LES BREVES JURIDIQUES N0 239, 9 mars 2025
A qui incombe la responsabilité de réparer une maison de location à la suite d’un
cambriolage ?
Les Faits : Monsieur X est locataire de Monsieur Y, propriétaire (bailleur) de la maison. Une
nuit, Monsieur X est visité par les bandits qui ont détruit la maison (vitres, portes…cassées).
Quelques temps après, Monsieur X décide d’emménager ailleurs. Avant de lui restituer sa
garantie, Monsieur Y lui demande de réparer tout ce qui était détruit par les bandits. Monsieur
X regimbe disant qu’il ne pouvait pas le faire car, il n’en n’était pas responsable. Question : « A
qui incombe cette responsabilité au regard de la loi ?
En Droit : Le contrat de bail est un contrat synallagmatique. Aux termes de l’article 2 du code
civil livre III, le contrat est synallagmatique ou bilatéral lorsque les contractants s’obligent
réciproquement les uns envers les autres. La caractéristique du contrat synallagmatique est qu’il
fait naitre des obligations réciproques (chacune des parties contractantes étant à la fois
créancière et débitrice) et interdépendantes (chaque obligation servant la cause de l’autre).
Dans un contrat de bail, le bailleur est ténu aux obligations énumérées par l’article 11 de la loi
n°15/025 du 31 décembre 2015 relative aux beaux à loyer non professionnel, que sont : mettre
l’immeuble à la disposition du preneur dans un état approprié à sa destination, assurer au
preneur la jouissance paisible du bien loué, notamment en le garantissant contre les troubles de
jouissance que causeraient le bailleur et/ou les membres de sa famille et contre toute éviction
partielle ou totale, garantir le preneur contre les vices cachés qui empêchent l’usage normal du
bien loué, prendre en charge les grosses réparation à effectuer sur l’immeuble,…Au nombre
d’obligations du locataire, nous en retenons quatre reprises par l’article 13 de la loi sous
examen ;le preneur est ténu de payer le loyer selon les modalités convenues, user de la chose
louée en bon père de famille, répondre des pertes et dégâts causés pendant la durée du contrat
et qui lui sont imputables, entretenir l’immeuble et les équipements mentionnés au contrat et
procéder aux réparations locatives sauf celles ayant pour cause la vétusté, l’usure, les
malfaçons, les vices de constructions et le cas fortuit.
Pour le cas sous analyse, la destruction de la maison par les bandits peut être considérée en
terme de cas fortuit. C’est ainsi que le locataire est exonéré de ses obligations. Ce dernier ne
peut pas être considéré comme responsable des destructions au regard de l’article 258 du code
civil livre III aux termes duquel, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un
dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. En somme, Le bailleur
n’aura nul autre choix que de restituer la garantie de son locataire et d’envisager réfectionner
sa maison.
Me KAPENGA Théophile