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Les Dragons de L'île Aux Tempêtes

La légende raconte la naissance des dragons Bahamut et Tiamat, qui ont engendré respectivement les dragons métalliques et chromatiques, entraînant une animosité entre les deux familles. Sur l'île des tempêtes, marquée par des événements tragiques liés à ces dragons, un magicien nommé Solas et un noble nommé Julrik s'embarquent pour une quête mystérieuse, attirés par des légendes sombres et des secrets oubliés. En chemin, ils rencontrent un nain clerc, Drungar, qui partage ses préoccupations sur une présence malveillante sur l'île, et ensemble, ils se préparent à affronter les dangers qui les attendent.

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Les Dragons de L'île Aux Tempêtes

La légende raconte la naissance des dragons Bahamut et Tiamat, qui ont engendré respectivement les dragons métalliques et chromatiques, entraînant une animosité entre les deux familles. Sur l'île des tempêtes, marquée par des événements tragiques liés à ces dragons, un magicien nommé Solas et un noble nommé Julrik s'embarquent pour une quête mystérieuse, attirés par des légendes sombres et des secrets oubliés. En chemin, ils rencontrent un nain clerc, Drungar, qui partage ses préoccupations sur une présence malveillante sur l'île, et ensemble, ils se préparent à affronter les dangers qui les attendent.

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D’après la légende, deux familles de dragons seraient nées dès les premiers jours de la

création du monde. Bahamut, le noble dragon de platine, a donné naissance aux dragons
métallique : or, argent, bronze, airain et cuivre. La cruelle Tiamat à cinq têtes à quant à elle
façonné les dragons chromatiques : rouge, bleu, vert, noir et blanc. Les dragons métalliques
et chromatiques font preuve d’une animosité mutuelle qui puise son origine dans
l’antagonisme entre Bahamut et Tiamat.

Le Repos du dragon trouve lui aussi ses origines dans cette opposition. Jadis une dragonne
rouge cracheuse de feu nommée Sharruth sema la mort sur la côte des épées. Trois dragons
métalliques unirent leurs forces pour terrasser Sharruth qu’ils emprisonnèrent sous les fonds
océaniques, convaincus que l’eau de mer allait éteindre son feu et la détenir à jamais. Mais le
courroux de Sharruth, raconte la légende, aurait éveillé l’activité volcanique qui fit surgir des
flots l’île des tempêtes.

Selon toute vraisemblance, Sharruth est morte depuis longtemps et ensevelie sous l’île, mais
les dragons chromatiques murmurent qu’elle vit toujours et qu’elle sortira un jour de sa
prison. Un fait demeure indéniable : la puissante magie incarnée dans un dragon vénérable a
laissé sa marque indélébile sur l’île aux tempêtes. Cette magie a attiré d’autres dragons sur
l’île au fil des siècles, ce qui en a fait un champ de bataille récurrent dans le conflit qui
oppose dragons métalliques et chromatiques. Plusieurs de ces dragons y ont péri, chacun
laissant derrière lui une cicatrice spirituelle qui provoque des effets magiques imprévisibles.

Il y a cent ans, un dragon bleu tenta de canaliser cette magie destructrice. Une dragonne de
bronze le supplia de renoncer à ce projet funeste. Se voyant opposer un refus, la dragonne se
résolut à le tuer, ajoutant une autre tombe de dragon sur l’île.
Prologue :

Sur la côte des épées, là où les vagues se brisaient contre les falaises avec une force
implacable, le port de Beaucanier était un lieu vivant, bouillonnant de commerce et de bruit.
Des marins harnachés et des marchands hâtifs arpentaient les quais, tandis que les voiles des
navires se déployaient au vent comme des ailes blanches, prêtes à s’échapper des rives
familières. L'air était salé, imprégné de l’odeur de poisson frais et de bois flotté. C'était un
endroit où le destin des aventuriers se croisait souvent avec celui des hommes de mer.

C’est dans ce décor que se distinguait un homme étrange. Un magicien elfe vêtu d'une robe
d’un bleu profond, presque sombre, dans laquelle dépassait le manche d’une épée courte.
Ses yeux, scintillant d’une lueur mystérieuse, étaient rivés sur un parchemin qu’il tenait serré
dans sa main. La lettre était jaunie par le temps et scellée d’une cire rouge, portant un
symbole ancien dont le sens échappait à la plupart des regards.

Les mots inscrits sur ce document résonnaient dans son esprit comme une mélodie
envoûtante : "Cherche le cloître sur l'île des tempêtes, là où la magie ancienne se mêle aux
murmures du vent." Cette quête, il le savait au plus profond de lui, serait la clé de son avenir.
Mais l'île des tempêtes n’était pas un lieu ordinaire. Elle était marquée par des légendes
sombres, des rumeurs de disparitions, et des histoires d’épaves englouties sous des vagues
furieuses. Les marins évitaient ses côtes comme la peste. Pourtant, c’était là que Solas, ce
magicien à la recherche de réponses, devait se rendre.

Il s'approcha d'un capitaine, un vieil homme aux mains pleines de marques laissées par des
années passées à manœuvrer les voiles. Le capitaine observait Solas d'un œil perçant,
cherchant à comprendre quel genre d’homme se présentait à lui.

— « Je cherche un navire pour l'île des tempêtes », annonça Solas d’une voix ferme, mais un
brin d'appréhension flottait dans ses mots. « Je suis prêt à payer le prix fort. »

Le capitaine, avec un sourire énigmatique, le scruta longuement avant de répondre.

— « L'île des tempêtes, hein ? Peu de gens osent y faire escale. Que voulez-vous vraiment là-
bas ? »

Un éclair de détermination traversa les yeux de Solas, qui répondit avec une clarté
inébranlable.

— « Je cherche des réponses. Un cloître qui détient des secrets oubliés. Je ne crains pas les
légendes. Car je porte en moi la magie des ancêtres. »

Le capitaine observa le magicien, semblant jauger la vérité de ses paroles. Finalement, il


acquiesça, mais il ne put s'empêcher d’ajouter :
— « Les tempêtes ne sont que l’un des dangers de l’île. Mais si vous tenez à partir, le navire
vous attendra demain matin. Préparez-vous, magicien, car vous ne rentrerez pas indemne de
ce voyage. »

Solas hocha la tête, conscient des dangers, mais déterminé à poursuivre sa quête.

Au même moment, une autre silhouette se dessinait dans la foule, une présence qui ne
passa pas inaperçue. Il s'agissait d’un homme d'une stature imposante, vêtu avec une
élégance sobre mais assurée. Son nom était Julrik, et il venait d'une haute lignée, un noble
qui, pour des raisons qui lui étaient propres, avait décidé de quitter la sécurité des terres
familières pour s'aventurer sur les mers. Il s'approcha de Solas, son regard perçant scrutant
l'inconnu qui se tenait devant lui.

— « Vous cherchez l'île des tempêtes, vous aussi ? », demanda Julrik d'une voix profonde,
intriguée. « Je suis également en quête de ce lieu, bien que mes raisons soient sans doute
différentes des vôtres. »

Solas le regarda en silence pendant un moment, observant la lueur de curiosité et peut-être


aussi de défi dans ses yeux. Puis il répondit, la voix calme, mais empreinte d’une certaine
gravité :

— « Nous cherchons tous quelque chose, n’est-ce pas ? Vous aussi, vous avez entendu l'appel
des vents et des vagues. »

Julrik hocha la tête.

— « Très juste. Peut-être que nos chemins se croisent ici, magicien. Je ne suis pas homme à
suivre des légendes sans raison. Mais si vous partez en mer à la recherche de ces mystères, je
serai avec vous. » Il tendit la main, un geste plein de résolution. « J'ai quelques…
compétences, disons, qui pourraient vous être utiles. Et vous, peut-être, avez des talents qui
pourraient m’intéresser. »

Solas observa un instant la main tendue, puis la saisit avec une force tranquille. Il avait vu
dans le regard de Julrik une lueur d’ambition, mais aussi une forme de sincérité qu'il
respectait.

— « Nous ferons route ensemble, alors. Mais sachez ceci : les chemins qui mènent à l’île des
tempêtes sont pavés de plus que de simples épreuves de courage. La magie qui y sommeille
peut-être aussi dangereuse que précieuse. Préparez-vous à affronter des choses que vous ne
pouvez pas encore comprendre. »

Julrik sourit légèrement, un sourire qui trahissait à la fois une certaine arrogance et une
excitation palpable.

— « Je n’ai jamais fui devant l’inconnu. »


Ainsi, les deux hommes, un magicien et un noble, se mirent d’accord pour faire route
ensemble. Leurs motivations étaient différentes, mais leurs destins, désormais liés, les
guideraient à travers les tempêtes et au-delà des mystères de l’île maudite. Le lendemain
matin, alors que le soleil se levait timidement sur l’horizon, le navire qui les attendait, un
vieux vaisseau robuste au nom L'Âme d'Ombre, leva ses voiles, prêt à prendre le large.

Mais l'île des tempêtes n'était pas une île comme les autres. Et leur voyage ne faisait que
commencer…
Chapitre 1 : Arrivée sur l'île
Le matin était encore brumeux lorsque Julrik et Solas se levèrent de bonne heure, dans leur
cabine sous le pont du bateau qui était légèrement humide et encombrée. L'air salin du large
se mêlait à l'odeur du bois de navire usé, tandis que le clapotis des vagues contre la coque
rythmait leur quotidien depuis leur départ du port. Le voyage vers l'Île des Tempêtes ne
faisait que commencer, mais l'inquiétude et l'anticipation semblaient déjà alourdir
l'atmosphère.

Julrik, le paladin au regard résolu, ajusta son armure, une cotte de mailles sertie de symboles
sacrés. À ses côtés, Solas, le magicien au regard perçant, préparait ses livres de sorts, les
doigts frôlant la couverture des grimoires comme s'il pouvait y puiser des réponses à ses
questions silencieuses. Ensemble, ils étaient en quête de vérité, mais le destin les menait
vers des mystères bien plus obscurs que prévu.

Alors qu'ils s'apprêtaient à monter sur le pont, une silhouette trapue et massive s'avança vers
eux. Un nain, à l'allure bourrue, les accueillit d'une voix rauque mais amicale.

"Eh bien, voilà donc les voyageurs ! Vous aussi vous vous rendez à l'Île des Tempêtes ?"

Le nain des collines, de taille plus petite que la moyenne mais aux muscles saillants, portait
une cape sobre et une lourde sacoche de cuir attachée à sa taille. Une masse d’armes
pendait à sa ceinture. Ses traits étaient marqués par de nombreuses années de dur labeur,
mais ses yeux brillaient d'une lueur intense, presque fiévreuse.

Julrik hocha la tête, un sourire calme sur les lèvres. "Oui, c'est bien cela. Et vous ?"

"Drungar," répondit le nain, en tapotant sa poitrine d'un air solennel. "Clerc du Marteau
d'Argent et ancien soldat de l’île de Mintarn. Je suis en quête d'une ombre, ou plutôt d'un
moyen de la bannir. Vous voyez, après mes recherches à Padhiver et des songes qui hantent
mon esprit, il est devenu évident qu'une présence malveillante a élu domicile sur cette île, et
je ne compte pas la laisser là." Il les fixa intensément, comme s'il voulait sonder leurs âmes.
"Et vous, mes amis ?"

Solas, qui observait Drungar avec une curiosité prudente, s'écarta légèrement, laissant Julrik
prendre la parole.

"Je suis Julrik, paladin venant tout droit de d’Eauprofonde," dit-il d'un ton ferme. "Je me
rends au cloître pour me recueillir dans le temple de Bahamut, honorer le Dieu-Dragon, et
prier pour la sagesse. Mes compagnons et moi avons des raisons de croire que cette île
recèle bien plus que ce que l'on nous en a dit. Et vous quel dieu vénérez-vous ?"

Drungar se redressa, l'air pensif. "Bahamut, hein ? Un noble dessein. Moi mon dieu c’est
Marthammor Duin, qui veille sur les voyageurs et les réprouvés. Pour tout vous dire mes
rêves me montrent une ombre qui se déploie comme un linceul au-dessus de cette île et qui
par la suite l’engloutit entièrement. Et la voix de mon dieu me supplie de me dresser contre
cette ombre."
Julrik hocha la tête, comprenant que le nain croyait en son rêve. "Nous saurons nous
préparer."

Le nain esquissa un léger sourire, appréciant la résolution de Julrik. "Je ne doute pas de cela.
Mais sachez que la vraie question n'est pas ce qui nous attend mais ce que l’on attend de
nous."

Solas, qui jusqu'à présent n'avait dit mot, se tourna vers le nain avec un regard sceptique.
"Qu'entendez-vous par là ?"

"Les ombres," répondit Drungar, "ce sont elles qui guident nos pas sur cette île. Mais parfois,
elles sont plus que ce qu'elles semblent être."

Julrik sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale, tandis que Solas, avec son
esprit analytique, fronça les sourcils. "Des ombres, vous dites… Vous êtes venu pour les
étudier, ou pour les combattre ?"

"Je viens pour les bannir," répliqua Drungar avec une assurance tranquille. "Les ombres ne
devraient jamais s'ancrer dans ce monde. Elles portent la corruption."

Un silence lourd s'installa alors, marqué par le léger grincement des voiles et le murmure des
vagues. L'Île des Tempêtes était encore invisible à l'horizon, mais tous trois ressentaient déjà
son ombre peser sur eux.

Julrik brisa enfin le silence, ses yeux se durcissant. "Que vous soyez clerc ou non, Drungar, je
crois que nos chemins se croisent ici pour une raison. Peut-être que nous avons tous une
place à tenir dans ce qui va venir."

Le nain acquiesça lentement. "Peut-être bien, paladin. Mais souvenez-vous, l'île ne s'ouvre
qu'à ceux qu'elle choisit. Et si vous êtes ici pour prier Bahamut, vous devrez affronter bien
plus que vos croyances."

"Nous sommes prêts," répondit Solas, d'une voix calme, mais les yeux rivés sur l'horizon. "Si
cette île a des secrets, nous les découvrirons."

Le vent s'intensifiait alors que l’Ame d'Ombre fendait les eaux, et l'ombre imposante de l'Île
des Tempêtes se dessinait lentement à l'horizon. Sur le pont, Julrik et Drungar se dirigèrent
vers le capitaine, un homme grand et robuste nommé Rulgios, connu pour son attitude
stoïque et son regard perçant. Son visage buriné par le sel et le vent reflétait des années
d'expérience en mer. Il était l’un des rares capitaines à oser approcher l'île, mais sa
réputation était telle que peu de gens osaient le remettre en question.

Rulgios se tenait à la barre, observant l’horizon avec une attention presque religieuse. À
l'approche de Julrik et Drungar, il tourna lentement la tête.

"Capitaine," commença Julrik d’une voix respectueuse mais ferme. "Nous nous rendons sur
l'île. Pourriez-vous nous parler de ses légendes, de ses mystères ?"
Le capitaine émit un léger ricanement, ses yeux perçant les deux voyageurs d’un regard
scrutateur. "Légendes ? Vous voulez dire les histoires que les marins chuchotent autour du
feu ?"

Il se tourna alors complètement vers eux, son expression devenue plus sérieuse.

"Ce que je vais vous dire, ce n’est pas une légende. C’est un fait." Il désigna l’horizon de la
main, là où l’île se dressait, menaçante. "Les navires qui s’approchent trop près de l’île sont
attirés vers ses rochers. Pas un seul ne revient. Tous ceux qui ont tenté de longer les côtes
ont été engloutis par la mer, leurs coques brisées comme des brindilles." Il marqua une
pause, comme pour laisser ses paroles s’imprégner. "L’île elle-même semble vivante,
presque… consciente. Elle appelle, et elle engloutit."

Julrik fronça les sourcils, l’inquiétude se lisant sur son visage. "Vous ne comptez pas vous
arrêter là-bas ?"

Rulgios secoua la tête. "Non. Vous serez débarqués sur la plage, à proximité. Il y a une petite
crique, un endroit relativement sûr. Je reviendrai vous chercher dans quatre ou cinq jours.
Prenez un canot. L'île n'est pas un endroit pour y passer trop de temps. Je ne m'aventurerai
pas plus près, et je ne compte pas risquer mes hommes. Mais vous pouvez faire ce que vous
voulez."

Julrik et Drungar échangèrent un regard, peu rassurés mais résolus. Ce qu’ils cherchaient à
l'île ne pouvait être évité, peu importe les dangers.

"Quoi qu’il en soit," poursuivit Rulgios, son regard se durcissant, "si vous avez des questions
sur l’île, posez-les aux marins. Ils connaissent des choses… mais n’oubliez pas : les hommes
qui restent trop longtemps à parler de cette île finissent souvent par perdre leur santé
mentale."

Julrik, toujours décidé, hocha la tête et fit un signe à Drungar. "Nous irons voir les marins.
Merci, capitaine."

Alors que le capitaine retournait à la barre, son air sombre n’avait pas quitté ses traits,
laissant une atmosphère de malaise palpable autour d’eux. Ils se dirigèrent vers les marins, à
la recherche de plus d’informations, et trouvèrent Solas déjà en train de s’éloigner du
groupe.

Solas, curieux et insatiable, avait décidé de chercher des réponses par lui-même. Il se dirigea
vers la salle de bar du navire, un petit espace étroit situé à l’arrière du pont, à peine éclairé
par une lanterne vacillante. La pièce était simplement décorée, avec une vieille table en bois
où deux marins étaient assis, buvant tranquillement du rhum. La faible lumière se reflétait
sur les bouteilles poussiéreuses du bar, donnant à l'endroit une atmosphère lugubre.
Un des marins, un homme au visage marqué par des années de labeur en mer, restait
silencieux, ne levant même pas les yeux en voyant Solas entrer. L'autre, plus jeune, au
regard rusé et malicieux, observa l'elfe en s’accoudant à la table.

"Tu cherches des informations sur l'île, hein ?" demanda-t-il d’une voix grave, ses yeux
pétillant de malice. "Tous ceux qui s'intéressent à l'île posent les mêmes questions. Mais tu
sais… ça a un prix."

Solas se sentit un peu piqué par l’attitude du marin, mais il garda son calme et répondit de
manière posée : "Je suis prêt à payer pour des informations utiles. Un conseil, peut-être ?" Il
chercha dans ses poches et sortit une pièce d’or, la faisant tourner dans sa main.

Le marin aux yeux malicieux se redressa, observant la pièce d’or, et un sourire sournois se
dessina sur son visage. "Pas contre de l'or, non. Mais plutôt… un jeu. Un jeu où la chance et
la ruse décident. Et je t’offre un verre si tu veux"

Solas, un peu réticent mais curieux, accepta, et un des marins prépara le jeu de dés pendant
que l’autre se leva pour aller chercher un verre de rhum derrière le bar. Le jeune marin
expliqua les règles : "Le plus grand lancer gagne. Pas de triche. Si tu gagnes, tu auras ton
info. Si tu perds… ben, tu perds. Et je prendrai ta pièce d’or."

Le défi lancé, Solas s’installa à la table. Le marin, avec une aisance déconcertante, attrapa les
dés et les lança, un sourire confiant sur les lèvres. Le lancer fut rapide, et les dés s’arrêtèrent
sur une combinaison peu courante.

"Quoi qu’il en soit, bonne chance," dit-il, un éclat de malice dans les yeux. Solas lança à son
tour les dés, mais, contre toute attente, le marin réajusta sa main, faisant mine de bouger
les dés à la dernière seconde, et les résultats furent… étrangement favorables à lui.

Solas fronça les sourcils, se demandant si une forme de tricherie n’était pas en jeu. Il insista
pour une seconde partie, et cette fois encore, le marin lança les dés avec une telle dextérité
qu'il remportait la manche.

Le magicien, après avoir perdu une deuxième pièce d'or, se sentit frustré et agacé par la
situation. L'étrange sensation de ne pas avoir joué à armes égales le poussa à abandonner le
jeu. Il n’avait plus aucune pièce à parier, et son instinct lui disait qu'il valait mieux se retirer
avant d’être plus impliqué dans ce qui semblait être une farce orchestrée.

"Je vais vous laisser à votre jeu," murmura-t-il, sa voix teintée de déception et de méfiance. Il
se leva, laissant le marin roublard sourire de plus belle.

"Tu reviendras peut-être, elfe. Quand tu voudras encore tenter ta chance," lança le marin en
riant.

Solas sortit de la salle, son esprit bouillonnant de frustration. Il se dirigea vers le pont où
Julrik et Drungar l'attendaient. Les informations qu’il avait cherchées étaient restées hors de
sa portée, et il sentait que l'île, avec ses secrets et ses pièges, ne les laisserait pas tranquilles.
Lorsqu’il retrouva ses compagnons, il leur raconta brièvement ce qui s'était passé, sans
entrer dans les détails de la défaite. Ensemble, ils observèrent l'île se rapprocher. Le vent
soufflait plus fort, et la brume commençait à engloutir les bords de l'île, annonçant ce qui les
attendait…

La véritable aventure commençait.

Après avoir pris soin leurs équipements et d’ajuster leurs sorts, les trois compagnons se
tenaient prêts à aborder l’île des Tempêtes. Le capitaine Rulgios les observa un dernier
instant avant de donner son signal.

"Nous sommes suffisamment proches. La chaloupe est prête à être mise à l’eau, " déclara-t-il
d’une voix rauque et autoritaire, ses yeux scrutant l’horizon brumeux. "Souvenez-vous bien,
je reviendrai dans 4 à 5 jours pour vous récupérer. Surtout… restez prudents. "

Solas, Julrik et Drungar hochèrent la tête, échangèrent un regard rapide, puis descendirent
dans la chaloupe.

La mer était calme et le vent chaud soufflait contre leurs visages. À mesure qu'ils
s’approchaient de la côte, une silhouette s’imposa à leurs yeux. Là-haut, sur la falaise, un
temple à ciel ouvert se dressait contre l'horizon, comme un monument abandonné par les
dieux eux-mêmes. Plus bas, une immense statue de dragon ornait une grande cour, sa forme
majestueuse dominait la scène.

Des portes massives, sculptées dans la roche, se tenaient derrière la statue, menaçant et
mystérieuses. Une atmosphère de mystère pesait sur l’endroit, comme si l’île elle-même
avait été façonnée pour protéger un secret ancien.

Julrik pagaya vigoureusement, les bras endoloris par l'effort, mais l'approche de la plage lui
donna un nouvel élan. Après une vingtaine de minutes, le canot toucha enfin le sable
humide.

"Le chemin serpente à flanc de falaise," remarqua Solas en observant la pente, son regard
fixé sur la statue du dragon. "C’est par là que nous devons aller."

Ils débarquèrent et tirèrent le canot sur la plage, jetant un dernier regard vers le bateau au
large avant de s’avancer vers le sentier escarpé. Le sable était froid sous leurs pieds, et l’air
était imprégné d’une brume légère, presque surnaturelle.

Mais avant qu'ils n’aient pu atteindre le haut de la plage, un bruit étrange se fit entendre
derrière eux : un gargouillement sourd, comme celui d’un être vivant qui se débat sous l’eau.
Ce bruit inquiétant se transforma rapidement en un gargouillis plaintif.

Les trois aventuriers se retournèrent brusquement. Trois silhouettes émergeaient lentement


des vagues. Leur démarche était maladroite et désarticulée, comme si leurs membres
n’étaient plus adaptés à la vie. Leurs vêtements de marins étaient trempés et décomposés,
leurs peaux grisâtres et gonflées témoignaient d’une immersion prolongée dans les eaux
salées. De l’eau de mer s’écoulait de leurs bouches tordues et démantibulées. Leur
apparition glacée portait une menace indescriptible.

Julrik, grâce à ses connaissances de paladin n’eut pas besoin d’une seconde pour
comprendre. "Des morts-vivants... des zombies," dit-il d’une voix grave. Son regard scrutait
déjà l’un des marins, tandis qu'il dégainait sa hache. "Préparez-vous !"

Dès que les zombies s’approchèrent, Solas leva les mains et incanta un projectile magique.
Un rayon de froid s'échappa de ses doigts et toucha l'un des zombies en plein torse. L'impact
sembla le faire vaciller un instant, mais la créature se redressa avec une lenteur glaciale,
toujours aussi déterminée.

Julrik, n’attendant pas plus longtemps, se précipita en avant, sa hache tenue à deux mains
prête à trancher. Il frappa un zombie sur le flanc, sa hache s’enfonçant profondément dans la
chair putréfiée. Le zombie tomba dans un bruit épouvantable, mais contre toute attente, il se
redressa presque aussitôt, insensible à la blessure.

"Quoi ?" s’exclama Julrik, frappant à nouveau. Cette fois, il trancha un bras du zombie d’un
coup net, mais la créature continua de se déplacer, implacable. "Pourquoi ne meurent-ils pas
? Quelque chose doit m’échapper mais je n’arrive pas à m’en souvenir".

Solas lança un rayon de givre, espérant ralentir les zombies, mais ils continuaient à avancer,
indifférents aux attaques. Drungar, voyant que ses compagnons peinaient à infliger des
dégâts durables, hurla de rage et se lança dans la mêlée. Il saisit sa masse d’armes et frappa
violemment un zombie. Celui-ci sembla indifférent à son attaque et en retour lui asséna un
coup qui failli lui coûter la vie. Julrik après avoir vu son nouvel flancher face à l’attaque d’un
zombie eut un rictus de détermination sur le visage. Il ajusta sa prise sur sa hache et asséna
un coup violent sur le crâne d’un autre zombie, le tranchant net de la tête au pied vit son
adversaire s’écrouler et ne plus se relever.

Pendant ce temps, Solas invoquait un sort de détection, espérant détecter d'autres créatures
qui surgiraient de l’eau. Drungar a peine remis du coup que lui avait asséné son ennemi, se
ressaisit et le frappa. Il entendit Solas crier : "Ce n’est pas assez !"

"Alors on le termine ensemble !" répondit Julrik, qui bondit avec un cri de guerre, sa hache
s'abattant en un arc mortel sur le monstre. Le coup fut si puissant qu’il fendit le zombie en
deux.

Le dernier adversaire encore debout se rapprocha d’eux. Drungar tenta de lui lancer un sort
pour lui infliger des dégâts radiants. Et à leur grande surprise, bien que le zombie soit encore
actif, il se mit à hurler de douleur.

Enfin Julrik sortant de sa frénésie meurtrière commença à comprendre.

"Mais oui les dégâts critiques et radiants sont favorables à la destruction de ses saletés de
mort-vivants ! "
Le nain se mit à bougonner : "Tu pouvais y penser plus vite avant que je ne sois à deux doigts
d’y laisser ma carcasse ! "Solas se mit à rire devant cette situation cocasse. Et fort de leurs
certitudes les trois comparses vinrent à bout de ce dernier ennemi.

Le silence retomba, interrompu seulement par le bruit des vagues et les souffles haletants
des aventuriers. Le sable autour d’eux était taché d’une substance noire et visqueuse.

"Est-ce que c’est fini ?" demanda Solas, la voix tremblante.

Julrik scruta les environs, son arme encore levée, puis hocha lentement la tête. "Pour
l’instant."

Drungar essuya le sang noir de sa masse d’armes et lança un regard vers la statue du dragon.
"Si ces monstres gardent ce lieu, c’est qu’il cache quelque chose d’important. Nous devons
continuer."

Solas inspira profondément, rassemblant son courage. "Je n’ai pas l’impression qu’ils gardent
quoi que ce soit. Ont-ils un rapport avec les naufrages ? Peut-être les anciens matelots d’un
bateau échoué."

Les trois aventuriers échangèrent un dernier regard avant de se diriger vers le sentier
escarpé. Alors qu’ils se retournait ils qu’ils avaient attiré l’attention de la population du
secteur. En haut du sentier un groupe d’une dizaine d’individus s’étaient réunis au milieu de
la place pour les observer de loin.

De là où étaient nos héros, ils n’étaient pas dans la capacité de distinguer clairement cette
troupe et Solas malgré un sort lancé pour les percevoir ne put déterminer leur race.

À mesure que les trois aventuriers approchaient de la place centrale, ils remarquèrent qu’il y
avait neuf créatures à la peau écailleuse et aux yeux perçants, rappelant des dragons en
miniature. Julrik reconnu ces créatures, des kobolds. Ces kobolds, bien que de nature
souvent mauvaise selon les récits, ne montraient aucune animosité. Leur gestuelle était vive
et expressive, et ils ne semblaient détenir aucune arme.

Derrière eux, à distance se tenaient deux humains. L’un était un homme à l’air austère et
d’un âge bien avancé. Sa pâleur était atténuée par de nombreuses taches de rousseur, des
cheveux auburn, une barbe grisonnante et des yeux gris-bleu. Sur son cou se laissait deviner
un tatouage, où figurait un motif abstrait. Il portait une longue robe cérémonielle. L’autre
était une humaine, plus robuste. Vous devinez qu’elle était autrefois très musclée et que sa
charpente a fondu avec l’âge. Des cheveux noirs coupés près du cuir chevelu et son épiderme
brun clair portait de nombreuses cicatrices dont l’une traverse son œil gauche, laiteux et
aveugle. Une élégante prothèse en bois et métal remplace sa jambe droite sous le genou.
Son regard méfiant suivit les aventuriers à mesure qu’ils avançaient.
Le magicien elfe s’avança légèrement en levant une main en guise de salut. Sa voix claire
perça le silence.

« Je m'appelle Solas. »
À peine eut-il prononcé ces mots que les kobolds, incapables de contenir leur excitation, se
mirent à les entourer. Elles assaillirent les trois compagnons de questions, parlant toutes en
même temps, sans leur laisser l'occasion de répondre :
« D'où venez-vous ? »
« Que faites-vous ici ? »…
Le tumulte ne s'apaisa que lorsqu'une silhouette apparût à l'extrémité de la place et imposa
le silence d'un geste.
C'était une femme humaine âgée, à la peau brune patinée par le temps et aux cheveux
blancs tressés avec soin. Elle portait une simple robe blanche, dégageant une aura de séré-
nité.
D'une voix calme mais ferme, elle ordonna aux kobolds de se taire, et ceux-ci obéirent aussi-
tôt. Elle tourna alors son regard vers Solas, Julrik et Drungar.
« Soyez les bienvenus au Repos du Dragon. Puissent les conseils de Bahamut vous guider
vers tout ce que vous cherchez. »
La femme se présenta sous le nom de Runara. D'une voix douce mais empreinte de sagesse,
elle expliqua que les neuf kobolds présents, ainsi que les deux autres humains sur l'île,
étaient tous ici en prière, dédiant leur vie au service et à la vénération du dieu Bahamut.
Solas, intrigué, profita de l'occasion pour interroger Runara sur l'observatoire qu'ils recher-
chaient. Mais la vieille femme resta évasive, détournant la question avec une sérénité énig-
matique qui laissait plus de mystères que de réponses.
Julrik, plus direct, exprima son désir de se rendre au temple de Bahamut sans attendre. Il
souhaitait s'y recueillir et, peut-être, mettre fin à sa quête. Mais Runara, avec un léger sou-
rire empreint de compassion, l'avertit :
« Ta quête ne trouvera pas son terme simplement en te recueillant, jeune homme. »
Julrik, un brin déconcerté, tourna ensuite son attention vers la statue du dragon trônant sur
la grande place. Il demanda avec ferveur :
« Est-ce là Bahamut, le dieu-dragon lui-même ? »
Runara secoua doucement la tête.
« Non, cette statue représente Astalagan, un dragon de bronze de la famille des dragons mé-
talliques. Il fut autrefois un protecteur de cette île. »
Drungar, quant à lui, posa une question plus terre à terre : il voulait savoir si Runara avait
connaissance d’une ombre rôdant sur l’île. La prêtresse répondit calmement qu’elle n’en
avait pas entendu parler. Lorsqu’il aborda ensuite les mystérieux naufrages sur la côte nord-
est, Runara admit qu’elle ignorait également leur origine.
Enfin, après avoir répondu à leurs interrogations, elle leur adressa un regard bienveillant.
« Vous devriez vous reposer, mes amis. Discutez avec les kobolds et les humains ici présents,
apprenez à connaître ce lieu. Demain, à l’aube, je vous conduirai au temple de Bahamut. »
Les trois comparses discutèrent avec les kobolds mais n’apprirent que très peu de choses,
hormis leur nom et leur trait de caractère.

Agga parle peu et n’à aucune patience pour les sottises. Elle se montre indifférente aux 3
héros mais semble faire en sorte que les autres kobolds restent disciplinés.

Blepp est convaincu qu’il possède une chance surnaturelle grâce à sa dague.

Frub est empli d’une énergie débordante qui nécessite d’être canalisé.

Kilnip est insomniaque, toujours fatigué.

Laylee est une curieuse et est doué pour construire des outils.

Mumpo vous dit qu’il a réussi à voler une pièce à Runara et est persuadé qu’elle ne le sait
pas.

Myla est un kobold ailé qui est triste d’avoir égaré ses deux frères (Mek et Minn).

Rix est très pieuse et passe son temps au temple. Elle vous dit avoir récemment vu un bateau
s’échouer sur les récifs au Nord. Julrik et Solas, comprirent et firent le lien entre les zombies
de la plage et la date du dernier bateau échoué et ajoutèrent une destination sur leur
journal.

Zark est seulement un personnage grossier et insultant.


Vous vous approchez de Varnoth, l’humaine, qui, de près, confirme la sensation que vous
aviez à faire à une ancienne guerrière. Elle vous révèle d’ailleurs qu’elle est l’ancienne
générale Varnoth Wender des loups d’Azur, une puissante armée de l’est qui combattait
encore il y a une dizaine d’années. Vous l’écoutez bien que son passé ne vous évoque rien.

La discussion avec Tarak, le second humain du groupe, ne vous apporte pas grand-chose de
concret, mais elle reste agréable. Tarak, un homme à l’air paisible, sourit souvent en parlant.
Il explique qu’il aime s’occuper des fleurs du cloître et du potager de l’île.
« Cela me permet de rester en harmonie avec la nature et de rendre cet endroit plus accueil-
lant pour tous, » confie-t-il en montrant ses mains légèrement terreuses, signe de son travail
récent au jardin.
Il mentionne également qu’il prépare des potions comme passe-temps, une activité qu’il dé-
crit avec une passion tranquille.
« Rien de bien extraordinaire, » ajoute-t-il modestement. « Mais ça peut être utile de temps
en temps, non ? »
Solas, curieux, lui demande alors :
« Auriez-vous des potions à partager ? Peut-être quelque chose qui pourrait nous aider dans
notre quête ? »
Tarak réfléchit un instant, puis hoche la tête avec un sourire :
« J’ai quelques potions de soin en réserve. Je vous en donnerai trois demain matin, avant
votre départ pour le temple. »
Son ton est chaleureux, et il semble sincèrement content de pouvoir aider, même modeste-
ment. Votre proximité vous permet de voir de plus près le tatouage à son cou. Julrik reconnu
le symbole du Gibet Doré, une guilde des voleurs qui opère dans une contrée lointaine du
sud-ouest. Tarak n’aborde pas les détails de son passé mais vous fait comprendre que c’est
passé.
Alors que vous vous apprêtiez à quitter Tarak, celui-ci vous interpella d’un ton légèrement
hésitant :
« Attendez, avant que vous ne partiez… J’aurais peut-être une requête à vous adresser. »
Intrigués, vous vous retournâtes vers lui. Tarak, les bras croisés et une expression un peu gê-
née sur le visage, expliqua :
« Pour fabriquer mes potions, je me rends habituellement dans les grottes marines, au sud
de l’île. Elles regorgent de plantes rares et de champignons qui ne poussent nulle part ail-
leurs ici. Mais... »
Il marqua une pause, baissant légèrement la voix comme s’il hésitait à continuer.
« Ces derniers temps, une pieuvre gigantesque rôde près de l’entrée des grottes. Je ne l’ai
pas vue de mes propres yeux, mais les signes sont clairs : des traces sur la plage, des filets
arrachés, et ce sentiment constant d’être observé. Je n’ose plus m’y aventurer seul. »
Solas, Julrik et Drungar échangèrent un regard. La situation prenait une tournure inattendue.
Tarak poursuivit, le ton presque suppliant :
« J’aurais besoin d’un ingrédient essentiel : des champignons tête-de-cœur. Ce sont de petits
champignons rouges avec une forme rappelant vaguement un cœur. Ils poussent dans les
parties les plus profondes des grottes marines. Si vous pouviez les récupérer pour moi, cela
m’aiderait énormément.»
Il vous regarda tour à tour, une lueur d’espoir dans les yeux.
« Qu’en dites-vous ? »
Après un court échange de regards, Solas prit la parole avec détermination :
« Nous acceptons, Tarak. Si ces champignons sont aussi importants pour toi et tes potions,
nous irons les chercher. »
Julrik acquiesça en croisant les bras.
« Et puis, une pieuvre géante ? Ça pourrait être intéressant… Et peut-être un bon entraîne-
ment. »
Drungar, toujours pragmatique, ajouta d’un ton grave :
« Espérons juste que cette créature ne sera pas trop agressive. Mais ne t’inquiète pas, Tarak.
Nous nous en occuperons. »
Tarak poussa un soupir de soulagement, son visage s’illuminant d’un sourire sincère.
« Merci infiniment. Faites attention une fois à l’intérieur des grottes, elles sont sombres et
parfois glissantes. Et... méfiez-vous de la pieuvre. Si elle est réellement là, elle ne vous lais-
sera probablement pas passer sans résistance. »
Il fouilla dans une petite sacoche accrochée à sa ceinture et en sortit un sac contenant des
repas nauséabonds et vous explique que vous en aurez besoin pour récupérer les champi-
gnons. .

Solas et Julrik se mirent d’accord pour que Drungar porte le sac. Tarak les remercia et les re-
merciant une fois encore pour leur aide.
« Revenez vite et en un seul morceau ! » lança-t-il avec une pointe d’inquiétude dans la voix.
Il termine en vous invitant à aller vous reposer dans une des chambres de votre choix.
En cherchant une pièce adaptée à votre bienséance vous tombez sur celle des kobolds. Une
cellule contenant des hamacs suspendus. A l’entrée une odeur âcre entremêlée d’une sen-
teur de transpiration s’insinua dans les narines des trois compagnons.
Julrik s’écria : « Cela sent le fennec ici »
A laquelle répondit Solas : « Hors de question de dormir dans cette pièce. »
Après un nouvel essai dans une pièce avoisinante ils trouvèrent le lieu idéal pour se reposer
et poursuivre leurs aventures.
Le lendemain matin, Solas, Julrik et Drungar, encore ensommeillés mais animés par une dé-
termination renouvelée, se réunirent autour de la table pour discuter de leurs options.
Solas, concentré, prit la parole.
« Nous avons deux choix pour aujourd’hui, » déclara-t-il en posant un doigt sur les zones
marquées :
« Les grottes marines, où nous devons récupérer les champignons pour Tarak… ou aller à
l’épave échouée au nord de l’île. »
Julrik, le front plissé, réfléchit un instant.
« Les deux semblent intéressants, mais si cette épave cache des réponses sur les naufrages,
cela pourrait être crucial. D’un autre côté, Tarak compte sur nous. »
Les trois comparses se mirent d’accord pour se rendre sur l’épave après avoir été temple.
En sortant ils virent que Runara les attendait. Ils la suivirent sans s’attarder sur les divers
lieux qu’ils croisaient au Repos du Dragon. Elle avançait d’un pas calme mais assuré, guidant
le groupe à travers des sentiers le sentier menant au sommet de la falaise.
Après une courte montée, le chemin s’ouvrit sur un espace dégagé, baigné par la lumière
douce du matin. Là, au sommet de la colline, se trouvait le temple de Bahamut : un sanc-
tuaire à ciel ouvert.
Au centre se dressait une statue de Bahamut sous sa forme humaine, finement sculptée
dans la pierre blanche. L’expression bienveillante de son visage semblait presque vivante.
Sur ses épaules reposaient sept petits canaris, délicatement représentés, chacun symboli-
sant l’un de ses enfants. Autour de la statue, des offrandes étaient disposées : des fruits, des
bijoux modestes, et des rouleaux de prières soigneusement écrits. Des bâtons d’encens brû-
laient encore, diffusant un parfum apaisant qui emplissait l’air.
Julrik s’avança instinctivement vers la statue, attiré par une force invisible mais bien réelle. Il
s’agenouilla, fermant les yeux, et commença à se recueillir en silence. Une sensation indes-
criptible s’empara de lui, comme si une aura bienfaitrice l’entourait. Il ressentait une chaleur
douce, une paix intérieure qu’il n’avait pas connue depuis longtemps.
Solas et Drungar restèrent un peu en retrait, respectant ce moment intime. Runara, debout
à côté d’eux, murmura doucement :
« Bahamut accueille tous ceux qui recherchent la justice et la vérité. Il offre guidance et pro-
tection à ceux qui ont foi en lui. »
Julrik rouvrit lentement les yeux. Son visage, habituellement marqué par les tensions de leur
voyage, était maintenant apaisé.
« C’est… incroyable, » dit-il dans un souffle.
Runara s’approcha légèrement et posa une main légère sur son épaule.
« Le sentiment que tu éprouves est une bénédiction de Bahamut. Mais souviens-toi, jeune
guerrier : ton chemin est loin d’être terminé. Ce moment est une lumière pour te guider, pas
une fin en soi. »
Julrik hocha la tête, profondément touché. Il se redressa et rejoignit ses compagnons, prêt à
entendre ce que l’avenir leur réservait.
Après leur moment au temple, les trois compagnons confièrent à Runara leur intention d’ex-
plorer l’épave échouée au nord de l’île. La prêtresse hocha doucement la tête.
« Prenez garde, mes amis. Cette région est capricieuse, et les marées peuvent être traîtres.
Que Bahamut guide vos pas. »
Chapitre 2 : L’épave maudite
Sans tarder, ils se mirent en route, traversant les sentiers sinueux du Repos du Dragon. Le
voyage vers le nord leur prit trois heures, ils descendirent une falaise abrupte qui surplom-
bait la mer déchaînée. L’épave, partiellement immergée, se trouvait en contrebas, coincée
entre des rochers noirs et acérés. Ses mâts brisés s’élevaient vers le ciel, tels des doigts sup-
pliants.
Solas désigna une zone moins escarpée où la descente semblait possible.
« Là. Si nous sommes prudents, nous pourrons atteindre le bas sans trop de difficultés. »
Avec précaution, ils entamèrent leur descente. La roche était glissante par endroits, et
chaque faux pas aurait pu être fatal. Drungar, lourdement équipé, grogna à plusieurs re-
prises, mais il parvint à maintenir son équilibre. Solas, plus agile, ouvrait la voie avec Julrik à
proximité qui ne semblait pas maladroit.
Une fois au pied de la falaise, ils longèrent les rochers non immergés, avançant avec précau-
tion pour éviter les vagues qui s’écrasaient contre les pierres. L’odeur du sel et des algues
leur emplissait les narines, tandis que les cris des mouettes perçaient le grondement des
vagues.Enfin, ils atteignirent l’épave. L’épave bien qu’abimée par les éléments, laissait en-
core clairement entrevoir sa structure. Une grande partie de la coque était intacte, bien que
penchée sur le côté. Des cordages effilochés pendaient des mâts, et des débris jonchaient les
rochers alentours : caisses brisées, tonneaux éventrés, et morceaux de gréement. Ils distin-
guèrent également le nom de l’épave : « La rose des vents ».
Les vagues viennent lécher l’épave d’un navire marin échoué contre un récif formé de bri-
sants et d’énormes ossements de dragon. L’ai marin charrie une légère odeur de putréfac-
tion avec, en fond sonore, le cri des mouettes et le fracas du ressac. L’amas indistinct de
voile et de gréements en lambeaux et le mât effondré, qui pend sur le flanc tribord du pont
principal, promet de pouvoir se hisser à bord sans difficulté. A la poupe, se distinguait un
trou béant dans la coque sous la ligne de flottaison.
L’équipe de héros s’approcha prudemment de l’épave. Le mât effondré, incliné vers les ro-
chers, leur offrait un chemin relativement aisé pour monter sur le pont principal. Un à un, ils
grimpèrent avec précaution, leurs bottes trouvant leur appui sur le bois détrempé.
Une fois sur le pont, l’état du navire se révéla dans toute sa désolation. Le bois pourrissant
était couvert d’algues et luisait d’une fine pellicule d’eau salée. L’enchevêtrement de grée-
ments, de balustrades brisées et de végétation marine formait un décor presque irréel. Mais
ce qui attira immédiatement leur attention fut la sinistre découverte : des bottes usées, des
ossements, et des viscères en décomposition éparpillés çà et là, montrant une incohérence
entre leur découverte et la date du supposé échouage du bateau.
Julrik fronça les sourcils, posant une main sur la garde de son épée.
« J’ai bien peur que nous allons découvrir le reste des matelots sous peu. Il peut y avoir plus
dangereux qu’un zombie. Une goule ! »
Drungar hocha la tête en inspectant les environs.
« Restez vigilants. Ne nous portez pas malheur monsieur Julrik. »
Depuis le pont, ils observèrent les options qui s’offraient à eux : plusieurs portes menant aux
cabines, des escaliers qui descendaient vers le pont inférieur, et, au-dessus, le nid-de-pie, sur
lequel étaient empilées des branches et d’autres débris, formant un étrange amas.
Solas plissa les yeux en direction du nid-de-pie, ses sens d’elfe captant un détail qui échap-
pait aux autres.
«Attendez ici, je vais jeter un œil. »
Avec agilité, il grimpa le long des cordages et des restes de structure, se hissant sans diffi-
culté jusqu’au nid-de-pie. Là, il découvrit un curieux spectacle : parmi les morceaux de bois
et de végétation, un petit trésor brillait à la lumière diffuse.
Solas s’accroupit et examina les objets : un bracelet en or finement gravé, un anneau
d’oreille en or, deux petites pierres précieuses qui scintillaient d’un éclat pur, et une hélio-
trope, une gemme au rouge profond. Il sourit légèrement, ramassant les trésors avec pré-
caution avant de redescendre rejoindre ses compagnons.
De retour sur le pont, il montra les objets à Julrik et Drungar.
« Regardez ce que j’ai trouvé. Cet endroit aura au moins enrichi ma bourse. »
Julrik esquissa un sourire.
« C’est un début. Mais nous sommes ici pour plus que de l’or. Continuons. »
Drungar désigna les portes et l’escalier.
« Alors, quelle est la suite ? On commence par explorer les cabines ou on descend directe-
ment au pont inférieur ? »
Ils échangèrent un regard, prêts à décider de leur prochaine étape dans ce lieu sinistre et
mystérieux.
Les trois compagnons avancèrent prudemment vers l’arrière du navire, là où se trouvait ce
qui semblait être la cabine du capitaine. Le bois craquait sous leurs pas, et l’air salé était im-
prégné d’une odeur de moisissure et de décomposition.
En chemin, ils remarquèrent le mât de misaine brisé, dont les restes gisaient en travers du
pont, appuyés contre un bastingage réduit en miettes.. Non loin, une ancienne baliste rouil-
lée et décrépite était encore fixée à sa monture, bien que son bois soit éclaté et le méca-
nisme inutilisable.
Julrik s’arrêta un instant pour examiner l’arme.
« Une baliste ? » murmura-t-il, intrigué. « Ce n’était pas un simple navire marchand. Un ba-
teau armé… peut-être même un corsaire. »
Drungar, à ses côtés, grogna en ajustant sa hache.
« Peu importe ce qu’il était, il n’a pas bien fini. Continuons. »
Ils atteignirent enfin la porte de la cabine du capitaine. C’était une porte massive, renforcée
par des ferrures maintenant rongées par la rouille. Julrik posa une main sur la poignée et
tenta de l’ouvrir, mais elle resta immobile.
« Verrouillée de l’intérieur, » constata-t-il en fronçant les sourcils. « Ça sent mauvais. »
Solas inspecta brièvement les alentours, cherchant un autre accès, mais rien ne semblait
permettre d’entrer facilement.
« Pas d’autre choix. Force-la. »
Julrik recula de quelques pas et lança un puissant coup d’épaule. La porte céda dans un fra-
cas assourdissant, éclatant en morceaux sous la force du guerrier.
L’intérieur de la cabine était sombre, faiblement éclairé par les fissures dans les planches du
plafond. Le sol était jonché de débris : des éclats de bois, des bouts de corde, et quelques
restes de meubles renversés. Mais ce qui attira immédiatement leur attention fut les deux
silhouettes qui se tenaient immobiles au fond de la pièce.
Les corps étaient gonflés et déformés par la noyade, leur peau grisâtre et marquée de plaies
béantes d’où suintait une eau sombre. Leurs yeux, vides et vitreux, semblaient pourtant bra-
qués sur les intrus. Les créatures émirent un gémissement guttural, leurs mâchoires claquant
dans un mouvement presque mécanique.
Julrik dégaina son épée d’un geste vif.
« Des noyés… ou plutôt des zombies. Préparez-vous ! »
Solas recula légèrement, déjà en train de canaliser une incantation dans le creux de ses
mains.
« Ils sont en décomposition avancée… mais ne les sous-estimez pas. Ces créatures n’ont rien
à perdre. »
Drungar fit un pas en avant, hache levée, un rictus de défi sur le visage.
« Allons-y. On va les renvoyer à la mer. »
Les deux zombies avancèrent lentement, leurs mouvements maladroits mais animés d’une
force surnaturelle. L’affrontement allait commencer.
Le combat fut expéditif. Julrik, Drungar et Solas s’étaient coordonnés avec une précision re-
doutable, abattant les deux zombies sans grande difficulté. L’un tomba sous les coups précis
de l’épée de Julrik, tandis que Drungar aidé de Solas pulvérisa l’autre d’un coup de hache
puissant, réduisant son crâne à un amas informe.
Essuyant leurs armes, les trois compagnons tournèrent leur attention vers l’intérieur de la
cabine, maintenant sécurisée.
L’espace, bien qu’exigu, contenait plusieurs éléments d’intérêt. Une étagère à demi effon-
drée occupait un coin de la pièce. Elle était remplie de livres et de parchemins, mais tous
étaient gorgés d’eau de mer, leurs pages collées et en voie de désintégration. Solas s’appro-
cha et passa un doigt prudent sur l’un des volumes.
« Dommage... Si ces livres contenaient des informations utiles, elles sont probablement per-
dues. »
Au centre de la cabine se trouvait un bureau en bois poli, bien que le temps et l’humidité
aient laissé leur marque. L’un de ses pieds manquait, et il était bancal, penché légèrement
sur le côté. Sur son plateau, une boussole ornementée était fixée dans un support métal-
lique. Julrikl’examina d’un œil avisé.
« Une belle pièce, » dit-il en la détachant soigneusement. « Peut-être que nous pourrons en
tirer quelque chose. »
Julrik ouvrit ensuite les tiroirs du bureau et trouva plusieurs objets intéressants : une bourse
contenant 50 pièces d’or, un jeu d’outils de cartographe en bon état, et une dague légère-
ment ornée, probablement plus un objet de valeur qu’une arme pratique. Il prit les objets,
les glissant dans son sac.
Dans un autre coin de la cabine, une couchette s’affaissait sous des draps pourris. Solas y
jeta un œil mais ne trouva rien d’utile. Cependant, sous le lit, un détail attira l’attention de
Drungar. Un trou dans le plancher semblait contenir un objet. En se penchant, il découvrit
qu’un coffre était coincé là, ou plus précisément, son couvercle. Le coffre lui-même semblait
être tombé plus bas, probablement dans une cavité sous la cabine, et le couvercle restait
bloqué dans l’ouverture.
Drungar tira sur le couvercle, mais celui-ci ne bougea pas d’un pouce. Il grogna, frustré.
« C’est coincé. Si on veut récupérer ce coffre, il faudra trouver un autre moyen d’y accéder.
Peut-être qu’il y a une entrée depuis le pont inférieur. »
Solas hocha la tête, réfléchissant.
« Si ce coffre est là, il doit contenir quelque chose d’important. Ça vaut la peine de chercher
un passage. »
Après avoir fouillé minutieusement la cabine et récupéré tout ce qui était accessible, les trois
compagnons se redressèrent, prêts à continuer leur exploration.
Ne voulant rien laisser au hasard, les trois compagnons décidèrent d’explorer entièrement
ce niveau du navire avant de descendre au pont inférieur.
Ils se dirigèrent d’abord vers la coquerie, une pièce exiguë où les repas étaient préparés.
L’air y était encore plus vicié, chargé d’une odeur persistante de moisi et de sel. Sur le comp-
toir, à moitié effondré, reposait un squelette humain, recroquevillé comme s’il avait cherché
refuge ici dans ses derniers instants.
Solas s’arrêta net, plissant les yeux. Pendant une fraction de seconde, il crut voir le squelette
bouger imperceptiblement, ses os semblant frémir. Sans hésiter, il s’avança et donna un
coup de pied vigoureux au torse osseux, le réduisant en un amas de fragments épars.
« Par précaution, » déclara-t-il, bien qu’un soupçon d’embarras perçait dans sa voix.
Drungar éclata de rire, son rire grave résonnant dans la pièce.
« On dirait que le courage elfique a des limites ! »
Julrik secoua la tête, amusé, avant de tourner son attention vers les lieux. Mis à part
quelques ustensiles rouillés et des casseroles rongées par le temps, il n’y avait rien d’utile ou
de notable.
Ils quittèrent la coquerie et traversèrent le pont jusqu’aux quartiers de l’équipage. Cette
pièce était un fouillis de hamacs pourris, de coffres personnels éclatés, et de vêtements
éparpillés sur le sol. En fouillant un peu, ils remarquèrent que les vêtements semblaient simi-
laires à ceux que portaient les zombies qu’ils avaient affrontés.
Julrik fit glisser un morceau de tissu entre ses doigts.
« Ça confirme ce qu’on pensait... Ces pauvres âmes sont devenues des créatures non-
mortes. Peut-être à cause d’un maléfice ou d’une malédiction liée au naufrage. »
Solas hocha la tête.
« Ou peut-être que quelque chose sur cette île ou dans ces eaux les a condamnés. Cela mé-
rite réflexion. »
Drungar, quant à lui, ne s’attarda pas.
« Rien ici ne vaut la peine d’être pris. Passons à la pièce suivante. »
Enfin, ils entrèrent dans la mess, où les membres de l’équipage devaient partager leurs repas
et leurs moments de camaraderie. L’endroit respirait une désolation encore plus profonde.
Une longue table de bois occupait le centre de la pièce, entourée de fauteuils déchirés et dé-
crépits. La vaisselle jonchait le sol, éparpillée comme si une catastrophe soudaine avait inter-
rompu un repas.
Julrik fit quelques pas, inspectant les lieux.
« Rien d’utile ici non plus. Juste des souvenirs d’un temps révolu. »
Drungar posa sa main sur l’une des chaises, qui craqua sous son poids.
« Il n’y a rien d’intéressant. Continuons. »
Solas, jetant un dernier coup d’œil à la pièce, murmura presque pour lui-même :
« Combien de vies ont été perdues ici... et pour quelle raison ? »
Avec un léger sentiment de malaise, les trois compagnons quittèrent la mess, prêts à explo-
rer les profondeurs du navire.
Julrik se tourna vers les escaliers qui descendaient vers le pont inférieur.
« C’est notre prochaine étape. Si ce coffre est aussi prometteur qu’il en a l’air, il doit être en
bas. Allons-y. »
Les trois compagnons descendirent les escaliers menant au pont inférieur, une main sur
leurs armes, l’autre contre les parois glissantes pour maintenir leur équilibre. L’atmosphère
devint immédiatement plus oppressante : un froid humide envahissait l’espace, et chaque
pas résonnait d’un bruit sourd dans l’eau croupie qui recouvrait le sol. L’odeur, mélange
d’eau stagnante, de bois pourri et de mort, était presque suffocante.
Le niveau inférieur était plongé dans une pénombre troublante, les quelques rayons de lu-
mière provenant des fissures dans la coque peinant à éclairer l’espace. Partout, des caisses
éclatées et des tonneaux pourris flottaient ou étaient empilés dans un désordre complet. So-
las fit un signe à ses compagnons, murmurant :
« Restez vigilants. Cet endroit... respire le danger. »
À peine avait-il terminé sa phrase qu’un bruit d’éclaboussures retentit au fond de la pièce.
Une silhouette grotesque se détacha de l’obscurité, avançant lentement dans leur direction.
Son corps était boursouflé, la peau tirée et striée de veines noires. Ses yeux morts luisaient
faiblement d’une lumière surnaturelle.
Un instant plus tard, une deuxième ombre émergea derrière le premier cadavre ambulant.
Les deux zombies progressaient avec une lenteur implacable, leurs grognements gutturaux
résonnant dans l’espace confiné.
Julrik dégaina son épée, l’expression concentrée.
« L’espace est étroit... Attention à leurs mouvements. Solas, reste en retrait pour lancer tes
sorts. »
Drungar empoigna fermement sa hache, ses yeux brillant d’une lueur de défi.
« Laissez-les venir. Je vais leur montrer ce que c’est que de faire face à un nain. »
Solas, déjà en train de tracer des runes dans l’air, murmura une incantation, prêt à fournir un
soutien magique.

Les deux créatures avancèrent. L’endroit exigu compliquait les déplacements, et le clapotis
de l’eau ajoutait une dimension d’incertitude. L’affrontement dans ce lieu sombre et étouf-
fant allait nécessiter toute leur attention et leur coordination.
Julrik s’avança résolument, les pieds éclaboussant l’eau croupie à chaque pas. Sa hache étin-
celait faiblement sous la lumière vacillante des sorts de Solas. Il jaugea rapidement la dis-
tance et frappa d’un coup horizontal puissant, visant le torse du premier zombie.
La lame trancha dans la chair gorgée d’eau, projetant un mélange de liquide noirâtre et de
chair putréfiée. Le zombie tituba mais ne tomba pas, grognant de manière gutturale, ses
bras tendus vers Julrik.
Drungar, derrière lui, lança une lumière éclatante envoyant une onde d’énergie radiante
droit sur le zombie. La créature recula sous l’impact, sa peau pourrie se consumant sous la
puissance sacrée.
La tension monta d’un cran lorsque les compagnons réalisèrent que la seconde créature
n'était pas un simple zombie.
La goule bondit par-dessus une caisse, atterrissant avec agilité devant Drungar. Elle dévoila
sa gueule béante, ornée de crocs acérés et d'une longue langue visqueuse qui s'agita avec
une faim insatiable. Ses griffes noires et longues, luisantes d’un liquide étrange, semblaient
vibrer d’un maléfice latent.
Julrik recula d’un pas, serrant son bouclier, son regard se durcissant.
« Une goule, » grogna-t-il. « Faites attention ! Elle est bien plus dangereuse que ces cadavres
ambulants. Et ses griffes sont empoisonnées »
Avant que quiconque puisse réagir, la goule passa à l’attaque. Elle frappa Drungar avec une
vitesse surprenante, ses griffes raclant son bouclier dans un crissement strident. L’impact fit
reculer le nain d’un pas, une terrible blessure venait de lui être infligée le laissant de nou-
veau à proximité de la mort.
Solas, derrière, analysa rapidement la situation.
« Recule, Drungar ! » cria-t-il en levant les mains, prêt à lancer un sort.
Mais Drungar, fidèle à son courage de nain, ne bougea pas d’un pouce.
« Pas question. Elle veut goûter à ma hache, elle va être servie ! »
Il leva son symbole sacré et prononça une prière rapide. Une onde radiante jaillit, frappant la
goule de plein fouet. La créature poussa un cri aigu, reculant légèrement alors que sa peau
se consumait sous la lumière divine. L’effet n’était pas aussi efficace que pour les zombies.
Profitant de l’ouverture, Julrik s’élança avec un cri de guerre, son épée brillant d’un éclat ra-
dieux. Il frappa d’un mouvement rapide et précis, tranchant profondément dans le flanc de
la goule. La créature hurla, son regard meurtrier se posant sur le paladin.
Elle riposta, bondissant avec une agilité terrifiante. Ses griffes fusèrent vers Julrik, ce dernier
bloqua coup avec sa hache
Solas, qui avait préparé un sort, incanta rapidement. Une flamme sacrée jaillit de ses mains,
frappant la goule en plein torse. La créature recula sous l’impact, ses mouvements devenant
erratiques.
Julrik, voyant une opportunité, bondit en avant avec sa hache levée.
« Goûte à ça, charogne ! »
Il abattit son arme sur le crâne de la goule dans un coup dévastateur. Un craquement sinistre
retentit alors que la tête de la créature se fendit, et elle s’effondra dans l’eau croupie, morte
pour de bon.
Le second zombie s’écroula également emporté par la folie meurtrière de Julrik.
Les trois compagnons restèrent immobiles un instant, leurs respirations haletantes réson-
nant dans le silence soudain.
« Une goule, ici... Ça complique les choses, » murmura Solas en essuyant la sueur sur son
front.
Drungar profita du répit pour se soigner et grommela : « Pourquoi c’est toujours à moi de
prendre les coups ? »
Solas prit la parole.
« On n’en a pas fini avec ce navire. »
Après le combat contre la goule, les trois compagnons prirent un moment pour récupérer et
fouiller les lieux. Leur exploration fut fructueuse.
Julrik trouva une caisse à moitié immergée contenant 10 kg de gousses d’ail. Le guerrier es-
quissa un sourire en constatant l’état impeccable des gousses, leur potentiel de revente le
réjouissant.
« Eh bien, si les zombies n’avaient pas peur de l’ail, au moins les marchands le paieront au
prix fort, » plaisanta-t-il.
De son côté, Solas remarqua un éclat de lumière sous une pile de bois moisi. En creusant un
peu, il mit la main sur un parchemin de sort soigneusement protégé dans un étui de cuir
étanche. Il déroula légèrement le parchemin et reconnut les symboles d’un sort d’Injonction.
« Voilà qui pourrait nous être utile si nous croisons d’autres goules, » déclara-t-il, un sourire
satisfait sur les lèvres.
Drungar, quant à lui, repéra un objet étrange au milieu de débris. En le dégageant, il décou-
vrit deux chandeliers sculptés dans des os de dragon. Il les souleva avec précaution, admi-
rant leur finesse.
« C’est de l’art ancien, » murmura-t-il, impressionné.
Après avoir terminé leurs trouvailles, ils tournèrent leur attention vers la cale. Julrik, pres-
sentant un piège, décida de descendre en premier par un trou béant dans le plancher. Il at-
territ dans une eau glaciale qui lui montait jusqu’aux genoux. Solas et Drungar le suivirent de
près.
L’atmosphère de la cale était encore plus oppressante. L’eau stagnante était parsemée
d’algues bariolées qui recouvraient la coque fracturée, créant un tapis glissant et étrange. Au
fond de la cale, un coffre imposant reposait à moitié submergé, apparemment intact malgré
l’état du navire.
Les trois compagnons avancèrent prudemment, leurs pas faisant clapoter l’eau croupie.
Lorsqu’ils atteignirent enfin le coffre, Julrik inspecta rapidement les alentours.
« Pas de piège visible… mais restons vigilants, » murmura-t-il.
Drungar força le coffre à s’ouvrir avec sa masse d’armes, et leur patience fut récompensée. À
l’intérieur, ils trouvèrent :
• Une sacoche contenant 55 pièces d’or.
• Trois turquoises scintillantes, d’une belle pureté.
• Une paire de bottes elfiques, légères et ornées de motifs élégants.
Solas, étant un elfe, s’empara immédiatement des bottes et les enfila. Elles semblaient faites
pour lui, s’adaptant parfaitement à ses pieds.
« Leur magie me rendra plus discret. Une bénédiction dans ces terres hostiles, » dit-il, en
ajustant les lacets avec soin.
Au fond du coffre, un objet attira particulièrement leur attention : un paquet soigneuse-
ment enveloppé dans une toile étanche. Solas ouvrit le paquet avec précaution, dévoilant
un journal en cuir, bien préservé malgré les années passées sous l’eau.
En feuilletant rapidement le journal, ils tombèrent sur une page contenant une mèche de
cheveux, certains blonds et d’autres noirs, soigneusement fixée et nouée autour de deux os
de doigts. L’air devint plus lourd, et chacun sentit une étrange tension émanant de cet objet.
« Un souvenir personnel, peut-être ? » supposa Drungar, en fronçant les sourcils.
« Ou un lien avec ce qui a condamné tous ces navires... » répondit Solas, le ton grave.
Ils échangèrent des regards, conscients que le mystère s’épaississait. Le journal pourrait con-
tenir des réponses, ils mirent à lire la dernière page où était glissé la mèche de cheveux :

« 19 Tarsark
Notre voyage est arrivé à son terme, mais je crains que le mien se prolonge de la plus horrible
des façons. La Rose des Vents a fait naufrage sur un récif au sud de Padhiver. Nombre de ma-
telots ont péri dès l’impact, Aleitha fut grièvement blessée. Comme je pensais ses blessures,
elle agrippait son talisman en murmurant des prières. Je lui ai demandé ce que signifiait son
talisman en murmurant des prières. Je lui ai demandé ce que signifiait ce talisman. L’amour,
m’a-t-elle dit. Son époux l’attend au Repos du Dragon, où il a juré de servir le dragon. Le talis-
man est fait de mèches de leurs chevelures respectives, tressées telle une promesse de se re-
trouver, quel que soit le sort qui les attend. Cette histoire aurait pu être belle si Aleitha
n’avait pas connu une fin si atroce… et sans les derniers mots de sa prière. Car c’est bien Or-
cus qu’elle suppliait, le prince de la non-vie, pour qu’il ramène son époux.
Je tenais ses mains dans son dernier souffle et j’ai perçu le terrible froid qui l’a parcourue.
L’instant d’après, ses dents s’enfonçaient dans la chair de mon cou.
Au même moment, j’entendis des gémissements monter parmi les dépouilles des marins.
Quelle malédiction nous avait-elle infligée ?
Déjà, je sens le frisson morbide s’insinuer en moi, je dépose son talisman avec ce manuscrit
dans mon coffre, dans l’espoir que la personne qui le trouve le ramène à son époux pour
mettre un terme à ce cauchemar. »

Après être remonté sur le pont supérieur et avant de sortir à l’air libre, un cri strident et in-
humain retentit, résonnant dans tout le navire. C’était un son guttural et perçant, empreint
de tristesse et de désespoir. Les trois héros s’immobilisèrent, les sens en alerte.
« C’était quoi ça ? » murmura Julrik, sa hache déjà dégainée.
« Une créature qui n’a pas l’air ravie qu’on fouille son territoire, » répondit Solas, en ran-
geant le journal avec précaution dans sa sacoche.
Drungar serra son marteau, ses yeux scrutant le pont extérieur.
Le cri se fit entendre de nouveau, plus proche cette fois.
Solas utilisant ses bottes d’elfes pour rester discret, avança pour observer attentivement la
créature qui marchait lentement sur le pont, ses yeux scrutant le sol comme si elle cherchait
quelque chose. Il écarquilla les yeux en se souvenant du nid de pie qu'ils avaient découvert
plus tôt. Le trésor qu'ils y avaient trouvé, les branches disposées avec soin… tout cela prit
soudain un sens. La créature ne cherchait pas simplement des ennemis, elle était probable-
ment en quête de son trésor.
Puis, un éclair de compréhension traversa l’esprit de Julrik. La forme de la créature… les ailes
d'oiseau, le torse humain, les bras et jambes déformés… tout se clarifia. Ils étaient face à une
harpie.
« C’est une harpie… » dit-il d’un ton grave. « Cette créature n’est pas simplement un
monstre, c’est un prédateur magique. »
Julrik ajouta :
« Je connais ces créatures. Leur chant est leur arme la plus puissante. Elles peuvent attirer
leurs proies, en les envoûtant, avant d’attaquer. Si nous laissons cette harpie chanter, nous
serons vulnérables à son contrôle. Il faut l’attaquer avant qu’elle ait le temps de nous envoû-
ter. »
Drungar, bien que pensif, hocha la tête et leva sa hache.
« Pas de temps à perdre. On frappe fort et vite, avant qu'elle ne puisse ouvrir sa bouche. »
Drungar, d'abord dissimulé dans l'ombre, se glissa silencieusement de l’autre côté du navire.
Il savait que l'élément de surprise serait essentiel. La harpie, encore absorbée par sa re-
cherche, ne l'avait pas repéré. Il se positionna habilement, prêt à frapper dès que l’occasion
se présenterait. Le cœur battant, il attendit le signal.
Le signal arriva rapidement : un dernier mouvement de Solas, et la harpie, toujours incons-
ciente de leur manœuvre, se tourna dans la mauvaise direction. À cet instant précis, Drungar
bondit hors de sa cachette, frappant avec sa masse d’armes. Le coup, bien que solide, n’était
que partiellement efficace, la créature esquivant partiellement. Cependant, l'effet de sur-
prise fonctionna à merveille, la harpie se retrouvant sous une attaque soudaine.
Profitant de cet instant décisif, Julrik se lança dans la bataille. Accompagné des sorts de So-
las, il chargea à toute vitesse, frappant d’un coup brutal, et sa lame s'enfonça profondément
dans la chair de la créature. La harpie émit un cri perçant de douleur, s’affaissant un instant
sous la violence de l'attaque. À ce moment-là, il n'y avait plus de place pour la négociation.
Elle ne pourrait pas s'en sortir.
La réplique de la harpie fut instantanée, rageuse. Elle se tourna pour attaquer Drungar, et
dans un mouvement rapide, elle leva son gourdin, l’envoyant s’écraser sur le nain. Le coup le
fit chanceler, sa blessure précédente se rouvrant, et il se retrouva à genoux, son visage se
tordant de douleur. Mais il n’eut pas le temps de se redresser, car la harpie, dans un ultime
cri de rage, tourna sa colère sur Julrik. Les griffes de la créature frappèrent le paladin, le bles-
sant au bras. Le choc fit vaciller Julrik un instant, mais il n’était pas près de céder.
Les attaques de la harpie commencèrent à faiblir. La créature, blessée et désorientée, se bat-
tait avec moins d’intensité. Drungar, bien que blessé, se redressa et se précipita pour re-
prendre sa place, alors que Julrik, galvanisé par son adrénaline et les bénédictions de Solas,
se lança dans une dernière charge. Il porta un coup décisif à la harpie, transperçant son torse
et frappant avec toute sa puissance.
La harpie s’effondra dans un dernier cri de douleur, s’écrasant lourdement sur le sol du pont,
sans vie. Le silence retomba sur le navire, seulement perturbé par les vagues battant la
coque.

Les compagnons prirent un moment pour reprendre leur souffle, chacun conscient de la gra-
vité des blessures subies, mais heureux d’avoir triomphé.
Solas s’approcha de Drungar, posant une main réconfortante sur son épaule.
« Bien joué, mon ami. » Il se pencha pour examiner ses blessures. « On va devoir trouver un
moyen de soigner ça, et rapidement. Retournons maintenant au Repaire du Dragon»
Drungar grogna : « Oui, mon ami, mais c’est encore moi qui ait pris. »
Julrik, tout en essuyant la sueur de son front, observa le corps de la harpie.
« Une créature redoutable. » Il tourna son regard vers ses compagnons. « Ce n’est pas en-
core terminé. Mais cette victoire est un bon signe. »

Après leur retour au Repaire du Dragon, les compagnons se dirigèrent directement vers Ru-
nara, qui les attendait calmement. Elle les salua d'un geste rassurant.
Runara commença à parler.
« Je savais que vous vous en sortiriez » dit-elle doucement, sa voix grave et empreinte de
tristesse. Elle écouta le récit des trois compagnons et leur répondit « La tombe d'Altheira est
située sur une clairière à 200m d’ici »
Elle marqua une pause, les yeux se perdant dans le vague, avant de reprendre.
« Je vous en prie… allez-y, et brisez cette malédiction.»
« Nous irons ce soir même, » déclara Julrik, son ton ferme. « Plus nous attendons, plus cette
malédiction aura de pouvoir. »
Drungar, bien qu’encore affaibli par les blessures précédentes, regarda ses compagnons.
« J’ai du mal à imaginer que nous ayons terminé ici. Mais c’est notre devoir. On brisera cette
malédiction. »
Les trois héros se levèrent, déterminés à poursuivre leur quête.
La nuit tombée, ils se rendirent sur la tombe. Elle était située dans un champ tapissé de
fleurs sauvages blanches. Un simple panneau de bois est posé sur la tombe.
Les trois compagnons posèrent la mèche de cheveux sur la tombe. C’est alors qu’ils entendi-
rent un soupir de soulagement porté par le vent. Le brouillard présent se dissipa comme par
enchantement. Depuis la tombe à leur arrivée Solas avait remarqué qu’il devinait l’épave où
ils s’étaient rendus plus tôt mais une fois le brouillard dissipé l’épave avait complètement
disparue, comme évaporée.

Chapitre 3 : En route vers les grottes :

Les trois compagnons, après avoir longuement discuté de la suite de leur quête, décidèrent
de rentrer se reposer au Repaire du Dragon pour récupérer leurs forces avant d'entre-
prendre leur prochaine expédition. Solas, soucieux d'être prêt pour les dangers à venir, de-
manda à Tarak s'il pouvait leur fournir davantage de potions de soins. Tarak, toujours amical,
promit de lui en apporter quatre le lendemain matin.
Avant de les laisser partir se coucher, Tarak s’enquit de leur prochaine destination.
« Où comptez-vous aller ensuite ? » demanda-t-il.
Julrik répondit calmement :
« Nous avons décidé d'aller chercher tes champignons à la grotte de Poussemer, au sud de
l’île. »
Tarak, visiblement soucieux, les interrogea davantage :
« Par quel chemin ? »
Drungar, un peu distrait, répondit :
« Par le centre de l’île. »
À ces mots, Tarak les avertit :
« Si vous passez par là, vous devrez traverser une petite forêt rocailleuse. Faites attention,
des kobolds y rôdent, mais ceux-là ne sont pas comme ceux du Repaire. Ils sont beaucoup
moins amicaux. »
Cette mise en garde fit réfléchir les trois compagnons, mais leur détermination resta intacte.
Ils le remercièrent pour ses conseils et allèrent se coucher, se préparant mentalement à ce
qui les attendait.
Le lendemain matin, Tarak les attendait avec les quatre potions de soins promises. Avant
leur départ, il les salua chaleureusement et leur souhaita bonne chance. Tandis qu'ils s’éloi-
gnaient, Drungar, les joues rouges, ralentit leur marche.
« Euh, attendez une seconde, les gars… » murmura-t-il.
Solas, déjà agacé par le retard, se retourna.
« Quoi encore ? »
Drungar sortit un vieux morceau de carte de sa sacoche et le tendit à Julrik.
« Tarak m’a donné ça hier soir. Je… j’ai oublié de vous en parler. »
Solas, levant les bras au ciel, répondit avec irritation :
« Tu te rends compte que ce genre de détail pourrait nous sauver la vie ? La prochaine fois,
essaie de ne pas "oublier", Drungar. »
Julrik examina la carte avec attention. Bien que partiellement effacée, elle contenait des in-
formations utiles sur la géographie de l’île.
Les compagnons entrèrent prudemment dans la forêt rocailleuse, l’atmosphère devenant de
plus en plus étrange. Après seulement dix minutes de marche, ils eurent une impression dé-
routante : bien qu’entourés d’arbres et de rochers, l’espace autour d’eux semblait anormale-
ment dégagé, presque artificiel, comme si une main invisible avait élargi le passage.
Solas, toujours attentif, murmura :
« Vous sentez ça ? Ce n’est pas naturel… Quelque chose a dégagé cet espace. »
Julrik hocha la tête, scrutant les environs.
« Probablement pas une coïncidence. Restez sur vos gardes. »
Drungar, en arrière-garde, serra son bouclier.
« Peut-être que c’est juste un ancien chemin. Mais si c’est un piège, on n’a pas beaucoup
d’options. »
Ils poursuivirent leur route, avançant avec précaution. Les bruits de la forêt étaient absents,
comme si les animaux eux-mêmes évitaient cet endroit. Après vingt minutes supplémen-
taires, le chemin s’interrompit brusquement. Devant eux se dressait une montagne ro-
cheuse. Les parois escarpées rendaient toute escalade impossible, ne laissant qu’un unique
passage étroit pour continuer.
Solas, fronçant les sourcils, s’arrêta devant l’entrée de ce corridor naturel.
« Un goulot d’étranglement. Si quelqu’un voulait nous piéger, c’est l’endroit parfait. »
Julrik, observant les parois autour de lui, ajouta :
« Et on a aucune idée de ce qui nous attend de l’autre côté. Si on avance, on doit être prêts à
tout. »
Drungar, haussant les épaules, répondit d’un ton pragmatique :
« On n’a pas vraiment de choix, n’est-ce pas ? On y va, mais avec précaution. Solas, tu de-
vrais passer en éclaireur. »
Les deux compagnons se mirent à rire : « Quoi, tu as peur de prendre encore des coups,
maître Nain ? »
A lequel Drungar répondit : « Bon j’y vais »
Drungar, en tête du groupe, avança doucement dans le passage, chaque pas calculé, sa main
serrée sur sa masse d’armes. Les autres le suivaient de près, prêts à intervenir au moindre
signe de danger. L’étroitesse du passage et la proximité des rochers amplifiaient chaque son,
chaque souffle.
Solas, s’arrêtant brusquement, tourna la tête et fronça les sourcils. Une ombre massive sem-
blait les observer depuis les rochers. Mais à peine avait-il voulu mieux distinguer cette sil-
houette qu’elle avait disparu.
Il murmura d’une voix tendue :
« Je viens de voir… quelque chose. Une créature imposante. Elle nous observait… et elle est
partie. »
Julrik, visiblement sur ses gardes, répondit :
« Une créature massive ? Ici ? Cela ne me dit rien qui vaille. Restons ensemble et avançons
prudemment. »
Drungar, bien que sceptique, hocha la tête.
« Peut-être que c’était juste une ombre ou un animal. Mais mieux vaut être prêts à tout. »
Ils continuèrent leur progression, redoublant de vigilance. Après quelques mètres supplé-
mentaires, Solas stoppa à nouveau, levant discrètement la main. Il avait aperçu deux ko-
bolds, maladroitement dissimulés derrière des rochers, visiblement en train de préparer une
embuscade.
Solas, légèrement amusé malgré la tension, murmura :
« Ils ne sont pas très doués, on les voit comme le nez au milieu de la figure. »
Julrik, croisant les bras, leur cria avec autorité :
« On vous voit, sortez de là ! Pas besoin de jouer à cache-cache. »
Les deux kobolds, réalisant qu’ils avaient été démasqués, se regardèrent avec un air de pa-
nique avant de sortir de leur cachette. Aussitôt, deux autres kobolds les rejoignirent, armés
de lances. Un cinquième kobold, cette fois doté d’ailes, se posa élégamment devant eux. Son
allure semblait indiquer qu’il devait être leur chef.
Le kobold ailé, d’un ton méfiant mais ferme, s’adressa au groupe dans un commun hésitant :
« Qui êtes-vous ? Que faites-vous dans notre territoire ?»
Julrik, toujours sur ses gardes, serra la poignée de son arme mais n’attaqua pas.
« Nous ne cherchons pas d’ennuis. Nous traversons seulement pour atteindre les grottes de
Poussemer »
Les compagnons remarquèrent rapidement que les kobolds étaient particulièrement
maigres, leur apparence trahissant une famine prolongée. Le kobold ailé, se tenant en avant,
répéta d’un ton plus agressif :
« Donnez-nous tout ce que vous avez ! Nourriture, objets… tout ! Sinon, vous ne passerez
pas ! »
Julrik, croisant les bras, répondit fermement :
« Vous rêvez. On n’a aucune intention de tout vous donner. Mais écoutez, on peut trouver
un terrain d’entente. »
Solas, se penchant légèrement en avant, ajouta d’un ton conciliant :
« Nous ne sommes pas vos ennemis. Regardez, on peut partager un peu de nos provisions.
Vous en avez besoin, ça se voit. »
Il tendit trois rations de nourriture, qu’il déposa doucement au sol. Trois kobolds s’élancè-
rent immédiatement pour les saisir, puis s’enfuirent sans même attendre l’autorisation de
leur chef.
Le kobold ailé, visiblement frustré, fit claquer sa langue en signe de mécontentement. Il fixa
les aventuriers et demanda avec insistance :
« Ce n’est pas assez ! Donnez-nous plus ! »
Drungar, visiblement agacé, grogna :
« Nous ne sommes pas là pour vous nourrir. Mais, si vous acceptez ces deux rations supplé-
mentaires, on passe et tout le monde évite un combat inutile. Qu’en dites-vous ? »
Il sortit deux autres rations et les posa au sol. Le chef kobold les observa un moment, jau-
geant les compagnons, puis acquiesça à contrecœur.
« Très bien. Prenez votre chemin et partez d’ici. Mais ne revenez pas, sinon… »
Avant même de finir sa phrase, lui et les deux derniers kobolds ramassèrent les rations et
disparurent rapidement dans la végétation.
Julrik, secouant la tête, murmura :
« Eh bien, on dirait qu’on a échappé à une embuscade. »
Solas, observant les environs, conclut :
« Continuons. Mais restons sur nos gardes. Ce n’est peut-être pas la dernière surprise dans
cette forêt. »
Les compagnons reprirent leur route, avançant vers leur destination, les grottes de Pousse-
mer.
Alors qu’ils reprenaient leur souffle, les compagnons se figèrent en voyant une énorme sil-
houette fondre sur eux depuis les hauteurs de la forêt rocailleuse. Une chose massive,
lourde, avançait avec une vitesse surprenante. Ils n’avaient pas le temps de s’enfuir.
La créature qui émergea des ombres semblait tout droit sortie d’un cauchemar : un corps
puissant et massif d’ours, des griffes acérées comme des lames, et une tête de hibou avec
des yeux perçants et froids. Les compagnons reconnurent immédiatement un hibours, une
créature redoutable, rare, et souvent dirigée par un maître.
Solas, observateur, nota une étrange cordelette autour du cou de la créature, à laquelle pen-
dait un sifflet métallique. Ses pensées tourbillonnèrent :
« Si le sifflet est sur lui, où est son maître ? Qui le contrôle ? »
Avant qu’ils ne puissent élaborer un plan, la créature chargea.
Drungar reçut un violent coup de griffe, son armure encaissant une partie du choc, laissant
une marque d’entaille. Julrik, lui, fut frappé par le bec tranchant du hibours, qui le repoussa
de plusieurs pas. Les deux guerriers ripostèrent immédiatement, leurs armes frappant la
créature, mais ils constatèrent vite que sa peau était dure comme de l’écorce, et ses muscles
d’une résistance effrayante.
Solas, agile, esquiva une attaque qui aurait pu le mettre hors de combat et, dans un éclair de
lucidité, bondit vers le cou de la créature. Profitant de l’agitation, il parvint à saisir le sifflet. Il
souffla dedans avec toute la force de ses poumons.
Le son strident résonna dans la forêt, et, à leur grande surprise, le hibours s’immobilisa ins-
tantanément. Ses griffes s’arrêtèrent en plein élan, son bec se ferma, et ses grands yeux
jaunes fixèrent désormais Solas.
Un silence tendu s’installa, seulement troublé par les respirations haletantes des compa-
gnons. Solas souffla à nouveau dans le sifflet, et la créature, docile, inclina légèrement la
tête, comme si elle attendait ses ordres.
Julrik, tenant son flanc blessé, s’exclama :
« Incroyable ! Ce sifflet te donne le contrôle sur lui ! »
Drungar, restait encore méfiant:
« Bien joué, Solas. Mais fais attention. Cette chose reste une menace si elle se retourne
contre nous. »
Solas, tenant fermement le sifflet, ordonna d’une voix ferme :
« Recule. »
Le hibours obéit, faisant quelques pas en arrière.
Les compagnons, éreintés mais soulagés, échangèrent un regard. Ils venaient non seulement
d’éviter une mort certaine, mais ils s’étaient aussi retrouvés avec une puissante alliée sous
leur contrôle.
Solas, reprenant son souffle, murmura avec un sourire :
« Et si on lui trouvait un nom ? »
Mais avant de s’attarder, ils savaient qu’il fallait avancer. Le mystère de la grotte de Pousse-
mer attendait, et ils avaient encore bien des défis à surmonter.
Alors qu’ils reprenaient à peine leur souffle après la confrontation avec le hibours, les com-
pagnons virent émerger de l’ombre le kobold ailé accompagné des quatres kobolds qu’ils
avaient croisés plus tôt.
Le chef ailé s’avança avec prudence, ses yeux fixant le sifflet dans la main de Solas. Ses com-
pagnons, armes à la main, se tenaient en retrait, mais prêts à agir.
« Donnez-nous ce sifflet, il nous appartient ! » déclara le kobold ailé d’une voix sèche et
autoritaire.
Solas, encore marqué par le combat précédent, resserra son emprise sur le sifflet et fit un
pas en avant :
« Ce sifflet ne sera pas plus en sécurité entre vos mains. »
Les kobolds grognèrent, visiblement mécontents de cette réponse. Le chef ailé serra les
dents et fit un signe de la main à ses subordonnés pour qu’ils gardent leur calme.
Le kobold ailé lança un dernier regard furieux à Solas avant de s’éloigner, ses compagnons
sur les talons. Ils disparurent rapidement dans la forêt.
Solas, déterminé, rangea le sifflet dans sa ceinture :
«Le hibours est sous notre contrôle maintenant. S’ils veulent le récupérer, ils devront s’y
frotter. Continuons. Nous avons une grotte à explorer. »
Les héros poursuivirent leur chemin, traversant la dense forêt rocailleuse avec vigilance. L'at-
mosphère changeait au fur et à mesure qu'ils avançaient : les arbres devenaient moins nom-
breux, laissant entrevoir le ciel, et les rochers imposants cédaient la place à des pentes
douces et herbeuses.
Alors qu'ils atteignaient presque l'orée de la forêt, le hibours, qui les suivait jusqu'alors doci-
lement, s'immobilisa brusquement. La créature, pourtant si imposante, semblait hésitante,
reniflant l'air et scrutant les environs.
Drungar, fronçant les sourcils, se retourna vers Solas :
« Il ne bouge plus. Pourquoi ? »
Solas, intrigué, sortit le sifflet de sa ceinture et le fit tourner entre ses doigts. Il observa le hi-
bours, qui le fixait mais restait obstinément à sa place. Il essaya de siffler doucement, espé-
rant le convaincre d'avancer, mais la créature grogna faiblement, baissa la tête et s’assit
lourdement sur ses pattes arrière, refusant de bouger davantage.
Julrik, qui avait gardé un œil attentif sur les environs, murmura :
« C'est clair. C'est la limite de son territoire. Il ne va pas plus loin. »
Solas, visiblement déçu, soupira et rangea le sifflet.
« Il aurait pu être un atout précieux… mais au moins, nous avons encore le sifflet. Il pourrait
nous être utile plus tard. »
Le hibours les regarda une dernière fois, ses yeux luisant d’une étrange intelligence, avant de
tourner lentement les talons et de disparaître dans l'ombre des arbres, retournant à son ter-
ritoire.
Julrik, tapotant l’épaule de Solas, tenta de le réconforter :
« Ne t’inquiète pas. Qui sait, peut-être que ce ne sera pas la dernière fois que nous croise-
rons sa route. Ce sifflet pourrait nous sauver la vie un jour. »
Après une pause pour rassembler leurs pensées, les héros se tournèrent vers leur objectif :
la grotte de Poussemer, qui, selon Tarak, se trouvait à proximité. L’air devenait salin, et ils
pouvaient entendre au loin le bruit des vagues s’écrasant contre les falaises.
Ils reprirent leur marche, prêts à affronter les défis qui les attendaient, un sentiment d'ac-
complissement mêlé à l'incertitude dans le cœur.

Chapitre 3 : Les grottes de Poussemer


Les héros atteignirent enfin la sortie de la forêt et marchèrent jusqu’au bord de la falaise. Le
vent salé fouettait leurs visages alors qu’ils scrutaient l’horizon et la base de la falaise en
contrebas. Julrik, tenant la carte que Tarak leur avait fournie, la déplia soigneusement pour
l’examiner à nouveau. À l'arrière, un plan sommaire des grottes dessinait une structure com-
plexe, parsemée de petites annotations indiquant des zones potentiellement dangereuses
ou des emplacements de ressources précieuses.

Solas, observant les dessins, s'exprima d’un ton analytique :


« Avec ce plan, nous avons une idée de la structure générale. Mais souvenez-vous : Tarak
nous a prévenus que la pieuvre pourrait être encore là. Restons prudents. »
Ils scrutèrent longuement la falaise et les vagues s’écrasant en contrebas. Après quelques
minutes, Drungar pointa du doigt une ouverture sombre, presque masquée par un rideau
d'algues et des embruns.
« Là. L’entrée. À fleur de la falaise. On peut y accéder si on descend doucement. Pas de trace
de la pieuvre pour le moment. »
Julrik hocha la tête.
« Alors, ne traînons pas. Si elle revient, mieux vaut être à l’intérieur. »
La descente fut délicate, mais leurs compétences combinées leur permirent d'atteindre l'en-
trée sans encombre. L’air était plus humide et portait une odeur de varech et de poisson.
L’eau s’infiltrait dans leurs bottes à mesure qu’ils approchaient de l’ouverture, qui semblait
respirer avec les vagues, inhalant et exhalant un bruit grave et répétitif.

A suivre …

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