Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Faculté de Médecine dentaire
Département de Médecine dentaire
Service de Prothèse dentaire
Module d’Occlusodontie
Cour destiné au étudiants de 3eme année
LES ARTICULATEURS
ET
Module : Prothèse dentaire
ARCS FACIAUX
Présenté par Dr. HIRECHE.K
Assistante Spécialiste
Année 2023/2024
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Plan
Introduction
I-Notions fondamentales
II-Définition de l’articulateur
III-Classification des articulateurs
IV -Description de l’articulateur et arc facial
V-Rôle de l’articulateur
VI-Indication
VII -Transferts des modèles de travail
1-Modèle supérieur
2-Modèle inferieur
3- programmation de l’articulateur
Conclusion
Bibliographie
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Introduction :
La conception d’une restauration prothétique , qu' elle soit partielle ou totale
nécessite le transfert au laboratoire des donnés clinique recueillies a savoir :
-La position des arcades par rapport aux structures crâniennes
-Les rapports intermaxillaires en occlusion statique mais aussi au cours des
différentes excursions mandibulaires
Le but étant d assurer la pérennité de notre restauration ainsi que l’intégrité des
structures environnantes.
Ce transfert se fera a l aide d instruments connus sous le nom d’Articulateurs
I-Notions fondamentales :
1-Le plan axio-orbitaire PAO :C’est la linge qui passe par le tragus et le point
infra-orbitaire ;ce plan est la référence majeure de toutes les valeurs
angulaires dentaires et condyliennes.
2-L axe charnière : est une ligne imaginaire unissant le centre de rotation des
deux condyles dans la position la plus haute , la plus médiane et la plus
centrée dans leur cavités glénoïdes . Ces centres de rotation étant localisés a
13mm en avant de tragus.
-Sa détermination:
Par palpation de la région prétragienne : quand le patient ouvre grand sa
bouche, le bout du doigt du praticien vient dans la dépression qu’à laisser le
condyle pendant la propulsion et lors des mouvements d’ouverture et de
fermeture le condyle est perçu à la palpation ; l’axe charnière peut être ainsi
localisé à l’intérieur du territoire condylien.
Localisation conventionnelle cutané : soit 13 mm en avant du tragus sur
une ligne passant par le bord sup du tragus à l’angle externe de l’œil, ou
bien 11 mm en avant du tragus ,à 5 mm en dessous de ce point.
Localisation auriculaire : ce type de localisation met en contribution des
olives auriculaires placés dans les conduits auditifs externe ; les
articulateurs DENAR, SAM, WIP MIX utilisent ce postulat.
Localisation graphique (précise) : utilisé sur les articulateurs adaptable à
laide d’un axio graphe ou pantographe. L’axe charnière se détermine
graphiquement à l’aide de stylets enregistreurs.
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3 .Déterminants de l’occlusion: Les mouvements mandibulaires étant guidés
par le guidage postérieur (condylien) et antérieur (dentaire).
Les articulateurs présentent des éléments condyliens et un plateau incisif qui
permettent la reproduction de ces mouvements avec une fidélité plus ou
moins grande.
A- Déterminants antérieurs
* L’angle de la pente incisive : est un angle formé dans le plan sagittal par
le plan axio-orbitaire avec la sécante du trajet joignant le point de contact de
l incisive maxillaire et de son antagoniste depuis l’ intercuspidie maximale
jusqu' au point de contact en bout a bout .
* Guidage dentaire en diduction : Dans le mouvement de latéralité,
certaines dents font contact et guident la mandibule. Ce guidage peut être
réalisé par :
.La canine : protection canine
.Un groupe de dents incluant la canine : fonction groupe
B- Déterminants postérieurs:
* La pente condylienne : est définie par l’angle formé par le plan axio-orbitaire
et la sécante joignant les points de départ A et d’arrivé B du condyle lors de
son trajet de propulsion ( A : la position du condyle dans la cavité glénoïde
en PIM et B : bout à bout incisif). Voir schéma ….
La connaissance de la valeur de la pente condylienne permet la programmation
de l’angulation propulsive des boites condyliennes des articulateurs semi
adaptable.
*L’angle de Benett est l’angle formé au cours du mouvement de latéralité , par
le trajet sécant du condyle non travaillant et un plan para sagittal passant par le
centre de ce même condyle.
II-Definition de l’articulateur : C’est un dispositif mécanique dont l’architecture
est semblable a celle du massif facial du patient a savoir :
Une branche supérieure maxillaire
Une branche inferieure mandibulaire
Simulant ainsi les rapports tridimensionnels entre l’étage moyen et l’ étage
inferieure de la face .
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Le joyeux définit l’articulateur comme étant un instrument de diagnostic et de
traitement destiné à transférer et à analyser au laboratoire, les relations statiques
et dynamiques entre la mandibule et le maxillaire .
Ce transfert nous permet donc :
La reproduction des rapports occlusaux statiques et dynamiques
entre les arcades dentaires
L’observation puis l’étude de ces derniers
III-Classification des articulateurs :
1-Classe I : Concept élémentaire :Dans cette catégorie, on peut rassembles
les Occluseurs statiques en plâtre et dynamiques à charnière
simple de GARIOT, de STEVENS et de FOURNET. Ils ne permettent que les
mouvements d’ouverture et de fermeture.
* Indication : Restauration de très petite étendue,sur des arcades
naturellement bien équilibrée ,et seulement dans les zones prémolaire et
molaire
2-Classe II : concept géométrique et physiologique :Articulateurs autorisant
des mouvements horizontaux et verticaux, mais ne permettent pas d’orienter les
trajectoires condyliennes
3-Classe III : articulateurs semi-adaptables : Ils permettent la reproduction des
trajectoires condyliennes et l’orientation correcte des modèles par rapport à l’axe
charnière.
Exemple :LE HANAU .
La situation des sphères condyliennes divise les articulateurs en deux types :
*Le type condylien ou Anti arcon :caractérisé par la localisation habituelle
inverse des trajectoires condyliennes à l’extrémité postérieure et supérieure
de la branche inférieure de l’articulateur ;les sphères condyliennes sont
placées sur la branche supérieure de l’articulateur.ex :Dentatus -hanau h
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*Le type Arcon :caractérisé par le reproduction fidèle de la situation des
condyles mandibulaires représentés par deux sphères fixées à la branche
inférieure de l’articulateur ; la branche supérieure comporte les trajectoires
condylienne.( Le quick master –SAMII)
Indication : Les articulateurs de classe III ; étaient d’abord utilises pour les
prothèse amovible dans lesquelles les mouvements de diduction ou de propulsion
déclenchent des mouvement de bascule et de renversement ,mais ils sont aussi
nécessaire en prothèse inamovible (bridge moyens ou polygonaux).
4-Classe IV : articulateurs adaptables :Ils autorisent les transferts des
enregistrements dynamiques des trajectoires condyliennes qui permettent
l’orientation des modèles en relation correcte avec l’axe charnière. Ils sont divisés
en deux groupes :
IV -Description de l’articulateur
*Il existe une multitude d’articulateurs semi-adaptables, néanmoins, tous
possèdent des éléments communs :
Deux branches, l’une supérieure, l’autre inférieure munies chacune
d’une galette de montage.
Deux boîtiers condyliens.
Un pointeau incisif.
Une table incisive
Deux montants arrières (bras verticaux).
Deux boules condyliennes.
Un système de vis de blocage des différents paramètres.
*L’arc facial :« C’est un artifice démontable utilisé pour positionner le modèle
supérieur sur la branche supérieur de l’articulateur dans la même position
qu’occupe l’arcade naturelle par rapport au plan de Francfort; Il peut servir à
déterminer le centre de rotation du condyle et quelque fois à enregistrer
l’occlusion ».
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Il comporte :
-Un cadre articulé s’adaptant à la largeur du visage du patient comme à celle de
l’articulateur.
-Une fourchette destinée à supporter le matériau assurant la stabilité sur arcade
et le positionnement correct du moulage.
-Un dispositif articulé de solidarisation de la fourchette .
-Des stylets condyliens ou des embouts auriculaires pour le repérage de l’axe
condylien.
-Un système de repérage et de blocage dans le sens vertical (appui nasal ou le
pointeau infra orbitaire.
V-Rôle de l’articulateur :
-Analyser avec précision la situation du plan d’occlusion, le rapport entre les
dents en relation centrée, propulsion et en latéralité.
-Guider le praticien dans les corrections des surfaces occlusales (aménagement
du plan d’occlusion, équilibration en relation centrée, ajuster les interférences
dentaires).
-Faire le montage des dents prothétiques pour que s’établissent des rapports
dentaires en accord avec le concept occlusal choisi.
-Analyser et corriger les dysharmonies occlusales.
-Assurer la conception et la réalisation d’un traitements préprothétique,
prothétique et posprothétique.
VI-indication :
• En prothèse implantaire, fixée ,ppac , prothèse totale ,lors du TRT pré-
prothétique ,prothétique et post prothétique
VII-Transferts des modèles de travail :
• 1e etape :positionnement du modele sup à l’aide de l’arc facial
• 2e etape: montage du modele inf (transfert du modele inf)
• 3e enregistrement de la pente condylienne grace aux cires de
potrusion
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• 4e détermination des angles de BENNETT grace aux cires des
laterotrusions
- Prealable :LA DOUBLE BASE ENGRENÉE " Split-Cast "Des repères sont
creusés sur les modèles,ceux-ci peuvent être de différentes formes .
On coule au plâtre la partie primaire de l’empreinte qui correspond à la base
primaire du modèle ; il faut la rendre lisse ensuite on fait des encoches
triangulaires sur cette base ; deux dans la région canine et deux
postérieurement ,on enduit la base et les encoches d’un isolant et on entoure
la base d’un ruban adhésif ;on le place sur le pourtour de la partie primaire pour
créer un coffrage dans lequel on coule la partie secondaire au plâtre dur il ne
faut pas dépasser la base de 5mm.
Cette base va servir :
-Pour le contrôle la mise en articulateur.
-Lors de la programmation de l’articulateur.
-Pour le contrôle de la relation centrée.
-Permet la mise en place des modèles sur articulateur sans refaire
l’enregistrement.
1-Modèle maxillaire
La mise en place du modèle maxillaire s'effectue selon deux procédés.
Premier procédé : plan de montage
bourrelet de la maquette supérieure et la position du point inter incisif sont
déterminés.
Au laboratoire, sur l'articulateur une table de montage est fixée sur la branche
inférieur de l’articulateur qui permet de fixer le modèle maxillaire par rapport à
l’axe charnière , ce plateau est orienté selon le plan de camper , dans sa partie
antérieure un repere gravé correspond au sommet du triangle de Bonwill,
sommet qui se situe à 100mm de l’axe charnière.
La tige incisive de l'articulateur est fixée à 0 mm, la branche supérieure de
l'articulateur est rabattue, l'espace entre celle-ci et le modèle vérifié, puis le
modèle est solidarisé à la branche supérieure à l'aide de plâtre à prise rapide tel
le Snow-White.
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NB :L’utilisation du plateau de montage est tout à fait adapté à la prothèse
complète car le triangle de Bonwill donne une position vis-à-vis de l’axe
charnière statistiquement acceptable, de plus le plateau de montage est indiqué
chez les patients où la mise en place d’un arc facial est délicate en raison de
l’age et de certains handicape physique.
Ce positionneur pour modèle maxillaire édenté permet la mise en articulateur
quand on n’a pas d’arc facial.
Deuxième procédé : arc facial
-Au cabinet, la situation spatiale du modèle maxillaire par rapport à l'axe charnière
et au point sous-orbitaire est enregistrée à l'aide d'un arc facial.
-A la surface occlusale du bourrelet de préhension trois encoches sont faites : une
au niveau inter incisif et deux au niveau molaire
-la fourchette de l'arc facial est appliquée à la surface en ayant soin d'orienter la
tige dans le plan sagittal médian, et parallèlement au plan de Francfort
-L'arc facial est ensuite placé sur le patient, embouts auriculaires dans les méats
acoustiques, le repère nasal mis en place, parfaitement orienté dans le plan
sagittal médian, les différents boutons de serrage sont bloqués, la stabilité de l'arc
vérifiée.
-Celui-ci est déposé puis, en présence du patient, placé immédiatement sur
l'articulateur.
-Les embouts auriculaires s'insèrent dans les petits ergots présents aux
extrémités de la branche inférieure de l'articulateur, puis les vis de serrage
-La tige incisive est retirée, la branche supérieure de l'articulateur est refermée.
Cela permet de vérifier l'absence d'interférence entre le modèle et la branche
supérieure de l'articulateur qui doit entrer en contact avec le cadre de l'arc facial.
Le plâtre est préparé à consistance crémeuse, placé dans un premier temps dans
la plaque de montage puis dans un deuxième temps sur le modèle, ceci pour
éviter de créer des tensions internes lors de la cristalisation
2)Modèle mandibulaire :
-Régler en bouche les maquettes d’occlusion supérieure et inférieure à la bonne
DVO (on creuse sur la surface des bourrelets un ou deux repères hémisphériques
pour faciliter le report des mordus en cire).
-Retirer de la bouche délicatement et refroidir pour éviter toute déformation
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-Après avoir pris l’occlusion en RC on peut procéder au montage du modèle
inférieur sur l’articulateur
3)Programation de l’articulateur :
Selon le type d'articulateur choisi, les boîtiers condyliens sont réglés :
soit de manière constante avec: PC=40° , A^B=20°
soit les boîtiers sont réglables et deux possibilités de programmation
existent :
1-Enregistrements graphiques.
2-Programmation simplifiée :Basées sur le principe du phénomène de
Christensen, elles permettent d'évaluer le " vide " qui se crée postérieurement lors
d'un mouvement de propulsion ;l'importance du vide est en relation directe avec
l’inclinaison de la pente condylienne.
-Les pentes condyliennes sont réglées à 40°, les angles de Bennett à 0°, les
vis de propulsion réglées à 5 mm.
Sur l'articulateur ainsi réglé, des bandes de cire Aluwax sont collées
bilatéralement au niveau prémolaire et molaire, puis indentées légèrement
dans cette conformation.
Elles sont refroidies puis les maquettes sont placées dans la cavité buccale.
Le patient est entraîné à retrouver cette position. La cire est alors réchauffée,
le patient répète le mouvement de propulsion créant ses propres indentations.
-Réglage de la pente condylienne
Réglages de l'articulateur au laboratoire :les maquettes sont immergées dans
l'eau glacée puis replacées sur l'articulateur ; les boîtiers réglés comme suit :
pente à 0°, angle de Bennett à 30°, vis de propulsion à 0 mm ;
la maquette supérieure est amenée dans les indentations de la cire
mandibulaire ,les boîtiers condyliens sont libérés pour qu'ils viennent au
contact des sphères condyliennes ; l'inclinaison de la propulsion est lue en
regard des graduations
-Détermination des angles de BENNETT : grâce aux cires d’enregistrement
des latérotrusions :
.Préparer les cires sur modeles
.Enregistrer en bouche la laterotrusion (gauche –droite )
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.Transférer les cires
.Reglage de l’articulateur avec les cires
Les cires de morsure sont rarement utilisées pour évaluer les angles de
Bennett (asymétrie _ problème articulaire).
-Le plus souvent on utilise soit une valeur arbitraire de 30°, valeur qui semble
préférable à celle proposée par Lauritzen, soit la formule de Hanau:
Angle de Bennett = pente condylienne/8 + 12.
Conclusion :
L'articulateur est donc un instrument de choix dans le cabinet dentaire ou le
laboratoire de prothèse ; il permet de contrôler les rapports dentaires qu'il est
impossible de visualiser en clinique à cause des joues, de la langue, de la
salive… Il est la mécanique analogique du patient ;il permet donc à
l'odontologiste de différer éventuellement son analyse occlusale en l'absence du
patient.
Bibliographie
Occlusodontie pratique ORTHLIEB/BROCARD/SCHITTLY/MANIÈRE EZVAN
-Prothèse complète HüE / BERTERETCHE
-Prothèse complète LEJOYEUX
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