouvrages de luxe tirés à moins de 300 exemplaires
sont déposés en trois exemplaires dont un au Parlement na-
tional et deux à la Bibliothèque nationale.
L’éditeur est toute personne physique ou morale assumant
les frais de l’édition qu’elle soit ou non l’auteur de l’ouvrage
(art.1).
Sont aussi soumises à la condition d’enregistrement et au
dépôt légal obligatoire les publications faites à l’étranger
par des ressortissants Congolais et toutes autres publica-
tions éditées à l’étranger et qui doivent être mises en vente
ou en distribution en République Démocratique du Congo
(art.14).
Les poursuites ne peuvent être exercées qu’un mois après
la mise en demeure par lettre recommandée émanant de
l’autorité compétente. L’action publique se prescrit par cinq
ans courant du jour de l’infraction (art.11). Les officiers du
Ministère Public et les officiers de Police Judiciaire à com-
pétence générale sont chargés d’opérer la saisie des ou-
vrages et publications qui seront en circulation en violation
de l’obligation de dépôt obligatoire.
L’infraction résultant de l’atteinte à l’obligation de dépôt
obligatoire des publications est punie d’une amende
(art.11).

382. Occupation illégale


L’infraction d’occupation illégale est tout acte, d’usage ou
de jouissance d’une terre quelconque qui ne trouve pas son
11
J.O.Z. n°6, 15 mars 1974.p.263.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
444

titre dans la loi ou dans un contrat. C’est aussi le fait de


construire ou de réaliser n’importe quelle autre entreprise
sur une terre concédée en vertu d’un contrat frappé de nul-
lité (article 206 de la loi dite foncière). Cette infraction est
aussi nommée trouble de jouissance. Pour exister, elle re-
quiert des éléments constitutifs.

I. Eléments constitutifs
a) Elément légal. L’infraction d’occupation illégale est prévue et punie par la loi
n°73/021 du 20 juillet 73 modifiée et complétée par la loi n°80/008 du 18 juillet 1980
spécialement son article 207.

b) Elément matériel. L’élément matériel de l’infraction d’occupation illégale se


caractérise par :
1. un acte d’occupation, d’usage ou de jouissance d’une parcelle (portion de terre) ou
d’une maison. Il a été jugé que l’infraction d’occupation illégale s’entend
également pour les immeubles autres que les terrains, en l’occurrence une
maison1.

Procéder à des travaux d’aménagement, de construction


dans une parcelle, sans titre ni droit ; s’installer sur une
portion de terre non lotie et non attribuée sont des
exemples typiques de l’occupation illégale.
2° un défaut de titre et de droits. Inexistence d’un titre (de droit écrit ou de droit
coutumier) ou l’existence d’un titre frappé de nullité.

c) Elément moral. L’élément moral est l’intention frauduleuse. Elle est entendue comme
une volonté de s’attribuer un terrain, une parcelle, une maison sans justifier d’un titre
conformément à la loi foncière et sans droits.

II. Poursuites
Celui qui construit ou réalise quelque entreprise sur une
terre concédée en vertu d’un contrat frappé de nullité sera
puni d’une servitude de deux mois à un an et d’une amende
de 100 à cinq cents francs ou de l’une de ces peines seule-
ment (article 206). L’administration peut ordonner la démo-
lition des constructions ou toutes autres réalisations effec-
tuées en vertu d’un contrat frappé de nullité (article 206
alinéa 3). Faute par le contrevenant de s’exécuter, il pourra
être procédé d’office à cette démolition, le tout, à ses frais,
par un entrepreneur que désignera l’administration elle-
même (art 206 alinéa 4). Le contrevenant ne pourra pré-
tendre à aucune indemnisation, à quelque titre que ce soit
(article 206 alinéa 5).

11
Cour d’Appel de Kinshasa / Gombe, RPA 109.60 du 21 juillet 1994 ; C.S.J., R.P 1726 du 18 février
1998, inédit.
Catalogue des infractions 445

a) Sanctions prévues par le législateur


En cas d’acte d’usage ou de jouissance d’une terre qui ne
trouve pas son titre dans la loi l’auteur subira deux à six
mois de servitude pénale principale et l’amende de 5 à 500
francs ou une de ces peines (article 207).

Quelle est la juridiction compétente


Le tribunal de paix est matériellement compétent pour
cette infraction. L’action publique se prescrit en une année.
La prescription commence à courir à partir du dernier acte
d’occupation. La prescription de la peine est de deux ans.
Les coauteurs et complices seront punis conformément au
prescrit des articles 21 et 22 du code pénal.

c)Remarques
L’occupation illégale relève souvent des conflits parcel-
laires. Il est de jurisprudence constante que le litige relatif
à la vente d’une parcelle urbaine relève du droit écrit et
échappe à la coutume. Lorsque plusieurs personnes ont des
prétentions sur un même terrain, il y a un conflit parcellaire
dont la solution doit être demandée non à l’autorité admi-
nistrative mais bien à l’autorité judiciaire1.

383. Offenses envers le chef de l’Etat


Le mot offense vise toutes les injures verbales, les actes
d’irrévérence, les manques d’égards, les grimaces, les im-
putations ou les allégations de fait et de nature à froisser la
susceptibilité. Le vocable « offense » vise aussi les me-
naces, la diffusion ou la distribution d’affiches offensantes
pour le chef de l’Etat ou la distribution d’un journal, d’une
revue contenant un article ou une gravure le ridiculisant
(R.J.C, numéro spécial 40ème anniversaire p.212)
C’est en qualité de Garant et de Représentant de la Nation
que le chef de l’Etat jouit d’une protection spéciale. A cet
effet, le législateur a érigé en infraction tout acte ou fait de
nature à blesser le Chef de l’Etat dans sa dignité.

11
C.S.J., RC 325, 10 avril 1985, inédit ; C.S.J., R.PA. 112, 20 novembre 1985, Inédit. Voir Dibunda.,
Op.Cit. p. 51.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
446

I. Eléments constitutifs
Pour qu’on parle d’offenses envers le chef de l’Etat, il faut
trois conditions :
1° qu’il y ait une expression outrageante, un terme de mé-
pris ou une invective renfermant ou non l’imputation d’un
fait précis ;
2° que cette expression ou offense soit proférée publique-
ment ;
3° qu’elle (l’offense) vise la personne du chef de l’Etat sans
qu’il faille distinguer entre sa vie privée et sa vie pu-
blique.
Rentre aussi dans le sens des ordonnances-lois n°63/300 et
301 du 16 décembre 1963 l’offense commise publiquement
envers les chefs d’Etats ou chefs de gouvernement étran-
gers. Il en est de même de l’outrage commis publiquement
et dirigé dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de
leurs fonctions contre les agents diplomatiques accrédités
auprès du gouvernement congolais (R.D.C.). Ces offenses et
outrages trouvent également ici leur répression.

II. Régime répressif


Les textes qui prévoient et répriment l’offense envers le
chef de l’Etat sont l’ordonnance-loi n°63/300 du 16 dé-
cembre 1963 et l’ordonnance-loi n°63/3001 du 16 décembre
1963.
a) La poursuite a lieu à condition que le chef de l’Etat s’en
plaigne ou dénonce auprès d’une autorité militaire, admi-
nistrative ou judiciaire.
b) Les sanctions applicables.
L’offense envers le chef de l’Etat est punie dans le chef de
l’auteur de trois mois à deux ans de servitude pénale et
d’amende ou une de ces deux peines (article 1 er O.L. 63/300
du 16 décembre 1963).
Les offenses envers les Chefs d’Etat ou Chefs de Gouverne-
ment Etrangers sont punies de trois mois à deux ans et
d’amende ou une de ces peines (Art 1er O.L. 63/301 du 16
décembre 1963)
Catalogue des infractions 447

Les outrages commis et dirigés contre les agents diploma-


tiques accrédités à l’occasion et dans l’exercice de leurs
fonctions sont sanctionnés de quinze jours à six mois et
l’amende ou une de ces peines seulement (Art 2 O.L. 63/301
du 16 décembre 1963).
c) Le tribunal compétent
L’article 96 al2 et 3 de l’ord-loi 82-020 du 31 mars 1982
portant code de l’Organisation et de la Compétence Judi-
ciaires telle que modifiée donne la compétence matérielle à
la cour de sûreté de l’Etat pour les infractions relatives aux
offenses envers le chef de l’Etat, les Chefs d’Etats Etran-
gers et des outrages dirigés contre les agents diploma-
tiques étrangers.
Etant donné que la Cour de sûreté a été dissoute, les tribu-
naux de droit commun, au regard des peines prévues, sont
redevenus les juridictions compétentes.

384. Offenses envers les chefs de l’Etat


ou chefs des gouvernements étran-
gers
Voir offenses envers le Chef de l’Etat.

385. Offenses envers les diplomates


étrangers
Voir offenses envers le Chef de l’Etat.

386. Offenses envers l’emblème natio-


nal
Voir outrages envers l’emblème national.

387. Omission de porter secours aux


blessés victimes d’accident de circu-
lation
Il nous a paru opportun de mentionner cette abstention
dommageable résultant de la circulation routière, en dépit
du fait que le Nouveau Code de la route qui la prévoit n’en
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
448

fixe aucune sanction pénale. En effet, le Nouveau Code a


repris les dispositions de l’ordonnance 62/12 du 17 janvier
1957 relative au règlement de la police de roulage et de la
circulation. Ce texte prévoyait une peine de servitude pé-
nale de deux mois au maximum et une amende pour celui
qui ne porterait pas secours aux blessés victimes d’accident
de circulation.

I. Conditions préalables
La prévention d’omission de porter secours aux blessés vic-
times d’accident de circulation ne sera retenue que lorsqu’il
ya:
1. accident de circulation de la route, ce qui sous-entend un
véhicule automoteur ;
2. des personnes humaines blessées à l’occasion d’un acci-
dent de circulation ;
3. l’auteur de l’infraction, c’est-à-dire le conducteur ou tout
usager de la route impliqué dans un accident ; le témoin
de l’accident qui s’abstient de porter secours tombe sous
le coup de la non assistance à personne en danger (art 66
ter du CPLII).

II. Eléments constitutifs


L’omission de porter secours aux blessés victimes d’acci-
dent de circulation ne sera coupablement retenue qu’à
condition de satisfaire à l’existence d’un élément matériel
et d’un élément moral.
1. Elément matériel. Il est caractérisé par l’omission de por-
ter secours aux blessés ou l’omission d’alerter les secours.
2. Elément moral. Il est constitué de la volonté établie de
l’abstentionniste de ne pas porter secours au blessé.
Le conducteur, qui pour éviter les réactions qui suivent ha-
bituellement les accidents, n’est pas demeuré sur place
mais s’est présenté spontanément aux autorités pour porter
les faits à leur connaissance ou a alerté les tiers pour les
prévenir, ne commet pas l’infraction.
Par contre, s’il est établi que le conducteur a fui pour
échapper aux poursuites pénales, il tombera sous le coup
de cette loi pénale.
Catalogue des infractions 449

III. Régime répressif


L’officier du Ministère public peut se saisir d’office. Tout en
imposant à tout conducteur de porter secours aux blessés,
d’alerter les secours, le Nouveau Code de la Route n’a pas
sanctionné la violation de cette obligation. L’article 40 du
Nouveau Code de la Route, siège de la matière, est muet
sur la sanction. Nous estimons que ce comportement peut
être réprimé sur base de l’article 66ter du CPLII de non as-
sistance à personne en danger. La sanction prévue est de
trois mois à deux ans de servitude pénale et d’une amende.

388. Omission de porter témoignage


Voir refus de témoigner.

389. Omission de porter témoignage en


faveur d’un innocent
a) Notions d’omission de porter témoignage en faveur
d’un innocent
Lorsqu’une personne connaissant la preuve de l’innocence
d’un prévenu incarcéré provisoirement ou gardé à vue dans
une maison d’arrêt ou dans un cachot, ou d’un prévenu dé-
féré devant le juge, s’il n’est pas en détention pour une in-
fraction punissable d’au moins une année de servitude pé-
nale principale ou de travaux forcés, s’abstient volontaire-
ment d’en apporter aussitôt le témoignage aux autorités de
la justice ou de la police, elle commet l’infraction.

b) Existence légale de l’infraction


Celui qui acquiert la preuve de l’innocence d’un prévenu
doit, aux termes de la loi, en témoigner « aussitôt ». L’in-
fraction sera consommée dès qu’il a volontairement laissé
passer le délai matériel nécessaire pour apporter le témoi-
gnage à la justice ou à la police.
Notons cependant que celui qui apporte son témoignage
tardivement mais spontanément n’est pas punissable. Ne
sont pas soumis à cette obligation de témoigner les vrais
coupables eux mêmes, les auteurs ou complices et leurs pa-
rents et alliés.

c)Texte légal, sanction et prescription


Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
450

L’article 66 quinquies du code pénal livre II est le texte lé-


gal. Il prévoit les sanctions de trois mois à un an et d’une
amende ou une de ces peines à l’égard de l’auteur de
l’omission de porter témoignage en faveur d’un innocent.
Le juge de paix est compétent pour connaître de cette in-
fraction. Elle se prescrit en une année. La peine, elle, sera
prescrite dans le délai de deux ans.

390. Outrage à l’armée


On entend par outrage à l’armée toute expression inju-
rieuse dirigée contre les officiers, les sous-officiers et
hommes de rang des Forces Armées de la République Dé-
mocratique du Congo sans indiquer les personnes visées.

I. Les éléments constitutifs


La réalisation de l’infraction d’outrage à l’armée suppose la
réunion des éléments constitutifs.
1. Les éléments matériels. Ils sont faits de l’acte prohibé et
des procédés de perpétration. D’une part l’outrage que
l’agent commet à l’endroit de l’armée et d’autre part des
procédés qui peuvent se matérialiser par paroles, actes,
gestes ou par écrits.
2. L’élément intellectuel. Dès lors que l’acte a été commis
de manière libre et consciente. Le dol général suffit à
l’établir.
L’injure ne tombe sous l’application de la loi que si l’ab-
sence d’indication a pour conséquence que chacun des mili-
taires de la garnison est touché par ces injures d’une part
et que d’autre part elles atteignent en même temps l’armée
tout entière dans la personne de ses officiers, sous- officiers
et hommes de rang.

II. Régime répressif


L’infraction d’outrage à l’armée est prévue par l’article 87
du Code Pénal Militaire. Elle est sanctionnée de six mois à
cinq ans de servitude pénale principale. Tout militaire ou
assimilé et toute personne même civile, comme on dit, peut
commettre cette infraction.
Catalogue des infractions 451

Si le coupable est officier, il sera en outre puni de la desti-


tution ou de la privation de grade. Le juge peut également
prononcer la déchéance civique.

391. Outrage à magistrat


La loi réprime les outrages adressés aux magistrats par pa-
roles, gestes ou menaces, écrits ou dessins ou envoi d’ob-
jets fait dans une intention outrageante (art. 136 du CpLII).
Le magistrat est un fonctionnaire investi d’une manière per-
manente du pouvoir de juger ou du pouvoir de prendre des
mesures d’ordre qui s’imposent à tous les citoyens.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’outrage à magistrat requiert des éléments
constitutifs pour être caractérisée. Ces éléments constitu-
tifs sont les suivants :
1. que l’outrage soit adressé à un magistrat du siège ou du
parquet ; les juges consulaires des tribunaux de com-
merce, les assesseurs des tribunaux de paix et de travail
compris ;
2. il faut un fait matériel d’outrage. Il est exigé que l’ou-
trage soit de nature à inculper leur honneur ou leur déli-
catesse ; tout ce qui tend à déprimer et à mépriser la
fonction ;
3. l’outrage doit être adressé au magistrat dans l’exercice
de ses fonctions ou à l’occasion de cet exercice. Le but
n’est pas de créer une sorte de privilège en faveur du ma-
gistrat mais de faire respecter l’autorité de la fonction. Il
importe peu que le magistrat outragé ait lui- même com-
mis quelque abus de pouvoirs ou qu’il ait accompli un
acte irrégulier. Peu importe que l’outrage ait pour cause
un acte de la fonction, ou qu’il se rapporte à la vie privée
du magistrat. Si l’outrage a lieu en dehors de l’exercice
des fonctions, il n’est punissable que s’il est reçu à l’occa-
sion de cet exercice, que s’il est déterminé par la fonction
même ou par des actes accomplis par le magistrat en
cette qualité ;
4. que le magistrat à qui est adressé l’outrage soit présent
ou que l’écrit lui ait été adressé directement ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
452

5. en dernier lieu la personne qui outrage doit connaître la


qualité du magistrat et savoir que son acte tendait à
amoindrir son autorité ; c’est l’intention coupable.

II. Régime répressif


Le régime répressif de cette infraction est identique à celui
des outrages aux fonctionnaires publics. Il a été jugé que
constitue bien l’infraction d’outrage à magistrat, le fait de
dire à un magistrat dans l’exercice de ses fonctions : « tu es
corrompu », les mêmes faits ne pouvant pas avoir deux qua-
lifications juridiques (à la fois retenus pour l’infraction d’ou-
trage à la magistrature et d’imputation dommageable)1.
En matière d’outrages, l’article 138 in fine précise : « les
outrages prévus aux articles 136 et 138 du code pénal livre
II ne donneront lieu à aucune action, s’il est établi qu’ils ont
été précédé de provocation de la part des personnes proté-
gés ». Ainsi le prévenu doit démontrer en quoi aura consisté
la provocation dans le chef du magistrat.

392. Outrage au drapeau


Voir outrage envers l’emblème national.

393. Outrage au parlement


Voir Haute trahison.

394. Outrage aux bonnes mœurs


Voir outrage public aux bonnes mœurs.

395. Outrage aux dépositaires de l’auto-


rité publique
Voir outrage aux fonctionnaires publics.

396. Outrage aux fonctionnaires publics


L’outrage consiste dans toute parole, geste, menace, écrit,
dessin ou expression de mépris de nature à blesser l’hon-
neur ou la délicatesse du représentant de l’autorité.
11
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 10641, 5 mars 2004, Ministère public et partie civile
Saleh katamea contre le prévenu Byadunia Nyakahuga crispin, inédit.
Catalogue des infractions 453

I. Eléments constitutifs
a) Les textes légaux qui répriment les outrages aux fonc-
tionnaires publics se trouvent être les articles 136 à 138
du code pénal livre II. Ces articles renferment diverses
sanctions bien déterminées selon les critères bien définis.
b) Elément matériel. L’élément matériel de l’infraction
d’outrage aux fonctionnaires publics est constitué :
1. D’un fait matériel d’outrage. Il peut revêtir diverses
formes. Il peut s’agir :
a) une parole, c’est-à-dire des allégations diffamatoires,
des sifflets, des huées, des expressions grossières ;
b) Il peut aussi être question d’écrits ou de dessins de
nature à déconsidérer ou à blesser ;
c) Il peut en outre consister en des gestes ou menaces
comme signes d’expression de dédain ou de mépris ;
d) L’outrage peut revêtir la forme d’envoi de gris-gris
etc..…
2. Le fait matériel d’outrage doit être adressé à un
représentant de l’autorité. Par représentant de
l’autorité, il faut entendre ici soit un membre du
Gouvernement soit un membre du Sénat ou un
membre de l’Assemblée Nationale soit des membres
des Cours et Tribunaux, des Forces Armées, de la
Police soit les autres dépositaires de l’autorité ou de la
force publique.
3. L’outrage au représentant doit être fait dans l’exercice
de la fonction. C’est la fonction qui est protégée. Ne
tombe pas sous le coup de cet article celui qui outrage
les personnes citées en dehors de l’exercice de leurs
fonctions.
4. L’outrage doit être reçu personnellement par l’offensé.
L’outragé doit être présent ou l’écrit lui être
directement adressé ; ou bien s’il est absent, l’auteur
doit avoir invité ceux qui l’entendaient à rapporter les
propos outrageants à la personne visée. La publicité
n’est pas requise.
c) Elément moral. L’auteur doit connaître la qualité de
sa victime, celle qu’il outrageait. Il doit avoir eu
l’intention de l’outrager et de le blesser dans sa dignité et
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
454

dans sa fonction. L’infraction ne sera pas établie si


l’outrage a été précédé de provocation.

II. Poursuites
La personne lésée comme le corps auquel il appartient peut
porter plainte. Le Ministère public peut également se saisir
d’office.
1. L’article 136 prévoit six à douze mois de servitude pé-
nale principale et l’amende ou l’une de ces peines en cas
d’outrage par parole, faits, gestes ou menaces commis
envers un membre du gouvernement, du parlement, de la
cour constitutionnelle dans l’exercice ou à l’occasion de
l’exercice de leurs fonctions ;
2. L’article 136 alinéa 2 sanctionne de trois à neuf mois de
servitude pénale principale et d’amende ou l’une de ces
peines lorsque l’outrage par paroles, gestes, faits ou me-
naces est commis envers un membre des cours et tribu-
naux ou un officier du Ministère public, les autres déposi-
taires de l’autorité ou de la force publique (outrages à
magistrat).
3. L’article 138 du code pénal livre II punit de - six à trente
mois de servitude pénale principale et/ou amende celui
qui aura frappé un membre du gouvernement, du parle-
ment, de la cour constitutionnelle dans l’exercice ou à
l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ;
La même disposition sanctionne de six à vingt quatre mois
de servitude pénale principale et/ou amende celui qui aura
frappé aura frappé un membre de cour, tribunaux et par-
quets, les autres dépositaires de l’autorité ou de la force
publique.
L’article 138 fait encourir six à huit mois et une amende ou
une de ces peines celui qui aura frappé les autres déposi-
taires de l’autorité publique ou de la force publique dans
l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.
4. De l’article 138bis, il ressort que si les violences exercées
ont causé des blessures ou des maladies, le coupable sera
puni de :
Catalogue des infractions 455

- quatre à dix ans de servitude pénale principale et


d’amende ou d’une de ces peines s’il s’agit des
membres du Parlement, du Gouvernement ou de la
Cour Constitutionnelle ;
- un à trois ans de servitude pénale principale et/ou
amende en ce qui concerne un membre des cours tri-
bunaux et parquets, un officier supérieur des Forces
Armées de la République Démocratique du Congo et
de la Police Nationale ou un Gouverneur de Province
dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs
fonctions ;
- six à vingt quatre mois et une amende ou une de ces
peines pour les autres dépositaires de l’autorité ou de
la force publique dans l’exercice ou à l’occasion de
l’exercice de leurs fonctions.
5. L’article 138 ter précise que les outrages adressés aux
personnes visées aux articles 136 et 138 ne peuvent, sauf
cas de flagrant délit, être poursuivis que sur plainte de la
personne lésée ou de celle du corps dont elle relève.
6. Pour l’article 138 quater, les peines prévues par les ar-
ticles 136, 138 et 138 bis seront applicables à quiconque
aura outragé ou frappé des témoins en raison de leur dé-
position selon qu’ils peuvent être rangés dans l’une de
trois catégories de personnes protégées par la présente
loi.
7. Aux termes de l’article 138 quinquies, sera puni selon le
droit commun mais avec circonstances aggravantes, celui
qui aura outragé ou frappé l‘une des personnes désignées
aux articles 136 et 138 en dehors de l’exercice de ses
fonctions. Il n’y aura point d’action si l’outrage est né à la
suite d’une provocation de la part du fonctionnaire.
Les outrages ou violences envers les agents de l’Adminis-
tration des mines sont spécialement définis. A l’article 309
du Code Minier, il est question d’outrages par faits, paroles,
gestes, menaces ou le fait de frapper un agent des mines
dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonc-
tions. La sanction est d’une servitude pénale maximum de
six mois et d’amende équivalent en francs congolais de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
456

1000 à 5.000 $US. Seule la servitude pénale ou l’amende


peut être infligée.

397. Outrage envers le chef de l’Etat


Voir offenses envers le chef de l’Etat.

398. Outrage envers les agents diplo-


matiques
Voir offenses envers le chef de l’Etat.

399. Outrage envers les chefs d’Etat


étrangers
Voir offenses envers le chef de l’Etat.

400. Outrage envers les chefs des gou-


vernements étrangers
Voir offenses envers le chef de l’Etat.

401. Outrage envers les corps consti-


tués et ses membres
Voir outrages envers les fonctionnaires publics.

402. Outrage envers l’emblème national


L’outrage, avons-nous dit est tout acte (geste, parole ou at-
titude) susceptible d’offenser gravement. Par emblème, il
faut entendre une figure symbolique accompagnée d’une
devise1. L’emblème national est l’attribut destiné à repré-
senter une Nation. Il est aussi appelé drapeau national.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’outrage envers l’emblème national doit pour
exister réunir les éléments matériel et moral.
a) L’élément légal est fait de l’ordonnance-loi du 16 dé-
cembre 1963 qui en son article 3 modifié par la loi
11
Petit Larousse illustré, 1985, p.353.
Catalogue des infractions 457

n°71/007 du 19/11/1971 sanctionne ce comportement.


b) L’élément matériel. L’élément matériel est constitué :
1.d’un acte matériel d’outrage, c’est-à-dire détérioration,
parole ou geste de mépris ;
2.l’acte est effectué publiquement ; il est entouré d’une
certaine publicité ;
3.un acte matériel d’outrage envers le drapeau national ;
seul le drapeau national est protégé par la loi.
c) L’élément moral. Il doit y avoir dans le chef de l’auteur,
l’intention d’outrager le drapeau national, l’infraction est
inexistante si la détérioration est accidentelle.

II. Poursuites
La peine est de huit jours à trois mois de servitude pénale
principale. Au regard du taux de la pénalité, cette infraction
est de la compétence du tribunal de paix. Elle se prescrit
(action publique) en une année.
Le Code pénal militaire punit également de six à cinq ans
en son article 87 tout militaire ou assimilé qui déchire,
brûle, détruit par quelque acte que ce soit l’emblème natio-
nal ou qui adopte publiquement et volontairement une atti-
tude de mépris en refusant de rendre les honneurs dus à
cet emblème ou de proférer des propos désobligeants à son
endroit (Outrage au drapeau).

403. Outrage public à la pudeur


Voir outrage publics aux bonnes mœurs par gestes.

404. Outrage public aux bonnes mœurs


L’outrage public aux bonnes mœurs est compris comme
l’infraction qui punit l’expression ou la reproduction de l’im-
moralité, de l’impudicité, de l’obscénité. Le législateur le
subdivise en outrage public aux bonnes mœurs par écrits
ou paroles et en outrage public aux bonnes mœurs par
geste ou outrage public à la pudeur.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
458

405. Outrage public aux bonnes mœurs


par écrits
Le législateur parle indistinctement d’outrage public aux
bonnes mœurs par écrits et d’outrage public aux bonnes
mœurs par paroles.

I. Eléments constitutifs
a) L’infraction d’outrage public aux bonnes mœurs par
écrits est prévue et réprimée par les articles 175 et 177
du code pénal livre II.
b) Elément matériel. L’élément matériel est constitué :
1.d’un acte matériel prévu par la loi. Il peut s’agir de
chansons, pamphlets ou autres écrits, imprimés,
figures, images, emblèmes. La Cour suprême de justice
a reconnu coupable un groupe d’artistes –musiciens
pour avoir chanté devant plusieurs personnes,
enregistré sur bandes cassettes, vendu et distribué à
diverses personnes deux chansons intitulées « Eleni et
Jacquie » d’une rare obscénité ou outrageant les parties
intimes de ces deux femmes1
2.L’acte porte sur un objet contraire aux bonnes mœurs,
c’est-à-dire un objet qui a pour effet de corrompre les
mœurs1. Il en est ainsi d’une une statuette reproduisant
les usages sexuels (Ici cette notion est laissée à
l’appréciation du juge et selon les provinces).
3.L’existence d’un certain caractère de publicité. En effet,
ne constitue pas cette infraction le fait de détenir chez
soi des écrits ou images obscènes et de les montrer à
des amis ou chanter chez soi des chansons obscènes
sans qu’elles ne soient entendues de l’extérieur.
c) Elément moral. Le simple fait pour l’auteur d’avoir eu
connaissance du caractère obscène de l’écrit ou de la
chanson suffit à caractériser l’infraction. L’intention
méchante n’est donc pas requise.

11
C.S.J. , 16 octobre, cité par LIKULIA, Op. Cit. p. 353.
11
Liége, 4e ch., 7 novembre 2001 p.760 in Revue de Jurisprudence de liège ,Mons et Bruxelles ,31
décembre2004,110e,e année, Hebdomadaire p.2031
Catalogue des infractions 459

La loi protège la pudeur publique non seulement contre


l’étalage effronté de la débauche sexuelle, ce qui est
l’obscénité mais encore contre l’expression de la pensée
lorsque s’arrogeant toute licence, elle en arrive à
enfreindre les règles de décence et de convenance
communément reçues.

II. Poursuites
Sur dénonciation ou par saisine d’office, l’action publique
sera mise en mouvement par le Ministère public. La sanc-
tion est de huit jours à un an de servitude pénale. Cette ma-
tière relève de la compétence du tribunal de paix. L’action
publique est prescrite dans un délai d’une année après la
commission des faits.

406. Outrage ou violence envers les


agents de l’administration de mines
Voir Outrage aux fonctionnaires.

407. Outrage public aux bonnes mœurs


par gestes
L’outrage public aux bonnes mœurs par gestes est aussi
appelé « outrage public à la pudeur ». Il est l’accomplisse-
ment d’un fait matériel contraire aux bonnes mœurs qui,
lorsque commis en public est susceptible de blesser la pu-
deur des personnes qui en sont involontairement témoins.

I. Eléments constitutifs
L’existence de l’infraction d’outrage public aux bonnes
mœurs par gestes requiert elle aussi pour son établisse-
ment des éléments légal, matériel et moral.
a) Le texte sanctionnateur est le code pénal en ses articles
176-177 Livre II. Il est le texte et l’élément légal de l’in-
fraction. Ce texte de loi punit l’acte de huit jours à trois
ans de servitude pénale principale.
b) Eléments matériels. Les éléments matériels consistent en :
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
460

1.Fait matériel contraire aux bonnes mœurs. Par


exemple, un acte immoral comme se promener poitrine
nue dans la rue.
2.Publicité du fait. Un acte obscène commis dans un lieu
public a un caractère absolu. La publicité peut aussi
résulter de la présence de témoins. Nous estimons,
pour notre part qu’en cas de témoin volontaire la
publicité requise ferait défaut. Le fait de satisfaire le
besoin naturel d’uriner sur la voie publique est un cas
exemplaire de publicité.
c) Elément moral. La volonté de mal faire, l’intention de
choquer n’est pas requise, seul suffit le manque de
précautions pour ne pas être vu. Il en est ainsi des époux
négligeant de tirer le rideau de la fenêtre avant
d’accomplir l’acte conjugal.
Le tribunal a tranché que l’outrage aux mœurs est public s’il est
commis dans les herbes, à trente mètres du chemin c’est-à-
dire à un endroit accessible au public ; qu’en s’adonnant à
tour de rôle sur chacune de plusieurs femmes à des actes
éhontés auxquels les autres ont souvent assisté, et desquels
elles auraient toujours pu être témoins même sans le
vouloir, le prévenu s’est rendu coupable d’outrage public
aux mœurs1

II. Poursuites
Les poursuites peuvent être exercées sur dénonciation ou
d’office. La compétence demeure celle du tribunal de paix.
L’action publique est éteinte dans le délai de trois ans.
Deux arrêtés du Commissaire d’Etat à l’Orientation Natio-
nale du 01 janvier 1975 ont renforcé la législation en ma-
tière d’outrages aux bonnes mœurs. Le premier punit l’im-
portation, la vente, l’exposition, la circulation et la détention
des publications pornographiques. La sanction est d’une ser-
vitude pénale d’un an maximum et d’une amende. L’une et
l’autre de ces peines peut être appliquée exclusivement. Le
second interdit la production, l’importation, l’exportation, la
distribution, la projection et la détention des films pornogra-
phiques.
11
Boma, 12 décembre 1905, Jur. Etat II p. 75 ; Boma , 2 mai 1911, Jur. Congo 1912, p.149.
Catalogue des infractions 461

La sanction prévue est l’application de l’article 175 du code


pénal livre II et la confiscation du support des propos incri-
minés (bandes magnétiques)

408. Outrage public aux bonnes mœurs


par paroles
Voir outrage public aux bonnes mœurs par écrits.

409. Ouverture ou suppression des


lettres
Aux termes de l’article 71 du code pénal « toute personne
qui, hors les cas prévus par la loi, aura ouvert ou supprimé
des lettres, des cartes postales ou autres objets confiés à la
poste ; ou ordonné ou facilité l’ouverture ou la suppression
de ces lettres, cartes ou objets, sera puni.
L’article 71 du code pénal ordinaire repris par l’article 21
de l’ordonnance loi n°68 -045 du 21 janvier 1968 réprime
l’infraction d’ouverture ou suppression des lettres.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’ouverture ou suppression des lettres com-
porte quatre éléments constitutifs :
1° a) décoller, rompre, supprimer, briser l’obstacle placé
par l’expéditeur sur sa lettre en vue d’assurer le secret
du contenu contre les indiscrétions des tiers ;
b) détourner une lettre de sa destination en la
détruisant, en la jetant ou même en la conservant ;
c)ordonner ou faciliter l’ouverture ou la suppression de
l’objet protégé.
2° Objet protégé : il doit s’agir soit des lettres, cartes
postales ou tout objet confié à la poste. Il ne peut s’agir
que de l’objet confié à la poste, c’est-à-dire pendant le
temps de transmission. Ne constituera pas cette infrac-
tion les lettres ouvertes ou supprimées avant d’avoir été
confiées à la poste ou après qu’elles ont été remises par
le facteur.
3° L’infraction d’ouverture ou suppression de lettres
peut être commise aussi bien par un particulier non em-
ployé à la poste que par un agent de poste ou par un com-
missionné officiellement comme tel. L’agent de poste,
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
462

c’est tout fonctionnaire nommé et affecté à la poste.


L’agent commissionné officiellement est celui chargé à
titre temporaire de la gestion du bureau de poste (chef de
collectivité ou de localité) par décision administrative ;
4° l’agent doit agir avec connaissance ou volonté d’ou-
vrir ou de supprimer la lettre, ce qui exclut la négligence.
Il doit agir sans droit.
Ne constituera pas l’infraction d’ouverture ou suppression
des lettres l’ouverture des correspondances lors de l’ins-
truction judiciaire, cela étant conforme aux articles 28 et 29
du Code de Procédure Pénale. Il en est de même de l’ouver-
ture des correspondances en cas de censure postale ou en
matière de faillite où le curateur a droit de prendre connais-
sance des lettres adressées au failli.
Celui qui ouvre les lettres pour obtenir des renseignements
nécessaires pour les expédier à leur destinataire ou pour en
retirer les objets et documents de valeur ou les objets pro-
hibés ou soumis au droit de douane ou en vue de découvrir
la fraude ne commet pas l’infraction d’ouverture ou sup-
pression des lettres.

II. Poursuites
a)Pénalités prévues par le législateur
L’ouverture ou la suppression des lettres est punie
d’amende. L’amende sera majorée en cas de lettre recom-
mandée ou assurée ou contenant des valeurs réalisables. Si
l’auteur de l’infraction est un agent des postes ou commis-
sionné comme tel, il lui sera appliqué trois mois de servi-
tude pénale au maximum et l’amende.
L’ouverture d’un sac ou d’un paquet postal verra l’auteur
subir sept jours de servitude pénale au maximum et
l’amende ou l’une de ces peines. Le porteur de courrier qui
abandonne le courrier postal confié à ses soins subira sept
jours au maximum et l’amende ou l’une de ces peines seule-
ment.
La simple révélation, par un agent de poste ou par toute
personne officiellement commissionnée pour assurer le ser-
vice postal, de l’existence ou du contenu d’une lettre, carte
postale ou tout envoi confié à la poste, est punissable d’une
servitude pénale principale d’un mois au plus et d’une
amende ou d’une de ces peines seulement (art 72 du code
Catalogue des infractions 463

pénal tel que repris par l’ordonnance-loi précitée). Evidem-


ment, ne sont pas concernés, la révélation de l’existence ou
du contenu, cas prévus par la loi, dans les établissements
pénitenciers, en temps de guerre, de censure ou sur man-
dat de justice.

b) Circonstances aggravantes de l’infraction


Les circonstances aggravantes de l’infraction d’ouverture
ou suppression des lettres tiennent à la valeur des objets et
à la qualité de l’agent.
1. Il y aura circonstance aggravante tenant à la valeur des
objets et aux conditions de leur transmission. La sanction
sera de 7 jours de servitude pénale au maximum et
l’amende ou l’une de ces peines seulement. C’est le cas si
la lettre ou l’envoi était recommandé ou assuré. Il en est
de même lorsque l’envoi contient des valeurs réalisables
c’est-à-dire chèques, mandats, coupons – réponses (titres
valant espèces). Tel est également le cas lorsqu’il y a ou-
verture d’un sac ou d’un paquet postal.
2. Circonstances aggravantes tenant à la qualité de l’au-
teur :
Quand l’auteur est un agent des postes ou officiellement
commissionné comme tel et en cas d’abandon du courrier
postal par le porteur la sanction sera sévère.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
464
P

410. Parricide
Le meurtre des père et mère ou de tout autre ascendant est
appelé « parricide ». Le droit congolais n’y accorde pas une
attention particulière. Certes, le commandement chrétien
« Tes père et mère honoreras » et le Code de la Famille en
son article 316 (l’enfant à tout âge doit honneur et respect
à ses père et mère) en font une règle normale et la société
traite avec grande sévérité l’enfant parricide.
Cependant le droit congolais n’a pas spécialement réprimé
cet acte inexplicable et contraire aux sentiments naturels.
Evidemment, dans l’ancien droit coutumier (auquel on ne
peut en droit pénal se référer aujourd’hui), le parricide était
sanctionné très sévèrement. Le droit pénal législatif devrait
intervenir pour marquer la désapprobation particulière de
la société vis-à-vis de cet acte. En attendant, le parricide est
réprimé comme homicide, meurtre, assassinat ou empoison-
nement.

411. Participation à des bandes armées


Seront punis de mort le chef, les organisateurs ou les com-
mandants d’une bande armée en vue de troubler l’Etat.
En effet, d’une part l’Etat peut être troublé par la destruc-
tion ou le changement de régime constitutionnel, l’excita-
tion des citoyens à prendre les armes en vue d’une guerre
civile, la provocation d’une sécession d’une partie du terri-
toire national (art.195 du CPLII) ou par l’envahissement, le
pillage ou le partage des propriétés publiques ou privées ou
encore en faisant attaque ou résistance envers la force pu-
blique et ;
D’autre part, l’Etat peut être troublé par les attentats en
période de guerre civile ou de troubles graves (art.200)
dans le but de porter le massacre, la dévastation ou le
pillage.
Les individus membres des bandes visées à l’article 195
n’exerçant pas de commandement ou d’emploi saisis sur les
lieux des réunions séditieuses seront punis d’une servitude
pénale de dix à quinze ans. S’ils se retirent au premier aver-
Catalogue des infractions 465

tissement des autorités ou lorsqu’ils auront été saisis hors


des lieux sans opposer de résistance et sans armes, il ne
sera prononcé aucune peine pour le fait de sédition
(art.205).
La disposition légale qui réprime la participation à des
bandes armées est l’article 202 du Code Pénal Congolais1.

412. Participation à un mouvement in-


surrectionnel
Voir Mouvements insurrectionnels.

413. Pédophilie
La pédophilie désigne l’attirance sexuelle d’un adulte ou
d’un adolescent envers les enfants non pubères, bref envers
un enfant. Cette attirance est considérée par certains
comme une perversion sexuelle et par d’autres comme une
maladie mentale, mais cette dernière position n’est pas en-
core clairement établie.
Plusieurs concepts sont rattachés à la pédophilie : relation
sexuelle avec mineurs, pornographie infantile, abus sexuel
sur mineur, viol des mineurs, etc.
Dans la plupart des législations, la simple attirance sexuelle
n’est pas réprimée. Par contre l’acte sexuel entre un adulte
et un enfant est illégal. En effet, selon le droit, le majeur
seul a droit à une libre sexualité. Le droit ne reconnaît pas
à l’enfant mineur de droit à la sexualité. Ce qui implique
que dans une affaire de relations sexuelles adulte-enfant,
l’enfant ne peut être entendu que comme une victime. C’est
pourquoi l’acte sexuel entre un adulte et un enfant est sévè-
rement réprimé vis-à-vis de l’adulte considéré comme seul
coupable et responsable. L’absence de consentement de
l’enfant n’est pas requis pour que l’infraction soit consti-
tuée : la relation sexuelle en elle-même est illégale. La loi
est généralement fondée sur une limite d’âge, appelée ma-
jorité sexuelle, qui diffère en fonction des pays. Il existe des
lois qui répriment la simple incitation d’un enfant à un acte
sexuel. Par ailleurs, la production, la consommation,

11
JORDC, 47ème année, Numéro spécial, 05 octobre 2006, p. 63.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
466

l’échange et la simple détention de matériel pornogra-


phique impliquant les enfants sont souvent interdits.
Le terme « pédophilie » n’apparaît pas dans le Code pénal
de 1940. Et pourtant le phénomène n’est pas moins répan-
du. Si l’on n’était pas pour autant désarmé pour réprimer la
pédophilie, car l’on recourait à d’autres infractions plus gé-
nérales, il a néanmoins fallu attendre la loi n° w09/001 du
10 janvier 2009 portant protection de l’enfant. Cette loi ré-
prime plus spécifiquement des infractions propres de pédo-
philie.
La protection de l’enfant contre les agressions sexuelles, les
actes de pédophilie sont assurés par l’incrimination de di-
vers actes notamment l’attentat à la pudeur, la relation
sexuelle, l’érotisme, la pornographie, l’abus sexuel et le
viol, l’excitation de mineurs à la débauche, le proxénétisme,
le mariage de la jeune fille impubère, le mariage inces-
tueux.
Le viol d’un enfant est réprimé par l’article 170 la loi n°
09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant. La
peine est de sept à vingt ans de servitude pénale principale
et d’une amende de huit cent mille à un million de francs
congolais ;
L’attentat à la pudeur sans violence, ruse ou menace com-
mis sur un enfant est puni. La sanction est de six mois à
cinq ans de servitude pénale principale (article 172, loi du
10 janvier 2009), l’attentat à la pudeur avec violence, ruse
ou menace commis sur un enfant est puni de cinq à quinze
ans de servitude pénale principale ;
Les actes de stimulations des passions sexuelles de l’enfant
peuvent consister en l’excitation des mineurs à la débauche
prévue et sanctionnée aux termes de l’article 173 de la
même loi de 2009. L’auteur encourt trois à cinq ans de ser-
vitude pénale et une amende de cinq cents mille francs
congolais;
L’incitation d’un enfant à des relations sexuelles avec un
animal est prévue et punie. La sanction est de sept à quinze
ans de servitude pénale principale et une amende de cinq
cents mille à un million de francs congolais (article 174 de
la loi de 2009) ;
Catalogue des infractions 467

La détention d’un ou plusieurs enfants dans le but d’abuser


d’eux sexuellement a été érigée en infraction. Cette der-
nière est sanctionnée de dix à vingt ans de servitude pénale
principale (article 175 de la loi portant protection de l’en-
fant) ;
Le proxénétisme est sanctionné par l’article 174 bis du code
pénal. Sous cette qualification apparaissent ainsi l’entraîne-
ment, l’embauchage et le détournement en vue de la dé-
bauche ou de la prostitution, le délit du souteneur. Il est à
regretter que les activités tendant à favoriser la débauche
ou la prostitution dans le chef des parents qui entraîne-
raient, embaucheraient ou détourneraient en vue de la dé-
bauche ou de la prostitution leur propre enfant ne soient
pas spécialement réprimées ;
Le mariage de la jeune fille impubère et le mariage inces-
tueux sont réprimés respectivement par les articles 420 et
suivants ainsi que par l’article 353 du Code de la Famille.
S’agissant du mariage de la jeune fille impubère, la non-pu-
berté se situe en dessous de l’âge de 14 ans et s’établit par
tous les moyens de preuve ou par le simple aspect de la fille
(articles 421 et 422 du Code de la famille). Si l’époux de la
fille impubère n’est pas visé par cette incrimination, il est
cependant poursuivable sur pied des dispositions sanction-
nant le mariage avec une fille mineure. En outre, s’il a des
relations sexuelles avec elle, il est susceptible de répondre
de l’infraction de viol réputé.
414. Perception indue d’une participation par travail,
conseils ou capitaux
L’article 78 du code pénal militaire punit tout militaire ou
assimilé ou tout individu au service du ministère de la Dé-
fense, chargé en raison de sa fonction :
- de la surveillance ou du contrôle d’une entreprise privée ;
- de la passation, au nom de l’Etat, des marchés ou
contrats de toute nature avec une entreprise privée ou
toute autre personne privée ;
- de l’expression d’avis sur les marchés ou contrats de
toute nature passés avec une entreprise privée ou toute
autre personne privée, pendant un délai de cinq ans, à
compter de la cessation de la fonction, prendra ou rece-
vra une participation par travail, conseils ou capitaux
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
468

dans une quelconque des entreprises ou personnes visées


ci-dessus.

I. Conditions préalables
La consommation de l’infraction de l’article 78 du code pé-
nal militaire est subordonnée à une double condition de
l’agent visé et de l’affaire concernée. Peut commettre cette
infraction soit un militaire, soit toute autre personne au ser-
vice du ministère de la Défense. L’existence d’une affaire
suppose qu’il s’agit « d’une entreprise, d’une concession ou
d’un contrat de toute nature ».
a) L’agent jouit d’un mandat du ministère de la Défense à
raison de sa fonction.
b) L’Etat congolais représenté par le ministère de la
Défense, confère des prérogatives à un militaire ou autre
personne à son service, de sauvegarder ses intérêts dans
la conclusion des marchés ou contrats d’affaires avec les
firmes privées ou les particuliers.
c) Les avis à émettre peuvent porter sur les prix, l’objet, ou
sur la clause des contrats.

II. Eléments constitutifs


L’infraction de l’article 78 du code pénal militaire n’a
d’existence légale qu’à la double condition de réunir les élé-
ments matériel et moral.
L’élément matériel consiste à prendre ou à recevoir une
participation par travail, conseils ou capitaux dans une
entreprise privée, ou encore à conclure des marchés ou
contrats avec elle ou des particuliers.
a) L’élément moral consiste en ce que l’agent prend
sciemment un intérêt dans une affaire que sa fonction lui
faisait un devoir de surveiller.

III. Régime répressif


Le coupable encourt une servitude pénale dont le taux varie
entre cinq et dix ans et une amende de 5.000 à 10.000
francs congolais constants. En outre, le préjudice subi par
l’Etat congolais doit être réparé par l’auteur de la percep-
Catalogue des infractions 469

tion indue d’une participation par travail, conseils ou capi-


taux.

415. Photographie clandestine


Le droit au respect de la vie privée doit être garanti. Dans
le cas où il y serait porté atteinte, réparation du dommage
subi doit être faite outre d’empêcher ou de faire cesser de
telles atteintes.
Les droits de la personne photographiée
Toute personne a des droits exclusifs sur sa propre image.
Elle peut donc interdire qu’on la photographie ou que l’on
publie une photographie déjà prise. Or les exigences de
l’actualité amènent journellement la presse à publier des
photographies d’hommes politiques, d’artistes ou même des
personnes quelconques mêlées aux faits divers. Dans la pra-
tique, on admet que les journaux peuvent publier, sans au-
torisations, les photographies prises dans la rue ou dans les
manifestations publiques mais ce n’est qu’une tolérance. Le
journal devrait respecter l’interdiction qui lui serait faite
par la personne photographiée.
Quant aux scènes de la vie privée, elles ne peuvent être
photographiées et reproduites dans la presse qu’avec l’ac-
cord de l’intéressé. La loi devra réprimer pénalement toutes
photographies qui se déroulent dans un lieu privé. Il en
sera ainsi du fait de porter volontairement atteinte à l’inti-
mité de la vie privée d’une personne en fixant ou transmet-
tant son image sans son consentement. Toutefois, il faut
préciser que si la photographie est prise au cours d’une
réunion, au vu et au su des participants, le consentement
sera présumé. Pourquoi donc dans le cadre de l’améliora-
tion de notre législation répressive les efforts ne tendraient-
ils pas vers la création d’une infraction propre, qui serait à
coup sûr un délit de presse ?

416. Photographies et dessins interdits


L’article 79 de la loi 96-002 du 22 juin 1996 fixant les moda-
lités de l’exercice de la liberté de presse définit les photo-
graphies, dessins ou portraits, illustrations, images dont la
reproduction est interdite. L’article 81 de la même loi punit
la violation de cette interdiction de quinze jours maximum
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
470

de servitude pénale et d’une amende ou de l’une de ces


peines, à moins que les faits ne soient constitutifs d’une in-
fraction passible des peines plus fortes. Sont interdits (ar-
ticle 79 point c) :
1. La reproduction des photographies, dessins ou extraits
de tout ou parties des circonstances des crimes de sang,
des crimes ou délits touchant aux mœurs , sauf demande
expresse du chef de la juridiction saisie du cas. Il s’agit
des attentats contre les personnes (meurtre, homicide,
assassinat, empoisonnement, avortement). La loi a voulu
éviter au lecteur la vision des scènes tragiques ou démo-
ralisantes. Ce qui est interdit, c’est la reproduction de
l’image du crime. L’interdiction n’est pas limitée dans le
temps, elle concerne non seulement l’actualité mais aussi
les événements plus anciens.
2. L’illustration concernant le suicide des mineurs, sauf au-
torisation du Procureur de la République.
3. L’enregistrement, l’image aux audiences des cours et tri-
bunaux, sauf autorisation du Président du Tribunal.

417. Pillage
Sous la dénomination de « pillages1 », le législateur ren-
contre deux concepts : pillages stricto sensu et les dégâts
qui en résultent. Par pillages, l’on entend tous les actes de
dépouillement ou de spoliation des denrées, marchandises
ou autres effets appartenant soit à l’Etat, soit à d’autres
personnes morales nationales ou étrangères, soit à des par-
ticuliers, lesquels actes sont généralement accompagnés de
violences ou autres atteintes à l’intégrité physique des per-
sonnes et perpétrés par des militaires en bandes ou non,

11
Les pillages ont eu lieu à plusieurs reprises dans notre Pays. Les premiers pillages datent des 23 et
24 septembre 1991, au début de la Conférence Nationale Souveraine. Les principaux objectifs des
pillards étaient manifestement les magasins, les sociétés détentrices d’un matériel diversifié et tenta-
teur. La deuxième expérience se présenta le 23 janvier 1993. Outre les magasins, les institutions
publiques et les institutions religieuses étaient manifestement visées. Des couvents et des paroisses
furent notoirement pillés. La fureur se manifesta par des destructions volontaires et méchantes : on
cassait, on abimait, on rendait inutilisables mobiliers et habitations. Des cas de viols furent constatés.
La troisième vague de pillages s’est déclenchée dès novembre 1996, dans l’est et le Nord-est du
pays. Elle s’est propagée, pendant plusieurs mois, dans diverses régions. Refusant de combattre les
rebelles et fuyant devant leur progression les Forces Armées Zaïroises détruisaient systématiquement
et sauvagement les bâtiments ainsi que les véhicules dont ils n’avaient pas besoin ou qui tombaient en
panne. Les militaires commençaient le pillage et une partie de la population suivait (Abbé Laurent May
Muke, Paul Delanaye cicm : Violence, non-violence et pillage, Commission Episcopale de l’Education
Chrétienne, 1998).
Catalogue des infractions 471

des assimilés ou autres individus embarqués ou non, etc. en


possession ou non des armes, à force ouverte etc.2
En outre, sont compris dans le mot « pillages » , les dégâts,
c’est-à-dire les dommages graves causés sur les denrées ,
marchandises ou autres effets, les bris des portes et clô-
tures extérieures, perpétrés par les agents préqualifiés en
tout temps sur le territoire national ou à bord d’un aéronef
ou navire battant pavillon congolais.

I. Eléments constitutifs
La réalisation de l’infraction de « pillages » requiert la
réunion des éléments essentiels.
1°L’existence des militaires ou individus embarqués en
bandes, voire des non militaires. Il s’agit d’une bande ar-
mée mais aussi d’un groupe des hors-la loi qui, même dé-
pourvus des armes peuvent commettre ces actes des
pillages. Peu importe le nombre des membres qui compose
la bande, le nombre d’armes et leur nature. Les personnes
non militaires peuvent également participer aux pillages
soit par coactivité soit par complicité. Le législateur ré-
prime les individus non militaires qui participent aux
pillages sur pied de l’alinéa 2 de l’article 64 du code pénal
militaire. Les civils et assimilés qui participent aux pillages
échappent à la rigueur de la loi militaire lorsqu’ils ne se
sont pas servis des armes de guerre.
2° l’élément matériel. L’acte matériel consiste dans l’appro-
priation violente ou forcée ou simplement dans la destruc-
tion collective du patrimoine de l’Etat, des institutions pu-
bliques ou privées, ou du patrimoine des particuliers. Si
l’appréhension vise particulièrement les biens meubles, les
dégâts, eux, concernent tant les biens meubles que les
biens immeubles, matériels ou immatériels.
3° Les éléments intellectuels. Les pillages ne sont punis-
sables que lorsque les auteurs en assument la responsabili-
té morale, fondée sur l’appartenance à autrui des biens vi-
sés par la loi, et d’autre part sur la résolution criminelle
pluralement mûrie.

22
Laurent MUTATA LUABA, op. cit p. 134.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
472

II. Régime répressif


Les peines varient selon les circonstances de la perpétra-
tion des pillages et le rôle joué par certains agents. Lorsque
les pillages ne sont accompagnés d’aucune circonstance
aggravante, c’est-à-dire sans actes de violence, les auteurs
encourent une peine de servitude pénale principale dont le
taux varie entre dix et vingt ans (art. 63 alinéa 2 du Code
Pénal Militaire).
Par contre lorsque les pillages sont commis à l’aide des
armes, par bris des portes et clôtures extérieures, ou en
usant des violences envers les personnes, les auteurs seront
punis de la servitude pénale à perpétuité. Cette peine n’est
réservée qu’aux instigateurs et aux militaires les plus éle-
vés en grade si l’on retrouve parmi les coupables un ou plu-
sieurs instigateurs, un ou plusieurs militaires supérieurs en
grade (article 63 alinéa 1er et 3 du code pénal militaire)
Bien plus, la peine de mort sera infligée aux militaires, or-
ganisateurs des pillages, appartenant à une ou plusieurs
unités agissant de concert (article 64 alinéa 1er du code pé-
nal militaire). La plus haute expression pénale est réservée
aux militaires ayant perpétré les actes de pillage par suite
d’une entente préalable. La même peine capitale est pro-
noncée à l’endroit des délinquants ayant commis les
pillages en temps de guerre ou dans une région où l’état de
siège ou d’urgence est proclamé ou à l’occasion d’une opé-
ration de police tendant au maintien ou au rétablissement
de l’ordre public.
Les juridictions militaires demeurent compétentes pour
connaître des actes de pillages en temps de paix et en toute
circonstance exceptionnelle, chaque fois qu’ils sont commis
même avec la participation des individus non militaires,
c’est-à-dire les civils1.

418. Pires formes de travail des enfants


Les pires formes de travail des enfants sont interdites. Sont
considérées, par la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant à l’article 53, comme pires formes de
travail des enfants :

1
Article 64 alinéa 2 du Code Pénal Militaire.
Catalogue des infractions 473

1. toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues,


telles que la vente et la traite des enfants, la servitude
pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obli-
gatoire ;
2. le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de
leur utilisation dans les conflits armés ;
3. l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des
fins de prostitution, de production de matériel pornogra-
phique, de spectacles pornographiques ;
4. l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins
d’activités illicites, notamment pour la production et le
trafic des stupéfiants ;
5. les travaux qui, par leur nature et les conditions dans les-
quelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la san-
té, à la croissance, à la sécurité, à l’épanouissement, à la
dignité ou à la moralité de l’enfant.
Ces pires formes de travail de l’enfant sont voulues infrac-
tionnelles par le législateur. Il les a érigées en faits répré-
hensibles. L’intitulé « Protection pénale de l’enfant » en dé-
veloppe les régimes juridiques et pénaux. Le lecteur pourra
facilement s’y référer.

419. Police des étrangers2


Tout étranger qui veut entrer, séjourner et circuler en Ré-
publique Démocratique du Congo doit se munir des docu-
ments requis. La police des étrangers vérifie les conditions
d’entrée, la régularité de séjour, le respect de la législation
en matière d’immigration. Elle applique les sanctions en cas
de violation de la législation. La législation prévoit les sanc-
tions pénales et des mesures de police qui sont le refoule-
ment, l’expulsion, le renvoi, l’invitation à quitter le pays.

Quelles sont les sanctions pénales ?


Les sanctions pénales sont prévues par les articles 21 à 23
de l’ordonnance-loi n°83-033 du 12 septembre 1983 relative
à la Police des étrangers. Elles (sanctions pénales et me-
sures de police) sont de stricte interprétation et application.
22
Nous recommandons l’ouvrage de Philippe Kayumba N’kudi Sultan intitulé Guide de migration en
R.D.C, 1ère édition, Editions « pro-justitia », Kinshasa 2000, pp 35-41.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
474

Tout étranger qui se soustrait à l’exécution d’une décision


d’expulsion ou qui expulsé aura pénétré de nouveau sans
autorisation spéciale du Président de la République, sera
puni d’une servitude pénale de un à six mois et d’une
amende ou de l’une de ces peines seulement. A l’expiration
de la peine, l’étranger sera reconduit à la frontière.
L’étranger sous le régime d’expulsion qui est dans l’impos-
sibilité de quitter le pays sera astreint à résidence en un
lieu déterminé. S’il quitte la résidence qui lui est assignée
sans autorisation ou ne la rejoint pas dans les délais pres-
crits, il sera passible des mêmes peines.
Sera puni de trois mois maximum de servitude pénale et
d’amende ou d’une de ces peines seulement :
- tout étranger qui aura pénétré la République sans docu-
ments ni visas ;
- tout étranger auquel la carte de résidence aura été refu-
sée ou retirée et qui séjournera après l’expiration du dé-
lai qui lui aura été imparti ;
- tout étranger qui, sans excuse valable, aura omis de solli-
citer dans les délais légaux, la délivrance d’une carte de
résidence ;
- tout étranger porteur d’une carte de résidence ou d’un
récépissé de demande non valable ;
- toute personne qui, par aide directe ou indirecte, aura
facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le
séjour irrégulier d’un étranger ;
- toute personne qui aura entravé l’accomplissement de
leurs fonctions par les agents de l’autorité agissant en
exécution des prescriptions de l’ordonnance–loi précitée
ou de ses mesures d’exécution ;
- tout étranger qui aura refusé de présenter à toute réqui-
sition des agents de l’autorité les pièces et documents
sous couvert desquels il est autorisé à séjourner en Répu-
blique Démocratique du Congo.

420. Polyandrie
La polyandrie est aussi appelée l’usage commun d’une
épouse. La polyandrie est l’état d’une femme qui est enga-
gée simultanément ou successivement dans plusieurs
Catalogue des infractions 475

unions conjugales. Dans le cas du mariage coutumier enre-


gistré ou du mariage célébré, le coupable sera poursuivi
pour bigamie (art 408 Code de la famille).

I. Eléments constitutifs
L’infraction de polyandrie exige pour être établie l’exis-
tence de plusieurs mariages, des faits réprimés et l’inten-
tion coupable.

a. Existence de plusieurs mariages


La polygamie est consommée lorsqu’il y a célébration simul-
tanée ou successive de plusieurs unions conjugales entraî-
nant l’obligation de cohabitation. Les unions concernées ici
sont le mariage coutumier polygamique et le mariage cou-
tumier monogamique non inscrit. Elles doivent être coutu-
mièrement valables.

b. Différents faits réprimés


Les actes de polyandrie commis par ceux qui ont le droit de
garde sur la femme que les actes de polyandrie commis par
toute personne sont réprimés.
Il pourra s’agir des faits et gestes tendant à placer une
femme sous régime de la polyandrie. Par exemple, récla-
mer, recevoir ou accepter sous l’emprise de la coutume
toute somme ou valeur à titre d’avance ou de paiement de
dot. Sont également concernées et réprimés les actes pré-
paratoires à une union polyandrique ou à sa consommation.
Les personnes concernées sont celles qui ont la garde sur
une fille ou sur une femme. Par exemple, les parents, le
chef de famille et tous ceux dont l’intervention au mariage
est requise. Celui qui ferait usage des droits qu’il détien-
drait en vertu de la coutume, par exemple le chef de village,
de localité ou de collectivité ou le chef coutumier est aussi
concerné.
En cas d’accomplissement de toute cérémonie coutumière
en vue de la polyandrie, sont concernés ceux qui ont organi-
sé la cérémonie ou y ont volontairement joué un rôle, à l’ex-
clusion des simples assistants.

c. Intention coupable
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
476

L’intention coupable, pour que l’infraction de polyandrie se


caractérise est requise. Ainsi donc, si la prévenue s’est crue
libre, dans le cas de la femme, ou si le prévenu a cru de
bonne foi que la première union était dissoute ou nulle il n’y
a pas infraction de polyandrie.

II. Poursuites
Les époux eux-mêmes, toute personne qui a intérêt et le Mi-
nistère public, du vivant de deux époux, peuvent exercer
l’action (art 415 du Code de la Famille).
L’ordonnance législative n°37/AIMO du 31 janvier 1974 au-
trefois en vigueur a été abrogée par le code de la famille.
De nos jours, les différentes formes d’actes de polyandrie
sont définies, prévues et sanctionnées par les articles 410 à
414 du Code de la Famille.
Les infractions aux articles 410 à 412 sont punies de deux
mois de servitude pénale principale au maximum et d’une
amende ou d’une de ces peines seulement. Si l’infraction a
été commise à l’aide de violences, ruses ou menaces, ces
peines seront doublées. Les chefs de localité et de collecti-
vité (autorités coutumières), ont l’obligation de dénoncer
cette infraction. A défaut de dénoncer ils seront condamnés
solidairement au paiement des amendes, des frais et des
dommages intérêts résultant des condamnations pronon-
cées (art 414 du code de la famille).

421. Pornographie
Les images obscènes à caractère sexuel mettant en scène
des enfants (pornographie infantile) ou des adultes (porno-
graphie des adultes), les poses intentionnellement sexuelles
ou provocantes, les poses érotiquement explicites(axées sur
les parties génitales),les images sexuelles exprimant la dou-
leur ou mettant en cause des animaux, les films pornogra-
phiques, les photographies représentant des personnes
nues ou entrain de faire l’amour , c’est-à-dire d’avoir des
relations sexuelles, deviennent monnaie courante et cor-
rompent les mœurs. Le législateur congolais n’est pas de-
meuré en reste, il englobe et sanctionne ces faits sous l’in-
crimination d’outrage aux bonnes mœurs par écrits ou ob-
jets quelconques.
Catalogue des infractions 477

I. Eléments constitutifs
La pornographie, pour être punissable requiert des actes
spécifiques et l’élément moral.

a) Les actes incriminés sont :


1. l’exposition, la vente et la distribution ; la mise à la dispo-
sition de celui qui désire se le procurer ;
2. la détention, la distribution, l’importation, le transport, et
l’annonce en vue du commerce ;
3. l’impression, la reproduction et la fabrication (l’auteur de
l’objet est puni aussi bien que l’imprimeur, le reproduc-
teur ou le fabricant). Il a été jugé que l’infraction d’ou-
trage aux bonnes mœurs par exhibition d’images et par
actions est établie dans le chef de celui qui produit en
public, à l’aide d’appareils spéciaux et d’images reprodui-
sant les organes génitaux de la femme, des démonstra-
tions de nature à troubler l’imagination des victimes et à
les pousser au dévergondage1.

b) L’élément légal
L’ordonnance-loi 796007 de juillet 1979 et les arrêtés du
1er janvier 1975 du Commissaire d’Etat à l’Orientation Na-
tionale définissent et répriment la pornographie.

c) L’élément moral
Il n’est pas exigé que l’agent soit mû par le désir ou la vo-
lonté d’outrager les mœurs. Il suffit que connaissant le ca-
ractère obscène de l’acte incriminé, il le pose néanmoins 1.
Toutefois en raison des circonstances dans lesquelles l’acte
incriminé a été commis en l’occurrence lors de certaines
cérémonies coutumières, par exemple les cérémonies ac-
compagnant la naissance des jumeaux, l’agent ne sera pas
puni2.

II. Régime répressif


1° L’ordonnance-loi 79-007 de juillet 1979 punit de huit
jours à un an de servitude pénale et d’une amende ou d’une
de ces peines seulement celui qui sera reconnu coupable
d’avoir exposé, vendu ou distribué des objets contraires aux
bonnes mœurs.
11
Mineur. , Op. Cit, p. 369.
11
C.S.J. ,16 octobre 1979, cité par LIKULIA B. Op. Ci t p. 353.
22
LIKULIA. , Op. Ci t. p. 354.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
478

Sera puni des mêmes peines, celui qui en vue du commerce


ou de la distribution sera reconnu coupable d’avoir détenu,
importé, fait importer, remis à un agent de transport ou de
distribution, annoncé par un moyen quelconque de publicité
des objets contraires aux bonnes mœurs. Les mêmes peines
s’appliqueront à celui qui se rendra coupable d’avoir chan-
té, lu, récité fait entendre ou proféré des obscénités dans
des réunions ou lieux.
La loi a aggravé la situation de l’auteur, de l’imprimeur, du
reproducteur et du fabricant de l’objet obscène. Il sera puni
d’une servitude pénale d’un mois à un an et d’une amende
ou d’une de ces peines seulement.

422. Pornographie mettant en scène


des enfants
a) Base légale et définition
L’incrimination relève de l’article 174 du Code Pénal
Congolais tel que modifié et complété par la loi n° 06/018
du 20 juillet 2006. Elle est à définir comme le fait de repré-
senter par quelque moyen que ce soit un enfant s’adonnant
à des activités sexuelles explicites, réelles ou simulées ou
toute représentation des organes sexuels d’un enfant à des
fins principalement sexuelles.

b) De la répression de cette infraction


L’article 174m ci-haut cité réprime cette infraction. En tant
qu’infraction relevant des violences sexuelles, sa répression
a été renforcée par le biais de la loi n° 06/019 du 20 juillet
2006 modifiant et complétant le Décret du 06 août 1959
portant Code de Procédure Pénale et par les articles 179 et
180 de la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protec-
tion de l’enfant.
La sanction que pourra encourir l’auteur de cette incrimina-
tion est d’une servitude pénale de cinq à dix ans et d’une
amende de cent cinquante mille francs congolais constants
(art.174 du code pénal tel que modifié et complété par la loi
n°06/019 du 20 juillet 2006).
La production, la distribution, la diffusion, l’importation,
l’exportation, l’offre, la disponibilisation, la vente, le fait de
se procurer ou de procurer à autrui, de posséder tout maté-
Catalogue des infractions 479

riel pornographique mettant en scène un enfant, est puni de


cinq à quinze ans de servitude pénale principale et d’une
amende de deux cents mille à un million de francs congolais
outre la confiscation (article 179 de la loi n° 09/001 du 10
janvier 2009 portant protection de l’enfant).
L’exposition de l’enfant à la pornographie sous toutes ses
formes est punie de cinq à vingt ans de servitude pénale
principale et d’une amende de un million de francs congo-
lais, stipule l’article 180 de la loi sus- évoquée.

c) Tribunal compétent et prescription


La pornographie mettant en scène des enfants est réprimée
au-delà de cinq ans de servitude pénale. Elle est de la com-
pétence du Tribunal de Grande Instance. A cet égard, la
prescription de l’action publique est décennale.

423. Port illégal des décorations


Le port illégal des décorations est le fait de porter publique-
ment une décoration, un ruban ou autres insignes d’un
ordre auquel on n’appartient pas, en l’occurrence un ordre
d’une puissance publique.

I. Eléments constitutifs
Les éléments matériels suffisent à constituer l’infraction de
port illégal des décorations, car il n’est requis aucun élé-
ment moral.
1. Port apparent et public. Avoir un insigne en poche ou le
porter en toute intimité ne constitue pas cette infraction ;
2. Port de l’insigne, par exemple une barrette, un ruban,
une croix, etc.
3. Port d’un ordre. Toutes les distinctions honorifiques
conférées par la puissance publique congolaise (RDC) ou
étrangère. Les médailles ou insignes institués par les or-
ganismes privés ne sont pas concernés ;
4. L’insigne ou l’ordre n’appartient pas à celui qui le porte.
Sont visés ceux à qui l’ordre n’a pas été décerné, et ceux
qui portent l’insigne d’un grade supérieur à celui qui leur
a été conféré.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
480

II. Poursuites
L’infraction de port illégal des décorations est définie par
l’article 123 bis du code pénal livre II. Cette disposition lé-
gale punit de sept jours au maximum et d’amende ou d’une
de ces peines l’auteur du port illégal de décoration. Le tri-
bunal de paix est compétent. L’infraction de port illégal des
décorations est prescriptible dans un délai d’une année.

424. Poudres et Explosifs


La fabrication, le dépôt, le débit, le transport, le mode
d’emploi, la détention et le port de poudres ordinaires, de
toutes autres substances explosives et d’engins meurtriers
agissant par explosion sont réglés par des mesures néces-
saires dans l’intérêt de la sécurité publique.
Les poudres et explosifs peuvent être subordonnés à autori-
sation. Les autorisations existantes peuvent être révoquées.
Le défaut d’autorisation ou l’inobservation des prescrip-
tions réglementaires sont punis.
Les articles 1, 2 et 3 du Décret du 03 juin 1973 portant lé-
gislation relative aux poudres ordinaires, aux substances
explosives et aux engins meurtriers agissant par explosion
sont les dispositions légales répressives. Ils punissent d’une
servitude pénale de quinze jours à deux ans et d’une
amende ou d’une de ces peines tout individu, qui, sans y
être légalement autorisé, aura fabriqué, débité, ou distribué
de la poudre ou autre substance explosive ou sera déten-
teur d’une quantité quelconque.
Lorsqu’il y a eu pour conséquence la mort d’une personne,
le coupable sera puni d’une servitude pénale d’un mois à
cinq ans et d’une amende ou d’une de ces peines seulement
(article 2).
L’article 3 du même décret punit d’une servitude pénale de
deux mois à dix ans et d’une amende ou d’une de ces peines
si la fabrication, le dépôt, le débit, le transport, l’emploi, la
détention et le port des poudres, de toutes autres sub-
stances explosives et d’engins meurtriers agissant par ex-
plosion ont eu lieu dans l’intention de commettre ou de
faire commettre une infraction.
La détention sans autorisation et sans motifs légitimes de
dynamite tombe sous le coup de ce texte. Les substances ou
Catalogue des infractions 481

engins saisis seront confisqués et pourront être détruits.

425. Pratiques barbares


Voir mutilation des cadavres, actes d’anthropophagie et
épreuves superstitieuses.

426. Pratiques d’associations confes-


sionnelles non dotées de personnali-
té juridique
En République Démocratique du Congo, notre pays, il n’y a
pas de religion d’Etat. La liberté de pensée, de conscience
et de religion est garantie à tous. Chaque personne a le
droit de manifester sa religion ou ses convictions par le
culte, l’enseignement, les pratiques, l’accomplissement des
rites et l’état de vie religieuse sans préjudice de l’ordre pu-
blic et de bonnes mœurs.
Les associations confessionnelles sont constituées sous
forme d’association sans but lucratif dotée de la personnali-
té juridique. Les lieux de culte ou de pratique religieuse
doivent répondre à certaines normes de sécurité et de com-
modité et garantir la quiétude des populations environ-
nantes.
En cas de menace de la sécurité intérieure ou extérieure de
l’Etat, le Ministre de la Justice peut suspendre par voie
d’arrêté, toute activité ou l’association pour une durée ne
dépassant pas deux mois.
S’il estime après enquête que la reprise de l’activité par
l’association confessionnelle est nuisible à la sécurité de
l’Etat, le Ministre de la justice donne injonction au Minis-
tère public de saisir le Tribunal de Grande Instance en vue
d’obtenir la dissolution de l’association.
En cas de conflit menaçant l’ordre public au sein de l’asso-
ciation confession-nelle le Ministre de la Justice peut sus-
pendre par voie d’arrêté motivé toute activité ou l’associa-
tion concernée jusqu’au règlement dudit conflit.
Certaines pratiques d’associations confessionnelles non do-
tées de personnalité juridique ou sans autorisation provi-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
482

soire de fonctionnement contraires à la loi peuvent être


constitutives d’infractions.

a) Texte légal en la matière


La loi 004-2001 du 20 juillet 2001 portant dispositions gé-
nérales applicables aux associations sans but lucratif et aux
établissements d’utilité publique (section II, de l’exercice
des cultes) en ses articles 46 à 56 est le texte en vigueur.
Notons que sous l’ancienne loi, (l’ordonnance – loi n°79/002
du 03 janvier 1979) était réprimée la pratique des sectes
religieuses prohibées ou non dotées de personnalité juri-
dique au Zaïre. La peine assortie était de cinq à dix ans de
servitude pénale principale et/ou d’amende, en cas de re-
constitution des sectes prohibées ou dissoutes. Etaient pu-
nis de deux mois de servitude pénale principale au maxi-
mum ou de l’amende seulement ceux qui repêchent au nom
d’une religion non reconnue.

b) Quels sont les faits répréhensibles et les sanctions


pénales prévues ?
La perception des dons, présents, legs ou aumônes au nom
d’une association confessionnelle non dotée de personnalité
juridique ou d’autorisation provisoire de fonctionnement est
infractionnelle (art55). Cette pratique illégale est punie de
deux ans au maximum et d’une amende ou l’une de ces
peines seulement.
Le fait de relancer les activités d’une association confes-
sionnelle suspendue est puni (art.56 al 1er). La peine à su-
bir par l’auteur est d’une année maximum et d’une amende
ou une de ces peines seulement
Le fait de participer au maintien ou à la reconstitution
d’une association confessionnelle dissoute (art 56 al 2) est
prohibé. La sanction est d’une année à deux ans et d’une
amende ou d’une de ces peines seulement. En cas de réci-
dive, les peines prévues seront doublées. Il est à préciser
que le juge peut condamner un coupable d’une infraction
donnée tout en conditionnant l’exécution de la peine1.
11
Il s’agit là de la condamnation conditionnelle ou sursis. Elle est réglementée par l’article 42 du
code pénal. Elle dispense de l’exécution de la servitude pénale. La condamnation conditionnelle est
inapplicable à l’amende, aux peines complémentaires ou aux mesures de sureté. L’octroi du sursis est
soumis à deux conditions : Il faut que la peine de servitude pénale prononcée soit égale ou inférieure à
un an et ensuite que le condamné n’ait pas encouru dans le passé une condamnation de servitude
pénale, même d’un jour, pour une infraction punissable de plus de deux mois. La condamnation
Catalogue des infractions 483

427. Pratiques d’associations confes-


sionnelles sans autorisation provi-
soire de fonctionnement
Voir pratiques d’associations confessionnelles non dotées
de personnalité juridique.

428. Pratiques des prix illicites


Voir Réglementation des prix.

429. Pratiques des sectes religieuses


prohibées ou non dotées de person-
nalité juridique au zaïre.
Voir pratiques d’associations confessionnelles non dotées
de personnalité juridique.

430. Pratiques illégales des partis poli-


tiques
En République Démocratique du Congo, le pluralisme poli-
tique, le droit de créer un parti ou un regroupement poli-
tique, la fusion des partis sont garantis et autorisés. Les
actes illégaux et les violations de la législation en matière
de pluralisme politique, de parti politique peuvent être
constitutifs d’infractions.
La loi n° 04/ 002 du 15 mars 2004 portant organisation et
fonctionnement des partis politiques est le texte en vigueur.
Cette loi a supprimé le barème des sanctions autrefois pré-
vues par l’ancienne loi.
conditionnelle est facultative. Elle est une faveur que le juge accorde discrétionnairement au condamné.
Ceci veut dire que même lorsque les conditions légales sont réunies, le juge peut refuser d’accorder le
sursis, sans devoir se justifier. Par contre, lorsque la condamnation conditionnelle est accordée, elle
doit être motivée.
Pendant la durée d’épreuve qui ne dépassera pas cinq ans, si le condamné avec sursis n’a encouru
aucune condamnation nouvelle grave, c’est-à-dire pour infractions punissables de plus de deux mois, la
dispense de l’exécution de la peine sera définitive. La condamnation avec sursis n’efface pas la
condamnation et est à considérer comme un des termes de la récidive.
Lorsque, pendant le délai d’épreuve fixé par le juge, le délinquant a encouru une condamnation pour
une infraction grave, le sursis sera révoqué de plein droit, et la condamnation ancienne pour laquelle il
avait bénéficié du sursis sera exécutée en cumul avec la condamnation nouvelle. Les auteurs de
détournement, de concussion et de corruption sont exclus du bénéfice de la condamnation
conditionnelle (Loi n° 73-017 du 05 janvier 1973).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
484

L’auteur d’actes infractionnels dans le cadre de création, du


fonctionnement et de l’administration des partis politiques
sera puni conformément au droit commun selon la nature et
les effets de son comportement délictueux.
Aux termes de l’article 6, sous peines de dissolution, toute
activité à caractère militaire, paramilitaire ou assimilée,
sous quelque forme que ce soit, est strictement interdite
aux partis politiques. Tout dirigeant de parti politique qui
viole les dispositions de cet article 6 sera puni des peines
prévues par la loi pour atteinte à la sûreté intérieure et ex-
térieure de l’Etat.

431. Présence des mineurs dans les


bars
Le législateur congolais responsabilise pénalement le te-
nancier d’un bar qui admettrait des enfants à fréquenter les
bars. Les enfants ne sont pas admis dans les bars. Ils y
risquent leur santé et leur moralité.
L’infraction de présence des mineurs dans les bars sera éta-
blie lorsqu’il s’agit d’un bar où l’on débite des boissons al-
coolisées, quand le tenancier y a admis des mineurs de
moins de 18 ans et lorsque ces mineurs ne sont pas accom-
pagnés de leurs parents.
Le texte légal est l’Ordonnance-loi n°68/010 du 06 janvier
1968 portant droit de consommation et régime des boissons
alcooliques. Sans préjudice de la suspension ou du retrait
de la licence (sanction administrative), l’auteur de cette in-
fraction subira une servitude pénale de 8 jours à un an (art
51).
Il est interdit également de mettre au travail des mineurs
de moins de 18 ans dans des établissements débitant des
boissons alcoolisées (Arrêté Min Travail n°68/13). La sanc-
tion est une peine d’amende.
Lorsque la présence du mineur dans le bar a été l’occasion
d’une infraction grave, la peine la plus sévère sera appli-
quée. Le tenancier du bar peut être poursuivi pour compli-
cité.
Catalogue des infractions 485

432. Prêt à intérêts excessifs


Voir usure.

433. Prise à partie


La prise à partie n’est pas une infraction. Elle est un mode
exceptionnel de recours à l’instar de la tierce opposition et
de la requête civile. En effet, le législateur a mis à la dispo-
sition du justiciable un certain nombre de mécanismes pour
le rassurer qu’il doit toujours avoir confiance en la justice.
La prise à partie et la récusation visent le magistrat. Le ren-
voi pour cause de sûreté publique ou de suspicion légitime
concerne la juridiction appelée à trancher.
En droit congolais, la prise à partie est entendue comme
une action en dommage-intérêt au titre du préjudice causé
au justiciable par des magistrats, du chef de certaines
fautes définies par la loi1
La procédure de la prise à partie est organisée par les ar-
ticles 58 à 67 de l’ordonnance-loi n°82-017 du 31 mars
1982 relative à la procédure devant la Cour Suprême de
Justice. Elle rentre parmi les compétences spéciales de
cette cour2.
L’article 58 de l’ordonnance – loi n°82-017 du 31 mars 1982
prévoit deux conditions pour l’ouverture de la prise à partie
à charge d’un magistrat :
1. il doit y avoir eu dol ou concussion commis soit dans le
cours de l’instruction, soit lors de la décision rendue ;
2. en cas de déni de justice.
Cependant, préalablement à la saisine de la Cour, qui-
conque souhaite prendre à partie un magistrat est tenu
d’obtenir l’autorisation « préalable d’un président de la
cour ».
La Cour est saisie à cet effet, au moyen d’une requête et se
prononce en rejetant la requête ou en autorisant la pour-
suite du magistrat incriminé par une ordonnance. Si la re-
quête est admise, elle sera signifiée au magistrat pris à par-
tie qui sera tenu de fournir ses moyens de défenses dans les
1
A. Rubbens.,Op. cit, p. 248.
22
Article 155 du COCJ
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
486

quinze jours de la notification. L’action en prise à partie a


des conséquences certaines :
1. Le magistrat poursuivi peut être condamné à des dom-
mages – intérêts. L’ordonnance-loi du 31 mars en son ar-
ticle 66 dispose que « l’Etat est civilement responsable
des condamnations aux dommages-intérêts prononcés à
charge du magistrat ».
2. A contrario, l’article 67 de la même ordonnance-loi dis-
pose « le demandeur qui aura poursuivi la prise à partie
devant la Cour avec mauvaise foi ou légèreté pourra être
condamné d’office à une amende qui ne dépassera pas
mille Zaïre ».Le magistrat pris à partie par une action té-
méraire et vexatoire, toujours conformément à la même
disposition, détient le droit de postuler reconventionnel-
lement la condamnation du demandeur à des dommages-
intérêts.
3. Le recours aux prescrits de l’article 61 de l’ordonnance-
loi dont question démontre que la loi ouvre également la
voie indirectement à une autre sanction pouvant être pro-
noncée par la Cour, en cas de fondement du pourvoi en
prise à partie : l’annulation des arrêts ou jugements, or-
donnances, procès-verbaux ou autres attaqués.
Il est de jurisprudence que l’action en prise à partie doit
être déclarée non fondée si la partie requérante ne prouve
pas que le magistrat mis en cause a adopté au cours de
l’instruction de la cause ou lors de la décision un comporte-
ment coupable d’où il résulterait un acte de malice ou l’in-
tention de nuire1. L’action reconventionnelle du magistrat
pris à partie doit être rejetée si la partie requérante n’a pas
agi avec légèreté ni mauvaise foi2.

434. Prise à son service d’une personne


recherchée pour évasion
Voir Evasion de détenus.

11
C.S.J. , R.P 4, 30 novembre 1983 in Dibunda, Op. Cit. p.183.
22
Idem, p.3.
Catalogue des infractions 487

435. Prise d’otages


La prise d’otages est une infraction grave portant atteinte
par action aux personnes. Elle constitue un crime contre
l’humanité, réprimé conformément aux dispositions du code
pénal militaire. Le texte légal en est l’article 166 du code
pénal militaire. Ce texte détermine la prise d’otages comme
une des infractions constitutives de crimes contre l’humani-
té.

I. Eléments constitutifs de l’infraction de prise


d’otages
La convention du 09 décembre 1948 pour la prévention et
la répression du génocide1 et le règlement du 10 septembre
2002 relatif aux éléments de crime donnent les éléments
pour aider à interpréter. Au titre des éléments de la prise
d’otages, l’article 8 2) a)vii cite :
- L’auteur s’est emparé, a détenu ou autrement pris en
otage une ou plusieurs personnes ;
- L’auteur a menacé de tuer, blesser ou continuer à main-
tenir en détention ladite ou lesdites personnes ;
- L’auteur avait l’intention de contraindre un Etat, une or-
ganisation internationale, une personne physique ou mo-
rale ou un groupe de personnes à agir ou à s’abstenir
d’agir en subordonnant expressément ou implicitement la
sécurité ou la mise en liberté de ladite personne ou des-
dites personnes à une telle action ou abstention.

II. Régime répressif


A l’instar de toutes les autres infractions constitutives de
crimes contre l’humanité, la prise d’otages est punie de ser-
vitude pénale à perpétuité (article 167 du code pénal mili-
taire). Si elle entraîne la mort ou cause une atteinte grave à
l’intégrité physique ou à la santé d’une ou de plusieurs per-
sonnes leurs auteurs sont passibles de la peine de mort (ar-
ticle 167 alinéa 2).

11
Journal officiel. n° spécial, avril 1999, p. 55. Cette convention a été approuvée par la République
Démocratique du Congo par la loi du 26 juin 1951, article unique (B.O., 1952, p. 2348)
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
488

436. Privation d’un enfant de sa capaci-


té biologique de procréer
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

437. Prix
En matière de réglementation des prix, le texte en vigueur
demeure le décret –loi du 20 mars 1961 relatif aux prix. Il y
a lieu de mentionner aussi les différents arrêtés ministériels
portant mesures d’exécution de ce décret-loi. L’arrêté n°
003/CAB/MINECI/2OO1 du 12 janvier 2001 portant fixation
du barème des sanctions économiques est celui actuelle-
ment en vigueur.

I. Poursuites
Les agents des affaires économiques commissionnés re-
cherchent et constatent les infractions en matière des prix.
Ils ont qualité d’officier de police judiciaire. A cet égard ils
peuvent dans leurs missions :
1. pénétrer entre 9 heures et 21 heures dans les dépôts, en-
trepôts privés, publics, usines, magasins, débits et en gé-
néral en tous lieux ou des produits sont détenus à des
fins industrielles, commerciales ou spéculatives, exposés
ou mis en vente.
Si les lieux sont ouverts au public, ils peuvent y pénétrer
même en dehors des heures fixées ci-dessus (article 26).
2° se faire produire à première réquisition ou rechercher
tous documents, pièces ou livres utiles à l’accomplisse-
ment de leur mission, notamment les documents officiels,
les documents de transport, les documents, correspon-
dances et livres commerciaux.

II. Infractions proprement dites


1. Commerce triangulaire
Intervenir dans la distribution de produits exige que soient
remplies la double condition de s’approvisionner directe-
ment chez le producteur ou l’importateur(a) et de vendre
directement aux consommateurs(b).
Catalogue des infractions 489

L’article 14 du décret loi du 20 mars 1961 relatif aux prix


constitue en infraction la pratique du commerce sans rem-
plir la double condition (le commerce triangulaire). Le
même décret fixe la sanction d’une servitude pénale de six
mois maximum et une amende ou l’une de ces peines.
S’agissant de l’amende, l’arrêté ministériel n° 003/cab/mi-
nec/2001 du 12 janvier 2001 portant fixation du barème des
sanctions économiques (Ministère de l’Economie, Com-
merce et Industrie), la fixe entre 1.600.000 à 6.400.000
Francs Congolais.

2. Entraves volontaires à l’exercice des agents commission-


nés
Tout empêchement visant à porter atteinte à la mission ou à
l’exercice des fonctions des agents des affaires écono-
miques est une entrave volontaire à l’exercice des agents
commissionnés.
L’infraction d’entraves volontaires à l’exercice des agents
commissionnés est une infraction à caractère économique.
Elle est prévue et définie par le décret du 20 mars 1961 sur
les prix en son article 16. Les actes concernés sont princi-
palement le refus de fournir les renseignements, le refus de
communiquer les documents demandés et de fournir sciem-
ment des renseignements ou documents inexacts.
L’article 14 du décret précité punit cette entrave de six
mois de servitude pénale au maximum et d’une amende ou
l’une de ces peines seulement. L’arrêté ministériel n°003/
CAB/MINEC/2001 du 12 janvier 2001 portant fixation du
barème des sanctions économiques, en son annexe, fixe
cette amende entre 80.000 à 1.600.000 Francs congolais.

3. Détention et rétention des stocks


Les non commerçants, non industriels, non producteurs
agricoles ou artisans sont interdits de détenir en vue de la
vente un stock de produits (art. 10).
Il n’est pas permis aux commerçants, industriels, produc-
teurs agricoles et artisans de détenir en vue de la vente des
produits étrangers à leur commerce, industrie, exploitation
ou métier. Il peut s’agir de stock de produits non justifié par
les besoins de l’exploitation et dont l’importance excède
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
490

manifestement les besoins de l’approvisionnement familial


(art. 12).
La rétention de stock consiste au fait de différer la mise en
œuvre des matières premières, des produits semi-finis ou
de conserver un stock de produits destinés à la vente supé-
rieur au stock normal (art.13)
Les infractions de détention et rétention des stocks sont
prévues et définies par les articles 10, 12 et 13 du décret du
20 mars 1961 relatif aux prix. Elles sont punies soit de
320.000 à 1.600.000 Francs congolais (Arrêté ministériel
003/CAB/MINEC/2001 du 12 janvier 2001 portant fixation
du barème des sanctions économiques, Ministère de l’Eco-
nomie, Commerce et Industrie), soit d’un maximum de trois
mois de servitude pénale (article 20 du décret loi précité).

4. Fraude et restriction à la production et à la libre circula-


tion des produits.
Les infractions de fraude et restriction à la production et à
la libre circulation des produits trouvent fondement dans
l’article 15 du décret–loi. Elles sont punies soit de 800.000
à 6.400.000 francs congolais, soit de quinze jours à trois
ans de servitude pénale.

5. Hausse ou baisse des prix


La hausse ou la baisse des prix est réprimée du fait des in-
terdictions ou conventions ayant pour objet de déterminer
les prix minima ou maxima de vente ; des restrictions à la
production et à la libre circulation des produits ; et des
moyens frauduleux.
Les infractions de hausse ou de baisse des prix sont pré-
vues et définies par l’article 15 du décret loi du 20 mars
1961. Elles sont punies soit de quinze jours à trois ans de
servitude pénale, soit de 800.000 à 6.400.000 Francs
congolais. Ces peines sont portées par l’arrêté du Ministre
de l’Economie, Commerce et Industrie n° 003/CAB/
MINEC/2001 du 12 janvier 2001 portant fixation du barème
des sanctions économiques.
Catalogue des infractions 491

6. Non respect de la détermination du tarif horaire de la


main d’œuvre dans les garages
Le délit de non respect de la détermination du tarif horaire
de la main d’œuvre dans les garages est logé dans le dé-
cret- loi du 20 mars 1961 sur les prix. Il est aussi prévu par
l’arrêté ministériel 037/ MENIC/ CAB/ 91 du 31 décembre
1991. L’article 10 de l’arrêté réglemente le calcul du prix
de vente et l’approvisionnement en pièces détachées et ac-
cessoires pour véhicules automobiles, le calcul du prix de
vente des véhicules importés et la détermination du taux
horaire des garages. Les sanctions sont celles de l’article
15 du décret-loi précité.

7. Non respect du calcul du prix de vente des véhicules im-


portés
Deux textes déterminent cette entrave. il s’agit du décret-
loi sur les prix et de l’Arrêté Ministériel 017/CAB/MENI
PME/96 du 1er juillet 1996 portant mesures d’exécution. Ils
définissent et répriment cette infraction. Les peines de l’ar-
ticle 15 du décret-loi susvisé sont celles à subir par le
contrevenant.

8. Non respect du calcul du prix de vente et approvisionne-


ment en pièces détachées et accessoires pour véhicules au-
tomobiles
La prévention a son siège dans le décret-loi de 1961 et dans
l’arrêté O37/MENIC/CAB/91 du 31 décembre 1991du Minis-
tère de l’Economie et Industrie. Elle est sanctionnée à l’ar-
ticle 15 du même décret-loi.

9. Pratique des prix illicites


Est considéré comme prix illicite le prix supérieur au prix
limite ou aux prix fixés, le prix inférieur au prix minimum, le
prix maintenu à son niveau précédent alors qu’il aurait dû
faire l’objet d’une diminution en vertu d’une décision.
L’infraction de pratique des prix illicites peut être retenue
sur base des prix établis suivant une étude du marché faite
avant l’ouverture de l’instruction judiciaire1

11
C.S.J. , RP 2O/CR, 15 août 1979, RJZ 1979, p. 56, Bull. 1984, p. 194. Cité par DIBUNDA KABUINJI. ,
op. cit p. 178.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
492

Les infractions de pratique des prix illicites sont prévues et


définies par les articles 5 et 6 du décret loi du 20 mars
1961 relatif aux prix. L’article 15 du décret sanctionne l’au-
teur de ces infractions de quinze mois à trois ans de servi-
tude pénale et d’une amende ou d’une de ces peines seule-
ment.
L’amende a été fixée par l’Arrêté Ministériel n°003/CAB/
MINEC/2001 du 12 janvier 2001 portant fixation du barème
des sanctions économiques de 800.000 à 6.400.000 FC. Le
législateur a en outre prévu (article 22 du décret précité)
que le tribunal pourra en plus de la peine :
1°condamner le contrevenant à payer une somme corres-
pondant au bénéfice indûment réalisé ou à la hausse illi-
cite des prix ;
2°prononcer la fermeture de l’établissement pour une du-
rée n’excédant pas six mois ;
3°ordonner que la décision de condamnation soit publiée
intégralement ou par extrait aux frais du condamné dans
les journaux qu’il désigne.
Toute infraction aux dispositions d’un jugement prononçant
la fermeture est punie d’une servitude pénale de trois mois
à un an et d’une amende.

10. Publicité des prix


La publicité des prix est assurée, à l’égard du consomma-
teur, par voie de marquage, étiquetage, affichage, ou par
tout autre procédé. Les factures d’achat doivent porter les
mentions prescrites. Elles mentionnent le montant du prix
ou de la majoration autorisée.
La base légale de l’infraction à la publicité des prix est le
décret du 20 mars 1961. Il faut en outre considérer les Ar-
rêtés AE / 02 du 24 janvier 1963 et 003/CAB/MINEC/2001
du 12 janvier 2001 portant fixation du barème des sanctions
économiques.

Sont constitutifs d’infractions à la publicité des prix le


ou la :
- non affichage du prix des produits exposés ou offerts en
vente ;
Catalogue des infractions 493

- non publication du tarif des prestations offertes au public


(excepté la profession libérale) ;
- non établissement et non remise à l’acheteur ou au client
d’une facture détaillée pour :
a) toute vente en gros ;
b) toute vente en détail et toute prestation d’une valeur
dépassant 500 zaïres, sauf dispense du client ;
c) toute prestation d’hôtel.
Non-conformité de la facture, etc.
Ces infractions sont sanctionnées de quinze jours de servi-
tude pénale maximum et d’une amende ou d’une de ces
peines. L’Arrêté Ministériel portant fixation du barème des
sanctions économiques prévoit l’amende de 80.000 à
1.600.000 Francs congolais.

11. Refus de satisfaire aux demandes des acheteurs, vente


concomitante.
L’infraction de refus de satisfaire aux demandes des ache-
teurs est prévue par les articles 9 et 19 du décret- loi. Elle
est réprimée par l’article 14 soit de 800.000 à 3.200.000
francs congolais, soit de six mois de servitude pénale. Pour
plus amples détails voir aussi l’infraction de refus de
vendre.

12. Tenue du registre des produits, factures et


autres livres.
Le manquement à cette obligation constitue l’infraction.
Elle est prévue par les articles 8 et 19 du décret-loi. La non
tenue du registre des produits, factures et autres livres est
sanctionnée par l’article 14 du décret. La peine est soit de
800.000 à 3.200.000 francs congolais soit de six mois de
servitude pénale.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
494

13. Vente ou exposition en vente des marchandises


ou produits importés sur les marchés de la ville de
Kinshasa sans facture d’achat en provenance du
pays d’origine ou d’un intermédiaire
Ce délit est prévu à l’article 1 er de l’arrêté 441/019/61 du 13
juin 1961 fixant les modalités de vente de toutes marchan-
dises ou produits d’importation sur les marchés de la ville
de Kinshasa (Ministère de l’Economie). Il est puni aux ar-
ticles 7 et 18 du Décret-loi précité, soit d’amende, soit de
quinze jours au maximum de servitude pénale.
Les infractions à la réglementation des prix telles que nous
venons de les énumérer relèvent de la législation et de la
réglementation économique et commerciale. Elles sont de
la compétence des tribunaux de commerce (article 17 de la
loi du 03 juillet 2001).

438. Profits tirés de la prostitution


Voir prostitution.

439. Propagande anticonceptionnelle


La propagande anticonceptionnelle est aussi appelée Propa-
gande antinataliste ou Propagande en faveur de l’avorte-
ment. En instituant l’infraction de propagande anticoncep-
tionnelle, le législateur entend protéger la vie humaine en
gestation. Il réprime à cet effet tout acte de nature à empê-
cher la conception. Ainsi sera puni celui qui aura :
1. préconisé l’emploi des moyens quelconques de faire avor-
ter une femme ou aura fourni les indications sur les
moyens de se procurer ou de s’en servir ou aura fait
connaître les personnes qui les appliquent ;
2. exposé, vendu, distribué, fabriqué ou fait fabriquer, fait
transporter ou remis à un agent de transport les drogues
ou engins destinés spécialement à faire avorter une
femme ;
3. exposé ou distribué des objets destinés spécialement à
empêcher la conception et aura fait la réclame pour en
favoriser la vente ;
Catalogue des infractions 495

4. favorisé dans un but de lucre les passions d’autrui en ex-


posant, vendant ou distribuant des écrits, imprimés ou
non qui divulguent les moyens d’empêcher la conception
et en préconisant ou en fournissant les indications sur la
manière de se les procurer ou de s’en servir ;
5. en vue du commerce ou de la distribution, fabriqué, fait
fabriquer, fait importer, fait transporter, remis à un agent
de transport ou de distribution, des écrits qui divulguent
des moyens d’empêcher la conception.
Le texte légal est l’article 178 du Code Pénal Congolais
livre II. La propagande anticonceptionnelle est punie de
huit jours à un an de servitude pénale principale et
d’amende ou de l’une de ces peines. L’infraction de propa-
gande anticonceptionnelle est de la compétence du tribunal
de paix. L’action publique se prescrit dans le délai d’une
année.
A coté des dispositions qui incriminent la propagande anti-
conceptionnelle pour protéger la natalité, la tendance est
au recours aux méthodes contraceptives, à la création et à
la promotion des centres de naissance désirable ainsi que la
publicité à grande échelle réalisée autour de l’usage de pré-
servatifs. Ces moyens n’ont pas moins pour conséquence
d’empêcher la natalité. La disposition pénale de l’article
178 du code pénal n’étant pas abrogée, ces actes tombent à
coup sûr sous son régime. Dès lors, n’y a t-il pas délibéré-
ment mise en échec à l’application de l’article 178 du Code
pénal ? Nous estimons qu’il y a lieu, à défaut d’abroger
cette disposition, de la reformuler.

440. Propagande antinataliste


Voir propagande anticonceptionnelle.

441. Propagande en faveur de l’avorte-


ment
Voir propagande anti nataliste.

442. Propagandes subversives


Le décret-loi du 14 janvier 1961 définit et réprime les in-
fractions de propagandes subversives. Sera puni :
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
496

1. celui qui, par des moyens quelconques, aura fait acte de


propagande subversive en préconisant le recours à la vio-
lence pour transformer l’ordre politique ou l’ordre social
établis ;
2. celui qui aura participé au maintien ou à la reconstitution
directe ou indirecte d’une association ou d’un groupe-
ment dissout pour acte de propagande subversive, aura
assisté à ses réunions, aura prêté assistance à ses opéra-
tions.
L’auteur est puni de six mois à cinq ans et d’une amende
(art 1) tandis que le participant subit six mois à deux ans et
l’amende (art 3). La Cour de Sûreté de l’Etat (art 96 al 5 du
Code d’OCJ) était la juridiction compétente pour connaître
de ces infractions. Cette cour ayant été dissoute par l’ar-
ticle 225 de la constitution de 2006, les juridictions de droit
commun deviennent compétentes.

443. Prostitution
Elle est aussi appelée proxénétisme ou profits tirés de la
prostitution. L’infraction de prostitution vise ceux à qui pro-
fite la prostitution. Ils en tirent de l’argent ou tout autre
profit. Le proxénétisme est l’activité tendant à favoriser la
débauche, la prostitution d’autrui ou à en tirer profit. Elle
ne concerne donc pas les personnes qui s’adonnent à la
prostitution ou à la débauche mais bien les proxénètes.
Tombe sous le coup de la loi :
1. quiconque, pour satisfaire les passions d’autrui, aura em-
bauché, entraîné ou détourné en vue de la débauche ou
de la prostitution, même de son consentement, une per-
sonne de moins de 21 ans ;
2. quiconque aura tenu une maison de débauche ou de pros-
titution ;
3. le souteneur c’est-à-dire celui qui vit en tout ou en partie,
aux dépens d’une personne dont il exploite la prostitu-
tion1 ;
4. quiconque aura habituellement exploité de quelque autre
façon, la débauche ou la prostitution d’autrui.

11
Est souteneur, celui qui loue des chambres aux prostituées connues comme telles pour y pratiquer
leurs passes (Brux., 8 avril 1950, Rev. Dr.Pen., 1949-1950, p.1124).
Catalogue des infractions 497

Autrefois, l’article 174bis du code pénal livre II (issu de l’or-


donnance-loi du 11/08/1959, telle que modifiée par le dé-
cret du 27/06/1960 en son article 6), était le texte légal. Il
sanctionnait le proxénète de trois mois à cinq ans de servi-
tude pénale principale et d ‘une amende ou d’une de ces
peines. Avec la promulgation de la loi sur les violences
sexuelles et les modifications du code pénal, le régime juri-
dique de cette infraction a changé. Le lecteur se référera à
l’intitulé « Souteneur et prostitution ».

444. Prostitution d’enfants


La prostitution d’enfants est le fait d’utiliser un enfant (per-
sonne âgée de moins de 18 ans) aux fins des activités
sexuelles contre rémunération ou toute autre forme d’avan-
tage. L’infraction de prostitution d’enfants est sanctionnée
par l’article 174n de la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 mo-
difiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant
code pénal congolais. La sanction à infliger à l’auteur de
cette infraction est de cinq à vingt ans de servitude pénale.
Si l’auteur exerce l’autorité parentale ou tutélaire, il sera
en outre déchu de l’exercice de l’autorité parentale ou tuté-
laire conformément à l’article 319 du Code de la Famille.
L’infraction de prostitution d’enfants relève de la compé-
tence du Tribunal de Grande Instance pour autant qu’elle
n’est pas un crime de guerre, un crime contre l’humanité ou
un crime de génocide. La prescription est de dix ans. La
prostitution d’enfants est imprescriptible lorsqu’elle est un
crime de guerre, un crime contre l’humanité ou un crime
génocide.
La répression de la prostitution d’enfants ne fait point place
à des peines dérisoires ni encore moins à une peine
d’amende. Dans les phases de la procédure, les victimes
doivent être assistées d’un conseil. Le juge ordonne l’huis-
clos à la demande des victimes ou du Ministère public. Il
assure la sécurité physique des victimes et d’éventuels té-
moins….

445. Prostitution forcée


La prostitution forcée est une catégorie de violences
sexuelles. Elle est définie comme le fait d’amener une ou
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
498

plusieurs personnes à accomplir, sous la contrainte, des


actes de nature sexuelle en vue d’obtenir un avantage pécu-
niaire ou autre.
Cette contrainte peut être la force, la menace de la force ou
de la coercition. Il peut également s’agir de profiter de l’in-
capacité d’une ou plusieurs personnes à donner librement
leur consentement.
Créée par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et
complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant Code Pénal
Congolais, l’infraction de prostitution forcée relève de l’ar-
ticle 174 C. La sanction à encourir par l’auteur est de trois
mois à cinq ans de servitude pénale.
La juridiction compétente pour juger cette infraction est le
Tribunal de Grande Instance. La prescription de cette incri-
mination relève du droit commun. Pour des plus amples dé-
tails, il sied de consulter les violences sexuelles.
Le juge lors des phases de la procédure peut recourir aux
pseudonymes pour sécuriser toute information en rapport
avec les victimes sans préjudice du droit de la défense. Il
peut couvrir de secret professionnel les informations divul-
guées aux médecins, psychologues, prêtres, religieux etc
qui auront pris en charge les victimes. Il peut en outre pro-
téger l’intimité des victimes. Les notions développées à l’in-
fraction de « prostitution d’enfants » demeurent aussi d’ap-
plication.

446. Protection pénale de l’enfant


La condition de l’enfant en raison de sa vulnérabilité, de sa
dépendance et de son immaturité nécessite des soins spé-
ciaux et une protection particulière. Les Nations Unies, les
Etats africains et la RDC portent un regard particulier sur
la situation critique de nombreux enfants. Ils poursuivent
des efforts pour le bien-être de l’enfant. Mais en dépit des
efforts déployés, des enfants vivent dans la rue, sont vic-
times d’exclusion, exploités, maltraités, discriminés, privés
de leurs droits… Dans ce contexte, le législateur congolais a
élaboré une loi portant protection de l’enfant, avec comme
objectifs de :
- renforcer la responsabilité des parents, de la famille et de
l’ensemble de la communauté à l’égard de l’enfant ;
Catalogue des infractions 499

- diffuser et promouvoir la culture des droits et devoirs de


l’enfant ;
- assurer à l’enfant une protection sociale, judiciaire et pé-
nale.
Tout ce qui peut nuire à l’enfant ou lui porter préjudice ,
porter atteinte à son honneur et à sa liberté individuelle, à
sa propriété ou à son patrimoine : les agressions sexuelles
contre lui, sa mise en danger, les atteintes aux droits à la
santé et à l’enseignement sont prévues, définies et sanc-
tionnées par la loi n°09/011 du 10 janvier 2009 portant pro-
tection de l’enfant1.Ces infractions sont, pour des raisons de
méthodologie, réparties selon qu’elles subviennent après ou
avant la naissance.

Institution du Tribunal pour enfant


Les articles 84 à 130 de la loi n°09/011 du 10 janvier 2009
portant protection de l’enfant instituent et organisent le tri-
bunal pour enfants2. Le tribunal pour enfants n’est compé-
tent qu’à l’égard des personnes âgées de moins de dix-huit
ans (article 94). L’enfant âgé de moins de 14 ans bénéficie,
en matière pénale d’une présomption irréfragable d’irres-
ponsabilité (art. 95). Lorsque l’enfant déféré devant le juge
a moins de 14 ans, le juge le relaxe comme ayant agi sans
discernement, sans préjudice évidemment de la réparation
du préjudice causé (art. 96). Dans ce cas, le juge le confie à
un assistant social et ou à un psychologue qui prend des
mesures d’accompagnement. Ces mesures visent la sauve-
garde de l’ordre public et la sécurité de l’enfant. Elles
tiennent en outre compte de la réparation du préjudice cau-
sé. Un enfant âgé de moins de 14 ans ne peut être placé
dans un établissement de garde provisoire, ni dans un éta-
blissement de garde, d’éducation ou de rééducation de
l’Etat (art. 97). Aux termes de l’article 101 de la loi préci-
tée, est territorialement compétent, le tribunal de la rési-
dence habituelle de l’enfant, de ses parents ou tuteur, du
lieu où l’enfant aura été trouvé, ou du lieu où il a été placé,
à titre provisoire ou définitif.
11
Journal officiel de la République Démocratique du Congo, 50eme Année, Numéro spécial, 25 mai
2009.
22
Le tribunal pour enfants n’est pas encore opérationnel. Les tribunaux pour enfants seront installés et
fonctionneront au plutard dans les deux ans qui suivent la promulgation de la loi (article 200 de la loi
précitée). Celle-ci ayant été promulguée le 10 janvier 2009, c’est-à-dire en 20011, En attendant, les
tribunaux de paix et les tribunaux de grande instance restent compétents pour connaître respectivement
en premier et dernier ressort des affaires qui relèvent de la compétence des tribunaux pour enfants.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
500

447. Protection pénale de l’enfant après


sa naissance
Au sens de la loi n°09/011 du 10 janvier 2009 portant pro-
tection de l’enfant, il faut entendre par « enfant » toute per-
sonne âgée de moins de dix-huit ans. En effet, dès la nais-
sance à l’âge de dix-huit ans, l’enfant peut être l’objet d’at-
teintes à la vie et à l’intégrité physique ou mentale. Il peut
être porté atteinte à son honneur et à sa liberté indivi-
duelle. Il peut être préjudicié dans sa propriété et dans son
patrimoine. Il peut être victime d’agressions sexuelles.
L’enfant peut être mis en danger, ses droits à la santé et à
l’enseignement peuvent être bafoués. Pour ces raisons, le
législateur a érigé en infractions certains faits, certaines
omissions ou abstentions sur l’enfant. De ce fait, il les a ré-
primés pénalement. Nous pouvons les citer.
1. Abstention d’accomplir un acte de fonction requis à
l’occasion d’abus ou de mise en danger d’un enfant
Cette abstention est prévue par l’article 193 de la loi
n°09/011 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.
Elle est punie d’une amende de cent mille à deux cent cin-
quante mille francs congolais.
Sont susceptibles de commettre cette infraction, le fonc-
tionnaire ou officier public, ou toute personne chargée d’un
service public.
2. Abstention de donner des soins préventifs requis à
l’enfant
L’incrimination d’abstention de donner des soins préventifs
requis à l’enfant concerne tout responsable d’un établisse-
ment sanitaire public ou privé intégré dans le système des
soins de santé primaires qui ne se conforme pas à la poli-
tique sanitaire du pays et s’abstient de donner les soins pré-
ventifs requis à l’enfant.
L’article 195 du texte énoncé prévoit des sanctions. Elles
sont de un à six mois de servitude pénale principale et
d’une amende de cent cinquante mille francs congolais ou
l’une de ces peines seulement à l’endroit du contrevenant.
3. Abstention de porter secours à un enfant menacé
d’atteinte imminente à sa vie
Catalogue des infractions 501

L’article 191de la loi de 2009 portant protection de l’enfant


punit l’auteur de cette infraction. La peine est de trois mois
à un an de servitude pénale principale et d’une amende de
cent mille à deux cent cinquante mille francs congolais.
4. Abus des biens d’un enfant.
L’infraction d’abus des biens d’un enfant pour être établie
doit réaliser dans le chef de l’auteur les éléments constitu-
tifs de l’abus de confiance. L’abus des biens d’un enfant est
prévu et sanctionné par l’article 168 de la loi du 10 janvier
2009. La peine à encourir est de deux à cinq ans de servi-
tude pénale principale et d’une amende de cent mille à
deux cent mille francs congolais. L’auteur de cette infrac-
tion est justiciable du tribunal de paix.
5. Administration volontaire à un enfant des sub-
stances nuisibles
Les substances nuisibles concernées dans le cadre de cette
infraction sont notamment les stupéfiants et les psycho-
tropes qui peuvent donner la mort. Sont aussi concernés les
substances qui, sans être de nature à donner la mort,
peuvent altérer gravement la santé d’un enfant. Il importe
peu la manière dont ces substances ont été employées ou
administrées. L’article 155 de la loi portant protection de
l’enfant en punit l’auteur d’une servitude pénale de trois à
vingt ans.
6. Accusation de sorcellerie à l’égard d’un enfant
L’accusation de sorcellerie à l’égard d’un enfant est répri-
mée. La sanction est de un à trois ans de servitude pénale
principale et d’une amende de deux cents mille à un million
de francs congolais. L’alinéa 2 de l’article 160 de la loi
n°09/011 du 10 janvier 2009 définit et sanctionne l’accusa-
tion de sorcellerie à l’égard d’un enfant. Le tribunal compé-
tent est le tribunal de paix. Pour être caractérisée, cette
prévention doit réunir les éléments constitutifs de l’infrac-
tion d’imputation dommageable.
7. Arrestation d’un enfant
Pour la réalisation de l’infraction d’arrestation d’un enfant,
en plus des éléments constitutifs de l’infraction d’arresta-
tion arbitraire, il faut que la victime soit âgée de moins de
dix huit ans. L’article 161 alinéa1er de la loi portant protec-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
502

tion de l’enfant est la base légale. La peine est d’une servi-


tude pénale de deux à cinq ans. L’arrestation d’un enfant
est de la compétence du tribunal de paix.
L’enfant enlevé, arrêté ou détenu peut avoir été soumis à
des tortures corporelles. Dans ce cas l’auteur, précise l’ali-
néa 2, sera puni de dix à vingt ans de servitude pénale prin-
cipale. Conséquemment, le Tribunal de Grande Instance, eu
égard au taux maximal de la peine, sera l’instance compé-
tente.
8. Attentat à la pudeur commis sur un enfant
L’attentat à la pudeur est tout acte contraire aux mœurs
exercé intentionnellement sur un enfant. Lorsque cet atten-
tat sur un enfant est commis sans violence, ruse ou menace
l’article 172 de la loi de 2009 portant protection de l’enfant
le punit de six mois à cinq ans de servitude pénale princi-
pale.
Par contre lorsque l’attentat à la pudeur est commis avec
violence, ruse, ou menace sur un enfant l’auteur est puni de
cinq à quinze ans de servitude pénale principale (article
172 alinéa 2 de la loi de 2009 portant protection de l’en-
fant. Dans les deux cas sont respectivement compétents
pour la première hypothèse le Tribunal de Paix, et pour la
seconde, le Tribunal de Grande instance.
Si l’attentat est commis sur un enfant, à l’aide d’un ou de
plusieurs enfants âgés de moins de dix ans, l’auteur est pas-
sible de cinq à vingt ans de servitude pénale principale. Au
regard de la peine, le tribunal de grande instance est com-
pétent.
Les peines encourues sont portées de cinq à quinze ans de
servitude pénale principale et à une amende de quatre cent
mille francs congolais si l’attentat à la pudeur a été commis
par des ascendants, des personnes qui ont autorité sur l’en-
fant, les enseignants, les agents publics, les ministres de
culte, le personnel médical, paramédical, ou des assistants
sociaux, des tradipraticiens , les gardiens des enfants .
Il en est de même si l’attentat a été commis avec l’aide
d’une ou plusieurs personnes, ou en public, ou a causé une
altération grave de la santé ou laissé des séquelles phy-
siques, psychologiques, ou s’il est commis sur un enfant vi-
Catalogue des infractions 503

vant avec handicap, ou s’il a été commis avec usage ou me-


nace d’arme.
9. Contamination délibérée d’un enfant du vih/sida
L’article 177 du texte légal de 2009 portant protection de
l’enfant réprime la contamination délibérée d’un enfant du
vih/sida. L’auteur encourt la servitude pénale à perpétuité
et une amende de cinq cent mille à un million de francs
congolais.
10. Contravention aux dispositions de la loi du 10 jan-
vier2009 sur les pires formes de travail de l’enfant
Il est interdit de soumettre les enfants à certains travaux,
les pires formes de travail. La contravention à cette inter-
diction est sanctionnée par l’article 187 de la loi de 2009.
Un à trois ans de servitude pénale principale et une amende
de cent mille à deux cent mille francs congolais sont pré-
vues à l’endroit du contrevenant.
L’alinéa 2 de la même disposition légale punit de dix à vingt
ans de servitude pénale principale l’enrôlement ou l’utilisa-
tion des enfants âgés de moins de dix-huit ans dans les
forces armées, dans les groupes armés ainsi que dans la
police.
11. Coups et blessures volontaires ayant entraîné la
mort sur un enfant
Lorsque, sans intention de donner la mort, les coups et
blessures volontaires administrés à un enfant donnent la
mort, l’auteur sera puni de cinq à vingt ans de servitude
pénale principale et d’une amende de cinq cent mille à un
million de francs congolais. Les coups et blessures volon-
taires ayant entraîné la mort d’un enfant sans intention de
la donner sont réprimés par l’article 150 de la loi n°09/011
du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.
12. Coups et blessures volontaires ayant entraîné une
incapacité sur un enfant
Celui dont les coups et blessures volontaires portés sur un
enfant ont entraîné une maladie ou une incapacité de plus
de huit jours sera puni. La sanction est de six à douze mois
de servitude pénale principale et d’une amende de deux
cent mille à trois cents cinquante mille francs congolais.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
504

Cette infraction tire cette peine de l’article 148 de la loi


n°09/011 du 10 janvier 2009.
13. Coups et blessures volontaires ayant entraîné une
mutilation sur un enfant
Il arrive souvent qu’il soit administré des coups à des en-
fants. Il peut résulter des coups administrés une mutilation
ou un handicap permanent de l’enfant. L’auteur des coups
et blessures volontaires ayant entraîné une mutilation sur
un enfant sera puni de deux à cinq ans de servitude pénale
principale et d’une amende de cinq cent mille à un million
de francs congolais. Cette sanction est issue de la loi
n°09/011 du 10 janvier 2009 en son article 149.
14. Coups et blessures volontaires portés sur un en-
fant
L’article 147 de la loi n°09/011 du 10 janvier 2009 punit de
trois à six mois de servitude pénale principale et d’une
amende de cent mille à deux cents cinquante mille francs
congolais celui qui volontairement administre des coups ou
fait des blessures à un enfant.
En cas de préméditation, l’auteur sera sanctionné de six à
douze mois de servitude pénale principale et d’une amende
de cent cinquante mille à trois cent mille francs congolais.
15. Délaissement d’un enfant
Est pris en considération, le délaissement, en un lieu quel-
conque, d’un enfant qui n’est pas à mesure de se protéger
en raison de son âge ou de son état physique ou psychique.
Il y a dans le chef de celui qui délaisse un manquement au
devoir d’assistance envers la victime.
Le délaissement d’enfant, stipule l’alinéa 2 de l’article 190
de la loi n°09/011 du 10 janvier 2009 portant protection de
l’enfant, est le fait, pour le père, la mère, le parâtre ou la
marâtre, ou le tuteur, d’abandonner et ou de rejeter un en-
fant sans s’être assuré qu’il sera en sécurité et protégé
dans ses droits.
L’âge est un élément constitutif à part entière du délaisse-
ment. Le législateur incrimine un comportement nécessai-
rement volontaire, devant se traduire par un acte positif.
Catalogue des infractions 505

L’infraction de délaissement d’un enfant est nécessaire-


ment intentionnelle. L’infraction sanctionne un comporte-
ment intentionnel exprimant la volonté d’abandonner défini-
tivement la victime1. Le lieu du délaissement est indifférent
à la qualification pénale. Seules les personnes en charge
juridiquement des personnes protégées peuvent être pour-
suivies. Le délaissement d’enfant est sanctionné d’une
peine de un à cinq ans de servitude pénale principale et
d’une amende de cent mille à cent cinquante mille francs
congolais.
Lorsque le délaissement d’enfant a entraîné des résultats
graves, la répression est aggravée. Si la conséquence du
délaissement est une mutilation ou une infirmité perma-
nente, l’auteur encourt cinq à dix ans de servitude pénale
principale et une amende de deux cent mille à cinq cent
mille francs congolais.
Si le délaissement entraîne la mort de l’enfant, il est puni
de la servitude pénale à perpétuité et d’une amende de cinq
cent mille à un million de francs congolais.
16. Déplacement ou rétention illicites de l’enfant à
l’étranger
L’incrimination de déplacement ou rétention illicites de
l’enfant à l’étranger est réprimée par l’article 186 de la loi
en concerne. La sanction est de un à trois ans de servitude
pénale principale et d’une amende de deux cent mille à un
million de francs congolais.

17. Détention d’enfants dans le but d’abuser d’eux


sexuellement
La sanction est de dix à vingt ans de servitude pénale prin-
cipale. L’article 175 est le texte applicable. La servitude pé-
nale principale sera de quinze à vingt ans si une grossesse
s’ensuit.

18. Destruction méchante des biens d’un enfant


Quiconque détruit ou dégrade méchamment les biens
meubles ou immeubles qu’il sait appartenir à un enfant est
passible des peines. Celles-ci sont de cinq à dix ans de ser-
vitude pénale principale et d’une amende de deux cent à
cinq cents mille francs congolais. (Article 165 loi citée).
11
Crim, 23 février 2000, Bull.,n°84 ;Rsc., 2000, p.610,obs.Mayaud
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
506

19. Enlèvement d’un enfant


L’auteur d’un enlèvement ou d’une arrestation d’un enfant
sera puni. Il subira dit l’article 161 de la loi sur la protec-
tion des enfants deux à cinq ans de servitude pénale princi-
pale.
Si à l’occasion de cet enlèvement ou arrestation, l’enfant a
été soumis à des tortures corporelles, le coupable subira dix
à vingt-ans de servitude pénale principale.

20. Enlèvement d’un enfant en procédure devant le


tribunal
L’article 131 concerne les contraventions susceptibles des
sanctions pénales à la procédure devant le tribunal pour
enfants en conflits avec la loi.
Celui qui enlève un enfant ou le fait enlever même avec son
consentement alors qu’il est en procédure devant le juge
des enfants commet une contravention. Il sera puni de un à
cinq ans de servitude pénale principale et d’une amende de
cent mille à deux cent cinquante mille francs congolais.
Si le coupable est déchu de l’autorité parentale en tout ou
en partie, la servitude pénale principale peut être élevée de
deux à cinq ans et à une amende de cent mille à deux cent
cinquante mille francs congolais. Peuvent commettre cette
infraction, le père, la mère, le tuteur ou toute autre per-
sonne.

21. Enrôlement d’enfants dans les forces, groupes ar-


més et police
Cette infraction relève des pires formes de travail de l’en-
fant. A ce titre qu’il plaise au lecteur de se référer à «
contravention aux dispositions de la loi du 10 janvier 2009
sur les pires formes de travail de l’enfant ».

22. Epreuves superstitieuses commises sur un enfant


Le législateur définit les épreuves superstitieuses comme
tout acte consistant à soumettre un enfant, de gré ou de
force à un mal physique réel ou supposé, en vue de déduire
des effets produits l’imputabilité d’un acte ou d’un événe-
ment ou toute autre conclusion ( article 157 dernier alinéa
de la loi du 10 janvier 2009).
L’auteur d’épreuves superstitieuses sur un enfant est puni
de un à deux ans de servitude pénale principale et d’une
Catalogue des infractions 507

amende de deux cents mille à six cent mille francs congo-


lais (article 157 alinéa 1 er). Il sera puni de cinq à vingt ans
de servitude pénale principale et d’une amende de deux
cent mille à un million de francs congolais si les épreuves
superstitieuses causent une maladie ou une incapacité, ou
s’il en résulte la perte de l’usage absolu d’un organe ou une
mutilation grave.

23. Esclavage sexuel d’un enfant


L’alinéa 2 de l’article 183 de la loi n° 09/011 du 10 janvier
2009 définit l’esclavage sexuel d’un enfant. C’est le fait
pour une personne d’exercer un ou l’ensemble des pouvoirs
assimilés au droit de propriété sur un enfant notamment en
détenant ou en imposant une privation de liberté ou en
achetant, vendant, prêtant , troquant l’enfant pour des fins
sexuelles, et de le contraindre à accomplir un ou plusieurs
actes de nature sexuelle.
A l’alinéa premier de l’article ci-haut évoqué, il est prévu
une peine allant de dix à vingt ans de servitude pénale prin-
cipale et une amende de huit cent mille à un million de
francs congolais.
Lorsque le père ou la mère ou le parâtre ou la marâtre ou
toute personne exerçant l’autorité parentale sur l’enfant est
condamné pour cette infraction, il pourra, en outre, être
déchu de l’autorité parentale (article 184).

24. Escroquerie au préjudice d’un enfant


Les éléments constitutifs de l’infraction d’escroquerie s’ap-
pliquent à cette infraction. L’article 167 de la loi en étude
prévoit deux à cinq ans de servitude pénale principale et
une amende de cent mille à deux cents cinquante mille
francs congolais à l’encontre de celui qui se rend coupable
d’escroquerie au préjudicie d’un enfant.

25. Exhibition sexuelle d’un enfant


L’exhibition sexuelle désigne le fait de montrer certaines
parties intimes du corps ou de faire en public des gestes à
caractère sexuel. L’article 178 de la loi n° 09/011 du 10 jan-
vier 2009 punit celui qui expose un enfant à l’exhibition
sexuelle. La peine est de cinq à dix ans de servitude pénale
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
508

principale et d’une amende de deux cent mille à six cent


mille francs congolais.
Si l’exhibition sexuelle de l’enfant est le fait du père, de la
mère, du parâtre, de la marâtre, du tuteur ou de toute per-
sonne exerçant en droit ou en fait l’autorité sur l’enfant, les
peines seront aggravées. Elles seront portées de cinq à
quinze ans de servitude pénale principale et l’amende de
deux cent mille à un million de francs congolais.

26. Exigence des frais scolaires exorbitants


Peut commettre cette infraction, tout gestionnaire de l’en-
seignement primaire, secondaire et professionnel public.
L’auteur encourt sanction lorsqu’il exige des frais autres
que ceux prévus par les textes légaux et réglementaires . Le
coupable de cette infraction est puni par l’article 197 du
texte légal de 2009 sur la protection de l’enfant d’une
amende de cent mille francs congolais.

27. Expérimentation médicale sur un enfant


Sont interdites et incriminées, les recherches sur une per-
sonne sans son consentement. Il a été jugé que le consente-
ment doit être obtenu préalablement à la recherche biomé-
dicale, sans même tenir compte de sa mise en œuvre effec-
tive1.
Le fait de pratiquer ou de faire pratiquer une expérimenta-
tion médicale sur un enfant est interdit. L’article 154 de la
loi du 10 janvier 2009 punit de un à cinq ans de servitude
pénale principale et d’une amende de ceux cent mille à un
million de francs congolais tout contrevenant à cette inter-
diction.
Si l’expérimentation entraîne une incapacité ne dépassant
pas huit jours, la peine est de deux à cinq ans de servitude
pénale principale et d’une amende de deux cent mille à un
million de francs congolais.
Si elle entraîne une incapacité de plus de huit jours ou pro-
voque une mutilation ou une infirmité permanente, la peine
est de cinq à dix ans de servitude pénale principale. Si cette
expérimentation entraîne la mort, la peine est portée à la
servitude pénale à perpétuité.

11
C.A Paris 1er mars 1996, D.1999, p.603, note Roujou de Boubée.
Catalogue des infractions 509

28. Harcèlement sexuel sur un enfant


Le harcèlement sexuel sur l’enfant est le fait pour une per-
sonne d’abuser de l’autorité que lui confère sa position so-
ciale ou professionnelle en exerçant sur l’enfant des pres-
sions afin d’obtenir de lui des faveurs de nature sexuelle.
Cet acte infractionnel est réprimé par l’article 181 de la loi
n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.
L’auteur du harcèlement sexuel sur un enfant encourt trois
à douze ans de servitude pénale principale et une amende
de deux cent mille à quatre cent mille francs congolais.

29. Imputation dommageable à un enfant


L’imputation dommageable à un enfant est tout fait précis
de nature à porter atteinte à l’honneur et à la dignité d’un
enfant. L’article 160 du texte légal du 10 janvier 2009 pré-
voit des sanctions. Elles sont de deux à douze mois de servi-
tude pénale principale et d’une amende de deux cent mille
à six cent mille francs congolais.
En cas d’accusation de sorcellerie à l’égard d’un enfant,
l’auteur est puni de un à trois ans de servitude pénale prin-
cipale et d’une amende de deux cent mille à un million de
francs congolais.

30. Incitation d’un enfant à des relations sexuelles


avec un animal
L’article 174 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant est le texte légal. Il punit l’incitation
d’un enfant à des relations sexuelles avec un animal. L’au-
teur de pareille incitation encourt sept à quinze ans de ser-
vitude pénale principale et une amende de cinq cent mille à
un million de francs congolais.

31. Incitation d’un enfant à la débauche ou à la cor-


ruption
L’incitation d’un enfant à la débauche est le fait de faciliter,
exciter ou favoriser la débauche d’un enfant. La loi du 10
janvier 2009 portant protection de l’enfant, à son article
173 alinéa 1er, est le texte accusateur.
Il est prévu une sanction de trois à cinq ans de servitude
pénale principale et une amende de cinq cent mille à un
million de francs congolais à l’endroit de quiconque attente
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
510

aux mœurs en incitant, en facilitant ou en favorisant pour


satisfaire les passions d’autrui la débauche ou la corruption
des enfants.
Si cet acte est commis envers un enfant âgé de moins de dix
ans accomplis, la sanction sera d’une servitude pénale prin-
cipale de dix à vingt ans et d’une une amende de deux cent
mille à quatre cent mille francs congolais.
Si l’incitation à la débauche est le fait du père, de la mère,
du parâtre, de la marâtre, du tuteur ou de toute personne
exerçant en droit ou en fait l’autorité sur l’enfant, la servi-
tude pénale passera de cinq à dix ans de servitude pénale
principale et de l’amende de un million à deux millions de
francs congolais.
Lorsque l’infraction est commise par le père, la mère, le pa-
râtre, la marâtre, le tuteur ou toute personne exerçant en
droit ou en fait l’autorité sur l’enfant, l’auteur sera, en
outre, déchu de l’autorité parentale ou tutélaire.

32. Incitation d’un enfant au suicide


L’incitation d’un enfant au suicide est puni de un à cinq ans
de servitude pénale principale et d’une amende de quatre
cent mille à un million de francs congolais (article 158 ali-
néa 1er)
L’article 158 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant, à son deuxième alinéa, porte la peine
à la servitude pénale à perpétuité si l’incitation aboutit au
suicide.
Si l’auteur de l’infraction est une personne qui exerce l’au-
torité parentale sur l’enfant, le juge peut, en outre, pronon-
cer la déchéance de cette autorité.
L’article 159 du même texte légal ordonne de prononcer la
déchéance de l’autorité parentale lorsque le père, la mère,
le parâtre, la marâtre, ou le tuteur sont condamnés pour
des atteintes volontaires à la vie, à l’intégrité physique ou
mentale de l’enfant.

33. Mariage d’un enfant ou mariage forcé d’un enfant


Celui qui exerce l’autorité parentale ou tutélaire sur un en-
fant, le donne en mariage ou en vue de celui-ci, ou le
contraint à se marier commet une infraction.
Catalogue des infractions 511

L’article 189 de la loi portant protection de l’enfant prévoit


des sanctions. Elles sont de cinq à douze ans de servitude
pénale principale et une amende de huit cent mille à un mil-
lion de francs congolais.

34. Mutilation sexuelle d’un enfant


La mutilation sexuelle est un acte qui porte atteinte à l’inté-
grité physique ou fonctionnelle de l’organe génital. L’article
153 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant protec-
tion de l’enfant punit de deux à cinq ans de peine de servi-
tude pénale principale et d’une amende de deux cent mille
à un million de francs congolais l’auteur d’un pareil acte.
Lorsque la mutilation sexuelle entraîne la mort de l’enfant
sans intention de la donner, le coupable est passible de dix
à vingt ans de servitude pénale principale. Il est important
de savoir que la circoncision n’est pas une mutilation
sexuelle ni une atteinte à l’intégrité physique.

35. Non dénonciation des violences commises sur un


enfant
L’article 192 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 fait obli-
gation à toute personne de dénoncer toute forme de vio-
lence physique ou morale infligée à l’enfant ainsi que toute
menace à sa santé et à son développement lorsqu’elle en a
connaissance.
L’infraction réside dans le fait de ne pas dénoncer. La non
dénonciation des violences commises sur un enfant est
sanctionnée d’amende de cent mille à cent cinquante mille
francs congolais (article 192 alinéa 2)

36. Non envoi d’un enfant à l’école


Le parent, le tuteur ou responsable légal qui n’envoie pas
leur enfant à l’école commet cette infraction. Il sied de no-
ter que l’élément moral est requis par cette infraction. L’in-
tention malveillante doit être prouvée ainsi que l’absence
d’empêchements. L’article 198 de la loi de 2009 portant
protection de l’enfant ordonne de faire subir à la personne
coupable de non envoi d’un enfant à l’école une sanction.
Celle-ci est une peine d’amende de cinquante mille francs
congolais.

37. Non présentation d’un enfant à ceux qui ont le


droit de le réclamer
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
512

L’article 131 de la loi portant protection de l’enfant fait état


des contraventions susceptibles des sanctions pénales à la
procédure devant le tribunal pour enfants en conflits avec
la loi.
Est susceptible de commettre l’infraction, le père, la mère,
le tuteur ou toute personne qui ne présente pas à ceux qui
ont le droit de le réclamer un enfant en procédure devant le
juge des enfants. L’auteur de l’infraction sera puni de un à
cinq ans de servitude pénale principale et d’une amende de
cent mille à deux cent cinquante mille francs congolais.
Si le coupable est déchu de l’autorité parentale en tout ou
en partie, la servitude pénale principale peut être élevée de
deux à cinq ans et à une amende de cent mille à deux cent
cinquante mille francs congolais.

38. Pornographie mettant en scène un enfant


Toute représentation, par quelque moyen que ce soit, d’un
enfant s’adonnant à des activités sexuelles explicites,
réelles ou simulées, ou toute représentation des organes
sexuels d’un enfant, à des fins principalement sexuelles est
qualifiée de pornographie mettant en scène les enfants.
Constitue cette infraction la production, la distribution, la
diffusion, l’importation, l’exportation, l’offre, la disponibili-
sation, la vente, le fait de se procurer ou de procurer à au-
trui, de posséder tout matériel pornographique mettant en
scène un enfant.
L’article 179 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 punit
l’auteur de cinq à quinze ans de servitude pénale principale
et d’une amende de deux cent mille à un million de francs
congolais. Le juge prononce en outre la confiscation du ma-
tériel pornographique concerné.

39. Privation d’un enfant de sa capacité biologique de


procréer
Toute personne a droit à la sauvegarde de sa capacité pro-
créatrice. L’enfant a droit à la préservation de sa capacité
biologique de procréer. La privation d’un enfant de sa capa-
cité biologique de reproduction n’est permise que si elle est
justifiée médicalement. A cet effet, le consentement des pa-
rents ou de ceux qui exercent l’autorité parentale est re-
quis.
Catalogue des infractions 513

En cas de conflit entre la justification médicale et le consen-


tement des parents, l’intérêt supérieur de l’enfant doit pri-
mer.
Priver un enfant de cette capacité sans que cela soit justifié
médicalement constitue une infraction. L’article 176 de la
loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant protection de l’en-
fant réprime cet acte odieux de cinq à quinze ans de servi-
tude pénale principale.

40. Proxénétisme à l’égard d’un enfant


L’alinéa 3 de l’article 182 de la loi n° 09/011 du 10 janvier
2009 portant protection de l’enfant définit le proxénétisme
à l’égard d’un enfant. C’est le fait d’offrir, d’obtenir, de
fournir, de se procurer ou d’utiliser un enfant à des fins
sexuelles contre rémunération ou toute autre forme d’avan-
tages. Par enfant, il faut entendre toute personne âgée de
moins de dix-huit ans, sans considération de sexe.
Pareil acte est défini infractionnel à l’article 182 alinéa 1 er.
Le législateur réprime l’auteur des faits ci-dessus énumérés
d’une peine de cinq à vingt ans de servitude pénale princi-
pale.
Si l’acte répréhensible est le fait du père, de la mère, du
parâtre, de la marâtre, du tuteur ou de toute personne exer-
çant l’autorité parentale, la peine à encourir est portée de
dix à vingt-cinq ans. De servitude pénale.

41. Refus d’assurer à son enfant les vaccinations et


autres soins préventifs
Les parents ont l’obligation d’assurer les soins médicaux à
leur progéniture. Ils ont également l’obligation d’assurer
des soins médicaux préventifs à leurs enfants. S’ils refusent
délibérément de les leur assurer et particulièrement les
vaccinations, ils commettent l’infraction prévue à l’article
196 de la loi du 10 janvier 2009 portant protection de l’en-
fant.
Peut être coupable de cette infraction le parent, le tuteur
ou le responsable légal. L’auteur coupable de cette infrac-
tion est passible d’une servitude pénale principale ne dé-
passant pas cinq jours et d’une amende de cinquante mille
francs congolais ou une de ces peines seulement.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
514

42. Soustraction d’un enfant à la garde des personnes


ou à l’institution à laquelle l’autorité judiciaire l’a
confiée
L’article 131 fait état des contraventions susceptibles des
sanctionnes pénales à la procédure devant le tribunal pour
enfants en conflits avec la loi.
Celui qui enlève un enfant ou le fait enlever même avec son
consentement alors qu’il est en procédure devant le juge
des enfants commet l’infraction. Il sera puni de un à cinq
ans de servitude pénale principale et d’une amende de cent
mille à deux cent cinquante mille francs congolais.
Si le coupable est déchu de l’autorité parentale en tout ou
en partie, la servitude pénale principale peut être élevée de
deux à cinq ans et à une amende de cent mille à deux cent
cinquante mille francs congolais.

43. Soustraction d’un enfant à la procédure intentée


contre lui en vertu de la loi
Il s’agit d’une contravention susceptible des sanctions pé-
nales, à la procédure devant le tribunal pour enfants en
conflits avec la loi.
Celui qui soustrait ou tente de soustraire un enfant en pro-
cédure devant le juge des enfants commet cette infraction.
Il sera puni conformément à l’article 131 du texte de loi sur
la protection de l’enfant de un à cinq ans de servitude pé-
nale principale et d’une amende de cent mille à deux cent
cinquante mille francs congolais. Il peut s’agir du père, de
la mère, du tuteur ou de toute autre personne.
Si le coupable est déchu de l’autorité parentale en tout ou
en partie, la servitude pénale principale peut être élevée de
deux à cinq ans et à une amende de cent mille à deux cent
cinquante mille francs congolais.

44. Torture soumise à un enfant


La torture est tout acte par lequel une douleur ou des souf-
frances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnelle-
ment infligées à une personne. Les souffrances peuvent être
infligées aux fins notamment de :
- obtenir des renseignements ou des aveux ;
- punir un acte commis ou soupçonné d’avoir été commis ;
Catalogue des infractions 515

- intimider ou faire pression, intimider, faire pression, ou


pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimina-
tion quelle qu’elle soit. C’est le cas lorsqu’une telle dou-
leur ou de telles souffrances sont infligées par un agent
de la Fonction Publique ou toute autre personne agissant
à titre officiel ou à son instigation ou avec son consente-
ment exprès ou tacite.
L’article 151 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant punit l’auteur de la torture sur un en-
fant. La sanction est de un à cinq ans de servitude pénale
principale et d’une amende de cinq cent mille à un million
de francs congolais.
L’article 152 du même texte renchérit que lorsque les tor-
tures ou les actes de brutalité, de cruauté, d’odieuses souf-
frances, de privation ou de séquestrations susceptibles de
porter atteinte à la santé physique ou mentale de l’enfant
ainsi qu’à son équilibre affectif et psychologique ont entraî-
né la mort, la peine sera la servitude pénale à perpétuité.

45. Traite d’enfants


L’article 162 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant définit et réprime la traite d’enfants.
Par traite d’enfants, il faut sous-entendre le recrutement, le
transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil des en-
fants, par la menace, le recours à la force ou à d’autres
formes de contrainte, par l’enlèvement, la fraude, la trom-
perie, l’abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité,
ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages
pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité
sur l’enfant aux fins d’exploitation1.
L’infraction de traite d’enfants est punie de dix à vingt ans
de servitude pénale principale et d’une amende de cinq
cents mille à un million de francs congolais. Le Tribunal de
Grande Instance est la juridiction compétente.

46. Utilisation d’un enfant aux fins de mendicité


Quiconque utilise un enfant aux fins de mendicité commet
une infraction. Il est punissable d’une amende de cinquante
mille à cent mille francs congolais. Cela ressort de l’article

11
Article 162 alinéa 2 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
516

194 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant protec-


tion de l’enfant.

47. Utilisation d’un enfant dans la criminalité


La répression relève de l’article 188 du texte de 2009 por-
tant protection de l’enfant. L’auteur de cette infraction est
passible d’une sanction de cinq à dix ans de servitude pé-
nale principale et d’une amende de deux cent mille à un
million de francs congolais.

48. Vente ou gage de l’immeuble d’un enfant


L’article 166 punit quiconque vend ou donne en gage un
immeuble qu’il sait pertinemment bien appartenir à un en-
fant. Il subira de cinq à dix ans de servitude pénale princi-
pale et une amende de deux cent cinquante mille à cinq
cent mille francs congolais.

49. Vente d’enfants


La vente d’enfants est définie et sanctionnée par l’article
162 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant protec-
tion de l’enfant. Par vente d’enfants , il faut entendre tout
acte ou toute transaction faisant intervenir le transfert
d’enfants de toute personne ou de tout groupe de per-
sonnes à un autre groupe contre rémunération ou tout
autre avantage.
Cette infraction est punie de dix à vingt ans de servitude
pénale principale et d’une amende de cinq cent mille à un
million de francs congolais. Le Tribunal de Grande Instance
est la juridiction compétente ;

50. Viol d’enfant


L’infraction de viol d’un enfant est définie et sanctionné par
les articles 170 et 171 du code pénal tel que modifié et com-
plété par la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 portant protec-
tion de l’enfant. Il est puni de sept à vingt ans de servitude
pénale principale et d’une amende de huit cents mille à un
million de francs congolais.
Le minimum de la peine est doublé si le viol a été commis
par des ascendants, des personnes qui ont autorité sur l’en-
fant, les enseignants, les agents publics, les ministres de
culte, le personnel médical, para médical, ou des assistants
sociaux, des tradipraticiens , les gardiens des enfants .
Catalogue des infractions 517

Il en est de même si l’attentat a été commis avec l’aide


d’une ou plusieurs personnes, ou en public, ou a causé une
altération grave de la santé ou laissé des séquelles phy-
siques, psychologiques, ou s’il est commis sur un enfant vi-
vant avec handicap, ou s’il a été commis avec usage ou me-
nace d’arme.
Commet un viol d’enfant, soit à l’aide de violences ou me-
naces graves ou par contrainte à l’encontre d’un enfant, di-
rectement ou par l’intermédiaire d’un tiers, soit par sur-
prise, pression psychologique, soit à l’occasion d’un envi-
ronnement coercitif, soit en abusant d’un enfant qui, par le
fait d’une maladie, par l’altération de ses facultés ou par
toute autre cause accidentelle a perdu l’usage de ses sens
ou en a été privé par quelque artifice :
- tout homme qui introduit son organe sexuel, même super-
ficiellement dans celui d’une enfant ou toute femme qui
oblige un enfant à introduire même superficiellement son
organe sexuel dans le sien ;
- tout homme qui pénètre, même superficiellement l’anus,
la bouche ou tout autre orifice du corps d’un enfant par
un organe sexuel, par toute autre partie du corps ou par
un objet quelconque ; ou toute femme qui oblige un en-
fant à exposer son organe sexuel à des attouchements
par une partie de son corps ou par un objet quelconque ;
- toute personne qui introduit, même superficiellement,
toute autre partie du corps ou un objet quelconque dans
le vagin d’une enfant ;
- toute personne qui oblige un enfant à pénétrer, même
superficiellement, son anus, sa bouche ou tout autre ori-
fice de son corps par un organe sexuel, par toute autre
partie du corps ou par un objet quelconque.

51. Vol d’un bien d’un enfant


L’article 163 du texte légal sur la protection de l’enfant ré-
prime l’infraction de vol d’un bien d’un enfant. Outre les
éléments constitutifs de l’infraction de vol, l’auteur doit sa-
voir que l’objet qu’il soustrait appartient à un enfant. La
sanction est celle des articles 79 et 80 du code pénal ordi-
naire. L’article 164 de la loi portant protection de l’enfant
punit de dix à vingt ans de servitude pénale principale et
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
518

d’une amende de cinq cent mille à un million de francs


congolais si le vol a été commis à l’aide de violences ou de
menaces.

448. Protection pénale de l’enfant avant


sa naissance
1. Abstention de porter assistance à une femme en
instance d’accouchement
Pour protéger l’enfant à naître, la femme en instance d’ac-
couchement doit faire l’objet d’assistance et des soins parti-
culiers de la part du personnel soignant. Pour contraindre
le personnel soignant à plus d’assistance, le législateur a
érigé en infraction l’abstention de porter assistance à une
femme en instance d’accouchement.
L’article 146 de la loi n° 09/011 du 10 janvier 2009 punit
des peines prévues pour non assistance à personne en dan-
ger le personnel soignant coupable d’abstention de porter
assistance à une femme en instance d’accouchement.

2. Coups et blessures volontaires portés sur une


femme enceinte
Quiconque porte volontairement des coups sur une femme
enceinte commet l’infraction des articles 143 à145 de la loi
n° 09/011 du 10 janvier 2009.
Les coups portés et blessures faites volontairement peuvent
entraîner une altération grave de la santé de la femme. Ils
peuvent aussi altérer gravement l’embryon et le fœtus. Les
coups peuvent entrainer la perte d’un organe sans détruire
l’embryon.
L’auteur des coups et blessures volontaires portés sur une
femme enceinte est passible de deux à cinq ans de servi-
tude pénale principale et d’une amende de deux cent mille
à trois cent cinquante mille francs congolais.
Les coups portés et blessures faites volontairement peuvent
causer l’avortement sans intention de le provoquer. L’auteur
est passible de deux à cinq ans de servitude pénale princi-
pale et d’une amende de trois cents cinquante mille à cinq
cent mille francs congolais. Il sera jugé par le Tribunal de
Paix.
Catalogue des infractions 519

449. Provocation à des manquements


envers l’autorité publique
Voir provocation à la désobéissance civile

450. Provocation à la désertion


Voir Désertion

451. Provocation à la désobéissance ci-


vile
La provocation à la désobéissance civile est aussi appelée
provocation et incitation à des manquements envers l’auto-
rité publique. En effet, il est fait obligation à tous ceux qui
vivent sur le territoire national d’obéir aux lois. Toute pro-
vocation à la désobéissance aux lois (ou incitation à la déso-
béissance civile) met en danger la paix publique.

I. Eléments constitutifs
L’infraction de provocation à la désobéissance civile re-
quiert divers éléments pour être établie.
1. Un acte matériel. Il peut être question d’écrits ou de pa-
roles adressés à un seul individu, à un groupe de per-
sonnes ou à la collectivité.
2. L’acte matériel doit inciter à désobéir à la loi. L’objet des
écrits et de paroles est d’inciter autrui à ne pas faire ce
qui est ordonné par la loi ou d’inciter autrui à faire ce qui
est défendu par la loi.
Est à considérer comme lois tous les textes à caractère gé-
néral et impersonnel émanant des autorités publiques (il
pourra s’agir de lois, ordonnances, décrets, arrêtés, ordon-
nances-lois, décisions) mais également les ordres des
agents de l’autorité (provocation à des manquements en-
vers l’autorité). Que le résultat de la provocation, soit at-
teint (réalisé) ou non, l’infraction existe.
3° La provocation doit avoir directement incité une ou plu-
sieurs personnes à désobéir à la loi ;
4° L’agent sait que ce qu’il incite à faire est contraire aux
lois (élément moral).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
520

II. Régime répressif


L’infraction de provocation à la désobéissance civile est
prévue par l’article 135 bis résultant de l’ordonnance -loi n°
299 du 16 décembre 1963. Elle est sanctionnée de deux
mois à trois ans et d’amende ou de l’une de ces peines.
Le législateur n’a pas laissé aux titulaires des droits de ré-
gler arbitrairement la compétence des tribunaux. Il a accor-
dé compétence exclusive, pour toutes infractions relatives à
la provocation et à l’incitation à des manquements envers
l’autorité publique, à la Cour de sûreté de l’Etat (article 96
du COCJ). La Cour de Sûreté de l’Etat ayant été dissoute
par la constitution de 2006, l’infraction de provocation à la
désobéissance civile relève désormais de la compétence
matérielle du Tribunal de Paix.

452. Provocation à l’insoumission


Provoquer ou favoriser l’insoumission par certains moyens,
suivis ou non d’effets est réprimé, en temps de paix comme
en temps de guerre. L’incrimination de provocation à l’in-
soumission requiert des éléments constitutifs.

I. Eléments constitutifs
1. Les éléments matériels se résument en actes prohibés et
en moyens de réalisation de ces actes. L’agent doit avoir
provoqué ou favorisé l’insoumission, c’est-à-dire inciter,
porter à exhorter. Il en est ainsi d’un homme d’affaire qui
par suite d’alléchantes promesses de faramineuses
sommes d’argent, empêche de s’exécuter de ce fait un
militaire affecté à rejoindre son corps de troupe en l’en-
voyant dans une carrière pour l’achat des pierres pré-
cieuses provoquant ce militaire à l’insoumission. Il en est
de même d’un transporteur qui, ayant appris que des
émissaires sont dépêchés dans son village pour recher-
cher certains de ses amis en vue de rejoindre leurs corps
de troupe, offre son véhicule pour aider les mécontents à
s’en aller ailleurs (1).
2. Les moyens de réalisation de ces actes. Ils sont de tous
ordres et illimités.
11
Laurent MUTATA LUABA., Op. Cit. p.65
Catalogue des infractions 521

3. L’élément moral. Il résulte d’un acte délibéré et


conscient de l’agent qui tient à soustraire un tiers de
l’obligation de son corps de troupe. Aucun mobile ne peut
être invoqué à part bien entendu la contrainte physique
ou morale subie par le provocateur.

II. Régime répressif


La provocation à l’insoumission est prévue et sanctionnée
par l’article 42 du Code Pénal Militaire. En temps de paix,
le coupable encourt une peine de servitude pénale princi-
pale dont le taux est fixé de deux mois à cinq ans au maxi-
mum. Si les coupables ne sont ni militaires ni assimilés, ils
écoperont en plus de la peine principale d’une amende de
cinq mille à dix mille francs congolais constants.

453. Provocation au duel


Voir Duel.

454. Provocation des militaires à la


désobéissance
L’infraction de provocation des militaires à la désobéis-
sance n’est commise qu’en temps de paix. A la lecture de
l’article 135 ter du code pénal livre II « quiconque aura…
provoqué des militaires à se détourner de leurs devoirs mili-
taires et de l’obéissance qu’ils doivent à leurs chefs dans
tout ce qu’ils leur commandent pour l’exécution des lois et
des règlements militaires… ».

I. Eléments constitutifs
Pour être établie en fait comme en droit, l’infraction de pro-
vocation des militaires à la désobéissance exige :
1. un acte matériel ;
2. un acte incitant les militaires à se détourner de leurs de-
voirs militaires et de l’obéissance qu’ils doivent à leurs
chefs ;
3. Cet acte doit directement inciter un militaire ou plu-
sieurs ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
522

4. L’auteur sait que ce qu’il incite à faire est contraire aux


devoirs militaires et à l’obéissance que les militaires
doivent à leurs chefs lorsqu’ils commandent à l’exécution
des lois et règlements militaires ;
5. L’acte matériel d’incitation est commis en temps de paix.
En temps de guerre, il y aurait atteinte à la sûreté exté-
rieure de l’Etat (art 183 (3°) du code pénal).

II. Régime répressif


L’infraction de provocation des militaires à la désobéis-
sance est prévue par l’article 135ter du code pénal. Elle est
assimilée à la provocation à la désobéissance civile. Elle est
punie de deux mois de servitude pénale à trois ans et d’une
amende ou d’une de ces peines (la provocation des mili-
taires à la désobéissance).
L’infraction de provocation des militaires à la désobéis-
sance relève de la compétence matérielle du juge de paix.
L’action publique de cette infraction est prescrite selon les
règles de droit commun.

455. Proxénétisme
Voir prostitution.

456. Proxénétisme à l’égard d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

457. Publication et distribution des


écrits
Le législateur exige pour toutes publications certaines indi-
cations. Il sanctionne toute personne qui aura sciemment
contribué à la publication ou à la distribution de tout écrit
dans lequel ne se trouve pas l’indication vraie du nom et du
domicile de l’auteur ou de l’imprimeur.
L’article 150h du code pénal livre II prévoit et sanctionne
cette infraction. Il (article 150h) l’assort d’une servitude
pénale de deux mois maximum et une amende ou une de
ces peines tout simplement. La peine ne sera pas prononcée
au cas où les indications requises sont inexistantes ou si
l’origine est connue par l’apparition antérieure.
Catalogue des infractions 523

Les crieurs, afficheurs, vendeurs ou distributeurs qui au-


ront fait connaître la personne de laquelle ils tiennent
l’écrit incriminé et ceux qui auront fait connaître l’auteur
ou l’imprimeur seront exemptés de la sanction de l’article
150h (article 150i).

458. Publicité
La publicité sous toutes ses formes doit être conforme aux
lois et règlements. Elle doit être conçue de manière à ne
pas abuser de la confiance, de l’inexpérience ou de l’igno-
rance des consommateurs. Elle ne doit pas non plus cho-
quer les convictions du public.
La publicité doit être respectueuse de la dignité de la per-
sonne humaine, exempte de toute vulgarité et violence. Elle
proscrit la superstition et respecte la propriété littéraire,
artistique, industrielle et les droits de la personne humaine.

459. Publicité des prix


Voir Réglementation des prix.

460. Publicité illicite


I. Définitions
Est illicite la publicité :
- qui est incompatible avec les avis, recommandations et
décisions du Conseil National de la publicité et de la
Commission de Contrôle et de Visa de la publicité ;
- contraire aux lois et règlements, aux bonnes mœurs, à
l’ordre et à la sécurité publics ;
- qui suscite dans le public, chez les enfants en particulier
des comportements indignes, irrationnels ou contraires à
l’intérêt général ;
- comportant des allégations, omissions, exagérations, indi-
cations ou signes trompeurs, équivoques ou de nature à
induire en erreur (publicité mensongère) ;
- contenant une comparaison de nature à induire en er-
reur, et contraire aux principes de la concurrence loyale ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
524

- dénigrant une entreprise, un produit, pouvant provoquer


mépris, ridicule ou discrédit ;
- comportant une imitation risquant d’entraîner des confu-
sions ;
- contraire à la déontologie d’une corporation profession-
nelle dotée de la personnalité juridique.

II. Eléments constitutifs


Pour être caractérisée, l’infraction de publicité illicite exige
divers éléments.
a) L’élément matériel de l’infraction. Il comprend l’objet et
le support (articles 22 et 23 de l’arrêté) ainsi que le
contenu de la publicité.
1° L’objet et le support (art.22 et 23). Ils sont constitués
de toute publicité portant sur des biens ou produits qui
sont des objets ordinaires de vente et de service quel-
conques quel que soit le moyen ou la forme utilisés.
2° Le contenu de la publicité. Le contenu ne doit pas être
contraire aux lois et règlements, aux bonnes mœurs, à
l’ordre public, à la sécurité publique ni être incompa-
tible avec les avis et recommandations du Conseil Na-
tional de la Publicité ou avec les décisions de la Com-
mission de Contrôle et de Visa de la Publicité.
b) L’élément moral de l’infraction. L’élément moral de l’in-
fraction de publicité illicite est constitué de l’intention de
tromper qui anime le prévenu. Le juge appréciera l’in-
exactitude ou l’ambiguïté des formules utilisées dans la
publicité. Le juge examinera ce qu’elle créerait dans l’es-
prit du destinataire.
Tout annonceur veillera à n’affirmer que ce qui aura été soi-
gneusement vérifié parcequ’une imprudence, une négli-
gence peuvent être considérées comme des fautes. Il en de
même de la connaissance de l’inexactitude et de l’intention
délibérée de tromper.
Catalogue des infractions 525

III. Poursuites
Les membres de la Commission de Contrôle et de Visa de la
Publicité sont habilités à rechercher et à constater sur pro-
cès-verbaux les infractions de publicité illicite. Ils peuvent
se faire remettre copie des documents qu’ils estiment né-
cessaires pour accomplir leur mission. Les empêchements
ou entraves volontaires à l’exercice de leurs fonctions
consistant par exemple au refus de fournir les renseigne-
ments ou documents demandés ou le fait de leur remettre
des documents ou renseignements inexacts, sont sanction-
nés. Les membres de la commission transmettent leurs pro-
cès-verbaux à l’office du Procureur de la République.

a) Texte légal et sanction


Il a existé plusieurs textes en matière de publicité. Nous
pouvons en citer :
- L’ordonnance n°97 / A.E du 6 septembre 19938 (B.A.
1937. p.416) ;
- l’ordonnance du 14 février 1950 qui interdit d’inciter au-
trui, de quelque manière que ce soit, à commettre les
actes prohibés et surélevées ;
- le décret du 1er avril 1959 (B.O .1959 p. 1284) relatif à la
sauvegarde du pouvoir d’achat des consommateurs.
Le texte légal en matière de publicité est aujourd’hui l’arrê-
té départemental 04/DIP/004/90 du 21 avril 1990 portant
dispositions réglementaires générales en matière de publi-
cité au Zaïre (Département de l’information et de la presse).
Il sied de préciser que cet arrêté n’a pas fait l’objet d’une
publication au journal officiel. La publicité illicite y est pré-
vue par l’article 22.
Le Ministère public ou le Tribunal de Commerce saisi
peuvent d’office ordonner, par une décision immédiatement
exécutoire, la cessation de la publicité ou à la demande du
conseil national de la publicité ou de la commission de
contrôle et de visa de la publicité. Ces organes peuvent éga-
lement agir de leur propre chef à titre préventif.
Les personnes physiques ou morales reconnues qui ont
pour mission la défense des intérêts des consommateurs
peuvent exercer l’action civile devant toutes les juridictions
si l’intérêt collectif des consommateurs a subi préjudice.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
526

La publicité illicite est punie des peines prévues à l’article


15 du Décret loi du 20 mars 1961 sur les prix. D’autres
sanctions sont prévues notamment la condamnation à des
dommages et intérêts, la publication de la décision judi-
ciaire par extrait ou intégralement aux frais du condamné,
la diffusion aux frais du condamné d’annonces rectificatives
si nécessaire.

b) Tribunal compétent
Les infractions provoquées par la publicité et par l’irrespect
des usages honnêtes en matière commerciale et/ou indus-
trielle sont de la compétence des tribunaux de commerce
en dépit de ce qu’elles ont été incorporées dans le code pé-
nal ordinaire. L’explication se trouve être que la publicité
fait partie de la législation et de la réglementation écono-
mique et commerciale.

461. Publicité médicale


La publicité n’est autorisée que dans les conditions fixées
par la loi. La publicité technique concernant les médica-
ments est libre auprès des médecins, pharmaciens, chirur-
giens-dentistes et des sages-femmes s’il s’agit d’une publici-
té non illustrée ou si elle paraît dans des journaux ou re-
vues diffusés exclusivement auprès du corps médical ou
pharmaceutique. Toutefois, dans la publicité, les indications
concernant les indications thérapeutiques et les contre indi-
cations ne pourront être faites que dans les limites fixées
par la loi.
La publicité des produits pharmaceutiques ne doit porter
aucune déclaration ou présentation visuelle qui risque d’in-
duire en erreur quant à la nature ou à la propriété du pro-
duit (art. 16). La publicité des traitements médicaux doit
décrire de façon adéquate les caractéristiques des traite-
ments proposés (art.17).

462. Publicité mensongère


Voir publicité illicite
Catalogue des infractions 527

463. Publicité sur le tabac


La publicité sur le tabac s’adresse aux consommateurs
adultes. Elle est interdite à la télévision, à la radio, dans la
presse écrite, dans les magazines commerciaux et d’infor-
mations générales. Sur tous les points de vente, la publicité
doit intégrer dans un espace déterminé l’avertissement sa-
nitaire selon lequel FUMER EST PREJUDICIABLE A LA
SANTE.
La publicité sur le tabac est interdite sur support routier,
panneaux et banderoles. La publicité électronique, à moins
que des mesures soient prises pour s’assurer que les per-
sonnes sont adultes, ne doit pas être incorporée dans les
vidéos ou cassettes radio, disque compact, disque vidéo di-
gital ou dans d’autres moyens similaires. La recherche pu-
blicitaire sur la population de moins de 18 ans d’âge est in-
terdite. Seuls les adultes ont accès à la promotion des pro-
duits du tabac. Les moins de 18 ans d’âge n’y ont pas accès,
ne peuvent recevoir, acheter ou vendre un article promo-
tionnel. La dégustation des produits du tabac est réservée
aux adultes et les personnes employées pour l’offrir doivent
avoir au moins 21 ans. Il est interdit de parrainer les évène-
ments visant les mineurs à travers la presse tant écrite
qu’audiovisuelle.

464. Publicité sur les boissons alcooli-


sées
Les articles 6 à 14 de l’arrêté départemental 04/DI/004/90
du 21 avril 1990 est le texte légal en matière de publicité
sur les boissons alcoolisées. On distingue cinq groupes de
boissons.
1. Les boissons non alcoolisées dont la publicité non sou-
mise à aucune restriction est libre, à la condition de ne
pas être trompeuse ;
2. Les boissons faiblement alcoolisées, fermentées non dis-
tillées : bières, vins, jus de fruits fermentés tirant d’un à
six degrés d’alcool ;
3. Les vins doux naturels : vins de liqueur, apéritifs à base
de vin et liqueurs ne tirant pas plus de 18 degrés d’al-
cool ;
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
528

4. Les alcools provenant de la distillation des vins ;


5. Les boissons alcoolisées non interdites : whisky, pastis,
vodka.
Les boissons interdites et celles du cinquième groupe ne
peuvent faire l’objet d’aucune publicité à la radio, à la télé-
vision et sur les affiches. La publicité des boissons alcooli-
sées est également interdite dans les locaux occupés par
des associations de jeunesse, dans les établissements d’en-
seignement de jeunes. Elle est aussi prohibée dans les
stades, les terrains de sport publics ou privés, les piscines,
les salles où se déroulent habituellement les manifestations
sportives. Elle est enfin interdite sur les produits spécifique-
ment destinés aux jeunes (article 8).
Pour les vins doux naturels (troisième groupe), la publicité
ne peut porter que sur la dénomination du produit, sa com-
position, les nom et adresse du fabricant, des agents et des
dépositaires ; ceci à l’exclusion de tout autre message pu-
blicitaire.
La publicité des boissons du quatrième groupe est libre, ex-
ception faite de sa diffusion dans les terrains de sport et
concernant les objets destinés aux jeunes (article 10).

Remarques
Les fabricants, importateurs et entrepositaires peuvent
adresser aux détaillants et débitants de boissons des circu-
laires commerciales indiquant les caractéristiques des pro-
duits qu’ils vendent et les conditions de leur vente. A l’inté-
rieur des débits des boissons les noms des boissons accom-
pagnés de leur composition, du nom et de l’adresse du fa-
bricant, de leur prix (sans les présenter comme possédant
une valeur hygiénique, diététique, ou médicale) peuvent
être affichés.
Il est permis en outre d’inscrire seulement sur les voitures
utilisées pour les opérations normales de livraison, la dési-
gnation des produits, le nom et l’adresse du fabricant, des
agents et dépositaires.

Critères qualitatifs
Toute publicité sur les boissons alcoolisées doit éviter :
- de suggérer ou d’encourager l’abus de la consommation
individuelle ;
Catalogue des infractions 529

- de présenter ou d’encourager la consommation des bois-


sons alcoolisées par les enfants mineurs d’âge ;
- de présenter un caractère mensonger ;
- d’associer la consommation de la boisson alcoolisée à la
conduite automobile
- d’encourager l’ébriété, les orgies, les beuveries, de pré-
senter de buveurs ayant perdu le contrôle de leurs actes ;
- de présenter la boisson alcoolisée comme traitement
contre les déficiences physiques et physiologiques ;
- d’associer ou présenter la consommation de la boisson
avec le sport ;
- de présenter des scènes de passions sexuelles, de promis-
cuité ou d’activité amoureuse présentée comme consé-
quence de la consommation de boissons alcoolisées ;
- de contenir de double sens de caractère subjectif ou sous
entendant des intentions immorales ;
- d’associer la boisson au crime, aux criminels ou à toute
activité illégale ;
- de s’employer dans la religion ou le thème religieux ;
- de présenter ou traiter déloyalement une boisson concur-
rente, la règle dans ce domaine c’est la retenue, l’objecti-
vité et la vérité ;
- de laisser croire que les boissons concurrentes peuvent
contenir des composants nocifs ;
- d’utiliser des termes scientifiques ou pseudo scientifiques
destinés à laisser croire qu’une boisson alcoolisée ras-
semble certaines spécificités qu’en fait elle ne possède
pas ;
- d’être faite dans les lycées ou collèges et être présentée
comme un facteur facilitant la réussite scolaire.

Critères quantitatifs
- Aucun message publicitaire sur les boissons alcoolisées
ne sera diffusé avant 22 heures et les jours fériés ou chô-
més.
- Il ne sera fait à la télévision et à la radio aucune publicité
pendant le week-end, les messages publicitaires ne dé-
passeront pas soixante secondes. La diffusion de la publi-
cité ne se fera pas dans les programmes spécifiques des-
tinés à la jeunesse.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
530

- Pour la presse écrite le message n’apparaîtra pas sans la


mention « publi-reportage ou publicité » et occupera un
espace ne pouvant excéder 20% de la surface totale de la
page où est présentée la dite publicité.

Régime répressif
a) Base légale
L’arrêté ministériel n° 008/ CAB/ MIN. INFO. PRES &
COM. NAT /2007 du 09 juillet 2007 modifiant et complétant
l’arrêté ministériel 04/MCP/009/2002 du 15 octobre 2002
fixe les critères d’appréciation de la publicité sur le tabac et
boissons alcoolisées1. Il renferme le régime répressif. Les
membres de la Commission de Contrôle et de Visa de la Pu-
blicité sont désignés pour remplir les fonctions d’inspec-
teurs chargés de constater tout manquement. Ils appliquent
en outre les sanctions contre les contrevenants.

b) Sanctions applicables
Les diverses sanctions prévues sont les unes administra-
tives, les autres pénales. L’avertissement, le rappel à
l’ordre, la saisie des produits, la destruction des produits
peuvent être appliqués. Les amendes transactionnelles et
frais administratifs pouvant aller jusqu’à l’équivalent en
francs congolais de cinquante mille dollars américains
peuvent être infligées (art. 11). En cas de récidive, les
amendes transactionnelles et les frais administratifs seront
portés au double.

1
J.O., n° 19, 1er octobre 2009, p.23.
Catalogue des infractions
R 531

465. Racisme et tribalisme


Voir Haine et aversion raciale, ethnique, tribale ou régional.

466. Rébellion
L’infraction de rébellion est toute attaque ou toute résis-
tance avec violences ou toute opposition dirigées par un
individu contre un dépositaire de l’autorité publique agis-
sant dans l’exercice légitime de ses fonctions en vue de
l’empêcher ou de troubler l’exercice de son ministère.

I. Eléments constitutifs
Pour exister, l’infraction de rébellion exige la réunion des
éléments constitutifs. Ceux-ci sont répertoriés au nombre
de quatre.
1. La résistance violente. La rébellion postule un acte de
résistance actif et violent. L’emploi des moyens violents,
des actes de violences ou des menaces. Exemple un coup
violent. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait contact phy-
sique, coup ni dommage, si l’attitude peut impressionner
vivement la victime : exemple ramasser des pierres
comme pour les lancer1.Mais il n’y a pas infraction dans
un acte de résistance passive ; s’enfuir pour éviter l’ar-
restation, rester allongé sur un banc malgré l’ordre de
l’agent, refuser de se laisser mettre les menottes. Il n’y a
pas non plus infraction de rébellion dans les violences
contre les choses ; exemple jeter les pièces à conviction
par la fenêtre, avaler un document.
2. La qualité de la victime. Les actes de violence doivent
être dirigés contre les dépositaires ou agents de l’autori-
té ou de la force publique (Huissier, policier, agent de
police judiciaire, greffier etc..).La jurisprudence y ajoute
les personnes qui agissent sous les ordres et sous le
contrôle des précédentes.

11
Mémentos ; Droit pénal spécial, 14ème édition 2008, Jean et Anne-Marie Larguier, Philippe Conte,
Dalloz.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
532

3. Une victime agissant pour l’exécution des lois, des ordres


de l’autorité publique, des décisions ou des mandats de
justice. Les agents ne sont protégés que s’ils agissent
pour l’exécution des lois, ordres ou ordonnances, déci-
sion de l’autorité publique, des jugements ou autres actes
exécutoires. Il se pose le problème de la résistance à un
ordre illégal : les particuliers ne peuvent se constituer
juges de l’illégalité.1
4. L’intention coupable. Le prévenu agit avec intention cou-
pable, en sachant que par ses violences, il s’oppose à
l’exécution des lois. Il suffit que l’auteur des violences ait
su qu’il risquait de mettre obstacle à l’exécution de
l’ordre de l’autorité.
Il a été jugé que la simple résistance passive ne peut pas
constituer la rébellion ; que la résistance violente à un acte
irrégulier de l’autorité est une rébellion, mais les mobiles
qui ont motivé la résistance peuvent être retenus comme
cause d’atténuation de la peine ; et que ne se rend pas cou-
pable de rébellion celui qui, en cas d’arrestation arbitraire,
résiste à l’emploi injuste de la force publique. 2 Les gardes
de corps privés, les agents de la garde industrielle des en-
treprises, les agents de sociétés de gardiennage ne peuvent
pas être victimes de rébellion.
Ne constituent pas également l’infraction de rébellion l’op-
position dirigée contre un policier qui réclame le payement
de son dû vis-à-vis de son créancier ; l’opposition dirigée
contre un conseiller du gouverneur de province qui a ordon-
né la saisie des objets appartenant à autrui.
Le Code Pénal Militaire en ses articles 91 et 92 définit et
réprime sous la même infraction de rébellion toute attaque,
toute résistance avec violences et voies de fait commises
par un militaire ou individu embarqué ou employé par le
Ministère de la Défense envers les Forces Armées ou les
agents de l’autorité publique. Il a été jugé que le militaire
qui refuse à son supérieur de se rendre au corps de garde
et qui résiste avec violence au caporal de garde chargé de
faire exécuter cet ordre se rend coupable d’insubordination
et non de rébellion (C.G app. 5 juillet 1914, Jur. Col. 1925,
p.247).
1
Crim., 1965.
2
Elis. 12 octobre 1915, Jur. Col. 1926, p. 162 ; Elis. 28 novembre 1925, Jur. Kat. II p. 93 ; 1ère inst. App.
Buta. 20 mai 1927, Rev. Jur. 1929, p. 206.
Catalogue des infractions 533

II. Poursuites
a) Textes légaux en matière de rébellion
Le code pénal en son livre II, article 133 définit l’infraction
de rébellion. L’article 134 sanctionne la rébellion commise
par une seule personne. L’article 135 réprime la rébellion
commise après s’être concertées préalablement par plu-
sieurs personnes. L’article 91 du code pénal militaire définit
la rébellion militaire.

b) Sanctions applicables aux actes de rébellion


La rébellion commise par une personne est punie d’une an-
née de servitude pénale principale au maximum et d’une
amende ou d’une de ces peines seulement. La rébellion
commise par plusieurs personnes et par suite d’un concert
préalable est sanctionnée de cinq ans de servitude pénale
principale et d’une amende.
La rébellion militaire sans arme est punie de cinq à dix ans
de servitude pénale. La rébellion avec arme fait encourir à
ses auteurs et complices la peine de dix à vingt ans de ser-
vitude pénale. S’il résulte des actes de rébellion des bles-
sures ou la mort de l’autorité contre laquelle ils sont diri-
gés, les coupables sont punis de servitude pénale à perpé-
tuité ou de la peine de mort selon le cas.
L’article 92 du Code Pénal Militaire dispose que la rébellion
commise par des militaires ou par des individus embarqués
ou employés par le Ministère de la Défense, armés et agis-
sant au nombre de trois au moins, est punie de vingt ans de
servitude pénale. Les instigateurs ou chefs de rébellion et
le militaire le plus gradé sont passibles de la servitude pé-
nale à perpétuité. En temps de guerre ou pendant les cir-
constances exceptionnelles, les coupables sont punis de
mort. Les tribunaux compétents sont, selon le cas, le Tribu-
nal de paix et les juridictions militaires.

c)Prescription de l’action publique


La prescription de l’action publique est d’une année pour la
rébellion commise par une seule personne (art 134 CPLII).
Elle est de trois ans en cas de rébellion commise par plu-
sieurs personnes (art 135 CPLII). La peine sera prescrite au
délai double de la peine prononcée, évidemment sans être
inférieure à deux ans.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
534

467. Recel
Voir recel d’objets.

468. Recel de déserteur


Voir désertion.

469. Recel de malfaiteurs


Le recel de malfaiteurs est une infraction qui consiste à ca-
cher en vue de les soustraire aux poursuites ou à l’exécu-
tion de leurs peines, les personnes que l’on sait être pour-
suivies ou condamnées du chef d’une infraction que la loi
punit de mort, de travaux forcés ou de cinq ans au moins de
servitude pénale principale. Par cette infraction, le législa-
teur entend réprimer l’entrave apportée à l’action de la jus-
tice.

I. Eléments constitutifs
L’infraction de recel de malfaiteurs exige pour être établie
la réunion de trois éléments.
1. L’existence d’un acte de recel, c’est-à-dire qu’un asile ou
un refuge ait été donné à la personne recherchée;
2. L’existence d’une personne poursuivie ou condamnée du
chef d’une infraction grave ;
3. La connaissance dans le chef du receleur que la personne
recélée ou soustraite à la justice avait commis une infrac-
tion ou est recherchée en raison de cette dernière.
Il est bon de savoir que procurer sous son toit ou sous un
toit étranger un asile dans le but de soustraire un criminel
poursuivi du chef d’assassinat aux recherches de la jus-
tice rend susceptible d’être poursuivi de recel des malfai-
teurs. Il en est de même de lui assurer le moyen d’échapper
à la justice. Néanmoins, le fait de l’avertir qu’il est poursui-
vi ne rentre pas dans les prévisions de l’article 164 du code
pénal livre II. Notons qu’en l’absence d’un acte de pour-
suite contre le criminel, il n’y a pas d’infraction.
Catalogue des infractions 535

II. Régime des poursuites


Le texte légal est l’article 164 du code pénal livre II. Les
pénalités sont de six mois à deux ans de servitude pénale
principale. Sont exempts de poursuite pour recel des mal-
faiteurs les ascendants et les descendants, les époux ou
épouses même divorcés, les frères ou sœurs ainsi que les
alliés. L’infraction des recel des malfaiteurs est de la com-
pétence du tribunal de paix.

470. Recel des malfaiteurs et d’espions


Le recel dans l’infraction de recel des malfaiteurs et d’es-
pions consiste en la fourniture habituelle de subsides, de
logement et de lieu de réunion ou lieu de retraite aux mal-
faiteurs exerçant des brigandages ou des violences contre
la sûreté de l’Etat, la paix publique, les personnes ou les
propriétés.
L’article 164 du Code pénal livre II définit et réprime cette
infraction. L’article 181 du Code pénal livre II modifié par
l’ordonnance-loi n°229 du 16 décembre 1963 concerne le
recel des espions ou ennemis militaires. La sanction prévue
est la peine de mort à l’endroit du coupable.

471. Recel des substances minérales


Voir Vol des substances minérales.

472. Recel d’objets


Le recel d’objets est le fait d’accepter, de recevoir, de gar-
der, de conserver, de posséder, de détenir sciemment, de
cacher un objet dont on connaît provenir d’une infraction.
Par exemple, une chose volée, un bien escroqué ou obtenu
à l’aide d’un abus de confiance, etc.

I. Eléments constitutifs du recel d’objets


1. L’élément légal. Partant de l’’article 101 du code pénal
livre II qui définit et réprime le recel nous pouvons en
outre dire que le recel est le fait, en connaissance de
cause de bénéficier, par tout moyen, du produit d’une
infraction. Le recel n’est pas limité aux choses issues de
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
536

certaines infractions. Il est généralisé aux « choses » en


général.
2. L’élément matériel du recel contient, dans son essence
même, une condition préalable. L’infraction de recel
n’est constituée que si elle porte sur une chose prove-
nant d’une infraction. La provenance délictueuse de la
chose. L’infraction de recel requiert la connaissance de
l’origine délictueuse de l’objet détenu. A défaut, d’établir
celle-ci, l’infraction de recel n’est pas légalement éta-
blie1.
L’infraction à l’aide de laquelle la chose recelée a été obte-
nue doit être bien spécifiée.
La chose détenue doit provenir d’une infraction commise
par un autre (ce qui exclut que l’on soit receleur et auteur
de l’infraction préalable). Que l’auteur soit connu ou non,
vivant ou mort, qu’il soit en fuite, qu’il ait bénéficié d’un
classement sans suite, que l’infraction soit déjà couverte de
prescription ; le recel sera retenu.
Par contre si l’infraction initiale est couverte par un fait jus-
tificatif, une excuse absolutoire ou si elle fait l’objet d’une
amnistie réelle, on ne peut retenir l’infraction de recel.
Il est de jurisprudence que le délit de recel existe toutes les
fois qu’on a caché , acheté ou simplement reçu en tout ou
en partie des choses obtenues à l’aide d’une infraction, en
connaissant leur provenance délictueuse . Le fait d’avoir bu
de la bière en sachant qu’elle avait été obtenue à l’aide d’un
vol constitue le délit de recel 2. Est aussi coupable de recel
un fonctionnaire public qui a reçu des sommes d’argent
provenant des bulletins de paie des agents fictifs dont la
falsification ne peut lui être reproché3.

a. La chose, objet du recel


Toute chose peut faire l’objet d’un recel. Il peut s’agir de
l’argent, des documents, même d’une chose sans valeur. La
chose de provenance infractionnelle, délictueuse est, en
fait, le produit de l’infraction principale. Une chose mobi-
lière (susceptible d’être enlevée, déplacée) provenant direc-
1.1
C.S.J., R.P.A 28 ,20 août 1974 ; B.A. 1975 p. 253.
22
Boma. , 2o janvier 1903, Jur. Etat I p. 235.
33
C.S.J., R.P 21 /C.R. 5 octobre 1979 .B.A 1984, p. 276, texte, R.J.Z. 1979 p.68.
Catalogue des infractions 537

tement de l’infraction ou subrogée à la chose obtenue à


l’aide de l’infraction. Les juges reconnaissent que l’infrac-
tion de recel requiert la connaissance de l’origine délic-
tueuse de l’objet obtenu. A défaut d’établir celle-ci, l’infrac-
tion de recel n’est pas légalement établie 1. On a jugé que
l’infraction de recel exige la connaissance de l’origine délic-
tueuse de l’objet, au moment de la réception de celui-ci2.
Le recel peut porter sur tous les biens susceptibles d’être
volés, comme les titres au porteur, les chèques ou les
créances3. Le recel ne porte pas exclusivement sur un corps
certain, mais peut être retenu dans le cadre des choses fon-
gibles, comme l’argent. La valeur de la chose recelée est
sans importance à l’égard de la qualification de l’infraction.

b). La provenance frauduleuse


L’objet du recel doit nécessairement provenir d’une infrac-
tion. Un lien matériel particulièrement étroit entre le recel
et l’infraction d’origine. La loi ne prend pas en compte la
connaissance ou la personnalité de l’auteur de l’infraction
d’origine, les circonstances précises de commission ou la
victime au préjudice de laquelle elle a été commise. La na-
ture de l’infraction d’origine n’a pas d’influence sur la quali-
fication du recel.
L’infraction d’origine doit avoir été commise par une per-
sonne autre que le receleur. On ne peut être voleur (ni es-
croc, ni auteur d’un abus de confiance, Crim., 1999 etc.) et
receleur de la même chose (mais on peut être receleur
après avoir été complice de l’infraction d’origine).

c). Acte matériel de recel


L’appellation inspirée par le terme latin recelare qui re-
couvre le sens du mot « cacher » fixe la nature de l’infrac-
tion de recel parmi les infractions de dissimulation. Le fait
de « dissimuler, détenir, transmettre, ou faire office d’inter-
médiaire » supposent tous la détention de la chose, qu’elle
soit momentanée, de courte ou de longue durée. Elle
consiste en la détention soit dans l’intention d’en profiter
soi-même, soit dans l’intention d’aider les auteurs ou com-
plices de l’infraction initiale à en recueillir les avantages.
11
C.S.J., RPA 28, 20 août 1974, B.A. 1975, p.253.
22
1ère Inst. App. Léo 27 mai 1932, Rev. Jur. 1932, p. 334.
33
Crim., 18 janvier 1988, Bull. n°22.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
538

Le fait, en toute connaissance de cause, de bénéficier, par


tout moyen, du produit de l’infraction. Bref, l’acceptation
consciente et la réception (conserver par-devers soi) suivies
d’une détention pendant un temps plus ou moins long.
3. L’élément moral. Le recel est nécessairement une infrac-
tion intentionnelle, car n’est puni que le receleur qui
commet l’acte « en sachant que cette chose provient
d’une infraction ou en toute connaissance de cause ».
L’imprudence et la négligence ne sauraient être assimi-
lées à la connaissance. Les juges doivent caractériser
l’existence de l’élément moral défini comme « la connais-
sance de l’origine frauduleuse des objets, même s’il est
inutile de s’assurer que le receleur connait les circons-
tances exactes de commission de l’infraction d’origine ».
La connaissance par le receleur de l’origine délictueuse
de la chose est l’élément essentiel du recel. Celui qui, de
bonne foi, a acheté une bicyclette d’occasion volée ou
détournée ne commet pas l’infraction de recel.
Garder une chèvre volée que l’on sait volée, recevoir une
partie des sommes détournées que l’on sait détournées ou
recevoir le produit de vente d’une marchandise que l’on sait
escroquée pour payer ses études, risque de conduire en pri-
son.
Nous estimons pour notre part qu’acquérir gratuitement ou
à titre onéreux un des objets exposés dans les marchés dits
« Koweït »1 équivaut à une connaissance de l’origine délic-
tueuse de la chose.

II. Régime répressif


Même si le recel est une infraction autonome dans sa ré-
pression, il reste une infraction conditionnée, dans sa défi-
nition, par une infraction préalable.

a) Texte légal en matière de recel


L’article 101 du code pénal livre II qui punit le recel laisse
au juge la faculté de prononcer deux peines ou l’une d’elles

11
Sont appelés « Koweït » à Kinshasa, ces marchés pirates nés et situés aux alentours de camps
militaires et où les objets exposés provenaient généralement du produit du pillage des années 90 et,
actuellement, des vols domestiques.
Catalogue des infractions 539

seulement. Matériellement le Tribunal de Paix est l’instance


compétente qui connaîtra de l’infraction de recel.

b) De quelles peines s’agit – il ?


Le receleur, dit l’article 101 précité, sera puni de cinq ans
de servitude pénale principale au maximum et d’amende ou
d’une de ces peines. En cas d’amnistie de l’infraction préa-
lable, l’action publique dirigée contre le recel d’objets sera
également éteinte.

c) La prescription de l’action publique


La prescription est de trois ans. Elle ne commence à courir
qu’à compter du jour où la détention a pris fin, du jour où
l’agent a cessé de tirer profit de la chose. Cependant, la
prescription connaît des règles particulières en matière de
recel.
D’une part, le recel est une infraction continue dont la pres-
cription ne commence à courir que le jour où la détention a
cessé1. Il peut être poursuivi alors que l’infraction d’origine
est prescrite.
D’autre part, le recel ayant cessé depuis plus de trois ans et
normalement prescrit continue à être punissable tant que
l’infraction d’origine n’est pas prescrite. Dans ce cas précis,
la prescription du recel commence à courir au jour où com-
mence à courir la prescription de l’infraction principale.

473. Recel d’une personne recherchée


pour évasion
Voir Evasion de détenus.

474. Recel frauduleux


Voir cel frauduleux.

475. Récusation2
Selon le droit pénal, la récusation n’est pas une infraction.
La récusation est une garantie pour une saine administra-
tion de la justice. Elle vise à empêcher tout juge ou tout offi-

1
Crim., 17 mai 1983, Bull. n° 143.
2
Art 71 à 81 du COCJ.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
540

cier du Ministère public d’intervenir dans une affaire. Elle


vise à les voir déchargés de l’instruction d’une cause.
Pour récuser un magistrat, on devra le faire avant la clôture
des débats par une déclaration motivée et actée au greffe
de la juridiction dont le juge mis en cause fait partie. La ré-
cusation est prévue par les articles 71 à 81 du code de l’or-
ganisation et de la compétence judiciaires.

Causes de récusation
Les causes de récusation sont diverses et énoncées limitati-
vement à l’article 71 du code de l’organisation et de la com-
pétence judiciaires.
1. si le récusé ou son conjoint a un intérêt personnel quel-
conque dans l’affaire ;
2. si le récusé ou son conjoint est parent ou allié soit en
ligne directe, soit en ligne collatérale jusqu’au troisième
degré inclusivement de l’une des parties, de son avocat
ou de son mandataire ;
3. s’il existe une amitié entre le récusé et l’une des parties ;
4. s’il existe des liens de dépendance étroite à titre de do-
mestique, de serviteur ou d’employé entre le récusé et
l’une des parties ;
5. s’il existe une inimitié entre lui et l’une des parties ;
6. si le récusé a déjà donné son avis dans l’affaire ;
7. si le récusé est déjà intervenu dans l’affaire en qualité de
juge, de témoin, d’interprète, d’expert ou d’agent de l’ad-
ministration ou d’avocat ou de défenseur judiciaire. Il a à
ce sujet été jugé qu’un magistrat du siège qui a instruit et
jugé la cause avant la poursuite judiciaire , sur le plan
disciplinaire, devait se récuser , vu qu’il avait déjà connu
de cette affaire devant une autre juridiction et partant , la
décision est à annuler1.
8. s’il est déjà intervenu dans l’affaire en qualité d’officier
de police judiciaire ou d’officier du Ministère public.

476. Refus d’apporter assistance aux


victimes de calamité publique
Il est fait obligation d’apporter secours quand on en est re-
quis en cas d’accidents, de tumultes, de naufrage, d’inonda-
11
C.S.J., RPA 38, 23 décembre 1976, B.A. 1977, p.198.
Catalogue des infractions 541

tion, d’incendies ou autres calamités, en cas de brigandage,


pillage, flagrant délit, clameur publique ou exécution judi-
ciaire. Le refus de procéder à cette obligation est constitutif
de l’infraction.
L’arrêté du Gouverneur Général du 9 février 1891 tel que
modifié par l’ord n°120/AIMO du 15 avril 1942 (codes Piron
et Devos t.1er ; p.415) crée et réprime cette prévention.

I. Conditions préalables
L’infraction de refus d’apporter assistance aux victimes de
calamité publique n’est réprimée qu’à la double condition
d’existence d’une calamité publique et d’une réquisition de
l’autorité compétente.
1. La calamité. Le Larousse définit la calamité comme un
malheur public : la famine, la guerre sont des calamités,
c’est-à-dire une mauvaise fortune1. Le législateur a assi-
milé d’autres événements à la calamité publique. Il a
même dépassé largement cette notion.
2. L’existence d’une réquisition de l’autorité compé-
tente. La réquisition doit provenir d’un fonctionnaire.

II. Eléments constitutifs proprement dits


L’existence d’un acte d’abstention suffit à caractériser l’in-
fraction de refus d’apporter assistance aux victimes de cala-
mité publique. Il en est ainsi du fait de refuser, de s’abste-
nir volontairement, même par négligence (omission, inac-
tion) d’assister les victimes d’une calamité publique. L’in-
tention de nuire n’est pas requise ; la simple négligence
suffit. Evidemment, si l’agent ne peut matériellement porter
assistance, il n’encourt aucune sanction.

III. Régime répressif


L’agent sera poursuivi et sanctionné (si les conditions préa-
lables et les éléments constitutifs sont réunis) de servitude
pénale d’un jour à trois jours, et d’une amende ou d’une de
ces peines seulement. Cette infraction est de la compétence
matérielle du tribunal de paix.

11
« Dictionnaire encyclopédique », Larousse classique, Librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse,
Paris Vie 1957
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
542

476. Refus d’assurer à son enfant les


vaccinations
et autres soins préventifs
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

477. Refus de cohabitation


Voir Abandon de foyer.

478. Refus de comparaître


Voir refus de témoigner.

479. Refus de constater une infraction


Refuser de constater une infraction est constitutif d’infrac-
tion. L’infraction consiste dans le fait pour un officier de
police judiciaire de refuser de constater une infraction ou
d’en différer la constatation alors qu’il en est requis par un
particulier ou par un officier du ministère public.

a) Personnes susceptibles de commettre l’infraction


Sont susceptibles de commettre l’infraction de refus de
constater une infraction les personnes habilitées à consta-
ter les infractions, en l’occurrence les officiers et inspec-
teurs de police judiciaire.

b) Quel texte de loi définit et réprime cette infraction ?


L’article 28 alinéa 2 de l’ordonnance n°78/289 du
03/07/1978 relative à l’exercice des attributions des offi-
ciers de police judiciaire et des inspecteurs de police judi-
ciaire près les juridictions de droit commun est le siège de
l’infraction.

c)Quelles sont les peines assorties


Les peines que peut encourir l’auteur sont de deux mois de
servitude pénale principale au maximum, d’une amende ou
d’une de ces peines. A ce titre, le tribunal de paix est la juri-
diction compétente pour connaître de l’infraction de refus
de constater une infraction..
Catalogue des infractions 543

480. Refus de dénoncer les actes de ter-


rorisme
Voir terrorisme.

481. Refus de déposer


Voir refus de témoigner.

482. Refus de prêter serment


Voir refus de témoigner.

483. Refus de renseigner


Refuser de renseigner est le fait de refuser de fournir des
renseignements demandés par les agents de l’administra-
tion, les magistrats ou les agents judiciaires, les officiers de
police judiciaire ou les agents de la force publique agissant
dans l’exercice de leurs fonctions. L’infraction de refus de
renseigner consiste aussi à sciemment donner une réponse
mensongère à une demande des agents de l’administration
repris ci-haut, à moins que la réponse mensongère ne forme
une infraction passible des peines plus fortes.
Le siège de l’infraction de refus de renseigner est l’ordon-
nance-loi N°25/557 du 06 novembre 1959, article 1 alinéa
3. La sanction du refus de renseigner est de sept jours au
maximum de servitude pénale principale et une amende ou
l’une des peines seulement.

484. Refus de répondre à une convoca-


tion
a) Personnes susceptibles de commettre l’infraction
Refuser de répondre à une convocation est constitutif d’in-
fraction. Est puni quiconque, sauf cas de force majeure, ne
répond pas à une convocation de service, écrite et nomina-
tive, émanant d’un fonctionnaire ou d’un agent chargé d’un
commandement territorial. Tous les citoyens et étrangers
habitants le Congo sont concernés et peuvent commettre
cette infraction.

b) Quel texte de loi renferme cette infraction


Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
544

L’infraction de refus de répondre à une convocation est pré-


vue et définie par l’ordonnance-législative n°25/557 du 06
novembre 1959. Elle est punie de sept jours de servitude
pénale au maximum et d’une amende ou d’une de ces
peines (article 1er alinéa 4).

c)Quel est le tribunal et le mode de prescription en la


matière ?
L’infraction de refus de répondre à une convocation est de
la compétence du Tribunal de paix. Le délai de prescription
de l’action publique est d’une année.

486. Refus de sauvetage après abor-


dage
Par abordage, il faut entendre la collision de deux navires
ou des bâtiments flottants. L’infraction de refus de sauve-
tage après abordage est le fait pour tout capitaine qui, a
près un abordage et pour autant qu’il puisse le faire sans
danger sérieux pour le navire ou les personnes embar-
quées, n’a pas mis en œuvre tous les moyens dont il dispose
pour sauver l’autre navire, son équipage ou ses passagers.

a)Texte légal sanctionnant l’infraction ?


L’infraction de refus de sauvetage après abordage d’un na-
vire menaçant l’intégrité physique de l’équipage et des pas-
sagers est prévue par les articles 394 et 128 respective-
ment du Code de la Navigation Maritime et de la Naviga-
tion Fluviale et Lacustre. Elle réside dans l’abstention,
l’omission ou l’inaction à sauver des personnes humaines
après abordage sans danger sérieux pour le navire et les
personnes à bord.

I. Conditions préalables
L’infraction de refus de sauvetage après abordage suppose
les mêmes conditions préalables que celles de la non assis-
tance à personne en danger de se perdre. Il faut y adjoindre
une autre condition à savoir l’existence d’un danger après
abordage.
Catalogue des infractions 545

II. Eléments constitutifs


En effet, la loi exige, en outre, pour que soit établie cette
infraction, que l’équipage et les passagers soient en danger.
Ce danger doit provenir de l’abordage.
La non assistance à personne en danger de se perdre s’ap-
plique à toute personne. Le refus de sauvetage après abor-
dage s’applique uniquement au capitaine de navire pour ce
qui est de la navigation maritime (art 394) et au capitaine
ou conducteur pour ce qui est de la navigation fluviale et
lacustre (art 128). Tout capitaine qui n’a pas mis en œuvre
tous les moyens dont il dispose pour sauver l’autre navire,
son équipage ou ses passagers, est susceptible de com-
mettre l’infraction.

III. Régime répressif


L’infraction de refus de sauvetage après abordage est une
infraction de droit maritime. Les poursuites seront exercées
dans les mêmes conditions que celles (de l’article 393 de
l’ordonnance-loi 66-98 du 14 mars 1966) de l’infraction de
non assistance à personne en danger de se perdre.
Il doit être établi dans le chef du capitaine un lien de causa-
lité entre l’omission et le préjudice. La sanction est d’un
mois à deux ans de servitude pénale et l’amende, aux
termes de l’article 394 du Code de la Navigation Maritime.
Le capitaine du bâtiment coupable de l’omission sera, lui,
puni d’un an à deux ans (art 128 al3). L’action publique et
les peines se prescrivent conformément au droit commun.

487. Refus de témoigner


L’infraction de refus de témoigner concerne le témoin qui,
sans motif légitime d’excuse, bien que régulièrement cité,
ne comparaît pas ou refuse de prêter serment ou de dépo-
ser quand il en a l’obligation.

Texte de loi
Le décret du 06 août 1959 portant Code de Procédure Pé-
nale, en son article 19 (section III des enquêtes) a défini,
prévu et sanctionné l’infraction de refus de témoigner. Le
témoin qui refuse de témoigner peut être condamné à une
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
546

servitude pénale d’un mois au maximum et d’une amende


ou à l’une de ces peines seulement.
L’article 78 section cinq des audiences : Il a été jugé qu’un
agent de l’ordre régulièrement cité à comparaître comme
témoin, qui refusant de recevoir la citation en proférant des
menaces à l’huissier instrumentant, fait défaut sans excuse
valable, est un témoin récalcitrant qui doit être sévèrement
puni, en vertu de l’article 78 du Code de Procédure Pénale 1.
Cet article punit des mêmes peines que le précédent. L’offi-
cier de police judiciaire ne peut que verbaliser le témoin ou
l’expert récalcitrant. Le pouvoir de prononcer cette peine
pourra appartenir exceptionnellement à l’officier du Minis-
tère public. Il la prononcera sans délai et sans appel. Mais
si le témoin a été condamné par défaut de comparution et
qu’il présente ou produit des excuses légitimes, il pourra
être déchargé de la peine.
Ainsi donc, la loi punit trois comportements d’un témoin
défaillant :
a) le refus de comparaître, c’est-à-dire de se présenter ;
b) le refus de prêter serment, c’est-à-dire de jurer de dire la
vérité ; viole l’article 77 du Code de Procédure Pénale le
jugement qui se base sur les déclarations d’un témoin
dont il n’est pas établi qu’il a prêté serment avant de
faire sa déposition2 ;
c) le refus de déposer, c’est-à-dire de donner ses déclara-
tions.

488. Refus d’obéissance


L’incrimination de refus d’obéissance concerne le refus
d’obéissance aux ordres donnés par un supérieur à ses su-
balternes, l’abstention à dessein d’exécuter les ordres, la
non exécution de l’ordre reçu.

I. Eléments constitutifs du refus d’obéissance


L’infraction de refus d’obéissance, pour être établie renvoie
à la réunion des éléments constitutifs matériels et intention-
nels.
11
CSJ., 25 juillet 1969, B. A 1970, Vol. I, 1.p.10
22
C.S.J., RP 1O7, 3 Avril 1974, B.A. 1975, p. 63.
Catalogue des infractions 547

1. L’élément légal est constitué des articles 93 et 94 du


Code Pénal Militaire. Il s’agit donc d’une incrimination
purement militaire.
2. Les éléments matériels. Il faut l’existence d’un ordre
émanant du supérieur.
a) L’ordre doit émaner du supérieur de l’exécutant. Par
ordre, il faut entendre non seulement l’acte, la pres-
cription ou le commandement du chef des militaires
mais aussi le fait de tout supérieur, même civil, pourvu
qu’il vise l’intérêt de l’armée. Par supérieur, il faut en-
tendre l’autorité publique dont la légitimité relève de
ce qu’elle est investie de quelque parcelle de la puis-
sance publique conformément aux lois et règlements
en vigueur.
b) L’ordre doit être donné pour le service. L’ordre à exé-
cuter doit être prescrit dans l’intérêt du service, dans
le cadre ou à l’occasion du service.
c) L’ordre reçu doit être légal, nul n’étant tenu d’exécu-
ter un ordre manifestement illégal.
d) Pour être exécuté correctement, l’ordre du supérieur
doit être explicite et clair, donné avec précision.
3. L’élément intentionnel. L’intention coupable est requise
dans le chef de l’agent. Quant à l’article 93 du code pénal
militaire le dol général suffit. Dans l’abstention d’exécu-
ter, l’agent qui est conscient de la légalité de l’ordre reçu
s’engage délibérément à l’ignorer pour des raisons si-
nistres. Dans la particularité de l’article 94, l’agent re-
fuse d’obéir à l’ordre de marcher contre l’ennemi ou d’ac-
complir tout autre service en présence de l’ennemi ou de
la bande armée.

II. Régime répressif


L’auteur de l’infraction de refus d’obéissance est puni de
dix ans de servitude pénale principale maximum. En temps
de guerre ou durant les circonstances exceptionnelles, la
servitude pénale à perpétuité ou même la peine capitale
peut être prononcée à l’encontre du coupable (art.93).
Quand le refus d’obéissance est consécutif à un ordre reçu
de marcher contre l’ennemi ou d’exécuter un service en
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
548

présence de l’ennemi ou d’une bande armée, la peine de


mort est appliquée.

489. Refus d’un service dû légalement


L’infraction de refus d’un service dû légalement est appelée
en droit français « refus de déférer aux réquisitions de l’au-
torité publique ». Dans des cas déterminés par la loi l’auto-
rité publique requiert des prestations ou un concours d’une
nature déterminée, de la force publique ou des particuliers.
Par voie de réquisition, l’autorité civile fait en principe ap-
pel aux Forces armées lorsqu’elle n’est pas obéie et que la
coercition devient nécessaire. Le pouvoir de réquisition ap-
partient aux autorités politiques, administratives et judi-
ciaires responsables de l’ordre public et du fonctionnement
régulier des institutions.
L’article 105 du Code Pénal Militaire punit de six mois à
deux ans de servitude pénale, « tout commandant d’unité »
qui légalement saisi d’une réquisition de l’autorité civile,
aura refusé ou se sera abstenu de faire agir les forces sous
ses ordres.

490. Refus de vendre


Le refus de vendre est une infraction consacrée en Droit
Congolais par les articles 9 et 19 du décret-loi du 20 mars
1961. Le refus de vendre est le fait pour un commerçant, un
industriel, un producteur agricole et artisan :
1° de refuser de satisfaire dans la mesure de ses possibili-
tés aux demandes des acheteurs de produits ou aux de-
mandes de prestation d’un service lorsque ces demandes
ne présentent aucun caractère anormal et qu’elles
émanent de demandeurs de bonne foi ;
2° de subordonner la vente d’un produit ou la prestation
d’un service quelconque soit à l’achat d’une quantité im-
posée soit à la prestation d’un autre service.

I. Eléments constitutifs
L’infraction de refus de vendre pour exister requiert :
1° une demande normale de produits dans le chef de la per-
sonne de la victime ;
Catalogue des infractions 549

2° un auteur de l’infraction : celui-ci doit être commerçant,


industriel, producteur agricole ou artisan ;
3° une disponibilité des produits et services ;
4° un refus pur et simple de recevoir la commande ou d’ef-
fectuer la livraison demandée.

II. Régime répressif


Tout coupable de cette infraction est puni soit d’une servi-
tude pénale de six mois au maximum soit de 800.000 à
3.200.000 francs Congolais. L’article 19 du décret-loi du 20
mars 1961 punissait l’auteur de cette contravention d’une
amende de 100.000francs de l’époque.

491. Registre de commerce


L’immatriculation au registre du commerce est obligatoire.
Elle est en principe préalable à l’exercice effectif des activi-
tés commerciales. Sont donc sanctionnés civilement et pé-
nalement par les articles 30 à 33 du décret du 6 mars 1951
le défaut d’immatriculation ou d’inscriptions complémen-
taires, les fausses déclarations ou les omissions des men-
tions, le défaut d’indiquer son numéro d’immatriculation.
Depuis l’adoption, le 7 février 1979 de l’ordonnance n°79-
025, l’appellation « Registre de Commerce » a été rempla-
cée par celle de « Nouveau Registre de Commerce ». Un
délai de six mois avait été accordé aux commerçants à
compter du 7 février 1979 pour obtenir le Nouveau Registre
de Commence.
Le décret du 06 mars 1951 portant institution du Registre
de Commerce et l’ordonnance n°79 – 025 du 07 février
1979 relative à l’ouverture d’un nouveau registre de com-
merce sont les textes légaux en matière de registre de com-
merce.

Infractions proprement dites et Pénalités


1° Défaut de qualité pour exercer la profession de
commerçant
L’article 2 de l’ordonnance n°79 du 7 février 1979 est le
texte légal. La servitude pénale maximale de trois mois à en-
courir par l’auteur est prévue par le décret - loi du 20 mars
1961. L’amende est fixée de 320.000 francs congolais à
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
550

1.600.000 francs congolais par l’arrêté ministériel n°003/


CAB/MINECI/2001 du 12 janvier 2001 portant fixation du
barème des sanctions économiques. L’une de ces peines
peut être uniquement infligée.
2° Entraves à une décision de fermeture d’un établis-
sement, du siège, d’une succursale ou d’une agence
pou non immatriculation au Registre de commerce
L’article 31, alinéa 7 définit et réprime ce délit de six mois
de servitude pénale et d’amende ou d’une de ces peines.
3° Exercice du commerce sans être immatriculé au
Registre de commerce
Les personnes physiques ou morales commerçantes qui
sont en défaut d’immatriculation et celles qui continuent à
détenir l’ancien Registre de commerce ou celles qui ne se
sont pas immatriculées au Nouveau Registre de Commerce
sont juridiquement assimilées aux commerçants qui exerce-
raient les activités commerciales sans être préalablement
immatriculées.
Pénalement, cette infraction trouve son fondement légal au
sein de l’article 31 du décret précité. L’exercice du com-
merce sans être immatriculé au registre de commerce est
sanctionné d’une amende. La sanction sera de six mois de
servitude pénale et d’amende ou une de ces peines seule-
ment à l’encontre de la personne à laquelle l’immatricula-
tion a été refusée ou qui a été radiée du registre de com-
merce. Il sera, en outre, procédé à la fermeture de l’établis-
sement, du siège, succursale ou agence.
Toute action intentée par une personne qui exerce une acti-
vité commerciale, sans être immatriculée au registre du
commerce, lorsque l’action trouve sa cause dans un acte de
commerce, doit être déclarée non recevable. Il a été jugé
qu’un commerçant qui ne justifie pas de son inscription au
registre de commerce doit d’office être déclaré non rece-
vable, même à former une demande reconventionnelle1.
Toutefois, la fin de non-recevoir pourra être couverte par
l’immatriculation opérée même en cours d’instance (article
30).

1
Léo, 22 février 1955, R.J.C.B, 1955 p. 182.
Catalogue des infractions 551

Les personnes assujetties à l’immatriculation qui ne l’ont


pas requis ne peuvent invoquer leur défaut d’inscription au
registre du commerce pour se soustraire aux responsabili-
tés et aux obligations inhérentes à cette qualité. En re-
vanche, les tiers peuvent toujours se prévaloir du caractère
commercial des actes qualifiés commerciaux par la loi, ac-
complis par une personne non immatriculée.
4° Exercice du commerce sans remplir les conditions
L’exercice du commerce sans remplir les conditions est
sanctionné par l’article 21 du décret d’une amende.
L’amende sera plus forte à l’égard des étrangers, des socié-
tés étrangères et des sociétés congolaises visées par les or-
donnances-lois 66-260 du 21 avril 1966 et 69-016 du 21 jan-
vier 1969.
5° Exercice du petit commerce sans patente en cours
de validité
L’exercice du petit commerce n’est pas soumis à l’immatri-
culation au registre de commerce. Le petit commerce est
soumis au régime de la patente. L’exercice du petit com-
merce est soumis au payement d’une taxe. Cette dernière a
été créée par l’arrêté départemental n°0029 du 27 avril
1980 portant mesures d’exécution de l’ordonnance-loi
n°76/02 du 2 août 1979 et la loi n°73/009 du 5 janvier 1973.
Le texte de loi est l’ordonnance-loi n° 90- 046 du 8 août
1990 portant réglementation du petit commerce. Le délit
d’exercice du petit commerce sans patente en cours de vali-
dité est prévu par l’article 16 de l’ordonnance citée. Il est
puni d’une servitude pénale de six mois au maximum et
d’une amende ou d’une de ces peines uniquement. Il a été
jugé que la pratique du commerce sans patente régulière,
même par simple négligence, constitue une infraction1.
6° Fausses déclarations dans une demande d’immatri-
culation au registre de commerce.
Les mentions inexactes ou incomplètes faites dans une de-
mande d’immatriculation ou dans ses annexes ou dans une
demande d’inscription complémentaire, le non respect du
délai prévu pour l’inscription complémentaire au registre

1
Parquet Elis. 5 mars 1934, Rev. Jur. 1934, p.76.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
552

de commerce sont considérés comme des fausses déclara-


tions.
La jurisprudence abonde dans le sens que les actes ou faits
non publiés sont inopposables aux tiers, mais qu’en re-
vanche, ceux-ci (les tiers) peuvent s’en prévaloir à l’en-
contre du commerçant (sanctions civiles).
Le texte légal est l’article 32 du décret du 6 mars 1951. La
sanction prévue est l’amende. Si l’omission ou l’inexacti-
tude porte sur des faits susceptibles de motiver le refus
d’immatriculation ou d’inscription complémentaire ou la
radiation du registre de commerce, l’auteur subira sept
jours de servitude pénale et l’amende. Naturellement les
infractions relatives à l’institution du registre de commerce
et à l’ouverture d’un nouveau registre de commerce sont de
la compétence des tribunaux de commerce.

492. Remise en circulation de fausse


monnaie reçue comme bonne
Celui qui a reçu à son insu de la fausse monnaie mais
s’apercevant qu’il s’agit de la fausse monnaie, la remet ou
tente de la remettre en circulation commet une infraction.

I. Eléments constitutifs
L’élément matériel est constitué du fait de recevoir dans
n’importe quelles conditions de la fausse monnaie, de la re-
mettre ou d’essayer de la remettre en circulation (même
sous forme de cadeau).
L’élément moral consiste en ce que l’auteur en recevant de
la monnaie qu’il croit bonne, il remet ou tente de la re-
mettre en circulation en pleine connaissance qu’elle est
réellement contrefaite ou falsifiée.

II. Régime répressif


L’article 118 bis du Code Pénal livre II punit de huit jours à
un an de servitude pénale la personne reconnue coupable
de l’infraction de remise en circulation de fausse monnaie
reçue comme bonne. L’infraction de remise en circulation
de fausse monnaie reçue comme bonne se prescrit dans le
délai d’une année.
Catalogue des infractions 553

493. Rémunérations illicites


Les rémunérations illicites concernent la corruption des
personnes n’exerçant pas une fonction publique. Les rému-
nérations illicites n’étaient pas susceptibles d’être poursui-
vies parce que la corruption comme infraction ne concer-
nait, n’était possible que dans le chef des agents publics,
les fonctionnaires publics.
Par rémunérations illicites, il faut donc entendre la corrup-
tion dans le secteur privé, « une corruption privée ». En ef-
fet, les particuliers, les commerçants, les industriels, les
commis, les employés ou préposés des entreprises commer-
ciales et industrielles commettent dans l’exercice de leurs
fonctions des faits semblables à la corruption. La justice ne
pouvant pas poursuivre ces pratiques sur base de la corrup-
tion, elle était ainsi paralysée et incapable d’agir et de sévir
contre ces faits pourtant dommageables à la société.

I. Personnes punissables
Les éléments de l’infraction de rémunérations illicites se
différencient de ceux de l’infraction de corruption d’un dé-
positaire de l’autorité publique par le fait que :
- la personne, sujet ou objet de la corruption n’est pas dé-
positaire de l’autorité publique, elle n’est pas en charge
d’une mission de service public (auquel cas elle entrerait
dans la corruption classique) ;
- l’acte, ou l’abstention, recherchés doivent relever de
cette activité ou de sa fonction, ou être facilités par eux ;
- l’acte de rémunérations illicites se situe « en violation de
ses obligations légales, contractuelles ou profession-
nelles ».

II. Eléments constitutifs


L’élément légal est constitué de l’ordonnance-loi du 14 février
1973 complétant la loi du 5 janvier 1973 sur la corruption.
Cette ordonnance-loi s’est résolue à punir sévèrement les
actes de corruption dans le secteur privé. Elle constitue le
siège de l’infraction de rémunérations illicites .De cette or-
donnance sont issus les articles 150a – 150d du Code Pénal
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
554

Ordinaire qui définissent et punissent les rémunérations


illicites accordées aux employés des personnes privées1.
Les éléments matériels nécessaires à la constitution de l’infrac-
tion des rémunérations illicites sont :
1° la qualité de la personne corrompue qui doit être une
personne au service d’un tiers ;
2° le fait que la personne au service d’un tiers a sollicité ou
agréé des offres ou promesses, sollicité ou reçu des dons
ou présents ;
3° la circonstance au cours de laquelle des offres ou
promesses ont été sollicitées ou agréées, des dons ou
présents ont été sollicités ou reçus pour faire ou
s’abstenir de faire un acte de l’emploi.
Un chauffeur au service d’un tiers qui embarque,
moyennant rémunérations des passagers clandestins, sera
poursuivi sur base de l’article 150b2 (rémunérations
illicites). Le fait pour un employé d’une compagnie de
chemin de fer privée, d’exiger pour enregistrer un bagage,
une rétribution qui ne lui est pas due est constitutif
d’infraction de rémunération illicite. Il en est de même d’un
employé d’une société d’aviation privée d’accepter,
moyennant rétribution, d’expédier des colis d’un poids
supérieur à celui qui est mentionné sur les feuilles
d’expédition.

II. Régime répressif


1. Peines principales .Sera sanctionnée d’un à trois mois de
servitude pénale et d’amende ou d’une de ces peines
seulement toute personne au service d’un tiers qui aura
sollicité, directement ou par personne interposée, des
offres, promesses, dons ou présents comme condition ou
récompense soit pour faire un acte même juste, soit pour
s’abstenir de poser un acte qui rentrait dans l’exercice de
son emploi (art.150a).

1
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, 47ème année, Numéro spécial, 05 octobre
2006. P. 44-45.
2
Annales de la Faculté de Droit, volume 3, 1974, Presses Universitaires du Zaïre, Rectorat-Kinshasa,
1978, p.129.
Catalogue des infractions 555

Subira deux à six mois de servitude pénale principale et une


amende ou l’une de ces peines seulement toute personne au
service d’un tiers qui aura directement ou par personne
interposée agréé des offres ou promesses, reçu des dons ou
présents pour commettre un acte même juste de son emploi
ou un acte injuste ou une abstention de ses obligations
(art.150b).
Encourra quatre mois à deux ans et une amende double de
la valeur des choses reçues ou une de ces peines seulement
la même personne qui, après réception d’offres ou
promesses, dons ou présents, a fait dans l’exercice de son
emploi un acte injuste ou s’est abstenu de poser un acte qui
rentrait dans l’exercice de son emploi (art.150c).
2. Autres peines. L’article 150d renforce la répression gé-
nérale des rémunérations illicites en prescrivant la
confiscation spéciale des choses livrées au coupable ou
leur équivalent, et en donnant à l’Etat le droit de récla-
mer les sommes, biens ou valeurs, objet des rémunéra-
tions illicites, à tous ceux qui les recueilleraient à cause
de mort. Le juge de paix est celui matériellement compé-
tent
3. En matière de rémunérations illicites accordées aux em-
ployés des personnes privées, la preuve de l’origine et
du montant des gains illicites peut être faite par toutes
voies de droit. L’action est prescrite cinq ans après le
décès de l’auteur des ayants-droits à la succession.

494. Retard de paiement


Voir abstention coupable d’un fonctionnaire.

495. Rétention illicite des documents


L’infraction de rétention illicite des documents peut être
définie comme le fait de retenir arbitrairement ou confis-
quer à une personne des documents officiels (certificat, do-
cument ou reçu etc..) qui sont des preuves de satisfaction à
une obligation légale et dont l’absence peut exposer à des
poursuites judiciaires.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
556

La rétention illicite des documents est aussi la rétention ar-


bitraire ou la confiscation à une personne une attestation
ou une autorisation remise par l’agent de l’autorité pour
constater l’exercice d’un droit ; des documents devant nor-
malement rester en sa possession. L’exemple de cette in-
fraction est celui de la rétention illicite des papiers d’identi-
té.

I. Eléments constitutifs
Il faut que trois conditions soient remplies pour établir en
fait et en droit l’infraction de rétention illicite des docu-
ments :
1° La rétention des documents officiels prouvant que le titu-
laire est en règle ou constatant l’existence de son droit ;
2°. La rétention doit être sans motif légal ;
3°. La rétention doit être en outre contre la volonté du por-
teur.

II. Poursuites
La personne lésée mais aussi l’officier du Ministère public
même d’office peut initier les poursuites à l’endroit de l’au-
teur de l’infraction de rétention illicite de documents. La
rétention illicite des documents trouve sa légalité dans l’or-
donnance n°21 / 84 du 14 février 1959 (B.A., p.491). Elle
est sanctionnée de deux mois maximum de servitude pénale
principale et d’une amende ou d’une de ces peines article
2). Elle relève de la compétence du tribunal de paix. La
prescription de l’action publique s’opère dans le délai d’une
année.

496. Révélation de l’existence ou du


contenu des lettres
Le législateur protège la sécurité et l’intimité des corres-
pondances. Il les protège notamment contre l’indélicatesse
et les indiscrétions des fonctionnaires des postes. Il punit
tout agent de poste ou toute personne officiellement com-
missionnée pour assurer le service postal qui, hors le cas où
la loi l’y oblige, aura révélé l’existence ou le contenu d’une
lettre, d’une carte postale ou de tout autre envoi confié à la
poste.
Catalogue des infractions 557

I. Eléments constitutifs de l’infraction


La révélation de l’existence ou du contenu des lettres com-
prend l’acte de révélation, l’objet protégé et l’élément mo-
ral. A cette triple condition, l’infraction pourra être caracté-
risée.
1° L’acte de révélation ou le fait de communiquer à une tierce personne l’existence ou le
contenu d’une lettre, soit de lui permettre d’en prendre connaissance par copie ou
photocopie ou en photographiant ou même en filmant ;
2° L’objet protégé : il s’agit des lettres, cartes postales, messages télégraphiques, colis
postaux. L’objet doit avoir été confié à la poste.
3° L’élément moral : pour que l’élément moral soit retenu, l’agent doit agir
volontairement, sciemment ou sans droit.
N’est pas infractionnel, le fait pour un magistrat instructeur de prendre connaissance du
contenu d’une lettre confiée à la poste au cours d’une instruction judiciaire, comme
d’ailleurs le fait pour un enseignant de prendre connaissance de la lettre d’un élève dans
un internat où les correspondances sont censurées.

II. Régime répressif


L’infraction de révélation de l’existence ou du contenu des
lettres est prévue et réprimée par l’article 72 du code pé-
nal, repris par l’article 23 de l’ordonnance-loi n°68 – 045 du
20 janvier 1968.

a) Quelle est la punition à infliger ?


Le coupable encourt une servitude pénale d’un mois au plus
et une amende ou l’une de ces peines. Notons que l’article
72 du Code Pénal implicitement abrogé par l’article 23 de
l’ordonnance-loi précitée ne prévoyait qu’une amende.
b) Prescription de l’action publique
L’action publique de l’infraction de révélation de l’existence
ou du contenu des lettres sera prescrite dans le délai d’une
année. La peine se prescrit dans le délai de deux ans.

497. Révélation du secret professionnel


L’infraction de révélation du secret professionnel est le fait
pour une catégorie de personnes de révéler des faits en
rapport avec leur profession ou dont elles sont dépositaires
(des faits qu’elles doivent garder secrets) alors qu’elles
n’ont pas été appelées à en rendre témoignage en justice et
que la loi ne les y obligeait pas.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
558

I. Eléments constitutifs
Pour pouvoir dire que l’infraction de révélation du secret
professionnel est établie à charge d’un prévenu donné, il
faut en prouver l’acte matériel de révélation, en connaître
l’auteur et administrer dans le chef de celui-ci l’élément
moral.
1. L’acte matériel de révélation : il consiste à faire connaître, à divulguer, à
communiquer, à dévoiler ce qui doit être caché ou ce pourquoi on est tenu à
l’obligation au silence ;

2. L’auteur de l’infraction. Peuvent commettre l’infraction de révélation du secret


professionnel :
a) Les personnes exerçant l’art de guérir : les médecins, chirurgiens, pharmaciens,
dentistes, infirmiers, gardes- malades et accoucheuses ;
b) Les personnes dépositaires par état ou par profession des secrets qu’on leur
confie : les magistrats ; ceux qui concourent à l’enquête et à l’instruction
préparatoire (inspecteurs judiciaires, agents de police judiciaire, experts,
interprètes, médecins) ; les greffiers et huissiers ; les avocats et défenseurs
judiciaires ; les notaires ; les fonctionnaires de l’Etat ; les membres du Parlement,
du Gouvernement ; les membres des Forces Armées de la République
Démocratique du Congo ; les experts comptables ; les prêtres ou ministres des
cultes ; les collaborateurs des personnes tenues au secret professionnel ; les
banquiers.

3. L’élément intellectuel. L’agent doit avoir agi volontairement. La loi n’exige pas que
l’intention de l’auteur soit de nuire à la victime ; dès que le secret a été divulgué avec
connaissance, l’infraction existe.

La révélation du secret ne doit pas être le résultat d’un cas fortuit, d’une inattention,
imprudence ou négligence, comme par exemple un médecin qui, par inattention, laisse un
certificat médical à la portée d’un tiers, qui par curiosité, en prend connaissance : le
médecin n’aura pas commis l’infraction de révélation du secret professionnel, faute
d’élément intentionnel..

II. Poursuites
Les poursuites ont pour soutènement légal l’article 73 du code pénal livre II. Cette disposition
légale est assortie pour l’auteur de l’infraction d’un mois à six mois de servitude pénale
principale et d’amende ou d’une de ces peines seulement.

Le Tribunal de paix est l’instance compétente. L’action publique se prescrit dans le délai d’une
année ; la peine, dans le délai de deux ans.
Catalogue des infractions 559

498. Révélation du statut sérologique


au VIH/sida d’une personne
L’article 43 de la loi n°08/011 du 14 juillet 2008 portant
protection des droits des personnes vivant avec le VIH/sida
et des personnes affectées définit et réprime l’infraction de
révélation du statut sérologique au VIH/sida d’une per-
sonne.

a)Personnes susceptibles de commettre l’infraction


En matière de secret professionnel, tout dépositaire par
état ou par profession des secrets qu’on lui confie peut être
présumé auteur de cette infraction.

b) Les éléments constitutifs de l’infraction de révéla-


tion du secret professionnel s’appliquent ici outre les
spécificités propres à la sérologie au vih/sida.
c) De quelles peines sont assorties l’infraction
La sanction est d’une peine de servitude pénale principale
de un à six mois et d’une amende de cinquante mille francs
congolais ou l’une de ces peines seulement.

499. Révolte militaire


La révolte militaire est toute résistance simultanée aux
ordres reçus de leurs chefs et donnés pour le service par
plus de deux militaires réunis. Cette infraction est prévue et
punie par les articles 89-90 du Code Pénal Militaire.
N’a-t-il pas été jugé que le refus simultané et même la résis-
tance passive qu’opposent plus de trois militaires réunis à
un ordre de leur chef constitue le délit militaire de révolte,
quand même l’ordre donné serait contraire aux conditions
de leur engagement ? (C.G. app . 29 septembre 1899, Jur.
Etat I p. 76.) Le gradé qui nonobstant l’ordre de son supé-
rieur, refuse de faire demi tour et ordonne à ses hommes,
auxquels pareil ordre a été donné de rester en place, com-
met l’infraction de provocation à la révolte, et commet lui-
même cette faute militaire grave (C.G. app. 5 juillet 1914,
Jur. Col. 1925, p.247).
Cinq ans au maximum de servitude pénale seront infligés
au militaire ou assimilé coupable de révolte militaire. Si la
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
560

révolte a eu lieu avec complot, la peine de dix ans maximum


de servitude pénale sera appliquée. Si la révolte a été com-
mise en temps de guerre ou pendant les circonstances ex-
ceptionnelles la peine sera portée à la servitude pénale à
perpétuité et même à la peine de mort.
Si les coupables sont des officiers, la destitution ou la priva-
tion de grade sera prononcée. La révolte en présence de
l’ennemi ou de bande armée est punie de peine de mort.
Les instigateurs subiront pour leur part en temps de paix et
en temps de guerre respectivement cinq à dix ans de servi-
tude pénale et la peine de mort.

500. Rupture de ban


Le Code Pénal en ses articles 14a et 14b du livre I prévoit la
possibilité pour les tribunaux de prescrire à certains délin-
quants l’obligation de s’éloigner de certains lieux ou d’une
certaine région ou au contraire l’obligation de résider dans
une certaine localité et ce, pendant une durée maximum
d’un an1.
Outre la peine de servitude pénale, les mêmes peines
peuvent être prononcées à charge de quiconque a commis
depuis dix ans au moins deux infractions qui ont entraîné
chacune une servitude pénale d’au moins six mois.
Il s’agit là soit d’une peine de substitution à la servitude pé-
nale (article 14a), soit d’une peine accessoire à la servitude
pénale (article 14b).
Le condamné qui contreviendrait à ces mesures commet
l’infraction de rupture de ban. La rupture de ban est prévue
et réprimée par l’article 161 alinéa3 du code pénal livre II.
Elle est punie des peines de l’infraction d’évasion des déte-
nus. A ce titre et au regard des peines applicables, elle re-
lève de la compétence du Tribunal de Grande Instance.

1
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, Code Pénal Congolais, décret du 30 janvier
tel que modifié et complété à ce jour. Mise à jour au 5 octobre 2006, 47 ème année, Numéro spécial, 05
octobre 2006 p. 8.
Catalogue des infractions 561
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
562 S

501. Sabotage
Le sabotage est une atteinte à la défense nationale. Il
consiste au fait de détruire, de détériorer ou de détourner
tout document, matériel, construction, équipement, installa-
tion, appareil, dispositif technique, ou appareil de traite-
ment automatisé d’informations ou d’y apporter des malfa-
çons, lorsque ce fait est de nature à porter atteinte aux inté-
rêts fondamentaux de la Nation.

I. Eléments constitutifs
Pour sa consommation, l’infraction de sabotage exige la
réunion d’un élément matériel avec l’élément intentionnel.
a) L’élément matériel est constitué d’une série d’actes ainsi
que d’un ensemble des biens que le législateur entend
sauvegarder. Le sabotage s’articule sur les actes sui-
vants : la destruction, la détérioration, le détournement
ainsi que l’apport des malfaçons aux biens protégés. Le
législateur entend sauvegarder tout document, tout ma-
tériel, toute construction, tout équipement, toute instal-
lation, tout appareil, tout dispositif technique ou appareil
de traitement automatisé d’informations.
b) Le sabotage est une infraction purement intentionnelle.
Le dol général suffit à établir l’infraction de sabotage,
dès lors que l’agent a posé son acte d’une manière
consciente et libre. Par contre, l’auteur d’un acte réalisé
soit par suite d’une contrainte physique ou morale, soit
dans l’intérêt supérieur de la Nation ne tombe pas sous
le coup de l’infraction de l’article 133 du code pénal mili-
taire.

II. Régime répressif


L’infraction de sabotage est définie par l’article 133 du
Code Pénal Militaire. Elle est sanctionnée de vingt ans de
servitude pénale au maximum lorsque le fait de l’agent est
susceptible de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de
la Nation. La peine de mort sera d’application lorsque le
sabotage est commis dans le but de servir les intérêts d’une
Catalogue des infractions 563

puissance étrangère, d’une entreprise ou d’une organisa-


tion étrangère ou sous contrôle étranger.

502. Séquestre sans ordre des per-


sonnes durant les hostilités
Voir Arrestation arbitraire et détention illégale.

503. Séquestration
Voir arrestation arbitraire.

504. Soustraction d’un enfant à la garde


des personnes ou à l’institution à la
quelle l’autorité judiciaire l’a confiée
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

505. Soustraction d’un enfant à la pro-


cédure intentée contre lui en vertu
de la loi
Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

506. Soustraction des bulletins en vue


de fausser les résultats du vote
Voir élections.

507. Souteneur et proxénétisme


L’infraction de souteneur et proxénétisme vise ceux à qui
profite la prostitution. Elle concerne ceux qui tirent de la
prostitution de l’argent ou tout autre profit. Le proxéné-
tisme est l’activité tendant à favoriser la débauche, la pros-
titution d’autrui ou en tirer profit.

a)Actes constitutifs de l’infraction.


Sont constitutifs de l’infraction de souteneur et proxéné-
tisme :
1° le fait d’embaucher, d’entrainer ou de détourner en vue
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
564

de la débauche ou de la prostitution pour satisfaire les


passions d’autrui ;
2° la tenue d’une maison de débauche ou de prostitution ;
3° vivre, en tout ou en partie aux dépens d’une personne
dont on exploite la prostitution (le souteneur) ;
4° l’exploitation habituelle de quelque autre façon de la dé-
bauche d’autrui ;

b) Nature de l’infraction
Le souteneur et proxénétisme est une autre infraction de
violences sexuelles. Elle est réglementée par l’article 174b
du Code Pénal Congolais. Cet article est issu de la loi sur
les violences sexuelles. La loi n°06/018 du 20 janvier 2006
sur les violences sexuelles a complété et modifié le décret
du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais.
La punition d’une servitude pénale de trois mois à cinq ans
et une amende de cinquante mille francs congolais
constants sera infligée au souteneur et proxénète. Lorsque
la victime est un enfant âgé de moins de dix-huit ans, la
peine sera de cinq à vingt ans.
Sont également punis des peines de trois mois à cinq ans de
servitude pénale et d’une amende de cinquante mille à cent
mille francs congolais constants la diffusion publique d’un
document ou film pornographique aux enfants de moins de
huit ans.
Le fait de passer à la télévision des danses ou tenues obs-
cènes attentatoires aux bonnes mœurs est constitutif de
l’infraction de souteneur et proxénétisme et conséquem-
ment susceptible de faire encourir des sanctions dans le
chef de l’auteur.

c)Tribunal compétent et prescription de l’action pu-


blique
Le tribunal de paix est compétent pour les faits punissables
au maximum de cinq ans. Le Tribunal de Grande Instance
est compétent pour juger le souteneur et le proxénète dont
la victime est âgée de moins de dix-huit ans. La victime de
ce crime ne saura plus poursuivre l’auteur de l’infraction
qui lui a porté préjudice si, dix ans après la commission des
faits, il n’a posé aucun acte interruptif de la prescription. Il
Catalogue des infractions 565

en est de même du ministère public, la prescription s’impo-


sant « erga omnes ».

508. Spectacles et Représentations


Dans les localités déterminées par le Gouverneur de pro-
vince, les spectacles, bals, ou représentations quelconques,
publics ou ouverts au public, doivent être autorisées préala-
blement par l’Administrateur du territoire ou son délégué.
Toutefois il peut être délivré des autorisations permanentes
valables pour un an. La demande d’autorisation spécifie la
nature de la réunion, la date, l’heure et le local où cette
réunion sera tenue. En cas d’abus constatés, l’autorisation
peut être retirée par l’autorité qui l’a délivrée.
La tenue des spectacles, bals ou représentations sans auto-
risation requise est infractionnelle et punie. Ils subiront une
servitude pénale d’un mois au maximum et une amende ou
l’une de ces peines uniquement les organisateurs de ces
réunions ainsi que les tenanciers et gérants des locaux où
les spectacles, bals ou représentations auront eu lieu (ar-
ticle 4).
La base légale de l’incrimination est tirée des articles 1er, 2
,3 et 4 de l’ordonnance 30 / APAJ du 11 mars 1939 relative
aux spectacles, bals et représentations quelconques.

509. Stellionat
L’infraction de stellionat consiste dans le fait pour une per-
sonne de vendre ou de donner en gage un immeuble qui ne
lui appartient pas ou qui ne lui appartient plus. Il peut
s’agir d’une maison, d’une parcelle, d’un terrain, d’un
champ etc..

I. Eléments constitutifs
Pour qu’il y ait stellionat, il faut la réunion dans le chef de
l’auteur d’une vente ou d’une mise en gage, la propriété
d’un immeuble d’autrui et l’intention de s’en approprier.
1. Il faut une vente (transaction transférant la propriété) ou
la mise en gage (fait d’hypothéquer par exemple) d’un
immeuble ; il a été jugé que la vente d’un droit de pro-
priété portant sur un immeuble constitue l’infraction de
stellionat ; ce droit étant un immeuble par l’objet sur le-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
566

quel il porte ; et cela quand bien même le vendeur peut


opposer, au premier acheteur, un certificat d’enregistre-
ment à titre de preuve de son droit de propriété sur l’im-
meuble vendu quant à la mutation du second acheteur.
La Cour a estimé que cet argument pertinent sur le plan
civil ne l’est plus en matière répressive1. L’immeuble à
considérer ici est soit celui enregistré, celui constaté par
le livret de logeur ou bien celui constaté par le régime
coutumier rural2 ;
2. La propriété de l’immeuble doit appartenir à une autre
personne. Celui qui vend ou donne en gage son immeuble
ne commet pas de stellionat ; on a jugé que la vente
d’une maison appartenant à autrui faite sciemment est
qualifiée de stellionat (C.S.J. , RP . 130 , 15 / O4 / 1975,
Bull. 1976, p. 119 , RJZ. 1979, p. 53.)
3. L’intention de s’approprier la chose d’autrui. C’est l’in-
tention frauduleuse de s’enrichir injustement ou de nuire
à autrui en disposant d’un immeuble dont on sait n’être
pas propriétaire. Il a été décidé que le fait de vendre une
parcelle par acte matériel de vente sans droit immobilier
sur celle-ci pour l’avoir déjà aliénée au profit d’une tierce
personne par une vente advenue entre eux et surtout par
la tradition au profit de cette tierce personne des titres
parcellaires de l’ancien propriétaire détenus par lui (élé-
ment matériel) lorsque le prévenu a conscience de l’exis-
tence de la première vente (intention frauduleuse) consti-
tue le stellionat.3

II. Poursuites
a)Quel est le siège légal du stellionat ?
L’article 96 du code pénal livre II réprime le stellionat.
Cette disposition a une portée générale d’application
concernant les biens réellement immeubles, peu importe le
régime foncier et immobilier les réglementant : le régime
de l’enregistrement, celui du droit spécial urbain constaté
par le titre d’occupation qualifié « livret de logeur » ou
bien, enfin, le régime foncier coutumier rural4.
1
C.S.J., RP 705, O5 Novembre 1985, B.A. Années 1985 à 1989, édition 2002, p.62.
2
C.S.J., RP 13O, 15/04/1975, B.A.C.S.J. 1976, p.120
3
Cour d’Appel de Kinshasa/ Matete, R.P.A. 511, 14 juillet 2003, inédit.
4
Alexis TAKIZALA MASOSO, Recueil de jurisprudence des Cours et Tribunaux du Congo, Presses
universitaires de Lubumbashi, 1999, p.207-208.
Catalogue des infractions 567

b) Quelle est la sanction prévue par le législateur ?


L’auteur du stellionat est passible de trois mois à cinq ans
de servitude pénale et d’une amende ou d’une de ces peines
seulement.
Le titulaire du certificat d’enregistrement, parce qu’il est
propriétaire qui vend son immeuble à deux acheteurs suc-
cessifs différents au moment où le premier acheteur n’avait
pas encore obtenu la mutation de la propriété à son nom, ne
peut être poursuivi pour stellionat ;
Le propriétaire d’un immeuble non enregistré situé dans un
centre extra-coutumier, titulaire d’un titre d’occupation qui
vend sa maison à deux acheteurs différents lorsque le pre-
mier acheteur n’a pas payé l’intégralité du prix convenu, ne
commet non plus de stellionat.
L’infraction de stellionat n’est pas établie lorsque la par-
celle vendue était encore dans le patrimoine du prévenu,
c’est-à-dire qu’elle continuait à lui appartenir au regard du
livret de logeur et de la fiche parcellaire établis en son nom.
Il en avait donc le droit de jouissance et d’occupation1.

c)Quel tribunal juge l’auteur du stellionat ?


A la vue des pénalités qui sont de cinq ans de servitude pé-
nale maximum, il revient que matériellement l’infraction de
stellionat est de la compétence du tribunal de paix.

d) Qu’en est-il de la prescription ?


L’action publique relative au stellionat est prescriptible
dans le délai de trois ans. La peine est prescriptible au délai
double de la peine prononcée sans pour autant que ce délai
soit inférieur à deux ans.

510 Stérilisation forcée


La stérilisation forcée est un acte visant à priver une per-
sonne de sa capacité procréatrice, sans que cet acte ne soit
médicalement justifié, ni consenti librement.

1
Cour d’Appel de Kinshasa/ Matete ,R.P.A O33 /RMP 849 /PG Mat /NGB ; O3 juillet ,1996 MP et PC
EKUTSU MOSEKA contre MOZE EMBUMBA, Inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
568

I. Définition de la stérilisation forcée


L’incrimination de stérilisation forcée est définie comme la
commission sur une personne d’un acte à le priver de la ca-
pacité biologique et organique de reproduction sans qu’un
tel acte ait fait préalablement l’objet d’une décision médi-
cale justifiée et d’un libre consentement de la victime (ar-
ticle 174 l du code pénal tel que modifié par la loi du 20
juillet 2006).

II. Administration de la preuve


En général, en matière de violences sexuelles et en particu-
lier en matière de stérilisation forcée, l’administration de la
preuve est minutieusement réglementée.
1. Le consentement ne peut en aucun cas être inféré des
paroles ou de la conduite d’une victime lorsque la faculté
de celle-ci de donner librement son consentement véri-
table a été altérée par l’emploi de la force, de la menace
ou de la contrainte, ou à la faveur d’un environnement
coercitif ;
2. Le consentement ne peut en aucun cas être inféré des
paroles ou de la conduite d’une victime lorsqu’elle est
incapable de donner un consentement ;
3. La crédibilité, l’honorabilité ou la disponibilité sexuelle
d’une victime ou d’un témoin ne peuvent en aucun cas
être inférés de leur comportement sexuel antérieur ou
postérieur.

III. Régime juridique


L’article 174 l de la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 modi-
fiant et complétant le code pénal congolais est le siège de
l’infraction de stérilisation forcée. Les peines édictées par
le législateur sont adaptées à la gravité de l’infraction. Le
coupable de stérilisation forcée est passible d’une servitude
pénale de cinq à quinze ans.
L’infraction de stérilisation forcée relève de la compétence
du Tribunal de Grande Instance. Le juge naturel est donc le
juge de grande instance. Toutefois, cette compétence n’est
pleine que pour autant que cette violence sexuelle n’est pas
constitutive d’un crime de guerre, d’un crime contre l’hu-
manité ou de génocide. Ainsi donc, lorsque cette infraction
Catalogue des infractions 569

est de droit commun, elle se prescrit dans le délai de dix


ans. Par contre, lorsqu’elle est un de ces crimes de droit
international, elle est alors imprescriptible.

511. Stigmatisation à l’endroit d’une


personne vivant avec le VIH/Sida
Les personnes vivant avec le VIH/sida et les personnes af-
fectées ont pleine capacité juridique. Elles jouissent de tous
les droits. A cet égard, le législateur est intervenu pour in-
terdire toute forme de discrimination à l’égard d’un patient
en raison de son statut sérologique au VIH avéré ou présu-
mé, de son conjoint ou de ses proches.

I. Actes interdits par le législateur


L’état de sérologie ne peut constituer :
un obstacle à l’éducation, aux stages de formation ou d’ap-
prentissage ;
une restriction à la sécurité sociale, une cause d’exclusion
ou de renvoi d’une position religieuse ou faire l’objet d’ex-
périmentations médicales, de soumission contré leur gré à
un test de dépistage, d’exploitation par des témoignages à
des fins de propagande ou de marketing ;
un motif de renvoi, de refus d’accès, d’exclusion d’un éta-
blissement d’enseignement ;
une raison d’administration forcée de certaines substances
pour des raisons de pratiques religieuses à des fins de gué-
rison.

II. Régime répressif


L’infraction de stigmatisation à l’endroit d’une personne
vivant avec le vih/sida est créée par la loi n°08/011 du 14
juillet 2008 portant protection des droits des personnes vi-
vant avec le VIH/sida et des personnes affectées. L’article
42 de cette loi réprime les actes de stigmatisation. La peine
à subir par l’auteur est la servitude pénale principale de un
à six mois et d’une amende de cinquante mille francs
congolais ou l’une de ces peines seulement.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
570

512. Stupéfiants
Les conséquences de la consommation régulière de stupé-
fiants sont très onéreuses pour la société. Parmi les consé-
quences, on peut notamment citer les maladies, les acci-
dents de travail ou de circulation liés à la consommation de
stupéfiants… Sans oublier que les stupéfiants procurent
des gains rapides et élevés, la production et le trafic de stu-
péfiants sont souvent aux mains de maffieux organisés en
puissants réseaux.
Les maffieux opèrent à l’échelle mondiale, ils parviennent à
déjouer les contrôles douaniers et policiers.
Le retard que connaît notre pays et les avancées de la légis-
lation internationale plaident pour que le législateur congo-
lais sorte de sa léthargie et incrimine divers actes dont no-
tamment :
1. la direction d’un groupement participant au trafic des
stupéfiants. Il s’agira d’atteindre les réseaux maffieux en
mettant hors d’état de nuire leurs dirigeants, difficiles à
atteindre en raison de la loi du silence qu’ils font régner ;
2. La production et la fabrication illicites. Il s’agira de toute
activité visant à obtenir, soit par un procédé naturel
(culture) ou industriel (réaction chimique) une substance
stupéfiante ;
3. L’importation ou l’exportation illicites de stupéfiants ;
4. Le transport et la cession. Les fausses ordonnances ;
5. a facilitation de l’usage de stupéfiants, l’usage illicite de
stupéfiants, la provocation à usage et propagande ;
6. La cession ou l’offre en vue de la consommation person-
nelle ;
7. Le blanchiment du produit des stupéfiants.

513. Subornation des témoins


Exercer une pression sur une personne susceptible d’être
appelée à témoigner en justice, en vue de lui faire effectuer
un faux témoignage constitue l’infraction de subornation
des témoins. Celle-ci, pour exister doit réunir des éléments
constitutifs.
Catalogue des infractions 571

I. Eléments constitutifs
L’article 129 du code pénal livre II est la base légale de l’in-
fraction de subornation de témoins.
L’élément matériel est fait de la pression : conseils, instiga-
tions, dons, promesses, menaces…sur une personne suscep-
tible d’être appelée à témoigner en justice (en cas de dos-
sier en instruction ou d’enquêtes entrain d’être menées).
L’infraction de subornation de témoins ne sera pas établie
si la personne allait être appelée à témoigner mais n’a plus
été appelée ou si elle l’a été, elle n’a pas fait des déclara-
tions contraires à la vérité. Il s’agit de faire des déclara-
tions contraires à la vérité devant les tribunaux, après avoir
prêté serment et que ces déclarations soient susceptible de
porter préjudice.
Moment de l’acte. L’acte doit intervenir au cours d’une pro-
cédure, ou en vue d’une demande ou d’une défense en jus-
tice, (quelle que soit la procédure, en tout état de cause, et
même seulement en vue d’une procédure) Pour qu’il y ait
subornation de témoin, il faut que la personne à laquelle on
fait des offres ait été appelée ou tout au moins puisse être
appelée à témoigner en justice. L’infraction de subornation
des témoins ne peut exister en dehors de toute instruction
ou enquête1
But de l’acte. Le but de l’acte est d’obtenir d’autrui soit un
acte positif, soit même une abstention.
a) une déposition, une déclaration ou une attestation
mensongère : déclaration sous serment, devant une
juridiction d’instruction ou de jugement(ou même
pendant l’enquête policière)
- Peu importe que la déclaration soit spontanée ou non ;
- Peu importe que la subornation n’ait pas eu d’effet. La
prescription de l’infraction, instantanée, court du jour
de l’acte de subornation2
- Peu importe qu’il s’agisse de faire revenir quelqu’un
sur son témoignage ;
- Mais il faut vouloir obtenir une déposition, une
déclaration ou attestation mensongère. La provocation
1
Boma, 16 septembre 19O2, Jur. Etat I p. 213.
2
Crim., 1995 cité par Dalloz, in mementos, Droit pénal spécial , 14 ème édition 2008.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
572

à dire la vérité n’est pas punissable ; toutefois en cas


de violence dans ce dessein, il y a une infraction de
violence.
b) une abstention de faire ou de délivrer une déposition,
une déclaration ou une attestation mensongère : il ya
subornation punissable même s’il ya seulement
provocation à s’abstenir de témoigner (solution nouvelle).
Moyens de l’acte. L’acte est constitué des promesses, offres ou
présents, pressions, menaces, voies de fait, manœuvres ou
artifices.
Mais ne constituent pas l’infraction de subornation de témoins
les recommandations que se font réciproquement des
personnes pour lesquelles une action pénale est ouverte se
concertant avant toute procédure pour assurer leur défense
commune ni une simple sollicitation adressée au témoin. En
revanche, il y a infraction dans le chef d’un avocat qui aide
un prévenu à émettre un chèque au profit d’un autre
prévenu pour les déclarations de celle-ci devant le juge.
Pour que l’élément moral de l’infraction de subornation des
témoins, soit établi, le suborneur doit savoir que ce qu’il
demandait au témoin était contraire à la vérité.

II. Poursuites et texte légal


Les auteurs de l’infraction de subornation des témoins sont
poursuivables sur base de l’’article 129 du code pénal livre
II. La peine applicable au coupable est de cinq ans maxi-
mum. Le suborneur encourra des peines plus lourdes si le
faux témoignage dont il a été l’instigateur a eu pour résul-
tat de faire condamner le prévenu à la peine de mort ou à la
servitude pénale à perpétuité.
L’infraction de subornation des témoins est de la compé-
tence du tribunal de paix. L’action publique se prescrit dans
le délai de trois ans. La peine, elle, sera prescrite au délai
double de la peine prononcée, sans que ce délai soit infé-
rieur à deux ans.
Catalogue des infractions 573

En tout état de cause, il est reconnu par la jurisprudence


que la valeur à accorder à un témoignage relève de l’appré-
ciation souveraine du juge du fond1

514. Substitution d’enfant


Voir supposition d’enfant.

515. Suicide
Le suicide est un homicide volontaire commis par l’agent
sur sa propre personne, peu importe le moyen utilisé.
L’acte de suicide n’est pas punissable en la personne de
l’auteur faute de texte légal. Le législateur n’a pas incrimi-
né le suicide, c’est-à-dire qu’il n’existe pas de nos jours de
loi pénale sur le suicide dans l’arsenal juridique congolais.
Le suicide échappe à la répression, mais il devient de plus
en plus un véritable problème de société. Le suicide n’est
pas punissable en droit positif, à la différence de l’Ancien
Droit où des peines étaient applicables aux cadavres et la
confiscation des biens des suicidés étaient systématique-
ment prononcée. Ces punitions n’avaient malheureusement
aucune valeur préventive et atteignaient injustement la fa-
mille du suicidé qu’elles furent vite abandonnées2.
L’absence de répression du suicide comporte des consé-
quences importantes du point de vue de l’application des
principes de droit pénal général. La tentative et la complici-
té du suicide ne peuvent être punies, à défaut d’incrimina-
tion principale et d’absence de texte légal. Cependant,
notre Code Pénal à son article 66 ter du livre II traite de
l’abstention d’apporter secours à une personne en danger.
La provocation au suicide doit être punie ainsi que la propa-
gande ou la publicité en sa faveur.
Celui qui s’abstiendrait de secourir la personne qui tente-
rait de mettre fin à ses jours (de l’en empêcher) sera pour-
suivi sur base de l’article 66 ter précité. La sanction est de
trois mois à deux ans de servitude pénale et une amende ou
une de ces peines. Si l’abstentionniste est militaire ou indi-
vidu au service des Forces Armées, il risque dix ans au
maximum de servitude pénale (articles 519 de l’ancien code
de justice militaire).
1
C.S.J., RP 1O3, 22 janvier 1975, B.A. 1976, p. 21.
2
LIKULIA BOLONGO. ,Op Cit, P.48.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
574

516. Supposition d’enfant


Déclarer un enfant comme né d’une femme déterminée
alors qu’il est en réalité né d’une autre femme constitue
l’infraction de supposition d’enfant. Autrement dit, il s’agit
d’introduire un enfant dans une famille à laquelle il n’ap-
partient pas.

I. Eléments constitutifs
L’infraction de supposition d’enfant, pour être établie, comporte
cinq éléments constitutifs.
1. L’élément légal. L’article 255 du code pénal livre II
prévoit et réprime la supposition d’enfant.
2. Le fait matériel. Celui-ci est une des cinq manœuvres à
savoir l’enlèvement, le recélé, la suppression, la
substitution, la supposition.
L’enlèvement est la suppression de l’enfant, dans les conditions
telles qu’il perdra les preuves de son identité ; retrait de
l’enfant du lieu où il se trouve, et son transport dans un
autre lieu.
Le recélé, c’est le fait de cacher l’enfant enlevé par une autre
personne, et de l’élever clandestinement.
La suppression de l’enfant, c’est le fait brutal de sa disparition.
La substitution d’enfant consiste dans le fait de mettre un
enfant à la place de celui dont une femme est accouchée, ou
le fait d’attribuer à une femme qui n’est pas mère ou
imaginaire, l’enfant né d’une autre femme. Bref, le
remplacement de l’enfant qu’une femme vient de mettre au
monde par l’enfant d’une autre femme.
3. le fait doit être de nature à compromettre l’état civil de
l’enfant. Il supprime toute trace de l’enfant, et toute
preuve de son état civil.
4. Il doit s’agir d’un enfant né vivant, qu’il soit hors
mariage, illégitime ou légitime peu importe.
5. L’élément moral réside dans le fait de priver l’enfant de
son état. Le mobile peut être autre dans le chef de
l’auteur, l’infraction est consommée dès que ce dernier a
agi en connaissance de cause et que, matériellement,
l’enfant a été privé de son état.
Catalogue des infractions 575

II. Régime répressif


Le législateur a sanctionné l’auteur de l’infraction de sup-
position d’enfants d’une peine allant de un à cinq ans. Com-
mettent la supposition d’enfant la fille mère qui cherchera à
cacher sa maternité illégitime (hors mariage) ou à dissimu-
ler une grossesse et la femme qui change son enfant atteint
d’une maladie grave avec celui bien portant d’une folle peu
soucieuse. Sera également puni celui qui aura donné la mis-
sion de commettre l’infraction à condition que cette mission
ait reçu exécution. D’où, dit le professeur Likulia, il n’y a
pas de tentative punissable dans ce dernier cas1
Le Tribunal compétent est celui de paix. La prévention de
supposition d’enfants se prescrit (action publique) dans le
délai de trois ans. La peine, elle, sera prescrite au délai
double de la peine prononcée.

517. Suppression des lettres


Voir ouverture des lettres.

1
Idem., p.316.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
576
T

518. Tapage nocturne


Les citoyens ont le droit de profiter du calme de la nuit pour
se reposer du travail de la journée. Les tapages nocturnes
peuvent être définis comme des bruits qui se produisent
pendant la partie de la nuit, généralement consacrée au re-
pos, et qui troublent le repos des habitants ou la tranquillité
des citoyens.
En effet, le bruit est nuisible à l’organisme humain. Les mé-
faits du bruit sont considérables. Les bruits entraînent non
seulement des altérations de l’ouïe mais provoquent aussi
des tensions malsaines du système nerveux. Ils diminuent
les capacités de travail et de rendement par l’action sur le
cerveau1.
Le bruit est réprimé lorsqu’il dépasse la limite de ce qui
doit être toléré au sein des agglomérations. Le seuil est lais-
sé à l’appréciation souverainement du juge.

I. Eléments constitutifs
Pour établir l’infraction de tapage nocturne, il faut des
bruits et tapages susceptibles de troubler la tranquillité des
habitants ou de causer du trouble dans le voisinage. Ces
bruits excessifs doivent avoir eu lieu pendant la partie de la
nuit généralement consacrée au repos.
Se mettre à taper sur des casseroles à 20 heures, jouer de
la forte musique la nuit dans les lieux où l’on vend des
consommations, dans les débits des boissons ; faire usage
des lance voix la nuit dans les églises situées dans les rési-
dences ; le bruit inutile d’un moteur en stationnement sont
là des exemples palpables parmi d’autres de tapage noc-
turne..

II. Poursuites
1. Siège de la matière
L’ordonnance n°64/ cont... du 16/09/1925 modifiée par l’or-
donnance n°92/AIMO du 28/06/1942, est la disposition lé-
1
Robert wilkin. , Commentaire de la loi communale, Tome 1 er, Editions Etablissements Emile Bruylant,
Bruxelles, p.474.
Catalogue des infractions 577

gale. Elle concerne particulièrement les exploitants de bars


et lieux de plaisir. Peut être allons-nous intégrer aussi les
groupes de prière, les groupes musicaux, folkloriques et
socio-culturels etc.

2. Qui peut mettre en mouvement l’action publique ?


La police et le parquet sont appelés et habilités à faire ces-
ser le trouble à la tranquillité des citoyens. Même l’autorité
administrative et politique a des prérogatives de la fonction
pour faire cesser les troubles. Tout citoyen qui subit un
dommage (victime) peut également saisir un officier de po-
lice judiciaire, un magistrat du parquet ou le juge.
3. Quel juge va-t-on saisir ?
L’infraction de tapage nocturne est punie des peines
d’amende et, en cas de récidive dans une année, de deux
mois de servitude pénale et d’amende ou d’une de ces
peines seulement. Ces pénalités font appel au juge de paix.
Le Tribunal de Paix est donc la juridiction compétente.
4. Quels sont les délais de prescription ?
L’action publique relative à l’infraction de tapage nocturne est
prescrite dans le délai d’une année. Les peines prononcées
sont prescrites dans le délai de deux ans, si elles n’ont pas
été exécutées..

519. Télécommunications
Quel texte de loi crée et définit les infractions relatives à la
télécommunication ?
En République Démocratique du Congo, les télécommunica-
tions sont régies par la loi cadre 013-2002 du 16 octobre
2002 sur les télécommunications. Cette loi cadre a crée et
assorti des sanctions certains actes et entraves.

I. Infractions proprement dites


1. Altérer, copier sans autorisation ou détruire une
correspondance émise par voie de télécommunica-
tion (art. 71 dudit texte).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
578

L’incrimination consiste à ouvrir, à s’emparer pour prendre


indûment connaissance d’une correspondance émise par
voie de télécommunication. Elle consiste également à em-
ployer un moyen pour surprendre des communications pas-
sées par un service public de télécommunications. Le légis-
lateur a prévu une sanction de six mois de servitude pénale
et d’une amende maximale de cent mille francs congolais.
Si l’auteur est un agent au service d’un exploitant de ser-
vices publics de télécommunications, il encourt une servi-
tude pénale d’un an ou plus et une amende ne dépassant
pas cent mille francs congolais. On peut toutefois appliquer
l’une ou l’autre de ces deux peines.
2. Attaque, résistance avec violences ou menaces en-
vers les fonctionnaires ou agents des exploitants
des services publics de télécommunications agis-
sant dans l’exercice de leurs fonctions (art.76)
L’infraction est qualifiée de rébellion. Elle est punie comme
telle conformément aux dispositions du code pénal.

3. Destruction, déplacement, renversement ou dégra-


dation des voies ou installations de télécommunica-
tions fixes ou de campagne servant à des buts mili-
taires en temps de guerre dans l’intention de favori-
ser les desseins de l’ennemi (art.77)
Ces infractions sont punies de la peine capitale.
4. Empêcher, gêner par défaut de précaution la cor-
respondance sur la voie de télécommunications
d’utilité publique ou destruction de l’ouvrage ou ob-
jet affecté à cet usage (art.75)
Des amendes de cinq mille francs congolais au maximum
seront infligées à l’auteur de cette infraction.
5. Exploiter sans autorisation ou sans déclaration
préalable un moyen de télécommunications (art.69)
Le coupable de l’infraction encourt des sanctions. Elles sont
d’une amende de dix mille francs à cent mille francs congo-
lais constants. Il sera en outre procédé à la confiscation des
appareils servant au fonctionnement.
Catalogue des infractions 579

6. Exploiter un moyen de cryptologie ou fournir une


prestation de cryptologie sans autorisation ou dé-
claration préalable (art.70)
Il est prévu à l’endroit de l’auteur de l’infraction de l’article
70 une servitude pénale d’un mois et une amende de mille
à cinquante mille francs congolais ou une de ces peines
seulement. En outre, il écopera d’une interdiction de sollici-
ter l’autorisation pendant une durée de deux ans au plus.
En cas de récidive, l’interdiction sera portée à cinq ans. Il
sera enfin procéder à la confiscation des moyens de crypto-
logie.
7. Omettre, dénaturer ou retarder la transmission
d’une correspondance par voie de télécommunica-
tions (art.72)
Cet acte répréhensible est passible d’une servitude pénale
d’un an au plus et d’une amende maximale de cent mille
francs congolais. Toutefois, seule une de ces peines peut
être appliquée. . C’est l’agent au service d’un exploitant de
services publics de télécommunications qui peut commettre
cette infraction.
8. Procéder sans autorisation à l’élagage, ou l’abat-
tage d’arbres, au creusement des fouilles ou des
tranchées, à des constructions ou démolitions ou à
tout autre travail susceptible de dégrader une ligne
téléphonique ou d’en compromettre le fonctionne-
ment (art.74)
L’auteur de l’acte est puni de quinze jours de servitude pé-
nale au minimum et d’une amende allant de dix mille à cent
mille francs congolais. L’une de ces peines peut à elle seule
être encourue.
9. Révéler, hors le cas ou la loi y oblige, l’existence ou
le contenu d’une correspondance émise par voie de
télécommunications (art.73)
La pénalité est de six mois de servitude pénale maximum et
une amende maximale de cent mille francs congolais ou une
de ces peines.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
580

II. Procédure
Les infractions en matière des télécommunications donnent
lieu à une procédure de transaction. L’administration tran-
sige avec le contrevenant. Elle fait payer une amende tran-
sactionnelle dont les taux seront revus périodiquement par
le Ministre ayant en charge le secteur.

Quel est le tribunal compétent ?


Au regard du taux des peines, l’on croirait que les infrac-
tions en matière de télécommunications sont de la compé-
tence du Tribunal de Paix. Pour notre part, la matière de
télécommunications et les différentes infractions qu’elle
crée sont du domaine de la législation économique et com-
merciale de la République Démocratique du Congo laquelle
relève de la compétence des tribunaux de commerce, quel
que soit le taux de la peine ou la hauteur de l’amende
(art.17de la loi du 03 juillet 2001).

520. Témoin récalcitrant


Voir refus de témoigner.

521. Tenue d’une maison de débauche


ou de prostitution
La tenue d’une maison de débauche ou de prostitution est
réprimée sur base de l’article 174bis al2 du code pénal et
de l’ord n°75-153 du 31 mai 1975. Ces textes réglementent
les heures d’ouverture des débits de boisson et portent in-
terdiction des night- clubs.

I. Eléments constitutifs
Pour subir les peines prévues en cas d’infraction de tenue
d’une maison de débauche ou de prostitution, il faut :
1° être dirigeant, propriétaire ou gérant d’une maison de
débauche ; le professeur LIKULIA définit la maison de
débauche comme tout établissement destiné à recevoir
des personnes qui font métier de livrer leur corps aux
plaisirs sexuels pour de l’argent1.
1
LIKULIA BOLONGO., Op.Cit, p.363
Catalogue des infractions 581

2° l’intention coupable. Elle est inséparable de l’acte maté-


riel lui-même.

II. Régime répressif


Les sanctions prévues par le 1er texte, l’article 174bis al 2
sont de trois mois à cinq ans de servitude pénale et d’une
amende. Le deuxième texte (l’ord n°75-153 du 31 mai
1975), qui ne punit que les gérants ou débitants des mai-
sons de passe ou de tolérance, sanctionne l’infraction d’une
servitude pénale de six mois à cinq ans et d’amende ou de
l’une de ces peines seulement.
L’autorité territoriale peut en outre procéder au retrait de
la licence d’exploitation (article 8 de l’ordonnance préci-
tée).

522. Terrorisme
Certaines infractions constituent des actes de terrorisme
lorsqu’elles sont en relation avec une entreprise indivi-
duelle ou collective ayant pour but de troubler gravement
l’ordre public par l’intimidation ou par la terreur. Il s’agit :
1° Des atteintes volontaires à la vie ou à l’intégrité phy-
sique de la personne, l’enlèvement et la séquestration de
la personne ainsi que le détournement d’aéronef, de na-
vire ou de tout autre moyen de transport ;
2° Des vols, extorsions, destructions, dégradations et dété-
riorations ;
3° De la fabrication, la détention, le stockage, l’acquisition
et la cession des machines, engins meurtriers, explosifs
ou autres armes biologiques, toxiques ou de guerre.
Constituent également un acte de terrorisme, lorsqu’il est
en relation avec une entreprise individuelle ou collective
ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par
l’intimidation ou la terreur, le fait d’introduire dans l’atmo-
sphère, sur le sol, dans le sous-sol ou dans les eaux de la
République, une substance de nature à mettre en péril la
santé de l’homme ou des animaux ou le milieu naturel.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
582

I. Conditions essentielles du terrorisme


Trois conditions essentielles sont requises pour la répres-
sion des actes terroristes. Il y a d’une part les auteurs des
faits punissables, d’autre part les faits visés par la loi et en-
fin la responsabilité morale des agents.
a) Les faits visés par la loi. Les actes terroristes sont consi-
dérés comme des infractions de droit commun commises
dans certaines circonstances et pour certains motifs pré-
cis. Parmi les actes terroristes, il y a des faits punis-
sables inspirés du droit interne, notamment du droit
commun et du droit militaire et des faits spécifiques ins-
pirés du droit international.
b) Les actes terroristes. Les actes terroristes peuvent être
commis soit par un individu soit par un groupe d’indivi-
dus. Notons que les juridictions militaires sont incompé-
tentes à l’égard des personnes âgées de moins de dix-
huit ans et qu’il est consacré l’irresponsabilité pénale
des mineurs.
1° Nous avons cité en droit commun les atteintes volon-
taires à la vie ou à l’intégrité physique de la personne,
l’enlèvement et la séquestration de la personne, les
vols, extorsions, destructions, dégradations et détério-
rations, les prises d’otages et les traitements dégra-
dants leur infligés.
2° En droit militaire, le législateur retient la fabrication,
la détention, le stockage, l’acquisition et la cession des
machines, engins meurtriers explosifs ou autres armes
biologiques, toxiques ou de guerre.
3° Des faits punissables inspirés du droit international,
l’on peut citer le détournement d’aéronef, de navire ou
de tout autre moyen de transport, l’introduction dans
l’atmosphère, sur le sol, dans le sous-sol ou dans les
eaux d’une substance de nature à mettre en péril la
santé de l’homme, des animaux ou du milieu naturel,
l’incitation à des opérations kamikaze, les attentats
suicides.
c) La responsabilité morale des agents.
Catalogue des infractions 583

1°Le but poursuivi par les agents peuvent être politiques


et justifient bon nombre d’actes terroristes. L’article
157 du code pénal militaire parle d’actes terroristes
qui ont pour but de troubler gravement l’ordre public
par l’intimidation ou la terreur. Ce but criminel peut
être poursuivi tant en temps de paix qu’en période de
situation exceptionnelle.
2° La résolution criminelle. L’acte terroriste procède
d’une résolution généralement mûrie, et visant à son
élaboration minutieuse non seulement pour plus de
chance de réussite, mais encore pour bousculer d’une
manière anormalement violente la conscience hu-
maine. Quelque soit le caractère pervers, tout acte qui
n’engage pas la responsabilité morale de l’agent, ne
peut l’entraîner sous le coup de la loi.

I. Régime répressif
a) Texte de loi créateur de l’infraction de terrorisme.
L’infraction de terrorisme est prévue et punie par les ar-
ticles 157 à 160 du Code Pénal Militaire (Loi 024-2002 du
18 novembre 2002).

b) Sanctions applicables aux auteurs des actes terro-


ristes.
Tout acte de terrorisme qui n’a pas entraîné mort d’homme
est puni d’une servitude pénale principale maximum de
vingt ans. S’il l’acte terroriste a entraîné mort d’homme, le
coupable est passible de la peine de mort. La personne qui
a tenté de commettre un acte de terrorisme mais qui se ré-
sout et avertit l’autorité administrative ou judiciaire et per-
met ainsi d’éviter la réalisation de l’infraction, et d’identi-
fier, le cas échéant, les autres coupables, sera exemptée de
peine1.
1
Il s’agit d’une excuse légale. C’est une circonstance spécialement définie par la loi et qui a pour effet
d’exempter de la peine ou de l’atténuer. En présence d’excuse légale, le juge doit exempter de la peine
ou l’atténuer si la loi le prévoit. Les excuses légales sont absolutoires et atténuantes.
Dans les premières (excuses absolutoires), l’agent est exempté de la peine soit pour avoir dénoncé,
soit pour s’être soumis, soit pour avoir réparé le préjudice etc. La dénonciation est prévue par les
articles 150 i et 218 du code pénal. L’article 150 i dispose : « Seront exemptés de la peine portée par
l’article précédent ceux qui auront fait connaître l’auteur ou l’imprimeur, les crieurs, afficheurs, vendeurs
ou distributeurs qui auront fait connaître la personne de laquelle ils tiennent l’écrit incriminé »
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
584

La peine encourue est réduite de moitié si l’auteur ou le


complice , ayant averti les autorités , a permis de faire ces-
ser les agissements incriminés ou d’éviter que l’infraction
n’entraîne mort d’homme ou infirmité permanente et
d’identifier , le cas échéant , les autres coupables. Lorsque
la peine encourue est la servitude pénale à perpétuité,
celle-ci est ramenée à vingt ans de servitude pénale. La non
dénonciation du terrorisme ou refus de dénoncer les actes
de terrorisme, est punie de cinq à dix ans de servitude pé-
nale principale (article 160).

523. Tortures corporelles


Des sévices très graves et des actes de cruauté ou de bar-
barie exercés principalement dans le but de causer une
souffrance à la victime constituent les tortures corporelles.
Les tortures ne constituent pas une infraction, mais seule-
ment une circonstance aggravante de l’attentat à la liberté
individuelle1.

L’article 218 dispose : « sera exempté de la peine encourue celui qui, avant toute exécution ou
tentative d’une infraction contre la sûreté de l’Etat, en donnera le premier connaissance aux autorités
administratives ou judiciaires.
L’exemption de la peine sera seulement facultative si la dénonciation intervient après la consommation
ou la tentative de l’infraction, mais avant l’ouverture des poursuites.
L’exemption de la peine sera également facultative à l’égard du coupable qui, après l’ouverture des
poursuites, procurera l’arrestation des auteurs et complices de la même infraction, ou d’autres
infractions de même nature ou de même gravité. »
La soumission est prévue est prévue à l’article 205 du code pénal qui dispose « il ne sera
prononcé aucune peine , pour le fait de sédition, contre ceux qui ayant fait partie d’une bande armée
sans y exercer aucun commandement et sans y remplir aucun emploi ni fonction, se seront retirés au
premier avertissement des autorités civiles ou militaires, ou même depuis , lorsqu’ils auront été saisis
hors des lieux de la réunion séditieuse, sans opposer de résistance et sans armes ».
Le but du législateur est d’apaiser les troubles et les émeutes.
La réparation du préjudice. On peut rapprocher avec les excuses absolutoires la cause d’exonération
retenue par l’article 102bis du code pénal relative à la grivèlerie. « Les infractions prévues à l’article
précédent ne pourront être poursuivies que sur plainte de la partie lésée. Le paiement du prix et des
frais de justice avancés par la partie plaignante ou le désistement de celle-ci éteindra l’action
publique ».
Dans les secondes(les excuses atténuantes), le législateur crée une excuse atténuante à partir du fait
que le trouble social est moindre. C’est ainsi que constitue une excuse atténuante à l’infraction
d’attentat contre la vie ou la personne du chef de l’Etat (article 193 alinéa 1), le fait que cet attentat
n’a pas eu des suites graves (art. 193 alinéa 2). De même, il y aura excuse atténuante en faveur d’un
tireur de chèque qui aura désintéressé le porteur avant que le tribunal ait été saisi (ordonnance n°68-
195 du 03 mai 1968 sur les chèques sans provision).Dans ce cas, « la peine applicable ne dépassera
pas le quart du maximum de la servitude pénale et de l’amende prévues … » (art. 3).
1
Boma, 23 février 1909, Jur. Etat II p. 306.
Catalogue des infractions 585

I. Eléments constitutifs
1. L’élément légal. L’article 67 al 2 du code pénal livre II
incrimine l’infraction de tortures corporelles, sans
proposer de définition juridique.
2. L’élément matériel. En l’absence de définition légale, la
jurisprudence a tenté de déterminer le champ
d’application de l’incrimination. Pour être établie cette
infraction exige des brutalités graves ou actes de
cruauté commis contre une personne arrêtée ou en
détention.
3. L’élément moral. L’infraction de tortures est
indiscutablement une infraction intentionnelle. La
torture en vue (dans l’intention) de causer des
souffrances. Le dol général existe car l’agent a
conscience de commettre un acte interdit par la loi en
portant atteinte à l’intégrité d’autrui. Il est de droit que
les souffrances infligées intentionnellement à la victime
constituent la circonstance aggravante de tortures
corporelles et non l’infraction de coups et blessures1
Crever intentionnellement un œil à une personne arrêtée.
Ligoter très fortement une personne aux poignets, aux bras
et aux pieds, au moyen des cordes ; la déposer liée en plein
soleil pendant des heures sans lui donner ni boisson ni
nourriture. Ce sont là quelques exemples de tortures corpo-
relles.

II. Poursuites
a)Texte légal prévoyant les tortures corporelles.
La prévention de tortures corporelles qui est une circons-
tance aggravante de l’arrestation arbitraire et détention
illégale se trouve définie et prévue par l’article 67 al 2 du
code pénal livre II.

b) Quelle peine le législateur a- t- il édictée ?


La répression des tortures est aggravée. Dans sa sévérité,
le législateur a assorti cette infraction de la servitude pé-
nale de cinq à vingt ans.
1
Boma, 23 décembre 1902, Jur. Etat I p. 228.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
586

c) Circonstances aggravantes
Les tortures corporelles sont des circonstances aggravantes
de l’arrestation arbitraire et détention illégale. Les tortures
corporelles connaissent elles-mêmes des circonstances ag-
gravantes si elles ont entraîné la mort de la victime. Le cou-
pable encourt alors la servitude pénale à perpétuité ou la
peine de mort.

d) Compétence et prescription
Le Tribunal de Grande Instance est compétent matérielle-
ment. La prescription est de dix ans (action publique). La
peine sera prescrite, d’une part, au délai double de la peine
prononcée pour la servitude pénale de dix ans ou moins et,
d’autre part, en vingt ans pour la peine de servitude pénale
de plus de dix ans. Il est bon de faire remarquer que la cour
considère que les aveux obtenus par tortures sont inopé-
rants lorsqu’ils ne sont pas corroborés par d’autres modes
de preuve1.

524. Torture soumise à un enfant


Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

525. Trafic de fausse monnaie


L’infraction de fausse monnaie constitue le fait de se procu-
rer, en connaissance de cause, de fausses monnaies métal-
liques ou de faux billets de banque et de les mettre ou de
tenter de les mettre en circulation.
Sont susceptibles de commettre l’infraction les personnes
qui ont participé à des actes de fabrication, d’introduction
ou d’émission de la fausse monnaie en République Démo-
cratique du Congo.

I. Eléments constitutifs
Pour exister l’infraction de trafic de fausse monnaie allie
l’élément matériel à l’élément moral dans le chef de l’au-
teur.
Les éléments matériels sont fait d’actes tels qu’acheter, se
faire remettre pour écouler en touchant une commission, de

1
Cour de sûreté de l’Etat, Arrêt RP 2463, 16 août 2002, inédit.
Catalogue des infractions 587

la fausse monnaie ; tenter de mettre ou mettre en circula-


tion de la fausse monnaie
L’élément moral doit consister, dans le chef de l’auteur, à
savoir qu’il s’agit de fausse monnaie métallique ou de faux
billet de banque.

II. Régime répressif


a) Quel est le texte légal qui sanctionne le trafic de fausse
monnaie ?
L’infraction de trafic de fausse monnaie est prévue par l’ar-
ticle 118 du code pénal livre II. Cet article est issu du
décret du 24 juin 1953.
b) Quelles sont les peines dont le législateur assort cette
infraction ?
Les auteurs de l’infraction de trafic de fausse monnaie sont
punis d’une servitude pénale d’un mois à trois ans et
d’une amende de cent à cinq mille francs (art118).
Il est en outre prévu une servitude pénale de huit jours à un an
et une amende de cent mille francs pour ceux qui dans le
but de mettre en circulation ont reçu ou se sont procuré des
monnaies métalliques ou des billets au porteur ayant cours
légal en république Démocratique du Congo ou à l’étranger.
Au cas où l’auteur se serait procuré de la monnaie qu’il sait
fausse mais qu’il n’aurait pas encore essayé d’écouler, l’ar-
ticle 118 al.2 du code pénal livre II sera d’application. Le
coupable subira alors huit jours à un an de servitude pénale
et une amende, à défaut l’une de ces pénalités.

526. Trafic et exploitation d’enfants à


des fins sexuelles
Cette infraction est définie comme tout acte ou toute tran-
saction ayant trait au trafic ou à l’exploitation d’enfants à
des fins sexuelles moyennant rémunération ou un quel-
conque avantage.

a) Quelle est la base légale ?


L’infraction de trafic et exploitation d’enfants à des fins
sexuelles tire sa source des violences sexuelles. L’article
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
588

174j du Code Pénal Congolais tel que modifié et complété


par la loi n°06/018 du 20 juillet 2006 définit et sanctionne
cette incrimination. L’auteur du trafic et d’exploitation d’en-
fants à des fins sexuelles est passible de dix à vingt ans de
servitude pénale principale.

b) Quelle est la procédure de répression ?


A l’instruction des causes de violences sexuelles, il doit être
assuré une célérité dans la répression. Les violences
sexuelles sont réputées flagrantes et doivent être traitées
comme telles. La sauvegarde de la dignité des victimes,
l’amélioration de leur protection ainsi que la garantie d’une
assistance judiciaire sont requises.

c) Quel tribunal doit juger les auteurs de cette infrac-


tion ?
Le Tribunal de Grande Instance est compétent pour juger
l’infraction de trafic et exploitation d’enfants à des fins
sexuelles. Elle est punissable d’une peine minimum de dix
ans et maximale de vingt ans. A ce titre, l’action publique
requiert le délai nécessaire de dix ans pour être éteinte.

527. Trafic d’influence


L’infraction de trafic d’influence existe lorsqu’une personne
accepte des promesses, de l’argent, autre avantage ou des
dons afin d’user de son influence réelle ou supposée
pour des objectifs donnés. Des objectifs motivent cette ac-
ceptation à savoir :
- faire ou tenter de faire obtenir des décorations, mé-
dailles, distinctions, récompenses, places, fonctions, em-
plois ou valeurs quelconques accordées par l’autorité pu-
blique ;
- faire ou tenter de faire gagner des marchés, entreprises
ou autres bénéfices résultant des accords conclus avec
l’Etat ;
- faire ou tenter de faire obtenir une décision favorable
d’une autorité de l’Etat ou d’une société étatique, para-
statale ou d’économie mixte.
Catalogue des infractions 589

I. Personnes à poursuivre
Le trafic d’influence peut être commis par « toute per-
sonne », fonctionnaire ou privée. Il faut qu’il y ait conven-
tion entre l’agent médiateur qui trafique de son influence et
agrée des offres ou reçoit des dons, et l’agent solliciteur. Il
s’agit donc d’une médiation rémunérée. A ce sujet, il a été
jugé que l’infraction de trafic d’influence n’est pas établie
lorsque n’est pas prouvée l’acceptation des dons par le pré-
venu1.
Il est bon, cependant, de préciser que toute médiation ré-
munérée n’est pas punissable. Il existe certaines profes-
sions très nobles par ailleurs qui impliquent la rémunéra-
tion de la médiation pour obtenir une faveur. La médiation
de l’avocat entre ses clients et le tribunal a effectivement
pour objet d’obtenir une décision judiciaire favorable. Mais
l’avocat n’est pas coupable de trafic d’influence dans son
métier, car il a la permission de la loi. Sa façon d’agir est
légale, son action est légitime et ses honoraires sont des
gains licites2.

II. Eléments constitutifs proprement dits


L’infraction de trafic d’influence pour être caractérisée re-
quiert :
1. des offres, des promesses agréées ou dons, des présents
reçus, c’est-à-dire :
- tout avantage patrimonial tel que lettre de change, prêt à
usage, délai de grâce ou suspension de poursuite ;
- tout avantage personnel tel que promotion, emploi, hon-
neurs ;
- tout avantage moral et même jusqu’aux relations intimes
avec la femme à laquelle le médiateur avait promis son
concours3 ;
 des offres agréées ou dons reçus dans un but déterminé
par le texte légal (c’est-à-dire dans un des buts énumérés
par l’article 150 e).

1
C .S.J., RPA 63, 09 juillet 1980, Inédit.
2
P. DELAHAYE., « Le trafic d’influence », in Revue de Droit pénal et de Criminologie, 27 ème année
(1946-1947), n°5, février 1947, pp.377-405.
3
P. DELANAYE., Op cit pp.377-405.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
590

L’article 150 e vise « toute décision qu’une autorité pu-


blique a le pouvoir de prendre après appréciation concer-
nant l’acceptation ou le refus de l’acte demandé. Cet article
est donc applicable, lorsque l’influence s’est exercée pour
obtenir un jugement, une exemption du service militaire,
une grâce, une transaction… La faveur doit être de l’autori-
té publique ou des entreprises placées sous son contrôle.
Lorsque la faveur est d’une entreprise privée ou d’un parti-
culier, il ne s’agit plus de trafic d’influence mais plutôt de
« bradage ou de pot-de vin ».
Exemples1
- Un distributeur d’automobiles a des démêlés avec la jus-
tice pour fraude fiscale et surfacturation. Il apprend
qu’un député a des relations cordiales avec l’officier du
Ministère public chargé de le poursuivre. Il offre une voi-
ture Mercedes 200 au député afin que celui-ci fasse pres-
sion sur le magistrat en vue de classer sans suite ce dos-
sier accablant ;
- Le ministère a besoin de meubles pour un nouveau bâti-
ment. Un homme d’affaires fabricant de meubles, veut
obtenir ce marché. Il trouve Monsieur x, frère du secré-
taire général du ministère, lui propose 10% du montant
de la vente de ses meubles s’il intervient auprès du secré-
taire général afin que ce dernier conclue le marché en sa
faveur.
- Un exemple tiré de l’étranger, Watergate, que d’aucuns
ont appelé le scandale du siècle. Le 10mai 1973, John
MITCHELL, ancien Ministre de la Justice et ancien Direc-
teur du Comité de réélection du Président ainsi que Mau-
rice STANS, Ancien Ministre du Commerce sont inculpés
du trafic d’influence. Ils ont accepté d’intercéder auprès
de la commission des opérations de bourse en faveur du
financier véreux, Robert VESCO, moyennant 200.000 dol-
lars versés pour le financement de la campagne présiden-
tielle républicaine.
Par contre user de son autorité, de ses relations avec un
agent de l’autorité ou de sa position sociale pour handica-
per l’action d’un officier de police judiciaire ou d’un officier
du Ministère public, ne constitue pas l’infraction de trafic
d’influence.
1
Nous tirons tous ces exemples des Annales de la Faculté de Droit, vol 3, Presses Universitaire du
Zaïre, Rectorat, Kinshasa, p133 - 134
Catalogue des infractions 591

III. Poursuites
a) Texte légal
Notre législation pour réprimer le trafic d’influence a trou-
vé son inspiration et puisé l’essentiel de ses termes dans
l’ordonnance française du 08 février 1945 (article 178 du
code pénal). Avant 1973, beaucoup de comportements de
trafic d’influence dommageables à la société restaient impu-
nis car leurs faits n’étaient constitutifs d’aucune infraction
prévue par la loi.
Avec l’ordonnance-loi n°73/010 du 14 février 1973 en son
article 5, qui a introduit l’article 150 (e) du code pénal livre
II (siège actuel de la matière), a été érigé en infraction le
trafic d’influence.
Par l’article 6 de la loi n°05-006 du 29 mars 2005, l’article
150 e du Décret du 30 janvier 1940 portant Code Pénal
Congolais, a été modifié et complété. C’est le texte aujour-
d’hui en vigueur.

b) Quelle est la punition ?


Elle est de six mois à trois ans de servitude pénale et d’une
amende de cent mille à un million de francs congolais
constants1 ou d’une de ces peines seulement. Le trafic d’in-
fluence est de la compétence du tribunal de paix.

c) Constitution de partie civile


La personne qui de mauvaise foi, a remis une somme d’ar-
gent à l’auteur principal d’une infraction de trafic d’in-
fluence ou à son complice, en vue d’obtenir une décision
favorable d’une autorité publique, est irrecevable à se
constituer partie civile contre eux.

528. Trahison
I. Eléments constitutifs
La réalisation de l’infraction de trahison suppose la réunion
des éléments de nationalité de l’auteur de l’infraction, des
éléments matériels et de l’élément intellectuel.

1
La peine d’amende a été fixée par la modification du Code Pénal Congolais, intervenue par la loi n°
05-006 du 29 mars 2005 (JORDC, 47ème année, Numéro spécial, 05 octobre 2006).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
592

1. La nationalité est un élément indispensable. C’est le


point de distinction entre la trahison et l’espionnage.
Pour la trahison, l’auteur doit être de nationalité congo-
laise. Il n’en est pas de même pour l’espionnage qui ne
peut être perpétré que par un sujet étranger.
2. Le législateur prévoit une série d’actes matériels. La tra-
hison est une infraction qui peut se réaliser de plusieurs
manières.
a) Le fait de porter des armes contre le pays ;
b) Entretenir des intelligences avec une puissance étran-
gère ou avec ses agents pour engager cette puissance
à entreprendre des hostilités contre le pays ou pour lui
en procurer les moyens ;
c) Livrer à une puissance étrangère ou à ses agents des
ouvrages de défense, postes, ports, magasins, maté-
riels, munitions, vaisseaux, bâtiments ou appareils de
navigation aérienne appartenant au pays ;
d) Détruire ou détériorer en vue de nuire à la défense na-
tionale, un navire, un appareil de navigation aérienne,
un matériel, une fourniture, une construction quel-
conque ou d’y apporter avant ou après leur achève-
ment, des malfaçons (sabotage) de nature à les endom-
mager ou à provoquer un accident ;
e) Provoquer, en temps de guerre, des militaires ou des
marins à passer au service d’une puissance étrangère,
de leur en faciliter les moyens ou de faire des enrôle-
ments pour une puissance en guerre avec le pays ;
f) Entretenir en temps de guerre, les intelligences avec
une puissance étrangère ou avec ses agents en vue de
favoriser les entreprises de cette puissance contre le
pays ;
g) Participer sciemment, en temps de guerre, à une en-
treprise de démoralisation de l’Armée ou de la Nation
ayant pour objet de nuire à la défense nationale ;
h) Livrer à une puissance étrangère ou à ses agents un
renseignement, un objet, un document ou un procédé
qui doit être tenu secret dans l’Intérêt de la défense
nationale ;
Catalogue des infractions 593

i) S’assurer la possession d’un tel renseignement, objet,


document ou procédé en vue de le livrer à une puis-
sance étrangère ou à ses agents ;
j) Détruire, ou laisser détruire un tel renseignement, ob-
jet, document ou procédé en vue de favoriser une puis-
sance étrangère.
3. L’élément intellectuel. Les faits de l’article 128 et 129 du
code pénal militaire ne sont punissables que si la respon-
sabilité morale de l’agent se trouve engagée. Celle-ci
procède de l’animus hostilis ou de l’intention de lèse
Patrie1 manifestée par la personne visée à travers l’un ou
l’autre acte spécifié par la loi.

I. Régime répressif
1. Texte légal et tribunal compétent.
Les infractions de trahison sont prévues et punies par les
articles 181 à 184 du code pénal livre II. Aux termes de ces
dispositions tous les crimes de trahison sont punis de mort.
La compétence en matière de trahison est celle prévue en
matière d’atteinte à la sûreté de l’Etat. En temps de paix,
les faits seront de la compétence des tribunaux de droit
commun conformément à leur respective compétence légale
tandis que ce seront les juridictions militaires qui les
connaîtront en temps de guerre2.

2. Quelles sont les peines prévues par la loi ?


Le législateur prévoit la peine capitale à l’encontre du cou-
pable de la trahison et de l’espionnage sur pieds des ar-
ticles 128 et 129 du code pénal militaire. L’article 131 du
code pénal militaire stipule qu’en cas de condamnation
pour trahison ou espionnage, la juridiction militaire saisie
est tenue de prononcer d’office les dommages-intérêts en
faveur de l’Etat congolais pour le préjudice subi.

529. Traite d’enfants


Voir protection pénale d’un enfant après sa naissance.

1
Laurent MUTATA LUABA., op.cit p. 424.
2
Les juridictions militaires seules pourront connaître des faits prévus par les articles 127 et 128 du code
pénal militaire, puisque ceux-ci ne sont réprimés qu’en temps de guerre.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
594

530. Transmission délibérée des infec-


tions sexuellement transmissibles in-
curables
Cette infraction relève des violences sexuelles telles que
décrites et réprimées par la loi n°06/018 du 20 juillet 2006
modifiant et complétant le Code Pénal Congolais.

I. Définition et élément légal


La transmission délibérée des infections sexuellement
transmissibles incurables est définie comme la contamina-
tion délibérée d’une personne par infection sexuellement
transmissible incurable. Elle se trouve définie à l’article 174
i du code pénal tel que modifié et complété par la loi ci-haut
citée.

II. Eléments constitutifs propres


Pour être caractérisée, l’infraction de transmission délibé-
rée des infections sexuellement transmissibles incurables
requiert des éléments matériels et moral. En effet, cette in-
fraction est l’exemple typique d’une prévention intention-
nelle. L’élément intentionnel est absolument requis pour
l’établissement de l’infraction.
Les éléments matériels. Ils sont constitués d’actes
d’infections.
Catalogue des infractions 595

a) L’infection doit être transmise sexuellement. Les organes


sexuels sont les moyens et les instruments par lesquels
l’infection est transmise. Ce qui veut dire que cette in-
fraction exclut toute autre mode de transmission, autre
que sexuel.
b) L’infection transmise doit être incurable. La preuve de
l’incurabilité de l’infection transmise doit être prouvée
par l’expertise médicale, clinique, ou autre notoirement
reconnue.
c) Il doit être administré la preuve que l’auteur a sciemment
voulu transmettre l’infection sexuellement incurable à
son partenaire. Peu importe que le partenariat soit occa-
sionnel ou durable dans le temps (mariage). L’agent peut
avoir été mû par le désir de vengeance, ou par toute
autre motivation. Ceci suppose la connaissance par l’au-
teur de son état médical de personne atteinte par l’infec-
tion incurable à transmettre.

III. Répression légale de cette infraction


Les peines d’une servitude pénale à perpétuité et d’une
amende de deux cents mille francs congolais constants sont
prévues. Les auteurs, coauteurs et complices de ce crime
sont poursuivables devant le Tribunal de Grande Instance.
Le délai nécessaire à la prescription de cette infraction est
décennal. Au cas où cette spécificité de violences sexuelles
est constitutive d’un crime de guerre, d’un crime contre
l’humanité ou d’un génocide, elle est imprescriptible.

531. Transmission délibérée du Vih/sida


L’article 45 de la loi n°08/011 du 14 juillet 2008 portant
protection des droits des personnes vivant avec le VIH/sida
et des personnes affectées réprime cette infraction.

I. Eléments constitutifs de la transmission délibé-


rée du vih/sida
L’infraction de transmission délibérée du vih/sida exige la
réunion des éléments matériels et de l’élément moral pour
être reconnue dans le chef d’un auteur.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
596

a) Les éléments matériels sont faits d’actes de transmission


du vih/sida.
b) La transmission doit s’opérer par les modes
médicalement et cliniquement reconnus et vérifiables. Ici
se pose en cas de transmission sexuelle le problème de
l’antériorité de la séropositivité de l’agent par rapport à
la victime.
c) la transmission doit être celle du vih/sida à l’exclusion de
toute autre infection, maladie, pandémie etc.
d) l’intention méchante ; l’auteur est animé de l’intention de
contaminer, pour des raisons propres du reste
inopérantes ou de transmettre le vih/sida à la victime.
Cet « animus contamini » doit absolument être prouvé.

II. Moyens de répression


La même disposition légale de l’article 45 du texte du 14
juillet 2008 prévoit la peine de cinq à six ans de servitude
pénale principale et de cinq cent mille francs congolais
d’amende à l’endroit de l’auteur de cette infraction. La
prescription de cette infraction est décennale.

532. Transport d’objets postaux


Celui qui, sauf les exceptions admises par la loi, aura trans-
porté des objets de correspondance dont le transport est un
monopole de l’Etat, sera puni.
Il y a infraction au monopole de l’Etat en matière de trans-
port postal lorsqu’il existe un trafic constitué par la percep-
tion, par le transporteur, d’une redevance.
Des exceptions sont admises ou des cas sont autorisés par
la loi. Il s’agit des lettres ou envois transportés par d’autres
administrations publiques, les correspondances transpor-
tées entre les localités où il n’existe pas de bureau de poste,
et les correspondances que les particuliers s’expédient par
des personnes attachées à leur service, les correspon-
dances qu’un particulier transporte pour son propre compte
ainsi que les lettres de voiture et factures non cachetées ne
contenant que les énonciations nécessaires à la livraison
des marchandises qu’elles accompagnent.
Catalogue des infractions 597

L’article 151 réprime le transport d’objets postaux.


L’amende est la sanction assortie à cette infraction. Le com-
mandant d’un navire qui ne se sera pas conformé aux pres-
criptions imposées par la législation postale sera puni soli-
dairement avec les propriétaires du navire d’une amende
(art.152)
Etant donné que l’infraction de transport d’objets postaux
est punie d’une simple peine d’amende, la prescription de
l’action publique sera acquise en une année. La peine, elle,
est prescrite en deux ans ou quatre ans révolus selon l’im-
portance de l’amende.1

533. Transport illicite des substances


minérales
Voir Code minier.

534. Travail de l’enfant


L’éducation comprend des mesures qui tendent à protéger
la santé. Elle comprend en outre des mesures à garantir la
formation dans le domaine physique, morale et intellectuel.
Le travail des enfants rentre dans cette perspective. Mais
pour atteindre ces objectifs, il est assorti des conditions
pour les enfants. C’est pourquoi, la durée du travail et cer-
tains emplois pour enfant sont réglementés et certains tra-
vaux leur sont interdits.
Les enfants de 14 à 16 ans peuvent être occupés aux tra-
vaux légers et salubres à condition qu’ils n’excèdent pas 4
heures par jour aussi bien les jours de classe que les jours
de vacances et qu’ils ne puissent porter atteinte aux pres-
criptions en vigueur en matière scolaire.
Les enfants âgés de 16 ans et de moins de 18 ans ne pour-
ront effectuer plus de 8 heures de travail effectif par jour
s’ils travaillent plus de 4 heures par jour. Ce travail doit
être interrompu d’un ou plusieurs repos excédant une
heure. Les enfants ne peuvent être occupés le dimanche ni
être employés à des travaux de nuit (articles 26 et 27 de
l’arrêté ministériel 68/13 du 17 mai 1968 portant conditions
de travail des femmes et enfants).

11
NYABIRUNGU Mwene Songa., Op.cit. p. 320
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
598

a)Travaux interdits aux enfants


Sont à considérer comme travaux interdits aux enfants le
travail excédant le temps réglementaire, le travail de di-
manche, les travaux pouvant excéder les forces des enfants
(Articles. 28 à 31 de l’arrêté ministériel précité), les travaux
dangereux ou insalubres (Art 32 à 33 du même arrêté)
Les travaux à caractère immoral (le travail des enfants de
moins de 18 ans dans les bars, dancing, clubs, etc.) dans les
locaux de confection, de manutention, de vente d’écrits,
d’imprimés etc.. contraires aux bonnes mœurs (Art 34 et
35) sont également interdits aux enfants.

b) L’enfant au travail
La loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de
l’enfant détermine le régime de l’enfant au travail.
L’enfant ne peut être employé avant l’âge de seize ans révo-
lus (art.50).
L’enfant âgé de quinze ans ne peut être engagé ou mainte-
nu en service, même comme apprenti, que moyennant déro-
gation expresse du juge pour enfants, après avis psycho-
médical d’un expert et de l’inspecteur du travail (art/50
al2).
Le juge est saisi à la demande des parents ou de toute per-
sonne exerçant l’autorité parentale ou tutélaire sur l’enfant,
par l’inspecteur du travail ou toute personne intéressée.
Le maître, l’homme ou la femme, s’il ne vit en famille ou en
communauté, ne peut loger comme apprenti un enfant âgé
de moins de huit ans (art.52).
L’enfant âgé de seize à moins de dix-huit ans ne peut être
engagé ni maintenu en service que pour l’exécution des tra-
vaux légers et salubres.
L’enfant ne doit travailler plus de quatre heures par jour.
Le travail de nuit d’un enfant, soit de dix-huit heures, est
interdit (art.55).
L’enfant a droit à un congé d’au moins un jour ouvrable par
mois entier de service concurremment au congé annuel
consacré par le code du travail.
L’enfant âgé de seize à moins de dix-huit ans ne peut être
engagé ni maintenu en service que pour l’exécution des tra-
Catalogue des infractions 599

vaux légers et salubres. Le ministre du travail détermine


par arrêté les travaux légers et salubres (art.54).
Les violations de dispositions ci-haut citées sont infraction-
nelles. Elles sont punies d’amende. Elles relèvent de la com-
pétence du Tribunal de paix et se prescrivent selon le droit
commun.

535. Travail obligatoire des civils


En temps de guerre ou dans les circonstances exception-
nelles, le travail obligatoire des civils et la déportation sous
quelque motif que ce soit d’une personne détenue ou inter-
née sans qu’une condamnation régulière au regard des lois
et coutumes de guerre ait été définitivement prononcée, est
une infraction justiciable des juridictions militaires.
La personne reconnue coupable sera punie de quinze à
vingt ans de servitude pénale. Si ces faits ont été accompa-
gnés de sévices, tortures ou suivis d’une autre infraction,
l’auteur encourra la peine capitale.

536. Tribalisme et racisme


Voir haine et aversion raciale.

537. Tromperie en matière commerciale


La tromperie en matière commerciale porte essentiellement
sur la qualité et la quantité de la chose vendue. Le législa-
teur a érigé la tromperie sur qualité et la quantité en infrac-
tions distinctes. Les tribunaux de commerce sont les juridic-
tions compétentes pour connaître de ces infractions.

538. Tromperie sur la qualité de la


chose vendue (art 99)
Le fait pour le vendeur de tromper (induire en erreur)
l’acheteur sur la qualité de l’objet dans le but de se procu-
rer un bénéfice illicite est qualifié de tromperie sur la quali-
té de la chose vendue.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
600

I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction soit établie, il faut qu’il y ait tromperie
sur l’identité de la chose vendue, en livrant frauduleuse-
ment une chose d’une espèce autre que celle déterminée
sur laquelle se portait la transaction. La tromperie peut
également porter sur la nature ou l’origine de la chose ven-
due en vendant ou en livrant frauduleusement une chose
semblable en apparence à celle qu’il a cru acheter. Il déçoit
ainsi l’acheteur dans ce qu’il a principalement recherché.
Cette infraction suppose un fait de tromperie ; l’exemple est
celui de: vendre à un prix élevé la farine de manioc en affir-
mant faussement qu’il s’agit de la farine de maïs La trompe-
rie doit porter sur une marchandise ; ce qui est dans le
commerce. La tromperie doit avoir lieu dans une convention
ou contrat ; un transfert de propriété à titre onéreux. Cette
tromperie doit être réalisée par un des modes prévus par la
loi ;

II. Modes de tromperie prévus par la loi


Les modes sont soit la tromperie sur l’identité de la chose
comme vendre un sac de riz chinois en lieu et place d’un
sac de riz américain, soit la tromperie sur la nature et l’ori-
gine de la chose. Il en est ainsi de vendre du vin de palme
mélangé avec de l’eau et du sucre (nature de la chose), de
vendre un vin kinois pour un bordelais (origine de la chose)
L’intention coupable ; l’agent doit avoir agi pour se procu-
rer un bénéfice illicite.

539. Tromperie sur la quantité de la chose vendue


(art 100)
Au moyen des manœuvres frauduleuses celui qui a trompé
l’acheteur ou le vendeur sur la quantité des choses ven-
dues ou les parties engagées dans un contrat de louage
d’ouvrage ou l’une d’elles sur les éléments qui doivent ser-
vir à calculer le salaire rentre, dans la définition de l’infrac-
tion.

I. Eléments constitutifs
L’infraction de tromperie sur la quantité de la chose vendue
suppose l’emploi des manœuvres frauduleuses, notamment
Catalogue des infractions 601

l’altération de la vérité par l’usage des faux instruments de


pesage ou de mesurage. Vendre une quantité de sel nette-
ment inférieure à celle annoncée par exemple.
Le but est de tromper la victime sur la quantité de la chose
vendue ou sur les éléments devant servir au calcul du sa-
laire en vue de se procurer un bénéfice illicite et infliger
ainsi un préjudice à la victime.

II. Régime répressif de la tromperie en matière


commerciale
La tromperie sur la qualité de la chose est prévue et répri-
mée par l’article 99 du CPLII. La tromperie sur la quantité
de la chose vendue est définie et punie par l’article 100 du
même code.
La tromperie sur la qualité de la chose et la tromperie sur
la quantité de la chose sont punies chacune de la servitude
pénale d’un an maximum et d’une amende ou de l’une de
ces peines. Elles se prescrivent (action publique) dans le
délai d’une année.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
602 U

540. Usage de faux


L’usage de faux consiste à utiliser, dans une intention frau-
duleuse ou à dessein de nuire, un acte faux ou une pièce
fausse. L’usage de faux est une infraction distincte du faux.
L’auteur d’un faux est punissable dès la confection de l’acte
falsifié ou altéré indépendamment de tout usage. La loi pu-
nit celui qui fait usage d’une pièce falsifiée, sans être l’au-
teur du faux comme coupable d’une infraction distincte et
indépendante de celle dont s’est rendu coupable le faus-
saire1. Si le faussaire utilise lui-même la pièce qu’il a fabri-
quée ou altérée, il commet deux infractions successives ; le
faux et l’usage de faux.

I. Eléments constitutifs de l’usage de faux


1. Pour que l’infraction d’usage de faux puisse être retenue,
quatre conditions doivent être remplies :
2. Il faut l’existence d’un usage. L’usage d’une pièce fausse,
c’est le fait d’utiliser ou de tenter d’utiliser un acte faux,
établi, falsifié ou altéré ;
3. Il faut que la pièce présente matériellement les carac-
tères d’un faux punissable. A été jugé qu’en usant des
documents dont la fausseté est avérée, le prévenu sera
retenu dans les liens de la prévention d’usage de faux 2 ;
4. Il faut que l’auteur ait agi de mauvaise foi. Ce qui signifie
qu’il a dû, au moment où il en faisait usage, connaître la
falsification de la pièce par lui utilisée. Si la personne qui
fait usage de la pièce fausse n’en connaît pas le caractère
faux, elle n’est évidemment pas punissable3. Est égale-
ment coupable de l’infraction d’usage de faux le prévenu
qui transmet une facture fictive au Directeur du Trésor
pour paiement, son intention frauduleuse étant mani-
feste4 ;
5. Il faut qu’un préjudice ait dû résulter de l’usage de la
pièce fausse ou du moins devant pouvoir en résulter.

1
GOYET., op.cit., p.134
2
C.S.J., R.PA 112, 20 novembre 1985, B.A. Années 1985 à 1989, édition 2002, p.84.
3
Cass., 13 janvier 1943 Pas I. 19.
4
C.S.J., RPA.78, 15 juillet 1983, inédit.
Catalogue des infractions 603

II. Régime répressif


a) De quelles peines le texte légal sanctionne-t-il
l’usage de faux ?
L’usage de faux est défini et prévu par l’article 126 du Code
Pénal Livre II. L’auteur de l’usage de faux est passible de
six mois à cinq ans de servitude pénale et d’une amende ou
de l’une de ces peines seulement.
Si le faux et l’usage du faux dans le chef du faussaire
constituent l’exécution d’une seule intention coupable, dès
lors, ils constituent une seule infraction punissable de la
peine de faux.1
Notons également qu’un prévenu peut être sans contradic-
tion aucune déclaré coupable du faux et non coupable du
fait de l’usage de la même pièce. 2 Le faux et l’usage de faux
peuvent aussi ne pas être établis en fait comme en droit ; il
en a ainsi été jugé d’un prévenu qui a suivi une procédure
régulière d’obtention des titres de propriété (certificat d’en-
registrement) sur un terrain dans une zone rurale, (en l’oc-
currence la colline Nyamiryangwe à Bugobe dans le terri-
toire de Kabare) après demande de terre, procès verbal de
constat de lieu fait par l’agronome de secteur, constat d’oc-
cupation provisoire, procès verbal de mise en valeur de
l’inspecteur du cadastre et lettre d’envoi -projet de contrat
pour signature du chef de Division régionale des Affaires
foncières et Conservateur des titres immobiliers.3

b) Tribunal compétent et mode de prescription de


l’usage de faux.
Le tribunal de paix est matériellement compétent pour
connaître de l’infraction d’usage de faux.
Le point de départ de la prescription de l’usage de faux est
le jour de l’usage et non celui de la falsification. Comme le
faux, l’usage de faux est également une infraction « instan-
tanée », celle-ci se renouvelle à chaque fait positif d’usage.
La prescription court à compter de l’usage ou du dernier
acte d’usage si l’acte d’usage est répété. Il est de trois ans.
1
C.S.J., RP 14, 22 janvier 1976, Bull. Arrêts 1977, p 17.
2
Servais, t.I, p 613, n°2-6 cité par Georges Mineur., op cit p 291.
3
Tribunal de Grande Instance d’Uvira , Siège Secondaire de Kavumo, R.P 1083 , 02 février 2001
Ministère Public et partie civile collectivité-chefferie de Kabare contre le prévenu MUSAFIRI RWEMA ;
jugement confirmé par la Cour d’Appel de Bukavu sous R.P.A 1829 ,18 septembre 2003, Inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
604

Ne viole pas les articles 24 ,2° et 126 du code pénal livre II,
le juge d’appel qui constate que la prescription de l’infrac-
tion de faux en écriture est acquise trois ans après sa com-
mission mais qui déclare non prescrite celle d’usage de faux
renouvelée moins de trois ans par l’usage d’un faux acte de
vente à l’occasion de l’action pénale intentée contre le de-
mandeur1 . La peine se prescrit au délai double de la peine
prononcée sans que ce délai ne soit inférieur à deux ans.

541. Usure (prêts à intérêts excessifs)


L’ensemble d’intérêts exagérés obtenus lors d’un prêt d’ar-
gent, d’une opération de crédit ou d’une autre convention
indiquant une remise de valeur mobilière caractérise l’in-
fraction d’usure. Couramment l’opération est appelée
« Banque Lambert ».

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’usure ou prêts à intérêts excessifs pour exis-
ter nécessite un contrat de prêt d’argent ou de tout autre
objet. Le consentement du prêt est obtenu contre les taux
d’intérêt ou autres avantages honnêtement exagérés, excé-
dant manifestement l’intérêt normal. Le prêteur profite des
difficultés économiques, de l’ignorance, des besoins, des
faiblesses, des passions de l’emprunteur etc.

II. Régime répressif


Il sied de se référer à l’article 96 bis du Code Pénal Congo-
lais livre II. Celui-ci a été introduit dans le Code par le dé-
cret du 26 août 1959. Ce texte de référence prévoit
que l’usuraire pourra subir un an de servitude pénale et
l’amende ou l’une de ses peines (Art. 96 bis). Le juge devra
réduire les obligations à l’intérêt normal. La réduction s’ap-
plique aux paiements effectués par le débiteur à condition
que la demande soit intentée dans les trois ans à dater du
jour du paiement (art. 96 bis al 2 CPL II et 131 bis du code
civil Livre III).

1
C.S.J., RP 843,28 Avril 1987, B.A, Années 1985 à 1989, édition 2002, p.311.
Catalogue des infractions 605

542. Usurpation de commandement


L’infraction d’usurpation de commandement consiste, pour
un individu (militaire, assimilé ou civil…), à s’emparer sans
aucun droit ni autorisation de l’autorité habilitée, et en l’ab-
sence de tout motif légitime, de la direction d’une unité,
d’un corps ou formation…de l’armée ou des corps assimilés,
ou encore à retenir le commandement qu’on exerçait au
mépris des ordres de l’autorité légale.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’usurpation de commandement ne peut être
consommée qu’après la conjugaison des éléments essentiels
ci-après : l’acte prohibé, le fondement de l’illicéité de l’acte
prohibé c’est-à-dire un défaut d’un droit ou d’une autorisa-
tion et le dessein criminel. Celui-ci consiste dans le fait
pour l’agent de perpétrer son acte délibérément, sachant
qu’il n’en a aucun droit ou qu’il n’a reçu aucune autorisa-
tion de sa hiérarchie ou encore qu’aucun motif légitime ne
peut justifier sa réaction.

II. Régime répressif


L’usurpation de commandement est punie par le Code Pé-
nal Militaire. Elle est prévue à l’article 140 point. Cet ar-
ticle dispose : « est puni de dix à vingt ans de servitude pé-
nale quiconque sans droit ou sans autorisation prend un
commandement militaire quelconque ou le retient contre
l’ordre des autorités légales ».
L’agent reconnu coupable d’usurpation de commandement
encourt une peine de servitude pénale principale dont le
taux varie entre dix et vingt ans. En temps de guerre,
quand l’état de siège ou d’urgence est proclamé ou à l’occa-
sion d’une opération de police, le coupable est puni de
mort.

543. Usurpation de fonctions publiques


Le fait de se faire passer faussement pour un fonctionnaire
public ou de porter en public un insigne destiné à faire
croire à un porteur d’un mandat public est constitutif de
l’infraction d’usurpation de fonctions publiques. C’est une
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
606

offense à l’autorité publique qui seule a qualité pour confé-


rer les fonctions publiques.

I. Eléments constitutifs
L’infraction d’usurpation de fonctions publiques existera
toutes les fois qu’il y a un acte d’attribution d’une qualité
publique ou le port en public d’un insigne ou un emblème
destiné à faire croire à l’existence d’un mandat public ou
l’usage de cette qualité. C’est ainsi qu’a été jugé que la
simple allégation mensongère de la qualité de « commis-
saire de justice », terme laissant croire à la qualité de fonc-
tionnaire public, suffit pour constituer l’infraction de l’ar-
ticle 123.1
L’intention de tirer faussement bénéfice de la qualité pu-
blique, des fonctions que l’on n’assume pas caractérise
l’élément moral de l’infraction d’usurpation des fonctions.
La loi n’exige pas que l’auteur agisse avec une intention
frauduleuse ou à dessein de nuire, ni que ses prétentions
soient appuyées de manœuvres frauduleuses.
Commet l’infraction d’usurpation de fonctions publiques un
étudiant qui se munie d’une carte d’officier des Forces Ar-
mées de la République Démocratique du Congo en vue
d’avoir accès libre dans le transport en commun. De même,
Monsieur NKODIA qui a répondu qu’il est le bourgmestre
de la commune et reçu de ce fait les honneurs dus à l’auto-
rité, sans l’être effectivement, est coupable d’usurpation
des fonctions publiques.
Toutefois, il a été jugé que le port par un ancien sergent de
galons de sergent répond à un juste sentiment de fierté et
rappelle les bons services qu’il a rendus. Cette pratique
n’est pas de nature à faire croire à l’existence d’un mandat
public2.

II. Régime répressif


La définition et la répression de l’usurpation de fonctions
publiques relèvent de l’article 123 du code pénale livre II.
La sanction qui en découle est d’un mois à deux ans de ser-
vitude pénale et/ou d’amende à l’endroit du coupable. Le
1
Police Kolwezi, 1.3.1962-1963,n°2, P.80, avec note, voir KATUALA KABA-KASHALA., code pénal
zaïrois annoté, 77.
2
Parquet Maniema, 21 décembre 1935, Rev. Jur, 1936, p. 33 cité par Georges mineur., Op.Cit, p.282.
Catalogue des infractions 607

tribunal pénalement compétent est celui de Paix. Cette in-


fraction est prescrite dans le délai légal de trois ans.
Quant à l’usurpation d’uniformes, décorations, médailles,
insignes ou costumes militaires, elle est punie de servitude
pénale de deux mois à cinq ans (article 85 du Code Pénal
Militaire). C’est le port public sans avoir droit qui est, ici,
sanctionné.

544. Usurpation du nom


L’article 69 de la loi n° 87 /010 du 1er août 1987 portant
Code de la Famille incrimine l’usurpation du nom. La pro-
tection pénale du nom est assurée par l’incrimination
d’usurpation volontaire et continue du nom d’un tiers ainsi
que par l’infraction de nom a consonance étrangère ou à
caractère injurieux, humiliant ou provocateur. L’usurpation
volontaire et continue du nom consiste en l’attribution frau-
duleuse du nom d’un tiers .Elle réalise une confusion volon-
taire, permanente, frauduleuse et dolosive d’identité entre
deux personnes.
L’article 58 du Code de la Famille dispose que « les noms
doivent être puisés dans le patrimoine culturel congolais.
Ils ne peuvent en aucun cas être contraires aux bonnes
mœurs ni revêtir un caractère injurieux, humiliant ou pro-
vocateur ».
L’usurpation du nom est punie de sept jours à trois mois de
servitude pénale et d’amende ou de l’une de ces peines
seulement. Le nom à consonance étrangère ou à caractère
injurieux, humiliant ou provocateur est porté par l’article
70 du Code de la Famille. Cette disposition punit d’une ser-
vitude pénale de trente jours et d’une amende ou d’une de
ces peines toute personne qui se rendrait coupable aussi
bien que tout officier de l’état civil qui aura sciemment en-
registré pareil nom.
Ces deux infractions sont chacune de la compétence du Tri-
bunal de paix. L’action publique y relative est prescriptible
dans le délai d’une année.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
608

545. Utilisation d’un enfant aux fins de


mendicité
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

546. Utilisation d’un enfant dans la cri-


minalité
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.
Catalogue des infractions 609
V

547. Vagabondage et mendicité


Voir mendicité.

548. Vente d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

549. Vente ou gage de l’immeuble d’un


enfant
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

550. Viol
I. Définition
Le viol est une des manifestations de l’agression sexuelle. Il
englobe en son sein des faits qui parfois sont loin de réali-
ser le simple contact physique. Il est défini par la loi
n°06/018 du 20 juillet 2006 complétant et modifiant le Dé-
cret du 30 janvier 1940 portant Code Pénal Congolais.
Cette loi définit le viol comme :
1. Le fait d’introduire son organe sexuel, même superficiel-
lement dans celui d’une femme ou pour la femme d’obli-
ger un homme à introduire même superficiellement son
organe sexuel dans le sien ;
2. Le fait de pénétrer même superficiellement l’anus, la
bouche ou un orifice du corps d’une femme ou d’un
homme par un organe sexuel, par une partie du corps ou
par un objet quelconque ;
3. Le fait d’introduire même superficiellement une partie du
corps ou un objet quelconque dans le vagin ;
4. Le fait d’obliger un homme ou une femme à pénétrer,
même superficiellement son anus, sa bouche ou un orifice
de son corps par un organe sexuel, par une autre partie
du corps ou par un objet quelconque.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
610

II. Quelles sont les innovations?


Le texte de loi ne limite plus le viol à la seule pénétration
sexuelle. Il s’étend désormais aussi à la pénétration anale,
buccale ou de tout orifice par un organe sexuel, par toute
autre partie du corps ou par un objet quelconque. La péné-
tration sexuelle, anale ou buccale ne doit pas être à tout
prix complète, il suffit qu’elle soit même superficielle, pour
être infractionnelle. N’est plus seule victime du viol la per-
sonne du sexe féminin : la femme, la fille ou la fillette. Dé-
sormais toute personne vulnérable sans considération de
sexe notamment les femmes, les enfants et les hommes
peuvent être victimes de l’infraction de viol. Ainsi, le viol
s’est élargi aux victimes de sexe masculin.

III. Eléments constitutifs du viol


Loin d’être la simple « intromission du sexe masculin dans
le vagin de la femme contre le gré de celle-ci » le viol revêt
plusieurs autres formes. Il se focalise par un ensemble
d’actes, par l’absence de consentement et par la volonté
consciente de consommer des relations sexuelles ou des
pénétrations avec une personne non consentante.
A.L’élément légal.
L’article 170 du code pénal congolais tel que modifié et
complété par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et
complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal
est le soutènement légal des actes de viol. Alors que l’alinéa
2 de cette disposition légale détermine la sanction appli-
cable au viol simple, l’alinéa 3 est relatif au viol à l’aide de
violences.
L’article 171 bis détermine les aggravations du viol. Il
double, pour ce faire, les peines portées par les articles 167
alinéa 2, 167 et 170 alinéa 2. Toutes ces dispositions, à sa-
voir les articles 170, 171, et 171 bis, sont constitutives de
l’élément légal du viol.
B.Les actes constitutifs du viol
1. La conjonction sexuelle, c'est-à-dire la pénétration. Il
faut entendre par là l’intromission du pénis dans le vagin
et vice versa. Ainsi, la victime du viol peut être aussi
bien de sexe féminin que de sexe masculin. Egalement,
Catalogue des infractions 611

l’auteur de l’infraction peut être un homme ou une


femme. Dans le cas de la femme coupable, il suffit
qu’elle oblige un homme à introduire son organe sexuel
dans le sien.
Sans coït, il n’y a pas conjonction sexuelle. Il y a éven-
tuellement attentat à la pudeur. Toutefois, il n’est pas
nécessaire qu’il y ait éjaculation. L’éjaculation sur les
parties autres que dans le vagin n’est pas constitu-
tive de la pénétration. Le tribunal a reconnu qu’à
défaut d’administrer la preuve de la conjonction
sexuelle, à défaut d’expertise médicale, la seule dé-
claration de la victime ne saurait suffire pour
confirmer l’existence des rapports sexuels1.
2. La pénétration anale, buccale ou de tout autre orifice du
corps par un organe sexuel, par toute autre partie du
corps ou par un objet quelconque ;
Il est ici question de l’intromission d’un organe sexuel,
d’une autre partie du corps, d’un objet dans un orifice du
corps .La victime du viol peut être aussi bien de sexe
masculin que de sexe féminin.
Cette pénétration peut revêtir pour la femme l’intromis-
sion du pénis dans un orifice autre que le vagin, la
bouche par exemple.
3. L’introduction même d’une autre partie du corps ou d’un
objet quelconque dans le vagin ; Il en est ainsi de l’intro-
mission d’un objet autre que le sexe de l’homme dans le
vagin de la femme.
4. L’obligation d’une personne à pénétrer l’anus, la bouche
ou tout orifice du corps par un organe sexuel, par toute
autre partie du corps ou par un objet quelconque. Ce viol
peut revêtir la forme d’une intromission d’un objet quel-
conque dans les orifices du corps d’autrui n’ayant pas
une vocation sexuelle intrinsèque et/ou l’utilisation de
ces orifices dans un but sexuel. La victime est un être
humain indistinctement de son sexe.
C. L’absence du consentement (contre la volonté).

Des protestations vagues ne suffisent pas. Il doit s’agir des


pénétrations illégitimes, obtenues à l’aide de violences
(physique, morale), de menaces graves, de ruses ou en abu-
1
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa- Kalamu., R.P 7660, 05 juillet 1999, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
612

sant d’une personne inconsciente (ivre, en sommeil), at-


teinte de démence, d’idiotie ou d’imbécillité. Une femme de
dix neuf ans qui impose des relations sexuelles à un vieil
homme de 93 ans sera poursuivie pour viol. Par contre dé-
florer une fille consentante de plus de 18 ans (majeure) ne
constitue pas cette infraction, même s’il s’en suit une gros-
sesse.
De la présomption d’absence de consentement de la vic-
time. Pour le code pénal, le rapprochement sexuel effectué
avec consentement d’une personne, garçon ou fille n’ayant
pas dix-huit ans équivaut à l’absence de consentement (ar-
ticle 167, alinéa 2 du code pénal livre II tel que modifié par
la loi d u 20 juillet 2006). C’est pourquoi le tribunal a
condamné à six ans de servitude pénale un prévenu qui pro-
cédait à des rapprochements charnels de sexe avec Made-
moiselle X âgée de douze ans 1. Le consentement de la vic-
time mineure âgée de moins de 18 ans, la circonstance
qu’elle était déjà déflorée constituent à coup sûr l’infraction
de viol parce qu’aux termes de l’alinéa 2 de l’article 167 du
code pénal livre II les relations sexuelles dans ces cas sont
présumées commises avec violence2
D.La volonté consciente de consommer des relations
sexuelles ou des pénétrations avec une personne non
consentante.
La violence ou la ruse suffisent à démontrer l’intention cou-
pable. Il y a viol en cas de pénétrations sexuelles illicites. Il
en a ainsi été au tribunal de grande instance de Kinshasa/
Gombe où Mr X a été condamné à huit ans de servitude pé-
nale principale pour s’être introduit nuitamment par effrac-
tion de la porte dans la chambre de Mme Y alors qu’elle
était profondément endormie, lui a ôtée subrepticement les
habits et sous-vetêment à son insu, introduit le pénis dans
le vagin et éjaculé au moment où réveillé en sursaut par les
liquide séminal Madame Y a surgit de son sommeil et crié
au secours3. Une fille informée de l’arrivée imminente à
Kinshasa d’un fiancé résidant en Belgique, partie voir un
féticheur pour redevenir vierge et dont le féticheur a fait
croire qu’il devait lui administrer le médicament dans les

1
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa- Kalamu., jugement R.P. 7627, 16 juin 1999, inédit.
2
C.SJ., R.P. 17/C.R, 5/04/1978, Bull. 1979, p.57
3
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, RP 18667, 17 juillet 2009, inédit.
Catalogue des infractions 613

parties génitales à l’aide de son pénis, a bel et bien était


violée.
La jurisprudence abonde en matière de viol. Il a été jugé
que la seule accusation de la victime dénonçant à plusieurs
reprises des auteurs différents de viol ainsi que deux certifi-
cats contradictoires et imprécis ne peuvent établir avec cer-
titude la culpabilité du viol1.
Le fait pour la victime d’avoir des mœurs faciles et d’avoir
entretenu des relations sexuelles avec d’autres personnes
ne constitue pas des circonstances élisives de l’infraction de
viol mais bien une simple circonstance atténuante (C.S.J. 5
mars 1974 MPC/N ; R.J.Z 1974)2 etc.

IV. Régime répressif


a) Quelles sont les sanctions à encourir ?
Le viol est puni d’une servitude pénale de cinq à vingt ans
et d’une amende ne pouvant être inférieure à cent mille
francs congolais constants. Néanmoins si le viol a causé la
mort la peine capitale ou la servitude pénale à perpétuité
sera infligée. Si le coupable est ascendant ou descendant de
la personne sur laquelle ou à l’aide de laquelle le viol a été
commis ou s’il a autorité sur la victime, le juge prononcera
en outre la déchéance de l’autorité parentale ou tutélaire.
En cas de viol aggravé, la peine minimum sera doublée :
1° si le coupable est ascendant ou descendant de la victime
ou de la personne à l’aide de laquelle le viol a été com-
mis ;
2° si le coupable a autorité sur la victime ;
3° si le coupable est enseignant ou serviteur à gage ou ser-
viteur des personnes indiquées ci-dessus ;
4° si le coupable est agent public ou ministre de culte ayant
abusé de sa position ;
5° si le coupable est personnel médical, para médical ou
assistant social ou tradipraticien et si la victime est
confiée à ses soins ;

1
Cour d’Appel de Kinshasa, 28 mars 1968, M.P c/Mb. G. et T.J in Révue Juridique du Congo, 1 ère
partie : Droit écrit, janvier-février,mars- avril 1969, p. 35.
2
Dibunda Kabwinji Mpumbuambuji., Répertoire Général de Jurisprudence de la Cour Suprême de
Justice, P.230.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
614

6° si le coupable a été aidé par une ou plusieurs personnes


dans l’exécution de l’infraction ;
7° si le viol est commis sur des personnes captives par leur
gardien ;
8° si le viol est commis en public ;
9° si le viol est commis sur une personne vivant avec handi-
cap ;
10°si le viol est commis avec usage ou menace d’une arme ;
11° si l’infraction a causé à la victime une altération grave
de sa santé et ou laissé de séquelles physiques et ou psy-
chologiques graves.
Est réputé viol à l’aide de violences, le seul fait du rappro-
chement charnel de sexes commis sur les personnes des
enfants de tout sexe âgés de moins de dix huit ans. Le fait
de s’introduire nuitamment dans la chambre d’une enfant
âgée de 13 ans, de lui ôter les habits et de consommer avec
elle des relations sexuelles constitue l’infraction 1 . Il a en
outre été jugé que le fait d’entretenir des relations de copi-
nage, d’avoir fait une promesse de mariage à une fille âgée
de moins de 18 ans ne constitue pas une cause d’exonéra-
tion de l’infraction de viol en cas de consommation des rela-
tions sexuelles2.
Le fait de demander pardon, de promettre de prendre en
mariage la victime ou de payer les dommages et intérêts
exigés par la famille ne constitue point une circonstance
atténuante3. Nous estimons que la survenance d’une gros-
sesse pourrait constituer une circonstance atténuante
lorsque la relation de copinage est avérée. Par contre, en
cas d’absence de consentement dans le chef de la victime,
la grossesse devrait être considérée comme circonstance
aggravante.

b) Tribunal compétent en matière de viol


Le viol est de la compétence du Tribunal de Grande Ins-
tance. Le tribunal peut ordonner le huis-clos. L’étendue du
huis clos est laissée à l’appréciation du juge. Il peut être
1
Tribunal de Grande Instance de Kisangani, R.P 11.451, 04 juin 2008, Ministère public et partie civile
contre le prévenu Liamba Baitea, inédit.
2
Tribunal de Grande Instance de Kisangani, R.P 11.343, 15 novembre 2007, Ministère public et partie
civile contre le prévenu Kirongozi Fataki, inédit.
3
Tribunal Militaire de Garnison de Bukavu, R.P 162/07/RMP 374/BUM/06. En cause Auditeur militaire
de garnison, Ministère public et partie civile Safi et Makonga, 20 juin 2007, inédit.
Catalogue des infractions 615

ordonné même si un coaccusé est poursuivi pour une infrac-


tion autre que le viol.
L’action civile peut être exercée par des personnes autres
que la victime du viol. Pour les dommages causés par des
violences ou agressions sexuelles contre un mineur, l’action
en responsabilité civile se prescrit par dix ans. Nous esti-
mons que l’action civile des associations de lutte contre les
violences sexuelles doit être admise au pénal. Elle le sera
tant que ces associations ont des objectifs précis,
conformes aux buts recherchés par le législateur dans la
répression du viol et susceptibles de justifier d’un intérêt.
Les dommages ne peuvent pas être accordés en cas d’ac-
quittement et de faute civile distincte du viol.

c)Prescription de l’action publique


Le viol se prescrit après dix ans à compter du jour de la
commission des faits. En France, en cas de viol sur mineur,
le délai de prescription ne commence à courir qu’à partir de
la majorité de la victime (art. 7, C.pr.pén. ; Crim., 1999).
Mais il n’est pas nécessaire d’attendre cette majorité pour
agir.

551. Viol aggravé


Voir viol.

552. Viol à l’aide de violences


Voir viol.

553. Viol-cas des époux


Le droit pénal édicte une incrimination générale s’appli-
quant à tous les individus, y compris aux personnes liées
par les liens du mariage. Cependant, le droit pénal recon-
nait l’existence de la cause d’irresponsabilité pénale fondée
sur l’ordre ou la permission de la loi. Selon la loi civile, le
mariage implique une communauté de vie, se caractérisant
par le devoir conjugal d’avoir des relations charnelles. Il se
crée ainsi un conflit de lois entre le droit civil, imposant des
relations charnelles aux époux, et le droit pénal, caractéri-
sant le viol en l’absence du consentement d’un des parte-
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
616

naires. Aucune excuse n’étant prévue pour les époux, les


règles générales du droit pénal s’appliquent.
L’incrimination pénale prévaut sur les dispositions civiles.
Le viol n’a d’autre fin que de protéger la liberté de chacun
et n’exclut pas de ses prévisions les actes de pénétration
sexuelle entre personnes unies par les liens du mariage,
lorsqu’ils sont imposés dans les circonstances prévues par
la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 complétant et modifiant
le Décret du 30 janvier 1940 portant Code Pénal Congolais.
La présomption de consentement des époux aux actes
sexuels accomplis dans l’intimité de leur vie conjugale est
une présomption simple ne valant que jusqu’à preuve du
contraire1
Le mariage constitue une présomption simple de consente-
ment à l’acte sexuel. La preuve contraire consiste en la vio-
lence, la contrainte, la menace ou la surprise constituant à
la fois le rôle d’un élément constitutif de l’infraction géné-
rale et l’élément de preuve spécifique dans le cadre du viol
entre époux.

554. Viol simple


Voir viol.

555. Viol d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

556. Violation de consigne


Par consigne, il faut comprendre toutes mesures prohibi-
tives, interdictions, instructions formelles, données aux
membres des Forces Armées ou Corps assimilés. L’infrac-
tion de violation de consigne est une infraction proprement
militaire. Elle est définie par l’article 113 de la loi n°
024/2002 du 18 novembre 2002 portant Code Pénal Mili-
taire. Pour exister, elle exige l’existence d’une consigne et
que le militaire, le policier ou le membre du Service Natio-
nal soit mis en connaissance de la consigne.

1
Crim.,11 juin1992, Bull.n°232, D.1993, p.117, note Rassat ; JCP 1993, II, 22043, note Gare ; RSC,
1993, p.330 et 780, obs. Levasseur.
Catalogue des infractions 617

La sanction est de trois à dix ans de servitude pénale. L’ins-


tigateur sera puni de quinze ans de servitude pénale. La
violation de consigne en présence de l’ennemi est punie de
la peine de mort. La violation de consigne est une infraction
des tribunaux et cours militaires.

557. Violation de domicile


La violation est le fait de s’introduire dans le domicile d’au-
trui contre le gré ou à l’insu de l’occupant, hors les cas pré-
vus par la loi ou sans les formalités qu’elle a prescrites.
L’infraction de violation de domicile n’est pas établie lors-
qu’il n’est pas prouvé que le prévenu s’est introduit dans la
demeure de son occupant contre la volonté de ce dernier 1.
Le législateur distingue la violation de domicile avec me-
naces ou violences (Article 69) et la violation de domicile
simple (art 70).

558. Violation de domicile avec me-


naces ou violences
I. Eléments constitutifs
L’infraction de violation de domicile avec menaces ou vio-
lences est réprimée par l’article 69 du code pénal congolais.
Pour être établie, l’infraction de violation de domicile avec
menaces ou violences exige :
1° un acte d’introduction dans le domicile d’autrui. C’est-à-
dire dans l’habitation et ou ses dépendances.
L’habitation, c’est la maison, le bâtiment, le logement, la
cabane, la hutte, la tente, une chambre, etc. destinés à
l’habitation mais aussi affectés à l’exercice d’un travail. Les
dépendances, c’est-à-dire les jardins, la cour, les granges,
les étables, les parcs, etc. situés à l’intérieur de la même
clôture que l’habitation. Il a été jugé que la loi ayant exigé,
pour l’établissement de l’infraction de violation de domicile,
que l’agent se soit introduit dans un domicile d’autrui, une
buvette ne peut aucunement être considérée comme un

1
C.S.J., RPA. 4, 22 juin 1972, B.A. 1973, p. 95.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
618

domicile au sens de cette disposition, et cette infraction


sera donc disqualifiée1.
2° l’emploi de menaces ou de violences contre les
personnes. L’emploi d’effraction, d’escalade ou de
fausses clés, permettant l’introduction malgré
l’opposition de l’occupant ou lorsqu’il est absent ou
lorsque l’habitation est fermée à clef.
Par violences, il faut entendre les actes qui permettent à
l’auteur d’entrer de force malgré l’opposition de l’occu-
pant ;
Par menaces, il faut comprendre les paroles ou gestes an-
nonçant à quelqu’un le mal qu’on va lui faire s’il résiste ;
Par escalade, il faut faire allusion au fait de s’introduire en
franchissant un obstacle ;
Par effraction, il faut entendre le fait de forcer une porte,
une fenêtre pour les ouvrir ; briser une clôture. Il a été jugé
qu’il serait excessif de qualifier d’effraction le fait de dépla-
cer au moyen d’une simple poussée un coffre en bois que
l’occupant avait placé contre sa porte pour la tenir fer-
mée2 ;
Par fausses clés, il faut entendre une clé passe- partout, un
crochet, une clé fabriquée, une clé volée, trouvée, tout ins-
trument ou toute clé autre que celle destinée à la serrure.
Ne constitueront pas l’infraction les cas où la loi permet
d’entrer dans le domicile des particuliers contre leur
volonté :
- en cas d’incendie, d’inondation ou d’appel au secours ;
- en cas de flagrant délit susceptible d’entraîner au moins
trois ans de servitude pénale, pour arrestation de l’auteur
de l’infraction ;
- pour les officiers de police judiciaire en cas de possession
d’un mandat de perquisition ou d’infraction flagrante
susceptible d’entraîner au moins six mois de servitude
pénale pour arrestation de l’auteur.

1
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, RP 8557, 13 novembre 1995, Ministère public et partie civile
Lwegera Lwesso contre le prévenu DODO Kinumbi, inédit.
2
1ère Inst. Elis., 9 octobre 19O9, Jur. Congo 1914-1919, Col. 1924, p. 168.
Catalogue des infractions 619

3° Enfin, l’infraction de violation de domicile avec menaces


ou violences exige pour être établie la connaissance par
l’auteur qu’il pénètre illégalement dans le domicile
d’autrui ; dès qu’il s’introduit contre la volonté de la
victime (élément moral).
Il faut reconnaître qu’un bailleur qui entre dans la maison louée
par lui au locataire en dépit du refus de celui-ci commet
l’infraction, sauf s’il y a une décision judiciaire l’autorisant
à récupérer sa maison. Il n’est pas tel pour une épouse non
divorcée ni séparée de corps mais simplement expulsée par
son mari ; (la femme mariée a son domicile au toit conjugal
tant qu’une décision judiciaire de séparation ou de domicile
séparé n’a pas été rendue). Le cas des enfants encore sous
la garde de leurs parents ne constitue pas une infraction
(les enfants ont leur domicile chez leur père).

II. Régime répressif


Le législateur n’est pas demeuré en reste pour réprimer
l’infraction de violation de domicile avec menaces ou vio-
lences. Il a assorti cette prévention aussi bien que la viola-
tion de domicile simple des peines. Ces sanctions sont énon-
cées et développées à l’infraction de violation de domicile
simple.

559. Violation de domicile simple


I. Définition de la violation de domicile simple
La violation de domicile simple est prévue et punie par l’ar-
ticle 70 du Code pénal. Elle diffère de la violation de domi-
cile avec menaces ou violences. Il y a violation de domicile
simple lorsque l’occupant s’oppose mais l’auteur s’introduit
sans toutefois user de violences, menaces, effraction, esca-
lades ou fausses clés.
Il a été jugé qu’il commet la violation de domicile celui qui
devant le refus initial de l’occupant de lui ouvrir le
contraint par la suite à le faire en créant du vacarme aler-
tant voisins et curieux et déterminant la victime à lui ouvrir
pour faire cesser le scandale.1
1
C.S.J., R.P.A. 16, 12 mai 1972. B.A 1973, p.64 ; R.J.Z. 1973, p.38 cités par Dibunda., Op. Cit , p.231.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
620

Un individu qui entre pour y passer la nuit dans une maison


non fermée à clé est un exemple de violation de domicile
simple.
L’article 69 définit et réprime la violation de domicile avec
menaces ou violences tandis que l’article 70 concerne la
violation de domicile simple.

II. Régime répressif des infractions de violation


de domicile
Aux termes de l’article 69 du code pénal livre II, l’auteur
d’une violation de domicile avec menaces ou violences en-
court huit jours à deux ans de servitude pénale principale et
une amende ou l’une de ces peines seulement. L’article 70
prévoit des peines moins sévères de sept jours au maximum
et l’amende ou l’une de ces peines seulement pour l’auteur
de l’infraction de violation de domicile simple.
Les infractions de violation de domicile sont de la compé-
tence matérielle du Tribunal de paix. L’infraction de l’ar-
ticle 69 se prescrit dans le délai de trois 3 ans. La violation
de domicile simple (article 70) se prescrit, elle, dans une
année. Le condamné de cette infraction comme celui de
toute autre prévention peut bénéficier de la grâce1.

560. Violation des règles d’hygiène et


de sécurité
Voir Code minier.

561. Violation des tombeaux


Voir destruction des tombeaux.
1
La grâce est une mesure de clémence que l’Exécutif accorde à un délinquant définitivement
condamné. Elle a pour effet de le soustraire à l’application d’une partie ou de la totalité de la peine. En
d’autres termes, elle dispense de l’exécution de la peine prononcée par le juge, soit totalement par la
remise de la peine ou la commutation de celle-ci en une peine d’une autre nature mais plus douce, soit
partiellement en cas de simple réduction. Elle peut porter aussi bien sur les peines principales que sur
les peines complémentaires. La grâce est une mesure de clémence accordée par le Président de la
République. La grâce fait partie des droits régaliens. L’autorité compétente l’exerce sans restrictions.
Elle peut subordonner son octroi à certaines conditions telles que le paiement des dommages-intérêts à
la victime, la bonne conduite de l’agent pendant un certain temps, l’accomplissement de certaines
obligations. Elle soustrait à l’application d’une partie ou de la totalité de la peine. La grâce laisse
subsister la condamnation : la peine dispensée, commuée ou réduite reste inscrite au casier
judiciaire, et peut être un obstacle à l’octroi d’un sursis. Elle peut aussi constituer un des termes de la
récidive ou de la délinquance d’habitude (art. 14 b et d du code pénal). La grâce peut être individuelle
ou collective
Catalogue des infractions 621

562. Violation du secret de correspon-


dance
Voir ouverture ou suppression des lettres.

563. Violation du secret des lettres


Voir ouverture ou suppression des lettres.

564. Violation du secret professionnel


Voir révélation du secret professionnel.

565. Violences dans les installations


sportives
a) Siège de la matière
L’arrêté interdépartemental BCE/21000/0057/77 portant
répression des actes de violence dans les installations spor-
tives (J.O.Z., n°1, 1er janvier 1978, p. 44) est le texte légal.
b) Définition
Les rencontres sportives se déroulent dans le strict respect
des règlements généraux et sportifs édictés par la fédéra-
tion qui régit chaque discipline sportive. Les athlètes qui
enfreignent les règlements généraux et sportifs sont jugés
dans les formes et les détails prescrits par lesdits règle-
ments. Les infractions commises dans les installations spor-
tives ou dans leurs environs seront sanctionnées conformé-
ment au droit pénal.

c) Responsabilité
L’officiel, le dirigeant, l’entraîneur, l’athlète ou le specta-
teur qui commet dans les installations sportives ou dans
leurs environs un acte infractionnel ou de nature à causer
préjudice quelconque aux tiers est tenu à la réparation des
dégâts causés en vertu des articles 258 à 260 du Code Civil,
livre III, et ce, sans préjudice des poursuites pénales.
La responsabilité d’un club est entière du fait de l’acte in-
fractionnel causé par ses membres ou par ceux qui le sou-
tiennent au cours ou à l’occasion d’une rencontre sportive
(art.4 alinéa 2). La réparation intégrale des dommages cau-
sés par des actes infractionnels se fera par la privation des
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
622

recettes actuelles ou à venir auxquelles le club a droit et ou


par toutes voies de droit, si les recettes s’avèrent insuffi-
santes.

d) Poursuites
Les faits infractionnels sont qualifiés par les officiers de Po-
lice Judiciaire commis sur réquisition du Ministère des
Sports qui peut également obtenir le concours d’un ou plu-
sieurs officiers du Ministère public. Les poursuites sont en-
gagées sans délai contre l’auteur des faits infractionnels
par la partie lésée, qui a subi préjudice, devant la police, le
parquet, ou le tribunal compétent.
Si l’auteur de l’acte infractionnel est un athlète et que l’acte
a été commis dans l’exercice de ses fonctions, seul le minis-
tère des sports est habilité à entreprendre une action en
justice.

e) Les usages sportifs


La cause d’irresponsabilité de permission des textes juri-
diques repose sur les usages en cours en matière sportive.
Les arguments afin d’écarter la responsabilité pénale sont
de plusieurs ordres. La victime donné par avance son
consentement et a accepté les risques inhérents à la pra-
tique de tel sport. L’auteur des 8ttviolences peut bénéficier
de l’irresponsabilité tirée de l’autorisation implicite de la
loi.
Cependant la loi n’autorise que l’exercice normal des
sports. En cas de dépassement ou de risque anormal, la
qualification pénale est constituée. Il est possible d’engager
la responsabilité du joueur belliqueux sous la qualification
des coups et blessures volontaires. Seuls les coups admis
par les règles du jeu bénéficient du fait justificatif, alors
que les brutalités excessives contre un autre joueur
donnent lieu à l’application de la répression.

566. Violences envers les populations


civiles
Il y a violences lorsque le militaire ou assimilé a commis des
actes arbitraires ou attentatoires aux droits et libertés ga-
Catalogue des infractions 623

rantis aux particuliers par la loi. Lorsque ces violences ont


été commises à l’encontre d’une personne civile, elles
constituent l’infraction de violences envers les populations
civiles. L’auteur sera puni de quatre ans de servitude pé-
nale si le fait est constitutif d’un fait puni de peines moins
fortes.
Si le fait est sanctionné des peines plus fortes, le coupable
sera puni à ces peines conformément à l’article 104 du
Code Pénal Militaire (anciennement article 72 du code de
justice militaire).
Les violences ou sévices graves à l’endroit des populations
civiles, en temps de guerre ou pendant les circonstances
exceptionnelles sont punies de mort (article 103 du code
susvisé).

567. Violences envers les représentants


de l’autorité
Porter des coups ou exercer des violences ou voies de fait
envers un représentant de l’autorité dans l’exercice ou à
l’occasion de l’exercice de ses fonctions mais sans qu’il en
résulte de blessure est qualifié de violences envers les re-
présentants de l’autorité. Pour exister, cette infraction
exige des éléments constitutifs.

I. Eléments constitutifs
a) L’article 138 du code pénal livre II réprime les violences
faites aux autorités dans ou à l’occasion de l’exercice de
leurs fonctions. La peine à infliger est de six mois à deux
ans de servitude pénale et l’amende ou une des peines.
b) Les éléments matériels. Pour être établis les éléments
matériels nécessitent un acte de violences ou de voies de
fait à l’instar de foncer à vive allure, en automobile, sur
un agent de roulage ou porter des coups de poing à un
magistrat, etc.
La victime doit être une personne d’un représentant de
l’autorité. Elle doit en outre être dans l’exercice de ses
fonctions ou à l’occasion de cet exercice.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
624

c) L‘élément moral. L’auteur doit avoir volontairement porté


des coups ou s’être volontairement livré à des voies de
fait. Il est déterminant que les coups portés
volontairement ou les voies de fait auxquels on s’est livré
aient été fait en connaissant la qualité de la victime.

II. Poursuites
Les outrages et violences envers les membres du Parlement
ou du Gouvernement, les dépositaires de l’autorité ou de la
force publique, sauf flagrant délit, ne peuvent être poursui-
vis que sur plainte de la personne lésée ou celle du corps
dont elle relève1.

a) Circonstances aggravantes
L’article 138bis sera d’application si les violences ont été la
cause d’effusion de sang, de blessures ou de maladies. L’au-
teur subira de ce fait quatre à dix ans de servitude pénale
et une amende ou une de ces peines au cas où la victime est
membre du Gouvernement, du Parlement, de la Cour consti-
tutionnelle, de la Cour de cassation ou du Conseil d’Etat.
Une peine d’une année à trois ans de servitude pénale et
une amende ou une de ces peines sera appliquée au cas où
la victime est Magistrat, membre des Forces Armées de la
République Démocratique du Congo, de la Police Nationale
ou Gouverneur de province ;
Lorsque la victime est dépositaire de l’autorité ou de la
force publique le juge fera subir six mois à deux ans de ser-
vitude pénale et une amende ou une de ces peines seule-
ment.
b) Quel tribunal connaîtra de ces faits ?
Selon le cas, les Tribunaux de Grande Instance et de paix
sont compétents. Lorsque la peine maximale est de cinq
ans, la juridiction compétente est le Tribunal de Paix. Au
delà de cette peine maximale de cinq ans, le tribunal de
grande instance est habilité à connaître des faits.

1
AKELE ADAU (p)., Le citoyen – justicier. La justice privée dans l’Etat de droit, ODF Editions, Kinshasa,
décembre 2002, p.112.
Catalogue des infractions 625

568. Violences légères et voies de fait


Une voie de fait ou une violence légère, un acte volontaire
autre qu’un coup qui, par contact, atteint et incommode la
personne physique sans la blesser, ni la frapper constitue
l’infraction de violences légères et voies de fait. Les vio-
lences légères et voies de fait sont des offenses physiques
exclusives de coups et blessures.
Peuvent être qualifiés de violences légères et voies de fait
crier à l’oreille d’une personne à son insu ou embrasser de
force ou à l’improviste quelqu’un.
Jeter quelqu’un par terre ou le secouer, le fait pour un rece-
veur de taxi bus d’arracher une chemise ou des chaussures
à un client voyageur insolvable constituent également l’in-
fraction.
Cracher sur une personne, l’éclabousser ou arroser volon-
tairement un passant rentrent dans la même qualification.

I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction de violences légères et voies de fait
soit établie, l’agent doit procéder par violence légère contre
une personne sans lui administrer de coup ni la blesser ;
mais en l’incommodant ou en la souillant. L’acte doit être
fait volontairement, peu importe le mobile, qu’il s’agisse
d’énervement, de plaisanterie ou même de désir de « faire
le malin ».

II. Régime répressif


La victime des violences légères et voies de fait dénoncera
les faits ou adressera plainte à la police ou au parquet. Les
faits seront portés devant le tribunal de paix. Le Ministère
public peut aussi se saisir d’office.
L’article 51 du code pénal livre II définit et réprime les vio-
lences légères et voies de fait. La sanction appropriée est
de sept jours de servitude pénale principale au maximum et
l’amende ou l’une de ces peines seulement. L’action pu-
blique relative à l’infraction de violences légères et voies de
fait est prescriptible dans le délai d’une année.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
626

569. Violences sexuelles


Les violences sexuelles sont une violation grave des droits
de l’homme. Aussi vieilles que l’humanité, on les rencontre
dans toutes les régions du monde, dans toutes les sociétés
humaines et dans les contextes les plus variés. Les infrac-
tions de violences sexuelles sont fréquentes et monnaie
courante.
En République Démocratique du Congo, les violences
sexuelles sont une nouvelle forme de criminalité justifiée
par des intérêts économiques, sociaux et politiques. Les
guerres dites de libération ou d’agression des années 1996,
1998, 2004 et 2007 ont été particulièrement l’occasion
d’une recrudescence des violences sexuelles.

I. Infractions constitutives de violences sexuelles


4. A l’état actuel de la législation quelles sont les infractions
constitutives de violences sexuelles ?
Sont reconnues violences sexuelles d’une part les infrac-
tions d’attentat à la pudeur, de viol, d’excitation des mi-
neurs à la débauche, de souteneur et de proxénétisme telles
que modifiées par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006.
D’autre part sont des violences sexuelles les différentes
formes de violences sexuelles autrefois non incriminées
mais désormais érigées en infractions particulières. Il s’agit
des formes actuellement identifiées et nommées : esclavage
sexuel, grossesse forcée, harcèlement sexuel, mariage for-
cé, mutilation sexuelle, pornographie mettant en scène des
enfants, prostitution d’enfants, stérilisation forcée, trafic et
exploitation d’enfants à des fins sexuelles, transmission dé-
libérée des infections sexuellement transmissibles incu-
rables et zoophilie.
5. Quelle est la base légale des violences sexuelle?
Les violences sexuelles ont pour fondement légal le Code
Pénal. L’attentat à la pudeur et le viol sont prévus par les
articles 167, 168, et 170, 171, 171 bis du Décret du 30 jan-
vier 1940 portant code pénal tel que modifié et complété
par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006.
L’excitation des mineurs à la débauche, le souteneur et le
proxénétisme sont définis par les articles 172, 173, 174 et
174b du Décret du 30 janvier 1940 portant Code Pénal tel
Catalogue des infractions 627

que modifié et complété par la loi n° 06/018 du 20 juillet


2006.
Les autres infractions trouvent leur lettre de noblesse dans
les articles 174c, 174d, 174e, 174f, 174g, 174h, 174i, 174j,
174k, 174l, 174m, 174n…. du code pénal congolais tel que
modifié et complété par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006.
Elles sont une création de la loi modificative.
La loi du 20 juillet 2006 reprend les règles du droit interna-
tional relatives aux infractions de violences sexuelles. Elle
prend en compte aussi bien les femmes, les enfants que les
hommes victimes. Elle a ainsi intégré dans l’arsenal pénal
congolais les incriminations résultant de la ratification le 30
mars 2002 du statut de Rome.

I. Régime répressif
Pour renforcer la répression, le Code de Procédure Pénale
(Décret du 6 août 1959) a été modifié et complété par la loi
n° 06/019 du 20 juillet 2006. Le but poursuivi par le législa-
teur est d’assurer la célérité dans la répression et dans
l’instruction des causes, de sauvegarder la dignité, d’amé-
liorer la protection et de garantir une assistance judiciaire
aux victimes.
A cet effet les infractions constitutives de violences
sexuelles sont réputées flagrantes et traitées comme telles.
L’enquête préliminaire se fait dans un délai d’un mois maxi-
mum à partir de la saisine de l’autorité judiciaire .L’enquête
de la police judiciaire est de portée immédiate. L’officier de
police judiciaire mène son enquête sans désemparer de ma-
nière à fournir à l’officier du Ministère public les principaux
éléments d’appréciation. Lorsqu’il est saisi d’une infraction
de violence sexuelle il en avise dans les 24 heures l’officier
du Ministère public dont il relève.
L’officier du Ministère public peut faire citer devant lui
toute personne dont il estime l’audition nécessaire.
L’officier du Ministère public ou le juge requiert d’office un
médecin et un psychologue pour apprécier l’état de la vic-
time, déterminer les soins appropriés, évaluer l’importance
du préjudice et l’aggravation ultérieure. L’instruction et le
prononcé du jugement se font dans un délai de trois mois
maximum à partir de la saisine de l’autorité judiciaire.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
628

1. Quelle procédure applique-t-on en matière de vio-


lences sexuelles ?
Durant toutes les phases de la procédure d’infractions qua-
lifiées de violences sexuelles, la victime est assistée d’un
conseil. Elle peut demander à être entendue comme témoin
auquel cas les règles relatives au faux témoignage lui sont
dès lors applicables. A la demande de la victime ou du mi-
nistère public le juge ordonnera le huis clos. Il pourra délo-
caliser les audiences si nécessaire.
Une prise en charge psychologique et sanitaire des victimes
et des personnes auxquelles la victime se confie est indis-
pensable. Le juge prend toutes les mesures nécessaires
pour garantir la confidentialité quant à l’identité et
l’adresse de la victime.
Il est ainsi permis de recourir aux pseudonymes pour sécu-
riser toute information en rapport avec la victime sans pré-
judice du droit de la victime. Le juge doit protéger l’intimi-
té, sauf consentement expresse de la victime. Les photogra-
phies, le filmage, ou enregistrement ne sont permise
qu’avec le consentement de la victime. Le juge prendra soin
de couvrir de secret professionnel les informations divul-
guées aux médecins, psychologues, prêtres et religieux qui
auront pris en charge les victimes.
En cas de plainte, de dénonciation ou de constat d’infrac-
tion de violences sexuelles à charge d’un magistrat, d’un
cadre de commandement de l’administration publique ou
judiciaire, d’un cadre supérieur d’une entreprise paraéta-
tique, d’un commissaire de district, d’un bourgmestre, d’un
chef de secteur ou d’une personne qui les remplace, l’offi-
cier de police judiciaire ou l’officier du ministère public pro-
cède à l’arrestation sans préalablement informer l’autorité
hiérarchique de la personne poursuivie. La formalité de
droit commun d’informer l’autorité hiérarchique n’est pas
requise avant l’arrestation d’un cadre public présumé cou-
pable de violences sexuelles.

2. Comment administre-t-on la preuve ?


En matière de violences sexuelles, l’administration de la
preuve est minutieusement réglementée.
a) Le consentement ne peut en aucun cas être inféré des
paroles ou de la conduite d’une victime lorsque la faculté
de celle-ci de donner librement son consentement
Catalogue des infractions 629

véritable a été altérée par l’emploi de la force, de la ruse,


de la menace ou de la contrainte ou à la faveur d’un
environnement coercitif.
b) Le consentement ne peut en aucun cas être inféré du
silence ou du manque de résistance de la victime des
violences sexuelles présumées.
c) La crédibilité, l’honorabilité ou la disponibilité sexuelle
d’une victime ou d’un témoin ne peuvent en aucun cas
être inférés de leur comportement sexuel antérieur.
d) Les preuves relatives au comportement sexuel antérieur
d’une victime ne peuvent exonérer le prévenu de sa
responsabilité pénale.
Il est pris des mesures nécessaires pour sauvegarder la
sécurité, le bien-être physique et psychologique, la dignité
et le respect de la vie privée des victimes ou de toute autre
personne impliquée. A ce titre, le huis-clos est prononcé à
la requête de la victime ou du Ministère public.

3. Quelles sont les peines légales prévues ?


Les peines sont à adapter à la gravité des infractions. Elles
varient selon la qualification infractionnelle d’un minimum
de trois mois à un maximum de la servitude pénale à
perpétuité. L’amende transactionnelle n’est pas
d’application en matière de violences sexuelles.

4. Quelle sont les juridictions compétentes ?


Le Tribunal de Paix est compétent pour autant que la peine
maximale est de cinq ans de servitude pénale. Le Tribunal
de Grande Instance est compétent pour les infractions à pu-
nir au-delà de cinq ans jusqu’à la peine capitale. Les juridic-
tions militaires se conforment à leurs compétences respec-
tives.
La Cour Pénale Internationale est compétente pour les
crimes les plus graves commis par les plus hauts respon-
sables tant civils que militaires lorsque les juridictions na-
tionales ne sont plus en mesure de fonctionner par suite du
délabrement du système judiciaire. La cour pénale interna-
tionale est en outre compétente lorsque les juridictions na-
tionales ont rendu des jugements de complaisance ou des
jugements destinés à épargner les coupables.

5. Prescription de l’action publique


Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
630

Selon la spécificité de l’infraction de violences sexuelles


concernée, la prescription est de droit commun. Les infrac-
tions de violences sexuelles constitutives de crimes de
guerre, des crimes contre l’humanité, de génocide sont im-
prescriptibles.

570. Viol réputé à l’aide de violence


Voir viol.

571. Voies de fait et outrage à subor-


donné
Les voies de fait à subordonné sont sanctionnées par l’ar-
ticle 107 du Code Pénal Militaire. L’outrage à subordonné
est réprimé par l’article 108 du même code. Les infractions
de voies de fait et outrage à subordonné consistent en un
abus d’autorité.

I. Actes constitutifs d’infractions


Dans la première infraction le militaire ou assimilé exerce
des violences sur un subordonné sans qu’il y ait légitime
défense de soi- même ou d’autrui. Si ces violences sont
commises dans le but de rallier des fuyards en présence de
l’ennemi ou de bande armée ou dans le but d’arrêter soit
les pillages, dévastation ou destruction, soit le désordre
grave, l’infraction sera inexistante.
Dans la seconde (article 108), pendant le service ou à l’oc-
casion du service, le militaire ou assimilé outrage un subor-
donné gravement et sans y avoir été provoqué par paroles,
gestes, écrits ou menaces.

II. Régime répressif


Les violences sur un subordonné sont punies de deux ans
de servitude pénale si elles constituent une infraction sévè-
rement réprimée par le code pénal ordinaire. L’outrage à
subordonné est puni de quinze jours à un an de servitude
pénale. Si l’infraction de l’article 108 n’est pas commise
pendant le service ou à l’occasion du service elle sera répri-
mée de six mois de servitude pénale seulement. Les voies
de fait et outrage à subordonné commis en dehors du ser-
Catalogue des infractions 631

vice sans que le supérieur connaisse la qualité subalterne


de la victime sont punissables conformément au code pénal
ordinaire.

572. Voies de fait et outrage à supé-


rieur
Les voies de fait outrage à supérieur concernent le civil, le
militaire ou assimilé. Ils exigent d’exercer pendant le ser-
vice ou à l’occasion du service des voies de fait envers un
supérieur ou une autorité qualifiée.
L’auteur de l’infraction est soit embarqué, soit au service
des Forces Armées. Dans ces cas, il s’agit d’un officier, d’un
militaire, d’un policier, d’un membre du Service National
etc. Cette infraction est définie et prévue par l’article 95 du
Code Pénal Militaire. Elle est réprimée de cinq ans de servi-
tude pénale au maximum. Toutefois, pour l’officier coupable
la peine peut être portée à dix ans de servitude pénale au
maximum et même à la servitude pénale à perpétuité. Il en
est de même du militaire porteur d’arme qui sera reconnu
coupable de cette infraction.

573. Vol
Aussi appelé Vol simple, l’infraction de vol peut être définie
comme l’enlèvement d’un objet d’autrui de façon fraudu-
leuse (c’est-à-dire contre le gré ou à l’insu du propriétaire)
dans le but de se le procurer ou de le procurer à autrui. En
d’autres termes s’emparer avec fraude de la chose d’autrui
dans l’intention de se l’approprier.
Le vol sous toutes ses formes est la plus fréquente de toutes
les infractions. Il est l’infraction la plus usuelle en droit pé-
nal spécial et les voleurs sont très souvent des récidivistes 1.

I. Eléments constitutifs du vol


L’infraction de vol requiert pour son établissement la
réunion de quelques éléments constitutifs : l’élément légal,
l’élément matériel et l’élément moral.

1
Pour ces raisons multiples, le lecteur acceptera que nous approfondissions les contours possibles de
cette infraction ; sans évidemment espérer avoir tout dit d’une infraction aussi complexe que le vol.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
632

a) L’élément légal. Le vol comme « soustraction frauduleuse


de la chose d’autrui » est prévu et réprimé par les ar-
ticles 79 et 80 du code pénal ordinaire.
b) L’élément matériel. Le comportement matériel s’applique
à des procédés modernes et hautement évolutifs. Quatre
éléments sont nécessaires pour que l’infraction de vol
soit établie (la soustraction, la chose, l’appartenance à
autrui de la chose et l’élément moral) :
1. La soustraction. Le vol implique le fait de prendre,
d’enlever et de déplacer la chose d’autrui ; subtiliser le
bien volé, contre le gré ou à l’insu du propriétaire.
L’agent peut dépouiller physiquement ou
matériellement le propriétaire de sa chose en le
privant du corpus (par exemple prendre ou s’emparer
d’un billet de banque glissé dans la poche d’un
vêtement1). Certains auteurs estiment qu’il y a vol si la
chose a été remise volontairement, mais par un enfant
ou un débile mental2 ; la préhension de la chose
constitue un élément déterminant de l’infraction de
vol3
2. La chose. Le vocable générique de « chose » désigne
exclusivement des biens de nature meuble. Seules les
choses mobilières peuvent être volées. Les immeubles
sont exclus du champ d’application du vol. Le vol
d’immeuble est inconcevable.
Nature de la chose
Les immeubles par destination pouvant être choses déta-
chables d’un immeuble sont constitutifs d’objets suscep-
tibles d’être volés. Il en est ainsi des portes, fenêtres, du
miroir scellé au-dessus d’une cheminée, des chaudières mu-
rales et compteurs d’eau incorporés aux bâtiments, des
briques, etc. La jurisprudence a assimilé aux choses mobi-
lières certaines choses incorporelles. C’est ainsi qu’elle ad-
met le vol d’électricité4. Il a été jugé que l’infraction de vol
sera dite établie dans le chef d’un prévenu qui soutient son
1
District Nord- Kivu, 18 Novembre 1957, R.J.C.B, p. 413.
2
LESUEUR., Op.Cit, p.44
3
Cass., 09 janvier 1960. Jour. Trib. 1960, p.260 et note R. Henrion. D Merraert .Recueil de Jurisp.
Pénale belge de 1949 à1952 p. 47.
4
Idem
Catalogue des infractions 633

innocence malgré la pluralité et la concordance des témoins


qui l’ont vu trimballer les moutons1.
La valeur et la licéité (stupéfiants) de la chose dérobée sont
indifférentes à la qualification pénale. L’utilisation de l’objet
volé (enrichir, satisfaire les désirs, destruction) ne fait pas
disparaître la soustraction.

Vol d’usage
La soustraction frauduleuse de la chose n’implique pas son
appropriation par l’auteur du délit. Il suffit de constater que
le propriétaire a été dépouillé, même momentanément, quel
qu’ait été le but poursuivi, notamment la destruction volon-
taire de la chose soustraite2. En dérobant la chose, l’agent
exerce les prérogatives du droit de propriété : l’usus, l’abu-
sus ou le fructus.
Le vol d’usage ne prive pas définitivement le propriétaire
de ses droits sur la chose. Constitue un vol de voiture le fait
de pénétrer dans une voiture que son conducteur avait lais-
sée à l’arrêt sans retirer la clé de contact, de l’avoir mise en
marche et de l’avoir utilisée toute la nuit avec ses cama-
rades et l’avoir ramenée et abandonnée à une centaine de
mètres de l’endroit où elle avait été prise 3. L’utilisation sans
droit, même temporaire, d’une chose constitue l’infraction.

Vol d’énergie
Les biens de nature immatérielle (les communications télé-
phoniques ou les ondes hertziennes) ne peuvent faire l’objet
d’une soustraction, sauf lorsque « la transmission peut être
matériellement constatée de la possession de l’un à celle de
l’autre4. Tel est le cas notamment de l’’électricité. De même
la jurisprudence décide que les données d’un ordinateur
sont susceptibles de vol, puisqu’elles peuvent être repro-

1
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 10 250, 24 mai 2002, Ministère public et partie civile
Masumbuko Bunyasi contre les prévenus Mweze Marhegane, et Alphonse Muhindo, inédit.
2
CA Bordeaux., 5 mars 1992, D.1994, p.305, note Mirabail.
3
Crim., 19 février 1959, Bull. n° 123, D.1959, p.331, note Roujou de Boubée ; JCP 1959, II, 11178, note
chambon.
4
Crim. 3 août 1912, DP 1913, 1, P439 ; S.1913, 1, p.337, note, note Roux
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
634

duites, ont une valeur économique et font dès lors partie du


patrimoine du propriétaire1
Au sujet de la soustraction d’énergie, la qualification de vol
s’impose lorsque l’auteur se branche directement sur le ré-
seau commun2 , en amont du compteur ou lorsqu’il ne dis-
pose pas d’un abonnement. La soustraction peut porter sur
une consommation totalement ou seulement partiellement
dissimulée. L’usage abusif, fait ou toléré par un abonné, de
l’eau qui lui a été volontairement livrée, alors même que le
contrat lui interdit d’en disposer au profit des tiers par
branchement ou autrement, ne constitue pas l’infraction.
En revanche, le fait de perturber ou de dérégler le fonction-
nement du compteur en vue de diminuer sa consommation
et sa facture constitue une tromperie ou une escroquerie 3 .
Le vol d’énergie est une infraction continuée.
Cette multitude d’infractions instantanées d’appropriation
se répétant et motivées par un but unique suivent le régime
juridique applicable aux infractions continues. Le point de
départ de la prescription de l’action publique est reporté au
moment de la découverte du comportement, élargissant la
possibilité d’engager des poursuites.
Si l’incrimination de vol n’est pas applicable aux biens im-
matériels, la qualification pénale redevient possible dès lors
que le bien incorporel s’intègre à un support matériel. S’il
est impossible de voler une créance en soi (negotium), la
qualification pénale peut être retenue à l’égard du titre la
constatant (instrumentum)4. La communication, même vo-
lontaire, d’un titre aux fins de vérification n’est pas exclu-
sive de la soustraction constitutive du vol5
3. L’appartenance à autrui de la chose. Pour que le vol soit
caractérisé, il est nécessaire que la chose soustraite
appartienne à autrui.

1
Cour d’appel d’Anvers , 13 décembre 1984, in Rechskunding weekblad, 1985-1986, 244-246, obs.
Verstraten, 215-230, Récensé in RDPC, 1988, 429 cité par le professeur Nyabirungu Mwene Songha in
Droit Pénal Général , Editions DES, Kin 1989, p. 52.
2
Crim., 15 avril 1921, S, 1921, 1, p.392 ; Crim.,8 janvier 1959, Bull.n°33 ;Crim.,10 avril 1964,Bull.
n°108.
3
Crim., 16 février 1899, DP 1899, 1, p.201, note F.T ; Crim. 7 mars1959, Bull, n°232. Crim., 22 octobre
1959, Bull. n° 447.
4
Crim., 24 octobre 1956, Bull. n° 676 ; Crim., 5 décembre 1984, Bull. n°387.
5
Crim., 21 novembre 1934, Bull. n°198 ; Crim., 1er mars 1951.
Catalogue des infractions 635

L’appartenance à autrui. Il faut que la chose appartienne à


autrui. Le voleur ne vole pas son propre bien. Il ne vole pas
ce qui manifestement n’a plus de propriétaire (une chose
jetée dans la poubelle par exemple). Toutefois, il n’est pas
nécessaire que le propriétaire soit connu.
La chose commune. Pour une chose commune appartenant
à la fois à deux ou plusieurs personnes, lorsque l’une sous-
trait cette chose, le vol peut être retenu tout au moins pour
la partie qui ne lui appartient pas et dont elle s’est emparée
frauduleusement.
Une chose appropriable. La chose volée est nécessairement
une chose pouvant devenir la propriété de quelqu’un. Si
l’on ne peut voler une personne, car elle a le statut d’une
personne et non d’une chose, le vol a été retenu lors de la
soustraction des ossements rassemblés dans un caveau ou
dans une crypte.
Res propria. La chose doit être la propriété d’autrui même
si elle a pu échapper momentanément à la garde de son
propriétaire. Une perte de détention matérielle temporaire
ne fait pas disparaître le droit de propriété.
Les choses sans propriétaire. Il est impératif que la chose
volée soit la propriété d’un tiers. L’épouse dérobant les co-
pies des examens d’Etat que son mari doit corriger commet
un vol au préjudice de l’Etat, même si l’intention de l’auteur
était de discréditer et de porter tort à son mari.
Res nullius. Ce sont les choses sans maîtres car elles n’ap-
partiennent à personne. Cependant elles peuvent entrer
dans le droit de propriété d’une personne par l’appropria-
tion licite. Avec le développement des réglementations et
l’organisation de la vie il y a réduction des biens appro-
priables licitement.
Les cultures appartiennent au propriétaire du terrain, ainsi
que les animaux et les plantes s’y trouvant. L’extraction du
sable sur une plage, des pierres d’une carrière, des arbres
d’une forêt constitue un vol. Peut-être que seule l’eau de
pluie directement recueillie peut prétendre au statut d’une
res nullius.
Les res derelictae. Les choses dans lesquelles la qualité de
maître a été involontairement perdue ou a été sciemment
abandonnée. Les choses abandonnées supposent la volonté
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
636

du propriétaire de se dessaisir de son bien. Les personnes


intéressées peuvent licitement s’en approprier sans
craindre des poursuites pénales. En revanche, les choses
perdues continuent à appartenir à leur propriétaire car il
n’a jamais eu l’intention de s’en séparer.
c) L’élément moral. La soustraction de la chose d’autrui est
punissable à titre de vol uniquement si elle est
frauduleuse. Le vol est une infraction intentionnelle.
L’intention doit être concomitante au moment de la
soustraction. Le repentir actif ne fait pas disparaître
l’intention. La doctrine relève l’existence d’un dol général
et d’un dol spécial dans le cadre de la qualification.
Le dol général est constitué par la volonté chez l’auteur de
soustraire une chose ne lui appartenant pas. Le dol spécial
est défini comme la volonté de s’approprier la chose d’au-
trui, d’usurper la possession animo domini, en se compor-
tant comme son véritable propriétaire.
Il faut que l’auteur ait l’intention frauduleuse de s’attribuer
une chose qu’il sait appartenir à autrui. La jurisprudence
admet qu’il y a vol même si l’auteur n’a voulu s’approprier
que temporairement de la chose. C’est le cas de la soustrac-
tion d’une voiture pour en faire un usage temporaire1
Commet le vol le domestique qui a reçu de l’argent de son
maître avec ordre d’acheter certains objets, et qui au lieu
de rendre tout l’argent qui lui restait après ces achats, n’en
a remis qu’une partie, prétendant que les objets achetés
avaient coûté plus cher que le prix réellement payé2.

II. Régime des poursuites de l’infraction de vol


a) Le texte légal prévoit-il ?
Le vol simple est défini par les articles 79 et 80 du code pé-
nal ordinaire. Il est sanctionné d’une servitude pénale de
cinq ans au maximum et d’une amende ou de l’une de ces
peines seulement. Lorsque le vol est déterminé par la faim
et un état d’extrême dénuement, la criminalité de l’infrac-
tion se trouve réduite, et le juge doit y avoir égard pour

1
Cour d’Appel. Elis., 30 novembre 1954, RJCB, 1955, P.315.
2
Boma, 27 janvier 1914, Jur. Col.1924, p. 273.
Catalogue des infractions 637

l’application de la peine (Boma, 26 mai 1908. Jur. Etat II p.


237).

b) Du tribunal compétent et de la prescription


Le vol simple est de la compétence du Tribunal de paix.
L’action publique s’éteint en trois ans. La prescription de la
peine est du délai double de la peine prononcée, sans être
inférieure à deux ans. Pour établir la culpabilité d’un préve-
nu défaillant, le tribunal se fonde sur les aveux initialement
faits lors de l’instruction préjuridictionnelle. Pour que le
prévenu ne puisse se soustraire à l’exécution de la peine, le
tribunal prononce son arrestation immédiate1.

c) La tentative et la complicité de vol


La tentative est punissable en matière criminelle en appli-
cation des règles générales du code pénal, que la qualifica-
tion soit simple ou aggravé. Deux éléments cumulatifs ca-
ractérisent la tentative punissable ; le commencement
d’exécution et l’absence de désistement. Le fait de tendre
une embuscade, de mettre en place un puissant dispositif
d’attaque, de se présenter armé ou à visage découvert afin
de faire ouvrir la porte aux complices armés, de pénétrer
dans une automobile ou de la démarrer, obéit à la définition
du commencement d’exécution. Le manque de coordination
entre les divers participants à l’infraction, la surveillance
exercée par des tiers, l’intervention des forces de police
constituent l’absence de désistement volontaire prouvant
que l’interruption de l’exécution est due à une circonstance
indépendante de la volonté de l’agent.
La complicité du vol est punissable. Celui qui assiste l’au-
teur dans les faits de consommation coopère nécessaire-
ment à la perpétration de l’infraction en qualité de coau-
teur.

III. Infraction assimilée au vol par le Code pénal


(art 83)
Le saisi ou le tiers qui auront détourné des objets saisis
sont passibles des peines de vol (art 83). En effet la saisie,
voie d’exécution ou mesure de précaution, n’enlève pas la

1
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 9902, 02 février 2002, Ministère public et partie civile la
Société Bralima/ Bukavu contre le prévenu Biriondeke Dieudonné, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
638

propriété de la chose à son propriétaire, mais ce dernier n’a


pas le droit d’en disposer tant que la saisie n’est pas levée.
Les éléments constitutifs de cette infraction sont le détour-
nement (1°) d’une chose saisie (2°). Si la saisie n’est pas
régulière, il n’y a pas d’infraction. L’intention frauduleuse
(3°) consistant en la connaissance par le propriétaire et par
le gardien de la saisie doit être prouvée. (Voir aussi l’infrac-
tion de détournement d’objets saisis).

574. Vol aggravé


L’aggravation de la répression du vol se fait de deux ma-
nières différentes. D’une part, le quantum de la peine peut
être augmenté. D’autre part, un phénomène de criminalisa-
tion légale du délit de base peut se produire et le vol
change de catégories d’infractions selon les circonstances
aggravantes1.

a) Circonstances tenant aux auteurs.

1
Il existe également les circonstances atténuantes applicables à chaque infraction, sauf avis
contraire du législateur. Les circonstances atténuantes sont réglementées par les articles 18 et 19 du
code pénal. Ce sont des particularités qui accompagnent la commission de l’infraction. Le juge a la
faculté d’en tenir compte pour atténuer la peine au point de descendre en-dessous du minimum légal,
jusqu’à un jour de servitude pénale ou à un franc congolais d’amende. Il existe plusieurs circonstances
à considérer comme atténuantes. A titre exemplatif le peu de gravité de l’infraction, le faible préjudice
causé, le jeune âge du délinquant, l’ivresse, , la tentative, le caractère fruste, la victime peu
intéressante, le repentir actif, la réparation du préjudice, l’erreur fautive, la contrainte irrésistible, une
riposte disproportionnée, l’absence d’antécédents judiciaires.
Le juge apprécie les circonstances atténuantes souverainement. Les circonstances atténuantes sont
personnelles,; elles peuvent être retenues en faveur des uns et refusées aux autres. Il peut les retenir
ou les rejeter. Néanmoins pour pouvoir accorder les circonstances atténuantes, le juge doit les motiver,
se référer à l’article 18 du code pénal, invoquer et citer les circonstances auxquelles il entend
reconnaître l’effet atténuant (art. 19).
La peine de mort pourra être remplacée par la servitude pénale à perpétuité ou par une servitude
pénale à temps déterminée par le juge. Les peines de servitude pénale et d’amende pourront être
réduites dans la mesure déterminée par le juge. Les circonstances atténuantes ne s’appliquent pas aux
peines complémentaires.
Catalogue des infractions 639

Une circonstance aggravante1 traditionnelle est la commis-


sion du vol par temps de nuit. Il y a aussi les causes d’ag-
gravation tenant à la personne de l’auteur du vol. Ces per-
sonnes peuvent agir en qualité de coauteurs ou complices,
mais ne doivent pas présenter la structure d’une bande or-
ganisée. Est aggravée, la répression du vol commis par une
personne dépositaire de l’autorité publique. Cette sévérité
est manifestée dans le cas d’une fausse qualité visant l’hy-
pothèse d’un vol commis par une personne qui prend indû-
ment la qualité de dépositaire de l’autorité publique ou
chargé de mission de service public.
L’aggravation de la répression lorsque le vol est commis
par un majeur qui a utilisé l’aide d’un ou plusieurs mineurs.
L’aggravation de la répression lorsque le vol est commis
par une personne porteuse d’une arme dont le port est pro-
hibé.

b) Circonstances tenant aux victimes.


L’aggravation de la répression du vol est aussi provoquée
par la prise en compte des circonstances personnelles de la
victime du vol. Il en est ainsi de l’état d’une personne d’une
particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à
une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à
un état de grossesse, apparence ou connue de l’auteur de
l’infraction. A l’état actuel de notre législation, le vol des
1
Les circonstances aggravantes sont des éléments prévus par la loi qui, ajoutés à l’infraction simple,
en aggravent la peine. Elles jouent un rôle systématiquement opposé à celui des excuses atténuantes.
Les causes d’aggravation sont multiples. Elles sont légales ; tout élément que la loi n’a pas ainsi défini
ne peut constituer une circonstance aggravante judiciaire. Il n’existe pas de circonstance aggravante s’il
n’existe pas d’infraction à l’état simple. Il n’ya pas de circonstances aggravantes s’il n’ya pas
aggravation légale de la peine. On peut regrouper les circonstances atténuantes selon les
circonstances de temps et de lieu(1) : l’article 81 alinéa 2 aggrave le vol simple en y ajoutant les
éléments « la nuit » et « une maison habitée».On aggrave également selon la qualité du sujet(2), il en
est ainsi de la qualité d’agent des postes (art. 71 alinéa 2)qui aggrave l’infraction de violation du secret
des lettres. La qualité de père ou de mère (art. 74) aggrave les infractions d’attentat aux mœurs
prévues par les articles 172 et 173 du code pénal tel que complété et modifié. La qualité de préposé à
la conduite ou à la garde des détenus (art. 162) aggrave l’infraction d’évasion des détenus (art. 161),
etc. La qualité de la victime(3) ; l’âge de la victime (enfant âgé de moins de 10 ans accomplis (art. 173
du code pénal) aggrave l’attentat aux mœurs prévu par l’article 172 du code pénal tel que complété et
modifié. L’objet de l’infraction(4) ; les violences ou les menaces aggravent l’infraction de vol (art.80),
le meurtre commis pour faciliter le vol ou l’extorsion (art.85) aggrave ces deux infractions (art. 80 et 84
du code pénal). Le fait que la lettre ou l’envoi violé était recommandé ou assuré ou s’il renfermait des
valeurs réalisables (art. 71 in fine) aggrave l’infraction de violation de secret des lettres (art. 71). Les
conséquences incriminées(5) : la mort non voulue (art. 48) aggrave les coups et blessures
volontaires prévus par l’article 46 du code pénal. Donner la mort au cours d’un duel (art66) constitue
une aggravation du duel prévu et puni par l’article 65 du code pénal. Les tortures mortelles (art. 67
alinéa 2) aggravent l’enlèvement, l’arrestation et la détention arbitraires prévus et punis par l’article 67
alinéa 1er. L’élément moral(6) : la préméditation est une cause d’aggravation des coups et blessures
volontaires (art. 46 alinéa 2). Le concert préalable aggrave l’infraction de rébellion (art. 135 du code
pénal).
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
640

biens d’un enfant est aggravé s’il a été commis à l’aide de


violences ou de menaces. La peine prévue est de dix à vingt
ans de servitude pénale et d’une amende de cinq cents
mille à un million de francs congolais (article 164 de la loi
portant protection de l’enfant).

c) Circonstances tenant au lieu.


L’aggravation est prévue en cas de vol commis dans une
maison habitée, dans un local d’habitation. La pénétration
dans ces lieux protégés doit s’accompagner de ruse, effrac-
tion, escalade. Il a été jugé que, faute pour la partie civile
de préciser que le vol des moutons dont elle a été victime a
eu lieu dans une maison habitée, le tribunal exclura cette
circonstance aggravante et ne considérera ce vol que
comme étant un vol simple1.
La ruse est faite d’astuce, d’artifice pour entrer dans le lieu,
la fausse qualité d’agent public a été prise comme ruse. Il
en est également de tout autre moyen utilisé pour « péné-
trer » dans le lieu.
L’effraction est définie comme « le forcement, la dégrada-
tion ou la destruction de tout dispositif de fermeture ou de
toute espèce de clôture ….l’usage des fausses clés, des clés
indûment obtenues ou de tout instrument pouvant être frau-
duleusement employé pour actionner un dispositif de ferme-
ture sans le forcer ni le dégrader ». L’effraction est consti-
tuée par le bris d’un carreau de vitre, le forçage d’une ser-
rure.
L’escalade est définie comme le fait de s’introduire dans un
lieu quelconque soit par-dessus un élément de clôture, soit
par toute ouverture non destinée à servir d’entrée (tunnel,
souterrain).
La répression du vol aggravé nécessite de se référer à l’inti-
tulé vol qualifié. Il sied également de consulter l’infraction
de vol des biens d’un enfant développée sous l’intitulé pro-
tection de l’enfant après sa naissance.

1
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 10 250, 24 mai 2002, Ministère public et partie civile
Masumbuko Bunyasi contre les prévenus Mweze Marhegane, et Alphonse Muhindo, inédit.
Catalogue des infractions 641

575. Vol à l’aide de menaces (art.82du


CPL II)
Par violences il faut entendre les actes de contrainte physique
exercés sur une personne, qu’ils soient légers, laissent des
traces, des blessures ou des contusions.
Prenons un exemple : pendant un vol, l’agent immobilise sa
victime, la main sur la bouche, lui inflige des coups, ou voile
sa tête avant de la dépouiller de ses bijoux. La violence doit
avoir été exercée pour faciliter ou consommer le vol.
Par menace, on entend la contrainte morale, neutralisant
par la crainte d’un mal imminent la volonté que la victime
se propose d’opposer à l’attaque. Tel est le cas de menacer
d’exercer des sévices sur les enfants si la victime s’oppose
au vol.
Ne commet pas le vol avec violences celui qui coupe les cor-
dons du sac contenant la somme volée.

a) Sanction applicable au vol à l’aide de menaces


Le vol à l’aide de violences et le vol à l’aide de menaces re-
lèvent de l’article 82 du code pénal livre II. Ils sont punis de
cinq à vingt ans de servitude pénale principale et d’amende
ou de la servitude pénale principale seulement.

b) Prescription et tribunal compétent


La prescription de l’action publique est acquise en dix ans.
Par contre, la prescription de la peine a lieu en vingt ans
(art 27 à 29 du code pénal). Le Tribunal de Grande Instance
est celui compétent pour connaître du vol à l’aide de vio-
lences ou menaces.

576. Vol à l’aide de violences (art.82du


CPL II)
Voir vol à l’aide de menaces.

577. Vol à l’américaine


Voir escroquerie.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
642

578. Vol à mains armées


a) Texte légal
L’article 81 bis du code pénal livre II (issu de l’ord-loi
n°67/193 du 03/05/1968) prévoit et réprime le vol à mains
armées. L’article 81 bis est donc le texte légal en matière
de vol à mains armées.

b) Pénalités
Avant l’ordonnance-loi n°67, l’infraction de vol à mains ar-
mées était sanctionnée à l’instar du vol qualifié de dix ans
de servitude pénale. L’ordonnance, eu égard à cette forme
violente de criminalité qui menace le patrimoine aussi bien
que l’intégrité physique des êtres humains, a aggravé les
pénalités encourues. Elle a, en outre, institué une procé-
dure spéciale.
C’est pourquoi, le vol à mains armées est désormais puni du
châtiment suprême, la peine capitale1. A l’article 6 de la
même ordonnance-loi précitée il est dit que l’infraction de
vol à mains armées doit être par priorité poursuivie et jugée
dans un délai d’un mois maximum (de l’ouverture de l’ins-
truction à celle du jugement).

c) Eléments constitutifs
L’infraction de vol à mains armées pour être établie dans le
chef d’un agent requiert tous les éléments constitutifs du
vol simple. Outre ces éléments, le port d’armes est l’élé-
ment particulier caractérisant l’infraction de l’article 81 bis
du code pénal livre II.
L’arme comprend toutes machines, tous instruments, usten-
siles ou tous autres objets tranchants, perçants ou conton-

1
Nombreuses dispositions en droit pénal commun congolais prévoient la peine de mort. La peine de
mort sanctionne les atteintes à la vie humaine telles que l’assassinat (art. 45 du code pénal), le meurtre
(art. 44) , l’empoisonnement(art. 49), l’épreuve superstitieuse ayant causé la mort(art. 57), l’arrestation
ou la détention arbitraires accompagnées de tortures et suivies de mort (art. 67 al. 2), le meurtre
commis pour faciliter le vol ou assurer l’impunité (art. 85), la formation de bandes armées dans le but
d’attenter aux personnes ou aux propriétés (art. 156 à 158), le viol ou l’attentat ayant causé la mort(art.
171°). Les atteintes à la sûreté de l’Etat telles que la trahison (art. 181 à 184 du code pénal),
l’espionnage (art. 185) , l’attentat contre le chef de l’Etat (art. 193) , l’attentat tendant à porter le
massacre et le pillage(art. 200) , la sédition organisée en bandes armée(art. 204) , l’usage d’une arme
dans un mouvement insurrectionnel(art. 207) et la direction ou l’organisation des mouvements
insurrectionnels (art. 208). Le Code Pénal Militaire prévoit d’autres cas plus nombreux qu’il sanctionne
de la peine capitale.
Catalogue des infractions 643

dants1. L’énumération n’est qu’indicative. La doctrine a


fourni divers autres exemples2 pour définir les armes.
Sont armes tranchantes ou perçantes un revolver, un pisto-
let, un couteau, un poignard, une épée, une lance, une
flèche, une machette, une hache, des ciseaux.
Sont armes contondantes, les armes qui meurtrissent par
écrasement sans couper comme un casse-tête, une mas-
sue… Les bâtons et les pierres doivent avoir des dimensions
exagérées pour rentrer dans la catégorie des armes.

d) Prescription de l’action publique


L’action publique du vol à mains armées se prescrit en dix
ans. La peine assortie, parce qu’il s’agit de la peine de
mort, est imprescriptible.

579. Vol dans les champs.


Le vol dans les champs de récoltes détachées du sol et le
vol des récoltes non encore détachées du sol dit « marau-
dage » sont des vols simples s’ils ne sont pas accompagnés
des circonstances aggravantes. Il a été jugé cependant qu’il
n’y a pas vol d’arbres ou de fruits par un membre du clan
lorsque les arbres fruitiers et toute la forêt appartiennent
au clan de deux parties au procès et que l’emplacement liti-
gieux appartenait à leurs ancêtres communs.3
Ces circonstances tiennent soit au temps où le vol a été
commis (la nuit : l’intervalle du temps qui s’écoule entre le
lever et le coucher du soleil), soit à la qualité de l’auteur
(fonctionnaire à l’aide de ses fonctions) soit aux modes
d’opération (à l’aide de violences ou menaces, d’effraction,
d’escalade ou de fausses clés, par port d’armes). De ce qui
précède, les vols dans les champs avec circonstances aggra-
vantes constituent des vols qualifiés.

1
C.S.E., 21 juin 1974, R.J.Z., 1979, p 101.
2
LIKULIA BOLONGO., Op.Cit, p.395.
3
C.S. J., RC 670, 30 mai 1984, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
644

580. Vol de chambrée


I. Notions de vol de chambrée
Le vol commis par un militaire ou assimilé au préjudice de
l’habitat chez qui il est logé en vertu d’une réquisition est
appelée vol de chambrée. Autrefois, la notion de « vol de
chambrée » visait le vol commis dans la chambre dont fait
partie le prévenu et au préjudice d’un de ses camarades qui
en fait également partie (1). Cette conception est désormais
dépassée. Actuellement le vol de chambrée s’entend de
toute soustraction frauduleuse par un membre de l’armée
ou assimilé d’un bien appartenant à l’occupant d’une habi-
tation où celui-ci est logé en vertu d’une réquisition réguliè-
rement établie par une autorité compétente.

II. Eléments constitutifs


a) L’auteur du vol de chambrée doit revêtir la qualité de mi-
litaire.
b) L’acte de soustraction comme le passage de la chose de
la possession du légitime détenteur à la possession de
l’auteur de l’infraction, à l’insu et contre le gré du pre-
mier. Il s’agit de subtiliser, d’enlever.
c) La soustraction doit porter sur des biens meubles, les ob-
jets susceptibles de déplacement.
d) La victime ne peut être que « l’habitant chez qui l’agent
est logé ».
e) L’intention frauduleuse entendue comme le fait pour
l’agent de s’emparer de la chose comme propriétaire
alors qu’il sait qu’elle est à autrui et que le propriétaire
n’y consent pas.

III. Régime répressif


L’incrimination de vol de chambrée est prévue et sanction-
née par l’article 205 du Code Pénal Militaire. L’auteur de
l’infraction de vol de chambrée encourt une peine de cinq à
dix ans de servitude pénale principale.
Pour tomber sous le coup de l’article 205 du Code Pénal Mi-
litaire, l’agent doit préalablement avoir bénéficié d’une ré-
1
CGA PP Cost., 18 février 1942, RJCB 1942, p.142
Catalogue des infractions 645

quisition de l’autorité compétente et de l’octroi d’un loge-


ment.
La réquisition est un acte de la puissance publique consis-
tant dans la mainmise de l’autorité, indépendamment de
tout consentement du propriétaire quant à la délivrance et
au prix de l’objet, sur les choses qu’elle juge nécessaires
aux besoins de l’armée (1).

581. Vol d’énergie


Voir vol.

582. Vol de substances minérales


Par vol de substances précieuses, il faut entendre la sous-
traction frauduleuse des minerais ; l’or, le cuivre, le dia-
mant, le coltan, la cassitérite, etc.
a) Texte légal
De nos jours, le Code Minier est la loi qui définit et réprime
le vol des substances minérales. Mais il n’en a pas toujours
été ainsi. En effet, le législateur s’est montré très innovant
dans la répression législative de la prévention de vol de
substances minérales.
b) Bref aperçu historique
L’ordonnance-loi n° 22 du 12 décembre 1965 avait renforcé
la protection des substances précieuses dans la région du
Kasai. A cet effet, il déféra à la juridiction militaire compé-
tente exclusive la connaissance du vol des substances pré-
cieuses. Par l’ordonnance-loi n°56 du 31 décembre 1965, la
disposition légale n°22 du 12 décembre fut étendue à tout
le territoire de la République. Pour sa part, l’ordonnance-loi
n°71/O95 du 2 octobre 1971, en son article 1 er , disposait
que toutes les infractions ayant un lien d’indivisibilité ou de
connexité avec les infractions contre les dispositions légales
relatives à la protection des substances précieuses seront
jugées par les juridictions militaires compétentes.
C’est dans ce même contexte qu’avait été créée au sein de
la Gendarmerie Nationale, par la loi n°74/019 du 15 juillet
1974, une brigade minière. Celle-ci était chargée de la sur-
1
1ère Inst. Léo, 23 juillet 1941, RJCB, p.218
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
646

veillance des mines des substances précieuses, de la re-


cherche et de la constatation des infractions relatives au
trafic et à la détention des substances précieuses.
Au regard de l’article 96 alinea7 et 8 de l’ordonnance-loi
n°82-020 du 31/03/1982 portant Code de l’Organisation et
de la Compétence Judiciaires telle que complétée par l’or-
donnance-loi n°83-009 du 29/03/1983, l’infraction de vol
des substances minérales était de la compétence matérielle
de la Cour de Sûreté de l’Etat. En vertu de l’article 17 de la
loi 002/ 2001 du 3 juillet 2001 et la suppression de la cour
de sûreté de l’Etat, cette infraction ne relève désormais
plus ni des juridictions militaires ni des juridictions excep-
tionnelles.
c)Peines prévues par le législateur
L’article 300 du Code Minier (Loi 007/2002 du 11 juillet
2002) prévoit le vol et le recel des substances minérales. La
sanction est, sans préjudice des dispositions particulières
en matière de substances précieuses et celles prévues par
le Code pénal, d’une amende de l’équivalent de 5.000 à
20.000 $US.
Le délai de prescription de l’action publique est pour le vol
simple de trois ans. Il est d’un délai de dix ans pour les
autres cas.

583. Vol des substances précieuses


a) Quel est le texte légale en la matière ?
L’ordonnance-loi n°72/005 du 14 janvier 1972 1 a été prise
pour renforcer la protection de certaines substances contre
les vols. Elle demeure, pour n’être pas encore abrogée, de
nos jours le texte de loi, la loi en vigueur.

b) Quels sont les actes réprimés et les sanctions y affé-


rentes ?
Sont ici considérés comme vol les actes matériels de trafic
et de détention sans titre légal. En effet, le trafic et la dé-
tention sans titre légal de l’uranium, du mercure, du cad-
mium, de la cassitérite, du cuivre, de l’étain, du sodium, du

1
Journal officiel, 1972, p.71.
Catalogue des infractions 647

cobalt, du Zinc, du plomb, du souffre, de la cocaïne sont in-


fractionnelles. L’auteur du trafic et de la détention sera
puni de dix ans à vingt ans de servitude pénale (article 1 er).
Aux termes de l’article 2 de la même loi, le vol, le détourne-
ment, le trafic et la détention sans titre légal des mitrailles
de bronze et du cuivre sont punis de mêmes peines. Outre
cette servitude pénale la confiscation générale des biens
présents du condamné sera obligatoirement prononcée par
le juge (article 3). Il s’agit des biens de toute nature :
meubles ou immeubles, corporels ou incorporels, divis ou
indivis.

584. Vol des effets militaires


L’article 79 du code pénal congolais livre II dispose : « qui-
conque a soustrait frauduleusement une chose qui ne lui
appartient pas est coupable de vol ». L’infraction de vol des
effets militaires consiste en la soustraction frauduleuse des
armes, munitions, véhicules, effets, ou les autres objets ap-
partenant à l’armée (ou corps apparentés), à des
militaires(ou assimilés) ou à l’Etat.

I. Eléments constitutifs
L’infraction de vol d’effets militaires suppose la réunion des
éléments ci-après :
1° Les éléments matériels : l’acte de soustraction tel que
repris à l’infraction de vol et les objets protégés, c’est-à-
dire les armes, les munitions, les véhicules, les effets, ou
les autres objets appartenant à l’armée (ou corps appa-
rentés), à des militaires(ou assimilés) ou à l’Etat.
2° Les éléments intellectuels : l’appartenance des objets
visés à l’armée, à des militaires ou à l’Etat ainsi que l’in-
tention frauduleuse.

II. Régime répressif


L’auteur encourt une peine d’un an à dix ans de servitude
pénale principale (art. 74 du Code Pénal Militaire). Le juge
peut appliquer la confiscation spéciale sur les biens déter-
minés par la loi , ou sur ceux ayant servi à la commission de
l’infraction. Il est en outre prévu le renvoi de l’armée ou des
services apparentés, peu importe le taux de la peine.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
648

Le vol, le détournement et la destruction méchante en


temps de guerre ou pendant les circonstances exception-
nelles des armes, munitions, véhicules, effets et autres ob-
jets destinés à des opérations militaires constituent des
actes de sabotage. Ils sont punis de mort (article 202 du
Code Pénal Militaire).

585. Vol domestique


Le vol est un « vol domestique », chaque fois qu’il a été
commis au préjudice du maître, sans qu’il y ait à rechercher
le lieu où il s’est produit. L’auteur ou l’inculpé travaille ha-
bituellement chez le volé, un employé travaillant dans l’ha-
bitation du maître et payé par lui.
Le vol domestique implique la violation du devoir qu’impose
au serviteur la confiance que son maître est obligé d’avoir
en lui. Sont réputés domestiques, les vols commis par l’em-
ployé d’un fonctionnaire public payé par celui-ci mais non
l’agent de l’administration (c’est-à-dire le fonctionnaire pu-
blic) mis sous les ordres d’un fonctionnaire. Ce dernier
agent parce qu’il a commis le vol à l’aide de ses fonctions
commet un vol qualifié. En revanche, le vol commis par un
domestique, un ouvrier ou apprenti soit dans la maison du
maître, soit dans l’atelier soit dans le magasin ou par un
fleuriste, un cuisinier, un hôtelier, est un vol simple car do-
mestique.
Le Code Pénal Militaire organise l’infraction de vol de
chambrée. A l’article 205 du Code Pénal Militaire, est puni
d’une servitude pénale de cinq à dix ans tout militaire ou
assimilé (policier et membre du Service National) qui a per-
pétré un vol au préjudice de l’habitat chez qui il est logé en
vertu d’une réquisition.

586. Vol d’un bien d’un enfant


Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance.

587. Vol d’usage


Voir vol.
Catalogue des infractions 649

588. Vol qualifié (art 81)


Au delà des éléments constitutifs du vol que nous venons
d’énumérer (voir vol), il existe dans l’auteur du vol un degré
de criminalité plus accru. Celui-ci aggrave l’infraction et en
fait ce qu’on appelle un vol qualifié. Le vol est aggravé s’il
est commis à l’aide d’effraction, d’escalade ou de fausses
clés. La peine pourra être portée à dix ans de servitude pé-
nale (art 81), en cas de :
1° vol commis à l’aide d’effraction, d’escalade ou de fausses
clés ;
- si le voleur a dû briser ou fracturer un obstacle pour
accéder au butin (effraction) ; il en est ainsi si le voleur
détruit le cadenas pour s’introduire au domicile de la
victime, s’il casse la porte de la boutique par des
barres d’acier, d’amortisseurs et des barres de fer
pour faciliter l’entrée à l’intérieur de la boutique1 ;
- si le voleur a dû monter et descendre, ramper ou en-
trer par une ouverture (escalade) ;
- si le voleur a utilisé pour atteindre son butin des clés
autres que d’origine, crochet, clés imitées par exemple
(fausses clés).
2° vol commis la nuit dans tout lieu quelconque servant
d’habitation ou ses dépendances (boyerie, garage, jardin,
basse- cour etc..) ;
3° vol commis par un fonctionnaire public à l’aide de ses
fonctions ; les vols commis par un policier au préjudice
de l’habitant chez lequel il est cantonné ou dans la mai-
son duquel il perquisitionne rentrent dans cette catégo-
rie.
4° vol commis en prenant le titre ou les insignes d’un fonc-
tionnaire (vol commis par un faux fonctionnaire public) ;
s’introduire muni du mandat de perquisition chez autrui
alors que l’on n’est pas nanti de la qualité requise, sans
être commis à cette tâche, et y procéder au vol des biens.
Prescription et tribunal compétent
Le vol qualifié, dont la prescription de l’action publique est
acquise en dix ans, est de la compétence du tribunal de
1
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Kalamu, jugement R.P 7687, 14 février 2000, inédit.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
650

grande instance. La peine se prescrit au délai double de la


peine prononcée, sans que ce délai puisse être inférieur à
deux ans. La peine peut s’éteindre indirectement par l’effa-
cement de la condamnation qui lui servait de support. A cet
effet, le législateur congolais connaît deux institutions :
l’amnistie1 et la réhabilitation2.

1
L’amnistie a généralement pour but d’apaiser les passions et les esprits après une crise politique
(Nyabirungu M, S., Op cit. p. 354). Le mot « amnistie » vient des mots grecs « a» privatif et « mnaomai
» qui signifie : je me souviens. L’amnistie est donc une mesure de clémence. Elle a pour effet d’enlever
rétroactivement à certains faits leur caractère délictueux. C’est-à-dire que les faits ont eu lieu, ils ne
sont pas effacés, leur caractère infractionnel est seul effacé. L’amnistie est d’ordre public , le
bénéficiaire ne peut y renoncer. L’autorité judiciaire doit l’appliquer d’office. L’amnistie relève du
domaine de la loi, elle est accordée par des lois particulières. Pour des faits dont les poursuites ne
sont pas encore engagées, ou même sont en cours, elles cessent immédiatement. Puisque l’amnistie
dépouille rétroactivement de leur caractère délictueux les agissements amnistiés, il en résulte que la
condamnation éventuellement intervenue à la suite de ceux-ci manque désormais le fondement et doit
être considérée comme non avenue. L’exécution devient donc désormais impossible, celle qui était en
cours doit cesser et celle qui est terminée doit être censée n’avoir jamais eu lieu.
En conséquence, la condamnation ne peut donc plus figurer dans le casier judiciaire, ni constituer un
empêchement à l’octroi du sursis, ni être en considération pour la récidive ou la délinquance d’habitude.
L’amnistie étant l’oubli, la condamnation ne peut plus être rappelée, ni fonder ou justifier une prétention
en justice ou devant l’Administration, ni figurer dans un document quelconque. Toutefois, la victime
d’une infraction amnistiée peut obtenir réparation en fondant son action sur les faits.
2
Lorsqu’un individu a fait l’objet d’une condamnation et qu’il a purgé sa peine ou que celle-ci ne peut
plus être mise à exécution (parce qu’elle est prescrite par exemple), il demeure souvent frappé de
diverses incapacités qui peuvent gêner son reclassement (incapacité d’être commerçant ou d’exercer
certaines professions, déchéance de certains droits civiques ou de famille). La réhabilitation efface les
effets de la condamnation pour l’avenir. Elle est un encouragement à la bonne conduite du délinquant et
vise la réinsertion, face à une situation légale et peut-être sociale perdue par juste condamnation. La
réhabilitation est réglementée par le décret du 21 juin 1937, tel que modifié notamment par le décret du
22 août 1959 et l’ordonnance législative du 28 août 1959 (Codes Piron, II, p. 165).
La réhabilitation fait cesser, pour l’avenir, tous les effets de la condamnation. Celle-ci ne figurera plus
au casier judiciaire, n’empêchera plus l’octroi du sursis et ne sera pas prise en considération pour
déterminer l’application des articles 14 b et d sur la récidive et la tendance persistante à la délinquance.
Par contre la réhabilitation n’empêche pas l’action en dommages-intérêts. Elle ne peut nuire aux
intérêts des tiers, ne met pas obstacle à une action en divorce ou en séparation des corps fondée sur la
condamnation.
Il faut remplir des conditions pour obtenir la réhabilitation
1° Cinq ans doivent s’être déjà écoulés depuis l’extinction de la peine ou depuis la condamnation
conditionnelle.
2° Le demandeur doit s’être déjà acquitté des restitutions, dommages –intérêts et frais auxquels il avait
été condamné.
3° La peine doit avoir été exécutée, remise en vertu du droit de grâce, ou être comme non avenue par
suite de sursis.
4°Le condamné doit n’avoir jamais bénéficié auparavant d’une réhabilitation.
5° Le condamné doit avoir fait preuve de bonne conduite et avoir eu une résidence certaine, pendant ce
délai.
Le condamné doit diriger sa requête vers le Procureur Général près la juridiction dont relève le tribunal
ou la cour qui a prononcé la condamnation. La Cour instruit le dossier, entend les témoins. A l’issue de
l’instruction, il peut y avoir soit rejet de la demande soit réponse positive. Dans le dernier cas, il est
Catalogue des infractions 651

589. Vol qui a été l’occasion d’un


meurtre (art 85)
Il s’agit d’un vol qui a été l’occasion d’un meurtre soit pour
le faciliter soit pour en assurer l’impunité.
Nous renvoyons utilement pour ce qui est du régime répres-
sif ainsi que des exemples à « meurtre commis pour facili-
ter un vol ou une extorsion ou pour assurer l’impunité ».

590. Vol simple


Voir vol.

ordonné qu’un extrait de l’arrêt de réhabilitation soit mentionné en marge des jugements ou arrêts des
condamnations définitives antérieures.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
652 Z

591. Zoophilie
Par définition, la zoophilie est une forme de violences
sexuelles. Elle est une infraction créée par la loi n° 06/018
du 20 juillet 2006 complétant et modifiant le Décret du 30
janvier 1940 portant code pénal congolais.
La zoophilie se définit comme le fait d’avoir, par ruse, vio-
lences, menaces ou par toute autre forme de coercition ou
artifice, obligé une personne à avoir des relations sexuelles
avec un animal. Il importe peu que cet animal soit domes-
tique ou sauvage. Avoir volontairement des rapports
sexuels avec un animal est également constitutif de l’infrac-
tion de zoophilie.

a) Peines à encourir par l’auteur


Les sanctions à infliger au coupable sont prévues par l’ar-
ticle 174h du texte légal précité. Elles sont de cinq à dix ans
de servitude pénale et d’une amende de deux cent mille
francs congolais constants. La personne humaine qui pro-
cède volontairement à cet acte avec une espèce donnée
d’animal domestique ou sauvage encourra les mêmes
peines.
Le coupable de l’infraction de zoophilie est soit le respon-
sable de la contrainte, soit celui qui volontairement passe
des rapports sexuels avec un animal. L’incitateur à la zoo-
philie, peu importe le mobile et les motivations encourt les
peines prévues à l’article 174 h du code pénal livre II, tel
que modifié par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006.

b) Tribunal compétent et prescription de l’action pu-


blique
Le crime de zoophilie est de la compétence du Tribunal de
Grande Instance. Cela est évident au regard du taux de la
peine. L’action publique relative à cette prévention est
prescriptible dans le délai de dix ans après la commission
des faits.

c) Procédure et répression
Le législateur congolais organise une procédure spéciale et
une répression à la mesure de l’acte pour toutes les infrac-
Catalogue des infractions 653

tions constitutives de violences sexuelles. Tel est le cas de


la zoophilie. Nous recommandons en ce qui concerne le ré-
gime juridique spécial de l’infraction de zoophilie la lecture
de l’intitulé « violences sexuelles ».
BIBLIOGRAPHIE

I. Ouvrages et articles
1. AKELE ADAU (P). , « Le droit est mort. Vive le droit » ;
in Congo Afrique, n°331, janvier 1999, pp17-38.
2. AKELE ADAU (P). , « La cour d’ordre militaire » : sa na-
ture, son organisation et sa compétence ; in Congo –
Afrique n°319, novembre 1997, pp541 – 570.
3. AKELE ADAU (P). , Programme de réforme et de redres-
sement du système judiciaire en République Démocra-
tique du Congo. Diagnostic de la situation actuelle, Rap-
port au PNUD, Kinshasa 15 septembre 1999, 106p.
4. BALANDA MIKUIN LELIEL. , « Les tribunaux de paix »
in R.J.Z. décembre 1984 pp43-49.
5. BOUZAT (p) et PINATEL (J). , Traité de droit pénal et
criminologie, Dalloz, paris 1970.
6. COUVRAT Pierre. , « Le droit pénal et la famille »in Re-
vue de science criminelle et de droit pénal comparé,
nouvelle série, tome XXIV, Sirey, Paris 1969, p.807à
837.
7. DE QUIRINI Pierre. , Petit dictionnaire des infractions,
CEPAS, Kinshasa 1986.
8. DONNEDIEU DE VABRES (H). , Traité de droit criminel
et de législation pénale comparée, 3 ème éd, Sirey, paris
1947.
9. ESIKA MAKOMBO ESO BINA. , Le code pénal zaïrois
annoté – Des Infractions et de la répression en général,
édité par l’auteur, Lubumbashi 1977.
10. GARCON, E., Code pénal annoté, Nouvelle. édition. par
M. ROUSELLET, M. PATIN et M. ANCEL, Sirey, Paris,
1952 à 1959.
11. GEORGES LEVASSEUR, ALBERT CHAVANNE ET JEAN
MONTREUIL. , Droit pénal et procédure pénale, 2 ème an-
née, 9ème édition, éditions Sirey 1988.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
654

12. GOYET F., Droit pénal Spécial, 8 ème édition. par M.


ROUSSELET, J. PATIN et P. ARPAILLANGE, Sirey, Paris
1972.
13. IDZUMBUIR ASSOP (J). , La justice pour mineurs au
Zaïre, réalités et perspectives, Editions universitaires
africaines, Kinshasa, 1994.
14. KALOMBO MBANGA. , « L’article 180 du code pénal et
le concours idéal d’infractions » in Annales de la faculté
de droit, vol 3, 1974 Presses universitaires du Zaïre,
Rectorat Kinshasa, pp69-85.
15. KAMIDI OFIT Raphaël. , Le système judiciaire congo-
lais, organisation et compétence, édition FITO, Kinshasa
1999.
16. KATUALA KABA KASHALA Joseph Médard. , « Notions
de droit pénal général et de procédure pénale », sémi-
naire de formation des juges consulaires et magistrats,
Edité par Avocats sans frontières – Belgique/Mission
permanente en R.D.C., Kinshasa, août – septembre
2002.
17. KAYUMBA N’KUDI SULTAN (P). , Guide pratique des
infractions courantes à l’usage du public, édition pro-
justitia, Kinshasa 1996.
18. KENGO-wa-DONDO. , L’évolution jurisprudentielle de la
Cour Suprême de Justice au zaïre (1968-1979), Mercu-
riale, Kinshasa, 1979.
19. KENGO-wa-DONDO. , Vers une société sans prison.
Mercuriale prononcée à l’audience solennelle de rentrée
de la Cour Suprême de Justice, le 04 octobre 1975, Kin-
shasa, Edit st Paul, 1975.
20. LESUEUR (J). , Précis de Droit Pénal Spécial, (Imprimé
par la section de police de l’Agence pour le Développe-
ment International (AIP) Kinshasa, 1967.
21. LEVASSEUR G. et (J.P). DOUCET. , Le Droit Pénal Appli-
qué, Ed Cujas, Paris 1969.
22. LIKULIA BOLONGO. , Droit Pénal Spécial zaïrois, tome
I, L.G.D.J., paris 1985.
23. MERLE ®. et VITU (A). , Traité de Droit Criminel, Cujas,
Paris 1967, 1973, 1977, 1981, et 1984.
24. MINEUR (G). , Commentaire du code pénal congolais,
maison F. Larcier S.A. Bruxelles 1953.
Catalogue des infractions 655

25. MOSILO EBOMA Jean. , Enquête jurisprudentielle pour


une indemnisation judiciaire équitable, cas des acci-
dents de circulation, presses universitaires du Congo,
(P.U.C.), Kinshasa, 2003.
26. MUKADI BONYI, KATUALA KABA KASHALA. , Procé-
dure civile, éditions Batena Ntambua, Kinshasa 1999.
27. MUZAMA MATANSI JOSEPH. , Index alphabétique du
code pénal et de divers textes de lois à l’usage du justi-
ciable, Lubumbashi, 1996.
28. Novelles, droit pénal ; tome III, Larcier 1972.
29. NYABIRUNGU MWENE SONGA. , Droit pénal général
zaïrois, éditions Droit et Société « DES », Kinshasa
1989, et 1995.
30. NYABIRUNGU MWENE SONGA. , La corruption des
fonctionnaires publics : approche sociologique et juri-
dique, in R.J.Z., août 1976 pp 37-59.
31. NYABIRUNGU MWENE SONGA. , Responsabilité pé-
nale et civile du médecin en droit zaïrois, « DES », Kin-
shasa, 1995.
32. NZANGI BATUTU (M). , La diffamation et l’injure dans
les medias, collection « informations juridiques », Kin-
shasa, janvier 1997.
33. NZANGI BATUTU (M). , Le secret professionnel, collec-
tion « Informations juridiques », Kinshasa, janvier 1996.
34. RIGAUX M et TOUSSE (P.E). , Les crimes et les délits
du Code pénal, 4 tomes, Bruxelles et Paris, 1963.
35. RUBBENS (A). , Le droit judiciaire congolais, T.I., Léo-
poldville, Université Lovanium, 1970, 340 p ; Tome II ;
Kinshasa, PUZ, 350 p.
36. SHAKIRA MWENE MUJINYA (Th). , Index Analytique
des infractions courantes à l’usage des officiers de po-
lice judiciaire près les juridictions de droit commun, 1 ère
édition par Raymond Mokeni EK, Kisangani, février
1996.
37. SITA MUILA AKELE (A). , La protection pénale de la fa-
mille et de ses membres. Comment la famille et ses
membres sont-ils protégés par la loi pénale ? ODF édi-
tion, Kinshasa. 2002, 124 pages.
38. STEFANI (G), LEVASSEUR (G). et BOULOC (B). , Droit
Pénal Général, Précis Dalloz, 12ème édition, paris 1984.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
656

39. VOUIN(R). , Droit Pénal Spécial, Tome 1 er, 4ème édition,


Dalloz, 1976, p.163.
40. WILKIN (R). , Commentaire de la loi communale, Tome
1er, Bruxelles Etablissements Emile Bruylant p.474
41. YOKA MAPUNGA (J.J.). , Code congolais de procédure
pénale, Edition YOKA, 1999.

II. Textes officiels


42. Code de la Famille, J.O., n°Spécial Août 1987.
43. Code Pénal Zaïrois, sous la direction de KALONGO
MBIKAYI, mis à jour au 31 mai 1982 Kinshasa, 1983.
44. Codes et lois du Congo – Belge par STROUVENS (L) et
PIRON (P), Léopoldville, 1945.
45. Codes et lois du Congo Belge par PIRON (P) et DEVOS
(J), Tome I, II et III ; Ferd. Larcier Bruxelles 1960.
46. Constitution de la République Démocratique du Congo,
Journal Officiel de la République Démocratique du
Congo, Cabinet du Président de la République 47 ème An-
née, Kinshasa - 18 février 2006, numéro spécial.
47. Le Code Judiciaire Congolais, sous la direction de
KALONGO MBIKAYI et INIER LATEBO, Kinshasa, 1986.
48. Les codes Larcier, République Démocratique du Congo,
Tome I, II, III, IV, V et VI Larcier - Afrique-Editions, Edi-
tion 2003 © Larcier.
49. Ordonnance-loi n°82-017 relative à la procédure devant
la cour suprême de justice, J.O n°7 avril 1982.
50. Ordonnance-loi n°82-020 relative au code de l’organisa-
tion et de la compétence judiciaires, J.O., n°7, avril
1982, p.39.
51. Suppléments aux tomes I, II et III PIRON (P) et DEVOS
(J), Larcier 1970.

III. Jurisprudence
52. Bulletins des Arrêts de la Cour Suprême de Jus-
tice.
53. COLIN (J.P). , Répertoire Général de la Jurispru-
dence Congolaise.
Catalogue des infractions 657

54. DIBUNDA KABUINJI. , Répertoire général de


jurisprudence de la cour suprême de justice, Edition
Connaissance et Pratique du Droit Zaïrois « C.P.D.Z »,
Kinshasa, 1990.
55. Johan, M. PAUWELS. , Répertoire de droit cou-
tumier congolais jurisprudence et doctrine (1954 -1967)
Office National de la Recherche et du Développement
« O.N.R.D. », Kinshasa 1970.
56. KATUALA KABA KASHALA, LUMBALA ILUNGA
Victor, MWANZA KATUALA. , Arrêts de principe et
autres principales décisions de la Cour Suprême de Jus-
tice, Editions Batena Ntambua, Kinshasa 2009.
57. Ruffin LUKOO MUSUBAO . , La jurisprudence
congolaise en Droit pénal, Editions On s’en sortira, Kin/
RDC 2006.
58. TAKIZALA MASOSO (A). , Recueil de jurispru-
dence des cours et tribunaux du Congo, Presses universi-
taires de Lubumbashi ,1999.
59. TOUCHARD (G). et LOUWERS (O). , Jurispru-
dence de l’Etat indépendant du Congo, tome 1 er (1890 –
1904), Bruxelles 1905.

IV. Revues
60. Annales de la faculté de droit, Kinshasa.
61. Revue de droit congolais doctrine – jurispru-
dence - législation information, centre de recherches et
de diffusion juridiques.
62. Revue de droit pénal et de criminologie.
63. Revue de science criminelle et de droit pénal
comparé.
64. Revue interdisciplinaire des droits de l’homme.
65. Revue juridique de droit.
66. Revue juridique du Congo, 1er partie. Droit
Ecrit, 45ème année, janvier – Février, mars, avril 1969.
67. Revue juridique du Congo Belge.
68. Revue juridique du Zaïre.
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
658

TABLE ALPHABETIQUE
Dédicace...............................................................................................................................
Préface.................................................................................................................................
Préface.................................................................................................................................
Avant-propos........................................................................................................................
Introduction générale...........................................................................................................
Introduction générale...........................................................................................................
I. Evolution générale.................................................................................ix
II. Définition..............................................................................................ix
1. Structure classique des infractions.....................................................x
2. Intérêt de la qualification...................................................................xi
III. Les caractéristiques du droit pénal spécial..........................................xi
IV. Les sources du droit pénal spécial congolais......................................xi
1. Les sources du droit pénal.................................................................xi
2. Détermination des infractions..........................................................xii
3. Détermination des peines.................................................................xii
4. La constitution du 18 février 2006..................................................xiii
5. Les lois ordinaires...........................................................................xiii
6. La Jurisprudence est une source importante du droit pénal appliqué
.............................................................................................................xiii
7. La doctrine.......................................................................................xiv
8. La Coutume crée le droit.................................................................xiv
9. La force de l’intime conviction du juge............................................xv
10. Les principes généraux s’appliquent au droit pénal spécial congo-
lais.........................................................................................................xv
V. Du contenu de l’ouvrage.....................................................................xvi
1. Quelle est la méthode appliquée......................................................xvi
Principales abréviations………………………………………………………xvii
00. Abandon de famille..............................................................................1
I. Eléments Constitutifs de l’infraction...................................................1
II. Poursuites...........................................................................................2
01. Abandon de foyer.................................................................................4
I. Eléments constitutifs...........................................................................4
II. Régime répressif................................................................................5
02. Abandon de poste.................................................................................6
I. Eléments constitutifs...........................................................................6
II. Régime répressif................................................................................6
03. Abandon des soins................................................................................7
04. Abandon d’un navire ou aéronef militaire............................................7
I. Conditions préalables..........................................................................7
Catalogue des infractions 659

II. Eléments constitutifs proprement dits................................................7


III. Sanctions susceptibles d’être encourues...........................................8
05. Absence du Numéro d’identification nationale....................................8
06. Absence irrégulière...............................................................................8
I. Eléments constitutifs...........................................................................8
II. Régime répressif................................................................................9
07. Abstention coupable d’un fonctionnaire...............................................9
I. Eléments constitutifs...........................................................................9
II. Poursuites.........................................................................................10
0.8. Abstention d’accomplir un acte de fonction requis à l’occasion
d’abus ou de mise en danger d’un enfant.................................................12
09. Abstention d’apporter secours à une personne en danger.............12
I. Conditions préalables et Eléments constitutifs..................................12
II. Poursuites.........................................................................................12
10. Abstention d’assistance contre une infraction....................................13
I. Conditions préalables et Eléments constitutifs..................................13
II. Poursuites.........................................................................................14
11. Abstention de combattre l’ennemi......................................................15
I. Conditions préalables........................................................................15
II. Eléments constitutifs........................................................................15
12. Abstention de donner des soins préventifs requis à l’enfant..........15
13. Abstention de porter assistance à une femme en instance d’accouche-
ment..........................................................................................................16
14. Abstention de porter secours à un enfant menacé d’atteinte immi-
nente à sa vie.............................................................................................16
15. Abus des biens d’un enfant.................................................................16
16. Abus des biens sociaux.......................................................................16
1 .Responsabilité personnelle des dirigeants........................................16
2. Biens sociaux, objet de la protection légale.....................................16
17. Abus de confiance..............................................................................18
I. Conditions préalables et éléments constitutifs..................................19
II. Régime juridique et Poursuites........................................................22
18. Abus de dot.........................................................................................23
I. Définition..........................................................................................23
II. Poursuites.........................................................................................24
19. Abus des croyances superstitieuses....................................................24
20. Abus du droit de réquisition...............................................................25
I. Eléments constitutifs.........................................................................25
II. Régime juridique..............................................................................26
21. Accès illicite aux zones protégées......................................................26
I. Eléments constitutifs.........................................................................26
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
660

II. Répression........................................................................................26
22. Accusation de sorcellerie à l’égard d’un enfant................................27
23. Achat et vente illicite des substances minérales.................................27
24. Actes d’anthropophagie......................................................................27
25. Actes de commerce en temps de guerre avec un agent d’une puis-
sance ennemie...........................................................................................27
26. Actes de cruautés infligés aux animaux.............................................27
27. Actes de violence dans un bureau de vote..........................................27
28. Activités minières illicites..................................................................27
29. Administration des substances nuisibles............................................27
I. Eléments constitutifs.........................................................................27
II. Poursuites.........................................................................................28
30. Administration volontaire à un enfant des substances nuisibles...29
31. Adultère..............................................................................................29
I. Eléments constitutifs.........................................................................30
II. Poursuites.........................................................................................31
32. Anthropophagie..................................................................................32
I. Définition..........................................................................................32
II. Eléments constitutifs........................................................................32
III. Poursuites........................................................................................33
IV. Prescription de l’action publique....................................................33
33. Arrangement avec le pouvoir ennemi.................................................34
Eléments constitutifs.............................................................................34
II. Sanctions applicables.......................................................................34
34. Arrestation arbitraire et détention illégale..........................................35
I. Eléments constitutifs.........................................................................35
II. Poursuites.........................................................................................37
35. Arrestation d’un enfant.......................................................................37
36. Assassinat...........................................................................................37
I. Eléments constitutifs.........................................................................38
I. Régime répressif................................................................................39
37. Association de malfaiteurs..................................................................40
I. Eléments constitutifs.........................................................................40
II. Poursuites.........................................................................................43
38. Association formée dans le but d’attenter aux personnes et aux
propriétés..................................................................................................43
39. Atteinte à la liberté de commerce.......................................................43
40. Atteinte à la liberté des cultes et de conscience..................................45
I. Eléments constitutifs.........................................................................45
II. Poursuites.........................................................................................46
41. Atteinte à la sûreté de l’Etat...............................................................46
Catalogue des infractions 661

I. Poursuites..........................................................................................47
42. Atteinte au secret de la défense nationale...........................................48
43. Atteinte aux droits garantis aux particuliers.......................................48
I. Eléments constitutifs de l’atteinte aux droits garantis aux particuliers
..............................................................................................................48
b. L’élément moral...............................................................................49
II. Poursuites.........................................................................................49
a) Le texte légal est l’article 180 Code Pénal LII.............49
44. Attentat à la liberté individuelle.........................................................50
45. Attentat à la pudeur.............................................................................50
I. Eléments constitutifs.........................................................................50
2. L’élément moral...............................................................................50
II. Poursuites.........................................................................................51
46. Attentat à la pudeur commis avec violence........................................51
47. Attentat à la pudeur sans violence commis sur le mineur.................52
48. Attentat aux mœurs.............................................................................52
I. Poursuites..........................................................................................52
49. Attentats et complots tendant à porter le massacre, la dévastation ou le
pillage.......................................................................................................53
50. Avortement.........................................................................................54
I. Eléments constitutifs.........................................................................54
II. Régime répressif..............................................................................55
51. Avortement par autrui.........................................................................56
52. Avortement sur soi-même..................................................................56
53. Banqueroute........................................................................................57
54. Banqueroute frauduleuse (art.86) :.....................................................57
55. Banqueroute simple (art 87)...............................................................58
56. Baptême d’un adepte Zaïrois en lui conférant une appellation aux
résonances étrangères...............................................................................58
57. Bigamie...............................................................................................59
I. Eléments constitutifs.........................................................................59
II. Poursuites.........................................................................................60
58. Blanchiment des capitaux...................................................................60
59. Bris de scellés.....................................................................................62
I. Eléments constitutifs.........................................................................62
II. Poursuites.........................................................................................62
60. Campagne électorale en dehors de la période légale..........................64
61. Cannibalisme......................................................................................64
62. Carte nationale d’identité....................................................................64
63. Capitulation........................................................................................65
I. Eléments constitutifs.........................................................................65
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
662

II. Régime répressif..............................................................................66


64. Cel frauduleux....................................................................................66
I. Eléments constitutifs.........................................................................66
II. Poursuites.........................................................................................67
a)Quel est le texte légal ?..........................................................67
65. Change................................................................................................68
66. Chantage.............................................................................................69
67. Chanvre à fumer.................................................................................70
I. Poursuites..........................................................................................70
68. Chasse illicite......................................................................................71
I. Infractions proprement dites en matière de chasse............................71
II. Régime des poursuites.....................................................................72
69. Cinéma (enfants non admis)...............................................................72
70. Clientélisme........................................................................................73
I. Eléments constitutifs proprement dits...............................................73
II. Régime répressif..............................................................................74
71. Code de passation des marchés publics..............................................74
72. Code forestier.....................................................................................76
I. Infractions proprement dites et pénalités..........................................76
II. Régime répressif..............................................................................80
73. Code minier........................................................................................80
I. Infractions et Pénalités......................................................................81
II. Tribunal pénalement compétent.......................................................83
74. Collecte illégale..................................................................................83
75. Commerce triangulaire.......................................................................84
76. Complot contre le chef de l’Etat.........................................................84
77. Complot militaire................................................................................85
Eléments constitutifs.............................................................................85
78. Complots tendant à porter le massacre, la dévastation ou le pillage. .86
79. Comptabilité.......................................................................................86
I. Infractions et sanctions......................................................................86
II. Tribunal pénalement compétent.......................................................87
80. Concours de pronostics.......................................................................87
I. Définition..........................................................................................87
II. Poursuites.........................................................................................88
81. Concussion..........................................................................................88
I. Eléments constitutifs.........................................................................88
II. Poursuites.........................................................................................89
82. Concurrence déloyale.........................................................................90
I. Actes contraires aux usages honnêtes en matière commerciale et in-
dustrielle...............................................................................................90
Catalogue des infractions 663

II. Eléments constitutifs........................................................................91


III. Poursuites........................................................................................91
83. Constitution illégale d’une juridiction répressive...............................92
I. Eléments constitutifs.........................................................................92
II. Régime répressif..............................................................................93
84. Contamination délibérée d’un enfant du Vih/sida..............................93
85. Contravention aux dispositions de la loi du 10 janvier 2009 sur les
pires formes de travail de l’enfant............................................................93
86. Contraventions routières.....................................................................93
87. Contrefaçon........................................................................................97
I. Eléments constitutifs.........................................................................97
II. Poursuites.........................................................................................97
a) Quel est le texte légal en la matière ?.............................97
b) Quelles pénalités sont-elles prévues ?............................97
88. Contrefaçon de la propriété industrielle.............................................98
89. Contrefaçon des bulletins de vote.......................................................99
90. Contrefaçon des dénominations commerciales, géographiques et des
enseignes...................................................................................................99
91. Contrefaçon des dessins et des modèles industriels.........................100
92. Contrefaçon des inventions et des découvertes................................100
Nous avons dit que le brevet d’inventions ou de décou-
vertes confère à son titulaire un droit exclusif d’exploitation
temporaire.....................................................................................................................
1° Ce titulaire a le droit d’interdire à toute personne l’exer-
cice des activités couvertes par un brevet.......................................................
3° Le fait de rendre public, de divulguer les inventions et
les découvertes déclarées secrètes sans autorisations, de
divulguer le secret de fabrique, de délivrer copie des dé-
pôts secrets, d’exploiter librement des telles inventions ou
découvertes (art.40). Ce délit est passible de trois mois à un
an et d’une amende...................................................................................................
Les agissements illicites de la personne coupable doivent
avoir été réalisés de mauvaise foi.......................................................................
II. Régime répressif............................................................................101
93. Contrefaçon des marques de fabrique et service..............................102
I. Objets protégés................................................................................102
II. Agissements répréhensibles et élément moral...............................102
94. Contrefaçon des œuvres littéraires et artistiques..............................103
I. Eléments constitutifs.......................................................................103
II. Régime répressif............................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
664

95. Contrefaçon, falsification ou altération des documents délivrés par


les autorités militaires.............................................................................105
I. Eléments constitutifs proprement dits.............................................105
II. Régime répressif............................................................................105
96. Correspondances avec un ressortissant d’une puissance ennemie
105
97. Corruption.........................................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. L’infraction : corruption active et passive.....................................105
III. Eléments constitutifs.....................................................................105
IV. Actes constitutifs de la corruption................................................105
V. Régime répressif et règles de poursuites.......................................105
VI. Particularités.................................................................................105
98. Corruption active..............................................................................105
99. Corruption dans le secteur privé.......................................................105
100. Corruption des agents des services publics de l’Etat habilités à pro-
céder aux opérations minières................................................................105
101. Corruption passive..........................................................................105
102. Coups et blessures..........................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Les éléments constitutifs................................................................105
III. Les causes d’irresponsabilité........................................................105
IV. Les circonstances aggravantes......................................................105
103. Coups et blessures aggravés...........................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Des Poursuites................................................................................105
a)Texte légal..................................................................................105
b) Peines prévues........................................................................105
104. Coups et blessures ayant entraîné la mort......................................105
105. Coups et blessures ayant entraîné une maladie..............................105
106. Coups et blessures donnés avec préméditation...............................105
107. Coups et blessures Involontaires....................................................105
108. Coups et blessures par imprudence................................................105
109. Coups et blessures portés sur l’auteur d’un accident de circulation
................................................................................................................105
110. Coups et blessures portés sur les membres des corps constitués....105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif applicable...........................................................105
a)Disposition légale....................................................................105
111. Coups et blessures simples.............................................................105
112. Coups et blessures volontaires........................................................105
Catalogue des infractions 665

113. Coups et blessures volontaires, ayant entraîné la mort, sur un enfant


................................................................................................................105
114. Coups et blessures volontaires, ayant entraîné une incapacité, sur un
enfant......................................................................................................105
115. Coups et blessures volontaires, ayant entraîné une mutilation, sur un
enfant......................................................................................................105
116. Coups et blessures volontaires portés sur un enfant.......................105
117. Coups et blessures volontaires portés sur une femme enceinte......105
118. Crédit..............................................................................................105
119. Crime de génocide..........................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime juridique............................................................................105
120. Crimes contre l’humanité...............................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
III. Infractions constitutives des crimes contre l’humanité................105
IV. Sanctions......................................................................................105
121. Crimes de guerre.............................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
122. Crime en col blanc..........................................................................105
123. Débauche........................................................................................105
124. Débauche, prostitution, jeu et trafic................................................105
125. Débits de boissons et Night-clubs..................................................105
126. Défaitisme.......................................................................................105
127. Défaut d’assurance automobile......................................................105
I. Des éléments constitutifs.................................................................105
II. Des poursuites................................................................................105
128. Défaut d’assurance obligatoire de la responsabilité civile des construc-
teurs pendant la période décennale..........................................................105
129. Défaut d’assurance obligatoire de la responsabilité civile des
constructeurs pendant la période de construction...................................105
130. Défaut d’assurance obligatoire de la responsabilité décennale des
constructeurs...........................................................................................105
131. Défaut d’assurance obligatoire des risques d’incendie de bâtiments
................................................................................................................105
132. Défaut d’assurance tous risques chantiers......................................105
133. Défaut de carte d’identité...............................................................105
134. Défaut de déclaration de naissance ou fausse déclaration devant l’of-
ficier de l’état civil..................................................................................105
Poursuites............................................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
666

a)Dispositions légales applicables........................................105


b) Pénalités applicables :.........................................................105
135. Défaut de qualité pour exercer la profession de commerçant........105
136. Délaissement d’un enfant...............................................................105
137. Délit d’audience..............................................................................105
138. Délit de fuite...................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
139. Délits de presse..............................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Responsabilité pénale.....................................................................105
III. Droit de réponse, Rectification et Rétractation............................105
IV. Tribunal compétent.......................................................................105
140. Délit de souteneur...........................................................................105
Poursuites............................................................................................105
a) Disposition légale...................................................................105
b) Pénalités....................................................................................105
141. Délit d’initié....................................................................................105
142. Déni de justice................................................................................105
143. Dénonciation calomnieuse..............................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
144. Denrées alimentaires.......................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Pénalités.........................................................................................105
145. Déplacement ou rétention illicites de l’enfant à l’étranger.............105
146. Déportation.....................................................................................105
147. Désarmement ou démoralisation de la troupe................................105
148. Désertion.........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Autres désertions............................................................................105
149. Désertion à bande armée.................................................................105
150. Désertion à l’ennemi ou en présence de l’ennemi..........................105
151. Désertion à l’étranger.....................................................................105
152. Désertion avec complot..................................................................105
153. Désertion simple.............................................................................105
154. Destruction......................................................................................105
155. Destruction d’actes ou de titres......................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
156. Destruction d’animaux...................................................................105
Catalogue des infractions 667

157. Destruction des bulletins de vote....................................................105


158. Destruction des constructions, machines ou autres objets d’utilité
publique..................................................................................................105
159. Destruction des constructions, machines, tombeaux et monuments -
destruction et dégradation d’arbres, récoltes et autres propriétés...........105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
160. Destruction des récoltes..................................................................105
161. Destruction des tombeaux, monuments et autres objets de décora-
tion publique...........................................................................................105
162. Destruction du matériel de vote......................................................105
163. Destruction et dégradation d’arbres, récoltes ou autres propriétés.105
164. Destruction méchante.....................................................................105
165. Destruction méchante des animaux................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
166. Destruction méchante des biens d’un enfant..................................105
167. Détention d’enfants dans le but d’abuser d’eux sexuellement.......105
168. Détention des animaux sauvages....................................................105
Régime répressif.................................................................................105
169. Détention d’ivoire brut...................................................................105
170. Détention et rétention des stocks....................................................105
171. Détention illégale d’armes et munitions.........................................105
I. Considérations.................................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
II. De la répression..............................................................................105
172. Détention illicite des documents.....................................................105
173. Détention illicite des substances minérales....................................105
174. Détournement d’aéronef.................................................................105
175. Détournement de main-d’œuvre.....................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
176. Détournement des deniers publics ou privés..................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif et poursuites.......................................................105
III. Restitutions et dommages-intérêts................................................105
177. Détournement des effets militaires.................................................105
I. Eléments constitutifs spécifiques....................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
178. Détournement des substances minérales........................................105
179. Détournement des travailleurs........................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
668

180. Détournement d’objets saisis..........................................................105


I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites......................................................................................105
181. Détournement d’objets saisis, mis sous séquestre ou confisqués...105
I. Eléments constitutifs de l’infraction ?.............................................105
II. Régime répressif............................................................................105
182. Diffamation.....................................................................................105
183. Diffamation et médias....................................................................105
184. Discrimination................................................................................105
I. Eléments constitutifs de l’infraction de discrimination...................105
II. Régime répressif............................................................................105
185. Discrimination à l’endroit d’une personne vivant avec le VIH/Sida
................................................................................................................105
186. Discrimination dans les magasins et autres lieux publics...............105
187. Dissipation des effets militaires ou des effets de l’Etat..................105
I. Eléments constitutifs propres..........................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
188. Distillerie clandestine.....................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites et pénalités....................................................................105
189. Divagation d’animaux....................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. De la répression liée à cette infraction...........................................105
190. Divagation des chiens.....................................................................105
191. Divulgation des informations secrètes............................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Pénalités y afférentes.....................................................................105
192. Don aux membres des bureaux de vote..........................................105
193. Drogues...........................................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
III. Textes légaux et sanctions............................................................105
194. Droit de correction..........................................................................105
195. Droits intellectuels..........................................................................105
196. Duel................................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
197. Duel aggravé...................................................................................105
198. Duel simple.....................................................................................105
199. Elections.........................................................................................105
A. Infractions à l’occasion de l’identification et de l’enrôlement des
électeurs..............................................................................................105
Catalogue des infractions 669

B. Infractions électorales proprement dites........................................105


200. Emission de chèque sans provision................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
201. Emploi abusif de patrimoine militaire............................................105
I. Régime répressif..............................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
202. Emploi d’effet de commerce tiré sans droit....................................105
203. Emploi de l’emblème de la croix rouge..........................................105
204. Emploi de prisonniers de guerre.....................................................105
I. Conditions préalables......................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
III. Répression....................................................................................105
205. Emploi des enfants dans les bars et autres lieux publics................105
206. Empoisonnement............................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
207. Empoisonnement des eaux ou des denrées consommables............105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
208. Engagement d’individus pour intimider les électeurs......................105
209. Enlèvement.....................................................................................105
210. Enlèvement ou déplacement des bornes.........................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
211. Enlèvement des personnes..............................................................105
212. Enlèvement d’un enfant..................................................................105
213. Enlèvement d’un enfant en procédure devant le tribunal...............105
Voir protection pénale de l’enfant après sa naissance......................................................
214. Enrôlement d’enfants dans les forces, groupes armés et police.......105
215. Enrôlement non autorisé des militaires..........................................105
216. Entraînement, embauchage, et détournement en vue de la débauche
ou de la prostitution................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
217. Entraves à l’activité de l’administration des mines........................105
218. Entraves à la liberté des transactions ou troubles au marché public
................................................................................................................105
219. Entraves à l’exécution des travaux publics.....................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
670

a) Le texte de loi est le code pénal livre II en ses ar-


ticles 141 et 142. Ces dispositions légales sanctionnent
l’auteur des entraves de huit jours à trois mois de servi-
tude pénale principale et d’une amende ou de l’une des
peines seulement. La peine est appliquée à condition
que l’entrave soit accompagnée des voies de fait ou me-
naces. En cas d’attroupement ou violences, la peine est
de trois mois à deux ans de servitude pénale et
d’amende ou de l’une de ces peines uniquement..........105
220. Entraves à manifestation pendant la campagne électorale.............105
221. Entraves à une décision de fermeture d’un établissement du siège,
d’une succursale ou d’une agence pour non immatriculation au Registre
de Commerce..........................................................................................105
222. Entraves volontaires à l’exercice des Fonctions des agents commis-
sionnés....................................................................................................105
223. Entraves volontaires à l’exercice des fonctions des agents des af-
faires économiques.................................................................................105
224. Entrée en armes dans un centre d’inscription ou dans un bureau de
vote.........................................................................................................105
225. Entreprise de démoralisation de l’armée........................................105
I. Personnes susceptibles de commettre l’infraction..........................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
226. Epreuves superstitieuses commises sur un enfant..........................105
227. Epreuves superstitieuses ou pratiques barbares..............................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
228. Esclavage........................................................................................105
I Eléments constitutifs........................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
229. Esclavage sexuel.............................................................................105
230. Esclavage sexuel d’un enfant.........................................................105
231. Escroquerie.....................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II Poursuites.......................................................................................105
232. Escroquerie au préjudice d’un enfant.............................................105
233. Espionnage......................................................................................105
234. Etat d’ébriété dans le bureau de vote..............................................105
235. Euthanasie.......................................................................................105
Poursuites............................................................................................105
236. Evasion de détenus.........................................................................105
Catalogue des infractions 671

I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
Recel ou prise à son service d’une personne recherchée pour évasion
............................................................................................................105
237. Evasion de détenus ou de prisonniers de guerre.............................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
238. Excision..........................................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
239. Excitation des mineurs à la débauche.............................................105
240. Exercice du commerce sans être immatriculé au registre de com-
merce......................................................................................................105
241. Exercice du commerce sans remplir les conditions........................105
242. Exercice du petit commerce sans patente en cours de validité.......105
243. Exercice illégal de l’art de guérir...................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
244. Exercice illégal de la pharmacie.....................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
245. Exhibition sexuelle.........................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
b) L’élément moral.....................................................................................................
II. Répression de l’infraction d’exhibition sexuelle...........................105
246. Exhibition sexuelle d’un enfant......................................................105
247. Exigence des frais scolaires exorbitants.........................................105
248. Expérimentation médicale sur un enfant........................................105
249. Exploitation des personnes vivant avec le Vih/Sida.......................105
250. Exploitation habituelle de la débauche ou prostitution........................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
251. Extorsion.........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
252. Fabrication et mise en circulation de fausse monnaie métallique. 105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
253. Fabrication et mise en circulation de faux billets de banque..........105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
672

254. Fabrication et mise en circulation d’objets ressemblant aux signes


monétaires...............................................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Répression de cette infraction........................................................105
255. Facilitation de la fraude électorale..................................................105
256. Falsification de sceaux....................................................................105
I. Personnes susceptibles de commettre l’infraction..........................105
II. Régime répressif............................................................................105
257. Falsification du procès-verbal des opérations électorales..............105
258. Falsification du relevé du dépouillement des opérations électorales
................................................................................................................105
259. Fausses déclarations dans une demande d’immatriculation au re-
gistre de commerce.................................................................................105
260. Fausses déclarations devant les officiers de l’état civil.....................105
261. Fausses déclarations émanant d’interprètes et d’experts................105
I. Conditions et sanctions....................................................................105
II. Compétence et prescription............................................................105
262. Fausses déclarations en justice.......................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
263. Fausses déclarations en matière de transport..................................105
264. Faux bruits......................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
265. Faux certificats délivrés par un fonctionnaire................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
266. Faux commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions
................................................................................................................105
267. Faux en écriture..............................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
268. Faux en écriture en matière électorale............................................105
269. Faux portant sur une carte d’électeur.............................................105
270. Faux-monnayage............................................................................105
271. Faux serment...................................................................................105
a) Champ d’application......................................................................105
b) Eléments constitutifs......................................................................105
c) Compétence et prescription............................................................105
272. Faux témoignage.............................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
Catalogue des infractions 673

II. Poursuites.......................................................................................105
273. Feu de brousse................................................................................105
274. Filouterie.........................................................................................105
275. Financement du terrorisme.............................................................105
276. Fourniture de fausses informations.................................................105
I. Éléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
277. Grivèlerie........................................................................................105
278. Grivèlerie d’aliments ou de boissons.........................................................
279. Grivèlerie de logement...................................................................105
280. Grivèlerie de voiture de louage......................................................105
281. Grossesse forcée.............................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Les éléments constitutifs de la grossesse forcée............................105
III. Régime juridique..........................................................................105
282. Haine et aversion raciale.................................................................105
I. Textes légaux et Bref aperçu historique..........................................105
II. Éléments constitutifs......................................................................105
III. Modalités de répression................................................................105
283. Harcèlement sexuel.........................................................................105
I. Les éléments constitutifs.................................................................105
II. Régime juridique............................................................................105
284. Harcèlement sexuel sur un enfant...................................................105
285. Hausse ou baisse des prix...............................................................105
286. Haute trahison.................................................................................105
287. Homicide involontaire....................................................................105
I. Eléments constitutifs de l’homicide involontaire............................105
II. Poursuites.......................................................................................105
288. Homicide par imprudence..............................................................105
289. Homicide préterintentionnel...........................................................105
290. Homicide volontaire.......................................................................105
291. Homosexualité................................................................................105
292. Hôtel...............................................................................................105
293. Images et écrits contraires aux bonnes mœurs...............................105
294. Importation et commerce des articles de vêtements usagers..........105
295. Imposition d’amendes collectives..................................................105
I. Conditions préalables......................................................................105
II. Eléments constitutifs proprement dits............................................105
III. Régime répressif...........................................................................105
296. Imputations calomnieuses...............................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
674

II. Poursuites.......................................................................................105
297. Imputations calomnieuses de nature à inciter autrui à commettre une
infraction.................................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
298. Imputations de sorcellerie...............................................................105
299. Imputation dommageable à un enfant............................................105
300. Imputations dommageables ou diffamation...................................105
I. Préalables........................................................................................105
II. Eléments constitutifs proprement dits............................................105
III. Poursuites......................................................................................105
301. Imputations dommageables et médias............................................105
302. Incendie de la chose d’autrui..........................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
303. Incendie de sa propre chose............................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
304. Incendie involontaire de la propriété d’autrui................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
305. Incendie involontaire des herbes et végétaux sur pied..................105
306. Incendie par communication..........................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
307. Incendie volontaire.........................................................................105
308. Inceste.............................................................................................105
309. Incitation à des manquements envers l’autorité publique..............105
310. Incitation à la désobéissance civile.................................................105
303. Incitation à la haine raciale.............................................................105
304. Incitation de militaires à commettre des actes contraires aux devoirs
et à la discipline......................................................................................105
I. Les éléments constitutifs.................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
305. Incitation de mineur à la débauche.................................................105
306. Incitation d’un enfant à des relations sexuelles avec un animal.....105
307. Incitation d’un enfant à la débauche ou à la corruption................105
308. Incitation d’un enfant au suicide....................................................105
309. Inconduite et indiscipline notoires..................................................105
310. Infanticide.......................................................................................105
311. Infraction flagrante ou réputée telle................................................105
Catalogue des infractions 675

312. Inhumations irrégulières.................................................................105


313. Injure...............................................................................................105
314. Injure publique ou privée................................................................105
I. Conditions préalables......................................................................105
II. Eléments constitutifs proprement dits............................................105
III. Poursuites......................................................................................105
315. Injure simple...................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
316. Insoumission...................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
317. Intelligences avec l’agent d’une puissance ennemie......................105
318. Interdiction des maisons de prostitution.........................................105
I. Eléments constitutifs de l’infraction...............................................105
II. Régime répressif............................................................................105
319. Interdiction des produits cosmétiques contenant de l’hydroquinone
................................................................................................................105
319. Interdiction du commerce d’alcools, eau- de-vive et liqueurs condi-
tionnés dans les sachets..........................................................................105
320. Introduction des boissons alcoolisées ou des stupéfiants dans un
centre d’inscription.................................................................................105
321. Ivresse au volant.............................................................................105
I. Eléments constitutifs de l’ivresse au volant....................................105
II. Régime répressif............................................................................105
322. Ivresse publique..............................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
III. Poursuites......................................................................................105
323. Jet de bouteilles et fragments de verres sur la voie publique.........105
324. Jet de débris le long des voies ferrées.............................................105
325. Jet imprudent..................................................................................105
326. Jet sur une personne d’une chose de nature à l’incommoder ou à la
souiller....................................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
327. Jeux de hasard.................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
L’arrêté du Gouverneur Général du 19 janvier 1901 modifié par les
ordonnances n° 93/AIMO du 28 mars 1942, B.A., p. 361 et n° 92/
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
676

AIMO du 21 avril 1945. Les pénalités prévues sont l’amende et la ser-


vitude pénale n’excédant pas deux mois ou une de ces peines..........105
328. Lâcheté............................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Pénalités prévues............................................................................105
329. Lésions corporelles involontaires...................................................105
I Eléments constitutifs........................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
330. Lésions corporelles volontaires......................................................105
331. Loterie.............................................................................................105
332. Manifestations de racisme ou d’intolérance religieuse..................105
333. Manifestations et réunions publiques.............................................105
Réglementation des manifestations....................................................105
334. Maraudage......................................................................................105
335. Mariage avant l’expiration du délai d’attente.................................105
336. Mariage d’un enfant ou mariage forcé d’un enfant.......................105
337. Mariage d’un interdit......................................................................105
338. Mariage d’un mineur......................................................................105
339. Mariage d’une fille impubère.........................................................105
340. Mariage forcée................................................................................105
341. Mariage illicite................................................................................105
342. Mariage incestueux.........................................................................105
343. Mariage homosexuel.......................................................................105
344. Mauvais traitement au veuf ou à la veuve....................................105
345. Mauvais traitement et actes de cruauté infligés aux animaux........105
346. Menaces..........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
347. Menaces d’attentat..........................................................................105
348. Mendicité et vagabondage..............................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
349. Meurtre...........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
350. Meurtre aggravé..............................................................................105
351. Meurtre commis pour assurer l’impunité.......................................105
352. Meurtre commis pour faciliter un vol.............................................105
353. Meurtre commis pour faciliter une extorsion.................................105
354. Meurtre simple................................................................................105
355. Milices privées................................................................................105
Catalogue des infractions 677

356. Mise à mort par représailles............................................................105


357. Mise en danger de la personne.......................................................105
358. Mise en danger d’un enfant............................................................105
359. Mise en exécution d’une mission de combat sans motifs offensifs
adéquats..................................................................................................105
360. Mouvements insurrectionnels.........................................................105
361. Mutilation de cadavre.....................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites......................................................................................105
362. Mutilations génitales.......................................................................105
363. Mutilation sexuelle.........................................................................105
363. Mutilation sexuelle d’un enfant......................................................105
364. Mutilation volontaire......................................................................105
365. Nom a consonance étrangère…......................................................105
366. Non accomplissement de l’obligation scolaire...............................105
367. Non accomplissement d’une mission relative aux opérations de
guerre......................................................................................................105
368. Non assistance à personne en danger.............................................105
I. Les éléments préalables...................................................................105
II. Les éléments constitutifs................................................................105
III. Régime répressif...........................................................................105
369. Non assistance à personne en danger de se perdre.........................105
I. Conditions préalables......................................................................105
II. Eléments constitutifs proprement dits............................................105
III. Poursuites et pénalités..................................................................105
370. Non dénonciation d’attentats contre la sûreté extérieure et intérieure
de l’Etat...................................................................................................105
371. Non dénonciation des violences commises sur un enfant..............105
372. Non dénonciation du racisme ou du tribalisme..............................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
373. Non dénonciation du terrorisme.....................................................105
374. Non envoi d’un enfant à l’école.....................................................105
375. Non présentation d’enfant..............................................................105
I. Eléments constitutifs de l’infraction...............................................105
II. De la répression..............................................................................105
376. Non présentation d’un enfant à ceux qui ont le droit de le réclamer
................................................................................................................105
377. Non publicité des prix.....................................................................105
378. Non publicité du Numéro d’identification Nationale.....................105
379. Numéro d’identification nationale..................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
678

I. Infractions à proprement parler.......................................................105


380. Objets contraires aux bonnes mœurs..............................................105
381. Obligation de dépôt obligatoire des publications...........................105
382. Occupation illégale.........................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
383. Offenses envers le chef de l’Etat....................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
384. Offenses envers les chefs de l’Etat ou chefs des gouvernements
étrangers..................................................................................................105
385. Offenses envers les diplomates étrangers.......................................105
386. Offenses envers l’emblème national...............................................105
387. Omission de porter secours aux blessés victimes d’accident de circu-
lation.......................................................................................................105
I. Conditions préalables......................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
III. Régime répressif...........................................................................105
388. Omission de porter témoignage......................................................105
389. Omission de porter témoignage en faveur d’un innocent...............105
390. Outrage à l’armée...........................................................................105
I. Les éléments constitutifs.................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
391. Outrage à magistrat.........................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
392. Outrage au drapeau.........................................................................105
393. Outrage au parlement......................................................................105
394. Outrage aux bonnes mœurs............................................................105
395. Outrage aux dépositaires de l’autorité publique.............................105
396. Outrage aux fonctionnaires publics................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
1. L’article 136 prévoit six à douze mois de servitude
pénale principale et l’amende ou l’une de ces peines en
cas d’outrage par parole, faits, gestes ou menaces com-
mis envers un membre du gouvernement, du parlement,
de la cour constitutionnelle dans l’exercice ou à l’occa-
sion de l’exercice de leurs fonctions ;.................................105
397. Outrage envers le chef de l’Etat.....................................................105
Catalogue des infractions 679

398. Outrage envers les agents diplomatiques........................................105


399. Outrage envers les chefs d’Etat étrangers.......................................105
400. Outrage envers les chefs des gouvernements étrangers..................105
401. Outrage envers les corps constitués et ses membres......................105
402. Outrage envers l’emblème national................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
403. Outrage public à la pudeur..............................................................105
404. Outrage public aux bonnes mœurs.................................................105
405. Outrage public aux bonnes mœurs par écrits..................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
406. Outrage ou violence envers les agents de l’administration de mines
................................................................................................................105
407. Outrage public aux bonnes mœurs par gestes................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
408. Outrage public aux bonnes mœurs par paroles...............................105
409. Ouverture ou suppression des lettres..............................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
410. Parricide..........................................................................................105
411. Participation à des bandes armées..................................................105
412. Participation à un mouvement insurrectionnel...............................105
413. Pédophilie.......................................................................................105
I. Conditions préalables......................................................................105
a) L’agent jouit d’un mandat du ministère de la Défense à
raison de sa fonction.........................................................................105
b) L’Etat congolais représenté par le ministère de la Dé-
fense, confère des prérogatives à un militaire ou autre per-
sonne à son service, de sauvegarder ses intérêts dans la
conclusion des marchés ou contrats d’affaires avec les
firmes privées ou les particuliers.................................................105
c) Les avis à émettre peuvent porter sur les prix, l’objet,
ou sur la clause des contrats.........................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
a) L’élément matériel consiste à prendre ou à recevoir une
participation par travail, conseils ou capitaux dans une en-
treprise privée, ou encore à conclure des marchés ou
contrats avec elle ou des particuliers.........................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
680

b) L’élément moral consiste en ce que l’agent prend


sciemment un intérêt dans une affaire que sa fonction lui
faisait un devoir de surveiller........................................................105
III. Régime répressif...........................................................................105
415. Photographie clandestine................................................................105
416. Photographies et dessins interdits...................................................105
417. Pillage.............................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
418. Pires formes de travail des enfants.................................................105
419. Police des étrangers........................................................................105
420. Polyandrie.......................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
421. Pornographie...................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
422. Pornographie mettant en scène des enfants....................................105
423. Port illégal des décorations.............................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
424. Poudres et Explosifs.......................................................................105
425. Pratiques barbares...........................................................................105
426. Pratiques d’associations confessionnelles non dotées de personnalité
juridique..................................................................................................105
427. Pratiques d’associations confessionnelles sans autorisation provi-
soire de fonctionnement..........................................................................105
428. Pratiques des prix illicites...............................................................105
429. Pratiques des sectes religieuses prohibées ou non dotées de person-
nalité juridique au zaïre..........................................................................105
430. Pratiques illégales des partis politiques..........................................105
431. Présence des mineurs dans les bars................................................105
432. Prêt à intérêts excessifs...................................................................105
433. Prise à partie...................................................................................105
434. Prise à son service d’une personne recherchée pour évasion.........105
435. Prise d’otages..................................................................................105
I. Eléments constitutifs de l’infraction de prise d’otages...................105
II. Régime répressif............................................................................105
436. Privation d’un enfant de sa capacité biologique de procréer..........105
437. Prix..................................................................................................105
I. Poursuites........................................................................................105
Catalogue des infractions 681

II. Infractions proprement dites..........................................................105


438. Profits tirés de la prostitution..........................................................105
439. Propagande anticonceptionnelle.....................................................105
440. Propagande antinataliste.................................................................105
441. Propagande en faveur de l’avortement...........................................105
442. Propagandes subversives................................................................105
443. Prostitution......................................................................................105
444. Prostitution d’enfants......................................................................105
445. Prostitution forcée...........................................................................105
446. Protection pénale de l’enfant..........................................................105
447. Protection pénale de l’enfant après sa naissance............................105
448. Protection pénale de l’enfant avant sa naissance............................105
449. Provocation à des manquements envers l’autorité publique..........105
450. Provocation à la désertion...............................................................105
451. Provocation à la désobéissance civile.............................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
452. Provocation à l’insoumission..........................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
453. Provocation au duel........................................................................105
454. Provocation des militaires à la désobéissance................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
455. Proxénétisme..................................................................................105
456. Proxénétisme à l’égard d’un enfant................................................105
457. Publication et distribution des écrits...............................................105
458. Publicité..........................................................................................105
459. Publicité des prix............................................................................105
460. Publicité illicite...............................................................................105
I. Définitions.......................................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
III. Poursuites......................................................................................105
461. Publicité médicale...........................................................................105
462. Publicité mensongère......................................................................105
463. Publicité sur le tabac.......................................................................105
464. Publicité sur les boissons alcoolisées.............................................105
465. Racisme et tribalisme......................................................................105
466. Rébellion.........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
682

467. Recel...............................................................................................105
468. Recel de déserteur...........................................................................105
469. Recel de malfaiteurs.......................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime des poursuites...................................................................105
470. Recel des malfaiteurs et d’espions..................................................105
471. Recel des substances minérales......................................................105
472. Recel d’objets.................................................................................105
I. Eléments constitutifs du recel d’objets............................................105
II. Régime répressif............................................................................105
473. Recel d’une personne recherchée pour évasion..............................105
474. Recel frauduleux.............................................................................105
475. Récusation......................................................................................105
476. Refus d’apporter assistance aux victimes de calamité publique.....105
I. Conditions préalables......................................................................105
II. Eléments constitutifs proprement dits............................................105
III. Régime répressif...........................................................................105
476. Refus d’assurer à son enfant les vaccinations et autres soins préven-
tifs...........................................................................................................105
477. Refus de cohabitation.....................................................................105
478. Refus de comparaître......................................................................105
479. Refus de constater une infraction...................................................105
480. Refus de dénoncer les actes de terrorisme......................................105
481. Refus de déposer.............................................................................105
482. Refus de prêter serment..................................................................105
483. Refus de renseigner........................................................................105
484. Refus de répondre à une convocation.............................................105
486. Refus de sauvetage après abordage................................................105
I. Conditions préalables......................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
III. Régime répressif...........................................................................105
487. Refus de témoigner.........................................................................105
488. Refus d’obéissance.........................................................................105
I. Eléments constitutifs du refus d’obéissance....................................105
II. Régime répressif............................................................................105
489. Refus d’un service dû légalement...................................................105
490. Refus de vendre..............................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
491. Registre de commerce....................................................................105
492. Remise en circulation de fausse monnaie reçue comme bonne......105
Catalogue des infractions 683

I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
493. Rémunérations illicites...................................................................105
I. Personnes punissables.....................................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
494. Retard de paiement.........................................................................105
495. Rétention illicite des documents.....................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
496. Révélation de l’existence ou du contenu des lettres.......................105
I. Eléments constitutifs de l’infraction...............................................105
II. Régime répressif............................................................................105
a) Quelle est la punition à infliger ?....................................105
497. Révélation du secret professionnel.................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
498. Révélation du statut sérologique au VIH/sida d’une personne.......105
499. Révolte militaire.............................................................................105
500. Rupture de ban................................................................................105
501. Sabotage..........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
502. Séquestre sans ordre des personnes durant les hostilités................105
503. Séquestration..................................................................................105
504. Soustraction d’un enfant à la garde des personnes ou à l’institution à
la quelle l’autorité judiciaire l’a confiée.................................................105
505. Soustraction d’un enfant à la procédure intentée contre lui en vertu
de la loi...................................................................................................105
506. Soustraction des bulletins en vue de fausser les résultats du vote..105
507. Souteneur et proxénétisme..............................................................105
508. Spectacles et Représentations.........................................................105
509. Stellionat.........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites......................................................................................105
510 Stérilisation forcée...........................................................................105
I. Définition de la stérilisation forcée.................................................105
II. Administration de la preuve...........................................................105
III. Régime juridique..........................................................................105
511. Stigmatisation à l’endroit d’une personne vivant avec le VIH/Sida
................................................................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
684

I. Actes interdits par le législateur......................................................105


L’état de sérologie ne peut constituer :.............................................................................
II. Régime répressif............................................................................105
512. Stupéfiants......................................................................................105
513. Subornation des témoins.................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites et texte légal.................................................................105
514. Substitution d’enfant.......................................................................105
515. Suicide............................................................................................105
516. Supposition d’enfant.......................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
517. Suppression des lettres....................................................................105
518. Tapage nocturne.............................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
519. Télécommunications.......................................................................105
I. Infractions proprement dites............................................................105
II. Procédure.......................................................................................105
520. Témoin récalcitrant.........................................................................105
521. Tenue d’une maison de débauche ou de prostitution.....................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
522. Terrorisme......................................................................................105
I. Conditions essentielles du terrorisme..............................................105
I. Régime répressif..............................................................................105
523. Tortures corporelles........................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
524. Torture soumise à un enfant...........................................................105
525. Trafic de fausse monnaie................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
526. Trafic et exploitation d’enfants à des fins sexuelles.......................105
527. Trafic d’influence...........................................................................105
I. Personnes à poursuivre....................................................................105
II. Eléments constitutifs proprement dits............................................105
III. Poursuites.....................................................................................105
528. Trahison..........................................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
I. Régime répressif..............................................................................105
Catalogue des infractions 685

529. Traite d’enfants...............................................................................105


530. Transmission délibérée des infections sexuellement transmissibles
incurables................................................................................................105
I. Définition et élément légal..............................................................105
II. Eléments constitutifs propres.........................................................105
a) L’infection doit être transmise sexuellement. Les or-
ganes sexuels sont les moyens et les instruments par les-
quels l’infection est transmise. Ce qui veut dire que cette
infraction exclut toute autre mode de transmission, autre
que sexuel..............................................................................................105
b) L’infection transmise doit être incurable. La preuve de
l’incurabilité de l’infection transmise doit être prouvée par
l’expertise médicale, clinique, ou autre notoirement recon-
nue............................................................................................................105
c) Il doit être administré la preuve que l’auteur a sciem-
ment voulu transmettre l’infection sexuellement incurable à
son partenaire. Peu importe que le partenariat soit occa-
sionnel ou durable dans le temps (mariage). L’agent peut
avoir été mû par le désir de vengeance, ou par toute autre
motivation. Ceci suppose la connaissance par l’auteur de
son état médical de personne atteinte par l’infection incu-
rable à transmettre............................................................................105
III. Répression légale de cette infraction............................................105
531. Transmission délibérée du Vih/sida...............................................105
I. Eléments constitutifs de la transmission délibérée du vih/sida.......105
II. Moyens de répression....................................................................105
532. Transport d’objets postaux.............................................................105
533. Transport illicite des substances minérales....................................105
534. Travail de l’enfant..........................................................................105
535. Travail obligatoire des civils..........................................................105
536. Tribalisme et racisme......................................................................105
537. Tromperie en matière commerciale................................................105
538. Tromperie sur la qualité de la chose vendue (art 99).....................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Modes de tromperie prévus par la loi............................................105
539. Tromperie sur la quantité de la chose vendue (art 100)...........105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif de la tromperie en matière commerciale............105
540. Usage de faux.................................................................................105
I. Eléments constitutifs de l’usage de faux.........................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
686

II. Régime répressif...........................................................................105


541. Usure (prêts à intérêts excessifs)....................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
542. Usurpation de commandement.......................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
543. Usurpation de fonctions publiques.................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
544. Usurpation du nom.........................................................................105
545. Utilisation d’un enfant aux fins de mendicité.................................105
546. Utilisation d’un enfant dans la criminalité.....................................105
547. Vagabondage et mendicité..............................................................105
548. Vente d’un enfant...........................................................................105
549. Vente ou gage de l’immeuble d’un enfant......................................105
550. Viol.................................................................................................105
I. Définition........................................................................................105
II. Quelles sont les innovations?.........................................................105
III. Eléments constitutifs du viol........................................................105
B. Les actes constitutifs du viol..................................................105
IV. Régime répressif...........................................................................105
551. Viol aggravé...................................................................................105
552. Viol à l’aide de violences...............................................................105
553. Viol-cas des époux..........................................................................105
554. Viol simple.....................................................................................105
555. Viol d’un enfant..............................................................................105
556. Violation de consigne.....................................................................105
557. Violation de domicile.....................................................................105
558. Violation de domicile avec menaces ou violences.........................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
559. Violation de domicile simple..........................................................105
I. Définition de la violation de domicile simple.................................105
II. Régime répressif des infractions de violation de domicile............105
560. Violation des règles d’hygiène et de sécurité.................................105
561. Violation des tombeaux..................................................................105
562. Violation du secret de correspondance...........................................105
563. Violation du secret des lettres.........................................................105
564. Violation du secret professionnel...................................................105
565. Violences dans les installations sportives.......................................105
Catalogue des infractions 687

566. Violences envers les populations civiles........................................105


567. Violences envers les représentants de l’autorité.............................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Poursuites.......................................................................................105
568. Violences légères et voies de fait...................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
569. Violences sexuelles.........................................................................105
I. Infractions constitutives de violences sexuelles..............................105
I. Régime répressif..............................................................................105
570. Viol réputé à l’aide de violence......................................................105
571. Voies de fait et outrage à subordonné............................................105
I. Actes constitutifs d’infractions........................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
572. Voies de fait et outrage à supérieur................................................105
573. Vol..................................................................................................105
I. Eléments constitutifs du vol............................................................105
II. Régime des poursuites de l’infraction de vol.................................105
III. Infraction assimilée au vol par le Code pénal (art 83)..................105
574. Vol aggravé....................................................................................105
575. Vol à l’aide de menaces (art.82du CPL II).....................................105
576. Vol à l’aide de violences (art.82du CPL II)....................................105
577. Vol à l’américaine..........................................................................105
578. Vol à mains armées.........................................................................105
579. Vol dans les champs.......................................................................105
580. Vol de chambrée.............................................................................105
I. Notions de vol de chambrée............................................................105
II. Eléments constitutifs......................................................................105
III. Régime répressif...........................................................................105
581. Vol d’énergie..................................................................................105
582. Vol de substances minérales...........................................................105
583. Vol des substances précieuses........................................................105
584. Vol des effets militaires..................................................................105
I. Eléments constitutifs.......................................................................105
II. Régime répressif............................................................................105
585. Vol domestique...............................................................................105
586. Vol d’un bien d’un enfant...............................................................105
587. Vol d’usage.....................................................................................105
588. Vol qualifié (art 81)........................................................................105
589. Vol qui a été l’occasion d’un meurtre (art 85)................................105
590. Vol simple.......................................................................................105
Bony CIZUNGU M. NYANGEZI
688

591. Zoophilie.........................................................................................105
BIBLIOGRAPHIE..............................................................................................................
I. Ouvrages et articles.............................................................................105
II. Textes officiels...................................................................................105
III. Jurisprudence....................................................................................105
IV. Revues..............................................................................................105
TABLE ALPHABETIQUE...............................................................................................

Maison d’Edition Laurent Nyangezi

Vous aimerez peut-être aussi